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1 Introduction
Un but de la réduction des endomorphismes est de trouver un représentant
proviligié dans chaque classe de similitude de Mn (k). Il faut également être
capable étant donnée une matrice A de caculer le représentant dans la classe
de A. Enn, les représentants choisis doivent être aussi simple que possible,
on doit pouvoir répondre à toute question naï ve à leur sujet. L'idée étant
que pour étudier nement un endomorphisme, on calcule son représentant et
on montre la propriété cherchée sur ce représentant.
Ces buts peuvent être atteints de deux manières diérentes ; chacune
d'entre elles présente des avantages et des inconvénients. Ici, nous présen-
tons ces deux approches. Nous expliquons ensuite comment passer de l'une
à l'autre et essayons de dégager les avantages de l'une et de l'autre des méth-
odes.
2 Théorème de Jordan
2.1
1
De plus, l'ensemble (avec multiplicités) des couples (λ, l) tels que Jλ,l
apparaît ainsi ne dépend que de u et pas de la base.
Une matrice diagonale par blocs du type Jλ,l est appelé matrice de Jordan.
2.2 Existence
2
2.3 Unicité
Une question naturelle est maintenant : Étant donnée une matrice A ex-
plicite, comment calculer une matrice de Jordan J à laquelle elle est sem-
blable et comment calculer une matrice de passage P ?
Ces deux questions qui se ressemblent sont en fait très diérentes. Pour le
comprendre, on peut regarder le cas d'une matrice A diagonalisable à valeurs
propres distinctes. Dès que l'on a scindé le polynôme caractéristique de A,
on sait à quelle matrice diagonale A est semblable. Trouver une matrice de
passage revient à trouver une base constituée de vecteurs propres et revient
donc à résoudre autant de systèmes linéaires qu'il y a de valeurs propres.
Dans les deux cas, il faut commencer par calculer puis scinder le polynôme
caractéristique de A. Pour chaque valeur propre λ, on calcule alors la suite
des sous-espaces Ker(A − λIn )i .
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sociés. Autrement dit, on refait de manière explicite la démonstration de
l'unicité pour calculer J .
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On cherche maintenant un sous-espace stable par A et supplémentaire à
Vect(V1 , V2 , V3 ). Soit ϕ = e∗1 une forme linéaire simple (base canonique) telle
que ϕ(V3 ) 6= 0. On calcule les itérés de ϕ par t A :
1 0 0
0
−1
−1
t t 2
ϕ=
0
A(ϕ) =
2
(A )(ϕ) =
1
0 −2 −1
0 −1 0
Soit G0 le sous-espace engendré par ces trois formes linéaires. On cherche
maintenant V4 othogonal à ces trois formes linéaires tel que A1 (V4 ) 6= 0 (car
on cherche maintenant un bloc de Jordan 2 × 2). L'orthogonal de G0 est
0
x
{
y : tels que x, y ∈ R}.
y−x
x
Autrement dit,
0 0
1 0
0 , 1
−1 1
1 0
est une base de l'orthogonal de G0 . On vérie qu'en prenant pour V4 le
premier vecteur de la base ci-dessus, on a bien A(V4 ) 6= 0. On calcule :
0
0
A(V4 ) =
1 .
1
0
La matrice de A dans la base (V3 , V2 , V1 , V5 , V4 ) est B . Autrement dit, la
matrice
1 2 0 0 0
0 0 0 0 1
P := 0
0 1 1 0
0 0 0 1 −1
0 −1 0 0 1
5
est une matrice de passage de A à B , c'est-à-dire P −1 AP = B .
2.5 Applications
3 Facteurs cycliques
Dans cette section, le corps de base est quelconque et on ne fait aucune
hypothèse sur u ∈ L(E).
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3.1 Le lemme fondamental
On vérie que pour tout i, Ker(Piαi (u)) est stable par u et µu|Ker(P αi (u) ) = Piαi .
i
En eet, sinon µu serait plus petit ! Soit xi ∈ Ker(Piαi (u)) − Ker(Piαi −1 (u)).
Posons x = x1 + · · · + xs .
On vérie alors, que P (u)(x) = 0 si et seulement si pour tout i, P (u)(xi ) =
0, c'est-à-dire si et seulement si pour tout i, Piαi = µu|Ker(P αi (u) ) divise P ; si
i
et seulement si µu divise P . On en déduit que µu divise µu,x . CQFD.
