Commande Prédictive
Commande Prédictive
L ‘essentiel des régulations industrielles sera toujours réalisé par des régula-
teurs PID. Ils ont, quand ils s’appliquent, une efficacité remarquable, et un
rapport prix/performance avec lequel il est difficile de rivaliser. Ils sont, pour ces
raisons, commercialisés sur une échelle industrielle mondiale et sont un outil de
base classique de l’industrie de production.
Mais ce régulateur ne couvre pas tous les besoins et ses performances
s’essoufflent dans plusieurs cas, citons :
— les processus « difficiles », non linéaires, instables, non stationnaires, à
grand retard pur, et aussi multivariables ;
— lorsque les performances exigées par l’utilisateur sont très tendues : forte
atténuation des perturbations, erreur de traînage nulle en poursuite, réponse en
temps minimal, ce qui amène à fonctionner sur des contraintes qui affectent soit
les variables d’action, soit des variables internes du processus.
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Remerciements : nous tenons à exprimer nos vifs remerciements à madame Nathalie Fulget,
enseignante à l’ESISAR, Valence, qui a participé à la rédaction de cet article.
1. Les quatre principes mance recherchée, tout en ne nécessitant pas une connaissance
parfaite du processus, mais qui utiliserait quand même une informa-
de la commande prédictive tion de structure du processus pour obtenir des performances
meilleures.
Le modèle est le plus souvent embarqué explicitement dans le
Plusieurs méthodes de commande prédictive existent. Il est nor- calculateur de commande et pour cela dénommé modèle interne. Le
mal qu’il en soit ainsi car les 3 000 unités industrielles significative- choix de la structure du modèle dépend du processus et des spécifi-
ment pilotées par un régulateur prédictif (1996) sont de nature cations de la commande. Il doit être capable de réaliser une prédic-
variée. Des problèmes différents, traités par des auteurs d’origine tion véritable du comportement futur du processus, sous l’effet
diverse, créent une multiplicité de solutions. d’une action supposée connue dans l’avenir.
Cependant, par la force logique de la démarche, si les solutions Ce modèle peut être de connaissance ou de représentation, sa
sont très ouvertes, la méthode s’appuie sur quatre principes univer- forme est ouverte. Il peut être mathématique, ou simplement logi-
sels, auxquels on doit se soumettre, si l’on veut tirer tous les avan- que, à base de règles, ou même être constitué d’une base de don-
tages de cette commande. Décrivons ces quatre composantes. nées expérimentales plus ou moins brute.
Deux types fondamentaux de modèles internes existent :
— modèles indépendants où la sortie du modèle interne n’est cal-
1.1 Modèle interne culée qu’avec les entrées connues, mesurées, du processus
(figure 1a) ;
— modèles réalignés (ou recalés) où la sortie du modèle est cal-
La modélisation et l’identification sont des sujets déjà abordés et culée avec des sorties passées ou des variables internes du proces-
sur lesquels nous allons nous appuyer (cf. J. Richalet, Pratique de sus, mesurées ou estimées (figure 1b).
l’identification, 1991, éditions Hermès) [9] [13]. Notons u l’entrée, yP et yM les sorties du processus P et du
Si l’on était capable de modéliser parfaitement les processus et modèle, δNmes les perturbations non mesurées, δMes les perturba-
les signaux, la commande serait quasiment réduite à un calcul en tions mesurées.
boucle ouverte. À l’opposé, la boucle fermée a précisément été Prenons l’exemple pédagogique simple d’un système du premier
inventée pour piloter essentiellement avec comme seule informa- ordre décrit par l’équation (1) dont la sortie discrète yP(n) ne dépend
tion, des mesures, sans intervention explicite de la connaissance du que de la sortie précédente yP(n – 1) et de l’entrée u (n – 1) :
processus. Entre ces deux approches extrêmes, la commande par
modèle tente de trouver un moyen terme qui apporterait la perfor- y P ( n ) = α y P( n Ð 1 ) + ( 1 Ð α ) ⋅ K ⋅ u ( n Ð 1 ) (1)
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δNMes + δMes u
M0 yM
+
u yP a
P
+
+ u +
M1 yM M1 yM1
+ +
δMes
M2 M2
a modèle indépendant
b
δNMes + δMes
u +
M1 yM2
+ +
u yP
P
+
yP
M2
+
M1 yM
+ c
δMes
M2
Figure 2 – Principe de décomposition
b modèle recalé
schéma 2b la sortie du modèle y M 1 par la sortie du processus yP
Figure 1 – Modèle indépendant et modèle recalé prise comme étant une variable de tendance (figure 2c) (cf. § 3).
Si l’on satisfait la condition :
M0 = M1 ⁄ ( 1 Ð M2 ) (4)
Pour calculer la sortie du modèle yM(n) que l’on veut simuler,
deux possibilités sont offertes : Les comportements des sorties yM et yP seront identiques, dans le
— la sortie du modèle est exprimée avec la sortie passée du pro- cas nominal ( objet ≡ modèle ).
cessus (modèle recalé) : On a donc en fait une représentation mixte qui n’utilise que la sor-
tie mesurée et qui permet de n’avoir que des modèles stables, sus-
y M ( n ) = α M y P( n Ð 1 ) + ( 1 Ð α M )K M ⋅ u ( n Ð 1 ) (2) ceptibles d’être implantés.
