Royaume du Maroc Université Sidi Mohamed Ben
Ministère de l’Education Nationale, de Abdellah
la Faculté des Sciences Juridiques
Formation Professionnelle, de Economiques et
l’Enseignement Sociales-Fès
Supérieur et de la Recherche
Scientifique
Département : droit privé
MASTER JURISTRE D’AFFAIRES
Module : droit de la distribution
« Le contrat de distribution exclusive »
Travail élaboré par :
Sous la direction du
AANAIBER Meryem
BENABDJLIL Mohammed Pr. Driss JOUIDI
KANOUNI Sami
LAKHDAR IDRISSI Chaimaa
SADEK Ouiam
AU / 2017/2018
[1]
Sommaire :
Introduction :……………………………….(p3)
Chapitre 1 : la nature juridique du contrat de distribution
exclusive…………………………… (p6)
Section 1 : le particularisme du contrat de distribution exclusive…..(P6)
Sous-section 1 : le contrat cadre ……………………………………………………(P6)
Sous-section 2 : la clause d’exclusivité …………………………………………….(P8)
Section 2 : l’intérêt du contrat de distribution exclusive…………….(P13)
Sous-section 1 : la régulation du contrat de distribution exclusive……………..(P13)
Sous-section 2 : les intervenants au sein du contrat de distribution exclusive ..(P17)
Chapitre 2 : la pratique du contrat de distribution
exclusive……………………………………………………………...(
P22)
Section 1 : les modalités de distribution exclusive
……………………………………………………………………..(P22)
Sous-section 1 : le contrat d’approvisionnement et de fournitures …………….( P22)
Sous-section 2 : les contrats de franchise ………………………………………..(P24)
Section 2 : le contrôle du contrat d’exclusivité……………………(P26)
Sous-section 1 : l’interdiction des pratiques restrictives ……………………….(P26)
Sous-section 2 : la protection du consommateur contre les effets de l’exclusivité et la
transparence du marché…………………………………………………………..(P28)
Conclusion ……………………………………………………………..( 31)
Liste des références ……………………………………………………(32)
[2]
Lorsqu’une entreprise décide de vendre ses produits et services dans une
zone géographique délimitée ou par un canal de distribution particulier, deux options
s’offrent à elle : le faire soi-même ou trouver un intermédiaire.
La dernière option est assez fréquente. En effet, faire soi-même a un coût qu’il
n’est pas toujours facile de supporter, surtout lorsqu’on souhaite être présent sur de
nombreux marchés.
Ceci dit, travailler avec un intermédiaire nécessite la mise en place d’un cadre
légal. C’est à cela que sert un contrat de distribution. Il s’agit de l’acte par lequel
l’intermédiaire va s’engager à distribuer les produits de l’entreprise.
On distingue trois types de contrats de distribution : le contrat de distribution
sélective, le contrat de franchise et enfin le contrat de distribution exclusive 1qui fera
l’objet de notre étude
Le contrat de distribution exclusive est le contrat par lequel un fabricant, un
constructeur, un producteur appelé le fournisseur, s'engage à réserver l'exclusivité
de ses ventes dans un territoire déterminé à un revendeur indépendant appelé le
distributeur exclusif souvent à condition que celui-ci lui achète une certaine quantité
de produits.2
En effet le contrat de distribution exclusive a été créé par la pratique, c’est un
contrat qui ne fait l’objet d’aucun régime juridique spécifique et qui ne vit de la seule
de la théorie générale des contrats. Donc on assiste, bien, évidemment, à un contrat
qui connait une forte existence sur la pratique est une ferme acceptabilité par les
commerçants mais un contrat qui demeure non qualifié par la loi. Donc, devant cette
situation le mérite reviendra éventuellement à la doctrine et la jurisprudence pour
qu’on puisse en lever l’identité de ce contrat et son particularisme.
L’on peut ainsi faire allusion au dahir des obligations et des contrats du 12
Aout 1913 qui est le droit commun marocain.
1
[Link] ;
2
[Link] ;
[3]
En outre, d’autres lois plus spécifiques élargissent son cadre avec la loi 15-95
de 1ier Aout 1996 formant code de commerce, la loi n° 104-12 relative à la liberté des
prix et de la concurrence qui dispose dans son article premier que «la présente loi
s’applique à toutes les activités de production, de distribution et de services, y
compris celles qui sont le fait de personnes morales de droit public lorsqu’elles
agissent comme opérateurs économiques et non dans l’exercice de prérogatives de
puissance publique ou de missions de service public »3
En plus, loi n°31-08 édictant des mesures de protection du consommateur consacre
une partie importante à la distribution.
Donc le contrat de distribution exclusive se présent comme un contrat hybride,
dont la validité doit être appréciée tant au regard du droit civil qu’au regard du droit
de la concurrence.
De ce fait la complexité de ce contrat peut apparaitre clairement dans la
nécessité de faire appel à plusieurs branche de droit pour y intervenir, ainsi puisqu’il
s’agit d’un contrat , il doit faire appel au droit civil , puisqu’il se conclu entre
commerçants l’intervention du droit commercial n’est pas moins importante , de plus
le droit de la concurrence ne peut s’absenter du fait que l’exclusivité ne manque pas
d’affecter le libre jeu de la concurrence de même pour le droit de la consommation à
fin de protéger le consommateur contre les effets de l’exclusivité , et enfin on peut
ajouter même le droit de la propriété industrielle puisque la marque et les signes
distinctifs du fournisseur figurent ainsi dans l’objet de contrat , sans ignorer
l’intervention de la loi Doubin française qui intervient à chaque fois que l’exclusivité
parvient .
Au Maroc les contrats de distribution exclusive ont connu un essor
considérable, ils restent l’un des plus courants dans le domaine de la distribution
commerciale, et ce eu égard aux avantages qu’ils peuvent présenter. Ainsi ils
permettent aux fabricants d’écouler leurs biens dans des bonnes conditions et d’en
surveiller la distribution à travers leurs réseaux. Ils assurent le développement des
ventes, rationalisent le commerce et constituent un gage de qualité des produits.
3
Article 1 de la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, alinéa 2
[4]
En effet si les contrats de distribution ont une incontestable utilité et répondent
aux besoins économiques d’une distribution qui cherche à atteindre le maximum des
consommateurs dans les meilleures conditions d’efficacité, ils présentent certains
points négatifs que ça soit pour les concurrents hors ce réseau de réseau de
distribution.
En revanche, si ces contrats polarisent l’attention de la doctrine ce n’est certes
pas au regard de leur qualités, mais plutôt au regard du lourd contentieux qu’ils
suscitent.
Il nous semble alors qu’on assiste à un véritable enjeu de rechercher au sein
du régime juridique du contrat, une certaine protection des parties , notamment la
partie qualifiée de faible .Une protection contre l’abus d’exclusivité exercé par l’un
des contractants contre l’autre et ainsi contre un grave déséquilibre contractuel. Ainsi
qu’on doit s’orienter vers une adaptation de ce contrat aux dispositions de droit de la
concurrence pour aboutir à une protection du marché et par suite du consommateur
contre les effets de l’exclusivité.
Donc il s’agit de s’interroger sur le régime juridique d’un contrat de distribution
exclusive (chapitre1) il convient ainsi de voir son application dans la pratique étant
qu’il s’agit d’un contrat réglementé (chapitre 2).
[5]
Chapitre1 : La nature juridique du contrat de distribution exclusive :
La distribution s’opère, en principe, à partir de ventes et de prestations de
services entre fournisseurs et distributeurs. Ces opérations sont organisées par le
contrat de distribution, qui est un pur contrat-cadre. Pour mieux étudier le contrat de
distribution exclusive, nous allons évoquer le particularisme de ce contrat dans la
premièresection, et son intérêt dans la deuxième.
