Cours Valorisation Des Déchets PDF
Cours Valorisation Des Déchets PDF
Pr ARABI Nourredine
Cas de l’Algérie
Alors que les villes sont envahies par les décharges sauvages !!!!
Avec à peine 10% de taux de recyclage, l’Algérie ne figure pas sur la liste des nations qui
valorisent le plus leurs déchets dont le volume est pourtant en augmentation avec la
croissance démographique et celle de la consommation.
La quantité de ces déchets augmente annuellement de 3%, selon les chiffres de l’Agence
nationale des déchets (AND). Une étude allemande (GIZ) a estimé à plus de 2,5 millions la
quantité annuelle des déchets industriels. Les déchets ne manquent pas, mais c’est le sort qui
leur est réservé qui pose problème. Près de la moitié des déchets ménagers et assimilés sont
déversés dans des décharges.
Le recyclage des matériaux se pratique à un niveau important dans certains pays européens,
l’intérêt économique étant proportionnel à la rareté des matériaux naturels. Cependant,
progressivement, les distances de transport vont devoir être prises en considération. Pour
chaque configuration, le choix des solutions doit s’opérer à l’aide d’une ACV (analyse du
cycle de vie).
Quelques définitions :
Déchets :
Tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance,
matériau, produit, ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur
destine à l’abandon » .
On distingue plusieurs catégories de déchets :
Déchets inertes :
Les déchets inertes : ce sont des déchets qui ne subissent aucune modification physique,
chimique ou biologique importante ; ne se décomposent pas, ne brûle pas, et ne produit
aucune réaction physique ou chimique, ne sont pas biodégradable et ne détériore pas d’autres
matières avec lesquelles il entre en contact, d’une manière susceptible d’entrainer une
pollution de l'environnement ou de nuire à la santé humaine. Ces déchets sont admissibles
dans les installations de stockage de classe 3 et proviennent essentiellement des chantiers de
bâtiment et de travaux publics ou d'industries de fabrication de matériaux de construction.
Ce sont notamment les déchets suivants :
- Les bétons, les tuiles et les céramiques, les briques, les déchets de verre, les terres
et granulats non pollués et sans mélange, les enrobés bitumeux, sans goudron...
Déchets assimilés :
Les déchets ménagers et assimilés recouvrent les ordures ménagères (0M) qui proviennent
des ménages et tous les déchets gérés comme tels par les collectivités locales (déchets des
artisans ou commerçants).
Déchets verts :
Déchets végétaux des parcs et jardins (gazon, branchages, fumier, paille, foin... )
Déchets organiques :
Les déchets organiques sont des déchets provenant de matières d’origine animale ou végétale.
Ils sont constitués essentiellement des déchets alimentaires, déchets verts, déchets agricoles,
déchets issus des industries agroalimentaires et composent une grande partie des déchets
ménagers.
Les déchets organiques ont la caractéristique d’être entièrement biodégradables. Ils sont
fermentescibles, c'est-à-dire qu’ils peuvent être traités par compostage ou méthanisation.
Déchets industriels banals (DIB) :
Ils regroupent l'ensemble des déchets non dangereux produits par les industriels et les
entreprises du commerce, de l'artisanat, des services et de l'administration, de la métallurgie, la
plasturgie, la peinture, la chimie et la pétrochimie. Ce sont des déchets d'emballage, des loupés
de fabrication non polluants (chute, rébus), des déchets d'entretien et les matériels en fin de
vie.
Ils sont assimilables aux ordures ménagères et suivent des traitements similaires : recyclage,
valorisation énergétique, stockage.
Les déchets dangereux : ils peuvent générer des nuisances pour l’homme et
l’environnement, et présenter une ou plusieurs propriétés de danger (explosif,
carburant inflammable, irritant, infectieux, mutagène, écotoxique…) ce qui implique
que certaines précautions particulières. Ils font l’objet d’un contrôle administratif
renforcé (production, stockage, transport, élimination).
Les déchets non dangereux : anciennement appelés « déchets banals », ils sont
principalement constitués des déchets ménagers et des déchets industriels du type bois,
emballages, papier, carton, verre, plastique, métaux…
Les laitiers de haut fourneau
1. L’élaboration :
Le laitier est un sous produit de l’élaboration de la fonte. Il est formé des constituants non
ferreux, des fondants et des cendres de coke, et donc composé essentiellement de chaux
(CaO), magnésie (MgO), silice (SiO2) et alumine (Al2O3).
L’élaboration du laitier peut conduire selon le traitement de refroidissement adopté, à deux (2)
formes minéralogiques :
Ces deux (2) formes minéralogiques sont fondamentalement différentes du point de vue
cristallographique et réactivité chimique, et cela conditionne les propriétés des matériaux
obtenus, donc leur utilisation.
Le laitier vitrifié présente une structure vitreuse, riche en énergie ce qui lui confère une
hydraulicité latente.
Au contraire, le laitier cristallisé a une forme minéralogique stable et son pouvoir hydraulique,
lorsqu’il existe, n’est que modeste.
Formation du laitier :
Dans le haut fourneau (Figure 1), en plus du minerai de fer du coke, on introduit un fondant
généralement à base de chaux pour abaisser le point de fusion de la gangue et permettre ainsi
au minerai de s’extraire à une température de 1400 °C à 1500 °C. Les oxydes de la charge
non transformés en métal constituent le laitier.
Le laitier est évacué du haut fourneau à l’état liquide, à la température de fusion de la gangue,
sur nageant la fonte par différence de densité (Figures 1 et 2).
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Figure 1 : Schéma de haut fourneau
2
2. Les principales formes de laitier :
Elle se faisait très simplement en déversant le jet de laitier liquide dans un bassin rempli
d’eau .On s’avisa ultérieurement des propriétés hydrauliques latentes du laitier granulé ainsi
obtenu. (Figure 4).
Le principe de la granulation est d’extraire le plus possible de chaleur d’une quantité de laitier
fondu, en minimum de temps (il faut atteindre des températures inferieures à 800°C en un
minimum de temps), pour obtenir l’état vitreux indispensable pour son utilisation comme
substitut du ciment portland.
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Ensuite, les différents types de granulations furent inventés et expérimentés pour :
Le laitier liquide se déverse dans un tambour tournant cannelé à axe horizontal qui
comporte des trous en périphérie, alimenté en eau sous pression. Des rampes d’arrosage
extérieur complètent ce dispositif .Les particules sont projetées à plusieurs mètres du tambour,
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et d’autant plus loin qu’elles sont plus grosses. C’est pendant cette trajectoire aérienne que la
trempe a lieu. Le matériau s’égoutte ensuite naturellement.
Le laitier en fusion séparé de la fonte coule dans une rigole vers la fosse ou il va se refroidir
naturellement et se solidifier en cristallisant d’où son nom de laitier cristallisé (Figure 7).
Après solidification de la surface, le refroidissement est activé par un arrosage qui accélère la
progression du front de solidification et fragmente par choc thermique le laitier qui vient de
se solidifier.
Le laitier cristallisé résultant d’un refroidissement lent est une roche artificielle qui peut être
utilisée en l’état : c’est le laitier tout-venant ou concassé et calibré.
Figure 7 : Déversement du laitier dans des fosses de 20 à 40m de large, 80 à 200m de long
(Laitier cristallisé).
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3. Les compositions chimique et minéralogique des L H F
Le laitier de haut fourneau est avant tout un sous produit du processus d’élaboration de
fonte, sa composition chimique est ajustée de façon à lui permettre :
Les teneurs en oxydes basiques tels que CaO et MgO devront par ailleurs être suffisantes
pour assurer une bonne élimination du soufre introduit en particulier par le combustible.
Tout ceci conduit à l’obtention d’un produit liquide à une température comprise entre 1400
et 1550 c°, et dont l’essentielle de la composition chimique qui est dûe aux 4 oxydes :
La nature du minerai,
La composition du calcaire,
La consommation de coke et le type et le type de fonte fabriquée.
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Tableau I-1- : récapitule les compositions chimiques du laitier dans quelques pays
producteurs de fonte.
soit la température,
soit la teneur en chaux du laitier,
Dans ce cas, il est possible d’utiliser un laitier fluide avec une teneur en chaux,
beaucoup plus faible et l’opération s’appelle alors « chargement acide » ce qui signifie que le
laitier est moins basique que dans le traitement normal. Les assemblages probables de
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minéraux formés par les (4) constituants principaux CaO ,SIO2,AL2O3 et MgO ,dans les
limites des proportions caractéristiques des laitiers ne peuvent être prédits avec certitude
d’après les diagrammes d’équilibre des phases parce que le système quartenaire n’a pas
encore été étudié complètement.
Donc on s’est contenté uniquement du système ternaire CaO, AL2O3, SIO2 (figure
I-9) d’où on peut remarque que les plages correspondantes au laitier de haut fourneau et au
ciment sont voisines Ainsi d’après leur composition chimique, les laitiers de haut fourneau
sont proches du ciment portland C-à-d-ceux sont des silicates artificiels
Les laitiers dont la teneur en MgO est relativement faible et ne dépasse pas 5%,
contiennent habituellement de la melite comme constituant principale.
