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T h Ă© o r i e e t p r a t i q u e
Nations Unies
Banque mondiale
Manuel de lâindice des prix Ă la consommation
Théorie et pratique
M a nu e l d e l â i n d i c e
des prix Ă la consommation
T h Ă© o r i e e t p r a t i q u e
Nations Unies
Banque mondiale
Copyright © 2004
Organisation internationale du travail/Fonds monétaire international/Organisation de coopération et de développement écono-
miques/Office statistique des Communautés européennes/Nations Unies/Banque internationale pour la reconstruction et le déve-
loppement/Banque mondiale
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dĂ©veloppement Ă©conomiques, de lâOffice statistique des CommunautĂ©s europĂ©ennes (Eurostat), de la Commission Ă©conomique
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OIT/FMI/OCDE/CEEâONU/Eurostat/Banque mondiale
Manuel de lâindice des prix Ă la consommation : ThĂ©orie et pratique
GenĂšve, Organisation internationale du travail, 2004
Guide, indice des prix à la consommation, collecte de données, méthode statistique, calcul, méthodologie, pays développés, pays
en développement. 09.02
ISBN 1-58906-330-9
Les désignations utilisées dans cet ouvrage, qui sont conformes aux usages des organisations qui en assurent la publication,
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On peut se procurer des exemplaires de ce manuel, au prix de 125 dollars EU, Ă lâadresse suivante :
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Télécopie : (202) 623-7201
Messagerie électronique : [email protected]
Le prĂ©sent ouvrage est la version revue et augmentĂ©e de lâouvrage intitulĂ© Consumer price indices : An ILO manual, paru
en 1989. La révision, organisée par le Groupe de travail intersecrétariats sur les statistiques des prix (IWGPS), a été entre-
prise sous la responsabilité de six organisations internationales : le Bureau international du travail (BIT), le Fonds moné-
taire international (FMI), lâOrganisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE), lâOffice statistique
des CommunautĂ©s europĂ©ennes (Eurostat), la Commission Ă©conomique des Nations Unies pour lâEurope (CEE-ONU) et
la Banque mondiale. La publication de lâouvrage est assurĂ©e conjointement par les six organisations.
Ce manuel contient des informations et des explications complĂštes et dĂ©taillĂ©es sur lâĂ©tablissement des indices des
prix Ă la consommation (IPC). RĂ©digĂ© Ă lâintention des pays dĂ©veloppĂ©s aussi bien que des pays en dĂ©veloppement, il
passe en revue les diverses questions conceptuelles et théoriques dont les offices statistiques doivent tenir compte
pour rĂ©pondre aux problĂšmes que pose le calcul dâun IPC. Les chapitres couvrent un large Ă©ventail de sujets, ana-
lysent en dĂ©tail les diffĂ©rentes pratiques en vigueur Ă lâheure actuelle, proposent le cas Ă©chĂ©ant dâautres mĂ©thodes et
examinent les avantages et inconvénients de chacune des solutions avancées. Compte tenu de sa vocation exhaustive,
cet ouvrage devrait pouvoir répondre aux besoins de nombreux utilisateurs.
Le principal objectif du manuel est dâaider les statisticiens chargĂ©s dâĂ©tablir lâindice des prix Ă la consommation, en
particulier ceux des pays qui rĂ©visent ou mettent en place leur IPC. Il fait fond sur une large gamme dâexpĂ©riences et
de compétences pour présenter des méthodes de mesure pratiques et adaptées, et devrait aussi aider les pays à se doter
dâIPC qui se prĂȘtent davantage aux comparaisons internationales effectuĂ©es par les offices de statistique nationaux et
les institutions multilatĂ©rales. Parce quâil rĂ©unit une somme de connaissances sur cette question, ce manuel peut aussi
servir dâoutil dâapprentissage individuel ou dâinstrument pĂ©dagogique pour les cours de formation sur lâIPC.
Lâouvrage sâadresse Ă©galement Ă dâautres utilisateurs des IPC, tels que les employeurs et les salariĂ©s, les dĂ©cideurs
et les chercheurs. Il fournira à tous des précisions sur les différentes méthodes employées pour la collecte des don-
nĂ©es et le calcul des indices, mais aussi sur les limites de ces mĂ©thodes, de façon Ă ce que les rĂ©sultats puissent ĂȘtre
correctement interprétés.
La rédaction et la révision de ce manuel ont nécessité de nombreuses réunions échelonnées sur une période de
cinq ans, auxquelles ont participĂ© des experts dâoffices nationaux de statistique, dâorganisations internationales et rĂ©-
gionales, des milieux universitaires et des instituts de recherche. Le nouveau manuel doit beaucoup Ă leur sagesse et
Ă leurs conseils.
La version Ă©lectronique du manuel peut ĂȘtre consultĂ©e sur le site Internet www.ilo.org/stat. LâIWGPS voit dans cet
ouvrage un document Ă©volutif appelĂ© Ă ĂȘtre modifiĂ© et mis Ă jour pour traiter plus en dĂ©tail tel ou tel point. Câest ce
quâattestent dĂšs Ă prĂ©sent les remarques et recommandations formulĂ©es par les groupes internationaux qui suivent
lâIPC, tels que la ConfĂ©rence internationale des statisticiens du travail (CIST), le Groupe de travail intersecrĂ©tariats
sur les indices de prix (ou «Groupe dâOttawa») ou la rĂ©union commune CEE-ONU/BIT sur les indices des prix Ă la
consommation.
Vos commentaires sur lâIWGPS sont les bienvenus. Ils peuvent ĂȘtre adressĂ©s au Bureau de statistique du BIT
(adresse électronique : [email protected]), et seront pris en compte dans les révisions ultérieures du manuel.
v
TABLE DES MATIĂRES
Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . v
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxi
Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxix
Guide du lecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxxiii
vii
TABLE DES MATIĂRES
viii
TABLE DES MATIĂRES
Jeux de hasard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Opérations sur actifs financiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Achats et ventes de devises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Paiements, financement et crédit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Opérations financiÚres et emprunts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
CrĂ©ation dâun actif/passif financier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Achats à tempérament . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Charges dâintĂ©rĂȘts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Production des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
Activités économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
Consommation par les ménages de leur propre production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
MĂ©nages et points de vente inclus dans le champ de lâindice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Definition des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Types de ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Couverture géographique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Couverture des points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Différences de prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Discrimination par les prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Différences de prix entre points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Mise Ă jour des points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Traitement de certaines dépenses des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Commissions des agents et courtiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Biens et services indésirables ou illicites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Biens et services de luxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Biens dâoccasion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Dépenses imputées de biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Couverture des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Taxes et subventions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Rabais, remises, ristournes, programmes de fidélisation et produits «gratuits» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
Classification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
CritÚres de classification des dépenses de consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Classification par type de produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Classification par fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Classifications pour les indices des prix Ă la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Niveau de publication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
Nomenclature des fonctions de la consommation individuelle (COICOP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
Appendice 3.1 Indices des prix à la consommation et déflateurs des prix en comptabilité nationale . . . . . . . . . . 70
ix
TABLE DES MATIĂRES
5 Ăchantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Techniques de tirage aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Tirage aléatoire et indices des prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
Techniques de tirage aléatoire à probabilité inégale proportionnelle à la taille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
MĂ©thodes dâĂ©chantillonnage utilisĂ©es par le Bureau of Labor Statistics des Ătats-Unis . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
Techniques de tirage non aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
Raisons de recourir au tirage non aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
Ăchantillonnage fondĂ© sur un seuil dâinclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Ăchantillonnage par la mĂ©thode des quotas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
La méthode du produit élémentaire représentatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
Ăchantillonnage dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
Choix dâune mĂ©thode de tirage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
ProcĂ©dures dâestimation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Application des procĂ©dures dâestimation aux indices des prix Ă la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Estimation de la variance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
Variances des formules dâindices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
La mĂ©thode des Ătats-Unis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
La méthode suédoise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
La méthode française . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
La méthode du Luxembourg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Autres méthodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Allocation optimale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Récapitulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
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TABLE DES MATIĂRES
17 Approche économique de la théorie des indices : le cas des ménages uniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 367
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 367
Lâindice du coĂ»t de la vie de KonĂŒs et les limites observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 368
Lâindice du coĂ»t de la vie vĂ©ritable lorsque les prĂ©fĂ©rences sont homothĂ©tiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 371
Indices superlatifs : lâindice idĂ©al de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 373
Moyenne quadratique des indices superlatifs dâordre r . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 375
Indices superlatifs : lâindice de Törnqvist . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 377
Les propriĂ©tĂ©s dâapproximation des indices superlatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 379
Indices superlatifs et agrégation en deux étapes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 381
Lâindice de LloydâMoulton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 383
Préférences annuelles et prix mensuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 385
Lâindice de Lowe en tant quâapproximation dâun indice du coĂ»t de la vie vĂ©ritable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 385
Approximation de premier ordre du biais de lâindice de Lowe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 386
Approximation de second ordre du biais de substitution de lâindice de Lowe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 387
Le problĂšme des produits saisonniers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 390
Le problĂšme du passage dâun prix zĂ©ro Ă un prix positif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 391
18 Approche économique de la théorie des indices : le cas des ménages multiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 393
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 393
Indices du coût de la vie ploutocratiques et limites observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 393
Lâindice de prix de Fisher ploutocratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 396
Indices du coût de la vie démocratiques ou ploutocratiques? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 398
xv
TABLE DES MATIĂRES
xvi
TABLE DES MATIĂRES
Estimation dâindices annuels mobiles Ă lâaide dâindices mensuels Ă panier annuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 481
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 483
23 Biens durables et coĂ»ts dâusage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 485
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 486
Le concept dâacquisition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 487
Le concept dâĂ©quivalent-loyer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 489
Le concept du coĂ»t dâusage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 491
Rapport entre coĂ»ts dâusage et coĂ»ts dâacquisition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 491
Autres modĂšles dâamortissement possibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 493
ModĂšle gĂ©nĂ©ral dâamortissement des biens de consommation durables (invariables) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 493
Amortissement géométrique ou dégressif à taux constant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 495
Amortissement linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 496
Amortissement du fiacre centenaire ou de lâampoule Ă©lectrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 496
Biens durables uniques et concept du coĂ»t dâusage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 498
CoĂ»t dâusage des logements occupĂ©s par leur propriĂ©taire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 499
Traitement des coûts liés aux logements occupés par leur propriétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 502
Traitement des intĂ©rĂȘts des prĂȘts immobiliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 502
Traitement des impĂŽts fonciers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 503
Traitement de lâassurance sur les biens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 503
Traitement des dĂ©penses dâentretien et de rĂ©novation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 504
Traitement des frais de transaction liés aux achats de logements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
Comparaison des coĂ»ts dâusage pour les bailleurs et pour les propriĂ©taires-occupants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
Coût des dommages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
Non-paiement des loyers et coût de vacance des logements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
Frais liĂ©s aux avis dâĂ©chĂ©ance et Ă lâentretien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
CoĂ»t dâopportunitĂ© du capital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 508
Fourniture de services supplémentaires dans le cadre des locations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 508
Le concept de paiement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 509
Méthodes possibles de calcul du prix des logements occupés par leur propriétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 509
Le concept dâacquisition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 510
Le concept dâĂ©quivalent-loyer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 510
Le concept du coĂ»t dâusage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 510
Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 513
Appendice. Formules et terminologie relatives Ă quelques indices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 522
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 587
Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 603
xvii
TABLE DES MATIĂRES
6.1 Exemple de formulaire dâenquĂȘte indiquant le nombre de prix relevĂ©s par magasin ou Ă©tal . . . . . . . . . . . . . . . 112
6.2 Exemple illustrant la méthode de détermination du prix effectivement payé
par lâacheteur en cas de marchandage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
7.1 Illustrations des mĂ©thodes implicites dâajustement de la qualitĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
7.2 Exemple du biais liĂ© Ă un ajustement implicite de la qualitĂ© dans lâhypothĂšse oĂč la variation
(moyenne) de prix de nouveaux produits ajustés aux changements de qualité par rapport
Ă la variation de prix des produits quâils remplacent demeure inchangĂ©e (r2 = 1,00) . . . . . . . . . . . . . . 131
7.3 Exemple fondé sur la taille, le prix et le prix unitaire de sacs de farine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
7.4 Résultats de la régression hédonique dans le cas des ordinateurs personnels Dell et Compaq . . . . . . . . 139
7.5 Exemple de comparaisons Ă court terme et Ă long terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
8.1 Exemple dâextension de lâĂ©chantillon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
9.1 Calcul des indices de prix pour un agrégat élémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
9.2 Imputation des prix manquant temporairement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
9.3 Disparition et remplacement de produits, sans chevauchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
9.4 Disparition et remplacement de produits avec chevauchement des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
9.5 AgrĂ©gation des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
9.6 Actualisation par les prix des pondérations entre les périodes de référence
des pondérations et des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201
9.7 Calcul dâun indice-chaĂźne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
9.8 DĂ©composition des variations de lâindice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207
10.1 Exemple de calcul dâune sĂ©rie de crĂ©ances hypothĂ©caires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
10.2 Exemple de calcul dâune sĂ©rie de charges dâintĂ©rĂȘts hypothĂ©caires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
10.3 DonnĂ©es de prix synthĂ©tiques visant Ă illustrer les mĂ©thodes dâĂ©tablissement
des indices des prix du vĂȘtement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
10.4 Divers indices des prix des vĂȘtements dâĂ©tĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
10.5 Divers indices des prix des vĂȘtements dâhiver . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
10.6 Divers indices des prix du vĂȘtement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
10.7 Structure dâindice donnĂ©e Ă titre dâexemple pour les services de tĂ©lĂ©communications
(méthode des produits élémentaires représentatifs) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
10.8 Exemples de caractéristiques des services de télécommunications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
10.9 Exemple de profil dâutilisateur de services de tĂ©lĂ©phonie mobile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
10.10 Illustration de lâimpact des taxes sur les mesures des services dâassurance
(dollars) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 240
11.1 Taxonomie des erreurs dans un indice des prix Ă la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
14.1 Compte de production dâun Ă©tablissement, dâune unitĂ© institutionnelle ou dâun secteur institutionnel . . 282
14.2 Compte de production ventilĂ© par produit dâun Ă©tablissement ou dâune unitĂ© dâactivitĂ© Ă©conomique locale 284
14.3 Compte dâutilisation du revenu des unitĂ©s et secteurs institutionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 286
14.4 Ventilation du compte dâutilisation du revenu par produit, pour les unitĂ©s et secteurs institutionnels . . . 289
14.5 Ventilation du compte dâutilisation du revenu par produit, pour lâĂ©conomie totale . . . . . . . . . . . . . . . . . 290
14.6 Comptes de capital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 292
14.7 Compte de capital ventilé par produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 293
14.8 Compte extérieur des biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294
14.9 Compte extérieur des biens et services ventilé par produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295
14.10 Le tableau des ressources et des emplois (TRE) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 296
14.11 Couverture des principaux indices de prix : colonnes du tableau des ressources et des emplois . . . . . . . 298
14.12 Définition du champ, des rapports de prix, de la couverture et des pondérations
des principaux indices des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 299
14.13 Compte dâexploitation dâun Ă©tablissement, dâune unitĂ© institutionnelle
ou dâun secteur institutionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 303
14.14 Compte dâexploitation dâun Ă©tablissement et dâune branche dâactivitĂ© ventilĂ© par services
de main-dâĆuvre (profession) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 304
14.15 Cadre des statistiques des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 305
19.1 Prix des six produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 402
xviii
TABLE DES MATIĂRES
xix
TABLE DES MATIĂRES
xx
PRĂFACE
La Banque mondiale, le Bureau international du travail (BIT), la Commission économique des Nations Unies pour
lâEurope (CEEâONU), lâOffice de statistique des CommunautĂ©s europĂ©ennes (Eurostat), le Fonds monĂ©taire interna-
tional (FMI), lâOrganisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE), ainsi que des experts de plu-
sieurs offices de statistique nationaux et dâuniversitĂ©s, ont collaborĂ© depuis 1998 Ă lâĂ©laboration du prĂ©sent manuel.
Ils souscrivent aux principes et recommandations contenus dans cet ouvrage, lesquels définissent, selon eux, la pra-
tique Ă suivre par les offices de statistique pour Ă©tablir lâindice des prix Ă la consommation (IPC). Il se peut toutefois
que, en raison de contraintes pratiques et faute de ressources suffisantes, les offices de statistique de certains pays ne
puissent pas donner suite immédiatement à quelques-unes des recommandations formulées, qui leur serviront dÚs
lors dâorientations ou de cibles dans la rĂ©vision de leur IPC et lâamĂ©lioration de leurs projets dâIPC. Il nây a pas tou-
jours de solutions claires et nettes aux problÚmes théoriques et pratiques spécifiques que posent, par exemple, le plan
dâĂ©chantillonnage, le choix de la formule dâindice, lâajustement des prix en fonction des changements de qualitĂ© et le
traitement des produits nouveaux. Aussi les offices de statistique doivent-ils faire appel aux principes économiques et
statistiques fondamentaux énoncés dans le présent manuel pour concevoir des solutions pratiques.
xxi
PRĂFACE
mĂ©thodes dâĂ©tablissement de lâIPC. Cette Ă©volution de la thĂ©orie et des donnĂ©es statistiques peut influer sur toutes les
Ă©tapes du calcul de lâIPC. Les technologies nouvelles peuvent modifier les mĂ©thodes employĂ©es pour relever les prix
et les communiquer Ă lâoffice central de statistique. Elles peuvent aussi amĂ©liorer le traitement et la vĂ©rification des
donnĂ©es, notamment les mĂ©thodes dâajustement des prix des biens et des services pour tenir compte des changements
de qualitĂ©. Enfin, lâamĂ©lioration des formules permet de calculer des indices de niveau supĂ©rieur Ă la fois plus exacts
et plus fiables, y compris lâIPC global lui-mĂȘme.
xxii
PRĂFACE
nuel propose donc un examen assez approfondi de lâajustement des prix en fonction des changements de qualitĂ©, en
sâinspirant des Ă©tudes les plus rĂ©centes sur cette question. Le biais constatĂ© peut tenir Ă dâautres facteurs, tels que
lâutilisation dâun panier de biens et services non actualisĂ© et non reprĂ©sentatif, ou rĂ©sulter des mĂ©thodes utilisĂ©es pour
échantillonner et relever les prix. Plusieurs chapitres traitent de ces questions et le chapitre 11 fait le point sur les er-
reurs et biais possibles.
LâIPC est largement utilisĂ© pour lâindexation des prestations sociales telles que les pensions, indemnitĂ©s de chĂŽ-
mage, etc. Il est retenu en outre comme facteur dâindexation des prix dans les contrats Ă long terme. Les effets cumu-
lĂ©s dâun biais, aussi faible soit-il, peuvent donc ĂȘtre importants sur le long terme et avoir un impact financier considĂ©-
rable sur les budgets publics. Câest pourquoi les organes gouvernementaux, et en particulier les ministĂšres des
finances, manifestent un regain dâintĂ©rĂȘt pour les IPC, dont ils examinent lâexactitude et la fiabilitĂ© avec plus de soin
et de rigueur que dans le passé.
Face Ă lâĂ©volution dĂ©crite ci-dessus, lâidĂ©e quâil convenait de revoir, mettre Ă jour et dĂ©velopper la version 1989
du manuel du BIT sâest peu Ă peu imposĂ©e Ă la fin des annĂ©es 90. Formellement recommandĂ©e lors de la rĂ©union
commune CEEâONU/BIT sur les indices des prix Ă la consommation organisĂ©e Ă GenĂšve fin 1997, la rĂ©vision du
manuel a Ă©tĂ© confiĂ©e aux principales organisations internationales chargĂ©es de mesurer lâinflation. Cette stratĂ©gie a
été avalisée en 1998 par la Commission de statistique des Nations Unies, qui est convenu par ailleurs de transformer
le Groupe dâOttawa en Groupe de travail intersecrĂ©tariats sur les statistiques des prix (IWGPS). La seiziĂšme CIST,
rĂ©unie en 1998, a recommandĂ© aussi que lâon rĂ©vise la rĂ©solution de la quatorziĂšme CIST concernant les indices des
prix Ă la consommation adoptĂ©e en 1987. Le projet de rĂ©solution rĂ©visĂ© soumis Ă lâexamen de la dix-septiĂšme CIST
(24 novembreâ3 dĂ©cembre 2003) a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© par le Bureau de statistique du BIT parallĂšlement Ă la prĂ©paration du
manuel rĂ©visĂ©. Tout a Ă©tĂ© fait pour que les deux documents soient cohĂ©rents et se renforcent lâun lâautre1.
1Le texte de la rĂ©solution 2003 concernant les indices des prix Ă la consommation est reproduit Ă lâannexe 3. Il se trouve Ă©galement sur le site du
xxiii
PRĂFACE
y ait pondĂ©ration Ă chaque niveau dâagrĂ©gation). Pour des raisons thĂ©oriques et pratiques, cependant, les offices de
statistique estiment que les rapports de prix des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire ainsi obtenus sont assez exacts pour
ĂȘtre inclus dans la formule de Laspeyres au niveau dâagrĂ©gation supĂ©rieur.
Cette méthodologie, qui remonte aux travaux effectués par Mitchell (1927), Knibbs (1924) et quelques autres
pionniers il y a 80 Ă 90 ans, est encore utilisĂ©e aujourdâhui.
Bien que la plupart des offices de statistique utilisent traditionnellement comme indice lâindice de Laspeyres, la
thĂ©orie Ă©conomique et la thĂ©orie des indices laissent penser que dâautres types dâindice â ceux de Fisher, Walsh ou
TörnqvistâTheil, par exemple â constitueraient des cibles plus indiquĂ©es. Comme on le sait, lâindice de Laspeyres
est entachĂ© dâun biais positif par rapport Ă ces autres indices cibles. Il est bien sĂ»r possible que ces derniers ne
puissent pas ĂȘtre calculĂ©s par un office de statistique, mais il nâen faut pas moins se donner une cible thĂ©orique,
quelle quâelle soit. La fixation dâune cible est nĂ©cessaire aussi pour dĂ©terminer Ă quel point lâindice effectivement
produit par un office de statistique se rapproche de lâidĂ©al thĂ©orique. Les chapitres du manuel consacrĂ©s aux ques-
tions théoriques décrivent les quatre principales approches de la théorie des indices :
1) lâapproche du panier-type et des moyennes symĂ©triques de paniers-types;
2) lâapproche stochastique (estimateur statistique);
3) lâapproche axiomatique (approche des tests);
4) lâapproche Ă©conomique.
Les approches (3) et (4) sont familiÚres aux statisticiens des prix et des utilisateurs chevronnés, mais les approches
(1) et (2) appellent peut-ĂȘtre des prĂ©cisions.
Lâindice de Laspeyres est un exemple dâindice de panier-type. Le problĂšme, dâun point de vue thĂ©orique, est quâil
existe une autre formule tout aussi valable pour les deux pĂ©riodes comparĂ©es : lâindice de Paasche, qui utilise le panier
de quantitĂ©s de la pĂ©riode en cours. Lorsquâil existe deux estimateurs aussi valables lâun que lâautre pour le mĂȘme con-
cept, la thĂ©orie statistique recommande dâen faire la moyenne. Cependant, il y a plusieurs types de moyenne et le choix
de celle-ci nâest pas sans importance. Selon le manuel, la «meilleure» moyenne est la moyenne gĂ©omĂ©trique des in-
dices de Laspeyres et de Paasche (lâindice idĂ©al de Fisher). Mais le «meilleur» panier est celui dans lequel les quanti-
tĂ©s sont les moyennes gĂ©omĂ©triques des quantitĂ©s des deux pĂ©riodes (lâindice de Walsh). Du point de vue des estima-
tions statistiques, le «meilleur» indice est une moyenne géométrique des rapports de prix utilisant comme
pondĂ©rations la moyenne (arithmĂ©tique) des parts de dĂ©penses dans les deux pĂ©riodes (lâindice de TörnqvistâTheil).
La thĂ©orie des indices nous apprend encore une chose qui doit ĂȘtre mentionnĂ©e ici, Ă savoir la difficultĂ© de dĂ©finir
le prix et la quantitĂ© des produits Ă utiliser pour chaque pĂ©riode dans la formule dâindice. En effet, le mĂȘme produit
peut ĂȘtre vendu Ă des prix diffĂ©rents. Quel sera alors le prix le plus reprĂ©sentatif des ventes de ce produit pour la pĂ©-
riode? La réponse est la valeur unitaire puisque ce prix, multiplié par la quantité totale vendue pendant la période, est
égal à la valeur des ventes. Le manuel ne recommande pas, bien entendu, de recourir à la valeur unitaire pour les pro-
duits hĂ©tĂ©rogĂšnes; celle-ci ne doit ĂȘtre calculĂ©e que pour les produits identiques.
Les six points susmentionnés sont les principaux sujets de préoccupation soulevés par la méthodologie classique.
Ils ne sont pas classĂ©s par ordre dâimportance, car tous prĂ©sentent un grand intĂ©rĂȘt :
1. Au niveau dâagrĂ©gation final, lâIPC traditionnellement utilisĂ© nâest pas un vĂ©ritable indice de Laspeyres car les
pondérations des dépenses se rapportent à une année de référence différente du mois (ou trimestre) de référence des
prix. Les pondérations de dépenses sont donc annuelles, tandis que les relevés de prix sont mensuels. Dans un véri-
table indice de Laspeyres, la période de référence des pondérations des dépenses doit coïncider avec celle des prix.
Le fait est que, dans lâindice effectivement calculĂ© par beaucoup dâoffices de statistique au niveau dâagrĂ©gation
final, la période de référence des pondérations précÚde celle des prix. Les indices de ce type afficheront probable-
ment un certain biais positif par rapport à un véritable indice de Laspeyres, en particulier si les pondérations de dé-
penses sont actualisĂ©es par les prix de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence Ă la pĂ©riode de base de lâindice de Laspeyres. Il sâen-
suit que ces indices sont nécessairement entachés de biais positifs par rapport à des indices cibles théoriques
comme ceux de Fisher, Walsh ou TörnqvistâTheil.
2. Aux premiers niveaux dâagrĂ©gation, ce sont des moyennes non pondĂ©rĂ©es des prix ou rapports de prix qui sont
employĂ©es. JusquâĂ la pĂ©riode rĂ©cente oĂč les donnĂ©es saisies par lecture optique dans les points de vente sont de-
venues plus accessibles, on pensait que les biais pouvant rĂ©sulter de lâutilisation dâindices non pondĂ©rĂ©s nâĂ©taient
pas particuliĂšrement significatifs. Cependant, certaines observations font apparaĂźtre aujourdâhui que les niveaux
dâagrĂ©gation infĂ©rieurs pourraient ĂȘtre entachĂ©s de biais positifs importants par rapport aux rĂ©sultats des indices
cibles préférés mentionnés plus haut.
3. Le troisiĂšme sujet de prĂ©occupation est le suivant : si les offices de statistique reconnaissent dâordinaire que le
traitement des changements de qualité et des produits nouveaux pose des problÚmes, il est difficile de mettre au
point une mĂ©thodologie cohĂ©rente qui puisse les rĂ©soudre lorsque lâon a choisi un indice de Laspeyres qui utilise
xxiv
PRĂFACE
un ensemble de quantitĂ©s fixe. La «rĂ©gression hĂ©donique» est la plus rĂ©pandue des pratiques optimales dâajuste-
ment des indices de prix en fonction de la qualitĂ©. Dans ce contexte, le prix dâun produit Ă un moment donnĂ© est
fonction de ses caractéristiques physiques et économiques par rapport à celles des produits remplaçants. En fait,
les modalitĂ©s dâintĂ©gration de la rĂ©gression hĂ©donique dans le cadre thĂ©orique de lâIPC soulĂšvent bien des contro-
verses. Les chapitres les plus thĂ©oriques du manuel, aussi bien que ceux qui sâattachent davantage aux aspects
pratiques, font une large place à ces questions méthodologiques. Les problÚmes posés par la disparition de pro-
duits anciens et lâapparition de nouveaux produits sur le marchĂ© sont beaucoup plus graves quâils ne lâĂ©taient
lorsque la mĂ©thode traditionnelle de lâIPC a Ă©tĂ© mise au point il y a environ 80 ans (Ă©poque oĂč ce problĂšme Ă©tait
en grande partie ignoré). Pour de nombreuses catégories de produits, telles que les modÚles de biens de consom-
mation durables, les produits dont le prix a Ă©tĂ© relevĂ© en dĂ©but dâannĂ©e ne sont tout simplement plus disponibles
en fin dâannĂ©e. Lâamenuisement progressif de lâĂ©chantillon crĂ©e dâĂ©normes problĂšmes mĂ©thodologiques. Aux ni-
veaux dâagrĂ©gation infĂ©rieurs, il devient nĂ©cessaire (au moins pour de nombreuses catĂ©gories de produits) dâutili-
ser des indices-chaĂźnes et non des indices Ă base fixe. Certains indices non pondĂ©rĂ©s risquent dâĂȘtre entachĂ©s de
biais importants lorsquâils sont chaĂźnĂ©s.
4. Le quatriÚme sujet de préoccupation, lié au premier, concerne le traitement des produits saisonniers. Le recours
aux quantitĂ©s ou aux parts de dĂ©penses annuelles se justifie dans une certaine mesure si lâon sâintĂ©resse aux ten-
dances des variations de prix sur le long terme. Mais des utilisateurs comme les banques centrales sâintĂ©ressent au
court terme et veulent connaĂźtre les variations dâun mois sur lâautre; les pondĂ©rations annuelles risquent alors de
lancer des signaux trompeurs. Les variations mensuelles des prix des produits dont ce nâest pas la saison (aux-
quels sont donc attribuĂ©s des pondĂ©rations faibles pour les mois en question) peuvent ĂȘtre fortement amplifiĂ©es si
lâon utilise des pondĂ©rations annuelles. Le problĂšme est encore aggravĂ© lorsque les produits ne sont pas du tout
offerts pendant certains mois de lâannĂ©e. Il y a certes des solutions aux problĂšmes des produits saisonniers, mais
elles ne plaisent pas toujours Ă nombre de statisticiens et utilisateurs de lâIPC car elles supposent la construction
de deux indices, lâun pour mesurer les variations de prix Ă court terme et lâautre (plus exact) pour suivre lâĂ©volu-
tion des prix à long terme, corrigée des variations saisonniÚres.
5. CinquiÚme sujet de préoccupation, les services ont été relativement négligés dans les IPC, comme du reste dans la
plupart des statistiques Ă©conomiques, alors mĂȘme quâils ont pris une importance prĂ©pondĂ©rante. LâIPC couvre
dâordinaire beaucoup plus de prix de biens que de prix de services, et beaucoup plus de groupes de produits que
de groupes de services. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, on ne sâest guĂšre penchĂ© sur les difficultĂ©s soulevĂ©es par la mesure des
variations des prix et des volumes de services, mĂȘme si ces problĂšmes thĂ©oriques et pratiques posĂ©s sont considĂ©-
rables. Les services dâassurance, les jeux de hasard, les services financiers, la publicitĂ©, les tĂ©lĂ©communications,
les loisirs ou les services de logement sont autant dâexemples de ces services difficiles Ă mesurer. Bien souvent,
les offices de statistique ne disposent tout simplement pas des ressources ou des méthodes indispensables pour ré-
soudre ces dĂ©licats problĂšmes dâĂ©valuation.
6. Enfin, la mĂ©thodologie de lâIPC tend Ă ne pas reconnaĂźtre quâun seul IPC ne suffit pas pour rĂ©pondre aux besoins
des diffĂ©rents utilisateurs. Certains peuvent avoir besoin au plus vite, par exemple, dâinformations sur lâĂ©volu-
tion des prix en glissement mensuel. Il convient alors dâutiliser un indice de panier-type aux pondĂ©rations prĂ©dĂ©-
terminĂ©es (mĂȘme si elles risquent dâĂȘtre inadĂ©quates et non actualisĂ©es) disponibles immĂ©diatement. Dâautres,
par contre, peuvent préférer une mesure plus exacte ou plus représentative des variations de prix et accepter pour
ce faire de sacrifier lâactualitĂ© des donnĂ©es Ă leur exactitude. Pour cette raison, le Bureau of Labor Statistics des
Ătats-Unis publie, rĂ©trospectivement, un indice superlatif qui utilise de maniĂšre symĂ©trique les donnĂ©es sur les
pondĂ©rations de la pĂ©riode en cours et de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence. Câest une maniĂšre de procĂ©der tout Ă fait ra-
tionnelle, car les utilisateurs nâont pas tous les mĂȘmes besoins. Le cas des logements occupĂ©s par leur propriĂ©-
taire est un autre exemple de lâutilitĂ© dâĂ©laborer plusieurs indices. De solides arguments ont Ă©tĂ© avancĂ©s en fa-
veur de trois traitements diffĂ©rents fondĂ©s respectivement sur le concept dâacquisition, lâĂ©quivalent-loyer et le
coĂ»t dâusage. Ces trois mĂ©thodes peuvent toutefois donner des rĂ©sultats chiffrĂ©s tout Ă fait diffĂ©rents sur le court
terme. Lâoffice de statistique doit opter pour lâune dâelles, mais, comme toutes trois sont valables, il peut mettre
à la disposition des utilisateurs intéressés des indices utilisant les deux autres méthodes sous forme de séries
analytiques. TroisiĂšme exemple, lâutilitĂ© dâĂ©tablir plusieurs indices se manifeste aussi lorsque, en raison du ca-
ractĂšre saisonnier de certains produits, lâindice mensuel nâest pas fondĂ© sur le mĂȘme ensemble de produits que
celui qui compare le mois considĂ©rĂ© avec le mois correspondant de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente.
Toutes ces préoccupations sont évoquées dans le présent manuel. Un échange de vues franc et ouvert sur ces ques-
tions devrait encourager les économistes et statisticiens des universités, des administrations publiques, des banques
centrales, etc., Ă sâattaquer Ă ces problĂšmes de mesure et Ă trouver de nouvelles solutions applicables par les offices
de statistique. Sâil est sensibilisĂ© Ă ces problĂšmes, le public devrait prendre conscience de la nĂ©cessitĂ© dâaffecter des
ressources supplémentaires aux offices de statistique pour améliorer ces mesures économiques.
xxv
PRĂFACE
Organisation de la révision
Les six organisations internationales citĂ©es au dĂ©but de cette prĂ©face, qui sâintĂ©ressent Ă la fois Ă la mesure de lâin-
flation et aux moyens de la maĂźtriser, ont collaborĂ© Ă la rĂ©vision de ce manuel. Elles continuent dâapporter une assis-
tance technique dans le domaine de lâIPC Ă des pays qui ne sont pas tous au mĂȘme stade de dĂ©veloppement, y com-
pris Ă ceux qui ont entrepris de passer de la planification centrale Ă lâĂ©conomie de marchĂ©. Ces organisations ont uni
leurs efforts pour rĂ©viser ce manuel, et ont créé pour ce faire lâIWGPS, dont le rĂŽle est dâorganiser et de conduire les
opĂ©rations de rĂ©vision plutĂŽt que de remplir les fonctions de groupe dâexperts.
LâIWGPS a Ă©tĂ© chargĂ© :
âą de dĂ©signer les spĂ©cialistes de lâindice des prix invitĂ©s Ă participer au processus de rĂ©vision en qualitĂ© de membre
du Groupe dâexperts techniques (GET/IPC) chargĂ© de formuler des conseils sur le contenu du manuel, ou Ă titre
dâauteur;
⹠de fournir les ressources nécessaires, financiÚres et autres;
âą dâorganiser les rĂ©unions du GET/IPC, de prĂ©parer son programme de travail et de rĂ©diger les comptes rendus de ses
réunions;
âą dâassurer la publication et la diffusion du manuel.
Certains membres de lâIWGPS Ă©taient aussi membres du GET/IPC. Il importe de noter que les experts participant
au GET/IPC ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă se joindre au groupe en qualitĂ© dâexpert et non pas de reprĂ©sentant ou dĂ©lĂ©guĂ© des offices
nationaux de statistique ou autres organismes qui les emploient. Les participants ont ainsi pu donner leur opinion
dâexpert sans engager en aucune façon la responsabilitĂ© des organismes dont ils relĂšvent.
La révision du manuel a pris cinq ans et a impliqué de multiples activités :
âą lâĂ©tablissement de lâavant-projet et le recrutement des experts chargĂ©s de rĂ©diger les divers chapitres;
âą lâexamen des projets de chapitre par les membres du GET/IPC, de lâIWGPS et dâautres experts;
âą lâaffichage des projets de chapitre sur un site Internet spĂ©cial afin de recueillir les observations des personnes et
organisations intéressées;
âą lâorganisation de dĂ©bats au sein dâun petit groupe dâexperts issus dâorganismes de statistique et des milieux uni-
versitaires pour la finalisation de tous les chapitres;
âą la mise au point de la version finale du manuel.
xxvi
PRĂFACE
tains membres font aussi partie du Groupe dâexperts techniques sur lâIPC. Les deux Ă©quipes ont travaillĂ© en Ă©troite
collaboration. Les mĂ©thodologies de lâIPP et de lâIPC ont de nombreux points communs. Toutes deux reposent sur la
mĂȘme thĂ©orie Ă©conomique et statistique, mais lâIPC sâappuie sur la thĂ©orie du comportement des consommateurs et
lâIPP sur la thĂ©orie de la production. Cependant, les deux thĂ©ories Ă©conomiques sont isomorphes et conduisent aux
mĂȘmes types de conclusions sur lâĂ©tablissement des indices. Les deux manuels ont des contenus similaires, ils sont
tout à fait cohérents entre eux du point de vue conceptuel et leurs textes sont parfois identiques.
La plupart des membres du Groupe dâexperts techniques sur lâIPC et du Groupe dâexperts techniques sur lâIPP
sont des membres actifs du Groupe dâOttawa. Les deux manuels ont pu mettre Ă profit le contenu et les conclusions
des trÚs nombreuses études présentées lors des réunions de ce Groupe.
xxvii
REMERCIEMENTS
Les organisations reprĂ©sentĂ©es dans lâIWGPS tiennent Ă exprimer leur reconnaissance envers tous ceux qui ont
pris part Ă lâĂ©laboration du manuel. Elles remercient tout particuliĂšrement Peter Hill, qui en a dirigĂ© la production,
W. Erwin Diewert, qui a contribué trÚs largement à la rédaction des chapitres théoriques, et Bert Balk, à qui a été
soumis lâensemble des questions dâordre thĂ©orique. Leurs efforts conjuguĂ©s ont permis dâamĂ©liorer trĂšs sensible-
ment la qualité de cet ouvrage.
Annexes
1 Indices des prix à la consommation harmonisés (Union européenne) Alexandre Makaronidis, Keith Hayes
2 Nomenclature des fonctions de la consommation individuelle (COICOP) Commission de statistique de lâONU
3 Résolution concernant les indices des prix à la consommation adoptée
par la dix-septiÚme Conférence internationale des statisticiens du travail, 2003 OIT
xxix
REMERCIEMENTS
Le manuel a grandement bénéficié aussi du concours de nombreux autres experts, tels que Martin Boon (Statistics
Netherlands); Heber Camelo et Ernestina PĂ©rez (Commission Ă©conomique pour lâAmĂ©rique latine et les CaraĂŻbes);
Denis Fixler (United States Bureau of Economic Analysis); Leendert Hoven (Statistics Netherlands); Michel
Mouyelo-Katoula (Banque africaine de dĂ©veloppement); Carl Obst (alors Ă lâOCDE); Bouchaib Thich (DĂ©parte-
ment de la prévision économique et du plan, Maroc) et Ralph Turvey (expert). Les experts ou organismes suivants
nous ont aussi apportĂ© des avis et commentaires prĂ©cieux : Statistics Austria; Statistics Singapore; BLS (Ătats-
Unis); Michael Anderson (ABS); Rob Edwards (ABS); Eivind Hoffmann (OIT); Roberto Vilarrubi (British School,
Washington); les participants Ă lâInternational Working Group on Price Indices (IWGPS) organisĂ© Ă Singapour en
juin 2001, ainsi que les membres du Groupe dâOttawa.
LâIWGPS a créé un groupe dâexperts techniques spĂ©cialisĂ©s dans lâIPC (TEG/CPI) en vue de la rĂ©vision du
manuel. Ses membres appartenaient aussi au TEG/CPI, auquel participaient :
LâUNECE (Jan Karlsson, Lidia Bratanova*, Miodrag Pesut*, Tihomira Dimova*) et lâOIT (Valentina Stoevska) ont
assuré conjointement le secrétariat du TEG/CPI.
The TEG/CPI sâest rĂ©uni Ă sept reprises, les 11â12 fĂ©vrier 1999 (GenĂšve), 2 novembre 1999 (GenĂšve, 5â6 fĂ©vrier
2001 (Washington), 25â26 juin 2001 (GenĂšve), 31 octobre 2001 (GenĂšve), 19â21 mars 2002 (Londres) et 14â15 oc-
tobre 2002 (Londres).
LâIWGPS sâest rĂ©uni Ă cinq reprises, les 24 septembre 1998 (Paris), 11 fĂ©vrier 1999 (GenĂšve), 2 novembre 1999
(GenĂšve), 21â22 mars 2002 (Londres) et 5 dĂ©cembre 2003 (GenĂšve). Une sĂ©rie de rĂ©unions informelles se sont
aussi tenues.
xxx
REMERCIEMENTS
LâOIT a assurĂ© le secrĂ©tariat du Groupe et A. Sylvester Young a prĂ©sidĂ© lâIWGPS. Durant le processus de rĂ©vi-
sion, le directeur de la publication du manuel de lâIPC (Peter Hill), le prĂ©sident du TEG/CPI (David Fenwick), le
directeur de la publication du manuel de lâIPP et le prĂ©sident du TEG/PPI (Paul Armknecht) ont participĂ© aux rĂ©u-
nions de lâIWGPS.
La publication finale de la version anglaise de ce manuel a été coordonnée, avec la participation des organisations
reprĂ©sentĂ©es dans lâIWGPS, par Valentina Stoevska du Bureau de statistique de lâOIT. Le Bureau de statistique de
lâOIT a apportĂ© une contribution importante Ă lâĂ©dition et Ă la production du manuel. Nous tenons enfin Ă remercier
Angela Haden et Barbara Campanini pour leur relecture minutieuse du manuscript final.
*Ces membres ont occupé leurs fonctions durant une partie de la période seulement.
xxxi
GUIDE DU LECTEUR
Les manuels de statistiques Ă©conomiques publiĂ©s Ă travers le monde se proposent traditionnellement dâapporter un
Ă©clairage utile sur les concepts, dĂ©finitions et classifications utilisĂ©s, la couverture des indices, la valorisation et lâenre-
gistrement des donnĂ©es, les procĂ©dures dâagrĂ©gation, les formules de calcul, etc. Leur but principal est dâaider les prati-
ciens Ă Ă©tablir les statistiques requises dans les diffĂ©rents pays. Câest le mĂȘme objectif que nous avons privilĂ©giĂ© ici.
Cependant, le présent manuel a aussi été conçu pour le bénéfice de tous ceux qui utilisent les indices des prix à la
consommation (IPC), tels que les économistes des administrations publiques et des milieux universitaires, les experts
financiers et les autres observateurs avertis de lâactivitĂ© Ă©conomique. LâIPC est une statistique clĂ© pour la politique
Ă©conomique, et retient comme telle lâattention des mĂ©dias, des gouvernements et du grand public dans la plupart des
pays. En dĂ©pit de son apparente simplicitĂ©, câest un concept perfectionnĂ© qui fait largement appel Ă la thĂ©orie
économique et statistique et qui suppose la manipulation de données complexes. Ce manuel a donc aussi pour ambi-
tion de faire mieux connaßtre les propriétés des IPC.
En rÚgle générale, tous ceux qui produisent ou utilisent des statistiques économiques doivent avoir une idée précise
de ce quâelles sont censĂ©es mesurer, en principe. En Ă©conomie comme dans dâautres disciplines, il ne peut y avoir de
mesure sans théorie. Le manuel propose par conséquent une analyse approfondie, exhaustive et actuelle de la théorie
économique et statistique. Ce faisant, il offre une présentation complÚte, sur le double plan conceptuel et pratique, de
la mesure des IPC.
Lâouvrage qui en rĂ©sulte nâen est pas moins volumineux. Il est impossible, sachant que les lecteurs nâont pas
nĂ©cessairement les mĂȘmes intĂ©rĂȘts ou prioritĂ©s, de concevoir une sĂ©quence de chapitres qui rĂ©ponde aux attentes de
tous. Cela dit, ce manuel est conçu pour ĂȘtre une source de rĂ©fĂ©rence, et il nâest donc pas nĂ©cessaire de le lire dâun
bout Ă lâautre. Beaucoup de lecteurs ne seront sans doute intĂ©ressĂ©s que par une sĂ©rie de chapitres. Lâobjectif de ce
guide est par consĂ©quent de donner Ă chacun un aperçu du contenu du manuel qui lâaidera Ă satisfaire au mieux ses
intĂ©rĂȘts et ses prioritĂ©s.
xxxiii
GUIDE DU LECTEUR
des modalitĂ©s de traitement des nouveaux biens et services qui nâont pas fait lâobjet dâachats auparavant et pour
lesquels on ne dispose donc pas des prix pour les périodes antérieures.
Le chapitre 9 fait la synthÚse des cinq chapitres précédents et résume, étape par étape, les phases successives du
calcul dâun IPC. Il dĂ©crit les indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire calculĂ©s Ă partir des prix bruts relevĂ©s pour de petits
groupes de produits et lâĂ©tablissement consĂ©cutif de la moyenne des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire pour obtenir des
indices de niveau supĂ©rieur, jusquâĂ lâIPC global.
Le chapitre 10 passe en revue un certain nombre de cas qui appellent un traitement spécifique, tels que les biens et
services dont les prix ne sont pas donnĂ©s sĂ©parĂ©ment parce quâils sâinsĂšrent dans des transactions composites couvrant
plus dâun produit Ă©lĂ©mentaire. Il examine aussi le cas des logements occupĂ©s par leur propriĂ©taire. Le chapitre 11 exa-
mine les erreurs et biais qui peuvent entacher les IPC.
Le chapitre 12 traite des questions dâorganisation et de gestion. La conduite des enquĂȘtes sur les prix et le traite-
ment des rĂ©sultats obtenus est une opĂ©ration de grande ampleur qui demande Ă ĂȘtre organisĂ©e avec soin et menĂ©e de
façon efficace. La publication ou la diffusion des résultats sont évoquées au chapitre 13.
Le chapitre 14 marque une rupture dans la sĂ©quence des chapitres en ce sens quâil ne porte pas sur lâĂ©tablissement
des IPC. Il poursuit en effet un objectif diffĂ©rent, qui est dâexaminer la place de lâIPC dans le systĂšme gĂ©nĂ©ral des sta-
tistiques des prix. LâIPC ne doit pas ĂȘtre traitĂ© comme une statistique indĂ©pendante et isolĂ©e. Le flux de biens de con-
sommation et de services auquel il se rapporte nâest lui-mĂȘme quâun ensemble de flux interdĂ©pendants au sein de
lâĂ©conomie globale. Lâanalyse de lâinflation requiert plus dâun indice, et il est essentiel de savoir exactement com-
ment lâIPC se rattache Ă lâindice des prix Ă la production (IPP) et aux autres indices de prix, tels que les indices des
prix Ă lâexportation et Ă lâimportation. Le tableau des ressources et des emplois du SystĂšme de comptabilitĂ© nationale
offre un cadre thĂ©orique appropriĂ© Ă lâexamen de ces interrelations.
Les chapitres 15 à 18 exposent de façon systématique et détaillée la théorie des indices et la théorie économique sur
lesquelles reposent les IPC. Les cinq approches de la théorie des indices analysées couvrent tous les aspects de la théo-
rie des indices. Ensemble, elles donnent un aperçu exhaustif et actuel de la théorie des indices, y compris de ses déve-
loppements méthodologiques récents présentés dans les revues spécialisées et les comptes rendus de conférences.
Le chapitre 15 propose une introduction à la théorie des indices centrée sur la décomposition des changements de
valeur en leurs composantes de prix et de quantités. Le chapitre 16 examine les approches axiomatiques et stochas-
tiques des IPC. Lâapproche axiomatique, ou approche par les tests, Ă©numĂšre une liste de propriĂ©tĂ©s souhaitables
pour les indices et met Ă lâessai des formules spĂ©cifiques qui permettent de dĂ©terminer si les indices possĂšdent ou
non ces propriétés.
Le chapitre 17 explique lâapproche Ă©conomique fondĂ©e sur la thĂ©orie du comportement du consommateur. Dans ce
cadre, lâIPC est dĂ©fini comme un indice du coĂ»t de la vie (COLI). Bien quâil ne soit pas possible de calculer directe-
ment les indices du coĂ»t de la vie, on peut sâattendre Ă ce quâune certaine classe dâindices, appelĂ©s indices superlatifs,
donnent dans la pratique une approximation des indices du coĂ»t de la vie. De plus en plus dâĂ©conomistes et dâautres
utilisateurs sâaccordent Ă penser quâen principe, lâindice idĂ©al prĂ©fĂ©rĂ© pour les besoins de lâIPC devrait ĂȘtre un indice
superlatif, tel que lâindice de Fisher. Ce constat est Ă©tayĂ© par le fait que lâindice de Fisher se rĂ©vĂšle aussi trĂšs
souhaitable dâun point de vue axiomatique.
Le chapitre 18 traite des questions dâagrĂ©gation. Le chapitre 19 illustre, Ă partir dâun ensemble de donnĂ©es artifi-
ciel, les consĂ©quences numĂ©riques de lâutilisation de formules dâindice diffĂ©rentes. Il montre que le choix de la forme
dâindice peut faire le plus souvent une diffĂ©rence considĂ©rable, mais que les divers indices superlatifs tendent Ă se
rapprocher les uns des autres.
Le chapitre 20 rĂ©pond Ă une question importante : quelle est, sur le plan thĂ©orique, la forme dâindice dâagrĂ©gat
Ă©lĂ©mentaire la mieux adaptĂ©e pour mener Ă bien la premiĂšre phase du calcul de lâIPC quand on ne dispose dâaucune
information sur les quantitĂ©s ou les dĂ©penses. Câest une question qui a Ă©tĂ© relativement nĂ©gligĂ©e jusquâĂ une pĂ©riode
rĂ©cente, mĂȘme si le choix dâune formule dâindice dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire peut avoir des consĂ©quences non nĂ©gli-
geables sur lâIPC global, car ces indices sont la pierre angulaire des IPC.
Les chapitres 21 Ă 23 traitent de questions difficiles. Le chapitre 21 examine, dâun point de vue thĂ©orique, les
ajustements de la qualitĂ© et en particulier lâapproche hĂ©donique. Les chapitres 22 et 23 dĂ©crivent, respectivement, le
traitement des produits saisonniers et celui des bien durables. Il existe, dans les comptes nationaux comme dans les
IPC, des tensions dues au fait que les logements occupés par leur propriétaire sont considérés comme des actifs, alors
que les biens de consommation durable ne le sont pas. Ces traitements ne sont pas faciles Ă concilier sur le plan
théorique, et le chapitre 23 analyse les questions qui se posent à ce niveau.
Le manuel sâachĂšve sur un glossaire des termes utilisĂ©s, accompagnĂ© dâune bibliographie et de quatre annexes
consacrées aux sujets suivants :
âą les indices des prix Ă la consommation harmonisĂ©s de lâUnion europĂ©enne;
⹠la Classification des fonctions de la consommation individuelles (COICOP), nomenclature des dépenses des
ménages;
xxxiv
GUIDE DU LECTEUR
⹠la résolution relative aux indices des prix à la consommation adoptée par la dix-septiÚme Conférence internationale
des statisticiens du travail en 2003;
âą les comparaisons spatiales des prix Ă la consommation Ă©tablies sur la base des paritĂ©s de pouvoir dâachat et du
Programme de comparaisons internationales.
Références
Dans le passé, les manuels de statistiques économiques ne donnaient pas, le plus souvent, les références des
travaux conduits dans ce domaine. Il nâapparaissait pas utile de les citer lorsque les Ă©tudes visĂ©es se limitaient pour
lâessentiel Ă des revues universitaires ou Ă des comptes rendus de confĂ©rences disponibles seulement dans certaines
universitĂ©s ou bibliothĂšques. Les agents de bon nombre dâoffices de statistique nâavaient guĂšre de chances de pouvoir
consulter ce type de documents. La situation a Ă©tĂ© transformĂ©e radicalement par lâInternet, qui a rendu tous ces docu-
ments aisĂ©ment accessibles. Câest pourquoi ce manuel rompt avec la tradition passĂ©e en proposant une vaste biblio-
graphie sur les multiples travaux consacrés à la théorie et à la pratique des indices.
xxxv
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE
DE lâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION 1
1.1 Un indice des prix est une mesure des variations en donne un aperçu. Il résume les aspects théoriques et
proportionnelles, ou en pourcentage, dâun assortiment de pratiques de lâĂ©tablissement des indices afin de faciliter
prix au cours du temps. Lâindice des prix Ă la consom- la lecture et la comprĂ©hension des chapitres dĂ©taillĂ©s qui
mation (IPC) mesure les variations des prix des biens et suivent, dont certains sont par la force des choses assez
services que les mĂ©nages consomment. Ces variations techniques. Il dĂ©crit les diverses Ă©tapes de lâĂ©tablisse-
modifient le pouvoir dâachat en volume du revenu des ment des IPC, en commençant par le concept, la dĂ©fini-
consommateurs et leur bien-ĂȘtre. Ătant donnĂ© que les tion et lâobjet des IPC, avant de prĂ©senter les procĂ©dures
prix des diffĂ©rents biens et services nâĂ©voluent pas tous dâĂ©chantillonnage et les mĂ©thodes dâenquĂȘte utilisĂ©es
au mĂȘme rythme, un indice des prix ne peut que reflĂ©ter pour recueillir et traiter les donnĂ©es sur les prix, puis de
la moyenne de leurs variations. On lui assigne dâordi- rĂ©sumer la mĂ©thode actuelle de calcul de lâindice et les
naire la valeur unitaire ou la valeur 100 pour une période modalités de diffusion de celui-ci.
de rĂ©fĂ©rence donnĂ©e, et les valeurs de lâindice pour 1.5 Lâintroduction Ă la mĂ©thodologie de lâIPC doit
dâautres pĂ©riodes visent Ă indiquer lâĂ©volution propor- commencer par une prĂ©sentation du concept de base de
tionnelle (ou en pourcentage) moyenne des prix, par rap- lâIPC et de la thĂ©orie des indices qui le sous-tend, et en
port à cette période de référence. Les indices des prix particulier des propriétés et du comportement des divers
peuvent aussi ĂȘtre utilisĂ©s pour mesurer les diffĂ©rences types dâindice qui sont utilisĂ©s dans le cadre de lâIPC ou
de niveau des prix entre des villes, des rĂ©gions ou des pourraient lâĂȘtre. Il est nĂ©cessaire, en principe, de dĂ©ter-
pays Ă un moment donnĂ©. miner quel type dâindice calculer avant de rĂ©flĂ©chir au
1.2 Pour une large part, ce manuel et les travaux meilleur moyen dâestimer celui-ci dans la pratique,
connexes sur les indices des prix sâefforcent de rĂ©pondre compte tenu des ressources disponibles.
à deux questions essentielles : 1.6 Les principaux points abordés dans le présent
âą Quel ensemble de prix lâindice doit-il exactement chapitre sont :
couvrir? âą les origines et les utilisations des IPC;
⹠Quelle est la meilleure façon de calculer la moyenne ⹠les grandes lignes de la théorie des indices, notamment
des variations de ces prix? les approches axiomatique et économique des IPC;
Ces deux questions sont abordĂ©es dans les premiĂšres âą les indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire et les IPC globaux;
sections de la présente introduction.
1.3 Les indices des prix à la consommation (IPC) ⹠les transactions, activités et ménages couverts par les IPC;
mesurent lâĂ©volution des prix des biens et services ache- âą le relevĂ© et le traitement des prix, y compris lâajus-
tĂ©s, ou acquis dâune autre maniĂšre, par les mĂ©nages, et tement de la qualitĂ©;
que ces derniers utilisent directement ou indirectement
pour satisfaire Ă leurs propres besoins. Les indices des âą le calcul effectif des IPC;
prix Ă la consommation peuvent avoir pour objet de âą les erreurs et biais possibles;
mesurer le rythme de lâinflation telle que le perçoivent
les mĂ©nages ou lâĂ©volution du coĂ»t de la vie pour ces âą la politique Ă suivre en matiĂšre dâorganisation, de
derniers (câest-Ă -dire, les variations du montant des gestion et de dissĂ©mination.
dĂ©penses que les mĂ©nages doivent consentir pour main- Dans le manuel, en revanche, les chapitres consacrĂ©s Ă
tenir leur niveau de vie). Il nây a aucune raison que ces la thĂ©orie des indices viennent plus tard; la prĂ©sentation
deux objectifs soient contradictoires. Dans la pratique, la adoptée dans le présent chapitre ne suit donc pas le
plupart des IPC sont calculĂ©s sous forme de moyennes mĂȘme ordre que les chapitres correspondants.
pondĂ©rĂ©es des variations des prix, en pourcentage, dâun 1.7 Cette introduction nâa pas pour objet dâoffrir un
assortiment spĂ©cifiĂ© ou «panier-type» de produits de rĂ©sumĂ© complet du contenu du manuel. Il sâagit plutĂŽt
consommation dont les pondĂ©rations reflĂštent lâimpor- de prĂ©senter briĂšvement les principales questions
tance relative dans la consommation des mĂ©nages pen- dâordre mĂ©thodologique avec lesquelles les lecteurs
dant une pĂ©riode donnĂ©e. Il est important que ces pondĂ©- doivent se familiariser avant dâaborder les chapitres plus
rations soient appropriées et récentes. détaillés qui suivent. Des questions spécifiques, comme
1.4 Le prĂ©sent chapitre propose une introduction le traitement des produits dont les prix ne peuvent ĂȘtre
générale à la méthodologie suivie pour établir les IPC et observés directement, ne sont pas examinées ici, car
1
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
elles nâont pas, selon nous, une importance essentielle 1.12 Ces utilisations variĂ©es peuvent susciter des
pour la mĂ©thodologie de lâIPC. conflits dâintĂ©rĂȘts. Ainsi, lâutilisation de lâIPC comme
indicateur de la hausse du niveau général des prix peut
Origines et utilisations des indices pousser Ă en Ă©tendre la couverture Ă dâautres Ă©lĂ©ments
que les biens et services consommés par les ménages, ce
des prix Ă la consommation qui revient Ă changer la nature et le concept des IPC. Il
1.8 Les IPC doivent avoir une utilité. La maniÚre faut aussi noter que, comme les IPC sont largement utili-
exacte dont ils sont dĂ©finis et construits dĂ©pend en grande sĂ©s pour indexer toute une gamme de paiements â non
partie de lâusage que lâon souhaite en faire et des utilisa- seulement les salaires, mais aussi des prestations de sĂ©cu-
teurs auxquels ils sont destinĂ©s. Ainsi quâil est expliquĂ© au ritĂ© sociale, charges dâintĂ©rĂȘts, contrats privĂ©s, etc. â,
chapitre 15, les IPC ont une longue histoire qui remonte leurs variations mettent en jeu des sommes énormes, ce
au XVIIIe siĂšcle. Les indices de Laspeyres et de Paasche, qui suffit pour quâils aient un impact significatif sur les
qui sont encore largement utilisĂ©s aujourdâhui, ont Ă©tĂ© finances publiques. Par consĂ©quent, de petits Ă©carts entre
proposĂ©s pour la premiĂšre fois dans les annĂ©es 1870. Ils les mouvements des IPC rĂ©sultant de lâemploi de for-
sont expliquĂ©s ci-aprĂšs. Le concept dâindice du coĂ»t de la mules ou de mĂ©thodes lĂ©gĂšrement diffĂ©rentes peuvent
vie date, quant à lui, du début du XXe siÚcle. avoir des conséquences financiÚres considérables. La
1.9 Traditionnellement, lâĂ©tablissement dâun IPC mĂ©thodologie de lâIPC est importante du point de vue
visait notamment Ă compenser lâinflation pour les sala- pratique, et non seulement thĂ©orique.
riés en ajustant leur taux de salaire en proportion de la
variation en pourcentage de lâIPC, selon la procĂ©dure Choix dâun indice
dite dâindexation. Pour cette raison, les IPC officiels ont
longtemps relevé de la compétence des ministres du tra- 1.13 La premiÚre question qui se pose concerne le
vail. Cela dit, ils sont dĂ©sormais Ă©tablis, pour la plupart choix du type dâindice Ă utiliser. Les nombreuses rĂ©fĂ©-
dâentre eux, par les offices nationaux de statistique. Un rences Ă la thĂ©orie des indices dans la bibliographie
IPC conçu spĂ©cifiquement pour indexer les salaires est tĂ©moignent de lâampleur des travaux consacrĂ©s Ă ce
qualifiĂ© dâindice de compensation. sujet. De nombreux types de formule mathĂ©matique ont
1.10 Les IPC ont trois caractĂ©ristiques techniques Ă©tĂ© proposĂ©s au cours des deux derniers siĂšcles. Sâil
importantes. Ils sont publiĂ©s frĂ©quemment, dâordinaire nâexiste pas de formule prĂ©fĂ©rable aux autres en toutes
tous les mois mais parfois chaque trimestre. Ils sont dis- circonstances, la plupart des économistes et des statisti-
ponibles rapidement, en gĂ©nĂ©ral deux semaines aprĂšs la ciens semblent ĂȘtre dâavis quâen principe, la formule
fin du mois ou du trimestre considĂ©rĂ©. Ils sont aussi le dâindice choisie devrait appartenir Ă une classe restreinte
plus souvent non rĂ©visĂ©s. Les IPC tendent Ă ĂȘtre suivis dâindices dits superlatifs. On peut attendre des indices
de prĂšs et Ă recevoir une grande publicitĂ©. superlatifs quâils donnent une valeur approchĂ©e de
1.11 Ătant donnĂ© que les IPC donnent une informa- lâindice du coĂ»t de la vie. Ils ont notamment pour carac-
tion rĂ©cente sur le taux dâinflation, on en est venu aussi tĂ©ristique de traiter de façon symĂ©trique les prix et les
Ă les utiliser Ă des fins trĂšs diverses, outre lâindexation quantitĂ©s dans les deux pĂ©riodes comparĂ©es. Des indices
des salaires. Ainsi, superlatifs différents tendent à présenter des propriétés
similaires, à donner des résultats similaires et à se com-
⹠les IPC sont largement utilisés pour indexer les
porter de façon similaire. Ces propriétés de symétrie font
pensions et les prestations de sécurité sociale;
quâil apparaĂźt souvent souhaitable aussi dâadopter une
âą les IPC servent aussi Ă indexer dâautres paiements, certaine forme dâindice superlatif, mĂȘme lorsque lâIPC
comme les charges dâintĂ©rĂȘts, les loyers ou les prix nâest pas censĂ© ĂȘtre un indice du coĂ»t de la vie.
des obligations; 1.14 Lorsquâun IPC mensuel ou trimestriel est publiĂ©
pour la premiĂšre fois, cependant, on constate toujours que
⹠les IPC sont communément utilisés, par ailleurs,
les informations sur les quantités et les dépenses pour la
comme valeur approchĂ©e du taux dâinflation gĂ©nĂ©ral,
période en cours ne sont pas suffisantes pour permettre de
mĂȘme sâils ne mesurent que la hausse des prix Ă la
calculer un indice symĂ©trique ou superlatif. Sâil peut ĂȘtre
consommation; ils sont également utilisés par des
nĂ©cessaire dans la pratique dâopter pour la meilleure solu-
gouvernements et des banques centrales pour fixer
tion de rechange, il faut, pour ĂȘtre capable de faire un
des objectifs dâinflation dans le cadre de la politique
choix rationnel entre les diverses options possibles, avoir
monétaire;
une idĂ©e claire de lâindice qui serait prĂ©fĂ©rable en prin-
⹠enfin, les données de prix recueillies pour les besoins cipe. Le choix de celui-ci peut avoir une influence consi-
de lâIPC peuvent servir Ă lâĂ©tablissement dâautres dĂ©rable sur des questions pratiques, telles que la frĂ©-
indices, tels que les indices des prix utilisĂ©s pour quence Ă laquelle les pondĂ©rations utilisĂ©es dans lâindice
dĂ©flater les dĂ©penses de consommation des mĂ©nages devraient ĂȘtre actualisĂ©es.
dans les comptes nationaux ou les parités de pouvoir 1.15 Les chapitres 15 à 23 du manuel proposent une
dâachat utilisĂ©es pour comparer les niveaux de con- analyse exhaustive, dĂ©taillĂ©e, rigoureuse et Ă jour de la
sommation réels dans différents pays. théorie des indices, qui est résumée dans les sections ci-
2
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
aprĂšs. Les propositions et thĂ©orĂšmes Ă©noncĂ©s dans ce tion des mĂ©nages effectuĂ©e au cours dâune pĂ©riode antĂ©-
chapitre sont démontrés dans les chapitres qui suivent, rieure aux deux périodes pour lesquelles les prix sont
auxquels le lecteur est invité à se reporter pour de plus comparés. Par exemple, un IPC mensuel peut commen-
amples explications. cer en janvier 2000, en posant que janvier 2000 = 100,
mais se rapporter à des quantités de biens et services cal-
culĂ©es Ă partir dâune enquĂȘte sur des dĂ©penses annuelles
Indices des prix fondés sur effectuée en 1997 ou 1998, ou couvrant ces deux années.
un panier-type de biens et services Comme il faut du temps pour recueillir et traiter les don-
1.16 On peut expliquer que lâindice a pour objet de nĂ©es sur les dĂ©penses, un dĂ©lai considĂ©rable sâĂ©coule
comparer les valeurs des dĂ©penses de consommation dâordinaire avant la prise en compte de celles-ci dans le
des mĂ©nages consacrĂ©es aux biens et services au cours calcul de lâIPC. Le panier-type peut aussi se rĂ©fĂ©rer Ă une
de deux pĂ©riodes. Le fait de savoir que les dĂ©penses ont annĂ©e spĂ©cifique, alors que lâindice est Ă©tabli sur une
augmentĂ© de 5 % nâa pas une grande valeur informative base mensuelle ou trimestrielle.
si lâon ignore quelle part de cette Ă©volution peut ĂȘtre 1.20 La pĂ©riode Ă laquelle se rapportent les quanti-
attribuée aux variations des prix des biens et services, et tés effectivement utilisées dans un IPC est la période de
quelle part correspond aux variations des quantités référence des pondérations et sera appelée ici période b.
achetĂ©es. Lâobjectif dâun indice est de dĂ©composer La pĂ©riode 0 est la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix. Ainsi
lâĂ©volution dâune valeur dâun agrĂ©gat entre une Ă©volu- que nous venons de le noter, b tend en gĂ©nĂ©ral Ă prĂ©cĂ©-
tion de prix et une Ă©volution de volume. Les IPC visent der 0, au moins lorsque lâindice est publiĂ© pour la pre-
à mesurer la composante «prix» de la variation des miÚre fois, comme nous le supposons ici. Mais b peut
dépenses de consommation des ménages. Une des correspondre à toute période, y compris à une période
façons de le faire consiste Ă mesurer, Ă quantitĂ©s cons- situĂ©e entre 0 et t, si lâindice est calculĂ© quelque temps
tantes, lâĂ©volution de la valeur dâun agrĂ©gat. aprĂšs t. Lâindice de Lowe utilisant les quantitĂ©s de biens
et services de la pĂ©riode b peut sâĂ©crire comme suit :
Indices de Lowe n
3
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
on obtient un indice de Laspeyres. Lorsque les quantités les indices des prix et des quantités de Laspeyres, et PPa
sont celles de lâautre pĂ©riode, donc lorsque b = t, on et QPa les indices des prix et des quantitĂ©s de Paasche;
obtient un indice de Paasche. Il y a lieu dâexaminer plus nous avons alors PLa QPa = V et PPaQLa = V.
en dĂ©tail les propriĂ©tĂ©s des indices de Laspeyres et de 1.25 Supposons, par exemple, quâune sĂ©rie tempo-
Paasche, ainsi que les relations entre les deux. relle de dépenses de consommation des ménages aux
1.22 Lâindice des prix de Laspeyres, PL, est dĂ©fini prix courants dans les comptes nationaux doive ĂȘtre
comme suit : déflatée par un indice des prix pour faire apparaßtre
lâĂ©volution de la consommation en volume. Afin dâĂ©ta-
blir une série de dépenses de consommation aux prix
constants de la période de référence (dont les fluctua-
= tions sont identiques Ă celles de lâindice de volume de
(1.2) Laspeyres), les dépenses de consommation aux prix
courants doivent ĂȘtre divisĂ©es par une sĂ©rie dâindice des
prix de Paasche.
oĂč s 0i reprĂ©sente la part effective des dĂ©penses consacrĂ©e Ratios dâindices de Lowe et de Laspeyres
au produit i durant la pĂ©riode 0, Ă savoir p0i q0i /ÎŁp0i q0i . 1.26 Lâindice de Lowe est transitif. Le ratio de deux
1.23 Lâindice de Paasche, PP, est dĂ©fini comme suit : indices de Lowe utilisant la mĂȘme sĂ©rie de valeurs qb est
aussi un indice de Lowe. Par exemple, le ratio de lâindice
de Lowe pour la période t + 1, avec comme période de
= référence des prix 0, divisé par celui de la période t, avec
(1.3) là aussi comme période de référence des prix 0, est :
4
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix 0, peut sâĂ©crire sous la plus Ă©levĂ© que lâindice de Paasche, lâĂ©cart entre les deux
forme du produit de lâindice de Lowe pour la pĂ©riode ayant tendance Ă sâaccroĂźtre au fil du temps.
t, avec comme période de référence des prix 0, et de 1.32 Dans la pratique, toutefois, les offices de sta-
lâindice de Lowe pour la pĂ©riode t + 1, avec comme tistique ne calculent pas des indices de Laspeyres ou de
période de référence des prix t. Par conséquent, Paasche, mais plutÎt des indices de Lowe tels que ceux
qui sont dĂ©finis dans lâĂ©quation (1.1). La question qui se
pose alors est celle des liens entre lâindice de Lowe et
ceux de Laspeyres et de Paasche. Le chapitre 15 et
lâappendice 15.2 montrent que, si les prix relatifs font
(1.6) apparaĂźtre des tendances persistantes sur le long terme,
et si lâeffet de substitution joue effectivement, lâindice
de Lowe tendra à dépasser celui de Laspeyres, donc
aussi les indices de Fisher et de Paasche. En supposant
que la période b précÚde la période 0, le classement
observé dans ces conditions sera le suivant :
oĂč les pondĂ©rations des dĂ©penses sitb sont des Lowe > Laspeyres > Fisher > Paasche
pondérations hybrides définies comme :
En outre, le montant par lequel lâindice de Lowe dĂ©passe
les trois autres indices aura tendance Ă ĂȘtre dâautant plus
= important que la période b sera antérieure à la période 0.
(1.7)
1.33 La situation de la période b dans le temps est
cruciale. Ătant donnĂ© les hypothĂšses sur la tendance des
1.29 Les pondĂ©rations hybrides du type dĂ©fini Ă prix Ă long terme et lâeffet de substitution, un indice de
lâĂ©quation (1.7) sont souvent dĂ©crites comme des pondĂ©- Lowe tendra Ă augmenter dâautant plus que la pĂ©riode b
rations actualisĂ©es par les prix. Elles peuvent ĂȘtre obte- sera plus ancienne, ou Ă diminuer dâautant plus que la
nues en ajustant les pondĂ©rations de dĂ©penses initiales pĂ©riode b sera plus rĂ©cente. Sâil est possible que b doive
pibqib/ÎŁpibqib par les rapports de prix pit/pib. En actualisant prĂ©cĂ©der 0 lorsquâun indice est publiĂ© pour la premiĂšre
ainsi de b Ă t les pondĂ©rations de dĂ©penses, on peut calcu- fois, il nây a pas de restriction de ce type en ce qui con-
ler directement lâindice entre les pĂ©riodes t et t + 1 comme cerne le positionnement de la pĂ©riode b, car les donnĂ©es
la moyenne pondérée des rapports de prix pit + 1/pit sans se de prix et de quantités deviennent, avec le temps, dispo-
référer à nouveau à la période de référence des prix 0. nibles pour des périodes plus récentes. La période b peut
Lâindice peut alors ĂȘtre chaĂźnĂ© Ă la valeur de lâindice alors ĂȘtre avancĂ©e dans le temps. Si la pĂ©riode b se situe
durant la période précédente t. à mi-chemin entre 0 et t, les quantités sont vraisembla-
blement équireprésentatives des deux périodes, en sup-
posant une transition à peu prÚs réguliÚre des quantités
Interconnexions entre indices relatives de la période 0 à celles de la période t. Dans ces
de panier-type conditions, lâindice de Lowe est sans doute proche de
1.30 ConsidĂ©rons dâabord la relation entre les celui de Fisher et des autres indices superlatifs, et lâon ne
indices de Laspeyres et de Paasche. Un des rĂ©sultats bien peut pas prĂ©sumer quâil prĂ©sente un biais par excĂšs ou
connus de la théorie des indices est que si les variations par défaut. Ces questions sont approfondies ci-aprÚs, et
des prix et des quantités (pondérées par les valeurs) sont au chapitre 15.
corrĂ©lĂ©es de façon nĂ©gative, lâindice de Laspeyres 1.34 Il est important que les offices de statistique
dĂ©passe alors lâindice de Paasche. Inversement, si les prennent en considĂ©ration ces relations lorsquâils
variations pondérées des prix et des quantités sont corré- décident de la politique à suivre. De toute évidence, le
lĂ©es de façon positive, lâindice de Paasche dĂ©passe alors fait de continuer Ă utiliser de façon rĂ©pĂ©tĂ©e, des annĂ©es
celui de Laspeyres. La dĂ©monstration en est faite Ă durant, une mĂȘme sĂ©rie de quantitĂ©s de biens et ser-
lâappendice 15.1 du chapitre 15. vices pour calculer un IPC peut ĂȘtre une source dâavan-
1.31 Comme en gĂ©nĂ©ral ils nâont pas dâinfluence tages pratiques et dâĂ©conomies financiĂšres. Cependant,
sur les prix, les consommateurs rĂ©agissent dâordinaire il faut sâattendre Ă ce que le montant par lequel cet IPC
aux variations de prix en substituant les biens ou les ser- dépasse certains indices préférables sur le plan théo-
vices devenus relativement meilleur marchĂ© Ă ceux qui rique, tel que lâindice du coĂ»t de la vie, augmente rĂ©gu-
sont devenus relativement plus chers. Ce phénomÚne, liÚrement à mesure que la période b à laquelle se réfÚre
que lâon appelle effet de substitution, occupe une place la grandeur prise en compte sâĂ©loigne dans le passĂ©. La
prédominante dans ce manuel et, plus généralement, plupart des utilisateurs interpréteront sans doute cet
dans les travaux sur les indices. La substitution tend à écart comme un biais par excÚs. Si ce biais est impor-
produire une corrĂ©lation nĂ©gative entre les prix et les tant, la crĂ©dibilitĂ© et lâacceptabilitĂ© de lâindice risquent
quantitĂ©s relatives, auquel cas lâindice de Laspeyres est dâĂȘtre compromises.
