29 Réanimation Pédiatrique
29 Réanimation Pédiatrique
O. Paut, G. Orliaguet
Réanimation pédiatrique
Réanimation pédiatrique
Springer
Paris
Berlin
Heidelberg
New York
Hong Kong
Londres
Milan
Tokyo
Olivier Paut
Gilles Orliaguet
Réanimation pédiatrique
Springer
Olivier Paut Gilles Orliaguet
Service d’anesthésie réanimation pédiatrique Département d’anesthésie réanimation
Hôpital de la Timone-Enfants et SAMU de Paris
Aix-Marseille Université Hôpital Necker-Enfants malades
264, rue Saint-Pierre 149, rue de Sèvres
13385 Marseille Cedex 5 75743 Paris
Cet ouvrage est soumis au copyright. Tous droits réservés, notamment la reproduction et
la représentation, la traduction, la réimpression, l’exposé, la reproduction des illustrations
et des tableaux, la transmission par voie d’enregistrement sonore ou visuel, la reproduction
par microfilm ou tout autre moyen ainsi que la conservation des banques de données. La
loi française sur le copyright du 9 septembre 1965 dans la version en vigueur n’autorise
une reproduction intégrale ou partielle que dans certains cas, et en principe moyennant le
paiement des droits. Toute représentation, reproduction, contrefaçon ou conservation dans
une banque de données par quelque procédé que ce soit est sanctionnée par la loi pénale
sur le copyright.
Les différents chapitres de ce traité ont été rédigés par des médecins issus des
différentes unités de réanimation pédiatriques françaises. Ce sont des gens de
terrain dont le savoir repose sur une pratique acquise en soignant des enfants.
Ces nombreux collaborateurs, que je connais bien, sont des experts reconnus
dans leur domaine. Ils ont apporté une contribution importante à la réalisation
de ce traité par leur expertise particulière. Ils doivent être remerciés pour l’effort
accompli permettant au lecteur de disposer dans chacun des chapitres d’une
mise au point parfaitement actualisée sur chaque sujet spécifique.
Ce traité remarquable par sa concision, sa clarté, la richesse de ses illustrations
deviendra le compagnon de tout médecin pédiatre, anesthésiste réanimateur
ou urgentiste novice en formation ou praticien chevronné qu’il sera heureux de
consulter à l’occasion, certains soirs de garde.
Olivier Paut et Gilles Orliaguet doivent être félicités d’avoir édité ce traité qui
représente un consensus up-to-date des pratiques courantes de réanimation pé-
diatrique. Il est à l’image de la rigueur, de l’ouverture et de la vitalité de cette
spécialité en France.
Jean Camboulives
Professeur des Universités – Praticien hospitalier
Consultant des hôpitaux de l’AP-HM
Aix-Marseille Université
Sommaire
Introduction
La rationalisation et la régionalisation des soins ont, depuis une quin-
zaine d’années, modifié de façon radicale le visage des unités de réanimation
pédiatrique dans les pays industrialisés. De nos jours, il n’est plus envisa-
geable de ne penser qu’en termes d’épidémiologie descriptive, notre raison-
nement devant intégrer des notions réglementaires, organisationnelles et
économiques. Il en résulte que l’évaluation des performances des unités de
réanimation pédiatrique doit se faire en termes d’efficacité (taux de morta-
Données épidémiologiques
Caractéristiques générales des enfants hospitalisés
en réanimation
Le profil des enfants admis dans les unités de réanimation pédiatrique
est très variable d’un pays à l’autre. Dans les pays industrialisés, le nombre
d’enfants hospitalisés chaque année en réanimation pédiatrique a été estimé à
2,3 enfants/1 000 [4]. Il s’agit le plus souvent de garçons (57 %) et cette pré-
pondérance masculine est retrouvée dans toutes les grandes études [5-10]. L’âge
des enfants est variable selon les études (tableau I) mais les nourrissons sont très
souvent concernés. En France, une enquête du ministère de la Santé en 2004
auprès de 40 unités de réanimation pédiatrique [11], portant sur pratiquement
22 000 séjours, a montré que presque 50 % des admissions concernaient de
nourrissons de moins d’un an. Un tiers des hospitalisations en réanimation
sont programmées et deux tiers des admissions se font en urgence [9, 11]. La
proportion de pathologie chirurgicale varie avec la spécialisation de l’unité de
réanimation. Elle est le plus souvent comprise entre 30 et 40 % [5-11]. Une
étude en population concernant les admissions pour des pathologies médicales
dans 20 unités de réanimation américaines a montré que 51 % des enfants était
adressés du service des urgences de l’hôpital, 16 % étaient des transferts des
services spécialisés intra muros et 33 % des enfants étaient transférés d’autres
hôpitaux de la région [6].
Tableau I – Profils des enfants hospitalisés dans les unités de réanimation pédiatrique des pays
industrialisés.
Auteur Chalom Goh Tibby Ministère Khilnani Gregory Peeters
(référence) [5] [7] [10] [11] [17] [6] [9]
Année 1999 2001 2002 2004 2004 2008 2010
Pays-
Pays USA GB GB France Inde USA
Bas
Effectif 1 376 662 928 21 987 948 13 017 3 212
Garçons (%) 57 56 NT NT 74 57 56
La réanimation pédiatrique en France et dans le monde… 3
Tableau I (suite)
Âge médian
6,6 0,75 1,3 3,7 2,7 6,4 1
(ans)
Maladie
61 25 37 NT NT NT NT
sous-jacente
Postopératoire 49 37 NT NT 27 38 16
Diagnostic
(%)
Respiratoire 46 NT 39 23 20 37 35
Circulation 27 NT 35 8 10 17 18
Neurologie 27 NT 14 8 18 16 5
Traumatologie – NT 5 3 12 18 10
Ventilation
NT 78 NT 43 21 29 NT
(%)
Mortalité (%) 6,2 7,7 7,3 6,9 6,7 3,8 8,3
Durée séjour
4,8 3 7,3 6,9 4,5 4,4 2,6
médiane (j)
au cours de l’évolution de leur maladie, les séjours étant de plus en plus longs
avec une mortalité de plus en plus élevée, parallèle au handicap fonctionnel qui
s’aggrave le plus souvent avec le temps [16]. Mais ce sont les enfants immunodé-
primés, cancéreux ou greffés, qui ont le pronostic le plus redoutable. R. Hallahan
et al. ont analysé rétrospectivement 206 séjours en réanimation. Le taux de mor-
talité globale était de 27 % mais il dépassait 50 % pour les enfants admis dans les
suites d’une greffe de moelle osseuse qui nécessitaient le recours une ventilation
mécanique et/ou un support inotrope [14]. D’autres études ont confirmé un taux
de mortalité largement supérieur à 50 % dans les suites d’une greffe de moelle, les
facteurs associés à une surmortalité étaient la sévérité de la pathologie à l’admis-
sion, le recours à la ventilation artificielle, la survenue d’une défaillance rénale et
l’impossibilité de négativer le bilan hydrique [15].
Dans les pays en voie de développement, les lits de réanimation pédiatrique
sont plus rares et les moyens plus limités [18, 19]. Les enfants hospitalisés sont
en grande majorité issus de milieu socialement défavorisés. Dans ces pays, les
admissions pour des maladies infectieuses telles que la dengue, le paludisme
et les infections associées au virus d’immunodéficience acquise (HIV) restent
très fréquentes [18, 19]. Les taux de mortalité sont plus élevés, pouvant dépas-
ser 25 % [17]. La mortalité est particulièrement élevée chez les nourrissons de
moins de 1 an et dans les 24 heures suivant l’admission [17].
Dans les pays industrialisés, le taux de mortalité en réanimation est compris
entre 3,7 et 13 % [19]. Il varie en fonction de l’âge des enfants, de leurs antécé-
dents médicaux et chirurgicaux, du type de pathologie et surtout de leur gravité
[5-11]. La durée de séjour est elle aussi très variable (tableau I). Les raisons de
ces variations ne sont pas que médicales. En effet, la durée de séjour peut être
artificiellement allongée quand le patient ne peut sortir de réanimation, faute
de lit disponible dans les services spécialisés concernés. De plus, certains petits
hôpitaux, ne disposant pas d’unités de surveillance continue, admettent en réa-
nimation des enfants sans défaillance vitale [20].
Type de pathologies
Parmi les grandes pathologies motivant l’admission en réanimation pédiatrique,
le sepsis sévère et le choc septique gardent une place de choix. Aux Etats-Unis, en
1995 [21], ce diagnostic a motivé plus de 42 000 admissions en réanimation avec
une mortalité de 10,3 %. Le sepsis représentaient ainsi la 4e cause de décès parmi
les nourrissons de moins de 1 an (2 135 décès/an). Chez l’enfant plus grand, il
s’agissait de la 2e cause de mortalité (1 570 décès/an) après les accidents. La durée
moyenne de séjour à l’hôpital était de 31 jours, et le coût moyen par malade était
de $ 40 000 [21]. Le syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) représentait,
dans une étude prospective australienne et néozélandaise, 2 % des admissions
mais 30 % de la mortalité en réanimation [22].
Les enfants hospitalisés en réanimation qui, au cours de leur séjour, nécessitent
le recours à une technique d’épuration extrarénale ont un taux de mortalité
avoisinant 40 %. Ce taux est d’autant plus important qu’il existe une surcharge
La réanimation pédiatrique en France et dans le monde… 5
Mode de décès
Avec les progrès techniques de la réanimation pédiatrique, les circonstances
de décès en réanimation ont radicalement changé ces dernières années [19,
26-30]. En effet, dans les pays industrialisés, le mode de décès le plus fréquent
est l’arrêt ou la limitation des soins (jusqu’à 64 % des décès en réanimation),
devant les échecs de réanimation et la mort cérébrale (tableau II). La prise d’une
décision éthique varie considérablement d’un pays à l’autre. Une enquête, réa-
lisée par Devictor et al. [30] dans 31 unités de réanimation pédiatriques euro-
péennes, a montré que les décisions éthiques étaient prises plus souvent dans
les pays du Nord de l’Europe (47 % des décès versus 30 % dans les pays du Sud
de l’Europe). Les raisons ayant motivé la prise de décision variaient également :
principalement pour des lésions neurologiques étendues dans les pays du Sud
de l’Europe (77 % des cas), alors qu’au Nord de l’Europe les décisions étaient
motivées autant par des lésions neurologiques (41 %) que par des insuffisances
respiratoires terminales résistant à tout traitement (47 %). Une autopsie est réa-
lisée dans un tiers des cas environ [19] et les prélèvements d’organes possibles
dans environ 10 % des décès sont encore trop rarement réalisés [19, 28].
La performance des unités de réanimation s’évalue également en termes de qua-
lité de la vie après la réanimation [31, 32]. Plusieurs méthodes d’évaluation ont
été décrites pour ce faire. J. Mestrovic et al. ont utilisé l’échelle australienne du
Royal Alexandra Hospital qui comprend 10 items, chacun coté de 1 à 10. Les
auteurs ont interrogé 371 familles, 5 à 25 mois après la sortie de réanimation.
La qualité de la vie était satisfaisante pour 77 % des enfants, modérément dimi-
nuée pour 15 % d’entre eux et très insuffisante pour 7 % des enfants survivants,
le plus souvent (75 %) en raison de séquelles neurologiques [31].
6 Réanimation pédiatrique
Aspects organisationnels
Vers un regroupement et une centralisation
La rationalisation des soins et l’organisation en réseaux régionaux ont
considérablement modifié le visage de la réanimation pédiatrique dans les
pays industrialisés. La première grande étude plaidant pour le regroupement
des petites unités de réanimation pédiatrique en un grand centre régional a
été publiée en 1997 [8]. Dans cette étude, G. Pearson et al. ont comparé
la mortalité et la durée moyenne de séjour dans deux régions, le comté de
Trent en Angleterre (organisation non régionalisée) et la région de Victoria
en Australie (organisation très centralisée). Le taux d’hospitalisation pour
1 000 habitants, les caractéristiques démographiques des enfants, les motifs
d’hospitalisation et les scores de gravité à l’admission n’étaient pas significati-
vement différents entre les deux régions. En revanche, le taux de mortalité et
la durée moyenne de séjour étaient significativement plus bas dans la région de
Victoria (taux de mortalité : 5,0 % versus 7,3 % et durée moyenne de séjour :
2,1 jours versus 3,9 jours). Le même auteur [4] a publié en 2001 une étude
avant et après la centralisation de l’activité de réanimation pédiatrique dans
la région de Birmingham. L’activité de soins dans le centre de référence dont
la capacité est passée de 6 à 18 lits a considérablement augmenté (de 1,3 à
2,3 admissions/1 000 habitants de moins de 15 ans). Le taux de mortalité a
parallèlement diminué (de 9,4 à 6,3 %) et la durée de séjour a été diminuée
La réanimation pédiatrique en France et dans le monde… 7
pratiqués sur les 137 enfants transportés immédiatement après leur arrivée
dans l’unité de réanimation, contre 65 pour les 112 enfants transportés par
une équipe spécialisée (p < 0,01). Ces résultats ont été confirmés en Grande-
Bretagne dans une étude en population publiée en 2010 [36]. Cette étude
a porté sur plus de 55 000 hospitalisations dans 29 unités de réanimation
anglaises et galloises, avec 33 % des enfants qui provenaient de transferts
interhospitaliers. Le taux de mortalité brute des enfants transférés était plus
élevé mais ces enfants étaient significativement plus jeunes et plus gravement
malades. En analyse multivariée, le pronostic était significativement meilleur
quand le transport était effectué par une équipe spécialisée, et ce, indépen-
damment de la distance parcourue [36]. Il a en revanche été rapporté que ces
enfants avaient un séjour en réanimation significativement plus long et néces-
sitaient plus de traitements de réanimation que les enfants issus des services
de l’hôpital de référence [5, 37, 38].
Aspects réglementaires
Généralités
Les conditions techniques et de fonctionnement des unités de réanimation
pédiatrique ont fait l’objet de recommandations internationales [39]. Ainsi, l’Aca-
démie américaine de pédiatrie (AAP), le Collège américain de réanimation médi-
cale (ACCM) et la Société de réanimation médicale (SCCM) ont distingué deux
niveaux de soins. La réanimation pédiatrique est idéalement pratiquée dans les
unités de niveau I qui sont multidisciplinaires, médico-chirurgicales et capables
de prendre en charge un ensemble varié de détresses vitales du nourrisson, de
l’enfant et de l’adolescent, à l’exception des nouveau-nés prématurés hospitalisés
dans des unités spécifiques. Les unités de niveau II ont des moyens plus limités
mais peuvent s’avérer nécessaires dans certaines régions géographiques. Ce sont
des unités de réanimation de proximité, moins spécialisées, qui travaillent en col-
laboration avec un centre de niveau I de référence. Les moyens nécessaires au bon
fonctionnement de ces unités ont été classés en quatre catégories (Essentiel, Sou-
haitable, Optionnel et Non applicable), variables en fonction du niveau de l’unité
américaine [39]. Les deux niveaux diffèrent essentiellement par les besoins en per-
sonnel médical et les ressources nécessaires pour l’établissement hospitalier. Pour
les deux types d’unités, il est recommandé d’avoir une structure individualisée
géographiquement avec un personnel et une administration dédiée. Pour chaque
type d’unités sont détaillés la taille des chambres, la logistique, la qualification des
personnels médicaux et paramédicaux, l’équipement nécessaire, l’organisation
des transports et les structures nécessaires à l’évaluation des soins et à la formation
continue des personnels [39].
Plus récemment, l’AAP a proposé la création d’unités de soins continus, inter-
médiaires entre les unités de réanimation et les services de pédiatrie classique.
Ces unités ont une mission qui se rapproche de celle des unités de soins conti-
La réanimation pédiatrique en France et dans le monde… 9
Organisation en France
En France, le Code de santé publique, les décrets du 5 avril 2002 et du
24 janvier 2006 ont mis en place trois niveaux de soins : i) les unités de réa-
nimation pédiatrique spécialisées ; ii) les unités de réanimations pédiatriques
polyvalentes ; iii) les unités de surveillance continue [41, 42].
Cette activité de soins peut être exercée dans des établissements hospitaliers
publiques ou privés pouvant assurer la mise en œuvre prolongée de techniques
de suppléance, l’utilisation de dispositifs médicaux spécialisés et une perma-
nence médicale et paramédicale à la disposition exclusive du service de réani-
mation. L’établissement hospitalier devra disposer de compétences en pédiatrie,
chirurgie pédiatrique, anesthésie pédiatrique ainsi que de blocs opératoires,
d’un laboratoire et d’un service de radiologie pédiatrique comprenant scanner,
angiographie et imagerie par résonance magnétique. L’équipe soignante com-
prendra un ou plusieurs médecins qualifiés spécialistes en pédiatrie, 2 infir-
mières pour 5 patients et 1 aide-soignant pour 4 patients. La permanence
médicale sera assurée par un médecin senior en journée, pouvant être assurée,
en dehors des heures ouvrables, par un interne en médecine sur place et un
senior en astreinte opérationnelle en dehors du service. L’unité devra comporter
au minimum 8 lits par unités et réaliser au moins et 200 admissions par an.
Les unités de réanimation destinées aux enfants brûlés devront comporter au
moins 6 lits et disposer d’1 infirmière pour 2 patients le jour et de 2 infirmières
pour 5 patients la nuit.
Aspects économiques
Dans le monde
Les impératifs économiques sont progressivement venus modifier le visage
de la réanimation, au fur et à mesure qu’augmentaient les dépenses de santé.
Ainsi, une étude américaine a montré que les lits de réanimation adulte repré-
sentaient 10 % des lits de l’hôpital et consommaient plus de 20 % du budget
[43]. Le coût annuel d’un service de réanimation pédiatrique américain a été
évalué par Chalom et al. [5]. Les auteurs ont non seulement pris en considéra-
tion les dépenses directes (actes médicaux) mais aussi les frais de fonctionne-
ment de l’unité (rémunération des personnels, logistique, entretien du matériel,
blanchisserie, hôtellerie, administration) pour l’ensemble des enfants admis. Le
coût moyen journalier était de $ 2 260 ± $ 860. Il se répartissait de la façon
suivante : frais de fonctionnement (51 % des dépenses), analyses de laboratoires
(18 %), pharmacie (8 %), examens radiographiques (8 %), matériel respiratoire
La réanimation pédiatrique en France et dans le monde… 11
Tableau V (suite)
Code Libellé Code Libellé
C40.2 Tumeur maligne os long G91.1 Hydrocéphalie obstructive
D57.0 Crise drépanocytaire G93.2 HTIC
Syndrome hémolytique
D59.3 G93.4 Encéphalopathie
urémique
D65 CIVD I15.0 HTA vasculaire rénale
D70 Agranulocytose I62.0 Hémorragie sous-durale
E16.0
Hypoglycémie I62.1 Hémorragie extradurale
E16.1
E22.2 SIADH I62.9 Hémorragie intracrânienne
E23.0 Hypopituitarisme I98.3 Varices œsophagiennes
E23.2 Diabète insipide J05.0 Laryngite aiguë
J21.0
E43 Malnutrition J21.1 Bronchiolite aiguë
J21.8
Obésité extrême (IMC >
E66.2 J38.4 Œdème laryngé
40 kg/ m2)
J84.0 Pneumopathie alvéolaire ou
E71.0 Leucinose J84.1 interstitielle si fibroscopie
J84.8 et LBA
Tableau V (suite)
Code Libellé Code Libellé
Iléus paralytique si
Epistaxis grave si hémostase
K56.0 alimentation parentérale R04.0
intranasale
> 35 kcal/kg/j
K56.1 Invagination intestinale R04.2 Hémoptysie
K56.2 Volvulus intestinal R09.2 Arrêt respiratoire
R55
K56.5
Occlusion intestinale R57.1 Collapsus, état de choc
K56.6
R57.8
R56.0
K65.0 Péritonite Convulsions
R56.8
K66.1 Hémopéritoine R65.2 SRIS
K72.0 Insuffisance hépatique S02.1 Fracture base du crâne
S14.0
S14.1
S24.0 Traumatisme médullaire,
K83.0 Angiocholite, cholangite
S24.1 fractures multiples du rachis
S34.0
S34.1
K90.4 Malabsorption intestinale
K90.8 si alimentation parentérale S21.1 Plaie du thorax
K91.2 > 35 kcal/kg/j
K92.2 Hémorragie digestive S22.5 Volet costal
Tableau V (suite)
Code Libellé Code Libellé
Complication mécanique
T40.3 Intoxication méthadone T85.0
d’une dérivation ventriculaire
T40.5 Intoxication cocaïne Z43.0 Surveillance trachéotomie
Intoxication antidépresseur Ajustement ou entretien
T43.1 Z45.8
tricyclique d’une prothèse du SNC
T46.0 Intoxication digoxine Z99.1 Dépendance d’un respirateur
Dépendance envers une
T46.4 Intoxication IEC Z99.2
dialyse
CIVD, coagulopathie intravasculaire disséminée ; IEC, inhibiteur de l’enzyme de conversion ; HTIC,
hypertension intracrânienne ; IMC, indice de masse corporelle ; LBA, lavage broncho-alvéolaire ;
SIADH, sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique ; SNC, système nerveux central ; SRIS,
syndrome de réponse inflammatoire systémique ; VNI, ventilation non invasive.
Efficacité
En termes d’efficacité et de performance, le taux de mortalité est un indi-
cateur précis et pertinent [32]. Néanmoins, les enfants hospitalisés en réani-
mation pédiatrique sont très différents d’une unité à l’autre, certaines unités
n’admettant pratiquement que des enfants ventilés artificiellement alors que,
dans d’autres régions, faute d’unités de soins continus, des enfants séjournent en
réanimation pour surveillance intensive [18]. Il est de ce fait nécessaire d’ajuster
le taux de mortalité sur certaines variables avant de pouvoir déterminer la per-
formance de l’unité [32]. Pour ce faire, la plupart des équipes ont utilisé le taux
de mortalité standardisé qui est le ratio entre la mortalité observée et la morta-
lité prédite à l’admission en réanimation [10, 18, 32, 51, 52]. À l’instar de la
réanimation néonatale où le Clinical Risk Index for Babies (CRIB I and II) fait
l’unanimité pour prédire la mortalité des nouveau-nés prématurés d’âge gesta-
tionnel inférieur à 32 semaines d’aménorrhées [54, 55], de nombreux scores
de gravité ont été décrits et aucun ne fait l’unanimité [56-64]. Les plus utilisés
sont le Pediatric Risk of Mortality score (PRISM) développé aux États-Unis [58,
59] et le Pediatric Index of Mortality (PIM) originaire de Grande-Bretagne et
d’Australie [60). Les scores PIM et PIM 2 se basent sur huit variables recueillies
dans l’heure qui suit l’admission en réanimation. Il a été montré plus facile à
utiliser et donc plus fréquemment complété en réanimation pédiatrique que
le score PRISM [10]. Le score PRISM existe sous trois versions : le PRISM II
[10] utilise 14 variables recueillies dans les 24 heures qui suivent l’admission,
le PRISM III plus performant [52] mais son utilisation est payante. Ces deux
scores ont été largement évalués et comparés [10, 18, 51, 52, 53]. Globale-
ment, leur valeur prédictive était bonne, chacun ayant ses forces et ses faiblesses.
Ainsi le PIM a été montré moins performant chez les enfants admis en prove-
nance du bloc opératoire, les scores PRISM II et III ayant une performance
moindre chez les enfants cardiaques et les enfants admis pour défaillance res-
La réanimation pédiatrique en France et dans le monde… 19
piratoire [52, 53]. De plus, ces scores sont inutilisables dans certains groupes
de pathologies tels que les nouveau-nés à terme, les enfants ayant une affection
onco-hématologique et les enfants de réanimation chirurgicale cardiaque, pour
lesquels des scores spécifiques ont été proposés [59-64].
L’utilisation de la mortalité standardisée comme index de performance a per-
mis de comparer efficacement entre elles les unités de réanimation pédiatrique
australiennes et néozélandaises [18, 52]. Cette utilisation a également permis
de remettre en question certaines idées reçues comme le pronostic plus sévère
des enfants admis en réanimation après un transfert interhospitalier [36) et
l’impact sur le pronostic de la présence sur place d’un ou plusieurs médecins
séniors 24 heures sur 24 [9].
Efficience
Le coût de la réanimation pédiatrique [4] et les discordances entre les
demandes médicales et l’évaluation des besoins par les autorités [47] ont rendu
nécessaire l’utilisation d’index pour évaluer l’efficience c’est-à-dire la quantité
de ressources utilisées. La durée de séjour brute a été démontrée être un mauvais
indicateur [65-67] car elle dépend de paramètres non médicaux, tels que le
manque de lits dans les unités de spécialités pédiatriques pour accueillir un
enfant sortant de réanimation et les impondérables géographiques et la météo-
rologie régionale qui peuvent retarder certains transports de longue distance
[18]. Pollack et al. ont proposé que ne soient considérés que les séjours en
réanimation « justifiés » qu’ils définissaient comme le recours à la ventilation
mécanique ou aux vasopresseurs dans les 24 heures suivant l’admission [5].
D’autres auteurs ont introduit la notion de la durée de séjour pendant laquelle
l’enfant nécessitait une technique de réanimation [32]. Des scores tels le Thera-
peutic Intervention Scoring System (TISS) ont également été décrits [68]. Des
auteurs ont ainsi estimé les besoins en personnel d’une unité de réanimation
en montrant qu’une infirmière exécutait en moyenne 46 points TISS par demi-
journée de travail [68].
Tous ces indicateurs sont imparfaits car les protocoles de prise en charge varient
d’une région à l’autre [32]. Ainsi, Ruttimann et al. [65, 66] ont créé un modèle
statistique pour prédire la durée de séjour en fonction de paramètres recueillis
à l’admission en réanimation. De la même façon, Straney et al. ont développé
un modèle statistique pour prédire la durée de ventilation mécanique et la
comparer à la durée observée [67]. De tels indicateurs ont été utilisés dans une
étude multicentrique australienne publiée en 2010 qui comparait entre elles
les performances de 14 unités de réanimation pédiatrique. Afin de coupler
les notions d’efficacité et d’efficience, Straney et al. ont mesuré la mortalité
standardisée et le ratio entre la durée de séjour observée et celle prédite. Leurs
résultats ont montré que certaines unités se distinguaient, soit par une très
bonne efficacité, soit par une très bonne efficience. Aucune des 14 unités de
réanimation incluses n’avait simultanément une bonne efficacité et une bonne
efficience [18].
20 Réanimation pédiatrique
prise en charge du sepsis grave. Deux cents dossiers ont été analysés. La morta-
lité observée (17 %) était supérieure à la mortalité prédite (10 %) par le score
PIM2 et dans 62 % des cas les recommandations sur l’expansion volémique et
l’utilisation des traitements inotropes n’ont pas été respectées [73].
Que choisir ?
Quelle méthode choisir pour comparer les différentes unités de réanimation
entre elles et en tirer des informations pertinentes ? Les unités de réanimation
pédiatriques sont très différentes les unes des autres [32], de par leur taille,
leurs spécialités (médicales, chirurgicales, cardiaques), l’âge des enfants hospi-
talisés, les politiques d’admission, les protocoles de soins utilisés [32]. À l’heure
actuelle, beaucoup de questions restent sans réponse : quel est le ratio infirmière/
malade optimal [68] ? Est-ce que la présence d’un réanimateur sénior 24 heures
sur 24 améliore le pronostic [9] ? Les soins sont-ils de meilleure qualité dans
les hôpitaux universitaires [66] ? Qui dirige les unités de réanimation chirur-
gicale cardiaque, un cardiologue, un anesthésiste ou un réanimateur [32] ? La
relation volume-performance est-elle démontrée dans toutes les spécialités de
la réanimation pédiatrique [74] ? Il est très difficile d’obtenir des données épi-
démiologiques fiables pour connaître précisément le profil des unités de réani-
mation à travers le monde, évaluer les besoins, comparer de façon pertinente
les différentes unités pour dégager des informations utiles à l’amélioration de
la qualité des soins [32]. Pour faire face à ces objectifs, de grandes bases de
données médicales ont été mises en place aux États-Unis (PICUE et Virtual
Pediatric Intensive Care Systems) et en Grande-Bretagne (PICANet) pour assurer
un travail de qualité, indépendant, exhaustif, cohérent, à partir de données sur
plusieurs centaines de milliers de séjours en réanimation [32, 34, 75].
En France, il n’existe pas de telles bases de données. Certains ont proposé d’uti-
liser les données du PMSI dans ce but mais cette pratique reste très controversée
[76-79]. Parmi les nombreuses et importantes limitations qui entacheraient
cette pratique figurent le manque de qualité des données, les codes manquants
et codes inappropriés, la subjectivité de certains codages et la difficulté du choix
de l’algorithme d’extraction [76, 78]. Plusieurs raisons ont été invoquées pour
expliquer le manque de fiabilité des données :
• l’absence de motivation des cliniciens codeurs ou à l’inverse un codage
visant à optimiser les recettes financières ;
• la finalité, les règles de standardisation et de hiérarchisation du PMSI sui-
vent une logique plus économique et administrative que médicale ;
• l’absence de certaines variables importantes d’un point de vue médical mais
d’un intérêt économique limité ;
• les exigences de production de l’information pour la facturation qui font
coder avant que tous les éléments du dossier soient présents [78].
Les possibilités d’utilisation du PMSI ont été récemment améliorées par l’ap-
parition du chaînage qui permet, par une approche longitudinale, de garantir
l’exhaustivité, fondamentale pour les calculs épidémiologiques, et de pallier cer-
22 Réanimation pédiatrique
Conclusion
La rationalisation et la régionalisation des soins ont, depuis une quinzaine
d’année, modifié de façon radicale le visage des unités de réanimation pédia-
trique dans les pays industrialisés. Le regroupement des unités de réanima-
tion a permis, dans tous les pays industrialisés, d’améliorer la performance et
l’efficience.
Les modèles statistiques de prédiction de mortalité, de durée de séjour, de durée
de ventilation mécanique sont devenus des éléments indispensables pour éva-
luer la performance, l’efficience et la qualité des soins en réanimation pédia-
trique.
Les grandes bases de données médicales informatisées doivent permettre un
travail épidémiologique de qualité, indépendant, exhaustif, cohérent, à partir
de données sur plusieurs centaines de milliers de séjours en réanimation. Elles
permettront d’évaluer les besoin, de comparer de façon pertinente les diffé-
rentes unités pour dégager des informations utiles à l’amélioration de la qualité
des soins [32].
Enfin, bien que d’importance majeure à l’heure actuelle, les considérations
économiques et techniques ne doivent pas occulter les missions de service
public, de recherche et d’enseignement des unités de réanimation pédiatriques
[39, 80].
Références
1. Bréchat PH, Castiel D, Carmona D et al. (2008) Équité et planification : analyse critique
dun schéma régional d’organisation sanitaire de troisième génération périnatalité. Santé
Publique 20: 81-94
2. Gouyon-Cornet B, Quantin C, Sagot P et al. (2004) Mise en place et évaluation des réseaux
de soins périnatals : expériences françaises et étrangères. Santé Société Solidarité ; 3 :129-36
3. Leraillez J (2000) La périnatalité : à propos des décrets du 9 octobre 1998. Médecine théra-
peutique Pédiatrie 3 : 344-8
4. Pearson G, Barry P, Timmins C et al. (2001) Changes in the profile of pediatric intensive care
associated with centralisation. Intensive Care Med 27: 1670-3
5. Chalom R, Raphaely RC, Costarino AT (1999) Hospital costs of pediatric intensive care.
Crit Care Med 27: 2079-85
6. Gregory CJ, Nasrollahzadeh R, Dharmar M et al. (2008) Comparison of critically ill and
injured children transferred from referring hospital versus in-house admission. Pediatrics
121: e906-e911
La réanimation pédiatrique en France et dans le monde… 23
7. Goh AY, Mok Q (2001) Centralization of pediatric intensive care: are critically ill children
appropriately referred to a regional centre? Intensive Care Med 27: 730-5
8. Pearson G, Shann F, Barry P et al. (1997) Should pediatric intensive care be centralized?
Trent versus Victoria. Lancet 349: 1213-7
9. Peeters B, Jansen NJG, Bollen CW et al. (2010) Off-hours admission and mortality in two
pediatric intensive care units without 24-h in-house senior staff attendance. Intensive care
Med 36: 1923-7
10. Tibby SM, Taylor D, Festa M et al. (2002) A comparison of three scoring systems for morta-
lity risk among retrieved intensive care patients. Arch Dis Child 87: 421-5
11. Ministère de la Santé. Enquête réanimation pédiatrique. 2004
12. Khemani RG, Markovitz BP, Curley MAQ (2009) Characteristics of children intubated and
mechanically ventilated in 16 PICU. Chest 136: 765-71
13. Dhandayuthapani G, Chakrabati S, Ranasinghe A (2010) Short-term outcome on infants
presenting to pediatric intensive care unit with new cardiac diagnoses. Congenit Heart Dis
5: 444-9
14. Hallahan AR, Shaw PJ, Rowell G et al. (2000) Improved outcomes of children with mali-
gnancy admitted to a pediatric intensive care unit. Crit Care Med 28: 3718-21
15. Tomaske M, Bosk A, Eyrich M et al. (2003) Risks of mortality in children admitted to the
pediatric intensive care after hematologic stem cell transplantation. Br J Haematol 121: 886-91
16. Yates K, Festa M, Gillis J et al. (2004) Outcome of children with neuromuscular disease
admitted to pediatric intensive care. Arch Dis Child 89: 170-5
17. Jeena PM, Wesley AG, Coovadia HM (1999) Admission patterns and outcomes in a pedia-
tric intensive care unit in South Africa over a 25-year period (1971-1995). Intensive Care
Med 25: 88-94
18. Khilnani P, Sarma D, Singh R et al. (2004) Demographic profile and outcome analysis of a
tertiary level pediatric intensive care unit. Indian J Pediatr 71: 587-91
19. Ten berge J, De Gast-Bakker DAH, Plotz FB (2006) Circumstances surrounding dying in
the pediatric intensive care unit. BMC Pediatrics 6: 22-8
20. Straney L, Clements A, Alexander J et al. (2011) Variation in duration of respiratory support
among Australian and New Zealand pediatric intensive care units. Pediatr Crit Care Med
12: 9-13
21. Watson RS, Carcillo JA (2005) Scope and epidemiology of pediatric sepsis. Pediatr Crit Care
Med 6 (Suppl.): S3-S5
22. Erickson S, Schibler A, Numa A et al. (2007) Acute lung injury in pediatric intensive care
in Australia and New Zealand: a prospective multicentre observational study. Pediatr Crit
Care Med 8: 317-23
23. Hayes LW, Oster RA, Tofil NM et al. (2009) Outcomes of critically ill children requiring
continuous renal replacement therapy. J Crit Care 24: 394-400
24. Mehta NM, Turner D, Walsh B et al. (2010) Factors associated with survival in pediatric
extracorporeal membrane oxygenation – a single center experience. J Pediatr Surg 45: 1995-
2003
25. Naghib S, Van Der Starre C, Gichler SJ et al. (2010) Mortality in very long-stay pediatric
intensive care unit patients and incidence of withdrawal of treatment. Intensive Care Med
36: 131-6
26. Garros D, Rosychuk RJ, Cox PN (2003) Circumstances surrounding end of life in a pedia-
tric intensive care unit. Pediatrics 112: e371-e379
27. Kipper DJ, Piva, JP, Ramos Garcia PC et al. (2005) Evolution of the medical practices and
modes of death on pedatric intensive care units in southern Brazil. Pediatr Crit Care Med
6: 258-63
28. Martinot A, Lejeune C, Hue V et al. (1995) Modalités et causes de 259 décès dans un service
de reanimation pédiatrique. Arch Pediatr 2: 735-41
24 Réanimation pédiatrique
29. Sands R, Manning JC, Rashid A (2009) Characteristics of deaths in pediatric intensive care:
a 10-year experience. Nurs Crit Care 14: 235-40
30. Devictor DJ, Nguyen DT (2004) Forgoing life-sustaining treatments in children: a compa-
rison between northern and southern European pediatric intensive care units. Pediatr Crit
Care Med 5: 211-5
31. Mestrovic J, Kardum G, Sustic A et al. (2007) Neurodevelopmental disabilities and quality
of life after intensive care treatment. J Pediatr Child Health 43: 673-6
32. Wetzel RC, Sachadeva R, Rice TB (2011) Are all ICUs the same? Pediatr Anesth 21: 787-93
33. Phibbs CS, Bronstein JM, Buxton E et al. (1996) The effects of patient volume and level of
care at the hospital of birth on neonatal mortality. JAMA 276: 1054-9
34. Marcin JP, Song J, Leigh JP (2005) The impact of pediatric intensive care unit volume on
mortality: a hierarchical instrumental variable analysis. Pediatr Crit Care Med 6: 136-41
35. Vos GD, Nissen AC, Nieman FHM et al. (2004) Comparison of interhospital pediatric
intensive care transport accompanied by a referring specialist or a specialist retrieval team.
Intensive Care Med 30: 302-8
36. Ramnarayan P (2010) Effect of specialist retrieval teams on outcomes in children admitted
to pediatric intensive care units in England and Wales: a retrospective cohort study. Lancet
376: 698-704
37. Odetola FO, Rosenberg AL, Davis MM et al. (2008) Do outcomes vary according to the
source of admission to the pediatric intensive care unit? Pediatr Crit Care Med 9: 20-5
38. Odetola FO, Clark SJ, Gurney JG et al. (2009) Effects of interhospital transfer on resource
utilization and outcomes at a tertiary pediatric intensive care unit. J Crit Care 24: 379-86
39. Rosenberg DI, Moss MM (2004) Guidelines and levels of care for pediatric intensive care
units. Crit Care Med 32: 2117-27
40. Jaimovich DG (2004) Admission and discharge guidelines for the pediatric patients requi-
ring intermediate care. Pediatrics 113: 1430-3
41. Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Décret n° 2002-465 du 5 avril 2002 relatif
aux établissements de santé publique et privés pratiquant la réanimation et modifiant le Code
santé publique. Journal Officiel de la République Française, 7 avril 2002
42. Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Décret n° 2006-72 du 24 janvier 2006 relatif
à la réanimation dans les établissements de santé publique et privés et modifiant le code santé
publique. Journal Officiel de la République Française, 26 janvier 2006
43. Kirton OC, Civetta JM, Hudson-Civetta J et al. (1996) Cost effectiveness in the intensive
care unit? Surg Clin N Am 76: 175-200
44. Lopez AM, Tilford JM, Anand JS et al. (2006) Variation in pediatric intensive care therapies
and outcomes by race, gender and insurance status. Pediatr Crit Care Med 7: 2-6
45. Organisation Mondiale de la Santé (2006) Classification statistique internationale des mala-
dies et des problèmes de santé connexes. Masson Eds, Paris, 10e édition, 3 volumes
46. Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Arrêté du 28 février 2012 fixant pour l’année
2012 les éléments tarifaires mentionnés aux I et IV de l’article L 162-22-10 du Code de la
sécurité sociale et aux IV et V de l’article 33 modifié de la loi de financement de la sécurité
sociale de 2004. Journal Officiel de la République Française, 29 février 2012. (lien www.
