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Ce document décrit une révolte des habitants de Larissa en Thessalie en 1066, selon le récit de Kékauménos. Il examine l'origine des Valaques mentionnés, qui est un sujet de débat parmi les historiens, certains affirmant qu'ils descendent des Daces romanisés.

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Ce document décrit une révolte des habitants de Larissa en Thessalie en 1066, selon le récit de Kékauménos. Il examine l'origine des Valaques mentionnés, qui est un sujet de débat parmi les historiens, certains affirmant qu'ils descendent des Daces romanisés.

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Collection de la Maison de l'Orient

méditerranéen. Série
archéologique

La révolte des Larisséens en 1066


Achille Lazarou

Citer ce document / Cite this document :

Lazarou Achille. La révolte des Larisséens en 1066. In: La Thessalie. Actes de la Table-Ronde, 21-24 juillet 1975, Lyon. Lyon :
Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, 1979. pp. 303-318. (Collection de la Maison de l'Orient méditerranéen.
Série archéologique, 6);

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Fichier pdf généré le 02/05/2018


LA REVOLTE DES LARISSEENS EN 1066

L'événement étudié ici paraît être un sujet restreint. Mais à cause


des termes «Valaque» 1 et «Bulgare» 2, qui y sont cités, il a fait de notre
part l'objet de recherches plus poussées. Toutefois tous les problèmes
qu'il pose ne sont pas résolus; de toute évidence une nouvelle mise au
point serait utile.
Pour l'étude de notre sujet nous disposons d'une seule source,
l'œuvre de Kékauménos, qui est vraiment d'une grande valeur historique
et unique en son genre dans toute la littérature byzantine, du fait qu'elle
est dépourvue de tout artifice et libérée de toute influence cléricale 3.
Cette source a été nommée improprement le Stratégikon de Kékauménos,
titre diffusé après la première édition publiée en 1896 à Moscou par les
savants russes B. Wassilievsky et V. Jernstedt 4. Il y a trois ans, en 1972,
à Moscou, le savant soviétique G. E. Litavrin a fait la deuxième édition
sous le titre Cecaumeni Consilia et Narrationes 5. La récente édition a
été précédée par une traduction allemande soignée, due à H. G. Beck 6
et accompagnée d'amples notes, et plus récemment par l'excellent
mémoire de P. Lemerle 7.
On ne va pas reprendre ici la discussion sur la paternité de l'œuvre.
Du moins, les personnes qui sont bien au courant de ce problème savent
que les premiers éditeurs, B. Wassilievsky et V. Jernstedt, ont considéré le
Discours à l'empereur 8 et le Stratégikon comme deux œuvres distinctes,
dont la première appartiendrait à un neveu de Nikoulitzas 9 ; seul le
Stratégikon, écrit quelques années avant le Discours à l'empereur,
appartiendrait réellement à Kékauménos.

«La Thessalie», CMO 6, Arch. 2, Lyon 1979. Achille LAZAROU


304 Α· LAZAROU

Les conclusions auxquelles ont abouti Bucker 10, Banescu **,


Gyoni * 2 et Karayannopoulos * 3 , renforcées par l'étude approfondie de
Lemerle, ont imposé le nom de Kékauménos comme celui de l'unique
auteur, et le nouveau titre, utilisé déjà par Litavrin.
Selon Lemerle, le récit de Kékauménos apparaît plus précis et
plus véridique que celui d'un chroniqueur, lorsque la comparaison peut
être faite 14. Cela, d'ailleurs, s'explique bien car Kékauménos a eu à sa
disposition les documents conservés dans les archives familiales, qu'il put
aussi compléter en se renseignant dans toute sa parentèle, ainsi qu'en
utilisant l'expérience personnelle acquise pendant sa carrière. Grâce à ce
riche fonds, qu'il exploite parfaitement, son œuvre est solidement
documentée. Néanmoins, des inexactitudes ne manquent pas, et surtout en ce
qui concerne l'origine des Valaques de Thessalie, sur laquelle nous
voudrions nous arrêter ici plus longuement, jugeant que là est le plus
important problème soulevé par cet événement historique que constitue la
révolte des Larisséens, pour la solution duquel la controverse a donné
naissance à une littérature immense avec de graves conséquences
politiques.
Voici le passage de Kékauménos qui se rapporte à l'histoire des
Valaques: «Lorsque Trajan les eut dispersés, puis vaincus, ils furent tous
faits prisonniers et personne, pas même leur empereur Décébale,
n'échappa au massacre général qui suivit: sa tête fut fixée à l'extrémité d'une
lance que l'on planta dans la ville des Romains. En effet, ceux-là (les
Valaques) sont les soi-disant Daces et Besses. Ils habitaient auparavant
à proximité du Danube et du Saos, que nous appelons aujourd'hui Savas,
là où les Serbes demeurent actuellement, retranchés dans leurs positions
fortifiées et imprenables. Se fiant à celles-ci, en même temps qu'ils
feignaient l'amitié et la soumission envers les anciens empereurs romains,
ils sortaient de leurs fortifications et pillaient les provinces romaines.
C'est pourquoi les empereurs, exaspérés, les décimèrent. Les survivants
quittèrent la région, les uns se dispersèrent dans toute l'Épire et la
Macédoine, le plus grand nombre s'établit dans l'Hellas» 1 5 .
Le savant hongrois M. Gyoni a raison de se demander : pourquoi
les Daces attaqués par les Romains se seraient-ils réfugiés dans l'endroit
précis d'où venait l'offensive ? 1 6 .
On pourrait encore se demander si le passage en question ne
conserve pas le souvenir d'une migration roumaine se dirigeant vers le Sud et
qui eut lieu plus tard 1 7 .
En commentant minutieusement le passage, Gyoni affirme que
Kékauménos n'a pas puisé ses propos concernant les Daces, Décébale et
Trajan dans une tradition populaire valaque, mais qu'il les a empruntés
LA RÉVOLTE DES LARISSÉENS EN 1066 305

soit directement soit indirectement à l'œuvre de Dion Cassius 18. Lemer-


le 19 accepte cette explication en ajoutant qu'ils reposeraient sur une
erreur géographique de Kékauménos, qui s'est trompé sur la position
de la Dacie Trajane. Déjà Tomaschek 20 avait une opinion presque
identique.
En se fondant sur cette citation et sur une fausse analyse d'un
autre passage de Chalcondylès 21, plusieurs savants, pour la majorité
roumains, ont émis la théorie d'après laquelle les Valaques de Thessalie,
et en général de pays hellénique, sont les descendants des Daces et des
Besses romanisés 22, mais descendus en Grèce entre les Ville et Xe s.,
en conséquence de la descente des Slaves 23 ou de l'apparition des
Hongrois 24 et même des Turcs 25 .
Il est vrai que ce problème n'a cessé d'occuper une place centrale
dans les études consacrées à Kékauménos, et peu à peu il se trouva aussi
parmi les savants des investigateurs assidus et compétents, qui ont apporté
des arguments contre la théorie exposée ci-dessus.
Entre autres, Luber Niederle 26 soutient que tous ces Valaques
ne sont que des éléments de l'ancienne population romanisée. Fr. Taillez
nous dit que la genèse des Valaques date de l'époque de Saint Paul :
«C'est la Macédoine, dit-il, au sens des Actes des Apôtres, ce
«Macédonien» apparaissant en songe à Paul de Tarse, à Troas, pour l'inviter à
passer en Europe... Ce Gaios Doubenos, qui, avec Sekoundos de Thessa-
lonique est le premier Macédo-Romain, le premier chrétien de langue
latine en Orient»27. D'après Michel Sivignon 28, l'existence des Valaques
dans la péninsule balkanique est connue depuis le Vie siècle après J.C. et
ils sont de très anciens habitants du Pinde et de la Thessalie. Une plus
haute ancienneté de l'apparition des Valaques dans le Pinde et, par
conséquent, aussi en Thessalie est, en partie, reconnue par le savant roumain
Th. Capidan. En cherchant l'étymologie de quelques toponymes du
Pinde 29 il aboutit à la conclusion suivante : «Or, comme sous le rapport du
phonétisme, ils révèlent une évolution authentiquement locale, il ne
serait pas absurde d'en inférer que les premières racines de roumanisme se
trouvent au Pinde, dès l'époque de la conquête romaine» 30.
Il convient de préciser que Capidan refuse une vie nomade aux
populations d'origine hellénique et surtout une romanisation de ces
populations. Naturellement, on ne peut pas parler des Hellènes nomades 3 1 .
A tort aussi Capidan 32 attribue le nomadisme aux Valaques de
la péninsule hellénique. Seule une partie d'entre eux s'occupe de
l'élevage des moutons et des chèvres. Et même ceux-ci ne sont que des pâtres
transhumants. Si les Valaques de Thessalie et du Pinde étaient des
nomades, il serait difficile de comprendre la fondation de centres culturels va-
306 A. LAZAROU

