ENCG Finance de Marché
ENCG Finance de Marché
La finance standard est un courant de recherche qui remonte au début du 20 ème siècle puisque
les travaux pionniers relevant de ce courant s’appuient sur les contributions de Louis
Bachelier en 1900. Selon Walter (1996), « les racines de la finance standard sont bien plus
anciennes que les travaux de Markowtiz puisque c’est Louis Bachelier qui, en 1990, dans une
thèse de mathématiques réalisé sous la direction d’Henri Poincaré, propose le premier
l’intuition qui fondera le paradigme de la finance standard »1.
Les contributions de Bachelier ont été repris à partir de l’année 1950 par les auteurs de l’école
de Chicago3: (Harry Markowitz, Eugene Fama, Merton Miller, William Sharpe, etc.). A partir
de l’ensemble de ces différentes contributions, l’approche standard a pu développer des
modèles mathématiques d’évaluation des actifs (formule du CAPM4 de Markowitz en 1952 et
de Sharpe en 1964, formule Black-Scholes, théorème Modigliani-Miller) 5 permettant au
niveau microéconomique d’atteindre les équilibres sur les marchés financiers de façon à ce
que les agents à l’équilibre atteignent leur optimum avec des portefeuilles qui maximisent le
couple rentabilité-risque (décision rationnelle en univers risqué6) et d’atteindre au niveau
1 Rainelli- Weiss, H., (2014), « La théorie financière classique : une parenthèse de 50 ans » ? Consulté sur le
site :https://www.researchgate.net/publication/239530289_LA_THEORIE_FINANCIERE_CLASSIQUE_UNE_
PARENTHESE_DE_50_ANS
2Bachelier, L., (1900), « Théorie de la spéculation ». Annales scientifiques de l’École. normale
supérieure, volume. 3, tome 17, 1900, pp. 21–86
3 Schinckus, C. (2009). « La finance comportementale ou le développement d'un nouveau paradigme », Revue
d'Histoire des Sciences Humaines. Page 101.
4 Le modèle d’évaluation des actifs financiers (MEDAF) est une traduction approximative de l’anglais Capital
Asset Pricing Model (CAPM) permet d’estimer le taux de rentabilité attendu par le marché pour un actif
financier en fonction de son risque systématique.
5 Ait Dani, S et Radi, B., « La controverse sur l’efficience des marchés financiers et l’émergence du paradigme
comportemental ». Moroccan Journal of Business Studies. Page 150. Consulté sur le site :
http://www.emaa.ma/mjbs/articles/pdfs/9%20V1N1%20MJBS%20149-176.pdf
6 On parle de décision en univers risqué lorsqu’un individu fait des choix dont les conséquences dépendent de la
réalisation d’événements auxquels des probabilités sont rattachées. Ces probabilités sont objectives : ce sont des
données extérieures à l’individu, issues en particulier des fréquences observées des événements considérés.
Définition tirée de l’article : Frédéric Martinez, « L'individu face au risque : l'apport de Kahneman et Tversky »,
macroéconomique une meilleure allocation des ressources et une adéquation parfaite entre les
prix de marché et les valeurs fondamentales en fonction des informations disponibles
(efficience des prix)7.
Tout compte fait, l’ensemble de ces travaux rejette totalement les principaux hypothèses de la
finance standard à savoir: la rationalité parfaite, la notion d’arbitrage et la thèse de l’efficience
des marchés.
Afin de pallier aux insuffisances et aux critiques adressées au courant de la finance standard,
la finance comportementale allie et mobilise deux théories de deux disciplines différentes à
savoir, une théorie psychologique et une théorie financière.
21 Aktas, N., (2004), « La finance comportementale : un état des lieux », Reflets et perspectives de la vie
économique, (Tome XLIII), p. 19-33. DOI : 10.3917/rpve.432.0019. URL : https://www.cairn.info/revue-reflets-
et-perspectives-de-la-vie-economique-2004-2-page-19.htm
22 https://dial.uclouvain.be/memoire/ucl/en/object/thesis:2810/datastream/PDF_01/view
23 Schimdt, C. (2006) “Psychologie cognitive et analyse des decisions économiques”. Revue francaise
d’économie, pp 3-51.
24 The Noise Trader Approach to Finance. Andrei Shleifer and Lawrence H. Summers. The Journal of
Economic Perspectives Vol. 4, No. 2 (1990), page. 19-33.
