Pratique Des Normes IFRS PDF
Pratique Des Normes IFRS PDF
ressources
comptabilité
humaines
Pratique des
normes
IFRS
> Référentiel et guide d’application
Robert OBERT
6e édition
Préface Gilbert Gélard,
ancien membre de l’IASB
Mise en page : Nord compo
© Dunod, 2017
11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
www.dunod.com
ISBN 978-2-10-076258-3
Table des matières
Préface 1
Liste des sigles utilisés (et indication de leur origine) 5
Introduction 7
III
Table des matières
IV
1.3. Identification des états financiers 97
1.4. Fréquence d’établissement des états financiers 97
2. Le bilan (ou état de la situation financière) 98
2.1. Distinction entre éléments courants et non courants 98
2.2. Classification d’actifs non courants
(ou de groupes destinés à être cédés)
comme détenus en vue de la vente 100
2.3. Informations à présenter dans l’état
de situation financière (bilan) 100
2.4. Informations à présenter soit dans l’état
de la situation financière soit dans les notes annexes 101
2.5. Modèle d’état de la situation financière 102
3. L’état du résultat net et des autres éléments du résultat global 105
3.1. Informations à présenter dans l’état du résultat net
et des autres éléments du résultat global 106
3.2. Informations à présenter soit dans l’état du résultat net
et des autres éléments du résultat global
soit dans des notes annexes 109
3.3. Modèles d’état du résultat net
et des autres éléments du résultat global 109
4. L’état de flux de trésorerie 114
5. L’état des variations de capitaux propres 118
6. Les notes annexes aux états financiers 122
6.1. Informations à fournir sur les méthodes comptables 123
6.2. Autres informations à fournir 124
V
Table des matières
5. Informations à fournir sur les intérêts détenus par d’autres entités 152
5.1. Informations à fournir sur les filiales 153
5.2. Informations à fournir sur les partenaires
et les entités associées 153
5.3. Informations à fournir sur les entités non consolidées 153
6. Les informations relatives aux parties liées 154
7. Traitement des participations dans les états financiers individuels
établis par l’entité en complément des états financiers consolidés 155
7.1. Traitement des participations dans les filiales,
les coentreprises ou les entités associées 156
7.2. Traitement des participations qui ne sont ni des filiales,
ni des coentreprises, ni des entités associées 157
7.3. Informations devant figurer
dans les états financiers individuels et relatifs aux participations 157
VI
3. Classification des instruments financiers 190
3.1. Actifs ou passifs financiers évalués au coût amorti 192
3.2. Actifs financiers évalués à la juste valeur
par le biais des autres éléments du résultat global 194
3.3. Actifs ou passifs financiers évalués à la juste valeur
par le biais du résultat net 194
3.4. Classification liée à la comptabilité de couverture 195
3.5. Affectation en passifs ou en capitaux propres
des instruments financiers composés (hybrides) 195
3.6. Intérêts, dividendes, pertes et profits 196
3.7. Actions propres 197
3.8. Compensation d’un actif et d’un passif financier 198
4. Reclassements des actifs financiers 199
5. Comptabilisation et évaluation initiales des instruments financiers 201
5.1. Comptabilisation initiale 201
5.2. Évaluation initiale d’actifs et de passifs financiers 201
6. Évaluation et comptabilisation postérieures à l’acquisition
des instruments financiers 203
6.1. Cas des actifs financiers évalués à la juste valeur
(par le biais du résultat net ou des autres éléments
du résultat global) 203
6.2. Cas des actifs financiers évalués au coût amorti 205
6.3. Cas des passifs financiers à la juste valeur 208
6.4. Cas des passifs financiers au coût amorti 208
6.5. Dépréciation et irrécouvrabilité d’actifs financiers 209
7. Décomptabilisation des instruments financiers 214
7.1. Décomptabilisation d’un actif financier 214
7.2. Décomptabilisation d’un passif financier 216
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VII
Table des matières
VIII
8. Immeubles de placement 271
8.1. Évaluation initiale 272
8.2. Évaluation postérieure à la comptabilisation initiale 272
8.3. Informations à fournir 273
IX
Table des matières
X
Chapitre 13 n Les avantages du personnel 357
1. Les avantages du personnel selon les normes IFRS 357
2. Comptabilisation et évaluation des avantages à court terme 359
2.1. Salaires, rémunérations et cotisations de sécurité sociale 360
2.2. Absences rémunérées à court terme 360
2.3. Plan d’intéressement et d’attribution de primes 361
3. Avantages postérieurs à l’emploi : distinction entre les régimes
à cotisations définies et les régimes à prestations définies 363
4. Les régimes à cotisations définies 365
4.1. Comptabilisation et évaluation 365
4.2. Informations à fournir 366
5. Les régimes à prestations définies 366
5.1. Hypothèses actuarielles 367
5.2. Affectation des droits à prestations aux périodes de services 369
5.3. Méthode d’évaluation actuarielle 370
5.4. Valeur des actifs du régime 373
5.5. Coût des services passés 375
5.6. Écarts actuariels 375
5.7. Réévaluation de l’actif (ou du passif) 376
5.8. Réductions et liquidations 377
5.9. Comptabilisation 377
5.10. Écritures comptables 380
5.11. Compensation 383
5.12. Cas des régimes multi-employeurs 383
5.13. Informations à fournir 383
6. Autres avantages à long terme 384
7. Indemnités de cessation d’emploi 385
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XI
Table des matières
XII
3. Les coûts d’emprunts 456
3.1. Principe de base 456
3.2. Comptabilisation des coûts d’emprunt 457
3.3. Informations à fournir 459
4. Les événements postérieurs à la date de clôture 459
4.1. Comptabilisation et évaluation 460
4.2. Informations à fournir 460
XIII
Table des matières
XIV
Chapitre 20 n Les activités spécialisées 541
1. Les banques 542
2. Les entreprises d’assurance 542
2.1. Définition du contrat d’assurance 543
2.2. Pratiques comptables en matière
de contrats d’assurance 543
2.3. Informations à fournir dans les états financiers 544
3. Les organismes de retraite 545
3.1. États financiers des régimes de retraite
à cotisations définies 545
3.2. États financiers des régimes de retraite
à prestations définies 546
4. L’agriculture 546
4.1. Identification et évaluation 547
5. La prospection et l’évaluation des ressources minérales 548
6. Les accords de concessions de services 549
6.1. Modèle de l’actif financier 550
6.2. Modèle de l’immobilisation incorporelle 550
7. Les entités à but non lucratif 551
Lexique 611
Index 643
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XV
Préface
L
es ouvrages en français sur les IFRS sont nombreux, rédigés par
des universitaires ou des praticiens de la comptabilité et de l’audit.
Certains visent une vulgarisation intelligente, s’adressant à des lecteurs
occasionnels de comptes, non spécialistes. D’autres sont à but pédagogique
et visent à une exhaustivité qui ne doit pas exclure la clarté. L’ouvrage du
professeur Robert Obert appartient à cette deuxième catégorie.
sur un marché réglementé d’appliquer les IFRS pour établir leurs comptes
consolidés, à partir de 2005. C’est ainsi que tout un segment du langage
comptable s’est trouvé d’un coup unifié dans les pays de l’Union, privant dans
ce domaine les États membres de la marge de manœuvre dont ils jouissaient.
En dehors de ce segment unifié, l’utilisation des IFRS, en lieu et place des
normes nationales, a été laissée à l’appréciation des États membres. En France,
on a choisi d’interdire les IFRS pour les comptes individuels (sociaux) et de
les autoriser (sans les imposer) pour les groupes non cotés, auxquels sont
assimilés depuis peu les groupes cotés sur Alternext, ce marché n’étant pas
réglementé au sens des directives européennes. Cette initiative européenne
a immédiatement suscité une première vague d’adoption dans le reste du
monde, vague qui n’a fait que gonfler depuis, puisque le nombre de pays
permettant ou demandant l’application des IFRS dépassait la centaine.
1
Préface
2
La lecture de cet ouvrage intelligent et à jour requiert certes beaucoup
d’attention. Le lecteur est payé en retour par la garantie d’une grande
fiabilité, dans un domaine où on ne peut se contenter des appréciations
hasardeuses et où les à-peu-près coûtent cher.
Gilbert Gélard
HEC, Diplômé d’expertise-comptable,
ancien membre du Board de l’IASB.
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3
Liste des sigles utilisés
(et indication de leur origine1)
5
Liste des sigles utilisés
6
Introduction
A
pparue dès l’Antiquité, formalisée depuis le xve siècle, la comptabilité
est devenue la source la plus sûre de l’information économique et
financière. Base du système d’information de gestion de l’entreprise,
elle est aujourd’hui le langage commun de celle-ci avec tous ses partenaires :
personnels, clients, fournisseurs, créanciers, actionnaires, collectivités, public
en général. Si l’intuition et la psychologie ont certainement un rôle à jouer
dans les décisions économiques, encore faut-il que l’on puisse en apprécier
les résultats. C’est la mission fondamentale impartie à la comptabilité dans
nos sociétés modernes. Aussi, pour que cette mission soit remplie avec
succès, est-il indispensable que le langage comptable soit compris de tous
les participants, que la comptabilité soit, en un mot, normalisée.
7
Introduction
1 Tout au long de cet ouvrage, nous désignerons le Comité des normes internationales par son sigle
nouveau IASB même si, au moment où le Comité avait pris une disposition, il s’appelait encore IASC.
2 En décembre 2015, selon une analyse présentée par le World Federation of Exchanges dans son rap-
port annuel, la capitalisation boursière en milliards de USD (au 31 décembre 2015, 1 € = 1,0868 USD)
était aux États-Unis de 17 787 pour le New York Exchange et de 7 281 pour le NASDAQ. Elle était de
4 895 à Tokyo, 4 549 à Shanghai, de 3 185 à Hong Kong, de 3 879 à Londres et de 3 306 sur Euronext
(organisme regroupant les quatre places financières d’Amsterdam, Bruxelles, Paris depuis janvier 2001,
puis de Lisbonne en septembre 2002 – en décembre 2000, la bourse de Paris représentait 63 % de l’en-
semble). Pour l’ensemble des bourses du monde, la capitalisation boursière s’élevait à 67 084 mds$.
Elle était de 11 355 mds$ pour l’ensemble des pays de l’Union européenne.
8
chapitre 1 de cet ouvrage, le rapprochement des normes internationales et
des normes américaines. Aujourd’hui, les normes internationales IFRS ont été
adoptées (plus ou moins intégralement) par plus de 119 sur 143 (soit 83 %)
pays ou juridictions1.
L’application des IFRS a rendu la pratique comptable plus rigoureuse. En
effet, peu d’options sont prévues, de nombreuses informations, détaillées,
doivent être fournies dans les états financiers. L’analyse qui pourra en être
faite à partir des états financiers sous forme d’indicateurs (ou de ratios) a
été modifiée. Ainsi, par exemple, la mise à l’actif obligatoire des biens en
location-financement (voir chapitre 10 § 1) a une incidence sur le montant
des capitaux propres, celui de l’endettement financier, de la valeur nette des
immobilisations, du résultat d’exploitation, du résultat financier, de l’impôt
sur le résultat et du résultat net.
Dans cet ouvrage, nous analyserons d’abord comment est organisé l’IASB,
quels ont été les travaux de cet organisme, quelles sont les sources des règles
comptables aux États-Unis2. Puis nous verrons comment se sont formalisés
les grands principes qui régissent les IFRS. Nous évoquerons ensuite les
principales règles de présentation des états financiers (comptes individuels
et consolidés) proposés par les normes internationales.
Dans les chapitres suivants, nous examinerons comment sont traités, en IFRS,
un certain nombre de thèmes comptables spécifiques : la consolidation,
les regroupements d’entreprises, les instruments financiers, les stocks, les
immobilisations corporelles et incorporelles, les contrats de location, les
actifs destinés à être cédés, les dépréciations d’actifs, les avantages du
personnel, les provisions, passifs éventuels et actifs éventuels, les produits
et les charges, l’impôt sur le résultat, les effets des variations du cours des
monnaies, les changements de méthodes comptables et corrections d’erreurs,
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1 IFRS Foundation Paul Pacter – Pocket Guide to IFRS Standards : the global financial reporting language,
2016 ; p. 6. Il est à noter que 130 pays sont, en ce moment, membres de l’IFAC (voir chapitre 1 § 12.1)
et 193 sont membres de l’ONU. Une analyse présentée par ailleurs par l’IFRS Foundation sur son site
internet en juillet 2016, montre que plus de 25 000 des quelques 48 000 entreprises cotées sur les
85 grandes bourses de valeurs dans le monde utilisent les normes IFRS, et que pour les entreprises
n’utilisant pas les normes IFRS dans leur intégralité, plus de 80 % sont cotées en Chine, en Inde, au
Japon et aux États-Unis (lesquels utilisent des normes nationales plus ou moins inspirées par les IFRS).
2 Pour ce qui concerne les règles françaises le lecteur pourra retrouver une analyse très approfondie
dans deux de nos ouvrages Comptabilité approfondie DCG 10, et Comptabilité et audit DSCG 4 aux
éditions Dunod.
9
Introduction
1 L’IASB et de nombreux normalisateurs nationaux (comme le FASB américain) n’ont pas conçu de
plan comptable général semblable au plan français. Ils ont laissé la possibilité aux utilisateurs de choisir
leurs intitulés de comptes et la numérotation adéquate en fonction de leurs besoins, à condition, bien
entendu, que l’application reste conforme aux normes édictées. Le plan de comptes du PCG n’a certes
pas été bâti pour enregistrer des opérations selon les normes IFRS (certaines notions développées dans
le PCG comme les produits et charges exceptionnels n’ont pas été retenues dans les IFRS, certains
classements – court terme, long terme, courant, non courant – sont différents) et il faudrait que ce plan
de comptes soit revu pour que l’adaptation soit parfaite. Toutefois, même sous sa forme actuelle (en
y introduisant que quelques innovations) il peut être d’un usage pratique certain pour l’utilisateur (le
plan comptable français est par ailleurs proche du plan comptable belge, du plan comptable espagnol,
des plans comptables algérien SCF, marocain, tunisien et du plan comptable de l’organisation africaine
du droit des affaires SYSCOHADA).
2 La première édition était de juin 2003, la deuxième de septembre 2004, la troisième d’octobre 2006,
quatrième d’avril 2009 et la cinquième en mars 2013.
10
une application anticipée étant cependant toujours possible : ce délai
permet aux entités qui présentent deux années d’informations financières
comparatives annuelles (en plus de l’information de l’exercice considéré),
d’avoir la norme en main avant le début du premier exercice comparatif
présenté. Plusieurs normes importantes ne seront applicables (sauf
anticipation) qu’à compter de 2018. Aussi, nous avons choisi de présenter,
dans ces cas, la version nouvelle de la norme1, en précisant notamment à
chaque fois les divergences essentielles avec l’ancienne version. Les normes
comptables, comme le droit, ont des contenus qui évoluent constamment
avec le temps. Elles obligent à une mise à jour permanente et cette évolution
n’est pas sans donner de l’intérêt à leur étude.
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1 Lorsque, au moment de la publication de cet ouvrage, lorsqu’une des normes nouvelles n’était pas
encore publiée, nous nous sommes appuyés sur le dernier projet soumis par l’IASB sous forme d’exposé
sondage. Pour les points importants, nous avons constaté sur des précédents sujets qu’il n’y avait pas
généralement pas de divergences fondamentales entre le dernier exposé sondage et norme définitive.
11
Chapitre 1
La normalisation
comptable
C
’est d’abord aux États-Unis qu’une normalisation comptable
a été mise en place par la profession comptable en 1939 sous
l’égide du Committee on Accounting Procedures (CAP) de l’AICPA.
Cette organisation a pris ensuite vis-à-vis de la profession comptable
son indépendance en devenant le Financial Accounting Standards Board
(FASB). C’est sur le modèle de cet organisme, mais aussi de l’organisme
britannique, l’ASC (Accounting Standard Board) que s’est bâti depuis
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13
1. La normalisation comptable
14
l’Union européenne et est devenu la référence de l’harmonisation des
normes comptables à l’échelle mondiale.
Il est à noter que, pour atteindre ce dernier objectif, l’IASB, que ce soit
pour la construction des normes ou pour l’établissement des interpréta-
tions, travaille de concert avec les principaux normalisateurs nationaux.
Il est en effet indispensable que les pays qui représentent les capitalisa-
tions boursières les plus importantes aient des normes nationales les
plus proches des normes IFRS, pour éviter des différences sensibles, dans
la mesure où les normes nationales continueraient à être utilisées.
L’IASB a spécifié par ailleurs que sa mission d’harmonisation restait
compatible avec des dispositions plus détaillées prises par certains pays
ou par une nécessaire adaptation aux circonstances nationales.
On peut noter que les normes IFRS s’appuient plutôt sur des principes
directeurs, faisant appel au jugement du professionnel, (ce qui explique
15
1. La normalisation comptable
16
systèmes de mesure et du concept du capital. Révisé en 2010 et en cours
de révision fin 2016, il sera analysé dans le chapitre 2, § 1 à 10.
17
1. La normalisation comptable
18
tion d’aménagements de la presque totalité des normes existantes et à
la création de seize nouvelles normes.
Ont d’abord été révisées (publication en décembre 2003) la presque
totalité des normes existantes, de nombreux traitements jusqu’alors
autorisés par ces normes sont abandonnés, ne laissant qu’un seul traite-
ment (à quelques exceptions près).
Puis ont été revues (première publication en décembre 2003), les
normes IAS 32 et IAS 39. La norme IAS 39, après sa première publication
révisée, ayant fait l’objet de nombreuses critiques, plusieurs aménage-
ments ont été ensuite apportés par l’IASB en 2004 et 2005.
En juin 2003 a été publiée la première norme IFRS relative à la première
application des normes internationales (IFRS 1) Puis ont suivi, de 2004 à
2006 les normes IFRS 2 à IFRS 8 relatives à la comptabilisation des paie-
ments en actions, aux regroupements d’entreprises (norme révisée en 2008
et rapprochant les méthodes de comptabilisation et d’évaluation avec les
règles américaines), aux contrats d’assurance, aux activités abandonnées, à
l’exploration et l’exploitation des ressources minérales, aux informations à
fournir sur les instruments financiers, aux secteurs opérationnels.
Par ailleurs, à la demande du G 20, l’IASB mis en 2008 en chantier la
réécriture de la norme IAS 39 relative à la comptabilisation et à l’évalua-
tion des instruments financière, la nouvelle norme IFRS 9 « Instruments
financiers ».
En 2009, l’IASB a également publié une norme IFRS pour PME (voir ci-
dessous § 8) révisée en 2015, conduisant l’organisation, qui s’était priori-
tairement orientée vers l’information destinée aux marchés financiers (et
par conséquent aux comptes consolidés des entités cotées) à s’intéresser
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aux problèmes posés par les comptes individuels et les plus petites entités.
En septembre 2010, l’IASB a publié une révision (incomplète) du cadre
conceptuel et en mai 2011, de concert avec le normalisateur américain, le
FASB, quatre nouvelles normes consacrées à la consolidation d’une part
(IFRS 10 « États financiers consolidés », IFRS 11 « Partenariats », IFRS 12
« Informations sur les participations dans d’autres entités ») et à l’évalua-
tion à la juste valeur d’autre part (IAS 13 « Évaluation à la juste valeur »).
En janvier 2014, l’IASB a publié la norme IFRS 14 « Comptes de
report réglementaires » dont l’objectif est d’améliorer la comparabilité
de l’information financière pour les entités qui exercent des activités
à tarifs réglementés. En juillet 2014, elle a publié la version définitive
d’IFRS 9 « Instruments financiers » (des publications partielles ayant
19
1. La normalisation comptable
1 Voir Robert Obert, « Point sur l’initiative de l’initiative sur les informations à fournir », Revue Française
de comptabilité – N° 493, décembre 2015, p. 54-56.
