Feuilletage
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de Marketing
management sup
10 cas
de Marketing
C
a s r é e l s d ’e n t r e p r i s e s
To u s s e c t e u r s d ’ a c t i v i t é s
C o r r i g é s d é t a i l l é s
2e é d i t i o n
Maquette de couverture : Hokus Pokus
Mise en page : Belle Page
© Dunod, 2017
11, rue Paul Bert, 92240 Malakoff
[Link]
ISBN 978-2-10-075873-9
Sommaire
Avant-propos VII
Cas 1 – Nooz 1
Comment s’implanter et fidéliser sur le marché de la presbytie ?
Cas 4 – Renault 83
Comment s’installer sur le marché du Crossover en Europe ?
Bibliographie 279
Index 285
VI
Avant-propos
L a vie des affaires amène tous les jours à prendre des décisions fondées sur des
éléments probants qui ensuite permettent, à vos collaborateurs, à votre hiérar
chie, d’acter d’autres décisions. Ainsi, ce processus en chaîne, cette démarche, a des
implications sur la vie d’une entreprise. Ces éléments de l’environnement sont ras
semblés grâce à un diagnostic.
La notion de « diagnostic » revient à produire de la connaissance à partir de
l’observation de l’existant. L’analyse systématique des données disponibles per
met d’élaborer une synthèse de la situation dont doit dériver l’élaboration d’une
stratégie et d’un plan de marketing opérationnel. Cependant, les diagnostics per
tinents fondés sur des facteurs explicatifs (facteurs politiques, économiques,
socioculturels, etc.) sont effectués à un instant t. Ces diagnostics sont la plupart
du temps la résultante d’un ensemble de faits, certains ou incertains, d’opinions
recueillies (chacune ayant une valeur critiquable) et/ou d’un parti pris d’analyse.
Une déci sion prise dans ce contexte pourra avoir des consé quences impor
tantes !
Le diagnostic est donc un élément nécessaire à toute stratégie d’entreprise, mais
son importance doit être relativisée : d’une part, les systèmes économiques sont
dynamiques et les situations peuvent changer rapidement (les acteurs de ces sys
tèmes évoluent continuellement en termes de comportements, besoins et attentes) ;
d’autre part, rien n’assure un exécutant que la solution choisie ou la décision prise
sera la bonne.
La stratégie étant un domaine par nature dynamique, une situation peut être envi
sagée de multiples manières, il n’y a donc pas de solution unique mais, le plus sou
vent, un grand nombre de solutions possibles avec des degrés de satisfaction et
10 cas de Marketing
VIII
Avant-propos
sachant que, comme évoqué précédemment, plusieurs solutions sont souvent envi
sageables. Cependant, un point commun à toutes les études de cas proposées est que
la résolution débutera toujours par l’analyse, d’une part, de l’environnement dans
lequel évolue l’entreprise et, d’autre part, des compétences de l’entreprise en elle-
même (c’est-à-dire les diagnostics interne et externe).
Pour conclure, nous suggérons une méthode d’utilisation de cet ouvrage :
––Dans un premier temps, le lecteur pourra s’approprier le contenu de l’étude de cas
afin de s’en imprégner et d’identifier les faits et les problèmes importants.
––Ensuite, les données et informations fournies devront être classifiées, comparées
et synthétisées (sous forme de tableaux, graphes, etc.).
––Puis il faudra traiter les questions du cas en faisant attention à sélectionner et
mettre en avant les éléments saillants à prendre en considération pour l’étude du
problème principal.
IX
10 cas de Marketing
––Enfin, la rédaction du rapport traitant l’étude de cas devra être structurée : présenter
succinctement l’entreprise en introduction, souligner le problème principal et les
problèmes afférents, présenter le plan adopté pour la résolution du cas, décrire les
résultats de l’analyse. La partie la plus étoffée devra être celle qui concerne la pré
sentation des éléments de recommandation et les commentaires associés qui per
mettent de discuter de façon critique de ces solutions et de justifier le choix final.