— ou bien l’équation récurrente où yM(n – 1) intervient donne Une telle procédure permet de piloter des processus instables
(modèle indépendant) : avec cependant la technique du modèle indépendant qui accepte
n’importe quelle représentation, entre autres celle d’état, qui est la
y M ( n ) = α M y M ( n Ð 1 ) + ( 1 Ð α M )K M ⋅ u ( n Ð 1 ) (3) plus générale et la plus robuste numériquement. Cette décomposi-
tion est d’utilisation très fréquente et tend à éliminer les méthodes
On retrouve là d’ailleurs la différence entre la méthode d’identifi- avec modèles réalignés.
cation des moindres carrés et la méthode du modèle.
Nous verrons au paragraphe 2.1 que les méthodes avec modèles
La première ne nécessite pas de simulateur, mais donne un résul- réalignés ont, de plus, l’inconvénient majeur de présenter une
tat biaisé en général. La deuxième nécessite d’intégrer une équation erreur de position si l’on n’y apporte pas une correction spécifique
grâce à un solveur ou un simulateur, mais donne des résultats non supplémentaire.
biaisés.
Les deux démarches ont leur intérêt a priori. En effet, si le proces-
sus est instable en boucle ouverte, il est clair que la deuxième solu-
tion n’est pas applicable, car la sortie du modèle divergerait. Par 1.2 Trajectoire de référence
contre, elle laisse la liberté complète du choix de la structure du
modèle qui, sur un plan algorithmique, va jouer le rôle d’une sous-
routine, qui n’a d’autre argument que l’entrée, alors que la première Le futur de la sortie du processus est spécifié par l’intermédiaire
solution exige de mesurer soit l’état interne (technique d’observa- d’une trajectoire (figure 3), initialisée sur la valeur mesurée ou esti-
tion peu accessible dans l’industrie), soit les sorties passées si l’on mée yP de la sortie du processus, qui tend vers la consigne, quelle
utilise une représentation polynomiale, dont la robustesse numéri- qu’elle soit, suivant une certaine dynamique ; cette dynamique va
que est faible dès que l’ordre du processus augmente et que sa sta- ainsi définir, de façon évidente, le comportement en boucle fermée.
bilité se dégrade.
En pratique, on se limite souvent à la trajectoire exponentielle qui
Principe de décomposition a le mérite d’être simple, de ne nécessiter qu’un seul point de
Considérons un système représenté par un transfert M0 avec un mesure pour être initialisée, et de donner un comportement désiré
mode instable ou mal amorti (figure 2a). On peut toujours le repré- sans surtension.
senter sous la forme de deux systèmes stables M1, M2 (figure 2b). Ce choix se justifie d’autant plus que le futur proche est désensi-
Le principe de décomposition consiste alors à remplacer dans le bilisé, par l’introduction d’un horizon de coïncidence (H1 H2). Il ne
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Passé n Futur
C (n + H )
ε (n + H )
Consigne C
Trajectoire
de référence yref
∆P
ε (n) Sortie
prédite
yP
Sortie processus
yP
∆M
Sortie modèle H
yM H1 H2
Horizon de coïncidence
Figure 3 – Trajectoire
Horizon de prédiction de référence et horizon
de coïncidence
s’agit pas en effet de rechercher une coïncidence à tous les instants une commande qui réalise, sur ce modèle, le même incrément de
futurs, mais seulement sur un certain nombre de points entre H1 sortie modèle ∆M = ∆P. Ce transfert de spécification est un élément
et H2. clé de la méthode.
Le premier intérêt de la procédure est de pouvoir piloter des sys- Il suppose que le système soit localement linéarisable, puisque la
tèmes à retard pur, en choisissant H1 au-delà du temps de retard pur. commande ne sera calculée qu’avec cette valeur, indépendamment
de la valeur absolue de la sortie du processus, ou de son état.
Pour un système sans retard, on peut, dans une première appro-
che, interpréter le choix de cet horizon sur la base physique sui- La trajectoire de référence est prise exponentielle de décrément λ,
vante. Supposons que l’on choisisse un horizon court H1 = H2 = 1, la elle relie le point courant de la sortie à la consigne C (n).
