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Aide-mémoire grammatical
Cet aide-mémoire grammatical ne constitue pas une description complète de la
grammaire du français.
Pour bien orthographier et pour faire les bons accords grammaticaux, il faut
connaître la nature et les fonctions des mots et des groupes de mots.
L’expression nature des mots fait référence aux classes grammaticales. Voici la liste des
classes grammaticales de mots : le nom, le pronom, le verbe, l’adjectif, l’adverbe, la
conjonction, la préposition, l’interjection (et l’onomatopée).
On identifie le nom selon son comportement dans la phrase et selon ses variations en genre et
en nombre.
1. Le genre
Sur le plan du genre, nous ferons simplement un rappel des terminaisons des mots dont la
forme féminine est différente de celle du masculin :
-Ø/-e ou -se, -esse; -er/-ère; -an/-ane ou -anne; -at/-atte; -ien/-ienne; -p ou –f/-ve; -x/-se;
-eur/-euse, -[r]ice, -eure, -[er]esse, -ante.
Quelques exemples :
ami/amie; andalou/andalouse; prince/princesse; passager/passagère; courtisan/courtisane;
paysan/paysanne; chat/chatte; musicien/musicienne; loup/louve; veuf/veuve; jaloux/jalouse;
pêcheur/pêcheuse; animateur/animatrice; mineur/mineure; pécheur/pécheresse;
serviteur/servante.
Pour quelques mots, le féminin est marqué par une alternance lexicale : le terme féminin est
tout à fait différent du terme masculin correspondant.
Quelques exemples : gendre/bru; jars/oie; lièvre/hase; mâle/femelle; cheval/jument.
On peut constater une très faible fréquence dans le cas de certaines formes féminines :
chameau/chamelle; jouvenceau/jouvencelle; agneau/agnelle; poulain/pouliche;
héros/héroïne; fils/fille. Le féminin de turc est turque (nom et adjectif); le féminin de grec
est grecque (nom et adjectif).
Pour un petit nombre de mots, le féminin est marqué par la suppression de lettres ou de
suffixes : compagnon/compagne; mulet/mule; dindon/dinde; canard/cane; vieillard/vieille (le
féminin vieillarde appartient au registre littéraire).
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2. Le genre et le sens
Le genre de certains mots change selon leur sens. On devra noter ce fait pour bien réaliser les
accords grammaticaux.
L’observation suivante peut s’avérer utile pour une meilleure compréhension du phénomène
du genre : la plupart des noms français, dits noms inanimés, ont un genre arbitraire, en ce
sens qu’il ne s’appuie sur aucune justification logique (cf. un couteau/une fourchette). En ce
qui concerne les noms dits noms animés, le genre est généralement basé sur l’opposition de
sexe mâle/femelle (cf. un paysan/une paysanne).
Pour quelques noms français, à la vérité très peu nombreux, on relève une opposition
genre/sexe. En voici des exemples : une sentinelle, une estafette (ordinairement des
hommes); un contralto (une femme); un mannequin (généralement une femme).
Dans l’usage moderne, le terme mannequin, qui peut apparaître sous la forme mannequine,
s’emploie parfois avec un déterminant féminin : une mannequin.
Quelques exemples :
le juge/la juge; le professeur/la professeure; le ministre/la ministre; le député/la députée; le
policier/la policière; le docteur/la docteure; l’auteur/l’auteure; l’écrivain/l’écrivaine; le
chauffeur de taxi/la chauffeuse de taxi; le chef/la chef; le chercheur/la chercheuse; le
médecin/la médecin; l’orienteur/l’orienteuse; le pasteur/la pasteure; le premier ministre/la
première ministre; le réviseur/la réviseuse ou la réviseure.
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4. Le nombre
-au/-aux, -eau/-eaux, -eu/eux. Les exceptions : les landaus, les sarraus, les bleus, les pneus.
-ail/-ails. Les exceptions : les baux, les coraux, les émaux, les soupiraux, les travaux, les
vantaux, les vitraux.