[Link])
47. Wild C, Narath M (2005) Evaluating and planning ICUs: methods and approaches to diffe-
rentiate between need and demand. Health Policy 71: 289-301
48. Wunsch H, Angus DC, Harrison DA et al. (2008) Variation in critical care services across
North America and Western Europe. Crit Care Med 36: 2787-93
49. Simchen E, Sprung CL, Galai N et al. (2004) Survival of critically ill patients hospitalized
in and out of intensive care units under paucity of intensive care beds. Crit Care Med 32:
1654-61
La réanimation pédiatrique en France et dans le monde… 25
50. Sinuff T, Kahnamoui K, Cook DJ et al. (2004) Rationing critical care beds: a systematic
review. Crit Care Med 32: 1588-97
51. Shann F, Pearson G, Slater A et al. (1997) Pediatric index of mortality (PIM): a mortality
prediction model for children in intensive care. Intensive Care Med 23: 201-7
52. Slater A, Shann F (2004) The suitability of the Pediatric index of mortality (PIM), pIM2, the
Pediatric Risk of mortality (PRISM) and PRISM III for monitoring the quality of pediatric
intensive care in Australia and New Zealand. Pediatr Crit Care Med 5: 447-54
53. Brady AR, Harrison D, Black S et al. (2006) Assessment and optimization of mortality
prediction tools for admissions to pediatric intensive care in the United Kingdom. Pediatrics
117: e733-e742
54. The International Neonatal Network (1993) The CRIB (clinical risk index for babies) score:
a tool for assessing initial neonatal risk and comparing performance of neonatal intensive
care units. Lancet 342: 193-8
55. Parry G, Tucker J, Tarnow-Mordi W et al. (2003) CRIB II: an update of the clinical risk
index for babies score. Lancet 361: 1789-91
56. Pollack MM, Ruttimann UE, Gelson PR (1988) Pediatric risk of mortality (PRISM) score.
Crit Care Med 16: 1110-6
57. Pollack MM, Patel KM, Ruttimann UE (1996) PRISM III: an updated pediatric risk of
mortality score. Crit Care Med 24: 743-5
58. Shann F, Pearson G, Slater A et al. (1997) Pediatric index of mortality (PIM): a mortality
prediction model for children in intensive care. Intensive Care Med 23: 201-7
59. Jenkins KJ, Gauvreau K, Newburger JW et al. (2002) Consensus-based method for risk
adjustment for surgery for congenital heart disease. J Thorac Cardiovasc Surg 123: 110-8
60. Lacour-Gayet F, Clarke D, Jacobs J et al. (2004) The Aristotle score: a complexity-adjusted
method to evaluate surgical results. Eur J Cardiothorac Surg 25: 911-24
61. Schneider DT, Lemburg P, Sprock I et al. (2000) Introduction of the oncological Pediatric
Risk of Mortality score (O-PRISM) for ICU support following stem cell transplantation in
children. Bone Marrow Transplant 25: 1079-86
62. Sundaram V, Dutta S, Ahluwalia J et al. (2009) Score for Neonatal Acute Physiology II
(SNAP II) predicts mortality and persistent organ dysfunction in neonates with severe septi-
caemia. Indian Pediatr 46: 775-80
63. Vasudavan A, Malhotra A, Lohda R et al. (2006) Profiles of neonates admitted to the pedia-
tric intensive care unit and validation of Score for Neonatal Acute Physiology (SNAP).
Indian Pediatr 43: 344-8
64. Sundaram V, Dutta S, Ahluwalia J et al. (2009) Score for Neonatal Acute Physiology II
(SNAP II) predicts mortality and persistent organ dysfunction in neonates with severe septi-
caemia. Indian Pediatr 46: 775-80
65. Ruttimann UE, Patel KM, Pollack MM (1998) Length of stay and efficiency in pediatric
intensive care units. J Pediatr 133: 79-85
66. Ruttimann UE, Pollack MM (1996) Variation of duration of stay in pediatric intensive care
units: a multi-institutional study. J Pediatr 128: 35-44
67. Straney L, Clements A, Alexander J et al. (2011) Variation in duration of respiratory support
among Australian and New Zealand pediatric intensive care units. Pediatr Crit Care Med
12: 9-13
68. Reis MD, De Rijk A, Schaufell W (1996) Simplified Therapeutic Intervention Scoring Sys-
tem: the TISS-28 items. Results of a multicentre study. Crit Care Med 24: 64-73
69. Rochefort CM, Lamothe L (2011) Forcing the system: a configuration analysis of a regiona-
lized neonatal – perinatal health network. Health Care Manage Rev 36: 241-51
70. Agrawal S, Classen D, Larsen G et al. (2010) Prevalence of adverse events in pediatric inten-
sive care units in the United States. Pediatr Crit Care Med 11: 568-78
26 Réanimation pédiatrique
71. Otero P, Leyton A, Mariani G et al. (2008) Medication errors in pediatric inpatients: preva-
lence and results of a prevention program. Pediatrics; 122: e737-e743
72. Stambouly JJ, McLaughlin LL, Mandel FS et al. (1996) Complications of care in a pediatric
intensive care unit: a prospective study. Intensive Care Med 22: 1098-104
73. Inwald DP, Tasker RC, Peters MJ (2009) Emergency management of children with severe
sepsis in the United Kingdom: the results of the Paediatric Intensive Care society sepsis audit.
Arch Dis Child 94: 348-53
74. Tasker RC, Flemming TJ, Young AE et al. (2011) Severe head injury in children: intensive
care unit activity and mortality in England and Wales. Br J Neurosurg 25: 68-77
75. Larovere JM, Jeffries HE, Sachdeva RC et al. (2008) Database for assessing the outcomes of
the treatment of patients with congenital and pediatric cardiac disease : the perspective of
critical care. Cardiol Young 18 (Suppl.): 130-6
76. Blond MH, Menguy C, Gold F et al. (2000) Information médicale (programme de médica-
lisation des systèmes d’information) en néonatologie: actualités et insuffisances. Arch Pédiatr
7: 1212-9
77. Hafdi-Nejjari Z, Couris CM, Schot AM et al. (2006) Place du programme de médicalisation
des systèmes d’information (PMSI) dans l’estimation de l’incidence du cancer de la thyroïde
dans la région Rhône-Alpes. Rev Epidemiol Sante Pub 54 : 391-8
78. Olive F, Gomez F, Schott AM et al. (2011) Analyse critique des données du PMSI pour
l’épidémiologie des cancers: une apporche longitudinale deviant possible. Rev Epidemiol
Sante Pub 59: 53-8
79. Quantin C, Binquet C, Allaert FA et al. (2005) Decision analysis for the assessment od a
record linkage procedure. Methods Inf Med 44: 72-9
80. Sorce L, Simone S, Madde M (2010) Educational preparation and postgraduate training
curriculum pediatric critical care nurse practioners. Pediatr Crit Care Med 11: 205-12
Choc hémorragique et stratégie
transfusionnelle
G. Orliaguet
Introduction
Le choc est défini comme un déséquilibre entre la consommation d’oxygène
(VO2) et les apports en oxygène (O2) de la cellule. Dans le choc hémorra-
gique, il résulte d’une perte aiguë de sang par le compartiment intravasculaire.
Un choc hémorragique peut survenir dans diverses circonstances : à domicile
(ex. hémorragie digestive profuse chez un malade ayant des varices œsopha-
giennes), sur les lieux d’un accident, en milieu hospitalier (ex. phase postopé-
ratoire d’amygdalectomie) ou en réanimation, chez un enfant admis pour un
autre motif (ex. hémorragie digestive acquise chez un traumatisé crânien grave).
Les traumatismes constituent la cause la plus fréquente de choc hémorragique
en pédiatrie [1]. La rapidité d’intervention est cruciale pour la survie.
Diagnostic
Le diagnostic de choc hémorragique doit être suspecté lorsqu’un patient pré-
sente des manifestations cliniques d’hypoperfusion tissulaire, associé à un sai-
gnement actif évident (hémorragie externe) ou probable (hémorragie interne)
Critères cliniques
Les manifestations cliniques du choc hypovolémique varient selon l’importance
du volume de sang perdu (tableau I), la rapidité avec laquelle l’hémorragie survient
[1] et l’âge du patient. Le tableau I résume l’évolution de la symptomatologie au
fur et à mesure que la perte sanguine augmente. On considère généralement que
les mécanismes compensateurs sont plus efficaces chez l’enfant que l’adulte. Ainsi,
une hypotension artérielle apparaît d’habitude au-delà d’une perte de 25 à 30 %
du volume sanguin chez l’adulte, alors qu’un enfant ne devient hypotendu qu’après
en avoir perdu environ 40 % [1].Un temps de recoloration cutané allongé, c’est-à-
dire dépassant trois secondes, est un bon indice d’une spoliation sanguine le plus
souvent supérieure à 25 %. Cependant, il peut même être normal en cas d’hypo-
tension artérielle par hypovolémie [1]. D’autres manifestations cutanées peuvent
témoigner de la mauvaise circulation périphérique, comme une froideur de la peau
et des extrémités, une pâleur, des marbrures cutanées, notamment des genoux [2].
L’hémorragie interne est beaucoup plus difficile à reconnaître que l’hémorragie
extériorisée. L’abdomen peut contenir une quantité importante de sang sans être
distendu. Chez l’adulte, 3 litres de sang dans l’abdomen peuvent ne causer qu’une
augmentation de 1 cm du périmètre abdominal.
Tableau I – Signes cliniques d’hémorragie en fonction du volume de la perte sanguine chez
l’enfant [2].
Pertes sanguines
Critères paracliniques
L’examen clinique peut suffire pour diagnostiquer un choc hémorragique.
Les manifestations biologiques de l’état de choc, comme l’acidose métabolique
ou l’hyperglycémie, sont des signes indirects et tardifs témoignant de l’hypo-
perfusion cellulaire plus ou moins importante. Dans le cas d’une hémorragie
interne, il faut souvent procéder à certaines explorations, d’une part pour
Choc hémorragique et stratégie transfusionnelle 29
Diagnostic différentiel
Habituellement, le diagnostic de choc hémorragique est assez facile à poser.
Cependant, une obstruction mécanique au retour veineux, consécutive à une
tamponnade, un pneumothorax sous tension ou une embolie pulmonaire, peut
simuler tous les signes d’une hypovolémie. En revanche, dans ces situations, les
veines jugulaires sont dilatées, il peut apparaître une hépatomégalie et, dans les
deux premiers cas, le pouls paradoxal est supérieur à 10 mmHg.
Fréquence relative
Secondaires au choc
Syndrome de détresse respiratoire aiguë ++
Infarctus du myocarde ou de l’endocarde a +
Encéphalopathie anoxique +
Nécrose tubulaire aiguë +++
Nécrose intestinale ++
Dysfonction hépatique avec ou sans nécrose ++
Translocation bactérienne et dépression immunitaire +
Syndrome de réponse inflammatoire systémique +++
État septique (sepsis, sepsis grave, choc septique) ++
Syndrome de défaillance multiviscérale ++
Secondaires au traitement
Œdème pulmonaire aigu ++
Hypervolémie +
Hypertension artérielle +
Œdème périphérique +
Œdème cérébral +
Hypothermie +
Complications des transfusions sanguines +
Choc anaphylactique b +
a
Plus fréquent chez l’adulte.
b
Surtout avec les colloïdes de synthèse.
30 Réanimation pédiatrique
Tableau IV – Risque viral résiduel lié à la transfusion sanguine en France. D’après [1].
Infection Prévalence a
VIH (virus de l’immuno-déficience humaine) 1/2 500 000
Hépatite B 1/400 000
Hépatite C 1/6 650 000
Human T-lymphocyte virus (HTLV) b < 1/1 900 000
a D’après les données de [13].
b Données non disponibles pour la France, utilisation des données canadiennes [5].
1) Poursuivre le remplissage
2) CGR pour maintenir l’ hémoglobine > 8 g/dL (10 g/dLen cas de trauma crânien grave)
3) Continuer le remplissage jusqu’à remplacement d’un volume sanguin
4) Catécholamines (dopamine ou noradrénaline) pour maintenir une PAS > [70 + (2 x âge en années)]
si enfant > 1 an
5) R échauffer le patient
Fig. 2 – Stratégie proposée dans le cas d’un choc hémorragique ne répondant pas aux
manœuvres initiales, décrites à la figure 1. PAS : pression artérielle systolique ; CGR : concentré
de globules rouges. Adapté de [1].
Apport d’oxygène
Dès que possible, il faut apporter de l’oxygène au masque à un débit élevé
et une FiO2 de 100 %. En effet, le but du traitement du choc est d’optimiser
l’apport d’oxygène au niveau cellulaire. Cet apport dépend du débit cardiaque
et du contenu artériel en oxygène (CaO2). Le CaO2 est calculé de la façon
suivante : CaO2 = [1,34 × Hb × SaO2] + [0,003 × PaO2] où CaO2 est exprimé
en mL/100 mL de sang, le taux d’Hb, en g/100 mL, la SaO2, en pourcentage,
et la PaO2, en mmHg. La saturation quasi maximale de l’Hb est obtenue avec
une PaO2 de 150 mmHg, tandis que la fraction dissoute est directement pro-
portionnelle à la PaO2. À 500 mmHg de PaO2, le plasma devient un impor-
tant transporteur d’oxygène et certains auteurs ont démontré une survie chez
l’animal avec un hématocrite de 0 % si la FiO2 est maintenue à 100 %. La
toxicité de l’oxygène prend plusieurs heures à s’installer, voire plusieurs jours en
normobarie [17] ; il n’y a donc pas de danger à maintenir une FiO2 à 100 %
pendant quelques heures chez un enfant dont le débit cardiaque est bas, comme
dans le choc hémorragique. Enfin, il faudra envisager d’intuber et de ventiler
mécaniquement le patient, comme pour tout état de choc. Cela devient impé-
ratif s’il existe une détresse respiratoire ou une altération de l’état de conscience.
36 Réanimation pédiatrique
Abord veineux
Très rapidement, il faut mettre en place au moins un, voire deux, abords
veineux avec des cathéters les plus gros possibles. Selon la loi de Poiseuille, le
débit de perfusion par un cathéter dépend surtout de son diamètre interne
et de sa longueur ; la viscosité du liquide injecté joue un moindre rôle. Un
cathéter périphérique de 20 G chez un petit enfant, ou même un cathéter de
ponction intra-osseuse, sont de bons exemples [1]. Les produits sanguins sont
visqueux, le réchauffement permet déjà d’en réduire la viscosité. Il faut cepen-
dant éviter d’utiliser un cathéter trop petit (24 G), car les PSL y passent mal,
à moins d’augmenter les pressions exercées par des dispositifs d’accélération
de la perfusion/transfusion [1]. Cependant, une hémolyse importante peut en
résulter si la pression exercée dépasse 300 mmHg [1]. L’état de choc hémorra-
gique représente évidemment une situation à risque d’abord veineux difficile,
et c’est dans ces conditions qu’il est important d’avoir à l’esprit une stratégie
d’abord veineux. Il a été montré qu’une réflexion préalable aboutissant à la
mise en place d’un protocole d’abord veineux gradué permet d’augmenter les
chances de succès tout en réduisant les délais nécessaires chez l’enfant en état
critique [18]. La veine fémorale reste une bonne voie d’abord en urgence, aussi
bien chez l’adulte que chez l’enfant, en raison de sa facilité d’accès et du peu
de complications même chez les enfants les plus jeunes [1]. Dès l’obtention
d’un abord veineux fiable, le remplissage vasculaire et la transfusion sanguine
peuvent débuter.
Remplissage vasculaire
Le remplissage vasculaire (20 mL/kg renouvelé une fois si besoin) doit
débuter le plus rapidement possible. Les patients en choc hémorragique présen-
tent tous un déficit liquidien qu’il faut compenser. Le choix du soluté de remplis-
sage, cristalloïdes ou colloïdes, est toujours controversé. Une mise à jour récente
de la méta-analyse du groupe Cochrane conclut qu’il n’existe pas de preuve
que les colloïdes réduisent la mortalité, comparativement aux cristalloïdes chez
des patients traumatisés ou en phase postopératoire [19]. C’est pourquoi, les
cristalloïdes sont fréquemment utilisés en première intention. Plusieurs autres
arguments militent en faveur des cristalloïdes, notamment leur coût qui est
bas et l’absence de réaction allergique rapportée avec ces solutés. Cependant,
il existe certains arguments plutôt en faveur des colloïdes. Pour certains, il est
nécessaire de perfuser initialement quatre fois le volume de sang perdu avec des
cristalloïdes, et même jusqu’à 6 à 8 fois ce volume si l’hémorragie se poursuit
[1], ce qui entraîne une hémodilution importante aux conséquences poten-
tiellement délétères, notamment sur la coagulation [20]. De plus, de larges
volumes de chlorure de sodium à 9 ‰ peuvent être responsables d’une acidose
hyperchlorémique. Les colloïdes ont la réputation de mieux remplir le compar-
timent vasculaire du fait qu’ils y restent plus longtemps, les grosses molécules
qu’ils contiennent (albumine, dérivé de l’amidon ou gélatine) ne passant guère
Choc hémorragique et stratégie transfusionnelle 37
1 Dehmer JJ, Adamson WT. Massive transfusion and blood product use in the pediatric trauma
patient. Semin Pediatr Surg 2010; 19: 286-91.
Choc hémorragique et stratégie transfusionnelle 39
l’enfant, mais compte tenu des résultats encourageants observés sur la mortalité
chez l’adulte, des travaux sont nécessaires chez l’enfant pour explorer cette piste.
Bilan biologique
Un certain nombre d’examens biologiques sont nécessaires et doivent être
prélevés immédiatement, comme le groupe sanguin, l’hémogramme et le bilan
d’hémostase. Il est toujours intéressant de demander un phénotypage sanguin
complet, même s’il arrive que l’état du patient soit si grave qu’on ne puisse en
attendre les résultats avant de transfuser. Il est préférable de faire des épreuves
prétransfusionnelles aussitôt que possible, entre autres pour vérifier la compati-
bilité des CGR entre le sang du donneur et celui du receveur.
D’autres prélèvements peuvent également être utiles pour guider la suite de
la réanimation, comme le ionogramme sanguin (kaliémie, calcémie ionisée,
urée et créatinine). L’hématocrite initial peut ne pas être fiable pour évaluer
l’importance d’un saignement aigu. En effet, les mouvements hydriques com-
pensateurs à partir de l’espace interstitiel vers le compartiment vasculaire ne
sont pas immédiats. Cela peut prendre jusqu’à 24 à 72 heures avant que les
valeurs d’hématocrite se stabilisent après une hémorragie aiguë. L’hématocrite
initial sert donc à déterminer d’où l’on part et non pas la quantité de sang à
remplacer. Néanmoins, ces données classiques doivent être nuancées lorsqu’un
remplissage vasculaire suffisant est précocement administré ; dans ces condi-
tions, l’hématocrite est corrélé à l’importance de la spoliation sanguine [47], car
l’hémodilution liée au remplissage vient en quelque sorte compenser le retard
des mouvements hydriques spontanés du secteur interstitiel vers le secteur vas-
culaire. Les gaz du sang sont peu utiles dans l’évaluation initiale ; la décision
d’assistance ventilatoire est en effet une décision clinique basée sur l’état général
du patient.
Traitement de la coagulopathie
Si le patient est porteur d’une coagulopathie, il est essentiel de la traiter si
l’on veut arrêter l’hémorragie. Selon les anomalies en cause, du plasma frais
congelé, des plaquettes, du cryoprécipité, un antifibrinolytique, ou des facteurs
de coagulation recombinants peuvent être indiqués. Récemment, l’utilisation
de facteur VII activé a été proposée avec un certain succès en cas de saignement
incontrôlable, qu’il soit secondaire à un traumatisme accidentel ou chirurgical.
Plusieurs observations et de courtes études rapportent son intérêt dans des
situations comparables chez l’enfant [50-53].
Traitement étiologique
La recherche systématique du siège du saignement est indispensable, car
c’est le seul moyen d’aboutir à un traitement étiologique efficace (chirurgie
d’hémostase, artériographie avec embolisation, etc.). Le recours à l’imagerie
médicale est le plus souvent indispensable à cette démarche.
plus de 20 % de son volume sanguin avec un tel produit, les transfusions ulté-
rieures devront être poursuivies avec le même groupe, jusqu’à ce que le patient
ait refait sa propre masse sanguine ou jusqu’à ce qu’on démontre au laboratoire
que les produits sanguins isogroupes sont compatibles.
Il n’est plus nécessaire d’utiliser un filtre de leucoréduction dans les pays comme
la France, la Belgique et le Canada, où tous les PSL sont systématiquement
filtrés avant stockage. Par ailleurs, il existe toujours une controverse concer-
nant l’effet « immunomodulateur » (Transfusion-Related Immuno-Modulation
ou TRIM) de la transfusion, qui pourrait mettre le patient à plus haut risque
d’infections nosocomiales, et la possibilité de diminuer cet effet par leucoréduc-
tion. La littérature récente suggère cependant que la leucoréduction pourrait
avoir un effet bénéfique chez certains receveurs [54, 55], notamment en cas de
chirurgie majeure [56, 57].
Il est préférable de ne pas perfuser un autre produit sur la voie veineuse uti-
lisée pour transfuser un CGR. Si le NaCl 9 ‰ est bien toléré, ce n’est pas le
cas du soluté glucosé à 5 % (risque d’hémolyse, car hypotonique) ou du Rin-
ger lactate (risque de coagulation à cause du calcium). Il ne faut donc jamais
injecter de calcium ou tout autre médicament par une voie dans laquelle passe
un CGR.
En général, on n’administre pas systématiquement de calcium en prophylaxie.
En cas de transfusion massive, l’administration de calcium est décidée face à
une hypocalcémie ionisée suspectée cliniquement et confirmée au laboratoire
si possible [1].
Prévention de l’hypothermie
La transfusion sanguine expose au risque d’hypothermie car les CGR sont
conservés à une température variant de 1 à 6 °C. Lors d’une transfusion rapide,
il faut donc utiliser un réchauffeur pour réduire le risque d’hypothermie. Cette
précaution est toujours utile, mais doit être particulièrement respectée chez le
jeune enfant (< 10 kg), quel que soit le volume transfusé, et chez les plus grands
si on prévoit de transfuser plus de 20 à 30 % du volume sanguin. Le réchauf-
fement facilite aussi la transfusion en réduisant la viscosité d’environ 7 % par
degré Celsius.
Surveillance paraclinique
La décision de transfuser des globules rouges ne doit pas être prise en se
basant uniquement sur la concentration d’Hb, mais c’est un renseignement
crucial chez un patient qui ne saigne plus [1]. Une surveillance régulière de
l’HemoCue® et de l’hémogramme est donc utile. On associe habituellement
une mesure des plaquettes et un bilan d’hémostase après avoir remplacé l’équi-
valent d’un volume sanguin. D’autres examens sont également nécessaires
pour détecter d’éventuelles complications liées au choc ou aux traitements
reçus (tableau VI). La fréquence des analyses est fonction de l’importance de
l’hémorragie.
Tableau VI – Périodicité des examens paracliniques utiles pour assurer le suivi d’un choc
hémorragique.
Examens Indication Fréquence de réalisation
Hémoglobine/hématocrite 15-30 min après transfusion
Tableau VI (suite)
Examens Indication Fréquence de réalisation
Transaminases Recherche de foie de choc Toutes les 8-12 heures
pendant 24-72 heures
Recherche de globules Recherche d’hématurie À l’admission et selon la
rouges ou d’Hb dans les d’hémoglobin-émie et -urie coloration des urines
urines
Radiographie pulmonaire Recherche de SDRA* et À l’admission puis selon
TRALI l’évolution
*SDRA : Syndrome de détresse respiratoire aiguë.
Traitement en réanimation
Les principes de traitement décrits dans la section « Traitement d’urgence
du choc hémorragique » s’appliquent tout au long de la prise en charge, qu’elle
s’étale sur quelques heures ou quelques jours. Le principal risque est lié à la
persistance de l’hypovolémie et à ses conséquences, moins à celui de surcharge,
il ne faut donc pas hésiter à remplir les patients.
Starter transfusionnel
Les indications de transfuser un patient qui était en choc hémorragique, qui
ne saigne plus et qui est stabilisé devraient être les mêmes que pour n’importe
quel patient traité en réanimation. Malheureusement, les indications de trans-
fusion de CGR chez un enfant traité en réanimation et dont l’état est stable ne
sont pas consensuelles. Un taux d’Hb bas constitue certainement une indication
importante, mais le seuil faisant prescrire une transfusion varie notablement d’un
réanimateur à l’autre comme le démontre deux études pédiatriques portant sur
les pratiques de transfusion déclarées par des réanimateurs américains et euro-
péens [60-61] et deux autres études portant sur les pratiques de transfusion
observées dans des services de soins intensifs nord-américains [62-63]. En fait,
toutes sortes de raisons sont évoquées en plus du taux d’Hb pour justifier une
telle transfusion, comme la gravité du cas, le risque de saignement, la perspective
d’une chirurgie, la prévention d’une dysoxie cellulaire, l’amélioration du trans-
port en oxygène, etc. [62-63]. La concentration sanguine d’Hb constitue cer-
tainement le critère le plus marquant pour décider de prescrire une transfusion
de CGR, mais on ne sait pas vraiment quel taux d’Hb choisir. Il existe certaines
preuves qu’une anémie sévère peut augmenter le risque de décès. Une étude chez
des témoins de Jéhovah démontrent que le risque de mortalité postopératoire
augmente par un facteur de 2,5 (IC 95 % :1,9-3,2) pour chaque abaissement de
1 g/dL du taux d’Hb en dessous de 8 g/dL [64]. Deux études africaines de grande
envergure suggèrent qu’il vaut mieux transfuser un enfant assez malade pour jus-
tifier une hospitalisation s’il présente un taux d’Hb inférieur à 5 g/dL [65, 66].
Choc hémorragique et stratégie transfusionnelle 45
Conclusion
L’état de choc hémorragique est une urgence vitale dont le pronostic dépend,
au moins en partie, de la rapidité de mise en œuvre d’une prise en charge effi-
cace. Celle-ci repose sur des principes simples : restauration de la volémie avec
si besoin recours précoce aux vasopresseurs, apport d’oxygène et transfusion
sanguine, hémostase de la lésion responsable du saignement, limitation de l’hé-
modilution et lutte contre l’hypothermie, l’acidose et la coagulopathie. Il faut
également rechercher la survenue de complications, qui peuvent être liées soit
au choc hémorragique lui-même, soit aux traitements mis en œuvre.
Références
1. Orliaguet G, Gauvin F, Hume H et al. (2007) Choc hémorragique. In: Lacroix J, Gauthier
M, Hubert P, Leclerc F, Gaudreault P (eds) Urgences et soins intensifs pédiatriques. Éditions
du CHU Sainte-Justine et Elsevier-Masson Montréal, pp 167-186
Choc hémorragique et stratégie transfusionnelle 47
2. Rasmussen GE, Grande CM (1994) Blood, fluids, and electrolytes in the pediatric trauma
patient. Int Anesthesiol Clin 32: 79-101
3. Sazama K (1990) Reports of 355 transfusion-associated deaths: 1976 through 1985. Trans-
fusion 30: 583-90
4. Callum JL, Pinkerton PH (2003) Bloody easy: Blood transfusions; Blood alternatives and
transfusion reactions; A guide to transfusion medicine. Savattuq Inc Toronto, Ontario
5. Kleinman S, Chan P, Robillard P (2003) Risks associated with transfusion of cellular blood
components in Canada. Transfus Med Rev 17: 120-62
6. Popovsky MA (2001) Transfusion reactions. AABB Press Bethesda, Maryland
7. Silliman CC, Boshkov LK, Mehdizadehkashi Z et al. (2003) Transfusion-related acute lung
injury: Epidemiology and a prospective analysis of etiologic factors. Blood 101: 454-62
8. Toy P, Popovsky MA, Abraham E et al. (2005) Transfusion-related acute lung injury: defini-
tion and review. Crit Care Med 33: 721-6
9. Laupacis A, Brown J, Costello B et al. (2001) Prevention of posttransfusion CMV in the era
of universal WBC reduction: A consensus statement. Transfusion 41: 560-9
10. Preiksaitis JK (2000) The cytomegalovirus “safe” blood product: Is leukoreduction equiva-
lent to antibody screening? Transfus Med Rev 14: 112-36
11. MacDonald NE, Giulivi A, for the Canadian Paediatric Society (2003) Transfusion and risk
of infection in Canada. Paediatr Child Health 8: 135-7
12. Llewelyn CA, Hewitt PE, Knight RS et al. (2004) Possible transmission of variant Creutzfeldt-
Jakob disease by blood transfusion. Lancet 363: 417-21
13. Pillonel J, Laperche S (2004) [Trends in residual risk of transfusion-transmitted viral infec-
tions (HIV, HCV, HBV) in France between 1992 and 2002 and impact of viral genome
screening (Nucleic Acid Testing)]. Transfus Clin Biol 11: 81-6
14. Webb IJ, Anderson KC (2001) Transfusion-associated graft vs host disease. In: Popovsky MA
(ed) Transfusion reactions. AABB Press Bethesda, Maryland, p 171-86
15. McFarland JG (2001) Posttransfusion purpura. In: Popovsky MA (ed) Transfusion reactions.
AABB Press Bethesda, Maryland, p 187-212
16. Harvey MP, Greenfield TP, Sugrue ME et al. (1995) Massive blood transfusion in a tertiary
referral hospital. Clinical outcomes and haemostatic complications. Med J Aust 163: 356-9
17. Ricci B, Calogero G (1988) Oxygen-induced retinopathy in newborn rats: Effects of pro-
longed normobaric and hyperbaric oxygen supplementation. Pediatrics 82: 193-8
18. Kanter RK, Zimmerman JJ, Strauss RH et al. (1986) Pediatric emergency intravenous access.
Evaluation of a protocol. Am J Dis Child 140: 132-4
19. Perel P, Roberts I (2012) Colloids versus crystalloids for fluid resuscitation in critically ill
patients. Cochrane Database Syst Rev: CD000567
20. Spinella PC, Holcomb JB (2009) Resuscitation and transfusion principles for traumatic
hemorrhagic shock. Blood Rev 23: 231-40
21. Finfer S, Bellomo R, Boyce N et al. (2004) A comparison of albumin and saline for fluid
resuscitation in the intensive care unit. N Engl J Med 350: 2247-56
22. Boldt J (2004) Fluid choice for resuscitation of the trauma patient: A review of the physiolo-
gical, pharmacological, and clinical evidence. Can J Anaesth 51: 500-13
23. Soderlind M, Salvignol G, Izard P et al. (2001) Use of albumin, blood transfusion and
intraoperative glucose by APA and ADARPEF members: A postal survey. Paediatr Anaesth
11: 685-9
24. Schierhout G, Roberts I (1998) Fluid resuscitation with colloid or crystalloid solutions in
critically ill patients: A systematic review of randomised trials. BMJ 316: 961-4
25. Velanovich V (1989) Crystalloid versus colloid fluid resuscitation: A meta-analysis of mor-
tality. Surgery 105: 65-71
26. Choi PT, Yip G, Quinonez LG et al. (1999) Crystalloids vs colloids in fluid resuscitation: A
systematic review. Crit Care Med 27: 200-10
48 Réanimation pédiatrique
27. Roberts P, Alderson P, Bunn F et al. (2004) Colloids versus crystalloids for fluid resuscitation
in critically ill patients (Cochrane Review). The Cochrane Library. John Wiley & Sons Ltd.
Oxford
28. Wilkes MM, Navickis RJ (2001) Patient survival after human albumin administration. A
meta-analysis of randomized, controlled trials. Ann Intern Med 135: 149-64
29. Ngo NT, Cao XT, Kneen R et al. (2001) Acute management of dengue shock syndrome: A
randomized double-blind comparison of 4 intravenous fluid regimens in the first hour. Clin
Infect Dis 32: 204-13
30. Paul M, Dueck M, Joachim Herrmann H et al. (2003) A randomized, controlled study of
fluid management in infants and toddlers during surgery: Hydroxyethyl starch 6 % (HES
70/0.5) vs lactated Ringer’s solution. Paediatr Anaesth 13: 603-8
31. Wills BA, Nguyen MD, Ha TL et al. (2005) Comparison of three fluid solutions for resus-
citation in dengue shock syndrome. N Engl J Med 353: 877-89
32. Bunn F, Trivedi D, Ashraf S (2008) Colloid solutions for fluid resuscitation. Cochrane Data-
base Syst Rev:CD001319
33. Chong Sung K, Kum Suk P, Mi Ja Y et al. (2006) Effects of intravascular volume therapy
using hydroxyethyl starch (130/0.4) on post-operative bleeding and transfusion require-
ments in children undergoing cardiac surgery: a randomized clinical trial. Acta Anaesthesiol
Scand 50: 108-11
34. Kozek-Langenecker S, Scharbert G (2008) Comparing the effects of colloids on clot forma-
tion. Anaesthesia 63: 673-4; author reply 674
35. Kozek-Langenecker SA, Jungheinrich C, Sauermann W et al. (2008) The effects of
hydroxyethyl starch 130/0.4 (6 %) on blood loss and use of blood products in major surgery:
a pooled analysis of randomized clinical trials. Anesth Analg 107: 382-90
36. Liet JM, Kuster A, Denizot S et al. (2006) Effects of hydroxyethyl starch on cardiac output
in hypotensive neonates: a comparison with isotonic saline and 5 % albumin. Acta Paediatr
95: 555-60
37. Standl T, Lochbuehler H, Galli C et al. (2008) HES 130/0.4 (Voluven) or human albumin
in children younger than 2 yr undergoing non-cardiac surgery. A prospective, randomized,
open label, multicentre trial. Eur J Anaesthesiol 25: 437-45
38. Sumpelmann R, Kretz FJ, Gabler R et al. (2008) Hydroxyethyl starch 130/0.42/6:1 for
perioperative plasma volume replacement in children: preliminary results of a European
Prospective Multicenter Observational Postauthorization Safety Study (PASS). Paediatr
Anaesth 18: 929-33
39. Vincent JL, Navickis RJ, Wilkes MM (2004) Morbidity in hospitalized patients receiving
human albumin: A meta-analysis of randomized, controlled trials. Crit Care Med 32: 2029-
38
40. Vermeulen LC, Ratko TA, Erstad BL et al. (1995) A paradigm for consensus. The University
Hospital Consortium guidelines for the use of albumin, nonprotein colloid, and crystalloid
solutions. Arch Intern Med 155: 373-9
41. Rivers E, Nguyen B, Havstad S et al. (2001) Early goal-directed therapy in the treatment of
severe sepsis and septic shock. N Engl J Med 345: 1368-77
42. Duchesne JC, Hunt JP, Wahl G et al. (2008) Review of current blood transfusions strategies
in a mature level I trauma center: were we wrong for the last 60 years? J Trauma 65: 272-6;
discussion 276-8
43. Sperry JL, Ochoa JB, Gunn SR et al. (2008) An FFP: PRBC transfusion ratio >/=1:1.5 is
associated with a lower risk of mortality after massive transfusion. J Trauma 65: 986-93
44. Teixeira PG, Inaba K, Shulman I et al. (2009) Impact of plasma transfusion in massively
transfused trauma patients. J Trauma 66: 693-7
Choc hémorragique et stratégie transfusionnelle 49
45. Holcomb JB, Wade CE, Michalek JE et al. (2008) Increased plasma and platelet to red blood
cell ratios improves outcome in 466 massively transfused civilian trauma patients. Ann Surg
248: 447-58
46. Durand P, Chevret L, Essouri S et al. (2008) Respiratory variations in aortic blood flow pre-
dict fluid responsiveness in ventilated children. Intensive Care Med 34: 888-94
47. Knottenbelt JD (1991) Low initial hemoglobin levels in trauma patients: An important
indicator of ongoing hemorrhage. J Trauma 31: 1396-9
48. Nordin A, Makisalo H, Hockerstedt K (1994) Dopamine infusion during resuscitation of
experimental hemorrhagic shock. Crit Care Med 22: 151-6
49. Poloujadoff MP, Borron SW, Amathieu R et al. (2007) Improved survival after resuscitation
with norepinephrine in a murine model of uncontrolled hemorrhagic shock. Anesthesiology
107: 591-6
50. Grounds M (2003) Recombinant factor VIIa (rFVIIa) and its use in severe bleeding in sur-
gery and trauma: A review. Blood Rev 17 Suppl 1: S11-21
51. Tobias JD (2002) Synthetic factor VIIa to treat dilutional coagulopathy during posterior
spinal fusion in two children. Anesthesiology 96: 1522-5
52. Morenski JD, Tobias JD, Jimenez DF (2003) Recombinant activated factor VII for cerebral
injury-induced coagulopathy in pediatric patients. Report of three cases and review of the
literature. J Neurosurg 98: 611-6
53. Uhrig L, Blanot S, Baugnon T et al. (2007) Use of recombinant activated factor VII in
intractable bleeding during pediatric neurosurgical procedures. Pediatr Crit Care Med 8:
576-9
54. Vamvakas EC (2004) White blood cell-containing allogeneic blood transfusion, postopera-
tive infection and mortality: A meta-analysis of observational ‘before and after’ studies. Vox
Sang 86: 111-9
55. Dzik WH, Anderson JK, O’Neill EM et al. (2002) A prospective, randomized clinical trial
of universal WBC reduction. Transfusion 42: 1114-22
56. Bilgin YM, van de Watering LM, Eijsman L et al. (2004) Double-blind, randomized control-
led trial on the effect of leukocyte-depleted erythrocyte transfusions in cardiac valve surgery.
Circulation 109: 2755-60
57. van Hilten JA, van de Watering LM, van Bockel JH et al. (2004) Effects of transfusion with
red cells filtered to remove leucocytes: Randomised controlled trial in patients undergoing
major surgery. BMJ 328: 1281
58. Hurtaud MF (1990) Physiologie et exploration de l’hémostase chez l’enfant. Feuillet de bio-
logie 31:41-46
59. Tibby SM, Murdoch IA (2003) Monitoring cardiac function in intensive care. Arch Dis
Child 88: 46-52
60. Laverdière C, Gauvin F, Hébert PC et al. (2002) Survey of transfusion practices in pediatric
intensive care units. Pediatr Crit Care Med 3: 335-40
61. Nahum E, Ben-Ari J, Schonfeld T (2004) Blood transfusion policy among European pedia-
tric intensive care physicians. J Intensive Care Med 19: 38-43
62. Gauvin F, Chaïbou M, Leteurtre S et al. (2000) Pratique de transfusion de concentré globu-
laire en réanimation pédiatrique: une étude descriptive prospective. Réanimation Urgences
9: 339-44
63. Armano R, Gauvin F, Ducruet T et al. (2005) Determinants of red blood cell transfusions
in a pediatric critical care unit: a prospective, descriptive epidemiological study. Crit Care
Med 33: 2637-44
64. Carson JL, Noveck H, Berlin JA et al. (2002) Mortality and morbidity in patients with very
low postoperative Hb levels who decline blood transfusion. Transfusion 42: 812-8
65. Lackritz EM, Campbell CC, Ruebush TK et al. (1992) Effect of blood transfusion on survi-
val among children in a Kenyan hospital. Lancet 340: 524-8
50 Réanimation pédiatrique
66. English M, Ahmed M, Ngando C et al. (2002) Blood transfusion for severe anaemia in
children in a Kenyan hospital. Lancet 359: 494-5
67. Lacroix J, Hebert PC, Hutchison JS et al. (2007) Transfusion strategies for patients in pedia-
tric intensive care units. N Engl J Med 356: 1609-19
68. Surgenor SD, Hampers MJ, Corwin HL (2001) Is blood transfusion good for the heart? Crit
Care Med 29: 442-4
69. Hill SR, Carless PA, Henry DA et al. (2002) Transfusion thresholds and other strategies for
guiding allogeneic red blood cell transfusion (Cochrane Review). The Cochrane Library.