Section I : Le particularisme du contrat de distribution exclusive :
Le contrat de distribution exclusive est défini comme étant principalement un
contrat cadre, reposant sur une exclusivité. Ces deux conditions sine qua none
forment le particularisme de ce contrat, que nous allons explorer dans les sous-
sections suivantes.
Sous-section 1 : contrat cadre :
La distribution exclusive est fondée sur le contrat d’exclusivité de vente. Celui-
ci se définit lui-même par son obligation caractéristique. Dans le contrat d’exclusivité
de vente, le fournisseur s’engage à ne livrer certains produits qu’a seul revendeur,
appelé concessionnaire de vente, dans un territoire déterminé.
Cette définition appelle plusieurs précisions.
Le contrat d’exclusivité de vente est un contrat vertical unissant un fournisseur
à un revendeur.
L’obligation caractéristique pèse sur le fournisseur. C’est essentiellement une
obligation de ne pas faire : ne pas vendre les produits contractuels à un autre
revendeur dans le territoire de l’exclusivité.
Implicitement, le contrat contient aussi une obligation de faire, qui est l’obligation
d’approvisionner le revendeur en produits contractuels.
Le contrat est un contrat-cadre qui précise les modalités des ventes futures
que l’on appelle aussi les contrats d’application que concluront les deux
parties. Le contrat cadre, outre la clause d’exclusivité, comporte
nécessairement la détermination des produits couverts par l’exclusivité les
produits contractuels et du territoire de vente. Mais il comporte aussi de
[6]
nombreuses clauses secondaires qui ne sont pas caractéristiques de ce type
de contrat, comme les conditions de livraisons et de paiement ; l’obligation de
respecter la marque du fabricant.
Le contrat cadre peut aussi comporter, mais ce n’est pas obligatoire car les deux
obligations sont distinctes, une clause d’approvisionnement exclusif. Dans ce cas
l’exclusivité est réciproque et le contrat de distribution correspond à ce que l’on
appelle la concession exclusive de vente4.
Cependant Le contrat cadre a uniquement pour objet de fixer les principales règles
qui gouverneront les relations ultérieures entre fournisseurs et intermédiaires5.
Les modalités, ainsi que le principe de conclusion et d’engagement des parties de
conclure des contrats ultérieurs «contrats d’application», sont définis par le contrat-
cadre.
Toutefois, il ne faut confondre le contrat cadre avec ses contrats d’application (ex :
contrat de vente) : dans ce cas le contrat
s’apparente au contrat de promesse de contracter.
Dans certains cas, le contrat-cadre de distribution peut prendre la forme ou
s’apparente à plusieurs types de contrats, notamment le contrat- organisation dans le
sens où il crée une organisation des biens et services dans le but de favoriser une
bonne circulation des biens et/ou services (ex aménagement des locaux, ajustement
des quantités livrables). Il faut souligner que dans le contrat-organisation, le juge doit
veiller au bon fonctionnement des organes institués par les parties. Dans d’autres
cas, le contrat de distribution peut s’apparenter au contrat-
coopération caractérisé par son intérêt, qui est un intérêt commun des parties.
Il est vrai que cette thèse d’intérêt commun est une variante du mandat selon
laquelle le mandant ne peut mettre fin unilatéralement à un mandat s’il est conclu
dans l’intérêt commun des deux parties, mais elle s’est élargie aux contrats de
4
Jean-Bernard blaise, droit des affaires
5
Juris-Classeur Commercial « contrats de distribution », Fascicule 303, édition LexisNexis,
2005 ; P 55
[7]
distribution et qui interdirait à une partie de mettre fin unilatéralement au contrat6 .
Le législateur Français a ainsi retenu cette notion dans la loi du 31 décembre 1989,
dite loi Doubin ([Link] L 330-3), afin d’imposer
l’obligation d’information au profit du distributeur. Ces dispositions ne s’appliquent
que si les parties sont liées par des stipulations prévoyant d’une part la mise à
disposition de l’enseigne, du nom commercial ou de la marque et, d’autre part, un
engagement d’exclusivité pour l’exercice des activités concernés7. En outre, le
contrat cadre revêt les caractéristiques du contrat d’adhésion lorsque le contenu du
contrat est proposé par la partie la plus puissante
économiquement à l’adhésion de son contractant.
Ce déséquilibre des rapports de force fait que le contrat-cadre de distribution
exclusive est aussi un contrat de dépendance. Or, les contrats-
cadre de distribution contiennent très souvent des clauses qui assurent cette dépend
ance, notamment les clauses d’exclusivité.
Enfin, le contrat-cadre ou contrat matrice, pour le distinguer des contrats
d’application par lesquelles se réalisent ponctuellement pendant toute sa
durée les achats et ventes entre les parties au contrat, est un contrat facteur de cont
rats.
De ce fait, il convient à présent de se pencher sur la clause d’exclusivité.
Sous-section 2 : la clause d’exclusivité :
La clause d’exclusivité est la clause en vertu de laquelle un opérateur,
débiteur d’exclusivité, est tenu de n’effectuer une prestation déterminée qu’auprès
d’un autre opérateur, créancier d’exclusivité.
Cette clause est généralement exprimée par l’expression « ne...que… » ou
par le seul adverbe « exclusivement » qualifiant telle obligation du contrat.
6
Marie Malaurie-Vignal, « Droit de la distribution », Sirey, 2006 ; P120
7
Arrêt du 10 février 1998 de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation Française,
[Link] IV, n°167.
[8]
Il n’y a donc ni contrat d’exclusivité, ni obligation d’exclusivité mais une
clause d’exclusivité génératrice d’une obligation de ne pas faire, inverse de
l’obligation de faire qu’elle complète.
En effet, une clause d’exclusivité est stipulée lorsqu’une partie s’engage à
réserver une, plusieurs, ou toutes ses prestations contractuelles à une ou plusieurs
autres parties désignées au contrat.
Par définition, elle s’interdit donc en outre de contracter avec un tiers pour la
réalisation de la ou des prestations promises au créancier.
Principalement, la clause présente l’intérêt, pour le créancier, de se voir
réserver la prestation de son partenaire, et de s’assurer ainsi que les tiers, en
particulier ses concurrents, n’en profiteront pas.
Ainsi, la clause d’exclusivité peut être pratiquée dans toutes sortes de
contrats tels que les contrats de distribution, d’entreprise, de licence, de sous-
traitance… Elle peut affecter toutes sortes d’obligations et peser aussi bien sur le
fournisseur que sur le fourni, le donneur d’ordres que le sous-traitant, l’agent
commercial que le mandant, le créancier que le débiteur de somme d’argent.
La clause d’exclusivité présente, pour le débiteur, l’intérêt de tirer un meilleur
parti de son activité contractuelle en négociant la valeur que représente son
attribution privative. Par exemple : un cadre salarié pourra obtenir une meilleure
rémunération en promettant de travailler exclusivement au profit de son employeur. 8
De même, un distributeur pourra obtenir un certain nombre d’avantages
contractuels (prêts de matériel, caution bancaire…) en s’engageant à se fournir
seulement auprès de son concédant.
Quel que soit le contrat, les rédacteurs resteront, en tout état de cause,
vigilants à ne pas faire naitre, malgré eux, une clause d’exclusivité.
En effet, la cour de cassation française, en se fondant sur les termes de
l’accord et le comportement des parties, a admis l’existence d’une exclusivité alors
que le contrat était silencieux sur ce point.
