Argumenter, délibérer, convaincre, persuader
I) Lexique
L’argumentation est une forme de discours qui vise à obtenir l’adhésion d’un destinataire à une thèse
que l’on soutient.
Une thèse est un point de vue que l’on tient pour vrai (ou que l’on veut faire passer comme tel) et qui
constitue l’idée directive d’un discours argumentatif.
Justifier son point de vue c’est le développer en l’expliquant et en prouvant sa validité par des
arguments, des exemples, des raisonnements.
Réfuter un point de vue c’est repousser un argument ou une thèse en prouvant qu’ils ne sont pas
valides.
Un argument est une idée qui confirme la thèse et qui devient donc une « preuve ».
L’exemple peut être illustratif ou servir d’argument en lui-même.
Démontrer c’est une démarche scientifique logique qui vise à prouver la vérité d’une hypothèse. LA
démonstration opère par un raisonnement déductif et des preuves indiscutables, comme en
mathématiques. La vérité qu’elle met à jour est absolue et universelle.
Convaincre c’est vouloir obtenir l’adhésion du destinataire de manière rationnelle, en faisant appel à
la raison, à la réflexion, au savoir.
Persuader c’est chercher à obtenir une adhésion plus spontanée, moins réfléchie, plus affective du
destinataire en jouant sur les sentiments, les références communes, l’implicite.
L’implicite c’est ce qui n’est pas exprimé dans un discours mais se trouve suggéré. Quand on
argumente, on peut choisir de tout exprimer clairement ou préférer sous-entendre certains points que
le destinataire rétablira lui-même.
La délibération est la forme la plus aboutie de l’argumentation : en confrontant plusieurs points de
vue on dégage une thèse définitive. La délibération, qui suppose l’examen objectif des divers points
de vue même s’ils sont opposés, permet de se forger sereinement un jugement personnel.
La concession c‘est reconnaitre qu’une partie de la thèse ou des arguments adverse est valide. La
concession est suivie d’une réfutation forte du reste de la thèse adverse. Elle peut être introduite par
des adverbes tels que « certes », « il est vrai que ». La réfutation est introduite par « mais ».
L’ironie c’est feindre l’ignorance pour faire ressortir l’ignorance réelle de ses interlocuteurs. Elle
consiste à se moquer de quelqu’un ou de quelque chose en disant le contraire de ce qu’on veut faire
entendre. Le locuteur peut ironiser en exagérant les propos, en jouant sur la contradiction, en imitant
la logique alors qu’il tient un discours absurde…
La problématique est une ou plusieurs questions que l’on se pose sur un sujet. Elle va servir de fil
conducteur aux devoirs. On répond à la problématique en conclusion et tout notre texte doit servir à
donner des arguments pour répondre à cette problématique.
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II) Les différents types d’arguments
-Les arguments qui s’appuient sur des faits (c’est-à-dire sur quelque chose qui
s’est produit en un temps et en un lieu réel dont la réalité est incontestable). Ils
sont fondés sur des exemples, des statistiques, des anecdotes dont l’analyse ou
le récit rendent l’idée plus concrète.
-Les arguments qui s’appuient sur des valeurs :
L’argument d’autorité : justifie une affirmation en se fondant sur
la valeur de son auteur ou sur la valeur qu’on lui reconnait
unanimement (citation d’un auteur célèbre, référence à la
théorie d’un grand penseur, proverbe…)
L’argument ad hominem : c’est l’inverse de l’argument
d’autorité, c’est-à-dire que l’on réfute une affirmation en la
rattachant à quelqu’un d’odieux, en exprimant clairement les
insuffisances de cet auteur (discours polémique : ex : c’est ce que
disait Hitler).
L’argument a contrario : Très proche du précédent, il indique ce
qu’il faut se garder de faire ou de penser en rappelant que les
conséquences en furent, par le passé, catastrophiques (ex :
voyez ce qu’a fait X, les conséquences ont été calamiteuses).
-Les arguments par analogie : ils prouvent une vérité par rapport à sa
ressemblance avec une autre.
-Les arguments logiques : ils ont recours à la démonstration pour justifier une
thèse, soit par l’analyse des causes, soit par celle des conséquences.