-al/-aux. Les exceptions : les bals, les carnavals, les chacals, les festivals, les récitals, les
régals.
-ou/ous. Les exceptions : les bijoux, les cailloux, les choux, les genoux, les hiboux, les
joujoux, les poux.
Le singulier correspond, en général, à l’idée d’unité, alors que le pluriel correspond à l’idée
de multiplicité. Il peut arriver toutefois qu’un nom singulier exprime la multiplicité, par
exemple le monde, la foule, le troupeau. C’est un nom collectif.
Des règles particulières régissent l’accord du verbe ou du participe passé avec le nom
collectif ou avec son complément. Voir les modules Orthographe grammaticale 1 et
Orthographe grammaticale 2.
Un nom pluriel peut exprimer l’unicité, par exemple des funérailles, des obsèques, des
fiançailles, des doléances, des condoléances, des représailles, des frais.
Le cas des noms composés est traité dans le module Orthographe grammaticale 1.
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5. Le déterminant
Le nom français est généralement accompagné d’un déterminant qui l’introduit et indique
ce qu’il désigne. Le déterminant reçoit ordinairement le genre et le nombre du nom qu’il
accompagne. Mais, comme les noms, certains déterminants ne varient qu’en genre, alors que
d’autres ne varient qu’en nombre; certains autres ne subissent aucune variation.
Veillez à bien distinguer les mots suivants en vue d’établir leurs fonctions et de les
orthographier correctement :
le, déterminant masculin singulier;
la, déterminant féminin singulier;
la, pronom personnel au féminin singulier;
l’a, pronom personnel, masculin ou féminin singulier : c’est le résultat de la jonction
de le ou la (pronom personnel) + a du verbe avoir; la rencontre de deux voyelles a
provoqué une élision, phénomène marqué par l’apostrophe;
les, déterminant pluriel;
les, pronom personnel pluriel.
La (dét.) sacoche avait été abandonnée depuis trois jours sur le (dét.) divan, et ce n’est qu’à cet instant qu’il l’a
(pronom) remarquée. Il la (pronom) ramène vers lui, la (pronom) soupèse, l’observe (pronom) soupçonneusement.
Il se décida enfin à l’ouvrir (pronom). Fort heureusement, les (dét.) clefs s’y trouvaient encore; il les (pronom) sortit de
la (dét.) sacoche.
• Le déterminant (adjectif) possessif : mon, ton, son professeur; ma, ta, sa professeure;
mon, ton, son histoire; mes, tes, ses camarades; notre, votre, leur professeur; notre, votre,
leur classe; nos, vos, leurs professeurs; nos, vos, leurs classes.
• Le déterminant exclamatif : quel cours! quelle classe! quels examens! quelles règles!
À noter : vingt et cent prennent la marque du pluriel (-s) s’ils sont multipliés par un
nombre et s’ils terminent le chiffre.
Quatre-vingts élèves; deux cents livres; quatre-vingt-cinq élèves; deux cent trois livres.
Selon la règle traditionnelle, on place un trait d’union entre deux nombres plus petits
que cent. Deux exemples : vingt-cinq, quatre-vingt-huit. La tendance moderne permet
toutefois que le trait d’union soit supprimé : vingt cinq, quatre vingt huit, et selon
l’orthographe recommandée par le Conseil de la langue française, le trait d’union peut
être utilisé partout dans les nombres. Il est également permis de placer un trait
d’union entre deux nombres unis par et : vingt-et-un ou vingt et un.
Les grammaires contemporaines placent les ordinaux dans la classe des adjectifs; ils
varient pour certains en genre et en nombre, pour d’autres en nombre seulement.
Les deux premières rangées de la classe; les quatre dixièmes de…
7. L’adjectif qualificatif
L’adjectif qualificatif est un mot qui accompagne le nom pour en indiquer ordinairement
une particularité ou un trait caractéristique. Il dépend grammaticalement du nom dont il
reçoit en général le genre et le nombre. Ses variations en genre et en nombre sont très
similaires à celle du nom.
