Protection civile et gestion des crises
Protection civile et gestion des crises
ECOLE DOCTORALE
ENVIRONNEMENT ET SOCIETE
DOCTEUR EN DROIT
BRUNO MAESTRACCI
Le 3 décembre 2011
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Directeur :
M. Jean-François Poli, Professeur à l’Université de Corse.
Rapporteurs :
M. Jean-Marie Pontier, Professeur agrégé des Universités, Université de Paris I.
M. Patrick Lagadec, Directeur de recherche à l’Ecole Polytechnique, Département d’Economie,
Laboratoire d’économétrie, Docteur d’Etat en Sciences Politiques.
Jury
M. Jean-Yves Coppolani, Professeur à l’Université de Corse, Doyen de la Faculté de Droit et
des Sciences Economiques.
M. Jean-Marie Pontier, Professeur agrégé des Universités, Université de Paris I.
M. Patrick Lagadec, Directeur de recherche à l’Ecole Polytechnique, Département d’Economie,
Laboratoire d’économétrie, Docteur d’Etat en Sciences Politiques.
M. Jean-François Poli, Professeur à l’Université de Corse.
|2
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
« Il n'y a que deux espèces de plans de campagne, les bons et les mauvais.
Les bons échouent presque toujours par des circonstances imprévues, qui font
souvent réussir les mauvais. »
Napoléon Bonaparte
Premier Consul
|3
SOMMAIRE
RESUME
ABSTRACT
REMERCIEMENTS
INTRODUCTION
1.B. LE MODELE FRANCAIS DE PROTECTION CIVILE EST RECONNU GRACE A l’INTEGRATION DES
PRINCIPES DE GESTION DES RISQUES
2.A. UNE ABSENCE DE STRATEGIE POLITIQUE POUR UNE PROTECTION CIVILE EUROPEENNE SANS
AMBITION
2.B. LA PROTECTION CIVILE EST INSUFFISAMENT RECONNUE MALGRE L’ACCROISSEMENT DES CRISES
INTERNATIONALES
3.B. LE DROIT UNIVERSEL POUR LA PROTECTION DES POPULATIONS EN TEMPS DE PAIX, CHAINON
MANQUANT, SERA GARANTI PAR LA PROTECTION CIVILE
CONCLUSION
ANNEXES
RESUME
|4
|5
ABSTRACT
|7
|8
Civil protection actions are particularly visible during large-scale disasters, but
they are also applied in everyday life, in particular within emergency and fire brigades.
The knowledge management resulting from these practices has a margin for
growth.
The organization of civil protection for rescue and relief to individuals, as well as
crisis management, is often cause for envy and a subtle game of power is played between
the various actors, yet this game is counterproductive, illogical and highly expensive.
These issues are even more inappropriate as the number of crises rising constantly
as a corollary of their severity or extent, and they are characterized by their duration.
These features are found at all levels or activities of civil protection and crisis
management are intertwined.
However, many conflicts are closely linked to this basic principle and a
clarification on this matter would therefore avoid crises.
REMERCIEMENTS
|9
| 10
Ainsi je peux revivre les moments passés auprès d’eux, en France, en Italie, en
Indonésie, en Suisse, en Finlande, en Malaisie ou en République Serbe, à Singapour ou en
Italie, en Espagne ou au Cambodge, mais il ne s’agit pas de simples souvenirs. J’ai trouvé
auprès d’eux, des points de vue souvent partagés, parfois opposés, mais toujours basés
sur une écoute et un respect mutuels.
Rassembler ce qui est épars, répandu sur ce long chemin, n’aurait pu aboutir sans
l’attention du Professeur Jean-Yves COPPOLANI, que je remercie pour le chemin qu’il a
accepté de partager à mes côtés.
Je dédie ce travail à tous ceux qui m’ont accompagné le long d’un parcours
professionnel de plus de trente années.
A mes amis et à tous ceux qui continueront à développer des concepts et auront
l’audace de les mettre en œuvre pour un monde meilleur et plus sûr,
A vous enfin pour le temps si précieux que vous m’offrez pour lire ce travail, et pour
l’enrichir par vos remarques, je vous remercie.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
INTRODUCTION
| 12
| 13
«La pensée complexe est la pensée qui relie. L’éthique complexe est l’éthique de
reliance.»
Edgar Morin1
existait une constante : la victime une fois secourue devenait « l’obligée » du sauveteur
et se considérait redevable du même acte envers lui. Il s’agissait d’être en mesure de
sauver la vie du sauveteur en cas de besoin.
1
Communication au Congrès International "Quelle Université pour demain ? Vers une évolution
transdisciplinaire de l'Université " (Locarno, Suisse, 30 avril - 2 mai 1997) ; texte publié dans « Motivation »,
N° 24, 1997.
2
Défini pour la première fois par Roger CLAUSSE, Les Nouvelles, Bruxelles, Editions de l’Institut de
Sociologie, 1963.
3
Ce collectif est un groupe, une organisation, une institution etc..
| 14
D’autre part, qualifier le lien entre une victime et ses sauveteurs devient
complexe, dés lors que l’assistance apportée résulte d’un ensemble d’acteurs.
Elle débute à la réception de l’appel, puis est traitée en fonction des moyens
disponibles et de la gravité estimée de l’urgence, suivie de l’envoi d’équipes
appropriées situées au plus proche du lieu de l’intervention, puis le cas
échéant, du transport de la victime et de son accueil dans une structure
spécialisée (hôpital, foyer, relogement etc.
C’est l’étude de leurs interactions, leur mode de coordination qu’il vous est
proposé d’approfondir dans ce mémoire.
4
A titre d’exemple, le cas de particuliers appelant les Centre de Traitement et d’Alerte des sapeurs –
pompiers, lorsque la vidange de la machine à laver (linge ou vaisselle) s’est simplement décroché et que
l’eau s’est répandue sur le sol de leur cuisine.
5
Cette place peut être évaluée, de manière globale, en termes de coût ou du nombre de personnes
nécessaires au fonctionnement de ces services par rapport au nombre total de personnes en activité.
| 15
Les citoyens, peuvent être amenés à solliciter les services d’urgence soit pour
leur propre compte, soit lorsqu’ils font partie d’un ensemble confronté à une crise
collective.
Ils possèdent, en général, une connaissance plus ou moins précise des structures
qui leur portent assistance habituellement, de leur organisation et des interactions entre
les différents services.
Ces actions se déroulent de façon quasi-autonome, tant sur les plans des
ressources humaines, que matérielles ou des considérations financières. Il s’agit donc, a
priori, de mécanismes rôdés, souvent professionnalisés et qui se déroulent de façon
habituelle, sans difficultés identifiées.
6
L’évacuation massive d’habitants est souvent problématique, puisqu’aucun exercice de grandeur nature
n’a été réalisé. Ainsi de l’évacuation de 100 000 personnes dans les premières 48 heures suite au
tremblement de terre d’Aquilla en Italie en 2009, ou celle de prés de 370 000 personnes ordonnée par le
maire de New-York lors de l’Ouragan Irène en août 2011.
| 16
Il faudra plus de vingt ans, en France, pour qu’une loi rende obligatoire la pose de
Détecteurs Automatiques de Fumées7, dans les bâtiments à usage d’habitation pour les
particuliers.
Mais les obligations de cette loi ne devront être satisfaites qu’en 2015, selon son
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
décret d’application8.
Cette loi modifie le Code de la Construction et de l’Habitation9 (C.C.H.), mais aussi le
code des assurances10. Cet exemple prouve que notre niveau d’information dans le
domaine des risques est faible, et que par conséquent notre capacité de résilience l’est
également.
L’individu isolé peut trouver une solution par lui-même et de façon autonome
face à un ou plusieurs évènements non souhaités.
Mais en cas d’échec, il doit requérir une aide extérieure pour mettre fin à
l’évènement ou se soustraire à ses conséquences.
L’aide extérieure est, en général, tout d’abord demandée au voisinage immédiat,
ou au sein de la famille.
L’E N.S. peut rester inconnu de la collectivité. Sa connaissance reste au niveau des
personnes participant aux mécanismes de solidarité interindividuelles, elle n’est pas
transmise collectivement, ne peut être partagée, ni faire l’objet d’un retour
d’expérience.
7
Loi n° 2010-238 du 9 mars 2010 visant à rendre obligatoire l’installation de détecteurs de fumée dans tous
les lieux d’habitation. NOR : LOGX0508798L.
8
Décret n°2011-36 du 10 janvier 2011 relatif à l’installation de détecteurs de fuméee dans tous les lieux
d’habitation. NOR : DEVL1022270 D.
9
Articles L 129-8 et L129-9 du Code de la Construction et de l’Habitation
10
Article L122-9 du Code des Assurances.
| 17
Lorsque cette solidarité de proximité est inefficace, l’aide fournie pour remédier à
l’E.N.S. et à ses conséquences est fournie par des acteurs plus distants, provenant d’un
environnement extérieur à la victime.
De nouveaux liens se créent alors avec les acteurs ou les sauveteurs, qui étaient,
jusqu’alors, inconnus.
Lors de cette phase d’urgence, la victime fait appel à une organisation de secours
extérieure, dont elle connait l’existence et dont les pratiques et le fonctionnement ne lui
sont pas forcément familières.
L’objectif recherché par la victime est de retrouver le plus vite possible, grâce
aux secours qui lui parviennent, son précédent état de stabilité, sa zone de confort
initial.
En amont de l’évènement, lorsque la « future » victime sort de sa zone de confort
initial, cette transition s’effectue le plus souvent involontairement, et la victime en aura
conscience qu’une fois l’évènement arrivé.
Cela justifie d’ailleurs la qualification de l’évènement, sous le terme
d’«Evènement Non Souhaité » (E.N.S.).
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Une fois l’alerte transmise aux services de secours, une fois l’alarme déclenchée
par ces derniers pour envoyer des équipes opérationnelles adéquates en fonction des
renseignements recueillis, une double course contre le « facteur temps » débute alors.
Il faut tout d’abord assurer la sauvegarde de la population, ou de la victime, mais
aussi, de manière simultanée trouver la cause, l’origine du dysfonctionnement et tenter si
possible d’y remédier.
Pourtant, agir sur la suppression de la cause initiale est parfois difficile, car la
focalisation de l’attention se porte toujours sur le sauvetage prioritaire de la vie
humaine.
Il faut préalablement identifier la cause, et sa suppression peut être irréalisable,
par manque de temps, par impossibilité de réaliser deux actions simultanées, ou par
manque de concours immédiat de renforts ou de services extérieurs.
Les E.N.S. concernent sans distinction les individus, ou l’ensemble d’une
collectivité humaine, en fonction de leur ampleur et de leur intensité.
Pour ceux qui n’ont pas su réagir face à une situation d’urgence, et pour lesquels
l’issue de l’E.N.S. a été fatale, aucun témoignage ne pourra plus étayer la réalité de ce
besoin en informations de bases sur les situations d’urgence.
C’est l’absence de prise de conscience de la nécessité de connaissances
élémentaires, ou en informations appropriées dans ce domaine qui fait le plus défaut.
1. Les partisans de la première option considèrent que les populations doivent réaliser
les actions réflexes, lors des premières minutes de la catastrophe. Il s’agit, selon
eux, d’un enjeu véritablement majeur étant donné que la majorité des actions de
sauvetage est du ressort de l’acte immédiat et doit s’effectuer sans délais.
11
Sabots pour éviter les coulées de Lahar (Coulée de boue d’origine volcanique dévalant les pentes des
volcans. En 1985, en Colombie le Volcan Nevado del Ruiz un lahar causant plus de 25 000 décès) ; normes de
construction para sismiques, systèmes de protection passive et active des véhicules etc.
12
Exemple des phénomènes naturels encore imprévisibles (tremblements de terre, tsunamis etc.)
| 19
Les partisans de l’autre option sont au contraire convaincus que l’action la plus
importante, afin de sauver le plus de vies possibles, doit prendre place au début
des évènements, et être réalisée par des citoyens qui se trouvent sur les lieux
mêmes de l’évènement.
Cette école estime également que l’action immédiate et de proximité n’est que
difficilement réalisable, pour deux motifs.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
D’une part elle demande un savoir faire, une bonne condition physique, un
minimum de moyens et un esprit capable d’organiser ces actions, mêmes si
elles ne concernent que le stade initial. Il n’est donc pas possible, pour la
majorité de la population, de réaliser ce type de tâches.
D’autre part, demander aux « impliqués », eux-mêmes victimes, d’assurer
également une fonction de sauvetage et d’assistance, c’est commettre une
erreur fondamentale et une confusion inacceptable.
Il est donc nécessaire que les secours soient judicieusement répartis sur l’ensemble
du territoire, afin que leur mobilisation initiale soit efficace, ce qui nécessite des
ressources humaines, matérielles et financières conséquentes.
Une fois ces deux options posées, il est difficile de départager l’un ou l’autre
mode d’action, chacun respectant ses propres contraintes.
Toutefois, une chose semble établie et acceptée par les deux écoles : l’efficacité
des premières actions, la qualité et la quantité des moyens humains et matériels qui leurs
sont consacrées sont essentiels.
La bonne réalisation de ces actions préalables, permet d’éviter que l’évènement ne
dégénère en crise.
Il faut bien reconnaître que le mot de « crise » est actuellement privé de sens, au
moins en partie, car dans nos sociétés le terme de « crise » présente désormais une
double caractéristique : d’une part, la crise est permanente et d’autre part, elle existe
dans tous les domaines.
La crise perd ainsi son sens originel, et devient habituelle alors qu’elle devrait
rester exceptionnelle.
Ce qui permet ici de donner également une définition de la crise, parmi les très
nombreuses déjà existantes, « La crise, avant tout, c’est l’homme ».
En effet, sans êtres humains, pourrait-on réellement parler de crise ?
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Notre capacité à réagir en temps réel, mais aussi à organiser cette phase initiale
est très différente en fonction des expériences différentes de chacun des nombreux
acteurs, de leurs champs culturels et professionnels de référence, de leurs actions
quotidiennes.
Aujourd’hui chacun réalise, encore, dans son domaine, « ses » urgences, avec
« ses » méthodes, « sa » culture opérationnelle, il est donc temps qu’une approche
globale puisse émerger.
« Dans l’état de nature, chaque homme est son propre juge et diffère des autres au sujet
des noms et des appellations des choses, et de ces différences naissent des querelles et la
rupture de la paix. »
Thomas Hobbes13
1589 - 1675
L’urgence ne souffre aucun retard, selon la définition du petit Larousse, elle est
définie comme « une situation qui peut entraîner un préjudice irréparable s'il n'y est
porté remède à bref délai ».
Dans le domaine de la justice, à laquelle une lenteur excessive est souvent
reprochée, l’urgence existe pourtant : elle permet au juge de prendre certaines mesures
par une procédure rapide (référé, assignation à jour fixe).
Au niveau d’une nation14, l’ « état d’urgence », peut être déclaré, soit en cas de
péril imminent résultant d'atteintes graves à l'ordre public, soit en cas d'événement
présentant, par sa nature et sa gravité le caractère de calamité publique.
En effet, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés16, une
urgence est une « situation ou la vie, ou le bien être des réfugiés sera menacé si des
mesures immédiates et appropriées ne sont pas prises sans délais et ou des initiatives
extraordinaires et des mesures exceptionnelles s’imposent.»
L’U.N.I.C.E.F., quant à elle, définit une situation d’urgence comme étant « une
situation qui menace la vie et le bien-être d’un grand nombre de personnes et qui
nécessite la prise de mesures extraordinaires pour assurer leur survie, leurs soins et leur
protection. Les urgences peuvent être créées par des catastrophes naturelles ou
technologiques, des épidémies ou des conflits.»
16
Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés « Manuel des Situations d’Urgences 2001, page 4.
17
Programme Alimentaire Mondial, Première session ordinaire du Conseil d’administration Rome, 31
janvier–2 février 2005 Questions de Politique Générale, point 4. WFP/EB.1/2005/4-A/Rev.1
| 23
d’urgence, peut être précisé, car il arrive que celles-ci soient qualifiées de « situations de
crise » sans que la différence entre les termes de « crise » et d’ « urgence » soit
réellement précisée.
La définition donnée par l’I.A.S.C.20 des urgences complexes est « une crise
humanitaire dans un pays, une région ou une société dans laquelle on constate un
effondrement substantiel ou total de l’autorité à la suite d’un conflit externe ou interne,
et qui demande une réaction internationale dépassant le mandat ou la capacité d’un seul
organisme21 ».
18
Zone de guerre, guerre civile, Etat non reconnu par la communauté internationale etc.
19
Suite à l’accession à l’indépendance de la Mozambique en 1975, une sécheresse sévère et une guerre
civile prolongée entre le Front de Libération de la Mozambique (FRELIMO) et la résistance nationale
Mozambique rebelle (RENAMO), terminé par un accord de paix signé en 1992 négocié avec l’aide des
nations unies, fait qualifier cette urgence de complexe.
20
Inter Agency Standing Committee.
21
Work Group IASC 1998.
22
Bureau Central des Affaires Humanitaires, plus connu sous le terme d’OCHA (Office for the Coordination
of Humanitarian Affairs).
| 24
Par contre, l’absence d’une définition partagée de l’urgence par les différents
Etats a d’autres conséquences.
L’urgence peut ne pas être perceptible dans le pays concerné, mais reconnue
comme une nécessité par les pays extérieurs.
Lors du tsunami de 2004 en Indonésie, la capitale, Jakarta, n’a pas été en mesure
de prendre immédiatement la mesure de l’ampleur de la catastrophe.
23
Conseils pour l’évaluation de l’aide humanitaire apportée dans les situations d’urgence complexe OCDE
1999 Comité d’Aide au Développement Page 6.
| 25
1 / Urgence nationale :
D’une part, les plus hautes autorités de l’Etat sont les mieux informées, elles
collationnent l’ensemble des données provenant des centres de veille et
d’alerte.
Ce monopole sur les réseaux gouvernementaux permet de qualifier
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
D’autre part les pouvoirs publics sont les seuls juges des répercussions
provoquées par la décision, lorsqu’elle a été prise.
24
«Metro TV» Chaine d’information spécialisée, disposant de nombreux relais sur l’ensemble du territoire
de la République d’Indonésie.
| 26
25
Comme nous avons pu le constater avec la « Surmortalité liée à la canicule d'août 2003 (D. Hémon et É.
Jougla, Inserm, 2004) « Vagues de chaleur et mortalité dans les grandes agglomérations urbaines » (J.P.
Besancenot, Environnement, risques et santé, Vol. 1(4), 2002 »
26
Exemple des services de police local qui dénombrent les victimes du site de la catastrophe sur le lieu de
l’accident, puis ces victimes sont à nouveau recomptées dans les hôpitaux de campagne, les chiffres sont
alors différents entre ces services d’urgence (Retour d’Expérience (Retex) opérationnelle effondrement du
supermarché Casino Ferber, Ville de Nice 1998).
| 27
L’absence de définition sur l’urgence, illustre donc le fait que le sujet n’est pas
placé au cœur des préoccupations nationales.
Il est donc nécessaire que ce sujet fasse l’objet de travaux, de manière commune
et partagée.
Mais il faut remarquer que ce qui est accepté et reconnu au niveau diplomatique
par les différents gouvernements, ne l’est pas obligatoirement et systématiquement pour
les nombreux acteurs agissant également au niveau international.
Ainsi, les organismes de droit associatif ou les organismes privés, représentés sous
forme de fondations, d’associations, et d’O.N.G. peuvent avoir une interprétation
différente de la situation.
Ces derniers disposent très souvent de bureaux ou de « bases de vie » sur les
territoires exposés aux risques naturels, ou soumis à des risques politiques.
Ils considèrent que la décision d’intervention leur appartient, en fonction de la
définition de l’urgence ou de la catastrophe qu’ils ont eux-mêmes adopté.
Cette situation rend souvent difficile le déploiement des équipes humanitaires, et
les relations entre les O.N.G. et l’Etat hôte peuvent rapidement devenir tendues.
Par leur présence sur le terrain, leur rôle opérationnel est souvent alliée à une
stratégie de communication bien élaborée et ciblée.
Le déploiement des équipes a parfois permis de qualifier une situation
d’ « urgence » alors qu’elle n’aurait pas autrement été prise en considération.
C’est pourquoi, mis à part de très rares cas d’urgences déclenchées pour des
phénomènes physiques mesurables (tsunami 2004), la qualification d’urgences
simultanées au niveau international n’intervient que très rarement.
PROTECTION CIVILE.
René Char
Les Matinaux XXI
Ces guides ont pour unique objet d’établir les connaissances actualisées relatives à
un champ d’activité, sans nécessairement tenir compte des domaines associés ou des
interactions à développer entre les différents services.
27
Un être humain victime d’un accident vasculaire cérébral ne peut avoir les mêmes chances de survie
selon s’il se trouve proche d’un hôpital adapté à ce type de soin, ou s’il est à des centaines de kilomètres
de ce type d’établissement.
28
Urgence de type médicale, alimentaire, ou de première nécessité (abri pour passer la nuit lorsque les
températures sont très en dessous de zéro par exemple).
29
En dehors des champs liés à une technicité particulière, tels que la médecine et la santé, les normes dans
des domaines spécifiques purification et production de l’eau, hygiène etc.
30
Guides Nationaux de Référence ou GNR en France pour les sapeurs pompiers, réalisés par la Direction de
la Sécurité Civile, et Normes NFPA rédigées par l’association nationale pour la protection contre le feu aux
Etats-Unis.
| 30
Mêmes les sociétés les plus fermées sont susceptibles de se retrouver, bien malgré
elles, au centre de la crise.
31
Les Organisations Non Gouvernementales humanitaires, ainsi que les mouvements de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge ont élaboré le projet Sphère en 1997, qui définit la charte humanitaire et les standards
minimums définis pour la réponse aux catastrophes.
32
Rapport d’information du Sénat Numéro 195 Session Ordinaire 2003-2004 fait au nom de la mission
commune d’information « La France et les Français face à la canicule : les leçons d’une crise ». Par Mme
Valérie LÉTARD, MM. Hilaire FLANDRE et Serge LEPELTIER
33
Audition de M. Patrick PELLOUX, président de l’association des médecins urgentistes hospitaliers de
France.
(17 décembre 2003).
34
Devenu depuis Président de la Croix-Rouge Française.
35
Indépendamment de sa légitimité ou de sa forme politique, comme cela a été constaté lors de la crise
dûe au typhon «Rangoon » en mai 2008 survenue en Birmanie, sous la contrôle de la junte militaire.
| 31
Or, pour la junte, la vulnérabilité était relative à une menace extérieure sous
forme d’agression militaire, en restant prés de la mer, la capitale était immédiatement
fragilisée en cas d’invasion étrangère.
Les dangers liés aux risques naturels ont été relégués par rapport à ceux d’une
agression militaire.
La nouvelle capitale a été épargnée par la catastrophe naturelle, alors que
l’ancienne capitale a été durement touchée par le cyclone « Nargis ».
La situation a été utilisée politiquement, pour justifier le bien fondé du choix de la
nouvelle capitale effectué par la junte, pour des raisons «de sécurité».
Cette position officielle n’a pourtant pas été prise immédiatement, puisque le
gouvernement Birman annonce, le 4 mai 2008, que le cyclone a provoqué seulement 200
disparus.
Quarante-huit heures plus tard, le 6 mai, l’O.N.U. estime que cette catastrophe
concerne plus de 22 500 morts et au moins 41 000 disparus.
Le bilan final pour la tempête tropicale 2008-0184 survenue les 2 et 3 mai fait état
de 38 366 décédés, 2 420 000 affectés et de plus de 4 000 millions USD36 de dégâts
matériels.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Le pouvoir justifie ainsi sa maîtrise sur l’évènement, mais surtout ne peut admettre
qu’une défaillance puisse survenir, ou alors il lui faudrait la justifier.
Le gouvernement n’hésitera pas à user de la « double victimisation» :
Les victimes sont fautives, puisqu’elles n’ont pas suivi les élites dans
la nouvelle capitale…
Les victimes n’ont pas réellement à être prises en considération,
puisqu’il s’agit de citoyens irrespectueux et déviants, incapables de
suivre les directives du gouvernement pourtant prévoyant.
Cette nouvelle prise de position officielle n’a pas été immédiate, elle a été
employée pour ralentir l’aide humanitaire et les offres de secours qui proviennent de
nombreux états, d’O.N.G., de l’O.N.U. et de l’A.S.E.A.N37.
36
Estimation réalisée par le CRED (Centre for Research on the Epidemiology of Disasters) de l’Université
Catholique de Louvain, associé à l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) grâce à sa base de données
EM DAT (Emergency Events Data Base).
37
Association des Pays du Sud Est de l’Asie.
| 32
Opposante au régime, Aung San Suu Kyi, par ailleurs lauréate du prix Nobel de la
Paix, alors assignée à résidence, a estimé que ce référendum était un subterfuge.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Les sinistrés des zones touchées par « Nargis », réfugiés dans les écoles, ont été
chassés en prévision du scrutin en mai 2010, montrant l’intérêt porté par le
gouvernement à l’organisation du référendum et le désintérêt marqué pour l’aide aux
victimes.
La junte avait prévu d’utiliser les écoles comme bureaux électoraux.
La majorité de la population dormant toujours dans des tentes plantées près de
leurs maisons effondrées, s'entassant dans des monastères ou dans d’autres abris de
fortune, n’a pas été pris en compte, et n’a pratiquement pas reçu d’aide sanitaire ou
alimentaire.
38
Mission à laquelle participe le secrétaire général de l’A.S.E.A.N. ; Arjun Katoch, Chef de la Branche des
Urgences U.N.O.C.H.A. et Adelina Kamal, du secrétariat de l’A.S.E.A.N., en charge des catastrophes
naturelles.
39
Fournies par U.N.O.S.A.T.
40
En témoigne les nombreuses associations d’aide aux victimes sur différents sujets (accidents de la vie
courante, de la route, de l’inceste etc…) et leur regroupement en fédération, l’I.N.A.V.E.M..
41
Agence France-Presse, « En pleine tragédie, la junte fait voter pour prouver son pouvoir », 10 mai 2008.
42
Associated-Press, « La Croix-Rouge redoute jusqu'à 128 000 morts » 15 mai 2008.
| 33
Bien entendu, les réponses apportées sont différentes en fonction des sociétés,
des valeurs partagées, des conditions de vie, des normes et des formes politiques
retenues.
Anticiper sur la définition de ses besoins pour faire face aux urgences
futures.
43
Lors des inondations de la capitale indonésienne, Jakarta, en 2006, plus de 100 000 victimes vivent sur les
berges des fleuves confluents. Pour la plupart migrants internes, sans titre de séjour leur permettant d’y
résider légalement. A ce titre le gouvernement provincial y trouve une raison suffisante pour y consacrer
des moyens a minima.
44
Rupture du barrage de Malpassé en 1957 (Var), Explosion AZF (2001), Explosion de la navette Challenger
(1986).
45
On estime que 5 à 7 millions de produits chimiques différents sont connus dans le monde et qu’au moins
400 millions de tonnes sont produites chaque année. En Amérique du Nord, au moins 1 200 nouveaux
produits chimiques sont mis au point chaque année selon la brochure le l’Organisation Internationale du
Travail (O.I.T.) « Les produits chimiques sur leur lieu de travail » Page 1.
46
La biologie synthétique est susceptible de créer des nouvelles formes de vies, qui ne pourront être
étudiées qu’une fois produites. Il est d’actualité de déposer des brevets de nouvelles formes de vies,
encore inconnues, résultant des progrès du génie génétique.
| 34
47
C’est le cas par exemple en Indonésie, où la police nationale a été créée en 2000, et dotée de cadres
issus de l’armée qui remplissaient ce rôle jusqu'alors. C’est aussi le cas de la gendarmerie dans de
nombreux pays occidentaux, qui assure des missions de police bien qu’elle soit dotée d’un statut militaire.
48
Actions de secours en mer et en montagne notamment.
49
La police nationale Française est apparue en 1945, suite à l’unification des polices municipales en France,
et en Indonésie, la Police a été de 1945 à 2000 exercée par l’armée.
50
Premier Ministre en France.
51
Eurofor, Brigade Franco Allemande, Programmes Européens d’Armement Communs.
52
Interpol, Europol Collège Européen de la Police.
53
Eurojust.
54
« Patriot Acts » de 2003 créant les statuts de combattant ennemi et combattant illégal, qui permet au
gouvernement des États-Unis de détenir sans limite et sans inculpation toute personne soupçonnée de
projet terroriste.
| 35
Prenons l’exemple d’un citoyen européen souhaitant voyager avec son véhicule
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Le citoyen sait également que les pays européens possèdent de forts accords en
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
matière de défense Euroforce ou encore plus intégrés dans le cas de la Brigade franco-
allemande.
Lorsqu’un citoyen se déplace en voiture dans un pays européen autre que le sien,
et qu’il est victime d’un accident, il ne dispose que de peu d’informations et ignore à peu
près tout de la manière dont les choses vont se passer.
Il ne peut donc réagir de façon adaptée face à l’évènement.
Au niveau européen, les services d’urgence, n’ont pas de système commun
d’échange d’informations.
Il peut s’agir de dégâts matériels ou corporels, seul l’Etat ou l’accident est arrivé
est capable de procéder à l’analyse les données.
Celle-ci permet d’envisager et de proposer des mesures d’amélioration dans les
transports, et éventuellement, de conserver ces données.
Aucun mécanisme commun de partage d’information n’existe, au niveau européen
ou n’est en cours de mise en œuvre, exception faite pour le numéro d’appel d’urgence
européen55et du système d’assistance entre les états, dénommé C.E.C.I.S.56.
C.E.C.I.S. permet uniquement de faciliter la communication entre le M.I.C.57 et les
autorités nationales des pays membres européens dans le domaine de la protection civile.
55
Le 112 a été créé par la Décision du Conseil 29 Juillet 1991 visant à introduire un numéro européen
unique d’appel en cas d’urgence (91/396/EEC).
56
C.E.C.I.S. ou Common Emergency Communication and Information System.
57
M.I.C. ou Monitoring and Information Center, situé à Bruxelles, pour la protection civile au niveau
européen.
| 37
Le citoyen européen ignore à peu près tout des secours qui viendront lui porter
assistance lors de la phase d’urgence qui le concerne.
S’il peut s’agir d’une prise en charge matérielle, il est également possible qu’il soit
nécessaire de l’extraire de son véhicule accidenté et le prendre en charge alors qu’il est
blessé.
Il semble légitime que tout citoyen européen puisse avoir la réponse à des
questions de base.
Celles-ci sont fondamentales, tant pour sa sécurité que pour celle de sa famille
lorsqu’il voyage dans l’espace protégé et normalement sécurisé de l’Union Européenne.
Les questions fondamentales et légitimes que tout citoyen européen peut se poser
peuvent être, ainsi :
Quels sont les moyens dont ce service dispose et qu’il est capable de
mettre en œuvre immédiatement ?
Quel est le temps moyen d’arrivée sur place des secours sur le lieu de
l’accident ?
Le niveau technique de la prise en charge des victimes par les services de secours
ne fait pas l’objet de comparaison, ou d’évaluation sur des bases communes, au niveau
européen.
Il faut remarquer que ce type de rapport, relatif à la qualité des services rendus à
la population dans le domaine des urgences, n’est pas systématique non plus, à l’intérieur
de la majorité des Etats-membres.
Quelques pays tiennent à jour des statistiques nationales, relatives aux délais
d’intervention minimum, du temps nécessaire à la diffusion de l’alarme et de l’alerte,
des moyens de secours engagés a priori, du suivi des moyens opérationnels, de
l’assistance aux étrangers.60
Les formations des sauveteurs, les moyens techniques disponibles (outils de
désincarcération, évacuation médicalisée ou effectuée par les auxiliaires de santé ou des
secouristes), sont à la charge des Etats-membres sans que ceux-ci ne disposent de
systèmes d’échanges, de protocoles,61 de contrôles ou de validation communs.
58
Centre de Traitement des Alertes.
59
S.D.I.S. ou Service Départemental d’Incendie et de Secours, instauré par la loi n° 96-369 du 03/05/96
relative aux services d'incendie et de secours (J.O. du 4 mai 1996).
60
Indicateurs des Services d’Incendie et de Secours, réalisés par la Direction de la Sécurité Civile.
61
A l’exception des protocoles transfrontaliers pour les opérations d’urgence courante, sans comparaison
des services de secours.
| 39
Le citoyen européen ignore donc à peu près tout de sa propre sécurité, dès qu’il
est hors de son pays d’origine, même parfois à l’intérieur de son pays d’origine.
En matière de réponse aux urgences, il semble donc qu’il n’existe pas de règles
communes, de normes partagées, de critères définis sur des bases techniques ou
politiques, et la liberté d’entreprendre est donc totale, ce qui apparait vraiment
paradoxal.
De nombreux systèmes concernant l’intervention d’urgence ou sa préparation se
sont développés, coexistent et parfois se sont imposés dans certains pays, comme modèle
unique62.
Mais dans de très nombreux cas, le pays d’accueil est submergé par les
problématiques internes, et n’est pas en mesure de se positionner clairement et de
réaliser les choix, souvent attendus, par la communauté internationale et ses acteurs de
l’urgence.
« Savoir que l’on sait ce que l’on sait, et savoir que l’on ne sait pas ce que l’on ne sait
pas : voilà la véritable science. »
Confucius
Entretiens
« Pourquoi attendre la pire pour se préparer aux risques ? Ne peut-on en prendre pour la
paix d’aussi grands que ceux qu’il faudra courir pour la victoire ? Si le moment favorable
est perdu, par une hésitation, si bien intentionnée soit-elle, si la guerre vient, comme
elle peut venir, peut être incessamment, combien seront vains les reproches et les
regrets, combien tragique le destin de l’humanité. »
Sir Winston Churchill
Lettre du 15 septembre 1938
La crise européenne.
La protection civile fait partie de notre quotidien, mais pourtant il est difficile de
la définir avec précision.
Cette situation a des causes ancrées profondément dans chaque société, souvent
depuis des temps très anciens.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Ce retard n’a pas été comblé jusqu’à aujourd’hui, et dans le monde des idées et de
la pensée, un décalage subsiste (1).
Toutefois, il faut étudier si des points communs sont perceptibles dans les
différentes formes d’organisation de la protection (2).
66
Consacré : va de pair avec le sacrement (le préfixe « con » signifiant « avec »).
| 45
«...J'ai envie d'ouvrir le texte... Il est écrit : Au commencement était le verbe ! Ici, je
m'arrête déjà ! Qui me soutiendra plus loin ? Il m'est impossible d'estimer assez ce mot,
le verbe ! Il faut que je le traduise autrement, si l'esprit daigne m'éclairer. Il est écrit :
Au commencement était l'esprit ! Réfléchissons bien sur cette première ligne, (...)
L'esprit m'éclaire enfin ! L'inspiration descend sur moi. Et j'écris tout simplement : Au
commencement était l'action ! »
Les grandes religions monothéistes ont toutes considéré que le secours ne pouvait
provenir que du Divin (A).
Il faudra attendre près de deux millénaires, vers le 18ème siècle, pour que les
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
philosophes décident d’étudier le sujet et considèrent qu’il s’agit d’un devoir, pour
l’homme, de tenir également un rôle dans ce domaine (B).
Les sociétés ont cherché aussi à se prémunir contre les caprices de la nature et
les catastrophes, souvent par des mesures de prévention, rarement en cherchant à
développer leur système de secours (D).
« Définissez d’abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j’y crois. »
Albert Einstein
L’organisation de la sauvegarde des vies humaines au cours des siècles suscite peu
d’intérêt, aucune étude historique exhaustive sur ce sujet n’a encore été menée.
Quelques exemples, parfois éloignés de plus de 500 ans, illustrent que nos
services de secours et d’urgence actuels continuent à œuvrer sur des problématiques
connues depuis très longtemps, ce qui rend l’absence d’étude à ce sujet encore plus
paradoxale.
67
« La peur. Histoire d’une idée Politique » Corey Robin, Edition Pluriel, Hachette2006, Page 17.
| 46
Plus tard, au temps des croisades, vers 1080, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem,
ou ordre de l’Hôpital, est créé.
Il sera à l’origine de tous les autres ordres de Saint-Jean et des ordres de Malte.
A la même époque, en France, l’Ordre des hospitaliers du Saint-Esprit, connu sous
le nom de Frères hospitaliers, est fondé, vers 1180 à Montpellier, par Guy de Montpellier
dans le but « d’accueillir les enfants abandonnés, les pauvres et les malades »
Il faudra attendre François 1er, pour qu’une évolution ait lieu, passant de l’accueil
au recueil. La création du grand bureau des pauvres en 1544 constitue une réelle
innovation, puisque ce service est chargé d’aller chercher les malades indigents à
domicile pour les amener à l’Hôtel Dieu.
arrêt cardiaque.
68
Flavius Mauricius Tiberius Augustus (539 - 27 novembre, 602), empereur byzantin qui régna de 582 à 602.
69
Mauricius, créateur du « Stratégikon », manuel pratique en 12 volumes à l’usage des troupes montées
byzantines, initia le concept militaire du « bras combiné » consistant à employer diverses armes (cavalerie,
infanterie etc..) sur un champ de bataille de façon coordonnée.
70
Barbiers, à l’époque.
| 47
Gilbert Cesbron
Dans le passage biblique suivant, la victime est menacée par une bête sauvage, (ce
qui constituait un risque relativement courant à cette époque).
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
71
Psaumes 7.3 bible traduite en français, version Louis Segond 1910.
72
Ancien Testament » Le Pentateuque » Deutéronome » chapitre 28 » verset 29.
73
La réforme du secourisme en France des années 1999 visait à former 80% de la population aux gestes de
premier secours.
74
Ancien Testament » Les Livres poétiques » Psaumes » chapitre 22 » verset 12.
| 48
Le secours pouvant être donné par l’homme à un autre homme semble donc vain,
inutile, au mieux il s’agi d’un réconfort moral.
« Donne-nous du secours contre la détresse ! Le secours de l'homme n'est que vanité75. »
L’explication donnée ici est lumineuse : le secours ne peut donc provenir des
hommes, qui en sont incapables, et qui manquent d’humilité, mais seulement du Très
Haut,
«J'espère en ton secours, ô Éternel!76 ».
Seul Dieu décide de porter secours, s’il est imploré ».
Cette irruption du Divin qui s’impose comme seul sauveur pour les hommes est
puissamment ancrée, puisque un autre passage explique comment recevoir du secours :
« Ils reçurent du secours contre eux, et les Hagaréniens et tous ceux qui étaient avec eux
furent livrés entre leurs mains. Car, pendant le combat, ils avaient crié à Dieu, qui les
exauça, parce qu'ils s'étaient confiés en lui77. »
Exceptionnellement, le secours peut être fourni par l’homme afin d’aider ses
semblables.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
« Ils prêtèrent leur secours à David contre la troupe [des pillards Amalécites], car ils
étaient tous de vaillants hommes, et ils furent chefs dans l'armée78».
75
Ancien Testament » Les Livres poétiques » Psaumes » chapitre 60 » verset 13.
76
Ancien Testament » Le Pentateuque » Genèse » chapitre 49 » verset 18.
77
Ancien Testament » Les Livres historiques » 1 Chroniques » chapitre 5 » verset 20.
78
Ancien Testament » Les Livres historiques » 1 Chroniques » chapitre 12 » verset 21.
| 49
Blaise Pascal
On estime qu’au temps du Christ la population de la terre atteignait déjà les 100
millions d’habitants, à cette époque, il ne pouvait s’agir que d’estimation
concernant le monde méditerranéen et au mieux européen.
L’accroissement de la population atteindra un milliard en 1830, puis deux milliards
en 1930, pour dépasser les 6 milliards en 2010.
La destruction, si elle devait survenir aujourd’hui aurait un « facteur humain »
soixante fois plus important qu’aux temps bibliques.
D’autre part une fois ce choix effectué, l’homme est protégé puisqu’il a exprimé sa
foi et sa fidélité.
La protection accordée est pleine et entière, plus rien de fâcheux ne peut arriver à
celui qui a fait preuve de foi.
Dans les deux cas, l’éventualité même que les hommes des temps bibliques
puissent organiser une entraide ou un système de secours collectif reste donc
hypothétique et très secondaire80.
79
Nouveau Testament, « Apocalypse » Chapitre 21 - verset1.
80
L’interdiction du prêt usurier pour les catholiques est à comparer avec le mouvement de la réforme
protestante qui l’autorise, se basant peut-être sur une notion différente du secours, cette fois considérée
selon un aspect financier.
| 50
« Mais, grâce au secours de Dieu, j'ai subsisté jusqu'à ce jour, rendant témoignage devant
les petits et les grands, sans m'écarter en rien de ce que les prophètes et Moïse ont
déclaré devoir arriver 81».
Dieu décide du destin des hommes, dont le choix est limité et consiste
obligatoirement à s’allier au Très Haut, selon l’Ancien Testament.
Cette obligation est également est également attestée dans le Nouveau Testament.
« Il n’y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont le Christ Jésus. La loi
de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a affranchi de la loi du péché et de la
mort82».
Saint Augustin
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Le livre saint de l’Islam délivre ensuite le message que le secours ne peut provenir
que du très haut, puisqu’une autre Sourate précise :
« Lorsque le secours vient de Dieu, ainsi que la victoire, et que tu vois les gens entrer par
légions dans la religion de Dieu, alors par la louange, chante pour ton Seigneur, et
implore Lui son pardon. Il demeure grand accueillant au repentir85. »
81
Nouveau Testament « Les Actes des Apôtres » Chapitre 26 - verset 22.
82
Nouveau Testament « Romains » Chapitre 8 – verset 1.
83
Coran Sourate 1 Prologue (Al-Fatiha) – 5
84
Coran Sourate 98 - 6
85
Coran Sourate 110 intitulée « le secours ».
| 51
Lao Tseu
Toa-tö king XIV86
Les spécialistes considèrent en général que les trois plus illustres philosophes
taoïstes sont Lao-Tseu, Tchouang-Tseu et Lie-Tseu.
Ceux-ci sont longtemps restés difficiles d’accès, considérés par les plus éminents
traducteurs comme «intraduisibles».
Pourtant leur approche est unique, en ce sens que loin de vouloir agir sur les
causes, ou sur des mesures de prévention de l’évènement, ou du risque comme nous
l’entendons dans nos sociétés occidentales, ils considèrent que la survenue de tels
évènements est la résultante de déséquilibres.
Selon eux, il est nécessaire de rétablir l’équilibre, plutôt que d’essayer vainement
d’agir sur des conséquences visibles.
