Technologie des Aciers : Métallurgie
Technologie des Aciers : Métallurgie
technologie
Métallurgie générale/Les aciers II - technologie
< Métallurgie générale
Chapitre no 3
Sommaire
Le minerai de fer (iron ore) utilisé est en général composé d'oxydes (magnétite
Fe3O4
, hématite
Fe2O3
), d'hydroxydes (goethite
Fe2O3
·
H2O
, limonite 2
Fe2O3
·3
H2O
) ou de carbonates (siderite FeCO3).
La plus grande source de minerai de fer est l'hématite, présente sur tous les continents. On
trouve la magnétite sous forme de dépôts sur des roches magmatiques (Chili) ou sous forme de
bandes altrenées avec du quartz (taconite du Minnesota, épuisé depuis la Seconde Guerre
mondiale). Les sulfures (pyrite FeS2, pyrrhotite FeS) ne sont pas utilisés en raison de la présence
de soufre qui est un élément fragilisant.
Le minerai est traité dans un haut fourneau (blast furnace) : au démarrage, on remplit le haut
fourneau d'un mélange de minerai, de coke (charbon de mine) et de castine, une roche riche en
chaux, pour faciliter la fusion. On alimente en air chaud par le bas ; cela provoque une
combustion incomplète du charbon qui dégage de la chaleur et du monoxyde de carbone
combustion du coke : 2Ccoke + O2 → 2CO
la présence de monoxyde de carbone à haute température permet la réduction du minerai
réduction de l'hématite : Fe2O3 + 3CO → 2Fe + 3 CO2.
Dans le procédé, le fer incorpore une quantité importante de carbone (carburation) du fait
de la recombinaison du monoxyde de carbone
recombinaison du monoxyde de carbone et carburation : 2CO → CO2 + Cincorporé
et forme de la fonte (cast iron, pig iron) qui s'écoule hors du haut fourneau. La
castine et la gangue du minerai forment le laitier (slag), qui est récupéré et mis en
valeur dans d'autres produits (ciments, remblai).
On alimente en continu le haut fourneau par le haut tandis que les coulées de fonte
et de laitier en bas font descendre le niveau. C'est un processus à feu continu, qui
n'est interrompu que pour les opérations de maintenance lourde.
Les gaz chauds en sortie du haut fourneau sont récupérés et servent à préchauffer
l'air qui vient alimenter le haut fourneau.
La fonte obtenue est ensuite refondue et débarrassée de son soufre par un brassage
violent avec un laitier riche en chaux ou en carbure de calcium :
Sacier + CaOlaitier → CaSlaitier + Oacier ;
on se débarrasse ensuite de l'oxygène en ajoutant de l'aluminium ou du silicium
dans le laitier :
Silaitier + 2Oacier → SiO2 laitier.
Enfin, on enlève de la fonte une partie de son carbone par du dioxygène
(affinage ou conversion)
2Cfonte + O2 gaz → 2COgaz
ce qui donne l'acier. Au cours de cette conversion, d'autres éléments
sont éliminés (Mn, Si, P). On peut effectuer une seconde désulfuration
après conversion.
Coulée de fonte
Formabilité
Énergie
Type d'acier
(MJ/kg)
acier ferritique
acier trempé
Moulage[modifier | modifier le wikicode]
L'acier n’est pas le meilleur choix pour les pièces moulées, mais cette
solution peut être un bon compromis entre complexité de la pièce et
propriétés de l'alliage, en particulier résistance mécanique.
L'acier moulé n'a pas de texture de fibre contrairement à l'acier laminé
ou tréfilé, mais il peut présenter des microporosités. Par ailleurs, il a une
strcuture aciculaire (structure de W IDMANSTÄTTEN) qui le rend fragile et
sensible à la corrosion, et qui nécessite le recours à un traitement
thermique de normalisation. Par ailleurs, si le procédé de désoxydation
utilise de l'aluminium, cela peut provoquer une fragilisation par
précipitation d'AlN.
Sauf pour les petites pièces, on ne peut pas procéder à la trempe et au
revenu. Les aciers faiblement alliés sont donc utilisés à l'état normalisé,
et ont une meilleure ductilité et ténacité. On peut mouler des aciers
inoxydables, mais le refroidissement en moule crée souvent une
structure de grain grossière, que l’on ne peut pas régénérer si l'acier est
austénitique (la régénération consistant justement à reformer de
l'austénite, voir Les aciers I - théorie > Recuit).
