Écrasement des Grains de Schiste au Compactage
Écrasement des Grains de Schiste au Compactage
Etudeduphénom ène
d'écrasementdesgrains
deschisteaucom pactage
Résumé
L'amélioration des matériaux par compactage est
directement liée non seulement à la granulométrie des
matériaux à traiter mais aussi à la forme de leurs grains,
B. MELBOUCI leur angularité et à la teneur en eau contenue dans ces
derniers. Cet article présente les résultats d'une étude
Université expérimentale de deux essais : Proctor et CBR et de leur
Mouloud Mammeri influence sur le phénomène d'écrasement des grains de
Faculté du Génie trois matériaux locaux schisteux (schiste argileux, schiste
de laConstruction satiné et schiste tacheté). Cet écrasement est quantifié
Laboratoire Géomatériaux par deux paramètres : le coefficient d'uniformité Cuet le
Environnement taux d'écrasement B10.
Ces résultats montrent que le taux de rupture des grains
et Aménagement est mis en évidence par l'étalement des courbes
BP17RP granulométriques qui évoluent en fonction de l'énergie
15000Tizi Ouzou(Algérie) de compactage. Le coefficient d'uniformité Cuet le
bmelbouci@[Link] facteur B10confirment que cette évolution est fonction
des classes granulaires, de la présence d'eau
et de la dureté des grains.
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NS Dans cette étude, nous mettrons l'accent essentiel
lement sur l'influence des trois paramètres suivants:
B10 : facteur mesurant letauxd'écrasement -la classe granulométrique (0/6:6/10et 10/14);
C :compacité relative -la présence ou non d'eau;
CBR : capacitybearing ratio -la compacité du matériau.
Cu :coefficient d'uniformité
e :indice des vides
G :gonflement 2
LA :essai Los Angeles
MDE :essai micro-Deval Identification des trois types
n :porosité de schiste
Sr :degré de saturation
W : teneur en eau Pour mener cette étude, des échantillons relatifs à
Wopt :teneur en eau optimum trois types de schistes ont été prélevés, à savoir :
γd : poids spécifique sec -des roches de schistes argileux qui sont à la limite du
γs : poids spécifique des grains solides domaine du métamorphisme; elles sont encore consi
dérées comme des roches sédimentaires;
-des roches de schistes satinés à deux micas qui mon
trent des recristallisations minérales plus nettes. Ce
sont des roches ayant acquis une schistosité sous
1 l'influence de contraintes tectoniques, de teinte géné
ralement grise présentant des surfaces blanchâtres
Introduction nacrées ou satinées dues à la présence de feuillets de
séricite. Ces roches sont aussi appelées séricito-
Dans la présente étude, nous nous intéressons au schistes;
matériau schiste qui se trouve en abondance dans la -des roches de schistes tachetés qui sont des schistes
région de laGrande Kabyliedans l'optique d'une éven dans lesquels le métamorphisme de contact (haute
tuelle utilisation dans le domaine du génie civil. Afin température et basse pression) a développé des miné
d'avoir une connaissance étendue de ce matériau, notre raux néoformes qui se concentrent en agrégats ayant
choix s'est porté sur trois types différents de schiste l'aspect de taches (porphyroblastes). La schistosité est
parmi les plus répandus dans la région. Les échan en général acquise antérieurement à l'intrusion des
tillons ainsi utilisés intègrent diverses qualités de roches magmatiques, mais elle peut aussi être liée à la
schiste s'étendant des matériaux durs (schiste tacheté) mise en place de l'intrusion. Ces roches sont, en géné
aux matériaux moins durs (schiste argileux). ral, de couleur grise à noire.
