Code Forestier
Thèmes abordés
Code Forestier
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Le nouveau
Code forestier ivoirien
LOI N°2014- 427 DU 14 JUILLET 2014
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CHAPITRE I : DEFINITIONS
Boisement, l’établissement de forêts sur des terres qui n’étaient précédemment pas des terres forestières,
Certification forestière, la procédure par laquelle une tierce dûment agréée donne assurance écrite qu’un
produit, service, système, processus ou matériau forestier est conforme à des exigences spécifiques. Ces
exigences sont des principes, critères et indicateurs de gestion durable des divers types de forêts ;
Concession forestière, le territoire forestier attribué à une personne morale de droit public ou de droit privé
sur lequel s’exerce la convention d’aménagement de la forêt ;
Conservation, la planification et l’aménagement des ressources forestières en vue d’assurer leur utilisation à
grande échelle et la continuité de leur approvisionnement tout en maintenant ou en améliorant leur qualité,
leur valeur et leur diversité biologique ;
Constitution de forêts, l’opération consistant à rétablir le couvert forestier par reboisement ou régénération
naturelle ;
Déboisement, l’action consistant à défricher une terre forestière, à couper ou à extirper ses végétaux ligneux
en vue de changer l’affectation du sol ;
Déclassement, procédure par laquelle une forêt est désaffectée du domaine forestier public de l’Etat.
Diversité biologique, la variabilité des organismes vivants, de toute origine, y compris, entre autres les
écosystèmes terrestres, marins, aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend
la diversité au sein des espèces, entre espèces et entre écosystèmes ;
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Droits d’usage forestier, les droits de prélèvement reconnus aux populations riveraines ou vivant
traditionnellement à l’intérieur des forêts, qu’elles exercent individuellement ou collectivement en vue de
satisfaire leurs besoins domestiques ;
Exploitant forestier, la personne morale ou physique agréée par l’administration pour assurer l’exploitation
forestière, conformément aux dispositions réglementaire en vigueur ;
Exploitation forestière, l’ensemble des activités d’abattage, de façonnage et de transport de bois, qu’il
s’agisse de bois d’œuvre, d’énergie ou de service, ainsi que les prélèvements dans un but économique des
autres produits forestiers ;
Feux de brousse, les incendies incontrôlés et dévastateurs d’origine diverse qui surviennent en milieu rural ;
Feux précoce, les feux allumés très tôt en début de saison sèche aux fins d’aménagement des aires de
formations herbeuses ;
Forêt, toute terre constituant un milieu dynamique et hétérogène, à l’exclusion des formations végétales
résultant d’activités agricole, d’une superficie minimale de 0,1 hectare portant des arbres dont le houppier
couvre au moins 30% de la surface et qui peuvent atteindre à maturité une hauteur minimale de 5 mètre ;
Forêt classée, l’espace forestier défini et délimité comme tel, conformément à un texte législatif ou
réglementaire, de façon à lui donner la protection légale nécessaire ;
Forêt d’expérimentation, la forêt qui a pour vocation de promouvoir le développement des connaissances
forestières et sylvicoles à travers la réalisation de travaux et projets de recherche ;
Forêt de production, la forêt dont la destination principale est la production durable de bois d’œuvre, d’énergie
et de service à des fins d’exploitation ;
Forêt de récréation, la forêt qui, en raison de son intérêt socio-éducatif et culturel, constitue un cadre de loisir
pour la population ;
Forêt de type particulier, la forêt contenant des espèces d’arbres ou des habitats de type particulier et jouant
plusieurs rôles écologiques et sociaux ;
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Forêt-galerie, la forêt de type particulier où la canopée est jointive au-dessus d’un cours d’eau ou d’un petit
fleuve, ce qui lui confère un type particulier de corridor biologique à la fois forestier et aquatique ;
Forêt protégé, la forêt du domaine rural qui, n’ayant pas fait l’objet d’un classement, est réglementée par les
textes en vigueur ;
Forêt sacrée, l’espace boisé réservé à l’expression culturelle d’une communauté donnée et dont l’accès et la
gestion sont réglementés ;
Gestion durable de la Forêt, la gestion qui prend en compte les besoins en ressources forestières des
générations actuelles et future tout en préservant les fonctions de la forêt ;
Gouvernance forestière, l’ensemble des dispositions visant la gestion durable des forêts ;
Inventaire forestier, l’évaluation et la description de la quantité, de la qualité, des caractéristiques des arbres
et des milieux forestiers ;
Légalité de produit forestier, le produit de la forêt exploité, transporté, stocké, transformé ou exporté en
respectant la législation nationale relative aux activités forestières, à la protection de l’environnement, aux
droits des travailleurs, au commerce, notamment au paiement des taxes, à la déclaration en douane ;
Mise en défens, le technique qui consiste à mettre au repos, par des rotations périodiques, des surfaces
dégradées afin d’y favoriser la restauration de l’écosystème ;
Partenariat public-privé, le mode de financement par lequel le secteur privé est associé à la gestion du
domaine forestier national ;
Permis de coupe, l’autorisation accordée à un exploitant forestier ou à toute autre personne et qui porte sur
un volume ou un nombre défini d’arbre à prélever dans une forêt pour un temps donné ;
Plan d’aménagement forestier, le document ou l’ensemble des documents contenant la définition des
objectifs, l’inventaire des ressources végétales, des ressources animales et des infrastructures existantes,
la description, la programmation et le contrôle de l’aménagement, dans le temps et dans l’espace des forêts
classées ;
Plan d’aménagement forestier simplifié ; Plan d’aménagement forestier simplifié qui concerne les forêts
du domaine rural et comprend :
• La description des facteurs de production et les potentialités ;
• La définition des objectifs ;
• La programmation des coupes et des travaux ;
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Plan de gestion, le document contenant la programmation de toutes les opérations à entreprendre telles que
les travaux et coupes, dans le temps et dans l’espace, pendant la durée d’application de l’aménagement ;
Plantation forestière, l’action de créer un peuplement en plantant des jeunes plants ou des boutures ;
Principe de précaution, Principe selon lequel en cas de risques graves ou irréversibles, l’absence de
scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives
visant à prévenir la dégradation de la forêt ;
Principe de substitution, Principe selon lequel une action qui est susceptible d’avoir un impact préjudiciable
sur la forêt peut être substituée à une autre qui présente un risque ou un danger moindre ;
Principe de non-dégradation des ressources naturelles, Principe selon lequel pour réaliser un
développement durable, il y a lieu d’éviter de porter atteinte aux ressources naturelles telles que l’eau, l’air et
les sols qui, en tour état de cause, sont partie intégrante du processus de développement et ne doivent pas
être prises en considération isolement. Les effets irréversibles sur les terres doivent être évités dans toute la
mesure du possible ;
Principe de coopération, principe selon lequel les autorités publiques, les institutions internationales, les
associations de défense des forêts et les particuliers concourent à protéger les forêts à tous les niveaux
possibles, par des actions concertées et coordonnées ;
Principe pollueur-payeur, principe selon lequel toute personne physique ou morale dont les agissements
ou les activités causent ou sont susceptibles de causer des dommages à la forêt est soumise à une taxe ou
redevance destinée à la réparation des dommages causés. Elle assure, en outre, toutes mesures de remise
en état sans préjudice d’autres sanctions prévues par la loi ;
Produit forestier, la ressource tirée de la forêt pour satisfaire divers besoins, notamment économique,
sociaux, culturels et scientifiques ;
Produit forestier non ligneux, le produit d’origine biologique autre que le bois d’œuvre et qui est tiré des
forets,
Puits de carbone, toute activité, tout processus ou mécanisme naturel ou artificiel qui élimine de l’atmosphère
un gaz à effet de serre, un aérosol ou un précurseur de gaz à effet de serre ;
Reboisement, l’opération consistant à planter des essences forestières sur des terres temporairement
déboisées ;
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Traçabilité, l’ensemble des informations nécessaires et les étapes successives d’exploitation, de transformation,
de fabrication et de distribution de produits issus de la forêt ;
Valeur mercuriale, la valeur administrative de référence des produits forestiers, fixée et actualisée
périodiquement par voie réglementaire sur la base du prix de marché ;
Vente de coupe, l’autorisation accordée à un exploitant forestier, en vue de la vente sur pied d’arbres
préalablement identifiés.
