L’imposition d’une personne physique étrangère
LES PRINCIPES D’IMPOSITION DES PERSONNES PHYSIQUES ETRANGERES
On peut donc voir qu’il y a deux critères à savoir un critère personnel (le domicile fiscal) et un
critère réel (la source du revenu).
L’OCDE a prévu que la définition du domicile fiscal en droit international dépendra du droit
interne. De plus les conventions bilatérales posent juste des règles de conflit, pas des règles de
fond. En droit marocain le domicile fiscal est défini « lorsqu'une personne a dans ce pays son
foyer d'habitation permanent, le centre de ses intérêts économiques ou lorsque la durée continue
ou discontinue de ses séjours au Maroc dépasse 183 jours pour toute période de 365 jours. »
En absence des conventions
Aux termes de l’article 2 de la loi 17-89 sur l’I.R, on retient au Maroc les critères suivant
pour imposer les revenus :
• Les critères réels : Est domiciliée au Maroc toute personne qui y exerce son activité
professionnelle principale ou y dispose d’un centre d’intérêts économique. Le critère réel est
forcément lié à la source de la matière imposable même si le contribuable n’a aucune relation
avec L’Etat marocain. L’alinéa 2 du même article dispose à cet égard que : « sont assujettis
à l’impôt en raison de leur revenu global de source marocaine, les personnes physiques qui
n’ont pas au Maroc leur résidence habituelle ».
• Les critères personnels : Toute personne dont le foyer ou dont le lieu de séjour principal
est situé au Maroc est fiscalement domiciliée dans ce pays. Ce critère est lié à la personne du
contribuable quelle que soit la source de son revenu. En effet, au terme de l’alinéa 1de l’article
2 de la loi 17-89 « sont assujettis à l’impôt en raison de leur revenu global de source marocaine
ou étrangère, les personnes physiques ayant au Maroc leur résidence habituelle ».
Même dans le cas où aucun des critères précédents ne lui est applicable, un agent de l’Etat
exerçant ses fonctions, ou chargé de mission dans un pays étranger, est considéré comme
fiscalement domicilié au Maroc ; sauf s’il apporte la preuve qu’il a été effectivement soumis
à l’étranger à un impôt personnel sur sa rémunération qui serai taxable selon la loi marocaine.
En droit conventionnel
L’importance des conventions fiscales internationales.
Le phénomène de la double imposition suppose qu’un même contribuable soit tenu, au titre
d’une même base imposable et d’une même période, de répondre aux exigences de deux
systèmes fiscaux à la fois, en ce sens qu’il soit en mesure de payer la taxe exigée par les deux
Etats à raison de la ou des mêmes activités. Les deux lois fiscales qui ont vocation de s’appliquer
portent clairement atteinte au patrimoine de la personne en cause par le biais d’un conflit dit
positif de compétence, et ce dans la mesure où les deux lois revendiquent l’applicabilité à une
même situation ou à une même personne.
Lorsque les deux Etats contractants d’une convention considèrent une même personne physique
comme comptant parmi leurs résidents, la convention modèle de l’OCDE prévoit en son article 4.2 un
système de critères successifs permettant de ne tenir que l’un d’eux comme Etat de résidence. Cette
disposition prévoit que la personne concernée : est considérée comme un résident seulement de l’État
où elle dispose d’un foyer d’habitation permanent ; Si elle dispose d’un foyer permanent dans les deux
Etats, elle est considérée comme résident seulement de l’État avec lequel ses liens personnels et
économiques sont les plus étroits. *Si l’État où cette personne a le centre de ses intérêts vitaux ne peut
pas être déterminé ou si elle ne dispose d’un foyer d’habitation permanent dans aucun des Etats, elle est
considérée comme résident que de l’État où elle séjourne de façon habituelle. *Si cette personne séjourne
de façon habituelle dans aucun d’eux, elle est considérée comme un résident seulement de l’État dont
elle possède la nationalité. *Si cette personne possède la nationalité des deux Etats, ou qu’elle ne possède
la nationalité d’aucun d’eux, les autorités compétentes des Etats contractants tranchent la question d’un
commun accord.
LE REGIME D’IMPOSITION
Le régime d’imposition des personnes physiques ayant leur domicile au Maroc
Evaluation de l’attractivité du système fiscal marocain
Le Maroc, est considèré aujourd’hui comme l’un des principaux pays liant l’Europe et l’Afrique. De
par sa géographie, son climat et sa stabilité́ politique et économique, il est devenu un pays très attractif.
Il en est ainsi également eu égard à son système fiscal, notamment pour les Français souhaitant bénéficier
d’une fiscalité́ plus avantageuse. Le Maroc qui ne connait ni impôt sur la fortune, ni droits de succession,
offre une imposition extrêmement faible allant jusqu’à̀ 80 % de réduction du montant de l’impôt dû au
titre des retraites de source étrangère.
Présentation générale du régime fiscal marocain
*Revenus salariaux et autres.
- Les employeurs ont l’obligation de retenir à la source mensuellement l’impôt sur chaque paiement
effectué à l’employé́ et de le reverser à l’administration fiscale sur une base mensuelle. Cette retenue
à la source est libératoire de l’impôt sur le revenu.
- Pour les titulaires de revenus autres que les revenus salariaux, une déclaration annuelle doit être
déposée auprès du centre des impôts de la zone de résidence du contribuable avant le 1er mars de
l’année qui suit la réalisation desdits revenus.