laques 33, comme par exemple Moscopole, Metzovo, Monastèri (Bitolia)


etc., et la construction de maisons de type gréco-méditerranéen 34 dans
les villages purement valaques.
Il est connu 35 que, dès la période homérique, l'élevage des
moutons et des chèvres constituait une branche importante de la vie
économique 3^ hellénique. Pendant toute l'antiquité, l'Êpire 37 était le pays des
pâtres ?8. Les conditions climatiques du territoire hellénique obligeaient
les troupeaux et les pâtres au nomadisme saisonnier, ou plus précisément
à la vie transhumante; à cet égard, il n'y a aucune différence entre
l'antiquité et l'âge moderne. Pour le démontrer, il suffit de renvoyer à un
passage d'Oedipe-roi (v. 1133-1139) où le messager, en présence du roi, veut
rafraîchir la mémoire du serviteur par les paroles suivantes: «... Je suis sûr
qu'il m'a connu quand, sur le Cithéron, lui avec un double troupeau, moi
avec un seul, nous vivions en voisins et cela a duré trois semestres entiers,
du printemps jusqu'au lever de PArcture. L'hiver venu, je retournais dans
mes étables et lui vers les bergeries de Laios» 39.
Quant à la romanisation des populations helléniques, il y a
maintenant des témoignages éloquents. Jusqu'à présent on a trouvé dans le
territoire hellénique un nombre d'inscriptions latines très considérable
(900). Le savant roumain H. Mihaescu 40 avoue que leur fréquence et leur
répétition continue attestent incontestablement l'existence de latinopho-
nes. En précisant les localités qui renfermaient des inscriptions latines il
affirme qu'elles se succédaient le long de la via Egnatia et gravitaient
autour d'elle, attestant le rôle particulièrement important qu'elle a joué
dans le processus de romanisation de la Macédoine, lequel a devancé celui
des autres provinces du sud-est européen de l'Empire romain.
La romanisation s'effectuait par divers moyens 41 . Selon l'opinion
de Stanescu 42, elle était le résultat de l'application, parfois conséquente,
d'une stratégie administrative qui tenait compte des particularités
politiques et militaires du territoire conquis. En premier lieu, deux conditions
devaient être remplies : la nécessité militaire de protéger les frontières ou
autres points importants et la possibilité d'employer dans ce but des
populations qui étaient déjà habituées à des tâches de cette sorte, comme
par exemple assurer la sécurité de la traversée des cols des montagnes et
la surveillance de la bonne condition des routes.
Les données mises en lumière par différents chercheurs montrent
l'existence d'une telle stratégie administrative en Macédoine de l'époque
de Philippe II 43 et son application pendant toute la période
hellénistique, même sous la domination romaine comme l'indiquent les praesidia
armata de Tite-Live 44. Cette institution fut héritée par Byzance 45 et
ensuite par la Sublime-Porte 46.
LA RÉVOLTE DES LARISSÊENS EN 1066 307

Les conquérants romains se souciaient aussi de trouver des


autochtones capables d'installer des stations sur les routes de grande circulation,
de s'intéresser à l'hôtellerie, de développer le commerce, en un mot de
continuer la vie économique et sociale 47 .
Certes, il y avait des commerçants romains, mais ils n'aimaient
pas les péripéties dangereuses. Hatzfeld 48 insiste sur le fait que les
Romains, par peur des incursions des Illyriens, n'ont pas exploité la via Eg-
natia 49. Ils ont préféré la route maritime des navires de commerce, qui
se détourne vers le golfe de Corinthe. Sans se désintéresser constamment
du domaine balkanique, les Romains tendent à s'associer, par excellence,
avec des Hellènes pour des affaires politiques et administratives 5 ° . Ainsi
progressivement 5 1 entre les deux peuples se déploient des relations 5 2
multiples dont l'instrument indispensable est la langue latine 5 3 .
On hésitait à accepter l'idée de la romanisation 54 des populations
helléniques à cause d'une autre idée, celle de la supériorité de la
civilisation hellénique. Opportunément F. Lot 55 observe que la conservation ou
la perte d'une langue sont dues à des causes complexes où la «culture» ne
joue pas toujours nécessairement le rôle prépondérant. D'après Lozo-
van 56 le grec ne fit pas exception. Il cite le témoignage de Jean Lydien
qui dit explicitement ceci : «Bien que les habitants de l'Europe (c'est à
dire la péninsule balkanique) dans leur majorité fussent des Grecs, ils
parlaient le latin» 57.
Il nous apparaît tout aussi caractéristique que ce passage de Jean
Lydien ne se trouve mentionné nulle part dans les écrits de Capidan, qui
s'est occupé exclusivement de ce problème pendant un demi-siècle : il é-
tait pourtant cité dès 1892 par Lafoscade 58, puis à plusieurs reprises par
d'autres savants, en particulier par Zilliacus 59 en 1935.
En ce qui concerne le rôle des Valaques dans la révolte de 1066,
on reconnaît communément qu'ils en constituaient l'élément le plus
important. C'est pourquoi pendant longtemps on a parlé tout simplement de
la révolte des Valaques.
Le récit de cet événement commence ainsi : Nikoulitzas III, «pro-
tospatharios» et stratège du thème «Hellas» se rend à la cour de
Constantinople pour faire un rapport à l'empereur Constantin X Ducas (1059-
1067). N'ayant pas été reçu par l'empereur, un mois durant, malgré
l'intervention de l'archevêque Georgios Korinthios, il s'apprête déjà au
départ pour l'Hellas. Aussitôt rentré à Larissa, il fait part à l'empereur de ses
dernières observations sur les préparatifs de la révolte, dans un rapport
écrit, auquel il ne reçoit aucune réponse.
Le lieu de réunion des révoltés était la maison du Valaque Laris-
séen Bériboès. Deux de leurs délégués, Ionnès Gremianitès et Grégorios
308 A. LAZAROU

Bambakas, viennent dévoiler à Nikoulitzas leurs projets et tenter de le


gagner à leur cause. Celui-ci, n'osant pas faire exécuter les principaux
meneurs, fait semblant de se ranger de leur côté, mais avec la bonne intention
d'arrêter, s'il en était temps encore, la rébellion ouverte. Il s'entretient
de la révolte en tête à tête avec les révoltés, chez Bériboès.
En effet, Nikoulitzas avait élaboré un projet adroit pour apaiser
les révoltés qui étaient occupés à des travaux différents. Les Valaques,
d'ordinaire, se considèrent seulement comme des pâtres, mais au cours du
récit de cette révolte, nous faisons la connaissance des trois classes : 1) les
pâtres transhumants, 2) les agriculteurs, 3) les citadins 60. L'occupation
des Valaques à des travaux ruraux est prouvée aussi par la terminologie
agricole de leur idiome roman. Le plus significatif est que cette
terminologie des Valaques des pays helléniques, se nommant eux-mêmes Arou-
mains 61, diffère suffisamment de la terminologie des Roumains 62;
par exemple, ayizmare «vendanges»: roumain culegere de struguri; ava
«raisin»: r. strugure; bîrbuta «filament chevelu du poireau»: r. capacina
prasului; fava «gesse» : r. linte; pusca «vinaigre» : r. otet; teatire «pois
chiche» : r. naut; vomira «soc, charrue» : r. plug, etc.
Pour les temps ultérieurs, Capidan nous dit qu'en dehors des deux
premières classes, les Valaques sont d'incomparables marchands et des
artisans très capables. De même, il ajoute que les Valaques ont étendu leur
commerce au-delà des Balkans, d'abord dans les ports du bassin
méditerranéen, ensuite à l'est et à l'ouest de l'Europe, entretenant des relations
avec Vienne, Leipzig, Budapest, Bucarest, Jassy, Moscou, etc.63
Or, les conspirateurs valaques pouvaient sortir de toutes les
classes et non, comme Gyoni l'a supposé, exclusivement des rangs des pâtres
transhumants. Il n'est pas juste non plus de dire que la révolte était menée
uniquement par les Valaques, car la participation des Larisséens grécopho-
nes est clairement attestée, même si la présence des Bulgares reste très
obscure.
Nikoulitzas devant les agriculteurs argumente de la nécessité de
moissonner dans le calme, ce que la révolte rendrait impossible. Puis il
essaye de dissuader les pâtres de poursuivre leur mouvement. «Et il dit
aux Valaques, écrit Kékauménos: —Où sont maintenant vos troupeaux
et vos femmes?» —«Dans les montagnes de Bulgarie», répondirent-ils.
Telle est vraiment leur coutume. Même actuellement, ils ont leurs
troupeaux et leurs familles, du mois d'avril jusqu'en septembre, dans les
montagnes les plus hautes et les régions les plus froides. «Et alors, dit-il, ne
seront-ils pas dépouillés par les gens de là-bas qui, évidemment, se rangent
du côté de l'empereur?» Les Valaques, ayant écouté tout cela, obéirent
à ses paroles. Mais tout de suite, la révolte éclata à l'instigation des La-
LA RÉVOLTE DES LARISSÉENS EN 1066 309