Article 2 : La présente loi a pour objectif de fixer les règles relatives à la gestion durable des forêts.
Elle vise à :
• Renforcer, au profit des générations présentes et futures, la contribution du secteur forestier au
développement durable par la promotion des fonctions environnementales, socio-économiques et
culturelles des ressources forestières ;
• Préserver et valoriser la diversité biologique et contribuer à l’équilibre des écosystèmes forestiers et
autre écosystèmes associés ;
• Promouvoir la participation active des populations locales, des Organisations Non Gouvernementales
et des associations à la gestion durable des ressources forestières pour l’amélioration de leurs revenus
et de leurs conditions de vie, par la prise en compte, en matière forestière de leurs droits individuels et
collectifs qui découlent des coutumes, de la loi portant Code Foncier Rural, de la présente loi et par la
vulgarisation de la politique forestière ;
• Promouvoir la création de forêts par les communautés rurales, les collectivités territoriales, les personnes
physiques et les personnes morales de droit privé ;
• Valoriser les ressources forestières par une transformation plus poussée du bois et une meilleure
rentabilité des produits forestiers ;
• Favoriser la constitution d’un taux de couverture forestière représentant au moins 20% de la superficie
du territoire national ;
• Promouvoir une culture éco-citoyenne.
Article 3 : La présente loi s’applique aux forêts et aux arbres hors forêts sur le territoire national
La présente loi ne s’applique pas à la faune ; aux Parcs Nationaux et Réserves naturelles.
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Article 4 : La présente loi se fonde sur les principes de gestion durable des forêts et de la diversité biologique
tels que définis au chapitre I du titre I ci-dessus.
Article 6 : la protection et la reconstitution des ressources forestières incombent à l’Etat, aux collectivités
territoriales, aux communautés rurales, aux personnes physiques et personnes morales de droit privé,
notamment les concessionnaires et exploitants des ressources forestières.
Article 7 : l’Etat prend toutes mesures nécessaires en vue de fixer les sols, de protéger les terres, berges
et ouvrages contre les risques d’érosion et d’inondation, et de conserver les espèces naturelles menacées
d’extinction.
Article 8 : l’Etat prend toutes mesures nécessaires pour que la gestion des forêts à des fins de production,
de protection, de récréation, d’expérimentation et d’écotourisme soit une mise en valeur compatible avec
l’aménagement du territoire.
Article 9 : l’Etat réalise périodiquement un inventaire forestier national en vue d’évaluer les ressources
forestières, de planifier et de rationaliser leur gestion.
Article 10 : L’Etat prend toutes mesures nécessaires pour promouvoir la constitution de puits de carbone, en
vue de réduire les gaz à effet de serre.
Article 11 : l’Etat assure la bonne gouvernance en matière forestière, par la mise en œuvre de la certification
des forêts et la traçabilité des produits forestiers.
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Article 12 : L’Etat réglemente l’utilisation des ressources génétiques des forêts de même que l’accès aux
résultats et avantages découlant des biotechnologies issues desdites ressources.
Article 13 : L’Etat prend toutes mesures nécessaires pour règlementer le commerce des produits forestiers.
Article 14 : L’Etat prend toutes mesures nécessaires pour instituer des mécanismes de financement durables
des forêts incluant le partenariat Public-Privé.
Article 15 : L’Etat met en œuvre les engagements découlant des conventions internationales notamment :
• La lutte contre les changements climatiques et la protection des ressources en eau
• La valorisation des fonctions environnementales de la forêt
• La règlementation de l’exploitation des ressources génétiques des forêts
• La protection des espèces menacées d’extinction.
Article 16 : En vue de la mise en œuvre de la politique forestière nationale, l’Etat institue des cadres de
concertation pour associer les différents acteurs concernés ; notamment :
• Les populations
• Les opérateurs du secteur privé
• Les institutions de recherche
• Les partenaires au développement
• Les Organisations Non Gouvernementales
• Les communautés villageoises
• Les Collectivités territoriales.
Article 17 : L’Etat crée des structures de développement des forêts, d’encadrement des acteurs de la filière,
de conseil scientifique à but consultatif, de formation et de recherche en matière forestière.
Article 18 : L’Etat prend toutes mesures nécessaires pour instituer des mécanismes de financement pour la
gestion durable des forêts, notamment :
• Un fonds forestier national
• Des partenariats Public-Public
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Article 19 : L’ensemble des forêts, sur toute l’étendue du territoire national, fait partie du patrimoine national
auquel toute personne physique ou personne morale peut accéder.
Toutefois, seul l’Etat, les Collectivités territoriales, les communautés rurales et les personnes physiques
ivoirienne sont admis à en être propriétaires.
Article 20 : Les produits issus des forêts naturelles ou plantées ; des reboisements et des enrichissements de
jachères comprises dans les terres régulièrement concédées en vertu de la législation foncière, appartiennent
à leurs concessionnaires.
Les droits attachés à ces forêts sont exercés dans le respect des dispositions du présent projet de loi.
Article 21 : Les arbres situés soit dans un village, soit dans son environnement immédiat, soit dans un champ
collectif ou individuel, sont la propriété collective du village ou celle de la personne à laquelle appartient le
champ.
