0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
262 vues23 pages

Feuilletage

Case study

Transféré par

EricTámaroLeón
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
262 vues23 pages

Feuilletage

Case study

Transféré par

EricTámaroLeón
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

10 cas

de Marketing
management sup

Claire Garcia ● Jean-Louis Martinez

10 cas
de Marketing

 C
 a s r é e l s d ’e n t r e p r i s e s
 To u s s e c t e u r s d ’ a c t i v i t é s
 C o r r i g é s d é t a i l l é s

2e é d i t i o n
Maquette de couverture : Hokus Pokus
Mise en page : Belle Page

© Dunod, 2017
11, rue Paul Bert, 92240 Malakoff
[Link]
ISBN 978-2-10-075873-9
Sommaire

Avant-pro­­pos VII

Cas 1 – Nooz 1
Comment s’implanter et fidéliser sur le marché de la presbytie ?

Cas 2 – MPO Fenêtres 35


Comment s’imposer sur le marché de la fenêtre PVC ?

Cas 3 – La Box des Chefs 59


Comment écouler les invendus des restaurants et réduire le gaspillage alimentaire ?

Cas 4 – Renault 83
Comment s’installer sur le marché du Crossover en Europe ?

Cas 5 – Séquovia 109


Comment devenir un facilitateur de développement durable ?

Cas 6 – Maltier le Malletier 137


Comment rentrer sur un marché de niche, celui du luxe d’exception ?

Cas 7 – Lacoste 185


Comment organiser une opération de sponsoring pour conquérir le marché
marocain du golf ?

Cas 8 – The Game 209


Comment échapper à l’effet mode et pérenniser l’activité ?
Sommaire

Cas 9 – Phil@Poste 231


Comment attirer le grand public vers la philatélie ?

Cas 10 – Under Armour 251


Comment s’implanter sur le marché français ?

Biblio­­gra­­phie 279

Index 285

VI
Avant-pro­­pos

L a vie des affaires amène tous les jours à prendre des déci­­sions fon­­dées sur des
élé­­ments pro­­bants qui ensuite per­­mettent, à vos col­­la­­bo­­ra­­teurs, à votre hié­­rar­­
chie, d’acter d’autres déci­­sions. Ainsi, ce pro­­ces­­sus en chaîne, cette démarche, a des
impli­­ca­­tions sur la vie d’une entre­­prise. Ces élé­­ments de l’envi­­ron­­ne­­ment sont ras­­
sem­­blés grâce à un diag­­nos­­tic.
La notion de «  diag­­nos­­tic  » revient à pro­­duire de la connais­­sance à par­­tir de
l’obser­­va­­tion de l’exis­­tant. L’ana­­lyse sys­­té­­ma­­tique des don­­nées dis­­po­­nibles per­­
met d’éla­­bo­­rer une syn­­thèse de la situa­­tion dont doit déri­­ver l’éla­­bo­­ra­­tion d’une
stra­­té­­gie et d’un plan de mar­­ke­­ting opé­­ra­­tion­­nel. Cepen­­dant, les diag­­nos­­tics per­
­ti­­nents fondés sur des fac­­teurs expli­­ca­­tifs (fac­­teurs poli­­tiques, éco­­no­­miques,
socio­­cultu­­rels, etc.) sont effec­­tués à un ins­­tant t. Ces diag­­nos­­tics sont la plu­­part
du temps la résul­­tante d’un ensemble de faits, cer­­tains ou incer­­tains, d’opi­­nions
recueillies (cha­­cune ayant une valeur cri­­ti­­quable) et/ou d’un parti pris d’ana­­lyse.
Une déci­­ sion prise dans ce contexte pourra avoir des consé­­ quences impor­ ­
tantes !
Le diag­­nos­­tic est donc un élé­­ment néces­­saire à toute stra­­té­­gie d’entre­­prise, mais
son impor­­tance doit être rela­­ti­­vi­­sée  : d’une part, les sys­­tèmes éco­­no­­miques sont
dyna­­miques et les situa­­tions peuvent chan­­ger rapi­­de­­ment (les acteurs de ces sys­­
tèmes évo­­luent conti­­nuel­­le­­ment en termes de compor­­te­­ments, besoins et attentes) ;
d’autre part, rien n’assure un exé­­cu­­tant que la solution choi­­sie ou la déci­­sion prise
sera la bonne.
La stra­­té­­gie étant un domaine par nature dyna­­mique, une situa­­tion peut être envi­­
sa­­gée de mul­­tiples manières, il n’y a donc pas de solu­­tion unique mais, le plus sou­
­vent, un grand nombre de solu­­tions pos­­sibles avec des degrés de satis­­faction et
10 cas de Marketing

d’effi­­ca­­cité divers. Ainsi, le diag­­nos­­tic est un élé­­ment (parmi d’autres) gui­­dant la


