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Manuel de l’indice des prix à la consommation

T h Ă© o r i e e t p r a t i q u e

Organisation internationale du travail

Fonds monétaire international

Organisation de coopération et de développement économiques

Office statistique des Communautés européennes

Nations Unies

Banque mondiale
Manuel de l’indice des prix à la consommation
Théorie et pratique
M a nu e l d e l ’ i n d i c e
des prix Ă  la consommation
T h Ă© o r i e e t p r a t i q u e

Bureau international du travail

Fonds monétaire international

Organisation de coopération et de développement économiques

Office statistique des Communautés européennes (Eurostat)

Nations Unies

Banque mondiale
Copyright © 2004
Organisation internationale du travail/Fonds monétaire international/Organisation de coopération et de développement écono-
miques/Office statistique des Communautés européennes/Nations Unies/Banque internationale pour la reconstruction et le déve-
loppement/Banque mondiale

Publié pour la premiÚre fois en 2004

Les publications du Bureau international du travail, du Fonds monĂ©taire international, de l’Organisation de coopĂ©ration et de
dĂ©veloppement Ă©conomiques, de l’Office statistique des CommunautĂ©s europĂ©ennes (Eurostat), de la Commission Ă©conomique
des Nations Unies pour l’Europe et de la Banque mondiale sont protĂ©gĂ©es par le droit d’auteur aux termes du protocole 2 de
la convention universelle sur le copyright. Néanmoins, la reproduction de courts extraits de ces publications est possible sans
autorisation, à condition que la source soit mentionnée.

Pour les droits de reproduction ou la traduction de l’original anglais en d’autres langues que le français et l’espagnol,
s’adresser au Bureau des publications, Droits et autorisations, Bureau international du travail, CH-1211 Genùve 22, Suisse.
Le BIT examinera ces demandes avec bienveillance.

Pour les droits de reproduction des traductions en français et en espagnol, les demandes doivent ĂȘtre adressĂ©es au Fonds
monĂ©taire international Ă  l’adresse suivante : International Monetary Fund, 700 19th Street, N.W., Washington, DC, 20431,
United States.

Les bibliothÚques, institutions et autres utilisateurs enregistrés au Royaume-Uni auprÚs de la Copyright Licensing Agency,
90 Tottenham Court Road, London W1P 4LP [Fax : (+ 44) (0) 207 631 5500; adresse Ă©lectronique : [email protected]],
aux États-Unis auprĂšs du Copyright Clearance Center, 222 Rosewood Drive, Danvers, MA 01923 [TĂ©lĂ©copie (+1) (978) 750 4470;
adresse Ă©lectronique : [email protected]], ou dans d’autres pays auprĂšs d’organismes de gestion des droits de reproduction
associĂ©s, peuvent faire des photocopies de l’ouvrage conformĂ©ment aux autorisations qui leur ont Ă©tĂ© accordĂ©es Ă  cet effet.

OIT/FMI/OCDE/CEE–ONU/Eurostat/Banque mondiale
Manuel de l’indice des prix Ă  la consommation : ThĂ©orie et pratique
GenĂšve, Organisation internationale du travail, 2004
Guide, indice des prix à la consommation, collecte de données, méthode statistique, calcul, méthodologie, pays développés, pays
en développement. 09.02

ISBN 1-58906-330-9

ILO Cataloguing in Publication Data

Les désignations utilisées dans cet ouvrage, qui sont conformes aux usages des organisations qui en assurent la publication,
et la prĂ©sentation des donnĂ©es qui y figurent n’impliquent de la part de ces organisations aucune prise de position quant au
statut juridique de tel ou tel pays, zone ou territoire, ou de ses autorités, ni quant au tracé de ses frontiÚres.

Les opinions exprimĂ©es dans les articles, Ă©tudes et autres contributions signĂ©es n’engagent que leurs auteurs, et leur publication
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La mention ou la non-mention de telle ou telle entreprise ou de tel ou tel produit ou procĂ©dĂ© commercial n’implique, de la part
des organisations qui assurent la publication du manuel, aucune appréciation favorable ou défavorable.

On peut se procurer des exemplaires de ce manuel, au prix de 125 dollars EU, à l’adresse suivante :
Publication Services, International Monetary Fund, 700 19th Street, N.W., Washington, DC 20431 (États-Unis).
Téléphone : (202) 623-7430
Télécopie : (202) 623-7201
Messagerie Ă©lectronique : [email protected]

Mis en page par les services linguistiques du FMI


ImprimĂ© aux États-Unis
AVANT-PROPOS

Le prĂ©sent ouvrage est la version revue et augmentĂ©e de l’ouvrage intitulĂ© Consumer price indices : An ILO manual, paru
en 1989. La révision, organisée par le Groupe de travail intersecrétariats sur les statistiques des prix (IWGPS), a été entre-
prise sous la responsabilité de six organisations internationales : le Bureau international du travail (BIT), le Fonds moné-
taire international (FMI), l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE), l’Office statistique
des CommunautĂ©s europĂ©ennes (Eurostat), la Commission Ă©conomique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) et
la Banque mondiale. La publication de l’ouvrage est assurĂ©e conjointement par les six organisations.
Ce manuel contient des informations et des explications complĂštes et dĂ©taillĂ©es sur l’établissement des indices des
prix Ă  la consommation (IPC). RĂ©digĂ© Ă  l’intention des pays dĂ©veloppĂ©s aussi bien que des pays en dĂ©veloppement, il
passe en revue les diverses questions conceptuelles et théoriques dont les offices statistiques doivent tenir compte
pour rĂ©pondre aux problĂšmes que pose le calcul d’un IPC. Les chapitres couvrent un large Ă©ventail de sujets, ana-
lysent en dĂ©tail les diffĂ©rentes pratiques en vigueur Ă  l’heure actuelle, proposent le cas Ă©chĂ©ant d’autres mĂ©thodes et
examinent les avantages et inconvénients de chacune des solutions avancées. Compte tenu de sa vocation exhaustive,
cet ouvrage devrait pouvoir répondre aux besoins de nombreux utilisateurs.
Le principal objectif du manuel est d’aider les statisticiens chargĂ©s d’établir l’indice des prix Ă  la consommation, en
particulier ceux des pays qui rĂ©visent ou mettent en place leur IPC. Il fait fond sur une large gamme d’expĂ©riences et
de compétences pour présenter des méthodes de mesure pratiques et adaptées, et devrait aussi aider les pays à se doter
d’IPC qui se prĂȘtent davantage aux comparaisons internationales effectuĂ©es par les offices de statistique nationaux et
les institutions multilatĂ©rales. Parce qu’il rĂ©unit une somme de connaissances sur cette question, ce manuel peut aussi
servir d’outil d’apprentissage individuel ou d’instrument pĂ©dagogique pour les cours de formation sur l’IPC.
L’ouvrage s’adresse Ă©galement Ă  d’autres utilisateurs des IPC, tels que les employeurs et les salariĂ©s, les dĂ©cideurs
et les chercheurs. Il fournira à tous des précisions sur les différentes méthodes employées pour la collecte des don-
nĂ©es et le calcul des indices, mais aussi sur les limites de ces mĂ©thodes, de façon Ă  ce que les rĂ©sultats puissent ĂȘtre
correctement interprétés.
La rédaction et la révision de ce manuel ont nécessité de nombreuses réunions échelonnées sur une période de
cinq ans, auxquelles ont participĂ© des experts d’offices nationaux de statistique, d’organisations internationales et rĂ©-
gionales, des milieux universitaires et des instituts de recherche. Le nouveau manuel doit beaucoup Ă  leur sagesse et
Ă  leurs conseils.
La version Ă©lectronique du manuel peut ĂȘtre consultĂ©e sur le site Internet www.ilo.org/stat. L’IWGPS voit dans cet
ouvrage un document Ă©volutif appelĂ© Ă  ĂȘtre modifiĂ© et mis Ă  jour pour traiter plus en dĂ©tail tel ou tel point. C’est ce
qu’attestent dĂšs Ă  prĂ©sent les remarques et recommandations formulĂ©es par les groupes internationaux qui suivent
l’IPC, tels que la ConfĂ©rence internationale des statisticiens du travail (CIST), le Groupe de travail intersecrĂ©tariats
sur les indices de prix (ou «Groupe d’Ottawa») ou la rĂ©union commune CEE-ONU/BIT sur les indices des prix Ă  la
consommation.
Vos commentaires sur l’IWGPS sont les bienvenus. Ils peuvent ĂȘtre adressĂ©s au Bureau de statistique du BIT
(adresse Ă©lectronique : [email protected]), et seront pris en compte dans les rĂ©visions ultĂ©rieures du manuel.

Bureau international du travail (BIT) : A. Sylvester Young, Directeur, Bureau de statistique


Fonds monétaire international (FMI) : Horst Köhler, Directeur général
Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : Enrico Giovanini, Directeur,
Direction des statistiques
Office statistique des Communautés européennes (Eurostat) : Inna Steinbuka, Directrice,
Statistiques économiques et convergence économique et monétaire
Commission Ă©conomique des Nations Unies pour l’Europe (CEE–ONU) : Heinrich BrĂŒngger,
Directeur, Division de statistique
Banque mondiale : Shaida Badiee, Directrice, Groupe de données sur le développement

v
TABLE DES MATIÈRES

Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . v
Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxi
Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxix
Guide du lecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxxiii

1 Introduction Ă  la mĂ©thodologie de l’indice des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1


Origines et utilisations des indices des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Choix d’un indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Indices des prix fondés sur un panier-type de biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Indices de Lowe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Indices de Laspeyres et de Paasche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Décomposition des variations de la valeur courante au moyen des indices de Laspeyres et de Paasche . . . . . 4
Ratios d’indices de Lowe et de Laspeyres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Indices de Lowe actualisés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Interconnexions entre indices de panier-type . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Indice de Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Indices de Young, Laspeyres et Paasche géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Indices symétriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Indices Ă  base fixe ou indices-chaĂźnes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Approches axiomatiques et stochastiques des indices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
PremiĂšre approche axiomatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Classement des indices selon la premiĂšre approche axiomatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Autres tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Approche stochastique et seconde approche axiomatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Approche stochastique non pondérée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Approche stochastique pondérée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Seconde approche axiomatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Indice du coût de la vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Limites supĂ©rieure et infĂ©rieure d’un indice du coĂ»t de la vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Quelques cas particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Estimation des indices du coût de la vie par des indices superlatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Biais de représentativité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
Données requises et problÚmes de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Possibilité de substitution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Questions d’agrĂ©gation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
Données numériques indicatives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Produits saisonniers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Pondérations au sein des agrégats élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Interconnexions entre les diffĂ©rentes formules Ă©lĂ©mentaires d’indice des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Approche axiomatique des formules d’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Approche Ă©conomique des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Concepts, champ et classifications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Acquisitions et utilisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
Indices inconditionnels et conditionnels du coût de la vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Types spécifiques de transaction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Production des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Couverture des ménages et des points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Variation des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Classifications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Indices des prix à la consommation et déflateurs des prix dans les comptes nationaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

vii
TABLE DES MATIÈRES

Pondérations des dépenses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27


EnquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages et les comptes nationaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Autres sources d’estimation des pondĂ©rations de dĂ©penses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Collecte des données sur les prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Tirage aléatoire et tirage raisonné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Méthode de relevé des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Continuité du relevé des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Rééchantillonnage ou tirage d’un nouvel Ă©chantillon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Ajustement des prix aux changements de qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
Évaluation de l’effet des changements de qualitĂ© sur les prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
MĂ©thodes implicites d’ajustement aux changements de qualitĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Ajustements explicites de la qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
Substitution de produits élémentaires et nouveaux biens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Nouveaux biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
Calcul des indices des prix Ă  la consommation dans la pratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
Indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Indices de niveau supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Oganisation et gestion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Publication et diffusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

2 Utilisation des indices des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41


Éventail des indices des prix à la consommation possibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
Indexation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
Indexation des salaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
Indexation des prestations de sécurité sociale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
Type d’indice utilisĂ© pour l’indexation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
Indexation des charges d’intĂ©rĂȘts, loyers et autres paiements contractuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
Imposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Consommation et revenu en volume . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Cohérence entre indices de prix et séries de dépenses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
ParitĂ©s de pouvoir d’achat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
Utilisation de l’indice des prix Ă  la consommation Ă  des fins comptables en pĂ©riode d’inflation . . . . . . . . . . . . . . 44
Comptes en pouvoir d’achat actuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
Comptabilité au coût actuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
Indices des prix à la consommation et inflation générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Indices des prix à la consommation et objectifs d’inflation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Indices des prix à la consommation et comparaisons internationales de l’inflation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Popularité des indices des prix à la consommation et statistiques économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
NĂ©cessitĂ© d’indĂ©pendance et d’intĂ©gritĂ© dans l’établissement des indices des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . 46

3 Concepts et champ de l’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
Les divers agrégats de consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
Acquisitions et dépenses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
Dépenses monétaires et dépenses non monétaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
Acquisitions et utilisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Biens durables et biens non durables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
Indices des prix à la consommation fondés sur les acquisitions et les utilisations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Indices de panier-type et indices du coût de la vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Indices de Lowe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Indices du coût de la vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Dépenses et autres paiements hors du champ des indices des prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Transferts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Assurance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

viii
TABLE DES MATIÈRES

Jeux de hasard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Opérations sur actifs financiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Achats et ventes de devises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Paiements, financement et crédit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Opérations financiÚres et emprunts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
CrĂ©ation d’un actif/passif financier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Achats à tempérament . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Charges d’intĂ©rĂȘts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Production des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
Activités économiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
Consommation par les ménages de leur propre production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
MĂ©nages et points de vente inclus dans le champ de l’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Definition des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Types de ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Couverture géographique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Couverture des points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Différences de prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Discrimination par les prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Différences de prix entre points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
Mise Ă  jour des points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Traitement de certaines dépenses des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Commissions des agents et courtiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Biens et services indésirables ou illicites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Biens et services de luxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Biens d’occasion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Dépenses imputées de biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Couverture des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Taxes et subventions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Rabais, remises, ristournes, programmes de fidélisation et produits «gratuits» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
Classification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
CritÚres de classification des dépenses de consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Classification par type de produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Classification par fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Classifications pour les indices des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Niveau de publication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
Nomenclature des fonctions de la consommation individuelle (COICOP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
Appendice 3.1 Indices des prix à la consommation et déflateurs des prix en comptabilité nationale . . . . . . . . . . 70

4 Les pondérations des dépenses et leurs sources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
La structure de pondĂ©ration de l’indice des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
Pondérations des groupes, classes et sous-classes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Pondérations régionales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Pondérations des points de vente ou des types de points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Pondérations des agrégats élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
Sources des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
EnquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
Comptabilité nationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Données sur les ventes au détail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
EnquĂȘtes sur les points d’achat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Données saisies par lecture optique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Recensements de population . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Comment les pondérations sont-elles calculées en pratique? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Paiements qui ne sont pas des dépenses de consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
Dépenses peu importantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
Produits dont il est difficile de déterminer les prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77

ix
TABLE DES MATIÈRES

Utilisation et conjugaison de différentes sources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77


Ajustement des pondĂ©rations calculĂ©es Ă  partir des enquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages . . . . . . . . . . . . . . . . 77
Période de référence des pondérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
Nécessité de réviser les pondérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
FrĂ©quence de l’actualisation des pondĂ©rations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
Classification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
Produits élémentaires nécessitant un traitement particulier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
Erreurs de pondération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82

5 Échantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Techniques de tirage aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Tirage aléatoire et indices des prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
Techniques de tirage aléatoire à probabilité inégale proportionnelle à la taille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
MĂ©thodes d’échantillonnage utilisĂ©es par le Bureau of Labor Statistics des États-Unis . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
Techniques de tirage non aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
Raisons de recourir au tirage non aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
Échantillonnage fondĂ© sur un seuil d’inclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Échantillonnage par la mĂ©thode des quotas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
La méthode du produit élémentaire représentatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
Échantillonnage dans le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
Choix d’une mĂ©thode de tirage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
ProcĂ©dures d’estimation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Application des procĂ©dures d’estimation aux indices des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Estimation de la variance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
Variances des formules d’indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
La mĂ©thode des États-Unis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
La méthode suédoise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
La méthode française . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
La méthode du Luxembourg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Autres méthodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Allocation optimale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Récapitulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95

6 Relevé des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
Fréquence et dates des relevés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
Prise en compte de l’hyperinflation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
Spécification des produits élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
Procédures de relevé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
Techniques de relevé des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
Conception du questionnaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
Procédures sur le terrain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Relevé centralisé et en bureau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Réductions de prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
Marchandage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
Remplacement forcé, substitution de produits et ajustement de la qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
Questions connexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
Communication électronique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
ParitĂ©s de pouvoir d’achat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
Qualité des données et contrÎle de la qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
Documentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
Appendice 6.1 Extrait d’un formulaire simple de relevĂ© des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116

7 Ajustement aux changements de qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117

x
TABLE DES MATIÈRES

Pourquoi la mĂ©thode de l’appariement de modĂšles peut Ă©chouer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118


Produits élémentaires manquants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
ProblĂ©matique de l’échantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
Nouveaux produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
La nature du changement de la qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
Une mĂ©thode fondĂ©e sur l’utilitĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
Indices conditionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
Aperçu des mĂ©thodes d’ajustement de la qualitĂ© utilisĂ©es en l’absence de produits appariĂ©s . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
Ajustement additif et ajustement multiplicatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
Ajustement de la période de référence et ajustement de la période en cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Comparaisons Ă  court terme et Ă  long terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
MĂ©thodes implicites d’ajustement de la qualitĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Le recouvrement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
Imputation par la moyenne globale ou par la moyenne ciblée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
MĂ©thode d’imputation par la moyenne des remplacements Ă  qualitĂ© constante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
Remplacement en équivalent ou comparaison directe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
Dissemblable pur ou chaünage indiquant l’absence de variation de prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
Report ou reconduction du prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
MĂ©thodes d’ajustement explicite de la qualitĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
Avis d’experts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
Ajustement de la quantité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
DiffĂ©rences des coĂ»ts de production ou d’option . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
Méthode hédonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
Limites de la méthode hédonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
Choix entre les mĂ©thodes d’ajustement des prix par les changements de qualitĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
Technologies de pointe et autres secteurs à taux de remplacement élevé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
Quelques exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
Les indices de prix hédoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
Différence entre indices hédoniques et indices de produits appariés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
ChaĂźnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
Comparaisons Ă  court terme et Ă  long terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
MĂ©thodes d’ajustement aux changements de la qualitĂ© dans les comparaisons Ă  court terme . . . . . . . . . . . . . 155
Comparaisons à court terme implicites à partir d’imputations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
Indices à une étape et à deux étapes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
Appendice 7.1 Données sur les ordinateurs personnels provenant des sites Internet de Compaq
et Dell au Royaume-Uni, en juillet 2000, pour illustrer une régression hédonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160

8 Substitution de produits Ă©lĂ©mentaires, espace d’échantillonnage et nouveaux produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
Échantillons appariĂ©s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
Espace d’échantillonnage et remplacement ou substitution de produits Ă©lĂ©mentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
Mise Ă  jour de l’échantillon, chaĂźnage et indices hĂ©doniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
Informations requises pour une stratĂ©gie d’ajustement en fonction de la qualitĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
SystÚme de métadonnées statistiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
Les nouveaux produits et en quoi ils diffÚrent des produits dont la qualité a changé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
Incorporation des nouveaux produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
Changement de base et mise Ă  jour de l’échantillon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
Remplacements dirigĂ©s et extension dirigĂ©e de l’échantillon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
Prix de réservation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
Appendice 8.1 Apparition ou disparition de produits ou de points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
Appendice 8.2 Nouveaux produits et substitution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180

9 Le calcul des indices de prix Ă  la consommation dans la pratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183

xi
TABLE DES MATIÈRES

Calcul des indices de prix pour les agrégats élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183


Construction des agrégats élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
Construction des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
Indices-chaßnes ou indices directs pour les agrégats élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
AssociativitĂ© de l’agrĂ©gation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
Observations de prix manquantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
Autres formules d’indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
Indices de valeur unitaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
Formules applicables aux données obtenues par lecture électronique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
Calcul des indices de niveau supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
Les indices de prix à la consommation en tant que moyennes pondérées
d’indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
Exemple numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
Indices de Young et de Lowe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
Calcul de la variation de l’indice de Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
Actualisation par les prix de la période de référence des pondérations
à la période de référence des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
Adoption de nouvelles pondérations et chaßnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
DĂ©composition des variations de l’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
Quelques solutions de remplacement aux indices à pondérations fixes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
Vérification des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
Identification d’éventuelles erreurs et valeurs aberrantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
Vérification et correction des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211
10 Cas particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
Logements occupés par leur propriétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
Concept d’utilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
Concept de paiement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
Concept d’acquisition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
VĂȘtement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222
Le marchĂ© du vĂȘtement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222
MĂ©thode d’établissement d’indices pour les vĂȘtements non saisonniers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222
Remplacement des produits élémentaires et changement de qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
MĂ©thodes Ă  utiliser pour inclure les vĂȘtements saisonniers
dans l’indice des prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
Brefs commentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
Services de télécommunications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
Produits élémentaires représentatifs et produits appariés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
Produits élémentaires représentatifs et valeurs unitaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
Profils des consommateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
Échantillon de factures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
Services financiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
Achat de devises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
Services de courtage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
MĂ©canismes de dĂ©pĂŽt et de prĂȘt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
Services d’agence immobiliùre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236
Services d’assurance de biens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237
Concept de paiement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
Concept d’utilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
Concept d’acquisition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 239
Suivi des prix des primes d’assurance brutes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 239
L’utilisation des primes brutes pour mesurer approximativement le service d’assurance net . . . . . . . . . . . . . . 240
Appendice 10.1 Exemple de calcul d’un indice des prix d’un produit de dĂ©pĂŽt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
11 Erreurs, variances et biais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
Types d’erreurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245

xii
TABLE DES MATIÈRES

Erreurs d’échantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245


Erreurs autres que d’échantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
Erreurs et biais de mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
Estimation de variance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
Description qualitative des erreurs autres que les alĂ©as d’échantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
Procédures suivies pour limiter les erreurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
Types de biais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249
Composantes des biais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250
Biais de substitution de niveau supérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250
Biais d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 251
Biais dû au changement de qualité et aux nouveaux produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 252
Biais dĂ» aux nouveaux points de vente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 253
Estimations du biais : présentation sommaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254

12 Organisation et gestion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255
Collecte Ă  l’échelon local . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255
Collecte sous-traitée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255
Collecte centralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257
Qualité sur le terrain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257
Descriptions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257
Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257
Demande de vérification des données saisies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258
Retour d’information . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258
Les contrÎles de qualité des relevés au niveau local : le rÎle des contrÎleurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 259
Suivi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 259
ContrĂŽle a posteriori . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 259
Autres fonctions du contrĂŽleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 260
ContrÎles de qualité en bureau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 260
Rapports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
Algorithmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
Établissement et publication de l’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262
Établissement mensuel de l’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262
Feuilles de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
Introduction de modifications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
Reprise des activités aprÚs une catastrophe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
Gestion de la qualité et systÚmes de gestion de la qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 264
SystÚmes de gestion de la qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 265
Utilisation accrue des techniques de management de la qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 266
Gestion de la performance, formation et perfectionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 266
Besoins de formation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 266
Formation spĂ©cialisĂ©e Ă  l’intention des statisticiens et des enquĂȘteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 266
Documentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
Analyses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267

13 Publication, diffusion et relations avec les utilisateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269
Présentation des niveaux et des variations des prix sous forme de séries chronologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269
Correction des variations saisonniùres et lissage de l’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270
Analyse des facteurs des variations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270
Commentaire Ă©conomique et interprĂ©tation de l’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 271
PrĂ©sentation de mesures connexes et d’autres mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 271
Inflation sous-jacente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 271
Autres indices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 271

xiii
TABLE DES MATIÈRES

Indices calculés à partir de sous-agrégats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 272


Communiqués de presse, bulletins et notes méthodologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 272
Normes internationales relatives Ă  la diffusion des indices des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 273
Calendrier de diffusion de l’indice des prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 274
Délai de diffusion et exactitude des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 274
AccÚs aux données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275
Confidentialité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275
Diffusion électronique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275
Prise en compte du point de vue des usagers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275
Différentes applications des indices des prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 275
Présentation de la méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 276
RÎle des comités consultatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 276
Explication de la qualitĂ© de l’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 276

14 SystĂšme des statistiques des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 277


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 277
Les comptes nationaux, cadre de référence du systÚme des statistiques des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 278
Ressources et emplois de biens et services agrégés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 279
Unités institutionnelles et établissements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 279
Comptes des unités institutionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 280
L’indice des prix à la consommation et les principaux indices de prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 297
Champ de l’agrĂ©gat des dĂ©penses de l’indice des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 297
L’indice des prix à la consommation en tant que mesure de l’inflation
dans les transactions de marché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
Traitement des achats transfrontaliers dans l’indice des prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
Autres indicateurs des prix dans les comptes nationaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
Indices des prix de l’offre totale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
Indices des prix de la consommation intermédiaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
Indices des prix des emplois finals . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
Indices des prix du produit intérieur brut . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
Indices des prix des services de main-d’Ɠuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
Cadre d’un systùme des statistiques de prix des biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 303
Comparaison internationale des dépenses consacrées aux biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 303

15 Fondements de la théorie des indices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 309


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 309
Décomposition des agrégats en valeur en composantes de prix et de quantités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 310
Décomposition des agrégats en valeur et test de factorité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 310
Indices de Laspeyres et de Paasche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 311
Moyennes symĂ©triques d’indices de prix fondĂ©s sur un panier fixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 313
L’indice de Fisher en tant que moyenne des indices de Paasche et de Laspeyres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 313
L’indice de Walsh et la thĂ©orie de l’indice de prix «pur» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 314
Pondérations annuelles et indices mensuels des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 317
Indice de Lowe fondĂ© sur les prix mensuels et les quantitĂ©s annuelles pour l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence . . . . . . . . . . 317
Indice de Lowe et indices d’annĂ©e intermĂ©diaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 322
L’indice de Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 323
L’indice de Divisia et ses approximations discrùtes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 327
Indices de prix et de quantités de Divisia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 327
Approximations discrùtes de l’indice de Divisia en temps continu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 328
Indices Ă  base fixe ou indices-chaĂźnes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 329
Appendice 15.1 Relation entre les indices de Paasche et de Laspeyres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 334
Appendice 15.2 Relation entre les indices de Lowe et de Laspeyres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 335
Appendice 15.3 Relation entre l’indice de Young et son indice rĂ©ciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 336
Appendice 15.4 Relation entre la mĂ©thode de Divisia et l’approche Ă©conomique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 337

xiv
TABLE DES MATIÈRES

16 Approches axiomatiques et stochastiques de la théorie des indices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 339


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 339
L’approche de la thĂ©orie des indices par les niveaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 341
Approche axiomatique des indices de prix unilatéraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 341
Seconde approche axiomatique des indices de prix unilatéraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 342
PremiÚre approche axiomatique des indices de prix bilatéraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 343
Les indices bilatéraux et certains tests initiaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 343
Tests d’homogĂ©nĂ©itĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 344
Tests d’invariance et de symĂ©trie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 345
Tests de la valeur moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 346
Tests de monotonie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 347
L’indice idĂ©al de Fisher et la mĂ©thode des tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 347
Performances des autres indices face aux tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 348
Le test d’additivitĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 349
Approche stochastique des indices des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 351
L’approche stochastique non pondĂ©rĂ©e initiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 351
Approche stochastique pondérée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 353
Seconde approche axiomatique des indices de prix bilatéraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 356
Cadre général et tests préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 356
Tests d’homogĂ©nĂ©itĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 357
Tests d’invariance et de symĂ©trie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 358
Test de la valeur moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
Tests de monotonie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
Tests de pondérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
L’indice de prix de Törnqvist–Theil et la seconde approche des indices bilatĂ©raux
par les tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 360
Propriétés axiomatiques des indices de Lowe et de Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 363
Appendice 16.1 DĂ©monstration de l’optimalitĂ© de l’indice de prix de Törnqvist–Theil
dans la seconde approche des tests bilatéraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 364

17 Approche économique de la théorie des indices : le cas des ménages uniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 367
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 367
L’indice du coĂ»t de la vie de KonĂŒs et les limites observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 368
L’indice du coĂ»t de la vie vĂ©ritable lorsque les prĂ©fĂ©rences sont homothĂ©tiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 371
Indices superlatifs : l’indice idĂ©al de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 373
Moyenne quadratique des indices superlatifs d’ordre r . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 375
Indices superlatifs : l’indice de Törnqvist . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 377
Les propriĂ©tĂ©s d’approximation des indices superlatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 379
Indices superlatifs et agrégation en deux étapes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 381
L’indice de Lloyd–Moulton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 383
Préférences annuelles et prix mensuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 385
L’indice de Lowe en tant qu’approximation d’un indice du coĂ»t de la vie vĂ©ritable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 385
Approximation de premier ordre du biais de l’indice de Lowe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 386
Approximation de second ordre du biais de substitution de l’indice de Lowe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 387
Le problĂšme des produits saisonniers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 390
Le problĂšme du passage d’un prix zĂ©ro Ă  un prix positif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 391

18 Approche économique de la théorie des indices : le cas des ménages multiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 393
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 393
Indices du coût de la vie ploutocratiques et limites observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 393
L’indice de prix de Fisher ploutocratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 396
Indices du coût de la vie démocratiques ou ploutocratiques? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 398

19 Indices des prix fondés sur un ensemble de données artificielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 401


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 401

xv
TABLE DES MATIÈRES

L’ensemble de donnĂ©es artificielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 401


Premier indices des prix : les indices de Carli, Jevons, Laspeyres et Paasche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 402
Indices de prix à pondérations asymétriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 403
Indices à pondérations symétriques : indices superlatifs et autres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 405
Indices superlatifs construits par agrégation en deux étapes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 406
Indices de prix de Lloyd–Moulton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 406
DĂ©compositions additives de la variation en pourcentage de l’indice idĂ©al de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 408
Indices de Lowe et de Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 409
Indices d’annĂ©e intermĂ©diaire fondĂ©s sur la formule de Lowe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 410
Indices de type Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 411

20 Les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 413


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 413
Indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire idĂ©aux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 414
ProblĂšmes d’agrĂ©gation et de classification des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 416
Indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire utilisĂ©s en pratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 420
Relations numĂ©riques entre les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire les plus utilisĂ©s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 421
Approche axiomatique des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 423
Approche Ă©conomique des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 424
Approche des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire par l’échantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 427
Utilisation de donnĂ©es obtenues par lecture optique dans la construction d’agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires . . . . . . . . . . . . 427
Approche stochastique simple des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 430
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 432

21 Changements de qualité et indices hédoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 433


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 433
Apparition et disparition des produits élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 433
Prix hédoniques et marchés implicites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 435
Les produits Ă©lĂ©mentaires en tant qu’ensembles liĂ©s de caractĂ©ristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 435
Le consommateur ou la demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 435
Le producteur ou l’offre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 437
L’équilibre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 438
Ce que signifient les prix hédoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 438
Autre formulation théorique hédonique, basée sur le consommateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 440
Les indices hédoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 442
Les indices théoriques de prix des caractéristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 443
Régressions hédoniques et indicatrices temporelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 444
Les indices hĂ©doniques d’imputation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 444
Les indices hédoniques superlatifs et exacts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 445
Indices hĂ©doniques non pondĂ©rĂ©s et formules d’indices appariĂ©s non pondĂ©rĂ©s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 447
Les nouveaux biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 448
Appendice 21.1 Quelques problÚmes économétriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 450

22 Le traitement des produits saisonniers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 457


Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 457
Une série de données saisonniÚres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 459
Indices Ă  base mensuelle en glissement annuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 459
Indices en glissement annuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 464
Indices annuels mobiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 467
Estimation d’un indice annuel mobile par le glissement annuel de la pĂ©riode en cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 470
Indices de prix mensuels Ă  recoupement maximal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 473
Indices Ă  panier annuel avec reconduction des prix non observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 477
Indices Ă  panier annuel avec imputation des prix non observables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 479
Indice de Bean et Stine type C ou indice de Rothwell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 480

xvi
TABLE DES MATIÈRES

Estimation d’indices annuels mobiles à l’aide d’indices mensuels à panier annuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 481
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 483
23 Biens durables et coĂ»ts d’usage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 485
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 486
Le concept d’acquisition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 487
Le concept d’équivalent-loyer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 489
Le concept du coĂ»t d’usage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 491
Rapport entre coĂ»ts d’usage et coĂ»ts d’acquisition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 491
Autres modùles d’amortissement possibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 493
ModĂšle gĂ©nĂ©ral d’amortissement des biens de consommation durables (invariables) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 493
Amortissement géométrique ou dégressif à taux constant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 495
Amortissement linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 496
Amortissement du fiacre centenaire ou de l’ampoule Ă©lectrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 496
Biens durables uniques et concept du coĂ»t d’usage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 498
CoĂ»t d’usage des logements occupĂ©s par leur propriĂ©taire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 499
Traitement des coûts liés aux logements occupés par leur propriétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 502
Traitement des intĂ©rĂȘts des prĂȘts immobiliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 502
Traitement des impĂŽts fonciers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 503
Traitement de l’assurance sur les biens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 503
Traitement des dĂ©penses d’entretien et de rĂ©novation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 504
Traitement des frais de transaction liés aux achats de logements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
Comparaison des coĂ»ts d’usage pour les bailleurs et pour les propriĂ©taires-occupants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
Coût des dommages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
Non-paiement des loyers et coût de vacance des logements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
Frais liĂ©s aux avis d’échĂ©ance et Ă  l’entretien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
CoĂ»t d’opportunitĂ© du capital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 508
Fourniture de services supplémentaires dans le cadre des locations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 508
Le concept de paiement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 509
Méthodes possibles de calcul du prix des logements occupés par leur propriétaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 509
Le concept d’acquisition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 510
Le concept d’équivalent-loyer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 510
Le concept du coĂ»t d’usage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 510

Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 513
Appendice. Formules et terminologie relatives Ă  quelques indices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 522

Annexe 1 Indices des prix à la consommation harmonisés (Union européenne) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 525

Annexe 2 Nomenclature des fonctions de la consommation individuelle (COICOP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 539

Annexe 3 Résolution concernant les indices des prix à la consommation adoptée


par la dix-septiÚme Conférence internationale des statisticiens du travail, 2003 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 559

Annexe 4 Comparaisons spatiales des prix Ă  la consommation, paritĂ©s de pouvoir d’achat


et programme de comparaison internationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 573

Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 587

Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 603

Liste des tableaux


4.1 Exemple de pondérations par région et type de points de vente pour la sous-classe «fruits frais» . . . . . 74
5.1 Tirage aléatoire systématique de 3 points de vente sur 10, à probabilité inégale
proportionnelle Ă  la taille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
5.2 Échantillon alĂ©atoire de Pareto de 3 points de vente sur 10, Ă  probabilitĂ© inĂ©gale
proportionnelle Ă  la taille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85

xvii
TABLE DES MATIÈRES

6.1 Exemple de formulaire d’enquĂȘte indiquant le nombre de prix relevĂ©s par magasin ou Ă©tal . . . . . . . . . . . . . . . 112
6.2 Exemple illustrant la méthode de détermination du prix effectivement payé
par l’acheteur en cas de marchandage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
7.1 Illustrations des mĂ©thodes implicites d’ajustement de la qualitĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
7.2 Exemple du biais liĂ© Ă  un ajustement implicite de la qualitĂ© dans l’hypothĂšse oĂč la variation
(moyenne) de prix de nouveaux produits ajustés aux changements de qualité par rapport
Ă  la variation de prix des produits qu’ils remplacent demeure inchangĂ©e (r2 = 1,00) . . . . . . . . . . . . . . 131
7.3 Exemple fondé sur la taille, le prix et le prix unitaire de sacs de farine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
7.4 Résultats de la régression hédonique dans le cas des ordinateurs personnels Dell et Compaq . . . . . . . . 139
7.5 Exemple de comparaisons Ă  court terme et Ă  long terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
8.1 Exemple d’extension de l’échantillon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
9.1 Calcul des indices de prix pour un agrégat élémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
9.2 Imputation des prix manquant temporairement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
9.3 Disparition et remplacement de produits, sans chevauchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
9.4 Disparition et remplacement de produits avec chevauchement des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
9.5 AgrĂ©gation des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
9.6 Actualisation par les prix des pondérations entre les périodes de référence
des pondérations et des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201
9.7 Calcul d’un indice-chaüne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
9.8 DĂ©composition des variations de l’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207
10.1 Exemple de calcul d’une sĂ©rie de crĂ©ances hypothĂ©caires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
10.2 Exemple de calcul d’une sĂ©rie de charges d’intĂ©rĂȘts hypothĂ©caires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
10.3 DonnĂ©es de prix synthĂ©tiques visant Ă  illustrer les mĂ©thodes d’établissement
des indices des prix du vĂȘtement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
10.4 Divers indices des prix des vĂȘtements d’étĂ© . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
10.5 Divers indices des prix des vĂȘtements d’hiver . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
10.6 Divers indices des prix du vĂȘtement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
10.7 Structure d’indice donnĂ©e Ă  titre d’exemple pour les services de tĂ©lĂ©communications
(méthode des produits élémentaires représentatifs) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
10.8 Exemples de caractéristiques des services de télécommunications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
10.9 Exemple de profil d’utilisateur de services de tĂ©lĂ©phonie mobile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
10.10 Illustration de l’impact des taxes sur les mesures des services d’assurance
(dollars) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 240
11.1 Taxonomie des erreurs dans un indice des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
14.1 Compte de production d’un Ă©tablissement, d’une unitĂ© institutionnelle ou d’un secteur institutionnel . . 282
14.2 Compte de production ventilĂ© par produit d’un Ă©tablissement ou d’une unitĂ© d’activitĂ© Ă©conomique locale 284
14.3 Compte d’utilisation du revenu des unitĂ©s et secteurs institutionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 286
14.4 Ventilation du compte d’utilisation du revenu par produit, pour les unitĂ©s et secteurs institutionnels . . . 289
14.5 Ventilation du compte d’utilisation du revenu par produit, pour l’économie totale . . . . . . . . . . . . . . . . . 290
14.6 Comptes de capital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 292
14.7 Compte de capital ventilé par produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 293
14.8 Compte extérieur des biens et services . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294
14.9 Compte extérieur des biens et services ventilé par produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295
14.10 Le tableau des ressources et des emplois (TRE) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 296
14.11 Couverture des principaux indices de prix : colonnes du tableau des ressources et des emplois . . . . . . . 298
14.12 Définition du champ, des rapports de prix, de la couverture et des pondérations
des principaux indices des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 299
14.13 Compte d’exploitation d’un Ă©tablissement, d’une unitĂ© institutionnelle
ou d’un secteur institutionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 303
14.14 Compte d’exploitation d’un Ă©tablissement et d’une branche d’activitĂ© ventilĂ© par services
de main-d’Ɠuvre (profession) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 304
14.15 Cadre des statistiques des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 305
19.1 Prix des six produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 402

xviii
TABLE DES MATIÈRES

19.2 Quantités des six produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 402


19.3 Dépenses et parts des dépenses aux six produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 402
19.4 Indices Ă  base fixe de Laspeyres, Paasche, Carli et Jevons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 403
19.5 Indices-chaĂźnes de Laspeyres, Paasche, Carli et Jevons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 403
19.6 Indices à base fixe et pondérations asymétriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 404
19.7 Indices à pondérations asymétriques utilisant le principe du chaßnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 404
19.8 Indices Ă  base fixe et pondĂ©rations asymĂ©triques pour les produits 3–6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 404
19.9 Indices-chaĂźnes Ă  pondĂ©rations asymĂ©triques pour les produits 3–6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 404
19.10 Indices à base fixe et pondérations symétriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 405
19.11 Indices à pondérations symétriques calculés en utilisant le chaßnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 405
19.12 Indices superlatifs à base fixe établis en une et deux étapes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 407
19.13 Indices-chaßnes superlatifs établis en une et deux étapes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 407
19.14 Indices-chaünes de Fisher et indices à base fixe de Lloyd–Moulton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 407
19.15 Indices-chaünes de Fisher et de Lloyd–Moulton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 408
19.16 DĂ©composition additive de la variation en pourcentage de l’indice de Fisher par Diewert . . . . . . . . . . . 408
19.17 DĂ©composition de l’indice de Fisher par Van Ijzeren . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 410
19.18 Indices de Lowe et de Young, indices de Laspeyres, Paasche et Fisher Ă  base fixe
et indices-chaĂźnes de Laspeyres, Paasche et Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 410
19.19 Les cinq indices de Lowe, l’indice d’annĂ©e intermĂ©diaire
et les indices-chaßnes de Törnqvist et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 411
19.20 Les cinq indices de Young et les indices-chaßnes de Törnqvist et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 411
20.1 Proportion des transactions de 2000 ayant pu ĂȘtre appariĂ©es Ă  celles de 1998 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 419
20.2 Indices des prix de Laspeyres par type de classification, septembre 1998–2000 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 419
20.3 Indices des prix de Fisher par type de classification, septembre 1998–2000 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 419
22.1 Une série de données artificielles : prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 460
22.2 Une série de données artificielles : quantités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 460
22.3 Indices de Laspeyres Ă  base mensuelle fixe en glissement annuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 463
22.4 Indices de Paasche Ă  base mensuelle fixe en glissement annuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 463
22.5 Indices de Fisher Ă  base mensuelle fixe en glissement annuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 463
22.6 Approximations des indices de Paasche Ă  base mensuelle fixe en glissement annuel . . . . . . . . . . . . . . . 464
22.7 Approximations des indices de Fisher Ă  base mensuelle fixe en glissement annuel . . . . . . . . . . . . . . . . . 464
22.8 Indices de Laspeyres à base mensuelle en glissement annuel chaßné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 464
22.9 Indices de Paasche à base mensuelle en glissement annuel chaßné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 464
22.10 Indices de Fisher à base mensuelle en glissement annuel chaßné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 465
22.11 Approximations des indices de Laspeyres à base mensuelle en glissement annuel chaßné . . . . . . . . . . . 465
22.12 Approximations des indices de Paasche à base mensuelle en glissement annuel chaßné . . . . . . . . . . . . . 465
22.13 Approximations des indices de Fisher à base mensuelle en glissement annuel chaßné . . . . . . . . . . . . . . 465
22.14 Indices annuels Ă  base fixe de Laspeyres, de Paasche et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 467
22.15 Indices annuels approchés à base fixe de Laspeyres, de Paasche et de Fisher
et indice de Laspeyres géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 467
22.16 Indices-chaĂźnes annuels de Laspeyres, de Paasche et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 467
22.17 Indices-chaßnes annuels approchés de Laspeyres, de Paasche et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 467
22.18 Indices de prix annuels mobiles de Laspeyres, de Paasche et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 469
22.19 Indices de prix annuels mobiles de Laspeyres, de Paasche et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 471
22.20 Indice annuel mobile à base fixe de Laspeyres et indice annuel mobile approché
corrigé des variations saisonniÚres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 472
22.21 Indices-chaĂźnes mensuels Ă  recoupement maximal de Laspeyres,
de Paasche et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 476
22.22 Indices-chaĂźnes mensuels de Laspeyres, de Paasche et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 476
22.23 Indice de Lowe, indice de Young, indice de Laspeyres géométrique et indice annuel mobile
centré avec reconduction des prix manquants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 478
22.24 Indice de Lowe, indice de Young, indice de Laspeyres géométrique et indice annuel mobile
centré avec imputation des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 479

xix
TABLE DES MATIÈRES

22.25 Indice de Lowe, avec reconduction des prix et indices de Rothwell,


original et normalisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 481
22.26 Indice de Lowe, indice de Young et indice de Laspeyres géométrique avec reconduction
des prix, désaisonnalisés, et indice annuel mobile centré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 482
22.27 Indice de Lowe, indice de Young et indice de Laspeyres géométrique à prix imputés,
désaisonnalisés, indice de Rothwell désaisonnalisé et indice annuel mobile centré . . . . . . . . . . . . . . 483

Liste des graphiques


4.1 Structure d’agrĂ©gation typique d’un indice des prix Ă  la consommation (IPC) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
6.1 Procédures de relevé des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
7.1 Ajustement de la quantité pour des produits de taille différente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
7.2 Diagramme de dispersion indiquant les prix et les vitesses de traitement
des ordinateurs personnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
7.3 Ordinogramme des ajustements de qualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
9.1 Structure d’agrĂ©gation typique d’un indice des prix Ă  la consommation (IPC) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
12.1 Procédures de collecte des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256
17.1 Les indices de Laspeyres et de Paasche, limites de l’indice vĂ©ritable du coĂ»t de la vie . . . . . . . . . . . . . . 370
21.1 Décisions de consommation et de production correspondant à des combinaisons de caractéristiques . . . . . 435
22.1 Indices annuels mobiles chaßnés et à base fixe de Laspeyres, de Paasche et de Fisher . . . . . . . . . . . . . . 470
22.2 Indices annuels mobiles approchés, à base fixe et chaßnés, de Laspeyres, de Paasche et de Fisher . . . . . . . . . . . 470
22.3 Indice à base fixe de Laspeyres, indice annuel mobile approché et indice annuel mobile
approché corrigé des variations saisonniÚres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 472
22.4 Indice de Lowe, indice de Young, indice de Laspeyres géométrique
et indice annuel mobile centré avec reconduction des prix manquants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 479
22.5 Indice de Lowe, indice de Young, indice de Laspeyres géométrique et indice annuel mobile centré . . . . . . 480
22.6 Indice des prix de Lowe et de Rothwell . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 481
22.7 Indice de Lowe, indice de Young et indice de Laspeyres géométrique avec reconduction des prix,
désaisonnalisés, et indice annuel mobile centré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 482
22.8 Indice de Lowe, indice de Young et indice de Laspeyres géométrique à prix imputés,
désaisonnalisés, indice de Rothwell désaisonnalisé et indice annuel mobile centré . . . . . . . . . . . . . . 483
A4.1 Arbre couvrant de poids minimum pour l’Europe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 581
A4.2 DonnĂ©es de prix pour les activitĂ©s relatives Ă  l’IPC et au PCI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 583
A4.3 Séquence de comparaisons des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 584

Liste des encadrés


13.1 ModĂšle de prĂ©sentation de l’indice des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 273
13.2 ModÚle de note méthodologique accompagnant les communiqués de presse
sur les indices des prix Ă  la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 274
14.1 Les secteurs institutionnels dans le SystÚme de comptabilité nationale 1993 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 281
14.2 Branches d’activitĂ© ou industries couvertes par l’indice des prix Ă  la production,
en termes de valeur agrégée de la production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 285
14.3 Traitement du logement et des produits de consommation durables dans la
comptabilité nationale et dans les indices des prix à la consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287

xx
PRÉFACE

La Banque mondiale, le Bureau international du travail (BIT), la Commission économique des Nations Unies pour
l’Europe (CEE–ONU), l’Office de statistique des CommunautĂ©s europĂ©ennes (Eurostat), le Fonds monĂ©taire interna-
tional (FMI), l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE), ainsi que des experts de plu-
sieurs offices de statistique nationaux et d’universitĂ©s, ont collaborĂ© depuis 1998 Ă  l’élaboration du prĂ©sent manuel.
Ils souscrivent aux principes et recommandations contenus dans cet ouvrage, lesquels définissent, selon eux, la pra-
tique Ă  suivre par les offices de statistique pour Ă©tablir l’indice des prix Ă  la consommation (IPC). Il se peut toutefois
que, en raison de contraintes pratiques et faute de ressources suffisantes, les offices de statistique de certains pays ne
puissent pas donner suite immédiatement à quelques-unes des recommandations formulées, qui leur serviront dÚs
lors d’orientations ou de cibles dans la rĂ©vision de leur IPC et l’amĂ©lioration de leurs projets d’IPC. Il n’y a pas tou-
jours de solutions claires et nettes aux problÚmes théoriques et pratiques spécifiques que posent, par exemple, le plan
d’échantillonnage, le choix de la formule d’indice, l’ajustement des prix en fonction des changements de qualitĂ© et le
traitement des produits nouveaux. Aussi les offices de statistique doivent-ils faire appel aux principes économiques et
statistiques fondamentaux énoncés dans le présent manuel pour concevoir des solutions pratiques.

L’indice des prix à la consommation


L’IPC est un indice qui mesure la variation des prix des biens et services de consommation d’un mois sur l’autre
(ou d’un trimestre sur l’autre). Les prix sont relevĂ©s dans les magasins et autres points de vente au dĂ©tail. La mĂ©thode
de calcul le plus souvent utilisĂ©e consiste Ă  faire la moyenne des variations de prix d’une pĂ©riode Ă  l’autre pour les di-
vers produits, en prenant comme pondération les dépenses que les ménages leur consacrent en moyenne. Les IPC
sont des statistiques officielles Ă©tablies d’ordinaire par l’office national de statistique, le ministĂšre du travail ou la
banque centrale. Ils sont publiés aussi vite que possible, en général dix jours environ aprÚs la fin du mois ou du tri-
mestre le plus récent.
Le prĂ©sent manuel s’adresse Ă  la fois aux utilisateurs des IPC et aux offices de statistique chargĂ©s d’établir ces in-
dices. Son objectif est double : expliquer en dĂ©tail les mĂ©thodes effectivement utilisĂ©es pour le calcul d’un IPC et dĂ©-
crire la théorie économique et statistique sur laquelle reposent ces méthodes.
L’IPC mesure l’inflation des prix telle qu’elle est vĂ©cue et perçue par les mĂ©nages dans leur rĂŽle de consomma-
teurs. Il est aussi largement utilisĂ© comme valeur approchĂ©e de l’indice gĂ©nĂ©ral de l’inflation pour l’ensemble de
l’économie, ce qui s’explique en partie par la frĂ©quence de sa publication et les dĂ©lais rĂ©duits avec lesquels il est pro-
duit. L’IPC est devenu une statistique essentielle Ă  la conduite de la politique Ă©conomique, et notamment monĂ©taire.
Il est souvent retenu dans des textes de loi, mais aussi dans un large éventail de contrats privés, comme mesure de
l’inflation Ă  utiliser pour corriger le montant des paiements (salaires, loyers, intĂ©rĂȘts, prestations sociales, etc.) des ef-
fets de celle-ci. Cet indice peut donc avoir un impact considérable sur la situation financiÚre des gouvernements, des
entreprises et des ménages.
Ce manuel propose un certain nombre de lignes directrices aux offices de statistique et autres organismes chargés
d’établir l’IPC, en partant du principe que les ressources dont ils disposent Ă  cet effet sont limitĂ©es. Calculer un IPC
ne se limite pas à suivre automatiquement un simple jeu de rÚgles ou un ensemble type de procédures adaptées à
n’importe quelle situation. Si certains principes gĂ©nĂ©raux sont d’application universelle, les procĂ©dures suivies dans
la pratique, qu’il s’agisse du relevĂ© ou du traitement des prix ou des mĂ©thodes d’agrĂ©gation, varient selon les circons-
tances. Elles dĂ©pendront, en l’occurrence, de l’usage principal de l’indice, de la nature des marchĂ©s et des pratiques
de fixation des prix en vigueur dans le pays, mais aussi des ressources des offices de statistique. Ces derniers doivent
faire des choix, et le manuel explique les concepts et principes économiques et statistiques qui peuvent leur permettre
d’opter pour des solutions efficaces et rentables en toute connaissance de cause.
Le manuel fait fond sur l’expĂ©rience accumulĂ©e par de nombreux offices de statistique Ă  travers le monde. Les
mĂ©thodes que ceux-ci utilisent ne sont pas figĂ©es, mais Ă©voluent et s’amĂ©liorent sans cesse sous l’effet de plusieurs
facteurs. En premier lieu, la recherche affine et consolide sans cesse la théorie économique et statistique sur laquelle
sont fondés les IPC. Nous avons amélioré depuis peu, par exemple, notre connaissance des avantages et inconvé-
nients des diverses formules ou méthodes de traitement des données sur les prix de base recueillies pour construire
les IPC. Les progrĂšs rĂ©cents des technologies de l’information et des communications ont influĂ© eux-aussi sur les

xxi
PRÉFACE

mĂ©thodes d’établissement de l’IPC. Cette Ă©volution de la thĂ©orie et des donnĂ©es statistiques peut influer sur toutes les
Ă©tapes du calcul de l’IPC. Les technologies nouvelles peuvent modifier les mĂ©thodes employĂ©es pour relever les prix
et les communiquer Ă  l’office central de statistique. Elles peuvent aussi amĂ©liorer le traitement et la vĂ©rification des
donnĂ©es, notamment les mĂ©thodes d’ajustement des prix des biens et des services pour tenir compte des changements
de qualitĂ©. Enfin, l’amĂ©lioration des formules permet de calculer des indices de niveau supĂ©rieur Ă  la fois plus exacts
et plus fiables, y compris l’IPC global lui-mĂȘme.

Normes internationales relatives à l’IPC


Certaines normes internationales de statistiques Ă©conomiques ont Ă©voluĂ© principalement pour permettre l’établis-
sement de statistiques qui se prĂȘtent Ă  des comparaisons internationales. Mais elles peuvent aussi bĂ©nĂ©ficier aux pays
eux-mĂȘmes. Les normes relatives Ă  l’IPC dĂ©crites dans le prĂ©sent manuel sont le fruit des expĂ©riences et des connais-
sances accumulĂ©es Ă  travers le monde. Faciliter l’accĂšs Ă  cette expĂ©rience et Ă  ces connaissances ne peut qu’ĂȘtre pro-
fitable Ă  tous les pays.
Dans bien des cas, l’IPC a d’abord Ă©tĂ© Ă©tabli dans le but avant tout d’ajuster les salaires pour compenser la perte
de pouvoir d’achat due Ă  l’inflation. C’est pourquoi la construction de l’IPC a souvent Ă©tĂ© confiĂ©e aux ministĂšres du
travail. La Conférence internationale des statisticiens du travail (CIST), convoquée par les instances dirigeantes du
BIT, a constituĂ© tout naturellement l’enceinte privilĂ©giĂ©e pour traiter de la mĂ©thodologie du calcul de l’IPC et Ă©non-
cer des lignes directrices en la matiĂšre.
Les premiĂšres normes internationales relatives Ă  l’IPC ont Ă©tĂ© promulguĂ©es en 1925 par la deuxiĂšme CIST. Cette
premiĂšre approche normative portait sur l’indice du «coĂ»t de la vie» et non pas sur l’IPC. On fait maintenant une dis-
tinction entre ces deux notions. L’indice des prix Ă  la consommation mesure la variation du coĂ»t de l’achat d’un «pa-
nier» donnĂ© de biens et services de consommation, tandis que l’indice du coĂ»t de la vie mesure la variation du coĂ»t
du maintien d’un niveau de vie, ou niveau d’utilitĂ©, donnĂ©. Pour cette raison, la dixiĂšme CIST a dĂ©cidĂ© en 1962
d’adopter l’expression plus gĂ©nĂ©rale d’«indice des prix Ă  la consommation», qui recouvre normalement l’un et
l’autre concepts. Il n’y a pas forcĂ©ment conflit entre les deux. Ainsi que nous le verrons dans le manuel, les mĂ©thodes
considĂ©rĂ©es comme les meilleures seront vraisemblablement trĂšs similaires, quelle que soit l’approche adoptĂ©e.
Les normes internationales ont fait l’objet de trois rĂ©visions (en 1947, 1962 et 1987) sous forme de rĂ©solutions
adoptĂ©es par la CIST. Les normes de 1987 concernant l’IPC ont Ă©tĂ© suivies d’un manuel de mĂ©thodes (Turvey, 1989),
qui donne des orientations utiles aux pays dĂ©sireux d’appliquer concrĂštement ces normes.

Le contexte de la présente révision


Quelques annĂ©es aprĂšs la publication du manuel de 1989, la nĂ©cessitĂ© d’approfondir un certain nombre de pro-
blĂšmes mĂ©thodologiques en suspens et controversĂ©s est devenue manifeste. Un groupe d’experts, composĂ© de spĂ©cia-
listes de l’indice des prix venus d’offices nationaux de statistique, d’organisations internationales et de milieux uni-
versitaires du monde entier, a Ă©tĂ© formĂ©. Connu sous le nom de «Groupe d’Ottawa», ville oĂč il s’est rĂ©uni pour la
premiÚre fois en 1994, il fait partie des groupes-ville créés par la Commission de statistique des Nations Unies pour
traiter des points prĂ©cis des mĂ©thodes statistiques. Au cours des sept rĂ©unions qu’il a tenues entre 1994 et 2003, plus
d’une centaine d’études sur la thĂ©orie et la pratique des indices de prix ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es et examinĂ©es. Parmi les
conclusions qui se sont dĂ©gagĂ©es de ces rĂ©unions, il est apparu que les mĂ©thodes d’établissement des IPC pouvaient
ĂȘtre amĂ©liorĂ©es et consolidĂ©es de diverses maniĂšres.
Dans le mĂȘme temps, la maĂźtrise de l’inflation est devenue presque partout une prioritĂ© majeure. Non seulement
l’IPC est largement utilisĂ© pour mesurer et suivre l’évolution des prix, mais, dans bien des cas, les cibles d’inflation
sont exprimĂ©es spĂ©cifiquement sous forme de taux de variation de l’IPC. Loin d’amoindrir l’intĂ©rĂȘt manifestĂ© pour la
mĂ©thodologie de l’IPC, le ralentissement de l’inflation enregistrĂ© dans de nombreuses rĂ©gions du monde au cours des
années 90 (par rapport aux années 70 et 80) a en fait accru la demande de mesures plus exactes, plus précises et plus
fiables de l’évolution des prix. Lorsque le taux d’inflation tombe Ă  2 % ou 3 % par an, mĂȘme une petite erreur ou un
faible biais de l’IPC deviennent relativement importants.
Pour s’assurer de l’exactitude des IPC, les gouvernements ou instituts de recherche de certains pays ont chargĂ©
des groupes d’experts d’examiner et d’évaluer les mĂ©thodes utilisĂ©es. La mĂ©thodologie de calcul de l’IPC a suscitĂ©
un intĂ©rĂȘt et fait l’objet d’un examen sans prĂ©cĂ©dent de la part du grand public. Il en est ressorti, entre autre, que les
mĂ©thodes actuelles pouvaient ĂȘtre entachĂ©es d’un biais positif. C’est la conviction de bon nombre d’économistes des
milieux universitaires ou du secteur public et d’autres utilisateurs des IPC, qui estiment que l’on ne tient pas assez
compte des amĂ©liorations de la qualitĂ© de nombreux biens et services. En fait, l’ampleur et parfois mĂȘme le sens du
biais sont incertains, le biais observé varie selon le type de biens et services de consommation et son effet total sur
l’IPC global n’est pas le mĂȘme d’un pays Ă  l’autre. Il n’en reste pas moins que ce biais peut ĂȘtre considĂ©rable. Ce ma-

xxii
PRÉFACE

nuel propose donc un examen assez approfondi de l’ajustement des prix en fonction des changements de qualitĂ©, en
s’inspirant des Ă©tudes les plus rĂ©centes sur cette question. Le biais constatĂ© peut tenir Ă  d’autres facteurs, tels que
l’utilisation d’un panier de biens et services non actualisĂ© et non reprĂ©sentatif, ou rĂ©sulter des mĂ©thodes utilisĂ©es pour
échantillonner et relever les prix. Plusieurs chapitres traitent de ces questions et le chapitre 11 fait le point sur les er-
reurs et biais possibles.
L’IPC est largement utilisĂ© pour l’indexation des prestations sociales telles que les pensions, indemnitĂ©s de chĂŽ-
mage, etc. Il est retenu en outre comme facteur d’indexation des prix dans les contrats à long terme. Les effets cumu-
lĂ©s d’un biais, aussi faible soit-il, peuvent donc ĂȘtre importants sur le long terme et avoir un impact financier considĂ©-
rable sur les budgets publics. C’est pourquoi les organes gouvernementaux, et en particulier les ministùres des
finances, manifestent un regain d’intĂ©rĂȘt pour les IPC, dont ils examinent l’exactitude et la fiabilitĂ© avec plus de soin
et de rigueur que dans le passé.
Face Ă  l’évolution dĂ©crite ci-dessus, l’idĂ©e qu’il convenait de revoir, mettre Ă  jour et dĂ©velopper la version 1989
du manuel du BIT s’est peu Ă  peu imposĂ©e Ă  la fin des annĂ©es 90. Formellement recommandĂ©e lors de la rĂ©union
commune CEE–ONU/BIT sur les indices des prix Ă  la consommation organisĂ©e Ă  GenĂšve fin 1997, la rĂ©vision du
manuel a Ă©tĂ© confiĂ©e aux principales organisations internationales chargĂ©es de mesurer l’inflation. Cette stratĂ©gie a
été avalisée en 1998 par la Commission de statistique des Nations Unies, qui est convenu par ailleurs de transformer
le Groupe d’Ottawa en Groupe de travail intersecrĂ©tariats sur les statistiques des prix (IWGPS). La seiziĂšme CIST,
rĂ©unie en 1998, a recommandĂ© aussi que l’on rĂ©vise la rĂ©solution de la quatorziĂšme CIST concernant les indices des
prix Ă  la consommation adoptĂ©e en 1987. Le projet de rĂ©solution rĂ©visĂ© soumis Ă  l’examen de la dix-septiĂšme CIST
(24 novembre–3 dĂ©cembre 2003) a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© par le Bureau de statistique du BIT parallĂšlement Ă  la prĂ©paration du
manuel rĂ©visĂ©. Tout a Ă©tĂ© fait pour que les deux documents soient cohĂ©rents et se renforcent l’un l’autre1.

Quelques sujets de prĂ©occupation liĂ©s aux mĂ©thodes d’indice actuelles :


Ce nouveau manuel met à profit les multiples études consacrées, ces dix derniÚres années, à la théorie des indices
et aux mĂ©thodes d’indice pour rĂ©pondre aux prĂ©occupations Ă©voquĂ©es ci-dessus. Il recommande de nouvelles pra-
tiques, car son but n’est pas simplement de codifier les pratiques actuelles des organismes de statistique. Il est bon de
rappeler ici quelques uns des principaux sujets de préoccupation qui nous ont conduit à étudier de nombreuses ques-
tions plus en détail dans le cadre du manuel.
La mĂ©thodologie traditionnelle utilisĂ©e pour calculer un IPC classique repose sur la formule de Laspeyres. L’in-
dice de Laspeyres mesure les variations, entre deux pĂ©riodes, du coĂ»t de l’achat total d’un panier de biens et services
représentatif de la premiÚre de ces périodes, ou période de référence. Le panier de la période de référence est évalué
d’abord aux prix de cette pĂ©riode, puis Ă  ceux de pĂ©riodes successives. Cette mĂ©thode prĂ©sente au moins un triple
avantage dans la pratique. D’abord, elle est facile à expliquer au public. Ensuite, elle peut utiliser plusieurs fois les
mĂȘmes donnĂ©es sur les achats des consommateurs tirĂ©es d’anciennes enquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages ou de
sources administratives (au lieu de requĂ©rir de nouvelles donnĂ©es chaque mois). Enfin, elle n’a pas besoin d’ĂȘtre rĂ©vi-
sĂ©e si l’on part du principe que les utilisateurs sont satisfaits du concept de Laspeyres. Autre avantage notable, la for-
mule de Laspeyres fait apparaĂźtre une associativitĂ© de l’agrĂ©gation au niveau d’agrĂ©gation le plus faible. L’indice peut
ĂȘtre dĂ©composĂ© en sous-agrĂ©gats interconnectĂ©s de façon simple.
ConcrĂštement, les offices de statistique calculent leur IPC Ă  l’aide d’un indice de Laspeyres prĂ©sentĂ© sous son
autre forme, celle d’une moyenne pondĂ©rĂ©e des variations de prix observĂ©es, ou des rapports de prix, en prenant pour
pondĂ©ration les parts de dĂ©penses de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence. Malheureusement, bien que l’indice de Laspeyres soit
un concept simple, il est difficile dans la pratique de calculer un authentique indice de Laspeyres. Les offices de sta-
tistique ont donc recours Ă  des approximations :
‱ Il est gĂ©nĂ©ralement impossible de connaĂźtre les parts de dĂ©penses exactes, produit par produit, pour la pĂ©riode de
référence. Les offices de statistique se contentent par conséquent des pondérations des dépenses de la période de
référence au niveau de groupes de 100 à 1000 produits.
‱ Pour chacun des groupes de produits choisis, les offices relĂšvent un Ă©chantillon de prix reprĂ©sentatifs dans les
points de vente au lieu de prendre note du prix auquel s’effectue chaque transaction. Ils utilisent des formules d’in-
dice pondĂ©rĂ©es de façon symĂ©trique (plutĂŽt qu’en fonction des dĂ©penses) pour agrĂ©ger ces prix de produits Ă©lĂ©men-
taires en un indice d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire, lequel servira Ă  son tour de rapport de prix pour chacun des groupes de
100 Ă  1000 produits lors du calcul de l’indice de Laspeyres de niveau supĂ©rieur. Chacun s’accorde Ă  reconnaĂźtre
que cette procĂ©dure en deux temps n’est pas tout Ă  fait conforme Ă  la mĂ©thodologie de Laspeyres (qui suppose qu’il

1Le texte de la rĂ©solution 2003 concernant les indices des prix Ă  la consommation est reproduit Ă  l’annexe 3. Il se trouve Ă©galement sur le site du

Bureau de statistique du BIT : http://www.ilo.org/public/english/bureau/stat.

xxiii
PRÉFACE

y ait pondĂ©ration Ă  chaque niveau d’agrĂ©gation). Pour des raisons thĂ©oriques et pratiques, cependant, les offices de
statistique estiment que les rapports de prix des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire ainsi obtenus sont assez exacts pour
ĂȘtre inclus dans la formule de Laspeyres au niveau d’agrĂ©gation supĂ©rieur.
Cette méthodologie, qui remonte aux travaux effectués par Mitchell (1927), Knibbs (1924) et quelques autres
pionniers il y a 80 Ă  90 ans, est encore utilisĂ©e aujourd’hui.
Bien que la plupart des offices de statistique utilisent traditionnellement comme indice l’indice de Laspeyres, la
thĂ©orie Ă©conomique et la thĂ©orie des indices laissent penser que d’autres types d’indice — ceux de Fisher, Walsh ou
Törnqvist–Theil, par exemple — constitueraient des cibles plus indiquĂ©es. Comme on le sait, l’indice de Laspeyres
est entachĂ© d’un biais positif par rapport Ă  ces autres indices cibles. Il est bien sĂ»r possible que ces derniers ne
puissent pas ĂȘtre calculĂ©s par un office de statistique, mais il n’en faut pas moins se donner une cible thĂ©orique,
quelle qu’elle soit. La fixation d’une cible est nĂ©cessaire aussi pour dĂ©terminer Ă  quel point l’indice effectivement
produit par un office de statistique se rapproche de l’idĂ©al thĂ©orique. Les chapitres du manuel consacrĂ©s aux ques-
tions théoriques décrivent les quatre principales approches de la théorie des indices :
1) l’approche du panier-type et des moyennes symĂ©triques de paniers-types;
2) l’approche stochastique (estimateur statistique);
3) l’approche axiomatique (approche des tests);
4) l’approche Ă©conomique.
Les approches (3) et (4) sont familiÚres aux statisticiens des prix et des utilisateurs chevronnés, mais les approches
(1) et (2) appellent peut-ĂȘtre des prĂ©cisions.
L’indice de Laspeyres est un exemple d’indice de panier-type. Le problĂšme, d’un point de vue thĂ©orique, est qu’il
existe une autre formule tout aussi valable pour les deux pĂ©riodes comparĂ©es : l’indice de Paasche, qui utilise le panier
de quantitĂ©s de la pĂ©riode en cours. Lorsqu’il existe deux estimateurs aussi valables l’un que l’autre pour le mĂȘme con-
cept, la thĂ©orie statistique recommande d’en faire la moyenne. Cependant, il y a plusieurs types de moyenne et le choix
de celle-ci n’est pas sans importance. Selon le manuel, la «meilleure» moyenne est la moyenne gĂ©omĂ©trique des in-
dices de Laspeyres et de Paasche (l’indice idĂ©al de Fisher). Mais le «meilleur» panier est celui dans lequel les quanti-
tĂ©s sont les moyennes gĂ©omĂ©triques des quantitĂ©s des deux pĂ©riodes (l’indice de Walsh). Du point de vue des estima-
tions statistiques, le «meilleur» indice est une moyenne géométrique des rapports de prix utilisant comme
pondĂ©rations la moyenne (arithmĂ©tique) des parts de dĂ©penses dans les deux pĂ©riodes (l’indice de Törnqvist–Theil).
La thĂ©orie des indices nous apprend encore une chose qui doit ĂȘtre mentionnĂ©e ici, Ă  savoir la difficultĂ© de dĂ©finir
le prix et la quantitĂ© des produits Ă  utiliser pour chaque pĂ©riode dans la formule d’indice. En effet, le mĂȘme produit
peut ĂȘtre vendu Ă  des prix diffĂ©rents. Quel sera alors le prix le plus reprĂ©sentatif des ventes de ce produit pour la pĂ©-
riode? La réponse est la valeur unitaire puisque ce prix, multiplié par la quantité totale vendue pendant la période, est
égal à la valeur des ventes. Le manuel ne recommande pas, bien entendu, de recourir à la valeur unitaire pour les pro-
duits hĂ©tĂ©rogĂšnes; celle-ci ne doit ĂȘtre calculĂ©e que pour les produits identiques.
Les six points susmentionnés sont les principaux sujets de préoccupation soulevés par la méthodologie classique.
Ils ne sont pas classĂ©s par ordre d’importance, car tous prĂ©sentent un grand intĂ©rĂȘt :

1. Au niveau d’agrĂ©gation final, l’IPC traditionnellement utilisĂ© n’est pas un vĂ©ritable indice de Laspeyres car les
pondérations des dépenses se rapportent à une année de référence différente du mois (ou trimestre) de référence des
prix. Les pondérations de dépenses sont donc annuelles, tandis que les relevés de prix sont mensuels. Dans un véri-
table indice de Laspeyres, la période de référence des pondérations des dépenses doit coïncider avec celle des prix.
Le fait est que, dans l’indice effectivement calculĂ© par beaucoup d’offices de statistique au niveau d’agrĂ©gation
final, la période de référence des pondérations précÚde celle des prix. Les indices de ce type afficheront probable-
ment un certain biais positif par rapport à un véritable indice de Laspeyres, en particulier si les pondérations de dé-
penses sont actualisĂ©es par les prix de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence Ă  la pĂ©riode de base de l’indice de Laspeyres. Il s’en-
suit que ces indices sont nécessairement entachés de biais positifs par rapport à des indices cibles théoriques
comme ceux de Fisher, Walsh ou Törnqvist–Theil.
2. Aux premiers niveaux d’agrĂ©gation, ce sont des moyennes non pondĂ©rĂ©es des prix ou rapports de prix qui sont
employĂ©es. Jusqu’à la pĂ©riode rĂ©cente oĂč les donnĂ©es saisies par lecture optique dans les points de vente sont de-
venues plus accessibles, on pensait que les biais pouvant rĂ©sulter de l’utilisation d’indices non pondĂ©rĂ©s n’étaient
pas particuliùrement significatifs. Cependant, certaines observations font apparaütre aujourd’hui que les niveaux
d’agrĂ©gation infĂ©rieurs pourraient ĂȘtre entachĂ©s de biais positifs importants par rapport aux rĂ©sultats des indices
cibles préférés mentionnés plus haut.
3. Le troisiĂšme sujet de prĂ©occupation est le suivant : si les offices de statistique reconnaissent d’ordinaire que le
traitement des changements de qualité et des produits nouveaux pose des problÚmes, il est difficile de mettre au
point une mĂ©thodologie cohĂ©rente qui puisse les rĂ©soudre lorsque l’on a choisi un indice de Laspeyres qui utilise

xxiv
PRÉFACE

un ensemble de quantitĂ©s fixe. La «rĂ©gression hĂ©donique» est la plus rĂ©pandue des pratiques optimales d’ajuste-
ment des indices de prix en fonction de la qualitĂ©. Dans ce contexte, le prix d’un produit Ă  un moment donnĂ© est
fonction de ses caractéristiques physiques et économiques par rapport à celles des produits remplaçants. En fait,
les modalitĂ©s d’intĂ©gration de la rĂ©gression hĂ©donique dans le cadre thĂ©orique de l’IPC soulĂšvent bien des contro-
verses. Les chapitres les plus thĂ©oriques du manuel, aussi bien que ceux qui s’attachent davantage aux aspects
pratiques, font une large place à ces questions méthodologiques. Les problÚmes posés par la disparition de pro-
duits anciens et l’apparition de nouveaux produits sur le marchĂ© sont beaucoup plus graves qu’ils ne l’étaient
lorsque la mĂ©thode traditionnelle de l’IPC a Ă©tĂ© mise au point il y a environ 80 ans (Ă©poque oĂč ce problĂšme Ă©tait
en grande partie ignoré). Pour de nombreuses catégories de produits, telles que les modÚles de biens de consom-
mation durables, les produits dont le prix a Ă©tĂ© relevĂ© en dĂ©but d’annĂ©e ne sont tout simplement plus disponibles
en fin d’annĂ©e. L’amenuisement progressif de l’échantillon crĂ©e d’énormes problĂšmes mĂ©thodologiques. Aux ni-
veaux d’agrĂ©gation infĂ©rieurs, il devient nĂ©cessaire (au moins pour de nombreuses catĂ©gories de produits) d’utili-
ser des indices-chaĂźnes et non des indices Ă  base fixe. Certains indices non pondĂ©rĂ©s risquent d’ĂȘtre entachĂ©s de
biais importants lorsqu’ils sont chaĂźnĂ©s.
4. Le quatriÚme sujet de préoccupation, lié au premier, concerne le traitement des produits saisonniers. Le recours
aux quantitĂ©s ou aux parts de dĂ©penses annuelles se justifie dans une certaine mesure si l’on s’intĂ©resse aux ten-
dances des variations de prix sur le long terme. Mais des utilisateurs comme les banques centrales s’intĂ©ressent au
court terme et veulent connaĂźtre les variations d’un mois sur l’autre; les pondĂ©rations annuelles risquent alors de
lancer des signaux trompeurs. Les variations mensuelles des prix des produits dont ce n’est pas la saison (aux-
quels sont donc attribuĂ©s des pondĂ©rations faibles pour les mois en question) peuvent ĂȘtre fortement amplifiĂ©es si
l’on utilise des pondĂ©rations annuelles. Le problĂšme est encore aggravĂ© lorsque les produits ne sont pas du tout
offerts pendant certains mois de l’annĂ©e. Il y a certes des solutions aux problĂšmes des produits saisonniers, mais
elles ne plaisent pas toujours à nombre de statisticiens et utilisateurs de l’IPC car elles supposent la construction
de deux indices, l’un pour mesurer les variations de prix Ă  court terme et l’autre (plus exact) pour suivre l’évolu-
tion des prix à long terme, corrigée des variations saisonniÚres.
5. CinquiÚme sujet de préoccupation, les services ont été relativement négligés dans les IPC, comme du reste dans la
plupart des statistiques Ă©conomiques, alors mĂȘme qu’ils ont pris une importance prĂ©pondĂ©rante. L’IPC couvre
d’ordinaire beaucoup plus de prix de biens que de prix de services, et beaucoup plus de groupes de produits que
de groupes de services. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, on ne s’est guĂšre penchĂ© sur les difficultĂ©s soulevĂ©es par la mesure des
variations des prix et des volumes de services, mĂȘme si ces problĂšmes thĂ©oriques et pratiques posĂ©s sont considĂ©-
rables. Les services d’assurance, les jeux de hasard, les services financiers, la publicitĂ©, les tĂ©lĂ©communications,
les loisirs ou les services de logement sont autant d’exemples de ces services difficiles à mesurer. Bien souvent,
les offices de statistique ne disposent tout simplement pas des ressources ou des méthodes indispensables pour ré-
soudre ces dĂ©licats problĂšmes d’évaluation.
6. Enfin, la mĂ©thodologie de l’IPC tend Ă  ne pas reconnaĂźtre qu’un seul IPC ne suffit pas pour rĂ©pondre aux besoins
des diffĂ©rents utilisateurs. Certains peuvent avoir besoin au plus vite, par exemple, d’informations sur l’évolu-
tion des prix en glissement mensuel. Il convient alors d’utiliser un indice de panier-type aux pondĂ©rations prĂ©dĂ©-
terminĂ©es (mĂȘme si elles risquent d’ĂȘtre inadĂ©quates et non actualisĂ©es) disponibles immĂ©diatement. D’autres,
par contre, peuvent préférer une mesure plus exacte ou plus représentative des variations de prix et accepter pour
ce faire de sacrifier l’actualitĂ© des donnĂ©es Ă  leur exactitude. Pour cette raison, le Bureau of Labor Statistics des
États-Unis publie, rĂ©trospectivement, un indice superlatif qui utilise de maniĂšre symĂ©trique les donnĂ©es sur les
pondĂ©rations de la pĂ©riode en cours et de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence. C’est une maniĂšre de procĂ©der tout Ă  fait ra-
tionnelle, car les utilisateurs n’ont pas tous les mĂȘmes besoins. Le cas des logements occupĂ©s par leur propriĂ©-
taire est un autre exemple de l’utilitĂ© d’élaborer plusieurs indices. De solides arguments ont Ă©tĂ© avancĂ©s en fa-
veur de trois traitements diffĂ©rents fondĂ©s respectivement sur le concept d’acquisition, l’équivalent-loyer et le
coĂ»t d’usage. Ces trois mĂ©thodes peuvent toutefois donner des rĂ©sultats chiffrĂ©s tout Ă  fait diffĂ©rents sur le court
terme. L’office de statistique doit opter pour l’une d’elles, mais, comme toutes trois sont valables, il peut mettre
à la disposition des utilisateurs intéressés des indices utilisant les deux autres méthodes sous forme de séries
analytiques. TroisiĂšme exemple, l’utilitĂ© d’établir plusieurs indices se manifeste aussi lorsque, en raison du ca-
ractĂšre saisonnier de certains produits, l’indice mensuel n’est pas fondĂ© sur le mĂȘme ensemble de produits que
celui qui compare le mois considĂ©rĂ© avec le mois correspondant de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

Toutes ces préoccupations sont évoquées dans le présent manuel. Un échange de vues franc et ouvert sur ces ques-
tions devrait encourager les économistes et statisticiens des universités, des administrations publiques, des banques
centrales, etc., à s’attaquer à ces problùmes de mesure et à trouver de nouvelles solutions applicables par les offices
de statistique. S’il est sensibilisĂ© Ă  ces problĂšmes, le public devrait prendre conscience de la nĂ©cessitĂ© d’affecter des
ressources supplémentaires aux offices de statistique pour améliorer ces mesures économiques.

xxv
PRÉFACE

Indices des prix à la consommation harmonisés


La convergence des taux d’inflation des États membres de l’Union europĂ©enne (UE) Ă©tait un important prĂ©alable
Ă  la crĂ©ation d’une union monĂ©taire en 1999. Il a donc fallu adopter une dĂ©finition prĂ©cise de l’inflation et une mĂ©tho-
dologie commune afin de s’assurer que les indices des prix des pays participants sont comparables. C’est pourquoi
un examen approfondi et systématique de tous les aspects du calcul des IPC a été engagé par les offices de statistique
des membres de l’UE dans les annĂ©es 90, en collaboration avec Eurostat et l’Office de statistique de l’UE. Il a abouti
Ă  l’élaboration d’un nouveau rĂšglement de l’UE pour les 29 États membres ou candidats Ă  l’Union, ainsi qu’à l’éta-
blissement des indices des prix Ă  la consommation harmonisĂ©s de l’UE (IPCH). La mĂ©thodologie des IPCH est rĂ©su-
mĂ©e Ă  l’annexe 1 du manuel.
Les travaux sur les IPCH se sont dĂ©roulĂ©s parallĂšlement Ă  ceux de l’IWGPS, dont plusieurs membres ont, au de-
meurant, participé à la fois aux travaux sur les IPCH et à la présente révision du manuel. Bien que la méthodologie éla-
borĂ©e ici ait beaucoup de similaritĂ©s avec celle adoptĂ©e pour les IPCH, elle s’en Ă©carte aussi sur certains points. Les
IPCH ont été mis au point dans un but spécifique, alors que la méthodologie définie dans ce manuel se veut souple, uti-
lisable à des fins multiples et applicable à tous les pays, indépendamment de leur situation économique et de leur stade
de dĂ©veloppement. Le manuel donne en outre beaucoup plus de dĂ©tails, d’informations et d’explications sur la mĂ©tho-
dologie de l’IPC et la thĂ©orie Ă©conomique et statistique qui la sous-tend que les normes relatives aux IPCH.

Organisation de la révision
Les six organisations internationales citĂ©es au dĂ©but de cette prĂ©face, qui s’intĂ©ressent Ă  la fois Ă  la mesure de l’in-
flation et aux moyens de la maĂźtriser, ont collaborĂ© Ă  la rĂ©vision de ce manuel. Elles continuent d’apporter une assis-
tance technique dans le domaine de l’IPC Ă  des pays qui ne sont pas tous au mĂȘme stade de dĂ©veloppement, y com-
pris Ă  ceux qui ont entrepris de passer de la planification centrale Ă  l’économie de marchĂ©. Ces organisations ont uni
leurs efforts pour rĂ©viser ce manuel, et ont créé pour ce faire l’IWGPS, dont le rĂŽle est d’organiser et de conduire les
opĂ©rations de rĂ©vision plutĂŽt que de remplir les fonctions de groupe d’experts.
L’IWGPS a Ă©tĂ© chargĂ© :
‱ de dĂ©signer les spĂ©cialistes de l’indice des prix invitĂ©s Ă  participer au processus de rĂ©vision en qualitĂ© de membre
du Groupe d’experts techniques (GET/IPC) chargĂ© de formuler des conseils sur le contenu du manuel, ou Ă  titre
d’auteur;
‱ de fournir les ressources nĂ©cessaires, financiĂšres et autres;
‱ d’organiser les rĂ©unions du GET/IPC, de prĂ©parer son programme de travail et de rĂ©diger les comptes rendus de ses
réunions;
‱ d’assurer la publication et la diffusion du manuel.
Certains membres de l’IWGPS Ă©taient aussi membres du GET/IPC. Il importe de noter que les experts participant
au GET/IPC ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  se joindre au groupe en qualitĂ© d’expert et non pas de reprĂ©sentant ou dĂ©lĂ©guĂ© des offices
nationaux de statistique ou autres organismes qui les emploient. Les participants ont ainsi pu donner leur opinion
d’expert sans engager en aucune façon la responsabilitĂ© des organismes dont ils relĂšvent.
La révision du manuel a pris cinq ans et a impliqué de multiples activités :
‱ l’établissement de l’avant-projet et le recrutement des experts chargĂ©s de rĂ©diger les divers chapitres;
‱ l’examen des projets de chapitre par les membres du GET/IPC, de l’IWGPS et d’autres experts;
‱ l’affichage des projets de chapitre sur un site Internet spĂ©cial afin de recueillir les observations des personnes et
organisations intéressées;
‱ l’organisation de dĂ©bats au sein d’un petit groupe d’experts issus d’organismes de statistique et des milieux uni-
versitaires pour la finalisation de tous les chapitres;
‱ la mise au point de la version finale du manuel.

Liens avec le Manuel de l’indice des prix à la production


L’une des premiĂšres dĂ©cisions de l’IWGPS a Ă©tĂ© de produire, parallĂšlement Ă  ce manuel, un nouveau manuel in-
ternational sur les indices des prix à la production (IPP). S’il existe des normes internationales sur les IPC depuis
plus de 70 ans, le premier manuel international sur les indices des prix Ă  la production ne date que de 1979 (Nations
Unies, 1979). En dĂ©pit de l’importance des IPP pour la mesure et l’analyse de l’inflation, les mĂ©thodes utilisĂ©es pour
les construire ont été relativement négligées, que ce soit au niveau national ou sur le plan international.
Un nouveau Manuel de l’indice des prix à la production (Ɠuvre commune d’Eurostat, du BIT, du FMI, de
l’OCDE, de la CEE–ONU et de la Banque mondiale, Ă  paraĂźtre prochainement) a donc Ă©tĂ© conçu et rĂ©digĂ© en mĂȘme
temps que le manuel de l’IPC. L’IWGPS a créé un second groupe, le Groupe d’experts techniques sur l’IPP, dont cer-

xxvi
PRÉFACE

tains membres font aussi partie du Groupe d’experts techniques sur l’IPC. Les deux Ă©quipes ont travaillĂ© en Ă©troite
collaboration. Les mĂ©thodologies de l’IPP et de l’IPC ont de nombreux points communs. Toutes deux reposent sur la
mĂȘme thĂ©orie Ă©conomique et statistique, mais l’IPC s’appuie sur la thĂ©orie du comportement des consommateurs et
l’IPP sur la thĂ©orie de la production. Cependant, les deux thĂ©ories Ă©conomiques sont isomorphes et conduisent aux
mĂȘmes types de conclusions sur l’établissement des indices. Les deux manuels ont des contenus similaires, ils sont
tout à fait cohérents entre eux du point de vue conceptuel et leurs textes sont parfois identiques.
La plupart des membres du Groupe d’experts techniques sur l’IPC et du Groupe d’experts techniques sur l’IPP
sont des membres actifs du Groupe d’Ottawa. Les deux manuels ont pu mettre à profit le contenu et les conclusions
des trÚs nombreuses études présentées lors des réunions de ce Groupe.

xxvii
REMERCIEMENTS

Les organisations reprĂ©sentĂ©es dans l’IWGPS tiennent Ă  exprimer leur reconnaissance envers tous ceux qui ont
pris part Ă  l’élaboration du manuel. Elles remercient tout particuliĂšrement Peter Hill, qui en a dirigĂ© la production,
W. Erwin Diewert, qui a contribué trÚs largement à la rédaction des chapitres théoriques, et Bert Balk, à qui a été
soumis l’ensemble des questions d’ordre thĂ©orique. Leurs efforts conjuguĂ©s ont permis d’amĂ©liorer trĂšs sensible-
ment la qualité de cet ouvrage.

