HYDROMETRIE
• Le débit d’un cours d’eau varie au cours du temps.
Ainsi certaines études nécessitent des mesures
instantanées de ces débits ; on exécute alors des
jaugeages aux instants choisis. Dans la plupart des
cas c’est l’évolution des débits en fonction du temps
qui intéresse l’hydrologue.
• Dans les techniques d’ingénieurs, le régime des
débits du cours d’eau est le plus souvent la donnée
de base indispensable pour l’établissement des
projets d’ouvrages hydrauliques. On installe alors
des stations hydrométriques (appelées également
stations de jaugeages) permettant de relever sur
une série d’années aussi longue que possible, les
débits écoulés en des points caractéristiques de la
rivière principale et s’il y’a lieu des divers affluents.
PRINCIPE D’ACQUISITION DE LA RELATION « Q(t) »
• Il n’existe pas technique opérationnelle qui permette de
mesurer directement le débit en fonction du temps. Dans la
pratique la détermination de « Q(t) » se fait en deux temps :
• On enregistre en un point du cours d’eau (la station
hydrométrique) les hauteurs d’eau « Hi » à des instants « ti »
données. Cet enregistrement « Hi » est appelé limnigramme.
• A des instants « t1, t1……….. tn » on procède à des mesures
instantanées de débit
• « Qt1, Qt2 ……….. Qtn » ; ces mesures correspondant à des
hauteurs
• « Ht1, Ht2 ……….. Htn »
• Dans certaines conditions hydrauliques comme le passage en
section critique, il y’a une relation biunivoque entre la
hauteur d’eau et le débit ; dans notre exemple :
•
• Dans ces conditions, les différents jaugeages « Qt1,
Htn» permettent d’établir la relation hauteur-débit appelée
courbe de tarage : Q(H). Une courbe de tarage permet ainsi, par
simple lecture d’un niveau d’eau sur une échelle limnimétrique
d’estimer le débit d’un cours d’eau à un instant donné.
• En combinant la courbe de tarage Q(H) et le limnigramme H(t), on
obtient aisément l’évolution du débit en fonction du temps Q(t)
appelé hydrogramme.
• Remarque : La courbe de tarage est propre à chaque échelle
limnimétrique.
• Sur une station dont on souhaite tarer l’échelle, on réalise une
série de campagnes de mesures à différentes périodes de l’année
de façon à intervenir pour des régimes hydrologiques variables,
autrement dit à des hauteurs d’eau différentes.
• Lors de chacune des campagnes, on note le niveau de l’échelle
puis on réalise dans le lit du cours d’eau et à l’aide du matériel
adapté, les mesures nécessaires au calcul du débit instantané.
Selon les stations, le nombre de campagnes de mesures
nécessaires au tarage de l’échelle est variable.
• On reporte ensuite les résultats obtenus sur
un graphique comportant deux axes
(X=hauteur d’eau (cm) et Y débits (m3/s)).
Chacune des campagnes de mesures permet
de positionner un point sur le graphique.
• Enfin, on trace une courbe de tendance
correspondant à la courbe lissée la plus
représentative possible de l’allure générale
dessinée par l’ensemble des points.
STATION DE JAUGEAGE
• Une station de jaugeage est un site où on réalisera les
différentes opérations nécessaires à l’acquisition des
débits en fonction du temps. La particularité de ce site
doit être telle que la relation hauteur-débit soit
biunivoque : on choisira un emplacement situé juste à
l’amont d’une traversée au niveau critique, ainsi les
perturbations au niveau aval ne se feront pas sentir. In
ne dépend que du débit, de la forme de la section
critique et des pertes de charges entre station critique
et section de mesure (qui sont sensiblement
constantes).
• Pour que la courbe de tarage soit stable dans le temps il
faut que (essentiellement la forme de la section
contrôle soit stable dans le temps.
On entend par section de contrôle toute singularité
du chenal qu’elle soit naturelle ou artificielle qui
provoque une augmentation remarquable de
vitesse de l’eau pour passer d’un régime fluvial à un
régime fluvial à un régime torrentiel (changement
de pente, rétrécissement du lit, seuil noyé,
déversoir etc.).
Figure1 : station de jaugeage
Maintenant, s’il n’est pas possible de trouver un seuil
satisfaisant on peut installer la station sur un
tronçon où le régime d’écoulement est uniforme. Là
aussi il y’a une relation biunivoque entre hauteur
normale et débit.
En conséquence on doit veiller à la stabilité dans le
temps de la relation car le coefficient de Manning-
Strickler et la forme de la section peuvent fluctuer
avec le développement saisonnier de la
végétation.