8
Jacques Mestre, Jean Christophe Roda, Les principales clauses des contrats d’affaires, lextenso
éditions page 379.
[9]
La clause d’exclusivité peut affecter tout ou partie d’une obligation. Elle peut
affecter les obligations d’un seul partenaire, elle peut aussi jouer à la charge des
deux parties et la concession commerciale se caractérisera par des obligations
bilatérales de commerce exclusif ; les clauses d’exclusivité pourront alors être
rédigées au titre des obligations bilatérales. 9
Il existe généralement plusieurs types de clause d’exclusivité :
Tout d’abord, on trouve la clause d’exclusivité d’approvisionnement
également appelée clause d’achat exclusif ou obligation d’achat. C’est la clause par
laquelle un acheteur réserve ses approvisionnements à un seul vendeur, est
fréquente dans les contrats de distribution.
L'exclusivité d'achat à l'obligation souscrite par le distributeur d'acquérir les
produits d'un fournisseur à l'exclusion des produits concurrents, à l'exclusion de tout
autre produit concurrent ou non.
Exprimez-vous dans le cas d'un contrat d'achat exclusif avec l'exclusivité de
l'approvisionnement du fournisseur sans contrepartie autre que des conditions
tarifaires favorables.
Le contrat d'achat exclusif n'est pas un contrat de vente, mais c'est une
convention par laquelle les parties conviennent d'être assurées d'être en mesure
d'être en affaires les conditions.
Mais lorsque l'obligation d'approvisionnement exclusif est garantie par le
fournisseur d'une aide apportée par le fournisseur, on parle de contrat d'assistance et
de fourniture.
*La clause d’exclusivité territoriale :
C’est la clause par laquelle un opérateur s’engage à contracter
exclusivement avec un autre dans un territoire déterminé, est souvent la contrepartie
obtenue par le débiteur de la clause précédente (clause d’achat exclusif).
9
Jean Marc Mousseron, Technique Contractuelle, 5ème édition, page 200-202.
[10]
Elle présente dans la plupart des contrats de concession, dans certains
contrats de franchise, et elle est fréquemment stipulée dans le contrat de l’agent
commercial.10
De même, la clause d’exclusivité territoriale est utilisée dans les accords de
distribution (concession, franchise…) et consiste pour le fournisseur à garantir au
distributeur l’exclusivité, pour un ressort territorial donné, de la distribution de ses
produits.
Autrement dit, le fournisseur consent au distributeur le monopole de la
revente de ses produits sur un secteur géographique. Elle se distingue de la clause
d’approvisionnement exclusif par laquelle le distributeur s’engage à s’approvisionner
exclusivement pour certains produits auprès du fournisseur, mais en pratique ces
deux stipulations sont fréquemment complémentaires. L’intérêt économique de telles
clauses est évident, en ce qu’elles permettent au fournisseur d’organiser de manière
rationnelle la distribution de ses produits.
Si on la rencontre fréquemment dans les contrats de franchise, elle n’est
cependant nullement nécessaire à la validité d’un tel contrat, elle fait en revanche
partie de l’essence du contrat de concession exclusive.11
Sans oublier de mentionner la clause d’exclusivité de clientèle qui connait le
même régime de la clause précédente. Elle concerne la situation où le débiteur
s’interdit de contracter avec une certaine clientèle et non dans territoire déterminé.
En somme L’accord de spécialisation, ou contrat de distribution exclusive,
repose souvent sur une exclusivité limitant la possibilité pour l’une ou pour les deux
parties (fournisseurs et distributeurs), de traiter avec d’autres partenaires.
Il en résulte, à la charge du distributeur, l’obligation d’exclusivité d’approvisio
nnement au profit du fournisseur, et à la charge du fournisseur
l’obligation d’exclusivité de fourniture au profit du distributeur.
L’exclusivité d’approvisionnement tient à l’obligation souscrite par le distributeur
d’acquérir les produits d’un fournisseur à l’exclusion des produits concurrents, voire à
Jacques Mestre, Jean Christophe Roda, Les principales clauses des contrats d’affaires, lextenso
10
éditions page 380.
11
William Dross, Clausier, 2ème édition, page 260.
[11]
l’exclusion de tout autre produit concurrent ou non12.
On parle de contrat d’achat exclusif lorsque l’exclusivité d’approvisionnement du
distributeur est sans contrepartie autre que des conditions tarifaires favorables.
Le contrat d’achat exclusif n’est pas un contrat de vente, mais c’est une convention
par laquelle les parties conviennent d’assurer entre elles un courant d’affaires dont
elles prévoient certaines modalités générales mais
point le quantum précis, ni toutes les conditions.
Mais lorsque l’obligation d’approvisionnement exclusif est souscrite par le distributeur
en contrepartie d’une assistance apportée par le fournisseur,
on parle de contrat d’assistance et de fourniture.
Pour ce qui est de l’exclusivité de fourniture, cette dernière consiste à conduire le
fournisseur à ne vendre les produits qu’à un ou plusieurs distributeurs. L’exclusivité
de fourniture est généralement convenue par le fournisseur pour mieux contrôler la
commercialisation de ses produits.
Certains contrats combinent les deux formules par une exclusivité réciproque par
laquelle le fourni ne s’approvisionne que chez le producteur
qui, de son coté, ne vendra qu’au distributeur. La durée de validité de toute clause
d’exclusivité est limitée à un maximum de dix ans13.
Ce dispositif a été inspiré par la situation de dépendance dans laquelle s’étaient
retrouvées certaines entreprises françaises de fabrication de chaussures à l’égard
d’une entreprise américaine « United ShoesMachinery Company».
Le texte précité ne concerne que les biens meubles. En cas de non-respect de la
durée prévue par la loi, les juges parfois annulent seulement la clause prévoyant une
12
P. Didier, « Brèves notes sur le contrat-organisation », Mélange Terré, Dalloz, PUF, Édition du
Jurisclasseur, 1999, p. 635.
Article L.330-1 du code de Commerce Français.
13
[12]
durée supérieure à dix ans14, mais parfois annulent
aussi le contrat dans lequel elle est stipulée15.
Après avoir étudiés le particularisme du contrat de distribution exclusive, il est utile,
à présent, de voir quel sont ses intérêts.
Section 2 : Intérêt du contrat de distribution exclusive :
Afin d’assurer le bon écoulement de la production sur le marché, et
corrélativement la satisfaction constante des besoins des consommateurs,
lesopérations de distribution tendent toujours à la régulation de l’offre et de la
demande, et ce à travers ses intervenants, que nous allons décortiquer dans les
sous-sections.
Sous-section 1 : la régulation du contrat de distribution exclusive :
Le contrat de concession ou le contrat de distribution exclusive est la convention
par laquelle un fournisseur (concédant) s’engage dans un territoire déterminé à ne
pas vendre ses produits à d’autres qu’à son contractant (concessionnaire). Le
concédant autorise le concessionnaire, pour les besoins de l’activité, à faire usage
de la marque couvrant ces produits. Cette exclusivité n’est pas toujours réciproque,
mais en pratique c’est souvent le cas (=le concessionnaire assure la distribution des
seuls produits du concédant). L’élément essentiel de ce type de contrat est
l’exclusivité territoriale. Il n’y a pas de transfert de savoir-faire dans un contrat de
concession. L’assistance technique peut exister mais elle est plus légère que celle
assurée par un contrat de franchise. Une partie de la marge du concessionnaire sur
son prix de vente est versée au concédant (sur une marge de 20%, environ 5% est
versé au concédant).