25 Kounté, M., (2010), « Investisseurs et marchés financiers : du comportement des agents à la formation du
prix d’équilibre ». Thèse présentée et soutenue le 28 Juin 2010 pour l’obtention du Doctorat de l’Université de
Panthéon Sorbonne- Paris 1. Spécialité : Sciences économiques. Page 13.
ils se compensent et annulent leurs effets sans qu’il y ait faire une erreur dans un sens
besoin d’intervention des investisseurs rationnels. En donné. Les comportements
d’autres termes, si chaque décideur traite une information de irrationnels sont par
façon spécifique, la décision individuelle qui en découle conséquent corrélés. Dans ce
aboutit à tant surévaluer, tant à sous-évaluer l’impact de cas, le résultat des actions
l’information, les erreurs individuelles s’annuleront à un collectives s’écarte du modèle
certain niveau de telle sorte que les erreurs des uns financier basé sur une
compenseront les erreurs des autres26. Le courant classique rationalité parfaite des
reconnaît la présence d’acteurs irrationnels et leur impact sur individus.
la déviation des cours du prix réel. Toutefois, la possibilité
de rétablir l’efficience est possible par le mécanisme de
l’arbitrage (Friedman, 1953).
En critiquant la théorie de la finance moderne, la finance comportementale en tant que
discipline scientifique s’intéresse au deuxième cas, c'est-à-dire celui des comportements
irrationnels corrélés, d’où la notion de « noise trader approach».
Par ailleurs, la noise trader approach stipule que les « bruiteurs » agissent et forment leurs
anticipations de manière irrationnelle, parce qu’ils reçoivent de faux signaux, ou parce qu’ils
utilisent des règles irrationnelles tels que l’analyse technique (Shiller, 1990), ou se comportent
comme « des suiveurs de tendance » en achetant lors d’une tendance haussière des cours, et
en vendant lors d’une tendance baissière.
Après cet exposé succinct sur les différents courants théoriques, nous pouvons alléguer que
cette partie ne constitue qu’une étape préliminaire pour mieux cerner les circonstances dans
lesquelles se sont développées les différentes approches d’analyse du processus de prise de
décision sur le marché financier.
L’approche normative est une approche classique qui cherche à expliquer comment les
individus -considérés comme rationnels, bien informés et capable d’opérer des calculs
complexes et précis- doivent prendre des décisions. De ce fait, elle définit des normes, des
principes logiques et rationnels que les preneurs de décision doivent suivre, afin d’effectuer
un choix dit «rationnel».27
26 De Winne, R et D’Hont, C., (2017), « La finance comportementale : enjeux et perspectives »., Regards
économiques, Mars 2017, page 2.
Appliquée à la finance, l’approche normative -adopté par le courant de la finance standard-
établit et suggère une norme comportementale décrivant ce que devrait faire un individu dans
une situation d’équilibre du marché financier. Les décisions incohérentes et autres erreurs de
jugement sont expliquées par l’irrationalité des individus.
Décider et choisir un titre financier est une décision incertaine. Pour cette approche, le choix
suit un processus purement analytique et calculatoire (du rendement et du risque) comportant
trois étapes clés ; à savoir :
Ainsi, le décideur rationnel maximisateur, choisi son titre en estimant sa valeur intrinsèque,
calculée suivant le modèle d’actualisation des dividendes. Ce modèle utilise un taux de
rentabilité espérée, calculé à travers le MEDAF (Modèle d’équilibre des actifs financiers) 28,
issu des travaux de Sharpe (1964), Linter (1965) et Mossin (1966). Le décideur compare la
valeur intrinsèque du titre avec sa valeur de marché (c'est-à-dire le prix du titre sur le marché),
marché réputé d’ailleurs efficient, où les prix reflètent pleinement les informations
disponibles sur ce dernier (Fama, 1970, 1991). Ainsi, si la valeur intrinsèque est supérieure à
la valeur de marché, le titre est réputé sous-évalué, justifiant la décision de son achat.
Nonobstant que le choix de l’individu, réputé riscophobe, doit se faire dans une perspective de
construction d’un portefeuille diversifié à la Markowitz (1952, 1991), permettant de maîtriser
le risque intrinsèque du titre.