APPAREILS DE MESURE DE HAUTEUR D’EAU
• Les stations de mesure des hauteurs d’eau sont
aussi appelées stations limnimétriques. Elles ont
pour tout but d’observer l’évolution au cours du
temps du niveau d’eau d’une retenue ou d’une
section particulière d’un cours d’eau. Toute station
comporte au moins une échelle de mesure des
hauteurs : échelle limnimétrique et éventuellement
un limnigraphe. On appelle limnimétrie la mesure
des niveaux en fonction du temps.
III.1. Echelles limnimétriques
• Il s’agit d’une échelle en tôle émaillée, graduée en centimètre
permettant de suivre jour après jour les variations du niveau
de l’eau (ou hauteur d’eau) d’un cours d’eau. Le plus souvent,
ces facilement accessibles où il n’y a pas d’obstacle visuel ce
qui facilite la lecture d’échelle.
• Dans le cas d’un marnage important du niveau d’eau d’une
pente douce, l’échelle sera décomposée en plusieurs
éléments graduée (de 1 à 2 m de haut chacun)
rigoureusement aligné en nivellement. Le niveau zéro de
l’échelle sera choisi au dessous des plus basses eaux connues.
L’échelle doit être installée d e façon à être protégée des
corps flottants qui pourraient l’endommager lors des crues.
Une fois installées, les échelles seront nivelées et rattachées
au nivellement général.
• Ainsi au cas où une échelle serait endommagée, il sera
possible de remplacer à la même cote.
• Figure 2 : Echelle limnimétrique
Un observateur effectue régulièrement des lecteurs
sur l’échelle et en reporte les résultats sur un
formulaire de relevés à raison de :
Une deux ou trois fois par jour à heure fixe selon la
variabilité du niveau du cours d’eau ;
De façon plus serré dans le temps en cas de crue si les
variations de niveau sont brutales.
III.2. Les limnigraphes
• Un limnigraphe est un appareil qui enregistre de façon
continue le niveau d’eau au cours du temps. Le diagramme
d’enregistrement obtenu est appelé limnigramme. On
distingue deux types de limnigraphes ; le limnigraphe à
flotteur et le limnigraphe pneumatique.
III.2.1 Les limnigraphes à flotteurs
• Ils sont les plus utilisés. Le diagramme est fixé sur un cylindre
tournant régulièrement au tour de son axe par un
mouvement d’horlogerie (1 tour par jour, semaine ou mois
selon que l’on veut obtenir un limnigramme journalier,
hebdomadaire ou mensuel).
• Le stylet encreur se déplace parallèlement à l’axe du cylindre
selon les mouvements du niveau d’eau transmis par un
flotteur, un câble et un contre poids un jeu de poulie et de
réducteurs. En plus une vis à retournement permet d’inverser
le sens de marche du stylet arrivé en bout de diagramme et
donc l’utiliser plusieurs fois la hauteur de celui-ci pour échelle
de niveaux d’eau.
Figure 3 : Schéma du limnigraphe à flotteur
III.2.2. Limnigraphe pneumatique (à balles)
• Ces appareils sont basés sur le principe d’une prise de pression au
fond de la rivière. Une bouteille de gaz comprimé (azote, air) muni
d’un mano-détendeur, alimente le circuit gaz à débit constant. Un
très faible débit d’air est injecté à partir du fond au cours d’eau par
l’intermédiaire d’une tuyauterie fixe alimentée à la bouteille de
gaz. La pression de l’air dans la tuyauterie correspond à la pression
hydrostatique à la sortie du tube et mesure donc la hauteur de
l’eau au dessus de celui-ci. Cette pression d’air est transmise au
stylet encreur au moyen d’un manomètre à mercure et d’un
flotteur.
• L’installation d’un limnigraphe doit toujours s’accompagner de
celle d’une échelle limnimétrique avec sa borne de rattachement
du zéro. A chaque changement de diagramme, l’observateur doit
contrôler la correspondance entre l’échelle et le stylet et à l’ajuster
éventuellement à l’aide d’une vis de réglage.
• Il est bon de prévoir un grand entretien du matériel une fois par
an : décolmatage du tube de prise, révision des mécaniques,
peintures des cabines de protection.
Figure 4 : Schéma limnigraphe pneumatique (à bulles)
Figure 5 : Installation limnigraphique : schéma de principe
III.2.3 Codeur enregistreur Thalimèdes
• Le codeur limnimétrique à flotteur Thalimèdes mesure en
continu le niveau des nappes souterraines ou des eaux de
surface.
• L’enregistreur intégré est facilement paramétrable en fonction
des besoins et des contraintes d’environnement. Par exemple,
la fonction « delta de mémorisation » permet un
enregistrement des mesures sur événement.