défi­­ni­­tion d’une stra­­té­­gie d’entre­­prise visant à pro­­po­­ser des actions qui, mises en
œuvre, faci­­li­­te­­ront la réso­­lu­­tion des pro­­blèmes concrets. Enfin, l’acte que consti­­tue
la prise de déci­­sion est le fruit d’une dis­­ci­­pline d’esprit fondée sur des méca­­nismes
de pen­­sée bien pré­­cis.
Dans cette optique, la méthode des cas per­­met au lec­­teur de s’entraî­­ner, d’une part,
à ana­­ly­­ser la situa­­tion et, d’autre part, à déclen­­cher des méca­­nismes de pen­­sée ren­­
dant pos­­sible les pro­­po­­si­­tions d’actions concer­­nant divers domaines du mar­­ke­­ting
qui permettent de réduire l’incertitude à laquelle sont confrontées les entreprises.
Les cas exa­­mi­­nés dans cet ouvrage per­­mettent de se trou­­ver dans la réa­­lité des
situa­­tions les plus diverses et d’apprendre à choi­­sir des actions à par­­tir des infor­­ma­
­tions concrètes dis­­po­­nibles. Un cas peut être axé par­­ti­­cu­­liè­­re­­ment sur un pro­­blème
(lié par exemple à des pro­­blé­­ma­­tiques tech­­niques, humaines, finan­­cières, mar­­ke­­ting,
concur­­ren­­tielles, conjonc­­tu­­relles…) mais celui-­ci n’est jamais vrai­­ment isolé, toute
situa­­tion don­­née dans une entre­­prise étant le résul­­tat d’un équi­­libre ou d’un dés­­équi­
­libre glo­­bal.
Dans la pra­­tique, les don­­nées d’un cas ne seront jamais complètes et suf­­fi­­santes.
De même, toutes ne seront pas néces­­saires à la réso­­lu­­tion du cas mais ser­­vi­­ront à
poser le contexte et à décrire l’envi­­ron­­ne­­ment. Ainsi, le lec­­teur est encou­­ragé à se
ren­­sei­­gner sur l’entre­­prise et le mar­­ché consi­­dé­­rés, afin de confron­­ter les don­­nées
four­­nies avec celles ras­­sem­­blées de façon à s’assu­­rer de la vali­­dité des infor­­ma­­tions.
Comme dans toute situa­­tion réelle, les sug­­ges­­tions et pro­­po­­si­­tions éla­­bo­­rées devront
tenir compte du contexte humain dans lequel l’entre­­prise évo­­lue. Ceci doit se faire
en gar­­dant à l’esprit qu’en affaires, il n’y a pas de solu­­tions idéales, il n’y a que des
solu­­tions rai­­son­­nables !
La méthode des cas, à tra­­vers des exemples de la vie réelle, vise à sus­­ci­­ter le dia­­
logue et la libre dis­­cus­­sion des par­­ti­­cipants en illus­­trant de façon réa­­liste une situa­­
tion vivante tirée de la vie des entre­­prises. La méthode des cas impose rigueur et
dis­­ci­­pline intel­­lec­­tuelles, ren­­ver­­sant les méca­­nismes sco­­laires et uni­­ver­­si­­taires.
Ainsi, alors que ceux-­ci pro­­posent une démarche par­­tant de la théo­­rie pour en faire
res­­sor­­tir les appli­­ca­­tions, les études de cas engagent les appre­­nants à consi­­dé­­rer les
don­­nées à leur dis­­po­­si­­tion, à en faire l’ana­­lyse pour les inter­­préter ensuite, et à en
déduire enfin les actions à entre­­prendre. La géné­­ra­­li­­sa­­tion de la réflexion (les liens
avec la théo­­rie) peut émer­­ger par la suite éven­­tuel­­le­­ment.
Ce moyen péda­­go­­gique pri­­vi­­lé­­gié aide les étu­­diants à se per­­fec­­tion­­ner, pour mieux
sai­­sir, ana­­ly­­ser plus vite et résoudre plus effi­­ca­­ce­­ment les pro­­blèmes que pose la
ges­­tion d’une affaire. Deux choses per­­mettent d’expli­­quer l’engoue­­ment autour de
cette méthode :
––d’une part, les connais­­sances acquises à la suite d’une recherche et d’une réflexion
per­­son­­nelle sont plus faci­­le­­ment et plus pro­­fon­­dé­­ment inté­­grées par l’appre­­nant en
compa­­rai­­son de connaissances enre­­gis­­trées pas­­si­­ve­­ment ;

VIII
Avant-pro­­pos 

–– d’autre part, l’acqui­­si­­tion et le déve­­lop­­pe­­ment des capa­­ci­­tés d’ana­­lyse d’une situa­­