• Ainsi, sur le plan du genre, il faut noter que certains adjectifs ne s’emploient qu’au
masculin (nez aquilin, yeux pers, pied bot, etc.); d’autres ne s’emploient qu’au féminin
(bouche bée, porte cochère, etc.).
Dans la construction d’une phrase, on est très souvent amené à utiliser un ou plusieurs
adjectifs dans leur sens plein ou ordinaire, mais on peut également leur adjoindre des degrés
ou des niveaux d’intensité.
• Pour exprimer les niveaux d’intensité, on a recours au superlatif; l’adjectif est alors
accompagné d’un déterminant-article. On dispose normalement de trois niveaux
d’intensité : infériorité, supériorité, absolu.
Cette professeure est la moins/la plus rigoureuse du département.
Cette professeure est très/extrêmement rigoureuse. (niveau absolu)
comparatif superlatif
bon meilleur le meilleur
mauvais pire ou plus mauvais le pire ou le plus mauvais
petit moindre ou plus petit le moindre ou le plus petit
Les principales règles d’accord des adjectifs sont traitées dans le module Orthographe
grammaticale 1.
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9. Le pronom
Le pronom est un mot qui remplace un autre mot (ou un groupe de mots), généralement un
nom ou un pronom. Voici la liste des pronoms français : personnel, démonstratif, possessif,
relatif, interrogatif, indéfini, numéral. Le Multidictionnaire présente les tableaux de ces
pronoms.
Particularités grammaticales
• ils
Pour respecter la règle précitée et éviter une erreur assez fréquente, il faut toujours bien
vérifier que le pronom utilisé est du même genre et du même nombre que son antécédent
et faire particulièrement attention quand l’antécédent est dans la phrase précédente et
qu’il s’agit d’un nom singulier qui, dans notre esprit, fait référence à plusieurs personnes.
Dans les deux exemples suivants, l’emploi du pronom ils est fautif.
La direction n’a rien voulu entendre à nos revendications. *Ils sont vraiment de mauvaise foi! (Elle est…)
Le comité en avait décidé tout autrement, car *ils avaient compris que les consignes étaient mauvaises. (il avait…)
Se est un pronom personnel; il accompagne les verbes dits pronominaux (Elle s’est
levée de bonne heure).
Ce, déterminant (adjectif) démonstratif, est toujours placé devant un nom ou devant un
autre adjectif suivi d’un nom (Examine ce cinquième point).
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• en et y
Le mot en peut appartenir à deux classes différentes, celle des pronoms personnels et
celle des prépositions.
(complément de nom)
J’aime beaucoup cette ville; j’en ai visité une partie.
(complément d’adjectif)
J’ai pu visiter cette ville; j’en suis très heureux.
J’aime les grandes villes; j’en ai visité beaucoup. (complément d’adverbe)
en, préposition, introduit un nom ou un pronom : vivre en ville; une voiture en bon état;
une télévision en couleurs.
Le mot y peut être un pronom remplaçant un nom; celui-ci serait introduit par les
prépositions à, dans, en.
Si elle te pose de si nombreuses questions sur cette province, c’est parce qu’elle compte s’y rendre l’été prochain.
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Notez que ni est une conjonction de coordination; n’y est formé de n’, forme élidée de ne,
et du pronom y.
Elle ne fera le trajet ni en train ni en autobus; elle n’y pense même pas.
Comparez : On a des reproches à lui faire/On n’a pas de reproches à lui faire/On n’a que
des reproches à lui faire.
La forme on n’a se retrouve dans les structures syntaxiques suivantes : on n’a que…, on n’a
pas…, on n’a point…, on n’a aucun…, on n’a jamais…, on n’a rien…, on n’a personne…, on
n’a plus…, on n’a guère…, on n’a ni…ni…, etc.
