1.
Présentation de programme
2. Organisation de la riposte
3. Surveillance
4. PEC
5. WASH
6. COMMUNICATION
I. PRESENTATION DE PROGRAMME
INTRODUCTION
Face à la recrudescence de plusieurs épidémies de choléra notamment celle de l’année 2017
et au constat de l’échec des stratégies antérieurement mises en œuvre pour s’attaquer à la
problématique des épidémies de choléra, le Ministère de la Santé Publique (MSP) a, en
juillet 2017, décidé de mettre en place l’actuel Programme National d’Elimination du Choléra
et de lutte contre les autres Maladies Diarrhéiques (PNECHOL-MD).
Le Programme National d’Elimination de Choléra et de lutte contre les autres Maladies
Diarrhéiques, en sigle « PNECHOL-MD » a été créé par l’arrêté Ministériel
N°1250/CAB/MIN/S/006/CEQJ/OIM/2017 du 22/08/2017. Cet arrêté portait modification et
complétait l’arrêté N°1250/CAB/MIN/S/CJ/BAL/46/2003 du 16/05/2003 portant organisation
d’un Programme National de Lutte contre les Maladies Diarrhéiques, en sigle « PNLMD ».
Le PNECHOL-MD a pour mission de coordonner, d’organiser, de concevoir, de suivre la mise
en œuvre et d’évaluer les stratégies d’élimination du choléra et de lutte contre les autres
maladies diarrhéiques garantissant aux communautés de la RD Congo, principalement chez
les enfants de moins de 5 ans, aux femmes enceintes et aux vieillards, un développement
harmonieux et de contribuer ainsi à la réduction de la morbidité et la mortalité dues aux
maladies diarrhéiques.
Les Attributions du PNECHOL-MD
1. Elaborer et diffuser les stratégies de lutte et encadrer les services de santé et la
communauté dans la lutte contre les maladies diarrhéiques ;
2. Edicter les directives relatives à l’assainissement et à la sécurité en eau de boisson ;
3. Intégrer les activités de lutte contre les maladies diarrhéiques dans le système
national de santé ;
4. Créer un partenariat efficace et efficient dans la lutte contre les maladies
diarrhéiques ;
5. Mettre en place des mécanismes de surveillance et de lutte contre les épidémies de
diarrhée dans le pays, eu égard aux directives de la Direction de lutte contre la
Maladie.
6. Assurer le suivi de la mise en œuvre des politiques, stratégies et normes sur la lutte
contre les maladies diarrhéiques
Objectif Général du PNECHOL MD
Contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population de la RDC par la réduction de
la morbidité et de la mortalité attribuables au choléra et aux autres maladies liées à l’eau,
l’hygiène et l’assainissement.
Objectifs Spécifiques
Lutter contre la récurrence des épidémies de choléra et des autres maladies
diarrhéiques en RDC ;
Réduire le taux d’incidence annuel du choléra inférieur à 1 cas confirmé pour 100 000
habitants, soit moins de 500 nouveaux cas confirmés par an ;
Réduire de 50% l’incidence des autres maladies diarrhéiques en RDC ;
Promouvoir les mesures préventives de lutte contre les maladies diarrhéiques ;
Prendre en charge correctement les cas de diarrhée dans les formations sanitaires et
dans la communauté ;
Réduire la contamination au sein de la communauté, et particulièrement dans les
zones à risque d’épidémies ;
Mettre en place un système de surveillance épidémiologique dans la communauté.
Axes stratégiques de l’élimination du choléra de PMSEC 2018 - 2022
Renforcement des activités de surveillance globale ;
Prise en charge curative ;
Mise en place des interventions durables liées à l’amélioration de l’accès à l’eau
potable dans les zones sanctuaires du choléra ;
Mise en place des interventions liées à l’eau potable, des conditions d’hygiène et
d’assainissement dans les zones affectées par les épidémies de choléra (endémique
et épidémique) ;
Implémentation des activités de Vaccination préventive dans les zones sanctuaires et
réactives dans les zones épidémiques éligibles en fonction du contexte ;
Recherche opérationnelle ;
Coordination, communication pour le changement de comportement et plaidoyer.
CADRE DE MISE EN OEUVRE
A. Cadre institutionnel
La politique nationale d’élimination du choléra et de la lutte contre les autres maladies
diarrhéiques est coordonnée par le PNECHOL-MD dans le cadre des structures
administratives suivantes :
Au niveau National
La tutelle du programme est assurée par le Secrétaire Général sous la supervision du
Ministre de la Santé.
Le Directeur du Programme en assure la gestion courante des interventions d’élimination du
choléra et de lutte contre les autres maladies diarrhéiques.
Au niveau intermédiaire
Le Ministre provincial est responsable des activités de l’élimination du choléra et de lutte
contre les autres maladies diarrhéiques devant le Gouverneur de Province.
L’ECDPS présidée par le CD provincial de la santé, coordonne les activités de l’élimination du
choléra et de lutte contre des autres maladies diarrhéiques. Il en rend compte au Ministre
Provincial de la santé.
Au niveau périphérique
L’ECZS présidée par le Médecin Chef de Zone, exécute les activités de l’élimination du
choléra et de lutte contre les autres maladies diarrhéiques sous la supervision du CD. Elle
rend compte au Comité de Gestion et au Conseil d’Administration de la Zone de Santé. Le
comité de gestion rend compte à l’APA ;
La communauté fait la promotion des mesures préventives du choléra et d’autres maladies
diarrhéiques. Elle prend en charge le cas simple de la diarrhée, paludisme, pneumonie,
dépistage de cas de malnutrition, et oriente les cas avec signes d’orientation au CS à travers
le site des soins communautaires.
1. Contexte
Le choléra en République Démocratique du Congo
Evolution épidémiologique choléra, RDC 2017-S33/2019
PREPARATION A LA RIPOSTE AUX EPIDEMIES ET AUTRES CATASTROPHES
Introduction générale
La question de « santé dans le monde » constitue l’une des principales sources d’inquiétudes
sur le plan mondial, les maladies infectieuses figurent au premier rang des préoccupations
en matière de santé.
Des travaux de recherche par le Groupe de la Banque mondiale avaient estimé le coût d’une
épidémie aussi grave à 5 % du PIB mondial, soit 3 700 milliards de dollars (sur la base du PIB
de 2013)
S’il peut être difficile de riposter à temps et à la hauteur de l’ampleur de l’urgence identifiée,
une bonne préparation à la survenue de tout problème de santé devrait rendre le système
sanitaire résilient et solide
A l’instar de la gestion des épidémies de choléra en RDC, les réponses actuellement
apportées des épidémies interviennent en « sapeurs-pompiers », et ne permettent
d’inverser durablement la tendance évolutive. Il se trouve que ces interventions arrivent
souvent en retard et pendant que les capacités des ressources locales sont déjà dépassées
D’où l’importance de former les équipes d’intervention rapide au niveau des DPS, des zones
de santé, sur la préparation à la riposte aux épidémies et autres catastrophes en vue
d’atteindre les neufs objectifs du programme d’action de sécurité sanitaire mondiale, axée
sur la prévention des épidémies, la détection précoce des menaces de nature biologique, et
la réaction rapide face à la survenue de maladies, qu’elles soient d’origine naturelle,
intentionnelle ou accidentelle, afin de rendre le système sanitaire plus résilient aux menaces
biologiques, animales, humaines et autres
Constitution d’une équipe multidisciplinaire d’intervention rapide aux situations
d’urgence au niveau de la ZS
EIR = Equipe technique multidisciplinaire, toujours disponible, prête à être rapidement
mobilisée et déployée en cas d’urgences.
Nombre des personnes chaque EIR et le profil de ces personnes, définis en fonction de la
situation d’urgence et des autres catastrophes de chaque zone.
Dès qu’il y a une alerte avérée cette équipe devra être former ou briefer sur la situation à
l’origine de l’alerte.
Objectifs module préparation guide de formation des EIR
Constituer une équipe multidisciplinaire d’intervention rapide aux situations d’urgence au
niveau de la DPS/ ZS
Identifier les fonctions du comité multidisciplinaire de la gestion des crises
Elaborer un plan de contingence et de riposte aux épidémies à l’échelle de la DPS, ZS
Constituer des stocks de réserve de médicaments, de vaccins, de réactifs et de fournitures ;
Réaliser les activités de riposte à une alerte avérée
Création d’un comité multidisciplinaire de gestion des crises dans les ZS (CMGC) et
fonctions EIR
Membres : multidisciplinaire et dynamique, personnels technique et non technique, issus
du secteur de la santé humaine, de la santé animale ainsi que d’autres secteurs
(représentants des secteurs publics, ONG, privés et international ainsi que des leaders
d’opinions.
