0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
301 vues6 pages

Introduction à la méthode d'Euler

Ce chapitre présente la méthode d'Euler pour résoudre numériquement des équations différentielles ordinaires du premier ordre. La méthode consiste à discrétiser la variable temporelle et à approcher les dérivées par des différences finies, permettant de transformer le problème en un calcul itératif.

Transféré par

FOUAD NAFIS
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
301 vues6 pages

Introduction à la méthode d'Euler

Ce chapitre présente la méthode d'Euler pour résoudre numériquement des équations différentielles ordinaires du premier ordre. La méthode consiste à discrétiser la variable temporelle et à approcher les dérivées par des différences finies, permettant de transformer le problème en un calcul itératif.

Transféré par

FOUAD NAFIS
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

4 LA MÉTHODE D’EULER

Sommaire
4.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.1.1 L’approche numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.1.2 Travail préliminaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.2 La méthode d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.2.1 Algorithme d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.2.2 Exemple d’une équa-diff d’ordre un . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.2.3 Exemple d’une équa-diff d’ordre deux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

Ce chapitre est accessible en ligne à l’adresse :

https://femto-physique.fr/omp/euler.php

30
4. LA MÉTHODE D’EULER. 4.1. Généralités.

La méthode d’Euler 1 est une procédure numérique qui permet de résoudre de façon approximative des
équations différentielles ordinaires du premier ordre avec condition initiale. Elle a le mérite d’être simple à
comprendre et à programmer.
On cherche donc une solution approchée d’une équation ordinaire se mettant sous la forme
;
ẏ = f (t, y(t)), 0 Æ t Æ T
y(0) = y0

où y(t) est un scalaire ou un vecteur et f (t, y(t)) une fonction suffisamment régulière pour que l’existence
et l’unicité de la solution ne pose pas de problème.

4.1 Généralités
4.1.1 L’approche numérique
Les méthodes numériques employées pour « résoudre » les équations différentielles sont des méthodes
approximatives basées sur la discrétisation de la variable t ainsi que sur l’utilisation de différences finies
pour approcher les dérivées. Le problème se ramène alors à un calcul itératif, facile à automatiser à l’aide
d’un programme informatique.
Pour effectuer ce calcul numérique, l’utilisateur doit disposer :

1. de la durée T de la simulation numérique ;

2. des conditions initiales et de la fonction f ;

3. du pas de discrétisation h. L’intervalle [0, T ] est alors divisé en N subdivisions de même longueur h.
Finalement, la méthode numérique renvoie une liste (y0 , y1 , , . . . , yN ) contenant les valeurs approchées
de y(tn ) pour les différents instants tn = nh.

On voit immédiatement que si l’on cherche le comportement de y(t) à long terme, le nombre de points à
calculer peut devenir très important ce qui exige rapidité de calcul et de la mémoire. Insistons sur le fait que
toutes les méthodes numériques ont leur point faible. Le bon choix est souvent un compromis entre simplicité
de mise en œuvre, rapidité, stabilité et précision. Cette dernière est en effet limitée par les erreurs liées à
l’algorithme (on parle d’erreurs de troncature) et celle liées à la machine (erreurs d’arrondi). En général,
quand les unes diminuent les autres augmentent de telle sorte qu’il est impossible de minimiser, en même
temps, et l’erreur d’arrondi et l’erreur de troncature : le meilleur choix est le fruit d’un compromis.

4.1.2 Travail préliminaire


Avant de résoudre numériquement une équation différentielle ordinaire, il est conseillé de procéder à un
travail de simplification qui passe par la définition d’un nouveau système d’unités adapté au problème. En
effet, pour minimiser les erreurs d’arrondi, il est bon de faire en sorte que les valeurs numériques utilisées
soient de l’ordre de l’unité. Par exemple, pour traiter le problème de deux astres liés par la gravitation, il est
préférable d’adopter le système d’unités astronomiques (le temps exprimé en années, les masses en masses
solaires et les distances en distances Terre-Soleil) plutôt que le Système International (seconde, kilogramme
et mètre). Or, changer d’unités, c’est finalement, définir de nouvelles grandeurs adimensionnées.