• Le pronom nous
Vous devez cependant noter que le pronom nous peut représenter, toujours selon le
contexte, les personnes grammaticales suivantes : vous, je. Lorsqu’il représente la forme
pronominale je (le nous « de modestie » ou « de politesse »), l’accord se fait
obligatoirement avec le nom que remplace nous. C’est l’accord par syllepse, qui se fait
aussi pour le vous.
Nous sommes persuadée, affirma l’écrivaine, que nos lecteurs apprécieront notre dernier roman.
Nous avons décidé d’écrire cet article, précise la journaliste, parce que nous sommes scandalisée du traitement infligé
aux personnes âgées.
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Il peut être complément circonstanciel : Voici la classe où j’ai suivi tous mes cours de
français.
Tous les pronoms relatifs, excepté dont, peuvent être employés dans la construction de
phrases à structure interrogative. Ils deviennent alors des pronoms interrogatifs.
Les pronoms que, dont, duquel… remplissent chacun des fonctions syntaxiques bien
spécifiques; dans la plupart des cas, ils ne sont donc pas interchangeables. Voici comment les
différencier et les utiliser correctement.
C’est le verbe avait prêté qui commande le choix du pronom : il m’avait prêté quoi? le livre.
Le verbe commande ici un complément direct. Il faut donc employer le relatif que.
Elle m’a enfin remis le livre que? dont? je t’avais parlé.
Dans cette phrase, le verbe avais parlé commande un complément indirect : je t’avais parlé
de quoi? du livre. Il faut alors employer dont.
Il m’a enfin remis le livre que je lui avais prêté.
Elle m’a enfin remis le livre dont je t’avais parlé.
La jeune fille que? dont? tu vois est celle que? dont? tu croyais avoir perdu la trace.
Tu vois qui? la jeune fille : que. …perdu la trace la trace de qui? de celle : dont. La phrase
devient :
La jeune fille que tu vois est celle dont tu croyais avoir perdu la trace.
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N’utilisez pas un déterminant (adjectif) possessif comme déterminant du nom qui a pour
complément l’antécédent du pronom dont, c’est-à-dire le nom que remplace ce pronom.
L’étudiante dont j’ai emprunté *sa voiture paraissait très contrariée.
… la voiture.
N’utilisez pas le pronom personnel indéfini en comme remplaçant d’un nom déjà représenté
par dont.
Vous semblez beaucoup apprécier cet écrivain dont vous *en avez lu toute l’œuvre l’été dernier.
… dont vous avez lu toute l’œuvre…
Les pronoms dont et duquel/de laquelle sont normalement équivalents, c’est-à-dire qu’ils
sont en principe interchangeables dans une phrase.
C’est ce voisin dont/duquel j’ai acheté un chalet.
Dans certains contextes cependant, des exigences de style ou des nuances de sens porteront
l’usager à choisir entre l’un ou l’autre de ces pronoms.
Voici ce chien dont (et non *duquel) j’ai si peur.
C’est la cousine de laquelle (et non *dont) j’ai hérité.
13. Le verbe
Le verbe constitue avec le nom sujet l’un des éléments fondamentaux de la phrase française.
Pour définir son fonctionnement, on a recours aux termes suivants : conjugaison, mode,
temps, personne, forme (ou voix) active ou passive, forme pronominale, forme
impersonnelle, fonction auxiliaire ou semi-auxiliaire.
• La plupart des verbes français sont des verbes personnels : ils se conjuguent aux trois
personnes du singulier et aux trois personnes du pluriel.
Je parle, tu écris, il/elle écoute, nous lisons, vous observez, ils/elles jouent.
• Certains verbes sont dits impersonnels : ils ne se conjuguent qu’à la troisième personne
du singulier et ils ont pour sujet le pronom il, masculin singulier. Quelques exemples : il
faut, il a fallu, il pleut, il neigera.