2 Pour le détail du programme de travail de l’IASB voir http://www.ifrs.org/Current-Projects/IASB-
Projects/Pages/IASB-Work-Plan.aspx
3 Auxquels on peut ajouter un certain nombre d’organismes consultatifs soit créées soit mis en place
par l’IFRS Foundation et l’IASB ou externes à l’IASB : le Conseil consultatif sur les marchés financiers
(Capital Markets Advisory Committee), le Groupe des économies émergentes (Emerging Economies
Group), le Forum mondial des préparateurs (Global Preparers Forum), le Groupe de mise en œuvre de la
norme IFRS pour les PME (SME Implementation Group), etc.
20
(Monitory Board), l’organisme central (l’IASB), le comité d’interprétation
(IFRS Interpretations Committee), et deux comités consultatifs (IFRS Advi-
sory Council et Accounting Standards Advisory Forum).
L’IFRS Foundation est gérée par un conseil de surveillance (appelé
Trustees). Ce conseil est composé de vingt-deux personnes représentant
l’ensemble de la communauté comptable (dont six trustees issus de l’Amé-
rique du Nord, six de l’Europe, six de la région Asie/Pacifique. On y trouve
des membres de grands cabinets d’auditeurs, des représentants d’associa-
tions d’entreprises, des représentants de normalisateurs, des professeurs de
droit, des représentants d’organismes de contrôle boursiers.
IFRS Foundation est chargé de la stratégie de l’organisation, d’amen-
der sa constitution, d’assurer son financement. IFRS Foundation (IASCF à
l’époque) a également été chargée de désigner les premiers membres du
conseil (Board). Elle est en relation avec un conseil de surveillance appelé
Monitory Board, dont la fonction d’être un lien entre les Trustees et les auto-
rités publiques. Ce Monitory Board est composé actuellement du président
de l’IOSCO Emerging Markets Committee, de représentants de la Commission
européenne, de l’US Securities and Exchange Commission (SEC), de l’Agence
des services financiers japonaise, de la Commission des valeurs mobilières
brésilienne, de la Commission des services financiers coréenne, du minis-
tère des Finances de la République populaire de Chine et en tant qu’ob-
servateur, du Comité de Bâle de supervision bancaire (Basel Committee on
Banking Supervision). Cette structure complexe de gouvernance a été mise en
place notamment pour assurer l’indépendance de l’IASB.
L’IASB est l’organe central de l’organisation. Le conseil de l’IASB (Board)
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21
1. La normalisation comptable
de documents pour examen par le Conseil. Le Board est aussi chargé d’ap-
prouver les projets d’interprétation de l’IFRS Interpretations Committee.
L’IFRS Interpretations Committee (précédemment IFRIC – International
Financial Reporting Interpretations Committee) a pris la suite en 2001 du SIC
(Standing Interpretation Committee) créée en 1997. C’est un comité composé
de quatorze membres, chargé de répondre rapidement aux problèmes d’in-
terprétation posés par certaines normes. Il travaille en collaboration avec
les comités similaires des normalisateurs nationaux. Les interprétations
doivent faire l’objet d’une approbation par le board. Plus de cinquante
interprétations ont été publiées par l’IASB (voir ci-après § 6).
L’IFRS Advisory Council (précédemment Standards Advisory Council,
SAC) composé de 30 membres au moins est appelé à conseiller l’IASB sur
les priorités de son programme de travail. Il est aussi chargé d’informer
l’IASB des points de vue des organisations comptables dont sont issus
ses membres.
Par ailleurs, un second organe consultatif l’Accounting Standards
Advisory Forum (ASAF) ou Forum consultatif des normes comptables a
été créé en 2013. Composé de 12 membres, normalisateurs nationaux
(comme le FASB ou l’ANC) et organismes régionaux ayant un intérêt
dans l’information financière (comme l’EFRAG), son objectif est de faire
collaborer de manière plus intense ces organisations avec l’IASB.
Monitory Board
Conseil de surveillance de IFRS Fondation
IFRS Foundation
Chargé de la stratégie, de l’organisation et du financement
22
4. Les procédures de l’IASB
La procédure d’élaboration des normes (due process) est longue et fait
appel à de nombreuses consultations.
Pour l’élaboration des normes IFRS, les principales étapes sont les
suivantes :
1) Inscription dans le programme de travail de l’IASB (active agenda) :
identification du thème (une consultation publique doit être faite tous
les trois ans pour fixer les priorités), discussion en réunions (l’IASB tient
chaque mois une réunion publique), consultation de l’IFRS Foundation et
de l’IFRS Advisory Council, mise en place d’un programme de recherche for-
mation d’un groupe de travail (working group) appelé à conseiller au Board ;
participation éventuelle d’un ou de plusieurs normalisateurs nationaux.
2) Publication d’un document de discussion (discussion paper) pour
appel à commentaires (cette publication n’est pas systématique) : sont
présentés le(s) thème(s), les approches possibles et les choix envisagés
par le Board ; organisation de sessions publiques de discussion.
3) Publication pour appel à commentaires d’un projet de norme
(exposure draft ou exposé-sondage) approuvé 60 % des membres au
moins de l’IASB au moins et comprenant les avis contraires émis par
certains membres ainsi que les arguments majeurs ayant prévalu lors de
la délibération de l’IASB. Toutes les parties intéressées sont appelées à
commenter ce projet dans une durée fixée dans l’exposé sondage. Dans
certains cas, un second projet de norme amendé peut être présenté.
4) Après prise en compte des commentaires reçus sur les documents de
discussion et le projet, et éventuellement tenue d’audiences publiques et
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23
1. La normalisation comptable
Programme
Consultation Programme d’élaboration
du programme de recherche des normes Mise en œuvre
1 D’après IFRS Foundation – International Accounting Standards Board (IASB) – Qui sommes-nous et que
faisons-nous ? (juillet 2015) p. 3.
24
peuvent être traduits dans la langue du pays par les organismes profes-
sionnels.
Il est à noter que l’article 3 du règlement européen sur l’application
des normes comptables internationales (voir ci-après § 10.2) stipule que
« les normes comptables adoptées sont publiées intégralement, dans
chacune des langues officielles de la Communauté, sous la forme d’un
règlement de la Commission, au Journal officiel de l’Union européenne
(JOUE) ». Il est donc possible de trouver le texte intégral des normes
comptables internationales, en langue française, au JOUE.
Au nombre de cinquante-sept à ce jour (treize d’entre elles ont cepen-
dant été abrogées, mais leur numéro n’a pas été réutilisé), les normes de
l’IASB comprennent généralement les rubriques suivantes :
–– objectifs ;
–– champ d’application ;
–– développements spécifiques ;
–– informations à fournir ;
–– dispositions transitoires ;
–– date d’application ;
–– annexes.
Dans les normes qui ont été promulguées depuis le changement de
structure en 2001, on trouve dans généralement une annexe A « Défi-
nitions » (lesquelles étaient précédemment présentées dans la norme
proprement dite après le champ d’application) et une annexe B « Guide
d’application », lesquelles font partie de la norme proprement dite. Par
ailleurs, sont éditées séparément (et sont considérées comme ne faisant
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25
1. La normalisation comptable
1 Il faut distinguer la révision de la norme, qui correspond à une réécriture totale, les remises en forme,
effectuées notamment en 1994, et les amendements, qui correspondent à des modifications partielles.
26
»
N° Première date Date d’application
Objet de la norme
norme d’application de la dernière révision1
»
N° Première date Date d’application
Objet de la norme
norme d’application de la dernière révision1
28
»
N° Première date Date d’application
Objet de la norme
norme d’application de la dernière révision1
d’information financière
IFRS 2 Paiement fondé sur des 1.1.2005
actions
IFRS 3 Regroupements 1.4.2004 1.7.2009
d’entreprises
IFRS 4 Contrats d’assurance 1.1.2005
29
1. La normalisation comptable
»
N° Première date Date d’application
Objet de la norme
norme d’application de la dernière révision1
30
6. Les décisions du comité
d’interprétation
Les décisions de l’IFRS Interpretations Committee (IFRIC avant 2010) sont
des réponses à des questions comptables susceptibles de faire l’objet de
traitements divergents ou inacceptables en l’absence d’instructions fai-
sant autorité. Elles correspondent soit à des pratiques non satisfaites
dans le cadre des normes comptables internationales, soit à nouveaux
sujets se rapportant à une norme existante, mais qui n’ont pas été exa-
minés lorsque la norme a été élaborée (questions émergentes).
Certaines interprétations ont été intégrées dans la révision de normes
existantes, ce qui explique qu’à ce jour nombre d’entre elles n’ont plus
à être appliquées.
Après identification des différences liées au thème traité et étude
des pratiques nationales, il est élaboré, pour appel à commentaires, un
projet d’interprétation. Après prise en compte des commentaires, l’IFRS
Interpretations Commitee adopte le projet qui sera soumis pour adoption
finale par le Board de l’IASB.
L’IFRIC avait remplacé depuis 2002 le SIC créé en 1997 et qui avait
adopté 34 décisions (liste des décisions en annexe 1).
31
1. La normalisation comptable
1 Philippe Danjou, Le projet IFRS entré en vigueur il y a dix ans, devenu une réalité incontournable. Revue
Française de Comptabilité n° 500, juillet-août 2016, p. 16.
32
qui puissent être utilisées par des entités qui n’exercent pas de respon-
sabilité publique, mais qui sont dans l’obligation de présenter des états
financiers pour des utilisateurs extérieurs.
Une entité exerce une responsabilité publique (et, par conséquent,
ne peut appliquer que les « full IFRS ») si :
–– ses instruments de dettes ou de capitaux propres sont cotés sur un marché
public ou elle est sur le point d’émettre de tels instruments pour leur cota-
tion sur un marché public (une bourse de valeurs nationale ou étrangère
ou un marché hors cote, y compris les marchés locaux et régionaux) ;
–– elle détient des actifs à titre fiduciaire pour un large groupe de tiers
extérieurs comme l’une de ses activités principales. La plupart des
banques, des coopératives, des compagnies d’assurance, des cour-
tiers en valeurs mobilières ou des sociétés de bourse, des fonds
communs de placement et des banques d’investissement sont des
exemples d’entités détenant des actifs à titre fiduciaire pour un
nombre important de tiers.
L’IASB a prévu que la décision d’adoption ou non du référentiel
pour les PME sera prise au niveau de chaque État, par les normalisateurs
nationaux. Par ailleurs, l’Union européenne n’a pris aucun règlement
imposant cette norme.
Il est à noter que l’IASB n’a pas prévu de test quantitatif pour quali-
fier la PME, ce test pouvant être cependant défini par chaque État uti-
lisateur. Toutefois la rédaction de la norme a été faite en pensant à une
entité de 50 salariés.
La norme proprement dite (230 pages) comprend une préface,
35 sections, un glossaire et une table de correspondance des sections de
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33
1. La normalisation comptable
Préface
1 Petites et moyennes entités
2 Concepts et principes généraux
3 Présentation des états financiers
4 État de la situation financière
5 État du résultat global et du résultat
6 État de variation des capitaux propres et compte de résultat et résultats non
distribués
7 État des flux de trésorerie
8 Notes aux états financiers
9 États financiers consolidés et individuels
10 Méthodes comptables, estimations et erreurs
11 Instruments financiers habituels
12 Autres instruments financiers
13 Stocks
14 Participations dans des entités associées
15 Participations dans des coentreprises
16 Immeubles de placement
17 Immobilisations corporelles
18 Immobilisations incorporelles à l’exception du goodwill
19 Regroupements d’entreprises et goodwill
20 Contrats de location
21 Provisions et éventualités
22 Passifs et capitaux propres
23 Produits des activités ordinaires
24 Subventions publiques
25 Coûts d’emprunts
26 Paiement fondé sur des actions
27 Dépréciation des actifs
28 Avantages du personnel
29 Impôt sur le résultat
30 Conversion des monnaies étrangères
31 Hyperinflation
32 Événements postérieurs à la période de reporting
33 Informations relatives aux parties liées
34 Activités spécialisées
35 Transition à la norme IFRS pour PME
Glossaire – Table de concordance avec IFRS
Cette norme a été adaptée par certains pays, dont notamment ceux
ne disposant pas ou n’ayant pas les ressources suffisantes pour mainte-
nir un référentiel comptable adapté1. En Grande-Bretagne et en Irlande,
à compter du 1er janvier 2015, l’ensemble des normes applicables, à l’ex-
ception de la norme applicable au système simplifié, remplacées par une
1 80 pays dans le Monde utilisent les IFRS PME (IFRS Foundation Paul Pacter – Pocket Guide to IFRS Stan-
dards : the global financial reporting language, 2016, p. 30.
34
nouvelle norme globale (FRS 102) dénommée « The Financial Reporting
Standard applicable in the UK and Republic of Ireland » très proche des IFRS
PME. Par contre, dans d’autres pays (comme la France) où le référentiel
comptable permet de répondre aux besoins des entreprises en matière
de fiscalité et de publicité des comptes (notamment pour les petites et
moyennes entreprises n’ayant pas besoin d’un référentiel internatio-
nalement reconnu), le rapport coûts/avantages de l’introduction de la
norme IFRS PME a été perçu comme défavorable.
Toutefois cette norme garde un intérêt, même en cas de non-uti-
lisation systématique. En effet, au cours des années à venir, alors que
toutes les sociétés cotées du monde appliqueront pour leurs comptes
consolidés les normes IFRS ou des normes très proches (les normes amé-
ricaines du FASB convergent aujourd’hui avec celles de l’IASB), on peut
également envisager que les normalisateurs nationaux de multiples
pays vont modifier (ou créer si elles n’existent pas encore) leurs normes
comptables (applicables aux comptes individuels et sociaux et aux
comptes consolidés des entités non cotées) en s’inspirant (mais aussi en
cherchant des simplifications) des normes IFRS. À ce jour d’ailleurs, on
peut constater que de nombreux États (notamment en Afrique, en Asie,
en Amérique du Sud) ont réalisé cette transformation. Nous pensons
que la norme IFRS PME peut servir de base à cette mutation.
IFRS PME correspondent souvent (avec des allègements) à celles des IFRS
complètes. Il est à noter cependant que la norme IFRS pour PME ne
reconnaît que deux méthodes d’évaluation : le coût historique, qui est
généralement utilisé, et la juste valeur dans certaines catégories d’ins-
truments financiers, de participations dans des entités associées ou des
coentreprises, d’immeubles de placement ou d’actifs biologiques.
Les principales divergences de la norme IFRS pour PME avec les « full
IFRS », concernent notamment les points suivants :
• Traitement des instruments financiers (simplification en IFRS PME :
deux catégories : évaluation au coût amorti, évaluation à la juste
valeur, alors qu’IAS 39 et IFRS 9 ont retenu une classification plus
détaillée (voir chapitre 6 § 3). Nombre de méthodes retenues dans
35
1. La normalisation comptable
IFRS PME sont différentes de celles figurant dans les « full IFRS »,
notamment d’IAS 39. ;
• Comptabilité de couverture : IFRS PME permet la comptabilité de
couverture (voir chapitre 6 § 8) seulement pour les risques suivants :
le risque de taux d’intérêt d’un instrument de dette évalué au coût
amorti, le risque de change ou de taux d’intérêt dans un engagement
ferme ou une transaction prévue hautement probable, le risque de
prix d’une marchandise que l’entité détient, soit dans un engagement
ferme, soit dans une transaction prévue hautement probable d’achat
ou de vente de la marchandise et le risque de change d’un investisse-
ment net dans une opération à l’étranger ;
• Traitement des coûts d’emprunt (non activables en IFRS PME, alors
que pour les actifs éligibles, IAS 23 stipule (voir chapitre 15 § 3) une
affectation des coûts d’emprunts aux actifs concernés) ;
• Traitement des frais de développement (non activables en IFRS PME,
alors que IAS 38 prévoit, dans certaines conditions cette activation
– voir chapitre 9 § 3) ;
• Réévaluation des immobilisations incorporelles non autorisée (alors
que IAS 38 permet l’utilisation de la valeur réévaluée – voir chapitre 9
§ 6.2) ;
• Amortissement systématique de toutes les immobilisations incor-
porelles, y compris le goodwill, autorisé (alors qu’IAS 38 ne prévoit
l’amortissement que pour les immobilisations incorporelles identi-
fiables à durée d’utilité finie (voir chapitre 9 § 8). Si une entité n’est
pas en mesure d’estimer la durée d’utilité d’une immobilisation incor-
porelle de manière fiable, la durée présumée est fixée à 10 ans ;
• Dépréciation : lorsque le goodwill ne peut être affecté à une unité
génératrice de trésorerie (voir chapitre 12 § 6), deux solutions sont
alors possibles :
–– si l’entité acquise n’a pas été intégrée (restructurée ou dissoute dans
l’entité déclarante ou d’autres filiales), l’entité acquise est évaluée
dans son ensemble pour effectuer le test de dépréciation ;
–– si une telle répartition n’est pas possible et que l’entité acquise a été
intégrée, l’ensemble du groupe est alors pris dans le test de dépréciation.
• Avantages au personnel : comptabilisation immédiate des écarts
actuariels en résultat net (alors qu’IAS 19 prévoit une comptabilisation
dans les autres éléments du résultat global (voir chapitre 13 § 5.6) ;
36
• Subventions : alors qu’il y a deux options de comptabilisation de
subventions liées à des actifs dans IAS 20 (voir chapitre 15 § 2.2),
la norme IFRS PME n’autorise pas la déduction du prix d’achat de
l’équipement et précise que « les subventions reçues avant que les
critères de constatation des produits soient satisfaits sont reconnues
comme un passif ») ;
• Établissement des états financiers individuels : IFRS pour PME autorise,
sur option, de comptabiliser à la valeur d’équivalence une filiale, une
entité associée et une entité sous contrôle conjoint (alors qu’IFRS 27
ne permet la comptabilisation que conformément à IAS 39 ou IFRS 9
– voir chapitre 4 § 7.1) ;
• Possibilité d’évaluer au coût ou à la juste valeur les participations dans
des entités sous contrôle conjoint (alors que les coentreprises, confor-
mément à IAS 28, l’évaluation doit être obligatoirement effectuée par
mise en équivalence – voir chapitre 4.2) ;
• Le coût d’un regroupement d’entreprise (justes valeurs, à la date
d’échange, des actifs remis, des passifs encourus ou assumés, et des
instruments de capitaux propres émis par l’acquéreur, en échange du
contrôle de l’entreprise acquise), doit être majoré de tous les coûts
directement attribuables au regroupement (dans IFRS 3, depuis la
révision de 2008, les coûts d’acquisition doivent constatés en charges,
voir chapitre 5 § 2.3) ;
• Méthode de goodwill complet non autorisée en IFRS PME (autorisée en
« full IFRS » – voir chapitre 5 § 2.4) ;
• Revue moins fréquente des éléments sur immobilisations corporelles,
incorporelles et goodwill (annuellement en IFRS complètes) ;
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9. IFRS et XBRL
XBRL (eXtensible Business Reporting Language) est un langage de repor-
ting basé sur le standard XML (Extensible Markup Language). Son objectif
est de simplifier et d’homogénéiser la communication de l’information
37
1. La normalisation comptable
38
La nouvelle directive comprend 55 articles répartis en dix chapitres.
Un certain nombre d’articles sont restés en substance identiques aux
articles correspondants des anciennes directives bien que leur numéro-
tation diffère généralement de la numérotation originale.
On y trouve les principes généraux applicables à l’information finan-
cière. Sont cités les principes classiques (continuité de l’exploitation, de
permanence des méthodes, de prudence, d’application de la comptabi-
lité d’engagement, d’indépendance des exercices, de non compensation,
d’intangibilité du bilan d’ouverture, d’utilisation des coûts d’acquisi-
tion ou de revient), mais aussi les principes d’importance relative et de
prééminence de la réalité économique d’une transaction sur sa forme
juridique, principes que l’on retrouve dans les normes IFRS.
