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Courbes de Bézier : Interpolation et Modélisation

Le document décrit les courbes de Bézier, utilisées pour l'interpolation et l'approximation de courbes. Il présente la définition mathématique des courbes de Bézier et de leurs propriétés, ainsi que l'algorithme de Casteljau. Il introduit ensuite les courbes interpolantes de classe C1 définies par morceaux à l'aide de courbes de Bézier cubiques.

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Courbes de Bézier : Interpolation et Modélisation

Le document décrit les courbes de Bézier, utilisées pour l'interpolation et l'approximation de courbes. Il présente la définition mathématique des courbes de Bézier et de leurs propriétés, ainsi que l'algorithme de Casteljau. Il introduit ensuite les courbes interpolantes de classe C1 définies par morceaux à l'aide de courbes de Bézier cubiques.

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CMI, Université de Provence Agrégation de Mathématiques

Année 07-08 Option Calcul scientifique et modélisation

Interpolation et approximation : Courbes de Bézier

Texte de Claudia NEGULESCU

Les courbes de Bézier ont été introduites par l’ingénieur français Pierre Bézier, qui tra-
vaillait chez Renault dans les années 60. Il a étudié le problème de conception de surfaces
3D (carrosseries d’automobiles, fuselages d’avion, etc.) pour les premiers programmes de
CAO (Conception Assistée par Ordinateur). Le but était de trouver un moyen pour définir
une courbe de manière précise et simple (jeu de paramètres défini de manière rigoureuse)
pour qu’une machine (robot) puisse procéder à la découpe.
Aujourd’hui les courbes de Bézier ont encore beaucoup d’applications, par exemple en
graphisme ou dans la synthèse d’images (PostScript, GIMP entre autres).

1 Courbes de Bézier.
Dans cette section on ne s’intéressera pas à l’interpolation d’une fonction, mais plutôt à
la construction d’une courbe de R2 passant par un nuage de points, comme par exemple :
• Points pour une tête (voir Figure 3):
 
9, 5 5, 5 1 −3, 5 −9, 5 −9, 5 −8, 5 −5 −4, 5 −0, 5 0 −1 2
5 5 7 9, 5 8 −2, 5 −4, 5 −5 −2, 5 −9 −7 −4, 5 −5
 
3 2, 5 5 7, 5 6, 5 9, 5
−1, 5 −5 −4, 5 −5 −0, 5 −0, 5
• Points pour une voiture (voir Figure 3):
 
−9 −9 −8, 5 −7, 5 −6, 4 −2, 3 −1 4, 1 6, 3 7, 7
−5 −4, 2 −4, 2 −1, 2 −0, 3 0, 2 2, 7 2, 7 1 −1, 7
 
8, 4 9 9 5, 6 5 4, 4 3, 4 2, 4 1, 8 −2, 3
−4, 4 −4, 4 −5, 2 −5, 2 −5, 2 −6, 2 −6, 7 −6, 2 −5, 2 −5, 2
 
−4, 1 −4, 7 −5, 7 −6, 7 −7, 3 −9
−5, 2 −6, 2 −6, 7 −6, 2 −5, 2 −5, 2
Une courbe de Bézier cubique est caractérisée par 4 points, appelés points de contrôle. Le
premier et le dernier point sont des noeuds. Les deux autres points permettent de définir
la forme de l’arc, la courbe ne passant pas en général par ces deux points de contrôle
(voir Figure 1). Pour définir de manière mathématique les courbes de Bézier de degré
Figure 1: Une courbe de Bézier cubique avec les points de contrôle P0 , · · · , P3 .

supérieur, on introduit ici les polynômes de Bernstein Bn,k ∈ Pn par

Bn,k (x) := Cnk xk (1 − x)n−k , k = 0, · · · n ,


 
n
avec Cnk = les coefficients binomiaux.
k
Définition 1 On appelle courbe de Bézier de degré n ≥ 1, associée aux points de contrôle
c0 , c1 , · · · , cn ∈ Rd , la courbe γcn (t), donnée par la paramétrisation
n
X
γcn (t) := ck Bn,k (t) , t ∈ [0, 1] .
k=0

L’algorithme de Casteljau permet de calculer γcn (t) de manière récurrente et rapide.


(0)
Algorithme de Casteljau : Soit cj := cj , ∀j = 0, · · · , n. Alors on construit ∀t ∈ [0, 1]
de manière récurrente la famille de points
(i) (i−1) (i−1)
cj := (1 − t)cj + tcj+1 , i = 1, · · · , n , j = 0, · · · n − i .

