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Formes bilinéaires en algèbre (TD)

Ce document présente plusieurs exercices sur les formes bilinéaires. Il définit des applications bilinéaires sur des espaces vectoriels et détermine leurs propriétés comme la matrice représentative, le rang, et si elles sont symétriques ou antisymétriques.

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Formes bilinéaires en algèbre (TD)

Ce document présente plusieurs exercices sur les formes bilinéaires. Il définit des applications bilinéaires sur des espaces vectoriels et détermine leurs propriétés comme la matrice représentative, le rang, et si elles sont symétriques ou antisymétriques.

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Université François Rabelais de Tours

Département de Mathématiques

Td 2 : Formes bilinéaires

Algèbre Semestre 4, 2015

Exercice 1
Dans E = R3 muni de sa base canonique B0 = (e1 , e2 , e3 ), on considère
l’application b : E 2 → R définie par : b((x1 , x2 , x3 ), (y1 , y2 , y3 )) = 2x1 y1 + x2 y2 − x3 y3 .
1. Justifier que b est une forme bilinéaire sur E.
2. Déterminer la matrice B représentant b dans B0 .
3. b est-elle symétrique ? antisymétrique ? Déterminer la partie symétrique, b1 , et la partie antisy-
métrique, b2 , de b.
4. Déterminer le rang de b.
Mêmes questions avec : b((x1 , x2 , x3 ), (y1 , y2 , y3 )) = x1 y2 + x2 y1 + x2 y3 − x3 y2 − 2x3 y3
Solution. 1. On voit que

b((x1 , x2 , x3 ), (y1 , y2 , y3 )) = 2e∗1 ⊗ e∗1 + e∗2 ⊗ e∗2 − e∗3 ⊗ e∗3 .

De plus les applications de la forme e∗i ⊗ e∗j sont des formes bilinéaires et l’ensemble des formes bili-
néaires forme un espace vectoriel. Ainsi b est bien une forme bilinéaire.

2. On rappelle que B = (b(ei , ej ))1≤i,j≤3 . On trouve donc


 
2 0 0
B = 0 1 0  .
0 0 −1

3. La matrice B est symétrique, la forme b est donc aussi symétrique. La décomposition de b sous la
forme b1 + b2 où b1 est la partie symétrique et b2 est la partie antisymétrique est donc b + 0.

4. La matrice B est clairement de rang 3 donc b est de rang 3.

On considère maintenant l’application :

b((x1 , x2 , x3 ), (y1 , y2 , y3 )) = x1 y2 + x2 y1 + x2 y3 − x3 y2 − 2x3 y3 .

On voit que

b((x1 , x2 , x3 ), (y1 , y2 , y3 )) = e∗1 ⊗ e∗2 + e∗2 ⊗ e∗1 + e∗2 ⊗ e∗3 − e∗3 ⊗ e∗2 − 2e∗3 ⊗ e∗3

et donc b est une forme bilinéaire puisque b est une combinaison linéaire de formes bilinéaires.

On trouve  
0 1 0
B = 1 0 1 .
0 −1 −2
B + tB B − tB
La matrice représentative de b1 est B1 = et celle de b2 est B2 = soit
2 2
   
0 1 0 0 0 0
B1 = 1 0 0
  et B2 = 0 0 1 .
0 0 −2 0 −1 0
On a donc

b1 ((x1 , x2 , x3 ), (y1 , y2 , y3 )) = x1 y2 + x2 y1 + 2x3 y3 ,


b2 ((x1 , x2 , x3 ), (y1 , y2 , y3 )) = x2 y3 − x3 y2 .

Le rang de b est le rang de la matrice B. On a



0 1 0 1 0 1 1 0 1

1 0 1 −→ 0 1 0 −→ 0 1 0
0 −1 −2 L1 ↔L2 0 −1 −2 L3 ←L2 +L3

0 0 −2

et donc b est de rang 3.

Exercice 2
Soit b la forme bilinéaire sur E= R3 dont la matrice représentative dans la base canonique B0 =
1 1 1
(e1 , e2 , e3 ) est : B =  0 0 2.
−1 4 3
1. b est-elle symétrique ? antisymétrique ? Quel est son rang ?
2. Pour tout (u, v) ∈ E 2 , déterminer b(u, v).
3. Justifier que la famille B = (e1 + e2 + e3 , −e1 + e2 + e3 , e1 + e2 − e3 ) est une base de E.
4. Déterminer de deux manières la matrice B ′ représentant b dans B.