Fonctions :
• Développer et superviser la mise en œuvre des stratégies de préparation, des plans
d’intervention et des procédures pour faire face aux situations d’urgence afin
d’atteindre des objectifs du programme d’action de sécurité sanitaire mondial,
• Détection précoce des évènements sanitaires, Investiguer sur les rumeurs, les
épidémies notifiées et autres urgences de santé publique.
• Lancer l’alerte dès la confirmation de l’alerte
• Etablir un plan de communication sur l’échange d’informations avec les
populations et les différents acteurs avant, pendant et après les urgences
sanitaires
• Liaison et de coordination avec les partenaires appropriés des différents
secteurs, notamment les points d’entrée et autres sites de notification
concernés.
• Mobiliser les ressources pour la prévention et le suivi des situations
d’urgence, avec notamment la fourniture du matériel nécessaire à la riposte
et à la communication.
• Prévoir un suivi de l’utilisation des ressources avant, pendant et après la
situation d’urgence
Fonctionnement EIR
Lors de la riposte à une épidémie ou à une situation d’urgence :
• Se réunir dès que l’alerte d’une urgence est lancé
• Évaluer les besoins et, si nécessaire, demander l’assistance provinciale ou
nationale et des équipes de réponse rapide.
• Se réunir quotidiennement au début de l’épidémie, puis chaque semaine
pendant toute la durée de la riposte, ou selon les besoins.
• Étudier régulièrement les résultats de la riposte et prendre les mesures
nécessaires pour améliorer les actions de lutte contre l’épidémie.
• Documenter les actions de riposte et en informer le niveau hiérarchique
supérieur.
En l’absence de l’urgence l’EIR devra se réunir une fois par trimestre dans le but :
• Examiner les tendances des maladies et les mises à jour des étapes de préparation
adoptées par les ZS
• Examiner le niveau de préparation au début de chaque saison épidémique (avant la
période d’augmentation des cas de méningite, par exemple)
• Partager les conclusions et les recommandations issues de ces réunions avec les
autorités provinciales et nationales.
• Organiser des exercices/manœuvres de simulation pour tester les plans d’action
A la fin de l’épidémie, l’EIR devra :
• Organiser une revue de l’épidémie ou d’une autre catastrophe : le moment de tirer
les leçons des interventions menées sur terrain.
• Produire un rapport
• Prendre des stratégies pour pérenniser les activités pour prévenir de nouvelles
épidémies.
• Communiquer les résolutions aux populations affectées et à la hiérarchie.
SURVEILLANCE ET INVESTIGATION D’UNE EPIDEMIE DE CHOLERA
A la fin de ce module, les participants seront capables de :
• Décrire l’épidémiologie du choléra
• Décrire la définition de cas du choléra
• Décrire les outils et étapes d’une investigation d’un cas suspect de choléra
• Faire le suivi-évaluation de la riposte à l’épidémie de choléra
La meilleure façon de lutter contre la maladie est de :
• Connaître comment elle se manifeste
• Quand elle se manifeste
• Qui elle touche
• Où elle survient
• Quelle est le facteur de Risque
D’où
L’importance de l’investigation et d’une surveillance de qualité
Définition
En dehors de l’épidémie : Déshydratation grave ou décès suite à une diarrhée aqueuse aiguë
chez un patient âgé de plus de 5 ans.
Pendant l’épidémie : on suspectera le choléra chez tout individu âgé de plus d’une année
ou plus présentant une diarrhée aqueuse aiguë, avec ou sans vomissement
Définition : surveillance
Surveillance épidémiologique : c’est un processus Continu et systématique de collecte,
analyse et interprétation de données de morbidité et la mortalité des maladies et autres
états de santé pour une planification et de gestion des interventions de lutte et prévention
Surveillance Intégrée de la Maladie et Riposte (SIMR) : processus utilisant rationnellement
les ressources de surveillance
Fonctions essentielles de la SIMR
1. Définition standard de cas
2. Liste linéaire, Registre
3. Tableau, Graphique et Carte
4. Fiche d’investigation, fiche de prélèvement, rapport d’investigation
5. plan de riposte, rapport de mission
6. plan de communication
7. Fiche d’évaluation rapide, rapport d’évaluation
8. Plan de contingence
Identification
Utiliser les définitions de cas standard (routine)
• Ensemble de critères convenus ;
• Permet de s’assurer d’un diagnostic identique pour chaque cas ;
• Cela permet de :
➢ Comparer les données entre les différents centres ;
➢ Suivre les maladies et événements prioritaires ;
➢ Identifier les seuils d’alerte ou d’épidémies.
Utiliser les définitions de cas élaborés dans un contexte d’épidémie
Ne pas oublier les définitions des cas communautaires (en langues locales)
Mettre à jour des procédures de surveillance et de réponses de la ZS
• Description de la zone de recueil des données ;
• Liste des Centres de notification et des correspondants ;
• Distribution des formulaires de recueil de données ;
• Mise à jour, des outils de notification et des directives techniques.
Impliquer le laboratoire local pour la surveillance et la réponse
• Savez-vous dans quels laboratoires vous envoyez les échantillons pathologiques ?
• Les Centres de Santé savent-ils où envoyer les échantillons ?
• Y-a-t-il une liste actualisée des laboratoires de provinces voisines qui peuvent
analyser les échantillons ?
• Définir le circuit de transmission des échantillons
NOTIFICATION
Transmission de l’information collectée à l’échelon supérieur
Notification orale
Notification au cas par cas
Notification récapitulative des cas (semaine, mois, trimestre)
Rapporter immédiatement les informations sur les maladies aiguës ou les événements à
potentiel épidémique, ou susceptibles de poser un risque pour la santé publique de portée
nationale ou internationale ;
Utilisation d’un formulaire de notification standard au cas par cas
Utilisation d’un formulaire hebdomadaire de notification (REH)
Utilisation des listes linéaires (listes descriptives des cas)
Collecte de données : Epidémiologique
- structures étatique
- structures privées
- chambre des prières Nécessite de collaboration
- tradipraticiens
Liste linéaire à jours ??????
Sous notification des cas dans les structure privées, chambre des prières tradipraticiens
Amener toutes les structures privées à notifier
ANALYSE
• L’analyse et l’interprétation des données constituent un important volet de la
surveillance ;
• Ces activités doivent être menées à tous les niveaux ;
• L’analyse apporte l’information nécessaire à la prise des mesures de santé publique
pertinentes, appropriées et en temps utile.
« L’information pour l’action »
• Données de la précédente épidémie doivent être analysées pour comprendre la
nouvelle si jamais il y a eu analyse
• Analyse de données doit être rapide
• Produire des courbes et tableau
• Produire des cartes : important pour connaître de provenance de cas
Types d’analyse : Temps
• Objectif :
Détecter des changements brusques ou à long terme dans la survenue d’une maladie ou
d’un évènement inhabituel, déterminer sa fréquence et le délai entre l’exposition et
l’apparition des symptômes
• Outils :
Présenter les totaux sous forme de tableau, de graphique linéaire ou d’histogramme
• Méthode :
Comparer le nombre de cas notifiés pendant la période en cours avec le nombre de cas
notifiés sur une période antérieure (semaine, mois, saison ou année).
Types d’analyse : Lieu
Objectif :
Déterminer le lieu où surviennent les cas (ce qui permet d’identifier par exemple une ZS ou
des populations à risque pour la maladie).
Outils :
Représenter les cas sur une carte détaillée de la ZS ou de la Province affectés par une
épidémie.
Méthode :
Représenter les cas sur une carte et repérer des groupes de cas ou des liens, entre le lieu où
les cas ont été détectés et l’évènement sanitaire faisant l’objet d’une enquête.
Types d’analyse : Personne
Objectif :
Décrire les raisons des changements dans la survenue de la maladie, la façon dont ils se sont
produits, les personnes les plus à risque et les facteurs de risque potentiels
Outils :
Extraire les données spécifiques concernant la population affectée et les résumer dans un
tableau
Méthode :
Selon la maladie, caractériser les cas d’après les données notifiées pour la surveillance au cas
par cas : âge, sexe, lieu de travail, statut vaccinal, scolarisation et autres facteurs de risque
connus pour la maladie
Importance des résultats d’analyse des données de surveillance
Les résultats de l’analyse des données de surveillance sont utilisés pour :
• Mener une investigation afin de déterminer les raisons de l’augmentation du nombre
de cas ;
• Collaborer avec les programmes spécifiques de lutte contre la maladie pour
intensifier la surveillance lorsqu’un seuil d’alerte est franchi ;
• Mobiliser les dirigeants politiques et la communauté afin d’obtenir davantage de
ressources, si l’augmentation du nombre de cas est liée à leur insuffisance.