La nouvelle directive présente deux modèles de bilan (présenté sous
forme de tableau, actifs et passifs séparés ou en liste) et deux structures
de compte de résultat présentés en liste : l’une fondée sur un classement
par nature, l’autre sur un classement par fonction.
À côté de la directive générale relatives aux comptes des sociétés, il
faut aussi signaler l’existence de directives spécialisées pour les entités
du secteur bancaire et du secteur des assurances.
39
1. La normalisation comptable
directive a évité les mesures de transposition par les États membres (un
règlement est d’application immédiate).
Le choix des normes IFRS effectué par le règlement était un choix cohé-
rent. L’Europe n’avait ni le temps, ni les moyens de concevoir son propre
standard. Elle devait par ailleurs se projeter dans l’avenir probable de mar-
chés financiers globalisés à l’ensemble du monde. Elle ne pouvait accepter
de se placer dans le champ du normalisateur américain et devait saisir
l’opportunité de participer à un mouvement de normalisation mondiale.
L’adoption d’un référentiel comptable unique a favorisé l’homogé-
néité des informations financières produites en Europe. Il a permis ainsi,
en limitant les options offertes de comparer objectivement les données
financières des entreprises européennes (7 000 à 8 000 sociétés cotées
sont concernées par le règlement). D’autre part, le corps des normes
IFRS choisi par l’Europe en privilégiant la substance sur la forme et en
instaurant dans certains domaines l’actualisation et la juste valeur, a
opté définitivement pour la prééminence de l’économique sur le juri-
dique et, dans ce contexte, a influé très largement les pratiques.
Le règlement prévoit par ailleurs (article 5) deux options ouvertes aux
États membres. La première leur offre la possibilité d’étendre l’applica-
tion des IFRS aux comptes individuels des sociétés cotées, la seconde,
d’étendre l’application des IFRS à toutes les sociétés commerciales pour les
comptes consolidés et/ou les comptes individuels. Les législateurs natio-
naux devaient se prononcer sur ces deux options. En France, l’ordon-
nance 2004-1382 du 20 décembre 2004 permet aux sociétés ne faisant
pas appel public à l’épargne d’établir leurs comptes consolidés soit selon
les normes IFRS, soit en suivant les règles comptables prévues par le Code
de commerce et le règlement 99-02 du CRC sur les comptes consolidés.
En France, près de 30 000 entreprises (sociétés cotées et filiales de
sociétés cotées) sont touchées par le règlement européen relatif à l’appli-
cation des normes comptables internationales.
40
Ce mécanisme implique l’intervention d’un Comité de réglemen-
tation comptable européen ou Accounting Regulatory Committee (ARC),
d’un organe technique : le groupe consultatif pour l’information finan-
cière en Europe ou l’European Financial Reporting Advisory Group (EFRAG).
L’ARC européen est composé de représentants des membres de
l’Union et est présidé par la Commission européenne. Il a un rôle poli-
tique et pour fonction de rendre des avis sur les propositions de la
Commission dans le mois qui suit leur présentation. Il est aidé dans sa
mission par l’EFRAG.
L’EFRAG est composé de membres proposés par les organisations
fondatrices, représentant, sur le plan européen, les entités publiques, la
profession comptable, les entreprises, les bourses de valeurs, les analystes
financiers, des secteurs d’activités spécifiques (banques, assurances). Il
comprend en outre une assemblée générale composée d’organisations
européennes et d’organismes nationaux, un Conseil d’administration et
un Comité technique comptable. Le Conseil d’administration est com-
posé de membres représentant les institutions publiques européennes,
les parties prenantes (sociétés industrielles et commerciales, établisse-
ments financiers, professionnels de la comptabilité, utilisateurs) et les
organismes nationaux principaux de normalisation comptable (dont
l’ANC pour la France, le DRSC pour l’Allemagne, l’OIC pour l’Italie,
le FRC pour le Royaume-Uni, etc.) Le Comité technique comptable
est composé de membres sélectionnés en fonction de leur expertise et
de leur compétence professionnelle. Il a un rôle consultatif auprès du
Conseil d’administration, les décisions étant prises par ce dernier. Il a
pour mission essentielle d’évaluer techniquement les normes et interpré-
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1 Article 3, al. 2.
41
1. La normalisation comptable
42
internationales. L’Autorité des marchés financiers (AMF) chaque année,
publie également ses propres recommandations venant compléter celles
de l’ESMA.
43
1. La normalisation comptable
44
Il est à noter que depuis, cependant, l’AICPA a également publié des
recommandations en matière de comptabilisation et d’audit (SOP, Sta-
tement of position).
1 Du bon usage d’un cadre conceptuel amélioré, Revue française de comptabilité n° 437
novembre 2010, p. 36.
45
1. La normalisation comptable
46
efforts à rendre leurs normes respectives compatibles et pour coordon-
ner leurs travaux futurs.
Un programme en quatre points (mémorandum « The Norwalk agree-
ment » a été arrêté lors de cette réunion.
Un mémorandum publié conjointement par le FASB et l’IASB le
27 février 2006 (Memorandum of Understanding, MOU) mis à jour depuis,
a fixé l’ensemble des engagements à des deux organisations.
Depuis l’accord de Norwalk, de nombreuses réunions communes
entre IASB et FASB ont été organisées, de nombreux projets de conver-
gence ont été mis en chantier qui ont conduit l’IASB à la publication
des normes IFRS 5, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 15 et 16, à la révision du cadre
conceptuel et à la révision des normes IFRS 2 et 3 et IAS 1, 19 et 23.
L’ensemble de ce travail de rapprochement, qui devait trouver son
aboutissement au milieu de l’année 2013 (mais qui continue à se pour-
suivre, les deux organisations continuant à se rencontrer), peut être ana-
lysé en deux sous ensembles1 :
–– certains projets sont communs ont été rédigés ensemble par l’IASB et le
FASB, aboutissant à des normes ayant la même structure et le même texte
de base : c’est le cas de la mise à jour du cadre conceptuel, des normes sur
la juste valeur, les produits tirés de contrats avec les clients, les locations ;
–– pour les autres projets, chaque organisation a effectué ses propres amen-
dements, les textes de base restant cependant différents.
Il faut voir que ce processus de convergence est extrêmement ardu : il
est difficile de convaincre les Américains de changer de position. De son
côté, l’IASB s’attache à des positions qu’il estime justifiées. La conver-
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1 Joint Update Note from the IASB and FASB on Accounting Convergence – Note from IASB on Gover-
nance Enhancements April 2012.
47
1. La normalisation comptable
48
Faisant suite à la création de l’IASC en 1973 dont la mission était
d’édicter des normes comptables applicables à l’élaboration des
comptes et de promouvoir leur acceptation à travers le monde, l’IFAC
(International Federation of ACcountants) fut constituée le 7 octobre
1977 par 63 organisations professionnelles représentant 51 pays dif-
férents.
L’objectif essentiel de l’IFAC est de « favoriser le développement
d’une profession comptable homogène utilisant des normes harmoni-
sées ». Aujourd’hui, plus de 175 organisations professionnelles repré-
sentant plus de 130 pays réunissant ensemble près de trois millions de
personnes (professions comptables, entités publiques, industrie, com-
merce, enseignement) participent à l’IFAC. Le siège de l’IFAC est à New
York (alors que celui de l’IASB est situé à Londres).
Pour pouvoir mettre les recommandations qui composent son
objet, l’IFAC a constitué des commissions permanentes dans les
domaines de la formation, de l’éthique, de la comptabilité finan-
cière et de gestion, dans le secteur public (voir chapitre 20, § 7) et en
matière de pratiques d’audit.
La commission internationale des normes internationales d’audit et
d’expression d’assurance ou International Auditing and Assurance Stan-
dards Board (IAASB) (qui a pris en 2002 la suite de l’IAPC – International
Auditing Practice Committee) a publié un ensemble de normes interna-
tionales d’audit (International Standards on Auditing – ISA), de normes
internationales de missions d’examen (International Standards on Review
Engagements – ISRE) et de normes internationales de missions d’assu-
rance (International Standards on Assurance Engagements – ISAE)12.
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1 Que l’on retrouve dans un manuel mis en ligne par l’IFAC (https://www.ifac.org/) « Handbook of
international quality control, auditing, review, other assurance and related services pronouncements”.
2 L’IFAC a notamment demandé au G20 qui s’est réuni en Chine en septembre 2016 de présenter
une résolution dans laquelle serait reconnue l’importance des normes internationales dans toutes les
juridictions, qu’il s’agisse des normes en matière de comptabilité (IFRS), d’audit et d’assurance (ISA
notamment), d’éthique professionnelle (code d’éthique), d’éducation (IES), et de comptabilité du sec-
teur public (IPSAS).
49
1. La normalisation comptable
N° Intitulés
de codification des normes
des normes
Introduction
Préface aux normes internationales de contrôle qualité, d’audit,
de missions d’assurance et de services connexes
Lexique
ISQC 1 Contrôle qualité des cabinets réalisant des missions d’audit
ou d’examen limité d’états financiers, et d’autres missions
d’assurance et de services connexes
Principes généraux et responsabilités
ISA 200 Objectifs généraux de l’auditeur indépendant et conduite
d’un audit selon les normes internationales d’audit
ISA 210 Accord sur les termes des missions d’audit
ISA 220 Contrôle qualité d’un audit d’états financiers
ISA 230 Documentation d’audit
ISA 240 Les obligations de l’auditeur en matière de fraude lors
d’un audit d’états financiers
ISA 250 Prise en considération des textes législatifs et réglementaires
dans un audit d’états financiers
ISA 260 Communication avec les personnes constituant
le gouvernement d’entreprise
ISA 265 Communication des déficiences dans le contrôle interne
aux personnes constituant le gouvernement d’entreprise
et à la direction
Évaluation des risques et réponse aux risques évalués
ISA 300 Planification d’un audit d’états financiers
ISA 315 Identification et évaluation des risques d’anomalies significatives
au travers de la connaissance
de l’entité et de son environnement
ISA 320 Caractère significatif en matière d’audit
ISA 330 Réponses de l’auditeur aux risques évalués
ISA 402 Facteurs à considérer pour l’audit lorsque l’entité fait appel
à des sociétés de services
ISA 450 Évaluation des anomalies relevées au cours de l’audit
Éléments probants
ISA 500 Éléments probants
ISA 501 Éléments probants – Considérations supplémentaires
sur des aspects spécifiques »
50
» N° Intitulés
de codification des normes
des normes
ISA 505 Confirmations externes
ISA 510 Missions d’audit initiales – soldes d’ouverture
ISA 520 Procédures analytiques
ISA 530 Sondages en audit
ISA 540 Audit des estimations comptables, y compris des estimations
comptables en juste valeur et des informations fournies
les concernant
ISA 550 Parties liées
ISA 560 Événements postérieurs à la clôture
ISA 570 Continuité de l’exploitation
ISA 580 Déclarations écrites
Utilisation des travaux d’autres professionnels
ISA 600 Aspects particuliers – Audits d’états financiers du groupe
(y compris l’utilisation des travaux des auditeurs
des composants)
ISA 610 Examen des travaux des audits internes
ISA 620 Utilisation des travaux d’un expert désigné par l’auditeur
Conclusions de l’audit et rapports
ISA 700 Fondement de l’opinion et rapport d’audit sur des états
financiers
ISA 701 Communiquer les questions clés d’audit dans le rapport
de l’auditeur indépendant
ISA 705 Modifications apportées à l’opinion formulée dans le rapport
de l’auditeur indépendant
ISA 706 Paragraphes d’observation et paragraphes descriptifs d’autres
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51
1. La normalisation comptable
» N° Intitulés
de codification des normes
des normes
Autres normes
IAPN 1000 Considérations particulières pour l’audit d’instruments financiers
ISRE 2400 Missions d’examen limité d’états financiers
ISRE 2410 Examen limité d’informations financières intermédiaires effectué
par l’auditeur indépendant de l’entité
ISAE 3000 Missions d’assurance autres que des audits ou examens limités
d’informations financières historiques
ISAE 3400 Examen d’informations financières prévisionnelles
ISAE 3402 Rapports d’assurance sur les contrôles d’un organisme
de services
ISAE 3410 Missions d’assurance relatives aux bilans des gaz à effet de serre
ISAE 3420 Missions d’assurance sur la compilation de l’information
financière pro forma inclus dans un prospectus
ISRS 4400 Mission d’examen d’informations financières sur la base
de procédures convenues
ISRS 4410 Mission de compilation d’informations financières
52
Test de connaissances
Pour chacune des 10 questions suivantes, choisissez la bonne réponse (une seule
réponse est possible).
Q3. Quel sujet n’est pas traité à ce jour par une norme de l’IASB ?
a) l’abandon d’activité ;
b) les événements postérieurs à la clôture :
c) la répartition des bénéfices.
a) une norme ;
b) deux normes ;
c) trois normes.
» Q8. Quelles sont les règles fixées par le règlement européen sur les normes
comptables internationales ?
a) l’obligation dès 2005 pour toutes les entreprises européennes d’utiliser pour
leur comptabilité les normes IAS/IFRS et les interprétations SIC/IFRIC ;
b) l’obligation dès 2005 pour toutes les sociétés européennes d’utiliser pour leurs
comptes consolidés les normes IAS/IFRS et les interprétations SIC/IFRIC ;
c) l’obligation dès 2005 pour toutes les sociétés européennes dont les titres sont
négociés sur un marché réglementé ou qui préparent leur admission à la cote
d’un marché réglementé d’utiliser pour leurs comptes consolidés les normes
IAS/IFRS et les interprétations SIC/IFRIC.
54
ANNEXES AU CHAPITRE 1
Annexe 1 : Liste des décisions du comité permanent d’interprétation
Annexe 2 : Structure du FASB Accounting Standard Codification™
Annexe 1
Liste des décisions du comité permanent d’interprétation
Normes IFRS
Références Titres – Objet des décisions
interprétées
SIC 1 Devenue sans effet depuis la révision IAS 2
en décembre 2003
SIC 2 Devenue sans effet depuis la révision IAS 8
en décembre 2003
SIC 3 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 28 en décembre 2003
SIC 4 Non publiée (intégrée dans IAS 32)
SIC 5 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 32 en décembre 2003
SIC 6 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 16 en décembre 2003
SIC 7 Introduction de l’euro IAS 8, 10, 21
SIC 8 Devenue sans effet depuis la publication
IFRS 1 en juin 2003
SIC 9 Devenue sans effet depuis la publication
d’IFRS 3 en mars 2004
SIC 10 Aide publique – Absence de relation IAS 8, 20
spécifique avec des activités
opérationnelles
SIC 11 Devenue sans effet depuis la révision
© Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit.
IAS 21 en décembre 2003
SIC 12 Devenue sans effet depuis la mise
en œuvre d’IFRS 10 en janvier 2013
SIC 13 Devenue sans effet depuis la mise
en œuvre d’IFRS 11 en janvier 2013
SIC 14 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 16 en décembre 2003
SIC 15 Avantages dans les contrats de location IAS 1, 8, 17
simple (sera sans effet au moment de la mise
en œuvre d’IFRS 16 en janvier 2016)
SIC 16 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 32 en décembre 2003
SIC 17 Devenue sans effet depuis la révision
IAS 32 en décembre 2003 »
55
1. La normalisation comptable
Annexe 2
Structure du « FASB Accounting standards codification™ »
(FASB codification)
58
» Code Intitulés
Éléments essentiels contenus
dans le thème et codes rubriques
thèmes thèmes
correspondants
400 Passifs 405 – Passifs
410 – Mise hors service d’actifs et obligations
environnementales
420 – Coûts liés à des activités abandonnées
430 – Produits différés
440 – Engagements
450 – Éventualités
460 – Garanties
470 – Dettes
480 – Instruments financiers remboursables
500 Capitaux propres 505 – Capitaux propres
600 Produits 605 – Reconnaissance des produits
606 – Produits des contrats avec les clients
610 – Autres produits
700 Charges 705 – Coût des ventes et des services
710 – Rémunérations
712 – Avantages postérieurs à l’emploi autres que
les retraites
715 – Régimes de retraites
718 – Paiement fondé sur des actions
720 – Autres dépenses
730 – Recherche et développement
740 – Impôt sur le résultat
800 « Transactions 805 – Regroupements d’entreprises
larges » (Broad 808 – Accords de collaboration
transactions) 810 – Consolidation
815 – Dérivés et opérations de couverture
820 – Évaluation à la juste valeur
825 – Instruments financiers
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59
1. La normalisation comptable
» Code Intitulés
Éléments essentiels contenus
dans le thème et codes rubriques
thèmes thèmes
correspondants
924 – Activités de divertissement – Casinos
926 – Activités de divertissement – Films
928 – Activités de divertissement – Musique
930 – Industries extractives – Mines
932 – Industries extractives – Pétrole et gaz
940 – Services financiers – Courtage
942 – Services financiers – Dépôts et prêts
944 – Services financiers – Assurances
946 – Services financiers – Sociétés de placement
948 – Services financiers – Hypothèques bancaires
950 – Services financiers – Registre foncier
952 – Franchiseurs
954 – Santé
958 – Entités sans but lucratif
960 – Organismes de retraite à prestations définies
962 – Organismes de retraite à cotisations définies
965 – Organismes de couverture santé et aide
sociale
970 – Immobilier – Général
972 – Immobilier – Associations foncières
974 – Immobilier – Fiducies de placement
976 – Immobilier – Ventes de terrains
978 – Immobilier – Activités de partage
980 – Opérations réglementées
985 – Logiciels
995 – Entités navales
Glossaire (ASC
Master Glossary)
60
Chapitre 2
Les principes
comptables
fondamentaux
D
e nombreuses entreprises de par le monde établissent et pré-
sentent des états financiers à l’usage d’utilisateurs externes. Bien
que ces états financiers puissent apparaître comme similaires de
pays à pays, il existe des différences, dont les causes sont probablement
à rechercher dans les principes comptables fondamentaux qui sont utili-
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sés pour bâtir ces états. Le principe de prééminence du fond sur la forme,
c’est-à-dire celui de la prédominance de la réalité financière sur l’apparence
juridique est mis beaucoup plus en valeur dans les comptabilités anglo-
saxonnes et dans la comptabilité établie selon les normes internationales
que dans la comptabilité française. C’est pourquoi les normalisateurs amé-
ricains d’abord, entre 1978 et 1985, puis les normalisateurs de l’IASB en
1989, se sont imposés à bâtir un cadre conceptuel précisant les principes
comptables fondamentaux sur lesquels sont bâties les normes. L’idée sous-
jacente, notamment aux États-Unis1, à la création d’un cadre conceptuel
était qu’il devait aider les normalisateurs à élaborer des normes cohérentes.
1 Aux États-Unis, six normes de concept (statements of financial accounting concepts ou SFAC) ont été
publiées entre 1978 et 1985, la septième ayant été publiée en 2000 et la huitième en 2010.
61
2. Les principes comptables fondamentaux
1 Le cadre conceptuel de 1989 appelé « cadre pour la préparation et la présentation des états finan-
ciers (Framework for the preparation and presentation of financial statements) » a été remplacé partiel-
lement en septembre 2010 par un nouveau cadre préparé de concert avec le FASB (qui a publié en
même temps la norme de concept SFAC 8). En mai 2015, l’IASB, qui avait décidé de continuer seule
la révision de son cadre conceptuel, a publié un exposé sondage. Fin 2016, les travaux sont toujours
en cours. Nous avons choisi dans cet ouvrage, en tenant compte de l’exposé sondage et des travaux
effectués sur le sujet par l’IASB depuis cette publication, de présenter le nouveau cadre conceptuel qui
devrait être publié en 2017.
2 Dans les deux dernières normes publiées IFRS 15 et IFRS 16, sur les produits des contrats avec les
clients et les locations, le mot « jugement » apparaît plus de 50 fois.