5
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
Indice de Young
= (1.9)
1.35 PlutĂŽt que de maintenir constantes les quanti-
tés de la période b, les offices de statistique peuvent cal-
culer lâIPC sous forme de moyenne arithmĂ©tique
pondĂ©rĂ©e des diffĂ©rents rapports de prix, en maintenant oĂč sbi est dĂ©fini comme prĂ©cĂ©demment. Lâindice de
constantes les parts de recettes de la pĂ©riode b. Lâindice Laspeyres gĂ©omĂ©trique correspond au cas particulier oĂč
qui en rĂ©sulte est appelĂ© dans ce manuel indice de b = 0, câest-Ă -dire au cas oĂč les parts de dĂ©penses
Young, lĂ aussi dâaprĂšs le premier indice de ce type. seraient celles de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix 0. De
Lâindice de Young est dĂ©fini comme suit : mĂȘme, lâindice de Paasche gĂ©omĂ©trique utilise les parts
de dépenses de la période t. On notera que ces indices
gĂ©omĂ©triques ne peuvent pas ĂȘtre exprimĂ©s sous forme
(1.8) de ratios dâagrĂ©gats en valeur dans lesquels les quantitĂ©s
= =
sont fixes. Ce ne sont pas des indices de panier-type, et
il nây a pas de contreparties des indices de Lowe.
1.39 Il est bon de rappeler que, pour toute série de
nombres positifs, la moyenne arithmétique est supé-
Dans lâindice de Lowe correspondant â lâĂ©quation (1.1) rieure ou Ă©gale Ă la moyenne gĂ©omĂ©trique, qui est elle-
â les pondĂ©rations sont des parts de recettes hybrides mĂȘme supĂ©rieure ou Ă©gale Ă la moyenne harmonique,
qui valorisent les quantités de la période b aux prix de la ces égalités étant valables seulement lorsque les
pĂ©riode 0. Comme nous lâavons dĂ©jĂ expliquĂ©, la pĂ©riode nombres sont tous Ă©gaux. En cas dâĂ©lasticitĂ©s croisĂ©es
de référence des prix 0 est en général postérieure à la unitaires de la demande et de parts de dépenses cons-
période de référence des pondérations b, car il faut du tantes, les indices de Laspeyres et de Paasche géomé-
temps pour recueillir et traiter les données de recettes. triques coïncident. Dans ce cas, les indices sont classés
Dans ce cas, lâoffice de statistique a le choix de supposer dans lâordre ordinaire, câest-Ă -dire : indice de Laspeyres
que les quantités de la période b restent constantes ou ordinaire > indices de Laspeyres et de Paasche géomé-
que les parts de dépenses de la période b restent cons- triques > indice de Paasche ordinaire, car ces indices
tantes. Elles ne peuvent pas rester toutes les deux cons- sont, respectivement, des moyennes arithmétique, géo-
tantes si les prix changent entre les pĂ©riodes b et 0. Si les mĂ©trique et harmonique des mĂȘmes rapports de prix uti-
parts des dĂ©penses sont restĂ©es effectivement constantes lisant les mĂȘmes sĂ©ries de pondĂ©rations.
entre les périodes b et 0, les quantités doivent avoir chan- 1.40 Les indices de Young et de Laspeyres géomé-
gĂ© en sens inverse des variations des prix auxquelles triques exigent les mĂȘmes informations que leurs contre-
elles rĂ©pondent, ce qui implique une Ă©lasticitĂ© de substi- parties arithmĂ©tiques ordinaires, et peuvent ĂȘtre produits
tution Ă©gale Ă lâunitĂ©. rapidement. Il convient donc de considĂ©rer ces indices
1.36 Alors que lâon peut prĂ©sumer que lâindice de gĂ©omĂ©triques comme des options pratiques sĂ©rieuses
Lowe aura tendance Ă dĂ©passer celui de Laspeyres, il est pour le calcul de lâIPC. Comme il sera expliquĂ© plus
plus difficile de faire des généralisations sur la relation loin, les indices géométriques sont probablement moins
entre les indices de Young et de Laspeyres. Lâindice de sujets que leurs contreparties arithmĂ©tiques aux types de
Young pourrait ĂȘtre plus ou moins Ă©levĂ© que celui de biais Ă©voquĂ©s dans les prochaines sections. Leur princi-
Laspeyres selon que les quantitĂ©s sont plus ou moins pal inconvĂ©nient est peut-ĂȘtre que, comme ils ne sont pas
sensibles aux variations des prix relatifs. Le chapitre 15 des indices de panier-type, ils ne sont pas faciles Ă expli-
montre que, si les élasticités de substitution sont élevées quer ou à justifier auprÚs des utilisateurs.
(supĂ©rieures Ă lâunitĂ©), lâindice de Young tend Ă dĂ©pas-
ser celui de Laspeyres, alors que, si les élasticités de Indices symétriques
substitution sont faibles, lâindice de Young tend Ă ĂȘtre
inférieur à celui de Laspeyres. 1.41 Un indice est dit symétrique quand il fait un
1.37 Comme il est expliqué plus loin dans ce cha- usage égal des prix et des quantités dans les deux
pitre, lâindice de Lowe peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ© Ă celui de Young pĂ©riodes comparĂ©es et les traite de maniĂšre symĂ©trique.
parce que ce dernier présente certaines propriétés non Les statistiques économiques utilisent couramment trois
souhaitables qui lâempĂȘchent de satisfaire Ă certains tests types particuliers dâindice symĂ©trique, quâil est bon de
essentiels pour les indices (voir aussi le chapitre 16). prĂ©senter Ă ce stade. Comme nous lâavons dĂ©jĂ notĂ©, ces
trois indices sont aussi des indices superlatifs.
1.42 Le premier est lâindice des prix de Fisher, PF,
Indices de Young, Laspeyres défini comme la moyenne géométrique des indices de
et Paasche gĂ©omĂ©triques Laspeyres et de Paasche, câest-Ă -dire :
1.38 Dans la version gĂ©omĂ©trique de lâindice de Young,
une moyenne géométrique pondérée des rapports de prix PF ={ PL PP (1.10)
est calculée en utilisant les parts de dépenses de la période b
comme pondérations. Elle est définie comme suit :
6
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
1.43 Le second est lâindice des prix de Walsh, PW. rence des prix t. Les grandeurs sont avancĂ©es dâune
Câest un indice de panier-type dont les quantitĂ©s corres- pĂ©riode lorsque la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix avance
pondent aux moyennes gĂ©omĂ©triques des quantitĂ©s dans dâune pĂ©riode. Si j = 0, lâindice-chaĂźne de Lowe devient
les deux pĂ©riodes, Ă savoir, un indice-chaĂźne de Laspeyres, alors que si j = â1, il
n devient un indice-chaĂźne de Paasche.
Šp t
i qit qi0 1.48 Les IPC de certains pays sont, de fait, des
PW i 1 (1.11) indices-chaßnes de Lowe de ce type, dont les quantités se
n
réfÚrent à une ou plusieurs années précédant la période
Šp
i 1
0
i qqt
i
0
i de rĂ©fĂ©rence des prix 0 dâune pĂ©riode fixĂ©e. Ainsi, les
douze indices mensuels qui vont de janvier 2000 Ă jan-
En optant pour une moyenne géométrique plutÎt vier 2001 et dont la période de référence des prix est jan-
quâarithmĂ©tique des quantitĂ©s, on donne une pondĂ©ra- vier 2000 peuvent ĂȘtre des indices de Lowe reposant sur
tion égale aux quantités relatives dans les deux des dépenses de 1998 actualisées par les prix. Les douze
pĂ©riodes. Les quantitĂ©s dans lâindice de Walsh peuvent indices allant de janvier 2001 Ă janvier 2002 reposent
ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme Ă©quireprĂ©sentatives des deux alors sur les dĂ©penses de 1999 actualisĂ©es par les prix, et
périodes. ainsi de suite.
1.44 Le troisiĂšme indice est lâindice des prix de 1.49 Les dĂ©penses sont en retard par rapport Ă la
Törnqvist, PT, dĂ©fini comme la moyenne gĂ©omĂ©trique pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix dâun intervalle fixe, qui
des rapports de prix pondĂ©rĂ©e par la moyenne des parts avance dâune annĂ©e Ă chaque mois de janvier lorsque la
de dépenses dans les deux périodes. période de référence des prix est avancée, elle aussi,
dâune annĂ©e. Bien que, pour des raisons pratiques, il
n
doive y avoir un décalage entre les quantités et les prix
PT ={ Â pit pi0
Vi
(1.12) lorsque lâindice est publiĂ© pour la premiĂšre fois, les
i 1
indices mensuels pour lâannĂ©e en cours peuvent ĂȘtre
oĂč Ïi est la moyenne arithmĂ©tique des parts des recalculĂ©s plus tard, en utilisant les donnĂ©es sur les
dépenses consacrées au produit i au cours des deux dépenses courantes quand elles deviennent finalement
pĂ©riodes. disponibles. De cette maniĂšre, lâindice de long terme
peut ĂȘtre un indice mensuel chaĂźnĂ© annuellement et
Sit Si0 (1.13) assorti de pondérations annuelles actuelles. Cette
Vi
2 méthode, qui est expliquée plus en détail au chapitre 9,
est utilisée par un office de statistique.
oĂč les valeurs si sont dĂ©finies comme dans les Ă©quations 1.50 Un indice-chaĂźne doit dĂ©pendre du sentier
(1.2) et (1.3). dâĂ©volution suivi, câest-Ă -dire des prix et des quantitĂ©s
1.45 LâintĂ©rĂȘt thĂ©orique de ces indices apparaĂźt plus dans toutes les pĂ©riodes situĂ©es entre la premiĂšre et la
clairement dans les sections suivantes consacrĂ©es aux derniĂšre pĂ©riode de la sĂ©rie dâindice. Cette dĂ©pendance
approches axiomatique et Ă©conomique des indices. peut ĂȘtre avantageuse ou dĂ©savantageuse. Lorsque la
transition Ă©conomique sâeffectue de maniĂšre progres-
sive de la premiĂšre Ă la derniĂšre pĂ©riode, en sâaccompa-
Indices Ă base fixe ou indices-chaĂźnes gnant dâune Ă©volution rĂ©guliĂšre des rapports de prix et
1.46 Cette question est examinĂ©e au chapitre 15. des quantitĂ©s, le chaĂźnage tend Ă rĂ©duire lâĂ©cart observĂ©
Lorsquâune sĂ©rie temporelle dâindices de Lowe ou de entre les indices de Lowe, de Laspeyres et de Paasche,
Laspeyres est calculĂ©e en utilisant un assortiment fixe de ce qui rend les fluctuations de lâindice moins dĂ©pen-
quantitĂ©s, celles-ci deviennent peu Ă peu inactuelles et dantes du choix de la formule dâindice retenue.
dĂ©pourvues dâintĂ©rĂȘt pour les derniĂšres pĂ©riodes dont les 1.51 Si les prix et les quantitĂ©s fluctuent pendant les
prix sont comparés. La période de référence, dans laquelle périodes intermédiaires, toutefois, le chaßnage risque non
les quantitĂ©s sont fixes, doit ĂȘtre actualisĂ©e tĂŽt ou tard, et la seulement dâamplifier lâĂ©cart de lâindice, mais aussi de
nouvelle sĂ©rie dâindice doit ĂȘtre chaĂźnĂ©e Ă lâancienne. fausser la mesure de la variation totale entre la premiĂšre et
Cette opération, le chaßnage, est inévitable à long terme. la derniÚre période. Supposons par exemple que tous les
1.47 Dans le cas dâun indice-chaĂźne, chaque chaĂź- prix, Ă la derniĂšre pĂ©riode, reviennent Ă leur niveau initial
nage prend la forme dâun indice dans lequel chaque de la pĂ©riode 0, ce qui implique quâils aient fluctuĂ© entre-
pĂ©riode est comparĂ©e Ă la prĂ©cĂ©dente, les pĂ©riodes de temps. Un indice-chaĂźne de Laspeyres ne reviendra pas Ă
rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations et des prix Ă©tant avancĂ©es Ă 100, il tendra Ă ĂȘtre supĂ©rieur Ă 100. Sâil y a rĂ©pĂ©tition du
chaque pĂ©riode. Toute formule dâindice peut ĂȘtre utili- cycle et retour pĂ©riodique des prix Ă leur niveau initial, un
sĂ©e pour Ă©tablir les liens dâun indice-chaĂźne. Il est pos- indice-chaĂźne de Laspeyres tendra Ă sâĂ©carter de plus en
sible, par exemple, dâavoir un indice-chaĂźne dans lequel plus de 100, mĂȘme si lâon nâobserve pas de hausse ten-
lâindice pour t+1 sur t est un indice de Lowe dĂ©fini par dancielle des prix sur le long terme. Le chaĂźnage nâest
la formule ÎŁp t+1qtâj/ ÎŁp tqtâj. Les quantitĂ©s se rĂ©fĂšrent Ă donc pas indiquĂ© quand les prix fluctuent. Lorsque les
une période antérieure de j périodes à la période de réfé- prix mensuels connaissent des fluctuations saisonniÚres
7
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
amples et réguliÚres, par exemple, le chaßnage mensuel ne 1.55 Le chapitre 16 commence par examiner une
peut pas ĂȘtre recommandĂ©. Les fluctuations saisonniĂšres sĂ©rie de 20 axiomes, mais nous nâen donnerons ici
causent de graves problĂšmes, qui sont analysĂ©s au cha- quâun Ă©chantillon Ă titre dâexemple.
pitre 22. Si certains pays actualisent effectivement leurs T1 : positivitĂ© â lâindice des prix et les vecteurs de prix
pondĂ©rations de dĂ©penses tous les ans, les indices sur et de quantitĂ©s qui le composent devraient ĂȘtre positifs.
douze mois Ă©tablis durant chaque annĂ©e ne sont pas des T3 : test dâidentitĂ© â si le prix de chaque produit est
indices-chaĂźnes, mais des indices de Lowe utilisant des identique dans les deux pĂ©riodes, lâindice des prix
quantitĂ©s annuelles fixes. devrait ĂȘtre Ă©gal Ă lâunitĂ© quels que soient les vecteurs
1.52 Lâindice de Divisia. Si les prix et les quantitĂ©s de quantitĂ©s.
sont des fonctions temporelles continues, il est possible T5 : proportionnalitĂ© pour les prix courants â si tous
de ventiler la variation de leur valeur totale au cours du les prix à la période t sont multipliés par le nombre positif
temps en deux composantes de prix et de quantitĂ©s, en λ, le nouvel indice des prix devrait ĂȘtre Ă©gal à λ fois
suivant la mĂ©thode de Divisia. Comme le montre le cha- lâancien indice des prix; autrement dit, la fonction dâin-
pitre 15, lâindice de Divisia peut ĂȘtre calculĂ© mathĂ©mati- dice des prix est (positivement) homogĂšne de degrĂ© un
quement en dĂ©rivant la valeur (câest-Ă -dire les prix multi- dans les composantes du vecteur des prix de la pĂ©riode t.
pliĂ©s par les quantitĂ©s) par rapport au temps afin dâobtenir T10 : invariance Ă la modification des unitĂ©s de
deux composantes : une variation des prix pondĂ©rĂ©e par mesure (test de commensurabilitĂ©) â lâindice des prix
la valeur relative et une variation des quantitĂ©s pondĂ©rĂ©e ne varie pas si lâon modifie les unitĂ©s dans lesquelles
par la valeur relative. Ces deux composantes sont défi- sont mesurés les produits.
nies, respectivement, comme des indices des prix et des T11 : test de rĂ©versibilitĂ© temporelle â si les donnĂ©es
quantitĂ©s. Lâindice de Divisia est essentiellement thĂ©o- des deux pĂ©riodes sont interverties, lâindice des prix qui
rique. Dans la pratique, les prix ne peuvent ĂȘtre enregis- en rĂ©sulte devrait ĂȘtre Ă©gal Ă lâinverse de lâindice des
trĂ©s quâĂ intervalles discontinus, mĂȘme sâils varient conti- prix initial.
nuellement au cours du temps. Un indice-chaĂźne peut T14 : test de la valeur moyenne pour les prix â lâin-
cependant ĂȘtre considĂ©rĂ© comme lâapproximation dis- dice des prix se situe entre le rapport de prix le plus
crĂšte dâun indice de Divisia. Lâindice de Divisia lui- Ă©levĂ© et le rapport de prix le plus bas.
mĂȘme nâoffre que des indications pratiques limitĂ©es T16 : test de limitation par les indices de Paasche et
quant au type de formule dâindice Ă choisir pour Ă©tablir de Laspeyres â lâindice des prix se situe entre les
les diffĂ©rents liens dâun indice-chaĂźne. indices de Laspeyres et de Paasche.
T17 : monotonie aux prix courants â si un prix de la
pĂ©riode t est augmentĂ©, lâindice des prix doit augmenter.
Approches axiomatiques 1.56 Certains de ces axiomes ou tests peuvent ĂȘtre
et stochastiques des indices considĂ©rĂ©s comme plus importants que dâautres. De fait,
1.53 Diverses approches axiomatiques des indices quelques-uns paraissent si raisonnables, fonciĂšrement,
sont expliquĂ©es au chapitre 16. Elles visent Ă dĂ©terminer que lâon peut supposer que tout indice effectivement uti-
la forme fonctionnelle la mieux adaptée à un indice en lisé y satisfait. Ainsi, le test T10, ou test de commensura-
spĂ©cifiant une sĂ©rie dâaxiomes, ou de tests, auxquels bilitĂ©, Ă©nonce que si lâunitĂ© de quantitĂ© dans laquelle on
lâindice devrait satisfaire. Ces approches mettent en mesure un produit est modifiĂ©e (passage du gallon au
lumiĂšre les propriĂ©tĂ©s des diffĂ©rents types dâindice, dont litre, par exemple), lâindice doit rester inchangĂ©. Lâindice
certaines ne sont pas évidentes intuitivement. Les de Dutot, qui est défini comme le ratio de la moyenne
indices qui ne réussissent pas à satisfaire à certains arithmétique des prix dans les deux périodes, ne satisfait
axiomes ou tests fondamentaux peuvent ĂȘtre rejetĂ©s pas Ă ce test. Comme nous le verrons plus tard, câest un
catĂ©goriquement parce quâils risquent de se comporter type dâindice qui est en fait largement utilisĂ© dans les
de façon inacceptable. Lâapproche axiomatique peut premiers stades du calcul des IPC.
aussi ĂȘtre utilisĂ©e pour classer les indices en fonction de 1.57 Prenons par exemple le prix moyen du sel et
leurs propriĂ©tĂ©s souhaitables ou non. du poivre. Supposons que lâon ait dĂ©cidĂ© de modifier
lâunitĂ© de mesure du poivre en passant des grammes
aux onces sans modifier lâunitĂ© dans laquelle est mesu-
PremiĂšre approche axiomatique rĂ© le sel (les kilos, par exemple). Ătant donnĂ© quâune
1.54 La premiĂšre approche est lâapproche tradition- once est Ă©gale Ă 28,35 grammes, la valeur absolue du
nelle des tests lancée par Irving Fisher. Les indices des prix du poivre est multipliée par 28, ce qui multiplie
prix et des quantitĂ©s sont dĂ©finis comme des fonctions effectivement le poids du poivre dans lâindice de Dutot
de deux vecteurs de prix et de deux vecteurs de quanti- par 28.
tés se rapportant aux deux périodes comparées. Prix et 1.58 Lorsque les produits couverts par un indice
quantités sont considérés comme des variables indépen- sont hétérogÚnes et mesurés dans des unités physiques
dantes, alors que lâapproche Ă©conomique des indices diffĂ©rentes, la valeur de tout indice qui ne satisfait pas
examinée plus loin suppose que les quantités sont fonc- au test de commensurabilité dépend du choix purement
tion des prix. arbitraire des unitĂ©s de mesure. Dâun point de vue thĂ©o-
8
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
rique, un tel indice doit ĂȘtre inacceptable. Si les prix se assortiment fixe de quantitĂ©s, qbi, quelle que soit la pĂ©-
rĂ©fĂšrent Ă un ensemble strictement homogĂšne de pro- riode de rĂ©fĂ©rence des prix, il sâensuit que
duits qui utilisent tous la mĂȘme unitĂ© de mesure, le test
devient sans objet. Lo0, t = Lo0, tâk Lotâk, t
1.59 Le test T11, câest-Ă -dire le test de rĂ©versibili-
0, t
tĂ© temporelle, est, lui aussi, important. Il semble rai- oĂč Lo est lâindice de Lowe pour la pĂ©riode t, avec la
sonnable, en principe, dâexiger que lâon obtienne le pĂ©riode 0 comme pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix. Lâindice
mĂȘme rĂ©sultat en choisissant lâune ou lâautre des deux de Lowe qui compare directement t Ă 0 est le mĂȘme que
pĂ©riodes possibles comme pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des celui calculĂ© indirectement sous forme dâindice-chaĂźne
prix : en dâautres termes, indĂ©pendamment du fait que pour les pĂ©riodes t â k.
la variation soit mesurĂ©e en passant de 0 Ă t (calcul 1.63 Si, en revanche, lâindice de Lowe est dĂ©fini de
prospectif) ou de t Ă 0 (calcul rĂ©trospectif). Lâindice de façon Ă ce que les quantitĂ©s varient avec la pĂ©riode de rĂ©fĂ©-
Young ne satisfait pas Ă ce test, car la moyenne arith- rence des prix, comme dans lâindice ÎŁp t+1qtâj/ ÎŁp tqtâj exa-
mĂ©tique dâun ensemble de rapports de prix nâest pas minĂ© prĂ©cĂ©demment, lâindice-chaĂźne qui en rĂ©sulte nâest
Ă©gale Ă lâinverse de la moyenne arithmĂ©tique des pas transitif. Les indices-chaĂźnes de Laspeyres et de
inverses des rapports de prix. Le fait que la dĂ©cision Paasche sont des cas particuliers de ce type dâindice.
arbitraire sur le plan théorique de mesurer la variation 1.64 Dans la réalité, les quantités changent et tout
des prix de 0 Ă t (calcul prospectif) donne un rĂ©sultat lâintĂ©rĂȘt du chaĂźnage des indices est de permettre aux
diffĂ©rent de celui obtenu en passant de t Ă 0 (calcul quantitĂ©s dâĂȘtre actualisĂ©es en permanence pour prendre
rĂ©trospectif) est considĂ©rĂ© par de nombreux utilisateurs en compte lâunivers changeant des produits. Le fait
comme un sĂ©rieux handicap. Les offices de statistique dâassurer la transitivitĂ© en maintenant arbitrairement les
doivent tenir compte du fait que lâindice de Young ne quantitĂ©s constantes, notamment sur une trĂšs longue
satisfait pas au test de réversibilité temporelle. période, ne compense pas les biais potentiels introduits
1.60 Les indices de Laspeyres et de Paasche ne sa- par lâutilisation de quantitĂ©s non actualisĂ©es.
tisfont ni lâun ni lâautre au test de rĂ©versibilitĂ© tempo-
relle, pour la mĂȘme raison que lâindice de Young. Pour
un indice de Laspeyres, par exemple, la formule de cal- Classement des indices selon
cul de PBL de t à 0 (calcul rétrospectif) est la suivante : la premiÚre approche axiomatique
n 1.65 Le chapitre 16 montre non seulement que lâin-
Šp q 0 t
i i
1
dice des prix de Fisher satisfait aux 20 axiomes recen-
sĂ©s, mais aussi, et câest plus remarquable, quâil est le
PBL i 1
n
=
{
PP seul à pouvoir le faire. Sur la base de cette série
Špq
i 1
t t
i i (1.14) dâaxiomes, lâindice des prix de Fisher lâemporte donc
clairement sur tous les autres indices.
Cet indice est identique Ă lâinverse de lâindice de 1.66 Les deux autres indices symĂ©triques (et super-
Paasche (calcul prospectif), et non pas Ă lâinverse de latifs) dĂ©finis dans les Ă©quations (1.11) et (1.12) ne se
lâindice de Laspeyres (calcul prospectif). Comme nous sortent pas aussi bien des 20 tests que lâindice de Fisher.
lâavons dĂ©jĂ notĂ©, lâindice de Paasche (calcul prospectif) Le chapitre 16 montre que lâindice des prix de Walsh ne
tend à enregistrer une augmentation plus limitée que satisfait pas aux quatre tests, et que celui de Törnqvist
lâindice de Laspeyres (calcul prospectif), de sorte que ne satisfait pas aux neuf tests. On peut nĂ©anmoins
lâindice de Laspeyres ne peut pas satisfaire au test de sâattendre Ă ce que les indices de Törnqvist et de Fisher
rĂ©versibilitĂ© temporelle. Lâindice de Paasche ne satisfait soient numĂ©riquement proches lâun de lâautre lorsque
pas, lui non plus, à ce test. les données suivent une évolution relativement régu-
1.61 Par contre, lâindice de Lowe satisfait au test liĂšre, ainsi que le montre le chapitre 19.
de rĂ©versibilitĂ© temporelle Ă condition que les quantitĂ©s 1.67 La liste dâaxiomes a inĂ©vitablement quelque
qbi restent fixes lorsque la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix chose dâarbitraire : câest une des limites de lâapproche
est modifiĂ©e et passe de 0 Ă t. Les quantitĂ©s dâun indice axiomatique. Certains axiomes, comme le test de limi-
de Laspeyres sont cependant, par définition, celles de tation par les indices de Paasche et de Laspeyres auquel
la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix, et doivent ĂȘtre modi- les indices de Törnqvist et de Walsh nâont pu satisfaire,
fiĂ©es Ă chaque fois que cette pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence pourraient ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme superflus. Des
change. Le panier-type utilisĂ© pour un indice de axiomes ou des tests supplĂ©mentaires pourraient ĂȘtre
Laspeyres «prospectif» est diffĂ©rent de celui utilisĂ© envisagĂ©s, et deux axiomes sont dâailleurs examinĂ©s
pour un indice de Laspeyres «rĂ©trospectif» et, par con- plus loin. La simple application de lâapproche axioma-
sĂ©quent, lâindice de Laspeyres ne satisfait pas au test de tique pose un autre problĂšme : il ne suffit pas de savoir
réversibilité temporelle. à quels tests les indices ne satisfont pas, il faut aussi
1.62 De mĂȘme, lâindice de Lowe est transitif alors savoir dans quelle mesure ils ne peuvent pas le faire.
que les indices de Laspeyres et de Paasche ne le sont Ăchouer trĂšs nettement Ă un test majeur, tel que celui de
pas. En supposant quâun indice de Lowe utilise un la commensurabilitĂ©, peut ĂȘtre jugĂ© suffisant pour Ă©li-
9
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
miner un indice, alors quâĂ©chouer de peu Ă plusieurs comparaisons internationales en volume de la consom-
tests nâest pas nĂ©cessairement trĂšs prĂ©judiciable. mation et du produit intĂ©rieur brut (PIB) est un exemple
dâindice des quantitĂ©s de Lowe. Il utilise une moyenne
arithmétique pondérée des prix dans les différents pays
Autres tests comme vecteur de prix commun p j pour comparer les
1.68 Prenons un autre test de symétrie. Inverser les quantités dans ces pays.
rĂŽles des prix et des quantitĂ©s dans un indice des prix 1.71 De mĂȘme, on peut utiliser une moyenne des
donne un indice des quantitĂ©s de mĂȘme forme fonction- prix au cours des deux pĂ©riodes pour valoriser les quan-
nelle que lâindice des prix. Le test de factoritĂ© exige que titĂ©s dans les indices intertemporels. Pour que lâindice
le produit de cet indice des quantitĂ©s par lâindice des des quantitĂ©s satisfasse aussi le test de rĂ©versibilitĂ© tem-
prix initial soit identique Ă la variation de la valeur de porelle, la moyenne doit ĂȘtre symĂ©trique. Le test dâinva-
lâagrĂ©gat en question. Le test est important si, comme il riance Ă la modification proportionnelle des prix cou-
a été établi précédemment, les indices des prix et des rants (qui correspond au test T7 de la liste énumérée au
quantités visent à permettre que les variations de valeur chapitre 16, à ceci prÚs que les rÎles des prix et quanti-
des agrĂ©gats au cours du temps soient dĂ©composĂ©es, de tĂ©s sont inversĂ©s) requiert que lâindice des quantitĂ©s
façon économiquement significative, entre leurs compo- dépende seulement du niveau relatif des prix dans
santes de prix et de quantitĂ©s. Le chapitre 16 donne un chaque pĂ©riode, et non pas du niveau absolu. Lâindice
autre rĂ©sultat intĂ©ressant : lâindice de Fisher est le seul des quantitĂ©s de Walsh remplit ce test. Il est additif et
indice des prix à satisfaire aux quatre minima que cons- satisfait au test de réversibilité temporelle. Il apparaßt
tituent les tests T1 (positivité), T11 (réversibilité tempo- donc comme un indice des quantités doté de certaines
relle), T12 (réversibilité par rapport aux quantités) et propriétés tout à fait souhaitables.
T21 (factoritĂ©). Comme le test de factoritĂ© suppose 1.72 Bien que lâindice de Fisher lui-mĂȘme ne soit
implicitement que les prix et les quantités se réfÚrent à pas additif, il est possible de décomposer la variation
la pĂ©riode 0 ou Ă la pĂ©riode t, il ne prĂ©sente pas dâintĂ©rĂȘt totale en pourcentage dâun indice des prix (ou des quan-
pour un indice de Lowe dans lequel trois périodes (b, 0 tités) de Fisher en composantes additives qui reflÚtent la
et t) sont prises en compte. variation en pourcentage de chaque prix ou quantité.
1.69 Ainsi que nous lâavons vu plus haut, le produit Une dĂ©composition multiplicative similaire est possible
de lâindice des prix (des quantitĂ©s) de Laspeyres par pour un indice des prix (ou des quantitĂ©s) de Törnqvist.
lâindice des quantitĂ©s (des prix) de Paasche est identique
Ă la variation de la valeur de lâagrĂ©gat en question. On
peut donc dire que les indices de Laspeyres et de Approche stochastique
Paasche satisfont à une version faible du test de factorité et seconde approche axiomatique
dans la mesure oĂč, en divisant la variation de valeur par 1.73 Avant de considĂ©rer une seconde approche axio-
un indice des prix de Laspeyres (ou de Paasche), on matique, il est bon dâenvisager lâapproche stochastique
obtient un indice des quantitĂ©s significatif, câest-Ă -dire des indices des prix. Celle-ci traite les variations ou rap-
un indice de Paasche (ou de Laspeyres), mĂȘme si les ports de prix observĂ©s comme sâil sâagissait dâĂ©chan-
formes fonctionnelles des indices des prix et des quanti- tillons alĂ©atoires extraits dâun univers dĂ©fini dont la
tĂ©s ne sont pas identiques. moyenne peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme le taux gĂ©nĂ©ral
1.70 Le chapitre 16 examine aussi le test dâadditivi- dâinflation. Il se peut toutefois quâil nây ait pas un taux
tĂ©. Celui-ci est plus important du point de vue des indices dâinflation unique. De nombreux univers possibles
des quantitĂ©s que des indices des prix. Les indices des peuvent ĂȘtre dĂ©finis, en fonction des sĂ©ries de dĂ©penses ou
prix peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour dĂ©flater des variations en de transactions particuliĂšres qui intĂ©ressent lâutilisateur.
valeur en vue dâobtenir des variations implicites en quan- De toute Ă©vidence, la moyenne de lâĂ©chantillon dĂ©pend du
titĂ©. Ces rĂ©sultats peuvent ĂȘtre prĂ©sentĂ©s pour des sous- choix de lâunivers dont il est extrait. SpĂ©cifier cet univers
agrĂ©gats tels que les grandes catĂ©gories des dĂ©penses de revient au mĂȘme que spĂ©cifier le champ dâun IPC.
consommation des mĂ©nages. Tout comme les agrĂ©gats de Lâapproche stochastique rĂ©pond Ă des questions comme la
dĂ©penses aux prix courants sont par dĂ©finition obtenus forme de moyenne quâil convient de retenir ou la façon la
par simple addition des dĂ©penses individuelles, on peut plus efficace dâestimer celle-ci Ă partir dâun Ă©chantillon de
raisonnablement sâattendre Ă ce que la somme des varia- rapports de prix, une fois lâunivers dĂ©fini.
tions des sous-agrĂ©gats dâun indice des quantitĂ©s soit 1.74 Lâapproche stochastique est particuliĂšrement
Ă©gale aux variations des totaux â câest ce que lâon utile lorsque lâunivers est rĂ©duit Ă un seul type de pro-
appelle le test dâadditivitĂ©. Des indices des quantitĂ©s, duit. Compte tenu des imperfections du marchĂ©, les prix
comme ceux de Laspeyres et de Paasche, qui utilisent auxquels le mĂȘme produit est vendu Ă diffĂ©rents points
une série commune de prix pour valoriser des quantités de vente et les changements de prix constatés peuvent
durant deux pĂ©riodes, doivent satisfaire au test dâadditivi- varier considĂ©rablement. Dans la pratique, les offices de
tĂ©. De mĂȘme, lâindice des quantitĂ©s de Lowe dĂ©fini par la statistique doivent estimer la variation moyenne des prix
formule ÎŁp jq t/ ÎŁp jq 0 est aussi additif. Lâindice des quan- dâun produit donnĂ© Ă partir dâun Ă©chantillon dâobserva-
titĂ©s de GearyâKhamis (voir annexe 4) utilisĂ© pour des tions de prix. Cela pose dâimportantes questions mĂ©tho-
10
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
dologiques, qui sont examinées plus en détail aux cha- sélection soient proportionnelles aux parts de dépenses
pitres 7 et 20. (moyenne arithmétique) dans les deux périodes 0 et t.
Lorsque ces pondérations sont appliquées aux logarithmes
Approche stochastique non pondérée des rapports de prix, la valeur escomptée des logarithmes
1.75 Lâapproche stochastique non pondĂ©rĂ©e de la est lâindice de Törnqvist, connu Ă©galement sous lâappella-
thĂ©orie des indices est expliquĂ©e au chapitre 16. Si lâon tion dâindice de TörnqvistâTheil. Dâun point de vue axio-
a effectuĂ© un tirage alĂ©atoire simple, la mĂȘme pondĂ©ra- matique, le choix dâune moyenne symĂ©trique des parts de
tion peut ĂȘtre donnĂ©e Ă chaque rapport de prix relevĂ©. dĂ©penses assure que lâindice satisfait au test de rĂ©versibi-
Supposons que chaque rapport de prix puisse ĂȘtre traitĂ© litĂ© temporelle, tandis que le choix de la moyenne arith-
comme la somme de deux composantes : un taux mĂ©tique, en tant que distincte dâautres moyennes symĂ©-
dâinflation commun et une perturbation alĂ©atoire de triques, pourrait se justifier par le fait que le test essentiel
moyenne zĂ©ro. La meilleure estimation du taux dâinfla- de proportionnalitĂ© pour les prix courants, T5, est par lĂ
tion commun, en utilisant les moindres carrĂ©s ou la vrai- mĂȘme satisfait.
semblance maximale, est la moyenne arithmĂ©tique non 1.79 Parce quâil se concentre sur les variations de
pondĂ©rĂ©e des rapports de prix, formule dâindice connue prix, lâindice de Törnqvist se prĂ©sente comme un indice
sous lâappellation dâindice de Carli. Cet indice, qui cor- dotĂ© de certaines propriĂ©tĂ©s tout Ă fait souhaitables. Cela
respond Ă la version non pondĂ©rĂ©e de lâindice de Young, laisse envisager la possibilitĂ© dâune seconde approche
sera analysĂ© plus loin, dans le cadre des indices dâagrĂ©- axiomatique des indices, dans laquelle lâattention ne
gat Ă©lĂ©mentaire. porte plus sur les prix et quantitĂ©s utilisĂ©s dans lâap-
1.76 Si la composante aléatoire est multiplicative, et proche axiomatique traditionnelle, mais sur les varia-
non pas additive, la meilleure estimation du taux dâinfla- tions de prix et les parts en valeur.
tion commun est la moyenne géométrique non pondérée
des rapports de prix, connue sous lâappellation dâindice Seconde approche axiomatique
de Jevons. Lâindice de Jevons peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ© Ă celui de 1.80 Le chapitre 16 prĂ©sente une seconde ap-
Carli au motif que, contrairement Ă celui-ci, il satisfait au proche axiomatique, dans laquelle lâindice des prix est
test de rĂ©versibilitĂ© temporelle. Ainsi quâil est expliquĂ© dĂ©fini comme une fonction de deux sĂ©ries de prix, ou
ci-aprĂšs, cette considĂ©ration peut ĂȘtre dĂ©cisive au de leurs ratios, et de deux sĂ©ries de valeurs. Si lâindice
moment de choisir la forme fonctionnelle à utiliser pour est invariant à la modification des unités de mesure,
estimer les indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire Ă©tablis lors des autrement dit sâil satisfait au test de commensurabilitĂ©,
Ă©tapes initiales du calcul de lâIPC. on peut indiffĂ©remment spĂ©cifier les prix ou leurs
ratios. La série de 17 axiomes postulée ici est similaire
Approche stochastique pondérée aux 20 axiomes pris en considération dans la premiÚre
1.77 Comme il est expliquĂ© au chapitre 16, lâap- approche axiomatique.
proche stochastique pondĂ©rĂ©e peut ĂȘtre appliquĂ©e Ă un 1.81 Lâappendice 16.1 montre que lâindice de
niveau dâagrĂ©gation couvrant des assortiments de pro- Törnqvist, ou de TörnqvistâTheil, est le seul indice des
duits divers. Ces derniers pouvant ĂȘtre dâune importance prix Ă satisfaire aux 17 axiomes, tout comme lâindice
économique différente, tous les types de produit ne des prix de Fisher est le seul à satisfaire aux 20 tests
doivent pas recevoir la mĂȘme pondĂ©ration. Les produits dans la premiĂšre approche. Cependant, lâindice de
peuvent ĂȘtre pondĂ©rĂ©s en fonction de leur part dans la Törnqvist ne satisfait pas au test de factoritĂ©, de sorte
valeur totale des dĂ©penses ou autres transactions, durant que lâindice des quantitĂ©s implicite obtenu en actuali-
une ou plusieurs pĂ©riodes. Dans ce cas, lâindice (ou son sant la variation en valeur par lâindice des prix de
logarithme) est la valeur escomptĂ©e dâun Ă©chantillon Törnqvist nâest pas lâindice des quantitĂ©s de Törnqvist.
alĂ©atoire de rapports de prix (ou leurs logarithmes) dont Lâindice des quantitĂ©s implicite nâest donc pas le «meil-
la probabilitĂ© de sĂ©lection est proportionnelle Ă la leur», au sens oĂč il rĂ©pondrait aux 17 axiomes lorsque
dépense consacrée à ce type de produit dans une ou plu- ceux-ci seraient appliqués aux indices des quantités plu-
sieurs pĂ©riodes. On obtient des indices diffĂ©rents selon les tĂŽt quâaux indices des prix.
pondĂ©rations retenues et selon que lâon utilise les rap- 1.82 Lâexistence de prix Ă©gaux Ă zĂ©ro peut causer
ports de prix ou leurs logarithmes. des problĂšmes lorsque les indices reposent sur des ratios
1.78 Supposons quâun Ă©chantillon de rapports de prix de prix, notamment sâil sâagit de moyennes gĂ©omĂ©-
soit sélectionné par tirage aléatoire à probabilité inégale triques de ratios de prix. En particulier, si certains prix
proportionnelle à la dépense consacrée à ce type de pro- tendent vers zéro, on peut appliquer le test selon lequel
duit dans la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix 0. La variation lâindice des prix ne devrait pas tendre vers zĂ©ro ou vers
de prix escomptĂ©e est alors lâindice des prix de Laspeyres «plus lâinfini». Lâindice de Törnqvist nây satisfait pas.
pour lâunivers considĂ©rĂ©. Cependant, dâautres indices Câest pourquoi il est proposĂ© au chapitre 16 de veiller,
peuvent aussi ĂȘtre obtenus en utilisant lâapproche stochas- quand on utilise cet indice, Ă maintenir les prix Ă des
tique pondĂ©rĂ©e. Supposons que les deux pĂ©riodes soient valeurs diffĂ©rentes de zĂ©ro afin dâĂ©viter que lâindice
traitées de façon symétrique et que les probabilités de perde toute signification.
11
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
1.83 Enfin, le chapitre 16 examine les propriétés biens et services consommés, mais qui est interprété en
axiomatiques des indices de Lowe et de Young. Lâindice gĂ©nĂ©ral par les utilisateurs comme une mesure de lâĂ©volu-
de Lowe se sort fort bien de lâapproche axiomatique, tion des prix, et rien de plus. Pour ĂȘtre considĂ©rĂ© comme
satisfaisant à la fois aux tests de réversibilité temporelle un IPC, un indice du coût de la vie doit donc maintenir
et de transitivitĂ©. Lâindice de Young Ă©choue en revanche Ă constantes non seulement les prĂ©fĂ©rences du consomma-
ces deux tests, comme les indices de Laspeyres et de teur, mais toute la série des facteurs autres que les prix
Paasche. Ainsi que nous lâavons dĂ©jĂ expliquĂ©, lâintĂ©rĂȘt qui influent sur le bien-ĂȘtre et sur le niveau de vie des
de lâindice de Lowe dĂ©pend davantage de la pertinence consommateurs. Si lâIPC a pour but dâĂȘtre un indice du
des pondĂ©rations en quantitĂ©s qui sont fixĂ©es pour les coĂ»t de la vie, il doit ĂȘtre un indice conditionnel liĂ© Ă :
deux pĂ©riodes comparĂ©es, câest-Ă -dire du positionnement âą un niveau donnĂ© dâutilitĂ© ou de bien-ĂȘtre;
de la période b, que de ses propriétés axiomatiques.
1.84 Bien que les «meilleurs» indices issus des deux ⹠un ensemble donné de préférences des consommateurs;
approches axiomatiques, Ă savoir les indices de Fisher et
âą un Ă©tat donnĂ© de lâenvironnement physique et social.
de Törnqvist, ne soient pas les mĂȘmes, ils nâen ont pas
moins beaucoup en commun. Ainsi que nous lâavons dĂ©jĂ Bien Ă©videmment, les indices de Lowe sont, eux aussi,
notĂ©, ils sont tous deux symĂ©triques et superlatifs. Et, conditionnels, puisquâils dĂ©pendent du panier-type de
bien que leurs formules soient différentes, on peut biens et services choisi.
sâattendre Ă ce quâils se comportent de maniĂšre similaire 1.88 Les indices de Lowe et les indices du coĂ»t de la
et enregistrent des variations de prix similaires. Il apparaĂźt vie ont en commun de pouvoir tous deux ĂȘtre dĂ©finis
que, quelle que soit lâapproche de la thĂ©orie des indices comme des ratios de dĂ©penses dans deux pĂ©riodes.
adoptĂ©e, câest le mĂȘme type dâindice qui montre des pro- Cependant, alors que les quantitĂ©s sont par dĂ©finition
priĂ©tĂ©s souhaitables, conclusion que corrobore lâapproche fixes dans les indices de Lowe, elles varient en rĂ©ponse
économique des indices expliquée au chapitre 17. aux changements des prix relatifs dans les indices du
coĂ»t de la vie. Contrairement Ă lâapproche du panier fixe
de la thĂ©orie des indices, lâapproche Ă©conomique recon-
Indice du coût de la vie naßt explicitement que les quantités consommées
1.85 Lâexamen de lâindice des prix Ă la consomma- dĂ©pendent en fait des prix. Dans la pratique, on peut sâat-
tion sous lâangle de la thĂ©orie Ă©conomique a conduit Ă tendre Ă ce que les consommateurs rationnels ajustent les
formuler le concept dâindice du coĂ»t de la vie. ĂlaborĂ©e quantitĂ©s relatives quâils consomment en rĂ©ponse aux
dans un premier temps par Konus (1924), la thĂ©orie de variations des prix relatifs. Lâindice du coĂ»t de la vie sup-
lâindice du coĂ»t de la vie repose sur lâhypothĂšse du com- pose que le consommateur qui cherche Ă rĂ©duire au mini-
portement dâoptimisation dâun consommateur rationnel. mum le coĂ»t du maintien dâun niveau dâutilitĂ© donnĂ© pro-
Lâindice du coĂ»t de la vie pour ce type de consommateur cĂ©dera aux ajustements nĂ©cessaires. Les paniers-types de
a été défini de façon succincte comme le ratio des biens et services figurant au numérateur et au dénomina-
dépenses minimales requises pour atteindre un niveau teur des indices du coût de la vie ne sont donc pas exacte-
dâutilitĂ©, ou de bien-ĂȘtre, donnĂ© sous deux rĂ©gimes de ment les mĂȘmes.
prix diffĂ©rents. On trouvera une dĂ©finition et une explica- 1.89 On peut faire lâhypothĂšse que la dĂ©pense dâun
tion plus précises au chapitre 17. consommateur rationnel observée durant la période de
1.86 Alors que lâindice de Lowe mesure la variation rĂ©fĂ©rence choisie correspond Ă la dĂ©pense minimale
du coĂ»t de lâachat dâun panier-type de biens et services, requise pour atteindre le niveau dâutilitĂ© qui est le sien
telle quâelle rĂ©sulte des variations de leurs prix, lâindice durant cette pĂ©riode. Pour calculer un indice du coĂ»t de
du coût de la vie mesure la variation du coût minimum la vie reposant sur cette période, il est nécessaire de
du maintien dâun niveau dâutilitĂ© ou de bien-ĂȘtre donnĂ©, savoir quelle serait la dĂ©pense minimale requise pour
tel quâil rĂ©sulte des variations des prix des biens et ser- atteindre prĂ©cisĂ©ment le mĂȘme niveau dâutilitĂ© si les prix
vices consommés. en vigueur étaient ceux de la seconde période, toutes
1.87 Un indice du coĂ»t de la vie peut ĂȘtre mal inter- choses Ă©gales par ailleurs. Les quantitĂ©s achetĂ©es sous
prĂ©tĂ©, car le bien-ĂȘtre des mĂ©nages dĂ©pend de facteurs ces conditions supposĂ©es seront sans doute hypothĂ©-
matĂ©riels et sociaux qui nâont aucun lien avec les prix. tiques. Elles ne correspondront pas aux quantitĂ©s effec-
Divers événements peuvent survenir et avoir un impact tivement consommées durant la seconde période si
direct sur le bien-ĂȘtre : câest le cas, par exemple, pour les dâautres facteurs, comme les ressources dont dispose le
catastrophes naturelles ou celles dâorigine humaine. consommateur, ont changĂ©.
Lorsque des Ă©vĂ©nements de ce type se produisent, ils 1.90 Les quantitĂ©s requises pour le calcul de lâindice
peuvent conduire les ménages à accroßtre leur consom- du coût de la vie dans au moins une des périodes ne
mation de biens et services afin de compenser la perte de peuvent probablement pas ĂȘtre observĂ©es dans la pra-
bien-ĂȘtre qui en dĂ©coule pour eux. LâĂ©volution des coĂ»ts tique. Lâindice du coĂ»t de la vie nâest pas un indice opĂ©-
de consommation dĂ©clenchĂ©e par des Ă©vĂ©nements autres rationnel susceptible dâĂȘtre calculĂ© directement. Il sâagit
que des variations de prix est sans objet pour un IPC qui donc de voir sâil est possible de trouver des mĂ©thodes qui
ne vise pas seulement Ă mesurer lâĂ©volution des prix des permettent dâestimer indirectement lâindice du coĂ»t de la
12
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
vie, ou au moins dâen dĂ©terminer les limites supĂ©rieure Quelques cas particuliers
et infĂ©rieure. Il peut aussi ĂȘtre trĂšs utile dâĂ©tablir les liens 1.94 LâĂ©tape suivante consiste Ă dĂ©terminer sâil existe
entre un indice du coût de la vie et les indices de Lowe, y des conditions spéciales dans lesquelles il serait possible
compris les indices de Laspeyres et de Paasche, qui de mesurer avec exactitude lâindice du coĂ»t de la vie. Le
peuvent ĂȘtre calculĂ©s. chapitre 17 montre que, si les prĂ©fĂ©rences des consomma-
teurs sont homothĂ©tiques â câest-Ă -dire si les courbes
Limites supĂ©rieure et infĂ©rieure dâindiffĂ©rence ont toutes la mĂȘme forme, chacune dâelles
dâun indice du coĂ»t de la vie Ă©tant une expansion ou une contraction uniforme de
lâautre â, lâindice du coĂ»t de la vie est indĂ©pendant du
1.91 Il dĂ©coule de la dĂ©finition de lâindice de
niveau dâutilitĂ© sur lequel il repose. Les indices de
Laspeyres que, si le revenu dâun consommateur devait
Laspeyres et de Paasche donnent les limites supérieure et
changer dans les mĂȘmes proportions que lâindice de
infĂ©rieure du mĂȘme indice du coĂ»t de la vie.
Laspeyres, ce consommateur devrait avoir la possibilité
1.95 Un cas particulier intéressant se pose lorsque
dâacheter le mĂȘme panier-type de produits que dans la
les prĂ©fĂ©rences peuvent ĂȘtre reprĂ©sentĂ©es par la fonction
période de référence. Sa situation ne peut pas empirer.
dite de «CobbâDouglas», dans laquelle les Ă©lasticitĂ©s
Toutefois, si les prix relatifs ont changé, le consommateur
croisées de la demande entre les divers produits sont
qui maximise son utilité ne continuera pas à acheter les
toutes Ă©gales Ă lâunitĂ©. Les consommateurs ajustent les
mĂȘmes quantitĂ©s quâauparavant. Il pourra atteindre un
quantitĂ©s relatives quâils consomment en proportion
niveau dâutilitĂ© plus Ă©levĂ© en substituant, au moins margi-
inverse des variations des prix relatifs, de sorte que les
nalement, des produits devenus relativement moins chers
parts de dépenses restent constantes. Si les préférences
Ă ceux qui sont devenus plus chers. Comme lâindice du
sont reprĂ©sentĂ©es par une fonction de CobbâDouglas,
coût de la vie mesure la variation des dépenses minimales
lâindice de Laspeyres gĂ©omĂ©trique donne une mesure
nĂ©cessaires pour maintenir un niveau dâutilitĂ© constant,
exacte de lâindice du coĂ»t de la vie. Comme les dĂ©penses
lâindice du coĂ»t de la vie reposant sur la premiĂšre pĂ©riode
restent constantes au cours du temps, les trois indices
augmentera moins que lâindice de Laspeyres.
gĂ©omĂ©triques â Young, Laspeyres et Paasche â coĂŻn-
1.92 Si lâon suit le mĂȘme raisonnement, il apparaĂźt
cident les uns avec les autres et avec lâindice du coĂ»t de
que, lorsque les rapports de prix changent, lâindice du
la vie. Bien sûr, les versions arithmétiques de ces indices
coût de la vie reposant sur la seconde période doit aug-
ne coĂŻncident pas dans ces conditions, car les paniers-
menter davantage que lâindice de Paasche. Comme il est
types des périodes b, 0 et t sont tous différents puisque
expliquĂ© plus en dĂ©tail au chapitre 17, lâindice de
lâĂ©volution des prix relatifs entraĂźne des substitutions.
Laspeyres donne la limite supĂ©rieure de lâindice du coĂ»t
1.96 Lâun des rĂ©sultats les plus connus de la thĂ©orie
de la vie reposant sur la premiĂšre pĂ©riode, et lâindice de
des indices est que, si les prĂ©fĂ©rences peuvent ĂȘtre reprĂ©-
Paasche la limite infĂ©rieure de lâindice du coĂ»t de la vie
sentĂ©es par une fonction dâutilitĂ© quadratique homogĂšne,
reposant sur la seconde pĂ©riode. Il convient de noter quâil
lâindice de Fisher donne une mesure exacte de lâindice du
y a lĂ deux indices du coĂ»t de la vie diffĂ©rents, lâun repo-
coĂ»t de la vie (voir chapitre 17). MĂȘme si les prĂ©fĂ©rences
sant sur la premiĂšre pĂ©riode, et lâautre sur la seconde. En
des consommateurs ne risquent guĂšre de correspondre
général, toutefois, les deux indices du coût de la vie ne
exactement Ă cette forme fonctionnelle particuliĂšre, ce
risquent guĂšre dâĂȘtre trĂšs diffĂ©rents.
rĂ©sultat laisse penser que, dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale, lâindice
1.93 Supposons que lâindice thĂ©orique ciblĂ© soit un
de Fisher a de bonnes chances de donner une approxima-
indice du coût de la vie, mais que, pour des raisons pra-
tion Ă©troite de lâindice du coĂ»t de la vie inconnu, et plus
tiques, lâIPC soit calculĂ© en fait comme un indice de
précise certainement que celle obtenue par les indices
Lowe dans lequel les quantités se réfÚrent à une période
arithmétiques de Laspeyres ou de Paasche.
b précédant la période de référence des prix 0. Une con-
clusion importante peut ĂȘtre tirĂ©e de cette analyse limi-
naire : comme on peut sâattendre Ă ce que lâindice de Estimation des indices du coĂ»t
Lowe dépasse celui de Laspeyres (en posant en hypo- de la vie par des indices superlatifs
thĂšse une tendance Ă long terme des prix et un effet de 1.97 Lâintuition â selon laquelle lâindice de Fisher
substitution donnĂ©) et Ă ce que lâindice de Laspeyres donne une valeur approchĂ©e de lâindice du coĂ»t de la vie
dĂ©passe quant Ă lui lâindice du coĂ»t de la vie, lâindice de â est corroborĂ©e par le raisonnement suivant. Diewert
Lowe communĂ©ment utilisĂ© devrait afficher un biais par (1976) a observĂ© quâune fonction quadratique homogĂšne
excĂšs. Câest un point qui a pesĂ© lourdement sur lâattitude est une forme fonctionnelle souple pouvant donner une
de certains pays vis-Ă -vis des IPC. Le biais dĂ©coule du approximation au second ordre dâautres fonctions dou-
fait que, par dĂ©finition, les indices de panier-type, y com- blement dĂ©rivables au mĂȘme point. Il qualifie ensuite une
pris celui de Laspeyres, ne permettent pas quâil y ait sub- formule dâindice de superlative lorsquâelle est exacte-
stitution entre produits en rĂ©ponse aux variations des ment Ă©gale Ă lâindice du coĂ»t de la vie reposant sur une
prix relatifs. Il est donc qualifié en général de «biais de certaine forme fonctionnelle et lorsque cette forme fonc-
substitution». Lâindice de Paasche devrait afficher un tionnelle est souple, câest-Ă -dire quadratique homogĂšne.
biais de substitution par dĂ©faut. Les calculs menant Ă ces rĂ©sultats, assortis dâexplications
13
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
supplĂ©mentaires, sont prĂ©sentĂ©s en dĂ©tail au chapitre 17. autres. En principe, toutefois, il nây a pas de limite Ă r et
Contrairement Ă lâindice du coĂ»t de la vie reposant sur la il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© rĂ©cemment quâĂ mesure que r aug-
fonction dâutilitĂ© rĂ©elle mais inconnue, lâindice superlatif mente, la formule tend Ă assigner une pondĂ©ration crois-
est un indice effectif qui peut ĂȘtre calculĂ©. Ces rĂ©sultats sante aux rapports de prix extrĂȘmes, et que les indices
ont une portée pratique : ils justifient, sur le plan théo- superlatifs qui en résultent peuvent diverger trÚs sensi-
rique, que lâon puisse sâattendre Ă ce quâun indice super- blement les uns des autres. Ce nâest que lorsque la valeur
latif donne, dans un grand nombre de situations, une absolue de r est faible, comme câest le cas pour les trois
approximation assez prĂ©cise de lâindice du coĂ»t de la vie. indices superlatifs les plus communĂ©ment utilisĂ©s
1.98 Les indices superlatifs en tant quâindices (Fisher, Walsh et Törnqvist), que le choix de lâindice
symĂ©triques. Lâindice de Fisher nâest en aucune façon le superlatif perd son importance.
seul exemple dâindice superlatif. Il existe en fait toute 1.101 Les indices de Fisher et de Walsh datent de
une famille dâindices superlatifs. Le chapitre 17 montre prĂšs dâun siĂšcle. Lâindice de Fisher doit sa popularitĂ© Ă
que toute moyenne quadratique dâordre r est un indice son approche axiomatique, approche fondĂ©e sur les tests,
superlatif pour chaque valeur de r â 0. La moyenne qua- quâil a lui-mĂȘme contribuĂ© Ă dĂ©velopper. Comme nous
dratique dâun indice des prix P r dâordre r est dĂ©finie lâavons dĂ©jĂ notĂ©, lâindice de Fisher domine les autres
comme suit : indices quand on utilise la premiĂšre approche axioma-
tique, et câest lâindice de Törnqvist qui domine quand on
r 2
n
§ pit · utilise la seconde approche axiomatique définie plus
r
Š s 0
šš 0 žž
i haut. Le fait que les indices de Fisher et de Törnqvist
r i 1 © pi Âč (1.15) soient tous deux des indices superlatifs dont lâutilisation
P ={ r 2
0 peut ĂȘtre justifiĂ©e sur le plan Ă©conomique laisse penser
n
§p ·
r
Š s šš p
t
i
i
žž
t
que, dâun point de vue thĂ©orique, il nâest peut-ĂȘtre pas
possible de les amĂ©liorer pour les besoins de lâIPC.
i 1 © Âč
i
oĂč s 0i et sit sont dĂ©finis comme dans les Ă©quations (1.2) Biais de reprĂ©sentativitĂ©
et (1.3).
1.99 Il convient de relever la symĂ©trie du 1.102 Le fait que lâindice de Walsh soit un indice de
numĂ©rateur et du dĂ©nominateur de lâĂ©quation (1.15). Lowe qui est aussi superlatif porte Ă croire que le biais
LâĂ©quation (1.15) se caractĂ©rise notamment par le fait des autres indices de Lowe dĂ©pend de la mesure dans
quâelle traite de façon symĂ©trique les variations de prix laquelle leurs quantitĂ©s sâĂ©cartent de celles figurant dans
et les parts de dĂ©penses dans les deux pĂ©riodes, quelle le panier-type constituĂ© pour lâindice de Walsh. La ques-
que soit la valeur assignĂ©e au paramĂštre r. Trois cas tion peut cependant ĂȘtre envisagĂ©e sous un autre angle.
particuliers doivent retenir notre intĂ©rĂȘt : 1.103 Comme les quantitĂ©s figurant dans le panier-
type constitué pour un indice de Walsh sont des
âą lorsque r = 2, lâĂ©quation (1.1) se rĂ©duit Ă lâindice des moyennes gĂ©omĂ©triques des quantitĂ©s dans les deux
prix de Fisher; périodes, une importance égale est assignée aux quanti-
âą lorsque r = 1, elle est Ă©quivalente Ă lâindice des prix tĂ©s relatives, par opposition aux quantitĂ©s absolues,
de Walsh; dans les deux pĂ©riodes. Le panier-type pour lâindice de
Walsh peut donc ĂȘtre considĂ©rĂ© comme le plus reprĂ©-
âą dans la limite r â 0, elle est Ă©gale Ă lâindice de sentatif des deux pĂ©riodes. Si lâon attache une Ă©gale
Törnqvist. importance aux schémas de consommation dans les
Ces indices ont été présentés dans un premier temps deux périodes, le panier-type optimal pour un indice de
comme exemples dâindices traitant lâinformation dispo- Lowe devrait ĂȘtre le panier-type le plus reprĂ©sentatif.
nible dans les deux pĂ©riodes de façon symĂ©trique. Lâun Lâindice de Walsh devient alors la cible privilĂ©giĂ©e, sur
et lâautre ont Ă©tĂ© proposĂ©s pour la premiĂšre fois bien le plan thĂ©orique, pour un indice de Lowe.
avant que le concept dâindice superlatif soit Ă©laborĂ©. 1.104 Supposons que la pĂ©riode b, pour laquelle les
1.100 Choix dâun indice superlatif. Le chapitre 17 quantitĂ©s sont effectivement utilisĂ©es dans lâindice de
pose la question du choix de la formule superlative Ă Lowe, se situe Ă mi-chemin entre 0 et t. Dans ce cas, et
retenir dans la pratique. Comme on peut sâattendre Ă ce dans lâhypothĂšse oĂč les quantitĂ©s relatives tendent Ă Ă©vo-
que chacune dâelles donne une valeur approchĂ©e du luer de façon relativement rĂ©guliĂšre, le panier-type effectif
mĂȘme indice du coĂ»t de la vie, on peut en dĂ©duire dans la pĂ©riode b donne probablement une valeur appro-
quâelles devraient aussi donner une valeur approchĂ©e les chĂ©e du panier-type le plus reprĂ©sentatif. Ă lâinverse, plus
unes des autres. Le fait que tous ces indices soient symé- cette période b est éloignée du point médian entre 0 et t,
triques renforce cette conclusion. Ces conjectures plus les quantités relatives de la période b risquent de
tendent Ă ĂȘtre corroborĂ©es, dans la pratique, par quelques sâĂ©carter de celles du panier-type le plus reprĂ©sentatif.
calculs numĂ©riques. Aussi longtemps que le paramĂštre r Dans ce cas, lâindice de Lowe entre les pĂ©riodes 0 et t, qui
ne sâĂ©loigne pas trop dâun intervalle allant de 0 Ă 2, les utilise les quantitĂ©s de la pĂ©riode b, dĂ©passe vraisembla-
indices superlatifs tendent Ă ĂȘtre trĂšs proches les uns des blement lâindice de Lowe, qui utilise les quantitĂ©s les plus
14
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
reprĂ©sentatives, dâun montant dâautant plus important que en une seule fois ou en deux Ă©tapes? LâassociativitĂ©
la pĂ©riode b est plus reculĂ©e dans le temps. Si ce dernier apparaĂźt parfaite dans le cas de lâindice de Laspeyres,
indice est la cible, lâĂ©cart constatĂ© est le «biais». Ce biais mais inexistante pour les indices superlatifs. Les indices
peut ĂȘtre attribuĂ© au fait que les quantitĂ©s de la pĂ©riode b communĂ©ment utilisĂ©s de Fisher et Törnqvist font appa-
tendent Ă devenir de moins en moins reprĂ©sentatives dâune raĂźtre quant Ă eux une associativitĂ© relative.
comparaison entre 0 et t Ă mesure que la pĂ©riode b sâĂ©-
loigne dans le passé. Les facteurs économiques respon- Possibilité de substitution
sables en lâoccurrence sont, bien sĂ»r, exactement les 1.108 Le chapitre 17 examine un autre indice
mĂȘmes que ceux qui donnent naissance au biais constatĂ© proposĂ© rĂ©cemment, lâindice de LloydâMoulton, PLM,
lorsque lâindice cible est lâindice du coĂ»t de la vie. On dĂ©fini comme suit :
peut donc considĂ©rer que certains types dâindice sont biai-
sĂ©s sans invoquer le concept dâindice du coĂ»t de la vie.
Inversement, les mĂȘmes types dâindice tendent Ă ĂȘtre prĂ©-
fĂ©rĂ©s, que lâobjectif soit dâestimer le biais du coĂ»t de la vie = (1.16)
ou non.
1.105 Si lâon privilĂ©gie les fluctuations des prix Ă
court terme, lâindice cible est un indice entre deux Le paramĂštre Ï, qui ne doit pas ĂȘtre nĂ©gatif, est lâĂ©lasti-
périodes temporelles consécutives t et t + 1. Dans ce cité de substitution entre les produits couverts. Il
cas, le panier-type le plus reprĂ©sentatif doit ĂȘtre avancĂ© indique dans quelle mesure, en moyenne, les divers pro-
dâune pĂ©riode lorsque lâon fait de mĂȘme pour lâindice. duits sont censĂ©s ĂȘtre des produits de substitution les
Choisir le panier-type le plus reprĂ©sentatif suppose que uns pour les autres. Cet indice a pour avantage que lâon
lâon ait recours au chaĂźnage. De mĂȘme, le chaĂźnage est peut sâattendre, avec un degrĂ© dâapproximation raison-
implicite quand lâindice cible est un indice du coĂ»t de la nable, Ă ce quâil soit exempt de biais de substitution,
vie entre t et t + 1. Dans la pratique, lâunivers de pro- alors quâil ne nĂ©cessite pas plus de donnĂ©es quâun
duits change lui aussi constamment. Le panier-type le indice de Lowe ou de Laspeyres. Il représente donc une
plus reprĂ©sentatif avançant dâune pĂ©riode, il est possible possibilitĂ© pratique de calcul de lâIPC, mĂȘme pour les
dâactualiser lâassortiment de produits couverts et de pĂ©riodes les plus rĂ©centes, bien que lâon puisse penser
prendre en compte lâĂ©volution des quantitĂ©s relatives quâil sera difficile dâobtenir une estimation satisfaisante
des produits qui Ă©taient couverts prĂ©cĂ©demment. et acceptable de la valeur numĂ©rique de lâĂ©lasticitĂ© de
substitution, paramÚtre utilisé dans la formule.
Données requises et problÚmes
de calcul
1.106 Ătant donnĂ© que les indices superlatifs
Questions dâagrĂ©gation
requiĂšrent des donnĂ©es sur les prix et sur les dĂ©penses 1.109 Nous avons supposĂ© jusquâĂ prĂ©sent que
pour les deux pĂ©riodes, et que les donnĂ©es sur les lâindice du coĂ»t de la vie reposait sur les prĂ©fĂ©rences
dĂ©penses ne sont en gĂ©nĂ©ral pas disponibles pour la dâun consommateur reprĂ©sentatif unique. Le chapitre 18
pĂ©riode en cours, il nâest pas possible de calculer un examine dans quelle mesure les diverses conclusions
IPC superlatif, au moins au moment oĂč lâIPC est auxquelles nous avons abouti demeurent valides pour
publié pour la premiÚre fois. Dans la pratique, les IPC les IPC établis en fait pour des groupes de ménages. La
tendent Ă ĂȘtre des indices de Lowe assortis de quanti- conclusion gĂ©nĂ©rale est que, fondamentalement, les
tĂ©s fixes ou des indices-chaĂźnes de Lowe actualisĂ©s mĂȘmes relations restent valables au niveau des donnĂ©es
annuellement. Avec le temps, toutefois, les donnĂ©es agrĂ©gĂ©es, mĂȘme si les questions supplĂ©mentaires qui
sur les dépenses requises peuvent devenir disponibles sont alors soulevées peuvent exiger des hypothÚses
et permettre de calculer un IPC superlatif par la suite. additionnelles.
Les utilisateurs trouveront utile que les IPC superlatifs 1.110 Lâune de ces questions concerne les pondĂ©ra-
soient publiés rétrospectivement, car cela permet tions à appliquer aux différents ménages. Les indices
dâĂ©valuer les propriĂ©tĂ©s et le comportement de lâindice agrĂ©gĂ©s qui pondĂšrent les mĂ©nages en fonction de leurs
officiel. Les IPC superlatifs peuvent ĂȘtre traitĂ©s dĂ©penses sont appelĂ©s «ploutocratiques», tandis que
comme des indices qui complĂštent, plutĂŽt quâils ne ceux qui assignent la mĂȘme pondĂ©ration Ă chaque
remplacent, les indices initiaux, si la politique suivie ménage sont dits «démocratiques». Une autre question
ne consiste pas Ă rĂ©viser lâindice officiel. est de savoir sâil existe une seule sĂ©rie de prix Ă un
1.107 Le chapitre 17 note que, dans la pratique, les moment donné, ou si des ménages différents se voient
IPC sont calculĂ©s le plus souvent par Ă©tapes (voir aussi appliquĂ©s des prix diffĂ©rents. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, il nâest
les chapitres 9 et 20) et sâapplique Ă rĂ©pondre Ă une pas nĂ©cessaire, quand on dĂ©finit les indices agrĂ©gĂ©s, de
question : lâagrĂ©gation des indices calculĂ©s de cette supposer que tous les mĂ©nages sont confrontĂ©s Ă la
maniĂšre est-elle ou non associative? En dâautres termes, mĂȘme sĂ©rie de prix, mĂȘme si lâanalyse se trouve naturel-
ces indices ont-ils les mĂȘmes valeurs sâils sont calculĂ©s lement simplifiĂ©e lorsque câest le cas.