sortie du processus va suivre la trajectoire de référence à chaque A un point futur, dit de coïncidence, pris à n + H, on souhaite qu’il
pas d’échantillonnage. On transforme alors le processus en un sys- y ait égalité entre la trajectoire de référence et la sortie prédite du
tème du 1er ordre, ce qui a pour conséquence que la commande va processus. Cette prescription est incrémentale, à savoir : on cherche
être très « active » pour compenser tous les modes du processus. un projet de variable manipulée tel que la variation de la variable
Par contre, si l’horizon est très lointain, cela revient à ne commander régulée soit égale à l’incrément ∆P de la trajectoire de référence, on
que le régime statique et la commande sera alors voisine d’un éche- a alors :
lon pour un changement de consigne en échelon, mais les modes
du processus en boucle ouverte apparaîtront complètement libres. C ( n + H ) Ð y Ref ( n + H ) = λ H ( C ( n ) Ð y P ( n ) ) H1 < H < H2 (5)
Nous verrons que ce choix d’horizon a un impact sur la stabilité
du processus. Piloter à court terme engendre donc des actions de y Ref ( n + H ) = y P ( n + H )
grande amplitude pour des systèmes passe-bas, avec le cas extrême
du système ayant un retard pur, où une commande infinie rendrait C ( n + H ) Ð yö P ( n + H ) = λ H ( C ( n ) Ð y P ( n ) )
le système bouclé instable.
La dynamique de la trajectoire de référence peut éventuellement Dans le cas où la consigne est constante C (n) = C0 :
être variable dans le temps ou suivant l’état du processus. Elle est le
facteur qui va régler la dynamique en boucle fermée avec une
∆P = ( C0 Ð yP ( n ) ) ⋅ ( 1 Ð λ H ) = ∆M = yM ( n + H ) Ð yM ( n )
grande simplicité, directement interprétable par n’importe quel Cet écart ∆P prescrit, issu de la valeur de la consigne et de la
régleur. mesure de la sortie du processus, est alors transposé dans le monde
La méthode de commande consiste alors à transférer l’incrément du modèle mathématique ∆M auquel on va demander de réaliser le
de sortie désiré du processus, ∆P spécifié par la trajectoire de réfé- même incrément sous l’effet d’une action de commande à recher-
rence, vers un modèle mathématique qui va permettre de calculer cher.
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1.3 Structuration de la variable manipulée La sortie forcée sera alors, par superposition linéaire :
Nb
1.3.1 Rappel
yF ( n + i ) = ∑ u K SB K ( i )
K=1
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Figure 5 – Autocompensateur
1.4 Autocompensateur
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et d’une sortie future pour laquelle on est amené à faire une hypo-
yP thèse de structure (prédiction plate, figure 9) ou polynomiale
δ d’ordre plus élevé.
ωδ L’incrément de sortie (∆Tei) est à ajouter dans le membre de droite
0 dB ωC ωR ω de l’équation de commande.
Cette procédure est très efficace, car étant en boucle ouverte, elle
ne risque pas de déclencher des instabilités ; elle repose sur la qua-
lité du modèle. Elle est à utiliser pour des perturbations de fré-
quence moyenne, étant inutile pour des perturbations qui seraient
déjà dans la zone de réjection naturelle de la boucle ordinaire.
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yp
2.2 Compromis de réglage
Consigne
Erreur de traînage = 0 Nous avons vu que l’on peut exclure des compromis de synthèse,
la spécification de précision en régime permanent, obtenue sans
interaction avec les autres caractéristiques.
D’une façon générale, il convient, dans la relation liant la robus-
tesse à la performance dynamique (figure 13), de déterminer le
Sortie processus besoin en marge de stabilité, évaluée par la marge de gain (MG)
(facteur multiplicatif du gain du processus qui rend instable le sys-
tème), ou par la marge de retard (MR) (temps de retard pur négligé
0 t qui rend le système instable), ou par la marge de stabilité absolue
(MRS), [distance la plus courte entre le point critique (0, –1), du plan
Figure 11 – Cible participative - poursuite à erreur de traînage nulle de Nyquist et le lieu de transfert de la boucle fermée].
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a réponse inverse
Des réglages complémentaires sont possibles, concernant la pré-
y sence d’un terme d’adoucissement de variation de la commande (γ)
qui intervient dans le critère (C), mais il a une interaction avec le
temps de réponse :
H2 H2 Ð 1
C = ∑ ( yö P ( n + h ) Ð yR ( n + h ) ) 2 + γ ∑ [ u(k) ( n + 1 ) ]2 (11)
H1 i=0
0
HF i où u(k) est la dérivée d’ordre k de la commande,
yR la référence,
γ un coefficient de pondération.
b réponse non surtensive Dans les cas élémentaires, tels que décrits au paragraphe suivant,
le lien entre les caractéristiques du processus et les paramètres du
Figure 12 – Choix du point de coïncidence régulateur sont explicites ; dans les cas industriels ordinaires, un
logiciel de conception assistée par ordinateur (CAO) est nécessaire
(cf. P.F.C.).
