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Exercices sur la dualité en mathématiques

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Z

 ZZ

Exo7
 Z
 
Z 
Z 
Z
Dualité
Z

Exercices de Jean-Louis Rouget. Retrouver aussi cette fiche sur www.maths-france.fr

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile
I : Incontournable

Dans les corrigés qui suivent, on ne suppose pas connue la notion d’orthogonalité au sens de la dualité.
Exercice 1 **I
1. Soient n ∈ N∗ et E = Cn [X]. Pour a ∈ C, on définit l’application ϕa par : ∀P ∈ E, ϕa (P) = P(a). Montrer
que pour tout a ∈ E, ϕa ∈ E ∗ .
2. Soient a0 , a1 ,. . . , an n + 1 nombres complexes deux à deux distincts. Montrer que la famille (ϕa0 , . . . , ϕan )
est une base de E ∗ et déterminer sa préduale.
R1
3. Montrer qu’il existe (λ0 , . . . , λn ) ∈ Cn+1 tel que ∀P ∈ Cn [X], 0 P(t) dt = λ0 P(a0 ) + . . . + λn P(an ) puis
donner la valeur des λi sous la forme d’une intégrale.
Correction H [005629]

Exercice 2 **
Sur E = R3 [X], on pose pour tout P ∈ E, ϕ1 (P) = P(0) et ϕ2 (P) = P(1) puis ψ1 (P) = P0 (0) et ψ2 (P) = P0 (1).
Montrer que (ϕ1 , ϕ2 , ψ1 , ψ2 ) est une base de E ∗ et trouver la base dont elle est la duale.
Correction H [005630]

Exercice 3 **
Soit E un K-espace vectoriel et ϕ et ψ deux formes linéaires sur E. On suppose que pour tout x de E, on a
ϕ(x)ψ(x) = 0. Montrer que ϕ = 0 ou ψ = 0.
Correction H [005631]

Exercice 4 ***
1. Soient n ∈ N∗ puis ϕ1 ,..., ϕn et ϕ n + 1 formes linéaires sur un K-espace vectoriel E de dimension finie.
!
n
\
Montrer que : ∃(λ1 , ..., λn ) ∈ Kn / ϕ = λ1 ϕ1 + ... + λn ϕn ⇔ Kerϕi ⊂ Kerϕ .
i=1

x+y+z = 0
2. Signification du résultat précédent : dans R3 , équation d’un plan P contenant D : et le
2x + 3z = 0
vecteur u = (1, 1, 1) ?
Correction H [005632]

Exercice 5 ***
Soient n ∈ N∗ puis ϕ1 ,..., ϕn n formes linéaires sur un K-espace E de dimension n.
Montrer que la famille (ϕ1 , ..., ϕn ) est liée si et seulement si il existe un vecteur x non nul tel que ∀i ∈
[[1, n]] , ϕi (x) = 0.
Correction H [005633]

Exercice 6 **
Rang du système de formes linéaires sur R4

1
f1 = x1 + 2x2 − x3 − 2x4
f2 = x1 + x2 + mx3 + x4
?
f3 = x1 + x3 + (m + 4)x4
f4 = x2 − 3x3 − mx4

Correction H [005634]

Retrouver cette fiche et d’autres exercices de maths sur exo7.emath.fr

2
Correction de l’exercice 1 N
1. Soit a ∈ C. Soient (λ , µ) ∈ C2 et (P, Q) ∈ E 2 .
ϕa (λ P + µQ) = (λ P + µQ)(a) = λ P(a) + µQ(a) = λ ϕa (P) + µϕa (Q).
Donc, ϕa est une forme linéaire sur E.
2. On a déjà card ϕa j 06 j6n = n + 1 = dim(E) = dim(E ∗ ) < +∞. Il suffit donc de vérifier que la famille


ϕa j 06 j6n est libre.
X−a
Pour k ∈ [[0, n]], on pose Pk = ∏ j6=k ak −ajj . Chaque Pk est un élément de E et de plus

1 si j 6= k
∀( j, k) ∈ [[0, n]]2 , ϕa j (Pk ) = δ j,k = (∗).
0 si j = k

Soit alors (λ0 , . . . , λn ) ∈ Cn+1 .

n n n n
∑ λ j ϕ j = 0 ⇒ ∀P ∈ E, ∑ λ j ϕ j (P) = 0 ⇒ ∀k ∈ [[0, n]] , ∑ λ j ϕ j (Pk ) = 0 ⇒ ∀k ∈ [[0, n]] , ∑ λ j δ j,k = 0
j=0 j=0 j=0 j=0

⇒ ∀k ∈ [[0, n]] , λk = 0.