Les grains formant les trois types de schiste ont une Ces schistes sont extraits sur des sites situés à
composition minéralogique, une forme et des résis moins de 10 kilomètres au nort-est de la ville de Tizi
tances individuelles différentes. En outre, l’énergie Ouzou sur les flancs longeant l'oued Sebaou. Le relief
nécessaire pour obtenir à partir d'un grain d'autres des sites est accidenté avec des côtes aux altitudes de
grains detaille inférieure est plus ou moins importante. 100met 150m. Lacolonne synthétique des différents
La rupture des grains est donc liée non seulement aux ensembles tectonométamorphiques est représentée
propriétés physiques de ces derniers mais aussi aux en figure 1. Les sites ont été choisis pour poursuivre
chemins de contraintes appliqués. Ainsi diverses ques l'étude effectuée par l'Office national de la recherche
tions ont été soulevées pour connaître si réellement il géologique et minière (ORGM) de Tizi Ouzou. Les
existait une régularité dans le processus de rupture trois types de schistes étudiés sont de nature minéra
pour divers chemins de contraintes. C'est pourquoi, logique différente.
notre campagne d'essais porte sur l'essai Proctor et
l'essai CBRde ces matériaux.
Lecompactage aura pour effet de modifier l'arran
gement des grains entre eux de façon à obtenir une
meilleure compacité laquelle entraîne une diminution
plus ou moins rapide du volume des vides. Lecompac
tage suppose l'emploi d'engins lourds suffisamment
puissants pour vaincre les forces de frottement entre
les grains. Ces engins développent une énergie dite
«énergie de compactage ». Les grains se cassent au
contact des uns et des autres par frottement ou par
chocs et ils se transforment en grains de petites dimen
sions. Cette modification de lagranularité est augmen
tée par la présence d'eau. Lors du compactage, les
grains sont serrés, leurs mouvements sont réduits,
donc l'écrasement diminue.
Pour mieux caractériser le comportement de ces
matériaux, ils sont soumis à deux chemins de
contrainte différents : l'essai Proctor sous des énergies
élevées allant jusqu'à 150 coups et l'essai CBR. Les FIG. 1 Colonne synthétique des différents
ensembles tectonométamorphiques du site
grains ont été sélectionnés pour constituer trois classes de l'extraction des échantillons.
granulométriques 0/6-6/10et 10/14.
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2.1 2.2
Étude pétrographique
Caractéristiques d’identification
L'observationmacroscopiquedes blocsextraits révèle
que l'aspect des échantillons est homogène. Cesont des
blocs de roches qui se caractérisent par une couleur : Après avoir concassé manuellement des blocs de
schistes, des échantillons ont été soumis au séchage
-marron clair pour l'échantillon de schiste argileux; dans une étuve à la température de 105 °Cpendant
-noire mouchetée de mica pour l'échantillon de 24heures. Par la suite, une étude d'identification a été
schiste satiné à deux micas; réalisée au laboratoire. Les grains ainsi obtenus sont de
-noire à nuances verdâtres pour l'échantillon de type très anguleux (Fig. 2).
schiste tacheté.
Les blocs utilisés ont été soumis au concassage
manuel, lagranulométrie obtenue est de0/20 mm. Ainsi
les grains obtenus présentent des angularités (forme
angulaire). Ladensitédes grains dépend de leur compo
sition minéralogique et de leur résistance à l'altération.
L'étude pétrographique aété réalisée dans un labo
ratoire spécialisé de l'Office national de la recherche
géologique et minière dit Centre de recherche et du
développement (CRD) de Boumerdès. Il s'agit d'études
de lames minces dont le but est d'identifier les carac
téristiques pétrographiques et minéralogiques des
schistes et d'évaluer leur importance relative permet
tant ainsi de mieux comprendre leur comportement. FIG. 2 Grains de schistes étudiés. De gauche à
Les différents minéraux obtenus sont décrits pour les droite: schiste argileux, schiste satiné et
trois schistes. Ainsi, leschiste argileux, de texture schis schiste tacheté.
teuse, est composé des minéraux suivants : 30 à 33%
de quartz, 40à45%de mica, 10à 15%de plagioclaseet
Les principales caractéristiques physiques des
de 5à 6%d'oxyde de fer. Le schiste satiné, de texture échantillons étudiés sont récapitulées dans les
schisteuse et de structure granole pyroclastique, est tableauxIet II. Notons que lesvaleurs présentées dans
composé de 45à 50%de quartz, 20à25%de biotite, 20 letableau Isont des valeurs moyennes obtenues d'une
à 25%de muscovite et 20à 25%de tourmaline. Enfin, série de trois échantillons.
leschiste tacheté, de texture massiveet compacte et de
structure hématoblastique, est composé de 50 à 55% TABLEAUI Caractéristiques physiques
d'amphiboles, 20 à 25%de ferro-actinote, 4 à 5%de des schistes étudiés.
calcite et 8à 10%de chlorite.