PCF
MG
3. Contraintes
PID
MG1
1
3.1 Cas général
MG0
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C1 u
M1
u1
P1 y1
u
Superviseur
P2 y2
C2 u u2
M2
Processus
Figure 16 – Commande
contrainte avec superviseur
( C Ð yP ) ( 1 Ð λ H ) 1
La réponse d’un système du premier ordre à une fonction échelon - + -------- y M
u = -----------------------------------------
à l’instant n + H est la somme de la réponse lâchée (yL) et de la KM ( 1 Ð αM H) KM
réponse forcée (yF) de ce système :
( 1 Ð λH )
yM ( n + H ) = yL ( n + H ) + yF ( n + H ) K M u = ( C Ð y P ) ---------------------
- + HM ⋅ u
( 1 Ð αM H)
C ( n + H ) Ð yR ( n + H ) = λ H [ C ( n ) Ð yP ( n ) ] d’où :
u ( 1 Ð λH ) 1
Pour une consigne constante : - ⋅ -----------------------
---------------- = ---------------------
C Ð yP ( 1 Ð αM H) K ÐH
M M
C(n + H) = C(n)
d’où : K M ( 1 Ð α M )z Ð1
H M ( z ) = --------------------------------------
-
1 Ð α M z Ð1
yR ( n + H ) = C ( n ) Ð λ H [ C ( n ) Ð yP ( n ) ]
soit :
3°) Expression de la sortie processus prédite yö P ( n + H )
u ( 1 Ð λH ) 1 Ð α M z Ð1
yö P ( n + H ) = y M ( n + H ) = y P ( n ) Ð y M ( n ) - ⋅ ----------------------------------------------------------------------------------------
---------------- = --------------------- -
C Ð yP ( 1 Ð α M ) K M ( 1 Ð α M z Ð1) Ð K M ( 1 Ð α M )z Ð1
H
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C + 1 -- λH + u K +
yP
-- 11 -- αM 2 M
H K
+ 1 + Tp +
KM . (1 -- αM) z--1
yM
1 -- αM z--1
1
KM
Figure 17 – Commande
équivalente
■ Contrainte de vitesse
Une contrainte de vitesse limite l’amplitude de la variation de la
variable d’action entre deux instants consécutifs, séparés par une 1 u (n)
période d’échantillonnage Tech. Cette contrainte correspond à une
contrainte d’amplitude sur la dérivée de u (n ).
0,5
u(n) Ð u(n Ð 1)
Sous forme de représentation discrète : ---------------------------------------- < V max
T ech
dans le cas d’une contrainte sur l’accroissement, ou encore 0
u(n) Ð u(n Ð 1) 0 5 10 15 20 25 30
---------------------------------------- < V min , dans le cas d’une contrainte minimale. De Temps (unités arbitraires)
T ech
Variable manipulée
même que la contrainte d’amplitude, la contrainte de vitesse se tra-
duit par la prise en compte d’une inégalité supplémentaire
(exemple : u ( n ) < V max ⋅ T ech + u ( n Ð 1 ) ).
c (n)
1
Il est à noter que la valeur de la variable manipulée u (n – 1) utili-
sée pour calculer la sortie modèle est celle résultant de la prise en 0,8
compte des contraintes. 0,6
0,4 yP (n) = yM (n)
■ Prise en compte des contraintes dans l’algorithme de
0,2
commande
0
— algorithme sans contrainte :
0 5 10 15 20 25 30
initialisation Temps (unités arbitraires)
début boucle sur n Consigne c, sorties modèle et processus
acquisition de yP(n ) et de C (n )
calcul de yM(n ) = f (yM(n – 1), u (n – 1))
calcul de u (n ) = f (yP, C, yM, ...) Figure 19 – Technique PFC, premier ordre, avec contraintes
fin boucle sur n de vitesse et d’amplitude (unités arbitraires)
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+ avec y M 1L ( n + H ) = α H y M 1 ( n )
u yM
G M1 1 Ð αH
y1 + y M 1F ( n + H ) = G ⋅ ---------------- u ( n )
1Ðα
y M 2 ( n + H ) = y M 2L ( n + H ) + y M 2F ( n + H )
yM = yP M2
y2
avec y M 2L ( n + H ) = α H y M 2 ( n )
Figure 20 – Décomposition y M 2F ( n + H ) = ( 1 Ð α H )y P ( n ) .
Soit :
y R ( n + H ) Ð yö P ( n + H ) = 0
5. Commande partagée
avec :
yR ( n + H ) = C ( n + H ) Ð λ H [ C ( n ) Ð yP ( n ) ]
Donnons ici un exemple d’ouverture de la commande prédictive,
yö P ( n + H ) = y M ( n + H ) + y P ( n ) Ð y M ( n ) montrant sa capacité de s’adapter à un environnement particulier.