Le distributeur se situe entre le producteur, qui cherche à optimiser la fabrication
de ses produits ou la prestation de ses services, et le consommateur, qui cherche à
acquérir le produit au mieux de ses besoins16.
14Arrêt de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation Française du 7 avril 1992, [Link] IV, n°
154.
15Arrêt de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation Française du 2 mars 1974, [Link] IV,
n° 106.
[13]
Le distributeur oriente ainsi l’offre du producteur vers la demande du
consommateur.
De manière générale, le distributeur a droit à une information précise sur les
tenants et les aboutissants du contrat de distribution qui dans la plupart des cas
consiste en un contrat d’adhésion.
En particulier, le fournisseur devra informer son cocontractant quant à l’étendue de
son réseau de distribution et au caractère réel de l’exclusivité concédée. A défaut
d’une information complète, suffisante ou conforme, le contrat pourra encourir la
nullité pour vice de consentement.
Il appartient au fournisseur de respecter les zones d’exclusivité et donc de ne
contracter ; dans le secteur considéré qu’avec son distributeur exclusif. Cela suppose
que le périmètre de ventre est bien défini le contrat de distribution exclusive précise
généralement que :<< l’exclusivité de vente est consentie au concessionnaire pour le
secteur de … Telle ville>>. Et qu’en conséquence<< le fournisseur s’engage à ne
pas vendre directement ni indirectement dans ce secteur à autre que le distributeur
exclusif et à transmettre au distributeur exclusif toutes qui lui parviendraient du
secteur concédé ; afin que le concessionnaire traite lui-même avec les personnes
intéressées17. >>Le concédant garantissant à son distributeur l’exclusivité d’un
territoire s’engage faire respecter ses agents ou ses autres distributeurs le secteur
accordé18.
Dans le même une jurisprudence Marocaine a intervenu pour affirmer ; lors d’un
litige ; que le fait de donner un droit d’exclusivité à une société par une convention et
autoriser une autre pour faire la même activité dans le même territoire est considéré
comme une diminution du privilège dont jouit la première société ; et il constitue un
acte de concurrence déloyale et par conséquent il a condamner la société tiers de
renverser des dommages intérêts pour le compte de la société lésée19.
16- Yves Guyon, « Droit des Affaires, Tome 1 : Droit Commercial Général et Sociétés », 12ème édition,
Economica, 1er août 2003. ; P 557.
17 François collart Dutilleux ; Philippe Delebecque <<contrats civils contrats commerciaux>>, Dalloz,
5ème, édition 2000, p850.
18 B ; Buisson ; Etude sur le contrat de concession commerciale ; édition 1968 ; p50.
19 CAC de Fès ;N°1156 ; Le 17-7-2008 ; Revue des arrêts émanant de la cour d’appel de commerce
de Fès ; N°12 ; 2009.
[14]
Le fournisseur promet également d’assister son contractant. Cette assistance
est essentielle et prend divers formes, en étant technique << fourniture de pièces et
de matériels>>, Commerciale <<organisation et campagne publicitaire >> et parfois
financière, lorsque les investissements nécessités pour la distribution des produits
sont importants.
Donc le concédant accorde au concessionnaire le droit d’utiliser la marque du
produit.
Il en garantit la jouissance, mais il ne concède pas pour autant une licence de sa
marque, car le distributeur n’a pas le droit d’apposer lui-même la marque sur le
produit, l’utilisation de la marque est simplement présentée.
Le concédant confie au concessionnaire le droit d’ester en son nom à la justice pour
protéger la marque du produit objet de contrat contre toute utilisation déloyale par un
tiers c’est le cas dans un arrêt de rendu le 5-7-2007, par la cour d’appel de
commerce de Fès qui a affirmé que le droit d’exclusivité dont jouit une société pour
distribuer les produits de la marque HULALA donne le droit à cette société d’intenter
une action en justice contre tout fait d’un tiers pour faire face au dommage qui peut
affecter la marque autorisée, l’arrêt est basé sur une stipulation contractuelle en
disant :<<en se référant à l’art 3 du contrat on constate que le distributeur a le droit
d’ester en justice pour faire face au préjudice qui porte atteinte à la marque
notamment la contrefaçon et la concurrence déloyale20.
L’orientation de l’offre et de la demande s’opère en attirant le consommateur vers
les produits ou services offerts par le distributeur, ce qui constitue le but visé par
l’accord de spécialisation.
Cet accord réside dans le fait d’une commercialisation optimale dans l’intérêt du
fournisseur, qui bénéficie du bon écoulement de ses produits, comme du distributeur,
qui assure le bon développement de son activité.
Dans cette optique, depuis quelques années, des services complémentaires à l’acte
d’achat sont assurés par le distributeur, tel que le crédit, la livraison, le service
accompagnant la vente : installation, montage. Tout cela constitue bien un service
pour le consommateur. Par conséquent, le distributeur joue le rôle du régulateur de
l’offre et de la demande. Le distributeur est également tenu :
20
Arrêt N°1137, arrêt de CAC DE FES, N°11,2008.
[15]
• De payer le prix de la marchandise qu’il compte distribuer ;
• De respecter, si elles existent, la clause de quota (clause de résultat) ou la clause
de pénétration (Clause consistant plutôt en une obligation de moyens de pénétrer le
marché sur un territoire donné) ;
• De respecter les normes du fournisseur, si une telle clause est stipulée ;
• D’assurer, à condition qu’une clause soit prévue en ce sens, l’entretien, la
réparation et le
SAV relativement à la marchandise vendue ;
• De maintenir un stock minimal, si une clause le stipule, sans que le distributeur
soit obligé de reconstituer préalablement son stock afin de se procurer de nouveaux
produits (Dans ce cas, il s’agirait pour le fournisseur d’un refus de vente).
De surcroît, il fait partie des intervenants au contrat de distribution exclusive,
intervenants que nous allons détailler dans la deuxième sous-section.
Dans la pratique, le distributeur ne conservera l’exclusivité sur son territoire que
s’il continue de réaliser des performances. Les parties devront négocier des objectifs
raisonnables. Lorsque les objectifs ne sont pas atteints ; et que le fabricant n’a pas
commis une faute ; des possibilités s’offrent telle que la possibilité de réduire le
territoire exclusif octroyé ou de retirer le droit d’exclusivité avant la fin du contrat ;
avec maintenance du droit à la distribution ainsi que la possibilité de résilier avant le
terme de contrat ; en payant ou non ; une indemnité pour la perte de l’achalandage21.
De plus le distributeur s’interdit de divulguer des renseignements commerciaux ;
financiers ou techniques qui pourraient favoriser une entreprise concurrente. Celui-ci
doit respecter sa zone de vente il doit se tenir à son territoire ou plus exactement de
s’abstenir de pratiquer une politique active de vente sur les secteurs dont il n’a pas
l’exclusivité. Mais cette question soulève des sérieuses difficultés au regard de
principe de libre concurrence22.
21
[Link] c’[Link]/droit –[Link]
22
Mémoire consulté le 15/11/2018
[16]
Si les contrats cadre ne peuvent être qualifiés comme une vente ; les contrats
d’application les sont ; donc le distributeur est tenu des obligations de l’acheteur
notamment l’obligation de paiement de prix et prendre livraison.
Sous-section2 : Les intervenants au sein du contrat de distribution exclusive :
Au stade de l’établissement des relations contractuelles, et donc de la formation
des contrats entre fournisseurs et distributeurs, deux conceptions différentes
s’opposent dans l’établissement de leurs relations. Les parties au contrat de
distribution exclusive devront veiller à ne pas prévoir de stipulations ayant pour objet
ou pour effet de constituer un délit d’entrave à la libre concurrence via une entente
ou un abus de position dominante illicite. Les refus de vente notamment du
fournisseur envers d’autres distributeurs non liés par un contrat d’exclusivité ne
devront pas être abusifs.