Ceci montre que la famille ϕa j 06 j6n est libre et donc une base de E ∗ . Les égalités (∗) montrent alors


que la préduale de la base ϕa j 06 j6n de E ∗ est la famille (Pk )06k6n .




3. Pour P ∈ E, posons ϕ(P) = 01 P(t) dt. ϕ est une forme linéaire sur E et donc, puisque la famille
R

ϕa j 06 j6n est une base de E ∗ , il existe (λ0 , . . . , λn ) ∈ Cn+1 tel que ϕ = ∑nj=0 λ j ϕa j ou encore il existe
(λ0 , . . . , λn ) ∈ Cn+1 tel que pour tout P ∈ E, 01 P(t) dt = λ0 P(a0 ) + . . . + λn P(an ) (les λ j étant indépen-
R

dants de P).
t−a
En appliquant cette dernière égalité au polynôme Pk , 0 6 k 6 n, on obtient λk = 01 Pk (t) dt = 01 ∏ j6=k ak −aj j dt.
R R

R1 R1 t−a
∀P ∈ Cn [X], 0 P(t) dt = ∑nk=0 λk P(ak ) où ∀k ∈ [[0, n]], λk = 0 ∏ j6=k ak −aj j dt.

Correction de l’exercice 2 N
Les quatre applications ϕ1 , ϕ2 , ψ1 et ψ2 sont effectivement des formes linéaires sur E.
Cherchons tout d’abord la future base préduale de la famille (ϕ1 , ϕ2 , ψ1 , ψ2 ). On note (P0 , P1 , P2 , P3 ) cette future
base.
• On doit avoir ϕ1 (P2 ) = ϕ2 (P2 ) = ψ2 (P2 ) = 0 et ψ1 (P2 ) = 1. Ainsi, P2 s’annule en 0 et en 1 et de plus P20 (1) = 0.
Donc P2 admet 0 pour racine d’ordre 1 au moins et 1 pour racine d’ordre 2 au moins. Puisque P2 est de degré
inférieur ou égal à 3, il existe une constante a telle que P2 = aX(X − 1)2 = aX 3 − 2aX 2 + aX puis P20 (0) = 1
fournit a = 1 puis P2 = X(X − 1)2 .
• De même, il existe une constante a telle que P3 = aX 2 (X − 1) = aX 3 − aX 2 et 1 = P30 (1) = 3a − 2a fournit
P3 = X 2 (X − 1).
• P0 admet 1 pour racine double et donc il existe deux constantes a et b telles que P0 = (aX + b)(X − 1)2 puis
les égalités P0 (0) = 1 et P00 (0) = 0 fournissent b = 1 et a − 2b = 0. Par suite, P0 = (2X + 1)(X − 1)2 .
• P1 admet 0 pour racine double et il existe deux constantes a et b telles que P1 = (aX + b)X 2 puis les égalités
P1 (1) = 1 et P10 (1) = 0 fournissent a + b = 1 et 3a + 2b = 0 et donc P1 = (−2X + 3)X 2 .

P0 = (2X + 1)(X − 1)2 , P1 = (−2X + 3)X 2 , P2 = X(X − 1)2 et P3 = X 2 (X − 1).

Montrons alors que (ϕ0 , ϕ1 , ϕ2 , ϕ3 ) est une base de E ∗ . Cette famille est libre car si aϕ1 + bϕ2 + cψ1 + dψ2 =
0, on obtient en appliquant successivement à P0 , P1 , P2 et P3 , a = b = c = d = 0. Mais alors, la famille
(ϕ1 , ϕ2 , ψ1 , ψ2 ) est une famille libre de E ∗ de cardinal 4et donc une base de E ∗ . Sa préduale est (P0 , P1 , P2 , P3 ).

3
Correction de l’exercice 3 N
1 ère solution. On utilise le fait qu’une réunion de deux sous-espaces vectoriels est un sous-espace vectoriel si
et seulement si l’un des deux contient l’autre. Donc

ϕψ = 0 ⇒ Kerϕ ∪ Kerψ = E ⇒ Kerψ ⊂ Kerϕ = Kerϕ ∪ Kerψ = E ou Kerϕ ⊂ Kerψ = Kerϕ ∪ Kerψ = E ⇒
ϕ = 0 ou ψ = 0.