15
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
1.111 Un indice du coĂ»t de la vie agrĂ©gĂ© ploutocra- sur les cinq pĂ©riodes, alors que lâindice de Paasche chute
tique suppose que chaque mĂ©nage, lorsquâil doit choisir quant Ă lui de 20 %. Les deux indices superlatifs com-
entre deux séries de prix différentes, réduit au minimum munément utilisés, ceux de Törnqvist et de Fisher, enre-
le coĂ»t Ă supporter pour atteindre un niveau dâutilitĂ© gistrent pour leur part des hausses de 25 % et 19 %, res-
donnĂ© (lâindice du coĂ»t de la vie agrĂ©gĂ© Ă©tant dĂ©fini pectivement, et lâĂ©cart qui les sĂ©pare nâest que de six
comme le ratio des coĂ»ts minimums agrĂ©gĂ©s Ă lâensemble points, contre 64 points entre les indices de Laspeyres et
des mĂ©nages). Comme dans le cas dâun mĂ©nage unique, de Paasche. Lorsque les indices sont chaĂźnĂ©s, les indices-
on reconnaĂźt que, pour rĂ©pondre aux besoins de lâIPC, chaĂźnes de Laspeyres et de Paasche affichent des hausses
lâindice du coĂ»t de la vie agrĂ©gĂ© doit ĂȘtre un indice condi- de 33 % et 12 %, respectivement, qui ramĂšnent lâĂ©cart
tionnel liĂ© Ă lâĂ©tat dâun assortiment particulier de entre eux de 64 Ă 21 points. Les indices-chaĂźnes de
variables dâenvironnement, qui sont en gĂ©nĂ©ral celles de Törnqvist et de Fisher enregistrent respectivement des
lâune ou lâautre des pĂ©riodes comparĂ©es. Lâenvironne- hausses de 22,26 % et 22,24 %, Ă©tant pour ainsi dire
ment doit ĂȘtre compris au sens large, câest-Ă -dire non seu- numĂ©riquement identiques. Ces rĂ©sultats montrent
lement physique, mais aussi politique et social. lâimportance du choix de la formule dâindice et de
1.112 Comme lâindice dâun consommateur reprĂ©- la mĂ©thode.
sentatif unique, lâindice du coĂ»t de la vie agrĂ©gĂ© ne peut
pas ĂȘtre calculĂ© directement, mais il est parfois possible Produits saisonniers
de calculer des indices de Laspeyres et de Paasche agré-
gĂ©s qui dĂ©terminent les limites supĂ©rieure ou infĂ©rieure 1.116 Ainsi quâil est expliquĂ© au chapitre 22, lâexis-
de leurs indices du coĂ»t de la vie respectifs. Sâil nây tence de produits saisonniers pose certains problĂšmes
a quâune seule sĂ©rie de prix nationaux, lâindice de insolubles et crĂ©e des difficultĂ©s sĂ©rieuses pour les com-
Laspeyres ploutocratique agrĂ©gĂ© est rĂ©duit Ă un indice de pilateurs et les utilisateurs de lâIPC. Sont appelĂ©s sai-
Laspeyres agrégé ordinaire. Comme les indices plouto- sonniers les produits qui :
cratiques agrégés de Laspeyres et de Paasche peuvent en ⹠ne sont pas disponibles durant certaines saisons,
principe ĂȘtre calculĂ©s, il en va de mĂȘme de lâindice de
Fisher ploutocratique. On verra, au chapitre 18, que lâon âą ou sont disponibles tout au long de lâannĂ©e, mais Ă
devrait normalement obtenir ainsi une bonne approxima- des prix et dans des quantités qui connaissent des
tion de lâindice du coĂ»t de la vie ploutocratique agrĂ©gĂ©. fluctuations rĂ©guliĂšres synchronisĂ©es avec la saison
1.113 Enfin, le chapitre 18 conclut que les offices ou lâĂ©poque de lâannĂ©e.
de statistique pourraient en principe construire des Les fluctuations saisonniĂšres sont essentiellement
indices de Laspeyres, Paasche et Fisher dĂ©mocratiques dâordre climatique ou coutumier. LâĂ©volution de lâIPC
et ploutocratiques, pour autant que lâinformation sur les dâun mois sur lâautre peut parfois ĂȘtre Ă tel point domi-
rapports de prix et les dĂ©penses spĂ©cifiques Ă chaque nĂ©e par des influences saisonniĂšres quâil est difficile de
ménage soit disponible pour les deux périodes. Si les discerner les tendances lourdes des prix. On peut appli-
informations sur les dépenses ne sont disponibles que quer des programmes conventionnels de correction des
pour la premiÚre période, seuls les indices de Laspeyres variations saisonniÚres, mais ceux-ci ne donnent pas
dĂ©mocratique et ploutocratique pourront ĂȘtre construits. toujours des rĂ©sultats satisfaisants. La difficultĂ© ne se
Lâensemble de donnĂ©es requises est toutefois considĂ©- limite pas Ă lâinterprĂ©tation des mouvements de lâIPC,
rable. Il nây a guĂšre de chance, dans la pratique, que ces car la saisonnalitĂ© crĂ©e de rĂ©els problĂšmes de calcul
donnĂ©es puissent ĂȘtre disponibles pour chaque mĂ©nage de lâIPC lorsque certains des produits du panier-type
et, si câĂ©tait le cas, les risques dâerreurs seraient grands. tendent Ă disparaĂźtre et rĂ©apparaĂźtre rĂ©guliĂšrement,
introduisant une solution de continuité dans la série de
prix Ă partir de laquelle est construit lâIPC. Il nâexiste
Données numériques indicatives pas de panacée pour la saisonnalité, et le consensus sur
1.114 Le chapitre 19 présente certains exemples la meilleure pratique dans ce domaine reste à trouver.
numériques reposant sur un ensemble de données artifi- Le chapitre 22 examine différentes modalités de résolu-
cielles. Il ne sâagit pas dâillustrer les mĂ©thodes de calcul en tion possibles du problĂšme en sâappuyant sur une sĂ©rie
tant que telles, mais plutÎt de démontrer à quel point de données artificielles pour illustrer les conséquences
lâemploi de formules dâindice diverses peut donner des de lâutilisation des diverses mĂ©thodes proposĂ©es.
résultats numériques trÚs différents. Des séries de prix, 1.117 Exclure les produits saisonniers est une des
quantités et dépenses hypothétiques mais économique- options possibles, mais cela peut entraßner une réduc-
ment plausibles sont donnĂ©es pour six produits et cinq tion inacceptable du champ de lâindice, Ă©tant donnĂ© que
périodes. En général, les écarts entre les diverses formules les produits saisonniers représentent parfois une part
tendent Ă sâaccentuer avec la variance des rapports de prix. non nĂ©gligeable de la consommation totale des
Ils dĂ©pendent souvent aussi de la mesure dans laquelle les mĂ©nages. Dans lâhypothĂšse oĂč ces produits sont retenus,
prix suivent une évolution réguliÚre ou tendent à fluctuer. une solution consiste à privilégier non plus les fluctua-
1.115 Les rĂ©sultats numĂ©riques sont frappants. tions de lâindice dâun mois sur lâautre, mais ses varia-
Ainsi, lâindice de Laspeyres affiche une hausse de 44 % tions entre les mĂȘmes mois de deux annĂ©es successives.
16
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
Dans certains pays, les mĂ©dias et dâautres utilisateurs, mais les prix dâoffre auxquels les produits sont proposĂ©s
tels que les banques centrales, ont pris lâhabitude de dans diffĂ©rents types de point de vente au dĂ©tail. En prin-
suivre avant tout le taux dâinflation annuel entre le mois cipe, toutefois, lâIPC mesure lâĂ©volution des prix payĂ©s
le plus rĂ©cent et le mĂȘme mois de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente. par les mĂ©nages. Ces prix peuvent en fait varier au cours
Ce chiffre en glissement annuel est beaucoup plus facile du mois, qui est en général la période de référence pour
Ă interprĂ©ter que les variations dâun mois sur lâautre, qui lâIPC. En principe, donc, la premiĂšre Ă©tape devrait con-
peuvent ĂȘtre plus volatiles mĂȘme en lâabsence de fluc- sister Ă ramener Ă une moyenne les prix auxquels un pro-
tuations saisonniĂšres. duit est vendu durant la pĂ©riode, en gardant Ă lâesprit que
1.118 Au chapitre 22, cette approche est Ă©tendue au les prix peuvent varier mĂȘme dans le cas de produits
concept de moyenne mobile dâindices, qui compare les identiques vendus dans le mĂȘme point de vente. En
prix pour les douze mois les plus rĂ©cents avec les mois gĂ©nĂ©ral, ce calcul nâest pas faisable dans la pratique.
correspondants de lâannĂ©e de rĂ©fĂ©rence des prix. Les Toutefois, avec une caisse enregistreuse Ă©lectronique oĂč
indices annuels mobiles qui en rĂ©sultent peuvent ĂȘtre tous les codes-barres des produits sont lus, les valeurs
considérés comme des indices des prix corrigés des des transactions sont effectivement enregistrées. Il est
variations saisonniĂšres. Il apparaĂźt quâils fonctionnent possible de calculer un prix moyen au lieu dâenregistrer
bien avec la sĂ©rie de donnĂ©es artificielles. On peut consi- simplement le prix dâoffre dâun moment prĂ©cis. Les don-
dĂ©rer que ces indices sont une mesure de lâinflation sur nĂ©es obtenues par lecture optique ont dâores et dĂ©jĂ com-
une annĂ©e, centrĂ©e autour dâun mois prĂ©cĂ©dant dâun mencĂ© Ă ĂȘtre utilisĂ©es aux fins de lâIPC, et lâon peut pen-
semestre le dernier mois de lâindice mobile. Ce dĂ©calage ser quâelles prendront de lâimportance au fil du temps.
peut ĂȘtre dĂ©savantageux Ă certains Ă©gards, mais le cha- 1.122 Une fois les prix de produits reprĂ©sentatifs
pitre 22 montre que, sous certaines conditions, le glisse- relevés dans un échantillon de points de vente, la question
ment annuel du mois en cours, conjugué au glissement qui se pose est de savoir quelle formule est la plus indi-
annuel du prĂ©cĂ©dent, peut donner une prĂ©vision fiable de quĂ©e pour construire un indice dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Ce
lâindice annuel mobile qui est centrĂ© sur le mois en point est examinĂ© au chapitre 20. Il a Ă©tĂ© quelque peu
cours. Les indices annuels mobiles et les constructions nĂ©gligĂ©, par rapport Ă dâautres questions, jusquâĂ ce
analytiques similaires ne visent pas, bien sĂ»r, Ă rempla- quâune sĂ©rie dâĂ©tudes effectuĂ©es dans les annĂ©es 90 donne
cer lâIPC mensuel ou trimestriel, mais Ă donner des des indications beaucoup plus claires sur les propriĂ©tĂ©s
informations complĂ©mentaires qui peuvent prĂ©senter un des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire et sur leurs forces et fai-
trĂšs grand intĂ©rĂȘt pour les utilisateurs. Ces indices blesses relatives. La qualitĂ© dâun IPC dĂ©pend en grande
peuvent ĂȘtre publiĂ©s en mĂȘme temps que lâIPC officiel. partie de celle des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire Ă partir
1.119 Les diverses façons de traiter les solutions de desquels il est construit.
continuitĂ© provoquĂ©es dans les sĂ©ries de prix par la 1.123 Les prix sont relevĂ©s pour le mĂȘme produit au
disparition et la rĂ©apparition de produits saisonniers mĂȘme point de vente pendant une sĂ©rie de pĂ©riodes suc-
sont examinĂ©es au chapitre 22. Câest un domaine, cessives. En gĂ©nĂ©ral, donc, un indice dâagrĂ©gat Ă©lĂ©men-
cependant, oĂč la recherche doit encore progresser. taire est calculĂ© Ă partir de deux sĂ©ries dâobservations de
prix appariĂ©es. On suppose ici quâil nây a pas dâobserva-
Indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire tions manquantes ni de modification de la qualitĂ© des pro-
duits Ă©lĂ©mentaires de lâĂ©chantillon, de sorte que lâon dis-
1.120 Ainsi quâil est expliquĂ© aux chapitres 9 et 20, pose de deux sĂ©ries de prix parfaitement appariĂ©es. Le
lâIPC est calculĂ© par Ă©tapes. Dans un premier temps, des traitement des nouveaux produits qui apparaissent ou des
indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire sont estimĂ©s pour les produits qui disparaissent, ainsi que des changements de
agrĂ©gats de dĂ©penses Ă©lĂ©mentaires dâun IPC. Dans un qualitĂ©, est en soi une question distincte et complexe. Elle
deuxiÚme temps, ces indices sont agrégés, ou ramenés à est présentée dans ses grandes lignes ci-aprÚs, et exami-
une moyenne, pour obtenir des indices de niveau supé- née plus en détail aux chapitres 7, 8 et 21.
rieur utilisant les agrégats de dépenses élémentaires
comme pondérations. Un agrégat de dépenses élémen-
taire regroupe les dépenses consacrées à une série limi- Pondérations au sein
tée et relativement homogÚne de produits définis dans le des agrégats élémentaires
cadre de la classification des produits de consommation 1.124 Dans la plupart des cas, les indices des prix des
utilisĂ©e pour lâIPC. Le chapitre 6 explique que les agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires sont calculĂ©s sans faire explicite-
offices de statistique choisissent en général un assorti- ment appel aux pondérations de dépenses. Il conviendrait
ment de produits reprĂ©sentatifs au sein de chaque agrĂ©- cependant dâutiliser, aussi souvent que possible, des pon-
gat et relĂšvent ensuite des Ă©chantillons de leurs prix Ă un dĂ©rations reflĂ©tant lâimportance relative des produits Ă©lĂ©-
certain nombre de points de vente. Les agrĂ©gats Ă©lĂ©men- mentaires Ă©chantillonnĂ©s, mĂȘme si ce nâest que de façon
taires servent de strates pour lâĂ©chantillonnage. approximative. Bien souvent, lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire est
1.121 Les prix relevĂ©s durant la premiĂšre Ă©tape ne simplement lâagrĂ©gat le plus petit pour lequel on dispose
sont pas, en gĂ©nĂ©ral, les prix qui ont Ă©tĂ© constatĂ©s dans dâinformations fiables sur les pondĂ©rations. Lâindice de
les transactions effectives entre unitĂ©s Ă©conomiques, lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire doit alors ĂȘtre calculĂ© sans utiliser
17
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
les pondĂ©rations. Cependant, mĂȘme dans ce cas, il faut âą une moyenne arithmĂ©tique simple des rapports de
noter que, si les produits Ă©lĂ©mentaires sont choisis en leur prix, connue sous lâappellation dâindice de Carli ou
appliquant des probabilitĂ©s de sĂ©lection proportionnelles Ă PC; lâindice de Carli est la version non pondĂ©rĂ©e de
la taille de telle ou telle variable pertinente (les ventes, par lâindice de Young;
exemple), la procĂ©dure dâĂ©chantillonnage introduit impli-
⹠une moyenne géométrique simple des rapports de
citement des pondérations.
prix, connue sous lâappellation dâindice de Jevons ou
1.125 Pour certains agrégats élémentaires, les infor-
PJ; lâindice de Jevons est une version non pondĂ©rĂ©e de
mations sur les ventes de produits élémentaires particu-
lâindice de Young gĂ©omĂ©trique;
liers, les parts de marché ou les pondérations régionales
peuvent ĂȘtre utilisĂ©es comme pondĂ©rations explicites au âą une moyenne harmonique simple des rapports de
sein dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Les pondĂ©rations au sein prix, ou PH.
des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires peuvent ĂȘtre actualisĂ©es de Comme il a Ă©tĂ© notĂ© plus haut, quelle que soit la sĂ©rie de
façon indĂ©pendante, et plus souvent peut-ĂȘtre que les nombres positifs considĂ©rĂ©e, la moyenne arithmĂ©tique
agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires eux-mĂȘmes (qui servent de pon- est supĂ©rieure ou Ă©gale Ă la moyenne gĂ©omĂ©trique, qui
dĂ©rations pour les indices de niveau supĂ©rieur). est elle-mĂȘme supĂ©rieure ou Ă©gale Ă la moyenne harmo-
1.126 Supposons par exemple que le nombre de four- nique, les égalités ne restant valables que lorsque les
nisseurs dâun produit tel que le pĂ©trole soit limitĂ©. Les nombres sont tous Ă©gaux. Il sâensuit que PC > PJ > PH.
parts de marchĂ© des fournisseurs peuvent ĂȘtre connues Ă 1.129 Le chapitre 20 montre que les Ă©carts entre les
partir des statistiques recueillies dans le cadre dâenquĂȘtes trois indices se creusent lorsque la variance des rapports
sur lâactivitĂ© Ă©conomique, et utilisĂ©es comme pondĂ©ra- de prix augmente. Le choix dâune formule devient
tions dans le calcul dâun indice dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire pour dâautant plus important que les variations de prix se
le prix des produits pĂ©troliers. Autre exemple, les prix de diversifient. On peut sâattendre Ă ce que PJ se situe
lâeau peuvent ĂȘtre relevĂ©s auprĂšs dâun certain nombre de approximativement Ă mi-chemin entre PC et PH.
services locaux desservant des régions dont la population 1.130 La seconde des options donne trois indices
est connue. La taille relative de la population de chaque possibles :
rĂ©gion peut alors ĂȘtre utilisĂ©e pour obtenir une valeur
approchée des dépenses de consommation relatives afin ⹠le ratio des moyennes arithmétiques simples des prix,
de pondĂ©rer le prix dans chaque rĂ©gion pour obtenir un connu sous lâappellation dâindice de Dutot, ou PD;
indice dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire pour le prix de lâeau. âą le ratio des moyennes gĂ©omĂ©triques simples, connu
sous lâappellation dâindice de Jevons, ou PJ;
Interconnexions entre les différentes ⹠le ratio des moyennes harmoniques simples, ou PH.
formules Ă©lĂ©mentaires dâindice
des prix Le classement des ratios des différents types de moyenne
nâest pas prĂ©visible. Par exemple, lâindice de Dutot, PD,
1.127 Il est possible dâobtenir des indications utiles peut ĂȘtre supĂ©rieur ou infĂ©rieur Ă celui de Jevons, PJ.
sur les propriétés des diverses formules qui ont été utili-
sĂ©es, ou dont lâemploi a Ă©tĂ© envisagĂ©, pour construire 1.131 Lâindice de Dutot peut aussi ĂȘtre exprimĂ© sous
des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire en examinant les forme dâune moyenne pondĂ©rĂ©e des rapports de prix, dans
interconnexions mathématiques qui existent entre elles. laquelle les prix de la période 0 servent de pondération :
Le chapitre 20 en donne une analyse approfondie.
Comme il est posĂ© en hypothĂšses que lâon ne dispose n
0 § pi ·
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pas de pondérations explicites, les diverses formules
considérées font toutes appel à des moyennes non pon-
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dĂ©rĂ©es, câest-Ă -dire Ă des moyennes simples dans les- PD ={ i 1
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quelles les divers produits élémentaires reçoivent une
pondération égale. Deux grandes options existent pour
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18
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
maniĂšre pas ĂȘtre utilisĂ©, car les quantitĂ©s ne sont ni com- 1.136 Lâapproche axiomatique fait apparaĂźtre que
mensurables, ni additives. lâindice de Jevons est lâindice prĂ©fĂ©rĂ©, mais que son utili-
1.132 Sâil est utile dâĂ©tablir les interconnexions entre sation nâest peut-ĂȘtre pas indiquĂ©e dans toutes les situa-
les divers indices, celles-ci nâaident pas, concrĂštement, Ă tions. Si une observation est Ă©gale Ă zĂ©ro, la moyenne
choisir un indice. Cependant, comme les diffĂ©rences entre gĂ©omĂ©trique est Ă©gale Ă zĂ©ro. Lâindice de Jevons est sen-
les diverses formules tendent Ă sâaccentuer avec la disper- sible aux chutes extrĂȘmes des prix; il peut donc ĂȘtre
sion des rapports de prix, il est Ă lâĂ©vidence souhaitable de nĂ©cessaire dâimposer des limites supĂ©rieure et infĂ©rieure
définir les agrégats élémentaires de façon à réduire autant aux différents rapports de prix quand on utilise cet indice.
quâil est possible la variation des mouvements de prix au
sein de chaque agrégat. Moins il y a de variation, et moins
le choix de la formule dâindice fait de diffĂ©rence. Comme Approche Ă©conomique des indices
les agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires servent aussi de strates pour les dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire
besoins de lâĂ©chantillonnage, le fait de rĂ©duire au mini- 1.137 Lâapproche Ă©conomique des indices dâagrĂ©-
mum la variance des rapports de prix au sein des strates gat élémentaire est expliquée au chapitre 20. Les pro-
rĂ©duira aussi lâerreur dâĂ©chantillonnage. duits de lâĂ©chantillon pour lesquels les prix sont relevĂ©s
sont traitĂ©s comme sâils constituaient un panier-type de
biens et services achetés par des consommateurs ration-
Approche axiomatique nels maximisant leur utilitĂ©. Lâobjectif est dâestimer un
des formules dâindice indice conditionnel du coĂ»t de la vie couvrant lâassorti-
1.133 Lâapproche axiomatique prĂ©sentĂ©e plus haut ment de produits en question.
est un des moyens qui peuvent ĂȘtre mis Ă profit pour 1.138 On notera toutefois que les diffĂ©rences entre les
choisir entre les diffĂ©rentes formules dâindice. Une sĂ©rie prix des produits de lâĂ©chantillon ne signifient pas forcĂ©-
de tests est appliquĂ©e aux indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire ment que ces derniers sont de qualitĂ© diffĂ©rente. Si les
au chapitre 20. marchés étaient parfaits, les rapports de prix devraient
1.134 Lâindice de Jevons, PJ, satisfait Ă tous les tests reflĂ©ter les coĂ»ts de production relatifs et les utilitĂ©s rela-
retenus. Il lâemporte sur les autres indices de la mĂȘme tives. Il se peut, en fait, que les diffĂ©rences de prix soient
maniĂšre que lâindice de Fisher tend Ă dominer dâautres tout simplement la consĂ©quence des imperfections du mar-
indices Ă un niveau agrĂ©gĂ©. Lâindice de Dutot, PD, Ă©choue chĂ©. Ainsi, des produits parfaitement identiques peuvent
Ă un seul test, celui de commensurabilitĂ©. Cet Ă©chec est ĂȘtre achetĂ©s et vendus Ă des prix diffĂ©rents dans des points
cependant crucial, car il reflÚte un point essentiel soulevé de vente différents pour la simple raison que les consom-
prĂ©cĂ©demment : quand les quantitĂ©s ne sont pas additives mateurs manquent dâinformations sur les prix pratiquĂ©s
dâun point de vue Ă©conomique, les prix ne sont pas dans les autres points de vente. Les producteurs peuvent
additifs non plus et ne peuvent donc pas ĂȘtre ramenĂ©s Ă aussi pratiquer la discrimination par les prix en faisant
une moyenne significative. Toutefois, PD se comporte bien payer à différents consommateurs des prix différents pour
lorsque les produits Ă©lĂ©mentaires de lâĂ©chantillon sont des produits parfaitement identiques. La discrimination
homogĂšnes. Lâimportant, pour lâindice de Dutot, est donc par les prix est une pratique rĂ©pandue dans de nombreuses
de déterminer à quel point les produits rassemblés au sein activités de services. Lorsque les écarts de prix résultent
dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire sont hĂ©tĂ©rogĂšnes. Si les produits des imperfections du marchĂ©, il ne faut pas sâattendre Ă ce
ne sont pas suffisamment homogÚnes pour que leurs que les consommateurs réagissent aux variations des rap-
quantitĂ©s soient additives, il faut renoncer Ă utiliser ports de prix des produits comme ils le feraient sâils Ă©taient
lâindice de Dutot. bien informĂ©s et libres de leurs choix.
1.135 Bien que lâindice de Carli, PC, ait Ă©tĂ© largement 1.139 En tout Ă©tat de cause, si lâon ne dispose pas
utilisĂ© dans la pratique, lâapproche axiomatique montre dâinformations sur les quantitĂ©s ou les dĂ©penses au sein
quâil possĂšde certaines propriĂ©tĂ©s non souhaitables. En par- dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire, il nâest pas possible de calculer
ticulier, en tant que version non pondĂ©rĂ©e de lâindice de un indice superlatif, quel quâil soit. Lâindice conditionnel
Young, il Ă©choue aux tests de rĂ©versibilitĂ© temporelle et de du coĂ»t de la vie au niveau dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire ne
transitivitĂ©. Câest un sĂ©rieux handicap, dans la mesure sur- peut donc ĂȘtre estimĂ© que dans lâhypothĂšse oĂč certaines
tout oĂč les indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire sont souvent des conditions spĂ©ciales sont remplies.
indices chaĂźnĂ©s mensuellement. Un consensus sâest Ă©tabli 1.140 Deux cas particuliers prĂ©sentent un certain
autour de lâidĂ©e que lâindice de Carli pourrait ĂȘtre inadĂ©quat intĂ©rĂȘt. Le premier est celui dans lequel les prĂ©fĂ©rences
parce quâil risque de prĂ©senter un biais positif significatif. sont du type «prĂ©fĂ©rences de Leontief». Dans ces condi-
Câest ce que montre lâexemple numĂ©rique proposĂ© au cha- tions, les quantitĂ©s relatives restent fixes quels que soient
pitre 9. Lâutilisation de cet indice nâest pas approuvĂ©e dans les rapports de prix. Aucune substitution nâa lieu en
le cadre des indices des prix à la consommation harmonisés réponse aux modifications des rapports de prix. Les élas-
en vigueur au sein de lâUnion europĂ©enne. Ă lâinverse, la ticitĂ©s croisĂ©es de la demande sont nulles. Dans lâhypo-
moyenne harmonique des rapports de prix, PH, risque de thĂšse des prĂ©fĂ©rences de Leontief, lâindice de Laspeyres
prĂ©senter un biais nĂ©gatif tout aussi significatif; cela dit, cet donne une mesure exacte de lâindice du coĂ»t de la vie.
indice ne semble pas ĂȘtre utilisĂ© dans la pratique. Dans ce cas, lâindice de Carli calculĂ© pour un Ă©chantillon
19
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
alĂ©atoire donnerait une estimation de lâindice du coĂ»t de de Jevons donne sans doute une approximation plus
la vie si les produits Ă©lĂ©mentaires Ă©taient choisis avec des juste de lâindice du coĂ»t de la vie que lâindice de Carli,
probabilitĂ©s de sĂ©lection proportionnelles Ă leur part dans car il est plus probable quâil y ait un effet de substitution
les dĂ©penses de consommation de la population. Il pour- important plutĂŽt que pas dâeffet de substitution du tout,
rait apparaĂźtre que, si les produits Ă©lĂ©mentaires Ă©taient surtout si les agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires devaient ĂȘtre dĂ©libĂ©-
choisis avec des probabilités proportionnelles à leur part rément construits de maniÚre à regrouper des produits
dans les quantitĂ©s achetĂ©es par la population, lâindice de Ă©lĂ©mentaires similaires constituant de proches produits
Dutot calculĂ© pour lâĂ©chantillon donnerait une estimation de substitution les uns pour les autres.
de lâindice de Laspeyres pour la population. Cependant, si 1.144 La moyenne gĂ©omĂ©trique de PC et PH, dĂ©nom-
lâon suppose que le panier-type de lâindice de Laspeyres mĂ©e indice PCSWD au chapitre 20, serait une alternative Ă
contient certains produits hĂ©tĂ©rogĂšnes dont les quantitĂ©s lâindice de Jevons, PJ. Elle pourrait ĂȘtre justifiĂ©e par le
ne sont pas additives, les parts de quantités, et par consé- souci de traiter les données des deux périodes de maniÚre
quent les probabilitĂ©s de sĂ©lection, sont indĂ©finies. symĂ©trique, sans former dâhypothĂšse particuliĂšre quant Ă
1.141 Le second cas a déjà été évoqué précédem- la forme des préférences sous-jacentes. Le chapitre 20
ment : câest celui oĂč les prĂ©fĂ©rences peuvent ĂȘtre reprĂ©- montre aussi que la moyenne gĂ©omĂ©trique de PC et PH est
sentĂ©es par une fonction de CobbâDouglas. Comme sans doute trĂšs proche de PJ, de sorte que ce dernier peut
nous lâavons dĂ©jĂ expliquĂ©, avec ce type de prĂ©fĂ©rence, ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ© parce que câest un concept plus simple et plus
lâindice de Laspeyres gĂ©omĂ©trique donnerait une mesure facile Ă Ă©tablir.
exacte de lâindice du coĂ»t de la vie. Dans ce cas, lâindice 1.145 Nous pouvons conclure que, indĂ©pendam-
de Carli calculĂ© pour un Ă©chantillon alĂ©atoire donnerait ment de lâapproche choisie, Ă©conomique ou axioma-
une estimation non biaisĂ©e de lâindice du coĂ»t de la vie, Ă tique, lâindice de Jevons apparaĂźt comme lâindice gĂ©nĂ©-
condition que les produits Ă©lĂ©mentaires soient choisis ralement prĂ©fĂ©rable, mĂȘme sâil peut arriver quâil nây ait
avec des probabilitĂ©s proportionnelles Ă leur part dans pas (ou quâil y ait peu) de substitution au sein de lâagrĂ©-
les dĂ©penses de la population. gat Ă©lĂ©mentaire, auquel cas lâindice de Carli peut ĂȘtre
1.142 Dans lâapproche Ă©conomique, le choix entre prĂ©fĂ©rĂ©. Câest au statisticien qui Ă©tablit lâindice de tran-
les indices de Jevons et de Carli pour lâĂ©chantillon dĂ©pend cher, en fonction de la nature des produits effectivement
de la capacitĂ© de lâun et de lâautre Ă donner une approxi- inclus dans lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire.
mation plus ou moins juste de lâindice du coĂ»t de la vie : 1.146 Les dĂ©veloppements qui prĂ©cĂšdent ont aussi
en dâautres termes, il dĂ©pend de la probabilitĂ© que les apportĂ© des Ă©claircissements sur certaines propriĂ©tĂ©s
Ă©lasticitĂ©s croisĂ©es de la demande soient plus proches, en dâĂ©chantillonnage des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Il
moyenne, de lâunitĂ© ou de zĂ©ro. Dans la pratique, les Ă©las- apparaĂźt en effet que, si les produits de lâĂ©chantillon
ticitĂ©s croisĂ©es peuvent prendre nâimporte quelle valeur, sont choisis avec des probabilitĂ©s proportionnelles aux
jusquâà «plus lâinfini» pour un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire dans dĂ©penses dans la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix :
lequel les produits Ă©lĂ©mentaires de lâĂ©chantillon sont âą lâindice de Carli calculĂ© pour lâĂ©chantillon (non
strictement homogĂšnes, câest-Ă -dire de parfaits produits pondĂ©rĂ©) donne une estimation non biaisĂ©e de lâindice
de substitution. On notera que, dans le cas limite oĂč les de Laspeyres pour la population;
produits Ă©lĂ©mentaires de lâĂ©chantillon sont homogĂšnes, il
nây a quâun seul type de produit et, par consĂ©quent, aucun âą lâindice de Jevons pour lâĂ©chantillon (non pondĂ©rĂ©)
problĂšme dâindice : lâindice des prix est donnĂ© par le ratio donne une estimation non biaisĂ©e de lâindice de
des valeurs unitaires dans les deux périodes. On peut sup- Laspeyres géométrique pour la population.
poser quâen moyenne, les Ă©lasticitĂ©s croisĂ©es sont sans Ces rĂ©sultats restent valables quel que soit lâindice du
doute plus proches de lâunitĂ© que de zĂ©ro pour la plupart coĂ»t de la vie.
des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires, de sorte que lâindice de Jevons
donne probablement, en rÚgle générale, une approxima- Concepts, champ et classifications
tion plus juste de lâindice du coĂ»t de la vie que lâindice de
Carli. Dans ce cas, il convient de considĂ©rer que lâindice 1.147 Le chapitre 3 du manuel vise Ă dĂ©finir et Ă
de Carli est entachĂ© dâun biais par excĂšs. prĂ©ciser certains concepts de base sur lesquels repose
1.143 Il est bon de noter que lâutilisation de lâindice lâIPC, ainsi quâĂ expliquer quel est le champ de lâindice,
de Jevons nâimplique pas, ou ne suppose pas, que les câest-Ă -dire quels ensembles de biens et services et de
parts de dĂ©penses restent constantes. De toute Ă©vidence, mĂ©nages lâindice entend en principe couvrir. Il examine
la moyenne gĂ©omĂ©trique des rapports de prix peut ĂȘtre aussi la structure de la classification des biens et ser-
calculée indépendamment du fait que, dans la pratique, vices de consommation utilisée.
les parts des dĂ©penses changent ou non. Lâapproche Ă©co- 1.148 LâIPC a pour finalitĂ© de mesurer lâĂ©volution
nomique montre que, si les parts des dépenses restent des prix des biens et services de consommation, mais un
constantes (ou Ă peu prĂšs constantes), on peut sâattendre certain nombre de concepts doivent nĂ©anmoins ĂȘtre dĂ©fi-
alors Ă ce que lâindice de Jevons donne une bonne esti- nis avec prĂ©cision avant quâil soit possible de donner une
mation de lâindice du coĂ»t de la vie. Cette approche dĂ©finition opĂ©rationnelle de cet indice. La consomma-
apporte un Ă©clairage particulier en montrant que lâindice tion est un concept imprĂ©cis susceptible dâĂȘtre interprĂ©tĂ©
20
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
de diverses maniĂšres, chacune dâelles pouvant conduire Lorsque les paiements ne se font pas au comptant, un
Ă un IPC diffĂ©rent. Il faut aussi dĂ©cider si lâindice couvri- temps considĂ©rable peut sâĂ©couler avant que le compte en
ra tous les ménages ou seulement un groupe particulier banque du consommateur ne soit débité pour un achat
de mĂ©nages. Le champ de lâIPC est inĂ©vitablement rĂ©glĂ© par chĂšque, carte de crĂ©dit ou dispositif similaire.
influencĂ© par lâusage principal prĂ©vu ou supposĂ© de Le moment auquel ces dĂ©bits sont finalement effectuĂ©s
lâindice. Les statisticiens doivent aussi se rappeler que est sans objet pour lâenregistrement des acquisitions et
lâindice peut faire office de variable de substitution pour des prix. En revanche, lorsque lâacquisition dâun bien ou
lâindice gĂ©nĂ©ral des prix ou ĂȘtre utilisĂ© Ă dâautres fins dâun service est financĂ©e par la crĂ©ation dâun nouvel actif
que celles pour lesquelles il a Ă©tĂ© conçu. financier au moment de cette acquisition, tel quâun prĂȘt
1.149 Un bien ou service de consommation pré- consenti à un acheteur, deux transactions économique-
sente une utilitĂ© pour celui qui lâutilise. Il peut ĂȘtre dĂ©fi- ment distinctes ont lieu : lâachat/la vente du bien ou ser-
ni comme un bien ou un service que les mĂ©nages uti- vice et la crĂ©ation de lâactif. Le prix Ă enregistrer est celui
lisent, directement ou indirectement, pour satisfaire Ă qui doit ĂȘtre payĂ© au moment de lâacquisition, quel que
leurs besoins et Ă leurs dĂ©sirs. Le terme «utilité» doit soit le mode de financement de lâachat. La mise Ă dispo-
ĂȘtre interprĂ©tĂ© au sens large. Il sâagit simplement du sition de financements peut bien sĂ»r influer sur le prix Ă
terme générique et technique préféré par les écono- payer. Le remboursement consécutif de la dette souscrite
mistes pour dĂ©crire les avantages ou le bien-ĂȘtre que les par lâacheteur et les charges dâintĂ©rĂȘts y affĂ©rentes sont
individus ou les mĂ©nages tirent de lâutilisation dâun bien des transactions financiĂšres distinctes de lâachat du bien
ou service de consommation. ou service dont le prix doit ĂȘtre enregistrĂ©. Les charges
1.150 En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, lâIPC est considĂ©rĂ© comme dâintĂ©rĂȘts explicites ou implicites payables sur le montant
un indice des prix mesurant lâĂ©volution des prix des biens dĂ©pendent du marchĂ© des capitaux, de la nature du prĂȘt,
et services de consommation acquis et utilisĂ©s par les de sa durĂ©e, de lâĂ©valuation de la capacitĂ© de lâemprun-
ménages. Il est possible, en principe, de définir des teur à rembourser, etc. Ces différents points sont expli-
indices des prix plus larges dont le champ va au-delà des qués plus en détail au chapitre 3.
biens et services de consommation pour inclure les prix 1.153 La distinction entre lâacquisition et lâutilisation
dâactifs physiques comme les biens fonciers ou les loge- dâun bien ou service de consommation Ă©noncĂ©e ci-dessus
ments. De tels indices peuvent ĂȘtre utiles comme mesure, a conduit Ă proposer deux concepts dâIPC diffĂ©rents :
au sens large, de lâinflation perçue par les mĂ©nages, mais âą LâIPC peut viser Ă mesurer la variation moyenne,
la plupart des IPC se limitent aux biens et services de entre deux périodes, des prix des biens et services de
consommation. Ces derniers peuvent inclure les prix des consommation acquis par les ménages.
flux de services fournis par des actifs tels que les loge-
ments, mĂȘme si les actifs eux-mĂȘmes peuvent ĂȘtre exclus. âą LâIPC peut Ă©galement viser Ă mesurer la variation
Quoi quâil en soit, les prix des actifs financiers comme les moyenne, entre deux pĂ©riodes, des prix des biens et
obligations, actions et autres titres négociables achetés services de consommation utilisés par les ménages
par les ménages sont en général considérés comme pour satisfaire à leurs besoins et à leurs désirs.
nâentrant pas dans le champ de lâIPC. La distinction entre le moment de lâacquisition et celui
de lâutilisation revĂȘt une importance particuliĂšre pour
les biens durables et pour certains types de service.
Acquisitions et utilisations 1.154 Biens durables et non durables. Il serait plus
1.151 Les moments auxquels les mĂ©nages acquiĂšrent juste de qualifier les biens «non durables» de biens Ă
et utilisent les biens ou services de consommation ne sont usage unique. Par exemple, la nourriture ou la boisson
en gĂ©nĂ©ral pas les mĂȘmes. Les biens sont acquis dâordi- sont utilisĂ©es une seule fois pour satisfaire Ă la faim ou Ă
naire à un moment donné et utilisés à un autre moment la soif. De nombreux biens de consommation dits non
ou mĂȘme utilisĂ©s de façon rĂ©pĂ©titive sur une longue durables sont en fait extrĂȘmement durables physique-
pĂ©riode. Le moment de lâacquisition dâun bien est celui ment. Les mĂ©nages peuvent dĂ©tenir des stocks considĂ©-
du transfert de la propriété juridique ou économique rables de biens non durables, tels que des denrées ali-
effective de ce bien au consommateur. Dans un contexte mentaires ou des produits énergétiques, pendant de
de marchĂ©, câest le point oĂč lâacheteur souscrit lâengage- longues pĂ©riodes avant de les utiliser.
ment de payer. Un service est acquis au moment oĂč le 1.155 Les biens de consommation durables ont pour
producteur le fournit, sans quâil y ait transfert de propriĂ©- caractĂ©ristique de rĂ©sister Ă lâusage. Ils peuvent ĂȘtre utili-
tĂ©. Le moment oĂč les acquisitions sont enregistrĂ©es et les sĂ©s de façon rĂ©pĂ©tĂ©e ou continue pour satisfaire aux
prix auxquels elles se font doivent aussi ĂȘtre cohĂ©rents besoins ou dĂ©sirs des consommateurs pendant une longue
avec les modalitĂ©s dâenregistrement des mĂȘmes transac- pĂ©riode, qui peut sâĂ©tendre sur plusieurs annĂ©es : câest le
tions dans les données sur les dépenses utilisées pour cas, par exemple, des meubles ou des véhicules. Pour
les pondĂ©rations. cette raison, on dit souvent quâun bien durable fournit un
1.152 Le moment oĂč un paiement survient peut ĂȘtre flux de services aux consommateurs pendant sa pĂ©riode
dĂ©terminĂ© principalement par des dispositions institution- dâutilisation (voir aussi lâencadrĂ© 14.3 du chapitre 14). Il
nelles et des raisons de commodité administrative. existe un parallÚle étroit entre les définitions des biens de
21
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
consommation durables et des actifs immobilisés. Les 1.160 Dans son acception la plus large, le champ des
actifs immobilisĂ©s sont dĂ©finis dans les comptes natio- biens et services fondĂ© sur le concept dâ«acquisition»
naux comme des biens utilisés de façon répétée ou conti- couvrirait ces quatre catégories, indépendamment de
nue sur de longues pĂ©riodes dans les processus de produc- lâunitĂ© qui en supporte les coĂ»ts. Il inclurait par consĂ©-
tion : câest le cas, par exemple, des immeubles ou autres quent tous les transferts sociaux en nature sous forme
structures et des biens dâĂ©quipement professionnel. dâĂ©ducation, de santĂ©, de logement et dâautres biens et
1.156 On trouvera au chapitre 3 la liste des différents services fournis aux ménages gratuitement, ou à des prix
types de bien de consommation durable recensĂ©s dans la nominaux, par lâĂtat ou les institutions sans but lucratif
Classification des fonctions de la consommation indivi- (ISL). Les acquisitions totales sont équivalentes à la con-
duelle (COICOP). Bien sûr, certains biens de consomma- sommation individuelle effective totale (non institution-
tion durables durent plus longtemps que dâautres, qui sont nelle) des mĂ©nages, telle quâelle est dĂ©finie dans le SCN
souvent qualifiĂ©s de «semi-durables» dans la COICOP : (voir chapitre 14). Les services collectifs fournis par lâĂtat
câest le cas, par exemple, des vĂȘtements. On notera que les Ă la communautĂ© dans son ensemble, tels que lâadminis-
logements sont classés parmi les actifs immobilisés, et tration publique ou la défense, ne sont pas inclus dans ce
non parmi les biens de consommation durables, et ne sont total et ne relĂšvent donc pas du champ de lâIPC.
donc pas inclus dans la COICOP. Les logements sont utili- 1.161 Du point de vue de lâĂtat ou des ISL qui les
sés pour produire des services de logement. Ces services fournissent et qui les payent, les transferts sociaux sont
sont consommés, selon le cas, par les locataires ou les pro- valorisés soit aux prix du marché payés pour eux, soit
priétaires-occupants, et sont donc inclus dans la COICOP. par leur coût de production. Du point de vue des
1.157 De nombreux services sont durables et ne sont ménages qui en bénéficient, ces transferts ont un prix
pas totalement consommĂ©s ou utilisĂ©s au moment de leur nul ou nominal. Pour les besoins de lâIPC, le prix Ă
acquisition. Certains entraßnent des améliorations persis- prendre en compte est celui payé par les ménages. Le
tantes dont les consommateurs profitent durablement. prix payĂ© par lâĂtat appartient Ă un indice des dĂ©penses
Ainsi, les conditions et la qualité de vie des personnes qui publiques. Lorsque la dépense des ménages est nulle,
reçoivent des traitements mĂ©dicaux tels que la pose dâune les services fournis se voient affecter une pondĂ©ration
prothĂšse de hanche ou une opĂ©ration de la cataracte sont Ă©gale Ă zĂ©ro dans lâIPC. Cependant, lorsque lâĂtat et les
fortement améliorées, et ce de maniÚre permanente. De ISL décident de faire payer des biens et services qui
mĂȘme, les consommateurs de services dâĂ©ducation Ă©taient auparavant fournis gratuitement, le passage dâun
peuvent en retirer des avantages qui dureront leur vie prix zĂ©ro Ă un prix positif peut ĂȘtre saisi par lâIPC,
entiĂšre. Les dĂ©penses dâĂ©ducation et de santĂ© partagent comme le montre le chapitre 3.
aussi avec les biens de consommation durables la caracté- 1.162 Dépenses ou acquisitions. Il convient de dis-
ristique dâĂȘtre si coĂ»teuses quâelles doivent souvent ĂȘtre tinguer les dĂ©penses des acquisitions. Les dĂ©penses sont
financĂ©es par lâemprunt ou la liquidation dâautres actifs. encourues par les unitĂ©s Ă©conomiques qui en supportent
1.158 Les dĂ©penses consacrĂ©es aux biens et services les coĂ»ts. Les mĂ©nages nâayant pas Ă supporter de
durables sont susceptibles de fluctuer, alors que leur utili- dépenses pour les transferts sociaux en nature, le champ
sation sâinscrira sans doute dans un processus relative- de leurs dĂ©penses est en gĂ©nĂ©ral plus Ă©troit que celui de
ment rĂ©gulier. Cette utilisation ne peut cependant pas ĂȘtre leurs acquisitions. Dâautre part, toutes les dĂ©penses ne
observĂ©e et valorisĂ©e directement. Elle ne peut quâĂȘtre sont pas monĂ©taires. Il y a dĂ©pense monĂ©taire lorsquâun
estimée à partir des hypothÚses faites sur le moment et la ménage paye en espÚces, par chÚque bancaire, par carte
durĂ©e des flux de bĂ©nĂ©fices qui en dĂ©coulent. Pour des de crĂ©dit ou souscrit dâune autre maniĂšre un engagement
raisons qui tiennent en partie aux difficultĂ©s dâordre thĂ©o- Ă payer. Seules les dĂ©penses monĂ©taires engendrent des
rique et pratique que soulĂšve la mesure des utilisations, prix monĂ©taires pouvant ĂȘtre observĂ©s et enregistrĂ©s pour
les offices de statistique tendent Ă adopter le concept les besoins de lâIPC.
dâacquisition des biens de consommation durables, que 1.163 Il y a dĂ©pense non monĂ©taire lorsque les
ce soit pour les comptes nationaux ou pour les IPC. mĂ©nages payent autrement quâen espĂšces. On distingue
1.159 Indice des prix à la consommation fondé sur trois grandes catégories de dépenses non monétaires :
le concept dâ«acquisition». Les mĂ©nages acquiĂšrent les âą Dans les opĂ©rations de troc, les mĂ©nages Ă©changent
biens et services destinés à la consommation de quatre entre eux des biens et des services de consommation.
maniĂšres essentiellement. Ils peuvent : Comme les valeurs des biens ou services offerts en
⹠les acheter dans le cadre de transactions monétaires; paiement constituent des dépenses négatives, les
dĂ©penses devraient sâannuler, ce qui fait que les opĂ©ra-
âą les produire eux-mĂȘmes Ă des fins dâautoconsommation;
tions de troc entre mĂ©nages sont affectĂ©es dâune pondĂ©-
âą les recevoir comme paiement en nature dans le cadre ration Ă©gale Ă zĂ©ro dans lâagrĂ©gat. ConcrĂštement, elles
dâopĂ©rations de troc, notamment comme rĂ©munĂ©ra- peuvent ĂȘtre nĂ©gligĂ©es pour les besoins de lâIPC.
tion en nature de travaux effectués;
⹠Lorsque des employés sont rémunérés en nature, les
âą les recevoir dâautres unitĂ©s Ă©conomiques, Ă titre de biens et services quâils achĂštent sont payĂ©s par leur
cadeau ou de transfert. travail, et non pas en espÚces. Des valeurs monétaires
22
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
peuvent ĂȘtre imputĂ©es aux dĂ©penses supportĂ©es impli- quâun indice conditionnel du coĂ»t de la vie, mais ce
citement par les mĂ©nages. nâest pas un indice des prix plus global. Les indices
inconditionnels ne renferment pas plus dâinformations
âą De mĂȘme, lorsque des mĂ©nages produisent des biens
sur les prix que les indices conditionnels et ne donnent
et services pour eux-mĂȘmes, ils en supportent les
une meilleure idĂ©e de lâimpact de lâĂ©volution des prix
coĂ»ts, dont certains peuvent ĂȘtre monĂ©taires sâils
sur le bien-ĂȘtre. Au contraire, lâimpact des variations de
prennent la forme dâachats dâintrants. Les valeurs
prix est dâautant plus diluĂ© et masquĂ© que des variables
monétaires des dépenses implicites consacrées aux
dâenvironnement plus nombreuses sont incluses dans le
extrants produits peuvent ĂȘtre imputĂ©es sur la base des
champ dâun indice inconditionnel. Pour pouvoir ĂȘtre
prix du marché correspondants. Si ces prix imputés
considéré comme un indice des prix, un indice du coût
devaient ĂȘtre inclus dans lâIPC, les prix des intrants
de la vie doit ĂȘtre conditionnel.
devraient ĂȘtre exclus pour Ă©viter un double comptage.
1.164 Hiérarchie des agrégats de consommation. Il
est possible dâadopter une hiĂ©rarchie des agrĂ©gats de Types spĂ©cifiques de transaction
consommation, ainsi quâil est expliquĂ© au chapitre 14 : 1.167 Ătant donnĂ© que lâIPC est, en thĂ©orie, un
âą acquisitions totales de biens et services par les indice qui mesure lâĂ©volution des prix des biens et
mĂ©nages; services de consommation, les dĂ©penses consacrĂ©es Ă
des produits élémentaires qui ne sont pas des biens et
âą moins transferts sociaux en nature = dĂ©penses totales services de consommation nâentrent pas dans son champ
des mĂ©nages; dâapplication; câest le cas, par exemple, des dĂ©penses
⹠moins dépenses non monétaires = dépenses moné- consacrées à des actifs tels que les terres ou les
taires des mĂ©nages. obligations, actions et autres actifs financiers. De mĂȘme,
les paiements qui nâentraĂźnent aucun flux de biens ou
Le choix de lâagrĂ©gat de consommation est dâordre poli-
services en retour ne rentrent pas dans le champ de
tique. Par exemple, si la principale raison dâĂ©tablir un IPC
lâIPC; câest le cas, par exemple, du paiement de lâimpĂŽt
est de mesurer lâinflation, le champ de cet indice peut ĂȘtre
sur le revenu ou des cotisations de sécurité sociale.
limité aux dépenses de consommation monétaires des
1.168 Transferts. Il y a transfert lorsquâune unitĂ©
mĂ©nages, puisque lâinflation est essentiellement un phĂ©-
économique fournit un bien, un service ou un actif, y
nomÚne monétaire. Les prix des biens et services de con-
compris monétaire, à une autre unité sans recevoir aucun
sommation impliqués dans les dépenses non monétaires
bien, service ou actif en contrepartie. Comme aucun bien
ne peuvent pas ĂȘtre relevĂ©s, mĂȘme sâil est possible de les
ou service nâest acquis lorsquâun mĂ©nage procĂšde Ă ce
estimer sur la base des prix constatés dans le cadre de
type dâopĂ©ration, les transferts doivent ĂȘtre extĂ©rieurs au
transactions monétaires correspondantes. Les indices des
champ de lâIPC. Pour cette raison, les transferts en
prix Ă la consommation harmonisĂ©s de lâUnion euro-
espĂšces obligatoires, tels que les paiements dâimpĂŽts
pĂ©enne, qui visent spĂ©cifiquement Ă mesurer lâinflation
directs sur le revenu ou le patrimoine, doivent ĂȘtre extĂ©-
dans lâUE, se limitent aux dĂ©penses monĂ©taires.
rieurs au champ de lâIPC. Il nâest pas toujours Ă©vident,
cependant, de dĂ©terminer si certains paiements Ă lâĂtat
Indices inconditionnels et conditionnels sont des transferts ou des achats de services. Ainsi, les
du coût de la vie paiements effectués pour obtenir certains types de licence
1.165 Les indices du coût de la vie sont expliqués sont parfois des impÎts dissimulés sous un autre nom,
aux chapitres 15 et 17. Ainsi quâil est notĂ© au chapitre 3, alors quâen dâautres cas, lâĂtat peut fournir un service
le champ dâun indice du coĂ»t de la vie est diffĂ©rent selon dans lâexercice de ses missions de supervision, de rĂ©gula-
que lâindice est conditionnel ou inconditionnel. Le bien- tion ou de contrĂŽle. Les dons ou donations doivent ĂȘtre
ĂȘtre dâun mĂ©nage dĂ©pend non seulement de lâutilitĂ© quâil des transferts, et Ă©chapper par consĂ©quent au champ de
retire des biens et services quâil consomme, mais aussi lâIPC. En revanche, les cotisations versĂ©es Ă des clubs ou
de lâenvironnement social, politique et physique dans sociĂ©tĂ©s par leurs membres en Ă©change dâun certain type
lequel il vit. Un indice inconditionnel du coût de la vie de service sont incluses dans ce champ. Les pourboires et
mesure la variation du coĂ»t minimum Ă supporter pour autres gratifications peuvent ĂȘtre des cas limites :
maintenir un niveau de bien-ĂȘtre donnĂ© en rĂ©ponse aux lorsquâils reprĂ©sentent effectivement une part escomptĂ©e,
Ă©volutions des diffĂ©rents facteurs susceptibles dâinfluer voire obligatoire, du paiement dâun service, ils ne consti-
sur ce bien-ĂȘtre, tandis quâun indice conditionnel du tuent pas des transferts et doivent ĂȘtre traitĂ©s comme un
coût de la vie mesure la variation du coût minimum élément du prix payé.
Ă supporter pour maintenir un niveau dâutilitĂ© ou de 1.169 Biens ou services non souhaitables ou illĂ©-
bien-ĂȘtre donnĂ© rĂ©sultant de lâĂ©volution des prix Ă la gaux. Tous les biens et services que les mĂ©nages
consommation, alors que les facteurs dâenvironnement achĂštent de plein grĂ© sur le marchĂ© pour satisfaire Ă
restent constants. leurs besoins et Ă leurs dĂ©sirs doivent ĂȘtre inclus, mĂȘme
1.166 Un indice inconditionnel du coût de la vie ceux qui sont considérés par le plus grand nombre
peut constituer un indice du coût de la vie plus global comme non souhaitables ou que la loi interdit. Il est
23
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
possible, bien Ă©videmment, que les biens et services âą une charge dâintĂ©rĂȘts pure et simple;
illĂ©gaux doivent ĂȘtre exclus dans la pratique au motif
⹠une prime de risque qui dépend de la solvabilité de
que les donnĂ©es requises ne peuvent ĂȘtre recueillies.
lâemprunteur;
1.170 Transactions financiĂšres. Il y a transaction
financiĂšre lorsquâun type dâactif financier est Ă©changĂ© âą une commission payable Ă la banque, au prĂȘteur ou Ă
contre un autre, étant entendu que la monnaie est elle- toute autre institution financiÚre engagée dans des
mĂȘme un actif financier. Par exemple, lâachat dâactions opĂ©rations de prĂȘt;
ou dâobligations est une transaction financiĂšre.
Lâemprunt est une transaction financiĂšre dans laquelle âą un paiement compensant le crĂ©ancier de la perte de
des espĂšces sont Ă©changĂ©es en contrepartie de la crĂ©a- capital rĂ©elle subie sur le principal du prĂȘt durant une
tion dâun avoir ou dâun engagement financier. pĂ©riode dâinflation.
1.171 Les transactions financiĂšres ne donnent pas De toute Ă©vidence, la quatriĂšme composante nâentre pas
lieu Ă une consommation, mĂȘme si elles peuvent ĂȘtre dans le champ de lâIPC puisquâil sâagit dâun flux de
entreprises dans le but de faciliter une consommation capitaux. Ă lâinverse, la troisiĂšme, câest-Ă -dire la com-
future. Les transactions financiĂšres en tant que telles ne mission de services, doit manifestement y ĂȘtre incluse.
sont pas couvertes par les IPC puisque, par définition, Le traitement des deux premiÚres composantes est con-
elles ne sâaccompagnent ni de lâĂ©change dâun bien, ni troversĂ©. Lorsque lâinflation est Ă©levĂ©e ou le marchĂ© des
de la fourniture dâun service. Cependant, certaines tran- capitaux trĂšs imparfait, les charges dâintĂ©rĂȘts nominales
sactions «financiĂšres» peuvent ne pas lâĂȘtre totalement peuvent ĂȘtre totalement dominĂ©es par ces deux derniĂšres
parce quâelles incluent une rĂ©munĂ©ration de service composantes, qui sont toutes deux trĂšs diffĂ©rentes, dâun
explicite ou implicite qui sâajoute Ă la fourniture dâun point de vue thĂ©orique, du concept dâintĂ©rĂȘt. Par
actif, tel quâun prĂȘt. Comme les rĂ©munĂ©rations de ser- exemple, «lâintĂ©rĂȘt» perçu par le prĂȘteur sur gages dâun
vices constituent lâachat de services par les mĂ©nages, village peut ĂȘtre pour lâessentiel une rĂ©munĂ©ration de
elles doivent ĂȘtre incluses dans lâIPC, mĂȘme sâil est par- service Ă©levĂ©e. Dans la pratique, il est parfois impossible
fois difficile, dans certains cas, dâisoler ces rĂ©munĂ©ra- de ventiler les diverses composantes dâun taux dâintĂ©rĂȘt
tions de services. Par exemple, les opĂ©rations en devises nominal. Le traitement des intĂ©rĂȘts nominaux dans leur
sont des transactions financiÚres dans lesquelles un actif ensemble reste difficile et parfois controversé.
financier est échangé contre un autre. Les fluctuations
du prix dâune devise en monnaie nationale rĂ©sultant des
variations du taux de change nâentrent pas dans le Production des mĂ©nages
champ de lâIPC. En revanche, les commissions perçues 1.175 Lorsque les mĂ©nages sâengagent dans une
lors des opérations de change y sont incluses à titre de production destinée au marché, les transactions écono-
rĂ©munĂ©ration du service rendu par les agents de change. miques y affĂ©rentes, quelles quâelles soient, nâentrent
1.172 Les mĂ©nages peuvent emprunter en vue pas dans le champ de lâIPC. Les dĂ©penses supportĂ©es
dâengager des dĂ©penses importantes telles que lâachat dans lâexercice dâactivitĂ©s Ă©conomiques sont exclues,
de biens durables ou dâun logement, mais aussi pour mĂȘme si elles correspondent Ă lâachat de biens et ser-
financer des dĂ©penses dâĂ©ducation ou de santĂ© Ă©levĂ©es, vices susceptibles dâĂȘtre utilisĂ©s pour satisfaire aux
voire des vacances coĂ»teuses. Quel que soit lâobjet de besoins ou aux dĂ©sirs des membres du mĂ©nage.
lâemprunt, la transaction financiĂšre dans le cadre de 1.176 Les mĂ©nages produisent aussi des biens et ser-
laquelle le prĂȘt est contractĂ© nâentre pas dans le champ vices qui sont destinĂ©s Ă ĂȘtre consommĂ©s, et qui prennent
de lâIPC. Le traitement des charges dâintĂ©rĂȘts payĂ©es sur principalement la forme de services tels que la prĂ©para-
les prĂȘts est une question distincte qui sera examinĂ©e tion des repas, les soins aux enfants ou aux personnes
plus loin. ĂągĂ©es, lâentretien et la maintenance de biens durables et
1.173 Transactions composites. Ainsi quâil vient des logements, le transport des membres du mĂ©nage, etc.
dâĂȘtre notĂ©, certaines transactions sont dites composites Les propriĂ©taires-occupants produisent des biens et ser-
parce quâelles comprennent deux ou plusieurs compo- vices de logement Ă des fins dâautoconsommation. Des
santes pouvant faire lâobjet dâun traitement fort diffĂ©- mĂ©nages cultivent aussi des lĂ©gumes, fruits, fleurs ou
rent pour les besoins de lâIPC. Ainsi, une fraction de la autres produits afin de satisfaire Ă leurs propres besoins.
prime dâassurance-vie est une transaction financiĂšre 1.177 Bon nombre des biens et services achetĂ©s par
qui entraĂźne la crĂ©ation dâune crĂ©ance financiĂšre et les mĂ©nages ne leur fournissent pas directement une uti-
nâentre donc pas dans le champ de lâIPC, tandis que le litĂ©, mais sont utilisĂ©s comme intrants dans la production
solde consiste en une rĂ©munĂ©ration de service qui dâautres biens et services qui fournissent une utilitĂ© : on
devrait ĂȘtre couverte par lâIPC. Les deux composantes citera par exemple les denrĂ©es alimentaires, les engrais et
ne sont toutefois pas rĂ©pertoriĂ©es sĂ©parĂ©ment. produits dâentretien, la peinture, lâĂ©lectricitĂ©, le charbon,
1.174 Comme on le verra au chapitre 3, le traite- lâhuile, le pĂ©trole, etc.
ment des charges dâintĂ©rĂȘts nominales est dĂ©licat, car 1.178 LâIPC devrait en principe enregistrer lâĂ©volu-
quatre composantes trÚs différentes du point de vue tion des prix des extrants issus de ces activités de pro-
théorique peuvent entrer en jeu : duction, puisque ce sont les extrants, plutÎt que les
24
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
intrants, qui sont effectivement consommĂ©s et four- que lâautoconsommation de leur production agricole par
nissent une utilité. Toutefois, comme les extrants eux- les ménages ne reçoit pas une pondération suffisante.
mĂȘmes ne sont pas achetĂ©s, il est impossible dâen cons- DeuxiĂšmement, il faut Ă©viter le double comptage : si les
tater le prix. On pourrait leur imputer des prix égaux à prix imputés des extrants sont inclus, les prix effectifs
ceux quâils atteindraient sur le marchĂ©, mais cela ren- des intrants consommĂ©s ne doivent pas lâĂȘtre.
drait lâIPC relativement dĂ©pendant de prix supposĂ©s 1.182 Dans le cas des logements occupĂ©s par leur
plutÎt que de prix effectivement relevés. La solution propriétaire, la situation est compliquée par le fait que la
pragmatique recommandĂ©e au chapitre 3 consiste Ă trai- production requiert lâutilisation de services de capitaux
ter comme biens et services de consommation tous les fournis par un actif immobilisé important, qui est en
biens et services achetĂ©s sur le marchĂ© pour ĂȘtre utilisĂ©s lâoccurrence le logement lui-mĂȘme. MĂȘme si les prix des
exclusivement comme intrants dans la production intrants utilisés dans la production de services de loge-
dâautres biens et services directement consommĂ©s par ment sont pris en compte dans lâIPC, il reste nĂ©cessaire
les mĂ©nages. Sur la base de ce principe, on considĂšre dâimputer les prix des intrants des services en capital
que des produits tels que les insecticides et lâĂ©lectricitĂ© (câest-Ă -dire principalement lâamortissement plus les
fournissent indirectement une utilitĂ© et doivent ĂȘtre intĂ©rĂȘts) fournis par le logement. Certains pays prĂ©fĂšrent
inclus dans lâIPC. Câest, bien sĂ»r, la solution adoptĂ©e en par consĂ©quent imputer les prix des extrants de services
général dans la pratique, non seulement pour les IPC, de logement effectivement consommés sur la base des
mais aussi pour les comptes nationaux, dans lesquels la loyers Ă payer pour des logements de mĂȘme type louĂ©s
plupart des dépenses consacrées aux intrants utilisés sur le marché. Le traitement des logements occupés par
dans la production des ménages sont classées parmi les leur propriétaire est complexe et controversé. Il est abor-
dépenses de consommation finale. dé, entre autres, aux chapitres 3, 9, 10 et 23.
1.179 Dans certains pays, les ménages ont de plus
en plus tendance à acheter des repas déjà préparés ou à Couverture des ménages
emporter plutÎt que les ingrédients nécessaires. Comme et des points de vente
les prix de ces repas sont plus élevés que la somme des
ingrédients que les ménages achetaient précédemment, 1.183 Comme il est expliqué au chapitre 3, les
la pondĂ©ration attachĂ©e Ă la consommation de denrĂ©es mĂ©nages peuvent ĂȘtre des personnes seules ou des
alimentaires augmente. Cela reflĂšte en partie le fait que groupes de personnes qui vivent ensemble et pourvoient
le coût du travail que les ménages consacrent à la prépa- en commun à leur subsistance et à leurs autres besoins
ration des repas Ă©tait auparavant ignorĂ©. Divers types essentiels. LâIPC peut ĂȘtre utilisĂ© pour couvrir :
dâactivitĂ© de service des mĂ©nages qui Ă©chappaient prĂ©- âą soit les dĂ©penses de consommation des mĂ©nages rĂ©si-
cĂ©demment au champ de lâIPC peuvent y ĂȘtre intĂ©grĂ©s si dant dans une zone particuliĂšre, en gĂ©nĂ©ral un pays ou
les mĂ©nages choisissent de rĂ©munĂ©rer des tiers pour une rĂ©gion, que ces dĂ©penses soient effectuĂ©es Ă
assurer ces services. lâintĂ©rieur ou Ă lâextĂ©rieur de cette zone â câest ce
1.180 Agriculture de subsistance et logements occu- que lâon appelle le concept «national» des dĂ©penses;
pés par leur propriétaire. Dans le cas de deux types de
production importants pour lâautoconsommation des âą soit les dĂ©penses de consommation faites dans une
mĂ©nages, Ă savoir la production agricole destinĂ©e Ă ĂȘtre zone particuliĂšre par des mĂ©nages rĂ©sidant dans cette
autoconsommĂ©e et les services de logement produits par zone ou dans dâautres zones â câest ce que lâon
les propriĂ©taires-occupants, les comptes nationaux sâef- appelle le concept «intĂ©rieur» des dĂ©penses.
forcent effectivement dâenregistrer les valeurs des extrants Lâadoption du concept «intĂ©rieur» des dĂ©penses com-
produits plutĂŽt que celles des intrants. De mĂȘme, les IPC plique parfois la collecte des donnĂ©es dĂ©sagrĂ©gĂ©es dans
peuvent aussi sâefforcer, dans ces deux cas, de prendre en les enquĂȘtes sur les mĂ©nages. LâIPC peut aussi ĂȘtre dĂ©fi-
compte les prix des extrants plutĂŽt que des intrants. ni de façon Ă couvrir un groupe de pays, tel que lâUnion
1.181 En principe, les prix des extrants issus dâune europĂ©enne.
production agricole destinĂ©e Ă ĂȘtre autoconsommĂ©e 1.184 Il nâest pas indispensable dâinclure tous les
peuvent ĂȘtre inclus dans lâIPC, mĂȘme sâils sont imputĂ©s. types de mĂ©nage. Comme lâindique le chapitre 3, certains
Dâautre part, câest principalement par lâintermĂ©diaire pays choisissent dâexclure des catĂ©gories telles que les
des prix des intrants achetés sur le marché sous forme ménages les plus aisés ou ceux qui sont engagés dans des
de matériels agricoles que les ménages qui dépendent activités agricoles. Certains construisent aussi différents
de lâagriculture de subsistance peuvent ĂȘtre exposĂ©s au indices couvrant diffĂ©rents groupes de mĂ©nages, selon
risque dâinflation. Deux points de vue sont possibles. quâils rĂ©sident dans telle ou telle rĂ©gion, par exemple. Il
PremiĂšrement, la valeur de marchĂ© imputĂ©e de lâextrant est possible aussi dâĂ©tablir un IPC gĂ©nĂ©ral visant Ă couvrir
devrait en gĂ©nĂ©ral ĂȘtre supĂ©rieure au coĂ»t des intrants la totalitĂ© ou la majoritĂ© des mĂ©nages, et de lui adjoindre
achetĂ©s, ne serait-ce que parce quâelle doit couvrir le un ou plusieurs indices spĂ©cifiques ciblant des segments
coĂ»t des intrants fournis sous forme de travail par le donnĂ©s de la communautĂ©, tels que les mĂ©nages ayant Ă
mĂ©nage. Par consĂ©quent, la prise en compte du prix des leur tĂȘte des retraitĂ©s. La couverture exacte des mĂ©nages
intrants plutĂŽt que des extrants dans lâIPC peut signifier est affaire de choix. Elle est inĂ©vitablement influencĂ©e par
25
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
lâidĂ©e que lâon se fait des utilisations principales de tandis que les ventilations aux niveaux infĂ©rieurs se font
lâindice. Lâensemble des mĂ©nages effectivement couverts par produits. Câest le cas de la COICOP, qui propose une
par lâIPC est qualifiĂ© de «population de rĂ©fĂ©rence». classification internationalement reconnue et rĂ©cemment
révisée des fonctions de consommation des ménages
Variation des prix adaptĂ©e aux besoins de lâIPC.
1.188 Le premier niveau de classification de la COI-
1.185 Les prix de biens ou services exactement
COP consiste en 12 divisions couvrant les dépenses de
semblables peuvent varier dâun point de vente Ă lâautre,
consommation totales. Comme nous venons de le noter, la
et il arrive que des prix différents soient appliqués à des
ventilation en divisions se fait essentiellement par fonc-
types de client différents. Les prix peuvent aussi varier
tion. Au second niveau de désagrégation, les 12 divisions
au cours du mois auquel lâindice se rapporte. Sur un
sont scindĂ©es en 47 groupes de produits, eux-mĂȘmes divi-
plan théorique, il faut distinguer cette variation pure de
sés à leur tour en 117 classes de produits à un troisiÚme
prix des différences de prix attribuables aux différences
de qualitĂ© des biens et services offerts, mĂȘme sâil nâest niveau de dĂ©sagrĂ©gation. Le chapitre 3 propose une liste
pas toujours facile, dans la pratique, de faire cette dis- de dix classes de produits définis comme durables dans la
tinction. Lâexistence de pures diffĂ©rences de prix COICOP. Il donne aussi une liste de sept classes de pro-
tĂ©moigne de certaines formes dâimperfections du mar- duits qualifiĂ©s de semi-durables, tels que les vĂȘtements,
chĂ©, comme le manque dâinformation des consomma- chaussures ou articles de mĂ©nage en textiles.
teurs ou la discrimination par les prix. 1.189 Les 117 classes correspondant au niveau
1.186 Lorsquâil existe de pures diffĂ©rences de prix, dâagrĂ©gation le plus bas de la COICOP ne sont pas suf-
la modification des conditions du marchĂ© peut permettre fisamment dĂ©taillĂ©es pour les besoins de lâIPC. Elles
Ă certains mĂ©nages qui achetaient au prix fort dâacheter peuvent ĂȘtre divisĂ©es en sous-classes utilisant les subdi-
désormais à des prix moins élevés en profitant, par visions de la Classification centrale des produits (CCP),
exemple, de lâouverture de nouveaux points de vente internationalement reconnue, elle aussi. Il peut mĂȘme
proposant de meilleurs prix. La chute consĂ©cutive du ĂȘtre nĂ©cessaire, pour certaines dâentre elles, de procĂ©der
prix moyen payé par les ménages est enregistrée comme à une ventilation supplémentaire pour arriver aux agré-
une baisse de prix pour les besoins de lâIPC, mĂȘme si le gats Ă©lĂ©mentaires utilisĂ©s pour les besoins de lâIPC. Afin
prix pratiquĂ© par chaque point de vente nâa pas forcĂ©- dâĂȘtre utiles dans cette optique, les pondĂ©rations de
ment changĂ©. Si les prix sont relevĂ©s aux points de vente, dĂ©penses doivent ĂȘtre disponibles pour les sous-classes
et si les modifications des habitudes dâachat des ou agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires. Il est souhaitable, pour ce qui
ménages passent inaperçues, on dit que les IPC sont concerne le tirage, que les mouvements des prix des
entachĂ©s dâun biais de substitution des points de vente, diffĂ©rents produits au sein des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires
comme il est expliqué plus en détail au chapitre 11. En soient aussi homogÚnes que possible. Les agrégats élé-
revanche, lorsque les diffĂ©rences de prix reflĂštent la dif- mentaires peuvent Ă©galement ĂȘtre divisĂ©s en strates pour
fĂ©rence de qualitĂ© des biens et services vendus aux diffĂ©- les besoins de lâĂ©chantillonnage, sur la base de lâendroit
rents points de vente, le fait de passer des points de vente ou du type de point de vente dans lequel les produits
qui proposent des prix élevés à ceux qui pratiquent des sont vendus.
prix plus bas signifie que les ménages choisissent
dâacheter des biens ou des services de moindre qualitĂ©. Indices des prix Ă la consommation
Cela nâimplique pas, en soi, que les prix ont changĂ©. et dĂ©flateurs des prix
dans les comptes nationaux
Classifications 1.190 Lâappendice 3.1 du chapitre 3 explique les dif-
1.187 Comme il est expliquĂ© au chapitre 3, la classi- fĂ©rences entre lâIPC global et le dĂ©flateur des dĂ©penses de
fication des dĂ©penses des mĂ©nages utilisĂ©e dans lâIPC consommation totales des mĂ©nages dans les comptes
dĂ©termine le cadre dans lequel sâinscrivent les diverses nationaux. Dans la pratique, les IPC peuvent ĂȘtre conçus
Ă©tapes de lâĂ©tablissement de lâIPC. Elle offre la structure de façon Ă ne couvrir quâun sous-ensemble des mĂ©nages
nécessaire pour pondérer et agréger les données ainsi et un sous-ensemble des dépenses couvertes par les
quâune base pour stratifier les Ă©chantillons de produits comptes nationaux. En outre, les formules dâindice nĂ©ces-
dont les prix sont relevés. Les biens et services couverts saires pour les IPC et pour les déflateurs des prix des
par lâIPC peuvent ĂȘtre classĂ©s de diverses maniĂšres, non comptes nationaux peuvent ĂȘtre diffĂ©rentes. Ces diffĂ©-
pas sur la base de leurs caractĂ©ristiques physiques seule- rences signifient que lâIPC global nâest pas le mĂȘme, en
ment, mais aussi selon les fonctions quâelles remplissent gĂ©nĂ©ral, que le dĂ©flateur des dĂ©penses de consommation
et le degrĂ© de similitude du comportement de leurs prix. totales des mĂ©nages dans les comptes nationaux. Dâautre
Les classifications fondées sur les produits et sur les part, les données de base sur les prix et les dépenses
fonctions diffĂšrent, mais peuvent en gĂ©nĂ©ral se surimpo- recueillies et utilisĂ©es aux fins de lâIPC sont aussi trĂšs lar-
ser lâune Ă lâautre. Dans la pratique, la plupart des pays gement utilisĂ©es en vue de bĂątir les indices des prix nĂ©ces-
utilisent un systÚme de classification hybride dans lequel saires pour déflater les différentes composantes de la con-
la ventilation au niveau supérieur se fait par fonctions, sommation des ménages dans les comptes nationaux.