Ces arbres peuvent faire l’objet d’une cession en faveur des tiers.
Les modalités de détermination des arbres sans l’alinéa précédent sont déterminées par voie réglementaire.
Article 22 : En fonction du régime de protection, le domaine forestier national comprend les forêts classées
et les forêts protégées, telles que définies à l’article 1 de la présente loi.
Article 23 : Le domaine forestier classé est constitué de forêts classées, lesquelles comprennent selon les
objectifs principaux fixés :
• Les forêts de protection ;
• Les forêts de production ;
• Les forêts de récréation ;
• Les forêts d’expérimentation.
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Article 24 : Peuvent être classées, les forêts créées ou maintenues en l’état pour :
• La stabilisation du régime hydrique et du climat ;
• La protection des sols et des pentes contre l’érosion ;
• La protection de la diversité biologique et de l’environnement humain ;
• La satisfaction durable des besoins en produits forestiers ;
• La protection et le renforcement des berges des cours d’eau ;
• Toutes autres fins jugées utiles par l’autorité compétente.
Les espaces devenus indispensables pour la protection des berges, des pentes et des bassins versants font
partie du domaine forestier de l’Etat. Leur gestion est déterminée par voie réglementaire.
Article 25 : Les forêts sont classées au nom de l’Etat ou des Collectivités territoriales par voie légale, pour
les forêts du domaine forestier public telles que définies aux articles 30 et 34 du présent de loi et par voie
réglementaire pour les forêts du domaine privé mentionnées aux articles 31 et 35 de la présente loi.
L’acte de classement détermine la dénomination de la forêt concernée, sa localisation et ses limites exactes,
sa superficie, sa vocation, son régime de propriété, les restrictions et les droits d’usage auxquels elle est
soumise.
Article 26 : Les forêts classées sont susceptibles de déclassement partiel ou total dans les mêmes procédures
et formes que leur classement.
L’acte de déclassement indique la superficie concernée, ses limites exactes de même que son affectation ou
sa destination.
Article 28 : Les forêts du domaine rural qui n’ont pas fait l’objet d’un acte de classement sont des forêts
protégées soumises à un régime juridique moins restrictif sur les droits d’usage.
Article 29 : Le domaine forestier de l’Etat est composé d’un domaine forestier public et d’un domaine forestier
privé comprenant :
• Les forêts classées en son nom ;
• Les forêts protégées situées sur des terres non immatriculées ;
• Les forêts protégées situées des terres sans maître.
•
Article 30 : Font partie du domaine forestier public de l’Etat les forêts de protection, de récréation et
d’expérimentation, classées en son nom.
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Article 31 : Font partie du domaine forestier privé de l’Etat les forêts de production, les forêts protégées
situées sur des terres non immatriculées et les forêts protégées situées sur des terres sans maître.
Article 32 : Les produits forestiers non situés dans le domaine forestier national, notamment, les arbres hors
forêts, appartiennent aux personnes physiques ou morales à qui la législation domaniale et foncière reconnaît
un droit de propriété ou des droits coutumiers sur la terre.
La propriété des produits forestiers prévus à l’alinéa précédent et situés sur une terre sans maître revient à
l’Etat.
Article 34 : Font partie du domaine forestier public des Collectivités territoriales les forêts de protection, de
récréation et d’expérimentation classées en leur nom.
Section3 : Domaine forestier des personnes physiques et des personnes morales de droit privé
Article 37 : Les forêts des personnes morales de droit privé sont constituées par :
• les forêts naturelles situées sur des terres sue lesquelles elles jouissent d’un droit de propriété ou de
droits coutumiers conformément à la législation domaniale et foncière ;
• les plantations forestières créées sur des terres immatriculées en leur nom ou sur des terres occupées
en vertu d’un bail ;
• les forêts acquises.
Les procédures de constitution des forêts des personnes morales de droit privé sont fixées par voie
réglementaire.
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Article 38 : Les forêts reconstituées dans le domaine forestier national appartiennent aux propriétaires des
forêts concernées. En cas de cession des produits forestiers, les concessionnaires forestiers qui ont réalisé
les reboisements, les mises en défens et les régénérations naturelles, bénéficient d’un droit de préemption.
Article 39 : Toutes les forêts doivent faire l’objet d’un enregistrement auprès de l’Administration forestière.
Les modalités de cet enregistrement sont déterminées par voie réglementaire.
Article 40 : Les forêts des communautés rurales sont des forêts protégées appartenant à une ou plusieurs
communautés rurales. Elles sont composées de catégories suivantes :
• les forêts naturelles situées sur des terres sur lesquelles les communautés rurales jouissent d’un droit
de propriété ou de droits coutumiers conformes à la législation domaniale et foncière ;
• les plantations forestières créées sur des terres immatriculées au nom des communautés rurales ou sur
des terres occupées par celles-ci en vertu de la coutume locale ou d’un bail ;
• les forêts cédées aux communautés rurales par l’Etat, les Collectivités territoriales ou les personnes
physiques ou morales de droit privé ;
• les forêts acquises.
Les procédures de constitution des forêts des communautés rurales sont fixées par voie règlementaire.
Article 41 : Les forêts de type particulier des communautés rurales sont les forêts sacrées.
Les forêts sacrées des communautés rurales sont inscrites en leur nom dans un registre tenu par l’Administration
forestière.
Article 42 : Les prélèvements au titre des droits d’usage forestier doivent se faire dans le respect des principes
de gestion durable des forêts.
Article 44 : Les droits d’usage forestier ne s’appliquent pas aux forêts des communautés rurales, aux forêts
des personnes physiques et aux forêts des personnes morales de droit privé.
L’exercice des droits d’usage forestier ne peut être restreint ou suspendu par le plan d’aménagement de la
forêt concernée.
Les droits d’usage forestier peuvent s’exercer dans les forêts faisant l’objet de concession d’aménagement
sans que le concessionnaire ne puisse prétendre à une quelconque compensation.
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Article 45 : Les produits forestiers prélevés en vertu des droits d’usage forestier ne donnent lieu au paiement
d’aucune taxe ou redevance à l’Administration forestière.
Article 46 : Dans les forêts classées, les droits d’usage forestier sont limités :
• au ramassage du bois mort et de la paille ;
• à la cueillette des fruits, des plantes alimentaires ou médicinales, des racines et des feuilles ;
• a la récolte du miel, des gommes, résines, champignons et autres produits forestiers ;
• au prélèvement du bois destiné à la construction des habitats traditionnels et à l’artisanat non lucratif ;
• au prélèvement d’eau de consommation ;
• au parcours des animaux domestiques à condition qu’ils ne présentent aucun danger pour les
peuplements forestiers, à la génération et aux plantations forestières ;
• au prélèvement d’animaux et insectes non protégés en vue de leur consommation et non à des fins
commerciales ;
• à l’accès aux sites sacrés.
