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Hakarat Hatov : Gratitude et Création

Le document parle de la fête juive de Rosh Hashana et des différentes opinions sur la sieste pendant cette période. Certains rabbins disent qu'il ne faut pas dormir du tout pendant Rosh Hashana tandis que d'autres disent qu'une courte sieste est acceptable.

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Hakarat Hatov : Gratitude et Création

Le document parle de la fête juive de Rosh Hashana et des différentes opinions sur la sieste pendant cette période. Certains rabbins disent qu'il ne faut pas dormir du tout pendant Rosh Hashana tandis que d'autres disent qu'une courte sieste est acceptable.

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MAYAN HAIM La belle captive : la troublante permissivité de la Torah (Elie LELLOUCHE) - Le sommeil réparateur (Yossef HARROS) -
Le cohen, quel qu’il soit.. (Yo’hanan NATANSON) - Arami ovéd avi vayéred mitsrayma (Raphaël ATTIAS)

PARACHAT KI TAVO
Samedi Un
21 SEPTEMBRE 2019 Beth MAYAN HAIM
Hamidrach
21 ELOUL 5779 EDITION
parisien
entrée chabat : de 18h33 à 19h35
selon les horaires de votre communauté
sortie chabat : 20h39

LA HAKARAT HATOV PILIER DE LA CRÉATION


Rav Elie LELLOUCHE

Nos Sages nous enseignent (Bérechit Rabba 1,4) que le monde fonde la Création elle-même en même temps qu’il en assure la
a été créé, entre autres raisons, pour la Mitsva des Bikourim. pérennité. La Torah foisonne d’exemples de gratitude dont firent
Cette Mitsva, qui ouvre la Paracha Ki-Tavo, consistait en preuve nos ancêtres et les guides du peuple d’Israël. Savoir
l’offrande, présentée au Beth HaMikdach, des prémices de reconnaître et exprimer ce que nous devons à chaque personne
la production annuelle de blé, d’orge et des cinq fruits par le qui a pu contribuer à notre épanouissement ou à chaque élément
biais desquels la Torah vante les qualités de la Terre d’Israël. qui a participé à notre avancée ou encouragé notre réussite dans
Cette offrande, qui incombait à tout propriétaire de ces produits, la vie, et ce à quelque niveau que ce soit, constitue la raison d’être
jouissait d’un cérémonial fastueux, cérémonial que la Michna même de notre venue dans ce monde, et ceci, du fait même de
(Bikourim, chapitre 3) expose avec forces détails. Ce protocole la gratitude dont nous sommes redevables vis-à-vis du Maître
festif, soigneusement codifié par nos Sages, tient, sans aucun du monde lui-même. Car toute Hakarat HaTov puise sa source
doute, au lien établi par le Midrach que nous avons cité en dans celle que nous devons, par-dessus tout, à Hachem. À telle
introduction, entre cette Mitsva des Bikourim et la Création du enseigne, d’ailleurs, que ce devoir de reconnaissance justifie à
monde.                   lui seul, selon le Maharal, la Mitsva relative au récit de la Sortie
d’Égypte le soir de Pessa’h.          
En effet, «Béréchit Bara Élokim»: Au commencement Hachem
créa, énonce la Torah (Béréchit 1,1). Nos ‘Ha’khamim, se livrant Ce devoir de reconnaissance vis-à-vis d’Hachem diffère,
à une interprétation, lisent ce verset différemment: «C’est pour cependant, radicalement, de celui qui nous incombe à l’égard des
le Réchit qu’Hachem créa». Autrement dit, si le monde fut créé, hommes. En effet, à la différence de notre obligation morale vis-
cela tient à une réalité que l’on nomme Réchit, c’est-à-dire début à-vis de nos semblables, la gratitude que nous avons le devoir de
ou caractère premier. Or les Bikourim sont désignés par la Torah témoigner vis-à-vis d’Hachem n’a pas de limites. La Torah nous
par ce terme: «Réchit Bikouré Admatéra Tavi Beth Hachem met en garde contre le danger de ne revendiquer, ne serait-ce
Éloké’kha»: «Le début des prémices de ta terre tu apporteras qu’une petite part, dans la réussite qu’Hachem nous octroie
dans la maison de L’Éternel ton D-ieu», stipule le Texte Sacré dans notre vie. Ainsi, Moché, haranguant le ‘Am Israël, avant son
(Chémot 23,19). C’est cette occurrence redoublée du terme entrée imminente en Érets Israël, le sermonne en ces termes:
Réchit qui a permis aux Sages de déceler, dans la Mitsva des «Prend garde à toi, de peur d’oublier Hachem ton D-ieu.....de dire
Bikourim, la justification même de l’œuvre de la Création.           en ton cœur: ma force et la puissance de ma main m’ont assuré
cette réussite. Tu garderas en mémoire que seul Hachem ton
Cependant, si ce commandement revêt une telle importance, D-ieu est à même de te donner la force de connaître la réussite»
cela tient, au-delà de la correspondance terminologique, à la (Dévarim 8,11-17-18).                
vertu qu’il invite le serviteur d’Hachem à acquérir. Comme le
développe le Sifté Haïm, l’offrande des prémices traduit, peut- Cette mise en garde tranchante du plus grand de nos prophètes
être plus que n’importe quelle autre Mitsva, l’importance de la vise à contrecarrer le mouvement naturel de l’homme,
notion de Hakarat Hatov, de gratitude. La présence du peuple mouvement par lequel celui-ci cherche, parfois démesurément
juif sur sa terre, sa prospérité ne peuvent être considérées et avec arrogance, à revendiquer la paternité de ses réussites
comme allant de soi. La Torah, en enjoignant à chaque et de sa prospérité. À ce titre, la Mitsva des Bikourim, tel un
propriétaire, récoltant ou cueillant les produits vantant la terre rappel à l’ordre, vient rappeler aux Béné Israël que leur succès,
d’Israël, l’obligation d’en offrir annuellement les prémices au loin de constituer un motif d’orgueil et d’autosatisfaction, doit, au
Beth HaMikdach, appelle, par là même chacun d’entre nous à contraire, éveiller en eux la conscience de la dette infinie que ce
savoir reconnaître les bienfaits divins.           succès leur impose vis-à-vis du Maître du monde.