Points à retenir
• L’analyse des données est un aspect crucial de la surveillance ;
• Plusieurs méthodes d’analyse sont disponibles selon les informations à présenter ;
• Toujours utiliser les conclusions d’une analyse pour prendre des mesures de santé
publique.
« LES DONNEES DE SURVEILLANCE SONT DES DONNEES POUR AGIR »
INVESTIGATION D’UNE ALERTE AU CHOLERA
Objectifs de l’investigation
1. Confirmer l’épidémie ou le problème sanitaire et évaluer les risques ;
2. Identifier et traiter les cas supplémentaires qui n’avaient pas été notifiés ou
détectés ;
3. Collecter les informations et effectuer des échantillons pour confirmer le diagnostic
au laboratoire ;
4. Identifier la source de l’infection ou la cause de l’épidémie ;
5. Décrire le mode de transmission de la maladie et définir les populations à risque ;
6. Choisir les activités de riposte appropriées pour contrôler l’épidémie ou l’évènement
sanitaire ;
7. Rédiger le rapport de l’investigation.
Les 10 étapes de l'investigation d'épidémie
1. Confirmer/Infirmer l’existence de l’épidémie
2. Confirmer le diagnostic
Descriptive 3. Développer une définition de cas
4. Compter les cas (collecter les données)
5. Décrire l’épidémie en temps-lieu personne
6. Développer des hypothèses causales
Analytique 7. Tester ces hypothèses
8. Vérifier la cohérence biologique
Action 9. Rédiger et partager le rapport ++
10. Recommander de mesures de prévention et de contrôle
Résumé (taches) d’une investigation
Phase préparatoire
- Revue documentaire
- Elaborer le TDR
- Réunion préparatoire avec l’équipe d’intervention rapide : constitution de l’équipe et
rôle de chaque membre de l’équipe, méthodologie, agenda….
- Obtenir l’ordre de mission
- Réunir les intrants et les ressources pour la mission (moyen de déplacement,
perdiem, formulaire, fiches, kit labo, autre kit nécessaire…)
Phase d’enquête
- Présenter les civilités aux autorités politico-administratives et sanitaires.
- Visite de Fosa : examiner les signes, exploiter le registre et fiches des malades…
- Recherche active des cas
- Prélever les échantillons chez les malades se trouvant dans les Fosa
- Entretien avec les relais communautaire
- Visiter les sites pouvant fournir des information ou données : Tradipraticiens, les
groupes de prières, les écoles, les églises….
- Recherche active des cas dans la communauté (ménages)
- Prélever les échantillons pour les cas suspects communautaires
- Orienter les malades dans le centre de santé sélectionné pour la prise en charge des
cas.
- Organiser les premiers soins avec le personnel de santé
- Organiser la sensibilisation (communication avec les proches et responsables de la
communauté)
- Organiser les premières mesures de prévention.
- Mener des études environnementales : enquête entomologique, échantillons eau……
- Assurer une bonne conservation de l’échantillon selon les normes.
- Compiler les informations et données
- Faire la première analyse et recherche d’informations complémentaires.
- Briefing du personnel et responsable communautaire
Phase post enquête
- Organiser le retour.
- Présenter la synthèse de votre mission
- Proposer les stratégies de riposte.
- Partager le rapport aux responsables
- Organiser la retro information
Autres données à collecter en investigation
Les données environnementales
• Port
• Gare
• Mouvement de population
• Evénement important (déplacement de la population,
• Inondation-------provenance de la population
• Existence d’un marché hebdomadaire
• Hydraulique : débit et hauteur des eaux du fleuve
• Météo : Pluviométrie, Température,
• Données sur la problématique de l’eau potable Couverture en eau potable
• Nécessite une base de données
SUIVI-EVALUATION DE L’EPIDÉMIE
Létalité : (Norme OMS = 1% de létalité)
Comprendre pourquoi inferieur 1% ou supérieur 1%
Si inférieur à 1 % : décès sous-estimé ????
Bonne prise en charge
Si supérieur à 1% :
- prise en charge médiocre (poser la question si les prestataires sont formé, si les RL
manquent, s’il y a beaucoup de malades)
- malades viennent en retard au CTC (problème accessibilité des malades au niveau de CTC)
si cela, il faut rapprocher le CTC
- existe des biais de surveillance (décès sont mieux enregistrés ?)
o Taux d’attaque élevé ????
- chercher s’il existe une source d’infection commune
- est ce que la zone est surpeuplée ?
PRISE EN CHARGE DU CHOLERA
1. INTRODUCTION
➢ Présentation clinique
➢ Caractéristiques cliniques
➢ Définitions de cas du choléra
2. PRISE EN CHARGE DE CAS
➢ Evaluation de l’état d’hydratation
➢ Thérapie de réhydratation
➢ Thérapie antimicrobienne
➢ Traitement des complications
➢
PRESENTATION CLINIQUE
• Les signes et symptômes du choléra sont produits par la toxine du
choléra
• La toxine cause une perte grave de fluide et d’électrolytes
• La période d’incubation de 1 à 3 jours
• Après leur ingestion, les vibrions atteignent l’intestin et produisent la toxine
• La portion active de la toxine (la sous unité A) pénètre dans les cellules muqueuses et
actives l’AMP cyclique
• Ceci provoque une sécrétion active de chlorure et bloque la fonction normale
d’absorption des cellules.
• L’eau, le potassium et le bicarbonate suivent le chlorure dans la lumière de l’intestin
et moins de sodium est absorbé, produisant une diarrhée sécrétoire.
• La perte de sodium, de chlorure et d’eau : déshydratation et un collapsus vasculaire,
nécrose tubulaire aiguë avec une insuffisance rénale transitoire.
• La perte de potassium : crampes musculaires douloureuses, arythmies cardiaques et
une nécrose myocardique rudimentaire.
• Perte de bicarbonate : acidose avec hyperventilation, des vomissements et un état
mental altéré.
CARACTERISTIQUES CLINIQUES
• Choléra =une maladie diarrhéique déshydratante
• Symptômes et les signes = résultat d’une perte de fluide et d’électrolytes rapide et
profonde dans la diarrhée et les vomissures.
• 80% de formes asymptomatiques ou mineures et +/- 20% de formes symptomatiques
• Si symptomatique (20%) :
90% cas : diarrhée non spécifique
10% cas typiques : diarrhée aqueuse profuse (eau de riz) vomissements,
parfois avec crampes musculaires, évolution rapide +++
• La diarrhée grave peut être presque continue et peut excéder 1 litre par heure.
• Les conditions favorables à une infection sévère :
Ingestion d’une forte dose d’organismes.
Réduction de la production d’acide gastrique : gastrectomie ou une thérapie
antiacide
Groupe sanguin de type O (raison encore non connue).
DEFINITIOND DE CAS DU CHOLERA
COMMUNAUTAIRE : Toute personne ayant des selles liquides abondantes plusieurs fois
CLINIQUE : Déshydratation grave ou décès suite à une diarrhée aqueuse aiguë chez un
patient âgé de 1 année et plus. S’il y a une épidémie de choléra, on suspectera un cas chez
tout individu âgé d’1 année ou plus présentant une diarrhée aqueuse aigüe, avec ou sans
vomissement.
LA PRISE EN CHARGE DU CHOLERA EXIGE :
• Evaluation de l’état d’hydratation
• Thérapie de réhydratation
• Thérapie antimicrobienne
• Traitement des complications
EVALUATION DE L’ETAT D’HYDRATATION
Hydratation adéquate Déshydratation modérée Déshydratation grave
Aucune soif Agitation et irritabilité Yeux Léthargie et perte de
La peau se rétracte enfoncés dans les orbites conscience
normalement lorsqu’on la Bouche et langue sèches Bouche et langue très
pince Soif accrue sèches
Miction normale La peau se rétracte La peau se rétracte très
Pouls solide lentement lorsqu’on la lentement lorsqu’on la
pince pince (formant une sorte
Miction réduite de soulèvement)
Nourrissons : larmes Pouls filant ou absent
réduites, fontanelles Pression artérielle basse
déprimées Miction minimale ou
absente
Enfant souffrant de déshydratation grave : yeux enfoncés dans les orbites, abdomen
scaphoïde, pauvre turgor de la peau formant une sorte de soulèvement.