Update Software Oxford
70. Morris KP, Naqvi N, Lee PW et al. (2000) Calculating blood transfusion volume in critically
ill children. Pediatr Crit Care Med 1
71. Davies P, Robertson S, Hegde S et al. (2007) Calculating the required transfusion volume in
children. Transfusion 47: 212-6
Choc septique
Défaillance Critères
Cardiovasculaire Existence malgré 40 mL/kg de remplissage en 1 heure de :
hypotension (< 5e percentile) ou pression artérielle systolique
< 2DS par rapport à l’âge,
ou besoin de drogues vaso-actives pour maintenir la PA à la valeur
normale (dopamine > 5 mcg/kg/min ou dobutamine, adrénaline,
noradrénaline),
ou 2 signes d’hypoperfusion (acidose métabolique avec déficit
de base > 5, lactate x 2, diurèse < 0,5 mL/kg/h, TRC > 5 sec,
différence température cutanée/centrale > 3 °C).
Respiratoire PaO2/FiO2 < 300 en l’absence de cardiopathie cyanogène
ou de maladie pulmonaire antérieure,
ou PaCO2 > 65 mmHg ou 20 mmHg de plus que la valeur de base,
ou FiO2 > 50 % pour obtenir une saturation en oxygène ≥ 92 %,
ou besoin de ventilation (invasive ou non invasive).
Neurologique Score de coma de Glasgow ≤ 11,
ou baisse ≥ 3 points par rapport à l’état de base.
Hématologique Plaquettes < 80 000/mm3 ou baisse de 50 % par rapport à la valeur
la plus haute des 3 jours précédents pour les maladies hémato-
oncologiques chroniques, ou INR > 2.
Rénale Créatinine ≥ 2 fois la normale pour l’âge ou x 2 par rapport
à la valeur de base.
Hépatique Bilirubine ≥ 40 mg/L (78 μmol/L) ; non applicable au nouveau-né,
ou TGP x 2 pour l’âge.
Physiopathologie
La physiopathologie du sepsis et du choc septique, comparable chez l’adulte
et l’enfant, est devenue si complexe que tout schéma est incomplet [10].
Cascade immuno-inflammatoire
La réponse de l’hôte à l’infection fait intervenir trois familles de récepteurs
[les toll-like récepteurs (TLRs), des protéines intracytoplasmiques (NOD:
nucleotide-olimerization domain) et des hélicases (RLHs)] qui initient la réponse
inflammatoire innée et régulent la réponse adaptative. Des constituants des
agents pathogènes appelés PAMs ou MAMPs (microbial associated molecular
patterns) sont reconnus par ces récepteurs et déclenchent l’activation de cas-
cades intracellulaires puis l’activation du facteur nucléaire NF-κB dont la
transcription aboutit à la synthèse de médiateurs pro- et anti-inflammatoires
responsables respectivement du SIRS et du Compensatory Anti-inflammatory
Response Syndrome (CARS). Les modifications de l’endothélium (il devient
antifibrinolytique et procoagulant) font intervenir les microparticules ; asso-
ciées aux anomalies microvasulaires, elles jouent un rôle important dans
la DO. L’épithélium perd son rôle de barrière et devient perméable, ce qui
expose au risque de translocation bactérienne. Le sepsis s’accompagne d’une
apoptose de nombreuses cellules (lymphocytes, cellules dendritiques, cellules
épithéliales digestives). Il existe un trouble de l’utilisation intracellulaire de
l’oxygène par dysfonction mitochondriale, aboutissant à une dysoxie tissulaire.
Le système neuroendocrinien est également impliqué : perte de la modulation
sympathique, hyperglycémie, déficit relatif en vasopressine, anomalies de l’axe
hypothalamo-hypophyso-surrénalien et thyroïdien [11].
Une nouvelle voie de recherche consiste en la mesure des profils d’expression
génomique ; chez des enfants atteints de SIRS, de sepsis ou de choc septique,
Wong et al. ont observé que le choc septique était caractérisé par une répression
des gènes correspondant à l’immunité adaptative et à la biologie du zinc [12].
Les mêmes auteurs ont récemment décrits trois sous-classes d’enfants ayant un
choc septique à partir de la signature de l’expression de 100 gènes, la sous-classe
la plus grave étant caractérisée par la répression des gènes de l’immunité adap-
tative et des récepteurs des glucocorticoïdes [13].
Conséquences cardiocirculatoires
La défaillance ventriculaire gauche et droite (présente dans 40 à 50 % des
cas) résulte d’une altération des fonctions systolique et diastolique dont les
mécanismes, complexes, font intervenir des facteurs dépresseurs myocardiques
encore mal identifiés et les cytokines dont l’action est en partie médiée par
le monoxyde d’azote (NO), et constituent une adaptation à la réduction de
l’énergie disponible visant à prévenir la mort cellulaire [14]. Une destruction
Choc septique 55
des myocytes cardiaques avec élévation des taux de troponine I a été récemment
rapportée au cours du purpura fulminans (PF) et corrélée à la gravité ; cette
relation n’était pas retrouvée dans une étude prospective de 218 enfants sep-
tiques [15]. L’élévation du peptide natriurétique de type B a été observée chez
13 enfants en choc septique (celle-ci étant plus importante en cas de choc froid
que de choc chaud) et le taux à H12 était corrélé à la gravité et à la dysfonction
myocardique [16].
La dysfonction myocardique, essentiellement fonctionnelle et réversible, persiste
7 à 10 jours chez l’adulte, moins longtemps semble-t-il chez l’enfant. Knoester
et al. ont exploré 108 enfants ayant survécu à un choc septique dans un délai
de 0,8 à 12,7 ans : 6 % avaient des anomalies (extrasystoles polymorphes et/ou
dysfonction ventriculaire droite ou gauche) sans qu’aucun facteur de risque ne
soit identifié [17]. À l’inverse de l’adulte, la mortalité du choc septique de l’en-
fant est associée à un débit cardiaque bas plutôt qu’à une diminution des résis-
tances vasculaires systémiques [9]. L’étude de Brierley et Peters, évaluant (dans
les 4 h suivant le début du choc) 30 enfants ayant un choc présumé septique
résistant au remplissage a, cependant, identifié deux profils : choc « chaud »
avec débit élevé et résistances basses chez 15 des 16 enfants ayant une infection
liée à un cathéter, et choc « froid » chez 12 des 14 enfants ayant une infection
communautaire [18].
La défaillance vasculaire du choc septique est caractérisée par une diminution
du tonus vasoconstricteur et une hyporéactivité vasculaire avec une moindre
sensibilité aux catécholamines [19].
Troubles de l’hémostase
Au cours du sepsis, la libération de médiateurs de l’inflammation est asso-
ciée à une activation excessive de la coagulation [20], responsable d’une coagu-
lation intravasculaire disséminée (CIVD). Cette activation, initiée par le facteur
tissulaire au niveau des monocytes et de l’endothélium vasculaire, induit un état
procoagulant. L’activité anticoagulante, dépendante de la protéine C (PC) et de
l’antithrombine, est souvent débordée du fait de la consommation de ces pro-
téines inhibitrices, de la diminution de leur synthèse hépatique ou de leur des-
truction par des protéases. De même, l’activité fibrinolytique, dépendante des
activateurs du plasminogène (notamment le t-PA), est souvent inhibée par l’élé-
vation de l’inhibiteur de l’activateur du plasminogène (PAI-1) et probablement
celle de l’inhibiteur de la fibrinolyse activé par la thrombine (TAFI). Il existe
des interactions réciproques entre inflammation et coagulation faisant inter-
venir l’endothélium dont la dysfonction s’accompagne d’une augmentation de
la perméabilité vasculaire ; interviennent aussi les récepteurs activés par les pro-
téases, les microparticules, l’apoptose et les plaquettes [20]. D’autres anomalies
susceptibles d’ouvrir des perspectives thérapeutiques ont aussi été rapportées au
cours du PF : augmentation des taux de thrombomoduline circulante témoi-
gnant d’une atteinte endothéliale, diminution de l’activité de l’inhibiteur de la
voie du facteur tissulaire (TFPI) [21].
56 Réanimation pédiatrique
Polymorphismes génétiques
De nombreux polymorphismes génétiques ont été rapportés chez les adultes
ayant un sepsis sévère. Chez l’enfant, c’est au cours des infections méningo-
cocciques que des polymorphismes génétiques ont été beaucoup étudiés [25].
Brouwer et al. ont fait une méta-analyse des études concernant la susceptibi-
lité génétique aux infections à pneumocoques et méningocoques de l’enfant :
compte tenu des erreurs méthodologiques et des effectifs souvent insuffisants,
aucun polymorphisme affectant la susceptibilité à ces infections ne peut être
retenu avec certitude [25]. Concernant la gravité, et pour les mêmes raisons,
seuls les polymorphismes de l’IL1, de l’IL1-RN et du PAI1 sont associés à la
gravité et au décès des infections à méningocoques [26].
Épidémiologie
Le choc septique peut survenir chez des enfants jusque-là en bonne santé
(purpura fulminans). Il est surtout rencontré chez les enfants immunodéfi-
cients (déficits congénitaux, affections oncohématologiques, chimiothérapies),
atteints de malformations urinaires ou cardiaques, brûlés, polytraumatisés ou
séjournant en réanimation.
Incidence et mortalité
Watson et al. ont estimé en 1995, à partir de la base de données rétrospec-
tive de sept hôpitaux, que l’incidence annuelle du sepsis grave était de 0,56 cas
pour 1 000 enfants, avec une mortalité hospitalière de 10,3 %, plus élevée en
Choc septique 57
septique [37]. Dans sept études concernant des enfants ayant un état septique
et un syndrome de DMV, le taux de mortalité allait de 19 à 73 %, sans doute
du fait de définitions différentes [8].
Grâce aux progrès de la réanimation, la mortalité du sepsis a régulièrement
diminué au fil des années [9, 38], ceci malgré un état de plus en plus grave des
enfants pris en charge [39].
Traitement
Généralités
L’objectif de la campagne « survivre au sepsis » (SAS) de réduire la mortalité
de 25 % en cinq ans est basé sur la reconnaissance précoce du sepsis grave.
Celle-ci repose essentiellement sur les signes cliniques [9] ; en effet, en dehors
du taux de lactate, les autres marqueurs [C-réactive protéine (CRP), procalcito-
nine (PCT) ont une valeur diagnostique limitée]. McWilliam et Riordan, ont
fait la revue des études ayant évalué la valeur de la CRP pour le diagnostic d’in-
fection bactérienne « sérieuse » : aucune ne rapportait des sensibilité et spécifi-
cité suffisantes [43]. De nombreuses études ont comparé la valeur diagnostique
de la CRP et de la PCT au cours du sepsis et donné des résultats contradictoires
[44] ; la dernière série pédiatrique, ayant inclu de façon prospective 50 cas de
sepsis et 65 de choc septique, a conclu que la PCT à l’admission (> 10 ng/mL
chez 73 % des enfants en choc septique) avait une meilleure valeur diagnos-
tique que la CRP [44].
Le traitement du sepsis sévère et du choc septique doit être aussi précoce que
possible, et impose l’hospitalisation en réanimation. Il se décline d’après les deux
bouquets de recommandations de la campagne « survivre au sepsis » (SAS),
repris par le groupe transversal sepsis [45] et actualisé depuis [4] (tableau IV).
Le traitement repose essentiellement sur l’antibiothérapie précoce et l’éradi-
cation du foyer infectieux, le remplissage vasculaire et les drogues sympatho-
mimétiques, sans oublier la correction des troubles métaboliques, notamment
l’hypoglycémie chez le nourrisson et l’hypocalcémie [9]. Le remplissage vascu-
laire fait appel en première intention aux bolus de 20 mL/kg (en 5 minutes)
de sérum salé à 9 p 1 000 [9], la supériorité des colloïdes sur les cristalloïdes
n’étant pas démontrée [46]. Le volume et la précocité du remplissage influen-
cent le pronostic. Ainsi, dans l’étude rétrospective des dossiers de 75 cas de
choc septique, Oliveira et al. rapportaient que les enfants en choc septique qui
recevaient moins de 20 mL/kg de remplissage dans la 1re heure de traitement
avaient un taux de mortalité de 73 %, contre 33 % chez ceux qui recevaient
plus de 40 mL/kg (p < 0,05). Les enfants traités moins de 30 min après le dia-
gnostic de sepsis grave avaient une mortalité moindre (40 %) que ceux traités
plus de 60 min après le diagnostic (73 % ; p < 0,05) [47]. Les drogues inotropes
et vaso-actives les plus utilisées sont indiquées dans le tableau V. La dopamine,
la dobutamine, voire l’adrénaline, peuvent être utilisées comme inotrope de
1re ligne, en raison du bas débit cardiaque classiquement décrit au cours du
choc septique de l’enfant ; la noradrénaline est surtout utilisée pour son effet
vasopresseur et la milrinone, en 2e intention, comme inotrope [4, 9]. À la phase
60 Réanimation pédiatrique
Milrinone uu uv uv vv ± + 0,25 -
0,75*
Q : débit cardiaque ; FC : fréquence cardiaque ; Rvs : résistance vasculaire systémique ;
PA : pression artérielle. * : souvent précédé d’une dose de charge de 50 μg/kg en 15 min.
Fig. 1 – Algorithme de traitement hémodynamique du choc septique de l’enfant, d’après [9]. La noradrénaline a été ajoutée car elle est de plus en plus
utilisée ; le niveau d’évidence et la force des recommandations sont précisés.
IV : intra-veineux ; IO : intra-osseux ; IM : intra-musculaire ; PVC : pression veineuse centrale ; PAM : pression artérielle moyenne ; ScvO2 saturation en
oxygène du sang cave supérieur ; Hb : hémoglobine ; PiCCO : pulse index contour cardiac output ; ECMO : extracorporeal membrane oxygenation ; PdR : pas
de recommandation.
Choc septique 63
Fig. 2 – Proposition d’algorithme de prise en charge hémodynamique d’un enfant en choc septique.
ETT, échocardiographie trans thoracique en ventilation mécanique ; ΔDVCI : Indice
de distensibilité de la veine cave inférieure = (ΔDVCImax – ΔDVCImin) / [(ΔDVCImax
+ ΔDVCImin)/2] x 100 ; ΔVao, variations respiratoires des vitesses maximales Doppler aortiques =
(VAomax – VAomin) / [(VAomax + VAomin)/2] x 100 ; ΔITVAo, variations respiratoires
de l’intégrale temps-vitesse maximale aortique = (ITVmax – ITVmin) / [(ITVmax + ITVmin)/2]
x 100 ; STDVG, surface télédiastolique du ventricule gauche en coupe 4 cavités ; ΔPP : variations
respiratoires de la pression artérielle pulsée = (Ppmax – Ppmini) / [(Ppmax + Ppmini)/2] x 100 ;
PVI, index de variabilité pléthysmographique est l’algorithme automatisé de mesure continue
des variations respiratoires de l’onde de pléthysmographie pulsée ; ΔSVV, stroke volume variation
mesurées par Picco (Pulse induced contour cardiac output) = (SVVmax – SVVmin) / [(SVVmax
+ SVVmin)/2] x 100 ; Doppler oesophagien, les variations respiratoires du débit aortique
thoracique moye suite à une épreuve de lever de jambe passif même si arythmie respiratoire et cycles
respiratoires spontanés ; DC : débit cardiaque mesuré par ETT ; D : diamètre aortique mesuré au
niveau de la chambre de chasse du VG en coupe parasternale grand axe ; FC : fréquence cardiaque ;
PAPO : pression artérielle pulmonaire d’occlusion estimée par le rapport de l’onde E mitrale en
Doppler pulsé et l’onde E’ mesurée en Doppler tissulaire sur la paroi latérale du VG ; A : onde
A mitrale mesurée en Doppler pulsé ; FE : fraction d’éjection mesurée par méthodes de Teicholz
ou Simpson ; FR : fraction de raccourcissement des diamètres mesurée par méthode de Teicholz ;
ECMO : extracorporeal circulation membrame oxygenation ; STDVD/STDVG, rapport des surfaces
télédiastoliques des ventricules droit et gauche en coupe 4 cavités ; SIV : septum interventriculaire
paradoxal à chaque systole ; HTAP : hypertension artérielle pulmonaire ; IT : insuffisance
triscupidienne ; IP : insuffisance pulmonaire ; FOP : foramen ovale perméable ; PEEP : pression
expiratoire positive ; Vt : volume courant ; PPlat : pression de plateau en occlusion télé expiratoire.
64 Réanimation pédiatrique
Antibiothérapie
Le traitement étiologique du choc septique est représenté par l’antibiothé-
rapie parentérale. Le choix des antibiotiques tient habituellement compte de
l’âge de l’enfant et de la situation clinique (par exemple : PF, chirurgie abdomi-
nale, infection nosocomiale, immunodépression). Elle doit être à large spectre
et probabiliste, et surtout précoce. Ainsi, Kumar et al. ont étudié rétrospective-
ment 2 154 adultes en choc septique et observé, en analyse multivariée, que le
délai d’administration de l’antibiothérapie était le seul facteur prédictif fort de
pronostic ; lorsque l’antibiothérapie était administrée dans l’heure suivant l’ap-
parition d’une hypotension récurrente ou persistante, la survie était de 79,9 %
et chaque heure perdue (durant les six premières heures) était associée à une
baisse de 7,6 % de ce taux. Seuls 50 % des patients recevaient les antibiotiques
dans les six heures [65]. En regroupant les études concernant les infections
à méningocoque de l’enfant et analysant l’effet de l’antibiothérapie adminis-
trée avant l’admission à l’hôpital, on observe que la mortalité était de 3,3 %
chez les 691 patients traités précocement, contre 9,0 % chez les 1 462 patients
non traités précocement (OR : 0,36 ; IC 95 % : 0,23-0,56) [66]. La recom-
mandation de l’actualisation de la campagne SAS est d’administrer les antibio-
tiques dans l’heure suivant le diagnostic de sepsis grave, comme chez l’adulte
[4]. L’impact du moment de l’antibiothérapie sur la survie a été récemment
confirmé par une étude monocentrique de 261 adultes ayant un sepsis sévère :
lorsque le délai entre le « triage » et l’antibiothérapie appropriée était inférieur à
1 heure, la mortalité était de 19 % vs. 33 % lorsque ce délai était supérieur ou
égal à 1 heure (OR : 0,30 ; 0,11-0,83) [67].
Choc septique 65
Immunoglobulines polyvalentes
Dans la méta-analyse du groupe Cochrane, les immunoglobulines poly-
valentes diminuaient la mortalité du sepsis sévère et du choc septique (sur
492 patients, RR : 0,64 ; IC 95 % : 0,51-0,80) [68]. Une étude prospective
pédiatrique incluant 100 enfants ayant un sepsis a montré que l’administra-
tion d’immunoglobulines polyvalentes réduisait significativement la mortalité
(72 % quittaient l’unité vs. 44 %), la durée de séjour (6 j vs. 9) et la survenue de
complications, notamment la CIVD (4 % vs. 24%) [69]. L’actualisation de la
campagne SAS suggère d’en administrer chez l’enfant ayant un sepsis grave [4].
Corticoïdes
Chez les adultes en choc septique, l’insuffisance surrénalienne relative
(définie par une faible augmentation du cortisol après ACTH) est fréquente
[70]. Trois études pédiatriques, concernant essentiellement des infections à
méningocoques ont montré, à l’admission, des taux de cortisol significative-
ment plus bas et des taux d’ACTH significativement plus élevés chez les non-
survivants [71]. Chez l’adulte, plusieurs études ont montré que l’administration
de faibles doses d’hydrocortisone augmentait la PAM, restaurait la réponse pres-
sive à la noradrénaline et la postcharge ventriculaire gauche, et réduisait la durée
du choc. La première étude démontrant un effet bénéfique des corticoïdes sur
la mortalité du choc septique de l’adulte ne répondant pas aux vasopresseurs
incluait 229 non-répondeurs au test au synacthène (sur 300 patients en choc
septique), 151 recevant de l’hydrocortisone (50 mg toutes les 6 h) associée à la
fluorocortisone (50 mcg/j) : la mortalité était moindre dans le groupe traité que
dans le groupe placebo (53 vs. 63 % ; p = 0,02) et le sevrage en vasopresseurs
à 28 jours plus fréquent (p = 0,001), sans différence d’effets secondaires entre
les deux groupes [72]. L’étude CORTICUS n’a pas confirmé le bénéfice sur la
mortalité du choc septique de l’adulte, même si le choc était plus rapidement
66 Réanimation pédiatrique
corrigé dans le groupe traité, sans que ceci ne soit prédit par le test à l’ACTH
(répondeur/non répondeur) ; cependant, à la différence de l’étude précédente,
tous les patients en choc septique étaient inclus quel que soit leur réponse aux
vasopresseurs [73]. Chez l’enfant, Zimmerman et al. ont analysé rétrospecti-
vement la base de données de l’étude RESOLVE (essai de la PC activée au
cours du sepsis grave de l’enfant) dans laquelle 193 ont reçu des corticoïdes
durant l’épisode septique (89 % en raison du choc) et 284 n’en ont pas reçu ;
il n’était pas observé de différence de mortalité à 28 jours (15 % chez ceux en
recevant contre 19 %), ni de différence du nombre de jours de perfusion de
médicaments inotropes ou vaso-actifs ou de nombre de jours sans ventilation
mécanique ; cette étude n’avait pas été construite pour tester l’efficacité des cor-
ticoïdes (la 1re dose a été administrée en moyenne 2,7 jours après l’inclusion) et
ne comportait aucun dosage des taux plasmatiques, mais concluait à l’absence
de bénéfice des corticoïdes dans le sepsis grave de l’enfant [74]. L’actualisation
2008 de la campagne SAS recommande d’utiliser l’hydrocortisone IV à la dose
de 50 mg/m2/j (l’adjonction de fludrocortisone est optionnelle) si le choc ne
répond pas aux vasopresseurs, de ne pas faire de test à l’ACTH, et d’arrêter
le traitement lorsque les vasopresseurs ne sont plus nécessaires [4]. Les doses
recommandées chez l’enfant sont variables mais devraient s’inspirer des recom-
mandations faites pour l’adulte, soit environ 150 mg/m2/j en quatre doses [75].
Vasopressine (AVP)
Les taux d’AVP, élevés à la phase initiale du choc septique, sont bas lorsque
le choc est établi. Les mécanismes de ce déficit relatif sont peu clairs : déplétion
secondaire à la libération d’AVP par stimulation excessive des barorécepteurs à
la phase initiale du choc septique, dysfonction du système autonome, produc-
tion de NO par l’endothélium vasculaire au niveau de la posthypophyse inhi-
bant la production d’AVP [76]. L’AVP a des effets vasopresseurs variables selon
la dose, l’augmentation de la PAM n’étant observée que pour des taux plas-
matiques supra-physiologiques. L’effet vasoconstricteur systémique est médié
par les récepteurs V1 ; de plus, l’AVP potentialise l’effet des catécholamines
exogènes (effet pouvant être inhibé par le cortisol). L’AVP, à taux plasmatiques
supra-physiologiques, peut induire une vasoconstriction rénale, mésentérique,
pulmonaire et coronaire, et une hypercoagulabilité potentiellement délétères
[76]. Une étude récente a inclus 778 adultes en choc septique recevant 5 mcg/
min de noradrénaline ; les patients recevaient soit de la noradrénaline (5 à
15 mcg/min) soit de la vasopressine (0,01 à 0,03 U/min) titrée pour obtenir
une PAM entre 65 et 75 mmHg. Il n’existait pas de différence entre les deux
groupes pour la mortalité à 28 jours, le nombre de jours sans DO, les durées de
séjour en réanimation et à l’hôpital, et les effets délétères [77]. Chez l’enfant,
les séries de cas traités par AVP (doses extrêmes : 0,0002-0,008 U/kg/min)
ou terlipressine (doses extrêmes : 7 à 20 mcg/kg toutes les 4 à 12 h ou 10 à
20 mcg/kg/h) ont été colligées par Choong et Kissoon : l’effet sur la PAM était
significatif dans toutes les études [78]. Une étude pédiatrique prospective a
Choc septique 67
Traitements hémostatiques
L’administration d’AT et celle de PC reposent sur la diminution, liée à la
gravité, des taux plasmatiques de ces protéines au cours du choc septique et
notamment du PF. Au cours du sepsis sévère de l’adulte, l’administration d’AT
(2 314 patients randomisés) ne diminuait pas la mortalité à 28 jours (38,9 % vs.
38,7 % dans le groupe placebo) ; le risque hémorragique était plus grand dans
le sous-groupe recevant de l’AT associée à l’héparine. La mortalité à 90 jours
était plus basse dans le groupe traité par AT sans héparine que dans le groupe
placebo [21, 66]. De l’AT a été administrée à quelques patients ayant un PF,
sans qu’il soit possible de conclure [21, 66].
La PC non activée a été utilisée par De Kleijn et al. dans une étude randomisée
et contrôlée incluant 40 enfants ayant un PF : la mortalité et le taux d’amputa-
tion n’étaient pas plus bas dans le groupe traité que dans le groupe placebo [81].
L’efficacité semblait meilleure lorsque la PC était administrée précocement :
les deux enfants qui avaient été amputés l’avaient reçu plus tardivement que
les dix qui n’avaient pas été amputés (médiane 60 h vs. 12 heures ; p = 0,03).
La PC activée diminue la mortalité du sepsis de l’adulte ; elle a des effets non
seulement anticoagulants et profibrinolytiques mais aussi anti-inflammatoires
très intéressants. L’étude prospective RESOLVE (REsearching severe Sepsis and
Organ dysfunction in children: a gLobal perspectVE) a inclus 477 enfants (237
recevant un placebo, 240 de la PC activée [Drotrecogine alpha]), le critère de
jugement principal étant un score de résolution de la DO. Il n’existait aucune
différence significative entre les deux groupes pour ce score (p = 0,72) et la
mortalité à 28 jours (placebo 17,5 % vs. 17,2 % ; p = 0,93) ; par ailleurs, le
risque d’effets délétères graves était plus élevé chez les nourrissons de moins de
60 jours [82]. La recommandation de l’actualisation de la campagne SAS est
de ne pas utiliser la PC activée chez l’enfant [4]. L’administration de rt-PA a fait
l’objet d’une étude rétrospective colligeant 62 cas de PF (âge médian : 20 mois)
68 Réanimation pédiatrique
Épuration extrarénale
La place de l’hémofiltration en dehors de l’insuffisance rénale secondaire à
l’état de choc (hémodiafiltration) et la surcharge hydrosodée n’est pas connue.
Dans une série de 62 enfants ayant une DMV (22 fois liée à un syndrome sep-
tique), l’hémodiafiltration continue était plus efficace sur la surcharge hydrique
que la dialyse péritonéale [83]. L’actualisation 2008 de la campagne SAS
suggère d’utiliser les techniques continues pour contrôler la balance hydrique
chez les patients instables [4]. En pratique, Javouhey propose d’utiliser l’hémo-
filtration en cas d’insuffisance rénale aiguë entraînant des troubles métaboliques
sévères et/ou une surcharge hydrique > 10 %. Cette hémofiltration ne doit pas
être trop tardive et son débit doit être d’au moins 45 mL/kg/h ; en cas de
choc réfractaire, l’hémofiltration à haut volume (> 65 mL/kg/h) ou la plasma-
filtration ont été proposées, sans réelle preuve de leur supériorité. Compte tenu
des effets délétères potentiels, une prudence particulière s’impose chez le nour-
risson < 5 kg [84].
abdominale (mortalité : 33,3 vs. 68,5 % ; p = 0,03) [86]. Les différentes études
rapportées ont utilisé des techniques différentes : échange plasmatique (par cen-
trifugation ou filtration) avec du plasma frais congelé ou du plasma pauvre en
facteur von Willebrand, plasmaphérèse avec de l’albumine humaine ; ceci rend
les comparaisons difficiles [85].
La place de l’oxygénation extracorporelle ECMO n’est pas clairement établie
chez l’enfant [9], son utilisation, d’après les recommandations 2008 de la cam-
pagne SAS, étant limitée au choc septique et/ou l’insuffisance respiratoire ne
répondant pas au traitement conventionnel [4]. Récemment, MacLaren et al.
ont analysé rétrospectivement leur série de 45 enfants (âgés de 0,4 à 9 ans), en
choc septique réfractaire traités par ECMO veino-artérielle dont 18 avaient pré-
senté un arrêt cardiaque et étaient massés juste avant la cannulation ; 41 enfants
avaient au moins trois DOs et 28 étaient simultanément hémofiltrés ; 21 ont
survécu et ont quitté l’hôpital, aucun n’ayant de séquelles sévères lors du suivi
d’une durée de 0,3 à 14 ans [87].
Les recommandations de l’actualisation de la campagne SAS pour les autres
traitements sont indiquées dans la figure 1 [4, 9]. Comme pour les traitements
discutés ci-dessus, le niveau de preuve et la force de ces recommandations sont
faibles.
Les progrès dans la compréhension de la physiopathologie du choc septique
permettent d’envisager l’utilisation de nouvelles molécules, parmi lesquelles on
peut citer celles intervenant sur la coagulation, sur le métabolisme du NO ou
de la mitochondrie, sur l’apoptose, les anticorps anti-CD14, anti-récepteurs
Toll (eritoran) et anti-NF-kB, lactoferrine, sans oublier la prise en charge nutri-
tionnelle (apport d’acides gras polyinsaturés), les statines, etc. (voir : [Link]-
[Link]).
Barrières à l’implémentation
des recommandations
Les recommandations de prise en charge du sepsis grave [4, 9] ne sont pas
suffisamment suivies. Au Royaume-Uni une étude réalisée en 2007 (six mois)
dans dix-sept unités de réanimation pédiatrique et deux services de trans-
port pédiatrique a montré que les recommandations 2002 de l’ACCM-PALS
n’étaient appliquées que chez 8 % (38 % si on ne tient pas compte de la recom-
mandation d’administrer des corticoïdes) des 107 enfants développant un choc
septique en réanimation ou ne le corrigeant pas (mortalité 26 %) [88]. Oli-
veira et al., tout en montrant l’impact du volume et de la rapidité du remplis-
sage sur la mortalité, ont identifié les principales barrières à l’implémentation
de ces recommandations : reconnaissance précoce, abord vasculaire, manque
de personnel, absence d’objectifs et de protocole [47]. En France, l’enquête
faite auprès des services de réanimation, d’accueil des urgences et de SMUR
pédiatriques en 2008 a donné les résultats suivants [89] : la campagne SAS
70 Réanimation pédiatrique
Conclusion
Le choc septique reste l’une des préoccupations majeures du réanimateur.
L’amélioration du pronostic passe par une stratégie thérapeutique avant tout
symptomatique, incluant la reconnaissance du sepsis et la prise en charge
précoce basée sur les bouquets d’objectifs de la campagne « survivre au sepsis ».
S’il est prouvé que l’application de ces recommandations fait baisser la mor-
talité du sepsis grave, tant chez l’adulte [62] que chez l’enfant [61], beaucoup
d’efforts restent à faire pour que ces recommandations soient appliquées. Même
si certains éléments de l’algorithme de Rivers et al. font l’objet de vives critiques
Choc septique 71
[91, 92], l’efficacité des mesures de la campagne SAS paraît réelle [95]. Par
ailleurs, les études à venir ne devront pas avoir comme seul critère de juge-
ment la mortalité (faible en réanimation pédiatrique), mais aussi la morbidité
et notamment les dysfonctions d’organes et les séquelles [2].
Références
1. Goldstein B, Giroir B, Randolph A (2005) International pediatric sepsis consensus confe-
rence: definitions for sepsis and organ dysfunction in pediatrics. Pediatr Crit Care Med 6:
2-8
2. Lacroix J, Cotting J (2005) Severity of illness and organ dysfunction scoring in children.
Pediatr Crit Care Med 6: S126-34
3. Martinot A, Leclerc F, Cremer R, et al. (1997) Sepsis in neonates and children: definitions,
epidemiology, and outcome. Pediatr Emerg Care 13: 277-81
4. Dellinger RP, Levy MM, Carlet JM, et al. (2008) Surviving Sepsis Campaign: international
guidelines for management of severe sepsis and septic shock: 2008. Crit Care Med 36: 296-327
5. Leclerc F, Dubos F, Binoche A, et al. (2006) Traitement initial aux urgences des états sep-
tiques graves de l’enfant. In: Le Gall C, Martinot A (eds) Fièvre et urgences. Éditions Scien-
tifiques L&C, Paris, p. 401-13
6. Graciano AL, Balko JA, Rahn DS, et al. (2005) The Pediatric Multiple Organ Dysfunction
Score (P-MODS): development and validation of an objective scale to measure the severity
of multiple organ dysfunction in critically ill children. Crit care Med 33: 1484-91
7. Leteurtre S, Martinot A, Duhamel A, et al. (2003) Validation of the paediatric logistic organ
dysfunction (PELOD) score: prospective, observational, multicentre study. Lancet 362:
192-7
8. Leclerc F, Leteurtre S, Duhamel A, et al. (2005) Cumulative influence of organ dysfunctions
and septic state on mortality of critically ill children. Am J Respir Crit Care Med 171: 348-53
9. Brierley J, Carcillo JA, Choong K, et al. (2009) Clinical practice parameters for hemodyna-
mic support of pediatric and neonatal septic shock: 2007 update from the American College
of Critical Care Medicine. Crit Care Med 37: 666-88
10. Stephens DS, Greenwood B, Brandtzaeg P (2007) Epidemic meningitis, meningococcaemia,
and Neisseria meningitidis. Lancet 369: 2196-210
11. Cinel I, Opal SM (2009) Molecular biology of inflammation and sepsis: a primer. Crit Care
Med 37: 291-304
12. Wong HR, Cvijanovich N, Allen GL, et al. (2009) Genomic expression profiling across the
pediatric systemic inflammatory response syndrome, sepsis, and septic shock spectrum. Crit
Care Med 37: 1558-66
13. Wong HR, Cvijanovich NZ, Allen GL, et al. (2011) Validation of a gene expression-based
subclassification strategy for pediatric septic shock. Crit Care Med 39: 2511-7
14. Rudiger A, Singer M (2007) Mechanisms of sepsis-induced cardiac dysfunction. Crit Care
Med 35: 1599-1608
15. Oliveira NS, Silva VR, Castelo JS, et al. (2008) Serum level of cardiac troponin I in pediatric
patients with sepsis or septic shock. Pediatr Crit Care Med 9: 414-7
16. Domico M, Liao P, Anas N, Mink RB (2008) Elevation of brain natriuretic peptide levels in
children with septic shock. Pediatr Crit Care Med 9: 478-83
17. Knoester H, Sol JJ, Ramsodit P, et al. (2008) Cardiac function in pediatric septic shock sur-
vivors. Arch Pediatr Adolesc Med 162: 1164-8
18. Brierley J, Peters MJ (2008) Distinct hemodynamic patterns of septic shock at presentation
to pediatric intensive care. Pediatrics 122: 752-9
72 Réanimation pédiatrique
19. Collin S, Levy B (2008) Physiopathologie de l’hyporéactivité vasculaire au cours des états de
choc. Réanimation 17: 101-10
20. Schouten M, Wiersinga WJ, Levi M, van der Poll T (2008) Inflammation, endothelium, and
coagulation in sepsis. J Leukoc Biol 83: 536-45
21. Leclerc F, Cremer R, Noizet O, Sadik A (2002) Particularités pédiatriques des coagulations
intravasculaires disséminées. Réanimation 11: 656-66
22. Khemani RG, Bart RD, Alonzo TA, et al. (2009) Disseminated intravascular coagulation
score is associated with mortality for children with shock. Intensive Care Med 35: 327-33
23. Green J, Doughty L, Kaplan SS, et al. (2002) The tissue factor and plasminogen activator
inhibitor type-1 response in pediatric sepsis-induced multiple organ failure. Thromb Hae-
most 87: 218-23
24. Lin SM, Wang YM, Lin HC, et al. (2008) Serum thrombomodulin level relates to the clini-
cal course of disseminated intravascular coagulation, multiorgan dysfunction syndrome, and
mortality in patients with sepsis. Crit Care Med 36: 683-9
25. Brouwer MC, de Gans J, Heckenberg SG, et al. (2009) Host genetic susceptibility to pneu-
mococcal and meningococcal disease: a systematic review and meta-analysis. Lancet Infect
Dis 9: 31-44
26. Brouwer MC, van de Beek D (2009) Genetics in meningococcal disease: one step beyond.
Clin Infect Dis 48: 595-7
27. Watson RS, Carcillo JA, Linde-Zwirble WT, et al. (2003) The epidemiology of severe sepsis
in children in the United States. Am J Respir Crit Care Med 167: 695-701
28. Odetola FO, Gebremariam A, Freed GL (2007) Patient and hospital correlates of clinical
outcomes and resource utilization in severe pediatric sepsis. Pediatrics 119: 487-94
29. Wolfler A, Silvani P, Musicco M, et al. (2008) Incidence of and mortality due to sepsis,
severe sepsis and septic shock in Italian Pediatric Intensive Care Units: a prospective national
survey. Intensive Care Med 34: 1690-7
30. Odetola FO, Rosenberg AL, Davis MM, et al. (2008) Do outcomes vary according to the
source of admission to the pediatric intensive care unit? Pediatr Crit Care Med 9: 20-5
31. Winberg H, Nilsson K, Aneman A (2008) Paediatric Rapid Response Systems: a literature
review. Acta Anaesthesiol Scand 52: 890-6
32. Czaja AS, Zimmerman JJ, Nathens AB (2009) Readmission and late mortality after pediatric
severe sepsis. Pediatrics 123: 849-57
33. Kissoon N, Carcillo JA, Espinosa V, et al. (2011) World Federation of Pediatric Inten-
sive Care and Critical Care Societies: Global Sepsis Initiative. Pediatr Crit Care Med
12: 494-503
34. Tamburro RF, Barfield RC, Shaffer ML, et al. (2008) Changes in outcomes (1996-2004)
for pediatric oncology and hematopoietic stem cell transplant patients requiring invasive
mechanical ventilation. Pediatr Crit Care Med 9: 270-7
35. Leclerc F, Leteurtre S (2008) Pediatric oncology and hematopoietic stem cell transplant
patients requiring invasive mechanical ventilation: do we do a better job? Pediatr Crit Care
Med 9: 334-5
36. Pollack MM, Patel KM, Ruttimann UE (1996) PRISM III: an updated Pediatric Risk of
Mortality score. Crit Care Med 24: 743-52
37. Saez-Llorens X, Vargas S, Guerra F, Coronado L (1995) Application of new sepsis definitions
to evaluate outcome of pediatric patients with severe systemic infections. Pediatr Infect Dis
J 14: 557-61
38. Stoll BJ, Holman RC, Schuchat A (1998) Decline in sepsis-associated neonatal and infant
deaths in the United States, 1979 through 1994. Pediatrics 102: e18
39. Cremer R, Leclerc F, Lacroix J, Ploin D (2009) Children with chronic conditions in pediatric
intensive care units located in predominantly French-speaking regions: Prevalence and impli-
cations on rehabilitation care need and utilization. Crit Care Med 37: 1456-62
Choc septique 73
40. Parent du Châtelet I, Taha M, Lepoutre A, Lévy-Bruhl D (2008) Les infections invasives à
méningocoques en France en 2007. BEH 51-52: 498-503
41. Richards MJ, Edwards JR, Culver DH, Gaynes RP (1999) Nosocomial infections in pedia-
tric intensive care units in the United States. National Nosocomial Infections Surveillance
System. Pediatrics 103: e39
42. Singh-Naz N, Sprague BM, Patel KM, Pollack MM (1996) Risk factors for nosocomial
infection in critically ill children: a prospective cohort study. Crit Care Med 24: 875-8
43. McWilliam S, Riordan A (2010) How to use: C-reactive protein. Arch Dis Child Educ Pract
Ed 95: 55-8
44. Fioretto JR, Martin JG, Kurokawa CS, et al. (2010) Comparison between procalcitonin and
C-reactive protein for early diagnosis of children with sepsis or septic shock. Inflamm Res
59: 581-6
45. Groupe, transversal, sepsis (2007) Prise en charge initiale des états septiques graves de l’adulte
et de l’enfant. Réanimation 16, Suppl 1: S1-S21
46. Upadhyay M, Singhi S, Murlidharan J, Kaur N, Majumdar S (2005) Randomized evaluation
of fluid resuscitation with crystalloid (saline) and colloid (polymer from degraded gelatin in
saline) in pediatric septic shock. Indian Pediatr 42: 223-31
47. Oliveira CF, Nogueira de Sa FR, Oliveira DS, et al. (2008) Time- and fluid-sensitive resusci-
tation for hemodynamic support of children in septic shock: barriers to the implementation
of the american college of critical care medicine/pediatric advanced life support guidelines in
a pediatric intensive care unit in a developing world. Pediatr Emerg Care 24: 810-5
48. Martin C, Brun-Buisson C (2007) Initial management of severe sepsis in adults and chil-
dren. Ann Fr Anesth Reanim 26: 53-73
49. Leclerc F, Sadik A (2007) Is there still a place for dopamine in the paediatric critical care
setting? Ann Fr Anesth Reanim 26: 576-80
50. De Backer D, Biston P, Devriendt J, et al. (2010) Comparison of dopamine and norepi-
nephrine in the treatment of shock. N Engl J Med 362: 779-89
51. Barbier C, Loubieres Y, Schmit C, et al. (2004) Respiratory changes in inferior vena cava
diameter are helpful in predicting fluid responsiveness in ventilated septic patients. Intensive
Care Med 30: 1740-6
52. Biais M, Nouette-Gaulain K, Cottenceau V, et al. (2008) Uncalibrated pulse contour-derived
stroke volume variation predicts fluid responsiveness in mechanically ventilated patients
undergoing liver transplantation. Br J Anaesth 101: 761-8
53. Cannesson M, Desebbe O, Rosamel P, et al. (2008) Pleth variability index to monitor the
respiratory variations in the pulse oximeter plethysmographic waveform amplitude and pre-
dict fluid responsiveness in the operating theatre. Br J Anaesth 101: 200-6
54. Feissel M, Michard F, Faller JP, Teboul JL (2004) The respiratory variation in inferior vena
cava diameter as a guide to fluid therapy. Intensive Care Med 30: 1834-7
55. Feissel M, Michard F, Mangin I, et al. (2001) Respiratory changes in aortic blood velocity
as an indicator of fluid responsiveness in ventilated patients with septic shock. Chest 119:
867-73
56. Michard F, Boussat S, Chemla D, et al. (2000) Relation between respiratory changes in arte-
rial pulse pressure and fluid responsiveness in septic patients with acute circulatory failure.