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Théorème 2 Soit u ∈ L(E). Il existe une décomposition (non unique) de
E en somme directe de sous-espaces cycliques : E = F1 ⊕ · · · ⊕ Fs telle que
On a dim(G0 ) = l + 1.
Par ailleurs, la famille (ϕ, e est liée car le degré de µt u = µu
e · · · , t ul+1 (ϕ))
vaut l + 1. On en déduit que G est stable par t u.
0
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L'hypothèse de récurrence appliquée à G montre qu'il existe F2 , · · · , Fs
des sous-espaces de E u-cycliques tels que :
1. E = F1 ⊕ F2 ⊕ · · · ⊕ Fs , et
2. µu|Fs | · · · |µu|F2 .
Il nous reste à montrer que µu|F2 divise µ|u|F1 . Or, µu est le ppcm des µu|Fi ,
c'est-à-dire compte tenu de 2, le ppcm de µu|F1 et de µu|F2 . Par ailleurs,
µu|F1 = µu par construction. Ainsi, µu = ppcm(µu , µu|F2 ) ; donc µu|F2 |µu|F1 .
Unicité :
Supposons que E = F1 ⊕ · · · ⊕ Fs = G1 ⊕ · · · ⊕ Gr , avec les Fi et Gi
vériant le théorème. Posons Pi := µu|Fi et Qj := µu|Gj . On a déjà remarqué
que, P1 = Q1 = µu . Supposons par l'absurde que les Pi n'égalent pas les Qj .
Soit i l'indice minimal tel que Pi 6= Qi . On a :
Pi (u)(E) = Pi (u)(F1 ) ⊕ · · · ⊕ Pi (u)(Fi−1 )
= Pi (u)(G1 ) ⊕ · · · ⊕ Pi (u)(Gr ).
Or, pour j = 1, · · · , i−1, u|Fj est semblable à u|Gj (deux endomorphismes cy-
cliques ayant même polynôme minimal sont semblables). Donc, Pi (u)(Fj ) et
Pi (u)(Gj ) ont même dimension, pour j = 1, · · · , i−1. Mais alors, Pi (u)(Gi ) =
0 ; c'est-à-dire Qi divise Pi . Comme les Pj et les Qj jouent le même rôle, on
en déduit que Pj = Qj . Ceci est une contradiction.
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3.3
3.4 Applications
3.4.1 Jordan
Le théorème 2 implique celui de Jordan assez facilement. On peut même
procédé de deux manières diérentes :
1. On montre Jordan pour les matrices compagnons. Ceci est plus simple
car les matrices nilpotentes que vous serez amené à mettre sous forme
de Jordan sont d'indice de nilpotence maximal. Ainsi, il n'est pas utile
de chercher de supplémentaire stable ce qui était l'étape dicile de
Jordan.
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2. La seconde méthode consiste à appliquer les théorèmes de Cayley-
Hamilton et de décomposition des noyaux, puis d'appliquer le théorème
de Frobenius sur chaque sous-espace caractéristique.
3.4.4 Commutant
Proposition 4 Soit u un endomorphisme de E . Alors, u est cyclique si et
seulement si Com(u) = k[u].
3.4.5 Transposé
Proposition 5 Toute matrice carrée est semblable à sa transposée.
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dimension pour les espaces vectoriels. Son comportement est cependant
ASSEZ DIFFÉRENT.
2. Soit M un A-module. Une famille (v1 , · · · , vn ) de M estP
une A-base si
et seulement si le morphisme φ : An −→ M, (λi ) 7−→ i λi vi est un
isomorphisme.
ATTENTION : on peut dénir libre et générateur. Cependant on a pas
: libre+bon cardinal implique générateur !!
3. Soit u : M −→ N un morphisme de A-module libres de même rang
n. Munissons M et N de deux bases. Alors, u est représenté par une
matrice carré M de taille n × n à coecients dans A. De plus, u est
injectif si et seulement si det(M ) 6= 0 et u est inversible si et seulement
si det(M ) est inversible dans A.
Posons, GLn (A) := {M ∈ Mn (A) : det(M ) est inversible dans A}.