où :
yM ( n ) = yM1 ( n ) + yM2 ( n ) 5.1 Deux actions exclusives
y M 1 ( n ) = α y M 1 ( n Ð 1 ) + Gu ( n Ð 1 )
Il arrive souvent que l’on dispose de plusieurs variables d’action
pour piloter la sortie d’un processus soumis à plusieurs actionneurs
y M 2 ( n ) = α y M 2 ( n Ð 1 ) + ( 1 Ð α )y M ( n Ð 1 ) de nature différente (gain statique, dynamique). C’est typiquement
le cas de la commande des réacteurs chimiques où, pour chauffer le
et : fluide caloporteur, l’on dispose par exemple d’un crayon électrique
yM ( n + H ) = yM1 ( n + H ) + yM2 ( n + H ) alors que, pour le refroidir, il faut passer par un échangeur thermi-
que. La solution classique avec un régulateur PID est de considérer
y M 1 ( n + H ) = y M 1L ( n + H ) + y M 1F ( n + H )
que l’on a un seul actionneur et de régler un PID sur un processus
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1
c (n) Ð y MF ( n ) + u CH ( n )S FCH ( n + H )
Calcul de uF :
0,5 yP (n) = yM (n) y
( C 0 Ð y P ) ( 1 Ð λ H ) = y LCH ( n + H ) Ð y MCH ( n ) + y LF ( n + H )
0 Ð y MF ( n ) + u F ( n )S FF ( n + H )
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 Temps
Chaque action peut également être passée dans un limiteur et
Consigne c, sorties modèle et processus fournir ainsi une commande agissant sur contrainte. L’on gagne
alors en performance et, ce qui est peut-être encore plus apprécié,
Figure 21 – Technique PFC : intégrateur pur, avec perturbation en commodité de réglage.
sur l’entrée
0,8 Un autre cas est celui où l’on dispose de deux actionneurs qui
vont agir ensemble en permanence, mais qui ont encore des carac-
0,6 téristiques différentes. Par exemple, l’un a une grande autorité de
0,4
commande mais une dynamique lente, à laquelle on va demander
u (n) de contrer les perturbations à basse fréquence et de tenir le régime
0,2 permanent, alors que l’autre a une dynamique rapide mais une
excursion faible. Le but est alors de faire tendre la variable d’action
0 rapide vers u10 , au milieu de sa plage d’action, pour contrer les per-
0 5 10 15 20 25 30 Temps turbations à hautes fréquences, alors que l’action lente tient le
régime permanent. Le risque avec une solution PID est d’avoir une
Variable manipulée commande non coopérative, à savoir l’action lente contrerait
l’action rapide qui lui serait opposée. La solution PFC consiste à
modifier le critère de commande (10) en introduisant un terme
c (n) supplémentaire de satisfaction de l’objectif, et de faire tendre u1
1 vers u10 , alors qu’en régime permanent, u2 est stabilisé :
0,8 H2 H2
0,6
0,4
ymay (n) yP (n) = yM (n) C = ∑ [ yRef ( n ) Ð yP ( n ) ] 2 + λ1 ∑ [ u1 ( n ) Ð u10 ( n ) ] 2
H1 H1
0,2 H2
0 + λ2 ∑ [ u2 ( n ) Ð u2 ( n Ð 1 ) ] 2
0 5 10 15 20 25 30 Temps
H1
ymay sortie modèle non retardée
Le critère est nul si, et seulement si :
Consigne c, sorties modèle et processus — satisfaction de la trajectoire de référence : y Ref ( n ) = y P ( n )
— u1 tend vers sa valeur de repos idéale : u1(n ) = u10
Figure 22 – Technique PFC : intégrateur pur, avec retard pur — u2 se stabilise à une valeur qui va contrer les perturbations
(unités arbitraires) u2(n) = Cte
En dérivant l’expression du critère par rapport à u1 et u2, on mon-
tre que la solution obtenue est équivalente, d’une part, à ne considé-
« moyen », intermédiaire entre les deux processus réels, de couper rer qu’une variable d’action passée à travers deux filtres
en deux le champ d’action : de 0 % à 50 % de l’autorité de com- complémentaires :
mande, l’action sera aiguillée vers le « froid », et au-delà vers le
F2 = 1 ⁄ ( 1 + τ p ) et F1 = τ p ⁄ ( 1 + τ p )
« chaud » (figure 23).
S’il s’agit d’une régulation peu exigeante, un réglage moyen et, d’autre part, à attribuer la sortie du filtre passe-bas F2 à l’action
robuste, donc mou, donnera satisfaction ; mais, dès que l’on veut lente et la sortie du filtre dérivateur F1 à la variable d’action rapide
diminuer le temps de réponse, tirer le maximum du système de qui doit tendre vers u10 (figure 24).
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uCH
Chaud
+ +
PID P
-- --
uF
Froid
Figure 23 – Commande
partagée exclusive
c) Contraintes (entrée-sortie)
u1 → u10 = 0 C’est la caractéristique fondamentale et unique, qui en fait tout
u
l’intérêt industriel. La prise en compte des contraintes peut se faire
F1 P1 de façon complète ou approchée suivant l’optimalité recherchée et
les moyens de calculs disponibles.
PH +
d) Tendance
R
+ La prise en tendance d’une perturbation mesurée ne peut se faire
que si l’on se donne un rendez-vous dans le futur, ce qui impose en
F2 P2
fait le schéma prédictif. Facile à mettre en œuvre, stable car en bou-
cle ouverte, cette possibilité est à utiliser dès qu’elle est possible.
PB Elle permet de diminuer les écarts de régulation tout en ne compro-
mettant pas la robustesse.
e) Précision
Figure 24 – Commande partagée coopérative La projection de la commande sur une base future permet de ne
pas avoir d’erreur de traînage sur une consigne quelconque connue
ou estimée sur l’horizon de coïncidence : propriété très appréciée
des équipements réalisant des asservissements de poursuite.