L'étude pétrographique réalisée révèle les points Échantillon W(%) γ e Sr(%) n
(KN/m3) (KN/m3)
suivants. Il n'existe pas de traces d'argile dans les trois
types de schistes analysés. Ceci s'explique par le fait Schiste argileux 6.18 22,7 26,9 0,18 89.86 0,15
que les schistes sont des roches métamorphiques (non
sédimentaires). Ellescontiennent plutôt quelques miné Schiste satiné 4.96 23,4 27,9 0,19 72,07 0,16
raux issus de la transformation directe de l'argile telle
que la chlorite (matériaux très instables) ou indirecte
Schiste tacheté 5,15 24,3 28,7 0,18 81,66 0,15
tels que les micas (biotite ou muscovite) ou le plagio
clase (feldspath, en général) puisque l'argile se trans
forme avant en chlorite ou en séricite. L'échantillon de Les courbes Proctor modifié de la figure 3ont une
schiste argileux contient entre 30et 33%de minéraux allure légèrement aplatie, ce qui nous permet de dire
stables (quartz) et 50à60%de minéraux instables (pla que les matériaux sont peu sensibles à l'eau. L'échan
gioclase et mica). L'échantillon de schiste satiné tillonde schiste tacheté a présenté des valeurs de poids
contient 65à 75%de minéraux stables (quartz et tour spécifiques les plus élevées contrairement à l'échan
maline) et 40à50%de minéraux instables (micas : bio tillon de schiste argileux. Ceci est lié à sa texture mas
tite et muscovite). L'échantillon de schiste tacheté sive et compacte en plus de la présence d'un pourcen
contient 70à 80%de minéraux stables (amphibole et tage important d'amphibole (50à 55%) connue par sa
ferro-actinote) et 12à 15%de minéraux très instables masse volumique absolue très élevée (32kN/m3). Cette
(calciteet chlorite). texture fournit un indice des vides (e)très faible.
TABLEAUII Caractéristiques Proctor, CBR, Los Angeles et micro-Deval en présence d'eau pour les schistes étudiés.
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revue française degéotechnique
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Les principaux résultats obtenus à partir des essais
CBRsont regroupés dans letableau III.
L'échantillon tacheté présente un indice CBR, à
98%de compacité par rapport à lacompacité optimale,
supérieur à 35, un Los Angeles (LA) et un micro-Deval
en présence d'eau (M DE) inférieur à 40(Tableau II) et
un gonflement nettement inférieur à 1%(Tableau III).
Cetype de granulats peut donc être incorporé dans les
corps de chaussée conformément au cahier de pres
criptions spéciales (1995). L'échantillon de schiste argi
leuxa enregistré les valeurs les plus élevées du gonfle
ment par rapport aux autres échantillons (Tableau III).
En effet, legonflement et lateneur en eau augmentent
avec le pourcentage des minéraux instables présents
FIG 3 Courbes de l'essai Proctor modifié des dans les échantillons. Pour une compacité de l'ordre de
trois schistes.