Les auteurs des différents chapitres sont :

Préface Peter Hill, Paul Armknecht et W. Erwin Diewert


Guide du lecteur Peter Hill
1 Introduction Ă  la mĂ©thodologie de l’indice des prix Ă  la consommation Peter Hill
2 Utilisation des indices des prix Ă  la consommation Peter Hill
3 Concepts et champ de l’indice Peter Hill et Fenella Maitland-Smith
4 Les pondérations des dépenses et leurs sources Valentina Stoevska et Carsten Boldsen
5 Échantillonnage Jorgen DalĂ©n, A. Sylvester Young et Bert Balk
6 Relevé des prix David Fenwick
7 Ajustement aux changements de qualité Mick Silver
8 Substitution de produits Ă©lĂ©mentaires, espace d’échantillonnage et nouveaux produits Mick Silver
9 Le calcul des indices de prix Ă  la consommation dans la pratique Carsten Boldsen et Peter Hill
10 Cas particuliers Keith Woolford, David Fenwick et contributeurs de plusieurs offices
de statistique
11 Erreurs, variances et biais John Greenlees et Bert Balk
12 Organisation et gestion David Fenwick
13 Publication, diffusion et relations avec les utilisateurs Tom Griffin
14 SystĂšme des statistiques des prix Kimberly Zieschang
15 Fondements de la théorie des indices W. Erwin Diewert
16 Approches axiomatiques et stochastiques de la théorie des indices W. Erwin Diewert
17 Approche économique de la théorie des indices : le cas des ménages uniques
W. Erwin Diewert
18 Approche économique de la théorie des indices : le cas des ménages multiples
W. Erwin Diewert
19 Indices des prix fondés sur un ensemble de données artificielles W. Erwin Diewert
20 Les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire W. Erwin Diewert
21 Changements de qualité et indices hédoniques Mick Silver
22 Le traitement des produits saisonniers W. Erwin Diewert
23 Biens durables et coĂ»ts d’usage W. Erwin Diewert
Glossaire et annexe au glossaire Peter Hill et Bert Balk

Annexes
1 Indices des prix à la consommation harmonisés (Union européenne) Alexandre Makaronidis, Keith Hayes
2 Nomenclature des fonctions de la consommation individuelle (COICOP) Commission de statistique de l’ONU
3 Résolution concernant les indices des prix à la consommation adoptée
par la dix-septiÚme Conférence internationale des statisticiens du travail, 2003 OIT

xxix
REMERCIEMENTS

4 Comparaisons spatiales des prix Ă  la consommation, paritĂ©s de pouvoir d’achat


et programme de comparaison internationale Prasada Rao

Les auteurs appartiennent aux organismes suivants :

Bert Balk Statistics Netherlands, Pays-Bas


Carsten Boldsen Statistics Denmark, Danemark
Jorgen Dalén Expert
W. Erwin Diewert University of British Columbia, Canada
David Fenwick United Kingdom Office of National Statistics (ONS), Royaume-Uni
John Greenlees United States Bureau of Labor Statistics (BLS), États-Unis
Tom Griffin Expert
Keith Hayes Eurostat
Peter Hill Expert, directeur de la production du manuel
Fenella Maitland-Smith OCDE
Alexandre Makaronidis Eurostat
Prasada Rao University of Queensland, Australie
Mick Silver Cardiff University , Royaume-Uni
Valentina Stoevska OIT
Keith Woolford, Australian Bureau of Statistics (ABS), Australie
A. Sylvester Young OIT
Kimberly Zieschang FMI

Le manuel a grandement bénéficié aussi du concours de nombreux autres experts, tels que Martin Boon (Statistics
Netherlands); Heber Camelo et Ernestina PĂ©rez (Commission Ă©conomique pour l’AmĂ©rique latine et les CaraĂŻbes);
Denis Fixler (United States Bureau of Economic Analysis); Leendert Hoven (Statistics Netherlands); Michel
Mouyelo-Katoula (Banque africaine de dĂ©veloppement); Carl Obst (alors Ă  l’OCDE); Bouchaib Thich (DĂ©parte-
ment de la prévision économique et du plan, Maroc) et Ralph Turvey (expert). Les experts ou organismes suivants
nous ont aussi apportĂ© des avis et commentaires prĂ©cieux : Statistics Austria; Statistics Singapore; BLS (États-
Unis); Michael Anderson (ABS); Rob Edwards (ABS); Eivind Hoffmann (OIT); Roberto Vilarrubi (British School,
Washington); les participants Ă  l’International Working Group on Price Indices (IWGPS) organisĂ© Ă  Singapour en
juin 2001, ainsi que les membres du Groupe d’Ottawa.
L’IWGPS a créé un groupe d’experts techniques spĂ©cialisĂ©s dans l’IPC (TEG/CPI) en vue de la rĂ©vision du
manuel. Ses membres appartenaient aussi au TEG/CPI, auquel participaient :

David Fenwick Président, ONS (Royaume-Uni)


Paul Armknecht Président du TEG/PPI, FMI
John Astin* Eurostat
Bert Balk Statistics Netherlands
W. Erwin Diewert University of British Columbia, Canada
Yoel Finkel Israel Central Bureau of Statistics, Israël
Carsten Boldsen Statistics Denmark, Danemark
John Greenlees BLS (États-Unis)
Paul Haschka Statistics Austria, Autriche
Peter Hill Directeur de la publication du manuel
Jean-Claude Roman* Eurostat
Bohdan Schultz* Statistique Canada
Mick Silver Cardiff University, Royaume-Uni
Kimberly Zieschang FMI

L’UNECE (Jan Karlsson, Lidia Bratanova*, Miodrag Pesut*, Tihomira Dimova*) et l’OIT (Valentina Stoevska) ont
assuré conjointement le secrétariat du TEG/CPI.
The TEG/CPI s’est rĂ©uni Ă  sept reprises, les 11–12 fĂ©vrier 1999 (GenĂšve), 2 novembre 1999 (GenĂšve, 5–6 fĂ©vrier
2001 (Washington), 25–26 juin 2001 (Genùve), 31 octobre 2001 (Genùve), 19–21 mars 2002 (Londres) et 14–15 oc-
tobre 2002 (Londres).
L’IWGPS s’est rĂ©uni Ă  cinq reprises, les 24 septembre 1998 (Paris), 11 fĂ©vrier 1999 (GenĂšve), 2 novembre 1999
(GenĂšve), 21–22 mars 2002 (Londres) et 5 dĂ©cembre 2003 (GenĂšve). Une sĂ©rie de rĂ©unions informelles se sont
aussi tenues.

xxx
REMERCIEMENTS

L’OIT a assurĂ© le secrĂ©tariat du Groupe et A. Sylvester Young a prĂ©sidĂ© l’IWGPS. Durant le processus de rĂ©vi-
sion, le directeur de la publication du manuel de l’IPC (Peter Hill), le prĂ©sident du TEG/CPI (David Fenwick), le
directeur de la publication du manuel de l’IPP et le prĂ©sident du TEG/PPI (Paul Armknecht) ont participĂ© aux rĂ©u-
nions de l’IWGPS.
La publication finale de la version anglaise de ce manuel a été coordonnée, avec la participation des organisations
reprĂ©sentĂ©es dans l’IWGPS, par Valentina Stoevska du Bureau de statistique de l’OIT. Le Bureau de statistique de
l’OIT a apportĂ© une contribution importante Ă  l’édition et Ă  la production du manuel. Nous tenons enfin Ă  remercier
Angela Haden et Barbara Campanini pour leur relecture minutieuse du manuscript final.

*Ces membres ont occupé leurs fonctions durant une partie de la période seulement.

xxxi
GUIDE DU LECTEUR

Les manuels de statistiques Ă©conomiques publiĂ©s Ă  travers le monde se proposent traditionnellement d’apporter un
Ă©clairage utile sur les concepts, dĂ©finitions et classifications utilisĂ©s, la couverture des indices, la valorisation et l’enre-
gistrement des donnĂ©es, les procĂ©dures d’agrĂ©gation, les formules de calcul, etc. Leur but principal est d’aider les prati-
ciens Ă  Ă©tablir les statistiques requises dans les diffĂ©rents pays. C’est le mĂȘme objectif que nous avons privilĂ©giĂ© ici.
Cependant, le présent manuel a aussi été conçu pour le bénéfice de tous ceux qui utilisent les indices des prix à la
consommation (IPC), tels que les économistes des administrations publiques et des milieux universitaires, les experts
financiers et les autres observateurs avertis de l’activitĂ© Ă©conomique. L’IPC est une statistique clĂ© pour la politique
Ă©conomique, et retient comme telle l’attention des mĂ©dias, des gouvernements et du grand public dans la plupart des
pays. En dĂ©pit de son apparente simplicitĂ©, c’est un concept perfectionnĂ© qui fait largement appel Ă  la thĂ©orie
économique et statistique et qui suppose la manipulation de données complexes. Ce manuel a donc aussi pour ambi-
tion de faire mieux connaßtre les propriétés des IPC.
En rÚgle générale, tous ceux qui produisent ou utilisent des statistiques économiques doivent avoir une idée précise
de ce qu’elles sont censĂ©es mesurer, en principe. En Ă©conomie comme dans d’autres disciplines, il ne peut y avoir de
mesure sans théorie. Le manuel propose par conséquent une analyse approfondie, exhaustive et actuelle de la théorie
économique et statistique. Ce faisant, il offre une présentation complÚte, sur le double plan conceptuel et pratique, de
la mesure des IPC.
L’ouvrage qui en rĂ©sulte n’en est pas moins volumineux. Il est impossible, sachant que les lecteurs n’ont pas
nĂ©cessairement les mĂȘmes intĂ©rĂȘts ou prioritĂ©s, de concevoir une sĂ©quence de chapitres qui rĂ©ponde aux attentes de
tous. Cela dit, ce manuel est conçu pour ĂȘtre une source de rĂ©fĂ©rence, et il n’est donc pas nĂ©cessaire de le lire d’un
bout Ă  l’autre. Beaucoup de lecteurs ne seront sans doute intĂ©ressĂ©s que par une sĂ©rie de chapitres. L’objectif de ce
guide est par consĂ©quent de donner Ă  chacun un aperçu du contenu du manuel qui l’aidera Ă  satisfaire au mieux ses
intĂ©rĂȘts et ses prioritĂ©s.

Aperçu de la séquence des chapitres


Le chapitre 1 est une introduction gĂ©nĂ©rale Ă  la mĂ©thodologie de l’IPC et s’adresse Ă  tous les lecteurs, auxquels il
donne les informations de base nécessaires pour comprendre les chapitres suivants. Il résume la théorie des indices,
qui est expliquĂ©e plus en dĂ©tail aux chapitres 15 Ă  23, et rappelle les grandes Ă©tapes de l’établissement d’un IPC, en
faisant fond sur les chapitres 3 Ă  9. Cependant, le chapitre 1 ne rĂ©sume pas l’ensemble du manuel, car il laisse de cĂŽtĂ©
certains sujets spĂ©cifiques et cas particuliers qui ne prĂ©sentent pas un intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
Le chapitre 2 explique comment les IPC ont évolué en réponse aux demandes formulées à leur sujet, et comment
les utilisations que l’on en fait influent sur le choix de la mĂ©thodologie utilisĂ©e. Le chapitre 3 prĂ©sente un sĂ©rie de
concepts, principes et classifications de base, ainsi que le champ d’application ou la couverture de l’IPC, qui peut
varier sensiblement d’un pays à l’autre.
Les chapitres 4 Ă  9 sont Ă©troitement liĂ©s en une sĂ©quence qui dĂ©crit les diverses Ă©tapes de l’établissement de l’IPC,
du relevĂ© et du traitement des donnĂ©es sur les prix au calcul de l’indice final. Le chapitre 4 explique comment sont
calculées les pondérations de dépenses attachées aux variations de prix pour les différents biens et services. Ces
pondĂ©rations reposent d’ordinaire sur les enquĂȘtes de consommation des mĂ©nages, complĂ©tĂ©es au besoin par des
donnĂ©es extraites d’autres sources.
Le chapitre 5 traite des questions d’échantillonnage. Un IPC est, dans son principe, une estimation fondĂ©e sur un
échantillon de prix. Le chapitre 5 analyse la conception de ces échantillons et présente les avantages et inconvénients
du tirage alĂ©atoire et du tirage raisonnĂ©. Le chapitre 6 est consacrĂ© aux procĂ©dures utilisĂ©es Ă  l’heure actuelle pour
relever les prix auprĂšs d’une sĂ©lection de points de vente ou d’autres fournisseurs. Il aborde des sujets tels que la con-
ception des questionnaires, la spĂ©cification des produits Ă©lĂ©mentaires choisis et l’utilisation des donnĂ©es obtenues par
lecture optique ou des ordinateurs de poche.
Le chapitre 7 aborde la question difficile de l’ajustement des prix en cas de changement de la qualitĂ© des biens ou
services sélectionnés. Les variations de valeur qui résultent de changements de qualité sont considérées comme des
variations en volume et non pas des changements de prix. Isoler les effets spécifiques des changements de qualité
pose des problÚmes théoriques et pratiques considérables aux statisticiens. Le chapitre 8 couvre la question connexe

xxxiii
GUIDE DU LECTEUR

des modalitĂ©s de traitement des nouveaux biens et services qui n’ont pas fait l’objet d’achats auparavant et pour
lesquels on ne dispose donc pas des prix pour les périodes antérieures.
Le chapitre 9 fait la synthÚse des cinq chapitres précédents et résume, étape par étape, les phases successives du
calcul d’un IPC. Il dĂ©crit les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire calculĂ©s Ă  partir des prix bruts relevĂ©s pour de petits
groupes de produits et l’établissement consĂ©cutif de la moyenne des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire pour obtenir des
indices de niveau supĂ©rieur, jusqu’à l’IPC global.
Le chapitre 10 passe en revue un certain nombre de cas qui appellent un traitement spécifique, tels que les biens et
services dont les prix ne sont pas donnĂ©s sĂ©parĂ©ment parce qu’ils s’insĂšrent dans des transactions composites couvrant
plus d’un produit Ă©lĂ©mentaire. Il examine aussi le cas des logements occupĂ©s par leur propriĂ©taire. Le chapitre 11 exa-
mine les erreurs et biais qui peuvent entacher les IPC.
Le chapitre 12 traite des questions d’organisation et de gestion. La conduite des enquĂȘtes sur les prix et le traite-
ment des rĂ©sultats obtenus est une opĂ©ration de grande ampleur qui demande Ă  ĂȘtre organisĂ©e avec soin et menĂ©e de
façon efficace. La publication ou la diffusion des résultats sont évoquées au chapitre 13.
Le chapitre 14 marque une rupture dans la sĂ©quence des chapitres en ce sens qu’il ne porte pas sur l’établissement
des IPC. Il poursuit en effet un objectif diffĂ©rent, qui est d’examiner la place de l’IPC dans le systĂšme gĂ©nĂ©ral des sta-
tistiques des prix. L’IPC ne doit pas ĂȘtre traitĂ© comme une statistique indĂ©pendante et isolĂ©e. Le flux de biens de con-
sommation et de services auquel il se rapporte n’est lui-mĂȘme qu’un ensemble de flux interdĂ©pendants au sein de
l’économie globale. L’analyse de l’inflation requiert plus d’un indice, et il est essentiel de savoir exactement com-
ment l’IPC se rattache à l’indice des prix à la production (IPP) et aux autres indices de prix, tels que les indices des
prix Ă  l’exportation et Ă  l’importation. Le tableau des ressources et des emplois du SystĂšme de comptabilitĂ© nationale
offre un cadre thĂ©orique appropriĂ© Ă  l’examen de ces interrelations.
Les chapitres 15 à 18 exposent de façon systématique et détaillée la théorie des indices et la théorie économique sur
lesquelles reposent les IPC. Les cinq approches de la théorie des indices analysées couvrent tous les aspects de la théo-
rie des indices. Ensemble, elles donnent un aperçu exhaustif et actuel de la théorie des indices, y compris de ses déve-
loppements méthodologiques récents présentés dans les revues spécialisées et les comptes rendus de conférences.
Le chapitre 15 propose une introduction à la théorie des indices centrée sur la décomposition des changements de
valeur en leurs composantes de prix et de quantités. Le chapitre 16 examine les approches axiomatiques et stochas-
tiques des IPC. L’approche axiomatique, ou approche par les tests, Ă©numĂšre une liste de propriĂ©tĂ©s souhaitables
pour les indices et met Ă  l’essai des formules spĂ©cifiques qui permettent de dĂ©terminer si les indices possĂšdent ou
non ces propriétés.
Le chapitre 17 explique l’approche Ă©conomique fondĂ©e sur la thĂ©orie du comportement du consommateur. Dans ce
cadre, l’IPC est dĂ©fini comme un indice du coĂ»t de la vie (COLI). Bien qu’il ne soit pas possible de calculer directe-
ment les indices du coĂ»t de la vie, on peut s’attendre Ă  ce qu’une certaine classe d’indices, appelĂ©s indices superlatifs,
donnent dans la pratique une approximation des indices du coĂ»t de la vie. De plus en plus d’économistes et d’autres
utilisateurs s’accordent Ă  penser qu’en principe, l’indice idĂ©al prĂ©fĂ©rĂ© pour les besoins de l’IPC devrait ĂȘtre un indice
superlatif, tel que l’indice de Fisher. Ce constat est Ă©tayĂ© par le fait que l’indice de Fisher se rĂ©vĂšle aussi trĂšs
souhaitable d’un point de vue axiomatique.
Le chapitre 18 traite des questions d’agrĂ©gation. Le chapitre 19 illustre, Ă  partir d’un ensemble de donnĂ©es artifi-
ciel, les consĂ©quences numĂ©riques de l’utilisation de formules d’indice diffĂ©rentes. Il montre que le choix de la forme
d’indice peut faire le plus souvent une diffĂ©rence considĂ©rable, mais que les divers indices superlatifs tendent Ă  se
rapprocher les uns des autres.
Le chapitre 20 rĂ©pond Ă  une question importante : quelle est, sur le plan thĂ©orique, la forme d’indice d’agrĂ©gat
Ă©lĂ©mentaire la mieux adaptĂ©e pour mener Ă  bien la premiĂšre phase du calcul de l’IPC quand on ne dispose d’aucune
information sur les quantitĂ©s ou les dĂ©penses. C’est une question qui a Ă©tĂ© relativement nĂ©gligĂ©e jusqu’à une pĂ©riode
rĂ©cente, mĂȘme si le choix d’une formule d’indice d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire peut avoir des consĂ©quences non nĂ©gli-
geables sur l’IPC global, car ces indices sont la pierre angulaire des IPC.
Les chapitres 21 Ă  23 traitent de questions difficiles. Le chapitre 21 examine, d’un point de vue thĂ©orique, les
ajustements de la qualitĂ© et en particulier l’approche hĂ©donique. Les chapitres 22 et 23 dĂ©crivent, respectivement, le
traitement des produits saisonniers et celui des bien durables. Il existe, dans les comptes nationaux comme dans les
IPC, des tensions dues au fait que les logements occupés par leur propriétaire sont considérés comme des actifs, alors
que les biens de consommation durable ne le sont pas. Ces traitements ne sont pas faciles Ă  concilier sur le plan
théorique, et le chapitre 23 analyse les questions qui se posent à ce niveau.
Le manuel s’achĂšve sur un glossaire des termes utilisĂ©s, accompagnĂ© d’une bibliographie et de quatre annexes
consacrées aux sujets suivants :
‱ les indices des prix Ă  la consommation harmonisĂ©s de l’Union europĂ©enne;
‱ la Classification des fonctions de la consommation individuelles (COICOP), nomenclature des dĂ©penses des
ménages;

xxxiv
GUIDE DU LECTEUR

‱ la rĂ©solution relative aux indices des prix Ă  la consommation adoptĂ©e par la dix-septiĂšme ConfĂ©rence internationale
des statisticiens du travail en 2003;
‱ les comparaisons spatiales des prix Ă  la consommation Ă©tablies sur la base des paritĂ©s de pouvoir d’achat et du
Programme de comparaisons internationales.

Plans de lecture suggérés


Chaque lecteur a ses propres besoins et prioritĂ©s. Ceux qui s’intĂ©ressent avant tout Ă  l’établissement des IPC ne
souhaiteront peut-ĂȘtre pas approfondir toutes les facettes de la thĂ©orie Ă©conomique et statistique. Inversement, ceux
qui sont davantage concernĂ©s par l’utilisation des IPC Ă  des fins analytiques ou opĂ©rationnelles ne tiendront peut-ĂȘtre
pas Ă  aborder les aspects techniques de la conduite et de la gestion des enquĂȘtes sur les prix.
Tous ne voudront donc pas lire ce manuel dans son intégralité. Quelles que soient leurs préférences, cependant, les
lecteurs gagneront à prendre connaissance des trois premiers chapitres. Le chapitre 1 offre une introduction générale
au sujet dans son ensemble en faisant un tour d’horizon de la thĂ©orie et de la pratique de l’IPC telles qu’elles sont
présentées dans ce manuel. Il couvre les notions de base indispensables pour comprendre les chapitres suivants. Le
chapitre 2 explique pourquoi les IPC sont calculés et comment ils sont utilisés. Le chapitre 3, enfin, présente une
sĂ©rie de concepts fondamentaux et dĂ©crit le champ d’application de l’IPC.

Plan de lecture pour les statisticiens


Les chapitres 4 Ă  13 s’adressent en premier lieu aux statisticiens. Ils suivent une sĂ©quence logique qui correspond
approximativement aux diverses Ă©tapes de l’établissement d’un IPC, en commençant par le calcul des pondĂ©rations
de dĂ©penses et le relevĂ© des donnĂ©es sur les prix, pour terminer par la publication de l’indice final.
Le chapitre 14 s’adresse aussi bien aux statisticiens qu’aux utilisateurs des IPC. Il inscrit les IPC dans le cadre plus
large du systĂšme des indices des prix.
Les chapitres 15 Ă  23 sont pour l’essentiel thĂ©oriques. Les statisticiens qui voudront approfondir certains points
trouveront lĂ  un accĂšs immĂ©diat aux informations dont ils ont besoin. Il nous paraĂźt souhaitable qu’ils aient au moins
une bonne connaissance des fondements de la thĂ©orie des indices exposĂ©e au chapitre 15 et de l’exemple numĂ©rique
dĂ©veloppĂ© au chapitre 19. Le chapitre 20 sur les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire est lui aussi particuliĂšrement important
pour les statisticiens.

Plan de lecture pour les utilisateurs de l’IPC


S’il est vrai que tous les lecteurs tireront profit des chapitres 1 à 3, les dix chapitres suivants s’adressent en premier
lieu aux statisticiens. Deux des questions abordĂ©es suscitent cependant un grand intĂ©rĂȘt de la part des utilisateurs : le
traitement des changements de qualité et celui des nouveaux produits, qui donnent lieu à un examen approfondi aux
chapitres 7 et 8. Les utilisateurs de l’IPC trouveront aussi le chapitre 9 trùs utile, car il propose une description con-
cise des diverses Ă©tapes de l’établissement de l’indice.
Le chapitre 11 sur les erreurs et les biais et le chapitre 14 sur les systÚmes de statistiques des prix intéressent à la
fois les utilisateurs et les statisticiens.
Les chapitres 15 à 23, qui couvrent la théorie économique et statistique sur laquelle reposent les IPC, retiendront
probablement l’attention de nombreux utilisateurs, en particulier des Ă©conomistes professionnels et des Ă©tudiants
en économie.

Références
Dans le passé, les manuels de statistiques économiques ne donnaient pas, le plus souvent, les références des
travaux conduits dans ce domaine. Il n’apparaissait pas utile de les citer lorsque les Ă©tudes visĂ©es se limitaient pour
l’essentiel Ă  des revues universitaires ou Ă  des comptes rendus de confĂ©rences disponibles seulement dans certaines
universitĂ©s ou bibliothĂšques. Les agents de bon nombre d’offices de statistique n’avaient guĂšre de chances de pouvoir
consulter ce type de documents. La situation a Ă©tĂ© transformĂ©e radicalement par l’Internet, qui a rendu tous ces docu-
ments aisĂ©ment accessibles. C’est pourquoi ce manuel rompt avec la tradition passĂ©e en proposant une vaste biblio-
graphie sur les multiples travaux consacrés à la théorie et à la pratique des indices.

xxxv
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE
DE l’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION 1
1.1 Un indice des prix est une mesure des variations en donne un aperçu. Il résume les aspects théoriques et
proportionnelles, ou en pourcentage, d’un assortiment de pratiques de l’établissement des indices afin de faciliter
prix au cours du temps. L’indice des prix Ă  la consom- la lecture et la comprĂ©hension des chapitres dĂ©taillĂ©s qui
mation (IPC) mesure les variations des prix des biens et suivent, dont certains sont par la force des choses assez
services que les mĂ©nages consomment. Ces variations techniques. Il dĂ©crit les diverses Ă©tapes de l’établisse-
modifient le pouvoir d’achat en volume du revenu des ment des IPC, en commençant par le concept, la dĂ©fini-
consommateurs et leur bien-ĂȘtre. Étant donnĂ© que les tion et l’objet des IPC, avant de prĂ©senter les procĂ©dures
prix des diffĂ©rents biens et services n’évoluent pas tous d’échantillonnage et les mĂ©thodes d’enquĂȘte utilisĂ©es
au mĂȘme rythme, un indice des prix ne peut que reflĂ©ter pour recueillir et traiter les donnĂ©es sur les prix, puis de
la moyenne de leurs variations. On lui assigne d’ordi- rĂ©sumer la mĂ©thode actuelle de calcul de l’indice et les
naire la valeur unitaire ou la valeur 100 pour une période modalités de diffusion de celui-ci.
de rĂ©fĂ©rence donnĂ©e, et les valeurs de l’indice pour 1.5 L’introduction Ă  la mĂ©thodologie de l’IPC doit
d’autres pĂ©riodes visent Ă  indiquer l’évolution propor- commencer par une prĂ©sentation du concept de base de
tionnelle (ou en pourcentage) moyenne des prix, par rap- l’IPC et de la thĂ©orie des indices qui le sous-tend, et en
port à cette période de référence. Les indices des prix particulier des propriétés et du comportement des divers
peuvent aussi ĂȘtre utilisĂ©s pour mesurer les diffĂ©rences types d’indice qui sont utilisĂ©s dans le cadre de l’IPC ou
de niveau des prix entre des villes, des rĂ©gions ou des pourraient l’ĂȘtre. Il est nĂ©cessaire, en principe, de dĂ©ter-
pays Ă  un moment donnĂ©. miner quel type d’indice calculer avant de rĂ©flĂ©chir au
1.2 Pour une large part, ce manuel et les travaux meilleur moyen d’estimer celui-ci dans la pratique,
connexes sur les indices des prix s’efforcent de rĂ©pondre compte tenu des ressources disponibles.
à deux questions essentielles : 1.6 Les principaux points abordés dans le présent
‱ Quel ensemble de prix l’indice doit-il exactement chapitre sont :
couvrir? ‱ les origines et les utilisations des IPC;
‱ Quelle est la meilleure façon de calculer la moyenne ‱ les grandes lignes de la thĂ©orie des indices, notamment
des variations de ces prix? les approches axiomatique et économique des IPC;
Ces deux questions sont abordĂ©es dans les premiĂšres ‱ les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire et les IPC globaux;
sections de la présente introduction.
1.3 Les indices des prix Ă  la consommation (IPC) ‱ les transactions, activitĂ©s et mĂ©nages couverts par les IPC;
mesurent l’évolution des prix des biens et services ache- ‱ le relevĂ© et le traitement des prix, y compris l’ajus-
tĂ©s, ou acquis d’une autre maniĂšre, par les mĂ©nages, et tement de la qualitĂ©;
que ces derniers utilisent directement ou indirectement
pour satisfaire à leurs propres besoins. Les indices des ‱ le calcul effectif des IPC;
prix à la consommation peuvent avoir pour objet de ‱ les erreurs et biais possibles;
mesurer le rythme de l’inflation telle que le perçoivent
les mĂ©nages ou l’évolution du coĂ»t de la vie pour ces ‱ la politique Ă  suivre en matiĂšre d’organisation, de
derniers (c’est-Ă -dire, les variations du montant des gestion et de dissĂ©mination.
dépenses que les ménages doivent consentir pour main- Dans le manuel, en revanche, les chapitres consacrés à
tenir leur niveau de vie). Il n’y a aucune raison que ces la thĂ©orie des indices viennent plus tard; la prĂ©sentation
deux objectifs soient contradictoires. Dans la pratique, la adoptée dans le présent chapitre ne suit donc pas le
plupart des IPC sont calculĂ©s sous forme de moyennes mĂȘme ordre que les chapitres correspondants.
pondĂ©rĂ©es des variations des prix, en pourcentage, d’un 1.7 Cette introduction n’a pas pour objet d’offrir un
assortiment spĂ©cifiĂ© ou «panier-type» de produits de rĂ©sumĂ© complet du contenu du manuel. Il s’agit plutĂŽt
consommation dont les pondĂ©rations reflĂštent l’impor- de prĂ©senter briĂšvement les principales questions
tance relative dans la consommation des mĂ©nages pen- d’ordre mĂ©thodologique avec lesquelles les lecteurs
dant une pĂ©riode donnĂ©e. Il est important que ces pondĂ©- doivent se familiariser avant d’aborder les chapitres plus
rations soient appropriées et récentes. détaillés qui suivent. Des questions spécifiques, comme
1.4 Le prĂ©sent chapitre propose une introduction le traitement des produits dont les prix ne peuvent ĂȘtre
générale à la méthodologie suivie pour établir les IPC et observés directement, ne sont pas examinées ici, car

1
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

elles n’ont pas, selon nous, une importance essentielle 1.12 Ces utilisations variĂ©es peuvent susciter des
pour la mĂ©thodologie de l’IPC. conflits d’intĂ©rĂȘts. Ainsi, l’utilisation de l’IPC comme
indicateur de la hausse du niveau général des prix peut
Origines et utilisations des indices pousser Ă  en Ă©tendre la couverture Ă  d’autres Ă©lĂ©ments
que les biens et services consommés par les ménages, ce
des prix Ă  la consommation qui revient Ă  changer la nature et le concept des IPC. Il
1.8 Les IPC doivent avoir une utilité. La maniÚre faut aussi noter que, comme les IPC sont largement utili-
exacte dont ils sont dĂ©finis et construits dĂ©pend en grande sĂ©s pour indexer toute une gamme de paiements — non
partie de l’usage que l’on souhaite en faire et des utilisa- seulement les salaires, mais aussi des prestations de sĂ©cu-
teurs auxquels ils sont destinĂ©s. Ainsi qu’il est expliquĂ© au ritĂ© sociale, charges d’intĂ©rĂȘts, contrats privĂ©s, etc. —,
chapitre 15, les IPC ont une longue histoire qui remonte leurs variations mettent en jeu des sommes énormes, ce
au XVIIIe siùcle. Les indices de Laspeyres et de Paasche, qui suffit pour qu’ils aient un impact significatif sur les
qui sont encore largement utilisĂ©s aujourd’hui, ont Ă©tĂ© finances publiques. Par consĂ©quent, de petits Ă©carts entre
proposĂ©s pour la premiĂšre fois dans les annĂ©es 1870. Ils les mouvements des IPC rĂ©sultant de l’emploi de for-
sont expliquĂ©s ci-aprĂšs. Le concept d’indice du coĂ»t de la mules ou de mĂ©thodes lĂ©gĂšrement diffĂ©rentes peuvent
vie date, quant à lui, du début du XXe siÚcle. avoir des conséquences financiÚres considérables. La
1.9 Traditionnellement, l’établissement d’un IPC mĂ©thodologie de l’IPC est importante du point de vue
visait notamment Ă  compenser l’inflation pour les sala- pratique, et non seulement thĂ©orique.
riés en ajustant leur taux de salaire en proportion de la
variation en pourcentage de l’IPC, selon la procĂ©dure Choix d’un indice
dite d’indexation. Pour cette raison, les IPC officiels ont
longtemps relevé de la compétence des ministres du tra- 1.13 La premiÚre question qui se pose concerne le
vail. Cela dit, ils sont dĂ©sormais Ă©tablis, pour la plupart choix du type d’indice Ă  utiliser. Les nombreuses rĂ©fĂ©-
d’entre eux, par les offices nationaux de statistique. Un rences Ă  la thĂ©orie des indices dans la bibliographie
IPC conçu spĂ©cifiquement pour indexer les salaires est tĂ©moignent de l’ampleur des travaux consacrĂ©s Ă  ce
qualifiĂ© d’indice de compensation. sujet. De nombreux types de formule mathĂ©matique ont
1.10 Les IPC ont trois caractĂ©ristiques techniques Ă©tĂ© proposĂ©s au cours des deux derniers siĂšcles. S’il
importantes. Ils sont publiĂ©s frĂ©quemment, d’ordinaire n’existe pas de formule prĂ©fĂ©rable aux autres en toutes
tous les mois mais parfois chaque trimestre. Ils sont dis- circonstances, la plupart des économistes et des statisti-
ponibles rapidement, en gĂ©nĂ©ral deux semaines aprĂšs la ciens semblent ĂȘtre d’avis qu’en principe, la formule
fin du mois ou du trimestre considĂ©rĂ©. Ils sont aussi le d’indice choisie devrait appartenir Ă  une classe restreinte
plus souvent non rĂ©visĂ©s. Les IPC tendent Ă  ĂȘtre suivis d’indices dits superlatifs. On peut attendre des indices
de prĂšs et Ă  recevoir une grande publicitĂ©. superlatifs qu’ils donnent une valeur approchĂ©e de
1.11 Étant donnĂ© que les IPC donnent une informa- l’indice du coĂ»t de la vie. Ils ont notamment pour carac-
tion rĂ©cente sur le taux d’inflation, on en est venu aussi tĂ©ristique de traiter de façon symĂ©trique les prix et les
Ă  les utiliser Ă  des fins trĂšs diverses, outre l’indexation quantitĂ©s dans les deux pĂ©riodes comparĂ©es. Des indices
des salaires. Ainsi, superlatifs différents tendent à présenter des propriétés
similaires, à donner des résultats similaires et à se com-
‱ les IPC sont largement utilisĂ©s pour indexer les
porter de façon similaire. Ces propriétés de symétrie font
pensions et les prestations de sécurité sociale;
qu’il apparaüt souvent souhaitable aussi d’adopter une
‱ les IPC servent aussi Ă  indexer d’autres paiements, certaine forme d’indice superlatif, mĂȘme lorsque l’IPC
comme les charges d’intĂ©rĂȘts, les loyers ou les prix n’est pas censĂ© ĂȘtre un indice du coĂ»t de la vie.
des obligations; 1.14 Lorsqu’un IPC mensuel ou trimestriel est publiĂ©
pour la premiĂšre fois, cependant, on constate toujours que
‱ les IPC sont communĂ©ment utilisĂ©s, par ailleurs,
les informations sur les quantités et les dépenses pour la
comme valeur approchĂ©e du taux d’inflation gĂ©nĂ©ral,
période en cours ne sont pas suffisantes pour permettre de
mĂȘme s’ils ne mesurent que la hausse des prix Ă  la
calculer un indice symĂ©trique ou superlatif. S’il peut ĂȘtre
consommation; ils sont également utilisés par des
nĂ©cessaire dans la pratique d’opter pour la meilleure solu-
gouvernements et des banques centrales pour fixer
tion de rechange, il faut, pour ĂȘtre capable de faire un
des objectifs d’inflation dans le cadre de la politique
choix rationnel entre les diverses options possibles, avoir
monétaire;
une idĂ©e claire de l’indice qui serait prĂ©fĂ©rable en prin-
‱ enfin, les donnĂ©es de prix recueillies pour les besoins cipe. Le choix de celui-ci peut avoir une influence consi-
de l’IPC peuvent servir Ă  l’établissement d’autres dĂ©rable sur des questions pratiques, telles que la frĂ©-
indices, tels que les indices des prix utilisĂ©s pour quence Ă  laquelle les pondĂ©rations utilisĂ©es dans l’indice
dĂ©flater les dĂ©penses de consommation des mĂ©nages devraient ĂȘtre actualisĂ©es.
dans les comptes nationaux ou les parités de pouvoir 1.15 Les chapitres 15 à 23 du manuel proposent une
d’achat utilisĂ©es pour comparer les niveaux de con- analyse exhaustive, dĂ©taillĂ©e, rigoureuse et Ă  jour de la
sommation réels dans différents pays. théorie des indices, qui est résumée dans les sections ci-

2
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

aprĂšs. Les propositions et thĂ©orĂšmes Ă©noncĂ©s dans ce tion des mĂ©nages effectuĂ©e au cours d’une pĂ©riode antĂ©-
chapitre sont démontrés dans les chapitres qui suivent, rieure aux deux périodes pour lesquelles les prix sont
auxquels le lecteur est invité à se reporter pour de plus comparés. Par exemple, un IPC mensuel peut commen-
amples explications. cer en janvier 2000, en posant que janvier 2000 = 100,
mais se rapporter à des quantités de biens et services cal-
culĂ©es Ă  partir d’une enquĂȘte sur des dĂ©penses annuelles
Indices des prix fondés sur effectuée en 1997 ou 1998, ou couvrant ces deux années.
un panier-type de biens et services Comme il faut du temps pour recueillir et traiter les don-
1.16 On peut expliquer que l’indice a pour objet de nĂ©es sur les dĂ©penses, un dĂ©lai considĂ©rable s’écoule
comparer les valeurs des dĂ©penses de consommation d’ordinaire avant la prise en compte de celles-ci dans le
des mĂ©nages consacrĂ©es aux biens et services au cours calcul de l’IPC. Le panier-type peut aussi se rĂ©fĂ©rer Ă  une
de deux pĂ©riodes. Le fait de savoir que les dĂ©penses ont annĂ©e spĂ©cifique, alors que l’indice est Ă©tabli sur une
augmentĂ© de 5 % n’a pas une grande valeur informative base mensuelle ou trimestrielle.
si l’on ignore quelle part de cette Ă©volution peut ĂȘtre 1.20 La pĂ©riode Ă  laquelle se rapportent les quanti-
attribuée aux variations des prix des biens et services, et tés effectivement utilisées dans un IPC est la période de
quelle part correspond aux variations des quantités référence des pondérations et sera appelée ici période b.
achetĂ©es. L’objectif d’un indice est de dĂ©composer La pĂ©riode 0 est la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix. Ainsi
l’évolution d’une valeur d’un agrĂ©gat entre une Ă©volu- que nous venons de le noter, b tend en gĂ©nĂ©ral Ă  prĂ©cĂ©-
tion de prix et une Ă©volution de volume. Les IPC visent der 0, au moins lorsque l’indice est publiĂ© pour la pre-
à mesurer la composante «prix» de la variation des miÚre fois, comme nous le supposons ici. Mais b peut
dépenses de consommation des ménages. Une des correspondre à toute période, y compris à une période
façons de le faire consiste Ă  mesurer, Ă  quantitĂ©s cons- situĂ©e entre 0 et t, si l’indice est calculĂ© quelque temps
tantes, l’évolution de la valeur d’un agrĂ©gat. aprĂšs t. L’indice de Lowe utilisant les quantitĂ©s de biens
et services de la pĂ©riode b peut s’écrire comme suit :
Indices de Lowe n

1.17 On obtient une classe trÚs large et trÚs popu- Šp q t


i
b
i n
laire d’indices des prix en dĂ©finissant ceux-ci comme la PLo {= i 1
n

{= Š pit pi0 si0b
variation en pourcentage, entre les périodes comparées,
du coĂ»t total de l’achat d’un assortiment donnĂ© de quan- Š pi0 qib
i 1
i 1

tités qualifié en général de «panier-type». La significa- pi0 qib


tion d’un tel indice est facile Ă  comprendre et Ă  expli- oĂč si0b n
(1.1)
quer aux utilisateurs. Les indices appartenant Ă  cette
classe sont qualifiĂ©s d’indices de Lowe dans ce manuel,
Šp q
i 1
0 b
i i

d’aprĂšs le premier indice de ce type proposĂ© en 1823


(voir chapitre 15). Dans la pratique, la plupart des L’indice peut ĂȘtre Ă©crit et calculĂ© de deux maniĂšres : soit
offices de statistique utilisent, sous une forme ou une comme le ratio de deux agrégats en valeur, soit comme
autre, un indice de Lowe. une moyenne arithmétique pondérée des ratios ou rap-
1.18 Soit un panier-type de n produits, assortis de ports de prix, pit/p0i, pour chaque produit, en utilisant les
prix pi et disponibles en quantités qi, et deux périodes parts de dépenses hybrides si0b comme pondérations.
comparĂ©es, 0 et t. L’indice de Lowe, PLo, est dĂ©fini Les dĂ©penses sont dites hybrides parce que les prix et
comme suit : quantités se réfÚrent à deux périodes différentes, 0 et b
n respectivement. Les pondĂ©rations hybrides peuvent ĂȘtre
Špq t
i i obtenues en actualisant les parts de dépenses effectives
PLo {
= i 1 durant la période b, à savoir p biq bi/ Σp biq bi, par les varia-
n
0 tions des prix entre les périodes b et 0, en les multipliant
Šp q
i 1
i i
par les rapports de prix aux périodes b et 0, à savoir
p0i/p bi. Les indices de Lowe sont communément utilisés
1.19 En principe, tout ensemble de quantités de pour les besoins des IPC.
biens et services peut servir de panier-type. Le panier-
type n’a pas Ă  se limiter aux quantitĂ©s achetĂ©es durant
l’une ou l’autre des pĂ©riodes comparĂ©es, ni d’ailleurs Indices de Laspeyres et de Paasche
durant aucune pĂ©riode spĂ©cifiĂ©e. Les quantitĂ©s retenues 1.21 Tout ensemble de quantitĂ©s peut ĂȘtre utilisĂ©
peuvent ĂȘtre, par exemple, des moyennes arithmĂ©tiques dans un indice de Lowe, mais deux cas spĂ©cifiques
ou gĂ©omĂ©triques de ces mĂȘmes quantitĂ©s au cours des occupent une place prĂ©pondĂ©rante dans les Ă©tudes spĂ©-
deux pĂ©riodes. Pour des raisons pratiques, le panier-type cialisĂ©es et revĂȘtent une importance considĂ©rable d’un
utilisĂ© pour les besoins de l’IPC doit en gĂ©nĂ©ral ĂȘtre Ă©ta- point de vue thĂ©orique. Lorsque les quantitĂ©s sont celles
bli Ă  partir d’une enquĂȘte sur les dĂ©penses de consomma- de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix, donc lorsque b = 0,

3
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

on obtient un indice de Laspeyres. Lorsque les quantités les indices des prix et des quantités de Laspeyres, et PPa
sont celles de l’autre pĂ©riode, donc lorsque b = t, on et QPa les indices des prix et des quantitĂ©s de Paasche;
obtient un indice de Paasche. Il y a lieu d’examiner plus nous avons alors PLa QPa = V et PPaQLa = V.
en dĂ©tail les propriĂ©tĂ©s des indices de Laspeyres et de 1.25 Supposons, par exemple, qu’une sĂ©rie tempo-
Paasche, ainsi que les relations entre les deux. relle de dépenses de consommation des ménages aux
1.22 L’indice des prix de Laspeyres, PL, est dĂ©fini prix courants dans les comptes nationaux doive ĂȘtre
comme suit : déflatée par un indice des prix pour faire apparaßtre
l’évolution de la consommation en volume. Afin d’éta-
blir une série de dépenses de consommation aux prix
constants de la période de référence (dont les fluctua-
= tions sont identiques à celles de l’indice de volume de
(1.2) Laspeyres), les dépenses de consommation aux prix
courants doivent ĂȘtre divisĂ©es par une sĂ©rie d’indice des
prix de Paasche.

oĂč s 0i reprĂ©sente la part effective des dĂ©penses consacrĂ©e Ratios d’indices de Lowe et de Laspeyres
au produit i durant la pĂ©riode 0, Ă  savoir p0i q0i /ÎŁp0i q0i . 1.26 L’indice de Lowe est transitif. Le ratio de deux
1.23 L’indice de Paasche, PP, est dĂ©fini comme suit : indices de Lowe utilisant la mĂȘme sĂ©rie de valeurs qb est
aussi un indice de Lowe. Par exemple, le ratio de l’indice
de Lowe pour la période t + 1, avec comme période de
= référence des prix 0, divisé par celui de la période t, avec
(1.3) là aussi comme période de référence des prix 0, est :

oĂč sit reprĂ©sente la part effective des dĂ©penses consacrĂ©e (1.4)


au produit i durant la période t, à savoir, pitqit/Σpitqit.
Notons que l’indice de Paasche est une moyenne har-
monique pondérée des rapports de prix qui utilise
comme pondération les parts effectives des dépenses
durant la pĂ©riode la plus rĂ©cente, t. Il dĂ©coule de l’équa- C’est un indice de Lowe pour la pĂ©riode t + 1, avec
tion (1.1) que l’indice de Paasche peut aussi s’exprimer comme pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix t. Ce type d’indice
comme une moyenne arithmétique pondérée des rap- est en fait largement utilisé pour mesurer les fluctuations
ports de prix utilisant des pondérations de dépenses des prix à court terme, par exemple entre les périodes t
hybrides, dans lesquelles les quantitĂ©s de la pĂ©riode t et t + 1, mĂȘme si les quantitĂ©s peuvent dater d’une
sont valorisées aux prix de la période 0. période b bien antérieure.
1.27 L’indice de Lowe peut aussi ĂȘtre exprimĂ© sous
forme de ratio de deux indices de Laspeyres. Par
DĂ©composition des variations de la exemple, l’indice de Lowe pour la pĂ©riode t, avec
valeur courante au moyen des indices comme période de référence des prix 0, est égal à
de Laspeyres et de Paasche l’indice de Laspeyres pour la pĂ©riode t, avec comme
1.24 Les indices des quantitĂ©s de Laspeyres et de pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix b, divisĂ© par l’indice de
Paasche sont dĂ©finis de la mĂȘme maniĂšre que les indices Laspeyres pour la pĂ©riode 0, avec lĂ  aussi comme
des prix, en intervertissant simplement les valeurs p et q période de référence des prix b. Par conséquent,
dans les formules (1.2) et (1.3). Ils rĂ©sument l’évolution,
au cours du temps, des flux de quantités de biens et ser-
vices consommĂ©s. L’indice des quantitĂ©s de Laspeyres (1.5)
valorise les quantités aux prix fixés de la période la plus
ancienne, tandis que l’indice des quantitĂ©s de Paasche
utilise l’indice des prix de la pĂ©riode la plus rĂ©cente. Le
ratio des valeurs des dépenses dans les deux périodes
(V) rend compte de l’effet conjuguĂ© des variations des Indices de Lowe actualisĂ©s
prix et des quantitĂ©s. Quand on utilise les indices de 1.28 Il est utile de disposer d’une formule qui per-
Laspeyres et de Paasche, la variation de valeur ne peut mette de calculer directement un indice de Lowe sous
ĂȘtre dĂ©composĂ©e exactement en un indice des prix mul- forme d’indice-chaĂźne, dans lequel l’indice pour la
tipliĂ© par un indice des quantitĂ©s qu’à condition que pĂ©riode t + 1 est obtenu en actualisant l’indice pour la
l’indice des prix (quantitĂ©s) de Laspeyres soit appariĂ© Ă  pĂ©riode t. Comme les indices de Lowe sont transitifs,
l’indice des quantitĂ©s (prix) de Paasche. Soit PLa et QLa l’indice de Lowe pour la pĂ©riode t + 1, avec comme

4
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix 0, peut s’écrire sous la plus Ă©levĂ© que l’indice de Paasche, l’écart entre les deux
forme du produit de l’indice de Lowe pour la pĂ©riode ayant tendance Ă  s’accroĂźtre au fil du temps.
t, avec comme période de référence des prix 0, et de 1.32 Dans la pratique, toutefois, les offices de sta-
l’indice de Lowe pour la pĂ©riode t + 1, avec comme tistique ne calculent pas des indices de Laspeyres ou de
période de référence des prix t. Par conséquent, Paasche, mais plutÎt des indices de Lowe tels que ceux
qui sont dĂ©finis dans l’équation (1.1). La question qui se
pose alors est celle des liens entre l’indice de Lowe et
ceux de Laspeyres et de Paasche. Le chapitre 15 et
l’appendice 15.2 montrent que, si les prix relatifs font
(1.6) apparaĂźtre des tendances persistantes sur le long terme,
et si l’effet de substitution joue effectivement, l’indice
de Lowe tendra à dépasser celui de Laspeyres, donc
aussi les indices de Fisher et de Paasche. En supposant
que la période b précÚde la période 0, le classement
observé dans ces conditions sera le suivant :

oĂč les pondĂ©rations des dĂ©penses sitb sont des Lowe > Laspeyres > Fisher > Paasche
pondérations hybrides définies comme :
En outre, le montant par lequel l’indice de Lowe dĂ©passe
les trois autres indices aura tendance Ă  ĂȘtre d’autant plus
= important que la période b sera antérieure à la période 0.
(1.7)
1.33 La situation de la période b dans le temps est
cruciale. Étant donnĂ© les hypothĂšses sur la tendance des
1.29 Les pondĂ©rations hybrides du type dĂ©fini Ă  prix Ă  long terme et l’effet de substitution, un indice de
l’équation (1.7) sont souvent dĂ©crites comme des pondĂ©- Lowe tendra Ă  augmenter d’autant plus que la pĂ©riode b
rations actualisĂ©es par les prix. Elles peuvent ĂȘtre obte- sera plus ancienne, ou Ă  diminuer d’autant plus que la
nues en ajustant les pondĂ©rations de dĂ©penses initiales pĂ©riode b sera plus rĂ©cente. S’il est possible que b doive
pibqib/ÎŁpibqib par les rapports de prix pit/pib. En actualisant prĂ©cĂ©der 0 lorsqu’un indice est publiĂ© pour la premiĂšre
ainsi de b Ă  t les pondĂ©rations de dĂ©penses, on peut calcu- fois, il n’y a pas de restriction de ce type en ce qui con-
ler directement l’indice entre les pĂ©riodes t et t + 1 comme cerne le positionnement de la pĂ©riode b, car les donnĂ©es
la moyenne pondérée des rapports de prix pit + 1/pit sans se de prix et de quantités deviennent, avec le temps, dispo-
référer à nouveau à la période de référence des prix 0. nibles pour des périodes plus récentes. La période b peut
L’indice peut alors ĂȘtre chaĂźnĂ© Ă  la valeur de l’indice alors ĂȘtre avancĂ©e dans le temps. Si la pĂ©riode b se situe
durant la période précédente t. à mi-chemin entre 0 et t, les quantités sont vraisembla-
blement équireprésentatives des deux périodes, en sup-
posant une transition à peu prÚs réguliÚre des quantités
Interconnexions entre indices relatives de la période 0 à celles de la période t. Dans ces
de panier-type conditions, l’indice de Lowe est sans doute proche de
1.30 ConsidĂ©rons d’abord la relation entre les celui de Fisher et des autres indices superlatifs, et l’on ne
indices de Laspeyres et de Paasche. Un des rĂ©sultats bien peut pas prĂ©sumer qu’il prĂ©sente un biais par excĂšs ou
connus de la théorie des indices est que si les variations par défaut. Ces questions sont approfondies ci-aprÚs, et
des prix et des quantités (pondérées par les valeurs) sont au chapitre 15.
corrĂ©lĂ©es de façon nĂ©gative, l’indice de Laspeyres 1.34 Il est important que les offices de statistique
dĂ©passe alors l’indice de Paasche. Inversement, si les prennent en considĂ©ration ces relations lorsqu’ils
variations pondérées des prix et des quantités sont corré- décident de la politique à suivre. De toute évidence, le
lĂ©es de façon positive, l’indice de Paasche dĂ©passe alors fait de continuer Ă  utiliser de façon rĂ©pĂ©tĂ©e, des annĂ©es
celui de Laspeyres. La dĂ©monstration en est faite Ă  durant, une mĂȘme sĂ©rie de quantitĂ©s de biens et ser-
l’appendice 15.1 du chapitre 15. vices pour calculer un IPC peut ĂȘtre une source d’avan-
1.31 Comme en gĂ©nĂ©ral ils n’ont pas d’influence tages pratiques et d’économies financiĂšres. Cependant,
sur les prix, les consommateurs rĂ©agissent d’ordinaire il faut s’attendre Ă  ce que le montant par lequel cet IPC
aux variations de prix en substituant les biens ou les ser- dépasse certains indices préférables sur le plan théo-
vices devenus relativement meilleur marchĂ© Ă  ceux qui rique, tel que l’indice du coĂ»t de la vie, augmente rĂ©gu-
sont devenus relativement plus chers. Ce phénomÚne, liÚrement à mesure que la période b à laquelle se réfÚre
que l’on appelle effet de substitution, occupe une place la grandeur prise en compte s’éloigne dans le passĂ©. La
prédominante dans ce manuel et, plus généralement, plupart des utilisateurs interpréteront sans doute cet
dans les travaux sur les indices. La substitution tend à écart comme un biais par excÚs. Si ce biais est impor-
produire une corrĂ©lation nĂ©gative entre les prix et les tant, la crĂ©dibilitĂ© et l’acceptabilitĂ© de l’indice risquent
quantitĂ©s relatives, auquel cas l’indice de Laspeyres est d’ĂȘtre compromises.

5
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

Indice de Young
= (1.9)
1.35 PlutĂŽt que de maintenir constantes les quanti-
tés de la période b, les offices de statistique peuvent cal-
culer l’IPC sous forme de moyenne arithmĂ©tique
pondĂ©rĂ©e des diffĂ©rents rapports de prix, en maintenant oĂč sbi est dĂ©fini comme prĂ©cĂ©demment. L’indice de
constantes les parts de recettes de la pĂ©riode b. L’indice Laspeyres gĂ©omĂ©trique correspond au cas particulier oĂč
qui en rĂ©sulte est appelĂ© dans ce manuel indice de b = 0, c’est-Ă -dire au cas oĂč les parts de dĂ©penses
Young, lĂ  aussi d’aprĂšs le premier indice de ce type. seraient celles de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix 0. De
L’indice de Young est dĂ©fini comme suit : mĂȘme, l’indice de Paasche gĂ©omĂ©trique utilise les parts
de dépenses de la période t. On notera que ces indices
gĂ©omĂ©triques ne peuvent pas ĂȘtre exprimĂ©s sous forme
(1.8) de ratios d’agrĂ©gats en valeur dans lesquels les quantitĂ©s
= =
sont fixes. Ce ne sont pas des indices de panier-type, et
il n’y a pas de contreparties des indices de Lowe.
1.39 Il est bon de rappeler que, pour toute série de
nombres positifs, la moyenne arithmétique est supé-
Dans l’indice de Lowe correspondant — l’équation (1.1) rieure ou Ă©gale Ă  la moyenne gĂ©omĂ©trique, qui est elle-
— les pondĂ©rations sont des parts de recettes hybrides mĂȘme supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  la moyenne harmonique,
qui valorisent les quantités de la période b aux prix de la ces égalités étant valables seulement lorsque les
pĂ©riode 0. Comme nous l’avons dĂ©jĂ  expliquĂ©, la pĂ©riode nombres sont tous Ă©gaux. En cas d’élasticitĂ©s croisĂ©es
de référence des prix 0 est en général postérieure à la unitaires de la demande et de parts de dépenses cons-
période de référence des pondérations b, car il faut du tantes, les indices de Laspeyres et de Paasche géomé-
temps pour recueillir et traiter les données de recettes. triques coïncident. Dans ce cas, les indices sont classés
Dans ce cas, l’office de statistique a le choix de supposer dans l’ordre ordinaire, c’est-à-dire : indice de Laspeyres
que les quantités de la période b restent constantes ou ordinaire > indices de Laspeyres et de Paasche géomé-
que les parts de dépenses de la période b restent cons- triques > indice de Paasche ordinaire, car ces indices
tantes. Elles ne peuvent pas rester toutes les deux cons- sont, respectivement, des moyennes arithmétique, géo-
tantes si les prix changent entre les pĂ©riodes b et 0. Si les mĂ©trique et harmonique des mĂȘmes rapports de prix uti-
parts des dĂ©penses sont restĂ©es effectivement constantes lisant les mĂȘmes sĂ©ries de pondĂ©rations.
entre les périodes b et 0, les quantités doivent avoir chan- 1.40 Les indices de Young et de Laspeyres géomé-
gĂ© en sens inverse des variations des prix auxquelles triques exigent les mĂȘmes informations que leurs contre-
elles rĂ©pondent, ce qui implique une Ă©lasticitĂ© de substi- parties arithmĂ©tiques ordinaires, et peuvent ĂȘtre produits
tution Ă©gale Ă  l’unitĂ©. rapidement. Il convient donc de considĂ©rer ces indices
1.36 Alors que l’on peut prĂ©sumer que l’indice de gĂ©omĂ©triques comme des options pratiques sĂ©rieuses
Lowe aura tendance Ă  dĂ©passer celui de Laspeyres, il est pour le calcul de l’IPC. Comme il sera expliquĂ© plus
plus difficile de faire des généralisations sur la relation loin, les indices géométriques sont probablement moins
entre les indices de Young et de Laspeyres. L’indice de sujets que leurs contreparties arithmĂ©tiques aux types de
Young pourrait ĂȘtre plus ou moins Ă©levĂ© que celui de biais Ă©voquĂ©s dans les prochaines sections. Leur princi-
Laspeyres selon que les quantitĂ©s sont plus ou moins pal inconvĂ©nient est peut-ĂȘtre que, comme ils ne sont pas
sensibles aux variations des prix relatifs. Le chapitre 15 des indices de panier-type, ils ne sont pas faciles Ă  expli-
montre que, si les élasticités de substitution sont élevées quer ou à justifier auprÚs des utilisateurs.
(supĂ©rieures Ă  l’unitĂ©), l’indice de Young tend Ă  dĂ©pas-
ser celui de Laspeyres, alors que, si les élasticités de Indices symétriques
substitution sont faibles, l’indice de Young tend Ă  ĂȘtre
inférieur à celui de Laspeyres. 1.41 Un indice est dit symétrique quand il fait un
1.37 Comme il est expliqué plus loin dans ce cha- usage égal des prix et des quantités dans les deux
pitre, l’indice de Lowe peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ© Ă  celui de Young pĂ©riodes comparĂ©es et les traite de maniĂšre symĂ©trique.
parce que ce dernier présente certaines propriétés non Les statistiques économiques utilisent couramment trois
souhaitables qui l’empĂȘchent de satisfaire Ă  certains tests types particuliers d’indice symĂ©trique, qu’il est bon de
essentiels pour les indices (voir aussi le chapitre 16). prĂ©senter Ă  ce stade. Comme nous l’avons dĂ©jĂ  notĂ©, ces
trois indices sont aussi des indices superlatifs.
1.42 Le premier est l’indice des prix de Fisher, PF,
Indices de Young, Laspeyres défini comme la moyenne géométrique des indices de
et Paasche gĂ©omĂ©triques Laspeyres et de Paasche, c’est-Ă -dire :
1.38 Dans la version gĂ©omĂ©trique de l’indice de Young,
une moyenne géométrique pondérée des rapports de prix PF ={ PL PP (1.10)
est calculée en utilisant les parts de dépenses de la période b
comme pondérations. Elle est définie comme suit :

6
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

1.43 Le second est l’indice des prix de Walsh, PW. rence des prix t. Les grandeurs sont avancĂ©es d’une
C’est un indice de panier-type dont les quantitĂ©s corres- pĂ©riode lorsque la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix avance
pondent aux moyennes gĂ©omĂ©triques des quantitĂ©s dans d’une pĂ©riode. Si j = 0, l’indice-chaĂźne de Lowe devient
les deux pĂ©riodes, Ă  savoir, un indice-chaĂźne de Laspeyres, alors que si j = –1, il
n devient un indice-chaĂźne de Paasche.
Šp t
i qit qi0 1.48 Les IPC de certains pays sont, de fait, des
PW i 1 (1.11) indices-chaßnes de Lowe de ce type, dont les quantités se
n
réfÚrent à une ou plusieurs années précédant la période
Šp
i 1
0
i qqt
i
0
i de rĂ©fĂ©rence des prix 0 d’une pĂ©riode fixĂ©e. Ainsi, les
douze indices mensuels qui vont de janvier 2000 Ă  jan-
En optant pour une moyenne géométrique plutÎt vier 2001 et dont la période de référence des prix est jan-
qu’arithmĂ©tique des quantitĂ©s, on donne une pondĂ©ra- vier 2000 peuvent ĂȘtre des indices de Lowe reposant sur
tion égale aux quantités relatives dans les deux des dépenses de 1998 actualisées par les prix. Les douze
pĂ©riodes. Les quantitĂ©s dans l’indice de Walsh peuvent indices allant de janvier 2001 Ă  janvier 2002 reposent
ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme Ă©quireprĂ©sentatives des deux alors sur les dĂ©penses de 1999 actualisĂ©es par les prix, et
périodes. ainsi de suite.
1.44 Le troisiĂšme indice est l’indice des prix de 1.49 Les dĂ©penses sont en retard par rapport Ă  la
Törnqvist, PT, dĂ©fini comme la moyenne gĂ©omĂ©trique pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix d’un intervalle fixe, qui
des rapports de prix pondĂ©rĂ©e par la moyenne des parts avance d’une annĂ©e Ă  chaque mois de janvier lorsque la
de dépenses dans les deux périodes. période de référence des prix est avancée, elle aussi,
d’une annĂ©e. Bien que, pour des raisons pratiques, il
n
doive y avoir un décalage entre les quantités et les prix
PT ={ – pit pi0
Vi
(1.12) lorsque l’indice est publiĂ© pour la premiĂšre fois, les
i 1
indices mensuels pour l’annĂ©e en cours peuvent ĂȘtre
oĂč σi est la moyenne arithmĂ©tique des parts des recalculĂ©s plus tard, en utilisant les donnĂ©es sur les
dépenses consacrées au produit i au cours des deux dépenses courantes quand elles deviennent finalement
pĂ©riodes. disponibles. De cette maniĂšre, l’indice de long terme
peut ĂȘtre un indice mensuel chaĂźnĂ© annuellement et
Sit  Si0 (1.13) assorti de pondérations annuelles actuelles. Cette
Vi
2 méthode, qui est expliquée plus en détail au chapitre 9,
est utilisée par un office de statistique.
oĂč les valeurs si sont dĂ©finies comme dans les Ă©quations 1.50 Un indice-chaĂźne doit dĂ©pendre du sentier
(1.2) et (1.3). d’évolution suivi, c’est-Ă -dire des prix et des quantitĂ©s
1.45 L’intĂ©rĂȘt thĂ©orique de ces indices apparaĂźt plus dans toutes les pĂ©riodes situĂ©es entre la premiĂšre et la
clairement dans les sections suivantes consacrĂ©es aux derniĂšre pĂ©riode de la sĂ©rie d’indice. Cette dĂ©pendance
approches axiomatique et Ă©conomique des indices. peut ĂȘtre avantageuse ou dĂ©savantageuse. Lorsque la
transition Ă©conomique s’effectue de maniĂšre progres-
sive de la premiĂšre Ă  la derniĂšre pĂ©riode, en s’accompa-
Indices Ă  base fixe ou indices-chaĂźnes gnant d’une Ă©volution rĂ©guliĂšre des rapports de prix et
1.46 Cette question est examinĂ©e au chapitre 15. des quantitĂ©s, le chaĂźnage tend Ă  rĂ©duire l’écart observĂ©
Lorsqu’une sĂ©rie temporelle d’indices de Lowe ou de entre les indices de Lowe, de Laspeyres et de Paasche,
Laspeyres est calculĂ©e en utilisant un assortiment fixe de ce qui rend les fluctuations de l’indice moins dĂ©pen-
quantitĂ©s, celles-ci deviennent peu Ă  peu inactuelles et dantes du choix de la formule d’indice retenue.
dĂ©pourvues d’intĂ©rĂȘt pour les derniĂšres pĂ©riodes dont les 1.51 Si les prix et les quantitĂ©s fluctuent pendant les
prix sont comparés. La période de référence, dans laquelle périodes intermédiaires, toutefois, le chaßnage risque non
les quantitĂ©s sont fixes, doit ĂȘtre actualisĂ©e tĂŽt ou tard, et la seulement d’amplifier l’écart de l’indice, mais aussi de
nouvelle sĂ©rie d’indice doit ĂȘtre chaĂźnĂ©e Ă  l’ancienne. fausser la mesure de la variation totale entre la premiĂšre et
Cette opération, le chaßnage, est inévitable à long terme. la derniÚre période. Supposons par exemple que tous les
1.47 Dans le cas d’un indice-chaĂźne, chaque chaĂź- prix, Ă  la derniĂšre pĂ©riode, reviennent Ă  leur niveau initial
nage prend la forme d’un indice dans lequel chaque de la pĂ©riode 0, ce qui implique qu’ils aient fluctuĂ© entre-
période est comparée à la précédente, les périodes de temps. Un indice-chaßne de Laspeyres ne reviendra pas à
rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations et des prix Ă©tant avancĂ©es Ă  100, il tendra Ă  ĂȘtre supĂ©rieur Ă  100. S’il y a rĂ©pĂ©tition du
chaque pĂ©riode. Toute formule d’indice peut ĂȘtre utili- cycle et retour pĂ©riodique des prix Ă  leur niveau initial, un
sĂ©e pour Ă©tablir les liens d’un indice-chaĂźne. Il est pos- indice-chaĂźne de Laspeyres tendra Ă  s’écarter de plus en
sible, par exemple, d’avoir un indice-chaĂźne dans lequel plus de 100, mĂȘme si l’on n’observe pas de hausse ten-
l’indice pour t+1 sur t est un indice de Lowe dĂ©fini par dancielle des prix sur le long terme. Le chaĂźnage n’est
la formule ÎŁp t+1qt–j/ ÎŁp tqt–j. Les quantitĂ©s se rĂ©fĂšrent Ă  donc pas indiquĂ© quand les prix fluctuent. Lorsque les
une période antérieure de j périodes à la période de réfé- prix mensuels connaissent des fluctuations saisonniÚres

7
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

amples et réguliÚres, par exemple, le chaßnage mensuel ne 1.55 Le chapitre 16 commence par examiner une
peut pas ĂȘtre recommandĂ©. Les fluctuations saisonniĂšres sĂ©rie de 20 axiomes, mais nous n’en donnerons ici
causent de graves problĂšmes, qui sont analysĂ©s au cha- qu’un Ă©chantillon Ă  titre d’exemple.
pitre 22. Si certains pays actualisent effectivement leurs T1 : positivitĂ© — l’indice des prix et les vecteurs de prix
pondĂ©rations de dĂ©penses tous les ans, les indices sur et de quantitĂ©s qui le composent devraient ĂȘtre positifs.
douze mois Ă©tablis durant chaque annĂ©e ne sont pas des T3 : test d’identitĂ© — si le prix de chaque produit est
indices-chaĂźnes, mais des indices de Lowe utilisant des identique dans les deux pĂ©riodes, l’indice des prix
quantitĂ©s annuelles fixes. devrait ĂȘtre Ă©gal Ă  l’unitĂ© quels que soient les vecteurs
1.52 L’indice de Divisia. Si les prix et les quantitĂ©s de quantitĂ©s.
sont des fonctions temporelles continues, il est possible T5 : proportionnalitĂ© pour les prix courants — si tous
de ventiler la variation de leur valeur totale au cours du les prix à la période t sont multipliés par le nombre positif
temps en deux composantes de prix et de quantitĂ©s, en λ, le nouvel indice des prix devrait ĂȘtre Ă©gal Ă  λ fois
suivant la mĂ©thode de Divisia. Comme le montre le cha- l’ancien indice des prix; autrement dit, la fonction d’in-
pitre 15, l’indice de Divisia peut ĂȘtre calculĂ© mathĂ©mati- dice des prix est (positivement) homogĂšne de degrĂ© un
quement en dĂ©rivant la valeur (c’est-Ă -dire les prix multi- dans les composantes du vecteur des prix de la pĂ©riode t.
pliĂ©s par les quantitĂ©s) par rapport au temps afin d’obtenir T10 : invariance Ă  la modification des unitĂ©s de
deux composantes : une variation des prix pondĂ©rĂ©e par mesure (test de commensurabilitĂ©) — l’indice des prix
la valeur relative et une variation des quantitĂ©s pondĂ©rĂ©e ne varie pas si l’on modifie les unitĂ©s dans lesquelles
par la valeur relative. Ces deux composantes sont défi- sont mesurés les produits.
nies, respectivement, comme des indices des prix et des T11 : test de rĂ©versibilitĂ© temporelle — si les donnĂ©es
quantitĂ©s. L’indice de Divisia est essentiellement thĂ©o- des deux pĂ©riodes sont interverties, l’indice des prix qui
rique. Dans la pratique, les prix ne peuvent ĂȘtre enregis- en rĂ©sulte devrait ĂȘtre Ă©gal Ă  l’inverse de l’indice des
trĂ©s qu’à intervalles discontinus, mĂȘme s’ils varient conti- prix initial.
nuellement au cours du temps. Un indice-chaüne peut T14 : test de la valeur moyenne pour les prix — l’in-
cependant ĂȘtre considĂ©rĂ© comme l’approximation dis- dice des prix se situe entre le rapport de prix le plus
crĂšte d’un indice de Divisia. L’indice de Divisia lui- Ă©levĂ© et le rapport de prix le plus bas.
mĂȘme n’offre que des indications pratiques limitĂ©es T16 : test de limitation par les indices de Paasche et
quant au type de formule d’indice Ă  choisir pour Ă©tablir de Laspeyres — l’indice des prix se situe entre les
les diffĂ©rents liens d’un indice-chaĂźne. indices de Laspeyres et de Paasche.
T17 : monotonie aux prix courants — si un prix de la
pĂ©riode t est augmentĂ©, l’indice des prix doit augmenter.
Approches axiomatiques 1.56 Certains de ces axiomes ou tests peuvent ĂȘtre
et stochastiques des indices considĂ©rĂ©s comme plus importants que d’autres. De fait,
1.53 Diverses approches axiomatiques des indices quelques-uns paraissent si raisonnables, fonciĂšrement,
sont expliquĂ©es au chapitre 16. Elles visent Ă  dĂ©terminer que l’on peut supposer que tout indice effectivement uti-
la forme fonctionnelle la mieux adaptée à un indice en lisé y satisfait. Ainsi, le test T10, ou test de commensura-
spĂ©cifiant une sĂ©rie d’axiomes, ou de tests, auxquels bilitĂ©, Ă©nonce que si l’unitĂ© de quantitĂ© dans laquelle on
l’indice devrait satisfaire. Ces approches mettent en mesure un produit est modifiĂ©e (passage du gallon au
lumiĂšre les propriĂ©tĂ©s des diffĂ©rents types d’indice, dont litre, par exemple), l’indice doit rester inchangĂ©. L’indice
certaines ne sont pas évidentes intuitivement. Les de Dutot, qui est défini comme le ratio de la moyenne
indices qui ne réussissent pas à satisfaire à certains arithmétique des prix dans les deux périodes, ne satisfait
axiomes ou tests fondamentaux peuvent ĂȘtre rejetĂ©s pas Ă  ce test. Comme nous le verrons plus tard, c’est un
catĂ©goriquement parce qu’ils risquent de se comporter type d’indice qui est en fait largement utilisĂ© dans les
de façon inacceptable. L’approche axiomatique peut premiers stades du calcul des IPC.
aussi ĂȘtre utilisĂ©e pour classer les indices en fonction de 1.57 Prenons par exemple le prix moyen du sel et
leurs propriĂ©tĂ©s souhaitables ou non. du poivre. Supposons que l’on ait dĂ©cidĂ© de modifier
l’unitĂ© de mesure du poivre en passant des grammes
aux onces sans modifier l’unitĂ© dans laquelle est mesu-
PremiĂšre approche axiomatique rĂ© le sel (les kilos, par exemple). Étant donnĂ© qu’une
1.54 La premiĂšre approche est l’approche tradition- once est Ă©gale Ă  28,35 grammes, la valeur absolue du
nelle des tests lancée par Irving Fisher. Les indices des prix du poivre est multipliée par 28, ce qui multiplie
prix et des quantitĂ©s sont dĂ©finis comme des fonctions effectivement le poids du poivre dans l’indice de Dutot
de deux vecteurs de prix et de deux vecteurs de quanti- par 28.
tés se rapportant aux deux périodes comparées. Prix et 1.58 Lorsque les produits couverts par un indice
quantités sont considérés comme des variables indépen- sont hétérogÚnes et mesurés dans des unités physiques
dantes, alors que l’approche Ă©conomique des indices diffĂ©rentes, la valeur de tout indice qui ne satisfait pas
examinée plus loin suppose que les quantités sont fonc- au test de commensurabilité dépend du choix purement
tion des prix. arbitraire des unitĂ©s de mesure. D’un point de vue thĂ©o-

8
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

rique, un tel indice doit ĂȘtre inacceptable. Si les prix se assortiment fixe de quantitĂ©s, qbi, quelle que soit la pĂ©-
rĂ©fĂšrent Ă  un ensemble strictement homogĂšne de pro- riode de rĂ©fĂ©rence des prix, il s’ensuit que
duits qui utilisent tous la mĂȘme unitĂ© de mesure, le test
devient sans objet. Lo0, t = Lo0, t–k Lot–k, t
1.59 Le test T11, c’est-Ă -dire le test de rĂ©versibili-
0, t
tĂ© temporelle, est, lui aussi, important. Il semble rai- oĂč Lo est l’indice de Lowe pour la pĂ©riode t, avec la
sonnable, en principe, d’exiger que l’on obtienne le pĂ©riode 0 comme pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix. L’indice
mĂȘme rĂ©sultat en choisissant l’une ou l’autre des deux de Lowe qui compare directement t Ă  0 est le mĂȘme que
pĂ©riodes possibles comme pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des celui calculĂ© indirectement sous forme d’indice-chaĂźne
prix : en d’autres termes, indĂ©pendamment du fait que pour les pĂ©riodes t – k.
la variation soit mesurĂ©e en passant de 0 Ă  t (calcul 1.63 Si, en revanche, l’indice de Lowe est dĂ©fini de
prospectif) ou de t Ă  0 (calcul rĂ©trospectif). L’indice de façon Ă  ce que les quantitĂ©s varient avec la pĂ©riode de rĂ©fĂ©-
Young ne satisfait pas à ce test, car la moyenne arith- rence des prix, comme dans l’indice Σp t+1qt–j/ Σp tqt–j exa-
mĂ©tique d’un ensemble de rapports de prix n’est pas minĂ© prĂ©cĂ©demment, l’indice-chaĂźne qui en rĂ©sulte n’est
Ă©gale Ă  l’inverse de la moyenne arithmĂ©tique des pas transitif. Les indices-chaĂźnes de Laspeyres et de
inverses des rapports de prix. Le fait que la dĂ©cision Paasche sont des cas particuliers de ce type d’indice.
arbitraire sur le plan théorique de mesurer la variation 1.64 Dans la réalité, les quantités changent et tout
des prix de 0 Ă  t (calcul prospectif) donne un rĂ©sultat l’intĂ©rĂȘt du chaĂźnage des indices est de permettre aux
diffĂ©rent de celui obtenu en passant de t Ă  0 (calcul quantitĂ©s d’ĂȘtre actualisĂ©es en permanence pour prendre
rĂ©trospectif) est considĂ©rĂ© par de nombreux utilisateurs en compte l’univers changeant des produits. Le fait
comme un sĂ©rieux handicap. Les offices de statistique d’assurer la transitivitĂ© en maintenant arbitrairement les
doivent tenir compte du fait que l’indice de Young ne quantitĂ©s constantes, notamment sur une trĂšs longue
satisfait pas au test de réversibilité temporelle. période, ne compense pas les biais potentiels introduits
1.60 Les indices de Laspeyres et de Paasche ne sa- par l’utilisation de quantitĂ©s non actualisĂ©es.
tisfont ni l’un ni l’autre au test de rĂ©versibilitĂ© tempo-
relle, pour la mĂȘme raison que l’indice de Young. Pour
un indice de Laspeyres, par exemple, la formule de cal- Classement des indices selon
cul de PBL de t à 0 (calcul rétrospectif) est la suivante : la premiÚre approche axiomatique
n 1.65 Le chapitre 16 montre non seulement que l’in-
Šp q 0 t
i i
1
dice des prix de Fisher satisfait aux 20 axiomes recen-
sĂ©s, mais aussi, et c’est plus remarquable, qu’il est le
PBL i 1
n
=
{
PP seul à pouvoir le faire. Sur la base de cette série
Špq
i 1
t t
i i (1.14) d’axiomes, l’indice des prix de Fisher l’emporte donc
clairement sur tous les autres indices.
Cet indice est identique Ă  l’inverse de l’indice de 1.66 Les deux autres indices symĂ©triques (et super-
Paasche (calcul prospectif), et non pas Ă  l’inverse de latifs) dĂ©finis dans les Ă©quations (1.11) et (1.12) ne se
l’indice de Laspeyres (calcul prospectif). Comme nous sortent pas aussi bien des 20 tests que l’indice de Fisher.
l’avons dĂ©jĂ  notĂ©, l’indice de Paasche (calcul prospectif) Le chapitre 16 montre que l’indice des prix de Walsh ne
tend à enregistrer une augmentation plus limitée que satisfait pas aux quatre tests, et que celui de Törnqvist
l’indice de Laspeyres (calcul prospectif), de sorte que ne satisfait pas aux neuf tests. On peut nĂ©anmoins
l’indice de Laspeyres ne peut pas satisfaire au test de s’attendre Ă  ce que les indices de Törnqvist et de Fisher
rĂ©versibilitĂ© temporelle. L’indice de Paasche ne satisfait soient numĂ©riquement proches l’un de l’autre lorsque
pas, lui non plus, à ce test. les données suivent une évolution relativement régu-
1.61 Par contre, l’indice de Lowe satisfait au test liùre, ainsi que le montre le chapitre 19.
de rĂ©versibilitĂ© temporelle Ă  condition que les quantitĂ©s 1.67 La liste d’axiomes a inĂ©vitablement quelque
qbi restent fixes lorsque la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix chose d’arbitraire : c’est une des limites de l’approche
est modifiĂ©e et passe de 0 Ă  t. Les quantitĂ©s d’un indice axiomatique. Certains axiomes, comme le test de limi-
de Laspeyres sont cependant, par définition, celles de tation par les indices de Paasche et de Laspeyres auquel
la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix, et doivent ĂȘtre modi- les indices de Törnqvist et de Walsh n’ont pu satisfaire,
fiĂ©es Ă  chaque fois que cette pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence pourraient ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme superflus. Des
change. Le panier-type utilisĂ© pour un indice de axiomes ou des tests supplĂ©mentaires pourraient ĂȘtre
Laspeyres «prospectif» est diffĂ©rent de celui utilisĂ© envisagĂ©s, et deux axiomes sont d’ailleurs examinĂ©s
pour un indice de Laspeyres «rĂ©trospectif» et, par con- plus loin. La simple application de l’approche axioma-
sĂ©quent, l’indice de Laspeyres ne satisfait pas au test de tique pose un autre problĂšme : il ne suffit pas de savoir
réversibilité temporelle. à quels tests les indices ne satisfont pas, il faut aussi
1.62 De mĂȘme, l’indice de Lowe est transitif alors savoir dans quelle mesure ils ne peuvent pas le faire.
que les indices de Laspeyres et de Paasche ne le sont Échouer trùs nettement à un test majeur, tel que celui de
pas. En supposant qu’un indice de Lowe utilise un la commensurabilitĂ©, peut ĂȘtre jugĂ© suffisant pour Ă©li-

9
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

miner un indice, alors qu’échouer de peu Ă  plusieurs comparaisons internationales en volume de la consom-
tests n’est pas nĂ©cessairement trĂšs prĂ©judiciable. mation et du produit intĂ©rieur brut (PIB) est un exemple
d’indice des quantitĂ©s de Lowe. Il utilise une moyenne
arithmétique pondérée des prix dans les différents pays
Autres tests comme vecteur de prix commun p j pour comparer les
1.68 Prenons un autre test de symétrie. Inverser les quantités dans ces pays.
rĂŽles des prix et des quantitĂ©s dans un indice des prix 1.71 De mĂȘme, on peut utiliser une moyenne des
donne un indice des quantitĂ©s de mĂȘme forme fonction- prix au cours des deux pĂ©riodes pour valoriser les quan-
nelle que l’indice des prix. Le test de factoritĂ© exige que titĂ©s dans les indices intertemporels. Pour que l’indice
le produit de cet indice des quantitĂ©s par l’indice des des quantitĂ©s satisfasse aussi le test de rĂ©versibilitĂ© tem-
prix initial soit identique Ă  la variation de la valeur de porelle, la moyenne doit ĂȘtre symĂ©trique. Le test d’inva-
l’agrĂ©gat en question. Le test est important si, comme il riance Ă  la modification proportionnelle des prix cou-
a été établi précédemment, les indices des prix et des rants (qui correspond au test T7 de la liste énumérée au
quantités visent à permettre que les variations de valeur chapitre 16, à ceci prÚs que les rÎles des prix et quanti-
des agrĂ©gats au cours du temps soient dĂ©composĂ©es, de tĂ©s sont inversĂ©s) requiert que l’indice des quantitĂ©s
façon économiquement significative, entre leurs compo- dépende seulement du niveau relatif des prix dans
santes de prix et de quantitĂ©s. Le chapitre 16 donne un chaque pĂ©riode, et non pas du niveau absolu. L’indice
autre rĂ©sultat intĂ©ressant : l’indice de Fisher est le seul des quantitĂ©s de Walsh remplit ce test. Il est additif et
indice des prix à satisfaire aux quatre minima que cons- satisfait au test de réversibilité temporelle. Il apparaßt
tituent les tests T1 (positivité), T11 (réversibilité tempo- donc comme un indice des quantités doté de certaines
relle), T12 (réversibilité par rapport aux quantités) et propriétés tout à fait souhaitables.
T21 (factoritĂ©). Comme le test de factoritĂ© suppose 1.72 Bien que l’indice de Fisher lui-mĂȘme ne soit
implicitement que les prix et les quantités se réfÚrent à pas additif, il est possible de décomposer la variation
la pĂ©riode 0 ou Ă  la pĂ©riode t, il ne prĂ©sente pas d’intĂ©rĂȘt totale en pourcentage d’un indice des prix (ou des quan-
pour un indice de Lowe dans lequel trois périodes (b, 0 tités) de Fisher en composantes additives qui reflÚtent la
et t) sont prises en compte. variation en pourcentage de chaque prix ou quantité.
1.69 Ainsi que nous l’avons vu plus haut, le produit Une dĂ©composition multiplicative similaire est possible
de l’indice des prix (des quantitĂ©s) de Laspeyres par pour un indice des prix (ou des quantitĂ©s) de Törnqvist.
l’indice des quantitĂ©s (des prix) de Paasche est identique
Ă  la variation de la valeur de l’agrĂ©gat en question. On
peut donc dire que les indices de Laspeyres et de Approche stochastique
Paasche satisfont à une version faible du test de factorité et seconde approche axiomatique
dans la mesure oĂč, en divisant la variation de valeur par 1.73 Avant de considĂ©rer une seconde approche axio-
un indice des prix de Laspeyres (ou de Paasche), on matique, il est bon d’envisager l’approche stochastique
obtient un indice des quantitĂ©s significatif, c’est-Ă -dire des indices des prix. Celle-ci traite les variations ou rap-
un indice de Paasche (ou de Laspeyres), mĂȘme si les ports de prix observĂ©s comme s’il s’agissait d’échan-
formes fonctionnelles des indices des prix et des quanti- tillons alĂ©atoires extraits d’un univers dĂ©fini dont la
tĂ©s ne sont pas identiques. moyenne peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme le taux gĂ©nĂ©ral
1.70 Le chapitre 16 examine aussi le test d’additivi- d’inflation. Il se peut toutefois qu’il n’y ait pas un taux
tĂ©. Celui-ci est plus important du point de vue des indices d’inflation unique. De nombreux univers possibles
des quantitĂ©s que des indices des prix. Les indices des peuvent ĂȘtre dĂ©finis, en fonction des sĂ©ries de dĂ©penses ou
prix peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour dĂ©flater des variations en de transactions particuliĂšres qui intĂ©ressent l’utilisateur.
valeur en vue d’obtenir des variations implicites en quan- De toute Ă©vidence, la moyenne de l’échantillon dĂ©pend du
titĂ©. Ces rĂ©sultats peuvent ĂȘtre prĂ©sentĂ©s pour des sous- choix de l’univers dont il est extrait. SpĂ©cifier cet univers
agrĂ©gats tels que les grandes catĂ©gories des dĂ©penses de revient au mĂȘme que spĂ©cifier le champ d’un IPC.
consommation des mĂ©nages. Tout comme les agrĂ©gats de L’approche stochastique rĂ©pond Ă  des questions comme la
dĂ©penses aux prix courants sont par dĂ©finition obtenus forme de moyenne qu’il convient de retenir ou la façon la
par simple addition des dĂ©penses individuelles, on peut plus efficace d’estimer celle-ci Ă  partir d’un Ă©chantillon de
raisonnablement s’attendre Ă  ce que la somme des varia- rapports de prix, une fois l’univers dĂ©fini.
tions des sous-agrĂ©gats d’un indice des quantitĂ©s soit 1.74 L’approche stochastique est particuliĂšrement
Ă©gale aux variations des totaux — c’est ce que l’on utile lorsque l’univers est rĂ©duit Ă  un seul type de pro-
appelle le test d’additivitĂ©. Des indices des quantitĂ©s, duit. Compte tenu des imperfections du marchĂ©, les prix
comme ceux de Laspeyres et de Paasche, qui utilisent auxquels le mĂȘme produit est vendu Ă  diffĂ©rents points
une série commune de prix pour valoriser des quantités de vente et les changements de prix constatés peuvent
durant deux pĂ©riodes, doivent satisfaire au test d’additivi- varier considĂ©rablement. Dans la pratique, les offices de
tĂ©. De mĂȘme, l’indice des quantitĂ©s de Lowe dĂ©fini par la statistique doivent estimer la variation moyenne des prix
formule ÎŁp jq t/ ÎŁp jq 0 est aussi additif. L’indice des quan- d’un produit donnĂ© Ă  partir d’un Ă©chantillon d’observa-
titĂ©s de Geary–Khamis (voir annexe 4) utilisĂ© pour des tions de prix. Cela pose d’importantes questions mĂ©tho-

10
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

dologiques, qui sont examinées plus en détail aux cha- sélection soient proportionnelles aux parts de dépenses
pitres 7 et 20. (moyenne arithmétique) dans les deux périodes 0 et t.
Lorsque ces pondérations sont appliquées aux logarithmes
Approche stochastique non pondérée des rapports de prix, la valeur escomptée des logarithmes
1.75 L’approche stochastique non pondĂ©rĂ©e de la est l’indice de Törnqvist, connu Ă©galement sous l’appella-
thĂ©orie des indices est expliquĂ©e au chapitre 16. Si l’on tion d’indice de Törnqvist–Theil. D’un point de vue axio-
a effectuĂ© un tirage alĂ©atoire simple, la mĂȘme pondĂ©ra- matique, le choix d’une moyenne symĂ©trique des parts de
tion peut ĂȘtre donnĂ©e Ă  chaque rapport de prix relevĂ©. dĂ©penses assure que l’indice satisfait au test de rĂ©versibi-
Supposons que chaque rapport de prix puisse ĂȘtre traitĂ© litĂ© temporelle, tandis que le choix de la moyenne arith-
comme la somme de deux composantes : un taux mĂ©tique, en tant que distincte d’autres moyennes symĂ©-
d’inflation commun et une perturbation alĂ©atoire de triques, pourrait se justifier par le fait que le test essentiel
moyenne zĂ©ro. La meilleure estimation du taux d’infla- de proportionnalitĂ© pour les prix courants, T5, est par lĂ 
tion commun, en utilisant les moindres carrĂ©s ou la vrai- mĂȘme satisfait.
semblance maximale, est la moyenne arithmĂ©tique non 1.79 Parce qu’il se concentre sur les variations de
pondĂ©rĂ©e des rapports de prix, formule d’indice connue prix, l’indice de Törnqvist se prĂ©sente comme un indice
sous l’appellation d’indice de Carli. Cet indice, qui cor- dotĂ© de certaines propriĂ©tĂ©s tout Ă  fait souhaitables. Cela
respond Ă  la version non pondĂ©rĂ©e de l’indice de Young, laisse envisager la possibilitĂ© d’une seconde approche
sera analysĂ© plus loin, dans le cadre des indices d’agrĂ©- axiomatique des indices, dans laquelle l’attention ne
gat Ă©lĂ©mentaire. porte plus sur les prix et quantitĂ©s utilisĂ©s dans l’ap-
1.76 Si la composante aléatoire est multiplicative, et proche axiomatique traditionnelle, mais sur les varia-
non pas additive, la meilleure estimation du taux d’infla- tions de prix et les parts en valeur.
tion commun est la moyenne géométrique non pondérée
des rapports de prix, connue sous l’appellation d’indice Seconde approche axiomatique
de Jevons. L’indice de Jevons peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ© Ă  celui de 1.80 Le chapitre 16 prĂ©sente une seconde ap-
Carli au motif que, contrairement à celui-ci, il satisfait au proche axiomatique, dans laquelle l’indice des prix est
test de rĂ©versibilitĂ© temporelle. Ainsi qu’il est expliquĂ© dĂ©fini comme une fonction de deux sĂ©ries de prix, ou
ci-aprĂšs, cette considĂ©ration peut ĂȘtre dĂ©cisive au de leurs ratios, et de deux sĂ©ries de valeurs. Si l’indice
moment de choisir la forme fonctionnelle à utiliser pour est invariant à la modification des unités de mesure,
estimer les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire Ă©tablis lors des autrement dit s’il satisfait au test de commensurabilitĂ©,
Ă©tapes initiales du calcul de l’IPC. on peut indiffĂ©remment spĂ©cifier les prix ou leurs
ratios. La série de 17 axiomes postulée ici est similaire
Approche stochastique pondérée aux 20 axiomes pris en considération dans la premiÚre
1.77 Comme il est expliquĂ© au chapitre 16, l’ap- approche axiomatique.
proche stochastique pondĂ©rĂ©e peut ĂȘtre appliquĂ©e Ă  un 1.81 L’appendice 16.1 montre que l’indice de
niveau d’agrĂ©gation couvrant des assortiments de pro- Törnqvist, ou de Törnqvist–Theil, est le seul indice des
duits divers. Ces derniers pouvant ĂȘtre d’une importance prix Ă  satisfaire aux 17 axiomes, tout comme l’indice
économique différente, tous les types de produit ne des prix de Fisher est le seul à satisfaire aux 20 tests
doivent pas recevoir la mĂȘme pondĂ©ration. Les produits dans la premiĂšre approche. Cependant, l’indice de
peuvent ĂȘtre pondĂ©rĂ©s en fonction de leur part dans la Törnqvist ne satisfait pas au test de factoritĂ©, de sorte
valeur totale des dĂ©penses ou autres transactions, durant que l’indice des quantitĂ©s implicite obtenu en actuali-
une ou plusieurs pĂ©riodes. Dans ce cas, l’indice (ou son sant la variation en valeur par l’indice des prix de
logarithme) est la valeur escomptĂ©e d’un Ă©chantillon Törnqvist n’est pas l’indice des quantitĂ©s de Törnqvist.
alĂ©atoire de rapports de prix (ou leurs logarithmes) dont L’indice des quantitĂ©s implicite n’est donc pas le «meil-
la probabilitĂ© de sĂ©lection est proportionnelle Ă  la leur», au sens oĂč il rĂ©pondrait aux 17 axiomes lorsque
dépense consacrée à ce type de produit dans une ou plu- ceux-ci seraient appliqués aux indices des quantités plu-
sieurs pĂ©riodes. On obtient des indices diffĂ©rents selon les tĂŽt qu’aux indices des prix.
pondĂ©rations retenues et selon que l’on utilise les rap- 1.82 L’existence de prix Ă©gaux Ă  zĂ©ro peut causer
ports de prix ou leurs logarithmes. des problĂšmes lorsque les indices reposent sur des ratios
1.78 Supposons qu’un Ă©chantillon de rapports de prix de prix, notamment s’il s’agit de moyennes gĂ©omĂ©-
soit sélectionné par tirage aléatoire à probabilité inégale triques de ratios de prix. En particulier, si certains prix
proportionnelle à la dépense consacrée à ce type de pro- tendent vers zéro, on peut appliquer le test selon lequel
duit dans la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix 0. La variation l’indice des prix ne devrait pas tendre vers zĂ©ro ou vers
de prix escomptĂ©e est alors l’indice des prix de Laspeyres «plus l’infini». L’indice de Törnqvist n’y satisfait pas.
pour l’univers considĂ©rĂ©. Cependant, d’autres indices C’est pourquoi il est proposĂ© au chapitre 16 de veiller,
peuvent aussi ĂȘtre obtenus en utilisant l’approche stochas- quand on utilise cet indice, Ă  maintenir les prix Ă  des
tique pondĂ©rĂ©e. Supposons que les deux pĂ©riodes soient valeurs diffĂ©rentes de zĂ©ro afin d’éviter que l’indice
traitées de façon symétrique et que les probabilités de perde toute signification.