« Le déséquilibre du yin et du yang détraque l’univers : c’est ainsi que le tonnerre
gronde et que la foudre éclate89 »
Cette approche ne nous est guère familière, mais la notion de cycle naturel est
importante pour les taoïstes, tout comme la notion des « choses » qui sont à la fois
immuables et changeantes.
«Mais celui qui ne recule pas devant un cataclysme, qui se jette dans le feu sans
sourciller, sait-il que la distinction entre le prince et le sujet n’est qu’affaire de
circonstances et que l’avènement d’une génération nouvelle réduit à néant les
conventions sociales en crédit dans la génération précédente90 ? »
86
Page 16, « Philosophes taoïstes tome 1 » Juillet 2010 Editions La pléiade NRF Gallimard ISBN 978–2–
010683-7.
87
René Étiemble (1909 -2002), écrivain, linguiste et universitaire français, sinisant, éminent spécialiste du
confucianisme et du haïku, initiateur de la littérature comparée, il fut l’un des grands éditeurs chez
Gallimard.
88
« Philosophes taoïstes tome 1 »Avant propos page XI Juillet 2010 Editions La pléiade NRF Gallimard ISBN
978–2–010683-7.
89
Tchouang-Tseu «L’œuvre complète» page 295 « Philosophes taoïstes tome 1 » Juillet 2010 Editions La
pléiade NRF Gallimard ISBN 978–2–010683-7.
90
Tchouang-Tseu «L’œuvre complète» page 299 « Philosophes taoïstes tome 1 » Juillet 2010 Editions La
pléiade NRF Gallimard ISBN 978–2–010683-7
| 52
« Eliminer l’histoire, la nature, la société, les exigences de solidarité, tout sauf ce que je
trouve en moi, revient à éliminer tout ce qui pourrait compter. Je pourrai me définir une
identité qui ne sera pas futile seulement si j’existe dans un monde dans lequel l’histoire,
les exigences de la nature, les besoins de mes frères humains ou mes devoirs de citoyens
comptent vraiment. »
Charles TAYLOR
Le malaise de la modernité
Pendant la première période, l’insécurité était mieux acceptée, car volontiers liée
à la tragédie de l’existence humaine, et aux vicissitudes de la destinée.
Cette situation résulte d’une part de l’évolution des mentalités, d’autre part par
l’efficacité des mesures répressives, le développement de l’ordre public, ou celui des
limites territoriales.
L’insécurité est moins tolérée car cette période correspond à celle des guerres de
l’épopée de Napoléon Bonaparte (1799-1815), et le besoin d’assurer la sécurité des
citoyens s’accroît de facto.
Par similarité, pour le monde civil, le développement de l’ordre public va de pair
avec l’émergence des consciences nationales, et celui de sentiments patriotiques
puissants.
Enfin les limites territoriales sont modifiées, suite à l’effondrement des anciens
empires espagnol et portugais.
Le second Empire colonial français, le premier Empire allemand se forment, alors
que l’Empire britannique connaît une forte expansion, et que l’unité italienne se
construit.
Dans le pacte social de Jean Jacques Rousseau, le lien fondamental de base réside
donc tout d’abord dans la volonté individuelle, et sa démultiplication à tous les citoyens
permet d’atteindre la cité juste.
Ils ont été analysés par Alexis de Tocqueville dans son étude sur la démocratie
américaine92.
De même, la création de la « société d’individus » de Thomas Hobbes trouve sa
justification dans le besoin de protection collectif.
Toute société est tout d’abord créée pour lutter contre l’insécurité totale qui
régnerait sans elle.
91
Community Prepardness.
92
« De la Démocratie en Amérique » 1835-1840.
| 54
Ainsi l’idée formulée par John Locke, de l’abstention de l’Etat dans la vie
religieuse pour que les populations vivant dans le même Etat puissent avoir les mêmes
droits, attendra plus de deux siècles.
Pour Robert Castel, sociologue français et membre de l’Ecole des Hautes Etudes
en Sciences Sociales (E.H.E.S.S.) « les sociétés modernes sont construites sur le terreau
de l’insécurité parce que ce sont des sociétés d’individus qui ne trouvent, ni en eux-
mêmes, ni dans leur entourage immédiat, la capacité d’assurer leur protection93.»
Il semble donc qu’un lien existe entre l’entrée de l’individu dans la modernité,
l’exacerbation de l’individualisme avec pour conséquence le renforcement du sentiment
de vulnérabilité.
L’hyper-individualisme entraîne également une hyper-fragilité, car il conduit à se
renfermer sur soi même, et peut aboutir à une incapacité à établir des relations avec
l’autre.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Cette tendance est perceptible dans nos sociétés qui affirment être plus sûres,
pouvant protéger le citoyen de manière infaillible, alors que les nouveaux risques
prolifèrent.
fondamentales.
94
La communauté des Citoyens. Sur l'idée moderne de nation Dominique Schnapper.
| 56
Il en est ainsi de la France dans l’arrêt Nicolo du Conseil d’Etat en 1989 qui pose
ce principe.
Or l’action collective des Européens est limitée par les intérêts de chaque Nation.
Selon Johan Gottfried Herder, la Nation répond au besoin fondamental chez l’être
humain, d’appartenance à un groupe.
95
« La société des individus » Norbert Elias, Paris Fayard 1991 page 261.
| 57
Renan estimait que « Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel », elles
agissent pourtant comme si elles étaient immortelles.
L’Europe des Nations a été dessinée par le traité de Westphalie en 1648
concluant la guerre de Trente ans, puis arrêtée par le congrès de Vienne en 1815, à la
suite des guerres de Révolution et de l’Empire.
De légères modifications seront apportées par les traités qui sanctionnèrent la fin
de la première guerre mondiale.
Les nations de l’Europe Centrale et orientale ont obtenu leur indépendance en
1919 et 1920 à la suite de la défaite militaire des empires austro hongrois et turc et leur
dissolution.
Paradoxalement, on défend aujourd’hui la guerre au nom des droits de l’homme.
C’est ainsi que le ministre des Affaires Etrangères Français, Bernard KOUCHNER,
décide d’envoyer un navire militaire français pour secourir les populations de Birmanie,
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Pour le sociologue allemand Ulrich Beck, les Etats estiment que « Ayant la morale
pour soi, la morale des droits de l'homme, on a aussi le droit d'user de la force militaire 97
».
Les guerres actuelles ont, plus que des enjeux moraux, des raisons
géostratégiques.
96
Hardt Michael. et Negri Tony, "Empire", Paris, 10/18, 2000, p. 63
97
Ulrich Beck L., "Pouvoir et contre-pouvoir à l'heure de la mondialisation", Paris, Flammarion, 2003, p.427.
98
Cohen S., "La résistance des Etats ", Paris, Seuil, 2003 p.120
| 58
« Ceux-là s’abusent lourdement qui s’imaginent que ce ne sont là que des affaires de
cérémonies.
Les peuples sur qui nous régnons, ne pouvant pénétrer le fond des choses, règlent
d’ordinaire leurs jugements sur ce qu’ils voient au dehors et c’est le plus souvent sur les
préséances et les rangs qu’ils mesurent leur respect et leur obéissance. »
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Louis XIV
Mémoires
Dans le cadre de notre approche, nous nous limiterons uniquement aux régimes
démocratiques et républicains.
La France fera l’objet d’une attention particulière.
La raison en est pragmatique et liée aux trente années d’expérience de l’auteur
de ce travail.
Elles se sont accumulées dans le domaine du secours en France en particulier, sans
oublier bien sûr les années passées à l’étranger dans le même domaine d’action.
Dans une première partie, nous évaluerons, le positionnement social des acteurs
de secours au sein des institutions françaises (1), et dans une seconde partie, nous
envisagerons le type de rapports entretenus par ces acteurs avec les valeurs
fondamentales de la République (2).
Quels sont les rapports des acteurs de secours, toujours en prise directe avec la
population avec les principes fondateurs de la République, notamment ceux de liberté,
d’égalité, de fraternité ?
« Je vous exhorte, frères, à tenir tous un même langage et à ne point avoir de divisions
parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même sentiment. »
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Corinthiens
1:10
La devise romaine « Cedant arma togae99 » illustre d’ailleurs le fait que les
vainqueurs militaires, dignement célébrés lors de leur retour à Rome, demeuraient
toutefois sous l’autorité du puissant Sénat romain.
Pour les deux assemblées parlementaires françaises, la Garde Républicaine, à
l’ouverture de chaque séance, rend les honneurs100 au Président de la séance, consacrant
ainsi le même cérémonial que celui rendu au Sénat romain.
Peut être faut-il y voir une preuve de changement de sens, mais aussi, très
certainement, de dimension.
Changement de sens, en premier lieu, car l’égalité affirmée par la Révolution se
traduit dans les faits : tout citoyen est susceptible d’être « reconnu » en fonction
de ses mérites et des attributions qui lui ont été confiées.
Changement de dimension ensuite, car cette nouvelle marque d’estime est
octroyée aux fonctionnaires de la République, mais également à tous les autres
citoyens, sous réserve de mérites particuliers.
Les honneurs militaires sont, quant à eux, définis par le décret du 28 décembre
1875 portant règlement sur les rangs, préséances et honneurs des autorités militaires dans
les cérémonies publiques et réunions officielles et seront complétés par le décret du 4
octobre 1891.
De nouvelles modifications de l’ordre protocolaire apparaissent sous l’impulsion de
Georges Clémenceau105, notamment lorsque le décret du 16 juin 1907106 est promulgué.
Toutefois, ce décret restait fidèle au décret Napoléonien.
99
« Les armes cèdent à la toge ».
100
Règlement du 27 nivôse an IV, instauré par Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul.
101
Sacré le 26 juillet 1547 à Reims, son règne débouchera, à sa mort, sur les guerres de religion.
102
«Le Ballet de la République » Rosso Romain, L’Express, Publication du 10 août 2000.
103
Le 18 mai 1804.
104
24 messidor de l’An XII ou 13 juillet 1804.
105
Ce décret sera signé ar le Président de la République Armand Fallières.
106
Décret relatif « aux cérémonies publiques, préséances et honneurs civils et militaires dans la métropole
» (in Bulletin des Lois).
| 61
Mais l’attribution de la Légion d’Honneur est plus aisée pour les personnels
directement rattachés à un ministère, à la différence des personnels rattachés aux
hôpitaux, ou à des établissements publics.
107
Décret n° 89-655 du 13 septembre 1989, relatif aux cérémonies publiques, préséances, honneurs civils et
militaires. NOR PRMX8900039D.
108
Décret n°95-811 du 22 juin 1995 et n°95-1037 du 20 septembre 1995.
109
Décret 2010-116 du 4 février 2010 modifiant le décret 89-655 du 13 septembre 1989 modifié relatif aux
cérémonies publiques, préséances, honneurs civils et militaires.
110
Décret 2010-687 du 24 juin 2010 relatif à l’organisation et aux missions des services de l’Etat dans la
région et les départements d’Ile de France.
111
S.D.S.I.S., Service Départemental d’Incendie et de Secours. C.C.F.F. Comité Communaux Feux de Forêts.
112
S.M.U.R. Service Mobile d’Urgence et de Réanimation, S.A.M.U. Service d’Aide Médicale d’Urgence.
113
Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris, B.S.P.P. ; Bataillon des Marins Pompiers de Marseille ; B.M.P.M.,
FOR.MI.S.C., Formations Militaires de la Sécurité Civile.
114
Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris, B.S.P.P. ; Bataillon des Marins Pompiers de Marseille ; B.M.P.M.,
FOR.MI.S.C., Formations Militaires de la Sécurité Civile.
115
F.N.R.A.S.E.C. Fédération Nationale des Radio amateurs de la Protection Civile, F.N.P.C. Fédération
Nationale de la Protection Civile, C.R.F. Croix Rouge Française soit plusieurs dizaines de milliers de citoyens
particulièrement attachés à la réalisation de missions de secours à tous les niveaux (local, départemental,
national et international).
| 62
Ce n’est pas non plus le cas des acteurs principaux du secours, les sapeurs
pompiers, qui sont des fonctionnaires territoriaux, dont la gestion administrative est
réalisée par leur établissement public de rattachement, le Service Départemental
d’Incendie et de Secours.
Malgré un lien de rattachement assez distendu au Ministère de l’Intérieur116, il
n’existe pas de chancellerie nationale pour les sapeurs pompiers.
Pourtant, la mise en place de cette structure, chargée de centraliser les demandes
de récompense émanant des Préfets, permettrait de veiller à ce que les acteurs
principaux du secours ne soient pas sous représentés, comme c’est actuellement le cas.
L’Ordre national du Mérite (O.N.M.) est plus récent, institué par le Général De
Gaulle, lorsqu’il était Président de la République.
L’O.N.M. est destiné à récompenser les mérites distingués, acquis soit dans une
fonction publique, civile ou militaire, soit dans l’exercice d’une activité privée.
Pour les mêmes raisons, que celles évoquées dans l’Ordre de la Légion d’Honneur,
les propositions de nomination et de promotion dans l’ordre national du mérite sont
présentées au Président de la République, Grand Maître de l’Ordre, par les différents
ministres117.
Par conséquent, l’attribution de l’Ordre national du Mérite aux personnels des
services de secours, et des organismes qui leur sont rattachés est donc particulièrement
faible.
116
La Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises comprend une Direction des
Sapeurs-Pompiers, chargée de la gestion de la carrière des officiers, de l’organisation des concours, et de
l’élaboration des textes règlementaires, mais les sapeurs-pompiers territoriaux dépendent tous d’un service
départemental d’incendie et de secours.
117
Article 11 du Décret n°63-1196 du 3 décembre 1963 portant création d’un Ordre National du Mérite.
118
Plus connue sous les termes de bouche-à-bouche, bouche–à-nez, bouche-à-bouche et nez.
| 63
Les acteurs de secours y adhèrent, leur action quotidienne donne la preuve de leur
engagement.
Le Code de la Défense élargit cette notion : il précise dans son article L 4211-1 que
« les citoyens concourent à la défense de la Nation. »
Le principe de porter secours à autrui peut-il être considéré comme un acte
participant à la défense de la nation ?
La réponse est affirmative, si l’on en juge par les récompenses accordées aux
personnels des forces armées, de la gendarmerie ou d’autres institutions militaires, dès
lors qu’une vie a pu être sauvée grâce à l’action de l’un d’entre eux.
Les citoyens, politiquement égaux, devraient donc bénéficier d’un accès aux
secours équivalent sur l’ensemble du territoire national.
La réalité au quotidien est différente, et l’évaluation du service rendu à la
population dans ce domaine ne fait pas encore l’objet d’études ni qualitatives (niveau de
formation, réponse apportée, types de moyens déployés), ni quantitatives (nombre de
personnel envoyé par rapport à une mission type, nombre de personnes secourues, temps
d’arrivée sur les lieux, etc.)
Dans un autre domaine, étroitement lié à la défense, pour les besoins de son
financement, l’Etat élabore les dispositions du droit fiscal.
Aujourd’hui, ces champs spécifiques du droit échappent en partie aux législations
nationales.
Les directives européennes, par exemple, limitent les prérogatives des états
membres et encadrent les éventuels impacts des politiques fiscales, réduisant d’autant le
champ d’action.
Ces mécanismes ont par ailleurs des effets bénéfiques au niveau macro-
économique, pour l’ensemble de l’Europe.
Pour les services de secours, leur mode de financement fait aujourd’hui débat.
Si le recours à un nouvel impôt spécifique a été évoqué, il n’a jamais été
réellement suivi, ni fait l’objet de débats de fond, en France, comme au niveau de
l’Union Européenne.
120
Articles L114-1 à L114-13 du Code de la Défense. Livre I Titre I Chapitre IV.
121
Article L 114-3 du Code de la Défense.
| 65
Les précisions apportées par l’article L114-1 du Code de la Défense, incluant dans
le cadre de l’enseignement dispensé par l’Education Nationale ne suffisent pas, elles
précisent pourtant que « les principes et l’organisation de la défense nationale et de la
défense européenne, et l’organisation générale de la réserve, font l’objet d’un
enseignement obligatoire ».
Le code de l’Education, reprend à son compte le même article123, sans plus de
succès.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
122
« L’EPLE et ses missions » - n°2006-100 décembre 2006 Rapport à monsieur le ministre de l’Éducation
nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (E.P.L.E. : Etablissement Public Local
d’Enseignement).
123
Article L 312-12 du Code de l’Education.
| 66
Montesquieu précise, dans son ouvrage « L’esprit des lois », que pour retirer le
pouvoir aux hommes, il faut le donner aux lois.
Dans ces conditions, le peuple doit se gouverner « comme si la raison se gouvernait
elle-même.125»
Pourtant cette liberté est critiquée par les socialistes, qui ne voient dans la
République qu’une idéologie bourgeoise, défendant les intérêts de sa classe au détriment
de la question sociale.
Alain estime quant à lui que les différences politiques sont en réalité aplanies
« La loi du les accidents du travail, la loi sur les retraites ouvrières, la loi sur les
associations sont des formules de bon sens, suggérées par des circonstances qui ne
dépendent point de ce que tel ou tel parti ou tel autre est au pouvoir, il y a des usines, il
y a un prolétariat, il y a des grèves ; une monarchie en a autant à montrer, et formuler
là-dessus à peu près les mêmes lois que nous126».
Pour Alain c’est le processus de critique publique des décisions du pouvoir, et non
les mesures de gestion du social qui caractérisent la République « Obéir en résistant,
c’est tout le secret. Ce qui détruit l’obéissance est l’anarchie, ce qui détruit la résistance
est tyrannie127…».
C’est donc la valorisation d’une citoyenneté active qui est permise par la liberté,
citoyenneté qui s’est peu à peu rapprochée d’un « humanisme civique ».
Ce dernier met l’engagement des citoyens au centre de la liberté, plutôt que de les
considérer comme jouissant passivement de leurs droits.
Il est d’ailleurs rappelé dans la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004,
puisque le citoyen est désormais le premier acteur de la sécurité civile.
Il est précisé que « La sécurité civile est l’affaire de tous » et que « toute personne
concourt, par son comportement, à la sécurité civile ».
Ce nouvel «humanisme civique» est également lié à l’irruption et au
développement des actions humanitaires dans les années 1970.
124
Charles-Louis de Secondat, Baron de Montesquieu « L’esprit des Lois »II, I.
125
Lucien Jaume « La liberté et la Loi » Paris Fayard, Page 260.
126
Alain, Propos d’un Normand 1912 Le Vésinet, Propos du 31 juillet 1912.
127
Alain, Propos d’un Normand 1912 Le Vésinet, Propos du 4 septembre 1912.
| 67
128
Conseil d’Etat, Rapport public 1991, EDCE, n° 43, pages 13 à 47.
129
Alexis de Tocqueville «De la démocratie en Amérique. »
130
Un des plus actifs représentants de cette tendance est Thomas Humphrey MARSHALL, sociologue
britannique.
| 68
Ceux-ci, à défaut d’établir les conditions d’accès égal aux services de secours sur
le territoire national (ou européen) auraient au moins l’avantage de pouvoir servir de
base de travail.
Certes, l’accès aux secours des citoyens est défini, en fonction du type d’accident
de la vie courante auquel ils sont confrontés, au travers de différents types de
documents, provenant de plusieurs administrations et réalisés à différents niveaux
géographiques :
Pour l’instant, ces deux systèmes n’ont aucun mécanisme de coordination établi,
et la consultation des différents services n’est pas prévue par les textes.
En effet, les S.D.I.S. n’ont ni la qualité de services de santé, ni celle
d’établissements de santé.
A l’inverse les services publics hospitaliers en charge de l’Urgence (S.A.M.U ou S.M.U.R.)
sont rattachés statutairement à un centre hospitalier et n’ont pas le statut
d’établissement public autonome détenu par les S.D.I.S.
131
Schéma Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques défini par l'article L. 1424-7 du Code
général des collectivités territoriales.
132
Schéma Régional d’Organisation des Soins, défini par l’article L1434-7 du Code de la Santé Publique.
133
Statistiques des Services d’Incendie et de Secours 2009, Direction de la Sécurité Civile, Page 8.
| 69
Dans de très rares cas, les systèmes d’information géographiques et les systèmes
opérationnels sont interconnectés, et efficacement utilisés, mais la plupart du temps,
pour des prétextes budgétaires, cette mise en commun n’est pas réalisée.
134
D.D.R.M. Document Départemental sur les Risques Majeurs,
135
P.P.R.N. Plan de Prévention des Risques Naturels.
136
P.P.R.T. Plan de Prévention des Risques Technologiques.
137
S.C.O.T. Schéma de Cohérence Territoriale.
138
S.D.A.U. Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme.
139
P.L.U. Plans Locaux d’Urbanisme.
140
P.O.S. Plan d’Occupation des Sols.
| 70
C’est dans ce sillon fécond que doit être rappelée la Constitution de 1793, qui
affirmait dans son article 21 «La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit
en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'existence à ceux qui sont hors
d'état de travailler »
Mais la Constitution du 24 juin 1793 n’entrera jamais en application.
Dans son préambule, portant sur la «Déclaration des droits naturels, civils et
politiques des hommes » l’article 24 précise que « Les secours publics sont une dette
sacrée de la société, et c'est à la Loi à en déterminer l'étendue et l'application.»
Le projet de Constitution Girondine prenait donc en considération le principe de
solidarité qui avait été très longtemps du ressort de communautés (familles, quartiers,
villages), de notables locaux, ou d’œuvres et d’associations religieuses.
sous l’idée d’une protection sociale étatique, qui sera consacrée après la seconde guerre
mondiale avec la création de la sécurité sociale.
C’est à la fin du XIXème siècle que cette doctrine prend place, sous l’impulsion de
Léon Bourgeois141 qui publie en 1896 son ouvrage, « Solidarité ».
Les lois autorisant les contrats d’association142 ont alors un énorme retentissement
sur l’organisation de la solidarité.
L’idée de l’Etat social, qui dépasse la contradiction entre le principe d’égalité et la
persistance des inégalités est en train d’émerger.
141
Ministre de la IIIème République à plusieurs reprises sous différents portefeuilles ; théoricien de la
radicalisation et du solidarisme, il écrit «Essai d’une philosophie de la solidarité »1902 ; «L’idée de
Solidarité et ses conséquences sociales » 1902 ; « La politique de prévoyance sociale » 1914.
142
Dont la célèbre Loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association, toujours en vigueur de nos jours.
143
Loi du 25 août 1871, dite « loi Freyssinet » et décret du 29 décembre 1871 qui institue des règles pour
les corps de sapeurs pompiers.
144
Le Moniteur Universel, Mardi 30 novembre 1830, page 1589.
| 71
A cette époque, il est donc indubitable que les gardes nationaux étaient intégrés
en tant que force publique.
C’est par un décret-loi, suite à la défaite de Sedan de juillet 1870, que la Garde
Nationale sera dissoute.
Les Gardes nationaux devront rendre leur armement, ce qui s’effectuera avec de
grandes réticences.
Ils seront transférés, sans aucune mesure d’accompagnement aux communes ou ils
étaient stationnés et celles-ci n’étaient pas préparées à les recevoir.
Ce transfert donnera naissance aux corps communaux de sapeurs pompiers.
C’est ainsi que la solidarité nationale naissante ne débattra pas du système de
secours, laissé à la libre appréciation des communes.
Il est compréhensible que les accidents du travail soient inclus, compte tenu
de leurs conséquences qui peuvent être importantes, et du lien avec
l’employeur, source de financement importante.
Par contre, les accidents de la vie courante ne sont pas nommés, laissés au
domaine assurantiel, indiquant ainsi que l’Etat laisse à des opérateurs privés
le soin de réaliser des polices permettant la couverture des citoyens les plus
prévoyants.
Ce choix est probablement lié au fait que les accidents de la vie courante sont
universels, et qu’ils touchent toute la population, sans exception, à tout âge de la vie.
En outre, les conséquences sur le plan financier peuvent être considérables.
Dès le milieu des années 1980 la société civile accroît son rôle dans le domaine du
secours aux personnes les plus vulnérables, ainsi se créent les « restaurants du cœur » en
1985, se renforce l’aide au logement (actions de l’abbé Pierre), ou se développe l’action
pour les biens de consommation élémentaires (Emmaüs).
Ces associations seront de véritables précurseurs de la vague des associations
humanitaires qui déferleront, notamment dans les pays en voie de développement, dès la
fin des années 1990.
| 72
La sécurité civile est pourtant une spécificité française, les autres pays préférant
le terme de protection civile pour désigner ceux qui sont chargés de prodiguer les
premiers soins et de réaliser les premières mesures d’urgence à la population.
En matière de défense de la sécurité des individus, un débat fondamental oppose
les tenants du renforcement des mesures sécuritaires et ceux qui dénoncent la dérive
sécuritaire.
Il s’agit d’une approche des désordres sociaux, ne désignant pas comme prioritaires
mesures de protection des populations lorsque celles-ci peuvent être victimes ou
blessées.
Par conséquent, il s’agit d’une mesure réductrice, alors qu’en général, l’approche
sécuritaire souhaite toujours être très large et a souvent été assimilée à la sûreté.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Cette sûreté a été captée par les forces chargées de la protection des citoyens
(Police, Gendarmerie) à l’intérieur de l’Etat, ou par celles chargées de leur protection
vis-à-vis de l’extérieur (Forces Armées).
La sûreté de la personne, vis-à-vis des accidents de la vie quotidienne ou des
maladies qui peuvent survenir et qui nécessitent l’assistance d’un tiers (infarctus du
myocarde par exemple) est curieusement négligée.
Le mot même de sécurité a une triple acceptation. Il peut désigner une situation
réelle d’absence de danger extérieur ; une représentation ou un sentiment de confiance ;
ou l’ensemble des mesures prises pour diminuer ces risques supposés ou avérés.
Par conséquent, les notions d’être hors de danger, se croire protégé ou être à
l’abri du danger recouvrent trois états bien différents.
A ce niveau, les forces armées, les forces de police et la protection civile ont une
approche totalement identique.
Malgré cette concorde sur cette approche fondamentale la protection civile est
absente au niveau des concepts sécuritaires.
Sans que la sécurité représente un repère dans la devise officielle de la
République, elle occupe depuis longtemps une position centrale.
146
Ministre de l’Intérieur de 1974 à 1977.
147
Jean Jacques GLEIZAL « Police d’ordre, Police de Sécurité » 1989 Dossier «Obsession sécurité» revue
Autrement n°104, Collection Mutations.
148
Article 1 de la Loi n°95-73 du 21 janvier 1995 d’orientation et de programmation relative à la sécurité
NOR :INTX9400063L.
| 74
Les précisions apportées par l’annexe I de la loi de 1995 sont importantes pour au
moins trois raisons :
149
Ecole Nationale Supérieure de la Police, en charge de la formation des commissaires de Police Nationale
(Saint Cyr l’Ecole).
150
Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale (Moulin).
151
Ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues,
les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches, ou autres accidents naturels.
152
U.I.I.S.C.1, de Nogent le Rotrou, U.I.I.S.C.5 de Corte, U.I.I.S.C.7 de Brignoles.
153
Etablissements de Soutien Opérationnel et Logistique.
| 75
Cette transformation est réalisée au sein des instituts et écoles qui servent de
soutien en matière doctrinale.
En effet, la création de l’I.H.E.S.I.154 en 1990, permet d’associer les forces de
police, des douanes, de l’Education Nationale, la justice, mais il n’a par pour vocation d’y
ajouter les représentants du monde de la protection civile.
L’objectif de l’I.H.E.S.I., pourtant, est d’identifier les différentes formes de
risques ou de menaces de manière globale.
La vocation multidisciplinaire de cet institut a été rappelée tout au long de ses
douze années d’existence, et son caractère international a été marqué.
154
Institut des Hautes Etudes de la Sécurité Intérieure.
155
Décret n°2004-750 du 27 juillet 2004 portant création de l’Institut national des hautes études de
sécurité.
156
Décret 2009-1321 du 28 octobre 2009 relatif à l’institut national des hautes études de la sécurité et de la
justice (I.N.H.E.S.J.). NOR PRMX0904470D.
157
I.E.R.S.E. : Institut d’Études et de Recherche pour la Sécurité des Entreprises, créé en 1997 à l’initiative
de la Gendarmerie nationale et du Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises.
158
Créé par le Décret n°94-802 du 14 septembre 1994 portant organisation de l’Institut national d’études de
la sécurité civile (I.N.E.S.C.).
159
E.N.S.O.S.P. : Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs Pompiers, située à Aix- les-milles.
| 76
Ainsi, la place offerte au monde de la protection civile est encore peu développée dans le
domaine de la recherche et du développement, ou dans l’élaboration d’une doctrine.
Cela semble paradoxal et en opposition par rapport à son importance, s’il faut en
juger par l’augmentation constante des missions opérationnelles réalisées par celle-ci.
La nouvelle Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises,
créée le 7 septembre 2011, aura, parmi les nombreux challenges qui l’attendent à relever
ce dernier.
« Le premier des droits de l’homme, c’est le droit à la vie, et notre premier devoir, c’est
l’assistance aux personnes en danger, et aux populations menacées de péril »
François Mitterrand,
26 janvier 1987
Cité par Roger Parent « Rapport de mission » juin 1991
160
Décret 2004- 502 du 7 juin 2004 relatif à l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs Pompiers
NOR : INTE 0400142D.
| 77
Ces principes ont été définis, par exemple, par les Etats parties à la convention
internationale sur la recherche et le sauvetage maritime161.
Dans les années 1990 émerge un nouveau concept, celui de «ruptures162», qui
présentent des caractéristiques spécifiques.
Il semble que nous soyons désormais dans un monde d’hyper-ruptures, ou de
déconstruction, selon Patrick Lagadec163, que l’on peut définir par plusieurs critères.
Les crises présentent un aspect multidimensionnel et multimodal.
Selon lui, des phénomènes liés apparaissent désormais, tels que la discontinuité,
l’interdépendance, l’inefficacité des conventions, l’effet stochastique, l’élasticité des
modèles extrêmes, l’externalité du cadre de référence l’impréparation des capacités
créatrices immédiates
L’Interdépendance :
Ex ante, la source de la crise doit être identifiée rapidement afin de
prendre des mesures immédiates pour éviter :
o soit un effet domino,
161
Hambourg, le 27 avril 1979.
162
Xavier Guilhou Patrick Lagadec «La fin du risque zéro» page 42 Edition Eyrolles 2002.
163
Professeur à l’Ecole Polytechnique, initiateur du concept de Risque Technologique Majeur.
| 78
C’est le célèbre casse tête du «Carré de points ou il faut relier tous les
points en 4 traits sans lever le stylo.
| 79
Il faut donc sortir hors du cadre deux fois de suite pour réussir, accepter
d’aller au-delà des règles établies lorsque l’on est en situation de crise.
Il faut dépasser le cadre conceptuel dans lequel nous nous sommes progressivement
enfermés, la capacité de travailler en réseau étant opposée à celle de travailler dans un
monde sécurisé, dans un espace fermé.
Mais si le terme de crise est polysémique, celui de stress l’est devenu également.
Le stress peut se manifester et apparaître dès les premiers instants de la crise, et
se montrer capable d’inhiber, voire d’incapaciter ceux qui sont pourtant en charge
de la gestion des évènements.
A contrario, le stress peut aussi se manifester de manière profonde et durable, une
fois la crise terminée.
Il peut se révéler après un certain temps, avec une intensité variable, on l’appelle
alors le Syndrome de Stress Post-traumatique (P.S.T.D.).
nous dédouaner.
La fin de cette phase correspond à la rupture avec ce que nous
estimons responsable de notre incompétence supposée, ou réelle.
164
« Spinoza avait raison : joie et tristesse, le cerveau des émotions.» Antonio R. Damasio, 2008, Odile
Jacob.
| 82
Certains éléments négatifs ne sont plus intégrés par l’individu, qui estime que leur
prise en compte est inutile et contre-productrice.
Bien que cela puisse paraître paradoxal car à priori sans rapport, sa présence doit
être agréable, et non constituer une contrainte, condition sine qua non pour que ses
demandes soient acceptées et qu’il puisse susciter l’adhésion, même lorsque les enjeux
et les contraintes sont fortes.
Les crises ont tendance à s’installer dans la durée, le gestionnaire doit également
faire preuve d’une gestion de ses capacités physiques et psychiques dans le temps.
« Ceux qui disent « J’ai des principes » n’ont, le plus souvent, que des habitudes ou des
préjugés »
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Gilbert Cesbron
Journal sans date
Laffont
Dans une seconde partie, en se basant sur les enseignements issus de ces
comparaisons, nous définirons les principes communs et les caractéristiques, s’ils sont
perceptibles, de ce système (2).
A / APPROCHE INSTITUTIONNELLE :
« L’hôpital est par nature une organisation complexe de part la multiplicité des rôles, des
acteurs, des techniques et des attentes souvent contradictoires du public et des autorités
de tutelle »
Gilles de Kervasdoué.
165
« Administrations comparées » Jacques Ziller, « les systèmes politico-administratifs de l’Europe des
douze » Editions Montchrestien.
| 84
En temps de paix, l’organisation des secours résulte plus des initiatives locales
des populations civiles que de plans d’organisation réalisés au niveau national ou
provincial.
Par contre, lorsque les populations sont menacées par un péril politique interne
(révoltes, révolutions, troubles à l’ordre public) ou externe (déclaration de guerre,
annexion) des mesures exceptionnelles peuvent être prises par leurs autorités de tutelle,
qu’elles soient nationales ou locales (Proclamation de l’Etat d’Urgence, Instauration d’un
couvre feu, mise en place de dispositifs spéciaux).
Pour les troubles internes, leur gestion est assurée au niveau des Etats, de
manière souveraine, et les demandes d’aide à des pays tiers restent
exceptionnelles dans ces conditions.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Pourtant cette branche du droit international n’est pas, à son origine, le résultat de
pourparlers diplomatiques de haut niveau entre représentants d’Etats souverains.
Pour arriver à traiter et à fournir de l’aide médicale aux dix mille blessés graves, il faudra
six jours de travail.
Dans le même temps, par manque de coordination, des caisses de pansement,
abandonnées à l’arrière, seront renvoyées, toujours plombées, en France.
Il faut noter qu’à cette époque, il y avait plus de vétérinaires que de médecins
dans l’armée française et que cette bataille aura pour autre conséquence de permettre à
l’unité italienne de réussir.
169
Rapport du général Paris de la Bollardière, Intendant en chef de l'armée française.
170
Suite à l’incendie de la discothèque « 5/7 « à Saint-Laurent-du-Pont le 1er novembre 1970, qui a fait 146
victimes la réglementation en matière de protection contre les risques d’incendies dans les Etablissements
Recevant du Public (E.R.P.) sera renforcée. Il s’agit notamment du décret 73-1007 du 31 octobre 1973,
relatif à la protection contre les risques d’incendie et de panique dans les E.R.P.
| 86
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Dans le domaine de la gestion des risques, la réponse apportée par l’Etat aux
dysfonctionnements constatés, n’est pas répressive, mais axée sur la prévention.
Cette dernière se construit progressivement en fonction des enseignements tirés de
sinistres ayant eu lieu.
Les mesures qu’elle édicte proviennent, dans la plupart des cas, des données issues
des retours d’expérience et des propositions réalisées ensuite par les acteurs
opérationnels, et spécialistes du bâtiment.
Il s’agit donc d’un processus «ex post », alors que l’objet même de la prévention
est d’être « ex ante».
171
L’incendie a lieu pendant la nuit de la toussaint, en novembre 1970, le bilan sera de 150 morts.
| 87
Le gérant de l’établissement a reconnu que l’ouverture n’avait pas été autorisée172, mais
surtout que les issues de secours, à cause des resquilleurs, avaient été fermées173.
Un point commun est évident, entre les intentions initiales des pères du Droit
International Humanitaire et l’organisation des secours dans les sociétés, celui d’agir
toujours suite aux évènements.
Jean Pictet, éminent juriste spécialiste du Droit Humanitaire affirme que l’« on
s'aperçoit alors que les principes humanitaires appartiennent à toutes les communautés et
qu'ils plongent leurs racines dans tous les terrains.
Lorsque l'on réunit et que l'on compare les diverses coutumes, les morales, les
doctrines, qu'on les fond dans un même moule et que l'on élimine ce qu'elles ont de
particulier, pour ne conserver que ce qui est général, il reste au fond du creuset, un
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Dans son ouvrage « Droit de la guerre et de la paix » Grotius176 énumère des règles
fondamentales. En particulier il aborde les thèmes relatifs à la licéité de la guerre, aux
belligérants, aux différentes formes de guerre, à sa juste cause, et enfin il traite du droit
de la guerre et du retour à la paix.
La notion de châtiment, depuis les temps antiques, a trouvé dans la Bible son
illustration, en représentant l’expression de la colère divine177, du surnaturel, ou de
forces occultes qui punissent les êtres humains désobéissants ou déviants.
172
La date de l’ouverture est le 28 mars 1970 soit 6 mois avant l’incendie.
173
Sur les 3 gérants de l’établissement, 2 ont péri dans l’incendie, le survivant a été condamné à 18 mois de
prison, dont 12 avec sursis.
174
Jean Pictet « Les dimensions internationales du droit humanitaire », docteur en Droit, juriste travaillant
au C.I.C.R. chargé de la révision des conventions de Genève de 1929.
175
Droit des gens.
176
Juriste et diplomate, Grotius est avocat protestant des provinces-unies (1583-1645).Il est considéré
comme un des principaux fondateurs de cette branche du Droit.
177
Psaume 6.2 « Yahvé, ne me châtie point dans ta colère, ne me reprends point dans ta fureur »
| 88
Cette idéalisation repose sur la responsabilité humaine et celle de ses actes vis-à-
vis des prescriptions édictées par la religion, non sur la liberté que possède l’homme de
mener sa vie se basant sur des principes moraux qui peuvent être différents du
Christianisme.
Les philosophes eux-mêmes ont longtemps accepté l’idée qu’une justice divine
puisse exister.
Le tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, dans une terre très catholique,
précipitera le début de la laïcisation des catastrophes.
La sûreté, probablement de par son caractère plus général, n’est pas définie dans
la suite de la déclaration, alors que la liberté (article IV) ou l’atteinte à la propriété
(article XVII) ont eux, été précisés.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Il est indiqué, dans l’article XII, que les droits de l’homme nécessitent une force
publique pour être garantis.
Instituée pour l’avantage de tous, celle-ci est sans doute l’ancêtre commun des systèmes
permettant la sauvegarde et le sauvetage des citoyens, lorsque ceux-ci sont en difficulté.
L’étude de la protection des civils, nous permet de distinguer dans les différents
types de sociétés humaines, quatre niveaux de réponse et de solidarité.
Ces niveaux se superposent, tant au niveau des organisations humaines, que
géographiques et sociales.
| 89
comportement178».
178
Loi N°2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile- Annexes « Orientations de la
politique de sécurité civile » alinéa 3.
| 90
Un réel intérêt existe pour réaliser des équipes mixtes avec le 1er ou
ème
le 2 niveau afin de rendre le dispositif plus efficace.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Il faut noter que l’organisation des secours de civils n’est pas définie au niveau
national, ni international, alors que la notion d’ »Etat défaillant » est devenue une réalité
fréquente.
Le leadership assuré par l’un d’entre eux est plus ou moins bien
accepté par les autres ministres.
Il sera ensuite plus aisé de constater les similarités entre ces modèles et les liens
transversaux ainsi créés dans une approche systémique (02).
Cette remarque est triviale, mais ces deux systèmes, l’un voué à la protection du
pays contre ses ennemis de l’Intérieur, et l’autre contre ses ennemis de l’Extérieur,
doivent évoluer en permanence afin de s’adapter aux menaces changeantes.
179
A l’exclusion des Etats en transition, ou non reconnus par la communauté internationale.
| 93
Les modèles institutionnels de la police ou des forces armées, ont des cultures
qui leur sont propres, et présentent plusieurs caractéristiques
Elles sont profondément marquées et ancrées,
Elles possèdent des traditions solides,
Elles sont, en général stabilisées,
Elles sont garantes du respect de l’ordre établi.
Or la gestion des crises touchant les civils présente pour ces organisations un
aspect inhabituel.
D’une part, ces crises touchent la population que la police ou l’armée ont
pour mission de protéger, mais dans un domaine hors de leur champ de
compétence habituel, pour lequel ni l’une ni l’autre ne sont réellement
formées.
Les modèles décrits ci-après ne sont pas exhaustifs, et l’étude se borne aux
interactions existantes entre les modèles opérationnels et bureaucratiques.
Les niveaux politiques n’ont été pris en compte qu’en ce qui concerne les
autorités en charge de la conduite de l’Etat.
Les liens formels ou informels, réalisés par les élus d’assemblées locales, régionales ou
nationales, vis-à-vis des systèmes de gestion de crise, n’ont pas été intégrés.
Ces élus ont une grande importance et une influence évidente au niveau local,
leur action en temps de crise est essentielle.
Mais le champ de cette étude se limite aux réponses apportées lors d’une situation
de crise au niveau de l’organisation systémique.
Dans le but de permettre une synthèse des systèmes existants, cinq modèles
principaux sont décrits.
Lorsque la coordination des actions est exercée au plus haut niveau de l’Etat, par
souci de clarté, la désignation sera le « modèle de coordination supérieure » (1).
180
« L’Etat Séducteur » de Régis Debray Collection Poche.
| 94
analyses effectuées par les différents ministères et les échelons centraux, dans leurs
domaines de compétence respective.
Il n’existe pas de norme nationale ou internationale susceptible d’être appliquée
lorsqu’une crise survient.
Lorsque la coordination est réalisée au niveau des plus hautes instances de l’Etat,
plusieurs inconvénients sont susceptibles de survenir.
Un des risques réside dans le fait que le niveau le plus élevé peut, dans ce
cas, être amené à se positionner et à se préoccuper de tâches qui
normalement relèvent du niveau opérationnel.
Tous les moyens doivent être employés afin de s’assurer, une fois les décisions
traduites en actions, qu’elles demeurent pertinentes dans le temps.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Le Premier Ministre s’appuie sur les ministères compétents, pour leurs domaines
respectifs de technicité, et en fonction de leurs ressources humaines ou matérielles.
Le modèle national de niveau supérieur correspond, pour ses flux principaux en cas
de crise, au schéma suivant.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Ces derniers sont incompatibles lors de la phase de gestion de crise, ils sont moins
actifs, et peuvent même disparaitre, les moyens disponibles devant se consacrer à la
gestion de la crise.
Par conséquent, lors d’une situation de crise, ces échanges transversaux ne
peuvent être pris en compte.
