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Roche Calcaire PDF

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Thèmes abordés

  • calcaires,
  • liants hydrauliques,
  • études expérimentales,
  • Bajocien,
  • granulats,
  • propriétés mécaniques,
  • adhérence,
  • performance
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Thèmes abordés

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  • liants hydrauliques,
  • études expérimentales,
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  • granulats,
  • propriétés mécaniques,
  • adhérence,
  • performance

AVERTISSEMENT

Ce document est le fruit d'un long travail approuvé par le jury de


soutenance et mis à disposition de l'ensemble de la
communauté universitaire élargie.

Il est soumis à la propriété intellectuelle de l'auteur. Ceci


implique une obligation de citation et de référencement lors de
l’utilisation de ce document.

D'autre part, toute contrefaçon, plagiat, reproduction illicite


encourt une poursuite pénale.

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LIENS

Code de la Propriété Intellectuelle. articles L 122. 4


Code de la Propriété Intellectuelle. articles L 335.2- L 335.10
[Link]
[Link]
s.c.o.• UJi.~ NANCY 1
BIBLIOTHÈQUE OES SCIENCES
Faculté des Sciences et Techniques ~ue du Jardll' BotanIque. BP 11
.. t:l,. ,~ III, r- ....... r-.-." f 4 • ,.... ~ ,... t.

UFR Sciences et Techniques de la Matière et des


Procèdés
Ecole Doctorale EMMA

THESE

Présentée pour ('obtention du titre de

Docteur de l'Vniversité Henri Poincaré, Nancy 1


en

Génie Civil
par
Jean VOIRIN

UTILISATION DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

EN TECHNIQUES ROUTIERES

Soutenue publiquement le 24 juin 2004 devant la commission d'examen

Rapporteurs M. Jean BEBIEN Professeur, Université de Paris Sud


M. Jean Pierre TROALEN Professeur, Université de Reims

Examinateurs M. Bernard HAGUENAUEUR Professeur Emérite, Université Henri Poincaré, Nancy 1


M. René DEVIENNE Professeur, Université Henri Poincaré, Nancy 1
M. André LECOMTE Maître de conférences, HDR, Université Henri Poincaré, Nancy 1
M. Didier DESMOULIN Ingénieur INSA, Directeur Technique SCREG EST

Invités M. Michel BERTAUD Docteur es sciences, Directeur Technique SCREG

EA 1116 ERIN - MMGC - Equipe « Modélisation et Matériaux du Génie Civil» Directeur de thèse: M. André LECOMTE
Le Montet - 54601 Villers lès Nancy Cedex
Co - encadrant : M. Didier DESMOULIN
Laboratoire SCREG EST
2 rue Virginie Mauvais - 54015 Nancy Cedex
AVANT-PROPOS

Ce mémoire a été rédigé dans le cadre d'une convention de recherche passée entre le
laboratoire (EA 1116) « Modélisation et Matériaux du Génie Civil)} de l'Université Henri
Poincaré - Nancy 1 - et le laboratoire de la société SCREG EST. L'encadrement des
travaux a été assuré conjointement par Messieurs André LECOMTE (EA 1116) et Didier
DESMOULIN (SCREG EST).
*********

Salarié au laboratoire SCREG EST depuis 13 années, les travaux de recherches


présentés ont été menés parallèlement à mon activité professionnelle. Ils se sont déroulés
en différents sites de travail mis à ma disposition: la Faculté des Sciences de
Vandoeuvre-lès-Nancy, le Département Génie Civil de l'IUT de Nancy - Brabois où est
implanté le laboratoire MMGC et le laboratoire Screg Est.
*********

Les travaux ci-après exposés doivent être considérés comme un complément aux
nombreuses connaissances issues des programmes de recherche antérieurs sur la
valorisation des matériaux locaux pour les ouvrages du B.T.P. Ils pourront servir, le cas
échéant, de contribution à la réalisation d'un Guide d'emploi des ressources minérales
calcaires de la Lorraine dans l'industrie du BTP.
*********

