Sport et Développement au Togo
Thèmes abordés
Sport et Développement au Togo
Thèmes abordés
MONOGRAPHIE
POUR l'OBTENTION DU CERTIFICAT D'APTITUDE
AUX FONCTIONS D'INSPECTEUR DE L'EDUCATION
POPULAIRE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS
présentée par :
DEDICACES V]
REMERCIEIvŒNTS VlII
AVANT - PROPOS IX
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS XJI1
INTRODUCTION 1
1- Définition de concepts 8
Il - Problématique 10
111 - Hypothèse 17
IV - Méthodologie J8
CONCLUSION PARTlELLE 49
CONCLUSION PARTIELLE : 78
CHAPITRE II : La nécessité d'un nouveau cadre institutioIUlel des APS .... 133
Section 1 : La nécessité de l'élaboration d'une loi pour l'organisant des
APS au Togo , 135
Section [l: Proposition pour une réorganisation des instihltions au
service des APS 138
Paragraphe 1: Les nouvelles struchrres publiques nationales
au service des APS 139
Paragraphe rI : Les struchlres privées nationales 142
CHAPITRE Ill: Pour une nouvelle approche des APS comme facteur de
développement économique au Togo 145
Section HI : Les ressources que peuvent générer les APS au Togo 152
Paragraphe 1 : Les ressources financières 154
Paragrap1le II : La creatIOn
" ct )emp l'
OlS sportl.f:s 154
Paragraphe rIT : Le sport comme moyen d'éducation 156
Section IV : Propositions 156
~ A mon feu père, qui, toute sa vie a œuvré pour mon deverur. Papa!
VI
Vous avez su combler le vide créé par mes deux (2) années d'absence.
Trouvez ici le fruit de vos efforts et de votre soutien incommensurable.
... A tous mes amis et collègues Enseignants d'EPS pour leur soutien et
leurs conseils.
VII
( REMERCIEMENTS)
préoccupations TI' a ménagé aucun effort pour me consacrer ses hemes précieuses.
Je m'en voudrais d'oublier son épouse pour la marque de sympathie qu'elle m'a
témoignée durant mon séjour à Dakar: Profondes gratitudes.
VIII
1t::5. A Monsieur Pierre Edo" GABL4M et sa famille pour leur soutien
complice et affectueux: Sincères remerciements.
~--.. A tOIlS mes camarades de promotion ainsi qu'à tous les étudiants de
l'IN SEPS en souvenir des joies et des peines que nous avons ensemble partagées.
surtout à sa Maman qui m'a accueilli comme son fils : Toute ma reconnaissance.
~~ A mOIl ami Léon Jacques FAYE, pour tous les services désintéressés
pour l'amitié qu'elles m'ont manifestée durant mon séjour à Dakar: Tout mon
attachement.
REGO, et à ma cousine Elvire Do REGO pour leur soutien moral: Un grand merci.
IX
~ A tO/lS les éUldiants et stagiaires Togolais à Dakar particulièrement
a:
• Firmin B. BA TCHAMLA
Pour que l'amitié que nous avons nouée ICI se perpétue et se développe:
Sincères sympathies.
x
o ANT - PRopôb
Si les jeux de J'Antiquité avaient suivi la décadence des civilisations
En Afrique, dans les sociétés traditionnelles les jeux pratiqués par les peuples,
étaient nombreux et variés. Ils étaient pour l'essentiel, le reflet de la vie dans nos
sociétés.
et dévalorisé quelque peu nos jeux traditionnels. Mais, après 40 ans environ passé à
fait social dans nos pays; et d'ailleurs, il ne cesse de prouver qu'il est porteur de
valeurs spécifiques.
XI
pour passer ses examens jusqu'à l'écrivain dont le chef - d'œuvre doit autant
chanvre indien qu'à la sueur ?
Ce travail n'est pas celui d'un économiste ou d'un sociologue. C'est tme
tentative de recherche dans tm champ d'actions interdisciplinaires pour susciter des
réflexions et des recherches des spécialistes de nos pays.
XII
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
x[\1
INTRODUCTI:ON
Jean-Marie BROHM
Sociologw po/inqllc du sporr, Paris, PliE page J 5.
Les pays africains, fortement influencés par la colonisation, ont été marqués
théorie sur le « sous développement Il. Ces différentes théories tournent autour de
trois thèses : 1
\ - CHTFFLET (P.) et GOUDA (s.). Sports. Idenltlés Culfurelles el Développement en Afrique Noire Francophone.
Rapport de recherche, Grenoble. t 990. p. 8
-2-
- L'impuissance congénitale des non européens.
La logique de cette thèse est la suivante: « parce qu'ils sont pauvres, ils
sont malades; s'ils sont malades, ils ont une faible productivité de travail; puisqu'ils
ont une faibl e productî vi té de travai l, il s ont Lill faibl e revenu, d'où leur pauvreté2 ».
développés, lorsqu'ils existent, sont placés de façon rentable dans les pays
la domination exercée par les pays riches ou industrialisés sur les pays ct' Afrique
Noire. Cette situation a sérieusement désarticulé les structures de ces pays en
Cette troisième thèse qui remet en cause les deux premières, et qui paraît à
notre sens plus réaliste, essaie de mieux aborder les problèmes du sous-
développement. Quel que soit le courant de pensée, le sous-développement pose le
problème du développement.
-3-
En effet, la pnse de ConSCIence du retard accusé, du point de vue de leur
Ainsi, le développement a été décrit conune Lille succession d'étapes qui varient à
des degrés divers, soit par la forme d'organisation (familiale, urbaine ou nationale),
Notons que généralement, le développement est souvent défini par rapport à des
3_ BALANOIER G.. Sociologie actuelle de 1~4frique Noire. Paris, PUF. 19&2. p. 3oJ.
-4-
Autrefois, les puissances coloniales que constituaient ces pays développés, disaient
des pays africains: «Ils ne sont pas ciyjlisés, il faut les civiliser 4»; et 11s ont
apporté leurs civilisations.
Aujourd'hui, ces mêmes pays développés disent des pays africains: « Ils ne
sont pas développés, il faut les développer ». En conséquence, ils leur proposent des
modèles de développement. C'est d'ailleurs ce que dénonçait Maurice GLELE
lorsqu'il disait: « Longtemps l'Afrique Noire a été considérée comme un continent
sans civilisation, par conséquent sans histoire 5».
Et sur cette base selon PISANJ. E. « Des pays du Nord ont accablé l'Amque
d'Wl type d'organisation et d'un modèle de développement dérivé de leurs propres
expériences, comme s'il s'agissait d'tm prêt à porter. La copie devait être confonne
en tout: langue, habitat, nouniture, école, université, administration, organisation
des associations, législations etc ... 6».
Mais le constat aujourd'hui est que malgré les aides au développement et les
transferts de technologie, la copie n'a jamais pu être conforme à J'originale. la
différence est d'ailleurs très criarde. Les solutions toutes faites ont largement montré
leurs limites et se sont révélées inadaptées aux réalités des pays à développer, les
pays africains notamment.
L'heure n'est donc plus au mimétisme et au port des «habits faits pour
d'autres ». Ainsi, le développement ne doit plus être conçu uniquement en tennes de
progrès technologiques et de croissance économique. II doit de plus en plus être fait
~ -l'vŒRLE M.. 1Afrique Noire Contemporaine. Paris. Amland COLLIN. 1972. pp. Ils - 120
S _ GLELE M .. les pOUVOIrS africains. Paris. PUF. 1983. P 42 .
6 _ CHlFFLET ET GOUDA. N'IppOn SICUD. pré-cité. p. 15
-5-
« sur mesure» ; c'est-à-dlre inclure lm ensemble de données propres à chaque pays
à assurer lm mieux-être des sociétés, r épanouissement de leur culture, le
renforcement du sens des valeurs humaines et sociales et la participation effective
des populations à leur propre progrès.
Il s'en suit donc pour les pays africains de réfléchir sur les caractéristiques de
leur milieu afin que tout projet de développement puisse s'appuyer sur 1111 diagnostlc
du secteur à développer.
-6 ~
conditions qui étaient les siennes, échapper au mouvement de « planétisation » des
A cet effet, le Comité Intemational Olympique (CIO) dont le rôle n'est plus à
démontrer et les Fédérations Intemationales Sportives, ont universalisé
l'organisation occidentale-industrielle de la pratique sportive qu'ils n'ont cessé de
Mais, «pour qu 'tm modèle soit suffisamment prégnant dans une société, il
importe que sa diffusion soit large, intense, variée et durable 9».
[Link].j les pays d'Afrique Francophone qui ont été marqués par la prégnance
~ 7-
croIssance économique d'lm pays. Or le développement d\m pays ne pourrait
seulement se mesurer par rapport aux activités de production de biens et de
serY1ces.
Ce il' est donc pas pour nous, lm hasard si la réflexion que nous avons
entreprise dans le cadre de natte monographie pom la préparation du Certificat
d'Aptitude aux fonctions d'Inspecteur de l'Education Populaire, de la Jeunesse et
des Sports (CAIJEPS), porte sur: « La contribution des Activités Physiques et
Sportives dans le développement économique d'un pays d'Afrique Noire
francophone: le Togo ».
La volonté qui nous anlme dans ce travaiJ est en fait de poser le problème du
sport et du développement dans toute sa complexité afin de susciter de nouvelles
réflexions plus poussées et pl us scientifiques, car, l'individu qui est impliqué dans la
pratique sportive est également concerné par les problèmes politiques, économiques,
sociaux et culturels de la société dans laquelle il évolue.
Il faut bien reconnaître qu'une grande confusion règne au sujet de ce qui est
habituellement désigné sous Je nom de sport.
-8-
Mais selon l'encyclopédie QUILLET, « le sport s'emploie pour désigner les
exercices qui ont pour objet de développer la force rnusctùaire, l'agilité, l'adresse, le
courage et Je sang froid surtout quand il se pratique en plein air et quand il y a un
élément d'émulation ».
Pierre PARLEBAS rra plus loin en disant que « le sport est tille pratique
méthodique des exercices physiques, en vue d'augmenter la force, l'adresse et la
beauté du corps, pas seulement en vue du perfectiOimement du corps humain, mais
aussi de l'éducation de l'esprit 10»,
Par contre, Georges HEBERT dira que: « le sport est tout genre d'exercices
physiques ou d'activités physiques ayant pour but la réalisation d'tille perfonnance
et dont l'exécution repose essentiellement sur l'idée de lutte contre un élément
défini Il)).
Ainsi, l'analyse de ces définitions révèle ici clairement que le concept sport
est à géométrie variable, mais fonde son originalité sur 1~ activité physique.
Une analyse du concept activité physique montre que ceIle ci trouve « son
origine d'une part, dans la propension des sociétés a trouver un exutoire à la
violence et au trop plein d'énergie des individus, et d'autre part au plaisir
intrinsèque que l'horrune éprouve de bouger, de se déplacer, de travailler, bref
d'exprimer la plénitude de son être 12»). Donc J'activité pllysique est une activité libre
et spontanée sans autre contrainte gue celle fixée par la société où elle se pratique.
10 _ PARLEBAS P" confrlbu{/of/ au lexique commenlé en sciences de "nc1iol1/11olrice, Paris, INSEP, 1981. p. 22J.
II _ HEBERT (G.), .II/otes de cours de connaissance professionnelle en SpOrT. Inspectorat 2"'"0 année 1998
n _ ALBERTINT P., memel1lo de / 'éducation sparli/. 2e degré, Paris. TNSEP, 1986, p. 425
- 9-
ALBERTINl, «le sport est toute situation motrice codifiée sous fomle de
compétition et institutionnalisée 13».
L'instihltion ici, est considérée comme: les pouvoirs publics, les fédérations
et les instances olympiques. Or, DOS sociétés sont multinationales. Ce qui nous
amène à définir le sport comme une activité physique codifiée, institutiormalisée et
universelle. Universelle parce que souvent, nos jeLL'< traditionnels ne sont pas
considérés comme des sports.
II- PROBLEMATIQUE
Les pays francophones cl' Afrique depuis leurs indépendances, semblent avoir
beaucoup de mal à développer et faire émerger le sport sur l'échiquier international.
- 10 -
110 m haies est de 16,,2 depuis 1970 celui du monde est passé de 13,,2 en 1970 à
12,,9 en 1998 14 .
Pourtant, depuis leur accession à l'indépendance dans les années 1960, les
pays francophones d'Afrique ont in vest.i beaucoup d'énergies et d'importantes
ressources financières dans la promotion des Activités Physiques et Sportives (APS)
dont ils avaient très tôt perçu fintérêt pour leur peuple.
Ainsi, les pays francophones d'Afrique ont très tôt exprimé leur désir de
développer les activités physiques et sportives suivant le modèle d'organisation du
sport occidental notanunent français. Des dispositions déjà existantes en France ont
été « transplantées» dans nos pays. On assistera alors à la création des fédérations,
14 _ Les records marqués n'ont pas été oollus en 19':.18, mais demeure ainsi en 1998
- 11 -
CONFEJES pour ne citer que ceux-là, ont entretenu dans nos pays une politique de
fonnation de l'élite sportive et de ses encadreurs techniques.
Malgré toutes ces dispositions, le constat amer que l'on peut faire est que :
dans les pays d'Afrique Francophone, les projets de développement en général et
du sport en particulier, n'ont pas eu des aboutissements heureux.. A titre
d'exemple~ nous pouvons citer les projets sur les Centres de Développement du
Sport (CDS) et le fonds de préparation olympique mis en place par la coopération
française et la CONFEJES qui n'ont pas pennis à )' Afrique de briller aux. [Link]
Jeux Olympiques (Barcelone 1992, Atlanta 1996).
\5. VIGARELLO (G), « Réflexion St/r les problèmes de la SCience en E.P.S ». in Revue [Link] nO 151, Mai -
Juin] 988, p. 30
- 12 -
Ainsi, «le modèle de développement sportif dans les pays ct' Europe est
le contraire.
La plupart des pays francophones ct' Afrique sont classés dans le groupe des
« Pays les Moins Avancés» (PMA), pour lesquels les besoins fondamentaux (se
nourrir, se vêtir, se loger et s'instruire) restent encore à satisfaire. De plus les crises
économiques et politiques que traversent ces pays ont entraîné pour eux, l'adoption
des Programmes d'Ajustement Stnlcturel (PAS), qui ne sont pas sans inconvénients
pour les sociétés; d'où des Programmes ct' Actions Sociales d'Urgence (PASU)
- l3 -
Aussi, les régimes politiques à parti unique qui ont affinné leur autorité après
les indépendances, se sont-ils retrouvés confrontés au problème de reconstruction, à
partir des sociétés à base fortement tribale ou ethnique, d'lU1e répubLique modeme,
unie et solidaire avec de nouvelles relations sociales, culturelles et économiques.
Ainsi, les luttes politiques clandestines ne vont pas manquer de secouer ces pays et
particulièrement ces régimes politiques qui vont connaître des bouleversements avec
le vent de la démocratie qui a soufflé sur le monde.
Eu égard à tous ces constats, nous pouvons dire que les modèles ocddentaux
de développement du sport sont appliqués hors de leur logique dans les pays
africains; ce qui expliquerait leur échec.
- 14 -
Pour y parvenir, la priorité dewa être accordée à la jelmesse « fer de lance })
du développement ou « le matin du monde». Ce qui suppose qu'elle dewa être
intégrée dans les circuits de production à travers le développement des associations
de jeunesse, partenaires privilégiés de l'Etat dans la résolution du problème
d'insertion sociale des jeunes. Cette jeunesse doit être amenée à une prise de
conscience et d'initiative et à un esprit de créativité afin de s'adapter à son
environnement physique, social, économique et culturel.
Ainsi, pour redynamiser les APS dans nos pays, il s'avère indispensable de
repenser les stratégies d'actions à mener; ce qui nous amène à réfléchir sur les
questions suivantes:
- Quel rôle peuvent jouer les APS dans le développement d'lm pays?
- 15 -
- Conunent développer les APS dans nos pays en tenant compte de nos
réalités historiques, sociales, économiques, politiques et cwturelles ?
Pour tenter de répondre à ces questions DOUS faisons nôtres les propos
suivants: « Le progrès technico-scientifique, en provoquant un bond économique, a
créé de nouvelles conditions socio-politiques pour le développement des activités
physiques et sportives dans les pays industrialisés. Cela a pennis de créer les
moyens matériels indispensables atLx pratiques sportives modernes et de les mettre
effectivement à la disposition des populations, au point qu' aujourd 'hui le système
technico-scientifique englobe le sous-système des APS. Le développement sportif
s'exp]jque ainsi par son histoire et non simplement par sa diffusion dans d'autres
aires culturelles.
