AGH04 Web
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GORE. Un mot qui gicle pour un Un gore qui joue la comédie, qui
genre sanglant, qui couine sous la fait son théâtrrr, qui fait son
torture, qui crisse sous la chaussure, cinéma-ahahah, qui se littératurrr,
qui gémit de douleur, qui rit de qui se contemplll, qui se pensss,
satisfaction, qui esclaffe par son qui se trav-aïe, qui se peinturrr,
grotesque, qui glace par son qui se photografff, qui se
réalisme. Le gore avec du ketchup musicalizzz, qui s’artistizzz…
qui tâche, des membres arrachés,
des cannibales en plein festin, des Du gore, qui au-delà de l’effroi,
mutilations en caves froides et évoque et provoque le dégoût, le
humides, des accidentés de la route tire au cœur devant des scènes
aux plaies béantes, du dépeçage en insoutenables et visqueuses, et
règle dans un salon très bien comme qui fascine aussi et demande des
il faut, la petite lumière de fin de « en corps ».
journée allumée et les voisins qui ne
reniflent pas le gémissement Gore comme goret, qui ne plait
The show must gore on
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Au menu
Lecture
Fleuve Noir et sa collection Gore
Lecture / contre-culture
Patrice Herr Sang
Ciné
Médusa, quand le ciné fait son gore et se fanzine
Art
Antoine Bernhart
Théâtre
Le Grand-Guignol
Musique
Banane Metalik
Fiche Métier
Chirurgien viscéral
Contact : [email protected]
2
Un logo sanguinolent visqueux pour une
collection qui ne l’était pas moins. La collection
Gore a sévit dans les librairies entre 1985 et
1990. Des bouquins pour mordus de sang qui
gicle, membres arrachés, viscères explosées ou
sagement découpées. On en trouve encore au
détour de librairies d’occasions, parfois vendus
par lot sur le web pour dégager des greniers
empoussiérés.
Daniel Riche, un homme qui aimait d’amour à mort l’imaginaire étrange, la science-fiction, le
fantastique et l’horreur. Devenu éditeur de la revue Galaxie, sa rencontre avec Patrick Siry, alors
directeur littéraire au Fleuve Noir sera décisive dans la création de la collection.
Le genre horrifique a alors un cran d’avance aux Etats-Unis. Au-delà des films, il existe bel et bien
une littérature de genre poisseuse.
Les éditions Fleuve noir ont déjà l’expérience des romans de genre avec leurs collections
Espionnage, Angoisse ou Spécial Police. Le but du jeu avec la collection Gore est d’aller plus loin.
La dénomination Gore donne le ton, le logo confirme cet engagement, et les illustrations
de Dugévoy (pour la plupart), Jean-Paul Ferté, Gérard Marié ou Topor himself, soulignent encore
une fois la plume irrévérencieuse publiée.
Le postulat de départ est de proposer un format poche, mais surtout court, 150 pages maximum.
Cette littérature n’étant pas encore franchement développée chez les francophones, Daniel Riche
se tourne vers les anglo-saxons et publie La nuit des morts vivants, de John Russo en 1985
(initialement paru en 1974), la novellisation du film de Romero par celui qui l’a scénarisé. La barre
est donc hautement placée.
« Kurt n'eut même pas le temps d'esquisser un geste avec sa pelle. Il sentit
la main crochue lui déchirer le ventre, fouiller ses entrailles... La dernière
chose qu'il entendit avant de mourir, ce fut l'atroce mastication de la
créature qui lui dévorait les tripes. » L'autoroute du massacre / de Joël Houssin
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La patte irrévérencieuse de la collection et ses couvertures trash la place
rapidement en étrangeté littéraire, avec un public demandeur, des critiques
élogieuses et intéressées d’un côté, incendiaires de l’autre. Une chose est
sûre, l’effet est là. Et il existe désormais un équivalent aux séries B
cinématographiques.
Daniel Riche puis Juliette Raabe ont ainsi publié au total 120 volumes, 118
titres, un hors-série grand format qui n’a pas trop marché, et Le Bel effet
gore, livre consacré à la collection, avec des interviews et des nouvelles
inédites.
En savoir plus
sur la collection Gore
Le bel effet gore / Jean-Philippe
Mochon. Fleuve noir, 1988
En savoir plus
sur les éditions Fleuve noir
Fleuve Noir : 50 ans d’édition
populaire / Juliette Raabe.
Bibliothèque des littératures
policières, 1999
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PATRICE HERR SANG
Son activisme est multiple. Le fanzine NEW WAVE, la distro AL DI LA, le label
NEW ROSE, les éditions du YUNNAN, les productions TRASH SEDITIONS, le site
CELIABLEUE, la boutique HORS-CIRCUITS...
Littérature, musique, ciné, un goût pour la contre-culture au sens large !
Et puis aussi, il a fait partie des auteurs de la collection Gore...
Tu as écrit La galerie des horreurs chez Fleuve Comment t’est venue l’idée de ce bouquin ?
noir, dans la collection Gore en 1987. J’ai toujours aimé le gore, l’horreur, le fantastique. Et
Peux-tu nous en dire quelques mots ? dans mes favoris, aux côtés de Stephen King, Dario
Patrice Herr Sang : Fleuve Noir était une collection Argento, Mario Bava, Lucio Fulci, etc., il y avait
mythique pour moi. Cet éditeur déclinait toutes Hershell Gordon Lewis, le premier à avoir réalisé des
sortes de séries populaires intitulées angoisse, films gore. Le plus amusant, c’est que j’ai découvert
espionnage, policier, la méconnue Madame Atomos son film COLOUR ME IN RED après avoir écrit mon
qui multipliait les complots les plus délirants contre livre, et dont l’histoire tournait autour du même thème :
les Etats-Unis pour venger les morts de Nagasaki et des artistes construisant leur art sur l’assassinat
Hiroshima, avec les belles couvertures dessinées par d’individus. Les idées me viennent de ce que je lis,
Gourdon. J’ai découvert ces livres via mon père qui entends, vois, je m’inspire beaucoup de mon
collectionnait les romans d’espionnage, puis Atomos environnement, de l’actualité et de ma culture.