6. Évaluation f) Compromis dynamique - stabilité
Aucune commande n’est robuste par nature.
Question souvent posée à juste titre par un automaticien indus- Cette propriété s’oppose aux performances dynamiques et le but
triel, familier de commande classique PID : quels sont les avantages est de « casser » le caractère fatal de cette opposition. La démarche
et inconvénients comparés de la commande prédictive par rapport professionnelle honnête est de laisser le concepteur choisir entre
aux techniques classiques ? Une expérience de longue date, dans de ces deux exigences en lui présentant les termes du compromis.
nombreux secteurs, permet de présenter objectivement les perfor- g) Professionnalisme
mances et limites de la commande prédictive. Étant systématique et rationnelle, la commande prédictive est
susceptible de rentrer dans le cadre d’une démarche de CAO, capa-
ble d’attaquer des problèmes industriels de grande dimension.
6.1 Avantages Documentée à toutes les étapes, car partant d’un modèle, elle est
donc transférable et facile à maintenir par la justification explicite de
ces choix.
a) Puissance Cependant, elle laisse la porte ouverte à toutes « astuces » spéci-
Tout système théoriquement commandable, monovariable, mul- fiques qui vont valoriser l’auteur.
tivariable, linéaire ou non, stationnaire ou non, avec contraintes h) Diagnostic
diverses, peut être piloté par cette technique. Si l’on doit toujours
exploiter au maximum toutes les particularités de chaque proces- Le modèle est disponible en ligne. La comparaison entre les sor-
sus, la procédure de mise en œuvre reste la même pour tout proces- ties ou états du modèle et du processus permet d’aller plus loin que
sus. le simple autocompensateur ici exposé. Une analyse poussée peut
conduire aux techniques de diagnostic, de maintenance prédictive
La méthode est générique et permet toutes sortes d’extensions, selon état, etc., qui contribue fort à la diminution du démérite.
nous en avons vu quelques-unes (commandes partagées, par
exemple).
b) Insensibilité 6.2 Inconvénients
Fondamentalement, toute commande revient à inverser le proces-
sus à réguler, ce qui amène à introduire des « zéros » dans le régu- Ils sont la contrepartie normale des avantages, deux aspects
lateur, source d’une grande sensibilité aux bruits divers qui affectent opposés de la même caractéristique fondamentale issue de la
les mesures. La spécification d’erreur nulle en régime permanent modélisation.
impose également d’avoir un intégrateur dans ce régulateur, source
de problèmes de commutation et de désaturation. Si implicitement a) Nécessité d’un modèle : difficulté scientifique
ces fonctions sont satisfaites, elles ne le sont pas explicitement, ce Il faut faire explicitement une réflexion de modélisation. Celle-ci
qui élimine ainsi une grande sensibilité aux bruits et les problèmes peut être complète et déboucher sur un modèle de connaissance, ou
de gestion de l’intégrateur. rapide et se contenter d’un modèle de représentation (boîte noire).
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Elle est le plus souvent intermédiaire et nécessite de mettre en intégrateurs, mono ou multivariables, retard pur, etc.), variation de
œuvre des outils de simulation et d’identification. la structure suivant les conditions de marche, contraintes diverses,
Modéliser présente toujours un risque puisque le produit final etc.
(équations mathématiques) est par nature hétérogène avec les don- Première tentative de mise en correspondance entre des faits
nées de base. expérimentaux et des hypothèses. Premières spécifications : que
b) Puissance de calcul : difficulté technique demande-t-on au système de commande ? régulation, poursuite,
optimisation, etc. ?
Par rapport à un PID classique, il est clair que, s’il peut s’appliquer,
Toutes ces réflexions débouchent sur un premier simulateur, frus-
son rapport « puissance de calcul/performance » est bien supérieur.
tre, qui n’a que la simple ambition de mettre en place une première
Même dans le cas de régulateur mis sous forme compacte, le cohérence entre toutes ces informations, sans prétendre simuler
nombre d’opérations augmente avec l’ordre du processus et la prise quantitativement de façon précise le réel.
en compte des contraintes.
C’est une phase délicate, où le métier intervient et où les contacts
L’optimalité a un coût, interdisant l’emploi de la méthode dans humains ont leur importance.
des organes frustres de calcul, pour certains processus très rapides. Sur ce premier simulateur, on va pouvoir dialoguer et entrepren-
L’espoir que les progrès de la technologie électronique permet- dre l’étape fondamentale suivante.
tent de disposer de calculateurs de plus en plus performants est à b) Synthèse des protocoles d’essais
modérer par les exigences de plus en plus grandes demandées aux
systèmes de commande qui satureront éternellement les possibili- Ou bien le processus n’existe pas et, dans ce cas, on travaillera
tés offertes. L’utilisation en temps réel de modèle de connaissances sur un modèle théorique, qui a le plus souvent servi au calcul de la
(déjà possible dans certains cas), qui apportera une robustesse structure matérielle du processus, ou bien il existe et il va falloir par
active remarquable tant en état qu’en structure par une adaptation itérations successives caler les modèles qui vont se perfectionner à
naturelle à l’environnement, est très exigeante en puissance de trai- l’occasion d’application de signaux de tests. Cela va permettre de
tement (mémoire, temps de cycle). faire tendre le comportement du modèle vers celui du processus.