Am J Respir Crit Care Med 162: 134-8
57. Monnet X, Rienzo M, Osman D, et al. (2006) Passive leg raising predicts fluid responsi-
veness in the critically ill. Critical Care Med 34: 1402-7
58. Slama M, Masson H, Teboul JL, et al. (2002) Respiratory variations of aortic VTI: a new
index of hypovolemia and fluid responsiveness. Am J Physiol Heart Circ Physiol 283:
H1729-33
59. Teboul JL (2005) SRLF experts recommendations: Indicators of volume resuscitation during
circulatory failure. Ann Fr Anesth Reanim 24: 568-76
74 Réanimation pédiatrique
60. Tousignant CP, Walsh F, Mazer CD (2000) The use of transesophageal echocardiography for
preload assessment in critically ill patients. Anesth Analg 90: 351-5
61. de Oliveira CF, de Oliveira DS, Gottschald AF, et al. (2008) ACCM/PALS haemodynamic
support guidelines for paediatric septic shock: an outcomes comparison with and without
monitoring central venous oxygen saturation. Intensive Care Med 34: 1065-75
62. Otero RM, Nguyen HB, Huang DT, et al. (2006) Early goal-directed therapy in severe sepsis
and septic shock revisited: concepts, controversies, and contemporary findings. Chest 130:
1579-95
63. Nguyen HB, Corbett SW, Steele R, et al. (2007) Implementation of a bundle of quality indi-
cators for the early management of severe sepsis and septic shock is associated with decreased
mortality. Crit Care Med 35: 1105-12
64. Shorr AF, Micek ST, Jackson WL, Jr., Kollef MH (2007) Economic implications of an
evidence-based sepsis protocol: can we improve outcomes and lower costs? Crit Care Med
35: 1257-62
65. Kumar A, Roberts D, Wood KE, et al. (2006) Duration of hypotension before initiation of
effective antimicrobial therapy is the critical determinant of survival in human septic shock.
Crit Care Med 34: 1589-96
66. Leclerc F, Noizet O, Dorkenoo A, et al. (2002) Purpura fulminans. Réanimation 11: 222-30
67. Gaieski DF, Mikkelsen ME, Band RA, et al. (2010) Impact of time to antibiotics on survival
in patients with severe sepsis or septic shock in whom early goal-directed therapy was initia-
ted in the emergency department. Crit Care Med 38: 1045-53
68. Alejandria MM, Lansang MA, Dans LF, Mantaring JB (2002) Intravenous immunoglobulin
for treating sepsis and septic shock. Cochrane Database Syst Rev: CD001090
69. El-Nawawy A, El-Kinany H, Hamdy El-Sayed M, Boshra N (2005) Intravenous polyclonal
immunoglobulin administration to sepsis syndrome patients: a prospective study in a pedia-
tric intensive care unit. J Trop Pediatr 51: 271-8
70. Maxime V, Lesur O, Annane D (2009) Adrenal insufficiency in septic shock. Clin Chest
Med 30: 17-27
71. de Kleijn ED, Joosten KF, Van Rijn B, et al. (2002) Low serum cortisol in combination with
high adrenocorticotrophic hormone concentrations are associated with poor outcome in
children with severe meningococcal disease. Pediatr Infect Dis J 21: 330-6
72. Annane D, Sebille V, Charpentier C, et al. (2002) Effect of treatment with low doses of
hydrocortisone and fludrocortisone on mortality in patients with septic shock. JAMA 288:
862-71
73. Sprung CL, Annane D, Keh D, et al. (2008) Hydrocortisone therapy for patients with septic
shock. N Engl J Med 358: 111-24
74. Zimmerman JJ, Williams MD (2011) Adjunctive corticosteroid therapy in pediatric severe
sepsis: Observations from the RESOLVE study*. Pediatr Crit Care Med;12: 2-8
75. Leclerc F, Botte A, Chêne G, Leteurtre S (2011) Adjunctive corticosteroid therapy in pedia-
tric severe sepsis: Many unsolved questions. Pediatr Crit Care Med 12: 101-2
76. Barrett LK, Singer M, Clapp LH (2007) Vasopressin: mechanisms of action on the vascula-
ture in health and in septic shock. Crit Care Med 35: 33-40
77. Russell JA, Walley KR, Singer J, et al. (2008) Vasopressin versus norepinephrine infusion in
patients with septic shock. N Engl J Med 358: 877-87
78. Choong K, Kissoon N (2008) Vasopressin in pediatric shock and cardiac arrest. Pediatr Crit
Care Med 9: 372-9
79. Choong K, Bohn D, Fraser DD, et al. (2009) Vasopressin in Pediatric Vasodilatory Shock
– A Multi-center Randomized Controlled Trial. Am J Respir Crit Care Med 180: 632-9
80. Russell JA, Walley KR, Gordon AC, et al. (2009) Interaction of vasopressin infusion, corti-
costeroid treatment, and mortality of septic shock. Crit Care Med 37: 811-8
Choc septique 75
81. de Kleijn ED, de Groot R, Hack CE, et al. (2003) Activation of protein C following infusion
of protein C concentrate in children with severe meningococcal sepsis and purpura fulmi-
nans: a randomized, double-blinded, placebo-controlled, dose-finding study. Crit Care Med
31: 1839-47
82. Nadel S (2007) RESOLVE-ing sepsis in children--not yet! Crit Care 11: 138
83. Lowrie LH (2000) Renal replacement therapies in pediatric multiorgan dysfunction syn-
drome. Pediatr Nephrol 14: 6-12
84. Javouhey E (2009) Place de l’hémofiltration dans le sepsis grave et le choc septique de l’en-
fant. In: 37ème Congrès de la SRLF, Elsevier-Masson, Paris
85. Venkataraman R, Subramanian S, Kellum JA (2003) Clinical review: extracorporeal blood
purification in severe sepsis. Crit Care 7: 139-45
86. Busund R, Koukline V, Utrobin U, Nedashkovsky E (2002) Plasmapheresis in severe sepsis
and septic shock: a prospective, randomised, controlled trial. Intensive Care Med 28: 1434-
39
87. Maclaren G, Butt W, Best D, et al. (2007) Extracorporeal membrane oxygenation for refrac-
tory septic shock in children: one institution’s experience. Pediatr Crit Care Med 8: 447-51
88. Inwald DP, Tasker RC, Peters MJ, Nadel S (2009) Emergency management of children with
severe sepsis in the United Kingdom: the results of the Paediatric Intensive Care Society
sepsis audit. Arch Dis Child 94: 348-53
89. Leclerc F, Botte A, Lampin M, Leteurtre S (2010) Campagne «survivre au sepsis» : qu’en est
il en 2011 ? Réanimation 20: S471-6
90. Jones AE, Shapiro NI, Trzeciak S, et al. (2010) Lactate clearance vs central venous oxygen
saturation as goals of early sepsis therapy: a randomized clinical trial. JAMA 303: 739-6
91. Marik PE, Varon J (2010) Early goal-directed therapy: on terminal life support? Am J Emerg
Med 28: 243-5
92. Mathonnet A, Runge I, Boulain T (2010) Nine years after the Early Goal-Directed Therapy.
Réanimation 19: 154-62
93. Cruz AT, Perry AM, Williams EA, et al. (2011) Implementation of goal-directed therapy for
children with suspected sepsis in the emergency department. Pediatrics 127: e758-66
94. Larsen GY, Mecham N, Greenberg R (2011) An emergency department septic shock proto-
col and care guideline for children initiated at triage. Pediatrics 127: e1585-92
95. Levy MM, Dellinger RP, Townsend SR, et al. (2010) The Surviving Sepsis Campaign: results
of an international guideline-based performance improvement program targeting severe sep-
sis. Intensive Care Med 36: 222-31
Choc cardiogénique
chez l’enfant
Introduction
Le choc cardiogénique est une insuffisance circulatoire aiguë due à une alté-
ration de la contractilité myocardique à l’origine d’une diminution du débit
cardiaque (DC) et une congestion pulmonaire (œdème) [1]. Comme tout état
de choc, c’est une situation d’inadéquation entre l’apport et la demande tis-
sulaire en oxygène (O2) et en nutriments de l’organisme mais, dans ce cadre
nosologique, directement liée à une incompétence myocardique.
La définition du choc cardiogénique répond à des critères très stricts chez
l’adulte : persistance, après correction de la précharge, d’une pression artérielle
systolique (PAS) < 90 mmHg pendant au moins 30 minutes, associée à un
index cardiaque (IC) < 2,2 L/min/m² et une pression artérielle pulmonaire
occluse (PAPO) > 15 mmHg [2]. Chez l’enfant, du fait de sa taille et son poids,
la mise en place d’explorations invasives est plus difficile et limitée. Ainsi la
Physiopathologie
Selon une classification de gravité croissante, on distingue l’insuffisance car-
diaque (chronique), l’insuffisance cardiaque aiguë et le choc cardiogénique.
L’insuffisance cardiaque est un désordre circulatoire résultant soit d’une ina-
déquation des mécanismes de compensation hémodynamiques et neurohor-
monaux à une défaillance cardiaque, soit des conséquences de cette activation.
L’insuffisance cardiaque aiguë chez l’adulte a bénéficié par les Sociétés euro-
péennes de cardiologie et de réanimation de recommandations concernant son
diagnostic et sa prise en charge. Cet état correspond à l’installation rapide de
symptômes et de signes secondaires à des anomalies de la fonction cardiaque
elle-même en lien avec une anomalie soit de la fonction systolique ou dia-
stolique, soit un trouble du rythme soit des inadéquations entre précharge et
postcharge [3].
Le choc cardiogénique est le stade le plus avancé et le plus grave de l’insuffisance
cardiaque. Comme cela a été dit plus haut, il n’est pas nécessaire qu’une hypo-
tension existe, même si cette dernière est souvent présente pour définir l’état
de choc cardiogénique de l’enfant. L’état de choc existe dès l’instant où sont
associés une oligurie, des marbrures avec des extrémités froides et des troubles
de la conscience. À la phase initiale, les mécanismes du choc et de l’hypoxie
tissulaire sont temporairement compensés (choc cardiogénique compensé).
Ce phénomène est extrêmement fréquent chez l’enfant. Cette compensation
met en jeu le système respiratoire (augmentation de la fréquence ventilatoire/
chémorécepteurs O2/CO2), le système nerveux autonome avec une réponse
adrénergique (maintien de la PA par tachycardie, augmentation de la constric-
tion veineuse et artérielle, augmentation de la force de contractilité myocar-
Choc cardiogénique chez l’enfant 79
Classification
Une classification simple des insuffisances cardiaques aiguës (décompen-
sations cardiaques) n’est pas aisée : on pourrait choisir comme critère l’âge,
le mécanisme de la décompensation, son origine cardiaque ou extracardiaque,
son apparition aiguë ou chronique, son caractère médical ou postchirurgical,
primitif ou secondaire.
La classification que nous avons choisie, en dehors des cardiopathies congé-
nitales et des situations postchirurgicales, repose sur le repérage des atteintes
cardiaques susceptibles d’évoluer vers une insuffisance cardiaque aiguë, elles
sont essentiellement représentées par les myocardiopathies dilatées, hyper-
trophiques, restrictives dont les étiologies peuvent se confondre avec certaines
du choc cardiogénique (tableau I) [4-10]. Massin [11] rapporte en Belgique sur
une période de dix ans, que 10,4 % des enfants de 0 à 16 ans porteurs d’une
anomalie cardiaque (congénitale ou acquise) ont présenté une insuffisance car-
diaque aiguë (124/1 196 enfants inclus) dont plus de la moitié (70 patients)
était biventriculaires. Près de 60 % des cas se révélaient avant l’âge d’un an. La
répartition par catégorie de maladies était la suivante : cardiopathies congé-
nitales : 6,2 % de décompensation ; trouble du rythme ou de la conduction :
13,5 % de décompensation ; maladie cardiaque acquise et cardiomyopathies :
70 % de décompensation [11].
Les étiologies des chocs cardiogéniques chez l’enfant sont résumées dans le
tableau II [1, 4-6, 12-16] et essentiellement représentées par les troubles du
rythme aigus, les décompensations d’une cardiopathie congénitale, la myo-
cardite aiguë et la contusion myocardique. La myocardite doit être systémati-
quement évoquée devant une décompensation cardiaque aiguë chez un enfant
ou un nourrisson jusque-là bien portant [17]. Les troubles du rythme aigus,
notamment supraventriculaires chez le petit enfant peuvent mimer échographi-
quement une myocardite, le diagnostic s’effectuant sur l’ECG.
80
contractile systolique diastolique et dans 20 % des diastolique. Fonction Dysfonction VD et avec dysfonction
sans maladie valvulaire, cas environ obstruction de la systolique et épaisseur pronostic vital par systolique du VG
coronaire ou voie de sortie du VG (MCHO) myocardique normales arythmie ventriculaire
péricardique primitive ou subnormales
Signes Troubles du rythme Mort subite du sujet jeune bien L’insuffisance cardiaque Révélation au-delà Évolution
fréquents ventriculaire portant, souvent sportif droite peut être de l’adolescence ; imprévisible
au premier plan troubles du rythme (phénotype
ventriculaire variable jusqu’à
transplantation
cardiaque)
Primitives Transmission Transmission autosomique Idiopathique (Æ 30 % Transmission Transmission
autosomique dominante d’histoire familiale autosomique autosomique
dominante, liée à l’X, de MCR) dominante. Gènes dominante,
autosomique récessive associés RYR2, DSP, liée à l’X, et
et mitochondriale DSG2, DSC2, JUP mitochondriale
Tableau I (suite)
Dysplasie Non compaction
Myocardiopathies Myocardiopathies Myocardiopathies
arythmogène ventriculaire
dilatées (MCD) hypertrophiques (MCH) restrictives (MCR)
ventriculaire droite gauche
Secondaires Infections Fibrose Association avec Maladies
Trouble du rythme endomyocardique la maladie de Naxos, métaboliques
Endocrinologiques Maladies métaboliques le syndrome Maladies de
Maladies métaboliques Maladies de système de Carvajal système
Dénutrition Médicamenteuses Maladies
Ischémiques Diabète mitochondriales
Toxiques Hémochromatose Maladies
Maladies systémiques Amylose syndromiques
Maladies Sarcoïdose (syndrome
hématologiques Myocardites de Patau, maladie
de Fabry, syndrome
de Nail-Patella
VG : ventricule gauche ; MCHO : myocardiopathie hypertrophique obstructive ; VD : ventricule droit.
Choc cardiogénique chez l’enfant
81
82 Réanimation pédiatrique
Cardiopathies congénitales
Atteinte cardiaque Endocardite ou myocardite infectieuse.
primitive Rhumatisme articulaire aigu.
Cardiomyopathie dilatée, restrictive ou hypertrophique familiale
ou idiopathique.
Fibro-élastose endocardique.
Tachyarythmie soutenue.
Atteinte cardiaque Causes infectieuses bactériennes ou virales (choc septique).
secondaire Contusion cardiaque.
Causes métaboliques :
– maladies de surcharge (glycogénose, mucopolyssacharidose) ;
– maladie mitochondriale ;
– déficit en carnitine ;
– maladie thyroïdienne ;
– malnutrition majeure ;
– hémochromatose ;
– insuffisance rénale aiguë ou chronique.
Causes toxiques (anthracycline, radiations ionisantes, cocaïne)
Causes pulmonaires primitives (HTAP) ou secondaires
(mucoviscidose).
Chocs obstructifs : tamponnade péricardique, pneumothorax
compressif, embolie pulmonaire massive avec cœur pulmonaire
aigu.
Autres : maladies inflammatoires (Kawasaki), maladies de système
(LED, périartérite noueuse), maladies neuromusculaires, crise
hypertensive systémique, anémie falciforme, hémangiomatose
diffuse (insuffisance cardiaque à débit élevé), phéochromocytome.
Syndrome de bas débit cardiaque après chirurgie cardiaque.
HTAP : hypertension artérielle pulmonaire, LED : lupus érythémateux disséminé.
Généralités physiopathologiques
sur l’insuffisance circulatoire
et la distribution de l’oxygène
dans l’organisme
L’insuffisance circulatoire provoque une diminution de la délivrance tis-
sulaire de l’O2 aux tissus (DO2) conditionnant la pression partielle tissulaire
en O2 (PO2). La DO2 dépend elle-même de la concentration artérielle en O2
(CaO2) et du DC. La CaO2 dépend du taux d’hémoglobine, de la saturation
artérielle en O2 et de la capacité de fixation de l’hémoglobine. Le DC dépend
de la fréquence cardiaque (FC) et du volume d’éjection systolique (VES), ce
dernier dépendant de la contractilité myocardique, de la précharge et de la
postcharge. On ne peut donc pas résumer la qualité de la distribution de l’O2
dans l’organisme à la seule activité de la pompe cardiaque. En effet, le caractère
cardiogénique d’un choc ne doit pas faire oublier la composante systémique de
ce dernier, notamment en rapport avec les modifications de précharge et post-
charge comme le montre la figure 1.
Loi de Starling
Plus le VTDVG augmente, plus importante sera l’énergie générée par la
contraction du ventricule et plus important sera le volume de sang éjecté et la
pression générée.
Loi de Franck
L’augmentation du VTDVG s’accompagne d’une augmentation de la vitesse
de raccourcissement des fibres, d’une force générée plus importante et d’une
accélération de la relaxation.
Ces particularités du VG en fonction de son remplissage possèdent des limites.
Une fois l’état d’équilibre atteint, représenté sur la courbe par son point d’in-
flexion supérieure, toute augmentation de la pression de remplissage n’entraîne
pas d’augmentation du DC, voire au contraire une diminution de ce dernier.
La figure 2 montre l’effet de l’augmentation de la précharge sur le DC ou VES.
Avec une précharge basse, même si la contractilité est basse, le DC augmentera
de manière significative suite à l’augmentation de la précharge : il faut remplir
les patients. Après cette action, il est préférable de déplacer la courbe vers le
haut en utilisant par exemple des médicaments améliorant la contractilité myo-
cardique (inotropes).
Choc cardiogénique chez l’enfant 85
Fig. 2 – Loi de Frank-Starling. Relation entre le débit cardiaque et la précharge. Avec une
précharge basse, il existe une augmentation significative du volume d’éjection systolique
(VES) après remplissage quelle que soit la contractilité ; avec une précharge intermédiaire,
l’augmentation du VES est optimale avec une bonne contractilité (courbe en trait plein). Enfin
avec une précharge élevée, il n’existe plus de bénéfice au remplissage sur le VES quelle que soit
la contractilité.
Anamnèse
Il est important de s’enquérir rapidement des antécédents médico-
chirurgicaux : comme on l’a vu précédemment, certaines situations peuvent
favoriser la survenue d’un choc cardiogénique : cardiopathie congénitale,
maladie systémique, antécédents de troubles du rythme, etc. À l’inverse, en
dehors de tout contexte favorisant, l’histoire racontée par les parents est pri-
86 Réanimation pédiatrique
Index
Valeur limites de fréquence Limite inférieure de
Âge Débit cardiaque FR FE cardiaque
cardiaque (battement/min) PAS/PAM (mm Hg)
(L/min/m²)
Nouveau-né 200-300 mL/kg/min Selon les auteurs 0-1 semaine : 100 à 180 0-1 semaine : 65/35
0,28 à 0,34 ≥ 0,6 à 0,8 3,3 à 6
(28-34 %) (60-80 %) 3,5 à 5,5
1 semaine à 1 mois : 100 à 180 1 semaine à 1 mois : 75 /45
3,2 ± 0,2
Traitement circulatoire
Tableau VI (suite)
Ary- Rapidité Durée
Agent IC PAPO RVS FC Diurèse
thmie d’action d’action
Lévosi- ÒÒÒ ÔÔ ÔÔ Ò 0 +++ ++++ 0
mendan
Adréna- ÒÒ 0 ou ÒÒÒ ÒÒÒ ÒÒÒ ++++ 0 0
line Ô
Noradré- Ò 0 ou ÒÒÒ ÒÒ ÒÒÒ ++++ 0 0
naline Ô
Trinitrine Ò ÔÔ ÔÔ 0 0 0 0 0
Nitro- ÒÒ ÔÔ ÔÔÔ 0 0 0 0 0
prussiate
Neseritide Ò ÔÔÔ Ô 0 0 0 0 +
IC : index cardiaque ; PAPO : pression artérielle pulmonaire occluse ; RSV : résistances vasculaires
systémiques ; FC : fréquence cardiaque.
Fig. 3 – Effets des agents adrénergiques sur le débit cardiaque et la pression artérielle d’après [16].
Choc cardiogénique chez l’enfant 97
Inotropes adrénergiques
Dopamine, dobutamine, noradrénaline et adrénaline sont les inotropes
adrénergiques les plus utilisés dans le choc cardiogénique de l’enfant, compte
tenu de ces caractéristiques : bas DC, signes d’hypoperfusion et pression de
remplissage soit élevées soit normales. La noradrénaline est habituellement
classée dans la catégorie des vasopresseurs du fait de son puissant effet α1.
L’utilisation des inotropes se conçoit dans le choc cardiogénique dans le même
temps que les autres mesures décrites. Les inotropes sont contre-indiqués en
cas d’obstacle sur la voie de sortie ventriculaire comme lors d’une myocardio-
pathie hypertrophique par exemple. L’utilisation de la noradrénaline ne peut se
concevoir que lors de RVS abaissées (choc septique évolué par exemple) et sous
contrôle clinique et échocardiographique très strict car son effet vasopresseur
puissant aura naturellement tendance à augmenter la postcharge du VG, ce qui
n’est pas souhaitable dans le cas du choc cardiogénique.
Lévosimendan
Il s’agit d’un inotrope d’action double originale : amélioration de la contrac-
tilité myocardique par facilitation de l’action du calcium intracellulaire sur les
myofilaments (« sensibilisateur » calcique) et diminution du travail cardiaque
par ouverture des canaux potassiques ATP-dépendants au niveau artériel (dimi-
nution potentielle de la postcharge du VG).
De nombreuses études chez l’adulte ont exploré les effets de cette molécule dans
l’insuffisance cardiaque aiguë. Récemment, les résultats de l’étude SURVIVE
[40] montrent l’intérêt sur la mortalité chez des patients le plus souvent por-
teurs d’une cardiomyopathie sous-jacente (88 %) et qu’ils soient ou non sous
bêtabloquants, d’utiliser en plus de l’arsenal classique le lévosimendan plutôt
que la dobutamine dans la prise en charge du choc cardiogénique. Chez l’adulte
encore, le lévosimendan, spécifiquement dans le choc cardiogénique, a mon-
98 Réanimation pédiatrique
Perspectives
Rotation des inotropes : récemment, Ryerson et al. [44] ont témoigné de
leur expérience chez 14 enfants et nourrissons en insuffisance cardiaque aiguë
pour lesquels ils ont utilisé en alternance trois molécules (dobutamine, milri-
none et lévosimendan). Les auteurs ont montré notamment la qualité de l’asso-
ciation milrinone + lévosimendan. Cette stratégie, même si elle concerne dans
cet article seulement des enfants porteurs de maladie cardiaque sous-jacente, est
séduisante et son efficacité mériterait d’être proposée et évaluée chez des enfants
sans anomalie cardiaque préexistante.
Place du lévosimendan : une tendance actuelle, plutôt marquée chez les cardio-
pédiatres, est d’utiliser le lévosimendan en position « 1 bis » dans l’algorithme
de prise en charge, en l’associant assez rapidement à la milrinone dans le choc
cardiogénique de l’enfant et à le conserver en association avec milrinone et
adrénaline si nécessaire. Cette attitude reste à valider.
La figure 4 propose un algorithme global de prise en charge de l’enfant pré-
sentant un possible choc cardiogénique, incluant cette récente stratégie. Il est
important de considérer la mise en place d’une technique d’assistance circula-
toire de type ECMO en attendant une récupération fonctionnelle suffisante du
myocarde. Des techniques d’assistance plus prolongées, du type « Berlin heart »,
sont également intéressantes afin de permettre soit une récupération de la fonc-
tion myocardique, soit dans l’attente d’une greffe cardiaque.
Choc cardiogénique chez l’enfant 99
Anamnèse
Signes cardiaques : souffle, galop, pouls périphériques ?
Signes extracardiaques :
- pressions de remplissage élevées ? : crépitants pulmonaires,
Signes cliniques évocateurs tachypnée, hépatomégalie, turgescence jugulaire, œdème
périphérique
- Bas débit systémique ? : TRC allongé, marbrures, hypotension,
troubles de la conscience
TRAITEMENT MEDICAMENTEUX
INOTROPE
1re intention : milrinone (débuter à 0,375 μg/kg/min et augmenter par paliers jusqu’à 0,750g/kg/min)
Alternative possible dobutamine5 à 15 μg/kg/min (maximum 20 g/ kg/min)
Fig. 4 – Algorithme de prise en charge d’un enfant présentant une défaillance cardiaque aiguë
ou un choc cardiogénique (PEP : pression expiratoire positive, AI : aide inspiratoire).
100 Réanimation pédiatrique
Maladie de Kawasaki
La gravité de cette maladie, d’étiopathogénie encore obscure, réside dans
l’apparition au cours de l’évolution d’anévrysmes coronaires. Le traitement
repose sur l’administration d’immunoglobulines à forte dose (2 mg/kg bolus
sur 10 à 12 heures) en association avec de l’aspirine à dose anti-inflammatoire
80 à 100 mg/kg/j en 4 fois à la phase aiguë (10 premiers jours). Ce type de
traitement a permis de réduire l’apparition des anévrysmes de 25 % à moins
de 5 % des cas [1, 50]. Certains patients (10 à 15 % dans la population pédia-
trique) ne répondent pas aux immunoglobulines intraveineuses (cependant
80 % des enfants non répondeurs à une dose le deviennent à la deuxième).
L’utilisation complémentaire de corticostéroïdes peut être discutée en l’absence
d’amélioration rapide sous immunoglobulines mais n’ont pas objectivement
fait preuve de leur efficacité [51]. Des études récentes ont ouvert la voie à des
traitements immunomodulateurs tels que l’infliximab (Remicade®) en associa-
tion ou non avec les immunoglobulines avec une efficacité comparable dans
une étude prospective [52] et une durée moyenne d’hospitalisation et d’hyper-
thermie moindre avec ce traitement [53].
Conclusion
Le choc cardiogénique de l’enfant est une urgence vitale qui nécessite une
reconnaissance précoce des signes de choc, une interdisciplinarité constante
entre les médecins des urgences, les cardiopédiatres et les réanimateurs pédiatres.
L’électrocardiogramme et l’échocardiographie sont des éléments centraux de
l’évaluation et de la surveillance du patient et doivent être répétés régulièrement.
Les marqueurs biologiques spécifiques (troponine et Nt Pro BNP) constituent
des outils de monitorage du patient en état de choc cardiogénique. Ce choc
peut être associé à tout type de choc. Le remplissage a clairement sa place en
l’absence de signes cliniques de précharge augmentée mais doit répondre à une
Choc cardiogénique chez l’enfant 105
Références
1. Biarent D, Bourdages M, Berner M, et al. (2007) Choc cardiogénique. In : Masson (ed)
Urgences et Soins Intensifs Pédiatriques, p 187-210
2. Topalian S, Ginsberg F, Parrillo JE (2008) Cardiogenic shock. Crit Care Med 36: S66-74
3. Nieminen MS, Bohm M, Cowie MR, et al. (2005) Executive summary of the guidelines on
the diagnosis and treatment of acute heart failure: the Task Force on Acute Heart Failure of
the European Society of Cardiology. Eur Heart J 26: 384-416
4. Andrews RE, Fenton MJ, Ridout DA, Burch M (2008) New-onset heart failure due to
heart muscle disease in childhood: a prospective study in the United kingdom and Ireland.
Circulation 117: 79-84
5. Chaturvedi V, Saxena A (2009) Heart failure in children: clinical aspect and manage-
ment. Indian J Pediatr 76: 195-205
6. Kantor PF, Mertens LL (2010) Clinical practice: heart failure in children. Part I: cli-
nical evaluation, diagnostic testing, and initial medical management. Eur J Pediatr 169:
269-79
7. Lipshultz SE, Sleeper LA, Towbin JA, et al. (2003) The incidence of pediatric cardio-
myopathy in two regions of the United States. N Engl J Med 348: 1647-55
8. Towbin JA, Lowe AM, Colan SD, et al. (2006) Incidence, causes, and outcomes of
dilated cardiomyopathy in children. JAMA 296: 1867-76
9. Webber SA (2008) New-onset heart failure in children in the absence of structural
congenital heart disease. Circulation 117: 11-2
10. Wilkinson JD, Landy DC, Colan SD, et al. (2010) The pediatric cardiomyopathy
registry and heart failure: key results from the first 15 years. Heart Fail Clin 6: 401-13, vii
11. Massin MM, Astadicko I, Dessy H (2008) Epidemiology of heart failure in a tertiary
pediatric center. Clin Cardiol 31: 388-91
12. Breinholt III JP, Nelson DP, Towbin JA (2008) Heart failure in infants and children: cardio-
myopathy. In: Wilkins LW (ed) Roger’s textbook of pediatric intensive care, Philadelphia,
p 1082-92
13. Jefferies JL, Towbin JA (2010) Dilated cardiomyopathy. Lancet 375: 752-62
14. Kim JJ, Rossano JW, Nelson DP, et al. (2008) Heart failure in infants and children:
etiology, pathophysiology, and diagnosis of heart failure. In: Wilkins LW (ed) Roger’s text-
book of pediatric intensive care, Philadelphia, p 1064 -74
15. Marino BS, Kaltman JR, Tanel RE (2008) Cardiac conduction, dysrythmia, and pacing. In:
Wilkins LW (ed) Roger’s textbook of pediatric intensive care, Philadelphia, p 1126-49
16. Vincent JL (2009) Problèmes hémodynamiques. In : Springer (ed) Le manuel de réa-
nimation, soins intensifs et médecine d’urgence, p 155-202
17. Codazzi D, Pellicioli I, Barbanti C (2008) Ventricular dysfunction in the pediatric intensive
care unit. Minerva Anestesiol 74: 307-10
18. Zingarelli B (2008) Shock and reperfusion. In: Wilkins LW (ed) Roger’s textbook of pedia-
tric intensive care, Philadelphia, p 252-61
106 Réanimation pédiatrique
19. Babuin L, Jaffe AS (2005) Troponin: the biomarker of choice for the detection of cardiac
injury. CMAJ 173: 1191-202
20. Checchia PA, Moynihan JA, Brown L (2006) Cardiac troponin I as a predictor of mortality
for pediatric submersion injuries requiring out-of-hospital cardiopulmonary resuscitation.
