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Exercices de MACS 1 : Intégration et Probabilités

Ce document contient plusieurs exercices de probabilités et d'intégration. Les exercices portent sur des sujets comme les séries de fonctions, la fonction Gamma, et le changement de variables pour le calcul d'intégrales sur des domaines.

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Exercices de MACS 1 : Intégration et Probabilités

Ce document contient plusieurs exercices de probabilités et d'intégration. Les exercices portent sur des sujets comme les séries de fonctions, la fonction Gamma, et le changement de variables pour le calcul d'intégrales sur des domaines.

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Université Paris 13, Institut Galilée MACS 1 – Intégration et probabilités

Année universitaire 2012-2013

Exercices corrigés en cours

Exercice 1. Soit f : R → R une fonction borélienne.


1. On suppose f ≥ 0. Montrer que l’on a
Z X Z
f (x + n) dx = f (x)dx.
[0,1] n∈Z R

2. En déduire que, si f est intégrable (par rapport à λ) sur R, alors la série


P
n∈Z f (x + n) converge pour
presque-tout x ∈ R.
Exercice 2.
1. Justifier que, pour tout x ≥ 0,
1[n,+∞[ (x) = bxc
X

n≥1

où bxc désigne la partie entière de x.


2. En déduire que, pour toute fonction mesurable f : E → R+ ,
X Z
µ({x ∈ E : f (x) ≥ n}) = bf c dµ.
n≥1

3. Dans le cas où µ est finie, en déduire que


Z X
f dµ < ∞ ⇔ µ({x ∈ E : f (x) ≥ n}) < ∞.
n≥1

Quelle implication est vraie en général ?


Exercice 3. Soit (fn )n≥0 une suite de fonctions mesurables E → R. Justifier que la proposition suivante est
simplement un cas particulier du théorème de Fubini-Lebesgue, mais aussi une conséquence du théorème de
convergence dominée :
XZ X Z X  XZ
si |fn |dµ < ∞ alors fn ∈ L1 (E, A, µ) et fn dµ = fn dµ
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0

Il s’agit d’une écriture du théorème de Fubini-Lebesgue pour le produit de la mesure µ et de la mesure de


comptage µN sur N. En effet, pour toute fonction mesurable φ : N → R, si
P
n |φ(n)| < ∞, alors φ est
intégrable par rapport à µN et Z X
φ dµN = φ(n).
n

Or pour f : N × E → R définie par f : (n, x) 7→ fn (x) mesurable, par le théorème de Fubini-Tonelli,


