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Rapport APIH

L'État gabonais s'est efforcé d'améliorer l'offre de soins pour sa population en mettant en place une politique de santé vigoureuse. Cependant, les plans stratégiques n'ont pas été pris en compte dans les budgets successifs de l'État et l'exécution budgétaire a souvent été inférieure aux crédits alloués. Bien que compensé par des financements extérieurs, le processus de programmation des investissements est perturbé par plusieurs acteurs extérieurs au ministère de la Santé. De nombreux sites ne sont pas fonctionnels en raison de problèmes de maintenance et de gestion, affectant gravement la distribution des soins.

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L'État gabonais s'est efforcé d'améliorer l'offre de soins pour sa population en mettant en place une politique de santé vigoureuse. Cependant, les plans stratégiques n'ont pas été pris en compte dans les budgets successifs de l'État et l'exécution budgétaire a souvent été inférieure aux crédits alloués. Bien que compensé par des financements extérieurs, le processus de programmation des investissements est perturbé par plusieurs acteurs extérieurs au ministère de la Santé. De nombreux sites ne sont pas fonctionnels en raison de problèmes de maintenance et de gestion, affectant gravement la distribution des soins.

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COUR DES COMPTES République Gabonaise

---------- Union - Travail - Justice


---------

RELATIF A L’AUDIT DE PERFORMANCE DES DÉPENSES


SOCIALES EN MATIÈRE D’INVESTISSEMENTS HOSPITALIERS
EN RÉPUBLIQUE GABONAISE SUR LA PÉRIODE 2000-2011

Rapporteurs :
Alex Euv MOUTSIANGOU,
Conseiller Maître à la Cour des comptes du Gabon, Chef d’équipe
Murielle Nadège MINKOUE MEZUI ép. MINTSA-MI-OWONO,
Conseiller Référendaire à la Cour des comptes du Gabon, membre
Nathalie NGUEMA ép. ZUEDZANG,
Conseiller Référendaire à la Cour des comptes du Gabon, membre
Isabelle RASHIWA ép. ROLAGO,
Conseiller Référendaire à la Cour des comptes du Gabon, membre

Superviseurs
Gilbert NGOULAKIA
Premier Président de la Cour des comptes du Gabon
Ousmane KOLIE,
Gestionnaire de la Banque Mondiale
Francis SALZMANN
Conseiller Maître à la Cour des comptes française,
expert de la Banque Mondiale
Patrice Ros
Conseiller Référendaire à la Cour des comptes française,
expert de la Banque Mondiale

Personnel d’appui
Bernard GUIGUI MALOUBA, expert Biomédical
André RASHIWA, expert BTP agrée par la Cour d’appel Judiciaire de Libreville
Sidonie Haudret FOUSSANDJOGHO, Auditeur à la Cour des comptes du Gabon
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

GLOSSAIRE
ADC : Administrateur de Crédit
AFD : Agence Française de Développement
ANGT : Agence Nationale des Grands Travaux
BAD : Banque Africaine de Développement
BID : Banque Islamique de Développement
CAN : Coupe d'Afrique des Nations
CHL : Centre Hospitalier de Libreville
CHU : Centre Hospitalier Universitaire
CHU L : Centre Hospitalier Universitaire de Libreville
CHR : Centre Hospitalier régional
CM : Centre Médical
CNAMGS : Caisse Nationale d'Assurance Maladie et de Garantie Sociale
CNSS : Caisse Nationale de Sécurité Sociale
COPHARGA : Coopérative pharmaceutique gabonaise
CREFIAF : Conseil Régional de Formation des Institutions supérieures de contrôle de
l'Afrique Francophone subsaharienne
CS : Centre de Santé
CTA : Centre de Traitement Ambulatoire
DC : Directeur de Cabinet
DE : Direction des Equipements
DGB : Direction Générale du Budget
DGCRCP : Direction Générale du Contrôle des Ressources et des Charges Publiques
DGD : Direction Générale de la Dette
DGMP : Direction Générale des Marchés Publics
DGPIE : Direction Générale de la Planification des Infrastructures et des Equipements
DGS : Direction Générale de la Santé
DI : Direction des Infrastructures
DIS : Direction l'Informatique et de la Statistique
DRH : Direction des Ressources Humaines
DRS : Direction de Région Sanitaire
EGS : Etats Généraux de la Santé
ENASS : Ecole Nationale d'Action Sanitaire et Sociale
FCFA : Francs de la Communauté Financière d'Afrique
FINEX : Financement Extérieur
HCR : Haut Commissariat aux Réfugiés
HIAOBO : Hôpital d'Instruction des Armées Omar BONGO ONDIMBA
HO : Haut-Ogooué (province du Gabon)
HR : Hôpital Régional
ICUATRO SA: Entreprise de commerce extérieur, spécialiste de l’identification, l’ingénierie
et l’exécution des projets de développement social dans les PVD

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

ISC : Institution Supérieure de Contrôle des finances publiques


INFASS : Institut National de Formation des Sciences de la Santé
INFRA : Infrastructure
INTOSAI : International Organisation of SupremeAuditing Institutions / Organisation
Internationale des Institutions Supérieures de Contrôle des finances publiques
KVA : Kilo Volt Ampère
LFI : Loi de Finances Initiale
LFR : Loi de Finances Rectificative
MEDILAB : Société de vente d’équipements médicaux
MO : Moyen-Ogooué (province du Gabon)
MSASSF : Ministère de la Santé, des Affaires Sociales de la Solidarité et de la Famille
MSPP : Ministère de la Santé Publique et de la Population
OL : Ogooué-Lolo (province du Gabon)
OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
OPN : Office Pharmaceutique National
OUA : Organisation de l'Unité Africaine
PHARMAGABON : Centrale d’achat de produits pharmaceutiques
PMI : Programme Maternel et Infantile
PNAS : Plan National d'Action Sanitaire
PNDS : Plan National de Développement Sanitaire
PSGE : Plan Stratégique Gabon Emergent
RS : Région Sanitaire
SAMU : Service Ambulatoire Médical et des Urgences
SG : Secrétariat Général
SNIS : Système National d'Information Sanitaire
SMI : Santé Maternelle et Infantile
SPI : Services Professionnels Internationaux
VSP : Vérifications Sur Place
WOMPHARMA : Centrale d’achat de produits pharmaceutiques
WN : Woleu-Ntem (province du Gabon)

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

SYNTHESE DU RAPPORT
L’Etat gabonais a, depuis les indépendances, pris conscience de la nécessité de
mettre en place une politique de santé vigoureuse en vue d’améliorer l’offre de soins
pour sa population.
A cet effet, de nombreux rapports ont été établis aussi bien par les instances
internationales que par des personnalités extérieures. Ces rapports ont conduit à
l’élaboration de plans stratégiques volontaristes assortis d’objectifs quantitatifs et
qualitatifs.
Toutefois, cette prise de conscience ne s’est pas traduite dans les faits. En
effet, les plans stratégiques n’ont pas été pris en compte dans les budgets successifs
de l’Etat. Les masses budgétaires consacrées à la santé n’ont jamais atteint les niveaux
des standards internationaux et en sont restées éloignées durant toute la période
examinée. De plus, l’exécution de ces budgets a très souvent été inférieure aux crédits
ouverts dans les lois de finances.
Ce faible engagement budgétaire de l’Etat a cependant été compensé par des
financements extérieurs dont l’essentiel, sur la période d’audit, a concerné VAMED
et le CANADA. Les réalisations issues de cette coopération internationale sont
toutes fonctionnelles, en dépit de quelques insuffisances observées au niveau de
l’alimentation en eau et en électricité principalement.
Au demeurant, <<les services professionnels internationaux (SPI)>> versés
aux cadres expatriés en application des conventions de gestion, notamment avec
VAMED et le Canada, ont un caractère de contrat synallagmatique critiquable.
Le processusde programmation des investissements à partir de l’autorisation
budgétaire donnée par le Parlement, devrait être du ressort du seul Ministre de la
santé et de ses services compétents. Or, la Cour des comptes a constaté qu’en réalité,
ce processus est perturbé par l’action de plusieurs acteurs extérieurs au ministère de
la Santé.
Le choix des investissements à réaliser est fortement contraint par la direction
du budget qui intervient aussi bien avant le vote du Parlement, pour déterminer les
investissements à réaliser, qu’après le vote, par l’intermédiaire du mécanisme dit de la
caisse de relance qui prive le ministère de la Santé de toute visibilité sur l’utilisation
des crédits pourtant dédiés à cette politique.
La programmation des investissements est aussi perturbée par la construction
de bâtiments hors de tout programme par des personnes privées (dispensaires,
centres de soins) sans aucune évaluation des besoins sanitaires et sans aucune
cohérence avec la politique de santé définie par les pouvoirs publics.
La programmation des investissements est, par ailleurs, dépourvue de toute
logique de santé publique, même si certaines réalisations en la matière sont utiles.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

La réalisation des investissements, quant à elle, fait aussi l’objet de critiques


dans la mesure où de nombreux sites ne sont pas fonctionnels et ne peuvent donc
être efficaces du fait notamment des problèmes de maintenance des équipements et
d’une gestion d’effectifs peu cohérente. Le respect des normes est aussi très souvent
perdu de vue, ce qui rend les constructions inefficaces au regard de la distribution des
soins.
L’absence ou la faiblesse de budget de fonctionnement des structures
sanitaires, en l’occurrence les hôpitaux, est à l’origine des dysfonctionnements
importants. De nombreuses structures ne sont pas fonctionnelles dès lors qu’elles ne
disposent pas de ressources propres aussi bien financières qu’humaines. Dans
certains cas, les bâtiments sont même abandonnés. L’approvisionnement et la
distribution des médicaments sur le territoire est source de difficultés récurrentes.
Cette situation affecte gravement la distribution des soins.
La réalisation des investissements échappe au ministère de la Santé lorsque les
travaux sont confiés à l’Agence Nationale des Grands Travaux (ANGT). Dans le
cadre de la présente mission, la Cour des comptes n’a pas pu s’entretenir avec les
responsables de ladite agence. Elle constate toutefois que le ministère de la Santé ne
semble plus avoir la maîtrise des opérations d’investissement dès lors que l’ANGT en
est chargée. Or, l’ANGT doit rester un prestataire pour le compte du ministère de la
Santé et non se substituer à lui.
L’insuffisance des moyens budgétaires consacrés à la santé, la programmation
anarchique des investissements, les réalisations sans budget de fonctionnement
suffisant et ne respectant pas les normes sanitaires en vigueur dans le pays conduisent
la Cour des comptes à faire des recommandations destinées à améliorer les
performances de la dépense publique.
Au terme de cet audit, la Cour ne peut, faute d’instruments statistiques fiables
permettant de suivre l’évolution de la carte sanitaire du pays, porter une appréciation
sur la couverture des besoins sanitaires de la population. Pourtant, durant la période
passée en revue, des efforts ont été consentis en faveur des investissements
hospitaliers, notamment dans les régions de l’Estuaire qui concentrent une grande
partie de la population gabonaise.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

RECAPITULATIF DES
RECOMMANDATIONS
1ère PARTIE : L’ABSENCE DE PLANIFICATION
ET DE PROGRAMMATION DES
INVESTISSEMENTS
I. UNE PLANIFICATION DES INVESTISSEMENTS QUI
ECHAPPE A TOUTE LOGIQUE
Recommandations :

 Mettre en place une planification sur 5 ans avec des indicateurs de performance sous
forme d’une loi de programmation des constructions et équipements sanitaires.
 Faire voter une loi de programmation des investissements sanitaires correspondant au
Plan StratégiqueGabon Emergent (PSGE).
 Interdire la construction d’infrastructures sanitaires hors de la planification fixée par le
ministère de la Santé.
 Effectuer des contrôles techniques pour garantir le respect des normes du bâtiment en
environnement médicalisé.
 Réaliser des études de faisabilité avant toute décision d’investissement pour assurer une
meilleure prise en compte des contraintes liées aux nouveaux investissements (eau, électricité,
personnel ou équipement).
 Mettre en place un outil de pilotage et de programmation des réhabilitations au niveau de
la DGPIE.

II. UNE PROGRAMMATION NON OPTIMALE DES


INVESTISSEMENTS
Recommandations :

 Assurer la correspondance entre la programmation des investissements et leur traduction


budgétaire.
 Réaliser une programmation des investissements à partir des besoins recensés dans des
conditions impartiales et connues des acteurs.
 Revoir la répartition des rôles entre les différents acteurs en mettant au centre de la
programmation la DGPIE et les directeurs régionaux de la santé.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 Revoir le rôle de la Direction Générale du Budget dans la programmation des


investissements et supprimer le système de la caisse de relance.
 Redonner la responsabilité de la programmation des investissements au seul Ministre de
la Santé dans le respect des autorisations budgétaires accordées par le Parlement.

2ème PARTIE : UNE REALISATION PEU


EFFICACE DES INVESTISSEMENTS
HOSPITALIERS
I. UNE DESCRIPTION MITIGEE DES INVESTISSEMENTS
REALISES
Recommandation :
 Mettre à jour la carte sanitaire existante.

II. DES CONDITIONS DE REALISATION HETEROGENES


Recommandations :

 Les actions posées dans le cadre sanitaire doivent être menées collectivement, de manière
concertée, entre la Présidence de la République, le ministère de la Santé et les différents
partenaires au développement, sur la base de plans d’actions élaborés et adoptés par le
ministère de la Santé.
 Mettre en place une programmation budgétaire réaliste qui permet d’assurer le suivi
optimal des investissements.
 Revoir les missions de la DGPIE en y intégrant la gestion des projets sur Finex ;
 Réviser les contrats de gestion des différents CHR pour supprimer la faculté donnée au
directeur administratif et financier (agent VAMED) de recruter et de licencier du personnel
gabonais.
 Respecter les clauses contractuelles relative à la formation des homologues en vue de la
suppression à terme de la SPI qui grève fortement le budget de fonctionnement des centres
hospitaliers construits par VAMED ou la coopération Canadienne.
 Pour l’efficacité de la dépense, la somme mandatée au profit de l’adjudicataire doit être
proportionnelle au volume des travaux ou aux prestations effectuées sur le site.
 Pour plus de crédibilité du service fait il convient de proposer un système plus adapté et
plus rigoureux.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 Le ministère de la Santé doit évaluer les coûts liés à la mise en place des nouvelles normes
sanitaires et planifier les modalités de leur mise en œuvre.
 Interdire la pratique des préfinancements pour des projets non inscrits dans les lois de
finances et prévoir l’application de sanctions à cet effet.
 Rétablir le ministère des TP dans ses missions en l’associant non seulement à la réception
des travaux mais aussi tout au long du processus de construction afinqu’il s’assure de la
qualité des matériaux utilisés.

3ème PARTIE : DES STRUCTURES


HOSPITALIERES QUI CONNAISSENT DE
GRAVES PROBLEMES DE
FONCTIONNEMENT
I. L’EVALUATION DES EQUIPEMENTS
Recommandations :
 Faire un inventaire des équipements des structures sanitaires en dressant le bilan complet
de leur fonctionnement.
 Doter les infrastructures des moyens de base pour la maintenance de leurs équipements en
tenant compte des 5% requis sur le coût de l’investissement.
 Appliquer de façon stricte les dispositions du contrat de gestion des structures construites
par les partenaires VAMED et Canadien, relative à la politique de maintenance, qui
précisent que :<<le gestionnaire organisera toutes les opérations de maintenance requises
pour l’entretien des bâtiments et équipements, dans le cadre des possibilités du budget de la
gestion.
 Revoir l’affectation des ressources financières à tous les niveaux de la pyramide sanitaire
pour assurer le fonctionnement courant des structures.
 Effectuer des campagnes de formation et de sensibilisation en milieu hospitalier sur le tri
et le traitement des déchets biomédicaux.
 Fournir des incinérateurs en capacité suffisante dans chaque région sanitaire et les
installer sur des sites appropriés.
 Doter toutes les structures sanitaires en matériel d’assainissement (débroussailleuse,
tondeuse, sac poubelle, poubelles adaptées, balai,…), en appareils de désinfection, en
produits d’entretien et de désinfection.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 Mettre en place un programme d’équipement pour les cinq (5) ans à venir en fixant des
priorités régionales de nature à assurer la couverture régionale et garantir l’accès aux soins de
base. Ce programme devra intégrer la gestion des personnels soignants et non soignants.

II. UNE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES PEU


PERFORMANTE
Recommandations :

 Dresser un bilan des ressources humaines par structure et spécialité.


 Mettre en place un plan de gestion des personnels cohérents.
 Elaborer un plan de formation sur cinq ans (5) ans qui intègre prioritairement les
besoins en médecins spécialistes, en infirmiers d’état(B1), et en biomédicaux.
 Pour les médecins spécialistes, signer des conventions avec certains pays afin de couvrir le
déficit dans ce domaine à court terme.
 Redéployer les infirmiers assistants et les médecins généralistes disponibles en grande
quantité dans certaines structures de Libreville.
 Augmenter le nombre de postes budgétaires nécessaires à la couverture des besoins.
 Améliorer les conditions d’exercice en prévoyant un système de compensation qui tienne
compte des niveaux de formation et de l’éloignement.

III. UNE GESTION INEFFICACE DES MEDICAMENTS ET


DES CONSOMMABLES MEDICAUX
Recommandations :
 Réajuster les moyens mis à la disposition des structures hospitalières et de l’OPN pour
tenir compte de la densité des populations par zone.
 Revoir la procédure de commande publique et de distribution de médicament afin de
garantir l’égal accès aux soins primaires et rendre plus efficace la gestion des moyens
budgétaires alloués à ce secteur.
 Réduire les délais de livraison des médicaments et des consommables médicaux pour
éradiquer le problème lié à la gestion des périmés.
 Mettre en place un comité de quantification au niveau national pour l’évaluation des
besoins en médicaments.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

4ème PARTIE : L’IMPACT DES


INVESTISSEMENTS SUR L’ACCES ET LA
QUALITE DES SOINS OFFERTS
I. L’EVALUATION GLOBALE
Recommandation :
 Procéder à une planification des investissements axée prioritairement sur la densité de la
population.

II. DES STATISTIQUES PEU FIABLES ET INCOMPLETES


Recommandation :

 Doter les régions sanitaires en moyens matériels et financiers adéquats pour collecter
l’information sanitaire et assurer sa transmission au niveau central.

III. UN SYSTEME D’INFORMATION SANITAIRE EN


CONSTRUCTION : LE SNIS
Recommandation :

 Inscrire en terme d’objectif pour 2014 la traduction budgétaire des orientations tirées du rapport de
février 2012 relatif au SNIS.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

INTRODUCTION
Le présent rapport fait suite à la demande de soutien formulée par l’ISC du
Gabon au comité des donateurs de l’INTOSAI dont la Banque mondiale est
membre. C’est dans ce cadre que cette dernière a décidé d’apporter un appui
multiforme aux actions et activités de la Cour des comptes, notamment en ce qui
concerne le renforcement de ses capacités professionnelles en audit de performance.
Il convient de faire observer que cette démarche coïncide avec la mise en
place du p lan stratégique de la Cour des comptes du Gabon pour la période
2013-2018.
Par ailleurs, dans le contexte actuel des finances publiques marqué,
notamment, par la mise en place de la budgétisation par objectifs de programme,
l’ISC du Gabon doit accompagner cette nouvelle vision dans laquelle la vérification
de performance des programmes devient un impératif.
La Cour des comptes du Gabon tire son mandat, en matière d’audit de
performance, des dispositions de l’article 38 de la loi n°11/94 fixant l’organisation, la
composition, les compétences, le fonctionnement et les règles de procédure de ladite
Cour qui dispose, en son alinéa 4, qu’« elle vérifie la régularité des recettes et des dépenses
décrites dans les comptabilités publiques et s’assure, à partir de ces dernières, du bon emploi des
crédits, des fonds et valeurs gérés par les services de l’Etat ou par les autres personnes de droit
public ».
En application de cette disposition, le Premier Président de la Cour des
comptes a désigné, par ordonnance n°112/CC/Cab-PP du 18 février 2013, les
magistrats dont les noms suivent pour effectuer ledit audit. Il s’agit de :
- Monsieur Alex EUV MOUTSIANGOU, Conseiller Maître, chef de
mission ;
- Madame Murielle Nadège MINKOUE MEZUI ép. MINTSA-MI-
OWONO, Conseiller Référendaire ;
- Madame Nathalie NGUEMA ép. ZUEDZANG, Conseiller Référendaire ;
- Madame Isabelle RASHIWA ép. ROLAGO, Conseiller Référendaire.

Le système de santé gabonais présente une structuration à trois niveaux :

1- Niveau central : les directions centrales avec les programmes de santé, les
instituts, les structures de soins de diagnostic de référence ;
2- Le niveau intermédiaire correspond aux dix (10) régions sanitaires ;
3- Le niveau périphérique correspond aux cinquante et un (51) départements
sanitaires.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Le système hospitalier, quant à lui, repose sur trois(3) secteurs :

1- le secteur public est organisé en quatre(4) niveaux : primaire, secondaire,


tertiaire et les hôpitaux de la coopération.
a- Le niveau primaire comprend les cases de santé communautaires
(village), les dispensaires couvrant plusieurs villages et disposant d’un
infirmier qualifié, et le centre médical localisé au niveau du Chef-lieu du
département sanitaire.
b- Le niveau secondaire est représenté par l’hôpital régional implanté
dans le chef-lieu de province où se trouve également la Direction Régionale
de Santé (DRS).
c- Le niveau tertiaire est essentiellement constitué des hôpitaux
nationaux de Libreville (CHU de Libreville, CHU d’Angondjé, hôpital de
Nkembo, hôpital de Mélen, hôpital militaire, la Maternité Joséphine
BONGO).
d- La coopération comprend les hôpitaux sino-gabonais et égypto-
gabonais ;
2- le secteur parapublic était essentiellement représenté par les hôpitaux de la
Caisse Nationale de Sécurité Sociale (hôpital pédiatrique d’Owendo, hôpital
Jeanne EBORI, hôpital Paul IGAMBA). Les hôpitaux de ce secteur ont été
reversés dans le secteur public avec la réforme de 2010. Mais, dans le cadre de
cet audit, ils n’ont pas été pris en compte ;
3- le secteur privé se compose d’un secteur lucratif (les cliniques, les cabinets
médicaux et les centres confessionnels) et d’un secteur non lucratif, avec
l’hôpital SCHWEITZER de Lambaréné et l’hôpital évangélique de Bongolo.

Notre sujet d’audit porte sur les dépenses sociales en matière


d’investissements hospitaliers sur la période 2000-2011. L’intitulé de cet audit tire sa
justification de l’intégration des dépenses de santé dans les dépenses des
administrations sociales conformément à la nomenclature par destination
administrative.
Au regard de la présentation de l’organisation du système de santé du Gabon,
dans le cadre de cet audit, les vérificateurs ont essentiellement évalué sur la période
2000-2011, la situation du secteur public et du secteur privé non lucratif afin
d’intégrer l’hôpital SCHWEITZER de Lambaréné.
Pour l’évaluation de la performance des investissements hospitaliers réalisés sur
la période 2000-2011, l’objectif d’audit est de s’assurer de l’efficacité du programme
de développement sanitaire en terme de planification, programmation, réalisation et
de suivi des investissements hospitaliers. A cet effet, les auditeurs se sont assurés
que :

13
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

1- la planification des investissements en matière hospitalière, au


demeurant pertinente, existe ;
2- la programmation des investissements, et plus précisément des
investissements hospitaliers, est adéquate au Gabon et conforme à la
carte sanitaire. <<décrire et analyser le schéma de la programmat ion
des investissements >> ;
3- tous les projets retenus dans le cadre de cet audit correspondent à la
programmation arrêtée par le ministère de la Santé sur la période 2000-
2011. << identifier et présenter l’ensemble des projets retenus, vérifier la corrélation entre les
besoins exprimés par le ministère de la santé et les projets effectivement réalisés, évaluer la
cohérence de cette programmation>> ;
4- tous les projets retenus dans le cadre de cet audit ont bénéficié de
financements sur la période 2000-2011. << présenter les différentes sources de
financement, analyser les liens entre les ressources et les résultats obtenus >> ;
5- les projets programmés, n’ayant pas bénéficié de financements, ont
été reportés sur les exercices suivants. << analyser la politique budgétaire du
gouvernement en la matière >> ;
6- la gestion des projets en matière sanitaire est efficace sur plusieurs
plans : Institutionnel, organisationnel…<< vérifier la cohérence du cadre
juridique et institutionnel, des contrôles effectués, de l’organigramme, suivi des projets
d’investissements hospitaliers>> ;
7- le fonctionnement régulier des structures sanitaires est adéquat sur
la période 2000-2011 <<répertorier les crédits de fonctionnement alloués aux
investissements hospitaliers réalisés sur la période retenue, examiner si ces dotations couvrent
les besoins de l’ensemble de ces structures >> ;
8- la couverture sanitaire de la population gabonaise s’est améliorée
<< comparaison des cartes sanitaires en début et en fin de période>>.

Les critères de vérification retenus par l’équipe de vérification sont les


suivants :
 les différents plans sanitaires sont adéquats ;
 la programmation des investissements hospitaliers sur la période 2000-2011
est conforme aux différents plans ;
 la dissémination des investissements hospitaliers au Gabon sur la période
2000-2011 respecte la carte sanitaire ;
 la réalisation des investissements hospitaliers respecte le code des marchés
gabonais ;
 toutes les options de passation de marchés ont été prises en considération ;

14
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 les exigences techniques des constructions et des réhabilitations


hospitalières ont été adéquatement précisées ;
 la réalité du service fait est assurée ;
 les fonds alloués aux investissements hospitaliers ont effectivement servi à
l’objet pour lequel ils ont été autorisés par le Parlement ;
 le suivi des nouveaux investissements hospitaliers réalisés sur la période
2000-2011 est assuré par la mise en place des fonds nécessaires à leur
fonctionnement.

Pour la méthodologie, l’audit de performance des dépenses sociales en


matière d’investissements hospitaliers a été réalisé conformément :
 aux normes ISSAI 3000 et 3100 édictées par les lignes directrices de
l’INTOSAI sur l’audit de performance ;
 au guide méthodologique du CREFIAF sur la vérification de performance.

Au regard des circonstances, les vérificateurs ont eu recours aux procédés


suivants :

 rapprochements et analyses documentaires ;


 analyses descriptives des investissements hospitaliers réalisés ;
 entretiens ;
 circularisation de l’information ;
 expertises pour l’évaluation des constructions ;
 vérifications sur place et enquêtes.

Dans le cadre de cet audit, les risques qui ont été identifiés portent sur ceux
auxquels sont exposés l’activité, les programmes audités ou encore la mission d’audit.
Pour les risques liés à la mission, il s’agit essentiellement de :

 l’absence ou l’insuffisance, ou encore de faux éléments probants en matière


d’investissements hospitaliers qui peuvent amener les vérificateurs à publier
un rapport inadéquat ou trompeur ;
 l’absence de documentation sur les investissements hospitaliers au Gabon ;
 la mauvaise interprétation des résultats en matière d’investissements
hospitaliers, ou la non détection des problèmes qui peuvent conduire à des
conclusions erronées ;
 le défaut de respect des étapes de vérification ;
 le défaut d’accomplissement de la quantité de travail nécessaire.

15
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Tous ces aspects ont été pris en compte, en considération des éléments ci-
après :

 l’expérience du chef de mission ;


 le suivi par la Banque mondiale des étapes contenues dans les termes de
références ;
 l’encadrement effectué par les deux experts de la Cour des comptes
française ;
 l’appui de deux experts (biomédical et BTP) dans la mission de vérification ;
 la supervision de la Chambre du Conseil de la Cour des comptes.

La détermination des risques inhérents à l’activité hospitalière, quant à elle,


s’est opérée en examinant les indicateurs suivants :

 procédures écrites relatives à la gestion des investissements hospitaliers


(risques de procédés) ;
 réalisations ou acquisitions (risques de non contrôle, carence de réalisation,
non-conformité des réalisations) ;
 objectifs ou résultats (risque de non atteinte de résultat en matière
hospitalière) ;
 moyens financiers engagés (risque de perte financière des dotations allouées
en matière sanitaire) ;
 plateaux techniques (risques de sous ou non utilisation du matériel,
insuffisance ou absence de compétence, technologie non maîtrisée).
L’identification de ces risques inhérents et de non contrôle ont permis
d’orienter les travaux des auditeurs.

Enfin, la supervision de cette mission d’audit a été assurée grâce à l’appui


technique de deux magistrats de la Cour des comptes française et d’un cadre de la
Banque Mondiale en qualité d’experts Banque Mondiale.

Pour la Cour des comptes française, il s’agit de :

- Monsieur Francis SALSMANN, Conseiller Maître ;


- Monsieur Patrice ROS, Conseiller Référendaire.

Pour la Banque Mondiale, de Monsieur Ousmane KOLIE, spécialiste


principal en Gestion Financière.

16
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

1ère PARTIE : L’ABSENCE DE


PLANIFICATION ET DE PROGRAMMATION
DES INVESTISSEMENTS
Dans les années 90, le ministère de la Santé entreprend la réforme du système
de santé au Gabon par la tenue des états généraux de la Santé et l’élaboration de
différents plans et programmes sanitaires. L’objectif était de renforcer le système de
santé afin d’offrir à l’ensemble des populations un accès aux soins de base de qualité
par une couverture appropriée en structures de santé.

I. UNE PLANIFICATION DES INVESTISSEMENTS QUI


ECHAPPE A TOUTE LOGIQUE
Le ministère de la Santé conçoit et met en œuvre les politiques nationales de
santé. A cet égard, une nomenclature juridique a été élaborée et des réformes ont
successivement été engagées, dont les plus importantes sont les suivantes :

 1985, le Gabon adhère au scénario de développement sanitaire en trois


phases de LUSAKA, afin de remédier à la faible performance du système de
santé ;
 1995, l’ordonnance n°001/95 du 14 janvier 1995 portant orientation de la
politique de santé en République Gabonaise vient fixer les priorités sanitaires ;
 1998, le Plan National d’Action Sanitaire (PNAS) 1998-2000, est adopté ;
 2004, le document de politique nationale de santé du Gabon est élaboré ;
 2005, tenue des états généraux de la santé, desquels se dégageront les
priorités du Plan National de Développement Sanitaire ;
 2007, le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2007-2010, est
adopté ;
 2011, le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) 2011-2015,
voit le jour ;
 2011, démarrage effectif du programme présidentielavec le Plan Stratégique
Gabon Emergent(PSGE), duque l découle le plan sectoriel de
santé 2011-2016.

Par ailleurs, un audit du fonctionnement du système de santé au Gabon a été


commandité en avril 2004 par les plus hautes autorités de la République au Docteur
Bernard KOUCHNER dont les conclusions en mai 2004 ont conduit :

17
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 le 17 août 2004, à un engagement politique clairement exprimé en faveur


de l’amélioration de la qualité des soins et à la mise en place d’une couverture maladie
universelle matérialisée par la création en 2007 de la CNAMGS ;
 à la convocation des « Etats Généraux de la Santé » qui se sont déroulés du
29 mars au 1er avril 2005 à Libreville.

A. Les plans successifs depuis 2000


1. Le Plan National d’Action Sanitaire (PNAS) 1998-2000
Elaboré en moins de deux mois pour une mise en œuvre initiale de trois ans
(de 1998 à 2000), le PNAS a été préparé par l’ensemble des composantes du
ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), avec l’appui des
partenaires au développement tel que l’OMS, l’UE et la Coopération Française.

Dans le cadre de ce plan, une tournée inter-provinciale a été organisée, des


consultations des différents acteurs du secteur de la santé effectuées afin d’identifier
les principaux problèmes et les besoins de santé, de proposer des actions à mettre en
œuvre et d’en effectuer la programmation pour la période considérée (1998-2000).

Le PNAS avait pour principale ambition d’améliorer l’état de santé de tous les
gabonais, par une meilleure adéquation qualitative et quantitative entre l’offre des
prestations sanitaires et les besoins essentiels de la population. Trois critères
fondamentaux ont été définis à cet effet. Il s’agit de :

 l’amélioration de l’accessibilité aux soins pour tous ;


 l’amélioration de la qualité des prestations ;
 la réduction des coûts de la santé, notamment pour les populations les
plus démunies.
Le PNAS avait pour objectifs essentiels :

 l’amélioration du système d’information sanitaire (en le rendant


performant) ;
 l’amélioration du cadre institutionnel ;
 l’amélioration de l’accessibilité à des soins de qualité ;
 l’amélioration de l’accessibilité du médicament ;
 la rationalisation de la gestion des ressources humaines ;
 l’amélioration des modalités de financement et de leur gestion.

Les stratégies mises en place pour l’atteinte des objectifs fixés par le PNAS
consistaient essentiellement à :

18
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 rendre opérationnelles les structures existantes et en créer d’autres pour


rapprocher les prestations des populations non desservies ;
 améliorer les prestations aussi bien curatives, préventives que
promotionnelles ;
 renforcer les capacités de réponses aux épidémies ;
 rendre disponibles les médicaments essentiels à tous les niveaux ;
 renforcer les capacités de gestion et de planification ;
 développer un cadre de concertation entre l’Etat, les communautés, les
assemblées et autres partenaires.

2. Les PNDS
Après l’échec du PNAS, le Gabon, toujours dans l’optique de la mise en
œuvre de la politique de santé fixée par l’ordonnance 1/95, a procédé à l’élaboration
des plans de développement sanitaire : le PNDS 2007-2010 et le PNDS 2011-2015.
Elaborés et validés par le ministère de la Santé Publique, les PNDS font suite
à l’audit du système de santé effectué en 2004 et aux EGS qui se sont déroulés en
2005. Tous deux ont pour objectif global l’amélioration de l’état de santé des
populations gabonaises, notamment celles des groupes les plus vulnérables.
Du fait des différences d’approche entre experts européens et africains ainsi
que des contingences politiques, le PNDS 2007-2011 a connu des difficultés de mise
en œuvre et est également resté au stade de projet.
Le PNDS 2011-2015, quant à lui, avec pour principales ambitions d’améliorer
les indicateurs de santé du Gabon et d’asseoir un système de santé solide, reprend les
principaux objectifs de l’ancien PNDS, à savoir :
 contribuer à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant, comme cela
avait déjà été clairement défini dans l’Ordonnance n°1/95 du 14 janvier 1995
portant orientation de la politique nationale de santé ;
 renforcer la lutte contre les principales maladies, y compris les maladies
émergentes et réémergentes, afin d’améliorer de manière significative les
principaux indicateurs de santé du Gabon ;
 améliorer la disponibilité des services de base, l’offre et la qualité des
prestations essentielles, vers les populations les plus vulnérables ;
 améliorer l’organisation, le fonctionnement et la gestion du système
sanitaire national.
En outre, le dernier PNDS s’est fixé des objectifs spécifiques : des objectifs
d’impact et des objectifs de résultats à moyen et long terme. De ces objectifs
spécifiques, il ressort des axes stratégiques d’intervention, avec pour chacun des
indicateurs et des actions cibles. Les principaux axes stratégiques sont :

19
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 de renforcer la gouvernance du système de santé et le leadership du


ministère de la Santé y compris dans la collaboration intersectorielle ;

 d’assurer des prestations de services de santé de qualité et accessibles aux


populations ;
 de rendre disponibles les médicaments et les dispositifs essentiels de qualité
ainsi que les vaccins, les produits sanguins et les services d’aide au diagnostic ;
 de développer les ressources humaines ;
 de développer des mécanismes de financement de la santé et de protection
sociale fiables et durables ;
 de mettre en place un SNIS, y compris de surveillance en santé publique
opérationnel et performant ;
 de développer la recherche en santé, notamment la recherche
opérationnelle.
Comme autre apport, le PNDS 2011-2015 précise les acteurs de sa mise en
œuvre, prévoit le suivi évaluation des actions à mener et estime le coût de son
exécution.

