100% ont trouvé ce document utile (3 votes)
2K vues5 pages

Philosophie des Contes et Proverbes

Ce document décrit une séquence pédagogique en philosophie sur les contes, légendes et proverbes. Il explique les objectifs, le déroulement et les activités prévues, notamment définir ces concepts, distinguer leurs types et comprendre leur intérêt philosophique. Le résumé souligne le rôle éducatif et moral de ces formes de récits ainsi que leur capacité à transmettre et questionner des connaissances de manière philosophique.

Transféré par

bakayoko ismalito
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (3 votes)
2K vues5 pages

Philosophie des Contes et Proverbes

Ce document décrit une séquence pédagogique en philosophie sur les contes, légendes et proverbes. Il explique les objectifs, le déroulement et les activités prévues, notamment définir ces concepts, distinguer leurs types et comprendre leur intérêt philosophique. Le résumé souligne le rôle éducatif et moral de ces formes de récits ainsi que leur capacité à transmettre et questionner des connaissances de manière philosophique.

Transféré par

bakayoko ismalito
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Fiche de Séquence 3

Classe : Durée : 2H
1. Domaine : Sciences Humaines Discipline : Philosophie
2. Compétences- Composantes- Manifestations

a.Compétences
 Comprendre l’environnement humain ;
 Se situer dans le temps et l’espace
 Exploiter des approches
b.Composantes
 Exercer son esprit critique ;
 Construire son identité sociale et culturelle
c.Manifestations
 S’interroger sur une question, un problème ;
 Interroger de façon critique les représentations du savoir, de la société, de l’espace, de
la nature, de la culture ;
 Identifier les fondements de son identité ;
 Manifester son ouverture d’esprit à travers différentes situations

3. Contenu : Contes-Légendes-Proverbes
Objectifs
Comprendre un texte, sa portée philosophique
Apprendre à réfléchir à ses implications dans sa propre perception du monde
Echanger ses points de vue avec ses camarades

4. Ressources éducatives
 Ressources humaines : professeurs/élèves
 Ressources matérielles : tableau, craie, cahier, textes philosophiques.

5. Stratégies
Lecture à voix haute
Questions de compréhension
Travaux de groupes

6. Déroulement de la séquence
 Pré-évaluation :
Quelle est le titre de la dernière leçon ?
 Situation problème
Deux amis discutent sur le conte, les proverbes, les légendes. Pour l’un c’est ce sont des valeurs
culturelles à maintenir, tandis que pour l’autre ils n’ont aucune utilité de nos jours? Qu’est-
ce que vous avez à dire sur ce débat ?
 Travail en amont : lecture de textes à la bibliothèque.
Activité 1 : Définitions

Consigne

Que signifient les mots suivants : contes, légendes et proverbes ?


Synthèse partielle

Tiré du latin ‟computare” (dénombrer, tenir une liste), le conte est un récit imaginaire, fictif qui
aboutit le plus souvent à une leçon de morale. Il est une narration des évènements.

La légende est aussi un récit qui porte sur un thème ou un personnage héroïque. Elle relate des
évènements qui se sont déroulés réellement, mais auxquels est ajoutée la fiction. C’est une histoire
réelle déformée. A la différence du mythe, la légende implique non des dieux, mais un homme ayant
existé pour de vrai.

Le proverbe est un énoncé court et populaire ; qui exprime une idée communément admise comme
vraie. C’est un agencement de mots qui révèle un sens caché (figuré, métaphorique) différent du sens
apparent (littéral).

Activité 2 : Les types de conte, de proverbe et de légende

On peut distinguer les contes :

 Les contes merveilleux : avec des choses extraordinaires, du domaine de l'imaginaire (fées,
sorcières, ogres, baguette magique, boule de cristal).
 Les contes réalistes : ils sont beaucoup plus proches de la réalité.
 Les contes d’animaux : les personnages sont des animaux, comme le lièvre et l’hyène.
 Les contes facétieux : type de farce1 du moyen âge.
 Les contes de sagesse : qui font réfléchir ;
 Les contes étiologiques : les contes du pourquoi et du comment ;
 Les contes philosophiques : ce sont des contes qui traitent des thèmes philosophiques.

Il y a des proverbes qui donnent soit des conseils (adage), soit des règles de conduites (maximes et
sentences), ou bien exprime une vérité tirée de l’expérience (dicton), et enfin donne une conclusion à
partir des faits observés, cela constitue une vérité communément admise (aphorisme).