Z Z Z  Z Z 
|f |d(µN ⊗ µ) = |fn (x)|dµ(x) dµN (n) = |fn (x)|dµN (n) dµ(x),

ce qui se réécrit donc Z X Z  Z X


|f |d(µN ⊗ µ) = |fn |dµ = |fn |dµ.
n∈N n∈N

Le théorème de Fubini-Lebesgue énonce alors que si cette quantité est finie, alors on peut l’écrire sans
parenthèses. C’est le résultat annoncé. P R
On pourrait aussi faire appel au théorème de Rconvergence
P P R : si n |fn |dµ < ∞, alors par convergence
dominée P
monotone pour les séries à termes positifs, n |fn |dµ = n |fn |dµ < ∞ donc la fonction S = n≥0 fn
PN
est définie presque partout (série absolument convergente), et les sommes partielles SN = n=0 fn satisfont
PN P
SN → S presque partout et |SN | ≤ n=0 |fn | ≤ n≥0 |fn | par inégalité triangulaire, qui est intégrable
R R
par ce qui précède, donc le théorème de convergence dominée s’applique et donne Sn dµ → Sdµ. Comme
R PN R P R P R R RP
Sn dµ = n=0 fn dµ, ceci montre que la série n fn dµ converge et n fn dµ = Sdµ = n fn dµ.
R∞
Exercice 4. Montrer que la fonction Gamma Γ : x 7→ Γ(x) = 0
tx−1 e−t dt est de classe C ∞ sur ]0, +∞[. Que
valent les limites de Γ en 0+ et en +∞ ?
R∞
Limites en 0+ et +∞. On note que, quand x → 0+ , tx−1 e−t converge vers t−1 e−t , qui vérifie 0 t−1 e−t dt =
+∞. Ces fonctions sont positives, mais on ne peut appliquer le théorème de convergence monotone car il n’y
a pas de monotonie. Par contre,R 1 on peut ou bien
R∞
– découper l’intégrale Γ(x) = 0 tx−1 e−t dt+ 1 tx−1 e−t dt et appliquer le théorème de convergence monotone
sur chaque morceau vu que tx−1 décroît avec x pour t < 1, et croît avec x pour t > 1.
Soit (xn )n une suite qui décroît vers 0. Le théorème de convergence monotone donne
Z ∞ Z ∞
lim↑ txn −1 e−t dt = t−1 e−t dt = ∞.
n 1 1
R∞
Comme Γ(xn ) ≥ 1 txn −1 e−t dt, on en déduit que Γ(xn ) → +∞. Ceci vaut pour toute suite (xn )n qui
décroît vers 0 donc Γ(x) −→ +∞.
x→0+
Soit (xn )n une suite qui croît vers +∞. Le théorème de convergence monotone donne
Z 1 Z 1
xn −1 −t
lim↑ t e dt = t−1 e−t dt = ∞.
n 0 0

et on conclut de même. R R
Remarque : si (fn )n décroît vers f ≥ 0, on n’a pasR toujours fn dµ → f dµ (penser au cas où fn (x) = 1/n
pour tout x ∈ R). Par contre, c’est vrai dès que fn0 dµ < ∞ pour un n0 , car alors on peut appliquer le
théorème de convergence dominée vu que 0 ≤ fn ≤ fn0 si n ≥ n0 , et fn0 ∈ L1 ; ou encore le théorème de
convergence monotone à la suite croissante (fn0 − fn )n≥n0 .
– ou utiliser le lemme de Fatou (les fonctions sont positives) : pour toute suite xn qui tend vers 0 à droite,
Z ∞ Z ∞ Z ∞
∞= t−1 e−t dt = lim inf txn −1 e−t dt ≤ lim inf txn −1 e−t dt
0 0 n n 0

ce qui donne Z ∞
Γ(xn ) = txn −1 e−t dt −→ +∞.
0 n

+
Ceci vaut pour toute suite xn → 0 , d’où le résultat : Γ(x) −→+ +∞.
x→0

Exercice 5. Soit a, b > 0.


1. On suppose a, b > 1. Calculer λ2 (D) où D est l’ouvert délimité par les courbes d’équation y = ax, y = x/a,
y = b/x et y = 1/(bx) et contenant le point (1, 1). On posera x = u/v et y = uv.
Faire un dessin du domaine D !
On souhaite calculer Z
λ2 (D) = dx dy.
D
Effectuer le changement de variable donné revient à trouver le domaine image, vérifier que l’application est
bien un C 1 -difféomorphisme, et calculer son jacobien. On a, pour tous x, y, u, v > 0,
r
u √ y
x = , y = uv ⇔ u = xy, v =
v x
et
1 1 b
(x, y) ∈ D ⇔ x < y < ax, <y<
a bx x
1 y 1
⇔ < < a, < xy < b
a xr b
1 y √ 1 √ √
⇔ √ < < a, √ < xy < b
a x b
√ √ √ √
Ainsi, ϕ : (u, v) 7→ (u/v, uv) est une bijection entre le rectangle ]1/ b, b[×]1/ a, a[ et D (qui sont des

ouverts), et ϕ−1 (x, y) = ( xy, xy ). C’est bien un C 1 -difféomorphisme (les fonctions ϕ et ϕ−1 sont même C 1
p
2
sur ]0, +∞[ ). Après changement de variable, l’intégrale s’exprimera en termes de u et v, donc il faut calculer
le jacobien de ϕ :
1/v − u2 2u

