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Décomposition de Frobenius et Matrices Compagnon en Algèbre Linéaire

Cet exercice concerne la décomposition de Frobenius d'un endomorphisme u d'un espace vectoriel E. Il est démontré que le commutant de u est une sous-algèbre et contient le polynôme minimal de u. Il est ensuite établi que tout endomorphisme peut être mis sous forme d'une matrice diagonale par blocs dont les blocs sont des matrices compagnons.

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Décomposition de Frobenius et Matrices Compagnon en Algèbre Linéaire

Cet exercice concerne la décomposition de Frobenius d'un endomorphisme u d'un espace vectoriel E. Il est démontré que le commutant de u est une sous-algèbre et contient le polynôme minimal de u. Il est ensuite établi que tout endomorphisme peut être mis sous forme d'une matrice diagonale par blocs dont les blocs sont des matrices compagnons.

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Lycée Champollion Classe de MP∗

Décomposition de Frobenius

E désigne un espace vectoriel de dimension finie n sur un corps K.


Un endomorphisme u de E est dit cyclique s’il existe a ∈ E tel que (a, u(a), ..., un−1 (a)) forme une
base de E (on dira dans ce cas que a est adapté à u).
Étant donné un endomorphisme u de E, on appelle commutant de u : C(u) = {v ∈ L(E)|uv = vu}.
On rappelle qu’un endomorphisme u est une transvection de E s’il existe une forme linéaire non nulle
φ ∈ E ∗ , un vecteur a ∈ E vérifiant φ(a) = 0, tels que, pour tout x, u(x) = x + φ(x)a. Et qu’une
dilatation de rapport λ ∈ K ∗ est un endomorphisme de la forme u(x) = x + (λ − 1)φ(x)b, où φ est
une forme linéaire non nulle, b un vecteur vérifiant φ(b) = 1.
On note Ωi,j la matrice de Mn (K) dont tous les coefficients sont nuls sauf le coefficient d’indice (i, j)
qui vaut 1.
Pour tout µ ∈ K, (i, j) ∈ Nn 2 , i 6= j, on pose Ti,j (µ) = In + µΩi,j .
Pour tout λ ∈ K ∗ , i ∈ Nn , on pose Di (λ) = I + (λ − 1)Ωi,i .
Soit u ∈ L(E). On rappelle que si Q ∈ K[X], Q = γ0 +γ1 X +...+γr X r , alors Q(u) vaut, par définition,
Q(u) = γ0 idE + γ1 u + ... + γr ur (uk = u ◦ u ◦ ... ◦ u).
Une matrice A ∈ Mp (K) est dite matrice compagnon si elle est de la forme :
 
0 0 ... 0 α0
 1 0 ... 0 α1
 

 
 0 1 ... 0 α2 
 
 ...
 

0 0 ... 1 αp−1

On définit le polynôme PA associé à A par PA = X p − (α0 + α1 X + ... + αp−1 X p−1 ).

Première partie
Soit u un endomorphisme non nul de E. On pose P(u) = {Q(u)|Q ∈ K[X]}.

1. Montrer que C(u) est une sous-algèbre unitaire de L(E), que P(u) est la plus petite sous-algèbre
unitaire de L(E) qui contienne u.
2. On suppose u cyclique. Soit a ∈ E adapté à u, et B la base (a, u(a), ..., un−1 (a)).
On pose un (a) = α0 a + α1 u(a) + ... + αn−1 un−1 (a).
(a) Écrire la matrice A de u dans la base B.
(b) Soit v ∈ C(u). On écrit v(a) dans la base B : v(a) = β0 a + β1 u(a) + ... + βn−1 un−1 (a). On
pose ensuite w = β0 idE + β1 u + ... + βn−1 un−1 . Établir l’égalité v = w.
(c) Montrer P(u) = C(u)
3. Montrer que PA (u) = 0, et que ∀Q ∈ Kn−1 [X], Q(u) = 0 ⇒ Q = 0. Quelle est la dimension de
C(u) ?

Seconde partie
L’objectif de cette partie est de prouver que toute matrice de Mn (K) est semblable à une matrice
diagonale par blocs dont chaque bloc diagonal est une matrice compagnon.
Soit u ∈ L(E), non nul. Un sous-espace F de E est dit u-cyclique (ou simplement cyclique) si F est
stable par u et si u induit sur F un endomorphisme cyclique.
1. Montrer l’existence d’un sous-espace cyclique non réduit à 0.