Ainsi, les priorités des pays africains étant de nourrir, loger, vêtir, soigner et
instruire des millions de perSOlmes, il devient urgent de montrer qu'en réalité le
sport peut aussi aider à nourrir, loger, vêtir, soigner et instruire des millions de
- 16 -
persormes. Mais dans l'ensemble des pays d'Afrique Francophone et
titre, les APS européennes et les pratiques corporelles traditionnelles de nos pays.
grande majorité des pratiquants restée mrale et que, seule leur prise en compte au
même titre que les APS européennes permettra d'intégrer l'ensemble des
111- HYPOTHESE
Le développement des APS dans les pays francophones ct' Afrique en général
et au Togo en particulier, n'est pas conçu de manière à s'intégrer dans W1 processus
de développement global de la société, processus dans lequel les APS devront être
développement économique.
Pour tenter de valider cette hypothèse, nous essayerons de nous appuyer sur
le cas du Togo pour éclairer notre jugement. L'étude de la situation togolaise revêt
un double intérêt à notre avis. D'wle part, depuis son accession à la souveraineté
internationale le 27 Avril 1960, le Togo a connu avant les années 1990, deux
modèles d'organisation du sport: le modèle libéral et le modèle étatique. Mais
maJgré cette riche expérience la situation sportive au Togo reste des moins brillantes
en Afrique. D'autre part le Togo COTll1alt depuis 1991, un revirement politique et
- 17 -
sur le plan économique une libérahsation des différents secteurs économiques avec
Ainsi, de nouveaux choix sont en train d'être opérés dans tons les domaines,
En effet, dans les pays en développement, les J\PS ne sont pas perçues
comme lm moyen d'éducation sociale et culturelle pouvant servir de base au
Ainsi, par ce travail, nous nous proposons d'étudier les problèmes soulevés
ci-dessus, en nous appuyant sur l'analyse de la situation de notre pays le Togo dans
le domaine des Activités Physiques et Sportives.
- 18 -
Toutefois, notre préoccupation doit dépasser le cadre d'un diagnostic, d'une
description ou de considérations théoriques. La logique et notre réflexion nous
conduiront après l'étude du contexte togolais, à tenter de détenniner un certain
nombre de centres d'intérêts pouvant nous pennettre de faire ressortir Jes
opportunités et les stratégies susceptibles d'être combinées en plan ou programme
d'actions concrètes et donc « opérationnalisables)} à court ou moyen terme pour
une contribution du sport au développement du Togo.
Notre démarche peut paraître ambitieuse. Elle j'est réellement et elle nous
posera quelques problèmes à résoudre, car la fonnation qui est la nôtre correspond à
notre premier obstacle épistémologique, sans considérer le temps, les ressources
matérielles et fmancières qui constitueront les autres obstacles.
Cette démarche générale que nous avons choisie ne s'appuie pas sur un cadre
théorique préalablement défini à partir des courants sociologiques contemporains.
Ce n'est lli1 travail, ni de sociologue, ni de psychologue, ni d'économiste. C'est de
la recherche d'actJon dans un champ interdisciplinaire. C'est lile difficulté acceptée.
Nous l'avons adoptée en nous inspirant des travaux réalisés sur l'éducation) la
formation, l'emploi et l'économie du sport.
- 19 -
4.1.1 - Le Diagnostic de la Situation des Activités Physiques et
Sportives au TOGO
sacio-économique du Togo.
Il s'agit en fait du secteur des APS. Cette énlde pennettra de détecter les
problèmes qui se posent au secteur concerné à travers l'analyse du système
particulière du domaine.
Il sera abordé à cette occasion par la question du choÎx des stratégies à mettre
- 20 -
des effets attendus. Ces propositions pourront pennettre l'intégration des APS au
processus de développement économique du Togo.
* de thèses et mémoires
* d'ouvrages divers
* de rapports divers
* de revues et journaux
* de textes officiels
La recherche et l'exploitation documentaire nous ont penrus de recueillir un
d'autres sources notamment les enquêtes de terrain, les observations, ou les travaux
de certains auteurs.
Elle a consisté à nous entretenir avec des responsables et agents (anciens comme
du sport au Togo.
A cet effet, des guides d'entretiens ont été élaborées et utilisées. Ils figurent
dans les annexes de même qlte la liste des différentes personnalités rencontrées.
De façon plus simpl1fiée, notre démarche méthodologique peut être résumée à
sont rares dans notre pays. Cela peut s'expliquer par l'absence de recherches dans
Très souvent les togolais considèrent à tort ou à raison que les cadres sportifs
surtout les enseignants d'EPS, ne sont bons que pour courir, jouer et amuser les
autres. Cela fait qu'au DJVeaU de certains ministères nous 11' avons pas bénéficié de
toute la sollicitude requise. Il est souhaitable que ces attitudes évoluent rapidement.
Vu le champ d'investigation que doit couvrir notre éhlde, nous pensons que le
temps qui nous a été imparti est un peu trop j liste et de ce fait nous restons sur
- 22 -
(< notre faim }) quant à nos investigations, surtout au niveau de la déterrrUnation du
enquêtes supplémentaires.
C
\ - Entretiens et mtervlews
'" ~
- 23 -
Première PARTIE
caractère très important, car nous ne pouvons pas comprendre les choses
indépendamment du milieu où elles se déroulent, ru faire des propositions sans tenir
compte du cadre dans lequel elles seront appliquées.
s'ils se réfèrent à cette présente partie, qui permet de mieux appréhender les
nous a poussé à la vouloir claire et plus détaillée au point que l'on pourrait penser
Pour nous, le rapport existe bel et bien; car, pour faire évoluer le sport, les
Le Togo fait partie des quatre pays: Ghana, Togo, Bénin et Nigéria, situés
sur la côte du Golfe du Bénin, limités à l'Ouest par le cap des trois pointes et à l'Est
par le Delta du Niger ' . C'est un golfe secondaire Sllf la rive Nord de l'immense
échancrure qui forme la côte occjdentale du continent africain et qui est appelé le
Golfe de Guinée.
C'est l'un des plus petits pays du continent africain et l'une des dernières
créations du colonialisme européen. Il est situé entièrement dans l'hémisphère nord
1 _ CQRNEVIN ( R ). le Togo, des origines à nos juurs, Edilions Académie des Sciences d"Outre-mer. Paris. 1988,
p. 20
- 25-
et s)étend en latitude entre te 6 0 et le lIe parallèle, et en 10D151tude entre le Méridien
le Nord sur une longueur de 600 km avec une largeur variant de 50 à 100 km au
Nord.
Il est limité au Sud par le Golfe du Bénin (face du littoral sur 50 km), au Nord
ct issemblances.
et leurs pratiques corporelles propres. C'est dans ce contexte que l'on appelle
souvent traditionnel en Afrique, que viendront s'implanter avec la colonisation, de
culturels qui existent au Togo est remplie de contradictions, car mal connue.
D'ailleurs, ce qui frappe le plus, dès que l'on veut étudier le peuplement
togolais, c'est l'extrême variété des races. Selon les historiens, il semble avoir en
cette partie du Golfe du Bénin de nombreux brassages de populations dus
- 26-
certainement à la traite des esclaves et aux migrations des siècles antérieurs (surtout
au XVIIe siècle)2.
Les groupes qui constituent cette population se sont répartis sur l'ensemble
du territoire en dépendance étroite avec les ressources et les facilités naturelles qui
se présentent à elle. De ce fait, il existe une inégalité de répartition dans l'espace de
la population. Ainsi, certaines zones vastes ont été délaissées, peut-être à cause de
leur infertilité. De fortes densités se sont constituées dans d'autres zones telles que
dans le Sud, le centre et dans la savane herbeuse. Les régions montagneuses quant à
Togo avec une prédominance de l'ethnie Ewé au Sud, tandis qu'au Nord, les tribus
se répartissent presque d'égale importance, avec cette réserve que les éléments
* Dans le Sud :
- Les Ewé localisés dans le sud-ouest surtout ainsi que dans les régions de
- Les Ouatchi qui occupent la région située entre Atakpamé et Tsévié le long
du fleuve Baho;
- Les Mina qui habitent surtout Je cercle d'Aného dans le sud-est et dans la
circonscription de Lomé.
- Les Fons et les Péda dans les environs d'Anébo dans le Sud - Est.
* Dans le Centre :
:' - KlZERBO (J ). H,StOire f 'Afnque iVOIre d'hier à aujourd'hlll. Editions Hâtier, Paris. 1972, p. 269 .
.1 _ CORNEVIN ( R ), Op. Cit., p. 20
- 27-
- Les Akposso qui habitent les régions montagneuses à l'Ouest et au Nord-
* Dans le Nord:
- Les Kabyés vivant dans la région de la Kara, et qui se sont implanrés dans la
région des Plateaux et au centre pour leurs travaux agricoles.
- Les Moba dans la région des Savanes auxquels on ajoute les Mossi, les
Ngangan ou Anoufo, les Tchokossi, les Temberma et les Gounna.
En somme, du Nord au Sud ce sont les ethnies plus ou moins différentes qui
se sont superposées pendant une longue période. Ceci parce que le regroupement
par région de ces différentes ethnies, montre we similitude de panthéon.
- 28-
distinguer dans les régions Maritimes, des Plateaux et une partie de la région
Centrale, des groupes ethniques proches dont par exemple les insignes de
commandement symbolisant les fonctions de chefs sont le trône, la canne et la
queue de cheval. Dans le Nord chaque région se caractérise par son organisation
socio-politique de type féodal, une civilisation guenière et une économie basée sur
l'agriculture, la chasse et le corrunerce.
- 29 -
- Au niveau cosmogolite, il y a la division sexuelle et la capacité des hommes
d'habiter des choses.
l'Islam dans les régions Centrale et des Savanes au XVIIè siècle et le christianisme
vers la fin du XV è siècle dans les régîons Maritime, des PlatealL'{ et plus tard dans
la région de la Kara. Cependant, il faut noter que l'animisme reste très influent.
culturelles, l'organisation des pratiques corporelles repose Sill des bases identiques.
L 'homme, vivant en symbiose avec son milieu, les pratiques corporelles reposent
essentiellement sur des caractères éthiques, initiatiques et utilitaires.
Û _AJTHNARD (P.), Aspects de la polifique cullurette du Togo, Mémoire de DEA dépanement d'histoire,
Université de Dakar, 1982, p. 54.
1 -Jeux et activités physiques tradilionnelles dans la socialisa/io!1 des enfanfs Béninois de 0 à 12 ans, notre
- 30-
On peut classer les Activités Physiques Traditionnelles en trOIS grandes
catégories:
Par ailleurs, les APS modenles qui entrent en rupture avec le caractère
avec la colonisation.
En effet, dans le sud nous avons des chefferies de villages sans cohésion dont
les éléments gouvernaient le trafic des esclaves. Les paisibles paysans des plaines
vivaient dans la crainte pennanente des invasions des Ashantis du Ghana et des
Fons du Dahomey. Les montagnes servant de refuge aux populations chassées par
les guerres.
- 31 -
Dans le Nord, deux royaumes musulmans étaient en plein essor: celui des
Tem de Kparatao et celui des Tchokossi de Mang0 9 . Aussi les montagnes
surpeuplées du pays Kabyé alimentaient jusqu'au milieu du XIXè siècle les
marchands d'esclaves qui venaient à Djougou, Kparatao et Kabou se ravitailler en
bois d'ébène.
Dans te reste du pays, la cohésion est nulle et les résistances auxquelles les
Allemands, les premiers colonisateurs devraient faire face, étaient plus des excès de
mauvaises humeurs, qu'une résistance sérieusement organisée.
- 32 -
de la côte, avec des missionnaires catholiques et protestants qui furent rejoints par
Colonie allemande dès 1884, le Togo, après la défaite des Allemands lors de
la première guerre mondiale (de 1914 à 1919), fut confié par la Société Des Nations
1956. Le Togo français fit son chemin jusqu'à devenir territoire de l'AOF puis
indépendant en 1960.
elles vidées de leur contenu. Les populations perdirent par conséquent leurs
Les APS ont été entre autres l'Wl des moyens dont s'est servi le colonisateur
pour imposer sa domination au niveau de ses colonies. Dans les chapitres suivants,
nous essayerons de décrire quelque peu, le processus d'intrusion des APS modernes
dans nos sociétés pendant la colonisation. Processus qui aujourd'hui, a largement
contribué à la perte de nos jeux traditionnels.
- 33 -
CHAPITRE Il : LE CONTEXTE POLITIeo - ADMIN ISTRATIF
La vie politique au Togo fut dominée de 1946 à 1967 par deux hommes:
Sylvanus OLYMPIO et son beau frère Nicolas GRUNITZKY, dont les rivaJités
politiques vont créer une instabilité sociale au lendemain des indépendances et dont
les conséquences seront les coups d'Etat des 13 janvier 1963 et 1967.
Deux ans après le coup d'Etat de 1967 et dans le but de réconcilier les
Togolais déchirés par des querelles partisanes et ethniques, le pouvoir dirigé par le
Président Gnassingbé EYADEMA, à l'époque lieutenant-colonel suspend les
activités des partis politiques et instaure le parti Wlique qui sera consacré par la
Constitution de Décembre 1979.
- 34 -
RDA). En Afrique et particulièrement au Togo, cette période sonnera le glas du
parti unjque et réveillera les vieilles querelles politiques de même que le vieil
les jeux d'alliances démocratiques n'ont fait que pérenniser les divisions entre
Le Togo est divisé en régions ~ les régions en préfectures, avec quelques sous-
Il faut noter que l'idée de base du découpage tenitorial togolais a été guidée
progressive du pouvoir central vers les collectivités locales. Mais la région qui
- 35 -
CARTE ADMINISTRATIVE DU TOGO
BURKINA FASO
9.f6~AN ATLANTIQlJE
CHAPITRE IlT : LE CONTEXTE ECONOMIQUE ET SOCIAL
Ainsi, intégré au sein de ]' AOF l J, le Togo avait pu envoyer ses cadres dans
elle que se fonde l'économie togolaise pour engendrer une croissance économique
économique, ceci malgré lem modeste tonnage et lem apport substantiel dans la
balance conunerciale du pays, souvent déficitahe. Quant aux produits vivriers, ils
sont constitués par le mais et le manioc dans le Sud et au Centre, le mil et l'igname
au Nord. On retrouve aussi le sorgho, le fonio, le riz, les légmnes, le haricot etc ...
- 37 -
L'augmentation de la population a rendu nécessaÏre, l'accroissement et la
diversification des cultures vivrières en vue de satisfaire les besoins [Link] ;
ceci a contribué à la baisse des cultures d'exportation.
liées aux aléas climatiques et à la vétusté des moyens de production qui ont entraîné
des pertes considérables.
est de nos jours en baisse de perfonnance. Par contre, l'artisanat s'est développé
Le Produit Intérieur Bmt (P.I.B) qui était à 100 millions de francs CFA au
début des années 1960 est passé en 1986 à 346 milliards de francs CFA. Le taux de
Cependant, il faut noter que malgré les atouts dont jouit l'économie togolaise,
elle reste somnise aux instabilités de l'environnement qui entraînera au rnj1ieu des
- 38-
le taux d'échange du dollar était élevé, le pays s'endetta pour réaliser certains
dollars avec un déclin du dollar, ce fut le début de la crise économique aggravée par
une conjoncture défavorable aux produits agricoles d'exportation tels que le café, le
cacao et le coton.
Ajnsi, l'année 1983 marqua le début d'une austérité budgétaire renforcée par
un Prograrrune d'Ajustement Structurel qui sera suivi d'autres. Les efforts de
seront rendus vains par la grave crise socio-politique du début des années 1990.
éducatif, qui traduit une inadéquation entre la fonnation et les besoins du marché.
Cette situation a plongé les jeunes dans une incertitude et qui les a poussés à
- 39-
Cette situation s'explique aussi par le niveau de vie très bas de la population
avec pour corollaire : llne baisse constante de leur pouvoir d'achat, une émigration
Dans les zones nrrales, la majorité des populations n'a pas accès à l'eau
1991 selon la Banque Mondiale et un taux de mortalité infantile de liS %0 selon les
mêmes sources) 17.
décennie de ce siècle montre que c'est lill pays moins avancé qui doit bénéficier de
en découle sur le plan social une situation tout aussi caractéristique d'lU1 pays sous-
développé.
pratique des APS oU encore peut-on exiger des sportifs togolais une quelconque
- 40-
vitrine spectaculaire de ces grandes cérémonies ponctuellement délocalisées, le
sport reste sOlls-développé comme l'économie 18».
- 41 -
Paragraphe l : Le revenu national par habitant
Le revenu national par habitant ou produit national bmt par habitant (PNB 1
ht) est l'indice le plus important retenu par NOVIKOV et MAXIMENKO pour
détenniner le rnveau de richesse d'lm pays et évaluer son poids économique au
niveau intemational.
Alors qu\m pays riche comme la France a un PNB / ht égal à 16 090 dollars,
le Togo, pays pauvre n~a qu'un PNB 1 ht de 200 dollars et des pays moins riches
comme la Côte d'Ivoire et le Gabon ont respectivement un PNB / ht de 1 040
dollars et 3 680 dollars (Banque Mondiale 1994)20.