risséens»64. Nikoulitzas feint d'entrer dans leur jeu, s'y trouve engagé
plus qu'il ne l'aurait voulu, prend la tête d'opérations militaires.
La foule des révoltés sous le commandement de Nikoulitzas
prend la route vers Pharsale et, de là, vers la large vallée du fleuve Bli-
ouri (Μπλωύρης-Πλήρης = Πάμισος), affluent de la rive droite du Pé-
née. Nikoulitzas y recrute une armée nombreuse «de Valaques et de
Bulgares». Ensuite, en traversant la plaine de Thessalie de l'est à l'ouest,
il marche sur Servia, pendant qu'un détachement de son armée est
envoyé prendre et démanteler le kastron de Kitros (Pydna) sur le golfe
de Thessalonique pour se protéger d'une éventuelle réaction impériale
qui pouvait venir par la Macédoine, ou, comme dirait Kékauménos,
par la «Bulgarie».
Toute la Thessalie est gagnée à la révolte, comme en témoigne
la liberté de mouvement des révoltés 6 5 . Mais pendant la traversée de la
campagne thessalienne, de Larissa, Pharsale, Trikala, jusqu'à Servia, ne
sont mentionnés que des Valaques et des «Bulgares». Est-il possible de
croire que dans toute cette région si étendue et si fertile il n'existait pas
de Grecs? Ou s'ils existaient, n'ont-ils pas participé à la révolte? Une
disparition, même partielle, des autochtones Grecs n'est nulle part
citée. Bien entendu, il s'est probablement produit une désertion d'un
certain nombre de villages pour diverses raisons. Mais il faut surtout prendre
en considération les conséquences de la transformation survenue dans la
vie sociale de la paysannerie et dans le recrutement de l'armée
byzantine 66. Il n'est pas question, dans le temps qui nous est imparti ici,
d'essayer d'analyser ces faits. La participation active des Grecs au
développement de la révolte est suffisamment signalée par la mention onomastique
de leurs représentants, tandis qu'aucun Bulgare n'est mentionné comme
dirigeant d'un pareil groupe de révoltés.
Après la prise de Larissa en 986, Samuel a emmené vers le Nord
toute sa troupe et de plus un grand nombre d'otages 67. Une fois celui-
ci vaincu et mort, les Bulgares ne descendent en Thessalie qu'en 1041,
exactement quand ils y furent encore une fois écrasés 68 et que leurs
débris quittèrent définitivement le sol thessalien. Par conséquent, d'où
proviennent les «Bulgares» de 1066?
On sait bien que beaucoup de captifs de Samuel sont revenus
dans leur pays natal 69. En descendant de «Bulgarie», il est possible
qu'ils aient été appelés «Bulgares», un surnom tiré du pays de provenance,
précisément du thème «Bulgaria», selon une habitude très répandue
jusqu'à nos jours; sans doute se sont également transportés en Thessalie
des partisans de Samuel en faveur de la petite ou de la grande propriété
310 A. LAZAROU

paysanne et militaire. Pour renforcer la main-d'œuvre sur leurs terres et


augmenter le nombre de leurs redevables, les seigneurs byzantins tâchaient
d'acquérir le plus grand nombre de pauvres laboureurs errants. Les guerres
désastreuses créaient des masses de fugitifs nouveaux, descendants
d'hommes libres d'origine grecque. Les seigneurs s'efforçaient de les attirer par
tous les moyens 70. Ces êtres misérables, masse importante, devinrent
bilingues, parfois même trilingues. Probablement une telle main-d'œuvre
agricole se servant de l'idiome bulgare est-elle descendue en Thessalie,
mais son deuxième langage ne prouve guère qu'elle soit d'origine bulgare.
P. Lemerle 71 suppose que Kékauménos lui-même connaissait la langue
bulgare, bien qu'il fût d'origine arménienne 72, que le plus renommé
chef des Bulgares, Samuel, était Arménien 73 .
Mais, à notre avis, il y a une autre explication plus vraisemblable
de la qualification de «Bulgares». Quand l'empereur Basile II a créé le
thème de Bulgarie, il a aussi réorganisé l'église dite «bulgare». En 1019
il a supprimé le patriarcat d'Ochrid en le réduisant au rang d'archiépisco-
pat. En même temps, il a destitué, le patriarche David en le remplaçant
par l'archevêque Ioannes 74. A cet archiépiscopat dit «bulgare» sont
assujettis aussi les habitants d'une grande partie de la Thessalie
occidentale 7 5 , là où Nikoulitzas a enrôlé dans son armée des paysans, qualifiés
de «Bulgares» probablement à cause de leur dépendance ecclésiastique du
thème «Bulgaria» 7ό.
D'après Gyoni 77 aussi, les Valaques et les Bulgares sont des
populations autochtones du thème «Hellas», tenus de combattre dans
l'armée régulière qui était recrutée sur place. En vérité, Kékauménos ne
considère pas les Valaques et les «Bulgares» comme des étrangers 78·
Un autre problème, déjà très débattu, dans l'histoire de la révolte
en question, est sa cause. Au début on a attribué à la révolte le caractère
d'une lutte des Valaques en vue de se libérer de la domination byzantine,
c.-à-d. qu'on s'est efforcé de donner à cette révolte un caractère national
valaque 79. Mais quiconque lit attentivement le texte concernant la
révolte déduira du texte même qu'il ne s'agit pas là d'une action
spécifiquement valaque. D'ailleurs, en réalité, la conscience nationale de la
plupart des peuples, à cette époque, n'était pas encore éveillée 80.
Sans aucune hésitation, Gyoni 81 écrit que la révolte n'était
nullement un mouvement national valaque, mais une commune révolte de
toute la population thessalienne, provoquée par la politique fiscale de
l'empereur Constantin X Ducas. Du même avis sont aussi Lemerle 82,
Frances 8^ et d'autres savants. Par contre, G.G. Litavrin 84, bien qu'il
voie que la révolte a des causes fiscales, l'interprète comme un
mouvement de libération nationale des Valaques et... des Bulgares 85 .
LA RÉVOLTE DES LARISSÉENS EN 1066 311