Les acteurs identifiés par le plan sont :

 l’Etat et ses démembrements ;


 les partenaires multilatéraux et bilatéraux ;
 les privés ;
 les communautés et les familles.

S’agissant du suivi-évaluation du PNDS 2011-2015, des mécanismes de


coordination sont définis avec des indicateurs précis, en fonction de la structuration
du ministère de la Santé. Ces mécanismes sont :

 au niveau national : une cellule de coordination et un comité de suivi ;

 au niveau régional : le directeur régional de Santé avec une équipe cadre de


région sous l’autorité du Gouverneur ;

 au niveau départemental : une équipe cadre de district, sous la


responsabilité du médecin chef et du Préfet, avec la collaboration du Maire et des
Présidents des Conseils départementaux.

La mise en œuvre du PNDS 2011-2015 dans les différents niveaux doit faire
l’objet :

20
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 de rapports d’activités trimestriels dressés, selon les niveaux, au DRS ou à la


cellule de coordination ;

 de plans opérationnels annuels de développement tant au niveau de la DRS,


de l’hôpital régional que du département.

Sur le plan financier, le budget prévisionnel du PNDS 2011-2015 est évalué à


quatre cent quatre-vingt-dix-sept milliards (497 000 000 000) de francs CFA, avec des
investissements de l’ordre de trois cent treize milliards (313 000 000 000) de francs
CFA. Ce qui représente un besoin de financement annuel moyen pour l’Etat
d’environ quatre-vingt-dix-neuf milliards cinq cent millions (99 500 000 000) de
francs CFA.

Par ailleurs, la mise en œuvre du PNDS 2011-2015 prendra en compte la


participation financière de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie
Sociale (CNAMGS) en ce qui concerne certains coûts liés à la prise en charge des
malades ; des partenaires au développement (OMS, UNICEF, UNIFPA, le Fonds
mondial de lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose, le projet de
l’AFD); du secteur privé national. Ce qui va quelque peu atténuer le poids de la
participation financière de l’Etat.

3. Le Plan sectoriel de santé du PSGE (Plan Stratégique Gabon Emergent)


Intervenu à l’issue de l’accession à la magistrature suprême du Chef de l’Etat
en octobre 2009, le PSGE intègre un volet santé dénommé « Plan sectoriel de
santé ».
Le Plan sectoriel de santé part d’un constat accablant sur l’état du système de
santé au Gabon. Ce système est « handicapé à tous les niveaux ». D’où l’objectif
stratégique n°18 qui consiste à « mettre en place des services de santé de qualité pour
tous ».
Aussi, sur les cent cinquante-neuf (159) actions contenues dans les
orientations stratégiques 2011-2016 du PSGE, sept (7) concernent le secteur de la
santé. Il s’agit de :
 l’élaboration des comptes nationaux de santé (Action n°131 du PSGE) qui
permettraient d’évaluer l’efficacité des dépenses de santé ;

 le renforcement du Système National d’Information Sanitaire (Action


n°132 du PSGE) ;

 la mise en place d’un dispositif de surveillance épidémiologique (Action


n°133 du PSGE) ;

21
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 la réforme hospitalière (Action n°134 du PSGE) en modernisant la


gouvernance des hôpitaux, dont le préalable est l’adoption d’une nouvelle loi
pour la mise en place des fondements juridiques de cette réforme ;

 l’amélioration de l’accès aux médicaments (Action n°135 du PSGE) ;

 les infrastructures de santé (Action n°136 du PSGE)


 le renforcement du personnel et le développement des compétences
(Action n°137 du PSGE).

En regardant de plus près les orientations stratégiques liées au secteur de la


santé contenues dans le PSGE, plusieurs éléments apparaissant déjà dans le PNDS
2007-2010.

La mise en place des actions énoncées ci-dessus devrait permettre à tous les
gabonais, à l’horizon 2020, de disposer d’un système de santé accessible, performant
et intégré.

B. L’analyse critique des différents plans


Les différents plans d’amélioration du système de santé gabonais mettent en
évidence une situation dégradée de ce système. Au fil du temps, le constat est le
même, traduisant l’absence d’amélioration réelle de l’offre de soins.

Cette situation peut trouver son origine dans :


 l’absence de prise en charge de cette situation par des hommes politiques ;
 l’absence d’actions associées aux objectifs cibles ;
 l’absence d’indicateurs de performance.

1. L’absence de prise en charge politique


Le PNAS 1998-2000 a été révisé plusieurs fois et devait s’étendre <<in fine>>
jusqu’en 2004. Cependant, il n’a jamais dépassé le stade de projet. Il convient
également de signaler que ce plan est un document purement administratif n’ayant
fait l’objet d’aucune validation par le Parlement gabonais. En effet, le coût total initial
pour sa mise en œuvre, jugé trop onéreux (117 000 000 000 FCFA), a conduit le
gouvernement à stopper son exécution en 2003, avant qu’il n’ait été réellement mis
en œuvre.
Il en a été de même pour le PNDS 2007-2010 qui a rencontré des divergences
d’écoles (européenne et africaine) dans sa mise en œuvre et une succession
d’hommes et de femmes politiques qui ne partageaient pas souvent la même vision
du secteur. D’où un temps relativement long pour sa finalisation (de 2007 à 2009) et
sa non exécution.

22
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Cette situation n’a pas prévalu pour le PNDS 2011-2015 dont la vision du
secteur santé coïncide avec celle du PSGE 2011-2015 dans son volet santé : le Plan
sectoriel de santé qui doit mettre en œuvre la politique de santé du Chef de l’Etat
nouvellement élu en octobre 2009.

2. L’absence d’actions cibles


Les actions à mettre en œuvre afin d’atteindre les objectifs spécifiques et, « in
fine », l’objectif général, ne sont pas clairement définies dans le PNAS. Ce qui a rendu
leur réalisation encore plus difficile, les assimilant à une « litanie » d’objectifs sans
démarche précise.
A contrario, dans le PNDS 2011-2015 et le Plan sectoriel de santé du PSGE
(2011-2016), des actions cibles, avec des indicateurs, ont été clairement identifiées,
facilitant ainsi leur suivi-évaluation. L’annexe n°2 de ce rapport en donne l’illustration
dans le domaine des investissements hospitaliers.

3. L’absence d’indicateurs de performance


Une des grandes difficultés de la mise en œuvre des premiers plans proposés
dans le secteur de la santé réside dans le fait que leurs concepteurs n’y ont pas
clairement défini :

 les indicateurs de performance permettant de mesurer les progrès


effectués (exemple : l’existence et le suivi d’une carte sanitaire fiable) ;
 les échéances à respecter et les financements à mettre en place ;
 les personnes responsables en cas de non atteinte des objectifs et/ou de
non-respect des échéances.

C’est le cas du PNAS et du PNDS 2007-2010.

4. L’absence de planification des investissements réalisés entre 2000 et 2011


L’examen des investissements effectués sur la période 2000-2011 révèle
l’absence d’une véritable planification en matière d’investissements hospitaliers aussi
bien en termes de bâtiments (constructions et réhabilitations) que d’équipements.

a. Au niveau des infrastructures


La réforme du système sanitaire au Gabon va conduire l’Etat, durant la
période en examen, à effectuer des investissements en termes de construction et de
réhabilitation des structures hospitalières sur l’ensemble du territoire national. Les
résultats enregistrés au niveau des investissements infrastructurels sont mitigés, au
regard des problèmes organisationnels, structurels et financiers auxquels le secteur
sanitaire gabonais est toujours confronté.

23
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

En effet, cette réalité s’explique par un processus défaillant de la tutelle qui ne


planifie ni ne programme ces investissements hospitaliers. Le niveau central
(ministère, Présidence de la République…. ) s’implique directement dans le choix des
investissements et des sites d’implantation sans concertation préalable avec les
responsables des régions sanitaires et ceux des structures hospitalières qui sont
censés avoir la maîtrise des besoins des populations et des questions sanitaires
d’importance.
Les deux points ci-dessous développés corroborent l’absence de planification
dans la construction des infrastructuressur la période 2000-2011 :

a.i Une implantation sanitaire calquée sur le découpage administratif

Le décret n° 000488/PR/MSPP du 30 mai 1995 crée les régions et


départements sanitaires qui correspondent au découpage administratif territorial
contenu dans la loi n°15/96 du 06 juin 1996 relatif à la décentralisation.

En effet, les vérifications effectuées montrent que les infrastructures sanitaires


sont implantées en fonction du découpage administratif et non de la démographie
comme présenté dans le tableau n° 1 ci-après :

Tableau n°1 : La correspondance entre les types de structures et les découpages


administratif et sanitaire

Découpage Administratif Découpage sanitaire Type de structure


Provinces Régions sanitaires Hôpitaux CHR
Départements Départements sanitaires centres médicaux
Districts Districts centres de santé ruraux
communes communes
centres de santé urbains
arrondissements arrondissements
Cantons et regroupements de Cantons et regroupements
Dispensaires
villages de villages
villages villages cases de santé

Sources : Carte sanitaire 2008

Il convienttoutefois de relever que la province de l’Estuaire, dufait de


ladensité desapopulation, est divisée en deux régions sanitaires : les
régionssanitairesLibreville/Owendo et Ouest.

L’ensemble des projets répertoriés dans le tableau-ci n°2 dessous sont


implantées dans les chefs-lieux de départements, avec des niveaux de densité de
population disparates. Leur construction obéit essentiellement au découpage
administratif territorial. Les investissements présentés dans ce même tableau

24
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

montrent le manque de corrélation entre le découpage administratif, le type


d’infrastructure et la densité de la population.

Tableau n° 2 : La corrélation entre l’implantation du projet et la densité de la


population

Coût du projet Densité de la


Projet Observations
(en FCFA) population
Construction Centre
médical de 2 680 962 232 En attente de Inachevée.
Nzomo/département du données Travaux arrêtés
Komo Océan)
Centre médical de Fonctionnel
Bongoville/département 4 259 996 683 4 301 au 1/5 et complètement
Djouriagnili équipé
Centre médical de Fonctionnel
Ngouoni/département 4 259 996 683 6 417 au 1/5 et complètement
Lekabi Lewolo équipé
Centre médical Bitam L’ancien centre, qui date de
Département du Ntem la coloniale, est
3 099 471 214 complètement vétuste.
44 222
Les travaux du nouveau
centre médical, en cours de
construction, sont arrêtés
Centre médical de En cours de construction.
Moanda dans le 4 700 000 000 Travaux arrêtés
53 921
département de la
Lébombi Léyou
TOTAL 19 000 426 812
Sources : - Données : Direction des régions sanitaires
- Tableau de la Cour des comptes

Au regard de la dimension des structures et/ou des équipements dernière


génération, il s’avère que les centres médicaux de Zomoe, Ngouoni et Bongoville ont
été implantés dans des zones où la démographie est relativement faible. Il en découle
qu’ils sont surdimensionnés.
En outre, Ngouoni et Bongoville sont à 20 minutes de trajet en voiture l’une
de l’autre, et Nzomoe est d’accès difficile (océan).
A contrario, dans les départements du Ntem (BITAM) et de la Lebombi
Leyou (Moanda) dont les populations sont supérieures 40 000 habitants, la
construction des centres médicaux de dernière génération est adaptée.
Cependant, ces départements ne disposent pas de centres médicaux
répondant actuellement aux normes. Les constructions des nouveaux centres
médicaux dans ces régions ont démarré respectivement en 2008 et 2010, et sont
arrêtées pour insuffisance de budget. Ce qui renforce l’idée d’une absence de
planification concertée.

25
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Observation 1 :
L’offre de soins en termes d’infrastructures paraît ainsi structurée au coup par coup, au gré de décisions
incohérentes du politique sans tenir compte de la démographie sanitaire et des ressources budgétaires de l’Etat.

a.ii L’absence d’une politique de réhabilitation

Le tableau n°5 présenté en annexe, montre l’ensemble des réhabilitations que


l’Etat a engagé sur la période de contrôle. Ces réfections prévues dans le cadre de
l’amélioration de la qualité de la santé des Gabonais souffrent d’une absence de
planification politique, ce qui se traduit par l’inefficience des dépenses engagées dans
ces programmes.

- Des réhabilitations engagées alors que les structures ne répondent plus aux
normes (Mélen, Bitam, Nkembo, Ngomo)

De nombreuses structures sanitaires ont bénéficié de l’Etat des crédits


budgétaires pour leurs remises en état. Mais, malgré ces investissements, ces
structures sont demeurées vétustes et ne répondent plus aux normes sanitaires et
d’hygiène, à l’exemple de :

 L’hôpital régional de Mélen (1 042 865 335 FCFA) ;


 Le centre de santé de Ntoum (300 000 000 FCFA) ;
 Le centre médical de Bitam (200 000 000 FCFA);
 Le centre de santé de Ngomo (250 000 000FCFA) ;
 L’hôpital de Nkembo (299 987 526 FCFA).

Ces structures sanitaires datent de la coloniale et malgré, l’importance des


fonds injectés pour leurs réhabilitations, elles présentent un aspect de dégradation
avancée.

- Des réhabilitations qui s’avèrent inopérantes (CHL et CM Bongoville)

Une autre particularité constatée dans la réfection des infrastructures


sanitaires réside dans le fait que certains établissements ont reçu des montants élevés
en termes de réhabilitations et par la suite, ont été entièrement détruits pour être
reconstruits. Il s’agit du centre médical de Bongoville, réhabilités à hauteur de sept
cent cinquante millions (750 000 000) de francs CFA, et du CHL de Libreville
(services des urgences et de pédiatrie), réhabilité pour un montant global de un
milliard sept cent soixante-dix millions quatre cents dix mille (1 770 410 000) francs
CFA.

26
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Recommandations 1 :
 Faire voter une loi de programmation des investissements sanitaires correspondant au Plan Stratégique Gabon
Emergent (PSGE).
 Mettre en place un outil de pilotage et de programmation des réhabilitations au niveau de la DGPIE.
 Effectuer des contrôles techniques pour garantir le respect des normes du bâtiment en environnement médicalisé.

Observation 2 :
Les normes en matière de réhabilitation des bâtiments ne sont pas appliquées traduisant ainsi
l’absence de planification des réhabilitations, facteur d’inefficacité des dépenses publiques.

b. Au niveau du fonctionnement
L’examen de la situation des structures hospitalières construites ou
réhabilitées sur la période allant de 2000 à 2011 fait apparaître que le fonctionnement
de ces structures n’a pas toujours initialement été planifié.
Les problèmes identifiés sont les suivants :
 l’absence d’étude de faisabilité ;
 des constructions hors programmation.

b.i L’absence d’étude de faisabilité


Le tableau n°3 ci-après montre à suffisance les difficultés non prises en compte dans
la construction des CHR d’Oyem et de Mouila. Elles ont essentiellement trait à
l’approvisionnement en eau et en électricité, ainsi qu’à l’insuffisance des effectifs.
Tableau n° 3 : Récapitulatif des structures mises en service tardivement pour
défaut d’étude de faisabilité
Date de Date d’inauguration
structures observations
livraison et de mise en service
Livré complètement équipé. Non
fonctionnel pendant 10 ans à cause des
problèmes :
CHR
1991 2001  Eau et électricité
d’Oyem
 Effectifs
Conséquence : plateau technique très
fortement endommagé.
Livré complètement équipé. Non
fonctionnel pendant 10 ans à cause des
problèmes :
CHR de
1991 2001  Eau et électricité
Mouila
 Effectifs
Conséquence : plateau technique très
fortement endommagé.
Sources :-Données : Direction des régions sanitaires
- Direction des infrastructures
- Tableau de la Cour des comptes

27
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Il ressort de l’analyse de ce tableau que ces deux infrastructures ont été


réalisées en l’absence d’une véritable évaluation des besoins les rendant
opérationnelles dès leur livraison.
Or, comment comprendre qu’un projet ait été programmé sans que
l’ensemble des besoins réels n’ait été évalué. L’absence d’études de faisabilité
explique, entre autres facteurs, qu’une fois réalisés, les investissements ne puissent
être fonctionnels et contribuer à l’amélioration de l’accès aux soins.
Par ailleurs, la Cour relève que certains équipements ont été acquis par le
gouvernement en l’absence de toute planification préalable. Pour étayer ces propos,
les vérificateurs se sont appesantis sur la situation du projet ICUATRO réalisé en
1996 (3 450 606 705 FCFA). Ce projet présente une particularité, en ce sens que le
ministère technique n’a pas été associé à son évaluation. Son pilotage s’est effectué à
la Présidence de la République. Le ministère de la Santé n’a fait que réceptionner les
équipements. Ce projet se déclinait en deux phases, à savoir :
 pour le compte de la première phase :
 dix-sept (17) distillateurs d’eau pour permettre l’approvisionnement en
eau distillée dans les centres ont été livrés. Seuls 7 ont été installés ;
 dix-sept (17) stabilisateurs de tension ont été également fournis pour
protéger les appareils contre les surtensions. Ils n’ont pas tous été installés.
 Pour le compte de la deuxième phase, le projet financé par ICUATRO
concernait la livraison des équipements hospitaliers à :
 cinq (5) hôpitaux provinciaux : Koulamoutou – Lambaréné – Makokou
– Port-Gentil – Tchibanga ;
 dix (10) centres médicaux : Booué – Cocobeach – Kango – Lébamba –
Medouneu – Mékambo – Minvoul – Moanda – Ntoum – Pana ;
 vingt-sept (27) centres intermédiaires ;
 cent (100) dispensaires.
Ces équipements n’ont été installés qu’à 40 %, en raison des problèmes liés au
calibrage électrique (faiblesse de la puissance électrique) et de l’absence de mise aux
normes des bâtiments (murs non plombés, portes exiguës, salle non climatisées…).
Même si à l’époque, plusieurs structures avaient d’énormes insuffisances en
matière d’équipements, cette situation prouve que des études de faisabilité et de
viabilité de ce projet n’ont pas été effectuées, mettant ainsi en exergue l’absence de
planification dans l’acquisition des équipements hospitaliers.
En 2011, cette situation subsiste. C’est le cas notamment de l’acquisition de
scanner, d’hémodialyse et radiologie numérique au CHR Amissa BONGO non
installés pour défaut de calibrage du transformateur électrique.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Observation 3 :
En admettant que les investissements réalisés soient utiles, l’absence de prise en compte dans le
cadre d’une étude de faisabilité des contraintes liées à la mise en place des équipements conduit
à un gaspillage des deniers publics et rend la dépense inefficace.

Recommandation 2 :
 Réaliser des études de faisabilité avant toute décision d’investissement pour assurer une
meilleure prise en compte des contraintes liées aux nouveaux investissements (eau, électricité,
personnel, caractéristique des structures ou équipement).

b.ii Des constructions hors programmation


Dans la majorité des régions sanitaires, des responsables politiques
construisent principalement des dispensaires sans concertation avec le ministère de la
Santé. Lesdites constructions lui sont rétrocédées. Le ministère doit alors les doter en
matériel et ressources humaines, alors que les budgets correspondants sont
inexistants.
En principe, seul le ministère de la Santé doit planifier et programmer les
constructions et les équipements y relatifs. Ces initiatives individuelles portées par
des responsables politiques sans concertation préalable avec le département de la
Santé, créent un désordre organisationnel et augmentent les charges de ce
département qui reçoit en général moins de 5% du budget général de l’Etat. Cette
situation a pour conséquence de grever les dotations déjà insuffisantes allouées à ce
département pour équiper l’ensemble de ses structures sanitaires.
Le tableau n° 4 ci-après recense un certain nombre de structures construites
sur initiatives politiques dans certaines régions sanitaires.
Tableau n°4 : Quelques infrastructures construites par les acteurs politiques
PROJET/Dispensaires fonctionnalité observations
Problème de normes, d’affectation
Kafele/Komo Kango Non fonctionnel
du personnel et du matériel.
Donguila/Komo Mondah Fonctionnel Réhabilité par un homme politique
EmouaneMeka/Komo Mondah Fonctionnel RAS
Nzamaligue/Komo Mondah Fonctionnel RAS
Problème de normes, d’affectation
Azingo/Lamabaréné Non fonctionnel
du personnel et du matériel
Non Problème de normes, d’affectation
Moussamoukougou/Lambaréné
Fonctionnel/inachevé du personnel et du matériel
Problème de normes, d’affectation
Ntchatanga/Lambaréné Non fonctionnel
du personnel et du matériel
Diangatebe (Botosso)/Lébombi-
Fonctionnel RAS
Léyou
Opoungou/Sébé-Brikolo Fonctionnel RAS
Obouo Nenka/Léconi-Lékori Fonctionnel RAS
Eyougha Ondili/Lékabi Léwolo Fonctionnel RAS
Sources : -Données : Directions des régions sanitaires
-Tableau de la Cour des comptes

29
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

A la lecture de ce tableau, il ressort que plusieurs de ces structures sont non


fonctionnelles et donc, dans l’incapacité de contribuer à l’amélioration de l’offre de
soins dans les localités concernées. En effet, certaines sont fermées car non
rétrocédées au département de la Santé, ou par manque de personnels et
d’équipements, ou encore sont tout simplement abandonnées pour absence de
population.
En guise de conclusion sur la planification, il ressort de l’analyse de tout ce qui
précède, comme observation générale et recommandations :
Observation générale
Il n’existe pas de réelle planification des investissements. Les documents présentés comme éléments de
planification sont en réalité un simple affichage, faute d’une prise en compte par le gouvernement. Ces
documents sont sans conséquence réelle sur la réalisation des infrastructures, réhabilitations et équipements,
marquée par l’absence de cohérence et de planification territoriale.

Recommandations générales :
 Mettre en place une planification sur cinq (5) ans, avec des indicateurs de performance sous forme
d’une loi de programmation des constructions et équipements sanitaires.
 Interdire la construction d’infrastructures sanitaires hors de la planification arrêtée par le ministère
de la Santé.

II. UNE PROGRAMMATION NON OPTIMALE DES


INVESTISSEMENTS
Le budget est au cœur de l’exercice des missions publiques. Il conjugue le
souhaitable, c’est-à-dire les ambitions d’une politique efficace, et le soutenable, à
savoir les moyens financiers permettant aux pouvoirs publics d’inscrire leur politique
dans un équilibre économique et financier. La programmation correspond au
soutenable.
La programmation des investissements hospitaliers est retracée dans les
différentes lois de finances. Le présent point nous permet d’évaluer cette
programmation en termes d’inscription, de procédures et des de celles-ci acteurs.
Une traduction budgétaire insuffisante des investissements dans les loisde
finances
Le budget de la santé représente en moyenne moins de 5% du budget
national. En effet, il ressort de l’analyse des données budgétaires prévues sur la
période de 2000 à 2011 que le budget alloué à ce département n'a jamais atteint les
8% du budget général de l’Etat. En dehors de l’année 2010 avec 6% de prévision, les
autres années étaient en deçà de 5%.
La part allouée au secteur de la Santé demeure insuffisante, au regard de la
norme OMS qui préconise qu’au moins 10% du budget général de l’Etat soient
affectés aux dépenses de santé.

30
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Le diagramme n°1 ci-dessous présente l’évolution des dépenses de santé sur la


période sous revue.
Diagramme n°1 : La situation des inscriptions budgétaires des
investissements en matière de santé en %
7

6
5

4
D S/ BG
3
D I S/ BG
2

1
0
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011

Légende : BG= Budget Général


DS= dépenses de santé
DIS= dépenses d’investissements affectées au secteur de la santé
N.B : les nombres sur la ligne verticale représente des pourcentages
Il apparaît une hausse progressive des dépenses de santé sur la période d’audit
avec de légers fléchissements en 2004, 2008 et 2011.

Par ailleurs, l’examen des prévisions des dépenses d’investissements dans le


secteur de la santé laisse apparaître que le gouvernement, au travers du ministère de
la Santé, a prioritairement axé ses investissements vers les provinces de l’Estuaire, du
Haut-Ogooué, de l’Ogooué-Ivindo et de la Nyanga, au cours de la période 2000-
2011. Le diagramme circulaire n°2 ci-dessous présente la répartition des
investissements par province en prévision.

31
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Diagramme n°2 : la ventilation des dépenses de santé par province sur la


période 2000-2011

Légende :

Source : Mandatements par imputation

La Cour observe que, bien que régulièrement programmés, certains projets


ont été, pour diverses raisons, déprogrammés et reprogrammés sans tenir compte de
l’inscription initiale, alors même que de nouveaux projets sont inscrits et exécutés. A
l’exemple de la construction du nouvel hôpital de Lambaréné inscrite pour 4 milliards
de francs CFA en 2005, non exécutée, réinscrite et annulée en 2006 pour 1 milliard
de francs CFA, réinscrite en 2007 pour 3,275 milliards de francs CFA et exécutée
pour ce montant. Le tableau présenté en annexe n°6 dresse l’état de quelques uns de
ces projets.
La raison régulièrement évoquée au cours des entretiens pour justifier les
diverses déprogrammations est le défaut de financements. Ce qui laisse penser que
l’évaluation des besoins exprimés n’est pas réaliste, car elle ne tient pas compte des
projections financières que l’Etat fait sur ses ressources à venir.

Observation 4 :
La programmation des investissements sanitaires se fait sous contrainte budgétaire, ce qui n’est pas
anormale. Cependant, il est assez fréquent que les réalisations budgétaires ne correspondent pas aux
investissements programmés.

Recommandation 3 :
Assurer la correspondance entre la programmation des investissements et leur traduction budgétaire.

32
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Une procédure de programmation apparemment cohérente

La procédure de programmation des investissements au sein du ministère de


la Santé est, aux termes des explications du DGPIE, la suivante :
 des mini conférences budgétaires sont organisées au sein du département
ministériel, avec la participation de l’ensemble des acteurs concernés par le
sujet : le Cabinet du Ministre, le Secrétariat Général, la DGS, la DGPIE, les
DRS et les responsables des structures de santé relevant de l’autorité directe
du Ministre (OPN, CHU, CHR …). Ces mini conférences permettent
d’intégrer les besoins des uns et des autres avant un arbitrage définitif du
Ministre ;
 les projets qui seront retenus à l’issue de cet arbitrage seront défendus par la
suite en conférence budgétaire organisée par le ministère du Budget ;
 puis, ils sont examinés et adoptés par les parlementaires dans le cadre des
lois de finances (initiale ou rectificative).
Or, en réalité, cette procédure n’est pas observée.
Au cours des différents entretiens avec les principaux acteurs du ministère de
la Santé, notamment le DGS, les DRS ainsi que les responsables des formations
sanitaires, il apparaît que seul le volet fonctionnement du budget qui leur est alloué
fait véritablement l’objet de discussions en mini conférences budgétaires.
Les différents services ont indiqué ne pas participer à la programmation des
projets.
Les responsables des formations sanitaires précisent qu’en matière
d’investissements, ils ne sont sollicités que pour aller réceptionner la construction
(parfois « clé en mains ») ou l’équipement qui leur est affecté. Ils dénoncent le fait
que les programmations soient parfois faites sans tenir compte des besoins exprimés
en aval par les structures de bases (les départements et les régions sanitaires au niveau
central, et les formations sanitaires au niveau opérationnel).
Observation5 :

En dépit d’une procédure apparemment formalisée et cohérente, aucune concertation véritable n’existe entre
les différents acteurs du système de santé permettant de prendre en compte les réalités du terrain.

Recommandation 4 :

Réaliser une programmation des investissements à partir des besoins recensés dans des conditions
impartiales et connues des acteurs.

33
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Les acteurs et la procédure de la programmation

 Les véritables acteurs de la programmation (Ministre, Cabinet et SG)


Au Gabon, la réglementation dispose que l’Administrateur des crédits
d’investissement du département ministériel reste le Ministre. Il peut déléguer cette
compétence soit à son directeur de cabinet, soit à un directeur général, en
l’occurrence le DGPIE.
Sur l’ensemble des pièces comptables dont disposent les vérificateurs, il
ressort que les autorités précitées (DC et DGPIE) sont également ADC de certains
projets du ministère de la Santé. Cette délégation de pouvoir ne leur confère pas la
latitude de programmer des projets ; ils ne demeurent que des préposés du Ministre.

 Les programmations subies mais non choisies par certains acteurs


(DGS, DGPIE, DRS)
Au cours des investigations, certains acteurs majeurs du Ministère (DRS et
responsables de formations sanitaires) ont révélé qu’il arrive fréquemment que des
projets soient pris en compte sans que les besoins n’émanent des structures d’accueil.
Leur planification et leur programmation relèveraient exclusivement du pouvoir
politique.
En réalité, les priorités du ministère sont en dernier ressort définies et arrêtées
par les politiques, à savoir : le Ministre de la Santé et son cabinet, le ministère du
Budget et le Parlement.
 D’autres acteurs interviennent en dehors de toute procédure, cequi
rend vaine toute démarche de programmation
Les entretiens avec les DRS ont permis de constater que certains
investissements sont réalisés à l’initiative des hommes politiques qui, souvent en
période de campagne électorale, font des dons dans leurs circonscriptions électorales.
Il s’agit généralement de dispensaires ou centres médicaux, de produits
pharmaceutiques, de matériels médicaux ou paramédicaux.
Ces dotations médicales ou pharmaceutiques sont offertes aux populations
sans tenir compte des besoins réels de la région ou du département sanitaire, voire de
la structure bénéficiaire. Les DRS et autres responsables des structures sanitaires qui
accueillent « favorablement » ces dons ont parfois du mal à les intégrer dans leurs
activités, car ils ne répondent généralement à aucune programmation, à aucun besoin
exprimé, occasionnant souvent des problèmes tels que :

 des dépenses supplémentaires en personnel pour les nouvelles structures et


en personnel qualifié, notamment pour des appareils médicaux de dernière
génération ;
 d’adaptation pour la structure bénéficiaire qui parfois ne dispose pas de
salle aux normes (climatisée ou ayant des prises adéquates) pour accueillir ce
type de matériel ;

34
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 de logement d’astreinte, car les bâtiments sont souvent offerts sans


logement pour le personnel.

Par ailleurs, il est déjà arrivé que deux formations sanitaires soient offertes
dans un même village, toutes deux par des rivaux politiques la veille d’une
consultation électorale (cas dans un village du département de Tsamba-Magotsi).
Par contre, les structures sanitaires offertes par des sociétés implantées dans
l’arrière pays tiennent compte des besoins réels des populations, car les responsables
de ces sociétés prennent la peine de s’orienter vers le ministère de la Santé via la
DGPIE pour le respect des normes et standards.

 L’intervention du ministère du Budget dans la programmation

La Direction Générale de la Programmation des Infrastructures et des


Equipements (DGPIE) présente l’ensemble des doléances des différents services du
ministère de la Santé après accord du Ministre pendant les conférences budgétaires.
Après le vote parlementaire, l’ensemble des projets suit le circuit imposé par
les services financiers de l’Etat. Ces derniers peuvent annuler, reprogrammer ou
réévaluer les projets en fonction des priorités qu’ils déterminent seuls et sans aucune
cohérence du point de vue du ministère de la Santé.
Ainsi, les crédits dédiés à des projets non engagés à la mi-octobre sont
basculés dans une caisse de relance dont le fonctionnement échappe au département
de la Santé. L’utilisation des crédits versés dans ladite caisse échappe également à tout
contrôle, en particulier à celui du ministère de la Santé qui n’a donné aucune
explication sur ces opérations.
La direction du Budget, pourtant sollicitée, n’a pas répondu aux questions qui lui
ont été posées.
Observation 6 :
Le ministère du Budget modifie les autorisations budgétaires votées par le Parlement et procède
à une planification budgétaire incohérente des investissements hospitaliers. L’exécution du
budget diffère des inscriptions contenues dans les lois des finances (LFI-LFR) en
investissements.

Recommandations 5 :
 Revoir le rôle de la direction du Budget dans la programmation des investissements et supprimer
le système de la caisse de relance.
 Redonner la responsabilité de la programmation des investissements au seul Ministre de la
Santé, dans le respect des autorisations budgétaires accordées par le Parlement.

35
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Au terme de l’évaluation de la programmation des investissements


hospitaliers, il ressort comme observation et recommandations générales :

Observation générale :

Dans la réalité, la programmation n’obéit à aucune logique. Les objectifs des plans
sont perdus de vue. Ceux qui devraient participer à l’élaboration des programmes
n’ont aucune influence réelle, et ceux qui n’ont aucune compétence en la matière
imposent leur choix de programmation. Par conséquent, il n’existe pas de juste
adéquation des investissements aux besoins réels des populations.

Recommandations générales :
 Mettre en place une planification sur cinq (5) ans avec indicateurs de
performance.
 Revoir la répartition des rôles entre les différents acteurs.
 Mettre au centre de la programmation la DGPIE et les directeurs
régionaux de la Santé.

36
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

2ème PARTIE : UNE REALISATION PEU


EFFICACE DES INVESTISSEMENTS
HOSPITALIERS
Au sortir des années 60, le Gabon a engagé une réforme du système de santé
qui reposait sur un découpage administratif, avec une organisation pyramidale à trois
niveaux : le niveau central ou stratégique, le niveau intermédiaire et le niveau
périphérique décrits en introduction. L’évaluation des investissements réalisés sur la
période 2000-2011, en matière d’infrastructures, est fonction de cette organisation,
mais tient également compte de l’objectif principal qui est de s’assurer que la gestion
des projets en matière sanitaire est efficace sur les plans institutionnel et
organisationnel.

I. UNE DESCRIPTION MITIGEE DES INVESTISSEMENTS


REALISES
Le recensement des infrastructures sanitaires sur la période sous revue est
fonction de l’organisation administrative gabonaise et de la nature des infrastructures
construites.

A. Sur le plan budgétaire


L’organisation administrative du système de santé au Gabon repose sur un
découpage administratif territorial. Sur la période d’audit, le Gabon comptait neuf (9)
provinces, quarante-sept (47) départements, vingt-six (26) districts, cent cinquante
deux (152) cantons et trois mille trois cent quatre (3 304) villages et regroupements
de villages. Actuellement, quelques réaménagements ont été apportés au découpage
départemental.
L’implantation des investissements hospitaliers sur la période considérée obéit
à ce découpage. La mise en œuvre de ces investissements par le ministère de la Santé
découle de leur programmation dans les lois de finances et de leur réalisation sur le
terrain.

1. Une évolution de l’exécution des dépenses de santé en deçà des normes


internationales

Les budgets affectés aux dépenses de santé se répartissent entre les dépenses
de fonctionnement et d’investissement. Le diagramme en bâton n° 3 ci-dessous
permet d’apprécier l’évolution de ces dépenses sur la période 2000 à 2011.