D’abord, la première consiste à ce que chaque distributeur cherche à obtenir des
conditions plus favorables que celles consenties à ses concurrents. Dans ce cas le
fournisseur et le distributeur négocient librement.
Ensuite, la seconde consiste à ce que chaque fournisseur doit communiquer son
offre à l’ensemble des distributeurs, cette conception tend à privilégier la concurrence
entre fournisseur. L’objectif de la distribution étant la commercialisation de produits
ou services auprès du consommateur, l’acte de distribution intéresse aussi le
consommateur cocontractant ou non contractant.
Mais le modèle contractuel classique fondé sur le postulat d’une égalité des
contractants a été bouleversé par l’apparition de grands distributeurs disposant de
moyens économiques et techniques considérables.
Le déséquilibre ne trouve pas toujours son origine dans la formation du contrat
mais il peut s’émerger aussi lors de son exécution par suite des bouleversements
économiques imprévisibles.
De même les effets de ce déséquilibre s’aggraveront par le fais de longue durée
du contrat et par le jeu de l’exclusivité ; donc on dira qu’en assiste à la théorie de
l’imprévision à un déséquilibre qui ne résulte pas d’un abus exercé par l’un des
contractants mais qui dérive, comme nous avons susmentionné d’un fait extérieur.
[17]
Bien entendu c’est ce refus de modification qui constitue, à note sens, un abus
d’exclusivité.
En fait la loi ainsi que la jurisprudence Marocaine procèdent à une prévalence de
la liberté contractuelle et ne font aucune place à la théorie de l’imprévision et interdit
la révision du contrat par le juge, donc la solution réside, à notre avis et puisque rien
ne s’oppose, dans l’insertion d’une révision conventionnelle. Les parties
subordonnent la révision à la réalisation d’un changement, ainsi ce qu’on appelle les
clauses d’échelle mobile ou les clauses d’indexation permettant une adaptation
automatique des obligations aux fluctuations économiques.
Les parties conviennent à l’avance que le prix d’une prestation sera en fonction
d’un ou plusieurs indices de références (prix de matière première par exemple23).
Donc il reste souvent une difficulté de mettre en œuvre qui est dû à la matière de
contrat de distribution exclusive qui reste un contre d’adhésion pré rédigé par le
fournisseur. Donc il ne reste que ces clauses soient insérées par ce dernier qui ne va
les utiliser tant que la loi ne l’oblige pas de déterminer lors de la formation du contrat.
Les rapports avec les tiers :
Le concessionnaire se trouve surpris par l’existence sur, sur le territoire de
l’exclusivité ; d’un produit dont il jouit d’un droit de le distribuer exclusivement, ce fait
n’est pas dû à un concédant qui a confié le droit à un tiers de revendre ces produit
dans le même territoire ; mais par un tiers qui importe les mêmes marchandises et
commence à les distribuer soi de mauvaise ou de bonne foi.
L’idée de savoir l’orientation de la jurisprudence marocaine ainsi que française
pour résoudre le problème, la solution qui paraît théoriquement facile mais qui est en
réalité difficile notamment lorsqu’il s’agit d’harmoniser le droit des contrats et le droit
de la concurrence, l’opposabilité du contrat et la liberté de la concurrence.
23
Omar Azziman, droit civil droit des obligations et contrats, édition le fennec, 1995, p 142.
[18]
Indirectement l’ensemble de ces décisions consacrent la validité du contrat
attribuant une protection territoriale des membres de réseau. Si le concessionnaire
engage sa responsabilité, ce qu’il n’est pas libre de concurrencer les autres.
C’est bien ce que postule la notion de protection territoriale absolue. Ces solutions
ne sont pas conformes au droit de la concurrence.
Sans doute et ce pour cette raison qu’elles ont connu un infléchissement notable
dans les relations que les parties au contrat de distribution exclusive peuvent
entretenir avec les tiers.
Jusqu’à une époque récente, la jurisprudence française24 que le fait pour un tiers
de méconnaître, en connaissance de cause une convention d’exclusivité constituait
un acte de concurrence déloyale de nature à engager sa responsabilité 25.
La règle qui veut le contrat, en tant, que fait, soit opposable aux tiers, justifiait la
solution. Si le contrat ne faire naître l’obligation à la charge des tiers, ils n’ont reste
pas moins que ces derniers, dès qu’ils ont connaissance de contrat, doivent le
respecter et tenir pour acquis les droits qui en sont résulté pour les parties.
La jurisprudence Marocaine demeure classique, d’après certaines, décisions, a
une orientation des juges vers une prévalence de droit contractuel sur le droit de la
concurrence.
En effet, dans un litige entre une société concessionnaire qui a demandé au tribunal
de commerce de Tanger d’interdire une tiers société de distribuer le produit dont elle
conserve le droit de distribuer exclusivement au Maroc, et de saisir les stocks qui
restent, la chose qui n’était pas obtenu par ce tribunal qui a rejeté la demande, ce
concessionnaire estimait qu’il était lésé, il a interjeté appel devant la cour d’appel de
commerce de Fès qui a annulé le jugement, et affirmé que si le tribunal constate,
d’après les pièces de dossier, l’existence d’un droit de distribution exclusive au
Maroc, tout comportement d’une tierce société autre le concessionnaire est
considéré comme un acte de concurrence déloyale et suppose de priver la tierce
24
[Link], 21 février 1978, Bull, civ, N° 73.
25
Collart Dulliteu et Philippe delebeque, << contrats civils et commerciaux >>, Dalloz, 5ème édition, 2000, p854.
[19]
société qui distribue sans autorisation ni acte toute sort de protection et il faut arrêter
la distribution et la commercialisation de ces produits objet de l’exclusivité. 26
Donc le principe de la liberté de commerce ne signifie pas que toute personne a
le droit de distribuer un produit qui a une marque déjà confie le distributeur de la
distribuer exclusivement par autorisation de la société propriétaire de la marque.
La même dans un autre arrêt émanant de la cour d’appel de commerce de
Casablanca qui a affirmé que la société qui bénéficie d’un contrat de distribution
exclusive de produits d’une marque étrangère sur le territoire national est fondée à
solliciter du juge des référés la suspension de la vente des produits importées par la
défenderesse dans ces conditions.
L’importation ayant été établie par constat d’huissier, le juge des référés peut au
vue de l’apparence des pièces produites accorder la protection provisoire à la partie
lésée, le Président de tribunal de Commerce même en cas de contestation sérieuse,
a le droit de donner toutes mesures conservatoires ou remise en état pour prévenir
un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite.
D’après ces arrêts et d’autres on constate que la protection territoriale du
distributeur exclusif est largement fragile et souffre à chaque fois, d’une éviction par
un tiers qui commercialise les mêmes produits dont il croyait qu’il jouit d’une
exclusivité de distribution ; en revanche la jurisprudence se trouve entre le marteau
de du principe de liberté de commerce et de concurrence et l’enclume de
l’opposabilité de droit contractuel, ainsi que les solutions fournies par les juges lors
de ces litiges répétés sont assez modestes et loin de trancher ces litiges
définitivement .
Il nous semble que la solution doit être préventive c'est-à-dire avant la
survenance du litige par le renforcement de l’obligation précontractuel d’information
qui permet au distributeur d’avoir une idée sur l’étendue du réseau et la surface sur
laquelle le produit se commercialise, et après avoir ces informations, le distributeur
sache auparavant la possibilité de la survenance d’une certaine éviction, et donc il
conservera le choix d’avancer en dépit de ces risques et d’abstenir.
