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La Question Du Langage Chez Platon

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Natalie DEPRAZ Université d’Istanbul : LA QUESTION DU LANGAGE OHEZ PLA'TON : ‘Une Piste Pour Linguistes ... Et Podtes Pourquoi consacrer une étude & la question du langage ches Platon dans une publication qui couvre avant tout le champ de la science du langage (Dil-bilim est le correspondant de Sprachwiss- enschaft), c’est-A-dire qui s'intéresse au Jangage comme 4 un objet scientifique, requerant une méthode scientifique pour l’appréhen- der? Que vient donc nous apprendre de nouveau sur cet objet une approche strictement philosophique, objet que les linguistes reven- diquent, comme le lour propre depuis F. de Saussure? Bref, en quoi Platon, et en Voecurence le dialogue Cratyle, dans sa problémati- que propre, peut-il nous aider & saisir avee plus dacuité le sens de la linguistique saussurienne et post-saussurienne, ainsi que l’enjeu de certaine pratique poétique ‘contemporaine? Le Cratyle s'offre comme le premier grand texte philosophi- que (le premier grand texte tout court, ni la science, ni la discipline linguistique proprement dite n'ayant & cette époque vu le jour), qui traite du langage comme d’une question ayant Ia dignité de la vertu (Ménon), du beau (Philébe) ou ‘bien encore de l’8tre (So- phiste), e’est-a-dire dont ii vaille la peine de rechercher l’essence. A ce titre, le dialogue est inaugural. I constitue le principe d'une tra- dition, qui a pour tache premiére de se situer par rapport 4 lui. T On peut, en premiére approximation, cerner le probléme du lan- gage chez Platon selon trois axes thématiques qui reeélent quelque convergence : 104 En premier lieu, le rapport de Péerit & Voral dans le discours. Le Phédre, en son moment terminal, dresse un réquisitoire contro Je discours écrit, qui provaque l’oubli et la paresse de l’esprit, tan- dis que le discours oral, non consigné, développe la mémoire, et, par la, la vivacité d’esprit, permettant en outre a la réminiscenee de se déployer, réminiscence qui est selon Platon le mode décisif de con- naissance: «connaitre, c'est se ressouvenirs, affirme Socrate en mainis dialogues, Cette- critique de‘ l’écriture apparait non seulo- ment gnoséologique, mais aussi polémique, en’ ecci que les tenants des discours consignés sont représentés par les Sophistes, qui pré- conisent par conséquent un mode dapprentissage rigide fondé sur la répétition des textes écrits, alors que Socrate recommande lui Ie développement de l’esprit critique et. de la réflexion. Le second axe concerne le rapport de la pensée et du langage. La position de Platon quant A la question de Vexistence ou non dune antériorité entre pensée et langage est on ne peut plus nette: sa thése est que la «pensée> est antérieure (logiquement, tout au moins) & sa mise en mots, thése innéiste avant la lettre, que Yon trouve expossée notamment dans le Thédtéte (189¢-190a), ott il est fait mention d’un entretien de l’Ame avec elle-méme précédant toute parole : : «Cette image que je me fais de l’Ame en train de penser, n’est rien due celle d'un entretien, dans lequel elle se pose des questions & elle-méme et se fait & elle-méme des réponses, soit qu’elle affirme, ou qu’au contraire elle nie. '(...) Par suite, j’appelle cela : . Cette thése d’une antérorité de la pensée sur Je langage sera encore ‘elie des Classiques (Descartes, Racine aussi, qui dans la préface de Bérénice, s’exprime ainsi: «Ma piéce est préte, je wai plus qu’a écrire>), avant d’étre soumise A une critique virulente par Hegel (dont le mot d’ordre se résume ainsi: il n’y a pas d’inef- fable), ou encore Par M. Merleau-Ponty au XXe siécle. Le troiséme axe enfin, touche & la relation des mots & la réali- té. La question qui vient immédiatement 4 esprit ici est celle de 105 savoir de quelle véalité il s’agit: quel est ce réel avec lequel les mots entretiennent un rapport? S’agit-il de la réalité des choses (ce que la linguistique moderne depuis B. Benvéniste a exhibé comme étant le «référent», ce tiers - terme que F. de Saussure avait occulté dans son anlyse du signe), ou bien de la réalité des «re- présentations» (ce que Platon nomme lui les édées, le terme de re- présentation supposant un sujet qui se représente, réflexivité qui n’é- merge gu’avec Descartes) ? La question qui se pose alors d’emblée comme un critére possi- ple de réponse A la premitre, est celle-ci: quelle réalité détient, dans Véconomie de la Philosophie platonicienne, le plus de valeur, au- trement dit, est la plus «réclle», c'est-d-dire enfin, & quelle réalité confére-t-on le plus @’étre? Est bien entendn sous-jacent