Usinabilité
Énergie
Type d'acier
(MJ/kg de matière enlevée)
Fiche environnementale
Impact sur l'environnement
o disponibilité : ressource non renouvelable mais en grande
disponibilité, bien que certains estiment que la demande
croissante de 2 %/an pourrait mener à une pénurie de minerai
en 2070[1] ; recyclable ;
o fin de vie : facilement récupérable ; réutilisable, recyclable ;
o énergie primaire totale : 22 à 26 MJ/kg[2] (température de fusion
entre 1 148 et 1 538 °C) pour un acier au carbone, jusqu'à
85 MJ/kg pour un acier fortement allié ;
o toxicité environnementale : 2 kg CO2/kg[2] pour un acier au
carbone, jusqu'à 5 kg CO2/kg pour un acier fortement allié ;
impact sur la santé :
o toxicité humaine : le fer (élément chimique) est indispensable au
bon fonctionnement de l'organisme (besoin de l’ordre de 15 à
50 mg/jour) pour fabriquer les globules rouges ; un excès de fer
dans l'organisme entraîne une mort cellulaire et pourrait
favoriser la maladie de PARKINSON[1] ; l'élaboration et les
procédés de soudure peuvent dégager des gaz toxiques
(monoxyde de carbone, ozone, oxydes de zinc et de
magnésium, métaux lourds) et des fines particules inhalables,
voir Fièvre des métaux ;
o nocivité en cas d'accident : ininflammable et stable au feu.
100/100 = 1 %m de carbone,
6/4 = 1,5 %m de chrome.
L'ancienne désignation française,
encore très utilisée, utilisait les
« symboles métallurgiques » à la place
des symboles chimique : N pour le
nickel, C pour le chrome, D pour le
molybdène, S pour le silicium, … Par
exemple
35NCD16 (NF) = 36NiCrMo16 (EN)
100C6 (NF) = 100Cr6 (EN)
Voici quelques exemples
d'aciers pour les applications
les plus courantes ;
pièces de sécurité,
résistance aux chocs :
30NiCr11 (1.5737,
anciennement 30NC11),
17NiCrMo6-4 (1.6566, anc.
18NCD6), 36NiCrMo16
(1.6773, anc. 35NCD16) ;
applications à basses
températures : 20NiCrMo7
(1.3576, anc. 18NCD6) ;
roulements, ressorts :
100Cr6 (1.3505, anc.
100C6) ;
résistance à l'abrasion :
acier trempé avec une
dureté de 400 HB (soit une
résistance à la traction
Rm = 1 350 MPa).
Il existe également des
nuances non normalisées avec
des propriétés particulières,
par exemple
acier résistant à
l'abrasion : Creusabro
4000 de Creusot-
Marrel/Arcelor Mittal (dont
la désignation serait
20CrMnSi5-4), qui durcit
en service (la dureté passe
de 360 HB à 430 HB à
l’écrouissage) et permet
donc un usinage plus
facile.
Les aciers de
décolletage[modifier | mo
difier le wikicode]
Le décolletage est une
méthode de production à haute
vitesse, pour les grandes
séries. Il faut donc des aciers
facilement usinables, et qui en
revanche ont une mauvaise
tenue mécanique. On améliore
l'usinabilité en ajoutant du
soufre, parfois du plomb mais
uniquement à faible teneur, les
nuances à forte teneur en
plomb (jusqu'à 0,35 %) sont
amenées à disparaître.
Ces aciers suivent la même
nomenclature que les aciers
faiblement alliés, mais sont
considérés comme des aciers
au carbone en raison de la très
faible teneur en éléments
d'alliage. Les facteurs typique
pour la dénomination sont de
10 pour le Pb et de 100 pour le
S, par exemple :
9SMnPb37 : acier à
0,09 % de C et 0,37 % de
S;
44SMn28 (1.0762) ;
44SMnPb28 (1.0763).
Les aciers
inoxydables[modifier | mo
difier le wikicode]
Les aciers inoxydables, ou
« inox », sont des aciers à
haute teneur en chrome
(supérieure à 10 %) ; le
chrome s'oxyde (
Cr2O3
) et forme une couche passive,
protectrice. Ce sont donc des
aciers fortement alliés.