Pediatr Emerg Care 22: 222-5
21. Jarai R, Fellner B, Haoula D, et al. (2009) Early assessment of outcome in cardioge-
nic shock: relevance of plasma N-terminal pro-B-type natriuretic peptide and interleukin-6
levels. Crit Care Med 37: 1837-44
22. Koglin J, Pehlivanli S, Schwaiblmair M, et al. (2001) Role of brain natriuretic peptide in
risk stratification of patients with congestive heart failure. J Am Coll Cardiol 38: 1934-41
23. Cohen S, Springer C, Avital A, et al. (2005) Amino-terminal pro-brain-type natriure-
tic peptide: heart or lung disease in pediatric respiratory distress? Pediatrics 115: 1347-50
24. Mir TS, Marohn S, Laer S, et al. (2002) Plasma concentrations of N-terminal pro-brain
natriuretic peptide in control children from the neonatal to adolescent period and in chil-
dren with congestive heart failure. Pediatrics 110: e76
25. Sugimoto M, Manabe H, Nakau K, et al. (2010) The role of N-terminal pro-B-type
natriuretic peptide in the diagnosis of congestive heart failure in children. – Correlation with
the heart failure score and comparison with B-type natriuretic peptide. Circ J 74: 998-1005
26. Kantor PF, Redington AN (2010) Pathophysiology and management of heart failure
in repaired congenital heart disease. Heart Fail Clin 6: 497-506, ix
27. Rossano JW, Price JF, Nelson DP (2008) Treatment of heart failure in infants and
children: medical management. In: Wilkins LW (ed) Roger’s textbook of pediatric intensive
care, Philadelphia, p 1093-108
28. Tartiere JM, Benlolo S, Logeart D, et al. (2004) Traitement médical de l’insuffisance
cardiaque aiguë décompensée. Réanimation 136-46
29. Graciano AL, Meliones JN, Kocis KC (2008) Treatment of heart failure in infants and chil-
dren: mechanical support. In: Wilkins LW (ed) Roger’s textbook of pediatric intensive care,
Philadelphia, p 1109-16
30. L’Her E, Jaffrelot M (2009) Faut-il encore mettre en route une ventilation non invasive
en cas de détresse respiratoire sur un œdème pulmonaire cardiogénique ? 18: 720-25
31. Gray A, Goodacre S, Newby DE, et al. (2008) Noninvasive ventilation in acute car-
diogenic pulmonary edema. N Engl J Med 359: 142-51
32. Masip J (2008) Noninvasive ventilation in acute cardiogenic pulmonary edema. Curr
Opin Crit Care 14: 531-5
33. Biarent D, Bingham R, Eich C, et al. (2010) European Resuscitation Council Guidelines for
Resuscitation 2010 Section 6. Paediatric life support. Resuscitation 81: 1364-88
34. Felker GM, Lee KL, Bull DA, et al. (2011) Diuretic strategies in patients with acute
decompensated heart failure. N Engl J Med 364: 797-805
35. Jefferies JL, Denfield SW, Price JF, et al. (2006) A prospective evaluation of nesiritide
in the treatment of pediatric heart failure. Pediatr Cardiol 27: 402-7
36. Petersen JW, Felker GM (2008) Inotropes in the management of acute heart failure.
Crit Care Med 36: S106-11
37. Follath F, Cleland JG, Just H, et al. (2002) Efficacy and safety of intravenous levosi-
mendan compared with dobutamine in severe low-output heart failure (the LIDO study): a
randomised double-blind trial. Lancet 360: 196-202
38. O’Connor CM, Gattis WA, Uretsky BF, et al. (1999) Continuous intravenous dobu-
tamine is associated with an increased risk of death in patients with advanced heart failure:
insights from the Flolan International Randomized Survival Trial (FIRST). Am Heart J 138:
78-86
39. Cuffe MS, Califf RM, Adams KF, Jr., et al. (2002) Short-term intravenous milrinone for
acute exacerbation of chronic heart failure: a randomized controlled trial. JAMA 287: 1541-7
Choc cardiogénique chez l’enfant 107
40. Mebazaa A, Nieminen MS, Filippatos GS, et al. (2009) Levosimendan vs. dobutamine: out-
comes for acute heart failure patients on beta-blockers in SURVIVE. Eur J Heart Fail 11:
304-11
41. Parissis JT, Rafouli-Stergiou P, Stasinos V, et al. (2010) Inotropes in cardiac patients:
update 2011. Curr Opin Crit Care 16: 432-41
42. Egan JR, Clarke AJ, Williams S, et al. (2006) Levosimendan for low cardiac output: a
pediatric experience. J Intensive Care Med 21: 183-7
43. Namachivayam P, Crossland DS, Butt WW, Shekerdemian LS (2006) Early experience with
Levosimendan in children with ventricular dysfunction. Pediatr Crit Care Med 7: 445-8
44. Ryerson LM, Alexander PM, Butt WW, et al. (2011) Rotating inotrope therapy in a
pediatric population with decompensated heart failure. Pediatr Crit Care Med 12: 57-60
45. Brissaud O, Guichoux J, Villega F, Orliaguet G (2010) Quelle évaluation hémodyna-
mique non invasive en réanimation pédiatrique en 2009 ? Ann Fr Anesth Reanim 29: 233-41
46. Chakravarti SB, Mittnacht AJ, Katz JC, et al. (2009) Multisite near-infrared spectroscopy
predicts elevated blood lactate level in children after cardiac surgery. J Cardiothorac Vasc
Anesth 23: 663-7
47. Blauwet LA, Cooper LT (2010) Myocarditis. Prog Cardiovasc Dis 52: 274-88
48. Freedman SB, Haladyn JK, Floh A, et al. (2007) Pediatric myocarditis: emergency
department clinical findings and diagnostic evaluation. Pediatrics 120: 1278-85
49. Kim HJ, Yoo GH, Kil HR (2010) Clinical outcome of acute myocarditis in children accor-
ding to treatment modalities. Korean J Pediatr 53: 745-52
50. Burns JC (2009) Kawasaki Disease update. Indian J Pediatr 76: 71-6
51. Rowley AH, Shulman ST (2010) Recent advances in the understanding and manage-
ment of kawasaki disease. Curr Infect Dis Rep 12: 96-102
52. Burns JC, Best BM, Mejias A, et al. (2008) Infliximab treatment of intravenous
immunoglobulin-resistant Kawasaki disease. J Pediatr 153: 833-8
53. Son MB, Gauvreau K, Burns JC, et al. (2010) Infliximab for Intravenous Immunoglo-
bulin Resistance in Kawasaki Disease: A Retrospective Study. J Pediatr
54. Fayon M, Leclerc F, Leteurtre S, et al. (2007) Mesures physiologiques et scores de
gravité. In: Masson CS-J- (ed) Urgences et soins intensifs pédiatriques, p 126-92
55. Halley GC, Tibby S (2008) Hemodynamic monitoring. In: Wilkins LW (ed) Roger’s
textbook of pediatric intensive care, Philadelphia, p 1039-63
56. Chantepie A, Gold F (2000) Physiologie et pathologie circulatoires. In : Masson (ed) Fœtus
et nouveau-né de faible poids, Paris, p 63-83
57. Groupe transversal Sepsis (2005) Prise en charge initiale des états septiques graves de l’adulte
et de l’enfant. SFAR. Available from: [Link]
[Link]
Monitorage hémodynamique
en réanimation pédiatrique
Introduction
L’activité quotidienne en unité de réanimation pédiatrique (URP) est indis-
sociable de l’évaluation hémodynamique des patients. Les maladies et leurs trai-
tements impliquent une appréciation très précise du statut hémodynamique
des enfants hospitalisés. Les informations recueillies par le simple examen cli-
nique (fréquence cardiaque FC, pression artérielle PA, coloration cutanée, etc.)
constituent le socle de toutes les évaluations ultérieures. Il faut considérer que
les résultats des évaluations hémodynamiques réalisées ne sont qu’une contri-
bution dans la prise en charge du patient et qu’il est nécessaire de les inclure
dans une évaluation plus globale, clinique et paraclinique. La volonté de déve-
lopper une prise en charge la moins invasive possible des patients en URP est
un souci constant. La surveillance hémodynamique, a fortiori si elle est invasive,
doit sans cesse mettre en balance le bénéfice et le risque d’entreprendre cette
technique chez un patient fragile. Les patients en URP ne requièrent pas tous
une évaluation hémodynamique invasive. Cette dernière ne peut se résumer à
la seule observation du débit cardiaque (DC) ou du remplissage (cf. figure 1,
chapitre « Choc cardiogénique »). De plus, certaines situations, néonatales en
Rappels physiopathologiques
sur l’hémodynamique pédiatrique [1]
Transition de la naissance
La période néonatale correspond à une transition cardiocirculatoire specta-
culaire. La circulation en parallèle du fœtus se transforme en quelques jours en
circulation en série avec quatre modifications radicales :
• diminution majeure des résistances vasculaires pulmonaires (RVP) lors du
passage de la vie liquidienne à la vie aérienne par augmentation de la pres-
sion partielle en oxygène (O2), expansion alvéolaire et production endogène
de substances chimiques (bradykinine, prostaglandines E1 et E2, prosta-
cycline et monoxyde d’azote) ;
• augmentation des résistances vasculaires systémiques (RVS) lors du clam-
page du cordon ;
• fermeture du ductus arteriosus (canal artériel) dans les premières heures ou
premiers jours de vie, assurant le passage à une circulation en série ;
• augmentation de la consommation en O2, avec augmentation importante
du débit cardiaque, augmentation du travail du VG, tandis que le travail du
ventricule droit (VD) diminue de 30 %.
Croissance cardiaque
Les deux ventricules vont se modifier de manière très différente durant la
première année de vie. Le VG va se muscler, son poids multiplier par 10, ce qui
lui permettra de faire face à de fortes pressions. Le VD va développer essentiel-
lement des capacités de compliance pour limiter l’hyperpression du système
cave.
Monitorage hémodynamique en réanimation pédiatrique 111
Tableau I (suite)
Évaluation de la macrocirculation
Outils d’évaluation non invasifs
Cette dernière méthode est aujourd’hui la plus utilisée parmi les méthodes
non invasives dans les URP. En pléthysmographie, la mesure se fait avec un
brassard adapté à la taille de l’enfant. Cette technique validée quel que soit
l’âge de l’enfant peut poser des problèmes durant la période néonatale [1].
Chez l’enfant plus grand, la nécessité d’un matériel adapté est indispensable.
Les auteurs d’une étude comparant trois méthodes de choix de taille de bras-
sard pour le membre supérieur (40 % de la circonférence du bras versus 2/3
de la longueur du bras versus ¾ de la longueur du bras) préconisent de dis-
poser d’un brassard dont la longueur correspond à 40 % de la circonférence
du bras [4]. Cette formule permet une évaluation correcte de la PA systolique
mais sous-estime la valeur diastolique. Les tailles des brassards sont limitées
et ne permettent pas toujours de répondre à l’exigence de cette formule. Le
siège de la mesure est aussi important (membre supérieur ou inférieur). La
pertinence de cette mesure non invasive de la PA est remise en question dans
les situations d’hypotension artérielle ou de vasconstriction, dans lesquelles la
mesure invasive est nécessaire pour obtenir une valeur fiable [5]. L’agitation
de l’enfant limite aussi l’utilisation de cette technique et il n’est pas rare de ne
pas pouvoir obtenir de valeur de pression artérielle chez les enfants non com-
pliants. Chez le nouveau-né, une PA non invasive difficile à mesurer (parfois
mis sur le compte du matériel) tandis que la courbe de mesure de saturation
en O2 est irrégulière, est une situation à haut risque et peut traduire un état
de défaillance hémodynamique.
Comme nous l’avons dit précédemment, il est indispensable de rattacher la
valeur mesurée à l’état clinique (aspect septique, saturation en O2, temps de
recoloration cutané, FC, état de conscience, diurèse, etc.) et biologique de l’en-
fant (pH, lactate). Enfin, l’utilisation d’inotropes et d’amines vasopressives font
discuter la mise en place d’un monitorage invasif de la PA [6].
Les valeurs normales en fonction de l’âge de la PA sont rappelées dans le
tableau IV du chapitre « Choc cardiogénique » dans cet ouvrage.
Signal Doppler
Vélocité
Vélocité aortique
aortique (cm.s(cm.s
–1
) )
–1
Temps(s)
Temps(s)
ITV
V S
DAo : diamètre aortique
Fig. 1 – Principe du calcul du volume d’éjection systolique à partir des vélocités aortiques avec
le Doppler œsophagien [7]. L’aire sous la courbe du spectre Doppler représente la distance
parcourue par les hématies durant l’éjection ventriculaire. En partant du principe que toutes
les hématies se déplacent à la même vitesse (flux plat) et que la surface de section aortique
soit constante pendant la systole, alors le volume d’éjection systolique dans l’aorte thoracique
descendante est égal au produit de l’intégrale temps-vitesse (ITV) par la surface de section de
l’aorte (S).
116 Réanimation pédiatrique
Hypovolémie Augmentation
de la précharge
Remplissage
A B
Augmentation
Altération ventriculaire de la contractilité
gauche
Inotrope
C D
Diminution
Augmentation des de la précharge
résistances vasculaires
systémiques
Vasodilatateur
E F
Fig. 2 – Aspect typique des spectres Doppler selon l’altération hémodynamique rencontrée [13,
14].
A : hypovolémie avec un pic conservé mais une base réduite et une intégrale temps-vitesse
(ITV) diminuée. B : on observe la récupération après remplissage vasculaire.
C : défaillance cardiaque gauche avec diminution de la contractilité se traduisant par une
diminution franche du pic de vélocité aortique et corrigé (D) par l’adjonction d’inotrope
améliorant la contractilité.
E : aspect typique d’augmentation des résistances vasculaires systémiques avec un empâtement
et une diminution du pic de vélocité aortique. Cet aspect se corrige (F) avec l’introduction de
vasodilatateur.
Échocardiographie
Nous ne détaillerons pas les principes fondamentaux de l’échographie car-
diaque. Si l’ETT est totalement non invasive, il n’en est pas de même pour
l’échocardiographie transœsophagienne (ETO). L’échocardiographie est une
méthode d’évaluation hémodynamique non invasive particulièrement sédui-
sante. Elle permet en effet de mesurer bien plus que le DC ou le VES. Elle
présente une approche tant morphologique que dynamique et fonctionnelle
du cœur et de son environnement. L’échocardiographie permet ainsi d’évaluer
[17] :
• les fonctions du VD et du VG et leurs interactions ;
• les surfaces télédiastoliques et télésystoliques permettant d’apprécier la volé-
mie ;
• l’aspect de la veine cave inférieure (VCI) et son remplissage ;
• l’existence de shunts intracardiaques ;
Monitorage hémodynamique en réanimation pédiatrique 119
3a
3b
chez des adultes intubés et ventilés ont exploré en ETO l’index de collapsibilité
de la VCS ([Diam max fin d’expiration – Diam mini fin d’inspiration]/Diam
max fin d’expiration) [26]. Dans cette étude, les patients ayant une valeur de
variation de plus de 36 % de cet index étaient considérés comme précharge-
dépendants (répondeurs au remplissage) avec une sensibilité de 90 % et une
spécificité de 100 %. Charron a montré qu’il existait une corrélation entre cet
index et le DeltaPP [27]. Barbier et Feissel ont exploré la variabilité de la VCI
(index de distensibilité : [Diam max fin d’inspiration – Diam mini fin d’ex-
piration]/Diam mini fin d’expiration) en fonction de la respiration en ETT
et ont respectivement défini un seuil de coupure au-delà duquel les patients
étaient précharge-dépendants à 18 % et 12 % [28, 29]. Pour Babier, le seuil de
coupure de son indice possédait une sensibilité de 90 % et une spécificité de
90 % pour définir la précharge-dépendance tandis que pour Feissel, la valeur
de 12 % de l’index de distensibilité de la VCI définissait les patients précharge-
dépendants ou non avec une valeur prédictive positive de 93 % et négative de
92 %. L’exploration de la VCI est possiblement altérée par les variations de la
pression intra-abdominale.
À la lueur des travaux récents en pédiatrie, il serait intéressant de valider ces
résultats sur une grande cohorte nationale, nombreux étant les services capables
de faire ce type de mesures.
Pléthysmographie
Cette méthode est dérivée de l’observation de la variation de la courbe
de pression artérielle sanglante au cours de la respiration, méthode permet-
tant de prédire la réponse au remplissage vasculaire du patient. Des variations
importantes de la PA entre l’inspiration et l’expiration définissent les répon-
deurs au remplissage vasculaire (sans pour autant préciser le statut volémique
des patients). Il s’agit en fait de déterminer a priori si le patient est précharge
dépendant, c’est-à-dire s’il va augmenter son VES en réponse au remplissage
vasculaire. La courbe plétysmographique de mesure de la SpO2 par l’oxymètre
de pouls permet d’obtenir le même type de renseignements chez l’adulte [29,
34, 35]. La figure 4 montre les résultats obtenus dans l’étude de Canesson et al.
[34] chez les patients adultes concernant les répondeurs et les non-répondeurs
au remplissage vasculaire. Chez le nouveau-né, nous avons vu plus haut que
la variation de la SpO2 peut témoigner précocement d’une modification de
la volémie tandis que la PA reste normale. Il convient de préciser que l’onde
générée dépend du volume sanguin tissulaire, de l’orientation des hématies
dans les vaisseaux durant la systole et la diastole et de la réflexion de l’onde dans
l’arbre artériel. Cette onde se modifie également avec l’âge du fait de la modi-
fication de la compliance [36]. La mauvaise perfusion périphérique (hypo-
thermie, vasoconstriction) altère également le signal. Les nouveaux algorithmes
de mesure de la SpO2 de plus en plus fins intégrant des corrections pour obtenir
le meilleur signal possible peuvent également masquer les informations révélées
par le signal brut. Il n’existe pas d’études permettant de valider cette technique
chez l’enfant.
ses différentes composantes ainsi que ses variations parfois rapides. L’aire sous la
courbe en systole est proportionnelle au VES. Une diminution de la pulsatilité
peut traduire une baisse de la FE. L’onde dicrote diastolique est diminuée lors
de diminution des RVS ou d’hypovolémie. L’aspect de la courbe est variable
selon le site où le cathéter est inséré (artère radiale, fémorale, axillaire, pédieuse,
tibiale postérieure), selon les caractéristiques circulatoires du lit d’aval, de l’im-
pédance du système artériel et de la FC, mais aussi en fonction de la ventilation
assistée qui modifie l’état de précharge du VG. Cette mesure diffère souvent de
la mesure de la pression artérielle non invasive du fait de la méthode mais aussi
du caractère plus souvent proximal des brassards comparativement à la position
du cathéter. La PA systolique est plus élevée en pédieux qu’en radial notamment.
Il n’existe en revanche pas de différence de mesure entre un cathéter inséré dans
l’artère fémorale ou radiale chez l’adulte [43]. On préfèrera cependant chez
l’enfant la voie radiale du fait de l’existence d’un réseau de suppléance (arcade
palmaire) en cas de thrombus ou de spasme artériel même si la validité du test
d’Allen n’est pas univoque. L’indication d’un cathéter artériel est la possibilité
de surveiller un enfant instable, notamment lorsqu’il reçoit des inotropes ou des
vasopresseurs. La surveillance per- et postopératoire d’une chirurgie cardiaque
ou d’une chirurgie potentiellement hémorragique ou prolongée nécessite un
monitorage hémodynamique avec une mesure de la PA sanglante. Cette mesure
de la PA est la méthode de référence chez l’enfant.
Thermodilution
(En association avec l’analyse de l’onde de pouls : PICCO™/LiDCO™)
La mesure du DC par thermodilution a été initialement développée chez
l’adulte (cf. infra) et réalisée grâce à un cathéter artériel pulmonaire (Pulmo-
nary Arterial ThermoDilution : PATD). La mise en place de cathéters artériels
pulmonaires est de plus en plus exceptionnelle chez l’enfant. Des méthodes ont
été développées pour mesurer par thermodilution le DC avec un cathéter vei-
neux central et un cathéter artériel. Cette méthode est aujourd’hui considérée
comme le gold standard pour la mesure du DC chez l’enfant grâce à des études
chez l’animal [46] et chez l’enfant [47, 48]. Il existe deux méthodes pour mesu-
rer le DC par dilution transpulmonaire d’un indicateur (TransPulmonary Ther-
moDilution : TPTD) : thermodilution + Pulse Contour : système PICCOTM
(Pulsion Medical Systems, Munich, Allemagne) et thermodilution + PulseCO :
système LiDCOTM (LiDCO Ltd, Cambridge, Royaume-Uni). Dans le sys-
tème PICCOTM, l’indicateur est une solution froide (saline ou dextrose, 13 °C
en dessous de la température corporelle, souvent proche de 0 °C en pratique),
injectée via le cathéter central (sous-clavier ou jugulaire interne) et captée par
une thermistance au niveau d’un cathéter artériel dans le territoire fémoral.
Ce capteur mesure la variation de température au fil du temps. C’est l’analyse
(intégration) de l’aire sous la courbe d’évolution de la température en fonction
du temps, grâce à une équation modifiée de Stewart-Hamilton qui permet de
mesurer le DC. Cette méthode à l’avantage d’être facile à mettre en œuvre dans
la mesure où les patients les plus instables ont souvent un cathéter artériel et un
cathéter veineux central. Elle nécessite cependant des recalibrations fréquentes,
n’apparentant pas cette technique à une mesure continue. Avec le système LiD-
COTM, l’indicateur est du chlorure de lithium et présente l’avantage de pou-
voir être administré par une voie veineuse périphérique, le signal de l’indicateur
étant lui-même récupéré par un capteur sur un cathéter artériel radial [49].
Il existe une bonne corrélation de la mesure du DC avec ces méthodes et celle
réalisée par thermodilution conventionnelle (PATD) [47] ou par la méthode de
128 Réanimation pédiatrique
Fick [48]. Chez l’animal, Lemson a mis en évidence une forte corrélation entre
les mesures effectuées par le système et les mesures effectuées par une sonde
aortique lors de l’utilisation de dobutamine, d’hypovolémie et de surcharge
hydrique [46]. La mesure du DC par ce système a été comparée à la mesure
par la PATD [49] mais aussi avec le système PICCOTM [50] avec d’excellentes
corrélations.
afin d’estimer la compliance de son réseau artériel. L’analyse est réalisée directe-
ment grâce à un logiciel informatique (algorithme). Ces techniques présentent
l’avantage de ne pas nécessiter de calibration (contrairement au PICCOTM et
la thermodilution). Les avis dans la littérature ne sont pas univoques. Certains
auteurs ne valident pas la technique FloTrac™ chez l’adulte estimant qu’elle
sous-estime le DC par rapport au gold standard (thermodilution convention-
nelle par cathéter de Swan-Ganz® ou système PICCOTM) [54] ou que le pour-
centage d’erreur n’est pas acceptable [55] là encore par rapport au gold standard.
Chez l’enfant, une étude récente de Calamendrei [52] observe une bonne corré-
lation entre la méthode PRAM et l’échocardiographie Doppler pour la mesure
du DC (le pourcentage d’erreur entre les deux techniques est toutefois estimé
à 21 %). Cette étude se heurte à une difficulté majeure : l’échocardiographie
Doppler ne constitue pas le gold standard pour la mesure du DC chez l’enfant.
Théoriquement, cette méthode présente l’avantage de mesurer le DC de façon
continue et en temps réel mais ne peut être recommandée pour l’instant.
Évaluation de la microcirculation
et des circulations régionales
La microcirculation est constituée du réseau de petits vaisseaux (capillaires,
artérioles, veinules) dont la surface endothéliale globale représente plus de
0,5 km2. Sa fonction essentielle est l’apport en O2 aux tissus. C’est la raison
pour laquelle, la prise en considération de l’intégrité anatomique et fonction-
nelle de la microcirculation dans l’évaluation hémodynamique globale est
indispensable dans toutes les situations où la perfusion d’organe est défaillante.
Cette notion est d’autant plus importante que certains facteurs de régulation de
la microcirculation sont indépendants de la macrocirculation. Autrement dit,
la normalisation des paramètres macrocirculatoires dans des situations graves
(comme le choc par exemple) n’implique pas forcément que les paramètres
microcirculatoires soient normalisés. Par ailleurs, l’exploration microcircula-
toire permet d’évaluer l’hétérogénéité de ce territoire, marqueur de la gravité
de l’atteinte tissulaire.
Lactate sanguin
La valeur de la mesure du lactate sanguin est un des objectifs de la prise
en charge du sepsis chez l’enfant comme chez l’adulte [22]. Le lactate est le
témoin de la glycolyse anaérobie, expression tissulaire de l’hypoxie dans le cadre
d’une défaillance circulatoire. Depuis longtemps, ce paramètre biologique est
considéré comme un facteur prédictif de mortalité dans le sepsis de l’enfant.
En 1997, Duke et al. ont montré chez 31 enfants de manière prospective une
valeur prédictive de survie de 84 et 86 % pour des valeurs de lactate chez l’en-
fant septique inférieure à 3 mmol/L respectivement à 12 h et 24 h après l’ad-
132 Réanimation pédiatrique
NIRS [58-61]
Le Near Infrared Spectroscopy est une méthode non invasive qui permet
d’évaluer la saturation tissulaire en O2 (fig. 5). Elle repose sur la mesure
de la capacité différente qu’ont l’hémoglobine oxygénée et l’hémoglobine
déoxygénée à absorber la lumière de proche infrarouge (700-1 000 nm). De
plus, le signal de NIRS est limité aux vaisseaux de diamètre inférieur à 1 mm
(artériole, veinules, capillaires) ; il est donc plus logique de parler de mesure
de l’oxygénation microcirculatoire [61]. La profondeur d’exploration de ce
type de technique est de quelques centimètres selon les types de capteurs et
l’espacement entre émetteur et récepteur. La valeur normale de la satura-
tion tissulaire en O2 qui dépend de l’organe exploré et de son métabolisme
propre, est la résultante entre l’apport et la consommation d’O2. La satura-
tion tissulaire cérébrale en O2 est autour de 60 % (extraction importante
de l’O2), tandis que la saturation tissulaire rénale en O2 est aux environs de
90 % (extraction de l’O2 sous dépendance du débit aortique). Actuellement,
deux firmes ont reçu l’aval de la FDA (Food and Drug Administration) pour
commercialiser leur matériel de mesure par la technique NIRS : l’INVOS
cerebral oxymeter (Somanetics Corporation, Troy, MI) et le FORE-SIGHT
Absolute Cerebral Oxymeter (CAS Medical Systems, Inc. Brandford, CT). Les
études principales se sont intéressées surtout à l’exploration de la NIRS céré-
brale mais il est possible de poser des capteurs au niveau abdominal, rénal
ou musculaire. Cette technique chez les enfants instables en réanimation
pédiatrique a surtout été utilisée en chirurgie cardiaque (per- et postopé-
ratoire). Elle est considérée par certains auteurs comme un moyen indirect
d’apprécier la saturation veineuse continue en O2 (ScvO2) dans le territoire
cave supérieur [60]. Dans ce travail, les auteurs précisent que la NIRS ne
peut se substituer à la mesure de la ScvO2 mais que le sens de variation est le
même, qu’il s’agisse de la mesure cérébrale ou rénale [60]. Plus récemment,
Chakraverti et al. ont montré l’intérêt de mesurer la saturation tissulaire
dans différentes régions (multisites) pour évaluer le risque de bas DC en pos-
Monitorage hémodynamique en réanimation pédiatrique 133
Fig. 5 – Principe de la mesure par Near InfraRed Spectroscopy (NIRS) type INVOS cerebral
oxymeter (Somanetics Corporation, Troy, MI). Le capteur dispose d’une diode émettrice et
de deux diodes réceptrices. Deux faisceaux, un superficiel et un profond, traversent les tissus
à une profondeur maximale de 1 à 2 cm (volume d’exploration de 10 mL). La soustraction
des signaux superficiels et profonds permet d’éliminer le bruit de fond généré par les tissus
superficiels. Le logiciel détermine le rapport désoxyHémoglobineb/oxyHémoglobine et
détermine la saturation tissulaire en O2 (rSO2) de l’organe exploré.
Capnographie sublinguale
Cette méthode a été évaluée dans la population adulte. Il s’agit de mesurer
la pression partielle en CO2 dans des zones de bas débit lors d’altération de l’hé-
modynamique des patients, en condition de choc septique par exemple [62]. Le
capteur de CO2 est disposé entre la langue et la muqueuse sublinguale. Le CO2
diffuse à travers la membrane semi-perméable du capteur dans une solution
fluorescente colorée. L’intensité lumineuse, proportionnelle au taux de CO2,
est transformée en valeur numérique. Des expériences chez le rat ont mis en
évidence une corrélation positive entre la valeur de la PCO2 sublinguale et les
marqueurs habituels de l’hypoperfusion tissulaire (pression artérielle moyenne,
lactate sanguin et index cardiaque). Cette méthode simple, facilement repro-
ductible et permettant une mesure continue pourrait être un outil intéressant
dans l’évaluation de la sévérité du choc et de l’altération de la microcirculation
induite par le sepsis [63].
ont comparé la valeur continue mesurée et les valeurs ponctuelles prélevées par
la voie distale du cathéter : préopératoire r2 0,93 p < 0,001 ; per opératoire r2
0,93 p < 0,001). La mesure de la ScvO2 fait partie des objectifs fixés par la Survi-
ving Sepsis Campain (valeur supérieure à 70 %). Récemment, De Oliveira [68]
a montré que, parmi les enfants ayant un sepsis, la prise en considération d’un
objectif de ScvO2 > 70 % dans la prise en charge améliorait le pronostic (mor-
talité). Cette étude cependant possède possiblement des biais de recrutement.
D’autres méthodes d’exploration de la microcirculation existent (vidéocapilla-
roscopie unguéale, microvidéoscopie directe [OPS et SDF] notamment sublin-
guale, méthodes Doppler-laser sur petits volumes, techniques échographiques
de mesure de la perfusion myocardique) mais ne constituent pas aujourd’hui
des outils à la disposition des cliniciens de façon quotidienne [69].
Conclusion
« Un outil de monitorage est cliniquement indiqué quand il a la capacité de
détecter des anomalies ou des changements dans l’état physiologique du patient et
quand il peut aider à guider la thérapeutique. » Cette phrase de D.J. Pierson
dans Principles and Practice of Intensive Care Monitoring résume parfaitement le
sens de l’utilisation d’une méthode de surveillance. Il précise par ailleurs dans le
même ouvrage : « la probabilité de survenue des anomalies ou changements recher-
chés doit être suffisante pour justifier l’inconfort, le travail et le surcoût engendrés
par l’outil de monitorage ».
Le tableau III résume les avantages et les inconvénients des différents outils
d’évaluation hémodynamique non invasifs évoqués dans ce chapitre. La prise
en charge des patients « lourds » de réanimation doit limiter la iatrogénie. Les
méthodes invasives de monitorage hémodynamique (DC par thermodilution
transpulmonaire, mesure invasive de la PA, de la PVC, mesure de la ScvO2)
sont des outils incontournables pour évaluer avec précision le statut circulatoire
des patients les plus instables (choc décompensé, défaillance multiviscérale,
syndrome de détresse respiratoire aigu) pour deux raisons : les informations
apportées par ces outils sont fondamentales pour la prise en charge et la balance
bénéfice-risque à utiliser ces techniques est très fortement en faveur du béné-
fice. En dehors de ces situations, privilégier le monitorage non invasif doit être
un objectif constant des praticiens autours des patients en URP. L’ETT est
la méthode d’évaluation qui se rapproche le plus des objectifs fixés par She-
pard [2]. On lui reprochera son coût et le caractère discontinu du monitorage
mais tant dans le diagnostic que dans la surveillance, elle n’a pas d’égal parmi
les outils non invasifs d’évaluation hémodynamique. La qualité et la quantité
d’informations données par cet outil en font une méthode incontournable
d’exploration des patients en URP ou en surveillance continue. L’apprentissage
des fonctions permettant l’évaluation de la contractilité et du remplissage car-
diaque, du remplissage vasculaire et de la réponse aux traitements entrepris est
relativement aisé. On pourra regretter en France l’absence de formation spéci-
Tableau III – Avantages et inconvénients des différentes techniques d’évaluation hémodynamique non invasives.
Échocardiographie Facilité relative d’apprentissage (ETT) ; fiabilité, Invasivité potentielle pour l’ETO, Opérateur dépendance et
transthoracique (ETT), et approche étiologique ; paramètres observés et reproductibilité (variation de 1 à 20 %)
transœsophagienne (ETO) mesurés ; outil diagnostique et de surveillance Coût et disponibilité
Bioimpédance thoracique Facilité d’apprentissage, reproductibilité, non- Fiabilité ; absence d’études probantes chez l’enfant, pas
invasivité totale, faible coût d’approche étiologique du problème rencontré
Plétysmographie Facilité d’apprentissage, non-invasivité (nouveau-né : Fiabilité, pas d’études probantes chez l’enfant ; difficultés
brûlures), mesure en continu, faible coût, outil de mesure (vasoconstriction, hypothermie) ; pas d’approche
d’évaluation de la réponse au remplissage vasculaire étiologique du problème rencontré
Capnographie sublinguale Facilité d’apprentissage, mesure en continu, Matériel de mesure ; pas de valeur de référence ; pas d’études
reproductibilité, outil d’évaluation précoce de probantes chez l’enfant; pas d’approche étiologique du problème
l’altération de la microcirculation rencontré
Near Infrared Spectroscopy Mesure en continu, même sans débit pulsé ; facilité Manque de preuve de son utilité dans le monitorage des patients
(NIRS) d’utilisation ; évaluation de la microcirculation instables ; difficultés d’interprétation selon l’état local ; pas de
valeur de référence ; coût du consommable ; pas d’approche
étiologique du problème rencontré
Ultrasound Cardiac Output Facilité d’apprentissage, mesure en direct ; mobilité Opérateur dépendance et reproductibilité ; estimation des
Monitoring (USCOM) de l’appareil surfaces vasculaires ; pas de référence pour les patients instables ;
pas d’approche étiologique du problème rencontré
Monitorage hémodynamique en réanimation pédiatrique 137
Doppler œsophagien
he
ct
ScvO2, KT artériel
hé
ra
pe
Lactate, pH sanguin
ut
iq
ue
KTAP
PICCOTM
Références
1. Chantepie A, Gold F (2000) Physiologie et pathologie circulatoires. In : Masson (ed) Fœtus
et nouveau-né de faible poids, Paris, p 63-83
2. Shephard JN, Brecker SJ, Evans TW (1994) Bedside assessment of myocardial performance
in the critically ill. Intensive Care Med 20: 513-21
3. Davis P, Turner-Gomes S, Cunningham K, et al. (1995) Precision and accuracy of clinical
and radiological signs in premature infants at risk of patent ductus arteriosus. Arch Pediatr
Adolesc Med 149: 1136-41
138 Réanimation pédiatrique
4. Clark JA, Lieh-Lai MW, Sarnaik A, Mattoo TK (2002) Discrepancies between direct and
indirect blood pressure measurements using various recommendations for arm cuff selection.
Pediatrics 110: 920-3
5. Dannevig I, Dale HC, Liestol K, Lindemann R (2005) Blood pressure in the neonate: three
non-invasive oscillometric pressure monitors compared with invasively measured blood pres-
sure. Acta Paediatr 94: 191-6
6. Halley GC, Tibby S (2008) Hemodynamic monitoring. In: Wilkins LW (ed) Roger’s text-
book of pediatric intensive care, Philadelphia, p 1039-63
7. Berton C, Cholley B (2002) Equipment review: new techniques for cardiac output
measurement--oesophageal Doppler, Fick principle using carbon dioxide, and pulse contour
analysis. Crit Care 6: 216-21
8. Chatti R, Cholley B (2007) Les nouvelles techniques de monitorage du débit cardiaque :
gadgets ou avancées réelles. Réanimation 16: 156-62
9. Dumans-Nizard V, Nizard J, Payen D, Cholley BP (2006) Redistribution of cardiac output
during hemorrhagic shock in sheep. Crit Care Med 34: 1147-51
10. Dark PM, Singer M (2004) The validity of trans-esophageal Doppler ultrasonography as a
measure of cardiac output in critically ill adults. Intensive Care Med 30: 2060-6
11. Rivers E, Nguyen B, Havstad S, et al. (2001) Early goal-directed therapy in the treatment of
severe sepsis and septic shock. N Engl J Med 345: 1368-77
12. Tibby SM, Hatherill M, Durward A, Murdoch IA (2001) Are transoesophageal Doppler
parameters a reliable guide to paediatric haemodynamic status and fluid management? Inten-
sive Care Med 27: 201-5
13. Singer M, Allen MJ, Webb AR, Bennett ED (1991) Effects of alterations in left ventricular
filling, contractility, and systemic vascular resistance on the ascending aortic blood velocity
waveform of normal subjects. Crit Care Med 19: 1138-45
14. Hett DA, Jonas MM (2004) Non-invasive cardiac output monitoring. Intensive Crit Care
Nurs 20: 103-8
15. Wodey E (2006) Débit cardiaque chez l’enfant. Faut-il le mesurer et comment ? Arch Pediatr
13: 806-9
16. Botte A, Leclerc F, Riou Y, et al. (2006) Evaluation of a noninvasive cardiac output monitor
in mechanically ventilated children. Pediatr Crit Care Med 7: 231-6
17. Beaulieu Y (2007) Bedside echocardiography in the assessment of the critically ill. Crit Care
Med 35: S235-49
18. Frommelt PC (2005) Update on pediatric echocardiography. Curr Opin Pediatr 17: 579-85
19. Chew MS, Poelaert J (2003) Accuracy and repeatability of pediatric cardiac output mea-
surement using Doppler: 20-year review of the literature. Intensive Care Med 29: 1889-94
20. Liet JM, Romefort B, Joram N, Dejode JM (2010) Évaluation hémodynamique non invasive
en réanimation pédiatrique. Ann Fr Anesth Reanim 29: 660-1
21. Courand JA, Marshall J, Chang Y, King ME (2001) Clinical applications of wall-stress ana-
lysis in the pediatric intensive care unit. Crit Care Med 29: 526-33
22. Dellinger RP, Levy MM, Carlet JM, et al. (2008) Surviving Sepsis Campaign: international
guidelines for management of severe sepsis and septic shock: 2008. Crit Care Med 36: 296-327
23. Durand P, Chevret L, Essouri S, Haas V, Devictor D (2008) Respiratory variations in aortic
blood flow predict fluid responsiveness in ventilated children. Intensive Care Med 34: 888-
94
24. Feissel M, Michard F, Mangin I, et al. (2001) Respiratory changes in aortic blood velocity
as an indicator of fluid responsiveness in ventilated patients with septic shock. Chest 119:
867-73
25. Choi DY, Kwak HJ, Park HY, et al. (2010) Respiratory Variation in Aortic Blood Flow
Velocity as a Predictor of Fluid Responsiveness in Children After Repair of Ventricular Septal
Defect. Pediatr Cardiol 31(8): 1166-70
Monitorage hémodynamique en réanimation pédiatrique 139
26. Vieillard-Baron A, Chergui K, Rabiller A, et al. (2004) Superior vena caval collapsibility as a
gauge of volume status in ventilated septic patients. Intensive Care Med 30: 1734-9
27. Charron C, Caille V, Jardin F, Vieillard-Baron A (2006) Echocardiographic measurement of
fluid responsiveness. Curr Opin Crit Care 12: 249-54
28. Barbier C, Loubieres Y, Schmit C, et al. (2004) Respiratory changes in inferior vena cava
diameter are helpful in predicting fluid responsiveness in ventilated septic patients. Intensive
Care Med 30: 1740-6
29. Feissel M, Michard F, Faller JP, Teboul JL (2004) The respiratory variation in inferior vena
cava diameter as a guide to fluid therapy. Intensive Care Med 30: 1834-7
30. Cotter G, Moshkovitz Y, Kaluski E, et al. (2004) Accurate, noninvasive continuous monito-
ring of cardiac output by whole-body electrical bioimpedance. Chest 125: 1431-40
31. Koobi T, Kaukinen S, Turjanmaa VM, Uusitalo AJ (1997) Whole-body impedance cardio-
graphy in the measurement of cardiac output. Crit Care Med 25: 779-85
32. Imhoff M, Lehner JH, Lohlein D (2000) Noninvasive whole-body electrical bioimpedance
cardiac output and invasive thermodilution cardiac output in high-risk surgical patients. Crit
Care Med 28: 2812-8
33. Wodey E, Senhadji L, Bansard JY, et al. (2001) Impedance cardiographic waveforms in chil-
dren: Involvement in left ventricular ejection time determination during anesthesia. Pediatr
Crit Care Med 2: 250-9
34. Cannesson M, Besnard C, Durand PG, et al. (2005) Relation between respiratory variations
in pulse oximetry plethysmographic waveform amplitude and arterial pulse pressure in ven-
tilated patients. Crit Care 9: R562-8
35. Natalini G, Rosano A, Franceschetti ME, et al. (2006) Variations in arterial blood pres-
sure and photoplethysmography during mechanical ventilation. Anesth Analg 103:
1182-8
36. McMorrow RC, Mythen MG (2006) Pulse oximetry. Curr Opin Crit Care 12: 269-71
37. Hofhuizen CM, Lemson J, Hemelaar AE, et al. (2010) Continuous non-invasive finger
arterial pressure monitoring reflects intra-arterial pressure changes in children undergoing
cardiac surgery. Br J Anaesth 105: 493-500
38. Nusmeier A, van der Hoeven JG, Lemson J (2010) Cardiac output monitoring in pediatric
patients. Expert Rev Med Devices 7: 503-17
39. Cattermole GN, Leung PY, Mak PS, et al. (2010) The normal ranges of cardiovascular para-
meters in children measured using the Ultrasonic Cardiac Output Monitor. Crit Care Med
38: 1875-81
40. Knirsch W, Kretschmar O, Tomaske M, et al. (2008) Cardiac output measurement in chil-
dren: comparison of the Ultrasound Cardiac Output Monitor with thermodilution cardiac
output measurement. Intensive Care Med 34: 1060-4
41. Rozé JC, Bigras JL (2007) Surveillance cardiorespiratoire. In: Masson (ed) Urgences et Soins
Intensifs Pédiatriques, p 3-33
42. Ho AM, Dion PW, Karmakar MK, Jenkins CR (2005) Accuracy of central venous pressure
monitoring during simultaneous continuous infusion through the same catheter. Anaesthe-
sia 60: 1027-30
43. Mignini MA, Piacentini E, Dubin A (2006) Peripheral arterial blood pressure monitoring
adequately tracks central arterial blood pressure in critically ill patients: an observational
study. Crit Care 10: R43
44. Michard F, Boussat S, Chemla D, et al. (2000) Relation between respiratory changes in arte-
rial pulse pressure and fluid responsiveness in septic patients with acute circulatory failure.