Quant à la légende on peut en établir une typologie en fonction de ses domaines d’emploi. Utilisée en
géographie, la légende est explicative alors qu’en histoire elle est narrative.

 La légende explicative : c’est une note qui explique une représentation graphique, une carte
ou une photographie ;
 La légende narrative : c’est un récit qui raconte un évènement historique.

Activité 3 : Intérêt philosophique du conte, de la légende et du proverbe

Texte

La fonction première que l'on attribue au conte et qui aurait tendance à en faire oublier les autres,
reste la fonction ludique (qui procure un plaisir tiré du jeu). […] Le conte et la littérature orale en
général n'ont pas uniquement une fonction ludique, mais comptent également une fonction
pédagogique, politique, sociologique, initiatique et fantasmatique. De plus, ils renferment toute
l'histoire et la culture du pays, du peuple ou du village […]. En effet, ces petites scènes du quotidien
[…] sont autant de sources d'informations sur une société, son fonctionnement (hiérarchie, …), ses
habitudes culinaires, ses cérémonies et festivités, sur sa faune et sa flore et ses croyances. […] Enfin,
le conte, dans sa fonction sociologique et politique répond à une double nécessité. Généralement
inspiré de la vie quotidienne, le conte met en scène des problèmes pouvant entraver le maintien et la

1 Plaisanterie.
survie du groupe (conflit entre deux co-épouses par exemple) et les détourne (humour,…) afin de
dédramatiser la situation ou, au contraire, d'en faire ressortir la gravité. L'important pour le conteur
est de susciter les réactions de l'auditoire, de provoquer une prise de conscience et d'éveiller les
sentiments. Alors seulement, le sage ou le conteur proposera une solution au problème, afin de pallier
les excès ou les débordements qui pourraient survenir chez certains membres. On aboutit donc à une
morale. Dès lors, on peut clairement associer le conte à un enseignement. D'où sa fonction
pédagogique: le rôle de la parole auprès des enfants dans la tradition orale constitue un véritable
apprentissage.

Godin Anne, les contes illustres jeunesse d'Afrique noire dans le paysage éditorial et culturel français
(mémoire), Mme hache-bissette (tuteur), Institut Universitaire de Technologie. René Descartes. Paris
V. Département Information et Communication, 2003-2005, p18-19.

Consigne

 Quel est le titre du texte ?


 Quelles sont les rôles que joue le conte ?

Synthèse partielle

 Le texte porte sur les fonctions du conte.


 Fonctions ludique, sociologique, pédagogique.

Synthèse générale

L’importance pour le philosophe est d’ordre éthique et épistémologique (gnoséologique). Là deux


objets sont sous le regard : la morale et la connaissance.

Le conte, c’est un moyen d’éducation. Il participe à l’instruction de l’enfant et lui donnant un savoir.
Il transmet aussi des valeurs morales qui mènent au bon comportement. L’enfant aura de ce fait de
valeurs telles que la loyauté, honnêteté, le courage, la modestie, la solidarité, etc. C’est ainsi que
Amadou Hampâté Ba affirme : « A partir du conte, se forme et se prépare l’esprit de l’enfant et de
l’adolescent pour leur participation efficace et honnête à la vie de leur communauté ». Pour lui, le
conte permet à l’homme de se connaitre soi-même. « Le conte est un miroir où chacun peut découvrir
sa propre image ». Il relate les événements de la vie quotidienne qui nous est arrivés, ou à un de nos
proches.

A travers le conte, la légende et le proverbe, des connaissances sont transmises. Cet ensemble de savoir
n’est pas moins philosophique ; c’est ce que montre l’expression : conte philosophique. Dans le même
cadre, Nicolas Bricaire de La Dixmerie affirme que « Ceux qui savent à quoi se réduit de nos jours le
grand mot de philosophie […] n’ignorent point que ce mot est devenu comme le passeport banal de
tous les ouvrages de ce temps. Essais, Pensées, Réflexions, Amusements, Bagatelles, etc. tout est
philosophie, ou promet de l’être. Pourquoi des contes ne jouiraient-ils pas au moins de ce dernier
privilège ? 2». La thèse que sous-tend cette affirmation est que les contes sont des philosophies au
même titre que les autres productions littéraires. Le conte permet au philosophe d’exprimer ses idées,
critiquer la société sans être victime de censure. Zineb Ali ben Ali laisse penser la même idée lorsqu’il
dit : « le conte répond ainsi à une double finalité : permettre la réfutation par l’ironie et le fantastique,
des théories scientifiques ». Le conte est également un moyen de distraction, de divertissement. Le
conte de même que le proverbe, décrit une réalité vécue ; pose des problèmes et en propose des
solutions. Ils sont objets de la réflexion philosophique.