* Domicile fiscal.
– Concernant la résidence fiscale, il convient de noter qu’au sens de l’article 23-II du CGI marocain,
une personne est réputée avoir son domicile fiscal au Maroc lorsqu’elle y dispose de son foyer
permanent d’habitation, du centre de ses intérêts économiques ou lorsque la durée continue ou
discontinue de ses séjours au Maroc dépasse 183 jours pour toute période de 365 jours. Le centre des
intérêts économiques s’entend du lieu d’exercice de la ou des activités du contribuable, ou lieu où il
possède le siège de ses affaires, ou du lieu où il a effectué́ ses principaux investissements, qu’il s’agisse
de biens immeubles, d’établissements, industriels ou commerciaux, de prises de participations,
d’exploitations agricoles ou de tout autre placement de capitaux.
Le régime des contribuables domiciliés hors du Maroc
La Base d’imposition des personnes physiques domiciliées hors du Maroc
Il convient donc de préciser ce que nous entendons par revenus de source marocaine :
Des revenus afférents à des biens ou droits situés au Maroc ou une activité exercée au Maroc
:
Revenus d'immeubles situés au Maroc ou de droits relatifs à ces immeubles ;
Revenus de valeurs mobilières marocaines à revenu variable et revenus de tous autres
capitaux mobiliers placés au Maroc ;
Revenus d'exploitations agricoles, industrielles ou commerciales, sises au Maroc ;
Revenus tirés d'activités professionnelles salariées ou non salariées exercées au Maroc ;
Des Revenus versés par un débiteur domicilié ou établi au Maroc :
1. Pensions et rentes viagères ;
2. produits perçus par les inventeurs ou au titre de droits d'auteur ainsi que tous les produits
tirés de la propriété industrielle ou commerciale et de droits assimilés ;
3. Rémunération des prestations de toute nature matériellement fournies ou effectivement
utilisées au Maroc.
Les modalités d’imposition des personnes physiques domiciliées hors du Maroc
L’imposition des revenus de source marocaine est généralement établie de la même manière que pour
les personnes fiscalement domiciliées au Maroc :
1. -La base d’imposition est constituée par le montant des revenus de source marocaine déterminé
selon les règles applicables aux revenus de même nature perçue par les personnes qui ont leur domicile
fiscal au Maroc
2. -Les différents revenus catégoriels de source marocaine doivent être retenus pour leur montant
net.
3. -Le revenu global imposable est constitué par le ou les revenus nets d'une ou Plusieurs des
catégories, à l’exclusion des revenus et profits soumis à l’impôt selon un taux libératoire.
4. -La compensation entre résultats négatifs et positifs catégoriels est admise sous les réserves de
droit communs dès lors que les revenus ou déficits sont les deux de source marocaine.
5. -L’impôt est calculé en faisant application des règles de droit commun. Il est donc fait
application du barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Ne relevant pas de l’impôt sur les sociétés et non domiciliés ni établies au Maroc. Il s’agit :
1. - de redevances pour l'usage ou le droit à usage de droits d'auteur sur des œuvres littéraires,
artistiques ou scientifiques y compris les films cinématographiques et de télévision ;
2. - de redevances pour la concession de licence d'exploitation de brevets, dessins et modèles,
plans, formules et procédés secrets, de marques de fabrique ou de commerce ;
3. - de rémunérations pour la fourniture d'informations scientifiques, techniques ou autres et pour
des travaux d'études effectués au Maroc ou à l'étranger
4. - de rémunérations pour l'assistance technique ou pour la prestation de personnel mis à la
disposition d'entreprises domiciliées ou exerçant leur activité au Maroc ;
5. - de rémunérations pour l’exploitation, l'organisation ou l’exercice d’activités artistiques ou
sportives et autres rémunérations analogues ;
6. - de droits de location et des rémunérations analogues versées pour l'usage ou le droit à usage
d'équipements de toute nature ;
7. - d’intérêts de prêts et autres placements à revenu fixe à l’exclusion des intérêts des prêts
consentis à l’état ou garantis par lui et de ceux afférents aux dépôts en devises ou en dirhams
convertibles ainsi que des intérêts des prêts octroyés en devises pour une durée égale ou supérieure à 10
ans.
8. - de rémunérations pour le transport routier de personnes ou de marchandises effectué du Maroc
vers l'étranger, pour la partie du prix correspondant au trajet parcouru au Maroc
9. - de commissions et d'honoraires ;
10. - de rémunérations des prestations de toute nature utilisées au Maroc ou fournies par des
personnes non résidentes
L’impact des conventions fiscales :
Les agents de l'état en service à l'étranger.
Il s'agit des ambassadeurs, consuls, agents diplomatiques et consulaires, attachés militaires, agents
comptables et d'une manière générale les fonctionnaires et employés de nationalité marocaine ou
étrangère, placés sous contrat de travail avec le Royaume du Maroc et exerçant leurs fonctions à
l'étranger en cette qualité.
Personnes physiques n'ayant pas au Maroc leur domicile fiscal.
Ces personnes sont passibles de l'I.R à raison de l’ensemble de leurs revenus et profits de source
marocaine sous réserve des dispositions des conventions de non double imposition. Il s'agit de
l'application du principe général de territorialité qui veut que les revenus acquis dans un pays soient
imposés dans ce même pays, quelle que soit la nationalité ou le lieu du domicile du bénéficiaire.