Enfin, ces exercices offrent la possibilité de créer, en amont de la crise, des liens
humains entre les différents.
Cette opportunité est essentielle, d’autant que les cadres de la haute fonction
publique changent d’affectation de manière fréquente.
Ils pourront donc connaître les différents acteurs tant opérationnels que
stratégique, et leurs interactions, ce qui sera un atout considérable lors d’une crise
réelle.
| 99
182
Emergency Control Ministry, ou Ministère des situations d’Urgence, le nom officiel est le « ministère de
la Fédération de Russie pour la Défense civile et la gestion des situations d’urgence et l’atténuation des
effets des catastrophes naturelles».
| 101
Lors d’une crise, l’analyse des flux d’informations démontre que ceux-ci
deviennent très rapidement considérables.
Ils se concentrent essentiellement, pendant la première phase de la crise, sur un
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
point d’entrée unique, qui est le centre opérationnel habituel de traitement des
informations.
Ce centre peut être positionné au niveau départemental, zonal ou national en
fonction de la localisation géographique de la crise, mais les centres ont bien entendu de
nombreuses interactions entre eux.
En conséquence, la réponse apportée par ces organisations doit être très
modulable et permettre, dans un temps record, de mobiliser d’importantes ressources
humaines et matérielles.
Cette mobilisation en « temps réel » permet de garder la capacité à gérer le flux
d’information qui parvient en général, au final, au centre de crise du ministère concerné,
assurant le leadership.
183
Inspection Générale de l’Administration «Zones de défense et de sécurité Propositions d’évolution »
Rapport n°07-066-05 remis au ministre de l’intérieur, de l’Outre Mer et des Collectivités Locales en Août
2008. (Pierre DUFFE, Françoise TAHERI) 62 pages.
| 102
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Par conséquent ce ministère doit être renforcé, et pourvu d’un réseau très réactif
d’analystes et d’agents capables d’effectuer des projections au niveau tant de la
situation opérationnelle de manière instantanée, que des actions futures à engager.
Les capacités pour assurer cette planification « à chaud » dépendent donc
étroitement de la préparation en amont, notamment celle consistant à réaliser les
planifications à froid, telles que plans de secours, exercices etc.
De plus, au niveau des actions d’anticipation, ces agents doivent être en mesure
de trouver et de proposer des solutions innovantes, concrètes et susceptibles d’être mises
en pratique rapidement.
Les actions ou les réalisations effectuées par les uns, étant ignorées par les
autres sont en général peu efficaces et dénuées de portée.
Ceci est vrai pour les ministères, mais concerne également les services d’un niveau
hiérarchique inférieur qui leur sont rattachés.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Il est donc fréquent que des actions identiques soient menées par des acteurs
multiples de manière simultanée, non coordonnées elles se révèlent finalement sans
grande efficacité, accroissant la sensation de frustration des acteurs.
L’émergence de dissonances, au niveau de la perception de la situation
opérationnelle, est réelle.
Elle est en outre, renforcée par les différences culturelles fortes existant le plus
souvent entre ces acteurs.
La remontée d’informations est donc traitée différemment en fonction du champ
de compétence respectif de chacun.
Cette situation entraîne de facto une perte importante d’informations dès
l’origine, car les informations ne sont pas échangées ni comparées entre les différentes
structures.
D’autre part, il est fréquent que les ministères tentent de capter à leur profit
l’aide internationale.
L’objectif est souvent de pouvoir réaliser, une fois à crise terminée, avec l’aide
des financements obtenus pendant la phase d’urgence, des projets anciens, parfois mis en
souffrance par manque de financement disponible.
| 104
Le modèle indonésien est un peu différent, étant donné qu’il n’y a pas de premier
ministre, mais un Vice-président.
Il est également «adapté» dans une large mesure, par la France qui fonctionne sur
deux modèles, et par la Grande Bretagne, car la coordination dans ces deux Etats
s’effectue au niveau du Premier Ministre.
184
Badan Nasional Penanggulangang Bencana créé par décret du Président de la République d’Indonésie en
2005.
| 105
Constitue un autre paradoxe le fait que les actions régaliennes de l’Etat dans le
domaine de la protection civile, soient menées au niveau local, en dehors des phases de
crise, par des services dépourvus du pouvoir de police administrative.
En France ou aux Etats-Unis, bien que les systèmes soient très différents, les
acteurs de terrain qui occupent des positions identiques et remplissent des missions
semblables sont confrontés à ce même paradoxe.
185
Le Royaume-Uni comprend l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande du Nord.
186
Cabinet Office.
187
Civil Contingencies Secretariat.
| 106
Chaque ministère doit être préparé pour réagir en cas de crise de manière
optimale.
Il définit donc sa propre stratégie, souvent de manière autonome.
Cette réalité est amplifiée par l’absence, d’un responsable unique, haut
fonctionnaire désigné des administrations au niveau local, comme le sont, en France, les
Préfets de départements, de régions, ou de zones.
188
Cf ci-après la partie II 2 A/.
| 107
A l’opposé, des champs d’action sont délaissés par manque d’intérêt, souvent
aussi par manque de leadership pour réaliser une coordination efficace au niveau local.
Cette situation est dûe au fait que les ministères créent des structures de
coordination internes, propres à leur administration, qui nécessitent d’être
démultipliées au niveau régional et local.
D’autre part au sein d’un même ministère, ses ramifications au niveau local
peuvent s’ignorer.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Au final, les besoins locaux, inconnus au niveau central, ne font pas l’objet
d’attention particulière.
Il faut construire une salle de crise au niveau central, au sein de chaque ministère
ou toutes les informations techniques et les analyses remontent du terrain.
Des salles de crises sont également nécessaires, pour chaque ministère au niveau
régional et parfois également au niveau local.
Mais le niveau supérieur ne maîtrise pas vraiment les actions menées sur le terrain
par ses différents ministères, puisque chacun d’entre eux mène selon sa culture, ses buts
et ses procédures, ses propres acteurs.
| 108
Pour ce modèle, les Etats créent le plus souvent une agence « ad hoc », dotée de
compétences étendues, marquées par leurs aspects transversaux, et chargée d’assurer la
coordination et la politique générale dans le domaine des urgences.
189
Federal Emergency Management Agency, aux Etats-Unis.
| 110
Deux solutions s’offrent alors à elle, soit utiliser les relais locaux d’autres
structures gouvernementales, qu’elle ne maîtrise pas, soit développer des agences au
niveau local qui lui sont directement rattachées.
Cette dernière forme d’organisation génère un coût important et nécessite de
doter l’agence d’importants moyens importants.
Au-delà des relais dont elle dispose normalement sur le territoire national,
l’agence est confrontée à trois autres difficultés :
Son crédit est faible, car elle n’est visible que lors des crises, et confondue
hors de cette période avec les ministères.
Elle arrive difficilement à établir son autorité, car les autres structures
(police, armée, garde nationale etc.) utilisent leur propre réseau de
commandement l’agence est alors placée en position de demandeur et non
de coordonateur.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
L’autonomie de l’agence, comme pour toute structure « ad hoc » est toujours liée
à la pérennité de leur source de financement.
Or ces agences disposent rarement de ressources propres et dépendent le plus
souvent de crédits ou de subventions de l’Etat centralisé ou de l’Etat fédéral, parfois des
ministères.
Leur financement dépend donc étroitement de l’arbitrage rendu par l’échelon
politique au plus haut niveau qui se base sur :
Il est probable que la réputation de l’Agence, basée sur son efficacité en matière
de réponse aux catastrophes, et non de lutte contre le terrorisme ait contribué à cette
prise de décision.
En effet, alors que les membres du Congrès recherchent à assurer leur réélection,
les agences cherchent à maximiser leur budget ou à accroître leur indépendance.
Mais ces stratégies n’ont pas permis à la F.E.M.A. d’échapper au ministère de la sécurité
nationale) puisque elle y fut incorporée le 1er mars 2003.
Ce ministère, le D.H.S. (Department of Homeland security) a été créé après les
attaques terroristes du 11 septembre 2001, et cherche à unifier les agences
gouvernementales non militaires dispersées responsables de nombreuses fonctions liées à
la sécurité américaine, dont la F .E.M.A.
Il en est de même pour le ministère de la Défense, qui dispose d’un large support
provenant d’industriels privés de haut niveau, partenaires privilégiés dans le cadre des
contrats de support ou des marchés d’armement de ce ministère.
Souvent, à la tête de ces agences sont nommés d’anciens généraux195 ou
amiraux.196
195
Cas du Bakornas en Indonésie ou le Général de Brigade Syamsiul Maarif a été nommé en 2007.
196
Cas de la FEMA ou dirigée par un ancien vice-amiral des gardes côtes.
| 113
Dans la plupart des cas, la deuxième solution prévaut, compte-tenu des enjeux
nationaux et parfois internationaux qui se situent à ce niveau.
C’est probablement pour ces raisons que d’anciens militaires sont placés à la tête
de ces agences de gestion des catastrophes, puisqu’ils sont habitués à se conformer aux
décisions politiques.
Toutefois, les fonctions qu’ils ont préalablement exercées ne sont pas forcément
les meilleures en vue de les préparer de manière optimale à la direction des agences de
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
gestion de crise.
En effet, ces agences demandent une grande part d’initiative, de créativité et un
positionnement dans un environnement humain complexe, incluant de nombreux acteurs,
avec des relations sociales d’horizons différents.
Or les structures militaires constituent le plus souvent des espaces fermés,
habitués à fonctionner de manière autonome. (cas de bases, des casernement etc..).
Elles sont souvent soigneusement à l’écart des autres activités nationales, afin de
préserver leur identité d’une part, et aussi compte tenu des mesures de secret qui
doivent entourer toute action militaire.
C’est pourquoi il serait souhaitable, si cette voie devait être retenue, de créer de
véritables forces de protection civiles.
Après une instruction militaire de base, ces forces spécialisées seraient affectées
à ces tâches spécifiques, sur des périodes de long terme, d’une dizaine d’années au
moins.
Une autre possibilité consisterait à inclure au sein des forces de protection civile
des agents publics, acteurs issus des milieux opérationnels du secours et
des urgences
des primo-intervenants, ayant acquis les connaissances nécessaires, lors
de crises sur le territoire national ou international.
Les modèles de coordination mixte résultent d’une combinaison d’au moins deux
des quatre structures précédentes.
territoires locaux.
197
NDPPC : National Disaster Prevention Prepardness Committee.
| 115
En effet, le niveau régional est représenté dans cette structure, puisque les
représentants des Conseils Régionaux pour la Prévention et la Préparation des Désastres198
sont membres, ainsi que le bureau national de gestion des catastrophes.199
Son objectif, en matière de gestion des flux de communication, est orienté vers la
satisfaction des besoins de l’utilisateur final : le chef de l’Etat.
198
Disaster Prepardness and Prevention Commission.
199
National Disaster Management Office.
| 116
Une autre menace persiste, au plus haut niveau de l’Etat : les différents
ministères n’ont pas forcément à établir de liens transversaux entre eux, et leur
coordination est minime.
Par contre, les échanges d’informations qu’ils réalisent avec les niveaux locaux ou
régionaux s’établissent souvent de façon redondante.
Les niveaux locaux ont donc un supplément de travail à fournir pour alimenter les
échelons ministériels centraux.
Or, très souvent dans les modèles de coordination multiples, les collectivités
locales peuvent bénéficier d’un accès direct au comité national de gestion des crises.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Le niveau local communique la même information brute à tous les autres niveaux
hiérarchiques de manière simultanée : le niveau régional, le niveau ministériel et le
niveau du premier ministre.
La même information arrive donc au niveau du comité national, mais elle est
souvent profondément modifiée par les canaux qui l’acheminent, et la confusion est ainsi,
bien involontairement, organisée.
| 117
- Exige un niveau de
développement élevé.
- Doctrine nationale
difficile à mettre en
œuvre compte tenu des
- Modèle situé à enjeux politiques. Modèle permettant :
l’articulation des moyens
COORDINATION nationaux et infra – - Risque politique la – soit de protéger le niveau
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
- Très bonne
dissémination des - Conflit d’intérêt avec
équipes. les populations locales
- Dispositif coûteux.
COORDINATION possible.
- Occupation rapide et
- Diversité des actions, - Coordination difficile compte-
aisée du terrain.
MULTIPLE multiplicité des
tenu du fait que chaque acteur
- Potentiel humain et évaluations initiale poursuit les objectifs propres à sa
structure de rattachement.
matériel élevé au niveau conduisant à une perte
national. d’efficacité.
- Doctrine nationale.
- Difficultés de
reconnaissance par des - Ce modèle peut avoir une
- Possibilité d’atteindre
COORDINATION un très haut niveau de acteurs institutionnels faiblesse structurelle, et nécessite
forts (Armée, Police) de gros investissements en amont.
spécialisation.
SPECIALISEE - Niveau élevé de - ll peut être autonome ou créer
- Modèle aux
compétences visibilité et d’action de des partenariats avec les autres
incontestées dûes à la communications. ministères.
spécialisation.
COORDINATION - Peu de visibilité des
acteurs. - Risque de confusion des niveaux
- Modèle très adaptable.
- Doctrine nationale peu stratégiques et opérationnels.
MIXTE envisageable.
| 118
Selon les pays, ce système peut avoir des appellations différentes, mais en
général ils conservent leurs fonctions.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Il établit la coordination entre les différents ministères impliqués, placés sous son
autorité pour emploi en cas de crise et pour les mesures à réaliser en aval et en amont de
celle-ci.
Le comité national est chargé d’assurer le lien avec la communauté
internationale, états ou organisations intergouvernementales, dont il constitue le point
d’entrée au niveau politique.
Ce comité dispose donc de tous les services pour réaliser les missions qui lui sont
attribuées, et il rend directement compte à la plus haute autorité politique du pays.
Son rôle est éminemment politique, car il est responsable de la stratégie en
matière de crise.
200
National Disaster Commitee.
201
National Disaster Management Office.
| 119
En effet, les partenaires internationaux éprouvent parfois des difficultés, dans les
premières heures d’une catastrophe, à établir des échanges d’informations afin
d’optimiser leur action sur le terrain.
Ces structures activées en cas de crise, nécessitent un temps de réaction
nécessaire à leur mise en place, dans des conditions parfois difficiles, surtout si la
capitale du pays est affectée par la catastrophe.
D’autre part, les acteurs de terrain ont établi des liens transversaux avec les
autres services opérationnels d’urgence sur le terrain, ou travaillant dans l’étude des
risques en amont.
Ils sont nombreux à s’investir dans des actions de réduction des risques ou de
programmes de développement, et ils en partagent les valeurs sociales, les us et
coutumes.
Cela se vérifie quelle que soit leur origine.
202
Exemple de la Croix Rouge ou du Croissant Rouge, société Sœurs opérant dans un autre pays sous couvert
dela Fédération Internationale de la Croix Rouge suite au tsunami de décembre 2004.
| 120
Dans le cas de modèle multiple, ce type de bureau peut ne pas exister, comme
c’est le cas en Turquie.
Dans ce pays, principalement concerné par les risques sismiques, c’est le
ministère des Travaux Publics qui a été choisi : il est en charge de la gestion des
catastrophes.
Dans le cas de l’Indonésie, le modèle multiple est allié à l’existence d’un bureau
de coordination nationale.
203
National Disaster Management Office.
204
National focal point.
| 121
spécialistes.
L’enjeu ne peut être uniquement basé sur une logique mathématique, chiffrable,
évaluable car la situation est actuellement complexe.
Elle repose sur des appréciations et des perceptions humaines, lors d’évènements
qui possèdent d’importants retentissements émotionnels et affectifs.
Pourtant, il semble indispensable de définir et de désigner clairement les
autorités qui sont chargées de la coordination.
Préciser les limites d’action de ces autorités, distinguer clairement leurs rôles lors
des catastrophes, ou dans les domaines de la prévention ou de la réparation post-crise est
également une priorité.
En témoignent les nombreux sites internet mis à disposition des O.N.G. lors de
chaque catastrophe205, ainsi que les sites qui constituent l’ossature des flux d’échanges
d’informations entre les acteurs humanitaires206, offrant une information connue et
partagée par tous.
Dans le cadre étatique, ces bases de données doivent être sans cesse réévaluées
par les différents ministères, s’adapter aux nouvelles menaces et aux enjeux, ce qui
constitue un important défi.
205
http://www.globalhumanitarianassistance.org/ ou http://reliefweb.int/
206
http://hisz.rsoe.hu/alertmap/index2.php
| 122
D’autre part, fournir des données utilisables aisément, non des chiffres
bruts ou des statistiques, mais de véritables indicateurs d’aides à la
décision.
B / APPROCHE SYSTEMIQUE:
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Christophe Roux-Dufort,
Directeur des Relations Internationales de l'OIC207
Les échanges commerciaux sont standardisés, les oligopoles dénoncés mais faiblement
combattus compte-tenu de leur énorme puissance économique.
207
Observatoire International des Crises.
| 123
a. soit ce débat n’est pas possible, car il s’agit d’un enjeu de sécurité
nationale, secret, soigneusement gardé et réservé à un groupe restreint de
décideurs, qui n’ont pas le droit de le divulguer.
Les sociétés actuelles ont donc adopté dans le domaine de la gestion de crise,
chacune une forme d’organisation qui lui est propre.
Cette spécificité se retrouve au travers de l’histoire de chaque société, elle illustre les
rapports de forces et de puissance qui y existent.
Ces structures de gestion de crise, composées d’individus aux parcours parfois très
différents, résultent naturellement des synergies et des oppositions qui les animent en
interne.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Malgré ces avancées, les Etats parviennent difficilement à mettre en commun leur
expérience ou leur savoir-faire en matière de gestion de crise, ou d’organisation des
secours.
D’autre part, peu d’Etats souhaitent investir dans ce domaine, car le risque
politique est important à double titre.
Il faut justifier un investissement en le basant sur une menace seulement
hypothétique, et il faut réussir à faire admettre que le système de sécurité
actuelle peut être perfectionné.
208
Ces mesures sont détaillées dans le Cadre de Hyogo (Hyogo Framework ) et dans les principes élaborés
par la Fédération Internationale de la Croix Rouge (I.D.R.L. : International Disaster Law Rules and
Principles).
| 124
Paradoxalement, les risques les plus importants font l’objet d’une attention
soutenue par les pouvoirs publics, mais en même temps sont entourés de mesures de
précaution très discrètes.
Ces éléments se justifient car certaines mesures sont liées à la protection de la
Défense Nationale ou dépendent des intérêts supérieurs de la nation.
209
R.C.B. méthode datant des années soixante, appliquée en France (Arrêté du 13 mai 1968) et aux Etats
Unis jusque dans les années quatre-vingt. Ajoutant une culture économique à la culture juridique des
acteurs de l’administration, elle a été abandonnée, compte tenu de la complexité des problèmes, qui ne
peuvent être résolus qu’en y consacrant suffisamment de ressources.
210
R.G.P.P. (Révision Générale des Politiques Publiques) lancée en juin 2007, cherche a améliorer la
qualité du service rendu aux usagers ; réduire les dépenses publiques, et poursuivre la modernisation de la
fonction publique en valorisant les initiatives des agents.
211
Directive n°2009/71/EURATOM du 25/06/09 établissant un cadre communautaire pour la sûreté des
installations nucléaires (JOUE n° L 172 du 2 juillet 2009).
212
Décision du Conseil 87/600/Euratom du 14 décembre 1987.
213
Directive 89/618/Euratom du 27 novembre 1989.
214
Directive 2008/114/CE du Conseil du 8 décembre 2008 concernant le recensement et la désignation des
infrastructures critiques européennes ainsi que l’évaluation de la nécessité d’améliorer leur protection.
| 125
Chaque Etat membre est chargé de recueillir les informations sur les I.C.E. qui se
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Ces normes ne sont pas disponibles en langue française et ont été initiées par la
puissante association américaine N.F.P.A., à l’origine du référentiel N.F.P.A. 1600 « Plans
de gestion des catastrophes et des situations d’urgence et de continuité des activités. »
Les normes internationales I.S.O. ont un comité technique I.S.O. T.C./223 chargé
de la préparation des normes relatives à la sécurité sociétale.
215
Règlement CE n°1049 /2001 du Parlement européen et du Conseil du 30 mai 2001 relatif à l’accès du
public aux documents du Parlement européen, du Conseil et de la Commission.
216
European Policy Centre Working Paper 27 « Building societal security in Europe : the EU’s Role in
managing emergencies.» Avril 2007 page 15.
| 126
La récente217 norme ISO 2600 :2010 concerne les lignes directrices relatives à la
responsabilité sociétale
C’est le cas du projet de norme ISO/DIS 22320, relatif dans le cadre de la sécurité
sociétale, à la gestion des urgences et aux exigences nécessaires aux fonctions de
contrôle et de commandement.
Avant que ces normes ne soient publiées, certaines activités relevant du champ
de la protection civile nécessitaient l’édiction de mesures réglementaires.
Celles-ci étaient, en général, issues de retours d’expériences, ou de circonstances
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
accidentelles.
A terme, ces progrès devraient aboutir à ce qu’un référentiel commun puisse être
partagé par les acteurs de secours, mais aussi par les gestionnaires et les décideurs.
217
Le premier tirage de cette norme date de novembre 2010.
| 127
« Attendre d’en savoir assez pour agir en toute lumière, c’est se condamner à
l’inaction. »
Jean Rostand
Inquiétudes d’un Biologiste
Ainsi, nous détaillerons dans une première partie la méthode utilisée par la
protection civile française pour mettre à profit les progrès réalisés dans le domaine de la
gestion des risques (1).
Puis nous chercherons à trouver les éléments qui distinguent la Sécurité Civile
française des autres formes d’organisation, et à comprendre pourquoi cette spécificité
est si enviée (2).
| 128
« Le progrès est l’injustice que chaque génération commet à l’égard de celle qui l’a
précédée. »
L’étude des risques s’est fortement développée depuis la fin des années 80, et ce
dynamisme est probablement dû à la diversité des acteurs qui animent ce domaine218
mais aussi compte tenu des excellents résultats issus de leurs recherches (A).
Enfin, ces enjeux doivent s’insérer au sein d’une dynamique plus vaste,
permettant aux sociétés de travailler ensemble, malgré leurs différences, en s’appuyant
sur un socle commun minimum, constituant ainsi des principes structurants de base (D).
« Ce qui est beau, ce qui est grand, c’est le sentiment tragique de la vie…c’est
l’acceptation des risques ; et il n’y a pas des risques, il n’y en a, somme toute, qu’un, et
le risque c’est de mourir »
L’étude des risques a connu d’importants développements depuis les années 1970
et nous permet désormais de comprendre certains paradoxes de nos sociétés 219.
218
Universitaires issus de champs de recherche divers, mais aussi écoles spécialisées, Mines, E.n.a. etc.
219
« Les paradigmes de la perception du risque » Kermisch Céline, Collection Sciences du risque et du
danger, série Innovations, Editions Lavoisier, avril 2010.
| 129
La politique globale des risques menée par l’Etat dans les domaines de la
prévention, de gestion de crise, des réparations, ou au niveau de la coordination, est
diffuse, sans aucun leadership clairement établi.
220
Cour des Comptes Rapport public annuel 2009 page 647
| 130
Ainsi, pour les risques inondations et feux de forêts, les dépenses sont imputées
sur des budgets généraux, relevant des ministres chargés de l’Intérieur, de
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Le total des dépenses consacrées aux risques, F.P.R.N.M. inclus, atteint donc le
total de sept cent trente huit millions d’euros.
A titre de comparaison, les dépenses de l’Etat consacrées aux deux risques
principaux que sont les inondations et feux de forêts ont été de deux cent soixante cinq
millions d’euros en 2006.
A contrario, pour les feux de forêts une répartition est réalisée entre le domaine
de la prévention et celui de l’activité opérationnelle de lutte et de gestion des crises.
| 131
« Il n’est point de connaissance, eût-elle été cent fois confirmée par l’expérience, qui ne
soit un jour remise en question par des connaissances nouvelles, plus approchées d’une
vérité fuyante, jamais tout à fait atteinte. »
Vercors
Ce que je crois
Dans le domaine de la protection des populations face aux risques, il n’existe pas
encore de programmes ou d’échanges entre pays européens.
actuellement coordonnées.
Ces organisations produisent des études, qualifient et quantifient les risques de
manière scientifique, très précisément.
Mais l’obligation d’informer de manière systématique la population menacée par
un risque naturel, si elle existe en théorie, n’est pas conçue sous forme de processus.
Lorsque la population est menacée par un risque industriel, ces études sont
rendues obligatoires par la règlementation, et les populations doivent être informées de
l’exposition aux risques, consécutifs à l’exploitation d’activités dangereuses.
Toutefois, il peut arriver que des habitants ne soupçonnent pas l’existence de ces
risques, et l’obligation d’informer ne survient que lors de la vente des biens immobiliers,
puisque l’information de l’acheteur est obligatoire.
Dans d’autre cas, les risques sont connus, mais pour différentes raisons, on feint
de les ignorer collectivement.
221
C’est le cas de la compagnie Falck ; fournisseur leader de services d’urgence en Europe, majoritaire au
Danemark, elle cherche à s’étendre en Allemagne, pour un marché estimé à 2 milliards d’euros, dont 90 %
sont actuellement détenus par des organisations non gouvernementales majeures. Le groupe Falck
comprend 20 000 employés, produit des services dans tous les domaines (offshore, maritime, aérien,
terrestre), travaille sur les 5 continents et est implanté dans 23 pays.
| 132
En 10 ans, en France, plus de 100.000 logements ont été construits dans des zones
inondables, malgré l’existence des «Plans de Prévention des Risques Naturels» (P.P.R.N.)
depuis 1995.
Les P.P.R.N. interdisent les constructions dans les secteurs les plus dangereux, ils
sont très minoritaires, puisque seules 7.500 communes ont de tels dispositifs.
Ces plans n’imposent pas la démolition des constructions situées en « zone
dangereuse » si ces dernières datent d’avant 1995.
Les règles sont donc insuffisantes car elles ne prennent pas en considération tous
les facteurs de risque, ni toutes les constructions situées en zone sensible.
Les mesures de prévention des risques ne peuvent être exhaustives, et une juste
mesure doit être trouvée entre les contraintes des populations, leur perception du risque,
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
222
Samedi 27 et dimanche 28 février 2010, des vents soufflant jusqu’à 200 kilomètres par heure causant une
cinquantaine de victimes, des disparus et plus d’un millier de sinistrés.
223
L’arrêté du 1er mars 2010 portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle a été publié au
Journal Officiel de la République Française, n°0051 du 2 mars 2010 page 4234 texte n° 15.
224
Thèse de Doctorat de l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris, spécialité Sciences et Génie des
Activités à Risques « Les plans de prévention des risques technologiques au prisme de la vulnérabilité Le
point de vue du juriste » présentée par Gabrièle Rasse 4 février 2009, page 79.
225
Emmanuel Bonnet, maître de Conférence, Université de Caen Basse-Normandie, Equipe GEOSYSCOM UMR
IDEES CNRS 6166, 2001.
226
En 2010, création des D.D.T.M., pouvoir renforcés des Préfets de zone de Défense, création de la
fonction de garde côtes, création de Délégation Interrégionale la Mer.
| 133
Celle-ci doit notamment se réaliser à travers une coopération accrue entre les
collectivités territoriales et les grandes associations, habituées à intervenir dans les
situations d'urgence227.
« Chacun agit non seulement sous une contrainte extérieure, mais aussi d’après une
nécessité intérieure. »
Albert Einstein.
227
« Degré de préparation de la France à un tremblement de terre » 13ème législature, Question orale sans
débat n°0997S de monsieur Roland Courteau, publiée dans le Journal Officiel du Sénat du 19 août 2010 page
2063.
228
Notamment l’article L 219-1 du code de l’Environnement, créé par la Loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010
portant engagement national pour l'environnement NOR: DEVX0822225L art. 166
| 134
« Il n’y a pas de modèle préconstruit car les territoires ont des identités avec leurs
spécificités géographiques, opérationnelles ou autres. »
229
Monsieur le Directeur de la Sécurité Civile Française, au « Colloque sur la territorialisation des politiques
de sécurité civile » à Bastia, Hôtel du Département, Vendredi 18 juin 2010. (Article de Corse matin du
Samedi 19 juin 2010 Page 17).
| 135
Cet état d’incertitude est d’autant plus surprenant que la sécurité des citoyens
fait l’objet depuis de nombreuses années de mesures toujours plus contraignantes.
Cette situation, est logique : cette doctrine n’étant pas écrite par les Etats-
membres, elle ne peut donc pas se retrouver au sein d’organisations
intergouvernementales qui en sont des émanations.
C’est un réel paradoxe, le discours politique, sécuritaire, étant souvent basé sur
les peurs des citoyens, domaine extrêmement porteur au niveau électoral.
De plus, depuis le 11 septembre 2001 l’occident insiste fortement sur le
renforcement de la sécurité tous azimuts.
Paradoxe également étant donné que les sociétés occidentales appliquent depuis
plusieurs années le principe de précaution.
Mais l’absence de définition reconnue, faisant l’objet d’un consensus entre les
Etats fait toujours défaut (02).
Face à cette lacune, les sociétés de sécurité privées, depuis la fin des années 90
ont pris une part en constante évolution, dans les activités de protection civile (03).
| 136
230
O.I.P.C. http://www.icdo.org/fr/index.htm#.
231
Décret du 22 avril 2005.
232
Décret du 23 août 2011.
233
Direction de la Protective et de la Sécurité Nationale, créée par le décret 2008-682 du 9 juillet 2008 pour
répondre aux préconisations du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, au sein du ministère de
l’Intérieur.
234
Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense, au sein du Ministère des Affaires Etrangères et
Européennes.
| 137
Elle s’illustre auprès des belligérants de la guerre civile d’Espagne, dès 1936 ou
lors du conflit sino-japonais de 1937, obtenant même l’établissement de zones
neutralisées au profit de non combattants.235
Les premières « zones de protection civile » au sens originel du terme, sont ainsi
créées.
Ce succès, bien que relatif, fut de courte durée, lors du second conflit mondial
aucun des belligérants n’accepta de reconnaître des « lieux de Genève ».
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Henri George publia en 1947 « La guerre moderne et la protection des civils »236
inspirant ainsi les textes de la Conférence diplomatique de Genève de mai à août 1940.
Celle-ci a permis de réviser les trois premières conventions de Genève et
d’adopter une quatrième «relative à la protection des personnes civiles en temps de
guerre ».
Il existe donc une réelle interaction entre les progrès apportés par le mouvement
de la « Croix Rouge » organisme d’initiative privée et indépendante, et ceux de
l’ « Association internationale pour la protection des populations civiles », d’origine
gouvernementale.
235
Madrid, Bilbao, Shanghai, Nankin.
236
Edité par le Secrétariat Général des « Lieux de Genève ».
| 138
Les zones de sécurité que les belligérants doivent respecter en vertu du Droit
International Humanitaire, sont donc décrites et exprimées dans les Conventions de
Genève du 12 août 1949.
En 1954, la «1ère Conférence Mondiale de la Protection Civile» est organisée à
Berlin.
Il s’agit, dans un contexte tendu par la division est-ouest, de réaliser des plans
d’évacuation et de transfert des populations dans les futures zones de sécurité qui restent
pourtant à aménager.
Cette fois, le mandat de la Protection civile fut établi, puisque son champ
d’activité fut étendu à l’ensemble des problèmes qui touchent à la protection de
l’homme et de son environnement.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Cette notion restera constante, car en France, l’article premier de la loi sur la
sécurité civile237 précise que celle-ci « a pour objet la prévention des risques de toute
nature ainsi que la protection des personnes, des biens et de l'environnement contre les
accidents, les sinistres et les catastrophes. »
Il faut attendre janvier 1958 pour que la naissance d’une véritable organisation
internationale spécialisée dans les problèmes de la protection civile devienne une réalité.
Les réunions d'experts ont abouti à la rédaction finale de ces Protocoles en 1977,
et l’O.I.P.C. a activement pris part à ce processus.
238
Accord du 10 mars 1976 entre le Conseil fédéral suisse et l’Organisation internationale de protection
civile pour régler le statut juridique de cette organisation en Suisse. No RS: 0.192.122.52.
239
Assemblée Générale des Nations Unies, Séance du 7 décembre 1965.
| 140
Le rôle de l'O.I.P.C., mais aussi celui de ses Etats membres a permis de préciser la
définition de la Protection civile dans le nouveau Droit humanitaire, mais aussi de
déterminer les tâches précises qui sont de son ressort.
1) Service de l’Alerte
2) Evacuation
6) Sauvetage
240
Article 61 du Protocole 1 additionnel aux Conventions de Genève de 1977.
| 141
11) Aide pour le rétablissement et le maintien de l'ordre dans les zones sinistrées
Les acteurs des forces armées et des unités militaires affectés aux organismes de
protection civile seront respectés et protégés, à condition de respecter les six exigences
suivantes242 :
4) Se distinguer nettement des autres membres des forces armées par le port
obligatoire du signe distinctif international de la protection civile;
Il reste donc tout à faire afin de faciliter et de légaliser les actions humanitaires
en temps de paix, c'est-à-dire organiser en amont, l'aide internationale en cas de
catastrophe.
Aucune conférence internationale intergouvernementale n’a jusqu’à présent eu
lieu, tant le sujet est sensible au niveau politique.
Par ailleurs les Etats ont des points de vue très diversifiés à propos de
l’organisation d’un système de protection civile, qui pourrait d’abord être élaboré et
collaborer efficacement en temps de paix.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
L'O.I.P.C. par la volonté de ses Etats membres, est devenue une organisation
spécialisée dans la protection de l'homme et de ses biens face aux catastrophes de toute
nature.
C’est donc naturellement, qu’elle s'est attachée à œuvrer dans cette direction,
en élaborant notamment la « Convention cadre d'assistance en matière de protection
civile » dont le texte a été adopté à l'occasion d'une conférence internationale le 22 mai
2000, à Genève.
D’une part, la protection civile doit élargir son champ d’action, pour
le situer en dehors du champ des conflits armés
244
Défini dans l'article 51 du Protocole 1 additionnel aux Conventions de Genève de 1977.
245
Défini dans l’article 64, Chapître VI du Protocole 1 additionnel aux Conventions de Genève de 1977.
| 143
Au niveau mondial, chaque Etat préfère aujourd’hui définir seul ses objectifs en
fonction des crises et des intérêts qui lui sont propres.
La conférence d’Amman, en 1994, a également invité les Gouvernements à créer
des structures de protection civile, avec l'aide des pays développés dans ce domaine par
l'intermédiaire de l'O.I.P.C.
Si les résultats de l'évolution accomplie au cours des 70 années qui séparent les
"Lieux de Genève" du Médecin Général Saint-Paul de l'Organisation Internationale de
Protection Civile d'aujourd'hui, semblent modestes, de grands changements sont pourtant
survenus.
| 144
Les Etats ont adopté un ou plusieurs termes, sans se soucier de les définir
précisément, alors que chaque terme est porteur de sens.
Le terme de protection nationale, par exemple, a été utilisé en France, puis est
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
tombé en désuétude.
En effet, le projet de loi du 31 mai 1947, déposé le 30 juin à l’Assemblée
Nationale246 est ainsi motivé « Dans le domaine de la Défense Nationale, la part de
l’Armée, pour immense qu’elle soit, n’est pas tout. Il convient désormais d’y inclure
l’économie de guerre, l’orientation des recherches scientifiques et cet ensemble de
mesures groupées sous le vocable de protection nationale… »
Le 1er avril 1950, un nouveau décret précise les aspects non militaires de la
Défense, et définit la tâche du Secrétariat Général Permanent à la Défense Nationale,
chargé d’assister « le Président du Conseil dans ses fonctions de coordination
interministérielle des mesures intéressant la mise en œuvre de la Défense Nationale,
notamment en ce qui concerne la préparation de la mobilisation, de la protection
nationale… »
Malgré un décret paru deux ans plus tôt, le concept de protection nationale
apparait à nouveau, ce qui illustre parfaitement l’imprécision des deux notions de
protection nationale et de protection civile.
246
Annexe n°1871 Journal Officiel Document du Parlement Assemblée Nationale Page 1527.
247
Annexe n°4164 Journal Officiel Document du Parlement Assemblée Nationale Page 940. Décret n°42-220
du 16 février 1949.Journal Officiel Page 1835.
| 145
Elle comporte alors trois piliers, organisations distinctes bien que coordonnées.
248
Décret 63-892 du 28 août 1963.Journal Officiel page 7 994.
| 146
Il est pourtant probable que les systèmes de secours constituent une fonction de
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
base, le cœur d’un système étatique, au même titre que ceux des systèmes de défense et
de police.
Toutefois ces services font parfois l’objet de critiques, affichent des
performances médiocres et ne bénéficient pas toujours du soutien de la population.250
Apportant, outre des soins médicaux, un support 24H/24H, les équipes de S.O.S.
International interviennent immédiatement lorsqu’une crise survient.
249
MAKKI S. (2004) « Sociétés militaires privées dans le Chaos irakien » Le monde Diplomatique n°608
novembre 2004.
250
C’est le cas de l’Indonésie, où les services d’incendie sont considérés comme peu performants,
notamment compte tenu d’une législation complexe et confuse qui leur interdit par exemple d’intervenir
au-delà du 6ème étage dans le cas des Immeubles de Grande Hauteur.(Ce qui correspond à la hauteur limite
atteinte par les échelles de sauvetage).
251
Les deux fondateurs sont français et le Dr Rey-Herme crée cette compagnie suite à son service militaire
à l’ambassade de France d’Indonésie, d’où il a pu étudier de près la demande de la population expatriée.
| 147
Lors des évènements du Liban, en 2006, S.O.S. International a permis, grâce à ses
moyens financiers conséquents et la mobilisation immédiate de moyens de transport de
grande capacité, de rapatrier en un temps record, les personnels placés sous sa
protection.
Cette compagnie, grâce a ses 25 centres d’alertes répartis dans le monde assure,
par exemple, le soutien au niveau mondial, de l’ensemble du personnel diplomatique
chinois et de leur famille lorsqu’ils résident hors de la République Populaire de Chine.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Certain pays ont résolument pris une option politique différente et s’orientent
vers la privatisation totale de leurs services d’urgence et d’assistance à la population.
Ainsi, au Danemark, les services de secours sont, depuis leur création fournis par
une compagnie privé le groupe “4 Falck252”, rémunéré sur des fonds publics.
Falck assure la gestion de plus de 132 stations de secours, ainsi que de 16 centres
de contrôle opérationnel, chargés également de recevoir les appels d’urgence.
252
Anciennement « Falck Corporation ».
| 148
Cette spécificité, depuis des dizaines d’années est confortée par le fait que les
services produits sont estimés trois fois moins chers qu’en Grande Bretagne.253
Cette liberté est toutefois strictement encadrée, le niveau de performance des
compagnies privées devant être rigoureusement suivi grâce à des indicateurs fiables.
Prés de 85% de l’activité de secours à personne est réalisée par le Groupe Falck
au Danemark, selon des règles strictes et des accords passes avec l’association des
municipalités.254
Le règlement financier entre les deux parties dépend de deux facteurs, le temps
de réponse et le niveau d’activité.
Ainsi l’adaptation de l’offre et de la demande est assurée de manière
permanente.
Le travail réalisé par le Groupe Falck est très détaillé, puisque les équipages des
ambulances doivent être en mesure de :
253
En proportion du P.I.B. Produit Intérieur Brut.
254
Association of County Councils.
| 149
Ce dernier point est spécifique au Groupe, qui l’utilise pour mettre en valeur ses
activités, sa polyvalence, et sa capacité adaptée de réponse.
Toutefois le système adapté par FALCK donne satisfaction et n’est pas remis en
question dans les pays qui l’ont adopté.
C’est d’ailleurs le contraire qui est prouvé, car une étude allemande, en 1992, a
affirmé que les services d’ambulances au Danemark étaient les plus efficients au niveau
européen.
255
Notamment les Guides Nationaux de Références, et les bonnes pratiques en usage au sein des Services
Départementaux d’Incendie et de Secours.
| 150
Le transfert de nombreux services publics, vers des sociétés privées ne s’est pas
accompagné du transfert de ces obligations.
L’exemple le plus récent ayant été donné par la société TEPCO, au Japon, lors de
la catastrophe nucléaire de Fukushima, en 2011.
Le gouvernement japonais, fortement affecté par le tremblement de terre et le
tsunami a reconnu sa défaillance vis-à-vis des mécanismes de contrôle de la société.
Les services publics de ce type ont pourtant été qualifiés d’essentiels par les
institutions européennes ou de nombreuses Cours de Justice Nationales ainsi que par la
Cour de Justice des Communautés Européennes. (C.J.C.E.)
256
US Department of Homeland Security.
257
Annonce pour la privatisation des S.A.R. fait conjointement par les ministères de la Défense et du
Transport.
258
Soteria agissait pour le compte des gardes-côtes (Maritime and Coastguard Agency).
259
Association de CHC Helicopter Corporation, Thales UK, la Royal Bank of Scotland et Sikorsky.
| 151
Le chiffre d’affaires de la sécurité privée en Europe croît depuis dix ans, avec plus
de cinquante mille entreprises et plus de 1,7 millions de collaborateurs, son chiffre
d’affaires a atteint en 2008 plus de quinze milliards d’euros.
Dans le même temps, l’effectif des forces d’ordre public ont une tendance à la
baisse avec 1, 65 millions de personnes recensées en 2004 dans les vingt-cinq pays de
l’U.E.
La moyenne européenne d’agents de sécurité privée est de deux cent trente sept
pour cent mille habitants, alors que pour les agents publics elle est de trois cent soixante
policiers pour cent mille habitants263.
Le total des agents privés et publics s’élevant à cinq cent quatre-vingt dix sept
professionnels de la sécurité intérieure pour cent mille habitants.
Concernant les sapeurs pompiers en France, seuls agents publics chargés de la
lutte contre le feu la moyenne est de soixante seize pour cent mille habitants264.
260
Sikorsky S 92 à la place des Sea King de la Royal Navy.
261
Source B.B.C.
262
Discours tenu lors de l’inauguration du Sommet Européen de la Sécurité Privée.
263
Europe des 25. Année 2004 rapport Eurostat cité dans livre blanc sur la sécurité privée 2008 page 23.
264
Statistiques des Services d’incendie et de Secours 2008, page 22.