98%, l'indice CBRdu schiste argileux est de l'ordre de
Le poids volumique (γd)opt augmente avec le degré 13 (Tableau II), indice relativement faible pour une
de compacité de la structure interne des matériaux, de éventuelle utilisationdans les corps de chaussée. Quant
la densité des minéraux majeurs les constituant et des au schiste satiné, il présente une valeur intermédiaire
pourcentages relatifs de ceux-ci. Tandis que la teneur parmi les échantillons testés qui est de l'ordre de 25
en eau optimale (wopt (%))dépend du pourcentage des (Tableau II). Ce schiste peut répondre à certaines utili
minéraux instables présents et de leur degré d'instabi sations particulièrement dans ledomaine routier.
lité(les minéraux instables sont les plus altérables). En
effet, sous des conditions climatiques identiques et 3
pendant une durée fixée, les minéraux n'ont pas tous le
même degré d'altérabilité. En respectant les mêmes Écrasement des grains
conditions d'altérabilité, Zumberg, cité dans Lade et
Yamamuro et al. (1996), classe les minéraux; ainsi les Il existe pour un granulat, deux types d'évolution
quartz sont des minéraux très stables. La muscovite, possible sous l'action de sollicitations mécaniques : il
l'orthoclase, labiotite, l'amphibole, le pyroxène, lepla- se fragmente en donnant des éléments de toutes
gioclase et l'olivine sont des minéraux peu stables. dimensions ou bien il s'use par frottement en donnant
L'échantillon de schiste argileux a donné les plus essentiellement des éléments fins. Ramamurthy (1969)
grandes valeurs de Wopt le schiste satiné les plus est le premier auteur à présenter une classificationdes
faibles. Le gonflement (Tableau III) et la teneur en eau, ruptures des grains qui a été synthétisée par Guyon et
augmentent avec le pourcentage des minéraux Troadec (1994) qui en distinguent trois modes de rup
instables présents dans les échantillons. ture: lafracture, l'écaillage et l'abrasion. Ilsen donnent
ladéfinition. Lafracture concerne ungrain qui secasse
pour donner de nouveauxgrains de taille sensiblement
2.3
égale ou inférieure à la taille du grain d'origine.
L'écaillage ou l'attrition se produit ainsi : un grain se
Essai CBRsur les schistes étudiés casse pour donner un grain de taille légèrement infé
Les essais CBRsont effectués sur les échantillons rieure et voire plusieurs grains de plus petite taille.
des trois matériaux schisteux compactés à la teneur en L'abrasion génère un grain ayant sensiblement la
eau optimum obtenue par l'essai Proctor modifié. Ils même taille que le grain d'origine mais avec une pro
sont ensuite poinçonnés par un piston. Aucours de ces duction de particules très fines.
essais, on a constaté que c'est essentiellement le com De nombreux chercheurs (Biarez et Hicher, 1997;
pactage qui permet d'améliorer la portance de ces Marsal, 1977; Cambou, 1972; Lade et Yamamuro et al.,
matériaux et le pouvoir portant de ces derniers est 1996; McDowell et Bolton, 1998) se sont penchés sur le
d'autant meilleur que le CBRest plus grand. phénomène de rupture des grains et ont permis de
tableau III Influence du gonflement en fonction de la compacité.
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comprendre comment ce phénomène se manifeste et L'énergie de compactage ou le nombre de coups
quels sont les facteurs qui permettent de quantifier la influent peu sur la classe granulaire 0/6. On constate
rupture des grains. même une légère production de fines qui reflète une
En pratique, la rupture des grains se produit à bonne résistance à l’écrasement de cette granulomé
grande échelle durant lecompactage des terrains, par trie. Eneffet, les grains pour cettefraction sont petits et
ticulièrement au niveau des barrages, au-dessous des donc plus sains et plus résistants. Pour les classes 6/10
pointes des pieux, etc., ou durant les essais menés en et 10/14, l'écrasement devient plus important avec
laboratoire, par exemple lorsque lesgranulats sont sou l'augmentation de l'énergie de compactage.