Certaines études de cas de cet ouvrage ont été rédigées par des étudiants du cursus
Marketing et Publicité de l’ESG Management School (promotion 2012) et de la
promotion 2015 des Bachelors 3e année de PSB Paris School of Business, avec
l’aide de leurs professeurs. Leur participation a été précieuse dans la réalisation de
l’ouvrage, et nous en sommes reconnaissants.
c Repère
La rédaction d’une étude de cas
X
Cas
1 Nooz
Présentation
Problématique
Comment s’implanter et fidéliser sur le marché de la presbytie ?
Synthèse
Créée en 2013 à l’initiative d’un industriel du prêt-à-porter et d’un opticien greno-
blois, la société Binoptics propose aux consommateurs un nouveau concept de
lunettes.
Le concept imaginé par les dirigeants est né d’un constat simple : 40 % de la popu-
lation est presbyte, soit plus de 22 millions de Français. Ces 22 millions de presby-
tes sont obligés de porter des lunettes en permanence alors qu’ils n’en ont pas
besoin pour l’ensemble de leurs activités.
Les dirigeants de la société ont décidé de la commercialiser dans le monde entier
avec, dans un premier temps, le marché européen comme principale cible car,
après un certain nombre de tests produits et de marché réalisés en Belgique, le
produit semble avoir rencontré un vif intérêt auprès du consommateur belge.
☞
Cas 1 ■ Nooz
☞
Objectifs d’apprentissage
Il s’agira de permettre à l’apprenant :
••de découvrir le marché de l’optique et plus particulièrement celui de la presbytie
à travers le lancement d’une nouvelle collection ;
••d’élaborer une stratégie de lancement et de distribution pour cette nouvelle
collection ;
••de faire preuve de réflexion et d’innovation dans l’élaboration d’une campagne de
communication sur un marché très concurrentiel où le produit reste relativement
banal.
Outils mobilisés
••analyse SWOT ;
••merchandising du point de vente ;
••sélection des circuits de distribution.
Public visé
Cette étude de cas peut être traitée par des étudiants d’écoles de management
bac +3/4/5 ayant déjà des connaissances dans le domaine de l’optique et pouvant
à travers leurs connaissances apporter de nouvelles approches en matière de lance-
ment de marque.
Elle s’adresse aussi aux responsables marketing travaillant dans le secteur de l’opti-
que désireux de parfaire leurs connaissances en matière de lancement de pro-
duits.
2
Nooz ■ Cas 1
1 La société Nooz
dans un style rétro afin de faire immédiatement penser aux bésicles d’autrefois. Elles
sont pour le moment fabriquées en France en collaboration avec le centre d’ophtal-
mologie du Dauphiné, à Grenoble.
Le prix moyen de lancement retenu a été de 19,50 euros sur le marché en fonction
des prix pratiqués par la concurrence et d’une étude de prix psychologique réali-
sée.
Les brevets comme la marque ont bien sûr été déposés afin de préserver la société
de toute copie et contrefaçon (voir annexes 1 et 2).
Les dirigeants de la société ont décidé de commercialiser la marque dans le monde
entier avec dans un premier temps, le marché européen comme principale cible car
après un certain nombre de tests produits et de marché réalisés en Belgique, le pro-
duit semble avoir rencontré un vif intérêt auprès du consommateur belge.
3
Cas 1 ■ Nooz
Le lancement a tout d’abord été effectué sur le marché belge avec un certain suc-
cès.
Les dirigeants, après réflexion, n’ont pas souhaité distribuer le produit dans le
réseau des opticiens afin de ne pas l’enfermer dans l’univers des produits d’optique.
Il a donc été décidé de sa commercialisation dans un tout autre circuit, du magasin
d’accessoires de mode au libraire spécialisé afin de toucher le plus grand nombre
possible d’acheteurs très rapidement.
Pour ce lancement, les dirigeants n’ont pas souhaité investir massivement dans la
communication et seuls les réseaux sociaux ont, dans un premier temps, servi à faire
connaître le produit. Puis les dirigeants de la société ont décidé de mettre en place
quelques opérations de relations publiques en prenant contact avec des journalistes
de mode et des blogueuses (voir annexe 3).