Les autres minéraux qui peuvent se rencontrer dans les laitier sont : la
pseudowollastonite CS la rankinite C3S2 la merwinite C3MS2, le silicate bicalcique C2S, le
diopside CMS2 , et la forstérite MS2.
Le seul de ces minéraux qui soit actif et susceptible de s’hydrater c.-à-d. le silicate
bicalcique sous forme α ou β, par contre la forme γ est inerte.
Outre les minéraux qui on cités, tous les laitiers de haut fourneau contiennent du sulfure
de calcium par fois sous forme de cristaux bien formés, mais petits, mais plus souvent sous
l’apparence d’une masse non cristalline ou dentritique.
D’autres constituants secondaires, tels que les oxydes de fer et de manganèse, lorsqu’ ils
sont présents en faible quantités de l’ordre de 1%, se trouvent probablement en solution
solides dans l’un des autres minéraux. A des teneurs plus élevées, de l’ordre de 3% ils
peuvent exister à l’état de sulfure.
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Figure I-9 : Diagramme de Keil
Cette division est arbitraire du point de vue structural car tous les laitiers normaux de
haut fourneau sont acides puisqu’ils contiennent plus de silice qu’il ne faut pour un silicate.
En fait, tous les laitiers de haut fourneau sont acides dans la mesure où on leur fait subir
une trempe qui les maintient à l’état vitreux. Ce mode opératoire dans l’industrie présente
deux avantages :
d’une part le broyage est plus facile par ce que le matériau est friable est poreux.
D’autre part et le point essentiel, les propriétés hydrauliques d’un laitier vitrifié sont plus
énergiques que celles d’un laitier cristallisé
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Chaque catégorie de laitier sera représentés par son indice de basicité, ces indices sont
calculés à partir de la composition chimique du laitier, et sont supposés être reliés à son
activité hydraulique.
De nombreux indices (Tableau I -2-) ont été proposés par plusieurs auteurs, qui sont
passés en revue et testés en vue d’avoir les meilleurs corrélations avec les résistances
mécaniques .Ils ont constaté que les indices I8, I9, I6, I10, I1 ont dans un ordre décroissant le
plus fort coefficient (r) de corrélation, r varie : de 0,91 à 0,85 pour les résistances à 2 jours de
0,82 à 0,78 pour 7 jours et de 0,84 à 0,76 pour 28 jours.
Tableau I-2- : inventaire des indices chimiques utilisés pour l’estimation des laitiers de hauts
fourneaux.
Formules
I1= , I2= , I3= , I9=20+CaO+AL2O3+0.5MgO-2SiO2
I10=
I4= , I5= ,
I6= I11=
I7= I12=
I8= I13=
L’activation du laitier est toujours obtenue par un agent basique. Les procédés
d’activation sont pluriels : chimique, mécanique et thermique.
4- 4-1-Activation chimique :
L’activation alcaline :
C’est la plus ancienne, elle reste encore largement répondue, peut être sodique ou calcique
.On utilise des chaux ou des soudes.
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*Dans le cas d’une activation du laitier par la soude, l’activant n’est en fait qu’un catalyseur
qui ne réagit pas avec le constituants du laitier.
*Dans le cas d’une activation du laitier par la chaux, il existe une phase initiale où le PH de la
solution est alors celui d’une solution saturée en chaux environ 12,6
L’activation sulfatique :
L’activation sulfo-calcique :
La finesse de broyage du laitier intervient dans son couplage avec le clinker et joue un
rôle très important dans l’évolution des résistances mécaniques, aussi bien à court terme qu’à
long terme.
4-4-3-Activation thermique :
Il est ainsi possible de comprendre qu’un laitier peu réactif à la température ordinaire
donne de bonnes résistances lorsqu’il est traité par la chaleur.
La vitrification des laitiers leur confère des propriétés hydrauliques. Pour être réactif, le laitier
doit être vitreux : un laitier de haut fourneau granulé doit avoir au minimum deux tiers de sa
masse en laitier vitreux [NF P 98-107] et [NF EN 15167-1] mais compte généralement plus de
90% de phase vitreuse. Le laitier se présente sous la forme d’un liquide surfondu qui
conserve, du fait de la trempe, une énergie de cristallisation non dissipée qui lui permet d’être
hydraulique. L’hydraulicité du laitier doit être stimulée par un activant basique pour être
efficace rapidement (le laitier seul mélangé à l’eau durcit mais la cinétique de développement
des résistances mécaniques est très lente), alors que celle du ciment Portland intervient par
simple addition d’eau. Donc les réactions d’hydratation du laitier sont des réactions de
dissolution du verre par attaque hydroxylique (OH-). C’est une différence fondamentale par
rapport à l’hydratation du clinker qui se déroule suivant une attaque hydrolytique (H2O).
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Cependant, les éléments les plus basiques du laitier peuvent également être solubilisés par une
simple attaque hydrolytique.
Il faut tenir compte de plusieurs paramètres pour pouvoir évaluer la réactivité du laitier de
haut fourneau. La composition chimique a un rôle important sur la réactivité du laitier. La
réactivité augmente avec la teneur en chaux et en magnésie (jusqu'à 15%), mais diminue avec
la teneur en silice et en oxyde de manganèse. Les calculs d’indices de basicité permettent
d’évaluer le caractère hydraulique des laitiers. Ils correspondent à la somme des constituants
basiques du laitier sur la somme de ses constituants acides. Pour une bonne activité
hydraulique, l’indice de basicité CaO/SiO2 doit être proche de 1,3 comme illustré dans la
Figure suivante.
D’un point de vue granulométrique, plus le laitier est fin, plus la réactivité hydraulique et les
résistances mécaniques sont élevées. En effet la surface de contact entre les phases vitreuses
du laitier, l’agent activateur et l’eau se trouve augmentée. Un des critères les plus importants
reste la connaissance de la minéralogie du laitier. En effet, la détermination du taux de
vitrification est très importante car sa structure vitreuse est riche en énergie qui n’a pas été
dissipée, et n’a pas atteint son niveau d’énergie le plus bas correspondant à l’état cristallin.
L'hydraulicité du laitier vitrifié est définie par sa faculté à évoluer, sous l'effet d’une
activation basique ou autre, vers son plus bas niveau énergétique en formant des produits
d'hydratation solides. Le laitier vitrifié est ainsi un matériau hydraulique latent.
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D’autres facteurs influent sur l’activité d’un laitier de haut fourneau et sur son hydratation. On
peut citer la concentration en ions alcalins dans le milieu et la température durant les
premières phases du processus d’hydratation.
Processus d’hydratation
Contrairement au ciment qui s'hydrate par simple addition d'eau, le laitier de haut fourneau
vitrifié n'est rapidement soluble que dans une eau alcalinisée et a donc besoin, pour
développer une cinétique d’hydratation satisfaisant l’objectif recherché (performances
conformes aux ciments [NF EN 197-1]), d'un agent d'addition appelé activant. Le processus
d'hydratation du laitier est ensuite semblable à celui du ciment Portland tel qu'il fut expliqué
par Le Chatelier.
Dans cette théorie on distingue donc bien les phénomènes chimiques d’hydratation, physique
de cristallisation et mécanique de durcissement.
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vitrifié. L'hydratation débute par la dissolution du laitier dans l'eau de gâchage basique. Cette
dissolution, qualifiée d’hydroxylique par Van Rompaey aboutit à une solution basique
concentrée, d'où résulte une précipitation de composés hydratés. La dissolution n’est possible
que lorsque le pH du milieu dépasse une valeur de l’ordre de 12, pH fixé par l’équilibre de
dissolution – précipitation de l’hydroxyde de calcium (pH = 12,5 –12,6). Cette précipitation
fait à son tour chuter la concentration des éléments dans la solution, ce qui permet la
solubilisation d'une nouvelle quantité de produit jusqu'à une concentration entraînant une
nouvelle précipitation de composés hydratés. Les cristaux formés peuvent apparaître sur les
grains de laitier ou sur les granulats. Il y a dans un premier temps une augmentation du
frottement interne du squelette, puis formation de ponts cristallins qui se rejoignent en
formant un maillage qui entoure les granulats, constituant un ensemble cohérent.
La fixation du maillage sur les granulats, qui dépend de leur état de surface, est facilitée sur
les surfaces rugueuses et anfractueuses (pourvues de cavités profondes et sinueuses). Ensuite,
la précipitation des hydrates formés et leur arrangement cristallin conduisent à un
développement des résistances mécaniques dans le temps, au fur et à mesure que se poursuit
le phénomène. Les grains de laitiers étant plus lisses que les grains de clinker, les hydrates ont
plus de mal à se développer sur ces grains et le développement des résistances mécaniques se
trouve plus lent pour des ciments au laitier par rapport à des ciments Portland.