26
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
PondĂ©rations des dĂ©penses 1.194 Ainsi quâil est expliquĂ© au chapitre 14, lâutili-
sation de la méthode des flux de produits dans le cadre
1.191 Ainsi que nous lâavons dĂ©jĂ notĂ©, on dis- des tableaux des ressources et des emplois du SCN per-
tingue deux grandes Ă©tapes dans le calcul dâun IPC. La met de concilier et de rapprocher des donnĂ©es extraites
premiÚre consiste à recueillir les données sur les prix et de sources primaires différentes. La méthode des flux de
Ă calculer les indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. La seconde produits peut ĂȘtre utilisĂ©e pour amĂ©liorer les estimations
consiste Ă faire la moyenne des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©- des dĂ©penses de consommation des mĂ©nages calculĂ©es Ă
mentaire pour obtenir des indices des prix de niveaux partir des enquĂȘtes sur les dĂ©penses en les ajustant afin de
dâagrĂ©gation supĂ©rieurs, jusquâĂ lâIPC lui-mĂȘme. Les prendre en compte les informations supplĂ©mentaires
données sur les dépenses sont nécessaires pour les agré- fournies par les statistiques sur les ventes, la production,
gats Ă©lĂ©mentaires qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©s comme pon- les importations et les exportations de biens et services
dĂ©rations durant la seconde Ă©tape. Ces pondĂ©rations de consommation. En sâappuyant sur diffĂ©rentes sources,
sont requises quelle que soit la formule dâindice utilisĂ©e les donnĂ©es sur les dĂ©penses des mĂ©nages recueillies
pour procĂ©der Ă lâagrĂ©gation. Le chapitre 4 est consacrĂ© dans le cadre des comptes nationaux peuvent fournir les
au calcul et aux sources des pondérations de dépenses. meilleures estimations des dépenses globales des
mĂ©nages, mĂȘme si les classifications utilisĂ©es ne sont pas
toujours assez fines pour les besoins de lâIPC. En outre,
EnquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages comme il arrive que les EBM ne soient conduites quâĂ
et les comptes nationaux intervalle de plusieurs années, les données des comptes
1.192 Dans la plupart des pays, la principale source nationaux sur les dépenses sont parfois plus fraßches, car
de donnĂ©es sur les dĂ©penses de consommation des ces comptes peuvent sâappuyer sur dâautres sources de
mĂ©nages est lâenquĂȘte sur le budget des mĂ©nages donnĂ©es plus rĂ©centes, telles que les ventes au dĂ©tail ou la
(EBM). LâEBM porte sur un Ă©chantillon de plusieurs production et lâimportation de biens et services de con-
milliers de ménages auxquels il est demandé de tenir un sommation. Il est important de noter, toutefois, que les
registre des dĂ©penses quâils consacrent Ă diffĂ©rents comptes nationaux ne doivent pas ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme
types de bien et service de consommation au cours une source de données indépendante qui pourrait repré-
dâune pĂ©riode donnĂ©e, qui peut ĂȘtre dâune semaine ou senter une alternative aux EBM. Les EBM constituent au
davantage. La taille de lâĂ©chantillon dĂ©pend Ă lâĂ©vidence contraire lâune des principales sources de donnĂ©es sur les
des ressources disponibles, mais aussi de la mesure dans dépenses de consommation des ménages utilisées pour
laquelle on souhaite ventiler les rĂ©sultats de lâenquĂȘte Ă©tablir les comptes nationaux.
par rĂ©gion ou par type de mĂ©nage. Les EBM coĂ»tent 1.195 Dans de nombreux pays, les enquĂȘtes sur le
cher. Ce manuel nâexamine pas la conduite de ces budget des mĂ©nages ne peuvent pas avoir lieu aussi frĂ©-
enquĂȘtes, ni les techniques ou procĂ©dures gĂ©nĂ©rales quemment quâil serait souhaitable pour les besoins de
dâĂ©chantillonnage utilisĂ©es pour les mener Ă bien. Il lâIPC ou de la comptabilitĂ© nationale. Comme nous
existe plusieurs textes de rĂ©fĂ©rence sur les mĂ©thodes lâavons dĂ©jĂ notĂ©, les EBM nationales sont parfois trĂšs
dâenquĂȘte auxquels il est possible de se rĂ©fĂ©rer. Les coĂ»teuses pour les mĂ©nages. Elles ne peuvent ĂȘtre con-
EBM peuvent ĂȘtre conduites Ă intervalles spĂ©cifiques, duites quâune fois tous les cinq ou dix ans, voire Ă inter-
tous les cinq ans par exemple, ou avoir lieu tous les ans valles plus éloignés. En tout état de cause, la conduite
selon un processus continu. des EBM et le traitement des données recueillies
1.193 Les EBM peuvent imposer un lourd fardeau prennent du temps, de sorte quâil arrive que les rĂ©sultats
aux mĂ©nages interrogĂ©s, qui doivent tenir un registre ne soient disponibles aux fins des IPC quâun ou deux
dans lequel leurs dĂ©penses sont prĂ©sentĂ©es avec un degrĂ© ans aprĂšs lâachĂšvement de ces enquĂȘtes. Câest pour ces
de prĂ©cision quâils ne maintiendraient pas normalement, raisons pratiques que, dans de nombreux pays, les IPC
mĂȘme si leur tĂąche se trouve facilitĂ©e lorsque les sont des indices de Lowe utilisant les quantitĂ©s dâune
supermarchés ou les autres points de vente leur donnent période de référence b qui peut précéder la période de
un ticket de caisse détaillé. Les EBM tendent à présenter référence 0 de quelques années et la période t de nom-
des biais systématiques. Ainsi, de nombreux ménages breuses années.
ont pour habitude de sous-estimer, sciemment ou non, le 1.196 Certains pays conduisent des EBM continues,
montant des dépenses consacrées à certains produits non seulement pour actualiser les pondérations de leur
«non souhaitables», tels que les jeux de hasard, lâalcool, IPC, mais aussi pour amĂ©liorer leurs comptes nationaux.
le tabac ou les mĂ©dicaments. Des corrections peuvent Le mĂȘme panel de mĂ©nages nâa pas, bien sĂ»r, Ă ĂȘtre rete-
ĂȘtre faites pour tenir compte de ces biais. Dâautre part, nu indĂ©finiment; il peut faire lâobjet dâune rotation pro-
les données recueillies dans le cadre des EBM peuvent gressive consistant à abandonner certains ménages pour
aussi ĂȘtre ajustĂ©es de façon Ă sâaligner sur le concept de les remplacer par dâautres. Les pays qui inscrivent leurs
dĂ©penses requis par lâIPC. Par exemple, les dĂ©penses EBM dans ce processus continu sont en mesure de rĂ©vi-
imputĂ©es pour les services de logement produits et ser et dâactualiser chaque annĂ©e leurs pondĂ©rations de
consommĂ©s par les propriĂ©taires-occupants ne sont pas dĂ©penses, de sorte que lâIPC devient un indice-chaĂźne
recueillies dans le cadre des EBM. reposant sur une base annuelle. MĂȘme si les enquĂȘtes sur
27
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
les dépenses sont continues, il y a un décalage entre le élémentaires, dont les propriétés et le comportement
moment oĂč les donnĂ©es sont recueillies et celui oĂč les sont Ă©tudiĂ©s au chapitre 20. Au niveau supĂ©rieur, la
rĂ©sultats sont traitĂ©s et prĂȘts Ă ĂȘtre utilisĂ©s, si bien quâil moyenne des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire est calculĂ©e
nâest jamais possible de disposer de rĂ©sultats dâenquĂȘtes pour obtenir des indices de niveau supĂ©rieur en utili-
contemporains aux variations de prix. Par conséquent, sant les dépenses comme pondérations. à ce niveau
mĂȘme lorsque les pondĂ©rations sont actualisĂ©es tous les supĂ©rieur, toute la thĂ©orie des indices Ă©laborĂ©e aux cha-
ans, elles se rapportent toujours à une période qui pré- pitres 15 à 18 entre en jeu.
cÚde la période de référence. Si, par exemple, la période 1.201 Les indices de niveau inférieur sont calculés
de référence des prix est janvier 2000, les pondérations pour les agrégats élémentaires. Selon les ressources
de dépenses peuvent se rapporter à 1997 ou 1998, ou à disponibles et les procédures adoptées par chaque
ces deux années. Lorsque la période de référence des pays, ces agrégats élémentaires peuvent correspondre
prix passe à janvier 2001, les pondérations passent, elles à des sous-classes ou micro-classes de la classification
aussi, Ă 1998 ou 1999, etc. Un tel indice est un indice- des dĂ©penses susmentionnĂ©e. Si lâon souhaite calculer
chaßne de Lowe. les IPC pour différentes régions, les sous-classes ou
1.197 Certains pays prĂ©fĂšrent utiliser des pondĂ©ra- micro-classes doivent ĂȘtre divisĂ©es en strates se rap-
tions de dĂ©penses correspondant Ă des taux moyens sur portant Ă ces rĂ©gions. En outre, pour amĂ©liorer lâeffi-
des pĂ©riodes de deux ou trois ans, afin de rĂ©duire cience des procĂ©dures dâĂ©chantillonnage utilisĂ©es afin
le «bruit» causĂ© par les erreurs dâestimation (les de relever les prix, il est en gĂ©nĂ©ral souhaitable, quand
enquĂȘtes sur le budget ne portent que sur des Ă©chan- câest possible, de prendre en compte dâautres critĂšres,
tillons) ou les comportements erratiques des consomma- tels que le type de point de vente, dans la définition
teurs répondant, sur de brÚves périodes, à des booms ou des strates. Lorsque les sous-classes ou micro-classes
à des récessions économiques, aux fluctuations des mar- sont divisées en strates pour la collecte des données,
chĂ©s boursiers, Ă des chocs pĂ©troliers ou Ă des catas- les strates elles-mĂȘmes deviennent les agrĂ©gats Ă©lĂ©-
trophes naturelles ou autres. mentaires. Comme une pondĂ©ration doit ĂȘtre attachĂ©e Ă
chaque agrégat élémentaire pour le calcul des indices
Autres sources dâestimation de niveau supĂ©rieur, il faut disposer dâune estimation
des pondérations de dépenses des dépenses au sein de chaque agrégat élémentaire.
Les données sur les dépenses ou les quantités ne sont
1.198 Si les dĂ©penses doivent ĂȘtre dĂ©sagrĂ©gĂ©es au
en gĂ©nĂ©ral pas disponibles au sein dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©-
niveau rĂ©gional pour des raisons dâĂ©chantillonnage ou
mentaire, de sorte que des indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©men-
dâanalyse, il est possible de complĂ©ter les informations,
taire doivent ĂȘtre estimĂ©s Ă partir des seules donnĂ©es
ventilées par région, disponibles dans les EBM en utili-
sur les prix. Cela pourrait changer si la saisie de don-
sant des données extraites des recensements de la popu-
nées par lecture optique pratiquée par les caisses enre-
lation. Les enquĂȘtes de consommation alimentaire sont
gistreuses électroniques se généralisait.
une autre source de donnĂ©es. Il sâagit dâenquĂȘtes spĂ©-
1.202 Le chapitre 5 est consacré aux stratégies utili-
ciales conduites dans certains pays, qui mettent lâaccent
sées pour relever les prix, et le chapitre 6 aux méthodes
sur les dépenses que les ménages consacrent aux denrées
et procédures opérationnelles en vigueur pour faire ces
alimentaires. Les informations quâelles peuvent apporter
relevĂ©s. En principe, les prix pertinents pour lâIPC
à ce sujet sont plus précises que celles recueillies à partir
devraient ĂȘtre les prix dâachat payĂ©s par les mĂ©nages,
des EBM.
mais il nâest le plus souvent ni pratique ni efficace
1.199 Les enquĂȘtes sur les points de vente conduites
dâessayer de relever les prix directement auprĂšs des
dans certains pays sont une autre source dâinformations
mĂ©nages chaque mois ou chaque trimestre, mĂȘme si les
possible. Elles ont pour objectif de fournir des informa-
données sur les dépenses sont recueillies directement
tions sur les points de vente au dĂ©tail oĂč les mĂ©nages
auprĂšs de ces derniers dans le cadre des EBM. Dans la
achÚtent des groupes de biens ou de services donnés. Les
pratique, les prix relevés ne sont pas les prix de transac-
ménages sont interrogés, pour chaque article, sur les
tion effectifs, mais plutĂŽt ceux auxquels les biens et les
sommes dépensées à chaque point de vente et sur les
services sont proposés dans des points de vente tels que
nom et adresse de ces magasins. Ces enquĂȘtes servent
les magasins de détail, supermarchés ou prestataires de
essentiellement à sélectionner les points de vente à utili-
services. Cela dit, il pourrait devenir de plus en plus
ser pour recueillir les données sur les prix.
facile de relever les prix de transaction effectifs dans la
mesure oĂč davantage de biens et services sont vendus
Collecte des données sur les prix avec des caisses enregistreuses électroniques qui mémo-
risent à la fois les prix et les dépenses.
1.200 Comme il est expliqué au chapitre 9, les IPC
impliquent deux niveaux de calcul. Au niveau le plus
bas, les échantillons de prix sont recueillis et traités Tirage aléatoire et tirage raisonné
pour obtenir les indices des prix de niveau infĂ©rieur. Ces 1.203 Ătant donnĂ© que les prix sont relevĂ©s auprĂšs
indices de niveau infĂ©rieur sont les indices dâagrĂ©gats des vendeurs, deux problĂšmes peuvent se poser au
28
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
niveau du tirage. Comment, tout dâabord, choisir les nibles ne sont ni exhaustives, ni bien adaptĂ©es aux
produits dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire dont les prix seront besoins de lâIPC. Il peut aussi ĂȘtre efficace, par rapport
relevĂ©s? Pour certains dâentre eux, il se peut quâil ne au coĂ»t, de concentrer les relevĂ©s de prix de diffĂ©rents
soit pas nĂ©cessaire de visiter les points de vente pour produits dans un mĂȘme point de vente, plutĂŽt que dâĂ©ta-
procĂ©der Ă ces relevĂ©s, car un prix unique sâapplique ler plus largement les relevĂ©s de prix sur un grand
dans tout le pays. Ce type de prix peut ĂȘtre relevĂ© auprĂšs nombre de points de vente.
de lâorganisme central responsable de leur fixation. Les 1.207 Quâil soit alĂ©atoire ou raisonnĂ©, le tirage doit,
paragraphes suivants se rapportent Ă la situation plus pour ĂȘtre efficace, reposer sur des bases de sondage
courante dans laquelle les prix sont relevés dans un exhaustives et actualisées. Deux types de base sont néces-
grand nombre de points de vente. saires pour les besoins de lâIPC : les premiĂšres corres-
1.204 Comme il est expliquĂ© au chapitre 5, lâuni- pondent Ă la liste de lâunivers des points de vente, les
vers de produits dont est extrait lâĂ©chantillon prĂ©sente secondes Ă celle de lâunivers des produits. Les registres
plusieurs dimensions. Les produits peuvent ĂȘtre classĂ©s du commerce, les fichiers des administrations centrales
non seulement selon les caractéristiques et fonctions qui ou des collectivités locales et les annuaires téléphoniques
dĂ©terminent leur place dans la COICOP, mais aussi sont autant dâexemples de bases de sondage possibles
selon le lieu et le point de vente oĂč ils sont vendus et le pour les points de vente. Lorsque les bases de sondage
moment auquel cette vente a lieu. Le fait que lâunivers contiennent lâinformation requise, lâefficacitĂ© peut ĂȘtre
de produits soit en perpĂ©tuel changement pose un pro- accrue en choisissant lâĂ©chantillon de points de vente pro-
blĂšme majeur pour les IPC, mais Ă©galement pour la plu- portionnellement Ă lâimportance de caractĂ©ristiques Ă©co-
part des autres statistiques économiques. Des produits nomiques pertinentes, telles que la valeur totale des
disparaissent pour ĂȘtre remplacĂ©s par dâautres types de ventes. Dans la pratique, les bases de sondage des pro-
produit, tandis que des points de vente ferment et que duits ne sont pas toujours immédiatement disponibles.
dâautres sâouvrent. Le fait que lâunivers de produits se Les bases possibles sont les catalogues ou autres listes
modifie au fil du temps crĂ©e des problĂšmes dâordre de produits dressĂ©es par les principaux fabricants, gros-
théorique et pratique, car la mesure des variations de sistes ou offices professionnels, ou les listes de produits
prix au cours du temps suppose une certaine continuité qui sont spécifiques à certains points de vente, comme
des produits suivis. Les variations de prix enregistrées les hypermarchés.
devraient en principe concerner des produits appariés 1.208 Selon des informations disponibles dans la
qui sont identiques dans les deux pĂ©riodes. Les pro- base de sondage choisie, il peut ĂȘtre possible de grouper
blĂšmes qui se posent lorsque les produits ne sont pas les points de vente en strates, selon leur localisation et
identiques seront examinés plus en détail par la suite. leur taille, laquelle est indiquée par leurs ventes et leurs
1.205 Lorsque lâon conçoit lâĂ©chantillon qui sera effectifs. Quand on dispose dâinformations sur leur
utilisĂ© pour relever des prix, il importe dâaccorder taille, il peut ĂȘtre possible de gagner en efficacitĂ© en
lâattention voulue aux critĂšres statistiques de rĂ©fĂ©rence sĂ©lectionnant alĂ©atoirement un Ă©chantillon de points de
afin dâassurer que les estimations rĂ©sultant de ces Ă©chan- vente proportionnellement Ă la taille. Dans la pratique,
tillons sont non seulement dépourvues de biais et de toutefois, il est aussi fait largement appel au tirage par
variance minimale, mais aussi efficaces au regard de leur choix raisonné.
coût. Les études sur les indices distinguent deux types de 1.209 Dans la plupart des pays, la sélection de la
biais : le biais de tirage au sens oĂč nous lâentendons ici majoritĂ© des produits Ă©lĂ©mentaires dont les prix sont sui-
et les biais non liĂ©s au tirage qui prennent la forme de vis dans les points de vente retenus tend Ă ĂȘtre faite avec
biais de substitution ou de reprĂ©sentativitĂ© et seront Ă©vo- un tirage par choix raisonnĂ©, puisquâelle est spĂ©cifiĂ©e par
quĂ©s au chapitre 10. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, le contexte per- lâorganisme centralisĂ© responsable de lâIPC. Celui-ci
met de dĂ©terminer clairement de quel biais il sâagit. dresse des listes de produits censĂ©s ĂȘtre reprĂ©sentatifs
1.206 Les travaux sur les techniques dâenquĂȘte et des produits dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Les listes peuvent
de tirage auxquels se rĂ©fĂ©rer ne manquent pas, et il nây a ĂȘtre Ă©tablies en collaboration avec les directeurs dâĂ©ta-
pas lieu de les résumer ici. En principe, il serait souhai- blissements de vente en gros ou de grands magasins de
table de choisir les points de vente et les produits en dĂ©tail, ou avec dâautres experts ayant Ă la fois lâexpĂ©-
effectuant un tirage aléatoire assorti de probabilités de rience pratique et les connaissances requises en la
sĂ©lection connues. En effet, cela assurerait que lâĂ©chan- matiĂšre. Les procĂ©dures en vigueur sont dĂ©crites plus en
tillon des produits sĂ©lectionnĂ©s nâest pas faussĂ© par des dĂ©tail au chapitre 6.
facteurs subjectifs et permettrait dâestimer le biais de 1.210 Certains ont fait valoir que le choix raisonnĂ©
sĂ©lection ou de tirage. De nombreux pays continuent des produits risque de nâintroduire quâun biais dâĂ©chan-
nĂ©anmoins de sâen remettre trĂšs largement Ă une sĂ©lec- tillonnage nĂ©gligeable, mĂȘme sâil nâexiste pas beaucoup
tion raisonnée des points de vente et des produits dans la de preuves tangibles en la matiÚre. Le tirage aléatoire
mesure oĂč la procĂ©dure du tirage alĂ©atoire leur paraĂźt est en principe prĂ©fĂ©rable, et il est aussi relativement
trop difficile et trop coĂ»teuse. Ils considĂšrent que le facile Ă faire. Aux Ătats-Unis, par exemple, le Bureau of
choix raisonné présente un meilleur rapport coût/effica- Labor Statistics fait largement appel aux procédures de
cité, en particulier lorsque les bases de sondage dispo- sélection aléatoire pour le choix des points de vente et
29
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
des produits dont les prix seront suivis. Lorsque le choix directives dâordre gĂ©nĂ©ral quant Ă lâutilisation des don-
des produits est laissĂ© aux enquĂȘteurs chargĂ©s dâen faire nĂ©es obtenues de cette maniĂšre. Il importe, manifeste-
le relevĂ©, il est essentiel de sâassurer que ces derniers ment, que les offices de statistique suivent lâĂ©volution de
sont bien prĂ©parĂ©s, informĂ©s de ce quâon attend dâeux et ce secteur et rĂ©flĂ©chissent aux possibilitĂ©s dâexploitation
suivis de prÚs. de cette nouvelle source de données appelée à jouer un
rÎle majeur. La saisie de données par lecture optique
Méthodes de relevé des prix élargit aussi le champ ouvert aux méthodes améliorées
1.211 La section prĂ©cĂ©dente a mis lâaccent sur les dâajustement de la qualitĂ©, telles que les mĂ©thodes hĂ©do-
questions dâĂ©chantillonnage qui se posent lorsque les niques, ainsi quâil est expliquĂ© au chapitre 7.
prix dâun grand nombre de produits doivent ĂȘtre relevĂ©s 1.215 RelevĂ©s des prix Ă lâĂ©chelon local. Lorsque
dans un grand nombre de points de vente. La présente les prix sont relevés auprÚs de points de vente locaux, il
section sâintĂ©resse Ă certains des aspects plus opĂ©ration- existe deux façons de dĂ©terminer les diffĂ©rents produits
nels du relevĂ© des prix. que lâon choisit de suivre. La premiĂšre consiste Ă dres-
1.212 RelevĂ© centralisĂ© des prix. Beaucoup de prix ser une liste spĂ©cifique de produits dĂ©terminĂ©e Ă
importants peuvent ĂȘtre relevĂ©s par lâorganisme centra- lâavance par lâorganisme centralisĂ© responsable de
lisĂ© responsable de lâIPC directement au siĂšge de lâorga- lâIPC. La seconde solution consiste Ă laisser la personne
nisation responsable de la dĂ©termination des prix. chargĂ©e de relever les prix faire son choix Ă partir dâun
Lorsque les prix sont les mĂȘmes dans tout le pays, il est assortiment de produits spĂ©cifiĂ©s. Elle peut utiliser un
superflu de les relever à différents points de vente : processus de type aléatoire ou sélectionner les produits
qui se vendent le mieux ou qui sont recommandés par le
⹠Des tarifs ou rémunérations de services sont fixés au propriétaire ou le gérant du point de vente. Les produits
plan national et appliquĂ©s sur lâensemble du territoire dont on choisit de suivre le prix dans un point de vente
du pays. Ce peut ĂȘtre le cas pour des services publics peuvent ĂȘtre qualifiĂ©s de produits Ă©lĂ©mentaires de
tels que lâeau, le gaz ou lâĂ©lectricitĂ©, les services pos- lâĂ©chantillon. Il peut sâagir de biens ou de services.
taux ou tĂ©lĂ©phoniques et les transports publics. Ces 1.216 Lorsque la liste des produits est dĂ©terminĂ©e Ă
tarifs et autres rĂ©munĂ©rations peuvent ĂȘtre obtenus au lâavance par lâorganisme centralisĂ©, lâobjectif est en
siÚge des entreprises concernées. général de sélectionner les produits considérés comme
âą Certaines chaĂźnes nationales de magasins et de super- reprĂ©sentatifs dâun groupe plus large de produits au sein
marchĂ©s peuvent appliquer les mĂȘmes prix partout, dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Lâorganisme centralisĂ© doit
auquel cas ces prix peuvent ĂȘtre obtenus lĂ aussi au aussi dĂ©cider sâil adopte une description, ou spĂ©cifi-
siĂšge des sociĂ©tĂ©s concernĂ©es. MĂȘme lorsque les cation, plus ou moins large ou Ă©troite des produits reprĂ©-
chaĂźnes nationales nâimposent pas des prix uni- sentatifs qui seront suivis. En thĂ©orie, le nombre de
formes, il est possible que les diffĂ©rences de prix produits diffĂ©rents qui peuvent ĂȘtre identifiĂ©s est dans
entre les régions soient minimes et que toutes les une certaine mesure arbitraire, et dépend du nombre de
informations disponibles soient centralisées. caractéristiques économiques jugées pertinentes ou
importantes. Par exemple, le mot «bĆuf» est un terme
⹠Il se peut aussi que beaucoup de ces prix centralisés générique applicable à un groupe de produits similaires
ne varient que trÚs rarement, une ou deux fois par an mais néanmoins distincts. Il existe différentes piÚces de
peut-ĂȘtre. Ils nâont donc pas Ă ĂȘtre relevĂ©s tous les bĆuf, tels que le steak hachĂ©, le bĆuf Ă braiser ou le
mois. En outre, bon nombre de ces prix peuvent ĂȘtre rumsteck, qui peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme autant de
obtenus par téléphone, télécopie ou courrier électro- produits différents et donc vendus à des prix trÚs diffé-
nique et nâobligent donc pas les enquĂȘteurs Ă se rendre rents. Qui plus est, le bĆuf peut aussi ĂȘtre classĂ© diffĂ©-
fréquemment au siÚge des entreprises concernées. remment selon que sa viande est fraßche, réfrigérée ou
1.213 Données obtenues par lecture optique. La congelée, et donner lieu à des classifications croisées
multiplication, dans de nombreux pays, des donnĂ©es trĂšs selon que le bĆuf est dâorigine nationale ou importĂ©, ou
détaillées saisies par lecture optique par les caisses que les animaux diffÚrent par leur ùge ou leur race.
enregistreuses électroniques est une nouveauté impor- 1.217 En adoptant des spécifications plus rigou-
tante. Ces donnĂ©es sont rassemblĂ©es dans des bases de reuses, lâorganisme centralisĂ© sâassure dâun meilleur
données commerciales. Les données ainsi saisies sont contrÎle des prix des produits élémentaires proposés
récentes et exhaustives. Une proportion de plus en plus dans les points de vente, mais accroßt aussi le risque que
grande de ventes est saisie par lecture optique Ă lâaide de certains produits ne soient pas effectivement disponibles
caisses enregistreuses électroniques. dans tel ou tel point de vente. Adopter des spécifications
1.214 Les avantages potentiels de lâutilisation de moins rigoureuses signifie en revanche quâil sera pos-
donnĂ©es obtenues par lecture optique sont Ă lâĂ©vidence sible de suivre les prix de plus de produits Ă©lĂ©mentaires,
considĂ©rables et pourraient, en dĂ©finitive, avoir un impact mais que les enquĂȘteurs auront une plus grande latitude
trÚs sensible sur les modalités de collecte des données pour choisir les produits élémentaires qui seront effecti-
pour les besoins de lâIPC. LâexpĂ©rience nâest pas encore vement suivis. Cela peut rendre lâĂ©chantillon moins
assez avancĂ©e pour quâil soit possible de donner des reprĂ©sentatif globalement.
30
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
ContinuitĂ© du relevĂ© des prix de prix observĂ©es. En dâautres termes, il leur faut sâeffor-
cer dâajuster les prix relevĂ©s au titre des changements de
1.218 LâIPC vise Ă mesurer les variations pures de qualitĂ© Ă©ventuels des produits suivis, ainsi quâil est expli-
prix. Les produits dont les prix sont relevés et comparés qué plus en détail ci-aprÚs. à la limite, un produit totale-
pour des pĂ©riodes successives devraient, dans lâidĂ©al, ment nouveau peut, une fois apparu, se rĂ©vĂ©ler si diffĂ©-
ĂȘtre parfaitement appariĂ©s, câest-Ă -dire prĂ©senter un rent de ceux qui existaient avant lui que lâajustement de
aspect physique et des caractĂ©ristiques Ă©conomiques la qualitĂ© nâest pas possible et que le prix de ce produit
identiques. Lorsque les produits sont parfaitement appa- ne peut ĂȘtre comparĂ© directement Ă celui dâaucun de ses
riĂ©s, lâĂ©volution des prix observĂ©e est une variation pure prĂ©dĂ©cesseurs. De mĂȘme, un produit peut devenir si peu
de prix. Si lâon sĂ©lectionne des produits reprĂ©sentatifs, il reprĂ©sentatif ou obsolĂšte quâil doive ĂȘtre retirĂ© de lâindice
faut donc sâassurer quâun nombre suffisant dâentre eux parce quâil nây a plus lieu de comparer son prix Ă ceux
devraient rester sur le marchĂ© pendant une pĂ©riode rela- des produits qui lâont supplantĂ©.
tivement longue, sous une forme ou un état parfaitement
identique Ă ce quâil Ă©tait quand ces produits ont Ă©tĂ© ini- Rééchantillonnage ou tirage
tialement choisis. Sans permanence, il nây aurait pas dâun nouvel Ă©chantillon
assez de variations de prix Ă mesurer.
1.219 Une fois que les produits élémentaires dont 1.222 Face à cet univers changeant des produits,
les prix doivent ĂȘtre relevĂ©s ont Ă©tĂ© identifiĂ©s, la stra- lâune des stratĂ©gies possibles consiste Ă effectuer rĂ©guliĂš-
tégie normale consiste à continuer de suivre le prix aussi rement un nouveau tirage de la totalité des produits élé-
longtemps que possible dâexactement les mĂȘmes pro- mentaires de lâĂ©chantillon. Dans le cas dâun indice men-
duits Ă©lĂ©mentaires. Les enquĂȘteurs peuvent le faire sâils suel, par exemple, un nouvel Ă©chantillon peut ĂȘtre choisi
disposent de spécifications trÚs précises, ou étroites, des chaque année en janvier. Les prix de chaque échantillon
produits Ă©lĂ©mentaires Ă suivre. Sans cela, ils doivent sont alors suivis un an jusquâau mois de janvier suivant.
enregistrer eux-mĂȘmes la description dĂ©taillĂ©e des pro- Les prix des deux Ă©chantillons doivent ĂȘtre collectĂ©s en
duits élémentaires dont ils ont choisi de suivre les prix. janvier afin de pouvoir chaßner les deux séries de douze
1.220 Pour un indice des prix, la situation idĂ©ale est variations mensuelles. Le fait de procĂ©der chaque annĂ©e Ă
celle oĂč tous les produits dont les prix sont suivis un retirage est cohĂ©rent avec la stratĂ©gie dâactualisation
demeurent sur le marché indéfiniment sans la moindre annuelle des pondérations de dépenses.
modification de leurs caractĂ©ristiques physiques et Ă©co- 1.223 Bien que le rééchantillonnage puisse ĂȘtre prĂ©-
nomiques â sauf bien sĂ»r en ce qui concerne le moment fĂ©rable au maintien de lâĂ©chantillon ou du choix de pro-
de leur vente. Il est bon de noter que de nombreux thĂ©o- duits, il nâest guĂšre utilisĂ© dans la pratique. Le retirage
rĂšmes de la thĂ©orie des indices dĂ©coulent de lâhypothĂšse systĂ©matique de tout lâassortiment de produits est diffi-
selon laquelle le mĂȘme assortiment de biens et services, cile Ă gĂ©rer et coĂ»teux Ă mettre en Ćuvre. De surcroĂźt, il
exactement, est disponible durant les deux pĂ©riodes ne rĂ©sout pas totalement les problĂšmes de lâunivers chan-
comparĂ©es. La plupart des produits nâont toutefois geant des produits, car il ne saisit pas les variations de
quâune durĂ©e de vie Ă©conomique limitĂ©e, et dispa- prix qui surviennent au moment oĂč de nouveaux produits
raissent finalement du marchĂ© pour ĂȘtre remplacĂ©s par ou de nouvelles qualitĂ©s sont introduits pour la premiĂšre
dâautres. Comme lâunivers des produits est en perpĂ©- fois. De nombreux producteurs profitent dĂ©libĂ©rĂ©ment du
tuelle Ă©volution, ceux qui avaient Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s initia- moment oĂč les produits sont lancĂ©s sur le marchĂ© pour
lement en raison de leur représentativité peuvent consti- procéder à des changements de prix significatifs.
tuer peu Ă peu une part de plus en plus faible du total des 1.224 Il existe une approche plus pratique pour garder
achats et des ventes. Ils peuvent devenir de moins en lâĂ©chantillon Ă jour : elle consiste Ă soumettre ce dernier Ă
moins reprĂ©sentatifs globalement. Ătant donnĂ© que une rotation graduelle en supprimant certains produits Ă©lĂ©-
lâIPC vise Ă couvrir tous les produits, il faut trouver le mentaires pour en introduire de nouveaux. Les produits
moyen de sâaccommoder du caractĂšre changeant de leur Ă©lĂ©mentaires peuvent ĂȘtre enlevĂ©s pour deux raisons :
univers. Dans le cas des biens de consommation âą LâenquĂȘteur qui relĂšve les prix ou lâorganisme centra-
durables dont les caractĂ©ristiques et la conception sont lisĂ© estime que le produit nâest plus reprĂ©sentatif, car
modifiées en permanence, certains modÚles peuvent sa part dans les dépenses totales consacrées à cette
avoir une durée de vie trÚs courte et ne rester sur le mar- catégorie de produits diminue réguliÚrement.
chĂ© quâune seule annĂ©e (ou moins) avant de cĂ©der la
place Ă de nouveaux modĂšles. âą Le produit peut aussi disparaĂźtre totalement du
1.221 Le moment arrive oĂč la continuitĂ© dâune sĂ©rie marchĂ©. Il peut par exemple ĂȘtre rendu obsolĂšte par un
dâobservations des prix doit ĂȘtre interrompue. Il peut changement technologique ou passer de mode suite Ă
devenir nécessaire de comparer les prix de certains pro- une évolution des goûts; il peut aussi disparaßtre pour
duits Ă ceux de produits nouveaux trĂšs similaires, mais dâautres raisons.
non pas identiques. Les offices de statistique doivent 1.225 Dans le mĂȘme temps, de nouveaux produits
alors sâefforcer de supprimer les effets estimĂ©s des chan- apparaissent sur le marchĂ©, ou de nouvelles qualitĂ©s sont
gements de caractéristiques des produits des variations ajoutées à ceux qui existaient déjà . Il devient nécessaire,
31
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
Ă un moment donnĂ©, de les inclure dans la liste des pro- âą Il nây a guĂšre de cohĂ©rence, dâun pays Ă lâautre, dans
duits dont le prix est suivi. Cela pose la question plus les méthodes utilisées pour traiter les changements de
générale du traitement des changements de qualité et des qualité.
nouveaux produits.
âą Diverses Ă©tudes empiriques ont montrĂ© lâimportance de
la mĂ©thode choisie, car lâemploi de mĂ©thodes diffĂ©rentes
Ajustement des prix peut déboucher sur des résultats trÚs disparates.
aux changements de qualité
1.226 Le traitement des changements de qualitĂ© est Ăvaluation de lâeffet des changements
peut-ĂȘtre la principale difficultĂ© rencontrĂ©e par ceux qui de qualitĂ© sur les prix
Ă©tablissent les IPC. Câest un thĂšme rĂ©current de ce 1.230 Il est utile dâessayer de prĂ©ciser pourquoi
manuel, car il pose des problĂšmes Ă la fois thĂ©oriques et lâon souhaite ajuster la variation de prix constatĂ©e entre
pratiques aux statisticiens. Le chapitre 7 est consacré deux produits élémentaires similaires (mais non pas
dans son intégralité au traitement des changements de identiques) pour tenir compte de leur différence de qua-
qualitĂ©, et le chapitre 8 examine de plus prĂšs la question litĂ©. Il y a changement de la qualitĂ© dâun bien ou dâun
connexe des nouveaux produits et de la substitution de service lorsquâune modification survient dans certaines,
produits élémentaires. mais non dans la plupart, de ses caractéristiques. Pour
1.227 Lorsquâun produit Ă©lĂ©mentaire de lâĂ©chan- les besoins de lâIPC, les changements de qualitĂ© doivent
tillon est rayĂ© de la liste des produits dont le prix est ĂȘtre Ă©valuĂ©s du point de vue du consommateur. Comme
suivi dans un point de vente, lâusage veut que lâon trouve lâindique le chapitre 7, lâĂ©valuation du changement de la
un nouveau produit pour le remplacer et que lâon qualitĂ© consiste essentiellement Ă estimer la somme sup-
sâassure ainsi que lâĂ©chantillon ou le choix de produits plĂ©mentaire que le consommateur est prĂȘt Ă payer pour
demeure assez complet et représentatif. Si le nouveau les nouvelles caractéristiques de la nouvelle qualité.
produit vise spĂ©cifiquement Ă remplacer lâancien, il est Cette somme supplĂ©mentaire nâest pas une hausse de
nĂ©cessaire de chaĂźner la sĂ©rie dâobservations antĂ©rieures prix, car elle reprĂ©sente la valeur monĂ©taire du surcroĂźt
des prix de lâancien article Ă la sĂ©rie suivante portant sur de satisfaction ou dâutilitĂ© retirĂ©e de la nouvelle qualitĂ©.
le nouvel article. Les deux sĂ©ries dâobservations peuvent Bien sĂ»r, si lâancienne qualitĂ© est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă la nouvelle,
se chevaucher ou non sur une ou plusieurs pĂ©riodes. Bien les consommateurs ne seront prĂȘts Ă acheter la nouvelle
souvent, il ne peut pas y avoir chevauchement, car la qualitĂ© quâĂ condition que son prix soit moins Ă©levĂ©.
nouvelle qualitĂ©, ou le nouveau modĂšle, nâest introduit 1.231 Prenons lâexemple dâune nouvelle qualitĂ©
quâaprĂšs lâarrĂȘt de la production de lâarticle qui est rem- qui apparaĂźt aux cĂŽtĂ©s dâune ancienne. Supposons que
placĂ©. Quâil y ait chevauchement ou non, le chaĂźnage des les deux produits peuvent se substituer lâun Ă lâautre et
deux sĂ©ries de prix suppose que lâon procĂšde Ă une cer- que le consommateur soit au courant des caractĂ©ris-
taine estimation du changement de qualitĂ© entre lâancien tiques de lâancienne et de la nouvelle qualitĂ©; soit p les
produit et celui qui est choisi pour le remplacer. prix de lâancienne qualitĂ©, et P ceux de la nouvelle qua-
1.228 Quelle que soit la difficultĂ© dâestimer la part du litĂ©. Supposons aussi que les deux qualitĂ©s sont offertes
changement de qualitĂ© dans la variation du prix observĂ©, au consommateur au mĂȘme prix, qui est en lâoccur-
il faut bien comprendre quâune estimation doit ĂȘtre faite rence le prix pt, auquel la nouvelle qualitĂ© est vendue Ă
de façon explicite ou, à défaut, implicite. La question ne la période t. Le consommateur, invité à choisir, se pro-
peut ĂȘtre Ă©vitĂ©e ou Ă©ludĂ©e. Tous les offices de statistique nonce alors en faveur de la nouvelle qualitĂ©.
disposent de ressources limitĂ©es, et beaucoup dâentre eux 1.232 Supposons ensuite que le prix de lâancienne
risquent de ne pas avoir les moyens requis pour procĂ©der qualitĂ© est abaissĂ© progressivement jusquâĂ p*t, niveau au-
aux ajustements explicites et plus Ă©laborĂ©s dĂ©crits au cha- quel le consommateur achĂšte indiffĂ©remment lâancienne
pitre 7. MĂȘme si lâon ne peut pas, faute de donnĂ©es ou de qualitĂ© au prix p*t, ou la nouvelle qualitĂ© au prix Pt. Toute
ressources, procéder à un ajustement explicite de la quali- nouvelle baisse du prix en dessous de p*t conduit le con-
tĂ©, il est impossible dâĂ©viter de procĂ©der Ă une certaine sommateur Ă revenir Ă lâancienne qualitĂ©. LâĂ©cart entre Pt
forme dâajustement implicite. Le fait mĂȘme de ne «rien et p*t mesure le surcroĂźt de valeur que le consommateur
faire» en lâapparence implique nĂ©cessairement une cer- confĂšre Ă la nouvelle qualitĂ©, comparĂ©e Ă lâancienne.
taine forme dâajustement implicite, comme on le verra ci- Câest la somme maximale que le consommateur est prĂȘt Ă
aprĂšs. Les offices de statistique doivent ĂȘtre conscients, payer, en sus du prix de lâancienne qualitĂ©, pour acquĂ©rir
quelles que soient les ressources dont ils disposent, des la nouvelle.
consĂ©quences des procĂ©dures quâils adoptent. 1.233 Soit ptâ1 le prix effectif auquel lâancienne
1.229 Lâintroduction du chapitre 7 met en exergue qualitĂ© Ă©tait vendue Ă la pĂ©riode t â 1. Pour les besoins
trois points : de lâIPC, lâaugmentation du prix entre les deux qualitĂ©s
âą Le rythme de lâinnovation est soutenu, et peut-ĂȘtre nâest pas lâĂ©cart observĂ© Pt â ptâ1, mais p*t â ptâ1. Il est
croissant, ce qui entraßne une modification incessante important de noter que p*t, prix hypothétique de
des caractĂ©ristiques des produits. lâancienne qualitĂ© Ă la pĂ©riode t, est directement com-
32
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
parable au prix effectif de lâancienne qualitĂ© Ă la changements de qualitĂ©. Dans la pratique, toutefois, cette
pĂ©riode t â 1 puisque lâun et lâautre se rĂ©fĂšrent Ă un seul mĂ©thode nâest guĂšre utilisĂ©e, car les donnĂ©es requises
et mĂȘme produit. LâĂ©cart entre les deux est une varia- sont rarement disponibles. En outre, la situation du
tion pure de prix. LâĂ©cart entre Pt et p*t nâest pas une marchĂ© peut ne pas cadrer avec les hypothĂšses thĂ©o-
variation de prix, mais une Ă©valuation de la diffĂ©rence riques. MĂȘme lorsquâil y a chevauchement des qualitĂ©s,
de qualitĂ© entre les deux produits Ă©lĂ©mentaires Ă la les consommateurs nâont pas forcĂ©ment le temps dâac-
période t. Le prix effectif de la nouvelle qualité à la quérir une connaissance suffisante des caractéristiques
pĂ©riode t doit ĂȘtre multipliĂ© par le ratio p*t / Pt pour que pour ĂȘtre en mesure dâĂ©valuer comme il convient les
la comparaison entre les prix aux pĂ©riodes t â 1 et t soit qualitĂ©s relatives, en particulier lorsque le changement
une comparaison entre produits dâĂ©gale qualitĂ© aux de qualitĂ© est important. Il est possible aussi que les
yeux du consommateur. Le ratio p*t / Pt est lâajustement consommateurs nâaient pas tous accĂšs aux deux qualitĂ©s.
de la qualité requis. Lorsque la nouvelle qualité apparaßt pour la premiÚre
1.234 Il est évidemment difficile, dans la pratique, fois, le marché risque de rester un moment déséquilibré,
dâestimer lâajustement de la qualitĂ©, mais la premiĂšre car les consommateurs ont besoin de temps pour
étape doit consister à préciser, sur le plan théorique, la modifier leurs schémas de consommation.
nature de lâajustement requis en principe. ConcrĂštement, 1.238 Les deux qualitĂ©s peuvent se chevaucher
les producteurs considĂšrent souvent que la mise sur le durant une succession de pĂ©riodes avant que lâancienne
marchĂ© dâune nouvelle qualitĂ©, ou dâun nouveau modĂšle, qualitĂ© ne disparaisse finalement du marchĂ©. Sâil y a
est une bonne occasion de relever sensiblement les prix. déséquilibre temporaire du marché, les prix relatifs des
Ils peuvent compliquer dĂ©libĂ©rĂ©ment la tĂąche des con- deux qualitĂ©s risquent dâafficher dâamples variations au
sommateurs qui essaient de discerner, dans la variation cours du temps, et le marché offrira alors des évaluations
du prix, la part qui correspond à la différence entre différentes des qualités relatives selon la période choisie.
lâancienne et la nouvelle qualitĂ©. Lorsque de nouvelles qualitĂ©s intĂ©grant des amĂ©liora-
1.235 Le chapitre 7 explique les deux options offertes tions majeures apparaissent pour la premiĂšre fois sur le
aux offices de statistique. La premiÚre consiste à procéder marché, leurs prix ont souvent tendance à chuter par rap-
à un ajustement explicite à la variation de prix observée, port à ceux des qualités plus anciennes, avant que ces
sur la base des diffĂ©rentes caractĂ©ristiques de lâancienne et derniĂšres ne finissent par disparaĂźtre. Dans cette situa-
de la nouvelle qualitĂ©. La seconde consiste Ă possĂ©der un tion, si les sĂ©ries de prix pour lâancienne et la nouvelle
ajustement implicite en faisant une hypothÚse sur la varia- qualité sont chaßnées dans une seule période, le choix de
tion pure de prix (sur la base, par exemple, des mouve- la période peut avoir un impact considérable sur la varia-
ments de prix observés pour les autres produits). Pour tion globale constatée dans les séries chaßnées.
des raisons pratiques, nous Ă©voquerons dâabord les 1.239 Le statisticien doit alors porter un jugement
méthodes implicites. délibéré sur la période à laquelle les prix relatifs semblent
donner la meilleure représentation des qualités relatives.
Dans cette situation, il peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rable dâopter pour
MĂ©thodes implicites dâajustement une procĂ©dure de chaĂźnage plus complexe utilisant les
aux changements de qualitĂ© prix de lâancienne et de la nouvelle qualitĂ© durant plu-
1.236 Chevauchement des qualités. Supposons sieurs périodes au cours desquelles elles se chevauchent.
quâil y ait chevauchement des deux qualitĂ©s, lesquelles Cependant, lâinformation requise pour cette procĂ©dure
se trouvent toutes deux disponibles sur le marchĂ© Ă la plus complexe ne sera jamais disponible si les enquĂȘteurs
pĂ©riode t. Si les consommateurs sont bien informĂ©s, chargĂ©s de relever les prix ont pour instruction de nâintro-
libres dâexercer leur choix et disposĂ©s, dans leur duire la qualitĂ© nouvelle quâau moment oĂč lâancienne est
ensemble, Ă acheter les deux qualitĂ©s au mĂȘme moment, abandonnĂ©e. Dans ce cas, le moment du passage de
la thĂ©orie Ă©conomique voudrait que le ratio des prix de lâancienne Ă la nouvelle qualitĂ© peut avoir un impact
la nouvelle qualitĂ© Ă lâancienne reflĂšte leurs utilitĂ©s rela- significatif sur la variation constatĂ©e, Ă long terme, dans
tives pour le consommateur. Il sâensuit que lâĂ©cart de les sĂ©ries chaĂźnĂ©es. Ce facteur doit ĂȘtre reconnu explicite-
prix entre lâancienne et la nouvelle qualitĂ© nâest pas ment et pris en considĂ©ration.
lâindication dâune variation des prix. LâĂ©volution des 1.240 Sâil nây a pas chevauchement entre la nou-
prix jusquâĂ la pĂ©riode t peut ĂȘtre mesurĂ©e par les prix velle et lâancienne qualitĂ©, les difficultĂ©s que nous
pratiquĂ©s pour lâancienne qualitĂ©, tandis que lâĂ©volution venons dâĂ©voquer nâexistent pas, car il nây a pas Ă choi-
des prix Ă partir de la pĂ©riode t peut ĂȘtre mesurĂ©e par les sir le moment du chaĂźnage. Cela dit, dâautres problĂšmes
prix pratiqués pour la nouvelle qualité. Les deux séries plus difficiles les remplacent.
de variations de prix sont chaĂźnĂ©es Ă la pĂ©riode t, lâĂ©cart 1.241 Non-chevauchement des qualitĂ©s. Dans les
de prix entre les deux qualitĂ©s nâayant aucun impact sur sections suivantes, on suppose que la mĂ©thode de che-
les sĂ©ries chaĂźnĂ©es. vauchement ne peut ĂȘtre utilisĂ©e parce quâil y a disconti-
1.237 Lorsquâil y a chevauchement des qualitĂ©s, un nuitĂ© entre les sĂ©ries dâobservations de prix relatives Ă
chaĂźnage simple de ce type peut apporter une solution lâancienne et Ă la nouvelle qualitĂ©. LĂ encore, en utilisant
acceptable au problĂšme que pose le traitement des p pour lâancienne qualitĂ© et P pour la nouvelle, on sup-
33
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
pose que les donnĂ©es de prix disponibles pour lâĂ©tablis- diffĂ©rents produits de lâĂ©chantillon. La sĂ©rie de prix
sement de lâindice se prĂ©sentent sous la forme suivante : chaĂźnĂ©e concernant plus particuliĂšrement les deux quali-
tĂ©s nâest donc quâune des sĂ©ries de prix parallĂšles. Ce
âŠ, pt â 3 , pt â 2 , pt â 1, Pt , Pt + 1 , Pt + 2 ,⊠qui peut arriver, dans la pratique, câest que les observa-
tions de prix relatives Ă lâancienne qualitĂ© soient utili-
Le problĂšme est dâestimer la variation pure de prix entre sĂ©es jusquâĂ la pĂ©riode t â 1 et que les prix appliquĂ©s Ă
t â 1 et t afin de disposer dâune sĂ©rie continue la nouvelle qualitĂ© soient utilisĂ©s Ă partir de la pĂ©riode t,
dâobservations de prix pouvant ĂȘtre incluse dans lâindice. la variation de prix entre t â 1 et t Ă©tant omise des cal-
En utilisant la mĂȘme notation que prĂ©cĂ©demment : culs. ConcrĂštement, cela revient Ă utiliser la troisiĂšme
âą lâĂ©volution des prix jusquâĂ la pĂ©riode tâ1 est mesurĂ©e option, câest-Ă -dire Ă estimer la variation de prix man-
par la sĂ©rie Ă©tablie pour lâancienne qualitĂ©; quante en posant en hypothĂšses quâelle est Ă©gale Ă la
variation moyenne pour les autres produits élémentaires
âą lâĂ©volution entre t â 1 et t est mesurĂ©e par le ratio de lâĂ©chantillon au sein de lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire.
p*t / pt â 1, oĂč p*t est Ă©gal Ă Pt aprĂšs ajustement au titre 1.245 Il peut ĂȘtre possible dâamĂ©liorer ces estima-
du changement de qualité; tions en choisissant avec soin les autres produits élé-
âą lâĂ©volution des prix Ă partir de la pĂ©riode t est mentaires de lâĂ©chantillon dont on pense que la varia-
mesurée par la série établie pour la nouvelle qualité. tion moyenne des prix ressemble davantage à celle de
lâarticle en question que la moyenne du groupe des pro-
1.242 Lâestimation de p*t est elle aussi dĂ©licate. Elle duits Ă©chantillonnĂ©s dans son ensemble. Cette procĂ©-
peut se faire explicitement en utilisant lâune des dure est prĂ©sentĂ©e plus en dĂ©tail au chapitre 7, oĂč elle
mĂ©thodes dĂ©crites ci-aprĂšs. Sinon, il y a lieu dâutiliser est illustrĂ©e Ă lâaide dâun exemple numĂ©rique et dĂ©crite
une des mĂ©thodes implicites, lesquelles peuvent ĂȘtre comme «ciblage» de lâimputation ou de lâestimation.
regroupĂ©es en trois catĂ©gories : 1.246 La mĂ©thode gĂ©nĂ©rale dâestimation de prix sur
âą La premiĂšre solution consiste Ă poser en hypothĂšse que la base de la variation moyenne pour le groupe de produits
p*t / pt â 1 = Pt / pt â 1, ou p*t = Pt . On suppose que la qualitĂ© restants est largement utilisĂ©e. Elle est parfois dĂ©crite
nâa pas changĂ©, de sorte que la totalitĂ© de lâaugmenta- comme la mĂ©thode de la moyenne «globale» de classe. La
tion de prix observée est traitée comme une pure hausse version de ciblage la plus affinée est la méthode de la
de prix. ConcrĂštement, cela contredit lâhypothĂšse selon moyenne «ciblĂ©e». En gĂ©nĂ©ral, lâune ou lâautre de ces
laquelle il y a eu changement de qualité. méthodes semble préférable aux deux premiÚres options
susmentionnĂ©es, mĂȘme sâil convient de considĂ©rer cha-
âą La seconde consiste Ă poser en hypothĂšse que cune dâelles en fonction de ses avantages spĂ©cifiques.
p*t / pt â 1 = 1, ou p*t / pt â 1. On suppose quâil nây a pas eu 1.247 Si lâimputation par la moyenne des remplace-
de changement de prix, et la totalitĂ© de lâĂ©cart observĂ© ments Ă qualitĂ© constante semble constituer une solution
entre pt â 1 et Pt est imputĂ©e Ă une diffĂ©rence de quali- pratique raisonnable, elle peut nĂ©anmoins donner des
tĂ©. rĂ©sultats biaisĂ©s, comme le montre le chapitre 7. Lâintro-
âą La troisiĂšme consiste Ă poser en hypothĂšse que duction dâune nouvelle qualitĂ© est prĂ©cisĂ©ment lâoccasion
p*t / pt â 1 = I, oĂč I est un indice de la variation de prix que le producteur peut choisir pour relever sensiblement
pour un groupe de produits similaires, ou un indice ses prix. Bon nombre des variations de prix les plus
des prix plus gĂ©nĂ©ral. importantes risquent de ne pas ĂȘtre saisies si, en fait, elles
sont supposées égales aux variations moyennes des prix
1.243 Les deux premiĂšres possibilitĂ©s ne peuvent pas des produits dont la qualitĂ© nâa pas changĂ©.
ĂȘtre recommandĂ©es comme options par dĂ©faut Ă utiliser 1.248 Il faut donc sâefforcer de procĂ©der Ă un ajuste-
automatiquement quand on ne dispose pas dâinforma- ment explicite de la qualitĂ©, au moins lorsque lâon peut
tions pertinentes. Le recours Ă la premiĂšre option ne se penser que le changement qui sâest produit a Ă©tĂ© impor-
justifie que si les Ă©lĂ©ments disponibles laissent penser que tant. LĂ aussi, plusieurs mĂ©thodes peuvent ĂȘtre utilisĂ©es.
le changement de qualitĂ© est dâune ampleur nĂ©gligeable,
bien quâil ne puisse ĂȘtre quantifiĂ© avec plus de prĂ©cision.
«Ne rien faire», en dâautres termes ignorer totalement le Ajustements explicites de la qualitĂ©
changement de qualité survenu, équivaut à adopter la pre- 1.249 Ajustements de la qualité. Le changement de
miĂšre solution. Inversement, la seconde solution ne se qualitĂ© peut prendre la forme dâune modification des
justifie que si les éléments disponibles portent à croire caractéristiques physiques du produit facile à quantifier,
que le changement de prix Ă©ventuel entre les deux telle quâun changement du poids, des dimensions, de la
pĂ©riodes est nĂ©gligeable. La troisiĂšme option est proba- puretĂ© ou de la composition chimique du produit. Câest
blement plus acceptable que les deux autres. Câest le type le plus souvent simplifier Ă outrance que de supposer que
de solution souvent utilisĂ© dans les statistiques Ă©cono- la qualitĂ© dâun produit change en proportion de la taille
miques lorsque les données manquent. de telle ou telle de ses caractéristiques physiques. Par
1.244 Les indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire reposent exemple, la plupart des consommateurs ne risquent sans
en gĂ©nĂ©ral sur un certain nombre de sĂ©ries portant sur doute pas de penser que le fait quâun rĂ©frigĂ©rateur ait une
34
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
capacitĂ© triple de celle dâun modĂšle plus petit justifie que pour certains types de produit. Elle sâest rĂ©vĂ©lĂ©e particu-
son prix soit trois fois plus élevé. Néanmoins, il est tout à liÚrement efficace dans le domaine informatique. La
fait possible dâajuster un peu le prix dâune nouvelle qua- thĂ©orie Ă©conomique qui sous-tend cette approche est
litĂ© de taille diffĂ©rente pour le rendre plus comparable au examinĂ©e plus en dĂ©tail au chapitre 21, et lâapplication
prix de lâancienne qualitĂ©. Il y a lĂ , en lâoccurrence, une de cette mĂ©thode est expliquĂ©e au chapitre 7. Les pro-
marge de manĆuvre considĂ©rable pour lâapplication duits peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des ensembles de
judicieuse, ou de simple bon sens, de ce type dâajuste- caractĂ©ristiques dont les prix ne sont pas fixĂ©s indivi-
ment relativement simple de la qualité. Les ajustements duellement, puisque le consommateur achÚte le tout
de la qualitĂ© reposant sur la «taille» sont examinĂ©s de comme un seul «paquet». Lâobjectif est dâessayer de
façon plus approfondie au chapitre 7. «sĂ©parer» ces caractĂ©ristiques afin dâestimer dans quelle
1.250 Différences des coûts de production ou mesure chacune contribue au prix total. Dans le cas des
dâoption. On peut adopter une autre approche consistant ordinateurs, par exemple, trois caractĂ©ristiques essen-
à mesurer le changement de qualité par la variation esti- tielles sont retenues : la vitesse du processeur, la taille
mée des coûts de production des deux qualités. Les esti- de la mémoire vive et la capacité du disque dur. On trou-
mations peuvent ĂȘtre faites, si nĂ©cessaire, en consultation vera au chapitre 7 un exemple de rĂ©gression hĂ©donique
avec les producteurs des biens et services concernés. utilisant ces caractéristiques.
Cette mĂ©thode, comme la premiĂšre, ne devrait ĂȘtre satis- 1.254 Les rĂ©sultats obtenus en appliquant lâapproche
faisante que si les modifications constatées prennent la hédonique aux ordinateurs ont eu un impact considérable
forme de changements relativement simples des caracté- sur les modalités de traitement des changements de qua-
ristiques physiques du bien, tels que lâajout dâoptions Ă litĂ© dans les IPC. Ils ont montrĂ© que, pour les biens sou-
une automobile. Elle nâest pas satisfaisante lorsquâune mis Ă une Ă©volution technologique et Ă des amĂ©liorations
dĂ©couverte nouvelle ou lâintroduction de technologies qualitatives rapides, lâampleur des ajustements dus aux
innovantes modifie de maniÚre plus fondamentale la modifications de qualité apportés aux prix de marché
nature du produit. Par exemple, la mĂ©thode est Ă lâĂ©vi- peut dĂ©terminer dans une large mesure les variations de
dence inapplicable lorsquâun mĂ©dicament est remplacĂ© lâindice de lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Pour cette raison, le
par une variante plus efficace du mĂȘme produit qui se manuel examine en dĂ©tail lâutilisation de lâapproche
trouve aussi ĂȘtre moins coĂ»teux Ă fabriquer. hĂ©donique. Le chapitre 7 propose une analyse approfon-
1.251 Demander lâavis dâexperts est un autre die, et notamment une comparaison qui fait apparaĂźtre
moyen de traiter des changements de qualité plus com- que les résultats obtenus par cette méthode et par les
plexes ou plus subtils. Cette mĂ©thode est particuliĂšre- modĂšles appariĂ©s peuvent ĂȘtre trĂšs diffĂ©rents en cas de
ment pertinente lorsque le consommateur en général ne forte rotation des modÚles.
dispose pas des connaissances ou de lâexpertise requises 1.255 Nous pouvons en conclure que les offices de
pour mesurer toute lâimportance des changements sur- statistique doivent faire trĂšs attention au traitement des
venus, au moins lorsquâils se produisent pour la pre- changements de qualitĂ© et sâefforcer, dans toute la mesure
miÚre fois. du possible, de procéder à des ajustements explicites de la
1.252 Lâapproche hĂ©donique. Enfin, il peut ĂȘtre pos- qualitĂ©. On ne saurait trop insister sur ce point. Tous ceux
sible de systĂ©matiser lâapproche fondĂ©e sur les coĂ»ts de qui ont pour mission de relever les prix doivent ĂȘtre cons-
production ou dâoption en utilisant des mĂ©thodes Ă©cono- cients de la nĂ©cessitĂ© de reconnaĂźtre les changements de
mĂ©triques afin dâestimer lâimpact que les changements qualitĂ© et de les prendre en compte. Ne pas prĂȘter suffi-
de caractĂ©ristiques observĂ©s dâun produit peuvent avoir samment attention Ă ces changements, câest risquer
sur son prix. Selon cette mĂ©thode, les prix du marchĂ© dâintroduire de graves biais dans lâIPC.
dâun assortiment de qualitĂ©s et de modĂšles diffĂ©rents
font lâobjet dâun calcul de rĂ©gression sur les caractĂ©ris- Substitution de produits
tiques économiques et physiques considérées comme les
plus importantes pour chaque modÚle. Cette approche de élémentaires et nouveaux biens
lâĂ©valuation des changements de qualitĂ© est connue sous 1.256 Comme il a Ă©tĂ© dit plus haut, les indices des
lâappellation dâanalyse hĂ©donique. Lorsque les caractĂ©- prix devraient, dans lâidĂ©al, sâefforcer de mesurer les
ristiques sont des attributs qui ne peuvent ĂȘtre quantifiĂ©s, variations pures de prix entre des produits appariĂ©s
elles sont représentées par des variables de substitution. demeurant identiques durant les deux périodes compa-
Les coefficients de rĂ©gression mesurent les effets margi- rĂ©es. Toutefois, le chapitre 8 montre que lâunivers de
naux estimĂ©s des diverses caractĂ©ristiques sur les prix produits couvert par lâIPC est un univers dynamique qui
des modĂšles, et peuvent donc ĂȘtre utilisĂ©s pour Ă©valuer Ă©volue progressivement avec le temps. Fixer le prix de
les effets des changements survenus sur ces caractĂ©ris- produits appariĂ©s, câest en limiter le choix Ă un univers
tiques, câest-Ă -dire les changements de qualitĂ©, au cours statique de produits donnĂ© par lâintersection des deux
du temps. assortiments de produits existants aux deux périodes
1.253 Lâapproche hĂ©donique de lâajustement de la comparĂ©es. Par dĂ©finition, cet univers statique exclut Ă
qualité peut constituer une méthode puissante, objective la fois les nouveaux produits et ceux qui disparaissent,
et scientifique dâĂ©valuation des changements de qualitĂ© dont les prix risquent de se comporter diffĂ©remment de
35
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
ceux des produits appariĂ©s. Les indices des prix doivent du prix de vente initial de ce produit. Prenons lâexemple
tenir compte autant que possible du comportement des de lâapparition du premier antibiotique, la pĂ©nicilline. Le
prix des produits nouveaux et de ceux qui disparaissent. médicament apportait un remÚde à des maladies qui,
1.257 Ces problĂšmes sont examinĂ©s et analysĂ©s de jusquâalors, pouvaient ĂȘtre fatales. Pour certains, cela
façon plus formelle Ă lâappendice 8.1 du chapitre 8. Un nâavait pour ainsi dire pas de prix. Lâune des maniĂšres de
univers de produits de remplacement est dĂ©fini comme mesurer lâampleur des avantages tirĂ©s de lâintroduction
un univers qui commence avec celui de la pĂ©riode de dâun nouveau bien est de se demander Ă quel niveau son
rĂ©fĂ©rence, mais permet dâintroduire de nouveaux pro- prix devrait ĂȘtre portĂ© pour ramener sa demande Ă zĂ©ro.
duits Ă mesure que dâautres disparaissent. Les ajuste- Ce prix est appelĂ© «prix de rĂ©servation de la demande». Il
ments de la qualitĂ© du type mentionnĂ© plus haut sont pourrait ĂȘtre trĂšs Ă©levĂ©, en fait, dans le cas dâun nouveau
bien Ă©videmment nĂ©cessaires lorsque lâon compare le mĂ©dicament susceptible de sauver des vies. Sâil pouvait
prix dâun produit remplaçant Ă celui du produit auquel il ĂȘtre estimĂ©, le prix de rĂ©servation de la demande pourrait
se substitue. ĂȘtre traitĂ© comme le prix pratiquĂ© durant la pĂ©riode prĂ©cĂ©-
1.258 Mettre Ă jour lâĂ©chantillon est lâune des dant immĂ©diatement lâapparition du nouveau produit. La
maniĂšres de rĂ©soudre le problĂšme posĂ© par lâexistence baisse entre le prix de rĂ©servation de la demande et celui
dâun univers changeant. Cela suppose que lâon Ă©tablisse auquel le produit fait effectivement sa premiĂšre apparition
un Ă©chantillon de produits totalement nouveau pour rem- pourrait ĂȘtre incluse dans lâIPC.
placer celui qui existait auparavant. Les deux échantillons 1.261 Dans la pratique, bien sûr, on ne peut pas
doivent se chevaucher sur une pĂ©riode qui fait office de sâattendre Ă ce que les offices de statistique estiment les
pĂ©riode de chaĂźnage. La mise Ă jour de lâĂ©chantillon Ă prix de rĂ©servation de la demande avec suffisamment de
lâoccasion du chaĂźnage peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une certitude pour les inclure dans lâIPC. Le concept nâen est
systématisation des ajustements de la qualité par la pas moins utile, car il met en lumiÚre le fait que la simple
mĂ©thode du chevauchement. Il se peut donc quâelle ne introduction dâun nouveau bien peut entraĂźner un gain de
rĂ©ponde pas de maniĂšre satisfaisante Ă tous les change- bien-ĂȘtre significatif pouvant se traduire dans lâIPC, en
ments de qualitĂ© qui surviennent, car les prix relatifs des particulier si celui-ci doit ĂȘtre un indice du coĂ»t de la vie.
diffĂ©rents biens et services Ă un moment donnĂ© ne En gĂ©nĂ©ral, tout Ă©largissement de lâĂ©ventail des choix
donnent pas nécessairement une mesure satisfaisante des offerts aux consommateurs peut améliorer la situation de
qualités relatives de tous les biens et services concernés. ces derniers, toutes choses égales par ailleurs.
Quoi quâil en soit, la mise Ă jour frĂ©quente de lâĂ©chan- 1.262 Il arrive souvent que de nouveaux biens entrent
tillon aide à actualiser en permanence celui-ci et peut sur le marché à un prix supérieur à celui auquel ils pour-
rendre moins nécessaires les ajustements explicites de la raient se maintenir à long terme, de sorte que les prix
qualitĂ©. Il sâagit toutefois dâune procĂ©dure coĂ»teuse. tendent dâordinaire Ă diminuer relativement au fil du
temps. Inversement, les quantitĂ©s achetĂ©es peuvent ĂȘtre
trÚs faibles initialement, puis augmenter de façon trÚs sen-
Nouveaux biens et services sible. Ces complications rendent le traitement des nou-
1.259 La différence de qualité entre le produit origi- veaux produits particuliÚrement difficile, surtout lorsque
nal et celui qui le remplace peut devenir si importante ceux-ci introduisent des changements révolutionnaires.
quâil vaut mieux traiter la nouvelle qualitĂ© comme un Ătant donnĂ© que lâapparition de nouveaux biens entraĂźne
nouveau bien, mĂȘme si la distinction entre nouvelle qua- des gains de bien-ĂȘtre et que le prix dâun nouveau produit
litĂ© et nouveau bien a inĂ©vitablement quelque chose tend Ă diminuer aprĂšs lâintroduction de celui-ci sur le
dâarbitraire. Comme il est notĂ© au chapitre 8, les Ă©tudes marchĂ©, il est possible que des baisses de prix importantes
économiques font également une distinction entre les ne soient pas enregistrées par les IPC en raison des diffi-
nouveaux biens selon quâils constituent une Ă©volution ou cultĂ©s techniques créées par les nouveaux produits. Le
une révolution. Il y a évolution lorsque le bien ou le ser- chapitre 8 conclut en faisant état des préoccupations que
vice rĂ©pond aux besoins existants dâune façon beaucoup soulĂšve lâaptitude des IPC Ă prendre en compte de façon
plus efficace ou nouvelle, et révolution lorsque le nou- satisfaisante la dynamique des marchés modernes. Il est
veau bien ou service offre des services ou des avantages essentiel, en tout cas, que les offices de statistique restent
totalement nouveaux. Dans la pratique, le bien qui intro- conscients de ces questions et adoptent des procédures
duit une Ă©volution peut ĂȘtre classĂ© dans une subdivision qui tiennent compte, dans toute la mesure du possible, des
de la classe du produit ou de la dépense concernée, alors données et des ressources dont ils disposent.
quâil faut modifier la classification pour que le bien qui
correspond à une révolution puisse y trouver sa place.
1.260 Lâapparition de nouveaux biens ou services Calcul des indices des prix Ă
soulÚve deux grandes préoccupations. La premiÚre a trait
au moment de lâintroduction de nouveaux produits dans
la consommation dans la pratique
lâindice. La seconde tient au fait que la simple disponibili- 1.263 Le chapitre 9 donne un aperçu gĂ©nĂ©ral des
té du nouveau produit sur le marché peut entraßner un gain modalités pratiques du calcul des IPC. Si les méthodes
de bien-ĂȘtre pour les consommateurs, indĂ©pendamment utilisĂ©es dans les diffĂ©rents pays sont loin dâĂȘtre toutes
36
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
les mĂȘmes, elles nâen prĂ©sentent pas moins de nom- les indices-chaĂźnes de Dutot et de Jevons, car ils sont
breux points communs. Les mĂ©thodes utilisĂ©es par les transitifs. Lâindice-chaĂźne de Carli, toutefois, enregistre
offices de statistique pour calculer leur IPC présentent une hausse de 29 %, laquelle est interprétée comme une
manifestement un intĂ©rĂȘt pour les utilisateurs et les sta- preuve du biais de signe positif systĂ©matique de la for-
tisticiens. Les diffĂ©rentes Ă©tapes du calcul sont illustrĂ©es mule de Carli, qui empĂȘche celle-ci de satisfaire au test
Ă lâaide dâexemples numĂ©riques. Le chapitre est descrip- de rĂ©versibilitĂ© temporelle.
tif et non pas prescriptif, mĂȘme sâil sâapplique Ă Ă©valuer 1.267 Il est notĂ©, au chapitre 9, que le choix dâun
les forces et faiblesses des mĂ©thodes utilisĂ©es. Il fait indice-chaĂźne ou dâun indice direct a des consĂ©quences
valoir que, compte tenu des progrĂšs accomplis ces der- diffĂ©rentes sâil manque certaines observations en matiĂšre
niÚres années dans la connaissance des propriétés et du de prix, de changements de qualité ou de remplacement.
comportement des indices, chacun sâaccorde Ă recon- La conclusion est que lâutilisation dâun indice-chaĂźne
naĂźtre dĂ©sormais que toutes les pratiques en vigueur ne peut faciliter, du point de vue du calcul, lâestimation des
sont pas forcĂ©ment optimales. prix manquants et lâintroduction de produits Ă©lĂ©mentaires
1.264 Comme les diverses étapes du processus de de remplacement.
calcul ont déjà été résumées dans les sections précé- 1.268 Le chapitre 9 examine aussi les effets des
dentes du prĂ©sent chapitre, nous ne reviendrons pas Ă carences dans lâobservation des prix en faisant une dis-
nouveau sur ce point. Il peut ĂȘtre utile, toutefois, de don- tinction entre les prix qui manquent de façon temporaire
ner une indication du contenu du chapitre 9. et ceux qui sont devenus en permanence indisponibles.
Le tableau 9.2 présente un exemple numérique du traite-
ment des carences temporaires dans lâobservation des
Indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire prix. On peut par exemple omettre simplement le pro-
1.265 Le chapitre 9 sâouvre sur une description des duit dont le prix manque pour un mois du calcul des
modalités de construction des agrégats élémentaires à indices qui comparent ce mois au mois précédent et au
partir des groupes, classes et sous-classes de la COI- suivant, ainsi quâĂ la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence. On peut aussi
COP ou dâune classification Ă©quivalente des dĂ©penses. imputer une variation de prix sur la base du prix moyen
Il passe en revue les principes qui sous-tendent la dĂ©fi- des produits restants, en utilisant lâun ou lâautre des
nition des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires eux-mĂȘmes. Ceux-ci trois types de moyenne. Cet exemple est une version
visent Ă ĂȘtre aussi homogĂšnes que possible en ce qui simplifiĂ©e du type dâexemple utilisĂ© au chapitre 7 pour
concerne non seulement les caractĂ©ristiques physiques traiter du mĂȘme problĂšme.
et Ă©conomiques des produits couverts, mais aussi lâĂ©vo- 1.269 Les tableaux 9.3 et 9.4 illustrent le cas du
lution de leurs prix. produit qui disparaĂźt de façon permanente pour ĂȘtre
1.266 Le chapitre 9 examine ensuite les consĂ©- remplacĂ© par un autre. Au tableau 9.3, il nây a pas che-
quences de lâutilisation de formules diffĂ©rentes pour vauchement entre les deux produits et les options consi-
calculer les indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Il le fait Ă dĂ©rĂ©es sont lĂ encore dâomettre les produits ou de leur
partir dâune sĂ©rie dâexemples numĂ©riques utilisant des imputer des variations de prix fondĂ©es sur les moyennes
données de prix simulées pour quatre produits diffé- pour les autres produits. Le tableau 9.4 illustre la situa-
rents au sein dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Les indices tion oĂč les produits se chevauchent pendant un mois.
dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire eux-mĂȘmes et leurs propriĂ©tĂ©s 1.270 Le chapitre 9 examine Ă©galement le cas oĂč
ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© expliquĂ©s. Ils peuvent ĂȘtre calculĂ©s sous certaines pondĂ©rations de dĂ©penses sont disponibles au
forme dâindice-chaĂźne ou dâindice direct â autrement sein dâun agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire et permettent de calculer
dit, en comparant le prix chaque mois (ou trimestre) à un indice de Laspeyres ou un indice de Laspeyres géo-
celui de la période précédant immédiatement ce mois métrique, les deux étant des versions pondérées des
(ou ce trimestre) ou à celui de la période de référence indices de Carli et de Jevons.
des prix fixée. Le tableau 9.1 du chapitre 9 utilise ces
deux approches pour illustrer le calcul de trois
formules dâindice essentielles, Ă savoir les indices de Indices de niveau supĂ©rieur
Carli, Dutot et Jevons. Il vise Ă mettre en lumiĂšre un 1.271 Les derniĂšres sections du chapitre 9 illustrent
certain nombre de leurs propriétés. Ainsi, il montre les le calcul des indices de niveau supérieur à partir des
effets de la mĂ©thode dite de «bouncing» des prix, dans indices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire et des pondĂ©rations
laquelle les quatre mĂȘmes prix sont enregistrĂ©s pour dĂ©coulant des agrĂ©gats de dĂ©penses Ă©lĂ©mentaires. Câest
deux mois consĂ©cutifs, mais sont intervertis entre les Ă ce stade quâentre en jeu la thĂ©orie traditionnelle des
quatre produits. Les indices de Dutot et de Jevons indices résumée dans ce chapitre et expliquée plus en
nâenregistrent alors aucune hausse, contrairement Ă dĂ©tail aux chapitres 15 Ă 19.
celui de Carli. Le tableau 9.1 montre aussi les diffĂ©- 1.272 Lorsque lâIPC mensuel est calculĂ© pour la
rences entre les indices directs et les indices-chaßnes. premiÚre fois, les seules pondérations de dépenses dis-
AprÚs six mois, chacun des quatre prix est supérieur de ponibles ont trait inévitablement à une ou plusieurs
10 % à son niveau initial. Chacun des trois indices périodes antérieures. Comme il est expliqué dans ce cha-
directs enregistre une hausse de 10 %, ce que font aussi pitre, cela prĂ©dispose lâIPC Ă prendre une forme dâindice
37
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
de Lowe ou de Young dans laquelle les quantitĂ©s, ou les de cinq ans environ, est lâoccasion de remettre Ă plat la
dépenses, se rapportent à une période de référence des méthodologie utilisée. De nouveaux produits peuvent
pondĂ©rations b prĂ©cĂ©dant la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des ĂȘtre introduits dans lâindice, les classifications peuvent
prix 0. Ces indices sont souvent dĂ©crits, de maniĂšre ĂȘtre rĂ©visĂ©es et actualisĂ©es, et la formule dâindice elle-
approximative, comme des indices de type Laspeyres, mĂȘme peut ĂȘtre modifiĂ©e. Le chaĂźnage sur une base
mais cette appellation ne convient pas. Il arrive toutefois annuelle facilite lâintroduction plus rĂ©guliĂšre de nou-
quâon puisse disposer, Ă une date ultĂ©rieure, dâestima- veaux produits et dâautres changements, mais, quoi quâil
tions pour la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix 0 et pour la en soit, lâindice doit bĂ©nĂ©ficier dâune certaine mainte-
pĂ©riode en cours t, de sorte que, rĂ©trospectivement, le nance, quâil soit chaĂźnĂ© annuellement ou non.
nombre des options offertes augmente largement. Il 1.275 Le chapitre 9 sâachĂšve par une section consa-
devient dÚs lors possible de calculer des indices de type crée à la vérification des données, processus trÚs étroite-
Laspeyres et Paasche ainsi que des indices superlatifs ment lié au calcul effectif des indices des prix élémen-
tels que ceux de Fisher ou Törnqvist. Il peut ĂȘtre intĂ©res- taires. La vĂ©rification des donnĂ©es se dĂ©roule en deux
sant de calculer ces indices plus tard, ne serait-ce que temps : la dĂ©tection dâĂ©ventuelles erreurs et valeurs
pour voir comment les indices initiaux se comparent aux aberrantes, puis la vérification stricto sensu des données
indices superlatifs. Certains pays souhaitent parfois cal- et leur correction. Il est nĂ©cessaire dâorganiser un suivi
culer des indices superlatifs rétrospectifs pour cette rai- et un contrÎle de qualité effectifs pour assurer la fiabi-
son. Bien que le chapitre 9 se concentre pour lâessentiel litĂ© des donnĂ©es de base sur les prix utilisĂ©es dans le cal-
sur une certaine forme dâindice de Lowe, puisque cul des indices des prix Ă©lĂ©mentaires, car la qualitĂ© des
lâindice officiel publiĂ© pour la premiĂšre fois sera inĂ©vita- indices globaux en dĂ©pend.
blement de ce type, cela ne doit pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©
comme impliquant que ce type dâindice reprĂ©sente la Organisation et gestion
seule option possible Ă long terme.