265
Centres Commerciaux, Parcs de Loisirs, Enceintes sportives, Salles culturelles etc.
| 152
« Quelque apparence qu’il y ait à la nouveauté, je ne change pas aisément, de peur que
j’ai de perdre au change. »
Montaigne
Essais
Ce modèle Français est remarqué, il mérite donc qu’une attention particulière lui
soit portée (1).
Sa complexité est liée à son organisation, pour s’adapter aux nouvelles menaces,
de nouveaux centres de veille ou de décision, sont créés. Leur intégration dans le système
existant et les besoins liés à la coordination, doivent reposer sur des principes qu’il reste
à affirmer (2).
| 153
A) L’ORGANISATION FRANCAISE :
« Le plus grand danger, dans les moments de turbulence, ce n’est pas la turbulence, c’est
d’agir avec la logique d’hier »
Peter Drucker
Ce principe, cher au philosophe Paul VIRILO266 montre lui aussi ses limites…les
problèmes posés nécessitent du temps pour trouver une solution adéquate : cette
condition semble constante, dans toutes les sociétés267.
Notre société procède elle aussi, selon les principes de l’approche sectorielle.
266
« Vitesse et Politique : essai de dromologie » Edition Galilée 1977.
267
Le Collegium International s’efforce de proposer des approches nouvelles et originales, capables de faire
face à la crise qui menace la planète et les sociétés humaines, en interdépendance sans cesse croissante.
268
Disque monté sur un axe central, composé de secteurs aux couleurs de l’arc en ciel. En rotation sur son
axe, il semble alors blanc. Isaac Newton démontre ainsi que la lumière blanche est une combinaison des
couleurs de l’arc en ciel.
| 154
Au sein des grands ministères, depuis quelques années, une nette tendance se
dessine, chaque ministre crée un centre de gestion de crise dédié (02).
Les Etats ont depuis très longtemps partagé leurs compétences entre deux cercles
qui s’excluent.
En France, le Roi Soleil Louis XIV avait érigé la maison «du dedans» et celle «du
dehors», prémisses du ministère de l’Intérieur et de celui des Affaires Etrangères.
Il faut pourtant noter que ces deux cercles font eux-mêmes partie d’un cercle
plus grand, se trouvant au plus haut sommet de l’Etat, et permettant d’assurer la
coordination interministérielle.
La Protection Civile est donc un outil transversal entre ces deux ministères, bien
que son statut actuel soit différent.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Parmi ces moyens la force publique, définie dans la Déclaration des Droits de
l’Homme et du Citoyen de 1789271 est mise à la disposition du ministre de l’Intérieur.
269
Constitution du 4 octobre 1958, Article 21 «Le Premier Ministre dirige l'action du Gouvernement. »
270
Ces moyens peuvent être également mis à disposition de ses ministres.
271
Ces droits font partie du bloc de constitutionnalité, dont les principes sont élaborés par le Conseil
Constitutionnel.
272
Loi n°2002-1094 du 29 août 2002 d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure NOR:
INTX0200114L Article 1 Annexe I.
| 156
Pourtant, lorsqu’il s’agit de la réponse aux crises, il faut être plus nuancé.
Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale, accepte dans ce cas, qu’il s’agisse
de compétences partagées, entre le ministère de l’Intérieur et celui de la Défense.
Ils doivent pouvoir s’appuyer sur des moyens de commandement adaptés à des
crises majeures, leur permettant d’être informés en temps réel du déroulement de la
crise, mais aussi de piloter la communication gouvernementale.
Cette organisation doit être connue du public, des médias et des différents
acteurs, en France mais aussi à l’étranger.
Les Anglo-Saxons dans le cadre de leur plan de préparation aux crises274 (C.M.P.)
estiment qu’il est indispensable de se poser des questions simples, pour être efficace :
273
Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale page192.
| 157
Que savent vos partenaires à propos des activités spécifiques que vous
réalisez en temps de crise, mais que vous n’assumez pas en dehors de cette
période ? (question)
Savez-vous quelles sont les spécificités assurées par vos partenaires en
temps de crise ? (miroir)
Cette cellule ne réalise pas de veille, à la différence de toutes les autres salles de
crise existantes au niveau national275
274
Crisis Management Planning
275
COGIC / Centre de Crise du MAEE / Centre Fonction Gardes Côtes.
| 158
La composition de la cellule de crise n’est pas fixée. Elle peut ainsi s’adapter en
fonction de la nature particulière et du caractère spécifique de chaque crise.
La conduite interministérielle de crise est également pilotée par le ministère de
l’Intérieur, place Beauvau.
En effet, il est précisé que « Le ministre de l’Intérieur, chargé de la sécurité
intérieure, ainsi que de la sécurité et de la protection civiles, dans l’acception élargie
que recevront ces termes dans les codes de la défense et de la sécurité intérieure,
assurera, au niveau opérationnel, la conduite interministérielle de la crise sur le
territoire.»
Ses capacités actuelles seront complétées par la création d’un centre de gestion
interministérielle de crise, Place Beauvau, au sein duquel tous les ministères concernés
(Économie, Transports, Santé…) devront prendre place.
particulier ceux des ministères chargés des Affaires étrangères, de l’Industrie, des
Transports et de l’Énergie.
La cohérence de la manœuvre civile avec celle des moyens militaires sera assurée
par ce centre opérationnel et celui des armées.276 »
C.I.C. Décision.
C.I.C. Situation (Synthèse / Opérations / Anticipation).
C.I.C. Communication.
Placé sous l’autorité du Premier Ministre et de chacun des ministres, il doit, tout
en respectant les compétences des Préfets de département :
277
Code de la Défense, Article R 1132-3.
278
Il s’agit des ministères de l'Intérieur, de la Défense, de la Santé, de l'Economie, de l'Industrie, du Budget,
de l'Agriculture, des Transports, de l'Environnement, de l'Energie et de l'Aménagement du Territoire.
279
Code de la Défense, Article R 1311-28 modifié par le décret n° 2010-224 du 4 mars 2010 relatif aux
pouvoirs des Préfets de Zone de Défense et de Sécurité.
280
Code de la Défense, Article R 1311-3
| 160
A ce titre :
10° Veiller à la continuité des relations de l'Etat avec les opérateurs d'importance
vitale ainsi qu'avec les responsables des établissements et organismes publics et
les opérateurs chargés d'une mission de service public qui concourent à la sécurité
nationale ;
Le Préfet de la Zone de Défense et de Sécurité est assisté, dans ses missions, par
un Etat Major de Zone, doté d’un personnel restreint.
Son action est très marquée au niveau interministériel, et ses compétences sont
nombreuses.
Lors d’une crise, les relations avec les élus locaux, départementaux ou nationaux
sont fondamentales, et leur relation avec le ministère de l’Intérieur sont privilégiées,
désignant ce dernier comme chef de file.
A) LE MINISTERE DE L’INTERIEUR :
« Il ne faut pas toucher aux libertés communales. Mais ne faut-il pas sauvegarder les
droits et les devoirs de l’Etat ? Assurer la sûreté publique est le premier de ses devoirs. »
G. Graux,
Revue Politique et Parlementaire,
Avril 1896, p.68
Il possède comme moyens effecteurs pour la majorité de ses actions, les services
de la Police Nationale, de la Gendarmerie Nationale, les Sapeurs-Pompiers civils (en
majorité intégrés au sein des corps départementaux, nommés D.D.S.I.S.) et les Sapeurs-
Sauveteurs nationaux281.
281
Officiers, Sous-officiers et Sapeurs des Unités d’Instruction et d’Intervention de la Sécurité Civile, sous
statut militaire.
282
Créé le 24 mars 1988, le commandement des formations militaires de la sécurité civile est placé sous la
direction d’un officier général de l'armée de terre, 'adjoint militaire du directeur de la sécurité civile.
283
L’Unité d'Instruction et d'Intervention de la Sécurité Civile n° 1, créée en 1978, basée à Nogent le
Rotrou, l’Unité d'Instruction et d'Intervention de la Sécurité Civile n° 5, créée en 1988, basée à Corte, et
l’Unité d'Instruction et d'Intervention de la Sécurité Civile n° 7, créée en 1974, basée à Brignoles.
| 163
Puis nous envisagerons, dans le cadre des actions réalisées par les trois
composantes du Ministère, en matière de secours aux personnes, celles effectuées par la
Police Nationale (B), celles réalisées par la Gendarmerie Nationale (C).
Enfin, les missions assurées par les services d’incendie et de secours en matière de
secours aux personnes (D) seront décrites.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Il faut noter que le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale lie pour la
première fois étroitement les deux notions de programmation militaire et de sécurité
intérieure, comme le précise la lettre de mission290 établie par le Président de la
République.
La D.P.S.N. s'appuie sur les préfets de zone de défense292 devenus par le décret
numéro 930 du 27 août 2010, Préfets de Zone de Défense et de Sécurité, pour réaliser
l’ensemble de ses missions.
291
Décret n°85-1057 du 2 octobre 1985 relatif à l’organisation de l’administration centrale du ministère de
l’Intérieur et de la décentralisation version consolidée au 29 décembre 2009.
292
Nouvel article 3-1 du décret n°85-1057 du 2 octobre 1985 relatif à l'organisation de l'administration
centrale du ministère de l'Intérieur et de la décentralisation, modifié par le décret 2008-682 du 9 juillet
2008.
293
Code de la Défense, Article R 1132-1.
| 165
La Police Nationale n’est pas une institution créée sui generis, il est donc
nécessaire de replacer dans une perspective historique les actions de cette dernière en
matière de secours aux personnes.
opposé les corps des Lieutenants Civils et Criminels, de 1515 à 1645 concernait la remise
en cause de leurs prérogatives exclusives.
En effet, les lieutenants civils accusaient les lieutenants criminels de s’occuper
d’affaires relevant de leur compétence propre, et vice-versa.
Le Roi Soleil Louis XIV conseillé par Colbert, décide de la réforme de la police en
1667, et crée le corps de Lieutenant Général de Police, intégrant les deux corps de
lieutenance.
Cette mesure met un point final à l'amalgame entre les fonctions de Police et
celles de Justice, en instaurant une police à part entière.
Il s’agit, à l’époque, d’une « révolution ».
Le lieutenant-criminel a depuis subsisté car cette fonction perdure sous une autre
appellation.
En effet, près de 400 ans plus tard le Procureur de la République contemporain,
est qualifié d’héritier du Lieutenant-criminel295 par Benoît Garnot296.
De nos jours, une faculté lui a toutefois été retirée, celle de se pourvoir lui-même
d’office.
Mais il faut attendre le 25 octobre 1795 pour que l’arbitraire ne puisse plus
exister en matière de détention et d’exécution des peines.
A cette date, la Convention Nationale instaure le Code des délits et des peines.
294
Les statistiques des services d’incendie et de secours Edition 2010 Page 8 (SDIS + BSPP+ BMPM).
295
L’Edit de création des offices de Lieutenant-Criminel date de 1522.
296
Histoire de la justice France XVI-XXIème Siècle, page 414.
| 166
C’est en 1867 que les pouvoirs de police des Préfets vont être limités et
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
297
Louis Lépine sera Préfet de Paris deux fois de 1893 à 1897 puis de 1899 à 1913.
298
Il mit également en place le service des objets trouvés, la brigade fluviale ainsi que les brigades
cyclistes. (La cape des policiers, sur leurs vélos, se déployait avec la vitesse, donnant ainsi l’appellation
d’ « Hirondelles »).
| 167
Pendant cette période, le 29 avril 1827, la Garde Nationale de Paris est licenciée
mais non dissoute : Louis-Philippe se servira de ces personnels en 1830 pour revenir au
pouvoir et pour maintenir l'ordre dans la capitale.
Le 29 mai 1871, la Garde Nationale de Paris est définitivement dissoute par arrêté
du gouvernement d'Adolphe Thiers.
Cette Garde Nationale est l’ancêtre des corps communaux de sapeurs pompiers,
car elle assurait la mission de protection des populations et de lutte contre les incendies.
C’est d’ailleurs sur le modèle français que la garde nationale des Etats-Unis
d’Amérique a été créée, et qu’elle assiste depuis les citoyens américains lors des
catastrophes.
Elle est directement placée sous l’autorité du Gouverneur de l’Etat National, et
non sous le contrôle du gouvernement fédéral.
C’est la loi du 9 juillet 1966 instituant la « Police Nationale » qui rassemble les
personnels de la Sûreté Nationale et de la Préfecture de Police de Paris.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Cette notion de protection des personnes et des biens est donc identique à celle
retrouvée dans le Code Général des Collectivités Territoriales dans l’article L 1424-2.
299
Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne.
300
Code de déontologie de la Police Nationale version consolidée au 3 août 2001.
| 168
Cet article précise que les services d’incendie et de secours « sont chargés de la
prévention, de la protection et de la lutte contre les incendies,…et exercent les missions
suivantes (...) 3 / La protection des personnes, des biens et de l’environnement. »
L’exercice de ces compétences de protection des personnes et des biens est donc
partagée et transversale, ce que l’étude des textes ne permet pas de relever de prime
abord.
pilote d’hélicoptère, ayant pour mission les transports sanitaires urgents, mais aussi le
secours en montagne.
D’autre part, les gendarmes ont également des équipes spécialisées, dans le
domaine des opérations de secours en montagne, au sein des pelotons de gendarmerie de
haute-montagne.
Le dernier emploi spécialisé en rapport avec les opérations de secours est celui de
« gendarme-spéléologue », notamment pour la recherche de personnes.
Cette charte énonce, pour la première fois, les principes dits de 3ème
génération307.
303
Direction Générale de la Gendarmerie Nationale.
304
Article 2 du Décret de 2004-612 (déjà cité).
305
Adoptée le 28 février 2005 par le Parlement réuni en congrès à Versailles, avec plus de 95% des suffrages
exprimés.
306
Conseil Constitutionnel, décision du 19 juin 2008.
307
Les premiers principes, relatifs aux Droits de l’Homme, sont issus de la révolution de 1789, les seconds
principes sont ceux relatifs aux droits sociaux adoptés à la suite de la deuxième guerre mondiale au XXème
Siècle.
308
La Direction Générale de la Police Nationale (D.G.P.N), la Direction Générale de la Gendarmerie
Nationale (D.G.G.N), la Direction de la Sécurité Civile (D.S.C), la Direction Générale des Collectivités
Locales (D.G.C.L), la Direction des Libertés Publiques et des Affaires Juridiques (D.L.P.A.J).
309
Discours du Président de la République, Nicolas Sarkozy a l’E.N.S.O.S.P. 17 mars 2011, Aix les milles.
| 170
En effet, elles sont situées au niveau zonal310, mais de façon majoritaire elles se
trouvent au niveau départemental, et sont financées par les collectivités locales,
notamment par les Services Départementaux d’Incendie et de Secours (S.D.I.S).
310
E.S.O.L. Etablissement de Soutien Opérationnel Logistique 4 bases : à Méry-sur-Oise (Val d'Oise), à
Marseille - La Valentine (Bouches du Rhône), à Jarnac (Charente) et à Mort-Mare (Meurthe et Moselle).
311
La possibilité de créer des Etablissements Publics Inter Départementaux d’Incendie et de Secours
(E.P.I.D.I.S) prévu par le CGCT articles 1424-51 à 58 et CGCT articles 1424 -59 à 68 n’a pas été mise en
œuvre par les collectivités locales, seuls quelques rares groupements d’achats ont été réalisés, par les SDIS
en 2009.
312
Mutualisations des fonctions administratives et techniques avec les services du Conseil Général par
exemple.
313
Zones de défense et de sécurité Propositions d’évolution (Rapport définitif) Août 2008 Inspection
Générale de l’Administration.
314
Rapport Annuel 2009 Cour des Comptes page 651.
| 171
Elles
peuvent se décomposer en quatre blocs :
Solidarité nationale en cas d'opération de secours ;
Aides de l'État à d'autres acteurs de la sécurité civile ;
Pensions, prestations rattachées et indemnités versées aux sapeurs-pompiers
volontaires accidentés et à leurs ayants droit ;
Activité de l'état-major et des services centraux.
| 172
La loi du 29 juillet 2009 relative à la programmation militaire pour les années 2009
à 2014 attribue des compétences élargies au ministre de l’Intérieur en matière de
coordination interministérielle et de mobilisation des services territoriaux de l’Etat.
« Une culture stratégique émerge d’un ensemble plus vaste de pratiques internationales,
à la fois militaires, diplomatiques et économiques, impliquant une communauté étatique
sur la scène extérieure. Il ne s’agit pas d’un mécanisme structuré, mais d’un ensemble de
contraintes propres à la culture d’une société et qui conditionnent la "production" de sa
stratégie. »
315
Saint Martin pour les Policiers, Sainte Geneviève pour les Gendarmes et Sainte Barbe pour les Sapeurs
Pompiers.
316
American Power Projection and Alliance Defence Politics”, Review of International Studies, vol. 14, 2,
1988, p.136
| 173
Compte-tenu des moyens spécifiques dont disposent les forces armées, leur
domaine de compétence et leur champ d’action intéresse tout particulièrement les
milieux aéronautiques et maritimes, en temps de paix comme lors de crises.
Pour maintenir, hors des périodes de crise, une présence sur la scène
internationale, une direction chargée de la sécurité assure de nombreuses actions, bien
que certains domaines majeurs lui échappent, dans un monde toujours plus complexe (II).
Mais développer des actions de protection civile, et dans un cadre plus large, des
actions de préparation et de réponse aux crises, nécessite que du personnel spécialisé et
expérimenté puisse mener à bien ce défi face aux nouveaux challenges globaux (III).
| 174
Toutefois, les buts recherchés par ces différents acteurs peuvent être divergents,
ce qui complique parfois la visibilité de l’action de la France à l’étranger.
317
Niveaux 1 à 3, élaborés par le service de sécurité et de protection des Nations-Unies (U.N.D.S.S.) qui
décide de la mise en œuvre du niveau de sécurité en fonction des conditions locales.
| 175
Sa doctrine initiale, s’inspire des principes humanitaires décrits puis près de cent
ans, par les fondateurs de la Croix-Rouge.
Elle s’est progressivement précisée, développée, et fait aujourd’hui partie du
Droit International Humanitaire (D.I.H.).
Une des missions du Centre de Crise a pour objectif d’animer le réseau des
correspondants humanitaires dans les postes diplomatiques à l’étranger.
Ces correspondants humanitaires sont peu nombreux, et mis en place uniquement
lorsque la situation humanitaire le justifie.
Le profil de poste des correspondants humanitaires varie donc en fonction du type
de crise et des besoins locaux identifiés par le réseau consulaire à l’étranger.
318
Centre Opérationnel de Gestion Interministérielle des Crises, ministère de l’Intérieur.
319
M.I.C. Monitoring and Information Center.
320
D.A.H. ou Délégation à l’Action Humanitaire.
321
Bernard KOUCHNER, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes à Paris lors de la Conférence des
Ambassadeurs du 27 au 29 août 2008.
322
F.U.H. est abondé annuellement, par le ministère des Affaires Etrangères, d’un montant de 9 millions
d’euros.
323
Numéro du F.D.C. 1.2.008 libellé « Contributions de tiers au profit de l’aide d’urgence aux victimes de
catastrophes naturelles et de conflits à l’étranger ».
| 176
difficilement réalisable.
Cette direction est intégrée au sein du ministère des Affaires étrangères, et fait
partie de la Direction générale des affaires politiques et de sécurité.
325
Dont les missions sont fixées par le décret n°61-1374 du 14 décembre 1961.
| 178
Sous-direction Afrique,
Sous-direction Monde,
326
Arrêté et décret du 16 mars 2009 portant sur l’organisation de l’administration centrale du ministères
des Affaires Etrangères et Européennes.
| 179
préexistants.
En effet, la Direction de la Coopération Intérieure continue de développer sa
propre stratégie en matière de coopération bilatérale menés par ses Attachés de Sécurité
Intérieure329.
Pour l’Amérique
o Argentine
o Brésil
o Canada
o U.S.A.
Pour l’Asie
o Japon
Pour l’Afrique
o Bénin
o Mali
L’organigramme de la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense est le
suivant :
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Auparavant, elle est préparée par un comité permanent, présidé par le Délégué
Interministériel au Développement Durable, et constitué de hauts fonctionnaires de
chaque ministère.
333
Mode de coopération bilatéral ou multilatéral.
334
Décret n°2003-145 du 21 février 2003 portant création du comité interministériel pour le développement
durable NOR: DEVX0300013D.
| 183
335
Djibouti, Ethiopie, Kenya, Somalie, Soudan, Ouganda.
336
Ambassadeur de France, Premier Secrétaire, Consul etc.
337
Décret 2006-1088 du 30 août 2006 relatif à l’organisation des services de sécurité intérieure au sein des
missions diplomatiques à l’étranger.
| 184
Il est précisé dans le décret du 30 août 2006 que seuls les fonctionnaires de la
police nationale ou de la gendarmerie nationale peuvent être nommés en qualité
d’Attachés de Sécurité Intérieure ou d’Attachés de Sécurité Intérieure adjoint.
Par déduction, on en conclut que les actions relevant de la Sécurité Civile, qui
n’est pas citée dans le décret relatif aux attachés de sécurité intérieure, sont pourtant
bien incluses dans le champ de la sécurité intérieure.
338
Bien que créée officiellement le 1er septembre 2010, elle n’a été pleinement opérationnelle qu’au 1er
janvier 2011.
| 185
Ces niveaux correspondent aux grades d’officiers (Sous-officier (GOC 1- GOC 2),
Lieutenant (GOC 2 - GOC 3), Capitaine (GOC 3- GOC 4), Officier Supérieur (GOC 4 – GOC
5), complétés pour les Directeurs et leurs adjoints par un module spécifique de gestion de
crise (G.D.C.).
Il n’est donc pas possible, pour un lieutenant par exemple de suivre le module
GOC 5 même s’il a plusieurs années d’expériences : il ne peut accéder à ce niveau
opérationnel car il n’est pas en mesure de prendre le commandement d’un dispositif aussi
important, compte tenu de son grade.
De plus, tout au long de sa carrière, pour l’accès à chaque grade339, mais aussi à
chaque nouvelle fonction, l’officier devra suivre des cursus adaptés, dont certains durent
plusieurs mois, et sont répartis sur une année.
Ainsi, bien que la fonction d’Attaché de Protection Civile n’existe pas encore, il
semble nécessaire, compte tenu de l’importance croissante de ce domaine, d’envisager
de développer des actions de coopération spécifiques, menées par du personnel spécialisé
dans ce domaine et affecté à temps complet.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Ces Etats Majors Inter-Armées de la Zone de Défense ont été créés afin de
permettre de coordonner les échelons inter-armées (Terre / Air / Mer) pour répondre,
essentiellement aux sollicitations des autorités civiles (Préfet de Zone ou Préfet de
Département via le Préfet de Zone).
339
Il s’agit alors d’une Formation d’Adaptation à l’Emploi (F.A.E.) pour les grades de Capitaine et de
Commandant, ou d’une F.A.E. pour la tenue de l’emploi de chef de groupement ou de Directeur
Départemental Adjoint (12 semaines réparties sur une année, examen d’entrée et jury avec mémoire de fin
d’études).
340
Définies dans l’article L1142-1 du Code de la Défense.
341
Etat Major Inter-Armées de la Zone de Défense.
342
Article R 1311-4 du Code de la Défense.
| 186
Ces notions font débat, en France, au sein de la sphère publique, puisqu’elles ont
fait l’objet de questions parlementaires.344
La loi du 2 juillet 1996349 précise que « le premier objectif de notre Défense est
de protéger nos intérêts vitaux ; l'intégrité du territoire national, ses approches aériennes
et maritimes, le libre exercice de notre souveraineté et la protection de la population en
constituent le cœur. »
La loi de 1996 définit également les grandes fonctions opérationnelles.
La défense du territoire est intégrée dans la fonction " dissuasion ", élément
fondamental de la stratégie, garantie contre toute menace sur nos intérêts vitaux.
Concernant la fonction " protection ", il est précisé, dans la même loi que " la
défense du territoire doit pouvoir être assurée en toutes circonstances. C'est aujourd'hui
une mission de sécurité intérieure. »
343
Code de la Défense Nationale Article R 1421-1, issu du Décret n°73-235 du 1 mars 1973 relatif à la
défense opérationnelle du territoire.
344
Question écrite n° 14722 de M. Hubert Haenel (Haut-Rhin - UMP) publiée dans le JO Sénat du 11/03/1999
- page 737.
345
Constitution du 4 octobre 1958, « Le Président de la République » Titre II Article 5.
346
Constitution du 4 octobre 1958 « Le Président de la République » Titre II, article 16.
347
Constitution du 4 octobre 1958 « De la révision » Titre XVI, article 89.
348
Constitution du 4 octobre 1958 « Le Président de la République » Titre II, article 15.
349
Loi nº 96-589 du 2 juillet 1996 relative à la programmation militaire pour les années 1997 à 2002.
| 187
Cette protection est conçue pour s’exercer éventuellement au-delà des limites du
territoire national.
Les forces françaises sont susceptibles de s’engager pour une mission à caractère
opérationnel bien au delà, compte-tenu des obligations internationales de la France.
L’ensemble de ces missions constitue donc la notion de " défense du territoire ",
qui est très vaste.
En comparaison, la Défense Opérationnelle du Territoire (D.O.T.) ne représente
qu'un des champs d'action de la protection de celui-ci.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
L’Armée de Terre facilite les mouvements, les transits et l'écoulement des flux
logistiques de surface de nos forces et des alliés.
Son domaine de responsabilité s'étend à l'ensemble du territoire national, y
compris au littoral terrestre, (au sens d’un espace « frontière » entre le domaine de
maritime et terrestre qui aurait pu être de la compétence de la Marine).
Pour la Marine, le plus grand commandement (en termes de nombre d’hommes) est
en effet celui du Bataillon des Marins Pompiers de Marseille (plus de 2 400 hommes).
Pour l’armée de Terre, les forces du Génie sont, à prés de cinquante pour cent,
dédiées à des opérations de protection civile : qu’il s’agisse de la Brigade des Sapeurs-
Pompiers de Paris, des Unités Militaires de la Sécurité Civile, des sapeurs pompiers
militaires travaillant dans la sécurité (des camps, des installations, des aéroports
militaires etc.) l’ensemble atteint un total de plus de 10 000 hommes.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Cette mission est réalisée grâce aux centres de coordination de sauvetage Air351
également appelés « Rescue Coordination Centers » (Centres de Coordination des
Secours).
350
Décret n°84-26 du 11 janvier 1984 portant organisation des recherches et du sauvetage des aéronefs en
détresse en temps de paix.
351
Dans la terminologie internationale de l’I.A.T.A. ces centres sont appelés R.C.C. (Rescue Coordination
Center).
| 190
Chaque Etat est responsable de l’espace aérien situé au dessus de son territoire.
Il est également responsable de l’espace aérien située au dessus-des flots, en
haute mer, selon les principes établis par l’O.A.C.I.
Ces services sont mis en œuvre par les États, signataires de conventions
internationales conjointes, celles de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale
(O.A.C.I.) et de l’Organisation Maritime Internationale (O.M.I.).
Les Etats sont libres de mettre en œuvre des conventions internationales
séparées, par la création et le maintien d'une organisation nationale de recherche et de
secours (S.A.R.) en relation avec un ou plusieurs autres États avec lesquels peuvent être
prévus des accords de recherche et de secours de voisinage.
352
O.M.I.
353
Doc 9731-AN/958, appellé IAMSAR.
354
Ou Convention S.O.L.A.S. Safety Of Life At Sea.
| 191
D’autres pays ont opté pour une réponse de type plus globale, comme la
Nouvelle-Zélande, qui a choisi un centre unique355, responsable de la coordination :
basée en Floride, reçoit toutes les alertes, vérifie leur crédibilité et engage :
soit des patrouilles aériennes spécialisées356,
soit les garde-côtes s’il s’agit d’une alerte maritime,
soit la Défense nationale américaine.
Il faut noter que l’Air Force Rescue Coordination Center (A.F.R.C.C.) est
également compétente pour traiter les signaux de détresse provenant de personnes
isolées (chasseurs, randonneurs, skieurs, malades atteints de la maladie d’Alzheimer,
transmetteurs de signaux d’urgence localisés.)
Ces structures sont destinées à assurer la direction et la conduite des crises sur le
territoire national et s’inscrivent dans le cadre des préconisations du livre blanc sur la
Sécurité et la Défense nationale.
355
Il s’agit du RCCNZ : Rescue Coordination Centre New Zealand.
356
Civil Air Patrol.
357
Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale.
| 192
Ils doivent pouvoir s’appuyer sur des moyens de commandement adaptés à des
crises majeures, leur permettant d’être informés en temps réel du déroulement de la
crise et de piloter la communication gouvernementale.
Cette organisation doit être connue du public, des médias et des différents
intervenants en France et à l’étranger.
Elle sera le point d’entrée naturel dans le dispositif de gestion de crise pour les
interlocuteurs européens et internationaux au plus haut niveau.358 »
« point de contact national » devient alors le Centre de Crise du ministère des Affaires
Etrangères et Européenne.
La Cellule de Crise Territoire National (CC-TN) peut, selon les circonstances, être
appelée à tenir un rôle de centre opérationnel ministériel.
358
Extrait du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale page192.
359
Armée en permanence uniquement en cas de crise, elle n’assure pas de fonction de veille
opérationnelle.
| 193
Cette mesure est par ailleurs en cohérence avec la refonte du décret concernant
les pouvoirs des Préfets de zone360.
D) LE MINISTERE DE LA SANTE :
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Peu après la seconde guerre mondiale, dans les années cinquante, la première
circulaire362 relative à l'organisation des secours d'urgence a été promulgué par le
ministère chargé de la Santé.
Mais les études réalisées dès la fin des années soixante à propos des causes de
létalité concernant les victimes d’accidents de la circulation, font apparaitre que le décès
survenait, en général durant le transport, entre le lieu de l’accident et la structure
hospitalière d’accueil.
Fort de ce constat, le Professeur Bourret, en septembre 1957 décide d’envoyer un
médecin directement sur les lieux de l’accident, donnant naissance aux premiers
« transports primaires365 », à Salon-de-Provence.
Les hôpitaux ont toujours eu pour vocation d’accueillir les urgences médicales, la
gestion de l’urgence était donc réalisée au sein même de l’hôpital, sans répercussion ou
modification des rôles des autres acteurs de l’urgence.
360
Décret n°2010-224 du 4 mars 2010 relatif aux pouvoirs des Préfets de zone de défense et de sécurité
NOR: IOCX1001151D.
361
Article R. 1311-16 du Code de la Défense.
362
Circulaire du 5 janvier 1949.
363
Fondateur du Service d’Aide Médicale Urgente (Samu) de Paris qu’il dirige jusqu’à sa retraite
hospitalière, président de la commission médicale du comité National de l’Aviation Civile, ou il développa
la doctrine des évacuations sanitaires aériennes, président du Comité Médical du Secours Routier Français,
à la suite du professeur Marcel Arnaud, membre de l’Académie Nationale de Médecine.
364
Ce type de transport est appelé « transport secondaire ».
365
Le « transport primaire » permet à la victime de bénéficier de soins médicaux pour la première fois
depuis son accident d’où son appellation de « transport primaire ».
| 194
366
Circulaire du 27 juillet 1960.
367
Création d’antennes à Nancy, Toulouse, Montpellier, Troyes.
368
W.C. Schœmaker, P.L. Appel et H.E.Kram : Tissue oxygen dept as a determinant of lethal and sublethal
postoperative organ failure.- Critical Care Medicine, 1988, 16, 11, 117-120.
369
Hypoxie.
370
Connue sous le nom de «Stay and Play» (Rester sur Place et Médicaliser sur Place).
371
Décret du 2 décembre 1965.
372
Service Mobile d’Urgence et de Réanimation.
373
Décret du 31 décembre 1965.
374
Service d’Aide Médicale d’Urgence.
375
Simone Veil ministre de la Santé précisera par la circulaire du 6 février 1979 les formes de coopération
entre les structures hospitalières et extra-hospitalières.
376
Centre de Réception et de Régulation des Appels.
377
Loi 86-11 du 6 janvier 1986.
378
Décret d'application du 16 décembre 1987 NOR : ASEP8701666D.
| 195
Cette approche française n’est pas partagée universellement puisque les Etats-
Unis se basent sur un concept différent382.
Ce concept, a lui-même évolué, puisqu’il s’est transformé en méthode dite « Play
and run » (agir et courir) qui permet de maintenir une pression sanguine minimale, de
compléter le remplissage vasculaire en utilisant des perfusions de solutés, des
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
médicaments, utilisés par les acteurs paramédicaux plus connus sous le terme
de« paramedics ».
Selon les études médicales, en cas d’hémorragie interne, seule une opération
chirurgicale peut sauver la victime, à condition que celle-ci soit en moins d’une heure
dans les conditions d’intervention.
Ce concept383 a de profondes répercussions sur l’organisation même de la réponse
aux urgences.
Il a permis de développer des ambulances non médicalisées, armées par du
personnel paramédical384, capables de réaliser des gestes médicaux385 permettant la
survie des victimes jusqu’à l’hôpital.
390
Code de la Santé, Article L 6311-2.
391
Vaucluse notamment.
392
Différents facteurs concourent à cette efficience, tels que trouver un service d’Urgence adapté à la
pathologie, la prise en compte du temps de mobilisation des équipes médicales et des secouristes, la
disponibilité et la capacité d’accueil de l’établissement, etc.
393
Idem note précédente art L 6311-2.
394
Communications Committee, Working Document COCOM08-17 final Bruxelles DG INFSO/B2 du 23 juillet
2008.
| 197
Le total consiste en
Sans prendre en compte les appels reçus par le 17, le total de 3 370 000 appels
annuels est donc atteint par le 112, 15 et 18.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Plusieurs pays on fait le choix d’un numéro unique d’appel d’urgence395, et ont
abandonné tous les autres.
Dans les pays ayant fait le choix de ne conserver qu’un seul numéro d’urgence, les
Centres de Sécurité Publique de Réception396 des appels sont des structures uniques397.
395
Danemark, Malte, Pays Bas, Suède.
396
P.S.A.P. (Public Safety Answering Points) ou Centres de Sécurité Publique de Réception des Appels.
397
Irlande, Chypre, Grande Bretagne.
398
D.S.M
399
C.O.S.
| 198
Ces rôles ont dû être précisés par la circulaire du 3 juillet 1991 relative à
l'identification du « commandant des opérations de secours » et du « directeur des
secours médicaux » lors de la mise en œuvre des « plans rouges400 », issue du décret
n°88-622 du 6 mai 1988 relatif aux plans d'urgence401, abrogé depuis.
Cette organisation est stable : la même répartition des rôles s’exerce lors de
catastrophes de grande ampleur.
400
NOR : INTE9100139C.
401
Décret pris en application de la loi n° 87-565 du 22 juillet 1987 relative à l'organisation de la sécurité
civile, à la protection de la forêt contre l'incendie et à la prévention des risques majeurs.
402
Créées par la réforme dite « Juppé » de l'assurance-maladie par l'ordonnance du 24 avril 1996.
403
Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et
aux territoires (Journal officiel, 22 juillet 2009).
404
Le total des secours à victimes et accidents de circulation pour 2009 est de 2 965 680 (INSIS 2009, D.S.C.)
| 199
Les nouveaux Schéma Régional d’Organisation des Soins se voient confier comme
objectifs d’assurer une organisation sanitaire territoriale permettant le maintien ou le
développement d’activités de proximité, et la mise en place d’une organisation graduée
des plateaux techniques.
E) LE MINISTERE DE L’ECOLOGIE, DU
DEVELOPPEMENT DURABLE, DES TRANSPORTS
ET DU LOGEMENT :
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Ce ministère, créé dans la seconde moitié du XXème siècle, est placé au centre
d’enjeux fondamentaux, et son importance ne cesse de croître.
Son champ de compétences est donc étendu (I), mais il est particulièrement
impliqué dans la mise en œuvre de conventions internationales dépassant le seul intérêt
national (II).
Bien que chef de file incontesté en matière de prévention des risques, le domaine
de la gestion des risques n’est pas de sa compétence exclusive (III).
405
En outre, le S.R.O.S. intègre les projets médicaux de territoire, les modalités de concertation avec les
établissements, les professionnels de santé, les usagers et les élus.
406
28 février 2005 projet accepté par 531 voix contre 23.
| 200
407
Article 5 de la Convention « Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des
connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les
autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines
d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures
provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »
408
Article 1 de l’arrêté du 22 avril 2005 portant organisation et attributions de la direction de la défense et
de la sécurité civile.
| 201
les risques liés à l’activité humaine, les risques naturels, la prévention des
inondations et les risques liés à la prévision des crues,
Travail (A.F.S.S.E.T.),
le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (B.R.G.M.),
l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (I.R.S.N.),
météo France,
le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (C.S.T.B.),
l’Office National des Forêts (O.N.F.),
l’Institut de recherche en sciences et technologies pour
l'environnement (C.E.M.A.G.R.E.F.),
l’Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de
l'Aménagement et des Réseaux (I.F.S.T.T.A.R409.)
les services du réseau scientifique et technique du ministère410.
409
Provenant de la fusion au 1er janvier 2011 de l’I.N.R.E.T.S. (Institut National de Recherche sur les
Transports et leur sécurité) et le L.C.P.C. (Laboratoire Central Ponts et Chaussées).
410
C.E.T.E. Centre d’Etudes Techniques de l’Equipement ; C.E.R.T.U Centre d'études sur les réseaux, les
transports, l'urbanisme et les constructions ; S.E.T.R.A. Service d’Etudes sur les Transports, Routes et
Aménagements ; C.E.T.M.E.F. Centre d’Etudes Techniques Maritimes et Fluviales.
| 203
411
Inondations à la Faute-sur-mer.
412
Ces informations sont recueillies, analysées et diffusées par le S.C.H.A.P.I., Service Central
d’Hydrométéorologie et d’Appui à la Prévision des Inondations.
413
Directive européenne 2007/60/CE du 23 octobre 2007 relative à l'évaluation et à la gestion des risques
d'inondation (J.O.U.E. L 288, 06-11-2007, p.27)
| 204
L’acquisition par l’Etat, des bâtiments les plus exposés aux risques, est
désormais réalisable grâce au Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs.
Mais il est également possible, par des mesures appropriées de
renforcement, de réduire la vulnérabilité des constructions existantes.
Cette mesure, bien que non obligatoire peut s’avérer essentielle, notamment lors
de la réalisation des Schémas de Cohérence Territoriale (S.C.O.T.416 ) et des Plans
Locaux d’Urbanisme (P.L.U.417).
414
Le premier exercice RICHTER 1 s’est déroulé dans les Bouches-du-Rhône, incluant 25 communes,
touchées par le séisme de Lambesc en 1909.
415
Plan de Prévention des Risques Naturels, arrêté par l’Etat, ils comprennent les P.P.R.I., les P.P.R.F.F.
416
Schéma de Cohérence Territoriale, instauré par la loi S.R.U. (Solidarité et Renouvellement Urbain) du 13
décembre 2000, ce document d'urbanisme fixe, à l’échelle de plusieurs communes ou groupements de
communes, les orientations fondamentales de l’organisation du territoire et de l’évolution des zones
urbaines, afin de préserver un équilibre entre zones urbaines, industrielles, touristiques, agricoles et
naturelles.
417
Plan Local d’Urbanisme, document d'urbanisme de planification au niveau communal ou éventuellement
intercommunal. Il remplace le plan d'occupation des sols (P.O.S.) depuis la loi Solidarité et Renouvellement
Urbain (dite loi S.R.U.).
| 205
D’une part, une étude des aléas minutieuse et très encadrée424 doit prendre en
compte deux facteurs.
418
Elles concernent particulièrement la réglementation et le contrôle des Etablissements notamment au
travers des directives SEVESO et I.P.P.C. et la recommandation européenne sur l’inspection.
419
Concerne 450 000 établissements, en France.
420
Concerne 54 000 établissements en France.
421
Dont la réalisation est prévue par la loi n°2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques
technologiques et naturels et à la réparation des dommages.
422
Au 1er janvier 2010.
423
Le décret n°2005-1130 du 7 septembre 2005 définit les modalités et les délais de mise en œuvre des
P.P.R.T.
424
Circulaire du 10 mai 2010 récapitulant les règles méthodologiques applicables aux études de dangers, à
l'appréciation de la démarche de réduction du risque à la source et aux plans de prévention des risques
technologiques (P.P.R.T.) dans les installations classées en application de la loi du 30 juillet 2003.
| 206
Elle doit tenir compte de l’étude de dangers fournie par l’exploitant, qui
cherche parfois à minimiser le niveau de risque et à démontrer que le
niveau de sécurité de ses installations est satisfaisant.
Elle recense également les phénomènes dangereux et calcule l’aléa
technologique, pour chaque type d’effet, en tout point du territoire.
Ces deux éléments sont les supports de la stratégie et Plans de Prévention des
Risques Technologiques et constituent une étape essentielle de la procédure.
Ces procédures sont longues, et nécessitent une bonne connaissance des enjeux
tant techniques, économiques, juridiques, politiques et humains.
425
Instance de Concertation, créée par arrêté Préfectoral, réunit au plus 30 membres les Comités Locaux
d’Information et de Concertation, deviennent le Commissions de Suivi de Sites (C.S.S), dans la Loi Grenelle
2.
| 207
Ce lien entre la gestion des risques et la connaissance des activités par les
services opérationnels est actuellement manquant et illustre la réalité de
l’approche « en silo ».
Il est essentiel de modifier cette approche qui est dépendante des
comportements humains et des habitudes acquises.
Sa mise en œuvre d’une nouvelle approche sera longue, mais agir sur le
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
426
Loi n°2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.
427
Plan National Santé Environnement ou P.N.S.E.
| 208
Par ailleurs, les contrôles sur les réglementations relatives aux produits chimiques
(REACH, Réglementations relative aux substances biocides, aux substances appauvrissant
la couche d'ozone telles que les fluides frigorigènes) sont renforcés.
Cette amélioration a été permise grâce à une approche et une collaboration
interministérielle, à laquelle les services des collectivités locales et leurs établissements
publics ne sont pas associés.
Parmi les objectifs affichés par le projet R.E.A.C.H. il est prévu de remplacer les
substances P.B.T.430 et vP.vB.431 par des alternatives plus sûres lorsqu’elles existent.
428
Nanomatériaux, ondes électro-magnétiques, etc.
429
R.E.A.C.H. = enRegistrement, Evaluation et Autorisation des substances Chimiques.
430
P.B.T. = Persistantes, Bio-accumulatives et Toxiques.