L'approche retenue pour ces travaux relève du pragmatisme et de l'observation. Ces deux
notions ont été les fils conducteurs permanents de notre démarche, afin que nos
conclusions reflètent le plus fidèlement possible les observations faites durant la mise en
œuvre ou lors de l'analyse du comportement sous sollicitation des techniques envisagées.
*********

Plus précisément, nos recherches concernent l'utilisation des calcaires du Bajocien lorrain
dans les assises de chaussées, dans le but de les substituer (autant que faire se peut) aux
matériaux traditionnels « nobles)} que sont les granulats alluvionnaires, principalement
extraits du lit de la Moselle.

Jean VOIRIN, le 22 Avril 2004

2 .c.o. • Uli.P. NANCV


L10THÈ=QUE ES SCIE C -
Rue u If _....,.... P 11
~1 VILLERS-LE~-NANrv r~
REMERCIEMENTS

Je tiens en tout premier lieu à remercier les membres du jury pour avoir accepté de lire
mon mémoire et pour avoir accepté de participer à ma soutenance de thèse.

Je tiens également à remercier toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation et à
l'achèvement de ce travail:

• Monsieur le Professeur Bernard HAGUENAUER, pour m'avoir initialement


accueilli au sein de son laboratoire (JE 1116 Structures et Matériaux) et pour
m'avoir fait part de ses remarques et conseils tout au long de ce travail. De plus,
je tiens à le remercier de m'avoir accordé sa confiance lorsqu'en 1996 il a
répondu favorablement à ma demande de reprise universitaire de mes études.

• Monsieur Christian LAVEDRINE, Président Directeur Général de SCREG EST


qui, par son accord pour financer les travaux, a pu rendre matériellement possible
l'aboutissement de ce travail.

• Monsieur Didier DESMOULlN, Directeur Technique de SCREG EST pour avoir


accepté que je puisse mener à bien ce projet de formation personnelle. Il a su,
dans la mesure de son emploi du temps particulièrement chargé, être à mon
écoute et m'apporter son soutien tant moral que matériel. Je tiens également à le
remercier pour m'avoir accordé le temps nécessaire à la finalisation de ce
document. Je le remercie également pour m'avoir autorisé à utiliser l'infrastructure
du laboratoire de SCREG pour effectuer des analyses pendant et en dehors des
heures normales d'activité de la société.

• Monsieur André LECOMTE, Maître de Conférence HDR au Département de


Génie Civil de l'IUT Nancy - Brabois, Directeur de cette Thèse, à qui je dois
énormément. En effet, il a su être présent à chaque fois que j'ai été amené à le
solliciter dans quelque domaine que ce soit. De plus, je tiens à le remercier pour

3
m'avoir suggéré et non imposé ses idées, ce qui, dans le cadre particulier de ces
travaux, est inestimable. Que sa famille m'excuse également pour avoir dû parfois
le rencontrer à son domicile parce que je n'avais pas toujours la liberté de me
rendre à son laboratoire.

• Monsieur Christophe RIBETTE, Cadre technique à SCREG EST qui a réussi,


malgré des plans de charges parfois importants, à me dégager du temps pour
que je puisse réaliser certaines manipulations au laboratoire de SCREG.

• Monsieur Jean Michel MECHLlNG, Maître de Conférence au Département de


Génie Civil de l'IUT Nancy - Brabois pour m'avoir donné de petits conseils
pratiques qui m'ont conduit à revoir certains points de ce travail, mais également
pour sa pédagogie au moment de l'analyse des lames minces.

• Monsieur le Professeur Jean HILLI, pour m'avoir guidé et aidé dans l'approche
géologique que je souhaitais donner à ce travail. J. HILLI est l'un des spécialistes
des formations carbonatées de notre région. Ses remarques de « passionné» ont
toujours été pleines d'enseignement et il a su se mettre à ma portée pour que ces
conseils soient en phase avec le travail qui m'a été confié.