1.273 Production et maintenance dâindices de 1.276 Recueillir des donnĂ©es sur les prix est une
niveau supĂ©rieur. Dans la pratique, les indices de niveau opĂ©ration complexe, qui suppose quâun grand nombre
supĂ©rieur, y compris lâIPC global, sont calculĂ©s comme dâenquĂȘteurs effectuent un travail considĂ©rable sur le
des indices de Young, câest-Ă -dire comme des moyennes terrain. Le processus requiert une planification et une
pondĂ©rĂ©es dâindices dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire utilisant des gestion mĂ©thodiques destinĂ©es Ă garantir que les don-
pondérations calculées à partir des dépenses effectuées nées recueillies sont conformes aux prescriptions posées
dans une période de référence des pondérations anté- par les offices centraux responsables des IPC. Le cha-
rieure. Câest une opĂ©ration relativement simple, dont on pitre 12 du manuel prĂ©sente des procĂ©dures de gestion
trouvera un exemple numérique au tableau 9.5 du cha- adaptées à cette fin.
pitre 9 oĂč, pour plus de simplicitĂ©, la pĂ©riode de rĂ©fĂ©- 1.277 Les enquĂȘteurs doivent ĂȘtre bien entraĂźnĂ©s,
rence des pondĂ©rations est supposĂ©e ĂȘtre la mĂȘme que la car il faut sâassurer quâils comprennent combien il
période de référence des prix. Le tableau 9.6 illustre le importe de choisir convenablement les produits dont on
cas dans lequel les pĂ©riodes de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©ra- entend suivre les prix. Il est inĂ©vitable quâils fassent lar-
tions et des prix sont diffĂ©rentes, et oĂč les pondĂ©rations gement appel Ă leur propre jugement. Comme nous
sont actualisĂ©es, sur la base des prix, entre la pĂ©riode de lâavons dĂ©jĂ expliquĂ©, la façon de prendre en compte la
rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations b et la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence lente modification de lâĂ©ventail des produits Ă laquelle
des prix 0. Il illustre lâargument selon lequel, lorsquâune les enquĂȘteurs sont confrontĂ©s est dâune importance
nouvelle pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix est adoptĂ©e, deux primordiale pour la qualitĂ© et la fiabilitĂ© de lâIPC.
options sâoffrent Ă lâoffice de statistique : conserver les Certains produits peuvent disparaĂźtre et devoir ĂȘtre rem-
quantitĂ©s relatives de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©- placĂ©s par dâautres, mais il peut aussi ĂȘtre souhaitable
rations ou conserver les dĂ©penses relatives, Ă©tant enten- de ne plus tenir compte de certains produits avant mĂȘme
du quâil est impossible de garder les deux. Lâactualisa- quâils aient totalement disparu, sâils ont cessĂ© dâĂȘtre
tion par les prix conserve les quantitĂ©s. reprĂ©sentatifs. Les enquĂȘteurs doivent bĂ©nĂ©ficier dâune
1.274 Lâadoption de nouvelles pondĂ©rations est une formation adaptĂ©e et recevoir des informations et des
partie intĂ©grante et indispensable du calcul de lâIPC sur instructions trĂšs claires sur la façon de procĂ©der. Des
la longue pĂ©riode. Les pondĂ©rations doivent ĂȘtre actuali- instructions claires sont Ă©galement nĂ©cessaires pour
sĂ©es tĂŽt ou tard, et certains pays choisissent de le faire faire en sorte que ces enquĂȘteurs relĂšvent les bons prix
tous les ans. Chaque fois que les pondĂ©rations sont en cas de soldes, dâoffres spĂ©ciales ou dâautres circons-
modifiĂ©es, lâindice qui repose sur la nouvelle pondĂ©ra- tances exceptionnelles.
tion doit ĂȘtre chaĂźnĂ© Ă celui qui repose sur les anciennes 1.278 Comme nous venons tout juste de le noter, les
pondĂ©rations; avec le temps, lâIPC devient donc inĂ©vita- donnĂ©es sur les prix doivent aussi, une fois recueillies,
blement un indice-chaĂźne. Le tableau 9.7 en donne un ĂȘtre vĂ©rifiĂ©es et «finalisĂ©es» avec soin. Bon nombre de
exemple de chaßnage. En dehors des aspects techniques vérifications peuvent se faire par ordinateur, en utilisant
du processus de chaĂźnage, lâadoption de nouvelles pon- les mĂ©thodes traditionnelles de contrĂŽle statistique. Il
dĂ©rations, en particulier lorsquâelle se fait Ă intervalles peut ĂȘtre utile aussi que des auditeurs accompagnent les
38
INTRODUCTION Ă LA MĂTHODOLOGIE DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
enquĂȘteurs et suivent leur travail. Les vĂ©rifications et con- concernĂ©, de prĂ©fĂ©rence dans un dĂ©lai de deux Ă trois
trĂŽles possibles sont expliquĂ©s en dĂ©tail au chapitre 12. semaines. Ils sont nombreux, dâautre part, Ă souhaiter
1.279 Il faut Ă lâĂ©vidence tirer tout le parti possible que lâindice ne soit pas rĂ©visĂ© une fois quâil a Ă©tĂ© publiĂ©.
des progrĂšs des technologies de lâinformation. Les Il faudra donc sans doute trouver un compromis entre la
enquĂȘteurs peuvent par exemple utiliser des ordinateurs vitesse de publication et la qualitĂ© de lâindice.
portables et communiquer leurs rĂ©sultats par voie Ă©lec- 1.282 La publication doit ĂȘtre entendue ici comme la
tronique Ă lâorganisme centralisĂ©. diffusion des rĂ©sultats sous quelque forme que ce soit.
Outre leur publication dans des documents imprimés, les
rĂ©sultats devraient aussi ĂȘtre diffusĂ©s Ă©lectroniquement
Publication et diffusion via Internet ou affichĂ©s sur le site de lâoffice de statistique.
1.280 Ainsi que nous lâavons notĂ© plus haut et quâil 1.283 Comme il est expliquĂ© au chapitre 13, une
est dit au chapitre 2, les IPC sont des statistiques extrĂȘme- bonne politique en la matiĂšre va au-delĂ de la simple
ment importantes, dont les fluctuations peuvent influer sur vitesse de publication, de la confiance et de la transpa-
la politique monĂ©taire de la banque centrale, peser sur les rence. Les rĂ©sultats doivent ĂȘtre mis Ă la disposition de
marchĂ©s dâactions, influencer les taux des salaires et les tous les utilisateurs, publics et privĂ©s, au mĂȘme moment
paiements au titre de la sĂ©curitĂ© sociale, etc. Il est indis- et selon un calendrier de publication annoncĂ© Ă lâavance.
pensable que le public ait confiance en leur fiabilitĂ©, de Aucune discrimination ne doit ĂȘtre faite entre les utilisa-
mĂȘme quâen la compĂ©tence et lâintĂ©gritĂ© des personnes teurs pour ce qui est du moment de la publication des
chargĂ©es de leur Ă©tablissement. Les mĂ©thodes utilisĂ©es rĂ©sultats. Celle-ci ne doit pas ĂȘtre assujettie Ă lâaval des
pour Ă©tablir les IPC doivent donc ĂȘtre parfaitement expli- autoritĂ©s, et les rĂ©sultats doivent Ă©chapper Ă toute pres-
quĂ©es, transparentes et soumises Ă lâexamen du public. sion politique ou autre.
Beaucoup de pays se sont dotĂ©s officiellement dâun 1.284 De nombreuses dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises
groupe consultatif dâexperts et dâutilisateurs de lâIPC, afin de dĂ©terminer le degrĂ© de prĂ©cision des donnĂ©es
dont le rĂŽle nâest pas seulement de conseiller lâorganisme publiĂ©es et les modalitĂ©s de prĂ©sentation des rĂ©sultats. Il
de statistique sur des points techniques, mais aussi dâaffer- importe que les utilisateurs soient consultĂ©s sur ces diffĂ©-
mir la confiance du public dans lâindice. rents points, qui sont Ă©voquĂ©s au chapitre 13. Toutefois,
1.281 Les utilisateurs de lâindice attachent Ă©gale- comme ces questions nâinfluent pas sur le calcul effectif
ment une grande importance Ă ce que lâIPC soit publiĂ© de lâindice, il nây a pas lieu de les examiner davantage Ă
aussitĂŽt que possible aprĂšs la fin du mois ou du trimestre ce stade.
39
UTILISATION DES INDICES DES PRIX
Ă LA CONSOMMATION 2
2.1 Lâindice des prix Ă la consommation (IPC) est Ce choix ne peut se faire quâen fonction des principales
considĂ©rĂ© dans la plupart des pays comme un indicateur utilisations de lâindice.
clĂ© de la situation Ă©conomique. Lâobjectif du prĂ©sent
chapitre est dâexpliquer pourquoi les IPC sont Ă©tablis et
à quelles fins ils sont utilisés. Indexation
2.5 Lâindexation est une procĂ©dure par laquelle les
valeurs monétaires de certains paiements, ou stocks,
Ăventail des indices des prix sont augmentĂ©es ou diminuĂ©es en proportion de la va-
Ă la consommation possibles riation de la valeur dâun indice des prix. Elle est appli-
quée le plus souvent à des flux monétaires tels que les
2.2 Comme il est dit au chapitre 1, les statisticiens salaires, loyers, intĂ©rĂȘts ou impĂŽts, mais peut lâĂȘtre aussi
doivent prendre en compte les besoins des utilisateurs aux valeurs en capital de certains avoirs et engagements.
lorsquâils dĂ©cident de la population de mĂ©nage et de Lorsque lâinflation est Ă©levĂ©e, le recours Ă lâindexation
lâĂ©ventail des biens et services de consommation qui se- peut se gĂ©nĂ©raliser Ă lâensemble de lâĂ©conomie.
ront couverts par un IPC. Ătant donnĂ© que les prix des 2.6 Lâindexation des revenus monĂ©taires peut viser
diffĂ©rents biens et services nâĂ©voluent pas tous au mĂȘme soit Ă maintenir le pouvoir dâachat de ces revenus par
rythme, ni dans le mĂȘme sens, une modification de la rapport Ă certains types de biens et services, soit Ă con-
couverture de lâindice modifiera aussi la valeur de celui-ci. server le niveau de vie ou de bien-ĂȘtre des bĂ©nĂ©ficiaires
Il ne saurait donc y avoir un IPC unique et lâon peut au des revenus en question. Ces deux objectifs ne sont pas
contraire dĂ©finir toute une gamme dâIPC possibles. tout Ă fait les mĂȘmes, en particulier sur le long terme.
2.3 Sâil peut ĂȘtre intĂ©ressant quâun IPC soit dĂ©fini On peut estimer que maintenir le pouvoir dâachat re-
aussi largement que possible, de façon à couvrir tous les vient à changer le revenu monétaire en proportion de la
biens et services consommĂ©s par tous les mĂ©nages, beau- variation de la valeur monĂ©taire dâun panier fixe de
coup dâautres options peuvent ĂȘtre envisagĂ©es pour dĂ©fi- biens et services achetĂ©s avec ce revenu. Ainsi quâil est
nir des IPC couvrant des assortiments de biens et ser- dit plus loin et expliqué plus en détail au chapitre 3, le
vices donnĂ©s, ce qui peut ĂȘtre plus utile pour rĂ©pondre Ă maintien du pouvoir dâachat dâun revenu par rapport Ă
des besoins analytiques ou opérationnels spécifiques. un assortiment fixe de biens et services ne signifie pas
Rien nâoblige Ă disposer dâun seul IPC. Lorsquâun IPC que le niveau de vie des bĂ©nĂ©ficiaires demeure nĂ©cessai-
unique est établi et publié, le risque existe de le voir uti- rement inchangé.
lisĂ© Ă des fins auxquelles il nâest pas adaptĂ©. On peut pu- 2.7 Lorsque lâindexation sâapplique Ă des avoirs et
blier plus dâun IPC pour rĂ©pondre Ă des besoins analy- engagements monĂ©taires, elle peut ĂȘtre conçue de façon
tiques ou opĂ©rationnels diffĂ©rents. Il est important Ă prĂ©server la valeur rĂ©elle de lâavoir ou de lâengage-
toutefois de garder Ă lâesprit que la publication de plus ment par rapport Ă dâautres actifs ou par rapport aux va-
dâun IPC peut ĂȘtre dĂ©routante pour les utilisateurs qui leurs de flux spĂ©cifiĂ©s de biens et de services.
considĂšrent que la hausse des prix Ă la consommation est
un phénomÚne généralisé touchant tous les ménages de
la mĂȘme maniĂšre. La coexistence de diverses mesures Indexation des salaires
parallĂšles de ce phĂ©nomĂšne risque de compromettre leur 2.8 Comme il est notĂ© aux chapitres 1 et 15, lâin-
crédibilité auprÚs de nombreux utilisateurs. dexation des salaires semble avoir été initialement le
2.4 Lâobjet du prĂ©sent chapitre nâest pas seulement principal motif de lâĂ©tablissement des IPC puisque la
de dĂ©crire les utilisations les plus importantes des IPC, pratique date de plus de deux siĂšcles, mĂȘme sâil y a tou-
mais aussi dâindiquer comment la couverture dâun IPC jours eu un intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral pour la mesure de lâinflation.
peut ĂȘtre modifiĂ©e par lâutilisation Ă laquelle il est des- Si lâindexation des salaires est la justification essentielle
tinĂ©. La question de la couverture la plus indiquĂ©e dâun de lâIPC, il sâensuit des consĂ©quences directes pour la
IPC doit ĂȘtre rĂ©glĂ©e avant que lâon puisse dĂ©cider couverture de lâindice. PremiĂšrement, cela laisse suppo-
quelle est la meilleure mĂ©thode Ă utiliser. Que lâIPC ser que lâindice devrait se limiter aux dĂ©penses des mĂ©-
soit censĂ© ĂȘtre un indice du coĂ»t de la vie ou non, il nages dont les salaires sont la principale source de reve-
nâen faut pas moins dĂ©terminer exactement quels types nus. DeuxiĂšmement, cela peut conduire Ă exclure les
de biens et services et de mĂ©nage lâon entend couvrir. dĂ©penses consacrĂ©es Ă certains types de biens et services
41
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
considérés comme relevant du luxe ou du superflu. Si duits tels que le tabac ou les boissons alcoolisées de-
câest le cas, des jugements de valeur ou dâordre politique vraient ĂȘtre exclus de lâIPC. Il se peut alors que,
peuvent entrer en jeu dans le choix des biens et services lorsquâil faudra augmenter les taxes sur les produits, ces
couverts. Nous reviendrons sur ce point. derniers soient dĂ©libĂ©rĂ©ment visĂ©s parce que lâon sait
que les hausses de prix qui en résulteront ne feront pas
augmenter lâIPC. Cette pratique existe.
Indexation des prestations
de sécurité sociale
2.9 Câest dĂ©sormais une pratique courante, dans de Type dâindice utilisĂ© pour lâindexation
nombreux pays, dâindexer les taux des prestations de sĂ©- 2.14 Lorsque des flux de revenus tels que les sa-
curité sociale. Celles-ci sont trÚs diverses : pensions de laires ou les prestations de sécurité sociale sont indexés,
retraite, allocations de chÎmage, allocations maladie, al- il importe de réfléchir aux conséquences du choix entre
locations familiales, etc. Comme dans le cas des salaires, un indice du coût de la vie et un indice des prix mesu-
lorsque lâindexation des prestations de ce type est la rant les variations du coĂ»t de lâachat dâun panier fixe de
principale raison dâĂ©tablir lâIPC, cela peut conduire Ă biens et services, type dâindice qualifiĂ© ici dâindice de
restreindre la couverture de lâindice Ă certains types de Lowe. Les indices communĂ©ment utilisĂ©s de Laspeyres
mĂ©nage ou de biens et services. De nombreuses catĂ©go- et Paasche sont des exemples dâindice de Lowe. Lâin-
ries de services risquent alors dâĂȘtre exclues pour des rai- dice de Laspeyres utilise le panier-type achetĂ© durant la
sons politiques, au motif quâelles sont superflues ou plus ancienne des deux pĂ©riodes comparĂ©es, tandis que
inappropriĂ©es. Ce type de raisonnement peut alimenter lâindice de Paasche utilise un panier-type de la pĂ©riode
des pressions en faveur de lâexclusion des dĂ©penses con- la plus rĂ©cente. Cette mĂ©thode du «panier fixe» a une
sacrĂ©es Ă des postes tels que les vacances, les jeux de ha- longue histoire, ainsi quâil est expliquĂ© au chapitre 15.
sard, le tabac ou les boissons alcoolisées. En revanche, les indices du coût de la vie comparent le
2.10 Une autre procĂ©dure consiste Ă Ă©tablir des IPC coĂ»t de deux paniers qui peuvent ne pas ĂȘtre exactement
distincts pour des catĂ©gories diffĂ©rentes de mĂ©nages. On les mĂȘmes, mais qui apportent la mĂȘme satisfaction ou
peut ainsi établir un indice couvrant le panier des biens et utilité au consommateur.
services achetĂ©s par les mĂ©nages dont la principale source 2.15 Lâindexation Ă partir dâun indice des prix de
de revenus est une prestation de sécurité sociale. Dans ce Laspeyres aura tendance à surcompenser les bénéfi-
cas, il peut ĂȘtre superflu dâexclure certains types de dĂ©- ciaires de revenus des variations du coĂ»t de la vie.
penses de luxe ou inappropriĂ©es, car il y a de fortes Augmenter ces revenus en proportion de lâĂ©volution
chances que les sommes effectivement consacrĂ©es Ă ces du coĂ»t dâun panier achetĂ© dans le passĂ©, câest assurer
postes soient de toute maniÚre négligeables. que les bénéficiaires de ces revenus auront la possibi-
2.11 Comme nous lâavons dĂ©jĂ notĂ©, publier plus litĂ© de continuer dâacheter le mĂȘme panier sâils le sou-
dâun IPC peut ĂȘtre dĂ©routant si lâon considĂšre que lâin- haitent. Leur situation serait alors au moins aussi
flation touche chacun de la mĂȘme maniĂšre. Une com- bonne que par le passĂ©. Cependant, en ajustant leurs
munication adĂ©quate peut permettre dâĂ©viter cette con- structures de dĂ©penses pour prendre en compte les va-
fusion; il nâest pas difficile dâexpliquer que les riations des prix relatifs des biens et services quâils
variations de prix ne sont pas les mĂȘmes pour diffĂ©- achĂštent, ils seront en mesure dâamĂ©liorer leur niveau
rentes catĂ©gories de dĂ©penses. Dans la pratique, certains de vie ou de bien-ĂȘtre, car ils pourront substituer les
pays publient plus dâun indice. biens devenus relativement moins chers Ă ceux qui
2.12 Si la publication de plus dâun indice nâest pas sont devenus relativement plus chers. En outre, ils
toujours justifiĂ©e, câest principalement parce que les peuvent ĂȘtre en mesure de commencer Ă acheter des
mouvements des diffĂ©rents indices peuvent ĂȘtre quasi- types de biens complĂštement nouveaux offrant de nou-
ment les mĂȘmes, en particulier Ă court terme. Dans de veaux types dâavantages qui nâĂ©taient pas disponibles
tels cas, les coûts à supporter peuvent rendre inutile durant la période précédente. Ces nouveaux biens ten-
lâĂ©tablissement et la publication dâindices distincts. dent Ă abaisser lâindice du coĂ»t de la vie lorsquâils ap-
Dans la pratique, il faut que les habitudes de consom- paraissent pour la premiĂšre fois, mĂȘme si lâon ne peut
mation diffĂšrent beaucoup plus entre les divers groupes pas observer effectivement de baisse des prix puisquâil
de mĂ©nages que ce qui est gĂ©nĂ©ralement constatĂ© pour nâexiste pas de prix antĂ©rieur.
quâun Ă©cart significatif se creuse entre les IPC.
2.13 Enfin, il convient de noter que lâexclusion dĂ©li-
bĂ©rĂ©e de certains types de biens et services pour des rai- Indexation des charges dâintĂ©rĂȘts, loyers
sons politiques, au motif que les mĂ©nages visĂ©s par lâin- et autres paiements contractuels
dice ne devraient pas acheter de tels biens ou ne 2.16 Il est fréquent que les paiements de loyers et
devraient pas ĂȘtre compensĂ©s pour la hausse des prix de dâintĂ©rĂȘts soient indexĂ©s. Les autoritĂ©s nationales peuvent
ces biens, ne peut ĂȘtre recommandĂ©e car elle expose Ă©mettre des bons assortis dâun taux dâintĂ©rĂȘt liĂ© spĂ©cifi-
lâindice au risque de manipulation politique. Suppo- quement Ă lâIPC. LâintĂ©rĂȘt exigible Ă un moment donnĂ©
sons, par exemple, quâil ait Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que certains pro- peut ĂȘtre Ă©gal Ă un taux dâintĂ©rĂȘt rĂ©el fixĂ© auquel sâajoute
42
UTILISATION DES INDICES DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
lâaugmentation en pourcentage de lâIPC. Les paiements revient Ă dĂ©flater la variation de la valeur courante des
de loyers peuvent aussi ĂȘtre liĂ©s Ă lâIPC ou Ă un autre in- biens et services consommĂ©s par un indice des prix de
dice tel que celui du prix des logements. Lowe convenablement pondéré. La variation de revenu
2.17 Les crĂ©anciers qui reçoivent les paiements dâin- en volume peut ĂȘtre mesurĂ©e en dĂ©flatant la variation du
tĂ©rĂȘts ne sont pas seulement des mĂ©nages, bien sĂ»r. En revenu monĂ©taire total par le mĂȘme indice des prix.
tout Ă©tat de cause, lâindexation des intĂ©rĂȘts nâa pas pour 2.22 La seconde mĂ©thode dĂ©finit la variation de la
objet de maintenir le niveau de vie des créanciers, mais consommation en volume comme la variation du bien-
plutĂŽt de prĂ©server leur patrimoine rĂ©el en les compen- ĂȘtre tirĂ© des biens et services effectivement consommĂ©s.
sant des pertes de capital rĂ©el, ou moins-values, rĂ©sultant Celle-ci peut ĂȘtre estimĂ©e en dĂ©flatant la variation de la
de lâinflation gĂ©nĂ©rale. Si lâIPC nâest pas forcĂ©ment lâin- valeur courante de la consommation par un indice du coĂ»t
dice idĂ©al pour ce faire, il peut nĂ©anmoins ĂȘtre utilisĂ© par de la vie. Le revenu en volume peut ĂȘtre obtenu de mĂȘme
dĂ©faut, en lâabsence de tout autre indice pratique, comme en dĂ©flatant le revenu monĂ©taire par le mĂȘme indice du
nous le verrons par la suite. coût de la vie.
2.18 Beaucoup dâautres formes de paiement con- 2.23 Les deux mĂ©thodes ne peuvent pas donner les
tractuel peuvent ĂȘtre liĂ©es Ă lâIPC. Ainsi, lâobligation lĂ©- mĂȘmes rĂ©sultats si lâindice des prix «pur» et lâindice du
gale de verser une pension alimentaire ou de subvenir coût de la vie divergent. Le choix entre ces deux me-
aux besoins de ses enfants peut ĂȘtre liĂ©e Ă lâIPC. Les sures possibles de la consommation et du revenu en vo-
paiements des primes dâassurance peuvent ĂȘtre liĂ©es soit lume ne sera pas approfondi davantage ici, car les ques-
Ă lâindice global, soit Ă un sous-indice liĂ© Ă des types de tions quâil soulĂšve sont fonciĂšrement les mĂȘmes que
dĂ©penses spĂ©cifiques, telles que le coĂ»t des rĂ©parations. celles dĂ©jĂ Ă©voquĂ©es dans lâexamen parallĂšle du choix
entre un indice des prix de Lowe, ou de panier-type, et
Imposition un indice du coût de la vie.
2.19 Les mouvements dâun IPC peuvent ĂȘtre utili-
sés de diverses maniÚres pour influer sur les montants Cohérence entre indices de prix
exigibles au titre de lâimpĂŽt. Ainsi, les montants dus au et sĂ©ries de dĂ©penses
titre de lâimpĂŽt sur le revenu peuvent ĂȘtre modifiĂ©s si 2.24 Les donnĂ©es recueillies sur les prix et sur les
les abattements individuels dĂ©ductibles du revenu im- dĂ©penses des mĂ©nages doivent ĂȘtre cohĂ©rentes les unes
posable sont liĂ©s Ă lâĂ©volution de lâIPC. Pour lâimpĂŽt avec les autres lorsque lâon mesure la consommation en
sur les revenus des personnes physiques, sous un ré- volume. Cela suppose que les deux séries de données
gime dâimposition progressive, les seuils des diffĂ©- couvrent le mĂȘme assortiment de biens et services et
rentes tranches auxquelles sâappliquent des taux dâim- utilisent les mĂȘmes concepts et classifications. Des pro-
position de plus en plus Ă©levĂ©s peuvent ĂȘtre modulĂ©es blĂšmes peuvent se poser dans la pratique car les indices
en proportion des variations de lâIPC. Les montants de prix et les sĂ©ries de dĂ©penses sont souvent Ă©tablis in-
exigibles au titre de la taxation des plus-values peuvent dépendamment les uns des autres, par différents ser-
ĂȘtre rĂ©duits si, pour les besoins de lâimpĂŽt, on les cal- vices dâun mĂȘme office de statistique ou par des offices
cule sur la base des plus-values réelles plutÎt que nomi- différents.
nales : pour ce faire, lâaugmentation en pourcentage de 2.25 La couverture de lâIPC nâa pas Ă ĂȘtre iden-
la valeur de lâactif est diminuĂ©e de la variation en pour- tique Ă celle des dĂ©penses de consommation totales des
centage de lâIPC sur la mĂȘme pĂ©riode. En gĂ©nĂ©ral, il mĂ©nages dans les comptes nationaux. Pour des raisons
existe diverses façons dâintroduire une certaine forme dĂ©jĂ citĂ©es, lâIPC peut cibler des mĂ©nages et des dĂ©-
dâindexation dans la lĂ©gislation fiscale. penses spĂ©cifiques. Toutefois, la diffĂ©rence entre la
couverture de lâIPC et celle des comptes nationaux
doit ĂȘtre identifiĂ©e avec prĂ©cision, afin que les diffĂ©-
Consommation et revenu rences existant Ă ce niveau puissent ĂȘtre prises en
en volume compte. Lâindice des prix utilisĂ© pour dĂ©flater les dĂ©-
2.20 Les indices des prix peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour penses devrait couvrir les biens et services supplĂ©men-
dĂ©flater les dĂ©penses en prix courants ou les revenus mo- taires que ne couvre pas lâIPC. ConcrĂštement, lâopĂ©ra-
nĂ©taires afin dâen dĂ©duire des mesures de la consomma- tion peut se rĂ©vĂ©ler difficile car il est possible que les
tion et du revenu en volume. Les mesures en volume im- données de prix pertinentes ne soient pas aisément dis-
pliquent des comparaisons dans le temps (ou dans ponibles si les procédures de relevé des prix ont été
lâespace). Il existe deux façons dâaborder ces comparai- conçues en fonction de lâIPC. En outre, mĂȘme si toutes
sons, qui sont analogues Ă la distinction entre un indice les donnĂ©es de base sur les prix sont disponibles, lâin-
de Lowe, ou de panier-type, et un indice du coĂ»t de la vie. dice des prix nĂ©cessaire pour lâactualisation sera vrai-
2.21 La premiÚre méthode définit la variation de la semblablement différent, par son type ou sa formule,
consommation en volume comme la variation de la va- de lâIPC lui-mĂȘme.
leur totale des biens et services effectivement consom- 2.26 En principe, lâactualisation des estimations des
mĂ©s, mesurĂ©e aux prix fixĂ©s dâune pĂ©riode donnĂ©e. Cela comptes nationaux suppose normalement lâĂ©tablissement
43
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
dâindices des prix bien dĂ©finis qui diffĂšrent de lâIPC mais prendre en compte les conditions requises pour les
peuvent faire appel Ă la mĂȘme base de donnĂ©es sur les autres types dâindice des prix au stade de la collecte
prix. Ces indices peuvent diffĂ©rer de lâIPC non seulement des donnĂ©es. Des Ă©conomies dâĂ©chelle considĂ©rables
par lâĂ©ventail des donnĂ©es sur les prix et les dĂ©penses peuvent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es si lâon utilise un seul processus
quâils couvrent et par les formules de pondĂ©ration et dâin- de collecte pour rĂ©pondre aux besoins de diffĂ©rents
dices qui sont utilisĂ©es, mais aussi par la frĂ©quence Ă la- types dâindice.
quelle ils sont établis et la longueur des périodes cou- 2.30 Aussi, que ce soit du point de vue opération-
vertes. Les mouvements des indices qui en rĂ©sultent nel ou conceptuel, lâIPC doit ĂȘtre placĂ© dans le contexte
auront tendance Ă sâĂ©carter un peu de ceux de lâIPC pour plus large des indices connexes. LâĂ©tablissement des
la raison, prĂ©cisĂ©ment, quâils mesurent des grandeurs dif- IPC a commencĂ© bien avant celui des comptes natio-
fĂ©rentes. Bien quâils soient conçus pour actualiser des naux dans certains pays, ce qui explique que les IPC
donnĂ©es sur les dĂ©penses, ils donnent Ă©galement des in- ont Ă©tĂ© dâabord des indices Ă part. Cela dit, ils ne
formations supplĂ©mentaires utiles sur lâĂ©volution des prix peuvent plus ĂȘtre considĂ©rĂ©s aujourdâhui comme des
Ă la consommation qui complĂštent celles fournies par indices isolĂ©s dont lâĂ©tablissement et la mĂ©thodologie
lâIPC. LâIPC lui-mĂȘme nâa pas non plus pour finalitĂ© de pourraient Ă©voluer indĂ©pendamment des autres statis-
servir de déflateur. Sa couverture et sa méthodologie tiques connexes.
doivent ĂȘtre conçues de maniĂšre Ă rĂ©pondre aux besoins
décrits dans les autres sections de ce chapitre.
2.27 Lorsque dâautres types dâindice des prix Ă la Utilisation de lâindice des prix
consommation sont nĂ©cessaires, outre lâIPC, il faut en Ă la consommation Ă des fins
prendre conscience dĂšs la collecte des donnĂ©es car il comptables en pĂ©riode dâinflation
peut ĂȘtre plus efficace et plus Ă©conomique dâutiliser un
seul et mĂȘme processus de collecte de donnĂ©es pour rĂ©- 2.31 En pĂ©riode dâinflation, la comptabilitĂ© privĂ©e
pondre aux besoins de plus dâun indice des prix. Cela et la comptabilitĂ© nationale doivent prĂ©voir des ajuste-
peut conduire à recueillir plus de données sur les prix ments qui ne sont pas nécessaires lorsque les prix sont
quâil nâen faut pour lâIPC lui-mĂȘme, si la couverture de stables. Câest un sujet complexe, sur lequel il nâest pas
ce dernier a Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment restreinte dâune maniĂšre possible de sâĂ©tendre davantage dans ce manuel. Les
ou dâune autre. deux mĂ©thodes comptables communĂ©ment utilisĂ©es sont
résumées ci-aprÚs. Toutes deux requiÚrent des indices
des prix pour leur mise en Ćuvre.
ParitĂ©s de pouvoir dâachat
2.28 De nombreux pays Ă travers le monde, et no-
tamment tous les membres de lâUnion europĂ©enne Comptes en pouvoir dâachat actuel
(UE), participent Ă des programmes internationaux rĂ©- 2.32 Les comptes en pouvoir dâachat actuel sont
guliers qui permettent de calculer les parités de pou- des comptes dans lesquels les valeurs monétaires des
voir dâachat (PPA) pour les dĂ©penses de consomma- flux survenus dans des pĂ©riodes antĂ©rieures sont aug-
tion des mĂ©nages. Pour calculer ces PPA, il faut que mentĂ©es en proportion dâun indice gĂ©nĂ©ral de lâinfla-
les prix des biens et services acquis par chaque con- tion entre la période précédente et la période en cours.
sommateur soient comparĂ©s directement dâun pays Ă Lâindice utilisĂ© devrait en principe ĂȘtre un indice gĂ©nĂ©-
lâautre. ConcrĂštement, les programmes de PPA prĂ©- ral des prix couvrant dâautres flux en plus des dĂ©-
voient lâĂ©tablissement dâindices des prix Ă la consom- penses de consommation des mĂ©nages, mais, dans la
mation internationaux. Les dĂ©penses et les revenus en pratique, lâIPC est souvent utilisĂ© en lâabsence dâun in-
volume peuvent alors faire lâobjet de comparaisons in- dice gĂ©nĂ©ral adaptĂ©.
ternationales, tout comme on procĂšde Ă leur comparai-
son dâune pĂ©riode Ă lâautre dans un mĂȘme pays.
2.29 Il nâest pas proposĂ© dâexaminer ici la mĂ©tho- ComptabilitĂ© au coĂ»t actuel
dologie dâĂ©tablissement des PPA, mais simplement de 2.33 La comptabilitĂ© au coĂ»t actuel est une mĂ©-
noter que les PPA crĂ©ent encore une autre demande de thode de comptabilisation de lâemploi des actifs dans
donnĂ©es de base sur les prix. Lorsque de telles donnĂ©es laquelle le coĂ»t dâutilisation de ces derniers dans la
sont recueillies, il faut donc ĂȘtre conscient quâelles production est calculĂ© aux prix courants des actifs, et
peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour lâĂ©tablissement des PPA non pas aux prix auxquels ils ont Ă©tĂ© achetĂ©s ou acquis
aussi bien que des IPC. Les PPA sont essentiellement dâune autre maniĂšre dans le passĂ© (coĂ»ts historiques).
des dĂ©flateurs internationaux analogues aux dĂ©flateurs Le coĂ»t actuel de lâutilisation dâun actif prend en
intertemporels requis pour Ă©tablir les comptes natio- compte non seulement lâĂ©volution du niveau gĂ©nĂ©ral
naux dans chaque pays. Aussi, alors que le traitement des prix, mais aussi lâĂ©volution du prix relatif de ce
et lâagrĂ©gation des donnĂ©es de base nĂ©cessaires Ă lâĂ©ta- type dâactifs depuis son acquisition. En principe, les in-
blissement dâun IPC devraient ĂȘtre dĂ©terminĂ©s par les dices des prix utilisĂ©s pour ajuster les prix payĂ©s initia-
besoins propres Ă lâIPC lui-mĂȘme, il est bon de lement pour ces actifs devraient ĂȘtre des indices des
44
UTILISATION DES INDICES DES PRIX Ă LA CONSOMMATION
prix spĂ©cifiques Ă ce type dâactifs particulier et, de fait, mesure de lâinflation. Bien que les gouvernements et les
des indices sont calculĂ©s et utilisĂ©s de cette maniĂšre banques centrales nâignorent pas, de toute Ă©vidence, que
dans certains pays. Cependant, quand on ne dispose pas lâIPC nâest pas une mesure de lâinflation gĂ©nĂ©rale, de
de tels indices, il reste possible de recourir Ă lâIPC ou, Ă nombreux facteurs aident Ă expliquer la popularitĂ© de
dĂ©faut, un sous-indice de lâIPC, et des IPC ont Ă©tĂ© em- cet indice et sont examinĂ©s ci-aprĂšs.
ployĂ©s Ă cet effet. 2.37 Il convient cependant de noter que, mĂȘme si
lâIPC ne mesure pas lâinflation gĂ©nĂ©rale, on peut sâat-
tendre à ce que ses mouvements soient étroitement cor-
Indices des prix Ă la consommation rĂ©lĂ©s Ă ceux dâune mesure plus gĂ©nĂ©rale, ne serait-ce
et inflation générale que parce que les dépenses de consommation repré-
sentent une forte proportion des dépenses finales. En
2.34 Ainsi quâil a dĂ©jĂ Ă©tĂ© notĂ©, des mesures du particulier, lâIPC devrait donner une indication fiable de
taux gĂ©nĂ©ral dâinflation pour lâensemble de lâĂ©conomie lâaccĂ©lĂ©ration ou de la dĂ©cĂ©lĂ©ration de lâinflation et per-
sâimposent pour diverses raisons : mettre de dĂ©celer dâĂ©ventuels retournements du taux
âą MaĂźtriser lâinflation est en gĂ©nĂ©ral lâun des principaux dâinflation. Il sâagit lĂ dâinformations prĂ©cieuses, mĂȘme
objectifs de la politique Ă©conomique, mĂȘme si le gou- si lâIPC peut sous-estimer ou surestimer systĂ©matique-
vernement peut dĂ©lĂ©guer cette responsabilitĂ© Ă la ment le rythme gĂ©nĂ©ral de lâinflation.
banque centrale. Il faut disposer dâune mesure de lâin-
flation gĂ©nĂ©rale pour arrĂȘter des objectifs et Ă©valuer
dans quelle mesure le gouvernement ou la banque Indices des prix Ă la consommation
centrale ont atteint le but quâils se sont fixĂ© en matiĂšre et comparaisons internationales
de lutte contre lâinflation. de lâinflation
âą Comme il a Ă©tĂ© dit plus haut, cette mesure de lâinfla- 2.38 Les IPC sont couramment utilisĂ©s aussi pour
tion gĂ©nĂ©rale est nĂ©cessaire aussi pour rĂ©pondre aux des comparaisons internationales des taux dâinflation.
besoins de la comptabilitĂ© privĂ©e comme de la comp- LâUE offre un bon exemple de leur emploi Ă cette fin.
tabilitĂ© nationale, et en particulier pour Ă©tablir les Les Ătats membres ont dĂ©cidĂ©, dans le traitĂ© de Maas-
comptes en pouvoir dâachat actuel. tricht, dâutiliser les IPC pour Ă©valuer dans quelle mesure
âą Le concept de variation des prix relatifs est important en les taux dâinflation nationaux convergeaient au milieu
Ă©conomie. Il est donc utile de pouvoir mesurer la varia- des annĂ©es 90, avant la formation de lâUnion Ă©cono-
tion effective des prix des biens et services par rapport Ă mique et monĂ©taire. Bien que les IPC mesurent lâinfla-
une certaine mesure de lâinflation gĂ©nĂ©rale. Il faut aussi tion des prix Ă la consommation plutĂŽt que lâinflation
ĂȘtre capable de mesurer les gains ou pertes de capital gĂ©nĂ©rale, leur utilisation pour mesurer le degrĂ© de con-
rĂ©el (ou les plus-values ou moins-values) sur les actifs, y vergence des rythmes dâinflation peut se justifier en in-
compris sur les avoirs et engagements monĂ©taires. voquant des motifs identiques Ă ceux qui viennent dâĂȘtre
2.35 Le chapitre 14 examine diverses mesures pos- avancés. On peut penser que la convergence des IPC
sibles de lâinflation gĂ©nĂ©rale, et fait apparaĂźtre lâexis- sera Ă©troitement corrĂ©lĂ©e Ă celle de lâinflation gĂ©nĂ©rale,
tence dâune hiĂ©rarchie des indices des prix dans laquelle de sorte que lâutilisation dâune mesure spĂ©cifique plutĂŽt
sâinscrit lâIPC. Ce dernier nâest pas, Ă lâĂ©vidence, une que gĂ©nĂ©rale de lâinflation peut aboutir aux mĂȘmes con-
mesure de lâinflation gĂ©nĂ©rale puisquâil ne suit que les clusions quant au degrĂ© de convergence et aux pays qui
variations des prix des biens et services de consomma- sâĂ©cartent le plus de la moyenne.
tion achetĂ©s par les mĂ©nages. LâIPC ne couvre pas les
biens en capital, tels que les logements, ou les biens et
services consommés par les entreprises ou les adminis- Popularité des indices
trations publiques. Toute tentative visant Ă analyser les des prix Ă la consommation
pressions inflationnistes qui sâexercent sur lâĂ©conomie
doit tenir compte également des autres mouvements de et statistiques économiques
prix, tels que les fluctuations des prix des importations et 2.39 Les IPC semblent bĂ©nĂ©ficier aujourdâhui dâun
des exportations, des prix des intrants et des extrants in- statut privilégié dans les statistiques économiques de la
dustriels ou des prix des actifs. plupart des pays. Il y a plusieurs explications Ă cela :
âą Dâabord, tous les mĂ©nages ont une expĂ©rience person-
nelle du phĂ©nomĂšne que lâIPC est supposĂ© mesurer.
Indices des prix Ă la consommation Le grand public est tout Ă fait conscient des variations
et objectifs dâinflation des prix des biens et services de consommation ainsi
2.36 En dĂ©pit de ses limites manifestes en tant que que de lâimpact direct que celles-ci peuvent avoir sur
mesure de lâinflation gĂ©nĂ©rale, lâIPC est couramment leur niveau de vie. LâintĂ©rĂȘt pour les IPC ne se limite
utilisé par les gouvernements et les banques centrales pas à la presse et aux hommes politiques.
pour fixer les objectifs dâinflation. De mĂȘme, il est in- âą Les variations de lâIPC tendent Ă recevoir un trĂšs large
terprété par la presse et par le public comme la véritable écho. Leur publication peut faire la une des organes de
45
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
presse. LâIPC est une statistique qui bĂ©nĂ©ficie dâune blement adaptĂ©e sur le plan thĂ©orique. On peut justifier
grande visibilitĂ©. ces pratiques en faisant valoir que la seule alternative Ă
âą LâIPC est publiĂ© frĂ©quemment, dâordinaire chaque mois, lâutilisation de lâIPC risque dâĂȘtre lâabsence dâajustement
de sorte que lâinflation des prix des biens et services de pour tenir compte de lâinflation. Bien que lâIPC ne soit
consommation est suivie de prĂšs. Câest aussi une statis- pas une mesure idĂ©ale, il vaut bien mieux lâutiliser que re-
tique dâactualitĂ© qui est publiĂ©e trĂšs peu de temps aprĂšs noncer Ă tout ajustement.
la fin de la pĂ©riode Ă laquelle elle se rĂ©fĂšre. 2.41 Bien que lâIPC soit souvent utilisĂ© comme va-
âą LâIPC a une longue histoire, ainsi que nous le rappe- riable de substitution pour une mesure gĂ©nĂ©rale de lâin-
lons aux chapitres 1 et 15. Le public y est habituĂ© de flation, cela ne justifie pas que lâon Ă©tende sa couverture
longue date. à des éléments qui débordent du cadre de la consomma-
âą Bien que les variations des prix de certains types de tion des mĂ©nages. Si des indices plus larges de lâinflation
biens de consommation soient difficiles Ă mesurer en sont nĂ©cessaires, ils doivent ĂȘtre conçus de telle maniĂšre
raison des changements de qualitĂ© survenus, lâĂ©volu- quâils complĂštent lâIPC et laissent celui-ci intact. De fait,
tion des prix dâautres types de biens et services tels que certains pays ont entrepris de se doter de mesures sup-
les biens en capital ou les services assurĂ©s par les admi- plĂ©mentaires plus larges de lâinflation, tout en restant
nistrations publiques (les services publics, notamment) dans le cadre théorique présenté au chapitre 14.
tend Ă ĂȘtre encore plus dĂ©licate Ă mesurer. LâIPC peut
ĂȘtre un indice des prix relativement fiable comparĂ© Ă
ceux qui sont utilisĂ©s pour suivre dâautres flux. NĂ©cessitĂ© dâindĂ©pendance et
âą LâIPC est trĂšs respectĂ©. Sa prĂ©cision et sa fiabilitĂ© sont dâintĂ©gritĂ© dans lâĂ©tablissement des
rarement mises en question.
⹠La plupart des pays ont délibérément adopté pour po-
indices des prix Ă la consommation
litique de ne pas rĂ©viser lâindice aprĂšs sa publication. 2.42 Ătant donnĂ© que lâIPC est couramment utilisĂ©
Cela le rend plus attrayant pour bien des utilisations, pour toutes sortes dâindexations, les mouvements de cet
en particulier lorsque celles-ci ont des conséquences indice peuvent avoir des conséquences financiÚres à tra-
financiĂšres, comme câest le cas pour lâindexation. Le vers toute lâĂ©conomie. Leurs consĂ©quences pour les
fait que lâIPC ne soit pas rĂ©visĂ© donne peut-ĂȘtre une pouvoirs publics peuvent ĂȘtre considĂ©rables, car lâIPC
impression un peu trompeuse de certitude, mais cela peut influer sur les charges dâintĂ©rĂȘts et les rentrĂ©es fis-
semble aussi rendre lâindice plus crĂ©dible et en facili- cales ainsi que sur les dĂ©penses publiques au titre des
ter lâacceptation. salaires et de la sĂ©curitĂ© sociale.
2.40 Lâutilisation trĂšs large de lâIPC Ă beaucoup 2.43 Lorsque des intĂ©rĂȘts financiers sont en jeu, il
dâautres fins que celles pour lesquelles il a Ă©tĂ© conçu peut existe toujours un risque que des groupes de pression,
sâexpliquer par les divers facteurs susmentionnĂ©s et par le politiques ou non, sâefforcent dâinfluer sur la mĂ©thodo-
fait que la plupart des pays ne disposent pas dâautres me- logie utilisĂ©e pour Ă©tablir lâIPC. Ă lâinstar dâautres sta-
sures satisfaisantes ou plus globales de lâinflation men- tistiques officielles, lâIPC doit ĂȘtre protĂ©gĂ© de ces pres-
suelle. Ă titre dâexemple, lâIPC peut ĂȘtre utilisĂ© en rem- sions et ĂȘtre perçu comme tel. Câest en partie pour cette
placement dâune mesure plus gĂ©nĂ©rale de lâinflation dans raison que de nombreux pays ont mis en place un co-
la comptabilitĂ© privĂ©e, mĂȘme sâil est clair que, dâun point mitĂ© consultatif chargĂ© de veiller Ă ce que lâIPC Ă©chappe
de vue thĂ©orique, ce nâest pas lâindice quâil faudrait. De Ă toute influence extĂ©rieure. Ce comitĂ© consultatif peut
mĂȘme, le fait que lâIPC ne fasse pas lâobjet de rĂ©visions, regrouper des reprĂ©sentants de toutes les parties pre-
conjuguĂ© Ă sa frĂ©quence de diffusion et Ă son actualitĂ©, nantes et des experts indĂ©pendants capables dâoffrir des
peut expliquer son utilisation rĂ©pandue pour lâindexation conseils dâordre professionnel. Les informations sur la
des contrats dans le domaine Ă©conomique ou juridique, mĂ©thodologie utilisĂ©e pour calculer les IPC doivent ĂȘtre
alors quâil nâapporte pas, lĂ non plus, une rĂ©ponse vĂ©rita- accessibles au public.
46
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE 3
Introduction logements occupĂ©s par leurs propriĂ©taires, il sâagit princi-
palement de savoir sâil faut inclure dans lâIPC les loyers
3.1 Lâobjet du prĂ©sent chapitre est de dĂ©finir et clari- imputĂ©s pour les flux de services de logement fournis par
fier les concepts fondamentaux de prix et de consomma- les habitations, ou le prix des habitations elles-mĂȘmes
tion adoptĂ©s pour lâĂ©tablissement dâun indice des prix Ă la (bien que celles-ci soient considĂ©rĂ©es comme des actifs
consommation (IPC) et de définir également le champ fixes et non comme des biens de consommation dans le
quâil recouvre. Bien que le but gĂ©nĂ©ral dâun indice des SystĂšme de comptabilitĂ© nationale (SCN)). Les opinions
prix Ă la consommation soit de mesurer les variations des divergent sur ce point. Quoi quâil en soit, les achats dâac-
prix Ă la consommation des biens et des services, le con- tifs financiers, tels que les obligations ou actions, sont
cept de «consommation» est en soi imprĂ©cis et peut don- exclus de lâindice car les actifs financiers ne sont en au-
ner lieu Ă plusieurs interprĂ©tations, dont chacune conduit Ă cune façon des biens ou des services et ne peuvent ĂȘtre
lâĂ©tablissement dâun IPC diffĂ©rent. Lâorganisme gouver- utilisĂ©s par les membres des mĂ©nages pour satisfaire leurs
nemental ou lâoffice statistique chargĂ© de calculer un IPC besoins ou leurs dĂ©sirs personnels. Les transactions finan-
doit en outre dĂ©terminer si lâindice sâĂ©tendra Ă tous les ciĂšres nâinfluent pas sur le patrimoine, car un type dâactif
consommateurs, câest-Ă -dire Ă tous les mĂ©nages, ou sâil financier est tout simplement Ă©changĂ© contre un autre
sera limitĂ© Ă un groupe de mĂ©nages particulier. Le champ type dâactif financier. Par exemple, lorsque des titres sont
prĂ©cis dâun IPC varie inĂ©vitablement selon lâusage princi- achetĂ©s, de lâargent est remis en Ă©change dâune obligation
pal auquel il est, ou est rĂ©putĂ© ĂȘtre, destinĂ©. Lâoffice statis- ou dâune action; ou encore, lorsquâune dette est contrac-
tique ne doit toutefois pas oublier que les IPC sont large- tée, des fonds sont reçus et un passif financier est créé en
ment utilisĂ©s pour mesurer lâinflation gĂ©nĂ©rale, mĂȘme sâils contrepartie.
ne sont pas toujours conçus à cette fin. 3.5 Bien que, par définition, un IPC soit centré sur
3.2 La consommation est une activité dans laquelle des les prix des biens et services consommés par les
personnes, agissant Ă titre individuel ou collectif, utilisent mĂ©nages, cela ne veut pas nĂ©cessairement dire quâil doit
des biens ou des services pour satisfaire leurs besoins et recouvrir tous les ménages ou tous les biens et services
leurs dĂ©sirs. En Ă©conomie, rien nâest fait pour observer quâils consomment. Par exemple, on pourrait dĂ©cider
et comptabiliser directement ces activitĂ©s. La consomma- dâexclure les biens publics fournis gratuitement aux
tion est en effet mesurĂ©e soit par la valeur des biens et ser- mĂ©nages. De nombreuses dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises
vices utilisĂ©s en partie ou en totalitĂ© pendant une certaine quant au champ de lâIPC, mĂȘme si sa fonction gĂ©nĂ©rale
période, soit par la valeur des biens et services qui sont est déterminée. Ces questions sont explorées dans les
achetés ou acquis autrement, à des fins de consommation. chapitres présent et suivant.
3.3 Par bien ou service de consommation, on entend
un bien ou un service que les membres des ménages uti-
lisent, directement ou indirectement, pour satisfaire leurs
Les divers agrégats
besoins et désirs personnels. Par définition, les biens ou de consommation
services de consommation procurent une utilitĂ©. LâutilitĂ© 3.6 Comme indiquĂ© ci-dessus, le concept de con-
est tout simplement le terme technique générique que les sommation est imprécis et peut donner lieu à des inter-
économistes préfÚrent employer pour désigner la satisfac- prétations différentes. La présente section passe en
tion, lâavantage ou le bien-ĂȘtre que les mĂ©nages tirent des revue une hiĂ©rarchie de concepts et agrĂ©gats de
biens ou services de consommation. consommation.
3.4 Un IPC est généralement considéré comme un 3.7 Les ménages peuvent acquérir des biens et ser-
indice des prix qui mesure les variations des prix des vices de consommation par plusieurs moyens, dont les
biens et services de consommation acquis ou utilisés par quatre suivants :
les ménages. Comme expliqué au chapitre 14, les indices ⹠ils peuvent les acheter dans le cadre de transactions
des prix peuvent recouvrir un champ plus large sâĂ©ten- monĂ©taires;
dant bien au-delĂ des biens et services de consommation, âą ils peuvent les produire eux-mĂȘmes pour leur con-
mais un IPC est délibérément centré sur la consommation sommation personnelle;
des ménages. Il est toutefois possible de définir un IPC ⹠ils peuvent les recevoir à titre de paiement en nature
qui inclut les prix dâactifs physiques tels que les terrains dans des opĂ©rations de troc, en particulier Ă titre de
ou les logements achetĂ©s par les mĂ©nages. Dans le cas des rĂ©munĂ©ration en nature dâun travail quâils ont effectuĂ©;
47
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
48
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
tés sur la base des prix observés dans les opérations Biens durables et biens non durables
monétaires. Les prix imputés ne fournissent pas davan-
3.22 Biens. Pour les biens «non durables», il serait
tage dâinformations, mais influent sur la pondĂ©ration
plus correct de parler de biens utilisables une seule fois.
affectée aux prix monétaires en accroissant la pondéra-
Par exemple, les aliments et les boissons ne sont utilisés
tion des prix monétaires qui sont utilisés pour évaluer
quâune seule fois pour satisfaire la faim ou la soif. Le
les dépenses non monétaires.
mazout, le charbon ou le bois de chauffage ne peuvent
3.17 Si la principale raison dâĂ©tablir un IPC est de brĂ»ler quâune seule fois, mais ont toutefois une trĂšs
mesurer lâinflation, on peut dĂ©cider de limiter le champ grande durabilitĂ© physique et peuvent ĂȘtre stockĂ©s indĂ©-
de lâindice aux dĂ©penses monĂ©taires, dâautant plus que finiment. Les mĂ©nages peuvent accumuler dâimportants
les dépenses non monétaires ne créent pas de demande stocks de biens dits non durables, par exemple de pro-
de monnaie. Les indices des prix Ă la consommation duits alimentaires de types divers et de fioul, surtout en
harmonisĂ©s (IPCH), qui sont utilisĂ©s pour mesurer pĂ©riode dâincertitude politique ou Ă©conomique.
lâinflation au sein de lâUnion europĂ©enne, se limitent 3.23 Ă lâopposĂ©, la caractĂ©ristique distinctive des
aux dĂ©penses monĂ©taires (voir lâannexe 1). biens durables, tels que les meubles, les appareils mĂ©na-
gers ou les vĂ©hicules, est quâils ont une longue durĂ©e
Acquisitions et utilisations dâutilisation. Ils peuvent ĂȘtre utilisĂ©s de façon rĂ©pĂ©tĂ©e
ou continue pour satisfaire les besoins des consomma-
3.18 Les Ă©tudes consacrĂ©es aux IPC font dâordi- teurs sur une longue pĂ©riode de temps, parfois pendant
naire la distinction entre lâacquisition de biens et ser- plusieurs annĂ©es. Pour cette raison, un bien durable est
vices de consommation par les mĂ©nages et lâutilisation souvent dĂ©fini comme un bien gĂ©nĂ©rateur dâun flux de
quâils en font ultĂ©rieurement pour satisfaire leurs «services» au consommateur pendant sa pĂ©riode dâutili-
besoins et dĂ©sirs. Les biens de consommation sont gĂ©nĂ©- sation (voir lâencadrĂ© 14.3 du chapitre 14). Il existe une
ralement acquis à une date donnée et utilisés à une autre grande similitude entre la définition des biens de con-
date, souvent beaucoup plus tard, ou encore ils sont uti- sommation durables et celle des actifs fixes. Les actifs
lisĂ©s Ă plusieurs reprises, ou mĂȘme continuellement, sur fixes sont des biens qui sont utilisĂ©s de façon rĂ©pĂ©tĂ©e ou
une période de temps prolongée. Pour bien des services, continue sur de longues périodes de temps dans le pro-
toutefois, la date de leur acquisition coĂŻncide avec celle cessus de production : par exemple, les bĂątiments ou
de leur utilisation, bien quâil y ait dâautres types de ser- autres constructions, les machines et Ă©quipements. Ci-
vices qui ont des bienfaits durables et ne sont pas plei- aprÚs figure une liste des différents types de biens de
nement utilisĂ©s au moment oĂč ils sont fournis. consommation durables qui entrent dans la Nomen-
3.19 La date dâacquisition dâun bien est celle Ă clature des fonctions de la consommation individuelle
laquelle la propriété de ce bien est transférée au con- (COICOP). Certains biens durables durent beaucoup
sommateur. Dans une situation de marchĂ©, câest la date plus que dâautres, les moins durables Ă©tant qualifiĂ©s de
Ă laquelle le consommateur contracte une obligation de «semi-durables» dans la COICOP, comme les vĂȘte-
paiement, au comptant ou en nature. La date dâacquisi- ments, par exemple. Les logements ne sont pas classĂ©s
tion dâun service nâest pas aussi facile Ă prĂ©ciser car la parmi les biens de consommation durables dans cette
prestation de services ne fait pas intervenir un transfert classification. Ils sont considérés comme des actifs fixes
de propriĂ©tĂ©, mais a gĂ©nĂ©ralement pour effet dâamĂ©liorer et non des biens de consommation et nâentrent donc pas
dans une certaine mesure la situation du consommateur. dans le cadre de la COICOP. Cependant, les services de
Un service est acquis par le consommateur Ă la date oĂč logement fournis et consommĂ©s par les propriĂ©-
le producteur le fournit et oĂč le consommateur accepte tairesâoccupants y sont inclus et sont classĂ©s dans la
lâobligation de paiement. mĂȘme catĂ©gorie que les services de logement consom-
3.20 Par conséquent, dans une situation de marché, més par les locataires.
la date dâacquisition, aussi bien pour les biens que pour 3.24 Services. Les consommateurs peuvent conti-
les services, est la date oĂč lâobligation de paiement est nuer Ă bĂ©nĂ©ficier des avantages procurĂ©s par certains
contractĂ©e. Lorsque le paiement nâest pas effectuĂ© services, et en tirer de lâutilitĂ©, longtemps aprĂšs leur
immédiatement en espÚces, il se peut que le compte prestation car ils donnent lieu à une amélioration impor-
bancaire du consommateur ne soit dĂ©bitĂ© quâau bout tante, durable, voire permanente, de leur situation. La
dâun dĂ©lai assez long si lâachat est rĂ©glĂ© par chĂšque, qualitĂ© de la vie des personnes qui subissent un traite-
carte de crédit ou autre moyen analogue. La date à ment médical, par exemple une intervention de rempla-
laquelle le compte est finalement débité dépend des cement des hanches ou une opération de la cataracte, est
facilitĂ©s administratives et des dispositifs institutionnels amĂ©liorĂ©e de façon sensible et permanente. De mĂȘme,
et financiers en place. Elle est sans rapport avec la date les consommateurs de services éducatifs peuvent en
dâenregistrement des transactions ou des prix. tirer profit pendant toute la durĂ©e de leur vie.
3.21 La distinction entre la date dâacquisition et la 3.25 Ă des fins dâanalyse, il vaut peut-ĂȘtre mieux
date dâutilisation est particuliĂšrement importante dans le traiter certains types de services, tels que lâĂ©ducation
cas des biens durables et de certains types de services. et la santĂ©, comme les Ă©quivalentsâservices des biens
49
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
durables. Les dĂ©penses au titre de ces services peuvent 3.29 Il est difficile dâestimer la valeur et le prix des
ĂȘtre traitĂ©es comme des investissements qui accroissent flux de services fournis par le stock de biens durables
le stock de capital humain. Une autre caractéristique détenu par les ménages, tandis que les dépenses au titre de
que les services dâĂ©ducation et de santĂ© partagent avec ces biens, ainsi que leur prix dâachat, sont faciles Ă con-
les biens durables est le fait quâils sont souvent si onĂ©- naĂźtre. En partie du fait de ces difficultĂ©s pratiques, les IPC
reux que leur achat doit ĂȘtre financĂ© par des emprunts ont jusquâĂ prĂ©sent Ă©tĂ© Ă©tablis dans une large mesure ou
ou des prĂ©lĂšvements sur dâautres actifs. entiĂšrement sur la base des acquisitions. De mĂȘme, la
comptabilité nationale a tendance à rendre compte des
Indices des prix à la consommation dépenses au titre des biens durables, ou des acquisitions
fondĂ©s sur les acquisitions et les de ces biens, et non des flux de services quâils fournissent.
utilisations Comme indiqué ci-dessus, les logements sont considérés
comme des actifs fixes, et non des biens durables dans le
3.26 La distinction entre lâacquisition et lâutilisa- SCN. Le traitement des logements occupĂ©s par leurs pro-
tion dâun bien ou service de consommation a conduit Ă priĂ©taires est examinĂ© sĂ©parĂ©ment ci-aprĂšs.
la proposition de deux concepts dâIPC diffĂ©rents :
âą Un IPC qui mesure la variation moyenne dâune pĂ©-
riode Ă lâautre des prix des biens et services de
Indices de panier-type
consommation acquis par les ménages. et indices du coût de la vie
âą Ou bien, un IPC qui mesure la variation moyenne 3.30 Au niveau conceptuel, une distinction fonda-
dâune pĂ©riode Ă lâautre des prix des biens et services mentale peut ĂȘtre Ă©tablie entre un indice de panier-type
de consommation utilisĂ©s par les mĂ©nages pour satis- et un indice du coĂ»t de la vie. Dans le contexte de lâIPC,
faire leurs besoins et désirs. un indice de panier-type est un indice qui mesure la
3.27 Les flux des acquisitions et des utilisations variation dâune pĂ©riode Ă lâautre des dĂ©penses totales
peuvent ĂȘtre trĂšs diffĂ©rents pour les biens durables. Les nĂ©cessaires Ă lâacquisition dâun ensemble ou panier
acquisitions de biens durables, comme les biens dâĂ©qui- donnĂ© de biens et services de consommation. Il est
pement, sont appelĂ©es Ă fluctuer selon lâĂ©tat gĂ©nĂ©ral de appelĂ© «indice de Lowe» dans le prĂ©sent manuel. Un
lâĂ©conomie, tandis que lâutilisation du stock de biens indice du coĂ»t de la vie est un indice qui mesure la
durables par les mĂ©nages est un processus gĂ©nĂ©ralement variation du coĂ»t minimum nĂ©cessaire au maintien dâun
progressif et sans à -coups. Un indice établi sur la base niveau de vie donné. Les deux indices ont donc des
des utilisations mesure les variations dâune pĂ©riode Ă objectifs trĂšs similaires, en ce sens quâils mesurent la
lâautre des prix des flux de services fournis par les biens variation des dĂ©penses totales nĂ©cessaires pour acquĂ©rir
durables. Comme expliquĂ© au chapitre 23, la valeur du soit le mĂȘme panier, soit deux paniers dont la composi-
flux de services fournis par un bien durable peut ĂȘtre tion peut diffĂ©rer mais entre lesquels le consommateur
estimĂ©e Ă lâaide de son «coĂ»t dâutilisation», qui est est indiffĂ©rent.
essentiellement Ă©gal Ă lâamortissement de lâactif (aux
prix courants) plus les charges dâintĂ©rĂȘts. Lâinclusion de Indices de Lowe
ces deux éléments signifie que, à long terme, la pondé- 3.31 Les IPC sont presque toujours calculés sous
ration affectĂ©e aux biens durables est plus grande que forme dâindices de Lowe dans la pratique. Leurs pro-
dans lâapproche «acquisitions». En principe, les flux de priĂ©tĂ©s et comportement sont dĂ©crits en dĂ©tail dans
services, ou avantages, tirĂ©s de grosses dĂ©penses dâĂ©du- divers chapitres du prĂ©sent manuel. La plupart des IPC
cation et de santĂ© pourraient, eux aussi, ĂȘtre estimĂ©s sur servent Ă mesurer la variation dâune pĂ©riode Ă lâautre de
la base des coĂ»ts dâutilisation. la valeur totale dâun panier donnĂ© de biens et services de
3.28 Lorsque les biens durables sont loués sur le consommation achetés ou acquis par un groupe déter-
marché, les revenus locatifs doivent couvrir non seule- miné de ménages à une date spécifiée. La signification
ment la valeur des flux de services, mais aussi les frais de cet indice est claire. Il est, bien entendu, nécessaire de
administratifs (administration et gestion, réparations, veiller à ce que le panier choisi soit adapté aux besoins
entretien et frais gĂ©nĂ©raux, notamment). Par exemple, le des utilisateurs et tenu Ă jour. Le panier peut ĂȘtre modifiĂ©
montant à payer pour utiliser une machine à laver le à intervalles réguliers et ne doit pas nécessairement res-
linge dans une laverie automatique doit couvrir le coût ter fixe pendant longtemps. Le choix du panier est traité
des locaux, les frais dâĂ©lectricitĂ©, de rĂ©paration et plus en dĂ©tail dans les chapitres prĂ©sent et suivant.
dâentretien, les salaires du personnel de supervision,
etc., ainsi que les services fournis par la machine elle-
mĂȘme. De mĂȘme, le prix de location dâune voiture doit
Indices du coût de la vie
dĂ©passer sensiblement le coĂ»t du flux de services four- 3.32 Lâapproche Ă©conomique de la thĂ©orie des in-
nis par la voiture elle-mĂȘme. Dans les deux cas, le client dices part du principe que les quantitĂ©s consommĂ©es sont
achÚte un ensemble de services qui ne se limite pas à fonction du prix. Les ménages sont des preneurs de prix
lâutilisation du bien durable en soi. qui rĂ©agissent aux variations des prix relatifs en ajustant
50
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
les quantitĂ©s relatives quâils consomment. Un indice de devra ĂȘtre compensĂ© par une augmentation du niveau de
panier-type fondĂ© sur un ensemble fixe de quantitĂ©s ne consommation pour que le bien-ĂȘtre total reste Ă un
tient pas compte de la tendance systématique des con- niveau inchangé. Par exemple, lorsque le temps devient
sommateurs à substituer des articles qui sont devenus mauvais, une plus grande quantité de mazout est néces-
relativement meilleur marchĂ© Ă ceux qui sont devenus saire pour avoir le mĂȘme niveau de confort quâaupara-
relativement plus onéreux. Cet effet de substitution est vant. Le coût des quantités accrues de mazout consom-
par contre pris en compte dans lâindice du coĂ»t de la vie mĂ©es fait monter lâindice inconditionnel du coĂ»t de la
fondĂ© sur lâapproche Ă©conomique. Celui-ci mesure la vie, quelle que soit lâĂ©volution des prix. Un nombre
variation du minimum de dĂ©penses nĂ©cessaire pour main- incalculable dâĂ©vĂ©nements peut influer sur un tel indice
tenir un niveau de vie donné lorsque les consommateurs allant des catastrophes naturelles comme les tremble-
soucieux de maximiser leur utilitĂ© modifient la composi- ments de terre aux dĂ©sastres provoquĂ©s par lâhomme,
tion de leurs achats en fonction des variations des prix tels que Chernobyl ou les attentats terroristes.
relatifs. Contrairement Ă lâindice de panier-type, lâindice 3.36 Si lâindice inconditionnel du coĂ»t de la vie prĂ©-
du coĂ»t de la vie est fondĂ© sur un panier qui ne reste gĂ©nĂ©- sente un certain intĂ©rĂȘt analytique et pratique, il est tou-
ralement pas inchangĂ© dâune pĂ©riode Ă lâautre en raison tefois dĂ©fini dâune maniĂšre telle que son but dĂ©libĂ©rĂ© est
de ces substitutions. de mesurer les effets de nombreux facteurs autres que les
3.33 Les propriĂ©tĂ©s et le comportement des indices prix. Si lâobjectif est de mesurer seulement les effets des
du coût de la vie sont expliqués en détail au chapitre 17 variations des prix, il faut que les facteurs autres que les
et ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© succinctement dĂ©crits au chapitre 1. Le prix soient maintenus constants. Ătant donnĂ© quâun
champ maximum de lâindice du coĂ»t de la vie serait indice du coĂ»t de la vie est appelĂ© Ă servir dâindice des
lâensemble tout entier des biens et services de consom- prix Ă la consommation, le champ quâil recouvre doit
mation consommĂ©s par les mĂ©nages, qui en dĂ©rivent une ĂȘtre limitĂ© de maniĂšre Ă exclure les effets des facteurs
utilité. Il inclut les biens et services reçus gratuitement autres que les variations des prix. Un indice conditionnel
au titre de transferts sociaux en nature des administra- du coût de la vie mesure la variation du minimum de
tions publiques ou des institutions sans but lucratif. dépenses nécessaire pour maintenir un niveau donné
Parce que les indices du coĂ»t de la vie mesurent la varia- dâutilitĂ©, ou de bien-ĂȘtre, lorsque les prix varient, Ă sup-
tion du coĂ»t nĂ©cessaire au maintien dâun niveau de vie poser que tous les autres facteurs affectant le bien-ĂȘtre
ou dâutilitĂ© donnĂ©, ils se prĂȘtent Ă une approche fondĂ©e demeurent constants. Il est conditionnel car il dĂ©pend
sur les utilisations et non sur les acquisitions, car lâuti- non seulement dâun niveau de vie et dâun ensemble de
litĂ© est dĂ©rivĂ©e non pas de lâacquisition dâun bien ou prĂ©fĂ©rences donnĂ© mais aussi dâun Ă©tat donnĂ© des fac-
dâun service de consommation, mais de leur utilisation teurs autres que les prix qui influent sur le bien-ĂȘtre. Les
en vue de satisfaire des besoins et désirs personnels. indices du coût de la vie dont il est question dans le pré-
3.34 Par bien-ĂȘtre, on entend non seulement le sent manuel sont des indices conditionnels.
bien-ĂȘtre Ă©conomique, qui est lâutilitĂ© liĂ©e Ă des activitĂ©s 3.37 Il ne faut pas voir dans lâindice conditionnel
Ă©conomiques telles que la production, la consommation du coĂ»t de la vie un indice de second choix. Lâindice
et le travail, mais aussi le bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral associĂ© Ă inconditionnel est plus exhaustif que lâindice condi-
dâautres facteurs tels quâun Ă©tat de sĂ©curitĂ© Ă lâabri des tionnel en tant quâindice du coĂ»t de la vie mais pas en
attaques dâautrui. Il nâest pas toujours possible dâĂ©tablir tant quâindice des prix. Un indice inconditionnel ne
une distinction bien nette entre les facteurs Ă©cono- comporte pas plus dâinformations sur les prix quâun
miques et les facteurs non économiques, mais il est clair indice conditionnel et il ne renseigne pas davantage sur
que le bien-ĂȘtre total nâest quâen partie fonction de la lâeffet des variations des prix sur le bien-ĂȘtre des
quantité de biens et de services consommés. ménages. Au contraire, cet effet est dilué et obscurci car
3.35 Indices conditionnels et inconditionnels du un nombre plus grand de variables affectant le bien-ĂȘtre
coĂ»t de la vie. En principe, le champ dâun indice du coĂ»t est inclus dans le champ de lâindice.
de la vie varie selon quâil est ou non dĂ©libĂ©rĂ©ment Ă©tabli 3.38 Les indices de Lowe, y compris ceux Ă©tablis
sous forme dâun indice conditionnel ou inconditionnel. suivant la formule de Laspeyres et de Paasche, sont eux
Le bien-ĂȘtre total dâun mĂ©nage est fonction dâun aussi des indices conditionnels, car ils dĂ©pendent du
ensemble de facteurs non Ă©conomiques tels que le cli- choix du panier. Le fait que la valeur dâun indice de pa-
mat, lâĂ©tat de lâenvironnement physique, social et poli- nier-type varie de façon prĂ©visible en fonction du panier
tique, le risque dâagressions criminelles ou de conflit, choisi a donnĂ© naissance Ă un grand nombre des ouvrages
lâincidence des maladies, etc., ainsi que des quantitĂ©s de consacrĂ©s Ă la thĂ©orie des indices. Au niveau conceptuel,
biens et services consommĂ©es. Un indice inconditionnel lâindice de Lowe et lâindice conditionnel du coĂ»t de la vie
du coĂ»t de la vie mesure la variation du coĂ»t supportĂ© ont beaucoup en commun. Lâindice de Lowe mesure la
par un mĂ©nage pour maintenir le bien-ĂȘtre total Ă un variation du coĂ»t dâun panier dĂ©terminĂ© de biens et ser-
niveau donnĂ© lorsque les facteurs non Ă©conomiques vices, tandis que lâindice conditionnel du coĂ»t de la vie
varient, ainsi que les prix des biens et services de con- mesure la variation du coût nécessaire pour maintenir le
sommation. Si lâĂ©volution des facteurs non Ă©cono- niveau dâutilitĂ© associĂ© Ă un panier dĂ©terminĂ© de biens et
miques entraĂźne une diminution du bien-ĂȘtre, cet effet services, toutes choses Ă©tant Ă©gales par ailleurs.