2 Nicolas Bricaire de La Dixmerie, « Préface », Contes philosophiques et moraux, par M. de La Dixmerie. T. I,.
En se basant sur la pensée de Ludwig Wittgenstein, Pierre Diarra écrit : « philosopher en partant des
proverbes, c’est chercher toujours le sens, la vérité […] »3. Selon Wittgenstein, le problème de la
philosophie est celui de la clarification logique de la pensée. Le philosophe intervient quand le langage
dévient confus. Ce sont précisément des difficultés que pose le langage proverbial, car celui-ci est un
agencement de mots qui révèlent un sens caché différent du sens littéral (apparent).

Pour Aristote, le proverbe exprime souvent une idée générale, et sert d’argument dans l’art oratoire.4

Activité 4 : Quelques contes et proverbes à contenus philosophiques

Consigne

Quelles sont les contes, proverbes et légendes que vous connaissez ?

Synthèse partielle

a. Les proverbes

« Tant que le crapaud n’est pas encore tombé dans de l’eau chaude, il ignore qu’il existe autre chose
que l’eau froide qu’il connait » : ce proverbe bwa contient une idée philosophique défendue par les
sensualistes et les empiristes tels que David Hume, John Locke, Aristote etc.

Qui sème le vent récolte la tempête

« Le tronc d’arbre a beau séjourné dans l’eau, il ne deviendra pas un crocodile » : ce proverbe montre
que quel que soit le milieu de vie, la nature humaine reste la même.

« L’être humain non éduqué est pire que le fauve blessé » : ce proverbe met l’accent sur le rôle de
l’éducation dans la vie de l’homme, c’est elle qui le différencie de l’animal.

b. Les contes

« Avant la création du monde, avant le commencement de toute chose, il n’y avait rien sinon un Etre,
cet Etre était un vide sans nom, courant potentiellement en lui la somme de toutes les existences
possibles. Le temps infini, intemporel était la demeure de cet Etre un. Il se dota de deux yeux. Il les
ferma : la nuit fut engendrée. Il les rouvrit, il naquit le jour. La nuit s’incarna dans Nângué, le soleil. Le
soleil épousa la lune, ils procréèrent Doumouna, le temps temporel divin. Doumouna demanda au temps
infini par quel nom il devrait. Celui-ci répondit : « appelle-moi Guéno, l’éternel ». Guéno voulut être
connu. Il voulut avoir un interlocuteur. Alors il créa un œuf merveilleux comportant neuf divisions,
et il introduisit les neuf états de l’existence. Puis il confia l’œuf au temps temporel. Doumouna, « couve
avec patience. Lui dit-il et il en sortira ce qui en sortira » Doumouna couva l’œuf merveilleux, et le
nomma botichiondé. Quand cet œuf cosmique vint à éclore, il donna naissance à vingt êtres fabuleux
qui constituaient la totalité des forces existantes et toutes les connaissances possibles. Mais hélas
aucune de ces vingt êtres fabuleux ne se révéla apte à devenir l’interlocuteur que Guéno avait désiré
pour lui-même. Alors il préleva une parcelle sur chacune des vingt créatures existantes, il les
mélangea, puis soufflant dans ce mélange une étincelle de son propre souffle igné, il créa un nouvel
être : Néddo, l’homme, synthèse de tous les éléments de l’univers supérieur comme les inférieurs,
réceptacle par excellence de la force suprême en même temps que confluent de toutes les forces

3 Pierre Diarra, proverbe et philosophie, p157.


4 Aristote, la rhétorique.
existantes, bonne ou mauvaise, Néddo, l’homme primordial […] »5 Ce conte recèle des conceptions
sur l’origine de l’univers et celle de

7. Evaluation
Qu’est-ce que le conte, proverbe, legendes ?

8. Appui
9. Remédiation
10. Enrichissement

5 Amadou Hampâté BA, conte des sages d’Afrique.

Vous aimerez peut-être aussi