Si l’approche normative a pu concevoir des normes et des principes déterminants pour la prise
de décision sur le marché financier, les anomalies constatées sur ce dernier viennent nous
avertir sur le bien fondé et l’intérêt pratique de cette approche. D’où la nécessité d’une
approche alternative.
Plus récemment, le processus par lequel les décideurs à l’instar des gérants de portefeuille
formulent leurs décisions sur le marché financier a été analysé à travers une approche
27 Martinez Frédéric, (2010), « L'individu face au risque : l'apport de Kahneman et Tversky », Idées
économiques et sociales, (N° 161), p. 15-23. DOI : 10.3917/idee.161.0015. URL : https://www.cairn.info/revue-
idees-economiques-et-sociales-2010-3-page-15.htm
28 Le modèle d’évaluation des actifs financiers (MEDAF) est une traduction approximative de l’anglais Capital
Asset Pricing Model (CAPM) qui permet d’estimer le taux de rentabilité attendu par le marché pour un actif
financier en fonction de son risque systématique.
descriptive. Pour cette approche appelée également approche psychologique, les modèles
suggérés par l’approche normative ne considèrent pas les comportements réels des individus
et de leurs environnements (Moureau et Rivaud-Danset, 2004) 29, d’où la nécessité d’une
approche alternative.
En cherchant à décrire comment les individus -considérés comme des homosapiens que des
homo oeconomicus (Thaler, 2000)- prennent réellement les décisions en situation de risque et
d’incertitude, l’approche descriptive stipule il n’y a plus de norme comportementale décrivant
ce que devrait faire un individu dans une situation d’équilibre du marché financier 30. De ce
fait, elle propose une autre modélisation du processus de prise de décision en suggérant une
orientation des choix et des décisions d’investissements selon des comportements constatés.
Désormais, le choix d’investissement financier suit un processus comportemental, où la valeur
du choix et ses composantes (gains et pertes), est déterminée par des facteurs psychologiques
et cognitifs et par des préférences autres que le risque et le rendement espéré (Fisher et
Statman, 1997).
L’observation des comportements individuels des décideurs sur le marché financier a permis
de mettre en exergue l’existence d’heuristiques et de biais psychologiques dans les croyances
de ces derniers.
3-2-1- Heuristiques utilisées par les gérants de portefeuille sur le marché financier.
Les décideurs sur le marché financier, en partie les gérants de portefeuille, connaissent des
anomalies de raisonnement. Ces acteurs sont souvent influencés par des facteurs autres que le
risque et/ou le rendement. Pour Tversky et Kahneman (1982), en situation d’incertitude, les
décideurs élaborent leurs jugements sur la base d’heuristiques conduisant à des biais. Les
heuristiques sont définies comme étant des raccourcis cognitifs empruntés par les individus
pour émettre un jugement et prendre une décision. Autrement dit, les heuristiques sont des
jugements courts et approximatifs, des simplifications, des raccourcis qui se substituent à un
raisonnement long ou à une observation statistique dans l’explication des événements31.
Selon Tversky et Kahneman, les décideurs d’une manière générale utilisent trois principales
heuristiques :
Heuristique de représentativité. Repose sur l’idée que les décideurs évaluent la probabilité
d’un événement incertain ou d’un échantillon par son degré de similitude entre les propriétés
29 Moureau N, Rivaud-Danset D., (2004), « L'incertitude dans les théories économique »s. La Découverte,
Page. 128. Consulté sur le site : https://www.cairn.info/l-incertitude-dans-les-theories-economiques--
9782707138514.htm
30 Tadjeddine Y. (2013)., « Finance comportementale : une critique au paradigme classique de la finance ».,
Revue Idée, page 8.
31 Kabbaj T., « La psychologie des grands traders », 2ème édition. Edition Eyrolles. Page 30.
fondamentales de l’échantillon et de sa population mère et/ou par la manière dont il reflète les
traits saillants du processus par lequel il a été généré (Tversky et Kahnemen, 1974). En effet,
la mise en œuvre d’un raisonnement inductif suppose que les règles d’inférence soient
correctement appliquées, notamment, l’importance de l’a priori et des lois de probabilité des
événements joints. 32
Sur marché financier, la présence du biais de représentativité est susceptible de conduire à des
bulles. En effet, lorsque les gérants de portefeuille observent qu’un secteur donné a connu une
croissance explosive dans un passé récent et extrapolent que la situation va continuer, quand
inévitablement, la croissance décline et les prix ne peuvent plus que s’effondrer.