51
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
Dépenses et autres paiements nit en échange un service sous une forme ou une autre,
par exemple en exerçant des fonctions de surveillance,
hors du champ des indices de réglementation ou de contrÎle. Dans ce dernier cas,
des prix Ă la consommation les paiements Ă ce titre pourraient ĂȘtre considĂ©rĂ©s
3.39 Comme la plupart des IPC sont conçus pour comme des achats de services. Certains cas sont si mar-
mesurer les variations des prix des biens et des services ginaux que les experts en fiscalitĂ© ont passĂ© des annĂ©es Ă
de consommation, il sâensuit que les achats dâarticles en dĂ©battre sous lâĂ©gide du Fonds monĂ©taire internatio-
autres que les biens et les services nâentrent pas dans le nal sans parvenir Ă un consensus. Aussi ont-ils dĂ©cidĂ© de
champ normalement couvert par un IPC : par exemple, se tenir à certaines conventions fondées sur les pratiques
les achats dâobligations, dâactions ou autres actifs finan- suivies par la majoritĂ© des pays. Il y a lieu de faire usage
ciers. En sont Ă©galement exclus les paiements qui ne de ces conventions pour lâĂ©tablissement des IPC ou des
sont pas des achats parce que rien nâest reçu en contre- comptes nationaux. Elles sont prĂ©sentĂ©es dans le
partie : par exemple les paiements dâimpĂŽts sur le re- Manuel de statistiques de finances publiques du FMI
venu ou les cotisations de sécurité sociale. (2001) et ont été adoptées également dans le SCN 1993.
3.40 Lâapplication de ces principes nâest pas tou- 3.44 Les paiements que les mĂ©nages effectuent pour
jours simple, car la distinction entre les dĂ©penses au avoir le droit de dĂ©tenir ou dâutiliser certains biens ou faci-
titre de biens ou de services et les autres paiements lités sont, par convention, classés parmi les dépenses de
nâest parfois pas claire et nette dans la pratique. consommation et non parmi les transferts et entrent donc
Certains de ces cas difficiles sur le plan conceptuel, en dans le champ de lâIPC. Par exemple, les redevances de
particulier certains cas limites pouvant prĂȘter Ă contro- radio et tĂ©lĂ©vision, les permis de conduire, de port
verse, sont examinĂ©s ci-aprĂšs. dâarmes, etc., ainsi que les taxes de passeport y sont
inclus. En revanche, les permis de possĂ©der ou dâutiliser
des véhicules, bateaux et avions, ainsi que les permis pour
Transferts la chasse, le tir ou la pĂȘche relĂšvent, par convention, de la
3.41 Un transfert se dĂ©finit comme une opĂ©ration fiscalitĂ© directe et sont donc exclus du champ de lâIPC.
dans laquelle une unitĂ© fournit un bien, un service ou un Cependant, nombre de pays y incluent les taxes sur lâutili-
actif à une autre unité sans recevoir de cette derniÚre un sation de véhicules privés car ils les considÚrent comme
bien, un service ou un actif en Ă©change, câest-Ă -dire une des taxes Ă la consommation au sens de lâIPC. Comme les
opération sans contrepartie. Comme aucun bien ou ser- circonstances effectives dans lesquelles les autorisations
vice, sous une forme ou une autre, nâest acquis par le sont dĂ©livrĂ©es, et les conditions qui y sont attachĂ©es,
mĂ©nage quand il fait un transfert, celui-ci doit ĂȘtre exclu peuvent varier sensiblement dâun pays Ă lâautre, lâoffice
du champ de lâIPC. Ce qui est difficile, câest de dĂ©termi- statistique national aura parfois Ă dĂ©cider de sâĂ©carter des
ner si certains types dâopĂ©rations sont vraiment des conventions proposĂ©es. En gĂ©nĂ©ral, toutefois, il semble
transferts ou non, et ce problÚme est commun aux IPC préférable de suivre les conventions adoptées par les
et à la comptabilité nationale. experts en la matiÚre et internationalement reconnues.
3.42 Cotisations sociales et impÎts sur le revenu et 3.45 Dons et souscriptions. Les dons sont, par défi-
le patrimoine. Comme les mĂ©nages ne reçoivent pas un nition, des transferts et nâentrent donc pas dans le champ
bien ou un service spĂ©cifique en Ă©change des cotisations de lâIPC. Les paiements de souscriptions ou les dona-
sociales quâils versent, celles-ci sont considĂ©rĂ©es tions aux organisations caritatives en Ă©change desquels
comme des transferts et exclues Ă ce titre du champ de aucun service facilement identifiable nâest reçu sont eux
lâIPC. De mĂȘme, tous les paiements dâimpĂŽts assis sur aussi des transferts. Par contre, les paiements de sous-
le revenu ou le patrimoine (propriĂ©tĂ© dâactifs) nâentrent criptions aux clubs et associations, y compris les Ćuvres
pas dans le champ de lâIPC, car il sâagit de transferts de bienfaisance, qui fournissent Ă leurs membres des ser-
obligatoires sans contrepartie en faveur de lâĂtat. Nây vices sous une forme ou une autre (rĂ©unions rĂ©guliĂšres,
sont pas non plus inclus les paiements dâimpĂŽts sur la magazines, etc.) peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des
propriĂ©tĂ© fonciĂšre et immobiliĂšre (gĂ©nĂ©ralement prĂ©le- dĂ©penses de consommation finale et inclus dans lâIPC.
vĂ©s sous forme dâimpĂŽts ou de redevances Ă verser aux 3.46 Pourboires et gratifications. Les pourboires ou
collectivitĂ©s locales). Il y a lieu de noter, toutefois, que gratifications non obligatoires sont des dons qui nâentrent
les transferts obligatoires sans contrepartie pourraient pas dans le champ de lâIPC. Il y a toutefois des cas oĂč,
ĂȘtre incorporĂ©s dans un indice inconditionnel du coĂ»t de sans ĂȘtre obligatoire, un paiement monĂ©taire supplĂ©men-
la vie ou dans un indice conditionnel plus largement taire facilite grandement lâobtention dâun bien ou dâun
défini qui tient compte des variations de facteurs autres service. Il faut alors inclure ce paiement dans les dépenses
que les prix des biens et services de consommation. au titre du bien ou du service en question et dans son prix.
3.43 Licences et permis. Les ménages sont tenus de
verser une certaine somme pour obtenir divers types de
permis, et on ne sait souvent pas trĂšs bien sâil sâagit lĂ
Assurance
tout simplement dâune taxe appelĂ©e autrement ou si 3.47 Il y a deux principaux types dâassurance, lâas-
lâorganisme gouvernemental qui dĂ©livre le permis four- surance vie et lâassurance dommages. Dans les deux
52
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
cas, les primes ont deux composantes. Lâune est le paie- indices des prix. Lâindice des cours boursiers en est
ment de lâassurance proprement dite, souvent appelĂ© un exemple.
prime nette, et lâautre est une commission de service 3.54 Une grande partie des actifs financiers dĂ©tenus
implicite Ă verser Ă la sociĂ©tĂ© dâassurance qui a mis sur par les mĂ©nages sont acquis indirectement par le biais
pied le contrat dâassurance, câest-Ă -dire une redevance de rĂ©gimes de pension et de contrats dâassurance vie. Ă
en Ă©change de services consistant Ă calculer les risques, lâexclusion des commissions de service, les cotisations
Ă dĂ©terminer les primes, Ă gĂ©rer le recouvrement et lâin- de retraite versĂ©es par les mĂ©nages sont assimilables
vestissement des primes et Ă verser les indemnitĂ©s. aux paiements de prime dâassurance vie. Elles reprĂ©-
3.48 La commission de service implicite nâest pas sentent essentiellement une forme de placement de leur
directement observable. Elle fait partie intĂ©grante de la Ă©pargne et sont donc exclues du champ de lâIPC. Par
prime brute et nâest pas identifiĂ©e sĂ©parĂ©ment dans la contre, les commissions explicites ou implicites versĂ©es
pratique. En tant que paiement dâun service, elle entre par les mĂ©nages pour les services rendus par les auxi-
dans le champ de lâIPC, mais est difficile Ă estimer. liaires financiers, tels que courtiers, banques, sociĂ©tĂ©s
3.49 Dans le cas de lâassurance dommages, la dâassurance (assurance vie et assurance dommages),
prime nette est essentiellement un transfert Ă une gestionnaires de fonds de pension, conseillers finan-
rĂ©serve servant Ă couvrir les risques collectifs de lâen- ciers, comptables, etc., relĂšvent du champ de lâIPC. Les
semble des assurés. En tant que transferts, elle est paiements de ces commissions sont tout simplement
exclue du champ de lâIPC. Pour ce qui est de lâassu- des achats de services.
rance vie, la prime nette est essentiellement une forme
dâinvestissement financier. Elle constitue lâachat dâun Achats et ventes de devises
actif financier, qui est lui aussi exclu de lâIPC.
3.55 Une devise est un actif financier. Les achats
3.50 Enfin, il y a lieu de noter que, lorsque le con- et ventes de devises sont donc exclus du champ de
trat dâassurance est mis sur pied par lâintermĂ©diaire lâIPC. Les variations des prix Ă verser ou Ă recevoir
dâun courtier ou dâun agent distinct de la sociĂ©tĂ© dâas- pour des devises qui rĂ©sultent de fluctuations des taux
surance, les commissions prĂ©levĂ©es par le courtier ou de change nây sont pas incluses. En revanche, les com-
lâagent pour leurs services sont incluses dans le champ missions de service prĂ©levĂ©es par les agents de change
de lâIPC, en plus des commissions de service implicites entrent dans le champ de lâIPC lorsque les mĂ©nages
des assureurs. acquiĂšrent les devises pour leur usage personnel. Ces
commissions recouvrent non seulement les redevances
Jeux de hasard explicites mais aussi lâĂ©cart entre les taux acheteur ou
3.51 Les sommes versées en paiement de billets de vendeur offerts par les agents de change et la moyenne
loterie ou placées dans des paris comportent, elles aussi, des deux taux.
deux éléments qui ne sont généralement pas identifiés
sĂ©parĂ©ment â une commission de service implicite Paiements, financement et crĂ©dit
(relevant des dépenses de consommation) et un transfert
3.56 En principe, la date à laquelle une dépense est
courant à la réserve sur laquelle les gagnants sont payés.
encourue est celle Ă laquelle lâacheteur contracte une
Seules les commissions de service implicites ou
obligation de paiement, câest-Ă -dire lorsque la propriĂ©tĂ©
explicites payables aux organisateurs des jeux entrent
du bien est transférée ou lorsque le service est fourni. La
dans le champ de lâIPC. Les commissions de service,
date de paiement est celle Ă laquelle lâobligation est
qui sont généralement calculées à un niveau agrégé,
éteinte. Les deux dates coïncident lorsque le paiement
sont égales à la différence entre les montants à payer
est effectuĂ© immĂ©diatement au comptant, câest-Ă -dire
(mises) et les montants Ă recevoir (gains).
sous forme de billets et piĂšces, mais on observe de plus
en plus souvent un décalage entre la date de paiement et
OpĂ©rations sur actifs financiers celle oĂč la dĂ©pense est encourue du fait de lâutilisation
3.52 Les actifs financiers ne sont pas des biens ou de chÚques, cartes de crédit et autres formes de facilités
des services de consommation. La crĂ©ation dâactifs/pas- de crĂ©dit. Les choses se compliquent dans le cas des
sifs financiers ou leur extinction, par exemple par la paiements Ă©chelonnĂ©s avec versement dâun acompte.
voie de prĂȘts, dâemprunts ou de remboursements, sont Dans certains cas, les dĂ©calages temporels et la com-
des opérations financiÚres qui sont trÚs différentes des plexité des instruments financiers et des dispositifs ins-
achats de biens et de services et ont lieu indĂ©pendam- titutionnels font quâil est difficile de dĂ©terminer la date
ment de ceux-ci. Lâachat dâun actif financier, qui est une exacte du paiement. Il se peut mĂȘme que la date de paie-
forme dâinvestissement financier, nâest Ă©videmment pas ment diffĂšre selon que la transaction est considĂ©rĂ©e du
une dĂ©pense de consommation. point de vue de lâacheteur ou du vendeur.
3.53 Certains actifs financiers, notamment les titres 3.57 Ă des fins dâharmonisation avec les donnĂ©es
sous forme de bons, obligations et actions, sont négo- sur les dépenses utilisées comme pondérations dans
ciables et ont un prix de marchĂ©. Ils ont leurs propres lâIPC, il y a lieu dâenregistrer les prix de la pĂ©riode Ă
53
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
laquelle les dĂ©penses sont effectivement effectuĂ©es, ce 3.62 Les achats Ă tempĂ©rament et les prĂȘts hypothĂ©-
qui est conforme Ă lâapproche «acquisitions». caires doivent ĂȘtre traitĂ©s de la mĂȘme maniĂšre que les
autres prĂȘts. Le fait que certains prĂȘts soient accordĂ©s Ă la
OpĂ©rations financiĂšres et emprunts condition que lâemprunteur affecte les fonds Ă un usage
3.58 Il se peut que certaines dĂ©penses individuelles particulier nâinflue en aucune façon sur le traitement du
soient de montants trĂšs Ă©levĂ©s : par exemple, lâachat de prĂȘt lui-mĂȘme. En outre, les prĂȘts conditionnels ne sont
traitements mĂ©dicaux coĂ»teux, dâun bien durable dâim- nullement limitĂ©s Ă lâachat «à tempĂ©rament» de biens
portance ou de vacances onĂ©reuses. Si le mĂ©nage nâa durables. Ils peuvent ĂȘtre faits dans dâautres buts, par
pas suffisamment de numĂ©raires ou ne dĂ©sire pas rĂ©gler exemple pour financer de grosses dĂ©penses dâĂ©ducation
le montant total par versements immĂ©diats au comptant, ou de santĂ©. Dans chaque cas, la contraction de lâemprunt
diverses options sâoffrent Ă lui. est une opĂ©ration distincte de la dĂ©pense au titre du bien
ou du service et doit ĂȘtre distinguĂ©e de cette derniĂšre. Les
âą Lâacheteur peut contracter un emprunt auprĂšs dâune deux opĂ©rations peuvent mettre en jeu des parties diffĂ©-
banque, dâun prĂȘteur sur gage ou autre institution rentes et avoir lieu Ă des dates tout Ă fait diffĂ©rentes.
financiĂšre. 3.63 Bien que lâapport de fonds soit une opĂ©ration
âą Lâacheteur peut utiliser une carte de crĂ©dit. distincte de lâachat de biens ou de services auquel il est
âą Le vendeur peut faire crĂ©dit Ă lâacheteur ou encore il destinĂ©, il peut influer sur le prix versĂ©. Chaque cas doit
peut veiller Ă ce quâune tierce partie, par exemple une ĂȘtre examinĂ© avec soin. Par exemple, supposons que le
institution financiĂšre dâun type ou dâun autre, accorde vendeur consent Ă ce que le paiement soit diffĂ©rĂ© dâun
un crĂ©dit Ă lâacheteur. an. Il semble accorder par lĂ un prĂȘt sans intĂ©rĂȘts pen-
dant un an, mais la réalité économique est différente. Le
CrĂ©ation dâun actif/passif financier vendeur accorde un prĂȘt, mais pas sans prĂ©lever des
intĂ©rĂȘts. Et le montant du prĂȘt nâest pas Ă©gal Ă son coĂ»t
3.59 Lorsquâun consommateur a recours Ă lâem- «intĂ©gral». Implicitement, lâacheteur Ă©met en faveur du
prunt pour acheter un bien ou un service, deux transac- vendeur une obligation Ă court terme qui est Ă rembour-
tions distinctes sont en jeu : lâachat du bien ou du service ser dans un dĂ©lai dâun an et utilise les fonds reçus du
et lâemprunt des fonds nĂ©cessaires Ă cet effet. Ce dernier vendeur pour payer le bien. Cependant, la valeur ac-
est une opĂ©ration purement financiĂšre entre un crĂ©ancier tuelle dâune obligation au moment oĂč elle est Ă©mise est
et un dĂ©biteur, par laquelle il y a crĂ©ation dâun nouvel sa valeur de rachat, actualisĂ©e sur la base des intĂ©rĂȘts
actif/passif financier. Cette opĂ©ration financiĂšre ne re- dus pour un an. Le montant Ă rembourser par lâacheteur
lĂšve pas du champ de lâIPC. Comme indiquĂ© ci-dessus, au moment oĂč lâachat du bien a effectivement lieu est la
une opĂ©ration financiĂšre nâa pas dâeffet sur le patrimoine valeur actualisĂ©e de lâobligation et non le prix de rachat
et nâimplique pas dâactivitĂ© de consommation. Elle intĂ©gral Ă payer au bout dâun an. Câest la valeur actuali-
rĂ©amĂ©nage tout simplement le portefeuille dâactifs dâun sĂ©e qui doit ĂȘtre enregistrĂ©e aux fins de lâĂ©tablissement
particulier en Ă©changeant un type dâactif contre un autre. de lâIPC. La diffĂ©rence entre la valeur actualisĂ©e et la
Par exemple, lorsquâun prĂȘt est accordĂ©, le prĂȘteur valeur de rachat est, bien entendu, le montant des intĂ©-
Ă©change des numĂ©raires contre une crĂ©ance financiĂšre rĂȘts que lâacheteur verse implicitement au titre de lâobli-
sur le dĂ©biteur. Quant Ă lâemprunteur, il acquiert des gation pendant une durĂ©e dâun an. Ce traitement corres-
numéraires, opération qui a pour contrepartie la création pond à la maniÚre dont les bons et obligations sont
dâun passif financier de valeur Ă©gale. Ces opĂ©rations ne effectivement Ă©valuĂ©s sur les marchĂ©s financiers, ainsi
prĂ©sentent pas dâintĂ©rĂȘt pour lâĂ©tablissement dâun IPC. quâĂ la façon dont ils sont enregistrĂ©s en comptabilitĂ©
3.60 En gĂ©nĂ©ral, lorsquâun mĂ©nage emprunte Ă une dâentreprise et en comptabilitĂ© Ă©conomique. DiffĂ©rer le
institution financiĂšre, en particulier Ă un prĂȘteur sur paiement du prĂȘt de la maniĂšre dĂ©crite ci-dessus revient
gages, les fonds empruntĂ©s peuvent ĂȘtre utilisĂ©s Ă des Ă en rĂ©duire le coĂ»t et câest cette rĂ©duction quâil faut
fins diverses, notamment Ă lâachat dâactifs tels que des prendre en compte dans lâIPC. Le paiement dâintĂ©rĂȘts
logements ou des actifs financiers (obligations ou implicite ne fait pas partie du coût, mais il le réduit. Cet
actions, par exemple), ainsi quâĂ lâachat de biens et ser- exemple montre que, dans certaines circonstances, le
vices onĂ©reux. De mĂȘme, le crĂ©dit accordĂ© au dĂ©tenteur taux dâintĂ©rĂȘt du marchĂ© peut influer sur le prix Ă verser,
dâune carte de crĂ©dit peut ĂȘtre destinĂ© Ă des usages mais celui-ci dĂ©pend des modalitĂ©s exactes du contrat
divers. En soi, la crĂ©ation dâun actif et dâun passif finan- de crĂ©dit entre le vendeur et lâacheteur. Chaque cas est Ă
cier par un nouvel emprunt nâa pas dâeffet sur lâIPC. Il examiner avec soin selon lâintĂ©rĂȘt quâil prĂ©sente.
nây a pas acquisition de biens ou de services, pas de 3.64 Il faut clairement distinguer le cas qui prĂ©cĂšde
dépenses et pas de prix. de celui des achats à tempérament, qui est examiné
3.61 Il convient de noter que les charges dâintĂ©rĂȘts dans la section qui suit et oĂč lâacheteur paie effective-
ne sont pas en soi des opérations financiÚres. Le paie- ment le prix intégral et emprunte un montant égal à ce
ment dâintĂ©rĂȘts est fort diffĂ©rent des emprunts, prĂȘts ou prix tout en sâengageant non seulement Ă rembourser le
autres opérations financiÚres qui y donnent lieu. Les montant emprunté, mais aussi à effectuer des charges
intĂ©rĂȘts sont examinĂ©s sĂ©parĂ©ment ci-aprĂšs. dâintĂ©rĂȘts explicites.
54
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
55
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
rĂȘts. Il est peut-ĂȘtre quasiment impossible dâĂ©tablir des telles que le nettoyage, peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme
estimations rĂ©alistes et fiables de la commission de ser- des corvĂ©es qui rĂ©duisent lâutilitĂ©. Quoi quâil en soit, les
vice implicite intégrée dans la plupart des cas aux biens ou services entrant dans ces activités de produc-
charges dâintĂ©rĂȘts. En outre, pour Ă©tablir un IPC, il est tion ne sont pas dâeux-mĂȘmes gĂ©nĂ©rateurs dâutilitĂ©. Ici
nĂ©cessaire dâestimer non seulement la valeur de la com- encore, les exemples abondent : les aliments crus qui ne
mission de service, mais aussi les variations du prix des sont pas mangeables sans ĂȘtre cuits; les produits de net-
services dâune pĂ©riode Ă lâautre. Ătant donnĂ© la com- toyage; les produits Ă©nergĂ©tiques comme le charbon, le
plexitĂ© des flux dâintĂ©rĂȘts et la nĂ©cessitĂ© de traiter diffĂ©- gaz, lâĂ©lectricitĂ© ou le pĂ©trole; les engrais; les services
remment les divers flux, il semble que lâinclusion des des rĂ©frigĂ©rateurs et congĂ©lateurs, etc.
intĂ©rĂȘts nominaux dans un IPC ne soit guĂšre justifiĂ©e, 3.76 Une utilitĂ© est dĂ©rivĂ©e de la consommation du
surtout en situation dâinflation. produit de lâactivitĂ© de production exercĂ©e par les
mĂ©nages Ă des fins dâautoconsommation. Il est donc
nĂ©cessaire de dĂ©terminer si lâIPC doit mesurer les varia-
Production des ménages tions des prix du produit ou des moyens de production.
3.72 Les mĂ©nages peuvent exercer des activitĂ©s En principe, câest la premiĂšre option qui semble prĂ©fĂ©-
productives de divers types et les biens et services qui rable, mais dâimportantes objections sont soulevĂ©es Ă
en résultent sont destinés soit au marché, soit à leur son encontre.
propre consommation. 3.77 Au niveau conceptuel, il est difficile de déter-
miner quel est le produit final effectif dâun grand
Activités économiques nombre des activités de production les plus nébuleuses
3.73 Les ménages peuvent exercer des activités des ménages. Il est particuliÚrement difficile de cerner
Ă©conomiques ou commerciales (exploitation agricole, avec exactitude le produit dâimportantes activitĂ©s de ser-
commerce de détail, construction, services profession- vice exercées au sein des ménages, telles que les soins
nels ou financiers, etc.). Les biens et services entrant aux enfants, aux malades ou aux personnes ùgées.
dans la production dâautres biens et services destinĂ©s Ă MĂȘme sâil Ă©tait possible de le faire dâune maniĂšre satis-
ĂȘtre vendus sur le marchĂ© constituent la consommation faisante, il nâen faudrait pas moins mesurer ce produit et
intermédiaire. Ils ne font pas partie de la consommation en déterminer le prix. Or, en pareil cas, les prix ne sont
finale des mĂ©nages. Les prix des biens et services pas observables car il nây a pas transaction de vente. Ils
intermĂ©diaires achetĂ©s par les mĂ©nages ne sont pas devront donc ĂȘtre imputĂ©s et seront ainsi non seulement
inclus dans lâIPC. Dans la pratique, il est souvent diffi- hypothĂ©tiques, mais aussi inĂ©luctablement trĂšs spĂ©cula-
cile de distinguer clairement la consommation intermĂ©- tifs. Leur inclusion dans lâIPC nâest pas une possibilitĂ©
diaire de la consommation finale, car le mĂȘme bien peut rĂ©aliste en gĂ©nĂ©ral et il est quasiment certain quâils ne
ĂȘtre destinĂ© Ă lâune ou lâautre fin. seraient pas acceptables par la plupart des utilisateurs
qui sâintĂ©ressent surtout aux prix de marchĂ© payĂ©s par
les ménages.
Consommation par les mĂ©nages 3.78 La solution pratique est celle qui consiste Ă
de leur propre production considérer que les biens et services acquis sur le marché
3.74 En fait, les mĂ©nages ne consomment pas direc- par les mĂ©nages pour ĂȘtre utilisĂ©s dans leurs diverses
tement la totalitĂ© des biens et services quâils acquiĂšrent activitĂ©s de production sont eux-mĂȘmes des biens et
à des fins de consommation, mais en utilisent une partie services de consommation finale. Ils ont une utilité
pour produire dâautres biens et services, et ce sont eux indirecte, Ă supposer quâils soient destinĂ©s exclusive-
qui sont destinés à satisfaire leurs besoins et désirs. Les ment à la production de biens et de services qui sont
exemples nâen manquent pas. Câest ainsi que les pro- directement consommĂ©s par les mĂ©nages. Cette solution
duits alimentaires tels que la farine, les huiles comes- pratique est celle qui est généralement adoptée non seu-
tibles, la viande crue et les lĂ©gumes peuvent servir Ă lement pour lâĂ©tablissement de lâIPC, mais aussi en
faire du pain et des gĂąteaux ou Ă prĂ©parer des repas, comptabilitĂ© nationale, oĂč les dĂ©penses des mĂ©nages au
avec la contribution dâautres facteurs tels que les com- titre de ces biens et services relĂšvent de la consomma-
bustibles, les services fournis par les biens de consom- tion finale. Bien quâil sâagisse lĂ dâune solution simple
mation durables comme les rĂ©frigĂ©rateurs et les cuisi- et acceptable, dâun point de vue conceptuel, Ă un pro-
niĂšres, et le travail des membres du mĂ©nage. Un autre blĂšme autrement insoluble, des exceptions peuvent ĂȘtre
exemple est fourni par le matĂ©riel, lâĂ©quipement et le faites pour un ou deux types dâactivitĂ© de production
travail nécessaires pour nettoyer, entretenir et réparer les des ménages qui sont particuliÚrement importants et
logements; ou encore, les graines, les engrais, les insec- dont le produit est facilement identifiable.
ticides, lâĂ©quipement et le travail entrant dans la produc- 3.79 Lâagriculture de subsistance. La comptabilitĂ©
tion de légumes ou de fleurs, etc. nationale essaie de rendre compte de la valeur de la pro-
3.75 Certaines des activités de production exercées duction agricole des ménages destinée à leur propre
par les mĂ©nages, par exemple le jardinage ou la cuisine, consommation. Dans certains pays, lâagriculture de sub-
peuvent en soi engendrer de la satisfaction. Dâautres, sistance peut reprĂ©senter une large part de la production
56
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
et de la consommation agricoles. La comptabilité natio- facteurs de production. Les services en capital sont définis
nale exige que cette production soit Ă©valuĂ©e au prix du et mesurĂ©s exactement de la mĂȘme maniĂšre que ceux qui
marchĂ©. Il nâest pas certain que cette pratique soit celle sont fournis par les autres types dâactifs fixes tels que
quâil convient de suivre pour Ă©tablir un IPC. lâĂ©quipement ou les structures autres que les logements.
3.80 LâIPC peut retracer les prix effectifs des Comme expliquĂ© en dĂ©tail au chapitre 23, la valeur des
moyens de production ou les prix imputĂ©s des biens et services en capital est Ă©gale au coĂ»t dâutilisation et com-
services produits, mais pas les deux Ă la fois. Si ce sont porte principalement deux Ă©lĂ©ments, lâamortissement et
les prix imputĂ©s de la production agricole de subsis- les charges dâintĂ©rĂȘts ou coĂ»ts du capital. Les coĂ»ts du
tance qui sont inclus dans lâIPC, les prix dâachat des capital sont des frais qui sont encourus, que le logement
moyens de production doivent alors en ĂȘtre exclus. On soit ou non financĂ© Ă lâaide dâun prĂȘt hypothĂ©caire. Lors-
retirerait ainsi de lâindice la plupart des transactions que le logement est financĂ© sur des ressources propres, les
marchandes effectuĂ©es par les mĂ©nages. Les dĂ©penses charges dâintĂ©rĂȘts reprĂ©sentent le coĂ»t dâopportunitĂ© du
dâacquisition des moyens de production constituent capital investi dans le logement, câest-Ă -dire les intĂ©rĂȘts
parfois le principal point de contact que les ménages qui auraient été perçus si le capital avait été placé ailleurs.
ont avec le marché et par lequel ils subissent les effets 3.83 Il y a deux principales maniÚres de traiter la
de lâinflation. Il semble donc prĂ©fĂ©rable dâinclure dans production et la consommation de services de logement
lâIPC les prix effectifs des moyens de production et non par les propriĂ©tairesâoccupants dans lâIPC. La premiĂšre
les prix imputés des biens et services produits. consiste à déterminer le prix des services de logement
3.81 Les services de logement destinĂ©s Ă lâauto- produits qui sont consommĂ©s. Lâautre est de dĂ©terminer le
consommation. Le traitement des services de logement prix des facteurs entrant dans la production, notamment
produits par les propriĂ©tairesâoccupants est difficile Ă des services en capital. Si les services de logement sont Ă
dĂ©terminer et quelque peu controversĂ©. Il nây a pas con- traiter de la mĂȘme maniĂšre que les autres types de pro-
sensus sur la dĂ©finition de la pratique optimale en la duction des mĂ©nages Ă des fins dâautoconsommation, il
matiÚre. Cette question est traitée dans plusieurs cha- faut déterminer le prix des facteurs de production. La pro-
pitres du présent manuel, en particulier dans les cha- duction et la consommation de services de logement par
pitres 10 et 23. Au niveau conceptuel, la production de les propriĂ©tairesâoccupants peuvent toutefois ĂȘtre jugĂ©es
services de logement par les propriĂ©tairesâoccupants si importantes quâun traitement spĂ©cial sâimpose.
pour leur propre consommation nâest pas diffĂ©rente des 3.84 Si lâon dĂ©cide de dĂ©terminer le prix des ser-
autres types de production des mĂ©nages Ă des fins vices produits, on peut prendre pour base dâestimation
dâautoconsommation. La caractĂ©ristique distinctive de les loyers payables sur le marchĂ© pour des logements
la production de services de logement par les mĂ©nages locatifs du mĂȘme type. Il sâagit lĂ de la mĂ©thode de
pour leur propre consommation, par rapport aux autres lâĂ©quivalence locative. Lâun des problĂšmes pratiques qui
activitĂ©s de production de ces derniers, est quâelle exige risque de se poser est quâil nây a peut-ĂȘtre pas de loge-
le recours Ă un actif fixe dâune valeur extrĂȘmement Ă©le- ment locatif du mĂȘme type sur le marchĂ©. Par exemple,
vĂ©e, qui est le logement lui-mĂȘme. En Ă©conomie, ainsi il se peut quâil nây ait pas de marchĂ© locatif rural dans
quâen comptabilitĂ© nationale, un logement est gĂ©nĂ©rale- les pays en dĂ©veloppement, oĂč les logements sont dans
ment classé parmi les actifs fixes, de telle sorte que la plupart des cas effectivement construits par les
lâachat dâun logement relĂšve de la formation brute de mĂ©nages eux-mĂȘmes. Un autre problĂšme est celui qui
capital fixe et non de lâacquisition dâun bien de con- consiste Ă assurer que la valeur locative de marchĂ©
sommation durable. Les actifs fixes sont utilisĂ©s Ă des nâinclut pas dâautres services, tels que le chauffage, qui
fins de production, et non de consommation. Le loge- viennent en plus des services de logement proprement
ment nâest pas un bien qui est consommĂ© directement. dit. Dâautre part, la valeur locative de marchĂ©, comme
Il donne lieu à un flux de services en capital qui sont celle des biens durables donnés en location, doit couvrir
consommĂ©s sous forme de facteurs entrant dans la pro- les frais dâexploitation de lâagence de location ainsi que
duction de services de logement. Cette production les coûts des services de logement proprement dits, et
exige lâintervention dâautres facteurs, tels que les ser- assurer un bĂ©nĂ©fice aux propriĂ©taires. Enfin, les loge-
vices de rĂ©paration, dâentretien et dâassurance. Les ments locatifs sont en soi diffĂ©rents des logements oc-
ménages consomment les services de logement issus de cupés par leurs propriétaires en ce que les locataires ont
cette activité de production. plus de souplesse et de mobilité. Les coûts de transac-
3.82 Il importe de noter quâil y a ici deux types de tion sont beaucoup moins Ă©levĂ©s pour les locataires qui
flux de services, qui sont fort diffĂ©rents lâun de lâautre : dĂ©cident de changer de logement.
⹠Le premier est le flux de services en capital fourni par le 3.85 En principe, si la méthode fondée sur le prix
logement qui sont consommĂ©s sous forme de facteurs des services produits, ou de lâĂ©quivalence locative, est
entrant dans la production de services de logement. celle qui est adoptée, les prix des facteurs entrant dans
âą Lâautre est le flux de services de logement qui sont le la production des services de logement par les propriĂ©-
produit consommĂ© par les membres du mĂ©nage. tairesâoccupants tels que les frais de rĂ©paration, dâentre-
Les deux flux ne sont pas les mĂȘmes. La valeur du flux tien et dâassurance, doivent ĂȘtre eux aussi exclus. Sinon,
des services produits est supérieure à celle du flux des il y aurait double comptabilisation.
57
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
3.86 Lâautre option est celle qui consiste Ă dĂ©termi- MĂ©nages et points de vente
ner le prix des facteurs entrant dans la production des
services de logement par les propriĂ©tairesâoccupants en inclus dans le champ de lâindice
procĂ©dant de la mĂȘme maniĂšre que pour les autres types 3.90 Le groupe des mĂ©nages inclus dans le champ
de production des mĂ©nages Ă des fins dâautoconsomma- dâun IPC est souvent dĂ©nommĂ© «mĂ©nages de rĂ©fĂ©-
tion. Outre les dépenses de consommation intermédiaire rence», ou «population de référence».
(réparation, entretien, assurance, etc.), il faut estimer les
coûts des services en capital et inclure leurs prix dans Définition des ménages
lâIPC. Les aspects techniques de lâestimation de la
valeur des flux de services en capital sont traitĂ©s au cha- 3.91 On peut adopter, aux fins de lâĂ©tablissement de
pitre 23. Comme dans le cas des autres types de produc- lâIPC, la dĂ©finition des mĂ©nages retenue pour les recen-
tion des mĂ©nages Ă des fins dâautoconsommation, il ne sements dĂ©mographiques. La dĂ©finition ci-aprĂšs est celle
convient pas dâinclure les estimations des coĂ»ts du tra- quâil a Ă©tĂ© recommandĂ© dâutiliser pour ces recensements
vail fourni par les propriĂ©taires eux-mĂȘmes. (Division de statistique des Nations Unies, 1998a) :
Un mĂ©nage peut ĂȘtre : a) soit un mĂ©nage composĂ©
3.87 Que la mĂ©thode adoptĂ©e retrace le prix des dâune seule personne, câest-Ă -dire une personne qui
facteurs entrant dans la production des services ou le pourvoit Ă ses propres besoins alimentaires et autres
prix des services produits, il est difficile dâen estimer les besoins vitaux sans sâassocier avec dâautres per-
prix. Les difficultĂ©s pratiques rencontrĂ©es sont parfois si sonnes; b) soit un mĂ©nage multiple, câest-Ă -dire un
grandes que les statisticiens et utilisateurs sont amenés à groupe de deux ou plusieurs personnes qui pour-
douter de la fiabilité des résultats. Il existe en outre une voient en commun à leurs besoins alimentaires et
certaine rĂ©ticence Ă utiliser les prix imputĂ©s pour lâIPC, autres besoins vitaux. Les membres du groupe
quâil sâagisse des facteurs de production ou des services peuvent, dans une mesure variable, mettre leurs
produits. Aussi a-t-il été proposé de renoncer à mesurer revenus en commun et avoir un budget unique; le
les prix des flux de services de logement et dâinclure les groupe peut se composer soit de personnes appa-
rentées, soit de personnes non apparentées, soit de
prix des logements proprement dits dans lâIPC. Le plus personnes appartenant Ă lâune et Ă lâautre catĂ©gorie.
souvent, il sâagit lĂ de prix de marchĂ© observables, quoi-
3.92 Cette dĂ©finition est essentiellement la mĂȘme
que nombre de logements, en particulier dans les zones
que celle qui est adoptĂ©e pour les enquĂȘtes sur le budget
rurales des pays en développement, soient construits par
des mĂ©nages et dans le SCN. Le champ de lâIPC est gĂ©nĂ©-
leurs propriĂ©taires, auquel cas il faut quand mĂȘme esti-
ralement limité aux ménages privés et exclut les ménages
mer leurs prix sur la base des coûts de production.
institutionnels tels que les groupes de personnes qui
3.88 Lâinclusion des prix des logements dans lâIPC
vivent ensemble pendant une période indéterminée dans
implique une modification sensible du champ de lâindice.
les institutions religieuses, les hÎpitaux résidentiels, les
Un logement est, Ă lâĂ©vidence, un actif et son acquisition
prisons ou les maisons de retraite. Cependant, les centres
relĂšve de la formation de capital et non de la consomma-
de convalescence, les écoles et universités, les institutions
tion. Le mĂȘme argument sâapplique aux biens durables,
militaires, etc., ne sont pas traités comme des ménages
mais il existe une grande différence de degré entre un bien
institutionnels; on considĂšre que leurs membres appar-
durable et un logement, comme en tĂ©moigne lâĂ©cart consi-
tiennent à leurs ménages privés respectifs. La définition
dérable entre leurs prix et leurs durées de vie utile. En
des mĂ©nages adoptĂ©e pour lâindice des prix Ă la consom-
principe, par consĂ©quent, lâĂ©largissement du champ de
mation harmonisé (IPCH) correspond toutefois à celle
lâIPC pour y inclure les logements implique que lâon y
qui est retenue dans le SCN 1993 et recouvre par consé-
ajoute la formation brute de capital fixe des ménages.
quent les ménages institutionnels.
3.89 Si elle a pour avantage de ne pas nécessiter
dâestimations des flux de services en capital ou des ser-
vices produits, cette solution sâĂ©carte toutefois sensible- Types de mĂ©nages
ment du concept dâIPC traditionnel. Dans le cas des 3.93 Dans presque tous les pays, le champ adoptĂ©
biens durables comme des logements, on peut inclure pour lâIPC inclut autant de mĂ©nages privĂ©s que possible
dans lâIPC soit les acquisitions des actifs au prix du et ne se limite pas Ă ceux qui appartiennent Ă une catĂ©-
marché, soit les prix estimés des flux de services, mais gorie socioéconomique particuliÚre. Selon la rÚgle ap-
pas les deux Ă la fois. De mĂȘme que les flux de services plicable Ă lâIPCH, tous les mĂ©nages y sont inclus, quel
provenant des biens durables sont pour lâheure exclus que soit leur niveau de revenu.
de lâIPC parce que les acquisitions de ces biens y sont 3.94 Dans certains pays, toutefois, les mĂ©nages
incluses, de mĂȘme les flux de services fournis par les extrĂȘmement riches en sont exclus pour diverses rai-
logements devront en ĂȘtre exclus si les prix des loge- sons. Il se peut que leurs dĂ©penses soient jugĂ©es trĂšs peu
ments y sont inclus. Comme expliqué au chapitre 23, représentatives, et que les données recueillies à leur
lâapproche «acquisitions» risque dâattribuer une pondĂ©- sujet au moyen dâenquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages
ration insuffisante aux biens durables et aux logements soient peu fiables. Le taux de réponse des ménages
dans le long terme car elle ne tient pas compte des coĂ»ts riches aux questionnaires de ces enquĂȘtes est gĂ©nĂ©rale-
en capital des propriĂ©taires des actifs. ment trĂšs faible. En outre, il peut sâavĂ©rer trĂšs coĂ»teux
58
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
de collecter les prix de certains des biens et services de lâindice obtenu doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un IPC pure-
consommation achetés exclusivement par les riches. Il y ment urbain et non national. Par exemple, les pays sui-
a des pays qui ne prennent pas en compte dâautres catĂ©- vants ne prennent en considĂ©ration que les mĂ©nages ur-
gories de mĂ©nages. Par exemple, lâIPC du Royaume- bains (pondĂ©rations des dĂ©penses et prix) : Australie,
Uni exclut non seulement les 4 % des mĂ©nages qui ont Ătats-Unis, Mexique, RĂ©publique de CorĂ©e et Turquie.
les revenus les plus élevés, mais aussi ceux qui vivent La plupart des pays développés autres que ceux cités
principalement sur la pension quâils reçoivent de lâĂtat, utilisent gĂ©nĂ©ralement des pondĂ©rations recouvrant les
soit au total à peu prÚs 15 % des ménages et 15 % des ménages urbains et ruraux, mais, dans presque tous les
dépenses. Le Japon et la République de Corée ne cas, la collecte des prix se limite aux zones urbaines.
tiennent pas compte des mĂ©nages qui vivent de lâagri- Certes, la dĂ©limitation entre zones urbaines et rurales
culture, de la sylviculture et de la pĂȘche, ainsi que tous est inĂ©vitablement arbitraire et peut diffĂ©rer dâun pays
les mĂ©nages unipersonnels. Ces exclusions influent sur Ă lâautre. Par exemple, la France inclut dans la dĂ©fini-
les pondĂ©rations des dĂ©penses dans la mesure oĂč la tion des zones urbaines les villages ayant Ă peine
structure des dépenses des groupes exclus diffÚre de 2.000 habitants.
celle des dépenses du reste de la population. 3.98 Les décisions concernant la couverture géo-
3.95 Outre un IPC (phare) officiel de vaste portée graphique (zones urbaines et/ou zones rurales) dépen-
Ă©tabli Ă lâĂ©chelle nationale, nombre de pays publie dront de la distribution de la population et de la mesure
divers sous-indices pour les sous-secteurs de la popula- dans laquelle les schémas de dépenses et les mouve-
tion. Par exemple, la RĂ©publique tchĂšque Ă©tablit des ments de prix tendent Ă ĂȘtre diffĂ©rents entre zones ur-
indices séparés pour : baines et zones rurales.
âą tous les mĂ©nages; 3.99 Achats des rĂ©sidents Ă lâĂ©tranger et achats des
⹠tous les salariés; non-résidents dans le pays. Des problÚmes se posent
⹠les salariés avec enfants; lorsque les ménages effectuent des dépenses hors des
âą les salariĂ©s Ă faible revenu; frontiĂšres du territoire ou du pays oĂč ils sont rĂ©sidents.
âą les salariĂ©s, familles incomplĂštes; Le traitement de ces dĂ©penses dĂ©pend de lâutilisation
âą les retraitĂ©s; principale de lâIPC. Pour lâanalyse de lâinflation, câest
âą les retraitĂ©s Ă faible revenu; la variation des prix dans le pays qui prĂ©sente de lâintĂ©-
âą les mĂ©nages vivant Ă Prague; rĂȘt. Ce quâil faut alors, câest un indice dâinflation recou-
⹠les ménages des communautés de plus de 5.000 vrant toutes les dépenses de consommation dites «inté-
habitants. rieures» qui sont effectuĂ©es Ă lâintĂ©rieur des frontiĂšres
3.96 En Inde, lâĂ©tablissement de lâIPC a Ă©tĂ© motivĂ© gĂ©ographiques du pays, que ce soit par des rĂ©sidents ou
par la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server le pouvoir dâachat des par des non-rĂ©sidents. En ce sens, les indices des prix Ă
revenus des travailleurs; câest ainsi que quatre IPC dif- la consommation harmonisĂ©s (IPCH) (voir lâannexe 1)
fĂ©rents sont Ă©tablis au niveau national pour les mĂ©nages sont des indices dâinflation intĂ©rieure. Ils excluent donc
de rĂ©fĂ©rence ayant Ă leur tĂȘte des ouvriers des catĂ©- les dĂ©penses de consommation effectuĂ©es par les rĂ©si-
gories suivantes : dents lorsquâils sont hors de leur pays (lesquelles
âą ouvriers agricoles; entrent dans le champ des indices dâinflation des pays
âą ouvriers industriels; oĂč les achats ont eu lieu), et ils incluent les dĂ©penses
⹠ouvriers du secteur rural; faites dans le pays par les résidents des autres pays.
âą salariĂ©s non manuels du secteur urbain. Dans la pratique, il est parfois difficile dâestimer les
dĂ©penses des visiteurs Ă©trangers, car les enquĂȘtes sur le
budget des ménages ne recouvrent pas les ménages non
Couverture gĂ©ographique rĂ©sidents, bien quâil soit possible dâĂ©tablir des estima-
3.97 Secteurs urbain et rural. Le champ géogra- tions pour certains produits en utilisant les données sur
phique est la couverture gĂ©ographique des dĂ©penses ou les ventes au dĂ©tail ou en procĂ©dant Ă des enquĂȘtes spĂ©-
celle de la collecte des prix et, en principe, les deux ciales auprĂšs des visiteurs. Ces questions prennent de
devraient coĂŻncider, quâil sâagisse dâun IPC national ou lâimportance lorsque les achats transfrontaliers et lâacti-
régional. Dans la plupart des pays, les prix sont collectés vité touristique atteignent un niveau élevé.
seulement dans les zones urbaines, car leurs variations 3.100 Lorsque lâIPC sert Ă lâindexation des revenus
sont jugĂ©es reprĂ©sentatives de celles des prix dans les des rĂ©sidents, il vaut peut-ĂȘtre mieux adopter le concept
zones rurales. En pareils cas, ce sont les pondérations de dépenses «nationales», qui recouvre toutes les
nationales qui sont appliquĂ©es et lâindice obtenu peut ĂȘtre dĂ©penses des rĂ©sidents, quâelles soient effectuĂ©es Ă
considĂ©rĂ© comme un IPC national. Si lâon sâattend Ă une lâintĂ©rieur ou hors du pays, y compris les achats Ă dis-
différence suffisamment marquée des mouvements des tance à des points de vente non-résidents, par exemple
prix entre zones urbaines et zones rurales â quoique les sur Internet, par tĂ©lĂ©phone ou par correspondance. Les
prix ne soient collectĂ©s que dans les zones urbaines en enquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages peuvent porter sur
raison de contraintes de ressources â, ce sont alors les tous ces types de dĂ©penses, mais il pourrait ĂȘtre difficile
pondĂ©rations urbaines qui doivent ĂȘtre appliquĂ©es, et dâidentifier le pays Ă partir duquel ces achats Ă distance
59
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
(sur lâInternet, par correspondance, etc.) sont effectuĂ©s. 3.104 En fait, les offices statistiques dâun grand
Les prix versĂ©s pour les billets dâavion et les voyages nombre de pays se dirigent vers la mise en place de
organisés achetés sur le territoire du pays doivent eux bases de données sur les prix et les pondérations à partir
aussi ĂȘtre inclus. Il peut toutefois ĂȘtre difficile dâobtenir de laquelle sont calculĂ©s divers sous-indices.
le prix des biens et services achetés par les résidents
durant leur sĂ©jour Ă lâĂ©tranger, encore quâil soit possible Couverture des points de vente
dâutiliser dans certains cas les sous-indices des IPC des
pays en question. 3.105 La couverture des points de vente est dictée
par le comportement dâacheteur des mĂ©nages de rĂ©fĂ©-
3.101 Indices régionaux. Dans le cas des indices
rence. Comme indiqué ci-dessus, les prix entrant dans
rĂ©gionaux, le concept de rĂ©sidence sâapplique Ă la
lâIPC sont ceux qui sont payĂ©s par les mĂ©nages. Dans la
rĂ©gion oĂč le mĂ©nage rĂ©side. Il est alors possible de faire
pratique, toutefois, il nâest pas toujours possible de col-
la distinction entre les dépenses effectuées dans une
lecter les prix en sâadressant directement aux mĂ©nages,
région et les dépenses des résidents de cette région,
quoiquâil soit de plus en plus facile, devant lâampleur
laquelle est analogue à celle établie entre les concepts
prise par les ventes effectuĂ©es par lâintermĂ©diaire de
de «dépenses intérieures» et de «dépenses nationales».
points de vente électroniques qui enregistrent les achats
Les points examinés au paragraphe 3.97 sont valables
et les prix correspondants et en fournissent un état im-
pour les indices régionaux. Les principes applicables
primé, de connaßtre le prix de transaction effectivement
aux achats transfrontaliers entre rĂ©gions sont les mĂȘmes
payĂ© par les mĂ©nages. Pour lâinstant, il est nĂ©cessaire
que ceux qui sâappliquent aux achats transfrontaliers au
dâobtenir principalement les prix auxquels les produits
niveau international, mais les données disponibles sont
sont mis en vente dans les magasins de détail ou autres
gĂ©nĂ©ralement diffĂ©rentes. Lorsque le champ de lâindice
points de vente. Tous les points de vente oĂč la population
régional est défini de maniÚre à inclure les achats effec-
de référence fait ses achats entrent dans le champ de
tuĂ©s par les rĂ©sidents dâune rĂ©gion durant leur sĂ©jour
lâIPC et doivent ĂȘtre inclus dans le cadre dâĂ©chantillon-
dans une autre rĂ©gion (Ă lâĂ©tranger), il est peu probable
nage utilisé pour la sélection des points de vente.
â mĂȘme si les donnĂ©es sur les prix pour les autres
rĂ©gions sont faciles Ă obtenir â que les donnĂ©es sur les 3.106 Les points de vente sont, par exemple :
dĂ©penses fassent apparaĂźtre la distinction requise entre âą les magasins de dĂ©tail â de lâĂ©choppe permanente de
les dĂ©penses Ă lâintĂ©rieur de la rĂ©gion de rĂ©sidence et les trĂšs petite dimension aux chaĂźnes multinationales;
dépenses hors de cette région. ⹠les étals de marché et les vendeurs de rue;
3.102 Il faut veiller au traitement uniforme des ⹠les établissements fournissant des services aux mé-
achats transfrontaliers de toutes les rĂ©gions. Autrement, nages â Ă©lectriciens, plombiers, laveurs de vitres, etc.;
il risque dây avoir double comptabilisation ou omission
âą les prestataires de services de spectacles et loisirs;
de dépenses lorsque les données régionales sont agré-
gĂ©es. Dans le calcul de lâindice national par agrĂ©gation âą les prestataires de services de santĂ© et dâĂ©ducation;
des indices rĂ©gionaux, les pondĂ©rations doivent ĂȘtre fon- âą les Ă©tablissements de vente par correspondance ou
dées sur les dépenses régionales et non uniquement sur par téléphone;
les données relatives à la population. ⹠Internet;
3.103 Beaucoup de pays essaient de répondre aux
âą les services publics;
besoins diffĂ©rents des nombreux utilisateurs de lâIPC en
construisant une famille dâindices Ă couvertures diffĂ©- âą les organismes et services gouvernementaux.
renciĂ©es, au premier rang desquels se trouve un IPC 3.107 Les principes rĂ©gissant la sĂ©lection de lâĂ©chan-
(phare) officiel de vaste portĂ©e Ă©tabli pour lâensemble tillon de points de vente auprĂšs desquels collecter les prix
du pays Ă lâĂ©chelle nationale. Dans quelques grands sont approfondis aux chapitres 5 et 6.
pays, les indices rĂ©gionaux sont dâun usage plus rĂ©pan-
du que lâIPC national, en particulier lorsque les indices DiffĂ©rences de prix
servent Ă lâindexation des revenus. Câest ainsi que, outre
3.108 Il y a différence de prix lorsque des biens ou
lâIPC phare, qui a la plus large couverture possible, des
services, en tous points identiques, sont vendus Ă des
sous-indices sont publiés pour
prix diffĂ©rents au mĂȘme moment. DiffĂ©rents points de
âą des sous-groupes de la population; vente peuvent vendre exactement le mĂȘme produit Ă des
âą des rĂ©gions gĂ©ographiques; prix diffĂ©rents ou le mĂȘme produit peut ĂȘtre vendu Ă
âą des catĂ©gories de produits spĂ©cifiques; les sous- partir dâun seul et mĂȘme point de vente Ă des catĂ©gories
indices de lâIPC global (indice officiel recou- diffĂ©rentes de clients Ă des prix diffĂ©rents.
vrant tous les articles) qui sont publiés doivent 3.109 Si les marchés étaient «parfaits» au sens éco-
comporter un niveau de détail aussi élevé que nomique, des produits identiques seraient tous vendus
possible car les utilisateurs sont nombreux Ă sâintĂ©- au mĂȘme prix. Sâil y avait plusieurs prix en vigueur sur
resser aux variations du prix de catégories de pro- le marché, tous les achats seraient effectués au prix le
duits spécifiques. plus bas. Cela implique que les produits vendus à des
60
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
prix diffĂ©rents ne peuvent ĂȘtre identiques et doivent ĂȘtre 3.114 La discrimination par les prix peut compli-
dâune maniĂšre ou dâune autre qualitativement diffĂ©rents. quer lâĂ©tablissement des indices de prix. Supposons, par
Lorsque les diffĂ©rences de prix sont en fait attribuables exemple, quâun prestataire de services pratique une dis-
Ă des diffĂ©rences de qualitĂ©, elles ne sont quâapparentes, crimination par Ăąge en appliquant aux personnes du troi-
et non pures. En pareils cas, une variation du prix siĂšme Ăąge, câest-Ă -dire ĂągĂ©es de 60 ans ou plus, le prix p2
moyen rĂ©sultant de lâĂ©volution de la structure des quan- et aux autres le p1 (p1 > p2). Supposons, en outre, que le
tités vendues à des prix différents tiendrait à une modifi- prestataire décide ensuite de redéfinir le concept de troi-
cation de la qualitĂ© moyenne des produits vendus. Cela siĂšme Ăąge pour lâappliquer aux personnes ĂągĂ©es de 70
influerait sur lâindice des volumes et non des prix. ans ou plus et de maintenir les prix inchangĂ©s par
3.110 Si les offices statistiques ne disposent pas ailleurs. Dans pareil cas, ni p1 ni p2 ne change, le prix
dâinformations suffisantes sur les caractĂ©ristiques des payĂ© par les personnes ĂągĂ©es de 60 Ă 70 ans change et le
biens et services vendus à des prix différents, ils doivent prix moyen payé par tous les ménages augmente.
déterminer si les différences de prix observées sont 3.115 Cet exemple illustre un point de principe.
pures ou seulement apparentes. La procĂ©dure par dĂ©faut Bien quâaucun des prix, p1 et p2, indiquĂ©s par le pres-
la plus communément adoptée dans ces circonstances tataire de services ne change, les prix effectivement
est celle qui consiste Ă supposer que les diffĂ©rences de payĂ©s par certains mĂ©nages changent sâils sont obligĂ©s
prix sont apparentes, hypothÚse généralement retenue de passer de p2 à p1. Du point de vue des ménages, il
pour lâIPC et les comptes nationaux. y a eu variation du prix, dont lâIPC doit en principe
3.111 Cependant, les marchés sont rarement parfaits. tenir compte. Lorsque les prix sont collectés auprÚs des
Lâune des raisons de la coexistence de prix diffĂ©rents vendeurs et non des mĂ©nages, une telle variation est
pour des produits identiques rĂ©side dans la possibilitĂ© peu susceptible dâĂȘtre enregistrĂ©e.
pour les vendeurs de pratiquer la discrimination par les
prix. Ou il se peut tout simplement que les consomma- Différences de prix
teurs manquent dâinformations et paient un prix plus entre points de vente
élevé par ignorance ou encore que les marchés ne soient
temporairement plus en Ă©quilibre par suite de chocs ou du 3.116 Lâapplication de prix diffĂ©rents dans des
lancement de nouveaux produits. En consĂ©quence, il faut points de vente diffĂ©rents pose des problĂšmes du mĂȘme
reconnaĂźtre quâil y a parfois des diffĂ©rences pures de prix. type. Les variations pures de prix sont, pour ainsi dire,
appelées à se produire lorsque le marché est imparfait,
ne serait-ce que parce que les ménages ne sont pas par-
Discrimination par les prix faitement informĂ©s. Lorsque sâouvrent de nouveaux
3.112 La théorie économique montre que la discri- points de vente qui pratiquent des prix moins élevés que
mination par les prix tend Ă accroĂźtre le profit. Il se peut les autres, il se peut quâil y ait un intervalle de temps
que cette pratique ne puisse sâappliquer aux biens parce durant lequel le mĂȘme article est vendu Ă un prix dif-
quâils peuvent ĂȘtre revendus. Les acheteurs victimes de fĂ©rent dans des points de vente diffĂ©rents en raison de
la discrimination nâacquerraient pas les biens directe- lâignorance ou de lâinertie des consommateurs.
ment, mais essaieraient de persuader ceux qui peuvent 3.117 Il se peut que les ménages décident de passer
les acquĂ©rir aux prix le plus bas de le faire pour eux. Les dâun point de vente Ă un autre ou soient mĂȘme obligĂ©s de
services, en revanche, ne peuvent ĂȘtre revendus, car il le faire car lâunivers des points de vente est en Ă©volution
nây a pas transfert de propriĂ©tĂ©. constante, certains se fermant tandis que dâautres
3.113 La discrimination par les prix est une pratique sâouvrent. Lorsque les mĂ©nages passent dâun point de
qui a lâair dâĂȘtre extrĂȘmement rĂ©pandue, quasiment la vente Ă un autre, lâeffet de cette dĂ©cision sur lâIPC varie
norme, pour de nombreux types de services, dont les selon que les différences de prix sont pures ou appa-
services de santĂ©, dâĂ©ducation et de transport. Par rentes. Lorsquâelles sont pures, le changement de points
exemple, les personnes du troisiÚme ùge paient un tarif de vente modifie les prix moyens payés par les ménages.
moins Ă©levĂ© que les autres pour exactement les mĂȘmes Cette variation doit ĂȘtre retracĂ©e par lâIPC. Par contre, si
types de services de santé ou de transport. Les droits les différences de prix tiennent à des différences de qua-
universitaires appliqués aux étudiants étrangers sont lité, le changement de points de vente modifie la qualité
supĂ©rieurs Ă ceux quâacquittent les Ă©tudiants rĂ©sidents. moyenne des produits achetĂ©s et influe en consĂ©quence
Comme il est en outre facile de moduler la qualité des sur leur volume et non sur leur prix.
services en fonction de la catĂ©gorie de consommateurs, 3.118 La plupart des prix collectĂ©s en vue de lâĂ©ta-
il peut ĂȘtre difficile de dĂ©terminer dans quelle mesure les blissement de lâIPC sont les prix affichĂ©s, et non les prix
différences de prix observées tiennent à des différences de transaction effectivement payés par les ménages. Dans
de qualitĂ© ou Ă une pure discrimination par les prix. Il se ces conditions, les effets de lâabandon par les mĂ©nages
peut mĂȘme que les vendeurs offrent des services assortis dâun point de vente pour un autre risquent de rester inob-
de modalités comportant des différences insignifiantes servés dans la pratique. Lorsque les différences de prix
ou fallacieuses selon la catégorie de clients ciblée de tiennent à des différences de qualité, la non-détection
maniĂšre Ă masquer leur pratique de discrimination. dâun tel changement nâintroduit pas de biais dans lâIPC.
61
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
Acheter à un prix plus bas signifie que le produit acheté Traitement de certaines
est de qualitĂ© infĂ©rieure, ce qui nâaffecte pas lâindice des
prix. Cependant, lorsque lâon a affaire Ă des diffĂ©rences dĂ©penses des mĂ©nages
de prix pures, la non-détection de ce changement aura 3.121 Certaines des dépenses effectuées par les
tendance Ă introduire un biais positif dans lâindice, Ă sup- mĂ©nages ont un but autre que lâacquisition de biens et
poser que les mĂ©nages tendent Ă prĂ©fĂ©rer les points de services pour leur consommation propre et nâentrent
vente qui pratiquent des prix plus bas. Ce biais potentiel donc pas dans le champ de lâIPC. Lâune des grandes
est dit biais de substitution des points de vente. catégories de dépenses de ce type est celle des frais pro-
fessionnels des ménages.
Mise Ă jour des points de vente
3.119 Il y a une autre complication, qui tient au fait Commissions des agents et courtiers
que, dans la pratique, les prix sont collectĂ©s seulement 3.122 Lorsquâune maison est achetĂ©e par un pro-
auprĂšs dâun Ă©chantillon de points de vente et que cet priĂ©taire-occupant, on peut soutenir que les coĂ»ts de
Ă©chantillon peut changer, soit parce que certains points transfert associĂ©s Ă lâachat (ou Ă la vente) doivent ĂȘtre
de vente se ferment et dâautres sâouvrent, soit parce considĂ©rĂ©s comme des dĂ©penses de consommation,
quâil y a mise Ă jour dĂ©libĂ©rĂ©e de lâĂ©chantillon Ă inter- comme les frais de courtage encourus lorsque des actifs
valles réguliers. Lorsque les prix des points de vente financiers sont achetés ou vendus. Les commissions
nouvellement inclus dans lâĂ©chantillon sont diffĂ©rents payĂ©es Ă un agent pour lâachat ou la vente dâune maison
de ceux des points de vente prĂ©cĂ©dents, il est ici encore sont incluses dans lâIPC national de nombreux pays,
nécessaire de déterminer si les différences de prix sont sous réserve que la maison soit occupée par son proprié-
apparentes ou pures. Si elles sont présumées apparentes, taire et non louée à une tierce partie.
lâĂ©cart entre le prix prĂ©cĂ©demment collectĂ© auprĂšs de
lâancien point de vente et le prix recueilli auprĂšs du nou-
veau nâest pas assimilĂ© Ă une variation de prix entrant
Biens et services indésirables
dans la construction de lâIPC, la diffĂ©rence Ă©tant consi- ou illicites
dérée comme attribuable à une différence de qualité. 3.123 Tous les biens et services que les ménages
Comme expliqué plus en détail au chapitre 7, si cette achÚtent de leur propre gré pour satisfaire leurs besoins
hypothÚse est correcte, les variations de prix enregis- et désirs personnels constituent des dépenses de con-
trĂ©es dans les nouveaux points de vente peuvent simple- sommation et entrent donc dans le champ de lâIPC, que
ment ĂȘtre raccordĂ©es Ă celles prĂ©cĂ©demment enregis- leur production, distribution ou consommation soient
trĂ©es dans les anciens points de vente sans introduire de lĂ©gales ou quâelles aient lieu dans lâĂ©conomie souter-
biais dans lâindice. Le remplacement des anciens points raine ou sur le marchĂ© noir. Certains types de biens ou
de vente par de nouveaux nâa pas dâimpact sur lâIPC. services ne doivent pas ĂȘtre exclus parce quâils sont
3.120 Cependant, si les différences de prix entre les jugés indésirables, nuisibles ou contestables. Ces exclu-
anciens et les nouveaux points de vente sont prĂ©sumĂ©es sions pourraient ĂȘtre fort arbitraires et compromettre
pures, le raccordement simple dĂ©crit ci-dessus peut crĂ©er lâobjectivitĂ© et la crĂ©dibilitĂ© de lâIPC.
un biais. Lorsque les mĂ©nages font varier le prix quâils âą PremiĂšrement, il convient de noter que certains biens
paient pour un produit en changeant de point de vente, les et services pourraient ĂȘtre jugĂ©s indĂ©sirables Ă cer-
variations du prix doivent ĂȘtre prises en compte dans tains moments et dĂ©sirables Ă dâautres, et vice versa.
lâIPC. Comme prĂ©cisĂ© au chapitre 7, il semble que la plu- Lâattitude des gens change Ă mesure quâils acquiĂšrent
part des offices statistiques aient tendance Ă supposer que des informations, en particulier grĂące aux progrĂšs
les variations de prix ne sont pas pures et raccordent sim- scientifiques. De mĂȘme, certains biens ou services
plement les nouvelles sĂ©ries de prix aux anciennes. peuvent, Ă un moment dĂ©terminĂ©, ĂȘtre jugĂ©s indĂ©sira-
Comme on ne peut pas supposer de façon rĂ©aliste que les bles dans certains pays mais pas dans dâautres. Le
marchés sont toujours parfaits et que les variations pures concept de biens indésirables est par nature subjectif
de prix ne se produisent jamais, ce procédé, quoique et quelque peu arbitraire et volatile.
dâusage rĂ©pandu, est contestable et risque de donner lieu Ă
un biais positif. Il sâagit lĂ du biais de mise Ă jour des âą DeuxiĂšmement, si lâon accepte que certains biens et
points de vente. On pourrait supposer, comme il a Ă©tĂ© pro- services puissent ĂȘtre exclus de lâindice parce quâils
posĂ©, que toute variation de prix observĂ©e entre les an- sont indĂ©sirables, lâindice est alors sujet Ă manipula-
ciens et les nouveaux points de vente est Ă 50 % pure et Ă tion ou Ă des tentatives de manipulation de la part de
50 % imputable à une différence de qualité, en partant du groupes de pression.
principe que, quoique inévitablement arbitraire à certains ⹠TroisiÚmement, il se peut que les tentatives faites par
égards, cette méthode reflÚte probablement davantage la les groupes de pression pour exclure certains biens ou
réalité que celle consistant à supposer que la variation est services soient dictées par une méconnaissance des
soit totalement pure, soit entiĂšrement attribuable Ă des dif- implications dâune telle action. Par exemple, si lâIPC
fĂ©rences de qualitĂ© (voir McCracken, Tobin, et al., 1999). sert Ă lâindexation des revenus, dâaucuns peuvent pen-
62
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
ser quâil nây a pas lieu dâindemniser les mĂ©nages de la biens dâoccasion sont fondĂ©es sur les dĂ©penses nettes
hausse des prix de certains produits indĂ©sirables. des mĂ©nages, câest-Ă -dire total des achats moins ventes.
Cependant, leur exclusion de lâindice nâa pas pour Le total des dĂ©penses au titre dâun type particulier de
effet dâabaisser ce dernier. A priori, elle a autant de bien dâoccasion est fonction du nombre de fois quâil a
chances dâentraĂźner une hausse quâune baisse de Ă©tĂ© achetĂ© et vendu; autrement dit, plus le taux de rota-
lâIPC, selon que lâaugmentation du prix de lâarticle en tion (nombre de transactions) est grand, plus le total des
question est inférieure ou supérieure à la moyenne dépenses est élevé. Un taux de rotation élevé ne signifie
pour les autres biens et services. Par exemple, si lâon toutefois pas que le nombre de fois quâun bien particu-
dĂ©cide dâexclure le tabac de lâIPC, et que la hausse du lier peut ĂȘtre utilisĂ© Ă des fins de consommation est plus
prix des produits liĂ©s au tabac est infĂ©rieure Ă la grand ou que le flux de services pouvant ĂȘtre tirĂ© de ce
moyenne, lâexclusion du tabac donne lieu en fait Ă bien est plus important.
une augmentation du revenu des fumeurs (comme des 3.128 Un mĂ©nage peut acheter des biens dâoccasion
non-fumeurs). de plusieurs maniĂšres :
3.124 Sâil est vrai que les biens et services que les âą Directement Ă un autre mĂ©nage â le mĂ©nage vendeur
ménages choisissent de consommer de leur plein gré ne comptabilisera le produit de la vente en tant que
doivent pas, en principe, ĂȘtre exclus de lâIPC parce quâils recettes. Les dĂ©penses nettes, câest-Ă -dire dĂ©penses
sont acquis dans lâĂ©conomie souterraine, voire illĂ©gale- moins recettes, sont Ă©gales Ă zĂ©ro; aucune pondĂ©ra-
ment, il peut sâavĂ©rer impossible dâobtenir les donnĂ©es tion nâest donc affectĂ©e aux achats et ventes dâun
nécessaires sur les dépenses ou les prix, en particulier ménage à un autre.
lorsquâil sâagit de biens et de services illicites. Ces der-
⹠à un autre ménage en passant par un intermédiaire
niers pourraient bien ĂȘtre exclus dans la pratique.
â en principe, les dĂ©penses des mĂ©nages au titre des
services procurés par les intermédiaires sont données
Biens et services de luxe par la valeur de leur marge (Ă©cart entre le prix dâachat
3.125 Lorsque lâIPC est utilisĂ© comme indice dâin- et le prix de vente). Ces services doivent ĂȘtre inclus
flation gĂ©nĂ©rale, il doit se rapporter Ă tous les mĂ©nages, dans lâIPC. Ils doivent ĂȘtre traitĂ©s de la mĂȘme maniĂš-
quelle que soit leur catĂ©gorie socioĂ©conomique, et cou- re que les commissions dâagents tels que les auxiliai-
vrir tous les biens et services de consommation, indĂ©pen- res financiers. Les marges sont parfois extrĂȘmement
damment de leur prix. De mĂȘme, le champ dâun indice difficiles Ă estimer dans la pratique. Il y a lieu de tenir
servant Ă lâindexation des revenus doit inclure tous les compte des reprises en les comptabilisant comme
biens et services achetés par les ménages de référence, achats des intermédiaires et recettes des ménages.
quâils soient considĂ©rĂ©s comme des biens et services de âą Directement Ă un autre secteur, câest-Ă -dire Ă une
luxe ou autrement non essentiels ou indĂ©sirables. entreprise ou Ă lâĂ©tranger â avec pour pondĂ©ration
3.126 Bien entendu, si les mĂ©nages de rĂ©fĂ©rence se les achats par les mĂ©nages de biens dâoccasion aux
limitent Ă un groupe particulier de mĂ©nages, lâindice autres secteurs moins leurs ventes aux autres secteurs.
exclura en fait tous les articles qui sont achetés exclu-
sivement par les mĂ©nages nâappartenant pas Ă ce âą Ă une entreprise ou Ă lâĂ©tranger en passant par un
groupe. Par exemple, si lâon ne tient pas compte des 5 % intermĂ©diaire â la pondĂ©ration est ici fondĂ©e sur
les plus riches des ménages, cela revient, dans la pra- les achats des ménages aux intermédiaires moins les
tique, à exclure de nombreux articles de luxe du champ ventes des ménages à ces derniers plus la marge glo-
de lâindice. Comme indiquĂ© ci-dessus, ces mĂ©nages bale des intermĂ©diaires sur les produits quâils
peuvent ĂȘtre exclus pour diverses raisons, dont le man- achĂštent et revendent aux mĂ©nages. Les reprises
que de fiabilitĂ© des donnĂ©es sur leurs dĂ©penses et le fait doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme faisant partie des
que la collecte des prix de certains articles achetés ventes des ménages (dans le cas des voitures, la pon-
exclusivement par une infime minorité de ménages ne dération affectée aux voitures neuves ne doit pas
soit pas rentable. Une fois le groupe de ménages de inclure la déduction correspondant à la valeur des
rĂ©fĂ©rence choisi et dĂ©fini, toutefois, il nây a pas Ă dĂ©ci- reprises).
der sâil faut exclure certaines de leurs dĂ©penses qui sont 3.129 Dans certains pays, un grand nombre des
considérées comme étant non essentielles ou de luxe. biens durables achetés par les ménages, en particulier
les vĂ©hicules, sont parfois des biens dâoccasion im-
portĂ©s dâautres pays. Les prix de ces biens et les
Biens dâoccasion dĂ©penses y affĂ©rentes entrent dans le champ de lâIPC,
3.127 Il existe, pour la plupart des biens durables, tout comme ceux des biens neufs. De mĂȘme, il se peut
un marchĂ© de lâoccasion. Les dĂ©penses des mĂ©nages que, dans certains pays, les achats nets de vĂ©hicules
incluent les dĂ©penses dâacquisition de biens dâoccasion dâoccasion par les mĂ©nages aux entreprises soient
et celles-ci entrent donc dans le champ de lâIPC. importants, ces vĂ©hicules Ă©tant affectĂ©s, dans lâindice,
Cependant, les ventes de biens durables par les mĂ©nages dâune pondĂ©ration plus Ă©levĂ©e que les vĂ©hicules neufs
constituant des dépenses négatives, les pondérations des achetés par les ménages.