c) Nouvelle démarche : difficulté industrielle Il convient tout d’abord de s’assurer de la qualité du système de
mesure : étalonnage cohérent des capteurs, fidélité de l’instrumen-
Après les inconvénients scientifiques et technologiques, voyons tation, qualité du système d’acquisition de données, fréquence
maintenant les modalités industrielles de mise en œuvre, liées aux d’échantillonnage, capacité de stockage, possibilité de tracer et
structures de l’entreprise. d’observer les signaux, etc.
Les répartitions de responsabilité étaient auparavant bien claire- L’ensemble des signaux de test, dit protocole d’essai, va jouer un
ment distribuées dans l’entreprise. L’automatique était l’affaire des rôle fondamental. C’est pratiquement le seul contact avec le proces-
régleurs : instrumentation, actionneurs, capteurs, maintenance et sus et son propriétaire, sauf au moment de l’implantation définitive,
calculateurs, fonction essentiellement perçue par le reste de l’entre- et c’est de lui que va découler la qualité du modèle et donc du régu-
prise par sa partie matérielle visible. lateur.
Le producteur, spécialiste du processus, connaît son système Le protocole idéal pour le propriétaire qui ne veut pas être per-
dans ses aspects matériels, fonctionnels, logiques, etc., et utilise, en turbé serait un test de durée nulle et d’amplitude nulle !
tant que de besoin, les services du « régleur ». Il est plus soucieux Ce protocole fera donc en général l’objet d’une optimisation, fata-
d’optimalité de marche que de régulation dynamique, alors que lement spécifique, ce qui exclut des techniques conçues sur des
l’automaticien, fonction horizontale de l’entreprise, n’a pas à connaî- considérations théoriques qui ne prenaient pas en compte à l’épo-
tre tous les processus. que ces contraintes de diminution de la nuisance (amplitude-durée)
L’automatique à base de modèle nécessite, par contre, une coopé- que représente un test expérimental. Les techniques du type signal
ration certaine entre ces deux acteurs, qui peut, pour toutes sortes binaire pseudo-aléatoire, sont donc à proscrire d’une façon
de raisons dépassant le cadre technique qui est ici le nôtre, se met- générale ; elles donnent une précision insuffisante dans les basses
tre en place ou non. fréquences au prix d’une durée (ou amplitude) qui peut être dans un
L’automatique avancée est un projet de l’entreprise et qui ne peut rapport 20 avec un protocole optimisé.
être entrepris sans prise de conscience et désir de travailler dans ce L’expérience montre que c’est sur ce poste, avec la réflexion sur la
nouvel environnement culturel. structure du modèle, que l’on passe le plus de temps.
Le personnel doit alors avoir une formation complémentaire por- c) Application des essais
tant sur la modélisation, l’identification, la simulation et la com- Étant volontairement rares, ces essais doivent donc être préparés
mande avancée, dont certains décideurs auront peut-être encore, avec grande précaution. Les signaux de test sont appliqués soit en
pendant un certain temps, des difficultés à en apprécier l’utilité. boucle ouverte, soit en boucle fermée comme des consignes additi-
ves à la consigne d’un régulateur dont il s’agit alors d’améliorer les
performances, suivant une procédure qui va se perfectionner pro-
7. Pratique industrielle gressivement au fur et à mesure de la connaissance du processus.
Tout doit être noté avec soin lors des essais, et un test de ce type
ne peut être fait en « cachette », car il va mobiliser des intervenants
Quelles sont les étapes qu’il convient de suivre pour attaquer un divers.
problème de commande industriel avec ce type de stratégie de d) Prétraitement
commande ? La probabilité que des artefacts perturbent l’essai est très grande :
Décrivons ici toutes les étapes possibles. Elles peuvent, suivant entrées secondaires autoritaires, défaut du système d’acquisition,
les cas, être banales ou critiques. interventions intempestives d’un opérateur, etc. Il convient alors de
a) Première approche vérifier, à vue, la qualité des enregistrements. A l’opposé, une
démarche académique qui consisterait à alimenter sans interven-
Il s’agit de récupérer, à un niveau plus qualitatif que quantitatif,
tion humaine un algorithme d’identification avec des données
toutes informations sur le système à piloter. Il faut consulter la litté-
exploitables est à proscrire.
rature sur le sujet, les « experts », l’expérience des utilisateurs, à
tout niveau, etc., et recueillir des données objectives, avec des tests e) Identification
simples pour se familiariser avec la nature des signaux : variables Elle doit donner de préférence tous les modèles qui sont à une
d’action, de tendance, à réguler. La nature des processus (stables, distance donnée du processus, dans le double but de pouvoir opti-
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miser les protocoles d’essais et d’avoir une mesure de la spécifica- ficatifs. Rester toujours adapté malgré des changements d’objectifs,
tion de robustesse qui va être demandée au régulateur. de matière première, d’instrumentation, etc., est autrement plus dif-
f) Simulateur ficile. Amateurisme et professionnalisme se distinguent à ce niveau.