Il est important de prendre en compte l’activateur dans la réaction d’hydratation. En effet, la
quantité et le choix de l’activant influent sur le gain de résistance et la nature des hydrates
formés. Van Rompaey prétend que les réactions d’hydratation du laitier de haut fourneau
forment des silicates de calcium hydratés (CxSyHz), des aluminates de calcium hydratés
(C4AH13) ainsi que des sulfo-aluminates de calcium hydratés (3CaO.Al2O3.CaSO4.12H2O) et
de l’ettringite (C3A.3CaSO4.32H2O.
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Laitiers cristallisés
Ils ont des caractéristiques physiques et mécaniques comparables à celles des matériaux
naturels. Ils sont utilisés en technique routière depuis la constitution de remblais, jusqu’aux
couches de surface des chaussées.
Les laitiers de fraîche production et les stocks appelés « crassiers », constitués au fil des
décennies, sont exploités comme des carrières de roche naturelle pour la fabrication de
granulats.
Laitiers vitrifiés
Le plus souvent élaborés sous forme de laitiers granulés, ils trouvent, en raison de leurs
caractéristiques physico-chimiques, un emploi privilégié dans l’industrie cimentière, mais
aussi comme liants dans différent mélanges granulaires des assises de chaussées.
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LHF des crassiers
On dispose ainsi du laitier cristallise´ brut, qui peut alors être concassé et criblé pour produire
des granulats au sens de la Norme française NF P 18-545, qui peuvent être utilisés à divers
niveaux de la structure (figure ci-dessous) :
– le laitier tout-venant 0/D : les granulométries sont de l’ordre de 0/300 mm. Il s’agit plutôt
d’un matériau de remblais ou de couche de forme ;
– le laitier concassé 0/D, 0/d et d/D en toutes granulométries.
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Utilisation du laitier granulé dans le domaine routier
La réactivité caractérise la faculté d’attrition du laitier, c’est à dire son aptitude à produire des
fines sous l’effet des différentes manutentions allant du malaxage du matériau en centrale
jusqu’au compactage en passant par le transport.
Elle est définie par le coefficient alpha (α) (XP P 98-108 de Septembre 1995).
Il est le produit de la surface spécifique S (cm2/g) des fines (≤ 0,080 mm) naturellement
présentes dans le laitier par le pourcentage de fines F produites par un broyage spécifique.
Les laitiers vitrifiés sont répartis en quatre classes d’activité selon leur coefficient d’activité α
(NF P 98-106 Juillet 1991)
Les performances mécaniques des matériaux traités aux liants hydrauliques sont déterminées
par des essais sur des éprouvettes fabriquées en laboratoire.
Ceux-ci conduisent, après une maturation des éprouvettes de 360 jours, à l’obtention :
* de la résistance en traction Rt
* du module élastique E du matériau.
La méthodologie d’étude est décrite dans la norme NF P 98-114-1 pour les GTLH (graves-
laitiers traités aux liants hydrauliques) et dans la norme NF P 98-114-2 pour les STLH (sables
traités aux liants hydrauliques).
Selon la position du point représentatif sur le graphique (Rt, ,E) (voir ci-dessous), le matériau
est classé en :
G1, G2, G3 ou G4 (NF P 98-116) pour les graves
S0, S1, S2, S3, S4 ou S5 (NF P 98-113) pour les sables
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A titre d’exemple, la direction des routes en France recommande des spécifications
concernant les performances mécaniques des matériaux pour leur utilisation sur le réseau
national. Ces prescriptions sont reprises dans le tableau suivant :
(*) Ces valeurs ont été déterminées par le LRPC de Lille et validées par le LCPC
(**) activant sulfatique ou calcique autre que la chaux
(***) activant chaux
(****) selon l’utilisation :
- fondation en SH sous une GH avec le même traitement : S2 ou S3
- SH employé en base et fondation : S3
T0 = entre 750 et 2000 PL (de poids lourds), le trafic moyen journalier annuel (TMJA)
Les performances mécaniques décrites ci-dessus sont obtenues sur des mélanges réalisés en
laboratoire. Or, il est généralement observé, à âge égal, entre les résultats d’essais sur
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éprouvettes reconstituées en laboratoire et sur prélèvements dans la chaussée des dispersions
dues aux variations inéluctables de compacité, de teneurs en eau et en liant sur chantier et aux
conditions de conservation (20°C en laboratoire).
Le dimensionnement (détermination des épaisseurs des couches de chaussées) n’est donc pas
réalisé à partir des valeurs obtenues en laboratoire, mais en minorant ceux-ci de :
30% pour la résistance à la traction Rtd360
10% pour le module E360.
Le dimensionnement est donc réalisé en tenant compte du trafic, de son taux d’accroissement,
de la durée de service, du risque, du coefficient d’agressivité et de paramètres dépendant des
matériaux hydrauliques employés.
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EMPLOI DU LAITIER VITRIFIE DANS LES LIANTS HYDRAULIQUES
ROUTIERS
En complément des ciments normalisés, se sont développés, depuis maintenant de
nombreuses années, des liants dénommés « liants hydrauliques routiers » mis au point
spécialement pour une utilisation en traitement des sols en place ou en centrale et pour la
confection de matériaux d’assises de chaussées.
Ce sont des liants composites obtenus par mélange et/ou broyage de clinker ou de coproduits
de l’industrie (laitiers, cendres volantes, etc...).
Les principaux liants employés sont décrits dans des avis techniques délivrés par le Comité
Français pour les Techniques Routières (CFTR). Leurs compositions sont :
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EMPLOI DU LAITIER VITRIFIE DANS LE BETON
LE LAITIER GRANULE (NF P 18-306)
Le laitier granulé peut être employé dans les bétons classiques de granulats naturels comme
sable actif (remplacement de tout ou partie du sable), soit sous sa forme brute, soit sous forme
de laitier prébroyé.
Cette incorporation se traduit par une augmentation des résistances mécaniques. (à dosage en
ciment constant), le malaxage et la mise en œuvre provoquant l’attrition de fines hydrauliques
dont l’action vient se cumuler avec celles de la liaison pâte de ciment-sable de laitier. Par
contre, le béton perd de sa maniabilité, d’autant plus que l’ajout de laitier est important. Cette
maniabilité peut alors être améliorée par différents ajouts (cendres volantes, charge inerte).
Ce laitier, de masse volumique supérieure à 0.80 kg/dm3, doit avoir la composition chimique
suivante :
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Le laitier moulu permet de modifier certaines propriétés du béton, principalement le
comportement aux milieux agressifs et aux alcalis-réactions, la diminution de la chaleur
d’hydratation et de la porosité. Ces modifications dépendront du taux d’addition et de la
finesse de mouture du laitier.
Il doit répondre aux spécifications détaillées dans la norme NF P 18-506.
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Les scories d’aciérie
1. Introduction
Avec l’augmentation de la production mondiale en acier, les volumes des scories d’aciéries
ont augmenté aussi. Ceux-ci sont souvent mis en décharge ou gardés en stocks internes dans
les usines. Ces types de sous-produits contiennent des matières nocives et métaux lourds qui
peuvent avoir potentiellement un impact sur l’environnement.
De nombreux travaux de recherches ont été menés dans le monde en vue de trouver des voies
d’utilisations aux scories. Les plus répandues parmi celles-ci dans le domaine de génie civil.
Néanmoins, ces utilisations sont diversement appréciées. On suspecte les scories de nuire à la
stabilité des constructions pour certains emplois spécifiques. Ces co-produits sidérurgiques,
de bonne qualité mécanique, ne sont généralement pas stables dans le temps car la chaux libre
et la magnésie libre qu’ils contiennent s’hydratent et provoquent des expansions parfois
importantes. Les oxydes de calcium et de magnésium contenus dans les scories ont tendance à
s’hydrater et à se transformer en hydroxydes de calcium Ca(OH)2 et de magnésium Mg(OH)2.
Cette réaction chimique entraîne une augmentation de volume des oxydes de l’ordre de 5 à 10
% dans le cas du Ca(OH) 2 et de plus de 100 % dans celui du Mg(OH)2. La présence de ces
deux oxydes au sein de la composition des scories d’aciérie est inévitable au cours de
l’affinage de la fonte et leur dissolution est un phénomène assez complexe qui dépend
essentiellement de la température de fusion et de la composition.
La tendance actuelle selon la littérature disponible que les voies principales en cours
d’exploration dans le cadre d’activités de recherche visent à minimiser ces effets expansifs,
par une approche portant sur l’optimisation du vieillissement ou sur la mise au point des
formulations prenant en compte le potentiel de gonflement de ces scories.
14
2. Origine des scories
L’acier fabriqué en Algérie (complexe sidérurgique d’El-Hadjar) par ArcelorMital est obtenu
par deux procédés : en four électrique et dans un convertisseur à oxygène (figure 1). La grosse
quantité est élaborée dans le convertisseur plus connu par le procédé d’élaboration L.D
(Lintz–Donawitz). Ce dernier consiste à affiner la fonte hématite en fusion et en présence de
chaux, d’oxygène et éventuellement de ferraille. Ce procédé mis au point vers les années
1950 en Autriche. Les scories se présentent sous la forme d’une roche basique, constituée
principalement de chaux, d’oxyde de fer et de silice. Pour une tonne de fonte, on ajoute 75 à
80 Kg de chaux et dolomie ; la quantité de scorie produite est environ 140 à 160 Kg pour une
tonne de fonte.