D'autre part, te PNB 1 ht n'a pas la même signification d'un pays à lm autre,
(par exemple en France et au Togo) car il ne prend pas en compte le secteur
infonnel très développé en Afiique, ni la répartition inégale du revenu national entre
les habitants (voir Tl).
- 42-
Tableau N°l: Succès sportifs en fonction du revenu national par habitant
prend aussi sa signification dans la pratique des APS car Wle bonne alimentation
- 43 -
entrainements). Cela fait dire à Bio NIGAN (l990) que « cette alimentation ne peut
Habitant.
Nombre de pays 24 11 l8 - 53
- 44-
Octobre 1996)23. Nous pouvons donc en conclure qu'au Togo, la lutte pour une
meilleure alimentation reste encore une priorité par rapport au développement de la
pratique des APS.
Si les gens sont mal nourris et mal soignés, (parce qu'ils ont de faibles
revenus) il est évident que leur durée de vie soit raccoillcie (Tableau 3).
Tableau N°3 : Succès sportifs des pays eo fonction de l'espérance moyeone de vie des habitants.
Nombre de pays 18 16 30 - 64
Espérance moyenne de vie par habitant dans 39.3 53,5 69,2 56.8 -
le groupe
22 _ BIO NIGAN. Habitudes alimentaires et diététiques du sportifdans un pays d'Afnque jl/oire : Le Bénin. Thèse
de Doctorat STAPS, Université Bordeaux li, 1990. p. 144
2J _ LE TOGO, Marchés [ropicaux.. n024ü8, Op. Cil., p. 12
- 45-
avait un médecin pour 15900 habitants au Togo, tandis qu' en France il y avait un
médecin pour 320 habitants selon le rapport de la Banque Mondiale, 1990).
- 46-
Tableau N°4: Succès sportifs des pays en fonction du pourcentage
d'anal phabètes.
Nombre de pays 24 24 29 - 77
Cet indice prend tout son sens si l'on sait qu'au Togo, la grande majorité des
pratiquants et des infrastnlctures sportives sont concentrées dans les grands centres
urbains.
- 47 -
Malgré l'engagement de la population dans certains grands centres urbains, l'accès
aux installations sportives déjà insuffisantes et mal entretenues, 0 'est pas
satisfaisant. Ces demières sont parfois éloignées du centre ville et les plans
d'urbanisation sont conçus sans prévision d'espaces libres pour la pratique des APS
ou la construction d'infrastructures sportives (Tableau 5).
Nombre de pays 22 38 24 - 84
L'impact du nombre d'habitants sur les succès sportifs peut s'expliquer par le
fait que, plus un pays est peuplé, plus il a des chances d'avoir des sportifs, plus les
résultats peuvent être meilleurs (encore faut-il que toutes les conditions soient
- 48-
réunies pour pennettre la consécration de ce potentiel). La population du Togo est
estimée en 1992 à environ 4 lllillions. Le Togo est donc un "petit pays", qui a un
contexte environnemental peu favorable à la réalisation de grandes perfonnances
sportives.
Nombre de pays 12 23 28 19 tO
Nombre moyen d'habitants par pays 0,4 3,1 9,3 26,7 141,6
CONCLUSION PARTIELLE
Des auteurs ont montré que « le développement du sport dans un pays est
conditionné par le niveau de développement de ce pays }}24. Un sous-développement
économique se traduit donc généralement par lm sous-développement sportif. Alors
que les pays riches peuvent investir des moyens matériels et humains importants
- 49-
pour développer les APS et les intégrer à leur économie, les pays en développement
doivent en priorité satisfaire à leurs besoins fondamentaux (nourriture, santé,
habitat, instruction etc ... ).
- 50-
nù1ieu sociaJ et au processus de son développement global. L'analyse de la situation
du sport et de ses atouts pour leurs contributions au développement économique du
Togo sera développée dans les autres parties.
- 51 -
Deuxième PARTIE
L'EVOLUTION DU MOUVEMENT
SPORTIF AU TOGO
« .,. une analyse plus fine nous révèle les stratégies cachées ct les non-dit. Toul
d'abord on remarque que la plupart des Etals tiennent un discours hygiéniste ct
utilitariste: 1 EPS dol! concourir à la protcction de 1;] santé des citoyens. Cest le
premier objectif qui semble etre recherché On confère aux APS une valeur préventive
donc positive. Mats on est en présence d'une ....érnab1c langue de bois sur rEPS. Le
discours officiel oscille entre naïveté et romantisme. »
En effet, il existe depuis des temps immémoriaux dans les régions et dans les
coms les plus reculés, des activités physiques parfois liées aux cérémonies
culturelles, panois purement récréatives. Ces activités paraissent à première vue
comme une simple distraction. Le premier but de ces activités est le délassement, le
plaisir. Mais en réabté ces activités sont codifiées et obéissent à des règles précises.
Le seul contraste, c'est qu'elles expriment des aspects de la vie socio-culturelle ou
religieuse du terroir. C'est le cas de la lutte, du tir à l'arc, de la chasse, des courses
à pirogue, de la natation etc ... , et aussi de certains ballets populaires qui sont, à la
limite, de la gymnastique et du folklore, compte tenu des épreuves d'endurance
physique qu'iJs comportent ainsi que des allures de compétitions que certaines
séances prennent.
Ainsi, les APT oot démontré une grande vitalÜé, une variété et une richesse
extraordinaires qui ont cependant manqué de promoteurs avisés pour les
redynamiser. C'est la raison pour laquelle elles ont été progressivement éclipsées
par Je sport moderne. En ce qui concerne les sports modernes, leur introduction au
Togo s'est faite avec la colonisation, surtout après la première guerre mondiale (vers
les années 1920), et où le petit intennède anglais a été très bénéfique, notamment
avec l'introduction du football. Le développement de ce dernier a été par la suite
accentué par le retour des Togolais travaillant dans les divers pays de l'Aüf.
- 53-
modèle d'organisation du sport français a donc été appliqué pendant cette période et
s'est poursuivi après les indépendances au Togo. Rappelons que le Togo après les
indépendances, a connu une instabilité politique qui entraînera en 1969, la
suspension des activités des partis politiques et la consécration du Parti unique.
Les résultats de cette réfonne ayant été décevants, elle fut réaménagée en
1978. Mais avec la disparition du parti unique en 1990 et les crises économiques et
socio-politiques, on assistera à llile réorganisation de tous les secteurs d'activités de
1_ Programme de relance des A P5: (lU Togo. R3ppon SOTED. Lomé. L990. p. 18
- 54-
notre pays. Les sports ne seront pas en reste. Les clubs seront désonnais organisés
sur la base du libéralisme et de la démocratie.
- 55 -
Paragraphe III : Les Activités Sportives dans la Colonie du Togo
Les atlùètes méritants qui étaient des civils, des scolaires ou des militaires,
bénéficiaient de nombreux avantages allant des distinctions honorifiques à des
bourses d'études ou de stages. Notons que le système scolaire ou du moins l'école,
constituait à cette époque Ja pépinière du développement du sport.
de 1950 les enseignants d'EPS français se sont ajoutés aux militaires pour assurer
- 56-
cet enseignement et la sensibilisation des Togolais à la pratique des différentes
disciplines sportives. Ce TI' est q LI' à partir de 1952 que des dispositions furent prises
domaine des APS pour assurer la relève. Mais leur apport n'a pu modifier l'image
négative qu'avait la population vis-à-vis du sport .
face à l'ancienne puissance coloniale. Il s'est donc intégré tout comme ses
En fait le modèle français a tout simplement été renforcé. Mais les stmctures
n'ont pas suivi. La preuve, il n'y avait pas llll texte pour organiser les associations
sportives. Ceci à cause des problèmes institutionnels et de l'instabilité politique qui
FIFA en 1962. C'est cette fédération qui a structuré les sports modernes au Togo en
- 57 -
les aidant à se constituer en Fédération. Le but de cette aide de la FTF à la
structuration des autres sports était d'obtenir le droit d'adhésion du Togo au Comité
International Olympique (CIO) ~ car, pour qu'un pays puisse adhérer au CIO, il lui
faut lm eNO ; et pour avoir un eNO, il faut que le pays dispose d'au moins cinq (5)
fédérations.
districts. Les ligues devraient couvrir les régions qui se subdivisent en districts
(circonscriptions ou préfectures) ; les districts en clubs. Mais il faut noter que seule
d'une façon plus ou moins organisée sur tout le territoire national; mais il faut
qu'après approbation des statuts par le Ministère de l'Intérieur qui faisait recours à
la vieille loi de 1901 sur la liberté d'associations. Les clubs sportifs étant
- 58-
Les ressources des clubs et des fédérations provenaient entre autres des
cotisations des membres, des recettes des matches, des subventions, des dons, des
legs ou libéralités. Mais, il faut reconnaître que la principale ressource provenait des
produits des matches. L'Etat apportait arumellement à chaque fédératlon sportive
départ a connu tille augmentation à la fin des années 1960 et a abouti dans le
Notons que le Togo disposait à cette époque de très peu d'infrastruchrres sportives
dont les plus ou moins importantes étaient à Lomé et très peu dans les vilfes de
l'intérieur du pays.
- 59-
sacrifice et ct' émulation. Bref, la force du sport résidait essentiellement dans
[' enthousiasme que les joueurs, les dirigeants, les supporters et autres mettaient dans
leur rôle. Tous avaient l'impression que les cl ubs leur appartenaient, étaient attachés
aux couleurs et étaient prêts à tous les sacrifices pour les hisser à toutes les
compétitions.
- Sur le plan structurel, les ligues et les districts n'avaient d'existence qu'au
football, avec pour défaut principal, l'impossibilité matérielle pour les clubs de
l'intérieur du pays, d'accéder au Ütre de champion national ou de gagner une coupe
dans la ligue nationale. En effet, les clubs de Lomé la capitale, organisaient leur
championnat entre eux, dans leur ligue. De même, ceux de l'intérieur devraient en
fatre autant dans leur ligue respective. Les champions de ligues s'affrontaient et le
vainqueur prenait le titre de champion national. Mais le niveau des compétitions à
l'intérieur du pays avec des clubs très réduits par ligue (parfois un club par ligue),
ne pennettait pas à ces clubs de s'exprimer. Ainsi, le système d' organi sation des
compétitions défavorisait donc structurellement les clubs de l'intérieur qui Tl' avaient
pas les mêmes atouts que ceux de Lomé, d'accéder aux titres nationaux et de
- 60-
participer aux compétitions internationales qui en découlaient. [J s'ensuivit un exode
des meilleurs joueurs de l'intérieur vers la capitale.
à la réfonne des sports au Togo disait: « Les joueurs, surtout les responsables et les
même vu des supporters d'un club togolais appuyer une équipe étrangère contre une
des Sports de procéder à tille réfonne des sports dans l'esprit du progranune du
- 61 -
- La dépassionnalisation et la dépersonnalisation des clubs par une fusion de tous
ceux existant en un seul et par chef-lieu de préfecture sauf à Lomé où quatre clubs
sont autorisés. Dans le même ordre d'idées, les couleurs à problèmes à savoir: le
préfectures et de tous les gros villages, les clubs étant désonnais omnisports.
stnlctures et tous les organes relèvent du MJS qUl délègue ses pouvoirs alLx comités
comités et de ces strucntres relevant désonnais du MJS, qui, à son tour doit doter
main toute l'organisation et la gestion du sport qui devient ainsi une affaire d'Etat.
divisé en sept (7) zones sportives. Au niveau de chaque zone sportive, est installée
Wle ligue par discipline sportive exceptée Lomé où les activités des quatre clubs
- 62 -
Ainsi, dans un premier temps une rencontre inter-club permet de dégager un
champion de district. Celui-ci renforcé au besoin des meilleurs éléments d' autTes
clubs du district représente la préfecture aux championnats de la ligue. L'équipe
gagnante représente la ligue au championnat national. Mais cette équipe de la ligue
ne doit pas être renforcée par d'autres éléments comme ce fut le cas précédemment.
Pour le championnat nationa]~ la zone de Lomé dégage deux clubs. Chaque saison,
le club vainqueur du championnat national représente le pays en Coupe d'Afrique
des Clubs de la discipline concernée.
Les résultats de la réforme des sports de 1974 ont été dans l'ensemble
décevants malgré lUle mise en place plus ou mOlns satisfaisante des infrastnlctures
prévues (les stades pour tous les clubs de Lomé et de l'intérieur du pays et qui ont
été clôturés. Les clubs de J'intérieur du pays redynamisés avec des championnats
ayant une véritabje allure nationale).
Les résultats médiocres peuvent s'expliquer par le fait que les gens avaient
l'impression qu'on leur avait arraché quelque chose qu'ils chérissaient pour leur
donner quelque chose d'inadaptée, qui ne saurait satisfaire à leurs attentes. Du coup,
l'intérêt s'est déplacé vers les quartiers ou vers la périphérie, tant à Lomé qu'à
l'intérieur du pays où, les clubs des quartiers démontrent aujourd'hui encore lll1e
vitalité extraordinaire, parce que spontanés et créés par des affinltés réelles.
Il fallait donc que le MJS tienne compte de ces facteurs psychologiques pour
corriger et redynall"liser le système; d'où la réactualisation (pour reprendre les
termes de la circulaire du MJS) de la réfonne de 1974 en février 1978, dont voici
les grandes lignes. Notons que le cadre général de la réfonne est conservé avec les
aménagements suivants :
- libéralisation des clubs dont les organes directeurs sont désormais issus
d'élections libres et pouvant choisir un nom propre à leur équipe, nom différent de
celui de la ville ou de la zone.
- pour la capitale, les quatre clubs se sont vu attribuer des espaces et des
quartiers pour leur évolution.
- 64 -
Paragraphe [: Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la
Culture
février 1972, démontrant ainsi la place de choix que lui conféraient les autorités
politiques à l'époque. Notons qu'il a été érigé au rang de Ministère deux (2) ans
sportives sur toute J'étendue du territoire national. Elle est aidée à Pintérieur du
pays par les entités déconcentrées que sont les Inspections Régionales de la
Jeunesse et des Sports.
- 65-
Paragraphe TIl: La Direction des Sports Scolaires et
Universitaires
C'est POUI cette raison qu'une direction a été créée pour orgaruser les
compétitions scolaires et universitaires, détecter les jeunes talents et aSSlIJer leur
SUIVI.
- 66-
Paragraphe V : Le Système fédéral ou les fédérations
sportives des villages, des quartiers de villes, des districts et des ligues.
immobilisé dans son fonctiormement à la base alors que les ligues, faute de moyens,
survivaient difficilement. Au moment de la réfonne, le Togo comptait 14 fédérations
sportives dont quatre (4) à peine avaient des activités couvrant l'ensemble du
territoire national.
Le seul complexe omnisports est le stade municipal de Lomé qui, après avoir
fait l'orgueil des Togolais à l'époque s'est révélé trop exigu pour abriter les grandes
compétitions internationales.
équipés.
- 67 -
Le financement du sport quant à lui est allé en décroissant. En effet, l'Etat,
aux premières années de la réfonne avait bien voulu octroyer des moyens aux
fédérations pour leurs activités (1975 : subvention de 6 millions alLX fédérations de
sports de mains pour leur fonctionnement). Mais très tôt il s'en est désengagé,
Togolais.
- 68-
minables par rapport atLx objectîfs qui ont été assignés à la réfoffile, à part quelques
par exemple tous les Kotocolis se sentir concernés par les perronnances de
SEMASSI, tous les GUENS par celles de GBOHLOE-SU, tous les Kabyés par
celles d'ASKO, tous les Bassars par celles de GBIKINT[ etc ...
Si l'on connaît toutes les passions que peuvent susciter les sports, on conçoit
aisément qu'il y a là un piège à éviter à tout prix. D'ailleurs, les clubs de Lomé
incriminent ce phénomène comme llne des causes de la baisse des cotisations des
membres, des supporters et des sympathisants.
- 69-
cette stratégie leur avait pennis d'obtenir de bons résultats, c'est parce que ces Etats
Le contenu de cette réforme demeure valable sauf que dans les révisions qtÙ
ont été faites, l'Etat n'est plus impliqué dans la gestion et l'administration des clubs.
Cependant il faut noter qu'wle rétrospective sur l'application de la réforme de 1974,
montre qu'elle n'ajamais été respectée comme prévu. Pour organiser par exemple le
premier championnat national de première division après la réfonne, on a escamoté
les championnats de district et de ligue, en choisissant directement les quatre clubs
de la capitale, plus huit clubs de l'intérieur, dans certains chefs-lieux de préfectures.