Avant toute chose, simplifier l’équation différentielle en l’exprimant à l’aide de grandeurs adimen-
sionnés.
1. Méthode inventée par le mathématicien Leonhard Euler en 1768.

31
4. LA MÉTHODE D’EULER. 4.2. La méthode d’Euler.

Prenons l’exemple de la chute libre d’une bille subissant une résistance proportionnelle à la vitesse régie
par l’équation différentielle (relation fondamentale de la dynamique)

dv
m = ≠–v + mg avec v(0) = 0
dt

où m désigne la masse, – le coefficient de frottement et g le champ de pesanteur. À partir de ces


trois paramètres, on peut définir un temps caractéristique (temps de relaxation) · = m/– et une vitesse
caractéristique (vitesse limite) vŒ = g· . Ainsi, il est tentant d’adopter un nouveau système d’unités dans
lequel :

1. le temps est mesuré en unité de · , d’où la nouvelle variable temporelle tú = t/· ;

2. la vitesse est mesurée en unité de vŒ d’où la nouvelle variable v ú = v/vŒ ;

3. la distance étant le produit d’une vitesse par un temps, est mesurée en unité de ¸ avec ¸ = vŒ · .

Avec ce nouveau choix d’unités et de variables adimensionnées, l’équation différentielle initiale prend une
forme simple :
dv ú
= 1 ≠ v ú avec v ú (0) = 0
dtú
Notez que cette équation différentielle est celle que nous aurions obtenue en faisant m = 1 et g = 1 et – = 1.
Finalement, on retiendra que lorsque l’on rend unitaire des paramètres physiques, cela équivaut à définir un
nouveau jeu d’unités 2 .
Enfin, ce qui va conditionner la valeur du pas h c’est l’ensemble des temps caractéristiques du phénomène
que l’on modélise. Par exemple, dans le problème à N corps en orbite autour d’une étoile fixe, on peut définir
N temps caractéristiques (les périodes orbitales par exemple). Si l’on veut décrire la dynamique du système
de façon complète et précise il est impératif que, d’une part le pas d’intégration h soit plus petit que le plus
petit des temps caractéristiques, d’autre part que la la durée T de la simulation soit supérieur au plus grand
des temps caractéristiques.
h π ·min et T > ·max
Dans l’exemple de la chute libre, l’unique temps caractéristique vaut · = 1 dans le nouveau système d’unité.
Ainsi, on prendra h π 1 et T > 1. Par exemple, si l’on choisit h = 0, 01 et T = 10, le nombre de points à
calculer est de N = 10/0, 01 = 1000.
Remarque : Il existe une classe de problèmes, dit « problèmes raides » qui ont la particularité de posséder des
temps caractéristiques qui s’étalent sur plusieurs ordres de grandeur. C’est par exemple le cas, dans l’étude de la
cinétique d’une réaction chimique décrite par deux processus moléculaires dont les constantes de vitesse diffèrent
sur plusieurs ordres de grandeur. On voit alors qu’imposer h π ·min et T > ·max amène à calculer un nombre
colossal de points ce qui coûte du « temps machine » et produit des instabilités. Il faut alors adopter des méthodes
particulières que nous n’abordons pas ici.

4.2 La méthode d’Euler


4.2.1 Algorithme d’Euler
La méthode présentée ici est dite méthode d’Euler explicite. Considérons l’équation différentielle ordinaire
suivante ;
ẏ = f (t, y(t)), 0 Æ t Æ T
y(0) = y0
2. Il faut juste prendre garde à rendre unitaire des paramètres de dimensions indépendantes.

32
4. LA MÉTHODE D’EULER. 4.2. La méthode d’Euler.