Pratiques
Tendance Nomades
Légères Sûres
Discrètes
4
Nooz ■ Cas 1
2 Le marché
5
Cas 1 ■ Nooz
6
Nooz ■ Cas 1
Le marché de l’optique français est un marché qui risque de connaître quelques dif-
ficultés en 2016 à la suite des modifications liées aux modalités de remboursement.
En effet, en avril 2015, un nouveau décret est entré en application qui limite le
remboursement des frais d’optique par les complémentaires Santé. Ces nouvelles
conditions de remboursement par les mutuelles pourraient faire chuter de 15 % la
totalité des dépenses d’optique d’ici 2018 (1 Md € sur 5, 6 Mds €) car les clients
semblent se tourner de plus en plus vers les produits à prix modérés (low cost et
marques de distributeurs).
Par ailleurs, les marques et opticiens indépendants font maintenant face à un nou-
vel acteur qui est le e-commerce.
La loi Hamon permet l’arrivée sur le marché de nouveaux entrants : pure players
(Sensee, Luxview, etc.). Dans ce contexte, la guerre des prix risque de se durcir à
nouveau.
Les grandes enseignes vont profiter de leur puissance pour créer de nouvelles
enseignes ou racheter des groupes déjà existants afin de favoriser le low-cost ou
l’innovation produit et la montée en gamme. On peut s’attendre à des phénomènes
de concentration sur ce marché.
7
Cas 1 ■ Nooz
Chiffres
• Myopes : 39 % de la population.
• Astigmates : 15 %.
• Hypermétropes : 9 %.
• Presbytes : 26 % à 30 %.
• Nombre de presbytes en France en 2020 : 25 millions environ (évaluation), soit 40 %
de la population.1
8
Nooz ■ Cas 1
Win-Win, une formule d’abonnement au prix de 11,90 € par mois pendant deux
ans maximum. Le client pourra choisir entre deux paires de lunettes (monture et
verres), garanties à vie.
■■ Atol
Atol a lancé la Téou, première lunette connectée et géolocalisable.
■■ Krys
Krys Group entend multiplier les rachats et créations d’enseignes afin d’élargir
son réseau déjà relativement dense avec trois enseignes. Le groupe a aussi pour
objectif d’augmenter sa capacité d’achat afin d’obtenir de meilleures conditions
commerciales et de proposer des prix plus attractifs à sa clientèle1 (voir annexe 9).
9
Cas 1 ■ Nooz
10
Nooz ■ Cas 1
Exemple
••En France, la marque de vêtements Urban Outfitters permet à ses clients de cumuler des
points de fidélité grâce aux réseaux sociaux : ils obtiennent des points lorsqu’ils men-
tionnent la marque sur Facebook ou Twitter, lorsqu’ils mettent sur Instagram ou
Pinterest des photos où ils portent des vêtements Urban Outfitters, ou lorsqu’ils se
géolocalisent sur Foursquare comme étant dans une boutique de la marque.
••Au Royaume-Uni, Tesco récompense le fait de « liker » et de partager un produit sur
Facebook.
••Aux États-Unis, c’est le vendeur de chaussures et d’accessoires en ligne Shoebacca qui
attribue des points à ses clients qui postent des commentaires sur les produits ou parti-
cipent à des jeux concours organisés par la marque.
« On récompense le fait de dire du bien, de partager des avis. C’est un comporte-
ment vertueux », explique Guillaume Dimitri, spécialiste distribution et e-commerce
chez Vertone. « Aujourd’hui, ce qui fonctionne, c’est de rajouter une couche sociale
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
avec des gains de points lorsqu’on est ambassadeur de marque », confirme Timothée
Raymond, cofondateur de l’agence de marketing digital Equinoa.
11
Cas 1 ■ Nooz
Exemple
Au Royaume-Uni, l’assureur PruProtect a créé un programme « Vitality » qui encourage
ses clients à adopter un style de vie plus sain. Les adhérents gagnent des points en étant
à jour de leurs vaccinations, en participant à des actions de prévention et de dépistage
(comme passer une mammographie), en faisant du sport dans des clubs de gym, etc.