26
Arrêt N° 1225 ; revue des arrêts émanant de CACF, N°9 2006
[20]
En outre, en ce qui concerne son renouvellement et sa résiliation, il convient de
souligner que la durée du contrat de distribution exclusif est fixée par les parties, si
elle ne dépasse pas le plafond décennal.
S’il est fait pour une durée déterminée, ce type de contrat ne peut être
unilatéralement résilié pendant qu’il est en cours, sauf faute caractérisée du
fournisseur, ou clause du contrat, ce qui n’est que le droit commun.
Toutefois, des décisions admettent que le contrat de distribution exclusif peut être
provisoirement suspendu.
Puis, lorsque la durée est écoulée, le distributeur peut ne pas le renouveler, sans
être tenu de verser une indemnité, ni à avoir à tenir compte des investissements, ni à
motiver sa décision27.
Enfin, lorsque le contrat est à durée indéterminée, chacune des parties,
notamment le distributeur, peut le résilier à tout moment en respectant un délai de
préavis raisonnable si le fournisseur n’a pas commis de faute, sans avoir à donner de
motifs ni à payer d’indemnités. En outre, le juge ne saurait le condamner à
poursuivre le contrat contre son gré. Il en résulte ainsi la nécessité d’un dispositif
juridique «droit du consommateur» qui vise à assurer au consommateur une
protection supérieure à celle apportée à tout contractant par le droit commun des
contrats et obligations. C’est dans cette mouvance que des accords de
spécialisations ont été mis en place afin de donner un cadre légal à ce type de
contrats, ainsi que le développement d’un certain « droit de la concurrence », pour
protéger l’ensemble des consommateurs, qui fait l’objet de notre seconde partie.
L'absence de droit au renouvellement et l’indemnité de clientèle :
Que le contrat de distribution exclusif soit renouvelable par tacite reconduction ou
non, la jurisprudence, se fondant sur l'indépendance respective des parties, se
refuse à reconnaître au distributeur un droit au renouvellement du contrat à l'arrivée
du terme ou à une quelconque indemnité de clientèle. Le refus du renouvellement n'a
27
- LahsenLouchachi, « Droit de la concurrence et circuits de distribution au Maroc »,
publications de la Remald n°43, 1ère édition, 2003.
[21]
pas à être motivé.Toutefois, le fournisseur engage sa responsabilité en cas d'abus
dans l'exercice de ce droit.
La sanction de l'abus commis par le fournisseur sera la condamnation au
versement de dommages et intérêts destinés à réparer le préjudice causé. La preuve
de l'abus de droit incombe au distributeur, victime du non-renouvellement du contrat.
CHAPITRE 2: La Pratique du contrat de distribution exclusive :
Pratiquement parlants, nous allons mettre d’abord la lumière sur les modalités de
distribution, pour ensuite analyser le contrôle sur ces contrats.
Section 1 : Les Modalités De Distribution :
Le contrat de distribution exclusive se distingue à travers différents modes ; le
contrat de d’approvisionnement et de fournitures et de la franchise.
Sous-Section 1: Contrats d’approvisionnements et de fournitures :
Le contrat d’approvisionnement est la convention par laquelle un distributeur
indépendant s’engage à ne s’approvisionner en produits contractuels qu’auprès de
son fournisseur ou d’une entreprise indiquée par celui-ci. Autrement dit c’est une
convention d’achat exclusif28.
Dans l’approvisionnement exclusif, l’obligation caractéristique pèse sur le
distributeur. Il s’engage à ne pas s’approvisionner auprès d’un autre fournisseur, il se
trouve le plus souvent sous la dépendance d’un fournisseur à qui il est lié par un
contrat de longue durée. Le fabricant peut être tenté d’abuser de sa position, mais la
loi et la jurisprudence s’efforcent de limiter les abus possibles.
28Jean-Bernard Blaise, « Droit des Affaires », 3ème édition, LGJD, 2002, p. 559.
[22]
En effet, on distingue entre l’exclusivité d’approvisionnement et la clause de non-
concurrence ; Alors dans l’exclusivité d’approvisionnement, le revendeur ne s’interdit
pas de revendre des produits concurrents de ceux de son fournisseur. Il s’engage
seulement à ne s’approvisionner en produits de la marque du fournisseur qu’auprès
de celui-ci et non auprès des autres membres du réseau.
Cependant, dans la non-concurrence, le vendeur est libre de s’approvisionner
auprès de qui il le désire, mais il renonce à commercialiser des produits concurrents.
Dans la pratique, cœur de notre partie, les contrats associent souvent les deux
engagements29.
Ainsi, cette exclusivité d’approvisionnement se rencontre dans deux sortes de
conventions, qui sont le contrat d’achat exclusif et le contrat d’exclusivité
d’approvisionnement.
En effet Le contrat d’achat exclusif est aussi appelé contrat de bière30. On le
rencontre aussi dans la distribution des hydrocarbures, où il prend le nom de contrat
de station-service31.
L’obligation d’achat exclusif constitue alors l’obligation essentielle et caractéristique
du contrat, où le fournisseur n’est tenu d’aucune autre obligation que celle, expresse
ou implicite, d’approvisionner le distributeur.
De même, Le contrat d’exclusivité d’approvisionnement est caractérisé par la durée
de la clause d’exclusivité d’approvisionnement, limitée à 10 ans par la loi du 14
octobre 1943, mais modifié par la jurisprudence quand elle dépasse les 10 ans32.
L’autre caractéristique de ce contrat est la détermination du prix, où à l’origine le
prix n’était pas fixé dans le contrat-cadre mais calculé à chaque commande par
référence au tarif général du fournisseur. Ceci a été modifié par la suite par la
jurisprudence française dès 1995, qui a fixé que lorsqu’une convention prévoit la
conclusion de contrats ultérieurs, l’indétermination du prix de ces contrats dans la
convention initiale n’affecte pas la validité de celle-ci.
29Marie Malaurie-Vignal, « Droit de la distribution », Sirey, 2006.
30En raison de sa fréquence dans la distribution des boissons.
[Link], « La distribution intégrée » n° 15, Rev. Trim. De Droit Com., 1980, p.488.
32
Arrêt de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation Française du 1er décembre 1981, Bull. IV, n°423.
[23]
Mais en pratique, c’est évidemment dans le cas de l’exclusivité
d’approvisionnement que l’abus se rencontrera le plus souvent en raison de la
dépendance du distributeur à l’égard du fabricant que crée cette exclusivité 33.
Toutefois, l’exclusivité de fournitures conduite le fournisseur à ne vendre les
produits qu’à un ou plusieurs distributeurs. Cette exclusivité est parfois imposée à un
fournisseur en état de faiblesse, comme dans les contrats d’intégration agricole34.
En effet, l’exclusivité de fourniture est généralement convenue par le fournisseur
dans le but de choisir ses distributeurs et donc de mieux contrôler la
commercialisation de ses produits35.
Sous-Section 2 : Les contrats de franchise :
Tout d’abord, le contrat de franchise peut être défini comme un accord par lequel
une entreprise, le franchiseur, accorde à une autre, le franchisé, en échange d’une
compensation financière directe ou indirecte, le droit d’exploiter une franchise dans le
but commercialiser des types de produits36.
Ainsi, la franchise est un ensemble de droits de propriété intellectuelle portant sur
des marques, un nom commercial ou une enseigne, des dessins ou modèles, ou
encore un savoir-faire, destinés à être exploités pour la revente de produits ou la
prestation de services à des utilisateurs finals. Dans la pratique, on distingue la
franchise de fabrication de services et de distribution.