11
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

1.83 Enfin, le chapitre 16 examine les propriétés biens et services consommés, mais qui est interprété en
axiomatiques des indices de Lowe et de Young. L’indice gĂ©nĂ©ral par les utilisateurs comme une mesure de l’évolu-
de Lowe se sort fort bien de l’approche axiomatique, tion des prix, et rien de plus. Pour ĂȘtre considĂ©rĂ© comme
satisfaisant à la fois aux tests de réversibilité temporelle un IPC, un indice du coût de la vie doit donc maintenir
et de transitivitĂ©. L’indice de Young Ă©choue en revanche Ă  constantes non seulement les prĂ©fĂ©rences du consomma-
ces deux tests, comme les indices de Laspeyres et de teur, mais toute la série des facteurs autres que les prix
Paasche. Ainsi que nous l’avons dĂ©jĂ  expliquĂ©, l’intĂ©rĂȘt qui influent sur le bien-ĂȘtre et sur le niveau de vie des
de l’indice de Lowe dĂ©pend davantage de la pertinence consommateurs. Si l’IPC a pour but d’ĂȘtre un indice du
des pondĂ©rations en quantitĂ©s qui sont fixĂ©es pour les coĂ»t de la vie, il doit ĂȘtre un indice conditionnel liĂ© Ă  :
deux pĂ©riodes comparĂ©es, c’est-Ă -dire du positionnement ‱ un niveau donnĂ© d’utilitĂ© ou de bien-ĂȘtre;
de la période b, que de ses propriétés axiomatiques.
1.84 Bien que les «meilleurs» indices issus des deux ‱ un ensemble donnĂ© de prĂ©fĂ©rences des consommateurs;
approches axiomatiques, Ă  savoir les indices de Fisher et
‱ un Ă©tat donnĂ© de l’environnement physique et social.
de Törnqvist, ne soient pas les mĂȘmes, ils n’en ont pas
moins beaucoup en commun. Ainsi que nous l’avons dĂ©jĂ  Bien Ă©videmment, les indices de Lowe sont, eux aussi,
notĂ©, ils sont tous deux symĂ©triques et superlatifs. Et, conditionnels, puisqu’ils dĂ©pendent du panier-type de
bien que leurs formules soient différentes, on peut biens et services choisi.
s’attendre Ă  ce qu’ils se comportent de maniĂšre similaire 1.88 Les indices de Lowe et les indices du coĂ»t de la
et enregistrent des variations de prix similaires. Il apparaĂźt vie ont en commun de pouvoir tous deux ĂȘtre dĂ©finis
que, quelle que soit l’approche de la thĂ©orie des indices comme des ratios de dĂ©penses dans deux pĂ©riodes.
adoptĂ©e, c’est le mĂȘme type d’indice qui montre des pro- Cependant, alors que les quantitĂ©s sont par dĂ©finition
priĂ©tĂ©s souhaitables, conclusion que corrobore l’approche fixes dans les indices de Lowe, elles varient en rĂ©ponse
économique des indices expliquée au chapitre 17. aux changements des prix relatifs dans les indices du
coĂ»t de la vie. Contrairement Ă  l’approche du panier fixe
de la thĂ©orie des indices, l’approche Ă©conomique recon-
Indice du coût de la vie naßt explicitement que les quantités consommées
1.85 L’examen de l’indice des prix Ă  la consomma- dĂ©pendent en fait des prix. Dans la pratique, on peut s’at-
tion sous l’angle de la thĂ©orie Ă©conomique a conduit Ă  tendre Ă  ce que les consommateurs rationnels ajustent les
formuler le concept d’indice du coĂ»t de la vie. ÉlaborĂ©e quantitĂ©s relatives qu’ils consomment en rĂ©ponse aux
dans un premier temps par Konus (1924), la thĂ©orie de variations des prix relatifs. L’indice du coĂ»t de la vie sup-
l’indice du coĂ»t de la vie repose sur l’hypothĂšse du com- pose que le consommateur qui cherche Ă  rĂ©duire au mini-
portement d’optimisation d’un consommateur rationnel. mum le coĂ»t du maintien d’un niveau d’utilitĂ© donnĂ© pro-
L’indice du coĂ»t de la vie pour ce type de consommateur cĂ©dera aux ajustements nĂ©cessaires. Les paniers-types de
a été défini de façon succincte comme le ratio des biens et services figurant au numérateur et au dénomina-
dépenses minimales requises pour atteindre un niveau teur des indices du coût de la vie ne sont donc pas exacte-
d’utilitĂ©, ou de bien-ĂȘtre, donnĂ© sous deux rĂ©gimes de ment les mĂȘmes.
prix diffĂ©rents. On trouvera une dĂ©finition et une explica- 1.89 On peut faire l’hypothĂšse que la dĂ©pense d’un
tion plus précises au chapitre 17. consommateur rationnel observée durant la période de
1.86 Alors que l’indice de Lowe mesure la variation rĂ©fĂ©rence choisie correspond Ă  la dĂ©pense minimale
du coĂ»t de l’achat d’un panier-type de biens et services, requise pour atteindre le niveau d’utilitĂ© qui est le sien
telle qu’elle rĂ©sulte des variations de leurs prix, l’indice durant cette pĂ©riode. Pour calculer un indice du coĂ»t de
du coût de la vie mesure la variation du coût minimum la vie reposant sur cette période, il est nécessaire de
du maintien d’un niveau d’utilitĂ© ou de bien-ĂȘtre donnĂ©, savoir quelle serait la dĂ©pense minimale requise pour
tel qu’il rĂ©sulte des variations des prix des biens et ser- atteindre prĂ©cisĂ©ment le mĂȘme niveau d’utilitĂ© si les prix
vices consommés. en vigueur étaient ceux de la seconde période, toutes
1.87 Un indice du coĂ»t de la vie peut ĂȘtre mal inter- choses Ă©gales par ailleurs. Les quantitĂ©s achetĂ©es sous
prĂ©tĂ©, car le bien-ĂȘtre des mĂ©nages dĂ©pend de facteurs ces conditions supposĂ©es seront sans doute hypothĂ©-
matĂ©riels et sociaux qui n’ont aucun lien avec les prix. tiques. Elles ne correspondront pas aux quantitĂ©s effec-
Divers événements peuvent survenir et avoir un impact tivement consommées durant la seconde période si
direct sur le bien-ĂȘtre : c’est le cas, par exemple, pour les d’autres facteurs, comme les ressources dont dispose le
catastrophes naturelles ou celles d’origine humaine. consommateur, ont changĂ©.
Lorsque des Ă©vĂ©nements de ce type se produisent, ils 1.90 Les quantitĂ©s requises pour le calcul de l’indice
peuvent conduire les ménages à accroßtre leur consom- du coût de la vie dans au moins une des périodes ne
mation de biens et services afin de compenser la perte de peuvent probablement pas ĂȘtre observĂ©es dans la pra-
bien-ĂȘtre qui en dĂ©coule pour eux. L’évolution des coĂ»ts tique. L’indice du coĂ»t de la vie n’est pas un indice opĂ©-
de consommation dĂ©clenchĂ©e par des Ă©vĂ©nements autres rationnel susceptible d’ĂȘtre calculĂ© directement. Il s’agit
que des variations de prix est sans objet pour un IPC qui donc de voir s’il est possible de trouver des mĂ©thodes qui
ne vise pas seulement Ă  mesurer l’évolution des prix des permettent d’estimer indirectement l’indice du coĂ»t de la

12
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

vie, ou au moins d’en dĂ©terminer les limites supĂ©rieure Quelques cas particuliers
et infĂ©rieure. Il peut aussi ĂȘtre trĂšs utile d’établir les liens 1.94 L’étape suivante consiste Ă  dĂ©terminer s’il existe
entre un indice du coût de la vie et les indices de Lowe, y des conditions spéciales dans lesquelles il serait possible
compris les indices de Laspeyres et de Paasche, qui de mesurer avec exactitude l’indice du coĂ»t de la vie. Le
peuvent ĂȘtre calculĂ©s. chapitre 17 montre que, si les prĂ©fĂ©rences des consomma-
teurs sont homothĂ©tiques — c’est-Ă -dire si les courbes
Limites supĂ©rieure et infĂ©rieure d’indiffĂ©rence ont toutes la mĂȘme forme, chacune d’elles
d’un indice du coĂ»t de la vie Ă©tant une expansion ou une contraction uniforme de
l’autre —, l’indice du coĂ»t de la vie est indĂ©pendant du
1.91 Il dĂ©coule de la dĂ©finition de l’indice de
niveau d’utilitĂ© sur lequel il repose. Les indices de
Laspeyres que, si le revenu d’un consommateur devait
Laspeyres et de Paasche donnent les limites supérieure et
changer dans les mĂȘmes proportions que l’indice de
infĂ©rieure du mĂȘme indice du coĂ»t de la vie.
Laspeyres, ce consommateur devrait avoir la possibilité
1.95 Un cas particulier intéressant se pose lorsque
d’acheter le mĂȘme panier-type de produits que dans la
les prĂ©fĂ©rences peuvent ĂȘtre reprĂ©sentĂ©es par la fonction
période de référence. Sa situation ne peut pas empirer.
dite de «Cobb–Douglas», dans laquelle les Ă©lasticitĂ©s
Toutefois, si les prix relatifs ont changé, le consommateur
croisées de la demande entre les divers produits sont
qui maximise son utilité ne continuera pas à acheter les
toutes Ă©gales Ă  l’unitĂ©. Les consommateurs ajustent les
mĂȘmes quantitĂ©s qu’auparavant. Il pourra atteindre un
quantitĂ©s relatives qu’ils consomment en proportion
niveau d’utilitĂ© plus Ă©levĂ© en substituant, au moins margi-
inverse des variations des prix relatifs, de sorte que les
nalement, des produits devenus relativement moins chers
parts de dépenses restent constantes. Si les préférences
à ceux qui sont devenus plus chers. Comme l’indice du
sont reprĂ©sentĂ©es par une fonction de Cobb–Douglas,
coût de la vie mesure la variation des dépenses minimales
l’indice de Laspeyres gĂ©omĂ©trique donne une mesure
nĂ©cessaires pour maintenir un niveau d’utilitĂ© constant,
exacte de l’indice du coĂ»t de la vie. Comme les dĂ©penses
l’indice du coĂ»t de la vie reposant sur la premiĂšre pĂ©riode
restent constantes au cours du temps, les trois indices
augmentera moins que l’indice de Laspeyres.
gĂ©omĂ©triques — Young, Laspeyres et Paasche — coĂŻn-
1.92 Si l’on suit le mĂȘme raisonnement, il apparaĂźt
cident les uns avec les autres et avec l’indice du coĂ»t de
que, lorsque les rapports de prix changent, l’indice du
la vie. Bien sûr, les versions arithmétiques de ces indices
coût de la vie reposant sur la seconde période doit aug-
ne coĂŻncident pas dans ces conditions, car les paniers-
menter davantage que l’indice de Paasche. Comme il est
types des périodes b, 0 et t sont tous différents puisque
expliquĂ© plus en dĂ©tail au chapitre 17, l’indice de
l’évolution des prix relatifs entraĂźne des substitutions.
Laspeyres donne la limite supĂ©rieure de l’indice du coĂ»t
1.96 L’un des rĂ©sultats les plus connus de la thĂ©orie
de la vie reposant sur la premiĂšre pĂ©riode, et l’indice de
des indices est que, si les prĂ©fĂ©rences peuvent ĂȘtre reprĂ©-
Paasche la limite infĂ©rieure de l’indice du coĂ»t de la vie
sentĂ©es par une fonction d’utilitĂ© quadratique homogĂšne,
reposant sur la seconde pĂ©riode. Il convient de noter qu’il
l’indice de Fisher donne une mesure exacte de l’indice du
y a lĂ  deux indices du coĂ»t de la vie diffĂ©rents, l’un repo-
coĂ»t de la vie (voir chapitre 17). MĂȘme si les prĂ©fĂ©rences
sant sur la premiĂšre pĂ©riode, et l’autre sur la seconde. En
des consommateurs ne risquent guĂšre de correspondre
général, toutefois, les deux indices du coût de la vie ne
exactement Ă  cette forme fonctionnelle particuliĂšre, ce
risquent guĂšre d’ĂȘtre trĂšs diffĂ©rents.
rĂ©sultat laisse penser que, d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l’indice
1.93 Supposons que l’indice thĂ©orique ciblĂ© soit un
de Fisher a de bonnes chances de donner une approxima-
indice du coût de la vie, mais que, pour des raisons pra-
tion Ă©troite de l’indice du coĂ»t de la vie inconnu, et plus
tiques, l’IPC soit calculĂ© en fait comme un indice de
précise certainement que celle obtenue par les indices
Lowe dans lequel les quantités se réfÚrent à une période
arithmétiques de Laspeyres ou de Paasche.
b précédant la période de référence des prix 0. Une con-
clusion importante peut ĂȘtre tirĂ©e de cette analyse limi-
naire : comme on peut s’attendre Ă  ce que l’indice de Estimation des indices du coĂ»t
Lowe dépasse celui de Laspeyres (en posant en hypo- de la vie par des indices superlatifs
thùse une tendance à long terme des prix et un effet de 1.97 L’intuition — selon laquelle l’indice de Fisher
substitution donnĂ©) et Ă  ce que l’indice de Laspeyres donne une valeur approchĂ©e de l’indice du coĂ»t de la vie
dĂ©passe quant Ă  lui l’indice du coĂ»t de la vie, l’indice de — est corroborĂ©e par le raisonnement suivant. Diewert
Lowe communĂ©ment utilisĂ© devrait afficher un biais par (1976) a observĂ© qu’une fonction quadratique homogĂšne
excĂšs. C’est un point qui a pesĂ© lourdement sur l’attitude est une forme fonctionnelle souple pouvant donner une
de certains pays vis-Ă -vis des IPC. Le biais dĂ©coule du approximation au second ordre d’autres fonctions dou-
fait que, par dĂ©finition, les indices de panier-type, y com- blement dĂ©rivables au mĂȘme point. Il qualifie ensuite une
pris celui de Laspeyres, ne permettent pas qu’il y ait sub- formule d’indice de superlative lorsqu’elle est exacte-
stitution entre produits en rĂ©ponse aux variations des ment Ă©gale Ă  l’indice du coĂ»t de la vie reposant sur une
prix relatifs. Il est donc qualifié en général de «biais de certaine forme fonctionnelle et lorsque cette forme fonc-
substitution». L’indice de Paasche devrait afficher un tionnelle est souple, c’est-Ă -dire quadratique homogĂšne.
biais de substitution par dĂ©faut. Les calculs menant Ă  ces rĂ©sultats, assortis d’explications

13
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

supplĂ©mentaires, sont prĂ©sentĂ©s en dĂ©tail au chapitre 17. autres. En principe, toutefois, il n’y a pas de limite Ă  r et
Contrairement Ă  l’indice du coĂ»t de la vie reposant sur la il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© rĂ©cemment qu’à mesure que r aug-
fonction d’utilitĂ© rĂ©elle mais inconnue, l’indice superlatif mente, la formule tend Ă  assigner une pondĂ©ration crois-
est un indice effectif qui peut ĂȘtre calculĂ©. Ces rĂ©sultats sante aux rapports de prix extrĂȘmes, et que les indices
ont une portée pratique : ils justifient, sur le plan théo- superlatifs qui en résultent peuvent diverger trÚs sensi-
rique, que l’on puisse s’attendre à ce qu’un indice super- blement les uns des autres. Ce n’est que lorsque la valeur
latif donne, dans un grand nombre de situations, une absolue de r est faible, comme c’est le cas pour les trois
approximation assez prĂ©cise de l’indice du coĂ»t de la vie. indices superlatifs les plus communĂ©ment utilisĂ©s
1.98 Les indices superlatifs en tant qu’indices (Fisher, Walsh et Törnqvist), que le choix de l’indice
symĂ©triques. L’indice de Fisher n’est en aucune façon le superlatif perd son importance.
seul exemple d’indice superlatif. Il existe en fait toute 1.101 Les indices de Fisher et de Walsh datent de
une famille d’indices superlatifs. Le chapitre 17 montre prĂšs d’un siĂšcle. L’indice de Fisher doit sa popularitĂ© Ă 
que toute moyenne quadratique d’ordre r est un indice son approche axiomatique, approche fondĂ©e sur les tests,
superlatif pour chaque valeur de r ≠ 0. La moyenne qua- qu’il a lui-mĂȘme contribuĂ© Ă  dĂ©velopper. Comme nous
dratique d’un indice des prix P r d’ordre r est dĂ©finie l’avons dĂ©jĂ  notĂ©, l’indice de Fisher domine les autres
comme suit : indices quand on utilise la premiĂšre approche axioma-
tique, et c’est l’indice de Törnqvist qui domine quand on
r 2
n
§ pit · utilise la seconde approche axiomatique définie plus
r
Š s 0
šš 0 žž
i haut. Le fait que les indices de Fisher et de Törnqvist
r i 1 © pi Âč (1.15) soient tous deux des indices superlatifs dont l’utilisation
P ={ r 2
0 peut ĂȘtre justifiĂ©e sur le plan Ă©conomique laisse penser
n
§p ·
r
Š s šš p
t
i
i
žž
t
que, d’un point de vue thĂ©orique, il n’est peut-ĂȘtre pas
possible de les amĂ©liorer pour les besoins de l’IPC.
i 1 © Âč
i

oĂč s 0i et sit sont dĂ©finis comme dans les Ă©quations (1.2) Biais de reprĂ©sentativitĂ©
et (1.3).
1.99 Il convient de relever la symĂ©trie du 1.102 Le fait que l’indice de Walsh soit un indice de
numĂ©rateur et du dĂ©nominateur de l’équation (1.15). Lowe qui est aussi superlatif porte Ă  croire que le biais
L’équation (1.15) se caractĂ©rise notamment par le fait des autres indices de Lowe dĂ©pend de la mesure dans
qu’elle traite de façon symĂ©trique les variations de prix laquelle leurs quantitĂ©s s’écartent de celles figurant dans
et les parts de dĂ©penses dans les deux pĂ©riodes, quelle le panier-type constituĂ© pour l’indice de Walsh. La ques-
que soit la valeur assignĂ©e au paramĂštre r. Trois cas tion peut cependant ĂȘtre envisagĂ©e sous un autre angle.
particuliers doivent retenir notre intĂ©rĂȘt : 1.103 Comme les quantitĂ©s figurant dans le panier-
type constitué pour un indice de Walsh sont des
‱ lorsque r = 2, l’équation (1.1) se rĂ©duit Ă  l’indice des moyennes gĂ©omĂ©triques des quantitĂ©s dans les deux
prix de Fisher; périodes, une importance égale est assignée aux quanti-
‱ lorsque r = 1, elle est Ă©quivalente Ă  l’indice des prix tĂ©s relatives, par opposition aux quantitĂ©s absolues,
de Walsh; dans les deux pĂ©riodes. Le panier-type pour l’indice de
Walsh peut donc ĂȘtre considĂ©rĂ© comme le plus reprĂ©-
‱ dans la limite r → 0, elle est Ă©gale Ă  l’indice de sentatif des deux pĂ©riodes. Si l’on attache une Ă©gale
Törnqvist. importance aux schémas de consommation dans les
Ces indices ont été présentés dans un premier temps deux périodes, le panier-type optimal pour un indice de
comme exemples d’indices traitant l’information dispo- Lowe devrait ĂȘtre le panier-type le plus reprĂ©sentatif.
nible dans les deux pĂ©riodes de façon symĂ©trique. L’un L’indice de Walsh devient alors la cible privilĂ©giĂ©e, sur
et l’autre ont Ă©tĂ© proposĂ©s pour la premiĂšre fois bien le plan thĂ©orique, pour un indice de Lowe.
avant que le concept d’indice superlatif soit Ă©laborĂ©. 1.104 Supposons que la pĂ©riode b, pour laquelle les
1.100 Choix d’un indice superlatif. Le chapitre 17 quantitĂ©s sont effectivement utilisĂ©es dans l’indice de
pose la question du choix de la formule superlative Ă  Lowe, se situe Ă  mi-chemin entre 0 et t. Dans ce cas, et
retenir dans la pratique. Comme on peut s’attendre Ă  ce dans l’hypothĂšse oĂč les quantitĂ©s relatives tendent Ă  Ă©vo-
que chacune d’elles donne une valeur approchĂ©e du luer de façon relativement rĂ©guliĂšre, le panier-type effectif
mĂȘme indice du coĂ»t de la vie, on peut en dĂ©duire dans la pĂ©riode b donne probablement une valeur appro-
qu’elles devraient aussi donner une valeur approchĂ©e les chĂ©e du panier-type le plus reprĂ©sentatif. À l’inverse, plus
unes des autres. Le fait que tous ces indices soient symé- cette période b est éloignée du point médian entre 0 et t,
triques renforce cette conclusion. Ces conjectures plus les quantités relatives de la période b risquent de
tendent Ă  ĂȘtre corroborĂ©es, dans la pratique, par quelques s’écarter de celles du panier-type le plus reprĂ©sentatif.
calculs numĂ©riques. Aussi longtemps que le paramĂštre r Dans ce cas, l’indice de Lowe entre les pĂ©riodes 0 et t, qui
ne s’éloigne pas trop d’un intervalle allant de 0 Ă  2, les utilise les quantitĂ©s de la pĂ©riode b, dĂ©passe vraisembla-
indices superlatifs tendent Ă  ĂȘtre trĂšs proches les uns des blement l’indice de Lowe, qui utilise les quantitĂ©s les plus

14
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

reprĂ©sentatives, d’un montant d’autant plus important que en une seule fois ou en deux Ă©tapes? L’associativitĂ©
la pĂ©riode b est plus reculĂ©e dans le temps. Si ce dernier apparaĂźt parfaite dans le cas de l’indice de Laspeyres,
indice est la cible, l’écart constatĂ© est le «biais». Ce biais mais inexistante pour les indices superlatifs. Les indices
peut ĂȘtre attribuĂ© au fait que les quantitĂ©s de la pĂ©riode b communĂ©ment utilisĂ©s de Fisher et Törnqvist font appa-
tendent Ă  devenir de moins en moins reprĂ©sentatives d’une raĂźtre quant Ă  eux une associativitĂ© relative.
comparaison entre 0 et t Ă  mesure que la pĂ©riode b s’é-
loigne dans le passé. Les facteurs économiques respon- Possibilité de substitution
sables en l’occurrence sont, bien sĂ»r, exactement les 1.108 Le chapitre 17 examine un autre indice
mĂȘmes que ceux qui donnent naissance au biais constatĂ© proposĂ© rĂ©cemment, l’indice de Lloyd–Moulton, PLM,
lorsque l’indice cible est l’indice du coĂ»t de la vie. On dĂ©fini comme suit :
peut donc considĂ©rer que certains types d’indice sont biai-
sĂ©s sans invoquer le concept d’indice du coĂ»t de la vie.
Inversement, les mĂȘmes types d’indice tendent Ă  ĂȘtre prĂ©-
fĂ©rĂ©s, que l’objectif soit d’estimer le biais du coĂ»t de la vie = (1.16)
ou non.
1.105 Si l’on privilĂ©gie les fluctuations des prix Ă 
court terme, l’indice cible est un indice entre deux Le paramĂštre σ, qui ne doit pas ĂȘtre nĂ©gatif, est l’élasti-
périodes temporelles consécutives t et t + 1. Dans ce cité de substitution entre les produits couverts. Il
cas, le panier-type le plus reprĂ©sentatif doit ĂȘtre avancĂ© indique dans quelle mesure, en moyenne, les divers pro-
d’une pĂ©riode lorsque l’on fait de mĂȘme pour l’indice. duits sont censĂ©s ĂȘtre des produits de substitution les
Choisir le panier-type le plus reprĂ©sentatif suppose que uns pour les autres. Cet indice a pour avantage que l’on
l’on ait recours au chaĂźnage. De mĂȘme, le chaĂźnage est peut s’attendre, avec un degrĂ© d’approximation raison-
implicite quand l’indice cible est un indice du coĂ»t de la nable, Ă  ce qu’il soit exempt de biais de substitution,
vie entre t et t + 1. Dans la pratique, l’univers de pro- alors qu’il ne nĂ©cessite pas plus de donnĂ©es qu’un
duits change lui aussi constamment. Le panier-type le indice de Lowe ou de Laspeyres. Il représente donc une
plus reprĂ©sentatif avançant d’une pĂ©riode, il est possible possibilitĂ© pratique de calcul de l’IPC, mĂȘme pour les
d’actualiser l’assortiment de produits couverts et de pĂ©riodes les plus rĂ©centes, bien que l’on puisse penser
prendre en compte l’évolution des quantitĂ©s relatives qu’il sera difficile d’obtenir une estimation satisfaisante
des produits qui Ă©taient couverts prĂ©cĂ©demment. et acceptable de la valeur numĂ©rique de l’élasticitĂ© de
substitution, paramÚtre utilisé dans la formule.
Données requises et problÚmes
de calcul
1.106 Étant donnĂ© que les indices superlatifs
Questions d’agrĂ©gation
requiĂšrent des donnĂ©es sur les prix et sur les dĂ©penses 1.109 Nous avons supposĂ© jusqu’à prĂ©sent que
pour les deux pĂ©riodes, et que les donnĂ©es sur les l’indice du coĂ»t de la vie reposait sur les prĂ©fĂ©rences
dĂ©penses ne sont en gĂ©nĂ©ral pas disponibles pour la d’un consommateur reprĂ©sentatif unique. Le chapitre 18
pĂ©riode en cours, il n’est pas possible de calculer un examine dans quelle mesure les diverses conclusions
IPC superlatif, au moins au moment oĂč l’IPC est auxquelles nous avons abouti demeurent valides pour
publié pour la premiÚre fois. Dans la pratique, les IPC les IPC établis en fait pour des groupes de ménages. La
tendent Ă  ĂȘtre des indices de Lowe assortis de quanti- conclusion gĂ©nĂ©rale est que, fondamentalement, les
tĂ©s fixes ou des indices-chaĂźnes de Lowe actualisĂ©s mĂȘmes relations restent valables au niveau des donnĂ©es
annuellement. Avec le temps, toutefois, les donnĂ©es agrĂ©gĂ©es, mĂȘme si les questions supplĂ©mentaires qui
sur les dépenses requises peuvent devenir disponibles sont alors soulevées peuvent exiger des hypothÚses
et permettre de calculer un IPC superlatif par la suite. additionnelles.
Les utilisateurs trouveront utile que les IPC superlatifs 1.110 L’une de ces questions concerne les pondĂ©ra-
soient publiés rétrospectivement, car cela permet tions à appliquer aux différents ménages. Les indices
d’évaluer les propriĂ©tĂ©s et le comportement de l’indice agrĂ©gĂ©s qui pondĂšrent les mĂ©nages en fonction de leurs
officiel. Les IPC superlatifs peuvent ĂȘtre traitĂ©s dĂ©penses sont appelĂ©s «ploutocratiques», tandis que
comme des indices qui complĂštent, plutĂŽt qu’ils ne ceux qui assignent la mĂȘme pondĂ©ration Ă  chaque
remplacent, les indices initiaux, si la politique suivie ménage sont dits «démocratiques». Une autre question
ne consiste pas Ă  rĂ©viser l’indice officiel. est de savoir s’il existe une seule sĂ©rie de prix Ă  un
1.107 Le chapitre 17 note que, dans la pratique, les moment donné, ou si des ménages différents se voient
IPC sont calculĂ©s le plus souvent par Ă©tapes (voir aussi appliquĂ©s des prix diffĂ©rents. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, il n’est
les chapitres 9 et 20) et s’applique Ă  rĂ©pondre Ă  une pas nĂ©cessaire, quand on dĂ©finit les indices agrĂ©gĂ©s, de
question : l’agrĂ©gation des indices calculĂ©s de cette supposer que tous les mĂ©nages sont confrontĂ©s Ă  la
maniĂšre est-elle ou non associative? En d’autres termes, mĂȘme sĂ©rie de prix, mĂȘme si l’analyse se trouve naturel-
ces indices ont-ils les mĂȘmes valeurs s’ils sont calculĂ©s lement simplifiĂ©e lorsque c’est le cas.

15
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

1.111 Un indice du coĂ»t de la vie agrĂ©gĂ© ploutocra- sur les cinq pĂ©riodes, alors que l’indice de Paasche chute
tique suppose que chaque mĂ©nage, lorsqu’il doit choisir quant Ă  lui de 20 %. Les deux indices superlatifs com-
entre deux séries de prix différentes, réduit au minimum munément utilisés, ceux de Törnqvist et de Fisher, enre-
le coĂ»t Ă  supporter pour atteindre un niveau d’utilitĂ© gistrent pour leur part des hausses de 25 % et 19 %, res-
donnĂ© (l’indice du coĂ»t de la vie agrĂ©gĂ© Ă©tant dĂ©fini pectivement, et l’écart qui les sĂ©pare n’est que de six
comme le ratio des coĂ»ts minimums agrĂ©gĂ©s Ă  l’ensemble points, contre 64 points entre les indices de Laspeyres et
des mĂ©nages). Comme dans le cas d’un mĂ©nage unique, de Paasche. Lorsque les indices sont chaĂźnĂ©s, les indices-
on reconnaĂźt que, pour rĂ©pondre aux besoins de l’IPC, chaĂźnes de Laspeyres et de Paasche affichent des hausses
l’indice du coĂ»t de la vie agrĂ©gĂ© doit ĂȘtre un indice condi- de 33 % et 12 %, respectivement, qui ramĂšnent l’écart
tionnel liĂ© Ă  l’état d’un assortiment particulier de entre eux de 64 Ă  21 points. Les indices-chaĂźnes de
variables d’environnement, qui sont en gĂ©nĂ©ral celles de Törnqvist et de Fisher enregistrent respectivement des
l’une ou l’autre des pĂ©riodes comparĂ©es. L’environne- hausses de 22,26 % et 22,24 %, Ă©tant pour ainsi dire
ment doit ĂȘtre compris au sens large, c’est-Ă -dire non seu- numĂ©riquement identiques. Ces rĂ©sultats montrent
lement physique, mais aussi politique et social. l’importance du choix de la formule d’indice et de
1.112 Comme l’indice d’un consommateur reprĂ©- la mĂ©thode.
sentatif unique, l’indice du coĂ»t de la vie agrĂ©gĂ© ne peut
pas ĂȘtre calculĂ© directement, mais il est parfois possible Produits saisonniers
de calculer des indices de Laspeyres et de Paasche agré-
gĂ©s qui dĂ©terminent les limites supĂ©rieure ou infĂ©rieure 1.116 Ainsi qu’il est expliquĂ© au chapitre 22, l’exis-
de leurs indices du coĂ»t de la vie respectifs. S’il n’y tence de produits saisonniers pose certains problĂšmes
a qu’une seule sĂ©rie de prix nationaux, l’indice de insolubles et crĂ©e des difficultĂ©s sĂ©rieuses pour les com-
Laspeyres ploutocratique agrĂ©gĂ© est rĂ©duit Ă  un indice de pilateurs et les utilisateurs de l’IPC. Sont appelĂ©s sai-
Laspeyres agrégé ordinaire. Comme les indices plouto- sonniers les produits qui :
cratiques agrĂ©gĂ©s de Laspeyres et de Paasche peuvent en ‱ ne sont pas disponibles durant certaines saisons,
principe ĂȘtre calculĂ©s, il en va de mĂȘme de l’indice de
Fisher ploutocratique. On verra, au chapitre 18, que l’on ‱ ou sont disponibles tout au long de l’annĂ©e, mais Ă 
devrait normalement obtenir ainsi une bonne approxima- des prix et dans des quantités qui connaissent des
tion de l’indice du coĂ»t de la vie ploutocratique agrĂ©gĂ©. fluctuations rĂ©guliĂšres synchronisĂ©es avec la saison
1.113 Enfin, le chapitre 18 conclut que les offices ou l’époque de l’annĂ©e.
de statistique pourraient en principe construire des Les fluctuations saisonniĂšres sont essentiellement
indices de Laspeyres, Paasche et Fisher dĂ©mocratiques d’ordre climatique ou coutumier. L’évolution de l’IPC
et ploutocratiques, pour autant que l’information sur les d’un mois sur l’autre peut parfois ĂȘtre Ă  tel point domi-
rapports de prix et les dĂ©penses spĂ©cifiques Ă  chaque nĂ©e par des influences saisonniĂšres qu’il est difficile de
ménage soit disponible pour les deux périodes. Si les discerner les tendances lourdes des prix. On peut appli-
informations sur les dépenses ne sont disponibles que quer des programmes conventionnels de correction des
pour la premiÚre période, seuls les indices de Laspeyres variations saisonniÚres, mais ceux-ci ne donnent pas
dĂ©mocratique et ploutocratique pourront ĂȘtre construits. toujours des rĂ©sultats satisfaisants. La difficultĂ© ne se
L’ensemble de donnĂ©es requises est toutefois considĂ©- limite pas Ă  l’interprĂ©tation des mouvements de l’IPC,
rable. Il n’y a guĂšre de chance, dans la pratique, que ces car la saisonnalitĂ© crĂ©e de rĂ©els problĂšmes de calcul
donnĂ©es puissent ĂȘtre disponibles pour chaque mĂ©nage de l’IPC lorsque certains des produits du panier-type
et, si c’était le cas, les risques d’erreurs seraient grands. tendent Ă  disparaĂźtre et rĂ©apparaĂźtre rĂ©guliĂšrement,
introduisant une solution de continuité dans la série de
prix à partir de laquelle est construit l’IPC. Il n’existe
Données numériques indicatives pas de panacée pour la saisonnalité, et le consensus sur
1.114 Le chapitre 19 présente certains exemples la meilleure pratique dans ce domaine reste à trouver.
numériques reposant sur un ensemble de données artifi- Le chapitre 22 examine différentes modalités de résolu-
cielles. Il ne s’agit pas d’illustrer les mĂ©thodes de calcul en tion possibles du problĂšme en s’appuyant sur une sĂ©rie
tant que telles, mais plutÎt de démontrer à quel point de données artificielles pour illustrer les conséquences
l’emploi de formules d’indice diverses peut donner des de l’utilisation des diverses mĂ©thodes proposĂ©es.
résultats numériques trÚs différents. Des séries de prix, 1.117 Exclure les produits saisonniers est une des
quantités et dépenses hypothétiques mais économique- options possibles, mais cela peut entraßner une réduc-
ment plausibles sont donnĂ©es pour six produits et cinq tion inacceptable du champ de l’indice, Ă©tant donnĂ© que
périodes. En général, les écarts entre les diverses formules les produits saisonniers représentent parfois une part
tendent Ă  s’accentuer avec la variance des rapports de prix. non nĂ©gligeable de la consommation totale des
Ils dĂ©pendent souvent aussi de la mesure dans laquelle les mĂ©nages. Dans l’hypothĂšse oĂč ces produits sont retenus,
prix suivent une évolution réguliÚre ou tendent à fluctuer. une solution consiste à privilégier non plus les fluctua-
1.115 Les rĂ©sultats numĂ©riques sont frappants. tions de l’indice d’un mois sur l’autre, mais ses varia-
Ainsi, l’indice de Laspeyres affiche une hausse de 44 % tions entre les mĂȘmes mois de deux annĂ©es successives.

16
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

Dans certains pays, les mĂ©dias et d’autres utilisateurs, mais les prix d’offre auxquels les produits sont proposĂ©s
tels que les banques centrales, ont pris l’habitude de dans diffĂ©rents types de point de vente au dĂ©tail. En prin-
suivre avant tout le taux d’inflation annuel entre le mois cipe, toutefois, l’IPC mesure l’évolution des prix payĂ©s
le plus rĂ©cent et le mĂȘme mois de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. par les mĂ©nages. Ces prix peuvent en fait varier au cours
Ce chiffre en glissement annuel est beaucoup plus facile du mois, qui est en général la période de référence pour
Ă  interprĂ©ter que les variations d’un mois sur l’autre, qui l’IPC. En principe, donc, la premiĂšre Ă©tape devrait con-
peuvent ĂȘtre plus volatiles mĂȘme en l’absence de fluc- sister Ă  ramener Ă  une moyenne les prix auxquels un pro-
tuations saisonniĂšres. duit est vendu durant la pĂ©riode, en gardant Ă  l’esprit que
1.118 Au chapitre 22, cette approche est Ă©tendue au les prix peuvent varier mĂȘme dans le cas de produits
concept de moyenne mobile d’indices, qui compare les identiques vendus dans le mĂȘme point de vente. En
prix pour les douze mois les plus rĂ©cents avec les mois gĂ©nĂ©ral, ce calcul n’est pas faisable dans la pratique.
correspondants de l’annĂ©e de rĂ©fĂ©rence des prix. Les Toutefois, avec une caisse enregistreuse Ă©lectronique oĂč
indices annuels mobiles qui en rĂ©sultent peuvent ĂȘtre tous les codes-barres des produits sont lus, les valeurs
considérés comme des indices des prix corrigés des des transactions sont effectivement enregistrées. Il est
variations saisonniùres. Il apparaüt qu’ils fonctionnent possible de calculer un prix moyen au lieu d’enregistrer
bien avec la sĂ©rie de donnĂ©es artificielles. On peut consi- simplement le prix d’offre d’un moment prĂ©cis. Les don-
dĂ©rer que ces indices sont une mesure de l’inflation sur nĂ©es obtenues par lecture optique ont d’ores et dĂ©jĂ  com-
une annĂ©e, centrĂ©e autour d’un mois prĂ©cĂ©dant d’un mencĂ© Ă  ĂȘtre utilisĂ©es aux fins de l’IPC, et l’on peut pen-
semestre le dernier mois de l’indice mobile. Ce dĂ©calage ser qu’elles prendront de l’importance au fil du temps.
peut ĂȘtre dĂ©savantageux Ă  certains Ă©gards, mais le cha- 1.122 Une fois les prix de produits reprĂ©sentatifs
pitre 22 montre que, sous certaines conditions, le glisse- relevés dans un échantillon de points de vente, la question
ment annuel du mois en cours, conjugué au glissement qui se pose est de savoir quelle formule est la plus indi-
annuel du prĂ©cĂ©dent, peut donner une prĂ©vision fiable de quĂ©e pour construire un indice d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Ce
l’indice annuel mobile qui est centrĂ© sur le mois en point est examinĂ© au chapitre 20. Il a Ă©tĂ© quelque peu
cours. Les indices annuels mobiles et les constructions nĂ©gligĂ©, par rapport Ă  d’autres questions, jusqu’à ce
analytiques similaires ne visent pas, bien sĂ»r, Ă  rempla- qu’une sĂ©rie d’études effectuĂ©es dans les annĂ©es 90 donne
cer l’IPC mensuel ou trimestriel, mais Ă  donner des des indications beaucoup plus claires sur les propriĂ©tĂ©s
informations complĂ©mentaires qui peuvent prĂ©senter un des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire et sur leurs forces et fai-
trĂšs grand intĂ©rĂȘt pour les utilisateurs. Ces indices blesses relatives. La qualitĂ© d’un IPC dĂ©pend en grande
peuvent ĂȘtre publiĂ©s en mĂȘme temps que l’IPC officiel. partie de celle des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire Ă  partir
1.119 Les diverses façons de traiter les solutions de desquels il est construit.
continuitĂ© provoquĂ©es dans les sĂ©ries de prix par la 1.123 Les prix sont relevĂ©s pour le mĂȘme produit au
disparition et la rĂ©apparition de produits saisonniers mĂȘme point de vente pendant une sĂ©rie de pĂ©riodes suc-
sont examinĂ©es au chapitre 22. C’est un domaine, cessives. En gĂ©nĂ©ral, donc, un indice d’agrĂ©gat Ă©lĂ©men-
cependant, oĂč la recherche doit encore progresser. taire est calculĂ© Ă  partir de deux sĂ©ries d’observations de
prix appariĂ©es. On suppose ici qu’il n’y a pas d’observa-
Indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire tions manquantes ni de modification de la qualitĂ© des pro-
duits Ă©lĂ©mentaires de l’échantillon, de sorte que l’on dis-
1.120 Ainsi qu’il est expliquĂ© aux chapitres 9 et 20, pose de deux sĂ©ries de prix parfaitement appariĂ©es. Le
l’IPC est calculĂ© par Ă©tapes. Dans un premier temps, des traitement des nouveaux produits qui apparaissent ou des
indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire sont estimĂ©s pour les produits qui disparaissent, ainsi que des changements de
agrĂ©gats de dĂ©penses Ă©lĂ©mentaires d’un IPC. Dans un qualitĂ©, est en soi une question distincte et complexe. Elle
deuxiÚme temps, ces indices sont agrégés, ou ramenés à est présentée dans ses grandes lignes ci-aprÚs, et exami-
une moyenne, pour obtenir des indices de niveau supé- née plus en détail aux chapitres 7, 8 et 21.
rieur utilisant les agrégats de dépenses élémentaires
comme pondérations. Un agrégat de dépenses élémen-
taire regroupe les dépenses consacrées à une série limi- Pondérations au sein
tée et relativement homogÚne de produits définis dans le des agrégats élémentaires
cadre de la classification des produits de consommation 1.124 Dans la plupart des cas, les indices des prix des
utilisĂ©e pour l’IPC. Le chapitre 6 explique que les agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires sont calculĂ©s sans faire explicite-
offices de statistique choisissent en général un assorti- ment appel aux pondérations de dépenses. Il conviendrait
ment de produits reprĂ©sentatifs au sein de chaque agrĂ©- cependant d’utiliser, aussi souvent que possible, des pon-
gat et relĂšvent ensuite des Ă©chantillons de leurs prix Ă  un dĂ©rations reflĂ©tant l’importance relative des produits Ă©lĂ©-
certain nombre de points de vente. Les agrĂ©gats Ă©lĂ©men- mentaires Ă©chantillonnĂ©s, mĂȘme si ce n’est que de façon
taires servent de strates pour l’échantillonnage. approximative. Bien souvent, l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire est
1.121 Les prix relevĂ©s durant la premiĂšre Ă©tape ne simplement l’agrĂ©gat le plus petit pour lequel on dispose
sont pas, en gĂ©nĂ©ral, les prix qui ont Ă©tĂ© constatĂ©s dans d’informations fiables sur les pondĂ©rations. L’indice de
les transactions effectives entre unitĂ©s Ă©conomiques, l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire doit alors ĂȘtre calculĂ© sans utiliser

17
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

les pondĂ©rations. Cependant, mĂȘme dans ce cas, il faut ‱ une moyenne arithmĂ©tique simple des rapports de
noter que, si les produits Ă©lĂ©mentaires sont choisis en leur prix, connue sous l’appellation d’indice de Carli ou
appliquant des probabilitĂ©s de sĂ©lection proportionnelles Ă  PC; l’indice de Carli est la version non pondĂ©rĂ©e de
la taille de telle ou telle variable pertinente (les ventes, par l’indice de Young;
exemple), la procĂ©dure d’échantillonnage introduit impli-
‱ une moyenne gĂ©omĂ©trique simple des rapports de
citement des pondérations.
prix, connue sous l’appellation d’indice de Jevons ou
1.125 Pour certains agrégats élémentaires, les infor-
PJ; l’indice de Jevons est une version non pondĂ©rĂ©e de
mations sur les ventes de produits élémentaires particu-
l’indice de Young gĂ©omĂ©trique;
liers, les parts de marché ou les pondérations régionales
peuvent ĂȘtre utilisĂ©es comme pondĂ©rations explicites au ‱ une moyenne harmonique simple des rapports de
sein d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Les pondĂ©rations au sein prix, ou PH.
des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires peuvent ĂȘtre actualisĂ©es de Comme il a Ă©tĂ© notĂ© plus haut, quelle que soit la sĂ©rie de
façon indĂ©pendante, et plus souvent peut-ĂȘtre que les nombres positifs considĂ©rĂ©e, la moyenne arithmĂ©tique
agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires eux-mĂȘmes (qui servent de pon- est supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  la moyenne gĂ©omĂ©trique, qui
dĂ©rations pour les indices de niveau supĂ©rieur). est elle-mĂȘme supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  la moyenne harmo-
1.126 Supposons par exemple que le nombre de four- nique, les égalités ne restant valables que lorsque les
nisseurs d’un produit tel que le pĂ©trole soit limitĂ©. Les nombres sont tous Ă©gaux. Il s’ensuit que PC > PJ > PH.
parts de marchĂ© des fournisseurs peuvent ĂȘtre connues Ă  1.129 Le chapitre 20 montre que les Ă©carts entre les
partir des statistiques recueillies dans le cadre d’enquĂȘtes trois indices se creusent lorsque la variance des rapports
sur l’activitĂ© Ă©conomique, et utilisĂ©es comme pondĂ©ra- de prix augmente. Le choix d’une formule devient
tions dans le calcul d’un indice d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire pour d’autant plus important que les variations de prix se
le prix des produits pĂ©troliers. Autre exemple, les prix de diversifient. On peut s’attendre Ă  ce que PJ se situe
l’eau peuvent ĂȘtre relevĂ©s auprĂšs d’un certain nombre de approximativement Ă  mi-chemin entre PC et PH.
services locaux desservant des régions dont la population 1.130 La seconde des options donne trois indices
est connue. La taille relative de la population de chaque possibles :
rĂ©gion peut alors ĂȘtre utilisĂ©e pour obtenir une valeur
approchĂ©e des dĂ©penses de consommation relatives afin ‱ le ratio des moyennes arithmĂ©tiques simples des prix,
de pondĂ©rer le prix dans chaque rĂ©gion pour obtenir un connu sous l’appellation d’indice de Dutot, ou PD;
indice d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire pour le prix de l’eau. ‱ le ratio des moyennes gĂ©omĂ©triques simples, connu
sous l’appellation d’indice de Jevons, ou PJ;
Interconnexions entre les diffĂ©rentes ‱ le ratio des moyennes harmoniques simples, ou PH.
formules Ă©lĂ©mentaires d’indice
des prix Le classement des ratios des différents types de moyenne
n’est pas prĂ©visible. Par exemple, l’indice de Dutot, PD,
1.127 Il est possible d’obtenir des indications utiles peut ĂȘtre supĂ©rieur ou infĂ©rieur Ă  celui de Jevons, PJ.
sur les propriétés des diverses formules qui ont été utili-
sĂ©es, ou dont l’emploi a Ă©tĂ© envisagĂ©, pour construire 1.131 L’indice de Dutot peut aussi ĂȘtre exprimĂ© sous
des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire en examinant les forme d’une moyenne pondĂ©rĂ©e des rapports de prix, dans
interconnexions mathématiques qui existent entre elles. laquelle les prix de la période 0 servent de pondération :
Le chapitre 20 en donne une analyse approfondie.
Comme il est posĂ© en hypothĂšses que l’on ne dispose n
0 § pi ·
n t
pas de pondérations explicites, les diverses formules
considérées font toutes appel à des moyennes non pon-
Špit n Š i © p 0 žÂč
p š
i 1
dĂ©rĂ©es, c’est-Ă -dire Ă  des moyennes simples dans les- PD ={ i 1
n n
i (1.17)
quelles les divers produits élémentaires reçoivent une
pondération égale. Deux grandes options existent pour
Šp
i 1
0
i n Šp
i 1
0
i

ces indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire :


‱ une forme de moyenne simple des ratios ou rapports ComparĂ© Ă  l’indice de Carli, qui est une moyenne
de prix; simple des rapports de prix, l’indice de Dutot donne une
pondération plus forte aux rapports de prix des produits
‱ le ratio d’une forme de moyenne simple des prix dans dont les prix sont Ă©levĂ©s durant la pĂ©riode 0. Il n’en est
les deux périodes. pas moins difficile de donner un fondement économique
Dans le cas de la moyenne géométrique, les deux rationnel à ce type de pondération. Les prix ne sont pas
méthodes coïncident, car la moyenne géométrique des des dépenses. Si les produits sont homogÚnes, ils ne
ratios ou rapports de prix est identique au ratio de leur seront probablement achetĂ©s qu’en trĂšs faibles quantitĂ©s
moyenne gĂ©omĂ©trique. Ă  des prix Ă©levĂ©s dans l’hypothĂšse oĂč les mĂȘmes
1.128 Trois indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire peuvent ĂȘtre produits peuvent ĂȘtre obtenus Ă  meilleur marchĂ©. S’ils
Ă©tablis Ă  partir de la premiĂšre des options susmentionnĂ©es : sont hĂ©tĂ©rogĂšnes, l’indice de Dutot ne devrait de toute

18
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

maniĂšre pas ĂȘtre utilisĂ©, car les quantitĂ©s ne sont ni com- 1.136 L’approche axiomatique fait apparaĂźtre que
mensurables, ni additives. l’indice de Jevons est l’indice prĂ©fĂ©rĂ©, mais que son utili-
1.132 S’il est utile d’établir les interconnexions entre sation n’est peut-ĂȘtre pas indiquĂ©e dans toutes les situa-
les divers indices, celles-ci n’aident pas, concrĂštement, Ă  tions. Si une observation est Ă©gale Ă  zĂ©ro, la moyenne
choisir un indice. Cependant, comme les diffĂ©rences entre gĂ©omĂ©trique est Ă©gale Ă  zĂ©ro. L’indice de Jevons est sen-
les diverses formules tendent Ă  s’accentuer avec la disper- sible aux chutes extrĂȘmes des prix; il peut donc ĂȘtre
sion des rapports de prix, il est Ă  l’évidence souhaitable de nĂ©cessaire d’imposer des limites supĂ©rieure et infĂ©rieure
définir les agrégats élémentaires de façon à réduire autant aux différents rapports de prix quand on utilise cet indice.
qu’il est possible la variation des mouvements de prix au
sein de chaque agrégat. Moins il y a de variation, et moins
le choix de la formule d’indice fait de diffĂ©rence. Comme Approche Ă©conomique des indices
les agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires servent aussi de strates pour les d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire
besoins de l’échantillonnage, le fait de rĂ©duire au mini- 1.137 L’approche Ă©conomique des indices d’agrĂ©-
mum la variance des rapports de prix au sein des strates gat élémentaire est expliquée au chapitre 20. Les pro-
rĂ©duira aussi l’erreur d’échantillonnage. duits de l’échantillon pour lesquels les prix sont relevĂ©s
sont traitĂ©s comme s’ils constituaient un panier-type de
biens et services achetés par des consommateurs ration-
Approche axiomatique nels maximisant leur utilitĂ©. L’objectif est d’estimer un
des formules d’indice indice conditionnel du coĂ»t de la vie couvrant l’assorti-
1.133 L’approche axiomatique prĂ©sentĂ©e plus haut ment de produits en question.
est un des moyens qui peuvent ĂȘtre mis Ă  profit pour 1.138 On notera toutefois que les diffĂ©rences entre les
choisir entre les diffĂ©rentes formules d’indice. Une sĂ©rie prix des produits de l’échantillon ne signifient pas forcĂ©-
de tests est appliquĂ©e aux indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire ment que ces derniers sont de qualitĂ© diffĂ©rente. Si les
au chapitre 20. marchés étaient parfaits, les rapports de prix devraient
1.134 L’indice de Jevons, PJ, satisfait Ă  tous les tests reflĂ©ter les coĂ»ts de production relatifs et les utilitĂ©s rela-
retenus. Il l’emporte sur les autres indices de la mĂȘme tives. Il se peut, en fait, que les diffĂ©rences de prix soient
maniĂšre que l’indice de Fisher tend Ă  dominer d’autres tout simplement la consĂ©quence des imperfections du mar-
indices Ă  un niveau agrĂ©gĂ©. L’indice de Dutot, PD, Ă©choue chĂ©. Ainsi, des produits parfaitement identiques peuvent
Ă  un seul test, celui de commensurabilitĂ©. Cet Ă©chec est ĂȘtre achetĂ©s et vendus Ă  des prix diffĂ©rents dans des points
cependant crucial, car il reflÚte un point essentiel soulevé de vente différents pour la simple raison que les consom-
prĂ©cĂ©demment : quand les quantitĂ©s ne sont pas additives mateurs manquent d’informations sur les prix pratiquĂ©s
d’un point de vue Ă©conomique, les prix ne sont pas dans les autres points de vente. Les producteurs peuvent
additifs non plus et ne peuvent donc pas ĂȘtre ramenĂ©s Ă  aussi pratiquer la discrimination par les prix en faisant
une moyenne significative. Toutefois, PD se comporte bien payer à différents consommateurs des prix différents pour
lorsque les produits Ă©lĂ©mentaires de l’échantillon sont des produits parfaitement identiques. La discrimination
homogĂšnes. L’important, pour l’indice de Dutot, est donc par les prix est une pratique rĂ©pandue dans de nombreuses
de déterminer à quel point les produits rassemblés au sein activités de services. Lorsque les écarts de prix résultent
d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire sont hĂ©tĂ©rogĂšnes. Si les produits des imperfections du marchĂ©, il ne faut pas s’attendre Ă  ce
ne sont pas suffisamment homogÚnes pour que leurs que les consommateurs réagissent aux variations des rap-
quantitĂ©s soient additives, il faut renoncer Ă  utiliser ports de prix des produits comme ils le feraient s’ils Ă©taient
l’indice de Dutot. bien informĂ©s et libres de leurs choix.
1.135 Bien que l’indice de Carli, PC, ait Ă©tĂ© largement 1.139 En tout Ă©tat de cause, si l’on ne dispose pas
utilisĂ© dans la pratique, l’approche axiomatique montre d’informations sur les quantitĂ©s ou les dĂ©penses au sein
qu’il possĂšde certaines propriĂ©tĂ©s non souhaitables. En par- d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire, il n’est pas possible de calculer
ticulier, en tant que version non pondĂ©rĂ©e de l’indice de un indice superlatif, quel qu’il soit. L’indice conditionnel
Young, il Ă©choue aux tests de rĂ©versibilitĂ© temporelle et de du coĂ»t de la vie au niveau d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire ne
transitivitĂ©. C’est un sĂ©rieux handicap, dans la mesure sur- peut donc ĂȘtre estimĂ© que dans l’hypothĂšse oĂč certaines
tout oĂč les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire sont souvent des conditions spĂ©ciales sont remplies.
indices chaĂźnĂ©s mensuellement. Un consensus s’est Ă©tabli 1.140 Deux cas particuliers prĂ©sentent un certain
autour de l’idĂ©e que l’indice de Carli pourrait ĂȘtre inadĂ©quat intĂ©rĂȘt. Le premier est celui dans lequel les prĂ©fĂ©rences
parce qu’il risque de prĂ©senter un biais positif significatif. sont du type «prĂ©fĂ©rences de Leontief». Dans ces condi-
C’est ce que montre l’exemple numĂ©rique proposĂ© au cha- tions, les quantitĂ©s relatives restent fixes quels que soient
pitre 9. L’utilisation de cet indice n’est pas approuvĂ©e dans les rapports de prix. Aucune substitution n’a lieu en
le cadre des indices des prix à la consommation harmonisés réponse aux modifications des rapports de prix. Les élas-
en vigueur au sein de l’Union europĂ©enne. À l’inverse, la ticitĂ©s croisĂ©es de la demande sont nulles. Dans l’hypo-
moyenne harmonique des rapports de prix, PH, risque de thĂšse des prĂ©fĂ©rences de Leontief, l’indice de Laspeyres
prĂ©senter un biais nĂ©gatif tout aussi significatif; cela dit, cet donne une mesure exacte de l’indice du coĂ»t de la vie.
indice ne semble pas ĂȘtre utilisĂ© dans la pratique. Dans ce cas, l’indice de Carli calculĂ© pour un Ă©chantillon

19
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

alĂ©atoire donnerait une estimation de l’indice du coĂ»t de de Jevons donne sans doute une approximation plus
la vie si les produits Ă©lĂ©mentaires Ă©taient choisis avec des juste de l’indice du coĂ»t de la vie que l’indice de Carli,
probabilitĂ©s de sĂ©lection proportionnelles Ă  leur part dans car il est plus probable qu’il y ait un effet de substitution
les dĂ©penses de consommation de la population. Il pour- important plutĂŽt que pas d’effet de substitution du tout,
rait apparaĂźtre que, si les produits Ă©lĂ©mentaires Ă©taient surtout si les agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires devaient ĂȘtre dĂ©libĂ©-
choisis avec des probabilités proportionnelles à leur part rément construits de maniÚre à regrouper des produits
dans les quantitĂ©s achetĂ©es par la population, l’indice de Ă©lĂ©mentaires similaires constituant de proches produits
Dutot calculĂ© pour l’échantillon donnerait une estimation de substitution les uns pour les autres.
de l’indice de Laspeyres pour la population. Cependant, si 1.144 La moyenne gĂ©omĂ©trique de PC et PH, dĂ©nom-
l’on suppose que le panier-type de l’indice de Laspeyres mĂ©e indice PCSWD au chapitre 20, serait une alternative Ă 
contient certains produits hĂ©tĂ©rogĂšnes dont les quantitĂ©s l’indice de Jevons, PJ. Elle pourrait ĂȘtre justifiĂ©e par le
ne sont pas additives, les parts de quantités, et par consé- souci de traiter les données des deux périodes de maniÚre
quent les probabilitĂ©s de sĂ©lection, sont indĂ©finies. symĂ©trique, sans former d’hypothĂšse particuliĂšre quant Ă 
1.141 Le second cas a déjà été évoqué précédem- la forme des préférences sous-jacentes. Le chapitre 20
ment : c’est celui oĂč les prĂ©fĂ©rences peuvent ĂȘtre reprĂ©- montre aussi que la moyenne gĂ©omĂ©trique de PC et PH est
sentĂ©es par une fonction de Cobb–Douglas. Comme sans doute trĂšs proche de PJ, de sorte que ce dernier peut
nous l’avons dĂ©jĂ  expliquĂ©, avec ce type de prĂ©fĂ©rence, ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ© parce que c’est un concept plus simple et plus
l’indice de Laspeyres gĂ©omĂ©trique donnerait une mesure facile Ă  Ă©tablir.
exacte de l’indice du coĂ»t de la vie. Dans ce cas, l’indice 1.145 Nous pouvons conclure que, indĂ©pendam-
de Carli calculĂ© pour un Ă©chantillon alĂ©atoire donnerait ment de l’approche choisie, Ă©conomique ou axioma-
une estimation non biaisĂ©e de l’indice du coĂ»t de la vie, Ă  tique, l’indice de Jevons apparaĂźt comme l’indice gĂ©nĂ©-
condition que les produits Ă©lĂ©mentaires soient choisis ralement prĂ©fĂ©rable, mĂȘme s’il peut arriver qu’il n’y ait
avec des probabilitĂ©s proportionnelles Ă  leur part dans pas (ou qu’il y ait peu) de substitution au sein de l’agrĂ©-
les dĂ©penses de la population. gat Ă©lĂ©mentaire, auquel cas l’indice de Carli peut ĂȘtre
1.142 Dans l’approche Ă©conomique, le choix entre prĂ©fĂ©rĂ©. C’est au statisticien qui Ă©tablit l’indice de tran-
les indices de Jevons et de Carli pour l’échantillon dĂ©pend cher, en fonction de la nature des produits effectivement
de la capacitĂ© de l’un et de l’autre Ă  donner une approxi- inclus dans l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire.
mation plus ou moins juste de l’indice du coĂ»t de la vie : 1.146 Les dĂ©veloppements qui prĂ©cĂšdent ont aussi
en d’autres termes, il dĂ©pend de la probabilitĂ© que les apportĂ© des Ă©claircissements sur certaines propriĂ©tĂ©s
Ă©lasticitĂ©s croisĂ©es de la demande soient plus proches, en d’échantillonnage des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Il
moyenne, de l’unitĂ© ou de zĂ©ro. Dans la pratique, les Ă©las- apparaĂźt en effet que, si les produits de l’échantillon
ticitĂ©s croisĂ©es peuvent prendre n’importe quelle valeur, sont choisis avec des probabilitĂ©s proportionnelles aux
jusqu’à «plus l’infini» pour un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire dans dĂ©penses dans la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix :
lequel les produits Ă©lĂ©mentaires de l’échantillon sont ‱ l’indice de Carli calculĂ© pour l’échantillon (non
strictement homogĂšnes, c’est-Ă -dire de parfaits produits pondĂ©rĂ©) donne une estimation non biaisĂ©e de l’indice
de substitution. On notera que, dans le cas limite oĂč les de Laspeyres pour la population;
produits Ă©lĂ©mentaires de l’échantillon sont homogĂšnes, il
n’y a qu’un seul type de produit et, par consĂ©quent, aucun ‱ l’indice de Jevons pour l’échantillon (non pondĂ©rĂ©)
problĂšme d’indice : l’indice des prix est donnĂ© par le ratio donne une estimation non biaisĂ©e de l’indice de
des valeurs unitaires dans les deux périodes. On peut sup- Laspeyres géométrique pour la population.
poser qu’en moyenne, les Ă©lasticitĂ©s croisĂ©es sont sans Ces rĂ©sultats restent valables quel que soit l’indice du
doute plus proches de l’unitĂ© que de zĂ©ro pour la plupart coĂ»t de la vie.
des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires, de sorte que l’indice de Jevons
donne probablement, en rÚgle générale, une approxima- Concepts, champ et classifications
tion plus juste de l’indice du coĂ»t de la vie que l’indice de
Carli. Dans ce cas, il convient de considĂ©rer que l’indice 1.147 Le chapitre 3 du manuel vise Ă  dĂ©finir et Ă 
de Carli est entachĂ© d’un biais par excĂšs. prĂ©ciser certains concepts de base sur lesquels repose
1.143 Il est bon de noter que l’utilisation de l’indice l’IPC, ainsi qu’à expliquer quel est le champ de l’indice,
de Jevons n’implique pas, ou ne suppose pas, que les c’est-à-dire quels ensembles de biens et services et de
parts de dĂ©penses restent constantes. De toute Ă©vidence, mĂ©nages l’indice entend en principe couvrir. Il examine
la moyenne gĂ©omĂ©trique des rapports de prix peut ĂȘtre aussi la structure de la classification des biens et ser-
calculée indépendamment du fait que, dans la pratique, vices de consommation utilisée.
les parts des dĂ©penses changent ou non. L’approche Ă©co- 1.148 L’IPC a pour finalitĂ© de mesurer l’évolution
nomique montre que, si les parts des dépenses restent des prix des biens et services de consommation, mais un
constantes (ou Ă  peu prĂšs constantes), on peut s’attendre certain nombre de concepts doivent nĂ©anmoins ĂȘtre dĂ©fi-
alors Ă  ce que l’indice de Jevons donne une bonne esti- nis avec prĂ©cision avant qu’il soit possible de donner une
mation de l’indice du coĂ»t de la vie. Cette approche dĂ©finition opĂ©rationnelle de cet indice. La consomma-
apporte un Ă©clairage particulier en montrant que l’indice tion est un concept imprĂ©cis susceptible d’ĂȘtre interprĂ©tĂ©

20
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

de diverses maniùres, chacune d’elles pouvant conduire Lorsque les paiements ne se font pas au comptant, un
Ă  un IPC diffĂ©rent. Il faut aussi dĂ©cider si l’indice couvri- temps considĂ©rable peut s’écouler avant que le compte en
ra tous les ménages ou seulement un groupe particulier banque du consommateur ne soit débité pour un achat
de mĂ©nages. Le champ de l’IPC est inĂ©vitablement rĂ©glĂ© par chĂšque, carte de crĂ©dit ou dispositif similaire.
influencĂ© par l’usage principal prĂ©vu ou supposĂ© de Le moment auquel ces dĂ©bits sont finalement effectuĂ©s
l’indice. Les statisticiens doivent aussi se rappeler que est sans objet pour l’enregistrement des acquisitions et
l’indice peut faire office de variable de substitution pour des prix. En revanche, lorsque l’acquisition d’un bien ou
l’indice gĂ©nĂ©ral des prix ou ĂȘtre utilisĂ© Ă  d’autres fins d’un service est financĂ©e par la crĂ©ation d’un nouvel actif
que celles pour lesquelles il a Ă©tĂ© conçu. financier au moment de cette acquisition, tel qu’un prĂȘt
1.149 Un bien ou service de consommation pré- consenti à un acheteur, deux transactions économique-
sente une utilitĂ© pour celui qui l’utilise. Il peut ĂȘtre dĂ©fi- ment distinctes ont lieu : l’achat/la vente du bien ou ser-
ni comme un bien ou un service que les mĂ©nages uti- vice et la crĂ©ation de l’actif. Le prix Ă  enregistrer est celui
lisent, directement ou indirectement, pour satisfaire Ă  qui doit ĂȘtre payĂ© au moment de l’acquisition, quel que
leurs besoins et Ă  leurs dĂ©sirs. Le terme «utilité» doit soit le mode de financement de l’achat. La mise Ă  dispo-
ĂȘtre interprĂ©tĂ© au sens large. Il s’agit simplement du sition de financements peut bien sĂ»r influer sur le prix Ă 
terme générique et technique préféré par les écono- payer. Le remboursement consécutif de la dette souscrite
mistes pour dĂ©crire les avantages ou le bien-ĂȘtre que les par l’acheteur et les charges d’intĂ©rĂȘts y affĂ©rentes sont
individus ou les mĂ©nages tirent de l’utilisation d’un bien des transactions financiĂšres distinctes de l’achat du bien
ou service de consommation. ou service dont le prix doit ĂȘtre enregistrĂ©. Les charges
1.150 En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, l’IPC est considĂ©rĂ© comme d’intĂ©rĂȘts explicites ou implicites payables sur le montant
un indice des prix mesurant l’évolution des prix des biens dĂ©pendent du marchĂ© des capitaux, de la nature du prĂȘt,
et services de consommation acquis et utilisĂ©s par les de sa durĂ©e, de l’évaluation de la capacitĂ© de l’emprun-
ménages. Il est possible, en principe, de définir des teur à rembourser, etc. Ces différents points sont expli-
indices des prix plus larges dont le champ va au-delà des qués plus en détail au chapitre 3.
biens et services de consommation pour inclure les prix 1.153 La distinction entre l’acquisition et l’utilisation
d’actifs physiques comme les biens fonciers ou les loge- d’un bien ou service de consommation Ă©noncĂ©e ci-dessus
ments. De tels indices peuvent ĂȘtre utiles comme mesure, a conduit Ă  proposer deux concepts d’IPC diffĂ©rents :
au sens large, de l’inflation perçue par les mĂ©nages, mais ‱ L’IPC peut viser Ă  mesurer la variation moyenne,
la plupart des IPC se limitent aux biens et services de entre deux périodes, des prix des biens et services de
consommation. Ces derniers peuvent inclure les prix des consommation acquis par les ménages.
flux de services fournis par des actifs tels que les loge-
ments, mĂȘme si les actifs eux-mĂȘmes peuvent ĂȘtre exclus. ‱ L’IPC peut Ă©galement viser Ă  mesurer la variation
Quoi qu’il en soit, les prix des actifs financiers comme les moyenne, entre deux pĂ©riodes, des prix des biens et
obligations, actions et autres titres négociables achetés services de consommation utilisés par les ménages
par les ménages sont en général considérés comme pour satisfaire à leurs besoins et à leurs désirs.
n’entrant pas dans le champ de l’IPC. La distinction entre le moment de l’acquisition et celui
de l’utilisation revĂȘt une importance particuliĂšre pour
les biens durables et pour certains types de service.
Acquisitions et utilisations 1.154 Biens durables et non durables. Il serait plus
1.151 Les moments auxquels les ménages acquiÚrent juste de qualifier les biens «non durables» de biens à
et utilisent les biens ou services de consommation ne sont usage unique. Par exemple, la nourriture ou la boisson
en gĂ©nĂ©ral pas les mĂȘmes. Les biens sont acquis d’ordi- sont utilisĂ©es une seule fois pour satisfaire Ă  la faim ou Ă 
naire à un moment donné et utilisés à un autre moment la soif. De nombreux biens de consommation dits non
ou mĂȘme utilisĂ©s de façon rĂ©pĂ©titive sur une longue durables sont en fait extrĂȘmement durables physique-
pĂ©riode. Le moment de l’acquisition d’un bien est celui ment. Les mĂ©nages peuvent dĂ©tenir des stocks considĂ©-
du transfert de la propriété juridique ou économique rables de biens non durables, tels que des denrées ali-
effective de ce bien au consommateur. Dans un contexte mentaires ou des produits énergétiques, pendant de
de marchĂ©, c’est le point oĂč l’acheteur souscrit l’engage- longues pĂ©riodes avant de les utiliser.
ment de payer. Un service est acquis au moment oĂč le 1.155 Les biens de consommation durables ont pour
producteur le fournit, sans qu’il y ait transfert de propriĂ©- caractĂ©ristique de rĂ©sister Ă  l’usage. Ils peuvent ĂȘtre utili-
tĂ©. Le moment oĂč les acquisitions sont enregistrĂ©es et les sĂ©s de façon rĂ©pĂ©tĂ©e ou continue pour satisfaire aux
prix auxquels elles se font doivent aussi ĂȘtre cohĂ©rents besoins ou dĂ©sirs des consommateurs pendant une longue
avec les modalitĂ©s d’enregistrement des mĂȘmes transac- pĂ©riode, qui peut s’étendre sur plusieurs annĂ©es : c’est le
tions dans les données sur les dépenses utilisées pour cas, par exemple, des meubles ou des véhicules. Pour
les pondĂ©rations. cette raison, on dit souvent qu’un bien durable fournit un
1.152 Le moment oĂč un paiement survient peut ĂȘtre flux de services aux consommateurs pendant sa pĂ©riode
dĂ©terminĂ© principalement par des dispositions institution- d’utilisation (voir aussi l’encadrĂ© 14.3 du chapitre 14). Il
nelles et des raisons de commodité administrative. existe un parallÚle étroit entre les définitions des biens de

21
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

consommation durables et des actifs immobilisés. Les 1.160 Dans son acception la plus large, le champ des
actifs immobilisĂ©s sont dĂ©finis dans les comptes natio- biens et services fondĂ© sur le concept d’«acquisition»
naux comme des biens utilisés de façon répétée ou conti- couvrirait ces quatre catégories, indépendamment de
nue sur de longues pĂ©riodes dans les processus de produc- l’unitĂ© qui en supporte les coĂ»ts. Il inclurait par consĂ©-
tion : c’est le cas, par exemple, des immeubles ou autres quent tous les transferts sociaux en nature sous forme
structures et des biens d’équipement professionnel. d’éducation, de santĂ©, de logement et d’autres biens et
1.156 On trouvera au chapitre 3 la liste des différents services fournis aux ménages gratuitement, ou à des prix
types de bien de consommation durable recensĂ©s dans la nominaux, par l’État ou les institutions sans but lucratif
Classification des fonctions de la consommation indivi- (ISL). Les acquisitions totales sont équivalentes à la con-
duelle (COICOP). Bien sûr, certains biens de consomma- sommation individuelle effective totale (non institution-
tion durables durent plus longtemps que d’autres, qui sont nelle) des mĂ©nages, telle qu’elle est dĂ©finie dans le SCN
souvent qualifiĂ©s de «semi-durables» dans la COICOP : (voir chapitre 14). Les services collectifs fournis par l’État
c’est le cas, par exemple, des vĂȘtements. On notera que les Ă  la communautĂ© dans son ensemble, tels que l’adminis-
logements sont classés parmi les actifs immobilisés, et tration publique ou la défense, ne sont pas inclus dans ce
non parmi les biens de consommation durables, et ne sont total et ne relùvent donc pas du champ de l’IPC.
donc pas inclus dans la COICOP. Les logements sont utili- 1.161 Du point de vue de l’État ou des ISL qui les
sés pour produire des services de logement. Ces services fournissent et qui les payent, les transferts sociaux sont
sont consommés, selon le cas, par les locataires ou les pro- valorisés soit aux prix du marché payés pour eux, soit
priétaires-occupants, et sont donc inclus dans la COICOP. par leur coût de production. Du point de vue des
1.157 De nombreux services sont durables et ne sont ménages qui en bénéficient, ces transferts ont un prix
pas totalement consommĂ©s ou utilisĂ©s au moment de leur nul ou nominal. Pour les besoins de l’IPC, le prix Ă 
acquisition. Certains entraßnent des améliorations persis- prendre en compte est celui payé par les ménages. Le
tantes dont les consommateurs profitent durablement. prix payĂ© par l’État appartient Ă  un indice des dĂ©penses
Ainsi, les conditions et la qualité de vie des personnes qui publiques. Lorsque la dépense des ménages est nulle,
reçoivent des traitements mĂ©dicaux tels que la pose d’une les services fournis se voient affecter une pondĂ©ration
prothĂšse de hanche ou une opĂ©ration de la cataracte sont Ă©gale Ă  zĂ©ro dans l’IPC. Cependant, lorsque l’État et les
fortement améliorées, et ce de maniÚre permanente. De ISL décident de faire payer des biens et services qui
mĂȘme, les consommateurs de services d’éducation Ă©taient auparavant fournis gratuitement, le passage d’un
peuvent en retirer des avantages qui dureront leur vie prix zĂ©ro Ă  un prix positif peut ĂȘtre saisi par l’IPC,
entiĂšre. Les dĂ©penses d’éducation et de santĂ© partagent comme le montre le chapitre 3.
aussi avec les biens de consommation durables la caracté- 1.162 Dépenses ou acquisitions. Il convient de dis-
ristique d’ĂȘtre si coĂ»teuses qu’elles doivent souvent ĂȘtre tinguer les dĂ©penses des acquisitions. Les dĂ©penses sont
financĂ©es par l’emprunt ou la liquidation d’autres actifs. encourues par les unitĂ©s Ă©conomiques qui en supportent
1.158 Les dĂ©penses consacrĂ©es aux biens et services les coĂ»ts. Les mĂ©nages n’ayant pas Ă  supporter de
durables sont susceptibles de fluctuer, alors que leur utili- dépenses pour les transferts sociaux en nature, le champ
sation s’inscrira sans doute dans un processus relative- de leurs dĂ©penses est en gĂ©nĂ©ral plus Ă©troit que celui de
ment rĂ©gulier. Cette utilisation ne peut cependant pas ĂȘtre leurs acquisitions. D’autre part, toutes les dĂ©penses ne
observĂ©e et valorisĂ©e directement. Elle ne peut qu’ĂȘtre sont pas monĂ©taires. Il y a dĂ©pense monĂ©taire lorsqu’un
estimée à partir des hypothÚses faites sur le moment et la ménage paye en espÚces, par chÚque bancaire, par carte
durĂ©e des flux de bĂ©nĂ©fices qui en dĂ©coulent. Pour des de crĂ©dit ou souscrit d’une autre maniĂšre un engagement
raisons qui tiennent en partie aux difficultĂ©s d’ordre thĂ©o- Ă  payer. Seules les dĂ©penses monĂ©taires engendrent des
rique et pratique que soulĂšve la mesure des utilisations, prix monĂ©taires pouvant ĂȘtre observĂ©s et enregistrĂ©s pour
les offices de statistique tendent à adopter le concept les besoins de l’IPC.
d’acquisition des biens de consommation durables, que 1.163 Il y a dĂ©pense non monĂ©taire lorsque les
ce soit pour les comptes nationaux ou pour les IPC. mĂ©nages payent autrement qu’en espĂšces. On distingue
1.159 Indice des prix à la consommation fondé sur trois grandes catégories de dépenses non monétaires :
le concept d’«acquisition». Les mĂ©nages acquiĂšrent les ‱ Dans les opĂ©rations de troc, les mĂ©nages Ă©changent
biens et services destinés à la consommation de quatre entre eux des biens et des services de consommation.
maniĂšres essentiellement. Ils peuvent : Comme les valeurs des biens ou services offerts en
‱ les acheter dans le cadre de transactions monĂ©taires; paiement constituent des dĂ©penses nĂ©gatives, les
dĂ©penses devraient s’annuler, ce qui fait que les opĂ©ra-
‱ les produire eux-mĂȘmes Ă  des fins d’autoconsommation;
tions de troc entre mĂ©nages sont affectĂ©es d’une pondĂ©-
‱ les recevoir comme paiement en nature dans le cadre ration Ă©gale Ă  zĂ©ro dans l’agrĂ©gat. ConcrĂštement, elles
d’opĂ©rations de troc, notamment comme rĂ©munĂ©ra- peuvent ĂȘtre nĂ©gligĂ©es pour les besoins de l’IPC.
tion en nature de travaux effectués;
‱ Lorsque des employĂ©s sont rĂ©munĂ©rĂ©s en nature, les
‱ les recevoir d’autres unitĂ©s Ă©conomiques, Ă  titre de biens et services qu’ils achĂštent sont payĂ©s par leur
cadeau ou de transfert. travail, et non pas en espÚces. Des valeurs monétaires

22
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

peuvent ĂȘtre imputĂ©es aux dĂ©penses supportĂ©es impli- qu’un indice conditionnel du coĂ»t de la vie, mais ce
citement par les mĂ©nages. n’est pas un indice des prix plus global. Les indices
inconditionnels ne renferment pas plus d’informations
‱ De mĂȘme, lorsque des mĂ©nages produisent des biens
sur les prix que les indices conditionnels et ne donnent
et services pour eux-mĂȘmes, ils en supportent les
une meilleure idĂ©e de l’impact de l’évolution des prix
coĂ»ts, dont certains peuvent ĂȘtre monĂ©taires s’ils
sur le bien-ĂȘtre. Au contraire, l’impact des variations de
prennent la forme d’achats d’intrants. Les valeurs
prix est d’autant plus diluĂ© et masquĂ© que des variables
monétaires des dépenses implicites consacrées aux
d’environnement plus nombreuses sont incluses dans le
extrants produits peuvent ĂȘtre imputĂ©es sur la base des
champ d’un indice inconditionnel. Pour pouvoir ĂȘtre
prix du marché correspondants. Si ces prix imputés
considéré comme un indice des prix, un indice du coût
devaient ĂȘtre inclus dans l’IPC, les prix des intrants
de la vie doit ĂȘtre conditionnel.
devraient ĂȘtre exclus pour Ă©viter un double comptage.
1.164 Hiérarchie des agrégats de consommation. Il
est possible d’adopter une hiĂ©rarchie des agrĂ©gats de Types spĂ©cifiques de transaction
consommation, ainsi qu’il est expliquĂ© au chapitre 14 : 1.167 Étant donnĂ© que l’IPC est, en thĂ©orie, un
‱ acquisitions totales de biens et services par les indice qui mesure l’évolution des prix des biens et
ménages; services de consommation, les dépenses consacrées à
des produits élémentaires qui ne sont pas des biens et
‱ moins transferts sociaux en nature = dĂ©penses totales services de consommation n’entrent pas dans son champ
des mĂ©nages; d’application; c’est le cas, par exemple, des dĂ©penses
‱ moins dĂ©penses non monĂ©taires = dĂ©penses monĂ©- consacrĂ©es Ă  des actifs tels que les terres ou les
taires des mĂ©nages. obligations, actions et autres actifs financiers. De mĂȘme,
les paiements qui n’entraünent aucun flux de biens ou
Le choix de l’agrĂ©gat de consommation est d’ordre poli-
services en retour ne rentrent pas dans le champ de
tique. Par exemple, si la principale raison d’établir un IPC
l’IPC; c’est le cas, par exemple, du paiement de l’impît
est de mesurer l’inflation, le champ de cet indice peut ĂȘtre
sur le revenu ou des cotisations de sécurité sociale.
limité aux dépenses de consommation monétaires des
1.168 Transferts. Il y a transfert lorsqu’une unitĂ©
mĂ©nages, puisque l’inflation est essentiellement un phĂ©-
économique fournit un bien, un service ou un actif, y
nomÚne monétaire. Les prix des biens et services de con-
compris monétaire, à une autre unité sans recevoir aucun
sommation impliqués dans les dépenses non monétaires
bien, service ou actif en contrepartie. Comme aucun bien
ne peuvent pas ĂȘtre relevĂ©s, mĂȘme s’il est possible de les
ou service n’est acquis lorsqu’un mĂ©nage procĂšde Ă  ce
estimer sur la base des prix constatés dans le cadre de
type d’opĂ©ration, les transferts doivent ĂȘtre extĂ©rieurs au
transactions monétaires correspondantes. Les indices des
champ de l’IPC. Pour cette raison, les transferts en
prix Ă  la consommation harmonisĂ©s de l’Union euro-
espùces obligatoires, tels que les paiements d’impîts
pĂ©enne, qui visent spĂ©cifiquement Ă  mesurer l’inflation
directs sur le revenu ou le patrimoine, doivent ĂȘtre extĂ©-
dans l’UE, se limitent aux dĂ©penses monĂ©taires.
rieurs au champ de l’IPC. Il n’est pas toujours Ă©vident,
cependant, de dĂ©terminer si certains paiements Ă  l’État
Indices inconditionnels et conditionnels sont des transferts ou des achats de services. Ainsi, les
du coût de la vie paiements effectués pour obtenir certains types de licence
1.165 Les indices du coût de la vie sont expliqués sont parfois des impÎts dissimulés sous un autre nom,
aux chapitres 15 et 17. Ainsi qu’il est notĂ© au chapitre 3, alors qu’en d’autres cas, l’État peut fournir un service
le champ d’un indice du coĂ»t de la vie est diffĂ©rent selon dans l’exercice de ses missions de supervision, de rĂ©gula-
que l’indice est conditionnel ou inconditionnel. Le bien- tion ou de contrĂŽle. Les dons ou donations doivent ĂȘtre
ĂȘtre d’un mĂ©nage dĂ©pend non seulement de l’utilitĂ© qu’il des transferts, et Ă©chapper par consĂ©quent au champ de
retire des biens et services qu’il consomme, mais aussi l’IPC. En revanche, les cotisations versĂ©es Ă  des clubs ou
de l’environnement social, politique et physique dans sociĂ©tĂ©s par leurs membres en Ă©change d’un certain type
lequel il vit. Un indice inconditionnel du coût de la vie de service sont incluses dans ce champ. Les pourboires et
mesure la variation du coĂ»t minimum Ă  supporter pour autres gratifications peuvent ĂȘtre des cas limites :
maintenir un niveau de bien-ĂȘtre donnĂ© en rĂ©ponse aux lorsqu’ils reprĂ©sentent effectivement une part escomptĂ©e,
Ă©volutions des diffĂ©rents facteurs susceptibles d’influer voire obligatoire, du paiement d’un service, ils ne consti-
sur ce bien-ĂȘtre, tandis qu’un indice conditionnel du tuent pas des transferts et doivent ĂȘtre traitĂ©s comme un
coût de la vie mesure la variation du coût minimum élément du prix payé.
Ă  supporter pour maintenir un niveau d’utilitĂ© ou de 1.169 Biens ou services non souhaitables ou illĂ©-
bien-ĂȘtre donnĂ© rĂ©sultant de l’évolution des prix Ă  la gaux. Tous les biens et services que les mĂ©nages
consommation, alors que les facteurs d’environnement achĂštent de plein grĂ© sur le marchĂ© pour satisfaire Ă 
restent constants. leurs besoins et Ă  leurs dĂ©sirs doivent ĂȘtre inclus, mĂȘme
1.166 Un indice inconditionnel du coût de la vie ceux qui sont considérés par le plus grand nombre
peut constituer un indice du coût de la vie plus global comme non souhaitables ou que la loi interdit. Il est