Dans le même ordre d'idées, tous les clubs censés être omnisports, n'ont
- 70 -
SECTION II : L'ENCADREMENT DES SPORTIFS
Dans toutes les fédérations, les clubs n'ont qu'un encadrement de fortune,
constitué de bOlIDes volontés qui n'ont pas toujours la qualification requise. Quand
ils l'ont, ce sont pour la plupart des enseignants d'EPS, avec une option plus ou
moins confonne à la discipline encadrée. Car, même avec une option confonne, on
ne devient entraîneur qu'après une préparation pratique minutieuse auprès des
professionnels qui entraînent les grands clubs du monde. Ce qui n'est pas le cas au
Togo, où, il suffit d'Wl stage de 15 jours organisé par la coopération internationale
ou la solidarité olympique pour que l'on de'Vienne lm entraÛleur de j er ou 2 é degré
Par ailleurs, les enseignants d'EPS qui sont entrameurs dans les clubs, le sont
par nécessité. Sollicités par les clubs, ils amputent sur les heures d'enseignement
qui leur sont dévolues, en vue de s'occuper de l'encadrement des clubs. N'étant pas
recrutés par les clubs, ils sont exclusivement le produit d'un geste de solidarité qui
l'enseignement pour lequel ils sont payés, et l'appel de la solidarité vis-à-vis d'un
Ainsi, à l'école, l'enseignant d'EPS ne fait que paraître, et les jelmes talents
finissent par disparaître. Au stade, l'entraîneur qui n'est qu'un dépanneur ne peut
produire que des clubs bllcolés. On comprend dès lors que le sport togolais est
moins performant.
- 71 -
suivi doit être constant~ tant pour améliorer la fonne actuelle des athlètes que pour
préparer les conrutions de santé optimales en vue des compétitions futures.
Ce contrôle varie selon les disciplines, qui ont chacWle lem spécificité en
matière d'alimentation, d'exercices physiques, de repos, de médications etc...
S'Il est négligé un tant soit peu, on s'expose à des risques graves. Que dire
alors s'il est complètement inexistant?
Sur le plan social, le joueur doit être suivi et encadré dans sa vie de tous les
jours: en famille, en société, au travail, dans son alimentation, son comportement et
ses problèmes les plus particuliers.
Pour exiger de lui Wle discipline technique rigoureuse, il faut savoir comment
il vit et l'ai der à réaliser les meilleures conditions d'existence psycho-sociales
possibles, autrement, il y aura forcément un hiatus entre ses capacités réelles et ses
perfonnances actuelles. Quand on prépare une compétition, l'effort qu'on lui
demande doit être compensé par un suivi aJimentaire durant plUSIeurs semaines,
voire plusieurs mOls. Ce n'est évidemment pas Je cas au Togo où des joueurs qui, à
un moment donné, ont défendu vaillament les couleurs nationales, sont désœuvrés,
voire au chômage et livrés à tous les vices.
- 72-
- des fonnateufs-des dirigeants-des entrameurs--des arbitres-des médecins sportifs
- des joueurs.
Dans ce domaine, la réfonne des sports et ses différentes révisions ont échoué
parce qu'elles ont négligé l'essentiel, à savoir la fonnation de base des jeunes
pratiquants.
Il faut situer la fonnation des cadres sportifs sur trois (3) plans:
des APS en les initiant aux différentes techniques. Ces cadres que sont les
enseignants d'EPS sont fonnés par l'Institut National de la Jeunesse et des Sports
de Lomé.
fait de manière précaire grâce à des stages organisés par les fédérations avec l'appui
de la «solidarité olympique.»
enseignants d'EPS existe, et est assurée par l'Institut National de la JelU1esse et des
Sports qui a ouvert ses portes en 1975 par la fonnation des maîtres d'EPS suivie de
celle des professeurs adjoints et des professeurs d'EPS. Cette fonnation dont
l'objectif est de fonner au Togo des cadres sportifs, a été suspendue en 1985 pour
reprendre en 1992.
Mais cette formation n'avait d'autres ambitions que de couvrir les besoins du
Togo en professeur d'EPS dans les établissements d'enseignement et de formation.
- 73 -
Ce qui TI? a jamais pu ètre réalisé, du fait du peu d'intérêt qu'accordent les pouvoirs
publics à ce corps de métier. A titre d'exemple, alors que les besoins du Togo en
enseignants d'EPS étaient estimés en ]990 à près de 600 enseignants, l'Etat n'en
avait engagé que quatre après le concours national de recrutement. Actuellement,
l'EPS n'est pas enseigné à l'école primaire et iJ y a plus de 200 établissements des
2è et 3è degrés du Togo où l'EPS n'est pas enseignée.
Enfin, un enfant, pour devenir champion, doit être sensibilisé à la pratique des
APS dès l'école primaire. Or, le constat est que beaucoup de jeunes togolais
découvrent sommairement les APS au collège pour certains et au lycée pour la
grande majorité.
Donc pour sortir le sport togolais de l' omière, la fonnation des cadres doit
être repensée et doit tenir compte de tous les aspects indispensables pour
promouvoir le développement des sports au Togo.
A cet effet, l'INJS qu.i constihle le cadre privilégié de formation des cadres
sportifs doit être redynamisé. Il lui faudra pour répondre aux besoins du pays, que
les contenus des programmes de formation soient adaptés aux réalités togolaises
tout en restant confonnes à l'évolution du savoir scientifique et de la teclmologie
sportive.
- 74-
SECTION IV: LES INFRASTRUCTURES ET LES EQUIPEMENTS
Pour les sports de main, ce stade qui est le seul à comporter ces
infrastructures, dispose des aires de jeux dont les sols en béton, ne répondent plus
aux nonnes internationales et qui constituent un sérieux handicap pour l'expression
des joueurs.
- 75 -
constituera un soulagement pour les footballeurs et les atWètes qui pourront enfin
Quant aux autres sports, l'espoir n'est pas encore pennis à cause du manque
névralgique où la pénurie est quasi totale. Ainsi, les équipements sportifs au Togo,
sont réduits à leur plus simple expression. Pour le football par exemple, il y a, à
peine 3 ballons par équipe pour l'entraînement. Or, il faudrait 1 ballon par joueur
pour que chaque joueur soit constamment en contact avec la balle, faute de quoi il
n'y a pas d'entraînement valable.
Si les clubs n'ont pas assez d'équipements, c'est parce que cela coûte très
joueurs par entraînement, il faut 36 ballons dont 2 ballons pour les matches au coût
de 1.080.000 F pour une durée moyenne de 3 mois; donc dans l'année il faut 4 fois
ce chiffre W1iquement pour les ballons, soit 4.320.000 [Link] ce qu'aucun club ne
et traitées comme une entreprise moderne. Or au Togo, elles ne sont même pas au
.-
c •• ,.... .. ...
,.
.
,
lllveau de l'entreprise artisanale, car elles fonctionnent à peme comme des
L'Etat ayant pris sur lui d'organiser les activités sportives sur toute l'étendue
Les particuliers qui, avant la réforme, étaient les principaux bailleurs de fonds
des associations sportives ont perdu l'habitude et sont peu motivés. Les APS ne
devant désoffimis leur salut qu'à l'Etat
ponctuelle, tandis qu'en dehors de quelques clubs privilégiés par les ressortissants
de certaines régions couvertes, les supporters n'ont pas pu prendre la relève, car,
toutes les conditions de privatisation n'ont pas été réunies avant que l'Etat ne se
désengage.
Ainsi, la situation du sport togolais est devenue ambiguë, alors que le public
- 77 -
CONCLUSION PARTIELLE
démontrent la justesse des vues du « livre vert» du RPT qui parle de « dépassionner
le sport sans pour autant annihiler le salutaire esprit d'émulation », et qui poursuit
plus loin: « L'Etat, sans s'immiscer dans la gestion des clubs sportifs et des
fédérations qui les régjssent, devra cependant, par l' intennédiaire des services des
4
sports, conseiller utilement les uns et les autres dans tous les domaines ». Ce qui
montre que l'esprit des orientations nationales est donc très libérale.
Par ailleurs, nous avons eu l'occasion de montrer que si la réfonne avait été
appliquée à la lettre dès le départ, il est évident que certains des objectifs de la
De même la dernière ré\~sion de la réforme qui date de 1990, entre bien dans
Somme toute, nous remarquons aisément à travers l'exposé que nous venons
de faire de la situation sportlve au Togo des origines à nos jours, qu'il n'y a pas au
Togo une politique sportive clairement définie. Aussi bien le modèle français que le
modèle étatique préconisé par la réfonne n'ont pu répondre réellement atL""
- 78-
qui en avaient les moyens) pour répondre aux attentes de certains dirigeants sportifs,
a tenu lieu de politique sportive, faisant sombrer la plupart des disciplines sportives
dans la léthargie.
Le sport de masse tel que préconisé par la réfonne a été un échec. De même,
les APS ne sont pas connues de la majorité de la population restée rurale. Elles se
Nous pensons qu'il importe aux pouvoirs publics d'élaborer une politique
course de chevaux, tir à l'arc, COlITSe de pirogue etc ... ). Ces dernières pennettront
de revaloriser notre patrimoine culturel et constitueront un tremplin pour une
- 79-
Troisième PARTIE
ET ACTIVITES ECONO,MIQUES
PAJLLOU Nelson
Les activités physiques et sportives ont été et demeurent encore un acquis
prospérer, conquérir des milliers d'adeptes, se fédérer puîs se faire posséder par les
pouvoirs publics trop généreux de lui déléguer ensuite des pouvoirs dans une
partenaire économique.
révolution dont les effets n'ont pas fini de se faire sentir. La médiatisation des sports
s'accompagne d'une internationalisation des événements, en même temps qu'elle
Alors que, jusque là, « les acteurs du spectacle sportif» étaient rétribués
Ainsi, les sports sont devenus de nos jours un tel enjeu économique et social
] - PAJl,LOU (N.), Les Irois enjeux dll sport fronçms, Paris. DALLOZ, 1986, p. 36
2 _ LEBLANC (M.) . le club de '·017 2000, Op : Cil. p 13
- 81 -
de nos jours, l'influence économique s'est accrue dans les sports à tel point qu'ils
ne doivent plus seulement être perçus comme des facteurs cl' éducation ou de
culture.
Dans cette troisième partie que nous avons intitulée: les APS et les activités
économiques, nous nous proposons de faire dans le chapitre T, une analyse des
relations entre l'économie et les APS, dans le chapitre II, une étude des outils de
J'activité économique des sports et enfin dans le chapitre III, d'analyser les atouts
« Le sport est lill phénomène social important de notre époque, voire un des
traits caractéristiques du XXe siècle. C'est un fait omniprésent et envahissant de
l'Ouest, au Nord comme au Sud, il touche même les pays les plus petits et les plus
Ainsi, les flux économiques liés au sport se sont accrus au COUTS des dernières
années à un point tel que le risque de voir le sport détourné de ses finalités
- 82 -
éducatives et culturelles, est aujourd'hui présent; ce qui fait dire à PAlLLOU N.
sport et sur son organisatlon4 » cherchons cl' abord à comprendre les raisons de cette
évolution.
bouleversé les rapports tant des individus entre eux que des individus avec leur
soit dans un stade ou au bord d'une route pour regarder passer des coureurs
sportifs comme les jeux olympiques ou la coupe du monde de football. Dès lors, la
publicité véhiculée lors des spectacles sportifs a fait rentrer de plain pied, le sport
dans le monde économique.
- 83-
Mais dans l'analyse de l'économie appliquée au sport, la question posée
En effet, persorme ne conteste plus que le sport dépasse le simple stade d'une
activité récréative. La difficulté aujourd'hui est la détermination des impacts du
sport sur l'économie d'un pays. Mals si certains aspects du sport sont qualifiés
d'improductifs, d'autres vont avoir tout autre importance sur les facteurs de
développement économique.
nous allons rechercher les facteurs pouvant contribuer à son développement. Mais il
nous faut souligner que l'impact du sport dans l' éconollÙe doit s'apprécier en
- les activités liées où le sport induit un tel développement d'activités diffuses ... »,
et qui nous ont amené à remonter dans chaque composante du sport pour rechercher
- 84-
SECTION 1: SPORT ET ACTIVITES ECONOMIQUES
économique.
En effet, des travaux réalisés en Francé ont montré qu'on peut estimer à plus
voir comment cette activité économique peut être rentable. Les marchés liés au sport
sont:
- les marchés des articles de sport que sont les vêtements, le matériel, les
chaussures etc ... , et qui sont utilisés par les pratiquants des APS et parfois par
sport que sont les enseignants d'EPS, les cadres sportifs, les joueurs
6 _Ministère Français de la Jeunesse el des Sports. «Assises !v'nOona/es des méfier5 du SpOrl ». in Revue EPS.
n° 233, janvier - février 1992, p. 32.
- 85-
* Les salariés des industries du sport et de la distribution des articles de
sport.
- Le marché des loisirs sportifs qui est en foI1'e expansion avec les vacances
sportives, qUl se sont multipliées ces dernières années. Ces IOlsirs sportifs génèrent
des activités économiques par les infrastructures qui leur sont nécessaires, par les
services qu'ils créent et par le rôle d'aménagement du territoire qu'ils jouent.
A cet effet, le sport peut être utilisé comme lm élément constitutif d'images,
car, véhiculant des valeurs très prisées par les dirigeants d'entreprises telles que le
dépassement de soi, la compétition dans le respect des règles, le culte de la
performance, la recherche de l'excellence etc .... Ces valeurs sont intégrées dans la
- 86-
politique de commlUlication des pays, dans l'espoir de les voir influencer fortement
Ainsi, faire parler de son pays à travers le sport dans les divers médias
internationaux est d'autant plus intéressant que le coût en est beaucoup moins élevé
que celui d'Me campagne publicitaire classique. Le sport, par ce fait, contribue à la
notoriété et à l'image de marque d'un pays, alors que ce n'est pas son objectif
premier et qu'il n'en perçoit pas toujours Lme rémunération équitable. Ces
retombées externes du sport sont le plus souvent étudiées, soit à partir d'une
marque d'un pays est plus complexe à réaliser. Le sport est sans doute l'un des
attributs qui contribuent à constituer lUle image et faire connaître un pays à des
partie innées, héritées à la naissance ; pour d'autres parties, elles sont acquises tout
au long de la vie ... Cette acquisition est coûteuse mais rapporte un flux de services
- 87-
vente, ni achat possible de capital humain dans W1e société non esclavagiste. Seuls
Si l'on reÜent cette définition, la pratique d' lill sport, a fortiori si elle se fait à
un haut niveau, doit générer des aptitudes, des connaissances et des qualifications
particulières. Il est en effet communément reconnu que la pratique sportive favorise
sport de haut niveau est comme nous l'avons montré précéderrunent, créateur
d'image.
Peu d'études ont été entreprises pour tenter d>évaluer, voire de mesurer, les
effets positifs éventuels de la pratique d'un sport sur le capital humain. Citons les
pratique des activités physiques et sportives pour les élèves (meilleure qualité du
l _ RIBüUD. « Etude de !'uc(7Jfl7ulanoll du capll(ll humam en FraI/ce », in ANDRfFF (W.), Op. Cil., p. 59
~ - ANDREFF (W.), Op. Cil.. P. 230.
- 88-
travail scolaire grâce à des réactions plus rapides, une plus grande résistance à la
à l'idée que l'activité sportive est un facteur d'amélioration de la santé, il n'est pas
contre l'on estime que les APS augmentent le sentiment de bien-être de ceux qui s'y
adonnent et réduisent les facteurs de certains vices et une alimentation parfois trop
riche.
Selon lme étude européenne citée par SURAULT (P)I1, 46 % des français
que: « sans doute s'agit-il d'une réaction salutaire de l'espèce contre les
phénomènes de sédentarité liés à la vie urbaine et à la mécanisation croissante des
sédentarité, sauf si l'on adopte une vision très extensive de la pratique sportive.
Cependant, on peut considérer, et ce n'est pas encore prouvé, que les APS
favorisent une réduction de la mortalité pour certaines maladies dont, celles cardio-
vasculaires, et par là, contribuer à l'allongement de l'espérance de vie.
- 89-
beaucoup de sportives de compétition ou de haut niveau, refusent d'interrompre leur
caITlere.
Enfin) les études réalisées auprès des salariés d' EDFet de GDF en France et
citées par MARTINI 12, montrent que, lorsque le niveau de pratique sportive
s'accroît, l'on observe une meilleure perception de l'état de santé des employés,
d'où, un bon rendement. Nous venons de montrer à travers les analyses de ces trois
les APS ont un impact macro-économique important. Le problème est d'analyser les
sports. Mais les flux économiques liés au sport ont pris une ampleur surtout au cours
de ce dernier quart de siècle que l'on peut affinner que la sphère économique a
investi le sport, en plaçant le spectacle sportif d'une part et les pratiques sociales
des facteurs ou des agents économiques que sont les mass médias, le spectacle
12 _MARTIN1 (I ), « Sport el travail. incideu/ professionnel de la pratique des sports». 111 ANDREFF, Op Cil., p. 65
13 _ NYS (l.F). «Les subventIOns municipales aux clubs de joo/baf!», in Sport et développement économique
régionale, analyse lhéorique - cas pratiques. Paris. DALLOZ. J 993. p.62.