Heuristique d’ancrage. Selon Hirshleifer (2001)33, « l’ancrage est le phénomène selon lequel
les décideurs tendent à être excessivement influencés dans leur estimation d’une quantité par
une quantité arbitraire mentionnée dans la formulation du problème, même quand ces
quantités sont clairement vides de sens ». En effet, plusieurs ancres sont utilisées lors de la
prise de décision sur le marché financier. A titre d’exemple, le gérant de portefeuille a
tendance à analyser les cours passés (point d’ancrage) pour acheter une action.
Heuristique de disponibilité. Suppose que les décideurs évaluent avec une grande probabilité
les évènements qui leur semblent faciles à imaginer que ceux qu’ils ne peuvent pas se
représenter. Ainsi, pour les gérants de portefeuille, une baisse temporaire de la valeur d’un
titre est plus facilement imaginable qu’une crise boursière. De même qu’une hausse durable
de la valeur d’un titre est plus imaginable qu’une baisse continue.
Les heuristiques que nous venons de citer sont source de plusieurs de biais décrits et observés
sur le marché financier.
Selon la définition de Stracca (2002)34, les biais psychologiques (ou biais comportementaux)
englobent les traits de comportement des agents économiques qui ne peuvent être expliqués
dans le cadre de l’approche normative.
Un biais est définit comme étant une déviation systématique par rapport à une norme. La
norme reflète ce que devrait être la réponse si la tâche était effectuée selon une certaine
rationalité35.
Quantifiés par des études empiriques, ces biais comportementaux sont très fréquents dans la
réalité des marchés financiers, mais irrationnels au regard de la théorie financière standard et
de l’approche normatif. La littérature fait une distinction entre deux types de biais
psycholgiques. En effet, un biais psychologique peut avoir comme origine des limites
Les biais, qu’ils soient émotionnels ou cognitifs, ont un impact souvent négatif sur la
performance des portefeuilles gérés . Ils ne sont jamais figés, ils évoluent en fonction de
plusieurs facteurs. A titre d’exemple : la situation financière, (s’agit-il d’une situation de perte
ou de gain), l’état d’esprit du gérant, etc.
Les gérants de portefeuille commettent les mêmes erreurs en raison de ces biais qui se
trouvent fréquemment cher les individus en situation d’incertitude.
Les principaux biais psychologiques se présentent comme suit :
Biais de familiarité. Ce biais pousse le décideur à s’interesser à une situation qui leur semble
familière. Ce biais cognitif très répandu prend souvent la forme du biais national. Ainsi, une
grande majorité des gérants de portefeuille achètent des titres qui leur sont familiers. Les
recherches démontrent que les individus d’une manière générale ont tendance à préférer les
actions domestiques. Heath et Tversky (1991) ont élaboré un questionnaire dont les résultats
ont montré qu’entre de choix offrant la même probabilité de rentabilité, les décideurs sur le
marché financier auront à choisir celui qu’ils connaissent le mieux. Les auteurs ont également
démontré que même si la probabilité de rentabilité est plus faible, une minorité optera toujours
pour le pari le plus familier36La conséquence de ce biais est une sous-diversification du
portefeuilles d’actifs.
36https://approchesfinancieres.wordpress.com/2014/10/30/principaux-enseignements-de-la-finance-
comportementale/
Biais de représentativité et la loi des petits nombres. Pour rappel, la loi des grands nombres
considère qu’un résultat statistique n’est convenable que si l’échantillon observé est
suffisamment important. Dans les faits, de nombreux individus ont tendance à généraliser ce
qui n’est qu’un cas particulier. En se référant à la loi des petits nombres pour prendre une
décision, on s’éloigne de la théorie des probabilités. L’erreur consiste à se baser sur un
échantillon réduit et à en tirer des conclusions plus générales. A titre d’exemple, un gérant de
portefeuille va estimer la performance boursière de l’année en se basant sur la performance de
l’année précédente ou lorsqu’un titre progresse fortement, un gestionnaire de portefeuille va
anticiper un retour à la situation normale, alors que rien ne l’indique.