grâce à Romain Slocombe. Comme j’ai toujours
aimé écrire, un jour, je me suis dit que je ne risquais Comment ça s’est passé à l’époque ?
rien à proposer un manuscrit à un éditeur et donc, Très bien et très simplement. Tu envoies ton manuscrit
tant qu’à faire, à mon éditeur préféré. Donc en 1985, au comité de lecture et selon la quantité de ce qu’ils ont
j’ai envoyé le manuscrit de LA GALERIE DES à lire, tu attends leur réponse. Moi, ce fut un an. Après,
HORREURS à Fleuve Noir. Un an après, coup de comme ils créaient une nouvelle collection, c’était
sonnette à ma porte : un recommandé. La police ? bénéfique car le gore était populaire tant en littérature
Les impôts ? Une recherche de paternité ? Que qu’au cinéma. Il y avait les festivals organisés par les
nenni ! C’était Fleuve Noir qui m’annonçait qu’ils revues l’Ecran Fantastique et Mad Movies. Question
éditaient mon livre. Et un an après, en 1987, il finances, tu touches peu puisqu’en général, un éditeur te
paraissait dans leur toute nouvelle collection GORE. donne environ 5/7 % du prix de gros hors-taxe, ce qui,
Quel plaisir d’avoir son premier livre édité chez sur un poche vendu à l’époque moins de 10 francs, te
l’éditeur de ses rêves ! C’est comme si ta chanteuse fait vraiment rien. Sauf qu’à l’époque, le livre de poche
préférée interprétait une de tes chansons. Comme se vendait plus qu’aujourd’hui et un inconnu comme
quoi, les rêves peuvent se réaliser, il suffit d’y aller moi arrivait à vendre 16.000 exemplaires (bon, un
direct ! Et depuis il y a eu LES GRIFFES DE SANG auteur connu, chez Gore, dépassait les 40.000
et SIX CADAVRES DANS UN CERCLE aux évidemment). Ensuite, j’ai eu « l’honneur » d’être
éditions Vertiges Tabou. choisi avec 3 autres auteurs (dont Christian Vila) pour
la promotion télévisuelle de la collection. Et donc de
passer dans l’émission de Sangria, notre Vampyra /
Elvira tricolore.
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Publier chez eux était une Quel est ton rapport au gore ?
évidence ? Je regarde entre autres des films gore
Pour moi, c’était surtout un désir, un et lis des livres gore. Pas seulement
rêve et ensuite une possibilité réaliste car j’adore aussi plein d’autres
puisqu’ils lançaient justement une genres.
collection gore.
Comment le définirais-tu ?
Comment s’est déroulée la Le gore est de décrire des situations
rencontre avec Daniel Riche ? grand-guignolesques d’horreur avec
Pas vraiment de rencontre en soi. Tu de l’humour. Gore et humour sont
envoies ton manuscrit, on te répond indissociables et se basent sur une
(lui ou quelqu’un du comité de critique de nos sociétés.
lecture). Je ne me rappelle pas l’avoir
rencontré mais, par contre, dans le A ton sens, tout est-il possible au
poche sorti pour promotionner la nom de l’Art ?
collection, il mentionne mon livre et Oui, tout est possible, le meilleur
pourquoi il l’a signé. Il avait adoré la comme le pire. Une excellente artiste
scène de dynamitage artistique…. québécoise actuelle, qu’on pourrait
relier au gore, c’est Lyzane Potvin.
Est-ce que tu as dû adapter ton Elle, ce serait la face positive. La face
roman pour la collection ? négative est celle d’un gore sans
Pas du tout. Il a été édité tel quel, humour, mercantile et gratuitement
sans coupure, ni censure, ni sadique genre Saw ou Hostel.
réécriture.
Plus généralement, avec le
As-tu été amené à rencontrer vidéoclub librairie Hors circuits, et
d’autres auteurs de la collection ? même au-delà, tu partages un sens
Oui, Christian Villa et deux autres aigüe pour des artistes hors
dont j’ai oublié le nom. normes. Selon toi, la culture « en
marge » a-t-elle de beaux jours
Etais-tu un lecteur de la devant elle ou constates-tu un
collection ? manque de curiosité flagrant ?
J’ai signé avant que la collection ne Oui, la culture « en marge » a de
démarre. Mais, oui, lecteur et beaux jours car même si beaucoup de
collectionneur. gens manquent de curiosité, ils
finiront par se lasser de la merde
Y a-t-il des titres qui t’ont délivrée par les chaînes de télé, les
particulièrement marqués ? grands médias, les blockbusters et
Les H.G. Lewis, les Shaun Huston, autres. Alors il leur faudra chercher
Christian Vila, entre autres. ailleurs car évidemment tout ce qui
est vraiment créatif est peu cité dans
les médias. Mais avec internet, la
donne est changée et il ne faut pas
faire de grands efforts pour découvrir
d’autres sentiers. Surtout que les
adeptes comme moi partagent et
diffusent beaucoup.
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Si tu devais conseiller un bouquin,
un film ou autre…
En films, Human Centipede, A
Serbian Film, les gore italiens des
années 70/80, Dolls de S. Gordon, en
livres les classiques pour
commencer, les premiers Stephen
King, H. G. Lewis, madame Atomos
qui est très gore mâtinée de science-
fiction.