- 90-
SECTION l : LES MEDIAS DANS LE SPORT.
14 _ NYS ( l.F), «le sport el/es médias». in ANDREFF, Op. Cil., p. 126
- 91 -
Ainsi, la présence des médias valorise les événements sportifs qui, à leur tour,
attirent les sponsors qui de par leurs actions, attendent une retombée ou un
Des athlètes aux fédérations en passant par le comité olympique, tous sont
particulièrement par celle de la télévision. Ce qui a fait dire à NYS que «sans la
télévision, les plus grandes manifestations sportives, y compris les jeux olympiques,
ne pourraient être organisées 15». Il illustre son affinnation par le tableau suivant, sur
mais surtout l'audience espérée, ont pennis l'accroissement des recettes de publicité
et des SOlITCeS de revenus non négligeables pour le sport.
sportifs atteignent des sommes qu' auclUl autre événement ne dépasse. Ces droits ,
lorsqu)ils soot versés par les chaînes étrangères et surtout les chaînes américaines
qui payent les sommes les plus importantes, constituent des entrées de devises. Ces
- 92 -
devises pourront contribuer non seulement à l'équilibre des échanges extérieurs,
mais constituent l'injection bmte la plus importante pour soutenir l'économie du
pays.
vis du pouvoir qu'a, à leurs yeux, la télévision. Cette fonnule de PAlLLOU (N)
résume bien l'avis d'un grand nombre de dirigeants sportifs: « Sans télévision,
point de salut 17».
De même les profits réalisés par les buvettes et autres boutiques organisées
dans l'enceinte des stades font partie des sources de revenus des associations
distribués gratuitement aux spectateurs, mais fournissent des supports pour des
1; _ PAILLOU (N.), in BOURG (l F.), Football business, Paris. Olivier ORBAN, 1986, p.81
- 93-
En effet, il existe une catégorie de ressoarces très particulières dans le sport,
à savoir celles procurées par le transfert de joueurs d'lm club à l'autre ou d'un pays
à l'autre. Le principe des transferts est simple: prenez un jeune cadet talentueux ;
formez-le dans un centre de fonnation, faites-lui signer un contrat; faites-le accéder
à la notoriété et cédez-le au plus offrant. Et comme J'affinnait GOUGUET 1R ,
« certes il est plus facile de dOMer la recette que de la réussir ... mais il est en
sport C01llllle en cuisine: les bons chefs comme les bons entraîneurs sont ceux qui
savent tirer Je meilleur parti de leur « matériel », qu'il s'agisse des joueurs ou des
ingrédients )}.
18 _ GOUGUET (J-J), «Salaire. lravail et empLoi dans Le football professionnel», in Sport el développement
régiona(, Op. Cil., p. 89
- 94 -
aux associations Factivité génératrice de richesse morale et d'humanisme, mais non
productrice de profits financiers. Mais l'organisation de spectacles sportifs a donc
profondément transformé la nature même de l'activité des associations sportives.
Les ressources de celles-ci ont littéralement explosé avec la commercialisation de
leurs produits, commercialisation entraînée par la médiatisation.
Des groupements d'acteurs réunis autour d'un projet non lucratif, les
associations sportives organisatrices de spectacles sportifs, font recours à des
méthodes éprouvées de marketing, de promotion, de publicité, de conununicatioD,
de relations publiques, bref tout ce qui concourt au développement du couunerce.
19 _ BOURG (J-F). «Le marché du travail sportif », ln ANDREFF, Idem.. Op. Cit p 145
- 95-
Panni, les entreprises intervenant dans le circuit économique du sport, la
plupart ne sont pas spécialisées dans ce domaine. Certaines personnes sont donc
employées à une activité professionnelle qui ne porte que partiellement sur le sport
et pour lme proportion encore moins forte sur des « produits sportifs)}.
- 96-
Dans le cadre de cette logique, il faut prendre en compte le développement du
dans une logique commerciale, les organisations sportives sont confrontées à \ille
double contrainte :
Ces exigences ont plusieurs conséquences qui constituent ct' ailleurs autant de
nouveaux usagers, les organisations sportives doivent offrir des services diversifiés.
La pratique sportive ne devenant qu'un aspect de l'offre de service;
- 97-
Dans la logique marchande, la création d'emplois dépend de l'efficacité des
politique. Derrière cette volonté c'est le choix entre llile activité favorisée voire
offerte (cas des écoles de sport) par les pouvoirs publics et une conception
Somme toute, nous pouvons dire que, quelle que soit la conception que l'on a
de l'emploi, « l'univers de l'emploi sportif est bipolaire : d'un côté, nous avons les
stade est un établissement industriel produisant des machines à courir ... 21)), et qui
montre que, de plus en plus le champ sportif devient un domaine soumis aux lois du
20 _ GOUGUET (J-J), NYS (J-F), SPOT! el ddve/oppemen/ économique régional, Op. Cil. p 42
~l _ BROHM (J-M), ,Sociologie politique du SPOTt, Pans.. PUF, 1986, p. ] 25
- 98-
CHAPITRE III: LE SPORT, FACTEUR DE DEVELOPPEMENT
ECONOMIQlJE
En effet, dès lors que des capitaux s'engagent dans la rémunération des
atlùètes, ceux-ci acquièrent W1 statut de travailleur dont les conditions de travail
s'[Link] de plus en plus à celles d'un ouvrier avec le stress, la fatigue, les
- 99-
accidents de travail, l'intensité du travail, les primes de rendements, les impositions
etc ..
Dans le premier chapitre de cette partie, nous avons vu dans les relations
entre les APS et les activités économiques, qu'il y a des capitaux engagés dans le
du sport, recherchant les moyens pour faire évoluer certaines pratiques sportives et
économique, nOliS allons essayer de montrer l'impact que peuvent avoir les APS
l'origine comme un projet humaniste, est devenu de nos jours plus un projet
Dans Jes relations entre les APS et les activités économiques, nous avons
montré que les APS regroupent des activités d'éducation et de santé, des activités
commerciales, des activités industrielles et des activités de loisirs.
Pour comprendre l'impact que ces activités, par le biais des APS, peuvent
avoir sur J'économie d'un pays, nous allons essayer de détenniner les agents qui
- 100-
En nous inspirant des travaux de NYS25, nous avons distingué cinq (5) principaux
non marchands. Leur mission est de contribuer au développement des APS et de les
orienter. Elles regroupent :
- Les différents Ministères concernés à titre divers par les activités sportives
(Education Nationale, Défense Nationale, Aménagement du Territoire, Santé,
Commerce etc..)
4) Les sociétés intéressées par les APS qui sont principalement constituées
des fabricants d'articles, de matériel et d'équipements sportifs, les producteurs de
production des biens et des services marchands. Les activités sportives fonctionnant
grâce au bénévolat, échappent à toutes évaluations par les services des impôts. Il en
- 101 -
résulte donc de ce fait, [Link] sous-estimation du montant total de l'activité générée
par ce secteur.
1- Ménages --.
Secteur des consommateurs
Administration centrale
2- Administrations publiques
Administration locale
Clubs privés
3- Administrations privées du mouvement sportif -+ Associations sportives
Lnstances dirigeantes
Secteur conunercial non sportif
4-Sociétés
Secteur du sport commercial
5- Institutions de crédits et entreprises d'assurances .."Compris dans le secteur commercial
non sportif
- 102 -
Dans l'étude du HENLEY CENTER et les travaux de NYS, les flux
fmanciers entre chacun des secteurs sont représentés sous forme de compte
sectoriel. Le tableau que NYS a d'ailleurs établi à cet effet, montre les dépenses et
les revenus sectoriels des consommateurs. Ce tableau que nons avons repris (voir ci-
jOlnt) montre un système à double entrée de façon que les dépenses d'lm secteur
apparaissent comme les revenus d'lm autre et inversement. Par exemple: les
dépenses des spectateurs pour l'entrée au stade sont enregistrées sous la rubrique
« admissions)} dans la partie dépenses. Elles figureront sous la nlbrique «prix
admission» dans la partie « revenu sportif conunercial ». Dans le même esprit, la
TVA appliquée à ces dépenses a été portée conune «TVA sur les spectateurs»
dans la partie « revenu de l'administration centrale ».
Exemple de compte sectoriel: le secteur de la consommation
~
AdministTation Administration $port Secti!UT - OidJs
ÛlC41e prl~.b'
œIItra/.e [Link] co~!4l Elrtmga
Dépense non sportif
ASSISTANCE
ADMISSIONS X X X
DEPLACEM-ENT X X
PARTICIPAnON
COTISATION x X X X
EQUlPEMENTS X X X
VETEMENTS X X
DEPLACEMENTS SKl X X
LIVRES ET REVUES X X X X
JOURNAUX X
REDEVANCE DE TV X
PARIS ( coocours de pronostic de X X
:---------::ces
cOurse de chevaux)
Revenus
- 103 -
Compte tenu de la difficulté à détemner ou quantifier les rendements des
APS sur l'économie, nous avons cherché plutôt à comprendre le financement et les
produits des APS.
Pour mesurer la production des APS, NYS a distingué les activités sportives et les
activités annexes avec pour cette dentière :
Cette distinction observée dans les éléments de production des APS, a amené
NYS à considérer comme producteur des APS « tout agent pratiquant ou non, qui
contribue directement ou indirectement à ce que l'activité sportive puisse être
effectivement exercée27 )). Cette définition ne prend pas en compte le quatrième bloc
des activités annexes alors que c'est à ce niveau que la mesure du rendement des
activités sportives est plus complexe.
- 104-
développement des activités industrielles, des activités touristiques, des activités
commerciales de même que l'aménagement de l'environnement et l'amélioration de
]a santé des travailleurs etc... A titre ct' exemple : Pour les activités industrielles,
lorsqu'une pratique sportive s'internationalise, elles impliquent une fabrication
massive du matériel et des équipements de cette pratique et surtout we extension de
l'espace de consommation.
Pour les activités touristiques, il est prouvé à travers les travaux de NYS 28 ,
que grâce à la pratique sportive, des voyages sont organisés et que par ces voyages
il y a Wle publicité qui s'effectue indirectement en direction ct' autres peuples. Pour
ce qui concerne l'aménagement de l'environnement, il se fait surtout lorsqu'une
compétition internationale est en vue, par ]a construction d'infrastructures sportives,
~8 _ NYS (J-P), «Les suhventions municipales au.x clubs de football », Op. Cil. . p. 75
- 105-
Tableau: L'impact économique du sport dans neuf pays d'Europe en 1985
Les APS étant organisées suivant la loi de 1901 sur les associations, nous
allons analyser la place des activités économiques (qui relèvent de la loi sur les
entreprises), dans le sport.
L'organisation des APS dans nos pays, s'inspirant du modèle français, relève
de la loi du 1er Juillet t 901 sur les associations. Cette loi n'avait pas été
promwguée dans le but de faciliter et de promouvoir l'activité économique. Dans
une société libérale, ]'activité économique relève de la loi sur les sociétés et son but
principal est la recherche du profit.
- 106-
{( association». L'article r~r de cette loi dispose qne: {( J'association est la
convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en conunun de façon
pennanente leurs connaissances ou leurs activités, dans un but autre que de partager
des bénéfices29~~.
Le constat aujourd'hui, dans les pays européens surtout, est que, les
associations sportives développent des activités économiques génératrices de
revenus et proposant des services et des produits au public. Mais Nelson PAILLOU
pense que la loi du 1er Juillet 1901 est « un bien trop précieux d'lUle démocratie
pour servir à toutes les sauces 30». Le droit d'association est « le fondement de la
liberté coJJectÏve. Réservons donc son usage à l'exercice de cette liberté; c'est le
meilleur moyen de préserver la loi de 1901 dont plusÏems gouvernements déjà, ont
par le passé cherché à réduire la portée 3 )). Et il poursuit, « aux entreprises
l'activité économique et commerciale, aux associations, l'activité génératrice de
richesse morale et d'humanisme, mais non productrice de profits financiers. A trop
vouloir mélanger les deux domaines, le risque est grand de perdre de vue l'objet
social même de l'association»32.
3: -lBfDEM. p. 101
- J07 -
Ce point de vue que défend PArLLOU pour l'ensemble du mouvement
associatif, vaut bien pour le mouvement associatif sportif, puisqu'il propose: « Pour
Pour nous, la stntcture associative a sa place dans le sport, dès lors que le but
n'est pas le profit et que la définition que le code civil donne de la société est
La séparation est donc bien nette: si l'objet est le profit, on crée une société;
s'il n'est pas le profit, on crée lme association. Cependant, certaines associations
sportives tentent par leur pratique, de s'éloigner de l'esprit du texte. Ce que Jean -
à des problèmes qui sont identiques à ceux des sociétés commerciales. C'est le cas
d'associations qui ont touj ours un but « non lucratif», comme par exemple, celles
du secteur sanitaire et social qui gèrent des établissements d'enfance inadaptée, des
cliniques ou même des hôpitaux psychiatriques. C'est aussi le cas d'associations qui
paraissent aux yeux du public il' être pas dénuées d \m but plus ou moins
- 108-
commercial, conune certaines associations sportives, et celles qui ont récemment
défrayé la chronique en sont le témoignage »34.
- 109 -
Ainsi, «la philosophie, pensée isolée et spéculation, à l'instar du positivisme
de COMTE, n'a point de place en sociologie moderne et encore moins en sociologie
économique ou en sociologie du sport. Aussi, ne faut-il plus que les africains se
bruitent à l'étude épistémologique et à l'éclairage philosophique conceptuel et
spécu]atif~ dans l'approche de l'ensemble du contexte socio-économique
mondial»3?
- 110-
l'évolution du monde à partir du capital de la cormaissance scientifique et de la
créativité 38».
Si le problème se pose aux pays du Tiers Monde, il est plus accentué dans les
pays ct' Afrique. Une des réponses apportées à cette question couvre le champ des
APS. Nous tâcherons dans cette section en ce qui concerne l'Afrique en général et
développement ont révélé que le sport est, dans ces pays économiquement sous-
En effet, la pratique sportive de nos pays est faible, comparée à celle des pays
sportifs.
La crise économique que traverse ces pays qui ploient sous le pOlds des
- 111 -
internationales, a réduit considérablement l'action des pouvoirs publics dans leur
politique de développement et de promotion des APS. La conséquence est la baîsse
de la pratique des APS entraînant une réduction de la consommation du spectacle
sportif, d'où nous concluons que la consommation des articles de sport est moins
développée que dans les pays industrialisés.
des maillots et survêtements qui ont émergé timidement ces dernières années tout le
reste des articles de sport est importé.
Autre frein au développement des APS dans nos pays, le manque de cadres
sportifs compétents qui fait que souvent, nos pays ont recours aux européens pour
diriger nos équipes nationales. Les enseignants d'EPS dont le rôle en amont
constitue un système de persuasion et de sensibilisation au moyen de l'EPS des
jeunes, sont insuffisants et mal utilisés.
Le bilan très sombre de l'organisation des APS dans les pays africains en
général et ceux d'Afrique Noire Francophone en particlùier, doit amener nos
décideurs politiques à s'entourer des conseils de teclmocrates du sport, corrune ils le
font en se dotant pour les autres secteurs, de conseillers économiques.
- 112 -
En effet, les décideurs politiques doivent aVOIr à l'esprit que le
développement du sport comme celui des autres secteurs de la vie économique,
doivent répondre à des règles précises des domaines spécialisés de la connaissance,
et qu'en la matière , il TI'y a pas de recette miracle, et que seuls sont payants, le
travail et la productivité dans un système bien organisé. Or, malgré les problèmes
qui nuisent à leur développement, les APS en Afrique, disposent de certains atouts
pouvant contribuer au développement économique.
- 113 -
rechercher des ressources financières pour revenir investir dans d'autres secteurs de
en France, sont retownés dans leur pays respectif pour créer des unités de
- La création d'emplois: l'lm des problèmes qui minent nos pays aujourd'hui
est l'emploi des jeunes et la recherche des secteurs économiques pour leur insertion
bénévoles dans nos pays, les APS constituent de plus en plus un domaine pour
l'emploi: emplois directs par son encadrement, son administration, sa gestion, son
vecteur privilégié etc ... Notons que le sport de haut niveau peut être conçu dans nos
- L >exploitation commerciale des APS par les spectacles sportifs, les paris
sportifs (Loto sportifs, PMU etc .. ) la vente des articles de sports et les recettes en
devises que l'on peut tirer des contrats de publicité, de sponsorisme et de « ventes
des joueurs» à l'étranger.
A ces trois éléments que nous venons de citer, il faut ajouter que l'expression
au plus haut niveau et l'affilmation d'un pays SUT la scène internationale, ne peuvent
mieux se réaliser que par le sport, grâce à la médiatisation des compétitions
internationales. Cette situation peut augmenter le flux des touristes et amener
certains investisseurs à s'intéresser à ce pays. Mais pour y parvenir il faut des
décideurs politiques, une bonne volonté et une bonne compréhension du problème.