En suivant le texte de Kékauménos nous voyons que Nikoulitzas,


quittant Larissa, adresse une nouvelle lettre à l'empereur, lui annonçant
que la révolte a éclatée et que les révoltés l'ont placé à leur tête, mais
que ce fait est favorable à ses projets, puisqu'il lui donne les moyens
d'apaiser les rebelles, si l'empereur consent à annuler les augmentations
d'impôts. La réponse de l'empereur, qui accordait enfin la remise des
impôts et une amnistie générale, parvient à Nikoulitzas au moment où
les révoltés se sont emparés de Servia et pleins d'enthousiasme veulent
continuer la lutte. Sur quoi Nikoulitzas fait arrêter les principaux
meneurs, qui étaient le Valaque Sthlabotas Karmalakes et le Larisséen Theo-
doros Skribon Pétascos. Ainsi Nikoulitzas a réussi à apaiser les révoltés
et, accompagné de dirigeants Valaques et Larisséens, se rend chez Andro-
nikos Philokales, «Katepano» du thème «Bulgaria». Après quoi, toujours
avec sa compagnie, il se rend à Constantinople. Dans toutes ces
manifestations on n'entrevoit pas de Bulgares. L'interprétation de Litavrin est
donc contredite par l'absence complète de ces derniers.
Une fois l'origine des révoltés et la cause de la révolte éclaircies,
il nous reste à aborder une dernière question. Il s'agit de l'origine du
protagoniste de la révolte.
Les uns 86 soutiennent l'origine valaque de Nikoulitzas.
D'autres 87 proposent une origine slave, c'est-à-dire bulgare. Certains 88
enfin affirment que les Nikoulitzas sont une famille de grands propriétaires
thessaliens.
Les premiers fondent leur opinion sur la neutralisation de la
voyelle o/ou du nom Nikolitzas/Nikoulitzas, considérant ce phénomène
phonétique comme spécifiquement roumain, et sur le fait que Nikoulitzas 1er
avait été nommé en dédommagement de ses anciens titres «archonte des
Valaques de l'Hellas». Mais ni l'un ni l'autre argument ne prouve son
origine valaque, c.-à-d. roumaine, aux dires des savants roumains. Car d'une
part le changement phonétique o/ou était chose commune dans
l'évolution de la langue grecque du moyen-âge, notamment dans la Thessalie
et plus généralement dans le Nord de la Grèce 89, et d'autre part le titre
de «chef des villes et des villages de Valachie» conféré quatre siècles
plus tard à Ioannes Angelos devrait lui aussi prouver une origine valaque,
ce qui n'est pas vrai.
Pour prouver l'origine bulgare, on évoque la double déposition de
Nikoulitzas 1er, les aspirations «bulgares» de Nikoulitzas II 90 et les
ménagements dont usa Samuel envers la famille de Nikoulitzas 9 1 .
Toutefois cette argumentation est peu convaincante. Car à Byzance de pareils
faits pouvaient se produire à tout moment pour ou contre tout haut
dignitaire de n'importe quelle origine.
312 A. LAZAROU

Selon Gyoni, il est peu vraisemblable du point de vue


psychologique que Kékauménos, s'il avait cru son parent Nikoulitzas III d'origine
valaque, eût poursuivi sa race d'une haine 92 aussi marquée qu'il le fait
à la fin du passage concernant les Valaques. De même, il ne pouvait
avoir le souvenir le plus vague de son origine étrangère (peut-être
bulgare), puisqu'il invoque justement l'exemple de Nikoulitzas 1er pour prouver
que l'empereur n'avait pas le droit de blesser les susceptibilités des
Byzantins en favorisant les étrangers. Ainsi Gyoni 93 déduit que les Nikoulitzas
sont des Thessaliens indigènes. Néanmoins, nous nous rattachons à la
première interprétation en nous fondant sur le fait que jusqu'à présent a
survécu un village portant le nom de la famille des Nikoulitzas. Au surplus,
après une enquête récente, nous avons constaté que les habitants de
Larissa, portant le même nom à la même époque, dérivent de familles
valaques, dont l'ancienneté en Thessalie, comme nous venons de voir,
est aussi haute que celle des Thessaliens parlant uniquement le grec.
En conclusion, nous espérons que les idées développées ici, bien
qu'elles ne soient pas définitives, ont permis à l'auditoire de se rendre
compte de la grande importance de la révolte des Larisséens en 1066,
non pas du point de vue militaire, qui en réalité ne présente presque
aucun intérêt, mais du point de vue ethnologique, politique, social,
économique et même linguistique.

Achille LAZAROU

1. Bibliographie concernant l'étymologie du mot chez A. Armbruster, Romanitatea Românilor,


Buccuresti, 1972, 12 n. 4. D.V. Vayacacos, Σχεδίασμα περί τών τοπωνυμικών και àvûpoj-
πωνυμικών σπουδών èv 'Ελλάδι 1833-1962, Athènes, 1964, 257-266. V. aussi une vue
d'ensemble sur ces etymologies et sur la population valaque de Thessalie chez A. Lazarou, Ot
Κουτσόβλαχοι στη Θεσσαλία, Piraiki-Patraiki, 11, n° 114, 1965, 16-17.
2. Cf. M. Gyoni, «La transhumance des Blaques balkaniques au Moyen Age», dans Byzantino-
slavica, 12, 1951 (en abrégé : Gyoni, Transhumance), 34, n. 7 : «Les mots τών Βουλ-γάρών
furent supprimés par les (premiers) éditeurs du ms. unique, puisqu'il n'y est pas question
des Bulgares, mais des Valaques». Quant à l'étymologie du mot Βούλ7αρος ν. Vayacacos,
o.e., 262-266. J. Nemeth, La provenance du nom Bulgar, Winnipeg, 1964, et le compte rendu
de G. Doerfer, dans Zeitschr. d. Deutschen Morgenl. Gesellsch., 116, 1966, 199 sq.
3. Cf. E. Frances, Comptes rendus, dans Revue des Études Sud-Est Européennes (RESEE), 1,
1963, 213.
4. «Cecaumeni Strategicon et incerti scriptoris. De officiis regiis libellus», ediderunt B. Wassi-
liewsky, V. Jemstedt, dans Zapiski istor. - filol. Faculté ta imper. St. Peterburgskage Univer-
siteta, Cast. 38, 1896 (20 et 113 p.).
5. En abrégé : Litavrin, Cecaum. Les éditions sont toutes deux faites d'après le seul manuscrit
du texte de Kékauménos, peu accessible, puisqu'il se trouve à Moscou (Mosquensis Synod.
436, XlVe et XVe s.).
LA RÉVOLTE DES LARISSÊENS EN 1066 313

6. H.G. Beck, Vademecum des byzantinischen Aristokraten, Das sogenannte Strategikon des
Kekaumenos, Graz, 1956.
7. P. Lemerle, Prolégomènes à une édition critique et commentée des »Conseils et Récits» de
Kékauménos, Bruxelles, 1960, 119 p. (Académie Royale de Belgique, Classe des Lettres et
Sciences morales et politiques. Mémoires, LIV, fasc. I; en abrégé : Lemerle, Prolégomènes).
8. D'après Lemerle, Prolégomènes, 3, n. 4, les éditeurs donnèrent arbitrairement à ce Discours
le titre de νουϋετικός.
9. V. Valdenberg, «Nikoulitza et les historiens byzantins contemporains», dans Byzantion, 3,
1926,95-125.
10. G. Buckler, «Authorship of the Strategikon of Cecaumenus», dans Byzantinische Zeitschrift,
36, 1936, 7-26 et du même auteur, «Can Cecaumenus be the Author of the Strategikon ?»,
dans Byzantion, 13, 1938, 139-141.
11. N. Banescu, «A propos de Kékauménos», dans Byzantion, 13, 1938, 129-138, et du même
auteur, «Dampoles ou Diakène; un épisode de la guerre byzantino-petchénègue», Acad.
roumaine. Bull, de la section historique, 26, 1945, 185-191.
12. M. Gyoni, «L'œuvre de Kekaumenos, source de l'histoire roumaine», dans Revue d'histoire
comparée, Budapest, 3, 1945, 96-180 (en abrégé : Gyoni, Kekaumenos) .
13. J. Karayannopoulos, «Zur Frage des Autorschaft des Strategicon des Kekaumenos», dans
Byzantinische Zeitschrift, 54, 1951, 257-265.
14. Lemerle, Prolégomènes, 76.
15. Litravin, Cecaum., 268-270, le texte grec : «...πολεμηθείτε ς -παρά τοϋ βασιλέως Τραϊανού
και παντελώς εκτρφεντες εάλωσαν, και τοϋ βασιλέως αυτών τοϋ λεγομένου Αεκαβάλου άπο-
σψα^εντος και τήν κεφαλήν επί δόρατος αναρτηοέντος èv μέση τη πόλει "Ρωμαίων. Ούτοι
yap εισιν οί λεγόμενοι Δακαι και Βεσαι. Ώικουν δε' πρότερον πλησίον τοϋ Αανουβίου ποταμού
και τον Σάου, δν νϋν ποταμόν Σάβαν καλοϋμεν, εν&α Σέρβοι άρτι'ως οικοϋσιν, èv όχυροϊς
και δυσβάτοις τόποις. Τούτοις οαρροϋντες ύπεκρίνοντο άγάπην καΐ δούλωσιν προς τους
αρχαιότερους τών 'Ρωμαίων βασιλείς και εξερχόμενοι των όχυρωμάτων ελεϊξοντο τάς χώρας των
'Ρωμαίων. "Οοεν αγανακτήσαντες κατ'αύτών, ώς ε'ίρηται, διεφϋειραν αύτους. Οι και
εξελθόντες τών εκεϊσε διεσπάρησαν εν πάση τη Ήπείρω και Μακεδονία, οι δε πλείονες αυτών
φκησαν την Ελλάδα».
16. Gyoni, Kekaumenos, 150. A Sacerdoteanu, «Considérations sur l'histoire des Roumains au
Moyen Age», Paris, 1929, 140 (extrait des Mélanges de l'École Roumaine en France, 7, 1928),
nous dit que «l'hypothèse d'une descente des Roumains de la Save vers la Thessalie n'est
pas possible». D'après L. Tamas, «Romains, Romans et Roumains dans l'Histoire de la Dacie
Trajane», dans Archivum Europae Centro-Orientalis, 2, 1936, 364 : «Vouloir dégager un
noyau historique des élucubrations de Kékauménos serait tenter l'impossible».
17. En revanche, C. Daicovisiu-H. Daicoviciu, «La Dacie et sa romanité», dans Actes du Colloque
international organisé par le Secrétariat général de l'Association Internationale d'Etudes du
Sud-Est Européen, Mamaïa (Roumanie), 1-8 septembre 1968, Bucarest, 1970, 253, en niant
l'évacuation totale et organisée de la population daco-romaine par Aurélien (271 ap. J. C),
affirment que, «durant les six siècles qui s'écoulèrent depuis l'abandon de la Dacie par
Aurélien, des éléments romans (non roumains) sont venus du Sud du Danube, renforçant la
romanité au Nord de ce fleuve, en particulier les éléments qui avaient adopté comme principale
occupation la vie pastorale», cf. O. Densusianu, Histoire de la langue roumaine, I, Paris, 300,
327-328 et 335. T. Papahagi, Din epoca de formatiune a limbei romine, dans Grai si Süßet,
1, 1923-1924, 228 sq. A. Sacerdoteanu, «Vlahii si Vlahia lui Brocard», dans Anuarul Insti-
tutului de lstorie Nationala (Cluj), 5, 1928-1930, 497 sq. I Siadbei, Originile dialectelor
romine, Iassi, 1933, 19.
18. Gyoni, Kekaumenos, 171.
19. Lemerle, Prolégomènes, 75.
20. W. Tomatschek, «Zur Kunde der Hämus-Halbinsel » , dans Sitzungsber. d. phil.-hist. Cl. d.
Kais. Akad. d. Wiss., 99, Bd. Wien, 1882, 493-494.
21. Bonn, I, 35.
22. Exception parmi tous les Thraces, seuls les Besses ont conservé leur idiome thrace jusqu'au
Vie siècle; cf. Index loc, 158 de Getica (Iordanes, Mon. Germ. Hist.)·, «omnium Thracorum
Bessi diutissime linguam patriam in saeculum usque sex turn ipse sacro cultu retinerunt». V.
aussi I. I. Russu, «Disparitia limbii si a populatiilor traco-dace», dans Studii si Cercetari de
lstorie Veche, 8, 1957, 253-265; du même auteur, Limba traco-dacilor, Bucuresti, 1959, 110-
111. E. Lozovan, «Aux origines du christianisme daco-scythique», chez F. Alteim, Geschichte
314 A. LAZAROU