THERAPIE DE REHYDRATATION
Un traitement réussi du choléra dépend du remplacement rapide des pertes de fluides et
d’électrolytes :
REHYDRATATION ORALE : Sels de Réhydratation Orale
REHYDRATATION INTRAVEINEUSE : Ringer lactate (meilleure), Solution saline
normale(acceptable), Dextrose (non acceptable)
THERAPIE DE REHYDRATATION : Réhydratation orale
Diarrhée avec signes de déshydratation traitement de réhydratation
orale après chaque selle diarrhéique afin de maintenir leur hydratation jusqu’à
l’arrêt de la diarrhée
Age Qté de SRO après Qté de SRO nécessaire
chaque selle liquide
< 24 mois 50 à 100 ml Assez pour 500 ml par jour
2 à 10 ans 100 à 200 ml Assez pour 1 000 ml par jour
> 10 ans Autant que désiré Assez pour 2 000 ml par jour
THERAPIE DE REHYDRATATION : Réhydratation orale
Diarrhée sans signes de déshydratation volume approximatif de SRO à donner pour
les 4 premières heures :
➢ < 4 mois d’âge (< 5 kg): 200 à 400 ml
➢ 4 à 11 mois d’âge (5-7 kg) : 400 à 600 ml
➢ 12 à 23 mois d’âge (8-10 kg) : 600 à 800 ml
➢ 2 à 4 ans (11-15 kg) : 800 à 1 200 ml
➢ 5 à 14 ans (16-29 kg) : 1 200 à 2 200 ml
➢ 15 ans et plus (30 kg et plus) : 2 200 à 4 000
Autres méthodes de calcul :
➢ Volume approximatif en SRO (ml) : poids patient (kg) * 75
➢ Estimation rudimentaire : 100 ml de SR0 toutes les 5 minutes jusqu’à la stabilisation
du patient
➢ Si le patient demande plus que la solution de SRO prescrite, donnez-en plus
THERAPIE DE REHYDRATATION : Réhydratation intraveineuse
Donnez 100 ml/kg de liquide de Ringer, réparti de la manière suivante :
Age Donnez tout d’abord Puis donnez 70 ml/kg
30 ml/kg par IV en : par IV en :
Nourrissons (< 12 mois) 1 heure* 5 heures
Enfants plus âgés (> 1 an) 30 minutes* 2 ½ heures
Réexaminez le patient (chaque 1 hr ou 2 hrs) et continuez à l’hydrater
Donnez également SRO (environ 5 ml/kg/hr) dès que le patient peut boire
Enregistrez les litres de fluide par IV et les tasses de SRO administrés
Après 6 hrs (< 12 mois) ou 3 hrs (> 1 an) : réévaluation complète SRO si l’état
d’hydratation amélioré et si le patient peut boire.
THERAPIE ANTI-MICROBIENNE
Hyper important à retenir :
Thérapie antimicrobienne= très pratique, pas indispensable pour soigner le choléra
L’hydratation est la pierre angulaire du traitement
Antimicrobiens réduisent le volume total de fluides perdus, raccourcissent la durée
de la diarrhée et limitent la durée de transport du choléra dans les selles
INDICATIONS DES ANTIBIOTIQUES
Patients modérément et gravement malades
Patients avec des volumes importants de selles pendant le traitement de
réhydratation
Tous les patients hospitalisés
Supplémentation en zinc (10 à 20 mg de zinc par voie orale par jour) devrait être initiée
immédiatement si disponible et continuée aussi longtemps que la diarrhée dure.
Antibiotiques
Classification des Premier choix Second choix
patients
Adultes (sauf femmes Doxycycline : 300 mg oralement en Azithromycine : 1 g (dose unique)
Enceintes) une dose Tétracycline : 500 mg 4x/j/3 jrs
Érythromycine : 500 mg 4x/j/3 jrs
Femmes enceintes Azithromycine : 1 g en une seule dose Érythromycine : 500 mg 4x/j/3 jrs
Enfants >12 mois et Azithromycine : 20 g/kg en 1 dose Tétracycline : 12,5 mg/kg 4x/j/3 jrs
capables d’avaler des Érythromycine : 12,5 mg/kg 4x/j/3 jrs
pilules et/ou des Doxycycline : de 2 à 4 g/kg en 1 dose**
comprimés
Enfants < 12 mois et Susp.orale : Suspension orale de tétracycline :
autres patients o Azithromycine : 20 g/kg en 1 12,5 mg/kg 4x/j/3 jrs
incapables d’avaler des dose
pilules et/ou des o Érythromycine : 12,5 mg/kg
comprimés 4x/j/3 jrs
o Doxycycline : de 2 à 4 g/kg en 1
dose
TRAITEMENT DES COMPLICATIONS
Hypoglycémie (léthargie, convulsions, yeux retournés dans l’orbite, etc.) :1ml/kg de glucose
à 50 % par injection IV lente. Complication la plus létale après la déshydrations en cas de
choléra
OAP (causée par une réhydratation IV excessive) :
o Patient en position semi-assise, les jambes pendantes hors du lit.
o Diminuer le débit de la perfusion autant que possible.
o Furosémide (si disponible) par injection IV lente : Enfants (1
mg/kg/injection), Adultes (40 mg/kg/injection). Si nécessaire, répétez la
même dose après 15 minutes, en fonction de l’état du patient (dose max chez
l’adulte : 250 mg).
Insuffisance rénale (anurie) : souvent si le choc n’est pas corrigé rapidement, miction
recommence 6 à 8 heures après le début de la réhydratation, si non vérifiez que le patient
est correctement réhydraté et essayez 1 mg/kg de furosémide (si disponible) par IV sous
surveillance médicale étroite.
Hypokaliémie (en cas d’épisodes répétés de crampes douloureuses): essayez de corriger
avec des SRO
CENTRE DE TRAITEMENT DU CHOLERA
1. Quand ouvrir un CTC
2. Position géographique
3. Organisation
4. Approvisionnements et ressources
5. Contrôle de l’infection
6. Eau, Hygiène et Assainissement
7. Manipulation des corps de patients décédés du choléra
QUAND OUVRIR UN CTC
➢ Lors d’une flambée de choléra au sein même d’un centre existant ou dans une zone
séparée
➢ Aucune règle stricte n’existe lorsqu’il s’agit de décider quand installer un CTC et le
lieu idéal pour ce centre
➢ Quelques éléments d’orientation :
Un grand nombre des patients une maladie diarrhéique aiguë accompagnée
de décès
Une épidémie de maladie diarrhéique aiguë couvre une large zone et se
propage
Catastrophes naturelles et une flambée de diarrhée se produisent
simultanément
POSITION GEOGRAPHIQUE
o L’objectif spécifique est d’amener les services de soins d’urgence aux portes des
patients.
o Un lieu facilement accessible
o Associer les autorités sanitaires et la communauté dans le choix
o Pas à proximité d’un point d’eau ou d’une autre structure à fonction publique
o Caractéristiques d’un bon CTC :
Bonne évacuation des eaux loin du site
Bon accès pour les patients et les fournisseurs
Distance minimale de 100 m par rapport au marché
Distance minimale de 40 m en sols sableux ou de 15 m en sols argileux par
rapport à un point d’eau ;
Caractéristiques d’un bon CTC
Distance minimale de 100 m par rapport aux autres bâtiments et habitations
Facile à nettoyer
Ventilation
Éclairage
Dispositif en place pour l’élimination des excréments, des vomissures, des
déchets médicaux et autres
Installations sanitaires et de lavages des mains pratique
Sol en béton ou, dans le cas d’une structure temporaire, sol recouvert d’un
film plastique
Espace adéquat : capacité des services = 2,5 m2 par patient + 1 aidant
Autres structures de PeC du choléra :
Unité de Traitement du Choléra
➢ Si les zones touchées par le choléra sont trop éloignées d’un CTC
➢ Solution intermédiaire qui permet aux personnes gravement atteintes de recevoir
une hydratation IV.