Durant le processus, se produit une combinaison du carbone avec l’oxygène pour former de
l’oxyde de carbone. La chaux absorbe la silice et le phosphore après séparation de gangue et
de l’acier, différents adjuvants chimiques sont ajoutés en poche afin d’obtenir la nuance
d’acier souhaitée.
Un tel procédé génère une gangue industrielle appelée scorie LD (et parfois appelée laitier
LD) qui comprend la majorité de cette chaux libre. Ce matériau qui sort à l’état liquide du
convertisseur est d’abord refroidi à l’eau, ensuite passé sous séparateur de métaux et criblé
sans concassage pour finalement obtenir des calibres de granulats pierreux, stockés à l’air
libre.
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Synoptique des deux filières des laitiers d’aciérie
La fraction fine appelée « fines de scorie LD » est particulièrement riche en chaux sous forme
de CaO ou de Ca(OH)2 est présente des caractéristiques intéressantes pour le traitement des
sols.
Après refroidissement en fosse, le laitier LD est acheminé pour maturation vers un stock
intermédiaire sur le crassier pendant environ une année. Il est ensuite déferraillé, concassé et
criblé. Le principe d'élaboration des laitiers LD est repris dans le schéma suivant.
16
Figure 2 : Schéma d'élaboration du laitier LD
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4.2 Compositions chimiques et minéralogiques des scories
. Verres
1-
2- Basaltes
3- Pouzzolanes
4- Laitier H F
5- Clinker Portland
6- Laitier LD
7- Chaux
8- Cendres silico-alumineuses
9- Cendres sulfo-calciques
10- Ciments alumineux
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Analyses chimiques (par spectrométrie de rayon X : EDS)
Les essais de masse volumique et de résistance mécanique montrent (tableau 2) que le laitier
LD est un matériau aux caractéristiques mécaniques de tout premier ordre, mais dont la
densité élevée peut être pénalisante en cas de transport sur de longues distances. Leur
résistance aux chocs, à l’usure, aux cycles de gel et de dégel ainsi qu’au polissage de même
que leur angularité et leur affinité avec les bitumes font de ces résidus des granulats à hautes
performances, autant pour la fraction grossière que fine. La tenue à l’eau après mûrissement et
la résistance à l’orniérage sont généralement excellentes.
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Tableau 2. Caractéristiques mécaniques du laitier LD
Le tableau ci‐dessous présente un récapitulatif des principales caractéristiques mécaniques
usuelles dans la construction. Les valeurs des caractéristiques mécaniques sont comparées
aux caractéristiques des granulats naturels.
Les caractéristiques mécaniques des granulats sont déterminées à l’aide d’essais
reproduisant les sollicitations spécifiques à l’usage de la construction routière. Ainsi, le
coefficient Los Angeles (L.A.), caractérise la résistance aux chocs de boulets d’un granulat
tandis que le coefficient Micro Deval (M.D.E), caractérise la résistance à l’usure par
frottement. Enfin, le coefficient de polissage accéléré (C.P.A.) caractérise la résistance des
granulats sous l’action du polissage exercé par les pneus des automobiles.
Le gonflement (ou l’instabilité volumique) des scories reste un handicap majeur pour son
vulgarisation dans le domaine du génie civil comme le montre la photo de la figure 5.
Quelques méthodes pour résoudre ce handicap et une synthèse sur les applications des scories
sont présentées dans cette partie.
20
Figure 5. Dégradation d’une chaussée en granulats de laitier LD
La stabilité du laitier LD est un facteur déterminant dans sa capacité ou non à être employé
dans la construction routière. Comme nous l’avons vu, cette stabilité dépend de la proportion
de chaux libre contenue dans le laitier LD et de sa capacité à s’hydrater. Pour quantifier la
stabilité des laitiers LD de nombreux tests ont été créés afin d’apporter un critère de sécurité.
21
Motz dans ses travaux passe en revue les différentes techniques utilisées dans la fin des
années 70 jusqu’à l’aboutissement d’un test de routine reconnu par toute la communauté
Européenne, le test à la vapeur. Ce test est présent dans la norme NF P 1744-1 depuis 1998.
Le principe de cet essai consiste à mesurer l’expansion volumique d’un échantillon de scorie
calibrée et compactée soumise à un courant de vapeur à 100°C à pression atmosphérique. Le
schéma présenté sur la figure suivante montre l'évolution de l'expansion de la scorie en
fonction du temps de son traitement à la vapeur.
Toutefois, il faut rappeler qu'il n’existe pas, à l’heure actuelle, de documents recommandant
explicitement les domaines d'emploi possibles en fonction de la teneur en calcium libre ou de
l'instabilité mesurée. Les futures normes européennes précitées se limitent à la définition de
classe de stabilité volumique. Il appartiendra à chaque pays de définir des règles de choix de
classes.
22
Outre l’abaissement de la granularité et le vieillissement à l’air libre, divers procédés existent
pour diminuer l'instabilité volumique de ces laitiers. Certains de ces procédés sont décrits ci-
après.
Divers brevets reposant sur des procédés de traitement des laitiers par l’eau ou le dioxyde de
carbone semblent permettre de stabiliser le matériau.
Une étude a été réalisée sur des laitiers de Florange en Moselle (France) dont le procédé
repose sur le principe selon lequel l’adjonction d’un réactif acide favoriserait la dégradation
des matériaux basiques et permettrait donc l’accès au calcium libre. Cette étude montre que la
neutralisation de la chaux a bien lieu, sous réserve d’utiliser de l’eau, comme agent de
diffusion (Prin - Ferreira L. 2000).
Des procédés agissant sur laitier encore chaud existent également. Ces procédés concernent
soit le processus d’affinage de la fonte, où l’on remplace par exemple une partie de la chaux
par de la bauxite, soit le refroidissement du laitier, lors duquel on asperge le laitier chaud (800
– 900°C) d’eau ou l’on effectue une granulation par refroidissement rapide par l’eau. Ces
méthodes permettent de diminuer le temps de vieillissement ultérieur puisqu’une grande
partie de l’hydratation de la chaux vive a déjà eu lieu lors du refroidissement.
Toutes ces méthodes présentent toutefois certains inconvénients. Les traitements sur laitiers
refroidis sont relativement longs, manquent de souplesse (notamment pour le concassage qui
limite les débouchés) et ne sont pas toujours fiables. Les traitements sur laitier chaud, qui sont
plus rapides, demandent quant à eux du matériel et une quantité d’énergie importante, ce qui
diminuera leur compétitivité sur le marché des granulats.
Ainsi, la stabilisation des laitiers de convertisseurs à oxygène fait encore l’objet de recherches
d’amélioration.
Cette voie de valorisation consiste à utiliser ces scories d'aciérie comme matières premières
dans la fabrication de briques cuites. La composition chimique des scories semble en effet
bien adaptée à cette utilisation. De plus, la longue cuisson en présence d'argiles, de sable et de
schiste devrait permettre de s'affranchir des problèmes biens connus dus à la chaux libre des
scories (gonflement / éclatement).
Une autre utilisation possible de ces laitiers LD se situe dans les couches de roulement en
raison de leurs qualités mécaniques très intéressantes. Mais les premières expériences
réalisées (dans les années 70) ont conduits à des désordres après quelques mois (excroissances
23
à la surface du revêtement). Des études sur des enrobés bitumineux ont montré que ces
problèmes pouvaient être très sensiblement limités par un concassage suivi d’un
vieillissement du laitier LD (vieillissement à l’air, à l’eau, à l’eau chaude) (Panis A. 1976). De
la même façon, les laitiers de convertisseur à oxygène pourraient éventuellement être utilisés
pour la réalisation d’enduits superficiels après un vieillissement par simple stockage à l’air
libre pendant 6 mois.
Toutes filières confondues, le laitier d’aciérie est valorisé comme matériau de viabilité dans
les techniques de génie civil comme remblai, protection de berges (Alexandre J. Boudonnet
J.Y. 1993). De plus, leur masse volumique plus importante que celle d’un granulat naturel
permet une utilisation en masque ou éperons drainants.
Les photos de la figure ci-dessous illustrent des briques ayant subies de fortes expansions à la
suite d’un traitement thermique dans un autoclave (température de 170°C et une pression de
vapeur saturée de 10 bars pendant 10 heures de traitement).
24
‐ Utilisation de la scorie come granulats pour béton, l’apport de la scorie améliore la
résistance en compression.
25
Les Cendres Volantes (Fly Ash)
22
Une centrale thermique à flamme fournit une puissance électrique de l'ordre de quelques
centaines de mégawatts (1 MW = 1 000 000 W). Les centrales en service en France ont des
puissances variant de 100 MW à 700 MW.
3.2 Récupération
Les cendres sont prélevées par divers moyens de filtration, avant que les gaz ne s’échappent
dans l’atmosphère. Le processus simplifié est décrit dans le schéma de la figure 3.