der Hunnen, IV, Berlin, 1962, 148-150. Après le Vie s. la romanisation n'était pas possible;
cf. A. Seliscev, «Des traits linguistiques communs aux langues balkaniques : un balkanisme
ancien en bulgare», dans Revue des Études Slaves, 5, 1925, 39 : «L'établissement des Slaves
dans les Balkans arrêta le progrès de la romanisation et de l'hellénisation». Même avant le
Vie s. la romanisation, notamment des Besses, paraît être difficile, étant donné leurs
sentiments anti-romains; cf. T. Sarafov, «Les Besses et Rome (Le rôle des Besses dans la lutte des
tribus thraces contre la pénétration romaine dans les Balkans)», dans Actes du 1er congrès
international des Études balkaniques et Sud-Est Européennes, II, Sofia, 1969 (en abrégé :
Actes), 141-150. V. aussi I.I. Russu, Disparitia, 256.
23. D. Onciul, «Teoria lui Rosier», dans Convorbiri Literare, 19, 1885, 438 et du même auteur,
«Zur Geschichte der Romanen in Maramarosch», dans Romanische Revue, 6, 1890, 96. Mais
il n'y a pas de témoignage historique, S. Dragomir, «La patrie primitive des Roumains et ses
frontières historiques», dans Balcania, 7, 1944, 81, insiste sur l'absence du témoignage en
écrivant ceci : «il est vrai que ni les sources historiques concernant le territoire bulgare ni celles de
Serbie ne nous ont conservé une information quelconque sur les mouvements de la population
roumaine » .
24. B.P. Hasdeu, Etymologicum Magnum Romaniae, Bucuresti, I, 1885, (1887), XXIX-XXXI.
25. F. Lenormant, «Les pâtres valaques de la Grèce», dans Revue Orientale et Américaine, 9,
1864, 241. Mais une descente des Valaques due à la poussée des Hongrois et surtout des
Turcs devient incompréhensible et superflue, puisque les Valaques sont déjà révélés au Pinde
avant l'apparition de ceux-ci.
26. L. Nierderle, Manuel de l'antiquité slave, I, Paris, 1923, 63.
27. F. Taillez, «Rusaliile, les Rosalies et la rose», dans Cahiers Sextil Puscariu (CSP), 1, 1952, 317.
28. M. Sivignon, Les pasteurs du Pinde septentrional, Lyon, (1968), 29.
29.
30. Th. Capidan, Les Macé do-roumains, Bucarest, 1943, 159 (en abrégé : Capidan, Macédo-rou-
mains). Cf. A. Procopovi, «La romanité balkanique», Balcania, 1, 1938, 59-69, S. Puscariu,
«Ancienneté des établissements macédo-roumains», ibid., 22-24.
31. De vrais nomades sont les Scythes ou les Numides à qui Hérodote et d'autres écrivains anciens
ont consacré des descriptions classiques. Mais les Scythes n'ont pratiqué la vie nomade ni en
totalité, ni en permanence, surtout après de longs contacts avec des Hellènes; V. V. Latychev,
Scythica et Caucasia, Ε veteribus scriptoribus graecis et latinis collegit et cum versione rossica
edidit Basilius Latyschev. I. Scriptores graeci, Fasc. 3 St Peterburg, 1900. E.H. Minns,
Scythians and Greeks, A Survey of Ancient History and Archaeology of the North Coast of the
Euxine from the Danube to the Caucasus, Cambridge, 1913. M.I. Rostovtzeff, Iranians and
Greeks in South Russia, Oxford, 1922. Du même auteur, Skytien und der Bosporus, I, Berlin,
1931. A.A. Bashmakoff, Cinquante siècles d'évolution ethnique autour de la Mer Noire,
Paris, 1937. J. Harmata, Quellenstudien zu den Skythika des Herodotos (Magyar-Görög
tanulmanyok, XIV), Budapest, 1941. J. Coman, Quelques traits indo-européens des Scythes
selon Hérodote, Cernauti, 1943. T. Zlatkovskaia et O.V. Koudriavtsev, Histoire de
l'antiquité.. Archéologie scytho-sarmate..., traduit du russe et résumé par Charles Perain, Paris, 1954.
B.B. Piotrovsky-P.N. Schultz et V.A. Golovkina-S.P. Tolstov, Ourartou, Neapolis des Scythes,
Kharazm, traduit du russe par A. Belkind, Paris, (1954). T.T. Rice, Les Scythes, traduit de
l'anglais par Maurice Vieyra, Paris, 1958. E. Belin de Ballu, Histoire des colonies grecques du
littoral nord de la Mer Noire, Bibliographie annotée des ouvrages et articles publiés en
U.R.S.S. de 1940 à 1962, Paris, 1965.
32. Th. Capidan, «Românii nomazi, Studin din viata Românilor din Sudul Peninsulei Balcanice»,
dans Dacoromânia, 4, 1925-1926, 183-352.
33. T. Papahagi, Paralele folklorice , Bucuresti, 1970, 83.
34. J. Cvijic, La péninsule balkanique, Paris, 1918, 244.
35. Cf. M. Ter. Varron, De re rustica, II, 158 : «De antiquis illustrissimus quisque pastor erat, ut
ostendit Graeca et Latina lingua, et veteres poetae, qui alios vocant ηολύαρνας, alios πολν-
μήλους, alios πολυβούτας qui ipsas pecudes propter caritatem aureas habuisse pelles tradide-
runt, ut Argis Atreus, quam sibi Thystem subduxe queritur...».
36. Cf. Ibid., 164-165 : «quod extraordinariae fructuum species duae accedunt magnae, quarum
una est tonsura, quod oves ac capras detondent, aut vellunt: altéra, quae latius patet, est de
lacté, et caseo, quam scriptores Graeci separatim τυροποιϊαν appellaverunt, ac scripserunt de
ea re permulta».
37. Pour l'aspect ethnique de l'Ëpire, v. K.J. Beloch, Griechische Geschichte (2), l, Strasbourg,
LA RÉVOLTE DES LARISSÉENS EN 1066 315