Article 47 : Les forêts du domaine public de l’Etat et des Collectivités territoriales sont affranchies de tout droit
d’usage portant sur le sol forestier. Les défrichements qu’ils soient manuels ou mécanisés, y sont formellement
interdits.
Dans le domaine forestier privé de l’Etat et des Collectivités territoriales, les droits d’usage portant sur le sol
forestier sont exercés dans les conditions fixées par décret pris en Conseil des Ministres.
Article 48 : Les forêts sacrées font l’objet de droits d’usage forestier admis par les us et coutumes.
Article 49 : La reconstitution et la création des forêts sont assurées par la mise en défens, la régénération
naturelle, le reboisement et la conduite des rejets. Elles sont réalisées selon les normes techniques définies
et mises en œuvre sous le contrôle de l’Administration forestière.
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Article 51 : Sous réserve des dispositions prévues à l’article 47 de la présente loi, les défrichements dans le
domaine forestier national ne peuvent s’exercer que sur autorisation de l’Administration forestière.
Article 52 : Tout projet de défrichement, susceptible de porter atteinte au domaine forestier national, est
soumis à l’autorisation préalable de l’Administration forestière.
Le caractère industriel du défrichement est précisé par voie règlementaire.
Article 53 : Est interdit, sur toute l’étendue du domaine forestier national, tout déplacement, brisement ou
enlèvement de bornes servant à délimiter les forêts.
Article 54 : L’abattage des arbres ayant servi au renforcement de la matérialisation des limites forêts est
soumis à l’autorisation préalable de l’Administration forestière.
Article 55 : Sont interdits, dans le domaine forestier national, sauf pour des raisons scientifiques ou d’intérêt
public et après autorisation de l’Administration forestière, l’abattage, l’arrachage et la mutilation d’espèces
forestières protégées.
Article 56 : Sont interdits, sur toute l’étendue du domaine forestier national, le déversement ou l’introduction
de substances et d’espèces dangereuses ou nocives.
Article 57 : La liste des espèces protégées est établie par voie règlementaire et fait l’objet de mise à jour
périodique.
Article 58 : L’emprise des forêts classées dans chaque région ou localité est choisie de telle sorte que des
superficies suffisantes de forêts protégées soient laissées à la disposition des populations pour la satisfaction
de leurs besoins domestiques et pour les activités socio-économique.
Toutefois, les limites des forêts classées antérieurement à l’adoption de la présente loi demeurent inchangées.
Article 59 : Toute déboisement, sur une distance de vingt-cinq mètres de large de part et d’autre de la limite
supérieure des crues des cours d’eau, est interdit.
Article 60 : Afin de protèger la diversité biologique forestière, l’Administration forestière peut, sur toute l’étendue
du domaine forestier national, mettre en réserve certaines espèces ou édicter toutes restrictions jugées utiles.
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Article 61 : Toute activité susceptible d’entrainer le déboisement d’une partie domaine forestier protégé de
l’Etat et des collectivités territoriales est soumise à autorisation préalable de l’Administration forestière.
Pour les forêts des personnes physiques et personnes morales de droit privé et des communautés rurales,
l’autorisation est accordée par l’administration forestière locale.
Article 62 : Sous réserve des déboisements nécessaires à la réalisation des pistes et autres infrastructures
prévues par le plan d’aménagement, le déboisement de tout ou partie d’une forêt classée est subordonné à
un déclassement préalable dans les conditions prévues par la présente loi.
Article 63 : La protection des forêts contre les feux de brousse et les incendies des forêts est un devoir
national. Elle constitue une obligation pour l’Etat, les collectivités territoriales, les communautés rurales, les
opérateurs économiques et les populations.
Toute personne constatant la présence d’un feu en forêt est tenue d’en aviser immédiatement l’autorité locale
ou Administrative la plus proche ou le cas échéant, les services compétents en matière de lutte contre les
incendies.
Article 64 : Sur toute l’étendue du territoire national, il est interdit de provoquer un feu susceptible de se
propager au domaine forestier ou à la brousse ou d’abandonner un feu non éteint.
Toutefois, l’allumage d’un feu à proximité des habitations ou à l’intérieur des forêts, notamment pour la
fabrication de charbon, doit se faire conformément aux dispositions règlementaire en vigueur.
Article 65 : Dans les zones ou la végétation le permet et en vue d’assurer la protection du domaine forestier
ou de régénérer les pâturages, les mise à feu précoces sont autorisées par arrêté préfectoral, sur proposition
de l’Administration forestière locale.
Les modalités de l’usage des feux précoces sont fixées par décret pris en conseil des ministres.
Article 66 : En cas d’incendie des forêts ou de feux de brousse, les autorités compétentes doivent prendre
toutes mesures nécessaires pour lutter contre le feu.
Article 67 : Les collectivités territoriales sont tenues d’élaborer et de mettre en œuvre, avec la participation
des populations et sous la supervision de l’Administration forestière, un programme de défense de la forêt et
de lutte contre les feux de brousse.
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Article 68 : Les forêts domaniales sont aménagées selon des modalités déterminées par l’Administration
forestière.
Article 69 : Les collectivités territoriales assurent l’aménagement de leur domaine forestier sous le contrôle
de l’Administration forestière.
Article 70 : Dans leur ressort territorial, les collectivités territoriales sont tenues d’élaborer et de mettre en
œuvre, en conformité avec la politique forestière nationale, des programmes d’aménagement forestier dans
un cadre de gestion participative et durable.
Article 71 : Toute activité de gestion d’exploitation dans les forêts de l’Etat et des collectivités territoriales
est subordonnée à l’existence préalable d’un plan d’aménagement forestier ou d’un plan d’aménagement
forestier simplifié et approuvé par l’Administration forestière.
Article 72 : Les personnes physiques et les personnes morales de droit privé ivoirien, propriétaire de forêts,
sont tenues d’élaborer un plan d’aménagement forestier simplifié en vue de leur gestion durable.
Le plan d’aménagement forestier simplifié est élaboré et mis en œuvre sous le contrôle et l’assistance de
l’Administration forestière.
L’élaboration du plan d’aménagement forestier simplifié exige une superficie minimale déterminée en
concertation avec les partenaires concernés et fixée par voie réglementaire.
Article 73 : Les personnes physiques et personnes morales de droit privé ivoirien, propriétaires de forêts,
exercent leur droit de propriété sur les produits de toute nature, à l’exclusion des produits miniers et des
espèces de faune et de flore protégées.