Cendres volantes
Entrainées dans les fumées résultant de la combustion du charbon, d’où leur nom, elles sont
captées à la base de la cheminée au moyen de dépoussiéreurs électrostatiques, avant rejet
des gaz dans l’atmosphère.
Cendres de foyer
Elles sont récupérées dans le « cendrier » de la chaudière. Les cendres de foyer sont
communément appelées « cendres de lit ». Elles peuvent contenir des quantités de chaux
libre importantes et entre soumises à un procédé d’extinction.
23
Figure 3 – Schéma du circuit des cendres et des points de récupération
Cendres de foyer
Désignées généralement par le terme de « mâchefers » (À ne pas confondre avec les
mâchefers résultant de l’incinération des ordures ménagères (MIOM)), elles se présentent
sous la forme d’un sable, plus ou moins scoriacé, de dimension comprise entre 30 μm et 30
mm, avec parfois quelques rares éléments pouvant aller jusque 100 mm.
24
Les courbes de la figure 4 montrent l’amélioration des caractéristiques mécaniques
lorsqu’on ajoute des cendres aux ciments. L’effet pouzzolanique est un phénomène commun
aux différents types de cendres.
La classification des cendres est fonction des combustibles (houille ou lignite) et des
différents procédés de production des centrales. Il existe, les cendres sulfo-calciques
résultant de la combustion du lignite et les cendres silico-alumineuses provenant de la
combustion de la houille. Les cendres dépendent aussi des sites de production.
25
(figure 5). Leurs dimensions varient entre 0,5 et 315 μm (figure 6), avec une finesse Blaine
(surface spécifique), se situant entre 2 200 et 4 000 cm2/g proche à celle d’un ciment
classique.
c) Caractéristiques chimiques : La silice (SiO 2 ) et l’alumine (Al 2 O 3 ) sont les deux éléments
majeurs qui constituent la cendre. Les autres, éléments également présents dans une
moindre proportion, sont les oxydes de fer (Fe 2 O 3 et FeO 4 ) et la chaux (voir tableau 1).
Le pH d’une solution riche en cendres silico-alumineuses est nettement basique et peut être
supérieur à 10.
Les cendres silico-alumineuses, quasi insolubles dans l’eau, contiennent une certaine
quantité d’imbrulés provenant d’une combustion incomplète du charbon.
26
d)Pouvoir pouzzolanique : Les cendres silico-alumineuses (charbon) proches des pouzzolanes
ne pourront présenter des qualités d’hydraulicité que dans un milieu basique, généralement
assure´ par un ajout de chaux.
15 à 25 5 à 10 5 à 10 35 à 50 1à2 ˂2 ˂2 15 à 25
d) Pouvoir pouzzolanique : Les cendres sulfo-calciques (issues de lignite) sont proches des
clinkers et des laitiers. Elles ont un comportement semblable aux ciments. Elles font prise en
la seule présence d’eau.
27
4. Caractéristiques géotechniques des cendres volantes
Granularité
Le matériau se présente sous la forme d’une poudre dont la granulométrie est comprise
entre 0,5 et 315 μm. La finesse Blaine (surface spécifique) est élevée puisqu’elle est, en
général, supérieure à 2 000 cm2/g (ce qui n’est pas éloigné des ciments classiques), et même
supérieure à 10 000 cm2/g, dans le cas de certaines cendres.
Dans le cas des cendres silico-alumineuses, il est à noter que, pour pouvoir être utilisées en
technique routière, les passants à 40 et 80 μm (norme XP P 18-545) doivent être
respectivement supérieurs à 40 et 70 % (norme NF EN 14 227 – Partie 3, 2005).
Perméabilité
Les cendres volantes sont relativement perméables par comparaison avec une argile. Le
coefficient de perméabilité des cendres compactées est de l’ordre de 1 · 10-5 à 1 · 10-7 m/s,
analogue à celui des sables fins pollués et des limons.
Sensibilité à l’eau
Les cendres volantes sont hydrophiles : elles peuvent absorber des quantités d’eau notables
(jusqu’à 20, voire 25 %) sans perdre leur stabilité mécanique. Mais, dès que la teneur en eau
atteint une valeur voisine de 60 %, les cendres forment une boue liquide.
Elles sont sensibles a` l’eau : l’excès d’eau réduit la résistance et accroît leur déformabilité.
28
– traitement de sol ;
– assises de chaussées ;
– liants hydrauliques routiers et ciments ;
– constituants principaux ou secondaires.
Génie civil :
– ciments (tableau 3);
– bétons : prêts à l’emploi, de chantier, autoplaçants, de chaussées, préfabrication (figure 10).
29
Figure 9 – Couches de forme
30
Flexural strength versus fly ash percentage (Siddique, 2003)
31
Relative bleeding of control and fly ash concretes (Central Electricity Generating Board, 1967)
Temperature rise curve for fly ash and plain concrete test sections (Compton and Macinnis, 1952)
32
Drying shrinkage of concretes incorporating high-calcium fly ash (Yuan and Cook, 1983)
33
Valorisation des Déchets Valorisation des Boues
Boues des stations d'épuration
•Définition:
Ces boues proviennent de l'épuration des eaux usées, acheminées par les réseaux
d'assainissements (égouts) dans des stations d'épuration. Elles résultent de l'activité
biologique des micro-organismes vivant dans ces stations, qui transforme les
matières transportées par les eaux usées pour qu'elles puissent en être extraites.
Elles sont constituées essentiellement d'eau, de sels minéraux et de matière
organique.
•Enjeux:
Protection des eaux dans lesquelles sont déversées ces rejets (protection du
système aquatique).
Compromettre les possibilités d’usages de l’eau telles que:
prélèvement d’eau potable
pour une utilisation agricole ou industrielle
pêche et loisirs
Ces boues constituent des matières riches en minéraux et composés organiques
Peuvent contenir également des substances indésirables, notamment les métaux
lourds qui posent problème:
risque de contamination des sols
sur le plan sanitaire (en cas d’assimilation de ces métaux lourds par les
cultures)
1
Valorisation des Déchets Valorisation des Boues
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Valorisation des Déchets
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Valorisation des Boues
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Valorisation des Déchets Valorisation des Boues
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Valorisation des Déchets Valorisation des Boues
Les boues de station d’épuration (STEP) peuvent servir comme ajouts aux
ciments (déchets minéraux) pour enrichir les matières de base du cru:
en tant que porteurs de chaux
en tant que porteurs de silice
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Valorisation des Déchets Valorisation des Boues
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Valorisation des Déchets Valorisation des Boues
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Valorisation des Déchets Valorisation du Caoutchouc
Problématique
(Données Françaises)
1
Valorisation des Déchets Valorisation du Caoutchouc
Introduction:
2
Valorisation des Déchets Valorisation du Caoutchouc
Composition :
Les pneus usagés sont constitués essentiellement: de caoutchouc
synthétique, d'acier, de textile, de fibre de verre et de céramide.
Certains métaux lourds se retrouvent dans la composition des pneus.
Recyclage et Valorisation :
En technique de rechapage
Cette technique consiste à remplacer la bande de roulement par
vulcanisation à chaud ou à froid. Cette technique est très peu employée
à cause de qualité trop médiocre des pneus usagés collectés.
Valorisation énergétique
Les pneus ont un pouvoir calorifique élevé : environ 24 000 kJ/kg. La
valorisation énergétique en cimenteries et en sidérurgie est largement
répandue. Cependant, la présence de métaux lourds dans les pneus et
la technologie des installations existantes constituent des limites à cette
filière.
3
Valorisation des Déchets Valorisation du Caoutchouc
Pyrolyse
Ce procédé de décomposition chimique par voie thermique en l'absence
d'oxygène permet de récupérer de l'énergie et des matières premières des
pneus usés.
Les pneus sont utilisés comme déchets combustibles. Plutôt que d’introduire
des pneus entiers à l'extrémité froide du four rotatif, la présence d’une
chambre de pré-combustion permet d'exploiter l'énergie libérée de manière
plus régulière pour préchauffer les matériaux bruts entrant dans la
fabrication du clinker
4
Valorisation des Déchets Valorisation du Caoutchouc
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Valorisation des Déchets Valorisation du Caoutchouc
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Valorisation des Déchets Valorisation du Caoutchouc
12
Chapitre I
Les granulats utilisés pour le béton sont d'origine naturelle, artificielle ou recyclée :
«Naturels», lorsqu’ils sont issus de roches meubles ou massives et qu’ils subissent
aucun traitement autre que mécanique (réduction de dimensions) ;
«Artificiels», lorsqu’ils proviennent de la transformation à la fois thermique et
mécanique de roches ou de minerais ;
«Recyclés», lorsqu’ils proviennent de la démolition d’ouvrages ou lorsqu’ils sont
réutilisés
1
Chapitre I
2
Chapitre II
3
Chapitre II
4
Chapitre II
5
Chapitre II
Tableau II.1 : Séries de tamis employés pour la détermination du module de finesse du sable.