tion sont bien plus impor­­tants que les connais­­sances en elles-­mêmes et que l’infor­­
ma­­tion brute (don­­nées exactes d’une situa­­tion) pour pou­­voir prendre des déci­­sions.
Or la méthode des cas per­­met pré­­ci­­sé­­ment de tra­­vailler sur ces deux axes. En
mar­­ke­­ting, matière complexe et fluide en rai­­son de la mul­­ti­­pli­­cité des fac­­teurs à
prendre en compte pour une déci­­sion, et en rai­­son de la dif­­fi­­culté de quan­­ti­­fier bon
nombre de ceux-­ci, la méthode des cas est par­­ti­­cu­­liè­­re­­ment indi­­quée  : cette
méthode, plus qu’aucune autre, fait appel au juge­­ment, à la rigueur intel­­lec­­tuelle, à
la faculté d’ana­­lyse, à la capa­­cité de déci­­der, apti­­tudes spé­­cia­­le­­ment impor­­tantes
dans ce domaine.
Cet ouvrage, compi­­la­­tion de 10 études de cas issues de domaines variés tels que
l’auto­­mo­­bile, les pro­­duits de grande consom­­ma­­tion, le sport, l’immo­­bi­­lier, les ser­­
vices aux entre­­prises, aide à comprendre les enjeux de l’ana­­lyse d’une situa­­tion qui
per­­met­­tront de mettre en exergue les élé­­ments majeurs de l’envi­­ron­­ne­­ment pour
pou­­voir par la suite déci­­der d’une stra­­té­­gie et enfin de son opérationnalisation.
L’ouvrage s’adresse à des étu­­diants de l’ensei­­gne­­ment supé­­rieur en mar­­ke­­ting et
stra­­té­­gie de tous niveaux. Les cas ont été rédi­­gés pour être à la por­­tée des débu­­tants
en mar­­ke­­ting, au moins en par­­tie, cer­­taines ques­­tions fai­­sant appel à des notions
abor­­dées en 2e, voire 3e année de mar­­ ke­­
ting. Ainsi, les étu­­ diants d’écoles de
management, d’IAE, de for­­ma­­tions courtes telles que les BTS et les DUT pour­­ront
uti­­li­­ser cet ouvrage pour s’entraî­­ner à la réso­­lu­­tion de cas, exer­­cice qui se retrouve
sou­­vent en épreuve d’exa­­men.
Chaque cha­­pitre pro­­pose d’aborder l’énoncé de l’étude de cas, repre­­nant les don­­
nées impor­­tantes per­­met­­tant d’abou­­tir à la pro­­blé­­ma­­tique à laquelle fait face l’entre­
­prise en ques­­tion. En sus de l’énoncé, des annexes four­­nissent un complé­­ment
d’infor­­ma­­tion. Une série de ques­­tions per­­met de gui­­der le lec­­teur dans la réflexion
et dans la struc­­tu­­ra­­tion de sa réponse à la pro­­blé­­ma­­tique posée. Une cor­­rec­­tion est
ensuite pro­­po­­sée : elle reprend les ques­­tions posées et four­­nit des pistes de réponses,
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.

sachant que, comme évo­­qué pré­­cé­­dem­­ment, plu­­sieurs solu­­tions sont sou­­vent envi­­
sa­­geables. Cepen­­dant, un point commun à toutes les études de cas pro­­po­­sées est que
la réso­­lu­­tion débu­­tera tou­­jours par l’ana­­lyse, d’une part, de l’envi­­ron­­ne­­ment dans
lequel évo­­lue l’entre­­prise et, d’autre part, des compé­­tences de l’entre­­prise en elle-
même (c’est-à-dire les diag­­nos­­tics interne et externe).
Pour conclure, nous sug­­gé­­rons une méthode d’uti­­li­­sation de cet ouvrage :
––Dans un pre­­mier temps, le lec­­teur pourra s’appro­­prier le contenu de l’étude de cas
afin de s’en impré­­gner et d’iden­­ti­­fier les faits et les pro­­blèmes impor­­tants.
––Ensuite, les don­­nées et infor­­ma­­tions four­­nies devront être clas­­si­­fiées, compa­­rées
et syn­­thé­­ti­­sées (sous forme de tableaux, graphes, etc.).
––Puis il fau­­dra traiter les ques­­tions du cas en fai­­sant atten­­tion à sélec­­tion­­ner et
mettre en avant les élé­­ments saillants à prendre en consi­­dé­­ra­­tion pour l’étude du
pro­­blème prin­­ci­­pal.

IX
10 cas de Marketing

––Enfin, la rédac­­tion du rap­­port trai­­tant l’étude de cas devra être struc­­tu­­rée : présenter
suc­­cinc­­te­­ment l’entre­­prise en intro­­duc­­tion, sou­­li­­gner le pro­­blème prin­­ci­­pal et les
pro­­blèmes affé­­rents, pré­­sen­­ter le plan adopté pour la réso­­lu­­tion du cas, décrire les
résul­­tats de l’ana­­lyse. La par­­tie la plus étof­­fée devra être celle qui concerne la pré­
­sen­­ta­­tion des élé­­ments de recom­­man­­da­­tion et les commen­­taires asso­­ciés qui per­­
mettent de dis­­cu­­ter de façon cri­­tique de ces solu­­tions et de jus­­ti­­fier le choix final.
Certaines études de cas de cet ouvrage ont été rédigées par des étudiants du cursus
Marketing et Publicité de l’ESG Management School (promotion 2012) et de la
promotion 2015 des Bachelors 3e  année de PSB Paris School of Business, avec
l’aide de leurs professeurs. Leur participation a été précieuse dans la réalisation de
l’ouvrage, et nous en sommes reconnaissants.

c Repère
La rédaction d’une étude de cas

La rédac­­tion du trai­­te­­ment d’une étude de pour résoudre ces pro­­


blèmes, voici ce
cas obéit à cer­­taines règles : que nous re­ commandons […] et voici
•• Une ana­­lyse de cas n’est pas une dis­­ser­­ta­ pour­­quoi […] »
­tion, mais un docu­­ment pré­­paré en vue
de l’action. Ainsi, il faut men­­tion­­ner, dès Quelques écueils sont à évi­­ter :
l’intro­­duc­­tion, la conclu­­sion (l’action à •• L’ana­­lyse de l’étude de cas ne doit pas
envi­­sa­­ger) afin d’évi­­ter dans l’argu­­men­­ta­­ être de la para­­phrase. Il faut donc évi­­ter
tion les lon­­gueurs et digres­­sions. On pré­­ abso­­lu­­ment de résu­­mer le cas, de le
fé­­
rera que le rap­­ port étaye cette ré­écrire, de reco­­pier des figures, tableaux
recom­­man­­da­­tion plu­­tôt qu’il ne soit ou graphes qui y figu­­re­­raient.
rédigé comme une enquête per­­met­­tant •• La recom­­man­­da­­tion pro­­po­­sée doit être
d’iden­­ti­­fier la solu­­tion seule­­ment en fin de claire et sans ambiguïté, d’une part, et
lec­­ture. aussi soli­­de­­ment étayée que pos­­sible,
•• Un rap­­port écrit est un moyen de commu­ d’autre part.
­ni­­quer : pour faci­­li­­ter la commu­­ni­­ca­­tion, •• La forme condi­­tionne autant que le fond
incluez une table des matières, dac­­ty­­lo­­ la per­­cep­­tion que l’on aura de l’ana­­lyse
gra­­phiez votre ana­­lyse, pagi­­nez-la. pro­­po­­sée. Le cas sera rédigé au présent de
•• Toute ana­­lyse de cas doit être intro­­duite l’indi­­ca­­tif, le style direct et concis.
en sui­­vant le schéma sui­­vant : •• Les for­­mules comme «  il semble que  »,
«  Voici le pro­­blème prin­­ci­­pal et les pro­­ « nous pen­­sons que », « à notre avis », « il
blèmes secondaires qui se posent ici […] est évident que » doivent être évi­­tées.