Jϕ (u, v) = v = .
v u v

2
Finalement, la formule de changement de variable (qui s’applique car la fonction 1 est positive) donne
Z
2u
λ2 (D) = √ √ √ √
du dv
]1/ b, b[×]1/ a, a[ v

d’où par théorème de Fubini(-Tonelli)


√ √ √ √
a b b a √ b2 − 1
Z Z Z Z  
2u 1 1 1
λ2 (D) = √ √ du dv = 2 √ u du √
dv = b− (ln a − ln √ ) = ln a.
1/ a 1/ b v 1/ b 1/ a v b a b

2
x2
2. Calculer D (x2 + y 2 )dxdy où D est le domaine borné délimité par l’ellipse d’équation + yb2 = 1. On posera
R
a2
x = ar cos θ et y = br sin θ où r > 0 et θ ∈]0, 2π[.
L’application (x, y) 7→ (ax, by) est une bijection entre le disque ouvert de centre 0 et de rayon 1 et
le domaine D. Par suite, en transformant les coordonnées polaires usuelles, l’application ϕ : (r, θ) 7→
(ar cos θ, br sin θ) est une bijection entre ]0, 1[×[0, 2π[ et D \ {(0, 0)} (le point (0, 0) correspond à plusieurs
angles, donc ϕ n’est pas bijective si on inclut (0, 0)). Pour avoir des domaines ouverts, on va même dire que
ϕ est une bijection entre ]0, 1[×]0, 2π[ et D e = D \ [(0, 0), (1, 0)] (D privé du segment entre 0 et (1, 0)). On
note que λ2 (D \ D) = 0 (aire d’un segment dans R2 ) donc les intégrales sur D et sur D
e e sont égales.
1 1
ϕ est un C -difféomorphisme entre ces ouverts. En effet, ϕ est bijective, C et

a cos θ −ar sin θ
Jϕ (r, θ) =
= abr
b sin θ br cos θ

est non nul. Ainsi,


Z Z Z
(x2 + y 2 )dx dy = (x2 + y 2 )dx dy = (a2 r2 cos2 θ + b2 r2 sin2 θ)abr dr dθ
D D
e ]0,1[×]0,2π[
Z 1 Z 2π
= ab r dr (a2 cos2 θ + b2 sin2 θ)dθ
3
0 0
ab 2π ab a2 + b2
 
2 1 − cos 2θ
Z
2 1 + cos 2θ 1
= a +b dθ = 2π = (a2 + b2 )abπ.
4 0 2 2 4 2 4

Exercice 6 – Convolution. Soit f, g ∈ L1 (R, B(R), λ). Montrer que la fonction


Z
f ∗ g : x 7→ f ∗ g(x) = f (t)g(x − t)dt

est bien définie pour presque tout x ∈ R, et appartient à L1 . Que vaut son intégrale ? Justifier que f ∗ g = g ∗ f .
Comme f (t)g(x − t) est de signe quelconque, montrer que Rf ∗ g est bien définie pour presque tout x revient
à montrer que la fonction t 7→ f (t)g(x − t) est intégrable ( |f (t)g(x − t)|dt < ∞) pour presque tout x. Ceci
sera une conséquence de la propriété plus forte suivante :
Z Z 
|f (t)g(x − t)|dt dx < ∞
R
(car si h ≥ 0 et hdµ < ∞ alors h < ∞ presque partout). Pour montrer cette propriété, utilisons le théorème
de Fubini-Tonelli :
Z Z  Z Z 
|f (t)g(x − t)|dt dx = |f (t)g(x − t)|dx dt
Z Z
= |f (t)| |g(x − t)|dx dt
Z Z
= |f (t)| |g(y)|dy dt = kf k1 kgk1 < ∞