37
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Diagramme n° 3: L’évolution de l’exécution des dépenses de santé au Gabon en %

Légende : -EIS : exécution des investissements en matière de santé


-EFS : exécution du budget de fonctionnement en matière de santé
-EBG : exécution du budget général en matière de santé
Source : Mandatements par imputation de 2000-2011

A l’analyse du diagramme n°3, les vérificateurs relèvent qu’en termes


d’exécution, les dépenses de santé représentent moins de 3% du budget général de
l’Etat sur la période 2000-2011, excepté pour les années 2010 (4,24%) et 2011
(3,28%), alors que la prévision tourne autour de 5% sur la même période.
Les augmentations de budget observées en 2010 et 2011 correspondent à la
réalisation des projets hospitaliers dédiés à la CAN 2012, à savoir :
 la construction du CHU d’Angondjé ;
 l’extension du CHR Amissa BONGO ;
 la construction des centres médicaux de Bongoville, Ngouoni et Moanda.
Au regard des chiffres suscités, les actions menées dans le secteur de la santé
restent limitées, compte tenu des objectifs arrêtés par les institutions internationales.
Celles-ci préconisent de consacrer entre 10 et 15% du budget général de l’Etat aux
dépenses relatives à la santé. Plus précisément :
 le sommet des Chefs d’Etats de l’OUA tenu à ABUJA en 2001 a défini
15%;
 l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prévoit au moins 10 % du
budget ;

38
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 l’initiative 20/20, qui préconise que 20% des budgets des pays et 20% de
l’aide publique au développement soient alloués aux services sociaux, fixe la
barre à 13%.
L’exécution des dépenses d’investissement, quant à elle, reste également sous
le seuil de 1%, excepté pour les années 2007 (1,16%), 2010 (2,93%) et 2011 (1,79%).
Cette exécution est ventilée selon le découpage administratif précédemment énoncé.

2. Une ventilation inégale des dépenses de santé par région sur la période
2000-2011
L’ordonnance n°0001/95 du14 janvier 1995, portant loi d’orientation de la
politique de santé au Gabon, prévoit l’amélioration de l’accès des populations aux
services essentiels de qualité à travers le développement des soins de santé primaires
et l’organisation des départements sanitaires. C’est en application de ce texte que des
régions et départements sanitaires ont été créés.
La répartition de l’exécution des dépenses d’investissement par province sur la
période 2000-2011 se présente sous la forme suivante :
Diagramme n 4 : la ventilation de l’exécution des dépenses d’investissement
par province

Source : Mandatements par imputation

L’analyse du diagramme circulaire ci-dessus laisse apparaître que le


gouvernement, au travers du ministère de la Santé, a consenti plus d’efforts à
l’exécution des projets sanitaires destinés aux provinces de l’Estuaire et du Haut-
Ogooué au cours de la période considérée.

39
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

La forte proportion des investissements observée dans la province de


l’Estuaire se justifie par la densité de sa population, la construction et la réhabilitation
des structures de référence (CHU Libreville, CHU Angondjé, CHR Mélen).
En ce qui concerne la province du Haut-Ogooué, les travaux de la CAN 2012
expliquent la forte allocation budgétaire accordée à cette province sur la période
2000-2011.

B. Sur le plan des infrastructures et des réhabilitations


La carte sanitaire la plus récente date de 2008. Elle renseigne sur la situation
des structures de soins au Gabon, mais nécessite une mise à jour avec l’intégration
des nouveaux Centres hospitaliers Universitaires (CHU Angondjé) et d’un certain
nombre de centre médicaux, de santé et dispensaires construits sur la période d’audit.
En outre, les documents qui nous sont transmis par la DGPIE ne sont pas
exhaustifs. Ce qui explique le fait que de nombreux dispensaires ne figurent pas dans
l’état des lieux des infrastructures construites ou en cours de construction sur la
période examinée, à l’exemple du centre de santé d’Angondjé, des dispensaires
d’Eyougha, Dougassou, Boudianguila, Mbinambini, Doumanzou, Gabon ville,
Denguila, Meba, etc.
L’annexe n°5 présente l’état des lieux des différentes infrastructures sanitaires
construites et réhabilitées sur la période 2000-2011.

1. Des constructions insuffisantes


L’évaluation de la politique en matière d’investissements hospitaliers porte
aussi bien sur les nouvelles constructions que sur les anciennes.
Sur la période 2000-2011, en terme de constructions, l’Etat a investi soixante
et un milliards deux cent vingt-huit millions huit cent quatre-vingt-quinze mille neuf
cent quarante-neuf (61 228 895 949) francs CFA sur ressources propres, et cent
vingt-cinq milliards sept cent cinquante-neuf millions deux cent quatre-vingt-deux
mille cent quatre-vingt-sept (125 759 282 187) francs CFA sur Financement extérieur
(FINEX), soit un montant global de cent quatre-vingt-six milliards neuf cent quatre-
vingt-huit millions cent soixante-dix-huit mille cent trente-six (186 988 178 136)
francs CFA. Toutefois, ce montant global n’intègre pas le coût de l’hôpital militaire
(HIAOBO) construit sur FINEX sur la période considérée.
Les financements extérieurs proviennent d’emprunts multilatéraux (BAD et
BID) et bilatéraux contractés auprès de l’Autriche, du Canada et de l’AFD.

40
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Le tableau n° 5 ci-dessous présente la situation d’exécution des infrastructures


programmées sur la période 2000-2011.

Tableau n° 5 : Récapitulatif des structures programmées et réalisées sur la période


2000-2011
Type de structure
Nombre Observations
Programmé sur la période
CHU 1 construit
 Angondjé
Hôpital 1 construit
 Des Instructions des Armées Omar
BONGO ONDIMBA (HIAOBO)
CHR 4 construits
 Makokou
 Lambaréné
 Franceville
 Tchibanga
Pharmacies régionales 8 7 construites
(dans les chefs lieux de province) Excepté celle de l’Ogooué-Ivindo
mais pourtant payée
Usine de médicament 1 Situation non maîtrisée par le
ministère de la Santé
Centres médicaux 9
 Ngouoni
 Bongoville 2 construits (Ngouoni et Bongoville)
 Bitam Le reste inachevé. Les travaux sont
arrêtés pour insuffisance de crédits
 Moanda
 Ntoum
 Mayumba
 Nzomo
 Ndjolé
CTA (dans chaque chef-lieu de province) 8 Tous construits
Centre de palu 15 13 construits,
1 en cours de construction (POG),
2 non construits mais payés (Oyem
et Lambaréné)
Centre de santé 7
 Cap Esterias
 Angondjé 2 construits (Angondjé et Nzeng-
 Bikélé Ayong)
5 en cours de construction
 Sam
 Mokeko
 Dienga
 Nzeng-Ayong
Dispensaires 19
 Batouala
 Bilengui
 Boudianguila
 Lifouta

41
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 Matsatsa
 Meba 3 construits (Boudianguila,
 Oyane 3 Doumandzou, Lifouta)
 Oyane 4
 Momo
 Canton Kye
 Kye
 Bibasse
 Doumandzou
 Gabon Ville
 Lac Ezanga
 Dougassou
 Mbinabini
 Lékabi
 Biemane
TOTAL 63
Source : données Directions Régionales de la santé
Tableau de la Cour des comptes
A la lecture du tableau n° 5 ci-dessus, les vérificateurs relèvent que les
constructions de six (6) centres hospitaliers, huit (8) pharmacies régionales, une (1)
usine de médicaments , neuf (9) centres médicaux, sept (7) centres de santé, huit (8)
CTA, quinze (15) centres de palu et 19 dispensaires ont été programmées au cours de
la période 2000-2011. Soit un total de soixante-trois (63) structuresde santé.
Sur cette programmation, seules trente-neuf (39) structures ont finalement été
construites, vingt-sept (27) sont en cours de construction mais les travaux sont
arrêtés pour la plupart, faute de crédits budgétaires suffisants, tandis que sept (7) sont
payées mais non réalisées.
De ce constat, il ressort que les réalisations effectives sur la période considérée
restent inférieures aux prétentions de l’Etat, démontrant ainsi la mauvaise évaluation
de la programmation des investissements de l’Etat dans le secteur sanitaire
développée dans la première partie de ce rapport.
2. Des réhabilitations exécutées hors normes
En matière de bâtiment, la norme prescrite au niveau international prévoit
l’entretien et la réhabilitation pour permettre le maintien en bon état des
infrastructures à long terme. Mais les budgets affectés par le gouvernement à
l’entretien ou à la réhabilitation des bâtiments sont insignifiants.
La réhabilitation des anciennes structures (réfections) sur la période 2000-
2011 se chiffre à vingt-neuf milliards sept cent vingt-six millions cinq cent soixante-
six mille quatre cent treize (29 726 566 413) francs CFA. Elle concerne
essentiellement sept (7) hôpitaux, quatre (4) pharmacies et un (1) laboratoire.
Plusieurs dispensaires, centres médicaux, centres de santé, centres de protection
maternelle et infantile et centres de santé maternelle et infantile ont également été
pris en compte.

42
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

S’agissant des hôpitaux, les réhabilitations et extensions ont porté sur :


 le Centre Hospitalier de Libreville (CHL) ;
 l’hôpital de Nkembo ;
 le Centre hospitalier régional (CHR) de Mélen ;
 le CHR de Franceville ;
 le CHR d’Oyem ;
 le CHR de Koulamoutou ;
 le CHR de Lambaréné ;
 l’hôpital SCHWEITZER ;
 l’hôpital sino-gabonais ;
 l’hôpital égypto-gabonais.

Le tableau n° 6 ci-après présente certaines normes relatives aux réhabilitations.

Tableau n°6: Normes en matière de réfections

Constituants Prestations Périodicités


-nettoyage, démoussage selon le type, tous les dix ans
Clos-couvert- -examen visuel
structures Traitement préventif des bois de
charpente
Selon le type :
-tous les dix ans
Façades -ravalement
-tous les 2 ans
-nettoyage
- peintures des menuiseries -tous les 7 ans
Ouvertures
-lavage des PVC, aluminium et acier -tous les 3 ans
En principe, 10% du budget doit
Structures être affecté tous les 2 ans à la
réhabilitation
Source : - Données : rapport expert BTP
- Tableau de la Cour des comptes

Les réhabilitations des structures suscitées ne respectent pas les règles de l’art,
c'est-à-dire les normes en matière d’entretien des bâtiments spécifiées dans le tableau
n°6ci-dessus. En effet, ces réhabilitations découlent d’une décision politique qui ne
relève pas d’une planification technique sur la base d’une périodicité formelle
préétablie. Ces normes sont spécifiques, car elles s’appliquent à des infrastructures de
santé qui ont vocation à accueillir des populations dont la santé est fragile. Ainsi le
non respect de ces normes ne participe pas à l’amélioration de la qualité des
infrastructures sanitaires et par voie de conséquence, à celle relative à la qualité des
soins offerts.

43
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Observation générale :
La Cour observe que le ministère de la Santé ne dispose pas d’une carte sanitaire
mise à jour régulièrement et qui recense l’ensemble des infrastructures dans toutes
les provinces, en précisant leurs dénominations et leurs localisations. Cette situation
ne donne pas aux responsables décisionnels la possibilité d’avoir un état des lieux
clair et exhaustif du patrimoine sanitaire, afin d’apprécier l’effort à fournir en matière
de construction ou de réhabilitation, et d’élaborer un programme d’action précis sur
le long terme (5 ans).

II. DES CONDITIONS DE REALISATION HETEROGENES


Le gouvernement a procédé à la réalisation d’investissements dans les
différentes provinces du Gabon selon des modes d’exécution très divers, donnant
lieu à des conditions de réalisation critiquables.

A. Des modes d’exécution divers


La réforme dans le secteur sanitaire a permis à l’Etat d’engager des travaux de
construction là où n’existait aucune structure sanitaire, des travaux de réhabilitation là
où l’existant souffrait de vétusté ou était en état de dégradation avancée, et
d’extension dans les différentes formations sanitaires devant être mises aux normes.
Aussi, l’évaluation des dépenses de santé effectuée montre-t-elle que plusieurs
organes interviennent dans la réalisation des investissements dont certains sont
étatiques, et d’autres des partenaires extérieurs.
Nous présenterons successivement les modes d’intervention des uns et des
autres, en faisant ressortir les distinctions d’exécution entre les différents organes.

1. Des réalisations sous la conduite de l’Etat


Le ministère de la Santé, au travers de la Direction Générale de Planification,
des Infrastructures et des Equipements (DGPIE) et la Présidence de la République
par le canal de l’Agence Nationale des Grands travaux (ANGT) participent à
l’exécution des projets d’investissements hospitaliers programmés par le
gouvernement.

a. La Direction Générale de la Planification des Infrastructures et des Equipements (DGPIE)


En application des dispositions de l’article 7 de la loi n°5/85 portant
règlement général sur la comptabilité publique de l’Etat, le Ministre de la Santé est
administrateur de crédit du budget de son département. Il peut déléguer ses pouvoirs
à des responsables de l’administration dont il a la charge.

44
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Dans le cadre de cette mission d’audit, il ressort que le Ministre de la Santé a


souvent délégué ce pouvoir au directeur de cabinet et au DGPIE.

Aux termes des dispositions de l’article 52 du décret n°001158/PR/MSPP du


4 septembre 1997 fixant les attributions et l’organisation du ministère de la Santé
Publique et de la Population, la DGPIE est, entre autres, chargée de :
 recenser et centraliser les besoins ;
 définir et veiller au respect des normes et standards ;
 programmer les investissements ;
 veiller à l’accessibilité des soins.

Par le biais de la Direction des Infrastructures (DI), la DGPIE a également


pour mission :
 d’assurer le bon entretien des locaux des structures sanitaires et leur mise
aux normes ;
 d’évaluer le coût et procéder aux appels d’offres des travaux de
construction et d’entretien ;
 de mettre en route et suivre les travaux d’exécution.

Au cours de la période considérée, le ministère de la Santé a initié plusieurs


projets répertoriés dans le tableau n° 7 ci-dessous et dont la réalisation permet
d’apprécier les missions de la DGPIE.
Tableau n 7: Récapitulatif des projets exécutés par la DGPIE
Région Début Mandat
projet Cout/projet observations
sanitaire projet antérieur
LBV/Estuaire
CM Nzomo 2008 2 680 962 232 985 000 000 Arrêt des
travaux/insuffis
ance de crédits
CM Bikélé 2010 1 800 000 000 1 200 000 000 Arrêt des
travaux
CM Ntoum 2008 1 491 414 565 200 000 000 Arrêt des
travaux
CM cap Estérias 2010 657 000 000 500 000 000 Arrêt des
travaux/budget
annulé
Dispensaires 180 000 000 180 000 000 Abandon du
Oyane 3 et 4 chantier par
l’entreprise
Extension 2010 450 000 000 135 000 000 Travaux arrêté.
maternité de Financement
NzengAyong insuffisant
Barrière HR 559 000 000 100 000 000
Mélen

45
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Réhabilitation 500 000 000 505 000 000 Travaux arrêtés.


Institut Hygiène financement
Publique insuffisant
d’assainissement
Haut-Ogooué
CM Moanda 2010 4 700 000 000 3 000 000 000 Arrêt des
travaux/insuffis
ance de crédits
Réhab CM 2008 400 000 000 400 000 000 Travaux en
Bakoumba cours
Moyen-Ogooué
Réhab CM 2008 588 804 148 250 000 000 Travaux arrêtés.
Ngomo
Nyanga
CM Mayumba 2008 2 998 474 607 600 000 000 Arrêté pour non
paiement.
Ogooué-Ivindo
CM Mékambo 2007 2 445 634 218 2445 634 218 En cours de
finition
CM Mokeko
Pharmacie 2010 150 000 000 Moins de 20%
Régionale exécuté
Pharmacie 2003/ 95 000 000 Aucune
régionale 2004/ exécution.
2006
Ogooué- Lolo
Extension CS 2010 88 346 273 88 346 273 Travaux arrêté.
Matsatsa
CS Dienga 2011 874 810 937 831 070 390 Travaux en
cours
Ogooué Maritime
Centre des 2011 1 967 928 345 200 000 000 Dossier annulé
malades mentaux
Woleu-Ntem
CM Bitam 2008 3 099 471 214 1 079 000 000 Arrêté.
Insuffisance de
crédit
CS Sam 2007 496 857309 240 000 000 Travaux arrêté.
Réhab CS Oyem 2010 390 016 762 300 000 000 Travaux en cous
Source : Tableau de la Cour des comptes

L’analyse du tableau n°7 fait ressortir les situations suivantes :


 la programmation des investissements qui, sur le plan formel relève de la
DGPIE, est insuffisante au regard des chantiers engagés sans crédits
suffisants pour parvenir à leur achèvement. Or, dans la pratique, cette
programmation échappe à cette direction ;
 le suivi de l’exécution des projets n’est pas toujours assuré par la DGPIE,
compte tenu de l’existence de chantiers abandonnés ou non initiés, alors qu’ils
ont totalement ou partiellement été payés, à l’exemple du centre médical de

46
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Ngomo dans le Moyen-Ogooué, des dispensaires d’Oyane 3 et 4 dans


l’Estuaire, de la construction de la pharmacie régionale de Makokou, du
Centre de santé de Sam dans le Woleu-Ntem, du dispensaire de Dougassou
dans la Nyanga ;
 la mission d’amélioration de l’offre de soins devant être assurée par la
DGPIE est limitée du fait des problèmes de fonctionnalité de plusieurs
investissements réalisés.
Observation générale :
En tenant compte du nombre de projets en cours d’exécution, abandonnés ou non
fonctionnels, la performance de la DGPIE s’avère non satisfaisante en l’absence
de l’accomplissement effectif de ses missions

b. L’Agence Nationale Des Grands Travaux (ANGT)


L’ANGT a été créée en 2010 à l’initiative de la Présidence de la République
par ordonnance n°004/PR/2010 du 25 février 2010. L’Agence soutient la
République Gabonaise dans la planification des grands projets d’infrastructures
considérés comme prioritaires par le gouvernement dans plusieurs secteurs, y
compris celui de la Santé. L’ANGT est le maître d’ouvrage délégué du gouvernement
pour le compte des différents ministères. A ce titre, elle doit travailler en
collaboration avec les départements concernés.

Le tableau n°8 ci-après récapitule la situation d’exécution des projets suivis


par l’ANGT sur la période sous revue.

Tableau n°8 : Récapitulatif des projets suivis par l’ANGT sur la période 2000-2010

Structures Cout du projet Début Observations


projet
Projets CAN 2012 2009 Travaux achevés. Fonctionnel
CHU Angondjé 58 388 077 350 Non réceptionnés
Extension CHR Amissa 1 167 038 640 2011 Travaux achevés. Non
BONGO réceptionnés. Non payés
Centre médical de Bongoville 4 090 680 450 2010 Travaux finis. Projet CAN 2012
Centre médical Ngouoni 4 090 680 450 2010 Travaux finis. Projet CAN 2012
Autres : 2011 Travaux Finis. Non réceptionnés
Extension CHR Georges
RAWIRI/Lambaréné
 service d’urgence avec
bloc opératoire
 service de maladies
tropicales équipé

Source : DGPIE et DGD

47
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Au vu des données présentées dans le tableau n°8 ci-dessus, l’ensemble des


projets suivis par l’ANGT sont achevés dans les délais et respectent les normes et
standard de construction. Ces résultats se justifient par la disponibilité des moyens
affectés aux projets dont ils assurent l’exécution, contrairement aux projets suivis par
la DGPIE.

2. Les réalisations avec le concours des partenaires extérieurs


Dans le cadre des investissements hospitaliers, plusieurs partenaires
multilatéraux et bilatéraux participent à la réalisation de ces derniers. Il s’agit de :
 l’AFD, la coopération autrichienne représentée par VAMED et celle
canadienne pour les partenaires bilatéraux ;
 la BAD et la BID pour les multilatéraux.

a. La coopération Autrichienne
Certains financements sont établis sur la base d’accords directs avec la
Présidence de la République. Ils concernent des prêts liés octroyés par l’Autriche et
dont le maître d’œuvre est l’entreprise autrichienne VAMED. Les investissements
réalisés dans le cadre cette coopération s’élèvent à 119 514 904 68 de FCFA. Ce
montant est sous évalué par l’absence d’une partie des coûts de l’hôpital militaire.
En termes de modalité de gestion de ces investissements, pour chaque centre
hospitalier construit par l’entreprise autrichienne, un contrat de gestion est signé
entre VAMED et l’Etat représenté par le ministère de la Santé et celui de la Défense.
Pour l’Hôpital d’Instruction des Armées Omar BONGO ONDIMBA, ce contrat de
gestion stipule que l’équipe de direction est composé du personnel de VAMED pour
les postes suivants :
 directeur administratif et financier (1) ;
 directeur technique (1) ;
 directeur des soins infirmiers pour les Centres Hospitaliers Régionaux, ou
contrôleur médico-technique pour l’hôpital militaire (1).

Ce contrat prévoit des honoraires de gestion qui augmentent de 2% chaque


année, et qui inclue la rémunération de l’équipe suscitée. Ces honoraires de gestion,
ou services professionnels internationaux (SPI), grèvent les budgets de
fonctionnement des hôpitaux à hauteur de 40 voire 60 %.
Le tableau n°9 ci-dessous présente l’ensemble des structures construites par
VAMED avec des financements VAMED, FORTIS, BANK AUSTRIA,
DEUTSCHE.

48
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Tableau n°9 : Récapitulatif des projets réalisés par VAMED

Année 2011
COUT PROJET DETTE SITUATION
STRUCTURES AMORTIE
CHU Angondjé (2012) 58 388 077 350 29 963 704 158 Prêt vivant
Hôpital Militaire/ Libreville Données partielles sur le projet
Owendo (2002)
CHR Amissa BONGO/Haut- 16 649 945 396 16 649 945 396 0
Ogooué (2000)
CHR Georges RAWIRI/Moyen- 13 690 988 400 13 690 988 400 0
Ogooué (2006)
CHR Nyanga (2006) 14 669 330 609 16 036 653 792 0
CHR Makokou/Ogooué- 13 823 600 016 16 278 896 791 Prêt vivant
Ivindo(2006)
TOTAL 119 514 904 687

Sources : - Données : Annexe LFR


- Etat des mandatements par imputation
- Direction Générale de la Dette
- Tableau Cour des comptes

La volonté de la Présidence de la République dans la réalisation de ces projets


est de penser la médecine en pôle d’excellence dans le but d’améliorer l’accès des
populations aux soins de santé. Mais l’inconvénient, c’est qu’il apparaît que ces
projets n’ont pas fait l’objet d’une large concertation afin d’éviter les écueils révélés
au cours des visites et des entretiens pendant la mission, à l’exemple :
 de la réfection de la porte d’entrée du CHU Angondjé ;
 du réaménagement des salles d’hospitalisation en bureaux (CHR) ;
 des structures surdimensionnées avec un faible taux de fréquentation
(Lambaréné, Bongoville et Ngouoni) ;
Observation 7 :
De l’avis de la Cour, l’exécution des investissements en terme de construction par VAMED est
satisfaisante pour deux raisons principalement :
 la réalisation des travaux par la sous-traitance avec les entreprises locales ;
 les travaux sont achevés dans les temps.

Recommandations 6 :
 Réviser les contrats de gestion des différents CHR pour supprimer la faculté donnée au directeur
administratif et financier (agent VAMED) de recruter et de licencier du personnel gabonais ;
 Respecter les clauses contractuelles relative à la formation des homologues en vue de la
suppression à terme de la SPI qui grève fortement le budget de fonctionnement des centres
hospitaliers construits par VAMED ou la coopération Canadienne.

49
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

b. La Coopération Canadienne
De 1990 à 1991, le Canada a financé la construction et l’équipement de deux
hôpitaux régionaux, celui d’Oyem dans le Woleu-Ntem, et celui de Mouila dans la
Ngounié. Ces hôpitaux équipés et livrés en 1991, n’ont été mis en service qu’en 2001
(faute d’effectifs et d’approvisionnement en eau et électricité), soit 10 ans plus tard.
Ces établissements hospitaliers de type pavillonnaire ont coûté pour le premier 7,6
milliards de francs CFA, et pour le second 6, 74 milliard de francs CFA, répartis
entre l’Etat gabonais et le Canada.
Il convient de préciser que la Cour n’a pu obtenir les montants remboursés
par le Gabon au titre de ce projet, en raison de l’antériorité de leurs constructions au
regard de la période visée, même s’ils n’ont été mis en service qu’en 2001.
Vingt et un (21) ans après, l’Etat continue de verser des honoraires de gestion
qui avoisinent le budget de fonctionnement de ces hôpitaux, budget insuffisant pour
faire face aux charges.
Observation 8 :
La Cour relève que la coopération avec le Canada reste mitigée. Si l’installation d’un système de gestion
informatisé est d’un apport positif, en revanche, le mode de réalisation des projets présente comme inconvénient
l’utilisation du matériel et des équipements exclusivement importés du Canada.

Le ministère de la Santé adhère à cette observation, tout en précisant que :


<< les hôpitaux livrés “clés en main ont des équipements introuvables au Gabon, aussi bien pour
VAMED que pour la coopération Canadienne>>.

c. Les financements BAD et BID


La BAD et la BID ont financé des projets de construction dans certaines
provinces du Gabon. L’objectif spécifique des projets consistait à renforcer la
décentralisation du système de santé par la création de nouvelles structures sanitaires.
Les projets initiaux ont été considérablement redimensionnés. La révision de ces
projets s’explique par la méconnaissance des procédures bancaires, mais surtout par
la non libération de la contrepartiegabonaise.
S’agissant de la BAD, prévu initialement pour une durée d’exécution de 48
mois, de juin 1994 à mai 1998, le projet mis en vigueur en juin 1995 s’est achevé en
juin 2007, soit un retard de 9 ans. Il prévoyait la construction de quarante-cinq (45)
nouvelles structures sanitaires, seules neuf (9) structures ont pu voir le jour sept (7)
dispensaires et deux (2) centres maternels et infantiles.
En ce qui concerne la BID, le projet avait pour objet la construction de douze
(12) nouveaux centres de santé dans les provinces du Woleu-Ntem, de la Ngounié,
du Moyen-Ogooué, de l’Ogooué Maritime ainsi que l’équipement de ces centres en
mobilier standard et accessoires médicaux. Quatre (4) centres de santé ont été
construits à cet effet.

50
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Le financement de la BID se rapportant à ce projet était destiné à couvrir :


 le génie civil ;
 l’équipement ;
 le forage et les réservoirs ;
 les études et la supervision.

En définitive, seuls quatre centres de santé ont été construits. Un centre à


Bifoun (Moyen-Ogooué), un à AKamEssatouck (Woleu-Ntem), un à Ndougou
(Ogooué Maritime) et un à Nzenzelé (Ngounié). Pour chaque centre, il a été construit
deux logements pour le personnel médical et paramédical.
A l’analyse des différentes situations, la planification de ces projets n’a pas fait
l’objet d’une large concertation. Les actions posées restent de la seule initiative de la
tutelle qui n’associe pas toujours tous les acteurs concernés dans le choix des types de
structures à construire.
Les visites effectuées et les différents rapports montrent à suffisance que les
infrastructures réalisées dans le cadre de ces deux projets sont dans l’ensemble de
bonne qualité.

d. Les projets finncés par l’Agence Française de Développement (AFD)


Dans le cadre de la coopération avec la France, un projet a été mis en place en
2009 pour la réhabilitation et l’équipement des maternités du nord (centre médical de
Minvoul, centre médical de Mitzic, SMI d’Oyem) et des centres de santé de Libreville
(centre de santé d’Okala, centre de santé de la peyrie, centre de London, centre
d’Owendo). Les travaux sont encore en cours et doivent s’achever vers la fin du mois
de juin 2013, date de fin de projet.

L’état d’avancement des travaux desdits travaux se présente ainsi qu’il suit :
 CS d’Okala : 95%
 CS de London : 60%
 CS de la Peyrie : 40%
 CS d’Owendo : 50%
 SMI d’Oyem : 70%
 CM de Minvoul : 60%
 CM de Mitzic : 90%

Observation 9 :
Concernant ce projet, la cour ne sera pas exhaustive faute d’informations. La DGPIE n’a pas
été capable de nous fixer sur l’origine du projet et le niveau de concertation entre le ministère de la
Santé et ledit partenaire.

51
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

La réalisation des investissements sur la période 2000-2011 s’est faite sous la


conduite de l’Etat, mais également avec la participation de partenaires bilatéraux et
multilatéraux. Elle a donné lieu à des exécutions menées différemment d’un
intervenant à l’autre. Aussi, par conséquent, la cour a fait les observations générales
ci-après.

Observations générales :
Les investissements sur financements extérieurs et ceux de l’Agence Nationale des
Grands travaux (ANGT) sont essentiellement programmés par la Présidence de la
République, sans concertation avec les acteurs sanitaires (ministère de la Santé et
ses démembrements) et sans tenir compte des besoins réels des populations. Cette
absence de coordination et de concertation dans le secteur a pour conséquence un
éparpillement et un chevauchement d’actions entre le ministère et les différents
partenaires.
Toutefois, l’ensemble des constructions et réhabilitations initiées sur la base de
financements extérieurs et par l’ANGT (CAN 2012) ont été pour l’essentiel
exécutées. A contrario, une bonne partie des projets qui sont de l’initiative du
ministère de la Santé restent pour la plupart inachevés pour insuffisance de
financement ou non reprogrammation sur les exercices suivants, même si au
départ ils avaient été inscrits dans les lois de finances.

Recommandations générales :
 Les actions posées dans le cadre sanitaire doivent être menées de manière
concertée, entre la Présidence de la République, le ministère de la santé et les
différents partenaires au développement, sur la base des plans d’actions élaborés et
adoptés par le ministère de la Santé et l’ensemble des partenaires.
 Revoir les missions de la DGPIE en y intégrant la gestion des projets sur
FINEX.

B. Des conditions de réalisation critiquables


Les modes de réalisation divers qui ont fait l’objet de développements au
point précédent ont eu pour conséquence, sur le terrain, des conditions imparfaites
d’exécution et de réhabilitation d’infrastructures.

1. Des réalisations non conformes


Les investissements réalisés au cours de la période de contrôle ne sont pas
conformes aux normes sanitaires.
Ces constatations sont établies à partir du rapport de l’expert biomédical et du
compte rendu des visites sur place de la direction des infrastructures.
Le centre médical de Ntoum, dont la construction est actuellement en cours,
ne respecte pas les normes hospitalières applicables.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

En effet, l’existence de fenêtre au niveau du bloc opératoire, l’absence d’une


salle de stérilisation pour les médecins avant le bloc opératoire sont contraires
auxdites normes.
S’agissant de certaines structures construites par VAMED, l’absence de
bureaux et de salles de repos pour les médecins a obligé l’administration à réduire la
capacité litière des hôpitaux pour créer des salles de repos.
Par ailleurs, les investissements effectués par des hommes politiques entrent
aussi dans la catégorie des réalisations non conformes. En effet, le ministère de la
Santé n’étant pas associé aux constructions, ces dernières s’édifient sans
considération des normes.
S’agissant principalement des dispensaires, la norme prévoit trois (3) salles au
minimum (une salle de consultation, une salle de soins et une salle de repos). Or, de
nombreux dispensaires construits ne répondent pas à cette norme, et partant, ne sont
pas fonctionnels.
La non conformité des réalisations est aussi la conséquence de la pratique des
certifications du service fait.
L’administrateur de crédits (le ministre, le directeur de cabinet ou le DGPIE)
est obligé de certifier le service fait pour que les crédits inscrits soient engagés, puis
ordonnancés par la direction générale du budget (DGB). Cette pratique de la
direction générale du budget (DGB) a contribué à certifier des projets qui ont été
financés à plus de 50% pour une réalisation de moins de 30% sur le terrain.
Les projets inscrits dans le tableau n° 10 ci-après sont des exemples sur la
période considérée.

Tableau n°10 : Projets ne répondantpas aux normes

DATE COUT MANDAT


STRUCTURES OBSERVATIONS
PROJET DU PROJET REÇU

Réhabilitations Travaux arrêtés.


400 000
CM de 2008 400 000 000 Montant perçu en
000
Bakoumba totalité. Réalisés à 65%
Travaux arrêtés.
Construction 344 390
2007 450 408 750 Reçu plus de 80% du
CM de Mokeko 000
montant
Travaux arrêté,
Extension 88 346
2010 88 346 273 inachevés
CS de Matsatsa 273
Reçu l’intégralité.
Construction CS 140 000 Travaux arrêtés, pas
2010 496 309 857
de Sam 000 fini
Travaux arrêtés. Mal
Construction 250 000 façons. Le montant
2008 588 804 148
CS de Ngomo 000 perçu ne vaut pas la
somme reçue.
Dispensaires 180 000 Travaux arrêtés.
180 000 000
d’Oyane 3 et 4 000 Perçu l’intégralité de la

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

somme. Réalisés à
hauteur de 60%.
Construction Travaux arrêtés.
Pharmacie 150 000 Exécution moins de
2010 257 000 000
Régionale de 000 20%. En deçà du
Makokou montant reçu.
Construction
26 944
Centre palu 2007 30 000 000 Rien sur le terrain.
784
d’Oyem
100 000 0
Travaux arrêté. 20%
Construction du 00
2009 d’exécution après avoir
dispensaire de 99 228
2010 perçu pratiquement
Dougassou 824
200 millions de FCFA.

Source : - Base des données de la Direction des infrastructures


Ce tableau montre le peu d’efficacité de la pratique actuelle de la certification
du service fait par l’administrateur de crédits. La procédure de certification du service
fait telle que pratiquée est contraire à une bonne gestion des crédits qui donne la
responsabilité de cette certification au seul administrateur de crédit. Or, la
certification du service fait est une des formalités essentielles permettant au
comptable public de décaisser les fonds dus au créancier. Lorsque cette formalité est
détournée de son objectif comme c’est le cas dans les exemples relevés dans le
tableau ci-dessus, toutes les irrégularités deviennent possibles y compris le
détournement pur et simple des deniers publics.
Une réforme a été mise en place en 2012. A cet effet, la certification du
service fait incombe désormais à une commission tripartite composée de la Direction
Générale du Budget (DGB), de la Direction Générale des Marchés publics (DGMP)
et de la Direction Générale des Ressources et des Charges Publiques (DGRCP), le
ministère initiateur ne délivrant qu’une attestation provisoire. Malgré cette nouvelle
procédure, des manquements demeurent à l’image de la construction de la Pharmacie
Régionale de Makokou dont les travaux de construction ont déjà été payés à hauteur
de cent cinquante million (150 000 000) de FCFA, alors que la réalisation sur le
terrain est inférieure à 20%.
Le ministère de la Santé a mis en place des normes applicables au secteur de la
santé en 2012. Ces normes prévoient la transformation des centres médicaux
implantés dans les chefs-lieux de départements en hôpitaux, et les centres de santé
installés dans les districts en centres médicaux. Mais la mise en œuvre de ces normes
aura pour conséquence la modification des structures sanitaires bâties sous l’empire
des anciennes normes.
Observation 10 :
La pratique actuelle de la certification du service fait, véritable détournement de procédure, est contraire
non seulement aux textes en vigueur, mais au simple bon sens, dès lors qu’elle conduit à apposer cette
mention sur des pièces qui ne correspondent pas à un service effectif. En conséquence elle contribue, pour
une part importante, à la désorganisation de la réalisation des investissements ; elle est source de gaspillage
et d’inefficacité dans l’emploi des deniers publics.