Or ce sens de la reconnaissance, que ce soit à l’égard d’Hachem,


de nos semblables voire même à l’égard de la matière inanimée
Article et contenu réalisés par TORAT HAIM VECHALOM - 35, rue Emile Lepeu 75011 PARIS - 01.44.93.51.50
Association reconnue d’utilité générale habilitée à recevoir les DONS et les LEGS. Directeur : Rav Elie LELLOUCHE
LE SOMMEIL RÉPARATEUR
Yossef HARROS

Le mois d’Éloul marque le début la journée de Roch Hashana , Dans le Yalkout Yossef , Marane
du compte à rebours jusqu’aux indépendamment de la notion met en valeur ces 2 aspects : Dans
Jours Redoutables. Cette période de jugement après Hatsot . Ce le chapitre sur les comportements
est appelée « Yémé Ratson », jour redoutable n’est juste pas a adopter en ce jour , il écrit qu’il
jours où Hachem souhaite que propice a la sieste . faut manger , boire et se rejouir ,
l’on se rapproche de Lui encore et le Siman d’après , il conseille
plus que durant le reste de Il existe des avis encore de ne pas dormir , a moins que
l’année. C’est le moment le plus plus rigoureux ; le Rabbi de l’on ne ressente une faiblesse .
propice à l’amélioration de soi. Kloisenbourg disait au nom de En ce cas, une sieste revigorante
son grand père qu’il ne dormait serait un moyen de parfaire son
Il est d’ailleurs naturel de se pas durant toute la fête de avoda par la suite.
perfectionner à l’approche du jour Roch Hashana : Il prenait le
véritable lorsqu’on sait que toutes Yeroushalmi a la lettre. Beezrat Hashem que ce Roch
nos conditions de vie seront Hashana 5779 nous apporte la
réétudiées ce jour là . Cependant , pas tous les Rabanim geoula très rapidement dans tout
sont d’avis avec ce Yeroushalmi : le klal Israel
Parmi toutes les Houmrot que l’on Le Arouh Hashoulhan ramène
s’impose , on trouve celle de ne que certains ont l’habitude de ne gmar Hatima tova
pas dormir à Roch Hashana .Une pas dormir , mais seulemement
des plus communes mais qui n’en le premier jour et uniquement le
est pas moins exigeante .Qui n’a matin avant Hatsot .
pas envie de piquer du nez après
4 heures de prières , le double Plus récemment , on trouve
pour nos frères ashkénazes , et d’éminents rabbanims comme le
presque autant à table a évacuer Rav Yossef Molko ou encore le
la pression du matin . Steipler qui faisaient une sieste
après les prières et les repas du
Une des premières sources jour .
que l’on connaisse à cette Toutefois , le Peri Hadash nous
idée provient du Rav Yeoshua explicite que ces agissements
ben Chouid (éleve du Rachba ne sont peut être pas a prendre
,14em siècle) qui rapporte au comme exemple . En effet , ces
nom du Yeroushalmi qu’il serait Rabanim qui se reposent ont sur
impensable de dormir en ce quoi se reposer Pour notre part
jour et que celui qui s’endort , , il serait préférable d’éviter de
endormirait par la même occasion dormir .
son Mazal . Et le Hida de rajouter que Si
On retrouve ces même propos seulement nous pouvions réparer
chez beaucoup de Richonim et un millième de ce que répare le
Aharonim (Rama,Bah,Mishna Ari en dormant...
Beroura..) Cette divergence
d’opinion(comme bien souvent)
Le Ari zal explique , de manière entre les ravs peut trouver son
cabalistique , qu’il serait incorrect origine dans la définition de
de dormir pendant son jugement la fête de Roch Hashana : Il y
et qu’étant donné qu’Hashem a effectivement une certaine
ne juge que jusqu’a Hatsot , on ambiguïté sur l’essence de ce
pourra dormir après cela . jour;
S’agit il d’un jour angoissant du
Le Ben Ich Hay et le Hida , plus fait de ses enjeux ? ou doit on
mahmirims , donnent quand a le percevoir comme un autre hag
eux une explication rationnelle de l’année et ressentir une joie de
et déconseillent de dormir toute fête ?
LE COHEN, QUEL QU’IL SOIT
Yo’hanan NATANSON