en faisant le changement de variable yR= x − t à la dernière ligne. C’est ce que l’on voulait.
Montrons que f ∗ g ∈ L1 , c’est-à-dire |f ∗ g| < ∞. Au passage, le fait que f ∗ g ne soit définie que presque
partout n’est pas un problème pour écrire cette intégrale puisque sa valeur ne dépend pas de ce que vaut f ∗ g
sur un ensemble négligeable. On a, pour tout x tel que f ∗ g(x) est bien défini,
Z Z

|f ∗ g(x)| = f (t)g(x − t)dt ≤ f (t)g(x − t) dt,

3
et ceci vaut pour presque tout x donc
Z Z Z 
kf ∗ gk1 = |f ∗ g(x)|dx ≤ |f (t)g(x − t)|dt dx ≤ kf k1 kgk1 < ∞

(en utilisant l’inégalité prouvée plus haut). Ainsi, f ∗ g ∈ L1 (là encore, comme les éléments de L1 sont des
classes de fonctions égales presque partout, peu importe le fait que f ∗ g(x) ne soit défini que pour presque
tout x). RR
Le théorème de Fubini-Lebesgue s’applique à (x, t) 7→ f (t)g(x − t) (vu que |f (t)g(x − t)|dtdx < ∞) et donc
Z Z Z Z Z Z Z Z Z
f ∗ g(x)dx = f (t)g(x − t)dtdx = f (t) g(x − t)dx dt = f (t) g(y)dy dx = f (t)dt g(y)dy.

Enfin, pour tout x tel que f ∗ g(x) est bien défini, en posant u = x − t on a
Z Z
|g(t)f (x − t)|dt = |f (u)g(x − u)|du < ∞

donc g ∗ f (x) est bien défini et, en posant u = x − t (changement de variable justifié par la ligne qui précède),
Z Z
g ∗ f (x) = g(t)f (x − t)dt = f (u)g(x − u)du = f ∗ g(x).

Dans L1 (R), on a donc g ∗ f = f ∗ g (en tant que « fonctions » définies presque partout).
Exercice 7 – Lemme de Lebesgue. Montrer que, pour toute f ∈ L1 (R),
Z
f (x) sin(tx)dx −→ 0.
t→∞

Pour cela, on montrera d’abord cette propriété lorsque f est la fonction indicatrice d’un segment, et on utilisera
la densité des fonctions en escalier dans L1 (R).
Si f = 1|a,b| où a < b et les barres sont chacune ou bien « [ » ou bien « ] », on a
b
cos(ta) − cos(tb)
Z Z
f (x) sin(tx)dx = sin(tx)dx = −→ 0
a t t→∞

(car le numérateur est compris entre −1 et 1).


Ensuite, si f est une fonction en escalier, il existe n intervalles |ai , bi | et des réels αi tels que
n
αi 1|ai ,bi |
X
f=
i=1

(on pourrait en fait ne prendre que des segments [ai , bi ]). Alors
Z n Z
αi 1|ai ,bi | (x) sin(tx)dx −→ 0
X
f (x) sin(tx)dx =
t→∞
i=1

car chaque terme de la somme finie converge vers 0.


Finalement, soit f une fonction intégrable. Soit ε > 0. Par densité des fonctions en escalier dans L1 (R), il
existe une fonction ϕ en escalier telle que kf − ϕk1 < ε/2. De plus, par ce que l’on vient de prouver, il existe
T > 0 tel que, pour tout t > T , Z

ϕ(x) sin(tx)dx < ε/2.

Alors, pour tout t > T , en commençant par utiliser l’inégalité triangulaire,
Z Z Z

f (x) sin(tx)dx ≤ f (x) − ϕ(x) sin(tx)dx + ϕ(x) sin(tx)dx

Z
ε
≤ f (x) − ϕ(x) | sin(tx)|dx +
2
Z
ε ε
≤ f (x) − ϕ(x) dx + = kf − ϕk1 + < ε.
2 2
R
On a ainsi démontré que f (x) sin(tx)dx −→ 0. (NB : tout ceci vaut pour t → +∞ et aussi t → −∞)
t→∞

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