➢ Entre 20 et 30 lits
➢ Peu de médecins, voire aucun, 2 à 3 infirmières, 2 à 3 aides-soignants et un personnel
d’assistance auxiliaire
Points de Réhydratation Orale
➢ Stations satellites destinées à traiter la forme la plus simple du choléra
➢ Réduire la pression sur les CTC surchargés et trier les patients gravement déshydratés
ORGANISATION
Circuit d’un CTC :
➢ Soins des patients : un service d’entrée/observation, un dispositif pour administrer
les SRO, un service pour les patients gravement atteints, un service pour les
convalescents
➢ Salle(s) de stockage ; salle du personnel
➢ Prévention et hygiène : zones de lavage et de nettoyage, zone de lingerie, stations
pratiques pour le lavage des mains, traitement de l’eau, préparation de la solution
chlorée, cuisine (si possible)
➢ Environnement et déchets : latrines, incinérateur, poubelles, morgue.
➢ Sécurité : gardien, barrières, protection des stocks
Zones obligatoires d’un CTC (4 à 5) :
➢ Zone d’admission et de triage : nouveaux arrivants
➢ Zone d’observation : patients avec une déshydratation modérée
➢ Zone d’hospitalisation : patients présentant une déshydratation grave et/ou des
vomissements
➢ Zone neutre pour la cuisine, les stocks, les vestiaires et la salle de repos pour le
personnel
➢ Zone de convalescence : une réhydratation orale continue après un changement de
catégorie des patients (déshydratation légère ou modérée).
APPRO ET RESSOURCES
o Kits de prise en charge : kit de maladies diarrhéiques, module de base, module SRO,
module de perfusion, Module de support (articles non médicaux nécessaires au
fonctionnement d’un CTC)
o Besoins en ressources humaines
Travailleurs sanitaires (médecins, infirmières et aides-soignants) formés pour
traiter les cas de diarrhée
Autre personnel indispensable : travailleurs administratifs, nettoyeurs,
gardes, des personnes chargées de la pulvérisation, des éducateurs sanitaires
et des magasiniers
Mieux planifier les RH : plusieurs équipes par jour (3 shifts) et de prévoir des
congés occasionnels.
CONTRÔLE DE L’INFECTION
o Durant l’hospitalisation
Lavage des mains : savon et solution chlorée (0,05 %) avant et après l’examen
de chaque patient
Utilisation des gants : manipulation du sang, chlore solutions chlorées.
Désinfection des abris, lits et sols : au moins deux fois par jour avec solution
chlorée (0,05 %)
Désinfection de douches, latrines et zone de lavage avec une solution chlorée
à 0,5 %
Selles des patients dans des latrines spécifiques avec solution chlorée (2 %).
o Au moment de la décharge
Pulvériser ou laver la personne, ses mains et ses vêtements avec la solution
chlorée à 0,05 %.
Le corps de patient décédé : solution chlorée à 2 % dans une zone réservée,
fermer les orifices du corps avec du coton imprégné d’une solution chlorée (2
%) et placer-le dans un sac mortuaire.
L’enterrement doit s’effectuer immédiatement.
o Visiteurs
Doivent être formés aux mesures de contrôle de l’infection
EAU, HYGIENE ET ASSAINISSEMENT
o Eau : estimation de besoins
Patients (40 à 60 litres/patient /jour) : consommation, nettoyage, toilette et
lessive.
• Fournisseurs de soins (Au moins 15 litres d’eau traitée) /fournisseur de soins
/ jour
o Hygiène
Vêtements de protection
Hygiène alimentaire
Lingerie
Nettoyage des locaux
Nettoyage des ambulances/véhicules
o Assainissement :
Douches : 1 pour 25 personnes (h/f)
2 salles de douche au minimum (h/f) pour le personnel dans une zone neutre
Zone de lavage des mains
Latrines : 1 pour 20 personnes + 1 ou 2 dans la zone neutre pour le personnel
Seaux pour les lits occupés par des personnes atteintes du choléra
Gestion des déchets : ségrégation et stockage
MANIPULATION CORPS (DECES CHOLERA)
o Assainissement :
Désinfection des corps des patients décédés : solution chlorée à 2 %.
Port des gants, un tablier et un masque pour les personnes manipulant le
corps
Les corps devraient être enveloppés soigneusement
Utiliser le sac mortuaire si disponible
Envoyer le corps à la morgue aussitôt que possible
Recommander un enterrement immédiat
ENTERREMENT SECURISE
Définition
Procédure d’inhumation qui consiste à désinfecter la dépouille mortuaire, son
environnement le plus proche par une équipe qualifiée.
Justification
• Sécuriser le prestataire des soins dans la gestion correcte de la chaine de
transmission
• Eviter la propagation de l’épidémie dans la communauté
• Gérer l’environnement (protection de l’éco système)
Equipement pour les hygiénistes intervenants :
• Bottes, combinaison, masque, cagoule, lunettes, tablier, gants jetables, gros gants de
ménage, et sur chaussures
• Seront jetés : combinaison, cagoule, masque et sur-chaussures
• Seront désinfectés : bottes, lunettes, tablier et gros gants
• Tenue pantalon et haut, bottes, gants jetables
• Sac(s) mortuaire(s)
• Poubelles avec sac poubelles pour le matériel non jetables
• 2 sacs poubelles pour le jetable
Procédure
• Présence de 2 équipes formées pour l’inhumation sécurisée
• Existence d’un site d’enterrement sécurisé ;
• Deux équipes : l’une des hygiénistes (infirmiers/secouristes) et l’autre des fossoyeurs
1. Préparation :
• 2 pulvérisateurs remplis de chlore à 0.5 et 1%
• Sceau dont le fond est rempli de chlore à 0.5%, avec un sac qui recueillera les
équipements à désinfecter à droite, le sac poubelle pour le jetable à gauche ;
• Rendre disponible les Equipements de protection individuel (EPI) ;
2. Habillage :
• Porter la combinaison en respectant les précautions standards, la fermer le plus
hermétiquement possible,
• Mettre le masque puis la cagoule si elle existe.
• Mettre les lunettes, puis la capuche de la combinaison.
• Porter les bottes.
• Mettre le tablier.
• Mettre la paire de gants jetables puis la paire de gants ménagers.
3.Désinfection du corps
• Pulvériser le chlore à 0,5% à l’intra domiciliaire dès l’entrée dans la maison, sur tout
le trajet large d’accès à la pièce où attend le corps, sur toutes les portes et les
entourages de porte.
• Pulvériser le chlore à 1% sur le corps généreusement.
• Désinfecter gants et bottes.
• Pulvériser du chlore 0,5% toute la pièce : mur, sol, ouvertures, objets, meubles, etc.
• Le corps emballé et désinfecté est amené là où la famille ou le village le demande,
soit le plus près possible de la porte de la maison soit à l’extérieur. Il peut maintenant
être déplacé par un nombre limité de personnes simplement équipés de gants pour
respecter les rites funéraires. Un linceul peut être posé sur le sac par les intervenants
ou la famille.
• Pendant la désinfection, les assistants vérifient le lieu prévu pour la tombe,
préparation et adéquation.
• Inhumation proprement dite.
4. Déshabillage :
a) Phase fondamentale :
• Un des assistants va le désinfecter à l’aide du chlore à 0,5 % à chaque étape en
restant à une distance > 1 mètre
• D’abord les gants, puis le tablier, puis toute la tenue, devant, y compris bras et
jambes, puis derrière, les surbottes y compris les semelles.
• Enlever les surbottes et les désinfecter, mettre dans la poubelle de gauche jetable.
• Enlever la paire de gants de ménage, les désinfecter encore et les poser dans la
poubelle de droite non-jetable. Désinfection de la paire jetable
• Enlever le tablier, puis en se penchant en avant le faire passer par-dessus la tête de
l’arrière vers l’avant (ne pas passer l’avant du tablier devant le visage). Désinfecter le
tablier et le mettre dans la poubelle de droite non-jetable. Désinfecter les gants.
• Enlever les lunettes, les désinfecter et mettre dans la poubelle non-jetable.
Désinfecter les gants.
• Enlever la cagoule et/ou le masque en le prenant sur les côtés, de l’avant vers
l’arrière, le désinfecter et mettre dans la poubelle de gauche jetable. Désinfecter les
gants.
• Retirer la combinaison en la retournant, la descendre et s’aider des pieds pour sortir
les jambes (non pas des mains). La laisser à l’envers et la pulvériser. Désinfecter les
gants ;
• Désinfecter les bottes devant et derrière, puis la semelle ;
• Désinfection de la bâche, du sac poubelle de gauche ;
• Retirer les gants jetables, les désinfecter et mettre dans le sac poubelle, désinfection
des mains nues ;
• Incinérer le sac poubelle
b) Désinfection des EPI réutilisables :
• Il s’agit maintenant des EPI enlevés à la fin de la désinfection mais aussi des bottes et
de la tenue haute et basse.