2ème solution. Supposons que ϕψ = 0 et qu’il existe x et y tels que ϕ(x) 6= 0 (et donc ψ(x) = 0) et ψ(y) 6= 0
(et donc ϕ(y) = 0). Alors 0 = ϕ(x + y)ψ(x + y) = (ϕ(x) + ϕ(y))(ψ(x) + ψ(y)) = ϕ(x)ψ(y) ce qui est une
contradiction.

∀(ϕ, ψ) ∈ (E ∗ )2 , (∀x ∈ E, ϕ(x)ψ(x) = 0) ⇒ ϕ = 0 ou ψ = 0.

Correction de l’exercice 4 N
1. Soit ϕ ∈ E ∗ .
• ⇒ / Supposons qu’il existe (λ1 , . . . , λn ) ∈ Kn tel que ϕ = λ1 ϕ1 + ... + λn ϕn .
n
\
Soit x ∈ Kerϕi . Alors ϕ(x) = λ1 ϕ1 (x) + . . . + λn ϕn (x) = 0 + . . . + 0 = 0 et donc x ∈ Kerϕ. On a montré
i=1
n
\
que Kerϕi ⊂ Kerϕ.
i=1
• ⇐ / Supposons tout d’abord la famille (ϕ1 , . . . , ϕn ) libre. On complète éventuellement la famille libre
(ϕ1 , . . . , ϕn ) de E ∗ en une base (ϕ1 , . . . , ϕn , ϕn+1 , . . . , ϕ p ) de E ∗ et on note (e1 , . . . , en , en+1 , . . . , e p ) la
préduale de la base (ϕ1 , . . . , ϕ p ).
p
Soit x = ∑i=1 xi ei un élément de E.
n
\
x∈ Kerϕi ⇔ ∀i ∈ [[1, n]] , ϕi (x) = 0 ⇔ ∀i ∈ [[1, n]] , xi = 0 ⇔ x ∈ Vect(en+1 , . . . , e p )
i=1
n
\
(avec la convention usuelle Vect(∅) = {0} dans le cas p = n). Donc Kerϕi = Vect(en+1 , . . . , e p ).
i=1
p
Soit alors ϕ ∈ E ∗ . Posons ϕ = ∑i=1 λi ϕi .

n
\
Kerϕi ⊂ Kerϕ ⇒ Vect(en+1 , . . . , e p ) ⊂ Kerϕ ⇒ ∀ j ∈ [[n + 1, p]] , ϕ(e j ) = 0
i=1
n
⇒ ∀ j ∈ [[n + 1, p]] , λ j = 0 ⇒ ϕ = ∑ λi ϕi .
i=1

Le résultat est donc démontré dans le cas où la famille (ϕ1 , . . . , ϕn ) est libre.
n
\
Si tous les ϕi , 1 6 i 6 n, sont nuls alors Kerϕi = E puis Kerϕ = E et donc ϕ = 0. Dans ce cas aussi,
i=1
ϕ est combinaison linéaire des ϕi , 1 6 i 6 n.
Si les ϕi , 1 6 i 6 n, ne sont pas tous nuls et si la famille (ϕ1 , . . . , ϕn ) est liée, on extrait de la famille
(ϕ1 , . . . , ϕn ) génératrice de Vect(ϕ1 , . . . , ϕn ) une base (ϕi1 , . . . , ϕim ) de Vect(ϕ1 , . . . , ϕn ).
n
\ m
\
On a Kerϕi ⊂ Kerϕik mais d’autre part, tout ϕi , 1 6 i 6 n, étant combinaison linéaire des ϕik ,
i=1 k=1
m
\ m
\ n
\
1 6 k 6 m, chaque Kerϕi , 1 6 i 6 n, contient Kerϕik et donc Kerϕik ⊂ Kerϕi . Finalement,
k=1 k=1 i=1