1912-1913, 33 sq. G.N. Cross, Epirus, Cambridge, 1932, 1-19. C. Stergiopoulos, Ta Bopeia
σύνορα της Ηπείρου, Athènes, 1945, 10 sq. Du même auteur, La question de l'Ëpire du Nord,
Paris, 1946. M. Sakellariou, La migration grecque en Ionie, Athènes, 1958, 260, n. 1 et 2.
N.G.L. Hammond, Epirus, Oxford, 1967, 399 sq. F. Papazoglou, «Quelques problèmes de
l'histoire épirote - A propos du livre «Epirus» de N.G.L. Hammond», dans Ziva Antika,
20, 1970, 116 n. 2. D.B. Siomopoulos, 'Ηπειρωτικά, 1975, 225 sq. Cf. aussi O. Masson,
«Les rapports entre les Grecs et les Illyriens d'après l'onomastique d'Apollonia d'Illyrie et
de Dyrrachium», dans Actes, VI, 239 : «Quant aux pays grecs proches de l'Illyrie comme
l'Épire et l'Acarnanie, on peut dire qu'ils ont pratiquement échappé à une influence venue du
Nord, en dépit de théories fondées sur l'interprétation superficielle de tel ou tel nom».
38. Cf. Varron, Ibid., 169 : «Sed quoniam nos nostrum pensum absolvimus, ac limitata est pecua-
ria quaestio : nunc rursus vos reddite nobis, ο Epeirotae de unaquaquere, ut videamus, quid
pastores a Pergamide, Maledove potis sint». Plut., Pyrrhus, V, 25 : «ουδείς yap ην πλησίον
'άλλος η Φαιναρέττ] yvvi] Σάμωνος τού τα ποίμνια και τα βουκόλια τφ Νεοπτολβ'μω
διοικούντος.
39. Trad, par P. Masqueray, edit. «Les Belles Lettres», Paris, 1946, 182. Cf. Gyoni,
Transhumance, 40. Ce mode de vie des Hellènes est démontrable même par la terminologie : «A ce
titre d'exemple nous avons relevé dans V Etymologisches Wörterbuch des unteritalienischen
Gräzität, de M.G. Rohefs, Halle, 1930, Niemeyer, une trentaine de mots d'origine grecque,
presque tous du domaine pastoral et agricole, que le roumain et les dialectes italiens
méridionaux ont en commun. Il va sans dire que des recherches faites dans le domaine grec aux fins
d'approfondir les relations interromanes dans le bassin oriental de la Méditerranée suffiraient
à elles seules pour constituer la matière d'une étude» (E. Lozovan, «Unité et dislocation de la
Romania orientale», dans Orbis, 3, 1954, 134, n. 2.).
40. H. Mihaescu, «La diffusion de la langue latine dans le Sud-Est de l'Europe», dans RESEE, 9,
1971,499.
41. P. Digovic, La Dalmatie et les problèmes de l'Adriatique, Lausanne, 1944, 65. I.I. Russu,
Elemente autohtone in limba româna, Bucuresti, 1970, 69.
42. E. Stanescu, «Les "Stratiotes", Diffusion et survivance d'une institution byzantine dans le
Sud-Est de l'Europe», dans Actes, III, 233.
43. A. Keramopoullos, Ίί είναι οι Κουτσόβλαχοι, Athènes, 1939, 80-83, 143.
44. Liv., 45, 29; cf. 44, 6; ν. Β. Helly, Gonnoi, I, Amsterdam, 1973, 168-169.
45. Stanescu, o.e., 227-234. P. Lemerle, «Esquisse pour une histoire agraire de Byzance», dans
RH, 220, 1958, 43 sq.
46. F. Babinger, Mahomet II le Conquérant et son temps, Paris, 1954, 536.
47. Pour tout cela les populations helléniques faisaient partie des races les mieux douées. Cf. Ca-
pidan, Macédo^roumains 205. Larissa combinait toutes ces fonctions et, en plus, ses
sentiments philo-romains rendaient facile son entrée dans l'orbite de la politique romaine. Cf. Th.
Axenides, Ή Πελασγίς Λάρισα και η αρχαία Θεσσαλία (Κοινωνική και πολιτική ιστορία). Β'.
Οι μακεδόνικοι και ρωμαϊκοί χρόνοι, Athènes, 1949, 82 sq. Incontestablement Larissa était
un centre de voies militaires et commerciales de tout premier ordre. Mais on n'a pas encore
étudié systématiquement les itinéraires antiques de la Grèce malgré leur importance autant
pour les données concernant l'histoire militaire et des transports que pour le matériel
onomastique qu'ils renferment et qui aide à dépister la romanisation éventuelle de la région cherchée.
Cf. la toponymie d'origine latine ou romane du district de Larissa, notamment de l'ancienne
Pérrhaibie du Nord : p.e., les toponymes (nouveaux Μεσοχώρων), Αομένικον (ancien
hellénique Χνρετιαι), Αμούριον, Μαγούλα, Πραιτώριοι;, Βερδικοϋσα, (Παλαιο)καστροΐ;, Αεσκάτη,
βίγλα, Κουκούλι, Βαλέτσικον, etc. Pour la date de pénétration de l'anthroponymie romaine en
Thessalie et en particulier à Larissa, v. la toute récente étude de B. Helly, «Actes
d'affranchissements thessaliens», dans BCH, 99, 1975, 137. Cf. J. Pouilloux, ibid., 79, 1955, 448-466. V.
aussi Ph. Gauther, «Générosité romaine et "avarice" grecque : sur l'octroi du droit de cité»,
Mélanges d'histoire ancienne offerts à W. Seston, Paris, 1974, 208-209. Des Hellènes se
cachant sous des noms romains étaient établis aussi dans les villes helléniques du littoral scythi-
que; cf. D.M. Pippidi, «Les villes de la côte ouest de la mer Noire d'Auguste à Dioclétien»,
dans Akten des VI. Internationalen Kongresses für Griechische und Lateinische Epigraphik,
München, 1973 (en abrégé : Pippidi, «Les villes»), 109. Sous le noms 'Ρωμαίοι on ne doit pas
comprendre uniquement des citoyens romains d'origine italique, mais aussi des Hellènes,
auxquels on avait accordé le droit de cité romaine. Cf. G. Mihailov, Inscriptiones Graecae in
Bulgaria repertae, I, Sofia, 1956, 58. B. Gerov, «L'aspect ethnique et linguistique dans la région
316 A. LAZAROU