Solution. 1. La forme bilinéaire b n’est ni symétrique, ni antisymétrique puisque sa matrice représen-


tative n’est ni symétrique, ni antisymétrique. Le rang de b est le rang de la matrice B. On a

1 1 1 1 1 1 1 1 1

0 0 2 −→ 1 4 3 −→ 0 3 2
−1 4 3 L2 ↔L3 0 0 2 L2 ←L2 −L1 0 0 −2

et donc b est de rang 3.

2. On pose u = (x1 , x2 , x3 ) et v = (y1 , y2 , y3 ). On trouve

b(u, v) = x1 y1 + x1 y2 + x1 y3 + 2x2 y3 − x3 y1 + 4x3 y2 + 3x3 y3 .

3. Puis que B contient 3 vecteurs, pour montrer que B est une base de E il suffit de montrer que son
rang est 3. On a
1 1 1 1 1 1

−1 1 1 −→ 0 2 2 .
1 1 −1 L2 ←L2 +L1 0 0 −2

L3 ←L3 −L1

4. D’après la définition, la matrice représentative de b dans la base B est définie par :


 
′ ′
MB (b) = b(ei , ej ) .
1≤i,j≤3

On calcule successivement :
b(e′1 , e′1 ) = b((1, 1, 1), (1, 1, 1)) = 11
b(e′1 , e′2 ) = b((1, 1, 1), (−1, 1, 1)) = 11
b(e′1 , e′3 ) = b((1, 1, 1), (1, 1, −1)) = −1
b(e′2 , e′1 ) = b((−1, 1, 1), (1, 1, 1)) = 5
b(e′2 , e′2 ) = b((−1, 1, 1), (−1, 1, 1)) = 9
b(e′2 , e′3 ) = b((−1, 1, 1), (1, 1, −1)) = −3
b(e′3 , e′1 ) = b((1, 1, −1), (1, 1, 1)) = −1
b(e′3 , e′2 ) = b((1, 1, −1), (−1, 1, 1)) = −5
b(e′3 , e′3 ) = b((1, 1, −1), (1, 1, −1)) = −1
et donc  
11 11 −1
MB (b) =  5 9 −3 .
−1 −5 −1
Sinon, on utilise la formule de changement de base. On a
 
1 −1 1
B0 PB =
1 1 1
1 1 −1

et donc

MB (b) =t (B PB0 )MB0 (b)B0 PB


     
1 1 1 1 1 1 1 −1 1
= −1 1 1  ·  0 0 2 · 1 1 1
1 1 −1 −1 4 3 1 1 −1
 
11 11 −1
= 5 9 −3 .
−1 −5 −1

Exercice 3
Dans E = R2 [X], l’espace vectoriel réel des polynômes de degré
R 1 inférieur ou égal à 2,
2 ′
on considère l’application b : E → R définie par : b(P, Q) = 0 P (t).Q (t)dt.
1. Justifier que b est une forme bilinéaire sur E.
2. Déterminer la matrice B représentant b dans la base canonique B0 = (1, X, X 2 ) de E.
3. Quel est le rang de b ?
4. b est-elle symétrique ? antisymétrique ? Déterminer la partie symétrique, b1 , et la partie antisy-
métrique, b2 , de b.
5. A-t-on b(P, P ) ≥ 0 pour tout polynôme P ? à quelle condition sur P a-t-on b(P, P ) = 0 ?
k
R1 X
Mêmes questions avec : b(P, Q) = 0 P (t).Q(1 − t)dt et bk (P, Q) = P (i)Q(i) avec k ∈ N∗
i=1

Solution. 1. Soient P, Q, R ∈ R2 [X] et λ ∈ R. On a


Z 1
b(P + λQ, R) = (P + λQ)(t).R′ (t)dt
0
Z 1
= (P (t) + λQ(t)).R′ (t)dt
0
Z 1 Z 1

= P (t).R (t)dt + λ Q(t).R′ (t)dt
0 0
= b(P, R) + λb(Q, R)

et
Z 1
b(P, Q + λR) = P (t) · (Q + λR)′ (t)dt
0
Z 1
= P (t) · (Q′ (t) + λR′ (t))dt
0
Z 1 Z 1

= P (t).Q (t)dt + λ P (t).R′ (t)dt
0 0
= b(P, Q) + λb(P, R)
L’application b est donc bien une forme bilinéaire sur E.