4
m
\ n
\
Kerϕik = Kerϕi ⊂ Kerϕ. D’après l’étude du cas où la famille est libre, ϕ est combinaison linéaire
k=1 i=1
des ϕik , 1 6 k 6 m et donc des ϕi , 1 6 i 6 n. La réciproque est démontrée dans tous les cas.
2. Soit ϕ une forme linéaire sur R3 telle que P = Kerϕ (en particulier ϕ n’est pas nulle). Soient ϕ1 la forme
linéaire (x, y, z) 7→ x + y + z et ϕ2 la forme linéaire (x, y, z) 7→ 2x + 3z. Alors la famille (ϕ1 , ϕ2 ) est une
famille libre du dual de R3 et D = Kerϕ1 ∩ Kerϕ2 . D’après 1)
D ⊂ P ⇔ ∃(a, b) ∈ R2 \ {(0, 0)}/ ϕ = aϕ1 + bϕ2 (théorie des faisceaux),
puis
u ∈ P ⇔ aϕ1 (u) + bϕ2 (u) = 0 ⇔ 3a + 5b = 0.
Une équation de P est donc 5(x + y + z) − 3(2x + 3z) = 0 ou encore −x + 5y − 4z = 0.

Correction de l’exercice 5 N
Soit f : E → Kn . Il s’agit de démontrer que la famille (ϕ1 , . . . , ϕn ) est liée si et seulement
x 7→ (ϕ1 (x), ..., ϕn (x))
si Ker( f ) 6= {0}.
• Si la famille (ϕ1 , . . . , ϕn ) est libre, c’est une base de E ∗ (car dim(E ∗ ) = n). Notons (u1 , . . . , un ) sa préduale et
notons (e1 , . . . , en ) la base canonique de Kn . Pour 1 6 i 6 n, on a f (ui ) = ei . Ainsi, l’image par f d’une base de
E est une base de Kn et on sait alors que f est un isomorphisme. En particulier, Ker( f ) = {0}.
• Si les ϕi sont tous nuls, tout vecteur non nul x annule chaque ϕi . Supposons alors que la famille (ϕ1 , . . . , ϕn )
est liée et que les ϕi ne sont pas tous nuls. On extrait de la famille (ϕ1 , . . . , ϕn ) une base (ϕi1 , . . . , ϕim ) (avec 1 6
m < n) de Vect(ϕ1 , . . . , ϕn ). On complète la famille libre (ϕi1 , . . . , ϕim ) en une base (ϕi1 , . . . , ϕim , ψ1 , . . . , ψn−m )
de E ∗ . On note (e1 , . . . , em , em+1 , . . . , en ) sa préduale. Les formes linéaires ϕi1 ,. . . , ϕim s’annulent toutes en en et
donc chaque ϕi s’annule en en puisque chaque ϕi est combinaison linéaire des ϕik , 1 6 i 6 m. Le vecteur en est
donc un vecteur non nul x tel que ∀i ∈ [[1, n]], ϕi (x) = 0.

Correction de l’exercice 6 N
 
1 1 1 0
 2 1 0 1 
La matrice de la famille ( f1 , f2 , f3 , f4 ) dans la base canonique du dual de R4 est A = 
 −1 m
.
1 −3 
−2 1 m + 4 −m
 
1 0 0 0
 2 −1 −2 1   (pour 2 6 j 6 3, C j ← C j −C1 ) puis
La matrice A a même rang que la matrice   −1 m + 1 2 −3 
−2 3 m + 6 −m
 
1 0 0 0
 2 −1 0 0 
 −1 m + 1 −2m m − 2  (C3 ← C3 − 2C2 et C4 ← C4 +C2 )
que la matrice  

−2 3 m −m + 3
 
1 0 0
 2 −1 0 
• Si m = 0, A a même rang que la matrice   −1 1 −2 et donc rg(A) = 3.

−2 3 3
 
1 0 0 0
 2 −1 0 0  1
• Si m 6= 0, A a même rang que la matrice   −1 m + 1 −2 m − 2  (C3 ← m C3 ) puis que la matrice

−2 3 1 −m + 3
 
1 0 0 0
 2
 −1 0 0 
 (C4 ← 2C4 + (m − 2)C3 )
 −1 m + 1 −2 0 
−2 3 1 −m + 4

5
Donc, si m = 4, rg(A) = 3 et si m n’est ni 0 ni 4, rg(A) = 4.

Si m ∈
/ {0, 4}, rg( f1 , f2 , f3 , f4 ) = 4 et si m ∈ {0, 4}, rg( f1 , f2 , f3 , f4 ) = 3.

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