63
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
Dépenses imputées les consommateurs, y compris les taxes sur les produits
de biens et services et compte tenu de tous les rabais et subventions et de la
plupart des remises, mĂȘme sâils sont discriminatoires ou
3.130 Comme expliqué dans les sections précé- conditionnels. Il est toutefois quasiment impossible de
dentes, un grand nombre de biens et services acquis et tenir compte de tous les rabais et remises dans la pra-
utilisés par les ménages pour leur propre consommation tique et il faut donc recourir à des compromis pratiques
finale ne sont pas achetés dans le cadre de transactions raisonnables. à ce sujet, des recommandations ainsi que
monétaires mais acquis dans des opérations de troc ou à des exemples sont présentés au chapitre 6.
titre de rémunération en nature ou sont produits par les
3.134 Lorsque les mĂ©nages achĂštent des produits Ă
mĂ©nages eux-mĂȘmes. Il est possible dâestimer ce que les
leur prix de marché intégral et que la somme versée leur
mĂ©nages auraient payĂ© sâils avaient acquis ces biens et
est ensuite remboursĂ©e en partie par lâĂtat ou un rĂ©gime
services dans des transactions monĂ©taires ou ce quâil
de sĂ©curitĂ© sociale, il faut porter dans lâIPC le prix de
leur coĂ»te pour les produire. En dâautres termes, une
marché moins le montant remboursé. Ce type de procédé
valeur peut ĂȘtre imputĂ©e Ă ces dĂ©penses non monĂ©taires.
est courant pour les dĂ©penses dâĂ©ducation et de santĂ©.
3.131 Le bien-fondĂ© de lâinclusion des dĂ©penses
imputĂ©es dans le champ de lâIPC dĂ©pend principale-
ment du but principal de lâindice. Si lâIPC sert Ă mesu- Taxes et subventions
rer lâinflation, on peut faire valoir que seules les 3.135 Toutes les taxes sur les produits, comme les
dĂ©penses monĂ©taires devraient y ĂȘtre incluses. Lâinfla- taxes sur les ventes, les droits dâaccise et la taxe sur la
tion est un phĂ©nomĂšne monĂ©taire dont lâampleur est valeur ajoutĂ©e (TVA), font partie du prix dâachat payĂ©
mesurĂ©e par les variations des prix monĂ©taires qui res- par les consommateurs qui entre dans lâIPC. De mĂȘme,
sortent des transactions monĂ©taires. MĂȘme lorsque il faut tenir compte des subventions, qui sont traitĂ©es
lâIPC est principalement utilisĂ© comme instrument comme des taxes nĂ©gatives sur les produits.
dâindexation, on peut soutenir quâil devrait rendre 3.136 Ă des fins analytiques et pratiques, il peut
compte seulement des variations des prix monĂ©taires ĂȘtre utile dâestimer un IPC qui mesure les mouvements
effectivement payés par la population de référence. des prix, non compris ceux qui sont dus aux variations
ConformĂ©ment Ă lâobjectif de suivi de lâinflation au sein des taxes et subventions. Pour les responsables monĂ©-
de lâUnion europĂ©enne, Eurostat a Ă©tabli lâIndice des taires, les hausses de prix rĂ©sultant des variations des
prix à la consommation harmonisé (IPCH) pour mesurer taxes indirectes ou des subventions ne font pas partie du
lâinflation Ă laquelle doivent faire face les consomma- processus inflationniste sous-jacent, mais sont attri-
teurs. Le concept de «dĂ©pense monĂ©taire de consomma- buables Ă lâusage quâils font eux-mĂȘmes de ces leviers
tion finale des mĂ©nages» (DMCFM) adoptĂ© dans Ă©conomiques. De mĂȘme, lorsquâun IPC est utilisĂ© Ă des
lâIPCH dĂ©finit Ă la fois les biens et services Ă couvrir et fins dâindexation, toute augmentation de lâIPC qui rĂ©-
la notion de prix Ă utiliser, câest-Ă -dire les prix nets des sulte dâun relĂšvement des impĂŽts indirects donne lieu Ă
remboursements, subventions et rabais. La DMCFM se une hausse des salaires et avantages sociaux indexés sur
rapporte seulement aux transactions monĂ©taires et ne lâIPC, bien que la majoration des impĂŽts ait pu avoir
recouvre ni lâautoconsommation (par exemple les pro- pour but de rĂ©duire le pouvoir dâachat des consom-
duits agricoles ou les services de logement des proprié- mateurs. Ou encore, il se peut que les subventions aient
tairesâoccupants), ni la consommation de biens et ser- Ă©tĂ© accrues en vue de stimuler la consommation, mais la
vices reçus Ă titre de revenus en nature. baisse des prix qui en rĂ©sulte pourrait ĂȘtre contrebalan-
3.132 Lorsque lâIPC sert dâindice du coĂ»t de la vie, cĂ©e par une hausse plus faible des salaires et avantages
certaines dépenses imputées sont normalement incluses sociaux indexés.
dans le champ de lâIPC car les biens et services acquis 3.137 Indices des prix nets. On peut Ă©tablir des
dans des transactions non monétaires influent sur le indices de prix nets dans lesquels les taxes sur les biens ou
niveau de vie des mĂ©nages. Comme indiquĂ© ci-dessus, services de consommation sont dĂ©duites du prix dâachat et
la plupart des pays y incluent les dépenses imputées des les subventions leur sont rajoutées. Cependant, ces indices
ménages au titre des services de logement produits par ne montrent pas nécessairement comment les prix
les propriĂ©tairesâoccupants, mais non les dĂ©penses im- auraient Ă©voluĂ© sans les taxes ou sans leurs variations.
putĂ©es de biens tels que les produits agricoles destinĂ©s Ă Chacun sait combien il est difficile dâestimer lâincidence
lâautoconsommation. vĂ©ritable des taxes sur les produits : câest-Ă -dire dans quel-
le mesure les taxes ou subventions, ou leurs variations,
sont répercutées sur le consommateur. Il est également
Couverture des prix difficile de tenir compte des effets secondaires des varia-
3.133 LâIPC doit rendre compte de lâexpĂ©rience des tions des taxes. Pour estimer ces effets, on peut utiliser une
consommateurs auxquels il se rapporte et doit donc faire analyse entrĂ©es-sorties, qui consiste Ă retracer lâeffet
état des prix que ces derniers paient pour les biens et cumulatif des taxes et subventions aux divers stades de
services qui entrent dans le champ de lâindice. Les dĂ©- production. Par exemple, une partie des taxes sur les car-
penses et prix enregistrés sont ceux qui sont payés par burants entrera dans le prix de transport des biens, qui
64
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
entrera lui-mĂȘme en partie dans le prix payĂ© pour les biens 3.141 La dĂ©marcation entre rabais et remise peut
de consommation par les dĂ©taillants et, partant, dans le ĂȘtre floue et sâexprime peut-ĂȘtre le mieux en termes de
prix quâils appliqueront aux consommateurs. Le tableau temps. Autrement dit, un rabais prend effet au moment
entrĂ©es-sorties, qui est nĂ©cessaire pour retracer tous ces de lâachat et la remise quelque temps aprĂšs. Selon cette
effets, doit ĂȘtre beaucoup plus dĂ©taillĂ© et Ă jour que celui dĂ©finition, les bons de rĂ©duction sont des rabais et,
dont disposent la plupart des pays. Il est donc plus pra- comme dans le cas des rabais conditionnels susmention-
tique de limiter tout simplement les taxes et subventions nĂ©s, ne peuvent ĂȘtre pris en compte dans lâIPC que sâils
en fonction desquelles les prix sont corrigés à celles qui se rapportent à un produit donné et si le pourcentage de
sont appliquĂ©es au stade final de la vente au dĂ©tail, câest-Ă - clients se prĂ©valant de lâoffre est connu au moment de
dire principalement Ă la TVA, aux taxes sur les ventes et lâĂ©tablissement de lâindice. Comme cela nâest guĂšre pro-
aux droits dâaccise. Il est plus facile dâestimer les prix nets bable, lâeffet des bons de rĂ©duction est gĂ©nĂ©ralement
de ces seules taxes ou de les corriger des variations de ces exclu de lâIPC. Il convient de noter que la rĂ©duction nâest
taxes. Dans le cas dâune taxe sur les ventes ou de la TVA enregistrĂ©e que lorsque le bon est utilisĂ©, et non lorsque
(en pourcentage), le calcul est simple, mais pour les droits le bon est offert pour la premiĂšre fois au consommateur.
dâaccise, il est nĂ©cessaire de dĂ©terminer le pourcentage de 3.142 Les remises peuvent ĂȘtre accordĂ©es sous
marge du dĂ©taillant, car le droit dâaccise sera lui aussi forme dâun produit dĂ©terminĂ©, par exemple de miles
majorĂ© de ce pourcentage. aĂ©riens, ou peuvent ĂȘtre dâordre plus gĂ©nĂ©ral, comme les
programmes de fidélisation des supermarchés dans les-
Rabais, remises, ristournes, quels un bon de 10 dollars est accordé pour chaque tran-
programmes de fidélisation che de 200 dollars dépensée. Comme dans le cas des
et produits «gratuits» rabais examinĂ©s ci-dessus, les remises ne peuvent ĂȘtre
traitées comme des réductions de prix que si elles se
3.138 LâIPC doit tenir compte des effets des remises, rapportent Ă des produits dĂ©terminĂ©s et peuvent ĂȘtre
des programmes de fidélisation et des bons de réduction. pondérées en fonction du pourcentage de clients qui
Comme il se rapporte, par dĂ©finition, Ă tous les mĂ©nages sâen prĂ©valent. Les primes offertes sous forme de pro-
de rĂ©fĂ©rence, de lâensemble du pays ou dâune rĂ©gion par- duits «gratuits» aux consommateurs, qui en reçoivent
ticuliĂšre, il y a lieu dâinclure les rabais, mĂȘme sâils ne ainsi une quantitĂ© plus grande ou «deux paquets pour le
sont accordĂ©s quâĂ certains mĂ©nages ou aux consomma- prix dâun», doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des rĂ©duc-
teurs rĂ©pondant Ă certains critĂšres de paiement. tions de prix, mais elles peuvent ĂȘtre ignorĂ©es dans la
3.139 Il peut ĂȘtre difficile, pour des raisons pra- pratique quand lâoffre est temporaire et rapidement reti-
tiques, dâenregistrer les rabais discriminatoires ou con- rĂ©e. Lorsquâil y a changement permanent de la taille du
ditionnels. Lorsque seul un groupe déterminé de paquet, il faut procéder à un ajustement pour tenir
mĂ©nages peut bĂ©nĂ©ficier dâun certain rabais sur un pro- compte de la qualitĂ© (voir chapitre 7).
duit donné, la strate initiale pour ce produit est divisée
3.143 Face aux difficultés éprouvées dans la pra-
en deux nouvelles strates, chacune enregistrant une
tique à enregistrer correctement tous ces types de réduc-
variation de prix différente et nécessitant une pondéra-
tion de prix, il nâest gĂ©nĂ©ralement tenu compte des
tion. Câest pourquoi, Ă moins que les dĂ©penses de la
rabais et remises que sâils sont inconditionnels, tandis
période de base pour toutes les strates possibles ne
que les programmes de fidélisation, bons de réduction et
soient connues, il nâest pas possible de rendre compte
autres incitations sont ignorés. Les rabais accordés au
correctement des rabais discriminatoires. De mĂȘme,
cours des soldes saisonniĂšres peuvent ĂȘtre enregistrĂ©s
dans le cas des rabais conditionnels, par exemple les
sous réserve que la qualité des biens ne change pas.
rabais sur les factures de services publics pour paiement
rapide, il peut ĂȘtre difficile de rendre compte de lâeffet
dâoffres de ce genre si lâon ne dispose pas de donnĂ©es Classification
sur le pourcentage de clients qui y répondent. Ce genre
de problĂšme pratique se pose lorsquâil y a discrimina- 3.144 Le systĂšme de classification sur lequel repose
tion par les prix et que les vendeurs modifient les cri- tout IPC est la structure essentielle Ă bien des stades de
tĂšres de dĂ©finition des groupes auxquels un prix diffĂ©- lâĂ©laboration de cet indice. Ă lâĂ©vidence, il fournit la
rent est appliquĂ©, amenant ainsi certains mĂ©nages Ă structure de pondĂ©ration et dâagrĂ©gation nĂ©cessaire Ă cet
payer plus ou moins quâavant sans changer le prix pro- effet, mais il fournit Ă©galement le systĂšme de stratification
prement dit. Ces cas sont approfondis au chapitre 7. des produits dans le cadre dâĂ©chantillonnage, au moins
3.140 Sâil vaut mieux enregistrer toutes les varia- jusquâĂ un certain niveau de dĂ©tail, et il dĂ©termine lâĂ©ven-
tions de prix, il est Ă©galement important de sâassurer que tail des sous-indices disponibles Ă des fins de publication.
la qualitĂ© des biens ou services dont les prix sont collec- Plusieurs facteurs doivent ĂȘtre pris en compte dans lâĂ©la-
tĂ©s ne change pas elle aussi. Certes, ce sont des prix au boration dâun systĂšme de classification pour lâIPC.
rabais qui sont collectés en période de soldes générales, ⹠PremiÚrement, la classification doit refléter la réalité
mais il y a lieu de vĂ©rifier que la qualitĂ© des produits Ă©conomique. Par exemple, il doit ĂȘtre possible de
dont le prix est recueilli ne sâest pas dĂ©gradĂ©e. tenir compte des nouveaux biens et services dâune
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MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
maniÚre propre à réduire au minimum le besoin de produits sur la base de certains critÚres théoriques ou
restructurer ultĂ©rieurement les catĂ©gories de niveau dĂ©finis par lâutilisateur, tels que :
plus Ă©levĂ©. La restructuration nâest pas Ă recomman- âą Le type de produit â les dĂ©penses peuvent ĂȘtre agrĂ©-
der car beaucoup dâutilisateurs ont besoin de sĂ©ries gĂ©es selon :
longues, qui seraient alors interrompues.
â les caractĂ©ristiques physiques des biens et la nature
âą DeuxiĂšmement, les besoins des utilisateurs en matiĂšre des services; par exemple, les biscuits secs peuvent
de sous-indices doivent revĂȘtir une haute prioritĂ© dans ĂȘtre rĂ©partis entre les biscuits au chocolat et les
lâĂ©tablissement des groupes dâagrĂ©gats. Câest ainsi que, autres. Ce critĂšre peut ĂȘtre appliquĂ© de façon signi-
si certains utilisateurs sâintĂ©ressent particuliĂšrement aux ficative jusquâau niveau de dĂ©tail le plus poussĂ©, et
variations des prix des produits alimentaires, par sert de base Ă la Classification centrale des pro-
exemple, la classification doit fournir des détails suffi- duits, version 1.0 (Division de statistique des
sants à cet égard. Nations Unies, 1998b);
âą TroisiĂšmement, dans tout systĂšme de classification, â lâactivitĂ© Ă©conomique gĂ©nĂ©ratrice du produit. Le
les catĂ©gories doivent ĂȘtre sans Ă©quivoque mutuelle- modĂšle de classification internationale est la
ment exclusives tout en couvrant tous les produits Classification Internationale Type par Industrie, de
considĂ©rĂ©s comme entrant dans son champ dâapplica- toutes les branches dâactivitĂ© Ă©conomique (CITI),
tion. Dâun point de vue pratique, cela signifie que lâon RĂ©vision 3.1 (Division de statistique des Nations
doit pouvoir facilement affecter une dépense ou un Unies, 2002);
prix donné à une catégorie, et une seule, du systÚme
de classification. â le processus de production;
3.145 La disponibilitĂ© et la nature des donnĂ©es â le type de point de vente oĂč le produit a Ă©tĂ© achetĂ©;
elles-mĂȘmes influeront sur la conception du systĂšme de
â lâorigine gĂ©ographique du produit.
classification. La disponibilité des données sur les
dépenses et les prix déterminera le niveau de détail le ⹠La fonction des produits, par exemple procurer des
plus faible qui puisse ĂȘtre atteint. Ă lâĂ©vidence, il nâest aliments, un abri, des services de transport, etc. Le
pas possible dâĂ©tablir un indice sĂ©parĂ© pour un produit modĂšle de classification internationale est la COICOP.
lorsque ni les pondĂ©rations ni les prix ne sont connus. âą Lâenvironnement Ă©conomique : les dĂ©penses pour-
Au niveau de dĂ©tail le plus Ă©levĂ©, une forte variance des raient ĂȘtre agrĂ©gĂ©es suivant des critĂšres tels que
mouvements de prix ou des séries connexes indiquera
oĂč des catĂ©gories devront ĂȘtre ajoutĂ©es. ConformĂ©ment â lâinterchangeabilitĂ© des produits;
aux mĂ©thodes dâĂ©chantillonnage types, la stratification â la complĂ©mentaritĂ© des produits;
doit réduire au minimum la variance intrastrate tout en
maximisant la variance interstrate. Câest ce que la clas- â lâapplication de taxes sur les ventes, de subven-
sification doit reflĂ©ter. tions Ă la consommation, de droits dâaccise, de
droits de douane, etc.;
CritĂšres de classification â les importations en provenance de diffĂ©rents pays
des dépenses de consommation (dans certains cas, la classification des produits
exportables pourrait prĂ©senter de lâintĂ©rĂȘt).
3.146 Bien quâune classification puisse ĂȘtre conçue
conformément à la théorie économique ou en fonction
des besoins des utilisateurs suivant une approche des- Classification par type de produit
cendante, dans la pratique, le statisticien recueille des 3.148 Lorsquâun indice des prix doit ĂȘtre Ă©tabli
donnĂ©es sur les divers produits et les agrĂšge ensuite en pour des groupes de produits dĂ©terminĂ©s, câest la classi-
se conformant au systĂšme de classification (approche fication par type de produit quâil faut adopter. Une clas-
ascendante). Par exemple, les unités de la Nomenclature sification de ce genre peut répondre à plusieurs des cri-
des fonctions de la consommation individuelle (COI- tĂšres indiquĂ©s ci-dessus; câest le cas, par exemple, de la
COP) sont des dĂ©penses dâacquisition de biens et ser- Classification des produits associĂ©e aux activitĂ©s (CPA)
vices de consommation et non des dépenses par fonc- de la Communauté économique européenne (Eurostat,
tions proprement dites. Les divisions 01 à 12 de la 1993), qui est liée à la CPC au niveau de détail et à la
COICOP convertissent ces statistiques de base en CITI au niveau agrégé.
classification fonctionnelle en regroupant les divers 3.149 InĂ©vitablement, les enquĂȘteurs et les statis-
biens et services qui sont considĂ©rĂ©s comme servant Ă ticiens chargĂ©s dâĂ©tablir lâindice rencontreront des pro-
un but particulier (nourrir le corps, le protĂ©ger contre les duits pour lesquels il nâexiste pas de catĂ©gories
intempéries, prévenir et guérir les maladies, acquérir détaillées ou de sous-catégories, par exemple les pro-
des connaissances, voyager, etc.). duits entiĂšrement nouveaux ou les produits hybrides qui
3.147 Les classifications des dĂ©penses sont des sys- sont un composĂ© de produits existants. Câest lĂ un pro-
tÚmes qui consistent à agréger les dépenses au titre des blÚme qui se pose souvent dans le cas des produits de
66
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
haute technologie, les biens et services de télécommuni- autres chaussures de sport pour tous les jours ou pour le
cation et les produits alimentaires sous forme de «repas loisir, qui sont classĂ©es sous «Articles dâhabillement et
prĂȘts-Ă -dĂ©guster». En un premier temps, les dĂ©penses au chaussures», et non sous «Loisirs et culture».
titre de ces produits peuvent ĂȘtre comptabilisĂ©es au 3.154 Les statisticiens nationaux peuvent dĂ©cider
poste «autres» ou n.c.a. (non classĂ© ailleurs), mais, de classer ailleurs les produits Ă fonctions multiples sâils
lorsquâelles atteignent un niveau Ă©levĂ©, il faut les classer jugent ce reclassement plus adaptĂ© au cas de leur pays.
sĂ©parĂ©ment. Ce nouveau classement doit ĂȘtre expliquĂ© dans une note
de bas de page.
Classification par fonction 3.155 Biens et services Ă fonctions mixtes. Une
3.150 Si le statisticien chargĂ© dâĂ©tablir lâIPC seule dĂ©pense est parfois enregistrĂ©e pour rendre
cherche Ă mesurer la variation du coĂ»t Ă encourir pour compte de lâacquisition dâun groupe de biens et services
satisfaire des besoins particuliers, il devra recourir à une servant à deux ou plusieurs usages différents. Par
classification par fonction. La COICOP comporte 12 exemple, lâachat dâun voyage organisĂ© (tout compris)
divisions qui font apparaĂźtre, au niveau le plus Ă©levĂ©, des inclura le paiement de services de transport, dâhĂ©berge-
catĂ©gories fonctionnelles et, au-dessous de ce niveau, ment et de restauration, et lâachat de services dâĂ©duca-
des groupes et classes de produits. En dâautres termes, tion peut inclure le paiement de services de santĂ©, de
les produits sont classĂ©s sous des rubriques fonction- transport, dâhĂ©bergement, de matĂ©riel Ă©ducatif, etc.
nelles. Lâaffectation des produits est compliquĂ©e par 3.156 Les dĂ©penses au titre de biens et services Ă
lâexistence de produits Ă fonctions multiples (un seul et deux ou plusieurs fonctions sont traitĂ©es au cas par cas
mĂȘme produit qui peut servir Ă des usages divers), en vue dâassurer une classification fonctionnelle aussi
comme lâĂ©lectricitĂ©, les produits (composites) Ă fonc- prĂ©cise que possible et compatible avec des considĂ©ra-
tions mixtes, tels que les voyages organisĂ©s, qui incluent tions dâordre pratique ayant trait Ă la disponibilitĂ© des
le transport, lâhĂ©bergement, les repas, etc. donnĂ©es. Câest ainsi que les achats de voyages organisĂ©s
sont classés sous «Forfaits touristiques», sans classifica-
3.151 Biens et services Ă fonctions multiples. La
tion sĂ©parĂ©e par fonctions telles que le transport, lâhĂ©ber-
majoritĂ© des biens et services peuvent ĂȘtre sans aucune
gement et la restauration. En revanche, les paiements de
ambiguïté affectés à un usage et un seul, mais certains
services Ă©ducatifs doivent ĂȘtre autant que possible venti-
pourraient, de façon plausible, avoir plusieurs fonctions.
lés entre «Enseignement», «Santé», «Transports», «Res-
Câest le cas, par exemple, des carburants, qui peuvent
taurants et hÎtels» et «Loisirs et culture».
alimenter les moteurs des véhicules classés au poste des
transports aussi bien que des véhicules classés au poste 3.157 Deux autres exemples de produits à fonctions
des loisirs ou les motoneiges et les bicyclettes, qui mixtes sont les services aux hospitalisés, qui incluent le
peuvent ĂȘtre achetĂ©s pour servir de moyens de transport traitement mĂ©dical, lâhĂ©bergement et les repas; et les
ou de matĂ©riel de loisir. services de transport pour lesquels les repas et lâhĂ©ber-
gement sont inclus dans le prix du billet. Dans les deux
3.152 La rĂšgle gĂ©nĂ©rale rĂ©gissant lâĂ©tablissement
cas, les fonctions ne sont pas comptabilisées séparé-
dâune COICOP est de classer les biens et services Ă
ment. Les achats de services aux hospitalisés sont clas-
fonctions multiples dans la division correspondant Ă la
sés sous «Services hospitaliers» et les achats de services
fonction prĂ©dominante. Câest ainsi que les carburants
de transport (hébergement et repas compris) sous
relÚvent de la division «Transports». Lorsque la fonc-
«Services de transport».
tion prĂ©dominante varie dâun pays Ă lâautre, les biens et
services à fonctions multiples ont été affectés à la divi-
sion qui rend compte de leur principale fonction dans Classifications pour les indices
les pays oĂč le produit en question est particuliĂšrement des prix Ă la consommation
important. Câest ainsi que les motoneiges et les 3.158 Dans la pratique, la plupart des pays utilisent
bicyclettes ont été classées à la division «Transports» un systÚme de classification hybride pour établir leur IPC,
car câest Ă cet usage quâils servent habituellement dans en ce sens que les dĂ©penses sont classĂ©es par fonction au
les rĂ©gions oĂč la plupart des vĂ©hicules de ce type sont plus haut niveau et par type de produit au-dessous de ce
achetĂ©s â câest-Ă -dire lâAmĂ©rique du Nord et les pays niveau. Dans certains pays, les classifications fonctionnel-
nordiques dans le cas des motoneiges, et lâAfrique, les adoptĂ©es au niveau le plus Ă©levĂ© ont Ă©tĂ© mises au point
lâAsie du Sud-Est, la Chine et les pays plats de lâEurope il y a de nombreuses annĂ©es pour les IPC initialement con-
du Nord pour ce qui est des bicyclettes. çus afin de mesurer la variation du coĂ»t dâun panier de
3.153 Comme autres exemples de produits à fonc- biens et services considérés alors comme nécessaires pour
tions multiples de la COICOP, on peut citer : les ali- survivre ou maintenir un niveau de vie «de base». Les
ments consommés hors de chez soi, qui sont classés classifications étaient donc fondées sur les besoins des
sous «Restaurants et hĂŽtels» et non sous «Produits ali- consommateurs, «besoins» dont la dĂ©finition a pu ĂȘtre
mentaires et boissons non alcoolisées»; les fourgon- plus ou moins subjective selon les impératifs politiques.
nettes de camping, qui relĂšvent des «Loisirs et culture» 3.159 La pratique recommandĂ©e aujourdâhui est
et non des «Transports»; les chaussures de basket et celle qui consiste à conserver la classification fonction-
67
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
nelle au plus haut niveau, avec ventilation par type de ⹠la division 14 a trait aux dépenses de consommation
produit au-dessous, tout en appliquant autant que pos- individuelle des administrations publiques.
sible les classifications internationales types récemment La classification fait apparaßtre trois niveaux de détail :
établies et en les adaptant aux besoins du pays, le cas
âą division ou niveau Ă 2 chiffres, par exemple 01.
Ă©chĂ©ant. En dâautres termes, il y a lieu dâutiliser les
Produits alimentaires et boissons non alcoolisées;
divisions 01 Ă 12 de la COICOP et dây intĂ©grer, aux
deux niveaux de détail suivants, les classes et sous- ⹠groupe ou niveau à 3 chiffres, par exemple 01.1
classes de produits de la Classification centrale des pro- Produits alimentaires;
duits (CPC). âą classe ou niveau Ă 4 chiffres, par exemple 01.1.1 Pain
et céréales.
Niveau de publication 3.164 Les 12 divisions qui se rapportent aux
3.160 Comme indiqué ci-dessus, toute restructu- ménages comportent 47 groupes et 117 classes et sont
ration de la classification des indices publiĂ©s crĂ©era des prĂ©sentĂ©es Ă lâannexe 2. Au-dessous des classes, les sta-
difficultĂ©s pour les utilisateurs et doit, autant que pos- tisticiens chargĂ©s dâĂ©tablir lâIPC iront davantage dans le
sible, ĂȘtre Ă©vitĂ©e. Pour cela, il faut, en premier lieu, pla- dĂ©tail en subdivisant les classes en fonction de leurs
nifier et établir avec soin le systÚme de classification impératifs nationaux. Bien entendu, il est clairement
qui sera utilisĂ©. Il sâagit de fournir aux utilisateurs prĂ©fĂ©rable de conserver la structure de base de la COI-
autant de dĂ©tails quâils veulent en termes dâindices de COP au niveau le plus Ă©levĂ© pour assurer la comparabi-
produit et de pondérations tout en se ménageant la pos- lité entre les pays et entre les différents usages de la
sibilité de restructurer la classification aux niveaux les COICOP (IPC, statistiques des dépenses des ménages,
plus bas (non publiés) sans aucun effet apparent sur les agrégats de comptabilité nationale).
séries publiées. 3.165 Il y a des classes de la COICOP qui ne sont
3.161 Les Ă©chantillons dâarticles situĂ©s au-dessous pas nĂ©cessairement incluses dans la plupart des IPC ou
du niveau auquel les pondĂ©rations sont publiĂ©es pour lesquelles il nâest pas possible de recueillir directe-
peuvent ĂȘtre modifiĂ©s entre deux grandes rĂ©visions des ment auprĂšs des mĂ©nages des donnĂ©es sur les dĂ©penses
pondérations. Comme expliqué au chapitre 9, les nou- correspondantes. Par exemple, la COICOP comporte une
veaux articles et variĂ©tĂ©s, et les articles et variĂ©tĂ©s de classe pour les loyers fictifs des propriĂ©tairesâoccupants
remplacement, peuvent eux aussi ĂȘtre pris en compte qui nâentre pas dans le champ de certains IPC. La COI-
sous rĂ©serve quâils entrent dans une catĂ©gorie de pro- COP comporte Ă©galement une classe oĂč sont comptabili-
duits pour lesquels des pondĂ©rations sont publiĂ©es. Un sĂ©s les services dâintermĂ©diation financiĂšre indirecte-
nouveau produit important, par exemple un ordinateur ment mesurés, laquelle est exclue du champ de certains
personnel, ne pourrait ĂȘtre inclus quâau moment dâune IPC car il est difficile de les Ă©valuer dans la pratique.
grande rĂ©vision des pondĂ©rations, alors que les tĂ©lĂ©- Quoi quâil en soit, les donnĂ©es sur les dĂ©penses au titre
phones mobiles pourraient ĂȘtre inclus Ă tout moment si de ces services ne peuvent ĂȘtre recueillies Ă lâaide
les pondĂ©rations publiĂ©es au niveau le plus bas de la dâenquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages. De mĂȘme, la
catégorie des télécommunications sont celles des ser- COICOP fait apparaßtre un groupe de dépenses au titre
vices tĂ©lĂ©phoniques. de la rĂ©munĂ©ration de services dâassurance, qui relĂšvent
du champ de lâIPC mais ne peuvent ĂȘtre Ă©valuĂ©es Ă lâaide
Nomenclature des fonctions de la dâenquĂȘtes auprĂšs des mĂ©nages.
consommation individuelle (COICOP) 3.166 Type de produit. Les classes de la COICOP
3.162 Structure de la COICOP. Le modĂšle de clas- se divisent en : services (S), biens non durables (ND),
sification internationale des dépenses de consommation biens semi-durables (SD) et biens durables (D). Cette
individuelle est la Nomenclature des fonctions de la subdivision supplĂ©mentaire permet dâautres applica-
consommation individuelle (COICOP). Câest une clas- tions analytiques. Par exemple, il se peut quâil soit
sification fonctionnelle qui est utilisĂ©e Ă©galement dans nĂ©cessaire dâestimer le stock de biens de consommation
le SCN 1993 et porte sur les dépenses de consommation durables détenu par les ménages, auquel cas les biens
individuelle de trois secteurs institutionnels, Ă savoir les inclus dans les classes de la COICOP qui se rapportent
ménages, les institutions sans but lucratif au service des aux «biens durables» fournissent les éléments de base
ménages (ISBLSM) et les administrations publiques. pour ces estimations.
Les dépenses de consommation individuelle sont celles 3.167 Comme indiqué ci-dessus, un bien est non
qui bĂ©nĂ©ficient aux particuliers ou aux mĂ©nages. durable ou durable selon quâil est utilisable seulement
3.163 La COICOP comporte 14 divisions : une seule fois ou de façon répétée ou continue sur une
pĂ©riode beaucoup plus longue quâun an. En outre, les
⹠les divisions 01 à 12 se rapportent aux dépenses de
biens durables, comme les automobiles, réfrigérateurs,
consommation finale des ménages;
machines Ă laver et tĂ©lĂ©visions, ont une valeur dâacqui-
⹠la division 13 porte sur les dépenses de consomma- sition relativement élevée. Les biens semi-durables
tion finale des ISBLSM; diffĂšrent des biens durables en ce que leur durĂ©e dâutili-
68
CONCEPTS ET CHAMP DE LâINDICE
sation escomptée, quoique supérieure à un an, est sou- Les biens ci-aprÚs sont considérés comme semi-durables :
vent sensiblement plus courte et leur valeur dâacqui- âą articles dâhabillement et chaussures;
sition nettement moins Ă©levĂ©e. En raison de lâimpor-
tance attachée aux biens durables, les catégories de ⹠articles de ménage en textiles;
biens qualifiés de durables dans la COICOP sont pré- ⹠petits appareils ménagers électriques;
sentées ci-aprÚs :
⹠verrerie, vaisselle et ustensiles de ménage;
âą meubles, articles dâameublement, tapis et autres revĂȘ-
tements de sol; ⹠piÚces détachées de véhicules;
âą gros appareils mĂ©nagers; âą matĂ©riel dâenregistrement;
⹠outillage et autre matériel pour la maison et le jardin; ⹠jeux, jouets, passe-temps, équipement de sport, maté-
riel de camping, etc.
⹠appareils et matériels médicaux;
3.168 Certaines classes de la COICOP incluent Ă la
⹠véhicules; fois des biens et des services car il est difficile, dans la
⹠matériel de téléphonie et de télécopie; pratique, de les subdiviser en biens et services. Ces
classes sont gĂ©nĂ©ralement accompagnĂ©es dâun (S)
⹠matériel audiovisuel, photographique et de traite- lorsque les services sont considérés comme étant la com-
ment de lâinformation (Ă lâexception du matĂ©riel posante prĂ©dominante. De mĂȘme, il existe des classes
dâenregistrement); qui regroupent Ă la fois des biens non durables et des
⹠biens durables importants à fonction récréative; biens semi-durables, ou à la fois des biens semi-durables
et des biens durables. Ici encore, ces classes sont accom-
⹠appareils électriques à usage personnel; pagnées du sigle (ND), (SD) ou (D) selon le type de bien
⹠bijoux, horloges et montres. qui est considéré comme étant le plus important.
69
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
Appendice 3.1 Indices des prix des dépenses et prix imputés pour les produits agricoles
ou autres biens destinĂ©s Ă lâautoconsommation qui sont
à la consommation et déflateurs inclus dans les comptes nationaux.
des prix en comptabilité nationale
1. Lâobjet du prĂ©sent appendice est dâexpliquer Horizon temporel
pourquoi et en quoi les indices des prix Ă la consomma- 4. La plupart des IPC mesurent les variations des
tion (IPC) diffÚrent des indices des prix qui sont utilisés prix entre deux dates ou sur un intervalle de temps trÚs
comme déflateurs des dépenses de consommation des court, par exemple une semaine. En comptabilité natio-
ménages en comptabilité nationale. Les différences nale, les indices de prix servent de déflateurs des
entre ces deux types dâindice des prix sont souvent dĂ©penses agrĂ©gĂ©es sur de longues pĂ©riodes de temps, en
peu connues. général un an. Il est peu probable que la méthode de cal-
cul des IPC annuels, qui consiste Ă faire la moyenne des
Couverture des ménages IPC mensuels ou trimestriels, soit conforme, sur le plan
2. Les catĂ©gories de mĂ©nages couvertes par lâIPC et conceptuel, Ă celle des indices des prix annuels de la
celles qui relÚvent de la comptabilité nationale ne sont comptabilité nationale.
intentionnellement pas les mĂȘmes, les premiĂšres Ă©tant
généralement plus restreintes. Les dépenses de consom- Formules de calcul des indices
mation des ménages en comptabilité nationale sont les 5. Les formules de calcul des IPC et celles qui
dépenses effectuées par tous les ménages, y compris les servent à calculer les indices en comptabilité nationale
mĂ©nages institutionnels, rĂ©sidents dans le pays ou la ne sont pas les mĂȘmes. Dans la pratique, la plupart des
rĂ©gion, que ces dĂ©penses soient faites Ă lâintĂ©rieur ou IPC sont gĂ©nĂ©ralement Ă©tablis Ă lâaide de la formule de
hors du pays ou de la rĂ©gion de rĂ©sidence. LâIPC couvre Lowe, qui fait intervenir les quantitĂ©s dâune pĂ©riode
généralement les dépenses et les prix payés par les mé- antérieure, tandis que les indices ou déflateurs des prix
nages Ă lâintĂ©rieur des frontiĂšres gĂ©ographiques dâun en comptabilitĂ© nationale sont dâordinaire des indices de
pays ou dâune rĂ©gion, que les mĂ©nages en soient des Paasche. La formule de Paasche est utilisĂ©e pour obtenir
résidents ou des visiteurs. Fait plus important, la plupart des indices de volume de type Laspeyres. Ces diffé-
des IPC sont dĂ©libĂ©rĂ©ment dĂ©finis de maniĂšre Ă couvrir rences, qui tiennent Ă lâapplication de formules de cal-
seulement des catĂ©gories dĂ©terminĂ©es de mĂ©nages. Par cul diffĂ©rentes, tendraient Ă sâattĂ©nuer si le raccorde-
exemple, un IPC peut exclure les ménages trÚs riches ou ment annuel était adopté aussi bien pour les IPC que
se limiter aux ménages des zones urbaines ou à ceux qui pour les comptes nationaux.
ont Ă leur tĂȘte des salariĂ©s.
Conclusions
Couverture des dépenses 6. Il est clair que, en général, les IPC et les déflateurs
de consommation des prix en comptabilité nationale peuvent différer pour
3. Les catĂ©gories de dĂ©penses couvertes par lâIPC et diverses raisons, surtout par la couverture des mĂ©nages
celles qui relĂšvent de la comptabilitĂ© nationale ne sont et des dĂ©penses, mais aussi par lâhorizon temporel con-
intentionnellement pas les mĂȘmes, les premiĂšres Ă©tant sidĂ©rĂ© et la formule de calcul utilisĂ©e. Ces diffĂ©rences
généralement plus restreintes. Dans la majorité des cas, sont intentionnelles et justifiées. Bien entendu, les prix
lâIPC ne couvre pas la plupart des dĂ©penses de consom- collectĂ©s pour lâĂ©tablissement de lâIPC peuvent Ă©gale-
mation non monétaire imputées qui sont incluses dans ment servir à établir les déflateurs détaillés des prix uti-
les comptes nationaux, en principe ou en pratique à lisés en comptabilité nationale, mais au niveau agrégé,
cause du manque de donnĂ©es. Nombre dâIPC incluent les IPC et les dĂ©flateurs des comptes nationaux peuvent
les loyers fictifs des logements occupĂ©s par leurs pro- ĂȘtre fort diffĂ©rents pour les raisons qui viennent dâĂȘtre
priĂ©taires, mais lâIPC ne tient normalement pas compte mentionnĂ©es.
70
LES PONDĂRATIONS DES DĂPENSES
ET LEURS SOURCES 4
Introduction La structure de pondération
4.1 On calcule en gĂ©nĂ©ral un indice des prix Ă la con- de lâindice des prix
sommation (IPC) en établissant la moyenne pondérée des à la consommation
variations des prix des biens de consommation et des ser-
vices quâil couvre. Les pondĂ©rations sont censĂ©es reflĂ©ter 4.4 Comme lâexpliquent de façon plus approfondie
lâimportance relative de ces biens et services, mesurĂ©e par les chapitres 7 et 9, les IPC sont en gĂ©nĂ©ral calculĂ©s en
leurs parts dans la consommation totale des ménages. La deux étapes. Dans un premier temps, des indices élé-
pondération attachée à chaque bien ou service détermine mentaires sont estimés pour chacun des agrégats élé-
lâimpact de toute variation de son prix sur lâindice global. mentaires. Ces indices sont construits comme suit : a) on
Ă des fins de transparence, et pour lâinformation des utili- recueille un Ă©chantillon de prix reprĂ©sentatifs pour
sateurs de lâindice, les pondĂ©rations devraient ĂȘtre diffu- chaque agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire, puis b) on calcule une
sĂ©es dans le public. variation moyenne des prix pour lâĂ©chantillon. Ensuite,
4.2 Les pondĂ©rations dĂ©pendent du champ de lâin- une moyenne pondĂ©rĂ©e est extraite des indices Ă©lĂ©men-
dice qui est lui-mĂȘme fonction de la principale utilisation taires en utilisant comme pondĂ©rations les dĂ©penses au
de celui-ci. Lâutilisation et le champ dâun IPC sont dĂ©jĂ sein des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires.
expliqués dans une certaine mesure dans les deux précé- 4.5 Les agrégats élémentaires représentent en géné-
dents chapitres. Le présent chapitre porte donc sur les ral les groupes de biens et de services les plus petits
mĂ©thodes utilisĂ©es pour Ă©tablir les pondĂ©rations, ainsi pour lesquels des donnĂ©es sur les dĂ©penses peuvent ĂȘtre
que sur les sources des données qui peuvent servir à les utilisées comme pondérations. Ils peuvent couvrir tout
estimer. En pratique, les pondĂ©rations renvoient en gĂ©nĂ©- le territoire ou diverses rĂ©gions dâun pays. De mĂȘme,
ral aux dĂ©penses de biens et de services de consomma- une distinction peut ĂȘtre Ă©tablie en fonction des types de
tion des mĂ©nages, par opposition Ă lâutilisation effective points de vente. La nature des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires
de ces biens ou services pour répondre à leurs besoins ou dépend des circonstances, ainsi que de la disponibilité
désirs. Les pondérations fondées sur les dépenses con- des données sur les dépenses. Il est donc possible de
viennent pour un IPC établi selon le concept «acquisi- définir ces agrégats différemment selon les pays. En
tion». La différence entre les concepts «acquisition» et général, ils devraient :
«utilisation» est expliquée au chapitre précédent. ⹠consister en des groupes de biens ou de services aussi
4.3 Cependant, dans le cas particulier des loge- proches que possible les uns des autres;
ments occupés par leur propriétaire, de nombreux pays ⹠se composer également de biens ou de services dont
adoptent le concept «utilisation» plutĂŽt que le concept les prix sont susceptibles dâenregistrer des mouve-
«acquisition» et mesurent les variations des prix des ments analogues, lâobjectif Ă©tant de rĂ©duire au mini-
flux de services de logement consommés par les mé- mum la dispersion des mouvements de prix au sein de
nages, par opposition aux variations des prix des loge- lâagrĂ©gat;
ments. On verra au chapitre 23 du prĂ©sent manuel que âą pouvoir servir de strates Ă des fins dâĂ©chantillonnage
lâune des consĂ©quences importantes de lâadoption de ce compte tenu de lâĂ©chantillonnage prĂ©vu pour la collecte
concept est que la pondération des logements occupés des données.
par leur propriĂ©taire dans lâIPC global est considĂ©rable-
ment plus importante que dans le cas du concept 4.6 La structure dâagrĂ©gation dâun IPC est illustrĂ©e au
«acquisition», étant donné que les valeurs des services graphique 4.1 au moyen de la classification des fonctions
de logement consommés par les propriétaires occu- de consommation des ménages (COICOP) exposée au
pants couvrent, outre lâamortissement du logement chapitre 3, encore quâil soit possible dâutiliser Ă la place
achetĂ©, les charges dâintĂ©rĂȘt sur le capital investi. Il se des classifications nationales analogues :
peut fort bien quâau bout dâun certain nombre âą premiĂšrement, la sĂ©rie complĂšte des biens et services
dâannĂ©es, les pondĂ©rations attribuĂ©es aux logements de consommation couverte par lâIPC global se
occupés par leur propriétaire soient deux fois plus éle- décompose en divisions, celle des «produits alimen-
vĂ©es avec le concept «utilisation» quâavec le concept taires et boissons alcoolisĂ©es», par exemple;
«acquisition». (Pour plus de prĂ©cisions et dâexplica- âą chaque division se dĂ©compose ensuite en groupes,
tions, voir le chapitre 23.) comme celui des produits alimentaires;
71
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
Graphique 4.1 Structure dâagrĂ©gation typique dâun indice des prix Ă la consommation (IPC)
IPC GLOBAL
Produits
GROUPE GROUPE
Produits alimentaires Boissons non alcoolisées AUTRES GROUPES
et tabac
CLASSE CLASSE
AUTRES CLASSES
Pain et céréales Viande
AGRĂGAT
AGRĂGAT ĂLĂMENTAIRE
ĂLĂMENTAIRE
Riz vendu dans les autres
Riz vendu dans les
points de vente
supermarchés
du nord du pays
du nord du pays
PRODUIT PRODUIT
REPRĂSENTATIF REPRĂSENTATIF
Riz blanc long grain Riz brun : plus de 50 %
mi-cuit de grains brisés
PRODUIT
ĂLĂMENTAIRE PRODUIT ĂLĂMENTAIRE
DE LâĂCHANTILLON DE LâĂCHANTILLON
Marque A Marque B
72
LES PONDĂRATIONS DES DĂPENSES ET LEURS SOURCES
âą chaque groupe est Ă son tour divisĂ© en classes, «pain sont souvent obtenues Ă partir dâenquĂȘtes sur le budget
et cĂ©rĂ©ales», par exemple; des mĂ©nages (EBM), Ă©galement qualifiĂ©es dâenquĂȘtes
âą chaque classe peut ĂȘtre divisĂ©e en sous-classes plus sur les dĂ©penses des mĂ©nages (EDM). Comme il sâagit
homogĂšnes, comme le «riz»; dâenquĂȘtes par sondage qui peuvent faire lâobjet
dâerreurs de dĂ©claration ou de sĂ©lection, ainsi que
âą enfin, il est possible, afin dâobtenir les agrĂ©gats Ă©lĂ©-
dâerreurs dues Ă une absence de rĂ©ponse, les parts esti-
mentaires, de subdiviser les sous-classes par région
mées pour certaines sous-classes sont souvent modifiées
ou type de points de vente (voir graphique 4.1). Par-
ou rĂ©visĂ©es sur la base dâinformations additionnelles ou
fois, une sous-classe ne peut, ni ne doit, ĂȘtre subdivi-
complĂ©mentaires provenant dâautres sources.
sĂ©e, auquel cas, elle devient lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire.
Les sous-classes et agrégats élémentaires ne font pas
partie de la COICOP elle-mĂȘme, mais donnent une PondĂ©rations rĂ©gionales
ventilation plus détaillée des classes de la COICOP
qui est nĂ©cessaire pour Ă©tablir un IPC. 4.10 Au sein dâune sous-classe donnĂ©e, la pondĂ©ra-
tion régionale indique la proportion que représentent
4.7 Au sein de chaque agrégat élémentaire, un ou
les dĂ©penses de consommation dâune rĂ©gion dans les
plusieurs produits sont choisis pour représenter les
dĂ©penses de lâensemble du pays pour cette sous-classe.
mouvements des prix de tous les biens et services de cet
Par exemple, si 60 % des dépenses totales de fruits frais
agrĂ©gat. Par exemple, lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire correspon-
sont enregistrées dans le nord du pays et 40 % dans le
dant au riz vendu dans les supermarchés du nord du
sud, la pondération régionale pour les fruits frais est
pays couvre tous les types de riz, le riz blanc mi-cuit et
alors de 60 % pour le nord et 40 % pour le sud.
le riz brun comportant plus de 50 % de grains brisés
4.11 Une rĂ©gion peut Ă©galement sâentendre dâune
étant choisis comme produits représentatifs. Il va de soi
zone gĂ©ographique, dâune ville ou dâun groupe de
que davantage de produits représentatifs peuvent en fait
villes, situé dans un endroit particulier ou ayant une
ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s. Enfin, pour chaque produit reprĂ©sen-
certaine importance. On utilise les pondérations régio-
tatif, un certain nombre de produits individuels (comme
nales pour créer des entités plus homogÚnes suscep-
des marques prĂ©cises de riz mi-cuit) peuvent ĂȘtre rete-
tibles dâenregistrer des mouvements de prix analogues
nus pour la collecte des prix. LĂ encore, le nombre de
et de présenter des habitudes de consommation ana-
produits Ă©lĂ©mentaires de lâĂ©chantillon peut varier en
logues. Par exemple, on peut observer des différences
fonction de la nature du produit représentatif.
trĂšs profondes dans les habitudes de consommation et
4.8 Les méthodes utilisées pour calculer les indices
lâĂ©volution de prix entre les zones urbaines et les zones
dâagrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires Ă partir des observations des
rurales. Une distinction entre les diverses régions des
prix individuels recueillies au sein de chaque agrégat
pays fĂ©dĂ©raux sâimpose Ă©ventuellement, car il peut ĂȘtre
Ă©lĂ©mentaire sont exposĂ©es au chapitre 9 et nâoffrent
nĂ©cessaire dâĂ©tablir des IPC pour les provinces ou les
guĂšre dâintĂ©rĂȘt pour le prĂ©sent chapitre. Tous les indices
Ătats pour des raisons administratives ou politiques.
qui se situent au-dessus de ce niveau élémentaire sont
En outre, dans ces pays, les impĂŽts indirects et, en con-
présentés comme des indices de niveau supérieur qui
sĂ©quence, lâĂ©volution des prix peuvent diffĂ©rer entre
peuvent ĂȘtre calculĂ©s Ă partir des indices Ă©lĂ©mentaires en
les provinces.
utilisant comme pondérations les agrégats de dépenses
4.12 En général, on peut calculer les pondérations
Ă©lĂ©mentaires. La structure dâagrĂ©gation est cohĂ©rente, de
régionales sur la base des EBM ou les estimer à partir
sorte que la pondĂ©ration Ă chaque niveau supĂ©rieur Ă
des données sur les ventes au détail ou sur la population.
lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire est toujours Ă©gale Ă la somme de
Selon la taille et la structure du pays, les données dispo-
ses composantes. Ă chaque niveau dâagrĂ©gation, on peut
nibles, les ressources et lâobjet de lâindice, on peut
calculer lâindice des prix sur la base des pondĂ©rations et
inclure ou non les pondĂ©rations rĂ©gionales dans lâIPC.
indices des prix de ses composantes (en dâautres termes,
les indices des prix élémentaires ou de niveau inférieur).
Les indices des prix élémentaires ne sont pas nécessaire-
ment assez fiables pour ĂȘtre publiĂ©s sĂ©parĂ©ment, mais ils PondĂ©rations des points de vente
font toujours partie des éléments de base des indices de ou des types de points de vente
niveau supérieur. En conséquence, aucune nouvelle don- 4.13 Les prix sont relevés dans divers points de
nĂ©e nâest introduite dans le calcul de lâIPC au-dessus du vente ou types de points de vente. On peut utiliser les
niveau de lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. informations sur les ventes ou les parts de marchĂ© des
points de vente pour établir des pondérations des agré-
gats élémentaires spécifiques à une région ou un type
PondĂ©rations des groupes, classes de points de vente. Lâun des avantages que confĂšre le
et sous-classes recours aux pondérations des points de vente est de per-
4.9 Les pondérations des groupes, classes et sous- mettre de centraliser les données recueillies auprÚs des
classes reprĂ©sentent leurs parts dans les dĂ©penses totales supermarchĂ©s ou dâautres types de points de vente
de consommation de la population de référence. Elles appartenant à des chaßnes.
73
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
74
LES PONDĂRATIONS DES DĂPENSES ET LEURS SOURCES
La qualitĂ© des estimations souffrira aussi de lâabsence de lâIslande a pu obtenir dans ses EBM des informations
rĂ©ponse ou dâune sous-dĂ©claration de certaines catĂ©go- prĂ©cises sur les types et les marques des biens achetĂ©s
ries de consommation. La sous-déclaration est sans dans différents points de vente, à un coût pour ainsi dire
doute le problÚme le plus grave et le plus courant qui nul pour les sondés.
pénalise les EBM. Certaines dépenses ne sont pas signa-
lĂ©es, car elles rĂ©sultent dâun achat nĂ©gligeable ou excep-
tionnel quâil est donc facile dâoublier. Bien quâĂ©levĂ©es, ComptabilitĂ© nationale
les estimations des dépenses de biens durables risquent 4.25 La portée et la définition de la consommation
aussi de prĂ©senter des difficultĂ©s, Ă©tant donnĂ© que les ne sont pas nĂ©cessairement les mĂȘmes dans les comptes
achats y affĂ©rents ne sont pas du tout frĂ©quents. Dâautres nationaux et lâIPC et la population de rĂ©fĂ©rence des mĂ©-
dĂ©penses ne sont pas dĂ©clarĂ©es parce que les produits ne nages peut ĂȘtre diffĂ©rente dans la comptabilitĂ© nationale
sont pas socialement acceptables ou sont illégaux (drogue, et les EBM.
alcool ou tabac, par exemple). Si les sous-déclarations ne 4.26 PremiÚrement, dans la comptabilité nationale,
sont pas ajustées, les pondérations des produits élémen- le secteur des ménages se compose de tous les ménages
taires concernés sont sous-estimées et celles des produits résidents, y compris les personnes vivant en institution,
correctement déclarés surestimées. Il faut donc, dans la alors que, dans les EBM, il ne couvre pas les personnes
mesure du possible, comparer ou combiner les résultats vivant en permanence dans des institutions comme les
des EBM avec les statistiques dâautres sources lorsquâon maisons de retraite ou les Ă©tablissements religieux. Si
calcule les pondĂ©rations des IPC, surtout si lâĂ©chantillon lâIPC est censĂ© couvrir tous les mĂ©nages rĂ©sidents, on
des EBM est étroit. peut donc utiliser les estimations de la comptabilité
4.22 Pour les besoins de lâIPC, il est souhaitable de nationale pour ajuster les donnĂ©es des EBM.
mener les EBM tous les ans. Les pays pourront Ă cette 4.27 DeuxiĂšmement, il est possible dâavoir deux
occasion réviser et mettre à jour les pondérations de concepts de consommation finale totale, le concept inté-
leurs dĂ©penses. Lâun des avantages de la mise Ă jour an- rieur et le concept rĂ©sident (voir chapitre 3). Le concept
nuelle des pondĂ©rations est quâelle tend Ă rĂ©duire les de consommation intĂ©rieure sâentend de la consomma-
différences entre les résultats obtenus en utilisant di- tion observée sur le territoire économique, y compris
verses formules de calcul de lâindice. Tout biais pouvant celle des mĂ©nages Ă©trangers en visite, mais exclut la
dĂ©couler de lâemploi dâun indice de Lowe qui utilise un consommation des mĂ©nages rĂ©sidents lorsqu'ils sont Ă
panier fixe de biens et de services n'aura pas le temps lâĂ©tranger. Le concept rĂ©sident utilisĂ© dans la comptabi-
dâatteindre une ampleur significative (voir chapitres 1, 9 litĂ© nationale vise la consommation de tous les rĂ©sidents
et 15). du pays, quâils se trouvent sur le territoire national ou Ă
4.23 Certains pays mĂšnent les EBM sur une base lâĂ©tranger, la consommation des non-rĂ©sidents Ă©tant
continue en mettant progressivement Ă jour les Ă©chan- exclue. Ne sâadressant en gĂ©nĂ©ral quâaux mĂ©nages rĂ©si-
tillons. Un programme dâenquĂȘtes annuelles avec des dents, lâEBM couvre ou non leurs dĂ©penses Ă lâĂ©tranger
échantillons suffisamment larges pour fournir le type en fonction des instructions données aux répondants.
dâestimations requises pour les pondĂ©rations des IPC 4.28 Les donnĂ©es des comptes nationaux peuvent
risque toutefois dâĂȘtre trĂšs coĂ»teux. Pour cette raison, ĂȘtre utilisĂ©es pour amĂ©liorer les pondĂ©rations des pro-
certains pays conduisent de vastes enquĂȘtes Ă des inter- duits qui sont sous-dĂ©clarĂ©s dans les EBM. Il convient
valles de cinq ou dix ans, complétées éventuellement de souligner que les chiffres de la comptabilité nationale
par une enquĂȘte annuelle avec un Ă©chantillon plus petit. sur la consommation finale des mĂ©nages sont en gĂ©nĂ©ral
Dâautres pays Ă©talent sur plusieurs annĂ©es une enquĂȘte Ă©tablis Ă partir de statistiques provenant des EBM et de
portant sur un échantillon large. La moyenne des résul- plusieurs autres sources. Cela revient à dire que les esti-
tats de petites enquĂȘtes menĂ©es sur plusieurs annĂ©es mations de la comptabilitĂ© nationale sont sans doute
successives peut donner une sĂ©rie dâestimations an- utiles lorsquâil faut estimer les pondĂ©rations des catĂ©go-
nuelles satisfaisantes. Les pondĂ©rations calculĂ©es de ries de consommation qui tendent Ă ĂȘtre mal dĂ©clarĂ©es
cette façon (pourcentages moyens des dépenses sur des dans les EBM ou lorsque les résultats des EBM souffrent
pĂ©riodes de deux ou trois ans) attĂ©nuent en outre tout dâun taux Ă©levĂ© de rĂ©ponses partielles ou de non-rĂ©ponses
comportement erratique des consommateurs sur une qui risque de les fausser.
brÚve période, imputable par exemple à des événements
comme des sécheresses ou des inondations, des guerres
civiles, des chocs pétroliers ou des hivers exceptionnel- Données sur les ventes au détail
lement doux ou rigoureux. 4.29 Des statistiques sur les ventes au détail par
4.24 Il conviendrait de souligner que certains pays rĂ©gion et type de points de vente peuvent ĂȘtre dispo-
pourraient expĂ©rimenter de nouvelles mĂ©thodes dâenre- nibles pour de vastes groupes de produits Ă©lĂ©mentaires.
gistrement des dĂ©penses dans les EBM en utilisant les Lâun de leurs inconvĂ©nients est que certaines des ventes
donnĂ©es des caisses enregistreuses Ă©lectroniques saisies sont Ă©ventuellement faites Ă des groupes nâappartenant
par lecture optique. Par exemple, en collectant les reçus pas à la population de référence (entreprises ou adminis-
remis aux clients (oĂč sont imprimĂ©s les codes-barres), trations Ă©ventuellement). Les achats correspondants
75
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
nâentrent pas dans la consommation privĂ©e des mĂ©- pondĂ©rations de lâIPC. Il ne faut pas cependant ignorer
nages. Dâautres ventes peuvent ĂȘtre faites Ă des non- les insuffisances de cette source dâinformation. La pre-
résidents inclus ou non dans la population de référence. miÚre est que, contrairement aux données des EBM,
En outre, il faut se souvenir que, dans le cas des données celles qui sont saisies par lecture optique ne peuvent
rĂ©gionales sur les ventes, certaines dâentre elles peuvent ĂȘtre rattachĂ©es Ă un type particulier de mĂ©nages. Une
concerner des personnes habitant dans dâautres rĂ©gions. autre diffĂ©rence importante entre ces donnĂ©es est que
celles des EBM couvrent des biens achetés à des points
EnquĂȘtes sur les points dâachat de vente qui n'utilisent pas cette technologie, ainsi que
des biens et des services sans code-barres, indépendam-
4.30 Les enquĂȘtes sur les points dâachat peuvent four-
ment de lâendroit oĂč ils sont vendus. Bien que lâutilisa-
nir des statistiques utiles pour estimer les pondérations des
donnĂ©es de prix, car elles permettent dâanalyser les habi- tion des donnĂ©es Ă©lectroniques progresse tous les ans,
tudes de consommation de divers segments de la popula- des segments importants du marché de la vente au détail
tion. On demande aux mĂ©nages, pour chaque produit Ă©lĂ©- n'ont pas recours Ă la lecture optique, mĂȘme dans les
mentaire acheté, le montant dépensé dans chaque point de pays électroniquement les plus avancés.
vente oĂč les achats ont Ă©tĂ© effectuĂ©s, ainsi que le nom et
lâadresse de ces points de vente. On peut alors dresser une Recensements de population
liste des points de vente, dans laquelle est indiqué le total 4.33 Les recensements de population donnent des
des ventes des diffĂ©rents produits Ă©lĂ©mentaires Ă lâĂ©chan- statistiques sur la rĂ©partition gĂ©ographique de la popula-
tillon de ménages. Un échantillon de points de vente est tion et des ménages, ainsi que sur les différences régio-
choisi à partir de cette liste, avec des probabilités propor- nales dans la taille et la composition des ménages. Utili-
tionnelles aux ventes. Ătant donnĂ© que les EBM sont coĂ»- sĂ©es avec les estimations des dĂ©penses rĂ©gionales des
teuses et font double emploi avec les enquĂȘtes sur les mĂ©nages, ces statistiques peuvent servir Ă estimer les
points dâachat, il est possible de fusionner les deux activi- pondĂ©rations de ces dĂ©penses, surtout lorsquâon ne peut
tĂ©s de collecte de donnĂ©es dans une seule enquĂȘte intĂ©grĂ©e Ă©tablir de telles estimations avec un degrĂ© satisfaisant de
contenant des renseignements dĂ©taillĂ©s sur les dĂ©penses et prĂ©cision au moyen dâune EBM. En lâabsence de statis-
les points de vente, parallÚlement aux informations démo- tiques sur les dépenses, les pondérations régionales
graphiques sur les mĂ©nages nĂ©cessaires pour Ă©tablir des peuvent ĂȘtre obtenues Ă partir des statistiques sur la
indices de sous-groupes. population. Ces estimations des pondérations doivent en
4.31 On peut mener une enquĂȘte simplifiĂ©e pour gĂ©nĂ©ral supposer que les dĂ©penses par habitant ou par
obtenir les pondĂ©rations des groupes de produits par mĂ©nage sont les mĂȘmes dans toutes les rĂ©gions et ne pas
type de points de vente, aprĂšs un choix raisonnĂ© dâun tenir compte des diffĂ©rences dâordinaire profondes qui
Ă©chantillon par type de points de vente. En lâabsence existent entre les volumes et les habitudes de consomma-
dâune enquĂȘte de cette nature, on pourrait aussi estimer tion des populations urbaines et des populations rurales.
une ventilation des ventes par type de points de vente en
utilisant les statistiques nationales des ventes de détail
par type de points de vente obtenues Ă partir dâune Comment les pondĂ©rations
enquĂȘte sur les points de vente. sont-elles calculĂ©es en pratique?
4.34 Une fois choisies la population de référence et la
Données saisies par lecture optique couverture des biens et services, il faut calculer les pondé-
4.32 Ces derniÚres années, quelques pays ont com- rations. En principe, cette opération est assez simple, car
mencĂ© Ă calculer les pondĂ©rations de lâIPC Ă lâaide des les pondĂ©rations reprĂ©sentent la part des dĂ©penses totales
statistiques tirées des données que les vendeurs sai- de consommation de tous les biens et services figurant
sissent avec leurs caisses enregistreuses et conservent dans le panier-type de lâindice qui revient Ă la population
dans leur base de données. Ces séries de données in- de référence pendant la période de référence. En pratique,
diquent les quantités vendues et les agrégats de valeurs toutefois, le calcul des pondérations n'est pas aussi facile
correspondants. (Les reçus des caisses enregistreuses et comporte plusieurs étapes.
fournissent en général les informations suivantes : nom
du point de vente, date et heure de lâachat, description
des produits élémentaires achetés, quantité, prix et Paiements qui ne sont pas
valeur, forme de paiement et, le cas échéant, montant de des dépenses de consommation
la TVA.) Il rĂ©sulte dâune comparaison entre les rĂ©sultats 4.35 Seules les dĂ©penses de consommation entrent
des EBM et les donnĂ©es correspondantes des grandes dans le calcul des pondĂ©rations de lâIPC. Comme on lâa
chaßnes de supermarchés saisies par lecture optique que vu au chapitre 3, les dépenses comme les paiements au
celles-ci peuvent accroĂźtre la fiabilitĂ© des pondĂ©rations titre des cotisations de sĂ©curitĂ© sociale ou de lâimpĂŽt sur
(Gudnason, 1999). Cela renforce les arguments avancĂ©s le revenu, ou les remboursements dâemprunts, sont sans
par ceux qui soutiennent quâon devrait utiliser ces don- objet et ne doivent pas ĂȘtre prises en compte, car elles ne
nées pour réviser plus souvent et à un coût moindre les correspondent pas à des dépenses de consommation.
76
LES PONDĂRATIONS DES DĂPENSES ET LEURS SOURCES
77
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
tance augmente ou diminue sensiblement au cours de la chaque année pendant une période commune et calcu-
période. Il est en outre possible que les dépenses con- ler une moyenne arithmétique des données annuelle-
cernant certains produits ne puissent ĂȘtre obtenues au ment ajustĂ©es.
moyen dâune EBM, ces produits ayant Ă©tĂ© lancĂ©s une 4.46 La pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations prĂ©-
fois lâenquĂȘte terminĂ©e (par exemple, les tĂ©lĂ©phones cel- cĂ©dant en gĂ©nĂ©ral celle de rĂ©fĂ©rence des prix, il est pos-
lulaires et les coĂ»ts y affĂ©rents sont apparus, dans de sible dâactualiser par les prix les pondĂ©rations en valeur
nombreux pays, comme un nouveau type important de de dépenses afin de tenir compte des variations des prix
dĂ©penses Ă la fin des annĂ©es 90). Il faut alors ajuster en relatifs entre les deux pĂ©riodes. Lâactualisation des pon-
consĂ©quence les donnĂ©es de lâenquĂȘte. Les dĂ©penses au dĂ©rations par les prix est approfondie aux paragraphes
titre de ces nouveaux produits devraient ĂȘtre estimĂ©es 9.95 Ă 9.104 du chapitre 9.
sur la base dâinformations provenant dâautres sources
disponibles (par exemple, les statistiques des importa-
tions et du commerce de détail), en tenant compte de la Nécessité de réviser les pondérations
nĂ©cessitĂ© dâexclure les dĂ©penses des entreprises ou 4.47 La plupart des pays calculent leur IPC en pre-
faites Ă des fins commerciales. nant la variation de la valeur dâun panier-type prĂ©cis de
biens et de services. Un indice général de ce type est
exposĂ© dans le prĂ©sent manuel sous la forme dâun indice
Période de référence des pondérations de Lowe. Ses propriétés et son comportement sont
4.44 La période de référence des pondérations est expliqués aux chapitres 1, 9 et 15. Bien que les IPC
celle Ă laquelle sâappliquent les pondĂ©rations estimĂ©es. soient souvent dĂ©crits comme des indices de Laspeyres,
Le choix de la période couverte par les statistiques des ils ne correspondent guÚre en pratique à de tels indices.
dépenses utilisées pour calculer les pondérations est cru- Par définition, le panier-type des biens et services dans
cial. De façon générale, la période retenue comme base un indice de Laspeyres est celui de la période de réfé-
des pondĂ©rations devrait ĂȘtre assez longue pour com- rence des prix, alors qu'un IPC typique utilise le panier
prendre un cycle saisonnier. En outre, si lâindice n'est pas dâune pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations qui prĂ©cĂšde
chaĂźnĂ© annuellement, la situation Ă©conomique de lâannĂ©e celle de rĂ©fĂ©rence des prix (comme on vient de lâexpli-
choisie devrait pouvoir ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme ayant Ă©tĂ© quer). De nombreux pays utilisant le mĂȘme panier fixe
plutĂŽt normale ou stable. Ă cet effet, il peut ĂȘtre nĂ©ces- de biens et de services pendant plusieurs annĂ©es, il faut
saire dâajuster certaines des valeurs afin de les normali- se demander Ă quelle frĂ©quence le panier-type doit ĂȘtre
ser et de corriger toute irrégularité dans les données de la révisé pour éviter qu'il ne devienne périmé ou ne perde
période en question qui constituent la source des infor- sa signification.
mations. La période de référence des pondérations ne 4.48 à court terme, les consommateurs modifieront
devrait pas ĂȘtre trop Ă©loignĂ©e de celle de la rĂ©fĂ©rence des leurs habitudes en rĂ©action aux variations des prix rela-
prix. Le plus souvent, on prend une annĂ©e civile. Un tifs, surtout entre les produits appartenant Ă la mĂȘme
mois ou un trimestre est trop court pour ĂȘtre utilisĂ© classe ou sous-classe. Ă plus long terme, dâautres fac-
comme base des pondérations à cause des influences teurs influenceront aussi leur comportement. Il est trÚs
accidentelles ou saisonniĂšres quâil risque de subir. Dans important de signaler que les changements dans le
certains cas, il se peut que les donnĂ©es dâune seule annĂ©e niveau et la rĂ©partition des revenus des mĂ©nages rĂ©orien-
ne soient pas suffisantes parce que la situation écono- teront la demande de biens et de services vers ceux dont
mique est inhabituelle ou que lâĂ©chantillon n'est pas lâĂ©lasticitĂ©-revenu est Ă©levĂ©e. Les facteurs dĂ©mogra-
assez vaste. Il est alors possible de calculer les pondéra- phiques, comme le vieillissement de la population, et les
tions à partir de la moyenne des données sur les dépenses mutations technologiques, comme le développement de
de plusieurs annĂ©es. Les Ătats-Unis et le Royaume-Uni lâinformatique, sont des exemples dâautres facteurs qui
ont recours Ă cette mĂ©thode. Les Ătats-Unis se servent modifieront le comportement des consommateurs Ă plus
des informations sur les dépenses provenant des Con- long terme. En outre, de nouveaux produits seront lancés
sumer Expenditure Surveys menées sur une période de et il se peut que ceux qui existent soient modifiés ou de-
trois ans. Au Royaume-Uni, la moyenne triennale des viennent obsolĂštes. Un panier-type fixe ne tiendra pas
données des Expenditure and Food Surveys est utilisée compte de tous ces changements
pour le calcul des pondérations régionales et les travaux 4.49 Par suite à la fois des variations des prix rela-
de stratification, ainsi que pour un nombre limité de tifs et des effets à long terme, les pondérations peuvent
groupes de produits dont les prix tendent Ă ĂȘtre particu- ĂȘtre dĂ©passĂ©es et reprĂ©senter moins bien les habitudes
liĂšrement instables. de consommation. Le biais de lâindice de Lowe sâaggra-
4.45 Dans les pĂ©riodes de forte inflation, il est pos- vera sans doute avec la durĂ©e dâutilisation des pondĂ©ra-
sible de calculer des pondérations pluriannuelles en fai- tions (voir chapitre 15). à un certain moment, il sera
sant la moyenne des parts plutĂŽt que des niveaux effec- donc souhaitable dâutiliser les pondĂ©rations dâune pĂ©-
tifs des valeurs. La moyenne des niveaux effectifs riode plus rĂ©cente pour que lâindice pondĂšre adĂ©quate-
donnerait trop de poids aux données des années les plus ment les variations de prix auquel font alors face les
récentes. On pourrait aussi mettre à jour les valeurs de consommateurs.
78
LES PONDĂRATIONS DES DĂPENSES ET LEURS SOURCES
79
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
cinq ans) comprise entre les mises Ă jour des pondĂ©ra- 4.65 Lâapproche «pondĂ©ration fixe» peut Ă©galement
tions des indices. avoir des inconvĂ©nients, lâun des plus graves Ă©tant que,
4.60 Le choix du niveau de lâindice auquel la struc- pour les mois sans lĂ©gumes ni fruits frais, il faut estimer
ture et les pondérations sont fixes pendant une période est ou imputer (ou, comme le font certains pays, recon-
particuliĂšrement important. Le principal avantage de rete- duire) les prix et les indices. Lâapproche «pondĂ©ration
nir un niveau assez élevé est que les échantillons effectifs mobile» ne nécessite pas de telles imputations. En
des produits et leurs prix en deçà de ce niveau peuvent outre, la pondération fixe moyenne établie tous les mois
ĂȘtre ajustĂ©s et mis Ă jour en tant que de besoin. De nou- de lâannĂ©e ne reflĂšte pas la consommation mensuelle.
veaux produits peuvent ĂȘtre ajoutĂ©s aux Ă©chantillons et En consĂ©quence, sâil existe une corrĂ©lation nĂ©gative
les pondérations au niveau inférieur recalculées sur la entre les prix et les quantités, un biais positif risque
base dâinformations rĂ©centes. Il y a donc plus de chances dâĂȘtre prĂ©sent dans lâindice.
que lâindice reste reprĂ©sentatif si lâĂ©chantillon de produits 4.66 La dĂ©cision de mesurer les biens saisonniers
reprĂ©sentatifs est soumis Ă un examen continu. selon lâune ou lâautre approche dĂ©pend de lâimportance
4.61 Si le niveau est fixé relativement bas dans la donnée aux variations mensuelles ou aux variations de
structure de lâindice, il est plus difficile de maintenir la lâindice Ă long terme. Lâemploi dâun panier-type annuel
reprĂ©sentativitĂ© de lâindice sur une base continue et la et de parts annuelles de dĂ©penses se justifie lorsquâon
nĂ©cessitĂ© dâexaminer lâindice et de mettre Ă jour les sâintĂ©resse surtout Ă la tendance Ă long terme des prix.
pondérations périodiquement est plus grande. Dans ce En revanche, si on se préoccupe essentiellement des
cas, les arguments en faveur dâune mise Ă jour frĂ©quente variations mensuelles, les pondĂ©rations annuelles dont
des pondĂ©rations prennent de lâimportance. est assorti chaque rapport de prix mensuel risquent de
ne pas représenter les transactions réellement opérées au
Produits élémentaires nécessitant cours des deux mois consécutifs considérés. Dans ce
cas, lâutilisation de pondĂ©rations annuelles peut ampli-
un traitement particulier fier considérablement les variations des prix mensuels
4.62 Certains produits, comme les produits saison- des produits élémentaires hors saison1. Pour répondre
niers, les assurances, les biens dâoccasion, les dĂ©penses aux besoins des diffĂ©rents utilisateurs, il peut ĂȘtre judi-
effectuĂ©es Ă lâĂ©tranger, etc. peuvent nĂ©cessiter un traite- cieux de construire deux indices : lâun pour mesurer Ă
ment spĂ©cial lorsquâon Ă©tablit leur pondĂ©ration. (Pour court terme les variations des prix (avec des pondĂ©ra-
plus de prĂ©cisions, des renvois sont faits aux chapitres 3, tions mensuelles variables) et lâautre pour Ă©tablir lâin-
10 et 22.) dice à long terme (avec des pondérations annuelles
4.63 Produits saisonniers. Diverses approches fixes). La question des produits élémentaires saisonniers
peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour les produits saisonniers, par est approfondie au chapitre 22.
exemple : 4.67 Assurances. Les pondérations des assurances-
âą lâapproche «pondĂ©ration fixe» : la mĂȘme pondĂ©ration dommages pourraient ĂȘtre Ă©tablies Ă partir soit des
est attribuée au produit saisonnier tous les mois, en primes brutes acquittées, soit des commissions de ser-
utilisant un prix imputé pour les mois hors saison; les vice implicites (voir la section du chapitre 3 sur les
produits saisonniers sont traités comme les autres pro- assurances). Ces commissions (acquittées aux fins de la
duits de consommation; gestion de la sociĂ©tĂ© dâassurance et du coĂ»t de la pres-
tation des services dâassurance) sont estimĂ©es en ajou-
âą lâapproche «pondĂ©ration variable» : le produit est assor- tant aux primes brutes les revenus de placement des
ti dâune pondĂ©ration mobile certains mois; selon cette rĂ©serves techniques et en dĂ©duisant les indemnisations
méthode, les pondérations des produits saisonniers payées aux assurés en rÚglement des sinistres2. Les
changent tous les mois en fonction des variations des primes nettes des commissions de service sont, par
quantités consommées pendant les différents mois de la définition, les primes brutes moins les commissions de
pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence; cependant, le principe du panier- service : en dâautres termes, elles sont Ă©gales aux
type fixe, câest-Ă -dire les pondĂ©rations fixes, devrait ĂȘtre indemnisations. Les primes nettes des commissions et
conservĂ© du moins Ă un certain niveau dâagrĂ©gation. les indemnisations peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des
4.64 Lâapproche «pondĂ©ration fixe» prĂ©sente sur- transferts, ou des redistributions, entre les mĂ©nages
tout lâavantage dâĂȘtre compatible avec celle utilisĂ©e
pour les autres biens et services de consommation et
avec la formule de lâindice de panier-type fixe. Con- 1Par exemple, lâimpact de lâĂ©volution des prix de la tomate au dĂ©but
trairement Ă la pondĂ©ration mobile, la pondĂ©ration fixe de la saison serait exagĂ©rĂ© dans lâindice gĂ©nĂ©ral. De mĂȘme, son
reflĂšte les variations mensuelles des prix uniquement et impact dans les mois de crĂȘte serait sous-Ă©valuĂ©.