2. On calcule successivement

b(1, 1) = 0
Z 1
b(1, X) = dt = 1
0
Z 1
b(1, X 2 ) = 2Xdt = 1
0
Z 1
b(X, 1) = X · 0 dt = 0
0
Z 1
b(X, X) = Xdt = 1/2
0
Z 1
b(X, X 2 ) = 2X 2 dt = 2/3
0
Z 1
b(X 2 , 1) = X 2 · 0 dt = 0
0
Z 1
b(X 2 , X) = X 2 dt = 1/3
0
Z 1
2 2
b(X , X ) = 2X 3 dt = 1/2
0

et donc  
0 1 1
B = 0 1/2 2/3 .
0 1/3 1/2
3. On voit facilement que b est de rang 2.

4. La forme bilinéaire b n’est ni symétrique, ni antisymétrique puisque sa matrice représentative n’est


ni symétrique, ni antisymétrique. La matrice représentative de la partie symétrique b1 est
 
t 0 1 1
B+ B 1
B1 = = 1 1 1
2 2
1 1 1

et celle de la partie antisymétrique b2 est


 
tB 0 1/2 1/2
B−
B2 = = −1/2 0 1/6 .
2
−1/2 −1/6 0

5. On a 1
1 
1 2 1 2
Z

P (1) − P 2 (0)

b(P, P ) = P (t)P (t)dt = P =
0 2 0 2
et donc
b(P, P ) ≤ 0 ⇐⇒ |P (0)| ≥ |P (1)|
ce qui est le cas pour, par exemple, P (t) = 1 − t. Par ailleurs, on a

b(P, P ) = 0 ⇐⇒ P (0) = P (1)

ce qui est le cas pour, par exemple, P (t) = t · (1 − t).


R1
On considère la forme b(P, Q) = 0 P (t).Q(1 − t)dt. Soient P, Q, R ∈ R2 [X] et λ ∈ R. On a
Z 1
b(P + λQ, R) = (P + λQ)(t).R(1 − t)dt
0
Z 1
= (P (t) + λQ(t)).R(1 − t)dt
0
Z 1 Z 1
= P (t) · R(1 − t)dt + λ Q(t) · R(1 − t)dt
0 0
= b(P, R) + λb(Q, R)

et
Z 1
b(P, Q + λR) = P (t) · (Q + λR)(1 − t)dt
0
Z 1
= P (t) · (Q(1 − t) + λR(1 − t))dt
0
Z 1 Z 1
= P (t) · Q(1 − t)dt + λ P (t) · R(1 − t)dt
0 0
= b(P, Q) + λb(P, R)

L’application b est donc bien une forme bilinéaire sur E.

On calcule successivement

b(1, 1) = 1
b(1, X) = 1/2
b(1, X 2 ) = 1/3
b(X, 1) = 1/2
b(X, X) = 1/6
b(X, X 2 ) = 1/12
b(X 2 , 1) = 1/3
b(X 2 , X) = 1/12
b(X 2 , X 2 ) = 1/30

et donc  
1 1/2 1/3
B = 1/2 1/6 1/12 .
1/3 1/12 1/30
3. On vérifie "facilement" que b est de rang 3.

4. La forme bilinéaire b est symétrique. Sa décomposition sous la forme d’une forme symétrique plus
une forme antisymétrique est donc b = b + 0.

5. On considère le polynôme P = X −1/2. Alors, une étude de signe montre que le produit P (t)·P (1−t)
est négatif sur [0, 1]. On a donc b(P, P ) ≤ 0. Plus précisemment, on calcule b(P, P ) = −1/12.
On pose P = aX 2 + bX + c. Des calculs un peu laborieux montre alors que
1 2 1 2 1 2
b(P, P ) = a + b + c2 + ab + ac + cb.
30 6 6 3
1 2 1 2 1 2
Ainsi, b(P, P ) = 0 si et seulement si a + b + c2 + ab + ac + cb = 0.
30 6 6 3
On rappelle que l’application
εα : R2 [X] −→ R
P 7−→ P (α)
est une forme linéaire pour tout α ∈ R. Or
k
X k
X
bk = P (i)Q(i) = εi ⊗ εi
i=1 i=1

et donc bk est bien une forme bilinéaire. De plus,on vérifiera que la matrice Ei de la forme εi ⊗ εi dans
la base canonique est
i i2
 