X
Cas

1 Nooz

 Présentation
Problématique
Comment s’implanter et fidéliser sur le marché de la presbytie ?

Synthèse
Créée en 2013 à l’initiative d’un industriel du prêt-à-porter et d’un opticien greno-
blois, la société Binoptics propose aux consommateurs un nouveau concept de
lunettes.
Le concept imaginé par les dirigeants est né d’un constat simple : 40 % de la popu-
lation est presbyte, soit plus de 22 millions de Français. Ces 22 millions de presby-
tes sont obligés de porter des lunettes en permanence alors qu’ils n’en ont pas
besoin pour l’ensemble de leurs activités.
Les dirigeants de la société ont décidé de la commercialiser dans le monde entier
avec, dans un premier temps, le marché européen comme principale cible car,
après un certain nombre de tests produits et de marché réalisés en Belgique, le
produit semble avoir rencontré un vif intérêt auprès du consommateur belge.

Cas 1  ■  Nooz 


Objectifs d’apprentissage
Il s’agira de permettre à l’apprenant :
••de découvrir le marché de l’optique et plus particulièrement celui de la presbytie
à travers le lancement d’une nouvelle collection ;
••d’élaborer une stratégie de lancement et de distribution pour cette nouvelle
collection ;
••de faire preuve de réflexion et d’innovation dans l’élaboration d’une campagne de
communication sur un marché très concurrentiel où le produit reste relativement
banal.

Outils mobilisés
••analyse SWOT ;
••merchandising du point de vente ;
••sélection des circuits de distribution.

Public visé
Cette étude de cas peut être traitée par des étudiants d’écoles de management
bac +3/4/5 ayant déjà des connaissances dans le domaine de l’optique et pouvant
à travers leurs connaissances apporter de nouvelles approches en matière de lance-
ment de marque.
Elle s’adresse aussi aux responsables marketing travaillant dans le secteur de l’opti-
que désireux de parfaire leurs connaissances en matière de lancement de pro-
duits.

2
Nooz  ■  Cas 1

1  La société Nooz

Créée en 2013, la société Binoptics propose aux consommateurs un nouveau


concept de lunettes que nos aïeux ont connu afin de résoudre leur problème de pres-
bytie. Il s’agit d’une paire de lunettes élaborée à partir de matériaux composites
utilisés dans un grand nombre de secteurs d’activités.
Le concept imaginé par les dirigeants est né de ce constat : 40 % de la population
est presbyte, soit plus de 22  millions de Français, qui sont obligés de porter des
lunettes en permanence alors qu’ils n’en ont pas tout le temps besoin.
La particularité de cette paire de lunettes est qu’elle se fixe sur les cloisons nasales
et n’a donc pas de monture à branches. Sa composition est en polycarbonate haute
performance, de dimensions réduites et de couleurs diverses et variées qui peuvent
permettre à la femme comme à l’homme de l’assortir avec sa tenue du moment. Les
dirigeants ont décidé de lui donner le nom de Nooz, marque facilement identifiable,
mémorisable et prononçable partout dans le monde.
Le produit est d’une grande élasticité et résiste à la chaleur. Les verres ont bénéfi-
cié d’un traitement de protection contre les rayures.
Il faut cependant noter que ce produit est quelquefois difficile à porter car l’arête
nasale constitue son principal point d’appui et certains individus, compte tenu de
leur morphologie, n’ont pas une arête nasale très adaptée. Cela constitue donc un
frein à l’achat mais également à l’élargissement de la gamme.
Dans un proche avenir, les dirigeants souhaitent développer un nouveau produit
aux formes rectangulaires qui viendra compléter la collection actuelle mais surtout
résoudre le problème du client qui possède de petites cloisons nasales.
Enfin la société souhaite développer des lunettes de soleil spécialement dédiées
aux presbytes.
Au niveau du style, le produit a été proposé sur le marché belge en huit coloris
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.

dans un style rétro afin de faire immédiatement penser aux bésicles d’autrefois. Elles
sont pour le moment fabriquées en France en collaboration avec le centre d’ophtal-
mologie du Dauphiné, à Grenoble.
Le prix moyen de lancement retenu a été de 19,50 euros sur le marché en fonction
des prix pratiqués par la concurrence et d’une étude de prix psychologique réali-
sée.
Les brevets comme la marque ont bien sûr été déposés afin de préserver la société
de toute copie et contrefaçon (voir annexes 1 et 2).
Les dirigeants de la société ont décidé de commercialiser la marque dans le monde
entier avec dans un premier temps, le marché européen comme principale cible car
après un certain nombre de tests produits et de marché réalisés en Belgique, le pro-
duit semble avoir rencontré un vif intérêt auprès du consommateur belge.