mis à des contraintes de compression ou de cisaille Enprésence d'eau, l'écrasement est légèrement plus
ment. L'importance de cette rupture dépend de la important pour lesgrains de taille élevée. Eneffet, c'est
forme, de la résistance propre de chaque grain (com à partir d'une taille supérieure à 6mm(cas de laclasse
position minéralogique et structure cristalline), de la 6/10) que l'eau commence à avoir une influence impor
compacité des matériaux, de l'effet de l'eau, de l'inten tante sur la rupture des grains. Ainsi on a obtenu des
sité des contraintes appliquées aux points de contact et étalements plus marqués des courbes granulométriques
du chemin des contraintes. et le coefficient d'uniformité a évolué par des valeurs
Quand les grains sont solides, durs et assez arron parfois importantes de l'état sec lâche à l'état humideen
dis, ils peuvent supporter des contraintes élevées sans fonction de lanature des matériaux. L'eauen entourant
s'écraser. Lorsqu'ils sont fragiles, ils subissent une les grains de cette classe pénètre dans les microfissures
fragmentation sous l'effet des contraintes appliquées, et rend les zones les plus fragiles moins consistantes,
résultant du cisaillement des aspérités et de lafissura ceci constitue donc des croûtes facilement dégradables.
tion des grains (Yamamuroet al., 1996). Ceci confirme les résultats de Miura et O'Hara (1979)qui
ont montré que la résistance individuelle en présence
L'objectif de cette étude est de quantifier le degré d'eau des grains devient plus faible, cequi conduit à un
d'écrasement des grains de trois types de schiste: étalement granulométrique important.
tacheté, argileux et satiné, en comparant les courbes
granulométriques obtenues avant et après différents Pour une énergie de compactage fixée à 100coups
essais Proctor pour les classes granulaires 0/6, 6/10 et (Fig. 4), les matériauxprésentent undegré d'écrasement
10/14, et ce pour des états sec lâche et humide et en différent. Les courbes granulométriques sont plus éta
fonction de l'énergie de compactage. lées pour leschiste argileux, donc larupture des grains
est plus importante pour ces derniers. Al'état humide,
Hagerty et al. (1993) ont observé trois phases de l'étalement de ces courbes est plus prononcé (Fig. 5). En
comportement résultant d'une compression: diminu fait, l'influence de l'eau sur la dégradation diffère d'un
tion de volume de l'échantillon due au réarrangement matériau à un autre en fonction de la résistance indivi
des grains sous faibles contraintes, écrasement des duellede ces derniers (cas du schiste satiné, Fig. 6). Plus
grains et réarrangement sous fortes contraintes. les grains sont résistants, moindre est l'effet de l'eau.
L'écrasement des grains apparaît quand les Les essais Proctor ont prouvé que l'écrasement des
contraintes imposées aux grains qui composent le sol grains augmente considérablement avec l'augmenta
dépassent leur résistance propre. La compression tion du nombre de coups et de manière significative
s'effectue tout d'abord avec unréarrangement, ensuite avec lataille des grains de schiste argileux (Fig. 7). Cet
l'écrasement des grains se produit encommençant par écrasement, particulièrement pour la classe 10/14, est
les plus gros et les plus fragiles. La rupture des grains d'autant plus important que le matériau est humide
génère une évolution de lagranulométrie du matériau, pour des énergies de compactage élevées, supérieures
évolution qui permet d'obtenir une compacité plus à 50 coups (Fig. 5). Au fur et à mesure que la densité
grande et un indice des vides plus faible. Graduelle relative augmente, la rupture des grains diminue ceci
ment, ces fragmentations mènent à une réduction de peut s'expliquer par le fait qu'avec plus de particules
l'effort moyen appliqué entre les grains. Cette réduc entourant chaque grain, l'effort moyen de contact tend
tion de l'effort diminue le taux d'écrasement même si à diminuer.
l'effort vertical augmente. Ce changement de compor
tement mène à une augmentation de la rigidité de
l'échantillon. L'écrasement non seulement brise les
grains faibles mais améliore les performances d'un
matériau en diminuant sa compressibilité et sa per
méabilité.
Résultats et interprétation
Une des méthodes la plus simple qui permet d'étu
dier l'écrasement des grains est la comparaison des
courbes granulométriques obtenues avant et après les
différents essais Proctor modifié réalisés sur les trois
classes granulaires retenues pour l'étude. Les essais
Proctor montrent qu'il ya un grand changement de la
structure granulaire en fonction du nombre de coups,
de la présence ou non d'eau et de la classe granulaire FIG. 4 Étalement granulométrique de la classe
granulaire 10/14, à l'essai Proctor à l'état
d'origine. Il est important de noter quetoutes lestailles sec pour une énergie de compactage
des grains sont concernées par le phénomène de rup équivalente à 100 coups.
ture.