3 Ainsi en décembre 2001, la société Enron, l’une des plus grandes entreprises américaines par sa
capitalisation boursière, spécialisée dans la vente et le courtage de du gaz naturel et de l’électri-
cité, fit faillite en raison des pertes occasionnées par ses opérations spéculatives sur le marché de
l’électricité, qui avaient été maquillées en bénéfices via des manipulations comptables. Elle avait
notamment créé plus de 3 000 sociétés offshores, dont les sièges sociaux étaient installés dans les
îles Caïmans, les Bermudes ou les Bahamas et qu’il n’était pas nécessaire, selon les règles en vigueur
à l’époque (entités ad hoc, voir chapitre 4, § 2.2.1) de consolider. Ces sociétés, rendaient ainsi le
bilan d’Enron plus « présentable ». Cette faillite entraîna dans son sillage celle d’Arthur Andersen,
qui auditait ses comptes.
62
de l’évaluation, de la présentation et des informations à fournir, des
concepts de capital et de maintien du capital.
–– d’aider les auditeurs à se faire une opinion sur la conformité des états
financiers avec les IFRS ;
–– d’aider les utilisateurs des états financiers à interpréter l’information
préparée en conformité avec les IFRS ;
–– de fournir à ceux qui sont intéressés par les travaux de l’IASB une
information sur son approche dans l’élaboration des normes IFRS.
63
2. Les principes comptables fondamentaux
64
tiplicité d’utilisateurs ayant des intérêts différents, voire divergents,
est une gageure, voire une impossibilité. Un cadre bâti en fonction
des besoins des investisseurs ne fournirait pas les mêmes bilans et
comptes de résultat qu’un cadre bâti en fonction des besoins de l’Ad-
ministration fiscale. Aussi, le besoin d’un cadre conceptuel unifié s’est
imposé au normalisateur, car il était le seul susceptible de permettre
une meilleure compréhension des comptes et une communication
financière efficace.
Le cadre conceptuel considère par ailleurs que les autres utilisa-
teurs se satisferont de l’information ainsi dispensée lorsque leurs
besoins d’information ne sont pas sophistiqués ou qu’ils pourront
demander des informations spécifiques dans le cas contraire. Ainsi,
il est aussi précisé que l’IASB, dans la formulation des normes,
essaiera de répondre aux besoins d’un nombre maximum d’utilisa-
teurs principaux. Cependant, l’accent porté sur les besoins communs
d’information n’empêche pas qu’il est possible d’inclure, dans les
états financiers, des informations supplémentaires qui pourront être
plus utiles à un sous-ensemble particulier d’utilisateurs. Pour ce qui
concerne l’entité déclarante, celle-ci ne peut limiter son information
aux états financiers à usage général car elle est en mesure d’obtenir les
informations nécessaires à l’interne.
Le cadre détaille ensuite les besoins des investisseurs existants et
potentiels, prêteurs et autres créanciers. Il précise également que les uti-
lisateurs peuvent être amenés à examiner les informations provenant
d’autres sources, par exemple, les conditions économiques générales, la
conjoncture, les événements politiques et le climat politique, les pers-
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65
2. Les principes comptables fondamentaux
66
qualitatives dérivées : l’importance relative (dérivée de la pertinence),
l’image fidèle, la prééminence de la substance sur la forme, la neutralité,
la prudence, l’exhaustivité (dérivées de la fiabilité).
Il est à noter que le nouveau cadre a préféré retenir la notion de fidé-
lité plutôt que celle de fiabilité. Au vu de la nature et de l’étendue des
difficultés posées depuis longtemps par la caractéristique qualitative de
fiabilité, et des tentatives antérieures pour les régler, les Boards de l’IASB
et du FASB en étaient arrivés à remettre en cause le terme même. Aussi
ont-ils cherché un terme qui traduirait plus clairement le sens visé. La
fidélité, c’est-à-dire la description fidèle des phénomènes économiques
dans les rapports financiers, est essentielle à l’utilité décisionnelle de
l’information. Pour donner une image fidèle des phénomènes écono-
miques, les représentations comptables doivent être complètes, neutres
et exemptes d’erreurs significatives. Les Boards de l’IASB et du FASB ont
donc avancé que la fidélité englobe toutes les qualités clés que les cadres
antérieurs décrivaient comme des aspects de la fiabilité.
Il est à noter également qu’un certain nombre de concepts et prin-
cipes sont aussi traités par la norme IAS 1 (voir ci-dessous § 4.4).
4.1.1. Pertinence
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67
2. Les principes comptables fondamentaux
4.1.2. Fidélité
Pour être utile, l’information financière doit non seulement représen-
ter des phénomènes pertinents, mais aussi donner une image fidèle des
phénomènes qu’elle est censée représenter. Une image fidèle commu-
nique la substance d’un phénomène économique plutôt que de s’en
tenir à la forme juridique. Fournir de l’information uniquement sur la
forme juridique lorsqu’elle diffère de la substance économique du phé-
nomène économique sous-jacent ne peut aboutir à une image fidèle.
Pour donner une image parfaitement fidèle, une représentation
doit posséder trois caractéristiques. Elle doit être exhaustive, neutre et
exempte d’erreurs.
Une représentation exhaustive comprend toutes les informations
nécessaires à un utilisateur pour comprendre les faits qui y sont pré-
sentés, y compris toutes les évaluations nécessaires, les descriptions et
explications. Une représentation neutre implique une absence de parti
pris dans la sélection ou la présentation de l’information financière.
La neutralité s’appuie sur la prudence, qui consiste à faire usage de cir-
conspection dans l’exercice du jugement en situation d’incertitude. La
prudence suppose de ne pas surestimer les actifs et les produits ni sous-
68
estimer les passifs et les charges. De même, la prudence ne permet pas
que l’on sous-évalue les actifs et les produits, ni que l’on surévalue les
passifs et les charges, car les inexactitudes qui en résulteraient pour-
raient entraîner la surévaluation des produits ou la sous-évaluation des
charges de périodes ultérieures. Il est à noter que la base de conclusions
du cadre conceptuel révisé distingue deux types de notion de prudence :
–– la nécessité de faire preuve de la prudence lors de jugements dans des
conditions d’incertitude, appelée « cautions prudence » en anglais, sans
qu’il soit obligatoire d’être plus prudents dans les jugements relatifs
aux actifs ou aux profits ainsi qu’à ceux ayant trait aux passifs et aux
pertes ;
–– une prudence qui consiste à comptabiliser à un stade plus précoce les
pertes que les profits, appelée « asymmetric prudence », en anglais.
Le cadre conceptuel révisé a retenu la première notion (alors que
celui de 1989 avait retenu la seconde). Enfin, l’expression « exempte
d’erreurs » signifie qu’il n’y a pas d’erreurs ou d’omissions dans la des-
cription du phénomène, et que le processus suivi pour produire l’infor-
mation présentée a été choisi et appliqué sans erreurs. Dans ce contexte,
l’absence d’erreurs ne signifie pas l’exactitude parfaite à tous les égards.
Il est à noter que le nouveau cadre conceptuel ne reprend pas formel-
lement (et ne définit pas) un certain nombre de concepts qui figuraient
dans le cadre conceptuel de 1989 et notamment la prudence et la pré-
éminence de la substance sur la forme (substance over form) qui avaient
été définis ainsi :
–– pour le principe de prudence : « la prudence est la prise en compte
d’un certain degré de précaution dans l’exercice des jugements néces-
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69
2. Les principes comptables fondamentaux
4.2.1. Comparabilité
La comparabilité est la qualité de l’information qui permet aux utilisateurs
de relever les similitudes et les différences de deux séries de phénomènes
économiques. La cohérence et la permanence des méthodes renvoient à
l’utilisation des mêmes méthodes et procédés comptables au cours d’une
même période dans différentes entités ou d’une période à l’autre dans
une même entité. La comparabilité est le but, la cohérence et la perma-
nence des méthodes constituent un moyen facilitant l’atteinte de ce but.
Ainsi, comme les décisions des utilisateurs impliquent de choi-
sir entre des alternatives, par exemple, vendre ou conserver un inves-
tissement, ou investir dans l’entité déclarante ou dans une autre, des
informations sur l’entité déclarante sont plus utiles si elles peuvent être
comparées à des informations similaires concernant d’autres entités
et avec des informations similaires sur la même entité pour une autre
période ou à une autre date.
4.2.2. Vérifiabilité
La vérifiabilité est la qualité de l’information qui aide à fournir aux utili-
sateurs l’assurance que l’information donne une image fidèle des phéno-
70
mènes économiques qu’elle prétend représenter. La vérifiabilité suppose
que différents observateurs bien informés et indépendants pourraient
aboutir à un consensus général, quoique pas nécessairement complet,
sur l’un ou l’autre des points suivants :
–– que l’information dépeint sans erreur ou biais significatif les phéno-
mènes économiques qu’elle prétend représenter ;
–– qu’une méthode de comptabilisation ou d’évaluation appropriée a été
appliquée sans erreur, biais ou parti pris significatif.
4.2.3. Rapidité
La rapidité répond au besoin de rendre l’information accessible aux déci-
deurs avant qu’elle perde sa capacité d’influencer leurs décisions. Rendre
plus rapidement accessible l’information pertinente peut accroître sa
capacité d’influencer les décisions, et un manque de rapidité peut priver
une information de son utilité potentielle.
En règle générale, l’ancienneté de l’information la rend moins utile.
Toutefois, certaines informations peuvent continuent d’être oppor-
tunes longtemps après la fin d’une période d’établissement parce que,
par exemple, certains utilisateurs peuvent avoir besoin d’analyser des
tendances.
4.2.4. Compréhensibilité
La compréhensibilité est la qualité de l’information qui permet aux utili-
sateurs d’en comprendre la signification. La compréhensibilité se trouve
accrue lorsque l’information est classée, définie et présentée de façon
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71
2. Les principes comptables fondamentaux
72
écarter pour parvenir à la présentation d’une image fidèle, l’entité doit
indiquer, en précisant le caractère exceptionnel des circonstances qui
conduiraient à s’en écarter :
–– que la direction estime que les états financiers donnent une image
fidèle de la situation financière de l’entité, de sa performance finan-
cière et de ses flux de trésorerie ;
–– qu’elle s’est conformée aux IFRS applicables, à l’exception d’une dis-
position particulière dont elle s’est écartée afin de parvenir à la pré-
sentation d’une image fidèle ;
–– le titre de l’IFRS dont l’entité s’est écartée, la nature de l’écart, y com-
pris le traitement imposé par l’IFRS, la raison pour laquelle ce trai-
tement serait trompeur en la circonstance, au point d’être contraire
à l’objectif des états financiers défini dans le cadre conceptuel, et le
traitement appliqué ;
–– pour chaque période présentée, l’effet financier de l’écart sur chaque
élément des états financiers qui aurait été présenté si la disposition
avait été respectée.
4.4.2. Continuité d’exploitation
Les états financiers doivent être établis sur une base de continuité d’ex-
ploitation sauf si la direction a l’intention ou n’a pas d’autre solution
réaliste que de liquider l’entité ou cesser son activité. Lorsque la direc-
tion prend conscience, à l’occasion de cette évaluation, d’incertitudes
significatives liées à des événements ou à des conditions susceptibles
de jeter un doute important sur la capacité de l’entité à poursuivre son
activité, ces incertitudes doivent être indiquées. Lorsque les états finan-
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ciers ne sont pas établis sur une base de continuité d’exploitation, ce fait
doit être également indiqué ainsi que la base sur laquelle ils sont établis
et la raison pour laquelle l’entité n’est pas considérée comme étant en
situation de continuité d’exploitation.
L’analyse présentée ci-dessus figure également dans le cadre conceptuel.
73
2. Les principes comptables fondamentaux
4.4.5. Compensation et la non-compensation
Les actifs, passifs, produits et charges ne doivent pas être compensés,
sauf si cette compensation est imposée ou autorisée par une norme ou
une interprétation.
4.4.7. Permanence de la présentation
La présentation et la classification des postes dans les états financiers
doivent être conservées d’une période à l’autre, à moins :
74
–– qu’il ne soit apparent, à la suite d’un changement important de la
nature des activités de l’entité ou d’un examen de la présentation de
ses états financiers, qu’une autre présentation ou classification serait
plus adéquate eu égard aux critères de sélection et d’application des
méthodes comptables selon IAS 8 ;
–– ou qu’une norme ou une interprétation impose une modification de
la présentation.
Lorsqu’une entité modifie la présentation ou la classification d’élé-
ments dans les états financiers, elle doit reclasser les montants compara-
tifs correspondants (à moins que cela ne soit pas possible) afin d’assurer
la comparabilité avec l’exercice, et indiquer la nature, le montant et la
raison de tout reclassement. Lorsqu’il n’est pas possible de reclasser les
montants comparatifs correspondants, l’entité doit indiquer la raison
pour laquelle elle n’a pas procédé à leur reclassement et la nature des
changements qu’aurait entraîné ce reclassement.
75
2. Les principes comptables fondamentaux
Remarque
Dans le cadre conceptuel de 1989-2010, ces termes étaient ainsi définis :
Un actif est une ressource contrôlée par l’entité du fait d’événements passés et
dont des avantages économiques futurs sont attendus par l’entité.
Un passif est une obligation actuelle de l’entité résultant d’événements passés et
dont le règlement attendu doit résulter en une sortie de l’entité de ressources
représentatives d’avantages économiques.
Les capitaux propres sont l’intérêt résiduel dans les actifs de l’entité après déduc-
tion de tous ses passifs.
Les produits sont les accroissements d’avantages économiques au cours de la
période comptable, sous la forme d’accroissements d’actifs ou de diminutions
de passifs qui ont pour résultat l’augmentation des capitaux propres autres que
l’augmentation provenant des contributions des propriétaires du capital.
Les charges sont des diminutions d’avantages économiques au cours de la période
comptable sous la forme de sorties ou de diminutions des valeurs des actifs, ou de
survenance de dettes qui ont pour résultat de faire diminuer les capitaux propres
autrement que par des distributions aux propriétaires du capital. n
76
7. La comptabilisation
et la décomptabilisation des éléments
des états financiers
La comptabilisation est définie dans ce chapitre comme le processus de
saisie, pour une inclusion dans l’état de la situation financière ou dans
l’état (ou les états) de la performance financière, d’un objet qui répond
à la définition d’un élément des états financiers. Elle implique de repré-
senter cet objet (seul ou comme partie d’un élément global) sous forme
textuelle et avec un montant monétaire, et d’incorporer ce montant
dans un document de synthèse pertinent. Il est affirmé dans ce chapitre
que seuls les éléments qui répondent à la définition d’un actif, d’un
passif ou de capitaux propres doivent être comptabilisés dans l’état de
la situation financière et que les éléments qui répondent à la définition
de produits ou de charges doivent être comptabilisés dans l’état (ou les
états) de la performance financière.
La comptabilisation d’un élément doit respecter les trois critères suivants :
–– elle doit fournir aux utilisateurs des états financiers des informations
pertinentes sur les actifs, les passifs, les produits, les charges et les
variations des capitaux propres ;
–– elle doit fournir une représentation fidèle de l’actif, du passif, de tout
produit, charge ou variation des capitaux propres ;
–– l’information doit se traduire par des avantages dépassant le coût de
la fourniture de cette information.
La décomptabilisation est la suppression de tout ou partie d’un actif,
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77
2. Les principes comptables fondamentaux
78
pour acquérir l’actif, plus les coûts de transaction afférents à cette
acquisition.
• Le coût historique d’un passif financier (qu’on appelle lui aussi parfois
le coût amorti) correspond initialement à la valeur de la contrepartie
reçue pour prendre en charge le passif, moins les coûts de transaction
afférents à cette prise en charge.
• La valeur comptable des actifs financiers et des passifs financiers est ulté-
rieurement évaluée au coût amorti et reflète les variations ultérieures
telles que les intérêts constatés par régularisation, les changements
dans les estimations des flux de trésorerie (y compris la dépréciation
des actifs financiers) et les versements ou les encaissements, mais ne
reflète pas les variations de prix ultérieures causées par d’autres facteurs.
8.2.1. Juste valeur
La norme IAS 32, puis la norme IAS 39 (voir chapitre 6, § 1), toutes
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79
2. Les principes comptables fondamentaux
➢➢Définition
Pour IFRS 13, la juste valeur est « le prix qui serait reçu pour la vente
d’un actif ou payé pour le transfert d’un passif lors d’une transaction
normale entre des participants de marché à la date d’évaluation ».
80
➢➢Caractéristiques
l’actif.
• La juste valeur suppose que la transaction de vente de l’actif ou le
transfert du passif se fait soit :
–– sur le marché principal de l’actif ou du passif, c’est-à-dire celui enre-
gistrant la plus forte activité ;
–– en l’absence d’un marché principal, le marché le plus avantageux
pour l’actif ou du passif.
Les concepts de marché principal et de marché le plus avantageux
sont relatifs : ils ne sont les mêmes selon les entités car celles-ci n’ont
pas accès à tous les marchés.
81
2. Les principes comptables fondamentaux
• L’entité doit déterminer la juste valeur à l’aide des hypothèses que les
intervenants du marché utiliseraient pour fixer le prix de l’actif ou du
passif.
Ces intervenants doivent être :
–– indépendants des uns des autres (ce ne sont pas des filiales ou des
mères, notamment) ;
–– bien informés, c’est-à-dire suffisamment renseignés pour prendre une
décision d’investissement ;
–– capables de conclure une transaction sur l’actif ou le passif ;
–– consentants, c’est-à-dire motivés, mais non forcés ou obligés de
quelque autre façon de le faire.
• Le prix obtenu n’est pas augmenté des coûts de transaction, car ces
coûts ne forment pas une caractéristique de l’actif ou du passif, mais
une caractéristique de l’opération conclue.
• La juste valeur d’un actif doit tenir compte de la capacité d’un inter-
venant du marché de générer un avantage économique en utilisant
l’actif ou en le vendant à un autre intervenant du marché qui en fera
une utilisation optimale.
• L’évaluation de la juste valeur d’un passif suppose que celui-ci est
transféré à un intervenant du marché à la date d’évaluation et que :
–– s’il existe un marché actif correspondant, le prix observé sur ce mar-
ché représente la juste valeur du passif de l’émetteur ;
–– s’il n’existe pas d’actif correspondant au passif, l’entité estime le prix
que les intervenants du marché exigeraient pour assumer le passif
et utilise à cette fin des techniques d’actualisation ou d’autres tech-
niques d’évaluation.
82
La juste valeur d’un passif doit refléter le risque de non-exécution, à
savoir le risque qu’une entité n’exécute pas une obligation.
• La juste valeur des instruments de capitaux propres d’une entité
(actions, etc.) correspond à des cours cotés résultant d’opérations
effectuées sur des titres identiques. Lorsque de tels cours n’existent
pas, la juste valeur est déterminée en se plaçant du point de vue d’un
intervenant de marché qui détiendrait ces titres. À défaut de cours
sur un marché, les prix observés sur des transactions isolées ou sur un
marché inactif seraient considérés, de même que des techniques de
valorisation comme la valeur actualisée.
➢➢Techniques d’évaluation
Les techniques d’évaluation utilisées pour mesurer la juste valeur
doivent maximiser l’utilisation des données observables pertinentes et
de minimiser l’utilisation de données non observables.
L’objectif de l’aide d’une technique d’évaluation consiste à estimer le
prix auquel une transaction ordonnée de vendre un actif ou de transfé-
rer un passif aurait lieu entre les participants au marché à la date d’éva-
luation en vertu des conditions du marché actuel.
Trois techniques d’évaluation sont généralement utilisées :
–– l’approche marché, laquelle utilise les prix et autres informations per-
tinentes générées par transactions sur le marché impliquant des actifs,
passifs, groupes d’actifs et des passifs (par exemple une entreprise)
identiques ou comparables (similaires) ;
–– l’approche coût, laquelle reflète le montant qui serait nécessaire
actuellement pour remplacer un actif (coût de remplacement
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actuel) ;
–– l’approche résultat, laquelle convertit les montants futurs (flux de tré-
sorerie ou produits et charges) en un seul montant, reflétant le mar-
ché actuel et les attentes à l’égard de ces montants futurs.