431
vP.vB = très Persistantes et très Bio-accumulatives.
| 209
Il précise que le Directeur de la Sécurité Civile est membre de droit, et que trois
maires nommés par le ministre en charge des installations classées, sur proposition de
l’Association des Maires de France.
432
Directive 67/548/EEC du 27 juin 1967 définissant le système européen d'étiquetage des substances
dangereuses (Annexe II).
433
Directive 1999/45/CE du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 1999 concernant le rapprochement
des dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives à la
classification, à l'emballage et à l'étiquetage des préparations dangereuses (Journal officiel n° L 200 du
30/07/1999 p. 0001 – 0068).
| 210
Les recommandations réalisées par les Inspecteurs des Installations Classées, qui
ont proposé aux Préfets de mettre en demeure les exploitants et de remédier aux non-
conformités portent, dans vingt neuf des cas sur les soixante quatre observés en Ile-de-
France, sur des actions élémentaires en termes de protection et de défense contre
l’incendie435.
système de détection incendie, de prendre en compte les observations relevées par les
organismes de contrôle, de vérifier les ressources en eau et leur accessibilité.
Or ces recommandations font partie du domaine de la prévision opérationnelle :
elles échappent pourtant totalement aux services d’incendie et de secours sur l’ensemble
du territoire national.
Ainsi, les véhicules de secours une fois déclenchés, peuvent se présenter sur les
lieux d’un évènement, et simultanément découvrir que le risque auquel ils font face n’a
pas encore été répertorié.
Lorsque l’échange d’information existe, il est basé sur les bonnes relations locales
entre les équipes de secours et l’exploitant, sans pour autant constituer une obligation
légale pour ce dernier.
Si un système de sécurité sur un site industriel est défaillant, la remontée
d’information vers les services de secours n’est pas automatique.
434
Cité par monsieur Bernard DOROSZCZUK, Directeur régional de l'industrie, de la
recherche et de l'environnement de la région Ile-de-France lors du discours d’ouverture
du séminaire IMPEL, Paris 2009.
435
Cité par monsieur Bernard DOROSZCZUK, Directeur régional de l'industrie, de la recherche et de
l'environnement de la région Ile-de-France lors du discours d’ouverture du séminaire IMPEL, Paris 2009.
| 211
M.E.D.D.T.L.
Connaissance de l'aléa Ministère chargé de l'Agriculture Financement d'études scientifiques et techniques.
(concernant la forêt uniquement).
M.E.D.D.T.L.
Ministère de l’Education Nationale, Équipements des zones en moyens de surveillance
de la Jeunesse, et de la Vie
La surveillance Associative. (stations de surveillance des crues, du volcanisme,
Ministère de l'Enseignement des grands mouvements de terrains).
Supérieur et de la Recherche.
Maire.
La prise en compte du
risque dans Établissement des plans de prévention des risques
M.E.D.D.T.L.
l'aménagement PPR.
M.I.O.M.C.L.I.
La préparation des Selon l'échelle, les services de la protection civile ou
plans de secours Maire. le maire préparent la crise.
M.I.O.M.C.L.I.
Mobilisation des moyens (fonctionnaires, services
La gestion de crise Maire
publics, éventuellement armée).
Conseil général
Commission de Catastrophe
Naturelle : Une fois l'arrêté de catastrophe naturelle pris, les
L'indemnisation assurances mettent en place une procédure
M.I.O.M.C.L.I. particulière d'indemnisation.
M.E.D.D.T.L.
436
Laurent MICHEL Directeur Général de la Prévention des Risques M.E.D.D.T.L. discours de clôture du
séminaire SIMPEL 2009, Paris.
437
Systèmes de Gestion de la Sécurité (Safety Management System).
| 213
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Sans avoir pour objectif d’atteindre un taux d’accident aussi faible que celui de
l’aviation, il serait intéressant de mette en œuvre les principes de base des Systèmes de
Gestion de la Sécurité (S.G.S.).
Ces principes reposent sur une approche intégrée qui implique de prendre en
considération, au-delà de la prévention :
438
Directive n°96/82 du 09/12/96 concernant la maîtrise des dangers liés aux accidents majeurs impliquant
des substances dangereuses dite SEVESO II (JOCE n° L 10 du 14 janvier 1997) modifiée par Directive
n°2003/105/CE du 16 décembre 2003 (JOCE n° L 345 du 31 décembre 2003) décrit la nécessité d’un
Système de Gestion de la Sécurité (S.G.S.) dans son article 9.
439
Règlement CE N°216/2008 du Parlement Européen et du Conseil du 20 février 2008, concernant des
règles communes dans le domaine de l’aviation civile, instituant une Agence Européenne de la Sécurité
Aérienne.
440
Instruction du 22 décembre 2008 prise en application de l’arrêté du 22 décembre 2008 relatif à la mise
en œuvre des systèmes de gestion de la sécurité pour les entreprises de transport aérien public et les
organismes de maintenance M.E.D.D.A.T. NOR : DEVA 0828436J.
| 215
441
A Copenhague du 7 au 18 décembre 2009 la 15ème « Conférence des parties » (COP 15) de la
« Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques », 192 pays l’ont ratifiée il s’agissait
de renégocier un accord international sur le climat remplaçant le protocole de Kyoto, initié lors de la COP 3
en 1997 et dont la première étape prend fin en 2012.
442
Article 2 Décret n°88-531 du 2 mai 1988 portant organisation du secours, de la recherche et du
sauvetage des personnes en détresse en mer NOR: MERM8800027D.
443
Zone Economique Exclusive (Z.E.E.) définie par la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer du
10 Décembre 1982 dans sa partie V, article 55 «Régime juridique particulier de la zone économique
exclusive ».
444
Soit plus de 370 kilomètres au large.
| 216
445
EU Naval Force ou Force Navale de l’Union Européenne.
446
Belgique, France, Allemagne, Grèce, Italie, Luxembourg, Pays Bas, Espagne, Suède participation de la
norvège.
447
Chypre, Irlande, Malte, Finlande.
448
La convention internationale de Bruxelles du 23 septembre 1910 pour l’unification de certaines règles en
matière d’assistance et de sauvetage maritimes a été ratifiée progressivement par les états signataires,
retardant son application.
449
Nuit du 14 au 15 avril 1912, 1 500 victimes sur 2 200 passagers et membres d’équipage.
| 217
L’intention pour cette quatrième convention était de réaliser des mises à jour par
des amendements successifs, mais compte tenu des longs processus de ratifications
nécessaires, la convention pour la sauvegarde de la vie humaine en mer a été réécrite en
1974, et conclue à Londres le 1er novembre 1974451.
Cette convention permet de définir l’action de l’Etat en mer dans le domaine de
la sécurité maritime et du sauvetage en mer.
Les gouvernements signataires souhaitaient établir de façon commune, des
principes et des règles uniformes afin de sauvegarder la vie humaine en mer.
A l’identique des contrôles périodique des navires, des visites périodiques sont
ensuite réalisées dans les différents Etablissements Recevant du Public (E.R.P.) par ces
commissions de sécurité, selon les prescriptions du Règlement de Sécurité.
450
Remplace la Convention de 1948 pour la Sauvegarde de la Vie Humaine en Mer.
451
Entrée en vigueur en France le 25 mai 1980, elle est appelée convention SOLAS (Safety of Life at Sea).
452
Code de la Construction et de l’Habitation, Partie règlementaire Livre I Titre II Article R 123-1 et
suivants, réalisés par les Sapeurs Pompiers, seuls titulaires du Brevet de Prévention délivré par le ministère
de l’Intérieur.
453
Commissions de sécurité communales, d’arrondissement ou départementales.
| 218
454
I.S.M. = International Safety Management Code, 2002.
455
Informations nautiques, prévisions météorologiques à l’usage des navigateurs.
| 219
L’obligation faite aux navires de porter assistance aux navires en détresse, a été
intégrée dans la convention S.O.L.A.S.460 en 1974, mais aucun système international
d’assistance n’assurait alors le suivi des opérations ou leur coordination.
Les différentes nations sont conviées à réaliser des accords internationaux avec
les pays voisins, permettant de mettre en commun les moyens, d’établir des procédures
similaires.
456
Surveillance générale de la navigation et surveillance spécifique des zones des trois rails de navigation
de la Manche et du Pas-de-Calais.
457
Assuré essentiellement par les C.R.O.S.S. (Centre Régionaux Opérationnels de Surveillance et de
Sauvetage).
458
O.M.I.
459
Convention international sur la recherché et le sauvetage maritimes, faite à Hambourg le 27 avril 1979,
publié dans le décret 85-580 du 5 juin 1985 (Journal Officiel du 9 juin 1985, page 6392).
460
International Convention for the Safety of Life at Sea
| 220
Afin de faciliter les procédures d’entrée des équipes S.A.R. en cas de nécessité,
des formations communes sont prévues, ainsi que des échanges et des visites entre les
différents services.
De même, des centres de coordination (et des sous centres éventuellement461)
doivent être définis, dotés de procédures opérationnelles établies, connues et pré
déterminées, afin de pouvoir désigner un Coordonnateur des opérations462 sur site.
Le coordonateur sur zone (O.S.C.) est désigné lorsque plusieurs moyens sont
engagés.
Il doit assurer l’interface entre le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et
de Sauvetage, (C.R.O.S.S.) et les moyens sur zone afin que ce dernier ne soit pas saturé
par les communications.
Lors d’une grosse opération, deux coordonnateurs (O.S.C.) peuvent toutefois être
désignés :
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Un O.S.C. maritime qui fait la même chose pour les moyens nautiques.
L’aspect opérationnel ne doit pas échapper, puisqu’il s’agit, lors des opérations
de secours, de désigner un responsable opérationnel unique et de préciser son rôle.
461
Exemple du Sous Cross Corse, dépendant du Cross de Toulon, basé à Ajaccio.
462
Défini dans la terminologie par « On Scene Coordinator » ou O.S.C.
463
Loi du 13 août 2004 dite de modernisation de la sécurité civile.
464
En anglais S.R.R. Search and Rescue Region.
| 221
Ces aires de secours, déterminent les zones dans lesquelles les différents pays
sont responsables et en charge des opérations de secours et de recherche.
En dehors de ces zones de secours, existent également des zones de diffusion des
avertissements de navigation de zone, côtiers et locaux, qui participent à la sécurité
passive de la navigation.
465
C’est le Service Hydrographique et Océanique de la Marine (S.H.O.M.) qui est chargé d’assurer cette
mission, selon les résolutions de l’O.M.I. A 705 (17) et A 706 (17).
466
L’Océan mondial est divisé en 21 zones NAVAREA à l’intérieur de ces zones, la diffusion des
avertissements de navigation et côtiers est coordonnée.
467
Service Mondial d’Avertissement de Navigation.
468
Adopté le 18 mai 1998 entré en vigueur le 1er janvier 2000.
| 222
Cet amendement précis également dans son chapitre 4 que les Centres de
Coordination et de Sauvetage (R.C.C469), et les Centres secondaires rattachés (R.S.C.470)
doivent posséder des informations actualisées en permanence, ainsi que des plans
détaillés pour la conduite des opérations.
L’objectif était qu’en cas d’urgence, une information soit apportée à ceux qui
demandent assistance ainsi qu’elle soit également partagée par ceux qui peuvent fournir
de l’assistance.
469
En anglais Rescue Coordination Center.
470
Rescue Secondary Center.
471
I.C.A.O. = International Civil Aviation Organization.
472
International Aeronautical and Maritime Search and Rescue.
473
Organisation et Management; Missions et Coordination et Moyens Mobiles Disponibles.
474
I.M.O. Merchant Ship Search and Rescue Manual (MERSAR).
475
I.M.O. Search and Rescue Manual (IMOSAR).
476
O.M.I 18ème Assemblée Résolution A 741, 17 novembre 1993.
477
S.N.S.M.
| 223
La coordination des secours est assurée par les centres régionaux opérationnels de
surveillance et de sauvetage (C.R.O.S.S.) ainsi que par des centres ayant des fonctions
équivalentes outre-mer.
En métropole, les C.R.O.S.S. de Gris Nez, Jobourg, Corsen, Etel et La Garde se
répartissent la surveillance des côtes.
Le C.R.O.S.S. La Garde ayant deux particularités : c’est le seul existant pour la
zone méditerranéenne, et il partage cette zone avec le Sous-C.R.O.S.S. Corse, à qui il
délègue la coordination du sauvetage aux abords de la Corse.
La dénomination internationale des C.R.O.S.S. est M.R.C.C. (Maritime Rescue
Coordination Center), et le Sous-C.R.O.S.S. Corse est un M.R.S.C. (Maritime Rescue Sub-
Center) au sens international.
Ces officiers des Affaires maritimes représentent donc, de façon permanente les
Préfets Maritimes, et sont coordonnateurs des missions de Sauvetage480 (C.M.S.).
Au-delà de leur permanence opérationnelle et de leur veille active, les C.R.O.S.S.
prennent la direction de toute opération de recherche et de sauvetage maritimes481.
Les moyens mis en œuvre par le C.R.O.S.S. sont précisément définis.482
Il peut s’agir soit des moyens de la Société Nationale de Sauvetage en Mer
(S.N.S.M.), soit des moyens de la Marine Nationale, soit de ceux de la Douane, de la
Gendarmerie Nationale, de la Sécurité Civile, des Affaires Maritimes, ou d’autres moyens,
publics ou privés, ainsi que des moyens à la mer.
Ces derniers ont l’obligation de porter secours aux personnes en détresse.
478
Effectuant leur formation à l’E.N.S.M. Ecole Nationale Supérieure Maritime.
479
Article 1er du Décret n°2008-932 du 12 septembre 2008 portant statut particulier des officiers du corps
technique et administratif des affaires maritimes.
480
Décret n° 88-531 du 2 mai 1988 portant organisation du secours, de la recherche et du sauvetage des
personnes en détresse en mer, article 6.
481
Décret n° 88-531 du 2 mai 1988 portant organisation du secours, de la recherche et du sauvetage des
personnes en détresse en mer, article 11.
482
Instruction Secrétariat d'Etat à la Mer n°978 du 15 octobre 1992 relative aux Centres Régionaux
Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (C.R.O.S.S)
| 224
Bien que leurs finalités soient identiques, ces deux structures ont des moyens
financiers et humains très différents, et relèvent de deux règles de gestion qui ne
peuvent être comparées.
sauvé (plus rarement de l’aéronef) permet de compenser les dépenses sur les installations
fixes de recherche et de sauvetage (S.A.R.).
Ce mode de fonctionnement économique est rentable, car les sociétés privées ont
des frais structurels et de gestion importants.
Il pourrait donc s’appliquer à un système de recherche et de sauvetage (S.A.R.)
permettant de compenser les dépenses de fonctionnement et les investissements
nécessaires pour les missions de ce type.
Aucune étude n’a d’ailleurs été menée, incluant les moyens de l’Etat, des
communes, des établissements publics tels que les Services Départementaux d’Incendie
et de Secours, mais aussi d’associations telles que la Société Nationale de Secours en Mer
afin d’évaluer le coût global.
Ces deux manuels posent uniquement des principes généraux, sans proposer de
mécanisme, puisque les États restent libres du choix des solutions à réaliser.
483
Sociétés Maritimes Privées composées de Marins professionnels, possédant un navire spécialisé dans le
remorquage, et portant assistance et sauvetage.
484
Manuel I.A.M.S.A.R. Doc 9731.
485
Politique de l’O.A.C.I. Doc 9082.
486
Manuel sur l’économie des services de navigation aérienne Doc 9161.
| 225
Certains Etats ont donc mis en œuvre des systèmes conjoints de recherche et de
sauvetage (S.A.R.) Aérien et Maritime, dont le mode de fonctionnement est satisfaisant,
mais permettant surtout de réaliser d’importantes économies et de rationnaliser le
système de secours.
L’objectif est alors que les équipes puissent agir en cas d’opérations au niveau
local, national ou régional (inondations, séismes, tsunamis, personnes, glissements de
terrains…) permettant ainsi d’assurer à ces équipes un maintien en condition opérationnel
très exigeant.
Ces équipes de recherche et de sauvetage (S.A.R.) bénéficient, en général d’une
image très positive.
487
Organisation de secours R.E.G.A. fondation privée à but non lucratif, utilisant des hélicoptères
médicalisés avec une équipe technique et médicale qui servira à effectuer le transport entre le lieu de
l'accident et l'hôpital.
488
Ainsi que l’Afrique du sud.
489
République d’Indonésie.
490
Organisme d’Etudes et de Coordination pour la Recherche et le Sauvetage, créé par l’article 3 du décret
du 2 mai 1988 portant organisation du secours, de la recherche et du sauvetage des personnes en détresse
en mer.
491
M.E.D.D.T.L., M.I.O.M.C.L.,M.D.A.C., M.E.F.I.,
| 226
Cette situation semble étrange, compte tenu des nombreux accords internationaux
existants dans ce domaine.
L’Action de l’Etat en Mer est basée, en France, depuis les années 70, sur un
concept original, car privilégiant la flexibilité, permettant la mise en commun de moyens
et d’agents provenant de différentes administrations.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
492
Les gardes-côtes américains fournissent dans leurs statistiques consolidées les incidents de plage et pour
le Royaume Uni sur les 30 500 incidents S.A.R, recensés en 2003, 80 % représentent des incidents “de
plage” mettant en jeu des personnes.
493
Compte tenu des qualifications que ce ministère délivre relatives à la surveillance des espaces ouverts au
public (B.N.S.S.A., B.E.S.A.N.).
494
Ou des délégués du Gouvernement pour l’outre mer.
| 227
Pour l’année 2009 il est ainsi recensé, au niveau national, 892 noyades en mer
(dont 152 décès) 2032 noyades en eaux intérieures et piscines (dont 708 décès), les
accidents de navigation sur lesquels les S.D.I.S. représentent 162 cas (6 décès).
495
CIMER ou Comité Interministériel à la Mer.
496
François FILLON.
497
Hervé MORIN.
498
Marie-Luce PENCHARD.
499
Dominique BUSSEREAU.
500
Chantal JOUANNO.
501
Jean-François TALLEC.
| 228
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
502
Le Directeur de la Sécurité Civile.
503
C.O.F.G.C., dont la fonction opérationnelle reste confuse, ce centre réalise uniquement la synthèse des
évènements pour les présenter à l’échelon ministériel et les diffuser à l’échelon interministériel.
| 229
Polynésie (COMSUP).
Les actes de pirateries dans le détroit de Malacca506 ont cessé dès la signature, le
15 août 2005, du mémorandum d’entente entre le gouvernement indonésien et le
mouvement pour l’Aceh libre (G.A.M.), qui confirmait l’accord de paix conclu pour Aceh à
la suite du terrible tsunami de décembre 2004 et mettait un terme à un conflit vieux de
30 ans.
504
« Stratégie nationale pour la mer et les océans ».
505
Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer (CNUDM), signée en 1982 et entrée en vigueur en
1994.
506
Détroit entre la province d’Aceh (Indonésie), la Malaisie et Singapour.
| 230
D’autre part, elle prévoit, que toute partie doit établir des centres de
coordination de sauvetage et des centres secondaires de sauvetage mixtes, afin de
pouvoir les utiliser à des fins maritimes et aéronautiques509.
L’espace SCHENGEN est plus vaste, car il inclut, parmi les 25 Etats participants,
certains Etats qui ne sont pas membres de l’Union Européenne.
507
Cette convention, adoptée en 1979 sous l’égide de l’Organisation Maritime Internationale, définit
l’approche internationale de la recherche et du sauvetage maritime. Elle est entrée en vigueur en 1985.
508
Convention Hambourg Annexe 1 chapitre 3 article 2.2.2.
509
Convention Hambourg Annexe 1 Coordination article 3.2.2.
510
Le Traité de Lisbonne est entré en vigueur le 1 décembre 2009.
| 231
511
Le sommet européen du 13 décembre 2003 a fixé le siège de l’Agence Européenne de Sécurité
Maritime(EMSA en anglais) à Lisbonne.
512
Regulation (EC) No 1406/2002 of the European Parliament and of the Council of 27 June 2002
establishing a European Maritime Safety Agency (A.E.S.M. en français).
513
Avec plus de 4 027 900 interventions selon les statistiques des Services Départementaux d’Incendie et de
Secours, réalisées par le ministère de l’Intérieur.
514
Décret n°78-272 du 9 mars 1978 relatif à l'organisation des actions de l'Etat en mer.
515
Décret n°72-302 du 19 avril 1972 relatif à la coordination des actions en mer des administrations de
l'Etat.
| 232
F) ORGANISATION GENERALE DE LA
PROTECTION CIVILE :
516
Le 14 mars 1978 est la date du naufrage de l’Amoco Cadiz sur les côtes Bretonnes.
517
Décret n°78-272 du 9 mars 1978 relatif à l’organisation des Actions de l’État en Mer.
518
Ainsi que pour la défense des droits souverains et des intérêts de la nation, le maintien de l’ordre public.
519
Similaire pour la désignation, à terre du Commandant des Opérations de Secours défini dans la loi sur la
sécurité civile de 1987.
520
Décret n°78-815 du 2 août 1978 portant création du comité interministériel de la mer et de la mission
interministérielle de la mer(MISMER).
521
Ces deux entités sont créées par le décret n° 78-815 du 2 août 1978.
522
Créé par le décret n° 95-1232 du 22 novembre 1995.
523
Naufrages de l’Erika (décembre 1999), du «Levoli Sun » (novembre 2000), du « Prestige » (novembre
2002).
524
Décret n°2004-112 du 6 février 2004 relatif à l'organisation de l'action de l'Etat en mer.Deux décrets du 6
février 2004 sont publiés au Journal Officiel de la République française le 7 février 2004.
525
Et de nombreuses autres missions telles que les opérations de police en mer, la Sûreté maritime et le
contre terrorisme maritime,la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, l’ immigration clandestine par
voie maritime, la lutte contre la pêche illicite.
526
Regional Marine Pollution Emergency Response Center for the Mediterranean Sea, résulte d’un accord
signé à la Vallette le 27 avril 1990.
| 233
Grâce à l’utilisation de son réseau permanent, relayé par ses 230 consulats
généraux et section consulaires 527 dans le monde, le Ministère des Affaires Etrangères
et Européennes dispose d’un outil d’information puissant, fiable et efficace.
527
Projet de loi de finances pour 2010 : Action extérieure de l'État, moyens de l'action internationale II. Le
programme 151, consacré aux Français à l’étranger et aux affaires consulaires, est marqué par des
évolutions contrastées.
| 235
528
M.I.C. Monitoring Information Center.
529
United Nations, Disaster Assessment Coordination, de l’Office for Coordination and Humanitarian Action.
| 236
Son champ d’action est réalisé par discrimination négative : les victimes ne
répondant pas aux critères du Droit International Humanitaire dépendent du droit
humanitaire.
En effet, la plupart ignorent à peu près tout du rôle pourtant attendu de lui par
les pouvoirs publics : par exemple un comportement adapté si une sirène du Réseau
National d’Alerte (R.N.A.) retentit.
Mais surtout le citoyen, tant pour lui-même que pour ses proches, doit être le
garant de sa sécurité personnelle et familiale en cas de crise, en France ou à l’étranger.
530
Bernard KOUCHNER, Ministre des Affaires Etrangères et Européennes à Paris lors de la Conférence des
Ambassadeurs du 27 au 29 août 2008.
531
F.U.H. abondé annuellement pour un montant de 9 millions d’euros.
532
Numéro du F.D.C. 1.2.008 libellé « Contributions de tiers au profit de l’aide d’urgence aux victimes de
catastrophes naturelles et de conflits à l’étranger ».
533
Suite au tsunami dans l’Océan Indien, une correspondante humanitaire a été affecté à l’Ambassade de
France en Indonésie à Jakarta.
| 237
Si des associations de protection civiles existent en France, aucune n’a été créée
à l’étranger, prouvant que cette activité est considérée aujourd’hui comme spécifique et
étroitement liée aux Etats.
Les associations de protection civile en France, font l’objet d’un contrôle par la
Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises534 et sont soumises à
des obligations particulières définies de manière règlementaire.535
A titre d’exemple l’affaire de l’« arche de Zoé », association française créée sous
la loi 1901.
Son objectif était d’apporter aide humanitaire et assistance aux enfants
orphelins.
En octobre 2007 les forces de police du Tchad arrêtent les membres de
l’organisation qui s'apprêtaient à embarquer cent trois enfants dans un avion pour les
amener en France.
L’association « Arche de Zoe » auparavant, a construit un orphelinat dans la
Province de Banda-Aceh, en Indonésie, et organisé plusieurs types d’actions humanitaires.
Elle s’était alors associée à la « Zoe Arch Foundation » Organisation Non
Gouvernementale de droit Australien.
Les deux associations, recherchaient un financement de la part des Etats français
et australiens et d’autres financeurs.
Mais, ces deux associations, bien qu’indépendantes se présentaient comme une
association unique, montrant ainsi les limites du contrôle des Etats dès lors que les
opérations d’Organisations Non Gouvernementales se déroulent sur un territoire
extérieur.
534
Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises, Direction des Sapeurs-Pompiers,
Sous-direction des Services d’Incendie et des acteurs du secours.
535
Articles 35 à 40 de la loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile, et Décret
n°2006-237 du 27 février 2006 relatif à la procédure d'agrément de sécurité civile.NOR INTE0600032D
536
Au 31/12/2010, il s’agissait de : Association française des premiers secours, Association nationale des
premiers secours, Association Pompiers de l’urgence internationale, CEDRE, Centre français de secourisme
(et de protection civile) Corps mondial de secours, Croix-Rouge française, Elisa médicoptère, Fédération
des secouristes français, Croix Blanche, Fédération française de sauvetage et de secourisme, Fédération
française de spéléologie, Fédération nationale de protection civile, Fédération nationale de radio
transmetteurs au service de la SC, Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Fédération unité
mobile de premiers secours assistance médicale, Groupement d’intervention des sapeurs-pompiers
européens, Œuvres hospitalières françaises de l’ordre de Malte, Pompiers sans frontières, Secouristes sans
frontières, Secours catholique, Société nationale de sauvetage en mer, UNASS La Poste France Télécom,
Unité mobile de premiers secours 91.
| 238
Pourtant, les acteurs agissant sur les théâtres d’opérations extérieures sont
essentiellement des Organisations Non Gouvernementales qui œuvrent au niveau
International (O.N.G.I.).
Opérations de secours.
Encadrement des bénévoles lors des actions de soutien aux populations sinistrées.
« C’est l’étonnement qui excite la logique, toujours assez froide, et qui l’oblige à établir
de nouvelles coordinations… »
Gustave Juvet
La structure des nouvelles théories Physiques
C’est pourquoi les liens entre niveaux nationaux et zonaux sont essentiels afin
d’assurer une coordination optimale à l’ensemble du dispositif (02).
| 239
Celles-ci se réalisent dans les Zones de Défense, les Régions et les Départements :
il s’agit de l’Administration Territoriale de l’Etat.
Ces deux dernières entités (Communes, Etablissements publics locaux) ne sont pas
membres de l’administration territoriale de l’Etat, mais ils participent activement à la
réalisation de ses missions.
Dans la réalité, les Etats Majors Interministériels de Zone (E.M.I.Z.) et leur centre
opérationnel de Zone (C.O.Z.) sont reliés au Centre Opérationnel de Gestion
Interministérielle des Crises (C.O.G.I.C.) et non au Centre Interministériel de Crise
Beauvau (C.I.C.).
537
Source site internet Premier Ministre (cf webographie), S.G.D.S.N. « Organisation générale de la Gestion
de Crise ».
| 240
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
538
Centre de Commandement des Services Opérationnels Départementaux que nous nommeront C.C.S.O.D.
cette appellation n’ayant pas de reconnaissance officielle, elle est utilisée dans le cadre de ce travail pour
des raisons de simplification pratique.
| 241
Dans ces conditions, la perception des signaux faibles et l’échange d’informations à leur
sujet entre les services, est peu aisée.
Plus cette phase est longue, plus le Centre Opérationnel Départemental aura des
difficultés pour procéder au recollement de ces nombreuses informations, lors de son
activation et sa mise en place.
539
C.C.S.O.D. dont les principaux sont le Centre Opérationnel de la Gendarmerie, Centre Opérationnel de
la Police Nationale, Centre Opérationnel Départemental d’incendie et de secours, et Service d’Aide
Médicale Urgente, du Centre de la Délégation militaire Départementale etc…
540
Lois ou Conventions passées entre les Service d’Aide Médicale Urgente et les Services Départementaux
d’Incendie et de Secours.
| 242
La gestion de crise repose historiquement sur une approche centralisée (A), les
échelons décentralisés permettent d’assurer la transition entre les niveaux opérationnels
et stratégiques (B).
541
Pour la comparaison, se reporter à 1./A./2./A./01/A/ et 1./A./2./A./01/B/.
542
Extrait du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale page 192.
| 243
Il est d’autre part précisé que « la cohérence de la manœuvre civile avec celle
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
des moyens militaires sera assurée par ce centre opérationnel et celui des armées543».
La coordination entre Centre de Planification et de Conduite Opérationnelle et le
Centre Interministériel de Crise n’est pas envisagée, seule la cohérence des actions est
recherchée.
On peut en déduire donc que la conduite interministérielle des crises ne sera pas
assurée par le ministère de l’Intérieur et que le ministère de la Défense gardera ses
prérogatives intactes dans son domaine de compétences propres.
CIC décision,
CIC communication,
543
Extrait du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale page 192.
544
Premier ministre, Président de la République, ministre de l’intérieur.
| 244
Pourtant son orientation est basée sur une forte dominante d’ordre public,
car ses personnels sont essentiellement issus de la Police et de la
Gendarmerie Nationale.
Cette veille est toutefois indispensable, car elle seule permet d’être en
mesure de détecter simultanément plusieurs évènements de faible
intensité (qualifiés de signaux faibles dans la Gestion Opérationnelle des
Crises), provenant d’horizons et de domaines de responsabilité différents.
D’autre part, une fois ces éléments recueillis, il reste nécessaire de définir
clairement l’autorité responsable, qui détient le pouvoir de décision
d’activation et de basculement en mode de crise, pour le Secrétariat
Général de la Défense et de la Sécurité Nationale et donc au niveau du
Premier Ministre.
545
Confer les modèles nationaux de coordination, ci-dessus.
| 245
Une difficulté réside dans le fait que ces critères peuvent être qualitatifs ou
quantitatifs, mais qu’ils doivent être modifiables en permanence, en fonction
d’évènements nouveaux survenant en permanence.
Le contrôle de ces critères doit être soigneusement établi, leur changement faire
l’objet d’une décision par un responsable identifié et habilité, puis une fois les nouveaux
critères en place d’un retour d’analyse et d’expérience.
Ce dernier est l’un des principaux secrétariats généraux547 sur lesquels s’appuie le
Premier Ministre pour l’animation et la coordination interministérielles de l’action du
Gouvernement.
546
Centre Opérationnel de Gestion Interministériel de Crise, (C.O.G.I.C.), Centre de Planification et de
Conduite Opérationnelle (C.P.C.O.) ;Centre de Crise (C.d.C.), Centre Interministériel de Crise (C.I.C.), etc.
547
Avec le Secrétariat Général du Gouvernement (S.G.G.) et le Secrétariat Général des Affaires
Européennes (S.G.A.E.).
| 246
Cette mise en place s’est réalisée suite aux évènements du 11 septembre 2001, et
son champ d’action concerne tant les sources "ouvertes" que les sources "fermées"
(provenant de l’administration et des services de renseignement) dans les domaines de la
Défense et de la Sécurité Nationale.
République.
En ce qui concerne les risques et menaces pesant sur la France, le Livre blanc sur
la Défense et la Sécurité Nationale a défini les nouvelles vulnérabilités.
| 248
Dans un passé récent, la France a été frappée par plusieurs actions aux moyens
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
d’explosifs.
Entre le 25 juillet et le 17 octobre 1995, une vague d’attentats terroristes, dans
les transports en commun, provoquent la mort de 8 personnes et 156 blessés.
Elle a en outre induit d’importantes perturbations dans le fonctionnement des
transports collectifs ferrés et souterrains.
Ce type de menaces est pris en compte par la planification VIGIPIRATE,
notamment par le plan METROPIRATE.
Les menaces sont nombreuses : terroriste, contre les transports collectifs urbains,
de nature Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique ou Explosifs, d’origine aérienne,
de piraterie maritime, sanitaire, cyber attaque, catastrophe naturelle.
En réaction, dès 1950 les rôles sont à nouveau partagés entre le Secrétariat
Général Permanent de la Défense Nationale et un Etat-Major combiné des forces armées.
Ces deux structures sont placées sous l’autorité du chef du gouvernement.
Dans la continuité du niveau national, le niveau zonal sera tout d’abord évoqué.
Il est particulièrement chargé d’assurer la cohérence de la stratégie
opérationnelle au niveau de la zone.
Pour réaliser cette mission, il doit s’assurer d’appliquer les mêmes principes à
l’ensemble des départements qui relèvent de sa responsabilité (I).
548
Ou L.B
.D.S.N.
| 250
Pour que le niveau Zonal intervienne, il est nécessaire que la crise dépasse les
capacités opérationnelles départementales : l’ensemble des moyens départementaux,
d’un ou plusieurs services est engagé.
Chaque Zone de Défense est placée sous la direction d’un haut fonctionnaire
civil551, détenant les pouvoirs nécessaires pour la réalisation des aides réciproques entre
services civils et militaires en vue de la défense civile et de la sécurité intérieure du
territoire.
549
Ce comité des Préfets de Zone est placé sous la Présidence du Ministre de l’Intérieur.
550
Annonce réalisée par le Président de la République le 17 mars 2011, à l’inauguration de l’E.N.S.O.S.P., à
Aix les milles.
551
Code de la Défense, article L1311-1.
| 251
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Les principes de base de ce schéma sont identiques à ceux qui existent au niveau
du Centre Opérationnel Départemental.
De multiples liens existent à ce niveau, par rapport aux trois autres catégories
qui sont les administrations zonales, la veille environnementale et les opérateurs de
réseaux.
Le schéma ci-dessous illustre la nature des liens que le Centre Opérationnel Zonal
(rond central) entretient avec ces structures.
LEGENDE :
Ainsi, en fonction des Zones de Défense, les six acteurs représentés ci-dessus
peuvent être répartis sur plus de quinze départements, soit un total, de près de cent
contacts pour le Centre Opérationnel Zonal et ce pour le niveau des préfectures,
départements et régions uniquement.
En ce qui concerne les relations des Centres Opérationnels Zonaux avec grands
opérateurs réseaux, ils sont toujours supra-départementaux.
Ils peuvent être classifiés en deux catégories, les privés et les publics.
Les évènements survenus au Japon en mars 2011 ont permis de vérifier que
la société TEPCO, opérateur et exploitant nucléaire, n’a pas souhaité
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
<
Cette veille environnementale concerne également, pour les zones Sud, Sud-Est
et Ouest, l’état de stress hydrique de la végétation552, réalisé à partir de plus de trente
cinq paramètres différents, pour les besoins de la stratégie à réaliser dans le domaine des
feux de forêts.
Le résultat de ces analyses est pris en considération pour évaluer le niveau de
risque en matière d’incendie de forêts, et de pré-positionnement des moyens aériens.
552
Le réseau indiquant le Stress Végétal Hydrique n’est pas représenté sur le schéma car il n’est pas
généralisé à tous les C.O.Z.
| 255
553
Notamment par le décret n°90-758 du 24 août 1990 portant, à titre expérimental en région militaire de
défense méditerranée dérogation aux dispositions relatives au commandement, ou à la direction, et à
l’administration dans l’Armée de Terre, la Gendarmerie Nationale et les services communs. NOR : DEFD
9001874D.
| 257
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Il s’agit de rechercher du sens aux données recueillies par les différents services,
non d’archiver ou de stocker l’information provenant du terrain.
De même il serait souhaitable, pour les raisons évoquées ci-dessus qu’un système
d’information et de communication performant, robuste et simple d’utilisation soit
utilisé.
L’objectif de ce système serait de permettre à tous les membres du Centre
Opérationnel Départemental, de partager l’information en simultané, à un niveau
horizontal.
| 258
A) AU NIVEAU NATIONAL :
Son action permettant d’informer les plus hautes autorités de l’Etat avant les
autres, il sera identifié comme une source d’une fiabilité supérieure aux autres centres
de gestion de crise.
L’importance de la remontée d’information rapide par les centres de gestion de
crise nationaux est essentielle, car le centre de gestion de crise nationale, placé auprès
du Premier Ministre, n’est pas activé, en mode routinier.
La captation des signaux faibles est donc uniquement réalisée au niveau des
centres de gestion de crise des différents ministères.
554
Par exemple le système « Groove » fourni par Microsoft.
| 259
Sans croisement, aucun signal, même ultra faible n’est capable de remonter au
niveau pertinent d’analyse, et l’ensemble du système se trouve privé d’une possibilité
d’amélioration.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
B / AU NIVEAU ZONAL :
555
Rapport N °07-066-05 « Zones de Défense et de Sécurité. Propositions d’évolution.» Inspection Générale
de l’Administration, Ministère de l’Intérieur, Aout 2008.
| 261
Cette approche se réfère à des concepts similaires, utilisés dans des domaines
régaliens, ceux de la Défense, de la Police ou de la Justice.
Cette situation rend donc plus complexe les interactions devant normalement
exister entre l’Etat-Major Interministériel de Zone (E.M.I.Z.) et ses homologues au niveau
maritime et aérien.
ZONES
DEFENSE REGIONS DEPARTEMENTS
SECURITE
Ile-de-France Essonne, Hauts-de-Seine, Paris, Seine-et-Marne, Seine-
Zone de Paris
Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d'Oise, Yvelines.
Zone Nord Pas-de-Calais Nord, Pas-de-Calais.
Nord Picardie Aisne, Oise, Somme.
Lille
Basse-Normandie Calvados, Manche, Orne.
Zone Bretagne Côtes-d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan.
Centre Cher, Eure-et-Loir, Indre, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher,
Ouest Loiret.
Haute-Normandie Eure, Seine-Maritime.
Rennes Pays de la Loire Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe,
Vendée.
Aquitaine Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-
Zone
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Atlantiques.
Limousin Corrèze, Creuse, Haute-Vienne.
Sud-ouest
Midi-Pyrénées Ariège, Aveyron, Gers, Haute-Garonne, Hautes-
Pyrénées, Lot, Tarn, Tarn-et-Garonne.
Bordeaux
Poitou-Charentes Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne.
Corse Corse du Sud, Haute-Corse.
Zone Sud Languedoc-Roussillon Aude, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales.
Marseille Provence-Alpes- Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-
Côte d'Azur du-Rhône, Hautes-Alpes, Var, Vaucluse.
Auvergne Allier, Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme.
Zone Sud-est
Lyon Ain, Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire,
Rhône-Alpes
Rhône, Savoie.
Alsace Bas-Rhin, Haut-Rhin.
Bourgogne Côte-d'Or, Nièvre, Saône-et-Loire, Yonne.
Zone Est
Champagne-Ardenne Ardennes, Aube, Haute-Marne, Marne.
Metz
Franche-Comté Doubs, Jura, Haute-Saône, Territoire de Belfort.
Lorraine Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Vosges.
Au niveau maritime, les normes de sécurité sont exigeantes, bien que moins
draconiennes que celles existantes dans le secteur du transport aérien.
Pour le sauvetage et la lutte contre les incendies ou tout autre type d’Evénement
Non Souhaité, les équipes du bord chargées de réaliser les interventions.
| 263
l'Etat en Mer.559
Des commandants de zone maritime sont institués pour la sauvegarde des intérêts
nationaux en mer560.
Ils sont également chargés de l'organisation et de la conduite des opérations de
lutte anti-pollution en mer placées sous la direction du Préfet Maritime ou du Délégué du
Gouvernement561.
Dans les zones maritimes se trouvant hors de la compétence d'un Préfet Maritime
ou d'un Délégué du Gouvernement pour l'action de l'Etat en mer (en Outre-mer), le
Commandant de Zone Maritime exerce les fonctions de Délégué du Gouvernement.
Cette fonction est prévue par la loi n° 94-589 du 15 juillet 1994 relative aux
modalités de l'exercice par l'Etat de ses pouvoirs de police en mer.562
Les régions maritimes sont commandées par les Préfets maritimes qui exercent
parfois aussi la fonction de commandant d'arrondissement maritime, conformément aux
dispositions relatives à l'action de l'Etat en mer.563
556
Code de la Défense, Article R 1311-27.
557
Code de la Défense, Article R 1311-7.
558
Code de la Défense, Article R 1511-1.
559
Code de la Défense, Article R 1511-2.
560
Code de la Défense, Article D3223-51.
561
Code de la Défense, Article D3223-53.
562
Code de la Défense, Article D3223-54.
563
Code de la Défense, Article R 3223-4.
564
Code de la Défense, Article R 3223-48.
| 264
RÉGIONS ARRONDISSEMENTS
DÉPARTEMENTS
MARITIMES MARITIMES
Ariège, Ardennes, Aube, Aveyron, Bas-Rhin,
Charente, Charente-Maritime, Cher, Corrèze,
Côtes-d'Armor, Côte-dOr, Creuse, Deux-Sèvres,
Dordogne, Doubs, Eure-et-Loir, Finistère, Gers,
Gironde, Haute-Garonne, Haute-Vienne, Haute-
Marne, Haut-Rhin, Haute-Saône, Hautes-Pyrénées,
ATLANTIQUE ATLANTIQUE Ille-et-Vilaine, Indre, Indre-et-Loire, Jura, Landes,
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
C’est probablement une des raisons qui ont permis la création d’un centre
opérationnel de la fonction garde-côtes, installé à l’Etat-Major de la Marine.
565
Code de la Défense, Article R 1212-5.
566
Code de la Défense, Article R 3223-49.
567
Revue « Marines » numéro 226 Premier trimestre 2010 Page 46.
| 265
aérienne, réalisée par la Direction Générale de l’Aviation Civile (D.G.A.C.), c’est l’armée
de l’Air qui assure la coordination des secours au sein des R.C.C. (Rescue Coordination
Centers), conformément aux accords internationaux ratifiés par la France en matière de
sécurité aéronautique.
568
C.I.M.E.R. Comité Interministérile de la Mer.
| 266
COOPERATION ET COORDINATION
| 267
« Le devenir n’est rien sans l’être. Le monde n’est pas dans une pure fixité ; mais il n’est
pas seulement de mouvement.
Il est mouvement et fixité. »
Albert Camus
L’homme révolté
Aucun consensus préalable à ce sujet, même minimal, n’a pu encore être établi.