Am J Respir Crit Care Med 162: 134-8
45. Brierley J, Carcillo JA, Choong K, et al. (2009) Clinical practice parameters for hemodyna-
mic support of pediatric and neonatal septic shock: 2007 update from the American College
of Critical Care Medicine. Crit Care Med 37: 666-88
140 Réanimation pédiatrique
46. Lemson J, de Boode WP, Hopman JC, et al. (2008) Validation of transpulmonary thermo-
dilution cardiac output measurement in a pediatric animal model. Pediatr Crit Care Med
9: 313-9
47. Pauli C, Fakler U, Genz T, et al. (2002) Cardiac output determination in children: equiva-
lence of the transpulmonary thermodilution method to the direct Fick principle. Intensive
Care Med 28: 947-52
48. Tibby SM, Hatherill M, Marsh MJ, et al. (1997) Clinical validation of cardiac output mea-
surements using femoral artery thermodilution with direct Fick in ventilated children and
infants. Intensive Care Med 23: 987-91
49. Kim JJ, Dreyer WJ, Chang AC, et al. (2006) Arterial pulse wave analysis: An accurate means
of determining cardiac output in children. Pediatr Crit Care Med 7: 532-5
50. Skowno JJ, Broadhead M (2008) Cardiac output measurement in pediatric anesthesia. Pae-
diatr Anaesth 18: 1019-28
51. Sanchez O, Castelain V (2007) Intérêt du cathétérisme cardiaque droit en réanimation.
EMC (Elsevier Masson SAS, Paris) Pneumologie
52. Calamandrei M, Mirabile L, Muschetta S, et al. (2008) Assessment of cardiac output in
children: a comparison between the pressure recording analytical method and Doppler echo-
cardiography. Pediatr Crit Care Med 9: 310-2
53. Sakka SG, Kozieras J, Thuemer O, van Hout N (2007) Measurement of cardiac output: a
comparison between transpulmonary thermodilution and uncalibrated pulse contour analy-
sis. Br J Anaesth 99: 337-42
54. Compton FD, Zukunft B, Hoffmann C, et al. (2008) Performance of a minimally invasive
uncalibrated cardiac output monitoring system (Flotrac/Vigileo) in haemodynamically uns-
table patients. Br J Anaesth 100: 451-6
55. Biais M, Nouette-Gaulain K, Cottenceau V, et al. (2008) Cardiac output measurement in
patients undergoing liver transplantation: pulmonary artery catheter versus uncalibrated
arterial pressure waveform analysis. Anesth Analg 106: 1480-6, table of contents
56. Duke TD, Butt W, South M (1997) Predictors of mortality and multiple organ failure in
children with sepsis. Intensive Care Med 23: 684-92
57. Hatherill M, McIntyre AG, Wattie M, Murdoch IA (2000) Early hyperlactataemia in criti-
cally ill children. Intensive Care Med 26: 314-8
58. Chakravarti SB, Mittnacht AJ, Katz JC, et al. (2009) Multisite near-infrared spectroscopy
predicts elevated blood lactate level in children after cardiac surgery. J Cardiothorac Vasc
Anesth 23: 663-7
59. Kaufman J, Almodovar MC, Zuk J, Friesen RH (2008) Correlation of abdominal site near-
infrared spectroscopy with gastric tonometry in infants following surgery for congenital
heart disease. Pediatr Crit Care Med 9: 62-8
60. McQuillen PS, Nishimoto MS, Bottrell CL, et al.(2007) Regional and central venous oxygen
saturation monitoring following pediatric cardiac surgery: concordance and association with
clinical variables. Pediatr Crit Care Med 8: 154-60
61. Creteur J (2009) Monitorage de la saturation tissulaire musculaire en oxygène dans les états
de choc. Réanimation 18: 254-60
62. Lima A, Bakker J (2005) Noninvasive monitoring of peripheral perfusion. Intensive Care
Med 31: 1316-26
63. Creteur J (2006) Gastric and sublingual capnometry. Curr Opin Crit Care 12: 272-7
64. Grissom CK, Morris AH, Lanken PN, et al. (2009) Association of physical examination
with pulmonary artery catheter parameters in acute lung injury. Crit Care Med 37: 2720-6
65. Walley KR (2010) Use of Central Venous Oxygen Saturation to Guide Therapy. Am J Respir
Crit Care Med
66. Teixeira C, da Silva NB, Savi A, et al. (2010) Central venous saturation is a predictor of
reintubation in difficult-to-wean patients. Crit Care Med 38: 49-6
Monitorage hémodynamique en réanimation pédiatrique 141
67. Ranucci M, Isgro G, De La Torre T, et al. (2008) Continuous monitoring of central venous
oxygen saturation (Pediasat) in pediatric patients undergoing cardiac surgery: a validation
study of a new technology. J Cardiothorac Vasc Anesth 22: 847-52
68. de Oliveira CF, de Oliveira DS, Gottschald AF, et al. (2008) ACCM/PALS haemodynamic
support guidelines for paediatric septic shock: an outcomes comparison with and without
monitoring central venous oxygen saturation. Intensive Care Med 34: 1065-75
69. De Backer D, Ospina-Tascon G, Salgado D, et al. (2010) Monitoring the microcirculation
in the critically ill patient: current methods and future approaches. Intensive Care Med 36:
1813-25
Insuffisance rénale aiguë
et techniques d’épuration
extrarénale en réanimation
pédiatrique
Introduction
L’épuration extrarénale (ÉER) permet d’assurer la soustraction d’eau et de
solutés qui n’est pas ou plus suffisamment assurée par les reins : l’insuffisance
rénale aiguë (IRA) reste ainsi l’indication la plus ancienne, et ce, quel que soit
l’âge des patients [1]. D’autres indications pédiatriques reconnues ne seront pas
évoquées dans ce chapitre et recouvrent les maladies héréditaires du métabolisme,
les troubles ioniques menaçants, l’insuffisance cardiaque réfractaire (typiquement
Quelle que soit l’indication, l’objectif d’épuration est atteint en réalisant des
échanges de solutés de poids moléculaire variable et d’eau plasmatique (unique
solvant de l’organisme) à travers une membrane semi-perméable, placée entre
le plasma du patient d’une part et une solution liquidienne (de composition
voisine de l’eau plasmatique) d’autre part. La membrane semi-perméable, natu-
relle, est le péritoine pour la dialyse péritonéale ; elle est artificielle avec un filtre
(ou hémofiltre) de surface d’échange variable pour l’hémodialyse, l’hémofiltra-
tion et pour toutes les autres modalités de thérapies extracorporelles d’épura-
tion extrarénale continue (ÉERC).
Principes de clairance
Les méthodes d’épuration se différencient essentiellement par le mode de
transport transmembranaire qui va être mis en jeu : diffusion ou convection,
voire adsorption lorsqu’on utilise une membrane semi-perméable artificielle ou
par association de plusieurs de ces mécanismes [3, 15].
La diffusion est un transfert passif de solutés, le long d’un gradient de concen-
tration jusqu’à équilibration (du plus concentré vers le moins concentré: c’est
la clairance diffusive, également appelée conduction, qui favorise le transfert
des particules de petit poids moléculaire) (fig. 1a). C’est le principe d’épuration
utilisé dans la dialyse, optimisé par le passage d’un liquide de dialyse à contre-
courant du sang, tirant le meilleur parti de la différence de concentration entre
les deux compartiments. Lors d’un processus de diffusion, seuls les solutés sont
transférés, l’équilibre de concentration se fait à volume constant sans transfert
d’eau, ni perte de poids. La propriété de perméabilité et la surface de la mem-
brane, le débit de solution de dialyse, le débit sanguin généré par la machine
sont autant de paramètres qui vont moduler l’épuration des molécules.
L’ultrafiltration (UF) est un passage simultané de solvant et d’une partie
des solutés qu’il contient, le long d’un gradient de pression appelé pression
transmembranaire (PTM), qui existe de part et d’autre de la membrane semi-
perméable (pression positive à l’intérieur des fibres, engendrée par une pompe
de circulation du sang ; pression négative autour des fibres, engendrée par une
pompe de circulation de l’ultrafiltrat ou effluent). Ce gradient de pression
provoque le passage de l’eau plasmatique à travers la membrane, et cette eau
entraîne avec elle les petites molécules aboutissant à la formation d’un ultrafil-
trat du plasma, liquide soustrait du sang parcourant le circuit d’hémofiltration
(fig. 1, b et c). L’eau plasmatique est ainsi extraite en quantité choisie, accompa-
gnée des particules de poids moléculaire petit ou moyen (clairance convective)
en fonction de la PTM, des propriétés de perméabilité hydraulique et de la
surface de la membrane.
La convection est une UF à haut volume associée à un système de réinjec-
tion d’un soluté de substitution. L’UF, qui définit le passage d’eau secondaire
à un gradient de pression (gradient de pression osmotique vers le secteur le
plus osmolaire en dialyse péritonéale et gradient de pression hydrostatique en
ÉERC) est une méthode convective (fig. 1b), dont le seul but est la soustraction
Insuffisance rénale aiguë et techniques d’épuration extrarénale … 147
Méthodes
Accès
Retour
Dialysat
Accès
Retour
Effluent
Accès
Retour
Réinjection
(pré ou post
dilution)
Effluent
Dialysat
Accès
Retour
Réinjection
(pré ou post
dilution)
Effluent
Aspects techniques
Les premières descriptions d’ÉERC font état de circuits artérioveineux
[1], qui utilisaient la pression artérielle du patient comme pression d’entrée
dans l’hémofiltre. Ces circuits ont été progressivement délaissés au profit des
circuits veino-veineux, actuellement les plus employés car plus simples d’uti-
lisation, sécurisés, moins dépendants de l’état hémodynamique sous-jacent
du patient et engendrant moins de complications, notamment de coagulation
du circuit [17]. L’application d’ÉERC chez l’enfant remonte à une vingtaine
d’années. Elle s’est développée parallèlement à la miniaturisation des filtres et
des circuits.
152 Réanimation pédiatrique
Moniteurs
Plusieurs machines automatisées disponibles sur le marché permettent
de réaliser une ÉERC pour des patients pédiatriques (Multifiltrate de Fre-
senius™ ; Prismaflex d’Hospal-Gambro™ ; Aquarius d’Edwards LS™ ; HF
440 d’Hema-T™). Toutes sont pourvues des monitorages et des systèmes de
contrôle adaptés à une thérapie utilisant un circuit sanguin extracorporel,
exposant de ce fait à des complications potentiellement graves inhérentes à la
technique [18].
Le montage du circuit extracorporel, les réglages et les modifications des para-
mètres de l’ÉERC se font très simplement, au moyen d’écrans de contrôle
successifs, ainsi que les changements de poches de solutions ou du système
d’anticoagulation, avec des pré-alarmes d’alerte gérées par le logiciel du généra-
teur. Les capteurs de pression permettent d’anticiper la perte de charge du filtre
et le caillotage du circuit, afin de prévoir la restitution et le changement dans
des conditions optimales et si possible non urgentes.
Accès vasculaire
Les contraintes physiques de l’ÉERC (débit sanguin requis versus taille du
cathéter) vont conditionner les voies d’abord utilisables. La circulation du sang est
assurée par une pompe à sang qui rend la technique indépendante de la pression
artérielle systémique du patient, d’où l’intérêt pour les patients instables de réani-
mation qui présentent souvent des altérations hémodynamiques. Le débit sanguin
maximal reste fonction du diamètre et de la longueur du cathéter mis en place. Les
cathéters les plus gros et les plus courts possibles donnent les meilleurs résultats.
En mode veino-veineux, l’accès vasculaire est constitué soit par un seul cathéter
d’au minimum 6 Fr à double lumière coaxiale (lumière « artérielle » externe s’ou-
vrant dans la veine par plusieurs orifices latéraux où le sang est aspiré du patient
vers le circuit ; lumière « veineuse » centrale, coaxiale à la précédente et qui ramène
le sang du circuit dans la veine par un unique orifice distal) ; soit par 2 cathéters
de 5 Fr positionnés de façon à limiter le plus possible la recirculation sang épuré/
sang à épurer, afin d’améliorer les performances (branche « artérielle » la plus courte
et branche « veineuse » la plus longue ou orifice distal). La voie jugulaire interne
est principalement utilisée (jugulaire interne droite en priorité, par accès en ligne
directe à la circulation cave supérieure), suivant les contre-indications habituelles et
l’expérience de l’opérateur. La voie fémorale reste la voie d’urgence mais expose à
plus de dysfonctionnements mécaniques et plus fréquemment au phénomène de
recirculation. La veine sous-clavière doit être réfutée lorsqu’il existe une insuffisance
rénale aiguë avec risque ultérieur de pathologie néphrologique avec nécessité d’abord
vasculaire chronique (la thrombose d’une veine sous-clavière compromettant défi-
nitivement la création d’une fistule artério-veineuse homolatérale). La recirculation
est la réintroduction dans le circuit, par la voie artérielle, du sang issu de la voie
veineuse ; elle aboutit à retraiter du sang déjà épuré une première fois, aux dépens
du sang non épuré, diminuant d’autant le rendement de la technique. Plusieurs élé-
Insuffisance rénale aiguë et techniques d’épuration extrarénale … 153
Réf. : DL5/6
Hemoaccess, Hospal™ 6,5 F-10 cm 3-8 kg
Réf. : VVP 0610
Gamcath, Gambro™ 6,5 F-12,5 cm 3-8 kg
Réf. : GDK612,5P
Gamcath, Gambro™ 8 F-10 cm 8-30 kg
Réf. : GDK810P
Gamcath, Gambro™ 8 F-12,5 cm 8-30 kg
Réf. : GDK812,5P
Arrow™ 9 F-13 cm 20-30 kg
Réf. :CD-13902
Gamcath, Gambro™ 11 F-20 cm > 30 kg
Réf. : GDK1120
Mahurkar™ 8 F-15 cm 8-30 kg
Réf. :8832539003
Mahurkar™ 11,5 F-19,5 cm > 30 kg
Réf. :8813793013
Hemoaccess, Hospal™ 11,5 F-20 cm > 30 kg
Réf. : VVH 1120
Arrow™ 12 F-16 cm > 30 kg
Réf. : CV-12122-UF
154 Réanimation pédiatrique
Filtres et circuits
Les filtres utilisés sont très perméables à l’eau, aux électrolytes et aux
petites molécules (jusqu’à 20 000 Dalton de poids moléculaire), mais
imperméables aux protéines et aux éléments figurés du sang. La propriété
ou indice de perméabilité de chaque filtre pour une molécule donnée est
appelée le coefficient de tamisage. Un coefficient de tamisage égal à zéro
pour un soluté signifie que le filtre est totalement imperméable à ce soluté.
Le sang circule à l’intérieur des centaines de fibres dont les parois poreuses
constituent la membrane, où est maintenu un gradient de pression hydros-
tatique entre intérieur et extérieur de chaque fibre. Le passage des solutés
est également fonction de la taille des pores de la membrane. L’intérêt en
ÉERC est d’avoir des filtres à haute perméabilité hydraulique qui vont per-
mettre la filtration à de bas niveau de pression transmembranaire (PTM
moyenne d’environ 50 mmHg). Les membranes sont à base de composés
synthétiques et semi-synthétiques (polyaryléthersulfone [PAES], polyéther-
sulfone [PS], copolymère d’acrylonitrile [AN69], etc.). Sans recomman-
dation formelle, on privilégie les filtres les plus bio-compatibles, afin de
limiter au maximum le risque d’activation des systèmes du complément ou
des cellules pro-inflammatoires.
Il existe plusieurs types et tailles de filtres allant de 0,07 m2 à 1,9 m2. Le choix
de la surface du filtre dépend du poids de l’enfant et du type de traitement
prévu. De même, le choix de la ligne (pédiatrique ou adulte) dépend également
du poids du patient. Chaque marque commerciale de générateurs dispose de
lignes spécifiques de volumes variables. Pour garantir au patient la meilleure
tolérance hémodynamique de la séance d’épuration, il faut viser, si possible,
un volume total de circuit extracorporel < 8 à 10 voire 15 mL/kg de poids
(lignes plus hémofiltre). Les filtres ont une durée de vie variable, très liée au
caractère efficace de l’anticoagulation et doivent être changés au moins toutes
les 72 heures (tableau II).
Tableau II – Hémofiltres disponibles pour l’ÉERC. Polyaryléthersulfone (PAES),
polyéthersulfone (PS), copolymère d’acrylonitrile (AN69).
Com-
Type Type Surface Volume du set position Poids
Marque
de filtre de ligne (m2) complet (mL) mem- patient
brane
Minitech™ Minifilter Aqualine S 0,07 15 + 64 = 79 PS < 5 à 10 kg
Tableau II (suite)
Com-
Type Type Surface Volume du set position Poids
Marque
de filtre de ligne (m2) complet (mL) mem- patient
brane
Solutés en ÉERC
Les solutions de dialyse et de réinjection sont des solutions stériles de com-
position variable et contenant un tampon. L’apport de tampon est obligatoire
car une partie des tampons physiologiques de l’organisme est systématique-
ment perdue dans l’effluent, de même que le phosphore. Le liquide de substi-
tution le plus souvent utilisé est l’Hémosol B0, qui ne contient ni phosphore ni
potassium. Les apports de phosphore et de potassium doivent donc être ajustés
par adjonction dans les poches ou dans les apports du patient et étroitement
surveillés (tableau III).
156 Réanimation pédiatrique
Anticoagulation
Les anomalies de l’hémostase primaire qui accompagnent l’insuffisance
rénale vont se corriger sous ÉERC. L’anticoagulation du circuit extracorporel
va donc être une nécessité et devenir un des principaux écueils de la technique.
L’objectif est de prévenir et de limiter la formation de caillot dans le filtre
(optimisant son fonctionnement et sa durée d’utilisation) et la thrombose pré-
maturée du circuit. En dehors des contre-indications habituelles à l’héparine,
l’anticoagulation est le plus souvent systémique par héparine standard ou non
fractionnée, exposant le patient au risque hémorragique d’une héparinothé-
rapie continue.
Une méthode plus récente d’anticoagulation régionale au citrate dévelop-
pée chez les patients adultes peut être employée [19]. L’anticoagulation au
citrate est de plus en plus répandue. Elle est même devenue la méthode de
premier choix dans certains centres (CHU Sainte-Justine par exemple). Le
principe est d’anticoaguler le circuit seul, par un chélateur du calcium (le
citrate), car la forme ionisée active du calcium est indispensable à la cascade
de la coagulation ; il faut parallèlement neutraliser le citrate avant le retour
du sang vers le patient en sortie de l’hémofiltre, par une solution calcique
de concentration déterminée avec précision, grâce aux abaques établies au
préalable. Elle nécessite un protocole rigoureux afin d’éviter les complica-
tions (intoxication au citrate avec hypocalcémie, alcalose métabolique et
hypernatrémie). Le risque d’intoxication au citrate est plus élevé en cas de
dysfonction ou immaturité hépatique, un débit de citrate élevé, une admi-
nistration de grandes quantités de produits sanguins et/ou un débit d’ul-
trafiltrat faible. L’ensemble de ces conditions est fréquent chez l’enfant. Un
exemple de protocole d’anticoagulation au citrate est disponible sur le site
internet suivant : [Link]
Insuffisance rénale aiguë et techniques d’épuration extrarénale … 157
Il est enfin possible de conduire une ÉERC avec héparine à faibles doses, sans
anticoagulation continue, si celle-ci s’avère trop risquée pour le patient. La sur-
veillance permanente du circuit est nécessaire, avec un risque thrombotique
aigu majeur. La technique associée du « rinçage » régulier et intermittent par
petits volumes de sérum physiologique est controversée, car elle activerait la
coagulation dans le circuit d’ÉERC [18]. L’utilisation de la solution de réinjec-
tion en mode « prédilution » diminue la viscosité sanguine ; néanmoins, son
efficacité a été récemment remise en cause car elle modifierait les facteurs acti-
vateurs mais aussi inhibiteurs de la coagulation dans le circuit d’ÉERC [20].
D’autres modes d’anticoagulation sont utilisables, mais extrêmement peu usités
de façon courante en ÉERC pédiatrique. Ils sont listés et décrits dans une revue
récente de la littérature adulte [21].
Dialyse péritonéale
Principes de clairance et méthode
C’est une méthode encore couramment utilisée en réanimation pédiatrique,
du fait de sa grande simplicité de mise en œuvre et du peu de matériel requis.
Cette technique fiable est aussi parfaitement maîtrisée dans les services de surs-
pécialité pédiatrique [3, 6, 14]. Ce type d’épuration est réalisé de façon automa-
tisée sur cycleur, mais également de façon manuelle avec une grande simplicité
de mise en place et de fonctionnement.
Les principes de clairance en dialyse péritonéale utilisent le péritoine pour ses
capacités de membrane semi-perméable. Les échanges se font entre le dialysat
introduit dans la cavité péritonéale par le cathéter prévu à cet effet et les capil-
laires mésentériques, à travers le mésothélium. L’épuration (en électrolytes, urée
ou créatinine par exemple) se fait par diffusion grâce au gradient de concentration
ainsi créé. La soustraction en eau plasmatique c’est-à-dire la filtration du patient
(soustraction de la surcharge hydrosodée) est réalisée en utilisant un gradient
osmotique créé par l’adjonction de concentrations élevées de glucose, au lieu
d’utiliser un gradient de pression comme dans les circuits sanguins extracorporels.
Aspects techniques
Cathéter de dialyse péritonéale
Il est nécessaire pour l’injection et le drainage du dialysat et de l’ultrafiltrat.
Chaque fois que possible, on évite les cathéters « aigus » (Trocath®) posés au
lit du patient en percutané et sans tunnelisation, car ceux-ci se compliquent
souvent de fuites et de dysfonction. Il faut privilégier les cathéters en silicone
tunnélisés avec manchon en téflon (type Tenckhoff® ; Baxter™ et Fresenius™)
utilisés pour la dialyse péritonéale chronique. Il en existe trois tailles (31, 37 et
158 Réanimation pédiatrique
Cycleurs et DP manuelle
La dialyse automatisée sur cycleur est la plus fréquente actuellement. Les
cycleurs Homechoice® Baxter™ et Sleep-safe® Fresenius™ sont les plus utilisés.
Ils possèdent des lignes pédiatriques plus petites et plus courtes limitant l’espace
mort. Le cycleur est programmé pour réaliser les cycles souhaités définis par le
volume d’injection, le temps d’injection, de stase et de drainage. Les quantités
injectées et drainées sont mesurées et permettent de déterminer la quantité
d’ultrafiltrat produit (quantité drainée – quantité injectée) Des alarmes auto-
matisées préviennent des dysfonctionnements lors des cycles.
La DP peut aussi être utilisée en l’absence de cycleur, mais elle demeure alors
très consommatrice de temps, en l’absence d’alarmes et de surveillance auto-
matisée. La DP manuelle est la seule solution pour les nouveau-nés lorsque les
volumes d’injection sont inférieurs à 60 mL, les cycleurs n’étant pas adaptés à
des volumes inférieurs. Des lignes en Y pour l’injection et le drainage, munies
de burettes graduées et d’un système de réchauffage sont commercialisées pour
la DP manuelle (Baxter™ et Fresenius™).
Solutés utilisés en DP
Les solutions existent en poches de 2,5 litres, avec des concentrations de
glucose de 1,36 % et de 3,96 %. On débute par la solution la moins concentrée
permettant d’obtenir une UF suffisante dans la majorité des cas et évitant en
règle les hyperglycémies fréquentes avec le liquide le plus hypertonique. Il faut
privilégier les solutions utilisant du bicarbonate comme tampon plutôt que du
lactate. Ce point est capital chez les nouveau-nés notamment en cas de maladie
métabolique ou d’insuffisance hépatique. Le liquide contient 132 à 134 mmol
de sodium et deux ou zéro mmol/L de potassium. Il est parfois nécessaire d’en
rajouter si l’enfant garde une hypokaliémie, mais la concentration de potassium
ne doit jamais dépasser quatre mmol/litre.
Modalités de la DP
Il faut débuter par des petits volumes d’injection pour ne pas tirer sur les
sutures et risquer des fuites : 10 mL/kg en augmentant prudemment de 10 en
10 mL/kg après 48 h sans dépasser 40 à 50 mL/kg. Les cycles doivent également
être courts au début (20 à 30 minutes) puis allongés si nécessaire à 45 minutes
Insuffisance rénale aiguë et techniques d’épuration extrarénale … 159
voire 1 heure. Plus les volumes utilisés à chaque cycle sont petits, plus le temps
de stase doit être court, pour éviter de saturer le dialysat.
À l’inverse des techniques avec un circuit sanguin, on ne peut pas programmer
la perte de poids souhaitée de façon précise en DP. Elle dépend bien sûr de la
concentration en glucose, mais aussi de l’état de la membrane péritonéale de
l’enfant et reste relativement aléatoire.
Au premier branchement et pendant 48 heures, on adjoint une céphalosporine
à visée préventive dans la poche (céfazoline, céfuroxime, céfotaxime 250 mg/L).
On rajoute également 500 UI/L d’héparine tant que le liquide est sanglant pour
éviter l’obstruction du cathéter par des dépôts de fibrine. Le volume d’infusion
est variable et progressivement augmenté dans le temps, de 10 à 50 mL/kg de
poids corporel ; la durée de stase peut aller de 30 à 60 minutes.
Contre-indications et complications
La DP n’est souvent pas possible en cas de chirurgie abdominale récente ou
de problème abdominal sévère (entérocolite du nouveau-né ; atteinte digestive
grave dans le cadre d’un syndrome hémolytique et urémique). Des antécédents
de chirurgie intrapéritonéale peuvent être responsables de cloisonnement avec
échec de la technique. Chez des nouveau-nés avec une détresse respiratoire, le
remplissage de la cavité péritonéale peut précipiter la nécessité d’une ventilation
assistée, mais n’est pas forcément une contre-indication. Il n’y a pas de limite
inférieure de taille pour la DP qui peut s’adapter à des prématurés de petits
poids. La seule contre-indication absolue est la perforation d’un organe creux
ou une lésion viscérale intra-abdominale.
Les complications mécaniques ne sont pas rares. Ainsi, les fuites de liquide
extériorisées à l’orifice du cathéter ou dans la paroi (avec risque de majora-
tion d’une surcharge hydrosodée lors de la réabsorption) doivent être dépistées
rapidement. Elles doivent conduire à diminuer les volumes d’injection voire à
suspendre le traitement 12 à 24 heures. Il est parfois nécessaire de reposer le
cathéter chirurgicalement et/ou de mettre de la colle chirurgicale. La fuite de
liquide dans la plèvre est également possible, due à l’existence d’une commu-
nication secondaire entre la cavité abdominale et la plèvre. L’enfant doit être
maintenu en position assise, verticale et les volumes réduits. Si l’épanchement
est abondant et mal supporté, il faut renoncer à la technique.
Les obstructions du cathéter, le plus souvent responsables d’une gêne au drai-
nage, peuvent être dues à une frange d’épiploon, ou à un bouchon de fibrine
qui pourra être éliminé par instillation d’urokinase ou d’Actilyse®. Le dépla-
cement du cathéter sous le foie, favorisé par une torsion lors de la pose, est
souvent responsable de dysfonction.
Les complications infectieuses à type de péritonite sont plus fréquentes dans les
DP aiguës que chroniques. Elles peuvent être symptomatiques avec des dou-
leurs abdominales et de la fièvre, parfois responsables de sepsis graves. Elles
sont parfois découvertes sur un liquide trouble ou à l’examen systématique,
sans signe clinique très évident. La péritonite est définie par un liquide conte-
160 Réanimation pédiatrique
et donc très petits patients [23]. Malgré une plus faible incidence que dans la
population adulte [5], l’IRA primitive ou survenant secondairement chez des
enfants hospitalisés dans des unités de spécialité est un facteur de risque connu
de mortalité et d’une durée plus prolongée d’hospitalisation en pédiatrie [24,
25]. Elle nécessite donc une attention particulière, tant dans la surveillance de
sa survenue grâce à certains critères et indicateurs [26], que dans la gestion de
son traitement [27].
Tableau IV – Proposition d’un schéma décisionnel. L’HF reste la modalité de traitement
d’urgence chez les patients hautement instables de réanimation, relayée par la DP dans les
situations délicates liées à la particularité pédiatrique.
Conclusion
Même si elle apparaît moins fréquente en pédiatrie qu’à l’âge adulte, l’IRA
peut nécessiter le recours à une technique d’ÉER.
Les nouveaux critères de définition pRIFLE aideront sans doute à clarifier l’in-
térêt d’une mise en place précoce de ces traitements de suppléance dans les
situations particulières à la réanimation (sepsis grave, défaillance multivisce-
rale). Quoi qu’il en soit, le réanimateur doit dès à présent se placer dans une
perspective évolutive spécifique au malade pédiatrique. Il aura à choisir, parmi
les traitements de suppléance disponibles, la technique la plus appropriée en
intégrant les particularités de la voie d’abord, de l’anticoagulation et surtout
de l’expérience de l’équipe médicale et paramédicale. L’ÉERC offre une poly-
valence et une accessibilité maintenant bien adaptées à l’enfant. La DP garde
aujourd’hui encore sa place dans le traitement de l’IRA, typiquement chez le
nourrisson de moins d’un an, en raison de sa facilité de mise en place et d’utili-
sation, sous couvert du respect d’un protocole strict.
Références
1. Kramer P, Wigger W, Rieger J, et al. (1977) Arteriovenous haemofiltration: a new and simple
method for treatment of over-hydrated patients resistant to diuretics. Klin Wochenschr 55:
1121-2
2. Goldstein SL, Somers MJ, Baum MA, et al. (2005) Pediatric patients with multi-organ dys-
function syndrome receiving continuous renal replacement therapy. Kidney Int 67: 653-8
162 Réanimation pédiatrique
3. Walters S, Porter C, Brophy PD (2009) Dialysis and pediatric acute kidney injury: choice of
renal support modality. Pediatr Nephrol 24: 37-48
4. Brophy PD (2008) Renal supportive therapy for pediatric acute kidney injury in the setting
of multiorgan dysfunction syndrome/sepsis. Semin Nephrol 28: 457-69
5. Moghal NE, Brocklebank JT, Meadow SR (1998) A review of acute renal failure in children:
incidence, etiology and outcome. Clin Nephrol 49: 91-5
6. Flynn JT (2002) Choice of dialysis modality for management of pediatric acute renal failure.
Pediatr Nephrol 17: 61-9
7. Andreoli SP (2009) Acute kidney injury in children. Pediatr Nephrol 24: 253-63
8. Hui-Stickle S, Brewer ED, Goldstein SL (2005) Pediatric ARF epidemiology at a tertiary
care center from 1999 to 2001. Am J Kidney Dis 45: 96-101
9. Bagshaw SM, George C, Bellomo R (2008) A comparison of the RIFLE and AKIN criteria
for acute kidney injury in critically ill patients. Nephrol Dial Transplant 23: 1569-74
10. Bellomo R, Ronco C, Kellum JA, et al. (2004) Acute renal failure – definition, outcome
measures, animal models, fluid therapy and information technology needs: the Second Inter-
national Consensus Conference of the Acute Dialysis Quality Initiative (ADQI) Group. Crit
Care 8: R204-12
11. Akcan-Arikan A, Zappitelli M, Loftis LL, et al. (2007) Modified RIFLE criteria in critically
ill children with acute kidney injury. Kidney Int 71: 1028-35
12. Goldstein SL (2006) Pediatric acute kidney injury: it’s time for real progress. Pediatr Nephrol
21: 891-5
13. Bagshaw SM, Cruz DN, Gibney RT, Ronco C (2009) A proposed algorithm for initiation of
renal replacement therapy in adult critically ill patients. Crit Care 13: 317
14. Strazdins V, Watson AR, Harvey B (2004) Renal replacement therapy for acute renal failure
in children: European guidelines. Pediatr Nephrol 19: 199-207
15. Lacroix J (2007) Urgences et soins intensifs pédiatriques, 2e édition, CHU Sainte Justine,
Montréal.
16. Goldstein SL (2009) Overview of pediatric renal replacement therapy in acute kidney injury.
Semin Dial 22: 180-4
17. del Castillo J, Lopez-Herce J, Cidoncha E, et al. (2008) Circuit life span in critically ill
children on continuous renal replacement treatment: a prospective observational evaluation
study. Crit Care 12: R93
18. Cruz D, Bobek I, Lentini P, et al. (2009) Machines for continuous renal replacement therapy.
Semin Dial 22: 123-32
19. Morita Y, Johnson RW, Dorn RE, Hall DS (1961) Regional anticoagulation during hemo-
dialysis using citrate. Am J Med Sci 242: 32-43
20. Klingel R, Schaefer M, Schwarting A, et al. (2004) Comparative analysis of procoagula-
tory activity of haemodialysis, haemofiltration and haemodiafiltration with a polysulfone
membrane (APS) and with different modes of enoxaparin anticoagulation. Nephrol Dial
Transplant 19: 164-70
21. Sy O, Rolin N, Monchi M (2009) Anticoagulation en épuration extrarénale. Réanimation
18: 376-85
22. Bonilla-Felix M (2009) Peritoneal dialysis in the pediatric intensive care unit setting. Perit
Dial Int 29: S183-5
23. Ronco C, Garzotto F, Ricci Z (2012) [Link].E.M. (Cardio-Renal Pediatric Dialysis
Emergency Machine): evolution of continuous renal replacement therapies in infants. A
personal journey. Pediatr Nephrol 27(8): 1203-11
24. Alkandari O, Eddington KA, Hyder A, et al. (2011) Acute kidney injury is an independent
risk factor for pediatric intensive care unit mortality, longer length of stay and prolonged
mechanical ventilation in critically ill children: a two-center retrospective cohort study. Crit
Care 15(3): R146
Insuffisance rénale aiguë et techniques d’épuration extrarénale … 163
25. Schneider J, Khemani R, Grushkin C, Bart R (2010) Serum creatinine as stratified in the
RIFLE score for acute kidney injury is associated with mortality and length of stay for chil-
dren in the pediatric intensive care unit. Critical Care Medicine 38(3): 933-9
26. Herrero-Morin JD, Malaga S, Fernandez N, et al. (2007) Cystatin C and beta2-microglobulin:
markers of glomerular filtration in critically ill children. Crit Care 11(3): R59
27. Hayes LW, Oster RA, Tofil NM, et al. (2009) Outcomes of critically ill children requiring
continuous renal replacement therapy. J Crit Care 24(3): 394-400
Le syndrome de détresse
respiratoire aiguë de l’enfant :
définition, épidémiologie,
physiopathologie
et prise en charge
Introduction
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) est une défaillance res-
piratoire rapidement progressive décrite pour la première fois en 1967, par
Ashbaugh et al. [1]. Les auteurs ont identifié 12 patients, âges de 11 à 48 ans,
sans antécédent cardiorespiratoire particulier, présentant une détresse respira-
toire aiguë avec polypnée, cyanose non améliorée par l’oxygénothérapie, baisse
de la compliance pulmonaire et opacités alvéolaires diffuses à la radiographie
Définition
Définition de 1994
En 1994, la conférence de consensus américano-européenne (CCAE) a
défini le SDRA par la coexistence des quatre items suivants :
• un début aigu ;
• une altération sévère de l’oxygénation défini par un PaO2/FiO2 ≤ 200 mmHg ;
• des opacités parenchymateuses bilatérales compatibles avec un œdème pul-
monaire à la radiographie du thorax de face ; et l’absence de signe clinique
d’élévation de la pression auriculaire gauche.
Si la pression artérielle pulmonaire d’occlusion (PAPO) est mesurée, elle doit
être inférieure à 18 mmHg [4]. La CCAE propose de définir la défaillance
respiratoire aiguë comme une forme moins sévère de SDRA avec un rapport
PaO2/FiO2 compris entre 201 et 300 mmHg [4].
Cette définition a, depuis sa publication, été utilisée dans la plupart des études
épidémiologiques et essais thérapeutiques sur le SDRA car elle a trois grandes
qualités :
• elle est consensuelle et sera utilisée dans la plupart des études épidémiolo-
giques et essais thérapeutiques sur le SDRA permettant ainsi les comparai-
sons entre eux des différents travaux [2] ;
• les items requis sont facilement accessibles en pratique courante permettant
l’identification rapide des malades et la mise en route sans délai du traite-
ment adapté (18) ;
• et elle inclut les enfants [2].
En effet, pendant des années, le SDRA était improprement appelé syndrome
de détresse respiratoire « de l’adulte » [3], alors que, dès 1967, la description
d’Ashbaugh et al. [1] incluait un enfant de 11 ans prouvant que le SDRA existe
en pédiatrie.
Épidémiologie
Incidence
Chez l’adulte, une grande enquête épidémiologique réalisé par l’ARDS
Network dans une région de 5 500 km2 autour de Seattle [26] a trouvé une inci-
dence de défaillance respiratoire aiguë et de SDRA de 78,9 et 58,7 cas/100 000
habitants/an, respectivement. La fréquence augmentait avec l’âge de
16 cas/100 000/an avant 20 ans à 306 cas/100 000/an après 75 ans. Forts de ces
chiffres, les auteurs ont pu estimer le nombre de cas aux États-Unis à 190 000/
an, avec 74 500 décès et 3,6 millions de journées d’hospitalisations [26]. En
Europe, l’étude ALIVE a montré que le SDRA représentait 7 % des admissions
en réanimation et concernait 16 % des adultes ventilés artificiellement. Dans
cette série, Brun-Buisson et al. avaient inclus 463 patients dont 136 avaient à
l’admission un rapport PaO2/FiO2 entre 201 et 300 mmHg. La plupart (55 %)
de ces défaillances respiratoires aiguës ont par la suite évolué vers un SDRA
avéré [27].
Chez l’enfant, l’incidence du SDRA est moins élevé ainsi que l’a démontré
une étude épidémiologique en population réalisée sous l’égide de l’ARDS
Network [12]. Cette enquête, qui a été réalisée dans la région de Seattle, selon une
méthodologie identique à celle utilisée par Rubenfeld et al. [26], a retrouvé des
chiffres six fois moins importants que chez l’adulte : 12,8 cas/100 000 enfants/
an pour la défaillance respiratoire aiguë et 9,5 cas/100 000 enfants/an pour le
SDRA [12]. Ces chiffres ont permis à Zimmerman et al. d’estimer, pour les
États-Unis, le nombre de défaillances respiratoires à 7 700/an et le nombre
de SDRA à 5 700, le nombre de décès liés à ces pathologies à 1 400/an et
le nombre de journées d’hospitalisation en réanimation pédiatrique à 62 000/
an [12]. En Allemagne, Bindl et al. [9] retrouvaient une incidence de 5,5 cas
de SDRA/100 000 enfants/an. En Australie et Nouvelle-Zélande, Erickson et
al. [10] rapportaient une incidence de 2,95 cas/100 000 enfants/an pour la
défaillance respiratoire aiguë et de 2,6 cas/100 000 enfants/an pour le SDRA.