Le verbe accroire n’est utilisé qu’à l’infinitif; le verbe clore ne s’emploie guère qu’à
l’infinitif et à quelques temps et personnes de l’indicatif, du subjonctif présent, et aux
participes présent et passé.
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• Les verbes transitifs sont ceux qui peuvent avoir des compléments directs ou indirects.
Je laisse mon dictionnaire à mon neveu.
Dans les cas de doute, consultez un dictionnaire en vue d’éviter des constructions
syntaxiques fautives.
• Un verbe actif peut être transformé en verbe passif : l’objet direct du verbe actif devient
alors le sujet du verbe passif et le sujet du verbe actif devient le complément d’agent du
verbe passif. (Voir Le bon usage, paragraphe 741 b.) Un verbe est à la forme passive (ou
à la voix passive) quand il comprend la structure suivante : aux. être + part. passé du
verbe. On dit alors que le sujet subit l’action ou ne fait pas lui-même l’action du verbe,
dans la plupart des cas.
Les élèves rédigent ces textes.
Sujet/v. actif/objet direct
Ces textes sont rédigés par les élèves.
Sujet/verbe/complément d’agent (qui fait l’action)
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Ici, l’usage de la forme passive est incorrect (agrammatical), car si on tournait la même
phrase à la forme active, le sujet les immigrants ne deviendrait pas complément (d’objet)
direct.
*Le gouvernement n’impose pas les immigrants à parler en anglais. (phrase incorrecte)
(N.B. Cette phrase, correcte, qui comporte un complément d’objet direct : « l’usage de
l’anglais », pourrait, elle, être transformée au passif : L’usage de l’anglais n’est pas imposé
aux immigrants par le gouvernement.
Retenez que les verbes ayant un complément (d’objet) direct sont appelés verbes transitifs
directs; ceux ayant un complément (d’objet) indirect sont appelés verbes transitifs indirects;
les verbes n’ayant ni complément direct ni complément indirect sont appelés verbes
intransitifs. Seuls les verbes ayant un complément direct peuvent être utilisés à la forme
passive. En principe, on peut donc transformer à la forme passive tout verbe qui peut avoir
un complément direct.
Mais cette affirmation souffre des exceptions; c’est ainsi que les phrases suivantes, bien
qu’elles comportent toutes des verbes transitifs (elles commandent un complément direct), ne
doivent pas être transformées à la forme passive, question d’usage.
J’ai bien saisi votre réponse.
*Votre réponse a été bien saisie par moi. (construction non acceptable)
Notez que des verbes conjugués avec l’auxiliaire être peuvent avoir le sens actif.
Elle est montée au troisième étage.
Ils sont partis il y a une semaine.
Les verbes pronominaux sont ceux qui sont conjugués avec un pronom personnel qui est de
la même personne que le sujet (un nom ou un pronom). Ils sont tous construits avec
l’auxiliaire être aux temps composés.
Pierre et son voisin se sont parlé hier.
Vous vous rencontrerez dans deux semaines.
Quand vous vous serez rencontrés, vous déciderez de partir ou de rester.
Le traitement du participe passé des verbes pronominaux est abordé dans le module
Orthographe grammaticale 2.
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21. L’adverbe
L’adverbe est un mot invariable qui complète ou modifie le sens d’un verbe, d’un adjectif,
d’un autre adverbe ou d’un pronom.
Elle parle vite, je dirais même très vite; sa voix est particulièrement agréable; elle peut se révéler une vraie femme d’affaires
et tout à fait elle-même.
Selon leur sens, on distingue des adverbes de manière, de temps, de lieu, d’affirmation,
de négation, d’interrogation, d’intensité, etc.
Sur le plan des accords grammaticaux, on notera que des adjectifs peuvent être employés
comme adverbes et devenir alors invariables (cas de transferts grammaticaux). On se fiera
au contexte pour distinguer les uns des autres.
Adjectifs Adverbes
Elle avait les poches pleines. Elle s’en mettait plein les poches.
Il gardait ses cheveux très courts. Il a coupé court à la discussion.