23
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

possible, bien Ă©videmment, que les biens et services ‱ une charge d’intĂ©rĂȘts pure et simple;
illĂ©gaux doivent ĂȘtre exclus dans la pratique au motif
‱ une prime de risque qui dĂ©pend de la solvabilitĂ© de
que les donnĂ©es requises ne peuvent ĂȘtre recueillies.
l’emprunteur;
1.170 Transactions financiĂšres. Il y a transaction
financiĂšre lorsqu’un type d’actif financier est Ă©changĂ© ‱ une commission payable Ă  la banque, au prĂȘteur ou Ă 
contre un autre, étant entendu que la monnaie est elle- toute autre institution financiÚre engagée dans des
mĂȘme un actif financier. Par exemple, l’achat d’actions opĂ©rations de prĂȘt;
ou d’obligations est une transaction financiùre.
L’emprunt est une transaction financiĂšre dans laquelle ‱ un paiement compensant le crĂ©ancier de la perte de
des espĂšces sont Ă©changĂ©es en contrepartie de la crĂ©a- capital rĂ©elle subie sur le principal du prĂȘt durant une
tion d’un avoir ou d’un engagement financier. pĂ©riode d’inflation.
1.171 Les transactions financiĂšres ne donnent pas De toute Ă©vidence, la quatriĂšme composante n’entre pas
lieu Ă  une consommation, mĂȘme si elles peuvent ĂȘtre dans le champ de l’IPC puisqu’il s’agit d’un flux de
entreprises dans le but de faciliter une consommation capitaux. À l’inverse, la troisiùme, c’est-à-dire la com-
future. Les transactions financiĂšres en tant que telles ne mission de services, doit manifestement y ĂȘtre incluse.
sont pas couvertes par les IPC puisque, par définition, Le traitement des deux premiÚres composantes est con-
elles ne s’accompagnent ni de l’échange d’un bien, ni troversĂ©. Lorsque l’inflation est Ă©levĂ©e ou le marchĂ© des
de la fourniture d’un service. Cependant, certaines tran- capitaux trĂšs imparfait, les charges d’intĂ©rĂȘts nominales
sactions «financiĂšres» peuvent ne pas l’ĂȘtre totalement peuvent ĂȘtre totalement dominĂ©es par ces deux derniĂšres
parce qu’elles incluent une rĂ©munĂ©ration de service composantes, qui sont toutes deux trĂšs diffĂ©rentes, d’un
explicite ou implicite qui s’ajoute Ă  la fourniture d’un point de vue thĂ©orique, du concept d’intĂ©rĂȘt. Par
actif, tel qu’un prĂȘt. Comme les rĂ©munĂ©rations de ser- exemple, «l’intĂ©rĂȘt» perçu par le prĂȘteur sur gages d’un
vices constituent l’achat de services par les mĂ©nages, village peut ĂȘtre pour l’essentiel une rĂ©munĂ©ration de
elles doivent ĂȘtre incluses dans l’IPC, mĂȘme s’il est par- service Ă©levĂ©e. Dans la pratique, il est parfois impossible
fois difficile, dans certains cas, d’isoler ces rĂ©munĂ©ra- de ventiler les diverses composantes d’un taux d’intĂ©rĂȘt
tions de services. Par exemple, les opĂ©rations en devises nominal. Le traitement des intĂ©rĂȘts nominaux dans leur
sont des transactions financiÚres dans lesquelles un actif ensemble reste difficile et parfois controversé.
financier est échangé contre un autre. Les fluctuations
du prix d’une devise en monnaie nationale rĂ©sultant des
variations du taux de change n’entrent pas dans le Production des mĂ©nages
champ de l’IPC. En revanche, les commissions perçues 1.175 Lorsque les mĂ©nages s’engagent dans une
lors des opérations de change y sont incluses à titre de production destinée au marché, les transactions écono-
rĂ©munĂ©ration du service rendu par les agents de change. miques y affĂ©rentes, quelles qu’elles soient, n’entrent
1.172 Les mĂ©nages peuvent emprunter en vue pas dans le champ de l’IPC. Les dĂ©penses supportĂ©es
d’engager des dĂ©penses importantes telles que l’achat dans l’exercice d’activitĂ©s Ă©conomiques sont exclues,
de biens durables ou d’un logement, mais aussi pour mĂȘme si elles correspondent Ă  l’achat de biens et ser-
financer des dĂ©penses d’éducation ou de santĂ© Ă©levĂ©es, vices susceptibles d’ĂȘtre utilisĂ©s pour satisfaire aux
voire des vacances coĂ»teuses. Quel que soit l’objet de besoins ou aux dĂ©sirs des membres du mĂ©nage.
l’emprunt, la transaction financiĂšre dans le cadre de 1.176 Les mĂ©nages produisent aussi des biens et ser-
laquelle le prĂȘt est contractĂ© n’entre pas dans le champ vices qui sont destinĂ©s Ă  ĂȘtre consommĂ©s, et qui prennent
de l’IPC. Le traitement des charges d’intĂ©rĂȘts payĂ©es sur principalement la forme de services tels que la prĂ©para-
les prĂȘts est une question distincte qui sera examinĂ©e tion des repas, les soins aux enfants ou aux personnes
plus loin. ĂągĂ©es, l’entretien et la maintenance de biens durables et
1.173 Transactions composites. Ainsi qu’il vient des logements, le transport des membres du mĂ©nage, etc.
d’ĂȘtre notĂ©, certaines transactions sont dites composites Les propriĂ©taires-occupants produisent des biens et ser-
parce qu’elles comprennent deux ou plusieurs compo- vices de logement à des fins d’autoconsommation. Des
santes pouvant faire l’objet d’un traitement fort diffĂ©- mĂ©nages cultivent aussi des lĂ©gumes, fruits, fleurs ou
rent pour les besoins de l’IPC. Ainsi, une fraction de la autres produits afin de satisfaire à leurs propres besoins.
prime d’assurance-vie est une transaction financiĂšre 1.177 Bon nombre des biens et services achetĂ©s par
qui entraĂźne la crĂ©ation d’une crĂ©ance financiĂšre et les mĂ©nages ne leur fournissent pas directement une uti-
n’entre donc pas dans le champ de l’IPC, tandis que le litĂ©, mais sont utilisĂ©s comme intrants dans la production
solde consiste en une rĂ©munĂ©ration de service qui d’autres biens et services qui fournissent une utilitĂ© : on
devrait ĂȘtre couverte par l’IPC. Les deux composantes citera par exemple les denrĂ©es alimentaires, les engrais et
ne sont toutefois pas rĂ©pertoriĂ©es sĂ©parĂ©ment. produits d’entretien, la peinture, l’électricitĂ©, le charbon,
1.174 Comme on le verra au chapitre 3, le traite- l’huile, le pĂ©trole, etc.
ment des charges d’intĂ©rĂȘts nominales est dĂ©licat, car 1.178 L’IPC devrait en principe enregistrer l’évolu-
quatre composantes trÚs différentes du point de vue tion des prix des extrants issus de ces activités de pro-
théorique peuvent entrer en jeu : duction, puisque ce sont les extrants, plutÎt que les

24
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

intrants, qui sont effectivement consommĂ©s et four- que l’autoconsommation de leur production agricole par
nissent une utilité. Toutefois, comme les extrants eux- les ménages ne reçoit pas une pondération suffisante.
mĂȘmes ne sont pas achetĂ©s, il est impossible d’en cons- DeuxiĂšmement, il faut Ă©viter le double comptage : si les
tater le prix. On pourrait leur imputer des prix égaux à prix imputés des extrants sont inclus, les prix effectifs
ceux qu’ils atteindraient sur le marchĂ©, mais cela ren- des intrants consommĂ©s ne doivent pas l’ĂȘtre.
drait l’IPC relativement dĂ©pendant de prix supposĂ©s 1.182 Dans le cas des logements occupĂ©s par leur
plutÎt que de prix effectivement relevés. La solution propriétaire, la situation est compliquée par le fait que la
pragmatique recommandĂ©e au chapitre 3 consiste Ă  trai- production requiert l’utilisation de services de capitaux
ter comme biens et services de consommation tous les fournis par un actif immobilisé important, qui est en
biens et services achetĂ©s sur le marchĂ© pour ĂȘtre utilisĂ©s l’occurrence le logement lui-mĂȘme. MĂȘme si les prix des
exclusivement comme intrants dans la production intrants utilisés dans la production de services de loge-
d’autres biens et services directement consommĂ©s par ment sont pris en compte dans l’IPC, il reste nĂ©cessaire
les mĂ©nages. Sur la base de ce principe, on considĂšre d’imputer les prix des intrants des services en capital
que des produits tels que les insecticides et l’électricitĂ© (c’est-Ă -dire principalement l’amortissement plus les
fournissent indirectement une utilitĂ© et doivent ĂȘtre intĂ©rĂȘts) fournis par le logement. Certains pays prĂ©fĂšrent
inclus dans l’IPC. C’est, bien sĂ»r, la solution adoptĂ©e en par consĂ©quent imputer les prix des extrants de services
général dans la pratique, non seulement pour les IPC, de logement effectivement consommés sur la base des
mais aussi pour les comptes nationaux, dans lesquels la loyers Ă  payer pour des logements de mĂȘme type louĂ©s
plupart des dépenses consacrées aux intrants utilisés sur le marché. Le traitement des logements occupés par
dans la production des ménages sont classées parmi les leur propriétaire est complexe et controversé. Il est abor-
dépenses de consommation finale. dé, entre autres, aux chapitres 3, 9, 10 et 23.
1.179 Dans certains pays, les ménages ont de plus
en plus tendance à acheter des repas déjà préparés ou à Couverture des ménages
emporter plutÎt que les ingrédients nécessaires. Comme et des points de vente
les prix de ces repas sont plus élevés que la somme des
ingrédients que les ménages achetaient précédemment, 1.183 Comme il est expliqué au chapitre 3, les
la pondĂ©ration attachĂ©e Ă  la consommation de denrĂ©es mĂ©nages peuvent ĂȘtre des personnes seules ou des
alimentaires augmente. Cela reflĂšte en partie le fait que groupes de personnes qui vivent ensemble et pourvoient
le coût du travail que les ménages consacrent à la prépa- en commun à leur subsistance et à leurs autres besoins
ration des repas Ă©tait auparavant ignorĂ©. Divers types essentiels. L’IPC peut ĂȘtre utilisĂ© pour couvrir :
d’activitĂ© de service des mĂ©nages qui Ă©chappaient prĂ©- ‱ soit les dĂ©penses de consommation des mĂ©nages rĂ©si-
cĂ©demment au champ de l’IPC peuvent y ĂȘtre intĂ©grĂ©s si dant dans une zone particuliĂšre, en gĂ©nĂ©ral un pays ou
les ménages choisissent de rémunérer des tiers pour une région, que ces dépenses soient effectuées à
assurer ces services. l’intĂ©rieur ou Ă  l’extĂ©rieur de cette zone — c’est ce
1.180 Agriculture de subsistance et logements occu- que l’on appelle le concept «national» des dĂ©penses;
pés par leur propriétaire. Dans le cas de deux types de
production importants pour l’autoconsommation des ‱ soit les dĂ©penses de consommation faites dans une
mĂ©nages, Ă  savoir la production agricole destinĂ©e Ă  ĂȘtre zone particuliĂšre par des mĂ©nages rĂ©sidant dans cette
autoconsommĂ©e et les services de logement produits par zone ou dans d’autres zones — c’est ce que l’on
les propriĂ©taires-occupants, les comptes nationaux s’ef- appelle le concept «intĂ©rieur» des dĂ©penses.
forcent effectivement d’enregistrer les valeurs des extrants L’adoption du concept «intĂ©rieur» des dĂ©penses com-
produits plutĂŽt que celles des intrants. De mĂȘme, les IPC plique parfois la collecte des donnĂ©es dĂ©sagrĂ©gĂ©es dans
peuvent aussi s’efforcer, dans ces deux cas, de prendre en les enquĂȘtes sur les mĂ©nages. L’IPC peut aussi ĂȘtre dĂ©fi-
compte les prix des extrants plutît que des intrants. ni de façon à couvrir un groupe de pays, tel que l’Union
1.181 En principe, les prix des extrants issus d’une europĂ©enne.
production agricole destinĂ©e Ă  ĂȘtre autoconsommĂ©e 1.184 Il n’est pas indispensable d’inclure tous les
peuvent ĂȘtre inclus dans l’IPC, mĂȘme s’ils sont imputĂ©s. types de mĂ©nage. Comme l’indique le chapitre 3, certains
D’autre part, c’est principalement par l’intermĂ©diaire pays choisissent d’exclure des catĂ©gories telles que les
des prix des intrants achetés sur le marché sous forme ménages les plus aisés ou ceux qui sont engagés dans des
de matériels agricoles que les ménages qui dépendent activités agricoles. Certains construisent aussi différents
de l’agriculture de subsistance peuvent ĂȘtre exposĂ©s au indices couvrant diffĂ©rents groupes de mĂ©nages, selon
risque d’inflation. Deux points de vue sont possibles. qu’ils rĂ©sident dans telle ou telle rĂ©gion, par exemple. Il
PremiĂšrement, la valeur de marchĂ© imputĂ©e de l’extrant est possible aussi d’établir un IPC gĂ©nĂ©ral visant Ă  couvrir
devrait en gĂ©nĂ©ral ĂȘtre supĂ©rieure au coĂ»t des intrants la totalitĂ© ou la majoritĂ© des mĂ©nages, et de lui adjoindre
achetĂ©s, ne serait-ce que parce qu’elle doit couvrir le un ou plusieurs indices spĂ©cifiques ciblant des segments
coût des intrants fournis sous forme de travail par le donnés de la communauté, tels que les ménages ayant à
mĂ©nage. Par consĂ©quent, la prise en compte du prix des leur tĂȘte des retraitĂ©s. La couverture exacte des mĂ©nages
intrants plutĂŽt que des extrants dans l’IPC peut signifier est affaire de choix. Elle est inĂ©vitablement influencĂ©e par

25
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

l’idĂ©e que l’on se fait des utilisations principales de tandis que les ventilations aux niveaux infĂ©rieurs se font
l’indice. L’ensemble des mĂ©nages effectivement couverts par produits. C’est le cas de la COICOP, qui propose une
par l’IPC est qualifiĂ© de «population de rĂ©fĂ©rence». classification internationalement reconnue et rĂ©cemment
révisée des fonctions de consommation des ménages
Variation des prix adaptĂ©e aux besoins de l’IPC.
1.188 Le premier niveau de classification de la COI-
1.185 Les prix de biens ou services exactement
COP consiste en 12 divisions couvrant les dépenses de
semblables peuvent varier d’un point de vente à l’autre,
consommation totales. Comme nous venons de le noter, la
et il arrive que des prix différents soient appliqués à des
ventilation en divisions se fait essentiellement par fonc-
types de client différents. Les prix peuvent aussi varier
tion. Au second niveau de désagrégation, les 12 divisions
au cours du mois auquel l’indice se rapporte. Sur un
sont scindĂ©es en 47 groupes de produits, eux-mĂȘmes divi-
plan théorique, il faut distinguer cette variation pure de
sés à leur tour en 117 classes de produits à un troisiÚme
prix des différences de prix attribuables aux différences
de qualitĂ© des biens et services offerts, mĂȘme s’il n’est niveau de dĂ©sagrĂ©gation. Le chapitre 3 propose une liste
pas toujours facile, dans la pratique, de faire cette dis- de dix classes de produits définis comme durables dans la
tinction. L’existence de pures diffĂ©rences de prix COICOP. Il donne aussi une liste de sept classes de pro-
tĂ©moigne de certaines formes d’imperfections du mar- duits qualifiĂ©s de semi-durables, tels que les vĂȘtements,
chĂ©, comme le manque d’information des consomma- chaussures ou articles de mĂ©nage en textiles.
teurs ou la discrimination par les prix. 1.189 Les 117 classes correspondant au niveau
1.186 Lorsqu’il existe de pures diffĂ©rences de prix, d’agrĂ©gation le plus bas de la COICOP ne sont pas suf-
la modification des conditions du marchĂ© peut permettre fisamment dĂ©taillĂ©es pour les besoins de l’IPC. Elles
Ă  certains mĂ©nages qui achetaient au prix fort d’acheter peuvent ĂȘtre divisĂ©es en sous-classes utilisant les subdi-
désormais à des prix moins élevés en profitant, par visions de la Classification centrale des produits (CCP),
exemple, de l’ouverture de nouveaux points de vente internationalement reconnue, elle aussi. Il peut mĂȘme
proposant de meilleurs prix. La chute consĂ©cutive du ĂȘtre nĂ©cessaire, pour certaines d’entre elles, de procĂ©der
prix moyen payé par les ménages est enregistrée comme à une ventilation supplémentaire pour arriver aux agré-
une baisse de prix pour les besoins de l’IPC, mĂȘme si le gats Ă©lĂ©mentaires utilisĂ©s pour les besoins de l’IPC. Afin
prix pratiquĂ© par chaque point de vente n’a pas forcĂ©- d’ĂȘtre utiles dans cette optique, les pondĂ©rations de
ment changĂ©. Si les prix sont relevĂ©s aux points de vente, dĂ©penses doivent ĂȘtre disponibles pour les sous-classes
et si les modifications des habitudes d’achat des ou agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires. Il est souhaitable, pour ce qui
ménages passent inaperçues, on dit que les IPC sont concerne le tirage, que les mouvements des prix des
entachĂ©s d’un biais de substitution des points de vente, diffĂ©rents produits au sein des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires
comme il est expliqué plus en détail au chapitre 11. En soient aussi homogÚnes que possible. Les agrégats élé-
revanche, lorsque les diffĂ©rences de prix reflĂštent la dif- mentaires peuvent Ă©galement ĂȘtre divisĂ©s en strates pour
fĂ©rence de qualitĂ© des biens et services vendus aux diffĂ©- les besoins de l’échantillonnage, sur la base de l’endroit
rents points de vente, le fait de passer des points de vente ou du type de point de vente dans lequel les produits
qui proposent des prix élevés à ceux qui pratiquent des sont vendus.
prix plus bas signifie que les ménages choisissent
d’acheter des biens ou des services de moindre qualitĂ©. Indices des prix Ă  la consommation
Cela n’implique pas, en soi, que les prix ont changĂ©. et dĂ©flateurs des prix
dans les comptes nationaux
Classifications 1.190 L’appendice 3.1 du chapitre 3 explique les dif-
1.187 Comme il est expliquĂ© au chapitre 3, la classi- fĂ©rences entre l’IPC global et le dĂ©flateur des dĂ©penses de
fication des dĂ©penses des mĂ©nages utilisĂ©e dans l’IPC consommation totales des mĂ©nages dans les comptes
dĂ©termine le cadre dans lequel s’inscrivent les diverses nationaux. Dans la pratique, les IPC peuvent ĂȘtre conçus
Ă©tapes de l’établissement de l’IPC. Elle offre la structure de façon Ă  ne couvrir qu’un sous-ensemble des mĂ©nages
nécessaire pour pondérer et agréger les données ainsi et un sous-ensemble des dépenses couvertes par les
qu’une base pour stratifier les Ă©chantillons de produits comptes nationaux. En outre, les formules d’indice nĂ©ces-
dont les prix sont relevés. Les biens et services couverts saires pour les IPC et pour les déflateurs des prix des
par l’IPC peuvent ĂȘtre classĂ©s de diverses maniĂšres, non comptes nationaux peuvent ĂȘtre diffĂ©rentes. Ces diffĂ©-
pas sur la base de leurs caractĂ©ristiques physiques seule- rences signifient que l’IPC global n’est pas le mĂȘme, en
ment, mais aussi selon les fonctions qu’elles remplissent gĂ©nĂ©ral, que le dĂ©flateur des dĂ©penses de consommation
et le degrĂ© de similitude du comportement de leurs prix. totales des mĂ©nages dans les comptes nationaux. D’autre
Les classifications fondées sur les produits et sur les part, les données de base sur les prix et les dépenses
fonctions diffĂšrent, mais peuvent en gĂ©nĂ©ral se surimpo- recueillies et utilisĂ©es aux fins de l’IPC sont aussi trĂšs lar-
ser l’une Ă  l’autre. Dans la pratique, la plupart des pays gement utilisĂ©es en vue de bĂątir les indices des prix nĂ©ces-
utilisent un systÚme de classification hybride dans lequel saires pour déflater les différentes composantes de la con-
la ventilation au niveau supérieur se fait par fonctions, sommation des ménages dans les comptes nationaux.

26
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

PondĂ©rations des dĂ©penses 1.194 Ainsi qu’il est expliquĂ© au chapitre 14, l’utili-
sation de la méthode des flux de produits dans le cadre
1.191 Ainsi que nous l’avons dĂ©jĂ  notĂ©, on dis- des tableaux des ressources et des emplois du SCN per-
tingue deux grandes Ă©tapes dans le calcul d’un IPC. La met de concilier et de rapprocher des donnĂ©es extraites
premiÚre consiste à recueillir les données sur les prix et de sources primaires différentes. La méthode des flux de
Ă  calculer les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. La seconde produits peut ĂȘtre utilisĂ©e pour amĂ©liorer les estimations
consiste Ă  faire la moyenne des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©- des dĂ©penses de consommation des mĂ©nages calculĂ©es Ă 
mentaire pour obtenir des indices des prix de niveaux partir des enquĂȘtes sur les dĂ©penses en les ajustant afin de
d’agrĂ©gation supĂ©rieurs, jusqu’à l’IPC lui-mĂȘme. Les prendre en compte les informations supplĂ©mentaires
données sur les dépenses sont nécessaires pour les agré- fournies par les statistiques sur les ventes, la production,
gats Ă©lĂ©mentaires qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©s comme pon- les importations et les exportations de biens et services
dĂ©rations durant la seconde Ă©tape. Ces pondĂ©rations de consommation. En s’appuyant sur diffĂ©rentes sources,
sont requises quelle que soit la formule d’indice utilisĂ©e les donnĂ©es sur les dĂ©penses des mĂ©nages recueillies
pour procĂ©der Ă  l’agrĂ©gation. Le chapitre 4 est consacrĂ© dans le cadre des comptes nationaux peuvent fournir les
au calcul et aux sources des pondérations de dépenses. meilleures estimations des dépenses globales des
mĂ©nages, mĂȘme si les classifications utilisĂ©es ne sont pas
toujours assez fines pour les besoins de l’IPC. En outre,
EnquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages comme il arrive que les EBM ne soient conduites qu’à
et les comptes nationaux intervalle de plusieurs années, les données des comptes
1.192 Dans la plupart des pays, la principale source nationaux sur les dépenses sont parfois plus fraßches, car
de donnĂ©es sur les dĂ©penses de consommation des ces comptes peuvent s’appuyer sur d’autres sources de
mĂ©nages est l’enquĂȘte sur le budget des mĂ©nages donnĂ©es plus rĂ©centes, telles que les ventes au dĂ©tail ou la
(EBM). L’EBM porte sur un Ă©chantillon de plusieurs production et l’importation de biens et services de con-
milliers de ménages auxquels il est demandé de tenir un sommation. Il est important de noter, toutefois, que les
registre des dĂ©penses qu’ils consacrent Ă  diffĂ©rents comptes nationaux ne doivent pas ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme
types de bien et service de consommation au cours une source de données indépendante qui pourrait repré-
d’une pĂ©riode donnĂ©e, qui peut ĂȘtre d’une semaine ou senter une alternative aux EBM. Les EBM constituent au
davantage. La taille de l’échantillon dĂ©pend Ă  l’évidence contraire l’une des principales sources de donnĂ©es sur les
des ressources disponibles, mais aussi de la mesure dans dépenses de consommation des ménages utilisées pour
laquelle on souhaite ventiler les rĂ©sultats de l’enquĂȘte Ă©tablir les comptes nationaux.
par rĂ©gion ou par type de mĂ©nage. Les EBM coĂ»tent 1.195 Dans de nombreux pays, les enquĂȘtes sur le
cher. Ce manuel n’examine pas la conduite de ces budget des mĂ©nages ne peuvent pas avoir lieu aussi frĂ©-
enquĂȘtes, ni les techniques ou procĂ©dures gĂ©nĂ©rales quemment qu’il serait souhaitable pour les besoins de
d’échantillonnage utilisĂ©es pour les mener Ă  bien. Il l’IPC ou de la comptabilitĂ© nationale. Comme nous
existe plusieurs textes de rĂ©fĂ©rence sur les mĂ©thodes l’avons dĂ©jĂ  notĂ©, les EBM nationales sont parfois trĂšs
d’enquĂȘte auxquels il est possible de se rĂ©fĂ©rer. Les coĂ»teuses pour les mĂ©nages. Elles ne peuvent ĂȘtre con-
EBM peuvent ĂȘtre conduites Ă  intervalles spĂ©cifiques, duites qu’une fois tous les cinq ou dix ans, voire Ă  inter-
tous les cinq ans par exemple, ou avoir lieu tous les ans valles plus éloignés. En tout état de cause, la conduite
selon un processus continu. des EBM et le traitement des données recueillies
1.193 Les EBM peuvent imposer un lourd fardeau prennent du temps, de sorte qu’il arrive que les rĂ©sultats
aux mĂ©nages interrogĂ©s, qui doivent tenir un registre ne soient disponibles aux fins des IPC qu’un ou deux
dans lequel leurs dĂ©penses sont prĂ©sentĂ©es avec un degrĂ© ans aprĂšs l’achĂšvement de ces enquĂȘtes. C’est pour ces
de prĂ©cision qu’ils ne maintiendraient pas normalement, raisons pratiques que, dans de nombreux pays, les IPC
mĂȘme si leur tĂąche se trouve facilitĂ©e lorsque les sont des indices de Lowe utilisant les quantitĂ©s d’une
supermarchés ou les autres points de vente leur donnent période de référence b qui peut précéder la période de
un ticket de caisse détaillé. Les EBM tendent à présenter référence 0 de quelques années et la période t de nom-
des biais systématiques. Ainsi, de nombreux ménages breuses années.
ont pour habitude de sous-estimer, sciemment ou non, le 1.196 Certains pays conduisent des EBM continues,
montant des dépenses consacrées à certains produits non seulement pour actualiser les pondérations de leur
«non souhaitables», tels que les jeux de hasard, l’alcool, IPC, mais aussi pour amĂ©liorer leurs comptes nationaux.
le tabac ou les mĂ©dicaments. Des corrections peuvent Le mĂȘme panel de mĂ©nages n’a pas, bien sĂ»r, Ă  ĂȘtre rete-
ĂȘtre faites pour tenir compte de ces biais. D’autre part, nu indĂ©finiment; il peut faire l’objet d’une rotation pro-
les données recueillies dans le cadre des EBM peuvent gressive consistant à abandonner certains ménages pour
aussi ĂȘtre ajustĂ©es de façon Ă  s’aligner sur le concept de les remplacer par d’autres. Les pays qui inscrivent leurs
dĂ©penses requis par l’IPC. Par exemple, les dĂ©penses EBM dans ce processus continu sont en mesure de rĂ©vi-
imputĂ©es pour les services de logement produits et ser et d’actualiser chaque annĂ©e leurs pondĂ©rations de
consommĂ©s par les propriĂ©taires-occupants ne sont pas dĂ©penses, de sorte que l’IPC devient un indice-chaĂźne
recueillies dans le cadre des EBM. reposant sur une base annuelle. MĂȘme si les enquĂȘtes sur

27
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

les dépenses sont continues, il y a un décalage entre le élémentaires, dont les propriétés et le comportement
moment oĂč les donnĂ©es sont recueillies et celui oĂč les sont Ă©tudiĂ©s au chapitre 20. Au niveau supĂ©rieur, la
rĂ©sultats sont traitĂ©s et prĂȘts Ă  ĂȘtre utilisĂ©s, si bien qu’il moyenne des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire est calculĂ©e
n’est jamais possible de disposer de rĂ©sultats d’enquĂȘtes pour obtenir des indices de niveau supĂ©rieur en utili-
contemporains aux variations de prix. Par consĂ©quent, sant les dĂ©penses comme pondĂ©rations. À ce niveau
mĂȘme lorsque les pondĂ©rations sont actualisĂ©es tous les supĂ©rieur, toute la thĂ©orie des indices Ă©laborĂ©e aux cha-
ans, elles se rapportent toujours à une période qui pré- pitres 15 à 18 entre en jeu.
cÚde la période de référence. Si, par exemple, la période 1.201 Les indices de niveau inférieur sont calculés
de référence des prix est janvier 2000, les pondérations pour les agrégats élémentaires. Selon les ressources
de dépenses peuvent se rapporter à 1997 ou 1998, ou à disponibles et les procédures adoptées par chaque
ces deux années. Lorsque la période de référence des pays, ces agrégats élémentaires peuvent correspondre
prix passe à janvier 2001, les pondérations passent, elles à des sous-classes ou micro-classes de la classification
aussi, Ă  1998 ou 1999, etc. Un tel indice est un indice- des dĂ©penses susmentionnĂ©e. Si l’on souhaite calculer
chaßne de Lowe. les IPC pour différentes régions, les sous-classes ou
1.197 Certains pays prĂ©fĂšrent utiliser des pondĂ©ra- micro-classes doivent ĂȘtre divisĂ©es en strates se rap-
tions de dĂ©penses correspondant Ă  des taux moyens sur portant Ă  ces rĂ©gions. En outre, pour amĂ©liorer l’effi-
des pĂ©riodes de deux ou trois ans, afin de rĂ©duire cience des procĂ©dures d’échantillonnage utilisĂ©es afin
le «bruit» causĂ© par les erreurs d’estimation (les de relever les prix, il est en gĂ©nĂ©ral souhaitable, quand
enquĂȘtes sur le budget ne portent que sur des Ă©chan- c’est possible, de prendre en compte d’autres critĂšres,
tillons) ou les comportements erratiques des consomma- tels que le type de point de vente, dans la définition
teurs répondant, sur de brÚves périodes, à des booms ou des strates. Lorsque les sous-classes ou micro-classes
à des récessions économiques, aux fluctuations des mar- sont divisées en strates pour la collecte des données,
chĂ©s boursiers, Ă  des chocs pĂ©troliers ou Ă  des catas- les strates elles-mĂȘmes deviennent les agrĂ©gats Ă©lĂ©-
trophes naturelles ou autres. mentaires. Comme une pondĂ©ration doit ĂȘtre attachĂ©e Ă 
chaque agrégat élémentaire pour le calcul des indices
Autres sources d’estimation de niveau supĂ©rieur, il faut disposer d’une estimation
des pondérations de dépenses des dépenses au sein de chaque agrégat élémentaire.
Les données sur les dépenses ou les quantités ne sont
1.198 Si les dĂ©penses doivent ĂȘtre dĂ©sagrĂ©gĂ©es au
en gĂ©nĂ©ral pas disponibles au sein d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©-
niveau rĂ©gional pour des raisons d’échantillonnage ou
mentaire, de sorte que des indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©men-
d’analyse, il est possible de complĂ©ter les informations,
taire doivent ĂȘtre estimĂ©s Ă  partir des seules donnĂ©es
ventilées par région, disponibles dans les EBM en utili-
sur les prix. Cela pourrait changer si la saisie de don-
sant des données extraites des recensements de la popu-
nées par lecture optique pratiquée par les caisses enre-
lation. Les enquĂȘtes de consommation alimentaire sont
gistreuses électroniques se généralisait.
une autre source de donnĂ©es. Il s’agit d’enquĂȘtes spĂ©-
1.202 Le chapitre 5 est consacré aux stratégies utili-
ciales conduites dans certains pays, qui mettent l’accent
sées pour relever les prix, et le chapitre 6 aux méthodes
sur les dépenses que les ménages consacrent aux denrées
et procédures opérationnelles en vigueur pour faire ces
alimentaires. Les informations qu’elles peuvent apporter
relevĂ©s. En principe, les prix pertinents pour l’IPC
à ce sujet sont plus précises que celles recueillies à partir
devraient ĂȘtre les prix d’achat payĂ©s par les mĂ©nages,
des EBM.
mais il n’est le plus souvent ni pratique ni efficace
1.199 Les enquĂȘtes sur les points de vente conduites
d’essayer de relever les prix directement auprùs des
dans certains pays sont une autre source d’informations
mĂ©nages chaque mois ou chaque trimestre, mĂȘme si les
possible. Elles ont pour objectif de fournir des informa-
données sur les dépenses sont recueillies directement
tions sur les points de vente au dĂ©tail oĂč les mĂ©nages
auprĂšs de ces derniers dans le cadre des EBM. Dans la
achÚtent des groupes de biens ou de services donnés. Les
pratique, les prix relevés ne sont pas les prix de transac-
ménages sont interrogés, pour chaque article, sur les
tion effectifs, mais plutĂŽt ceux auxquels les biens et les
sommes dépensées à chaque point de vente et sur les
services sont proposés dans des points de vente tels que
nom et adresse de ces magasins. Ces enquĂȘtes servent
les magasins de détail, supermarchés ou prestataires de
essentiellement à sélectionner les points de vente à utili-
services. Cela dit, il pourrait devenir de plus en plus
ser pour recueillir les données sur les prix.
facile de relever les prix de transaction effectifs dans la
mesure oĂč davantage de biens et services sont vendus
Collecte des données sur les prix avec des caisses enregistreuses électroniques qui mémo-
risent à la fois les prix et les dépenses.
1.200 Comme il est expliqué au chapitre 9, les IPC
impliquent deux niveaux de calcul. Au niveau le plus
bas, les échantillons de prix sont recueillis et traités Tirage aléatoire et tirage raisonné
pour obtenir les indices des prix de niveau infĂ©rieur. Ces 1.203 Étant donnĂ© que les prix sont relevĂ©s auprĂšs
indices de niveau infĂ©rieur sont les indices d’agrĂ©gats des vendeurs, deux problĂšmes peuvent se poser au

28
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

niveau du tirage. Comment, tout d’abord, choisir les nibles ne sont ni exhaustives, ni bien adaptĂ©es aux
produits d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire dont les prix seront besoins de l’IPC. Il peut aussi ĂȘtre efficace, par rapport
relevĂ©s? Pour certains d’entre eux, il se peut qu’il ne au coĂ»t, de concentrer les relevĂ©s de prix de diffĂ©rents
soit pas nĂ©cessaire de visiter les points de vente pour produits dans un mĂȘme point de vente, plutĂŽt que d’éta-
procĂ©der Ă  ces relevĂ©s, car un prix unique s’applique ler plus largement les relevĂ©s de prix sur un grand
dans tout le pays. Ce type de prix peut ĂȘtre relevĂ© auprĂšs nombre de points de vente.
de l’organisme central responsable de leur fixation. Les 1.207 Qu’il soit alĂ©atoire ou raisonnĂ©, le tirage doit,
paragraphes suivants se rapportent Ă  la situation plus pour ĂȘtre efficace, reposer sur des bases de sondage
courante dans laquelle les prix sont relevés dans un exhaustives et actualisées. Deux types de base sont néces-
grand nombre de points de vente. saires pour les besoins de l’IPC : les premiùres corres-
1.204 Comme il est expliquĂ© au chapitre 5, l’uni- pondent Ă  la liste de l’univers des points de vente, les
vers de produits dont est extrait l’échantillon prĂ©sente secondes Ă  celle de l’univers des produits. Les registres
plusieurs dimensions. Les produits peuvent ĂȘtre classĂ©s du commerce, les fichiers des administrations centrales
non seulement selon les caractéristiques et fonctions qui ou des collectivités locales et les annuaires téléphoniques
dĂ©terminent leur place dans la COICOP, mais aussi sont autant d’exemples de bases de sondage possibles
selon le lieu et le point de vente oĂč ils sont vendus et le pour les points de vente. Lorsque les bases de sondage
moment auquel cette vente a lieu. Le fait que l’univers contiennent l’information requise, l’efficacitĂ© peut ĂȘtre
de produits soit en perpĂ©tuel changement pose un pro- accrue en choisissant l’échantillon de points de vente pro-
blĂšme majeur pour les IPC, mais Ă©galement pour la plu- portionnellement Ă  l’importance de caractĂ©ristiques Ă©co-
part des autres statistiques économiques. Des produits nomiques pertinentes, telles que la valeur totale des
disparaissent pour ĂȘtre remplacĂ©s par d’autres types de ventes. Dans la pratique, les bases de sondage des pro-
produit, tandis que des points de vente ferment et que duits ne sont pas toujours immédiatement disponibles.
d’autres s’ouvrent. Le fait que l’univers de produits se Les bases possibles sont les catalogues ou autres listes
modifie au fil du temps crĂ©e des problĂšmes d’ordre de produits dressĂ©es par les principaux fabricants, gros-
théorique et pratique, car la mesure des variations de sistes ou offices professionnels, ou les listes de produits
prix au cours du temps suppose une certaine continuité qui sont spécifiques à certains points de vente, comme
des produits suivis. Les variations de prix enregistrées les hypermarchés.
devraient en principe concerner des produits appariés 1.208 Selon des informations disponibles dans la
qui sont identiques dans les deux pĂ©riodes. Les pro- base de sondage choisie, il peut ĂȘtre possible de grouper
blĂšmes qui se posent lorsque les produits ne sont pas les points de vente en strates, selon leur localisation et
identiques seront examinés plus en détail par la suite. leur taille, laquelle est indiquée par leurs ventes et leurs
1.205 Lorsque l’on conçoit l’échantillon qui sera effectifs. Quand on dispose d’informations sur leur
utilisĂ© pour relever des prix, il importe d’accorder taille, il peut ĂȘtre possible de gagner en efficacitĂ© en
l’attention voulue aux critĂšres statistiques de rĂ©fĂ©rence sĂ©lectionnant alĂ©atoirement un Ă©chantillon de points de
afin d’assurer que les estimations rĂ©sultant de ces Ă©chan- vente proportionnellement Ă  la taille. Dans la pratique,
tillons sont non seulement dépourvues de biais et de toutefois, il est aussi fait largement appel au tirage par
variance minimale, mais aussi efficaces au regard de leur choix raisonné.
coût. Les études sur les indices distinguent deux types de 1.209 Dans la plupart des pays, la sélection de la
biais : le biais de tirage au sens oĂč nous l’entendons ici majoritĂ© des produits Ă©lĂ©mentaires dont les prix sont sui-
et les biais non liĂ©s au tirage qui prennent la forme de vis dans les points de vente retenus tend Ă  ĂȘtre faite avec
biais de substitution ou de reprĂ©sentativitĂ© et seront Ă©vo- un tirage par choix raisonnĂ©, puisqu’elle est spĂ©cifiĂ©e par
quĂ©s au chapitre 10. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, le contexte per- l’organisme centralisĂ© responsable de l’IPC. Celui-ci
met de dĂ©terminer clairement de quel biais il s’agit. dresse des listes de produits censĂ©s ĂȘtre reprĂ©sentatifs
1.206 Les travaux sur les techniques d’enquĂȘte et des produits d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Les listes peuvent
de tirage auxquels se rĂ©fĂ©rer ne manquent pas, et il n’y a ĂȘtre Ă©tablies en collaboration avec les directeurs d’éta-
pas lieu de les résumer ici. En principe, il serait souhai- blissements de vente en gros ou de grands magasins de
table de choisir les points de vente et les produits en dĂ©tail, ou avec d’autres experts ayant Ă  la fois l’expĂ©-
effectuant un tirage aléatoire assorti de probabilités de rience pratique et les connaissances requises en la
sĂ©lection connues. En effet, cela assurerait que l’échan- matiĂšre. Les procĂ©dures en vigueur sont dĂ©crites plus en
tillon des produits sĂ©lectionnĂ©s n’est pas faussĂ© par des dĂ©tail au chapitre 6.
facteurs subjectifs et permettrait d’estimer le biais de 1.210 Certains ont fait valoir que le choix raisonnĂ©
sĂ©lection ou de tirage. De nombreux pays continuent des produits risque de n’introduire qu’un biais d’échan-
nĂ©anmoins de s’en remettre trĂšs largement Ă  une sĂ©lec- tillonnage nĂ©gligeable, mĂȘme s’il n’existe pas beaucoup
tion raisonnée des points de vente et des produits dans la de preuves tangibles en la matiÚre. Le tirage aléatoire
mesure oĂč la procĂ©dure du tirage alĂ©atoire leur paraĂźt est en principe prĂ©fĂ©rable, et il est aussi relativement
trop difficile et trop coĂ»teuse. Ils considĂšrent que le facile Ă  faire. Aux États-Unis, par exemple, le Bureau of
choix raisonné présente un meilleur rapport coût/effica- Labor Statistics fait largement appel aux procédures de
cité, en particulier lorsque les bases de sondage dispo- sélection aléatoire pour le choix des points de vente et

29
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

des produits dont les prix seront suivis. Lorsque le choix directives d’ordre gĂ©nĂ©ral quant Ă  l’utilisation des don-
des produits est laissĂ© aux enquĂȘteurs chargĂ©s d’en faire nĂ©es obtenues de cette maniĂšre. Il importe, manifeste-
le relevĂ©, il est essentiel de s’assurer que ces derniers ment, que les offices de statistique suivent l’évolution de
sont bien prĂ©parĂ©s, informĂ©s de ce qu’on attend d’eux et ce secteur et rĂ©flĂ©chissent aux possibilitĂ©s d’exploitation
suivis de prÚs. de cette nouvelle source de données appelée à jouer un
rÎle majeur. La saisie de données par lecture optique
Méthodes de relevé des prix élargit aussi le champ ouvert aux méthodes améliorées
1.211 La section prĂ©cĂ©dente a mis l’accent sur les d’ajustement de la qualitĂ©, telles que les mĂ©thodes hĂ©do-
questions d’échantillonnage qui se posent lorsque les niques, ainsi qu’il est expliquĂ© au chapitre 7.
prix d’un grand nombre de produits doivent ĂȘtre relevĂ©s 1.215 RelevĂ©s des prix Ă  l’échelon local. Lorsque
dans un grand nombre de points de vente. La présente les prix sont relevés auprÚs de points de vente locaux, il
section s’intĂ©resse Ă  certains des aspects plus opĂ©ration- existe deux façons de dĂ©terminer les diffĂ©rents produits
nels du relevĂ© des prix. que l’on choisit de suivre. La premiĂšre consiste Ă  dres-
1.212 Relevé centralisé des prix. Beaucoup de prix ser une liste spécifique de produits déterminée à
importants peuvent ĂȘtre relevĂ©s par l’organisme centra- l’avance par l’organisme centralisĂ© responsable de
lisĂ© responsable de l’IPC directement au siĂšge de l’orga- l’IPC. La seconde solution consiste Ă  laisser la personne
nisation responsable de la dĂ©termination des prix. chargĂ©e de relever les prix faire son choix Ă  partir d’un
Lorsque les prix sont les mĂȘmes dans tout le pays, il est assortiment de produits spĂ©cifiĂ©s. Elle peut utiliser un
superflu de les relever à différents points de vente : processus de type aléatoire ou sélectionner les produits
qui se vendent le mieux ou qui sont recommandés par le
‱ Des tarifs ou rĂ©munĂ©rations de services sont fixĂ©s au propriĂ©taire ou le gĂ©rant du point de vente. Les produits
plan national et appliquĂ©s sur l’ensemble du territoire dont on choisit de suivre le prix dans un point de vente
du pays. Ce peut ĂȘtre le cas pour des services publics peuvent ĂȘtre qualifiĂ©s de produits Ă©lĂ©mentaires de
tels que l’eau, le gaz ou l’électricitĂ©, les services pos- l’échantillon. Il peut s’agir de biens ou de services.
taux ou téléphoniques et les transports publics. Ces 1.216 Lorsque la liste des produits est déterminée à
tarifs et autres rĂ©munĂ©rations peuvent ĂȘtre obtenus au l’avance par l’organisme centralisĂ©, l’objectif est en
siÚge des entreprises concernées. général de sélectionner les produits considérés comme
‱ Certaines chaĂźnes nationales de magasins et de super- reprĂ©sentatifs d’un groupe plus large de produits au sein
marchĂ©s peuvent appliquer les mĂȘmes prix partout, d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. L’organisme centralisĂ© doit
auquel cas ces prix peuvent ĂȘtre obtenus lĂ  aussi au aussi dĂ©cider s’il adopte une description, ou spĂ©cifi-
siĂšge des sociĂ©tĂ©s concernĂ©es. MĂȘme lorsque les cation, plus ou moins large ou Ă©troite des produits reprĂ©-
chaĂźnes nationales n’imposent pas des prix uni- sentatifs qui seront suivis. En thĂ©orie, le nombre de
formes, il est possible que les diffĂ©rences de prix produits diffĂ©rents qui peuvent ĂȘtre identifiĂ©s est dans
entre les régions soient minimes et que toutes les une certaine mesure arbitraire, et dépend du nombre de
informations disponibles soient centralisées. caractéristiques économiques jugées pertinentes ou
importantes. Par exemple, le mot «bƓuf» est un terme
‱ Il se peut aussi que beaucoup de ces prix centralisĂ©s gĂ©nĂ©rique applicable Ă  un groupe de produits similaires
ne varient que trÚs rarement, une ou deux fois par an mais néanmoins distincts. Il existe différentes piÚces de
peut-ĂȘtre. Ils n’ont donc pas Ă  ĂȘtre relevĂ©s tous les bƓuf, tels que le steak hachĂ©, le bƓuf Ă  braiser ou le
mois. En outre, bon nombre de ces prix peuvent ĂȘtre rumsteck, qui peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme autant de
obtenus par téléphone, télécopie ou courrier électro- produits différents et donc vendus à des prix trÚs diffé-
nique et n’obligent donc pas les enquĂȘteurs Ă  se rendre rents. Qui plus est, le bƓuf peut aussi ĂȘtre classĂ© diffĂ©-
fréquemment au siÚge des entreprises concernées. remment selon que sa viande est fraßche, réfrigérée ou
1.213 Données obtenues par lecture optique. La congelée, et donner lieu à des classifications croisées
multiplication, dans de nombreux pays, des donnĂ©es trĂšs selon que le bƓuf est d’origine nationale ou importĂ©, ou
détaillées saisies par lecture optique par les caisses que les animaux diffÚrent par leur ùge ou leur race.
enregistreuses électroniques est une nouveauté impor- 1.217 En adoptant des spécifications plus rigou-
tante. Ces donnĂ©es sont rassemblĂ©es dans des bases de reuses, l’organisme centralisĂ© s’assure d’un meilleur
données commerciales. Les données ainsi saisies sont contrÎle des prix des produits élémentaires proposés
récentes et exhaustives. Une proportion de plus en plus dans les points de vente, mais accroßt aussi le risque que
grande de ventes est saisie par lecture optique à l’aide de certains produits ne soient pas effectivement disponibles
caisses enregistreuses électroniques. dans tel ou tel point de vente. Adopter des spécifications
1.214 Les avantages potentiels de l’utilisation de moins rigoureuses signifie en revanche qu’il sera pos-
donnĂ©es obtenues par lecture optique sont Ă  l’évidence sible de suivre les prix de plus de produits Ă©lĂ©mentaires,
considĂ©rables et pourraient, en dĂ©finitive, avoir un impact mais que les enquĂȘteurs auront une plus grande latitude
trÚs sensible sur les modalités de collecte des données pour choisir les produits élémentaires qui seront effecti-
pour les besoins de l’IPC. L’expĂ©rience n’est pas encore vement suivis. Cela peut rendre l’échantillon moins
assez avancĂ©e pour qu’il soit possible de donner des reprĂ©sentatif globalement.

30
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

ContinuitĂ© du relevĂ© des prix de prix observĂ©es. En d’autres termes, il leur faut s’effor-
cer d’ajuster les prix relevĂ©s au titre des changements de
1.218 L’IPC vise Ă  mesurer les variations pures de qualitĂ© Ă©ventuels des produits suivis, ainsi qu’il est expli-
prix. Les produits dont les prix sont relevĂ©s et comparĂ©s quĂ© plus en dĂ©tail ci-aprĂšs. À la limite, un produit totale-
pour des pĂ©riodes successives devraient, dans l’idĂ©al, ment nouveau peut, une fois apparu, se rĂ©vĂ©ler si diffĂ©-
ĂȘtre parfaitement appariĂ©s, c’est-Ă -dire prĂ©senter un rent de ceux qui existaient avant lui que l’ajustement de
aspect physique et des caractĂ©ristiques Ă©conomiques la qualitĂ© n’est pas possible et que le prix de ce produit
identiques. Lorsque les produits sont parfaitement appa- ne peut ĂȘtre comparĂ© directement Ă  celui d’aucun de ses
riĂ©s, l’évolution des prix observĂ©e est une variation pure prĂ©dĂ©cesseurs. De mĂȘme, un produit peut devenir si peu
de prix. Si l’on sĂ©lectionne des produits reprĂ©sentatifs, il reprĂ©sentatif ou obsolĂšte qu’il doive ĂȘtre retirĂ© de l’indice
faut donc s’assurer qu’un nombre suffisant d’entre eux parce qu’il n’y a plus lieu de comparer son prix à ceux
devraient rester sur le marchĂ© pendant une pĂ©riode rela- des produits qui l’ont supplantĂ©.
tivement longue, sous une forme ou un état parfaitement
identique Ă  ce qu’il Ă©tait quand ces produits ont Ă©tĂ© ini- Rééchantillonnage ou tirage
tialement choisis. Sans permanence, il n’y aurait pas d’un nouvel Ă©chantillon
assez de variations de prix Ă  mesurer.
1.219 Une fois que les produits élémentaires dont 1.222 Face à cet univers changeant des produits,
les prix doivent ĂȘtre relevĂ©s ont Ă©tĂ© identifiĂ©s, la stra- l’une des stratĂ©gies possibles consiste Ă  effectuer rĂ©guliĂš-
tégie normale consiste à continuer de suivre le prix aussi rement un nouveau tirage de la totalité des produits élé-
longtemps que possible d’exactement les mĂȘmes pro- mentaires de l’échantillon. Dans le cas d’un indice men-
duits Ă©lĂ©mentaires. Les enquĂȘteurs peuvent le faire s’ils suel, par exemple, un nouvel Ă©chantillon peut ĂȘtre choisi
disposent de spécifications trÚs précises, ou étroites, des chaque année en janvier. Les prix de chaque échantillon
produits Ă©lĂ©mentaires Ă  suivre. Sans cela, ils doivent sont alors suivis un an jusqu’au mois de janvier suivant.
enregistrer eux-mĂȘmes la description dĂ©taillĂ©e des pro- Les prix des deux Ă©chantillons doivent ĂȘtre collectĂ©s en
duits élémentaires dont ils ont choisi de suivre les prix. janvier afin de pouvoir chaßner les deux séries de douze
1.220 Pour un indice des prix, la situation idéale est variations mensuelles. Le fait de procéder chaque année à
celle oĂč tous les produits dont les prix sont suivis un retirage est cohĂ©rent avec la stratĂ©gie d’actualisation
demeurent sur le marché indéfiniment sans la moindre annuelle des pondérations de dépenses.
modification de leurs caractĂ©ristiques physiques et Ă©co- 1.223 Bien que le rééchantillonnage puisse ĂȘtre prĂ©-
nomiques — sauf bien sĂ»r en ce qui concerne le moment fĂ©rable au maintien de l’échantillon ou du choix de pro-
de leur vente. Il est bon de noter que de nombreux thĂ©o- duits, il n’est guĂšre utilisĂ© dans la pratique. Le retirage
rĂšmes de la thĂ©orie des indices dĂ©coulent de l’hypothĂšse systĂ©matique de tout l’assortiment de produits est diffi-
selon laquelle le mĂȘme assortiment de biens et services, cile Ă  gĂ©rer et coĂ»teux Ă  mettre en Ɠuvre. De surcroĂźt, il
exactement, est disponible durant les deux pĂ©riodes ne rĂ©sout pas totalement les problĂšmes de l’univers chan-
comparĂ©es. La plupart des produits n’ont toutefois geant des produits, car il ne saisit pas les variations de
qu’une durĂ©e de vie Ă©conomique limitĂ©e, et dispa- prix qui surviennent au moment oĂč de nouveaux produits
raissent finalement du marchĂ© pour ĂȘtre remplacĂ©s par ou de nouvelles qualitĂ©s sont introduits pour la premiĂšre
d’autres. Comme l’univers des produits est en perpĂ©- fois. De nombreux producteurs profitent dĂ©libĂ©rĂ©ment du
tuelle Ă©volution, ceux qui avaient Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s initia- moment oĂč les produits sont lancĂ©s sur le marchĂ© pour
lement en raison de leur représentativité peuvent consti- procéder à des changements de prix significatifs.
tuer peu Ă  peu une part de plus en plus faible du total des 1.224 Il existe une approche plus pratique pour garder
achats et des ventes. Ils peuvent devenir de moins en l’échantillon Ă  jour : elle consiste Ă  soumettre ce dernier Ă 
moins reprĂ©sentatifs globalement. Étant donnĂ© que une rotation graduelle en supprimant certains produits Ă©lĂ©-
l’IPC vise à couvrir tous les produits, il faut trouver le mentaires pour en introduire de nouveaux. Les produits
moyen de s’accommoder du caractĂšre changeant de leur Ă©lĂ©mentaires peuvent ĂȘtre enlevĂ©s pour deux raisons :
univers. Dans le cas des biens de consommation ‱ L’enquĂȘteur qui relĂšve les prix ou l’organisme centra-
durables dont les caractĂ©ristiques et la conception sont lisĂ© estime que le produit n’est plus reprĂ©sentatif, car
modifiées en permanence, certains modÚles peuvent sa part dans les dépenses totales consacrées à cette
avoir une durée de vie trÚs courte et ne rester sur le mar- catégorie de produits diminue réguliÚrement.
chĂ© qu’une seule annĂ©e (ou moins) avant de cĂ©der la
place à de nouveaux modùles. ‱ Le produit peut aussi disparaütre totalement du
1.221 Le moment arrive oĂč la continuitĂ© d’une sĂ©rie marchĂ©. Il peut par exemple ĂȘtre rendu obsolĂšte par un
d’observations des prix doit ĂȘtre interrompue. Il peut changement technologique ou passer de mode suite Ă 
devenir nécessaire de comparer les prix de certains pro- une évolution des goûts; il peut aussi disparaßtre pour
duits à ceux de produits nouveaux trùs similaires, mais d’autres raisons.
non pas identiques. Les offices de statistique doivent 1.225 Dans le mĂȘme temps, de nouveaux produits
alors s’efforcer de supprimer les effets estimĂ©s des chan- apparaissent sur le marchĂ©, ou de nouvelles qualitĂ©s sont
gements de caractéristiques des produits des variations ajoutées à ceux qui existaient déjà. Il devient nécessaire,

31
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

Ă  un moment donnĂ©, de les inclure dans la liste des pro- ‱ Il n’y a guĂšre de cohĂ©rence, d’un pays Ă  l’autre, dans
duits dont le prix est suivi. Cela pose la question plus les méthodes utilisées pour traiter les changements de
générale du traitement des changements de qualité et des qualité.
nouveaux produits.
‱ Diverses Ă©tudes empiriques ont montrĂ© l’importance de
la mĂ©thode choisie, car l’emploi de mĂ©thodes diffĂ©rentes
Ajustement des prix peut déboucher sur des résultats trÚs disparates.
aux changements de qualité
1.226 Le traitement des changements de qualitĂ© est Évaluation de l’effet des changements
peut-ĂȘtre la principale difficultĂ© rencontrĂ©e par ceux qui de qualitĂ© sur les prix
Ă©tablissent les IPC. C’est un thĂšme rĂ©current de ce 1.230 Il est utile d’essayer de prĂ©ciser pourquoi
manuel, car il pose des problĂšmes Ă  la fois thĂ©oriques et l’on souhaite ajuster la variation de prix constatĂ©e entre
pratiques aux statisticiens. Le chapitre 7 est consacré deux produits élémentaires similaires (mais non pas
dans son intégralité au traitement des changements de identiques) pour tenir compte de leur différence de qua-
qualitĂ©, et le chapitre 8 examine de plus prĂšs la question litĂ©. Il y a changement de la qualitĂ© d’un bien ou d’un
connexe des nouveaux produits et de la substitution de service lorsqu’une modification survient dans certaines,
produits élémentaires. mais non dans la plupart, de ses caractéristiques. Pour
1.227 Lorsqu’un produit Ă©lĂ©mentaire de l’échan- les besoins de l’IPC, les changements de qualitĂ© doivent
tillon est rayĂ© de la liste des produits dont le prix est ĂȘtre Ă©valuĂ©s du point de vue du consommateur. Comme
suivi dans un point de vente, l’usage veut que l’on trouve l’indique le chapitre 7, l’évaluation du changement de la
un nouveau produit pour le remplacer et que l’on qualitĂ© consiste essentiellement Ă  estimer la somme sup-
s’assure ainsi que l’échantillon ou le choix de produits plĂ©mentaire que le consommateur est prĂȘt Ă  payer pour
demeure assez complet et représentatif. Si le nouveau les nouvelles caractéristiques de la nouvelle qualité.
produit vise spĂ©cifiquement Ă  remplacer l’ancien, il est Cette somme supplĂ©mentaire n’est pas une hausse de
nĂ©cessaire de chaĂźner la sĂ©rie d’observations antĂ©rieures prix, car elle reprĂ©sente la valeur monĂ©taire du surcroĂźt
des prix de l’ancien article Ă  la sĂ©rie suivante portant sur de satisfaction ou d’utilitĂ© retirĂ©e de la nouvelle qualitĂ©.
le nouvel article. Les deux sĂ©ries d’observations peuvent Bien sĂ»r, si l’ancienne qualitĂ© est prĂ©fĂ©rĂ©e Ă  la nouvelle,
se chevaucher ou non sur une ou plusieurs pĂ©riodes. Bien les consommateurs ne seront prĂȘts Ă  acheter la nouvelle
souvent, il ne peut pas y avoir chevauchement, car la qualitĂ© qu’à condition que son prix soit moins Ă©levĂ©.
nouvelle qualitĂ©, ou le nouveau modĂšle, n’est introduit 1.231 Prenons l’exemple d’une nouvelle qualitĂ©
qu’aprĂšs l’arrĂȘt de la production de l’article qui est rem- qui apparaĂźt aux cĂŽtĂ©s d’une ancienne. Supposons que
placĂ©. Qu’il y ait chevauchement ou non, le chaĂźnage des les deux produits peuvent se substituer l’un Ă  l’autre et
deux sĂ©ries de prix suppose que l’on procĂšde Ă  une cer- que le consommateur soit au courant des caractĂ©ris-
taine estimation du changement de qualitĂ© entre l’ancien tiques de l’ancienne et de la nouvelle qualitĂ©; soit p les
produit et celui qui est choisi pour le remplacer. prix de l’ancienne qualitĂ©, et P ceux de la nouvelle qua-
1.228 Quelle que soit la difficultĂ© d’estimer la part du litĂ©. Supposons aussi que les deux qualitĂ©s sont offertes
changement de qualitĂ© dans la variation du prix observĂ©, au consommateur au mĂȘme prix, qui est en l’occur-
il faut bien comprendre qu’une estimation doit ĂȘtre faite rence le prix pt, auquel la nouvelle qualitĂ© est vendue Ă 
de façon explicite ou, à défaut, implicite. La question ne la période t. Le consommateur, invité à choisir, se pro-
peut ĂȘtre Ă©vitĂ©e ou Ă©ludĂ©e. Tous les offices de statistique nonce alors en faveur de la nouvelle qualitĂ©.
disposent de ressources limitĂ©es, et beaucoup d’entre eux 1.232 Supposons ensuite que le prix de l’ancienne
risquent de ne pas avoir les moyens requis pour procĂ©der qualitĂ© est abaissĂ© progressivement jusqu’à p*t, niveau au-
aux ajustements explicites et plus Ă©laborĂ©s dĂ©crits au cha- quel le consommateur achĂšte indiffĂ©remment l’ancienne
pitre 7. MĂȘme si l’on ne peut pas, faute de donnĂ©es ou de qualitĂ© au prix p*t, ou la nouvelle qualitĂ© au prix Pt. Toute
ressources, procéder à un ajustement explicite de la quali- nouvelle baisse du prix en dessous de p*t conduit le con-
tĂ©, il est impossible d’éviter de procĂ©der Ă  une certaine sommateur Ă  revenir Ă  l’ancienne qualitĂ©. L’écart entre Pt
forme d’ajustement implicite. Le fait mĂȘme de ne «rien et p*t mesure le surcroĂźt de valeur que le consommateur
faire» en l’apparence implique nĂ©cessairement une cer- confĂšre Ă  la nouvelle qualitĂ©, comparĂ©e Ă  l’ancienne.
taine forme d’ajustement implicite, comme on le verra ci- C’est la somme maximale que le consommateur est prĂȘt Ă 
aprĂšs. Les offices de statistique doivent ĂȘtre conscients, payer, en sus du prix de l’ancienne qualitĂ©, pour acquĂ©rir
quelles que soient les ressources dont ils disposent, des la nouvelle.
consĂ©quences des procĂ©dures qu’ils adoptent. 1.233 Soit pt–1 le prix effectif auquel l’ancienne
1.229 L’introduction du chapitre 7 met en exergue qualitĂ© Ă©tait vendue Ă  la pĂ©riode t – 1. Pour les besoins
trois points : de l’IPC, l’augmentation du prix entre les deux qualitĂ©s
‱ Le rythme de l’innovation est soutenu, et peut-ĂȘtre n’est pas l’écart observĂ© Pt – pt–1, mais p*t – pt–1. Il est
croissant, ce qui entraßne une modification incessante important de noter que p*t, prix hypothétique de
des caractĂ©ristiques des produits. l’ancienne qualitĂ© Ă  la pĂ©riode t, est directement com-

32
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

parable au prix effectif de l’ancienne qualitĂ© Ă  la changements de qualitĂ©. Dans la pratique, toutefois, cette
pĂ©riode t – 1 puisque l’un et l’autre se rĂ©fĂšrent Ă  un seul mĂ©thode n’est guĂšre utilisĂ©e, car les donnĂ©es requises
et mĂȘme produit. L’écart entre les deux est une varia- sont rarement disponibles. En outre, la situation du
tion pure de prix. L’écart entre Pt et p*t n’est pas une marchĂ© peut ne pas cadrer avec les hypothĂšses thĂ©o-
variation de prix, mais une Ă©valuation de la diffĂ©rence riques. MĂȘme lorsqu’il y a chevauchement des qualitĂ©s,
de qualitĂ© entre les deux produits Ă©lĂ©mentaires Ă  la les consommateurs n’ont pas forcĂ©ment le temps d’ac-
période t. Le prix effectif de la nouvelle qualité à la quérir une connaissance suffisante des caractéristiques
pĂ©riode t doit ĂȘtre multipliĂ© par le ratio p*t / Pt pour que pour ĂȘtre en mesure d’évaluer comme il convient les
la comparaison entre les prix aux pĂ©riodes t – 1 et t soit qualitĂ©s relatives, en particulier lorsque le changement
une comparaison entre produits d’égale qualitĂ© aux de qualitĂ© est important. Il est possible aussi que les
yeux du consommateur. Le ratio p*t / Pt est l’ajustement consommateurs n’aient pas tous accĂšs aux deux qualitĂ©s.
de la qualité requis. Lorsque la nouvelle qualité apparaßt pour la premiÚre
1.234 Il est évidemment difficile, dans la pratique, fois, le marché risque de rester un moment déséquilibré,
d’estimer l’ajustement de la qualitĂ©, mais la premiĂšre car les consommateurs ont besoin de temps pour
étape doit consister à préciser, sur le plan théorique, la modifier leurs schémas de consommation.
nature de l’ajustement requis en principe. ConcrĂštement, 1.238 Les deux qualitĂ©s peuvent se chevaucher
les producteurs considĂšrent souvent que la mise sur le durant une succession de pĂ©riodes avant que l’ancienne
marchĂ© d’une nouvelle qualitĂ©, ou d’un nouveau modĂšle, qualitĂ© ne disparaisse finalement du marchĂ©. S’il y a
est une bonne occasion de relever sensiblement les prix. déséquilibre temporaire du marché, les prix relatifs des
Ils peuvent compliquer dĂ©libĂ©rĂ©ment la tĂąche des con- deux qualitĂ©s risquent d’afficher d’amples variations au
sommateurs qui essaient de discerner, dans la variation cours du temps, et le marché offrira alors des évaluations
du prix, la part qui correspond à la différence entre différentes des qualités relatives selon la période choisie.
l’ancienne et la nouvelle qualitĂ©. Lorsque de nouvelles qualitĂ©s intĂ©grant des amĂ©liora-
1.235 Le chapitre 7 explique les deux options offertes tions majeures apparaissent pour la premiĂšre fois sur le
aux offices de statistique. La premiÚre consiste à procéder marché, leurs prix ont souvent tendance à chuter par rap-
à un ajustement explicite à la variation de prix observée, port à ceux des qualités plus anciennes, avant que ces
sur la base des diffĂ©rentes caractĂ©ristiques de l’ancienne et derniĂšres ne finissent par disparaĂźtre. Dans cette situa-
de la nouvelle qualitĂ©. La seconde consiste Ă  possĂ©der un tion, si les sĂ©ries de prix pour l’ancienne et la nouvelle
ajustement implicite en faisant une hypothÚse sur la varia- qualité sont chaßnées dans une seule période, le choix de
tion pure de prix (sur la base, par exemple, des mouve- la période peut avoir un impact considérable sur la varia-
ments de prix observés pour les autres produits). Pour tion globale constatée dans les séries chaßnées.
des raisons pratiques, nous Ă©voquerons d’abord les 1.239 Le statisticien doit alors porter un jugement
méthodes implicites. délibéré sur la période à laquelle les prix relatifs semblent
donner la meilleure représentation des qualités relatives.
Dans cette situation, il peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rable d’opter pour
MĂ©thodes implicites d’ajustement une procĂ©dure de chaĂźnage plus complexe utilisant les
aux changements de qualitĂ© prix de l’ancienne et de la nouvelle qualitĂ© durant plu-
1.236 Chevauchement des qualités. Supposons sieurs périodes au cours desquelles elles se chevauchent.
qu’il y ait chevauchement des deux qualitĂ©s, lesquelles Cependant, l’information requise pour cette procĂ©dure
se trouvent toutes deux disponibles sur le marchĂ© Ă  la plus complexe ne sera jamais disponible si les enquĂȘteurs
pĂ©riode t. Si les consommateurs sont bien informĂ©s, chargĂ©s de relever les prix ont pour instruction de n’intro-
libres d’exercer leur choix et disposĂ©s, dans leur duire la qualitĂ© nouvelle qu’au moment oĂč l’ancienne est
ensemble, Ă  acheter les deux qualitĂ©s au mĂȘme moment, abandonnĂ©e. Dans ce cas, le moment du passage de
la thĂ©orie Ă©conomique voudrait que le ratio des prix de l’ancienne Ă  la nouvelle qualitĂ© peut avoir un impact
la nouvelle qualitĂ© Ă  l’ancienne reflĂšte leurs utilitĂ©s rela- significatif sur la variation constatĂ©e, Ă  long terme, dans
tives pour le consommateur. Il s’ensuit que l’écart de les sĂ©ries chaĂźnĂ©es. Ce facteur doit ĂȘtre reconnu explicite-
prix entre l’ancienne et la nouvelle qualitĂ© n’est pas ment et pris en considĂ©ration.
l’indication d’une variation des prix. L’évolution des 1.240 S’il n’y a pas chevauchement entre la nou-
prix jusqu’à la pĂ©riode t peut ĂȘtre mesurĂ©e par les prix velle et l’ancienne qualitĂ©, les difficultĂ©s que nous
pratiquĂ©s pour l’ancienne qualitĂ©, tandis que l’évolution venons d’évoquer n’existent pas, car il n’y a pas Ă  choi-
des prix Ă  partir de la pĂ©riode t peut ĂȘtre mesurĂ©e par les sir le moment du chaĂźnage. Cela dit, d’autres problĂšmes
prix pratiqués pour la nouvelle qualité. Les deux séries plus difficiles les remplacent.
de variations de prix sont chaĂźnĂ©es Ă  la pĂ©riode t, l’écart 1.241 Non-chevauchement des qualitĂ©s. Dans les
de prix entre les deux qualitĂ©s n’ayant aucun impact sur sections suivantes, on suppose que la mĂ©thode de che-
les sĂ©ries chaĂźnĂ©es. vauchement ne peut ĂȘtre utilisĂ©e parce qu’il y a disconti-
1.237 Lorsqu’il y a chevauchement des qualitĂ©s, un nuitĂ© entre les sĂ©ries d’observations de prix relatives Ă 
chaĂźnage simple de ce type peut apporter une solution l’ancienne et Ă  la nouvelle qualitĂ©. LĂ  encore, en utilisant
acceptable au problĂšme que pose le traitement des p pour l’ancienne qualitĂ© et P pour la nouvelle, on sup-

33
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

pose que les donnĂ©es de prix disponibles pour l’établis- diffĂ©rents produits de l’échantillon. La sĂ©rie de prix
sement de l’indice se prĂ©sentent sous la forme suivante : chaĂźnĂ©e concernant plus particuliĂšrement les deux quali-
tĂ©s n’est donc qu’une des sĂ©ries de prix parallĂšles. Ce

, pt – 3 , pt – 2 , pt – 1, Pt , Pt + 1 , Pt + 2 ,
 qui peut arriver, dans la pratique, c’est que les observa-
tions de prix relatives Ă  l’ancienne qualitĂ© soient utili-
Le problĂšme est d’estimer la variation pure de prix entre sĂ©es jusqu’à la pĂ©riode t – 1 et que les prix appliquĂ©s Ă 
t – 1 et t afin de disposer d’une sĂ©rie continue la nouvelle qualitĂ© soient utilisĂ©s Ă  partir de la pĂ©riode t,
d’observations de prix pouvant ĂȘtre incluse dans l’indice. la variation de prix entre t – 1 et t Ă©tant omise des cal-
En utilisant la mĂȘme notation que prĂ©cĂ©demment : culs. ConcrĂštement, cela revient Ă  utiliser la troisiĂšme
‱ l’évolution des prix jusqu’à la pĂ©riode t–1 est mesurĂ©e option, c’est-Ă -dire Ă  estimer la variation de prix man-
par la sĂ©rie Ă©tablie pour l’ancienne qualitĂ©; quante en posant en hypothĂšses qu’elle est Ă©gale Ă  la
variation moyenne pour les autres produits élémentaires
‱ l’évolution entre t – 1 et t est mesurĂ©e par le ratio de l’échantillon au sein de l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire.
p*t / pt – 1, oĂč p*t est Ă©gal Ă  Pt aprĂšs ajustement au titre 1.245 Il peut ĂȘtre possible d’amĂ©liorer ces estima-
du changement de qualité; tions en choisissant avec soin les autres produits élé-
‱ l’évolution des prix Ă  partir de la pĂ©riode t est mentaires de l’échantillon dont on pense que la varia-
mesurée par la série établie pour la nouvelle qualité. tion moyenne des prix ressemble davantage à celle de
l’article en question que la moyenne du groupe des pro-
1.242 L’estimation de p*t est elle aussi dĂ©licate. Elle duits Ă©chantillonnĂ©s dans son ensemble. Cette procĂ©-
peut se faire explicitement en utilisant l’une des dure est prĂ©sentĂ©e plus en dĂ©tail au chapitre 7, oĂč elle
mĂ©thodes dĂ©crites ci-aprĂšs. Sinon, il y a lieu d’utiliser est illustrĂ©e Ă  l’aide d’un exemple numĂ©rique et dĂ©crite
une des mĂ©thodes implicites, lesquelles peuvent ĂȘtre comme «ciblage» de l’imputation ou de l’estimation.
regroupĂ©es en trois catĂ©gories : 1.246 La mĂ©thode gĂ©nĂ©rale d’estimation de prix sur
‱ La premiùre solution consiste à poser en hypothùse que la base de la variation moyenne pour le groupe de produits
p*t / pt – 1 = Pt / pt – 1, ou p*t = Pt . On suppose que la qualitĂ© restants est largement utilisĂ©e. Elle est parfois dĂ©crite
n’a pas changĂ©, de sorte que la totalitĂ© de l’augmenta- comme la mĂ©thode de la moyenne «globale» de classe. La
tion de prix observée est traitée comme une pure hausse version de ciblage la plus affinée est la méthode de la
de prix. ConcrĂštement, cela contredit l’hypothĂšse selon moyenne «ciblĂ©e». En gĂ©nĂ©ral, l’une ou l’autre de ces
laquelle il y a eu changement de qualité. méthodes semble préférable aux deux premiÚres options
susmentionnĂ©es, mĂȘme s’il convient de considĂ©rer cha-
‱ La seconde consiste Ă  poser en hypothĂšse que cune d’elles en fonction de ses avantages spĂ©cifiques.
p*t / pt – 1 = 1, ou p*t / pt – 1. On suppose qu’il n’y a pas eu 1.247 Si l’imputation par la moyenne des remplace-
de changement de prix, et la totalitĂ© de l’écart observĂ© ments Ă  qualitĂ© constante semble constituer une solution
entre pt – 1 et Pt est imputĂ©e Ă  une diffĂ©rence de quali- pratique raisonnable, elle peut nĂ©anmoins donner des
tĂ©. rĂ©sultats biaisĂ©s, comme le montre le chapitre 7. L’intro-
‱ La troisiĂšme consiste Ă  poser en hypothĂšse que duction d’une nouvelle qualitĂ© est prĂ©cisĂ©ment l’occasion
p*t / pt – 1 = I, oĂč I est un indice de la variation de prix que le producteur peut choisir pour relever sensiblement
pour un groupe de produits similaires, ou un indice ses prix. Bon nombre des variations de prix les plus
des prix plus gĂ©nĂ©ral. importantes risquent de ne pas ĂȘtre saisies si, en fait, elles
sont supposées égales aux variations moyennes des prix
1.243 Les deux premiĂšres possibilitĂ©s ne peuvent pas des produits dont la qualitĂ© n’a pas changĂ©.
ĂȘtre recommandĂ©es comme options par dĂ©faut Ă  utiliser 1.248 Il faut donc s’efforcer de procĂ©der Ă  un ajuste-
automatiquement quand on ne dispose pas d’informa- ment explicite de la qualitĂ©, au moins lorsque l’on peut
tions pertinentes. Le recours Ă  la premiĂšre option ne se penser que le changement qui s’est produit a Ă©tĂ© impor-
justifie que si les Ă©lĂ©ments disponibles laissent penser que tant. LĂ  aussi, plusieurs mĂ©thodes peuvent ĂȘtre utilisĂ©es.
le changement de qualitĂ© est d’une ampleur nĂ©gligeable,
bien qu’il ne puisse ĂȘtre quantifiĂ© avec plus de prĂ©cision.
«Ne rien faire», en d’autres termes ignorer totalement le Ajustements explicites de la qualitĂ©
changement de qualité survenu, équivaut à adopter la pre- 1.249 Ajustements de la qualité. Le changement de
miĂšre solution. Inversement, la seconde solution ne se qualitĂ© peut prendre la forme d’une modification des
justifie que si les éléments disponibles portent à croire caractéristiques physiques du produit facile à quantifier,
que le changement de prix Ă©ventuel entre les deux telle qu’un changement du poids, des dimensions, de la
pĂ©riodes est nĂ©gligeable. La troisiĂšme option est proba- puretĂ© ou de la composition chimique du produit. C’est
blement plus acceptable que les deux autres. C’est le type le plus souvent simplifier à outrance que de supposer que
de solution souvent utilisĂ© dans les statistiques Ă©cono- la qualitĂ© d’un produit change en proportion de la taille
miques lorsque les données manquent. de telle ou telle de ses caractéristiques physiques. Par
1.244 Les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire reposent exemple, la plupart des consommateurs ne risquent sans
en gĂ©nĂ©ral sur un certain nombre de sĂ©ries portant sur doute pas de penser que le fait qu’un rĂ©frigĂ©rateur ait une

34
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

capacitĂ© triple de celle d’un modĂšle plus petit justifie que pour certains types de produit. Elle s’est rĂ©vĂ©lĂ©e particu-
son prix soit trois fois plus élevé. Néanmoins, il est tout à liÚrement efficace dans le domaine informatique. La
fait possible d’ajuster un peu le prix d’une nouvelle qua- thĂ©orie Ă©conomique qui sous-tend cette approche est
litĂ© de taille diffĂ©rente pour le rendre plus comparable au examinĂ©e plus en dĂ©tail au chapitre 21, et l’application
prix de l’ancienne qualitĂ©. Il y a lĂ , en l’occurrence, une de cette mĂ©thode est expliquĂ©e au chapitre 7. Les pro-
marge de manƓuvre considĂ©rable pour l’application duits peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des ensembles de
judicieuse, ou de simple bon sens, de ce type d’ajuste- caractĂ©ristiques dont les prix ne sont pas fixĂ©s indivi-
ment relativement simple de la qualité. Les ajustements duellement, puisque le consommateur achÚte le tout
de la qualitĂ© reposant sur la «taille» sont examinĂ©s de comme un seul «paquet». L’objectif est d’essayer de
façon plus approfondie au chapitre 7. «sĂ©parer» ces caractĂ©ristiques afin d’estimer dans quelle
1.250 Différences des coûts de production ou mesure chacune contribue au prix total. Dans le cas des
d’option. On peut adopter une autre approche consistant ordinateurs, par exemple, trois caractĂ©ristiques essen-
à mesurer le changement de qualité par la variation esti- tielles sont retenues : la vitesse du processeur, la taille
mée des coûts de production des deux qualités. Les esti- de la mémoire vive et la capacité du disque dur. On trou-
mations peuvent ĂȘtre faites, si nĂ©cessaire, en consultation vera au chapitre 7 un exemple de rĂ©gression hĂ©donique
avec les producteurs des biens et services concernés. utilisant ces caractéristiques.
Cette mĂ©thode, comme la premiĂšre, ne devrait ĂȘtre satis- 1.254 Les rĂ©sultats obtenus en appliquant l’approche
faisante que si les modifications constatées prennent la hédonique aux ordinateurs ont eu un impact considérable
forme de changements relativement simples des caracté- sur les modalités de traitement des changements de qua-
ristiques physiques du bien, tels que l’ajout d’options Ă  litĂ© dans les IPC. Ils ont montrĂ© que, pour les biens sou-
une automobile. Elle n’est pas satisfaisante lorsqu’une mis Ă  une Ă©volution technologique et Ă  des amĂ©liorations
dĂ©couverte nouvelle ou l’introduction de technologies qualitatives rapides, l’ampleur des ajustements dus aux
innovantes modifie de maniÚre plus fondamentale la modifications de qualité apportés aux prix de marché
nature du produit. Par exemple, la mĂ©thode est Ă  l’évi- peut dĂ©terminer dans une large mesure les variations de
dence inapplicable lorsqu’un mĂ©dicament est remplacĂ© l’indice de l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Pour cette raison, le
par une variante plus efficace du mĂȘme produit qui se manuel examine en dĂ©tail l’utilisation de l’approche
trouve aussi ĂȘtre moins coĂ»teux Ă  fabriquer. hĂ©donique. Le chapitre 7 propose une analyse approfon-
1.251 Demander l’avis d’experts est un autre die, et notamment une comparaison qui fait apparaütre
moyen de traiter des changements de qualité plus com- que les résultats obtenus par cette méthode et par les
plexes ou plus subtils. Cette mĂ©thode est particuliĂšre- modĂšles appariĂ©s peuvent ĂȘtre trĂšs diffĂ©rents en cas de
ment pertinente lorsque le consommateur en général ne forte rotation des modÚles.
dispose pas des connaissances ou de l’expertise requises 1.255 Nous pouvons en conclure que les offices de
pour mesurer toute l’importance des changements sur- statistique doivent faire trùs attention au traitement des
venus, au moins lorsqu’ils se produisent pour la pre- changements de qualitĂ© et s’efforcer, dans toute la mesure
miÚre fois. du possible, de procéder à des ajustements explicites de la
1.252 L’approche hĂ©donique. Enfin, il peut ĂȘtre pos- qualitĂ©. On ne saurait trop insister sur ce point. Tous ceux
sible de systĂ©matiser l’approche fondĂ©e sur les coĂ»ts de qui ont pour mission de relever les prix doivent ĂȘtre cons-
production ou d’option en utilisant des mĂ©thodes Ă©cono- cients de la nĂ©cessitĂ© de reconnaĂźtre les changements de
mĂ©triques afin d’estimer l’impact que les changements qualitĂ© et de les prendre en compte. Ne pas prĂȘter suffi-
de caractĂ©ristiques observĂ©s d’un produit peuvent avoir samment attention Ă  ces changements, c’est risquer
sur son prix. Selon cette mĂ©thode, les prix du marchĂ© d’introduire de graves biais dans l’IPC.
d’un assortiment de qualitĂ©s et de modĂšles diffĂ©rents
font l’objet d’un calcul de rĂ©gression sur les caractĂ©ris- Substitution de produits
tiques économiques et physiques considérées comme les
plus importantes pour chaque modÚle. Cette approche de élémentaires et nouveaux biens
l’évaluation des changements de qualitĂ© est connue sous 1.256 Comme il a Ă©tĂ© dit plus haut, les indices des
l’appellation d’analyse hĂ©donique. Lorsque les caractĂ©- prix devraient, dans l’idĂ©al, s’efforcer de mesurer les
ristiques sont des attributs qui ne peuvent ĂȘtre quantifiĂ©s, variations pures de prix entre des produits appariĂ©s
elles sont représentées par des variables de substitution. demeurant identiques durant les deux périodes compa-
Les coefficients de rĂ©gression mesurent les effets margi- rĂ©es. Toutefois, le chapitre 8 montre que l’univers de
naux estimĂ©s des diverses caractĂ©ristiques sur les prix produits couvert par l’IPC est un univers dynamique qui
des modĂšles, et peuvent donc ĂȘtre utilisĂ©s pour Ă©valuer Ă©volue progressivement avec le temps. Fixer le prix de
les effets des changements survenus sur ces caractĂ©ris- produits appariĂ©s, c’est en limiter le choix Ă  un univers
tiques, c’est-Ă -dire les changements de qualitĂ©, au cours statique de produits donnĂ© par l’intersection des deux
du temps. assortiments de produits existants aux deux périodes
1.253 L’approche hĂ©donique de l’ajustement de la comparĂ©es. Par dĂ©finition, cet univers statique exclut Ă 
qualité peut constituer une méthode puissante, objective la fois les nouveaux produits et ceux qui disparaissent,
et scientifique d’évaluation des changements de qualitĂ© dont les prix risquent de se comporter diffĂ©remment de