3
Cas 1  ■  Nooz 

Le lancement a tout d’abord été effectué sur le marché belge avec un certain suc-
cès.
Les dirigeants, après réflexion, n’ont pas souhaité distribuer le produit dans le
réseau des opticiens afin de ne pas l’enfermer dans l’univers des produits d’optique.
Il a donc été décidé de sa commercialisation dans un tout autre circuit, du magasin
d’accessoires de mode au libraire spécialisé afin de toucher le plus grand nombre
possible d’acheteurs très rapidement.
Pour ce lancement, les dirigeants n’ont pas souhaité investir massivement dans la
communication et seuls les réseaux sociaux ont, dans un premier temps, servi à faire
connaître le produit. Puis les dirigeants de la société ont décidé de mettre en place
quelques opérations de relations publiques en prenant contact avec des journalistes
de mode et des blogueuses (voir annexe 3).

Pratiques

Tendance Nomades

Légères Sûres

Discrètes

Les qualitatifs les plus couramment cités pour cette collection

Ces opérations ont permis d’annoncer le lancement du site marchand auprès du


grand public.
Sur ce site, nous trouvons toutes les couleurs du produit, des prix légèrement supé-
rieurs à ceux pratiqués en distribution physique et des délais de livraison de 48 heu-
res, ce qui renforce l’intérêt du site.
L’organisation de la société est encore embryonnaire et se compose des deux diri-
geants fondateurs, d’un responsable marketing et digital et d’un responsable com-
mercial.
L’un des dirigeants, opticien de métier, a en charge les aspects techniques du pro-
duit et le deuxième, la partie stratégique et financière.
Le responsable marketing et digital a quant à lui à mettre en place la stratégie
marketing (positionnement produit et choix des circuits de distribution), à analyser
la concurrence et l’animation/actualisation du site Internet.

4
Nooz  ■  Cas 1

Le responsable commercial a pour principale mission d’identifier les circuits de


distribution les plus adaptés et de négocier des accords avec les services achats où
le produit semble trouver sa place.
Face au marché belge qui est potentiellement limité, les dirigeants de la société ont
décidé de s’attaquer au marché français avec quelques interrogations, conséquences
d’un premier lancement sur un marché qui a servi de marché test.
Ces interrogations se résument à deux points essentiels :
• « Quels sont les circuits de distribution les plus attractifs ? »
• « Comment fidéliser une clientèle avec un taux de rachat suffisant pour permettre
une pérennisation de la société ? »
Ne souhaitant pas investir massivement et jouer la carte de la prudence, les fonda-
teurs ont décidé que l’organisation dans un premier temps resterait identique afin de
pouvoir développer la marque dans d’autres pays européens. Ils ont par ailleurs
décidé de réfléchir à la mise en place d’une véritable stratégie de fidélisation en
s’inspirant d’autres secteurs d’activités.

2  Le marché

2.1  Le marché en général


Avec un chiffre d’affaires en légère progression, le marché de l’optique en France
reste stable en 2014 et se porte plutôt bien si on le compare à d’autres marchés. Les
verres unifocaux et progressifs continuent d’être les moteurs de la croissance alors
que les secteurs des lunettes de soleil et des lentilles de contact sont en léger recul.
• 5,86  : c’est le chiffre d’affaires du marché français de l’optique en milliards
d’euros en 2014, soit + 0,4 % en un an (voir annexe 4).
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.

• 59  %  : c’est le pourcentage du chiffre d’affaires réalisé par l’opticien avec la


vente de verres (verres unifocaux et progressifs). À noter que les montures opti-
ques représentent 23,9  % du CA, les solaires 9,4  % et les lentilles de contact
7,6 %.
Le prix moyen d’une paire de lunettes à verres unifocaux, c’est-à-dire de verres
équipés d’un unique foyer permettant de corriger de nombreux défauts visuels
(myopie, hypermétropie, astigmatisme et presbytie) s’élève à 384 euros.
Le prix moyen d’une paire de lunettes équipée de verres progressifs est de
589 euros.
• 12 018 : c’est le nombre de magasins d’optique en France, soit 333 nouveaux
magasins d’optique en 2014. Le nombre de magasins, déjà en forte augmentation

5
Cas 1  ■  Nooz 

durant l’année 2013, continue de progresser, ce qui engendre une baisse du


chiffre d’affaires moyen par point de vente. Cela est dû en partie à une très forte
création de magasins d’optique mutualistes.
• 487  000  euros  : c’est le chiffre d’affaires moyen annuel par point de vente
(opticiens indépendants et toutes enseignes confondues). On peut constater que ce
chiffre est en baisse depuis plusieurs années et qu’il a chuté de 2,2 % par rapport
à l’année 2013.
• 2,7 paires de lunettes vendues par jour dans chaque magasin d’optique. Une
très légère baisse en conséquence directe des chiffres présentés précédemment
(nombre de magasins en augmentation et CA par magasin en baisse) et qui induit
toujours des marges brutes importantes pour supporter les frais de fonctionne-
ment, les dépenses marketing, les coûts de main-d’œuvre et les coûts de distribu-
tion.
• Sur ce marché, nous voyons apparaître de nouveaux acteurs avec des produits et
des collections qui révolutionnent le marché et qui font de la lunette un produit
tendance et de mode, l’idée étant d’avoir pour ces fabricants des taux d’achat et de
rachat plus importants par personne (voir annexes 5 et 6).