- 114 -
CONCLUSION PARTIELLE
Ainsi, des intérêts individuels, naît l'hannonie sociale et le marché est alors la
mam visible qui pennet d'assurer l'équilibre économique. Dans ce contexte de
concurrence, les entreprises vont chercher à se faire connaître, à se différencier de la
concurrence et à communiquer leurs produits aux consommateurs par le biais de la
publicité et du sponsorisme. Le sport pourra ainsi avoir des retombées financières
importantes silll'économie d'un pays.
Il faut noter qu'en fait la demande sociale qui s'exprime de plus en plus de
nos jours en direction des pratÎques sportives, est la conséquence des succès du
sport et de sa médiatisation grandissante. En véhiculant des images de sportifs
- 115 -
jelmes, en pleine santé, respirant la joie de vivre et réalisant de surcroît des exploits
dignes des « chevaliers des temps modernes », la télévision a répandu l'idée que la
pratique sportive était « borme » : bonne pour la santé, borme pour la fonne, bOlme
pour le moral, bonne pour les enfants, bonne pour réduire les stress de la vie
« interne au système », devient externe. Le marché des pratiques sportives n'est plus
un marché captif, réservé aux associations sportives, aux Fédérations Nationales ou
aux pouvoirs publics où l'on assiste parfois à une concurrence feutrée bien que
réelle, mais un marché « ouvert », dans la logique économique d'une société
Ainsi, les APS, souvent perçues comme un amusement, un loisir qUJ est
improductif, sont devenues lU1 enjeu économique important à tel point qu'elles
citoyens Cà savoir les nourrir, les loger, les vêtir et les instruire) ne saurait rester en
marge de l'évolution du mouvement sportif.
En effet, il est grand temps pour les pays d'Afrique Noire Francophone,
d'améliorer la pratique sportive dans leur pays et faire des APS, un des acteurs des
de la vie économique. C'est à cet exercice que nous nOlis livrerons dans la
quatrième partie de ce travail. Pour ce faire nous prendrons pour cadre d'étude,
notre pays le TOGO.
- 116 -
Quatrième PARTIE
MouJlamed SAAD
Ministre de la Jeunesse et de
l'Enfance de Tunisie.
E"1rait du discours d'ouverture du symposium tenu
à l'occasion du 25èmc anniversaire du CSSA
HAMANET, Tunisie. février 1992.
Le sport, à l'aube du troisième millénaire, a pris Wle telle place dans nos
sociétés, qu'il peut à lui seul constituer médiatiquement lU1 puissant indicateur
de réussite ou d'échec tant sur le plan économique que politique.
- 118-
Or, nos gouvernants ont souvent perçu les APS comme un amusement,
un loisir, un divertissement bref Wle activité improductive, sans valeur
économique.
Mais nous ne devons pas oublier que les pays africains en général et
ceux d'Afrique Noire Francophone en particulier, occupent la position de
« nations dominées}) dans le tissu des relations internationales, que celles-ci
soient politiques, économiques ou culturelles. Nous ne devons pas oublier non
plus que les APS ont suivi l'économie, le commerce et l'éducation qui ont servi
à maintenir la dépendance de ces pays, ou l'influence des pays industrialisés
sur eux. Enfin, nous ne devons pas oublier que le sport est d'essence
industrielle et capitaliste, et qu'il a contribué à opérer une rupture radicale avec
nos Activités Physiques TraditiOlmelles, renforçant ainsi l'unification des pays
du monde, et au profit de l'économie des pays industrialisés.
Partant, les APS de par leur évolution ces dernières années dans nos
pays, ont pris une telle ampleur qu'eUes sont devenues lm véritable phénomène
social. En effet, la forte augmentation du nombre de pratiquants, la
démocratisation d'llll certain nombre de disciplines sportives, l'essor
considérable de toute l'économie qui se rattache à ce secteur d'activités
(l'emploi, la distribution, la publicité, le commerce, l'hôtellerie, le tourisme, les
équipements, l'aménagement de l'espace etc ... ), le rayonnement des
champions, l'influence grandissante des médias etc ... , posent aujourd'hui le
problème de sa prise en charge et sa rationalisation corrune une activité
économique.
Ainsi, la conception que nos gouvernants ont des APS en les considérant
comme un loisir, lm divertissement, un amusement est certes justifiée. Mais,
les forces et les moyens qu'elles mobilisent de nos jours, engendrent d'autres
- 119-
activités qui rentrent dans le cadre de la production, du commerce bref de
l'économie. Ce que les gouvernements de nos pays n'ont souvent pas perçu,
c'est que le sport est né en Occident comme loisir et expression idéologique
de groupes sociaux. Par exemple: faire du cheval, pratiquer les « grands jeux
de plein air anglais », signifiaient appartenir à une classe sociale déterminée, et,
permettaient d'inventer un mode de vie. Ce n'est que progressivement que
jouer au football, pratiquer l'athlétisme, faire du jogging sont devenus universel
et ont exprimé des valeurs de progrès.
L'introduction des APS dans nos pays s'est opérée par le même canal.
Au départ, seuls les colonisateurs installés en Afrique et un groupe de
privilégiés, avaient accès à ces pratiques, et les présentaient comme un modèle
culturel et de « civilisation ».
Dans cette partie que nous avons intitulée: L'apport des APS au
développement économique prenant l'exemple de notre pays le Togo, nous
voulons, (parlant du deuxième volet des objectifs de notre réflexion), montrer à
partir des potentialités des APS au Togo dans le chapitre l et la nécessité d'un
nouveau cadre institutionnel dans le chapitre II, qu'on peut dégager une
- 120 -
nouvelle approche des APS comme facteur de développement économique au
Togo.
La présente réflexion que nous menons Il' aurait pas son sens si elle
devait s'arrêter à ces différentes parties que vous venez de lire, et qui nous ont
pennis, tout en justifiant la validité de notre hypothèse, de faire lU) diagnostic
de la situation globale du mouvement sportif au Togo et lill bref aperçu des
théories sur les APS comme facteur de développement économique.
Nous avons déjà dit que les APS ne sont pas un phénomène trans-
historique, car, elles constituent Wle rupture entre les activités physiques
traditionnelles africaines et les sports modernes. Cette même nlpture s'est
produite dans tous les pays industriels.
~
Fédération
FootbaU
ALLEMAGNE
1900
ANGLETERRE
1863
FRANCE
1919
SUEDE
1904
USA
-
TOGO
1960
Natation 1897 1869 1899 1904 1878 1977
Cyclisme 1884 1878 1881 1900 1880 1970
Athlétisme 1898 1880 1920 1895 1888 1963
Lawn - Tennis 1902 1886 1920 1905 1881 1962
Source: BROHM (J-M.), Sociologie politique du sport, , Editions Universitaires,
Paris, 1976, P.79 complété.
- 122-
SECTION 1 : L'ORGANISATION DES APS AU TOGO
1- n il' existe aUCtill chiffre publié sur le nombre de pratiquants des APS
au Togo, enCore qu'il faudrait comprendre par pratiquant ici, toute personne
qui, Me ou deux fois par semaine, s'adonne à une activité physique et sportive.
En dehors de la fédération de football, les autres fédérations déliwent très peu
de licences sportives (sauf au niveau scolaire) aux pratiquants. A notre avis,
tout chiffre avancé serait aléatoire, étant donné que même la fédération de
footbal1 ne déliwe ses licences qu'aux joueurs évoluant en championnat de
première et deuxième divisions et en championnat de ligue. Cependant, nous
pouvons noter que de 1960 à 1970, avant la réforme des sports de 1974, le
Togo disposait de plus de 176 clubs de football affiliés à la Fédération
Togolaise de Football (FTF), avec plus de 8.000 joueurs licenciés3 pour tUle
population qui était alors estimée à environ 2,5 minions d'habitants.
De nos jours, le football est pratiqué dans toutes les localités du Togo.
(Mais nous n'avons pas pu obtenir auprès de la FTF, le chiffre exact des clubs
actuellement affiliés). Pour ce qui concerne les autres sports, ils ne disposent
pas d'autant de clubs que le football, mais ils sont pratiqués dans toutes les
villes et dans presque tous les chefs-lieux de préfectures.
A tous ces effectifs de pratiquants, il faut ajouter ceux qui font les sports
d'entretien et qui, en quête d'un mieux-être, encombrent les rues et les abords
des plages les dimanches matins et les jours fériés.
Nous devons ajouter l'élite sportive togolaise aux pratiquants. Cette élite
qui est constituée de jouems et d'athlètes pour la majorité expatriés, est un
élément moteur pour le développement des APS au Togo.
- 126-
indicateurs socio-économiques, susceptibles de montrer que les APS peuvent
être lm facteur de développement économique au Togo.
• 127-
Paragraphe 1 : Les enjeux politiques des APS.
- 129-
Paragraphe Il: Les enjeux économiques généraux des
APS
L'instnunentalisation du sport est une source de recettes importantes
dans les pays industrialisés, de même que les effets de \a médiatisation qui s'en
suivent. Aujourd'hui, les prestations sportives sont dans une situation
concurrentielle qui obligent chaque pays à assurer la promotion des APS et à
communiquer. Pour ce faire, il faudra soigner la qualité des services sportifs,
car le consommateur potentiel des services sportifs doit être informé et séduit
par les possibilités qui s'offrent à lui.
En effet, ces services sportifs sont de deux types: le spectacle sportif et
les activités annexes au sport que nous avons déjà vus et analysés.
Pour ce qui concerne le Togo, le spectacle sportif, s'il est bien organisé,
peut contribuer à générer des revenus aussi bien pour les sportifs que pour
l'Etat à travers les impôts. De même, il peut contribuer au développement
d'autres activités telles que Je commerce et le tourisme; surtout lorsque nous
savons que le Togo dispose d'Wle grande capacité hôtelière qui souffre de
clients depuis le début de la crise socio-poLitique des années 1990. Enfin, il
peut permettre l'apport des devises au pays par les transferts, la médiatisation
ou les manifestations sportives internationales.
En ce qui concerne les activités annexes au sport, nous avons le sport
loisir, la gymnastique d'entretien et J'éducation par le sport. Ces activités
génèrent non selùement des revenus, mais aussi créent des emplois. U revient à
l'Etat d'organiser l'imposition de ces activités sans toutefois les décourager.
- 130-
administration, sa gestion, son exercice, son contrôle et sa communication. A
titre d'exemple, nous avons au Togo huit cents (800) agents du MJS en plus
des entraîneurs et autres cadres travaiUant pour les associations sportives et les
fédérations.
Nous avons aussi des emplois indirects qui, bien que précaires au Togo,
animent la vie économique à des moments donnés. Il s'agit de la construction,
de la maintenance, de la fabrication de matériels et accessoires, des activités
touristiques, de la vente des journaux et tee-shirts, etc ... Notons que le sport
autant que la médecine, les mathématiques, les sciences, etc ... , est un moyen
d) insertion professioJUle1Je des jelmes.
Dans la première partie de notre travail, nous avons montré que l'lm des
maux qui minent le Togo, est le chômage des jeunes. Donc, le développement
de cette activité peut pennettre de prendre en charge une partie de cette
Jeunesse.
sa civilisation.
- 131 -
SECTION III : LE CADRE ENVIRONNEMENTAL FAVORJSANT
UNE ORGANISATION RATIONNELLE DES APS AU TOGO
- 132 -
Quant aux autres secteurs, le développement des APS par une
expression à lUl haut niveau., pennettra Wle publicité de leurs activités mais
aussi un accroissement de leur rendement et de leur revenu lors des diverses
manifestations sportives. n peut aussi leur pennettre de conquérir de nouveaux
marchés.
Par ailleurs, il faut noter que les associations sportives et les fédérations
dans nos pays sont souvent dirigées par des entrepreneurs ou des opérateurs
éconouùques. Ainsi, au cours des rencontres sportives internationales, ces
entrepreneurs peuvent nouer des contacts d'affaires ou d'échanges avec leurs
homologues.
Enfin, nous pensons que l'organisation rationnelle ne constitue pas le
seul cadre environnemental capable de faire du sport un facteur de
développement économique. il faut que les pouvoirs publics créent les
conditions favorables à cette organisation. D'où notre proposition dans le
chapitre suivant sur la nécessité d'un nouveau cadre institutionnel pour
l'organisation des APS au Togo.
La pratique des APS ces derillères années au Togo a pris une telle
ampleur qu'on peut affirmer qu'elle est devenue un phénomène social. La forte
augmentation des pratiquants, la démocratisation de l'organisation du sport,
l'essor considérable de toutes les activités économiques qui se rattachent à ce
secteur et l' influence grandissante des médias posent le problème d'une
nouvelle perception et d'une nouvelle organisation des APS.
- 133 -
L'évolution actuelle du mouvement sportif et de l'environnement
politique économique, appelle en effet une redéfiIÙtion du cadre institutionnel
des APS. Les études menées par les Européens montrent que de nos jours les
associations sportives constituent des entreprises complexes dont les
responsables doivent avoir des connaissances sur les techniques économiques,
juridiques et de management adaptées aux données spécifiques du monde
sportif. Le fait d'utiliser dans les instances d'organisation des APS, soit
d'anciens sportifs reconvertis, soit de faire appel sporadiquement à des
spécialistes d'une discipline donnée, qui apprennent d'une manière empirique à
connaître l'univers du monde sportif, ne pennet pas une réelle évolution des
APS. Ainsi, une évolution des mentalités et des structures est indispensable,
pour ne pas se laisser distancer d'avantage sur le plan international.
On pourrait croire qu'adopter une nouvelle approche du sport au Togo,
consisterait à y introduire ou à calquer aveugiément les modèles des pays
industrialisés où le sport a atteint un très haut niveau. Emprunter Lllle telle
direction, c'est ignorer la spécificité de l'environnement, les caractéristiques
ethniques de nos pays et surtout, faire fi des longues années d'expériences qui
ont permis à nos pays d'acquérir de véritables traditions, et de créer des
structures qui, jusque-là, ont servi à l'organisation des APS.
Eu égard à ce que nous avons remarqué durant notre carrière au MJS,
nous disons qu'il est illusoire de continuer à se contenter des attitudes
empiriques et attentistes souvent observées dans la gestion et l'organisation
des APS au Togo. Pour ce faire, il faudrait que le pays établisse des actions
immédiates et profondes qui reposeraient sur des réfonnes institutionnelles
tenant compte de notre environnement et de nos réalités, mais ayant \IDe assise
scientifique et visant à assurer un développement continu, hannonieux et
rigoureux des APS dans notre pays.
- 134-
Ces nouvelles approches que nous envisageons, doivent dans la limite
de nos moyens, et tenant compte des réalités de nos pays, faire des APS non
pas des activités contribuant directement ou indirectement au développement
économique.
C'est dans cette perspective que, dans le cadre de notre réflexion, nous
proposons dans ce chapitre, un nouveau cadre institutionnel pour l' orgarusation
des APS au Togo à partir de l'élaboration d'une loi sur l'organisation des APS,
lll1e réorganisation du fonctionnement et des attributions du MJS et enfin
proposer une politique nationale pour la relance des APS au Togo.
que la déclaration de l'association ~ il faut que chaque pays qui adopte cette loi
française, prenne des lois et des règlements pour organiser la liberté
d'association.
De même, les associations sportives sont considérées dans nos pays
comme des associations d'utilité publique. Si la loi de 1901 reconnaît cette
catégorie d'association, l'article 8 du décret du 16 Août 1901 portant
application de cette loi exige sa reconnaissance sous certaines conditions JO
dont la reconnaissance accordée sous fonne d'un décret après avis du Conseil
d'Etat ou de la Cours Suprême pour le Togo; le fonctionnement de
10 _ BRICHET (R), associatÎonset syndicats. Paris UTEe, 5" Edition, 1986, p. 123.
- 135-
l'association pendant 3 ans; la constitution d'lm dossier comportant un certain
nombre de pièces; le suivi d'un modèle de statut type imposé par le Conseil
d'Etat et ceci dans l'intérêt général.
Au Togo, la loi de 1901 sur les associations ne suffit donc pas pour
organiser les APS et conférer aux fédérations le statut d'association d'utilité
publique. TI faudrait une nouvelle loi qui définirait les modalités de déclaration
et cl' organisation des APS.
Certains pays d'Afrique Francophone ont élaboré cette loi qu'ils ont
appelée «Charte des Sports ».Mais nous pensons, pour notre part, qu'une telle
appellation est trop restrictive et ne prend pas en compte certaines activités
physiques telles que les pratiques physiques traditiOlmeUes (lutte, jeux), les
pratiques physiques hygiéniques (jogging, l'aérobic, la culture physique) et les
IOÎsirs. De même cette loi ne précise pas pour certains pays (Bénin, Sénégal)
les conditions de reconnaissance des associations sportives comme association
d'utilité publique.