35
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

ceux des produits appariĂ©s. Les indices des prix doivent du prix de vente initial de ce produit. Prenons l’exemple
tenir compte autant que possible du comportement des de l’apparition du premier antibiotique, la pĂ©nicilline. Le
prix des produits nouveaux et de ceux qui disparaissent. médicament apportait un remÚde à des maladies qui,
1.257 Ces problĂšmes sont examinĂ©s et analysĂ©s de jusqu’alors, pouvaient ĂȘtre fatales. Pour certains, cela
façon plus formelle à l’appendice 8.1 du chapitre 8. Un n’avait pour ainsi dire pas de prix. L’une des maniùres de
univers de produits de remplacement est dĂ©fini comme mesurer l’ampleur des avantages tirĂ©s de l’introduction
un univers qui commence avec celui de la pĂ©riode de d’un nouveau bien est de se demander Ă  quel niveau son
rĂ©fĂ©rence, mais permet d’introduire de nouveaux pro- prix devrait ĂȘtre portĂ© pour ramener sa demande Ă  zĂ©ro.
duits Ă  mesure que d’autres disparaissent. Les ajuste- Ce prix est appelĂ© «prix de rĂ©servation de la demande». Il
ments de la qualitĂ© du type mentionnĂ© plus haut sont pourrait ĂȘtre trĂšs Ă©levĂ©, en fait, dans le cas d’un nouveau
bien Ă©videmment nĂ©cessaires lorsque l’on compare le mĂ©dicament susceptible de sauver des vies. S’il pouvait
prix d’un produit remplaçant Ă  celui du produit auquel il ĂȘtre estimĂ©, le prix de rĂ©servation de la demande pourrait
se substitue. ĂȘtre traitĂ© comme le prix pratiquĂ© durant la pĂ©riode prĂ©cĂ©-
1.258 Mettre Ă  jour l’échantillon est l’une des dant immĂ©diatement l’apparition du nouveau produit. La
maniĂšres de rĂ©soudre le problĂšme posĂ© par l’existence baisse entre le prix de rĂ©servation de la demande et celui
d’un univers changeant. Cela suppose que l’on Ă©tablisse auquel le produit fait effectivement sa premiĂšre apparition
un Ă©chantillon de produits totalement nouveau pour rem- pourrait ĂȘtre incluse dans l’IPC.
placer celui qui existait auparavant. Les deux échantillons 1.261 Dans la pratique, bien sûr, on ne peut pas
doivent se chevaucher sur une pĂ©riode qui fait office de s’attendre Ă  ce que les offices de statistique estiment les
pĂ©riode de chaĂźnage. La mise Ă  jour de l’échantillon Ă  prix de rĂ©servation de la demande avec suffisamment de
l’occasion du chaĂźnage peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une certitude pour les inclure dans l’IPC. Le concept n’en est
systématisation des ajustements de la qualité par la pas moins utile, car il met en lumiÚre le fait que la simple
mĂ©thode du chevauchement. Il se peut donc qu’elle ne introduction d’un nouveau bien peut entraĂźner un gain de
rĂ©ponde pas de maniĂšre satisfaisante Ă  tous les change- bien-ĂȘtre significatif pouvant se traduire dans l’IPC, en
ments de qualitĂ© qui surviennent, car les prix relatifs des particulier si celui-ci doit ĂȘtre un indice du coĂ»t de la vie.
diffĂ©rents biens et services Ă  un moment donnĂ© ne En gĂ©nĂ©ral, tout Ă©largissement de l’éventail des choix
donnent pas nécessairement une mesure satisfaisante des offerts aux consommateurs peut améliorer la situation de
qualités relatives de tous les biens et services concernés. ces derniers, toutes choses égales par ailleurs.
Quoi qu’il en soit, la mise Ă  jour frĂ©quente de l’échan- 1.262 Il arrive souvent que de nouveaux biens entrent
tillon aide à actualiser en permanence celui-ci et peut sur le marché à un prix supérieur à celui auquel ils pour-
rendre moins nécessaires les ajustements explicites de la raient se maintenir à long terme, de sorte que les prix
qualitĂ©. Il s’agit toutefois d’une procĂ©dure coĂ»teuse. tendent d’ordinaire Ă  diminuer relativement au fil du
temps. Inversement, les quantitĂ©s achetĂ©es peuvent ĂȘtre
trÚs faibles initialement, puis augmenter de façon trÚs sen-
Nouveaux biens et services sible. Ces complications rendent le traitement des nou-
1.259 La différence de qualité entre le produit origi- veaux produits particuliÚrement difficile, surtout lorsque
nal et celui qui le remplace peut devenir si importante ceux-ci introduisent des changements révolutionnaires.
qu’il vaut mieux traiter la nouvelle qualitĂ© comme un Étant donnĂ© que l’apparition de nouveaux biens entraĂźne
nouveau bien, mĂȘme si la distinction entre nouvelle qua- des gains de bien-ĂȘtre et que le prix d’un nouveau produit
litĂ© et nouveau bien a inĂ©vitablement quelque chose tend Ă  diminuer aprĂšs l’introduction de celui-ci sur le
d’arbitraire. Comme il est notĂ© au chapitre 8, les Ă©tudes marchĂ©, il est possible que des baisses de prix importantes
économiques font également une distinction entre les ne soient pas enregistrées par les IPC en raison des diffi-
nouveaux biens selon qu’ils constituent une Ă©volution ou cultĂ©s techniques créées par les nouveaux produits. Le
une révolution. Il y a évolution lorsque le bien ou le ser- chapitre 8 conclut en faisant état des préoccupations que
vice rĂ©pond aux besoins existants d’une façon beaucoup soulĂšve l’aptitude des IPC Ă  prendre en compte de façon
plus efficace ou nouvelle, et révolution lorsque le nou- satisfaisante la dynamique des marchés modernes. Il est
veau bien ou service offre des services ou des avantages essentiel, en tout cas, que les offices de statistique restent
totalement nouveaux. Dans la pratique, le bien qui intro- conscients de ces questions et adoptent des procédures
duit une Ă©volution peut ĂȘtre classĂ© dans une subdivision qui tiennent compte, dans toute la mesure du possible, des
de la classe du produit ou de la dépense concernée, alors données et des ressources dont ils disposent.
qu’il faut modifier la classification pour que le bien qui
correspond à une révolution puisse y trouver sa place.
1.260 L’apparition de nouveaux biens ou services Calcul des indices des prix à
soulÚve deux grandes préoccupations. La premiÚre a trait
au moment de l’introduction de nouveaux produits dans
la consommation dans la pratique
l’indice. La seconde tient au fait que la simple disponibili- 1.263 Le chapitre 9 donne un aperçu gĂ©nĂ©ral des
té du nouveau produit sur le marché peut entraßner un gain modalités pratiques du calcul des IPC. Si les méthodes
de bien-ĂȘtre pour les consommateurs, indĂ©pendamment utilisĂ©es dans les diffĂ©rents pays sont loin d’ĂȘtre toutes

36
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

les mĂȘmes, elles n’en prĂ©sentent pas moins de nom- les indices-chaĂźnes de Dutot et de Jevons, car ils sont
breux points communs. Les mĂ©thodes utilisĂ©es par les transitifs. L’indice-chaĂźne de Carli, toutefois, enregistre
offices de statistique pour calculer leur IPC présentent une hausse de 29 %, laquelle est interprétée comme une
manifestement un intĂ©rĂȘt pour les utilisateurs et les sta- preuve du biais de signe positif systĂ©matique de la for-
tisticiens. Les diffĂ©rentes Ă©tapes du calcul sont illustrĂ©es mule de Carli, qui empĂȘche celle-ci de satisfaire au test
Ă  l’aide d’exemples numĂ©riques. Le chapitre est descrip- de rĂ©versibilitĂ© temporelle.
tif et non pas prescriptif, mĂȘme s’il s’applique Ă  Ă©valuer 1.267 Il est notĂ©, au chapitre 9, que le choix d’un
les forces et faiblesses des mĂ©thodes utilisĂ©es. Il fait indice-chaĂźne ou d’un indice direct a des consĂ©quences
valoir que, compte tenu des progrĂšs accomplis ces der- diffĂ©rentes s’il manque certaines observations en matiĂšre
niÚres années dans la connaissance des propriétés et du de prix, de changements de qualité ou de remplacement.
comportement des indices, chacun s’accorde à recon- La conclusion est que l’utilisation d’un indice-chaüne
naĂźtre dĂ©sormais que toutes les pratiques en vigueur ne peut faciliter, du point de vue du calcul, l’estimation des
sont pas forcĂ©ment optimales. prix manquants et l’introduction de produits Ă©lĂ©mentaires
1.264 Comme les diverses étapes du processus de de remplacement.
calcul ont déjà été résumées dans les sections précé- 1.268 Le chapitre 9 examine aussi les effets des
dentes du prĂ©sent chapitre, nous ne reviendrons pas Ă  carences dans l’observation des prix en faisant une dis-
nouveau sur ce point. Il peut ĂȘtre utile, toutefois, de don- tinction entre les prix qui manquent de façon temporaire
ner une indication du contenu du chapitre 9. et ceux qui sont devenus en permanence indisponibles.
Le tableau 9.2 présente un exemple numérique du traite-
ment des carences temporaires dans l’observation des
Indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire prix. On peut par exemple omettre simplement le pro-
1.265 Le chapitre 9 s’ouvre sur une description des duit dont le prix manque pour un mois du calcul des
modalités de construction des agrégats élémentaires à indices qui comparent ce mois au mois précédent et au
partir des groupes, classes et sous-classes de la COI- suivant, ainsi qu’à la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence. On peut aussi
COP ou d’une classification Ă©quivalente des dĂ©penses. imputer une variation de prix sur la base du prix moyen
Il passe en revue les principes qui sous-tendent la dĂ©fi- des produits restants, en utilisant l’un ou l’autre des
nition des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires eux-mĂȘmes. Ceux-ci trois types de moyenne. Cet exemple est une version
visent Ă  ĂȘtre aussi homogĂšnes que possible en ce qui simplifiĂ©e du type d’exemple utilisĂ© au chapitre 7 pour
concerne non seulement les caractĂ©ristiques physiques traiter du mĂȘme problĂšme.
et Ă©conomiques des produits couverts, mais aussi l’évo- 1.269 Les tableaux 9.3 et 9.4 illustrent le cas du
lution de leurs prix. produit qui disparaĂźt de façon permanente pour ĂȘtre
1.266 Le chapitre 9 examine ensuite les consĂ©- remplacĂ© par un autre. Au tableau 9.3, il n’y a pas che-
quences de l’utilisation de formules diffĂ©rentes pour vauchement entre les deux produits et les options consi-
calculer les indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Il le fait Ă  dĂ©rĂ©es sont lĂ  encore d’omettre les produits ou de leur
partir d’une sĂ©rie d’exemples numĂ©riques utilisant des imputer des variations de prix fondĂ©es sur les moyennes
données de prix simulées pour quatre produits diffé- pour les autres produits. Le tableau 9.4 illustre la situa-
rents au sein d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. Les indices tion oĂč les produits se chevauchent pendant un mois.
d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire eux-mĂȘmes et leurs propriĂ©tĂ©s 1.270 Le chapitre 9 examine Ă©galement le cas oĂč
ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© expliquĂ©s. Ils peuvent ĂȘtre calculĂ©s sous certaines pondĂ©rations de dĂ©penses sont disponibles au
forme d’indice-chaĂźne ou d’indice direct — autrement sein d’un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire et permettent de calculer
dit, en comparant le prix chaque mois (ou trimestre) à un indice de Laspeyres ou un indice de Laspeyres géo-
celui de la période précédant immédiatement ce mois métrique, les deux étant des versions pondérées des
(ou ce trimestre) ou à celui de la période de référence indices de Carli et de Jevons.
des prix fixée. Le tableau 9.1 du chapitre 9 utilise ces
deux approches pour illustrer le calcul de trois
formules d’indice essentielles, Ă  savoir les indices de Indices de niveau supĂ©rieur
Carli, Dutot et Jevons. Il vise Ă  mettre en lumiĂšre un 1.271 Les derniĂšres sections du chapitre 9 illustrent
certain nombre de leurs propriétés. Ainsi, il montre les le calcul des indices de niveau supérieur à partir des
effets de la mĂ©thode dite de «bouncing» des prix, dans indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire et des pondĂ©rations
laquelle les quatre mĂȘmes prix sont enregistrĂ©s pour dĂ©coulant des agrĂ©gats de dĂ©penses Ă©lĂ©mentaires. C’est
deux mois consĂ©cutifs, mais sont intervertis entre les Ă  ce stade qu’entre en jeu la thĂ©orie traditionnelle des
quatre produits. Les indices de Dutot et de Jevons indices résumée dans ce chapitre et expliquée plus en
n’enregistrent alors aucune hausse, contrairement Ă  dĂ©tail aux chapitres 15 Ă  19.
celui de Carli. Le tableau 9.1 montre aussi les diffĂ©- 1.272 Lorsque l’IPC mensuel est calculĂ© pour la
rences entre les indices directs et les indices-chaßnes. premiÚre fois, les seules pondérations de dépenses dis-
AprÚs six mois, chacun des quatre prix est supérieur de ponibles ont trait inévitablement à une ou plusieurs
10 % à son niveau initial. Chacun des trois indices périodes antérieures. Comme il est expliqué dans ce cha-
directs enregistre une hausse de 10 %, ce que font aussi pitre, cela prĂ©dispose l’IPC Ă  prendre une forme d’indice

37
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

de Lowe ou de Young dans laquelle les quantitĂ©s, ou les de cinq ans environ, est l’occasion de remettre Ă  plat la
dépenses, se rapportent à une période de référence des méthodologie utilisée. De nouveaux produits peuvent
pondĂ©rations b prĂ©cĂ©dant la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des ĂȘtre introduits dans l’indice, les classifications peuvent
prix 0. Ces indices sont souvent dĂ©crits, de maniĂšre ĂȘtre rĂ©visĂ©es et actualisĂ©es, et la formule d’indice elle-
approximative, comme des indices de type Laspeyres, mĂȘme peut ĂȘtre modifiĂ©e. Le chaĂźnage sur une base
mais cette appellation ne convient pas. Il arrive toutefois annuelle facilite l’introduction plus rĂ©guliĂšre de nou-
qu’on puisse disposer, Ă  une date ultĂ©rieure, d’estima- veaux produits et d’autres changements, mais, quoi qu’il
tions pour la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix 0 et pour la en soit, l’indice doit bĂ©nĂ©ficier d’une certaine mainte-
pĂ©riode en cours t, de sorte que, rĂ©trospectivement, le nance, qu’il soit chaĂźnĂ© annuellement ou non.
nombre des options offertes augmente largement. Il 1.275 Le chapitre 9 s’achùve par une section consa-
devient dÚs lors possible de calculer des indices de type crée à la vérification des données, processus trÚs étroite-
Laspeyres et Paasche ainsi que des indices superlatifs ment lié au calcul effectif des indices des prix élémen-
tels que ceux de Fisher ou Törnqvist. Il peut ĂȘtre intĂ©res- taires. La vĂ©rification des donnĂ©es se dĂ©roule en deux
sant de calculer ces indices plus tard, ne serait-ce que temps : la dĂ©tection d’éventuelles erreurs et valeurs
pour voir comment les indices initiaux se comparent aux aberrantes, puis la vérification stricto sensu des données
indices superlatifs. Certains pays souhaitent parfois cal- et leur correction. Il est nĂ©cessaire d’organiser un suivi
culer des indices superlatifs rétrospectifs pour cette rai- et un contrÎle de qualité effectifs pour assurer la fiabi-
son. Bien que le chapitre 9 se concentre pour l’essentiel litĂ© des donnĂ©es de base sur les prix utilisĂ©es dans le cal-
sur une certaine forme d’indice de Lowe, puisque cul des indices des prix Ă©lĂ©mentaires, car la qualitĂ© des
l’indice officiel publiĂ© pour la premiĂšre fois sera inĂ©vita- indices globaux en dĂ©pend.
blement de ce type, cela ne doit pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©
comme impliquant que ce type d’indice reprĂ©sente la Organisation et gestion
seule option possible Ă  long terme.
1.273 Production et maintenance d’indices de 1.276 Recueillir des donnĂ©es sur les prix est une
niveau supĂ©rieur. Dans la pratique, les indices de niveau opĂ©ration complexe, qui suppose qu’un grand nombre
supĂ©rieur, y compris l’IPC global, sont calculĂ©s comme d’enquĂȘteurs effectuent un travail considĂ©rable sur le
des indices de Young, c’est-à-dire comme des moyennes terrain. Le processus requiert une planification et une
pondĂ©rĂ©es d’indices d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire utilisant des gestion mĂ©thodiques destinĂ©es Ă  garantir que les don-
pondérations calculées à partir des dépenses effectuées nées recueillies sont conformes aux prescriptions posées
dans une période de référence des pondérations anté- par les offices centraux responsables des IPC. Le cha-
rieure. C’est une opĂ©ration relativement simple, dont on pitre 12 du manuel prĂ©sente des procĂ©dures de gestion
trouvera un exemple numérique au tableau 9.5 du cha- adaptées à cette fin.
pitre 9 oĂč, pour plus de simplicitĂ©, la pĂ©riode de rĂ©fĂ©- 1.277 Les enquĂȘteurs doivent ĂȘtre bien entraĂźnĂ©s,
rence des pondĂ©rations est supposĂ©e ĂȘtre la mĂȘme que la car il faut s’assurer qu’ils comprennent combien il
période de référence des prix. Le tableau 9.6 illustre le importe de choisir convenablement les produits dont on
cas dans lequel les pĂ©riodes de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©ra- entend suivre les prix. Il est inĂ©vitable qu’ils fassent lar-
tions et des prix sont diffĂ©rentes, et oĂč les pondĂ©rations gement appel Ă  leur propre jugement. Comme nous
sont actualisĂ©es, sur la base des prix, entre la pĂ©riode de l’avons dĂ©jĂ  expliquĂ©, la façon de prendre en compte la
rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations b et la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence lente modification de l’éventail des produits Ă  laquelle
des prix 0. Il illustre l’argument selon lequel, lorsqu’une les enquĂȘteurs sont confrontĂ©s est d’une importance
nouvelle pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix est adoptĂ©e, deux primordiale pour la qualitĂ© et la fiabilitĂ© de l’IPC.
options s’offrent Ă  l’office de statistique : conserver les Certains produits peuvent disparaĂźtre et devoir ĂȘtre rem-
quantitĂ©s relatives de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©- placĂ©s par d’autres, mais il peut aussi ĂȘtre souhaitable
rations ou conserver les dĂ©penses relatives, Ă©tant enten- de ne plus tenir compte de certains produits avant mĂȘme
du qu’il est impossible de garder les deux. L’actualisa- qu’ils aient totalement disparu, s’ils ont cessĂ© d’ĂȘtre
tion par les prix conserve les quantitĂ©s. reprĂ©sentatifs. Les enquĂȘteurs doivent bĂ©nĂ©ficier d’une
1.274 L’adoption de nouvelles pondĂ©rations est une formation adaptĂ©e et recevoir des informations et des
partie intĂ©grante et indispensable du calcul de l’IPC sur instructions trĂšs claires sur la façon de procĂ©der. Des
la longue pĂ©riode. Les pondĂ©rations doivent ĂȘtre actuali- instructions claires sont Ă©galement nĂ©cessaires pour
sĂ©es tĂŽt ou tard, et certains pays choisissent de le faire faire en sorte que ces enquĂȘteurs relĂšvent les bons prix
tous les ans. Chaque fois que les pondĂ©rations sont en cas de soldes, d’offres spĂ©ciales ou d’autres circons-
modifiĂ©es, l’indice qui repose sur la nouvelle pondĂ©ra- tances exceptionnelles.
tion doit ĂȘtre chaĂźnĂ© Ă  celui qui repose sur les anciennes 1.278 Comme nous venons tout juste de le noter, les
pondĂ©rations; avec le temps, l’IPC devient donc inĂ©vita- donnĂ©es sur les prix doivent aussi, une fois recueillies,
blement un indice-chaĂźne. Le tableau 9.7 en donne un ĂȘtre vĂ©rifiĂ©es et «finalisĂ©es» avec soin. Bon nombre de
exemple de chaßnage. En dehors des aspects techniques vérifications peuvent se faire par ordinateur, en utilisant
du processus de chaĂźnage, l’adoption de nouvelles pon- les mĂ©thodes traditionnelles de contrĂŽle statistique. Il
dĂ©rations, en particulier lorsqu’elle se fait Ă  intervalles peut ĂȘtre utile aussi que des auditeurs accompagnent les

38
INTRODUCTION À LA MÉTHODOLOGIE DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION

enquĂȘteurs et suivent leur travail. Les vĂ©rifications et con- concernĂ©, de prĂ©fĂ©rence dans un dĂ©lai de deux Ă  trois
trĂŽles possibles sont expliquĂ©s en dĂ©tail au chapitre 12. semaines. Ils sont nombreux, d’autre part, Ă  souhaiter
1.279 Il faut Ă  l’évidence tirer tout le parti possible que l’indice ne soit pas rĂ©visĂ© une fois qu’il a Ă©tĂ© publiĂ©.
des progrùs des technologies de l’information. Les Il faudra donc sans doute trouver un compromis entre la
enquĂȘteurs peuvent par exemple utiliser des ordinateurs vitesse de publication et la qualitĂ© de l’indice.
portables et communiquer leurs rĂ©sultats par voie Ă©lec- 1.282 La publication doit ĂȘtre entendue ici comme la
tronique Ă  l’organisme centralisĂ©. diffusion des rĂ©sultats sous quelque forme que ce soit.
Outre leur publication dans des documents imprimés, les
rĂ©sultats devraient aussi ĂȘtre diffusĂ©s Ă©lectroniquement
Publication et diffusion via Internet ou affichĂ©s sur le site de l’office de statistique.
1.280 Ainsi que nous l’avons notĂ© plus haut et qu’il 1.283 Comme il est expliquĂ© au chapitre 13, une
est dit au chapitre 2, les IPC sont des statistiques extrĂȘme- bonne politique en la matiĂšre va au-delĂ  de la simple
ment importantes, dont les fluctuations peuvent influer sur vitesse de publication, de la confiance et de la transpa-
la politique monĂ©taire de la banque centrale, peser sur les rence. Les rĂ©sultats doivent ĂȘtre mis Ă  la disposition de
marchĂ©s d’actions, influencer les taux des salaires et les tous les utilisateurs, publics et privĂ©s, au mĂȘme moment
paiements au titre de la sĂ©curitĂ© sociale, etc. Il est indis- et selon un calendrier de publication annoncĂ© Ă  l’avance.
pensable que le public ait confiance en leur fiabilitĂ©, de Aucune discrimination ne doit ĂȘtre faite entre les utilisa-
mĂȘme qu’en la compĂ©tence et l’intĂ©gritĂ© des personnes teurs pour ce qui est du moment de la publication des
chargĂ©es de leur Ă©tablissement. Les mĂ©thodes utilisĂ©es rĂ©sultats. Celle-ci ne doit pas ĂȘtre assujettie Ă  l’aval des
pour Ă©tablir les IPC doivent donc ĂȘtre parfaitement expli- autoritĂ©s, et les rĂ©sultats doivent Ă©chapper Ă  toute pres-
quĂ©es, transparentes et soumises Ă  l’examen du public. sion politique ou autre.
Beaucoup de pays se sont dotĂ©s officiellement d’un 1.284 De nombreuses dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises
groupe consultatif d’experts et d’utilisateurs de l’IPC, afin de dĂ©terminer le degrĂ© de prĂ©cision des donnĂ©es
dont le rĂŽle n’est pas seulement de conseiller l’organisme publiĂ©es et les modalitĂ©s de prĂ©sentation des rĂ©sultats. Il
de statistique sur des points techniques, mais aussi d’affer- importe que les utilisateurs soient consultĂ©s sur ces diffĂ©-
mir la confiance du public dans l’indice. rents points, qui sont Ă©voquĂ©s au chapitre 13. Toutefois,
1.281 Les utilisateurs de l’indice attachent Ă©gale- comme ces questions n’influent pas sur le calcul effectif
ment une grande importance Ă  ce que l’IPC soit publiĂ© de l’indice, il n’y a pas lieu de les examiner davantage Ă 
aussitĂŽt que possible aprĂšs la fin du mois ou du trimestre ce stade.

39
UTILISATION DES INDICES DES PRIX
À LA CONSOMMATION 2
2.1 L’indice des prix à la consommation (IPC) est Ce choix ne peut se faire qu’en fonction des principales
considĂ©rĂ© dans la plupart des pays comme un indicateur utilisations de l’indice.
clĂ© de la situation Ă©conomique. L’objectif du prĂ©sent
chapitre est d’expliquer pourquoi les IPC sont Ă©tablis et
à quelles fins ils sont utilisés. Indexation
2.5 L’indexation est une procĂ©dure par laquelle les
valeurs monétaires de certains paiements, ou stocks,
Éventail des indices des prix sont augmentĂ©es ou diminuĂ©es en proportion de la va-
à la consommation possibles riation de la valeur d’un indice des prix. Elle est appli-
quée le plus souvent à des flux monétaires tels que les
2.2 Comme il est dit au chapitre 1, les statisticiens salaires, loyers, intĂ©rĂȘts ou impĂŽts, mais peut l’ĂȘtre aussi
doivent prendre en compte les besoins des utilisateurs aux valeurs en capital de certains avoirs et engagements.
lorsqu’ils dĂ©cident de la population de mĂ©nage et de Lorsque l’inflation est Ă©levĂ©e, le recours Ă  l’indexation
l’éventail des biens et services de consommation qui se- peut se gĂ©nĂ©raliser Ă  l’ensemble de l’économie.
ront couverts par un IPC. Étant donnĂ© que les prix des 2.6 L’indexation des revenus monĂ©taires peut viser
diffĂ©rents biens et services n’évoluent pas tous au mĂȘme soit Ă  maintenir le pouvoir d’achat de ces revenus par
rythme, ni dans le mĂȘme sens, une modification de la rapport Ă  certains types de biens et services, soit Ă  con-
couverture de l’indice modifiera aussi la valeur de celui-ci. server le niveau de vie ou de bien-ĂȘtre des bĂ©nĂ©ficiaires
Il ne saurait donc y avoir un IPC unique et l’on peut au des revenus en question. Ces deux objectifs ne sont pas
contraire dĂ©finir toute une gamme d’IPC possibles. tout Ă  fait les mĂȘmes, en particulier sur le long terme.
2.3 S’il peut ĂȘtre intĂ©ressant qu’un IPC soit dĂ©fini On peut estimer que maintenir le pouvoir d’achat re-
aussi largement que possible, de façon à couvrir tous les vient à changer le revenu monétaire en proportion de la
biens et services consommĂ©s par tous les mĂ©nages, beau- variation de la valeur monĂ©taire d’un panier fixe de
coup d’autres options peuvent ĂȘtre envisagĂ©es pour dĂ©fi- biens et services achetĂ©s avec ce revenu. Ainsi qu’il est
nir des IPC couvrant des assortiments de biens et ser- dit plus loin et expliqué plus en détail au chapitre 3, le
vices donnĂ©s, ce qui peut ĂȘtre plus utile pour rĂ©pondre Ă  maintien du pouvoir d’achat d’un revenu par rapport Ă 
des besoins analytiques ou opérationnels spécifiques. un assortiment fixe de biens et services ne signifie pas
Rien n’oblige Ă  disposer d’un seul IPC. Lorsqu’un IPC que le niveau de vie des bĂ©nĂ©ficiaires demeure nĂ©cessai-
unique est établi et publié, le risque existe de le voir uti- rement inchangé.
lisĂ© Ă  des fins auxquelles il n’est pas adaptĂ©. On peut pu- 2.7 Lorsque l’indexation s’applique Ă  des avoirs et
blier plus d’un IPC pour rĂ©pondre Ă  des besoins analy- engagements monĂ©taires, elle peut ĂȘtre conçue de façon
tiques ou opĂ©rationnels diffĂ©rents. Il est important Ă  prĂ©server la valeur rĂ©elle de l’avoir ou de l’engage-
toutefois de garder à l’esprit que la publication de plus ment par rapport à d’autres actifs ou par rapport aux va-
d’un IPC peut ĂȘtre dĂ©routante pour les utilisateurs qui leurs de flux spĂ©cifiĂ©s de biens et de services.
considĂšrent que la hausse des prix Ă  la consommation est
un phénomÚne généralisé touchant tous les ménages de
la mĂȘme maniĂšre. La coexistence de diverses mesures Indexation des salaires
parallĂšles de ce phĂ©nomĂšne risque de compromettre leur 2.8 Comme il est notĂ© aux chapitres 1 et 15, l’in-
crédibilité auprÚs de nombreux utilisateurs. dexation des salaires semble avoir été initialement le
2.4 L’objet du prĂ©sent chapitre n’est pas seulement principal motif de l’établissement des IPC puisque la
de dĂ©crire les utilisations les plus importantes des IPC, pratique date de plus de deux siĂšcles, mĂȘme s’il y a tou-
mais aussi d’indiquer comment la couverture d’un IPC jours eu un intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral pour la mesure de l’inflation.
peut ĂȘtre modifiĂ©e par l’utilisation Ă  laquelle il est des- Si l’indexation des salaires est la justification essentielle
tinĂ©. La question de la couverture la plus indiquĂ©e d’un de l’IPC, il s’ensuit des consĂ©quences directes pour la
IPC doit ĂȘtre rĂ©glĂ©e avant que l’on puisse dĂ©cider couverture de l’indice. PremiĂšrement, cela laisse suppo-
quelle est la meilleure mĂ©thode Ă  utiliser. Que l’IPC ser que l’indice devrait se limiter aux dĂ©penses des mĂ©-
soit censĂ© ĂȘtre un indice du coĂ»t de la vie ou non, il nages dont les salaires sont la principale source de reve-
n’en faut pas moins dĂ©terminer exactement quels types nus. DeuxiĂšmement, cela peut conduire Ă  exclure les
de biens et services et de mĂ©nage l’on entend couvrir. dĂ©penses consacrĂ©es Ă  certains types de biens et services

41
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

considérés comme relevant du luxe ou du superflu. Si duits tels que le tabac ou les boissons alcoolisées de-
c’est le cas, des jugements de valeur ou d’ordre politique vraient ĂȘtre exclus de l’IPC. Il se peut alors que,
peuvent entrer en jeu dans le choix des biens et services lorsqu’il faudra augmenter les taxes sur les produits, ces
couverts. Nous reviendrons sur ce point. derniers soient dĂ©libĂ©rĂ©ment visĂ©s parce que l’on sait
que les hausses de prix qui en résulteront ne feront pas
augmenter l’IPC. Cette pratique existe.
Indexation des prestations
de sécurité sociale
2.9 C’est dĂ©sormais une pratique courante, dans de Type d’indice utilisĂ© pour l’indexation
nombreux pays, d’indexer les taux des prestations de sĂ©- 2.14 Lorsque des flux de revenus tels que les sa-
curité sociale. Celles-ci sont trÚs diverses : pensions de laires ou les prestations de sécurité sociale sont indexés,
retraite, allocations de chÎmage, allocations maladie, al- il importe de réfléchir aux conséquences du choix entre
locations familiales, etc. Comme dans le cas des salaires, un indice du coût de la vie et un indice des prix mesu-
lorsque l’indexation des prestations de ce type est la rant les variations du coĂ»t de l’achat d’un panier fixe de
principale raison d’établir l’IPC, cela peut conduire Ă  biens et services, type d’indice qualifiĂ© ici d’indice de
restreindre la couverture de l’indice Ă  certains types de Lowe. Les indices communĂ©ment utilisĂ©s de Laspeyres
mĂ©nage ou de biens et services. De nombreuses catĂ©go- et Paasche sont des exemples d’indice de Lowe. L’in-
ries de services risquent alors d’ĂȘtre exclues pour des rai- dice de Laspeyres utilise le panier-type achetĂ© durant la
sons politiques, au motif qu’elles sont superflues ou plus ancienne des deux pĂ©riodes comparĂ©es, tandis que
inappropriĂ©es. Ce type de raisonnement peut alimenter l’indice de Paasche utilise un panier-type de la pĂ©riode
des pressions en faveur de l’exclusion des dĂ©penses con- la plus rĂ©cente. Cette mĂ©thode du «panier fixe» a une
sacrĂ©es Ă  des postes tels que les vacances, les jeux de ha- longue histoire, ainsi qu’il est expliquĂ© au chapitre 15.
sard, le tabac ou les boissons alcoolisées. En revanche, les indices du coût de la vie comparent le
2.10 Une autre procĂ©dure consiste Ă  Ă©tablir des IPC coĂ»t de deux paniers qui peuvent ne pas ĂȘtre exactement
distincts pour des catĂ©gories diffĂ©rentes de mĂ©nages. On les mĂȘmes, mais qui apportent la mĂȘme satisfaction ou
peut ainsi établir un indice couvrant le panier des biens et utilité au consommateur.
services achetĂ©s par les mĂ©nages dont la principale source 2.15 L’indexation Ă  partir d’un indice des prix de
de revenus est une prestation de sécurité sociale. Dans ce Laspeyres aura tendance à surcompenser les bénéfi-
cas, il peut ĂȘtre superflu d’exclure certains types de dĂ©- ciaires de revenus des variations du coĂ»t de la vie.
penses de luxe ou inappropriĂ©es, car il y a de fortes Augmenter ces revenus en proportion de l’évolution
chances que les sommes effectivement consacrĂ©es Ă  ces du coĂ»t d’un panier achetĂ© dans le passĂ©, c’est assurer
postes soient de toute maniÚre négligeables. que les bénéficiaires de ces revenus auront la possibi-
2.11 Comme nous l’avons dĂ©jĂ  notĂ©, publier plus litĂ© de continuer d’acheter le mĂȘme panier s’ils le sou-
d’un IPC peut ĂȘtre dĂ©routant si l’on considĂšre que l’in- haitent. Leur situation serait alors au moins aussi
flation touche chacun de la mĂȘme maniĂšre. Une com- bonne que par le passĂ©. Cependant, en ajustant leurs
munication adĂ©quate peut permettre d’éviter cette con- structures de dĂ©penses pour prendre en compte les va-
fusion; il n’est pas difficile d’expliquer que les riations des prix relatifs des biens et services qu’ils
variations de prix ne sont pas les mĂȘmes pour diffĂ©- achĂštent, ils seront en mesure d’amĂ©liorer leur niveau
rentes catĂ©gories de dĂ©penses. Dans la pratique, certains de vie ou de bien-ĂȘtre, car ils pourront substituer les
pays publient plus d’un indice. biens devenus relativement moins chers à ceux qui
2.12 Si la publication de plus d’un indice n’est pas sont devenus relativement plus chers. En outre, ils
toujours justifiĂ©e, c’est principalement parce que les peuvent ĂȘtre en mesure de commencer Ă  acheter des
mouvements des diffĂ©rents indices peuvent ĂȘtre quasi- types de biens complĂštement nouveaux offrant de nou-
ment les mĂȘmes, en particulier Ă  court terme. Dans de veaux types d’avantages qui n’étaient pas disponibles
tels cas, les coûts à supporter peuvent rendre inutile durant la période précédente. Ces nouveaux biens ten-
l’établissement et la publication d’indices distincts. dent Ă  abaisser l’indice du coĂ»t de la vie lorsqu’ils ap-
Dans la pratique, il faut que les habitudes de consom- paraissent pour la premiĂšre fois, mĂȘme si l’on ne peut
mation diffùrent beaucoup plus entre les divers groupes pas observer effectivement de baisse des prix puisqu’il
de mĂ©nages que ce qui est gĂ©nĂ©ralement constatĂ© pour n’existe pas de prix antĂ©rieur.
qu’un Ă©cart significatif se creuse entre les IPC.
2.13 Enfin, il convient de noter que l’exclusion dĂ©li-
bĂ©rĂ©e de certains types de biens et services pour des rai- Indexation des charges d’intĂ©rĂȘts, loyers
sons politiques, au motif que les mĂ©nages visĂ©s par l’in- et autres paiements contractuels
dice ne devraient pas acheter de tels biens ou ne 2.16 Il est fréquent que les paiements de loyers et
devraient pas ĂȘtre compensĂ©s pour la hausse des prix de d’intĂ©rĂȘts soient indexĂ©s. Les autoritĂ©s nationales peuvent
ces biens, ne peut ĂȘtre recommandĂ©e car elle expose Ă©mettre des bons assortis d’un taux d’intĂ©rĂȘt liĂ© spĂ©cifi-
l’indice au risque de manipulation politique. Suppo- quement Ă  l’IPC. L’intĂ©rĂȘt exigible Ă  un moment donnĂ©
sons, par exemple, qu’il ait Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que certains pro- peut ĂȘtre Ă©gal Ă  un taux d’intĂ©rĂȘt rĂ©el fixĂ© auquel s’ajoute

42
UTILISATION DES INDICES DES PRIX À LA CONSOMMATION

l’augmentation en pourcentage de l’IPC. Les paiements revient Ă  dĂ©flater la variation de la valeur courante des
de loyers peuvent aussi ĂȘtre liĂ©s Ă  l’IPC ou Ă  un autre in- biens et services consommĂ©s par un indice des prix de
dice tel que celui du prix des logements. Lowe convenablement pondéré. La variation de revenu
2.17 Les crĂ©anciers qui reçoivent les paiements d’in- en volume peut ĂȘtre mesurĂ©e en dĂ©flatant la variation du
tĂ©rĂȘts ne sont pas seulement des mĂ©nages, bien sĂ»r. En revenu monĂ©taire total par le mĂȘme indice des prix.
tout Ă©tat de cause, l’indexation des intĂ©rĂȘts n’a pas pour 2.22 La seconde mĂ©thode dĂ©finit la variation de la
objet de maintenir le niveau de vie des créanciers, mais consommation en volume comme la variation du bien-
plutĂŽt de prĂ©server leur patrimoine rĂ©el en les compen- ĂȘtre tirĂ© des biens et services effectivement consommĂ©s.
sant des pertes de capital rĂ©el, ou moins-values, rĂ©sultant Celle-ci peut ĂȘtre estimĂ©e en dĂ©flatant la variation de la
de l’inflation gĂ©nĂ©rale. Si l’IPC n’est pas forcĂ©ment l’in- valeur courante de la consommation par un indice du coĂ»t
dice idĂ©al pour ce faire, il peut nĂ©anmoins ĂȘtre utilisĂ© par de la vie. Le revenu en volume peut ĂȘtre obtenu de mĂȘme
dĂ©faut, en l’absence de tout autre indice pratique, comme en dĂ©flatant le revenu monĂ©taire par le mĂȘme indice du
nous le verrons par la suite. coût de la vie.
2.18 Beaucoup d’autres formes de paiement con- 2.23 Les deux mĂ©thodes ne peuvent pas donner les
tractuel peuvent ĂȘtre liĂ©es Ă  l’IPC. Ainsi, l’obligation lĂ©- mĂȘmes rĂ©sultats si l’indice des prix «pur» et l’indice du
gale de verser une pension alimentaire ou de subvenir coût de la vie divergent. Le choix entre ces deux me-
aux besoins de ses enfants peut ĂȘtre liĂ©e Ă  l’IPC. Les sures possibles de la consommation et du revenu en vo-
paiements des primes d’assurance peuvent ĂȘtre liĂ©es soit lume ne sera pas approfondi davantage ici, car les ques-
Ă  l’indice global, soit Ă  un sous-indice liĂ© Ă  des types de tions qu’il soulĂšve sont fonciĂšrement les mĂȘmes que
dĂ©penses spĂ©cifiques, telles que le coĂ»t des rĂ©parations. celles dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©es dans l’examen parallĂšle du choix
entre un indice des prix de Lowe, ou de panier-type, et
Imposition un indice du coût de la vie.
2.19 Les mouvements d’un IPC peuvent ĂȘtre utili-
sés de diverses maniÚres pour influer sur les montants Cohérence entre indices de prix
exigibles au titre de l’impĂŽt. Ainsi, les montants dus au et sĂ©ries de dĂ©penses
titre de l’impĂŽt sur le revenu peuvent ĂȘtre modifiĂ©s si 2.24 Les donnĂ©es recueillies sur les prix et sur les
les abattements individuels dĂ©ductibles du revenu im- dĂ©penses des mĂ©nages doivent ĂȘtre cohĂ©rentes les unes
posable sont liĂ©s Ă  l’évolution de l’IPC. Pour l’impĂŽt avec les autres lorsque l’on mesure la consommation en
sur les revenus des personnes physiques, sous un ré- volume. Cela suppose que les deux séries de données
gime d’imposition progressive, les seuils des diffĂ©- couvrent le mĂȘme assortiment de biens et services et
rentes tranches auxquelles s’appliquent des taux d’im- utilisent les mĂȘmes concepts et classifications. Des pro-
position de plus en plus Ă©levĂ©s peuvent ĂȘtre modulĂ©es blĂšmes peuvent se poser dans la pratique car les indices
en proportion des variations de l’IPC. Les montants de prix et les sĂ©ries de dĂ©penses sont souvent Ă©tablis in-
exigibles au titre de la taxation des plus-values peuvent dépendamment les uns des autres, par différents ser-
ĂȘtre rĂ©duits si, pour les besoins de l’impĂŽt, on les cal- vices d’un mĂȘme office de statistique ou par des offices
cule sur la base des plus-values réelles plutÎt que nomi- différents.
nales : pour ce faire, l’augmentation en pourcentage de 2.25 La couverture de l’IPC n’a pas Ă  ĂȘtre iden-
la valeur de l’actif est diminuĂ©e de la variation en pour- tique Ă  celle des dĂ©penses de consommation totales des
centage de l’IPC sur la mĂȘme pĂ©riode. En gĂ©nĂ©ral, il mĂ©nages dans les comptes nationaux. Pour des raisons
existe diverses façons d’introduire une certaine forme dĂ©jĂ  citĂ©es, l’IPC peut cibler des mĂ©nages et des dĂ©-
d’indexation dans la lĂ©gislation fiscale. penses spĂ©cifiques. Toutefois, la diffĂ©rence entre la
couverture de l’IPC et celle des comptes nationaux
doit ĂȘtre identifiĂ©e avec prĂ©cision, afin que les diffĂ©-
Consommation et revenu rences existant Ă  ce niveau puissent ĂȘtre prises en
en volume compte. L’indice des prix utilisĂ© pour dĂ©flater les dĂ©-
2.20 Les indices des prix peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour penses devrait couvrir les biens et services supplĂ©men-
dĂ©flater les dĂ©penses en prix courants ou les revenus mo- taires que ne couvre pas l’IPC. ConcrĂštement, l’opĂ©ra-
nĂ©taires afin d’en dĂ©duire des mesures de la consomma- tion peut se rĂ©vĂ©ler difficile car il est possible que les
tion et du revenu en volume. Les mesures en volume im- données de prix pertinentes ne soient pas aisément dis-
pliquent des comparaisons dans le temps (ou dans ponibles si les procédures de relevé des prix ont été
l’espace). Il existe deux façons d’aborder ces comparai- conçues en fonction de l’IPC. En outre, mĂȘme si toutes
sons, qui sont analogues Ă  la distinction entre un indice les donnĂ©es de base sur les prix sont disponibles, l’in-
de Lowe, ou de panier-type, et un indice du coĂ»t de la vie. dice des prix nĂ©cessaire pour l’actualisation sera vrai-
2.21 La premiÚre méthode définit la variation de la semblablement différent, par son type ou sa formule,
consommation en volume comme la variation de la va- de l’IPC lui-mĂȘme.
leur totale des biens et services effectivement consom- 2.26 En principe, l’actualisation des estimations des
mĂ©s, mesurĂ©e aux prix fixĂ©s d’une pĂ©riode donnĂ©e. Cela comptes nationaux suppose normalement l’établissement

43
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

d’indices des prix bien dĂ©finis qui diffĂšrent de l’IPC mais prendre en compte les conditions requises pour les
peuvent faire appel Ă  la mĂȘme base de donnĂ©es sur les autres types d’indice des prix au stade de la collecte
prix. Ces indices peuvent diffĂ©rer de l’IPC non seulement des donnĂ©es. Des Ă©conomies d’échelle considĂ©rables
par l’éventail des donnĂ©es sur les prix et les dĂ©penses peuvent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es si l’on utilise un seul processus
qu’ils couvrent et par les formules de pondĂ©ration et d’in- de collecte pour rĂ©pondre aux besoins de diffĂ©rents
dices qui sont utilisĂ©es, mais aussi par la frĂ©quence Ă  la- types d’indice.
quelle ils sont établis et la longueur des périodes cou- 2.30 Aussi, que ce soit du point de vue opération-
vertes. Les mouvements des indices qui en rĂ©sultent nel ou conceptuel, l’IPC doit ĂȘtre placĂ© dans le contexte
auront tendance Ă  s’écarter un peu de ceux de l’IPC pour plus large des indices connexes. L’établissement des
la raison, prĂ©cisĂ©ment, qu’ils mesurent des grandeurs dif- IPC a commencĂ© bien avant celui des comptes natio-
fĂ©rentes. Bien qu’ils soient conçus pour actualiser des naux dans certains pays, ce qui explique que les IPC
donnĂ©es sur les dĂ©penses, ils donnent Ă©galement des in- ont Ă©tĂ© d’abord des indices Ă  part. Cela dit, ils ne
formations supplĂ©mentaires utiles sur l’évolution des prix peuvent plus ĂȘtre considĂ©rĂ©s aujourd’hui comme des
Ă  la consommation qui complĂštent celles fournies par indices isolĂ©s dont l’établissement et la mĂ©thodologie
l’IPC. L’IPC lui-mĂȘme n’a pas non plus pour finalitĂ© de pourraient Ă©voluer indĂ©pendamment des autres statis-
servir de déflateur. Sa couverture et sa méthodologie tiques connexes.
doivent ĂȘtre conçues de maniĂšre Ă  rĂ©pondre aux besoins
décrits dans les autres sections de ce chapitre.
2.27 Lorsque d’autres types d’indice des prix à la Utilisation de l’indice des prix
consommation sont nĂ©cessaires, outre l’IPC, il faut en Ă  la consommation Ă  des fins
prendre conscience dĂšs la collecte des donnĂ©es car il comptables en pĂ©riode d’inflation
peut ĂȘtre plus efficace et plus Ă©conomique d’utiliser un
seul et mĂȘme processus de collecte de donnĂ©es pour rĂ©- 2.31 En pĂ©riode d’inflation, la comptabilitĂ© privĂ©e
pondre aux besoins de plus d’un indice des prix. Cela et la comptabilitĂ© nationale doivent prĂ©voir des ajuste-
peut conduire à recueillir plus de données sur les prix ments qui ne sont pas nécessaires lorsque les prix sont
qu’il n’en faut pour l’IPC lui-mĂȘme, si la couverture de stables. C’est un sujet complexe, sur lequel il n’est pas
ce dernier a Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment restreinte d’une maniĂšre possible de s’étendre davantage dans ce manuel. Les
ou d’une autre. deux mĂ©thodes comptables communĂ©ment utilisĂ©es sont
résumées ci-aprÚs. Toutes deux requiÚrent des indices
des prix pour leur mise en Ɠuvre.
ParitĂ©s de pouvoir d’achat
2.28 De nombreux pays Ă  travers le monde, et no-
tamment tous les membres de l’Union europĂ©enne Comptes en pouvoir d’achat actuel
(UE), participent Ă  des programmes internationaux rĂ©- 2.32 Les comptes en pouvoir d’achat actuel sont
guliers qui permettent de calculer les parités de pou- des comptes dans lesquels les valeurs monétaires des
voir d’achat (PPA) pour les dĂ©penses de consomma- flux survenus dans des pĂ©riodes antĂ©rieures sont aug-
tion des mĂ©nages. Pour calculer ces PPA, il faut que mentĂ©es en proportion d’un indice gĂ©nĂ©ral de l’infla-
les prix des biens et services acquis par chaque con- tion entre la période précédente et la période en cours.
sommateur soient comparĂ©s directement d’un pays Ă  L’indice utilisĂ© devrait en principe ĂȘtre un indice gĂ©nĂ©-
l’autre. ConcrĂštement, les programmes de PPA prĂ©- ral des prix couvrant d’autres flux en plus des dĂ©-
voient l’établissement d’indices des prix Ă  la consom- penses de consommation des mĂ©nages, mais, dans la
mation internationaux. Les dĂ©penses et les revenus en pratique, l’IPC est souvent utilisĂ© en l’absence d’un in-
volume peuvent alors faire l’objet de comparaisons in- dice gĂ©nĂ©ral adaptĂ©.
ternationales, tout comme on procĂšde Ă  leur comparai-
son d’une pĂ©riode Ă  l’autre dans un mĂȘme pays.
2.29 Il n’est pas proposĂ© d’examiner ici la mĂ©tho- ComptabilitĂ© au coĂ»t actuel
dologie d’établissement des PPA, mais simplement de 2.33 La comptabilitĂ© au coĂ»t actuel est une mĂ©-
noter que les PPA crĂ©ent encore une autre demande de thode de comptabilisation de l’emploi des actifs dans
donnĂ©es de base sur les prix. Lorsque de telles donnĂ©es laquelle le coĂ»t d’utilisation de ces derniers dans la
sont recueillies, il faut donc ĂȘtre conscient qu’elles production est calculĂ© aux prix courants des actifs, et
peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour l’établissement des PPA non pas aux prix auxquels ils ont Ă©tĂ© achetĂ©s ou acquis
aussi bien que des IPC. Les PPA sont essentiellement d’une autre maniĂšre dans le passĂ© (coĂ»ts historiques).
des dĂ©flateurs internationaux analogues aux dĂ©flateurs Le coĂ»t actuel de l’utilisation d’un actif prend en
intertemporels requis pour Ă©tablir les comptes natio- compte non seulement l’évolution du niveau gĂ©nĂ©ral
naux dans chaque pays. Aussi, alors que le traitement des prix, mais aussi l’évolution du prix relatif de ce
et l’agrĂ©gation des donnĂ©es de base nĂ©cessaires Ă  l’éta- type d’actifs depuis son acquisition. En principe, les in-
blissement d’un IPC devraient ĂȘtre dĂ©terminĂ©s par les dices des prix utilisĂ©s pour ajuster les prix payĂ©s initia-
besoins propres Ă  l’IPC lui-mĂȘme, il est bon de lement pour ces actifs devraient ĂȘtre des indices des

44
UTILISATION DES INDICES DES PRIX À LA CONSOMMATION

prix spĂ©cifiques Ă  ce type d’actifs particulier et, de fait, mesure de l’inflation. Bien que les gouvernements et les
des indices sont calculĂ©s et utilisĂ©s de cette maniĂšre banques centrales n’ignorent pas, de toute Ă©vidence, que
dans certains pays. Cependant, quand on ne dispose pas l’IPC n’est pas une mesure de l’inflation gĂ©nĂ©rale, de
de tels indices, il reste possible de recourir Ă  l’IPC ou, Ă  nombreux facteurs aident Ă  expliquer la popularitĂ© de
dĂ©faut, un sous-indice de l’IPC, et des IPC ont Ă©tĂ© em- cet indice et sont examinĂ©s ci-aprĂšs.
ployĂ©s Ă  cet effet. 2.37 Il convient cependant de noter que, mĂȘme si
l’IPC ne mesure pas l’inflation gĂ©nĂ©rale, on peut s’at-
tendre à ce que ses mouvements soient étroitement cor-
Indices des prix Ă  la consommation rĂ©lĂ©s Ă  ceux d’une mesure plus gĂ©nĂ©rale, ne serait-ce
et inflation générale que parce que les dépenses de consommation repré-
sentent une forte proportion des dépenses finales. En
2.34 Ainsi qu’il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© notĂ©, des mesures du particulier, l’IPC devrait donner une indication fiable de
taux gĂ©nĂ©ral d’inflation pour l’ensemble de l’économie l’accĂ©lĂ©ration ou de la dĂ©cĂ©lĂ©ration de l’inflation et per-
s’imposent pour diverses raisons : mettre de dĂ©celer d’éventuels retournements du taux
‱ MaĂźtriser l’inflation est en gĂ©nĂ©ral l’un des principaux d’inflation. Il s’agit lĂ  d’informations prĂ©cieuses, mĂȘme
objectifs de la politique Ă©conomique, mĂȘme si le gou- si l’IPC peut sous-estimer ou surestimer systĂ©matique-
vernement peut dĂ©lĂ©guer cette responsabilitĂ© Ă  la ment le rythme gĂ©nĂ©ral de l’inflation.
banque centrale. Il faut disposer d’une mesure de l’in-
flation gĂ©nĂ©rale pour arrĂȘter des objectifs et Ă©valuer
dans quelle mesure le gouvernement ou la banque Indices des prix Ă  la consommation
centrale ont atteint le but qu’ils se sont fixĂ© en matiĂšre et comparaisons internationales
de lutte contre l’inflation. de l’inflation
‱ Comme il a Ă©tĂ© dit plus haut, cette mesure de l’infla- 2.38 Les IPC sont couramment utilisĂ©s aussi pour
tion gĂ©nĂ©rale est nĂ©cessaire aussi pour rĂ©pondre aux des comparaisons internationales des taux d’inflation.
besoins de la comptabilitĂ© privĂ©e comme de la comp- L’UE offre un bon exemple de leur emploi Ă  cette fin.
tabilitĂ© nationale, et en particulier pour Ă©tablir les Les États membres ont dĂ©cidĂ©, dans le traitĂ© de Maas-
comptes en pouvoir d’achat actuel. tricht, d’utiliser les IPC pour Ă©valuer dans quelle mesure
‱ Le concept de variation des prix relatifs est important en les taux d’inflation nationaux convergeaient au milieu
Ă©conomie. Il est donc utile de pouvoir mesurer la varia- des annĂ©es 90, avant la formation de l’Union Ă©cono-
tion effective des prix des biens et services par rapport Ă  mique et monĂ©taire. Bien que les IPC mesurent l’infla-
une certaine mesure de l’inflation gĂ©nĂ©rale. Il faut aussi tion des prix Ă  la consommation plutĂŽt que l’inflation
ĂȘtre capable de mesurer les gains ou pertes de capital gĂ©nĂ©rale, leur utilisation pour mesurer le degrĂ© de con-
rĂ©el (ou les plus-values ou moins-values) sur les actifs, y vergence des rythmes d’inflation peut se justifier en in-
compris sur les avoirs et engagements monĂ©taires. voquant des motifs identiques Ă  ceux qui viennent d’ĂȘtre
2.35 Le chapitre 14 examine diverses mesures pos- avancés. On peut penser que la convergence des IPC
sibles de l’inflation gĂ©nĂ©rale, et fait apparaĂźtre l’exis- sera Ă©troitement corrĂ©lĂ©e Ă  celle de l’inflation gĂ©nĂ©rale,
tence d’une hiĂ©rarchie des indices des prix dans laquelle de sorte que l’utilisation d’une mesure spĂ©cifique plutĂŽt
s’inscrit l’IPC. Ce dernier n’est pas, Ă  l’évidence, une que gĂ©nĂ©rale de l’inflation peut aboutir aux mĂȘmes con-
mesure de l’inflation gĂ©nĂ©rale puisqu’il ne suit que les clusions quant au degrĂ© de convergence et aux pays qui
variations des prix des biens et services de consomma- s’écartent le plus de la moyenne.
tion achetĂ©s par les mĂ©nages. L’IPC ne couvre pas les
biens en capital, tels que les logements, ou les biens et
services consommés par les entreprises ou les adminis- Popularité des indices
trations publiques. Toute tentative visant Ă  analyser les des prix Ă  la consommation
pressions inflationnistes qui s’exercent sur l’économie
doit tenir compte également des autres mouvements de et statistiques économiques
prix, tels que les fluctuations des prix des importations et 2.39 Les IPC semblent bĂ©nĂ©ficier aujourd’hui d’un
des exportations, des prix des intrants et des extrants in- statut privilégié dans les statistiques économiques de la
dustriels ou des prix des actifs. plupart des pays. Il y a plusieurs explications Ă  cela :
‱ D’abord, tous les mĂ©nages ont une expĂ©rience person-
nelle du phĂ©nomĂšne que l’IPC est supposĂ© mesurer.
Indices des prix Ă  la consommation Le grand public est tout Ă  fait conscient des variations
et objectifs d’inflation des prix des biens et services de consommation ainsi
2.36 En dĂ©pit de ses limites manifestes en tant que que de l’impact direct que celles-ci peuvent avoir sur
mesure de l’inflation gĂ©nĂ©rale, l’IPC est couramment leur niveau de vie. L’intĂ©rĂȘt pour les IPC ne se limite
utilisé par les gouvernements et les banques centrales pas à la presse et aux hommes politiques.
pour fixer les objectifs d’inflation. De mĂȘme, il est in- ‱ Les variations de l’IPC tendent Ă  recevoir un trĂšs large
terprété par la presse et par le public comme la véritable écho. Leur publication peut faire la une des organes de

45
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

presse. L’IPC est une statistique qui bĂ©nĂ©ficie d’une blement adaptĂ©e sur le plan thĂ©orique. On peut justifier
grande visibilité. ces pratiques en faisant valoir que la seule alternative à
‱ L’IPC est publiĂ© frĂ©quemment, d’ordinaire chaque mois, l’utilisation de l’IPC risque d’ĂȘtre l’absence d’ajustement
de sorte que l’inflation des prix des biens et services de pour tenir compte de l’inflation. Bien que l’IPC ne soit
consommation est suivie de prĂšs. C’est aussi une statis- pas une mesure idĂ©ale, il vaut bien mieux l’utiliser que re-
tique d’actualitĂ© qui est publiĂ©e trĂšs peu de temps aprĂšs noncer Ă  tout ajustement.
la fin de la pĂ©riode Ă  laquelle elle se rĂ©fĂšre. 2.41 Bien que l’IPC soit souvent utilisĂ© comme va-
‱ L’IPC a une longue histoire, ainsi que nous le rappe- riable de substitution pour une mesure gĂ©nĂ©rale de l’in-
lons aux chapitres 1 et 15. Le public y est habituĂ© de flation, cela ne justifie pas que l’on Ă©tende sa couverture
longue date. à des éléments qui débordent du cadre de la consomma-
‱ Bien que les variations des prix de certains types de tion des mĂ©nages. Si des indices plus larges de l’inflation
biens de consommation soient difficiles Ă  mesurer en sont nĂ©cessaires, ils doivent ĂȘtre conçus de telle maniĂšre
raison des changements de qualitĂ© survenus, l’évolu- qu’ils complĂštent l’IPC et laissent celui-ci intact. De fait,
tion des prix d’autres types de biens et services tels que certains pays ont entrepris de se doter de mesures sup-
les biens en capital ou les services assurĂ©s par les admi- plĂ©mentaires plus larges de l’inflation, tout en restant
nistrations publiques (les services publics, notamment) dans le cadre théorique présenté au chapitre 14.
tend Ă  ĂȘtre encore plus dĂ©licate Ă  mesurer. L’IPC peut
ĂȘtre un indice des prix relativement fiable comparĂ© Ă 
ceux qui sont utilisĂ©s pour suivre d’autres flux. NĂ©cessitĂ© d’indĂ©pendance et
‱ L’IPC est trĂšs respectĂ©. Sa prĂ©cision et sa fiabilitĂ© sont d’intĂ©gritĂ© dans l’établissement des
rarement mises en question.
‱ La plupart des pays ont dĂ©libĂ©rĂ©ment adoptĂ© pour po-
indices des prix Ă  la consommation
litique de ne pas rĂ©viser l’indice aprĂšs sa publication. 2.42 Étant donnĂ© que l’IPC est couramment utilisĂ©
Cela le rend plus attrayant pour bien des utilisations, pour toutes sortes d’indexations, les mouvements de cet
en particulier lorsque celles-ci ont des conséquences indice peuvent avoir des conséquences financiÚres à tra-
financiĂšres, comme c’est le cas pour l’indexation. Le vers toute l’économie. Leurs consĂ©quences pour les
fait que l’IPC ne soit pas rĂ©visĂ© donne peut-ĂȘtre une pouvoirs publics peuvent ĂȘtre considĂ©rables, car l’IPC
impression un peu trompeuse de certitude, mais cela peut influer sur les charges d’intĂ©rĂȘts et les rentrĂ©es fis-
semble aussi rendre l’indice plus crĂ©dible et en facili- cales ainsi que sur les dĂ©penses publiques au titre des
ter l’acceptation. salaires et de la sĂ©curitĂ© sociale.
2.40 L’utilisation trĂšs large de l’IPC Ă  beaucoup 2.43 Lorsque des intĂ©rĂȘts financiers sont en jeu, il
d’autres fins que celles pour lesquelles il a Ă©tĂ© conçu peut existe toujours un risque que des groupes de pression,
s’expliquer par les divers facteurs susmentionnĂ©s et par le politiques ou non, s’efforcent d’influer sur la mĂ©thodo-
fait que la plupart des pays ne disposent pas d’autres me- logie utilisĂ©e pour Ă©tablir l’IPC. À l’instar d’autres sta-
sures satisfaisantes ou plus globales de l’inflation men- tistiques officielles, l’IPC doit ĂȘtre protĂ©gĂ© de ces pres-
suelle. À titre d’exemple, l’IPC peut ĂȘtre utilisĂ© en rem- sions et ĂȘtre perçu comme tel. C’est en partie pour cette
placement d’une mesure plus gĂ©nĂ©rale de l’inflation dans raison que de nombreux pays ont mis en place un co-
la comptabilitĂ© privĂ©e, mĂȘme s’il est clair que, d’un point mitĂ© consultatif chargĂ© de veiller Ă  ce que l’IPC Ă©chappe
de vue thĂ©orique, ce n’est pas l’indice qu’il faudrait. De Ă  toute influence extĂ©rieure. Ce comitĂ© consultatif peut
mĂȘme, le fait que l’IPC ne fasse pas l’objet de rĂ©visions, regrouper des reprĂ©sentants de toutes les parties pre-
conjuguĂ© Ă  sa frĂ©quence de diffusion et Ă  son actualitĂ©, nantes et des experts indĂ©pendants capables d’offrir des
peut expliquer son utilisation rĂ©pandue pour l’indexation conseils d’ordre professionnel. Les informations sur la
des contrats dans le domaine Ă©conomique ou juridique, mĂ©thodologie utilisĂ©e pour calculer les IPC doivent ĂȘtre
alors qu’il n’apporte pas, lĂ  non plus, une rĂ©ponse vĂ©rita- accessibles au public.

46
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE 3
Introduction logements occupĂ©s par leurs propriĂ©taires, il s’agit princi-
palement de savoir s’il faut inclure dans l’IPC les loyers
3.1 L’objet du prĂ©sent chapitre est de dĂ©finir et clari- imputĂ©s pour les flux de services de logement fournis par
fier les concepts fondamentaux de prix et de consomma- les habitations, ou le prix des habitations elles-mĂȘmes
tion adoptĂ©s pour l’établissement d’un indice des prix Ă  la (bien que celles-ci soient considĂ©rĂ©es comme des actifs
consommation (IPC) et de définir également le champ fixes et non comme des biens de consommation dans le
qu’il recouvre. Bien que le but gĂ©nĂ©ral d’un indice des SystĂšme de comptabilitĂ© nationale (SCN)). Les opinions
prix à la consommation soit de mesurer les variations des divergent sur ce point. Quoi qu’il en soit, les achats d’ac-
prix Ă  la consommation des biens et des services, le con- tifs financiers, tels que les obligations ou actions, sont
cept de «consommation» est en soi imprĂ©cis et peut don- exclus de l’indice car les actifs financiers ne sont en au-
ner lieu Ă  plusieurs interprĂ©tations, dont chacune conduit Ă  cune façon des biens ou des services et ne peuvent ĂȘtre
l’établissement d’un IPC diffĂ©rent. L’organisme gouver- utilisĂ©s par les membres des mĂ©nages pour satisfaire leurs
nemental ou l’office statistique chargĂ© de calculer un IPC besoins ou leurs dĂ©sirs personnels. Les transactions finan-
doit en outre dĂ©terminer si l’indice s’étendra Ă  tous les ciĂšres n’influent pas sur le patrimoine, car un type d’actif
consommateurs, c’est-Ă -dire Ă  tous les mĂ©nages, ou s’il financier est tout simplement Ă©changĂ© contre un autre
sera limitĂ© Ă  un groupe de mĂ©nages particulier. Le champ type d’actif financier. Par exemple, lorsque des titres sont
prĂ©cis d’un IPC varie inĂ©vitablement selon l’usage princi- achetĂ©s, de l’argent est remis en Ă©change d’une obligation
pal auquel il est, ou est rĂ©putĂ© ĂȘtre, destinĂ©. L’office statis- ou d’une action; ou encore, lorsqu’une dette est contrac-
tique ne doit toutefois pas oublier que les IPC sont large- tée, des fonds sont reçus et un passif financier est créé en
ment utilisĂ©s pour mesurer l’inflation gĂ©nĂ©rale, mĂȘme s’ils contrepartie.
ne sont pas toujours conçus à cette fin. 3.5 Bien que, par définition, un IPC soit centré sur
3.2 La consommation est une activité dans laquelle des les prix des biens et services consommés par les
personnes, agissant Ă  titre individuel ou collectif, utilisent mĂ©nages, cela ne veut pas nĂ©cessairement dire qu’il doit
des biens ou des services pour satisfaire leurs besoins et recouvrir tous les ménages ou tous les biens et services
leurs dĂ©sirs. En Ă©conomie, rien n’est fait pour observer qu’ils consomment. Par exemple, on pourrait dĂ©cider
et comptabiliser directement ces activitĂ©s. La consomma- d’exclure les biens publics fournis gratuitement aux
tion est en effet mesurĂ©e soit par la valeur des biens et ser- mĂ©nages. De nombreuses dĂ©cisions doivent ĂȘtre prises
vices utilisĂ©s en partie ou en totalitĂ© pendant une certaine quant au champ de l’IPC, mĂȘme si sa fonction gĂ©nĂ©rale
période, soit par la valeur des biens et services qui sont est déterminée. Ces questions sont explorées dans les
achetés ou acquis autrement, à des fins de consommation. chapitres présent et suivant.
3.3 Par bien ou service de consommation, on entend
un bien ou un service que les membres des ménages uti-
lisent, directement ou indirectement, pour satisfaire leurs
Les divers agrégats
besoins et désirs personnels. Par définition, les biens ou de consommation
services de consommation procurent une utilitĂ©. L’utilitĂ© 3.6 Comme indiquĂ© ci-dessus, le concept de con-
est tout simplement le terme technique générique que les sommation est imprécis et peut donner lieu à des inter-
économistes préfÚrent employer pour désigner la satisfac- prétations différentes. La présente section passe en
tion, l’avantage ou le bien-ĂȘtre que les mĂ©nages tirent des revue une hiĂ©rarchie de concepts et agrĂ©gats de
biens ou services de consommation. consommation.
3.4 Un IPC est généralement considéré comme un 3.7 Les ménages peuvent acquérir des biens et ser-
indice des prix qui mesure les variations des prix des vices de consommation par plusieurs moyens, dont les
biens et services de consommation acquis ou utilisés par quatre suivants :
les mĂ©nages. Comme expliquĂ© au chapitre 14, les indices ‱ ils peuvent les acheter dans le cadre de transactions
des prix peuvent recouvrir un champ plus large s’éten- monĂ©taires;
dant bien au-delĂ  des biens et services de consommation, ‱ ils peuvent les produire eux-mĂȘmes pour leur con-
mais un IPC est délibérément centré sur la consommation sommation personnelle;
des mĂ©nages. Il est toutefois possible de dĂ©finir un IPC ‱ ils peuvent les recevoir Ă  titre de paiement en nature
qui inclut les prix d’actifs physiques tels que les terrains dans des opĂ©rations de troc, en particulier Ă  titre de
ou les logements achetĂ©s par les mĂ©nages. Dans le cas des rĂ©munĂ©ration en nature d’un travail qu’ils ont effectuĂ©;

47
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

‱ ils peuvent les recevoir Ă  titre de dons ou de transferts DĂ©penses monĂ©taires


d’autres unitĂ©s Ă©conomiques. et dĂ©penses non monĂ©taires
3.8 Dans sa définition la plus large, le concept de
consommation adoptĂ© aux fins de l’établissement d’un 3.12 Par ailleurs, les dĂ©penses peuvent ĂȘtre monĂ©-
IPC recouvrirait toutes les quatre catégories de biens et taires ou non monétaires, selon la nature des ressources
services de consommation indiquées ci-dessus. Cet utilisées en rÚglement des biens et des services. Il y a
ensemble de biens et services de consommation rĂ©pond Ă  dĂ©pense monĂ©taire lorsqu’un mĂ©nage acquiert un bien
l’appellation d’acquisitions totales. Celles-ci sont Ă©qui- ou un service par rĂšglement au comptant, par chĂšque ou
valentes au total de la consommation individuelle effec- par carte de crédit, ou en contractant un passif financier
tive des mĂ©nages, telle qu’elle est dĂ©finie dans le SCN sous une autre forme. On parle de dĂ©pense non monĂ©-
(voir chapitre 14). Il convient de noter que les acquisi- taire lorsque les ménages ne contractent pas de passif
tions totales constituent un concept de consommation financier, mais supportent autrement le coĂ»t d’acquisi-
plus large que les dépenses de consommation totales. tion des biens ou services.
3.13 Dépenses non monétaires. Il se peut que le
rĂšglement prenne la forme de paiements en nature et
Acquisitions et dépenses non au comptant, comme dans les opérations de troc.
3.9 Les dépenses sont celles des unités éco- Les biens et services offerts en paiement dans ces opéra-
nomiques qui paient les biens et les services, c’est-Ă - tions correspondent Ă  des dĂ©penses nĂ©gatives et les
dire qui en supportent le coût. Cependant, une grande variations de leur prix doivent, en principe, avoir une
partie des biens et services consommĂ©s par les mĂ©nages pondĂ©ration nĂ©gative dans l’IPC. Si le prix des biens
est financée ou payée par des administrations publiques vendus augmente, le ménage y gagne. Cependant,
ou des institutions sans but lucratif. Il s’agit surtout de comme les deux volets d’une opĂ©ration de troc doivent
services tels que l’éducation, la santĂ©, le logement et en principe ĂȘtre de mĂȘme valeur, le montant net des
les transports. Les biens et services individuels fournis dépenses encourues par les deux ménages qui sont par-
gratuitement ou à un prix minime à des ménages indi- tie à cette opération est normalement égal à zéro. Les
viduels par des administrations publiques ou des insti- opĂ©rations de troc entre mĂ©nages peuvent donc ĂȘtre
tutions sans but lucratif font partie des transferts ignorĂ©es dans le calcul d’un IPC.
sociaux en nature. Ils peuvent contribuer sensiblement 3.14 Un ménage encourt également des dépenses
au bien-ĂȘtre ou au relĂšvement du niveau de vie des non monĂ©taires lorsque ses membres reçoivent des
ménages individuels qui les reçoivent. (Les transferts biens et services de leurs employeurs à titre de rémuné-
sociaux en nature ne comprennent pas les services col- ration en nature. Les employés paient les biens et ser-
lectifs fournis par les administrations publiques Ă  vices par leur travail et non au comptant. Les biens et
l’ensemble de la communautĂ©, tel que la fonction services de consommation reçus Ă  titre de rĂ©munĂ©ration
publique et la dĂ©fense.) en nature peuvent en principe ĂȘtre inclus dans l’IPC Ă 
3.10 Les dépenses au titre des transferts sociaux en leur prix de marché estimé.
nature sont encourues par les administrations publiques 3.15 Une troisiÚme catégorie importante de
ou les institutions sans but lucratif qui les financent et dépenses non monétaires est celle des dépenses des
non par les mĂ©nages qui les consomment. On pourrait mĂ©nages qui consomment les biens et services qu’ils
dĂ©cider de limiter le champ de l’IPC aux dĂ©penses de ont eux-mĂȘmes produits. Les mĂ©nages en supportent les
consommation des mĂ©nages; dans ce cas, les transferts coĂ»ts, et l’on considĂšre qu’il y a dĂ©pense lorsque les
sociaux gratuits en nature en seraient exclus. MĂȘme si biens et services sont consommĂ©s. Les dĂ©penses de cette
l’on dĂ©cide de les y inclure, ils peuvent ĂȘtre ignorĂ©s nature incluent les dĂ©penses au titre de services de loge-
dans la pratique lorsqu’ils sont fournis gratuitement, car ment fournis par les propriĂ©taires–occupants pour leur
les ménages ne dépensent rien pour les acquérir. Bien consommation personnelle. Le traitement des biens et
sĂ»r, le prix des transferts sociaux n’est pas Ă©gal Ă  zĂ©ro services produits Ă  des fins de consommation person-
pour les unitĂ©s qui les financent, mais ce sont les prix nelle soulĂšve d’importants problĂšmes conceptuels qui
payables par les ménages qui entrent dans un IPC. sont traités plus en détail ci-aprÚs.
3.11 On ne peut toutefois ignorer les transferts 3.16 Dépenses monétaires. La définition la plus
sociaux lorsque les administrations publiques et les ins- Ă©troite de la consommation que l’on puisse adopter pour
titutions sans but lucratif décident de les faire payer, établir un IPC est celle qui recouvre uniquement les
pratique de plus en plus courante dans bien des pays. dépenses monétaires. Un tel agrégat exclurait un grand
Par exemple, si l’IPC a pour but de mesurer la variation nombre des biens et services effectivement acquis et uti-
de la valeur totale d’un panier de biens et services de lisĂ©s par les mĂ©nages Ă  des fins de consommation.
consommation dans lequel sont inclus les transferts Seules les dépenses monétaires permettent de connaßtre
sociaux, le relĂšvement de leur prix Ă  un niveau supĂ©rieur les prix monĂ©taires nĂ©cessaires Ă  l’établissement d’un
Ă  zĂ©ro accroĂźtra le coĂ»t du panier et doit ĂȘtre pris en IPC. Les prix des biens et services acquis au moyen de
compte dans l’IPC. dĂ©penses non monĂ©taires peuvent seulement ĂȘtre impu-

48
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

tés sur la base des prix observés dans les opérations Biens durables et biens non durables
monétaires. Les prix imputés ne fournissent pas davan-
3.22 Biens. Pour les biens «non durables», il serait
tage d’informations, mais influent sur la pondĂ©ration
plus correct de parler de biens utilisables une seule fois.
affectée aux prix monétaires en accroissant la pondéra-
Par exemple, les aliments et les boissons ne sont utilisés
tion des prix monétaires qui sont utilisés pour évaluer
qu’une seule fois pour satisfaire la faim ou la soif. Le
les dépenses non monétaires.
mazout, le charbon ou le bois de chauffage ne peuvent
3.17 Si la principale raison d’établir un IPC est de brĂ»ler qu’une seule fois, mais ont toutefois une trĂšs
mesurer l’inflation, on peut dĂ©cider de limiter le champ grande durabilitĂ© physique et peuvent ĂȘtre stockĂ©s indĂ©-
de l’indice aux dĂ©penses monĂ©taires, d’autant plus que finiment. Les mĂ©nages peuvent accumuler d’importants
les dépenses non monétaires ne créent pas de demande stocks de biens dits non durables, par exemple de pro-
de monnaie. Les indices des prix Ă  la consommation duits alimentaires de types divers et de fioul, surtout en
harmonisĂ©s (IPCH), qui sont utilisĂ©s pour mesurer pĂ©riode d’incertitude politique ou Ă©conomique.
l’inflation au sein de l’Union europĂ©enne, se limitent 3.23 À l’opposĂ©, la caractĂ©ristique distinctive des
aux dĂ©penses monĂ©taires (voir l’annexe 1). biens durables, tels que les meubles, les appareils mĂ©na-
gers ou les vĂ©hicules, est qu’ils ont une longue durĂ©e
Acquisitions et utilisations d’utilisation. Ils peuvent ĂȘtre utilisĂ©s de façon rĂ©pĂ©tĂ©e
ou continue pour satisfaire les besoins des consomma-
3.18 Les Ă©tudes consacrĂ©es aux IPC font d’ordi- teurs sur une longue pĂ©riode de temps, parfois pendant
naire la distinction entre l’acquisition de biens et ser- plusieurs annĂ©es. Pour cette raison, un bien durable est
vices de consommation par les mĂ©nages et l’utilisation souvent dĂ©fini comme un bien gĂ©nĂ©rateur d’un flux de
qu’ils en font ultĂ©rieurement pour satisfaire leurs «services» au consommateur pendant sa pĂ©riode d’utili-
besoins et dĂ©sirs. Les biens de consommation sont gĂ©nĂ©- sation (voir l’encadrĂ© 14.3 du chapitre 14). Il existe une
ralement acquis à une date donnée et utilisés à une autre grande similitude entre la définition des biens de con-
date, souvent beaucoup plus tard, ou encore ils sont uti- sommation durables et celle des actifs fixes. Les actifs
lisĂ©s Ă  plusieurs reprises, ou mĂȘme continuellement, sur fixes sont des biens qui sont utilisĂ©s de façon rĂ©pĂ©tĂ©e ou
une période de temps prolongée. Pour bien des services, continue sur de longues périodes de temps dans le pro-
toutefois, la date de leur acquisition coĂŻncide avec celle cessus de production : par exemple, les bĂątiments ou
de leur utilisation, bien qu’il y ait d’autres types de ser- autres constructions, les machines et Ă©quipements. Ci-
vices qui ont des bienfaits durables et ne sont pas plei- aprÚs figure une liste des différents types de biens de
nement utilisĂ©s au moment oĂč ils sont fournis. consommation durables qui entrent dans la Nomen-
3.19 La date d’acquisition d’un bien est celle à clature des fonctions de la consommation individuelle
laquelle la propriété de ce bien est transférée au con- (COICOP). Certains biens durables durent beaucoup
sommateur. Dans une situation de marchĂ©, c’est la date plus que d’autres, les moins durables Ă©tant qualifiĂ©s de
Ă  laquelle le consommateur contracte une obligation de «semi-durables» dans la COICOP, comme les vĂȘte-
paiement, au comptant ou en nature. La date d’acquisi- ments, par exemple. Les logements ne sont pas classĂ©s
tion d’un service n’est pas aussi facile Ă  prĂ©ciser car la parmi les biens de consommation durables dans cette
prestation de services ne fait pas intervenir un transfert classification. Ils sont considérés comme des actifs fixes
de propriĂ©tĂ©, mais a gĂ©nĂ©ralement pour effet d’amĂ©liorer et non des biens de consommation et n’entrent donc pas
dans une certaine mesure la situation du consommateur. dans le cadre de la COICOP. Cependant, les services de
Un service est acquis par le consommateur Ă  la date oĂč logement fournis et consommĂ©s par les propriĂ©-
le producteur le fournit et oĂč le consommateur accepte taires–occupants y sont inclus et sont classĂ©s dans la
l’obligation de paiement. mĂȘme catĂ©gorie que les services de logement consom-
3.20 Par conséquent, dans une situation de marché, més par les locataires.
la date d’acquisition, aussi bien pour les biens que pour 3.24 Services. Les consommateurs peuvent conti-
les services, est la date oĂč l’obligation de paiement est nuer Ă  bĂ©nĂ©ficier des avantages procurĂ©s par certains
contractĂ©e. Lorsque le paiement n’est pas effectuĂ© services, et en tirer de l’utilitĂ©, longtemps aprĂšs leur
immédiatement en espÚces, il se peut que le compte prestation car ils donnent lieu à une amélioration impor-
bancaire du consommateur ne soit dĂ©bitĂ© qu’au bout tante, durable, voire permanente, de leur situation. La
d’un dĂ©lai assez long si l’achat est rĂ©glĂ© par chĂšque, qualitĂ© de la vie des personnes qui subissent un traite-
carte de crédit ou autre moyen analogue. La date à ment médical, par exemple une intervention de rempla-
laquelle le compte est finalement débité dépend des cement des hanches ou une opération de la cataracte, est
facilitĂ©s administratives et des dispositifs institutionnels amĂ©liorĂ©e de façon sensible et permanente. De mĂȘme,
et financiers en place. Elle est sans rapport avec la date les consommateurs de services éducatifs peuvent en
d’enregistrement des transactions ou des prix. tirer profit pendant toute la durĂ©e de leur vie.
3.21 La distinction entre la date d’acquisition et la 3.25 À des fins d’analyse, il vaut peut-ĂȘtre mieux
date d’utilisation est particuliĂšrement importante dans le traiter certains types de services, tels que l’éducation
cas des biens durables et de certains types de services. et la santĂ©, comme les Ă©quivalents–services des biens

49
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

durables. Les dĂ©penses au titre de ces services peuvent 3.29 Il est difficile d’estimer la valeur et le prix des
ĂȘtre traitĂ©es comme des investissements qui accroissent flux de services fournis par le stock de biens durables
le stock de capital humain. Une autre caractéristique détenu par les ménages, tandis que les dépenses au titre de
que les services d’éducation et de santĂ© partagent avec ces biens, ainsi que leur prix d’achat, sont faciles Ă  con-
les biens durables est le fait qu’ils sont souvent si onĂ©- naĂźtre. En partie du fait de ces difficultĂ©s pratiques, les IPC
reux que leur achat doit ĂȘtre financĂ© par des emprunts ont jusqu’à prĂ©sent Ă©tĂ© Ă©tablis dans une large mesure ou
ou des prĂ©lĂšvements sur d’autres actifs. entiĂšrement sur la base des acquisitions. De mĂȘme, la
comptabilité nationale a tendance à rendre compte des
Indices des prix à la consommation dépenses au titre des biens durables, ou des acquisitions
fondĂ©s sur les acquisitions et les de ces biens, et non des flux de services qu’ils fournissent.
utilisations Comme indiqué ci-dessus, les logements sont considérés
comme des actifs fixes, et non des biens durables dans le
3.26 La distinction entre l’acquisition et l’utilisa- SCN. Le traitement des logements occupĂ©s par leurs pro-
tion d’un bien ou service de consommation a conduit Ă  priĂ©taires est examinĂ© sĂ©parĂ©ment ci-aprĂšs.
la proposition de deux concepts d’IPC diffĂ©rents :
‱ Un IPC qui mesure la variation moyenne d’une pĂ©-
riode à l’autre des prix des biens et services de
Indices de panier-type
consommation acquis par les ménages. et indices du coût de la vie
‱ Ou bien, un IPC qui mesure la variation moyenne 3.30 Au niveau conceptuel, une distinction fonda-
d’une pĂ©riode Ă  l’autre des prix des biens et services mentale peut ĂȘtre Ă©tablie entre un indice de panier-type
de consommation utilisĂ©s par les mĂ©nages pour satis- et un indice du coĂ»t de la vie. Dans le contexte de l’IPC,
faire leurs besoins et désirs. un indice de panier-type est un indice qui mesure la
3.27 Les flux des acquisitions et des utilisations variation d’une pĂ©riode Ă  l’autre des dĂ©penses totales
peuvent ĂȘtre trĂšs diffĂ©rents pour les biens durables. Les nĂ©cessaires Ă  l’acquisition d’un ensemble ou panier
acquisitions de biens durables, comme les biens d’équi- donnĂ© de biens et services de consommation. Il est
pement, sont appelĂ©es Ă  fluctuer selon l’état gĂ©nĂ©ral de appelĂ© «indice de Lowe» dans le prĂ©sent manuel. Un
l’économie, tandis que l’utilisation du stock de biens indice du coĂ»t de la vie est un indice qui mesure la
durables par les mĂ©nages est un processus gĂ©nĂ©ralement variation du coĂ»t minimum nĂ©cessaire au maintien d’un
progressif et sans à-coups. Un indice établi sur la base niveau de vie donné. Les deux indices ont donc des
des utilisations mesure les variations d’une pĂ©riode Ă  objectifs trĂšs similaires, en ce sens qu’ils mesurent la
l’autre des prix des flux de services fournis par les biens variation des dĂ©penses totales nĂ©cessaires pour acquĂ©rir
durables. Comme expliquĂ© au chapitre 23, la valeur du soit le mĂȘme panier, soit deux paniers dont la composi-
flux de services fournis par un bien durable peut ĂȘtre tion peut diffĂ©rer mais entre lesquels le consommateur
estimĂ©e Ă  l’aide de son «coĂ»t d’utilisation», qui est est indiffĂ©rent.
essentiellement Ă©gal Ă  l’amortissement de l’actif (aux
prix courants) plus les charges d’intĂ©rĂȘts. L’inclusion de Indices de Lowe
ces deux éléments signifie que, à long terme, la pondé- 3.31 Les IPC sont presque toujours calculés sous
ration affectĂ©e aux biens durables est plus grande que forme d’indices de Lowe dans la pratique. Leurs pro-
dans l’approche «acquisitions». En principe, les flux de priĂ©tĂ©s et comportement sont dĂ©crits en dĂ©tail dans
services, ou avantages, tirĂ©s de grosses dĂ©penses d’édu- divers chapitres du prĂ©sent manuel. La plupart des IPC
cation et de santĂ© pourraient, eux aussi, ĂȘtre estimĂ©s sur servent Ă  mesurer la variation d’une pĂ©riode Ă  l’autre de
la base des coĂ»ts d’utilisation. la valeur totale d’un panier donnĂ© de biens et services de
3.28 Lorsque les biens durables sont loués sur le consommation achetés ou acquis par un groupe déter-
marché, les revenus locatifs doivent couvrir non seule- miné de ménages à une date spécifiée. La signification
ment la valeur des flux de services, mais aussi les frais de cet indice est claire. Il est, bien entendu, nécessaire de
administratifs (administration et gestion, réparations, veiller à ce que le panier choisi soit adapté aux besoins
entretien et frais gĂ©nĂ©raux, notamment). Par exemple, le des utilisateurs et tenu Ă  jour. Le panier peut ĂȘtre modifiĂ©
montant à payer pour utiliser une machine à laver le à intervalles réguliers et ne doit pas nécessairement res-
linge dans une laverie automatique doit couvrir le coût ter fixe pendant longtemps. Le choix du panier est traité
des locaux, les frais d’électricitĂ©, de rĂ©paration et plus en dĂ©tail dans les chapitres prĂ©sent et suivant.
d’entretien, les salaires du personnel de supervision,
etc., ainsi que les services fournis par la machine elle-
mĂȘme. De mĂȘme, le prix de location d’une voiture doit
Indices du coût de la vie
dĂ©passer sensiblement le coĂ»t du flux de services four- 3.32 L’approche Ă©conomique de la thĂ©orie des in-
nis par la voiture elle-mĂȘme. Dans les deux cas, le client dices part du principe que les quantitĂ©s consommĂ©es sont
achÚte un ensemble de services qui ne se limite pas à fonction du prix. Les ménages sont des preneurs de prix
l’utilisation du bien durable en soi. qui rĂ©agissent aux variations des prix relatifs en ajustant

50
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

les quantitĂ©s relatives qu’ils consomment. Un indice de devra ĂȘtre compensĂ© par une augmentation du niveau de
panier-type fondĂ© sur un ensemble fixe de quantitĂ©s ne consommation pour que le bien-ĂȘtre total reste Ă  un
tient pas compte de la tendance systématique des con- niveau inchangé. Par exemple, lorsque le temps devient
sommateurs à substituer des articles qui sont devenus mauvais, une plus grande quantité de mazout est néces-
relativement meilleur marchĂ© Ă  ceux qui sont devenus saire pour avoir le mĂȘme niveau de confort qu’aupara-
relativement plus onéreux. Cet effet de substitution est vant. Le coût des quantités accrues de mazout consom-
par contre pris en compte dans l’indice du coĂ»t de la vie mĂ©es fait monter l’indice inconditionnel du coĂ»t de la
fondĂ© sur l’approche Ă©conomique. Celui-ci mesure la vie, quelle que soit l’évolution des prix. Un nombre
variation du minimum de dĂ©penses nĂ©cessaire pour main- incalculable d’évĂ©nements peut influer sur un tel indice
tenir un niveau de vie donné lorsque les consommateurs allant des catastrophes naturelles comme les tremble-
soucieux de maximiser leur utilitĂ© modifient la composi- ments de terre aux dĂ©sastres provoquĂ©s par l’homme,
tion de leurs achats en fonction des variations des prix tels que Chernobyl ou les attentats terroristes.
relatifs. Contrairement Ă  l’indice de panier-type, l’indice 3.36 Si l’indice inconditionnel du coĂ»t de la vie prĂ©-
du coĂ»t de la vie est fondĂ© sur un panier qui ne reste gĂ©nĂ©- sente un certain intĂ©rĂȘt analytique et pratique, il est tou-
ralement pas inchangĂ© d’une pĂ©riode Ă  l’autre en raison tefois dĂ©fini d’une maniĂšre telle que son but dĂ©libĂ©rĂ© est
de ces substitutions. de mesurer les effets de nombreux facteurs autres que les
3.33 Les propriĂ©tĂ©s et le comportement des indices prix. Si l’objectif est de mesurer seulement les effets des
du coût de la vie sont expliqués en détail au chapitre 17 variations des prix, il faut que les facteurs autres que les
et ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© succinctement dĂ©crits au chapitre 1. Le prix soient maintenus constants. Étant donnĂ© qu’un
champ maximum de l’indice du coĂ»t de la vie serait indice du coĂ»t de la vie est appelĂ© Ă  servir d’indice des
l’ensemble tout entier des biens et services de consom- prix à la consommation, le champ qu’il recouvre doit
mation consommĂ©s par les mĂ©nages, qui en dĂ©rivent une ĂȘtre limitĂ© de maniĂšre Ă  exclure les effets des facteurs
utilité. Il inclut les biens et services reçus gratuitement autres que les variations des prix. Un indice conditionnel
au titre de transferts sociaux en nature des administra- du coût de la vie mesure la variation du minimum de
tions publiques ou des institutions sans but lucratif. dépenses nécessaire pour maintenir un niveau donné
Parce que les indices du coĂ»t de la vie mesurent la varia- d’utilitĂ©, ou de bien-ĂȘtre, lorsque les prix varient, Ă  sup-
tion du coĂ»t nĂ©cessaire au maintien d’un niveau de vie poser que tous les autres facteurs affectant le bien-ĂȘtre
ou d’utilitĂ© donnĂ©, ils se prĂȘtent Ă  une approche fondĂ©e demeurent constants. Il est conditionnel car il dĂ©pend
sur les utilisations et non sur les acquisitions, car l’uti- non seulement d’un niveau de vie et d’un ensemble de
litĂ© est dĂ©rivĂ©e non pas de l’acquisition d’un bien ou prĂ©fĂ©rences donnĂ© mais aussi d’un Ă©tat donnĂ© des fac-
d’un service de consommation, mais de leur utilisation teurs autres que les prix qui influent sur le bien-ĂȘtre. Les
en vue de satisfaire des besoins et désirs personnels. indices du coût de la vie dont il est question dans le pré-
3.34 Par bien-ĂȘtre, on entend non seulement le sent manuel sont des indices conditionnels.
bien-ĂȘtre Ă©conomique, qui est l’utilitĂ© liĂ©e Ă  des activitĂ©s 3.37 Il ne faut pas voir dans l’indice conditionnel
Ă©conomiques telles que la production, la consommation du coĂ»t de la vie un indice de second choix. L’indice
et le travail, mais aussi le bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral associĂ© Ă  inconditionnel est plus exhaustif que l’indice condi-
d’autres facteurs tels qu’un Ă©tat de sĂ©curitĂ© Ă  l’abri des tionnel en tant qu’indice du coĂ»t de la vie mais pas en
attaques d’autrui. Il n’est pas toujours possible d’établir tant qu’indice des prix. Un indice inconditionnel ne
une distinction bien nette entre les facteurs Ă©cono- comporte pas plus d’informations sur les prix qu’un
miques et les facteurs non économiques, mais il est clair indice conditionnel et il ne renseigne pas davantage sur
que le bien-ĂȘtre total n’est qu’en partie fonction de la l’effet des variations des prix sur le bien-ĂȘtre des
quantité de biens et de services consommés. ménages. Au contraire, cet effet est dilué et obscurci car
3.35 Indices conditionnels et inconditionnels du un nombre plus grand de variables affectant le bien-ĂȘtre
coĂ»t de la vie. En principe, le champ d’un indice du coĂ»t est inclus dans le champ de l’indice.
de la vie varie selon qu’il est ou non dĂ©libĂ©rĂ©ment Ă©tabli 3.38 Les indices de Lowe, y compris ceux Ă©tablis
sous forme d’un indice conditionnel ou inconditionnel. suivant la formule de Laspeyres et de Paasche, sont eux
Le bien-ĂȘtre total d’un mĂ©nage est fonction d’un aussi des indices conditionnels, car ils dĂ©pendent du
ensemble de facteurs non Ă©conomiques tels que le cli- choix du panier. Le fait que la valeur d’un indice de pa-
mat, l’état de l’environnement physique, social et poli- nier-type varie de façon prĂ©visible en fonction du panier
tique, le risque d’agressions criminelles ou de conflit, choisi a donnĂ© naissance Ă  un grand nombre des ouvrages
l’incidence des maladies, etc., ainsi que des quantitĂ©s de consacrĂ©s Ă  la thĂ©orie des indices. Au niveau conceptuel,
biens et services consommĂ©es. Un indice inconditionnel l’indice de Lowe et l’indice conditionnel du coĂ»t de la vie
du coĂ»t de la vie mesure la variation du coĂ»t supportĂ© ont beaucoup en commun. L’indice de Lowe mesure la
par un mĂ©nage pour maintenir le bien-ĂȘtre total Ă  un variation du coĂ»t d’un panier dĂ©terminĂ© de biens et ser-
niveau donnĂ© lorsque les facteurs non Ă©conomiques vices, tandis que l’indice conditionnel du coĂ»t de la vie
varient, ainsi que les prix des biens et services de con- mesure la variation du coût nécessaire pour maintenir le
sommation. Si l’évolution des facteurs non Ă©cono- niveau d’utilitĂ© associĂ© Ă  un panier dĂ©terminĂ© de biens et
miques entraĂźne une diminution du bien-ĂȘtre, cet effet services, toutes choses Ă©tant Ă©gales par ailleurs.