On peut intégrer cette équation comme suit :


ˆ tn+1
y(tn+1 ) = y(tn ) + f (t, y(t))dt (4.1)
tn

La méthode d’Euler consiste à approcher l’intégrale par la méthode des rectangles à gauche :
ˆ tn+1
f (t, y) dt ƒ h ◊ f (tn , y(tn ))
tn

D’où le schéma itératif suivant


;
yn+1 = yn + h f (tn , yn ), n = 0, 1, . . . , N
(4.2)
y0 = y(0)

où yn désigne l’approximation numérique de y(tn ). La mise en œuvre est alors extrêmement simple :

Algorithme d’Euler

1. Initialisation du pas h et de la durée T .

2. Initialisation des conditions initiales : t = 0 et y = y(0).

3. Tant que t Æ T faire :

(a) Calcul de k1 = f (t, y).


(b) y = y + hk1 ; t = t + h.
(c) Enregistrement des données.

4.2.2 Exemple d’une équa-diff d’ordre un


Appliquons cette méthode au problème de la chute libre décrite au § 4.1.2. L’équation différentielle s’écrit
dv ú
= 1 ≠ vú avec v ú (0) = 0
dtú
et le schéma itératif (4.2) donne : I
ú
vn+1 = vnú + h(1 ≠ vnú )
v0ú = 0
On peut voir ici que la méthode d’Euler est une approximation au premier ordre en h. En effet,
calculons le premier terme v1ú et comparons le au terme exacte v ú (h), sachant que la solution exacte est
v ú (tú ) = 1 ≠ e≠t . On a
ú

v1ú = v0ú + h(1 ≠ v0ú ) = h


à comparer avec
v ú (h) = 1 ≠ e≠h
Il apparaît immédiatement que v1ú et v(h) concordent si l’on remplace e≠h par son développement limité
au premier ordre, à savoir e≠h = 1 ≠ h + O(h2 ). La figure 4.1 montre la solution numérique pour différents
pas ainsi que la solution exacte. On constate que plus le pas h est petit meilleure est l’adéquation avec la
solution exacte. On constate qu’avec un pas h = 0, 2, l’erreur est visible à l’œil nu (de l’ordre de quelques
%). Ça n’est que lorsque le pas est très petit devant 1 que l’erreur est insignifiante.

33
4. LA MÉTHODE D’EULER. 4.2. La méthode d’Euler.

Euler : h = 0, 2 Euler : h = 0, 02
solution exacte solution exacte
vŒ vŒ

v(t)

v(t)
· ·
t t

Fig. 4.1 – Solution numérique de l’équation v̇ + v


· = vŒ
· avec v(0) = 0. À gauche, le pas vaut 0,2, à droite
0,02 (1 point sur 10 est représenté).

v(t)
Choisissons maintenant h = 2, autrement dit un pas de dis-
Euler : h = 2
crétisation plus grand que le temps caractéristique · (qui vaut 1
solution exacte
puisque · est l’unité de temps). On voit alors apparaître un phé-
nomène d’instabilité numérique. C’est l’un des inconvénients de la

méthode d’Euler : la stabilité n’est pas toujours garantie. C’est
pourquoi il est recommandé de tester différents pas pour vérifier
que le résultat est robuste. Dans ce cas, cela signifie généralement
que l’on est loin des conditions d’instabilité.
t
·
4.2.3 Exemple d’une équa-diff d’ordre deux Fig. 4.2 – Exemple d’instabilité.
La plupart du temps, l’évolution d’un système physique obéit
à une équation différentielle qui n’a pas forcément le bon goût d’être une équation différentielle scalaire du
premier ordre. On rencontre plus souvent des systèmes d’équations différentielles ou une équation différentielle
scalaire d’ordre supérieure à un. En mécanique, il arrive couramment que la dynamique d’un système soit
décrite par une équation différentielle d’ordre deux.
Par exemple, considérons le mouvement d’un pendule simple de masse m et de longueur ¸ qu’on lâche
dans le champ de pesanteur g après l’avoir écarté de l’angle ◊0 . L’équation du mouvement s’écrit
Y 2