ici le pré- supposé dune éguivalenee entre le récl, 1a valeur et Pétre. Crest de la réponse 4 cette question que dépend le type de réa- lité avec laquelle les mots sont chez Platon en rapport. Or, on sait que Ja pensée platonicienne repose sur une séparation (chorismds ) du sensible ct de Vintelligible, séparation qui est aussi hiérarchie. Ainsi, le sensible est dégradé et ravalé au rang d’apparence (phains- menon), de fantéme> (phantasma) englué dans le devenir, tandis que l'intelligible est relevé comme régne de la permanence et de Yétre. Partant, il semble que la seule réalité avec laquelle les mots puissent entretenir un rapport dans ce contexte soit la réalité des idées (eidé), oui sont des formes auxquelles est conféré un maxi- mum dtre. Ainsi, ce qui est interrogé, c’est le rapport de Vidée a sa dénomination,le présupposé étant que ce rapport est d’autant plus correet/droit/juste (orthos) que V’idée ct le mot qui l'exprime (ou bien Pétre et le discours relatif & l’étre) sont de méme nature. La question étant: qu’est-ce qui a le plus d’étre, du mot ou de Vidéo, il s’agit bien effectivement d’une question sur l’étre. Le mot étant par ailleurs compris par Platon comme un assemblage de sons, Cest-A-dire de En effet, sous lapparence d'un accord entre Socrate et Cra- tyle, s’immisce 4 mon sens une confusion qui est source d’un désac- cord peut-étre plus gfave que celui qui alimente le débat avec Her- mogéne. L’apparence d’accord repose sur Vutilisation commune du terme «nature». La confusion qui se glisse sous cet accord résuite de, Pidentification dans le méme mot, de deux sens différents de «nature». Gratyle, de fait, soutient la thése de la ressemblance (tiuimésis) naturelle des mots et des choses, thése que Socrate semble accré- diter dans son opposition 2, Hermogéne: aCratyle dit vrai, quand il dit que c'est de nature que les noms appartiennent aux choses> (385) (nous soulignons). ‘fy semble ainsi entériner Ja thése du cratylisme qui veut que les sons: -véhiculent naturellement un sens, en accumulant par exemple Jes étymologies signifiantes pat elles-mémes, ou instaurant un mimétisme du son et du sens: réin signifie , entre les deux faces d’une méme réalité : le signe, Par convention, Hermogéne entend certes un rapport extrinséque, libre, immotivé méme, mais il s’agit selon Iui, non d’un rapport ‘entre les deux’ fa- ces dune réalité identique, mais d’un rapport entre deur réalités, Je mot d’une part, qui correspond tout entier 4 ce'que Saussure appelle di le signe, la chose sensible d’autre part, qui selon ce dernier ne rentre pas dans la définition du signe. Ainsi, il y a bien identité du rapport (conventionnel ou arbi- traire), mais les réalités qui constituent les termes du rapport sont hétérogénes les unes aux autres. Il y a done une analogie stricte entre la thése d’Hermogéne ct la conception de Saussure, analogie qui implique nécessairement «une relectures, c’est-a-dire un proces- sus de «transformation» et de «déplacement» d’un texte 4 l'autre. Cette définition du rapport entre Hermogéne et Saussure comme rapport analogique serait & référer 4 la définition kantienne de Vanalogie dans les Prolégoménes @ toute métaphysique future qui ° pourra se présenter comme science (1785), §58, qui «signifie non pas, comme on l’entend communément, une ressemblance imparfaite entre deux choses, mais une ressemblance parfaite des rapports entre des choses tout 4 fait dissemblables» (Pléaide, t Il, p 142), ainsi qu’A Vinterprétation qu’en fournit F. Marty dans son livre La naissance de la métaphysique chez Kant, une étude sur ta notion kantienne d’analogie (1980). Cc Ou chercher dés lors un rapport plus aigu entre la linguistique saussurienne et le texte du Cratyle? Comment comprendre exactement la filiation entre la thése de Socrate, en sa spécifité, et ja position saussurienne? Soerate comme Saussure parlent d’un rapport interne A une scule réalité:le signe chez Saussure, le nom pour Socrate. Tous deux s’intéressent done, malgré quelques flottements dans le texte saussurien (notamment cette phrase issue du Cours de linguisti- que générale, p. 101, ob il affirme que le raport est arbitraire parce que le signe n’a avec le signifié «aucune attache dans ta réallité>), non pas au référent comme & une chose extérieure, ce qui pour Hermogéne représente bien un des termes du rapport, mais & Var- ticulation interne d’un seul objet:le mot (signe ou nom). Socrate articule le nom et Vidée qu'il exprime, Saussure le signifiant et le concept (ou signifié). Malgré les différences de terminologie, qui signifient bien entendu une différence de problématique, on peut 112 dire que tous deux partent d’une base