Dans certains cas, une technique d’évaluation unique sera appro-
priée, alors que dans d’autres, il y a lieu d’utiliser des techniques d’éva-
luation multiples.
83
2. Les principes comptables fondamentaux
plique lorsqu’il existe des prix cotés pour un actif ou un passif similaire
dans un marché actif, ou des prix cotés pour un actif et passif identique
ou similaire dans un marché non actif. Enfin, le niveau 3 s’applique
aux cas où les marchés ne sont pas du tout observables, directement ou
indirectement, le modèle utilisé d’évaluation devant prendre en compte
notamment le risque qu’accepte de courir le vendeur sur ce type de
marché.
Le niveau 1 implique un marché actif, c’est-à-dire un marché où les
transactions relatives à l’actif ou du passif ont lieu avec une fréquence et
un volume suffisants et donnent de manière continue des informations
sur les prix.
Les valeurs du niveau 2 comprennent :
–– les cours des actifs ou de passifs similaires sur des marchés actifs ;
–– les cours des actifs identiques ou similaires ou de passifs dans des mar-
chés qui ne sont pas actifs ;
–– d’autres intrants que les prix cotés qui sont observables pour l’actif ou
du passif, par exemple, les taux d’intérêt et les courbes de rendement
observables à intervalles réguliers, les volatilités implicites, les spreads
de crédit ;
–– des intrants qui sont principalement tirés ou corroborés par le marché
observable donné par corrélation ou d’autres moyens.
Au niveau 3, une entité analyse les données non observables à l’aide
des meilleures informations disponibles, qui peuvent inclure des don-
nées propres à l’entité, en tenant compte de toutes les informations
sur les hypothèses participant au marché qui sont effectivement dispo-
nibles.
Données d’entrée Prix cotés (non ajustés) sur des marchés actifs pour des
de niveau 1 actifs ou des passifs identiques.
Données d’entrée concernant l’actif ou le passif, autres
que les prix cotés inclus dans les données d’entrée de
Données d’entrée
niveau 1, qui sont observables soit directement (sous
de niveau 2
forme de prix), soit indirectement (déterminées à partir
de prix).
Données d’entrée concernant l’actif ou le passif qui ne
Données d’entrée
sont pas fondées sur des données de marché observables
de niveau 3
(données d’entrée non observables).
84
➢➢Informations à fournir
L’entité doit fournir certaines informations visant à permettre aux uti-
lisateurs des états financiers d’évaluer les méthodes et les données d’en-
trée utilisées pour établir les justes valeurs.
Ainsi, l’entité doit fournir des informations aidant les utilisateurs de
ses états financiers à apprécier les deux éléments suivants :
–– pour les actifs et les passifs évalués à la juste valeur dans l’état de la situa-
tion financière (bilan) après la comptabilisation initiale, les techniques
d’évaluation et les données d’entrée utilisées pour établir les valeurs ;
–– pour les justes valeurs déterminées à l’aide de données d’entrée non
observables significatives (niveau 3), analyse de l’incertitude de
mesure et effet sur le résultat net ou sur les autres éléments du résultat
global pour la période.
s d’évaluation
85
2. Les principes comptables fondamentaux
In × Pa/Pb + (r – 0,5σ2) × t
et d2 =
σ√t
avec C = cours de l’option ;
Pa = prix de l’action (sous-jacent) ;
86
Pe = prix d’exercice ;
r = taux d’intérêt annuel pour le placement sans risque ;
t = durée de vie de l’option exprimée en années jusqu’à l’échéance ;
σ = écart type des variations du titre de base ;
N (d) = fonction normale cumulée ;
ln = logarithme népérien ;
e = 2,71828.
Le prix de l’action Pa est de : 37,50 – 1,75 = 35,75 €.
Le prix d’exercice Pe se calcule à partir des valeurs actualisées du principal et des
intérêts des obligations.
• Valeur actualisée du principal : 2 000 000 × 1,06–2 = 1 779 993
1 – 1,06– 2
• Valeur actualisée des intérêts : 2 000 000 × 5 % × = 183 339
0,06
Total : 1 963 332
Ce prix d’exercice est donc égal à : 1 963 332/20 000 = 98,16, soit 98,16/2
= 49,08 par action.
r = 0,04
t = 2
σ = 0,18
On obtient :
ln(35,75/49,08) + (0,04 + 0,5 × 0,18 × 0,18) × 2
• d1 = = – 0,8033
0,18√2
ln(35,75/49,08) + (0,04 – 0,5 × 0,18 × 0,18) × 2
• d2 = = – 1,0579
0,18√2
On trouvera dans une table de Laplace-Gauss (après interpolations) :
• pour N (d1) = 1 – 0,7890 = 0,2110
• pour N (d2) = 1 – 0,8549 = 0,1451
49,08
On trouvera ainsi C = 35,75 × 0,2110 − × 0,1451 = 0,9693
2,718280,04 × 2
D’où pour la valeur des droits : 0,9693 × 2 × 20 000 = 38 772 €.
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87
2. Les principes comptables fondamentaux
1 BNP Paribas (page 168-169 de son document de référence 2015) indique que sur 601 907 M€ d’actifs
financiers en valeur de marché par résultat ou disponibles à la vente (dérivés compris), 109 417 M€ sont
évalués au niveau 1 (prix cotés sur un marché actif), 481 419 M€ au niveau 2 et 11 071 M€ au niveau 3.
88
La valeur d’utilité et la valeur de remboursement ne sont pas directe-
ment observables et sont établies au moyen de techniques d’évaluation
fondées sur les flux de trésorerie.
89
2. Les principes comptables fondamentaux
90
13. Hiérarchie des règles comptables
internationales
Les règles comptables internationales, pour pouvoir être appelées IFRS
GAAP (par opposition aux règles comptables américaines appelées US
GAAP – voir chapitre 1 § 11), sont en situation, conformément à la
norme IAS 8 « Méthodes comptables, changements d’estimations et
erreurs », § 7 à 12 d’être classées selon la préférence suivante :
Niveaux Classement
(1) Y compris les guides d’application figurant dans l’appendice d’une norme (voir
chapitre 1 § 5)
Test de connaissances
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» Q2. Dans le cadre conceptuel de l’IASB, quelles sont les personnes qui sont
les destinataires privilégiés des états financiers ?
a) les investisseurs ;
b) les clients ;
c) les hommes politiques.
Q8. Quelle est la définition de « passif » qui n’est pas applicable dans les
normes internationales ? »
92
» a) upour
n passif est un élément du patrimoine ayant une valeur économique négative
l’entité, c’est-à-dire une obligation de l’entité à l’égard d’un tiers dont il
est probable ou certain qu’elle provoquera une sortie de ressources au béné-
fice de ce tiers, sans contrepartie au moins équivalente attendue de celui-ci ;
b) le passif est le total formé par les capitaux propres, les provisions et les dettes ;
c) un passif est une obligation actuelle qu’a l’entité de céder une ressource éco-
nomique du fait d’événements passés.
93
Chapitre 3
La présentation
des états financiers
Les états financiers ont pour objectif de fournir une information sur
la situation financière, la performance et l’évolution dans la situation
financière de l’entité.
Pour l’IASB, des états financiers ne peuvent être qualifiés de conformes
aux normes internationales qu’à la condition qu’elles respectent inté-
gralement les exigences de chaque norme et de chaque interprétation
du comité d’interprétation applicables en l’espèce. Des états financiers
ne respectant que certaines normes de l’IASB (et non l’intégralité) ne
peuvent être qualifiées de conformes aux normes internationales.
95
3. La présentation des états financiers
1. Considérations générales
relatives aux états financiers
présentés selon les normes IFRS
1.1. Composantes des états financiers
Selon la norme IAS 1 un jeu complet d’états financiers comprend (§ 10) :
a) un état de la situation financière à la fin de la période ;
b) un état du résultat net et des autres éléments du résultat global (sta-
tement of profit or loss and comprehensive income en anglais) pour la période ;
c) un état des variations des capitaux propres de la période ;
d) un tableau des flux de trésorerie pour la période ;
e) des notes contenant les principales méthodes comptables et
d’autres informations explicatives ;
f) des informations comparatives au titre de l’année précédente ;
g) un état de situation financière au début de la première période de
comparaison lorsque l’entité applique une méthode comptable de façon
restropective ou effectue un retraitement retrospectif des éléments de
ses états financiers, ou lorsqu’elle procède à un reclassement des élé-
ments dans ses états financiers.
La norme IAS 1 précise qu’une entité peut utiliser des titres d’états
autres que ceux indiqués dans la norme (bilan au lieu d’état de la situa-
tion financière à la fin de la période, état de résultat global au lieu d’état
du résultat net et des autres éléments du résultat global, compte de
résultat au lieu d’état de résultat net, par exemple).
La norme IAS 1 n’impose pas de modèle d’états financiers. Elle indique
seulement la nature des informations devant figurer dans ces états. Ainsi le
compte de résultat établi conformément aux normes IASB peut être construit
selon l’un des modèles de la directive européenne relative aux comptes
annuels et consolidés du 26 juin 2013 ou du RRCC (règlement 99-02 du
CRC) à la condition que l’on trouve les informations imposées par IAS 1.
96
–– continuité d’exploitation ;
–– méthode de la comptabilité d’engagement ;
–– importance relative et regroupement ;
–– non-compensation ;
–– fréquence de l’information financière ;
–– informations comparatives avec la précédente période ;
–– permanence de la présentation.
1.4. Fréquence d’établissement
des états financiers
Les états financiers doivent être présentés au minimum une fois par an.
L’entité doit présenter les données de l’exercice et celles de l’exercice
précédent. Lorsqu’une entité modifie la date de clôture de son exercice
et présente ses états financiers annuels pour un exercice plus long ou
plus court qu’une année, outre la durée de l’exercice couvert par les états
financiers, elle doit indiquer :
97
3. La présentation des états financiers
98
a) l’entité s’attend à pouvoir réaliser l’actif, le vendre ou le consom-
mer dans le cadre du cycle d’exploitation normal ;
b) l’actif est détenu essentiellement à des fins de négociation ;
c) l’entité s’attend à le réaliser dans les douze mois suivant la date de
clôture de l’exercice ;
d) l’actif représente de la trésorerie ou un équivalent de trésorerie
dont l’utilisation n’est pas soumise à restrictions pour être échangé ou
utilisé à couvrir une dette devant être réglée dans douze mois après la
clôture de l’exercice.
Tous les autres actifs doivent être classés comme non courants.
Un passif doit être classé en tant que passif courant quand il satisfait
à l’un des critères suivants :
a) il est attendu que le passif soit réglé dans le cadre du cycle d’ex-
ploitation normal de l’entité ;
b) le passif est détenu essentiellement à des fins de négociation ;
c) le passif doit être réglé dans les douze mois après la date de clôture
de l’exercice.
d) l’entité n’a aucun droit inconditionnel de déférer le règlement de
la dette au-delà des douze mois qui suivent la clôture de l’exercice. Les
termes d’un passif qui pourraient, au choix de la contrepartie, résul-
ter en son règlement par l’émission d’instruments de capitaux propres
n’affectent pas sa classification.
Certains passifs tels que les dettes fournisseurs, certaines dettes liées
au personnel et d’autres coûts opérationnels font partie du fonds de rou-
lement utilisé dans le cadre du cycle d’exploitation normal de l’entité.
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L’entité doit classer ces éléments en tant que passifs courants même s’ils
doivent être réglés plus de douze mois après la clôture. D’autres passifs
qui ne sont pas réglés dans le cadre du cycle d’exploitation normal, mais
qui doivent être réglés dans les douze mois suivant la clôture ou sont
détenus essentiellement en vue d’être négociés doivent également être
classés en passifs courants.
Tous les autres passifs doivent être classés en tant que passifs non
courants.
99
3. La présentation des états financiers
2.3. Informations à présenter
dans l’état de situation financière (bilan)
Au minimum, le bilan doit comporter des postes présentant les mon-
tants suivants :
a) immobilisations corporelles ;
b) immeubles de placement ;
c) immobilisations incorporelles ;
d) actifs financiers (à l’exclusion des montants indiqués selon e), h)
et i) ;
e) participations comptabilisées selon la méthode de la mise en équi-
valence ;
f) actifs biologiques (pour les entités du secteur agricole) ;
g) stocks ;
h) clients et autres débiteurs ;
i) trésorerie et équivalents de trésorerie ;
j) total des actifs (ou groupes d’actifs) classés en actifs appelés à être
cédés (conformément à la norme IFRS 5 « Actifs non courants détenus
en vue de la vente et activités abandonnées » (voir chapitre 11) ;
k) fournisseurs et autres créditeurs ;
l) provisions ;
m) passif financier (à l’exclusion des montants indiqués selon k) et l) ;
100
n) actifs et passifs d’impôts exigibles ;
o) actifs et passifs d’impôts différés ;
p) total des passifs compris dans les groupes d’actifs appelés à être
cédés (conformément à IFRS 5) ;
q) participations ne donnant pas le contrôle (présentés au sein des
capitaux propres) ;
r) capital émis et réserves (attribuables aux actionnaires de la société
mère) ;
L’entité doit présenter des postes (y compris en décomposant les
postes énumérés ci-dessus) rubriques et sous-totaux supplémentaires
dans l’état de situation financière lorsqu’une telle présentation est
utile à la bonne compréhension de la situation financière de l’entité.
Ainsi, l’entité pourra ventiler le poste « immobilisations corporelles »,
en différents postes « biens immobiliers », « installations de production »
et « matériel », si cette ventilation améliore la capacité d’influencer
les décisions prises par les utilisateurs de ses états financiers. Lorsque
l’entité présentera des sous-totaux, ces sous-totaux devront être
constitués d’éléments comptabilisés et évalués selon les IFRS, être
présentés et identifiés de manière à ce que l’on puisse comprendre de
quels éléments ils sont constitués et rester cohérents d’une période à
l’autre.
Quand une entité présente dans son état de la situation financière
une répartition de ses actifs en actifs courants et non-courants et une
répartition de ses passifs en passifs courants et non courants, elle ne doit
pas classer les actifs (ou passifs) d’impôts différés en actifs (ou passifs)
courants.
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101
3. La présentation des états financiers
Une entité doit fournir, soit dans l’état de la situation financière, soit
dans les notes annexes, les informations suivantes :
a) pour chaque catégorie d’action :
–– le nombre d’actions autorisées ;
–– le nombre d’actions émises et entièrement libérées et le nombre d’ac-
tions émises et non entièrement libérées ;
–– la valeur nominale des actions ou le fait que les actions n’ont pas de
valeur nominale ;
–– un rapprochement entre le nombre d’actions en circulation au début
et en fin d’exercice ;
–– les droits, privilèges et restrictions attachés à cette catégorie d’actions,
y compris les restrictions relatives à la distribution des dividendes et
au remboursement du capital ;
–– les actions de l’entité détenues par elle-même ou par ses filiales ou
entités associées ;
–– les actions réservées pour une émission dans le cadre d’options et de
contrats de vente, y compris les modalités et les montants ;
b) une description de la nature et de l’objet de chacune des réserves
figurant dans les capitaux propres.
Une entité sans capital social telle qu’une société de personnes doit
fournir des informations équivalentes à celles imposées ci-dessus, indi-
quant les variations au cours de l’exercice des différentes catégories de
parts dans les capitaux propres ainsi que les droits, privilèges et restric-
tions attachés à chaque catégorie de capitaux propres.
102
Actifs non courants Capitaux propres attribuables
aux actionnaires de la société mère
Immobilisations corporelles
Immeubles de placement Capital émis
Goodwill Autres réserves
Autres immobilisations Bénéfices non distribués
incorporelles Montants comptabilisés
Actifs non courants biologiques directement en capitaux propres
(agriculture) Capitaux propres attribuables
aux participations ne donnant
pas le contrôle
Participations dans Total capitaux propres
les entreprises associées
et coentreprises Passifs non courants
(mise en équivalence) Emprunts à long terme
Autres actifs financiers Impôts différés
Actifs courants Provisions à long terme
Stocks Passifs courants
Actifs courants biologiques Fournisseurs et autres créditeurs
(agriculture) Emprunts à court terme
Créances clients Partie courante des emprunts
Autres actifs courants à long terme
Trésorerie et équivalents Impôts exigibles
Actifs classés en actifs non Provisions à court terme
courants destinés à être cédés Passifs directement associés
à des actifs classés en actifs non
courant destinés à être cédés
Total Passifs
Total Total
Bilan consolidé
Actif (en millions d’euros) Notes 31/12/2014 31/12/2015
Goodwill 11 582 11 653
Marques 4 337 3 833 »
103
3. La présentation des états financiers
105
3. La présentation des états financiers
1 Selon une analyse que nous avons faite en 2016 et concernant les publications des entreprises du
CAC 40 (documents de référence 2015 ou états financiers 2015) 39 entreprises ont présenté deux états
séparés appelés généralement « Compte de résultat » et « État du résultat net et des gains et pertes
comptabilisés directement en capitaux propres » (conformément à la recommandation 2013.03 de
l’ANC du 7 novembre 2013 (ou « État du résultat global »). Une seule d’entre elles a présenté un état
unique.
106
e) un montant unique représentant le total des activités abandon-
nées (voir IFRS 5 : chapitre 11) ;
f) résultat net (perte ou profit).
Remarque
IAS 1 ne précise pas aujourd’hui si des soldes intermédiaires ou indicateurs alternatifs
de performance (du type résultat opérationnel ou excédent brut d’exploitation
– EBITDA (earnings before interest, taxes, depreciation and amortization en anglais)
doivent être insérés dans l’état de résultat net et des autres éléments du résultat
global. L’ESMA d’une part (ESMA/2015/1415057), l’AMF (position DOC-
2015‑12) et l’ANC (recommandation RECO 2009‑03) d’autre part, autorisent
cette insertion en exigeant notamment de définir ces indicateurs, de les réconcilier
avec les états financiers et de leur attribuer des libellés clairs. n
107
3. La présentation des états financiers
108
tés ordinaires de l’entité et dont on ne s’attend guère à ce qu’elles se
reproduisent de manière fréquente ni régulière (comme les expropria-
tions d’actifs ou un tremblement de terre ou toute autre catastrophe
naturelle). La nature et le montant de chaque élément extraordinaire
devaient être indiqués séparément.
Par ailleurs, la norme IAS 33 (voir chapitre 19, § 2) prévoit la présen-
tation du résultat par action (résultat de base et résultat dilué) dans les
états de résultat net des sociétés cotées.
La norme IAS 1, dans son guide d’application annexé (version 2007), pré-
sente deux modèles de compte de résultat, l’un présentant les charges ana-
lysées par fonction, l’autre présentant les charges analysées par nature.
Nous les avons corrigés en tenant compte des révisions de la norme
depuis 2007 et notamment l’introduction dans le résultat des autres élé-
ments du résultat global.
1 Selon une analyse que nous avons faite en 2016 et concernant les publications des entreprises du
CAC 40 (documents de référence 2015 ou états financiers 2015) 29 entreprises ont présenté leur
compte de résultat net en analysant leurs charges par fonction, 6 par nature, les 5 autres (banques et
assurances) ayant une présentation spécifique (conformément aux recommandations RECO 2013-04
et RECO 2013-05 de l’ANC du 7 novembre 2013).
109
3. La présentation des états financiers
Activités maintenues
Produits des activités ordinaires
Coût des ventes
Marge brute
Autres produits
Coûts commerciaux
Charges administratives
Autres charges
Charges financières
Quote-part dans le résultat net des entités associées
Résultat avant impôt
Charge d’impôt sur le résultat
Résultat de l’exercice relatif aux activités maintenues
Activités abandonnées
Résultat de l’exercice des activités abandonnées (1)
Profit (ou perte) de l’exercice
Profit ou perte attribuable à :
Actionnaires de la société mère
Intérêts minoritaires
Résultat de base par action
Activités maintenues
Activités abandonnées
Résultat dilué par action
Activités maintenues
Activités abandonnées
(1) L’analyse sera donnée dans les notes annexes.