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Les principauxrésultats obtenus à l'essai Proctor ont
montré que le schiste satiné et le schiste tacheté sont
les matériaux les plus résistants au compactage et celui
qui se dégrade le plus est le schiste argileux (Fig. 4).
Cette rupture des grains évolue avec l'énergie de com
pactage (Fig. 5). Il est évident que l'intensité du com
pactage est un facteur prépondérant sur le développe
ment des ruptures des grains. Achaque augmentation
de l'énergie de compactage (nombre de coups appli
qué), les courbes granulométriques, après essai, devien
nent de plus en plus étalées et s’éloignent de lacourbe
granulométrique initiale avant essai. Le schiste le plus
résistant au compactage est le schiste tacheté, ce qui
confirme les constatations lors des essais d'identifica
tionqui montrent qu'effectivement il est leplus dur et le
moins sujet à lafragmentationdes trois schistes étudiés.
En effet, les grains sont difficiles à briser et présentent
fig.5 Influence de la teneur en eau sur le schiste
des angularités les plus résistantes. Tandis que leschiste
argileux de classe granulaire 10/14. pour le plus fragile, donc, le moins résistant au compactage
une énergie de compactage de 75 coups. est le schiste argileux. En présence d'eau, il y a eu un
écrasement plus important des grains sous des énergies
de compactage élevées. Ainsi nous pouvons conclure
que laprésence d'eaufragiliseles grains et fait diminuer
la résistance à la fragmentation sous les chocs lors du
compactage. L'influence de la teneur en eau n'est pas
très significative dans le cas d'un matériau résistant
schiste satiné (Fig. 6). Cependant l'étalement granulo
métrique devient de plus en plus important en passant
du schiste tacheté au schiste satiné et au schiste argi
leux (Fig. 4). Donc, son influence évolue en fonction de
l'étalement granulométrique des différents matériaux.
Le matériau à teneur en eau optimale, dans le cas du
schiste argileux, présente des courbes granulomé
triques proches de cellesde l'état sec. Dès que lateneur
en eau passe au-delà de l'optimum Proctor, l'écrase
ment devient plus important (Fig.5).
Pour l'essai CBR, les schistes satiné et tacheté, à
teneur en eau optimale, présentent des courbes granu
lométriques proches de celles de l'état sec. Dans lecas
du schiste argileux, l'étalement granulométrique à
fig. 6 Influence de la teneur en eau sur la
teneur en eau optimale est très important par rapport à
dégradation des grains du schiste satiné celui de l'état sec (Fig. 8). Dès que la teneur en eau
de classe granulaire 10/14, pour une passe de part et d'autre de Wopt on obtient des courbes
énergie de compactage de 75 coups. granulométriques de part et d'autre de celle de l'opti
mumProctor. Ceci confirme que l’étalement granulo
métrique devient de plus en plus important avec l'aug
mentation de la teneur en eau et donc le taux
d'écrasement augmente avec lateneur en eau.
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4.1 où D10et D10 sont les diamètres qui correspondent à
10% des tamisâts cumulés respectivement avant et
Influence du mode de compactage après essai. Ainsi B10est compris entre 0et 1. Plus B10
se rapproche de 1, plus il y a des ruptures de grains.
Deux types d'essais ont été retenus pour l'étude de Le paramètre Cumontre bienque l'écrasement évo
cette influence: l'essai Proctor modifié et l'essai CBR. lue avec la taille des grains, particulièrement avec les
Ona confectionné des échantillons auxdeux états :sec classes granulaires retenues 0/6, 6/10et 10/14(Fig. 10),
lâche et humide àteneur en eau optimale. Les résultats mais aussi avec l'énergie de compactage. Cun'évolue
montrent que, pour des énergies assez proches, les que très peu pour le cas de la classe 0/6, ce qui
matériauxcompactés statiquement créent plus de rup confirme que les grains les plus petits sont les plus
tures de grains que ceux compactés dynamiquement, résistants. Ce résultat aété aussi confirmé pour les trois
c'est-à-dire ledegré d'écrasement à l'essai CBRest plus matériaux:schistes satiné, argileuxet tacheté.