Article74 : Les personnes physiques et personnes morales de droit privé ivoirien, propriétaires de forêts,
bénéficient d’un droit de préemption en cas de cession des droits sur les ressources naturelles autres que les
ressources forestières situées lesdites forêts.
Article 75 : Les forêts sacrées et les forêts des communautés rurales sont gérées conformément aux us et
coutumes desdites communautés.
Toutefois, les communautés rurales peuvent élaborer des plans d’aménagement forestier simplifié en vue
d’assurer la gestion durable des forêts dont elles sont propriétaires.
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Article 76 : L’Administration forestière peut être sollicitée pour la réalisation de plans d’aménagement forestier
simplifiés des forêts des communautés rurales. Les conditions de cette sollicitation sont définies par voie
règlementaires.
Le plan d’aménagement forestier simplifié fait l’objet de validation l’Administration forestière.
Article 77 : Les communautés rurales, propriétaires de forêts, exercent leur droit de propriété sur les produits
de toute nature, à l’exception des produits miniers et des espèces de faune et de flore sauvages protégées.
Article 78 : Les gestionnaires des forêts sacrées, inscrites au registre forestier prévu à l’article 41 de la
présente loi, peuvent bénéficier de l’assistance de l’Administration forestière ou de toute autre structure
autorisée par elle pour la protection et l’aménagement desdites forêts.
Article 79 : Toute exploitation de forêts doit être conforme aux principes de la gouvernance forestière.
Article80 : Tout exploitant forestier est tenu d’obtenir un agrément délivré par le Ministre chargé des forêts,
préalablement à l’exercice de sa profession.
L’agrément d’exploitant forestier est strictement personnel et ne peut faire l’objet de cession, sous peine de
sanctions prévues par la présente loi.
Article 81 : La location de l’agrément ou le transfert du code d’exploitant forestier est soumis à l’autorisation
de l’Administration forestière.
Article 83 : Les conditions d’obtention de l’agrément d’exploitant forestier sont déterminées par le décret pris
en conseil des Ministres.
Article 84 : Toute concession ou tout contrat d’exploitation forestière, hormis les droits d’usage forestier, doit
être assorti d’un cahier des charges.
Article 87 : Lles ressources génétiques du domaine forestier national ne peuvent être exploitées à des fins
scientifiques ou commerciales que dans les conditions fixées par décret pris en Conseil des Ministres.
Article 88 : L’industrie du bois regroupe toutes les activités économiques de production de biens matériels par
transformation et mise en valeur de la matière première bois.
Article 89 : En vue d’une gestion durable des produits forestiers ligneux, l’Etat prend toutes mesures nécessaires
pour encourager et responsabiliser les opérateurs économiques de la filière bois dans la constitution de leurs
sources d’approvisionnement et dans le développement de complexes sylvo-industriels.
Article 91 : Les prélèvements aux fins de transformation des produits forestiers non ligneux ainsi que des
produits ayant des vertus pharmaceutiques, agro-alimentaires ou cosmétiques sont autorisés dans les
conditions fixées par voie réglementaire.
Article 92 : Afin de pouvoir une transformation plus poussée du bois, l’Etat met en place un système de taxation
tenant compte du niveau d’exploitation et de transformation des espèces forestières dont les conditions et
modalités sont fixées par voie réglementaire.
Article 93 : La promotion des produits forestiers est assurée pour une meilleure connaissance des ressources
forestières, une diversification des produits forestiers, un développement des industries forestières et des
activités de renforcement des capacités des différents acteurs de filière.
Article 94 : l’Etat prend toutes mesures nécessaires pour assurer par voie réglementaire la création de
centres de promotion des produits forestiers.
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Article 95 : Tout produit forestier ligneux destiné à l’exploitation doit être préalablement transformé sauf en
cas d’autorisation spéciale accordée par décret pris en conseil des Ministres.
Article 96 : Les conditions d’importation des produits forestiers ligneux sont fixées par décret pris en conseil
des Ministres.
Article 98 : L’exportation et l’importation des produits forestiers ne peuvent être exercées que par des
personnes morales de droit public ou privé disposant d’un agrément à l’exportation et/ou à l’importation.
Article 99 : La nomenclature des produits forestiers est établie périodiquement selon les modalités définie par
voie réglementaire.
Article 100 : La liste périodique des produits forestiers interdits d’exportation, soumis à licence d’exportation,
prohibés ou placés hors quota, les valeurs mercuriales des produits forestiers disponibles et les
contingentements à l’exportation du bois selon l’état de la ressource, sont établies périodiquement par un
arrêté du Ministre chargé des Forêts.
Article 101 : Les conditions de commercialisation des produits forestiers sur le territoire national sont fixées
par voie réglementaire.
Article 102 : L’exploitation, la transformation et la commercialisation des produits forestiers sont assujetties
au paiement de droits, taxes et redevances dont les modalités sont fixées par décret pris en conseil des
Ministres.
Article 103 : L’Etat perçoit des droits, taxes et redevances pour la cession, la location, l’exploitation, la
transformation ou la commercialisation produits forestiers.
Article 104 : Dans le cadre de ses activités, toute personne physique ou morale exerçant dans l’exploitation,
la transformation, la valorisation, la promotion ou la commercialisation des produits forestiers est assujettie
aux paiements des droits, taxes et redevances prévus par les textes en vigueur.
Le code forestier ivoirien 20
Article 105 : Pour l’exercice des fonctions de police forestière, la qualité d’Officier de Police Judiciaire est
reconnue aux agents techniques assermentés des Eaux et Forêts suivants :
• Ingénieurs des Eaux et Forêts ;
• Ingénieurs des techniques des Eaux et Forêts ;
• Techniciens supérieurs des Eaux et Forêts occupant des postes de responsabilité au niveau régional
ou départemental.
Article 106 : Avant leur entrée en fonction, les agents techniques des Eaux et Forêts prêtent serment devant
le tribunal de première instance ou la section de Tribunal de leur lieu de résidence.
En cas de changement de résidence, il n’y a pas lieu à nouvelle prestation de serment. Les agents techniques
des Eaux et Forêts ont droit au port d’armes et de l’uniforme dans l’exercice de leurs fonctions.
Article 107 : Les agents techniques assermentés des Eaux et Forêts sont chargés de constater les infractions,
en rassembler les preuves et rechercher les auteurs.
Article 108 : Les infractions en matière forestière sont constatées par les agents Techniques assermentés
des Eaux et Forêts par procès-verbaux établis, sous peine de nullité, selon les modalités définies par décret
pris en conseil des Ministres.
Ces procès-verbaux sont transmis au Procureur de la République et font foi jusqu’à inscription de faux.