commune (une articulation interne), pour aboutir 4 des résultats opposés, Socrate défendant l'idée d’une communauté d’essence entre le mot et Vidée, Saussure exposant un rapport arbitraire entre sa et sédont la globalité cons- titue le signe. Pourquoi cette divergence? On peut formuler, en guise @hypothése de réponse, que, s'il y a différend, c’est parce que le premier vise téléologiquement une communauté d’essence entre une réalité strictement langagiére (le nom), et une réalité idéale (V’idée), tandis que le second prend comme seul objet d’in- vestigation la réalité purement langagiére au’est le signe. Ainsi la visée. téKologique essentialiste de Socrate tend & oceulter la réalité concréte du mot en tant que telle, réalité qui demeure .ir- rémédiablement sensible, et ne saurait de facto recéler quelque com- munauté d’essence que ce soit avec I’ , On pourrait aller jusqu’’ dire, pour nous sevir d’une distinc- tion que Saussure lui-méme a rendue opératoire, que Platon se meut ouvertement sur le terrain du symbole et non du signe, signe qui demeure d@’autant plus’ confusément apergu qu'il est obscurci sous Pessence. Pourquoi aurait-il chez Platon une authentique problé- matique du symbole? Saussure distingue précisément signe et sym- bole & partir du critére de l'arbitraire, le symbole ayant «pour ¢a- ractére de n’étre jamais tout A fait arbitraire; il n’est pas vide, il y a un rudiment de lien naturel entre Je signifiant ct le signifié. 113 Le symbole de la justice, la balance, ne pourrait pas étre remplacée Par n’importe quoi, un char par exemple. «(Cours de linguistique générale, pp. 100-101). Liessentialisme platonicien répond point pour point & cette compréhension symbolique du rapport sa/s6; dans Ja mesure ot Socrate pense exactement le mot «balance» qui dit Vidée de justice, comme étant en participation d’essence avec cette derniére, et elle seule. (République, Livre I de la justice). Platon traite la question du langage du point de vue de Ja symbo- licité, 14 ot Saussure élabore une problématique du signe propre- ment dit. Iv La réflexion aristotélicienne, qui se situe et se constitue dans un rapport critique par rapport 4 Platon, n’est-elle pas & méme danticiper de maniére plus pertinente sur la problématique saussu- rienne du signe linguistique? Aristote part du constat simple qu'il y a entre le discours et l’étre une sorte de dénivellation, Le mot n’adhére pas 4 l’étre, mais il n’est pas non plus avec Inui dans un rapport d’extériorité totale. Le mot a un statut unique parmi les autres réalités que sont objets sensibles ou significations, en ceci qu’il participe du sensible et tend néanmoins en méme temps a dire une signification intelligible. Cette ambiguité du mot, Platon l’avait bien reconnue, mais il n’en avait pas tiré toutes les conséquences, Ce qu’Aristote s’emploie & réa- liser:le mot n’est pas une réalité en soi parmi d'autres et & cété dautres réalités en soi, sa structure est bien plutét intentionnelle et sa fonction réside dans l'acte méme de signifier, Le mot est un signe qui se dépasse,-problématiquement-, vers l’étre dont il ar- ticule le sens. Dés lors, Aristote peut mettre en lumiére la nature propre du mot comme signe et récuser les théses adverses exposées dans le Cratyle, non en tentant de réaliser une synthése plus ou moins pro- che de la plénitude ontologique de V'idée, Dilbitim F. 8 114 Aristo distingue en conséquence dans le Peri Hermeneia, 1, 16a 3-7, 4 propos du langage, le rapport entre les choses et les cétats de Pame» (pathémata), expression qui recouvre aussi bien les concepts que les affections, les impressions sensibles ou les ima- ges, rapport, qui selon Aristote est naturel et qu’il nomme un rap- port de «ressemblance», et par ailleurs, le rapport entre ces «états de lame» et les sons émis par la voix ou les mots écrits, qui est conwontionnel, et qu’il qualifie de «symboliques : «Les sons émis par la voix sont les symboles des états de Yame, et les mots éerits les symboles des mots émis par la voix. Ht de méme que l’écriture n’est pas la méme chez tous Jes hommes, les mots parlés ne sont pas non plus les mémes; pourtant, ces états de lame dont ces expressions sont les signes immédiats sont identiques chez tous, comme sont identiques les choses dont ces états sont les resemblances.» Ce texte appelle plusieurs remarques: en premier lieu, ce qu’A- ristote appelle «symbolique» ne saurait étre confondu avec le sym- bole tel que V’entend Saussure et tel que nous l’appliquémes & Pla- ton. C’en est méme !’exact contraire: «symbolique» signifie pour Aristote conventionnel. C'est pourquoi, bien qu'il anticipe effecti- vement sur l’arbitraire du signe saussurien