Tous les modèles partiels ainsi identifiés, concaténés, créent un La documentation, la justification des choix de modèle, du
simulateur, sur lequel des tests complémentaires de son pouvoir réglage du régulateur, etc., doivent être facilement accessibles et de
prédictif sont appliqués, à partir d’une base de données qui n’a pas façon claire. Une formation est nécessaire ; sinon, au moindre chan-
servi à l’identification. Des analyses de sensibilité sont alors possi- gement d’environnement, il y aura régression et retour à l’état pri-
bles pour déterminer les risques encourus par les variations de mitif antérieur. Ordre et rigueur s’imposent.
structure éventuelles du processus. Il faut faire remarquer que la disponibilité de la sortie du modèle
g) Retour sur les spécifications en temps réel et de la sortie du processus, ouvre la porte vers les
techniques de diagnostic et de maintenance suivant état, qui peu-
Le processus est alors mieux appréhendé, mieux perçu par les vent apporter une contribution significative à l’augmentation de la
intervenants, et l’expérience montre que les spécifications évoluent disponibilité, et donc de la production, du processus.
toujours. La fixation des contraintes est mieux argumentée, les com-
promis entre robustesse et dynamique plus clairs dans la tête de
l’exploitant.
h) Régulateur
C’est la récompense de tous les efforts. La CAO de commande 8. Conclusion
prédictive fournit alors tous les éléments de choix dans le domaine
temporel et fréquentiel en ce qui concerne la dynamique, et toutes
les marges de stabilité nécessaires. Le respect des contraintes Ce qui a été présenté ici n’a d’autre prétention que d’être une sim-
apporte alors tous les avantages et une comparaison avec la situa- ple introduction aux concepts de la commande prédictive, car beau-
tion antérieure et la situation proposée est alors faisable dans les coup reste à dire tant au niveau des développements et justifications
environnements (perturbation d’état et de structure) qui doivent être théoriques que de l’implantation informatique des régulateurs. Il ne
plus durs que ce que le processus ne rencontrera jamais. s’agissait que de présenter les principes, qui nécessitent un effort
Une évaluation de l’intérêt économique est à faire. Si cet intérêt certain de compréhension.
est confirmé, il faut alors passer à l’implantation dans un organe de Cette commande n’est pas à ajouter à la liste des commandes pro-
calcul qui va recevoir, soit directement le code C généré par la CAO, posées par ailleurs, car elle est plus une démarche qu’une proposi-
soit une formule générique dont les paramètres vont être changés tion spécifique, comme ont pu l’être, dans le passé, le PID, la
par un organe supérieur. commande quadratique ou le placement des pôles, etc.
La mise en route devra être faite avec prudence, en particulier en C’est une démarche ouverte, qui, si l’on respecte ses principes
demandant une trajectoire de référence assez molle au début, à dur- fondamentaux, est capable d’intégrer précisément tous les résultats
cir avec le temps. C’est là que l’on apprécie la validation du modèle, de ces méthodes. Mises à part les commandes de niveau 0 : manuel,
puisque seules les erreurs d’implantation du régulateur sont à crain- tout ou rien, logique, PID, etc., commandes sans modèle qui en
dre. La génération de code, sans intervention de transfert par un nombre couvriront toujours l’essentiel des besoins alimentaires,
intermédiaire humain, donc faillible, facilite ici la tâche. l’avenir appartient, lorsqu’il s’agit de piloter des unités économique-
i) Évaluation ment significatives, aux commandes avec modèle interne. Qu’elles
soient prédictives ne complique pas le travail de l’automaticien mais
Il importe alors d’évaluer le plus objectivement possible les per- lui donne la possibilité technique, et la rentabilité économique atta-
formances comparées, entre « avant » et « après », soit par une chée, de prendre en compte les contraintes, porte ouverte vers
réponse dynamique, soit par un histogramme de l’écart par rapport l’optimalité à horizon fini, qui est le véritable problème industriel à
à la consigne. Mais la commodité de réglage et la souplesse de résoudre.
modification des objectifs sont deux éléments importants. Opéra-
teur, producteur, directeur, n’attendent pas d’un régulateur nouveau La difficulté, éternelle, reste donc la modélisation, investissement
les mêmes améliorations et ils doivent être tous satisfaits. premier fondamental, qui fait sortir du domaine strict de la com-
mande. L’automaticien industriel qui était un « régleur », car il adap-
j) Maintenance tait les paramètres de réglage d’un régulateur préexistant, devient
Tous les dangers commencent alors. Il est maintenant relative- en partie un modéliste, et cette fonction rencontre celle du
ment aisé, en procédant strictement suivant le plan ci-dessus « spécialiste processus », avec tout l’intérêt que cela entraîne et tou-
exposé, de faire des progrès techniques et économiques très signi- tes les difficultés organisationnelles attachées.
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