• L’opérateur doit toujours être aidé d’un superviseur. Il doit porter des gants jetables,
une tenue haute et basse et des bottes. Il doit rincer ses gants avec du chlore à 0.5%
entre chaque étape (grâce à un jerrican à robinet préparé chaque jour) ;
• Les gants, les lunettes et le tablier doivent être trempés et secoués pendant 3
minutes dans du chlore à 0.5%, puis être rincés abondamment et séchés au soleil ;
• Pour les tenues, les faire tremper dans du chlore à 0.05% pendant 30 minutes puis les
laver au savon, rincer et sécher au soleil ;
• Pour les bottes, les pulvériser abondamment, les rincer à l’eau claire et les faire
sécher à l’envers sur des bâtons.
• Les tenues sont maintenant prêtes à être réutilisées
ORGANISATION DE LA RIPOSTE CONTRE UNE EPIDEMIE DE CHOLERA : VOLET
EAU, HYGIENE ET ASSAINISSEMENT
Objectif
A la fin de ce module, lorsqu’ils seront appelés à organiser une riposte contre le choléra, les
apprenants doivent être capables de :
o Définir le concept choléra ;
o Expliquer la chaine de transmission ;
o Mettre en œuvre les activités communautaires pour couper la chaine de
transmission.
➢ Contexte
➢ Définition
➢ Brève historique
➢ Contagiosité
➢ Prévention
➢ Cycle épidémiologique
➢ Processus de prévention
➢ Activités
➢ Aménagement des sources et traitement d’eau
➢ La construction des toilettes d’urgence
➢ Hygiène alimentaire
➢ Dispositif de lavage des mains
➢ Conclusion
En RDC, le choléra figure parmi les maladies sous surveillance et y évolue de manière
endémo-épidémique selon les régions.
Les analyses épidémiologiques des données de surveillance de routine de tout le pays (RDC)
sur toutes les années démontrent à suffisance la diffusion des grandes épidémies nationales
de choléra à partir des régions situées en amont des cours d’eaux et surtout à partir des
régions des grands lacs situés à l’Est de la RDC et communiquant avec le fleuve Congo.
Actuellement le pays est frappé par une épidémie de choléra dans plusieurs provinces. Ceci
étant, l’appui du niveau National aux provinces a son pesant d’or en faveur des ZS en
épidémie afin de rompre la chaine de transmission et contribuer à l’amélioration de la santé
de la population en stoppant la propagation de l’épidémie de choléra.
Activités
En résumé, les activités suivantes doivent être menées :
Aménagement des sources et traitement de l’eau (chloration systématique)
Construction et la désinfection des Toilettes (isolement de MF)
Assainissement des toilettes et Hygiène alimentaire
Implantation de dispositifs et formation sur le lavage des mains
Ceci fait référence aux domaines des intervention EHA.
Aménagement des sources
Aménagement des sources dépend :
La nature de la source d’eau (puits, source, eau canalisée) ;
L’importance de la population desservie par le point d’eau ou par le réseau
Les ressources disponibles : capacités du laboratoire (équipement, réactifs, personnel
qualifié…) et logistiques.
Après cette formation, vous serez appelé à faire la chloration systématique de l’eau dans les
ménages (Voir module d’aménagement)
Traitement de l’eau de boisson
Préparation des solutions chlorées
N° Concentration Formules Usages Durée
- Traitement de l'eau de boisson (3gte/L) ;
20 càs
1 1% - Solution de référence pour d’autres 24 h
rase/20L
solutions.
- Traitement des dépouilles mortel au
cholera ;
- Désinfection des déjections ;
40 càs - Traitement des vomissures
2 2% 48 h
rase/20L - Traitement des douches et toilettes
- Traitement des surfaces contaminés
- Mains gantées ;
- Engins impliqués dans la riposte.
1 càs - Mains non gantées ;
3 0,05% 24 h
rase/20L - Linges et EPI récupérables.
4càs - Désinfection des ménages des cas;
4 0,2% 48 h
rase/20L - Les objets de la maison.
Traitement de l’eau de boisson
En dehors de purifiant d’eau, beaucoup d’autre méthode de traitement existe dont le
traitement par la chloration
La construction des Ttoilettes
Les toilettes constituent le lieu d’aisance. Ils doivent être propres pour prévenir le risque
infectieux surtout chez les femmes.
En cas d’urgence, ont construit le type de toilette simple, moins coûteux (avec les matériels
local) et accessible à tous.
Les toilettes ne doivent avoir les mauvaises odeurs d’urines, de selles ou d’eaux stagnantes.
L’Hygiène des toilettes
Les toilettes doivent être propre et prêtes à être utilisées. Elles doivent aussi être dépourvue
des traces d’urines ou de selles et le sol doit être bien séché.
Une toilette ne pas balayée à sec. Le balayage doit commencer du propre au sale et du haut
en bas.
Utiliser la solution chlorée ou l’eau de Javel pour la désinfecter. Apprendre les acteurs à les
utiliser correctement ; enlever les toiles d’araignées une fois la semaine.
Hygiène alimentaire
Utiliser les Règles d’or de l’OMS pour une bonne hygiène alimentaire.
Choisir des aliments ayant subi un traitement assurant leur innocuité ;
Bien cuire les aliments ;
Consommer les aliments immédiatement après la cuisson ;
Conserver les aliments cuits avec soin (à haute température au moins 60 degrés ou a
basse température < 10 degrés) ;
Bien réchauffer les aliments cuits ;
Éviter tout contact entre les aliments crus et les aliments cuits ;
Se laver fréquemment les mains ;
Veiller à ce que tout dans la cuisine soit d’une propreté absolue ;
Protéger les aliments des insectes, des rongeurs et des autres animaux ;
Utiliser de l’eau saine/potable.
Ces règles doivent être exploitées pour prodiguer les meilleurs conseils aux vendeurs et
consommateurs des aliments, surtout en période d’épidémie.
Dispositif de lavage des mains
Technique de frottage des mains
Les Etapes de lavage de mains
1. Mouillage de mains ;
2. Application d’un solvant (savon, cendre…) ;
3. Frottage de mains ;
4. Rinçage et Séchage
Conclusion
Dans les zones (endémique) à risques ou en épidémie, la prévention du choléra consiste
essentiellement en des mesures d'hygiène.
Votre formation a pour but principal de rompre la chaine de transmission de choléra dans
vos zones. Pour les activités, l’équipe du PNECHOL-MD et son partenaire impliqué dans cette
lutte vous orienteront une fois sur terrain.
Nous comptons sur votre collaboration et respect pour arriver aux résultats.
La potabilisation de l’eau Méthode et dosage
L’objectif premier du traitement de l’eau est de rendre l’eau potable, notamment en
protégeant les consommateurs des micro-organismes pathogènes.
Il existe différentes méthodes pour potabiliser une eau.
Ces méthodes dépendent du degré de pollution d’eau.
Désinfection
• Méthodes de désinfection les plus connues et les plus utilisées :
- Ébullition
- Filtration (lente / Osmose…)
- Ozone
- UV / SODIS
- Chloration etc...
• La méthode la plus répandue dans le monde et dans le milieu humanitaire est
l’utilisation du chlore qui outre son efficacité assure une rémanence de la
désinfection
• Chlore disponible en RDC :
- HTH poudre 65% de chlore actif
- Eau de javel usage domestique de 2% à 12% (commerce)
- Solution chlorée à 0,6% produite par le Chlorinateur
Dosage du chlore avec HTH 65-70%
• Limite de la désinfection au chlore : pH > 8, turbidité > 20 NTU
• Demande en chlore de l’eau et chlore résiduel :
• Préparation solution mère à 1% avec HTH 65-70% Diluer 15g dans 1 litre d’eau (1
cuillère à soupe)
• Une solution mère de chlore se conserve environ une semaine dans un récipient
hermétique, opaque, à l’abris de la chaleur et lumière
• TP : Le dosage le plus efficace est le seau n°2 => Calculer la quantité de chlore HTH à
diluer pour traiter 20 m3 d’eau
• Réaliser un mélange rapide et homogène
- Système d’injection
- Au niveau du réservoir ou BLADDER au remplissage (pas de réservoir ou
de récipient métallique !)