54
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Recommandations 7 :
 Pour l’efficacité de la dépense, la somme mandatée au profit de l’entreprise adjudicataire doit être
proportionnelle au volume des travaux ou aux prestations effectuées sur le site conformément au cahier
des charges.
 Pour plus de crédibilité du service fait, il convient de proposer un système plus adapté et plus
rigoureux.
Le ministère de la Santé doit évaluer les coûts liés à la mise en place des nouvelles normes sanitaires et
planifier les modalités de leur mise en œuvre.

2. Des surfacturations
Le Gabon ne dispose pas d’un cadre juridique fixant les différentes normes en
termes de construction et de réhabilitation. Mais les experts en bâtiment se servent
de la norme internationale et la pratique (us et coutumes) comme référentiel pour
évaluer les travaux conformément à des cahiers descharges prédéfinis.
Entre 1999 et 2005, suite aux différents audits dans le secteur du BTP, les
entreprises ont changé leur manière de procéder. En effet, au regard des visites sur le
terrain, deux situations ont été rencontrées :
 l’entreprise n’exécute pas les travaux ou les exécute de manière partielle ;
 l’entreprise effectue les travaux, mais ceux-ci ne sont pas conformes aux
normes.
Le premier point a déjà fait l’objet de larges développements dans les
réalisations non conformes de la deuxième partie de ce rapport. Par contre, le
deuxième sera concrètement abordé dans cette partie.
De l’avis de l’expert BTP commis par la Cour des comptes dans le cadre de
cet audit, l’évaluation des constructions s’effectue à deux niveaux :
Le premier niveau consiste à établir le coût réel des travaux qui se détermine
en multipliant le prix moyen au mètre carré à la superficie totale de la construction en
y incluant certains paramètres (éloignement, condition d’accès…). Un différentiel
sera par la suite calculé entre le coût obtenu et le montant de la facture contenu dans
le cahier des charges. Il convient de préciser que ce type de fraude est actuellement
de moins en moins rencontré.
Toutefois, quelques situations peuvent subsister, à l’exemple de la
construction du centre de santé de Franceville, pour un coût total de trois cent
quinze millions (315 000 000) de francs CFA, présentant une surfacturation de
trente-neuf millions six cent quarante-huit mille (39 648 000) francs CFA, soit
12,58% du marché global (confère rapport expert), ainsi que la construction de la
barrière de l’hôpital régional de Mélen pour un coût total de cinq cent cinquante-neuf
millions quatre cent onze mille cinq cent quatre-vingt-douze (559 411 592) francs
CFA qui présente une surfacturation évalué à deux cent trente-neuf millions
(239 000 000) de francs CFA.

55
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Le second niveau porte sur la qualité des matériaux utilisés, comparativement


aux standards minimaux suivants retenus :
 Toiture : tôle bac 7/10 ;
 Plafond, feuille de CP de 8mm
 Carrelage : grès cérame
 Brique de 20
C’est à niveau que les risques de fraude en terme de surfacturation sont élevés.
Le temps matériel imparti aux experts dans le cadre de cet audit n’a pas permis
d’évaluer les infrastructures réalisées sur la période d’audit par rapport à cette
problématique. Mais les missions de terrain ont révélé l’installation de matériaux de
mauvaise qualité, à l’exemple de :
 dispensaire deDoumanzou : la facture ne présente pas de surfacturation,
mais la qualité des matériaux utilisés est inférieure à la norme (utilisation des
feuilles de contre-plaqué (CP) pour le plafond de 5 mm) et mauvaise qualité
des faïences.
 hôpital -égypto-gabonais : installation de carreaux de mauvaise qualité…
 CHR d’Oyem : pour ce chantier, l’évaluation de l’expert est au-delà du
coût du projet. Mais, utilisation de matériaux qui ne respectent pas les normes
de construction. Couverture de tôles bac alu : 6/1. Et pour le plafond, CP :
4mm.
Observations 11 :
 La non conformité des matériaux utilisés au cahier des charges est une cause des surfacturations
observées ;
 L’absence d’implication des techniciens des Travaux Publics dans la réception des travaux ne
permet pas de s’assurer de la qualité des prestations fournies (matériaux utilisés).

Recommandation8 :
Rétablir le ministère des TP dans ses missions en l’associant non seulement à la réception des travaux
mais aussi tout au long du processus de construction afin qu’il s’assure de la qualité des matériaux
utilisés.

3. Des modes de financement inappropriés


L’initiative et la prérogative de l’engagement d’une dépense publique relèvent
de la compétence de l’administrateur de crédits. Mais cet engagement est fonction de
l’ensemble des dépenses retenues au Budget de l’Etat, donc prévues par une loi de
finances.
Néanmoins, un certain nombre de projets ont fait l’objet de préfinancements
par les entreprises à la demande du ministre de la Santé ou du responsable d’une
unité sanitaire, sans que ces projets aient fait l’objet d’une inscription budgétaire
préalable.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Le tableau n°11 ci-dessous recense les structures qui ont fait l’objet de
préfinancements.
Tableau n°11 : Récapitulatif des projets préfinancés

STRUCTURES DATE DEBUT OBSERVATIONS


PROJET
Construction barrière du Travaux interrompus, mais finalement
2009
CHR de Mélen achevés
Construction des galeries
2009 Travaux arrêtés pour non paiement
couvertes au CHR Mélen
Avenant qui réévalue le projet. Arrêté
CM de Bikélé 2010
pour non programmation
CM de Bitam 2008 Travaux arrêtés pour non paiement
CM de Ntoum 2008 Travaux arrêtés pour non paiement
CM de Mayumba 2008 Travaux arrêtés pour non paiement
Source : - Données DGPIE
- Tableau : de la Cour des comptes

Au regard des observations du tableau n°11 ci-dessus, la majorité des travaux


arrêtés par les entreprises le sont faute de paiement. Le ministère du Budget refuse, à
bon droit, d’inscrire des lignes de crédits pour ces investissements qui n’ont pas été
programmés. La prise en charge budgétaires, à postériori, desdits investissements
pourrait s’expliquer par le fait que les administrateurs de crédits présentent des
arguments d’urgence (offrir aux populations de ces localités des prestations de santé)
et de début de construction effectif sur les sites. Les dossiers relatifs aux dits projets
d’investissement font l’objet de régularisations au niveau de la DGMP pour
l’obtention de l’avis de non objectionet de la DGB.
Observation 12 :
L’arrêt des travaux de ces établissements pour non paiement et non programmation dans le budget met en
exergue les effets pervers du préfinancement. Cette pratique irrégulière est source d’inefficacité de la dépense
publique.

Recommandation 9 :
Interdire la pratique des préfinancements des projets non inscrits dans une loi des financeset prévoir
l’application de sanctions à cet effet.

4. Un suivi défaillant de l’exécution des projets


Pendant la période d’audit, les vérificateurs ont pu constater, au regard des
différents documents fournis par la DGPIE, mais aussi au cours des vérifications sur
place (VSP), que de nombreux investissements commencés sont purement
abandonnés. Les causes en sont nombreuses, le préfinancement n’étant que l’une
d’entre elles (voir ci-dessus).
D’autres causes sont imputables à un département autre que la Santé. Il s’agit
du département financier ou budgétaire.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

En effet, des projets inscrits dans la loi des finances (initiale ou rectificative) se
retrouvent parfois annulés pour insuffisance de crédits, reprogrammés pour l’année
suivante sans motif valable ou, semble-t-il, sans aucune cohérence.
Les deux exemples ci-dessous illustrent cette situation. Il s’agit de :
 la construction de l’usine de médicaments, prévue en 2003 pour
500 000 000FCFA non exécutée, réinscrite et non exécutée en 2005 pour
3 500 000 000 francs CFA, réinscrite et exécutée en 2006 pour 2 000 000 000
de francs CFA.
 la construction du centre de santé de Nzeng-Ayong, inscrite et non
exécutée en 2009 à hauteur de 43 000 000 de francs CFA, réinscrite et annulée
pour le même montant en 2010 et ensuite exécutée en 2011 pour un montant
réévalué à 135 000 000 de francs CFA par rapport à la programmation initiale.
Le tableau n° 6 en annexe présente un échantillon des investissements
déprogrammés sur la période 2003-2011.
Il convient de rappeler qu’en matière de planification des investissements, la
Direction Générale de la Programmation des Infrastructures et des Equipements
(DGPIE) présente l’ensemble des doléances des différents services du ministère de la
Santé, après accord du ministre, pendant les conférences budgétaires. Après le vote
parlementaire, l’ensemble des projets suit le circuit imposé par les services financiers
de l’Etat. Ces derniers peuvent annuler ou reprogrammer ou réévaluer les projets en
fonction des priorités qu’ils déterminent. Les projets disposant de crédits non
engagés à la mi-octobre voyaient ces crédits basculés dans « une caisse de relance »
dont les tenants et les aboutissants échappent au département de la Santé.
Observation 13 :
L’exécution du budget diffère de celui inscrit dans les lois des finances (LFI-LFR) en investissements.
Cette situation freine l’efficacité et l’efficience des actions engagées par le ministère de la Santé pour garantir
à tous l’accessibilité aux soins.

Recommandation 10 :
Mettre en place une programmation budgétaire réaliste qui permet d’assurer le suivi optimal des
investissements.

58
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

3èmePARTIE : DES STRUCTURES


HOSPITALIERES QUI CONNAISSENT DE
GRAVES PROBLEMES DE
FONCTIONNEMENT
Au regard des développements présentés dans la deuxième partie de ce
rapport, des masses financières importantes ont été consacrées à la réalisation et à la
réhabilitation d’infrastructures sanitaires sur la période 2000-2011.Cependant, les
résultats obtenus ne sont pas toujours satisfaisants du fait de la conjugaison de
plusieurs facteurs tels que l’absence de planification, la programmation non réaliste
des investissements, l’exécution approximative des projets d’investissements
sanitaires.
L’évaluation des différents coûts du PNDS 2011-2015 prévoit que le budget
de fonctionnement en dépense de santé hors salaires, qui tourne autour de 30
milliards sur la période d’audit, soit augmenté de 36,8 milliards de francs CFA pour,
entre autres, couvrir les besoins des nouvelles constructions. Cette augmentation de
plus de 100% laisse apparaître que les budgets de fonctionnement successifs n’étaient
pas suffisants.
Pour qu’une structure sanitaire soit fonctionnelle, trois conditions sont
nécessaires :
 l’existence des équipements suffisants qui répondent aux normes de chaque
niveau de structure ;
 l’existence d’un personnel qualifié, motivé et en nombre suffisant ;
 la disponibilité des médicaments et des consommables médicaux en
quantité suffisante et en temps opportun.
Mesurer l’efficacité du programme de développement sanitaire au Gabon sur
la période 2000-2011, revient à évaluer la fonctionnalité des structures sanitaires
construites et réhabilitées, ce qui a pour corollaire le suivi des investissements.

I. L’EVALUATION DES EQUIPEMENTS


En dépit de l’existence de plusieurs structures construites et réhabilitées sur la
période d’audit considérée, de nombreux dysfonctionnements sous-jacents liés à des
problèmes d’équipement obèrent leur fonctionnement. Ces dysfonctionnements
concernent :
 l’absence d’une politique générale d’équipement et de maintenance des
équipements ;
 des équipements médicaux insuffisants ou non opérationnels ;
 des infrastructures sanitaires sans électricité, ni eau ;
 des marges de manœuvre limitées des structures.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

A. L’absence d’une politique générale d’équipement et de


maintenance des équipements
Sur la période de contrôle, l’examen des données budgétaires des équipements
réalisés montre que l’Etat a dépensé 20,5 milliards de FCFA (cf. annexe n°5) pour
l’acquisition des équipements hospitaliers répartis entre les équipements médicaux,
les mobiliers et matériel administratifs, ainsi que le matériel roulant pour le
fonctionnement optimal des structures sanitaires.
Or, les visites effectuées par la mission dans les régions et établissements
sanitaires montrent que les équipements sont pour la plupart obsolètes, vétustes,
défectueux et parfois inexistants.
Deux principaux facteurs sont à l’origine des dysfonctionnements observés. Il
s’agit de :
 l’absence d’une politique générale d’équipement ;
 l’absence d’une politique de maintenance des équipements.
En premier lieu, la mission a constaté l’absence de données sur l’état réel du
patrimoine hospitalier en matière d’équipement.
En effet, il ressort que le ministère de la Santé n’a la maîtrise ni de la quantité,
ni de la qualité des équipements dont disposent les structures sanitaires. Un
inventaire général n’a jamais été effectué dans ce sens. En l’absence d’une
identification de l’état du patrimoine en matière d’équipements hospitaliers, aucune
politique de maintenance ne peut être mise en œuvre.
Les équipements sont acquis sans une évaluation globale des besoins. Jusqu’à
ce jour, ces derniers sont établis sur la base d’un état dressé par chaque structure.
Leur maintenance n’est presque pas assurée, faute :
 de statistiques sur les interventions effectuées pour établir un état réel des
besoins en maintenance ;
 d’équipements de contrôle ;
 de budgets relatifs à la maintenance ;
 de techniciens biomédicaux qualifiés et disponibles.

Sur ce dernier point, il convient de faire observer qu’en dehors des centres
hospitaliers qui disposent d’un service de maintenance avec des effectifs très limités,
les autres structures font appel à la DGPIE. Or, à ce jour, la DGPIE ne dispose elle-
même que de trois ingénieurs dont un seul biomédical.
Par ailleurs, à l’exemple du projet ICUATRO réalisé en l’absence de toute
planification et de toute concertation avec le ministère de la Santé, l’achat d’autres
équipements sur la période 2000-2011 conforte l’observation relative à l’absence de
politique générale d’équipement. C’est le cas des équipements acquis dans le cadre
des investissements de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) par l’ANGT

60
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

(appareils d’hémodialyse, scanner, appareils de radiologie numérique) et entreposés


dans un hangar à l’air libre dans l’enceinte du Centre hospitalier Amissa BONGO. Ils
n’ont pas été installés à cause de la faible capacité actuelle du transformateur
électrique (600 KVA, alors qu’il en faudrait 1600).
Observation 14 :
L’absence d’évaluation de l’état des infrastructures sanitaires ne permet pas de mettre en place une
politique d’équipement et de maintenance appropriée.
 L’absence de suivi et de maintenance des équipements livrés par les partenaires VAMED et
Canadiens ne se justifie pas étant donné qu’ils assurent la direction technique des structures par eux
construites.

Recommandation 11 :
Appliquer de façon stricte les dispositions du contrat de gestion des structures construites par les
partenaires VAMED et Canadien relatives à la politique de maintenance, qui précisent que :<<le
gestionnaire organisera toutes les opérations de maintenance requises pour l’entretien des bâtiments et
équipements, dans le cadre des possibilités du budget de la gestion>>.

B. Des équipements médicaux insuffisants ou non opérationnels


Il ressort de l’évaluation des équipements sanitaires de l’ensemble des
structures hospitalières construites ou réhabilitées sur la période 2000-2011 que
plusieurs d’entre elles sont soit sous équipées, soit mal ou pas du tout équipées.
Pour les structures sous ou mal équipées, cette situation est essentiellement
liée à l’insuffisance des équipements. L’absence d’équipements dans certaines
structures sanitaires, quant à elle, s’explique entre autres par la non opérationnalité ou
la non livraison des équipements.
Des équipements insuffisants
A la lecture des rapports d’activité et à partir des visites sur place réalisées, il
apparaît, d’une part, que plusieurs structures ne disposent pas de tous les
équipements nécessaires pour un fonctionnement régulier et, d’autre part, lorsqu’ils
existent, tous les équipements nécessaires ne sont pas toujours fonctionnels.
Les équipements principalement concernés sont :
 les incinérateurs ;
 les appareils de stérilisation ;
 les centrales d’épuration ;
 les véhicules.
Les problèmes suivants ont été identifiés :
 un système de gestion des déchets biomédicaux défaillant ;
 l’absence des conditions d’hygiène hospitalière ;
 l’absence des moyens de déplacement ou de transport des malades.

61
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

a. Un système de gestion des déchets biomédicauxdéfaillant

Cette situation résulte de l’insuffisance des incinérateurs dans le milieu


sanitaire au Gabon. Toutefois, il convient de préciser que sur la période 2000-2011, la
question de la gestion des déchets biomédicaux a été en partie prise en compte même
si les résultats restent mitigés. En effet, la majorité des centres hospitaliers ont été
dotés d’incinérateurs de déchets sur cette période. Le tableau n°12ci-après présente la
situation de chaque structure qui en a bénéficié.

Tableau n°12 : Récapitulatif des structures dotées d’incinérateurs

Nom de la structure Etat de l’incinérateur observation


HIAOBO Fonctionnel RAS
CHU d’Angondjé Fonctionnel Mis à disposition des structures publiques
qui le sollicitent, mais le tri des déchets
doit se faire en amont. Cas du CHL
CHU de Libreville En panne Déchets transportés à HIAOBO ou à
ANGONDJE
CHR de Mélen En panne depuis 2 ans Loue les services d’un prestataire pour
l’enlèvement des déchets
CHR de Lambaréné Fonctionnel Souvent en panne à cause des problèmes
d’électricité
CHR de Franceville En panne En attente de pièces de rechange
CHR de Tchibanga Fonctionnel RAS
CHR de Mouila Fonctionnel RAS
CHR de Makokou Fonctionnel RAS
CHR de Port -Gentil En panne Loue les services d’un prestataire pour
l’enlèvement des déchets
CHR de Koulamoutou HS
CHR d’Oyem HS  Brûle les déchets au gasoil
actuellement dans l’incinérateur en
panne.
Conséquences : pollution du milieu
hospitalier et des alentours.
Sources : -Données : Direction des régions sanitaires
- Tableau Cour des comptes

Sur les 10 régions sanitaires que compte le Gabon, quatre (Sud-Est, Centre-
Est, Maritime et Nord) ne disposent pas à ce jour d’incinérateurs fonctionnels du fait
des pannes ou de l’obsolescence du matériel.
Pour la province de l’Estuaire qui compte deux régions sanitaires, la capacité
des deux incinérateurs fonctionnels ne permet pas de couvrir l’activité hospitalière
soutenue enregistrée dans cette zone.
Le système de santé gabonais présente une organisation pyramidale à trois
niveaux à savoir : central (CHU, CH), intermédiaire ou régional (CHR) et
périphérique ou départemental (CM, CS et dispensaire). Le besoin en incinérateurs
n’a été pris en compte qu’au niveau central et régional laissant de côté le niveau
départemental à l’exception de Ngouoni et Bongoville.

62
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Par ailleurs, de l’avis de l’expert biomédical commis par la Cour des comptes
dans le cadre de cet audit, les faiblesses enregistrées dans la gestion des déchets
biomédicaux ne s’expliquent pas seulement par le nombre d’incinérateurs
fonctionnels, mais également par l’absence d’une véritable gestion en amont (collecte,
tri, transport et destruction) des déchets dans chaque structure. A titre d’illustration,
le centre de santé urbain de Franceville est confronté aux problèmes de
conditionnement et d’acheminement des déchets biomédicaux pour incinération au
CHR Amissa BONGO de Franceville.

b. L’absence des conditions d’hygiène hospitalière


L'hygiène est un enjeu de santé publique. C’est un ensemble de mesures
destinées à prévenir les infections et l'apparition de maladies infectieuses. Elle se base
essentiellement sur trois actions, à savoir :
 le nettoyage et la détersion ;
 la désinfection ;
 la conservation.
S’agissant de l’insuffisance de traitement des eaux usées, les vérifications
effectuées montrent qu’en dehors de certains centres hospitaliers (CHL, certains
CHR, CM de BONGOVILLE) qui disposent de petites centrales d’épuration, les
autres en sont totalement dépourvues. En général, c’est le système d’assainissement
traditionnel qui est d’usage. Il a pour inconvénient de faire déverser dans la nature
des eaux infectées avec comme conséquence la pollution de l’environnement.
En ce qui concerne la faible stérilisation des structures, de l’avis de l’expert
biomédical commis par la Cour des comptes, elle s’explique par l’insuffisance ou
l’absence d’appareils de stérilisation et de désinfection dans les structures sanitaires.
En effet, il ressort des visites sur place que :
 tous les dispensaires ne disposent pas d’autoclaves de paillasse pour la
stérilisation du matériel ;
 les centres médicaux, à l’exception de Ngouoni et Bongoville, et les centres
de santé disposent de poupinelles qui sont actuellement prohibées ;
 les autoclaves de certains centres hospitaliers sont en panne (CHR d’Oyem,
CHR de Koulamoutou, CHR de Tchibanga, CHR de Mélen).

Quant au nettoyage des structures sanitaires, il apparaît qu’en dehors des


centres hospitaliers nationaux et régionaux qui disposent de ressources propres
susceptibles de couvrir les besoins en entretien, les autres fonctionnent sans ligne
budgétaire. C’est le cas surtout des centres de santé et des dispensaires qui sont très
souvent envahis par les hautes herbes. Il s’ensuit que le nettoyage et la détersion, qui
sont des niveaux basiques d’hygiène, ne sont pas assurés, faute de moyens
budgétaires.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Observation 15 :
Les conditions d’hygiène et de sécurité même les plus élémentaires ne sont pas souvent respectées dans les
établissements sanitaires au Gabon. Cette situation expose ces derniers à de graves risques de propagation
de maladies infectieuses et nosocomiales en raison surtout des traitements inadaptés des déchets
biomédicaux et des eaux usées.

Recommandation 12 :
 Effectuer des campagnes de formation et de sensibilisation en milieu hospitalier sur le tri et le
traitement des déchets biomédicaux.
 Fournir des incinérateurs en capacité suffisante dans chaque région sanitaire et les installer sur des
sites appropriés.
 Doter les structures sanitaires en matériel d’assainissement (débroussailleuse, tondeuse, sac poubelle,
poubelles adaptées, balai,…), en appareils de désinfection, en produits d’entretien et de désinfection.

c. L’absence de moyens de déplacement ou de transport des malades.


Les vérifications effectuées font ressortir, d’une part, l’absence de
l’implantation du SAMU dans les régions sanitaires autres que Libreville, et d’autre
part, l’insuffisance d’ambulances médicalisées pour le transport des malades d’une
structure à une autre et pour les évacuations sanitaires.

Observation 16 :
Les infrastructures sanitaires connaissent de graves problèmes de fonctionnement qui tiennent
essentiellement à des dotations en équipements et en ambulances insuffisantes.

2. Des équipements non opérationnels


Sur la période 2000-2011, plusieurs raisons peuvent expliquer l’existence
d’équipements non opérationnels :

 l’obsolescence du plateau technique ;


 le manque de personnels ou d’utilisateurs formés ;
 l’existence d’équipements qui ne répondent plus aux normes sanitaires.

a. L’obsolescence du plateau technique


Les visites effectuées sur place dans les différentes régions sanitaires ont
permis de mettre en exergue l’existence de structures fonctionnelles mais dont les
plateaux techniques sont défaillants du fait de l’obsolescence des équipements. A titre
d’exemple, les cas suivants ont été relevés :
- l’Hôpital Régional de Mélen, qui date de 1978, malgré quelques nouveaux
équipements reçus ;
- les hôpitaux canadiens, à savoir le CHR d’Oyem et le CHR de Mouila, avec
un matériel vieux de plus devingt (20) ans ;

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

- la première structure livrée en 2001 par VAMED, à savoir le CHR de


Koulamoutou, avec un plateau technique vieux de dix (10) ans ;
- plusieurs centres médicaux au titre desquels les centres médicaux de Bitam,
de Lastourville et de Mitzic. La moitié des dispensaires sont dans ce cas.

b. Le manque de personnels qualifiés


Tout en précisant que ce point fera l’objet de développements dans le point II
de cette troisième partie, il convient de retenir que plusieurs structures sont très
faiblement fonctionnelles du fait de la sous ou de la non utilisation des équipements
installés par manque de personnel ou d’utilisateurs formés ; ce qui les rend non
opérationnels. Ainsi, les centres médicaux de Ngouoni et Bongoville ne sont tous
deux fonctionnels à moins de 50 % malgré l’équipement « Hi-tech » qui y a été
installé. C’est le cas également pour les équipements de stérilisation du matériel de
laboratoire qui ne sont pas utilisés au CHR Georges RAWIRI de Lambaréné.
De l’avis de l’expert biomédical commis par la Cour des comptes dans le
cadre de cet audit, le risque auquel s’exposent ces structures est d’avoir des appareils
hors d’usage au démarrage des activités lorsque le personnel sera enfin formé.

c. Une gestion des équipements peu cohérente


En matière d’investissements hospitaliers, les structures ne font que
réceptionner les équipements commandés pour leur compte par la tutelle. L’analyse
des livraisons d’équipements sur la période d’audit met en exergue de nombreuses
incohérences dans la gestion de ces derniers. En effet, les dysfonctionnements
suivants sont relevés :

- les équipements sont livrés mais non mis en service ;


- les équipements sont livrés pour les structures non achevés ;
- les équipements sont acquis mais ne sont pas livrés aux structures
bénéficiaires.
Pour les équipements livrés mais non mis en service, les cas suivants ont été,
entre autres, observés :
- à l’hôpital de Mélen :
 l’équipement pour analyse de sang qui, faute de tension électrique
suffisante, ne fonctionne pas depuis 2010, année de livraison ;
 le matériel de stérilisation livré alors que le bloc opératoire était en cours
de construction ;
- à l’hôpital Amissa BONGO : scanner, hémodialyse, radiologie numérique
livrés en 2011 mais non installés à cause du sous calibrage du transformateur
électrique.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Les équipements livrés pour les structures non achevées concernent


notamment l’acquisition du matériel informatique pour la pharmacie régionale de
Makokou.
En ce qui concerne les équipements acquis mais non livrés aux structures
bénéficiaires, le tableau n°13 ci-après en fait la synthèse :
Tableau n°13 : Récapitulatif des équipements payés mais non livrés aux structures
STRUCTURES EQUIPEMENTS PAYES MAIS MONTANTS
ANNEE
BENEFICIAIRES NON LIVRES EN FCFA
CHR Georges 2010 Véhicule Bus Coaster 9 150 000
RAWIRI de 2010 Véhicule : Mitsubishi Pajero 26 000 000
Lambaréné 2010 Véhicule : Suzuki Alto 8 500 000

CTA Lambaréné 2008 Embarcation 27 000 000


2008 Mobilier de bureau 13 000 000
CHR Makokou 2010 Véhicule Bus Coaster (avance) 9 150 000
2010 Véhicule : Mitsubishi Pajero 26 000 000
2010 Véhicule : Suzuki Alto 8 500 000
CTA Oyem 2008 Achat d’équipement (lits, tensiomètres.) 11 416 000
2005 Achat d’équipement 40 051 000
Matériel non médical
PHARMACIE 2004 1 véhicule Toyota Hilux 29 950 000
REGIONALE 2004 1 véhicule 25 000 000
Franceville 2004 Equipement informatique 3 000 000
2006 Equipement informatique 3 000 000
2003 Equipements médicaux 70 000 000
Total 309 717 000
Sources : - Données : Compte de gestion TPG
- Mandatement par imputation
- Tableau Cour des comptes

C. Des infrastructures sanitaires sans électricité, ni eau


L’évaluation du fonctionnement des infrastructures hospitalières réalisées ou
réhabilitées sur la période 2000-2011, laisse apparaître qu’elles sont presque toutes
confrontées à des problèmes d’adduction d’Eau et/ou de câblage électrique affectant
ainsi leur fonctionnement.
Le tableau n°14 ci-dessous présente la situation des structures sanitaires par
palier ayant des problèmes d’eau et d’électricité.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Tableau n°14 : Récapitulatif des structures confrontées à la difficulté


d’approvisionnement en eau et électricité
PYRAMIDE INTITULE DES
OBSERVATIONS
SANITAIRE INFRASTRUCTURES
Niveau central Manquements : Groupe de relais sous
CHU d’Angondjé dimensionné
VAMED Problème d’alimentation en eau.
Conséquences : faible affluence des
malades, effets sur le système de
refroidissement du matériel technique de
l’institut de cancérologie
Niveau central CHUde Libreville Manquements : Coupures intempestives
d’électricité ;
Groupe électrogène de faible capacité ;
Approvisionnement en eau très faible et
irrégulier de la SEEG.
Conséquence : approvisionnement en eau
par les sapeurs pompiers et la GR
CHR de Mélen Manquements : Problème de câblage :
besoin de réhabilitation du réseau
électrique ;
Groupe de relais de faible capacité (250
KVA)
Conséquence : effets sur appareil à
ionogramme et à numération.
Niveau régional CHR Haut-Ogooué Manquements : Groupe de relais sous
VAMED dimensionné (600 KVA au lieu de 1600) ;
Transformateur en surchauffe ;
Problème d’alimentation d’eau, même si une
deuxième bâche d’eau a été construite et
ramène la capacité à 1 semaine d’autonomie
Conséquence : les équipements acquis lors
de la CAN (hémodialyse, scanner, et
radiologie numérique) non installés
CHR Moyen-Ogooué Informations non produites
CHR Ngounié Groupe surdimensionné ;
Réhabiliter le circuit d’adduction d’eau
CHR Nyanga Manquements : coupure d’eau et
VAMED d’électricité très fréquente ;
Groupe électrogène sous dimensionné
CHR Ogooué Ivindo RAS au regard du rapport d’activité
VAMED
CHR Ogooué-Lolo Manquement : 2 groupes électrogènes de
VAMED secours de faible capacité chacun, dont 1 en
panne ;
Problème d’eau, station de pompage en
panne. Existence d’une bâche de faible
contenance
CHR Ogooué-Maritime
Informations non produites
VAMED
CHR Woleu-Ntem Manquements : Groupe électrogène
CANADA surdimensionné mais présentant quelques
défaillances après 20 ans d’usage;

67
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Problème d’alimentation en eau. Bâche


d’eau de faible capacité 20.000 litres, soit un
(1) jour de couvert sur sept(7).
Centres médicaux Manquements : groupes électrogènes non
Niveau Centres de santé souvent fonctionnels ou pour ceux qui en
départemental ont.
Dispensaires CM subissent les problèmes de coupures
d’eau.
Pas d’eau dans les dispensaires.
Pas de bâche d’eau dans la plupart des
centres, excepté Ngouoniet Bongoville.
Sources : - Données rapports d’activité, VSP
- Tableau de la Cour des comptes

Les structures nationales et régionales construites par VAMED possèdent


toutes des groupes électrogènes de relais de faible intensité, contrairement à ceux
dont sont dotés les hôpitaux canadiens. Il est de la responsabilité de l’Etat de veiller à
une meilleure réalisation des équipements collectifs.
Il apparaît également que toutes les structures hospitalières du Gabon
connaissent des difficultés d’approvisionnement en eau et en électricité. Mais elles ne
sont pas toutes dotées de budget de fonctionnement pour pallier de telles
insuffisances qui nécessitent souvent d’énormes moyens. Dans ce domaine, elles
dépendent du pouvoir de décision de l’autorité centrale.
Observation 17 :

En dépit des efforts financiers consentis par l’Etat pour la construction et la réhabilitation des
infrastructures sanitaires, celles-ci s’avèrent peu fonctionnelles. Dépourvues pour la plupart d’entre elles
d’accès à l’eau et à l’électricité, dotées de plateaux techniques obsolescents et d’équipements qui ne
fonctionnement pas, ces structures ne sont pas en situation d’offrir des soins de première nécessité conformes
aux prescriptions médicales élémentaires.

Recommandation 13 :
 Faire un inventaire des équipements des structures sanitaires en dressant le bilan complet de leur
fonctionnement.
 Doter les infrastructures des moyens de base pour la maintenance de leurs équipements en tenant
compte des 5% requis sur le coût de l’investissement.
 Mettre en place un programme pour les cinq (5) années à venir en matière d’équipement en fixant
des priorités régionales de nature à assurer la couverture régionale et garantir l’accès aux soins de base.
Ce programme devra intégrer la gestion des personnels soignants et non soignants.

D. Les marges de manœuvre limitées des structures


Conformément au décret n° 0256/PR/MS du 10 juin 2011 portant attribution
et organisation des centres hospitaliers régionaux, les structures de références sont
dotées de l’autonomie de gestion financière. A ce titre, ces établissements bénéficient
de deux types de ressources, à savoir la dotation de fonctionnement accordée par
l’Etat, et les « fonds propres » de l’hôpital.

68
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

La dotation de l’Etat allouée à chaque structure permet d’assurer le paiement


des rémunérations des personnels qui y sont affectés et le versement des Services
professionnels internationaux (SPI) pour près de 75%. Le reste est affecté aux
activités de soins (médicaments, accessoires biomédicaux, fournitures et matériel de
bureau…).
Le tableau n°15 présente la répartition du budget desdites structures en 2011.

Tableau n° 15 : Récapitulatif de la répartition du budget de fonctionnement


par structures
Année 2011
% DE SPI
DOTATION BUDGET DE
RESSOURCES PAR
STRUCTURES DE L’ETAT FONCTIONNE- SPI/ANNEE
PROPRES RAPPORT
(DE°) MENT
A LA DE
CHU Angondjé
771 000 000 394 108 028 1 165 108 028 sans
(2012)
Hôpital Militaire/
3 683 335 000 2 000 000 000 3 685 335 000 1 038 836 000 28,2%
LBV Owendo (2002)
CHR Amissa
BONGO/Haut- 1 417 485 000 364 000 000 1 781 485 000 724 702 000 51,12%
Ogooué (2000)
CHR Georges
RAWIRI/Moyen- 1 050 991 000 600 000 000 1 650 991 000 649 000 000 61,75%
Ogooué (2006)
CHR Nyanga (2006) 1 138 685 000 265 577 594 1 404 262 594 649 000 000 56,99%
CHR
Makokou/Ogooué- 918 236 000 543 533 448 1 461 770 048 649 000 000 62,09%
Ivindo(2006)
CHR
PaulMoukambi/Ogo
1 285 861 000 413 629 790 1 699 490 790 669 077 000 48,31%
oué-Lolo
2001
En attente de
CHR POG 1 275 144 000 699 077 000
données
CHR Oyem
1 201 777 000 200 000 000 1 401 777 000 485 000 000 40,21%
(CANADA)/2001
CHR Mouila Plus de SPI
(CANADA)/2001 707 020 000 180 369 295 887 382 295 en 2011

TOTAL 12 425 074 000 4 962 218 155 15 136 020 455 4 379 615 000

Sources : - Données : Annexe LFR, état des mandatements par imputation


- Réponses aux questionnaires des hôpitaux
- Tableau de la Cour des comptes

Le tableau ci-dessus fait apparaitre que pour 9 structures hospitalières, le


Gabon dépense quatre milliards trois cent soixante-dix-neuf six cent quinze mille
(4 379 615 000) francs CFA par année au titre des honoraires de gestion par rapport
à un budget de fonctionnement de seize milliards (16) de francs CFA environ. Pour
certaines structures, cette SPI est versée depuis plus de 10 ans et ne se justifie plus,
car elle a été mise en place en vue d’un transfert de compétences qui, de l’avis des
auditeurs, n’a pas été effectif.