2.2  L’évolution du marché


Pour beaucoup d’opticiens, la bonne santé du marché de l’optique va beaucoup
dépendre de la répercussion des réformes de la loi Le Roux et de la loi de Finan­
cement de la Sécurité sociale, car elles instaurent entre autres des plafonds de rem-
boursement qui conditionnent le remboursement maximal des produits d’optique
par les mutuelles.
Ces réformes ne devraient toutefois pas faire baisser d’une manière conséquente
le prix des lunettes – même si celui-ci reste environ deux fois plus élevé en France
que dans les pays voisins, la demande française restant croissante en qualité (verres
et montures) et le rythme d’achat plus fréquent.
De nouveaux marchés apparaissent ou se développent : les lunettes pour enfants
avec une progression de 10  % par rapport à l’année 2013 ou les lunettes pour le
4e âge qui bénéficient toujours des nouvelles avancées technologiques.
Quant aux lunettes sur Internet, le marché reste encore faible en France en com-
paraison avec d’autres pays européens. Autorisée depuis 2009, la vente en ligne de
lunettes ou de lentilles est en timide mais constante évolution et l’année 2014 a
encore vu l’apparition de nouveaux concepts en ce domaine. C’est aujourd’hui le
principal moyen de trouver une paire de lunettes à verres unifocaux à moins de
40 euros ou une paire à verres progressifs à moins de 100 €.

6
Nooz  ■  Cas 1

Le marché de l’optique français est un marché qui risque de connaître quelques dif-
ficultés en 2016 à la suite des modifications liées aux modalités de remboursement.
En effet, en avril 2015, un nouveau décret est entré en application qui limite le
remboursement des frais d’optique par les complémentaires Santé. Ces nouvelles
conditions de remboursement par les mutuelles pourraient faire chuter de 15 % la
totalité des dépenses d’optique d’ici 2018 (1 Md € sur 5, 6 Mds €) car les clients
semblent se tourner de plus en plus vers les produits à prix modérés (low cost et
marques de distributeurs).
Par ailleurs, les marques et opticiens indépendants font maintenant face à un nou-
vel acteur qui est le e-commerce.
La loi Hamon permet l’arrivée sur le marché de nouveaux entrants : pure players
(Sensee, Luxview, etc.). Dans ce contexte, la guerre des prix risque de se durcir à
nouveau.
Les grandes enseignes vont profiter de leur puissance pour créer de nouvelles
enseignes ou racheter des groupes déjà existants afin de favoriser le low-cost ou
l’innovation produit et la montée en gamme. On peut s’attendre à des phénomènes
de concentration sur ce marché.

2.3  Le marché de la presbytie


La fatigue visuelle : phénomène récurrent pour 60 % de Français.1
Presbytie :
––elle touche 43  % de la population âgée de plus de 45 ans, soit 22  millions de
Français (voir annexe 7) ;
––la demande de correction est de plus en plus forte2 ;
–– les femmes sont les plus touchées car elles ont pris l’habitude de lire de trop près.3
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.

C’est un marché d’opportunité et dynamique :


• Cible : environ 64 % des Français portent des lunettes4.

1.  Source : Essilor, 2014.


2.  Source : « Étude clinique innovation presbytie biofinity multifocal », 2013.
3.  Source : « Étude du IOVS, Investigative Ophtalmology and Visual Science », 2014.
4.  Source: « L’Optique en France, étude économique », Altermind pour Sensee, 2012.

7
Cas 1  ■  Nooz 

Chiffres
• Myopes : 39 % de la population.
• Astigmates : 15 %.
• Hypermétropes : 9 %.
• Presbytes : 26 % à 30 %.
• Nombre de presbytes en France en 2020 : 25 millions environ (évaluation), soit 40 %
de la population.1

• Fréquence : 1 monture de lunettes vendue toutes les 2 secondes.


• Dépense moyenne pour une paire : France × 2 vs Grande Bretagne/Espagne/Italie/
Allemagne2.
• Montures vendues en 2014 : 38,1 % de montures pour femmes/30,6 % de montu-
res pour hommes/20,2 % de montures unisexe.3
• Une perception positive :
–– Une priorité : les problèmes de vue constituent le sujet de santé qui préoccupe
le plus les Français au quotidien.4
–– Un bien de consommation particulier, entre mode et santé.5
–– Bonne image des opticiens : à l’écoute, sympathiques et bon SAV.
• Frein principal : le prix !
–– Prix moyen : 470 € la paire (pays le plus cher d’Europe).
–– Conséquence : 2,3 millions de Français renonceraient aux lunettes à cause du
prix6 (voir annexe 8).

3  Les concurrents et distributeurs potentiels sur le marché

3.1  La distribution physique

■■  Alain Afflelou


En juillet 2015, Alain Afflelou a ainsi annoncé le rachat d’Optical Discount, la
chaîne d’optique à bas coût, afin d’accélérer son positionnement dans le low cost.

1.  Source : Syndicat national des ophtalmologistes de France.


2.  Source : Rapport de la Cour des comptes, 2013.
3.  Source : Infolunettes, 2014.
4.  Source : Baromètre 2010 de la Santé visuelle.
5.  Source : Rapport Ipsos pour KRYS GROUP, juillet 2013.
6.  Source : UFC-Que Choisir, juin 2014.