Chaque action pouvant faire gagner des points est clairement expliquée, avec à chaque
fois le nombre de points en jeu. Les clients les plus motivés peuvent obtenir une remise
sur leur cotisation annuelle allant jusqu’à 100 livres sterling (121 €).
Exemple
••Aux États-Unis, Walgreens, la première enseigne de pharmacie au sens américain du
terme (le drugstore), propose aussi un programme qui récompense les bons comporte-
ments pour la santé : les consommateurs peuvent gagner des points de fidélité… en
marchant. Ce programme baptisé « Balance Rewards » invite les clients de Walgreens
à déclarer sur Internet combien de miles ils ont effectués à pied. Ils obtiennent des
points en retour, qui s’additionnent à ceux liés à leurs achats en magasin. Le dispositif
repose entièrement sur la confiance : Walgreens ne vérifie pas les déclarations de ses
clients.
••Carrefour personnalise ses programmes de fidélité auprès de consommateurs de niche
en lançant des promotions exclusives pour les utilisateurs de Facebook.
Le potentiel de « viralité » est d’autant plus élevé que les consommateurs eux-
mêmes participent au process de fidélisation.
Exemple
C’est le choix qu’a fait La Grande Récré : les clients s’identifient en magasin et sur le Web
par leur adresse e-mail.
Mais le plus souvent, les enseignes cherchent à remplacer la carte par une appli-
cation mobile, à télécharger sur smartphone.
12
Nooz ■ Cas 1
Exemple
En France, Starbucks a franchi le pas en mai 2015 pour un test à grande échelle dans ses
quatre cafés de Lyon et de Villeurbanne.
Le principe : une fois l’application mobile de Starbucks installée sur le téléphone, le client
scanne les QR code imprimés sur les tickets de caisse. La mécanique de fidélisation est très
simple : une boisson est offerte aux clients qui ont scanné neuf preuves d’achats de boisson.
Pour les enseignes, l’un des intérêts de cette dématérialisation vers les mobiles est de
pouvoir envoyer des offres géolocalisées, par exemple une promotion quand le consom-
mateur se trouve en magasin. Une application mobile, c’est aussi pour le consommateur
la possibilité de partager ses bons plans sur Internet et les réseaux sociaux.
Tous les acteurs en sont persuadés : l’avenir de la fidélité est dans le mobile.
5.4 Moyens mis en place pour proposer des services exclusifs qui font
vraiment la différence
Vouloir fidéliser en proposant sans cesse de nouvelles remises finit par être destructeur
de valeur, sans créer d’attachement : la fidélité s’éteint avec les promotions. De plus en
plus d’enseignes jouent donc la carte des services exclusifs pour générer de la fidélité.
Exemple
Le nouveau centre commercial Beaugrenelle, qui s’est ouvert fin 2013 dans le
15e arrondissement de Paris, réserve ainsi des avantages aux porteurs de la carte Premium
du centre : durant les soldes, ils avaient droit à un voiturier gratuit, ainsi qu’à une heure
d’atelier enfant offerte. En termes de services additionnels, la carte fidélité d’Ikea permet,
elle, de bénéficier d’une garantie casse durant le transport et le montage des meubles,
ainsi que d’une extension du droit d’échange, pouvant aller jusqu’à 6 mois.
Fidéliser par les services, cela commence dès l’entrée en relation. Le magazine
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
Exemple
Optic 2000 a lancé le seniorClub en 1998 qui fut transformé en club 2 en 1.
Déjà riche de 55 000 membres, ce club permet aux adhérents de bénéficier d’offres chez
une sélection de partenaires prestigieux tels que le Normandy à Deauville, la Comtesse
du Barry, les Chaînes thermales du soleil, etc. « Nous allons plus loin que la vente de
verres et de montures », explique-t-on chez Optic 2000. Il y a une véritable stratégie de
fidélisation autour de cette cible.
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