51
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

Dépenses et autres paiements nit en échange un service sous une forme ou une autre,
par exemple en exerçant des fonctions de surveillance,
hors du champ des indices de réglementation ou de contrÎle. Dans ce dernier cas,
des prix Ă  la consommation les paiements Ă  ce titre pourraient ĂȘtre considĂ©rĂ©s
3.39 Comme la plupart des IPC sont conçus pour comme des achats de services. Certains cas sont si mar-
mesurer les variations des prix des biens et des services ginaux que les experts en fiscalité ont passé des années à
de consommation, il s’ensuit que les achats d’articles en dĂ©battre sous l’égide du Fonds monĂ©taire internatio-
autres que les biens et les services n’entrent pas dans le nal sans parvenir Ă  un consensus. Aussi ont-ils dĂ©cidĂ© de
champ normalement couvert par un IPC : par exemple, se tenir à certaines conventions fondées sur les pratiques
les achats d’obligations, d’actions ou autres actifs finan- suivies par la majoritĂ© des pays. Il y a lieu de faire usage
ciers. En sont Ă©galement exclus les paiements qui ne de ces conventions pour l’établissement des IPC ou des
sont pas des achats parce que rien n’est reçu en contre- comptes nationaux. Elles sont prĂ©sentĂ©es dans le
partie : par exemple les paiements d’impîts sur le re- Manuel de statistiques de finances publiques du FMI
venu ou les cotisations de sécurité sociale. (2001) et ont été adoptées également dans le SCN 1993.
3.40 L’application de ces principes n’est pas tou- 3.44 Les paiements que les mĂ©nages effectuent pour
jours simple, car la distinction entre les dĂ©penses au avoir le droit de dĂ©tenir ou d’utiliser certains biens ou faci-
titre de biens ou de services et les autres paiements lités sont, par convention, classés parmi les dépenses de
n’est parfois pas claire et nette dans la pratique. consommation et non parmi les transferts et entrent donc
Certains de ces cas difficiles sur le plan conceptuel, en dans le champ de l’IPC. Par exemple, les redevances de
particulier certains cas limites pouvant prĂȘter Ă  contro- radio et tĂ©lĂ©vision, les permis de conduire, de port
verse, sont examinĂ©s ci-aprĂšs. d’armes, etc., ainsi que les taxes de passeport y sont
inclus. En revanche, les permis de possĂ©der ou d’utiliser
des véhicules, bateaux et avions, ainsi que les permis pour
Transferts la chasse, le tir ou la pĂȘche relĂšvent, par convention, de la
3.41 Un transfert se dĂ©finit comme une opĂ©ration fiscalitĂ© directe et sont donc exclus du champ de l’IPC.
dans laquelle une unitĂ© fournit un bien, un service ou un Cependant, nombre de pays y incluent les taxes sur l’utili-
actif à une autre unité sans recevoir de cette derniÚre un sation de véhicules privés car ils les considÚrent comme
bien, un service ou un actif en Ă©change, c’est-Ă -dire une des taxes Ă  la consommation au sens de l’IPC. Comme les
opération sans contrepartie. Comme aucun bien ou ser- circonstances effectives dans lesquelles les autorisations
vice, sous une forme ou une autre, n’est acquis par le sont dĂ©livrĂ©es, et les conditions qui y sont attachĂ©es,
mĂ©nage quand il fait un transfert, celui-ci doit ĂȘtre exclu peuvent varier sensiblement d’un pays Ă  l’autre, l’office
du champ de l’IPC. Ce qui est difficile, c’est de dĂ©termi- statistique national aura parfois Ă  dĂ©cider de s’écarter des
ner si certains types d’opĂ©rations sont vraiment des conventions proposĂ©es. En gĂ©nĂ©ral, toutefois, il semble
transferts ou non, et ce problÚme est commun aux IPC préférable de suivre les conventions adoptées par les
et à la comptabilité nationale. experts en la matiÚre et internationalement reconnues.
3.42 Cotisations sociales et impÎts sur le revenu et 3.45 Dons et souscriptions. Les dons sont, par défi-
le patrimoine. Comme les mĂ©nages ne reçoivent pas un nition, des transferts et n’entrent donc pas dans le champ
bien ou un service spĂ©cifique en Ă©change des cotisations de l’IPC. Les paiements de souscriptions ou les dona-
sociales qu’ils versent, celles-ci sont considĂ©rĂ©es tions aux organisations caritatives en Ă©change desquels
comme des transferts et exclues à ce titre du champ de aucun service facilement identifiable n’est reçu sont eux
l’IPC. De mĂȘme, tous les paiements d’impĂŽts assis sur aussi des transferts. Par contre, les paiements de sous-
le revenu ou le patrimoine (propriĂ©tĂ© d’actifs) n’entrent criptions aux clubs et associations, y compris les Ɠuvres
pas dans le champ de l’IPC, car il s’agit de transferts de bienfaisance, qui fournissent à leurs membres des ser-
obligatoires sans contrepartie en faveur de l’État. N’y vices sous une forme ou une autre (rĂ©unions rĂ©guliĂšres,
sont pas non plus inclus les paiements d’impĂŽts sur la magazines, etc.) peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des
propriĂ©tĂ© fonciĂšre et immobiliĂšre (gĂ©nĂ©ralement prĂ©le- dĂ©penses de consommation finale et inclus dans l’IPC.
vĂ©s sous forme d’impĂŽts ou de redevances Ă  verser aux 3.46 Pourboires et gratifications. Les pourboires ou
collectivitĂ©s locales). Il y a lieu de noter, toutefois, que gratifications non obligatoires sont des dons qui n’entrent
les transferts obligatoires sans contrepartie pourraient pas dans le champ de l’IPC. Il y a toutefois des cas oĂč,
ĂȘtre incorporĂ©s dans un indice inconditionnel du coĂ»t de sans ĂȘtre obligatoire, un paiement monĂ©taire supplĂ©men-
la vie ou dans un indice conditionnel plus largement taire facilite grandement l’obtention d’un bien ou d’un
défini qui tient compte des variations de facteurs autres service. Il faut alors inclure ce paiement dans les dépenses
que les prix des biens et services de consommation. au titre du bien ou du service en question et dans son prix.
3.43 Licences et permis. Les ménages sont tenus de
verser une certaine somme pour obtenir divers types de
permis, et on ne sait souvent pas trùs bien s’il s’agit là
Assurance
tout simplement d’une taxe appelĂ©e autrement ou si 3.47 Il y a deux principaux types d’assurance, l’as-
l’organisme gouvernemental qui dĂ©livre le permis four- surance vie et l’assurance dommages. Dans les deux

52
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

cas, les primes ont deux composantes. L’une est le paie- indices des prix. L’indice des cours boursiers en est
ment de l’assurance proprement dite, souvent appelĂ© un exemple.
prime nette, et l’autre est une commission de service 3.54 Une grande partie des actifs financiers dĂ©tenus
implicite Ă  verser Ă  la sociĂ©tĂ© d’assurance qui a mis sur par les mĂ©nages sont acquis indirectement par le biais
pied le contrat d’assurance, c’est-Ă -dire une redevance de rĂ©gimes de pension et de contrats d’assurance vie. À
en Ă©change de services consistant Ă  calculer les risques, l’exclusion des commissions de service, les cotisations
Ă  dĂ©terminer les primes, Ă  gĂ©rer le recouvrement et l’in- de retraite versĂ©es par les mĂ©nages sont assimilables
vestissement des primes et Ă  verser les indemnitĂ©s. aux paiements de prime d’assurance vie. Elles reprĂ©-
3.48 La commission de service implicite n’est pas sentent essentiellement une forme de placement de leur
directement observable. Elle fait partie intĂ©grante de la Ă©pargne et sont donc exclues du champ de l’IPC. Par
prime brute et n’est pas identifiĂ©e sĂ©parĂ©ment dans la contre, les commissions explicites ou implicites versĂ©es
pratique. En tant que paiement d’un service, elle entre par les mĂ©nages pour les services rendus par les auxi-
dans le champ de l’IPC, mais est difficile Ă  estimer. liaires financiers, tels que courtiers, banques, sociĂ©tĂ©s
3.49 Dans le cas de l’assurance dommages, la d’assurance (assurance vie et assurance dommages),
prime nette est essentiellement un transfert Ă  une gestionnaires de fonds de pension, conseillers finan-
rĂ©serve servant Ă  couvrir les risques collectifs de l’en- ciers, comptables, etc., relĂšvent du champ de l’IPC. Les
semble des assurés. En tant que transferts, elle est paiements de ces commissions sont tout simplement
exclue du champ de l’IPC. Pour ce qui est de l’assu- des achats de services.
rance vie, la prime nette est essentiellement une forme
d’investissement financier. Elle constitue l’achat d’un Achats et ventes de devises
actif financier, qui est lui aussi exclu de l’IPC.
3.55 Une devise est un actif financier. Les achats
3.50 Enfin, il y a lieu de noter que, lorsque le con- et ventes de devises sont donc exclus du champ de
trat d’assurance est mis sur pied par l’intermĂ©diaire l’IPC. Les variations des prix Ă  verser ou Ă  recevoir
d’un courtier ou d’un agent distinct de la sociĂ©tĂ© d’as- pour des devises qui rĂ©sultent de fluctuations des taux
surance, les commissions prĂ©levĂ©es par le courtier ou de change n’y sont pas incluses. En revanche, les com-
l’agent pour leurs services sont incluses dans le champ missions de service prĂ©levĂ©es par les agents de change
de l’IPC, en plus des commissions de service implicites entrent dans le champ de l’IPC lorsque les mĂ©nages
des assureurs. acquiĂšrent les devises pour leur usage personnel. Ces
commissions recouvrent non seulement les redevances
Jeux de hasard explicites mais aussi l’écart entre les taux acheteur ou
3.51 Les sommes versées en paiement de billets de vendeur offerts par les agents de change et la moyenne
loterie ou placées dans des paris comportent, elles aussi, des deux taux.
deux éléments qui ne sont généralement pas identifiés
sĂ©parĂ©ment — une commission de service implicite Paiements, financement et crĂ©dit
(relevant des dépenses de consommation) et un transfert
3.56 En principe, la date à laquelle une dépense est
courant à la réserve sur laquelle les gagnants sont payés.
encourue est celle à laquelle l’acheteur contracte une
Seules les commissions de service implicites ou
obligation de paiement, c’est-Ă -dire lorsque la propriĂ©tĂ©
explicites payables aux organisateurs des jeux entrent
du bien est transférée ou lorsque le service est fourni. La
dans le champ de l’IPC. Les commissions de service,
date de paiement est celle à laquelle l’obligation est
qui sont généralement calculées à un niveau agrégé,
éteinte. Les deux dates coïncident lorsque le paiement
sont égales à la différence entre les montants à payer
est effectuĂ© immĂ©diatement au comptant, c’est-Ă -dire
(mises) et les montants Ă  recevoir (gains).
sous forme de billets et piĂšces, mais on observe de plus
en plus souvent un décalage entre la date de paiement et
OpĂ©rations sur actifs financiers celle oĂč la dĂ©pense est encourue du fait de l’utilisation
3.52 Les actifs financiers ne sont pas des biens ou de chÚques, cartes de crédit et autres formes de facilités
des services de consommation. La crĂ©ation d’actifs/pas- de crĂ©dit. Les choses se compliquent dans le cas des
sifs financiers ou leur extinction, par exemple par la paiements Ă©chelonnĂ©s avec versement d’un acompte.
voie de prĂȘts, d’emprunts ou de remboursements, sont Dans certains cas, les dĂ©calages temporels et la com-
des opérations financiÚres qui sont trÚs différentes des plexité des instruments financiers et des dispositifs ins-
achats de biens et de services et ont lieu indĂ©pendam- titutionnels font qu’il est difficile de dĂ©terminer la date
ment de ceux-ci. L’achat d’un actif financier, qui est une exacte du paiement. Il se peut mĂȘme que la date de paie-
forme d’investissement financier, n’est Ă©videmment pas ment diffĂšre selon que la transaction est considĂ©rĂ©e du
une dĂ©pense de consommation. point de vue de l’acheteur ou du vendeur.
3.53 Certains actifs financiers, notamment les titres 3.57 À des fins d’harmonisation avec les donnĂ©es
sous forme de bons, obligations et actions, sont négo- sur les dépenses utilisées comme pondérations dans
ciables et ont un prix de marchĂ©. Ils ont leurs propres l’IPC, il y a lieu d’enregistrer les prix de la pĂ©riode Ă 

53
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

laquelle les dĂ©penses sont effectivement effectuĂ©es, ce 3.62 Les achats Ă  tempĂ©rament et les prĂȘts hypothĂ©-
qui est conforme Ă  l’approche «acquisitions». caires doivent ĂȘtre traitĂ©s de la mĂȘme maniĂšre que les
autres prĂȘts. Le fait que certains prĂȘts soient accordĂ©s Ă  la
OpĂ©rations financiĂšres et emprunts condition que l’emprunteur affecte les fonds Ă  un usage
3.58 Il se peut que certaines dĂ©penses individuelles particulier n’influe en aucune façon sur le traitement du
soient de montants trĂšs Ă©levĂ©s : par exemple, l’achat de prĂȘt lui-mĂȘme. En outre, les prĂȘts conditionnels ne sont
traitements mĂ©dicaux coĂ»teux, d’un bien durable d’im- nullement limitĂ©s Ă  l’achat «à tempĂ©rament» de biens
portance ou de vacances onĂ©reuses. Si le mĂ©nage n’a durables. Ils peuvent ĂȘtre faits dans d’autres buts, par
pas suffisamment de numĂ©raires ou ne dĂ©sire pas rĂ©gler exemple pour financer de grosses dĂ©penses d’éducation
le montant total par versements immĂ©diats au comptant, ou de santĂ©. Dans chaque cas, la contraction de l’emprunt
diverses options s’offrent Ă  lui. est une opĂ©ration distincte de la dĂ©pense au titre du bien
ou du service et doit ĂȘtre distinguĂ©e de cette derniĂšre. Les
‱ L’acheteur peut contracter un emprunt auprĂšs d’une deux opĂ©rations peuvent mettre en jeu des parties diffĂ©-
banque, d’un prĂȘteur sur gage ou autre institution rentes et avoir lieu Ă  des dates tout Ă  fait diffĂ©rentes.
financiĂšre. 3.63 Bien que l’apport de fonds soit une opĂ©ration
‱ L’acheteur peut utiliser une carte de crĂ©dit. distincte de l’achat de biens ou de services auquel il est
‱ Le vendeur peut faire crĂ©dit Ă  l’acheteur ou encore il destinĂ©, il peut influer sur le prix versĂ©. Chaque cas doit
peut veiller Ă  ce qu’une tierce partie, par exemple une ĂȘtre examinĂ© avec soin. Par exemple, supposons que le
institution financiĂšre d’un type ou d’un autre, accorde vendeur consent Ă  ce que le paiement soit diffĂ©rĂ© d’un
un crĂ©dit Ă  l’acheteur. an. Il semble accorder par lĂ  un prĂȘt sans intĂ©rĂȘts pen-
dant un an, mais la réalité économique est différente. Le
CrĂ©ation d’un actif/passif financier vendeur accorde un prĂȘt, mais pas sans prĂ©lever des
intĂ©rĂȘts. Et le montant du prĂȘt n’est pas Ă©gal Ă  son coĂ»t
3.59 Lorsqu’un consommateur a recours Ă  l’em- «intĂ©gral». Implicitement, l’acheteur Ă©met en faveur du
prunt pour acheter un bien ou un service, deux transac- vendeur une obligation Ă  court terme qui est Ă  rembour-
tions distinctes sont en jeu : l’achat du bien ou du service ser dans un dĂ©lai d’un an et utilise les fonds reçus du
et l’emprunt des fonds nĂ©cessaires Ă  cet effet. Ce dernier vendeur pour payer le bien. Cependant, la valeur ac-
est une opĂ©ration purement financiĂšre entre un crĂ©ancier tuelle d’une obligation au moment oĂč elle est Ă©mise est
et un dĂ©biteur, par laquelle il y a crĂ©ation d’un nouvel sa valeur de rachat, actualisĂ©e sur la base des intĂ©rĂȘts
actif/passif financier. Cette opĂ©ration financiĂšre ne re- dus pour un an. Le montant Ă  rembourser par l’acheteur
lĂšve pas du champ de l’IPC. Comme indiquĂ© ci-dessus, au moment oĂč l’achat du bien a effectivement lieu est la
une opĂ©ration financiĂšre n’a pas d’effet sur le patrimoine valeur actualisĂ©e de l’obligation et non le prix de rachat
et n’implique pas d’activitĂ© de consommation. Elle intĂ©gral Ă  payer au bout d’un an. C’est la valeur actuali-
rĂ©amĂ©nage tout simplement le portefeuille d’actifs d’un sĂ©e qui doit ĂȘtre enregistrĂ©e aux fins de l’établissement
particulier en Ă©changeant un type d’actif contre un autre. de l’IPC. La diffĂ©rence entre la valeur actualisĂ©e et la
Par exemple, lorsqu’un prĂȘt est accordĂ©, le prĂȘteur valeur de rachat est, bien entendu, le montant des intĂ©-
Ă©change des numĂ©raires contre une crĂ©ance financiĂšre rĂȘts que l’acheteur verse implicitement au titre de l’obli-
sur le dĂ©biteur. Quant Ă  l’emprunteur, il acquiert des gation pendant une durĂ©e d’un an. Ce traitement corres-
numéraires, opération qui a pour contrepartie la création pond à la maniÚre dont les bons et obligations sont
d’un passif financier de valeur Ă©gale. Ces opĂ©rations ne effectivement Ă©valuĂ©s sur les marchĂ©s financiers, ainsi
prĂ©sentent pas d’intĂ©rĂȘt pour l’établissement d’un IPC. qu’à la façon dont ils sont enregistrĂ©s en comptabilitĂ©
3.60 En gĂ©nĂ©ral, lorsqu’un mĂ©nage emprunte Ă  une d’entreprise et en comptabilitĂ© Ă©conomique. DiffĂ©rer le
institution financiĂšre, en particulier Ă  un prĂȘteur sur paiement du prĂȘt de la maniĂšre dĂ©crite ci-dessus revient
gages, les fonds empruntĂ©s peuvent ĂȘtre utilisĂ©s Ă  des Ă  en rĂ©duire le coĂ»t et c’est cette rĂ©duction qu’il faut
fins diverses, notamment Ă  l’achat d’actifs tels que des prendre en compte dans l’IPC. Le paiement d’intĂ©rĂȘts
logements ou des actifs financiers (obligations ou implicite ne fait pas partie du coût, mais il le réduit. Cet
actions, par exemple), ainsi qu’à l’achat de biens et ser- exemple montre que, dans certaines circonstances, le
vices onĂ©reux. De mĂȘme, le crĂ©dit accordĂ© au dĂ©tenteur taux d’intĂ©rĂȘt du marchĂ© peut influer sur le prix Ă  verser,
d’une carte de crĂ©dit peut ĂȘtre destinĂ© Ă  des usages mais celui-ci dĂ©pend des modalitĂ©s exactes du contrat
divers. En soi, la crĂ©ation d’un actif et d’un passif finan- de crĂ©dit entre le vendeur et l’acheteur. Chaque cas est Ă 
cier par un nouvel emprunt n’a pas d’effet sur l’IPC. Il examiner avec soin selon l’intĂ©rĂȘt qu’il prĂ©sente.
n’y a pas acquisition de biens ou de services, pas de 3.64 Il faut clairement distinguer le cas qui prĂ©cĂšde
dépenses et pas de prix. de celui des achats à tempérament, qui est examiné
3.61 Il convient de noter que les charges d’intĂ©rĂȘts dans la section qui suit et oĂč l’acheteur paie effective-
ne sont pas en soi des opérations financiÚres. Le paie- ment le prix intégral et emprunte un montant égal à ce
ment d’intĂ©rĂȘts est fort diffĂ©rent des emprunts, prĂȘts ou prix tout en s’engageant non seulement Ă  rembourser le
autres opérations financiÚres qui y donnent lieu. Les montant emprunté, mais aussi à effectuer des charges
intĂ©rĂȘts sont examinĂ©s sĂ©parĂ©ment ci-aprĂšs. d’intĂ©rĂȘts explicites.

54
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

Achats Ă  tempĂ©rament institutions financiĂšres dont la fonction est de prĂȘter


3.65 Dans le cas de l’achat Ă  tempĂ©rament d’un de l’argent.
bien durable, il est nĂ©cessaire de distinguer la propriĂ©tĂ© ‱ Enfin, lorsqu’il y a inflation, la valeur rĂ©elle d’un prĂȘt
de fait ou Ă©conomique du bien de sa propriĂ©tĂ© juridique. fixe en termes monĂ©taires (c’est-Ă -dire son pouvoir
La date d’acquisition du bien est celle oĂč le contrat d’achat de biens et services rĂ©els) baisse. Cependant,
d’achat Ă  tempĂ©rament est signĂ© et oĂč l’acheteur en les crĂ©anciers peuvent compenser les pertes rĂ©elles de
prend possession. À partir de ce moment-lĂ , c’est capital, ou de dĂ©tention, qu’ils s’attendent Ă  encourir
l’acheteur qui l’utilise et bĂ©nĂ©ficie des avantages qu’il en appliquant des intĂ©rĂȘts nominaux suffisamment
procure. Le mĂ©nage acheteur devient le propriĂ©taire de Ă©levĂ©s. Pour cette raison, le taux d’intĂ©rĂȘt nominal
fait du bien au moment oĂč celui-ci est acquis, mĂȘme si varie en fonction directe du taux d’inflation gĂ©nĂ©rale,
la propriĂ©tĂ© juridique n’est transfĂ©rĂ©e au mĂ©nage qu’une phĂ©nomĂšne universellement familier des temps d’in-
fois le prĂȘt remboursĂ© dans sa totalitĂ©. flation. Dans ces circonstances, la principale compo-
3.66 En consĂ©quence, par convention, on considĂšre sante des intĂ©rĂȘts nominaux peut donc ĂȘtre le paie-
que le mĂ©nage acquiert le bien au moment oĂč il en prend ment de compensation intĂ©grĂ© que le dĂ©biteur doit
possession et qu’il rĂšgle au comptant le montant intĂ©gral verser au crĂ©ancier pour indemniser ce dernier de ses
Ă  ce moment-lĂ . En mĂȘme temps, l’acheteur emprunte, pertes rĂ©elles de capital. Lorsque l’inflation est trĂšs
soit au vendeur, soit à une institution financiÚre spécifiée élevée, cette compensation peut représenter presque
par le vendeur, une somme suffisante pour couvrir le la totalitĂ© de la charge d’intĂ©rĂȘts nominaux.
prix d’achat et les charges d’intĂ©rĂȘts subsĂ©quentes. La 3.68 Le traitement de la premiĂšre composante, la
diffĂ©rence entre le prix au comptant et la somme totale charge d’intĂ©rĂȘts proprement dite, est quelque peu con-
de tous les paiements à verser est égale au total des inté- troversé, mais cette composante représente seulement
rĂȘts Ă  payer. Le prix Ă  enregistrer aux fins de l’IPC est le une faible part de la charge d’intĂ©rĂȘts nominaux. Le trai-
prix au comptant payable au moment oĂč l’achat a lieu, tement de la deuxiĂšme composante, l’assurance contre
que celui-ci soit facilité ou non par des emprunts sous le risque de défaillance, est lui aussi sujet à controverse.
une forme ou une autre. Le traitement des achats Ă  tem- 3.69 La quatriĂšme composante, le paiement de
pĂ©rament est le mĂȘme que celui appliquĂ© au «crĂ©dit- compensation Ă  verser au crĂ©ancier pour ses pertes
bail», opĂ©ration dans laquelle des actifs fixes (des rĂ©elles de capital est clairement hors du champ de l’IPC.
avions, par exemple) utilisĂ©s Ă  des fins de production Il s’agit essentiellement d’une opĂ©ration en capital. Il
sont achetĂ©s par une institution financiĂšre et louĂ©s au peut reprĂ©senter la plus grande partie des intĂ©rĂȘts nomi-
producteur pour la plus grande partie, ou la totalitĂ© de la naux en pĂ©riode d’inflation.
durĂ©e de vie utile des actifs en question. Il s’agit lĂ , pour 3.70 La troisiĂšme composante est l’achat d’un ser-
l’essentiel, du financement de l’acquisition d’un actif au vice aux institutions financiùres dont la fonction est de
moyen d’un prĂȘt, pratique qui doit ĂȘtre distinguĂ©e de la mettre des fonds Ă  la disposition des emprunteurs. Il
location-exploitation, qui consiste, par exemple, à louer s’agit de la commission de service implicite, qui entre
des voitures pour une courte pĂ©riode de temps. Le traite- sans nul doute dans le champ de l’IPC. Elle est incluse
ment des achats Ă  tempĂ©rament et du crĂ©dit-bail dĂ©crit dans la COICOP. La commission de service n’est pas
ici est celui qui est appliquĂ© Ă  la fois en comptabilitĂ© limitĂ©e aux prĂȘts accordĂ©s par les «intermĂ©diaires finan-
d’entreprises et en comptabilitĂ© Ă©conomique. ciers», institutions qui empruntent des fonds pour les
rétrocéder. Les institutions financiÚres qui accordent des
prĂȘts financĂ©s sur leurs propres ressources fournissent
Charges d’intĂ©rĂȘts aux emprunteurs le mĂȘme type de services que les inter-
3.67 Le traitement des paiements d’intĂ©rĂȘts au titre mĂ©diaires financiers. Lorsque le vendeur accorde un
des divers types de dette que les mĂ©nages ont pu prĂȘt financĂ© sur ses ressources personnelles, on consi-
contracter soulĂšve des difficultĂ©s Ă  la fois conceptuelles dĂšre qu’il crĂ©e ainsi implicitement sa propre institution
et pratiques. Les intĂ©rĂȘts nominaux se composent de financiĂšre, qui est distincte de son activitĂ© principale. Le
quatre principaux Ă©lĂ©ments dont le dosage peut varier taux d’intĂ©rĂȘt des institutions financiĂšres inclut la com-
considérablement : mission de service implicite. Du fait que certains mar-
‱ La premiĂšre composante est la charge d’intĂ©rĂȘts chĂ©s financiers ont tendance Ă  ĂȘtre trĂšs imparfaits et que
proprement dite, c’est-Ă -dire les intĂ©rĂȘts qui seraient la plupart des mĂ©nages n’ont pas nĂ©cessairement accĂšs Ă 
prĂ©levĂ©s si l’information et les marchĂ©s financiers des marchĂ©s financiers qui fonctionnent bien, nombre
Ă©taient parfaits. de prĂȘteurs sont en fait des monopoleurs qui demandent
‱ La deuxiĂšme composante est la prime de risque, qui un prix trĂšs Ă©levĂ© pour les services qu’ils fournissent,
est fonction de la cote de crĂ©dit de l’emprunteur. Elle comme c’est le cas, par exemple, des prĂȘteurs sur gage
peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une charge d’assurance dans bien des pays.
intĂ©grĂ©e au paiement face Ă  l’incertitude quant au 3.71 Il est clair qu’il ne faut pas traiter les charges
risque de dĂ©faillance du dĂ©biteur. d’intĂ©rĂȘts comme s’il s’agissait d’un intĂ©rĂȘt pur et
‱ La troisiĂšme composante est la commission de ser- simple, mĂȘme majorĂ© de la prime de risque. Il est trĂšs
vice Ă  verser par les mĂ©nages qui s’adressent aux difficile d’identifier les diverses composantes des intĂ©-

55
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

rĂȘts. Il est peut-ĂȘtre quasiment impossible d’établir des telles que le nettoyage, peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme
estimations rĂ©alistes et fiables de la commission de ser- des corvĂ©es qui rĂ©duisent l’utilitĂ©. Quoi qu’il en soit, les
vice implicite intégrée dans la plupart des cas aux biens ou services entrant dans ces activités de produc-
charges d’intĂ©rĂȘts. En outre, pour Ă©tablir un IPC, il est tion ne sont pas d’eux-mĂȘmes gĂ©nĂ©rateurs d’utilitĂ©. Ici
nĂ©cessaire d’estimer non seulement la valeur de la com- encore, les exemples abondent : les aliments crus qui ne
mission de service, mais aussi les variations du prix des sont pas mangeables sans ĂȘtre cuits; les produits de net-
services d’une pĂ©riode Ă  l’autre. Étant donnĂ© la com- toyage; les produits Ă©nergĂ©tiques comme le charbon, le
plexitĂ© des flux d’intĂ©rĂȘts et la nĂ©cessitĂ© de traiter diffĂ©- gaz, l’électricitĂ© ou le pĂ©trole; les engrais; les services
remment les divers flux, il semble que l’inclusion des des rĂ©frigĂ©rateurs et congĂ©lateurs, etc.
intĂ©rĂȘts nominaux dans un IPC ne soit guĂšre justifiĂ©e, 3.76 Une utilitĂ© est dĂ©rivĂ©e de la consommation du
surtout en situation d’inflation. produit de l’activitĂ© de production exercĂ©e par les
mĂ©nages Ă  des fins d’autoconsommation. Il est donc
nĂ©cessaire de dĂ©terminer si l’IPC doit mesurer les varia-
Production des ménages tions des prix du produit ou des moyens de production.
3.72 Les mĂ©nages peuvent exercer des activitĂ©s En principe, c’est la premiĂšre option qui semble prĂ©fĂ©-
productives de divers types et les biens et services qui rable, mais d’importantes objections sont soulevĂ©es Ă 
en résultent sont destinés soit au marché, soit à leur son encontre.
propre consommation. 3.77 Au niveau conceptuel, il est difficile de déter-
miner quel est le produit final effectif d’un grand
Activités économiques nombre des activités de production les plus nébuleuses
3.73 Les ménages peuvent exercer des activités des ménages. Il est particuliÚrement difficile de cerner
Ă©conomiques ou commerciales (exploitation agricole, avec exactitude le produit d’importantes activitĂ©s de ser-
commerce de détail, construction, services profession- vice exercées au sein des ménages, telles que les soins
nels ou financiers, etc.). Les biens et services entrant aux enfants, aux malades ou aux personnes ùgées.
dans la production d’autres biens et services destinĂ©s Ă  MĂȘme s’il Ă©tait possible de le faire d’une maniĂšre satis-
ĂȘtre vendus sur le marchĂ© constituent la consommation faisante, il n’en faudrait pas moins mesurer ce produit et
intermédiaire. Ils ne font pas partie de la consommation en déterminer le prix. Or, en pareil cas, les prix ne sont
finale des mĂ©nages. Les prix des biens et services pas observables car il n’y a pas transaction de vente. Ils
intermĂ©diaires achetĂ©s par les mĂ©nages ne sont pas devront donc ĂȘtre imputĂ©s et seront ainsi non seulement
inclus dans l’IPC. Dans la pratique, il est souvent diffi- hypothĂ©tiques, mais aussi inĂ©luctablement trĂšs spĂ©cula-
cile de distinguer clairement la consommation intermĂ©- tifs. Leur inclusion dans l’IPC n’est pas une possibilitĂ©
diaire de la consommation finale, car le mĂȘme bien peut rĂ©aliste en gĂ©nĂ©ral et il est quasiment certain qu’ils ne
ĂȘtre destinĂ© Ă  l’une ou l’autre fin. seraient pas acceptables par la plupart des utilisateurs
qui s’intĂ©ressent surtout aux prix de marchĂ© payĂ©s par
les ménages.
Consommation par les ménages 3.78 La solution pratique est celle qui consiste à
de leur propre production considérer que les biens et services acquis sur le marché
3.74 En fait, les mĂ©nages ne consomment pas direc- par les mĂ©nages pour ĂȘtre utilisĂ©s dans leurs diverses
tement la totalitĂ© des biens et services qu’ils acquiĂšrent activitĂ©s de production sont eux-mĂȘmes des biens et
à des fins de consommation, mais en utilisent une partie services de consommation finale. Ils ont une utilité
pour produire d’autres biens et services, et ce sont eux indirecte, Ă  supposer qu’ils soient destinĂ©s exclusive-
qui sont destinés à satisfaire leurs besoins et désirs. Les ment à la production de biens et de services qui sont
exemples n’en manquent pas. C’est ainsi que les pro- directement consommĂ©s par les mĂ©nages. Cette solution
duits alimentaires tels que la farine, les huiles comes- pratique est celle qui est généralement adoptée non seu-
tibles, la viande crue et les lĂ©gumes peuvent servir Ă  lement pour l’établissement de l’IPC, mais aussi en
faire du pain et des gĂąteaux ou Ă  prĂ©parer des repas, comptabilitĂ© nationale, oĂč les dĂ©penses des mĂ©nages au
avec la contribution d’autres facteurs tels que les com- titre de ces biens et services relùvent de la consomma-
bustibles, les services fournis par les biens de consom- tion finale. Bien qu’il s’agisse là d’une solution simple
mation durables comme les rĂ©frigĂ©rateurs et les cuisi- et acceptable, d’un point de vue conceptuel, Ă  un pro-
niĂšres, et le travail des membres du mĂ©nage. Un autre blĂšme autrement insoluble, des exceptions peuvent ĂȘtre
exemple est fourni par le matĂ©riel, l’équipement et le faites pour un ou deux types d’activitĂ© de production
travail nécessaires pour nettoyer, entretenir et réparer les des ménages qui sont particuliÚrement importants et
logements; ou encore, les graines, les engrais, les insec- dont le produit est facilement identifiable.
ticides, l’équipement et le travail entrant dans la produc- 3.79 L’agriculture de subsistance. La comptabilitĂ©
tion de légumes ou de fleurs, etc. nationale essaie de rendre compte de la valeur de la pro-
3.75 Certaines des activités de production exercées duction agricole des ménages destinée à leur propre
par les mĂ©nages, par exemple le jardinage ou la cuisine, consommation. Dans certains pays, l’agriculture de sub-
peuvent en soi engendrer de la satisfaction. D’autres, sistance peut reprĂ©senter une large part de la production

56
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

et de la consommation agricoles. La comptabilité natio- facteurs de production. Les services en capital sont définis
nale exige que cette production soit Ă©valuĂ©e au prix du et mesurĂ©s exactement de la mĂȘme maniĂšre que ceux qui
marchĂ©. Il n’est pas certain que cette pratique soit celle sont fournis par les autres types d’actifs fixes tels que
qu’il convient de suivre pour Ă©tablir un IPC. l’équipement ou les structures autres que les logements.
3.80 L’IPC peut retracer les prix effectifs des Comme expliquĂ© en dĂ©tail au chapitre 23, la valeur des
moyens de production ou les prix imputĂ©s des biens et services en capital est Ă©gale au coĂ»t d’utilisation et com-
services produits, mais pas les deux Ă  la fois. Si ce sont porte principalement deux Ă©lĂ©ments, l’amortissement et
les prix imputĂ©s de la production agricole de subsis- les charges d’intĂ©rĂȘts ou coĂ»ts du capital. Les coĂ»ts du
tance qui sont inclus dans l’IPC, les prix d’achat des capital sont des frais qui sont encourus, que le logement
moyens de production doivent alors en ĂȘtre exclus. On soit ou non financĂ© Ă  l’aide d’un prĂȘt hypothĂ©caire. Lors-
retirerait ainsi de l’indice la plupart des transactions que le logement est financĂ© sur des ressources propres, les
marchandes effectuĂ©es par les mĂ©nages. Les dĂ©penses charges d’intĂ©rĂȘts reprĂ©sentent le coĂ»t d’opportunitĂ© du
d’acquisition des moyens de production constituent capital investi dans le logement, c’est-Ă -dire les intĂ©rĂȘts
parfois le principal point de contact que les ménages qui auraient été perçus si le capital avait été placé ailleurs.
ont avec le marché et par lequel ils subissent les effets 3.83 Il y a deux principales maniÚres de traiter la
de l’inflation. Il semble donc prĂ©fĂ©rable d’inclure dans production et la consommation de services de logement
l’IPC les prix effectifs des moyens de production et non par les propriĂ©taires–occupants dans l’IPC. La premiĂšre
les prix imputés des biens et services produits. consiste à déterminer le prix des services de logement
3.81 Les services de logement destinĂ©s Ă  l’auto- produits qui sont consommĂ©s. L’autre est de dĂ©terminer le
consommation. Le traitement des services de logement prix des facteurs entrant dans la production, notamment
produits par les propriĂ©taires–occupants est difficile Ă  des services en capital. Si les services de logement sont Ă 
dĂ©terminer et quelque peu controversĂ©. Il n’y a pas con- traiter de la mĂȘme maniĂšre que les autres types de pro-
sensus sur la dĂ©finition de la pratique optimale en la duction des mĂ©nages Ă  des fins d’autoconsommation, il
matiÚre. Cette question est traitée dans plusieurs cha- faut déterminer le prix des facteurs de production. La pro-
pitres du présent manuel, en particulier dans les cha- duction et la consommation de services de logement par
pitres 10 et 23. Au niveau conceptuel, la production de les propriĂ©taires–occupants peuvent toutefois ĂȘtre jugĂ©es
services de logement par les propriĂ©taires–occupants si importantes qu’un traitement spĂ©cial s’impose.
pour leur propre consommation n’est pas diffĂ©rente des 3.84 Si l’on dĂ©cide de dĂ©terminer le prix des ser-
autres types de production des mĂ©nages Ă  des fins vices produits, on peut prendre pour base d’estimation
d’autoconsommation. La caractĂ©ristique distinctive de les loyers payables sur le marchĂ© pour des logements
la production de services de logement par les mĂ©nages locatifs du mĂȘme type. Il s’agit lĂ  de la mĂ©thode de
pour leur propre consommation, par rapport aux autres l’équivalence locative. L’un des problĂšmes pratiques qui
activitĂ©s de production de ces derniers, est qu’elle exige risque de se poser est qu’il n’y a peut-ĂȘtre pas de loge-
le recours Ă  un actif fixe d’une valeur extrĂȘmement Ă©le- ment locatif du mĂȘme type sur le marchĂ©. Par exemple,
vĂ©e, qui est le logement lui-mĂȘme. En Ă©conomie, ainsi il se peut qu’il n’y ait pas de marchĂ© locatif rural dans
qu’en comptabilitĂ© nationale, un logement est gĂ©nĂ©rale- les pays en dĂ©veloppement, oĂč les logements sont dans
ment classé parmi les actifs fixes, de telle sorte que la plupart des cas effectivement construits par les
l’achat d’un logement relĂšve de la formation brute de mĂ©nages eux-mĂȘmes. Un autre problĂšme est celui qui
capital fixe et non de l’acquisition d’un bien de con- consiste Ă  assurer que la valeur locative de marchĂ©
sommation durable. Les actifs fixes sont utilisĂ©s Ă  des n’inclut pas d’autres services, tels que le chauffage, qui
fins de production, et non de consommation. Le loge- viennent en plus des services de logement proprement
ment n’est pas un bien qui est consommĂ© directement. dit. D’autre part, la valeur locative de marchĂ©, comme
Il donne lieu à un flux de services en capital qui sont celle des biens durables donnés en location, doit couvrir
consommĂ©s sous forme de facteurs entrant dans la pro- les frais d’exploitation de l’agence de location ainsi que
duction de services de logement. Cette production les coûts des services de logement proprement dits, et
exige l’intervention d’autres facteurs, tels que les ser- assurer un bĂ©nĂ©fice aux propriĂ©taires. Enfin, les loge-
vices de rĂ©paration, d’entretien et d’assurance. Les ments locatifs sont en soi diffĂ©rents des logements oc-
ménages consomment les services de logement issus de cupés par leurs propriétaires en ce que les locataires ont
cette activité de production. plus de souplesse et de mobilité. Les coûts de transac-
3.82 Il importe de noter qu’il y a ici deux types de tion sont beaucoup moins Ă©levĂ©s pour les locataires qui
flux de services, qui sont fort diffĂ©rents l’un de l’autre : dĂ©cident de changer de logement.
‱ Le premier est le flux de services en capital fourni par le 3.85 En principe, si la mĂ©thode fondĂ©e sur le prix
logement qui sont consommĂ©s sous forme de facteurs des services produits, ou de l’équivalence locative, est
entrant dans la production de services de logement. celle qui est adoptée, les prix des facteurs entrant dans
‱ L’autre est le flux de services de logement qui sont le la production des services de logement par les propriĂ©-
produit consommĂ© par les membres du mĂ©nage. taires–occupants tels que les frais de rĂ©paration, d’entre-
Les deux flux ne sont pas les mĂȘmes. La valeur du flux tien et d’assurance, doivent ĂȘtre eux aussi exclus. Sinon,
des services produits est supérieure à celle du flux des il y aurait double comptabilisation.

57
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

3.86 L’autre option est celle qui consiste Ă  dĂ©termi- MĂ©nages et points de vente
ner le prix des facteurs entrant dans la production des
services de logement par les propriĂ©taires–occupants en inclus dans le champ de l’indice
procĂ©dant de la mĂȘme maniĂšre que pour les autres types 3.90 Le groupe des mĂ©nages inclus dans le champ
de production des mĂ©nages Ă  des fins d’autoconsomma- d’un IPC est souvent dĂ©nommĂ© «mĂ©nages de rĂ©fĂ©-
tion. Outre les dépenses de consommation intermédiaire rence», ou «population de référence».
(réparation, entretien, assurance, etc.), il faut estimer les
coûts des services en capital et inclure leurs prix dans Définition des ménages
l’IPC. Les aspects techniques de l’estimation de la
valeur des flux de services en capital sont traitĂ©s au cha- 3.91 On peut adopter, aux fins de l’établissement de
pitre 23. Comme dans le cas des autres types de produc- l’IPC, la dĂ©finition des mĂ©nages retenue pour les recen-
tion des mĂ©nages Ă  des fins d’autoconsommation, il ne sements dĂ©mographiques. La dĂ©finition ci-aprĂšs est celle
convient pas d’inclure les estimations des coĂ»ts du tra- qu’il a Ă©tĂ© recommandĂ© d’utiliser pour ces recensements
vail fourni par les propriĂ©taires eux-mĂȘmes. (Division de statistique des Nations Unies, 1998a) :
Un mĂ©nage peut ĂȘtre : a) soit un mĂ©nage composĂ©
3.87 Que la mĂ©thode adoptĂ©e retrace le prix des d’une seule personne, c’est-Ă -dire une personne qui
facteurs entrant dans la production des services ou le pourvoit Ă  ses propres besoins alimentaires et autres
prix des services produits, il est difficile d’en estimer les besoins vitaux sans s’associer avec d’autres per-
prix. Les difficultĂ©s pratiques rencontrĂ©es sont parfois si sonnes; b) soit un mĂ©nage multiple, c’est-Ă -dire un
grandes que les statisticiens et utilisateurs sont amenés à groupe de deux ou plusieurs personnes qui pour-
douter de la fiabilité des résultats. Il existe en outre une voient en commun à leurs besoins alimentaires et
certaine rĂ©ticence Ă  utiliser les prix imputĂ©s pour l’IPC, autres besoins vitaux. Les membres du groupe
qu’il s’agisse des facteurs de production ou des services peuvent, dans une mesure variable, mettre leurs
produits. Aussi a-t-il été proposé de renoncer à mesurer revenus en commun et avoir un budget unique; le
les prix des flux de services de logement et d’inclure les groupe peut se composer soit de personnes appa-
rentées, soit de personnes non apparentées, soit de
prix des logements proprement dits dans l’IPC. Le plus personnes appartenant Ă  l’une et Ă  l’autre catĂ©gorie.
souvent, il s’agit lĂ  de prix de marchĂ© observables, quoi-
3.92 Cette dĂ©finition est essentiellement la mĂȘme
que nombre de logements, en particulier dans les zones
que celle qui est adoptĂ©e pour les enquĂȘtes sur le budget
rurales des pays en développement, soient construits par
des mĂ©nages et dans le SCN. Le champ de l’IPC est gĂ©nĂ©-
leurs propriĂ©taires, auquel cas il faut quand mĂȘme esti-
ralement limité aux ménages privés et exclut les ménages
mer leurs prix sur la base des coûts de production.
institutionnels tels que les groupes de personnes qui
3.88 L’inclusion des prix des logements dans l’IPC
vivent ensemble pendant une période indéterminée dans
implique une modification sensible du champ de l’indice.
les institutions religieuses, les hÎpitaux résidentiels, les
Un logement est, Ă  l’évidence, un actif et son acquisition
prisons ou les maisons de retraite. Cependant, les centres
relĂšve de la formation de capital et non de la consomma-
de convalescence, les écoles et universités, les institutions
tion. Le mĂȘme argument s’applique aux biens durables,
militaires, etc., ne sont pas traités comme des ménages
mais il existe une grande différence de degré entre un bien
institutionnels; on considĂšre que leurs membres appar-
durable et un logement, comme en tĂ©moigne l’écart consi-
tiennent à leurs ménages privés respectifs. La définition
dérable entre leurs prix et leurs durées de vie utile. En
des mĂ©nages adoptĂ©e pour l’indice des prix Ă  la consom-
principe, par consĂ©quent, l’élargissement du champ de
mation harmonisé (IPCH) correspond toutefois à celle
l’IPC pour y inclure les logements implique que l’on y
qui est retenue dans le SCN 1993 et recouvre par consé-
ajoute la formation brute de capital fixe des ménages.
quent les ménages institutionnels.
3.89 Si elle a pour avantage de ne pas nécessiter
d’estimations des flux de services en capital ou des ser-
vices produits, cette solution s’écarte toutefois sensible- Types de mĂ©nages
ment du concept d’IPC traditionnel. Dans le cas des 3.93 Dans presque tous les pays, le champ adoptĂ©
biens durables comme des logements, on peut inclure pour l’IPC inclut autant de mĂ©nages privĂ©s que possible
dans l’IPC soit les acquisitions des actifs au prix du et ne se limite pas Ă  ceux qui appartiennent Ă  une catĂ©-
marché, soit les prix estimés des flux de services, mais gorie socioéconomique particuliÚre. Selon la rÚgle ap-
pas les deux Ă  la fois. De mĂȘme que les flux de services plicable Ă  l’IPCH, tous les mĂ©nages y sont inclus, quel
provenant des biens durables sont pour l’heure exclus que soit leur niveau de revenu.
de l’IPC parce que les acquisitions de ces biens y sont 3.94 Dans certains pays, toutefois, les mĂ©nages
incluses, de mĂȘme les flux de services fournis par les extrĂȘmement riches en sont exclus pour diverses rai-
logements devront en ĂȘtre exclus si les prix des loge- sons. Il se peut que leurs dĂ©penses soient jugĂ©es trĂšs peu
ments y sont inclus. Comme expliqué au chapitre 23, représentatives, et que les données recueillies à leur
l’approche «acquisitions» risque d’attribuer une pondĂ©- sujet au moyen d’enquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages
ration insuffisante aux biens durables et aux logements soient peu fiables. Le taux de réponse des ménages
dans le long terme car elle ne tient pas compte des coĂ»ts riches aux questionnaires de ces enquĂȘtes est gĂ©nĂ©rale-
en capital des propriĂ©taires des actifs. ment trĂšs faible. En outre, il peut s’avĂ©rer trĂšs coĂ»teux

58
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

de collecter les prix de certains des biens et services de l’indice obtenu doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un IPC pure-
consommation achetés exclusivement par les riches. Il y ment urbain et non national. Par exemple, les pays sui-
a des pays qui ne prennent pas en compte d’autres catĂ©- vants ne prennent en considĂ©ration que les mĂ©nages ur-
gories de mĂ©nages. Par exemple, l’IPC du Royaume- bains (pondĂ©rations des dĂ©penses et prix) : Australie,
Uni exclut non seulement les 4 % des mĂ©nages qui ont États-Unis, Mexique, RĂ©publique de CorĂ©e et Turquie.
les revenus les plus élevés, mais aussi ceux qui vivent La plupart des pays développés autres que ceux cités
principalement sur la pension qu’ils reçoivent de l’État, utilisent gĂ©nĂ©ralement des pondĂ©rations recouvrant les
soit au total à peu prÚs 15 % des ménages et 15 % des ménages urbains et ruraux, mais, dans presque tous les
dépenses. Le Japon et la République de Corée ne cas, la collecte des prix se limite aux zones urbaines.
tiennent pas compte des mĂ©nages qui vivent de l’agri- Certes, la dĂ©limitation entre zones urbaines et rurales
culture, de la sylviculture et de la pĂȘche, ainsi que tous est inĂ©vitablement arbitraire et peut diffĂ©rer d’un pays
les mĂ©nages unipersonnels. Ces exclusions influent sur Ă  l’autre. Par exemple, la France inclut dans la dĂ©fini-
les pondĂ©rations des dĂ©penses dans la mesure oĂč la tion des zones urbaines les villages ayant Ă  peine
structure des dépenses des groupes exclus diffÚre de 2.000 habitants.
celle des dépenses du reste de la population. 3.98 Les décisions concernant la couverture géo-
3.95 Outre un IPC (phare) officiel de vaste portée graphique (zones urbaines et/ou zones rurales) dépen-
Ă©tabli Ă  l’échelle nationale, nombre de pays publie dront de la distribution de la population et de la mesure
divers sous-indices pour les sous-secteurs de la popula- dans laquelle les schémas de dépenses et les mouve-
tion. Par exemple, la RĂ©publique tchĂšque Ă©tablit des ments de prix tendent Ă  ĂȘtre diffĂ©rents entre zones ur-
indices séparés pour : baines et zones rurales.
‱ tous les mĂ©nages; 3.99 Achats des rĂ©sidents Ă  l’étranger et achats des
‱ tous les salariĂ©s; non-rĂ©sidents dans le pays. Des problĂšmes se posent
‱ les salariĂ©s avec enfants; lorsque les mĂ©nages effectuent des dĂ©penses hors des
‱ les salariĂ©s Ă  faible revenu; frontiĂšres du territoire ou du pays oĂč ils sont rĂ©sidents.
‱ les salariĂ©s, familles incomplĂštes; Le traitement de ces dĂ©penses dĂ©pend de l’utilisation
‱ les retraitĂ©s; principale de l’IPC. Pour l’analyse de l’inflation, c’est
‱ les retraitĂ©s Ă  faible revenu; la variation des prix dans le pays qui prĂ©sente de l’intĂ©-
‱ les mĂ©nages vivant Ă  Prague; rĂȘt. Ce qu’il faut alors, c’est un indice d’inflation recou-
‱ les mĂ©nages des communautĂ©s de plus de 5.000 vrant toutes les dĂ©penses de consommation dites «intĂ©-
habitants. rieures» qui sont effectuĂ©es Ă  l’intĂ©rieur des frontiĂšres
3.96 En Inde, l’établissement de l’IPC a Ă©tĂ© motivĂ© gĂ©ographiques du pays, que ce soit par des rĂ©sidents ou
par la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server le pouvoir d’achat des par des non-rĂ©sidents. En ce sens, les indices des prix Ă 
revenus des travailleurs; c’est ainsi que quatre IPC dif- la consommation harmonisĂ©s (IPCH) (voir l’annexe 1)
fĂ©rents sont Ă©tablis au niveau national pour les mĂ©nages sont des indices d’inflation intĂ©rieure. Ils excluent donc
de rĂ©fĂ©rence ayant Ă  leur tĂȘte des ouvriers des catĂ©- les dĂ©penses de consommation effectuĂ©es par les rĂ©si-
gories suivantes : dents lorsqu’ils sont hors de leur pays (lesquelles
‱ ouvriers agricoles; entrent dans le champ des indices d’inflation des pays
‱ ouvriers industriels; oĂč les achats ont eu lieu), et ils incluent les dĂ©penses
‱ ouvriers du secteur rural; faites dans le pays par les rĂ©sidents des autres pays.
‱ salariĂ©s non manuels du secteur urbain. Dans la pratique, il est parfois difficile d’estimer les
dĂ©penses des visiteurs Ă©trangers, car les enquĂȘtes sur le
budget des ménages ne recouvrent pas les ménages non
Couverture gĂ©ographique rĂ©sidents, bien qu’il soit possible d’établir des estima-
3.97 Secteurs urbain et rural. Le champ géogra- tions pour certains produits en utilisant les données sur
phique est la couverture gĂ©ographique des dĂ©penses ou les ventes au dĂ©tail ou en procĂ©dant Ă  des enquĂȘtes spĂ©-
celle de la collecte des prix et, en principe, les deux ciales auprĂšs des visiteurs. Ces questions prennent de
devraient coïncider, qu’il s’agisse d’un IPC national ou l’importance lorsque les achats transfrontaliers et l’acti-
régional. Dans la plupart des pays, les prix sont collectés vité touristique atteignent un niveau élevé.
seulement dans les zones urbaines, car leurs variations 3.100 Lorsque l’IPC sert à l’indexation des revenus
sont jugĂ©es reprĂ©sentatives de celles des prix dans les des rĂ©sidents, il vaut peut-ĂȘtre mieux adopter le concept
zones rurales. En pareils cas, ce sont les pondérations de dépenses «nationales», qui recouvre toutes les
nationales qui sont appliquĂ©es et l’indice obtenu peut ĂȘtre dĂ©penses des rĂ©sidents, qu’elles soient effectuĂ©es Ă 
considĂ©rĂ© comme un IPC national. Si l’on s’attend Ă  une l’intĂ©rieur ou hors du pays, y compris les achats Ă  dis-
différence suffisamment marquée des mouvements des tance à des points de vente non-résidents, par exemple
prix entre zones urbaines et zones rurales — quoique les sur Internet, par tĂ©lĂ©phone ou par correspondance. Les
prix ne soient collectĂ©s que dans les zones urbaines en enquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages peuvent porter sur
raison de contraintes de ressources —, ce sont alors les tous ces types de dĂ©penses, mais il pourrait ĂȘtre difficile
pondĂ©rations urbaines qui doivent ĂȘtre appliquĂ©es, et d’identifier le pays Ă  partir duquel ces achats Ă  distance

59
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

(sur l’Internet, par correspondance, etc.) sont effectuĂ©s. 3.104 En fait, les offices statistiques d’un grand
Les prix versĂ©s pour les billets d’avion et les voyages nombre de pays se dirigent vers la mise en place de
organisés achetés sur le territoire du pays doivent eux bases de données sur les prix et les pondérations à partir
aussi ĂȘtre inclus. Il peut toutefois ĂȘtre difficile d’obtenir de laquelle sont calculĂ©s divers sous-indices.
le prix des biens et services achetés par les résidents
durant leur sĂ©jour Ă  l’étranger, encore qu’il soit possible Couverture des points de vente
d’utiliser dans certains cas les sous-indices des IPC des
pays en question. 3.105 La couverture des points de vente est dictée
par le comportement d’acheteur des mĂ©nages de rĂ©fĂ©-
3.101 Indices régionaux. Dans le cas des indices
rence. Comme indiqué ci-dessus, les prix entrant dans
rĂ©gionaux, le concept de rĂ©sidence s’applique Ă  la
l’IPC sont ceux qui sont payĂ©s par les mĂ©nages. Dans la
rĂ©gion oĂč le mĂ©nage rĂ©side. Il est alors possible de faire
pratique, toutefois, il n’est pas toujours possible de col-
la distinction entre les dépenses effectuées dans une
lecter les prix en s’adressant directement aux mĂ©nages,
région et les dépenses des résidents de cette région,
quoiqu’il soit de plus en plus facile, devant l’ampleur
laquelle est analogue à celle établie entre les concepts
prise par les ventes effectuĂ©es par l’intermĂ©diaire de
de «dépenses intérieures» et de «dépenses nationales».
points de vente électroniques qui enregistrent les achats
Les points examinés au paragraphe 3.97 sont valables
et les prix correspondants et en fournissent un état im-
pour les indices régionaux. Les principes applicables
primé, de connaßtre le prix de transaction effectivement
aux achats transfrontaliers entre rĂ©gions sont les mĂȘmes
payĂ© par les mĂ©nages. Pour l’instant, il est nĂ©cessaire
que ceux qui s’appliquent aux achats transfrontaliers au
d’obtenir principalement les prix auxquels les produits
niveau international, mais les données disponibles sont
sont mis en vente dans les magasins de détail ou autres
gĂ©nĂ©ralement diffĂ©rentes. Lorsque le champ de l’indice
points de vente. Tous les points de vente oĂč la population
régional est défini de maniÚre à inclure les achats effec-
de référence fait ses achats entrent dans le champ de
tuĂ©s par les rĂ©sidents d’une rĂ©gion durant leur sĂ©jour
l’IPC et doivent ĂȘtre inclus dans le cadre d’échantillon-
dans une autre rĂ©gion (Ă  l’étranger), il est peu probable
nage utilisé pour la sélection des points de vente.
— mĂȘme si les donnĂ©es sur les prix pour les autres
rĂ©gions sont faciles Ă  obtenir — que les donnĂ©es sur les 3.106 Les points de vente sont, par exemple :
dĂ©penses fassent apparaĂźtre la distinction requise entre ‱ les magasins de dĂ©tail — de l’échoppe permanente de
les dĂ©penses Ă  l’intĂ©rieur de la rĂ©gion de rĂ©sidence et les trĂšs petite dimension aux chaĂźnes multinationales;
dĂ©penses hors de cette rĂ©gion. ‱ les Ă©tals de marchĂ© et les vendeurs de rue;
3.102 Il faut veiller au traitement uniforme des ‱ les Ă©tablissements fournissant des services aux mĂ©-
achats transfrontaliers de toutes les rĂ©gions. Autrement, nages — Ă©lectriciens, plombiers, laveurs de vitres, etc.;
il risque d’y avoir double comptabilisation ou omission
‱ les prestataires de services de spectacles et loisirs;
de dépenses lorsque les données régionales sont agré-
gĂ©es. Dans le calcul de l’indice national par agrĂ©gation ‱ les prestataires de services de santĂ© et d’éducation;
des indices rĂ©gionaux, les pondĂ©rations doivent ĂȘtre fon- ‱ les Ă©tablissements de vente par correspondance ou
dées sur les dépenses régionales et non uniquement sur par téléphone;
les donnĂ©es relatives Ă  la population. ‱ Internet;
3.103 Beaucoup de pays essaient de répondre aux
‱ les services publics;
besoins diffĂ©rents des nombreux utilisateurs de l’IPC en
construisant une famille d’indices Ă  couvertures diffĂ©- ‱ les organismes et services gouvernementaux.
renciĂ©es, au premier rang desquels se trouve un IPC 3.107 Les principes rĂ©gissant la sĂ©lection de l’échan-
(phare) officiel de vaste portĂ©e Ă©tabli pour l’ensemble tillon de points de vente auprĂšs desquels collecter les prix
du pays Ă  l’échelle nationale. Dans quelques grands sont approfondis aux chapitres 5 et 6.
pays, les indices rĂ©gionaux sont d’un usage plus rĂ©pan-
du que l’IPC national, en particulier lorsque les indices DiffĂ©rences de prix
servent à l’indexation des revenus. C’est ainsi que, outre
3.108 Il y a différence de prix lorsque des biens ou
l’IPC phare, qui a la plus large couverture possible, des
services, en tous points identiques, sont vendus Ă  des
sous-indices sont publiés pour
prix diffĂ©rents au mĂȘme moment. DiffĂ©rents points de
‱ des sous-groupes de la population; vente peuvent vendre exactement le mĂȘme produit Ă  des
‱ des rĂ©gions gĂ©ographiques; prix diffĂ©rents ou le mĂȘme produit peut ĂȘtre vendu Ă 
‱ des catĂ©gories de produits spĂ©cifiques; les sous- partir d’un seul et mĂȘme point de vente Ă  des catĂ©gories
indices de l’IPC global (indice officiel recou- diffĂ©rentes de clients Ă  des prix diffĂ©rents.
vrant tous les articles) qui sont publiés doivent 3.109 Si les marchés étaient «parfaits» au sens éco-
comporter un niveau de détail aussi élevé que nomique, des produits identiques seraient tous vendus
possible car les utilisateurs sont nombreux Ă  s’intĂ©- au mĂȘme prix. S’il y avait plusieurs prix en vigueur sur
resser aux variations du prix de catégories de pro- le marché, tous les achats seraient effectués au prix le
duits spécifiques. plus bas. Cela implique que les produits vendus à des

60
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

prix diffĂ©rents ne peuvent ĂȘtre identiques et doivent ĂȘtre 3.114 La discrimination par les prix peut compli-
d’une maniĂšre ou d’une autre qualitativement diffĂ©rents. quer l’établissement des indices de prix. Supposons, par
Lorsque les diffĂ©rences de prix sont en fait attribuables exemple, qu’un prestataire de services pratique une dis-
Ă  des diffĂ©rences de qualitĂ©, elles ne sont qu’apparentes, crimination par Ăąge en appliquant aux personnes du troi-
et non pures. En pareils cas, une variation du prix siĂšme Ăąge, c’est-Ă -dire ĂągĂ©es de 60 ans ou plus, le prix p2
moyen rĂ©sultant de l’évolution de la structure des quan- et aux autres le p1 (p1 > p2). Supposons, en outre, que le
tités vendues à des prix différents tiendrait à une modifi- prestataire décide ensuite de redéfinir le concept de troi-
cation de la qualitĂ© moyenne des produits vendus. Cela siĂšme Ăąge pour l’appliquer aux personnes ĂągĂ©es de 70
influerait sur l’indice des volumes et non des prix. ans ou plus et de maintenir les prix inchangĂ©s par
3.110 Si les offices statistiques ne disposent pas ailleurs. Dans pareil cas, ni p1 ni p2 ne change, le prix
d’informations suffisantes sur les caractĂ©ristiques des payĂ© par les personnes ĂągĂ©es de 60 Ă  70 ans change et le
biens et services vendus à des prix différents, ils doivent prix moyen payé par tous les ménages augmente.
déterminer si les différences de prix observées sont 3.115 Cet exemple illustre un point de principe.
pures ou seulement apparentes. La procĂ©dure par dĂ©faut Bien qu’aucun des prix, p1 et p2, indiquĂ©s par le pres-
la plus communément adoptée dans ces circonstances tataire de services ne change, les prix effectivement
est celle qui consiste Ă  supposer que les diffĂ©rences de payĂ©s par certains mĂ©nages changent s’ils sont obligĂ©s
prix sont apparentes, hypothÚse généralement retenue de passer de p2 à p1. Du point de vue des ménages, il
pour l’IPC et les comptes nationaux. y a eu variation du prix, dont l’IPC doit en principe
3.111 Cependant, les marchés sont rarement parfaits. tenir compte. Lorsque les prix sont collectés auprÚs des
L’une des raisons de la coexistence de prix diffĂ©rents vendeurs et non des mĂ©nages, une telle variation est
pour des produits identiques rĂ©side dans la possibilitĂ© peu susceptible d’ĂȘtre enregistrĂ©e.
pour les vendeurs de pratiquer la discrimination par les
prix. Ou il se peut tout simplement que les consomma- Différences de prix
teurs manquent d’informations et paient un prix plus entre points de vente
élevé par ignorance ou encore que les marchés ne soient
temporairement plus en Ă©quilibre par suite de chocs ou du 3.116 L’application de prix diffĂ©rents dans des
lancement de nouveaux produits. En consĂ©quence, il faut points de vente diffĂ©rents pose des problĂšmes du mĂȘme
reconnaĂźtre qu’il y a parfois des diffĂ©rences pures de prix. type. Les variations pures de prix sont, pour ainsi dire,
appelées à se produire lorsque le marché est imparfait,
ne serait-ce que parce que les ménages ne sont pas par-
Discrimination par les prix faitement informĂ©s. Lorsque s’ouvrent de nouveaux
3.112 La théorie économique montre que la discri- points de vente qui pratiquent des prix moins élevés que
mination par les prix tend à accroütre le profit. Il se peut les autres, il se peut qu’il y ait un intervalle de temps
que cette pratique ne puisse s’appliquer aux biens parce durant lequel le mĂȘme article est vendu Ă  un prix dif-
qu’ils peuvent ĂȘtre revendus. Les acheteurs victimes de fĂ©rent dans des points de vente diffĂ©rents en raison de
la discrimination n’acquerraient pas les biens directe- l’ignorance ou de l’inertie des consommateurs.
ment, mais essaieraient de persuader ceux qui peuvent 3.117 Il se peut que les ménages décident de passer
les acquĂ©rir aux prix le plus bas de le faire pour eux. Les d’un point de vente Ă  un autre ou soient mĂȘme obligĂ©s de
services, en revanche, ne peuvent ĂȘtre revendus, car il le faire car l’univers des points de vente est en Ă©volution
n’y a pas transfert de propriĂ©tĂ©. constante, certains se fermant tandis que d’autres
3.113 La discrimination par les prix est une pratique s’ouvrent. Lorsque les mĂ©nages passent d’un point de
qui a l’air d’ĂȘtre extrĂȘmement rĂ©pandue, quasiment la vente Ă  un autre, l’effet de cette dĂ©cision sur l’IPC varie
norme, pour de nombreux types de services, dont les selon que les différences de prix sont pures ou appa-
services de santĂ©, d’éducation et de transport. Par rentes. Lorsqu’elles sont pures, le changement de points
exemple, les personnes du troisiÚme ùge paient un tarif de vente modifie les prix moyens payés par les ménages.
moins Ă©levĂ© que les autres pour exactement les mĂȘmes Cette variation doit ĂȘtre retracĂ©e par l’IPC. Par contre, si
types de services de santé ou de transport. Les droits les différences de prix tiennent à des différences de qua-
universitaires appliqués aux étudiants étrangers sont lité, le changement de points de vente modifie la qualité
supĂ©rieurs Ă  ceux qu’acquittent les Ă©tudiants rĂ©sidents. moyenne des produits achetĂ©s et influe en consĂ©quence
Comme il est en outre facile de moduler la qualité des sur leur volume et non sur leur prix.
services en fonction de la catĂ©gorie de consommateurs, 3.118 La plupart des prix collectĂ©s en vue de l’éta-
il peut ĂȘtre difficile de dĂ©terminer dans quelle mesure les blissement de l’IPC sont les prix affichĂ©s, et non les prix
différences de prix observées tiennent à des différences de transaction effectivement payés par les ménages. Dans
de qualitĂ© ou Ă  une pure discrimination par les prix. Il se ces conditions, les effets de l’abandon par les mĂ©nages
peut mĂȘme que les vendeurs offrent des services assortis d’un point de vente pour un autre risquent de rester inob-
de modalités comportant des différences insignifiantes servés dans la pratique. Lorsque les différences de prix
ou fallacieuses selon la catégorie de clients ciblée de tiennent à des différences de qualité, la non-détection
maniùre à masquer leur pratique de discrimination. d’un tel changement n’introduit pas de biais dans l’IPC.

61
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

Acheter à un prix plus bas signifie que le produit acheté Traitement de certaines
est de qualitĂ© infĂ©rieure, ce qui n’affecte pas l’indice des
prix. Cependant, lorsque l’on a affaire Ă  des diffĂ©rences dĂ©penses des mĂ©nages
de prix pures, la non-détection de ce changement aura 3.121 Certaines des dépenses effectuées par les
tendance Ă  introduire un biais positif dans l’indice, Ă  sup- mĂ©nages ont un but autre que l’acquisition de biens et
poser que les mĂ©nages tendent Ă  prĂ©fĂ©rer les points de services pour leur consommation propre et n’entrent
vente qui pratiquent des prix plus bas. Ce biais potentiel donc pas dans le champ de l’IPC. L’une des grandes
est dit biais de substitution des points de vente. catégories de dépenses de ce type est celle des frais pro-
fessionnels des ménages.
Mise Ă  jour des points de vente
3.119 Il y a une autre complication, qui tient au fait Commissions des agents et courtiers
que, dans la pratique, les prix sont collectĂ©s seulement 3.122 Lorsqu’une maison est achetĂ©e par un pro-
auprĂšs d’un Ă©chantillon de points de vente et que cet priĂ©taire-occupant, on peut soutenir que les coĂ»ts de
Ă©chantillon peut changer, soit parce que certains points transfert associĂ©s Ă  l’achat (ou Ă  la vente) doivent ĂȘtre
de vente se ferment et d’autres s’ouvrent, soit parce considĂ©rĂ©s comme des dĂ©penses de consommation,
qu’il y a mise Ă  jour dĂ©libĂ©rĂ©e de l’échantillon Ă  inter- comme les frais de courtage encourus lorsque des actifs
valles réguliers. Lorsque les prix des points de vente financiers sont achetés ou vendus. Les commissions
nouvellement inclus dans l’échantillon sont diffĂ©rents payĂ©es Ă  un agent pour l’achat ou la vente d’une maison
de ceux des points de vente prĂ©cĂ©dents, il est ici encore sont incluses dans l’IPC national de nombreux pays,
nécessaire de déterminer si les différences de prix sont sous réserve que la maison soit occupée par son proprié-
apparentes ou pures. Si elles sont présumées apparentes, taire et non louée à une tierce partie.
l’écart entre le prix prĂ©cĂ©demment collectĂ© auprĂšs de
l’ancien point de vente et le prix recueilli auprùs du nou-
veau n’est pas assimilĂ© Ă  une variation de prix entrant
Biens et services indésirables
dans la construction de l’IPC, la diffĂ©rence Ă©tant consi- ou illicites
dérée comme attribuable à une différence de qualité. 3.123 Tous les biens et services que les ménages
Comme expliqué plus en détail au chapitre 7, si cette achÚtent de leur propre gré pour satisfaire leurs besoins
hypothÚse est correcte, les variations de prix enregis- et désirs personnels constituent des dépenses de con-
trĂ©es dans les nouveaux points de vente peuvent simple- sommation et entrent donc dans le champ de l’IPC, que
ment ĂȘtre raccordĂ©es Ă  celles prĂ©cĂ©demment enregis- leur production, distribution ou consommation soient
trĂ©es dans les anciens points de vente sans introduire de lĂ©gales ou qu’elles aient lieu dans l’économie souter-
biais dans l’indice. Le remplacement des anciens points raine ou sur le marchĂ© noir. Certains types de biens ou
de vente par de nouveaux n’a pas d’impact sur l’IPC. services ne doivent pas ĂȘtre exclus parce qu’ils sont
3.120 Cependant, si les différences de prix entre les jugés indésirables, nuisibles ou contestables. Ces exclu-
anciens et les nouveaux points de vente sont prĂ©sumĂ©es sions pourraient ĂȘtre fort arbitraires et compromettre
pures, le raccordement simple dĂ©crit ci-dessus peut crĂ©er l’objectivitĂ© et la crĂ©dibilitĂ© de l’IPC.
un biais. Lorsque les mĂ©nages font varier le prix qu’ils ‱ PremiĂšrement, il convient de noter que certains biens
paient pour un produit en changeant de point de vente, les et services pourraient ĂȘtre jugĂ©s indĂ©sirables Ă  cer-
variations du prix doivent ĂȘtre prises en compte dans tains moments et dĂ©sirables Ă  d’autres, et vice versa.
l’IPC. Comme prĂ©cisĂ© au chapitre 7, il semble que la plu- L’attitude des gens change Ă  mesure qu’ils acquiĂšrent
part des offices statistiques aient tendance Ă  supposer que des informations, en particulier grĂące aux progrĂšs
les variations de prix ne sont pas pures et raccordent sim- scientifiques. De mĂȘme, certains biens ou services
plement les nouvelles sĂ©ries de prix aux anciennes. peuvent, Ă  un moment dĂ©terminĂ©, ĂȘtre jugĂ©s indĂ©sira-
Comme on ne peut pas supposer de façon rĂ©aliste que les bles dans certains pays mais pas dans d’autres. Le
marchés sont toujours parfaits et que les variations pures concept de biens indésirables est par nature subjectif
de prix ne se produisent jamais, ce procédé, quoique et quelque peu arbitraire et volatile.
d’usage rĂ©pandu, est contestable et risque de donner lieu Ă 
un biais positif. Il s’agit là du biais de mise à jour des ‱ Deuxiùmement, si l’on accepte que certains biens et
points de vente. On pourrait supposer, comme il a Ă©tĂ© pro- services puissent ĂȘtre exclus de l’indice parce qu’ils
posĂ©, que toute variation de prix observĂ©e entre les an- sont indĂ©sirables, l’indice est alors sujet Ă  manipula-
ciens et les nouveaux points de vente est Ă  50 % pure et Ă  tion ou Ă  des tentatives de manipulation de la part de
50 % imputable à une différence de qualité, en partant du groupes de pression.
principe que, quoique inĂ©vitablement arbitraire Ă  certains ‱ TroisiĂšmement, il se peut que les tentatives faites par
égards, cette méthode reflÚte probablement davantage la les groupes de pression pour exclure certains biens ou
réalité que celle consistant à supposer que la variation est services soient dictées par une méconnaissance des
soit totalement pure, soit entiùrement attribuable à des dif- implications d’une telle action. Par exemple, si l’IPC
fĂ©rences de qualitĂ© (voir McCracken, Tobin, et al., 1999). sert Ă  l’indexation des revenus, d’aucuns peuvent pen-

62
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

ser qu’il n’y a pas lieu d’indemniser les mĂ©nages de la biens d’occasion sont fondĂ©es sur les dĂ©penses nettes
hausse des prix de certains produits indĂ©sirables. des mĂ©nages, c’est-Ă -dire total des achats moins ventes.
Cependant, leur exclusion de l’indice n’a pas pour Le total des dĂ©penses au titre d’un type particulier de
effet d’abaisser ce dernier. A priori, elle a autant de bien d’occasion est fonction du nombre de fois qu’il a
chances d’entraĂźner une hausse qu’une baisse de Ă©tĂ© achetĂ© et vendu; autrement dit, plus le taux de rota-
l’IPC, selon que l’augmentation du prix de l’article en tion (nombre de transactions) est grand, plus le total des
question est inférieure ou supérieure à la moyenne dépenses est élevé. Un taux de rotation élevé ne signifie
pour les autres biens et services. Par exemple, si l’on toutefois pas que le nombre de fois qu’un bien particu-
dĂ©cide d’exclure le tabac de l’IPC, et que la hausse du lier peut ĂȘtre utilisĂ© Ă  des fins de consommation est plus
prix des produits liĂ©s au tabac est infĂ©rieure Ă  la grand ou que le flux de services pouvant ĂȘtre tirĂ© de ce
moyenne, l’exclusion du tabac donne lieu en fait à bien est plus important.
une augmentation du revenu des fumeurs (comme des 3.128 Un mĂ©nage peut acheter des biens d’occasion
non-fumeurs). de plusieurs maniĂšres :
3.124 S’il est vrai que les biens et services que les ‱ Directement Ă  un autre mĂ©nage — le mĂ©nage vendeur
ménages choisissent de consommer de leur plein gré ne comptabilisera le produit de la vente en tant que
doivent pas, en principe, ĂȘtre exclus de l’IPC parce qu’ils recettes. Les dĂ©penses nettes, c’est-Ă -dire dĂ©penses
sont acquis dans l’économie souterraine, voire illĂ©gale- moins recettes, sont Ă©gales Ă  zĂ©ro; aucune pondĂ©ra-
ment, il peut s’avĂ©rer impossible d’obtenir les donnĂ©es tion n’est donc affectĂ©e aux achats et ventes d’un
nécessaires sur les dépenses ou les prix, en particulier ménage à un autre.
lorsqu’il s’agit de biens et de services illicites. Ces der-
‱ À un autre mĂ©nage en passant par un intermĂ©diaire
niers pourraient bien ĂȘtre exclus dans la pratique.
— en principe, les dĂ©penses des mĂ©nages au titre des
services procurés par les intermédiaires sont données
Biens et services de luxe par la valeur de leur marge (Ă©cart entre le prix d’achat
3.125 Lorsque l’IPC est utilisĂ© comme indice d’in- et le prix de vente). Ces services doivent ĂȘtre inclus
flation gĂ©nĂ©rale, il doit se rapporter Ă  tous les mĂ©nages, dans l’IPC. Ils doivent ĂȘtre traitĂ©s de la mĂȘme maniĂš-
quelle que soit leur catĂ©gorie socioĂ©conomique, et cou- re que les commissions d’agents tels que les auxiliai-
vrir tous les biens et services de consommation, indĂ©pen- res financiers. Les marges sont parfois extrĂȘmement
damment de leur prix. De mĂȘme, le champ d’un indice difficiles Ă  estimer dans la pratique. Il y a lieu de tenir
servant à l’indexation des revenus doit inclure tous les compte des reprises en les comptabilisant comme
biens et services achetés par les ménages de référence, achats des intermédiaires et recettes des ménages.
qu’ils soient considĂ©rĂ©s comme des biens et services de ‱ Directement Ă  un autre secteur, c’est-Ă -dire Ă  une
luxe ou autrement non essentiels ou indĂ©sirables. entreprise ou Ă  l’étranger — avec pour pondĂ©ration
3.126 Bien entendu, si les mĂ©nages de rĂ©fĂ©rence se les achats par les mĂ©nages de biens d’occasion aux
limitent Ă  un groupe particulier de mĂ©nages, l’indice autres secteurs moins leurs ventes aux autres secteurs.
exclura en fait tous les articles qui sont achetés exclu-
sivement par les mĂ©nages n’appartenant pas Ă  ce ‱ À une entreprise ou Ă  l’étranger en passant par un
groupe. Par exemple, si l’on ne tient pas compte des 5 % intermĂ©diaire — la pondĂ©ration est ici fondĂ©e sur
les plus riches des ménages, cela revient, dans la pra- les achats des ménages aux intermédiaires moins les
tique, à exclure de nombreux articles de luxe du champ ventes des ménages à ces derniers plus la marge glo-
de l’indice. Comme indiquĂ© ci-dessus, ces mĂ©nages bale des intermĂ©diaires sur les produits qu’ils
peuvent ĂȘtre exclus pour diverses raisons, dont le man- achĂštent et revendent aux mĂ©nages. Les reprises
que de fiabilitĂ© des donnĂ©es sur leurs dĂ©penses et le fait doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme faisant partie des
que la collecte des prix de certains articles achetés ventes des ménages (dans le cas des voitures, la pon-
exclusivement par une infime minorité de ménages ne dération affectée aux voitures neuves ne doit pas
soit pas rentable. Une fois le groupe de ménages de inclure la déduction correspondant à la valeur des
rĂ©fĂ©rence choisi et dĂ©fini, toutefois, il n’y a pas Ă  dĂ©ci- reprises).
der s’il faut exclure certaines de leurs dĂ©penses qui sont 3.129 Dans certains pays, un grand nombre des
considérées comme étant non essentielles ou de luxe. biens durables achetés par les ménages, en particulier
les vĂ©hicules, sont parfois des biens d’occasion im-
portĂ©s d’autres pays. Les prix de ces biens et les
Biens d’occasion dĂ©penses y affĂ©rentes entrent dans le champ de l’IPC,
3.127 Il existe, pour la plupart des biens durables, tout comme ceux des biens neufs. De mĂȘme, il se peut
un marchĂ© de l’occasion. Les dĂ©penses des mĂ©nages que, dans certains pays, les achats nets de vĂ©hicules
incluent les dĂ©penses d’acquisition de biens d’occasion d’occasion par les mĂ©nages aux entreprises soient
et celles-ci entrent donc dans le champ de l’IPC. importants, ces vĂ©hicules Ă©tant affectĂ©s, dans l’indice,
Cependant, les ventes de biens durables par les mĂ©nages d’une pondĂ©ration plus Ă©levĂ©e que les vĂ©hicules neufs
constituant des dépenses négatives, les pondérations des achetés par les ménages.