On choisit un tel sous-espace F, de dimension maximale p (parmi les sous-espaces cycliques de E).
2. On considère une base (e1 , ..., ep ) de F , vérifiant ek+1 = u(ek ) (1 6 k 6 p − 1). Soit (f1 , ..., fq )
une famille de vecteurs qui la complète en une base de E (q = n − p). On note C la matrice de
l’application induite par u sur F dans la base (e1 , ..., ep ). Que dire de C ? Décrire la matrice A de
u dans la base (e1 , ..., ep , f1 , ..., fq ).
µ
3. On pose, pour toute B ∈ Mn (K), τ(i,j) (B) = T(i,j) (−µ)BT(i,j) (µ) (i 6= j, µ ∈ K). Décrire
µ
l’application τ(i,j) en termes d’opérations élémentaires sur les lignes et les colonnes.
4. Montrer l’existence d’une famille (g1 , g2 , ..., gq ) telle que (e1 , ..., ep , g1 , g2 , ..., gq ) forme une base
de E et que, dans cette base, la matrice de u soit de la forme :
 
β1 β2 ... βq

 0 0 ... 0 

 
 C 0 0 ... 0 
.. ..
 
 

 . . 


 0 0 ... 0 

 

 .... .... .... .... .... .... .... .... .... 


 0 ... 0 γ1,1 γ1,2 ... γ1,q 

0 ... 0 γ2,1 γ2,2 ... γ2,q
 
 
.. .. .. ..
 
 
 . . . . 
0 ... 0 γq,1 γq,2 ... γq,q

Indication : utiliser des transformations du type τ , ainsi que les colonnes de la sous-matrice
compagnon, pour "annuler" les coefficients Ap,p+1 , Ap,p+2 , ..., Ap,n , puis Ap−1,p+1 , ..., Ap−1,n ,
etc.
5. Soit k ∈ {1, ..., q}. On suppose βk 6= 0. Montrer que (gk , u(gk ), ..., up (gk )) est une famille libre.
En déduire βk = 0.
6. Prouver l’existence d’un supplémentaire G de F , stable par u.
7. Établir l’existence d’une base de E dans laquelle la matrice de u est une matrice diagonale par
blocs dont chaque bloc diagonal est une matrice compagnon.
8. Conclure.
Lycée Champollion Classe de MP∗

Corrigé

Première partie
1. Clair (ou cours).
2. (a) Puisque (a, u(a), . . . , un−1 (a)) est une base de E, il existe α0 , α1 , . . . , αn−1 tels que

un (a) = α0 a + α1 u(a) + . . . + αn−1 un−1 (a)

Il est clair que la matrice de u dans cette base est la matrice compagnon C (de format
n × n).
(b) On a, pour tout k ∈ [[, 0, n − 1]], w(uk (a)) = β0 uk (a) + β1 u(uk (a)) + ... + βn−1 un−1 (uk (a)) =
uk (β0 a + β1 u(a) + ... + βn−1 un−1 (a)) = uk (v(a)) = v(uk (a)) (car u et v commutent). Ainsi,
w et v coïncident sur une base de E d’où w = v.
(c) P(u) ⊂ C(u) est immédiat, et on vient de prouver l’inclusion réciproque.
3. On a, vu la relation un (a) = α0 a + α1 u(a) + . . . + αn−1 un−1 (a), PA (u)(a) = 0 donc, pour
tout k ∈ N, PA (u)(uk (a)) = uk (PA (u)(a)) = 0 et, par conséquent, PA (u) = 0. PA est donc
un polynôme annulateur de u. C’est en fait le polynôme minimal de u car, vu la liberté de
(a, u(a), . . . , un−1 (a)), (e, u, . . . , un−1 ) est libre (ce qui montre bien ∀Q ∈ Kn−1 [X], Q(u) = 0 ⇒
Q = 0). Ainsi C(u) = P(u) = Vect(e, u, . . . , un−1 ) est de dimension n.

Seconde partie
1. Soit a ∈ E \ {0}, et k le plus petit entier tel que uk (a) ∈ Vect(a, u(a), . . . , uk−1 (a)). Alors F =
Vect(a, u(a), . . . , uk−1 (a)) est un sous-espace stable par u. On vérifie aisément que (a, u(a), . . . , uk−1 (a))
est libre, c’est une base de F , qui est donc u-cyclique.
2. F est stable par u, et u induit sur cet espace
un endomorphisme
 cyclique auquel la base (e1 , e2 , . . . , ep )
C B
est adaptée. Donc A va être de la forme  .... .... , où C ∈ Mp (K) est une matrice compa-
 