«Tu te présenteras au Cohen qui t’est contemporain, quel qu’il soit ! ». Celui qui bénéficie de la Berakha
sera [en fonction] en ces jours.» pourrait aisément se considérer
(Devarim 26,3) Considérons de plus près comme bien fondé à la recevoir, et se
l’événement : le cultivateur apporte sentir libre d’en faire ce qu’il veut. En
Pourquoi, demande le Rav Shimshon au Beth HaMiqdash les premiers apportant les Bikurim, le propriétaire
Rafael Hirsch, la Torah précise-t-elle fruits de sa récolte. Et face au de la terre écarte ce risque spirituel.
: « en ces jours » ? Cohen, il prononce cette formule, Il dit au Cohen : « Les arbres qui
Peut-on imaginer qu’il amène ces abondamment commentée : ont donné ces fruits ne
offrandes à un Cohen du passé, ou « Je déclare aujourd’hui à Hashem m’appartiennent pas vraiment. Ils
du futur ? ton D.ieu que je suis venu sur la terre appartiennent à Hashem « ton »
que Hashem a promis de donner à D.ieu, qui est « tien » en ce que tu
La Torah a déjà utilisé ce langage, nos Pères. » représentes notre peuple.
dans Parashat Shoftim lorsqu’il
s’agissait d’apprendre la Halakha On peut lire l’expression « Hashem Ce n’est pas parce qu’Il m’a choisi
des Juges « en ces jours » [1]. Rashi ton D.ieu » de deux manières. individuellement qu’Il m’a
répond là-bas d’après Rosh Hashana D’une part comme une instruction confié ces fruits, mais parce que
25b : « Tu dois lui obéir même s’il donnée par D.ieu à celui qui amène j’appartiens au peuple avec qui Il a
n’atteint pas les compétences de les Bikourim. « Ton » D.ieu, signifie conclu une Alliance sainte, au temps
ses prédécesseurs. Seul compte le alors le D.ieu du Klal Israël. Vous de nos Patriarches, dont je suis un
juge qui t’est contemporain » ; tous, agriculteurs, veillez à apporter des fils. Par conséquent, je suis lié
On comprend dès lors qu’il faut se vos premiers fruits sur l’Autel du par les espérances que Hashem,
garder de dédaigner les Maîtres de D.ieu d’Israël. si l’on peut dire, a fondées sur les
notre génération, en prétendant se descendants d’Abraham. Je ne viens
rappeler le temps où nous étions Mais d’autre part, on peut pas ici seulement pour remercier,
guidés par des géants... comprendre que cette formulation mais aussi pour affirmer ma volonté
fait référence à la déclaration qu’il a de faire de cette Berakha un usage
Une pincée de nostalgie est peut- commencé à prononcer. Alors qu’il conforme aux attentes du Créateur,
être permise, mais il reste que nous tend les fruits au Cohen, il lui fait D.ieu d’Israël.
devons accepter les décisions des savoir qu’il est prêt à placer le panier
Juges de notre temps. devant le Mizbéa’h de « ton » D.ieu, La suite de la cérémonie va confirmer
Celui du Cohen. cette orientation.
C’est la Volonté d’Hashem que la Les deux agissent de concert.
Torah soit accomplie à toute époque. Il n’est pas inhabituel de trouver dans Ensemble, ils lèvent le panier
Si chacun voulait consulter Moshé La Torah cette façon de s’exprimer, et le balancent en toutes directions,
Rabbénou, Hillel, Rabbi Akiva, le désignant Hashem comme le D.ieu comme pour indiquer que, loin d’être
Maharal, le Gaon, ou même le Gadol de la personne à qui l’on s’adresse réservé à la jouissance égoïste d’un
hador, ce serait le chaos ! Il nous (Eloqékha) et non Celui des deux homme ou même d’une famille, les
faut accepter l’idée que, dans notre (Eloqénou). richesses de la terre sont destinées
système légal, l’érudition, l’intuition, à tous !
la créativité halakhique ne sont pas Par exemple, Shaoul à Shmuel [2]; C’est la Volonté d’Hashem,