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MEDUSA fanzine
Il y a plus de vingt ans, Didier cherchait un nouvel animal de compagnie et il
a choisit la méduse. Oserez-vous la regarder sans les yeux sans sourciller ?
Horreur – fantastique – trash – X – et plus encore
Des fanzines qui voisinent avec le pavé pour une bible du cinéma bis !
Médusa a plus de 20 ans. L’un des plus vieux
fanzines du genre, et qui plus est toujours en
activité. Une référence du cinéma bis en somme.
Peux-tu nous en dire quelques mots, en guise d'auto
présentation ?
Didier Lefevre : J’ai été très tôt sensibilisé à la culture
« fanzine », soit par le biais de zines musicaux comme
Espoirs Ephémères, Illusion Perdue, BKzine, etc., soit
par le biais de zines sur le cinéma : Mad Movies qui fut
d’abord un fanzine, Ciné Zine Zone, Monster Bis. Au
lycée, j’ai fondé quelques zines éphémères pour le fun,
et puis un jour, j’ai décidé de créer Médusa, de le faire
durer qu’importe le temps qui séparerait deux numéros.
Le premier numéro de Médusa est alors paru en février
1989. D’abord, principalement, axé sur le Fantastique,
mon champ d’investigation s’est au fil des années élargi
au cinéma Bis sans restriction de genre. Aujourd’hui,
Médusa a gardé son âme des premières années, l’esprit
est le même : la passion pour le cinéma Bis. Tes fanzines sont du genre pavé. Plus le temps
passe, plus ils sont volumineux non ?
Y a-t-il eu des temps morts, des périodes de doute ? Comment t’organises-tu ?
Des temps plus que morts même ! 7 ans entre le numéro Le 23 était vraiment un gros pavé car je
22 et le numéro 23 ! Une éternité… Les causes en sont souhaitais qu’il soit imposant. C’était mon come-
multiples : vie familiale et professionnelle, autres back et je ne voulais pas que les lecteurs se
loisirs, lassitude mais bon la passion du Bis est sentent frustrés par cette attente en recevant une
chevillée au corps, elle m’habite vraiment, je savais que feuille de choux en guise de Médusa. Je
je reviendrai un jour. m’organise très simplement, chaque rubrique de
Médusa est comme un puits sans fond, il me
Trouves-tu toujours autant d’inspiration qu’au suffit de la remplir, il y a toujours des inédits, des
début ? nouveaux films. Après des collaborateurs
Oui ! Je découvre sans cesse de nouveaux réalisateurs, m’apportent leurs idées, leurs chroniques. Il y a
de nouvelles cinématographies. Le Bis c’est infini, on du monde qui veut écrire dans Médusa.
cherche à creuser un genre et c’est comme tirer une Généralement, j’écris 65 % du zine, le reste est le
bobine de fil, on en découvre toujours plus… fait de collaborateurs occasionnels ou récurrents.
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Pour toi, cinéma bis, c’est quoi ?
Le cinéma Bis c’est le cinéma populaire, tous les
genres décriés par la critique officielle : du
fantastique à la comédie, en passant par le porno,
l’érotisme, le kung fu, tous les sous-genres
possibles et inimaginables. Le Bis c’est un état
d’esprit qui va bien au-delà des dénominations
telles que films de genre ou films d’exploitation.
Et le gore ?
Le gore c’est d’abord des effets très sanglants
pensé au départ comme du sensationnel comme la
nudité. Il est devenu au fil des années un sous
genre à part entière : le film gore.
http://medusafanzine.blogspot.fr/
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Antoine BERNHART
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On ressent par le décor l’influence des contes, avec Je lis toujours beaucoup de contes et les éditions José
souvent la forêt en toile de fond. CORTI sont mon fourgue préféré. J’ai relevé un mot de
Quelle place tiennent-ils dans ton univers ? KAFKA sur les contes que j’aime particulièrement : « Il
Mon enfance est un conte ! J’ai toujours habité près n’y a de contes que sanglants. Tout conte est issu des
d’une forêt. Notre maison était proche de la lisière et je profondeurs du sang et de l’angoisse. C’est par là que
voyais la forêt de ma fenêtre. Le quartier de toute mon tous les contes sont apparentés. Leurs surfaces diffèrent.
enfance et adolescence, était le Neuhof. Le quartier qui Les contes nordiques ne foisonnent pas de la même
avait la plus mauvaise réputation de Strasbourg. Un faune que les contes des nègres d’Afrique. Mais le
terrain de jeu fantastique pour les enfants ! Nous noyau, la profondeur du désir est analogue. ». Mais si
habitions dans une maison individuelle, un coin l’atmosphère des contes semble se manifester dans mes
ordinaire, tranquille mais situé à cent mètres de la rue peintures, c’est toujours par le truchement de
Ballersdorf, la plus dangereuse de la cité proche. Pour l’inconscient.
nous, c’était la possibilité de passer à volonté d’un
monde à l’autre. Une sorte de sas. La proximité du Meurtres, mutilations, zoophilie…
Polygône et de ses camps de gitans offrait une autre Tu décris des scènes de torture crues qui s’illustrent
opportunité d’aventures diverses. Et il y avait les très avec une sorte d’évidence.
nombreuses traces de la guerre, bunkers, blockhaus, Est-ce une obsession pour le pire ?
trous d’obus, manoeuvres militaires dans la forêt. On Ta liste n’est pas exhaustive !! Que mes scènes de
jouait souvent dans les bunkers, excités par le danger torture s’illustrent avec une sorte d’évidence tombe
car il ne se passait pas une semaine sans histoires de sous le sens car toutes ces images me bombardent
gamins qui avaient sauté sur une grenade ! Les bunkers régulièrement. Je les attrape au vol et je ne les filtre pas.