69
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Par ailleurs, il est constaté que la SPI varie de 40 à 60% des dotations allouées
par l’Etat aux structures sanitaires autonomes. Or, conformément aux conventions
qui lient ces structures à VAMED ou à la coopération canadienne, la SPI représente
des honoraires de gestion. Elle rémunère essentiellement trois (3) coopérants à
savoir, le directeur technique, le directeur financier et le directeur des soins infirmiers
dans certains cas. Un rapport de comparaison qui ne peut se justifier de prime abord,
au regard de la dette que le Gabon rembourse au titre de ces projets, de la faible
implication du personnel VAMED et canadien dans la gestion des activités
médicales, et dans la maintenance des équipements médicaux.
Quant aux ressources propres, il s’agit des recettes encaissées par
l’établissement en contrepartie des actes de soins pratiqués sur les patients. L’arrêté
n° 01496/MSASSF/MTEPSPG du 14 novembre portant modification de l’arrêté n°
00048/MSASSF/MTEPSPG 14 mars 2011 fixant les modalités de gestion des
recettes propres des formations du service public de santé en République
Gabonaiseles repartit de la manière suivante :
 45% pour les charges sociales dont la prime de responsabilité, la prime de
garde et les quotes-parts ;
 35% pour le fonctionnement ;
 20% pour l’investissement.

Cette répartition réduit les marges de manœuvre budgétaires de ces structures


en matière de fonds propres. Aussi, la partie des fonds propres destinée à
l’investissement sert-elle à réaliser des investissements d’urgence (toitures arrachées
par exemple suite à des intempéries ou l’achat de petits équipements). La part
attribuée au fonctionnement est, entre autres, utilisée pour rémunérer des journaliers
embauchés par l’établissement (brancardiers, filles de salle, manœuvres), le tout sur
approbation de la hiérarchie.
Observation 18 :
Les établissements sanitaires ne disposent pas de ressources propres suffisantes pour assurer le
fonctionnement courant, dès lors que leurs dotations couvrent à peine les charges de personnel. Ils sont ainsi
dans l’incapacité de financer des projets d’investissements, lesquels demeurent du ressort de la tutelle. Dans
ces conditions, ces établissements, quoique juridiquement dotés de la personnalité morale, ne disposent, en
réalité, d’aucune autonomie budgétaire.

Recommandation 14 :
La situation, objet de l’observation ci-dessous, requiert que l’affectation des ressources financières soit revue
à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.

70
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

II. UNE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES PEU


PERFORMANTE
La gestion des ressources humaines, essentielle dans tout type de structure,
revêt une dimension particulière en matière sanitaire, dès lors que la qualité de l’offre
de soins est intimement liée à la qualité et à la quantité des personnels soignants et
non soignants.
Sur la période allant de 2000 à 2011, en moyenne, la moitié du budget de
fonctionnement affecté à la santé est consacrée au versement des salaires. A titre
d’exemple, sur un budget de fonctionnement de soixante et onze (71) milliards de
FCFA en 2010, tente et un (31) milliards représentaient la quote-part allouée aux
salaires.
L’analyse de la situation sur la période d’audit a permis de déceler
l’inadéquation des ressources humaines hospitalières aux besoins du système sanitaire
et la vacance de nombreux postes.

A. L’inadéquation des ressources humaines aux besoins du


système sanitaire
En 2011, le personnel médical, selon les données du ministère de la Santé,
s’établissait autour de 9500 agents environ, pour le secteur public dont près de 50%
sont affectés dans la région sanitaire Libreville-Owendo.
Ce chiffre est approximatif, car le fichier relatif aux données sur les effectifs,
affectations, mutations n’est pas actualisé en ce qui concerne les postes réellement
occupés, les départs à la retraite, les décédés, les <<déserteurs>> ou les
démissionnaires. Pour y remédier, un audit des effectifs a été initié par le ministère de
la Santé depuis le mois d’avril 2011 dont les résultats sont attendus pour la mi-juillet
2013 au plus tard.
Devant cette incertitude, la Cour observe qu’aucune adéquation des
ressources aux besoins n’est réellement menée. Dans ces conditions, l’affectation des
personnels ne fait l’objet d’aucune programmation. Les affectations sont décidées
sans aucune transparence sur les critères appliqués et sur les priorités affichées.
Aucune précision n’a été donnée sur les conditions dans lesquelles le ministère
accorde un quota de postes aux directeurs des régions sanitaires (DRS), puisque ces
postes ne sont corrélés à aucun besoin identifié.
A l’exception des médecins directement affectés par la centrale, pour les
structures de sa région, le DRS décide des affectations du personnel médical mis à sa
disposition, mais n’en informe pas systématiquement la direction des ressources
humaines (DRH).

71
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

B. La vacance de nombreux postes


Le diagramme n°5 ci-après présente la répartition des agents publics par
région sanitaire

Diagramme n° 5 : Répartition des agents publics par région sanitaire

Nord
Maritime 8%
4%
Centre-Est
Est 5%
3%
Sud-Ouest
3% LBV/Owendo
Centre-Sud 48%
6%
centre
4%
Sud-Est
9%
Estuaire -Ouest
10%

Source : - Ministère de la Santé


- Diagramme de la Cour des comptes

L’inégale répartition des personnels de santé sur le territoire national retracée


dans le diagramme ci-dessus profite essentiellement à la province de l’Estuaire et,
dans une moindre mesure, à celles du Haut-Ogooué et du Woleu-Ntem.
Pour la région Libreville-Owendo, le pourcentage observé (48%) tient compte
de la densité de la population d’une part, et du nombre de structures sanitaires de
référence qu’elle possède, d’autre part. Toutefois, ce pourcentage cache également
l’existence de structures en sureffectifs pour certaines catégories de personnel et en
sous effectifs pour d’autres.
La Cour relève que certaines structures telles que le CHU d’Angondjé et le
CHU de Libreville sont en sureffectif en ce qui concerne les médecins généralistes
(environ 99 selon les données de la DGRH du ministère de la Santé) et les infirmiers
assistants. En revanche, plusieurs structures à l’instar des centres médicaux de Bitam,
Mitzic et Medouneu sont restés pendant plus de deux ans sans médecins.
Les trois quart (¾) des dispensaires, quant à eux, fonctionnent avec un
infirmier assistant ou des infirmiers élémentaires. Or, la norme relative au personnel
devant exercer dans ce type de structure prévoit la présence d’un infirmier d’Etat.

72
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

En outre, les infirmiers assistants ou élémentaires ne sont pas habilités à


effectuer certains actes de soins tels que les injections intraveineuses. Or, le constat
sur le terrain met en exergue une toute autre réalité susceptible de mettre en péril la
sécurité sanitaire des populations.
La Cour relève que cette situation de sous effectif résulte essentiellement des
problèmes liés à la formation.
Les écoles de formation des agents et administrateurs de santé sont :
 La Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) qui forme la
majorité des médecins généralistes Gabonais. Les chirurgiens, les gynécologues et les
pédiatres y reçoivent une partie de leur formation qu'ils complètent à l'étranger. Elle
forme également des sages-femmes, des techniciens supérieurs de biologie médicale et
d'anesthésie. Malgré l’existence de cette faculté, l’examen de la situation des effectifs
sur la période d’audit fait ressortir l’insuffisance de médecins dans certaines spécialités
(médecine d’urgence, gynécologie obstétrique, anesthésie–réanimation,
neurochirurgie…), de sages-femmes ainsi que des techniciens supérieurs de biologie
médicale et d’anesthésie ;
 L'ENASS qui formait le personnel paramédical (infirmiers diplômés
d'Etat, infirmiers assistants, adjoints techniques de laboratoire, de radiologie, adjoints
techniques dentaires, préparateurs en pharmacie, techniciens, adjoints techniques de
génie sanitaire et d'hygiène publique) ainsi que des adjoints d'administration sanitaire,
des adjoints techniques de statistiques et des secrétaires de santé a été fermée sur
décision gouvernementale, car le Ministre de l’époque a considéré que la formation
était inadéquate par rapport aux besoins, ce qui mettait en cause la qualité de la
formation. Cette situation a conduit à l’ouverture de l’INFASS en 2011, qui a pour
vocation la formation des infirmiers accoucheurs et infirmiers polyvalents. Mais la
DRH n’a aucune relation avec cette école.
En dépit des formations assurées par ces écoles et depuis la fermeture de
l’ENASS, un déficit manifeste en infirmiers d’Etat reste d’actualité. Cette insuffisance
est perceptible dans l’ensemble des structures hospitalières mais surtout dans les
dispensaires ;
 L’école militaire sanitaire du Maroc, qui forme les médecins militaires ;
 L'ENA, quant à elle, forme des administrateurs de santé, tandis que l'EPCA
forme des attachés d'administration sanitaire.
Par ailleurs, le personnel formé n'est pas recruté en totalité par le ministère de la
Santé publique du fait de l'insuffisance des postes budgétaires.
Aussi, les concours ne sont-ils pas planifiés par la direction des ressources
humaines (DRH) du fait de la non maîtrise du nombre de personnel à recruter. Il n’y
a pas de précision sur les conditions dans lesquelles les quotas sont fixés.

73
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Observations générales :
 La formation et la gestion du personnel sanitaire et hospitalier ne
sont pas organisées et n’obéissent à aucune orientation stratégique. Il en
résulte des situations d’inégalité de l’offre des soins tant en qualité qu’en
quantité mettant potentiellement en danger la santé des populations.
 L’insuffisance de médecins dans certaines spécialités ne permet pas
à l’ensemble des centres hospitaliers régionaux de fonctionner à pleine
capacité et entraîne de facto les évacuations sanitaires sur Libreville.
 Le manque criard d’infirmiers d’Etat (B1) a pour conséquence le
non respect des normes sanitaires en matière d’affectation du personnel de
soins qualifiésdans les dispensaires.
Recommandations générales :
 Dresser un bilan des ressources humaines par structure et spécialité.
 Mettre en place un plan de gestion des personnels cohérent.
 Elaborer un plan de formation sur cinq (5) ans qui intègre prioritairement les
besoins en médecins spécialistes, en infirmiers d’état (B1) et en biomédicaux.
 Pour les médecins spécialistes, signer des conventions avec certains pays
pour couvrir le déficit dans ce domaine à court terme.
 Redéployer les infirmiers assistants et les médecins généralistes disponibles
en grande quantité dans certaines structures de Libreville.
 Augmenter le nombre de postes budgétaires nécessaires à la couverture des
besoins.
 Améliorer les conditions d’exercice en prévoyant un système de
compensation qui tienne compte des niveaux de formation et de l’éloignement.

III. UNE GESTION INEFFICACE DES MEDICAMENTS ET


DES CONSOMMABLES MEDICAUX

A. Le contexte
Le rapport général sanctionnant les états généraux de la santé, tenus à la Cité
de la Démocratie de Libreville du 29 mars au 1er avril 2005, identifie, entre autres, les
problèmes liés à la gestion des médicaments et propose des orientations stratégiques
sur cette question.
S’agissant des problèmes identifiés, il s’agit de :
 la rupture fréquente des stocks des médicaments essentiels, des génériques
du petit matériel et autres consommables ;
 l’usage irrationnel des médicaments ;
 l’automédication abusive.

74
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Quant aux orientations stratégiques, il s’agit de :


 rendre l’OPN autonome ;
 construire des pharmacies régionales ;
 instaurer la participation communautaire ;
 rationaliser les prescriptions médicales dans les formations sanitaires ;
 réviser la liste des médicaments essentiels.
Les investigations menées au cours de cet audit permettent de constater que :
 depuis la prise du décret n° 1375 du 28 novembre 2011 portant
attribution et organisation de l’Office Pharmaceutique National, soit six
ans après la tenue des états généraux de la santé, l’Office Pharmaceutique
National (OPN) est désormais un établissement public sous tutelle du
ministère de la Santé et doté de l’autonomie administrative et financière.
Ce décret érige également l’OPN en centrale d’achat.
Il convient tout de même de préciser que cette autonomie pose des problèmes
dans certaines régions sanitaires où les responsables des pharmacies régionales
pensent ne plus avoir de comptes à rendre aux directeurs des régions sanitaires. Or
l’OPN, même s’il est autonome, demeure sous tutelle du ministère de la Santé. Le
DRS étant le représentant du ministre en province, l’antenne régionale de l’OPN ne
pourrait se soustraire de cette tutelle.
 sur la période 2000-2011, les moyens ont été mis en place pour la
construction des pharmacies régionales. Le tableau n° 16 ci-dessous
présente l’état des dépenses ventilées par projet :

Tableau n° 16 : Récapitulatif des montants consacrés à la construction des


pharmacies régionales

Constructions Pharmacies Régionales Montants en FCFA


EXTENSION PHARMACIE DE Franceville 100 000 000
RS Moyen.Ogooué (PHARMACIE REGIONALE) 124 968 768
RS Ngounie (PHARMACIE REGIONALE) 75 000 000
RS NYANGA (PHARMA REGIONALE) 104 972 000
RS OG. IVINDO (PHARMACIE REGIONALE) 275 000 000
RS OG. LOLO (PHARMACIE REGIONALE) 150 948 860
RS OG. MARITIME (PHARMACIE REGIONALE) 64 994 852
RS W-NTEM (PHARMACIE REGIONALE) 75 000 000
TOTAL 970 884 480

Sources : - Mandatements par imputation


- Comptes de gestion du TPG

75
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

A la lecture du tableau n° 16, l’orientation qui a permis de doter chaque


province d’une pharmacie régionale a coûté à l’Etat environ 1 milliard de FCFA.
Aussi, les visites réalisées sur place dans les provinces font-elles ressortir qu’en
dehors de la pharmacie régionale de Makokou qui n’a pas été construite en dépit des
paiements effectués pour sa construction, les autres régions sanitaires ont été dotées
de pharmacies régionales entre 2005 et 2011. Les auditeurs relèvent néanmoins
qu’elles ne sont pas toutes fonctionnelles à 100% faute de personnel qualifié chargé
de l’animer ;
 l’instauration de la participation communautaire, la rationalisation des
prescriptions médicales dans les formations sanitaires et la révision de la
liste des médicaments essentiels, restent d’actualité. Il est à relever que dans
ces domaines, ces orientations ne sont pas accompagnées d’un plan
d’actions associé à des indicateurs de suivi, éléments essentiels pour
s’assurer des actions menées.
Dans le souci de réduire les coûts d’acquisition et les délais de livraison des
médicaments, l’Etat a également investi sur la période 2000-2011 six milliards trois
cents quarante millions (6 340 000 000) de francs CFA pour la construction d’une
usine de médicaments. Des investigations menées, il ressort que deux usines existent,
l’une implantée dans la zone industrielle d’Oloumi et l’autre dans la commune
d’Owendo. Aucune n’est fonctionnelle à ce jour, ce qui se traduit par l’inefficacité de
la dépense publique.
Outre la mise en œuvre des résolutions des états généraux de la santé tenus en
2005 et le financement d’une usine de médicaments, la Cour relève que les
principales insuffisances liées à la gestion des médicaments demeurent :
 la faiblesse des moyens mis à la disposition de l’OPN pour ravitailler les
différentes structures ;
 la procédure contraignante des commandes ;
 la faiblesse dans la procédure de distribution de l’OPN qui a des
conséquences sur le bon fonctionnement des structures, en raison des ruptures ou de
l’absence d’approvisionnement observées et des dates de péremption souvent trop
proches.

B. L’insuffisance des dotations budgétaires en <<médicaments>>


La distribution des médicaments au niveau de l’OPN se fait trimestriellement,
alors que les pharmacies régionales effectuent une distribution semestrielle.
Néanmoins, l’OPN n’a pas vocation à commander l’ensemble des
médicaments pour toutes les structures. En effet, par arrêté du Ministre de la Santé,
65 % des médicaments commandés par l’OPN sont affectés, à titre gratuit, aux
structures qui ne disposent pas de ligne budgétaire en médicaments et 35 %
concernent des structures qui gèrent un budget correspondant à l’achat des
médicaments. Ces structures doivent mettre, en principe, les crédits correspondants à
la disposition de l’OPN.

76
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Sur la période 2000-2011, les vérifications effectuées ont permis de relever, en


matière d’approvisionnement, des ruptures fréquentes des stocks de médicaments et
des consommables médicaux, des retards dans la livraison, des livraisons non
satisfaisantes en quantité, la non livraison à certaines structures publiques
essentiellement les centres de traitement ambulatoire (CTA). Pour leur
approvisionnement en antirétroviraux les responsables des CTA provinciaux sont
obligés d’effectuer le déplacement sur Libreville.
Pour pallier les dysfonctionnements à l’origine de la pénurie des médicaments
dans les services publics de santé, l’Office Pharmaceutique National, principale
centrale d’achat de médicaments et de matériel médical, a vu sa dotation budgétaire
pour l’achat des médicaments croître ces cinq dernières années dont :
 1,53 milliards de francs CFA en 2009 ;
 1,17 milliards de francs CFA en 2010 ;
 1,3 milliard de francs CFA en 2011 ;
 2,7 milliards de francs CFA en 2012 ;
 3 milliards de francs CFA en 2013.

Ce renforcement des dotations en médicaments de l’Office vise d’une part à


répondre efficacement aux besoins des 650 structures sanitaires publiques, et d’autre
part, à pérenniser la politique de distribution gratuite du médicament sur l’ensemble
du territoire.
De l’avis des responsables de l’OPN, en dépit de cet accroissement,
l’enveloppe budgétaire mise à sa disposition demeure insuffisante, au regard des
besoins exprimés par les structures et qui se chiffrent à environ quinze (15) milliards
de francs CFA par an, d’après le rapport 2010 relatif à l’audit du médicament, soit un
écart de douze (12) milliards de francs CFA. Dans ces conditions, l’OPN est
conduite à opérer des arbitrages qui portent en priorité sur les médicaments de
référence1 qui relèvent des endémies et pathologies récurrentes.
Cette situation explique, d’une part, les ruptures de stocks observées dans
l’ensemble des structures et, d’autre part, le fait que l’OPN supporte des créances
impayées évaluées à un milliard cinq cent soixante millions trois cent cinquante-trois
mille sept cent trente-neuf (1 560 353 739) francs CFA.
En principe, 70 % du budget en médicaments des structures départementales
doivent être consacrés à l’achat des médicaments et consommables à l’OPN. Mais en
réalité, les structures procèdent à des commandes supérieures à 30 % dudit budget
vers d’autres centrales d’achat, sauf en cas de rupture de stocks.
Dans ces conditions, l’OPN n’est pas en mesure de connaître les commandes
passées directement par les structures ou les dons en médicaments dont elles peuvent

1Produits dits <<traceurs>>, conformément aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la


Santé.

77
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

bénéficier. Il s’exposerait ainsi au risque de double commande de sa part face à


l’initiative des structures locales.
Ce risque est réel en raison de la constitution technique des produits et des
normes applicables (plusieurs produits peuvent correspondre à la même pathologie)
en matière d’achat de médicaments. A défaut, la commande d’un produit peut être
passée alors que l’établissement dispose de l’équivalent en stock.
Cette situation expliquerait le fait que l’OPN possède en stock des
médicaments achetés non distribués dont certains seraient proches de la date
péremption.
Selon les directeurs des centres hospitaliers et des centres médicaux
bénéficiant d’une dotation en médicaments, cette dotation ne permet de couvrir
qu’environ 8 mois sur 12.

Observation 19 :
Le budget en médicaments alloué à l’OPN et aux structures, afin de garantir l’accès de tous aux soins,
demeure insuffisant au regard du niveau de vie des populations, surtout des plus vulnérables.

Recommandation 15 :
Il ne doit pas être procédé à une simple reconduction des lignes de crédits année après année comme le
présentent les annexes explicatives aux lois de finances ; il faut tenir compte des variations
démographiques et du taux de fréquentation des structures.

C. Une procédure contraignante de commande des médicaments


et consommables médicaux qui doit être améliorée
En vue de l’acquisition des médicaments et des consommables médicaux,
l’OPN s’appuie sur les besoins exprimés par les directions régionales de santé qui
sont chargées de centraliser les demandes de toutes les structures relevant de leur
compétence. Après exploitation de ces données, l’OPN procède au lancement d’un
appel d’offre international ouvert qui ne s’effectue que tous les deux (2) ans. La mise
en concurrence concerne, essentiellement, 25 fournisseurs pour 400 références
environ.
En réalité, il est difficile pour l’OPN d’ajuster le niveau des commandes.
L’OPN n’a pas les moyens de connaître les statistiques sur les médicaments
réellement consommés ; les seules statistiques portent sur les médicaments distribués.
L’absence de cette donnée ne permet pas une juste appréciation de l’évaluation des
besoins réels. Ainsi, le plus souvent, les commandes de l’année reprennent les
niveaux de l’année précédente sur la base de la consommation moyenne semestrielle
de chacune des structures. De plus, il n’existe pas de comité de quantification au
niveau national qui pourrait participer à évaluer des commandes à des niveaux plus
adaptés.
De plus, en dehors de l’hôpital militaire et des CHU, les centres hospitaliers
consacrent 70 % de leur budget en médicament à l’achat via l’OPN. Les 30 % restant
sont réservés à d’autres prestataires dont essentiellement MEDILAB, COPHARGA,
PHARMAGABON et WOMPHARMA.

78
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Cette procédure est très restrictive et peut amener l’établissement à être


confronté à une pénurie de médicaments, faute d’avoir un accès limité à d’autres
fournisseurs. Serait en cause, la procédure de commande publique qui ne permettrait
pas d’être lié à plusieurs fournisseurs.
Pour éviter d’aboutir à une situation extrême de pénurie, la solution adoptée
est pragmatique : en cas d’urgence, l’établissement passe des commandes avec des
fournisseurs, sans être lié à eux contractuellement ; le paiement se fait avec l’accord
de l’agent comptable. En d’autres termes, une certaine libéralisation s’impose dans ce
secteur.

D. Une gestion subie des médicaments périmés


Il ressort des entretiens avec les responsables des structures et des régions
sanitaires que près de la moitié des médicaments livrés le sont avec une date de
péremption très proche. Ces propos ont été confortés par l’examen des bons de
livraison détenus par les pharmacies régionales. Cette situation amène les structures
bénéficiaires de ces produits à procéder à une gestion des périmés qui n’est pas
souvent prévue. En effet, en cas de produits périmés ceux-ci doivent être retournés à
l’OPN. Or, faute de moyens pour le faire, chaque structure essaie de mettre en place
une stratégie de gestion (enterrer, détruire…).
Par ailleurs, les structures bénéficient de dons en médicaments sans que
l’OPN en soit informée. Il arrive également que ces médicaments soient livrés avec
une date de péremption très proche. C’est par exemple le cas de l’hôpital de Nkembo
dont le responsable a dû procéder à la destruction d’un stock de 20 000 glucosés
reçus en don. De l’avis des vérificateurs, une telle pratique n’est pas sans effet sur
l’environnement.
Au terme des analyses effectuées sur la gestion des médicaments, la Cour
aboutit, de façon globale, aux observations et recommandations suivantes :
Observations générales :
 l’insuffisance des moyens affectés à l’OPN pour couvrir l’ensemble des structures
sanitaires ;
 de nombreuses faiblesses en matière de gestion des médicaments qui affectent
l’ensemble des infrastructures de santé, ce qui nuit gravement à leur bon fonctionnement
et à la qualité des soins offerts.

Recommandations générales :
 Réajuster les moyens mis à la disposition des structures et de l’OPN pour tenir
compte de la densité des populations par zone.
 Revoir la procédure de commande publique et de distribution des médicaments afin
de garantir l’égal accès aux soins primaires et rendre plus efficace la gestion des moyens
budgétaires alloués dans ce secteur.
 Réduire les délais de livraison des médicaments et des consommables médicaux
pour éradiquer le problème lié à la gestion des périmés.
 Mettre en place, au niveau de l’OPN, des mécanismes de destruction des
médicaments périmés sur toute l’étendue du territoire.
 Mettre en place un comité de quantification au niveau national pour l’évaluation des
besoins en médicaments.

79
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

4èmePARTIE : L’IMPACT DES


INVESTISSEMENTS SUR L’ACCES ET LA
QUALITE DES SOINS OFFERTS
Par son adhésion aux différentes initiatives aussi bien nationales
qu’internationales, les autorités gabonaises ont montré leur volonté d’améliorer les
conditions sanitaires des populations.
Ces efforts sont inhibés par les dysfonctionnements du système de santé, en
raison d’une gouvernance médiocre, une offre de soins insuffisante, des technologies
pour la santé peu satisfaisantes, des ressources humaines en santé de qualité
moyenne, un financement de la santé en deçà des critères de l’OMS, une recherche
en santé peu structurée.
I- L’EVALUATION GLOBALE
Les investissements hospitaliers avaient pour objet le développement des
structures de soins curatifs.
Pour la période 2000-2011, sur 39 structures sanitaires construites, seules 20
sont fonctionnelles et 15 ne le sont pas à ce jour.
Malgré l’accroissement du nombre de structures sanitaires publiques, sur la
période considérée, il apparaît que l’offre de soins reste limitée à cause des problèmes
liés à la planification et à la programmation des infrastructures avec pour
conséquence des dysfonctionnements dans le fonctionnement des structures tant au
niveau des équipements, des médicaments que des effectifs.
L’accroissement du nombre de structures observé sur la période d’audit est
différemment appréhendé au regard de la norme ratio hôpitaux par habitant selon
qu’il s’agisse de l’OMS ou de la réalité gabonaise.
Le tableau n° 17 ci-après présente le ratio hôpitaux par habitant selon les
normes OMS et nationales.
Tableau n° 17: Ratio hôpitaux par habitant
Population Nombre Nombre Nombre
Moyenne sur d’hôpitaux d’hôpitaux actuel
provinces
la période Norme OMS Norme Gabon d’hôpitaux
2000-2011 1/150 000 1/15 330
Estuaire 662 028 4 43 8
Haut-Ogooué 228 471 1 14 1
Moyen-Ogooué 60 990 0 3 2
Ngounie 101 415 0 6 2
Nyanga 50 297 0 3 1
Ogooué-Ivindo 64 163 0 4 1
Ogooué-Lolo 64 534 0 4 1
Ogooué-Maritime 128 774 0 8 2
Woleu-Ntem 157 013 1 10 1
Total 6 94 19
Source : - Carte Sanitaire du ministère de la Santé
- Tableau de l aCour des comptes

80
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Il ressort en substance de ce tableau qu’au regard de la norme OMS


(1/150000) relative au ratio hôpital par habitant, le Gabon ne devrait disposer que de
six (6) structures hospitalières. Sur la période d’audit considérée, le gouvernement a
réalisé cinq (5) centres hospitaliers qui viennent s’ajouter aux quatorze (14)
préexistants. En cumulant, le Gabon est largement au-dessus de la norme OMS qui,
de l’avis de la Cour, semble non pertinente au regard de réalités locales.
A contrario, la norme gabonaise d’un hôpital pour 15330 habitants prévoit
que le Gabon doit construire 94 structures pour couvrir les besoins en santé de sa
population. Or, sur la période 2000-2011, seuls cinq hôpitaux ont été construits et
viennent compléter les quatorze (14) existants. Soit un total des dix-neuf (19)
hôpitaux largement en deçà des besoins.
La norme gabonaise, quoique pertinente, est consommatrice de crédits et à
l’évidence, pas optimale et non réaliste.
A ce jour, le pays compte environ 959 structures de soins dont 650 publiques,
depuis les cases de santé jusqu’aux hôpitaux nationaux, tous secteurs de santé
confondus. Il existe près de 700 structures de premier contact entre la population et
le système de santé (dispensaires, infirmeries, cabinets de soins), 6 hôpitaux
nationaux dans la région sanitaire Libreville-Owendo et 9 centres hospitaliers
régionaux, le reste est réparti entre les centres de santé, les centres médicaux, les SMI,
les CTA.
D’après le ministère de la Santé, la capacité litière est estimée à environ 4000
lits pour l’ensemble du système de santé, soit un ratio de 25 lits pour 10 000
habitants.
Cette moyenne cache, en réalité, les déséquilibres de l’offre de soins de la
majorité des structures du premier niveau de la pyramide sanitaire qui présentent des
insuffisances en équipements renforcées par des problèmes de maintenance
(inexistante dans la plupart des cas, faute de crédits) et des difficultés liées à
l’alimentation en eau et en électricité.
L’impact de l’augmentation de la capacité litière n’est donc pas mesurable en
raison du caractère peu ou pas opérationnel des structures de premier niveau de
contact avec la population.
Par ailleurs, sur la période 2000-2011, selon les documents budgétaires, le
ministère de la Santé a effectué des réfections et des réhabilitations sur 82
structuresenviron. Mais l’évaluation d’une réhabilitation reste difficilement mesurable
cinq (5) ou dix (10) ans après.
Or, l’état actuel des infrastructures montre que de nombreux dispensaires sont
fermés et/ou ne répondent à aucune norme, les centres médicaux sont
majoritairement dans un état de décrépitude avancée, des CHR en état de
vieillissement précisément ceux de Mouila et d’Oyem.
De l’avis du ministère de la Santé, la reconstruction de ces deux CHR en structure de 3ème
génération serait planifiée.

81
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Observation générale :
Des crédits importants ont été dépensés pour améliorer l’accès aux soins de la
population avec la construction et la réhabilitation des structures de soins de
proximité sur toute l’étendue du territoire. Cependant, au regard de tous les
dysfonctionnements relevés dans le présent rapport, la Cour estime que cet
objectif n’a pas été atteint.

Recommandation générale :
Procéder à une planification des investissements axée prioritairement sur la
densité de la population.

II. DES STATISTIQUES PEU FIABLES ET INCOMPLETES


Le système de santé gabonais a une organisation pyramidale à trois niveaux :
1- Le niveau central ou niveau stratégique qui comprend l’ensemble des
directions centrales, y compris les programmes, les instituts et les structures de soins
et de diagnostics de référence ;
2- Le niveau intermédiaire ou niveau d’appui technique qui est essentiellement
composé de dix (10) directions régionales de santé et de neuf (9) hôpitaux ou centres
hospitaliers régionaux implantés dans les chefs-lieux des régions. Ces centres
régionaux servent de référence aux structures de premier niveau de la pyramide
sanitaire ;
3- Le niveau périphérique ou niveau opérationnel appelé département sanitaire
qui est le premier niveau de la pyramide sanitaire et est composé des centres
médicaux, des dispensaires, des centres de santé de district ou urbains et des cases de
santé. Le centre médical implanté au niveau du chef-lieu du département sert de
référence à ce niveau. Le pays compte 52 départements sanitaires.
L’information sanitaire doit donc partir de la périphérie pour le centre, en
passant par le niveau intermédiaire.
Or, pour des raisons structurelles, l’information sanitaire n’est pas collectée
opportunément. Les statistiques recueillies ne sont pas centralisées correctement.
Le déficit important en information sanitaire de l’ensemble du système de
santé a été identifié comme un goulot d’étranglement majeur. Le PNDS propose,
d’une part, l’organisation de l’ensemble du dispositif du système national
d’information sanitaire et, d’autre part, une dynamisation de l’ensemble du système
d’information.
Le cadre institutionnel en la matière est précisé par la loi n° 12/95 du 14
janvier 1995 portant orientation de la politique de santé en République Gabonaise, du
décret n° 000488/PR/MSPP du 30 mai 1995 portant création des régions sanitaires, du
décret n° 1158/PR/MSPP du 04 septembre 1997, fixant les attributions et l’organisation du
Ministère de la santé Publique et de la Population, ainsi que par les arrêtés

82
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

n°00097/MSASSF/CAB du 31 janvier 2012 et n° 000581/MSASSF/CAB du 26 octobre


2010 portant respectivement sur les Comités de santé et sur les Equipes Cadres de Santé. Ce
dispositif légal constitue déjà une base minimale pour collecter une information sanitaire de
bonne qualité.
Pour des raisons d’insuffisance de crédits budgétaires, d’absence des
compétences professionnelles du personnel et de défaillance du matériel
informatique et roulant, les statistiques sanitaires collectées restent insuffisantes et de
qualité médiocre.
Pour concevoir une politique consciente et cohérente de santé, il convient de
disposer de l’information sanitaire sans laquelle aucune carte sanitaire ne peut,
objectivement, être projetée.
Cette situation explique, en partie, les dysfonctionnements observés dans le
système de santé gabonais qui demeure incapable de produire des résultats à la
mesure des ressources engagées.
Observation générale :
L’absence d’une information sanitaire suffisante et cohérente ne permet pas
d’élaborer une carte sanitaire fiable engendrant ainsi une planification et une
programmation des investissements hospitaliers non rigoureuses.

Recommandation générale :
Doter les régions sanitaires en moyens matériels et financiers adéquats pour
collecter l’information sanitaire et assurer sa transmission au niveau central.

III. UN SYSTEME D’INFORMATION SANITAIRE EN


CONSTRUCTION : LE SNIS
En février 2012, le ministère de la Santé, des Affaires Sociales, de la Solidarité
et de la Famille a procédé à une évaluation de son système d’information sanitaire.
Cette étude a abouti à des recommandations importantes relatives au plan
organisationnel, au processus de gestion de l’information, aux aspects techniques, à la
qualité et à l’utilisation des données.

 Sur le plan organisationnel, les recommandations concernent trois


niveaux central, régional et départemental.

 Au niveau central :
 l’élaboration et l’adoption de la liste des indicateurs du SNIS ;
 l’élaboration et l’adoption du manuel de procédures de gestion du
SNIS ;
 l’amélioration des conditions de travail du personnel en charge de la
gestion de l’information sanitaire au niveau de toutes les composantes du
SNIS.

83
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 Au niveau régional :
 l’inscription d’une ligne budgétaire pour la réalisation des activités
courantes du SNIS ;
 le renforcement des capacités des DRS en équipements informatiques
et autres ressources matérielles.
 Au niveau départemental :
 l’opérationnalité du département sanitaire en matière de gestion de
l’information.
 Sur le processus de gestion de l’information sanitaire, les
recommandations consistent à :
 s’assurer de la formation des prestataires de soins sur la collecte et la
vérification des données ;
 diffuser un guide de remplissage dans toutes les structures.
 Sur les aspects techniques, le niveau central doit finaliser et déployer la
base de données « infosani » et assurer une reproduction des registres.
Le niveau départemental, quant à lui, procède à la formation de tous les
gestionnaires de l’information sanitaire à la base de données « infosani ».
 Sur les aspects des données, la supervision relative à la gestion du SNIS
doit être réalisée.
 Sur l’utilisation des données, la planification des activités du système de
santé à partir des résultats fournis par le système d’information sanitaire doit être
assurée.
La Cour estime que la mise en œuvre de ces recommandations pourra
résorber les insuffisances constatées et permettre ainsi à l’information sanitaire de
retrouver sa place essentielle dans le système de santé tel que préconisé par l’OMS.

Observation générale :
Il ressort de l’examen des documents de prévision budgétaire ou d’exécution de
2012 et 2013 que la prise en compte du SNIS n’est pas encore effective.

Recommandation générale :
Inscrire en termes d’objectif pour 2014 la traduction budgétaire des orientations
tirées du rapport de février 2012 relatif au SNIS.