important que celui de l'essai Proctor que cesoit à l'état
sec lâche ou à l'état humide dans le cas des schistes
satiné et argileux (Fig. 9). Les courbes granulomé-
triques obtenues sont évidemment plus étalées pour le
schiste argileux que pour le schiste satiné. Cet étale
ment est accentué àl'essai CBRet ceci estjustifié par le
cumul des deuxeffets:effet ducompactage et du poin
çonnement.
F
IG. 10 Évolution du coefficient Cuen fonction de
l'énergie de compactage du schiste
argileux à l'état humide pour trois classes
granulaires.
FIG
. 9 Comportement des schistes argileux et Al'état humide (W opt), Cumontre que ladégradation
satiné à Wo
t à l'essai Proctor et à l'essai
p des grains de schiste satine de la classe 10/14 est très
CBR. importante comparativement aux classes 6/10 et 0/6.
Elle évolue en fonction de l'énergie de compactage
5 (Fig. 11). Les gros grains présentent des angularités et
certainement des fissures où lapénétration d'eau peut.
Quantification de la rupture
des grains
Plusieurs auteurs ont défini le taux d'écrasement
des grains à partir de l'évolutionoude l'étalement de la
courbe granulométrique. Certains ont proposé de
suivre l'évolution de certains diamètres avant et après
essai tels le suggèrent Lade et Yamamuro et al. (19961
pour lediamètre [Link] notre cas, pour quantifier la
rupture des grains des différents matériauxétudiés aux
essais Proctor, deux paramètres ont été retenus :
-d'une part, lecoefficient d'uniformité Cu:
et D1
0sont les diamètres qui correspondent respec
tivement à 60%et à 10%des tamisâts cumulés;
-d’autre part, lefacteur B10.
Lade et Yamamuro et al. (19961 ont défini le para
mètre B10par la relation : f ig . 11 Évolution du coefficient Cu en fonction de
l'énergie de compactage du schiste satiné à
l'état humide pour les trois classes
granulaires.
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s'effectuer et éventuellement favoriser leur rupture. La
figure 12 montre que Cuévolue de façon identique en
fonction du nombre de coups dans le cas des deux
schistes tacheté et satiné à l'état sec.
Conclusion
Ces essais ont montré que l'écrasement des grains
augmente considérablement avec la fragilité de ces
derniers constituant chacun des schistes. Ce phéno
mène semble être liéen grande partie à la minéralogie,
à latexture, à l'angularité des grains et au pourcentage
des minérauxinstables.
La résistance au compactage des schistes est liée
aussi à la nature minéralogique des grains, à la granu
lométrie(tailledes grains), àl'intensité des efforts appli
qués (nombre de coups) et à la compacité de l'échan
tillon: lâche, dense (densité à l'optimumProctor) avec
ou sans présence d'eau.
Les schistes argileux, les plus fragmentables des
trois types de schistes étudiés, ont généré les courbes
F
IG16 Évolution du coefficient d'uniformité Cuen granulométriques les plus étalées après essai, celles-ci
fonction de la teneur en eau pour une
énergie de compactage 100 coups. correspondent non seulement à des écrasements mais
conduisent aussi à des glissements et à des arrange
ments des grains vers des indices des vides petits, par
conséquent, des degrés d'écrasement les plus impor
tants.
La dureté des minéraux, telle celle de l'amphibole,
diminue la quantité d’écrasement des grains. Les
échantillons constitués de minéraux les plus durs,
même soumis à des efforts élevés, donnent peu de rup
ture.
Lecoefficient d'uniformité Cuet lefacteur B10confir
ment que ladégradationdes grains est plus importante
pour les grains de grande taille, leurs valeurs sont plus
élevées à l'état humide qu'à l'état sec et sont fonction
de laminéralogie des matériaux.
Bibliographie
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