Article 109 : Sans préjudice des dispositions du Code de procédure pénale, notamment en ses articles 22 à
27, les agents techniques des Eaux et Forêts ayant la qualité d’Officier de Police Judiciaire peuvent :
• S’introduire dans les dépôts, industries forestières, périmètres d’exploitation, magasins et menuiseries
pour exercer leur contrôle ;
• Visiter les gares, aérogares, trains, bateaux, aéronefs, sites ou véhicules susceptibles de contenir ou de
transporter des produits forestiers ;
• Procéder à toute forme de perquisition et saisies ;
• S’introduire de jour dans les maisons, cours et enclos en cas de flagrant délit ou de présomption
d’existence de produits forestiers frauduleux ;
• Exercer subséquemment un droit de suite ;
• Requérir l’appui des autres forces publiques.
Le code forestier ivoirien 21
Article110 : Les agents techniques des Eaux et Forêts ayant la qualité d’Officier de Police Judiciaire peuvent
décider, en cas de nécessité, de garder à vue un individu pris en flagrant délit conformément aux prescriptions
des articles 53 et suivant du code de procédure pénale.
Article 111 : Conformément aux dispositions du code de procédure pénale, notamment en ses articles 56, 57
et 59 nouveau, les perquisitions et visites domiciliaires doivent se faire dans le respect du secret professionnel
et des droits de défense.
Article 112 : Les actions et poursuites des infractions à la législation forestières devant les juridictions
compétentes sont exercées au nom de l’Etat par le Ministère Public.
L’administration forestière, à travers les agents techniques assermentés des Eaux et Forêts, à le droit de
comparaître, d’exposer l’affaire devant les juridictions compétentes et de déposer ses conclusions écrites.
L’Agent judiciaire du Trésor public est obligatoirement cité à cette instance.
Article 113 : Les agents techniques assermentés des Eaux et Forêts, Officiers de Police Judiciaire peuvent,
en cas de flagrant délit, procéder à l’arrestation de l’auteur d’une infraction et le déférer devant le procureur
de la République.
Les agents techniques des Eaux et Forêts qui n’ont pas la qualité d’Officier de Police Judiciaire doivent
conduire toute personne prise en flagrant délit devant un agent technique assermenté des Eaux et Forêts
ayant la qualité d’Officier de Police Judiciaire ou devant l’Officier de Police Judiciaire le plus proche, qui
dresse un procès-verbal et instrumente la procédure conformément aux dispositions du Code de procédure
pénale.
Article 114 : Les mesures complémentaires prononcées par les juridictions compétentes, notamment le
déguerpissement et la destruction de plantations situées dans le domaine forestier national, sont exécutées
par les agents chargés de la police forestière, à compter du jour où la décision est devenue définitive.
L’Administration forestière veille à l’exécution des décisions de Justice rendues en matière d’infraction à la
législation forestière.
Article 115 : Dans le cas où elle justifie d’un préjudice causé à l’Etat, l’Administration forestière peut demander
des dommages et intérêts en plus de la condamnation pénale. L’action en dommages et intérêts peut également
être menée par le Ministère Public accessoirement à l’action publique.
Article 116 : Si, à l’occasion d’un procès, le prévenu invoque un droit de propriété ou un autre droit réel, la
juridiction saisie statue sur l’incident en se conformant aux règles suivantes :
• L’exception préjudicielle n’est admise que si elle est fondée soit sur un titre apparent, soit sur des faits
de possession équivalents, et si elle porte sur un droit de nature à enlever tout caractère délictueux au
fait ayant provoqué la poursuite ;
• Dans le cas de renvoi à des fins civiles, le juge fixe un délai qui ne peut être supérieur à trois mois,
durant lequel la partie qui a soulevé l’exception préjudicielle doit saisir la juridiction compétente pour
justifier de ses prétentions faute de quoi, il sera passé outre.
Le code forestier ivoirien 22
Toutefois, en cas de condamnation, il sera sursis à l’exécution de la peine d’emprisonnement si elle est
prononcée et le montant des amendes, restitutions et dommages-intérêts sera consigné entre les mains du
Trésorier Payeur Général pour être remis à qui il sera ordonné par la juridiction statuant sur le fond du droit.
Article 117 : L’exécution des sentences pénales est poursuivie conformément aux dispositions du Code de
Procédure Pénale.
Le Trésor public est chargé, outre les amendes, confiscation et frais, du recouvrement des intérêts prononcés
au profit de l’Etat.
La contrainte par corps est prononcée de droit pour les recouvrements des sommes dues au titre des amendes
et produits indiqués à l’alinéa 2 ci-dessus.
Article 118 : La répartition du profit des amendes, confiscations et transactions est déterminée par décret pris
en conseil des Ministres.
Section 3 : Transactions
Article 119 : Dans tous les cas d’infractions prévues à la présente loi, l’Administration forestière peut transiger
jusqu’à expiration du délai fixé pour le pourvoi en cassation.
Après décision judicaire définitive, les transactions ne peuvent porter que sur les modalités de réparation
pécuniaire.
La transaction n’a d’effet juridique qu’après signature conjointe de l’acte de transaction par l’autorité compétente
et le délinquant. La procédure et le barème des transactions ainsi que les agents habilités à transiger sont
déterminés par décret pris en Conseil des Ministres.
Article 120 : La transaction entraîne une suspension des poursuites ou de l’exécution de la décision judiciaire.
Les actions et poursuites ne prennent fin qu’après paiement intégral du montant retenu ou exécution des
travaux prévus dans le délai fixé par l’acte de transaction.
Article 121 : Lorsque la transaction intervient au cours de l’instance judiciaire ou après décision judiciaire, une
copie de celle-ci est adressée au Ministre public, qui en tire les conséquences de droit.
En cas de non-respect par le contrevenant des termes de la transaction, l’Administration forestière informe
par écrit le Ministère public afin de lui permettre de reprendre définitivement l’instance judiciaire en cours ou
l’exécution de la décision.
Article 122 : Toute transaction est interdite en cas de récidive du délinquant.
Article 123 : Dans tous les cas où une infraction est constatée par procès-verbal, sont saisis :
• Les produits exploités ou récoltés frauduleusement ;
• Les véhicules, embarcations ou tout autre moyen ayant servi à transporter les produits frauduleux ;
• Les outils, engins, armes et instruments ayant servi à commettre l’infraction.
Le code forestier ivoirien 23
Article 124 : Les objets saisis sont déposés, dans les plus brefs délais, au service forestier le plus proche du
lieu de la saisie. Lorsqu’il est impossible de joindre immédiatement le service forestier le plus proche, ou s’il
n’en existe pas dans la localité, la garde des objets saisis est confiée soit au saisi lui-même, soit à un tiers.