110
Modèle d’état de résultat net (charges par nature) (en liste)
Activités maintenues
Produits des activités ordinaires
Autres produits
Variations des stocks des produits finis et en cours
Production immobilisée
Marchandises et matières consommées
Frais de personnel
Amortissements et dépréciations
Dépréciation des immobilisations corporelles
Autres charges
Charges financières
Quote-part dans le résultat net des entités associées
Résultat avant impôt
Charge d’impôt sur le résultat
Résultat de l’exercice relatif aux activités maintenues
Activités abandonnées
Résultat de l’exercice des activités abandonnées (1)
Profit (ou perte) de l’exercice
Profit ou perte attribuable à :
Actionnaires de la société mère
Intérêts minoritaires
Résultat de base par action
Activités maintenues
Activités abandonnées
Résultat dilué par action
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Activités maintenues
Activités abandonnées
(1) L’analyse sera donnée dans les notes annexes.
111
3. La présentation des états financiers
Remarque
Il y a lieu de ne pas confondre, en normes IFRS, l’état du résultat global (statement
of comprehensive income) qui comprend tous les éléments de résultat (y compris
ceux imputés directement) en capitaux propres et le compte de résultat
proprement dit ou compte de profits et pertes1 (separate income statement or
statement of profit and loss for the period). n
112
Résultat consolidé et résultat par action
114
Les opérations de financement ou activités de financement (finan-
cing activities) résultent de la variation des capitaux propres et de l’en-
dettement de l’entité.
IAS 7 invite les entités présenter les flux de trésorerie liés aux activi-
tés d’exploitation, en utilisant :
–– soit la méthode directe, suivant laquelle les principales catégories
d’entrées et de sorties de trésorerie brutes sont présentées ;
–– soit la méthode indirecte, suivant laquelle le résultat net est ajusté des
effets des transactions sans effet de trésorerie, de tout décalage ou régu-
larisation d’entrées ou de sorties de trésorerie opérationnelle passées ou
futures liés à l’exploitation et des éléments de produits ou de charges liés
aux flux de trésorerie concernant les investissements ou le financement.
Quoique IAS 7 encourage les entités à présenter les informations des
flux de trésorerie des activités d’exploitation en utilisant la méthode
directe, nous avons constaté que la totalité des entreprises du CAC 40
utilisaient la méthode indirecte, plus simple à appliquer.
– Acquisition d’immobilisations
+ Cessions d’immobilisations
+ Produits financiers reçus
Flux net de trésorerie provenant des activités d’investissement
Flux de trésorerie provenant des activités de financement
+ Augmentation de capital
+ Encaissements provenant d’emprunts à long terme ou de contrats
de location
– Remboursements provenant d’emprunts à long terme
ou de contrats de location
Dividendes versés
Flux net de trésorerie provenant des activités de financement
Variation nette de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie
Trésorerie ou équivalents de trésorerie à l’ouverture de l’exercice
Trésorerie ou équivalents de trésorerie à la clôture de l’exercice
115
3. La présentation des états financiers
116
Tableau de variation des flux de trésorerie consolidé
117
3. La présentation des états financiers
118
b) pour chaque composant de capitaux propres, l’effet des change-
ments de méthodes comptables et corrections d’erreurs comptabilisés
en accord avec IAS 8 (voir ci-après chapitre 18) ;
c) pour chaque composante de capitaux propres un rapprochement
entre la valeur comptable en début et en fin d’exercice portant sur :
–– le résultat net (profit ou perte) de la période ;
–– chaque rubrique des autres éléments du résultat global ;
–– les transactions sur le capital avec les propriétaires et les distributions
aux propriétaires.
Pour chaque composante des capitaux propres, l’entité doit pré-
senter, soit dans l’état des variations des capitaux propres, soit dans
les notes, une analyse des autres éléments du résultat global, élément
par élément. Elle doit aussi indiquer, soit dans l’état des variations
des capitaux propres, soit dans les notes, le montant des dividendes
comptabilisés au titre des distributions aux propriétaires au cours de
la période, ainsi que le montant correspondant des dividendes par
action.
Capitaux propres
Capitaux propres
Part du groupe
non distribués
de conversion
minoritaires
Intérêts
Capital
totaux
Écarts
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Capitaux propres
Capitaux propres
Part du groupe
non distribués
de conversion
minoritaires
Intérêts
Capital
totaux
Écarts
Couverture de flux de
trésorerie : gains et pertes
portés en capitaux propres
Différences de change
liées aux conversions
Autres (à détailler)
Impôts sur éléments portés ou
transférés en capitaux propres
Résultat net comptabilisé
en capitaux propres
Résultat de la période
Résultat global de la période
Augmentation de capital
Dividendes
Bilan au 31.12.N
120
» Tableau de variation des capitaux propres consolidés
1
Au 31 décembre 2015
Au 1er janvier 2015
Autres éléments
En millions
d’euros
a
Capital 161 3 164
Primes 3 505 39 588 4 132
Bénéfices 11 817 1 282 21 27 (591) (317) (457) (328) 11 454
accumulés
Écarts de (1 501) 67 (1) 259 (1 177)
conversion
Gains et pertes (109) 108 21 21
relatifs aux
instruments
dérivés de
couverture,
nets d’impôts
Gains et pertes 45 (2) (1) (1) 42
sur actifs
financiers
disponibles
à la vente nets
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d’impôts
Ecarts (363) 40 (323)
actuariels sur
engagements
de retraite, non
recyclables en
résultat, nets
d’impôt
Autres (427) 146 (1) 21 (261)
résultats
enregistrés
en capitaux
propres »
1 Des références aux notes sont aussi fournies. Un tableau semblable est donné pour 2014 p. 77 du
document de référence.
121
3. La présentation des états financiers
Au 31 décembre 2015
Au 1er janvier 2015
Autres éléments
En millions
d’euros
a
Actions (1 859) 157 (5) (1 707)
propres et
calls Danone
Capitaux 11 496 1495 39 178 27 (317) (464) (48) 12 606
propres- Part
du groupe
Intérêts ne 49 91 (95) (2) 20 63
conférant pas
le contrôle
Capitaux 11 745 1 586 39 178 27 (411) (466) (28) 12 669
propres
consolidés
122
Dans la mesure du possible, l’entité doit présenter les notes de
manière organisée. Lorsqu’elle définit cette manière organisée, l’entité
doit en examiner l’effet sur l’intelligibilité et la comparabilité de ses
états financiers. L’entité doit insérer, pour chaque élément des états de
situation financière et du ou des états du résultat net et des autres élé-
ments du résultat global, ainsi que de l’état des variations des capitaux
propres et de l’état des variations des flux de trésorerie, une référence
croisée vers l’information liée figurant dans les notes.
L’entité présente normalement les notes dans l’ordre suivant, pour
aider les utilisateurs à comprendre les états financiers et à les comparer
à ceux d’autres entités :
–– déclaration de conformité aux IFRS ;
–– résumé des principales méthodes comptables appliquées ;
–– informations supplémentaires pour les éléments présentés dans l’état
de situation financière et dans l’état du résultat global, dans l’état du
résultat global séparé (s’il est présenté), ainsi que dans l’état des varia-
tions des capitaux propres et dans l’état des variations des flux de tré-
sorerie, dans l’ordre dans lequel apparaît chacun des états financiers
et chacun des postes ;
–– autres informations dont les passifs éventuels et les engagements
contractuels non comptabilisés et des informations non financières,
par exemple les objectifs et les méthodes de l’entité en matière de
gestion des risques financiers.
La section sur les méthodes comptables dans les notes annexes aux états
financiers doit décrire :
a) la base (les bases) d’évaluation utilisé(s) pour l’établissement des
états financiers (coût historique, coût actuel, valeur nette de réalisation,
juste valeur ou valeur recourable) ;
b) les autres méthodes comptables utilisées qui sont nécessaires à
une bonne compréhension des états financiers.
L’entité doit également fournir, en plus de ses méthodes comptables
significatives, les jugements réalisés par la direction qui ont un impact
significatif sur les montants comptabilisés dans les états financiers.
123
3. La présentation des états financiers
124
de notes annexes IFRS
125
3. La présentation des états financiers
Test de connaissances
Test de connaissances
Pour chacune des 10 questions suivantes, choisissez la bonne réponse (une seule
réponse est possible).
Q2. Dans quelle rubrique de l’état de situation financière doivent figurer les
immeubles de placement ?
a) les actifs courants ;
b) les actifs non courants ;
c) les actifs appelés à être cédés.
Q4. Quelle ligne ne doit pas figurer dans la section « autres éléments du
résultat global » de l’état du résultat net et des autres éléments du résultat
global ?
a) les différences de change liées aux conversions des états financiers des activités
à l’étranger ;
b) les profits sur réévaluations des immobilisations corporelles et incorporelles ;
c) les profits sur cessions des immobilisations corporelles et incorporelles.
126
» b) epasntrele ceux attribuables aux intérêts minoritaires (participations ne donnant
contrôle) et ceux attribuables aux porteurs de capitaux propres de la
société mère ;
c) entre ceux qui ne seront pas reclassés ultérieurement en résultat net et ceux
qui seront reclassés ultérieurement en résultat net lorsque certaines conditions
seront remplies.
Q6. Quelle rubrique doit figurer dans l’état de flux de trésorerie de l’IASB,
établi selon la méthode directe ?
a) les sommes versés aux fournisseurs et au personnel ;
b) le résultat des activités ordinaires après impôt ;
c) la variation du fonds de roulement opérationnel.
Q7. Quelle information ne doit pas être fournie dans l’état de flux de
trésorerie de l’IASB ?
a) la variation du fonds de roulement net global ;
b) le flux net de trésorerie provenant des activités d’investissement ;
c) les encaissements reçus des clients.
Q8. Dans les notes annexes de l’IASB, quelle information ne doit pas être
obligatoirement fournie ?
a) le nom de la société mère et celui de la société tête de groupe ;
b) les bases d’évaluation utilisées pour l’établissement des états financiers ;
c) le montant des dividendes proposés par l’assemblée qui statuera sur les états
financiers présentés.
127
Chapitre 4
La consolidation
C
’est en 1904 qu’ont eu lieu aux États-Unis les premiers débats
sur les comptes consolidés dont les premiers avaient été établis
en 1892 par la société National Lead. Au Royaume-Uni, il fallut
attendre 1922 pour que l’attention des milieux professionnels soit atti-
rée par la pratique de la consolidation et 1948 pour que le « Companies
act » rende les comptes consolidés obligatoires. En France, un congrès de
la Compagnie nationale des experts-comptables s’intéressa au sujet en
1954 mais c’est le décret du 23 mars 1967 sur les sociétés commerciales
qui donna la possibilité d’annexer des comptes consolidés aux comptes
individuels. L’obligation d’établissement des comptes consolidés a été
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129
4. La consolidation
130
société mère et ses filiales, présentés comme ceux d’une entité écono-
mique unique.
Les intérêts non assortis de contrôle ou participations ne donnant
pas le contrôle (appelés « intérêts minoritaires » avant la révision de la
norme IAS 27 en janvier 2008) sont les capitaux propres d’une filiale
qui ne sont pas attribuables, directement ou indirectement à la société
mère.
La société Alpha détient 90 % du capital et des droits de vote de la société Bêta
laquelle détient 70 % du capital et des droits de vote de la société Gamma. La
société Alpha est une société mère, ses filiales sont Bêta et Gamma et elle doit
131
4. La consolidation
présenter des états financiers consolidés. La société Bêta est aussi une société
mère et sa filiale est Gamma et elle doit aussi présenter des états financiers
consolidés. La société Bêta peut se dispenser d’établir des comptes consolidés
(elle est détenue quasi totalement par Alpha) si elle n’est pas cotée en bourse,
si la société Alpha publie des comptes consolidés conformes aux normes inter-
nationales et si elle obtient l’unanimité des détenteurs d’intérêts minoritaires
(soit les détenteurs de 10 % du capital de Bêta). Elle devra indiquer également
comment elle a évalué ses titres Gamma dans son bilan (soit au coût, soit à la
juste valeur selon IAS 39 ou IFRS 9).
Il est évident que si les intérêts minoritaires de Bêta sont substantiels (par
exemple 30 % ou 40 % du capital), on ne pourra certainement plus obtenir
l’unanimité des intérêts minoritaires et la dispense d’établissement des états
financiers consolidés n’est plus possible.
2.2.1. Principes applicables
Dans l’application de la norme IFRS 10, le concept de « contrôle »
l’emporte sur le concept de « propriété ». On peut, en effet, concevoir
qu’il faille consolider une « filiale », même si la mère n’est propriétaire
d’aucune part, parce qu’elle est contrôlée par la mère, alors qu’il ne faut
pas consolider une autre « filiale » dont la mère est propriétaire de la
majorité des parts lorsqu’elle n’exerce aucun contrôle. Dans IFRS 10,
pour entraîner la consolidation, le contrôle doit porter sur les « activités
pertinentes » de l’entité considérée.
Ceci peut s’expliquer par l’application, dans les normes IFRS, du prin-
cipe de prééminence de la substance sur la forme (voir chapitre 2, § 4.1).
➢➢Contrôle
Le contrôle (défini par IFRS 10 annexe A – voir ci-dessus § 2) comporte
trois critères nécessaires caractérisant les liens entre l’entité détentrice
présentant ses comptes consolidés et l’entité détenue susceptible d’être
incluse dans le périmètre de consolidation. Ces trois critères sont le pou-
voir, l’exposition à la variabilité des rendements de l’entité détenue et
132
la capacité d’utiliser le pouvoir pour influencer le montant des rende-
ments (lien entre le pouvoir et les rendements) :
–– pouvoir de diriger les activités de l’entité détenue. Ce pouvoir
existe lorsque l’investisseur a des droits qui lui donnent la capacité de
diriger les activités qui affectent la rentabilité de la société émettrice
(activités dites « pertinentes »). Parfois, cette évaluation du pouvoir
est simple, lorsque le pouvoir sur une entité détenue est obtenu direc-
tement et exclusivement à partir des droits de vote accordés par des
instruments de capitaux propres. Dans d’autres cas, l’évaluation est
plus complexe, nécessitant un certain nombre de facteurs à considé-
rer, par exemple lorsque le pouvoir est lié à une ou plusieurs disposi-
tions contractuelles (cas d’entités ad hoc)1 ;
–– capacité à générer un rendement variable pour lui-même. Le
rendement pour l’investisseur doit pouvoir varier en fonction de la
performance de l’entité détenue et peut être positif ou négatif : sont
considérés comme des formes de rendement (IFRS 10 § 10 B 57) des
dividendes ou autres formes de distribution d’avantages économiques,
une modification de la valeur de l’investissement, un rendement indi-
rect tel que synergies des activités et économies d’échelle ;
–– capacité, pour l’investisseur, d’utiliser son pouvoir sur l’entité
détenue pour influer sur le rendement de celle-ci. Il ne suffit pas
que l’investisseur ait le pouvoir ou qu’il ait des droits sur les rende-
ments variables, il faut encore qu’il ait la capacité d’utiliser son pou-
voir sur l’entité détenue pour affecter les rendements qu’il en retire.
➢➢Pouvoir
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1 Une entité ad hoc est une structure juridique distincte, créée spécifiquement pour gérer une opéra-
tion ou un groupe d’opérations similaires pour le compte d’une entreprise. L’entité ad hoc est struc-
turée ou organisée de manière telle que son activité n’est en fait exercée que pour le compte de cette
entreprise, par mise à disposition d’actifs ou fourniture de biens, de services ou de capitaux. Il n’est pas
nécessaire que le capital de l’entité ad hoc soit la propriété de l’entreprise qui en exerce le contrôle.
133
4. La consolidation
134
Toutefois, lorsque les droits de vote sont relatifs uniquement à des
tâches administratives, alors que les activités significatives font l’objet
d’autres arrangements contractuels, les droits de vote ne sont pas un
facteur décisif pour établir le contrôle ; il convient alors d’examiner
d’autres facteurs et leur combinaison.
• Un investisseur pourrait avoir plus de la moitié des droits de vote
dans une autre entité sans avoir le pouvoir de diriger les activités de
cette entité. Ce peut être le cas lorsque des dispositions légales ou les
documents constitutifs de l’autre entité ou encore d’autres accords
contractuels limitent le pouvoir de l’investisseur à un point tel qu’elle
ne peut pas diriger les activités de l’autre entité, ou lorsqu’une autre
partie a ce pouvoir. Par exemple, si une entité dans laquelle l’inves-
tisseur a plus de la moitié des droits de vote est mise sous surveillance
légale, l’investisseur ne contrôle plus l’autre entité, car il a perdu le
pouvoir d’en diriger les activités.
• Un investisseur a le pouvoir de diriger les activités d’une autre entité
avec moins de la moitié des droits de vote si :
–– il a plus de droits de vote que toute autre partie ;
–– il en a suffisamment pour pouvoir déterminer les politiques straté-
giques d’exploitation et de financement de cette entité.
• D’autres pouvoirs de décision, en combinaison avec droits de vote,
peuvent donner à un investisseur la capacité de diriger les activités
d’une entité. Par exemple, les droits au sein d’un arrangement contrac-
tuel en combinaison avec des droits de vote peuvent être suffisants
pour donner à un investisseur la capacité d’orienter des procédés de
fabrication d’une entité ou de diriger d’autres activités d’exploitation
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135
4. La consolidation
accord d’exclusivité qu’elle a fait signer aux dirigeants de cette société lui per-
met de diriger les différentes activités de cette dernière et d’en tirer des résultat
positifs. Elle détient encore 40 % des droits de vote de la société Zêta, mais a
pu faire nommer dans cette société la majorité des membres du conseil d’admi-
nistration. Enfin, elle détient aussi 40 % des droits de vote de la société Eta, n’a
pu faire nommer que trois membres sur sept du Conseil d’administration, mais,
s’accordant habituellement avec un administrateur possédant 20 % du capital,
elle est capable de réunir la majorité des droits de vote dans les réunions du
conseil d’administration.
La société Alpha doit comprendre dans le périmètre de consolidation pour
l’établissement des états financiers consolidés, elle-même, mais aussi la société
Bêta, la société Gamma, la société Delta, la société Epsilon, la société Zêta et
la société Eta.
136
Enfin, même lorsque le contrôle est destiné à être temporaire, la
filiale ayant été acquise et détenue dans l’unique perspective d’une ces-
sion dans un avenir proche, celle-ci doit être intégrée à la société mère.
Cette dernière (voir chapitre 11, § 4.2) doit présenter séparément dans
son bilan consolidé les actifs (et passifs) de la filiale destinée à être cédée.
Si la filiale fonctionne sous l’emprise de contraintes durables qui
l’empêchent de transférer des fonds à sa société mère, celle-ci doit tout
de même effectuer la consolidation, des informations spécifiques sur les
restrictions étant cependant fournies en annexe.
La société Alpha détient 60 % des droits de vote de la société Thêta et 70 % de la
société Iota. La société Thêta a été acquise en novembre N et Alpha envisage de
la céder (avec bénéfice) durant le premier semestre de l’année N + 1. La société
Iota, acquise depuis très longtemps est située dans un pays du Moyen Orient et des
contraintes politiques empêchent la société Alpha de bénéficier de transfert de fonds
de sa filiale. La société Iota reste cependant sous le contrôle de la société Alpha.
La société Alpha devra intégrer la société Thêta dans son périmètre de consolida-
tion. Elle présentera les actifs et passifs de cette filiale sur une ligne (ou plusieurs)
séparée(s). La société Iota sera aussi consolidée (car le contrôle subsiste) et une
information spécifique sur les restrictions qui limitent la capacité de la participa-
tion de transférer des fonds à la société mère sera fournie dans l’annexe.