Des fenêtres hautes/De hautes fenêtres Ils parlent haut./Elle nous traite de haut.
Des idées justes/De justes propos Elles chantent juste.
Des vêtements chers/Ma chère amie Ces véhicules coûtent cher/Je les ai
achetés très cher.
Faire de bonnes études. Ces fleurs sentent bon.
Avoir la taille droite. Ils devront marcher droit.
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22. La préposition
Les grammairiens font appel à une multiplicité de termes pour désigner les prépositions :
Mots-liens, mots de liaison, mots-charnières, mots grammaticaux, mots syntaxiques, mots de
rapport, etc. Les prépositions sont des mots invariables qui servent, en général, à établir des
liens, à marquer des rapports entre des mots ou des groupes de mots. Elles peuvent également
marquer des fonctions : fonction de temps, d’opposition, de lieu, etc.
Certains mots peuvent être prépositions, adjectifs, adverbes ou noms, suivant le contexte et
leur fonction dans une phrase.
Il passait son temps à blâmer et *railler ses camarades./…et à railler ses camarades.
Elles veulent en faire profiter tout le monde. (et non …*à tout le monde)
Ce jeune homme est très dépendant de ses parents. Cette jeune fille est très dépendante de ses parents. (adjectif)
Selon certains psychologues, le sadique et le masochiste sont dépendants l’un de l’autre. (adjectif)
La Martinique dépendant de la France, les Martiniquais peuvent, en principe, visiter ce pays européen quand bon leur
semble. (participe présent)
Les conséquences dépendant des causes, les résultats de votre geste sont tout à fait prévisibles. (participe présent)
Dans la phrase *Dépendant de votre réponse, je saurai quoi faire, le terme *Dépendant de
constitue une impropriété grammaticale qu’il faut remplacer par Selon ou Suivant. On obtient
donc : Selon (Suivant) votre réponse…
26. L’expression « dû à »
Ainsi la phrase Ils commettent des erreurs, *dû à leur négligence devrait être reformulée de
la façon suivante : Ils commettent des erreurs à cause de leur négligence. Ou : Leurs erreurs
sont dues à leur négligence.
Vous aurez l’occasion de corriger certaines expressions fautives de cet ordre dans le
module Vocabulaire 1.
Notez que le mot dû porte l’accent circonflexe au masculin singulier seulement, ou lorsqu’il
est censément au masculin singulier.
27. La conjonction
Les conjonctions (ou locutions conjonctives) se divisent en deux types : les conjonctions de
coordination et les conjonctions de subordination.
• Les conjonctions de coordination servent généralement à unir des mots ou des groupes
de mots de même nature. En principe, on est donc censé écrire : Elle passait ses journées
à téléphoner et à lire (verbe et verbe), plutôt que : Elle passait ses journées à téléphoner
et à *la lecture (verbe et nom).
Généralement, deux mots ou deux groupes de mots unis par une conjonction de
coordination ne sont pas séparés par une virgule.
Il faut prendre une décision avant que Bernard vienne se plaindre. (fait éventuel : subjonctif)
Nous avons pris une décision après que notre directeur nous a donné l’information pertinente. (fait réel :
indicatif)
Pour quelques conjonctions, l’un ou l’autre mode est possible, selon l’intention du
locuteur.
Il s’est comporté de telle manière que tous les invités ont été satisfaits. (fait réel)
Il veut procéder de telle manière que tous les invités soient satisfaits. (conséquence éventuelle)
Dans les cas de doute, on pourra toujours consulter le dictionnaire Le Petit Robert ou
le tableau des conjonctions proposé par le Multidictionnaire.
Un usage particulier mérite cependant d’être signalé : celui que font certaines
personnes de la fausse locution conjonctive *dû au fait que. Veillez à toujours
remplacer celle-ci par parce que, puisque, du fait que, à cause du fait que, étant
donné que, vu que.
*Dû au fait qu’il était malade, il n’a pas pu assister à la réunion.