0 D
gnon, B ∈ Mp,q (K), D ∈ Mq (K).
µ
3. Calculer τi,j (B) revient à appliquer à B successivement les opérations Cj ← Cj + µCi et Li ←
Li − µLj . Notons que ces deux opérations commutent (car multiplier à droite par Ti,j (µ) puis à
gauche par Ti,j (−µ) sont deux opérations qui commutent !). Il est essentiel de noter que, puisque
µ
Ti,j (−µ) = Ti,j (µ)−1 , B et τi,j (B) sont semblables.
4. On a Cp,p−1 = 1. Donc les opérations


 Cp+1 ← Cp+1 − Bp,1 Cp−1

p+2 ← Cp+2 − Bp,2 Cp−1
 C


 . . .
Cn ← Cn − Bp,q Cp−1

permettent de "remplacer" la dernière ligne de B par des zéros. Les opérations "duales", sur les
lignes, 
 Lp−1 ← Lp−1 + Bp+1,1 Lp+1

...

Lp−1 ← Lp−1 − Bn,1 Ln

ne modifient pas C puisque, en-dessous de C, ne se trouvent que des 0. Ces opérations re-
viennent à calculer

τp−1,n (Bp+1,q ) ◦ . . . ◦ τp−1,p+2 (Bp+1,2 ) ◦ τp−1,p+1 (Bp+1,1 )(A)

De la même manière, on peut utiliser Cp−1,p−2 = 1 pour "éliminer" les coefficients Bp−1,1 à
Bp−1,q . Notons que ces opérations sur les colonnes n’altèrent par le travail déjà effectué, d’une
part parce que Cp−1,p−2 est le seul coefficient non nul de la colonne p−2 de C, d’autre part parce
que les opérations sur les lignes ne vont modifier que la ligne Lp−1 . On poursuit par récurrence,
remplaçant ainsi, à la kieme étape, la ligne numéro p − k + 1 de B par 0. Après p − 1 étapes, on
obtient une matrice de la forme souhaitée.
Chaque transformation τi,j (µ) revient à effectuer un changement de base dont la matrice de
passage est Ti,j (µ) (seul le j ieme vecteur de base est changé, qui est remplacé par lui-même
plus µ fois le iieme vecteur de base). Puisqu’à chaque fois, l’indice j est plus grand que p + 1, ce
changement de base ne modifie pas les p premiers vecteurs de la base, qui restent (e1 , e2 , . . . , ep ).
Il existe donc (g1 , g2 , . . . , gq ) telle que (e1 , e2 , . . . , ep , g1 , g2 , . . . , gq ) forme une base de E et telle
que, dans cette base, la matrice de u soit de la forme souhaitée.
5. Notons Fk = Vect(e1 , e2 , . . . , ek , g1 , g2 , . . . , gq ). On a, pour 0 6 k < p, u(Fk ) ⊂ Fk+1 , d’où

u(gk ) ∈ βk e1 + F0 ⊂ F1 ,
u2 (gk ) ∈ βk e2 + F1 ⊂ F2 ,
...,
uj (gk ) ∈ βk ej + Fj−1 ⊂ Fj ,
...,
up (gk ) ∈ βk ep + Fp−1 ⊂ Fp

Supposons l’existence de λ0 à λp , non tous nuls, tels que λ0 gk + λ1 u(gk ) + . . . + λp up (gk ) = 0.


Soit j le plus grand indice tel que λj 6= 0 (j > 1 puisque gk 6= 0). Alors on voit que uj (gk ) ∈
Vect(gk , . . . , uj−1 (gk )) ⊂ Fj−1 , d’où, puisque uj (gk ) ∈ βk ej + Fj−1 et βk 6= 0, ej ∈ Fj−1 : contra-
diction. Ainsi, la famille (gk , u(gk ), . . . , up (gk )) est une famille libre. Ceci contredit la maximalité
de la dimension de F . Donc βk = 0.
6. Ainsi, la matrice de u dans la base (e1 , e2 , . . . , ep , g1 , . . . , gq ) est composée de deux blocs diago-
naux, ce qui entraîne que G = Vect(g1 , . . . , gp ) est stable par u : c’est un supplémentaire stable
de F .
7. Par récurrence sur n = dim(E). Si F E, on applique l’hypothèse de récurrence à l’endomor-
phisme induit par u sur le sous-espace stable G mis en évidence ci-dessus.
8. Matriciellement, cela signifie que toute matrice est semblable à une matrice diagonale par blocs
Diag(C1 , C2 , . . . , Cr ), dont chaque bloc diagonal Cj est une matrice compagnon.

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