étaient souvent occupés par des clochards hirsutes et C’est en ligne directe avec l’inconscient et si mes
colériques qui nous faisaient des propositions du genre : images perturbent, c’est indépendant de ma volonté.
« Hé petit ! Tu viens me la sucer ? » avant de nous Moi-même j’aime être surpris et excité par les images
chasser à coups de pierres. Parfois on leur renvoyait la que je saisis et qui me font découvrir un peu ce qui se
balle à coups de lance-pierres. La forêt était encore passe de l’Autre Côté. J’apprécie quand elles
profonde et peuplée d’animaux, sangliers, chevreuils, m’emmènent faire une bonne balade et plus les
renards, lapins, oiseaux de proie... C’est dans la forêt sensations seront intenses et plus j’ai hâte d’en faire
que nous avons vu deux pendus et un noyé pris dans la d’autres plus longues, plus lointaines et plus
glace. On en a parlé à personne à l’époque . C’était dangereuses ! Je ne porte aucun jugement sur mon
notre monde. Le monde de l’enfance et des contes. On travail, ça va de soi. En revanche je suis trop souvent
se livrait à des jeux cruels et à une sexualité confronté au jugement des autres, presque toujours
déconnante, comme quand on se tapait des queues en d’ordre moral. Tous ces hypocrites qui tolèrent que des
groupe assis en rond dans la grange ! Tout était bon enfoirés bousillent la planète et qui font les chochottes
pour rendre nos émotions plus intenses. Tout était face à mes images, je les emmerde !
possible. Nous étions une bande de sales gosses et Une obsession pour le pire ? Moi pas comprendre. Je
nombreuses étaient les bandes qui erraient dans la forêt, croyais que le pire c’était le décervelage programmé par
avec les inévitables bagarres quand deux bandes se les médias, les pubs et les portables, les connards
croisaient. C’était fantastique ! d’Areva, Tepco & Cie, qui empoisonnent la terre et
toutes ces merdes dont la liste est bien trop longue !
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Parfois, on hésite. Viols collectifs ou Les scènes exposées semblent théâtralisées. Des personnages
scènes de débauches généralisées ? aux figures de poupées cruelles, avec un genre de Monsieur
L’un ou l’autre, qu’est-ce que cela Loyal en maître de cérémonie et l’on entend presque le son
change ? Je ne me pose jamais ce genre de d’un rire glaçant.
questions. Quelle place tenez-vous dans tout ça ?
On croirait presque à un sale gosse observant les réactions de
Les femmes en prennent quand même ses spectateurs…
pour leur grade dans certains dessins. J’aime entendre le rire glaçant !! Ma place dans tout ça ?
Une volonté particulière ? Récepteur et transmetteur d’images.
Si les femmes semblent « en prendre pour
leur grade » davantage que les hommes La représentation permet une liberté sans limites. Et je revendique
c’est sans doute parce que je suis attiré par cette liberté. Plus une scène érotique est violente, sanglante, hors
les corps féminins alors que les corps normes, plus elle me permet d’entrevoir des fragments de l’Autre
masculins me laissent froid. Les hommes Côté, et plus ma jubilation, ma fascination et ma volupté sont
dans mes dessins sont presque toujours foudroyantes. C’est une drogue fantastique. Un jour en faisant du
habillés, la seule partie du corps masculin vélo, j’ai vu de près un accident assez grave. Une femme avait été
qui m’intéresse, c’est la bite, alors que le renversée par une voiture. Visiblement sa tête avait été touchée et
corps féminin me séduit dans son ensemble des matières étranges gisaient sur la chaussée. J’étais
malgré mon obsession maniaque pour les complètement sous le charme, fasciné par cette viande luisante.
chattes et les culs. Quand je dessine, je Les couleurs étaient merveilleuses. J’étais conscient de vivre un
peux me permettre tous les excès, alors moment extraordinaire, je ne voulais pas en perdre une miette car
avec un peu de violence, de cruauté, de l’excitation était proche de celle que me procuraient mes images.
sang, c’est bien plus amusant, ne trouvez- J’ai été souvent témoin de chutes de vieilles femmes et quand il
vous pas ? arrivait qu’elles se retrouvent à quatre pattes, incapables de se
relever, j’étais tenté de leur soulever la robe et de leur en mettre
une bonne dans l’cul ! Le quotidien est une source permanente
d’excitation et d’enchantement ; les événements les plus
insignifiants peuvent prendre un relief inattendu et devenir les clés
d’un monde trépidant, chargé d’occasions de s’exploser la tête et
le reste. Comme mes images me viennent de l’inconscient, je ne
les réalise pas en fonction des regardeurs mais si par hasard des
spectateurs semblent particulièrement ébranlés , alors je redeviens
le sale gosse qui se marre et qui se régale de leur malaise !!
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Excitation ou exutoire ?
Excitation, sans l’ombre d’un doute. Je ne pense pas avoir
besoin de me soigner ou de me libérer par mes images. Je suis
trop bien dedans.
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Côté pratique, quelles sont tes techniques favorites
pour le dessin ou la peinture ?
Actuellement j’utilise essentiellement trois techniques
pour mes dessins-peintures érotiques. Pour les petits
formats, l’aquarelle pour les couleurs, cernes à l’encre
de Chine, crayons de couleurs pour les ombres et
parfois pour les cernes autres que noirs. Pour l’encre
j’utilise la plume d’oie, des petites plumes et le pinceau.
Pour les grands formats, j’utilise comme couleurs de
base les couleurs en bâtons japonaises, avec des rehauts
à l’aquarelle et à la gouache. Cernes à l’encre de Chine
avec plume d’oie, petites plumes et pinceaux, japonais
de préférence. Pour les ombres j’utilise, presque à sec,
une encre japonaise assez épaisse et très noire, un noir
bleuté. Pour les grands formats à la pierre noire,
couleurs à l’aquarelle et gouache, puis pierre noire pour
les cernes et les ombres. Pour les dessins rock’n’roll en
noir et blanc, encre de Chine à la plume d’oie, petites
plumes et pinceaux.