] Ê0 = g/¸
¨ 2
◊ = ≠Ê0 sin ◊ avec ◊(0) = ◊0
[ ˙
◊(0) = 0

Tout d’abord, changeons l’unité de temps de façon à simplifier l’équation différentielle. Posons · = ¸/g
notre nouvelle unité de temps ce qui revient à redéfinir le temps par tú = t/· . Il est alors facile de montrer
qu’après cette redéfinition du temps, l’équation différentielle se simplifie
;
¨ ◊(0) = ◊0
◊ = ≠ sin ◊ avec ˙
◊(0) = 0

Remarque : notez que dans ce nouveau système d’unités, tout se passe comme si g = 1 et ¸ = 1.

Cette équation peut se mettre sous la forme d’une équation différentielle d’ordre un, à condition de l’écrire
sous forme vectorielle. En effet, définissons le vecteur de dimension 2 dont la première composante est l’angle

34
4. LA MÉTHODE D’EULER. 4.2. La méthode d’Euler.

◊ et la seconde la vitesse angulaire Ê = ◊˙ :


3 4 3 4
◊ ◊0
y= avec y(0) =
Ê 0
On peut alors écrire l’équation du pendule simple sous la forme
3 4 3 4
d ◊ Ê
= = f (t, y(t))
dt Ê ≠ sin ◊
Posons ◊n et Ên l’angle et la vitesse angulaire à l’instant tn = nh. La méthode d’Euler donne
3 4 3 4 3 4 ;
◊n+1 ◊n Ên ◊n+1 = ◊n + h Ên
= +h =∆ (4.3)
Ên+1 Ên ≠ sin ◊n Ên+1 = Ên ≠ h sin ◊n

◊(t)

◊0

t
fi 2fi 3fi 4fi

Fig. 4.3 – Solution ◊(t) avec un pas h = 0, 05 et ◊0 = 45°(1 point sur 10 est représenté).

On peut constater sur le résultat de la simulation 4.3 un autre défaut de la méthode d’Euler : bien que
le système étudié soit conservatif, le schéma d’Euler ne respecte pas la conservation de l’énergie. En effet,
en vertu des lois de la mécanique, l’amplitude des oscillations doit rester constante, contrairement à ce que
l’on observe. Plus précisément, l’énergie mécanique du pendule simple à l’instant tn est proportionnelle à
En = 12 Ên2 ≠ cos ◊n . Or, à partir de la récurrence (4.3), on obtient
3 4
1 2 1
En+1 = En + h2 Ên cos ◊n + sin2 ◊n
2 2
! 2 2
"
Par conséquent, puisque le terme 1/2Ên cos ◊n + 1/2 sin ◊n est positif en moyenne, il en découle une
dérive positive de l’énergie quel que soit le pas. Autrement dit, le comportement à long terme est mal
décrit. La simulation située à la page femto-physique.fr/omp/euler.php#simu illustre cette dérive. En
pratique, lorsque l’on met en place une résolution numérique d’un système conservatif, on fait plutôt appel
à l’algorithme de Verlet (voir femto-physique.fr/omp/methode-de-verlet.php) particulièrement adapté
dans le sens où elle conduit à une dérive de l’énergie faible aux temps longs.

Conclusion
Bien que la méthode d’Euler présente l’inconvénient de propager facilement les erreurs, et même de
les amplifier, elle n’est pas dénuée d’intérêt : simple à programmer, elle produit rapidement une solution
approximative qui, si le pas est bien choisi et la durée d’observation raisonnable, permet d’avoir une première
approche du phénomène étudié.

35

Vous aimerez peut-être aussi