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III) Les principaux modes de raisonnement que peut suivre le discours
argumentatif
-Le raisonnement déductif : Il part d’une hypothèse pour en déduire les conséquences dans un
domaine particulier.
-Le raisonnement inductif : Il part de l’observation d’un cas particulier ou d’un fait pour en établir la
cause générale ou pour aboutir à une vérité générale.
-Le raisonnement par analogie : Il rapproche deux domaines particuliers dont l’un est familier au
destinataire, pour montrer qu’ils sont du même ordre. De là le locuteur établit la validité de la thèse
qu’il soutient.
-Le raisonnement par l’absurde : Il consiste à montrer qu’une thèse est fausse parce que, si on
l’admettait, ses conséquences seraient absurdes.
-Le raisonnement causal : Il établit des liens de cause à effet entre différentes idées ou différents faits.
L’effet pouvant à son tour devenir une cause.
-Le raisonnement concessif : Il consiste à donner raison, dans un premier temps et partiellement, à la
thèse adverse pour, dans un deuxième temps, la rejeter pour sa part essentielle.
IV) Analyser le fonctionnement d’un texte argumentatif
-Le paratexte permet de repérer l’auteur, le type d’ouvrage d’où est extrait le texte, l’époque à laquelle
il a été publié. Cette première prise de contact avec le contexte met souvent sur la voie de certaines
fonctions, de certains enjeux du texte.
-L’analyse de l’énonciation est indispensable pour savoir : qui argumente (observation des pronoms
personnels), quelle position adopte le locuteur par rapport à ce qu’il énonce (est-il fortement impliqué,
exprime-t-il des certitudes, des doutes, un rejet, des jugements de valeur (pour cela il faut repérer les
termes modalisateurs, les connotations mélioratives ou péjoratives, les temps et mes modes verbaux,
les modalités interrogatives, exclamatives, négatives, interro-négatives)).
-A qui s’adresse le locuteur ? : comment est désigné le destinataire (pronoms personnels), cherche-t-
on à mobiliser son attention (questions rhétoriques).
-Qui est l’adversaire et comment est-il désigné ? : pronoms personnels, utilisation du « on »,
connotations péjoratives.
-Repérer les champs lexicaux permet de déterminer les thèmes dominants et d’analyser la progression
thématique.
-Repérer les procédés de rhétorique : métaphores, figures d’insistance… qui permettent de souligner
les moments forts du discours et d’en éclairer le sens.
-Observer la structure des paragraphes, des connecteurs logiques renseigne sur l’agencement des
idées à l’intérieur d’un texte ou d’un paragraphe.
-Analyser l’implicite
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V) Les relations logiques permettant d’organiser les arguments et les
exemples d’un discours argumentatif
-La relation de cause : on recherche l’origine, l’explication d’un fait ou d’une opinion.
-La relation de conséquence : on énonce le résultat, l’aboutissement d’un fait ou d’une opinion.
-La relation d’analogie : elle permet d’établir un rapprochement, une ressemblance.
-La relation d’opposition : elle souligne une différence fondamentale.
-La relation d’addition : elle permet d’ajouter un argument ou un exemple à ceux qui ont été
précédemment exprimés.
-La relation d’alternative : elle propose plusieurs choix équivalents.
-La relation de concession : elle permet d’admettre le bien-fondé d’une objection tout en maintenant
sa propre opinion.
VI) Les différentes manières d’exprimer les relations logiques
Elles peuvent être implicites, mais souvent explicites grâce à des connecteurs, des verbes, des
expressions :
-Pour la cause : parce que, puisque, car, en effet, résulter de, découler de, dépendre de…
-Pour la conséquence : donc, c’est pourquoi, par conséquent, aussi, ainsi, dès lors, si (bien)…que,
impliquer, entrainer, causer…
-Pour l’analogie : de même, comme, ainsi que…
-Pour l’opposition : mais, au contraire, en revanche, cependant, néanmoins, pourtant, s’opposer à,
contredire…
-Pour l’addition : et, aussi, de plus, d’autre part, en outre, par ailleurs, non seulement… mais encore,
enfin s’ajouter à, ajouter que…
-Pour l’alternative : soit.. soit, tantôt… tantôt, ou…ou.
-Pour la concession : certes, s’il est vrai que, bien que, quoique, j’admets que // mais, cependant,
toutefois…