Le rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière


d’investissements hospitaliers, au titre des exercices 2000-2011, a été adopté par la
Cour des comptes, réunie en chambre du Conseil, le dix-neuf juin deux mille treize.
Etaient présents :

84
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

- Gilbert NGOULAKIA, Premier Président, président ;


- Charlotte MPAGA, Procureur Général, membre ;
- Pierre MAGANGA-BAKITA, Président de Chambre, membre ;
- Isidore MENGUE-ME-NDJOUNG, Président de Chambre, membre ;
- Rosette MOUKETOU NEHME née NKAMBISSI MBOUMBOU,
Président de Chambre, membre ;
- Jean Claude NDOUTOUME OYONO, Président de Chambre, membre ;
- Théophile ONDO ONDO, Conseiller-Maître, membre ;
- Christian Aimé RAKILO, Conseiller-Maître, membre ;
- Pascal BENGA TONANGOYE, Conseiller-Maître, membre ;
- Marthe MBOUNDJI-NZIKOU, Conseiller-Maître, membre ;
- Armand YEBE, Conseiller-Maître, membre ;
- Alex Euv MOUTSIANGOU, Conseiller-Maître, membre.

Assistés de Maître Aubierge MOUTSINGA, Greffier en chef adjoint


représentant Monsieur Michel IKAPI, Secrétaire Général de la Cour des comptes et
Secrétaire de la Chambre du Conseil, empêché.

Et ont signé.
Le Premier Président de la Cour des comptes,
Président de la Chambre du Conseil

Gilbert NGOULAKIA

Le Greffier en Chef Adjoint,


Représentant le Secrétaire Général de la Cour des Comptes,
Secrétaire de la Chambre du Conseil, empêché

85
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

86
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

ANNEXES

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Annexe n°1 : CHRONOGRAMME DES ENTRETIENS


ET VISITES
LIEUX DE VISITE JOURS PERSONNES EQUIPES
/HEURES
MINISTERE DE LA 18/04/2013 DGS L’équipe
SANTE 11 heures Dr KHOUILLAT Jean
Damascène
CHU AGONDJE 18/04/2013 DG Murielle/Isabelle
14 heures M. MFOUBOU Ponce /Francis
DGA
Dr ONA ONDO Hélène
HÔPITAL 18/04/2013 Directrice Nathalie/Patrice
REGIONAL DE 15 heures Dr Elise EYANG OBAME
MÉLEN C E: Mme NKOURE
Gestionnaire :
NZENGUE LOLA
Julienne
COUR DES COMPTES 19/04/2013 DRS Ouest L’équipe
09 heures Dr NGOUBOU Pauline
HÔPITAL RÉGIONAL 22/04/2013 DG Isabelle
DE LAMBARÉNÉ 09 heures MOMBO /Francis/Patrice
MOUGUENGUI Edouard
ANCIEN HOPITAL 22/04/2013 DRS Moyen Ogooué Isabelle/
REGIONAL DE 11 heures Dr NZIENGUI MABIKA Francis/Patrice
LAMBARÉNÉ Daniel
CTA LAMBARÉNÉ 22/04/2013 Directeur Isabelle/
14 heures Dr ROSSATANGA Ellie Patrice/Bernard
DEPARTEMENT 22/04/2013 Infirmier Assistant Nathalie/Francis
OGOOUE ET LACS 14 heures
Centre médical de
NGOMO
DEPARTEMENT 22/04/2013 Infirmier assistant Isabelle/patrice/
MOYEN OGOOUE 15 heures TCHEBALO Christian Bernard
Dispensaire BIWENI
Département OGOOUE 22/04/2013 Infirmière Assistante Isabelle/patrice/
ET LACS 16 heures Mme GUIFFERA Colette Bernard
Dispensaire KERRY
MOYEN-OGOOUE 22/04/2013 Comptable Isabelle/patrice
LAMBARENE MABICKA Kant Chanel /Nathalie/Francis
Hôpital SCHWEITZER Assistante DG
BIVIGOU Léonie
MINISTERE DE LA 24/04/2013 DRS Libreville/Owendo Isabelle/Murielle/
SANTE 11 heures DR ANTIMI Solange Francis
LIBREVILLE
MINISTERE DE LA 24/04/2013 DGRH Nathalie/Patrice
SANTE 13 heures DITSAMBOU Vincent
LIBREVILLE CE : TIGUE Armande
MINISTERE DE LA 24/04/2013 DGPIE Murielle/francis
SANTE 15 heures ESSONO
LIBREVILLE/Oloumi DGPIE Adjoint
BOUSSENGUE Jacqueline

88
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

MINISTERE DE LA 24/04/2013 Directeur Infrastructure Nathalie/ Patrice


SANTE 15 heures Mr MANIMA
LIBREVILLE/Oloumi
COUR DES COMPTES 25/04/2013 Directeur par intérim Nathalie/patrice
9 heures Equipement
ONDO Eliane
MINISTERE DE LA 25/04/2013 DAF OPN Nathalie/Patrice
SANTE 11 heures POUABOU TCHIBASSA
LIBREVILLE/Oloumi pharmaciennes
DJA
LEBOUMAKOUMOU
NSENG NSENG
NDONG Corinne
HOPITAL MILITAIRE 25/04/2013 Commandant de Isabelle/Murielle/
LIBREVILLE /PK10 9 H 30 l’Hôpital des Instructions Francis
des Armées : médecin
Chef
Professeur TCHOUA
Romain
PROVINCE DU 01/05/2013 DRS région Haut Isabelle/ Nathalie/
HAUT-OGOOUE 8H 30 Ogooué André/Bernard
FRANCEVILLE DR Clet Raymond
OVONO EDZO
Administrateur de Santé
Responsable Pharmacie M. Ontsaga
Régionale Loussou Sylvain
Responsable CTA
PROVINCE DU 01/05/2013 Directeur Général CHR Isabelle/ Nathalie/
HAUT-OGOOUE 11H30 Amissa BONGO André/Bernard
Mr Jean Rémy
OSSIBADJOUO
PROVINCE DU 01/05/2013 Gestionnaire Centre Isabelle/ Nathalie/
HAUT-OGOOUE 16H Médical BONGOVILLE André/Bernard
Mr Guy Raymond NTEME
NDONG
PROVINCE DU 01/05/2013 Gestionnaire Centre Isabelle/ Nathalie/
HAUT-OGOOUE 19H Médical de NGOUONI André/Bernard
Dr KASSONGO
WATOUNDKA Joseph
PROVINCE DE 02/05/2013 Directeur CHR Isabelle/ Nathalie/
L’OGOOUE-LOLO 11H Koulamoutou André/Bernard
KOULAMOUTOU Mr YEMBI YEMBI Jean
Charles
PROVINCE DE 02/05/2013 DRS Ogooué Lolo Isabelle/ Nathalie/
L’OGOOUE-LOLO 14H Dr Julien MEYONG André/Bernard
KOULAMOUTOU BEKALE
PROVINCE DE 02/05/2013 Gestionnaire Centre Isabelle/ Nathalie/
L’OGOOUE-LOLO 16H Médical de Lastourville André/Bernard
LASTOURVILLE Dr
PROVINCE DU 16/05/2013 DRS Woleu-Ntem Alex/Nathalie/Isab
WOLEU-NTEM 8H 30 Dr Thierry elle/
OYEM MOUNIENGUET VAVA André/Bernard

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

PROVINCE DU 16/05/2013 Pharmacie Régionale Alex/Nathalie/Isab


WOLEU-NTEM 9H 30 Woleu-Ntem elle/
OYEM Mr YANGU David : André/Bernard
Chef service
PROVINCE DU 16/05/2013 CHR Oyem Alex/Nathalie/Isab
WOLEU-NTEM 11H Mr Etienne Oyone : elle/
OYEM Administrateur de Santé André/Bernard
PROVINCE DU 16/05/2013 CTA Oyem Alex/Nathalie/Isab
WOLEU-NTEM 14H Dr BIRINDA Sylvain elle/
OYEM André/Bernard
PROVINCE DE 17/05/2013 DRS Ogooué-Ivindo Alex/André/Berna
l’OGOOUE-IVINDO 9H Mme Félicité MBENG MBA rd
PROVINCE DU 18/05/2013 Responsable du Centre Alex/Nathalie/Isab
WOLEU-NTEM 12H médical de Bitam elle/
BITAM Dr OTOGO ANGO Mexant André/Bernard
PROVINCE DU 21/05/2013 Visite du centre médical
WOLEU-NTEM 11h de Sam en travaux et du
Sam/bibasse Dispensaire de
Doumanzou
Absence du responsable de
Doumanza
Libreville 28/05/2013 Entretien avec : Toute l’équipe
CHU CHL 9H 30 DG CHL : Dr Eric BAYE
DGA 1 : ANGOUE
NKOGHE David
DGA 2 : Dr MAKAYA
Augustine
Directeur Financier :
Mr KOMBILA
Gestionnaire :
Mr KOUMBA Jean clair
Agent comptable
Libreville 28/05/2013 Directeur des Nathalie/Isabelle
DGPIE 16H Infrastructures :
Mr MANIMA MAKAYA

90
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Annexe n°2 : ACTIONS CIBLES DE LA MISE EN


ŒUVRE DU PNDS 2011-2015
CONSTRUCTION et EQUIPEMENT REHABILITATION et
PYRAMIDE EQUIPEMENT
SANITAIRE Types d’infrastructures Observation Types Observation
d’infrastructures
Niveau central 860 bureaux
(construction du MSP)
1 Agence du médicament
1 Laboratoire Contrôle
Qualité
1 Centre Anti Poison
1 Centre de
Pharmacovigilance
Effectif
1 Centrale d’Achat du
Médicament
1 Institut d’Hygiène
Publique
1 Laboratoire National
1 Construction de
l’INFASS
1 Atelier Central de
Maintenance
1 Inspection Générale de
la Santé
Hôpitaux 1 CHU de Libreville En cours (1ère 1 Hôpital de
nationaux et 2ième phase Nkembo
1 CHU Agondjè et
effectives, 3ième
Institut de cancérologie
phase non
1 Centre de Chirurgie à débuté)
Owendo Effectif
En cours
1 Hôpital Mère/Enfant
Jeanne EBORI
Hôpitaux 1 Centre de Gériatrie /
nationaux Gérontologie
1 Village Psychiatrique

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Régions 20 Directions Régionales 5 Centres


sanitaires de Santé Hospitaliers
Régionaux
2 Centres Hospitaliers
Effectif à
Régionaux
Oyem,
12 SMI Régionaux Franceville,
Makokou
2 Pharmacies Régionales
10 Bases
Epidémiologiques et
d’Hygiène
9 Centres de Santé
Mentale
8 Centres Régionaux de
Transfusion Sanguine
9 Inspections Régionales
de Santé
9 Centres Régionaux de
Maintenance
2 Ecoles Provinciales de
Santé (INFASS)
Départements 11 Centres Médicaux 2 construits 18 Centres 7 en cours de
Sanitaires (Ngounié et Médicaux réhabilitation
10 Centres de Santé Bongoville) (financement
20 Centres de AFD)
84 Dispensaires Santé

246
Dispensaires
Source : PNDS 2011-2015.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Annexe 3 : RECAPITULATIF DE L’EXECUTION DES DOTATIONS


ALLOUÉES A LA SANTÉ SUR LA PERIODE 2000-2011
Budget général de l'Etat (BG) Budget de fonctionnement (BF) Budget d'investissement (BI)
santé santé
Part Part
Part Réalisat° Part
dans dans
Année Prévision Réalisat° Prévision Réalisat° d'exécution Prévision d'exécution Part dép de santé
le BG le BG
dans le BG de
l'Etat
2000 1 760 946 000 000 1 059 191 200 000 17 018 989 000 17 278 542 655 0,97% 1,63% 6 906 000 000 2 155 741 419 0,39% 0,20% 1,36%
2001 1 356 662 000 000 1 337 285 800 000 16 288 556 000 14 840 422 401 1,20% 1,11% 11 468 000 000 9 568 967 394 0,85% 0,72% 2,05%
2002 1 323 608 000 000 925 668 408 615 21 996 053 000 19 552 411 510 1,66% 2,11% 6 575 000 000 4 267 151 724 0,50% 0,46% 2,16%
2003 1 407 675 000 000 961 654 000 000 38 176 073 092 21 443 974 213 2,71% 2,23% 10 870 000 000 4 382 498 620 0,77% 0,46% 3,48%
2004 1 665 500 806 000 1 067 499 489 612 21 996 053 000 19 552 411 510 1,32% 1,83% 8 500 000 000 4 267 151 724 0,51% 0,40% 1,83%
2005 1 354 098 211 000 1 128 324 034 674 41 627 790 000 25 965 021 304 3,07% 2,30% 10 190 000 000 4 102 587 546 0,75% 0,36% 3,83%
2006 1 629 892 490 690 1 428 508 927 483 47 386 496 396 27 027 282 039 2,91% 1,89% 12 058 000 000 8 419 104 699 0,74% 0,59% 3,65%
2007 1 624 887 755 000 1 453 247 221 606 49 996 397 500 24 239 214 505 3,08% 1,67% 21 222 000 000 16 867 043 555 1,31% 1,16% 4,38%
2008 2 655 288 497 415 2 650 543 789 019 51 820 688 000 28 371 575 508 1,95% 1,07% 14 703 000 000 12 695 482 042 0,55% 0,48% 2,51%
2009 1 541 558 439 500 1 441 367 705 202 62 449 776 000 29 385 843 658 4,05% 2,04% 11 629 000 000 9 635 881 760 0,75% 0,67% 4,81%
2010 2 214 833 852 568 2 338 479 859 789 72 381 252 262 30 572 684 912 3,27% 1,31% 59 107 827 120 68 415 628 837 2,67% 2,93% 5,94%
2011 2 370 795 888 377 2 443 880 143 014 76 847 186 576 36 328 256 334 3,24% 1,49% 38 410 000 000 43 744 737 823 1,62% 1,79% 4,86%
20 905 746 940 18 235 650 579 211 638 827
Total 550 014 517 985 310 826 294 557 640 549 2,48% 1,62% 120 188 521 977 143 1,01% 1,03% 3,49%
Sources : Lois de finances rectificatives
Annexes aux lois de finances (ALFR)
Situation détaillée des crédits (SDC)

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Annexe n°4 : RÉCAPITULATIF DE L’EXÉCUTION DE LA


VENTILATION DES DÉPENSES DE SANTÉ EXÉCUTÉES
PAR PROVINCE SUR LA PERIODE 2000-2011
PART PART
PROVINCES PREVISION EXECUTION TAUX PREV EXE
2000
ESTUAIRE 2 960 000 1 201 779 41% 75,01% 55,75%
HAUT-OGOOUÉ 500 000 89 669 18% 12,67% 4,16%
MOYEN-OGOOUÉ 100 000 55 000 55% 2,53% 2,55%
NGOUNIÉ 1 085 000 159 648 15% 27,50% 7,41%
NYANGA 310 000 60 000 19% 7,86% 2,78%
OGOOUÉ-IVINDO 345 000 345 000 100% 8,74% 16,00%
OGOOUÉ-LOLO 313 000 69 998 22% 7,93% 3,25%
OGOOUÉ-
MARITIME 278 000 65 000 23% 7,05% 3,02%
WOLEU-NTEM 1 015 000 109 647 11% 25,72% 5,09%
TOTAL 3 946 000 2 155 741 55%
2001
ESTUAIRE 3 494 000 2 334 544 67% 30,47% 24,40%
HAUT-OGOOUÉ 5 774 000 5 738 477 99% 50,35% 59,97%
MOYEN-OGOOUE 150 000 135 949 91% 1,31% 1,42%
NGOUNIÉ 430 000 429 999 100% 3,75% 4,49%
NYANGA 250 000 235 000 94% 2,18% 2,46%
OGOOUÉ-IVINDO 840 000 395 000 47% 7,32% 4,13%
OGOOUÉ-LOLO 60 000 30 000 50% 0,52% 0,31%
OGOOUÉ-
MARITIME 225 000 224 999 100% 1,96% 2,35%
WOLEU-NTEM 245 000 44 999 18% 2,14% 0,47%
TOTAL 11 468 000 9 568 967 83%
2002
ESTUAIRE 7 720 000 2 062 227 26,71% 49,92% 48,33%
HAUT-OGOOUÉ 2 075 000 1 124 991 54,22% 13,42% 26,36%
MOYEN-OGOOUÉ 225 000 550 000 244,44% 1,45% 12,89%
NGOUNIÉ 775 000 69 985 9,03% 5,01% 1,64%
NYANGA 1 520 000 0,00% 9,83%
OGOOUÉ-IVINDO 1 410 000 300 000 21,28% 9,12% 7,03%
OGOOUÉ-LOLO 680 000 119 950 17,64% 4,40% 2,81%
OGOOUÉ-
MARITIME 275 000 - 0,00% 1,78%
WOLEU-NTEM 785 000 39 999 5,10% 5,08% 0,94%
TOTAL 15 465 000 4 267 152 27,59%

94
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

PART PART
PROVINCES PREVISION EXECUTION TAUX PREV EXE
2003
ESTUAIRE 10 131 000 3 242 519 32,01% 86,88% 73,99%
HAUT-OGOOUÉ 745 000 544 979 73,15% 6,39% 12,44%
MOYEN-OGOOUÉ 130 000 25 000 19,23% 1,11% 0,57%

NYANGA - - 0,00% 0,00% 0,00%


OGOOUÉ IVINDO 220 000 220 000 100,00% 1,89% 5,02%

NGOUNIE - - 0,00% 0,00% 0,00%


OGOOUÉ-LOLO 80 000 80 000 100,00% 0,69% 1,83%
OGOOUÉ-
MARITIME 50 000 50 000 100,00% 0,43% 1,14%
WOLEU-NTEM 305 000 220 000 72,13% 2,62% 5,02%
TOTAL 11 661 000 4 382 498 37,58%
2004
ESTUAIRE 7 350 000 2 857 724 38,88% 86,47% 66,97%
HAUT-OGOOUÉ 395 000 599 996 151,90% 4,65% 14,06%
MOYEN-OGOOUÉ 45 000 74 500 165,56% 0,53% 1,75%
NGOUNIE 135 000 134 976 99,98% 1,59% 3,16%
NYANGA 45 000 45 000 100,00% 0,53% 1,05%
OGOOUÉ IVINDO 145 000 145 000 100,00% 1,71% 3,40%
OGOOUÉ-LOLO 245 000 269 961 110,19% 2,88% 6,33%
OGOOUÉ-
MARITIME 45 000 44 994 99,99% 0,53% 1,05%
WOLEU-NTEM 95 000 95 000 100,00% 1,12% 2,23%
TOTAL 8 500 000 4 267 151 50,20%
2005
ESTUAIRE 9 517 000 3 547 896 37% 93,40% 86,48%
HAUT-OGOOUÉ 210 000 209 860 100% 2,06% 5,12%
MOYEN-OGOOUÉ 105 000 44 931 43% 1,03% 1,10%

NGOUNIE - - 0% 0,00% 0,00%


NYANGA 60 000 60 000 100% 0,59% 1,46%

OGOOUÉ IVINDO - - 0% 0,00% 0,00%


OGOOUÉ-LOLO 128 000 70 000 55% 1,26% 1,71%
OGOOUÉ-
MARITIME 110 000 109 900 100% 1,08% 2,68%
WOLEU-NTEM 60 000 60 000 100% 0,59% 1,46%
TOTAL 10 190 000 4 102 587 40%

95
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

PART PART
PROVINCES PREVISION EXECUTION TAUX PREV EXE
2006
ESTUAIRE 7 672 000 7 033 161 92% 63,63% 83,54%
517
HAUT-OGOOUÉ 518 000 998 100% 4,30% 6,15%
MOYEN-OGOOUÉ 1 083 000 82 996 8% 8,98% 0,99%
NGOUNIE 33 000 33 000 0% 0,27% 0,39%
NYANGA 1 033 000 33 000 0% 8,57% 0,39%
OGOOUÉ IVINDO 1 130 000 129 999 0% 9,37% 1,54%
OGOOUÉ-LOLO 533 000 532 951 100% 4,42% 6,33%
OGOOUÉ-
MARITIME 23 000 23 000 100% 0,19% 0,27%
WOLEU-NTEM 33 000 33 000 100% 0,27% 0,39%
TOTAL 12 058 000 8 419 105 70%
2007
ESTUAIRE 9 400 000 9 728 165 103% 79,51% 57,68%
725
HAUT-OGOOUÉ 757 000 900 96% 6,40% 4,30%
MOYEN-OGOOUÉ 3 540 000 3 535 466 100% 29,94% 20,96%
NGOUNIE 535 000 528 000 0% 4,53% 3,13%
NYANGA 3 163 000 371 952 12% 26,76% 2,21%
OGOOUÉ IVINDO 2 424 000 671 000 28% 20,50% 3,98%
OGOOUÉ-LOLO 842 000 790 560 94% 7,12% 4,69%
OGOOUÉ-
MARITIME 111 000 96 000 86% 0,94% 0,57%
WOLEU-NTEM 450 000 420 000 93% 3,81% 2,49%
TOTAL 11 822 000 16 867 043 143%
2008
ESTUAIRE 4 507 000 8 244 770 183% 30,65% 64,94%
HAUT-OGOOUÉ 888 000 840 000 95% 6,04% 6,62%
MOYEN-OGOOUÉ 2 327 000 380 000 16% 15,83% 2,99%
NGOUNIE 550 000 550 000 0% 3,74% 4,33%
NYANGA 2 084 000 183 325 9% 14,17% 1,44%
OGOOUÉ IVINDO 2 438 000 437 999 18% 16,58% 3,45%
OGOOUÉ-LOLO 1 108 000 1 168 000 105% 7,54% 9,20%
OGOOUÉ-
MARITIME 307 000 398 000 130% 2,09% 3,13%
WOLEU-NTEM 494 000 493 388 100% 3,36% 3,13%
TOTAL 14 703 000 12 695 482 86%

96
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

2009
ESTUAIRE 6 865 482 7 587 996 111% 59,04% 78,75%
HAUT-OGOOUÉ 1 353 000 340 000 25% 11,63% 3,53%
MOYEN-OGOOUÉ 270 000 75 000 28% 2,32% 0,78%
NGOUNIE 1 222 000 150 000 0% 10,51% 1,56%
NYANGA 491 000 429 986 88% 4,22% 4,46%
OGOOUÉ IVINDO 481 000 480 983 100% 4,14% 4,99%
OGOOUÉ-LOLO 157 000 146 927 94% 1,35% 1,52%
OGOOUÉ-
MARITIME 220 000 - 0% 1,89% 0,00%
WOLEU-NTEM 570 000 424 989 75% 4,90% 4,41%
TOTAL 11 629 482 9 635 881 83%
PART PART
PROVINCES PREVISION EXECUTION TAUX PREV EXE
2010
ESTUAIRE 46 809 320 56 988 044 122% 79,19% 83,30%
HAUT-OGOOUÉ 8 585 000 7 592 485 88% 14,52% 11,10%
MOYEN-OGOOUÉ 324 500 260 000 80% 0,55% 0,38%
NGOUNIE 837 500 771 500 0% 1,42% 1,13%
NYANGA 696 000 925 714 133% 1,18% 1,35%
OGOOUÉ IVINDO 739 000 752 000 102% 1,25% 1,10%
OGOOUÉ-LOLO 367 500 351 886 96% 0,62% 0,51%
OGOOUÉ-
MARITIME 233 500 233 499 100% 0,40% 0,34%
WOLEU-NTEM 515 500 540 500 105% 0,87% 0,79%
TOTAL 59 107 820 68 415 628 116%
2011
ESTUAIRE 29 970 000 43 496 762 145% 78,03% 99,43%
HAUT-OGOOUÉ 1 525 000 25 000 2% 3,97% 0,06%
MOYEN-OGOOUÉ 365 000 23 000 6% 0,95% 0,05%
NGOUNIE 1 100 000 - 0% 2,86% 0,00%
NYANGA 1 000 000 199 975 20% 2,60% 0,46%
OGOOUÉ IVINDO 1 750 000 - 0% 4,56% 0,46%
OGOOUÉ-LOLO 1 815 000 - 0% 4,73% 0,00%
OGOOUÉ-
MARITIME 515 000 - 0% 1,34% 0,00%

WOLEU-NTEM 370 000 - 0% 0,96% 0,00%

TOTAL 38 410 000 43 744 737 114%

97
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

PART PART
PROVINCES PREVISION EXECUTION TAUX PREV EXE
2000-2011
ESTUAIRE 146 395 802 148 325 587 101% 66,15% 78,68%
HAUT-OGOOUÉ 23 325 000 18 349 355 79% 10,54% 9,73%
MOYEN-OGOOUÉ 8 664 500 5 241 842 60% 3,91% 2,78%
NGOUNIE 6 702 500 2 827 108 42% 3,03% 1,50%
NYANGA 10 652 000 2 543 952 24% 4,81% 1,35%
OGOOUÉ IVINDO 11 922 000 3 876 981 33% 5,39% 1,35%
OGOOUÉ-LOLO 6 328 500 3 630 233 57% 2,86% 1,93%
OGOOUÉ-
MARITIME 2 392 500 1 245 392 52% 1,08% 0,66%
WOLEU-NTEM 4 937 500 2 481 522 50% 2,23% 1,32%
TOTAL 221 320 302 188 521 972 85%
Sources : Annexes explicatives accompagnant les lois de Finances
Situations détaillées des crédits
Compte général administratif de l’Etat.

98
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Annexe n°5: RECAPITULATIF DES CONSTRUCTIONS,


REFECTIONS, REHABILITATIONS ET EQUIPEMENTS
HOSPITALIERS SUR LA PERIODE 2000-2011

Constructions Hospitalières 30 831 111 325


CENTRE DE SANTE (HOPITAL) ANGONDJE 12 322 290 000
INSTITUT DE CANCEROLOGIE (FINEX) 10 823 290 000
CENTRE DE CANCEROLOGIE 300 000 000
HPO 15 875 823 000
SAMU 49 999 000
INSTITUTS EPIDEMIOLOGIE (NKEMBO) 1 850 000 000
RS NGOUNIÉ (CST°-EQPT NVL HOPITAL) 80 000 000
NVEL HOP. DE TCHIBANGA 222 000 000
NVEL HOP. DE MAKOKOU 221 000 000
RS OG.IVINDO (HOPITAL REGIONAL) 240 000 000
RS W. NTEM: TRAVX NV. HOPITAL 35 000 000
RS W-NTEM : NOUVEL HOPITAL 14 999 325

Constructions CM/CSanté/Dispensaires/PMI 22 566 935 902


CONSTRUCTION - EQPT CENTRES DE SANTE (BID) 92 622 046
CONSTRUCTION - EQPT DISPENSAIRES-PMI (BID1) 85 026 366
CONSTRUCT° BAT. D'HOSPITALISATION 90 000 000
CTA 900 000 000
CENTRE DE PALUDISME 235 278 947
CENTRES SANTE / CM /DISPENSAIRES / PMI / SMI 3 678 507 849
MISE AUX NORMES CENTRES DE SANTE 199 872 488
CONSTRUCTION ET EQUIPEMENT CENTRES DE
SANTE 570 000 000
AUTRES CENTRES DE SANTE 245 000 006
CENTRES DE SANTE URBAINS 200 000 000
CONSTRUCTION ET EQUIP. DISPENSAIRE 598 660 821
CONSTRUCTION SMI ARRONDT. 49 999 755
CENTRE MEDICAL INTEGRE 5ième ARRDT.: 1 164 974 779
SMI 6ième ARRDT. 650 000 000
RS ESTUAIRE (CENTRES MEDICAUX ET PMI) 2 989 998 740
CENTRE MEDICAL DE NTOUM 450 000 000
DISPENSAIRES NTOUM DONGUILA 149 998 740
CENTRE SANTE CAP ESTERIAS 250 000 000
CENTRE MEDICAL DE BIKELE 1 000 000 000
DISPENSAIRE OYANE 3 90 000 000

99
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

DISPENSAIRE OYANE 4 90 000 000


CENTRE MEDICAL DE NZOMO 800 000 000
DISPENSAIRE DE BIYEMANE 160 000 000
RS HAUT-OGOOUE (CENTRES MEDICAUX ET PMI) 7 264 976 506
CENTRE DE SANTE FRANCEVILLE 300 000 000
CENTRE DE PALUDISME (Ht-OG) 30 000 000
CENTRE MEDICAL DE BONGOVILLE 4 259 996 683
DISPENSAIRES VILLAGES BONGOVILLE 174 981 454
CENTRE MEDICAL DE NGOUONI 1 734 999 369
CENTRE DE PALUDISME DE NGOUONI 479 999 000
DISPENSAIRE DIANGATEBE (MOANDA) 105 000 000
DISPENSAIRE OKONDJA 100 000 000
LOGEMENT INFIRMIER : DISTRICT LEKABI 25 000 000
CENTRE DE PALUDISME (HT-OG.) 30 000 000
DISPENSAIRE D’EYOUGHA 25 000 000
RS MOYEN-OGOOUE (CENTRES MEDICAUX ET PMI) 130 493 740
CENTRE DE PALUDISME DE LAMBARENE 40 493 740
DISPENSAIRE : LAC EZANGA 90 000 000
RS NGOUNIE (CENTRES MEDIC. / PMI) 1 293 067 858
RS NGOUNIE (RGLT/TRAVX DISPENSAIRE
GUIDOUMA) 89 915 858
CENTRE MEDICAL DE MALINGA 400 000 000
CENTRE DE SANTE EKOBE 599 999 000
DISPENSAIRE DENGUILA 137 824 000
DISPENSAIRE DE BILENGUI 27 329 000
CENTRE DE PALUDISME (NGOUNIE) 38 000 000
RS NYANGA (CENTRES MEDIC. / PMI) 759 000 000
RS NYANGA (CENTRES MEDICAUX /SANTE) 25 000 000
CTA TCHIBANGA 134 000 000
CENTRE MEDICAL DE MAYUMBA 600 000 000
RS OGOOUE-IVINDO (CENTRES MEDIC. / PMI) 1 380 000 000
CENTRE DE PALUDISME (OG. IVINDO) 30 000 000
CENTRE MEDICAL DE MEKAMBO 600 000 000
DISPENSAIRE DE MOKEKO 300 000 000
DISPENSAIRE BATOUALA 450 000 000
RS OGOOUE-LOLO (CENTRES MEDIC. / PMI) 1 769 012 850
DISPENSAIRE DE BOUDIANGUELA 100 000 000
CENTRE DE PALUDISME (OG. LOLO) 37 000 000
DISPENSAIRE DE LIFOUTA 75 000 000

100
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

RS OG. LOLO (CENTRES MEDICAUX ET PMI) 19 997 850


CENTRE MEDICAL ET MATERNITE DE
LASTOURVILLE 1 288 999 000
DISPENSAIRE DE MATSATSA 248 016 000
RS OGOOUE-MARITIME / CENTRE DE PALUDISME 30 000 000
RS WOLEU-NTEM 1 764 000 000
CENTRE DE PALUDISME (W-NTEM) 30 000 000
CENTRE MEDICAL EKAM-ESSATOUK 50 000 000
DISPENSAIRE DE MEBA 65 000 000
DISPENSAIRE DE MOMO (Report) 35 000 000
DISPENSAIRES VILLAGES CANTON KYE 100 000 000
DISPENSAIRE DE KYE 200 000 000
CENTRE MEDICAL DE BITAM 1 079 000 000
CENTRE DE SANTE SAM BIBASSE 100 000 000
DISPENSAIRES DOUMANZOU 105 000 000
DISPENSAIRE GABON-VILLE 104 951 000

Constructions Pharmacies Régionales 970 884 480


EXTENSION PHARMACIE DE FCV 100 000 000
RS MOY. OG. (PHARMACIE REGIONALE) 124 968 768
RS NGOUNIE (PHARMACIE REGIONALE) 75 000 000
RS NYANGA (PHARMA REGIONALE) 104 972 000
RS OG. IVINDO (PHARMACIE REGIONALE) 275 000 000
RS OG. LOLO (PHARMACIE REGIONALE) 150 948 860
RS OG. MARITIME (PHARMACIE REGIONALE) 64 994 852
RS W-NTEM (PHARMACIE REGIONALE) 75 000 000

Constructions diverses 6 859 964 242


RENFORCEMENT SYST. SANTE (BADII) 170 000 000
RS OG. LOLO (ACHVT LOTS 6/7 BAD) 249 964 243
USINE MEDICAMENTS 6 340 000 000
DIRECTION DU MEDICAMENT 99 999 999

TOTAL CONSTRUCTIONS 61 228 895 949

101
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Réhabilitations 29 726 566 413


SERVICE NATIONAL DE MAINTENANCE 25 000 000
SOINS DE SANTE PRIMAIRE 19 999 500
5 CENTRES MEDICAUX 200 000 000
50 DISPENSAIRES 332 412 000
BAT PROGRAMME PALUDISME 25 000 000
CENTRE NATIONAL DE NUTRITION (Report) 30 000 000
MISE AUX NORMES CENTRES DE SANTE INTERIEUR 99 999 330
MSPP /MESRS /LABO. NATIONAL 154 938 760
LABORATOIRE CONTROLE MEDICAMENT 4 999 999
OFFICE PHARMA. NATIONAL/TOITURE 292 983 200
TOITURE OPN 200 000 000
CHL DE LIBREVILLE 19 752 141 639
CHL : NOUVEAU BATIMENT 11 151 269 000
PLAN D'URGENCE : CHL 2 025 000 000
URGENCES CHL 69 999 998
CHL MATERNITE B 2 400 000 000
HEMODIALYSE 50 000 000
REFECTION EQUIP. BLOCS D’ACCOUCHEMENT 300 000 000
MATERNITE AZIZE FALL NDIAYE 54 000 000
REFECTION EQUIPEMENT NEONATALOGIE 218 466 881
REHABILITATION STATION D’EPURAGE CHL 400 000 000
SERVICE TRAUMATOLOGIE CHL 49 999 248
URGENCES CHL 1 770 417 000
REHABILITATION BAT. Z CHL 1 072 999 000
CENTRE DE DIABETOLOGIE 24 990 512
IMAGERIE MEDICALE 140 000 000
CNTS 25 000 000
HOPITAL DE NKEMBO 299 987 526
INSTITUT D’EPIDEMIOLOGIE 65 000 000
DISPENSAIRE DE NKEMBO 729 080 000
CTA NKEMBO 81 999 000
CENTRE SANTE NZENG-AYONG 25 997 000
CENTRE SANTE 5ième ARRDT. 43 981 000
RS LBV (HOPITAL CHINOIS DE LBV/BLOC OPERATION) 973 000 000
RS ESTUAIRE / HOPITAL REGIONAL / MELEN 1 316 217 809
BAT OPHTA STOMA 101 977 000
BAT HOSPITALISATION 226 639 000
BAT ORL 302 600 000
HOPITAL PSYCHIATRIQUE 159 040 235