Eu égard à tous ces constats, et dans le souci de doter le Togo d'un
cadre institutionnel adéquat, capable de favoriser une bonne organisation des
APS, nous proposons que le législateur élabore une loi sur l'organisation des
APS et non Wle Charte des Sports.
Cette loi devra comporter:
- les modalités de déclaration et d'organisation des associations
sportives au Togo.
- le cadre juridique d'évolution des associations sportives;
- les conditions de reconnaissance des associations sportives comme
association d'utilité publique ..
A cette loi devront s'ajouter des textes réglementaires pour définir et
préciser les conditions d'application, la responsabilité des associations et de
leurs dirigeants de même que les conditions d'exercice des associations et
- 136-
l' orgarusation des manifestations sportives. De plus, cette loi doit dégager des
principes généraux concernant les fonnations et les professions relatives aux
APS, ainsi que les rapports qui doivent régir l'Etat et le mouvement sportif A
ce sujet, nous pensons que le système en vigueur au Sénégal { voir la Charte
des Sports ), et qui est basé sur la cogestion est plus efficace pour nos pays.
Ceci à cause de la mission de service public qu'assure les fédérations
sportives et les caractéristiques de ces dirigeants qui sont des bénévoles, ainsi
que du fait de leurs activités qui dépendent largement des subventions de l'Etat
de même que, dans le souci de préserver les fondements des libertés collectives
et le caractère moraJ et hwnaniste des APS.
Enfin cette loi doit tenir compte de la décentralisation prochaine de
l'[Link] togolaise. Compte tenu de la mission de service public
attribuée aux fédérations, l'exercice du mouvement associatif sportif doit être
confonne aux textes législatifs en vigueur. Cette loi qui constituera le support
juridique de l'organisation des APS au Togo, devra dans SOIl élaboration
prendre en compte les dispositions des diverses couches de la population et la
philosophie qui sous-tend ces activités; par exemple faire des APS W1 modèle
attractif et esthétique.
Nous n'avons pas la prétention dans cette section de proposer tu1 modèle
de loi, mais plutôt de proposer des orientations et des éléments de réflexion
pour rélaboration de cette loi. Un tel projet, pour qu'il soit efficace et
contribuer au développement des APS, doit être régi par des institutions qui
fonctionnent de façon cohérente et suivant la philosophie qui a guidé à la
conception et à ]' élaboration de cette loi. A cet effet, nous proposons une
réorganisation des institutions au service des APS au Togo.
~ 137-
SECTION II: PROPOSITION POUR UNE REORGANISATION DES
INSTITUTIONS AU SERVICE DES APS AU TOGO.
- 138-
Paragraphe 1: Les nouvelles structures publiques
nationales
Sur le plan national, les structures publiques au service des APS doivent
exister à tous les échelons de Ja pratique. Elles doivent aussi se regrouper au
sein des administrations centrales et déconcentrées, de même que dans les
structures décentralisées qui seront mises en place dans le pays.
Ainsi, nous proposons que la responsabilité de l'organisation et du
contrôle de l'Education Physique et Sportive (EPS), dans les ordres
d'enseignement incombe désonnais au Ministère de l'Education Nationale.
C'est un moyen pour obliger le Ministère de la Jeunesse et des Sports à
marquer la différence entre les cadres enseignants des APS et les cadres
sportifs.
Au niveau du Ministère de l'Education Nationale, nous proposons la
création d'une Direction de l'Education Physique et des Sports sous l'autorité
du Secrétaire Général du Ministère, et comprenant:
- une division de l'enseignement des APS,
- une division des Sports Scolaires et Universitaires,
- une division des relations avec les partenaires sportifs.
Cette direction aura pour compétence d'exercer les attributions
antérieurement dévolues aux Directions: de l'Education Physique et des Sports
Scolaires et Universitaires dans le décret 92-0191PMRT du 29 Janvier 1992
portant attributions et fonctionnement du Ministère de la Jeunesse et des
Sports.
A l'écbelon régional, nous proposons la création dans les Directions
Régionales des Enseignements, d'un service de l'EPS avec des bureaux ayant
les mêmes configurations que la Direction de l'EPS.
- 139-
Quant au Ministère de la Jelmesse et des Sports, il aura pour I1Ùssion, en
liaison avec les autres départements ministériels compétents, de promouvoir les
actions en faveur de la jeunesse notamment, celles qui concernent
l'infonnatioI\ les loisirs des jeooes et les échanges internationaux.
En matière d'APS? il sera chargé de promouvoir les activités physiques
et sportives sous toutes leurs fonnes et pour tous les âges. Il sera
particulièrement chargé du développement des APS de l'ensemble de la
population dans tous les mibeux (familial, associatif, professionnel, etc ...) et à
tous les niveaux (détente, loisir, entretien, compétition de haut niveau),
avec le concours du mouvement sportif.
Il sera en outre chargé de la gestion et du contrôle de l'aide de l'Etat aux.
Fédérations Sportives et au Comité National Olympique Togolais. Pour l'aider
dans l'accomplissement de sa tâche, nous proposons la création d'un organe
consultatif (le Conseil National des Sports) et de quatre (4) Directions
Générales. (voir organigramme ci-après).
Au niveau régional, nous proposons la création sous l'autorité du
Directeur Général de l'Administration, des Directions Régionales de la
Jeunesse et des Sports et la Suppression des Inspections de la Jeunesse et des
Sports qui, déjà insuffisantes (17 Inspections pour 30 préfectures), devront être
insérer au sein des services adnùnistratifs des collectivités locales
décentralisées.
- 140-
COMITE
SECRETARlAT CONSEIL NATlONAL
PARTICULIER MINISTRE NATIONAL OLYMPIQUE
TOGOLALS
DES SPORTS
ATTACHES
DE
CABINET
FEDERATIONS
DIRECTEUR NATIONALES
DE SPORTIVES
CABINET
CO [Link]
TECHNIQUES
SECRETAIRE
GENERAL ASSOCIATIONS
SPORTIVES
CHARGES
D'ETUDES
l l l l
DIRECTEUR DIRECTEUR DIRECTEUR DIRECTEUR
DE GENERAL GENERAL GENERAL DE
L'INJS DES SPORTS DE LA JEUNESSE L'ADMINISTRATION
1 1 1 1
123 4 5 6 7 8 9 10 Il 12 13
DIRECTION DE L'fflJS 5- Direction des Stades DIRECTION GENERALE DE
1- Direction des études 6- Direction des Affaires Administratives L'ADMfflISTRATlON
2- Direction de la scolarité et de recherche DIRECTION GENERALE DE LA JEUNESSE 10- Direction des études el de la planification
3- Direction du centre Médico-sportif 7- Direction de la Prévention et de la lutte contre les déviances 11- Direction des Affaires Administmlives et du
DIRECTION GENERALE DES SPORTS sociales Personnel
4~Direction des Activités Sportives et de la 8- Direction des Affaires Adntinistratives chargée des reladons 12· Direction du Matériel, des équipements et des
Haute Compétition avec les Associations i nstaHations
9- Direction des Activités Socio-Educatives 13- Directions régionales de la Jeunesse ct des
Sports.
Paragraphe 11 :Les structures privées nationales
Rappelons que les structures du sport togolais sont régies par la loi de 190 l,
qu'il s'agisse des associations sportives ou des fédérations nationales ou du comiJé
national olympique, sommet de la hiérarchie formée par l'ensemble des associations
sportives. L'organisation et le fonctionnement de ces structures devraient se faire
suivant la loi SlU l'organisation des APS au Togo. Dans cette perspective et compte
tenu des directives que nous avons proposées, et surtout par notre souci d'avoir une
implication de l'Etat dans l'organisation et le fonctionnement des fédérations, nous
suggérons que:
l-I'administration des fédérations et du comité olympique soit confiée à des
cadres [Link] des sports qui devront être des pennanents. Ceci ne devrait
pas faire supprimer les postes des dirigeants élus par ces associations. En effet, le
choix de la professionnalisation des foncrions administratives des fédérations et du
CNOT permettra la bonne marche de la stnlcture, facûitera la circulation de
l'information entre les membres et un suivi régulier des activités. Bref, ce choix
pennettra d'aider les dirigeants élus et souvent peu disponibles à mieux réfléchir sur
les actions à entreprendre pour promouvoir leurs activités grâce à des dossiers
minutieusement étudiés par des cadres compétents et disponibles. Car, nous sommes
achtellemellt dans lm monde où il n'y a plus de place pour les actions dont le moteur
n'est pas le profit, ni la rémunération.
2- le MJS mette à la disposition de chaque fédération et du CNOT, un directeur
administratif et un directeur technique qui pourrait être remplacé dès que la structure
concernée aura suffisanunent des moyens pour rémunérer un cadre qu'il aura
embauché. Nous tenons à sOtÙigner qu'il faudrait dans ce contexte distinguer les
tâches pouvant être exécutées par les dirigeants élus, bénévoles et motivés, de celles
-142 -
qui réclament des compétences et lU1e disponibilité que seuls les professionnels
peuvent accomplir.
3- le MJS crée une maison des fédérations où chaque fédération, autre que le
football plus développé au Togo, disposera d'un bureau.
4- le MJS soit représenté dans le comité directeur de chaque fédération par lll1
- 143-
Son travail de gestion consistera à diriger et à coordonner de façon efficace les
ressources humaines, matérielles, fmancières et temporelles au sein de son
association, de façon à atteindre les objectifs fixés. En définitive, il doit planifier et
organiser la vie de l'association, de telle sorte que l'improvisation ne soit plus de
llllse.
De même les clubs ou les associations, du moins les plus importants doivent
posséder troe petite structure administrative à pkin temps dans un local pour gérer
leurs affaires. Or au Togo, le constat est que, jusqu'à présent le travail des
associations et même des fédérations ( à part le football et récemment l'athlétisme et
le volley-baIl ), se fait dans le bureau du service du président ou de l'un des
membres, qui utilise leurs secrétaires, leur matériel, leur télephone, etc ... au profit de
l'association.
Notre proposition est d'avoir des dirigeants élus qUI supervisent et qw
s'occupent de la gestion d'une part, et d'autre part des techniciens qui exécutent les
directives de l'instance dirigeante de J'association. Ainsi avoir un staff administratif
et des animateurs chargés des actions commerciales est primordial de nos jours pour
la gestion des associations sportives.
Par ailleurs, nous pensons que la restructuration de nos fédérations doit
nécessairement passer par l'installation d'une administration qui travaille à plein
temps. Le temps où les membres élus passent à la fédération deux ou trois heures
par semaine pour gérer les affaires courantes est révolu.
Enfin, il faut noter que le manque de local et d'une administration pennanente
constitue un handicap pOUf le suivi des activités des associations. A titre d'exemple,
lorsqu'il y a défection des élus, la continuité du travail peut être assurée par le
secrétariat permanent, et tout ce qui a été réalisé reste et demeure propriété de la
fédération, qui peut ainsi assurer lU1 suivi de ses activités. Car, le bénévole en
quittant la fédération, s'approprie généralement de tout ce qu'il a réalisé. Le
- 144-
nouveau bureau doit alors tout recommencer avec tout ce que cela engendre comme
perte de temps et de moyens. De plus, les nouveaux membres élus~ pour être rôdés
au fonctionnement de la fédération mettront du temps, et une fois initiés ils doivent
partir avec leurs initiatives, et parfois sans rendre compte. Par contre, le secrétaire
administratif que nous proposons assurera la pérennité et la continuité des affaires
de la fédération. L'autorité pourra alors demander, des comptes à tout moment.
Somme toute, faire des APS un facteur de développement, exige une
rationalisation des tâches des associations. Pour ce faire, les stmctures nationales au
service des APS doivent transformer leur organisation et leur fonctionnement, en
réservant à leurs dirigeants le rôle de manager ou de conseil d'administration d'une
entreprise, et confiant les tâches courantes ( tâches d'ordre administratif, tâches
d'ordre technique, tâches de gestion) à rul personnel qualifié et rémunéré, adoptant
ainsi le fonctionnement d'une véritable entreprise. Pour ce faire, nOus proposons une
nouveUe conception des APS dans la politique de développement du Togo.
- 145 ~
Sil' on traduit la notion de «compromis sans compromission» par
«adaptation», on comprend que les organisations sportives se trouvent de nos
jOtITS devant le délicat problème consistant à mêler harmonieusement leur tradition
associative avec une culture ou un système de valeurs disons plus économique.
En effet, il s'agit pour ces organisations de tenir compte de leurs contraintes
éthiques et environnementales, en installant progressivement des pratiques de
management dans leurs modes de fonctionnement. La difficulté fondamentale de ce
passage de l'éthique sportive à la pratique du management du sport est l'objet de ce
chapitre que nous présenterons sous l'angle de l'apport des APS comme facteur de
développement économique du Togo.
Pour ce faire, nous partirons dans ce chapitre, d'une proposition de politique
de relance des APS au Togo, pour ensuite conduire une réflexion sur ce que peut
être l'entreprise des APS dans notre pays. Enfin, nous analyserons les ressources
qu'elles peuvent générer.
Les APS ont pris au cours de ces dernières années, lllle place importante dans les
sociétés togolaises, au point que nous assistons de plus en plus à une multiplication des
associations sportives, et à une extension des niveaux de pratique. Cette évolution est liée
à des transformations que vivent les pays d'Afrique Noire Francophone en général et le
Togo en particulier, sur le plan social, économique, culturel et politique. Ces
transfonnations qui s'inscrivent aussi dans un certain nombre de bouleversements que
subit le monde en général et les pays sous-développés en partictÙier, à divers niveaux.
Au vu du bilan de la situation actuelle des APS au Togo, de même qu'une analyse
du cadre environnemental telle que présentée dans la première partie de notre travail,
- 146 ~
nous proposons quelques axes de réflexion pouvant servir de base à l'élaboration d'une
nouvelle politique nationale qui pennettrait de faire des APS un facteur de
développement au Togo. Cette proposition suscitera, nous resperons, une réflexion des
décideurs politiques de notre pays pour l'élaboration d'une nouvelle stratégie d'études et
d'actions.
Ainsi dans cette section, nous analyserons les domaines sur lesquels doivent
s'appuyer la politique nationale à élaborer, pour la relance des APS au Togo. Ces
domaines sont :
- le droit et l'accès à l'éducation physique et au sport pour tous les
citoyens ~
- 147-
d'enseignement et à tous les examens et concours officiels, et en mettant en place
les moyens pouvant permettre à tous les citoyens de s'adonner à la pratique des
APS.
Nous n'allons pas aborder dans les détails le contenu de cette politique, mais
nous pensons que celle-ci devra s'axer sur :
- la définition d'un programme d'EPS en milieu scolaire et en dehors de
l'école,
-la mise en place des stnlctures pouvant favoriser la pratique des APS,
- l'encadrement de ces activités,
- l'information et la documentation.
- 148-
sportifs. A ce sujet le gouvernement devra prendre des mesures incitatives pour
amener les jeunes à s'y intéresser.
La seconde mesure devra être la constnlction de l'immeuble devant abriter
l'INJS. Enfin la création d'une école de sport-étude pour la prise en charge des
jeunes talents qui pourront être cédés aux grands clubs contre rémunération.
- 149-
en raison de sa situation économique difficile. Ainsi par manque de moyens, notre
pays se trouve dans l'incapacité de bénéficier du capital d'expériences susceptibles
de lui pennettre d'améliorer sensiblement le niveau de son sport.
La nouvelle politique devra avoir cOlrune objectif principal, la recherche de
nouvelles sources de financement, en plus des subventions de l'Etat.
A cet effet, nous proposons une taxe sur les tabacs et les alcools, Wle
incitation aux sociétés qui sponsorisent les APS et un pourcentage sur les bénéfices
des paris-sportifs.
En ce qui concerne les installations et les équipements sportifs, Wl bref aperçu
nous pousse à affirmer que de grands efforts restent à accomplir pour offrir au
secteur sportif les équipements et les installations adaptés aux besoins et répondant
aux exigences ct 'une pratique régulière et confonne aux nonnes internationales. il
serait souhaitable à ce niveau de tenir compte des progrès réalisés par les artisans de
notre pays pour la fabrication de quelques équipements.
La nouvelle politique, tout en mettant un accent particulier sur l'amélioration
des infrastructures, devra encourager ]' artisanat local et une réduction des taxes à
l'importation des équipements que l'on ne peut avoir sur place.
- 150-
immigrés européens, de nos jours, se développent au Togo des entreprises dont les
prestations sont les services sportifs. Ces services sont: la gymnastique d'entretien,
l'aérobic, la musculation, le spectacle sportif, le sponsoring, etc...
Une entreprise étant tille unité de production, sa vocation est d'exercer des
activités lucratives. Ainsi, l'entreprise de sport ne s'adresse pas à des adhérents,
mais à tille clientèle qui paie le prix du service rendu.