entre le Danube et les Balkans à l'époque romaine (Ie-IIIe s.)», dans Studi Urbinati, 33,
N.S., B.-N., 1-2, 1959, 177.
48. J. Hatzfeld, Les trafiquants italiens dans l'Orient hellénique, Paris, 1919, 21-22.
49. C'est une route ancienne que les Hellènes avaient utilisée depuis longtemps; cf. P. Lemerle,
Philippes et la Macédoine orientale à l'époque chrétienne et byzantine, Recherches
d'Histoire et d'Archéologie, Paris, 1945, (11) : «la Via Egnatia, dont le nom romain cache une
réalité bien plus ancienne..., doit être aussi vieille que les relations terrestres de l'Orient et de
l'Occident méditerranéens». D'ailleurs, la pénétration hellénique dans les Balkans et plus au
Nord s'est effectuée il y a plusieurs siècles : cf. E. Condurachi, «Influences grecques et
romaines dans les Balkans, en Hongrie et en Pologne», dans Actes du Ville Congrès Intern.
d'Archéologie classique, Paris, 1963, 111-126, M. Parovic-Pesikan, «Les Illyriens au contact
des Grecs», dans Archeologia Jugoslavica, 5, 1964, 61-81.
50. A. Aymard, «L'organisation de la Macédoine en 167 et le régime représentatif dans le monde
grec», dans Classical Philology, 45, 1950, 106. O.V. Kouriabtzev, «L'Achaïe dans le système
de la politique provinciale romaine» (article résumé par Cl. Mossé), dans Revue d'Histoire
Ancienne, 1952, 2. En parlant de la Macédoine, F. Papazoglou, «Sur les Koina régionaux
de la Haute Macédoine», dans Ziva Antika, 9, 1959, 170, souligne ceci : «II est hors de doute
que les Romains les (les Koina régionaux) ont favorisés comme des intermédiaires entre le
pouvoir central de la province et les autorités locales. Le caractère aristocratique de ces
Koina convenait aux intérêts romains. La classe des riches propriétaires, des commerçants
et des artisans, qui satisfaisaient leur ambition d'activité politique et sociale dans l'exercice de
diverses charges régionales, présentait évidemment l'appui le plus sûr de la domination
romaine». Sur l'origine ethnique des Macédoniens les sources nous informent suffisamment;
cf. Hérod., 5, 22 : «"Ελληνας δε τούτους είναι... κατάπερ αύτοι λέγουσι, αυτός τε ούτω
τυγχάνω επισταμένος και δη και εν τοίς 'όπω λ070ΐς άποδεξω ώς elai "Ελληνες, ηρός 8è και
οι kv τχι Όλυμ-ηίχι διεποντες τόν αγώνα ούτω εγνωσιν elvai». V. aussi l, 56; 5, 20; 8, 43; 9,
45. Polyb., 7, 9, 1 : «όπκος, δν εοετο 'Αννίβας à στρατηγός... εναντίον πάντων ϋεών Οσοι
κατεχουσι Καρχηδόνα, εναντίον δεών -πάντων Οσοι Μακεδονίαν και την 'άλλην "Ελλάδα
κατέχουσιν.. . και Μακεδόνες καΐ των άλλων Ελλήνων ol σύμμαχοι». Id., 9, 37, 7 : «τότε
μεν γαρ ύπερ ηγεμονίας και δόξης εφιλοτιμε'ισϋε προς Άχαίους και Μακεδόνας ομοφύλους...
νυν δε περί δουλείας εν'ισταται πόλεμος τοις Έλλησι προς αλλήλους ανϋρώπους». Strab.,
7, fragm. 9 (Ëpit. Vat.) : «"Εστί μεν ούν 'Ελλάς και η Μακεδονία- νυνι μεντοι τη φύσει των
τόπων ακολουϋοΰντες και τφ σχήματι χωρίς εγνωμεν αυτήν από της άλλης Ελλάδος τάξαι
και συνάψαι προς τήν δμορον αυτή Θρφ,κην». Liv., 31, 29 : «Aetolos, Acarnanas, Macedonas
ejusdem linguae homines». Même hors des pays helléniques, surtout sous les Sévères, la partie
prépondérante de l'aristocratie municipale provenait de la population hellénique originaire de
la Macédoine et de l'Asie Mineure. Cf. Gerov, o.e., 178, 180, 182. V. aussi D.M. Pippidi, /
Greet nel Basso Danubio, Milano, 1971, 142 sq. Du même auteur, «Les premiers rapports
de Rome avec les villes grecques de l'Euxin», dans Rivista Storica dell'Antiquita, 2, 1972,
17-38. Les Romains s'associent avec les peuples soumis à cause du manque d'hommes
d'origine italique. Cf. Gerov, o.e., 179 : «la décadence économique et la dépopulation de l'Italie,
qui se manifestaient le plus gravement sous les Flaviens, ont obligé Trajan à interdire
l'émigration de l'Italie et de prendre une série de diverses mesures dans ce but.»
51. D'après Pippidi, «Les villes», 103, «la romanisation de la couche dirigeante s'est faite dans les
villes d'une manière plutôt brusque et à en juger par le témoignage des inscriptions elle n'a
que peu contribué à changer le mode de vie des habitants ou les institutions helléniques
traditionnelles».
52. Le problème des relations parmi les deux grands peuples de l'Antiquité, Hellènes et Romains,
a fait l'objet de recherches et de révisions. Cf. D.A. Zakythinos, Ή Tabula Imperil Romani
και ή ερευνά της Ιστορίας τοΰ ^Ελληνισμού ύπό τήν 'Ρωμαϊκήν κυραρχίαν dans Πρακτικά
της 'Ακαδημίας Άϋηνών, 1972, 318.
53. Μ. Egger, De l'étude de la langue latine chez les Grecs dans l'antiquité, Paris, 1855, 6. G.
Dagron, «Aux origines de la civilisation byzantine : Langue de culture et langue d'Etat», dans
RH, 241, 1969, 23-56.
54. Si par romanisation on doit comprendre non seulement la diffusion de la langue latine, mais
en même temps un changement de fond en comble de la situation culturelle antérieure, sans
aucun doute ce terme ne s'applique pas au cas des Hellènes. Nous ne nions pas que, pendant
une si longue domination romaine, la culture hellénique s'est teintée d'influences romaines.
Mais au vrai, des Hellènes, tout en gardant presque inaltéré leur fonds culturel, sous des condi-
LA RÉVOLTE DES LARISSËENS EN 1066 317

tions particulières et dans des endroits prospères, ont utilisé comme deuxième langue le latin.
Il est donc plus convenable de parler de latinisation des populations helléniques. Le droit de
cité romaine pouvait être acquis tant par des rom anisés que par des latinisés, parfois même
par des non latinisés, comme il arrive notamment à des personnalités helléniques.
55. F. Lot, Les invasions barbares et le peuplement de l'Europe, Paris, I, 1937, 224. Cf. A Laza-
rou, «Ή ακτινοβολία της ελληνικής γλώσσης διά της Ιστορίας του όρου Βασιλική" - Basilica»,
dans Πλάτων, 26, 1974, 287 n.
56. Ε. Lozovan, «Byzance et la Romanité scythique», dans Revue des Etudes roumaines, 5-6,
1960, 221, et chez F. Altheim, Geschichte der Hunnen, II, 1960-1962, 117-227.
57. H. Mihaescu, Limba latina in provinciile dunarene aie imperului roman, (Bucuresti), 1960,
39, altère complètement le texte de Lydien en éliminant le mot «"Ελληνας» (Grecs). Voici
l'original : Lyd., De off., 261, 68 (Bonn) : «...τά δε περί την Εύρώπην πραττόμβνα
πάντα την αρχαιότητα διεφύλαξβν k% ανάγκης, δια τα τους αυτής οΐκήτορας, icainep "Ελληνας
έκ τού πλβίονος 'όντας, τη των Ιταλών tpdéyyeoôai φωνή, και μάλιστα τους δημοσιεύοντας».
Quelles régions et quelles circonstances ont favorisé la persistance de la population roma-
nisée ? v. notre communication intitulée : «Peut-on parler d'une survivance romaine en
Péloponnèse ?», à paraître dans les Actes du 1er congrès International d'Études Péloponné-
siennes, organisé par la Société d'Études Péloponnésiennes (Dervenion 16, Athènes 144) à
Sparte, 7-14 septembre 1975.
58. L. Lafoscade, «Influence du latin sur le grec» (chez J. Psichari, Études de Philologie
néogrecque), Paris, 1892, 122, n. 4.
59. H. Zilliacus, «Zum Kampf der Weltsprachen», in Oströmischen Reich, Helsinki, 1935, 30.
A. Vacalopoulos, ^Ιστορία του Νέου Ελληνισμού I, Thessalonique, 1961, 36, croit que le
témoignage de Lydien confirme l'idée d'une romanisation de quelques régions helléniques,
surtout isolées. Depuis peu en Grèce on s'habitue à une telle idée, bien que la slavisation,
l'arabisation et même, si l'on peut former un nouveau terme, la «turcisation» fussent
acceptées il y a longtemps. Cf. K.E. Ramopoullos, o.e., 113. G. Kolias, 'Ιστορική Γεωγραφία
τοϋ ελληνικού χώρου, Athènes, 1969, 100. St. Kyriakides, dans Μακεδόνικα, 5, 1961-1963,
527-528. A. Poulianos, Περί της κατα^ω^ης των Βλάχων, dans Σιίγχρονα οέματα, 1963,
289. Cf. Lazarou, o.e., 286-287, n.
60. Cf. Gyoni, Kekaumenos, 139.
61. Sp. Papageorges, Les Koutzovalaques, Athènes, 1908, 9. C. Nikolaides, 'Έ,-τυμολοΎΐκόν λε£ι-
κόν της Κουτσοβλαχικης γλώσσης, Athènes, 1909, μδ'. P. Papahagi, Scriitori aromani in seco-
lul al XVIII-lea (Cavalioti, Ucuta, Daniil), Bucuresti, 1909, 315-318. V. Colocotronis, La
Macédoine et l'Hellénisme, Paris, 1919, 457. R. Vulpe, «GH Illiri dell'Italia impériale
romana», dans Ephemeris Dacoromana, 3, 1925, 167. P. Skok, dans Revue Internationale des
Etudes balkaniques, 1-2, 1934-1935, 330. [Link], «The Arumanian or Macedo-Rumanian
Element in the Oxford Heptageot Lexicon (MS. Marsh 187)», dans The Slavonic and East
European Review, 35, 1956-1957, 347. T. Papahagi, Dictionarul dialectului aromin,
(Bucuresti), 1963, 5. R. Janin, «Bibliographie», dans Revue des Études byzantines, 23, 1965, 300.
62. Cf. A. Rosetti, lstoria limbii romane de la origini pîna in secolul al XVU-lea, Bucuresti, 1968,
388. G. Murnu, lstoria Românilor din Pind. Vlahia Mare 980-1259, Studiu istoric dupa
izvoare bizantine, Bucuresti, 1913, 58.
63. Capidan, Macédo-roumains, 101 et 126. Cf. V. Bérard, La Turquie et l'Hellénisme
contemporain, Paris, 1904, 249. V. Papahagi, Οί Μοσχοπολίται και το* μετά της Βενετίας έμπόριον
κατά τόν 18ον αιώνα dans Ηπειρωτικά Χρονικά, 9, 1934, 127-139. Du même auteur, Aromâ-
nii moscopoleni si comertul Venetian tn secolele al XVH-lea si al XVIII-lea, Bucuresti, 1935. A
Haciu, Aromânii. Comert, industrie, arte, expansiune, civilizatie, Foscani, 1936. G.D. Modes,
«Συμβολή καί έπίδρασις των Δυτικομακεδόνων εις τη" ν πνευματικήν-οίκονομικήν άνάπτυξιν της
Σβρβίας κατά τόν ΙΗ-ΙΘ αιώνα», dans Αριστοτέλης (Florina), 7, 1963, 5/41, 1-60. Ö. Füves,
Οι "Ελληνες της Ουγγαρίας, Thessalonique, 1965. Ν. Gavrilovic, «Oi έκ Μακεδονίας Βλάχοι
εις τά 'έγγραφα τοϋ κρατικού αρχείου Μπρασόβ», dans Αέλτων Γιουγκοσλαβικής
Βιβλιογραφίας (ΙΜΧΑ), 8, 1971, 37 sq. G. Laios, Σίμων Σίνας, Athènes, 1972, 70 sq.
64. Litavin, Cecaum.. 258.
65. Lemerle, Prolégo mènes, 48 n.
66. G. Ostrogorskij, Quelques problèmes d'histoire de la paysannerie byzantine, Bruxelles, 1956,
79, et du même auteur, Pour l'histoire de la féodalité byzantine, trad. fr. par H. Grégoire,
Bruxelles, 1954, 9-16.
67. Skylitzes-Kedrenus, II, 436. B. Prokic, Die Zusätze in der Handschrift des Joannes Skylitzes,
318 A. LAZAROU