Projetée hors du territoire national, elle est le plus souvent intégrée au cadre
des affaires civilo-militaires, dans lequel elle reste cantonnée à un rôle d’auxiliaire (2).
Jean Jaurès
Discours à la jeunesse
La construction de l’Europe a permis d’éviter la guerre, mais reste sans effets sur
les catastrophes naturelles ou d’origine humaine.
Cette décision du Conseil prévoit d’établir une liste de correspondants pour les
États membres et la Commission, dans le domaine de la protection civile.
En effet, les personnels de la protection civile, sont le plus souvent issus des
administrations locales ou régionales, ils n’ont donc pas le statut de fonctionnaires
d’Etat.
Or l’Union Européenne est constituée d’Etats membres, et les dispositions prévues
en matière de protection civile ne permettent pas l’échange de ces personnels
territoriaux.
Cet obstacle est un obstacle majeur, passé sous silence.
Ce dernier s’explique par la réussite des échanges de personnel, réalisés dans tous
les autres domaines relatifs à la sécurité.
Qu’il s’agisse des polices européennes, des forces armées, des fonctionnaires de
Justice, ces échanges sont de véritables succès.
569
Résolution du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du
Conseil, du 25 juin 1987, relative à la mise en place d'une coopération communautaire en matière de
protection civile Journal officiel C 176 du 04/07/1987 page 1.
570
Europol, Eurofor, Eurojust, Eurogend…
| 271
Outre ces actions pédagogiques, il aura fallu attendre prés de 40 ans en Europe,
pour que la décision de coordination des stratégies en matière de protection civile se
concrétise enfin, à la fin de l’année 1997.
571
Décision du Conseil du 19 décembre 1997 instituant un programme d’action communautaire en faveur de
la protection civile (98/22/CE).Journal officiel des Communautés européennes du 14 janvier 1998 L 8/20.
| 272
Cette situation résulte de l’absence d’un chef de file par domaine, maintenant
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
572
Eurobaromètre étude commandée par la Commission Européenne, réalisée sur un échantillon de 26 663
citoyens, de l’Europe des 27 (dont 1017 Français) en septembre et octobre 2009.
| 273
573
Cette confusion existe au niveau du concept de réduction des risques, en matière de résilience,
notamment dans la préparation aux catastrophes des communautés. Celles touchées par la catastrophe sont
considérées, au moins dans les premières heures, comme les plus aptes à sauver les vies humaines, lorsque
cela est encore possible.
| 274
Dans le domaine de la qualité de vie, la protection civile permet sans aucun doute
des améliorations certaines pour l’ensemble des citoyens européens.
Elle procure tout d’abord à la population une sensation de sécurité.
Mais la mesure et le niveau de qualité de cette sensation ne font pas encore
l’objet d’études et d’évaluation, car elle est considérée comme un simple élément de
confort.
D’autre part, la protection civile donne aux populations l’assurance d’être
secourues par des services spécialisés et entraînés en cas d’accident.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Le niveau de qualité apporté par ces services spécialisés devrait également être
comparé au niveau européen, et évalué sur des critères définis en commun, par des
observateurs extérieurs.
Enfin, s’il est certain que les actions de protection civile interagissent
étroitement avec le domaine de l’Environnement, le terme de « protection » apporte une
certaine confusion.
574
Article 1 du Décret 2010-1443 du 25 novembre 2010 relatif aux attributions du ministre de l’écologie, du
développement durable, des transports et du logement. (NOR : DEVX1029477D, JO du 26 novembre 2010).
| 275
575
Joint Research Center, centre d’études et de recherches de l’Union Européenne.
576
Conseil Européen de Gand, 19 octobre 2001.
| 276
577
Communication de la Commission au Conseil et au Parlement Européen « Protection civile - État d'alerte
préventive contre les urgences éventuelles ». Bruxelles, le 28.11.2001 COM(2001) 707 final
578
Tremblement de terre d’Izmit (Turquie) un séisme de magnitude 7,6 sur l'échelle ouverte de
Richter frappe le 17 août 1999, le nord-ouest de la Turquie le bilan est de 17 480 morts, de 23 781 blessés,
et de 10 000 disparus.
| 277
Il s’agit de :
la prévention,
la préparation,
Cette phase semble essentielle, car elle est susceptible d’apporter une réponse
dès les premières heures de la crise, dans lesquelles les minutes comptent pour retrouver
des survivants.
Elle dépend d’abord du type de crise en présence, les acteurs susceptibles d’y
répondre avec le plus d’efficacité ne devant pas être perçus confusément, compte-tenu
de leurs champs de compétence qui sont très différents.
| 278
Pour les acteurs humanitaires, la protection civile est du ressort des Etats
membres et ne présente pas les conditions d’humanité, de neutralité, d’impartialité et de
non discrimination, et d’indépendance, nécessaires.
579
European Community Humanitarian aid Office.
580
Le Consensus signé en décembre 2007 conjointement par le Conseil, le Parlement et la Commission,
affirme les valeurs, les principes de base et l'étendue politique de l'aide humanitaire européenne, et
renforce la capacité de l'UE à aider les gens qui souffrent dans les zones de crise à travers le globe.
| 279
C’est donc sous la direction du Président portugais José Manuel Barroso, que la
nouvelle Commission Européenne confie, pour la période 2010-2014 à la bulgare Kristalina
Georgieva, la coopération internationale, l’aide humanitaire et la réponse aux crises581,
dont la protection civile fait désormais partie.
La commissaire Kristalina Georgieva reconnait ainsi qu’elle a probablement plus
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
L’aide humanitaire, quant à elle, est issue d’une ancienne direction générale, la
D.G. E.C.H.O., véritable pilier européen en matière de coopération et de développement.
Le montant des dépenses d’E.C.H.O. s’élève à plus de 700 millions d'euros par an
soit 30 à 40% du volume total de l'aide humanitaire européenne.
Cette forte identité est très présente dans cette nouvelle organisation, la D.G.
E.C.H.O. constitue un acteur mondial de premier plan dans le domaine humanitaire.
Le mandat précédemment donné par la Commission Européenne à E.C.H.O.582 est
de distribuer une aide d’urgence et de secourir les victimes d’une catastrophe naturelle
ou d’un conflit armé en dehors de l’Union Européenne.
581
Lettre de mission du Président Barroso du 27 janvier 2010, Bruxelles, attribuant le portefeuille pour la
coopération internationale, l’aide humanitaire et la réponse aux crises à Mme Kristalina Georgieva.
582
Règlement (CE) No 1257/96 du Conseil du 20 juin 1996 concernant l'aide humanitaire.
| 280
réalise en général des projets de développement, qui s’étendent sur des durées plus
longues que la phase de post urgence ou de reconstruction.
590
Convention cadre d’assistance en matière de protection civile, Secrétariat Général des Nations Unies
Volume 2172- 38131, pages 237 à 241, 22 mai 2000 Genève.
| 282
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
En témoignent le conflit des Balkans dans les années 1990, la crise des réfugiés du
Kosovo en 1999, la maladie de la vache folle en 1996, le scandale de la dioxine, la
catastrophe du pétrolier «Erika» en 1999591, le naufrage du «Prestige » en 2002, les
inondation en Europe de l’Ouest en 1990, celles en Europe centrale en 2002, la menace
de l’Anthrax suite aux attentats du 11 septembre 2001, puis les attentats de Madrid
(2004) et Londres (2005).
Les récents incendies qui ont ravagé la Fédération de Russie, dés le début du mois
de juillet 2010 ont un lourd bilan : 1,1 million d’hectares détruits, 53 morts, prés de 800
blessés, plus de 3 500 sans abris.
Mais ce n’est pas uniquement le territoire de la Fédération de Russie qui a été
menacé, car cette catastrophe a également fait craindre une pollution radioactive,
lorsque l’incendie s’est rapproché du site nucléaire de Sarov.
Les régions polluées par le nuage de Tchernobyl sont en effet toujours
susceptibles de produire, si elles sont incendiées, des nuages pouvant propager au-delà
des frontières une contamination radioactive.
591
Sur ces crises européennes plusieurs auteurs, dont Bos (2003), Ekengren (2004), Grönvall (2000; 2001),
Olsson (2005), Ramberg (2005), Rosenthal and Hart (1998).
| 283
La protection civile est donc légitime pour mener différentes actions, mais
uniquement pour venir en aide aux Etats-Membres de l’Union Européenne.
Il est en effet précisé que les États membres restent et demeurent totalement
compétents pour l’ensemble des domaines d’actions concernés594.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
L’Union peut, dans ces domaines, mener uniquement des actions d’appui ou de
coordination.
De facto toute possibilité d’harmonisation éventuelle au niveau européen dans un
de ces domaines, est exclue, et en particulier dans celui de la protection civile.
Cette restriction, par ailleurs, est précisée dans l’article 196595 du Traité sur le
Fonctionnement de l’Union Européenne (dit « T.F.U.E. »), qui précise que «l’Union
encourage la coopération entre les États membres afin de renforcer l'efficacité des
systèmes de prévention des catastrophes naturelles ou d'origine humaine et de protection
contre celles-ci ».
Bien que l’action de l'Union ait pour objet de soutenir et de compléter l'action des
États membres596 pour la prévention des risques, la préparation des acteurs de la
protection civile il est précisé que son domaine d'intervention en cas de catastrophes
reste limité à l'intérieur de l'Union.
592
Sénat. Rapport d’information fait au nom de la délégation pour l’Union Européenne sur le Traité de
Lisbonne par monsieur le Sénateur Hubert HAENEL, annexe au procès verbal de la séance du 8 novembre
2007. Page 38.
593
Titre I Catégories et domaines de compétences de l’Union dans « Traités Consolidés, Charte des Droits
fondamentaux », Page 52, Office des publications de l’Union Européenne, 2010 ISBN 978-92-824-2579, mars
2010.
594
La protection et l'amélioration de la santé humaine, l'industrie, la culture, le tourisme, l'éducation, la
formation professionnelle, la jeunesse et le sport, la coopération administrative.
595
Version Consolidée du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne, Chapitre 5 Dispositions
Transitoires dans « Traités Consolidés, Charte des Droits fondamentaux », Pages 135 et 136, Office des
publications de l’Union Européenne, 2010 ISBN 978-92-824-2579, mars 2010.
596
Cette action est menée au niveau national, régional et local.
| 284
597
Version consolidée du Traité sur l’Union Européenne dans «Traités Consolidés, Charte des Droits
fondamentaux », Page 18, Office des publications de l’Union européenne, 2010 ISBN 978-92-824-2579, mars
2010.
598
Il s’agit de la baronne anglaise Catherine ASHTON.
599
Définit notamment dans l’article 3 du TUE.
| 285
C’est pour cela que l’article 3 du Traité sur l’Union Européenne cherche à
atténuer les effets issus de la fragmentation de l’Union.
600
Exprimée dans l’article 2 du Traité sur l’Union Européenne également appelé «Traité de Maastricht».
601
Lors du tremblement de terre à Yogyakarta en Indonésie, en 2006, un avion de la protection civile d’un
Etat européen est autorisé à atterrir alors que l’aéroport est encore fermé. La presse locale démontrera
que les autorités de l’aéroport ont été corrompues, réduisant sensiblement l’image positive que cette
action était sensée apporter.
| 286
Ce constat illustre les différents efforts réalisés par de nombreux acteurs, sans
qu’aucune mesure de coordination n’existe, à aucun niveau, ni qu’aucun leadership
global ne soit exercé.
Il n’existe pas encore de stratégie politique dans ce domaine, acceptée,
commune et partagée par tous, alors qu’un consensus existe sur la nécessité de
disséminer le concept de protection des citoyens.
Il apparaît donc clairement, alors que tout s’y rapporte, que rien ne définit la
protection des citoyens comme étant une priorité en matière de gouvernance.
Paradoxalement, ce constat survient alors que le développement de l’Union,
(notamment son élargissement) repose précisément sur l’importance de ce nouveau rôle.
Est- ce par abandon ? Est-ce par nécessité ? Si cette nécessité existe, quelle est-
elle ? Est-ce par manque d’ambition politique ? Est-ce par manque de prise de
conscience ? Est-ce par manque d’études et de recherches menées à ce sujet ? Est-ce par
volonté de préserver jalousement au sein de chaque pays, le système de protection
existant pour ses citoyens, et de ne pas le partager ?
Elles sont mises à disposition du mécanisme par les Etats-Membres, qui assurent
l’achat, l’entretien, et le maintien en condition opérationnel des matériels.
Dans les domaines de la prévention des risques, mais également au niveau des
capacités opérationnelles de protection civile de l’Union Européenne, l’approche réalisée
par les Etats leur permet de satisfaire aux obligations qu’ils ont contractées.
Ces mesures sont minimalistes : dans une communication de la commission603 à
destination des différentes instances européennes, il est précisé que les différentes
catastrophes ayant touché l’Europe notamment en 2002 et 2003, « obligent les
gouvernements à agir pour renforcer les mesures préventives et accroître les capacités
d’intervention604 ».
Ces dispositions, qui semblent plus subies que souhaitées, permettront sans doute
que la question du sens que l’on souhaite donner à la protection civile soit posée, tant sur
le fond que sur la forme.
La protection civile est parfois reconnue comme étant la pièce manquante à
l’Union européenne en tant que puissance civile.
L’Union Européenne, est pourtant un acteur remarquable de la sécurité à
l’extérieur de l’Union.
602
Arrêté au cours de la séance plénière du Parlement européen du 17 décembre 2009.
603
Commission des communautés européennes COM(2004) 200 final, Bruxelles, 25 mars 2004.
604
Document COM(2004) Page 3.
| 288
Les questions de sécurité intérieure font l’objet d’une attention moins soutenue,
bien que la volonté des Etats-Membres de protéger leurs populations vis-à-vis des
différentes menaces ne soit plus à démontrer.
« Les idées audacieuses sont comme les pièces qu’on déplace sur un échiquier : on risque
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
de les perdre, mais elles peuvent aussi être l’amorce d’une stratégie gagnante. »
Pourtant, ces efforts sont réalisés dans différents secteurs, au sein de diverses
administrations de l’Union, et sont relayés avec plus ou moins de volonté et de force dans
les Etats-Membres.
605
P.E.S.C.
606
P.E.S.D.
607
Cas du Danemark. Conformément à l'article 6 du protocole sur la position de cet Etat annexé au traité
sur l'Union Européenne et au traité instituant la Communauté Européenne, le Danemark ne participe pas à
l'élaboration et à la mise en œuvre des décisions et actions de l'Union Européenne ayant des implications en
matière de Défense. Paragraphe (21) du ACTION COMMUNE 2004/551/PESC DU CONSEIL du 12 juillet 2004
concernant la création de l'Agence Européenne de Défense (Journal officiel de l’Union européenne L 245/17
du 17 juillet 2004).
608
Règlement (CE) n°1907/2006 du Parlement Européen et du Conseil, du 18 décembre 2006, concernant
l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions
applicables à ces substances (REACH).
| 289
Ainsi, aucune étude n’a pris en compte l’hypothèse du risque de crash de l’A 380
plus gros avion civil au monde, avant la fin de la construction de ce dernier.
Il ne s’agit pas, en l’espèce, de considérer la chute accidentelle d’un avion de
ligne.
Mais les études de résistance structurelle des centrales nucléaires existantes
n’ont pu, dans le passé, modéliser les impacts en cas de crash d’un avion de ce type car il
n’existait pas.
Dans le même domaine le retentissement mondial de l’attentat contre les deux
tours new yorkaises du World Trade Center était lui aussi unique, totalement novateur et
n’avait jamais été envisagé.
609
http://ec.europa.eu/environment/chemicals/reach/publications_en.htm reach video in French.
610
Rapport « Améliorer la sécurité des produits chimiques à l’horizon 2020 ».
| 290
Ce rapport n’a pour le moment pas été intégralement suivi, son aspect novateur a
été qualifié d’irréaliste par plusieurs Etats-Membres.
Toutefois quelques mesures ont pu être appliquées.
611
Europe Aid : pour une force européenne de protection civile. Mai 2006.
| 292
Dans le domaine spécifique de la lutte contre les feux de forêts, cette solution est
d’ailleurs mise en application depuis 2009, avec succès.
Un module aérien européen de lutte contre les feux de forêts, composé de 2
avions bombardiers d’eau de type Canadair CL 215612 a été mis en place, suite à un appel
d’offre, au profit, essentiellement, de l’ensemble des pays de l’arc méditerranéen.
Des modules de renfort terrestres ont également été créés, dans le cadre du
projet European Rapid Response Capacity 7 (E.R.R.C. 7), fournis par les pays
méditerranéens et la Belgique.
Ces unités terrestres, provenant essentiellement des forces armées des pays
membres, se sont spécialisées dans le domaine de la protection civile.
Leur format est harmonisé, chaque unité de base compte une trentaine d’hommes
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Le Joint Research Center (J.R.C.) est également très présent, puisque parmi ses
activités se trouve un secteur «réponses aux catastrophes».
Pour répondre aux inondations, plusieurs systèmes sont mis en place par le Joint
Research Center de l’Union Européenne :
612
Avions loués à une compagnie italienne, suite à un appel d’offres européen, basés durant l’été à
l’aéroport de Bastia, en Haute-Corse.
| 293
opérationnel, les informations sont fournies par le Joint Situation Center614, placé sous
l’autorité du Secrétariat Général du Conseil, et dépendant du Haut-Commissaire pour les
Affaires Extérieures et la Sécurité.
613
Plus connu par son acronyme E.E.A.S. European External and Action Service, dirigé par Catherine
ASHTON.
614
SitCent, occupe une place importante entre les aspects de sécurité intérieurs et extérieurs à l’U.E.
615
Affaires extérieures et Politique de Sécurité.
616
Justice et affaires intérieures.
617
Buuren,J Van (2009) Secret Truth. The EU joint Situation Centre. Amsterdam. Eurowatch.
| 294
Elle s’appuie sur trois agences, spécialement créées pour l’assister dans ces
tâches, qui sont de nature technique, scientifique ou administrative.
Parmi elles, l’Agence européenne de défense619 (E.D.A.), agit sous l’autorité du
Conseil.
618
Asean Regional Forum, Décembre 2008 Banda Aceh, Indonésie.
619
European Defense Agency (ou Agence Européenne de Défense) créée par une action commune du Conseil
du 12 juillet 2004, basée à Bruxelles.
| 295
Cette déclaration n’est toutefois pas nouvelle, puisque, lors des réunions Euro-
méditerranéen des Ministres des Affaires Etrangères de Tampere, en novembre 2006, et à
Lisbonne, en novembre 2007, elle avait été également réalisée.
L’intérêt marqué pour cette région, est dû à son exposition aux risques de
catastrophes, mais aussi son fort peuplement et surtout à sa proximité avec l’Europe.
620
En vertu de l'article 207 du traité instituant la Communauté européenne.
621
E.U.S.C. ou European Union Satellite Centre, créé en 2002 par une action commune du Conseil du 20
juillet 2001 (JO L 200 du 25.7.2001 situé à Torrejón de Ardoz, près de Madrid.
622
I.S.S. ou Institute for Security Studies, basé à Paris.
623
Political and Security Committee (PSC).
624
Council’s Joint Situation Centre, communément appelé SITCEN.
625
Situé à Bruxelles, Avenue de Cortenbergh, au cœur du quartier de l’Union Européenne.
| 296
626
G.O.U. General Operations Unit.
627
ComCen Communication Centre.
628
Situé dans les locaux de la Commission Européenne, Immeuble Charlemagne, Bruxelles.
629
Institué par le règlement (CE) n° 851/2004 du Parlement européen et du Conseil du 21 avril 2004. Il est
opérationnel depuis 2005.
| 297
crises européens.
Pour les programmes liés à la sécurité, le 7ème Programme Cadre couvre la période
de 2007 à 2013, et la dépense globale représente plus de 1,4 milliards d’euros631.
Cette somme consacrée à la sécurité représente 4,3 % du budget total consacré aux
actions de coopération en matière de recherche et de développement au niveau
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
européen.
630
Dans le 7ème Programme Cadre pour la Technologie et la Sécurité, plus de 45 projets, dans le champ de la
sécurité, dont ADABTS - AMASS - BeSeCu - COCAE - COPE - CPSI – CREATIF - CRESCENDO - CrisComScore -
DEMASST – DETECTER - EFFISEC - ESCoRTS - EULER - EU-SEC II - EUSECON - FESTOS - FORESEC - FRESP -
GLOBE - iDetecT 4ALL – IMSK - INDECT - INEX - INFRA - LOTUS - NMFRDisaster - Odyssey -OPERAMAR - OPTIX -
SAFE-COMMS - SAMURAI – SECRICOM- SECTRONIC - SecurEau - SECURENV - SEREN - SGL for USaR- SICMA -
STRAW - SUBITO - TALOS - UNCOSS - WIMA2S
631
Décision N°1982/2006/EC du Parlement Européen et du Conseil du 18 décembre 2006 relatif au 7ème
Programme de la Communauté Européenne pour les actions de recherche, de développement
technologique et de démonstration. Journal Officiel de l’Union Européenne, du 31 décembre 2006 L 412/1.
632
Définie lors du Conseil Européen de Lisbonne des 23 et 24 mars 2000.
| 299
Prenons l’exemple des systèmes d’alerte précoce : ils permettent non seulement
de détecter, mais également de diffuser les messages d’alerte aux populations.
Ils sont utilisés depuis plusieurs années pour les opérations menées par E.C.H.O. et
le M.I.C., les quatre principaux systèmes sont :
633
E.F.A.S. : European Flood Analysis System.
634
E.F.F.I.S. : European Forest Fire Information System.
635
Ces données d’observations satellites ont une importance dans la lutte contre les feux au niveau
opérationnelle lors de grands chantiers, où elles permettent de définir les tactiques opérationnelles à
mettre en œuvre (cas des feux de Corse-du-Sud, 22 juillet 2009, déclenchement de la Charte
Internationale).
636
G.D.A.C.S. : Global Disaster Alert and Coordination System.
| 300
Ces intentions sont louables et il faut souligner leur présence dans la quasi-
totalité des domaines.
Toutefois, il faut remarquer que leur développement est souvent contraint par
l’environnement légal, politique et la nature institutionnelle du processus de décision
interne, qui est propre à l’Union Européenne.
637
Selon Christophe Hillon Professeur de droit européen, Universités de Leiden et de Stockholm, chercheur
au Swedish Institute of European Policy Studies, Stockholm.
638
Concept permettant de donner un sens au rôle sans cesse croîssant de l’Union Européen en matière de
protection des citoyens, sans qu’il soit défini, ni partagé par tous, faute de travaux et de recherche d’un
consensus dans ce domaine.
| 301
L’Union Européenne, en fait, suit le même processus que celui auparavant mis en
place dans les Etats-Membres : celui de l’empirisme et du pragmatisme.
On peut s’en étonner puisque les retours d’expériences, les leçons apprises
semblent parfois atteindre leurs limites.
En réalité, il s’agit d’une difficulté en termes de gestion de l’information et de
partage, ce sujet étant particulièrement sensible dans le domaine de la sécurité.
L’action est placée en général a posteriori, après l’analyse des causes du sinistre,
pour en tirer des enseignements et mettre en pratique dans le domaine de la prévention
afin d’éviter à nouveau le même type d’accident.
Les premiers décrets639 en matière de protection contre l’incendie pour les
Etablissements Recevant du Public (E.R.P.), font suite au sinistre des Nouvelles Galeries à
Marseille le 28 octobre 1938, qui donnera naissance au Bataillon des Marins Pompiers de
Marseille.
C’est également au niveau des Etats-Membres de l’Union Européenne, que les
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Il est probable que cette politique ne soit pas lisible, car son rôle est considéré
comme secondaire, soit par les responsables administratifs, soit dans le domaine de la
sécurité intérieure, soit dans celui de la Défense Nationale.
639
Décret du 7 février 1941 et décret 54-856 du 13 août 1954 relatifs à la protection contre les risques
d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public.
| 302
préservation des déchets et leur recyclage, l’environnement maritime, les sols, les
pesticides, les ressources naturelles et l’environnement urbain.
La protection civile est scindée en deux unités, C.3 « Protection civile – Lutte
contre les catastrophes » et C.4 « Protection civile- Prévention et préparation ».
L’aspect opérationnel de la protection civile, présent dans l’unité C.3 est très
largement sous représenté, puisque la Direction «A» a en charge les opérations, et la
Direction B l’appui aux opérations.
640
Directorate A Governance, Communication & Civil Protection ENV.A.5 - Civil Protection.
641
Couvrant la période 2001-2010.
642
Peter ZANGL, DG E.C.H.O. depuis 2008.
| 303
644
Pour une force européenne de protection civile. Rapport de Michel Barnier, Page 29
| 304
645
Connus sous le terme d’UN OCHA - UNDAC sur les théâtres d’opérations.
646
Creating an European Disaster Response Capacity. EPC Breakfast, Bruxelles, 28 Octobre 2010, page 6.
| 305
Ce centre aura également un lien direct avec les autorités en charge de l’aide
humanitaire et celles en charge de la protection civile, afin de permettre une approche
conjointe lors de la réponse aux catastrophes.
Il sera placé à la jonction de l’action diplomatique, de l’action militaire et de
l’action civile afin de renforcer l’efficacité de l’Union Européenne.
647
Civilians Response Team ou C.R.T.
| 306
C’est donc à la fois au niveau local, mais aussi au niveau international que doit
désormais être pensé tout système de gestion de crise.
Au niveau de la sécurité sociétale, ce sont les sociétés, non les frontières qui
constituent la cible à protéger.
Par conséquent, la coopération entre l’Union Européenne et l’Organisation du
Traité de l’Atlantique Nord (O.T.A.N.) en utilisant ce concept relève plus du domaine
virtuel dans le domaine de la protection civile.
Les capacités de l’Union sont pourtant réelles, chaque Direction Générale est
dotée, au niveau de la commission de cellules ou de centres de veille, d’outils
technologiques très sophistiqués, d’un réseau humain d’experts, répartis sur l’ensemble
du territoire européen et issus des Etats-Membres.
648
« Intermestic » dans Building Societal Security in Europe / the EU’s role in managing emergencies page
17.
| 307
Le chef de file désigné, à son tour, échangerait sur le même mode avec les
différents centres de crise des Etats-Membres désignés comme points d’entrée unique
(Focal Point) en matière de protection civile.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
| 308
Il est reconnu que les experts européens possèdent une haute capacité d’analyse
et traitent de problèmes complexes.
Cette capacité doit être mise à profit par l’Union, et l’ensemble de ces
informations hautement spécialisées est parfois extrêmement techniques.
Le traitement des signaux faibles doit être réalisé dans un système interconnecté,
réactif, et adaptatif, permettant d’extraire des informations du contexte spécialisé et de
les comparer à l’ensemble global.
Il sera ainsi possible de s’assurer que le système, dans sa globalité conserve un
sens identique et non modifié, afin de le prévenir de toute menace ou de modification.
Au sein des sociétés européennes complexes, la demande dans le domaine de
gestion de crise manque de bases de compréhension communes, mais aussi d’une
expérience partagée.
Cette approche pragmatique doit se baser sur les forces existantes, et faire
évoluer les structures aux compétences reconnues et éprouvées, à un niveau supérieur de
coopération et d’intégration.
Mais les Etats, comme les institutions européennes ne sont pas prêts à apporter
une réponse immédiate en cas de nécessité.
Cet accès immédiat à l’information utile permet aux équipes de préparer une
réponse adaptée si l’information reçue n’est pas conforme aux prévisions initiales.
649
ARGUS système général européen d’alerte Rapide permettant de relier tous les systèmes spécialisés en
cas d’urgence.
650
M.I.C. Monitoring Information Center.
| 310
651
http://emm.newsexplorer.eu
652
Phénomène canicule de l’été 2003, en France, entrainant la démission du Directeur Général de la Santé
puis du Ministre de la Santé, consécutivement à l’estimation de 15 000 morts durant tout le mois d’août.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
| 311
| 312
Les centres de notification couvrent des domaines très variés, sans forcément de
liens entre eux.
Le réseau “Early Warning and Response System” (E.W.R.S.), est un réseau chargé
de la surveillance et du contrôle des maladies transmissibles.
Il a été établi conjointement par le Parlement Européen et le Conseil Européen
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
L’alerte sera diffusée, une fois l’authenticité vérifiée par un expert dans le
domaine concerné.
Ce système est plus élaboré que le premier, il est capable de réaliser des
interprétations de données.
Ces alertes précoces doivent pouvoir être correctement interprétées par les
populations qui les reçoivent, mais le système européen ne déclenche pas directement de
messages à la population de l’Union Européenne, cette compétence restant nationale.
Ce système peut être automatisé en partie, mais sa plus value est indéniablement
apportée par l’expertise et la connaissance des spécialistes qui l’animent.
653
Early Warning System.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
| 314
| 315
Un autre système de notification le système Safe Sea Net (S.S.N.) ou réseau des
océans sûrs, permet de d’informer les Etats-Membres dès qu’une pollution est détectée
ou qu’un incident survient.
E.M.M. est accessible au public, mais des systèmes dédiés très puissants et bien
plus riches en contenu d’information sont développés pour que les Directions Générales
de la Commission réalisent leurs lettres d’actualités.
La « Direction Générale de la Communication » (DG COMM) est l’utilisateur le plus
important d’E.M.M.
Mais E.M.M. est également un fournisseur d’information pour le centre de
situation du Conseil (SITCEN), et le système de renseignement européen.
L’automatisation d’E.M.M. lui permet de scanner milles nouveaux sites par jour,
dans plus de trente langues, et couvrant plus de 600 sujets.
654
Qualifiées d’Open Source Intelligence.
655
Medical Information System.
| 316
Il est relié à tous les services nationaux de protection civile, il permet de donner
en temps réel une information sur tous les évènements se déroulant sur la planète
(Tremblements de terre, Cyclones, Inondations, Activité Volcanique). G.D.A.C.S. permet
également d’accéder aux autres acteurs internationaux et constitue une source
d’information inégalée dans ce domaine.
European Flood Alert System (E.F.A.S.) est un système d’Alerte Européen pour les
inondations en Europe. Il collecte les données de tous les établissements spécialisés dans
ce domaine, pour tous les pays membres, et est systématiquement utilisé. Il est relié à
G.D.A.C.S., qu’il alimente lorsque des inondations surviennent en Europe.
3 / Plateformes de Coordination :
Les décideurs ont la responsabilité de définir les orientations politiques sur des
sujets variés, les partenaires quant à eux, sont très différents car ils représentent :
Ces partenaires sont nombreux, il s’agit des membres des Parlements nationaux,
des responsables d’Entreprises Européennes, ou des représentants d’associations de
citoyens européens.
| 317
| 318
Parmi ces plateformes, on notera l’outil utilisé par tous les services nationaux de
protection civile européenne, le « Common Emergency Communication and Information
System » (C.E.C.I.S.).
Cette plateforme, constitue un système d’échange d’informations et de
communication relative aux urgences et à la protection civile.
Les informations opérationnelles peuvent être échangées dans un mode fiable et
sécurisé, entre les points de contacts nationaux des Etats membres, mis en place sur la
base de l’article 3 de la décision du conseil du 23 octobre 2001 établissant le mécanisme
communautaire de protection civile.
Relative aux douaniers TARICA (TARif Intégré des Communautés Européennes) est
une base de données partagée entre les pays membres.
Elle contient toutes les mesures de législation tarifaire, commerciale et agricole
existantes au sein de la Communauté.
Ces mesures intégrées permettent, grâce à TARICA, une application uniforme par
l'ensemble des États membres.
De plus, tous les opérateurs économiques ont ainsi une vision claire des mesures à
prendre à l'importation ou à l'exportation de marchandises.
656
Global Monitoring Environment Security.
| 320
La plateforme KREIOS fait partie de « Cri Tech » (Crisis Monitoring and Response
Technologies), pour fournir un support aux politiques de l’Union Européenne dans el
domaine de la gestion de crise.
Les crises peuvent être humanitaires, résulter de catastrophes naturelles ou
humaines, d’épidémies ou de problèmes de santé, et de conflits et de crises politiques.
L’élément clé, concernant les salles de situation repose sur la qualité des agents
chargés de son animation.
| 321
| 322
Le Monitoring and Information Centre (M.I.C.), est le point focal pour les échanges
d’informations, les demandes d’aide provenant soit des pays membres, soit de pays
extérieurs à l’Union.
Tous les Etats de l’Union participent au M.I.C., ainsi que l’Islande, le
Liechtenstein, la Norvège, et la Croatie.
Le M.I.C. édite un bulletin quotidien d’informations, et est en lien permanent
avec les nations unies, plus particulièrement le Bureau de Coordination de l’Aide
Humanitaire (B.C.A.H. / O.C.H.A.).
Il est connecté aux réseaux C.E.C.I.S, et G.D.A.C.S.
Enfin, l’office Européen de Lutte Anti Fraude (O.L.A.F.) est doté d’un centre de
veille, O.L.A.F. Secure Zone, permettant de réagir rapidement dans le domaine de la
lutte contre la criminalité organisée transnationale, la fraude et toute autre activité
illégale préjudiciable au budget communautaire.
| 323
« Aucune nation n’aime à considérer ses malheurs comme ses enfants légitimes. »
Paul Valéry
Regards sur le monde actuel
Bien que ces systèmes de coopération internationale soient centrés sur les actions
de protection civile, elle ne peut assurer aucun leadership, car elle ne s’exprime qu’au
travers des représentants des Etats-Membres.
et les actions de protection civile des Etats-Membres sont coordonnées par les Nations-
Unies (2).
« La seule voie qui offre quelque espoir d’un avenir meilleur pour toute l’humanité est
celle de la coopération et du partenariat. »
Kofi Annan
Secrétaire Général des Nations-Unies
Discours à l’Assemblée Générale
24 septembre 2001
Mais sans réel défenseur de sa cause, la protection civile a été reléguée à un rôle
secondaire, laissant un énorme potentiel inexploité (d).
Les principes adoptés initialement ont du être renforcés, car les résultats, bien
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Malgré ces mesures, après vingt ans de mise en œuvre, le bilan laisse apparaître
que de nombreux progrès restent à accomplir (3)
657
Réduction des Risques de Catastrophes (R.R.C.), ou en anglais Disaster Risk Reduction (D.R.R.)
| 325
Ces projets peuvent ainsi être pilotés au niveau national, au niveau régional ou
local, par différentes entités, et les objectifs poursuivis restent circonscrits au sein du
cadre administratif de référence.
La cohérence de ces ensembles n’est pas toujours assurée par une administration
ou un organisme unique.
On retrouve les mêmes constantes, dans le domaine des projets de réduction des
risques de catastrophes (ex ante) que dans celui de la gestion de crise lors des
catastrophes (ex post).
Cela renforce l’idée que ce champ d’action humaine doit désormais être
considéré comme représentant un tout, cohérent.
Ces actions doivent être fédératives, ayant pour mission première et comme but
ultime de réaliser la sauvegarde des populations.
Des études approfondies et de nombreux rapports ont été commandités par les
Nations-Unies pour tirer des enseignements à la fin de cette première décennie.
Selon ceux-ci, cinq domaines d’action ont présenté de réelles lacunes, c’est ainsi
qu’il a été ensuite décidé de relever un certain nombre de défis.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
2) dans le domaine des risques, leur identification est lacunaire, parfois même
absente.
De même leur évaluation et leur surveillance est incomplète.
Si ces objectifs sont atteints, des difficultés en matière d’alerte rapide des
populations subsistent néanmoins.
658
Un risque sous-jacent s’exprime lorsque la situation devient instable, et résulte d’une cause première.
C’est par exemple des maladies qui apparaissent, compte-tenu d’un manque d’hygiène, mais celui-ci est à
son tour lié à la destruction du réseau d’eau potable.
| 326
Plusieurs objectifs spécifiques ont été poursuivis, par cette conférence, mais le
résultat principal consiste à parvenir à « réduire de manière substantielle les pertes en
vies humaines et les dommages subis par les collectivités et les pays sur les plans social,
économique et environnemental provoqués par les catastrophes. »
659
Assemblée Générale, Résolution 58/214, 23 Décembre 2003.
| 327
Veiller à ce que la réduction des risques de catastrophe soit une priorité nationale
et locale et à ce qu’il existe, un cadre institutionnel solide, pour mener à bien les
activités correspondantes.
Utiliser les connaissances, les innovations et l’éducation pour instaurer une culture
de la sécurité et de la résilience à tous les niveaux.
Les résultats initialement fixés par l’assemblée générale des Nations-Unies n’ont
pas été atteints, pourtant aucun Etat-Membre n’a souhaité dénoncer la méthode de
travail choisie.
C’est alors que la prévision trouve tout son sens, puisque les mécanismes qu’elle a
patiemment mis en place ex ante, vont révéler leur efficacité ex post.
660
Au sens défini par les Nations-Unies (Confer Lexique).
| 329
Si les mesures de prévention sont efficaces, la détection du feu dès les premiers
instants de son éclosion devrait permettre de limiter les dégâts.
Une fois le sinistre déclaré, les mesures de prévision rentrent en action pour aider
au retour à la normale le plus rapidement possible.
C’est par exemple les mesures de prévision qui envisagent la vérification en
amont, des capacités du réseau d’eau urbain afin de permettre aux véhicules d’incendie
et de secours d’utiliser les bouches et poteaux d’incendie pour procéder à l’extinction.
Pourtant une autre confusion demeure à propos du rôle des communautés en cas
de catastrophe, elles sont supposées assurer simultanément un double rôle, celui de
sauveteur, et celui de victime.
Il est évident que seule la population locale est capable de réaliser une entraide
de proximité immédiate, surtout lors des premières minutes de la catastrophe.
Pendant cette période, de nombreuses vies peuvent être sauvées, avec des
moyens limités et non spécialisés.
Il est illusoire, une fois la phase des sauvetages réflexes terminée, de penser que
la population pourra échapper à un nouveau positionnement, au niveau psychologique et
physique, en tant que victime.
Ce nouvel état ne doit pas plonger dans l’apathie ou la désolation les victimes,
car le plus souvent elles sont heureuses d’être toujours en vie…
Cette définition n’est donc pas réservée aux relations entre les Etats. Une société
privée, une association ou une fondation peuvent donc également porter assistance
internationale en cas de catastrophe.
Toutefois, les directives d’Oslo introduisent un concept nouveau : si l’assistance
internationale est fournie dans le respect des principes humanitaires, il s’agit d’une
assistance humanitaire.
Par conséquent, c’est de la manière de servir, la façon de délivrer l’assistance au
niveau international qui permet de définir la nature de la prestation, non le but poursuivi
ou l’intention déclarée.
et de Protection Civile.
Ce traité définit un organisme de protection civile « toute autorité qui, sous
l’autorité d’un gouvernement, s’acquitte des fonctions énumérées à l’article 61 du
protocole additionnel 9 aux conventions de Genève de 1949661.»
Il est précisé que ces directives peuvent également être utiles aux Etats membres
pour aider les populations civiles touchées par des catastrophes naturelles ou confrontées
à des situations d’urgence technologique ou environnementale en temps de paix.
661
Pour cet aspect, confer partie suivante.
662
Il s’agit en général du Coordonnateur Résident, chef des équipes de l’ONU, mais un Coordinateur des
Opérations Humanitaires (C.O.H.) « ad hoc » peut être nommé par les Nations-Unies.
663
Haut Commissariat aux Réfugiés (H.C.R.), Organisation Internationale pour les Migrations (O.I.M), Banque
Mondiale, mais aussi, Comité International de la Croix-Rouge, et Fédération Internationale de la Croix-
Rouge.
| 331
Le pays victime peut ne pas souhaiter solliciter l’aide extérieure, pour des
raisons relevant de l’ « intérêt supérieur de la nation, touchant à la
sécurité nationale ».
Ce principe a été souvent appliqué (notamment en Birmanie, suite au
typhon de 2008). Il traduit essentiellement la crainte, pour le pays victime
de la catastrophe, d’établir des liens avec des états étrangers.
Ceux-ci peuvent être immédiats, juste après la catastrophe, ou se
construire sur des programmes de court, moyen ou long terme engageant
ainsi les parties.
Ces engagements sont susceptibles d’êtres récupérés au niveau politique
du pays receveur.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Toutefois, l’aide humanitaire, lorsqu’elle est déployée, se base sur des principes
définis et reconnus au niveau international.
humanité,
neutralité,
impartialité.
664
Article 24 des Directives d’Oslo « Complémentarité »
665
Article 27 des Directives d’Oslo «Responsabilité et Gestion »
666
Article 26 des Directives d’Oslo « Coûts et financement »
| 333
c) LA CONVENTION DE TAMPERE
Elle permet d’intervenir plus rapidement dans la gestion des catastrophes et des
opérations de secours (1), grâce à l’autorisation permanente de mise en place de réseaux
de communications efficaces (2).
667
Fin 2007, alors que les phases de reconstruction en Indonésie étaient presque terminées, la F.I.C.R.
disposait de plus de 650 millions de dollars à utiliser (Selon Bob Mac Kerrow, coordinateur pour l’Indonésie
de la Fédération).
668
Loi n° 2007-1813 du 24 décembre 2007 autorisant l'adhésion à la convention sur la mise à disposition de
ressources de télécommunication pour l'atténuation des effets des catastrophes et pour les opérations de
secours en cas de catastrophe NOR: MAEX0600199L
| 334
Cette convention à été signée le 18 juin 1998 à Tampere, en Finlande, par les
délégués des soixante-quinze pays représentés à la Conférence intergouvernementale sur
les télécommunications d'urgence (ICET-98).
Elle est entrée en vigueur le 8 janvier 2005 après avoir été ratifiée par trente
pays.
Ses buts sont de lever les obstacles réglementaires qui empêchent l'utilisation des
ressources de télécommunications notamment l'utilisation de fréquences et le paiement
de droits pour leur utilisation, mais aussi de réaliser la protection des techniciens utilisant
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
les équipements.
Cette convention a été conçue pour que les Etats facilitent la mise à disposition
rapide d'une assistance en matière de télécommunications, lors de la survenance d'une
catastrophe.
Dans un cadre plus élargi, en dehors des liaisons nécessaires entre les acteurs de
secours, la radiodiffusion joue un rôle déterminant, dans la diffusion d'informations
générales ou particulières, destinées aux populations sinistrées.
Elle permet notamment aux familles de se reconstituer et à la vie collective de
reprendre aussi rapidement que possible.
Une fois cet obstacle juridique levé, la convention de Tampere fût ratifiée par la
France.
Les personnels français engagés dans une opération de secours à l'étranger ont pu
déployer, au niveau international, des systèmes de télécommunications d'urgence
(attribution de fréquences, téléphones satellitaires, messagerie...).