En effet, Le contrat de franchise fait apparaître trois traits essentiels, qui sont :
- La transmission d’éléments incorporels, notamment une licence de marque ou de
nom commercial et une communication de savoir-faire
- Une redevance périodique versée par le franchisé : il paie pour entrer et demeurer
dans le réseau. C’est la rémunération de la jouissance des droits de propriété
intellectuelle qui lui est consentie.
33
Arrêt de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation Française du 15 janvier 2002, [Link] IV, n°236.
34
Ce type d’accord ne fait l’objet d’aucune rémunération, il convient d’obligations de faire réciproques : G.
Martin, « Les contrats d’intégration agricole », RTD Com, 1974, p.1.
35
Thèse de [Link], « Le contrat de fourniture », Montpellier, 1970.
36
Yves Marot, « Le droit de la franchise », éd. Activa / Gualino, 2003.
[24]
- Le but de revendre des produits, qui sont fournis ou non par le franchiseur.
A côté de ces traits essentiels, les contrats de franchise peuvent comporter des
clauses complémentaires, qui se retrouvent dans d’autres types de contrats de
distribution exclusive.
Ainsi, le système repose le plus souvent sur une sélection des franchisés, selon des
critères professionnels objectifs, qui entraînent certaines obligations pour les
franchisés.
De ce fait, on rencontre, selon les cas, des clauses d’exclusivité territoriale au profit
du franchisé qui se trouve alors dans la situation d’un concessionnaire de vente, des
clauses d’exclusivité d’approvisionnement et de non-concurrence, des clauses de
performance, obligeant le franchisé à réaliser un certain chiffre d’affaire.
Au Maroc, la première franchise installée au Maroc remonte à 1962, quand la
société SCAL a importé le concept américain Avis. Une année plus tard, ce fut au
tour d’Hertz de s'implanter. 16 ans après, c'est la franchise française Europcar qui
fait son entrée dans le marché marocain. En 1981, Pigier, école d'initiation à
l'informatique, s'installe pour mettre sur pied le réseau le plus important en nombre
d'unités.
A partir des années 90, le taux de croissance de la franchise a changé de rythme
pour atteindre en moyenne six créations par an. Selon une étude menée par le
ministère de l’Industrie du Commerce, 42 réseaux de franchise étaient recensés en
1997 avec 174 points de vente. En novembre 2002, l’on est passé à 120 réseaux
regroupant 540 points de vente environ, répartis à travers les grandes villes. A fin juin
2004, l’on a recensé 210 enseignes avec plus de 700 points de vente37.
37
Aujourd’hui, les ouvertures se succèdent les unes après les autres. (Restauration rapide,
prêt-à-porter, décoration-ameublement, négoce, services, grande distribution…). En 2015 en
France, plus de 1800 franchiseurs sont recensés en pour plus de 69000 points de vente ; Sara
Badi, « Franchise : le blockhaus du foncier » in L’Economiste Magazine, n°2, Juin 2008, p.
35-36.
[25]
Section 2 : le contrôle de contrat d’exclusivité :
Le contrôle des contrats d’exclusivité passe nécessairement par une
interdiction des pratiques restrictives (sous-section 1), ensuite procéder a une
protection des consommateurs contre les effets de l’exclusivité et la transparence du
marché (sous-section 2).
Sous-section 1 : interdiction des pratiques restrictives :
A travers des dispositions bien précises, la loi sur la liberté des prix et de la
concurrence 38trace le cadre juridique dans lequel les opérateurs
économiques,privés et publics, vont procéder à l’exercice de leurs activités.
L’objectif est de protéger le marché contre l’effet perturbateur d’un certain
nombre de pratiques restrictives à la concurrence. A cet égard, la loi interdit aux
vendeurs de produits er prestataires de services de :
° Refuser à un consommateur la vente d’un produit ou la prestation d’un service,
sauf motif légitime.
° Subordonner la vente d’un produit a l’achat d’une quantité imposée ou l’achat
concomitant d’un autre produit ou service ;
° Subordonner la prestation d’un service à celle d’un autre service ou à l’achat d’un
produit ;
° Vendre ou offrir à la vente des produits ou services aux consommateurs donnant
droit à titre gratuit a une prime consistant en produits, biens ou services sauf s’ils
sont identiques à ceux qui font l’objet de la vente ou de la prestation.39
De plus , la réglementation sue la concurrence a interdit aux opérateurs
économiques de pratiquer à l’égard de leurs partenaires le refus de vente, le refus de
38DAHIR N° 1-14-116 DU 2 RAMADAN 1435 (30 JUIN 2014) PORTANT PROMULGATION DE LA LOI N° 104-12
RELATIVE A LA LIBERTE DES PRIX ET DE LA CONCURRENCE ;
[Link]
39
reglementation-de-la-concurrence-tstmg_drt_08 consulté le 19/11/2018
[26]
délivrer la facture d’achat, le stockage clandestin des produits ainsi que toutes les
méthodes discriminatoires de vente.
Le but recherché par le législateur est d’éliminer toutes les manœuvres
spéculatives susceptibles de porter atteinte au fonctionnement normal du marché.40
Tout en s’inspirent de la législation française, le droit marocain en matière de
concurrence renforce les conditions d’une compétitivité saine et loyale par
l’interdiction des pratiques anticoncurrentielles quel qu’en soit l’origine dès qu’elles
ont des effets sur le fonctionnement du marché.41
Ces pratiques peuvent prendre la forme d’entendre sur les prix sur la
répartition des marchés ou par des abus de position dominante qu’occupent un ou
plusieurs opérateurs sur le marché.
Ainsi donc, on parle d’entente lorsqu’il y a actions concertées, conventions,
ententes tacites ou expresses concernant les prix. Les conditions de vente, de
répartition du marché ou encore visant à éliminer un concurrent du marché.
Toutefois, la législation prévoit des exemptions pour les pratiques et les
accords justifiés par un progrès technique dans la mesure où une partie équitable
des profits résultant de ce progrès revient au consommateur.
Ce dispositif réserve aussi un traitement spécifique à certains accords entre PME
visant l’amélioration de leur gestion ainsi qu’à certains accords entre agriculteurs
pour la commercialisation de leurs produits.
L’abus de postions dominante, qu’on a lui, concerne le refus de vente, les
ventes liées ou encore l’imposition d’un prix minimum de revente. Une seule
condition est nécessaire pour que la prohibition soit appliquée, il faudra que ces
pratiques entravent le fonctionnement normal du marché.42
Il est ainsi primordial de discuter la protection des consommateurs contre les
effets de l’exclusivité et la transparence du marché.
40Laconcurrence et les prix Par L'Economiste | Edition N° :275 Le 10/04/1997
41Lahsenlouchachi ; « droit de la concurrence et circuits de distribution au Maroc » ;
publication de la Remald n° 43 ; 1ere édition 2003
42
Lahsenlouchachi ; [Link].
[27]
Sous-section 2 : La protection des consommateurs contre les effets de
l’exclusivité et la transparence du marché :
Il est vrai que si les autorités de concurrence admettent le contrat de
distribution exclusive en dépit de ses effets, c’est par ce qu’ils ont constaté que le
consommateur sera le premier gagnant de cet accord par l’obtention d’un service
plus amélioré et répond à ses besoins , mais cet avantage n’est pas suffisant et ne
recouvre plus la totalité des intérêts des consommateurs vue que parfois les
contractants procèdent a certaines pratiques qui ont pour effet d’affecter
lasatisfaction des besoins de ses derniers ou d’en lever le prix d’achat ainsi qu’ils
peuvent traiter les partenaires d’une manière discriminatoire.