01 Tamis: 0,16 - 0,315 - 0,63 - 1,25 - 2,5 et 5 mm. "NFP 18-540"
02 Tamis: 0,125 - 0,25 - 0,5 - 1 - 2 et 4 mm. "EN 12620"
Un bon sable pour béton doit avoir un module finesse d’environ 2,2 et 2,8. Au-dessous, le
sable est à majorité d’éléments fins et très fins, ce qui nécessite une augmentation du dosage
en eau, au-dessus, le sable manque de fins et le béton y perd son ouvrabilité.
̵ La forme :
Une bonne forme des granulats est essentielle pour éviter des chutes de résistance des
bétons par suite du risque d’apparition de plans de glissements potentiels.
La forme d'un élément granulométrique est définie par ses trois
caractéristiques dimensionnelles principales : l'épaisseur (E), la E
G
grosseur (G) et la longueur (L).
Pour différents usages, il est conseillé d’utiliser des L
granulats les plus isotropes possibles. Une forme assez ramassée Figure 3 : forme d'un
granulat [23]
des granulats est très recommandée pour une utilisation dans le
béton.
6
Chapitre II
̵ Angularité
L’angularité des granulats est conventionnellement estimée par les valeurs des indices
et rapport de concassage. Mais peut être mesurée aussi par le temps d’écoulement d’un
certain volume de granulats à travers un orifice donné caractérisant ainsi un coefficient
d’écoulement des gravillons. Il en va de même pour les sables, la méthodologie étant la
même, seul diffère les dimensions de l’appareillage de mesure.
On peut les classer en deux groupes, celles qui concernent le granulat lui-même, et
celles qui concernent la teneur en substances étrangères et nocives.
7
Chapitre II
- La Porosité (P):
C’est le rapport du volume des vides pouvant être remplis d’eau au volume total d’un
échantillon de granulats. La mesure de la porosité se fait selon la norme "NF P18 554, EN
1097-3".
La présence de pores internes dans les granulats est en rapport direct avec la densité
des granulats. Certains pores sont complètement à l’intérieur des granulats et d’autres
débouchent à la surface.
- Teneur en eau (W %) :
La teneur en eau est égale au rapport de la masse d'eau contenue dans l'échantillon sur
la masse sèche de l’échantillon.
La qualité des granulats utilisés dans les bétons est un facteur très important. Trois
grandes catégories d’impuretés peuvent être rencontrées dans les granulats : matières
organiques, les argiles et les matériaux fins (issues du concassage ou du broyage des roches).
Leurs présences à la surface des granulats interfèrent avec le processus d’hydratation du
ciment et empêchent la bonne adhérence granulats-liants, entraînant ainsi une chute des
résistances mécaniques et des variations de propriétés rhéologiques des mélanges. De telles
8
Chapitre II
impuretés semblent être plus courantes dans les sables que dans les gros granulats, plus
facilement lavés.
a) Les Sables :
On mesure l’importance des pollutions argileuses dans les sables par l’essai
d’équivalent de sable et l’essai au bleu de méthylène.
9
Chapitre II
̵ La teneur en chlorures :
Un sable provenant du bord de mer, tout comme un sable de désert, contient du sel et
doit être traité. Le pourcentage d'ions chlore acceptable dans les granulats ≤ 0,05 pour le béton
armé selon Neville [7] et ≤ 0,02 selon la norme XP P 18-583, XP P 18-540.
Il a été constaté sur des cas de bétons recyclés la présence de chlorures dépassant les
limites recommandées. Ceci est semblablement lié à la contamination des ouvrages par les
chlorures au cours leurs exploitations avant démolition.
- La teneur en sulfate :
La norme européenne EN-12620 définit la limite de la teneur en sulfate à 1 %.
La teneur en sulfate des granulats recyclés est en relation avec la quantité de la pâte
cimentaire attachée aux granulats. La contrainte de compression du béton qui emploie 3% de
plâtre est de 15 % inférieur à celui sans plâtre. Toutefois, les granulats doivent être lavés
avant leur utilisation et la démolition sélective pourrait être considérée comme une alternative
efficace.
̵ Alcali-réaction :
L'alcali-réaction est un ensemble de réactions chimiques pouvant se produire entre
certaines formes de silices, de silicates ou de carbonates appartenant aux granulats et les
éléments alcalins (sodium, potassium) en solutions dans la pâte liante, et la formation d’un gel
expansif entraînant l’éclatement du béton.
Les granulats sont désignés comme étant non réactifs (NR), potentiellement réactifs
(PR), potentiellement réactifs à effet de pessimum (PRP). La teneur en alcalins actifs des
granulats est communiquée si elle dépasse 0,01 % exprimée en Na2O équivalent.
- Gélivité des granulats :
Un granulat ne sera pas sensible au gel, s’il possède une porosité très faible ou si son
système capillaire est interrompu par un nombre suffisant de macrospores (qui jouent le rôle
de bulles d’air). Un granulat est considéré comme non gélif si au moins l'une des trois valeurs
spécifiées suivantes est respectée: absorbe peu d'eau (Ab ≤ 1%), sa résistance à la
10
Chapitre II
fragmentation est bonne (LA ≤ 25), sa gélivité (G ≤ 30). Dans les cas contraires, la gélivité est
mesurée par la dégradation granulométrique du matériau préalablement soumis à des cycles
gel-dégel.
L'essai gel-dégel est déterminé selon la norme "NF P 18-593". La sensibilité au gel est
déterminée par la formule suivante:
L LA
G AG 100
L A
ou LAG : coefficient Los Angeles des granulats gelés
LA : coefficient Los Angeles des granulats non gelés
Plusieurs travaux ont indiqué que les granulats recyclés ont de mauvaises
performances lors de l'essai de gel-dégel.
̵ La résistance à la fragmentation
Essai Los Angeles (LA) :
Cet essai permet de mesurer les résistances combinées à la fragmentation par chocs des
boulets et à l’usure par frottements réciproques des éléments d’un granulat. Ceci est quantifié
par la proportion d’éléments inférieurs à 1,6 mm produite par fragmentation à l’intérieur d’un
cylindre en rotation. L’essai Los-Angeles se pratique sur les classes granulaires 4/6, 6/10 ou
10/14.
La valeur du coefficient Los-Angeles doit être ≤ 40 pour les granulats naturels type B
et C suivant les normes "NF P18 573, EN 1097-2 § 5" et compris entre 25 et 50 selon les
normes XP P 18 540 et ASTM C-33 pour les granulats recyclés.
11
Chapitre II
appelée coefficient de fragmentation dynamique. Cet essai a été conçu de manière à trouver,
sur un même matériau, un résultat aussi proche que possible du coefficient Los Angeles.
̵ Résistance à l’attrition et à l'usure "Essai Micro-Deval humide" (MDE):
L'essai Micro Deval peut être utilisé à sec ou en présence d'eau, méthode plus
représentative. Les granulats résistent d’autant mieux à l’attrition que la valeur du coefficient
Micro-Deval est faible. L’essai consiste à mesurer la quantité de matériau trituré passant au
tamis 1,6 mm.
La valeur du (MDE) doit être ≤ 35 pour les granulats naturels "NF P18 577, NF EN
1097-1" et compris entre 15 et 50 pour les granulats recyclés selon la norme "XP P 18 540".
12
Chapitre III
La diversité des bétons actuels, aux propriétés extrêmement variables, ne permet pas
d’imaginer un principe de formulation commun. Celle-ci est orientée vers les propriétés
principales demandées au matériau et adaptée en fonction des propriétés secondaires
recherchées. Un bon béton n’est acquis, que lorsque trois objectifs principaux sont atteints :
obtenir une résistance mécanique, obtenir une rhéologie qui permet une mise en œuvre facile
et un squelette granulaire donnant une compacité maximale, et qui peut être une propriété
secondaire recherchée. Comme il n’existe pas une grande variété de granulats disponibles en
un lieu donné, la formulation d’un béton devra tenir compte des ressources locales et des
coûts. C’est pourquoi les propriétés intrinsèques des granulats ne sont pas toujours valorisées
dans les bétons.
Les propriétés des bétons qui en découlent des granulats ne sont pas toujours
observatrices. Le béton de granulats recyclés (RAC1) de point de vue morphologie est
identique à un béton de granulats naturels (NAC2) ce qui les différencie se sont les granulats.
Dans ce contexte, nous présentons un état des lieux de l’influence des granulats recyclés sur
les propriétés du béton.
Pour un béton classique, cette caractéristique est souvent difficile à quantifier à cause
de la conjugaison de plusieurs paramètres intrinsèques de la composition d’un béton (le
dosage en eau, le dosage et la nature du liant, la forme et la texture des granulats, la
granulométrie et la dimension maximale du granulat). D’autres paramètres, s’ils ne sont pas
contrôlés, peuvent affecter d’avantage la maniabilité tels que : le malaxage, le transport du
béton, la température, l’hygrométrie, les fines des sables et l’influence des adjuvants.