Cette erreur fréquente peut être nuisible car le gérant de portefeuille anticipe à chaque fois un
retour du marché et prend de mauvaises décisions.
Biais de cadrage. Les décideurs sur le marché financier n’ont pas le même comportement de
décision face à une même situation présentée en des termes différents. Kahneman et Tversky
(1986) ont démontré à travers plusieurs expériences que si un problème est représenté en des
termes négatifs aux décideurs, leur comportement sera risquophile, à l’inverse, s’il est
présenté en des termes positifs, leur comportement sera risquophobe. En d’autres termes, ils
sont confiants et impulsifs après une série de gains mais très prudents et averses au risque
après une série de pertes.
Gestion hasardeuse des pertes : Comme l’ont montré Kahneman et Tversky, les
investisseurs à l’instar des gérants de portefeuille aiment prendre le risque dans des positions
de pertes du fait qu’ils souhaitent compenser leurs pertes en espérant une évolution favorable
‘’qui n’arrivera peut-être pas’’. D’où la nécessité de prendre des risques dans les situations de
gains et d’accroître la vigilance dans les situations de perte.
Mimétisme et le rôle des interactions sociales : Les nouvelles d’ordre macro ou micro
économiques influencent l’état d’esprit des différents acteurs du marché financier. Les
nouvelles positives redonnent de l’espoir aux décideurs, et inversement pour les mauvaises
nouvelles. Or, les excès à la hausse ou à la baisse sont généralement liés à un optimisme ou à
un pessimisme exacerbé de la part des demandeurs de titres. Le gérant de portefeuille doit
éviter les comportements moutonniers qui consistent à suivre la foule sans véritable raison.
Emotions et les humeurs : Les émotions et les humeurs peuvent sérieusement impacter la
performance du gestionnaire de portefeuille. Kahneman et Tversky montrent que les pertes
sont perçues de manière bien plus douloureuse que la satisfaction ressentie pour un gain du
même ordre. En d’autres termes, les gérants de portefeuille refusent de prendre des risques
supplémentaires en situation gagnante mais sont favorable au risque en zone de pertes. Les
gérants de portefeuille ont tendance à se comporter différemment selon qu’ils sont en position
gagnante ou perdante. Ils sont prudents quand ils gagnent et extrêmement aventureux quand
ils perdent.
Conclusion :
En guise d’épilogue, nous pouvons augurer que le processus par lequel les décideurs à l’instar
des gérants de portefeuille formulent leurs décision sur le marché financier a fait l’objet d’une
analyse de plusieurs approches. Il s’avère que l’attachement aux performances du marché
financier (cours, résultats, dividendes, etc.) fait que l’on porte moins d’attention aux véritables
acteurs de ces performances (investisseurs, gérants de portefeuille, traders, etc.) 37. C’est dans
ce contexte que les apports de la finance comportementale se révèlent d’une grande
importance pour les acteurs du marchés financiers en partie les gérants de portefeuille.
En effet, les heuristiques et les biais présentés influencent sur la manière dont le gérant de
portefeuille conduit ses transactions. Ils sont souvent négatifs sur la performance des
portefeuilles gérés. La psychologie est souvent occultée en gestion de portefeuille. Cette
dernière est suceptible de permettre de faire la différence sur le marché financier. Dans ce
sens, le gérant ne devrait pas mettre l’accent seulement sur la dimension analytique. Une
parfaite connaissance des biais psychologique est un impératif pour tout gestionnaire afin de
limiter leur impact négatif et les orienter dans le bon sens.
Sur le plan empirique et à la lumière de notre investigation théorique nous envisageons mener
ultérieurement une étude exploratoire. Notre étude portera sur un échantillon de gérants de
portefeuille de la bourse de Casablanca. Cet échantillon nous permet d’étudier le
comportement d’achat propre aux dits gérants de portefeuille. Notre étude entrevoit en plus
l’élaboration de portraits comportementaux des gérants de portefeuille de la bourse de
Casablanca dans l’objectif de cerner les déterminants du processus de prise de la décision
d’investissement chez cet échantillon.
37 Galavielle.J., (2013) « Y’a-t-il une théorie des marchés efficients ? Université Paris 1. Document de travail,
décembre. Consulté sur le site : ftp://mse.univ-paris1.fr/pub/mse/cahiers2004/R04029.pdf