• Il peut être utilisé seul ou en association avec tout
limnigraphe à flotteur classique. Dans cette dernière
configuration, vous obtenez ainsi, en plus de l’enregistrement
papier, un enregistrement numérique redondant de vos
mesures. Le traitement direct des données s’effectue dés lors
très facilement avec un logiciel d’évaluation comme HYDRAS
3 par exemple. Le paramétrage et la lecture s’effectuent soit
au bureau, soit sur site à l’aide d’un PC, d’un ordinateur de
poche ou de l’appareil multifonctions VOTA.
Figure 6 : Thalimède
MESURE DIRECTE DE DEBIT ou JAUGEAGE
Un jaugeage est une mesure quasiment instantanée du
débit d’un cours d’eau. Les techniques utilisées sont
nombreuses et généralement complémentaires ; elles
s’appuient sur des principes très différents selon les
cas.
Certaines (jaugeages au moulinet, jaugeage du flotteur)
demandent une section de jaugeage à l’écoulement
rectiligne la plus régulière possible ;
D’autres, comme le jaugeage chimique ou par dilution
n’ont pas cette exigence.
En outre il est important que la section de jaugeage soit
facile d’accès et utilisable notamment en période crue.
IV.1. Jaugeage au moulinet
IV.1.1 Principe de la mesure
On parle généralement de jaugeage par exploration du
champ des vitesses. L’évolution du débit est faite au
moyen de la formule :
Q = VS
Avec, V qui est la vitesse moyenne de l’eau calculée à
partir de mesure ponctuelle réalisée au moulinet et S la
section mouillée directement au moyen de différents
sondages verticaux dans la section.
Le moulinet est une hélice d’axe horizontale tournant
avec le courant. Théoriquement, la relation entre la
vitesse de rotation « N » (en tour/seconde) et la vitesse
de l’eau « V » (en m/s) ne dépend que du pas « P » du
moulinet : V=NP
Dans la pratique, on s’éloigne de cette courbe idéale du
fait des frottements et des perturbations des vitesses
dues au support de l’hélice. L’étalonnage est fait au
laboratoire dans les conditions réelles d’emploi et la
relation V=f(N) est du type :
V = aN+b V(m/s) ; N(tours/s)
« a » et « b » étant constantes et dépendant du calibre du
moulinet.
« a » représente le pas réel et « b » la vitesse de
démarrage (ou vitesse de frottement)
Parfois, on est amené à utiliser deux formules suivantes
les plages de vitesse.
Par exemple une hélice de pas nominal 0,25 m peut avoir
des formules d’étalonnage suivantes :
N < 0.59 V= 0,2345N+0,017
N > 0.59 V= 0,2515N+0,007
La sensibilité d’une hélice dépend de son pas. Il existe
par ailleurs une vitesse limite supérieure lié aux
capacités d’enregistrement du nombre de tours par
seconde.
Dans la pratique le moulinet peut être fixé sur une
perche, soit suspendue à un saumon au bout d’un
treuil. Dans les deux cas, l’hélice est toujours
tournée vers l’amont. L’axe est muni d’un compte-
tours.
Le moulinet à perche est manié par l’observateur sur
un gué , à partir d’une passerelle ou d’une
embarcation.
Pour le jaugeage au moulinet nous avons
généralement deux méthodes.
Figure 7 : Moulinets
IV.1.2. La méthodes des paraboles
Les mesures sont faites suivant des verticales (dont on mesure
simultanément le tirant d’eau) à raison de 1 à 5 points par
verticale. On se déplace d’une verticale à l’autre de façon à
couvrir l’ensemble de la section mouillée. Le dépouillement
est fait ultérieurement au bureau.
A partir des relevés de terrain, on construit les graphiques
donnant les paraboles des vitesses sur chaque verticale et le
graphique des débits par unité de largeur de section par
intégration graphique on en déduit le débit total cherché.
Cette méthode à deux inconvénients majeures : le
dépouillement fait coup ne permet pas un contrôle immédiat,
voire un second jaugeage de vérification ; le grand nombre de
points à mesurer allonge la durée du jaugeage pendant
laquelle le niveau d’eau peut varier notablement, d’où une
imprécision sur le couple (Q, H) cherché.
Figure 8 : Représentation du débit
IV.1.3 Méthode de l’USGS (United States Geological
Scurvery)
Cette méthode consiste pour chaque verticale un
nombre précis de vitesses ponctuelles aux
profondeurs données par le tableau ci-dessous qui
indique en outre la formule de calcul de la vitesse
moyenne sur la verticale.
Figure 10 : Calcul de Surface méthode USGS