Théorème 1 L’algorithme de Casteljau avec comme points de départ les points de contrôle
ck , k = 0, · · · , n, mène vers
(n)
γcn (t) = c0 , ∀t ∈ [0, 1] .

Propriétés de la courbe de Bézier:


• Une courbe de Bézier associée aux points c0 , · · · , cn passe par les points c0 et cn , mais
en général elle ne passe pas par les autres points.
• La courbe γcn est tangente en c0 au segment [c0 , c1 ] et en cn au segment [cn−1 , cn ]. Plus
précisément, γcn ′ (0) = n(c1 − c0 ) et γcn ′ (1) = n(cn − cn−1 ).
• Une courbe de Bézier se trouve à l’intérieur de l’enveloppe convexe de ses points de
contrôle.
• Une courbe de Bézier est infiniment dérivable.
• Les polynômes de Bernstein sont strictement positifs sur (0, 1). Par conséquent, si on
modifie un des points de contrôle, toute la courbe de Bézier sera modifiée.

2 Courbes interpolantes de classe C 1.


Le but de cette section est maintenant de construire une courbe interpolante de classe
C 1 , définie par morceaux, chaque morceau étant une courbe de Bézier cubiques.
Soient Pi , i = 0, · · · , m un ensemble de noeuds. On cherche une courbe C 1 passant par

Figure 2: Courbes interpolantes, définies par morceaux.

ces points Pi et construite à l’aide des courbes de Bézier γi (t), i = 0, · · · , m − 1, t ∈ [0, 1],
courbes de degré 3. Donc on impose déjà

γi (0) = Pi , γi (1) = Pi+1 , i = 0, · · · , m − 1 .

Ces courbes γi sont déterminées de manière unique par les points de contrôle Pi , Qi , Ri
et Pi+1 (voir première section). Par conséquent, pour déterminer la courbe interpolante
entière, on aura besoin de la connaissance des Qi et Ri . Cela se fera en fixant les dérivées
dans les points de bord des courbes γi . En effet, on sait que

γi′ (0) = 3(Qi − Pi ) , γi′ (1) = 3(Pi+1 − Ri ) , i = 0, · · · , m − 1 .

Pour que la courbe interpolante soit de classe C 1 il faudrait que γi′ (1) = γi+1

(0) soit
satisfaite. On impose
Pi+2 − Pi
γi′ (1) = γi+1

(0) = , i = 0, · · · , m − 2 ,
α
avec α ∈ R arbitraire, mais fixée. On a imposé l’égalité des dérivées dans les points de
raccordage. Il nous manque encore à fixer la valeur des deux dérivées en P0 et Pm . On
prend
P1 − P0 Pm − Pm−1
γ0′ (0) = 2 ′
et γm−1 (1) = 2 .
α α
On trouve donc
Pi+1 − Pi−1 2(P1 − P0 )
Qi = Pi + , i = 1, · · · , m − 1 ; Q0 = P0 + ,
3α 3α
Pi+2 − Pi 2(Pm − Pm−1 )
Ri = Pi+1 − , i = 0, · · · , m − 2 ; Rm−1 = Pm − .
3α 3α
Remarque 1 On peut essayer de construire une courbe interpolante de classe C 2 , con-
stituée de courbes de Bézier cubiques. Ce type de courbe s’appelle une B-spline.

Indications pour l’exposé :


• On pourra démontrer quelques propriétés des courbes de Bézier.
• On pourra démontrer le théorème 1.
• Implémenter l’algorithme de Casteljau pour tracer une courbe de Bézier à partir de ses
points associés (Figure 3).
• On pourra mettre en évidence les propriétés des courbes de Bézier sur un exemple.
• Implémenter un algorithme pour tracer une courbe interpolante C 1 à partir de ses points
associés, par exemple pour la tête et la voiture.

8 2
6
–8 –6 –4 –2 2 4 6 8
4
2
–2
–8 –6 –4 –2 2 4 6 8
–2
–4 –4
–6
–8 –6

Figure 3: La courbe de Bézier pour la tête et la voiture.

Bibliographie
[1] F. Hubert, J. Hubbard, Calcul scientifique de la théorie à la pratique
[2] G. Demengel, J.P. Pouget, Modèles de Béziers, de B-splines et de NURBS: Mathématiques
des courbes et des surfaces
[3] Cours de Y. Achdou, Bases des méthodes numériques.

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