Parce qu’il était malade…
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28. L’interjection
L’interjection est un mot ou une expression qui exprime un sentiment, une émotion, un
mouvement de l’âme. Les interjections peuvent traduire la peur, la joie, l’étonnement, la
réprobation, l’approbation, etc.
Dans une phrase, l’interjection peut être suivie d’un point d’exclamation, d’un point
d’interrogation ou d’une virgule. Le point d’exclamation peut être placé à la fin de la phrase.
Hélas! La véritable paix mondiale n’est pas pour demain.
Ah oui? je n’étais pas au courant.
Eh bien, il ne manque pas de toupet!
Eh bien! il ne manque pas de toupet.
29. Le sujet
Le sujet, ou noyau du groupe sujet, détermine l’accord du verbe. Généralement, le sujet est
placé avant le verbe, mais il peut être postposé au verbe (inversion du sujet); il peut être situé
très loin du verbe et séparé de celui-ci par des compléments ou par des groupes de mots. Le
sujet peut être un nom ou un groupe nominal, un pronom, un verbe à l’infinitif, une phrase
(ou une proposition).
Quelques exemples :
La saison des pluies semble contrarier certains cultivateurs.
Se tenaient devant lui tous ces jeunes qui voulaient le narguer.
Qu’elle ait décidé si brusquement de quitter la ville ne m’étonne guère.
Les différents cas d’accord du verbe avec son sujet sont traités dans le module
Orthographe grammaticale 1.
Pour éviter de commettre une erreur fréquente de syntaxe (désignée comme une
« anacoluthe »), il faut bien identifier le sujet du verbe. En effet, si certains sujets sont
explicitement exprimés, le sujet est parfois implicite. Ce peut être le cas, par exemple, du
sujet du participe présent et de l’impératif présent.
Règle :
Le sujet du participe présent (et du « gérondif », qui est le participe présent précédé de
« en ») dans une subordonnée doit être le même que le sujet de la principale, pour éviter
toute ambiguïté.
• La fonction complément direct est liée à l’accord du participe passé; il importe à ce sujet
de bien distinguer le complément direct des compléments indirect et circonstanciel ainsi
que des fonctions attribut ou épithète (voir le numéro 7).
La bague qu’il a remise à son amie, la semaine dernière, lui a grandement plu.
Dans cette phrase, qu’ est un pronom relatif représentant la bague; il est complément
direct de a remise et est placé avant le participe passé; amie est complément indirect de a
remise; la semaine dernière est un complément circonstanciel (selon la grammaire
classique); lui est complément indirect de a plu, ce qui explique le non-accord du
participe passé plu.
Rappelons que les règles d’accord du participe passé sont traitées dans le module
Orthographe grammaticale 2.
Dans cette phrase, l’accord du participe passé est commandé par le complément direct les
représentant mes patrons; le mot compréhensifs est un adjectif attribut, et non un
complément direct.
• L’apposition, qui a elle aussi une valeur de complément, joue un rôle dans le traitement
de la ponctuation (cf. le module Syntaxe et ponctuation) :
31. La phrase
Dans la phrase française, les mots sont placés selon un ordre bien déterminé; cet ordre
influence à la fois les fonctions des mots et des groupes de mots, ainsi que les rapports entre
ceux-ci. L’ordre de base est SUJET, VERBE, COMPLÉMENT.
Une phrase peut être constituée à partir de différents types de combinaisons. Parmi les plus
courantes, on peut relever les suivantes :
Il est possible de modifier une phrase en faisant appel aux procédés de la coordination, de la
juxtaposition, de la subordination ou de l’insertion.
• Un exemple de juxtaposition :
Les enfants crient alors que les mères s’impatientent.
= Les enfants crient, les mères s’impatientent
À noter : On peut coordonner ou juxtaposer uniquement des mots ou des groupes de mots qui
sont de même nature grammaticale ou qui présentent la même structure syntaxique.