• Temps de contact pour désinfection = 30 mn
• Norme OMS/SPHERE/RRMP chlore résiduel = 0,5 mg/l
• 1 kg de HTH traite de 50 à 500m3 d’eau
Dosage du chlore avec solution WATA 0,6%
• Dilution standard = 5 gouttes/litre d’eau (<5NTU)
Rappel : 1 goutte = 0,05ml
2,5ml/10 litres
5ml/20 litres
JAR TEST/CHLORATION DE L’EAU
A la fin de ce module, les apprenants doivent être capables de réaliser le Jar test pour la
qualité de l’eau
1. Préparer une solution mère avec 1 cuillère à soupe de HTH dans 1 litre d’eau
2. Ajouter différentes quantités de cette solution dans les 4 seaux d’eau à désinfecter
et attendre 30 mn.
3. Remplir le compartiment du pool tester avec l’eau des différents seaux, ajouter une
pastille de DPD1 et agiter
4. Comparer les couleurs et sélectionner le seau avec 0,5 mg/litre de chlore résiduel
Dans ce cas, nous avons besoin de 2ml de solution mère dans 10 litres d’eau
PREPARATION DE LA SOLUTION MERE
Produit Dilution
HTH à 70% 15g/l
Préparer la solution mère
Pour préparer 5 litres de solution mère à partir du HTH, mélanger 5 cuillères à soupe de HTH
dans un jerrycan en plastique. Bien secouer. Ne pas conserver plus de 3 à 4 jours.
Pour évaluer les quantités :
- 1 cuillère à soupe contient environ 15 mg ou 15 ml de produit.
- 1 cuillère à café contient environ 5 mg ou 5 ml de produit.
Il n'est pas nécessaire de faire cet essai tous les jours. Par contre, la mesure du chlore
résiduel libre doit être faite impérativement après chaque chloration.
Déterminer la dose de produit à utiliser (jar test) :
Remplir 4 seaux en plastique avec chacun 10 litres d'eau à traiter.
Ajouter dans les seaux des doses croissantes de solution mère à 1% avec une seringue, de
façon à encadrer les doses usuelles de 1 à 5 mg de chlore actif par litre.
Par exemple :
➢ Seau 1 : 1ml de solution mère à 1%, soit 10mg de chlore dans 10 litres d'eau, c'est-à-
dire une concentration de 1mg/l.
➢ Seau 2 : 2ml de solution mère, soit une concentration de chlore de 2mg/l.
➢ Seau 3 : 3ml de solution mère, soit une concentration de chlore de 3mg/l.
➢ Seau 4 : 4ml de solution mère, soit une concentration de chlore de 4mg/l.
Remuer vigoureusement et laisser agir 1/2 heure.
Mesurer le chlore résiduel libre et choisir comme référence la dose qui permet d'obtenir
entre 0,5 et 1mg/l de chlore résiduel libre.
PREPARATION DES SOLUTIONS DE DESINFECTION
Préparation Solution Solution Eau "javellisée"
"stérilisant" Désinfectante A 0,05% de chlore
à 2% de chlore A 0,2% de chlore
HTH 30g par litre 30g par 10 litres 7g par litre
OÙ OÙ OÙ
2 cuillères à soupe par litre 2 cuillères à soupe par 10 litres 1/2 cuillère à soupe
par 10 litres
A UTILISER LES DEJECTIONS LES SOLS LES MAINS
POUR LES CADAVRES LES OBJETS LA PEAU
DESINFECTER LES PEDILUVES LES LITS LES VETEMENTS
Mesure du chlore résiduel libre
Le chlore résiduel libre doit être analysé de façon routinière lorsque l'eau est désinfectée
avec un produit chloré : c'est en effet le seul moyen de s'assurer que la désinfection a été
efficace. Ces analyses doivent être faites à différents endroits de la distribution : sortie de
réservoir de désinfection, bornes fontaines et stockage à domicile.
Il est impératif de connaître la valeur de chlore résiduel libre au moment de la
consommation d'eau par les populations, c'est-à-dire à domicile.
Le chlore résiduel libre doit se situer entre 0,5 et 1 mg/ l.
Des concentrations inférieures à 0,5 mg/ l ne garantissent pas une rémanence suffisante.
Rincer le pool testeur avant de l'utiliser. Dissoudre un comprimé de DPD1 dans le
compartiment de CONCENTRATION.
Remarque :
Si le pH>8, le chlore résiduel libre >1mg/l
Si le produit générateur de chlore est la Chloramine T, le chlore résiduel se trouve
uniquement sous forme combiné : utiliser alors un comprimé DPD3
Si la concentration en chlore résiduel est très importante, les résultats seront faussement
négatifs
GESTION D’UN POINT DE CHLORATION
Fonctionnement
– Heure : 5h30’–18h30’
– UN ou DEUX chlorateurs ou chloreurs
– Sensibilisation
– Remplissage du registre
Equipement
Cahier registre
Stylo
Marquer
Parasol
Table
Chaises sont indispensable pour son fonctionnement
AUTRES PROCEDES DE TRAITEMENT DE L’EAU
AQUATABS
1 Comprimé pour 20 L d’eau claire
Attendre 30 min. avant la consommation
SACHET PURE
1 Sachet pour 10 L d’eau turbide
Bien mélanger pendant 5’
Attendre 30’ pour la sédimentation
Décanter avec un linge propre
LA COMMUNICATION DANS LA RIPOSTE CONTRE LE CHOLERA ET LA LUTTE CONTRE LES
AUTRES MALADIES DIARRHEIQUES
Objectif de la formation
A la fin de ce module, les participants doivent être capables de :
De planifier et d’organiser les activités de communication
Identifier les canaux de communication de son environnement ;
Communiquer clairement sur la problématique du choléra dans sa communauté ;
Utiliser les différentes techniques de communication sur le choléra ;
Promouvoir la recherche active des cas suspects de choléra.
Promouvoir les structures de prise en charge
Quel est le rôle de la communication dans la riposte contre le choléra
La communication est indispensable dans la lutte contre les maladies évitables à l’exemple
du choléra.
Elle sert au changement de comportement afin de couper la chaine de transmission dans la
communauté et dans les structures de traitement.
Sans le changement de comportement on continuera à assister à des épidémies qui durent
dans le temps avec une expansion rapide.
Dès qu’il y a suspicion d’un cas suspect de choléra dans une province voisine ou chez soi, la
communication doit nécessairement lancer les activités
Son rôle consiste à :
Sensibiliser la population sur la maladie choléra, et les moyens de s’en protéger ainsi que sur
les règles d’hygiène et le comportement à adopter en cas d’apparition d’un cas de choléra
dans le foyer afin de réduire les risques de propagation.
Définition
La communication pour le changement de comportement est l’ensemble des interactions
participatives entre individus, et au sein des groupes ou communautés ainsi que des actions
de communication dirigées vers eux en vue d’opérer un changement volontaire du
comportement individuel dans le but d’améliorer le bien-être de l’individu et de la
communauté
Connaissances générales
Le choléra est une maladie infectieuse (bactérienne) diarrhéique, à caractère épidémique,
qui se transmet par voie digestive. On l’appelle encore maladie des mains sales ou maladie
de manque d’hygiène.
La personne peut être contaminée en consommant de l’eau non traitée ou des aliments
souillés par la bactérie, vibrio cholerae.
Les symptômes
Une diarrhée abondante ayant la consistance riziforme (blanche aqueuse) ou non
accompagnée de vomissements avec asthénie ++ (fatigue).
Mode de transmission
Quand lancer les activités de communication ?
• Dans les provinces endémiques : les activités de communication sont permanentes
• Dans les provinces épidémiques : Dès qu’il y a suspicion d’un cas suspect de choléra
dans une province voisine, une ZS voisine ou chez soi, les activités de communication
doivent nécessairement être lancées
Les 3 moments d’une activité de communication
1. L’étude du milieu : ceci nécessite une enquête afin de découvrir les stéréotypes, les
rumeurs et tout autre obstacle au changement de comportement (très important
pour bien élaborer les messages)
2. Lancement des activités de sensibilisation proprement dite sous toutes ses formes
3. Evaluation afin de mesurer l’efficacité de la sensibilisation et le niveau
d’appropriation du message par la communauté : (Qui, quoi, quand, où, avec quel
moyen, comment, et avec quel effet)
Les préalables
• Le plan annuel de communication
• Le plan de communication d’urgence en période de crise
• La cartographie des canaux de communication
• La cartographie des lieux de grande affluence
Les personnes ressourcent et canaux de communication
➢ PNECHOL-MD, DPS, ZS, Personnels soignants
➢ Les réseaux sociaux
➢ Les leaders d’opinion et religieux
➢ Les victimes du choléra
➢ Les autorités politico-administratives
➢ Les relais communautaires
➢ Les médias (radio, télé, presse écrite) etc
Communication pour l’adhésion des leaders d’opinion
Au début de chaque activité de communication, il faut s’assurer d’avoir l’adhésion des
leaders d’opinions.