• Monsieur Antoine LAVERRIERE, un de mes collègues de travail en qui j'ai une


confiance sans limite et qui, sans avoir été impliqué directement dans ce travail a
su par sa discrétion, son infatigable bonne humeur, ses mots chaleureux et ses
« coup de mains» désintéressés me remettre bien souvent en selle lorsque la
lassitude pointait dans ma tête.

• Monsieur et Madame Gilbert VOIRIN, mes parents, parce qu'ils méritent plus que
d'autres mon entière reconnaissance. C'est à eux que je dois tout. Et puis aussi
parce qu'ils ont su rester à mes cotés à tous moments pour me réconforter, me
redonner de l'élan et assurer la logistique.

Je ne peux pas faire une liste exhaustive de tous ceux qui ont contribué
directement ou indirectement à ce travail, mais je voudrais les remercier de tout
mon cœur et je voudrais également qu'ils puissent se reconnaître dans ces
lignes.

Merci à vous tous!


4
CEnfin ...

«Si {e Tout Puissant m'avait consufté avant de s'em6arquer dans ra


Création du :Monde, je fui aurais recommandé que{que cfiose de p{us
simpfe ! »

}tfplionse X fe Sage, XIII ième siècfe.

5
RESUME

Le présent travail s'inscrit dans la démarche générale d'économie des matériaux


alluvionnaires lorrains en voie d'épuisement. Il s'intéresse plus particulièrement, à l'emploi
des granulats issus des formations calcaires du Bajocien lorrain dans les techniques pour
assises routières. Les études économiques générales montrent que l'utilisation des roches
carbonatées croît sans cesse en Lorraine et que cette ressource se substitue
majoritairement aujourd'hui aux matériaux traditionnels, du moins dans le domaine des
chaussées. Le manuscrit, qui commence par un rappel des notions générales ayant trait
au domaine routier, s'attache à montrer que l'utilisation de ces matériaux ne pose pas de
difficultés particulières en techniques routières, malgré la grande variabilité de leur faciès.
Il faut cependant que la formulation soit bien adaptée et qu'un liant routier soit de
préférence utilisé. Le thème de l'adhérence entre granulats calcaires et matrice cimentaire
est ensuite abordé. On montre que les calcaires issus de roches massives développent de
réelles qualités d'adhérence avec la matrice, notamment si le liant hydraulique contient du
laitier. Une étude sur la cinétique de durcissement de ces mélanges prouve que les
coefficients de correspondance normalisés, destinés à apprécier les performances à 1 an,
utilisés aujourd'hui ne sont pas adaptés aux calcaires, qui réagissent chimiquement.
Concernant la mise en œuvre des mélanges calcaires, nous confirmons que les courbes
normatives sont pertinentes, dans l'attente d'un éventuel développement des méthodes de
recomposition basées sur la théorie des empilements granulaires.

ABSTRACT

This work is set in the general focus of substitution of alluvial materials which are
disappearing in Lorraine. More specifically, it looks at the use of aggregates taken from
Iimestone formations in the Lorraine Bajocian banks for road subbases. Economic studies
show that the use of carbonate rock keeps growing in Lorraine, surpassing traditional
materials to the point of being the major resource for road building. This manuscript, which
begins with a general overview of road building, displays how these materials don't cause
any particular technical difficulties in this field even though they have a wide range of
aspects. However, the formulation must be weil adapted and binder use is preferable. The
question of adhesion between Iimestone aggregates and cement matrix is then dealt with.
It is demonstrated that limestone from massive rock has good adhesion properties with the
matrix, especially if the hydraulic binder contains slag. A kinetic study of the setting of
these mixes proves that standard equivalence coefficients, for the estimation of final
performances, used now are not adapted to limestone, which reacts chemically. As to
pertains to the elaboration of the limestone mixes, we confirm that the standard gradings
are pertinent until an eventual improvement of recomposition methods based on aggregate
stacking theory is established.