Deux hommes ont été accusés de vol et de voies de fait graves.
*Deux hommes ont été accusés de vol et d’avoir causé des voies de fait graves.
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• Des exemples d’insertion (une courte phrase – une incise – placée au milieu ou à la fin
d’une autre phrase pour préciser une information ou pour annoncer une citation)
Nous devrons, semble-t-il, accepter sa décision.
Nous devrons accepter sa décision, semble-t-il.
« Vous n’aurez d’autre choix que d’accepter ma décision », cria le chef de service.
Voici très brièvement présentés les différents types de phrase et les transformations les plus
courantes qu’elles peuvent générer.
• La phrase déclarative (ou énonciative) qui transmet une information de façon neutre.
L’Irlande est le pays d’origine de nombreux Américains.
• La phrase interrogative directe, grâce à laquelle on pose une question, se termine par un
point d’interrogation.
Pensez-vous que votre fils réussira l’examen?
Ce type de phrase est à distinguer de la forme dite interrogative indirecte qui, sur le plan
syntaxique, peut être assimilée à une phrase déclarative. Celle-ci doit se terminer par un
point.
Je me demande si votre fils réussira l’examen.
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• La phrase impérative transmet, quant à elle, un ordre, un souhait, une suggestion, une
exigence, une sollicitation.
Payez-moi ce que vous me devez.
Qu’il soit de retour dès cinq heures.
Pouvez-vous ouvrir cette porte? Pourriez-vous ouvrir cette porte?
(N.B. Dans ce dernier cas, il ne s’agit pas vraiment d’une question mais plutôt d’une
formule de politesse, de l’expression polie d’une demande, d’une sollicitation…)
Il existe toutefois quelques différences marquées entre l’oral et l’écrit. Voici les plus
courantes :
• La langue parlée utilise en général un vocabulaire plus familier, plus concret que la
langue écrite.
• La syntaxe de la langue parlée est moins rigide que celle de la langue écrite; dans l’écrit,
on doit respecter beaucoup plus strictement les règles du code grammatical, notamment
en ce qui concerne l’usage des mots-liens, soit les prépositions et les conjonctions.
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Un mot ou une tournure de phrase qui pourrait paraître acceptable en français parlé ne le
serait pas nécessairement en français écrit.
L’intrusion du pronom tu, tolérable en langue parlée dans un tel contexte, est à
proscrire en langue écrite, sauf dans la transcription brute de l’oralité (par exemple
dans le dialogue dans un roman ou au théâtre).
Dans un texte de langue écrite, on s’appliquerait à utiliser le pronom nous dans toute
la phrase.
Ces deux exemples sont caractérisés par l’addition dans des phrases à structure
interrogative indirecte de marques interrogatives supplémentaires et caractéristiques
de l’interrogation directe. La langue écrite évite ce type de redondance (à moins
d’intentions d’ordre stylistique). Les deux phrases pourraient se reformuler ainsi :
Je lui ai demandé ce qu’il en pensait.
Il a voulu savoir pourquoi le sujet paraissait si complexe.
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• L’usage de la négation.
L’accident a eu lieu si rapidement que *j’ai rien vu.
Je savais que tu ferais tout ce qui est possible *pour pas que cela arrive (ou *pour ne pas que ça arrive).
*Il y a pas personne dans la classe.
De façon générale, la syntaxe de la langue écrite sera plus soutenue et plus soucieuse des
exigences du code grammatical que celle de la langue parlée. La phrase écrite est structurée
différemment de la phrase parlée. Les exemples qui suivent présentent, en conclusion, des
phrases orales transformées en phrases écrites.
Sources
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BROUSSEAU, André, et al. (1994). Le français pour l’essentiel, 2e édition, Laval, Mondia
Éditeurs, 338 p.
GREVISSE, Maurice (1993). Le bon usage : grammaire française, 13e éd. revue et
augmentée par André Goosse, Paris-Louvain-la-Neuve, Éditions Duculot, 1762 p.