102
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

HR / MELEN : BARRIERE 100 000 000


HOPITAL PSYCHIATRIQUE 149 999 574
HOP MELEN : SCE GYNECOLOGIE 156 000 000
GERIATRIE DE MELEN 19 962 000
REHABILITATION CENTRES DE SANTE 269 637 687
REHABILITATION LALALA-LONDON 228 725 024
RS ESTUAIRE (CENTRES MEDICAUX ET PMI) 22 999 527
CENTRE DE SANTE NZAMALIGHE 200 000 000
CENTRE SANTE NGOMO / NZOMO 100 000 000
RS HAUT-OG. (CENTRES MEDICAUX) 39 669 090
RS HAUT-OG. (PHARMACIE REGIONALE) 9 993 750
CENTRE MEDICAL DE BONGOVILLE 750 015 815
RS HAUT. OG. (CENTRE MEDICAL NGOUONI) 19 997 220
DISPENSAIRE DE LEKABI 100 000 000
CENTRE MED. DE BAKOUMBA 100 000 000
RS MOY. OG. (HOPITAL REGIONAL) 55 000 000
HOPITAL SCHWEITZER 2 100 000 000
RS MOY. OG. (PHARMACIE REGIONALE) 29 500 000
RS NGOUNIE (CST°-EQPT NVL HOPITAL) 19 996 400
RS NGOUNIE (CENTRES MEDIC. /SANTE) 15 000 000
RS NGOUNIE (PHARMACIE REGIONALE) 90 000 000
DISPENSAIRE DE DOUGASSOU 99 999 000
DISPENSAIRE DE DOUGOUSSOU (MOABI) 100 000 000
DISPENSAIRE DE MBINAMBINI 100 000 000
RS NYANGA (CENTRES MEDIC. /SANTE) 35 000 000
REFECTION PMI DE TCHIBANGA 29 952 415
BASE EPIDEMIOLOGIQUE OG. IVINDO 25 000 000
REHABILITATION CENTRE MEDICAL DE MEKAMBO 400 000 000
NOUVEL HOPITAL DE KOULAMOUTOU 20 000 000
CONSTRUCTION MATERNITE DE LAST. 29 995 122
CENTRE SANTE MATSATSA 88 345 000
DISPENSAIRE DE BOUDIANGUELA 15 000 000
RS OG. LOLO : CENTRE MEDICAL DE LASTOURVILLE 30 000 000
RS OG. LOLO (PHARMACIE REGIONALE) 25 000 000
RS OG. MARIT. (CENTRES MEDICAUX) 50 000 000
RS W-NTEM (CENTRES MEDIC./SANTE/PMI) 50 000 000
BASE EPIDEMIOLOGIQUE W-NTEM 25 000 000

TOTAL CONSTRUCTIONS / REHABILITATIONS 90 955 462 362

103
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Equipements 20 504 842 359

ACCORD / EGYPTE - GABON 483 515 549


ACCORD / GABON - CUBA 79 999 000
FONDS SIDA 3 500 000 000
MSPP /MESRS /LABO. NATIONAL 153 067 900
USINE MEDICAMENTS 1 372 079 000
SAMU 41 000 000
AMBULANCES 200 000 000
CTA 1 124 456 161
MSPP /MESRS /LABO. NATIONAL 34 900 000
LABORATOIRE CONTROLE MEDICAMENT 52 967 381
OFFICE PHARMA. NATIONAL 75 833 294
CHL DE LIBREVILLE 4 483 094 776
MATERNITE AZIZE FALL NDIAYE 111 000 000
REFECTION EQUIP. BLOCS D’ACCOUGHEMENT 60 000 000
REFECTION EQUIPEMENT NEONATALOGIE 90 000 000
SERVICE TRAUMATOLOGIE 50 000 000
S/CE BUCCO DENTAIRE 20 000 000
EQUIPEMENT COLATO-THERAPIE 59 900 001
MORGUE BUANDERIE 100 000 000
CHL : EQUIPEMENT INCINERATEUR 28 161 000
URGENCES 760 182 596
CHL : REA 100 000 000
CENTRE DE DIABETOLOGIE 110 000 000
BANQUE DE SANG 150 000 000
IMAGERIE MEDICALE 1 242 229 400
ACHAT SCANNER 241 671 000
CENTRE DIALYSE 105 000 000
CNTS 629 932 980
ACHAT GENERATEUR OXYGENE 149 926 961
ENDOCRINOLOGIE : EQUIP. DIVERS 24 900 000
EQUIPEMENTS DIVERS 450 190 838
INSTITUT D’EPIDEMIOLOGIE (NKEMBO) 20 000 000
HOPITAL DE NKEMBO 9 996 000
PROG. TRYPANOSOM. 9 951 907
PGME DE LUTTE C/ULCERE 36 999 999
PROGRAMME D’EQUIP. 14 SOUB 589 999 715
HOPITAL DE NKEMBO 56 999 999
RS LBV (HOPITAL CHINOIS DE LBV) 19 988 256

104
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

RS ESTUSIARE / HOPITAL REGIONAL MELEN 792 586 497


HOPITAL PSYCHIATRIQUE 23 000 000
HOP MELEN : BLOC OPERATOIRE 254 303 000
HOP MELEN : CUISINE 185 406 000
GERIATRIE DE MELEN 24 999 997
HOPITAL PSYCHIATRIQUE 40 000 000
KITS DISPENSAIRES 67 571 070
CTA LIBREVILLE 284 267 000
SOINS DE SANTE PRIMAIRE 30 000 000
EQUIPEMENTS MEDICAUX POUR CM / CS / SMI 500 000 000
EQUIPEMENTS MEDICAUX 99 998 830
CENTRE NATIONAL DE NUTRITION 29 995 000
CENTRE DE SANTE R 50 000 000
CENTRE DE SANTE INTERIEUR 99 847 600
PROG. EQPT SMI 59 972 393
CONSTRUCTION ET EQUIPEMENT CENTRES DE SANTE 29 000 000
RS ESTUAIRE (CENTRE MEDICAL DE NTOUM) 149 555 923
CENTRE DE SANTE NZAMALIGHE 19 999 000
CTA DE FRANCEVILLE 127 000 000
EQPT. MED. CHR AMISSA BONGO 73 900 000
NOUVEL HOPITAL DE FRANCEVILLE 50 000 000
RS HAUT-OG. : CNTS 170 000 000
RS HAUT-OG. (PHARMACIE REGIONALE) 147 950 000
CENTRE MEDICAL DE BONGOVILLE 30 000 000
RS HAUT. OG. (CENTRE MEDICAL NGOUONI) 35 000 000
CENTRE MED. DE MOANDA 3 200 000 000
CENTRE MED. DE BAKOUMBA 49 999 997
EQPT SOUB-AKIENI 15 000 000
EQPT SOUB-BOUMANGO 15 000 000
RS MOY. OG. (HOPITAL REGIONAL) 75 000 000
CTA LAMBARÉNÉ 44 931 000
RS MOY. OG. (PHARMACIE REGIONALE) 222 000 000
RS NGOUNIE (CST°-EQPT NVL HOPITAL) 25 000 000
RS NGOUNIÉ (CST°-EQPT NVL HOPITAL) 14 648 242
RS NGOUNIE (PHARMACIE REGIONALE) 3 000 000
EQQPTS DISPENSAIRE DE NDANGUI 11 560 000
CONSTRUCTION CTA DE TCHIBANGA 70 000 000
RS NYANGA (PHARMACIE REGIONALE) 3 000 000
RS OG. LOLO (PHARMACIE REGIONALE) 93 000 000
NOUVEL HOPITAL DE KOULAMOUTOU 50 000 000

105
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

RS OG. LOLO : CENTRE MEDICAL DE LASTOURVILLE 44 950 000


EQPT. CTA DE KOULAMOUTOU 170 499 000
MAT. CM LASTOURVILLE 32 999 870
CENTRE MEDICAL DE LASTOURVILLE 170 000 000
DISPENSAIRE DE BATOUALA 129 998 000
RS OG. MARITIME : TRAVX NVL HOPITAL 50 000 000
RS OG. MARITIME (PHARMACIE REGIONALE) 43 000 000
RS OG. MARIT. : NOUVEL HOPITAL 50 000 000
CHR : EQPT MEDIC CNTS OG. MARIT. 50 000 000
RS OG. MARIT. : CNTS 170 000 000
RS OG. MARIT. (GRANDES ENDEMIES) 15 000 000
CTA PORT-GENTIL 306 764 000
RS W.NTEM : NV. HOPITAL 80 000 000
RS W-NTEM (PHARMACIE REGIONALE) 43 000 000
RS W-NTEM : NOUVEL HOPITAL 25 000 000

TOTAL INVESTISSEMENTS HOSPITALIERS 111 460 304 721

106
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Annexe n° 6 : ECHANTILLON DES INVESTISSEMENTS


DEPROGRAMMES ET/OU REPROGRAMMESSUR LA
PERIODE 2003-2011
Année Libellé du Projet Montants Prévus Constatations
2003
CONSTRUCTION 500 000 000 Réinscrit en 2005 pour 3 500 000 000
USINE DE 500 000 000 FCFA et non exécuté (réévaluation de
MEDICAMENTS 3 000 000 000 F CFA)
 Construction B I Réinscrit en 2006 pour 2 000 000 000 de
FCFA et exécuté pour le même montant
(réduction par rapport à la seconde
programmation) ;
Réinscrit en 2007 pour 1 840 000 000 de
FCFA et exécuté pour ce montant
La somme de ces deux montants est
3 840 000 000 de FCFA.
Subventionné en 2008 à hauteur de
1 000 000 000 FCFA et exécuté pour
925 078 710 FCFA
2005
Construction nouvel 4 000 000 000 Réinscrit et annulé en 2006 pour
hôpital de LBRNE 400 000 000 1000 000 000 de FCFA
 Etudes et s/ces 200 000 000 Réinscrit en 2007 pour 3. 275 000 000 F
prof. 3 400 000 000 222 000 000 FCFA exécutés
 Contrôle des Vérifier les décaissements réalisés à la
travaux DGD (3 053 000 000 FCFA)
 Construction BI
CONSTRUCTION 681 000 000 Réinscrit en 2007 pour 200 000 000 de
DISPENSAIRE DE 681 000 000 FCA et exécuté pour ce même montant
MALINGA
 Construction BI
ETUDE & 4 000 000 000 Réinscrit et annulé en 2006 pour
CONSTRUCTION 400 000 000 1000 000 000 de FCFA
NOUVEL HOP. P 200 000 000 Réinscrit en 2007 pour 2 998 000 000 F
DE TCHIBANGA 3 400 000 000 222 000 000 de FCFA exécuté
 Etudes et s/ces Les décaissements à vérifier avec la
prof. DGD (2 776 000 000 FCFA)
 Contrôle des
travaux
 Construction BI
ETUDE & 4 000 000 000 Réinscrit et annulé en 2006 pour
CONSTRUCTION 400 000 000 1 000 000 000 de FCFA
NOUVEL HOP. P 200 000 000 Réinscrit en 2007 pour 1 959 000 000 F
DE MAKOKOU 3 400 000 000 Exécuté pour 221 000 000 de FCFA
 Etudes et s/ces Les décaissements sur FINEX à vérifier
prof. avec la DGD (1 738 000 000 FCFA en
 Contrôle des 2007)
travaux
 Construction BI

107
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

2007
EQUIPEMENT 15 000 000 Réinscrits et exécutés en 2008
SOUB CENTRE 15 000 000
MEDICAL
 Achat d’ameub. et
d’équip.
EQUIPEMENT 15 000 000
SOUB CENTRE 15 000 000
MEDICAL
 Achat d’ameub. et
d’équip.
EQUIPEMENT 15 000 000
SOUB CENTRE 15 000 000
MED. DE NDJOLE
 Achat d’ameub. et
d’équip.
EQUIPEMENT 15 000 000
SOUB CENTRE 15 000 000
MED. DE
 Achat d’ameub. et
d’équip.
EQUIPEMENT 15 000 000
SOUB CENTRE 15 000 000
MED. DE
TCHIBANGA
 Achat d’ameub. et
d’équip.
EQUIPEMENT 15 000 000
SOUB CENTRE 15 000 000
MED. DE
 Achat d’ameub. et
d’équip.
EQUIPEMENT 15 000 000
SOUB CENTRE 15 000 000
MED. DE
 Achat d’ameub. et
d’équip.
EQUIPEMENT 15 000 000
SOUB CENTRE 15 000 000
MED. DE
LASTOURVILLE
Achat d’ameub. et
d’équip.
EQUIPEMENT 15 000 000 Réinscrits et exécutés en 2008
SOUB CENTRE 15 000 000
MED. DE
 Achat d’ameub. et
d’équip.

108
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

EQUIPEMENT 15 000 000


SOUB CENTRE 15 000 000
MED. DE
 Achat d’ameub. et
d’équip.
2009
CHL REA 100 000 000 Réinscrit et exécuté en 2010 pour le
 Achat 100 000 000 même montant
d’équipement
Centre de santé de 43 000 000 Réinscrit et annulé pour le même
NZENG-AYONG 43 000 000 montant en 2010. Une nouvelle
 Travaux de inscription de 135 000 000 de FCFA
construction exécutée (réévaluation de la
programmation initiale)
Hôpital psychiatrique 10 000 000 Réinscrit et exécuté en 2010 pour le
de Melen 10 000 000 même montant
 Achat outillage de
manipulation
CHR Haut-Ogooué 124 000 000
 Achat d’équip. 124 000 000
médical
CTA de Franceville 113 000 000 Réinscrit et annulé pour le même
 Achat d’équip. 113 000 000 montant
médical
Centre de santé de 30 000 000 Réinscrit et exécuté en 2010 pour le
Bifoun 30 000 000 même montant
 Achat d’équip.
médical
Pavage pharmacie 20 000 000 Réinscrit et exécuté en 2010 pour ce
régionale de LBRNE 20 000 000 montant
 Travaux de
réhabilitation
Réhabilitation SMI 42 000 000 Réinscrit et exécuté en 2010 pour le
de Mouila 42 000 000 même montant
 Travaux de
réhabilitation
Equipement CTA de 61 000 000
TCHIBANGA 61 000 000
 Achat d’équip.
médical
Equipement CTA de 30 000 000 Réinscrit pour le même montant et
KOULAMOUTOU 30 000 000 exécuté pour 28 500 000 FCFA en 2010
 Achat d’équip.
médical
CHR Ogooué 50 000 000 Réinscrit et exécuté en 2010 pour le
Maritime 50 000 000 même montant
 Achat d’équip.
Médical
Réhabilitation SMI 42 000 000 Réinscrit et exécuté en 2010 pour le
de Mouila 42 000 000 même montant
 Travaux de
réhabilitation

109
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Equipement CTA de
TCHIBANGA
 Achat d’équip. 61 000 000
médical 61 000 000
Equipement CTA de 30 000 000 Réinscrit pour le même montant et
KOULAMOUTOU 30 000 000 exécuté pour 28 500 000 FCFA en 2010
 Achat d’équip.
médical
CHR Ogooué 50 000 000 Réinscrit et exécuté en 2010 pour le
Maritime 50 000 000 même montant
 Achat d’équip.
médical
Réhabilitation SMI 15 000 000
de POG 15 000 000
 Travaux de
réhabilitation

Sources : LFR 2003, 2005, 2007et 2009

110
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Annexe n°7 : ETAT DES IMPAYES DE L’OPN AU 07 JUIN 2013

111
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

112
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

113
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Annexe n°8 : ETAT DES ENGAGEMENTS ET DES


REGLEMENTS DE 2000 A 2011

114
Annexe n° 9 : RAPPORTS DES EXPERTS
COUR DES COMPTES REPUBLIQUE GABONAISE
Union - Travail - Justice
---------------

RAPPORT D’EXPERTISE BIOMEDICALE

Relatif à l’audit de performance des dépenses sociales


en matière d’investissements hospitaliers
2000 – 2011

Mission effectuée : du 21 Avril au 31 Mai 2013

Dans six provinces : Estuaire, Moyen-Ogooué, Haut-Ogooué, Ogooué-Lolo,

Woleu-Ntem, Ogooué-Ivindo

Réalisé par Bernard GUIGUI MALOUBA


En qualité d’expert, Ingénieur Biomédical
Tel : 05.31.73.07/03.16.05.12
Email : [email protected]
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

INTRODUCTION

En date du 20 Avril 2013, Monsieur le Premier Président de la Cour des


Comptes, par Ordonnance n° 0164 /CC/Cab/PP, m’a désigné en qualité d’Expert
Biomédical afin d’appuyer l’équipe des Magistrats commis dans l’Audit des
Investissements hospitaliers du secteur public pour la période allant de 2000 à 2011.
L’expertise consiste à éclairer la juridiction financière en lui donnant des avis
techniques en matière biomédicale.
L’objectif de la mission est de visiter les structures identifiées notamment les
CHU, CHR, Centres Médicaux, Dispensaires, OPN et CTA dans les différentes
provinces retenues. A l’aide des documents mis à disposition et des visites sur place,
nous avons vérifié tout le matériel des plateaux techniques, le respect des normes
biomédicales ainsi que l’équipement permettant le bon fonctionnement de celles-ci.
En d’autres termes, nous avons procédé à la vérification de :
- l’existence physique des équipements ;
- l’état du matériel ;
- la fonctionnalité du matériel ;
- la cohérence des équipements aux normes et aux standards sanitaires.
Suite à cela, nous avons constaté divers manquements qui seront exposés
dans ce rapport.
Pour effectuer ce travail, il a été mis à notre disposition des moyens financiers
permettant nos déplacements dans les provinces, notre restauration et notre
hébergement.
Lors de cette mission, nous avons travaillé en symbiose avec l’ensemble de
l’équipe qui était composée comme suit :
- Monsieur Alex Euv MOUTSIANGOU, CM, Chef de Mission ;
- Madame Murielle Nadège MINKOUE MEZUI ép. MINTSA-MI-
OWONO, CR ;
- Madame Nathalie NGUEMA ép. ZUEDZANG, CR ;
- Madame Isabelle RASHIWA ép. ROLAGO, CR;
- Monsieur Bernard GUIGUI MALOUBA, Expert Biomédical ;
- Monsieur André RASHIWA, Expert BTP.
Le présent rapport de mission s’articule de manière suivante :
 Observations Générales issues des vérifications ;
 Observations Spécifiques à chaque structure visitée.

116
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

OBSERVATIONS GENERALES ISSUES DES VERIFICATIONS

Ce point a pour objet de présenter globalement les manquements constatés et


de donner un avis technique approprié.

A) PLATEAU TECHNIQUE
Nous avons remarqué que les différents CHR sont fonctionnel mais avec
beaucoup de disparités, certains sont sur équipés avec des équipements neufs
immobilisés par manque de personnel ou pas installés. Nous le voyons à Lambaréné,
Makokou et Franceville. D’autres ont le plateau technique et le mobilier médical
obsolètes ou complètement hors service : Koulamoutou et Oyem.
Il y va de même pour les Centres Médicaux : Bongoville et Ngouoni ont des
équipements neufs et sont fonctionnels à moins de 50% car tous les services ne sont
pas ouverts par manque de personnel. Bitam, Makokou et Lastourville ont leurs
équipements et mobiliers hospitaliers complètement hors service.
Les dispensaires sont complètement dépourvus de matériel de première
nécessité, notamment :
- pèse personne, tensiomètre, stéthoscope, autoclave de paillasse,
stérilisation aérienne, mobilier et mobilier médical ;
- matériels d’entretien : débrousailleuse ;
- d’eau et d’électricité.
Par ailleurs, pour l’ensemble des dispensaires visités, ils sont tous sous la
responsabilité d’infirmiers assistants qui effectuent des actes de soins ne relevant pas
de leur compétence tels que les injections intraveineuses et des prescriptions
médicales. Cette insuffisance découle de la carence d’infirmiers d’Etat formés.
Les CTA sont équipés depuis leur ouverture mais il faut améliorer les
conditions d’observation des malades car ils se substituent en centre d’infectiologie, à
cela ils doivent être équipés du matériel de désinfection adéquat pour éviter des
contaminations.
Les pharmacies régionales, bien que leurs rayons ne soient pas aussi garnis, les
magasins de stockage ne disposent pas de chaine de froid pour la conservation du
médicament.

B) SERVICES GENERAUX
En matière d’équipements hospitaliers, les services généraux concernent la
partie technique qui assure le bon fonctionnement des structures. Il s’agit, entre
autres, de l’électricité, des systèmes de relais (groupe électrogène et bâche à eau avec
suppresseur), de l’adduction en eau potable.
 Electricité : certains centres sont mal alimentés, cela est dû à la capacité
des transformateurs mal dimensionnés pour la structure (hôpital Amissa

117
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

BONGO, hôpital Régional de Mélen,) ou sont pas du tout alimentés


(dispensaires et les centres de santé). Cette situation a pour conséquences :
- la non utilisation des équipements avec le risque de les endommager à
terme ;
- la baisse de l’activité de l’hôpital surtout pour certaines spécialités
telles que la Chirurgie, le laboratoire, la néonatalogie…
 Eau : la plupart des structures sanitaires ont des problèmes d’alimentation
en eau résultant de la faible pression venant de la SEEG (CHR, centres
médicaux, centres de santé). D’autres centres ne sont pas du tout alimentés
(dispensaires). Cette situation a pour corollaire la hausse des infections et la
contamination ;
 Les systèmes de relais : en matière de normes hospitalières, toute
structure médicale doit avoir un groupe électrogène de secours et une bâche à
eau pour éviter une rupture brusque des activités hospitalières en cas de non
fourniture d’électricité et d’eau.
La mission de vérification sur place a permis de relever que plusieurs
structures ne dispose ni de groupes électrogènes ni de bâches d’eau (centres
médicaux, centres de santé et dispensaires). D’autres en disposent mais les cas
suivants sont observés :
- Les groupes électrogènes de secours dans les structures de VAMED sont
sous dimensionnés si bien que lors des coupures de courant l’hôpital
n’est pas complètement alimenté ;
- Les groupes électrogènes des hôpitaux canadiens, quant à eux, sont
surdimensionnés ;

Pour répondre aux difficultés occasionnées par la rupture d’alimentation en


eau, certaines structures sanitaires (CHU et CHR) disposent de bâche à eau dont la
capacité ne répond pas aux normes (CHR Koulamoutou, Oyem, Makokou, CHUL,
CHU d’ANGONDJE) ;
 Morgue : toutes ne sont pas fonctionnelles, elles sont soit en panne ou en
attente de pièces, soit hors service.

C) ASSAINISSEMENT ET HYGIENE HOSPITALIERE


Sur ce point, nous relevons principalement trois problèmes :
 la gestion des déchets biomédicaux : le tri et le stockage des déchets ne
sont pas convenablement effectués et à cela vient s’ajouter l’existence de
plusieurs incinérateurs en panne ou hors service. Ce qui a pour conséquence
d’aggraver le problème de gestion des déchets biomédicaux dans toutes les
régions sanitaires du Gabon et de polluer l’environnement hospitalier mais
aussi les différents sites de décharge ou d’enfouissement de ces déchets.

118
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

A titre de recommandation, il serait judicieux, d’effectuer des campagnes de


formation et de sensibilisation en milieu hospitalier sur le tri et le traitement des
déchets biomédicaux, d’une part. De fournir des incinérateurs en capacité suffisante
dans chaque région sanitaire au moins et les installer sur des sites appropriés, d’autre
part.
 la gestion des eaux usées : dans toutes les structures visitées il n’y a
aucune centrale d’épuration pour le traitement des eaux usées mais plutôt des
fausses. Ce qui a pour conséquence, la pollution de l’environnement immédiat
des structures et des emplacements où sont vidés le contenu de ces fausses.
 l’insuffisance de matériel et produits d’entretien : Pour les sites qui ne
disposent pas de fonds propres pour couvrir les besoins en entretien (espaces
verts, désinfection, désinsectisation, dératisation…), il a été relevé qu’ils sont
dans un état d’insalubrité qui ne respecte pas les normes d’hygiène
hospitalière. Les centres médicaux, les centres de santé et les dispensaires sont
dans ce cas. Il serait donc souhaitable de les doter en matériel d’assainissement
(débroussailleuse, tondeuse, sac poubelle, poubelles adaptées, balai,…), en
appareils de désinfection et en produits d’entretien et de désinfection.

D) SUIVI ET MAINTENANCE DES EQUIPEMENTS


Sur ce point, nous avons relevé les manquements suivants :
 l’inadaptation du matériel des structures canadiennes : ces structures
sont livrées clés en mains et tout le matériel est importé du Canada. A ce titre,
pour éviter les situations de blocage observées, il serait souhaitable que le
matériel de finitions soit acquis localement en ce qui concerne :
- le revêtement du sol non spécifique ;
- l’électricité ;
- la plomberie ;
- les fermetures de portes et fenêtre.
 L’absence de planification de remplacement des équipements
obsolètes livrés par les partenaires VAMED et les Canadiens : en effet,
au cours des missions sur place, il a été constaté que plusieurs équipements
fournis par ces derniers sont en panne ou immobilisés par manque de pièces
détachées. Cette situation ne saurait s’expliquer compte tenu du fait qu’ils
sont responsables des directions techniques des structures qu’ils ont
construites ;
 le manque de formation du personnel sur les équipements et de
transfert de technologie pour assurer la pérennité de la maintenance : la
prévision budgétaire pour la maintenance est faible alors qu’elle doit être de
5% sur le coût de l’investissement ;
 Le sous effectif des techniciens nationaux dans le domaine
biomédical : pour y remédier, il faut améliorer les conditions d’exercice de

119
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

cette profession et prévoir un système de compensation pour inciter les


jeunes à postuler, car les diplômés qui sortent de nos écoles préfèrent aller
aux mines ou au pétrole où ils sont mieux rémunérés.

II. OBSERVATIONS SPECIFIQUES A CHAQUE STRUCTURE VISITÉE


Ce point permet de faire ressortir l’existence physique des équipements et de se
prononcer sur leur état de fonctionnalité pour chaque structure visitée.

PROVINCE DATES STRUCTURES OBSERVATIONS


-Structure non adaptée pour des hospitalisations
ESTUAIRE 21 Avril Centre Médical de longue
2013 de NTOUM Durée
-Problèmes d’hygiène hospitalière pouvant
provoquer des infections nosocomiales (4 salles
d’hospitalisation de 16 m2 contenant plus de 6
lits)
-Mobilier médical obsolète
-Manque d’appareils de Stérilisation pour la
petite chirurgie, de désinfection et de
conservation de médicaments

-Structure en construction non terminée


Hôpital de -Normes hospitalières non respectées au niveau
NTOUM du bloc opératoire (existence de 4 fenêtres,
absence des circuits sal et propre et désinfection
des intervenants « stérilauge »)
-Salle de radiologie non plombée
-Manque de point d’eau et d’une paillasse dans
la salle d’accouchement
-Manque de circuits de fluides médicaux
NB : voir avec l’entreprise pour la mis en
conformité (normes hospitalières
-Structure bien équipée : Plateau technique neuf
MOYEN- 22 Avril CHR Georges -A noter que : la morgue est en panne
OGOOUE 2013 RAWIRI Ainsi que l’incinérateur
Lambaréné -Manque de véhicule de liaison pour
l’approvisionnement en fluides médicaux
(oxygène médical)
-Deux nouveaux bâtiments construit et équipés
mais non fonctionnel : maladies infectieuses et
extension des urgences
-Des équipements de stérilisation du matériel de
laboratoire non utilisés
-Capacité litière insuffisante (80 Lits)

120
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

-Structure équipée depuis l’ouverture


MOYEN- 22 Avril CTA de Matériels fonctionnels
OGOOUE 2013 Lambaréné -acquisition d’un appareil CD4 par la
coopération Japonaise
-Manque d’appareil de stérilisation
-Espace du laboratoire exigu

NB : Transférer l’hospitalisation des malades


par une extension à l’extérieur
-Structure
Dispensaire de non entretenue (écoulement d’eau au plafond)
BIWENI - Elle est non équipée
-Manque de mobilier médical
-Manque d’appareils de Stérilisation et de
désinfection (hygiène hospitalière)
-Manque d’électricité et d’eau
-Carence de médicaments
NB : à rééquiper complètement
-Structure non entretenue
MOYEN- 22 Avril Dispensaire de - Elle est non équipée
OGOOUE 2013 KERRY -Manque de mobilier médical
-Manque d’appareils de Stérilisation et de
désinfection (hygiène hospitalière)
-Manque d’électricité et d’eau
NB : à rééquiper complètement

-Maternité non équipée et non entretenue


Dispensaire de Manque de :
NGOMO -Moniteur de surveillance fœtal
-Table d’accouchement
-Lampe d’examens
-appareils de stérilisation et de désinfection
NB : à rééquiper complètement
-Structure en construction non terminée
ESTUAIRE 23 Avril Hôpital de NB : Voir les plans pour la mis en conformité
2013 BIKELE aux normes biomédicales et hospitalières

-Structure fonctionnelle
HAUT 02 Mai Centre de Santé Mais à rééquiper en mobilier hospitalier
OGOOUE 2013 Urbain -Manque d’appareil de stérilisation et de
désinfection (Hygiène hospitalière)
-Problème de conditionnement et
d’acheminement des déchets biomédicaux pour
incinération au CHR-AB
NB : Achat de matériels de conditionnement et
un véhicule spécifique pour le transport
-Structure Existante mais non fonctionnelle
Centre de Palu -Non équipée
NB : Bâtiment à l’abandon
-Structure fonctionnelle équipée depuis
CTA l’ouverture
-Présence d’un appareil d’échographie non
utilisé (pas d’utilisateur)
-Manque d’appareil de désinfection

121
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

-Magasin de stockage des médicaments non


Pharmacie conforme (manque de climatisation pas de
Régionale chambre froide positive ou négative
-Nouveaux Magasin non fonctionnel

-Structure fonctionnelle et bien équipée


HAUT 02 Mai Centre -Appareils de l’investissement CAN
OGOOUE 2013 Hospitalier Non installés (Hémodialyse, Scanner,
Régional Amissa Radiologie numérique) les caisses contenant le
Bongo scanner sont entreposées à l’air libre. Il y a
(CHR-AB) risque de perte de ce matériel si l’installation
n’est pas immédiate. Le problème est du à la
capacité du transformateur électrique qui est
inférieur 600 KVA alors qu’il faudrait au moins
1600 KVA
-Nous dénonçons aussi le problème de suivit et
de maintenance
-Appareils en panne, pénalisant le service :
Hématologie (appareil à numération), Biochimie
(appareil à ionogramme)
-Incinérateur en panne
-Capacité du CHR-AB insuffisante 162 lits,
augmenter au moins à 200 lits
-Structure bien équipée (nouveau site,
Centre Médical investissement CAN) mais fonctionnelle à
de Bongo-Ville moins de 50%
Uniquement les Urgences et la maternité sont
opérationnelles
-Bloc opératoire complet mais non opérationnel
(changer la cuve halothane en cuve isofluorane,
du respirateur d’anesthésie)
NB : Tous les équipements ne sont pas encore
fonctionnels par manque de personnel ou
d’utilisateurs formés
-Risque d’avoir des appareils hors d’usage au
démarrage de certaines activités
-Centre de Palu inexistant
-Structure bien équipée (investissement CAN)
Centre Médical mais fonctionnelle à moins de 50%
de Ngouoni 10 lits opérationnels sur 56 lits
-Manque d’eau, sur presseur en panne
-Problème d’électricité (Transformateur
électrique en panne)
NB : Tous les équipements ne sont pas encore
fonctionnels par manque de personnel ou
d’utilisateurs formés
-Risque d’avoir des appareils hors d’usage au
démarrage de certaines activités

122
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Structure fonctionnelle mais équipements déjà


OGOOUE 03 Mai Centre amortis (date d’ouverture Novembre 2001)
LOLO 2013 Hospitalier -Problème de suivit et de maintenance des
Régional de équipements (approvisionnement des pièces
Koula-Moutou détachées)
-Problème d’eau, station de pompage en panne
depuis 2012
-Groupe électrogène de secours 1 en panne sur
2
-Problème d’hygiène hospitalière : refaire toutes
les peintures de l’hôpital
NB : Réhabiliter tout le plateau technique du
centre Hospitalier et former le personnel
utilisateur
Structure fonctionnelle mais équipements
Centre de Santé obsolètes
de Lastourville Voir hors service
-Existence d’un bloc d’accouchement non
équipé
-Groupe électrogène non opérationnel
-Problème du manque d’eau
-Bloc opératoire non fonctionnel
-Capacité du centre très insuffisante 39 lits
NB : Réhabilitation complète du plateau
technique du centre avec formation du
personnel utilisateur
Structure fonctionnelle
WOLEU 16 Mai Centre -Equipements et plateau technique devenus
NTEM 2013 Hospitalier obsolètes (date d’ouverture 2001)
Régional -Problèmes de suivit et de maintenance des
d’OYEM équipements
-Problèmes d’approvisionnement
en pièces détachées (Hôpital clé en main,
Coopération Canadienne)
-Certains équipements sont restés 10 ans non
utilisé (manque de personnel formé pour)
-Acquisition récente de 4 couveuses et 2
pousses seringues en Néonatalogie
-Travaux de réhabilitation du bloc des
accouchements sur fond propre de l’hôpital
-Centrale des fluides médicaux non
fonctionnelle
-Des équipements concernant l’hygiène
hospitalière et la stérilisation sont hors d’usage
(autoclaves, incinérateur, morgue)
-Le laboratoire est non fonctionnel du aux
appareils obsolètes
-Fauteuil dentaire en panne et développeuse de
films radiologique hors service.
NB : Réhabiliter en urgence : la centrale
d’oxygène médicale pour supprimer les postes
mobiles de PSA, l’incinérateur et la morgue

123
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

-Structure fonctionnelle
Pharmacie -Problème de stockage et conditionnement des
Régionale OPN- médicaments, les dates de péremption des
OYEM produits sont toujours imminentes
NB : Prévoir des équipements de conservation
et de conditionnement.
-Structure fonctionnelle
CTA - OYEM -Equipée depuis l’ouverture (date : 2007)
-Prévoir des équipements de désinfection
NB :Confectionner un cahier de charge pour le
remplacement de certains équipements
Centre de Palu -Structure non fonctionnelle
WN/OI Inexistante
-Structure fonctionnelle à moins de 50%
WOLEU 18 Mai Centre Médical -Terrain et Bâtiments délabrés
NTEM 2013 de Bitam -Mobiliers médical et Plateau technique hors
service
* Nouveau Centre en construction
inachevée
-Travaux en arrêt
NB : Voir les plans de la nouvelle structure
pour la mise aux normes
Prévoir cahier de charge pour les
équipements
-Structure fonctionnelle à moins de 50%
21 Mai Dispensaire de -Problème de médicaments
2013 Doumanzou -Problème d’hygiène hospitalière
NB : Bien équipé la structure avec du mobilier
hospitalier, équipements de stérilisation, de
désinfection et d’une débroussailleuse
-Structure non fonctionnelle
Centre de Santé -En construction inachevée
Sam -Travaux en arrêt
NB : Voir les plans pour la mis en norme,
préparer un cahier de charge pour les
équipements
-Structure fonctionnelle à 50%
OGOOUE 17 Mai Centre Urbain de -Stomatologie non fonctionnelle
IVINDO 2013 Santé (état crasseux de la salle et fauteuil dentaire
hors service)
-Radiologie non fonctionnelle
(démontage d’un appareil de radiologie par des
techniciens non spécialisés)
-Laboratoire rééquipé par le CIRMF
NB : Structure à réhabilitée complètement avec
le plateau technique
-Structure fonctionnelle
Centre Bien équipée (ouverture en 2010)
Hospitalier -Certains services ne sont pas encore
Régional de fonctionnels par manque de médecins
Makokou spécialisés (Néonatalogie)
NB : Appareils non utilisés peuvent être hors
d’usage lors d’une mis en route tardive, sur ce

124
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

prévoir un plan de suivit et de maintenance


-Structure non fonctionnelle
OGOOUE 17 Mai Centre Médical Construction en voie de finissions
IVINDO 2013 de Mékambo NB : Prévoir un cahier de charge pour
l’équipement complet

-Structure non fonctionnelle


Dispensaire de En construction inachevée
Mokekko -Travaux en arrêt
NB : Prévoir un cahier de charge pour les
équipements

-Structure fonctionnelle
ESTUAIRE 28 Mai C.H.U.L Même activités avec une capacité de 60 lits
(dans 2 ans passe à 600 lits)
2013 -destruction de la morgue et de la cuisine
-problème d’eau depuis plus de 2 ans
- 3 groupes électrogènes de secours dont un (1)
seul qui est fonctionnel mais non
dimensionnés, pas de cuve
d’approvisionnement de gasoïl
-pas de sécurité au plan électrique : explosion
des postes de transformation qui se trouvent
actuellement dans une nappe d’eau
-incinérateur en panne
-réhabilitation de la centrale d’épuration depuis
2010
-radiologie : 1 scanner, 2 échographes, 3 salles
de radiologie dont 1 seul fonctionne, mis en
route de l’accélérateur nucléaire au mois d’août
2013
-problème de formation du personnel
-effectif du service technique très squelettique
-budget de maintenance du vieux matériel très
insuffisant
-la maintenance du nouveau est assurée par
Vamed (budget à la source)
NB : pour les travaux qui s’effectuent au
CHUL, il n’y a pas eu de large concertation
-Mauvaise conception du nouvel espace des
Urgence
ESTUAIRE 29 Mai C.H.R de -Structure fonctionnel
2013 MELEN -Réhabilitation du plateau technique :
Blocs opératoire, cuisine et buanderie
-acquisition des équipements médicaux
-acquisition d’un groupe électrogène
-acquisition d’une centrale d’oxygène
- incinérateur en panne (obsolète, à remplacer)
-pas de morgue
-la centrale d’épuration est inexistante
-l’effectif du service biomédical est de 4

125
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

techniciens dont 3 TS et T électrotechnique


NB : la réhabilitation du plateau technique doit
être effective
ESTUAIRE 31 Mai Hôpital Egypto- -Structure fonctionnelle
2013 Gabonais Mais très exigüe
-centre Médical transformé en Hôpital
-le plateau technique commence à devenir
obsolète, bien qu’il date de 2010 mais il faut
comprendre que c’est du matériel fournit par la
coopération égyptienne et qui peut être de 2e
mains, et l’on ne trouve pas facilement les
pièces détachées, notamment : en
ophtalmologie et radiologie
-il n’y a pas de service technique, mais le service
logistique fait office
-le groupe électrogène est sous dimensionné et
obsolète
-il faut procéder à la vérification du circuit des
fluides médicaux pour réparer les fuites
-la table de radiologie est hors service ainsi
qu’un échographe
-appareil à eau distillée est installé mais non
fonctionnel pour problème d’eau
-Pas de centrale d’épuration des eaux usées
-pas d’incinérateur
-réhabilitation d’un petit bloc opératoire
NB : Réhabiliter complètement le plateau
technique
-Réaménager les espaces de cet hôpital pour
être plus fonctionnel.