Codex Vindobonensis Hist. Graec. LXXIV, München, 1900, 29. Lemerle, Prolégomènes,
23-24, 58. A. Abramea, La Thessalie byzantine jusqu'en 1204, Athènes, 1974, 131 η. 1.
68. Lemerle, Prolégomènes, 66.
69. Kedr., II, 474, 16 (Bonn). Cf. Kyriakides, Βούλγαροι και Σλάβοι είς τήν ελληνικήν ιστορίαν,
Thessalonique, 1946, 20 η. 4.
70. Ostrogorskij, Quelques problèmes, 38.
71. Lemerle, Prolégomènes, 21 η. 4.
72. H. Bartikian, «La généalogie du magistros Bagarat, capétan de l'Orient, et des Kékauménos»,
dans Revue des Études arméniennes, N.S., 2, 1965, 261-272. P. Lemerle, «Nouvelles
remarques sur la famille Vichkatzi-Kékauménos», ibid., N.S., 3, 1971, 177-183.
73. Ν. Adontz, Samuel l'Arménien, roi des Bulgares, Bruxelles, 1938 (Études Arméno-byzantines,
Lisbonne, 1965, 347-407).
74. Ch. Pistrui, «Imperiul vlaho-bulgar si Patriarhia de Tîrnovo», dans Mitropo lea Ar dealului, 17,
1972, 201-209. Cf. Kyriakides, o.e., 19. Ger. Konidares, *H ελληνική 'Εκκλησία ώς
πολιτική δύναμις èv τη ιστορία της χερσονήσου τοϋ Αίμου, Athènes, 1948, 167 n. T. Katsougiannes,
Περί τών Βλάχων των ελληνικών χωρών. Α. Συμβολή είς τήν ερευναν -περί της καταγωγής
των Κουτσοβλάχων, Thessalonique, 1964, 57 n. 6.
75. Η. Geizer, «Ungedruckte und wenig bekannte Bistürmerverzeichnisse der orientalischen
Kirche», dans Byz. Zeit., 2, 1893, 22-72 et du même auteur, Der Patriarchat von Achrida,
Leipzig, 1902, 6-7. Fr. Dolger, Corpus der griechischen Urkunden des Mittelalters und der
neueren Zeit, Regesten der Kaiser Urkunden des oströmischen Reiches von 565-1453,
München und Berlin, 1, 1924, 104, nr. 806-808. Murnu, o.e., 50-52. N. Banescu, «Changements
politiques dans les Balkans après la conquête de l'Empire bulgare de Samuel (1018),
Nouveaux duchés byzantins : Bulgarie et Paristrion», dans Bulletin de la section historique de
l'Académie Roumaine, 10, 1923, 49-57. N. Iorga, Histoire des Roumains et de la romanité
orientale, Bucarest, 3, 1937, 77. Gyoni, Kekaumenos, 130. Ger. Konidaris, «Zur Frage der
Entstehung der diocese des Erzbistums von Achrida und der Notitiae n° 3 bei Pathey», dans
Theologia, 30-31, 1959, 3,9.
76. Kyriakides, o.e., 20.
77. Gyoni, Kekaumenos, 135.
78. Lemerle, Prolégomènes, 80, n. 2.
79. Murnu, o.e., 83 sq.
80. M. Handelsman, «Le rôle de la nationalité dans l'histoire du Moyen Age», dans Bulletin of
the International Commitee of Historical Sciences, 1, 1928, 563.
81. Gyoni, Kekaumenos, 145.
82. Lemerle, Prolégomènes, 75.
83. Frances, o.e., 215.
84. G.G. Litavrin, «Le soulèvement des Bulgares et des Valaques en Thessalie en 1066», dans
Vizantinijskij Vremennik, 11, 1956, 123-134 (en russe). Cf. aussi, Litavrin, Cecaum., 87.
85. Selon Murnu, o.e., 93 n., les «Bulgares» (le mot est mis entres guillemets par M.) étaient peu
nombreux et insignifiants.
86. Murnu, o.e., 69-72. N. Iorga, Histoire des Roumains de la péninsule des Balkans, Bucarest,
1919, 10.
87. Litavrin, Cecaum., 88, suit l'opinion de V.N. Zlatarski. V. aussi Gyoni, Kekaumenos, 146-147.
88. Gyoni, Kekaumenos, 147. Lemerle, Prolégomènes, 47, n. 1.
89. Cf. M. Gyoni, «A magyar nyelv görög feljegyzèses szorvanyemlékei (Les souvenirs sporadiques
de la langue hongroise dans les textes grecs)», dans Magyar-Görög Tanulmanyok, 24, 1943,
161-163. Sur les rapports linguistiques aroumaino-grecs, on nous permettra de renvoyer à
notre étude : «Ή Άρωμουιηκή και al μετά της 'Ελληνικής σχέσεις αυτής», à paraître dans
Θεσσαλικά Χρονικά, 11, 1976.
90. D'après Gyoni, Kekaumenos, 147, Nikoulitzas II devint un héros national bulgare puisqu'il
était entré très jeune à la cour de Samuel et que l'influence de celle-ci l'avait accompagné tout
le long de sa vie.
91. Il paraît que Samuel a même épousé une fille de cette famille : Prokic, o.e., 29 : «...ήγάγετο
δε Ε'ιρήνην τήν πανωραίαν αιχμαλωτισϋεϊσαν èv Λαρίσσχι». Peut-être, grâce à ce mariage,
la famille de Nikoulitzas a échappé à la captivité.
92. D'après Lemerle, Prolégomènes, 14, la haine de Kékauménos est provoquée par le rôle
important que jouent les Valaques dans l'affaire de Larissa.
93. Gyoni, Kekaumenos, 147. Aussi Lemerle, Prolégomènes, 47, n. 1.

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