8
Nooz  ■  Cas 1

Win-Win, une formule d’abonnement au prix de 11,90 € par mois pendant deux
ans maximum. Le client pourra choisir entre deux paires de lunettes (monture et
verres), garanties à vie.

■■ Atol
Atol a lancé la Téou, première lunette connectée et géolocalisable.

■■ Krys
Krys Group entend multiplier les rachats et créations d’enseignes afin d’élargir
son réseau déjà relativement dense avec trois enseignes. Le groupe a aussi pour
objectif d’augmenter sa capacité d’achat afin d’obtenir de meilleures conditions
commerciales et de proposer des prix plus attractifs à sa clientèle1 (voir annexe 9).

3.2  La grande distribution


La grande distribution s’intéresse au marché de l’optique car les marges y sont
intéressantes.
On compte plus de 20 boutiques Auchan Optique à travers toute la France. Auchan
Optique propose plus de 1  000  verres et montures de lunettes de vue et lunettes
solaires pour répondre à tous les styles.
Et pour convenir à tous les budgets, Auchan Optique se démarque avec des forfaits
parmi les moins chers du marché (à partir de 29 € monture + verres vision de loin
ou de près, à partir de 89 € monture + verres progressifs), avec une gamme de plus
de 100 montures « sélection Auchan » à prix bas.
Les magasins optiques E. Leclerc comptent 75 boutiques, réparties sur l’ensemble
du territoire.
Le groupement Leclerc s’inscrit dans une logique multicanale avec le site Optique-
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.

[Link]. La livraison à domicile reste assurée, mais l’objectif est d’inciter le


client à se déplacer en point de vente.
En plus de ces points de vente spécialisés, quelques 300 Centres Leclerc proposent
aujourd’hui ce service.
« Nous entendons développer notre réseau d’opticiens », explique Michel-Édouard
Leclerc. « Nous estimons disposer d’un potentiel de 200 points de vente spéciali-
sés. » Simultanément, l’enseigne compte également étendre l’offre de son site dédié
aux lunettes.

1.  Source : XERFI, 2015.

9
Cas 1  ■  Nooz 

3.3  La distribution par le e-commerce


Il y a trois principaux sites de vente en ligne de lunettes : ExperOptic, DirectOptic,
Happyview (voir annexe 10).
Ces sites marchands proposent aux consommateurs tous les types de lunettes avec
des prix et des délais très compétitifs par rapport à la distribution traditionnelle.

4  Le profil de la cible potentielle

45+ : profil lifestyle « nouveaux slashers »


Vie professionnelle/vie familiale/vie sociale/vie culturelle/me-time
Opportunités : une marque de lunettes de lecture qui vous suit partout.
Les 45+ : consommation « loisirs-plaisirs »
• Silver economy : un marché de 92 milliards en 2013 en France (+130 milliards en
2020).1
• Postes de consommation :
–– 1 : sorties et loisirs (26 %) : voyages, musées, gastronomie, cinéma ;
–– 2 : livres, CD, DVD (20 %) : produits culturels, presse magazine, TV ;
–– 3 : produits de beauté (4 %), importance de l’esthétique.
Les jeunes seniors représentent en 2015 58 % de la part des dépenses de consom-
mation-loisirs (vs 40 % en 2005).2
• Silver-surfers
–– 50+ = 34 % des cyber-acheteurs en France ;
–– Hyperconsommateurs de social-media.
Cible : ses moments
À la maison/au travail/dans les transports/évasion/entre amis-famille-couple
Cible : ses loisirs
Presse et livres/TV/sorties culturelles/shopping/cuisine/web/voyages.

1.  Source : F. Serrière, Le marché des séniors, 2013.


2.  Source: « Enquête budget des familles », INSEE, 2006, Calculs CREDOC.

10
Nooz  ■  Cas 1

5  Benchmark de quelques stratégies de fidélisation

5.1  Moyens mis en place sur le marché pour générer de l’engagement


grâce aux réseaux sociaux
Les marques et enseignes cherchent aujourd’hui le moyen de coupler fidélisation
et réseaux sociaux. L’idée est de générer davantage d’engagement chez le client
fidèle, et de le transformer en ambassadeur. Une nouvelle mécanique de récompense
décorrélée du chiffre d’affaires a ainsi fait son apparition.
Ces programmes d’un nouveau genre ne donnent pas uniquement des points quand
on achète un produit, mais aussi lorsque l’on prouve sur Internet son engagement
vis-à-vis de la marque.

Exemple
••En France, la marque de vêtements Urban Outfitters permet à ses clients de cumuler des
points de fidélité grâce aux réseaux sociaux : ils obtiennent des points lorsqu’ils men-
tionnent la marque sur Facebook ou Twitter, lorsqu’ils mettent sur Instagram ou
Pinterest des photos où ils portent des vêtements Urban Outfitters, ou lorsqu’ils se
géolocalisent sur Foursquare comme étant dans une boutique de la marque.
••Au Royaume-Uni, Tesco récompense le fait de « liker » et de partager un produit sur
Facebook.
••Aux États-Unis, c’est le vendeur de chaussures et d’accessoires en ligne Shoebacca qui
attribue des points à ses clients qui postent des commentaires sur les produits ou parti-
cipent à des jeux concours organisés par la marque.

« On récompense le fait de dire du bien, de partager des avis. C’est un comporte-
ment vertueux », explique Guillaume Dimitri, spécialiste distribution et e-commerce
chez Vertone. « Aujourd’hui, ce qui fonctionne, c’est de rajouter une couche sociale
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.

avec des gains de points lorsqu’on est ambassadeur de marque », confirme Timothée
Raymond, cofondateur de l’agence de marketing digital Equinoa.