2Dans les comptes nationaux, les «primes nettes» correspondent à la dif-
non celles des quantités. Un autre inconvénient des pon-
dĂ©rations mobiles est quâelles sont Ă©tablies Ă partir des fĂ©rence entre la somme des primes brutes et des revenus de placement et
les commissions de service estimées. Elles sont égales, par définition,
variations saisonniÚres mensuelles de la période de réfé- aux indemnisations payables, les deux catégories de flux étant traitées
rence, tandis que les variations mensuelles de la con- comme des transferts, ou des redistributions, entre ménages détenteurs
sommation peuvent changer dâune annĂ©e Ă lâautre. de polices, et ne sont pas considĂ©rĂ©es comme des dĂ©penses.
80
LES PONDĂRATIONS DES DĂPENSES ET LEURS SOURCES
détenteurs des polices. En général, il semble préférable 4.71 La plupart des pays prennent en compte les
dâĂ©tablir les pondĂ©rations des assurances-dommages Ă dĂ©penses de biens dâoccasion dans lâestimation des pon-
partir des commissions de service. Ce sont les mon- dĂ©rations de lâIPC, mais les prix de ces biens ne sont pas
tants, selon les estimations, payés par les ménages pour relevés (à cause de la difficulté de déterminer le prix du
les services fournis par les compagnies dâassurance. mĂȘme bien tous les mois ou, lorsque les biens sont dif-
Cependant, il existe également des arguments en faveur férents, de procéder aux ajustements de qualité voulus).
de lâĂ©tablissement des pondĂ©rations Ă partir des primes On prĂ©sume donc que les prix des biens, quâils soient
brutes. Câest un point difficile sur lequel il n'existe pas neufs ou dâoccasion, Ă©voluent dans le mĂȘme sens.
encore de consensus. 4.72 Des pondĂ©rations distinctes doivent ĂȘtre attri-
4.68 Biens dâoccasion, automobiles comprises. Les buĂ©es aux biens dâoccasion dans les pays oĂč les achats
prix des biens durables dâoccasion achetĂ©s par les mĂ©- de ces biens sont importants et oĂč on estime que leurs
nages sont pris en compte dans lâIPC de la mĂȘme façon prix ne suivent pas la mĂȘme Ă©volution que celle des
que ceux des biens neufs (voir paragraphes 3.127 à 3.129 biens neufs. Les informations nécessaires pourraient
du chapitre 3). Cependant, les mĂ©nages vendent aussi ĂȘtre extraites, du moins pour certains biens durables de
des biens durables dâoccasion, comme les automobiles. premier plan, des EBM, si elles couvraient aussi les
Si le prix dâun bien dâoccasion augmente, le mĂ©nage biens dâoccasion.
acquĂ©reur sâappauvrit, tandis que le mĂ©nage vendeur 4.73 DĂ©penses Ă lâĂ©tranger et dĂ©penses des non-
sâenrichit. Du point de vue des pondĂ©rations, les ventes rĂ©sidents. Si lâobjectif est de construire un indice reprĂ©-
constituent des dépenses négatives, ce qui suppose que sentatif des mouvements des prix dans une région ou un
les variations des prix des biens dâoccasion vendus par pays donnĂ©, le systĂšme de pondĂ©ration doit reflĂ©ter les
des ménages ont implicitement une pondération négative achats effectués par les ménages résidents ou non-rési-
dans lâIPC. En effet, les achats et ventes de biens dâocca- dents. En pratique, la proportion des achats faits par des
sion entre mĂ©nages, directement ou par un intermĂ©diaire, visiteurs en provenance de lâĂ©tranger ou dâautres
sâannulent (sauf en ce qui concerne les marges des inter- rĂ©gions peut ĂȘtre difficile Ă estimer, sauf dans le cas de
mĂ©diaires, voir chapitre 3) et ne donnent lieu Ă aucune certains types dâachats dans les zones gĂ©ographiques oĂč
pondĂ©ration dans lâIPC. Toutefois, les mĂ©nages achĂštent le tourisme Ă©tranger est la principale activitĂ© Ă©cono-
également aux autres secteurs ou leur vendent. Pour la mique. Il faut utiliser des sources autres que les EBM
population de rĂ©fĂ©rence prise dans son ensemble, Ă pour sâassurer que les pondĂ©rations prennent en compte
savoir lâensemble complet des mĂ©nages couvert par les dĂ©penses des touristes Ă©trangers, ainsi que tous les
lâIPC, les pondĂ©rations Ă attribuer Ă un bien dâoccasion achats de biens et de services de consommation effec-
dâun type particulier correspondent aux dĂ©penses totales tuĂ©s dans le pays par des mĂ©nages rĂ©sidents ou non rĂ©si-
des mĂ©nages y affĂ©rentes moins la valeur des recettes des dents. Ces sources peuvent ĂȘtre la comptabilitĂ© natio-
ménages tirées des ventes à destination ou en prove- nale ou les statistiques des ventes.
nance des autres secteurs. Rien ne justifie que ces 4.74 Lorsque le principal objectif de lâindice est de
dĂ©penses et recettes sâannulent dans lâagrĂ©gat. Par mesurer les variations des prix pour la population rĂ©si-
exemple, il se peut que nombre des voitures dâoccasion dente, les pondĂ©rations devraient tenir compte de leurs
achetĂ©es par les mĂ©nages soient importĂ©es. La diffĂ©rence dĂ©penses Ă lâĂ©tranger. Cela nĂ©cessiterait de collecter,
entre les dépenses et les ventes totales correspond en dans le cadre des EBM, des données sur les dépenses
général aux dépenses nettes des ménages, soit la pondé- effectuées en dehors du pays (par exemple, celles de
ration Ă attribuer au bien dâoccasion en question. repas et dâhĂŽtel pendant les vacances, de biens durables,
4.69 Sauf dans le cas des voitures dâoccasion, il est de santĂ© et dâĂ©ducation). Pour construire lâindice en
pour ainsi dire impossible dâestimer les dĂ©penses nettes, couvrant les dĂ©penses Ă lâĂ©tranger, il serait possible :
la plupart des EBM ne collectant pas les donnĂ©es qui âą de relever les prix Ă lâextĂ©rieur du pays de rĂ©sidence;
permettraient de comparer les dĂ©penses et les recettes âą dâutiliser des sous-indices pertinents fournis par les
des ventes des biens dâoccasion de types particuliers. statisticiens dâautres pays pour les types de produits
Dâordinaire, seul le montant total provenant de la vente achetĂ©s dans ces pays par les rĂ©sidents;
de biens dâoccasion est recueilli. Toutefois, cette infor-
mation ne donne une idĂ©e ni du volume, ni de lâimpor- âą de constituer un groupe de rĂ©sidents qui communi-
tance de ces transactions dans lâĂ©conomie nationale. Les queraient les prix payĂ©s pour leurs achats Ă lâĂ©tranger.
pays oĂč ce volume est faible peuvent ne pas tenir 4.75 Ătant donnĂ© quâil est difficile de trouver dans
compte des biens dâoccasion (exception faite des auto- les EBM des donnĂ©es fiables sur les dĂ©penses Ă
mobiles) dans le calcul des pondĂ©rations de lâindice. lâĂ©tranger et, sur le plan pratique, de construire un
4.70 Comme elles sont en gĂ©nĂ©ral Ă©levĂ©es, les indice pour ces dĂ©penses, il faut peut-ĂȘtre alors Ă©tablir
sommes dĂ©pensĂ©es pour lâachat de vĂ©hicules dâoccasion les pondĂ©rations Ă partir des EBM sans ajustement en
devraient ĂȘtre incluses dans le panier-type de lâIPC si fonction du lieu dâacquisition et ne recueillir les prix
les données étaient disponibles. Faute de données que des biens et services acquis sur le territoire écono-
fiables, leur pondĂ©ration peut toutefois ĂȘtre ajoutĂ©e Ă mique du pays. Cette approche suppose que les varia-
celle des automobiles neuves. tions des prix des biens et services acquis Ă lâĂ©tranger
81
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
sont les mĂȘmes que celles des biens et services ana- tolĂ©rable diminue Ă mesure quâaugmente le taux de
logues acquis dans le pays. variation des prix relatifs des produits élémentaires per-
tinents. Enfin, si les erreurs de pondération peuvent ne
Erreurs de pondĂ©ration pas avoir une grande influence sur lâindice global, elles
4.76 Si les prix Ă©voluaient tous dans le mĂȘme sens, risquent Ă lâĂ©vidence dâĂȘtre graves au niveau des sous-
les pondĂ©rations nâauraient pas dâimportance. Par groupes. LâexpĂ©rience australienne montre que mĂȘme
contre, le rĂŽle jouĂ© par les pondĂ©rations dans lâĂ©valua- les produits Ă©lĂ©mentaires assortis de pondĂ©rations relati-
tion des variations globales des prix est dâautant plus vement Ă©levĂ©es peuvent tolĂ©rer des erreurs de 20 Ă 30 %
important que le comportement des prix varie entre les (Australian Bureau of Statistics, 2000). DâaprĂšs des
produits. Ă©tudes dâEurostat, les IPC sont assez peu sensibles aux
4.77 Les changements négligeables dans les pondé- changements dans les pondérations. Eurostat a toutefois
rations nâont en gĂ©nĂ©ral guĂšre dâeffet sur lâIPC global. suggĂ©rĂ© de mettre au point des procĂ©dures de contrĂŽle
Une erreur dans les pondĂ©rations dâun sous-indice de la qualitĂ© pour suivre les pondĂ©rations des produits
donnĂ© nâa de lâimportance que dans la mesure oĂč ses Ă©lĂ©mentaires dont lâĂ©volution des prix a Ă©tĂ© diffĂ©rente de
variations diffĂšrent des variations moyennes de lâIPC celle de lâindice global (Eurostat, 2001). La question
global. En gĂ©nĂ©ral, lâerreur de pourcentage tolĂ©rable des rĂ©percussions des erreurs de pondĂ©ration sur les
dans un indice est dâautant plus faible que sa pondĂ©ra- sous-indices et les indices globaux est examinĂ©e dans
tion est Ă©levĂ©e. Il sâensuit que lâerreur de pondĂ©ration Rameshwar (1998).
82
ĂCHANTILLONNAGE
5
Introduction 5.5 Pourquoi ne prend-on seulement quâun Ă©chan-
tillon dâunitĂ©s? Mis Ă part quâil serait pour ainsi dire
5.1 La procédure utilisée par les offices nationaux matériellement impossible, et financiÚrement prohibitif,
de statistiques pour relever les prix en vue dâĂ©tablir un dâessayer de couvrir tous les produits dans tous les
indice des prix Ă la consommation (IPC) est lâenquĂȘte points de vente, les donnĂ©es seront sans doute de meil-
par sondage. Dans de nombreux pays, il serait plus leure qualitĂ© si lâon suit un plus petit nombre dâunitĂ©s,
juste de considĂ©rer quâil sâagit en fait dâun grand car on utilisera alors du personnel plus spĂ©cialisĂ© et
nombre dâenquĂȘtes diffĂ©rentes portant chacune sur dif- mieux entraĂźnĂ©. De surcroĂźt, lâopĂ©ration pourra ĂȘtre con-
fĂ©rents sous-ensembles de produits couverts par lâin- duite dans des dĂ©lais plus brefs.
dice. Nous commencerons donc par exposer certains 5.6 Dans un tirage aléatoire, les unités sont choisies
des concepts gĂ©nĂ©raux des enquĂȘtes par sondage, quâil de telle maniĂšre que chacune dâelles (point de vente ou
convient de garder Ă lâesprit quand on examine un type produit) a une probabilitĂ© de sĂ©lection connue diffĂ©rente
particulier dâenquĂȘte, tel quâun relevĂ© de prix entrepris de 0. Par exemple, les points de vente peuvent ĂȘtre sĂ©lec-
en vue dâĂ©tablir un IPC. tionnĂ©s par tirage alĂ©atoire Ă partir dâun registre du com-
5.2 Un objectif quantitatif, un IPC par exemple, est merce sur lequel chacun dâeux a la mĂȘme chance dâĂȘtre
défini par rapport à : choisi. Traditionnellement, toutefois, ce sont les méthodes
âą un univers composĂ© dâune population finie dâunitĂ©s de tirage non alĂ©atoire que lâon utilise le plus souvent pour
(des produits, par exemple); choisir des points de vente ou des produits afin dâĂ©tablir un
⹠une ou plusieurs variables définies pour chaque unité de IPC. La méthode du produit représentatif est particuliÚre-
lâunivers considĂ©rĂ© (les prix et quantitĂ©s, par exemple); ment populaire pour la sĂ©lection des produits Ă©lĂ©mentaires.
Les autres mĂ©thodes utilisĂ©es sont lâĂ©chantillonnage fondĂ©
âą une formule combinant les valeurs dâune ou plusieurs sur un seuil dâinclusion et lâĂ©chantillonnage par la mĂ©thode
de ces variables pour toutes les unitĂ©s de lâunivers en des quotas (voir ci-aprĂšs). Il arrive aussi que lâon combine
une valeur unique appelée paramÚtre (par exemple deux méthodes; les points de vente sont par exemple sélec-
lâindice de Laspeyres). tionnĂ©s par tirage alĂ©atoire, et les produits par la mĂ©thode
Câest Ă la valeur de ce paramĂštre que lâon sâintĂ©resse. du produit reprĂ©sentatif.
5.3 Lâunivers considĂ©rĂ© prĂ©sente en gĂ©nĂ©ral trois di- 5.7 Une fois que la dĂ©cision de procĂ©der Ă un
mensions : une dimension de produit, qui consiste en échantillonnage est prise, deux questions se posent :
lâensemble des produits et variĂ©tĂ©s de produits achetĂ©s, comment choisir lâĂ©chantillon, et comment utiliser les
une dimension géographique et de point de vente, qui valeurs de celui-ci pour estimer le paramÚtre. La pre-
consiste en lâensemble des points de vente ou canaux miĂšre porte sur le choix dâun procĂ©dĂ© dâĂ©chantillon-
par lesquels un produit est vendu, et une dimension tem- nage, la seconde sur la procĂ©dure dâestimation. Nous
porelle, qui consiste en lâensemble des subdivisions examinerons dâabord les procĂ©dĂ©s dâĂ©chantillonnage.
dâune pĂ©riode de lâindice. La dimension temporelle re-
cevra moins dâattention, car la variation des prix est en
général plus faible sur une courte période et les aspects Techniques de tirage aléatoire
temporels peuvent ĂȘtre traitĂ©s dans le cadre des spĂ©cifi- 5.8 Cette section prĂ©sente une sĂ©rie de concepts et
cations du produit et du point de vente. de techniques dâordre gĂ©nĂ©ral de tirage dâĂ©chantillons
5.4 Dans ce chapitre, les deux premiĂšres dimen- qui ont des applications importantes pour les indices des
sions seront considérées comme statiques sur les pé- prix. Cette présentation rapide couvre les procédés de
riodes considĂ©rĂ©es dans lâindice. En dâautres termes, il sondage prĂ©sentant un intĂ©rĂȘt immĂ©diat pour ces in-
sera supposĂ© que lâon retrouve les mĂȘmes produits et dices. On trouvera une analyse complĂšte de cette ques-
points de vente dans lâunivers considĂ©rĂ© aux deux pĂ©- tion dans les nombreux ouvrages qui lui ont Ă©tĂ© consa-
riodes, ou que lâon remplace systĂ©matiquement un pro- crĂ©s, tels que ceux de SĂ€rndal, Swensson et Wretman
duit ou point de vente ancien par un nouveau, sans diffi- (1992) ou de Cochran (1977).
cultĂ©s. Les complications que posent les modifications 5.9 La thĂ©orie de lâĂ©chantillonnage dâenquĂȘte con-
dynamiques de lâunivers sont Ă©voquĂ©es au chapitre 8, sidĂšre que lâunivers est composĂ© dâun nombre fini (N)
qui aborde les questions du remplacement, du rééchan- dâunitĂ©s dâobservation notĂ©es j = 1,âŠ, N. LâĂ©chantillon-
tillonnage et de lâajustement de la qualitĂ©. nage revient alors Ă sĂ©lectionner n unitĂ©s sur N en atta-
83
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
chant une probabilitĂ© dâinclusion, Ïj, Ă chacune dâelles. âą Les annuaires tĂ©lĂ©phoniques («pages jaunes»). Ces der-
Deux procĂ©dĂ©s dâĂ©chantillonnage sont particuliĂšrement niers nâincluent gĂ©nĂ©ralement pas de mesure de taille. Il
intéressants pour les indices des prix. faut alors procéder à des tirages aléatoires simples ou
5.10 En cas de tirage aléatoire simple ou de tirage systématiques. Parfois, la connaissance informelle de
systĂ©matique, chaque unitĂ© a une probabilitĂ© Ă©gale dâin- lâimportance des diffĂ©rents points de vente peut ĂȘtre uti-
clusion dans lâĂ©chantillon et nous avons Ïj = n /N. Dans un lisĂ©e pour stratifier lâunivers en deux catĂ©gories ou plus,
tirage aléatoire simple, toutes les unités sont sélectionnées et constituer ensuite un échantillon relativement plus
en utilisant un mécanisme aléatoire. Dans un tirage systé- large à partir de strates plus importantes.
matique, les unitĂ©s de lâĂ©chantillon sont sĂ©lectionnĂ©es Ă âą Les registres des collectivitĂ©s locales, organismes pro-
Ă©gale distance lâune de lâautre dans la base de sondage, et fessionnels, etc. peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour les marchĂ©s
seule la premiÚre est sélectionnée par tirage aléatoire. Ces locaux et autres données de ce type, qui sont particuliÚ-
techniques sont dâordinaire recommandĂ©es lorsque les rement importantes dans les pays en dĂ©veloppement.
unités sont relativement homogÚnes. 5.15 Les bases de sondage pour la dimension «pro-
5.11 En cas de tirage alĂ©atoire Ă probabilitĂ© inĂ©- duits» peuvent ĂȘtre :
gale proportionnelle à la taille (PPT), la probabilité ⹠Les listes de produits qui sont fournies par les princi-
dâinclusion est proportionnelle Ă une variable auxiliaire paux points de vente en gros et font apparaĂźtre la va-
Î
xj et nous avons Ïj = nxj / ÎŁ j = 1xj. Les unitĂ©s pour les- leur des ventes durant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente pour les
quelles cette quantité est initialement supérieure à variétés considérées. Les valeurs des ventes consti-
lâunitĂ© sont sĂ©lectionnĂ©es avec certitude, et des proba- tuent une mesure de taille Ă©vidente pour les pondĂ©ra-
bilitĂ©s dâinclusion sont calculĂ©es ensuite pour le reste tions et les tirages PPT.
de lâunivers.
5.12 Lâunivers peut ĂȘtre divisĂ© en strates notĂ©es âą Les listes de produits spĂ©cifiques aux points de vente.
h = 1,âŠ, H. Chaque strate comprend alors Nh unitĂ©s et Ces listes peuvent aussi ĂȘtre dressĂ©es par les enquĂȘ-
nous avons ΣΠN = N. La stratification a en général teurs chargés de relever les prix à partir des produits
h=1 h
pour but de regrouper les unités qui présentent soit une présentés sur les étagÚres. La place que ces produits
certaine homogĂ©nĂ©itĂ©, soit un avantage du point de vue occupent sur les Ă©tagĂšres peut alors ĂȘtre utilisĂ©e
administratif en étant par exemple physiquement proches comme mesure de taille pour les tirages PPT.
les unes des autres. Chaque strate était un mini-univers
dans lequel lâĂ©chantillonnage a lieu de façon indĂ©pen- Techniques de tirage alĂ©atoire
dante. La pratique suivie pour Ă©tablir les IPC consiste Ă
prendre comme strates des agrégats élémentaires. Dans le
à probabilité inégale proportionnelle
reste de ce chapitre, nous examinons un échantillonnage à la taille
en strate unique correspondant à un agrégat élémentaire et 5.16 Il existe plusieurs techniques de tirage PPT, qui
nous ne retenons pas lâindice infĂ©rieur h. se rĂ©partissent en deux grandes catĂ©gories selon que la
taille de lâĂ©chantillon est fixĂ©e ou alĂ©atoire. Il est Ă lâĂ©vi-
dence souhaitable que la taille de lâĂ©chantillon soit prĂ©ala-
Tirage alĂ©atoire et indices blement fixĂ©e dans le cas des IPC, car la taille de lâĂ©chan-
des prix Ă la consommation tillon dans chaque strate est souvent rĂ©duite et lâon
risquerait dâaboutir Ă un Ă©chantillon vide si le choix de la
5.13 Une base de sondage est une liste comprenant taille était aléatoire. Nous présentons donc ici deux tech-
lâensemble (ou la majoritĂ©) des N unitĂ©s de lâunivers. niques qui donnent des Ă©chantillons PPT Ă taille fixĂ©e.
La couverture quâelle assure peut ĂȘtre excessive dans la 5.17 Tirage PPT systĂ©matique. Le mieux est dâillustrer
mesure oĂč elle inclut des unitĂ©s qui ne figurent pas dans cette procĂ©dure par un exemple. Le tableau 5.1 montre
lâunivers considĂ©rĂ© ou des unitĂ©s dupliquĂ©es. Elle peut comment un Ă©chantillon de 3 points de vente peut ĂȘtre ex-
aussi ĂȘtre insuffisante si certaines unitĂ©s de cet univers trait dâun total de 10. Dans ce cas, le nombre dâemployĂ©s
ne sont pas dans la base. donne la mesure de la taille. Examinons la liste, qui indique
5.14 Les bases de sondage applicables Ă la dimen- les tailles cumulĂ©es et les intervalles dâinclusion. Nous pre-
sion «points de vente» peuvent ĂȘtre : nons le total de notre mesure de taille, en lâoccurrence 90, et
âą Les registres du commerce. Ceux-ci doivent donner divisons celui-ci par la taille de lâĂ©chantillon, soit 3. On ob-
lâadresse prĂ©cise des points de vente au dĂ©tail et ĂȘtre tient ainsi un intervalle dâĂ©chantillonnage de 30. Nous choi-
mis Ă jour rĂ©guliĂšrement. Sâils donnent, en outre, une sissons ensuite un nombre alĂ©atoire compris entre 1 et 30
mesure de la taille (chiffre dâaffaires ou nombre (les fonctions dâĂ©numĂ©ration alĂ©atoire sont donnĂ©es, par
dâemployĂ©s) des points de vente, les registres du com- exemple, par le logiciel de tabulation dâExcel). Supposons
merce constituent un outil utile pour procĂ©der Ă un que ce chiffre soit 25. LâĂ©chantillon se composera alors des
tirage alĂ©atoire Ă probabilitĂ© inĂ©gale proportionnelle Ă points de vente dont les intervalles dâinclusion couvrent les
la taille (PTT), et cette mesure de la taille des points nombres 25, 25 + 30 et 25 + 2 Ă 30.
de vente sera alors incluse aussi dans le paramÚtre de 5.18 Le tirage systématique est facile à mettre en
lâunivers considĂ©rĂ©. Ćuvre. Toutefois, si la base de sondage assure une surcou-
84
ĂCHANTILLONNAGE
Tableau 5.1 Tirage alĂ©atoire systĂ©matique de 3 points de Tableau 5.2 Ăchantillon alĂ©atoire de Pareto de 3 points de
vente sur 10, à probabilité inégale proportionnelle à la taille vente sur 10, à probabilité inégale proportionnelle à la taille
Points Inclus lorsque Points
de Nombre Intervalle le point de de
vente dâemployĂ©s = x x cumulĂ© dâinclusion dĂ©part est 25 vente xi Ui Qi Ăchantillon
verture, la taille de lâĂ©chantillon ne sera pas celle dĂ©termi- Ă un tirage PPT, car les probabilitĂ©s dâinclusion obte-
nĂ©e Ă lâavance. Supposons quâĂ la premiĂšre visite des nues sâĂ©cartent quelque peu de celles souhaitĂ©es. RosĂ©n
points de vente nous dĂ©couvrons que le point de vente 6 (1997b) montre cependant que, sâil sâagit dâestimer des
ne propose pas les produits de lâĂ©chantillon. Nous restons moyennes et des variances, ces procĂ©dures corres-
alors avec un échantillon réduit à deux points de vente pondent approximativement à des PPT. Dans le cas de
seulement. Il faut alors soit nous en contenter, soit rempla- lâindice des prix, cela reste vrai en cas de substitution
cer dâune maniĂšre ou dâune autre le point de vente man- dâun Ă©chantillon qui assurait une surcouverture. La PPT
quant, ce qui nâest pas prĂ©vu par la procĂ©dure dâĂ©chan- de Pareto est meilleure, Ă la marge, que la PPT sĂ©quen-
tillonnage de base. En outre, lâĂ©chantillon sĂ©lectionnĂ© tielle et devrait par consĂ©quent lui ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e.
dĂ©pend de lâordre dans lequel les points de vente ou les 5.22 Le tirage PPT ordonnĂ© est utilisĂ© Ă lâheure ac-
produits sont Ă©numĂ©rĂ©s dans la liste. Cela peut ĂȘtre impor- tuelle dans de nombreux volets de lâIPC suĂ©dois pour
tant, en particulier si lâordre dâinscription dans la liste est Ă©chantillonner par exemple :
corrélé à la mesure de la taille. ⹠les points de vente, à partir du registre du commerce
5.19 Tirage PPT ordonnĂ©. Il sâagit dâune mĂ©thode re- (la mesure de la taille est donnĂ©e par le nombre dâem-
lativement nouvelle de tirage PPT, théorisée par Rosén ployés + 1);
(1997a, 1997b). Dans ce cas, un nombre aléatoire uni- ⹠les produits, à partir des bases de données fournies par
forme Ui compris entre 0 et 1 et une variable zi = nxi /Σi xi, les grandes chaßnes de vente au détail (la mesure de la
oĂč xi est une variable de taille, sont associĂ©s Ă chaque unitĂ© taille est donnĂ©e par lâhistorique des ventes);
de lâĂ©chantillon, et une variable de rang est construite âą les modĂšles automobiles, Ă partir du registre central des
sous forme de fonction de ces deux variables. Les unités véhicules automobiles (la mesure de la taille est donnée
de lâunivers sont alors classĂ©es par ordre croissant et les n par lâimmatriculation dans la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence).
unités pour lesquelles la variable de rang présente les va- 5.23 Statistics Sweden (2001) donne de plus amples
leurs les plus faibles sont incluses dans lâĂ©chantillon. On dĂ©tails sur lâapplication de ces procĂ©dures. RosĂ©n (1997b)
peut citer deux exemples importants de ces variables de montre que le tirage PPT de Pareto et le tirage PPT systé-
rang Qi : matique sont les deux mĂ©thodes dâĂ©chantillonnage opti-
⹠Pour les tirages PPT séquentiels : Qi = Ui /zi; males. Le tirage PPT de Pareto permet une évaluation ob-
âą Pour les tirages PPT de Pareto : Qi = Ui = (1âzi) /zi(1âUi). jective de la prĂ©cision de lâestimation. Pour la prĂ©cision
5.20 Le tableau 5.2 montre comment fonctionne ce finale, toutefois, le tirage PPT de Pareto est meilleur dans
type de tirage, pour le mĂȘme univers que prĂ©cĂ©demment certaines situations, et le tirage systĂ©matique prĂ©fĂ©rable
et en prenant comme exemple un tirage PPT de Pareto. dans dâautres. Le choix entre les deux est donc affaire de
Lâunivers est classĂ© maintenant selon un ordre croissant jugement et de faisabilitĂ© dans une situation donnĂ©e. La
par rapport à la variable de rang. Il apparaßt que notre grande souplesse du tirage PPT ordonné face aux imper-
premier échantillon se compose des points de vente 6, 1 fections de la base de sondage, aspect important dans les
et 8. Supposons cependant que nous dĂ©couvrons main- applications de lâIPC, nous conduit Ă le recommander de
tenant quâil nâest pas indiquĂ© dâinclure le point de prĂ©fĂ©rence Ă toutes les autres procĂ©dures PPT.
vente 1. Nous nous tournons alors vers lâunitĂ© classĂ©e
quatriĂšme â le point de vente 9 â et incluons celle-ci
en remplacement. Un tirage PPT ordonné est donc fa-
MĂ©thodes dâĂ©chantillonnage utilisĂ©es
cile Ă combiner avec une taille dâĂ©chantillon fixĂ©e, et par le Bureau of Labor Statistics
dâun maniement plus souple quâun tirage systĂ©matique. des Ătats-Unis
5.21 Ni lâune ni lâautre des deux procĂ©dures 5.24 Le Bureau of Labor Statistics (BLS) des Ătats-
dâĂ©chantillonnage ne correspond exactement, toutefois, Unis utilise des mĂ©thodes de tirage alĂ©atoire Ă toutes les
85
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
Ă©tapes de la sĂ©lection dâun Ă©chantillon. Lors de la derniĂšre roger un moment sur les motifs, rationnels ou non,
Ă©tape, les produits Ă©lĂ©mentaires sont sĂ©lectionnĂ©s dans les dâune telle situation. Dans la section suivante, nous pas-
points de vente selon un processus conçu pour donner des sons en revue certaines de ces raisons possibles, avant
rĂ©sultats proches dâun tirage PPT, sâagissant des ventes de dâexaminer diverses techniques de tirage non alĂ©atoire.
chacun de ces produits. à cette fin, les représentants du
BLS sur le terrain ont le choix entre quatre procédures
pour déterminer les proportions des ventes (U.S. BLS, Raisons de recourir au tirage
1997). Ils sont autorisés à : non aléatoire
âą obtenir directement les proportions auprĂšs des 5.28 Absence dâune base de sondage. La situation
répondants; est fréquente pour ce qui concerne la dimension «pro-
duits», mais moins pour la dimension «points de vente»,
⹠classer les sous-groupes/produits élémentaires selon
pour laquelle les registres du commerce ou les annuaires
lâimportance des ventes, telle quâindiquĂ©e par les rĂ©-
téléphoniques fournissent les bases requises, au moins
pondants, et obtenir ensuite les proportions directe-
dans certaines rĂ©gions du monde telles que lâEurope oc-
ment ou en utilisant des proportions assignées au
cidentale, lâAmĂ©rique du Nord et lâOcĂ©anie. Il est pos-
préalable;
sible également de construire des bases «sur mesure»
âą utiliser, le cas Ă©chĂ©ant, lâespace occupĂ© sur les Ă©ta- dans un nombre restreint de villes ou dâendroits, qui
gÚres pour estimer les proportions; sont échantillonnés en grappes dans un premier temps.
âą utiliser lâĂ©quiprobabilitĂ©. On notera que, dans le cas des produits, lâassortiment de
5.25 Pour le BLS, cette procĂ©dure prĂ©sente lâavan- produits proposĂ© dans un point de vente fournit une base
tage dâassurer un tirage alĂ©atoire objectif et efficace lĂ de sondage naturelle, une fois le point de vente Ă©chan-
oĂč aucune autre procĂ©dure de ce type ne serait possible. tillonnĂ© en grappe, comme dans la procĂ©dure dâĂ©chan-
Elle permet dâadopter une dĂ©finition large des strates de tillonnage du BLS prĂ©sentĂ©e plus haut. Lâabsence de
produits Ă©lĂ©mentaires, de sorte quâil nâest pas nĂ©cessaire base de sondage nâest donc pas une excuse suffisante
de suivre partout les prix de la mĂȘme spĂ©cification pour ne pas appliquer un tirage alĂ©atoire.
Ă©troite. La grande variĂ©tĂ© de produits Ă©lĂ©mentaires spĂ©- 5.29 Le biais rĂ©sultant dâun tirage non alĂ©atoire est
cifiques réduit trÚs sensiblement la composante de la va- négligeable. Diverses preuves empiriques appuient cette
riance Ă lâintĂ©rieur de chacun dâeux; elle rĂ©duit aussi la assertion pour ce qui concerne les indices fortement
corrélation des variations des prix entre les secteurs et agrégés. Dalén (1998b) et De Haan, Opperdoes et Schut
permet de diminuer la taille de lâĂ©chantillon requis pour (1999) ont simulĂ© lâĂ©chantillonnage, fondĂ© sur un seuil
une variance donnĂ©e. dâinclusion, de produits dâun mĂȘme groupe de produits
5.26 Lâun des inconvĂ©nients possibles de cette ap- Ă©lĂ©mentaires. DalĂ©n a examinĂ© environ 100 groupes de
proche est que, si la mesure des ventes est effectuée du- produits élémentaires vendus dans des supermarchés et
rant une période trÚs brÚve, elle risque de coïncider avec mis en évidence, pour les sous-indices de nombreux
une campagne spéciale de promotion. Il se pourrait groupes de produits élémentaires, des biais importants
alors quâun produit Ă©lĂ©mentaire dont le prix a temporai- qui sâannulent toutefois presque totalement aprĂšs agrĂ©-
rement baissĂ© reçoive une probabilitĂ© dâinclusion Ă©le- gation. De Haan, Opperdoes et Schut utilisent des don-
vĂ©e. Comme ce prix tendra Ă augmenter plus que la nĂ©es obtenues par lecture optique et sâintĂ©ressent Ă trois
moyenne, il risque dâen rĂ©sulter une surestimation. Il est catĂ©gories (cafĂ©, couches pour bĂ©bĂ©s et papier hygiĂ©-
donc essentiel que lâĂ©chantillonnage du produit Ă©lĂ©men- nique) et, bien que le biais constatĂ© pour chacune dâentre
taire ait lieu avant le premier relevĂ© de prix, ou que lâon elles soit considĂ©rable, lâerreur quadratique moyenne
utilise les valeurs des ventes dâune pĂ©riode antĂ©rieure. (dĂ©finie comme la variance plus le carrĂ© du biais) appa-
Okamoto (1999) souligne ce point dans le cas du Japon, raĂźt souvent plus faible que dans un tirage PPT. Les biais
oĂč les variations importantes de prix sont, semble-t-il, vont dans les deux sens et peuvent donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©s
trĂšs communes. comme corroborant les conclusions de DalĂ©n. Lâimpor-
tance des biais constatés pour les deux groupes de pro-
duits élémentaires reste néanmoins troublante. Dalén,
Techniques de tirage tout comme De Haan, Opperdoes et Schut, fait état de
non alĂ©atoire biais pour des groupes composĂ©s dâun seul produit Ă©lĂ©-
mentaire de bon nombre de points de lâindice.
5.27 La thĂ©orie moderne de lâĂ©chantillonnage sta- 5.30 Il faut sâassurer que les Ă©chantillons pourront
tistique met lâaccent sur les tirages alĂ©atoires. Le re- ĂȘtre suivis pendant un certain temps. En cas de mal-
cours au tirage aléatoire est aussi vivement recommandé chance dans notre échantillon aléatoire, nous risquons
et constitue la norme pour toutes sortes dâenquĂȘtes sta- en effet de nous retrouver avec un produit qui disparaĂźt
tistiques, y compris dans le domaine Ă©conomique. Mais immĂ©diatement aprĂšs son inclusion dans lâĂ©chantillon.
la pratique suivie dans la plupart des pays pour Ă©tablir La question de son remplacement doit alors ĂȘtre rĂ©solue,
les indices des prix reste dominée par les techniques de avec les risques de biais que cela comporte. Par contre,
tirage non alĂ©atoire. Il nâest donc pas inutile de sâinter- il se peut que les prix de produits dont la vie est courte
86
ĂCHANTILLONNAGE
affichent des fluctuations différentes de celles des prix cune de ces deux possibilités, il serait plus difficile
des produits dont la durĂ©e de vie est longue et reprĂ©- dâeffectuer des tirages totalement alĂ©atoires pour les
sentent une part importante du marché, de sorte que le produits considérés.
fait de les ignorer créera un biais. 5.35 Dans certaines situations, il existe par consé-
5.31 Un tirage aléatoire pour la période de réfé- quent de bonnes raisons de recourir à des techniques non
rence nâest pas un tirage alĂ©atoire appropriĂ© pour la pĂ©- alĂ©atoires. Nous examinons deux dâentre elles ci-aprĂšs.
riode en cours. Cet argument anticipe en partie la ré-
flexion développée au chapitre 8. Il est certainement
vrai que la protection contre les biais quâoffre un Ă©chan- Ăchantillonnage fondĂ©
tillon alĂ©atoire est dans une large mesure annihilĂ©e par sur un seuil dâinclusion
la nĂ©cessitĂ© de procĂ©der ensuite Ă des remplacements 5.36 LâĂ©chantillonnage fondĂ© sur un seuil dâinclusion
non aléatoires. fait référence à la pratique qui consiste à choisir avec certi-
5.32 Le relevĂ© des prix doit avoir lieu lĂ oĂč lâon dis- tude les n unitĂ©s de lâĂ©chantillon les plus importantes et Ă
pose dâenquĂȘteurs pour le faire. Cet argument ne sâap- donner aux autres une probabilitĂ© dâinclusion Ă©gale Ă zĂ©ro.
plique quâaux tirages gĂ©ographiques. Il est bien sĂ»r Dans ce cadre, la notion dâ«importance» se rapporte Ă une
moins cher de relever les prix prÚs du domicile des en- certaine mesure de la taille qui est étroitement corrélée à la
quĂȘteurs, et il serait difficile et coĂ»teux de recruter des variable cible. Lâexpression «seuil dâinclusion» fait rĂ©fĂ©-
enquĂȘteurs Ă chaque fois quâun nouvel Ă©chantillonnage rence Ă la valeur frontiĂšre entre les unitĂ©s incluses et celles
est organisĂ©, pour sâen sĂ©parer ensuite. Le problĂšme di- qui ne le sont pas.
minue si lâon fait en sorte que les enquĂȘteurs soient rĂ©- 5.37 La thĂ©orie nous indique que dâune maniĂšre gĂ©-
partis convenablement sur lâensemble du pays. Pour sâen nĂ©rale, lâĂ©chantillonnage fondĂ© sur un seuil dâinclusion
assurer, on peut par exemple organiser, au sein de lâof- ne produit pas d'estimateurs non biaisĂ©s (voir para-
fice national des statistiques, un corps dâenquĂȘteurs pro- graphes 5.51 Ă 5.60 pour une analyse des biais et de la
fessionnels répartis à travers le pays et menant de front variance), car les petites unités peuvent afficher des va-
diverses enquĂȘtes. Une autre solution Ă ce problĂšme con- riations de prix qui diffĂšrent systĂ©matiquement de
siste Ă mettre sur pied, Ă titre de premier degrĂ© dâĂ©chan- celles des unitĂ©s plus importantes. La stratification par
tillonnage, un Ă©chantillon de rĂ©gions ou de villes et loca- taille ou les tirages PPT prĂ©sentent aussi lâavantage
litĂ©s qui nâest modifiĂ© que trĂšs lentement. dâinclure avec certitude les unitĂ©s les plus grandes, tout
5.33 La taille de lâĂ©chantillon est trop petite. La strati- en donnant Ă toutes les unitĂ©s une probabilitĂ© dâinclu-
fication est parfois si fine quâelle ne laisse place, dans la sion diffĂ©rente de zĂ©ro.
strate finale, quâĂ un trĂšs petit Ă©chantillon. Une sĂ©lection 5.38 Si le critĂšre dâerreur nâest pas le biais minimal
alĂ©atoire de 1 Ă 5 unitĂ©s peut rĂ©sulter parfois en un Ă©chan- mais lâerreur quadratique moyenne minimale (= variance
tillon final jugé asymétrique ou doté de propriétés de re- + carré du biais), alors, étant donné que tout estimateur
prĂ©sentation mĂ©diocres. Toutefois, Ă moins que lâindice de tirĂ© dâun Ă©chantillonnage fondĂ© sur un seuil dâinclusion a
cette strate de petite taille doive ĂȘtre prĂ©sentĂ© publique- une variance Ă©gale Ă zĂ©ro, lâĂ©chantillonnage fondĂ© sur un
ment, le problĂšme reste lui aussi limitĂ©. LâasymĂ©trie des seuil dâinclusion peut ĂȘtre un bon choix lorsque la rĂ©duc-
petits Ă©chantillons de niveau infĂ©rieur se corrigera aux ni- tion de la variance fait plus que compenser lâintroduction
veaux supĂ©rieurs. Lâargument selon lequel la taille de dâun biais limitĂ©. De Haan, Opperdoes et Schut (1999)
lâĂ©chantillon est trop petite a plus de poids lorsquâil con- montrent que cela peut ĂȘtre le cas, de fait, pour certains
cerne des grappes (zones géographiques) de premier degré groupes de produits élémentaires.
qui sâappliquent simultanĂ©ment Ă la plupart des degrĂ©s de 5.39 Il est frĂ©quent quâun sondage Ă degrĂ©s mul-
lâĂ©chantillonnage suivants. tiples soit conçu de maniĂšre Ă ne laisser place quâĂ un
5.34 Les dĂ©cisions qui concernent lâĂ©chantillon- nombre trĂšs restreint dâunitĂ©s Ă un certain degrĂ©. Les
nage doivent ĂȘtre prises Ă un niveau subalterne de lâor- problĂšmes que pose parfois la mesure des unitĂ©s de trĂšs
ganisation. Ă moins de disposer de solides connais- petite taille peuvent alors justifier, en sâajoutant aux
sances en statistiques, les enquĂȘteurs chargĂ©s de relever amples variances observĂ©es, que le relevĂ© des prix soit
les prix risquent dâavoir des difficultĂ©s Ă procĂ©der Ă des limitĂ© aux unitĂ©s les plus grandes.
tirages alĂ©atoires sur le terrain. Or, ces opĂ©rations se- 5.40 Notons que lâon peut aussi opter pour un pro-
raient nécessaires si la spécification du produit fournie cédé hybride dans lequel coexistent une strate de choix
Ă lâĂ©chelon central couvre plus dâun produit (prix) dans certain, des strates de tirage alĂ©atoire et un seuil dâin-
un point de vente. NĂ©anmoins, câest prĂ©cisĂ©ment ce que clusion faible en deçà duquel aucun Ă©chantillon nâest
font, aux Ătats-Unis (U.S. BLS, 1997), les reprĂ©sen- tirĂ©. Dans la pratique, cette solution est souvent retenue
tants du BLS sur le terrain. En SuĂšde, oĂč lâĂ©chantillon- lorsque la section de lâunivers situĂ©e «en deçà du seuil
nage (pour les produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©) est cen- dâinclusion» est jugĂ©e insignifiante et peut-ĂȘtre difficile
tralisé au point que toutes les variétés de produit sont à mesurer.
dĂ©finies et les tailles des emballages spĂ©cifiĂ©es, il nâest 5.41 Il existe, dans le domaine de lâIPC, une pra-
pas besoin de procĂ©der Ă des Ă©chantillonnages dans les tique particuliĂšre qui sâapparente Ă lâĂ©chantillonnage
points de vente. Dans les pays oĂč lâon ne dispose dâau- fondĂ© sur un seuil dâinclusion : elle consiste Ă laisser
87
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
lâenquĂȘteur choisir le produit le plus vendu dans un dans certaines situations. Il est plus difficile, mais pas im-
point de vente, dans les limites dâune spĂ©cification dĂ©fi- possible, de gĂ©rer un systĂšme dâĂ©chantillonnage par la
nie Ă lâĂ©chelon central. Dans ce cas, la taille de lâĂ©chan- mĂ©thode des quotas lorsque les prix sont relevĂ©s locale-
tillon est Ă©gale Ă un (dans chaque point de vente) et la ment. Il faut alors rĂ©partir les enquĂȘteurs chargĂ©s de rele-
rĂšgle du seuil dâinclusion est affaire de jugement plutĂŽt ver les prix en sous-groupes et leur donner des instructions
que de mesure exacte, puisque lâon dispose rarement quelque peu diffĂ©rentes pour la sĂ©lection des produits.
des mesures de taille exactes. Dans tous les cas oĂč lâon LâĂ©chantillonnage par la mĂ©thode des quotas a pour incon-
procĂšde Ă des Ă©chantillonnages en fonction de la taille vĂ©nient, comme dâautres tirages non alĂ©atoires, que lâer-
dans un point de vente, il est essentiel de considĂ©rer reur-type dâestimation ne peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e.
celle-ci dans une optique de long terme, afin dâĂ©viter
que les ventes temporairement dopées par une brÚve pé-
riode de réduction des prix ne soient pas prises pour des La méthode du produit élémentaire
mesures de la taille. Les prix de ces produits auront ten- représentatif
dance, dans lâavenir immĂ©diat, Ă augmenter beaucoup 5.46 Câest la mĂ©thode traditionnelle pour les IPC.
plus que le groupe de produits quâils reprĂ©sentent et Ă Lâoffice central dresse une liste des types de produits, as-
créer ainsi un grave biais de surestimation. sortie de spécifications par type de produit. Ces spécifica-
tions peuvent ĂȘtre Ă©troites, en ce sens quâelles limitent
Ă©troitement les produits que les enquĂȘteurs peuvent sĂ©lec-
Ăchantillonnage tionner, ou larges, si elles laissent Ă ces derniers toute lati-
par la méthode des quotas tude pour choisir les variétés populaires localement.
5.42 De nombreux groupes de produits, y compris 5.47 La méthode assortie de spécifications étroites
parmi ceux de taille plutÎt réduite, sont par nature assez est, en un sens, diamétralement opposée à celle de
hĂ©tĂ©rogĂšnes, et leurs prix varient en fonction dâun grand lâĂ©chantillonnage par la mĂ©thode des quotas susmen-
nombre de sous-groupes ou de caractéristiques. On peut tionnée. à moins que les groupes de produits ne soient
trÚs bien observer des mouvements de prix différents au définis de maniÚre à inclure un trÚs grand nombre de
sein de ces groupes de produits, et toute procédure vi- types de produits, la représentativité pùtira de cette pro-
sant à les représenter par un seul ou quelques types de cédure, car aucun des produits qui ne répondent pas à la
produits Ă©troitement spĂ©cifiĂ©s fait inutilement courir un spĂ©cification nâentrera dans lâindice. La mĂ©thode prĂ©-
grand risque de biais. sente un autre inconvénient : elle peut conduire à ce que
5.43 Dans le cas de lâĂ©chantillonnage par la mĂ©- plus de produits manquent dans les points de vente, et
thode des quotas, lâĂ©chantillon sĂ©lectionnĂ© a les mĂȘmes rĂ©duire ainsi lâĂ©chantillon effectif. Son principal avan-
proportions dâunitĂ©s que lâunivers pour ce qui concerne tage est sa simplicitĂ©. Il est facile de garder le contrĂŽle
un certain nombre de caractĂ©ristiques connues, telles de lâĂ©chantillon Ă lâĂ©chelon central. Si des ajustements
que le sous-groupe de produit, le type de point de vente de la qualitĂ© sont nĂ©cessaires, ils peuvent ĂȘtre dĂ©cidĂ©s Ă
ou la localisation. La sĂ©lection effective des unitĂ©s de ce niveau, ce qui peut ĂȘtre un avantage ou non.
lâĂ©chantillon obĂ©it ensuite Ă des procĂ©dures subjectives, 5.48 La mĂ©thode assortie de spĂ©cifications larges
de telle sorte que la composition de lâĂ©chantillon final donne aux enquĂȘteurs la possibilitĂ© dâajuster lâĂ©chan-
réponde aux critÚres des quotas. tillon à la situation locale, et entraßne normalement une
5.44 Lâexemple suivant illustre le concept dâĂ©chan- meilleure reprĂ©sentativitĂ© globale de celui-ci. ConjuguĂ©
tillonnage par la mĂ©thode des quotas. Lâobjectif est de au critĂšre des «meilleures ventes», lâĂ©chantillon tendra
créer un échantillon de 20 forfaits vacances. On sait toutefois à sous-estimer systématiquement les marques
que, dans cet univers, 60 % des vacances se passent en et produits de moindre importance qui peuvent ĂȘtre
Espagne, 30 % en GrÚce et 10 % au Portugal. Quant aux achetés par des minorités non négligeables.
groupes de vacanciers, 70 % se composent de 2 adultes,
20 % de 2 adultes + 1 enfant et 10 % de 2 adultes +
2 enfants. Sur cet Ă©chantillon, 20 % des groupes sĂ©- Ăchantillonnage dans le temps
journent dans un hĂŽtel 2 Ă©toiles, 40 % dans un hĂŽtel 5.49 Un IPC se rĂ©fĂšre dâordinaire Ă un mois, pĂ©-
3 étoiles, 30 % dans un hÎtel 4 étoiles et 10 % dans un riode durant laquelle les prix ne restent pas constants.
hĂŽtel 5 Ă©toiles. Avec ces informations, il est possible de La question de lâĂ©chantillonnage dans le temps se pose
concevoir lâĂ©chantillon de maniĂšre Ă ce que toutes ces alors. On Ă©lude souvent ce problĂšme en retenant, par
proportions se retrouvent dans lâĂ©chantillon, qui est exemple, le quinziĂšme jour du mois ou les jours qui en-
alors autopondĂ©rĂ©. Notons quâil sâagit ici de proportions tourent le quinziĂšme jour du mois comme date cible
en volume, et non pas en valeur, et quâil peut ĂȘtre nĂ©ces- pour la mesure des prix. Dans certains secteurs, le jour
saire de les ajuster en fonction de la formule dâagrĂ©gat de la semaine a un effet sur les prix : câest le cas, par
élémentaire utilisée. exemple, pour le cinéma, le théùtre ou la restauration,
5.45 LâĂ©chantillonnage par la mĂ©thode des quotas mais cela peut ĂȘtre pris en compte dans la spĂ©cification
suppose une gestion centralisĂ©e de lâensemble du proces- du produit plutĂŽt que dans lâĂ©chantillonnage, en spĂ©ci-
sus dâĂ©chantillonnage, ce qui risque dâen limiter lâutilitĂ© fiant par exemple le prix pratiquĂ© le soir en semaine.
88
ĂCHANTILLONNAGE
5.50 Autant que lâon sache, le tirage alĂ©atoire dans le tant plus coĂ»teux quâil a lieu loin du domicile des en-
temps nâest utilisĂ© nulle part. La mĂ©thode quâemploient quĂȘteurs qui relĂšvent les prix. Si lâorganisme chargĂ© du
certains pays consiste à étendre le relevé des prix sur plu- relevé des prix est centralisé dans quelques grandes
sieurs semaines en suivant un certain schĂ©ma, diffĂ©rentes villes, il sera difficile dâĂ©chantillonner des points de
semaines Ă©tant, par exemple, consacrĂ©es Ă diffĂ©rentes rĂ©- vente ailleurs. Il faut toutefois garder Ă lâesprit que lâin-
gions ou diffĂ©rents groupes de produits. Dans certains cas, flation peut ĂȘtre trĂšs diffĂ©rente en zone rurale et en zone
les prix sont suivis à intervalles plus rapprochés que le urbaine. Ne pas relever les prix dans ces deux zones
rythme mensuel : câest le cas pour les produits frais, par pourrait donc ĂȘtre prĂ©judiciable aux efforts dĂ©ployĂ©s
exemple. Nous ne disposons pas encore de connaissances pour mesurer au plus prĂšs lâinflation moyenne au plan
systĂ©matiques sur les avantages et inconvĂ©nients de telles national. Il vaut mieux se doter au moins dâun petit
pratiques. Le chapitre 6 examine les aspects plus concrets échantillon pour les zones rurales afin que ce facteur
de la rĂ©partition des relevĂ©s de prix dans le temps. puisse ĂȘtre pris en compte. Ce faisant, il reste possible
de dégager la majeure partie des économies que peut en-
Choix dâune mĂ©thode de tirage traĂźner le choix de points de vente proches du domicile
des enquĂȘteurs.
5.51 Dans cette section, nous examinons comment le 5.56 Niveau de formation des enquĂȘteurs. Si les en-
choix dâune mĂ©thode de tirage peut dĂ©pendre de facteurs quĂȘteurs chargĂ©s de relever les prix disposent dâune so-
spĂ©cifiques au pays concernĂ©. Mais il convient dâabord lide formation, ils peuvent ĂȘtre chargĂ©s de mener Ă bien
dâexaminer la question de la taille de lâĂ©chantillon. des tĂąches plus complexes, telles que des tirages PPT
5.52 Taille de lâĂ©chantillon. La prĂ©cision finale de dans les points de vente. Sinon, il faut sâen tenir Ă des
lâestimation dâun Ă©chantillon dĂ©pend seulement de sa mĂ©thodes plus simples.
taille et de son allocation, et non pas de la taille du pays. 5.57 AccĂšs Ă lâexpertise de lâoffice central. Les ti-
En ce sens, il nây a pas lieu dâadopter un Ă©chantillon rages alĂ©atoires supposent que lâon ait recours Ă lâexper-
plus large pour un pays plus grand. Les Ă©chantillons tise mĂ©thodologique de lâoffice central des statistiques.
plus étoffés se justifient si les différences régionales 5.58 Groupes de produits homogÚnes ou hétéro-
dans lâĂ©volution des prix prĂ©sentent un intĂ©rĂȘt et si lâon gĂšnes. La mĂ©thode du produit Ă©lĂ©mentaire reprĂ©sentatif
souhaite un degré de désagrégation des produits trÚs convient mieux aux groupes de produits homogÚnes.
élevé dans la présentation des indices. Le budget alloué Pour les groupes hétérogÚnes, il est plus probable que
Ă lâĂ©tablissement de lâIPC peut bien sĂ»r ĂȘtre plus impor- des segments importants de lâunivers du produit, pour
tant dans les grands pays et permettre la constitution lesquels les prix évoluent différemment, seront oubliés.
dâĂ©chantillons plus larges. 5.59 AccĂšs aux bases de sondage et qualitĂ© de
5.53 Les études consacrées aux biais (autres que le celles-ci. Les tirages aléatoires supposent des bases de
biais dâestimateur dĂ©crit aux paragraphes 5.61 Ă 5.64) et sondage qui nâexistent pas forcĂ©ment Ă lâĂ©chelle natio-
à la variance montrent que le biais de sélection des IPC nale. Si la premiÚre phase consiste en un échantillon-
reprĂ©sente dâordinaire un problĂšme beaucoup plus im- nage gĂ©ographique en grappes (pour lequel la base de
portant que la variance dâĂ©chantillonnage. Il sâensuit tirage est une simple carte gĂ©ographique), une liste des
que, dans bien des cas, des Ă©chantillons plus petits mais points de vente pertinents peut ĂȘtre dressĂ©e dans chaque
mieux suivis â en ce qui concerne les remplacements, grappe Ă©chantillonnĂ©e Ă partir des annuaires tĂ©lĂ©pho-
rééchantillonnages ou ajustements de la qualitĂ© â pour- niques ou dâautres fichiers Ă©tablis localement, comme
raient donner, Ă budget Ă©gal, un indice de qualitĂ© supĂ©- câest le cas au Royaume-Uni. Cette mĂ©thode est aussi
rieure. Dans certains pays, la collecte des prix Ă lâĂ©che- utilisĂ©e pour sĂ©lectionner des zones urbaines afin dâĂ©ta-
lon local est une ressource fixe et il est donc difficile de blir lâIPC aux Ătats-Unis (Dippo et Jacobs, 1983).
redéployer des ressources du relevé local des prix vers 5.60 Données obtenues par lecture optique. Ce
le travail analytique Ă lâĂ©chelon central. Cela dit, il est chapitre se place dans le cadre traditionnel dâune situa-
recommandĂ© de consacrer les ressources locales Ă tion oĂč les prix sont relevĂ©s localement et Ă lâĂ©chelon
lâamĂ©lioration de la qualitĂ© du relevĂ© des prix plutĂŽt central, puis enregistrĂ©s individuellement dans une
quâĂ multiplier leur nombre. La qualitĂ© des relevĂ©s de base de donnĂ©es centralisĂ©e. Lorsque les prix et, le cas
prix est examinée plus en détail au chapitre 6. échéant, les quantités, sont relevés par lecture optique
5.54 Selon les pays, la taille des Ă©chantillons men- comme câest le cas aux points de vente dotĂ©s de
suels oscille entre plusieurs milliers et plusieurs cen- caisses enregistreuses Ă©lectroniques, lâĂ©chantillonnage
taines de milliers. Souvent, ces diffĂ©rences relĂšvent da- peut se faire de façon diffĂ©rente. Il nâest pas nĂ©cessaire
vantage de la tradition que dâune analyse rationnelle du alors dâĂ©chantillonner des produits, des variĂ©tĂ©s ou des
degré de précision requis. Les pays qui utilisent des points dans le temps, puisque cette énumération est to-
Ă©chantillons de trĂšs grande taille feraient sans doute talement automatisĂ©e. Quoi quâil en soit, tous les
bien de rĂ©flĂ©chir au moyen de redĂ©ployer les ressources points de vente dâun produit ne seront pas Ă©quipĂ©s de
dont ils disposent. dispositifs de lecture optique à brÚve échéance.
5.55 RĂ©partition gĂ©ographique des enquĂȘteurs Comme tous les types de points de vente devraient ĂȘtre
chargĂ©s de relever les prix. LâĂ©chantillonnage est dâau- reprĂ©sentĂ©s dans lâindice, il sera toujours nĂ©cessaire de
89
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
conjuguer les Ă©chantillons de donnĂ©es obtenues par Y=ÎŁjâS yj /Ïj, ZÌ = ÎŁjâS zj/Ïj,
lecture optique et les échantillons traditionnels de don-
nĂ©es recueillies auprĂšs des points de vente dĂ©pourvus oĂč S est lâĂ©chantillon, et que RÌ = YÌ/ ZÌ est approximative-
de tels dispositifs. ment non biaisĂ© pour R, sous rĂ©serve dâun biais dâesti-
mateur par le ratio (en général négligeable).
90
ĂCHANTILLONNAGE
Pour aller plus loin, il faut aussi introduire le rapport des âą Si lâon applique deux procĂ©dĂ©s dâĂ©chantillonnage diffĂ©-
moyennes harmoniques des prix : rents, lâun pour la pĂ©riode 0 et lâautre pour la pĂ©riode 1,
qui correspondent tous deux Ă des PPT et oĂč
1
Ï j â q j et Ï j â q j , alors a est approximativement non
0 0 1 1
Š 1 p 0j
n jÂS
h (5.4) biaisĂ© pour lâindice de valeur unitaire. Dans ce cas,
1 toutefois, lâinterprĂ©tation de la formule a sera diffĂ©-
Š1 p1j
n jÂS rente, puisque les Ă©chantillons figurant au numĂ©rateur
et au dénominateur sont différents.
5.68 Si lâon compare les estimateurs susmentionnĂ©s Ă âą Si lâon applique deux procĂ©dĂ©s dâĂ©chantillons diffĂ©-
la forme fonctionnelle des paramĂštres du chapitre 20, il rents, lâun pour la pĂ©riode 0 et lâautre pour la pĂ©-
apparaĂźt que des conditions trĂšs spĂ©ciales doivent ĂȘtre riode 1, qui correspondent tous deux Ă des PPT et oĂč
Ï j â v j = p j q j et Ï j â v j = p j q j, alors h, rapport des
réunies pour en faire des estimateurs non biaisés de ces 0 0 0 0 1 1 1 1
paramĂštres, ne serait-ce que parce quâil nây a pas de quan- moyennes harmoniques des prix, est approximative-
titĂ©s dans les estimateurs de lâĂ©chantillon, contrairement Ă ment non biaisĂ© pour lâindice de valeur unitaire. La
ce qui se passe pour les paramĂštres du chapitre 20. reformulation algĂ©brique suivante de lâindice de va-
5.69 Nous avançons, sans le prouver, certains résul- leur unitaire aide à éclaircir ce point :
tats relatifs aux propriétés statistiques des estimateurs
ci-dessus (voir Balk (2002) pour plus de détails). Sup- Šv Šv 1
j
1
j p1j
posons quâil y ait dans lâunivers N produits dĂ©nommĂ©s jÂS jÂS
UV
1, 2, ..., N. Soit pjt, qjt les prix et quantité, respective- Šv Šv 0
j
0
j p 0j
ment, du produit j Ă la pĂ©riode t (t = 0 pour la pĂ©riode de jÂS jÂS
rĂ©fĂ©rence et 1 pour la pĂ©riode en cours), et Comme pour a, cependant, lâinterprĂ©tation de la for-
q 0j p 0j mule h sera différente, car les échantillons figurant au
w 0j N (j 1, , N ) numérateur et au dénominateur sont différents.
Š q 0j p 0j 5.72 Lâexpression «approximativement non biaisé»
j 1 appelle une explication. Elle fait référence au fait que
lâestimateur nâest pas exactement non biaisĂ©, mais que
la part de dĂ©penses consacrĂ©es au produit j dans la pĂ©- le biais quâil affiche est faible et diminue pour se rap-
riode de rĂ©fĂ©rence. Alors : procher de zĂ©ro Ă mesure que la taille de lâĂ©chantillon
âą En cas de tirage alĂ©atoire simple, aucune des gran- et celle de lâunivers tendent simultanĂ©ment vers lâin-
deurs r, a ou g nâestime sans biais les paramĂštres de fini, selon certaines modalitĂ©s mathĂ©matiquement bien
population. Au contraire, il faut utiliser des pondĂ©ra- dĂ©finies. Dans le cas de lâestimateur de rapport appli-
tions dans les estimateurs également. cable à a, le signe de ce biais est indéterminé et sa taille
âą En cas de PPT, si Ïj â w j pour tous les j, alors r,
0
aprÚs agrégation est probablement négligeable. Dans le
moyenne des rapports de prix, nâest pas biaisĂ© pour lâin- cas de la moyenne gĂ©omĂ©trique, cependant, le biais est
dice de Laspeyres (le symbole «â» signifie «propor- toujours positif, ce qui veut dire quâen moyenne pour
tionnel à »). beaucoup dâĂ©chantillons, la moyenne gĂ©omĂ©trique de
âą En cas de PPT, si Ïj â q j pour tous les j, alors a, rapport
0 lâĂ©chantillon tend Ă surestimer la moyenne gĂ©omĂ©trique
des moyennes des prix, est approximativement non de lâunivers. Dans le cas dâun tirage alĂ©atoire simple et
biaisĂ© pour lâindice de Laspeyres. dâune moyenne gĂ©omĂ©trique non pondĂ©rĂ©e Ă la fois
dans lâunivers et dans lâĂ©chantillon, le biais sâexprime
âą En cas de PPT, si Ïj â w j pour tous les j, alors g est ap-
0
de la façon suivante : b â Ï /2n, oĂč Ï est la variance
2 2
proximativement non biaisĂ© pour lâindice de Laspeyres
des rapports de prix. Pour les univers de petite taille,
géométrique. Dans ce cas, log g est non biaisé pour le
une correction de la population finie doit ĂȘtre multi-
logarithme de lâindice de Laspeyres gĂ©omĂ©trique. Le
pliée par cette expression. Ce résultat est obtenu aisé-
biais restant tend Ă ĂȘtre du mĂȘme ordre que celui de a.
ment Ă partir de lâexpression (4.1.4) dans DalĂ©n
5.70 Tous ces résultats sont par nature un peu
0 0 (1999b). Le biais peut ĂȘtre significatif pour les Ă©chan-
théoriques, puisque ni w j ni q j ne sont connus au mo-
tillons de petite taille, et il faut donc ĂȘtre prudent si lâon
ment oĂč lâĂ©chantillon pourrait ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©. Câest
rencontre de trÚs petits échantillons dans une strate et
une raison pour introduire lâindice de Lowe :
quâune moyenne gĂ©omĂ©trique sâapplique.
âą En cas de PPT, si Ïj â q j (oĂč b est une pĂ©riode antĂ©-
b
91
MANUEL DE LâINDICE DES PRIX Ă LA CONSOMMATION : THĂORIE ET PRATIQUE
alĂ©atoires, les estimations de la variance doivent utiliser Ă©gards uniques si on les compare Ă celles dâautres pays.
un certain type de modÚle dans lequel on suppose un Le procédé exact varie de toute évidence un peu avec le
tirage alĂ©atoire. En lâabsence de connaissances systĂ©ma- temps. La description qui suit repose sur U.S. BLS
tiques et gĂ©nĂ©ralement admises, les mĂ©thodes dâestima- (1997) ainsi que sur Leaver et Valliant (1995).
tion de la variance utilisĂ©es dans quatre pays sont dĂ©- 5.77 LâIPC en vigueur aux Ătats-Unis se compose
crites briĂšvement ci-aprĂšs. dâĂ©lĂ©ments obtenus en croisant des zones gĂ©ogra-
phiques avec des strates de produits pour donner, au
total, 8.487 «strates IPC de base» correspondant aux
Variances des formules dâindices agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires. Les 88 zones gĂ©ographiques
dâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire sont sĂ©lectionnĂ©es par PPT dans le cadre dâune procĂ©-
5.74 Quelques estimateurs de la variance de for- dure contrĂŽlĂ©e, et 29 dâentre elles sont incluses avec
mules dâagrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires seront dâabord donnĂ©s Ă certitude (autoreprĂ©sentation). Au sein de chaque strate
titre prĂ©liminaire. Pour ne pas alourdir le texte de for- IPC de base, on applique une procĂ©dure dâestimation
mules, ce sont les estimateurs de la variance, et non la dans laquelle les indices pour une période donnée re-
variance exacte, qui sont donnĂ©s ici. Les estimateurs de posent sur des unitĂ©s dâĂ©chantillonnage se chevauchant
la variance sont approximativement non biaisés dans le (points de vente et produits élémentaires) entre cette
cas dâun tirage alĂ©atoire simple oĂč le paramĂštre dâuni- pĂ©riode et celle qui la prĂ©cĂšde immĂ©diatement. Les in-
vers correspondant nâest pas pondĂ©rĂ©. Ils sâappliquent dices dâune pĂ©riode sur lâautre sont alors multipliĂ©s
aussi au cas des tirages PPT pour un paramĂštre dâuni- pour obtenir un indice de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence Ă la
vers pondĂ©rĂ©, dans lequel la mesure de la taille est la pĂ©riode en cours. LâĂ©chantillonnage au sein de la strate
mĂȘme que la pondĂ©ration du paramĂštre. Pour la dĂ©fini- IPC de base est approximativement PPT, sur la base de
tion des formules, voir les Ă©quations (5.1)â(5.3). la description donnĂ©e plus haut.
5.78 Lâestimation de la variance pour ce procĂ©dĂ© se
Ï r2 1 p 1j rĂ©vĂšle trop complexe pour ĂȘtre utilisĂ©e en tant quâestima-
V (r ) = o Ï r2 = â j (r â r)2
et r j =
(5.5)
teur direct de la variance selon le procédé retenu. On ap-
n n â 1 jâS p 0j plique Ă sa place une mĂ©thode de duplication de groupe
aléatoire, en utilisant pour ce faire le logiciel VPLX.
1 Dâautres mĂ©thodes ont Ă©galement Ă©tĂ© mises Ă lâessai.
V (a ) V 2
r 2V 02 2rV 01 , (5.6)
5.79 Leaver et Swanson (1992) donnent un compte
n p 0 2 1
92
ĂCHANTILLONNAGE
une dĂ©pendance stochastique entre elles. Dâautres ne timation apparaĂźt relativement stable sur la pĂ©riode
couvrent quâun seul groupe de produits et obĂ©issent Ă un 1991â95 pour laquelle le modĂšle a Ă©tĂ© essayĂ©.
procédé simple. Certaines couvrent leurs univers, sans
aucun échantillonnage, et affichent donc une variance
égale à zéro. La méthode française
5.82 Dans beaucoup de groupes reposant sur un 5.87 En France, le calcul de la variance ne prend dé-
simple produit, on est en droit de supposer que les rap- sormais en considération que les produits élémentaires re-
ports de prix obtenus sont effectivement des Ă©chan- prĂ©sentant 65 % de la pondĂ©ration totale de lâindice.
tillons aléatoires. Dans certains cas, cela peut conduire à 5.88 Le plus petit élément de calcul est un type de
une certaine surestimation de la variance puisquâil est produit en zone urbaine. Deux formules peuvent ĂȘtre
procédé en fait, au sein du groupe, à une certaine sous- appliquées à un tel élément : le rapport des moyennes
stratification ou à un échantillonnage par la méthode des arithmétiques (si le produit est homogÚne) ou celui des
quotas. Dans ces groupes de produits, des variances de moyennes géométriques (si le produit est hétérogÚne).
strate pourraient alors ĂȘtre estimĂ©es en appliquant les On suppose un sondage alĂ©atoire Ă deux degrĂ©s, le pre-
formules (5.5) Ă (5.7). Lorsquâune enquĂȘte sur les prix mier concernant les zones urbaines, le second un pro-
est stratifiĂ©e, la formule (5.8) peut ĂȘtre appliquĂ©e aux ni- duit Ă©lĂ©mentaire donnĂ© (une variĂ©tĂ© de produit) dans un
veaux infĂ©rieurs, au-dessus de lâagrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. point de vente. La variance obtenue est donc la somme
5.83 Certaines enquĂȘtes sur les prix sont cependant dâune composante «entre zones urbaines» et dâune com-
plus complexes. Câest vrai en particulier pour cette frac- posante «au sein des zones urbaines». Ătant donnĂ© la
tion importante de lâindice dans laquelle les points de nature non linĂ©aire des estimateurs, une linĂ©arisation est
vente et les produits sont Ă©chantillonnĂ©s simultanĂ©ment. effectuĂ©e Ă partir dâextensions doubles. Des variances
En SuĂšde, ces enquĂȘtes sont qualifiĂ©es dâenquĂȘtes lo- de niveau supĂ©rieur sont obtenues en pondĂ©rant les va-
cales sur les prix et dâenquĂȘtes sur les produits de pre- riances de niveau Ă©lĂ©mentaire.
miĂšre nĂ©cessitĂ©. Dans les deux cas, les points de vente 5.89 AprĂšs lâexercice dâoptimisation organisĂ© en
sont Ă©chantillonnĂ©s par tirage alĂ©atoire (PPT) Ă partir du 1997, lâĂ©cart-type de lâindice de tous les produits (pour
registre central du commerce. Les produits sont Ă©chan- 65 % de la pondĂ©ration totale de lâindice) a Ă©tĂ© estimĂ© Ă
tillonnĂ©s par PPT dans le cadre des enquĂȘtes sur les pro- 0,03. Cette valeur est proche de celle estimĂ©e en 1993,
duits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, mais par la mĂ©thode du pro- bien que le nombre dâobservations ait diminuĂ©. La prĂ©-
duit reprĂ©sentatif dans les enquĂȘtes locales sur les prix. cision dâun certain nombre de sous-indices a par ailleurs
Dans le modĂšle suĂ©dois dâestimation de la variance, Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©e.
lâĂ©chantillon final est considĂ©rĂ© dans ces cas comme ex- 5.90 Les termes de covariance sont ignorĂ©s. Con-
trait de deux univers bidimensionnels de produits et de crÚtement, cela introduit une trÚs petite différence dans
points de vente. Les unitĂ©s dâĂ©chantillonnage finales la composante «entre zones urbaines». La composante
sont donc les produits de lâĂ©chantillon vendus dans les «au sein des zones urbaines» est indiscutablement plus
points de vente de lâĂ©chantillon â soit un Ă©chantillon touchĂ©e. Lâeffet nâen est pas moins considĂ©rĂ© comme
reposant sur une classification croisée. r