63
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

Dépenses imputées les consommateurs, y compris les taxes sur les produits
de biens et services et compte tenu de tous les rabais et subventions et de la
plupart des remises, mĂȘme s’ils sont discriminatoires ou
3.130 Comme expliqué dans les sections précé- conditionnels. Il est toutefois quasiment impossible de
dentes, un grand nombre de biens et services acquis et tenir compte de tous les rabais et remises dans la pra-
utilisés par les ménages pour leur propre consommation tique et il faut donc recourir à des compromis pratiques
finale ne sont pas achetĂ©s dans le cadre de transactions raisonnables. À ce sujet, des recommandations ainsi que
monétaires mais acquis dans des opérations de troc ou à des exemples sont présentés au chapitre 6.
titre de rémunération en nature ou sont produits par les
3.134 Lorsque les ménages achÚtent des produits à
mĂ©nages eux-mĂȘmes. Il est possible d’estimer ce que les
leur prix de marché intégral et que la somme versée leur
mĂ©nages auraient payĂ© s’ils avaient acquis ces biens et
est ensuite remboursĂ©e en partie par l’État ou un rĂ©gime
services dans des transactions monĂ©taires ou ce qu’il
de sĂ©curitĂ© sociale, il faut porter dans l’IPC le prix de
leur coĂ»te pour les produire. En d’autres termes, une
marché moins le montant remboursé. Ce type de procédé
valeur peut ĂȘtre imputĂ©e Ă  ces dĂ©penses non monĂ©taires.
est courant pour les dĂ©penses d’éducation et de santĂ©.
3.131 Le bien-fondĂ© de l’inclusion des dĂ©penses
imputĂ©es dans le champ de l’IPC dĂ©pend principale-
ment du but principal de l’indice. Si l’IPC sert à mesu- Taxes et subventions
rer l’inflation, on peut faire valoir que seules les 3.135 Toutes les taxes sur les produits, comme les
dĂ©penses monĂ©taires devraient y ĂȘtre incluses. L’infla- taxes sur les ventes, les droits d’accise et la taxe sur la
tion est un phĂ©nomĂšne monĂ©taire dont l’ampleur est valeur ajoutĂ©e (TVA), font partie du prix d’achat payĂ©
mesurĂ©e par les variations des prix monĂ©taires qui res- par les consommateurs qui entre dans l’IPC. De mĂȘme,
sortent des transactions monĂ©taires. MĂȘme lorsque il faut tenir compte des subventions, qui sont traitĂ©es
l’IPC est principalement utilisĂ© comme instrument comme des taxes nĂ©gatives sur les produits.
d’indexation, on peut soutenir qu’il devrait rendre 3.136 À des fins analytiques et pratiques, il peut
compte seulement des variations des prix monĂ©taires ĂȘtre utile d’estimer un IPC qui mesure les mouvements
effectivement payés par la population de référence. des prix, non compris ceux qui sont dus aux variations
ConformĂ©ment Ă  l’objectif de suivi de l’inflation au sein des taxes et subventions. Pour les responsables monĂ©-
de l’Union europĂ©enne, Eurostat a Ă©tabli l’Indice des taires, les hausses de prix rĂ©sultant des variations des
prix à la consommation harmonisé (IPCH) pour mesurer taxes indirectes ou des subventions ne font pas partie du
l’inflation à laquelle doivent faire face les consomma- processus inflationniste sous-jacent, mais sont attri-
teurs. Le concept de «dĂ©pense monĂ©taire de consomma- buables Ă  l’usage qu’ils font eux-mĂȘmes de ces leviers
tion finale des mĂ©nages» (DMCFM) adoptĂ© dans Ă©conomiques. De mĂȘme, lorsqu’un IPC est utilisĂ© Ă  des
l’IPCH dĂ©finit Ă  la fois les biens et services Ă  couvrir et fins d’indexation, toute augmentation de l’IPC qui rĂ©-
la notion de prix à utiliser, c’est-à-dire les prix nets des sulte d’un relùvement des impîts indirects donne lieu à
remboursements, subventions et rabais. La DMCFM se une hausse des salaires et avantages sociaux indexés sur
rapporte seulement aux transactions monĂ©taires et ne l’IPC, bien que la majoration des impĂŽts ait pu avoir
recouvre ni l’autoconsommation (par exemple les pro- pour but de rĂ©duire le pouvoir d’achat des consom-
duits agricoles ou les services de logement des proprié- mateurs. Ou encore, il se peut que les subventions aient
taires–occupants), ni la consommation de biens et ser- Ă©tĂ© accrues en vue de stimuler la consommation, mais la
vices reçus Ă  titre de revenus en nature. baisse des prix qui en rĂ©sulte pourrait ĂȘtre contrebalan-
3.132 Lorsque l’IPC sert d’indice du coĂ»t de la vie, cĂ©e par une hausse plus faible des salaires et avantages
certaines dépenses imputées sont normalement incluses sociaux indexés.
dans le champ de l’IPC car les biens et services acquis 3.137 Indices des prix nets. On peut Ă©tablir des
dans des transactions non monétaires influent sur le indices de prix nets dans lesquels les taxes sur les biens ou
niveau de vie des mĂ©nages. Comme indiquĂ© ci-dessus, services de consommation sont dĂ©duites du prix d’achat et
la plupart des pays y incluent les dépenses imputées des les subventions leur sont rajoutées. Cependant, ces indices
ménages au titre des services de logement produits par ne montrent pas nécessairement comment les prix
les propriĂ©taires–occupants, mais non les dĂ©penses im- auraient Ă©voluĂ© sans les taxes ou sans leurs variations.
putĂ©es de biens tels que les produits agricoles destinĂ©s Ă  Chacun sait combien il est difficile d’estimer l’incidence
l’autoconsommation. vĂ©ritable des taxes sur les produits : c’est-Ă -dire dans quel-
le mesure les taxes ou subventions, ou leurs variations,
sont répercutées sur le consommateur. Il est également
Couverture des prix difficile de tenir compte des effets secondaires des varia-
3.133 L’IPC doit rendre compte de l’expĂ©rience des tions des taxes. Pour estimer ces effets, on peut utiliser une
consommateurs auxquels il se rapporte et doit donc faire analyse entrĂ©es-sorties, qui consiste Ă  retracer l’effet
état des prix que ces derniers paient pour les biens et cumulatif des taxes et subventions aux divers stades de
services qui entrent dans le champ de l’indice. Les dĂ©- production. Par exemple, une partie des taxes sur les car-
penses et prix enregistrés sont ceux qui sont payés par burants entrera dans le prix de transport des biens, qui

64
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

entrera lui-mĂȘme en partie dans le prix payĂ© pour les biens 3.141 La dĂ©marcation entre rabais et remise peut
de consommation par les dĂ©taillants et, partant, dans le ĂȘtre floue et s’exprime peut-ĂȘtre le mieux en termes de
prix qu’ils appliqueront aux consommateurs. Le tableau temps. Autrement dit, un rabais prend effet au moment
entrĂ©es-sorties, qui est nĂ©cessaire pour retracer tous ces de l’achat et la remise quelque temps aprĂšs. Selon cette
effets, doit ĂȘtre beaucoup plus dĂ©taillĂ© et Ă  jour que celui dĂ©finition, les bons de rĂ©duction sont des rabais et,
dont disposent la plupart des pays. Il est donc plus pra- comme dans le cas des rabais conditionnels susmention-
tique de limiter tout simplement les taxes et subventions nĂ©s, ne peuvent ĂȘtre pris en compte dans l’IPC que s’ils
en fonction desquelles les prix sont corrigés à celles qui se rapportent à un produit donné et si le pourcentage de
sont appliquĂ©es au stade final de la vente au dĂ©tail, c’est-Ă - clients se prĂ©valant de l’offre est connu au moment de
dire principalement Ă  la TVA, aux taxes sur les ventes et l’établissement de l’indice. Comme cela n’est guĂšre pro-
aux droits d’accise. Il est plus facile d’estimer les prix nets bable, l’effet des bons de rĂ©duction est gĂ©nĂ©ralement
de ces seules taxes ou de les corriger des variations de ces exclu de l’IPC. Il convient de noter que la rĂ©duction n’est
taxes. Dans le cas d’une taxe sur les ventes ou de la TVA enregistrĂ©e que lorsque le bon est utilisĂ©, et non lorsque
(en pourcentage), le calcul est simple, mais pour les droits le bon est offert pour la premiĂšre fois au consommateur.
d’accise, il est nĂ©cessaire de dĂ©terminer le pourcentage de 3.142 Les remises peuvent ĂȘtre accordĂ©es sous
marge du dĂ©taillant, car le droit d’accise sera lui aussi forme d’un produit dĂ©terminĂ©, par exemple de miles
majorĂ© de ce pourcentage. aĂ©riens, ou peuvent ĂȘtre d’ordre plus gĂ©nĂ©ral, comme les
programmes de fidélisation des supermarchés dans les-
Rabais, remises, ristournes, quels un bon de 10 dollars est accordé pour chaque tran-
programmes de fidélisation che de 200 dollars dépensée. Comme dans le cas des
et produits «gratuits» rabais examinĂ©s ci-dessus, les remises ne peuvent ĂȘtre
traitées comme des réductions de prix que si elles se
3.138 L’IPC doit tenir compte des effets des remises, rapportent Ă  des produits dĂ©terminĂ©s et peuvent ĂȘtre
des programmes de fidélisation et des bons de réduction. pondérées en fonction du pourcentage de clients qui
Comme il se rapporte, par dĂ©finition, Ă  tous les mĂ©nages s’en prĂ©valent. Les primes offertes sous forme de pro-
de rĂ©fĂ©rence, de l’ensemble du pays ou d’une rĂ©gion par- duits «gratuits» aux consommateurs, qui en reçoivent
ticuliĂšre, il y a lieu d’inclure les rabais, mĂȘme s’ils ne ainsi une quantitĂ© plus grande ou «deux paquets pour le
sont accordĂ©s qu’à certains mĂ©nages ou aux consomma- prix d’un», doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des rĂ©duc-
teurs rĂ©pondant Ă  certains critĂšres de paiement. tions de prix, mais elles peuvent ĂȘtre ignorĂ©es dans la
3.139 Il peut ĂȘtre difficile, pour des raisons pra- pratique quand l’offre est temporaire et rapidement reti-
tiques, d’enregistrer les rabais discriminatoires ou con- rĂ©e. Lorsqu’il y a changement permanent de la taille du
ditionnels. Lorsque seul un groupe déterminé de paquet, il faut procéder à un ajustement pour tenir
mĂ©nages peut bĂ©nĂ©ficier d’un certain rabais sur un pro- compte de la qualitĂ© (voir chapitre 7).
duit donné, la strate initiale pour ce produit est divisée
3.143 Face aux difficultés éprouvées dans la pra-
en deux nouvelles strates, chacune enregistrant une
tique à enregistrer correctement tous ces types de réduc-
variation de prix différente et nécessitant une pondéra-
tion de prix, il n’est gĂ©nĂ©ralement tenu compte des
tion. C’est pourquoi, Ă  moins que les dĂ©penses de la
rabais et remises que s’ils sont inconditionnels, tandis
période de base pour toutes les strates possibles ne
que les programmes de fidélisation, bons de réduction et
soient connues, il n’est pas possible de rendre compte
autres incitations sont ignorés. Les rabais accordés au
correctement des rabais discriminatoires. De mĂȘme,
cours des soldes saisonniĂšres peuvent ĂȘtre enregistrĂ©s
dans le cas des rabais conditionnels, par exemple les
sous réserve que la qualité des biens ne change pas.
rabais sur les factures de services publics pour paiement
rapide, il peut ĂȘtre difficile de rendre compte de l’effet
d’offres de ce genre si l’on ne dispose pas de donnĂ©es Classification
sur le pourcentage de clients qui y répondent. Ce genre
de problùme pratique se pose lorsqu’il y a discrimina- 3.144 Le systùme de classification sur lequel repose
tion par les prix et que les vendeurs modifient les cri- tout IPC est la structure essentielle Ă  bien des stades de
tĂšres de dĂ©finition des groupes auxquels un prix diffĂ©- l’élaboration de cet indice. À l’évidence, il fournit la
rent est appliquĂ©, amenant ainsi certains mĂ©nages Ă  structure de pondĂ©ration et d’agrĂ©gation nĂ©cessaire Ă  cet
payer plus ou moins qu’avant sans changer le prix pro- effet, mais il fournit Ă©galement le systĂšme de stratification
prement dit. Ces cas sont approfondis au chapitre 7. des produits dans le cadre d’échantillonnage, au moins
3.140 S’il vaut mieux enregistrer toutes les varia- jusqu’à un certain niveau de dĂ©tail, et il dĂ©termine l’éven-
tions de prix, il est Ă©galement important de s’assurer que tail des sous-indices disponibles Ă  des fins de publication.
la qualitĂ© des biens ou services dont les prix sont collec- Plusieurs facteurs doivent ĂȘtre pris en compte dans l’éla-
tĂ©s ne change pas elle aussi. Certes, ce sont des prix au boration d’un systĂšme de classification pour l’IPC.
rabais qui sont collectĂ©s en pĂ©riode de soldes gĂ©nĂ©rales, ‱ PremiĂšrement, la classification doit reflĂ©ter la rĂ©alitĂ©
mais il y a lieu de vĂ©rifier que la qualitĂ© des produits Ă©conomique. Par exemple, il doit ĂȘtre possible de
dont le prix est recueilli ne s’est pas dĂ©gradĂ©e. tenir compte des nouveaux biens et services d’une

65
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

maniÚre propre à réduire au minimum le besoin de produits sur la base de certains critÚres théoriques ou
restructurer ultĂ©rieurement les catĂ©gories de niveau dĂ©finis par l’utilisateur, tels que :
plus Ă©levĂ©. La restructuration n’est pas Ă  recomman- ‱ Le type de produit — les dĂ©penses peuvent ĂȘtre agrĂ©-
der car beaucoup d’utilisateurs ont besoin de sĂ©ries gĂ©es selon :
longues, qui seraient alors interrompues.
– les caractĂ©ristiques physiques des biens et la nature
‱ Deuxiùmement, les besoins des utilisateurs en matiùre des services; par exemple, les biscuits secs peuvent
de sous-indices doivent revĂȘtir une haute prioritĂ© dans ĂȘtre rĂ©partis entre les biscuits au chocolat et les
l’établissement des groupes d’agrĂ©gats. C’est ainsi que, autres. Ce critĂšre peut ĂȘtre appliquĂ© de façon signi-
si certains utilisateurs s’intĂ©ressent particuliĂšrement aux ficative jusqu’au niveau de dĂ©tail le plus poussĂ©, et
variations des prix des produits alimentaires, par sert de base Ă  la Classification centrale des pro-
exemple, la classification doit fournir des détails suffi- duits, version 1.0 (Division de statistique des
sants à cet égard. Nations Unies, 1998b);
‱ TroisiĂšmement, dans tout systĂšme de classification, – l’activitĂ© Ă©conomique gĂ©nĂ©ratrice du produit. Le
les catĂ©gories doivent ĂȘtre sans Ă©quivoque mutuelle- modĂšle de classification internationale est la
ment exclusives tout en couvrant tous les produits Classification Internationale Type par Industrie, de
considĂ©rĂ©s comme entrant dans son champ d’applica- toutes les branches d’activitĂ© Ă©conomique (CITI),
tion. D’un point de vue pratique, cela signifie que l’on RĂ©vision 3.1 (Division de statistique des Nations
doit pouvoir facilement affecter une dépense ou un Unies, 2002);
prix donné à une catégorie, et une seule, du systÚme
de classification. – le processus de production;
3.145 La disponibilitĂ© et la nature des donnĂ©es – le type de point de vente oĂč le produit a Ă©tĂ© achetĂ©;
elles-mĂȘmes influeront sur la conception du systĂšme de
– l’origine gĂ©ographique du produit.
classification. La disponibilité des données sur les
dĂ©penses et les prix dĂ©terminera le niveau de dĂ©tail le ‱ La fonction des produits, par exemple procurer des
plus faible qui puisse ĂȘtre atteint. À l’évidence, il n’est aliments, un abri, des services de transport, etc. Le
pas possible d’établir un indice sĂ©parĂ© pour un produit modĂšle de classification internationale est la COICOP.
lorsque ni les pondĂ©rations ni les prix ne sont connus. ‱ L’environnement Ă©conomique : les dĂ©penses pour-
Au niveau de dĂ©tail le plus Ă©levĂ©, une forte variance des raient ĂȘtre agrĂ©gĂ©es suivant des critĂšres tels que
mouvements de prix ou des séries connexes indiquera
oĂč des catĂ©gories devront ĂȘtre ajoutĂ©es. ConformĂ©ment – l’interchangeabilitĂ© des produits;
aux mĂ©thodes d’échantillonnage types, la stratification – la complĂ©mentaritĂ© des produits;
doit réduire au minimum la variance intrastrate tout en
maximisant la variance interstrate. C’est ce que la clas- – l’application de taxes sur les ventes, de subven-
sification doit reflĂ©ter. tions Ă  la consommation, de droits d’accise, de
droits de douane, etc.;
CritĂšres de classification – les importations en provenance de diffĂ©rents pays
des dépenses de consommation (dans certains cas, la classification des produits
exportables pourrait prĂ©senter de l’intĂ©rĂȘt).
3.146 Bien qu’une classification puisse ĂȘtre conçue
conformément à la théorie économique ou en fonction
des besoins des utilisateurs suivant une approche des- Classification par type de produit
cendante, dans la pratique, le statisticien recueille des 3.148 Lorsqu’un indice des prix doit ĂȘtre Ă©tabli
donnĂ©es sur les divers produits et les agrĂšge ensuite en pour des groupes de produits dĂ©terminĂ©s, c’est la classi-
se conformant au systùme de classification (approche fication par type de produit qu’il faut adopter. Une clas-
ascendante). Par exemple, les unités de la Nomenclature sification de ce genre peut répondre à plusieurs des cri-
des fonctions de la consommation individuelle (COI- tĂšres indiquĂ©s ci-dessus; c’est le cas, par exemple, de la
COP) sont des dĂ©penses d’acquisition de biens et ser- Classification des produits associĂ©e aux activitĂ©s (CPA)
vices de consommation et non des dépenses par fonc- de la Communauté économique européenne (Eurostat,
tions proprement dites. Les divisions 01 à 12 de la 1993), qui est liée à la CPC au niveau de détail et à la
COICOP convertissent ces statistiques de base en CITI au niveau agrégé.
classification fonctionnelle en regroupant les divers 3.149 InĂ©vitablement, les enquĂȘteurs et les statis-
biens et services qui sont considĂ©rĂ©s comme servant Ă  ticiens chargĂ©s d’établir l’indice rencontreront des pro-
un but particulier (nourrir le corps, le protĂ©ger contre les duits pour lesquels il n’existe pas de catĂ©gories
intempéries, prévenir et guérir les maladies, acquérir détaillées ou de sous-catégories, par exemple les pro-
des connaissances, voyager, etc.). duits entiĂšrement nouveaux ou les produits hybrides qui
3.147 Les classifications des dĂ©penses sont des sys- sont un composĂ© de produits existants. C’est lĂ  un pro-
tÚmes qui consistent à agréger les dépenses au titre des blÚme qui se pose souvent dans le cas des produits de

66
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

haute technologie, les biens et services de télécommuni- autres chaussures de sport pour tous les jours ou pour le
cation et les produits alimentaires sous forme de «repas loisir, qui sont classĂ©es sous «Articles d’habillement et
prĂȘts-Ă -dĂ©guster». En un premier temps, les dĂ©penses au chaussures», et non sous «Loisirs et culture».
titre de ces produits peuvent ĂȘtre comptabilisĂ©es au 3.154 Les statisticiens nationaux peuvent dĂ©cider
poste «autres» ou n.c.a. (non classĂ© ailleurs), mais, de classer ailleurs les produits Ă  fonctions multiples s’ils
lorsqu’elles atteignent un niveau Ă©levĂ©, il faut les classer jugent ce reclassement plus adaptĂ© au cas de leur pays.
sĂ©parĂ©ment. Ce nouveau classement doit ĂȘtre expliquĂ© dans une note
de bas de page.
Classification par fonction 3.155 Biens et services Ă  fonctions mixtes. Une
3.150 Si le statisticien chargĂ© d’établir l’IPC seule dĂ©pense est parfois enregistrĂ©e pour rendre
cherche Ă  mesurer la variation du coĂ»t Ă  encourir pour compte de l’acquisition d’un groupe de biens et services
satisfaire des besoins particuliers, il devra recourir à une servant à deux ou plusieurs usages différents. Par
classification par fonction. La COICOP comporte 12 exemple, l’achat d’un voyage organisĂ© (tout compris)
divisions qui font apparaĂźtre, au niveau le plus Ă©levĂ©, des inclura le paiement de services de transport, d’hĂ©berge-
catĂ©gories fonctionnelles et, au-dessous de ce niveau, ment et de restauration, et l’achat de services d’éduca-
des groupes et classes de produits. En d’autres termes, tion peut inclure le paiement de services de santĂ©, de
les produits sont classĂ©s sous des rubriques fonction- transport, d’hĂ©bergement, de matĂ©riel Ă©ducatif, etc.
nelles. L’affectation des produits est compliquĂ©e par 3.156 Les dĂ©penses au titre de biens et services Ă 
l’existence de produits Ă  fonctions multiples (un seul et deux ou plusieurs fonctions sont traitĂ©es au cas par cas
mĂȘme produit qui peut servir Ă  des usages divers), en vue d’assurer une classification fonctionnelle aussi
comme l’électricitĂ©, les produits (composites) Ă  fonc- prĂ©cise que possible et compatible avec des considĂ©ra-
tions mixtes, tels que les voyages organisĂ©s, qui incluent tions d’ordre pratique ayant trait Ă  la disponibilitĂ© des
le transport, l’hĂ©bergement, les repas, etc. donnĂ©es. C’est ainsi que les achats de voyages organisĂ©s
sont classés sous «Forfaits touristiques», sans classifica-
3.151 Biens et services Ă  fonctions multiples. La
tion sĂ©parĂ©e par fonctions telles que le transport, l’hĂ©ber-
majoritĂ© des biens et services peuvent ĂȘtre sans aucune
gement et la restauration. En revanche, les paiements de
ambiguïté affectés à un usage et un seul, mais certains
services Ă©ducatifs doivent ĂȘtre autant que possible venti-
pourraient, de façon plausible, avoir plusieurs fonctions.
lés entre «Enseignement», «Santé», «Transports», «Res-
C’est le cas, par exemple, des carburants, qui peuvent
taurants et hÎtels» et «Loisirs et culture».
alimenter les moteurs des véhicules classés au poste des
transports aussi bien que des véhicules classés au poste 3.157 Deux autres exemples de produits à fonctions
des loisirs ou les motoneiges et les bicyclettes, qui mixtes sont les services aux hospitalisés, qui incluent le
peuvent ĂȘtre achetĂ©s pour servir de moyens de transport traitement mĂ©dical, l’hĂ©bergement et les repas; et les
ou de matĂ©riel de loisir. services de transport pour lesquels les repas et l’hĂ©ber-
gement sont inclus dans le prix du billet. Dans les deux
3.152 La rĂšgle gĂ©nĂ©rale rĂ©gissant l’établissement
cas, les fonctions ne sont pas comptabilisées séparé-
d’une COICOP est de classer les biens et services à
ment. Les achats de services aux hospitalisés sont clas-
fonctions multiples dans la division correspondant Ă  la
sés sous «Services hospitaliers» et les achats de services
fonction prĂ©dominante. C’est ainsi que les carburants
de transport (hébergement et repas compris) sous
relÚvent de la division «Transports». Lorsque la fonc-
«Services de transport».
tion prĂ©dominante varie d’un pays Ă  l’autre, les biens et
services à fonctions multiples ont été affectés à la divi-
sion qui rend compte de leur principale fonction dans Classifications pour les indices
les pays oĂč le produit en question est particuliĂšrement des prix Ă  la consommation
important. C’est ainsi que les motoneiges et les 3.158 Dans la pratique, la plupart des pays utilisent
bicyclettes ont été classées à la division «Transports» un systÚme de classification hybride pour établir leur IPC,
car c’est Ă  cet usage qu’ils servent habituellement dans en ce sens que les dĂ©penses sont classĂ©es par fonction au
les rĂ©gions oĂč la plupart des vĂ©hicules de ce type sont plus haut niveau et par type de produit au-dessous de ce
achetĂ©s — c’est-Ă -dire l’AmĂ©rique du Nord et les pays niveau. Dans certains pays, les classifications fonctionnel-
nordiques dans le cas des motoneiges, et l’Afrique, les adoptĂ©es au niveau le plus Ă©levĂ© ont Ă©tĂ© mises au point
l’Asie du Sud-Est, la Chine et les pays plats de l’Europe il y a de nombreuses annĂ©es pour les IPC initialement con-
du Nord pour ce qui est des bicyclettes. çus afin de mesurer la variation du coĂ»t d’un panier de
3.153 Comme autres exemples de produits à fonc- biens et services considérés alors comme nécessaires pour
tions multiples de la COICOP, on peut citer : les ali- survivre ou maintenir un niveau de vie «de base». Les
ments consommés hors de chez soi, qui sont classés classifications étaient donc fondées sur les besoins des
sous «Restaurants et hĂŽtels» et non sous «Produits ali- consommateurs, «besoins» dont la dĂ©finition a pu ĂȘtre
mentaires et boissons non alcoolisées»; les fourgon- plus ou moins subjective selon les impératifs politiques.
nettes de camping, qui relĂšvent des «Loisirs et culture» 3.159 La pratique recommandĂ©e aujourd’hui est
et non des «Transports»; les chaussures de basket et celle qui consiste à conserver la classification fonction-

67
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

nelle au plus haut niveau, avec ventilation par type de ‱ la division 14 a trait aux dĂ©penses de consommation
produit au-dessous, tout en appliquant autant que pos- individuelle des administrations publiques.
sible les classifications internationales types récemment La classification fait apparaßtre trois niveaux de détail :
établies et en les adaptant aux besoins du pays, le cas
‱ division ou niveau à 2 chiffres, par exemple 01.
Ă©chĂ©ant. En d’autres termes, il y a lieu d’utiliser les
Produits alimentaires et boissons non alcoolisées;
divisions 01 Ă  12 de la COICOP et d’y intĂ©grer, aux
deux niveaux de dĂ©tail suivants, les classes et sous- ‱ groupe ou niveau Ă  3 chiffres, par exemple 01.1
classes de produits de la Classification centrale des pro- Produits alimentaires;
duits (CPC). ‱ classe ou niveau à 4 chiffres, par exemple 01.1.1 Pain
et céréales.
Niveau de publication 3.164 Les 12 divisions qui se rapportent aux
3.160 Comme indiqué ci-dessus, toute restructu- ménages comportent 47 groupes et 117 classes et sont
ration de la classification des indices publiĂ©s crĂ©era des prĂ©sentĂ©es Ă  l’annexe 2. Au-dessous des classes, les sta-
difficultĂ©s pour les utilisateurs et doit, autant que pos- tisticiens chargĂ©s d’établir l’IPC iront davantage dans le
sible, ĂȘtre Ă©vitĂ©e. Pour cela, il faut, en premier lieu, pla- dĂ©tail en subdivisant les classes en fonction de leurs
nifier et établir avec soin le systÚme de classification impératifs nationaux. Bien entendu, il est clairement
qui sera utilisĂ©. Il s’agit de fournir aux utilisateurs prĂ©fĂ©rable de conserver la structure de base de la COI-
autant de dĂ©tails qu’ils veulent en termes d’indices de COP au niveau le plus Ă©levĂ© pour assurer la comparabi-
produit et de pondérations tout en se ménageant la pos- lité entre les pays et entre les différents usages de la
sibilité de restructurer la classification aux niveaux les COICOP (IPC, statistiques des dépenses des ménages,
plus bas (non publiés) sans aucun effet apparent sur les agrégats de comptabilité nationale).
séries publiées. 3.165 Il y a des classes de la COICOP qui ne sont
3.161 Les Ă©chantillons d’articles situĂ©s au-dessous pas nĂ©cessairement incluses dans la plupart des IPC ou
du niveau auquel les pondĂ©rations sont publiĂ©es pour lesquelles il n’est pas possible de recueillir directe-
peuvent ĂȘtre modifiĂ©s entre deux grandes rĂ©visions des ment auprĂšs des mĂ©nages des donnĂ©es sur les dĂ©penses
pondérations. Comme expliqué au chapitre 9, les nou- correspondantes. Par exemple, la COICOP comporte une
veaux articles et variĂ©tĂ©s, et les articles et variĂ©tĂ©s de classe pour les loyers fictifs des propriĂ©taires–occupants
remplacement, peuvent eux aussi ĂȘtre pris en compte qui n’entre pas dans le champ de certains IPC. La COI-
sous rĂ©serve qu’ils entrent dans une catĂ©gorie de pro- COP comporte Ă©galement une classe oĂč sont comptabili-
duits pour lesquels des pondĂ©rations sont publiĂ©es. Un sĂ©s les services d’intermĂ©diation financiĂšre indirecte-
nouveau produit important, par exemple un ordinateur ment mesurés, laquelle est exclue du champ de certains
personnel, ne pourrait ĂȘtre inclus qu’au moment d’une IPC car il est difficile de les Ă©valuer dans la pratique.
grande rĂ©vision des pondĂ©rations, alors que les tĂ©lĂ©- Quoi qu’il en soit, les donnĂ©es sur les dĂ©penses au titre
phones mobiles pourraient ĂȘtre inclus Ă  tout moment si de ces services ne peuvent ĂȘtre recueillies Ă  l’aide
les pondĂ©rations publiĂ©es au niveau le plus bas de la d’enquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages. De mĂȘme, la
catégorie des télécommunications sont celles des ser- COICOP fait apparaßtre un groupe de dépenses au titre
vices tĂ©lĂ©phoniques. de la rĂ©munĂ©ration de services d’assurance, qui relĂšvent
du champ de l’IPC mais ne peuvent ĂȘtre Ă©valuĂ©es Ă  l’aide
Nomenclature des fonctions de la d’enquĂȘtes auprĂšs des mĂ©nages.
consommation individuelle (COICOP) 3.166 Type de produit. Les classes de la COICOP
3.162 Structure de la COICOP. Le modĂšle de clas- se divisent en : services (S), biens non durables (ND),
sification internationale des dépenses de consommation biens semi-durables (SD) et biens durables (D). Cette
individuelle est la Nomenclature des fonctions de la subdivision supplĂ©mentaire permet d’autres applica-
consommation individuelle (COICOP). C’est une clas- tions analytiques. Par exemple, il se peut qu’il soit
sification fonctionnelle qui est utilisĂ©e Ă©galement dans nĂ©cessaire d’estimer le stock de biens de consommation
le SCN 1993 et porte sur les dépenses de consommation durables détenu par les ménages, auquel cas les biens
individuelle de trois secteurs institutionnels, Ă  savoir les inclus dans les classes de la COICOP qui se rapportent
ménages, les institutions sans but lucratif au service des aux «biens durables» fournissent les éléments de base
ménages (ISBLSM) et les administrations publiques. pour ces estimations.
Les dépenses de consommation individuelle sont celles 3.167 Comme indiqué ci-dessus, un bien est non
qui bĂ©nĂ©ficient aux particuliers ou aux mĂ©nages. durable ou durable selon qu’il est utilisable seulement
3.163 La COICOP comporte 14 divisions : une seule fois ou de façon répétée ou continue sur une
pĂ©riode beaucoup plus longue qu’un an. En outre, les
‱ les divisions 01 Ă  12 se rapportent aux dĂ©penses de
biens durables, comme les automobiles, réfrigérateurs,
consommation finale des ménages;
machines Ă  laver et tĂ©lĂ©visions, ont une valeur d’acqui-
‱ la division 13 porte sur les dĂ©penses de consomma- sition relativement Ă©levĂ©e. Les biens semi-durables
tion finale des ISBLSM; diffĂšrent des biens durables en ce que leur durĂ©e d’utili-

68
CONCEPTS ET CHAMP DE L’INDICE

sation escomptée, quoique supérieure à un an, est sou- Les biens ci-aprÚs sont considérés comme semi-durables :
vent sensiblement plus courte et leur valeur d’acqui- ‱ articles d’habillement et chaussures;
sition nettement moins Ă©levĂ©e. En raison de l’impor-
tance attachĂ©e aux biens durables, les catĂ©gories de ‱ articles de mĂ©nage en textiles;
biens qualifiĂ©s de durables dans la COICOP sont prĂ©- ‱ petits appareils mĂ©nagers Ă©lectriques;
sentées ci-aprÚs :
‱ verrerie, vaisselle et ustensiles de mĂ©nage;
‱ meubles, articles d’ameublement, tapis et autres revĂȘ-
tements de sol; ‱ piĂšces dĂ©tachĂ©es de vĂ©hicules;
‱ gros appareils mĂ©nagers; ‱ matĂ©riel d’enregistrement;
‱ outillage et autre matĂ©riel pour la maison et le jardin; ‱ jeux, jouets, passe-temps, Ă©quipement de sport, matĂ©-
riel de camping, etc.
‱ appareils et matĂ©riels mĂ©dicaux;
3.168 Certaines classes de la COICOP incluent Ă  la
‱ vĂ©hicules; fois des biens et des services car il est difficile, dans la
‱ matĂ©riel de tĂ©lĂ©phonie et de tĂ©lĂ©copie; pratique, de les subdiviser en biens et services. Ces
classes sont gĂ©nĂ©ralement accompagnĂ©es d’un (S)
‱ matĂ©riel audiovisuel, photographique et de traite- lorsque les services sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant la com-
ment de l’information (Ă  l’exception du matĂ©riel posante prĂ©dominante. De mĂȘme, il existe des classes
d’enregistrement); qui regroupent à la fois des biens non durables et des
‱ biens durables importants Ă  fonction rĂ©crĂ©ative; biens semi-durables, ou Ă  la fois des biens semi-durables
et des biens durables. Ici encore, ces classes sont accom-
‱ appareils Ă©lectriques Ă  usage personnel; pagnĂ©es du sigle (ND), (SD) ou (D) selon le type de bien
‱ bijoux, horloges et montres. qui est considĂ©rĂ© comme Ă©tant le plus important.

69
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

Appendice 3.1 Indices des prix des dépenses et prix imputés pour les produits agricoles
ou autres biens destinĂ©s Ă  l’autoconsommation qui sont
à la consommation et déflateurs inclus dans les comptes nationaux.
des prix en comptabilité nationale
1. L’objet du prĂ©sent appendice est d’expliquer Horizon temporel
pourquoi et en quoi les indices des prix Ă  la consomma- 4. La plupart des IPC mesurent les variations des
tion (IPC) diffÚrent des indices des prix qui sont utilisés prix entre deux dates ou sur un intervalle de temps trÚs
comme déflateurs des dépenses de consommation des court, par exemple une semaine. En comptabilité natio-
ménages en comptabilité nationale. Les différences nale, les indices de prix servent de déflateurs des
entre ces deux types d’indice des prix sont souvent dĂ©penses agrĂ©gĂ©es sur de longues pĂ©riodes de temps, en
peu connues. général un an. Il est peu probable que la méthode de cal-
cul des IPC annuels, qui consiste Ă  faire la moyenne des
Couverture des ménages IPC mensuels ou trimestriels, soit conforme, sur le plan
2. Les catĂ©gories de mĂ©nages couvertes par l’IPC et conceptuel, Ă  celle des indices des prix annuels de la
celles qui relÚvent de la comptabilité nationale ne sont comptabilité nationale.
intentionnellement pas les mĂȘmes, les premiĂšres Ă©tant
généralement plus restreintes. Les dépenses de consom- Formules de calcul des indices
mation des ménages en comptabilité nationale sont les 5. Les formules de calcul des IPC et celles qui
dépenses effectuées par tous les ménages, y compris les servent à calculer les indices en comptabilité nationale
mĂ©nages institutionnels, rĂ©sidents dans le pays ou la ne sont pas les mĂȘmes. Dans la pratique, la plupart des
rĂ©gion, que ces dĂ©penses soient faites Ă  l’intĂ©rieur ou IPC sont gĂ©nĂ©ralement Ă©tablis Ă  l’aide de la formule de
hors du pays ou de la rĂ©gion de rĂ©sidence. L’IPC couvre Lowe, qui fait intervenir les quantitĂ©s d’une pĂ©riode
généralement les dépenses et les prix payés par les mé- antérieure, tandis que les indices ou déflateurs des prix
nages Ă  l’intĂ©rieur des frontiĂšres gĂ©ographiques d’un en comptabilitĂ© nationale sont d’ordinaire des indices de
pays ou d’une rĂ©gion, que les mĂ©nages en soient des Paasche. La formule de Paasche est utilisĂ©e pour obtenir
résidents ou des visiteurs. Fait plus important, la plupart des indices de volume de type Laspeyres. Ces diffé-
des IPC sont dĂ©libĂ©rĂ©ment dĂ©finis de maniĂšre Ă  couvrir rences, qui tiennent Ă  l’application de formules de cal-
seulement des catĂ©gories dĂ©terminĂ©es de mĂ©nages. Par cul diffĂ©rentes, tendraient Ă  s’attĂ©nuer si le raccorde-
exemple, un IPC peut exclure les ménages trÚs riches ou ment annuel était adopté aussi bien pour les IPC que
se limiter aux ménages des zones urbaines ou à ceux qui pour les comptes nationaux.
ont Ă  leur tĂȘte des salariĂ©s.
Conclusions
Couverture des dépenses 6. Il est clair que, en général, les IPC et les déflateurs
de consommation des prix en comptabilité nationale peuvent différer pour
3. Les catĂ©gories de dĂ©penses couvertes par l’IPC et diverses raisons, surtout par la couverture des mĂ©nages
celles qui relĂšvent de la comptabilitĂ© nationale ne sont et des dĂ©penses, mais aussi par l’horizon temporel con-
intentionnellement pas les mĂȘmes, les premiĂšres Ă©tant sidĂ©rĂ© et la formule de calcul utilisĂ©e. Ces diffĂ©rences
généralement plus restreintes. Dans la majorité des cas, sont intentionnelles et justifiées. Bien entendu, les prix
l’IPC ne couvre pas la plupart des dĂ©penses de consom- collectĂ©s pour l’établissement de l’IPC peuvent Ă©gale-
mation non monétaire imputées qui sont incluses dans ment servir à établir les déflateurs détaillés des prix uti-
les comptes nationaux, en principe ou en pratique à lisés en comptabilité nationale, mais au niveau agrégé,
cause du manque de donnĂ©es. Nombre d’IPC incluent les IPC et les dĂ©flateurs des comptes nationaux peuvent
les loyers fictifs des logements occupĂ©s par leurs pro- ĂȘtre fort diffĂ©rents pour les raisons qui viennent d’ĂȘtre
priĂ©taires, mais l’IPC ne tient normalement pas compte mentionnĂ©es.

70
LES PONDÉRATIONS DES DÉPENSES
ET LEURS SOURCES 4
Introduction La structure de pondération
4.1 On calcule en gĂ©nĂ©ral un indice des prix Ă  la con- de l’indice des prix
sommation (IPC) en établissant la moyenne pondérée des à la consommation
variations des prix des biens de consommation et des ser-
vices qu’il couvre. Les pondĂ©rations sont censĂ©es reflĂ©ter 4.4 Comme l’expliquent de façon plus approfondie
l’importance relative de ces biens et services, mesurĂ©e par les chapitres 7 et 9, les IPC sont en gĂ©nĂ©ral calculĂ©s en
leurs parts dans la consommation totale des ménages. La deux étapes. Dans un premier temps, des indices élé-
pondération attachée à chaque bien ou service détermine mentaires sont estimés pour chacun des agrégats élé-
l’impact de toute variation de son prix sur l’indice global. mentaires. Ces indices sont construits comme suit : a) on
À des fins de transparence, et pour l’information des utili- recueille un Ă©chantillon de prix reprĂ©sentatifs pour
sateurs de l’indice, les pondĂ©rations devraient ĂȘtre diffu- chaque agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire, puis b) on calcule une
sĂ©es dans le public. variation moyenne des prix pour l’échantillon. Ensuite,
4.2 Les pondĂ©rations dĂ©pendent du champ de l’in- une moyenne pondĂ©rĂ©e est extraite des indices Ă©lĂ©men-
dice qui est lui-mĂȘme fonction de la principale utilisation taires en utilisant comme pondĂ©rations les dĂ©penses au
de celui-ci. L’utilisation et le champ d’un IPC sont dĂ©jĂ  sein des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires.
expliqués dans une certaine mesure dans les deux précé- 4.5 Les agrégats élémentaires représentent en géné-
dents chapitres. Le présent chapitre porte donc sur les ral les groupes de biens et de services les plus petits
mĂ©thodes utilisĂ©es pour Ă©tablir les pondĂ©rations, ainsi pour lesquels des donnĂ©es sur les dĂ©penses peuvent ĂȘtre
que sur les sources des données qui peuvent servir à les utilisées comme pondérations. Ils peuvent couvrir tout
estimer. En pratique, les pondĂ©rations renvoient en gĂ©nĂ©- le territoire ou diverses rĂ©gions d’un pays. De mĂȘme,
ral aux dĂ©penses de biens et de services de consomma- une distinction peut ĂȘtre Ă©tablie en fonction des types de
tion des mĂ©nages, par opposition Ă  l’utilisation effective points de vente. La nature des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires
de ces biens ou services pour répondre à leurs besoins ou dépend des circonstances, ainsi que de la disponibilité
désirs. Les pondérations fondées sur les dépenses con- des données sur les dépenses. Il est donc possible de
viennent pour un IPC établi selon le concept «acquisi- définir ces agrégats différemment selon les pays. En
tion». La différence entre les concepts «acquisition» et général, ils devraient :
«utilisation» est expliquĂ©e au chapitre prĂ©cĂ©dent. ‱ consister en des groupes de biens ou de services aussi
4.3 Cependant, dans le cas particulier des loge- proches que possible les uns des autres;
ments occupĂ©s par leur propriĂ©taire, de nombreux pays ‱ se composer Ă©galement de biens ou de services dont
adoptent le concept «utilisation» plutĂŽt que le concept les prix sont susceptibles d’enregistrer des mouve-
«acquisition» et mesurent les variations des prix des ments analogues, l’objectif Ă©tant de rĂ©duire au mini-
flux de services de logement consommés par les mé- mum la dispersion des mouvements de prix au sein de
nages, par opposition aux variations des prix des loge- l’agrĂ©gat;
ments. On verra au chapitre 23 du prĂ©sent manuel que ‱ pouvoir servir de strates Ă  des fins d’échantillonnage
l’une des consĂ©quences importantes de l’adoption de ce compte tenu de l’échantillonnage prĂ©vu pour la collecte
concept est que la pondération des logements occupés des données.
par leur propriĂ©taire dans l’IPC global est considĂ©rable-
ment plus importante que dans le cas du concept 4.6 La structure d’agrĂ©gation d’un IPC est illustrĂ©e au
«acquisition», étant donné que les valeurs des services graphique 4.1 au moyen de la classification des fonctions
de logement consommés par les propriétaires occu- de consommation des ménages (COICOP) exposée au
pants couvrent, outre l’amortissement du logement chapitre 3, encore qu’il soit possible d’utiliser à la place
achetĂ©, les charges d’intĂ©rĂȘt sur le capital investi. Il se des classifications nationales analogues :
peut fort bien qu’au bout d’un certain nombre ‱ premiĂšrement, la sĂ©rie complĂšte des biens et services
d’annĂ©es, les pondĂ©rations attribuĂ©es aux logements de consommation couverte par l’IPC global se
occupés par leur propriétaire soient deux fois plus éle- décompose en divisions, celle des «produits alimen-
vĂ©es avec le concept «utilisation» qu’avec le concept taires et boissons alcoolisĂ©es», par exemple;
«acquisition». (Pour plus de prĂ©cisions et d’explica- ‱ chaque division se dĂ©compose ensuite en groupes,
tions, voir le chapitre 23.) comme celui des produits alimentaires;

71
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

Graphique 4.1 Structure d’agrĂ©gation typique d’un indice des prix Ă  la consommation (IPC)

IPC GLOBAL
Produits

GROUPE GROUPE
Produits alimentaires Boissons non alcoolisées AUTRES GROUPES
et tabac

CLASSE CLASSE
AUTRES CLASSES
Pain et céréales Viande

SOUS-CLASSE SOUS-CLASSE AUTRES


Riz Pain SOUS-CLASSES

Vendu dans le nord Vendu dans


Vendu dans le sud du pays
du pays les autres régions

AGRÉGAT
AGRÉGAT ÉLÉMENTAIRE
ÉLÉMENTAIRE
Riz vendu dans les autres
Riz vendu dans les
points de vente
supermarchés
du nord du pays
du nord du pays

PRODUIT PRODUIT
REPRÉSENTATIF REPRÉSENTATIF
Riz blanc long grain Riz brun : plus de 50 %
mi-cuit de grains brisés

PRODUIT
ÉLÉMENTAIRE PRODUIT ÉLÉMENTAIRE
DE L’ÉCHANTILLON DE L’ÉCHANTILLON
Marque A Marque B

72
LES PONDÉRATIONS DES DÉPENSES ET LEURS SOURCES

‱ chaque groupe est Ă  son tour divisĂ© en classes, «pain sont souvent obtenues Ă  partir d’enquĂȘtes sur le budget
et cĂ©rĂ©ales», par exemple; des mĂ©nages (EBM), Ă©galement qualifiĂ©es d’enquĂȘtes
‱ chaque classe peut ĂȘtre divisĂ©e en sous-classes plus sur les dĂ©penses des mĂ©nages (EDM). Comme il s’agit
homogĂšnes, comme le «riz»; d’enquĂȘtes par sondage qui peuvent faire l’objet
d’erreurs de dĂ©claration ou de sĂ©lection, ainsi que
‱ enfin, il est possible, afin d’obtenir les agrĂ©gats Ă©lĂ©-
d’erreurs dues Ă  une absence de rĂ©ponse, les parts esti-
mentaires, de subdiviser les sous-classes par région
mées pour certaines sous-classes sont souvent modifiées
ou type de points de vente (voir graphique 4.1). Par-
ou rĂ©visĂ©es sur la base d’informations additionnelles ou
fois, une sous-classe ne peut, ni ne doit, ĂȘtre subdivi-
complĂ©mentaires provenant d’autres sources.
sĂ©e, auquel cas, elle devient l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire.
Les sous-classes et agrégats élémentaires ne font pas
partie de la COICOP elle-mĂȘme, mais donnent une PondĂ©rations rĂ©gionales
ventilation plus détaillée des classes de la COICOP
qui est nĂ©cessaire pour Ă©tablir un IPC. 4.10 Au sein d’une sous-classe donnĂ©e, la pondĂ©ra-
tion régionale indique la proportion que représentent
4.7 Au sein de chaque agrégat élémentaire, un ou
les dĂ©penses de consommation d’une rĂ©gion dans les
plusieurs produits sont choisis pour représenter les
dĂ©penses de l’ensemble du pays pour cette sous-classe.
mouvements des prix de tous les biens et services de cet
Par exemple, si 60 % des dépenses totales de fruits frais
agrĂ©gat. Par exemple, l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire correspon-
sont enregistrées dans le nord du pays et 40 % dans le
dant au riz vendu dans les supermarchés du nord du
sud, la pondération régionale pour les fruits frais est
pays couvre tous les types de riz, le riz blanc mi-cuit et
alors de 60 % pour le nord et 40 % pour le sud.
le riz brun comportant plus de 50 % de grains brisés
4.11 Une rĂ©gion peut Ă©galement s’entendre d’une
étant choisis comme produits représentatifs. Il va de soi
zone gĂ©ographique, d’une ville ou d’un groupe de
que davantage de produits représentatifs peuvent en fait
villes, situé dans un endroit particulier ou ayant une
ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©s. Enfin, pour chaque produit reprĂ©sen-
certaine importance. On utilise les pondérations régio-
tatif, un certain nombre de produits individuels (comme
nales pour créer des entités plus homogÚnes suscep-
des marques prĂ©cises de riz mi-cuit) peuvent ĂȘtre rete-
tibles d’enregistrer des mouvements de prix analogues
nus pour la collecte des prix. LĂ  encore, le nombre de
et de présenter des habitudes de consommation ana-
produits Ă©lĂ©mentaires de l’échantillon peut varier en
logues. Par exemple, on peut observer des différences
fonction de la nature du produit représentatif.
trĂšs profondes dans les habitudes de consommation et
4.8 Les méthodes utilisées pour calculer les indices
l’évolution de prix entre les zones urbaines et les zones
d’agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires Ă  partir des observations des
rurales. Une distinction entre les diverses régions des
prix individuels recueillies au sein de chaque agrégat
pays fĂ©dĂ©raux s’impose Ă©ventuellement, car il peut ĂȘtre
Ă©lĂ©mentaire sont exposĂ©es au chapitre 9 et n’offrent
nĂ©cessaire d’établir des IPC pour les provinces ou les
guĂšre d’intĂ©rĂȘt pour le prĂ©sent chapitre. Tous les indices
États pour des raisons administratives ou politiques.
qui se situent au-dessus de ce niveau élémentaire sont
En outre, dans ces pays, les impĂŽts indirects et, en con-
présentés comme des indices de niveau supérieur qui
sĂ©quence, l’évolution des prix peuvent diffĂ©rer entre
peuvent ĂȘtre calculĂ©s Ă  partir des indices Ă©lĂ©mentaires en
les provinces.
utilisant comme pondérations les agrégats de dépenses
4.12 En général, on peut calculer les pondérations
Ă©lĂ©mentaires. La structure d’agrĂ©gation est cohĂ©rente, de
régionales sur la base des EBM ou les estimer à partir
sorte que la pondération à chaque niveau supérieur à
des données sur les ventes au détail ou sur la population.
l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire est toujours Ă©gale Ă  la somme de
Selon la taille et la structure du pays, les données dispo-
ses composantes. À chaque niveau d’agrĂ©gation, on peut
nibles, les ressources et l’objet de l’indice, on peut
calculer l’indice des prix sur la base des pondĂ©rations et
inclure ou non les pondĂ©rations rĂ©gionales dans l’IPC.
indices des prix de ses composantes (en d’autres termes,
les indices des prix élémentaires ou de niveau inférieur).
Les indices des prix élémentaires ne sont pas nécessaire-
ment assez fiables pour ĂȘtre publiĂ©s sĂ©parĂ©ment, mais ils PondĂ©rations des points de vente
font toujours partie des éléments de base des indices de ou des types de points de vente
niveau supérieur. En conséquence, aucune nouvelle don- 4.13 Les prix sont relevés dans divers points de
nĂ©e n’est introduite dans le calcul de l’IPC au-dessus du vente ou types de points de vente. On peut utiliser les
niveau de l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. informations sur les ventes ou les parts de marchĂ© des
points de vente pour établir des pondérations des agré-
gats élémentaires spécifiques à une région ou un type
PondĂ©rations des groupes, classes de points de vente. L’un des avantages que confĂšre le
et sous-classes recours aux pondérations des points de vente est de per-
4.9 Les pondérations des groupes, classes et sous- mettre de centraliser les données recueillies auprÚs des
classes reprĂ©sentent leurs parts dans les dĂ©penses totales supermarchĂ©s ou d’autres types de points de vente
de consommation de la population de référence. Elles appartenant à des chaßnes.

73
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

Pondérations des agrégats organes de commercialisation et entreprises, des infor-


élémentaires mations supplémentaires qui sont particuliÚrement
utiles pour estimer les pondérations au niveau le plus
4.14 Les pondérations des agrégats élémentaires
dĂ©taillĂ©. MĂȘme si elles ont parfois servi Ă  prĂ©parer les
sont celles des strates par classe ou sous-classe de
estimations de la comptabilité nationale, plusieurs de
dépenses, région et type de points de vente. Par
ces sources peuvent contenir des informations non utili-
exemple, les dépenses au sein de la sous-classe «fruits
sées par les statisticiens des comptes nationaux.
frais» peuvent ĂȘtre rĂ©parties entre quatre rĂ©gions, cha-
cune ayant sa propre pondération (voir tableau 4.1). Par
hypothĂšse, on sait ou on estime que 60 % des fruits sont EnquĂȘtes sur le budget des mĂ©nages
vendus dans des supermarchés et 40 % dans des points 4.17 Les EBM ayant éventuellement été conçues
de vente indĂ©pendants et que cette ventilation vaut pour pour plusieurs fins, il est souhaitable de s’assurer
toutes les rĂ©gions. On prend par exemple une pondĂ©ra- qu’elles rĂ©pondent aux exigences des IPC, dont les prin-
tion des fruits frais de 5 % dans l’IPC national. Si au- cipales sont qu’elles doivent ĂȘtre reprĂ©sentatives de tous
cune ventilation par rĂ©gion ou point de vente n’est les mĂ©nages du pays, n’excluant aucun groupe particu-
effectuĂ©e, l’ensemble de la sous-classe devient l’agrĂ©gat lier, et doivent comprendre tous les types de dĂ©penses
Ă©lĂ©mentaire dotĂ© d’une pondĂ©ration de 5 % dans l’in- de consommation des mĂ©nages.
dice global. 4.18 Certains paiements qui échappent au champ de
4.15 S’il est possible d’avoir des pondĂ©rations par l’IPC peuvent ĂȘtre inclus dans les EBM (impĂŽt sur le
rĂ©gion, mais non par type de points de vente, les 5 % revenu, primes d’assurance-vie, envois de fonds, dons et
sont rĂ©partis entre les quatre rĂ©gions de façon Ă  obtenir autres transferts, placements, versements d’épargne et
pour chacune d’elles un agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire distinct. remboursements de dette, par exemple). Ils doivent ĂȘtre
Par exemple, l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire de la rĂ©gion nord exclus du montant total utilisĂ© pour calculer les parts
aura une pondĂ©ration de 0,20 × 0,05 = 1,0 % dans l’IPC des dĂ©penses servant de base Ă  l’estimation des pondĂ©-
national. Si une division peut Ă©galement ĂȘtre opĂ©rĂ©e en rations de l’IPC. Il peut aussi exister une diffĂ©rence dans
fonction du type de points de vente, chaque région con- la couverture de la population entre le champ envisagé
tient alors deux agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires : l’un pour les pour l’IPC et le champ effectif des EBM, mais les effets
supermarchĂ©s et l’autre pour les points de vente indĂ©- sur l’IPC de tout biais en dĂ©coulant dans les estimations
pendants. La pondĂ©ration, par exemple, de l’agrĂ©gat Ă©lĂ©- des pondĂ©rations seront sans doute trĂšs faibles si les
mentaire pour les fruits frais vendus dans les supermar- EBM sont conçues de façon à donner des résultats pour
chĂ©s du nord du pays est dans ce cas 0,12 × 0,05 = 0,6 % l’ensemble de la population et non seulement pour un
dans l’IPC national. groupe particulier de celle-ci.
4.19 Les enquĂȘtes nationales de consommation ali-
Sources des donnĂ©es mentaire sont des enquĂȘtes spĂ©cifiques mettant essen-
tiellement l’accent sur la collecte d’informations sur les
4.16 La décision concernant la ou les sources qui dépenses que les familles consacrent à ces produits.
seront utilisées et comment elles le seront dépend de Elles offrent une ventilation trÚs détaillée des dépenses
l’analyse de leurs avantages et inconvĂ©nients respectifs en produits alimentaires qui peut ĂȘtre utilisĂ©e pour cal-
et de l’objet principal de l’indice. Dans la plupart des culer les pondĂ©rations des agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires de ces
pays, les deux principales sources servant au calcul des produits situés en deçà des classes COICOP.
pondérations sont les EBM et les estimations des 4.20 Les EBM peuvent servir à estimer des pondéra-
dĂ©penses de consommation finale des mĂ©nages de la tions spĂ©cifiques pour les rĂ©gions oĂč les habitudes de con-
comptabilitĂ© nationale. Il est toutefois possible d’obte- sommation sont diffĂ©rentes. On devrait appliquer ces pon-
nir, Ă  partir des statistiques de production ou de com- dĂ©rations aux indices d’agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires respectifs
merce extérieur ou des divers ministÚres, producteurs, afin de calculer les indices pour les régions concernées.
4.21 En général, les données des EBM concernant
certaines catégories de dépenses des ménages risquent
Tableau 4.1 Exemple de pondĂ©rations par rĂ©gion et type de ne pas ĂȘtre assez fiables et doivent ĂȘtre vĂ©rifiĂ©es au
de points de vente pour la sous-classe «fruits frais» moyen de comparaisons avec des donnĂ©es d’autres
Type de points de vente sources. Il se peut que certaines catégories de dépenses
ne soient mĂȘme pas couvertes par les EBM, de sorte
Pondérations Supermarché Indépendant
rĂ©gionales (60 %) (40 %) qu’il faut les estimer Ă  partir d’autres sources. Il va de soi
que la fiabilité des pondérations des IPC dépendra, dans
Nord 20 12 8 une grande mesure, de celles des données sur les
Sud 40 24 16 dépenses des ménages. Les EBM étant faites par son-
Ouest 30 18 12 dage, les estimations ne peuvent que comporter des aléas
Est 10 6 4
Total 100 60 40 d’échantillonnage, qui sont Ă©ventuellement assez impor-
tants dans le cas des dépenses faibles ou peu fréquentes.

74
LES PONDÉRATIONS DES DÉPENSES ET LEURS SOURCES

La qualitĂ© des estimations souffrira aussi de l’absence de l’Islande a pu obtenir dans ses EBM des informations
rĂ©ponse ou d’une sous-dĂ©claration de certaines catĂ©go- prĂ©cises sur les types et les marques des biens achetĂ©s
ries de consommation. La sous-déclaration est sans dans différents points de vente, à un coût pour ainsi dire
doute le problÚme le plus grave et le plus courant qui nul pour les sondés.
pénalise les EBM. Certaines dépenses ne sont pas signa-
lĂ©es, car elles rĂ©sultent d’un achat nĂ©gligeable ou excep-
tionnel qu’il est donc facile d’oublier. Bien qu’élevĂ©es, ComptabilitĂ© nationale
les estimations des dépenses de biens durables risquent 4.25 La portée et la définition de la consommation
aussi de prĂ©senter des difficultĂ©s, Ă©tant donnĂ© que les ne sont pas nĂ©cessairement les mĂȘmes dans les comptes
achats y affĂ©rents ne sont pas du tout frĂ©quents. D’autres nationaux et l’IPC et la population de rĂ©fĂ©rence des mĂ©-
dĂ©penses ne sont pas dĂ©clarĂ©es parce que les produits ne nages peut ĂȘtre diffĂ©rente dans la comptabilitĂ© nationale
sont pas socialement acceptables ou sont illégaux (drogue, et les EBM.
alcool ou tabac, par exemple). Si les sous-déclarations ne 4.26 PremiÚrement, dans la comptabilité nationale,
sont pas ajustées, les pondérations des produits élémen- le secteur des ménages se compose de tous les ménages
taires concernés sont sous-estimées et celles des produits résidents, y compris les personnes vivant en institution,
correctement déclarés surestimées. Il faut donc, dans la alors que, dans les EBM, il ne couvre pas les personnes
mesure du possible, comparer ou combiner les résultats vivant en permanence dans des institutions comme les
des EBM avec les statistiques d’autres sources lorsqu’on maisons de retraite ou les Ă©tablissements religieux. Si
calcule les pondĂ©rations des IPC, surtout si l’échantillon l’IPC est censĂ© couvrir tous les mĂ©nages rĂ©sidents, on
des EBM est étroit. peut donc utiliser les estimations de la comptabilité
4.22 Pour les besoins de l’IPC, il est souhaitable de nationale pour ajuster les donnĂ©es des EBM.
mener les EBM tous les ans. Les pays pourront à cette 4.27 Deuxiùmement, il est possible d’avoir deux
occasion réviser et mettre à jour les pondérations de concepts de consommation finale totale, le concept inté-
leurs dĂ©penses. L’un des avantages de la mise Ă  jour an- rieur et le concept rĂ©sident (voir chapitre 3). Le concept
nuelle des pondĂ©rations est qu’elle tend Ă  rĂ©duire les de consommation intĂ©rieure s’entend de la consomma-
différences entre les résultats obtenus en utilisant di- tion observée sur le territoire économique, y compris
verses formules de calcul de l’indice. Tout biais pouvant celle des mĂ©nages Ă©trangers en visite, mais exclut la
dĂ©couler de l’emploi d’un indice de Lowe qui utilise un consommation des mĂ©nages rĂ©sidents lorsqu'ils sont Ă 
panier fixe de biens et de services n'aura pas le temps l’étranger. Le concept rĂ©sident utilisĂ© dans la comptabi-
d’atteindre une ampleur significative (voir chapitres 1, 9 litĂ© nationale vise la consommation de tous les rĂ©sidents
et 15). du pays, qu’ils se trouvent sur le territoire national ou à
4.23 Certains pays mĂšnent les EBM sur une base l’étranger, la consommation des non-rĂ©sidents Ă©tant
continue en mettant progressivement Ă  jour les Ă©chan- exclue. Ne s’adressant en gĂ©nĂ©ral qu’aux mĂ©nages rĂ©si-
tillons. Un programme d’enquĂȘtes annuelles avec des dents, l’EBM couvre ou non leurs dĂ©penses Ă  l’étranger
échantillons suffisamment larges pour fournir le type en fonction des instructions données aux répondants.
d’estimations requises pour les pondĂ©rations des IPC 4.28 Les donnĂ©es des comptes nationaux peuvent
risque toutefois d’ĂȘtre trĂšs coĂ»teux. Pour cette raison, ĂȘtre utilisĂ©es pour amĂ©liorer les pondĂ©rations des pro-
certains pays conduisent de vastes enquĂȘtes Ă  des inter- duits qui sont sous-dĂ©clarĂ©s dans les EBM. Il convient
valles de cinq ou dix ans, complétées éventuellement de souligner que les chiffres de la comptabilité nationale
par une enquĂȘte annuelle avec un Ă©chantillon plus petit. sur la consommation finale des mĂ©nages sont en gĂ©nĂ©ral
D’autres pays Ă©talent sur plusieurs annĂ©es une enquĂȘte Ă©tablis Ă  partir de statistiques provenant des EBM et de
portant sur un échantillon large. La moyenne des résul- plusieurs autres sources. Cela revient à dire que les esti-
tats de petites enquĂȘtes menĂ©es sur plusieurs annĂ©es mations de la comptabilitĂ© nationale sont sans doute
successives peut donner une sĂ©rie d’estimations an- utiles lorsqu’il faut estimer les pondĂ©rations des catĂ©go-
nuelles satisfaisantes. Les pondĂ©rations calculĂ©es de ries de consommation qui tendent Ă  ĂȘtre mal dĂ©clarĂ©es
cette façon (pourcentages moyens des dépenses sur des dans les EBM ou lorsque les résultats des EBM souffrent
pĂ©riodes de deux ou trois ans) attĂ©nuent en outre tout d’un taux Ă©levĂ© de rĂ©ponses partielles ou de non-rĂ©ponses
comportement erratique des consommateurs sur une qui risque de les fausser.
brÚve période, imputable par exemple à des événements
comme des sécheresses ou des inondations, des guerres
civiles, des chocs pétroliers ou des hivers exceptionnel- Données sur les ventes au détail
lement doux ou rigoureux. 4.29 Des statistiques sur les ventes au détail par
4.24 Il conviendrait de souligner que certains pays rĂ©gion et type de points de vente peuvent ĂȘtre dispo-
pourraient expĂ©rimenter de nouvelles mĂ©thodes d’enre- nibles pour de vastes groupes de produits Ă©lĂ©mentaires.
gistrement des dĂ©penses dans les EBM en utilisant les L’un de leurs inconvĂ©nients est que certaines des ventes
donnĂ©es des caisses enregistreuses Ă©lectroniques saisies sont Ă©ventuellement faites Ă  des groupes n’appartenant
par lecture optique. Par exemple, en collectant les reçus pas à la population de référence (entreprises ou adminis-
remis aux clients (oĂč sont imprimĂ©s les codes-barres), trations Ă©ventuellement). Les achats correspondants

75
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

n’entrent pas dans la consommation privĂ©e des mĂ©- pondĂ©rations de l’IPC. Il ne faut pas cependant ignorer
nages. D’autres ventes peuvent ĂȘtre faites Ă  des non- les insuffisances de cette source d’information. La pre-
résidents inclus ou non dans la population de référence. miÚre est que, contrairement aux données des EBM,
En outre, il faut se souvenir que, dans le cas des données celles qui sont saisies par lecture optique ne peuvent
rĂ©gionales sur les ventes, certaines d’entre elles peuvent ĂȘtre rattachĂ©es Ă  un type particulier de mĂ©nages. Une
concerner des personnes habitant dans d’autres rĂ©gions. autre diffĂ©rence importante entre ces donnĂ©es est que
celles des EBM couvrent des biens achetés à des points
EnquĂȘtes sur les points d’achat de vente qui n'utilisent pas cette technologie, ainsi que
des biens et des services sans code-barres, indépendam-
4.30 Les enquĂȘtes sur les points d’achat peuvent four-
ment de l’endroit oĂč ils sont vendus. Bien que l’utilisa-
nir des statistiques utiles pour estimer les pondérations des
donnĂ©es de prix, car elles permettent d’analyser les habi- tion des donnĂ©es Ă©lectroniques progresse tous les ans,
tudes de consommation de divers segments de la popula- des segments importants du marché de la vente au détail
tion. On demande aux mĂ©nages, pour chaque produit Ă©lĂ©- n'ont pas recours Ă  la lecture optique, mĂȘme dans les
mentaire acheté, le montant dépensé dans chaque point de pays électroniquement les plus avancés.
vente oĂč les achats ont Ă©tĂ© effectuĂ©s, ainsi que le nom et
l’adresse de ces points de vente. On peut alors dresser une Recensements de population
liste des points de vente, dans laquelle est indiqué le total 4.33 Les recensements de population donnent des
des ventes des diffĂ©rents produits Ă©lĂ©mentaires Ă  l’échan- statistiques sur la rĂ©partition gĂ©ographique de la popula-
tillon de ménages. Un échantillon de points de vente est tion et des ménages, ainsi que sur les différences régio-
choisi à partir de cette liste, avec des probabilités propor- nales dans la taille et la composition des ménages. Utili-
tionnelles aux ventes. Étant donnĂ© que les EBM sont coĂ»- sĂ©es avec les estimations des dĂ©penses rĂ©gionales des
teuses et font double emploi avec les enquĂȘtes sur les mĂ©nages, ces statistiques peuvent servir Ă  estimer les
points d’achat, il est possible de fusionner les deux activi- pondĂ©rations de ces dĂ©penses, surtout lorsqu’on ne peut
tĂ©s de collecte de donnĂ©es dans une seule enquĂȘte intĂ©grĂ©e Ă©tablir de telles estimations avec un degrĂ© satisfaisant de
contenant des renseignements dĂ©taillĂ©s sur les dĂ©penses et prĂ©cision au moyen d’une EBM. En l’absence de statis-
les points de vente, parallÚlement aux informations démo- tiques sur les dépenses, les pondérations régionales
graphiques sur les mĂ©nages nĂ©cessaires pour Ă©tablir des peuvent ĂȘtre obtenues Ă  partir des statistiques sur la
indices de sous-groupes. population. Ces estimations des pondérations doivent en
4.31 On peut mener une enquĂȘte simplifiĂ©e pour gĂ©nĂ©ral supposer que les dĂ©penses par habitant ou par
obtenir les pondĂ©rations des groupes de produits par mĂ©nage sont les mĂȘmes dans toutes les rĂ©gions et ne pas
type de points de vente, aprĂšs un choix raisonnĂ© d’un tenir compte des diffĂ©rences d’ordinaire profondes qui
Ă©chantillon par type de points de vente. En l’absence existent entre les volumes et les habitudes de consomma-
d’une enquĂȘte de cette nature, on pourrait aussi estimer tion des populations urbaines et des populations rurales.
une ventilation des ventes par type de points de vente en
utilisant les statistiques nationales des ventes de détail
par type de points de vente obtenues Ă  partir d’une Comment les pondĂ©rations
enquĂȘte sur les points de vente. sont-elles calculĂ©es en pratique?
4.34 Une fois choisies la population de référence et la
Données saisies par lecture optique couverture des biens et services, il faut calculer les pondé-
4.32 Ces derniÚres années, quelques pays ont com- rations. En principe, cette opération est assez simple, car
mencĂ© Ă  calculer les pondĂ©rations de l’IPC Ă  l’aide des les pondĂ©rations reprĂ©sentent la part des dĂ©penses totales
statistiques tirées des données que les vendeurs sai- de consommation de tous les biens et services figurant
sissent avec leurs caisses enregistreuses et conservent dans le panier-type de l’indice qui revient à la population
dans leur base de données. Ces séries de données in- de référence pendant la période de référence. En pratique,
diquent les quantités vendues et les agrégats de valeurs toutefois, le calcul des pondérations n'est pas aussi facile
correspondants. (Les reçus des caisses enregistreuses et comporte plusieurs étapes.
fournissent en général les informations suivantes : nom
du point de vente, date et heure de l’achat, description
des produits élémentaires achetés, quantité, prix et Paiements qui ne sont pas
valeur, forme de paiement et, le cas échéant, montant de des dépenses de consommation
la TVA.) Il rĂ©sulte d’une comparaison entre les rĂ©sultats 4.35 Seules les dĂ©penses de consommation entrent
des EBM et les donnĂ©es correspondantes des grandes dans le calcul des pondĂ©rations de l’IPC. Comme on l’a
chaßnes de supermarchés saisies par lecture optique que vu au chapitre 3, les dépenses comme les paiements au
celles-ci peuvent accroĂźtre la fiabilitĂ© des pondĂ©rations titre des cotisations de sĂ©curitĂ© sociale ou de l’impĂŽt sur
(Gudnason, 1999). Cela renforce les arguments avancĂ©s le revenu, ou les remboursements d’emprunts, sont sans
par ceux qui soutiennent qu’on devrait utiliser ces don- objet et ne doivent pas ĂȘtre prises en compte, car elles ne
nées pour réviser plus souvent et à un coût moindre les correspondent pas à des dépenses de consommation.

76
LES PONDÉRATIONS DES DÉPENSES ET LEURS SOURCES

Dépenses peu importantes façon satisfaisante (drogues illégales, services de res-


4.36 Chaque agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire se compose d’un tauration ou autres relatifs Ă  des rĂ©ceptions ou soirĂ©es
groupe assez homogĂšne de produits dont l’un ou plu- privĂ©es, par exemple). MĂȘme s’il est impossible
sieurs, qui sont reprĂ©sentatifs, sont choisis en vue d’en d’obtenir des prix fiables, ces produits doivent ĂȘtre
dĂ©terminer les prix. Certains produits peuvent avoir une inclus dans le calcul des pondĂ©rations s’ils entrent
pondĂ©ration qui, Ă  toutes fins utiles, est nĂ©gligeable; en dans le champ de l’indice. Pour les produits dont les
pratique, leurs prix ne sont sans doute pas collectés. prix sont difficiles à déterminer, les solutions possibles
Les EBM qui, le plus souvent, sont la principale source sont les mĂȘmes que celles utilisĂ©es pour les dĂ©penses
de données utilisée pour calculer les pondérations peu importantes.
détaillées, contiennent en général des observations sur
des biens et des services beaucoup trop divers pour Utilisation et conjugaison
pouvoir en fait en recueillir les prix. Il n’est peut-ĂȘtre de diffĂ©rentes sources
pas judicieux de relever les prix de produits trĂšs nĂ©gli- 4.40 Dans la plupart des pays, l’EBM est la princi-
geables si leur contribution Ă  l’établissement de l’IPC pale source de donnĂ©es utilisĂ©e pour calculer les pondĂ©-
est pour ainsi dire nulle. rations. Toutefois, ses rĂ©sultats doivent ĂȘtre soigneuse-
4.37 MĂȘme s’il est Ă©ventuellement dĂ©cidĂ© de ne ment examinĂ©s et ajustĂ©s pour tenir compte de la
pas collecter les prix d’un produit donnĂ©, celui-ci reste sous-dĂ©claration ou de la surdĂ©claration de certains
dans le champ de l’IPC. Certaines variations de prix types de produits (voir supra). En gĂ©nĂ©ral, on ajuste les
doivent ĂȘtre explicitement ou implicitement prĂ©sumĂ©es rĂ©sultats des EBM Ă  l’aide d’informations supplĂ©men-
ou imputĂ©es et pondĂ©rĂ©es par les dĂ©penses. Deux solu- taires provenant d’autres sources pertinentes.
tions sont possibles : 4.41 Dans les pays oĂč elles permettent d’avoir des
‱ Le produit et les dĂ©penses y affĂ©rentes sont reprĂ©sen- estimations fiables des dĂ©penses des mĂ©nages, les don-
tĂ©s par l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire, mĂȘme si aucun prix nĂ©es de la comptabilitĂ© nationale peuvent ĂȘtre utilisĂ©es
n'est recueilli. L’indice de l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire est pour calculer les pondĂ©rations au niveau des agrĂ©gats.
estimĂ© entiĂšrement Ă  l’aide des prix des produits dont Les donnĂ©es dĂ©taillĂ©es des EBM peuvent alors servir Ă 
les prix sont relevés. Cela revient à présumer que le ventiler ou ajuster ces pondérations. Ainsi, il est pos-
prix du produit reprĂ©sentĂ© mais absent varie au mĂȘme sible de rapprocher ces donnĂ©es dĂ©taillĂ©es avec les don-
rythme que la moyenne des produits dont les prix nées agrégées des comptes nationaux pour calculer les
sont collectés. pondérations. Les pondérations des principaux groupes
‱ L’autre solution consiste Ă  rĂ©duire la pondĂ©ration de de dĂ©penses de consommation peuvent ĂȘtre obtenues Ă 
l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire des dĂ©penses en excluant les partir de la comptabilitĂ© nationale jusqu'Ă  un certain
dépenses au titre du produit absent. Cela revient à niveau de désagrégation, (par exemple, 70 groupes ou
présumer que le prix du produit exclu aurait évolué classes de dépenses de consommation). Chacune de ces
dans le mĂȘme sens que l’IPC global (tous les produits pondĂ©rations peut alors ĂȘtre de nouveau ventilĂ©e en
figurant en fait dans l’indice). appliquant les groupes de dĂ©penses dĂ©taillĂ©es des EBM
aux groupes ou classes de dépenses de consommation
4.38 En principe, l’IPC devrait couvrir toutes les des comptes nationaux. L’utilisation conjuguĂ©e de ces
catĂ©gories de produits et de dĂ©penses entrant dans son donnĂ©es assure la cohĂ©rence entre l’IPC et les donnĂ©es
champ, mĂȘme si les prix de certains produits ne sont pas de la comptabilitĂ© nationale sur les dĂ©penses de con-
collectĂ©s. On pourrait notamment dĂ©cider d’exclure des sommation des mĂ©nages au niveau des principaux
calculs de l’indice les groupes de produits alimentaires groupes de dĂ©penses de consommation.
dont les pondérations sont inférieures à 0,1 %, par
exemple, et ceux de produits non alimentaires dont elles Ajustement des pondérations
sont infĂ©rieures Ă  0,2 %. Il est possible de fixer un seuil calculĂ©es Ă  partir des enquĂȘtes
minimum plus bas pour les produits alimentaires, car
leurs prix tendent Ă  ĂȘtre beaucoup plus variables et sont
sur le budget des ménages
normalement moins coĂ»teux Ă  recueillir. Si un groupe de 4.42 Les informations tirĂ©es d’une EBM n’étant le
dĂ©penses est exclu, sa pondĂ©ration peut ĂȘtre transfĂ©rĂ©e Ă  plus souvent disponibles qu’aprĂšs un certain dĂ©lai (de
un autre groupe dont le contenu et l’évolution des prix l’ordre souvent d’au moins dix-huit mois), les nouvelles
sont analogues; il est possible aussi d’exclure totalement pondĂ©rations sont dĂ©calĂ©es par rapport Ă  la nouvelle
les dĂ©penses du calcul des pondĂ©rations. pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des prix retenue pour l’indice, oĂč
elles sont prises en compte.
4.43 Il peut ĂȘtre nĂ©cessaire d’ajuster les estimations
Produits dont il est difficile fondées sur les résultats des EBM afin de tenir compte
de déterminer les prix des changements importants survenus dans les habi-
4.39 Parmi les dĂ©penses de consommation, il y a tudes de dĂ©penses entre la date de l’enquĂȘte et celle Ă 
sans doute quelques produits dont les prix ou leurs laquelle les pondérations ont pris effet. En général, des
variations ne peuvent ĂȘtre mesurĂ©s directement ou de ajustements seront faits pour les produits dont l’impor-

77
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

tance augmente ou diminue sensiblement au cours de la chaque année pendant une période commune et calcu-
période. Il est en outre possible que les dépenses con- ler une moyenne arithmétique des données annuelle-
cernant certains produits ne puissent ĂȘtre obtenues au ment ajustĂ©es.
moyen d’une EBM, ces produits ayant Ă©tĂ© lancĂ©s une 4.46 La pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations prĂ©-
fois l’enquĂȘte terminĂ©e (par exemple, les tĂ©lĂ©phones cel- cĂ©dant en gĂ©nĂ©ral celle de rĂ©fĂ©rence des prix, il est pos-
lulaires et les coĂ»ts y affĂ©rents sont apparus, dans de sible d’actualiser par les prix les pondĂ©rations en valeur
nombreux pays, comme un nouveau type important de de dépenses afin de tenir compte des variations des prix
dĂ©penses Ă  la fin des annĂ©es 90). Il faut alors ajuster en relatifs entre les deux pĂ©riodes. L’actualisation des pon-
consĂ©quence les donnĂ©es de l’enquĂȘte. Les dĂ©penses au dĂ©rations par les prix est approfondie aux paragraphes
titre de ces nouveaux produits devraient ĂȘtre estimĂ©es 9.95 Ă  9.104 du chapitre 9.
sur la base d’informations provenant d’autres sources
disponibles (par exemple, les statistiques des importa-
tions et du commerce de détail), en tenant compte de la Nécessité de réviser les pondérations
nĂ©cessitĂ© d’exclure les dĂ©penses des entreprises ou 4.47 La plupart des pays calculent leur IPC en pre-
faites Ă  des fins commerciales. nant la variation de la valeur d’un panier-type prĂ©cis de
biens et de services. Un indice général de ce type est
exposĂ© dans le prĂ©sent manuel sous la forme d’un indice
Période de référence des pondérations de Lowe. Ses propriétés et son comportement sont
4.44 La période de référence des pondérations est expliqués aux chapitres 1, 9 et 15. Bien que les IPC
celle Ă  laquelle s’appliquent les pondĂ©rations estimĂ©es. soient souvent dĂ©crits comme des indices de Laspeyres,
Le choix de la période couverte par les statistiques des ils ne correspondent guÚre en pratique à de tels indices.
dépenses utilisées pour calculer les pondérations est cru- Par définition, le panier-type des biens et services dans
cial. De façon générale, la période retenue comme base un indice de Laspeyres est celui de la période de réfé-
des pondĂ©rations devrait ĂȘtre assez longue pour com- rence des prix, alors qu'un IPC typique utilise le panier
prendre un cycle saisonnier. En outre, si l’indice n'est pas d’une pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations qui prĂ©cĂšde
chaĂźnĂ© annuellement, la situation Ă©conomique de l’annĂ©e celle de rĂ©fĂ©rence des prix (comme on vient de l’expli-
choisie devrait pouvoir ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme ayant Ă©tĂ© quer). De nombreux pays utilisant le mĂȘme panier fixe
plutĂŽt normale ou stable. À cet effet, il peut ĂȘtre nĂ©ces- de biens et de services pendant plusieurs annĂ©es, il faut
saire d’ajuster certaines des valeurs afin de les normali- se demander Ă  quelle frĂ©quence le panier-type doit ĂȘtre
ser et de corriger toute irrégularité dans les données de la révisé pour éviter qu'il ne devienne périmé ou ne perde
période en question qui constituent la source des infor- sa signification.
mations. La pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations ne 4.48 À court terme, les consommateurs modifieront
devrait pas ĂȘtre trop Ă©loignĂ©e de celle de la rĂ©fĂ©rence des leurs habitudes en rĂ©action aux variations des prix rela-
prix. Le plus souvent, on prend une annĂ©e civile. Un tifs, surtout entre les produits appartenant Ă  la mĂȘme
mois ou un trimestre est trop court pour ĂȘtre utilisĂ© classe ou sous-classe. À plus long terme, d’autres fac-
comme base des pondérations à cause des influences teurs influenceront aussi leur comportement. Il est trÚs
accidentelles ou saisonniùres qu’il risque de subir. Dans important de signaler que les changements dans le
certains cas, il se peut que les donnĂ©es d’une seule annĂ©e niveau et la rĂ©partition des revenus des mĂ©nages rĂ©orien-
ne soient pas suffisantes parce que la situation écono- teront la demande de biens et de services vers ceux dont
mique est inhabituelle ou que l’échantillon n'est pas l’élasticitĂ©-revenu est Ă©levĂ©e. Les facteurs dĂ©mogra-
assez vaste. Il est alors possible de calculer les pondéra- phiques, comme le vieillissement de la population, et les
tions à partir de la moyenne des données sur les dépenses mutations technologiques, comme le développement de
de plusieurs annĂ©es. Les États-Unis et le Royaume-Uni l’informatique, sont des exemples d’autres facteurs qui
ont recours Ă  cette mĂ©thode. Les États-Unis se servent modifieront le comportement des consommateurs Ă  plus
des informations sur les dépenses provenant des Con- long terme. En outre, de nouveaux produits seront lancés
sumer Expenditure Surveys menées sur une période de et il se peut que ceux qui existent soient modifiés ou de-
trois ans. Au Royaume-Uni, la moyenne triennale des viennent obsolĂštes. Un panier-type fixe ne tiendra pas
données des Expenditure and Food Surveys est utilisée compte de tous ces changements
pour le calcul des pondérations régionales et les travaux 4.49 Par suite à la fois des variations des prix rela-
de stratification, ainsi que pour un nombre limité de tifs et des effets à long terme, les pondérations peuvent
groupes de produits dont les prix tendent Ă  ĂȘtre particu- ĂȘtre dĂ©passĂ©es et reprĂ©senter moins bien les habitudes
liùrement instables. de consommation. Le biais de l’indice de Lowe s’aggra-
4.45 Dans les pĂ©riodes de forte inflation, il est pos- vera sans doute avec la durĂ©e d’utilisation des pondĂ©ra-
sible de calculer des pondĂ©rations pluriannuelles en fai- tions (voir chapitre 15). À un certain moment, il sera
sant la moyenne des parts plutĂŽt que des niveaux effec- donc souhaitable d’utiliser les pondĂ©rations d’une pĂ©-
tifs des valeurs. La moyenne des niveaux effectifs riode plus rĂ©cente pour que l’indice pondĂšre adĂ©quate-
donnerait trop de poids aux données des années les plus ment les variations de prix auquel font alors face les
récentes. On pourrait aussi mettre à jour les valeurs de consommateurs.

78
LES PONDÉRATIONS DES DÉPENSES ET LEURS SOURCES

FrĂ©quence de l’actualisation pĂ©riode qui chevauche la prĂ©cĂ©dente de façon Ă  ce que


des pondĂ©rations les deux pĂ©riodes puissent ĂȘtre chaĂźnĂ©es.