5.2  Moyens mis en place pour récompenser des comportements qui


donnent du sens à la relation
Certaines entreprises proposent à leurs clients fidèles de récompenser, non pas
uniquement le chiffre d’affaires généré, mais leurs comportements, avec l’objectif
de donner du sens à la relation instaurée par le programme de fidélisation.

11
Cas 1  ■  Nooz 

Exemple
Au Royaume-Uni, l’assureur PruProtect a créé un programme « Vitality » qui encourage
ses clients à adopter un style de vie plus sain. Les adhérents gagnent des points en étant
à jour de leurs vaccinations, en participant à des actions de prévention et de dépistage
(comme passer une mammographie), en faisant du sport dans des clubs de gym, etc.
Chaque action pouvant faire gagner des points est clairement expliquée, avec à chaque
fois le nombre de points en jeu. Les clients les plus motivés peuvent obtenir une remise
sur leur cotisation annuelle allant jusqu’à 100 livres sterling (121 €).

Exemple
••Aux États-Unis, Walgreens, la première enseigne de pharmacie au sens américain du
terme (le drugstore), propose aussi un programme qui récompense les bons comporte-
ments pour la santé  : les consommateurs peuvent gagner des points de fidélité… en
marchant. Ce programme baptisé « Balance Rewards » invite les clients de Walgreens
à déclarer sur Internet combien de miles ils ont effectués à pied. Ils obtiennent des
points en retour, qui s’additionnent à ceux liés à leurs achats en magasin. Le dispositif
repose entièrement sur la confiance : Walgreens ne vérifie pas les déclarations de ses
clients.
••Carrefour personnalise ses programmes de fidélité auprès de consommateurs de niche
en lançant des promotions exclusives pour les utilisateurs de Facebook.

Le potentiel de «  viralité  » est d’autant plus élevé que les consommateurs eux-
mêmes participent au process de fidélisation.

5.3  Moyens mis en place pour dématérialiser la carte au profit d’une


application mobile
Le phénomène n’en est encore qu’à ses débuts : plus de 80 % des enseignes déli-
vrent encore une carte de fidélité «  physique  ». Mais les projets fleurissent pour
dématérialiser la carte de fidélité. Cela peut même aller jusqu’à la suppression de
tout support.

Exemple
C’est le choix qu’a fait La Grande Récré : les clients s’identifient en magasin et sur le Web
par leur adresse e-mail.

Mais le plus souvent, les enseignes cherchent à remplacer la carte par une appli-
cation mobile, à télécharger sur smartphone.

12
Nooz  ■  Cas 1

Exemple
En France, Starbucks a franchi le pas en mai 2015 pour un test à grande échelle dans ses
quatre cafés de Lyon et de Villeurbanne.
Le principe : une fois l’application mobile de Starbucks installée sur le téléphone, le client
scanne les QR code imprimés sur les tickets de caisse. La mécanique de fidélisation est très
simple : une boisson est offerte aux clients qui ont scanné neuf preuves d’achats de boisson.
Pour les enseignes, l’un des intérêts de cette dématérialisation vers les mobiles est de
pouvoir envoyer des offres géolocalisées, par exemple une promotion quand le consom-
mateur se trouve en magasin. Une application mobile, c’est aussi pour le consommateur
la possibilité de partager ses bons plans sur Internet et les réseaux sociaux.
Tous les acteurs en sont persuadés : l’avenir de la fidélité est dans le mobile.

5.4  Moyens mis en place pour proposer des services exclusifs qui font
vraiment la différence
Vouloir fidéliser en proposant sans cesse de nouvelles remises finit par être destructeur
de valeur, sans créer d’attachement : la fidélité s’éteint avec les promotions. De plus en
plus d’enseignes jouent donc la carte des services exclusifs pour générer de la fidélité.

Exemple
Le nouveau centre commercial Beaugrenelle, qui s’est ouvert fin 2013 dans le
15e arrondissement de Paris, réserve ainsi des avantages aux porteurs de la carte Premium
du centre : durant les soldes, ils avaient droit à un voiturier gratuit, ainsi qu’à une heure
d’atelier enfant offerte. En termes de services additionnels, la carte fidélité d’Ikea permet,
elle, de bénéficier d’une garantie casse durant le transport et le montage des meubles,
ainsi que d’une extension du droit d’échange, pouvant aller jusqu’à 6 mois.
Fidéliser par les services, cela commence dès l’entrée en relation. Le magazine
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.

Relation Client donne l’exemple de Sarenza, le vendeur en ligne de chaussures  :


« Le call center est un outil de fidélisation », explique Marie Dagrenat, responsable
service client du e-commerçant. «  Nous l’utilisons pour bichonner nos clients et
répondre à leurs attentes. Notre volonté est de nous adapter à eux et de leur offrir
une proximité à distance. »

Exemple
Optic 2000 a lancé le seniorClub en 1998 qui fut transformé en club 2 en 1.
Déjà riche de 55 000 membres, ce club permet aux adhérents de bénéficier d’offres chez
une sélection de partenaires prestigieux tels que le Normandy à Deauville, la Comtesse
du Barry, les Chaînes thermales du soleil, etc. « Nous allons plus loin que la vente de
verres et de montures », explique-t-on chez Optic 2000. Il y a une véritable stratégie de
fidélisation autour de cette cible.

13

Vous aimerez peut-être aussi