1
Ei =  i i2 i3  .
i2 i3 i4
Cette matrice est symétrique et donc que b est une forme bilinéaire symétrique. De plus la matrice Bk
de la forme bk est :
 
k k k
2
P P P
1 i i 
 2
   i=1 i=1 i=1 
Xk Xk 1 i i P k k k 
 i i2 i3  =  i2 i3  .
P P
Bk = Ei =  i

i2 i3 i4
 i=1 i=1 i=1 
i=1 i=1  k k k

P 2 P 3
P 4
i i i

i=1 i=1 i=1

Par exemple, on a    
1 1 1 2 3 5
B1 = 1 1 1 et B2 = 3 5 9  .
1 1 1 5 9 17
Plus généralement, on peut calculer :
k
X
1=k
i=1
k
X k · (k + 1)
i=
2
i=1
k
X k · (k + 1) · (2k + 1)
i2 =
2
i=1
k
X k2 · (k + 1)2
i3 =
4
i=1
k
X k · (k + 1) · (6k3 + 9k2 + k − 1)
i4 =
2
i=1

et donc
 
k · (k + 1) k · (k + 1) · (2k + 1)
k
 2 2
2 2

k · (k + 1) k · (k + 1) · (2k + 1) k · (k + 1)
 
Bk =  .
 
 k · (k + 1)2· (2k + 1) 2 4
 
k2 · (k + 1)2 k · (k + 1) · (6k3 + 9k2 + k − 1) 
2 4 2
On peut calculer directement que le rang de B1 est 1 et que rang de B2 est 2.
Soit P ∈ R2 [X]. On a
k
X
bk (P, P ) = P 2 (i) ≥ 0.
i=1

De plus
bk (P, P ) = 0 ⇐⇒ P (i) = 0, ∀i = 1, . . . , k.
Lorsque k = 1, on a donc par exemple b(X, X) = 0.
Lorsque k = 2, on a donc par exemple b(X(1 − X), X(1 − X)) = 0.
Lorsque k ≥ 3, si bk (P, P ) = 0 alors P a au moins 3 racines. Or P est de degré deux donc cela implique
que P = 0. On a donc pour tout k ≥ 3, bk (P, P ) = 0 si et seulement si P = 0.

On a donc montre que la forme bk était un produit salaire pour k ≥ 3. On en déduit que bk est de rang
3 pour k ≥ 3.
Exercice 4
Dans E = M2 (R) l’espace vectoriel réel des matrices réelles d’ordre 2, on considère l’application
b : E 2 → R définie par : b(A, B) = tr(t A.B) où tr(M ) désigne la trace de la matrice M .
1. Prouver que b est une forme bilinéaire symétrique sur E.
2. Prouver que pour tout A de E, b(A, A) ≥ 0 avec égalité si, et seulement si, A = O2 .
3. Donner la matrice B représentant b dans la base canonique B = (E11 , E12 , E21 , E22 ) de E.
4. En déduire le rang de b.
Solution 1. Soient A, B, C ∈ M2 (R) et λ ∈ R. Puisque
t
(A + λB) = t A + λt B et Tr(A + λB) = Tr(A) + λT r(B)

on vérifie facilement que

b(A + λB, C) = Tr(t (A + λB) · C) = Tr(t A · C) + λ Tr(t B · C) = b(A, C) + λ Tr(B, C).

De plus comme Tr(A) = Tr(t A), Tr(AB) = Tr(BA), t (A · B) = t B · t A et t (t A) = A on a

b(A, B) = Tr(t A · B) = Tr(t (t AB)) = Tr(t B · t (t A)) = Tr(t B · A) = b(B, A)

la forme b est bilinéaire et symétrique.

2. Soit A = (ai,j ) ∈ M2 (R). On a

a21,1 + a21,2
     
t a1,1 a1,2 a1,1 a2,1 a1,1 a2,1 + a1,2 a2,2
A·A = · =
a2,1 a2,2 a1,2 a2,2 a2,1 a1,1 + a2,2 a1,2 a22,1 + a22,2

et donc b(A, A) = a21,1 + a21,2 + a22,1 + a22,2 ≥ 0. De plus, cmme c’est une somme de terme positif, on a

b(A, A) = 0 ⇐⇒ a1,1 = a1,2 = a2,1 = a2,2 = 0, c’est à dire A = 02 .

3. On a  
1 0 0 0
0 1 0 0
B=
0

0 1 0
0 0 0 1
4. Le rang de b est 4.

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