En cas de perte ou de détérioration de l’objet saisi, par la faute du contrevenant ou du tiers, la juridiction saisie
détermine à la charge de celui-ci la valeur de la restitution sans préjudice du dommage causé et des peines
prévues par de Code pénal.
En cas de perte ou de détérioration de l’objet saisi consécutives à un cas de force majeure dûment constaté
par la juridiction saisie, la responsabilité de l’Administration forestière ne peut être engagée.
Article 125 : Les juridictions peuvent prononcer la confiscation des produits et matériels saisis, au profit de
l’Etat. Sont obligatoirement confisqués les produits forestiers obtenus ou prélevés sans autorisation ou faisant
l’objet d’une commercialisation frauduleuse.
Article 126 : Tout produit forestier saisi confisqué est vendu par l’Administration forestière, par adjudication
publique. L’Administration forestière procède à la vente immédiate des produits périssables. Elle peut
également les céder à des organisations sociales ou à des œuvres de bienfaisance ou des établissements
pénitentiaires.
Article 127 : Est puni d’un emprisonnement d’un à six mois et d’une amende de 50 000 à 250 000 francs CFA
ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque :
• Fait des prélèvements en violation des droits d’usage et du plan d’aménagement de la forêt concernée ;
• Empêche l’exercice régulier des droits d’usage.
Article 128 : Est puni d’un emprisonnement de trois à un an et d’une amende de 500 000 à 5 000 000 de
francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque :
• Exploite du bois autre que le bois d’œuvre sans autorisation dans le domaine forestier protégé ;
• Loue son agrément ou son titre d’exploitation sans autorisation préalable de l’Administration forestière ;
• Abandonne du bois d’œuvre abattu dans des conditions interdites par les textes en vigueur ;
• Viole les dispositions réglementaires relatives à l’exploitation du charbon de bois ;
• Fait circuler des produits de coupes de bois de service, de feu ou à charbon et de fascinage sans
documents de circulation ;
• Constitue un dépôt frauduleux de produits forestiers ;
• Viole la réglementation relative aux documents de circulation des produits de coupes de bois de service,
de feu ou à charbon et de fascinage ;
• Fait l’exploitation forestière sans plan d’aménagement simplifié ;
• Fait l’exploitation forestière sans plan d’aménagement ;
• Ne respecte pas le plan d’aménagement d’une forêt ;
• Ne respecte pas les quotas d’exploitation, d’exportation ou de reboisement.
Le code forestier ivoirien 24
Article 129 : Est puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de 1 000 000 à
10 000 000 de francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque :
• Exploite du bois d’œuvre et d’ébénisterie par substitution d’une unité forestière à une autre ou d’une
essence à une autre ;
• Fait de l’exploitation en dehors des limites affectées au titre d’exploitation ;
• Recèle des produits forestiers provenant d’une infraction aux dispositions de la présente loi ;
• Abandonne des billes sur les lieux de coupe ou long des routes et parcs, cours d’eau et plages ;
• Viole la réglementation relative au marquage des bois en grumes ou des souches ;
• Déclare un cubage inférieur au cubage réel ;
• Procède à l’empotage et l’embarquement des produits forestiers sans autorisation ;
• Viole la réglementation relative à la circulation et au transport des bois en grumes.
Article 130 : Est puni d’un emprisonnement de cinq mois à trois ans et d’une amende de 2 000 000 à
20 000 000 de francs CFA ou l’une de ces deux peines seulement, quiconque :
• Coupe ou arrache sans autorisation des arbres plantés de main d’homme ;
• Coupe, mutile ou détruit d’une manière quelconque des espèces forestières protégées ;
• Exploite du bois d’œuvre ou d’ébénisterie sans autorisation dans le domaine forestier classé ;
• Echange ou cède son titre d’exploitation ;
• Fait de l’exploitation de produits forestiers en dessous du diamètre de référence ;
• Viole la réglementation relative à la déclaration de la production ou des taxes forestières ;
• Vend, importe ou exporte des produits forestiers sans autorisation.
Article 131 : Est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 3 000 000 à 50 000 000 de
francs CFA ou l’une de ces deux peines seulement, quiconque :
• Fait de l’exploitation forestière dans le domaine forestier public ;
• Fait du sciage à façon ;
• Installe une unité de transformation sans agrément ;
• Augmente sans autorisation préalable la capacité de production d’une industrie agréée.
Article 132 : Est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 5 000 000 à 50 000 000 de
francs CFA, quiconque :
• Contrefait ou falsifie les marques régulièrement déposées des marteaux particuliers ;
• Fait usage de marteaux contrefait ou falsifiés ;
• Se procure indûment des marteaux et en fait frauduleusement usage ;
• Enlève les marques des marteaux.
Lorsque ces marteaux servent aux marques de l’Administration forestière, la peine est portée au double.
Article 133 : Est puni d’un emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende de 100 000 à 1 000 000
de francs CFA, quiconque :
• Fait des défrichements ou cultures dans les zones affectées à la constitution de forêts ;
• Construit une habitation dans une forêt de protection ;
Le code forestier ivoirien 25
Article 134 : Est puni d’un emprisonnement de quatre mois à trois ans et une amende de 250 000 à 5 000
000 de francs CFA, quiconque :
• Fait des défrichements ou des cultures dans un domaine forestier classé ;
• Crée une zone habitée dans un domaine forestier classé ;
• Procède à un déboisement non autorisé dans un domaine forestier classé ;
• Laisse divaguer des animaux domestiques dans le domaine forestier classé non ouvert au parcours ;
• Ebranche, émonde, écorce et effeuille des essences protégées ou situées dans un domaine forestier
classé ;
• Vend ou achète une portion de forêts classées.
En cas de défrichement, de culture ou de création de campement dans une forêt classée, le déguerpissement
du délinquant est ordonné par la décision de condamnation.
Article 135 : Est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 300 000 à 10 000 000
de francs CFA, quiconque, dans le domaine forestier public :
• Fait des défrichements ou des cultures ;
• Crée une zone habitée ;
• Procède à un déboisement non autorisé ;
• Ebranche, émonde, écorce et effeuille des espèces de plantes protégées.
Aux auteurs des infractions prévues aux points a, b, et c ci-dessus, les dispositions de l’article 133 du Code
pénal relatives au sursis ainsi que des articles 117 et 118 du Code pénal afférentes aux circonstances
atténuantes ne sont pas applicables.
Article 136 : Sans préjudice des sanctions prévues par la présente loi, la décision de condamnation ordonne :
• Le reboisement aux frais du délinquant d’une superficie équivalente à celle qui e été déboisée ou
détruite ;
• Le déguerpissement du délinquant en cas de défrichement ou de culture dans le domaine forestier
public.