1
RAC : recycled aggregate concrete : béton de granulats recyclés
2
NAC : natural aggregate concrete : béton de granulats naturels
13
Chapitre III
recyclés) nécessitent plus d’eau pour une maniabilité donnée que les granulats arrondis à
texture lisse, de plus, leur coefficient de frottement relativement important, les rend
défavorables pour la maniabilité.
L'ouvrabilité des bétons recyclés est généralement affectée par la capacité d'absorption
d’eau des granulats. La forme et la texture des agrégats peuvent également affecter l'efficacité
de l'ouvrabilité des bétons cités. Cela dépend du type de broyeur utilisé.
La forte absorption d'eau est attribuée à la présence de l'ancien mortier attaché aux
granulats recyclés et plus celui-ci est important plus la maniabilité se réduit davantage.
D'après certaines expériences, les bétons recyclés à base de granulats recyclé et sable naturel
nécessitent 5 % d'eau que le béton conventionnel avec la même ouvrabilité. Certains
chercheurs conseillent l’utilisation des granulats recyclés saturés en eau ou très humides.
D'après une étude menée par M. Barra (1998), lorsque les granulats recyclés sont
saturés la zone interfaciale n'est pas efficace, et pour l’améliorer une humidification des
granulats à 80-90 % (plus proche de saturation).
Les bétons recyclés présentent deux zones interfaciales : l’une constituée dans le granulat
recyclé (liaison granulat-pâte ancienne) et l’autre nouvellement crée entre le granulat recyclé
(y compris le mortier ancien) et la pâte cimentaire nouvelle. Ces zones doivent être prises en
considération lors de l’étude de la perméabilité et la résistance du béton.
Une des tares du granulat issu de la démolition, est l’ancien mortier collé au granulat
et qui ne peut être éliminé facilement. Sa quantité est aléatoire et dépend de la qualité
d’adhérence granulat-pâte de ciment et ainsi que de la puissance de concassage lors de la
fabrication des recyclés. Cette quantité de mortier attaché aux granulats recyclés porte atteinte
14
Chapitre III
à la résistance du béton à long terme. Kokubu (2000) a démontré que si le rapport E/C du
béton d'origine est faible, l’effet de la pâte cimentaire n’influe pas beaucoup la résistance à
long terme.
L'influence du type de gros granulats sur la résistance du béton est fonction du rapport
E/C. Cette influence des granulats sur la résistance diminue avec l'augmentation du rapport
E/C.
D’après des analyses microstructurales sur un béton, il a été démontré que l’interface
pâte de ciment granulat présente la zone la plus poreuse et donc la plus critique pour la
perméabilité et la durabilité du béton.
La texture de la surface du granulat affecte cette liaison avec la pâte de ciment et par
conséquent influence la résistance du béton (particulièrement celle de la traction).
La texture des granulats concassés, entraîne une meilleure adhésion entre les granulats
et la matrice de ciment, à condition que ceux-ci ne contiennent pas des matières nuisibles à
l’adhérence telles que les poussières de concassage. Des granulats plats et allongés sont
généralement friables, donc ils sont à proscrire.
Une autre expérience a été menée sur deux bétons du même dosage et même plasticité,
l’un avec des granulats calcaire, l’autre avec des granulats siliceux. On a constaté que malgré
la qualité de dureté du silex bien supérieur à celle du calcaire, on a en traction, une résistance
15
Chapitre III
nettement plus élevée avec du calcaire qui présente une rupture au niveau des grains
contrairement au silex qui subit un décollement des graviers de la pâte de ciment.
On peut conclure que les graviers calcaires génèrent une bonne adhérence à cause de
leur surface rugueuse.
Les granulats plats et allongés ont un effet défavorable pour la durabilité des bétons,
car les granulats plats tendent à s’orienter dans une direction créant des drains et l’eau de
ressuage ainsi que les vides d’air se concentrent autour d’eux.
On ne peut parler de perméabilité sans évoquer la porosité dont le volume seul n’influe
pas de manière significative sur la perméabilité. Celle-ci est en fonction de la dimension, de la
distribution, de la forme, de la sinuosité et la continuité des pores. Etant donné que cette
relation perméabilité-porosité est très étroite, elle constitue un paramètre déterminant de la
durabilité du béton comme l’illustre la figure 5.
16
Chaapitre III
Figu
ure 5 - Relaation entre la
l perméabiilité, la résisstance à la compression
c n et le niveaau de
porrosité du béton.
- un préé-mouillage éventuel des granulatss est nécesssaire afin d'améliorer laa mise en œuvre
œ du
béton ett de réduire les migratio
ons d'eau dee la pâte de ciment vers les granullats ;
17
Chapitre III
- un moyen certain d'atteindre la classe de résistance escompté est l'ajout de ciment d'environ
50 kg/m3 par rapport aux bétons contenant du sable naturel.
L'absorption d’eau d’un béton recyclé est plus élevée que celle du béton naturel
(presque 3 fois). Olorunsogo et al. (2006) ont constaté que l'eau d’absorbée par un béton à
100% de granulats recyclés était d'environ 39% plus élevée que celui des agrégats de béton à
l'âge de 28 jours de durcissement (figure).
Figure 6: L'absorption d'eau des bétons
Le retrait de la pâte de ciment est d’autant plus grand que le rapport E/C est plus élevé.
Cependant, le retrait de séchage qui peut effectivement se produire, est limité par les granulats
si ceux-ci sont à des pourcentages élevés. Selon certaines études la dégradation (fissuration)
qui en découle du retrait se trouve favoriser par la présence des granulats plats qui peuvent
constituer des drains s’ils sont juxtaposés, par la présence des argiles et fines dans les
granulats et à la grandeur du module élastique de ces derniers. Le retrait est plus important
dans le cas d’utilisation des granulats légers qui possèdent un module élastique plus faible et
qu’ils offrent donc moins d’opposition au retrait potentiel de la pâte de ciment.
Généralement les granulats naturels ne sont pas sujets au retrait, mais il existe des
roches dont le retrait voisine celui d’un béton à granulats sans retrait, le cas rencontré avec
certaines roches sédimentaires. Le calcaire est classé comme granulat sans retrait, en
revanche, sa dilatation très faible diminue les propriétés thermiques du béton car les granulats
calcaires peuvent présenter des différences significatives au niveau du coefficient de dilatation
avec la pâte de ciment, qui peut rompre la liaison pâte granulat.
Les bétons à base de granulats de recyclage tendent à avoir un retrait et un fluage plus
importants. Cette tendance augmente avec la proportion de granulats de recyclage. Selon des
études le retrait et le fluage sont signalés excessifs en cas d’utilisation de sable de béton
concassé et le mouillage préalable des granulats. Il a été recommandé de remplacer pour
atténuer les effets du retrait et fluage, le sable issue du béton recyclé par un sable naturel. Ces
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Chapitre III
études signalent que le retrait de séchage du béton à base de granulats recyclés et de sable
naturel est de 50% plus élevé que celui du béton conventionnel, et lorsqu’on utilise les deux
granulats recyclés (gros et fins), le retrait de séchage du béton recyclé peut augmenter jusqu'à
70% plus élevé que celui de béton conventionnel. Les auteurs de ces études soutiennent que le
facteur responsable qui a induit l’effet de retrait dans ce type de béton, est la forte absorption
d’eau des granulats recyclés.
Certaines études (Katz, 2003) montrent qu’à l'âge de 90 jours, le retrait pourrait être
d'environ 0,55 à 0,8 mm/m pour un béton recyclé, alors que la valeur comparable pour le
béton conventionnel est seulement d'environ 0,30 mm/m. Sur d’autres études l’effet de la
teneur en granulats recyclés n’aboutit à aucune différence notable dans le retrait si cette teneur
ne dépasse pas 50% comme l’illustre bien la figure 7. Sur celle-ci est présentée une
comparaison de mesures de retrait sur des spécimens de bétons fabriqués de 20, 50 et 100%
de granulats recyclés. A des taux de 100% de recyclés, la différence est bien évidente
néanmoins. Des constatations similaires ont été aussi obtenues en reliant le retrait à la
résistance à la compression comme nous le montre la figure 8, avec des pourcentages en
granulats recyclés de 20 et 50% les valeurs présentées se situent sur une même plage de
valeurs enregistrées avec le béton de référence, tandis que l’échantillon à 100% de recyclage
en granulats, ses valeurs sont bien éloignées.
Figure 7 : Relation entre les retraits des Figure 8 : Relation entre la résistance
recyclés et un béton conventionnel
bétons à la compression et le retrait du béton
Des résultats du test de fluage mené dans des conditions normales en laboratoire sont à
contre sens de ce qui a été avancé précédemment et après 1 an de chargement le fluage est
donné environ 20% de moins que pour un béton (Ajdukiewicz et Kliszczewicz, 2002). Bien
qu’un travail supplémentaire dans le domaine soit indispensable pour confronter les résultats,
il semble que les comportements du RAC et du NAC ne sont pas comparables lors de la
visualisation de l'effet combiné du retrait et le fluage.