également réparties. Nous devons ‘Hizkiyah à Yeshaya [3]... représenté par le Cohen.
nous satisfaire de la compétence, et Mais pourquoi s’exprimer ainsi ?
non rechercher la grandeur ! C’est une circonstance où il devrait On comprend dès lors l’affirmation
se sentir particulièrement proche de Rashi : « Il n’est pour toi de Cohen
On pourrait penser cependant que ce de Hashem ! Il devrait déborder que celui qui t’est contemporain, quel
qui vaut pour le Juge ne s’applique de reconnaissance d’être ainsi en qu’il soit ! »
pas au Cohen. L’agriculteur qui fait position d’offrir les premiers fruits Le rôle du Cohen est de représenter
l’effort de monter jusqu’au Beth de la bénédiction que D.ieu lui a symboliquement la Volonté divine,
HaMiqdash (effort si considérable envoyée ! À ce moment plus qu’à du Har Sinaï jusqu’à nos jours. Il
que le traité Qiddoushin nous aucun autre, il devrait dire « Mon » doit bien sûr être casher, et suivre
apprend qu’on avait l’habitude de se D.ieu ! scrupuleusement le seder de la
lever à son passage dans les rues Avodah, mais il n’est pas nécessaire
de Jérusalem !), n’est-il pas en droit La gratitude, poursuit le Rav Hirsch, qu’il ait le génie d’Aharon !
d’espérer un charisme, une aura, est un thème central des Bikurim.
une puissante inspiration de la part Librement adapté de Rabbi Yitzchok
Mais la Torah, avec sa merveilleuse
Adlerstein – Torah.org
du Cohen ? subtilité, tisse un autre motif dans 1. Devarim 17:9.
Non, répond à nouveau Rashi : « Il notre Parasha : celui d’un abandon 2. Shmuel I 15:15; 21:30
n’est pour toi de Cohen que celui qui sans réserve... 3. Melachim II 19:4
ARAMI OVED AVI VAYERED MITSRAYMA
Raphaël ATTIAS
Ce Shabbat, nous lirons la Paracha Sforno (1475-1550) et de Rabbénou de chez Lavan, celui-ci ne lui a fait aucun
Ki Tavo qui commence par l’ordre Béhayé (1255-1340). mal et même lorsqu’il l’a poursuivi, c’est
qu’Hachem donne aux enfants d’Israël, parce qu’il « avait conduit ses filles
d’apporter les - L’opinion d’Ibn Ezra est rejetée par comme
prémices de leur terre (Bikourim) au Rabbi Eliahou Mizrahi (1435-1526) des prisonnières de guerre » et aussi
Temple. ainsi que par le Maharal de Prague parce qu’on avait dérobé ses dieux.
(1525-1609) dans son commentaire « Après s’être expliqués, ils se sont quittés
Lors de la remise du panier contenant Gour Aryé », qui soutiennent l’explication en paix. Et même en supposant qu’il avait
les Bikourim au Cohen, l’agriculteur donnée par Rachi. projeté de lui faire du mal, quel lien cela
sera appelé à reconnaître les bienfaits a-t-il avec la descente en Egypte ?
qu’Hachem nous a prodigués en créant - D’ailleurs, c’est l’interprétation de Rachi
notre peuple et en nous amenant jusqu’à qui semble retenue par nos Sages, Il n’en reste pas moins que le texte de la
la Terre d’Israël. Cette déclaration puisque nous pouvons lire dans la Hagada dit que c’est l’araméen Lavan qui
comporte cinq versets (Dévarim XXVI, Hagada de Pessa’h : a voulu tuer notre ancêtre et que celui-ci
5-9). (Ya’akov) est descendu en Egypte.
Viens apprendre ce que Lavan l’Araméen Selon le Rav Arama, la Hagada veut
Nous nous intéresserons particulièrement a projeté de faire à notre père Ya’akov ; nous donner la raison naturelle qui les a
au premier de ces versets : car Pharaon a seulement décrété que les conduits en Egypte. C’est la haine et la
« …L’Araméen a cherché à perdre mon enfants mâles devaient être mis à mort, jalousie des frères de Yossef à son égard
ancêtre ; celui-ci descendit en Egypte, y mais Lavan a projeté de tout déraciner, qui ont causé l’exil en Egypte.