Ainsi, en 2004, les autorités jamaïcaines ont été en mesure de diffuser des
messages d’alerte plusieurs jours avant l’arrivée de l’ouragan « Ivan » permettant de
sauver de nombreuses vies.
669
Notamment l’article 9 de la Convention de Tampere, relatif aux obstacles règlementaires.
| 336
Les téléphones par satellite Thuraya utilisent les réseaux satellites et les réseaux
des téléphones portables671, fournissant des coordonnées de positionnement672 précises
qui facilitent les opérations de secours.
Les terminaux du réseau d’Inmarsat (Broadband Global Area Network ou
B.G.A.N.673) sont principalement utilisés pour les communications vocales, mais ils
peuvent être également utilisés pour la transmission de données à haut débit.
Il est donc souhaitable qu’une nouvelle convention internationale soit réunie afin
de compléter l’action entreprise à Tampere et qu’elle établisse les moyens de
communications nécessaires aux mécanismes d’alerte des populations, afin qu’ils soient
standardisés au niveau mondial.
670
Le Monde, 6 septembre 2007.
671
Global System Mobile G.S.M.
672
Global Positioning System G.P.S.
673
B.G.A.N. est un service basé sur l’Internet Protocol (I.P.) et voix, délivré simultanément en haut débit à
travers le réseau 3G d’Inmarsat , sur près de 85% de la terre.
| 337
D’une manière générale, l’ensemble des mesures préventives sont prises, par les
Etats, les collectivités ou les individus, systématiquement « a posteriori ».
Cette remarque est partagée au niveau international par l’ensemble des acteurs
de la sécurité.
Tous les gouvernements, lors des conflits armés, cherchent toujours à obtenir la
victoire finale le plus rapidement possible.
Même si l’histoire tend à nous démontrer que les conflits ne sont que très
rarement de courte durée, il faut probablement y voir l’intérêt porté à la protection des
forces militaires.
Les leçons tirées de la Shoah, des déportations massives de civils, mais surtout
l’ampleur des destructions perpétrées tout au long de la deuxième guerre mondiale
permettent d’aboutir aux quatre conventions de Genève, élaborées sous l’égide du
Comité International de la Croix-Rouge (C.I.C.R.) et adoptées le 12 août 1949.
Le droit international humanitaire sera à nouveau en retard d’un conflit, lorsque
vingt-cinq ans plus tard, l’évolution des armements, les guerres de libération coloniale, la
deuxième guerre du Vietnam et les guerres israélo-arabes soumettent les populations
civiles à des conflits armés internationaux ou non internationaux.
| 338
C’est ainsi que les deux protocoles additionnels aux conventions de Genève seront
conçus, au terme d’une longue négociation qui dura plus de trois ans.
La France a ratifié les conventions de Genève de 1949 le 28 juin 1951.
Pour les protocoles additionnels du 8 juin 1977, le protocole additionnel 1 a été
signé plus tardivement par la France que l’adhésion au protocole additionnel 2 (réalisée
le 24 février 1984).
Cette ratification tardive s’explique pour les Etats détenteurs d’armes nucléaires
et la ratification par le Royaume-Uni en 1998 a contribué à rendre envisageable une
adhésion de la France.
674
Revue Internationale de la Croix Rouge (RICR) Mars 2003, Volume 85, N°849, page 143, «Les réserves aux
Protocoles additionnels aux Conventions de Genève pour la protecion des victimes de la guerre » par Julie
Gaudreau.
| 339
A. Service de l'alerte;
B. Evacuation;
675
Allemagne, Belgique, Canada, Espagne, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni.
676
Revue Internationale de la Croix Rouge (RICR) Mars 2003, Volume 85, N°849, page 160, «Les réserves aux
Protocoles additionnels aux Conventions de Genève pour la protection des victimes de la guerre » par Julie
Gaudreau.
677
C.I.J. Avis Consultatif du 8 juillet 1996 sur la licéité de la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires.
Recueil C.I.J. 1996, Par.84.
678
Articles 61 à 67 inclus.
| 340
protection civile, et précise qu’ils ont le droit de s'acquitter de leurs tâches de protection
civile, sauf en cas de nécessité militaire impérieuse679.
Les civils qui, bien que n'appartenant pas à des organismes civils de protection
civile, mais répondent à un appel des autorités compétentes et accomplissent sous leur
contrôle des tâches de protection civile, bénéficient également de cette protection.
La protection civile peut être armée, puisque le Protocole prévoit que son
personnel peut être désarmé dans l’article 63.
679
Article 62 du Protocole Additionnel I Protection Générale.
680
Précisé dans l’article 64 du Protocole additionnel I.
681
Alinéa 4 de l’Article 66 protocole I additionnel aux Conventions de Genève.
| 341
La possibilité d’affecter des membres des forces armées et des unités militaires
aux organismes de protection civile est définie, à condition que ce personnel soit affecté
en permanence à l’accomplissement de toute tâche de protection civile et s’y consacre
exclusivement.
C’est dans ce cas, défini à l’article 67 que le personnel de protection civile peut
être doté d’armes légères, en vue du maintien de l’ordre ou d’assurer leur propre
défense.
L’approche réalisée par les Etats est plus restrictive, et s’exerce en général dans
un cadre civilo-militaire (B).
Dans ce cas, la protection civile est reléguée à la réalisation de missions
subalternes d’appui, et ne peut exprimer pleinement ses potentialités.
Le Droit Internationale Humanitaire (D.I.H.) précise que les Etats doivent assurer
l'assistance humanitaire et la protection nécessaires aux civils dont ils sont responsables.
682
Issu essentiellement des Conventions de Genève I à IV et Protocoles additionnels I et II.
| 342
Nutrition,
Aide alimentaire,
Abris,
Services de santé.
La publication du premier manuel, en 2000, s’est poursuivie par des mises à jour
et des évolutions permanentes.
Le droit à des conditions de vie dignes, pour les personnes affectées par
une catastrophe, qui correspond au droit de recevoir une assistance.
Ces actions incluent donc celles menées par la protection civile dont l’objet
premier est de sauver des vies mais également de préserver les biens et l’environnement.
| 343
L’aspect économique ne doit pas être occulté, puisque ces aides immédiates sont
également susceptibles de déboucher, à court ou moyen terme, sur des projets de
reconstruction, de développement ou d’assistance technique.
A l’intérieur de l’Union Européenne, l’intervention et l’assistance mutuelle entre
Etats-Membres est une preuve de solidarité, démontrant la solidité des relations, et la
valeur des engagements pris antérieurement.
L’affichage de l’unité politique européenne, dépasse l’aspect symbolique grâce à
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
683
« Accord EUR-OPA Risques Majeurs à la Stratégie internationale de prévention des catastrophes » proposé
par le Conseil de l’Europe, lors de la conférence mondiale des Nations-Unies sur la prévention des
catastrophes Kobe, Japon, 18-22 janvier 2005.
| 344
Pour pallier à cette approche basée sur le principe de responsabilité et rendre les
structures plus transversales, il pourrait être proposé une approche intégrée.
la prévention de la crise,
la gestion de la crise,
la réhabilitation post-crise,
Les domaines militaires et policiers sont établis depuis longtemps, sous des
formes similaires, dans des régimes démocratiques comme non démocratiques.
D’une part les enjeux politiques forts surgissant dès qu’une crise fait
irruption, indépendamment de son origine (catastrophe naturelle, conflits
armés, guerre civile, catastrophe technologique, etc.).
Ces deux critères, a minima, concernent les limites territoriales des Etats, alors
que la crise :
L’accord international, une fois finalisé, devra être diffusé à l’ensemble des
parties.
Mais c’est en portant à la connaissance du plus grand nombre les mesures à
prendre, individuelles ou collectives en cas de catastrophe, qu’une réussite pourra être
assurée.
Cette information fait partie de la préparation des populations aux catastrophes,
domaine souvent négligé.
Ces trois domaines sont actuellement trop souvent enchevêtrés, ils développent
et entretiennent la confusion et de nombreuses incompréhensions dans le champ
opérationnel.
684
Stratégie Internationale de Réduction des Risques (I.S.D.R.R.)
| 347
Mais cette stratégie isolée n’est pas suffisante, elle doit être combinée
avec une stratégie en matière de préparation aux risques.
Ainsi les chefs de file sont désignés, l’Office pour la Coordination de l’Aide
Humanitaire (O.C.H.A.) pour la coordination générale, l’Organisation
Mondiale de la Santé, (O.M.S.) en matière de Santé, le Fonds des Nations-
Unies pour les Urgences internationales concernant les Enfants
(U.N.I.C.E.F685.) pour la nutrition, l’eau et l’assainissement, le Haut-
commissariat aux Réfugiés (H.C.R.) pour les abris d’urgence en cas de
conflits, et la Fédération Internationale des Croix Rouges (F.I.C.R.) en cas
de catastrophes naturelles, le Programme Alimentaire Mondial (P.A.M.) en
matière de logistique, etc.
Mais cette approche doit être améliorée, car elle comprend deux écueils.
o D’une part, elle n’intègre pas l’action des Etats alors que ceux –ci
sont, en général, les garants de la protection des populations.
o D’autre part, cette approche n’est pas déclinée au niveau national
ou local, et très peu portée à la connaissance des populations.
685
United Nations of International Children's Emergency Fund.
| 349
Les Nations-Unies ont ainsi créé dès 1992 un bureau de coordination qui
deviendra rapidement le « Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires » plus connu
sous le terme d’ « Office for the Coordination of Humanitarian Affairs » (ou
B.C.A.H./O.C.H.A.).
Une nouvelle ambition est nécessaire, afin qu’O.C.H.A. puisse intégrer les phases
en amont et en aval des catastrophes et être ainsi le garant de la cohérence de
l’ensemble.
Malgré les nombreux efforts et progrès réalisés depuis les années 1990, la
cohérence globale dans le domaine de la gestion de crise reste à construire, les liens à
établir, et la notion de leadership à accepter et à partager.
686
D’après la source : OCDE, 1999, Conseils pour l’évaluation de l’aide humanitaire apportée dans les
situations d’urgence complexe (modifications apportée par auteur).
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
| 350
| 351
687
L.R.R.D. = Linking Relief, Rehabilitation and Development.
| 352
Dès la phase d’urgence, des spécialistes688 pourraient ainsi être déployés sur le
terrain afin de récolter en amont les informations qui leur sont nécessaires pour réaliser
les projets de développement futur.
Dans toute société, la protection civile doit maintenir ce lien de solidarité entre
les générations, indépendant des capacités et contributions de chacun.
688
Provenant par exemple de l’U.N.D.P. spécialisés dans la gestion de projets.
689
Provenant par exemple d’UNDAC, spécialisés dans le retour d’expérience.
| 353
b) APPROCHE CIVILO-MILITAIRE.
Le Général de Gaulle, dans Le fil de l’épée, a souligné les faiblesses d’une pensée
militaire trop empreinte de rationalisme.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Ce choix de classer la protection civile au sein des forces armées, s’explique pour
des raisons idéologiques et pratiques.
L’apport logistique apporté par les forces armées constitue un appui majeur et
d’une utilité indéniable (01).
En outre, l’analyse du concept de coopération civilo-militaire en France, faisant
suite aux préconisations du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale, intègre
pleinement l’approche exercée au niveau international (02).
690
Editions Berger-Levrault, 1944, Union générale d’Editions, 1962, page 112-113.
| 354
Malgré ces raisons, le classement des forces de protection civile au sein des forces
armées, déclenche systématiquement une réaction de méfiance de la part des acteurs
humanitaires et des populations vivants dans des zones de conflits armés.
Le doute sur le bien fondé des actions de protection civile demeure, et plus
encore sur leurs capacités à respecter les principes d’humanité, d’impartialité et de
neutralité, cette dernière étant considérée comme incompatible avec le statut militaire
des personnels.
Les rapports entre les forces de protection civile de plusieurs pays peuvent aussi
être compliqués, lorsqu’elles sont amenées à travailler au niveau opérationnel, de
manière coordonnée par les Nations-Unies.
En effet, lorsque des différends diplomatiques, militaires ou économiques
demeurent entre leurs nations respectives, ces sujets sensibles ont inévitablement des
répercussions sur les attitudes et comportements des uns et des autres.
Pourtant acteurs humanitaires et militaires entretiennent, de facto, des relations
depuis de nombreuses années.
Les relations entre civils et militaires dans les situations d’urgence complexes
n’ont jamais été simples, et la connaissance mutuelle des uns et des autres facilite
toujours la façon d’opérer de chacun.
Des directives opérationnelles691 ont été élaborées par le bureau des Nations-
Unies chargé de la coordination humanitaire, en relation avec le comité permanent inter-
organisations, le comité exécutif pour les affaires humanitaires692, et le groupe des
ressources militaires et de la protection civile.
Les situations d’urgence complexes comprennent, en général, un domaine
d’actions militaires et un domaine d’actions civiles, qui ont toujours été distingués.
Ils découlent tous deux des principes du Droit International Humanitaire,
distinguant les combattants des non-combattants.
691
Directives et références civiles-militaires pour les situations d’urgence comlexe, IASC BCAH New York
2009.
692
C.E.A.H. ou Comité Exécutif pour les Affaires Humanitaires.
| 355
D’autre part, les humanitaires sont désormais pris pour cibles, enlevés,
rançonnés, parfois même exécutés, rendant nécessaires de nouvelles formes de
coordination avec les militaires.
Ainsi la coordination civile et militaire a profondément évolué, un dialogue
constant et des interactions permanentes sont indispensables entre les acteurs civils et
les acteurs militaires.
La coopération doit faire l’objet d’une attention particulière, car elle peut être
source de confusion lorsque les actions civiles et militaires ne se distinguent plus, et
surtout ne sont plus distinctes pour les populations locales.
En cas de fortes tensions, et dans des zones à insécurité élevée, les civils sont
alors inutilement et dangereusement exposés.
| 356
La coordination est une tâche facilitée par la liaison et une formation commune,
qui doit inclure dans les mêmes formations, civils et militaires.
Le plus souvent, les opérations ont une dimension civile, et la modernisation des
formes de coopération civilo-militaire (CIMIC) doit permettre aux forces armées de mieux
s'intégrer dans leur environnement.
Ce point est désormais essentiel car la majorité des opérations s’effectuent dans
un cadre multinational.
En France693, les moyens militaires peuvent être redéployés, comme c’est le cas
dans les Départements d’Outre-Mer, en fonction de leurs missions de souveraineté et de
leur contribution à la lutte contre cinq risques majeurs :
le narcotrafic,
Certaines des missions de service public que remplissaient les armées seront donc
progressivement confiées à la gendarmerie nationale.
Les autres missions seront assurées par la sécurité civile.
D’autre part, la recherche d'une meilleure inter-opérabilité entre les moyens des
ministères de l'Intérieur et de la Défense est une priorité.
693
Rapport annexé à la loi n° 2009-928 du 29 juillet 2009 relative à la programmation militaire pour les
années 2009 à 2014 et portant diverses dispositions concernant la défense, L.B.D.S.N.
694
Provenant du régiment N.R.B.C. de Fontevraud.
| 357
Les capacités de réaction rapide des pouvoirs publics en cas de crise majeure sur
le territoire national seront développées, les moyens de gestion interministérielle des
crises renforcés.
Des contrats opérationnels, des objectifs pour les armées et pour le dispositif de
sécurité intérieure et de sécurité civile sont fixés.
Il sera nécessaire, pour y parvenir, de renforcer la coopération européenne.
| 358
Simone DE BEAUVOIR
forces armées, toutes ces institutions disposent d’états-majors très structurés, présents à
tous les niveaux administratifs695.
Ces institutions reposent sur une tradition historique bien ancrée et possèdent
une culture solide.
Elles sont, de manière constante, intégrées aux cercles les plus proches du
pouvoir tant au niveau administratif que politique.
695
Département, Région, Zone, Nation.
| 360
Ce savoir faire patiemment acquis, dans des conditions souvent difficiles, tant
matérielles qu’humaines, est actuellement exploité de façon insuffisante.
Ainsi, la réponse apportée par les services de secours et d’incendie pendant
l’attaque du 11 septembre ou lors de la tempête qui a touché la France en fin d’année
1999, ont été remarquables et unanimement appréciées.
Mais ces services sont sans commune mesure avec le financement des
départements d’études et de recherche dans le domaine militaire, en France comme aux
Etats-Unis.
A titre d’exemple, le ministère de la Défense des Etats-Unis rassemble 52,7 % des
ressources budgétaires de l’ensemble du budget fédéral pour la recherche et le
développement, totalisant plus de 80 milliards de dollars US696.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Les collectivités locales n’ont pas toujours connaissance des projets européens
dans le domaine de la sécurité, qu’elles ne considèrent pas comme prioritaires : il
n’existe pas de veille systématique à ce sujet au sein des services de secours.
De plus le système Global Monitoring for Environment and Security (G.M.E.S.) est
qualifié d’horizontal, car il est destiné à répondre à la fragmentation des divers systèmes
d’observations nationaux, basés sur des normes parfois différentes, résultant de la
compétition entre compagnies privées.
696
Le coût total de la sécurité civile en France est estimé à 5,5 milliards de dollars U.S.
697
G.M.E.S.(Global Monitoring Environment Security) dépend de la Direction Générale « Entreprises et
Industries » de la Commission Européenne.
| 361
Enfin « La Nation proclame la solidarité et l'égalité de tous les Français devant les
charges qui résultent des calamités nationales.»
Cet élément de la doctrine s’applique uniquement lorsque l’ampleur de la
calamité, est d’importance nationale.
Or il semble désormais nécessaire d’appliquer et d’étendre ces principes pour
une catastrophe d’importance locale, régionale, ou zonale.
Il est nécessaire de proposer un nouveau concept, pour que la sauvegarde et le
sauvetage des civils soient universellement reconnus.
Les droits sont déjà reconnus, dans le cadre des actions de guerre et des conflits,
mais aussi dans celui des transports, qu’ils soient maritimes ou aériens.
L’obligation de porter secours à son prochain reste à être établie de manière
universelle, et en temps de paix, bien que sa reconnaissance ne soit pas une évidence.
D’une part, celle résultant lorsqu’un Etat estime que sa population est dans
une situation normale, alors que la communauté internationale estime le
contraire (Cas de la Birmanie pour le cyclone Nargis en 2008).
D’autre part, un autre type de crise pourrait aussi être évité, lorsqu’un
Etat désire « assister » la population d’un Etat limitrophe, prétextant que
la sécurité de cette population n’est pas assurée.
Lors du conflit des Sudètes, au milieu du XXème siècle et à de nombreuses
reprises dans l’histoire, la question de la protection des minorités à aboutit
à des déclarations de guerre.
| 362
« Le concept de droits de l’homme n’est pas d’origine morale, mais une modalité
spécifique du concept moderne de droit subjectif… ces droits de l’homme ont par nature
un caractère juridique. »
Jürgen Habermas
Le monde de l’Education
Août 2001
Le monde est en constante évolution et les crises qui en résultent sont également
changeantes.
Pour y répondre, de multiples mécanismes de gestion des crises ont été imaginés,
et la diversité des solutions apportées démontre la complexité persistante de ce domaine.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Cette nouvelle approche est facilitée par les progrès constants dans le domaine
des nouvelles technologies de l’information et de la communication (3).
Ferdinand Brunot
La Pensée et la Langue
1922
Il n’y a pas une crise identique à une autre, et pour la même raison il n’y a pas de
méthode identique à une autre, aucune classification n’a pu encore être réalisée, malgré
quelques essais théoriques (a).
| 364
Basé sur l’observation des crises et des méthodes apportées pour y répondre, un
outil de classification des pratiques basé sur des critères simples d’approche est proposé
(b).
générateurs de catastrophes, auxquels les sociétés humaines ont été exposées, depuis la
nuit des temps, sont inchangés.
Inondations, sécheresse, feux de brousse ou de forêt, tremblements de terre,
éruptions volcaniques, etc…accompagnent consubstantiellement l’homme depuis sa
naissance sur terre.
Dans le même temps, nous considérons que l’attribution par des agences de
notation d’une note à un pays pour ses performances financières relève des informations
communicables.
| 365
698
Seule la norme ISO 22399 : 2007 « Sécurité sociétale. Lignes directrices pour être préparé à un incident
et gestion de continuité opérationnelle » a été publiée.
699
Les Professeurs Quarantelli aux Etats-Unis, Patrick Lagadec en France etc…
700
« The Politics of Crisis Management » A. Boin, P. Hart, E. Stern and B. Sundelius Cambridge.Cambridge
University Press.
| 366
Dans les pratiques mises en œuvre par les principaux Etats dans le domaine de la
gestion de crise, deux tendances principales se dessinent.
Bien entendu, afin de rester dans le cadre défini dans cette étude, nous
n’étudierons que les crises pouvant impliquer les forces de protection
civile.
En règle générale dès que le système est mis en place, le personnel, une
fois les concepts de base acquis, souhaite améliorer ses pratiques en
matière de gestion de crise.
La transition entre cette première tendance et la seconde est alors
réalisable.
Les pays pratiquant ces différents types de gestion de crise n’ont pas
encore fait l’objet d’une classification.
Il serait utile qu’une étude internationale soit réalisée de manière
indépendante, à la demande des Etats souverains de la planète.
| 368
Le choix des onze thèmes suivants se base sur la pratique, accumulée depuis
plusieurs années, dans différents pays, et en fonction de crises impliquant toujours la
protection civile.
Ils n’ont ni la prétention d’être exhaustifs, ni celle d’être parfaitement définis,
leur ordre n’est pas chronologique, ils ne sont pas classés par ordre d’importance.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Les onze thèmes sont centrés sur des attitudes et comportements humains,
rencontrés en général dans les centres de gestion de crise.
les superviseurs (ou cadres supérieurs), seuls habilités à alerter le plus haut
niveau politique et administratif de l’Etat en cas de crise.
Cette attitude est également importante pour les sauveteurs et les gestionnaires
de l’évènement, et conditionne leur réactivité opérationnelle, fonction de leurs
expériences.
L’attitude individuelle peut parfois être contrariée par des décisions prises par
des autorités qui se situent hors contexte.
Elle intervient soit au sein des communautés touchées, qui développent des
stratégies d’auto-organisation résultant des acquis dispensés (par les Etats ou les
Organisations Non Gouvernementales (O.N.G.) ou l’Organisation des Nations-Unies
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
THEME 3 : Comportement
Le comportement est façonné dans un groupe par les habitudes collectives et par
une façon de penser qui n’est pas toujours affichée.
| 370
Il est nécessaire de dispenser des connaissances de base sur les modes de vie des
personnes secourues afin de respecter leurs traditions et coutumes.
Ce niveau existe soit à l’intérieur d’un service (ou d’une administration), soit au
niveau inter-service au sein de l’Etat.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Pour les catastrophes de grande ampleur, cette tâche est réalisée par les équipes
U.N.D.A.C701., dépendant d’O.C.H.A.
Cette question est très importante, notamment pour les pays qui n’ont pas signé
les Directives de Stockholm, étudiées précédemment.
La procédure est basée sur des besoins opérationnels, elle prépare en amont, les
modes de résolution des problèmes (visas, procédures règlementaires douanières,
autorisation d’utilisation de fréquences radio, importation de drogues médicales
ou d’animaux de sauvetage, etc.).
701
United Nations Disaster Assessment and Coordination / Office for Coordination of Humanitarian Affairs.
| 371
La présence d’officiers de liaison peut être imposée par l’Etat receveur de l’aide,
si aucune convention n’a été signée au préalable.
Lors d’une catastrophe, l’Etat touché peut sur-réagir, dans le but de prouver qu’il
conserve malgré tout la maîtrise de la situation.
Dans ce cas, des rappels aux lois préalablement existantes, et aux cadres de
référence préétablis peuvent se révéler contre-productifs et retarder, le
déploiement des équipes opérationnelles, surtout au cours des premiers jours.
A l’opposé, l’Etat peut avoir préparé un certain nombre de ses cadres pour
l’accueil des équipes de secours.
Le déploiement de ces équipes sera ainsi facilité, et la coordination plus efficace,
utilisera les remontées d’information provenant du terrain.
Les responsables locaux sont parfois peu enclins à prendre des décisions rapides
qui ne correspondent ni à la culture locale, ni au passé.
Il est essentiel que les équipes de secours déployées aient connaissance de ces
modes de décision, afin qu’elles puissent avoir une compréhension globale du
système, et rester organisées.
Le mode de fonctionnement peut rester centralisé, ou agir en mode décentralisé.
Le premier cas pose une difficulté si les réseaux de communication sont détruits,
car les informations nécessaires seront plus longues à obtenir.
Une fois la décision prise, il faut s’assurer qu’il n’existe pas de contre-pouvoirs,
formels ou informels, institutionnels ou non.
En effet, la crise permet plus facilement que dans une situation stabilisée, de
jeter le trouble dans un système décisionnel.
Ceci est d’autant plus vrai que le temps de décision est long et complexe.
Aboutir à une indécision ou une non décision revient au même, alors qu’il faut
agir rapidement et ne pas tergiverser.
| 372
Dans chaque domaine, un coordonateur est nécessaire, afin de s’assurer qu’en cas
de difficulté avec la population ou les autorités locales, il pourra réaliser le lien
de manière efficace.
THEME 10 : Lieu de coordination spécifique, connu et accepté par tous les acteurs
S’il n’y a pas de structure au niveau national, c’est en général le plus haut niveau
de l’administration locale qui tient lieu de centre de crise.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Ce système de coordination doit être préféré, même s’il est imparfait, car il
correspond toujours à la plus haute autorité locale.
Sans son soutien, toute opération de sauvetage peut être stoppée ou rendue plus
difficile à réaliser.
Il est plus aisé, lorsqu’un coordinateur général est nommé, de s’adresser à lui
pour les problèmes de fond que le coordinateur local technique ne sera pas
forcément en mesure de régler.
A l’heure actuelle ce mécanisme général est utilisé en opération, mais ne fait pas
l’objet d’enseignement dans aucune structure.
(Rappel)
THEME 3 : Comportement.
THEME 10 : Lieu de coordination spécifique, connu et accepté par tous les acteurs.
L’accomplissement des tâches de gestion de crise est lié à l’objectif défini pour
cette organisation initialement.
Ainsi il est logique d’affirmer que la structure la mieux positionnée pour agir en
cas de crise sera celle qui :
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
En effet, dès les premiers instants d’une crise de grande ampleur les plus hautes
autorités se retrouvent placées, malgré elles, dans une situation très inconfortable.
Dans d’autre domaines, les plus hautes autorités peuvent définir des objectifs, a
priori.
Par exemple, dans le cadre d’une intervention militaire, la stratégie politique
précisément définie en amont, est mise en œuvre : la décision politique précède
l’évènement qui est ensuite déclenché.
| 376
L’évènement n’est pas déclenché, il survient sans que l’on ait pu l’empêcher
d’arriver, la décision au niveau politique doit attendre les résultats des évaluations
opérationnelles avant de se mettre en œuvre.
Ce facteur temps, pour les plus hautes autorités constitue une double contrainte :
d’une part, il n’est pas possible de choisir une stratégie appropriée, sans
posséder au préalable, une vision globale de l’étendue de la catastrophe.
Une fois celle-ci connue, l’établissement de priorités d’actions à réaliser
devient alors envisageable.
Il est intéressant de remarquer que ce phénomène est récurrent dans tout type de
crise.
Ainsi lors de la crise due aux inondations à Nîmes, il a été signalé que « ce n’est
pas l’incapacité de faire face aux ravages provoqués par la crue qui explique la crise de
Nîmes, une rapide mobilisation de multiples acteurs ayant eu lieu, mais l’incapacité des
autorités à faire rapidement un bilan crédible des pertes humaines et matérielles702».
702
C GILBERT dans « Le pouvoir en situation extrême » 1995, Page 107.
| 377
Un concept doit reposer sur un nombre limité de piliers, qui constituent les
valeurs de référence du champ de l’activité concernée.
Le choix de deux facteurs, culturel et opérationnel a été retenu.
Ces deux critères seront donc décrits et comparés, dans les domaines militaires
et de la protection civile, afin de comprendre leurs interactions mutuelles lors de
situations de crise ou de catastrophes.
Ces équipes seules aptes à déterminer le risque, estiment alors que les actions
proposées pourraient mettre en danger la sécurité du patient, ou de l’aéronef.
C’est pourquoi il est utile de déterminer, lors des phases de gestion de crise
utilisant les forces de protection civile, le positionnement respectif des différents
acteurs.
Une fois leur déploiement opérationnel effectué, il semble intéressant de
comparer ces structures et d’étudier leurs ressemblances et leurs différences.
Comparer les acteurs civils et les acteurs militaires est aisé, car ils sont tous deux
différenciés et donc immédiatement identifiables.
Ce recadrage est nécessaire pour peu que l’on souhaite éviter toute confusion ou
contre-sens.
703
P. Hart, A. Boin « The politics of crises management» 2005, page 58.
| 379
Ces observations ont été listées sous neuf thèmes principaux, non exhaustifs, mais
choisis compte tenu de leur aspect caractéristique :
1. Le mode de commandement
3. La visibilité
4. Le niveau de solidarité
Elles constituent les fondements du groupe, mais aussi d’une manière plus
ou moins formalisée, le cadre de référence de l’ensemble de ses membres.
Ces valeurs, si elles sont écrites, constituent une charte, qui devient
essentielle dans l’affichage fort des valeurs du groupe, tant en interne
qu’en externe.
Cette charte permet alors de promouvoir les valeurs du groupe, se basant
sur un document existant et incontestable.
7. La compliance
8. La durée
Elle est souvent assujettie aux moyens financiers possédés par le groupe.
Elle reflète le niveau d’engagement dont peut disposer le groupe pour
réaliser ses objectifs, et sa possible projection pour mener à bien ses
actions.
9. Le degré d’ouverture
Le groupe a ses contraintes internes, des traditions, une culture qui lui sont
propres. Il peut diffuser et partager ces valeurs avec son environnement,
on le qualifiera alors d’un degré d’ouverture large.
Au contraire, le groupe peut souhaiter se préserver vis-à-vis de l’extérieur
et ne pas échanger (en général par crainte, par méconnaissance ou par
peur) avec les autres groupes.
| 381
10. La culture.
1 DECENTRALISEE CENTRALISEE
4 COLLABORATIVE DIRECTIVE
FORCE RESULTANT DE LA
5 FORCE RESULTANT DE L’UNITE
DIVERSITE
1) La prise de décision
2) L’adaptation
3) L’information
4) Le commandement
5) La conduite
6) La coordination
9) Le facteur humain
10) La Logistique
Elles sont essentielles, leur niveau de gestion est soit local, soit national,
en fonction de quoi dépend leur possibilité de mobilisation, sa rapidité et
sa garantie.
| 384
Réseau ouvert.
C’est pour cela qu’il est difficile aux Etats souverains de remplir cette fonction,
et que les Nations-Unies assurent cette tâche dans les crises humanitaires de grande
ampleur seulement.
Grâce au mécanisme de coordination mis en place, l’information est disséminée,
partagée et connue par tous.
Les mécanismes de compétition entre structures différentes peuvent trouver ainsi
un mode de régulation, au moins a minima.
Pourtant l’entraide qui devrait prévaloir dans ce type de mission entre ces
structures n’est pas toujours effective.
Bien qu’aucune structure ne détienne l’exclusivité de la mission le partage
commun des objectifs est souvent difficile.
Chaque organisation souhaite le plus souvent réaliser une tâche pour son propre
compte, en dehors de la surveillance ou du contrôle d’une autre structure.
Penser que ce type d’attitude n’est possible que dans des pays lointains, pour des
crises complexes et dans des environnements aux structures de secours peu développées
est erroné.
| 388
Basées sur des critères objectifs précis (en dehors des obligations réglementaires
définies par les textes officiels) ces études permettraient de réaliser un classement au
niveau de la qualité de l’assistance pouvant être fournie.
704
Ainsi, en août 1988 suite à l’explosion d’une vedette au large de l’aéroport de Nice, avec 6 personnes à
son bord, les embarcations des sapeurs pompiers de Nice, de Cagnes sur mer, de l’aéroport, celles de la
police municipale de Saint-Laurent-du-Var, de la Police Nationale de Cagnes-sur-Mer (poste de secours
C.R.S.), une autre de la S.N.S.M. de Villeneuve Loubet, et une embarcation du poste du Cros de Cagnes
(Protection civile départementale) se sont portés simultanément sur les lieux de l’accident, sans liaison
possible entre elles la gestion de cet accident fut problématique pour la meilleure orientation hospitalière
des blessés, une fois récupérés (7 embarcations « autonomes » pour 6 victimes).
| 389
Il existe un autre service public travaillant pour des missions de protection civile,
la Police Nationale.
1 DECENTRALISEE CENTRALISEE
4 COLLABORATIVE DIRECTIVE
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Canaux d’informations
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Réseaux administratifs et
techniques, parfois constitués
Ordres donnés par le niveau uniquement d’experts hyper
politique, définissant la spécialisés, offrant analyses et
4 COMMANDEMENT
Sécurité Publique en vue de la synthèses à l’échelon politique,
protection du pays. en vue de décisions à prendre.
Pourtant, cette ouverture mutuelle enrichirait, sans aucun doute, les services de
manière mutuelle.
| 394
Il existe certes des contraintes extérieures pour chacun des acteurs, mais leur
action commune, poursuivant le même objectif permet d’estomper les défaillances
éventuelles d’un des acteurs.
La réalisation sera commune, partagée et connue de tous, lors de ses différentes
phases d’évolution et de réalisation.
La coordination réalisée lors de catastrophes de grande ampleur, dans le domaine
des catastrophes humanitaires rend les meetings de coordination des acteurs
indispensables.
La nécessité de désigner un coordonateur de cet ensemble hétérogène, garant de
la procédure et de la circulation des informations, s’est très vite imposée, sans pour
autant qu’un leadership soit clairement établi.
Dans le domaine spécifique des crises humanitaires, les premiers jours sont
cruciaux en matière de secours et de sauvetage de blessés.
| 395
705
Plus connu sous son abréviation U.N. « O.C.H.A. ».
706
United Nations Disaster Assessment Coordination, (Equipe d’Evaluation des Catastrophes et des
Coordinations des Nations Unies).
| 396
L’ouverture de fenêtres sur le réel est la capacité que chacun d’entre nous garde,
une lucidité permettant d’accomplir des actions de solidarité ou de protection pour les
membres de la communauté qui restent à protéger ou qui ont besoin d’aide.
Elle permet, grâce à la réalisation d’actions concrètes, notamment vis-à-vis des
plus jeunes et des plus âgés, de regagner la confiance en soi et de développer à nouveau
une capacité de projection vers l’avenir.
Au sens de la psychologie sociale, les groupes de gestion de crise sont des groupes
restreints (ANZIEU, 1968) ils regroupent, de par la nécessaire pluridisciplinarité, de leurs
membres, des points communs décrits ci-dessous :
| 397
Ils sont intégrés par les organisations internationales et les Organisations Non
Gouvernementales, lors des stages de « mise en situation opérationnelle » et de
« formation initiale appliquée » qui durent plusieurs semaines.
Ces stages constituent un indéniable apport pédagogique, ils apportent la mise en
commun d’expériences variées, provenant de différents pays.
La compréhension du contexte des urgences complexes, des catastrophes
humanitaires et de leurs enjeux est ainsi facilitée et approfondie.
Ces stages sont un important moyen de sélection pour les cadres permanents et
expérimentés du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (B.C.A.H. / O.C.H.A.)
qui ont à leur disposition un « vivier de compétences », constitué par les stagiaires.
Il est essentiel de s’assurer que les candidats qui seront ensuite retenus pour
réaliser les missions opérationnelles correspondent effectivement aux attentes des
équipes de coordination et de secours internationales, selon le triptyque encadré ci-
dessus.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Tout d’abord, l’effectif étant limité, il faut insister sur l’importance, pour chacun
des membres, de la perception individuelle qu’ils ont des autres membres de l’équipe,
vis-à-vis de leur champ de représentation personnel.
Cet aspect est essentiel, afin que chacun soit impliqué, mais surtout en phase
avec ses autres collègues-partenaires, connaissant les points forts et les points faibles de
chacun.
Cette phase de cémentation initiale conditionne et représente les ferments de la
solidité de l’équipe, et permet le partage et l’établissement de la confiance en son sein.
Ces équipes sont confrontées en permanence à des situations extrêmes en termes
d’enjeux, de décisions, de tensions et susceptibles d’entraîner de lourdes conséquences,
en permanence, dans une cinétique très rapide.
A cette perception individuelle, s’impose la nécessité d’établir une
communication efficace et ouverte.
707
Un système mondialement accepté, dans les équipes OCHA est le logiciel de microsoft « Groove » qui
permet de mettre en réseau les membres quelle que soit la distance les séparant ou le volume
d’information à échanger.
708
Information Management Course, première session réalisée à l’Ecole Nationale de Protection Civile
(E.N.P.C.) en Espagne, à Madrid, pour le compte de DG E.C.H.O. PROTECTION CIVILE (24 -29 Octobre
2010).
709
U.N.D.S.S. United Nations Department of Safety and Security.
| 399
« Celui qui n’appliquera pas de nouveaux remèdes doit s’attendre à de nouveaux maux,
car le temps est le plus grand des innovateurs. »
Francis Bacon
Ils sont dûs aux équipes de secours une fois déployées, mais aussi aux recherches
menées par les familles ou les proches des victimes.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
710
Free lance, indépendants, Journalistes Reporters d’Images agissant à leur compte, Grands Reporters
etc…
| 400
Il en est de même pour distribuer en temps réel, une information utile, mais aussi
utilisable (recherche de membres familiaux disparus etc…).
Leur forte résistance culturelle est compréhensible, mais doit évoluer face aux
nouvelles contraintes de protection de population en cas de crise.
Ces aspects sont importants, mais ils ne constituent pas des priorités absolues lors
d’une crise, puisque les efforts doivent se concentrer sur le sauvetage et la sauvegarde
des vies humaines.
711
Rapport sur la résilience des réseaux de télécommunications, Juin 2007 Page 34.
712
Sous réserve de l’accès à ces technologies, compte tenu de la fracture numérique existant actuellement.
| 402
Le paradoxe auquel nous sommes aujourd’hui confrontés réside dans le fait que
les Etats ont érigé le principe de protection de leur population comme un principe
essentiel.
Or, de nombreux régimes ont montré, face à des catastrophes naturelles de
grande ampleur, ou face à des mouvements sociaux importants que ce principe ne pouvait
s’appliquer.
Les raisons sont d’ordre naturel, lorsque les évènements physiques sont d’une
intensité extrême, mais aussi d’ordre politique, lorsque les populations souhaitent le
départ des gouvernements.
Plusieurs sociétés privées l’ont bien compris, car elles proposent à leur clients, ou
qu’ils se trouvent dans le monde, un service de prise en charge médicale, d’évacuation et
de rapatriement sanitaire dans des conditions exceptionnelles.
Il est donc du ressort des Etats, d’assurer un « niveau plancher », afin que la
protection des populations puisse devenir un critère évaluable, ce dernier étant
actuellement absent.
| 403
« Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d’une
chose ; cette universalité est la plus belle. »
Blaise Pascal
Discours sur les passions de l’amour
Les crises sont ainsi complexes, non seulement de par leur origine, mais aussi
dans la mise en œuvre de leur résolution.
C’est pour cela que le Droit universel à la protection des populations en temps de
paix doit être établi (1).
Ce Droit permettra de réaliser des comparaisons entre ces systèmes et de les faire
progresser, dans la continuité des principes de bien être social récemment établis par Sen
Armartya Kumar.713
L’application de ceux-ci permettra de réduire les tensions résultant de
différences dans ce domaine de la protection des populations, actuellement considéré
sans réel intérêt.
713
Prix Nobel d’Economie en 2001.
| 404
François-René de Chateaubriand
Mémoires d’outre-tombe
Ainsi, il faudra au préalable s’appuyer sur les principes consacrés par les
conventions de Genève, s’appliquant aux militaires et aux civils lors de conflits.
Ces droits doivent être étendus à tous, en situation de paix, et devenir un facteur
de stabilité et de bien être commun.
Il sera également nécessaire de reprendre les principes d’observation mutuelle,
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
de proportionnalité et d’échange d’information afin que ces droits, une fois établis,
puissent être contrôlés régulièrement au sein de la communauté internationale.
Mais cette question de leadership pourrait aussi servir de prétexte à des pays en
quête de puissance, un contrôle est donc nécessaire.
Ce contrôle doit être alors réalisé par un groupe d’Etats, ou une organisation
regroupant les Etats.
Parmi les candidats, une autre possibilité consisterait à ce qu’un pays neutre714
soit candidat pour cette tâche.
Quel que soit l’Etat-candidat, le processus doit ensuite être validé par
l’ensemble de la communauté internationale et à ce titre, le positionnement de
l’organisation des Nations-Unies dans ce processus est incontournable.
Se pose alors une seconde difficulté, liée à la maîtrise de l’agenda de cette
institution, et à l’inscription de cette proposition à l’ordre du jour de l’assemblée
générale.
Pour y parvenir, l’organisation d’une conférence internationale semble constituer
un préalable indispensable.
Ces conditions seraient alors identiques à celles qui ont déjà fait leurs preuves
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
L’hypothèse de réaliser sous forme d’initiative privé un tel projet, est grevée par
les interactions actuellement existantes entre le monde des humanitaires et celui des
protections civiles.
Il semble donc peu probable que ce type d’initiative puisse voir le jour, avec des
acteurs privilégiant le mode compétitif au mode collaboratif ou coopératif.
Ainsi, sous la forme d’un groupe de travail mixte, réunir les représentants des
Etats, du monde des secours, et des acteurs humanitaires n’est pas utopique.
714
Suisse, Autriche, Finlande, Belgique.
| 406
Enfin, cet objectif est certes ambitieux, mais il nous concerne tous.
L’amélioration des moyens de transport, le développement des infrastructures
nous a permis une mobilité, insoupçonnée autrefois.
« Il y a des bienfaits qui doivent être secrets, ce sont ceux qui secourent ; il y en a qui
doivent être publics, ce sont ceux qui honorent. »
DIDEROT
Essai sur les règnes de Claude et de Néron
et sur les mœurs et écrits de Sénèque
La gestion des crises a fait l’objet d’ouvrages rédigés par d’éminents spécialistes,
chacun dans son domaine.