en exhibant une con- ventionnalité des états de lame et du mot prononcé ou écrit, il use dune terminologie qui serait pour Saussure tératologique. En second lieu, Aristote distingue ce qui est naturel et ce qui est conventionnel, Il considére comme naturel Je lien des choses aux états de l’Ame, alors que Ja linguistique d’E. Benvéniste exhibe au contraire V'idée d'un double arbitraire: arbitraire interne, qu’A- ristote reconnait, anticipant sur Saussure; arbitraire externe, dont Saussure ne s’était guére préoceupé, et qu’Aristote comprend au contraire comme un lien naturel, E, Benvéniste reléve en effet une contradiction dans Je texte saussurien, contradiction qui nait de Ja présupposition d’un troisiéme terme qui n’est pas inclus dans la définition du signe:ce terme est la chose méme, le référent (Pro- blémes de linguistique générale, If, p 50). E. Benvéniste pourrait adresser une critique d’un autre ordre, mais similaire, & Aristote: n’y-a-t4l pas une contradiction & soutenir @une part, lidée dun 115 arbitraire intorne au signe, d’autre part lidée d'un lien naturel entre la chose et les états de I’ame? En effet, Pidée d'une «resemblance» entre la chose extéricure je référent, et impression sensible ou Yaffection semble difficile a soutenir pour un linguiste. Mais c'est ici qu’il convient de rappeler A la mémoire un certain «empirisme» d’Aristote, qui considére en effet que les choses extéricures «s’immpriment» en lame, comparée A une surface de cire, comme par un contact naturel, par ressem- blance ou osmose sensible, et deviennent des idées aprés affaitlisse- ment de Pimpression sensible initiale. ‘A cété de cette problématique naturaliste reprise notamment par la tradition’ empiriste (Locke), Aristote constitue bien par sa conception conventionnaliste interne une anticipation plus juste de Ja linguistique saussurienne et Postsaussurienne, fondée sur l’arbi- traire du signe, que ne lest Platon, avec sa problématique essen- tiellement symibolique. Face A cette conception linguistique régie par V’arbitraire du signe, je voudrais évoquer pour contlure une résurgence de la thése eratylienne de la «rectitude originelle des dénominations», de la mimésis des mots et des choses, dans le projet poétique du craty- lisme, dont F. Ponge est l'un des représentants les plus éminents. Ce projet consiste, 3 Popposé de S, Mallarmé qui donne «l'initiative aux mots>, & prendre «parti pour les choses» (Le parti pris des choses date de 1942.), cest-A-dire & faire des choses l'unique objet de Vactivité poétique : «Les objets, les paysages, les événements (...) emportent ma convietion. Leur présence, Jeur évidence conerétes, leur épaisseur, leurs trois dimensions, leur cété palpable, indubitable jleur existen- ce dont je suis beaucoup plus certain que de la mienne propre, tout cela est ma seule raison d’étre, & proprement parler mon seul pré- texte.» (Le Grand Recusil Méthodes, 12). Mais cette fascination objectale ne conduit pas & un mysticisme qui signifierait le mutisme. Au contraire, il s'agit Peaprimer cette réalité des choses elles-mémes, telles qu’elles me sont données & voir, «La rage de l’expression» ne se sépare pas, ‘chez Ponge, de 116 Yexperience objectale A laquelle elle apporte dailleurs sa plus heu- reuse solution. Ainsi, le cratylisme pongien participe d'un double mouvement dexpression des choses elle-mémes, des choses «données en per- sonne» (selbstgegeben, selon le mot husserlien), et de donation du texte comme un objet 4 plusieurs dimensions autour on s’arréte et Yon tourne, comme autour d’un objet de la perception, une ma- tigre qui ne se donne que par esquisses (Abschattungen, Husseri toujours). Le texte pongien est un objet linguistique qui dit, répate les objets du monde. Il n’est cependant, pas question d'une «mime- sis» stricte du langage et des choses. Au contraire, le dire des choses demeure essentiellement inadéquat, et toujours en retrait par rapport & ces derniéres qui excédent l’expression langagiére. Cette idée d'une donation des choses elles-mémes dans Vexpression poétique est trés proche du projet phénoménolagique d’un Maurice Merleau-Ponty dans Le visible et Vinvisible. D’ailleurs, Sartre n’a- t-il pas salué en F, Ponge le premicr Poste «phénoménologue»? Face & une linguistique structurale et fonctionnaliste qui pose comme principe l’idée d’un arbitraire du signe hérité plus d’Aris- tote que de Platon, la poésie cratyliste, et notamment celle de F. Ponge, remettant & V’honneur la théso cratylienne, rejoint la ré- flexion philosophique contemporaine la plus aigiie sur le langage, celle de la phénoménologie. N. DEPRAZ

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