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Chapitre III
Les bétons fabriqués avec des granulats recyclés obtiennent de bonnes résistances
mécaniques et peuvent atteindre des résistances à la compression équivalentes à celles d'un
béton conventionnel (figure 9).
Avec des moyens techniques spécifiques lors de la préparation du béton, une teneur en
ciment accrue (d’environ 10%) et un rapport E/C réduit, des bétons de résistance comparable
à celle du béton de granulats naturels peuvent être atteints. D'après une étude faite par B.
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Chapitre III
Gonzalez (2002), un béton préparé avec 50 % de granulats recyclés humides et E/C = 0,55
donne la même résistante en compression qu’un béton conventionnel.
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Chapitre III
résistant. L'explication la plus probable est le faible pourcentage des vides par rapport au
volume total de béton.
Les études faites sur l'influence de la teneur en granulats sur la résistance des bétons indiquent
que lorsque le pourcentage du volume des granulats augmente de 0 à 20 % par rapport au
volume total, il y a une diminution graduelle de la résistance à la compression alors que, entre
40 et 80 %, c’est une augmentation qui a été enregistrée. Selon une étude un béton normal
dosé de 300 kg/m3 présente un maximum de résistance pour la valeur de G/S=2 ; ceci
confirme les résultats admis dans différents articles concernant l’influence de ce paramètre sur
la résistance. Les recommandations préconisent ce taux dans le cas d’un béton normal. Au-
delà de cette valeur, une diminution de la résistance est constatée à cause d’une probable
apparition de ségrégation due à un manque de mortier. D’autre part l’augmentation du rapport
G/S fournit un excédent de volume en gravier par rapport à celui du sable : la surface
spécifique des granulats diminue, laquelle détermine la quantité d’eau nécessaire pour
humidifier tous les granulats. Celle-ci se trouve en excès lorsque le rapport G/S croit d’où une
chute de la résistance.
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Chapitre III
Il est connu que les bétons conçus avec des granulats concassés génèrent une surface
spécifique plus développée et demandent plus d’eau que les granulats roulés ce qui affecte la
résistance.
Pour des rapports E/C< 0,4, la résistance à la compression est majorée de 38%,
lorsque le béton est fabriqué avec des granulats concassés que ceux roulés et pour des rapports
E/C = 0,65 la résistance ne varie pas.
La rétention d’eau par les granulats recyclés, conduit à réaliser les bétons recyclés
avec des rapports E/C supérieurs à ceux des bétons classiques. Mukai (1979) propose une
relation entre le rapport E/C et la résistance à la compression en fonction du pourcentage des
granulats recyclés utilisés.
Tavkoli et Soroushian (1996) ont démontré qu’un béton composé de 100 % de granulats
recyclés avec un rapport E/C plus faible que celui d’un béton conventionnel, donne une
résistance à la compression plus élevée que celle relevée avec celui-ci. Tandis que pour un
rapport E/C égale, la résistance à la compression du béton avec 100 % de granulats recyclés
est faible que celle du béton conventionnel.
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Chapitre III
Figure 14 : Evolution du module élastique Figure 15 : Relation entre les modules élastiques des
statique en fonction du taux de substitution en bétons recyclés et conventionnels à différent taux de
recyclés et le rapport E/C substitution en recyclés
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Chapitre III
Pour le cas des bétons recyclés, très peu de travaux ont abordé le sujet de l’adhérence
acier-béton recyclé. Il a été constaté néanmoins que la contrainte d’adhérence entre le béton et
l’armature diminue de 6 et 12 % pour un remplacement des granulats recyclés de 50 et 100 %
respectivement, en utilisant les armatures lisses. Alors que cette contrainte pour le cas des
aciers hautes adhérences et le béton recyclé, est similaire à celle pour le béton naturel par test
pull-out, quel que soit le pourcentage de remplacement des granulats. (Ajdukiewicz et
Kliszczewicz, 2002).
D/ Durabilité
Chaque agent agressif dans l’environnement entourant une structure en béton peut
s’infiltrer, diffuser et pénétrer à travers les pores contenus dans le béton selon des lois et
mécanismes de transport. Une mauvaise durabilité se manifeste par une détérioration qui peut
résulter de facteurs externes ou de phénomènes internes aux bétons. L'étude de la durabilité
des bétons à base de granulats recyclés s’avère donc une étape indispensable afin de leur
attribuer un domaine d’utilisation et l’absorption d’eau est la tare essentielle qui compromet la
durabilité.
L’absorption d’eau par immersion et le volume total des pores sont considérés comme
les meilleurs indicateurs de la longévité potentielle du béton que l’absorption par capillarité
qui donne une indication macroscopique du réseau poreux puisque le béton n’est pas
totalement en état de saturation d’eau. Wirquin et al (2000), ont rapporté dans une étude, que
le processus d'absorption d'eau d'un béton recyclé est similaire à celui d'un béton
conventionnel et obéit aux mêmes lois. Toutefois, les bétons recyclés se caractérisent par une
plus forte capacité d'absorption d'eau. Cela est dû à la taille plus grande des gros capillaires et
à la proportion en volume plus importante des petits capillaires, ce qui les rend a priori plus
vulnérables à la pénétration des agents agressifs. Ceux-ci sont sous forme d’eau, d’ions ou de
gaz qui pénètrent dans le béton et peuvent changer la cinétique de dégradation du béton
pendant la durée de vie de l’ouvrage. Les pathologies les plus abordées par la littérature pour
le cas du RAC sont ; la carbonatation, l’alcali-réaction et le gel-dégel.
1./ La Carbonatation :
En raison de sa porosité plus élevée, la profondeur de carbonatation devrait être en
principe plus importante pour un RAC que pour un NAC. Or, selon une étude réalisée par
S.M Levy, P. Helene (2004), faite sur le recyclage de granulats de béton recyclé et de
granulats de maçonnerie, la profondeur de carbonatation diminue quand la quantité d'agrégats
réutilisés augmente, présentant un meilleur comportement quand ce remplacement était 20%
ou 50%. Même à 100% de remplacement le niveau de carbonatation était pareil à celui
observé pour un NAC. L’explication de ceci est le dosage en ciment plus important pour un
RAC pour atteindre la résistance mécanique d’un NAC ce qui fait accroître l’alcalinité du
milieu. En plus de ceci, les granulats recyclés sont constitués en partie par du vieux mortier
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Chapitre III
dans lequel le ciment peut contenir de l’hydroxyde de calcium qui augmente davantage
l’alcalinité. Sur un autre plan, la saturation en eau (lors de l’absorption et un rapport E/C
élevé) pourrait ralentir la diffusion du CO2 et celle-là est importante lorsque le taux de
remplacement en granulats de recyclage augmente.
Pour le cas de la réutilisation des granulats de béton recyclé, très peu de sujets ont été
trouvés dans la littérature sur le cas l’alcali-réaction. La pathologie ne peut se produire que si
les granulats recyclés sont dès l’origine réactifs et celle-ci peut avoir lieu lorsque les granulats
réactifs n’ont pas trouvé les conditions favorables à leur réaction avant la réutilisation (c’est à
dire ils étaient en milieu sec ou par manque d’alcalins) ou bien venant du vieux mortier
contenant encore une réactivité résiduelle dans la fraction sable.
3./ Le gel-dégel :
Un granulat ne sera pas sensible au gel s’il possède une porosité très faible ou si son
système capillaire est interrompu par un nombre suffisant de macrospores (qui jouent le rôle
de bulles d’air). Le volume d’eau susceptible de geler ne doit pas excéder le volume des vides
de l’air entrainé du béton. Cette condition se traduit par la nécessité d’avoir un apport E/C
suffisamment faible, ce qui assure par la même une bonne résistance au béton qui peut mieux
résister aux forces de dégradation induites par le gel. Le béton de granulats recyclés
n’échappe pas à cette règle et il est plus exposé à de telles dégradations à cause du fort taux
d’absorption d’eau par les granulats.
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Chapitre III
de gravillon recyclé dans des conditions de gel modéré peut être envisagé. La mesure de la
gélivité peut être quantifiée par la dégradation granulométrique des granulats soumis à des
cycles gel-dégel ou bien à partir de la résistance gel-dégel du béton, mais aucune relation
simple entre ces essais n’a été établie. Il en résulte que les faibles performances au gel du
RAC provenaient des bétons réutilisés ayant déjà un mauvais réseau d’air ou comportés déjà
des fissurations occasionnées lors de la fabrication (en concassage).
Des essais ont été menés dans le but d’améliorer la durabilité au gel des bétons de
granulats recyclés par une reconfiguration de la composition, ou par des inclusions d’agents
anti-gels. Selon M. Salem Rohi et Edwin G. Burdette (1998), la méthode de l'air entraîné est
la meilleure façon d'améliorer la résistance au gel des granulats recyclés, cependant, cette
méthode affecte quelques propriétés physiques des bétons. M. Barra de Olivera et E. Vazquez
(1996), ont fait observer que les mauvais résultats de la résistance au gel des RAC sont
obtenus par l’utilisation des granulats à l’état saturé ou sec et que ces bétons devenaient bons
avec les granulats pré-mouillés préalablement.
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