Mais ces champs de connaissance sont issus le plus souvent des champs de
recherche universitaires, et ne s’intéressent ainsi que de manière exceptionnelle aux
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Cet aspect peut constituer une sorte de repli identitaire, sur des bases certaines,
celles liées à la connaissance, qui permettent d’apporter une réponse rassurante à la
collectivité.
Dès qu’un autre expert est consulté, les hypothèses ou les résultats du premier
sont parfois contestés, ou rejetés, et rarement unanimement approuvés.
Lorsque plusieurs experts sont consultés dans des domaines proches, il est
frappant de constater que ces champs de connaissance s’ignorent le plus souvent l’un et
l’autre.
S’ils ne se contredisent pas, les deux univers ne coopèrent pas, ni ne coordonnent
leurs axes d’orientation, ne consolident pas leurs constations initiales dans la démarche
intellectuelle.
Cette recherche de la compétence et de la connaissance la plus parfaite possible
pose donc un nouveau défi, celui de la capacité de réaliser une synthèse entre des
spécialistes de renom.
| 408
Cette capacité doit être préservée, afin d’être en mesure de prendre une décision
adaptée au bon moment.
Il s’agit souvent de faire appel à son bon sens, mais celui-ci est difficile à
percevoir et à établir lorsque les paramètres sont très nombreux, et que l’incertitude liée
à la décision est d’autant plus grande.
Il faut alors éviter la rigidification des conduites, le dogmatisme et l’absence de
souplesse intellectuelle, mais le plus important reste de conserver du recul par rapport à
l’évènement, et ce, de manière inversement proportionnelle.
Remédier à cette situation pourrait consister à rechercher un « expert »
d’experts, comme il existe une formation de formateur.
Cette ambition n’est d’ailleurs pas réservée au domaine de la gestion des crises
puisque l’Union Européenne avait fixé comme objectif pour 2010 que l’Union devienne
l’économie basée sur la connaissance la plus compétitive du monde715.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Au niveau européen c’est dans cette optique que le septième programme cadre
de l’union européenne, a été lancé, pour un montant de plus de 50 milliards d’euros pour
la période 2007-2013716, soit une moyenne de plus de 7,2 milliards annuels.
Au sein de ce programme cadre, quelques projets concernent la sécurité et la
gestion de crise, notamment au sein du projet G.M.E.S.717
Il reste à convaincre tant les milieux universitaires que les milieux politico-
administratifs, pour qu’un enseignement de ce type puisse se réaliser.
Il est important que cet enseignement, pour les futurs managers, repose
également sur un partage de valeurs communes qui leur permettront, lors de nouvelles
formes de crise surgiront, de s’adapter en se basant sur des principes fondamentaux,
universellement reconnus.
715
Rapport de la Commission Européenne « Vers une Europe de la connaissance » 2003 (Confer la section
Rapports)
716
Décision 1982/ 2006/CE du Parlement Européen et du Conseil du 18 décembre 2006 relative au septième
programme cadre de la Communauté Européenne pour des actions de recherche, de développement
technologique et de démonstration.
717
Global Monitoring Environment Security.
| 409
C’est pourquoi, au sein des services d’urgence, existe un rapport particulier, qui
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Dans le même espace temps, et en parallèle avec les opérations en cours, une
veille est indispensable, et doit être novatrice, afin de détecter le plus en amont possible
les nouvelles menaces, et d’élaborer une stratégie de réduction de leur occurrence (2).
« La crise est une accélération de temps normal produisant une surcharge des capacités
de réponse habituellement mise en œuvre pour gérer les dysfonctionnements
quotidiens.»
Jean-Louis Sayous.
Rapport I.H.E.S.I.
Numéro 5 mars 1993
718
A l’exception du cas ou des équipes spécialisées et équipées sont déjà sur le lieu de l’urgence dès que
celle-ci survient.
| 410
Lors d’une phase d’urgence, c’est bien un type de réponse optimale qui est
recherché, dans tous les cas.
Lorsqu’un individu est confronté à une situation d’urgence, il peut soit s’y
soustraire seul, soit minimiser les conséquences, soit faire appel à une aide extérieure.
Au niveau d’un service recevant un appel d’urgence, le niveau de réponse
opérationnelle à apporter à la demande doit être pris en considération.
Il est possible que les moyens déclenchés, suite à la demande initiale de secours
réalisée par les victimes soient insuffisants.
Ils peuvent également être non adaptés, si des facteurs de risques extérieurs à
l’évènement n’ont pas été analysés au préalable.
Dés l’arrivée des secours sur place, le premier chef du détachement de secours,
procède à une évaluation de la situation opérationnelle.
Temps
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Informations
Les premières phases d’une urgence sont cruciales, et tout retard dans le
traitement de ces informations oriente inévitablement l’action et le déploiement
opérationnel des premières équipes de secours.
Cette méthode est aussi utilisée dans le cadre de la gestion de la qualité, et est
qualifiée de cercle vertueux, suivant les quatre étapes de Planification (préparation à la
réalisation), de réalisation (développement, test et mise en œuvre), de contrôle
(vérification) et de réaction (ajustement et réaction en vue d’améliorer le processus).
Elle est également connue sous une forme abrégée « Plan Do Check Act »
(P.D.C.A.).
Albert Einstein
L’objectif est d’être en mesure de fournir aux populations civiles, en tout temps
et en tout lieu des services d’assistance, de secours et de sauvetage efficaces.
Ils devront donc élaborer et mettre en œuvre des standards minimum, mais aussi
promouvoir leur dissémination en participant activement à la sensibilisation du public et à
sa préparation aux catastrophes.
Actuellement plusieurs Etats ont élaboré diverses stratégies, la plus aboutie est
réalisée par la Grande-Bretagne.719
Cet aboutissement est du à la prise en compte des deux extrêmes de la chaîne
d’informations dans ce domaine.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Ces normes sont strictes, notamment en matière de délais de départ des véhicules
opérationnels et de délais d’arrivée sur les lieux de l’intervention.
Dans d’autres pays, dont la France, ces règles existent, mais elles résultent de
standards internationaux et ne s’appliquent que dans le domaine spécifique des secours
pour la navigation aérienne.
719
http://www.cabinetoffice.gov.uk/ukresilience
| 417
Ils respectent les directives édictées dans le code de l’aviation civile qui précise
que « le service de sauvetage et de lutte contre l'incendie des aéronefs a pour objet
principal de sauver des vies humaines en cas d'accident ou d'incident d'aéronef par la mise
en place, sur les aérodromes visés aux articles R. 221-1 et D. 232-1 où le préfet exerce le
pouvoir de police, de moyens et d'une organisation adaptés au niveau de protection
requis.»
Ce choix, basé sur des mesures d’opportunité, peut être mis en place « lorsqu’il
parait approprié de le faire de tout autre sujet intéressant la sécurité la régularité et
l’efficacité de la navigation aérienne »
Ceci explique que les Services de Sauvetage et de Lutte contre l’Incendie des
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Aéronefs (S.S.L.I.A.), peuvent passer des conventions avec les Services Départementaux
d’Incendie et de Secours, mais ils sont le plus souvent gérés par les Chambres de
Commerce et d’Industrie.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
CONCLUSION
| 418
| 419
«Notre civilisation sépare plus qu’elle ne relie. Nous sommes en manque de reliance, et
celle-ci est devenue besoin vital; elle n’est pas seulement complémentaire à
l’individualisme, elle est aussi la réponse aux inquiétudes, incertitudes et angoisses de la
vie individuelle. Parce que nous devons assumer l’incertitude et l’inquiétude, parce qu’il
existe beaucoup de sources d’angoisse, nous avons besoin de forces qui nous tiennent et
nous relient. Nous avons besoin de reliance parce que nous sommes dans l’aventure
inconnue. Nous devons assumer le fait d’être là sans savoir pourquoi. Les sources
d’angoisse existantes font que nous avons besoin d’amitié, amour et fraternité, qui sont
les antidotes à l’angoisse.».
Edgar MORIN
« Ethique » La Méthode,
Tome VI 2005, page 115
Depuis les temps anciens, où seul le secours divin était imploré, les rapports se
sont modifiés.
Peu à peu l’intervention d’un être humain pour sauver son prochain a été
reconnue, elle a connu des excès, allant jusqu’à devenir spécialisée et survalorisée.720
Paradoxalement, en Europe et dans d’autres pays, c’est désormais l’absence de
l’acte de porter secours qui peut être sanctionné auprès des tribunaux.
La diversité des menaces est considérable, mais c’est leur mutabilité, illustrée
lors des attentats du 11 septembre 2001 que personne n’avait pu prévoir ni envisager, qui
pose le plus grand défi aux sociétés actuelles.
Un élu local, probablement choqué par l’effondrement des immeubles alors que
les sauveteurs s’y étaient massivement engagés, a demandé s’il était possible que les
responsables des forces de sécurité puissent être un jour qualifiés de criminels : ils ont
envoyé leurs hommes à une mort certaine.
720
En témoigne le taux de satisfaction du public à l’égard des sapeurs pompiers en France, par exemple.
| 420
Le conflit asymétrique qui a suivi est tout autant paradoxal, la plus puissante
armée du monde étant en échec face à un ennemi invisible, mais omniprésent,
insaisissable et donc plus puissant malgré la démesure et l’absurdité des forces en
présence.
La solution politique choisie, répressive, tout comme la solution militaire ne
semblent-elles pas avoir atteint leurs limites ?
Au niveau des risques naturels, le tsunami de 2004 a démontré que les Etats
devaient coordonner la distribution de l’aide lorsque plusieurs pays sont simultanément
touchés.
La crise mondiale actuelle doit donc être considérée comme une opportunité,
permettant de repositionner le destin fragile de l’identité humaine, dont elle n’a que
trop peu conscience : il faut désormais enseigner l’humanité à l’humanité.
Si la lutte contre le mal semble devoir concentrer les efforts de l’humanité depuis
cette prise de conscience originelle, elle en revêt pourtant des aspects très différents :
quelle société pourrait ainsi ne pas prétendre vouloir protéger ses membres du mal ou des
maux qui la tourmentent ?
ces communautés.
Ce terme doit être toutefois employé avec prudence, car au Vietnam, la police
secrète est appelée “sécurité publique”, et dans d’autres pays elle porte le nom de
“sécurité civile”.
Les pays scandinaves, suite à leur projet de “défense totale” débutée lors de la
guerre froide, reconnaissent que la majorité des capacités, en matière de sécurité, se
trouvent au niveau local.
L’approche de la sécurité est donc plutôt orientée selon le concept “Bottom-up”
(de la base au sommet ou du particulier au général) que selon le concept “Top-Down” (du
général au particulier, philosophie qui sied au principe de subsidiarité de l’Union
européenne)
Il serait donc utile de se doter d’outils pour évaluer une approche de la sécurité
sociétale.
Une autre option est possible, créer un nouveau concept de protection civile, en
réalisant un changement de paradigme.
C’est la mise en œuvre d’une approche basée sur la participation des acteurs
politiques locaux, des citoyens, et des acteurs de la chaîne des secours, animée et
coordonnée par l’échelon central.
| 422
Elle permettra également aux collectivités qui possédent l’ambition d’aller au-
delà de la simple assistance à leurs populations, de mettre en œuvre des mécanismes
d’assistance de coopération avec leurs voisins, proches ou lointains.
Il s’agit donc de développer une nouvelle politique publique, jusque-là peu lisible
et peu visible, la politique de protection civile.
Une véritable politique de protection civile n’existe pas, il n’existe que des
mécanismes, qui se sont créés souvent « ex nihilo », par nécessité.
Notre société est globalisée, et aujourd’hui tous les secteurs ont un rôle à jouer
et possèdent une part de responsabilité dans la protection des populations et des
systèmes d’infrastructures critiques.
Le renforcement des capacités est une notion très peu utilisée en Europe, compte
tenu du haut niveau de développement économique et social déjà atteint.
Toutefois, le monde entier est confronté à des risques sans cesse émergents dus
aux progrès et de nouvelles vulnérabilités inconnues apparaissent, une fois les parades
trouvées aux vulnérabilités répertoriées.
Les niveaux hiérarchiques, basés sur un modèle vertical, doivent interagir avec les
mécanismes collaboratifs qui se développent tant au niveau vertical qu’horizontal.
Ainsi, la sécurité sociétale n’est pas basée sur une politique unique, mais sur des
politiques diversifiées, qu’il faut désormais doter d’une cohérence afin de pouvoir gérer
les menaces actuelles.
721
Elle est uniquement représentée par les trois régiments des U.I.I.S.C. qui n’assurent que des missions de
renfort sur le territoire national, alors qu’aucune responsabilité opérationnelle territoriale propre ne leur
est attribuée.
722
Terme de «capacity building » en anglais, selon la terminologie de la stratégie internationale de
réduction des risques, des Nations-Unies.Il s’agit de « la capacité des personnes, des organisations et des
systèmes, en utilisant les compétences et les ressources disponibles, à faire face et à gérer des conditions
difficiles, des situations d’urgences ou de catastrophes ».
| 424
L’Etat centralisé qui repose sur une hiérarchie basée sur la verticalité, a
lentement évolué sur le mode des réseaux et des échanges horizontaux.
La protection civile repose aujourd’hui sur des champs d’action centrifuges par
manque de leadership défini au niveau de l’un d’entre eux, permettant en temps réel
d’être le point de convergence des informations et des signaux, même faibles.
Nous manquons donc d’un maillon essentiel, qui permettrait de mettre en œuvre
des stratégies d’évitement de crise s’il existait.
L’action stratégique politique, conduite au niveau interministériel par les services
du Premier Ministre ne peut s’y substituer totalement.
Cet investissement qui doit être réalisé sans tarder, pourra obtenir un effet
démultiplicateur permettant d’atténuer les effets d’une crise de toute nature.
Les catastrophes sont le plus souvent des évènements soudains, causant des
pertes humaines, matérielles, économiques qui peuvent également être
environnementales.
Elles peuvent être causées par des forces ou des mécanismes naturels (appelés
alors catastrophes naturelles), mais aussi par des actions humaines, négligences ou
erreurs elles sont alors appelées catastrophes anthropogènes.
723
Affaissement de la surface de la croûte terrestre sous l’effet d’une charge.
| 425
Quels que puissent être l’origine ou les termes retenus pour la définition des
catastrophes, la plupart sont aggravées par l’importance des activités humaines.
Alors que le développement humain sur terre atteindra la barre des 7 milliards
d’êtres humains en 2011, jamais une conférence internationale n’a proposé de réaliser
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Lors de la guerre du Vietnam, une étude avait démontré que le même citoyen
avait plus de risques de décéder suite à un accident de voiture ou une conduite addictive,
qu’un militaire américain déployé en zone de guerre.
724
Zones menacées par des inondations, des tremblements de terre, des glissements de terrain, etc…
725
Rapport United Nations Development Program 2004, repris par rapport UNESCO 2007, cité dans « Natural
and Anthopogenetic Disasters » Jha, M.K., ISBN 978-481-2497-8 . 1ere édition 2010 SPRINGER 700 pages,
Introduction, page 1.
| 426
Assurer la protection des citoyens c’est aussi leur garantir en temps de paix, des
conditions convenables de secours d’urgence définies clairement, acceptées, reconnues
et pratiquées partout et par tous.
Il ne constitue pas encore une doctrine politique, d’une part à cause de l’absence
d’une véritable stratégie européenne de sécurité, et d’autre part compte-tenu de la
confusion existante autour de la notion de sécurité.
Mais c’est précisément cette question de «bonne gouvernance» qui doit être la
question fondamentale et centrale dans les pays donneurs d’aide et souvent de leçons.
Il y a un peu plus de vingt ans, la chute du mur de Berlin mettait fin à plus de
quarante années d’immobilisme.
726
Cette analyse est en général partagée par les auteurs de l’ouvrage collectif « Contemporary states of
emergency : the politics of military and humanitarian interventions » sous la direction de Didier Fassin.
727
La République égyptienne a proclamé l’état d’urgence depuis la prise de pouvoir du Président Hosni
Mubarak et l’a maintenu jusqu’à sa chute.
728
Caractérisé par l’impossibilité d’effectuer un mouvement de pièce.
| 427
Cette nouvelle ère aurait pu permettre de diminuer le volume et les moyens des
forces militaires, ou d’impulser une politique de réorientation de celles-ci vers des
activités de protection civile.
Mais sans cette réorientation, face aux nouvelles catastrophes, la réponse
apportée est identique, alors que la menace est désormais impalpable, imprédictible,
permanente, en un mot elle est devenue une galaxie nébuleuse de la peur.
729
C'est-à-dire, incluant tous les risques de menace.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
ANNEXES
| 428
| 429
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Convention internationale SAR (Search and Rescue) de Hambourg du 27 avril 1979 sur la
recherche et le sauvetage maritime (signée par la France le 9 avril 1980 et publiée en
droit interne par le décret n° 85-580 du 5 juin 1985. JO 6392). Entrée en vigueur le 22
juin 1985.
Traité sur l’Union Européenne «Traités Consolidés, Charte des Droits fondamentaux »
Office des publications de l’Union européenne, 2010 ISBN 978-92-824-2579, mars 2010.
Réglements
Règlement (CE) n°1257/96 du Conseil du 20 juin 1996 concernant l'aide humanitaire (JO L
163 du 2.7.1996, p. 1).
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Directives
Directive n°1996/82 du 09/12/96 concernant la maîtrise des dangers liés aux accidents
majeurs impliquant des substances dangereuses dite SEVESO II (JOCE n° L 10 du 14 janvier
1997) modifiée par Directive n°2003/105bn Décret n°63-892 du 28 août 1963.Journal
Officiel page 7 994 nb/CE du 16 décembre 2003 (JOCE n° L 345 du 31 décembre 2003).
Décisions
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Communications
Documents
DROIT FRANÇAIS
ORDONNANCES
LOIS
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Loi n°94-589 du 15 juillet 1994 relative aux modalités de l'exercice par l'Etat de ses
pouvoirs de police en mer. NOR: DEFX9400020L
Loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à
la santé et aux territoires (Journal officiel, 22 juillet 2009).
Loi n° 2009-928 du 29 juillet 2009 relative à la programmation militaire pour les années
2009 à 2014 et portant diverses dispositions concernant la Défense NOR: DEFX0824148L.
DECRETS
Annexe n°1871 Journal Officiel Document du Parlement Assemblée Nationale Page 1527.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Annexe n°4164 Journal Officiel Document du Parlement Assemblée Nationale Page 940.
Décret n°1963-1196 du 3 décembre 1963 portant création d’un Ordre National du Mérite.
Décret n°83-321 du 20 avril 1983 relatif au pouvoir des préfets en matière de Défense non
militaire.
Décret n°2004- 502 du 7 juin 2004 relatif à l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de
Sapeurs Pompiers NOR : INTE 0400142D
Décret n°2004-612 du 24 juin 2004 portant création d'un Office central de lutte contre les
atteintes à l'environnement et à la santé publique NOR : DEFD0400420D
Décret n°2004-750 du 27 juillet 2004 portant création de l’Institut National des Hautes
Etudes de Sécurité.
Décret n°2005-1130 du 7 septembre 2005 relatif aux modalités et aux délais de mise en
œuvre des P.P.R.T. (Plans de Prévention des Risques Technologiques).
| 436
Décret 2006-55 du 17 janvier 2006 (JO 19 janvier 2006) relatif à la prévention des risques
technologiques et à la sécurité du personnel, et modifiant le code du travail.
Décret n°2008-932 du 12 septembre 2008 portant statut particulier des officiers du corps
technique et administratif des affaires maritimes. NOR : DEFH0801140D
Décret n°2009-1321 du 28 octobre 2009 relatif à l’institut National des Hautes Etudes de
la Sécurité et de la Justice. NOR PRMX0904470D
Décret n°2010-224 du 4 mars 2010 relatif aux pouvoirs des Préfets de zone de défense et
de sécurité. NOR : IOCX1001151D
Décret n°2010-687 du 24 juin 2010 relatif à l’organisation et aux missions des services de
l’Etat dans la région et les départements d’Ile de France.
CIRCULAIRES
Circulaire d’orientation du 5 mars 2004 pour les S.R.O.S. de troisième génération. (2005-
2010) (Ministère de la Santé).
Circulaire du 3 octobre 2005 relative à la mise en œuvre des plans de prévention des
risques technologiques.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Circulaire du 10 mai 2010 récapitulant les règles méthodologiques applicables aux études
de dangers, à l'appréciation de la démarche de réduction du risque à la source et aux
plans de prévention des risques technologiques (P.P.R.T.) dans les installations classées
en application de la loi du 30 juillet 2003.(M.E.D.D.M.)
ARRETES
Arrêté du 2 juin 2006 fixant la liste des secteurs d'activités d'importance vitale et
désignant les Ministres coordonnateurs desdits secteurs. NOR : PRMX 0609332A
INSTRUCTIONS
Instruction Secrétariat d'Etat à la Mer n°978 du 15 octobre 1992 relative aux Centres
Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (C.R.O.S.S).
RAPPORTS PARLEMENTAIRES
CODE DE LA DEFENSE
CODE DE L’ENVIRONNEMENT
Article L 2212-2
Article L122-9
QUESTIONS PARLEMENTAIRES
Question écrite n° 14722 de M. Hubert Haenel (Haut-Rhin - UMP) publiée dans le JO Sénat
du 11/03/1999 - page 737.
AUTRES
BIBLIOGRAPHIE
| 440
| 441
Editeur : Perrin
Langue : Français
ISBN - 10 : 2262015925
BECK Ulrich
Titre : Pouvoir et contre-pouvoir à l'heure de la mondialisation.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Editeur : Flammarion
Langue : Français
ISBN : 978-2080801159
BOSSE-PLATIERE Isabelle
Titre : L'article 3 du traité de l’Union Européenne : Recherche sur une exigence de
cohérence de l’action extérieure de l’Union Européenne.
Editeur : Bruylant
Langue : Français
BOUTTE Gilbert
Titre : Risques et catastrophes : comment éviter et prévenir les crises.
Editeur : Papyrus
Langue : Français
ISBN-10 : 2876031833
BUSEK Erhard
Titre : Europe needs a better crisis management system
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Anglais.
ISBN : Inconnu
CASTEL Robert
Titre : L’insécurité sociale, qu’est-ce qu’être protégé ?
Langue : Français
Nombre de pages : 96
CASTEL Robert
Titre : La gestion des risques.
Langue : Français
ISBN : 2707305944
CASTORIADIS Cornelius
Titre : Une société à la dérive. Entretiens et débats 1974- 1997.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
ISBN : 978-2-7578-2151-0
CHARTRIER Emile
Titre : Les propos d’un Normand de 1912. Edition critique intégrale en 10 tomes par
J.-M.Allaire, R.Bourgne et P.Zachary, avec la coopération de G.Pascal et P.Heudier
Langue : Français
ISBN : Inconnu
| 444
COHEN Samy
Titre : La résistance des Etats. Les démocraties face au pouvoir de la mondialisation.
Editeur : Seuil
Langue : Français
ISBN : 978-2020396103
COREY Robin
Titre : La peur Histoire d’une Idée Politique
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
ISBN : 978-2-01-279356-9
DAMASIO Antonio R.
Titre : Spinoza avait raison : Joie et tristesse, le cerveau des émotions
Langue : Français
ISBN-13: 978-2738120694
| 445
DE GAULLE Charles
Titre : Le fil de l’épée, et autres écrits.
Editeur : Omnibus
Langue : Français
ISBN : 978-2259191395
DEBRAY Régis
Titre : L’état séducteur
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
ISBN : 978-2070403035
Editeur : l’Harmattan
Langue : Français
ISBN : 2-7384-4968-9
| 446
DEMPSEY John S.
Titre : Introduction to private security (second edition)
Langue : Anglais
ISBN-13 : 978-0-4958-0985-2
FARASMAND Ali
Titre : Handbook of crisis and emergency management
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Anglais
ISBN: 0-8247-0422-3
Langue : Anglais
ISBN : 978-1935408000
| 447
Editeur : Elsevier
Langue : Anglais
ISBN : 978-0-7506-8432-3
GANDOUIN Jacques
Titre : Guide du Protocole et des usages.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Editeur : Stock
Langue : Français
ISBN : 2-234-02374-2
GARNOT Benoît
Titre : Histoire de la justice, France, XVIème - XXème siècle.
Editeur : Gallimard
Langue : Français
ISBN : 978-2-07-039668-9
| 448
GENOVESE Marc
Titre : Droit appliqué aux services d’incendie et de secours.
Langue : Français
Langue : Français
ISBN : 2707305944
Langue : Anglais
ISBN : 978-0674006713
| 449
Editeur : Springer
Langue : Anglais
ISBN-13 : 978-0-387-73952-6
HOUBEN Marc
Titre: International Crisis Management. The approach of European states.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Editeur : Routledge
Langue : Anglais
ISBN : 0-415-35455-2
Editeur : Economica
Langue : Français
ISBN : 2717820612
| 450
KERMISCH Céline
Titre : Les paradigmes de la perception du risque.
Langue : Français
ISBN : 978-2-7430-7870-6
Langue : Français
ISBN : 978-2-13-057159-9
Langue : Français
ISBN : 2-7081-2707-1
| 451
LAGADEC Patrick
Titre : La gestion des crises : outils de réflexion à l’usage des décideurs
Langue : Français
ISBN-13 : 978-2704212590
MOREAU Bernard
Titre : Protocole et cérémonial parlementaires.
Editeur : l’Harmattan
Langue : Français
ISBN : 2707305944
MORIN Edgar
Titre : La Méthode - Tome VI, Ethique, 2005
Langue : Français
ISBN : 978-2020057714
| 452
Langue : Anglais
ISBN-13 : 978-0-4958-0985-2
PENVERNE Fanny
Titre : L’Union Européenne et la Protection Civile.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
ISBN : 978-2-84398-303-0
PERROW Charles
Titre : The next catastrophe. Reducing our vulnerabilities to natural, industrial, and
terrorist disasters.
Langue : Anglais
ISBN-10 : 978-0-691-12997-6
| 453
SCHNAPPER Dominique
Titre : La communauté des citoyens. Sur l’idée moderne de la nation
Langue : Français
ISBN : 2-07-042882-6
SULL Donald
Titre : The upside of turbulence
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Anglais
ISBN : 978-0-06-177115-6
TAYLOR Charles
Titre : Le malaise de la modernité.
Langue : Français
ISBN : 2-204-07066-1
| 454
TISSOT Bernard
Titre : Sécurité sanitaire et gestion des déchets: quels liens ? Réflexions et
propositions. Rapport à l'Académie des sciences, Paris
Éditeur: Lavoisier
Langue : Français
ISBN : Inconnu
Langue : Français
ISBN : 978-2-916079-19-6
WALTER François
Titre : Catastrophes Une histoire culturelle XVI-XXème siècle
Langue : Français
ISBN : 978-2-02-0960939-7
| 455
WATTEGAMA Chanuka
Titre : ICT for disaster management
Langue : Anglais
Nombre de Pages : 60
ISBN : 978-974-8283-94-4
ZAOUI Pierre
Titre : La traversée des catastrophes
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
ISBN : 978-2-02-102983-3
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
THESES
| 456
| 457
Langue : Français
Langue : Français
Parution : Inconnue
BESSETTE Claudine
Titre : La tempête de verglas au Québec en 1998. Etude de la communication en période
de crise.
Langue : Français
Parution : Inconnue
| 458
BRIZON Ambre
Titre : Compréhension et gestion des signaux faibles dans le domaine de la santé-sécurité.
Matière : Doctorat Ecole des Mines ParisTech spécialité « Sciences et Génie des Activités à
Risques «
Langue : Français
Parution : Inconnue
CHANTEBOUT Bernard
Titre : « L’organisation générale de la Défense Nationale en France depuis la fin de la
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français.
CHARALAMBOS Iacovou
Titre : Managing misproject failures : a crisis management perspective.
Langue : Anglais
Parution : Inconnue
| 459
DAUTUN Carole
Titre : Contribution à l’étude des crises de grande ampleur : connaissance et aide à la
décision pour la Sécurité Civile.
Matière : Thèse pour obtenir le grade de docteur de l’Ecole Nationale Supérieure des
Mines de Saint Etienne
Langue : Français.
Parution : Inconnue
DEDIEU François
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
Parution : Inconnue
DELAVALLADE Thomas
Titre : Evaluation des risques de crise, appliquée à la détection des conflits armés intra-
étatiques.
Langue : Français
Parution : Inconnue
| 460
DUARTE-COLARDELLE Cheila
Titre : Analyse de la dynamique organisationnelle en temps de crise.
Langue : Français
Parution : Inconnue
DUPORTAL Christophe
Titre : Historique et évolution de la formation des sapeurs pompiers.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
Parution : Inconnue
FAUCHOUX Catherine
Titre : Le web, un outil net face à la crise ?
Langue : Français
Parution : Inconnue
| 461
FOASSO Cyrille
Titre : Histoire de la sûreté de l’énergie nucléaire civile en France (1945-2000)
Langue : Français
Parution : Inconnue
GAUTHIER Marc
Titre : La gestion de la crise environnementale : pour un modèle d’intervention.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
Parution : Inconnue
GRALEPOIS Mathilde
Titre : Les risques collectifs dans les agglomérations françaises. Contours et limites d’une
approche territoriale de prévention et de gestion des risques à travers le parcours des
agents administratifs locaux.
Langue : Français
Parution : Inconnue
| 462
GROSSEMY Dolores
Titre : De l’assistance à l’ingérence humanitaire : progrés ou regression du droit
international public ?
Langue : Français
Parution : Inconnue
HARDELIN Julien
Titre : Essais sur l’assurance, la prévention et les politiques publiques.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
Parution : Inconnue
Langue : Français
Parution : Inconnue
| 463
NASSIOS Démétrios
Titre : La chaîne de responsabilité de la sécurité maritime.
Langue : Français
Parution : Inconnue
RASSE Gabrièle
Titre : Les plans de prévention des risques technologiques au prisme de la vulnérabilité.
Le point de vue du juriste.
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Matière : Thèse pour obtenir le grade du doctorat en « Sciences et Génie des activités à
risques »
Langue : Français
Parution : Inconnue
SZPIRGLAS Mathias
Titre : Genèse et mécanismes du quiproquo : approches théoriques et organisationnelles
des nouvelles formes de gestion des risques.
Langue : Français
Parution : Inconnue
| 464
TEA Céline
Titre : Retour d’expérience et données subjectives : quel système d’information pour la
gestion des risques ? Le cas de la sécurité dans le transport ferroviaire.
Langue : Français
Parution : Inconnue
VEZINA Louis-Philippe
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
Langue : Français
Langue : Anglais
RAPPORTS ET ARTICLES
| 465
| 466
« Secret Truth. The EU joint Situation Centre.» Buuren, J Van (2009) Amsterdam.
Eurowatch.
« Private provision for public services in Denmark: the case of Falck » in Safety Science
30. Hansen, H. (1998) Rapport annuel du groupe Falck.
« Public Versus Private Provision of Governmental Services: The Case of Danish Fire
Protection Services » Kristensen, Ole (1982)ECPR, Aarhus Universitet Institute for
Statskundskab.
« Europe Aid : pour une force européenne de protection civile.» Michel Barnier Mai 2006.
« Transition Studies Review » Volume 15, Number 1, 193-205, Business and Economics
DOI: 10.1007/s11300-008-0175-2 *Anglais.
| 467
« Natural and Anthopogenetic Disasters » Rapport UNDP 2004, repris par rapport UNESCO
2007Jha, M.K.,. 1ère édition 2010 SPRINGER 700 pages ISBN 978-481-2497-8
Explaining the Emergence of the European Union Crisis and Emergency Management
through the Sociological Neo-institutionalist Concept of Divergent Isomorphism. Cecil
Wendling.
Revue Internationale de la Croix Rouge (RICR) Mars 2003, Volume 85, N°849, page 143,
«Les réserves aux Protocoles additionnels aux Conventions de Genève pour la protection
des victimes de la guerre » par Julie Gaudreau.
« Quelle vision stratégique proposer à l’Etat pour une intégration réussie et optimisée de
la Sécurité civile dans un contexte de Sécurité Globale ? » Rapport d’expertise. Colonel
de sapeurs pompiers Christophe MIGNOT. Centre des Hautes Etudes du Ministère de
l’Intérieur. Direction de la Sécurité Civile. Mai 2011. 46 Pages.
« Community conflict : its absence and its presence in natural disasters » E.L. Quarantelli
and Russel R.Dynes, in Mass Emergencies 1 (1976) 139-152 Elsevier Scientific Publishing
Company, Amsterdam
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
WEBOGRAPHIE
| 469
| 470
http://cartorisque.prim.net/
http://disasters.videohq.tv/
http://ec.europa.eu/maritimeaffairs/atlas/index_fr.htm
http://ecdc.europa.eu/en/Pages/home.aspx
http://effis.jrc.ec.europa.eu/current-situation
http://emsa.europa.eu/
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
http://expertiseinternationale.croix-rouge.fr
http://globesec.jrc.ec.europa.eu/
http://helid.desastres.net/fr
http://hisz.rsoe.hu/alertmap/index2.php
http://installationsclassees.ecologie.gouv.fr/
(Prévention des risques et luttes contre les pollutions et des plans de prévention des
risques technologiques P.P.R.T.)
http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/TOPICS/EXTURBANDEVELOPMENT/EXTDISM
GMT/0,,menuPK:341021~pagePK:149018~piPK:149093~theSitePK:341015,00.html
http://wiki.ict4peace.org/w/page/17234280/FrontPage
http://www.aaas.org/spp/rd
http://www.adpc.net
| 471
http://www.airdisaster.com/
http://www.alnap.org
http://www.apatraumadivision.org
http://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/
http://www.bruxelles2.eu/
http://www.bruxelles2.eu/secours-securite-civile/lasecuritecivilelapiecemanquantealue-
puissancecivile.html
http://www.cabinetoffice.gov.uk/about_the_cabinet_office.aspx
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
http://www.cabinetoffice.gov.uk/ukresilience
http://www.cemagref.fr/
http://www.cepri.net
http://www.certu.fr/
http://www.cete-mediterranee.fr/
http://www.cicr.org/web/fre/sitefre0.nsf/htmlall/30-international-conference-
resolutions-061207/$File/30IC_Resolution4Annex_IDRLGuidelines_FRA_FINAL.pdf/
http://www.coess.org
http://www.crisisgroup.org/
| 472
http://www.dels.nas.edu/dr/
http://www.disaster.net/
http://www.disasteraccountability.org
http://www.disasterassessment.org/
http://www.disasternews.net/
http://www.disasters.com
http://www.ecm-academy.nl/http://www.bt.cdc.gov
http://www.ecosante.fr
http://www.emdrhap.org/home/index.php
http://www.erc.gr
http://www.e-snes.org
http://www.eva4cp.org/
http://www.evanetwork.eu/
http://www.gdacs.org/
http://www.gdnonline.org/
http://www.globalhumanitarianassistance.org/
http://www.goodhumanitariandonorship.org/gns/home.aspx
http://www.handicap-international.us/
http://www.hhri.org/?region=&keyword=34&search=search
http://www.hhs.gov/disasters
http://hisz.rsoe.hu/alertmap/index2.php
http://www.humanitarianreform.org/
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
http://www.iaem.com
http://www.icdo.org/fr/index.htm#
http://www.ifsttar.fr
http://www.ihej.org
http://www.ineris.fr/aida/
http://www.irgc.org
http://www.irinnews.org/
http://www.lcpc.fr
http://www.mercator-ocean.org
http://www.ncptsd.va.gov/facts/disasters/index.html
http://www.preventionweb.net/
http://www.proventionconsortium.org/
http://www.recoveryplatform.org/
http://www.redcross.org/
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
http://www.redhum.org/
http://www.risques.gouv.fr/
http://www.S.G.D.S.N..gouv.fr/
http://www.securite-privee.org
http://www.setra.equipement.gouv.fr/
http://www.side.developpement-durable.gouv.fr/
http://www.unisdr.org/
http://www.un-spider.org/
http://www.unv.org/
| 475
http://www.usd.edu/dmhi
http://www.who.int/hac/en
www.adamsmith.org.
www.humanitarianinfo.org
www.icva.ch
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
www.reliefweb.org
www.vigicrues.gouv.fr/ (S.C.H.A.P.I.)
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
ACRONYMES
| 476
| 477
C.D.C. Control Disease Center (Centre de Contrôle des Maladies, Etats Unis)
tel-00769885, version 1 - 3 Jan 2013
730
Centre Interministériel de Crise, place Beauvau inauguré le mercredi 1er juillet 2009 à 17h00 par Brice
Hortefeux. Ministre de l’Intérieur de l'Outre-mer et des Collectivités Territoriales.
| 480
731
Le Département des urgences sanitaires (DUS) abritant le CORRUSS, a été créé par arrêté du 11 mai
2007 (J.O. du 13 mai 2007), au sein de la Direction générale de la Santé.
| 481
de l’Energie. (M.E.D.D.T.L.)
R.E.M.P.E.C.
Mediterranean Sea.
U.S.A. P.A.T.R.I.O.T.
Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools
Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act.
Act
LEXIQUE
| 493
| 494
RESUME .................................................................................................................................................................... 4
ABSTRACT ............................................................................................................................................................... 7
REMERCIEMENTS .................................................................................................................................................. 9
INTRODUCTION ................................................................................................................................................... 12
a/ DEFINITION DU CONCEPT D’URGENCE ______________________________________________________________ 21
b/ FONDEMENTS DE LA POLITIQUE DE L’URGENCE ET DE LA PROTECTION CIVILE. _____________________________ 29
1. B / LE MODELE FRANCAIS DE PROTECTION CIVILE EST RECONNU GRACE A l’INTEGRATION DES PRINCIPES DE
GESTION DES RISQUES ________________________________________________________________________ 127
1 / LA PROTECTION CIVILE N’A PAS BENEFICIE DES PROGRES REALISES DANS LA CONNAISSANCE DES RISQUES _______ 128
A) L’AVENEMENT DES DOMAINES DU RISQUE ET DES CYNDINIQUES _______________________________________ 128
B) L’AMELIORATION DES CONNAISSANCES PERMET UNE MEILLEURE ADAPTATION FACE A LA MONTEE DES
RISQUES _______________________________________________________________________________________ 131
C) LES PRINCIPES DE GOUVERNANCE : _______________________________________________________________ 133
D) LES PRINCIPES STRUCTURANTS : _________________________________________________________________ 134
01) Malgré LE CARACTERE INNOVANT D’UNE INITIATIVE FRANCAISE, LA CREATION D’UNE STRUCTURE
INTERNATIONALE DE PROTECTION CIVILE, NE CONNAITRA QU’UN DEVELOPPEMENT MODESTE. ______________ 136
02) SANS DEFINITION FORMELLE, LA PROTECTION CIVILE VOIT SON DEVELOPPEMENT FRAGILISE. _____________ 144
03) LA PRIVATISATION DEs ACTIONS DE PROTECTION CIVILE EST EN CONSTANTE PROGRESSION. _____________ 146
2 / LE MODELE FRANCAIS EST RECONNU, SON ADAPTATION A UN MONDE EN MUTATION EST PERMANENTE ________ 152
A) L’ORGANISATION FRANCAISE : __________________________________________________________________ 153
| 497
2. A / UNE ABSENCE DE STRATEGIE POLITIQUE POUR UNE PROTECTION CIVILE EUROPEENNE SANS AMBITION. _______ 268
1 / L’HISTOIRE DECOUSUE ET FRAGMENTEE D’UNE APPROCHE REGIONALE : LA PROTECTION CIVILE EUROPEENNE ____ 268
a) L’ABSENCE DE CONVICTION POLITIQUE POUR UNE PROTECTION CIVILE EUROPEENNE _______________________ 269
b) SANS POSITIONNEMENT STRUCTUREL DEFINI, LA PROTECTION CIVILE EUROPEENNE EST AU SEIN D’UN ESPACE
DISJOINT. ______________________________________________________________________________________ 278
c) LA COOPERATION ET LA PROTECTION CIVILE EUROPEENNE. ____________________________________________ 279
d) POUR LA PROTECTION CIVILE, LE TRAITE DE LISBONNE A PERMIS DE REELLES AVANCEES. ____________________ 283
e) L’ACTION EXTERIEURE DE L’UNION CONSIDERE LA PROTECTION CIVILE EUROPEENNE COMME UN INSTRUMENT
PEU UTILE A SON RAYONNEMENT. __________________________________________________________________ 284
2 / DEFINIR LA STRATEGIE DE PROTECTION CIVILE EUROPEENNE POUR ASSURER LA COHERENCE DE SON ACTION ET
LE RENFORCEMENT DE SA VISIBILITE __________________________________________________________________ 288
a) DESSINER LES LIGNES DE RASSEMBLEMENT AU NIVEAU POLITIQUE ______________________________________ 290
b) RATIONALISER LES STRUCTURES TECHNIQUES ET ADMINISTRATIVES_____________________________________ 298
c) RENFORCER ET CONFIRMER LE ROLE OPERATIONNEL DE LA PROTECTION CIVILE ___________________________ 304
| 498
d) DESIGNER UN COORDONNATEUR UNIQUE DES ACTIVITES EUROPEENNES EN MATIERE DE GESTION DE CRISE : ___ 309
3. B / LE DROIT UNIVERSEL POUR LA PROTECTION DES POPULATIONS EN TEMPS DE PAIX, CHAINON MANQUANT,
SERA GARANTI PAR LA PROTECTION CIVILE _______________________________________________________ 403
1 / LE DROIT UNIVERSEL DE PROTECTION DES POPULATIONS EN TEMPS DE PAIX FACTEUR DE RESOLUTION DES
CRISES. __________________________________________________________________________________________ 404
a) Sous forme d’initiative publique, _________________________________________________________________ 404
b) Sous forme d’initiative privée, ___________________________________________________________________ 405
2 / LA PROTECTION CIVILE ETAYANT CE NOUVEAU DROIT RETROUVERA SA LEGITIMITE __________________________ 406
a) LA PROTECTION CIVILE, EN TEMPS DE PAIX OU DE CONFLIT DOIT ETRE IMPLIQUEE _________________________ 407
b) LA PROTECTION CIVILE DOIT INNOVER POUR ANTICIPER SUR LES NOUVELLES MENACES ____________________ 409
01) DES OUTILS DE TRAITEMENT DE L’INFORMATION PUISSANTS SONT NECESSAIRES _______________________ 409
02 ) L’INNOVATION POUR LA PROTECTION CIVILE PERMET D’ANTICIPER SUR LES NOUVELLES MENACES ________ 414
| 499
ACRONYMES....................................................................................................................................................... 476
« Ce ne sont pas les évènements qui affectent les hommes, mais les idées qu’ils s’en
font »
Epictète