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Autre versant de ton œuvre, que l’on peut retrouver dans le livre Skull
School Royal… Des dessins qui sentent le rock’n’roll zombifiant et
l’époque où tu réalisais des pochettes de disques et des affiches de
concerts. Peux-tu nous parler de cette période ? T'arrive-t-il encore de
faire ce genre d’artwork ?
Il n’y a pas vraiment de période car je n’ai jamais arrêté de faire des pochettes
de disques et des affiches. Les dessins rock’n’roll me détendent et soignent, je
me répète, ma schizophrénie. Bien sûr j’ai eu une production rock’n’roll un
peu plus frénétique du temps où je traînais à Londres. La première fois que je
suis allé à Londres c’était en 1970, c’était encore la saison psychédélique avec
un max de drogues. Je n’y suis pas retourné avant 1976, 77, en pleine
explosion punk. C’était vraiment intense, au point que je commençais à passer
presque autant de temps en Angleterre qu’en France. J’ai fini par croiser un
soir Nick GARRARD, à un concert des Vibes au Pindar of Wakefield, à
King’s Cross, à deux pas du génial cinéma le Scala. Ce fut l’amitié profonde
au premier regard. Nick était le manager des Meteors et d’une flopée d’autres
groupes. Il dirigeait TECHNIMEDIA, une boîte de graphisme et il avait déjà
réalisé pas mal de pochettes de disques, notamment pour Ted Carrol, et il
sortait un beau fanzine appelé CAT TALK.
Quand mon pied à terre à Harlesden ne fut plus valable, Nick m’a spontanément proposé de vivre chez lui à Camden
Town. C’est chez lui que j’ai fait pas mal de pochettes et on déconnait à donf. Par Nick j’ai fait la connaissance de
Nigel Lewis et de Mark Robbertson. On traînait avec un tas de fèlés dans divers pubs de Camden. Bal des Sting
Rays puis les Earls of suave, Billy Childish et la bande de Chatham, James et les Gallon Drunk, les Vibes, Shane
Mc Gowan,et bien sûr les Tall Boys, Sexton Ming, les Surfadelics. Les Cramps sont venus au pub, Kid Congo,
Johnny Dangerfield , Screamin’ Lord Sutch … Nick m’a fait connaître Tetsuya de Vinyl Japan et j’ai fait quelques
pochettes pour des groupes Psycho japonais. J’ai fait une pochette pour Mike Spenser et ses Cannibals (Mike était le
chauffeur des New York Dolls). Il flippait car mon Moïse ressemblait étrangement à Charles Manson. C’était
délibéré. Mike craignait des représailles de la famille. Je l’ai rassuré en lui affirmant que je ne me foutais pas de
Manson, bien au contraire. Nick utilisait mes dessins dès que
l’opportunité se présentait. T-shirts,affiches pour festivals Psychos,
pochettes de disques, fanzines, programme de la tournée des
Cramps. J’ai vu mon Johnny Skull tatoué sur pas mal de bras. Les
Bon Goût (actuellement « Re : Surgo ») de Berlin ont utilisé la
même méthode et j’ai fait pas mal d’affiches de rock avec eux, la
dernière en date étant pour les Stooges. Je continue, parallèlement à
mes productions sexuelles obsessionnelles à faire des dessins
rock’n’roll que j’expose de temps à autre lors de conventions de
Tatouage. Le rock’n’roll, le punk, ont toujours été pour moi une
manière de vivre, une attitude, l’irrévérence totale, la super classe, la
liberté et une excellente médecine. Le message de base étant :
R.A.F., Rien à Foutre !
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D’ailleurs, musicalement, quels sont tes groupes cultes, et
les disques que tu écoutes actuellement ? Je crois savoir
que tu as un goût prononcé pour le psycho et le punk…
Que représentent-ils pour toi ?
Mes goûts musicaux sont tellement vastes qu’il serait
fastidieux d’essayer d’en faire la liste. Je ne citerai donc que
quelques groupes vers lesquels je reviens régulièrement :
Captain Beefheart, Jimi Hendrix Experience, the Scientists,
The Stooges, The Velvet Underground, Albert Ayler, tous les
groupes de rockabilly déjantés des fifties, punks des sixties
comme les Sonics, punks des seventies, les premiers albums
des Cramps, le premier des Meteors.
Récemment j’ai flashé sur les Monsters et Le Reverend Beat
Man. Son « Jesus-christ twist » est superbe.
J’aime bien aussi Southern Culture On The Skids, Jon
Spencer, Eagles of Death Metal, Queens of the Stone Age,
Sepultura, Soulfly, Pantera, Nine Inch Nails…
Le rock’n’roll est le bruit le plus excitant qui soit, comme une
montée de speed, l’imagerie qui l’habille est superbe et son
insolence est une attitude souveraine !
J’écoute aussi beaucoup de vieux blues. J’ai eu la chance,
jeune lycéen, de voir Skip James ! C’était magique. J’adore
Robert Johnson et tous ces bluesmen qui ont diffusé la
musique du Diable. Parfois aussi, en dessinant, j’écoute en Im dunklen wald
boucle Das Klagende Lied, Des Knaben Wunderhorn, la 4 ème Skull skool royal
BIBLIOGRAPHIE
symphonie et tous les autres lieder de Gustav Mahler. Ou Let's have some fun
encore Wozzeck et Lulu de Alban Berg, et bien sûr la Schneck machine in belz bummere
tétralogie de Wagner. Le Château de Barbe-bleue de Bartok et Spellbound
Le Pierrot Lunaire de Schoenberg sont d’autres favoris. Je Skull skool vol 1
vais assez souvent à l’Opéra. J’ai toujours aimé passer d’un Skull skool vol 2
univers à un autre. C’est comme quand j’étais gosse et que je Skull skool vol 3
quittai la rue tranquille de mes parents pour rejoindre, à deux Igyou no soiree
pas delà, mes amis voyous de la cité. Pareil pour les filles, Kinshoku club
passer d’une super bourge à une punk déglingue était plutôt Naburi Naburare
amusant. J’ai toujours mené plusieurs histoires de front. Rope, rapture & bloodshed
Des projets à venir ? Aux éditions BonGoût ou Mondo Bizzarro
Des envies particulières ?