séjourna en petit nombre et y devint un comme il est dit : « L’Araméen a cherché
peuple grand, puissant et nombreux » à tuer mon père qui est descendu en Cette jalousie et cette haine des tribus
(Dévarim XXVI, 5) Egypte… » sont des traits de caractère négatifs qui
ne sont pas dignes des descendants de
Plusieurs questions se posent concernant Reste à établir le rapport entre les méfaits nos Saints
ce verset : de Lavan et la descente de Ya’akov en Patriarches.
Qui est l’Araméen dont on parle ? Egypte.
Est-ce l’araméen qui a cherché à perdre Il semble que ces défauts proviennent
mon père ou est-ce mon père qui était un -D’après Rachi, il semble que les deux du côté maternel, car aussi bien Rivka,
araméen perdu ? évènements ne sont pas liés et que ce que Ra’hel et Léa étaient de la famille de
n’est pas Lavan qui a entraîné le départ Lavan (soeur et filles).
Enfin quel lien y a-t-il entre le début du vers l’Égypte. Il veut tout simplement
verset (« Arami ovéd avi») et la descente nous faire comprendre que dans ces C’est donc Lavan qui a transmis aux tribus
en Egypte (« vayéred mitsrayma ») ? deux situations, comme dans d’autres, ces traits de caractère qui ont entraîné la
Hachem n’a pas permis à ceux qui vente de Yossef et la descente en Egypte.
- Onkelos (35-120) traduit ainsi ce verset se sont dressés contre nous de nous
dans son Targoum : exterminer.
«… Lavan l’araméen a voulu perdre mon
père et il descendit en Egypte… » - Le Netsiv (1817-1893), dans « Ha’mek
Davar », explique que c’est parce que
- Rachi (1040-1105) donne l’explication Lavan a fait preuve de cruauté vis à vis
suivante : de
Il rappelle ici les bontés de Hachem : Ya’akov en voulant tout déraciner,
«L’Araméen voulait faire aller mon père qu’Hachem a décidé que le décret d’exil
à sa perte » - Lavan voulait déraciner la de Brit Ben Habétarim ne serait pas
totalité d’Israël lorsqu’il a poursuivi exécuté en Aram mais plutôt en Egypte.
Ya’akov. Et puisqu’il a eu l’intention de le
faire, Hachem le lui a porté à son compte, - Rabbi Moché Alchikh (1508-1600)
car le considère que c’est bien Lavan qui a été
Saint béni soit-Il porte à leur compte les la cause de la descente de Ya’akov en
intentions des idolâtres comme s’ils les Egypte. En effet, si Lavan ne s’était pas
avaient mises à exécution. comporté de manière malhonnête et
n’avait pas trompé Ya’akov en substituant
- Le Rachbam (1080-1160), quant à lui, Léa à Ra’hel, il n’y aurait pas eu d’inimitié
considère que c’est Abraham qui est le entre ses enfants. Yossef aurait été le fils
père araméen perdu et exilé puisqu’il a aîné reconnu par tous ses frères qui ne
dû l’auraient pas vendu et la descente de la
sur l’ordre d’Hachem quitter sa terre famille en Egypte n’aurait pas eu lieu.
natale : Aram !
- Rabbi Its’hak ‘Arama (1420-1494),
- Rabbi Abraham Ibn Ezra (1089-1164), dans « ‘Akédat Its’hak », écrit que selon
explique que « Oved le sens littéral de la Tora, il ne semble
» est un verbe intransitif et qu’on ne pas que Lavan voulait éliminer Ya’akov,
peut donc pas traduire le verset par « ni qu’il voulait lui faire du mal.
L’araméen a voulu perdre mon père »
et qu’il faut comprendre que c’est « mon Au contraire, il lui a donné ses filles
père Ya’akov qui était un araméen perdu et c’est dans sa maison que Ya’akov
(dans le sens de pauvre) ». C’est aussi a acquis des richesses et des biens.
l’interprétation de Lorsqu’il est parti

Ce feuillet d’étude est offert à la mémoire de Elicha Ben Yaacov DAIAN z’’l

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