2.3. Procédures de consolidation
La consolidation consiste à combiner les éléments semblables d’actifs,
passifs, capitaux propres, produits, charges et flux de trésorerie de la
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1 Pour plus de détail sur ces opérations voir Robert OBERT, Marie Pierre MAIRESSE, Arnaud DESENFANS,
Comptabilité et audit, DSCG 4, 7e édition 2016/2017, chapitre 4, section 5.
137
4. La consolidation
1 Pour plus de détail sur ces opérations voir Robert OBERT, Marie Pierre MAIRESSE, Arnaud D
ESENFANS
Comptabilité et audit, DSCG 4, 7e édition 2016/2017, chapitre 5, section 1.
138
d’une filiale sont différentes, la filiale prépare, pour la consolidation,
des états financiers additionnels à la même date que les états finan-
ciers de la mère sauf si cela est irréalisable ;
–– lorsque cela n’a pu être réalisé quand les états financiers d’une filiale
utilisés pour la préparation des états financiers consolidés ont été éta-
blis à une date différente de celle de la mère, des ajustements doivent
être effectués pour prendre en compte les effets des transactions et
événements qui se sont produits entre cette date et la date des états
financiers de la mère. En aucun cas, la différence entre la date de clô-
ture de la filiale et celle de la mère ne peut être supérieure à trois
mois. La durée des exercices et la différence entre les dates de clôture
doivent être les mêmes d’une période à l’autre ;
–– les états financiers consolidés doivent être établis en utilisant des
méthodes comptables uniformes pour des transactions et autres évé-
nements semblables dans des circonstances similaires.
Supposons deux sociétés, les sociétés Alpha et Bêta dont les bilans (résumés en k€)
sont donnés ci-dessous :
139
4. La consolidation
* Comptes spécifiques à la consolidation, les numéros et les noms ne figurent pas dans
le PCG lequel ne concerne que les comptes individuels des entités.
Le bilan consolidé après ces écritures est le suivant.
140
Compte de résultat société Alpha
Charges d’exploitation 1 780 000 Produits d’exploitation 2 100 000
Charges financières 140 000 Produits financiers 100 000
Impôt sur les sociétés 120 000
Résultat 160 000
2 200 000 2 200 000
Comme pour le bilan, le compte de résultat est obtenu en cumulant les élé-
ments (par des écritures ou un tableau) des comptes de résultats des sociétés
intégrées Alpha et Bêta.
141
4. La consolidation
2.4. Perte de contrôle
Si la société mère perd le contrôle d’une filiale, elle doit :
–– décomptabiliser les actifs (y compris le goodwill, le cas échéant) et les
passifs de la filiale à leur valeur comptable à la date de la perte du
contrôle ;
–– décomptabiliser la valeur comptable, à la date de la perte du contrôle,
des participations ne donnant pas le contrôle détenues le cas échéant
dans l’ancienne filiale (ainsi que les composantes des autres éléments
du résultat global qui leur sont attribuables) ;
–– comptabiliser la juste valeur de la contrepartie reçue, le cas échéant,
par suite de la transaction, de l’événement ou des circonstances ayant
entraîné la perte du contrôle ;
–– comptabiliser la distribution des actions de la filiale aux propriétaires
en leur qualité de propriétaires, si la transaction, l’événement ou les
circonstances ayant entraîné la perte du contrôle donne lieu à une
telle distribution ;
–– comptabiliser la participation conservée dans l’ancienne filiale, le cas
échéant, à sa juste valeur à la date de la perte du contrôle ;
–– reclasser en résultat net, ou virer directement aux résultats non distri-
bués lorsque d’autres normes IFRS l’imposent, les montants compta-
bilisés dans les autres éléments du résultat global au titre de la filiale ;
–– comptabiliser en résultat net, à titre de profit ou de perte attribuable
à la société mère, tout écart restant.
Les changements d’intérêts (variations du pourcentage) de la
société mère dans l’entité, lorsqu’il n’en résulte pas par une perte de
contrôle, sont des transactions sur capitaux propres (aucun résultat
n’est constaté).
142
La norme IAS 28 ne fait pas véritablement référence à la notion
de consolidation, cette expression étant conservée uniquement pour
décrire les procédures qui s’appliquent à la comptabilisation des entités
contrôlées.
143
4. La consolidation
Remarque
Outre les exemptions proches d’IFRS 10 (entité détenue par une autre entité),
une entité peut ne pas appliquer la méthode de la mise en équivalence si :
– la participation est détenue par, ou détenue indirectement à travers un orga-
nisme de capital-risque, un fonds ou une entité équivalente et la participation
est comptabilisée à la juste valeur par résultat conformément à IFRS 9 ou IAS
39 (voir chapitre 6) ;
–
la participation est classée comme destinée à être vendue ; elle est alors
comptabilisée conformément à IFRS 5 (voir chapitre 11).
Contrairement à IFRS 10 (voir ci-dessus § 2), les droits de vote potentiels
peuvent être pris en compte pour déterminer le niveau d’influence notable.
sauf si, dans certaines circonstances, ces droits de vote potentiels donnent,
en substance, actuellement, droit au résultat. Les instruments contenant des
droits de vote potentiels qui ne donnent pas droit au résultat sont comptabilisés
conformément à IFRS 9. Ceux qui contiennent de tels droits au résultat ne sont
pas comptabilisés conformément à IFRS 9. n
144
Supposons que la société Alpha détienne 25 % du capital de la société Gamma
acquis au moment de la constitution de ladite société pour 50 000 € (compris
dans les immobilisations financières). Les titres de la société Gamma sur lesquels
la société Alpha a une influence notable pourront être mis en équivalence, c’est-
à-dire en fait réévalués.
Le bilan et le compte de résultat de société Gamma sont donnés ci-après.
La valeur d’équivalence des titres Gamma possédés par Alpha peut se détermi-
ner ainsi :
• Actif net comptable de Gamma :
Capital200 000
Réserves180 000
Résultat60 000
440 000
• 440 000 × 25 % = 110 000
• Plus-value : 110 000 – 50 000 = 60 000
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Pour le bilan :
* Nom de compte propre à la consolidation. Numéro de compte attribué par nos soins.
145
4. La consolidation
Remarque
Dans certains cas (notamment sociétés de capital-risque, fonds de placement,
sociétés d’investissement à capital variable, etc.) la méthode de mise en équiva-
lence n’est pas applicable et l’entité doit comptabiliser ses titres conformément
à IFRS 9 (ou IAS 39) (voir aussi § 2.2.2.). n
4. Partenariat et participations
dans les coentreprises
En vue de réduire les divergences avec le référentiel américain, l’IASB a
publié en mai 2011, une nouvelle norme IFRS 11 « Partenariats » desti-
née à remplacer la norme IAS 31 « Participations dans les coentreprises »
à compter du 1er janvier 2013.
Les principales dispositions d’IFRS 11 concernent les notions de par-
tenariat, de type de partenariat, de coentreprise et de contrôle conjoint
et la présentation du traitement comptable correspondant.
146
–– le processus de décision, les sujets requérant une décision des parties,
le niveau de consensus requis pour ces sujets ;
–– le capital et autres contributions requis des parties ;
–– comment les parties partagent les actifs, passifs, revenus, dépenses,
profits ou pertes de l’accord conjoint.
Le contrôle conjoint est le partage convenu par contrat du contrôle
d’une entité, qui n’existe que lorsque des décisions pertinentes au sujet
des activités nécessitent le consentement unanime des parties parta-
geant le contrôle.
Une activité conjointe est un partenariat résultant d’un accord par
lequel les parties qui ont un contrôle conjoint ont des droits sur les actifs
et des obligations pour le passif relatif à l’activité. Chaque partenaire
utilise ses propres actifs, tels que ses immobilisations corporelles et ses
stocks. Il assume également ses propres charges et ses propres passifs et
réunit son propre financement. Il peut aussi utiliser des actifs acquis en
commun, et assume sa quote-part de charges et sa quote-part de passifs.
L’accord contractuel précise le mode de répartition entre les partenaires
du produit de la vente des produits communs et des charges partagées.
Les participants d’une activité conjointe sont appelés « coparticipants »
ou « opérateurs conjoints ».
Alpha et Bêta de telle sorte qu’il couvre les coûts de Gamma. Ainsi la gestion de
trésorerie est assumée par les encaissements reçus des achats de moteurs par
Alpha et Bêta. Dans ce cas, Alpha et Bêta ont des droits directs sur les actifs de
Gamma et des obligations directes sur les passifs de Gamma. La société Gamma,
pourtant structure financière directe distincte, est donc une activité conjointe.
Une coentreprise est un partenariat par lequel les parties qui exercent
un contrôle ont des droits sur l’actif net de l’entité contrôlée conjointe-
ment. Les participants d’une coentreprise sont appelés « coentrepreneurs ».
Les coentrepreneurs n’ont ni droits sur des actifs isolés de la coentreprise
ni obligations au titre des charges. À la place, chaque coentrepreneur a
droit à une quote-part du résultat des activités de la coentreprise.
147
4. La consolidation
Remarque
La norme IAS 31 qui s’est appliquée jusqu’en décembre 2012 distinguait trois
types de contrôle conjoint : les activités contrôlées conjointement, les actifs
contrôlés conjointement et les entités contrôlées conjointement. n
4.2.1. Activités conjointes
En ce qui concerne sa participation dans une activité conjointe, un par-
tenaire doit comptabiliser, selon les IFRS applicables :
–– ses actifs, y compris sa part de tout actif détenu conjointement ;
–– son passif, y compris sa part de tout passif encouru conjointement ;
–– ses produits provenant de la vente de sa part de la production décou-
lant de l’activité commune ;
–– sa part de produits provenant de cession de l’activité commune ;
–– ses dépenses, y compris sa quote-part de charges engagées en com-
mun.
148
La société Kappa a une activité conjointe avec le groupe Omicron sur la société
Lambda (laquelle n’est pas une coentreprise, car elle ne peut prendre aucune ini-
tiative, l’analyse montrant en substance que Kappa et Omicron contrôlent les actifs
et les passifs de Lambda et les flux qui en découlent) et qu’elle a des droits de 40 %
sur les actifs non courants, de 50 % sur les actifs courants, de 45 % sur les dettes,
de 50 % sur les charges et produits, y compris l’impôt, sauf sur les amortissements
portant sur des immobilisations détenues à 40 %. Il vous est demandé de présenter
le bilan consolidé et le compte de résultat consolidé du groupe Kappa.
Vous trouverez ci-après les bilans et comptes de résultat des sociétés Kappa et
Lambda au 31 décembre N (en milliers d’euros).
149
4. La consolidation
150
4.2.2. Coentreprises
Il s’agit d’entités créées par des associés entre lesquels existe un contrat
établissant un contrôle conjoint sur l’activité. Les coentreprises doivent
tenir une comptabilité propre et établir des comptes individuels
conformes aux normes comptables habituelles.
Le coentrepreneur doit comptabiliser sa participation dans une coen-
treprise selon la méthode de la mise en équivalence telle qu’elle est pré-
sentée dans IAS 28 (voir ci-dessous § 1.3).
Remarque
Pour la préparation des comptes consolidés des membres de la coentreprise,
IAS 31 (applicable jusqu’au 31 décembre 2012) permettait l’utilisation de deux
méthodes : la consolidation proportionnelle et la mise en équivalence.
La consolidation proportionnelle est une méthode de comptabilisation et de
présentation selon laquelle la quote-part d’un coentrepreneur dans chacun des
actifs et passifs, produits et charges de l’entité contrôlée est regroupée, ligne par
ligne, avec les éléments similaires dans les états financiers du coentrepreneur ou
est présentée sous des postes distincts dans les états financiers du coentrepreneur.
La méthode de mise en équivalence a été particulièrement défendue par ceux
qui font valoir qu’il est inapproprié de regrouper des éléments contrôlés avec
des éléments seulement contrôlés conjointement. n
par Kappa et Omicron. Les bilans et comptes de résultat des sociétés Kappa et
Lambda au 31 décembre N sont ceux présentés ci-dessus (§ 4.2.1).
Si l’on utilisait la méthode de mise en équivalence, on aurait les écritures suivantes :
Pour le bilan
151
4. La consolidation
152
–– qu’elle a le contrôle en commun d’un partenaire ou une influence
notable sur une autre entité ;
–– le type d’accord de partenariat (opération faite en commun ou coen-
treprise) lorsque l’entente a été structurée par une structure financière
identifiable séparée.
153
4. La consolidation
154
–– le montant des soldes, y compris des engagements, leurs termes et
conditions, y compris l’existence éventuelle de garanties et la nature
de la contrepartie attendue lors du règlement et les modalités des
garanties données ou reçues ;
–– les provisions pour créances douteuses liées au montant des soldes ;
–– les charges comptabilisées pendant la période au titre des créances
douteuses sur parties liées.
Les informations à fournir doivent être communiquées séparément
pour chacune des catégories suivantes :
–– la société mère ;
–– les entités qui exercent un contrôle conjoint ou une influence notable
sur l’entité ;
–– les filiales ;
–– les entreprises associées ;
–– les coentreprises dans lesquelles l’entité est un coentrepreneur ;
–– les principaux dirigeants de l’entité ou de sa société mère ;
–– les autres parties liées.
155
4. La consolidation
Comptabilisation au coût
Dans ce cas, les titres Iota figureront au bilan pour 97 000 + 2 000 = 99 000 k€.
156
La même méthode doit être appliquée pour chaque catégorie de
titres. Les participations dans des filiales, entités sous contrôle conjoint
et entités associées classées comme actifs appelés à être cédés (confor-
mément à IFRS 5 – voir chapitre 11), doivent être comptabilisées confor-
mément à cette dernière norme, c’est-à-dire à la juste valeur, diminuée
des frais de cession.
Test de connaissances
Pour chacune des 10 questions suivantes, choisissez la bonne réponse (une seule
réponse est possible).
Q1. Une société A possède 42 % des actions d’une société B dont 20 % du
capital est constitué d’actions à dividende prioritaire sans droit de vote,
50 % des actions d’une société C (dont la société X possède également »
157
4. La consolidation
Q2. Dans quel cas une société Alpha, filiale de la société Oméga, peut-elle,
conformément à IFRS 10, être exemptée de la consolidation ?
a) Quand elle a des activités dissemblables de celles des autres entreprises du groupe ;
b) Quand elle fait partie d’un groupe qui établit des comptes consolidés (la
société mère Oméga possède 55 % du capital de la société Alpha)
c) Dans aucun cas.
Q5. Que doit-on faire lorsque le contrôle d’une « filiale » est destiné
à être temporaire ?
a) ne pas consolider ;
b) consolider la filiale comme tout autre filiale ;
c) consolider la filiale en inscrivant ses actifs dans une rubrique « Actifs (ou groupe
d’actifs) appelées à être cédés » et ses passifs dans une rubrique « Passifs direc-
tement associés à des actifs (ou groupes d’actifs) destinés à être cédés ». »
158
» Q6. La société Alpha a fait l’acquisition le 1 janvier N–2 de 30 % du capital
er
b)
c)
Q7. Comment peut être classée dans le cadre d’IFRS 11 une société
en participation (au sens de l’article 1871 du Code civil) ?
a) une activité conjointe ; »
159
4. La consolidation
Q8. Dans le cadre des normes IFRS quels sont les états financiers consolidés
qui doivent être établis ?
a) un état de situation financière et un état du résultat global consolidés ;
b) un état de situation financière, un état du résultat global et une annexe conso-
lidées ;
c) un état de situation financière, un état du résultat global, un état de variation
des capitaux propres, un tableau de flux de trésorerie consolidés et un état
comprenant les méthodes comptables et des notes explicatives.
Q10. Précisez dans quels cas il ne s’agit pas d’une entité liée au sens d’IAS 24 ?
a) si une personne ou un membre de la famille proche de cette personne fait
partie d’une société mère de l’entité présentant les états financiers ;
b) les deux entités sont des entités associées du même tiers ;
c) une entité est une entreprise associée ou coentreprise d’une filiale du groupe
dont l’autre entité fait partie.
160
Chapitre 5
Les regroupements
d’entreprises
L
es regroupements d’entreprises (c’est-à-dire le fait pour deux ou plu-
sieurs entreprises indépendantes de se réunir) couvrent, notamment
pour l’IASB non seulement l’apport d’une entité à une autre entité
(fusion, apport partiel d’actif) mais également les prises de contrôle d’une
entité par une autre (achat de titres, franchissements de seuils de contrôle).
Dans un regroupement d’entreprises, généralement l’une des enti-
tés acquiert tout ou partie du capital de l’autre en payant en liquidités
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161
5. Les regroupements d’entreprises
1. Définitions et méthode
de comptabilisation
Un regroupement d’entreprises est défini par la norme IFRS 3 comme une
transaction ou tout autre événement au cours duquel un acquéreur
obtient le contrôle d’une ou plusieurs entreprises.
La norme IFRS 3 s’applique à tout regroupement d’entreprises, quelle
que soit sa forme juridique, à l’exception des opérations ou entités
apportées pour former un partenariat, à la simple acquisition d’un actif
ou d’un groupe d’actifs à une combinaison d’entités ou d’entreprises
sous contrôle commun, ou à l’acquisition, par une entité d’investisse-
ment (voir chapitre 4 § 2.2.2) d’une participation dans une filiale qui
doit être évaluée à la juste valeur par le biais du résultat net. Tous les
regroupements d’entreprises, à l’exception de ceux présentés ci-dessus
doivent être comptabilisés en appliquant la méthode d’acquisition.
Une entité déterminera si une transaction ou tout autre événement
est un regroupement d’entreprises en appliquant la définition donnée
dans la norme IFRS 3, qui exige que l’actif acquis et le passif assumé
constituent une entreprise1. Si les actifs acquis ne sont pas des entités,
l’entité effectuant le reporting comptabilisera la transaction ou tout autre
événement comme une acquisition d’actif (immobilisation, stock, ins-
trument financier…)
1 Une entreprise y est définie par IFRS 3 comme « un ensemble intégré d’activités et d’actifs, sus-
ceptible d’être exploité et géré dans le but de fournir un rendement sous forme de dividendes, de
coûts inférieurs ou d’autres avantages économiques directement aux autres détenteurs, sociétaires ou
participants ». Une réforme en cours au 1er janvier 2017 vise à expliciter cette définition (IFRS 3 annexe
B 7 à B 11).
162
2. Application de la méthode
d’acquisition
L’application de la méthode d’acquisition requiert les étapes suivantes :
–– identification de l’acquéreur ;
–– détermination de la date d’acquisition ;
–– évaluation et comptabilisation des actifs identifiables acquis, des pas-
sifs repris et des intérêts minoritaires (participations ne donnant pas
le contrôle) de l’entité acquise ;
–– évaluation et comptabilisation du goodwill (ou du profit provenant
de l’acquisition).
2.1. Identification de l’acquéreur
Dans chaque regroupement d’entreprise, l’une des entités intervenantes
doit être identifiée comme étant l’acquéreur. La norme IFRS 3 renvoie
à la norme IFRS 10 pour définir la notion de contrôle (voir chapitre 4,
§ 2). L’acquéreur dans un regroupement d’entreprise est donc celui qui
obtient le contrôle des autres entités ou activités qui se regroupent. Il est
à noter que l’acquéreur au sens juridique du terme n’est pas obligatoire-
ment l’acquéreur au sens de la norme IFRS 3.
Prenons le cas de quatre sociétés, les sociétés Alpha, Bêta, Gamma et Delta. La
société Bêta est une filiale de la société Alpha laquelle possède 60 % des actions
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et la société Delta est une filiale de la société Gamma qui possède 90 % des
actions. La société Bêta, dont le capital se compose de 100 000 actions, envisage
d’absorber la société Delta. À ce titre, elle va procéder à une augmentation de
capital de 150 000 actions qui seront remises aux actionnaires de Delta.