Avoir toujours la force de répandre le venin.
Infos
http://www.antoine-b.com/
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Théâtre du
GRAND-GUIGNOL
Montmartre à la fin du 19è siècle. Le crime sanglant monte sur les planches. Dans le cul-de-
sac de l’impasse Chaptal, le théâtre du Grand-Guignol ouvre ses portes pour se spécialiser
petit à petit vers du spectacle d’épouvante. Là-bas, on étrangle, on découpe, on torture, on
élimine, on fait gicler.
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En 1896, Méténier fait l’acquisition de ce qui
deviendra le théâtre du Grand-Guignol en avril
1897. Un théâtre qui se joue de la bienséance, et
propose des pièces controversées qui ravissent
le public.
Le théâtre titille la bienséance, flirte
régulièrement avec la censure et connaît des
périodes de fermeture par la Préfecture de
police. Et qui dit réputation sulfureuse attise la
critique, ce qui ne mettra pas à mal son succès.
Méténier en joue et lance une revue comme
une tribune d’argumentation face aux
médisants. 7 numéros seront publiés durant
l’année 1898.
Le théâtre fait le plein tous les soirs, Méténier
jubile. Il est d’autant plus étonnant de le voir
abandonner son théâtre si rapidement, un an
après l’ouverture. Les rumeurs de l’époque
évoquent la maladie, mais cette raison ne
semble pas suffisante. Le mystère plane
toujours.
Le tournant aura lieu en 1903, avec la pièce Le système
Ce n’est donc pas à Méténier que l’on doit le
du Dr Goudron et Pr Plume, adaptation d’une nouvelle
théâtre d’épouvante. A l’ouverture, le choix du
de Poe par André de Lorde. Maurey saisit la balle au
nom est un clin d’œil à la marionnette lyonnaise
bond et joue la carte du tragi-comique, l’accumulation
créée par Laurent Mourguet en 1808. Méténier
du dramatique garnissant la farce.
veut proposer un guignol pour les grands, avec
des comédiens en chair et en os en lieu et place
des marionnettes de bois. Mais il s’agit André de Lorde a été avocat au barreau de Paris, puis
davantage d’un théâtre de foire, se jouant des secrétaire aux Finances du ministre Burdeau. Il est
mœurs et de l’immoral. De grands noms sont désormais attaché à la Bibliothèque de l’Arsenal et
adaptés, Edgar Poe, Robert-Louis Stevenson, occupe son temps libre à l’écriture. Ces pièces relèvent
Fédor Dostoïevski… et des auteurs maison du répertoire comique et de Lorde jouit d’une certaine
comme Max Maurey, André de Lorde, Adrien notoriété.
Vély, ou… Oscar Méténier ! En vacances à Etretat, une nuit de tempête, il lit la
nouvelle de Poe et profite du climat saisissant qui
l’entoure pour l’adapter en grossissant le trait, allant
Max Maurey prend la suite de Méténier en crescendo jusqu’à l’épouvante.
1899. Journaliste et metteur en scène, il compte Refusé par André Antoine du Théâtre-Libre, il propose
dans ses amis André Antoine, directeur du sa pièce au Grand-Guignol.
Théâtre-Libre. Max Maurey prône d’abord « un
nouveau théâtre de foire », avec un crédo entre Max Maurey saute sur l’occasion. L’affiche est illustrée
farces et comédies, et loue même un par le caricaturiste Adrien Barrière, et placardée dans la
emplacement à l’Exposition universelle de ville. Elle fait son effet et attire. Le spectacle fait salle
1900. comble. En coulisse, Maurey compte les
évanouissements.
20
Il instaure ainsi l’épouvante au Grand-Guignol et en fait
un Temple de l’horreur. Il puise ses idées dans les faits
divers et les affaires criminelles. Il se délecte des effets
spéciaux maison, multiplie les stratagèmes pour
reproduire les bruits du vent ou de la pluie, use de
vaisselle cassée. Le sang des abattoirs de la Villette est
rapidement remplacé par de la confiture de groseilles, ou
un mélange de vaseline et de carmin liquide. Les
démangeaisons sont risquées mais l’odeur insupportable
du sang qui tourne n’est plus.
21
Le théâtre connaît toujours plus
de succès. Dans le public, on
compte des habitants du quartier,
des artistes, des figures
décadentes, des policiers, des
médecins. Un public varié entre
bourgeois et franges populaires,
une population qui aime les
affaires sordides, avec un
mélange de fascination et de
curiosité pour le sang qui coule.
Certains préfèrent ne pas être vus
et profitent des sièges grillagés.
Le flirt a bon train, certaines Des tournées sont organisées en province dès 1903. De passage à
femmes épouvantées se jetant Paris, l’acteur américain Holbrook Blinn, rencontre Maurey, et
dans les bras de leur voisin. Le ramène aux Etats-Unis un théâtre à la manière du Grand-Guignol.
personnel du théâtre rapporte un Il reproduit les recettes de Maurey et compte à son tour les
nettoyage régulier des sièges… évanouissements.