Pour [Link] leurs activités, ces entreprises de sport doivent être à
l'écoute de la demande, pour produire un service répondant aux besoins des usagers
ou des clients. Or le marché des produits du sport est encore embryonnaire et en
pleine mutation au Togo; ce qui nous amène à dire qu'un effort doit être fait pour
sensibiliser la population aux APS, mais aussi pour rendre attractifs les spectacles
sportifs.
Par ailleurs, nous assistons à un mouvement de fond qui, à moyen tenne, va
transformer les nombreux paramètres qui interviennent dans l'organisation des APS
dans notre pays. La principale composante de ce mouvement tient en une phrase:
dans le domaine du sport, même si au Togo le secteur commercial est embryonnaire,
il concurrencera à tenne le secteur associatif qui régit Forganisation des APS. Cette
compétition de nature économique va revêtir différentes fonnes qui vont s'inscrire
dans des niches nécessitant un savoir et un savoir-faire particulier. Ces entreprises
économiques du sport au Togo pourront couvrir les domaines suivants:
- la promotion des spectacles sportifs;
- J'utilisation du sport comme support événementiel;
- la capacité à gérer la qualité des services sportifs que produisent les
fédérations ;
- l'exploitation de certaines pratiques sportives dans le cadre des
centres d'animation de loisirs;
- la création de divers emplois dans le sport ;
~ 151 -
- l'exploitation commerciale des produits du sport ;
- la fabrication de matériel et équipements sportifs;
Ces différents domaines que peuvent couvrir les entreprises du sport au Togo,
ne pourront être productifs que si l'on arrive à faire des APS dans notre pays, une
pratique dynamique, généralisée et perfonnante. Mais pour y parvenir, il faudra
mettre en place une politique nationale sportive cohérente et un investissement
subséquent de l'Etat et des opérateurs économiques.
Le problème souvent posé par l'Etat et surtout les bailleurs de fonds pour
l'investissement dans le secteur des APS, est l'évaluation des ressources qu'elles
peuvent générer. C'est ce que nous nous proposons de développer dans la troisième
section de ce chapitre.
13 _ LORET (A), Le management du sport, coUection Revue EPS, Paris, INSEP, 1995, p.112.
14 _ rBIDEM p.112
15 _ ANDREFF (W.), Economie politique du sporf, Op.CîL, p.72
- 152 -
au Togo; mais, très tôt nous avons été confronté à un manque d'informations,
surtout sur les subventions de l'Etat au mouvement sportif. Selon des sources de la
Direction du Budget, les interventions de l'Etat au profit des fédérations sont de
l'ordre de deux cent millions de francs pour l'année 1997. Nous avons par ailleurs
cherché à savon- auprès des fédérations comment les fonds mis à leur disposition
sont utilisés.
Des réponses que nous avons reçues, il ressort que plus de 750/0 de ces fonds
vont dans le secteur des transports, de la restauration et des hôtels. Les 250/0 sont
souvent consacrés à l'achat de matériel et de quelques équipements, ainsi qu'aux
frais divers (-perdiem des joueurs, fonctionnement de la fédération etc...).
Notre objectif en procédant à cette recherche, était de détenniner les
ressources que pouvaient générer les APS au Togo à partir des investissements qui y
sont consacrés. Mais par manque d'informations fiables, nous n'avons pu répondre
à nos attentes.
Cependant, nous nous sommes intéressé de près aux ressources que
pourraient directement générer les APS dans notre pays . En nous inspirant des
études de NYS et de ANDREFF,16 par analogie, nous avons recensé: les ressources
financières, la création d'emplois, l'image de marque par la publicité aussi bien pour
le pays que pour les entreprises qui y évoluent, et que l'on peut considérer conune
un investissement; et enfin le sport comme un moyen d'éducation quand on sait
comme Victor HUGO que « chaque enfant que l'on enseigne est un homme qu'on
gagne}) .
16. NYS (J-F) el ANDREFF (W.), Economie du sport, Que sais-je tParis, PUF, 1986. pp14-18
- 153-
Paragraphe 1 : Les ressources financières
- 154-
investissement, il convient alors d'analyser également l'augmentation des reSSOtuces
et des résultats qu'il peut produiJe, les économies qu'il peut pennettre de réaliser.
Un investissement, résultant d'un choix de gestion, deux risques peuvent en
découler: d'une part dans le choix de la personne à employer pour la réussite de
l'investissement. D'autre part, il faut noter que c'est surtout par son caractère
permanent que l'emploi peut être à l'origine de Douvelles ressources. Or, le
chômage sévissant, l'Etat togolais se doit de rechercher et de développer les
activités pouvant favoriser la création d'emplois. Pour ce faire nous pensons que le
secteur des APS est porteur d'espoir pour la création d'emplois au Togo.
Car, le mouvement sportif au Togo regroupe aujourd'hui plus de quinze
milles pratiquants 17. il ne recense que les sportifs organisés au sein des associations
sportives. La pratique des APS inorganisée ne cesse d'accroître à cause de
l'augmentation des emplois sédentaires, la rupture de la vie en communauté et la
recherche de loisirs par les Togolais des villes.
Ainsi, le besom de création d'emplois sportifs est évident, car la demande
dans ce secteur va grandissant et le bénévolat ne saurait continuer à répondre aux
attentes.
Les emplois pouvant être créés dans le secteur des APS sont : l'enseignement
de l'APS, 1'entraÛlement et 1'encadrement des sportifs, la recherche dans les APS,
les officiels sportifs etc ...
II _ Source: CNOT
- 155-
jeunes. Parce que mettre son corps en mouvement revient à s'exposer, à prendre des
risques, donc à se rendre vulnérable. La politique ne saurait ignorer son aspect
mobilisation »18
Ces différents domaines que nous venons d'analyser peuvent permettre aux
APS d'avoir un impact sur le développement économique du Togo si l'on peut
annihiler certains éléments que nous avons identifiés et qui pourraient constituer un
handicap pour le développement des APS dans notre pays. Ces éléments sont:
- l'émiettement des associations sportives par le fait que chaque discipline
souhaite créer son propre club dans chaque quartier ou dans chaque village. li s'en
suit une floraison d'associations aux effectifs ne dépassant parfois pas la taille d'une
équipe. Tous ces clubs sollicitent les quelques sociétés de la place pour être
sponsorisés.
- des besoins d'entraînement quantitativement faibles dans la majorité des
disciplines avec 2 à 4 heures d'entraînement par semaine pour la majorité des
équipes, avec une grande concentration des équipes sur le mercredi après-midi et le
samedi matin. Notons que cette caractéristique ne favorise pas la création
d'emplois. Elle incite plutôt à un emploi de complément, au travail nOIT ou au
bénévolat surtout pour les entraîneurs.
- 156 ~
- des besoins en infrastructures et équipements adéquats qui manquent dans
beaucoup de préfectures. A part Lomé la capitale? les infrastructures des autres
villes sont constituées de celles des lycées et des collèges.
- des moyens financiers insuffisants. Cette cause est celle que classent en tête,
les responsables des associations sportives et du Ministère de la Jeunesse et des
Sports. n faut lm investissement de la part de l'Etat pour que les APS puissent à
moyen tenne être un facteur de développement.
Compte tenu de ce consta~ nous faisons les propositions suivantes en plus de
celles que nous avions eu à faire dans les précédentes sections :
1- inciter au regroupement des clubs surtout dans une commune;
2- inciter à ]a création des clubs omnisports ~
- 157 ~
CONCLUSION GENERALE
Le sport a été et demeure W1 acquis irréversible dans tous les pays de la
planète, riches et pauvres confondus, comme nous l'avons dit plus haut.
sur l'échiquier international, d'autant que les dOMées du sport international ont
etc... sont mises à contribution dans les pays industrialisés pour la recherche de la
perfonnance sportive et la rentabilité des APS, tandis qu'en Afrique les priorités de
nos gouvernants sont orientées vers la satisfaction des besoins primaires. Donc on
peut penser que tant que les besoins fondamentaux ( alimentation, santé, logement et
Pour notre part, nous pensons que, pour être opérationnels, les choix en
matière de politique nationale des APS doivent plutôt viser le relèvement du niveau
de vie global des populations, seule condition pour que naissent les besoins de
pratiques physiques et une recherche de la performance, entraînant une contribution
des APS au développement économique de nos pays. Car, avec Wle pratique de
masse, l'on peut facilement tendre vers la réalisation de la performance.
- 159 -
En sonune, le développement des activités physiques et sportives ne peut être
Notre réflexion dans ce travail, a pour ambition non pas de proposer des
solutions pour la relance ou la redynamisation des APS au Togo, mais de tracer les
pistes d'une réflexion managériaJe destinée à mieux cerner les nouveaux enjeux
à fournir matière à réflexion sur les problèmes qui se posent aujourd'hui ou qui se
poseront demain d'une part à nous, dans nos nouvelles fonctions d'Inspecteur de
l'Education Populaire, de la Jeunesse et des Sports, et d'autre part, aux pouvoirs
lucratives dans ses actions, mais des actions tendant vers l'intérêt général, le
bénévolat, le mécénat, etc ... , actions soutenues par les subventions publiques. Mais
physiques et sportives.
- 160-
Dans cette perspective, nous pensons qu' lille réflexion sur la contribution des
APS au développement économique est le socle slir lequel doit désonnais reposer
les stratégies d'actions; car, le sponsorisme, les relations publiques, la promotion,
les actions à mener pour trouver des fonds, les supports publicitaires et logos etc ... ,
sont des points de passage obligés pour assurer actuellement un développement
perfonnant des APS. C'est dans cette optique que nous plaçons notre travail.
Enfin, il faut retenir que les différents éléments de notre travail ont pour
objectif de montrer que l'analyse de la dynamique des pratiques des APS constitue
le point de départ de toute approche du système sportif. Son caractère
multidimensionnel exige la multiplication des angles de recherche et le recours
simuJtané et articulé aux problématiques, aux méthodologies et aux acquis de la
sociologie, de l' écollotrÙe, de la démographie, de la médecine, de l' histoire, etc ...
- 161 -
( BIBLIOGRAPHIE)
1 - Ouvrages
1- ALBERTINI (P.), !v!émento de l'éducateur sporNt.. 2° degré, Revue EPS,
Paris, INSEP, 1986, 564 p.
4- BOURG (J-F), L'argent fOtt de sport, Paris, Ed. De la table ronde, 1994,
220p.
- 162 -
15- LE BLANC (M.), Le club de l'an 2000, Paris INSEP, Collection Droit,
Economie, Management, 1992, 268 p.
19- PAl LLÜ U (N.), Les trois enjeux du sport français, Paris, DALLOZ,
1986,215 p.
II - Thèses et Mémoires
1- AITHNARD (p.), Aspects de la politique culturelle du Togo,
Mémoire de DEA, département d'histoire, Université de DAKAR, 1982,
110 p.
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3 - Ministère français de la Jeunesse et des Sports, " assises nationales
des métiers du sport" in Revue EPS, N° 233, janvier - février 1992,
pp. 12 - 15.
- 164 -
- 165-
GUIDE D'ENTRETIEN N°l
- le pourcentage d'analphabètes,
- urbanisation, hygiène,
- emploi, fonnation,
- secteurs concemés
- 166-
GRILLE D'ENQUETE N° 2
- 167 -
- problème cl' organisation du championnat,
- participation de la population.
- dans le civil,
- en milieu urbajn
- en milieu nIral.
- objectifs
- moyens
- objectif
- réalisation
- évaluation
- 168-
LISTE DES PERSONNALITES RENCONTREES PENDANT NOTRE
RECHERCHE
Les économies des pays industrialisés influencent l'évolution des APS en Afrique francophone par leur rôle historique de modèle culturel qui a introduit les APS comme loisirs, puis comme expressions de groupes sociaux. Ces pratiques ont été symboliques du progrès et de la civilisation, maintenant une dépendance culturelle et économique. Ainsi, le sport industrialisé a contribué à ancrer les APS dans les économies africaines par leur dimension marchande et symbolique. Toutefois, nos pays en développement, comme le Togo, n'ont pas toujours perçu cette dualité économique, voyant les APS principalement comme des loisirs sans comprendre leur potentiel en tant qu'enjeux économiques majeurs .
La perception des APS comme simples loisirs ou divertissements représente un frein au développement économique dans les pays africains car elle limite la reconnaissance de leur potentiel économique et productif. Cette perception empêche le développement d'infrastructures sportives qui pourraient supporter une économie sportive dynamique, limitant ainsi les investissements dans ce secteur. En ne voyant pas l'aspect industriel et capitaliste du sport, les gouvernements négligent les opportunités d'emploi, de commerce et de rayonnement international que représentent les APS. L'absence de cette vision économique contribue à un sous-investissement et un manque de politique sportive cohérente pouvant stimuler l'économie nationale .
Les APS peuvent être considérées comme un levier de développement économique au Togo en raison de plusieurs facteurs : premièrement, elles participent à une dynamisation de l'économie par la génération d'activités secondaires telles que l'emploi, le commerce, le tourisme et l'aménagement du territoire. De plus, bien organisées, elles peuvent constituer un facteur de production en mobilisant des ressources financières et humaines. Les APS, par leur expansion et démocratisation, créent une demande pour des infrastructures et des services, impulsant ainsi une croissance économique locale et nationale .
L'alimentation est un facteur limitant pour le développement des APS au Togo car la valeur calorifique moyenne de l'alimentation est estimée à 2248 calories par jour, ce qui est inférieur aux besoins nutritionnels des sportifs, qui varient entre 2500 et 3500 calories par jour selon l'intensité de l'activité physique . Cette insuffisance alimentaire ne peut pas soutenir efficacement la pratique de sports de compétition et décourage donc de meilleures performances sportives .
Les performances sportives du Togo restent en retrait malgré les politiques réformatrices en raison de nombreux facteurs. D'abord, les réformes manquent d'un engagement solide des parties prenantes et souffrent d'une application qui n'adresse pas fondamentalement les besoins des bases sportives locales. De plus, les réformes ont échoué à engager les acteurs majeurs comme les supporters et les dirigeants, menant à une désaffection des stades et un manque d'intérêt pour les activités sportives globales. Ce manque de mobilisation et la faiblesse des infrastructures sportives, ainsi que la perception réduite des APS comme outil économique, limitent toute possibilité d'améliorer significativement les performances sportives .
Parmi les défis méthodologiques rencontrés lors de l'analyse du lien entre les APS et le développement économique en Afrique figurent la nécessité de dépasser une simple description pour créer des stratégies concrètes et opérationnalisables. Il s'agit d'une difficulté épistémologique due au manque de ressources financières, au temps limité et à une structure de formation disciplinaire inadaptée. L'étude s'inscrit dans un champ interdisciplinaire sans cadre théorique préconçu, rendant l'analyse et la proposition de solutions plus complexes et nécessitant une compréhension approfondie de divers contextes culturels, sociaux et économiques .
Les réformes sportives au Togo, notamment celle de 1974, ont eu un impact négatif sur la mobilisation et la motivation des supporters et des dirigeants. Conçues pour uniformiser et centraliser la gestion du sport, ces réformes ont souvent été perçues comme des décisions imposées qui privaient les gens d'un système qu'ils appréciaient et qui fonctionnait bien à l'échelle locale. En conséquence, cela a mené à un désintéressement massif des activités sportives, les supporters et dirigeants désertant les stades, car ils n'étaient plus autant impliqués ni intéressés dans le nouveau système, ce qui a mené à des résultats médiocres .
La réforme sportive de 1974 au Togo a tenté de réduire les disparités entre les clubs de la capitale, Lomé, et ceux de l'intérieur du pays en instituant un système de gestion et d'organisation égalitaire. Elle visait à donner aux clubs de l'intérieur les mêmes chances que ceux de la capitale par la démocratisation du sport et une dépersonnalisation des clubs, faisant fusionner plusieurs clubs en un seul par chef-lieu de préfecture. Cette approche incluait également la vulgarisation de toutes les disciplines sportives dans l'ensemble des préfectures et gros villages, afin de créer des clubs omnisports .
La corrélation entre le revenu par habitant et le succès sportif n'est pas directe. Par exemple, la Côte d'Ivoire a de meilleurs résultats sportifs que le Gabon malgré un PNB inférieur. Ceci s'explique par des facteurs non économiques, tels que l'efficacité des infrastructures sportives et la mobilisation sociale. Au Togo, où le revenu national par habitant est bas, cette relation est complexe, car elle devrait prendre en compte le secteur informel et la distribution inégale des richesses, influençant directement les investissements possibles dans les sports et limitant le potentiel de réalisation sportive .
Avant les réformes de 1974 au Togo, les principales faiblesses des structures sportives incluaient une division et antagonisme transposés du terrain politique vers les terrains de jeux, un système de compétition défavorisant les clubs de l'intérieur qui n'avaient pas les mêmes moyens que ceux de Lomé pour atteindre des titres nationaux ou internationaux. Aussi, le manque de compétitions structurées empêchait une réelle opportunité de développement pour les clubs de l'intérieur, entraînant un exode de leurs meilleurs joueurs vers la capitale .