Un théorème important pour l'algèbre linéaire est le
Théorème 3 (Théorème de la base adaptée) Rappelons que A est eu-
clidien. Soit M une matrice carrée de taille n × n à coecients dans A.
Alors, il existe P et Q dans GLn (A), d1 , · · · ds dans A tels que :
1. d1 |d2 | · · · |ds ,
2. et
d1
...
ds
PMQ =
0
...
0
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démonstration alors que son utilité n'est pas agrante pour l'agrégation.
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Alors, ϕ(B1 ) est une base du k -espace vectoriel E . On vérie alors aisément
que la matrice de u dans cette base est la juxtaposition diagonale des ma-
trices compagnons des polynômes P1 , · · · , Pn . On retrouve donc le résultat
d'existence du théorème 2.
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Mais alors, k[X]n /I est isomorphe comme k -espace vectoriel à k[X]/(Q1 ) ×
· · ·×k[X]/(Qn ). En particulier, sa dimension est la somme des degrés des Qi ,
c'est-à-dire le degré de ni=1 Qi = det(P M̃ Q−1 ) = det(P ). det(Q)−1 det(M̃ ).
Q
Or, det(P ) et det(Q) sont des éléments inversibles de k[X], c'est-à-dire des
éléments de k . Finalement, la dimension du k -espace vectoriel k[X]n /I est
égal au degré de det(M̃ ) c'est-à-dire à n.
Les polynômes Pi non égaux à un ainsi obtenus sont les facteurs invariants
de M .
−4 2 2 −3
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Frobenius par rapport à Jordan. Une fois la proposition 3.4.2 démontrée,
on peut souvent dans des problèmes de similarité de matrices supposé les
polynômes caractéristiques scindés en prenant une extension du corps de
base.
Lemme 3 Une matrice de Jordan dont les blocs diagonaux sont les Jλi ,αi est
cyclique si et seulement si les λi sont deux à deux distincts.
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1. Pour chaque valeur propre, on choisit un bloc de taille maximale. On
met les blocs ainsi repéré au début.
2. Parmi les blocs restants, on refait la même opération.
3. etc...
les matrices construites à chaque étape ne font intervenir qu'au plus une
fois chaque valeur propre. D'après le lemme précédent, elles sont cycliques.
De plus, à valeur propre xée la taille des blocs triés par la méthode sus-
cité est décroissante. Donc les polynômes minimaux des blocs cycliques ainsi
construit se divisent les uns les autres. On obtient ainsi la décomposition de
Frobenius.
Comme nous l'avons déjà expliqué, il ne faut pas chercher les avantages de
Jordan dans la théorie. En eet, les avantages de Jordan sur Frobénius sont
à chercher dans la pratique et la pédagogie.
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suivantes : À quelle condition un endomorphisme diagonalisable est cyclique
? S'il l'est quels sont ces vecteurs cycliques ?
Il est plus facile de répondre à ces questions (et à d'autres) sur une matrice
de Jordan que sur une matrice de Frobenius.
Il est plus facile de trouver une matrice de passage pour Jordan.
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de k[X]n etc... Le mieux pour éviter des questions trop pointues est de
ne pas parler de k[X]-module car sinon vous allez épuiser les questions
faciles et le jury en posera des plus diciles.
4. Il faut bien connaître les endomorphismes cycliques puisque ce sont les
briques à partir desquelles tout endomorphisme est construit.
Une fois les points ci-dessus maîtrisés, il faut organiser la leçon. Pour
cela il faut voir de quels préliminaires on a besoin pour montrer le théorème
de Frobenius. On a besoin du théorème de décomposition des noyaux, du
lemme 1 et de résultats sur les endomorphismes cycliques.
Dans tous les cas, pour présenter le théorème de Frobenius il faut être
solide sur les endomorphismes cycliques. Voici un exercice dicile sans indi-
cation :
Exercice 3. Est-ce que la restriction d'un endomorphisme cyclique est
cyclique ?
Indication : La réponse est oui. On peut le montrer rapidement en con-
sidérant I := {P ∈ k[X] : P (u)(x) ∈ F } où u est l'endomorphisme, x un
vecteur cyclique pour u et F le sous-espace stable. On vérie alors que I est
un idéal de k[X] et que si Q est un générateur de I , alors y = Q(u)(x) est
cyclique pour u|F .
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