Bien entendu, lorsque le contrat de distribution exclusive ne peut être exclue
des conventions qui lient les parties pour une langue durée et s’exécute par le jeu de
passer plusieurs commandes, il était important de garantir la transparence du
marché durant cette exécution. Donc, l’idée est de s’intéresser dans cette sous-
section par la protection des consommateurs et la transparence du marché on
traitant trois points successifs, la pratique de refus de vente (A), les pratiques des
prix imposés (B), et le contrôle des conditions de vente (C).
(A) la pratique de refus de vente :
Refuser de vendre est un droit qui trouve sa justification dans le droit de propriété.
Nul ne peut être contraint de céder sa propriété sauf exception. Ce principe une
valeur contradictoire.
Cependant dans le domaine des affaires, le refus de vente apparut anormal et
même antinaturel puisque l’activité même du producteur ou du commerçant est de
vendre. Dans ce cas le refus de vente n’est pas motivé par le souci de conserver son
bien mais par d’autres motivations généralement illicites et par conséquent
discriminatoires c’est pourquoi le refus de vente peut constituer un délit pénal qui
expose le commerçant a des variables sanctions en fonction de la gravité de
l’infraction.
[28]
Mais le refus de vante ne constitue pas toujours une infraction pénale. Parfois ce
refus trouve sa justification dans l’exercice d’un réseau de distribution agrée tel qu’un
réseau de distribution exclusive.43
(B) Le contrôle des effets du prix imposé par le fournisseur à l’égard des
consommateurs :
L’exclusivité d’achat et de revendre qui s’émergent dans souvent dans les contrats
de distribution exclusive peut conduire le fournisseur à imposer au distributeur
exclusif de revendre ses produits a un tel prix. Toutefois, la pratique des prix imposés
est interdite par la loi, seuls sont autorisés les pratiques des prix conseillés. 44 En
revanche l’interdiction de ces pratiques est due principalement à la protection du
consommateur. Donc , il s’agit d’analyser cette pratique de prix pour savoir l’étendu
de l’interdiction qui est gouverné par le principe des intérêts des consommateurs en
distinguant entre deux formes à savoir, le prix minimum imposé (1), et le prix
maximum imposé (2).
(1) Le prix minimum imposé :
« Le prix minimum imposé » peut être défini comme étant des pratiques par
lesquelles un fournisseur fixe de façon contraignante le niveau minimum de prix de
revente de ses distributeurs.
(2) Le prix maximum imposé :
« Le prix maximum imposé » donne un profit au consommateur puisqu’il le protège
contre les prix excessivement élevés.
(C) Le contrôle des circonstances de la vente :
Le fournisseur vend pour le distributeur exclusif et ce dernier vend à son tour pour
les clients, ces opération sont gouvernées par certaines dispositions ayant pour but
de réserver une véritable protection pour les consommateurs par le service d’après-
vente, ensuite pour préserver la transparence du marché par le jeu de la facture
entre le fournisseur et le distributeur exclusif. De même concernant la délivrance de
la facture à ce dernier, le droit de la concurrence avait instauré le principe de la
43
François COLLART dutilleul et Philippe Delebecque , contrats commerciaux , 5eme édition Dalloz ; P850.
44
Michel Menjucq , le droit des affaires , Gualino , 2000, P147
[29]
délivrance de la facture. En effet, tout achat de produit ou toute prestation de service
pour une activité professionnelle doivent faire l’objet d’une facturation.45
De même , tout achat de bien ou toute prestation de service entre professionnels
doit faire l’objet d’une facturation , le fournisseur est tenu de délivrer la facture dès
qu’il répond à la commande de distribution exclusif , c’est-à-dire dès la réalisation de
la vente.
45
Jean Bernard Blaise, droit des affaires ; P489
[30]
CONCLUSION :
Les contrats de distribution exclusive sont couramment utilisés dans la mise en
marché des produits.
Des doutes et des critiques ont été, pourtant, soulevés relativement à leur
validité au regard du droit de la concurrence. Ces ententes et les pratiques qui en
découlent paraissent, à première vue, anticoncurrentielles.
Le propos de cette étude est d’examiner dans quelle mesure les contrats de
distribution exclusive peuvent, en fait, stimuler la concurrence et de montrer, en
conséquence, qu’ils devraient être considérés licites eu égard au droit de la
concurrence.
Nous trouvons, d’une part, que les pratiques exclusives sont suspectes vu
qu’elles réduisent la liberté contractuelle du producteur et du distributeur. Cette
restriction est susceptible d’entraver la concurrence à cause du pouvoir de marché
qu’elle crée et elle peut, de ce fait, engendrer le monopole. La Loi sur la concurrence
interdit de tels agissements.
Les contrats de distribution exclusive peuvent, d’autre part, favoriser
réellement la concurrence. Ils constituent un instrument stratégique utilisé par les
entrepreneurs dans leur lutte pour accroître leur part de marché. La distribution
exclusive, en portant les acteurs commerciaux à chercher les meilleures stratégies,
renforce la concurrence. Celle-ci doit être entendue non seulement comme une
constante rivalité entre toutes les entreprises, mais elle doit aussi inclure la
coopération entre certaines entreprises en vue de mieux concurrencer d’autres à un
niveau plus général.
[31]
Liste des références :
Les ouvrages :
Juris-Classeur Commercial « contrats de distribution », Fascicule 303, édition
LexisNexis, 2005.
Marie Malaurie-Vignal, « Droit de la distribution », Sirey, 2006
François COLLART dutilleul et Philippe Delebecque , contrats commerciaux ,
5eme édition Dalloz
Yves Marot, « Le droit de la franchise », éd. Activa / Gualino, 2003
Jacques Mestre, Jean Christophe Roda, Les principales clauses des contrats
d’affaires, lextenso éditions
Jean Marc Mousseron, Technique Contractuelle, 5ème édition
P. Didier, « Brèves notes sur le contrat-organisation », Mélange Terré, Dalloz,
PUF, Édition du Jurisclasseur, 1999
Yves Guyon, « Droit des Affaires, Tome 1 : Droit Commercial Général et
Sociétés », 12ème édition, Economica, 1er août 2003.
Lahsenlouchachi ; « droit de la concurrence et circuits de distribution au
Maroc » ; publication de la Remald n° 43 ; 1ere édition 2003
La concurrence et les prix Par L'Economiste | Edition N° :275 Le
10/04/1997
B ; Buisson ; Etude sur le contrat de concession commerciale ; édition 1968
Jean-Bernard Blaise, « Droit des Affaires », 3ème édition, LGJD, 2002
La jurisprudence :
Arrêt N°1137, arrêt de CAC DE FES, N°11,2008
Arrêt du 10 février 1998 de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation
Française, [Link] IV, n°167.
Arrêt de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation Française du 2
mars 1974, [Link] IV, n° 106
Arrêt N° 1225 ; revue des arrêts émanant de CACF, N°9 2006
Arrêt de la Chambre Commerciale de la Cour de Cassation Française du 1er
décembre 1981, Bull. IV, n°423.
CAC de Fès ;N°1156 ; Le 17-7-2008 ; Revue des arrêts émanant de la cour
d’appel de commerce de Fès ; N°12 ; 2009.
[32]
Les textes législatifs :
de la loi 104-12 relative à la liberté des prix et de la concurrence ;
Webographie :
[Link]
de-la-concurrence-tstmg_drt_08
[Link]
[Link]
[33]