En 1922 et 1924, le Grand-Guignol s’exporte au Royaume-Uni,
Certaines soirées atteignent 4h30 aux Etats-Unis, en Amérique du sud, en Russie…
de spectacle, avec plusieurs
pièces par soir ou l’épouvante
côtoie le comique, où le macabre
flirte avec le grotesque, pour un [ Le mouvement naturaliste naît au
effet saisissant à la fois bouillant cours du 19è siècle, de l’intérêt croissant pour les
et glaçant. Malaises et problèmes sociaux et la psychologie, et marqué par
évanouissements sont monnaie l’influence des sciences, le développement de la
courante. Les gens cherchent à se médecine expérimentale et les débuts de la
faire peur. Maurey installe un bar psychiatrie.
avec des remontants, et
embauche un médecin pour les En littérature on nommera par exemple Emile Zola.
plus épouvantés. Au théâtre, André Antoine prône le naturalisme au
sein du Théâtre-Libre qu’il dirige de 1887 à 1897,
Le Grand-Guignol c’est aussi le pour un théâtre populaire et social. Un jeu d’acteur
théâtre de la peur. Peur du particulier, cherchant à reproduire au plus près la
prolétariat, de l’étranger, de la nature humaine. On y verra de nombreuses pièces
contagion, par le sang versé, le parmi lesquelles des adaptations de Emile Zola,
sperme éjaculé, la maladie avec Léon Tolstoï, Alphonse, Daudet, Henry Bernstein
la lèpre et la syphilis. La peur,
ou Jules Renard. ]
mais aussi les limites, la perte de
conscience, de contrôle avec
l’usage des drogues ou l’hypnose.
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Entre 1914 et 1930, Camille Choisy ajoute des effets De 1930 à 1937, Jack Louvin propose
spéciaux et apporte davantage de soin à l’éclairage et au davantage de drames psychologiques. Il
son. La mise en scène évolue, Choisy a le sens du décor. renvoie Maxa qu’il accuse de voler la vedette.
Il va même jusqu’à acheter une salle d’opération Il ne réussit pas à renouveler le genre,
équipée pour une nouvelle pièce. conduisant l’épouvante à la parodie manquant
En 1917, il engage la comédienne Paula Maxa qui cruellement de crédibilité pour un public qui
deviendra « la femme la plus assassinée au monde ». commence à se détourner du lieu.
Marie-Thérèse Beau (1898-1970) suit les cours d’art dramatique, joue dans quelques pièces, prend
rapidement le surnom de Maxa, et se fait remarquer au Grand-Guignol dans Le Poison noir, de Jean
Bernac, en 1917. Elle porte alors une robe de soie blanche pour sa première scène de torture.
Les pièces dramatiques et épouvantables s’enchaînent et les cris de Maxa font fureur. Avec son partenaire
Georges Paulais, ils connaissent le succès, et Maxa subit des supplices on ne peut plus variés : vitriol,
violée, brûlée, guillotinée, enfermée avec des lépreux, fusillée, écartelée, ébouillantée, piétinée par un
troupeau de taureaux, empoisonnée, éviscérée… une longue liste qui lui vaudra les surnoms La Princesse
du sang, La Dame du Père-Lachaise, La Prêtresse de l’horreur et du vice, La morte vivante, La Sarah
Bernhardt de l’impasse Chaptal, La Rachel de tous les martyres, ou encore La femme la plus assassinée du
monde ».
Actrice pour le Grand-Guignol jusqu’en 1938, elle est congédiée par Jack Louvin, directeur de l’époque.
Quant à Georges Paulais (de son vrai nom René Chimier), il abandonne le Grand-Guignol à la direction
d’Eva Berkson pour fonder le Centre spiritualiste de France. Emule d’Allan Kardec, il devient expert en
phénomènes paranormaux.
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Par la suite, le théâtre changera encore plusieurs fois de direction. Il
faut dire que la période d’après-guerre est difficile. Avec les nazis
et leurs camps de concentration, la réalité a dépassé la fiction et le
sang qui coule n’a plus la même légèreté. Un tournant érotico-
macabre prend alors le relais, donnant la part belle aux poitrines
dénudées plutôt qu’aux gorges tranchées. On y verra notamment
l’actrice Denise Dax dans les années 50, davantage érotisée
qu’ensanglantée, dans Les Coupeurs de tête, ou Le Cercueil flottant
de Eddy Guilain.
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Quand le Grand-Guignol se bouquine
Maxa : la femme la plus assassinée du monde / Agnès Pierron. L'Entretemps. 2011
Le spectaculaire dans les arts de la scène du romantisme à la Belle Epoque / dir. Isabelle Moindrot. CNRS. 2006
Les nuits blanches du Grand-Guignol / Agnès Pierron. Seuil. 2002
Le Grand-Guignol. Revue Europe n°835-836. 1998
Le Grand-Guignol : le théâtre des peurs de la Belle Epoque. Robert Laffon. 1995
Contes du Grand-Guignol / André de Lorde. Fleuve noir. 1993
Grand-Guignol / François Rivière, Gabrielle Wittkop. Editions Henri Verrier. 1979
L'histoire du Grand-Guignol – théâtre de l'épouvante et du rire / Camillo Antona Traversi. Librairie théâtrale.
1933
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Mettez-vous à table pour un carpaccio de banane qui crisse sous la dent.
Ingrédients : rock'n'roll, sang frais, tronçonneuse, sel, poivre
Cuisson : saignant
Petite présentation pour ceux qui ne vous Au départ, c’était une évidence
connaissent pas ? de faire du gore’n’roll ou c’est
Comment est venu ce nom de BANANE METALIK ? Venu petit à petit ?