Qui est, dans ce cas, l’acquéreur ? On pourrait croire qu’il s’agit de la société
Alpha, puisque celle-ci contrôle la société Bêta et que cette dernière va absorber
la société Delta. Et pourtant, après l’acquisition, Alpha ne possédera plus que du
100 000 × 60 %
100 000 × 60 % = 24 %
250 000 = 24 % capital de Bêta, alors que la société Gamma possédera
250 000
150 000 × 90 %
150 000 × 90 % = 54 % du capital de Betâ. C’est donc la société Gamma qui
250 000 = 54 %
250 000
doit être considérée comme étant l’acquéreur.
163
5. Les regroupements d’entreprises
Prenons le cas d’une société Alpha qui a acquis 51 % des actions et droit de
vote de la société Bêta le 1er janvier N–2. Au 1er janvier N, ces ceux sociétés
conviennent de fusionner, la société Alpha absorbant la société Bêta. Quelle est
la date d’acquisition pour la société Alpha ?
Au sens de la norme IFRS 10 « un investisseur contrôle une entité détenue
lorsqu’il a des droits ou supporte des rendements variables du fait de son impli-
cation avec l’entité détenue et a la capacité d’influer sur ces rendements grâce à
son pouvoir dans l’entité détenue » ; la prise de contrôle par Alpha de la société
Bêta est le 1er janvier N–2 (et non le 1er janvier N, qui correspond simplement à
une opération juridique). C’est donc à la date du 1er janvier N–2 que doit être
constaté le regroupement d’entreprises.
1 Définitions révisées.
164
Remarque
Les coûts directs liés à l’acquisition (autres que les frais d’émission des titres
émis en rémunération du regroupement d’entreprise, qui sont comptabilisés
en diminution des capitaux propres), sont constatés en charges de l’exercice
d’acquisition et non en tant que composante du prix payé en rémunération du
regroupement. n
Remarque
Pour certains apports, il y a lieu de tenir compte notamment de règles particu-
lières :
– il est possible, contrairement à IAS 37 « Provisions, passifs éventuels et actifs
éventuels » de prendre en compte un passif éventuel (passif ne correspondant
pas à la définition du cadre conceptuel) dans les passifs repris : il est nécessaire
cependant il faut que la juste valeur puisse être mesurée avec fiabilité. Un cer-
tain nombre d’actifs et de passifs éventuels, tels qu’ils sont aujourd’hui définis
par IAS 37 répondraient désormais à la définition d’un actif ou d’un passif. Ces
actifs et ces passifs seraient comptabilisés en tant que tels dès lors qu’ils pour-
ront être évalués de manière fiable. Il n’y aurait donc plus de divergence entre
la comptabilisation des éventualités selon IAS 37 et IFRS 3 ;
– l’impôt sur le résultat doit être comptabilisé conformément à IAS 12 (voir
chapitre 16) : il doit être tenu compte des impôts potentiels déterminés sur les
différences liées à l’acquisition ;
– les avantages au personnel doivent être évalués conformément à IAS 19 (voir
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chapitre 13) ;
– les paiements fondés sur des actions doivent être évalués conformément
à IFRS 2 (voir chapitre 13 § 8) ;
– les actifs destinés à être cédés doivent être évalués conformément à IFRS 5
(voir chapitre 11) ;
– les contrats de location simple et d’assurance sont évalués sur la base des
conditions à la signature des contrats (à condition que les termes du contrat
ne soient pas modifiés) : ainsi, si le contrat n’est pas aux conditions de mar-
ché, il sera comptabilisé comme une immobilisation incorporelle en cas de
contrat favorable ou en passif en cas de contrat défavorable ; certains contrats
aux conditions de marché peuvent aussi contenir une immobilisation incorpo-
relle au titre d’avantages économiques futurs ou parce qu’ils permettent de
pénétrer un marché. n
165
5. Les regroupements d’entreprises
Informations complémentaires :
La valeur nominale des titres est de 100 €.
Les valeurs respectives des éléments d’actif identifiables sont de (en k€) :
• éléments incorporels identifiables : 4 000
• terrains : 5 000
• constructions : 18 000
• matériels : 24 000
• stocks : 15 000
Un goodwill sera dégagé : il représentera la valeur du fonds de commerce.
Les autres éléments du bilan sont évalués à leur valeur nominale.
Les impôts différés seront calculés au taux de 35 %.
Aucun dividende ne sera distribué.
166
Il y a lieu, lors d’une fusion (mais cela est vrai également lors d’une prise de
participation) d’évaluer l’actif net de la société absorbée.
Il y a donc lieu d’évaluer les actifs et passifs identifiables de la société Epsilon.
À déduire :
• dettes : 33 000
• fiscalité différée (*) : 5 600
38 600
(*)
Fiscalité différée :
• sur éléments incorporels : 4 000 × 35 % = 1 400
• sur terrains : 2 000 × 35 % = 700
• sur constructions : 6 000 × 35 % = 2 100
• sur matériels : 3 000 × 35 % = 1 050
• sur stocks : 1 000 × 35 % = 350
5 600
La valeur totale des biens identifiables est donc de : 87 600 – 38 600 = 49 000 k€.
Cet apport pourrait être constaté comme suit :
167
5. Les regroupements d’entreprises
* Comptes créés pour les besoins de la consolidation. Numéros attribués par nos
soins.
168
Reprenons le cas présenté ci-dessus (§ 2.3) : la société Delta a fait l’acquisition
de 60 % de la société Epsilon pour 36 000 k€.
On peut déterminer le goodwill de la manière suivante :
Contrepartie transférée (coût d’acquisition) : 36 000
Intérêts minoritaires : 19 600
55 600
Actifs et passifs identifiables constatés : 49 000
Goodwill : 6 600
On pourrait également calculer de goodwill de la manière suivante :
Actifs et passifs identifiables constatés : 49 000
Quote-part revenant aux majoritaires : 49 000 × 60 % = 29 400
Contre partie transférée (coût d’acquisition) : 36 000
Goodwill : 36 000 – 29 400 = 6 600
*Compte créé pour les besoins de la consolidation. Numéro attribué par nos
soins.
*Compte créé pour les besoins de la consolidation. Numéro attribué par nos
soins.
Remarque
Dans le cadre d’une mise en équivalence (voir chapitre 4 § 3.2) la valeur de la
participation comprend le goodwill qui n’est dissocié, un éventuel goodwill négatif
(voir ci-dessous § 2.7) étant constaté en résultat pour la quote-part de l’investisseur
dans le résultat de l’entité associée ou du coentrepreneur. n
169
5. Les regroupements d’entreprises
Reprenons le cas présenté ci-dessus (§ 2.4). Supposons que les titres des inté-
rêts minoritaires sont évalués à la même valeur unitaire que ceux acquis par
la société Delta. La valeur de ces titres serait donc de 36 000 × 40 %/60 %
= 24 000. La quote-part de goodwill revenant aux minoritaires (dans le cadre
de leur évaluation à la juste valeur) serait donc de 24 000 – 19 600 = 4 400. On
passerait alors l’écriture complémentaire suivante :
* Compte créé pour les besoins de la consolidation. Numéro attribué par nos
soins.
170
Remarque
En l’absence d’élément contraire, le prix payé par l’acquéreur serait présumé constituer
la meilleure estimation de la quote-part de l’acquéreur dans la juste valeur de l’acquise.
Dans le cas d’une acquisition portant sur 100 % de l’entité acquise, l’acquéreur devrait
généralement utiliser la juste valeur à la date d’acquisition du prix payé pour déterminer
la juste valeur totale de l’acquise. Dans le cas d’une acquisition portant sur moins de
100 % de l’acquise à la date d’acquisition (que ce soit en une transaction unique ou en
plusieurs transactions), la juste valeur totale de l’acquise serait évaluée par extrapolation
du prix payé (ou si le prix payé ne constitue pas la meilleure évaluation, par extrapolation
de la juste valeur totale dégagée par une autre méthode plus pertinente). Ainsi, par
exemple, si une société A prend le contrôle d’une société B en faisant l’acquisition de
100 % des titres de la société B pour 1 000 k€, la juste valeur totale de la société B sera
estimée à 1 000 k€. Si elle prend, par ailleurs, le contrôle d’une société C en faisant
l’acquisition de 60 % des titres de la société C pour 1 200 k€, la juste valeur totale de la
société C sera estimée à 1 200/60 % = 2 000 k€. n
171
5. Les regroupements d’entreprises
Remarque
Il est possible, bien entendu, de présenter des écritures regroupées pour les opérations
analysées dans les § 2.3, 2.4, et 2.5. On pourrait avoir alors simplement les deux
écritures suivantes :
* Compte créé pour les besoins de la consolidation. Numéro attribué par nos
soins. n
Il est à noter que, dans le cadre d’une fusion (ou d’une prise de participa-
tion à 100 % dans la filiale), on calculerait le goodwill de la même manière.
172
On voit, par cet exemple, qu’il y a dans l’esprit de la norme IFRS 3 d’importantes
convergences entre une opération de fusion et une simple opération de prise de
contrôle par acquisition de titres.
2.6. Dépréciation du goodwill
Conformément à IFRS 3 et à IAS 36 (voir chapitre 12, § 4) l’entité doit, à
la clôture de chaque exercice estimer la valeur recouvrable du goodwill.
Si cette valeur est devenue inférieure à la valeur comptable du goodwill,
une perte de valeur doit être constatée.
Au compte de résultat :
173
5. Les regroupements d’entreprises
174
Si l’on considère que ce goodwill négatif s’explique par des justes valeurs trop
« ambitieuses », il est possible de corriger ces justes valeurs et le goodwill corres-
pondant. De même, s’il est possible d’évaluer les passifs éventuels de manière
fiable, la prise en compte de ces passifs devra être intégrée pour le calcul du
goodwill.
Supposons que l’écart d’évaluation dégagé au § 2.4 ci-dessus soit trop élevé de
1 500 k€ pour les terrains, de 3 000 k€ pour les constructions et de 2 000 k€
pour les immobilisations incorporelles (les écarts corrigeables portent plutôt sur
des biens non appelés à être cédés) et que la dette de restructuration soit de
4 000 k€, on corrigera la comptabilisation ainsi :
Le goodwill négatif est ainsi ramené à 5 400 – 4 095 = 1 305 k€ et sera comp-
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tabilisé en résultat.
Au bilan :
Au compte de résultat :
175
5. Les regroupements d’entreprises
Remarque
Si la méthode du « full goodwill » était utilisée dans l’exemple présenté ci-dessus, la
juste valeur totale de la société Epsilon serait estimée à 24 000/60 % = 40 000 k€.
Comme la valeur nette des actifs et passifs identifiables apportés est de 49 000 k€, le
« goodwill négatif » serait de 9 000 k€. La correction des actifs et passifs de 6 825 k€
ramènerait ce « goodwill négatif » à 2 175 k€ ; seule serait comptabilisée la quote-
part revenant à l’acquéreur, soit 2 175 × 60 % = 1 305 k€, soit la même valeur que
dans la méthode du « purchase goodwill ». n
3. Informations à fournir
Pour chaque regroupement d’entreprises ayant eu lieu au cours d’une
période, l’acquéreur doit fournir les informations suivantes :
–– le nom et une description de l’entité acquise ;
–– la date d’acquisition ;
–– le pourcentage des participations conférant des droits de vote ;
–– les raisons qui ont conduit au regroupement et une description des
moyens que l’acquéreur a utilisé pour parvenir au contrôle de l’entité
acquise ;
–– une description des facteurs qui expliquent la constatation d’un
goodwill ;
–– la juste valeur à la date d’acquisition du prix payé ainsi que de la juste
valeur de chaque catégorie d’élément remis en rémunération de l’ac-
quise (trésorerie, immobilisations corporelles et incorporelles passifs
encourus, participations de l’acquéreur, etc.) ;
176
–– des indications sur les accords de contrepartie éventuelle et les actifs
compensatoires ;
–– des indications sur les créances acquises ;
–– les montants comptabilisés à compter de la date d’acquisition pour
chaque grande catégorie d’actifs acquis et de passifs repris ;
–– des indications sur les passifs éventuels pris en compte ;
–– le montant total du goodwill dont on s’attend à ce qu’il soit déduc-
tible fiscalement ;
–– une analyse des transactions qui sont comptabilisées séparément de
l’acquisition d’actifs et de la prise en charge de passifs ;
–– le montant du « goodwill négatif » imputé sur le résultat (avec indica-
tion de la ligne où ce montant est comptabilisé) ;
–– le montant de la participation ne donnant pas le contrôle dans l’en-
treprise acquise comptabilisée à la date d’acquisition et la base d’éva-
luation de ce montant, et pour chaque participation ne donnant pas
le contrôle dans une entreprise acquise évaluée à la juste valeur, les
techniques de valorisation et les principales variables des modèles uti-
lisés pour déterminer cette valeur ;
–– dans un regroupement d’entreprises réalisé par étapes, la juste valeur
à la date d’acquisition de la participation dans l’entreprise acquise
détenue par l’acquéreur immédiatement avant la date d’acquisition ;
–– le montant du résultat de l’entité acquise repris dans le résultat de la
période de l’entité acquéreur.
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Test de connaissances
177
5. Les regroupements d’entreprises
» b) utés,ne l’acquéreur
acquisition est un regroupement d’entreprises dans lequel l’une des enti-
prend le contrôle de l’actif et des activités d’une autre entité,
l’entité acquise, en échange d’un transfert d’actifs, de la prise en charge d’un
passif ou de l’émission de titres de capitaux propres ;
c) une acquisition est le pouvoir de diriger les politiques financière et opération-
nelle d’une entité afin d’obtenir des avantages de ses activités.
a) 0 k€ ;
b) 1 600 k€ ;
c) 800 k€.
179
Chapitre 6
Les instruments
financiers
L
a notion d’instruments financiers en IFRS est bien plus large
que celle qui lui est donnée notamment en France par l’article
L. 211-1 du Code monétaire et financier (issu de la loi 96-597 du
2 juillet 1996 de modernisation des activités financières et de l’ordon-
nance 2009-15 du 8 janvier 2009 relative aux instruments financiers).
Cet article stipule que les instruments financiers comprennent les « titres
financiers » (titres de capital émis par les sociétés par actions, titres de
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181
6. Les instruments financiers
1 L’ensemble des normes, interprétations, bases de conclusions, guides de mise en oeuvre représente
4 704 pages (Red Book IASB). La partie A du Red Book 2016 est de 1 664 pages (un livre) contenant
les normes et les interprétations et la partie B est de 3 040 pages (un livre) contenant les documents
d’accompagnement, les guides d’application, les bases des conclusions, etc. Dans le Mémento Francis
Lefebvre IFRS 2017 (2195 p.), le chapitre relatif aux instruments financiers est développé sur 731 pages
(p.1109 à 1840).
182
–– de préciser les conditions selon lesquelles les instruments financiers
sont portés au bilan.
La norme IFRS 9 (et IAS 39) a pour objectif :
–– de présenter les méthodes de comptabilisation (et de décomptabilisa-
tion) des différentes formes de d’instruments financiers ;
–– d’analyser les méthodes d’évaluation des différentes formes d’instru-
ments financiers ;
–– d’exposer les méthodes spécifiques de comptabilisation des instru-
ments financiers dits de couverture.
La norme IFRS 7 a pour objectif de fournir une information :
–– sur l’impact des instruments financiers sur la situation financière et la
performance de l’entité ;
–– sur les risques auxquels l’entité est exposée, la provenance de ces
risques, sur le risque de crédit, le risque de liquidité et le risque com-
mercial.
Les normes IAS 32, 39, IFRS 7 et IFRS 9 sont des normes complexes
qui concernent toutes les fonctions de l’entité et qui ont un impact sur
un grand nombre de postes du bilan.
Elles ont la particularité d’être applicables à la fois par les entités
financières (banque et assurance), pour qui elles sont essentielles, et les
entités non financières. Pour nombre de ces dernières, pour lesquels
les actifs financiers ne comprenant que des créances clients et dépôts
bancaires, le passage d’IAS 39 à IFRS 9 ne changera rien à leur pratique.
Pour les entités financières et les entités non financières qui ont une
gamme d’activités plus étendues portant sur des instruments financiers,
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183
6. Les instruments financiers
184
Exemple
Sont des actifs financiers au sens des normes IAS 32, 39, IFRS 7 et IFRS 9, les valeurs
constatées dans les postes suivants du bilan à l’actif (selon l’article 821-1 du PCG) :
–– immobilisations financières (participations, créances rattachées à des partici-
pations, titres immobilisés de l’activité de portefeuille, autres titres immobilisés,
prêts, autres) ;
–– avances et acomptes versés sur commandes ;
–– créances (créances clients et comptes rattachés, autres, capital souscrit-
appelé, non versé) ;
–– valeurs mobilières de placement ;
–– instruments de trésorerie ;
–– disponibilités.
Sont des passifs financiers, les valeurs constatées dans les postes suivants du
bilan au passif (selon l’article 821-1 du PCG) :
–– emprunts obligataires convertibles ;
–– autres emprunts obligataires ;
–– emprunts et dettes auprès des établissements de crédit ;
–– emprunts et dettes financières diverses ;
–– avances et acomptes reçus sur commande en cours ;
–– dettes fournisseurs et comptes rattachés ;
–– dettes fiscales et sociales ;
–– dettes sur immobilisations et comptes rattachés ;
–– autres dettes ;
–– instruments de trésorerie.
Sont aussi des passifs financiers les droits, les options et les warrants (qui sont
instruments dérivés) donnant le droit d’acquérir un nombre fixé d’instruments
de capitaux propres de l’entité contre un montant fixé de n’importe quelle mon-
naie. Sont des instruments de capitaux propres si l’entité propose ces droits,
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185
6. Les instruments financiers
Exemple
186
actifs ou des passifs financiers avec une autre entité dans des condi-
tions potentiellement défavorables pour l’émetteur (ce qui corres-
pond à un passif financier) ;
–– étant ou pouvant être réglé aux instruments de capitaux propres de
l’émetteur lui-même, il est un instrument non dérivé (pour la notion
d’instrument dérivé voir ci-après § 2.4) qui n’inclut pas d’obligation
contractuelle pour l’émetteur de fournir un nombre variable d’instru-
ments de capitaux propres (cas des bons de souscription par exemple)
ou est un instrument dérivé qui sera éteint par l’émetteur en échan-
geant un montant fixé de trésorerie ou un autre actif financier contre
un nombre déterminé de ses propres instruments de capitaux propres
(options sur actions par exemple).
Il est à noter que les participations ne donnant pas le contrôle (inté-
rêts minoritaires) doivent être considérés comme des capitaux propres
(voir chapitre 3, § 2.1.5). Il en résulte que les achats et ventes de parti-
cipations minoritaires dans des filiales doivent être traités comme des
réductions ou des augmentations de capitaux propres.
187
6. Les instruments financiers
1 Un instrument composé est constitué d’une dette et d’un instrument de capitaux propres. Son trai-
tement relève d’IAS 32. Un instrument hybride est constitué d’un contrat hôte (dette par exemple) et
d’un ou de plusieurs dérivés.
188
contre, pour tout dérivé incorporé, lorsque le contrat hôte est un pas-
sif financier ou un élément non financier le dérivé incorporé doit être
séparé du contrat hôte et comptabilisé en tant que dérivé, si et seule-
ment si :
–– les caractéristiques économiques et les risques du dérivé incorporé
ne sont pas étroitement liés aux caractéristiques économiques et aux
risques du contrat hôte ;
–– un instrument séparé comportant les mêmes conditions que le dérivé
incorporé répondrait à la définition d’un dérivé ;
–– l’instrument hybride (composé) n’est pas évalué à la juste valeur avec
enregistrements des variations de la juste valeur en résultat net.
Remarque
IAS 39 § 11 prévoyait une séparation du dérivé incorporé et du contrat hôte,
à la fois lorsque le contrat hôte est un actif financier ou un passif financier ou
un élément non financier à la condition que les exigences présentées ci-dessus
soient respectées. n