Dans cette étude prospective observationnelle menée dans huit services de
réanimation pédiatrique, les défaillances respiratoires et les SDRA représen-
taient 2,2 % et 1,9 % des admissions, respectivement, et causaient, directement
ou indirectement, 30 % des décès en réanimation [10]. Une prédominance
masculine était notée dans la plupart des études [9-12, 28-30] et le pourcen-
tage d’enfants ayant une maladie chronique sous-jacente variait de 21 à 70 %
(tableau II). Dans l’étude de Zimmerman et al., 54 % des admissions venaient
d’un service de chirurgie et seulement 23 % bénéficiaient d’une ventilation
mécanique à leur arrivée en réanimation [12].
Étiologies
Le SDRA se caractérise par une réponse inflammatoire aiguë non spécifique
qui peut faire suite à une agression pulmonaire directe ou indirecte (tableau III).
Tableau II – Épidémiologie du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) de l’enfant dans six études utilisant la définition de la conférence de
consensus américano-européenne [4].
Auteur (référence) Fiori [11] Curley [28] Erickson [10] Yu [30] Zimmerman [12] Hu [29]
Année de publication 2005 2006 2007 2009 2009 2010
Origine États-Unis États-Unis Australie Chine États-Unis Chine
Nombre de SDRA (n) 285 99 103 105 29 306
Âge médian (ans) 3,4 2 1,9 2 1,8 1
Sexe masculin (%) 57 52 63 58 54 70
Maladie sous-jacente (%) 70 – 32 32 28 21
Cause pulmonaire
Infection (%) 35 70 49 56 39 75
Inhalation (%) 15 11 5 – 12 –
Contusion pulmonaire (%) – – – 2 – 1
Noyade (%) 9 3 2 1 8 –
Cause extrapulmonaire
Sepsis (%)
Polytraumatisme, brûlure (%) 13 15 28 23 24 15
Circulation extracorporelle (%) – – 7 1 15 –
Autre (%) 7 – – 3 – 2
21 1 2 14 2 7
Mortalité (%) 22 24 35 61 24 42
Évolution
Chez l’adulte, le taux de mortalité varie entre 33 [27] et 48 % [34] dans les
cohortes épidémiologiques observationnelles. Les chiffres sont plus bas pour
les patients inclus dans des essais randomisés contrôlés, en raison des critères
d’exclusion de ces derniers [34]. En reprenant la mortalité au cours du temps
des patients inclus dans les études successives menées par l’ARDS Network,
Erickson et al. [35] ont noté une diminution de la mortalité de 35 % en 1996-
1997 à 26 % en 2004-2005 [35].
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 173
Physiopathologie
Polymorphisme génétique et SDRA
Les cliniciens ont, depuis de nombreuses années, observé que tous les
patients n’étaient pas égaux devant le SDRA [41]. Exposés aux mêmes facteurs
de risque, seule une minorité de patient développera un SDRA. Certains de
ces patients guériront relativement facilement, d’autres auront une évolution
défavorable et résisteront à toutes les thérapeutiques [41]. Les récents progrès
Tableau IV – Facteurs prédictifs de mortalité dans le SDRA de l’enfant.
Auteur (référence) Fiori [11] Erickson [10] Piastra [117] Arnold [105] Hu [29]
Année de publication 2005 2007 2011 2000 2010
Origine États-Unis Australie Italie États-Unis Chine
Nb de SDRA 285 103 45 124 306
174 Réanimation pédiatrique
FiO2 : fraction inspirée d’oxygène ; IO : index d’oxygénation = pression aérienne moyenne x FiO2 (%) / PaO2 (mmHg) ; PaO2 ; pression artérielle en oxygène ; PRISM :
Pediatric Risk of Morltality ; SDRA : syndrome de détresse respiratoire aiguë ; SNC : système nerveux central ; USI : unité de soins intensifs ; VNI : ventilation non invasive ;
VT : volume courant.
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 175
çant quelques heures après l’agression pulmonaire [55, 56]. Cependant, pour la
clarté de l’exposé, nous les décrirons successivement.
Phase exsudative
La phase exsudative se caractérise par une réaction inflammatoire intense
suite à une agression pulmonaire directe ou indirecte (tableau III). Cette inflam-
mation touche l’épithélium alvéolaire et l’endothélium capillaire, avec augmen-
tation de la perméabilité de la barrière alvéolo-endothéliale, évoluant dans les
formes les plus graves vers des lésions alvéolaires diffuses et une dénudation de
la membrane basale alvéolaire [5, 8]. Un œdème alvéolaire riche en protéines se
constitue, responsable d’une inactivation du surfactant, d’un effondrement de la
compliance pulmonaire [5, 8] et de la sécrétion par les macrophages alvéolaires
d’une grande quantité de cytokines pro- (TNF-α, IL-1ß, IL-6, IL-8) et anti-
inflammatoires (IL-10, antagoniste du récepteur de l’IL-1, récepteur du TNF).
Ces médiateurs de l’inflammation vont agir sur polynucléaires neutrophiles qui
vont perdre leur déformabilité, être séquestrés dans la circulation capillaire pul-
monaire, adhérer à la membrane basale endothéliale lésée et traverser la mem-
brane pour se retrouver dans l’espace alvéolaire où ils vont libérer le contenu de
leur granules : élastase, radicaux libres, métallo-protéinases défensines, platelet
activating factor (PAF) et cytokines pro-inflammatoires [57, 58]. Les polynu-
cléaires ont un rôle majeur dans cette phase exsudative mais d’authentiques
SDRA ont été décrits chez des enfants profondément neutropéniques [6].
Phase proliférative
Au cours de cette phase, l’œdème alvéolaire est résorbé par les canaux
sodiques épithéliaux, les pompes à sodium Na/K-ATPase et les aquaporines.
Les débris protéiques solubles sont résorbés par diffusion, les dépôts insolubles
étant phagocytés par les macrophages alvéolaires [5, 8]. Les cellules mésenchy-
mateuses vont envahir le versant épithélial et endothélial de la barrière, activer
l’angiogenèse et la coagulation, aboutissant à la constitution d’une matrice
extracellulaire provisoire [59]. Le succès de cette phase de récupération se
caractérise par la ré-épithélialisation alvéolaire par les pneumocytes II et leur
différenciation en pneumocytes de type I [8, 59]. L’apoptose et les métallo-
protéinases jouent un rôle majeur dans la réussite de cette phase [57].
Mécanique respiratoire
Pendant de nombreuses années, les réanimateurs ont considéré, sur la foi
des images radiographiques pulmonaires, que le SDRA était une pathologie
touchant les deux poumons de façon homogène. De nombreux travaux réalisés
surtout à l’aide de la tomodensitométrie ont démontré qu’il n’en était rien.
L’œdème alvéolaire, la condensation pulmonaire et les atélectasies prédominent
dans les zones pulmonaires dites dépendantes (de la gravité) et d’autres parties
du poumon semblent plus épargnées [60, 61]. De ces observations basées sur la
tomodensitométrie et l’interprétation des courbes pression-volume [61] est né
le concept de « poumon de bébé » popularisé par Gattinoni et al. [60]. Dans ce
concept, seule une partie du poumon reste accessible à la ventilation artificielle
(200 à 500 g dans les SDRA sévères soit l’équivalent du volume pulmonaire
d’un petit enfant). Le scanner thoracique permet une quantification des zones
pulmonaires non aérées, peu aérées, sur-distendues et d’aspect normal [60].
La quantité de tissu pulmonaire non ou peu aéré est corrélée au degré d’hy-
poxémie, la compliance pulmonaire mesurant la quantité de poumon accessible
à la ventilation mécanique. Ainsi un adulte en SDRA avec une compliance
< 20 mL/cm H2O a un volume pulmonaire résiduel (baby lung) à 20 % de
son volume pulmonaire original [60]. Suite à leurs travaux sur les effets de la
ventilation en décubitus ventral, Gattinoni et al. [60] ont remplacé le concept
de « poumon de bébé » par le concept de « poumon éponge » et montré que
la non-aération d’une partie des zones pulmonaires dépendantes était liée à
un collapsus des alvéoles « écrasées » par le poids du poumon œdématié et du
cœur. Le positionnement en décubitus ventral entraînait, au scanner, une redis-
tribution des zones pulmonaires de haute densité [60].
Les études sur la courbe pression-volume dans le SDRA (fig. 1) sont venues
compléter ces données [62]. Celle-ci est enregistrée lors d’une ventilation volu-
métrique à débit lent sur un malade en décubitus dorsal suffisamment sédaté,
le ballonnet de la sonde d’intubation suffisamment gonflé pour éviter les fuites.
178 Réanimation pédiatrique
Fig. 1 – Courbe pression-volume caractérisée par deux points d’inflexion : le point d’inflexion
inférieur (A), pression à partir de laquelle les alvéoles sont recrutées, est utilisé pour régler la
pression expiratoire positive (PEP) en ventilation mécanique et le point d’inflexion supérieur
(B), pression à partir de laquelle le poumon est sur-distendu.
Diagnostic
Clinique
Les signes cliniques de SDRA n’ont pas changé depuis la description prin-
ceps d’Ashbaugh et al. [1]. Ce sont ceux d’une grande détresse respiratoire qui
survient de façon aiguë et s’aggrave rapidement, associant polypnée, signes de
lutte et cyanose majeure qui persiste sous oxygène [1, 5, 8]. Ces signes cliniques
évocateurs peuvent survenir chez un enfant déjà hospitalisé en réanimation et
présentant une ou plusieurs pathologies potentiellement à l’origine d’un SDRA
(tableau III). Les signes de la maladie causale (fièvre, toux, tachycardie, galop,
hypotension, somnolence…) viennent s’ajouter au tableau clinique et c’est
la surveillance régulière de la gazométrie artérielle qui permettra de poser le
diagnostic et de débuter la ventilation artificielle protectrice. Chez le malade
ventilé artificiellement, plusieurs index permettent de suivre l’évolution du
SDRA (tableau V).
Tableau V – Principaux index utilisés dans la surveillance de la ventilation mécanique [21].
Index Définition
PaO2 / FiO2 Rapport entre la PaO2 (mmHg) et la FiO2
Index d’oxygénation (Pression aérienne moyenne x FiO2 x 100) / PaO2 (mmHg)
Index de ventilation (PaCO2 (mmHg) x PIP (cm H2O) x fréquence respiratoire) / 1 000
P (A-a) O2 ((Pression barométrique – 47) x FiO2) – (PaCO2 + PaO2 en mmHg)
FiO2 : fraction d’oxygène inspiré ; PaCO2 : pression artérielle en gaz carbonique ; PaO2 : pression artérielle
en oxygène ; P (A-a) O2 : différence alvéolo-artérielle en oxygène ; PEP : pression expiratoire positive ; PIP :
pression inspiratoire positive.
La situation peut être plus délicate lorsque la gazométrie artérielle ne peut pas
être obtenue. Dans ce cas, le calcul du rapport SpO2/FiO2 a été proposé en
première approximation, quand la SpO2 est comprise entre 80 et 97 % [65],
pour dépister précocement une défaillance respiratoire et transférer rapide-
ment le malade dans un service spécialisé. Rice et al. [65] ont effectué plus de
4 500 mesures couplées des rapports PaO2/FiO2 et SpO2/FiO2, chez des adultes
inclus dans deux essais randomisés contrôlés menés par l’ARDS Network. Les
auteurs ont montré une correspondance permettant d’identifier les malades
ayant une défaillance respiratoire ou un SDRA avec une sensibilité et une spé-
cificité de 85 %. Des rapports PaO2/FiO2 a 300 et 200 mmHg correspondaient
à des rapports SpO2/FiO2 à 315 et 235 [65]. Deux études pédiatriques ont
confirmé ces résultats [66, 67] avec des performances diagnostiques un peu
inférieures, sans doute en raison de la présence dans les populations étudiées
de nourrissons chez qui persiste une hémoglobine F plus affine pour l’oxygène
que l’hémoglobine A.
180 Réanimation pédiatrique
Imagerie
Radiographie du thorax
La radiographie du thorax est requise par la définition du SDRA [4, 16].
L’image typique est celle d’opacités alvéolaires bilatérales évocatrices d’œdème
pulmonaire [68]. Au début de l’évolution, l’infiltrat peut être modéré et inho-
mogène, rendant le diagnostic difficile [68-70]. Ainsi, Angouvant et al. ont
évalué la variabilité inter-observateur de la lecture de la radiographie du thorax
à l’admission en réanimation de 24 enfants ayant un SDRA de cause variable
[68]. Cinq radio-pédiatres et cinq réanimateurs se prononçaient sur l’existence
ou non d’un aspect radiographique compatible avec un SDRA sur le premier
cliché réalisé à l’admission en réanimation chez 24 enfants ayant un SDRA et
15 enfants témoins. Le coefficient de concordance kappa était aussi mauvais
(0,29 ± 0,02) entre les radiologues qu’entre les réanimateurs pédiatriques [68].
Scanner thoracique
Le scanner thoracique a permis des progrès importants dans la compréhen-
sion de la mécanique respiratoire au cours du SDRA [69]. Quatre types d’ano-
malies pulmonaires peuvent être vus à la phase aiguë de la maladie : les images
en verre dépoli, les foyers de condensation, l’épaississement des septums inter-
lobulaires et les kystes. Une analyse quantitative des densités permet d’identifier
les zones de poumons encore accessibles à la ventilation mécanique [69, 70].
À un stade plus avancé de la maladie, il peut mettre en évidence des opacités
réticulaires en faveur d’une évolution vers la fibrose [70]. Néanmoins, l’intérêt
d’un scanner thoracique systématique dans le SDRA n’a jamais été démontré et
son principal inconvénient est la nécessité de transporter l’enfant en dehors de
la réanimation [70].
Échographie pleuro-pulmonaire
L’échographie pleuro-pulmonaire, non invasive et facilement reproductible
au lit du malade, est de plus en plus utilisée pour surveiller la prise en charge
ventilatoire du SDRA [71-73]. Elle utilise la différence d’impédance entre
l’air et l’eau pour générer des images. En mode B, elle visualise facilement la
ligne pleurale, les artéfacts horizontaux (lignes A et O), les artéfacts verticaux
(lignes B) et permet le diagnostic au lit du malade d’un épanchement pleural,
d’un foyer de condensation (zone dont l’échogénicité est proche de celle du foie)
et d’un syndrome alvéolo-interstitiel (augmentation du nombre de lignes B).
En mode M, elle met en évidence le glissement pleural qui se définit comme
l’ondulation de la ligne pleurale avec la respiration [71, 72] dont la présence
permet d’éliminer formellement un pneumothorax même minime [72].
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 181
Biomarqueurs
À côté des examens biologiques classiques (hémogramme, gaz du sang,
ionogramme sanguin et urinaire, glycémie, bilan rénal et hépatique, CRP, pro-
calcitonine), utiles dans la surveillance pluriquotidienne du malade de réanima-
tion, de nombreux travaux ont essayé d’identifier des biomarqueurs prédictifs
de la survenue d’un SDRA chez un malade à risque ou associés à un pronostic
défavorable de celui-ci. Ces marqueurs ont été identifiés soit dans le plasma,
soit dans le liquide de lavage broncho-alvéolaire (LBA). Les dosages dans le
liquide de LBA sont plus spécifiques mais la réalisation d’un LBA peut s’avérer
invasive chez un nourrisson très hypoxémique.
L’ARDS Network a fait réaliser des dosages d’IL-6, IL-8 et IL-10 dans le sérum
d’adultes inclus dans une étude sur la ventilation protectrice, à l’admission (J0)
et trois jours plus tard. Des taux plus élevés de cytokines étaient observés chez
les patients qui n’ont pas survécu. Cette association persistait après ajustement
sur l’âge, le score de gravité et la stratégie de ventilation mécanique. Dans le
groupe ventilation protectrice, les auteurs notaient une diminution significative
des taux sériques de cytokines entre J0 et J3 [74]. Dans une étude prospective
observationnelle, Villar et al. ont montré l’intérêt d’un dosage sérique de pro-
téine liant le lipo-polysaccharide bactérien (LBP). Sur 180 adultes en SDRA,
les taux de LBP étaient identiques à l’admission mais l’évolution à H48 et J7
permettait aux auteurs d’identifier les patients qui allaient décéder [75]. La pré-
diction d’une évolution fibrosante est d’un intérêt capital pour les patients en
SDRA [78]. Marshall et al. ont dosé le pro-collagène III (fragment N terminal)
dans le sang et le LBA de 77 adultes au cours de l’évolution de leur SDRA à J1
et à J7. Ils ont montré que les taux de pro-collagène III étaient élevés dès J1 et
significativement associés à une évolution vers la fibrose et surtout si les taux
restaient très élevés à J7 [56].
En pédiatrie, des taux sériques élevés de peptide natriurétique B (BNP) à J1
ont été associés à des scores PRISM III et PELOD plus élevés et à une durée
de ventilation mécanique plus longue [76]. Enfin, De Luca et al. ont montré
que les taux de TNF-α et de phospholipase A2 dans le liquide de LBA étaient
corrélés à l’IO et au score de Murray dans le SDRA du nourrisson qu’il soit ou
non causé par le VRS [77]. Enfin, le dosage des métallo-protéinases MMP-8
et MMP-9 dans les aspirations trachéales à H48 a été corrélé à la durée de la
ventilation mécanique dans le SDRA de l’enfant [55].
Individuellement aucun marqueur n’a, à lui seul, des performances diagnostiques
suffisantes dans une pathologie aussi complexe que le SDRA [78]. Cependant,
les progrès des techniques de dosages multiplexées permettent actuellement de
doser une grande quantité de marqueurs dans de petits volumes de plasma et
ainsi d’évaluer la balance entre cytokines pro- et anti-inflammatoires et son
évolution dans le temps [78]. Ainsi, Ware et al. ont dosé un panel de huit
marqueurs dans le sérum de 528 adultes en SDRA lors de leur inclusion dans
l’étude ALVEOLI et ont décrit un score pronostique du SDRA en combinant
score APACHE III, concentrations de l’IL-8 et de SP-D [79]. De la même
182 Réanimation pédiatrique
façon, Doughty et al. ont que des taux élevés d’IL-10 dans les 24 premières
heures suivant l’intubation, étaient associés à un risque accru de SDRA et de
défaillance multiviscérale chez l’enfant admis en réanimation avec un sepsis
sévère [80]. Le rôle d’un profil à prédominance anti-inflammatoire à un stade
précoce de la maladie a été confirmé par Bajwa et al. qui ont montré sur une
série de 177 adultes en SDRA que les taux de CRP à H48 étaient significati-
vement plus élevés chez les patients dont l’évolution avait été défavorable [81].
Prise en charge
Ventilation mécanique
La ventilation mécanique en pression positive reste, à l’heure actuelle, la
pierre angulaire du traitement du SDRA tant chez l’adulte [7, 8, 82, 83] que
chez l’enfant [5, 13, 15]. Jadis, les réanimateurs s’obstinaient à normaliser
les gaz du sang moyennant une ventilation artificielle agressive caractérisée
par des pressions inspiratoires positives (PIP) atteignant 60 cm H2O et des
VT à 20 mL/kg. De ces stratégies résultaient une mortalité entre 62 % chez
l’enfant et 90 % chez l’adulte [63, 84]. En effet, une ventilation mécanique
aussi agressive générait des lésions propres qui entretenaient et aggravaient le
SDRA. L’étude de l’ARDS Network publié en 2000 a révolutionné la prise en
charge de cette pathologie, en démontrant la nette diminution de la mortalité
obtenue par l’utilisation d’une ventilation mécanique plus douce, qualifiée par
les auteurs de « protectrice » [85].
Ventilation protectrice
Une ventilation protectrice se définit comme une ventilation mécanique
limitant le VT à 6 mL/kg et la pression inspiratoire (ou de plateau) à 30 cm
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 183
et ont été incluses dans la méta-analyse de Briel et al. [95]. Les trois essais sélec-
tionnés (2 299 patients) étaient randomisés contrôlés et utilisaient une stratégie
de ventilation protectrice. Les niveaux de PEP dans les groupes PEP élevées et
PEP basses étaient, respectivement de 15,3 ± 3,4 et 9 ± 3,1 cm H2O à J1 et
de 13,3 ± 4,3 et 8,2 ± 3 cm H2O à J3. Globalement, la mortalité hospitalière,
la durée de ventilation mécanique, le nombre de pneumothorax et l’incidence
de prescription de médicaments vasopresseurs étaient identiques dans les deux
groupes. Cependant, la mortalité était légèrement plus basse dans le groupe
PEP élevée des patients les plus graves (34,1 % versus 39,1 %, p = 0,049) alors
que pour les patients les moins graves, l’utilisation de PEP élevées avaient ten-
dance à aggraver le pronostic [95].
Malgré de nombreux travaux, la détermination du niveau optimal de PEP dans
le SDRA reste matière à débat, ce d’autant qu’il n’y a aucune donnée pédia-
trique dans la littérature [13, 15]. Une enquête rétrospective a été réalisée dans
un service de réanimation pédiatrique de Los Angeles [89] sur plus de 6 000
réglages de respirateurs chez 402 enfants en SDRA ayant un âge médian de
4,5 ans. Le protocole adopté dans le service prévoyait le réglage de la PEP en
fonction de la FiO2 nécessaire au maintien d’une SpO2 entre 88 et 95 %. Le
niveau de PEP médian (1er et 3e quartiles) était de 8 (6, 10) cm H2O. Dans
42 % des cas, la PEP réglée trop basse par rapport aux recommandations [89].
Manœuvres de recrutement
Les descriptions par Gattinoni et al. [60] du « poumon de bébé » et du
« poumon éponge » soulignent l’importance du recrutement alvéolaire dans le
SDRA. À la phase initiale de la maladie, l’inactivation du surfactant entraîne
un dé-recrutement alvéolaire massif. Avec surfactant, la pression transpulmonaire
nécessaire pour maintenir normale la capacité résiduelle fonctionnelle d’un adulte
est de l’ordre de 10 cm H2O. En cas d’inactivation du surfactant, elle s’élève à
25 cm H2O [96]. L’augmentation du poids du tissu pulmonaire due à l’œdème,
le poids du cœur et les épanchements pleuraux sont responsables d’un collapsus
des voies respiratoires terminales dans les territoires pulmonaires dépendants (de
la gravité). Enfin, les débranchements inopinés du respirateur et les aspirations
trachéales majorent encore le dé-recrutement [96]. La PEP ne fait que maintenir
ouvertes les alvéoles déjà recrutées mais c’est le VT et/ou la pression inspiratoire
qui permettent de réouvrir des alvéoles collabées [96]. Les manœuvres de recrute-
ment sont des augmentations transitoires de la pression transpulmonaire intentées
dans le but de recruter du territoire pulmonaire [97]. Les moyens de réaliser ces
manœuvres sont la PEP élevée continue (respirateur en mode VS-PEP à 40 cm
H2O pendant 40 secondes chez l’adulte), les soupirs intermittents (augmenta-
tions transitoires de la pression de plateau à 40 ou 45 cm H2O), l’augmentation
croissante de la PEP (par paliers de 5 cm H2O jusqu’à une pression de plateau
à 50 cm H2O), l’augmentation de PEP de 10 cm H2O en réduisant le VT pour
maintenir la pression de plateau à 40 cm H2O et l’augmentation temporaire de la
186 Réanimation pédiatrique
pression inspiratoire à 40 cm H2O [96]. Il n’y a pas d’argument dans la littérature
pour privilégier l’une de ces techniques aux dépends des autres [97]. En revanche,
le recrutement manuel au ballon de Jackson Rees, sans mesure des pressions et des
volumes insufflés, est à proscrire [96].
De nombreux travaux chez l’animal ont montré des résultats intéressants sur les
paramètres d’oxygénation, la courbe pression-volume et les images du scanner tho-
racique. En revanche, chez l’homme, les études randomisées contrôlées sur l’intérêt
des manœuvres de recrutement dans le SDRA n’ont permis de retrouver que des
améliorations très transitoires de l’oxygénation et dans certains types de SDRA seu-
lement [98], sans aucun effet sur le pronostic de la maladie [96-99]. Une des expli-
cations possibles est le fait que, dans les études animales, les auteurs provoquent
une inactivation brutale et massive du surfactant, le plus souvent par un LBA au
sérum salé [98], ce qui ne correspond pas au modèle physiopathologique humain
de Gattinoni et al. [60]. De plus, les données pédiatriques sont quasi inexistantes
[99] et des effets secondaires importants ont été rattachées aux manœuvres de recru-
tement : lésions barotraumatiques persistantes dans les territoires pulmonaires déjà
aérés [99], hypotension artérielle dans 12 % des cas ]96-99]. Les arguments de la
littérature semblent donc insuffisants pour recommander, en pratique courante,
l’usage de ces manœuvres dans le SDRA de l’enfant [99]. Le positionnement en
décubitus ventral, qui sera discuté plus loin, est une façon plus efficace et moins
risquée de recruter les alvéoles des territoires dépendants.
Mode de ventilation
Dans les études menées par l’ARDS Network, les patients ayant le taux de survie
le plus élevé étaient ventilés en mode volumétrique avec un volume courant réglé
à 6 mL/kg et une pression de plateau limitée à 30 cm H2O [85]. Depuis, de nom-
breuses équipes pédiatriques utilisent le mode volumétrique en reproduisant ces
réglages, mais il n’existe aucune preuve qu’un mode de ventilation soit supérieur
à un autre dans le SDRA de l’enfant [7, 10, 12]. La seule étude pédiatrique com-
parant deux modes de ventilation comporte des limites méthodologiques impor-
tantes [100]. Dans cette étude à la fois rétrospective et prospective, Paulson et al.
passaient, au bout de 24 heures, d’une ventilation volumétrique traditionnelle
(VT entre 10 et 12 mL/kg) à une ventilation barométrique à fréquence rapide et
temps inspiratoire court dans laquelle les VT observés étaient compris entre 3 et
5 mL/kg lorsque les enfants gardaient un SDRA sévère (score de Murray > 2,5).
Le taux de survie était de 89 %, les enfants survivants avaient une pression inspi-
ratoire qui restait ≤ 40 cm H2O alors que les enfants décédés avaient des pressions
qui allaient jusqu’à 75 cm H2O [100].
Objectifs de la ventilation
La modification des objectifs de la ventilation mécanique a été une étape
essentielle dans l’amélioration de la prise en charge du SDRA de l’adulte et de
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 187
l’enfant [5, 7, 13, 15]. En terme d’oxygénation, les PaO2 cibles sont habituel-
lement celles utilisées dans les études de l’ARDS Network [85, 94] : entre 55 et
80 mmHg, ce qui correspond à des SpO2 comprises entre 88 et 95 % [7, 13,
15]. Les limites de PaCO2 et de pH sont plus variables. Dans la littérature, il
n’y a pas le moindre argument pour affirmer que l’hypercapnie isolée « rai-
sonnable » (jusqu’à 70-80 mmHg) soit, en quoi que ce soit, délétère pour les
malades en SDRA [7, 97]. Concernant la tolérance à l’acidose dans les études
chez l’adulte, la limite inférieure de pH varie de 7,05 à 7,3 [87]. Dans leur
étude, Hickling et al. ne fixaient pas de limite supérieure de PaCO2 et il n’y
avait aucune corrélation entre la PaCO2 maximale et la survie des malades [86].
En pédiatrie, les limites fixées sont plus basses car il n’y a pas de données pédia-
triques sur la tolérance à l’hypercapnie [21]. Les limites les plus utilisées sont
celles de Paulson et al. [100] : PaCO2 entre 45 et 60 mmHg avec un pH supé-
rieur à 7,20.
Sevrage de la ventilation
Chez l’adulte, les protocoles de sevrage ont été démontrés susceptibles de
réduire significativement la durée de ventilation mécanique [7]. Les résultats en
réanimation pédiatrique sont moins clairs, la plupart des enfants étant sevrés
en moins de 48 heures. Le PALISI Network [101] a conduit une étude rando-
misée contrôlée incluant 182 enfants répartis en trois groupes : i) pas de proto-
cole de sevrage ; ii) protocole de sevrage en VS-PEP et aide inspiratoire dirigé
« manuellement » par le réanimateur ; et iii) protocole de sevrage automatisé, à
l’aide de la fonction volume garanti du respirateur. Les résultats ont montré que
la durée de sevrage et le nombre d’échecs d’extubation (environ 15 %) étaient
similaires dans les trois groupes [101].
Les résultats des études pédiatriques sont plus encourageants. Dès 1994, une
étude multicentrique américaine [104] a inclus 70 enfants, dont 50 en SDRA,
randomisé entre OHF ou ventilation conventionnelle avec possibilité de croise-
ment en cas d’échec de la technique initiale. Les enfants en OHF bénéficiaient
d’un protocole d’augmentation agressive de la pression moyenne, partant de
8 cm H2O et allant, par paliers de 2, jusqu’à une pression moyenne permet-
tant d’obtenir des SpO2 ≥ 90 % avec une FiO2 ≤ 0,6. Dans le groupe OHF,
les auteurs notaient une amélioration nette des paramètres d’oxygénation qui
persistaient 72 heures, sans effet sur la mortalité, sur la durée de ventilation ni
sur la fréquence des pneumothorax. Dans cette étude ancienne, les pressions
inspiratoires dépassaient 40 cm H2O en ventilation conventionnelle [104]. Des
études plus récentes, qui incluaient des protocoles de ventilation mécanique
protectrice, confirmaient cette amélioration rapide et prolongée de l’IO et du
rapport PaO2/FiO2 [105-107]. Les paramètres prédictifs de l’échec de l’OHF
étaient le jeune âge, l’existence d’une immunodépression et un IO qui res-
tait élevé 24 heures après la mise sous OHF [105]. La méta-analyse de Sud et
al. [108] a inclus 8 études randomisées contrôlées (dont 2 pédiatriques) soit
419 malades. Les patients randomisés dans les groupes OHF avaient une mor-
talité significativement plus basse (RR : 0,77, IC 95 % : 0,61 à 0,98) et un taux
d’échec thérapeutique (hypoxémie réfractaire, hypercapnie grave, défaillance
hémodynamique ou pneumothorax récidivant) moins important que ceux ran-
domisés dans les groupes ventilation conventionnelle [108]. De plus, il a été
montré que l’optimisation du recrutement alvéolaire sous OHF favorisait l’ac-
tion du NO inhalé [109].
Décubitus ventral
La ventilation artificielle en décubitus ventral (DV) a été proposée chez
l’adulte pour améliorer l’oxygénation au cours de la phase aiguë du SDRA
[118-120]. Cette amélioration de l’oxygénation passerait par une augmen-
tation du recrutement alvéolaire dans les régions dorsales du poumon, une
diminution des anomalies du rapport ventilation-perfusion, une augmenta-
tion de la compliance pulmonaire, une atténuation des lésions induites par la
ventilation mécanique et une facilitation du travail du ventricule droit [118,
119]. Le retournement doit être pratiqué précocement, quotidiennement,
pour une durée suffisante (20 heures/jour). Réalisée par une équipe entraînée
selon un protocole défini, cette procédure permet d’améliorer significativement
le rapport PaO2/FiO2 chez 60 à 80 % des patients [120], moyennant peu de
complications (extubation accidentelle, migration ou perte de la voie veineuse
centrale, plicature de la sonde d’intubation ou d’un drain thoracique, œdèmes
localisés, conjonctivite) dans 3,8 % des retournements dans la série de Mancebo
et al. [119]. Cependant, bien que simple et peu coûteuse, cette technique reste
controversée chez l’adulte car les quatre essais randomisés contrôlés publiés à
190 Réanimation pédiatrique
Monoxyde d’azote
De nombreux patients ventilés pour un SDRA ont des anomalies du rapport
ventilation perfusion et/ou une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP).
Le monoxyde d’azote (NO), qui est vasodilatateur artériel pulmonaire sélectif
pourvu de propriétés anti-inflammatoires [123], est fréquemment essayé en cas
d’hypoxémie franche malgré une ventilation mécanique optimale [13, 124], sans
attendre la documentation échographique de l’HTAP. Les résultats encourageants
de l’étude pédiatrique brésilienne parue en 2004 [124] n’ont malheureusement pas
été confirmés par la suite. Dans la méta-analyse d’Adhikari et al. [123] incluant
douze études randomisées contrôlées (dont deux pédiatriques) soit 1 237 patients,
l’administration de NO à une posologie médiane de 10 ppm ne permettait qu’une
amélioration de 13 % du rapport PaO2/FiO2. Cette amélioration persistait au
maximum quatre jours. Les auteurs ne mettaient pas en évidence d’effet sur la
mortalité, la durée de ventilation ou la durée de séjour en réanimation. De plus,
quatre études adultes ont mis en évidence un risque significatif d’atteinte de la
fonction rénale dans les groupes NO. La méta-analyse d’Afshari et al. incluant
14 études randomisées a confirmé ces résultats, ne permettant pas de recom-
mander l’utilisation du NO en routine dans le SDRA [125].
Surfactant
Le déficit secondaire en surfactant, constant dans toutes les formes de
SDRA, résulte d’une inactivation du surfactant existant par les protéines
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 191
inflammatoires qui font irruption dans l’espace alvéolaire mais aussi de lésions
directes des pneumocytes de type II [126]. En 2005, Willson et al. [127] ont
publié les résultats d’un essai randomisé contrôlé dans le SDRA de l’enfant
mené dans 21 unités de réanimation pédiatrique américaines. Cent cinquante
deux enfants ventilés artificiellement pour une défaillance respiratoire (IO > 7)
ont été inclus dans les 24 heures suivant l’intubation. Ils étaient répartis en deux
groupes : un groupe qui recevait deux instillations intratrachéales de 100 mg/
kg de calfactant (Infasurf™) à 12 heures d’intervalle et un groupe témoin (ins-
tillation d’un volume équivalent d’air). Douze heures après l’administration
de surfactant, l’IO était diminué de 20 ± 12,9 à 13,9 ± 9,6. La mortalité était
significativement abaissée dans le groupe surfactant : 19 % versus 36 % dans le
groupe témoin. Une baisse transitoire de la SpO2 était notée dans 12 % des cas
mais l’incidence des pneumothorax et des hypotensions artérielles était iden-
tique dans les deux groupes [127]. La méta-analyse de Duffett et al. [128] a
confirmé ces résultats. Les auteurs ont inclus six essais randomisés contrôlés
(surfactant versus placebo) soit 314 enfants en défaillance respiratoire et montré
que le surfactant diminuait la mortalité dans le SDRA (OR : 0,7 ; IC 95 % :
0,4 à 0,97) et la durée de ventilation mécanique de 2,3 jours en moyenne [128].
L’efficacité du surfactant dans le SDRA est moins spectaculaire que dans les
détresses respiratoires néonatales [129] mais les résultats des études pédiatriques
sont nettement plus convainquants que ceux des trois essais randomisés contrô-
lés menés chez l’adulte [130, 131]. Les causes différentes des SDRA et la pré-
cocité de l’administration du surfactant ont été invoquées pour expliquer cette
différence mais la raison principale de l’échec des études adultes réside dans
la composition du surfactant utilisé. Le rapport apoprotéine SP-B/phospholi-
pides a été montré d’importance majeure pour que le surfactant résiste à l’inac-
tivation par les protéines inflammatoires. Le calfactant est riche en apoprotéine
SP-B contrairement aux surfactants instillés dans les trois essais adultes [127].
Malgré de forts arguments dans la littérature internationale, l’utilisation du
surfactant dans le SDRA reste marginale en France. Le coût de cette mesure
thérapeutique et le fait que le calfactant ne soit pas disponible en France nous
semblent en être les principales raisons. Néanmoins, si l’hypothèse de Willson
est juste, le poractant alpha (Curosurf™), riche en protéine SP-B [129], pourrait
s’avérer efficace dans le SDRA mais ceci reste à démontrer.
Sédation, curarisation
Conformément aux recommandations internationales [132], la sédation-
analgésie dans le SDRA de l’enfant associe le plus souvent un morphinique
(morphine, fentanyl, sufentanil, remifentanil) à une benzodiazépine (mida-
zolam), dont l’action est synergique. La profondeur de la sédation est surveillée
par un score de sédation objectif, tel l’échelle de COMFORT-B et les posolo-
gies adaptées en fonction d’évaluations régulières [133] Lorsque l’évolution du
SDRA se prolonge, le maintien d’une sédation optimale peut s’avérer difficile.
L’utilisation de clonidine peut alors se discuter [132] de même que l’interrup-
192 Réanimation pédiatrique
Équilibre hydrosodé
L’existence d’une surcharge liquidienne surajoutée aggrave la fonction res-
piratoire en diminuant la compliance, en augmentant le travail respiratoire et
en rendant le poumon plus hétérogène c’est-à-dire plus difficile à ventiler artifi-
ciellement [136]. Chez l’adulte, une hypo-protidémie < 60 g/L a été associée à
une augmentation de la mortalité [137]. Il en est de même d’une augmentation
de l’eau pulmonaire extravasculaire mesurée par le système PICCO [136, 138].
Deux stratégies sont possibles pour améliorer l’équilibre hydrosodé : l’augmen-
tation de la pression oncotique et la restriction des apports liquidiens [136].
Martin et al. [137] ont évalué l’intérêt d’une perfusion quotidienne d’albumine
associée à du furosémide pendant cinq jours chez 37 adultes en SDRA avec
comme seul résultat une augmentation modérée et transitoire du rapport PaO2/
FiO2 [137]. Dans une étude randomisée contrôlée, l’ARDS Network a comparé
une stratégie libérale d’apports liquidiens à un protocole de restriction hydrique
mise en place dans les 48 heures après l’intubation et maintenu 7 jours chez
l’adulte ventilé pour défaillance respiratoire. Le bilan entrées-sorties était main-
tenu équilibré dans le groupe interventionnel alors qu’il était positif de 7 litres
dans le groupe témoin. La mortalité à 60 jours était identique dans les deux
groupes. Néanmoins la politique de restriction améliorait significativement
l’oxygénation des malades et diminuait la durée de ventilation mécanique, sans
augmenter le risque de défaillance hémodynamique ou la nécessité d’une épu-
ration extrarénale [139]. Enfin les ß2 mimétiques ont montré, dans une étude
randomisée incluant 40 adultes en SDRA, leur capacité à réduire significative-
ment l’eau pulmonaire extravasculaire mesurée par thermodilution [140].
En pédiatrie, les données de la littérature sont beaucoup moins nombreuses.