Article 137 : Est passible d’un emprisonnement de trois à un an et d’une amende de 50 000 à 500 000 de
francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque, par imprudence ou négligence, cause un
incendie dans le domaine forestier national.
Article 138 : Est passible d’un emprisonnement d’un à dix an et d’une amende de 1 000 000 à 50 000 000 de
francs CFA et ou de l’une de ces peines seulement, quiconque provoque volontairement un ou des incendies
sur tout ou partie du domaine forestier national. .
La peine est portée au double :
• En cas de perte en vie humaine ;
• Lorsque le feu a détruit des plantations, élevages, habitations, installations industrielles, infrastructures
et autres équipements ;
• Lorsqu’il s’agit du domaine forestier public.
Le code forestier ivoirien 26
Article 139 : Est passible d’un emprisonnement de quinze jours à six mois et d’une amende de 20 000 à
500 000 francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque viole la réglementation relative aux
feux de brousse et incendies de forêt ou les règles d’usage locales de lutte contre les sinistres.
Article 140 : Est passible d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de 1 00 000 à
500 000 francs CFA ou de l’une de ces peines seulement, quiconque n’obtempère pas à une réquisition
verbale ou écrite de l’Autorité compétente en particulier en cas de lutte contre un incendie menaçant une forêt.
Article 141 : Est puni d’un emprisonnement de deux mois à un an et d’une amende de 100 000 à
1 000 000 de francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque brise, détruit, déplace ou fait
disparaître tout ou partie des bornes, marques ou clôtures délimitant les forêts.
Article 142 : Est puni d’une amende de 500 000 à 2 000 000 de francs CFA, tout exploitant forestier ou
industriel du bois qui fait de fausses déclarations ou qui ne fournit pas à l’Administration forestière, dans les
délais prescrits, les informations et les documents techniques et comptables requis par les textes en vigueur.
La décision de condamnation peut être assortie du retrait de l’agrément.
Article 143 : Est puni d’un emprisonnement de trois mois à cinq ans et d’une amende de 2 000 000 à
20 000 000 de francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque :
• Importe ou exporte des spécimens de plantes ou semences forestières sans autorisation ;
• Exploite ou exporte des ressources génétiques forestières sans autorisation.
•
Article 144 : Est puni d’un emprisonnement de trois à dix ans et d’une amende de 10 000 000 à
500 000 000 francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque déverse en forêt des produits
ou substances dangereuses et préjudiciables aux ressources forestières.
Article 145 : Sous réserve de l’exercice des droits d’usage tels que prévus par la présente loi, quiconque
procède à l’extraction ou à l’enlèvement illicite de pierres, sable, tourbe, gazon, feuilles ou de tout autre
produit dans le domaine forestier classé, est passible d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une
amende de 300 000 à 5 000 000 francs CFA ou de l’une de ces deux peines seulement.
Ces peines sont portées au double lorsqu’il s’agit du domaine forestier public.
Article 146 : Les dispositions du Code pénal relatives au sursis ainsi que celles des articles 117 et 118
afférentes aux circonstances atténuantes ne sont pas applicables aux infractions prévues à la présente section.
Le code forestier ivoirien 27
Article 147 : Les forêts classées existant avant la date d’entrée en vigueur de la présente loi demeurent la
propriété de l’Etat. L’Etat peut concéder la gestion de certaines de ses forêts à des Collectivités territoriales
ou aux communautés rurales selon les conditions et modalités fixées par décret pris en Conseil des Ministres.
Article 148 : Les titres d’exploitation forestière délivrés avant l’entrée en vigueur de la présente loi, demeurent
valables jusqu’à leur expiration.
Article 149 : Les plantations agricoles en production installées dans les forêts classées seront reconverties en
espace forestiers selon les conditions et modalités fixées par décret pris en Conseil des Ministres.
Article 150 : Les modalités d’application de la présente loi sont déterminées par Décret.
Article 151 : Sont abrogées toutes les dispositions antérieures contraires à la présente loi, notamment la loi
N° 65-425 du 20 décembre 1965 portant Code forestier telle que modifiée par la loi N° 66-37 du 7 mars 1966
portant loi de Finances pour la gestion 1966, annexe fiscale, article 14.
Article 152 : La présente loi sera publiée au journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire et exécutée
comme loi de l’Etat.
Alassane OUATTARA
Président de la République de Côte d’Ivoire
MINISTÈRE DES EAUX ET FORÊTS
Le cabinet
Contact
Adresse : 20 BP 650 Abidjan 20
Plateau - Abidjan
Côte d’Ivoire
Les collectivités territoriales doivent élaborer et mettre en œuvre des programmes d'aménagement forestier conformes à la politique forestière nationale, avec un cadre de gestion participative et durable, sous le contrôle de l'Administration forestière .
Les forêts sacrées sont gérées selon les us et coutumes des communautés locales, avec la possibilité pour ces communautés d'élaborer des plans d'aménagement simplifiés, validés par l'Administration forestière .
L'administration forestière joue un rôle central en autorisant ou réglementant les mises à feu précoces, et en supervisant avec les collectivités territoriales des programmes de lutte contre les feux de brousse pour protéger le domaine forestier .
Les exploitants forestiers doivent se conformer aux principes de gouvernance forestière et obtenir un agrément personnel délivré par le Ministre chargé des forêts. Ce dernier ne peut être cédé, sous peine de sanctions .
Les mesures incluent la notification immédiate des autorités locales en cas d'incendie, l'interdiction de provoquer des feux sans respect des réglementations, et l'implémentation de programmes de défense forestière par les collectivités sous l'administration forestière .
Les sanctions incluent des peines d'emprisonnement allant de cinq mois à dix ans et des amendes entre 2 000 000 et 50 000 000 de francs CFA pour déboisement non autorisé, exploitation du bois sans autorisation, et autres infractions liées à la gestion forestière .
L'État contribue à la gestion durable des forêts en créant des structures pour le développement des forêts, en encadrant les acteurs de la filière, en offrant un conseil scientifique consultatif, et en instituant des mécanismes de financement comme un fonds forestier national .
Le déboisement d'une forêt classée pour les infrastructures nécessite un déclassement préalable, qui doit être effectué selon les conditions prévues par la loi, avec une autorisation de l'administration forestière .
Les forêts nationales sont classées en fonction de régimes de protection: forêts de protection, de production, de récréation et d'expérimentation, servant à stabiliser le régime hydrique, protéger la biodiversité, et sécuriser les besoins en produits forestiers .
Les personnes physiques ou morales ivoiriennes doivent élaborer un plan d'aménagement forestier simplifié, validé par l'Administration forestière, tout en exerçant leurs droits de propriété dans le respect des lois, sans extraire de produits miniers ou d'espèces protégées .