Ced 666 : Formé à Rennes il y a un paquet d’années, Disons que notre identité visuelle
nous avons baptisé notre musique Gore'n'roll et la s’est affirmée au fil du temps, mais
décrivons comme un mélange d'horreur et de rock'n'roll ! dès nos premiers titres, nos
Nous avons depuis la chance de tourner régulièrement en morceaux se voulaient un mix de
France et à l’étranger (Usa, Japon, Brésil, Russie, rock’n’roll saupoudré de thèmes
Europe…), il en va de même pour les sorties de nos horrifiques. Ils s'inspirent de cette
différents albums. culture, mais revendiquent
Concernant ce nom, il est le fruit de notre adolescence également pour certains le refus du
agitée ! À l'époque, nous avions découvert la bande conformisme artistique.
dessinée de Franck Margerin « Banane métallique » et De plus nous en avions marre
trouvions que son univers rock'n'roll correspondait à notre d’être catalogués musicalement
quotidien. Parallèlement nous aimions l’univers décadent parlant à tort et à travers. Nous
et provocant de l’ultra violence du film « Orange avons en réponse décidé de nous
mécanique ». coller notre propre étiquette ! Ceci
Pour l'anecdote, METALIK s'est finalement écrit avec un K pour éviter d'entendre trop de
parce le mec réalisant nos premiers badges ne parvenait conneries sur notre style musical et
pas à insérer le mot « métallique » dans la surface du avoir au moins une appellation non
badge. Il a donc résolu ce problème en l'écrivant avec un contrôlée fidèle à notre état
K et nous avons adopté cette écriture à l’unanimité. d’esprit.
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Un album est en prévision.
Des nouveautés ?
Des envies particulières ?
Des guests ?
Banane Metalik c’est un son, un Par exemple pour le clip de Strip or die, comme un clin
univers, mais aussi un visuel d’œil à Tim Burton, mais qui n’a pas dû être simple à
fort, réaliser…
Du show, des maquillages, des
clips. Vous faites tout entre vous Exactement en voilà un très bon exemple, nous avons eu
ou vous la chance de rencontrer des individus non seulement
faites parfois appel à d’autres motivés, mais également très doués. Ils avaient une asso
gens, pour du décor, des coups du nom de Blink, j’avais depuis longtemps en tête l’idée
de griffe, d’un clip d’animation, mais le groupe n’en avait
mise en œuvre, réalisation, aucunement les moyens. Ils ont de suite accroché sur le
etc. ? morceau et le concept. Au début je les ai accompagnés
sur la mise en place de ce clip d’animation (story-board,
Nous avons toujours réalisé la recherche graphique des caractères ect), mais ensuite ils
majorité des éléments constituant ont réellement capturé l’esprit du projet pour nous en livrer
notre univers. Du disque en une version d’enfer !
passant par la scène, c’est
énormément de travail. Néanmoins
nous faisons régulièrement appel à Le killer bananas c’est quoi ?
d’autres personnes. Des
passionnés, des gens compétents Celles et ceux qui soutiennent avant tout notre démarche,
dans des domaines particuliers ou mais aussi l’association qui nous permet de mettre en
de simples coups de main… place la majorité de nos projets artistiques (albums, clips
En résumé, toute aide extérieure etc).
est généralement très appréciée.
Avec le temps, nous la sollicitons
de plus en plus en raison de la
charge de travail et des spécificités
de nos projets (vidéos, visuels,
shows..).
https://www.facebook.com/bananemetalik
http://www.bananemetalik.com/ http://www.killerbananas.com/
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Qu’est-ce qui vous fascine dans le
gore, et à l’inverse, qu’est-ce
qui vous insupporte (dans son
Discographie
utilisation, sa mise en scène, son
imagerie, etc.) ? × Requiem de la depravation (1994)
In gore’n’roll we trust !!
Merci à toutes et à tous de votre
soutien, rendez-vous sur notre page
facebook pour des news bien
fraîches !
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Fiche METIER
Je veux tripoter de la viscère !
Si tu ne veux être ni boucher ni artisan joallier en boyauterie,
et que tu as de la patience, tu pourras peut être devenir...
CHIRURGIEN VISCERAL
Il est des spécialités dont on se demande si c’est une vocation. Bien sûr, il en faut,
et heureusement il y en a, mais effectivement sans remettre en cause leur intérêt
passionnant, il faut bien reconnaître qu’à première vue, il est difficile de rêver être
podologue, proctologue, gynécologue ou encore chirurgien viscéral. Pour le coup,
les boyaux dilapidés dans les films d’horreur sont bien peu de choses face à la
tripaille qui garni nos bides…
de petite taille. Les instruments sont ensuite guidés grâce à la caméra qui transmet des images que
le chirurgien peut visualiser sur une télévision.
L’éventail des interventions pratiquées par les chirurgiens viscéraux est très large, allant de
l’appendicectomie à la greffe de foie… Les opérations les plus complexes nécessitent souvent la
présence de plusieurs chirurgiens et ne sont réalisées que dans des centres très spécialisés. Les
chirurgiens viscéraux peuvent être amenés à intervenir en urgence (plaie, infection, hémorragie
interne…) ou de façon programmée.
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La chirurgie en général, et la viscérale en particulier, manque
de spécialistes. La voie est donc libre mais il faut savoir être
patient et motivé puisqu’il faut 12 à 15 ans d’études après le
bac…
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Lyzane Potvin
Une artiste québécoise à découvrir !
De l'humain, de la douleur, du corps, de la faille.
Que l’on considère ses oeuvres comme démonstration de colère, de souffrance, de tragique, ou
encore de digestion ou bien de jouissance, cette femme assurément libère ses démons.
Des expositions, des installations, des performances, qui marquent.
http://www.lyzanepotvin.fr/
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32
Trevor Brown
Seungyea
Park
33
Roberto Osti
Juan Gatti
34
Merci de fermer la porte derrière vous