126
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

CONCLUSION

Au vu de ces modestes remarques, il serait judicieux qu’au début de tout


projet hospitalier, des études soient faits par des spécialistes nationaux incluant :

- des architectes ayant la connaissance des normes hospitalières ;


- des utilisateurs que sont les médecins ;
- des responsables des structures ;
- des directeurs régionaux de santé ;
- des ingénieurs biomédicaux ;
- des inspecteurs de Santé.

Fait à Libreville, le

Expert, Ingénieur Biomédical

Bernard GUIGUI MALOUBA

127
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

COUR DES COMPTES REPUBLIQUE GABONAISE


Union – Travail – Justice
--------------

RAPPORT

D’EXPERTISE DANS LE BTP

Relatif à l’audit de performance des dépenses sociales

en matière d’investissements hospitaliers

2000 – 2011

Mission effectuée du 21 avril au 31 mai 2013

Dans six provinces : Estuaire, Moyen-Ogooué, Haut-Ogooué, Ogooué-Lolo,

Woleu-Ntem, Ogooué-Ivindo

Expert : RASHIWA-IGOUWE André


Mastère Spécialisé en Maîtrise d’Ouvrage et Gestion Immobilier
Expert agréé auprès de la Cour d’Appel Judiciaire de Libreville
Tel : 06.26.95.01 / 07.45.69.46
Email : [email protected]

128
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

INTRODUCTION
En date du 20 avril 2013, Monsieur le Premier Président de la Cour des
Comptes, par ordonnance N° 0163/CC/Cap/PP, me désigne en qualité d’expert
BTP et génie civil afin d’appuyer l’équipe des Magistrats commis pour l’Audit des
Investissements hospitaliers du secteur public pour la période allant de 2000-2011.
L’expertise consiste à éclairer la juridiction financière en lui donnant des avis
techniques en matière de travaux réalisés dans le BTP et le génie civil.
La mission est de visiter les structures identifiées notamment les CHU, CHR,
Les centres Médicaux, les dispensaires, l’OPN, le CTA et les centres de palu dans les
différentes provinces répertoriées. A l’aide des documents mis à la disposition de
l’équipe, après vérification de l’existant, du respect des normes et des coûts de la
construction.
Par ailleurs, pour effectuer ce travail, il a été mis à notre disposition des
moyens financiers, d’hébergement, de restauration et de locomotion permettant de
rendre effective cette mission. L’ensemble de l’équipe a travaillé dans un climat de
symbiose. Celle-ci était composée ainsi qui’il suit :
 Monsieur Alex Euv MOUTSIANGOU, CM, Chef de Mission ;
 Madame Murielle Nadège MINKOUE MEZUI ép. MINTSA-MI-
OWONO, CR.
 Madame Nathalie NGUEMA ép. ZUEDZANG, CR ;
 Madame Isabelle RASHIWA ép. ROLAGO, CR;
 Monsieur Bernard GUIGUI MALOUBA Expert Biomédical
 Monsieur André RASHIWA, Expert BTP

Le présent rapport de mission s’articule de la façon suivante :


Les observations générales issues des vérifications
Les recommandations.

I. OBSERVATIONS GENERALES ISSUES DES VERIFICATIONS


A) Pour ce rapport nous avons été dans les provinces de l’Estuaire, du Haut-
Ogooué, de l’Ogooué-Lolo, de l’Ogooué-Ivindo, et du Woleu-Ntem. 30 structures
sanitaires ont fait l’objet de visites. Il s’agit de :
 ESTUAIRE
- CHU de Libreville
- Hôpital Egypto-Gabonais
- Hôpital Régional de Mélen
- Centre Médical de Ntoum
- Centre médical de Bikélé
- Dispensaire de Ntoum

129
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 HAUT-OGOOUE
- CHR de Franceville
- Centre de Santé de Franceville
- Centre de Palu
- Pharmacie Régional du Haut-Ogooué
- Centre Médical de BongoVille
- Centre Médical de Ngouoni

 OGOOUE-LOLO
- CHR de Koulamoutou
- CHR de Koulamoutou (ancien)
- Pharmacie Régionale de l’Ogooué-Lolo
- Centre Médical de Lastourville

 OGOOUE-IVINDO
- CHR de Makokou
- CHR de Makokou (ancien)
- Pharmacie Régionale de l’Ogooué-Ivindo
- Centre Médical de Mékambo

 WOLEU-NTEM
- CHR d’Oyem (ancien)
- CHR d’Oyem
- Pharmacie Régional du Woleu-Ntem
- CTA d’Oyem
- Centre de Palu d’Oyem
- Centre Médical de Bitam
- Centre Médical de Bitam en construction
- Centre de Santé de Sam/Bibasse
- Dispensaire de Doumanzou

Nous avons fait le constat que ces structures manquent d’entretien, sont
parfois dans état de dégradation très avancée, ou à l’abandon. Ces dégradations sont
dues à des problèmes d’entretien de manière générale, d’étanchéité des toitures, de
peinture, de carrelage, d’électricité et de plomberie, les rendant impropres à leur
destination. Autres points importants, le sous-dimensionnement des transformateurs
électriques, des groupes électrogènes pour alimenter et secourir les Centres
Hospitaliers Régionaux. Il est à noter aussi que parfois les matériaux utilisés pour la
construction de ces structures hospitalières sont de mauvaises qualités et parfois non
conformes aux normes hospitalières.

130
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

B) Suite aux différents audits dans le secteur du BTP entre 1999 et 2005, les
entreprises ont changé la façon de procéder à la surfacturation.

1) L’entreprise a un marché, mais n’exécute pas les travaux.


2) L’entreprise a un marché, mais exécute les travaux de manière partielle.
3) L’entreprise a un marché, exécute les travaux, tout en changeant la qualité
des prestations.
Au regard des standards internationaux et des us et coutumes au Gabon, la
norme de référence en matière de calcul pour évaluer le coût d’un bâtiment est la
suivante : le prix moyen au mètre carrémultiplié par la superficie, pour trouver le coût
du bâtiment dans une fourchette raisonnable. Aujourd’hui la surfacturation n’est pas
visible.
Exemple : pour la construction d’un bâtiment le cahier des charges est le
suivant :

 Toiture tôle bac 7/10 à changer pour Tôle bac 5/10


 Plafond CP de 8mm à changer CP de 4mm
 Carrelage grès cérame à changer Carrelage de 2ème ou 3ème choix
 Brique de 20 à changer Brique de 15

Toutes ces différentes sur la qualité des prestations feront en sorte que
l’entreprise versera des pots de vins, tout en cachant la surfacturation. Il est
important d’élaborer et de vérifier le cahier des charges pendant la passation et
l’exécution des marchés.
Autres points importants, le bâtiment a besoin d’entretien et de maintenance
pour garder la fonction pour laquelle il a été construit, mais les budgets sont
insignifiants. A cet effet il existe des normes :
Constituants Prestation Périodicité
Clos – Couvert - -nettoyage, démoussage Selon le type
Structures -examen visuel de la charpente
-traitement préventif des bois de Tous les 10 ans
charpente
Façades Selon le type
-Ravalement Tous les 10 ans
-nettoyage Tous les 2 ans
ouvertures -peinture des menuiseries bois Tous les 7ans
-lavage des menuiseries PVC, Tous les 3 ans
aluminium et acier
Structures Sans objet, sauf cas majeur

131
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Pour l’électricité, une visite de conformité doit être faite tous les ans.
Les équipements techniques comme la climatisation, le téléphone, les courants
faibles, les équipements de sécurité et les appareils élévateurs seront vérifiés, nettoyés,
réglés et talonnés selon les normes préconisées par le constructeur.
En conclusion, l’Etat devrait mettre un peu plus d’argent pour l’entretien, afin
d’éviter de lourdes réhabilitations de ses infrastructures.

II. RECOMMANDATIONS
Les bâtiments abritant des structures sanitaires ont des normes. Ces normes
ne sont pas connues de tous les constructeurs, d’où la nécessité de prendre certaines
précautions qui sont les suivantes :
1/ Prévoir des réunions de concertation entre l’initiateur du projet, l’utilisateur
futur et l’architecte pour l’élaboration du cahier des charges ;
2/ Préparer les études de projets ;
3/ Elaborer le cahier des charges pour le suivi de la qualité des prestations
exécutées durant l’avancement des travaux ;
4/ Procéder à une programmation budgétaire qui doit correspondre aux
besoins de financement des projets pour éviter de se retrouver avec des chantiers à
l’arrêt pour non-paiement ;
5/ Demander au ministère des TP de réceptionner les bâtiments
administratifs pour juger de la qualité des travaux exécutés.

SITUATION DES STRUCTURES EN CONSTRUCTION


Structure Avis Avis Observations
DGPIE Expert
Centre Médical de Ntoum 85% 85% En accord avec DGPIE
Centre Santé de Bikélé 83% 45% Pas d’accord, travaux exécutés le gros
œuvre, le passage de gaines électriques,
des réservations de plomberie, mais pas
de toiture
Centre Médical de Bitam 85% 75% Pas d’accord nous avons des bâtiments
ou le gros-œuvre est en cours de
réalisation
Centre Santé de Sam 65% 40% Pas d’accord avec DGPIE, nous n’avons
que le gros-œuvre
Centre Médical de Mekambo 95% 95% En accord
Travaux de finition
Centre de Santé de Mokeko 65% 40% Pas d’accord, nous n’avons que le gros-
œuvre et la toiture

Fait à Libreville, le

Expert agrée auprès de la Cour d’Appel Judiciaire de Libreville


André RASHIWA-IGOUWE

132
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

ANNEXES n° 10 :
SITUATION DES STRUCTURES VISITEES.
Méthodologie de calcul pour le coût de la construction

Le coût moyen est de 350 000 FCFA / par M2 à Libreville, pour l’intérieur du
pays nous intégrons un coefficient d’éloignement.

Coefficient d’éloignement.

Province Coefficient Ville


Base Estuaire 1.00 Base Libreville
Haut-Ogooué 1.32 Franceville
Ogooué-Lolo 1.35 Koulamoutou
Ogooué-Ivindo 1.35 Makokou
Woleu-Ntem 1.30 Oyem

Coût moyen d’un bâtiment = prix moyen x superficie.

133
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

ESTUAIRE

 Dispensaire de NTOUM

Ent. Adjudicataire : C.C.E.B.


Montant du marché 149 998 740 FCFA Année 2003
Total Marché 149 998 740 FCFA travaux de construction
Bâtiment ayant plus de trente ans et dans un état de dégradation avancé, mais
toujours en service.
Les travaux réalisés : poses de carrelages, de carreaux cassés, de faïences et
passage d’un coup de peinture. Les travaux exécutés représentent 20% du montant,
soit environ 29 999 748 FCFA. Le reste est de la surfacturation.

 Centre Médical de NTOUM

Ent. Adjudicataire : Société Gabonaise de Construction et d’Entretien de Bâtiments


Montant du Marché 600 059 598 FCFA Année 2000
Total Marché 600 059 598 FCFA Travaux de construction
Montant reçu = 400 000 000 F CFA
Superficie 1 650 M2
350 000 FCFA x 1650 M2 = 577 500 000 000 FCFA, en incluant les travaux des
terrassements et de mise en place des VRD, le marché représente la réalité des
travaux.

Les travaux sont à l’arrêt. Dans ce cas l’entreprise a travaillé au-delà des
paiements reçus.

Situation de préfinancement

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 Centre Médical de BIKELE


Ent. Adjudicataire : C.G.C.A Montant du Marché 1 000 000 000 FCFA Année 2010

Total Marché 1 000 000 000 FCFA travaux de construction.

Travaux de gros œuvre exécutés à 100%

Superficie du bâtiment = 650 x 4 = 2 600 M2

350 000 FCFA x 2 600 M2 = 910 000 000 FCFA

En tenant compte des travaux de VRD et d’assainissement du terrain, il


convient de préciser que les travaux concernent un bâtiment à étage et que cela
nécessite un renforcement de la structure par rapport à un bâtiment de plein pied,
nous n’avons pas de surfacturation.
Travaux à l’arrêt.

 Centre Médical du 5ème arrondissement (Hôpital Egypto-Gabonais)


Ent. Adjudicataire : CO.R.E.MAT Montant du Marché 400 000 000 FCFA Année 2002

Total Marché 400 000 000 FCFA travaux de construction.


Travaux terminés, bâtiment en exploitation
Superficie du bâtiment = 1 120 M2
350 000 FCFA x 1 120 M2 = 392 000 000 FCFA
Nous n’avons pas de surfacturation en tenant compte des travaux
d’assainissement et de VRD.

Mais le carrelage a commencé à se dégrader du fait de la mauvaise qualité des


carreaux.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 Hôpital Régional de l’Estuaire Mélen


Ent. Adjudicataire : ECORED Montant du Marché 559 411 592 FCFA Année 2010

Total Marché 559 411 592 FCFA travaux de construction d’une clôture.
Longueur de la clôture 1600 ml
200 000 FCFA x 1 600 M2 = 320 000 000 FCFA
Ce prix au m2, qui est de 200 000 FCFA, prend en compte les travaux de
montage de la clôture, de crépissage et de peinture.

Nous avons dans ce cas la surfacturation des prestations à hauteur de


239 000 000 FCFA répartit entre :

- la surévaluation de la guérite dont le coût équivaut à la construction d’une


maison (environ 25 000 000 F CFA) ;
- l’absence de menuiserie métallique sur la clôture ;
- l’absence d’électricité sur la clôture ;
- l’absence de doutes sur le terrassement des voies.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

HAUT-OGOOUE

 Centre de santé de Franceville

Ent. Adjudicataire : Ent. RAMEZ Montant du marché 315 000 000 FCFA
Total Marché 315 000 000 FCFA
Prix Moyen 350 000 FCFA x 1.32 (coefficient d’éloignement), Superficie 596 M2
Prix moyen = 350 000 x 1.32 = 462 000 FCFA
Coût Total = 462 000 FCFA x 596 M2 = 275 352 000 FCFA
Nous avons une surfacturation de 39 648 000 FCFA, soit 12,58% du marché global

 Centre du Palu de Franceville


Ent. Adjudicataire : C.C.R. Montant du marché 23 900 000 FCFA Année 2006
Prix Moyen incluant le coefficient d’éloignement = 462 000 FCFA
Superficie 78 M2
Coût total = 462 000 FCFA x 78 M2 = 36 036 000 FCFA
Cet écart s’explique par la qualité des matériaux utilisés.
Ce centre est à l’abandon et n’a jamais été exploité.

 Pharmacie Régionale de Franceville


Ent. Adjudicataire : SGCR Montant du marché 81 841 785 FCFA
Extension de la pharmacie ‘‘Zone de stockage’’
Prix Moyen = 250 000 FCFA dans ce cas nous avons changé le coût, car la
construction d’un hangar nécessite moins de matériaux.
Superficie 309 M2
Coût =250 000 FCFA x 309 M2 = 77 250 000 FCFA
L'écart entre l’expertise et la facture réelle étant inférieure à 10%, nous restons dans
le domaine du raisonnable, donc pas de surfacturation.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

OGOOUÉ-LOLO

 Centre Hospitalier Régional de Koulamoutou (ancien)


Ent. Adjudicataire : S.B.O Montant du marché 25 000 000 FCFA Année 2001
Total Marché 25 000 000 FCFA Travaux de construction de
fosses septiques, puisards et toilettes
Les travaux ont été réellement effectués. Toilettes toujours fonctionnelles.
 Centre Hospitalier Régional de Koulamoutou (ancien)
Société Gabonaise Dombone
Montant du Marché 20 000 000 FCFA Année 2005
Total Marché 20 000 000 FCFA Travaux de réfection
Travaux exécutés à 100%
Bâtiment abritant la Direction Régionale de Santé.
 Pharmacie Régionale de Koulamoutou
S.B.O Montant du Marché 75 000 000 FCFA Année 2002
S.B.O Montant du Marché 44 996 000 FCFA Année 2004
Total Marché 119 996 000 FCFA Travaux de
construction
Travaux exécuté à 100%
Superficie 250 M2
Cout = 469 000 F x 250 M2 = 117 250 000 FCFA
Nous n’avons pas surfacturation.
 Centre Médical de Lastourville
Société SOREC Montant du Marché 445 000 000 FCFA Année 2006
Société SOREC Montant du Marché 400 000 000 FCFA Année 2007
Société SOREC Montant du Marché 200 000 000 FCFA Année 2007
Total Marché 1 045 000 000 FCFA travaux de réhabilitation.
Le marché global est de 1 996 808 614 FCFA
Tous les travaux de ce centre médical ont été exécutés et réceptionnés par la
Direction Générale des Marchés publics et la Direction Générale du Contrôle
Financier. L’observation s’est faite sur le plan qualitatif car nous ne connaissons pas
l’état des différents bâtiments avant la réhabilitation. Les travaux ont été exécutés
selon les règles de l’art.

138
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

WOLEU-NTEM

 Centre Hospitalier Régional d’Oyem (ancien CHR)


Ent. Adjudicataire : F.R.E.C. Montant du marché 14 000 000 FCFA Année 2002
Total Marché 14 000 000 FCFA Travaux de réfection
Les travaux ont été réellement effectués. Aujourd’hui la Direction Régionale de la
Sante du Woleu-Ntem occupe les locaux.

 Centre Hospitalier Régional d’Oyem


Ent. Adjudicataire : Société Gabonaise de Construction et d’Entretien de Bâtiments
Montant du Marché 35 000 000 FCFA Année 2002
Total Marché 35 000 000 FCFA Travaux de construction d’un logement
Travaux exécutés à 100%
Superficie 116 M2
Coût de la construction = 455 000 FCFA x 116 M2 = 52 780 000 F CFA
Nous pouvons expliquer cet écart par la qualité des matériaux utilises.
Exemples : - pour la couverture des tôles bac alu 6/10
- Pour le plafond du Contre plaqué de 4 mm
Nous ne pouvons appliquer la norme, car les matériaux ne sont pas
conformes au cahier de charge.
Dans ce cas, l’administrateur de crédits accorde une faveur à l’entreprise pour
qu’elle travaille sans respecter les normes de construction.
 Centre Hospitalier Régional d’Oyem
Ent. Adjudicataire : SBCA NDOLO Montant du Marché 10 000 000 FCFA Année 2008
Total Marché 10 000 000 FCFA Etudes pour travaux de réhabilitation.
Nous n’avons pas pu obtenir ces études.
 Pharmacie Régionale d’Oyem
Ent. Adjudicataire : Ent. RAMEZ Montant du Marché 45 000 000 FCFA Année 2004
Ent. Adjudicataire : Ent. RAMEZ Montant du Marché 60 000 000 FCFA Année 2005
Ent. Adjudicataire : Ent. RAMEZ Montant du Marché 30 000 000 FCFA Année 2006
Total Marché 135 000 000 FCFA Travaux de construction
Travaux exécutés à 100%

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Superficie 300 M2
Coût = 455 000 FCFA x 300 M2 = 136 500 000 FCFA
Nous n’avons pas surfacturation.
 Centre de Traitement Ambulatoire d’Oyem
Ent. Adjudicataire : SOCOFI Montant du Marché 173 501 158 FCFA Année 2003
Total Marché 173 000 000 FCFA Travaux de construction
Travaux exécutés à 100%
Superficie 360 M2
Coût des travaux = 455 000 FCFA x 360 M2 = 163 000 000 FCFA.
Nous devons prendre en compte le mobilier livré avec le bâtiment, donc pas de
surfacturation.
 Centre de Palu d’Oyem
Ent. Adjudicataire : COREMAT Montant du Marché 26 944 784 FCFA Année 2007
Total Marché 26 944 784 FCFA Travaux de construction
Travaux inexistants.
 Centre Médical de Bitam
Ent. RAMEZ Montant du Marché 200 000 000 FCFA Année 2007
Ent. RAMEZ Montant du Marché 279 000 000 FCFA Année 2008
Total Marché 479 000 000 FCFA travaux de construction.
Travaux en arrêt pour non paiement. Dans ce cas nous pouvons faire un
constat de l’état d’avancement des travaux :
- gros œuvre terminé pour le bâtiment principal et les autres bâtiments ;
- travaux secondaires en cours de réalisation (carrelage pose, passage de
gaines pour l’électricité et la plomberie passées, plafond placé), il manque
toutes les ouvertures ;
- les logements sont construits.
Au vu des réalisations, nous sommes au-delà des 400 000 000 de FCFA payés
à l’entreprise.
 Centre de sante de SAM/BIBASSE
Ent. Adjudicataire : SIM BTP Montant du Marché 140 000 000 FCFAAnnée 2007
Total Marché 140 000 000 FCFA travaux de construction.
Travaux à l’arrêt.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Le gros œuvre du bâtiment principal et des deux logements sont faits à 100%.
Les travaux sont en phase de couverture et évalués à environ 40% de la construction.
Au vu des plans, la superficie du bâtiment principal, des deux logements etde la
cuisine serait de 852 M2.
Evaluation des coûts de construction : 455 000 FCFA x 852 M2 = 387 660 000 FCFA.
L’arrêt des travaux pourrait s’expliquer par une mauvaise évaluation des coûts
pour la construction du centre de santé.
 Dispensaire de DOUMANZOU
Ent. Adjudicataire : C.B.C. M Montant du Marché 75 000 000 FCFA Année 2007
Ent. Adjudicataire : C.B.C.M Montant du Marché 30 000 000 FCFA Année 2008
Total Marché 105 000 000 FCFA travaux de construction.
Superficie 235 M2
TOTAL = 455 000 FCFA x 235 M2 = 106 925 000 FCFA.
Pas de surfacturation, mais la qualité des matériaux (faïences), est inférieure à la
norme.
Exemple : plafond en CP de 5mm
Qualité des faïences.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

OGOOUE-IVINDO

 Centre Hospitalier Régional de MAKOKOU (ancien CHR)

Ent. Adjudicataire : Construction 2000 SARL Montant du marché 175 000 000 FCFA Année 2001

Ent. Adjudicataire : Construction 2000 SARL Montant du marché 37 480 746 FCFA Année 2003
Total Marché 212 480 746 FCFA Travaux de réfection

Les travaux ont été réellement effectués. Ces bâtiments sont en bon état, mais
nécessitent un coup de peinture.
Prix Moyen = 350 000 FCFA x 1.35 = 472 500 FCFA
Superficie 430 M2
Coût total = 472 500FCFAx 430 = 203 175 000 FCFA

L’écart entre l’expertise et le coût total est à moins de 10%, soit


4.3%, il n’y a pas eu surfacturation.

 Centre Hospitalier Régional de MAKOKOU

ENTRACO Montant du Marché 221 000 000 FCFA Année 2007

Total Marché 221 000 000 FCFA Travaux de terrassement du nouveau CHR

Travaux exécutés à 100%

 Pharmacie Régionale de l’Ogooué-Ivindo

Ent. Adjudicataire : Ent. RAMEZ Montant du Marché 45 000 000 FCFA Année 2004

Ent. Adjudicataire : Ent. RAMEZ Montant du Marché 30 000 000 FCFA Année 2006

Total Marché 75 000 000 FCFA Travaux de construction

Travaux non exécutés.

 Pharmacie Régionale de l’Ogooué-Ivindo

Ent. Adjudicataire : METRAP Montant du Marché 105 000 000 FCFA Année 2010

Ent. Adjudicataire : METRAP Montant du Marché 45 000 000 FCFA Année 2010

Total Marché 150 000 000 FCFA Travaux de construction

Les travaux effectués, représentant le début de la construction d’une clôture, ne


représentent qu’environ 10% du montant perçu. Les travaux sont à l’abandon.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

 Centre Médical de Mékambo

STAY DISTRIBUTION Montant du Marché 150 000 000 FCFA Année 2007

STAY DISTRIBUTION Montant du Marché 50 000 000 FCFA Année 2007

STAY DISTRIBUTION Montant du Marché 200 000 000 FCFA Année 2007

Total Marché 400 000 000 FCFA Travaux de construction

Travaux exécuté à 95%


Superficie 980 M2
Coût des travaux = 472 500 FCFA x 980 M2 = 463 050 000 FCFA.

L’entreprise préfinance pour terminer le chantier.

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

ANNEXE N° 11 : ORDONNANCE

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

TABLE DES MATIÈRES


GLOSSAIRE............................................................................................................................................................3
SYNTHESE DU RAPPORT ...............................................................................................................................5
RECAPITULATIF DES RECOMMANDATIONS.......................................................................................7
1ère PARTIE : L’ABSENCE DE PLANIFICATION ET DE PROGRAMMATION DES
INVESTISSEMENTS ...................................................................................................................................... 7
I. UNE PLANIFICATION DES INVESTISSEMENTS QUI ECHAPPE A TOUTE
LOGIQUE .....................................................................................................................................................7
II. UNE PROGRAMMATION NON OPTIMALE DES INVESTISSEMENTS ........................7
2ème PARTIE : UNE REALISATION PEU EFFICACE DES INVESTISSEMENTS
HOSPITALIERS ............................................................................................................................................... 8
I. UNE DESCRIPTION MITIGEE DES INVESTISSEMENTS REALISES ..............................8
II. DES CONDITIONS DE REALISATION HETEROGENES ................................................... 8
3ème
PARTIE : DES STRUCTURES HOSPITALIERES QUI CONNAISSENT DE GRAVES
PROBLEMES DE FONCTIONNEMENT ...............................................................................................9
I. L’EVALUATION DES EQUIPEMENTS .........................................................................................9
II. UNE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES PEU PERFORMANTE .....................10
III. UNE GESTION INEFFICACE DES MEDICAMENTS ET DES CONSOMMABLES
MEDICAUX................................................................................................................................................10
4ème PARTIE : L’IMPACT DES INVESTISSEMENTS SUR L’ACCES ET LA QUALITE DES
SOINS OFFERTS ...........................................................................................................................................11
I. L’EVALUATION GLOBALE ............................................................................................................11
II. DES STATISTIQUES PEU FIABLES ET INCOMPLETES ....................................................11
III. UN SYSTEME D’INFORMATION SANITAIRE EN CONSTRUCTION : LE SNIS ....11
INTRODUCTION...............................................................................................................................................12
1ère PARTIE : L’ABSENCE DE PLANIFICATION ET DE PROGRAMMATION DES
INVESTISSEMENTS ....................................................................................................................................17
I. UNE PLANIFICATION DES INVESTISSEMENTS QUI ECHAPPE A TOUTE
LOGIQUE ...................................................................................................................................................17
A. Les plans successifs depuis 2000 ....................................................................................................18
1. Le Plan National d’Action Sanitaire (PNAS) 1998-2000 .......................................................18
2. Les PNDS ......................................................................................................................................19
3. Le Plan sectoriel de santé du PSGE (Plan Stratégique Gabon Emergent).........................21
B. L’analyse critique des différents plans ...........................................................................................22
1. L’absence de prise en charge politique ......................................................................................22
2. L’absence d’actions cibles ............................................................................................................23
3. L’absence d’indicateurs de performance ...................................................................................23

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

4. L’absence de planification des investissements réalisés entre 2000 et 2011 .......................23


II. UNE PROGRAMMATION NON OPTIMALE DES INVESTISSEMENTS ......................30
2ème PARTIE : UNE REALISATION PEU EFFICACE DES INVESTISSEMENTS
HOSPITALIERS .............................................................................................................................................37
I. UNE DESCRIPTION MITIGEE DES INVESTISSEMENTS REALISES ............................37
A. Sur le plan budgétaire .......................................................................................................................37
1. Une évolution de l’exécution des dépenses de santé en deçà des normes internationales
..............................................................................................................................................................37
2. Une ventilation inégale des dépenses de santé par région sur la période 2000-2011 ........39
B. Sur le plan des infrastructures et des réhabilitations ...................................................................40
1. Des constructions insuffisantes..................................................................................................40
2. Des réhabilitations exécutées hors normes ..............................................................................42
II. DES CONDITIONS DE REALISATION HETEROGENES .................................................44
A. Des modes d’exécution divers ........................................................................................................44
1. Des réalisations sous la conduite de l’Etat ...............................................................................44
2. Les réalisations avec le concours des partenaires extérieurs..................................................48
B. Des conditions de réalisation critiquables.....................................................................................52
1. Des réalisations non conformes .................................................................................................52
2. Des surfacturations .......................................................................................................................55
3. Des modes de financement inappropriés .................................................................................56
4. Un suivi défaillant de l’exécution des projets ...........................................................................57
3èmePARTIE : DES STRUCTURES HOSPITALIERES QUI CONNAISSENT DE GRAVES
PROBLEMES DE FONCTIONNEMENT .............................................................................................59
I. L’EVALUATION DES EQUIPEMENTS .......................................................................................59
A. L’absence d’une politique générale d’équipement et de maintenance des équipements ......60
B. Des équipements médicaux insuffisants ou non opérationnels ................................................61
Des équipements insuffisants....................................................................................................................61
a. Un système de gestion des déchets biomédicauxdéfaillant....................................................62
b. L’absence des conditions d’hygiène hospitalière .....................................................................63
c. L’absence de moyens de déplacement ou de transport des malades. ..................................64
2. Des équipements non opérationnels ..............................................................................................64
a. L’obsolescence du plateau technique.........................................................................................64
b. Le manque de personnels qualifiés ............................................................................................65
c. Une gestion des équipements peu cohérente ...........................................................................65
C. Des infrastructures sanitaires sans électricité, ni eau ..................................................................66
D. Les marges de manœuvre limitées des structures .......................................................................68
II. UNE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES PEU PERFORMANTE .....................71

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Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

A. L’inadéquation des ressources humaines aux besoins du système sanitaire ...........................71


B. La vacance de nombreux postes .....................................................................................................72
III. UNE GESTION INEFFICACE DES MEDICAMENTS ET DES CONSOMMABLES
MEDICAUX................................................................................................................................................74
A. Le contexte .........................................................................................................................................74
B. L’insuffisance des dotations budgétaires en <<médicaments>> ............................................76
C. Une procédure contraignante de commande des médicaments et consommables médicaux
qui doit être améliorée ...........................................................................................................................78
D. Une gestion subie des médicaments périmés ..............................................................................79
4èmePARTIE : L’IMPACT DES INVESTISSEMENTS SUR L’ACCES ET LA QUALITE DES
SOINS OFFERTS ...........................................................................................................................................80
I-L’EVALUATION GLOBALE ........................................................................................................80
II. DES STATISTIQUES PEU FIABLES ET INCOMPLETES...............................................82
III. UN SYSTEME D’INFORMATION SANITAIRE EN CONSTRUCTION : LE SNIS83
ANNEXES.............................................................................................................................................................87
Annexe n°1 : CHRONOGRAMME DES ENTRETIENS ET VISITES ...........................................88
Annexe n°2 : ACTIONS CIBLES DE LA MISE EN ŒUVRE DU PNDS 2011-2015 ...................91
Annexe 3 : RECAPITULATIF DE L’EXECUTION DES DOTATIONS ALLOUÉES A LA
SANTÉ SUR LA PERIODE 2000-2011.....................................................................................................93
Annexe n°4 : RÉCAPITULATIF DE L’EXÉCUTION DE LA VENTILATION DES
DÉPENSES DE SANTÉ EXÉCUTÉES PAR PROVINCE SUR LA PERIODE 2000-2011 ......94
Annexe n°5: RECAPITULATIF DES CONSTRUCTIONS, REFECTIONS,
REHABILITATIONS ET EQUIPEMENTS HOSPITALIERS SUR LA PERIODE 2000-2011 99
Annexe n° 6 : ECHANTILLON DES INVESTISSEMENTS DEPROGRAMMES ET/OU
REPROGRAMMESSUR LA PERIODE 2003-2011 ............................................................................ 107
Annexe n°7 : ETAT DES IMPAYES DE L’OPN AU 07 JUIN 2013............................................... 111
Annexe n°8 : ETAT DES ENGAGEMENTS ET DES REGLEMENTS DE 2000 A 2011....... 114
Annexe n° 9 : RAPPORTS DES EXPERTS........................................................................................... 115
ANNEXES n° 10 :........................................................................................................................................ 133
SITUATION DES STRUCTURES VISITEES. .................................................................................... 133
ANNEXE N° 11 : ORDONNANCE ...................................................................................................... 144

149
Rapport relatif à l’audit de performance des dépenses sociales en matière d’investissements hospitaliers - Juin 2013

Achevé d’imprimer en numérique aux Éditions Ntsame


N° éditeur : 978-2-36213
Tél. 06 84 73 41/07 75 21 46
B.P. 16 032 – Libreville
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Imprimé au Gabon

150

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