Les inox doivent se travailler à
froid. En effet, l'oxydation
augmente avec la température,
il se forme donc une couche
d'oxyde de chrome d'épaisseur
importante qui d’une part est
inesthétique, et qui d’autre part
consomme le chrome proche
de la surface. Si cette couche
se dégrade, l'acier superficiel
ne contient plus de chrome et
ne peut pas se repassiver, il
rouille. Pour éviter ce
phénomène
AISI 304 = EN
X5CrNi18-10
(1.4301), « acier
18-10 »
AISI 304L = EN
X2CrNi18-9
(1.4307), « acier
18-10 bas
carbone »
Austénitiques pour
milieu marin (au
molybdène)
AISI 316 = EN
X5CrNiMo17-12-2
(1.4401), « acier
18-10 au
molybdène »
AISI 316L = EN
X2CrNiMo17-12-2
(1.4404), « acier
18-10 bas carbone
au molybdène »
Austénitique
stabilisé au titane
AISI 321 = EN
X6CrNiTi18-10
(1.4541)
Martensitique (pour
trempe)
AISI 420 =
X20Cr13 (1.4021)
Maraging
EN
X2NiCrMoTi10-10-
5 (1.6908)
Duplex (austéno-
ferritique)
AISI 2205 =
X2CrNiMoN 22-5-
3 (1.4462)
AISI 2507
« SuperDuplex » =
X2CrNiMoN 25-7-
4 (1.4410)
Les aciers
fortement alliés
pour trempe et
aciers rapides
spéciaux[modifier |
modifier le
wikicode]
On utilise dans
certains cas des aciers
fortement alliés pour
trempe. Notons par
exemple des aciers au
manganèse HADFIELD (
ou mangalloys), p. ex.
X120Mn12 (1.3401),
que l’on rend
austénitique par
hypertrempe. Lors de
chocs, il devient
martensitique
(l'austénite métastable
se transforme à
l'écrouissage) ce qui
donne une couche
extérieure très dure et
un cœur qui reste très
ductile et tenace, donc
résistant à la
propagation de fissure.
Cette transformation à
l'écrouissage le rend
difficilement usinable, il
est donc en général
utilisé moulé.
Mais la plupart des
aciers fortement alliés
pour trempe sont ce
que l’on appelle des
aciers rapides
spéciaux (ARS) : ce
sont des aciers pour
des outils à forte
vitesse de coupe
(perçage, fraisage,
tournage) ; ce sont des
aciers martensitiques
(pour la dureté)
fortement alliés. Une
vitesse de travail
élevée implique un
échauffement
important qui peut
provoquer une revenu,
il faut donc qu’il
conservent la trempe à
haute température. On
ajoute toujours les
mêmes éléments
d'alliages, donc la
désignation commence
par HS (high speed
steel) suivi des teneurs
en % de tungstène,
molybdène, vanadium
et cobalt (dans cet
ordre W-Mo-V-Co). La
désignation numérique
commence par 1.32xx
(avec cobalt) et 1.33xx
(sans cobalt). Par
exemple :
HS2-9-1-8 (1.3247) : acier rapide contenant 2 % de tungstène, 9 % de molybdène,
1 % de vanadium et 8 % de cobalt
Parmi les nuances
courantes, citons
aussi les HS6-5-2
(1.3343), HS6-5-2-
5 (1.3243), HS6-5-
3 (1.3344), HS6-7-
6-10 (1.3241).
L'ancienne norme
française utilisait la
désignation des
aciers fortement
alliés classiques,
par exemple
Z85WDKCV 06-05-05-04-02 (NF) = HS 6-5-2-5 (EN)
À
retenir[mo
difier | modifi
er le
wikicode]
Il s'agit d'un
chapitre
destiné à
donner une
culture
générale sur
les différents
types d'acier
et leur
élaboration. La
partie
métallurgie
primaire
permet de voir
l’intérêt des
sciences
fondamentales
(électrochimie,
thermodynami
que). Il n'y a
donc pas à
proprement
parler
d'éléments à
mémoriser ; il
s'agit plus d'un
chapitre
ressource à
utiliser en
situation.
Note
didactiqu
e[modifier |
modifier le
wikicode]
Le cours a été
conçu pour
des étudiants
français, et
met donc
l'accent sur la
désignation
européenne et
l'ancienne
désignation
française.
Pour des
étudiants
francophones
non français,
et en
particulier non
européens, on
adaptera les
désignations
utilisées.