Néanmoins, le rôle d’un contrôle des apports liquidiens a été suggéré par Hu
et al. [9] et confirmé dans la série d’enfants greffés de moelle rapporté par
Tomaske et al. qui a montré qu’un bilan entrées-sorties positif était associé a
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 193
Corticoïdes
Seul traitement actuellement disponible pour empêcher l’évolution vers une
fibrose pulmonaire irréversible [59], les corticoïdes visent à corriger le déséqui-
libre entre cytokines pro- et anti-inflammatoires impliqué l’évolution vers la
fibrose [59, 142]. En effet, ils ont été montrés capables, in vitro, d’inhiber la
transcription des cytokines pro-inflammatoires en interagissant avec le facteur
nucléaire NF-kB [142]. Concernant leur efficacité in vivo, il n’existe à notre
connaissance aucune étude pédiatrique convaincante et les données de la lit-
térature adulte sont contradictoires [142-144]. La méta-analyse de Peter et al.
[143] regroupe neuf études randomisées contrôlées versus placebo, soit 1 073
patients. Les doses de méthyl-prednisolone utilisées allaient d’un à 120 mg/kg/
jour pour des durées allant de 4 à 30 jours. Quatre d’entre elles concernaient la
prévention du SDRA chez le malade hospitalisé en réanimation. Leurs résultats
tendaient à une augmentation non significative de l’incidence du SDRA et de
la mortalité dans les groupes traités par corticoïde. Cinq études incluaient des
patients hospitalisés pour SDRA. Elles retrouvaient une baisse non significative
de la mortalité mais surtout une réduction de quatre jours en moyenne de la
durée de ventilation mécanique, sans augmentation parallèle du risque d’in-
fection [143]. L’étude randomisée contrôlée contre placebo menée par l’ARDS
Network [144] a inclus 180 adultes en SDRA depuis plus de sept jours. Les
patients du groupe traité ont reçu de la méthyl-prednisolone à la dose initiale de
2 mg/kg puis progressivement décroissante pour une durée totale de 21 jours.
La mortalité à 60 jours était identique dans les deux groupes. Dans le sous-
groupe de patients inclus après 14 jours d’évolution et ayant des concentrations
de pro-collagène III bas dans le liquide de LBA, les auteurs avaient même noté
une surmortalité chez les patients recevant des corticoïdes. Le traitement n’en-
traînait pas d’augmentation du nombre d’infection mais était associé significa-
tivement à la survenue de faiblesse musculaire [144].
Il semble que les très fortes doses pendant des périodes courtes soient moins effi-
caces que les traitements prolongés à doses plus faible [142]. En effet, Meduri et
al. ont regroupé huit études dont cinq randomisées (628 patients) comparant
corticothérapie précoce, à faible dose et prolongée versus placebo. L’analyse a
montré une baisse significative de la mortalité en réanimation, du nombre de
défaillances d’organe ainsi que des durées de ventilation mécanique et de séjour
[142]. Les auteurs ont proposé de débuter dans la première semaine un traite-
ment par méthyl-prednisolone à la dose de 1 mg/kg/jour pendant 14 jours et
de diminuer ensuite progressivement les posologies pour une durée totale de
traitement de 28 jours [142]. Il n’existe qu’une contre-indication absolue à la
194 Réanimation pédiatrique
Conclusion
Le SDRA est une pathologie rare chez l’enfant (2 % des admissions en réani-
mation) mais, malgré les progrès thérapeutiques, son pronostic reste redoutable,
causant jusqu’à 30 % des décès dans les services de réanimation pédiatrique
[10]. Il s’agit d’une intense réaction inflammatoire qui peut être initiée par
de nombreuses pathologies (infectieuses en particulier) et qui est responsable
de dégâts étendus touchant à la fois les alvéoles et les capillaires pulmonaires.
Sa prise en charge est basée sur trois grands principes : identification précoce
des enfants en SDRA ; diagnostic et traitement de la pathologie à l’origine du
SDRA ; et mise en route précoce d’une ventilation mécanique protectrice [96].
La pierre angulaire du traitement est la ventilation mécanique protectrice
(volume courant ≤ 6 mL/kg, pression de plateau ≤ 30 cm H2O) avec des
objectifs raisonnés et raisonnables (SpO2 entre 88 et 95 %, PaO2 entre 55 et
80 mmHg, PaCO2 ente 45 et 60 mmHg), seul traitement dont l’impact sur la
mortalité a été formellement démontré [7, 8, 13, 15, 85]. Le niveau de PEP
optimal reste discuté, au mieux réglé à l’aide de la courbe pression-volume [7].
Parmi les mesures adjuvantes et les thérapeutiques de sauvetage, la ventilation
en OHF [105], la restriction hydrique [139] et l’ECMO [149] ont une place
dans la prise en charge du SDRA de l’enfant. Le positionnement en décubitus
ventral [28] et le NO inhalé [125] n’ont pas fait la preuve de leur efficacité sur le
pronostic de la maladie mais, sans grands effets secondaires, ils peuvent s’avérer
utiles dans la prise en charge du SDRA, à condition d’évaluer leur efficacité au
cas par cas [6]. Enfin, la corticothérapie, en l’absence de pneumopathie virale,
a eu, chez l’adulte des résultats intéressants à condition d’être débutée dans la
première semaine d’évolution, à faible dose, chez les malades qui ont un taux
élevé de pro-collagène III dans le LBA [142].
196 Réanimation pédiatrique
À ces traitements spécifiques, il convient d’assurer, à tous ces enfants, une prise
en charge globale de qualité : apports nutritionnels, prévention et traitement
des infections nosocomiales, prévention de l’ulcère gastrique, nutrition entérale
la plus précoce possible, prévention des escarres, lutte contre l’hyperthermie et
prévention antithrombotique chez les enfants pubères [6].
Références
1. Ashbaugh DG, Bigelow DB, Petty PL et al. (1967) Acute respiratory distress in adults.
Lancet 2: 319-23
2. Atabai K, Matthay MA (2002) The pulmonary physician in critical care: acute lung injury
and the acute respiratory distress syndrome: definition and epidemiology. Thorax 57: 452-8
3. Murray JF, Matthay MA, Luce JM et al. (1988) An expanded definition of the adult respi-
ratory distress syndrome. Am Rev Respir Dis 138: 720-3
4. Bernard GR, Artigas A, Brigham KL et al. (1994) Report of the American-European
consensus conference on ARDS: definitions, mechanisms, relevant outcomes and clinical
trial coordination. The Consensus Committee. Intensive Care Med 20: 225-32
5. Dahlem P, van Aalderen WM, Bos AP (2007) Pediatric acute lung injury. Paediatr Respir
Rev 8: 348-62
6. Dauger S, Neve M, Angoulvant F (2010 ) Syndrome de détresse respiratoire aigu : défini-
tion, étiologies, bases physiopathologiques et principes des traitements conventionnels. In :
Dauger S, Leteurtre S, Beaufils F. Réanimation pédiatrique. Doin Eds, Rueil Malmaison,
France, 2e édition, 4-12
7. Girard TD, Bernard GR (2007) Mechanical ventilation in ARDS: a state-of-the-art review.
Chest 131: 921-9
8. Ware LB, Matthay MA (2000) The acute respiratory distress syndrome. N Engl J Med
342: 1334-48
9. Bindl L, Dresbach K, Lentze MJ (2005) Incidence of acute respiratory distress syndrome
in German children and adolescents: a population-based study. Crit Care Med 33: 209-12
10. Erickson S, Schibler A, Numa A, et al. (2007) Acute lung injury in pediatric intensive care
in Australia and New Zealand: a prospective multicentre observational study. Pediatr Crit
Care Med 8: 317-23
11. Flori HR, Glidden DV, Rutherford GW, et al. (2005) Paediatric acute lung injury: pros-
pective evaluation of risk factors associated with mortality. Am J Respir Crit Care Med
171: 995-1001
12. Zimmerman JJ, Akhtar SR, Caldwell E, et al. (2009) Incidence and outcome of pediatric
acute lung injury. Pediatrics 124: 87-95
13. Randolph AG (2009) Management of acute lung injury and acute respiratory distress syn-
drome in children. Crit Care Med 37: 2448-54
14. Randolph AG, Meert KL, O’Neil ME et al. (2003) The feasibility of conducting clinical
trials in infants and children with acute respiratory failure. Am J Respir Crit Care Med
167: 1334-40
15. Mehta NM, Arnold JH (2004) Mechanical ventilation in children with acute respiratory
failure. Curr Opin Crit Care 10: 7-12
16. Ranieri VM, Rubenfeld GD, Thompson BT et al. (2012) Acute respiratory distress syn-
drome: the Berlin definition. JAMA 307: 2526-33
17. Dudell GC, Jain L (2006) Hypoxic respiratory failure in the late preterm infants. Clin
Perinatol 33: 803-30
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 197
18. Mercat A, Sargentini C (2008) Définition et épidémiologie du SDRA. In: Papazian L and
Roch A. Le syndrome de détresse respiratoire aiguë. Springer-Verlag Eds, Paris, p 15-27
19. Ferguson ND, Kacmarek RM, Chiche JD et al. (2004) Screening of ARDS patients using
standardized ventilator settings: influence on enrolment in a clinical trial. Intensive Care
Med 30: 1111-6
20. Frutos-Vivar F, Nin F, Esteban A (2004) Epidemiology of acute lung injury and acute
respiratory distress syndrome. Curr Opin Crit Care 10: 1-6
21. Gagliardi L, Barbarini M, P L et al. (2002) Effect of changes in inspired oxygen tension on
indexes of oxygenation in ventilated neonates. Pediatr Crit Care Med 3: 34-8
22. Esteban A, Fernandez-Segoviano P, Frutos-Vivar F et al. (2004) Comparison of clinical
criteria for the acute respiratory distress syndrome with autopsy findings. Ann Inten Med
141: 440-5
23. Wheeler AP, Bernard GR, Thompson T et al. (2006) Pulmonary-artery versus central
venous catheter to guide treatment of acute lung injury. N Engl J Med 354: 2213-24
24. Kobr J, Fremuth J, Pizingerova K et al. (2011) Repeated bedside echography in children
with repiratory failure. Cardiovasc Ultrasound 9: 14-22
25. Richard JC, Giraud C, Leteurtre S et al. (2005) Prise en charge ventilatoire du syndrome de
détresse respiratoire aiguë de l’adulte et de l’enfant (nouveau-né exclu) : recommandations
d’experts de la Société de Réanimation de Langue Française. Réanimation 14: 313-22
26. Rubenfeld GD, Caldwell E, Peabody E (2005) Incidence and outcomes of acute lung
injury. N Engl J Med 353: 1685-93
27. Brun-Buisson C, Minelli C, Bertolini G et al. (2004) Epidemiology and outcome of acute
lung injury in European intensive care units: results of the ALIVE study. Intensive Care
Med 30: 51-61
28. Curley MA, Hibberd PL, Fineman LD et al. (2005) Effect of prone positioning on clinical
outcomes in children with acute lung injury: a randomized controlled trial. JAMA 294:
229-37
29. Hu X, Qian S, Xu F et al. (2010) Incidence, management and mortality of acute hypoxe-
mic respiratory failure and acute respiratory distress syndrome from a prospective study of
Chinese pediatric intensive care network. Acta Paediatr 99: 715-21
30. Yu WL, Lu ZJ, Wang Y et al. (2009) The epidemiology of acute respiratory distress syn-
drome in pediatric intensive acre units in China. Intensive Care Med 35: 136-43
31. Timmons O (2006) Infection in pediatric acute respiratory distress syndrome. Semin
Pediatr Infect Dis 17: 65-71
32. Streng A, Grote V, Liese JG (2011) Severe influenza cases in pediatric intensive care untis
in Germany during the pre-pandemic seasons 2005 to 2008. BMC Infect Dis 11: 233-40
33. Randolph AG, Vaughn F, Sullivan R et al. (2011) Critically ill children during the 2009-
2010 influenza pandemic in the United States. Pediatrics 128: e1450
34. Phua J, Badia JR, Adhikari NKJ et al. (2009) Has mortality from Acute Respiratory Dis-
tress Syndrome decreased over time ? Am J Respir Crit Care Med 179: 220-7
35. Erickson SE, Martin GS, Davis L et al. (2009) Recent trends in acute lung injury mortality:
1996-2005. Crit Care Med 37: 1574-9
36. Chetan G, Rathisharmila R, Narayanan P et al. (2009) Acute respiratory distress syndrome
in pediatric intensive care unit. Indian J Pediatr 76: 1013-6
37. Paret G, Ziv T, barzilai A et al. (1998) Ventilation index and outcome in children with
acute respiratory distress syndrome. Pediatr Pulmonol 26: 125-8
38. Deng X, Yang Y, Deng Z et al. (2008) Experience of severe chest trauma of children in 20
years. Interact Cardiovasc Thorac Surg 7: 1031-4
39. Weg JG, Anzueto A, Balk RA et al. (1998) The relation of pneumothorax and other air
leaks to mortality in the acute respiratory distress syndrome. N Engl J Med 338: 341-6
40. Hough CL, Herridge MS (2012) Long-term outcome after acute lung injury. Curr Opin
Crit Care 18: 8-15
198 Réanimation pédiatrique
41. Flores C, Pino-Yanes MM, Casula M et al. (2010) Genetics of acute lung injury: past,
present and future. Minerva Anestesiologica 76: 860-4
42. Gong MN (2006) Genetic epidemiology of acute respiratory distress syndrome: implica-
tions for future prevention and treatment. Clin Chest Med 27: 705-28
43. Gao L, Barnes KC (2009) Recent advances in genetic predisposition to clinical acute lung
injury. Am J Physiol Lung Cell Mol Physiol 296: 713-25
44. Marshall RP, Webb S, Belligan GJ et al. (2002) Angiotensin converting enzyme insertion/
deletion polymorphism is associated with susceptibility and outcome in acute respiratory
distress syndrome. Am J Respir Crit Care Med 166: 646-50
45. Cruces P, Diaz, Puga A et al. (2012) Angiotensin-converting enzyme insertion / deletion
polymorphism is associated with severe hypoxemia in pediatric ARDS. Intensive Care Med
38: 113-9
46. Bajwa EK, Cremer PC, Gong MM et al. (2011) A NFKB1 promoter insertion/deletion
polymorphism influences risk and outcome in acute respiratory distress syndrome among
Caucasians. PloS One 6: e19469
47. Martin-Loaches I, Sole-Violan J, Rodriguez de Castro F, et al. (2012) Varients at the pro-
moter of the interleukin-6 gene are associated with severity and outcome of pneumococcal
community-acquired pneumonia. Intensive Care Med 38: 256-62
48. Gong NM, ZhouW, Williams PL et al. (2005) -308GA and TNFB polymorphisms in
acute respiratory distress syndrome. Eur Respir J 26: 382-9
49. Gong NM, Thompson BT, Williams PL et al. (2006) Interleukin-10 polymorphism in
position -1082 and acute respiratory distress syndrome. Eur Respir J 27: 674-81
50. Yanes MP, Corrales A, Casula M et al. (2010) Common variants of TLR1 are associated
with organ dysfunction and sustained pro-inflammatory responses during sepsis. PloS One
5: e13759
51. Garcia-Loarden MI, Rodriguez de Castro F, Sole-Violan J, et al. (2011) Influence of genetic
variability at the surfactant proteins A and D in community-acquired pneumonia: a pros-
pective observational genetic study. Crit Care 15: R57
52. Su L, Zhai R, Sheu CC et al. (2009) Genetic vairants in the angiopoietin-2 gene are asso-
ciated with increased risk of ARDS. Intens Care Med 35: 1024-30
53. Zhai R, Gong MN, Zhou W et al. (2007) Genotypes and haplotypes of the VEGF gene
are associated with higher mortality and lower VEGF plasma levels in patients with ARDS.
Thorax 62: 718-22
54. Sapru A, Wiements JL, Write JS et al. (2006) Acute lung injury and the coagulation
pathway: potential role of gene polymorphisms in the protein C and fibrinolytic pathways.
Intensive Care Med 32: 1293-303
55. Kong MYF, Li Y, Oster R et al. (2011) Early elevation of matrix metalloproteinase-8 and -9
in pediatric ARDS is associated with an increased risk of prolonged mechanical ventilation.
PloS One 6: e22596
56. Marshall RP, Belligan G, Webb S et al. (2000) Fibrinoproliferation occurs early in the acute
respiratory distress syndrome and impacts on outcome. Am J Respir Crit Care Med 1783-8
57. Davey A, McAuley DF, O’Kane CM (2011) Matrix Metalloproteinases in acute lung
injury: mediators of injury and drivers of repair. Eur Respir J 38: 959-70
58. Moreas TJ, Zurawska JH, Downey GP (2006) Neutrophil granule contents in the patho-
genesis of lung injury. Curr Opin Hematol 13: 21-7
59. Forel JM, Donati Y (2008) Fiborse pulmonaire postagressive. In: Papazian L and Roch A.
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë. Springer-Verlag Eds, Paris, p 224-45
60. Gattinoni L, Pesenti A (2005) The concept of baby lung. Intensive Care Med 31: 776-84
61. Ricard JD, Roux D (2008) Physiopathologie et lésions induites par la ventilation. In: Papa-
zian L, Roch A. Le syndrome de détresse respiratoire aiguë. Springer-Verlag Eds, Paris, p
29-47
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 199
62. Richard JCM, Mercat A (2008) Mécanique respiratoire au cours du SDRA : interprétation
de la courbe pression-volume. In: Papazian L, Roch A. Le syndrome de détresse respiratoire
aiguë. Springer-Verlag Eds, Paris, p 71-82
63. De Prost N, Ricard JD, Saumon G et al. (2011) Ventilator-induced lung injury: historical
perspectives and clinical implications. Ann Intens Care 1: 28-43
64. Perez D, Manzon C, Navellou JC et al. (2008) Toxicité pulmonaire de l’oxygène. In: Papa-
zian L, Roch A. Le syndrome de détresse respiratoire aiguë. Springer-Verlag Eds, Paris, p
151-168
65. Rice TW, Wheeler AP, Bernard GR et al. (2007) Comparison of the SpO2/FiO2 ratio and
the PaO2/FiO2 in patients with acute lung injury or ARDS. Chest 132: 662-8
66. Khemani RG, Patel NR, Bart RD et al. (2009) Comparison of the pulse oximetric satu-
ration/fraction of inspired oxygen ratio and the PaO2/fraction of inspired oxygen ratio in
children. Chest 135: 662-8
67. Thomas NJ, Shaffer ML, Willson DF et al. (2010) Defining acute lung injury in children
with the oxygenation saturation index. Pediatr Crit Care Med 11: 12-7
68. Angoulvant F, Llor J, Alberti C et al. (2008) Inter-observer variability in chest radiograph
reading for diagnosing acute lung injury in children. Pediatr Pulmonol 43: 487-91
69. Bellami G, Mauri T, Pesenti A (2012) Imaging in acute lung injury and acute respiratory
distress syndrome. Curr Opin Crit Care 18: 29-34
70. Richard JC, Guérin C (2008) Imagerie du SDRA. In: Papazian L, Roch A. Le syndrome de
détresse respiratoire aiguë. Springer-Verlag Eds, Paris, p 51-70
71. Copetti R, Soldati G, Copetti P (2008) Chest sonography: a useful tool to differentiate
acute Cardiogenic pulmonary edema from acute respiratory distress syndrome. Cardiovas-
cular Ultrasound 6: 16-26
72. Sartori S, Tombesi P (2010) Emerging roles for transthoracic ultrasonography in pleuro-
pulmonary pathology. World J Radiol 28: 83-90
73. Sartori S, Tombesi P (2010) Emerging roles for transthoracic ultrasonography in pulmo-
nary diseases. World J Radiol 28: 203-14
74. Pearsons PE, Alsner MD, Thompson BT et al. (2005) Lower tidal volume ventilation and
plasma cytokine markers of inflammation in patients with acute lung injury. Crit Care
Med 22: 1-6
75. Villar J, Perez-Mendez L, Espinosa E et al. (2009) Serum lipopolysaccharide binbing pro-
tein levels predict severity of lung injury and mortality in patients with severe sepsis. PloS
One 4: e6818
76. Reel B, Oishi PE, Hsu JH et al. (2009) Early elevation in B-type natriuretic peptide levels
are associated with poor clinical outcomes in pediatric acute lung injury. Pediatr Pulmonol
44: 1118-24
77. DeLuca D, Minucci A, Cogo P et al. (2011) Secretory phospholipase A2 pathway during
pediatric acute respiratory distress syndrome: a preliminary study. Pediatr Crit Care
Med;12: e20
78. Bhargava M, Wendt CH (2012) Biomarkers in acute lung injury. Translational Research
159: 205-17
79. Ware LB, Koyama T, Billheimer DD et al. (2010) Prognostic and pathogenetic value of
combining clinical and biochemical indices in patients with acute lung injury. Chest 137:
288-96
80. Doughty L, Carcillo JA, Kaplan S et al. (1998) The compensatory anti-inflammatory cytokine
interleukin-10 response in pediatric sepsis-induced multiple organ failure. Chest 113: 1625-31
81. Bajwa EK, Khan UA, Januzzi JL et al. (2009) Plasma C-Reactive protein levels are associa-
ted with improved outcome in ARDS. Chest 136: 471-80
82. Cortes I, Penuelas O, Esteban A (2012) Acute respiratory distress syndrome: evaluation
and management. Minerva Anestesiol 78: 343-57
200 Réanimation pédiatrique
83. Del Sorbo L, Goffi A, Ranieri VM (2011) Mechanical ventilation during acute lung injury:
current recommendations and new concepts. Presse Med 40: e569
84. Paret G, Ziv T, Augarten A et al. (1999) Acute respiratory distress syndrome in children: a
10 year experience. IMAJ 1: 149-53
85. Brower RG, Matthay MA, Morris A et al. (2000) Ventilation with lower tidal volumes as
compared with traditional tidal volumes for acute lung injury and acute respiratory distress
syndrome. N Engl J Med 342: 1301-8
86. Hickling KG, Walsh J, Henderson S et al. (1994) Low mortality in adult respiratory dis-
tress syndrome using low volume pressure limited ventilation with permissive hypercapnia:
a prospective study. Crit Care Med 22: 1568-78
87. Putensen C, Theuerkauf N, Zinserling J et al. (2009) Meta-analysis: ventilation strategies
and outcomes of the acute respiratory distress syndrome and acute lung injury. Ann Intern
Med 151: 566-76
88. Farias JA, Frutos F, Esteban A et al. (2004) What is the daily practice of mechanical ventila-
tion in pediatric intensive care units? A multicenter study. Intensive Care Med 30: 918-25
89. Khemani RG, Sward K, Morris A et al. (2011) Variability in usual care mechanical venti-
lation for pediatric acute lung injury: the potential benefit of a lung protective computer
protocol. Intensive Care Med 37: 1840-8
90. Brander L, Sinderby C, Leconte F et al. (2009) Neurally adjusted ventilatory assist
decreases ventilator-induced lung injury and non-pulmonary organ dysfunction in rabbits
with acute lung injury. Intensive Care Med 35: 1979-89
91. Guérin C (2011) The preventive role of higher PEEP in treating severely hypoxemic ARDS.
Minerva Anesthesiol 77: 835-45
92. Amato MBP, Barbas CSV, Medeiros DM et al. (1998) Effect of a protective ventilation
strategy in the acute respiratory distress syndrome. N Engl J Med 338: 342-54
93. Villar J, Kacmarek RM, Perez-Mendez L et al. (2006) A high positive end-expiratory pres-
sure, low tidal volume ventilatory strategy improves outcome in persistent acute respiratory
distress syndrome: a randomized controlled trial. Crit Care Med 34: 1311-8
94. Brower RG, Lanken PN, MacIntyre N et al. (2004) Higher versus lower positive end-
expiratory pressures in patients with acute respiratory distress syndrome: systematic review
and meta-analysis. N Engl J Med 351: 327-36
95. Briel M, Meade M, Mercat A et al. (2010) Higher versus lower positive end-expiratory
pressure in patients with acute lung injury and acute respiratory distress syndrome: syste-
matic review and meta-analysis. JAMA 303: 865-73
96. Constantin JM, Sebbane M, Cayot-Constantin S et al. (2008) Pression expiratoire positive
et manœuvres de recrutement alvéolaire dans le SDRA. In: Papazian L and Roch A. Le
syndrome de détresse respiratoire aiguë. Springer-Verlag Eds, Paris, p 97-114
97. Pierrakos P, Karanikolas M, Scoletta S et al. (2011) Acute respiratory distress syndrome:
physiopathology and therapeutic options. J Clin Med Res 4: 7-16
98. Guérin C, Debord S, Leray V et al. (2011) Efficacy and safety of recruitment maneuvers in
acute respiratory distress syndrome. Ann Intens Care 1: 9-15
99. Halbertsma FJJ, Van Der Hoeven JG (2005) Lung recuitment during mechanical positive
pressure ventilation in the PICU: what can be learned from the literature? Anaesthesia 60:
779-90
100. Paulson TE, Spear RM, Silva PD et al. (1996) High frequency pressure-control ventilation
with high end-expiratory pressure in children with acute respiratory distress syndrome. J
Pediatr 129: 566-73
101. Randolph AG, Wypij D, Venkataraman ST et al. (2002) Effect of mechanical ventilator
weaning protocols on respiratory outcomes in infants and children: a randomized control-
led trial. JAMA 37: 2561-8
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 201
102. Chan KPW, Stewart TE, Mehta S (2007) High frequency oscillatory ventilation for adult
patients with ARDS. Chest 131: 1907-16
103. Ip T, Mehta S (2012) The role of high frequency oscillatory ventilation in the treatment of
acute respiratory failure in adults. Curr Opin Crit Care 18: 70-9
104. Arnold JH, Hanson JH, Toro-Figuero LO et al. (1994) Prospective randomized compari-
son of high frequency oscillatory ventilation and conventional mechanical ventilation in
pediatric respiratory failure. Crit Care Med 22: 1530-9
105. Arnold JH, Anas NG, Luckett P et al. (2000) High frequency oscillatory ventilation in
pediatric respiratory failure: a multicenter experience. Crit Care Med 28: 3913-9
106. Yildizdas D, Yapicioglu H, Bayram I et al. (2009) High frequency oscillatory ventilation for
acute respiratory distress syndrome. Indian J Pediatr 76: 921-7
107. Samransamruajkit R, Prapphal N, Deelodegenavong J et al. (2005) Plasma soluble intercel-
lular adhesion molecule-1 (sICAM-1) in pediatric ARDS during high frequency oscillatory
ventilation: a predictor of mortality. Asian Pacific J Allergy Immunol 23: 181-8
108. Sud S, Sud M, O’Friedrich JO et al. (2010) High frequency oscillation in patients with
acute lung injury and acute respiratory distress syndrome (ARDS): systematic review and
meta-analysis. BMJ 340: c2327
109. Dobyns EL, Anas NG, Fortenberry et al. (2002) Interactive effects of high-frequency
oscillation ventilation and inhaled nitric oxide in acute hypoxemic respiratory failure in
pediatrics. Crit Care Med 30: 2425-9
110. Robert R, Bengler C, Beuret P et al. (2007)Ventilation non invasive au cours de l’insuffi-
sance respiratoire aiguë (nouveau-né exclu): conférence de consensus SRLF, SFAR et SPLF.
Urgence pratique 83 : 49-53
111. Jung B, Sebbane M, Corne P et al. (2008) Ventilation non invasive au cours du SDRA. In:
Papazian L and Roch A. Le syndrome de détresse respiratoire aiguë. Springer-Verlag Eds,
Paris, p 115-26
112. Antonelli M, Conti G, Ricco M et al. (1998) A comparison of non-invasive positive pres-
sure ventilation and conventional mechanical ventilation in patients with acute respiratory
failure. N Engl J Med 339: 429-35
113. Ferrer M, Esquinas A, Leon M et al. (2004) Non-invasive ventilation in severe hypoxemic
respiratory failure. Am J Respir Crit Care Med 168: 1438-44
114. Keenan SP, Sinuff T, Cook DJ et al. (2004) Does non-invasive positive pressure ventilation
improve outcome in acute hypoxemic respiratory failure. Crit Care Med 32: 2516-23
115. Antonelli M, Conti G, Esquinas A et al. (2007) A multiple-center survey on the use in
clinical practice of non-invasive ventilation as first-line intervention for acute respiratory
distress syndrome. Crit Care Med 35: 18-25
116. Piastra M, De Luca D, Pietrini D et al. (2009) Non-invasive positive pressure ventilation
in immuno-compromised children with ARDS: a feasibility study. Intensive Care Med 34:
1420-7
117. Piastra M, De Luca D, Marzano L et al. (2011) The number of failing orgns predicts non-
invasive ventilation failure in children with ALI / ARDS. Intensive Care Med 34: 1510-6
118. Guérin C, Lemasson S, Bayle F et al. (2008) Ventilation mécanique en décubitus ventral
au cours du SDRA. In: Papazian L and Roch A. Le syndrome de détresse respiratoire aiguë.
Springer-Verlag Eds, Paris, p 127-38
119. Mancebo J, Fernandez R, Blanch L et al. (2006) A multicenter trial of prolonged prone
ventilation in severe acute respiratory distress syndrome. Am J Respir Crit Care Med 173:
1233-39
120. Roche-Campo F, Aguirre-Bermeo H, Mancebo J (2011) Prone positioning in acute respi-
ratory distress syndrome: when and how? Presse Med;40: e585
121. Cassado-Flores J, Martinez de Azagra A, Ruiz-Lopez MJ et al. (2002) Pediatric ADRS:
effect of supine-prone postural changes on oxygenation. Intensive Care Med 28: 1792-6
202 Réanimation pédiatrique
122. Fineman LD, LaBrecque MA, Shih MC et al. (2006) Prone positioning can be safely per-
formed in critically ill infants and children. Pediatr Crit Care Med 7: 413-22
123. Adhikari NKJ, Burns KEA, Friedrich JO et al. (2007) Effect of nitric oxide on oxygenation
and mortality in acute lung injury: systematic review and meta-analysis. Brit Med J 334:
779-87
124. Fioretto JR, De Moreas MA, Bonatto RC et al. (2004) Acute and sustained effect of inhaled
nitric oxide to children with acute respiratory distress syndrome. Pediatr Crit Care Med
5: 469-74
125. Afshari A, Brok J, Moller AM et al. (2010) Inhaled nitric oxide for acute respiratory distress
syndrome and acute lung injury in children and adults. Cochrane Database Syst Rev (7):
CD002787
126. Haitsma JJ, Papadakos PJ, Lachmann B (2004) Surfactant therapy for acute lung injury /
acute respiratory distress syndrome. Curr Opin Crit Care 10: 18-22
127. Willson DF, Thomas NJ, Markovitz BP, et al. (2005) Effect of exogenous surfactant (Cal-
factant) in pediatric acute lung injury: a randomized controlled trial. JAMA 293: 470-6
128. Duffett M, Choong K, Ng Vivian et al. (2007) Surfactant therapy for acute respiratory
failure in children: a systematic review and meta-analysis. Crit Care 11: R66
129. Engle WA (2008) Surfactant replacement therapy for respiratory distress in the preterm
and term neonate. Pediatrics 121: 419-32
130. Anzueto A, Baughmann RP, Guntupalli KK et al. (1996) Aerosolized surfactant in adults
with sepsis-induced acute respiratory distress syndrome. N Engl J Med 334: 1417-21
131. Spragg RG, Lewis JF, Walmrath HD et al. (2004) Effect of recombinant protein C-based
surfactant on the acute respiratory distress syndrome. N Engl J Med 351: 884-92
132. Playfor S, Jenkins I, Boyles C et al. (2006) Consensus guidelines on sedation and analgesia
in critically ill children. Intens Care Med 32: 1125-36
133. Ista E, Van Dijk M, Tibboel D et al. (2005) Assessment of sedation levels in pediatric
intensive care patients can be improved by using the COMFORT behaviour scale. Pediatr
Crit Care Med;6: 58-63
134. Gupta K, Gupta VK, Muralindharan J et al. (2012) Randomized controlled trial of inter-
rupted versus continuous sedative infusions in ventilated children. Pediatr Crit Care Med
13: 131-5
135. Papazian L, Forel JM, Gacouin A et al. (2010) Neuromuscular blockers in early acute res-
piratory distress syndrome. N Engl J Med 363: 1107-16
136. Roch A, Guervilly C, Papazian L (2011) Fluid management in acute lung injury and
ARDS. Ann Intens Care 1: 16-23
137. Martin GS, Mangialardi RJ, Wheeler AP et al. (2002) Albumin and furosemide therapy in
hypoprotidemic patients with acute lung injury. Crit Care Med 30: 2175-82
138. Lewis CA, Martin GS (2004) Understanding and managing fluid balance in patients with
acute lung injury. Curr Opin Crit Care 10: 13-7
139. Wiedemann HP, Wheeler AP, Bernard GR et al. (2006) Comparison of two fluid-
management strategies in acute lung injury. N Engl J Med 354: 2564-75
140. Perkins GD, McAuley DF, Thickett DR et al. (2006) The ß-agonist lung injury trial
(BALTI): a randomized placebo-controlled trial. Am J Respir Crit Care Med 173: 281-7
141. Tomaske M, Bosk A, Eyrich M et al. (2003) Risk of mortality in children admitted to the
paediatric intensive care unit after haematopoietic stem cell transplantation. Br J Haematol
121: 886-91
142. Meduri GU, Bell W, Sinclair S et al. (2011) Physiopathology of acute respiratory distress
syndrome. Glucocorticoid receptor-mediated regulation of inflammation and response to
prolonged glucocorticoid treatment. Presse Med 40: e543
143. Peter JV, John P, Graham PL et al. (2008) Brit Med J 336: 1006-9
Le syndrome de détresse respiratoire aiguë de l’enfant 203
144. Steinberg KP, Hudson MD, Goodman RB et al. (2006) Efficacy and safety of corticoiste-
roids for persistent acute respiratory distress syndrome. N Engl J Med 354: 1671-84
145. Brun-Buisson C, Richard JCM, Mercat A et al. (2011) Early corticosteroids in severe
influenza A / H1N1 pneumonia and acute respiratory distress syndrome. Am J Respir Crit
Care Med 183: 1200-6
146. Combes A, Bacchetta M, Brodie D et al. (2012) Extracorporeal membrane oxygenation for
respiratory failure in adults. Curr Opin Crit Care 18: 99-104
147. Peek GJ, Mugford M, Tiruvoipati R et al. (2009) Efficacy and economic assessment od
conventional ventilatory support versus extracorporeal membrane oxygenation for severe
adult respiratory failure (CESAR): a multicentre randomised controlled trial. Lancet 374:
1351-63
148. Green TP, Timmons O, Fackler JC et al. (1996) The impact of extracorporeal membrane
oxygenation on survival in pediatric patients with acute respiratory failure. Crit Care Med
24: 323-9
149. Domico MB, Ridout DA, Bronicki R et al. (2012) The impact of mechanical ventilation
time before initiation of extra-corporeal life support on survival in pediatric respiratory
failure: a reviewof the extra-corporeal life support registry. Pediatr Crit Care Med 13: 16-21
150. Mehta NM, Turner D, Walsh B et al. (2010) Factors associated with survival in pediatric
extracorporeal membrane oxygenation: a single center experience. J Pediatr Surg 45: 1995-
2003
Hypertension intracrânienne
en réanimation pédiatrique
Introduction
De nombreuses pathologies « médicales » (encéphalopathie anoxique, infec-
tions du système nerveux central, troubles métaboliques, hydrocéphalie de cause
congénitale ou acquise, pathologie tumorale ou vasculaire…), même si l’atteinte
neurologique n’est pas toujours au premier plan, peuvent s’accompagner d’une
hypertension intracrânienne (HTIC), quelle qu’en soit la cause, et conduire les
enfants en réanimation [1]. L’HTIC résulte de l’altération de la compliance céré-
brale en relation avec la présence d’un œdème cérébral (vasogénique, cytotoxique ou
interstitiel), d’un processus expansif intracrânien (extra- ou intraparenchymateux)
ou de l’augmentation du volume sanguin cérébral ou de la quantité de LCR. Au
cours d’une affection qui conduit à l’HTIC, plusieurs mécanismes peuvent s’asso-
cier [1]. La littérature est dominée par l’HTIC d’origine traumatique. L’objectif du
réanimateur doit être de dépister cette HTIC et d’éviter l’évolution vers l’ischémie
cérébrale en mettant en place un monitorage adapté et en instaurant un traitement
spécifique. En effet, une proportion importante des enfants présentant une HTIC
est prise en charge en dehors de structures spécialisées avec un accès limité aux avis
neurochirurgicaux et à la mise en place d’un monitorage invasif [2].
Les signes cliniques restent peu sensibles chez les enfants sédatés. Un examen
neurologique aussi précis que possible doit être réalisé car il servira de réfé-
rence pour suivre l’évolution des enfants. Il reposera sur l’évaluation du score
de Glasgow, du diamètre des pupilles et de leur réactivité, ainsi que sur l’exa-
men des reflexes du tronc cérébral. Cette évaluation neurologique ne devrait
être réalisée qu’après une stabilisation cardiorespiratoire. Un coma apparaît
le plus souvent rapidement en cas d’HTIC « décompensée », avec baisse du
débit sanguin cérébral et risque d’engagement cérébral. Le pronostic vital est
rapidement engagé en l’absence de traitement adapté. L’association d’une
altération de l’état de conscience avec des signes respiratoires, oculaires et/
ou moteurs doit faire évoquer le diagnostic d’engagement [1]. La triade de
Kocher-Cushing traduit une souffrance du tronc cérébral dont le mécanisme
peut être soit une HTIC soit une compression directe (tableau I). Il existe
plusieurs types d’engagement dont les plus fréquents sont l’engagement de
l’uncus et l’engagement central [1]. Physiologiquement, la pression intracrâ-
nienne (PIC) augmente progressivement avec l’âge, avec des valeurs de PIC
variant de 1 à 6 mmHg chez le nourrisson, de 3 à 8 mmHg chez l’enfant
de 1 à 6 ans, pour atteindre des valeurs adultes (10 à 15 mmHg) au début
Hypertension intracrânienne en réanimation pédiatrique 207
Monitorage cérébral
PIC et PPC
Tous les patients présentant un score de GCS ≤ 8 doivent bénéficier d’un
monitorage de la PIC [3]. Les enfants avec un score de GCS plus élevé, mais
qui présentent des signes cliniques de dégradation neurologique avec une chute
du score de Glasgow de plus de 2 points, ou des résultats d’imagerie cérébrale
Hypertension intracrânienne en réanimation pédiatrique 209
MESURES GENERALES
• Tête de lit surélevée à +30 °C
• Eviter compression jugulaire
• Normoxie et normocapnie (35 < EtCO2 < 38 mmHg)
• Analgésie-sédation
• Normovolémie
• Normoglycémie
• Lutte contre l’hyperthermie
Hypertension intracrânienne
PIC > 15-20 mmHg > 10 min PIC < 15-20 mmHg
re
Traitements de 1 ligne :
Surveillance PIC-PPC
Drainage contrôlé du LCR
PIC-PPC contrôlée 24-48 h
Osmothérapie (Mannitol ou SSH)
PaCO2 30-35 mmHg
Arrêt sédation
PIC non contrôlée
Scanner cérébral :
lésion chirurgicale ?
• Coma barbiturique
Traitements de • Hyperventilation profond