Pour cela il faut organiser une rencontre et s’assurer que tous les leaders d’opinion sont
invités (les chefs spirituels de toutes les confessions, les tradipraticiens, les responsables des
associations culturelles, les chefs des villages quartiers/blocs/rues, certaines personnes
influentes dans la communauté …) ;
Les techniques de communication
NB. Privilégier la communication interactive
La sensibilisation de masse
C’est une sensibilisation qui concerne la masse (la foule), elle se fait dans des lieux publics
afin de diffuser des messages sur le changement de comportement pour l’adoption des
pratiques d’hygiène, sur la maladie choléra, les moyens de s’en protéger et d’apporter à la
communauté des réponses à leurs questions.
Son avantage : est d’atteindre un grand nombre de la population en peu de temps
Sa limite : c’est du point de vue compréhension du message par la foule et aussi c’est
difficile de mesurer le niveau d’adhésion de la population au message
Les techniques de communication
Les causeries éducatives
C’est une technique de communication interpersonnelle. C’est un échange entre un
animateur et un groupe cible de personnes sur un sujet précis. Pendant les discussions, ils
échangent des expériences, des informations et des connaissances, ceci dans le but
d’amener un changement de comportement, d'attitude ou de mentalité.
Avantage : on adapte le message à la catégorie concernée ce qui facilite la compréhension
Limite : ce n’est pas toute la population qui fait partie des groupes spécifiques.
NB. Dans cette technique il faut d’abord isoler le leader, l’amener à s’approprier des
messages et lui à son tour va influencer ses adeptes
Visites domiciliaires
Une visite domiciliaire est un déplacement/passage du sensibilisateur vers/dans les familles
de son rayon d’action afin d’assurer le suivi des ménages sur l’appropriation des mesures
préventives d’hygiène.
Elle permet de :
• Donner l’information et interagir avec les ménages
• De faire le suivi jusqu’au changement de comportement des ménages
• Identifier les problèmes de santé notamment les maladies d’origine hydrique dans la
famille ;
• D’envoyer tout cas suspect de choléra au CS le plus proche
La sensibilisation interpersonnelle
C’est une sensibilisation qui consiste à prendre une personne de façon isolée, de lui
transmettre le message et d’avoir son feedback
Avantage : il y a facilité d’interagir avec le sujet concerné, de bien cerner ses stéréotypes, les
barrières à l’adhésion aux messages de changement de comportement et de trouver des
stratégies bien adaptés pour aider le sujet à changer de comportement
Limite : le temps et le nombre des sensibilisateurs à impliquer
Une approche de participation communautaire : l’accompagnement communautaire
• Dans la communauté, il existe cependant des familles qui ont déjà adopté certaines
pratiques d’hygiène et qui ont compris la nécessité. Soit les familles qui ont connu
des cas de choléra, un décès dû au choléra et qui ont compris les risques de la
maladie
• Ceux-là peuvent servir de modèle et faciliter l’accompagnement des ménages qui
abandonnent ou qui refusent d’appliquer les pratiques ou ceux dont les membres de
ménages n’ont pas encore adopté certaines pratiques
• L’accompagnement communautaire est une approche qui consiste à parrainer les
ménages qui ont abandonné, refusent l’application des pratiques favorables a la
sante par ceux ayant adopté ces pratiques
Les messages clés à diffuser lors des séances de sensibilisation
Le mode de transmission
Les messages clés à diffuser lors des séances de sensibilisation
1. Se laver les mains au savon ou à la cendre pendant les 5 moments critiques ;
2. Boire de l’eau bouillie ou traitée avec du chlore ou autre produit de traitement de l’eau ;
3. Conserver l’eau dans des récipients propres et fermés
4. Protéger/laver/bien cuire les aliments et les manger chaud
5. Utiliser les latrines et éviter la défécation à l’air libre
6. Assainir le milieu en nettoyant vos parcelles, en laissant vos latrines hygiéniques (quand
elles existent)
7. Eviter de manipuler les effets d’une personne malade de choléra ou d’une personne
décédée du choléra
9.Référer tous les cas de diarrhée au centre de santé le plus proche ;
8. La réhydratation orale (SRO) est nécessaire avant d’atteindre un CTC (ilots)
10. Eviter la manipulation des cadavres et laisser la structure spécialisée assurer
l’enterrement digne et sécurisé
Les moments clés du lavage des mains
Les Etapes de lavage de mains
• Mouillage de mains ;
• Application d’un solvant (savon, cendre…) ;
• Frottage de mains ;
• Rinçage et
• Séchage.
Technique de frottage des mains
La gestion des rumeurs et des résistances aux pratiques clés
• Rumeur : Nouvelle d’origine généralement non identifiée et souvent éphémère. Son
contenu est vague et imprécis
• Résistance : Rejet total des services de santé / des pratiques favorables a la sante par
certaines populations pour des raisons diverses qui peuvent être liées à des
croyances religieuses ou culturelles
Les actions à entre-prendre
• Localiser les personnes concernées pour identifier le foyer de résistance ;
• Circonscrire les éléments du contexte ;
• Elaborer les messages appropriés, ciblés et persuasifs ;
• Identifier les personnes influentes auprès des personnes résistantes concernées qui
serviront de canaux de communication des messages et les amener à agir contre la
rumeur ;
• Renforcer la formation et la supervision des agents de communication impliques
dans la mobilisation ;
• Intensifier la sensibilisation en utilisant tous les canaux existants (Eglises, ONG, OAC,
…) ;
• Tenir informées sa hiérarchie et l’autorité politico-administrative.
• Privilégier par-dessus toute la persuasion à la coercition.
Les tâches principales du sensibilisateur
Faire passer les messages de prévention dans chaque zone et aire de santé concernée ;
− Des messages mobilisateurs ;
− Des messages courts, clairs et concis ;
− Des messages vecteurs de développement et de la préservation de la santé
communautaire
• Informer les superviseurs avant la rupture de stock des matériels pour assurer la continuité
de l’activité ;
• Remplir les fiches de suivi.
Le remplissage des feuilles de suivi
Le sensibilisateur formé et spécialisé dans les messages de prévention aura à remplir une
feuille de suivi après chaque séance de sensibilisation (porte à porte, focus groupe et de
masse).
Les principes d’approche d’un sensibilisateur
• Savoir approcher la cible avec des bonnes manières
• S’adapter à la catégorie de la cible
• Le sensibilisateur doit d’abord tester le niveau de connaissance de sa cible sur le
choléra, sur les mesures préventives, etc. afin de se rendre compte de son niveau de
connaissance ou d’ignorance, ses préjugés, et rumeurs. D’où la nécessité de poser
des petites questions
• Faire une sensibilisation interactive pour mesurer à chaque niveau le degré
d’assimilation des messages (communication circulaire et non pas linéaire)
• Le sensibilisateur n’oblige pas sa cible à changer des comportements mais la
responsabilise
ÉQUIPEMENT
NB : Les stratégies de communication s’adaptent à la cible concernée et cela peut différer
d’un milieu à un autre et d’une activité à une autre. Elles s’adaptent également aux canaux
de communication disponibles et à l’activité qu’elle accompagne (pour ce qui concerne un
accompagnement à d’autres activités à l’exemple de la vaccination)
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
1. Normes et Directives_VFF_Pnechol-md, 26_07_2019
2. Politique Nationale PNECHOL-MD, 23_07_2019
3. Préparation et réponse aux épidémies des maladies diarrhéiques,
WHO/EMC/DIS/97.4 rév.1
4. Lutte contre le choléra en Haiti, ministère de la santé publique et
population/centre pour le contrôle et la prévention des maladies, version
1.1, mise à jour 6 janv 2011
5. Principaux repères sur le choléra, OMS, dernière mise à jour juin 2010
6. Flambées de choléra : évaluation des mesures en œuvre en cas de
flambée et amélioration de la préparation, OMS
7. Première étape de la prise en charge d’une flambée de diarrhée aigue,
rapport de réunion OMS. Le Caire, Égypte, 14–16 décembre
8. Les maladies diarrhéiques dans les situations d’urgence complexes :
mesures essentielles, rapport de réunion OMS. Le Caire, Égypte, 14–16
décembre
9. Prise en charge d’une épidémie de choléra, guide pratique à l’usage des
médecins, infirmiers, techniciens de labo, auxiliaires de santé,
techniciens sanitaires et logisticiens, MSF, 2018.