4.50 Dans sa résolution sur les indices des prix à la Classification


consommation, la Conférence internationale des statisti-
ciens du travail (CIST) de 1987 avait recommandé 4.56 Dans le calcul des pondérations, les postes de
d’actualiser pĂ©riodiquement (tous les dix ans au moins) dĂ©penses dĂ©taillĂ©s recensĂ©s dans les EBM doivent corres-
les pondĂ©rations afin de garantir la reprĂ©sentativitĂ© de pondre aux classes de dĂ©penses de l’IPC. Si ce n’est pas le
l’indice. Cependant, la rĂ©solution de la CIST de 2003 cas, il convient de modifier les rĂ©sultats des EBM en agrĂ©-
propose une actualisation plus fréquente (tous les cinq geant ou en désagrégeant les rubriques pertinentes en
ans, par exemple). Les pays qui connaissent des muta- fonction des catĂ©gories pertinentes de dĂ©penses de l’IPC.
tions économiques importantes et, en conséquence, des Cette opération est plus facile à réaliser et est plus fiable
changements plus rapides dans les habitudes de con- lorsque la liste des codes des postes de dépenses des EBM
sommation devraient actualiser leurs pondérations et celle utilisée pour recueillir les observations de prix
encore plus souvent (tous les ans, par exemple). pour l’IPC sont coordonnĂ©es.
4.51 La rĂ©vision des pondĂ©rations devient en gĂ©nĂ©- 4.57 À des fins de comparaison internationale, le
ral d’autant plus nĂ©cessaire que leur pĂ©riode de rĂ©fĂ©- dispositif de classification des biens et services devrait,
rence s’allonge. La dĂ©cision d’actualiser les pondĂ©ra- dans la mesure oĂč cela ne pose pas de difficultĂ©s d’or-
tions dĂ©pend, pour l’essentiel, des diffĂ©rences dre pratique, suivre la classification des fonctions de
constatées entre leur structure en vigueur et celle de leur consommation des ménages des Nations Unies (COI-
annĂ©e de rĂ©fĂ©rence. L’évolution de l’importance relative COP) (voir annexe 2). Pour faciliter l’estimation et
de chaque produit Ă©lĂ©mentaire peut ĂȘtre observĂ©e dans l’application des pondĂ©rations, il est Ă©galement souhai-
les résultats des EBM. Si ces statistiques ne sont dispo- table que la classification retenue soit compatible avec
nibles qu'à des intervalles irréguliers, il se peut que la celle utilisée pour les EBM et les autres statistiques
fréquence des révisions des pondérations soit automati- (données sur les ventes au détail, par exemple). Afin de
quement liée à leur disponibilité. préserver la coordination du systÚme statistique et la
4.52 La mise en place de nouvelles pondérations comparabilité internationale, il faudrait aussi que les
chaque année pourrait éventuellement entraßner une catégories de dépenses des ménages soient classées
hausse de l’indice si la consommation fluctue beau- dans les EBM d’une maniùre qui cadre avec la COI-
coup Ă  cause de facteurs comme un blocage Ă©cono- COP et qu’il soit possible de faire concorder avec la
mique ou des conditions atmosphériques trÚs favo- COICOP les produits dont les prix de détail sont rele-
rables ou dĂ©favorables. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le vĂ©s. Un autre objectif important est de faire en sorte
profil des sĂ©ries chronologiques de l’indice peut ĂȘtre que la structure d’agrĂ©gation employĂ©e dans le systĂšme
sensible au choix de la période de référence des pondé- de classification réponde aux principaux besoins des
rations. La meilleure solution serait peut-ĂȘtre d’utili- utilisateurs.
ser, si possible, une période de consommation «nor- 4.58 En prenant la COICOP comme exemple, la
male» comme base des informations pour les structure hiérarchique des classifications est la suivante :
pondĂ©rations et d’éviter les pĂ©riodes marquĂ©es par des ‱ groupes : on en dĂ©nombre 47 dans la COICOP;
facteurs spĂ©ciaux temporaires. Toutes les informations ‱ classes : subdivisions des groupes;
disponibles sur la nature de la consommation pendant ‱ sous-classes : le niveau le plus bas des catĂ©gories
une pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence des pondĂ©rations devraient faisant l’objet de pondĂ©rations et en gĂ©nĂ©ral le
ĂȘtre prises en considĂ©ration. niveau le plus dĂ©taillĂ© de la structure pour laquelle
4.53 Lorsque les pondĂ©rations sont fixĂ©es pour plu- des sĂ©ries d’indices sont publiĂ©es (composantes et
sieurs années, il conviendrait de les choisir de façon à ce pondérations des dépenses qui demeurent fixes
qu'elles ne soient guĂšre susceptibles de changer profon- lorsqu’on utilise un indice Ă  pondĂ©ration fixe);
dĂ©ment dans l’avenir, et non Ă  ce qu’elles reflĂštent prĂ©- ‱ produits individuels : le niveau le plus bas du
cisĂ©ment l’activitĂ© d’une pĂ©riode donnĂ©e, qui peut ĂȘtre panier-type de l’IPC (c’est-Ă -dire les biens et ser-
d’une certaine maniùre anormale. vices dont les prix sont en fait recueillis); il s’agit
4.54 Il est souhaitable d’examiner les pondĂ©rations du niveau auquel la composition du panier de l’IPC
tous les ans afin de veiller Ă  ce qu'elles soient suffisam- peut ĂȘtre ajustĂ©e entre deux rĂ©visions majeures de
ment fiables et reprĂ©sentatives. L’objet de cet examen, la structure de pondĂ©ration afin de reflĂ©ter les chan-
qui peut se limiter aux pondĂ©rations au niveau des sous- gements dans l’offre de produits et les habitudes de
indices et de leurs principales composantes, devrait ĂȘtre consommation.
de vérifier si des signes de changements importants 4.59 Les indices de niveau supérieur sont cons-
dans les habitudes de consommation sont apparus truits en pondérant ensemble ceux de niveau inférieur
depuis la période de référence. par des agrégations progressives, selon la définition de
4.55 Chaque fois que la structure de pondération est la structure de classification. Les pondérations sont
actualisĂ©e, le nouvel indice devrait ĂȘtre calculĂ© sur une fixes pendant une pĂ©riode (par exemple, de trois ou

79
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

cinq ans) comprise entre les mises Ă  jour des pondĂ©ra- 4.65 L’approche «pondĂ©ration fixe» peut Ă©galement
tions des indices. avoir des inconvĂ©nients, l’un des plus graves Ă©tant que,
4.60 Le choix du niveau de l’indice auquel la struc- pour les mois sans lĂ©gumes ni fruits frais, il faut estimer
ture et les pondérations sont fixes pendant une période est ou imputer (ou, comme le font certains pays, recon-
particuliĂšrement important. Le principal avantage de rete- duire) les prix et les indices. L’approche «pondĂ©ration
nir un niveau assez élevé est que les échantillons effectifs mobile» ne nécessite pas de telles imputations. En
des produits et leurs prix en deçà de ce niveau peuvent outre, la pondération fixe moyenne établie tous les mois
ĂȘtre ajustĂ©s et mis Ă  jour en tant que de besoin. De nou- de l’annĂ©e ne reflĂšte pas la consommation mensuelle.
veaux produits peuvent ĂȘtre ajoutĂ©s aux Ă©chantillons et En consĂ©quence, s’il existe une corrĂ©lation nĂ©gative
les pondérations au niveau inférieur recalculées sur la entre les prix et les quantités, un biais positif risque
base d’informations rĂ©centes. Il y a donc plus de chances d’ĂȘtre prĂ©sent dans l’indice.
que l’indice reste reprĂ©sentatif si l’échantillon de produits 4.66 La dĂ©cision de mesurer les biens saisonniers
reprĂ©sentatifs est soumis Ă  un examen continu. selon l’une ou l’autre approche dĂ©pend de l’importance
4.61 Si le niveau est fixé relativement bas dans la donnée aux variations mensuelles ou aux variations de
structure de l’indice, il est plus difficile de maintenir la l’indice à long terme. L’emploi d’un panier-type annuel
reprĂ©sentativitĂ© de l’indice sur une base continue et la et de parts annuelles de dĂ©penses se justifie lorsqu’on
nĂ©cessitĂ© d’examiner l’indice et de mettre Ă  jour les s’intĂ©resse surtout Ă  la tendance Ă  long terme des prix.
pondérations périodiquement est plus grande. Dans ce En revanche, si on se préoccupe essentiellement des
cas, les arguments en faveur d’une mise Ă  jour frĂ©quente variations mensuelles, les pondĂ©rations annuelles dont
des pondĂ©rations prennent de l’importance. est assorti chaque rapport de prix mensuel risquent de
ne pas représenter les transactions réellement opérées au
Produits élémentaires nécessitant cours des deux mois consécutifs considérés. Dans ce
cas, l’utilisation de pondĂ©rations annuelles peut ampli-
un traitement particulier fier considérablement les variations des prix mensuels
4.62 Certains produits, comme les produits saison- des produits élémentaires hors saison1. Pour répondre
niers, les assurances, les biens d’occasion, les dĂ©penses aux besoins des diffĂ©rents utilisateurs, il peut ĂȘtre judi-
effectuĂ©es Ă  l’étranger, etc. peuvent nĂ©cessiter un traite- cieux de construire deux indices : l’un pour mesurer Ă 
ment spĂ©cial lorsqu’on Ă©tablit leur pondĂ©ration. (Pour court terme les variations des prix (avec des pondĂ©ra-
plus de prĂ©cisions, des renvois sont faits aux chapitres 3, tions mensuelles variables) et l’autre pour Ă©tablir l’in-
10 et 22.) dice à long terme (avec des pondérations annuelles
4.63 Produits saisonniers. Diverses approches fixes). La question des produits élémentaires saisonniers
peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour les produits saisonniers, par est approfondie au chapitre 22.
exemple : 4.67 Assurances. Les pondérations des assurances-
‱ l’approche «pondĂ©ration fixe» : la mĂȘme pondĂ©ration dommages pourraient ĂȘtre Ă©tablies Ă  partir soit des
est attribuée au produit saisonnier tous les mois, en primes brutes acquittées, soit des commissions de ser-
utilisant un prix imputé pour les mois hors saison; les vice implicites (voir la section du chapitre 3 sur les
produits saisonniers sont traités comme les autres pro- assurances). Ces commissions (acquittées aux fins de la
duits de consommation; gestion de la sociĂ©tĂ© d’assurance et du coĂ»t de la pres-
tation des services d’assurance) sont estimĂ©es en ajou-
‱ l’approche «pondĂ©ration variable» : le produit est assor- tant aux primes brutes les revenus de placement des
ti d’une pondĂ©ration mobile certains mois; selon cette rĂ©serves techniques et en dĂ©duisant les indemnisations
méthode, les pondérations des produits saisonniers payées aux assurés en rÚglement des sinistres2. Les
changent tous les mois en fonction des variations des primes nettes des commissions de service sont, par
quantités consommées pendant les différents mois de la définition, les primes brutes moins les commissions de
pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence; cependant, le principe du panier- service : en d’autres termes, elles sont Ă©gales aux
type fixe, c’est-Ă -dire les pondĂ©rations fixes, devrait ĂȘtre indemnisations. Les primes nettes des commissions et
conservĂ© du moins Ă  un certain niveau d’agrĂ©gation. les indemnisations peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des
4.64 L’approche «pondĂ©ration fixe» prĂ©sente sur- transferts, ou des redistributions, entre les mĂ©nages
tout l’avantage d’ĂȘtre compatible avec celle utilisĂ©e
pour les autres biens et services de consommation et
avec la formule de l’indice de panier-type fixe. Con- 1Par exemple, l’impact de l’évolution des prix de la tomate au dĂ©but
trairement Ă  la pondĂ©ration mobile, la pondĂ©ration fixe de la saison serait exagĂ©rĂ© dans l’indice gĂ©nĂ©ral. De mĂȘme, son
reflĂšte les variations mensuelles des prix uniquement et impact dans les mois de crĂȘte serait sous-Ă©valuĂ©.
2Dans les comptes nationaux, les «primes nettes» correspondent à la dif-
non celles des quantités. Un autre inconvénient des pon-
dĂ©rations mobiles est qu’elles sont Ă©tablies Ă  partir des fĂ©rence entre la somme des primes brutes et des revenus de placement et
les commissions de service estimées. Elles sont égales, par définition,
variations saisonniÚres mensuelles de la période de réfé- aux indemnisations payables, les deux catégories de flux étant traitées
rence, tandis que les variations mensuelles de la con- comme des transferts, ou des redistributions, entre ménages détenteurs
sommation peuvent changer d’une annĂ©e Ă  l’autre. de polices, et ne sont pas considĂ©rĂ©es comme des dĂ©penses.

80
LES PONDÉRATIONS DES DÉPENSES ET LEURS SOURCES

détenteurs des polices. En général, il semble préférable 4.71 La plupart des pays prennent en compte les
d’établir les pondĂ©rations des assurances-dommages Ă  dĂ©penses de biens d’occasion dans l’estimation des pon-
partir des commissions de service. Ce sont les mon- dĂ©rations de l’IPC, mais les prix de ces biens ne sont pas
tants, selon les estimations, payés par les ménages pour relevés (à cause de la difficulté de déterminer le prix du
les services fournis par les compagnies d’assurance. mĂȘme bien tous les mois ou, lorsque les biens sont dif-
Cependant, il existe également des arguments en faveur férents, de procéder aux ajustements de qualité voulus).
de l’établissement des pondĂ©rations Ă  partir des primes On prĂ©sume donc que les prix des biens, qu’ils soient
brutes. C’est un point difficile sur lequel il n'existe pas neufs ou d’occasion, Ă©voluent dans le mĂȘme sens.
encore de consensus. 4.72 Des pondĂ©rations distinctes doivent ĂȘtre attri-
4.68 Biens d’occasion, automobiles comprises. Les buĂ©es aux biens d’occasion dans les pays oĂč les achats
prix des biens durables d’occasion achetĂ©s par les mĂ©- de ces biens sont importants et oĂč on estime que leurs
nages sont pris en compte dans l’IPC de la mĂȘme façon prix ne suivent pas la mĂȘme Ă©volution que celle des
que ceux des biens neufs (voir paragraphes 3.127 à 3.129 biens neufs. Les informations nécessaires pourraient
du chapitre 3). Cependant, les mĂ©nages vendent aussi ĂȘtre extraites, du moins pour certains biens durables de
des biens durables d’occasion, comme les automobiles. premier plan, des EBM, si elles couvraient aussi les
Si le prix d’un bien d’occasion augmente, le mĂ©nage biens d’occasion.
acquĂ©reur s’appauvrit, tandis que le mĂ©nage vendeur 4.73 DĂ©penses Ă  l’étranger et dĂ©penses des non-
s’enrichit. Du point de vue des pondĂ©rations, les ventes rĂ©sidents. Si l’objectif est de construire un indice reprĂ©-
constituent des dépenses négatives, ce qui suppose que sentatif des mouvements des prix dans une région ou un
les variations des prix des biens d’occasion vendus par pays donnĂ©, le systĂšme de pondĂ©ration doit reflĂ©ter les
des ménages ont implicitement une pondération négative achats effectués par les ménages résidents ou non-rési-
dans l’IPC. En effet, les achats et ventes de biens d’occa- dents. En pratique, la proportion des achats faits par des
sion entre mĂ©nages, directement ou par un intermĂ©diaire, visiteurs en provenance de l’étranger ou d’autres
s’annulent (sauf en ce qui concerne les marges des inter- rĂ©gions peut ĂȘtre difficile Ă  estimer, sauf dans le cas de
mĂ©diaires, voir chapitre 3) et ne donnent lieu Ă  aucune certains types d’achats dans les zones gĂ©ographiques oĂč
pondĂ©ration dans l’IPC. Toutefois, les mĂ©nages achĂštent le tourisme Ă©tranger est la principale activitĂ© Ă©cono-
également aux autres secteurs ou leur vendent. Pour la mique. Il faut utiliser des sources autres que les EBM
population de rĂ©fĂ©rence prise dans son ensemble, Ă  pour s’assurer que les pondĂ©rations prennent en compte
savoir l’ensemble complet des mĂ©nages couvert par les dĂ©penses des touristes Ă©trangers, ainsi que tous les
l’IPC, les pondĂ©rations Ă  attribuer Ă  un bien d’occasion achats de biens et de services de consommation effec-
d’un type particulier correspondent aux dĂ©penses totales tuĂ©s dans le pays par des mĂ©nages rĂ©sidents ou non rĂ©si-
des mĂ©nages y affĂ©rentes moins la valeur des recettes des dents. Ces sources peuvent ĂȘtre la comptabilitĂ© natio-
ménages tirées des ventes à destination ou en prove- nale ou les statistiques des ventes.
nance des autres secteurs. Rien ne justifie que ces 4.74 Lorsque le principal objectif de l’indice est de
dĂ©penses et recettes s’annulent dans l’agrĂ©gat. Par mesurer les variations des prix pour la population rĂ©si-
exemple, il se peut que nombre des voitures d’occasion dente, les pondĂ©rations devraient tenir compte de leurs
achetĂ©es par les mĂ©nages soient importĂ©es. La diffĂ©rence dĂ©penses Ă  l’étranger. Cela nĂ©cessiterait de collecter,
entre les dépenses et les ventes totales correspond en dans le cadre des EBM, des données sur les dépenses
général aux dépenses nettes des ménages, soit la pondé- effectuées en dehors du pays (par exemple, celles de
ration à attribuer au bien d’occasion en question. repas et d’hîtel pendant les vacances, de biens durables,
4.69 Sauf dans le cas des voitures d’occasion, il est de santĂ© et d’éducation). Pour construire l’indice en
pour ainsi dire impossible d’estimer les dĂ©penses nettes, couvrant les dĂ©penses Ă  l’étranger, il serait possible :
la plupart des EBM ne collectant pas les donnĂ©es qui ‱ de relever les prix Ă  l’extĂ©rieur du pays de rĂ©sidence;
permettraient de comparer les dĂ©penses et les recettes ‱ d’utiliser des sous-indices pertinents fournis par les
des ventes des biens d’occasion de types particuliers. statisticiens d’autres pays pour les types de produits
D’ordinaire, seul le montant total provenant de la vente achetĂ©s dans ces pays par les rĂ©sidents;
de biens d’occasion est recueilli. Toutefois, cette infor-
mation ne donne une idĂ©e ni du volume, ni de l’impor- ‱ de constituer un groupe de rĂ©sidents qui communi-
tance de ces transactions dans l’économie nationale. Les queraient les prix payĂ©s pour leurs achats Ă  l’étranger.
pays oĂč ce volume est faible peuvent ne pas tenir 4.75 Étant donnĂ© qu’il est difficile de trouver dans
compte des biens d’occasion (exception faite des auto- les EBM des donnĂ©es fiables sur les dĂ©penses Ă 
mobiles) dans le calcul des pondĂ©rations de l’indice. l’étranger et, sur le plan pratique, de construire un
4.70 Comme elles sont en gĂ©nĂ©ral Ă©levĂ©es, les indice pour ces dĂ©penses, il faut peut-ĂȘtre alors Ă©tablir
sommes dĂ©pensĂ©es pour l’achat de vĂ©hicules d’occasion les pondĂ©rations Ă  partir des EBM sans ajustement en
devraient ĂȘtre incluses dans le panier-type de l’IPC si fonction du lieu d’acquisition et ne recueillir les prix
les données étaient disponibles. Faute de données que des biens et services acquis sur le territoire écono-
fiables, leur pondĂ©ration peut toutefois ĂȘtre ajoutĂ©e Ă  mique du pays. Cette approche suppose que les varia-
celle des automobiles neuves. tions des prix des biens et services acquis Ă  l’étranger

81
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

sont les mĂȘmes que celles des biens et services ana- tolĂ©rable diminue Ă  mesure qu’augmente le taux de
logues acquis dans le pays. variation des prix relatifs des produits élémentaires per-
tinents. Enfin, si les erreurs de pondération peuvent ne
Erreurs de pondĂ©ration pas avoir une grande influence sur l’indice global, elles
4.76 Si les prix Ă©voluaient tous dans le mĂȘme sens, risquent Ă  l’évidence d’ĂȘtre graves au niveau des sous-
les pondĂ©rations n’auraient pas d’importance. Par groupes. L’expĂ©rience australienne montre que mĂȘme
contre, le rĂŽle jouĂ© par les pondĂ©rations dans l’évalua- les produits Ă©lĂ©mentaires assortis de pondĂ©rations relati-
tion des variations globales des prix est d’autant plus vement Ă©levĂ©es peuvent tolĂ©rer des erreurs de 20 Ă  30 %
important que le comportement des prix varie entre les (Australian Bureau of Statistics, 2000). D’aprùs des
produits. Ă©tudes d’Eurostat, les IPC sont assez peu sensibles aux
4.77 Les changements négligeables dans les pondé- changements dans les pondérations. Eurostat a toutefois
rations n’ont en gĂ©nĂ©ral guĂšre d’effet sur l’IPC global. suggĂ©rĂ© de mettre au point des procĂ©dures de contrĂŽle
Une erreur dans les pondĂ©rations d’un sous-indice de la qualitĂ© pour suivre les pondĂ©rations des produits
donnĂ© n’a de l’importance que dans la mesure oĂč ses Ă©lĂ©mentaires dont l’évolution des prix a Ă©tĂ© diffĂ©rente de
variations diffùrent des variations moyennes de l’IPC celle de l’indice global (Eurostat, 2001). La question
global. En gĂ©nĂ©ral, l’erreur de pourcentage tolĂ©rable des rĂ©percussions des erreurs de pondĂ©ration sur les
dans un indice est d’autant plus faible que sa pondĂ©ra- sous-indices et les indices globaux est examinĂ©e dans
tion est Ă©levĂ©e. Il s’ensuit que l’erreur de pondĂ©ration Rameshwar (1998).

82
ÉCHANTILLONNAGE
5
Introduction 5.5 Pourquoi ne prend-on seulement qu’un Ă©chan-
tillon d’unitĂ©s? Mis Ă  part qu’il serait pour ainsi dire
5.1 La procédure utilisée par les offices nationaux matériellement impossible, et financiÚrement prohibitif,
de statistiques pour relever les prix en vue d’établir un d’essayer de couvrir tous les produits dans tous les
indice des prix Ă  la consommation (IPC) est l’enquĂȘte points de vente, les donnĂ©es seront sans doute de meil-
par sondage. Dans de nombreux pays, il serait plus leure qualitĂ© si l’on suit un plus petit nombre d’unitĂ©s,
juste de considĂ©rer qu’il s’agit en fait d’un grand car on utilisera alors du personnel plus spĂ©cialisĂ© et
nombre d’enquĂȘtes diffĂ©rentes portant chacune sur dif- mieux entraĂźnĂ©. De surcroĂźt, l’opĂ©ration pourra ĂȘtre con-
fĂ©rents sous-ensembles de produits couverts par l’in- duite dans des dĂ©lais plus brefs.
dice. Nous commencerons donc par exposer certains 5.6 Dans un tirage aléatoire, les unités sont choisies
des concepts gĂ©nĂ©raux des enquĂȘtes par sondage, qu’il de telle maniĂšre que chacune d’elles (point de vente ou
convient de garder Ă  l’esprit quand on examine un type produit) a une probabilitĂ© de sĂ©lection connue diffĂ©rente
particulier d’enquĂȘte, tel qu’un relevĂ© de prix entrepris de 0. Par exemple, les points de vente peuvent ĂȘtre sĂ©lec-
en vue d’établir un IPC. tionnĂ©s par tirage alĂ©atoire Ă  partir d’un registre du com-
5.2 Un objectif quantitatif, un IPC par exemple, est merce sur lequel chacun d’eux a la mĂȘme chance d’ĂȘtre
défini par rapport à : choisi. Traditionnellement, toutefois, ce sont les méthodes
‱ un univers composĂ© d’une population finie d’unitĂ©s de tirage non alĂ©atoire que l’on utilise le plus souvent pour
(des produits, par exemple); choisir des points de vente ou des produits afin d’établir un
‱ une ou plusieurs variables dĂ©finies pour chaque unitĂ© de IPC. La mĂ©thode du produit reprĂ©sentatif est particuliĂšre-
l’univers considĂ©rĂ© (les prix et quantitĂ©s, par exemple); ment populaire pour la sĂ©lection des produits Ă©lĂ©mentaires.
Les autres mĂ©thodes utilisĂ©es sont l’échantillonnage fondĂ©
‱ une formule combinant les valeurs d’une ou plusieurs sur un seuil d’inclusion et l’échantillonnage par la mĂ©thode
de ces variables pour toutes les unitĂ©s de l’univers en des quotas (voir ci-aprĂšs). Il arrive aussi que l’on combine
une valeur unique appelée paramÚtre (par exemple deux méthodes; les points de vente sont par exemple sélec-
l’indice de Laspeyres). tionnĂ©s par tirage alĂ©atoire, et les produits par la mĂ©thode
C’est Ă  la valeur de ce paramĂštre que l’on s’intĂ©resse. du produit reprĂ©sentatif.
5.3 L’univers considĂ©rĂ© prĂ©sente en gĂ©nĂ©ral trois di- 5.7 Une fois que la dĂ©cision de procĂ©der Ă  un
mensions : une dimension de produit, qui consiste en échantillonnage est prise, deux questions se posent :
l’ensemble des produits et variĂ©tĂ©s de produits achetĂ©s, comment choisir l’échantillon, et comment utiliser les
une dimension géographique et de point de vente, qui valeurs de celui-ci pour estimer le paramÚtre. La pre-
consiste en l’ensemble des points de vente ou canaux miĂšre porte sur le choix d’un procĂ©dĂ© d’échantillon-
par lesquels un produit est vendu, et une dimension tem- nage, la seconde sur la procĂ©dure d’estimation. Nous
porelle, qui consiste en l’ensemble des subdivisions examinerons d’abord les procĂ©dĂ©s d’échantillonnage.
d’une pĂ©riode de l’indice. La dimension temporelle re-
cevra moins d’attention, car la variation des prix est en
général plus faible sur une courte période et les aspects Techniques de tirage aléatoire
temporels peuvent ĂȘtre traitĂ©s dans le cadre des spĂ©cifi- 5.8 Cette section prĂ©sente une sĂ©rie de concepts et
cations du produit et du point de vente. de techniques d’ordre gĂ©nĂ©ral de tirage d’échantillons
5.4 Dans ce chapitre, les deux premiĂšres dimen- qui ont des applications importantes pour les indices des
sions seront considérées comme statiques sur les pé- prix. Cette présentation rapide couvre les procédés de
riodes considĂ©rĂ©es dans l’indice. En d’autres termes, il sondage prĂ©sentant un intĂ©rĂȘt immĂ©diat pour ces in-
sera supposĂ© que l’on retrouve les mĂȘmes produits et dices. On trouvera une analyse complĂšte de cette ques-
points de vente dans l’univers considĂ©rĂ© aux deux pĂ©- tion dans les nombreux ouvrages qui lui ont Ă©tĂ© consa-
riodes, ou que l’on remplace systĂ©matiquement un pro- crĂ©s, tels que ceux de SĂ€rndal, Swensson et Wretman
duit ou point de vente ancien par un nouveau, sans diffi- (1992) ou de Cochran (1977).
cultĂ©s. Les complications que posent les modifications 5.9 La thĂ©orie de l’échantillonnage d’enquĂȘte con-
dynamiques de l’univers sont Ă©voquĂ©es au chapitre 8, sidĂšre que l’univers est composĂ© d’un nombre fini (N)
qui aborde les questions du remplacement, du rééchan- d’unitĂ©s d’observation notĂ©es j = 1,
, N. L’échantillon-
tillonnage et de l’ajustement de la qualitĂ©. nage revient alors Ă  sĂ©lectionner n unitĂ©s sur N en atta-

83
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

chant une probabilitĂ© d’inclusion, πj, Ă  chacune d’elles. ‱ Les annuaires tĂ©lĂ©phoniques («pages jaunes»). Ces der-
Deux procĂ©dĂ©s d’échantillonnage sont particuliĂšrement niers n’incluent gĂ©nĂ©ralement pas de mesure de taille. Il
intéressants pour les indices des prix. faut alors procéder à des tirages aléatoires simples ou
5.10 En cas de tirage aléatoire simple ou de tirage systématiques. Parfois, la connaissance informelle de
systĂ©matique, chaque unitĂ© a une probabilitĂ© Ă©gale d’in- l’importance des diffĂ©rents points de vente peut ĂȘtre uti-
clusion dans l’échantillon et nous avons πj = n /N. Dans un lisĂ©e pour stratifier l’univers en deux catĂ©gories ou plus,
tirage aléatoire simple, toutes les unités sont sélectionnées et constituer ensuite un échantillon relativement plus
en utilisant un mécanisme aléatoire. Dans un tirage systé- large à partir de strates plus importantes.
matique, les unitĂ©s de l’échantillon sont sĂ©lectionnĂ©es Ă  ‱ Les registres des collectivitĂ©s locales, organismes pro-
Ă©gale distance l’une de l’autre dans la base de sondage, et fessionnels, etc. peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour les marchĂ©s
seule la premiÚre est sélectionnée par tirage aléatoire. Ces locaux et autres données de ce type, qui sont particuliÚ-
techniques sont d’ordinaire recommandĂ©es lorsque les rement importantes dans les pays en dĂ©veloppement.
unités sont relativement homogÚnes. 5.15 Les bases de sondage pour la dimension «pro-
5.11 En cas de tirage alĂ©atoire Ă  probabilitĂ© inĂ©- duits» peuvent ĂȘtre :
gale proportionnelle Ă  la taille (PPT), la probabilitĂ© ‱ Les listes de produits qui sont fournies par les princi-
d’inclusion est proportionnelle à une variable auxiliaire paux points de vente en gros et font apparaütre la va-
Ν
xj et nous avons πj = nxj / ÎŁ j = 1xj. Les unitĂ©s pour les- leur des ventes durant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente pour les
quelles cette quantité est initialement supérieure à variétés considérées. Les valeurs des ventes consti-
l’unitĂ© sont sĂ©lectionnĂ©es avec certitude, et des proba- tuent une mesure de taille Ă©vidente pour les pondĂ©ra-
bilitĂ©s d’inclusion sont calculĂ©es ensuite pour le reste tions et les tirages PPT.
de l’univers.
5.12 L’univers peut ĂȘtre divisĂ© en strates notĂ©es ‱ Les listes de produits spĂ©cifiques aux points de vente.
h = 1,
, H. Chaque strate comprend alors Nh unitĂ©s et Ces listes peuvent aussi ĂȘtre dressĂ©es par les enquĂȘ-
nous avons ΣΗ N = N. La stratification a en gĂ©nĂ©ral teurs chargĂ©s de relever les prix Ă  partir des produits
h=1 h
pour but de regrouper les unités qui présentent soit une présentés sur les étagÚres. La place que ces produits
certaine homogĂ©nĂ©itĂ©, soit un avantage du point de vue occupent sur les Ă©tagĂšres peut alors ĂȘtre utilisĂ©e
administratif en étant par exemple physiquement proches comme mesure de taille pour les tirages PPT.
les unes des autres. Chaque strate était un mini-univers
dans lequel l’échantillonnage a lieu de façon indĂ©pen- Techniques de tirage alĂ©atoire
dante. La pratique suivie pour établir les IPC consiste à
prendre comme strates des agrégats élémentaires. Dans le
à probabilité inégale proportionnelle
reste de ce chapitre, nous examinons un échantillonnage à la taille
en strate unique correspondant à un agrégat élémentaire et 5.16 Il existe plusieurs techniques de tirage PPT, qui
nous ne retenons pas l’indice infĂ©rieur h. se rĂ©partissent en deux grandes catĂ©gories selon que la
taille de l’échantillon est fixĂ©e ou alĂ©atoire. Il est Ă  l’évi-
dence souhaitable que la taille de l’échantillon soit prĂ©ala-
Tirage alĂ©atoire et indices blement fixĂ©e dans le cas des IPC, car la taille de l’échan-
des prix Ă  la consommation tillon dans chaque strate est souvent rĂ©duite et l’on
risquerait d’aboutir Ă  un Ă©chantillon vide si le choix de la
5.13 Une base de sondage est une liste comprenant taille était aléatoire. Nous présentons donc ici deux tech-
l’ensemble (ou la majoritĂ©) des N unitĂ©s de l’univers. niques qui donnent des Ă©chantillons PPT Ă  taille fixĂ©e.
La couverture qu’elle assure peut ĂȘtre excessive dans la 5.17 Tirage PPT systĂ©matique. Le mieux est d’illustrer
mesure oĂč elle inclut des unitĂ©s qui ne figurent pas dans cette procĂ©dure par un exemple. Le tableau 5.1 montre
l’univers considĂ©rĂ© ou des unitĂ©s dupliquĂ©es. Elle peut comment un Ă©chantillon de 3 points de vente peut ĂȘtre ex-
aussi ĂȘtre insuffisante si certaines unitĂ©s de cet univers trait d’un total de 10. Dans ce cas, le nombre d’employĂ©s
ne sont pas dans la base. donne la mesure de la taille. Examinons la liste, qui indique
5.14 Les bases de sondage applicables Ă  la dimen- les tailles cumulĂ©es et les intervalles d’inclusion. Nous pre-
sion «points de vente» peuvent ĂȘtre : nons le total de notre mesure de taille, en l’occurrence 90, et
‱ Les registres du commerce. Ceux-ci doivent donner divisons celui-ci par la taille de l’échantillon, soit 3. On ob-
l’adresse prĂ©cise des points de vente au dĂ©tail et ĂȘtre tient ainsi un intervalle d’échantillonnage de 30. Nous choi-
mis Ă  jour rĂ©guliĂšrement. S’ils donnent, en outre, une sissons ensuite un nombre alĂ©atoire compris entre 1 et 30
mesure de la taille (chiffre d’affaires ou nombre (les fonctions d’énumĂ©ration alĂ©atoire sont donnĂ©es, par
d’employĂ©s) des points de vente, les registres du com- exemple, par le logiciel de tabulation d’Excel). Supposons
merce constituent un outil utile pour procĂ©der Ă  un que ce chiffre soit 25. L’échantillon se composera alors des
tirage alĂ©atoire Ă  probabilitĂ© inĂ©gale proportionnelle Ă  points de vente dont les intervalles d’inclusion couvrent les
la taille (PTT), et cette mesure de la taille des points nombres 25, 25 + 30 et 25 + 2 × 30.
de vente sera alors incluse aussi dans le paramÚtre de 5.18 Le tirage systématique est facile à mettre en
l’univers considĂ©rĂ©. Ɠuvre. Toutefois, si la base de sondage assure une surcou-

84
ÉCHANTILLONNAGE

Tableau 5.1 Tirage alĂ©atoire systĂ©matique de 3 points de Tableau 5.2 Échantillon alĂ©atoire de Pareto de 3 points de
vente sur 10, à probabilité inégale proportionnelle à la taille vente sur 10, à probabilité inégale proportionnelle à la taille
Points Inclus lorsque Points
de Nombre Intervalle le point de de
vente d’employĂ©s = x x cumulĂ© d’inclusion dĂ©part est 25 vente xi Ui Qi Échantillon

1 13 13 1–13 6 25 0,755509 0,036943 X


2 2 15 14–15 1 13 0,198082 0,207721 (X)
3 5 20 16–20 8 6 0,915131 0,310666 X
4 9 29 21–29 X 9 11 0,277131 0,346024 X
5 1 30 30 10 8 0,834138 0,380468
6 25 55 31–55 X 7 10 0,709046 0,412599
7 10 65 56–65 4 9 0,46373 0,580264
8 6 71 66–71 3 5 0,500162 1,25
9 11 82 72–82 5 1 0,067941 1,836435
10 8 90 83–90 X 2 2 0,297524 2,926051

verture, la taille de l’échantillon ne sera pas celle dĂ©termi- Ă  un tirage PPT, car les probabilitĂ©s d’inclusion obte-
nĂ©e Ă  l’avance. Supposons qu’à la premiĂšre visite des nues s’écartent quelque peu de celles souhaitĂ©es. RosĂ©n
points de vente nous dĂ©couvrons que le point de vente 6 (1997b) montre cependant que, s’il s’agit d’estimer des
ne propose pas les produits de l’échantillon. Nous restons moyennes et des variances, ces procĂ©dures corres-
alors avec un échantillon réduit à deux points de vente pondent approximativement à des PPT. Dans le cas de
seulement. Il faut alors soit nous en contenter, soit rempla- l’indice des prix, cela reste vrai en cas de substitution
cer d’une maniĂšre ou d’une autre le point de vente man- d’un Ă©chantillon qui assurait une surcouverture. La PPT
quant, ce qui n’est pas prĂ©vu par la procĂ©dure d’échan- de Pareto est meilleure, Ă  la marge, que la PPT sĂ©quen-
tillonnage de base. En outre, l’échantillon sĂ©lectionnĂ© tielle et devrait par consĂ©quent lui ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ©e.
dĂ©pend de l’ordre dans lequel les points de vente ou les 5.22 Le tirage PPT ordonnĂ© est utilisĂ© Ă  l’heure ac-
produits sont Ă©numĂ©rĂ©s dans la liste. Cela peut ĂȘtre impor- tuelle dans de nombreux volets de l’IPC suĂ©dois pour
tant, en particulier si l’ordre d’inscription dans la liste est Ă©chantillonner par exemple :
corrĂ©lĂ© Ă  la mesure de la taille. ‱ les points de vente, Ă  partir du registre du commerce
5.19 Tirage PPT ordonnĂ©. Il s’agit d’une mĂ©thode re- (la mesure de la taille est donnĂ©e par le nombre d’em-
lativement nouvelle de tirage PPT, théorisée par Rosén ployés + 1);
(1997a, 1997b). Dans ce cas, un nombre alĂ©atoire uni- ‱ les produits, Ă  partir des bases de donnĂ©es fournies par
forme Ui compris entre 0 et 1 et une variable zi = nxi /Σi xi, les grandes chaßnes de vente au détail (la mesure de la
oĂč xi est une variable de taille, sont associĂ©s Ă  chaque unitĂ© taille est donnĂ©e par l’historique des ventes);
de l’échantillon, et une variable de rang est construite ‱ les modĂšles automobiles, Ă  partir du registre central des
sous forme de fonction de ces deux variables. Les unités véhicules automobiles (la mesure de la taille est donnée
de l’univers sont alors classĂ©es par ordre croissant et les n par l’immatriculation dans la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence).
unités pour lesquelles la variable de rang présente les va- 5.23 Statistics Sweden (2001) donne de plus amples
leurs les plus faibles sont incluses dans l’échantillon. On dĂ©tails sur l’application de ces procĂ©dures. RosĂ©n (1997b)
peut citer deux exemples importants de ces variables de montre que le tirage PPT de Pareto et le tirage PPT systé-
rang Qi : matique sont les deux mĂ©thodes d’échantillonnage opti-
‱ Pour les tirages PPT sĂ©quentiels : Qi = Ui /zi; males. Le tirage PPT de Pareto permet une Ă©valuation ob-
‱ Pour les tirages PPT de Pareto : Qi = Ui = (1–zi) /zi(1–Ui). jective de la prĂ©cision de l’estimation. Pour la prĂ©cision
5.20 Le tableau 5.2 montre comment fonctionne ce finale, toutefois, le tirage PPT de Pareto est meilleur dans
type de tirage, pour le mĂȘme univers que prĂ©cĂ©demment certaines situations, et le tirage systĂ©matique prĂ©fĂ©rable
et en prenant comme exemple un tirage PPT de Pareto. dans d’autres. Le choix entre les deux est donc affaire de
L’univers est classĂ© maintenant selon un ordre croissant jugement et de faisabilitĂ© dans une situation donnĂ©e. La
par rapport à la variable de rang. Il apparaßt que notre grande souplesse du tirage PPT ordonné face aux imper-
premier échantillon se compose des points de vente 6, 1 fections de la base de sondage, aspect important dans les
et 8. Supposons cependant que nous dĂ©couvrons main- applications de l’IPC, nous conduit Ă  le recommander de
tenant qu’il n’est pas indiquĂ© d’inclure le point de prĂ©fĂ©rence Ă  toutes les autres procĂ©dures PPT.
vente 1. Nous nous tournons alors vers l’unitĂ© classĂ©e
quatriùme — le point de vente 9 — et incluons celle-ci
en remplacement. Un tirage PPT ordonné est donc fa-
MĂ©thodes d’échantillonnage utilisĂ©es
cile Ă  combiner avec une taille d’échantillon fixĂ©e, et par le Bureau of Labor Statistics
d’un maniement plus souple qu’un tirage systĂ©matique. des États-Unis
5.21 Ni l’une ni l’autre des deux procĂ©dures 5.24 Le Bureau of Labor Statistics (BLS) des États-
d’échantillonnage ne correspond exactement, toutefois, Unis utilise des mĂ©thodes de tirage alĂ©atoire Ă  toutes les

85
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

Ă©tapes de la sĂ©lection d’un Ă©chantillon. Lors de la derniĂšre roger un moment sur les motifs, rationnels ou non,
Ă©tape, les produits Ă©lĂ©mentaires sont sĂ©lectionnĂ©s dans les d’une telle situation. Dans la section suivante, nous pas-
points de vente selon un processus conçu pour donner des sons en revue certaines de ces raisons possibles, avant
rĂ©sultats proches d’un tirage PPT, s’agissant des ventes de d’examiner diverses techniques de tirage non alĂ©atoire.
chacun de ces produits. À cette fin, les reprĂ©sentants du
BLS sur le terrain ont le choix entre quatre procédures
pour déterminer les proportions des ventes (U.S. BLS, Raisons de recourir au tirage
1997). Ils sont autorisés à : non aléatoire
‱ obtenir directement les proportions auprùs des 5.28 Absence d’une base de sondage. La situation
répondants; est fréquente pour ce qui concerne la dimension «pro-
duits», mais moins pour la dimension «points de vente»,
‱ classer les sous-groupes/produits Ă©lĂ©mentaires selon
pour laquelle les registres du commerce ou les annuaires
l’importance des ventes, telle qu’indiquĂ©e par les rĂ©-
téléphoniques fournissent les bases requises, au moins
pondants, et obtenir ensuite les proportions directe-
dans certaines rĂ©gions du monde telles que l’Europe oc-
ment ou en utilisant des proportions assignées au
cidentale, l’AmĂ©rique du Nord et l’OcĂ©anie. Il est pos-
préalable;
sible également de construire des bases «sur mesure»
‱ utiliser, le cas Ă©chĂ©ant, l’espace occupĂ© sur les Ă©ta- dans un nombre restreint de villes ou d’endroits, qui
gÚres pour estimer les proportions; sont échantillonnés en grappes dans un premier temps.
‱ utiliser l’équiprobabilitĂ©. On notera que, dans le cas des produits, l’assortiment de
5.25 Pour le BLS, cette procĂ©dure prĂ©sente l’avan- produits proposĂ© dans un point de vente fournit une base
tage d’assurer un tirage alĂ©atoire objectif et efficace lĂ  de sondage naturelle, une fois le point de vente Ă©chan-
oĂč aucune autre procĂ©dure de ce type ne serait possible. tillonnĂ© en grappe, comme dans la procĂ©dure d’échan-
Elle permet d’adopter une dĂ©finition large des strates de tillonnage du BLS prĂ©sentĂ©e plus haut. L’absence de
produits Ă©lĂ©mentaires, de sorte qu’il n’est pas nĂ©cessaire base de sondage n’est donc pas une excuse suffisante
de suivre partout les prix de la mĂȘme spĂ©cification pour ne pas appliquer un tirage alĂ©atoire.
Ă©troite. La grande variĂ©tĂ© de produits Ă©lĂ©mentaires spĂ©- 5.29 Le biais rĂ©sultant d’un tirage non alĂ©atoire est
cifiques réduit trÚs sensiblement la composante de la va- négligeable. Diverses preuves empiriques appuient cette
riance Ă  l’intĂ©rieur de chacun d’eux; elle rĂ©duit aussi la assertion pour ce qui concerne les indices fortement
corrélation des variations des prix entre les secteurs et agrégés. Dalén (1998b) et De Haan, Opperdoes et Schut
permet de diminuer la taille de l’échantillon requis pour (1999) ont simulĂ© l’échantillonnage, fondĂ© sur un seuil
une variance donnĂ©e. d’inclusion, de produits d’un mĂȘme groupe de produits
5.26 L’un des inconvĂ©nients possibles de cette ap- Ă©lĂ©mentaires. DalĂ©n a examinĂ© environ 100 groupes de
proche est que, si la mesure des ventes est effectuée du- produits élémentaires vendus dans des supermarchés et
rant une période trÚs brÚve, elle risque de coïncider avec mis en évidence, pour les sous-indices de nombreux
une campagne spéciale de promotion. Il se pourrait groupes de produits élémentaires, des biais importants
alors qu’un produit Ă©lĂ©mentaire dont le prix a temporai- qui s’annulent toutefois presque totalement aprĂšs agrĂ©-
rement baissĂ© reçoive une probabilitĂ© d’inclusion Ă©le- gation. De Haan, Opperdoes et Schut utilisent des don-
vĂ©e. Comme ce prix tendra Ă  augmenter plus que la nĂ©es obtenues par lecture optique et s’intĂ©ressent Ă  trois
moyenne, il risque d’en rĂ©sulter une surestimation. Il est catĂ©gories (cafĂ©, couches pour bĂ©bĂ©s et papier hygiĂ©-
donc essentiel que l’échantillonnage du produit Ă©lĂ©men- nique) et, bien que le biais constatĂ© pour chacune d’entre
taire ait lieu avant le premier relevĂ© de prix, ou que l’on elles soit considĂ©rable, l’erreur quadratique moyenne
utilise les valeurs des ventes d’une pĂ©riode antĂ©rieure. (dĂ©finie comme la variance plus le carrĂ© du biais) appa-
Okamoto (1999) souligne ce point dans le cas du Japon, raĂźt souvent plus faible que dans un tirage PPT. Les biais
oĂč les variations importantes de prix sont, semble-t-il, vont dans les deux sens et peuvent donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©s
trĂšs communes. comme corroborant les conclusions de DalĂ©n. L’impor-
tance des biais constatés pour les deux groupes de pro-
duits élémentaires reste néanmoins troublante. Dalén,
Techniques de tirage tout comme De Haan, Opperdoes et Schut, fait état de
non alĂ©atoire biais pour des groupes composĂ©s d’un seul produit Ă©lĂ©-
mentaire de bon nombre de points de l’indice.
5.27 La thĂ©orie moderne de l’échantillonnage sta- 5.30 Il faut s’assurer que les Ă©chantillons pourront
tistique met l’accent sur les tirages alĂ©atoires. Le re- ĂȘtre suivis pendant un certain temps. En cas de mal-
cours au tirage aléatoire est aussi vivement recommandé chance dans notre échantillon aléatoire, nous risquons
et constitue la norme pour toutes sortes d’enquĂȘtes sta- en effet de nous retrouver avec un produit qui disparaĂźt
tistiques, y compris dans le domaine Ă©conomique. Mais immĂ©diatement aprĂšs son inclusion dans l’échantillon.
la pratique suivie dans la plupart des pays pour Ă©tablir La question de son remplacement doit alors ĂȘtre rĂ©solue,
les indices des prix reste dominée par les techniques de avec les risques de biais que cela comporte. Par contre,
tirage non alĂ©atoire. Il n’est donc pas inutile de s’inter- il se peut que les prix de produits dont la vie est courte

86
ÉCHANTILLONNAGE

affichent des fluctuations différentes de celles des prix cune de ces deux possibilités, il serait plus difficile
des produits dont la durĂ©e de vie est longue et reprĂ©- d’effectuer des tirages totalement alĂ©atoires pour les
sentent une part importante du marché, de sorte que le produits considérés.
fait de les ignorer créera un biais. 5.35 Dans certaines situations, il existe par consé-
5.31 Un tirage aléatoire pour la période de réfé- quent de bonnes raisons de recourir à des techniques non
rence n’est pas un tirage alĂ©atoire appropriĂ© pour la pĂ©- alĂ©atoires. Nous examinons deux d’entre elles ci-aprĂšs.
riode en cours. Cet argument anticipe en partie la ré-
flexion développée au chapitre 8. Il est certainement
vrai que la protection contre les biais qu’offre un Ă©chan- Échantillonnage fondĂ©
tillon alĂ©atoire est dans une large mesure annihilĂ©e par sur un seuil d’inclusion
la nĂ©cessitĂ© de procĂ©der ensuite Ă  des remplacements 5.36 L’échantillonnage fondĂ© sur un seuil d’inclusion
non aléatoires. fait référence à la pratique qui consiste à choisir avec certi-
5.32 Le relevĂ© des prix doit avoir lieu lĂ  oĂč l’on dis- tude les n unitĂ©s de l’échantillon les plus importantes et Ă 
pose d’enquĂȘteurs pour le faire. Cet argument ne s’ap- donner aux autres une probabilitĂ© d’inclusion Ă©gale Ă  zĂ©ro.
plique qu’aux tirages gĂ©ographiques. Il est bien sĂ»r Dans ce cadre, la notion d’«importance» se rapporte Ă  une
moins cher de relever les prix prÚs du domicile des en- certaine mesure de la taille qui est étroitement corrélée à la
quĂȘteurs, et il serait difficile et coĂ»teux de recruter des variable cible. L’expression «seuil d’inclusion» fait rĂ©fĂ©-
enquĂȘteurs Ă  chaque fois qu’un nouvel Ă©chantillonnage rence Ă  la valeur frontiĂšre entre les unitĂ©s incluses et celles
est organisĂ©, pour s’en sĂ©parer ensuite. Le problĂšme di- qui ne le sont pas.
minue si l’on fait en sorte que les enquĂȘteurs soient rĂ©- 5.37 La thĂ©orie nous indique que d’une maniĂšre gĂ©-
partis convenablement sur l’ensemble du pays. Pour s’en nĂ©rale, l’échantillonnage fondĂ© sur un seuil d’inclusion
assurer, on peut par exemple organiser, au sein de l’of- ne produit pas d'estimateurs non biaisĂ©s (voir para-
fice national des statistiques, un corps d’enquĂȘteurs pro- graphes 5.51 Ă  5.60 pour une analyse des biais et de la
fessionnels répartis à travers le pays et menant de front variance), car les petites unités peuvent afficher des va-
diverses enquĂȘtes. Une autre solution Ă  ce problĂšme con- riations de prix qui diffĂšrent systĂ©matiquement de
siste Ă  mettre sur pied, Ă  titre de premier degrĂ© d’échan- celles des unitĂ©s plus importantes. La stratification par
tillonnage, un Ă©chantillon de rĂ©gions ou de villes et loca- taille ou les tirages PPT prĂ©sentent aussi l’avantage
litĂ©s qui n’est modifiĂ© que trĂšs lentement. d’inclure avec certitude les unitĂ©s les plus grandes, tout
5.33 La taille de l’échantillon est trop petite. La strati- en donnant Ă  toutes les unitĂ©s une probabilitĂ© d’inclu-
fication est parfois si fine qu’elle ne laisse place, dans la sion diffĂ©rente de zĂ©ro.
strate finale, qu’à un trĂšs petit Ă©chantillon. Une sĂ©lection 5.38 Si le critĂšre d’erreur n’est pas le biais minimal
alĂ©atoire de 1 Ă  5 unitĂ©s peut rĂ©sulter parfois en un Ă©chan- mais l’erreur quadratique moyenne minimale (= variance
tillon final jugé asymétrique ou doté de propriétés de re- + carré du biais), alors, étant donné que tout estimateur
prĂ©sentation mĂ©diocres. Toutefois, Ă  moins que l’indice de tirĂ© d’un Ă©chantillonnage fondĂ© sur un seuil d’inclusion a
cette strate de petite taille doive ĂȘtre prĂ©sentĂ© publique- une variance Ă©gale Ă  zĂ©ro, l’échantillonnage fondĂ© sur un
ment, le problĂšme reste lui aussi limitĂ©. L’asymĂ©trie des seuil d’inclusion peut ĂȘtre un bon choix lorsque la rĂ©duc-
petits Ă©chantillons de niveau infĂ©rieur se corrigera aux ni- tion de la variance fait plus que compenser l’introduction
veaux supĂ©rieurs. L’argument selon lequel la taille de d’un biais limitĂ©. De Haan, Opperdoes et Schut (1999)
l’échantillon est trop petite a plus de poids lorsqu’il con- montrent que cela peut ĂȘtre le cas, de fait, pour certains
cerne des grappes (zones géographiques) de premier degré groupes de produits élémentaires.
qui s’appliquent simultanĂ©ment Ă  la plupart des degrĂ©s de 5.39 Il est frĂ©quent qu’un sondage Ă  degrĂ©s mul-
l’échantillonnage suivants. tiples soit conçu de maniĂšre Ă  ne laisser place qu’à un
5.34 Les dĂ©cisions qui concernent l’échantillon- nombre trĂšs restreint d’unitĂ©s Ă  un certain degrĂ©. Les
nage doivent ĂȘtre prises Ă  un niveau subalterne de l’or- problĂšmes que pose parfois la mesure des unitĂ©s de trĂšs
ganisation. À moins de disposer de solides connais- petite taille peuvent alors justifier, en s’ajoutant aux
sances en statistiques, les enquĂȘteurs chargĂ©s de relever amples variances observĂ©es, que le relevĂ© des prix soit
les prix risquent d’avoir des difficultĂ©s Ă  procĂ©der Ă  des limitĂ© aux unitĂ©s les plus grandes.
tirages alĂ©atoires sur le terrain. Or, ces opĂ©rations se- 5.40 Notons que l’on peut aussi opter pour un pro-
raient nécessaires si la spécification du produit fournie cédé hybride dans lequel coexistent une strate de choix
Ă  l’échelon central couvre plus d’un produit (prix) dans certain, des strates de tirage alĂ©atoire et un seuil d’in-
un point de vente. NĂ©anmoins, c’est prĂ©cisĂ©ment ce que clusion faible en deçà duquel aucun Ă©chantillon n’est
font, aux États-Unis (U.S. BLS, 1997), les reprĂ©sen- tirĂ©. Dans la pratique, cette solution est souvent retenue
tants du BLS sur le terrain. En SuĂšde, oĂč l’échantillon- lorsque la section de l’univers situĂ©e «en deçà du seuil
nage (pour les produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©) est cen- d’inclusion» est jugĂ©e insignifiante et peut-ĂȘtre difficile
tralisé au point que toutes les variétés de produit sont à mesurer.
dĂ©finies et les tailles des emballages spĂ©cifiĂ©es, il n’est 5.41 Il existe, dans le domaine de l’IPC, une pra-
pas besoin de procĂ©der Ă  des Ă©chantillonnages dans les tique particuliĂšre qui s’apparente Ă  l’échantillonnage
points de vente. Dans les pays oĂč l’on ne dispose d’au- fondĂ© sur un seuil d’inclusion : elle consiste Ă  laisser

87
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

l’enquĂȘteur choisir le produit le plus vendu dans un dans certaines situations. Il est plus difficile, mais pas im-
point de vente, dans les limites d’une spĂ©cification dĂ©fi- possible, de gĂ©rer un systĂšme d’échantillonnage par la
nie Ă  l’échelon central. Dans ce cas, la taille de l’échan- mĂ©thode des quotas lorsque les prix sont relevĂ©s locale-
tillon est Ă©gale Ă  un (dans chaque point de vente) et la ment. Il faut alors rĂ©partir les enquĂȘteurs chargĂ©s de rele-
rùgle du seuil d’inclusion est affaire de jugement plutît ver les prix en sous-groupes et leur donner des instructions
que de mesure exacte, puisque l’on dispose rarement quelque peu diffĂ©rentes pour la sĂ©lection des produits.
des mesures de taille exactes. Dans tous les cas oĂč l’on L’échantillonnage par la mĂ©thode des quotas a pour incon-
procĂšde Ă  des Ă©chantillonnages en fonction de la taille vĂ©nient, comme d’autres tirages non alĂ©atoires, que l’er-
dans un point de vente, il est essentiel de considĂ©rer reur-type d’estimation ne peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e.
celle-ci dans une optique de long terme, afin d’éviter
que les ventes temporairement dopées par une brÚve pé-
riode de réduction des prix ne soient pas prises pour des La méthode du produit élémentaire
mesures de la taille. Les prix de ces produits auront ten- représentatif
dance, dans l’avenir immĂ©diat, Ă  augmenter beaucoup 5.46 C’est la mĂ©thode traditionnelle pour les IPC.
plus que le groupe de produits qu’ils reprĂ©sentent et Ă  L’office central dresse une liste des types de produits, as-
créer ainsi un grave biais de surestimation. sortie de spécifications par type de produit. Ces spécifica-
tions peuvent ĂȘtre Ă©troites, en ce sens qu’elles limitent
Ă©troitement les produits que les enquĂȘteurs peuvent sĂ©lec-
Échantillonnage tionner, ou larges, si elles laissent à ces derniers toute lati-
par la méthode des quotas tude pour choisir les variétés populaires localement.
5.42 De nombreux groupes de produits, y compris 5.47 La méthode assortie de spécifications étroites
parmi ceux de taille plutÎt réduite, sont par nature assez est, en un sens, diamétralement opposée à celle de
hĂ©tĂ©rogĂšnes, et leurs prix varient en fonction d’un grand l’échantillonnage par la mĂ©thode des quotas susmen-
nombre de sous-groupes ou de caractĂ©ristiques. On peut tionnĂ©e. À moins que les groupes de produits ne soient
trÚs bien observer des mouvements de prix différents au définis de maniÚre à inclure un trÚs grand nombre de
sein de ces groupes de produits, et toute procédure vi- types de produits, la représentativité pùtira de cette pro-
sant à les représenter par un seul ou quelques types de cédure, car aucun des produits qui ne répondent pas à la
produits Ă©troitement spĂ©cifiĂ©s fait inutilement courir un spĂ©cification n’entrera dans l’indice. La mĂ©thode prĂ©-
grand risque de biais. sente un autre inconvénient : elle peut conduire à ce que
5.43 Dans le cas de l’échantillonnage par la mĂ©- plus de produits manquent dans les points de vente, et
thode des quotas, l’échantillon sĂ©lectionnĂ© a les mĂȘmes rĂ©duire ainsi l’échantillon effectif. Son principal avan-
proportions d’unitĂ©s que l’univers pour ce qui concerne tage est sa simplicitĂ©. Il est facile de garder le contrĂŽle
un certain nombre de caractĂ©ristiques connues, telles de l’échantillon Ă  l’échelon central. Si des ajustements
que le sous-groupe de produit, le type de point de vente de la qualitĂ© sont nĂ©cessaires, ils peuvent ĂȘtre dĂ©cidĂ©s Ă 
ou la localisation. La sĂ©lection effective des unitĂ©s de ce niveau, ce qui peut ĂȘtre un avantage ou non.
l’échantillon obĂ©it ensuite Ă  des procĂ©dures subjectives, 5.48 La mĂ©thode assortie de spĂ©cifications larges
de telle sorte que la composition de l’échantillon final donne aux enquĂȘteurs la possibilitĂ© d’ajuster l’échan-
réponde aux critÚres des quotas. tillon à la situation locale, et entraßne normalement une
5.44 L’exemple suivant illustre le concept d’échan- meilleure reprĂ©sentativitĂ© globale de celui-ci. ConjuguĂ©
tillonnage par la mĂ©thode des quotas. L’objectif est de au critĂšre des «meilleures ventes», l’échantillon tendra
créer un échantillon de 20 forfaits vacances. On sait toutefois à sous-estimer systématiquement les marques
que, dans cet univers, 60 % des vacances se passent en et produits de moindre importance qui peuvent ĂȘtre
Espagne, 30 % en GrÚce et 10 % au Portugal. Quant aux achetés par des minorités non négligeables.
groupes de vacanciers, 70 % se composent de 2 adultes,
20 % de 2 adultes + 1 enfant et 10 % de 2 adultes +
2 enfants. Sur cet Ă©chantillon, 20 % des groupes sĂ©- Échantillonnage dans le temps
journent dans un hĂŽtel 2 Ă©toiles, 40 % dans un hĂŽtel 5.49 Un IPC se rĂ©fĂšre d’ordinaire Ă  un mois, pĂ©-
3 étoiles, 30 % dans un hÎtel 4 étoiles et 10 % dans un riode durant laquelle les prix ne restent pas constants.
hĂŽtel 5 Ă©toiles. Avec ces informations, il est possible de La question de l’échantillonnage dans le temps se pose
concevoir l’échantillon de maniĂšre Ă  ce que toutes ces alors. On Ă©lude souvent ce problĂšme en retenant, par
proportions se retrouvent dans l’échantillon, qui est exemple, le quinziĂšme jour du mois ou les jours qui en-
alors autopondĂ©rĂ©. Notons qu’il s’agit ici de proportions tourent le quinziĂšme jour du mois comme date cible
en volume, et non pas en valeur, et qu’il peut ĂȘtre nĂ©ces- pour la mesure des prix. Dans certains secteurs, le jour
saire de les ajuster en fonction de la formule d’agrĂ©gat de la semaine a un effet sur les prix : c’est le cas, par
élémentaire utilisée. exemple, pour le cinéma, le théùtre ou la restauration,
5.45 L’échantillonnage par la mĂ©thode des quotas mais cela peut ĂȘtre pris en compte dans la spĂ©cification
suppose une gestion centralisĂ©e de l’ensemble du proces- du produit plutĂŽt que dans l’échantillonnage, en spĂ©ci-
sus d’échantillonnage, ce qui risque d’en limiter l’utilitĂ© fiant par exemple le prix pratiquĂ© le soir en semaine.

88
ÉCHANTILLONNAGE

5.50 Autant que l’on sache, le tirage alĂ©atoire dans le tant plus coĂ»teux qu’il a lieu loin du domicile des en-
temps n’est utilisĂ© nulle part. La mĂ©thode qu’emploient quĂȘteurs qui relĂšvent les prix. Si l’organisme chargĂ© du
certains pays consiste à étendre le relevé des prix sur plu- relevé des prix est centralisé dans quelques grandes
sieurs semaines en suivant un certain schĂ©ma, diffĂ©rentes villes, il sera difficile d’échantillonner des points de
semaines Ă©tant, par exemple, consacrĂ©es Ă  diffĂ©rentes rĂ©- vente ailleurs. Il faut toutefois garder Ă  l’esprit que l’in-
gions ou diffĂ©rents groupes de produits. Dans certains cas, flation peut ĂȘtre trĂšs diffĂ©rente en zone rurale et en zone
les prix sont suivis à intervalles plus rapprochés que le urbaine. Ne pas relever les prix dans ces deux zones
rythme mensuel : c’est le cas pour les produits frais, par pourrait donc ĂȘtre prĂ©judiciable aux efforts dĂ©ployĂ©s
exemple. Nous ne disposons pas encore de connaissances pour mesurer au plus prùs l’inflation moyenne au plan
systĂ©matiques sur les avantages et inconvĂ©nients de telles national. Il vaut mieux se doter au moins d’un petit
pratiques. Le chapitre 6 examine les aspects plus concrets échantillon pour les zones rurales afin que ce facteur
de la rĂ©partition des relevĂ©s de prix dans le temps. puisse ĂȘtre pris en compte. Ce faisant, il reste possible
de dégager la majeure partie des économies que peut en-
Choix d’une mĂ©thode de tirage traĂźner le choix de points de vente proches du domicile
des enquĂȘteurs.
5.51 Dans cette section, nous examinons comment le 5.56 Niveau de formation des enquĂȘteurs. Si les en-
choix d’une mĂ©thode de tirage peut dĂ©pendre de facteurs quĂȘteurs chargĂ©s de relever les prix disposent d’une so-
spĂ©cifiques au pays concernĂ©. Mais il convient d’abord lide formation, ils peuvent ĂȘtre chargĂ©s de mener Ă  bien
d’examiner la question de la taille de l’échantillon. des tĂąches plus complexes, telles que des tirages PPT
5.52 Taille de l’échantillon. La prĂ©cision finale de dans les points de vente. Sinon, il faut s’en tenir Ă  des
l’estimation d’un Ă©chantillon dĂ©pend seulement de sa mĂ©thodes plus simples.
taille et de son allocation, et non pas de la taille du pays. 5.57 Accùs à l’expertise de l’office central. Les ti-
En ce sens, il n’y a pas lieu d’adopter un Ă©chantillon rages alĂ©atoires supposent que l’on ait recours Ă  l’exper-
plus large pour un pays plus grand. Les Ă©chantillons tise mĂ©thodologique de l’office central des statistiques.
plus étoffés se justifient si les différences régionales 5.58 Groupes de produits homogÚnes ou hétéro-
dans l’évolution des prix prĂ©sentent un intĂ©rĂȘt et si l’on gĂšnes. La mĂ©thode du produit Ă©lĂ©mentaire reprĂ©sentatif
souhaite un degré de désagrégation des produits trÚs convient mieux aux groupes de produits homogÚnes.
élevé dans la présentation des indices. Le budget alloué Pour les groupes hétérogÚnes, il est plus probable que
Ă  l’établissement de l’IPC peut bien sĂ»r ĂȘtre plus impor- des segments importants de l’univers du produit, pour
tant dans les grands pays et permettre la constitution lesquels les prix évoluent différemment, seront oubliés.
d’échantillons plus larges. 5.59 AccĂšs aux bases de sondage et qualitĂ© de
5.53 Les études consacrées aux biais (autres que le celles-ci. Les tirages aléatoires supposent des bases de
biais d’estimateur dĂ©crit aux paragraphes 5.61 Ă  5.64) et sondage qui n’existent pas forcĂ©ment Ă  l’échelle natio-
à la variance montrent que le biais de sélection des IPC nale. Si la premiÚre phase consiste en un échantillon-
reprĂ©sente d’ordinaire un problĂšme beaucoup plus im- nage gĂ©ographique en grappes (pour lequel la base de
portant que la variance d’échantillonnage. Il s’ensuit tirage est une simple carte gĂ©ographique), une liste des
que, dans bien des cas, des Ă©chantillons plus petits mais points de vente pertinents peut ĂȘtre dressĂ©e dans chaque
mieux suivis — en ce qui concerne les remplacements, grappe Ă©chantillonnĂ©e Ă  partir des annuaires tĂ©lĂ©pho-
rééchantillonnages ou ajustements de la qualitĂ© — pour- niques ou d’autres fichiers Ă©tablis localement, comme
raient donner, Ă  budget Ă©gal, un indice de qualitĂ© supĂ©- c’est le cas au Royaume-Uni. Cette mĂ©thode est aussi
rieure. Dans certains pays, la collecte des prix Ă  l’éche- utilisĂ©e pour sĂ©lectionner des zones urbaines afin d’éta-
lon local est une ressource fixe et il est donc difficile de blir l’IPC aux États-Unis (Dippo et Jacobs, 1983).
redéployer des ressources du relevé local des prix vers 5.60 Données obtenues par lecture optique. Ce
le travail analytique Ă  l’échelon central. Cela dit, il est chapitre se place dans le cadre traditionnel d’une situa-
recommandĂ© de consacrer les ressources locales Ă  tion oĂč les prix sont relevĂ©s localement et Ă  l’échelon
l’amĂ©lioration de la qualitĂ© du relevĂ© des prix plutĂŽt central, puis enregistrĂ©s individuellement dans une
qu’à multiplier leur nombre. La qualitĂ© des relevĂ©s de base de donnĂ©es centralisĂ©e. Lorsque les prix et, le cas
prix est examinée plus en détail au chapitre 6. échéant, les quantités, sont relevés par lecture optique
5.54 Selon les pays, la taille des Ă©chantillons men- comme c’est le cas aux points de vente dotĂ©s de
suels oscille entre plusieurs milliers et plusieurs cen- caisses enregistreuses Ă©lectroniques, l’échantillonnage
taines de milliers. Souvent, ces diffĂ©rences relĂšvent da- peut se faire de façon diffĂ©rente. Il n’est pas nĂ©cessaire
vantage de la tradition que d’une analyse rationnelle du alors d’échantillonner des produits, des variĂ©tĂ©s ou des
degré de précision requis. Les pays qui utilisent des points dans le temps, puisque cette énumération est to-
Ă©chantillons de trĂšs grande taille feraient sans doute talement automatisĂ©e. Quoi qu’il en soit, tous les
bien de rĂ©flĂ©chir au moyen de redĂ©ployer les ressources points de vente d’un produit ne seront pas Ă©quipĂ©s de
dont ils disposent. dispositifs de lecture optique à brÚve échéance.
5.55 RĂ©partition gĂ©ographique des enquĂȘteurs Comme tous les types de points de vente devraient ĂȘtre
chargĂ©s de relever les prix. L’échantillonnage est d’au- reprĂ©sentĂ©s dans l’indice, il sera toujours nĂ©cessaire de

89
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

conjuguer les Ă©chantillons de donnĂ©es obtenues par Y=ÎŁj∈S yj /πj, Ẑ = ÎŁj∈S zj/πj,
lecture optique et les échantillons traditionnels de don-
nĂ©es recueillies auprĂšs des points de vente dĂ©pourvus oĂč S est l’échantillon, et que R̂ = Ŷ/ Ẑ est approximative-
de tels dispositifs. ment non biaisĂ© pour R, sous rĂ©serve d’un biais d’esti-
mateur par le ratio (en général négligeable).

ProcĂ©dures d’estimation Application des procĂ©dures


5.61 Une distinction essentielle doit ĂȘtre faite entre d’estimation aux indices
ce qu’il faut estimer, le paramĂštre, qui est dĂ©fini pour des prix Ă  la consommation
l’univers dans son ensemble, et l’estimateur, c’est-à-
dire la formule qui doit ĂȘtre calculĂ©e en utilisant les va- 5.65 Comme il a Ă©tĂ© dit plus haut, l’échantillonnage
leurs de l’échantillon pour l’estimation du paramĂštre. effectuĂ© pour les besoins des IPC est en gĂ©nĂ©ral stratifiĂ©,
Cela dit, l’échantillonnage par enquĂȘte est en gĂ©nĂ©ral les strates Ă©tant composĂ©es d’agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires.
utilisĂ© pour estimer une population totale ou une fonc- Supposons que le paramĂštre de l’univers considĂ©rĂ© soit I
tion de plusieurs totaux de ce type, qui peut ĂȘtre par et que le paramĂštre d’une strate h soit nommĂ© Ih. Nous
exemple un ratio des totaux. C’est pourquoi, si deux avons alors :
variables y et z sont définies pour chaque unité de
l’échantillon (les prix Ă  deux pĂ©riodes diffĂ©rentes, par I Šw I
h
h h

exemple), nous souhaiterons peut-ĂȘtre estimer les para-


mĂštres suivants : oĂč wh est la pondĂ©ration de la strate h. Il s’agit alors
d’estimer Ih pour chaque strate. Dans les paragraphes
N N
Y = ∑ yj et Z = ∑ z j ou R= Y / Z suivants, nous nous concentrons par consĂ©quent sur
j= 1 j= 1 l’estimation pour une seule strate et abandonnons la no-
tation de h.
5.62 Plusieurs estimateurs diffĂ©rents peuvent ĂȘtre 5.66 Selon le contenu, le degrĂ© d’homogĂ©nĂ©itĂ©,
proposĂ©s pour le mĂȘme paramĂštre de population, et il l’élasticitĂ©-prix et l’accĂšs aux informations sur les pon-
faut alors dĂ©cider lequel d’entre eux sera utilisĂ©. Quand dĂ©rations au sein de la strate, diffĂ©rents paramĂštres
on Ă©value la qualitĂ© de l’estimateur d’échantillon, c’est- peuvent convenir Ă  diffĂ©rentes strates. Le choix du para-
Ă -dire la prĂ©cision avec laquelle il estime le paramĂštre, mĂštre est un problĂšme d’indice, qui doit ĂȘtre rĂ©solu par
deux mesures sont souvent examinées dans le para- référence aux concepts économiques sous-jacents. Ainsi
digme du tirage alĂ©atoire. La premiĂšre est le biais de qu’il est expliquĂ© au chapitre 20, cet indice peut ĂȘtre
l’estimateur, qui est la diffĂ©rence entre le paramĂštre de l’indice de valeur unitaire, l’indice de Laspeyres, l’in-
l’univers considĂ©rĂ© et la moyenne de l’estimateur pour dice de Lowe ou l’indice de Laspeyres gĂ©omĂ©trique.
tous les Ă©chantillons susceptibles d’ĂȘtre issus du pro- 5.67 Supposons que nous ayons un Ă©chantillon de
cĂ©dĂ© d’échantillonnage spĂ©cifiĂ© (qualifiĂ©e de moyenne taille n et que les unitĂ©s de cet Ă©chantillon soient dĂ©nom-
de la distribution d’échantillonnage de l’estimateur). mĂ©es 1, 2, ..., n. TrĂšs souvent, une des trois formules ci-
Notons que ce biais se rapporte Ă  quelque chose de dif- aprĂšs est utilisĂ©e comme estimateur de l’indice de strate :
fĂ©rent du biais de l’indice examinĂ© ailleurs dans le ma- La moyenne arithmĂ©tique des rapports de prix
nuel. Un estimateur est dit «non biaisé» s’il prĂ©sente un (indice de Carli) :
biais égal à zéro. La seconde mesure est la variance de
l’estimateur par rapport Ă  cette distribution d’échan- 1 p1j
r Š (5.1)
tillonnage. Un estimateur est considĂ©rĂ© comme bon s’il n jS p 0j
présente à la fois un faible biais et une faible variance,
c’est-à-dire s’il est en moyenne trùs proche du para- Le rapport des moyennes des prix (indice de Dutot) :
mĂštre et ne s’éloigne pas trop de sa moyenne.
5.63 Il est rare que l’on ait la chance de trouver un es- 1
timateur rĂ©duisant au minimum, et en mĂȘme temps, le Š p1j
n jS
a (5.2)
biais et la variance. Un estimateur qui présente un faible 1
biais peut afficher une forte variance, et un estimateur qui Š p 0j
n jS
présente une faible variance peut afficher un biais impor-
tant. Aussi a-t-on souvent recours Ă  un critĂšre appelĂ© l’er-
reur quadratique moyenne, qui est la somme du carré du La moyenne géométrique (indice de Jevons) :
biais et de la variance. Un «bon» estimateur est alors sou-
vent un estimateur qui réduit au minimum ce critÚre. 1
5.64 La thĂ©orie de l’échantillonnage nous apprend § p1j · n
que les estimateurs suivants ne sont pas biaisĂ©s, respec- g – š ž (5.3)
š 0ž
jS © p j Âč
tivement, pour les paramÚtres Y et Z susmentionnés :

90
ÉCHANTILLONNAGE

Pour aller plus loin, il faut aussi introduire le rapport des ‱ Si l’on applique deux procĂ©dĂ©s d’échantillonnage diffĂ©-
moyennes harmoniques des prix : rents, l’un pour la pĂ©riode 0 et l’autre pour la pĂ©riode 1,
qui correspondent tous deux Ă  des PPT et oĂč
1
π j ∝ q j et π j ∝ q j , alors a est approximativement non
0 0 1 1
Š 1 p 0j
n jS
h (5.4) biaisĂ© pour l’indice de valeur unitaire. Dans ce cas,
1 toutefois, l’interprĂ©tation de la formule a sera diffĂ©-
Š1 p1j
n jS rente, puisque les Ă©chantillons figurant au numĂ©rateur
et au dénominateur sont différents.
5.68 Si l’on compare les estimateurs susmentionnĂ©s Ă  ‱ Si l’on applique deux procĂ©dĂ©s d’échantillons diffĂ©-
la forme fonctionnelle des paramĂštres du chapitre 20, il rents, l’un pour la pĂ©riode 0 et l’autre pour la pĂ©-
apparaĂźt que des conditions trĂšs spĂ©ciales doivent ĂȘtre riode 1, qui correspondent tous deux Ă  des PPT et oĂč
π j ∝ v j = p j q j et π j ∝ v j = p j q j, alors h, rapport des
réunies pour en faire des estimateurs non biaisés de ces 0 0 0 0 1 1 1 1

paramùtres, ne serait-ce que parce qu’il n’y a pas de quan- moyennes harmoniques des prix, est approximative-
titĂ©s dans les estimateurs de l’échantillon, contrairement Ă  ment non biaisĂ© pour l’indice de valeur unitaire. La
ce qui se passe pour les paramĂštres du chapitre 20. reformulation algĂ©brique suivante de l’indice de va-
5.69 Nous avançons, sans le prouver, certains résul- leur unitaire aide à éclaircir ce point :
tats relatifs aux propriétés statistiques des estimateurs
ci-dessus (voir Balk (2002) pour plus de détails). Sup- Šv Šv 1
j
1
j p1j
posons qu’il y ait dans l’univers N produits dĂ©nommĂ©s jS jS
UV
1, 2, ..., N. Soit pjt, qjt les prix et quantité, respective- Šv Šv 0
j
0
j p 0j
ment, du produit j Ă  la pĂ©riode t (t = 0 pour la pĂ©riode de jS jS
rĂ©fĂ©rence et 1 pour la pĂ©riode en cours), et Comme pour a, cependant, l’interprĂ©tation de la for-
q 0j p 0j mule h sera différente, car les échantillons figurant au
w 0j N (j 1,  , N ) numérateur et au dénominateur sont différents.
Š q 0j p 0j 5.72 L’expression «approximativement non biaisé»
j 1 appelle une explication. Elle fait référence au fait que
l’estimateur n’est pas exactement non biaisĂ©, mais que
la part de dĂ©penses consacrĂ©es au produit j dans la pĂ©- le biais qu’il affiche est faible et diminue pour se rap-
riode de rĂ©fĂ©rence. Alors : procher de zĂ©ro Ă  mesure que la taille de l’échantillon
‱ En cas de tirage alĂ©atoire simple, aucune des gran- et celle de l’univers tendent simultanĂ©ment vers l’in-
deurs r, a ou g n’estime sans biais les paramĂštres de fini, selon certaines modalitĂ©s mathĂ©matiquement bien
population. Au contraire, il faut utiliser des pondĂ©ra- dĂ©finies. Dans le cas de l’estimateur de rapport appli-
tions dans les estimateurs également. cable à a, le signe de ce biais est indéterminé et sa taille
‱ En cas de PPT, si πj ∝ w j pour tous les j, alors r,
0
aprÚs agrégation est probablement négligeable. Dans le
moyenne des rapports de prix, n’est pas biaisĂ© pour l’in- cas de la moyenne gĂ©omĂ©trique, cependant, le biais est
dice de Laspeyres (le symbole «∝» signifie «propor- toujours positif, ce qui veut dire qu’en moyenne pour
tionnel à»). beaucoup d’échantillons, la moyenne gĂ©omĂ©trique de
‱ En cas de PPT, si πj ∝ q j pour tous les j, alors a, rapport
0 l’échantillon tend Ă  surestimer la moyenne gĂ©omĂ©trique
des moyennes des prix, est approximativement non de l’univers. Dans le cas d’un tirage alĂ©atoire simple et
biaisĂ© pour l’indice de Laspeyres. d’une moyenne gĂ©omĂ©trique non pondĂ©rĂ©e Ă  la fois
dans l’univers et dans l’échantillon, le biais s’exprime
‱ En cas de PPT, si πj ∝ w j pour tous les j, alors g est ap-
0
de la façon suivante : b ≈ σ /2n, oĂč σ est la variance
2 2
proximativement non biaisĂ© pour l’indice de Laspeyres
des rapports de prix. Pour les univers de petite taille,
géométrique. Dans ce cas, log g est non biaisé pour le
une correction de la population finie doit ĂȘtre multi-
logarithme de l’indice de Laspeyres gĂ©omĂ©trique. Le
pliée par cette expression. Ce résultat est obtenu aisé-
biais restant tend Ă  ĂȘtre du mĂȘme ordre que celui de a.
ment Ă  partir de l’expression (4.1.4) dans DalĂ©n
5.70 Tous ces résultats sont par nature un peu
0 0 (1999b). Le biais peut ĂȘtre significatif pour les Ă©chan-
théoriques, puisque ni w j ni q j ne sont connus au mo-
tillons de petite taille, et il faut donc ĂȘtre prudent si l’on
ment oĂč l’échantillon pourrait ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©. C’est
rencontre de trÚs petits échantillons dans une strate et
une raison pour introduire l’indice de Lowe :
qu’une moyenne gĂ©omĂ©trique s’applique.
‱ En cas de PPT, si πj ∝ q j (oĂč b est une pĂ©riode antĂ©-
b

rieure à la période 0) pour tous les j, alors a est ap-


proximativement non biaisĂ© pour l’indice de Lowe. Estimation de la variance
5.71 Il n’existe pas une façon simple de relier les esti-
mateurs, quels qu’ils soient, Ă  l’indice de valeur unitaire. 5.73 L’IPC est une statistique complexe, qui obĂ©it Ă 
En fait, l’estimation de cet indice suppose des Ă©chantillons un procĂ©dĂ© d’ordinaire complexe lui aussi. L’estimation
distincts pour les deux pĂ©riodes, puisque son numĂ©rateur de la variance d’un IPC n’est donc pas une tĂąche de rou-
et son dĂ©nominateur se rĂ©fĂšrent Ă  des univers diffĂ©rents. tine. Dans la mesure oĂč les Ă©chantillons ne sont pas

91
MANUEL DE L’INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION : THÉORIE ET PRATIQUE

alĂ©atoires, les estimations de la variance doivent utiliser Ă©gards uniques si on les compare Ă  celles d’autres pays.
un certain type de modÚle dans lequel on suppose un Le procédé exact varie de toute évidence un peu avec le
tirage alĂ©atoire. En l’absence de connaissances systĂ©ma- temps. La description qui suit repose sur U.S. BLS
tiques et gĂ©nĂ©ralement admises, les mĂ©thodes d’estima- (1997) ainsi que sur Leaver et Valliant (1995).
tion de la variance utilisĂ©es dans quatre pays sont dĂ©- 5.77 L’IPC en vigueur aux États-Unis se compose
crites briĂšvement ci-aprĂšs. d’élĂ©ments obtenus en croisant des zones gĂ©ogra-
phiques avec des strates de produits pour donner, au
total, 8.487 «strates IPC de base» correspondant aux
Variances des formules d’indices agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires. Les 88 zones gĂ©ographiques
d’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire sont sĂ©lectionnĂ©es par PPT dans le cadre d’une procĂ©-
5.74 Quelques estimateurs de la variance de for- dure contrĂŽlĂ©e, et 29 d’entre elles sont incluses avec
mules d’agrĂ©gats Ă©lĂ©mentaires seront d’abord donnĂ©s Ă  certitude (autoreprĂ©sentation). Au sein de chaque strate
titre prĂ©liminaire. Pour ne pas alourdir le texte de for- IPC de base, on applique une procĂ©dure d’estimation
mules, ce sont les estimateurs de la variance, et non la dans laquelle les indices pour une période donnée re-
variance exacte, qui sont donnĂ©s ici. Les estimateurs de posent sur des unitĂ©s d’échantillonnage se chevauchant
la variance sont approximativement non biaisés dans le (points de vente et produits élémentaires) entre cette
cas d’un tirage alĂ©atoire simple oĂč le paramĂštre d’uni- pĂ©riode et celle qui la prĂ©cĂšde immĂ©diatement. Les in-
vers correspondant n’est pas pondĂ©rĂ©. Ils s’appliquent dices d’une pĂ©riode sur l’autre sont alors multipliĂ©s
aussi au cas des tirages PPT pour un paramĂštre d’uni- pour obtenir un indice de la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence Ă  la
vers pondĂ©rĂ©, dans lequel la mesure de la taille est la pĂ©riode en cours. L’échantillonnage au sein de la strate
mĂȘme que la pondĂ©ration du paramĂštre. Pour la dĂ©fini- IPC de base est approximativement PPT, sur la base de
tion des formules, voir les Ă©quations (5.1)–(5.3). la description donnĂ©e plus haut.
5.78 L’estimation de la variance pour ce procĂ©dĂ© se
σ r2 1 p 1j rĂ©vĂšle trop complexe pour ĂȘtre utilisĂ©e en tant qu’estima-
V (r ) = o σ r2 = ∑ j (r − r)2
et r j =
(5.5)
teur direct de la variance selon le procédé retenu. On ap-
n n − 1 j∈S p 0j plique Ă  sa place une mĂ©thode de duplication de groupe
aléatoire, en utilisant pour ce faire le logiciel VPLX.
1 D’autres mĂ©thodes ont Ă©galement Ă©tĂ© mises Ă  l’essai.
V (a ) V 2

 r 2V 02  2rV 01 , (5.6)
5.79 Leaver et Swanson (1992) donnent un compte

n p 0 2 1

rendu dĂ©taillĂ© des mĂ©thodes d’estimation de la variance


utilisĂ©es jusqu’à maintenant. Ils prĂ©sentent aussi les es-
1 1
o σ 12 =
2
(
∑ p1j − p1 , σ 02 = n − 1 ∑
n − 1 j∈S
) 2
p 0j − p 0 , ( ) timations numĂ©riques suivantes des erreurs-types (mĂ©-
j∈S dianes) des variations des IPC pour divers intervalles au
1
σ 01 = (
∑ p1j − p1 p 0j − p 0 ,
n − 1 j∈S
)( ) cours de la pĂ©riode 1987–91 : erreur-type sur 1 mois :
0,074; erreur-type sur 2 mois : 0,103; erreur-type sur
6 mois : 0,130; erreur-type sur 12 mois : 0,143.
1 1
p 1 = ∑ p1j et p 0 = ∑ p 0j .
n j∈S n j∈S
La méthode suédoise
Cette estimation découle du fait que a, contrairement 5.80 La présentation suivante reprend les grandes
à r, est un rapport de variables stochastiques. Voir, par lignes de la description donnée par Dalén et Ohlsson
exemple, Cochran (1977) pour une dĂ©rivation de cette (1995). L’IPC suĂ©dois utilise une stratification primaire
formule. en groupes de produits, qui sont mesurés dans le cadre
5.75 La moyenne gĂ©omĂ©trique est plus complexe, d’enquĂȘtes sur les prix distinctes et indĂ©pendantes. La
puisque ce n’est pas un estimateur linĂ©aire. Toutefois, premiĂšre Ă©tape de la mĂ©thode suĂ©doise consiste par con-
DalĂ©n (1999b) en a dĂ©duit l’expression suivante de la sĂ©quent Ă  noter que la variance de l’indice de tous les
variance, qui s’applique aisĂ©ment et reste valable en of- prix des produits Ă©lĂ©mentaires est une somme pondĂ©rĂ©e
frant une bonne approximation si les rapports de prix des variantes des enquĂȘtes distinctes :
n’enregistrent pas des mouvements excessifs (par
exemple σr /r < 0,2) : V (I ) Š w V (I
h
2
h h ) (5.8)

V r2 § V2· 5.81 Si l’on peut raisonnablement supposer que


V (g) šš1  2r žž (5.7)
n © r Âč toutes ces enquĂȘtes sont indĂ©pendantes, c’est parce
qu’elles ne font pas appel, en l’occurrence, à un disposi-
tif d’échantillonnage rĂ©gional commun. Au total, une
La mĂ©thode des États-Unis soixantaine d’enquĂȘtes diffĂ©rentes sont ainsi effectuĂ©es.
5.76 L’IPC Ă©tabli aux États-Unis repose sur des Certaines couvrent de nombreux groupes de produits et
procĂ©dures de tirage et d’estimation qui sont Ă  bien des suivent des procĂ©dĂ©s complexes; on constate par ailleurs

92
ÉCHANTILLONNAGE

une dĂ©pendance stochastique entre elles. D’autres ne timation apparaĂźt relativement stable sur la pĂ©riode
couvrent qu’un seul groupe de produits et obĂ©issent Ă  un 1991–95 pour laquelle le modĂšle a Ă©tĂ© essayĂ©.
procédé simple. Certaines couvrent leurs univers, sans
aucun échantillonnage, et affichent donc une variance
égale à zéro. La méthode française
5.82 Dans beaucoup de groupes reposant sur un 5.87 En France, le calcul de la variance ne prend dé-
simple produit, on est en droit de supposer que les rap- sormais en considération que les produits élémentaires re-
ports de prix obtenus sont effectivement des Ă©chan- prĂ©sentant 65 % de la pondĂ©ration totale de l’indice.
tillons aléatoires. Dans certains cas, cela peut conduire à 5.88 Le plus petit élément de calcul est un type de
une certaine surestimation de la variance puisqu’il est produit en zone urbaine. Deux formules peuvent ĂȘtre
procédé en fait, au sein du groupe, à une certaine sous- appliquées à un tel élément : le rapport des moyennes
stratification ou à un échantillonnage par la méthode des arithmétiques (si le produit est homogÚne) ou celui des
quotas. Dans ces groupes de produits, des variances de moyennes géométriques (si le produit est hétérogÚne).
strate pourraient alors ĂȘtre estimĂ©es en appliquant les On suppose un sondage alĂ©atoire Ă  deux degrĂ©s, le pre-
formules (5.5) Ă  (5.7). Lorsqu’une enquĂȘte sur les prix mier concernant les zones urbaines, le second un pro-
est stratifiĂ©e, la formule (5.8) peut ĂȘtre appliquĂ©e aux ni- duit Ă©lĂ©mentaire donnĂ© (une variĂ©tĂ© de produit) dans un
veaux infĂ©rieurs, au-dessus de l’agrĂ©gat Ă©lĂ©mentaire. point de vente. La variance obtenue est donc la somme
5.83 Certaines enquĂȘtes sur les prix sont cependant d’une composante «entre zones urbaines» et d’une com-
plus complexes. C’est vrai en particulier pour cette frac- posante «au sein des zones urbaines». Étant donnĂ© la
tion importante de l’indice dans laquelle les points de nature non linĂ©aire des estimateurs, une linĂ©arisation est
vente et les produits sont Ă©chantillonnĂ©s simultanĂ©ment. effectuĂ©e Ă  partir d’extensions doubles. Des variances
En SuĂšde, ces enquĂȘtes sont qualifiĂ©es d’enquĂȘtes lo- de niveau supĂ©rieur sont obtenues en pondĂ©rant les va-
cales sur les prix et d’enquĂȘtes sur les produits de pre- riances de niveau Ă©lĂ©mentaire.
miĂšre nĂ©cessitĂ©. Dans les deux cas, les points de vente 5.89 AprĂšs l’exercice d’optimisation organisĂ© en
sont Ă©chantillonnĂ©s par tirage alĂ©atoire (PPT) Ă  partir du 1997, l’écart-type de l’indice de tous les produits (pour
registre central du commerce. Les produits sont Ă©chan- 65 % de la pondĂ©ration totale de l’indice) a Ă©tĂ© estimĂ© Ă 
tillonnĂ©s par PPT dans le cadre des enquĂȘtes sur les pro- 0,03. Cette valeur est proche de celle estimĂ©e en 1993,
duits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, mais par la mĂ©thode du pro- bien que le nombre d’observations ait diminuĂ©. La prĂ©-
duit reprĂ©sentatif dans les enquĂȘtes locales sur les prix. cision d’un certain nombre de sous-indices a par ailleurs
Dans le modĂšle suĂ©dois d’estimation de la variance, Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©e.
l’échantillon final est considĂ©rĂ© dans ces cas comme ex- 5.90 Les termes de covariance sont ignorĂ©s. Con-
trait de deux univers bidimensionnels de produits et de crÚtement, cela introduit une trÚs petite différence dans
points de vente. Les unitĂ©s d’échantillonnage finales la composante «entre zones urbaines». La composante
sont donc les produits de l’échantillon vendus dans les «au sein des zones urbaines» est indiscutablement plus
points de vente de l’échantillon — soit un Ă©chantillon touchĂ©e. L’effet n’en est pas moins considĂ©rĂ© comme
reposant sur une classification croisée. r