6
MOTS CLES

~ Lorraine,

~ Route,assises de chaussées,trafic,

~ Normalisation,

~ Granulats,matériaux,

~ Calcaire,Bapcien,alluvionnaires,

~ Ciments,liants hydrauliques,

~ Produits routiers,GTLH,STLH,MTLH,GNT,

~ Caractéristiques intrinsèques,coefficients LA et MDE,

~ Essais mécaniques,traction,compression,module.

KEYWORDS

~ Lorraine

~ Road,subbase,traffic,

~ Standard ization

~ Aggregates, materials,

~ Limestone, Bapcian ,gravel,

~ Cements,hydraulic binders,

~ Road products, GTLH, STLH, MTLH (hydraulic bound mixtures),GNT


(no bounded mixtures),

~ Intrinsic characteristics,LA and MDE coefficients,

~ Mechanical tests,traction,compression,modulus.

7
ABREVIATIONS UTILISEES

pm 10-6 mètre
Ab Coefficient d'absorption d'eau
b Dimension de la base d'un prisme
BRGM Bureau de recherches géologiques et minières
BTP Bament et travaux publics
C Compacité (exprimée en ~ 100-C =taux de vide (V) en %
CA Chiffre d'affaires
CPA Coefficient de polissage accéléré
d Taille du grain la plus petite d'une fraction granulaire
o Taille la plus grande d'une fraction granulaire
DTU Document technique unifié
E (ou Et) Module élastique d'un MTLH déterminé par traction directe
F Force de chargement (en traction ou en compression)
Ft Résistance à la traction par fendage
Fr Force à la rupture
Fs Coefficient de friabilité des sables
FTP Fiche technique produit
9 Gramme
GNT Grave non traitée
GTLH Grave traitée aux liants hydrauliques
H (ou h) Hauteur
ha Habitant
Moment quadratique
le Indice de concassage
IG Indice de gélivité des granulats (ancienne norme)
KN HO neœn
Kt HO tonne
LA Coefficient Los Angeles
LCPC Laboratoire central des Ponts et Chaussées
LSC+ Liant spécial craie (sté Holcim)
m Mètre
Md Masse d'échantillon soumise à essai
MDE Coefficient micro-Deval en présence d'eau
ME Million d'euros

8
MEB Microscope électronique à balayage
Mf Moment fléchissant
MIOM Mêhefer d'incinérat ion d'ordures ménagères
MJA Moyenne j:>urnalière annuelle
mm Millimètre
MPa Méga Pascal (~O bar ou 10 6 N/m 2 )
Mt Million de tonnes
MTLH Matériaux traités aux liants hydrauliques
MVA Masse volumique apparente
MVR Masse volumique réelle
OPM Optimum proctor modifié (on parle de références OPM : MVA sèche,\M
PFi Plateforme de classe «( )}
Pi Masse de passant cumulé sur un tamis d'ouverture i
PR Propreté des sables
PTAC Poids total à charge
Qi Qualité de compactage sur chantier de type i (12,etc.)
R Rayon
Re Résistance à la compression simple
RGRA Revue générale des routes et aérodromes
Rt Résistance à la traction directe
RTB Résistance à la compression diamétrale (fendage brésilien)
S Surface résistante
SETRA Service dEtudes Techniques des Routes et Autoroutes
STLH Sable traité au liant hydraulique
T Trafic (ex: T3 =trafic de type 3)
TC Trafic cumulé
u Unité
v Position de la fibre neutre
VBS Valeur au bleu des sols
VRD Voirie et réseaux divers
Vsi Valeur supérieure spécifiée
Vss Valeur inférieure spécifiée
W Teneur en eau
J11 Déformation réelle
Déformation relative (appliqué à l'essai de traction directe dans ce document)
06 Niveau de contrainte admissible pour 106 cycles

9
SOMMAIRE GENERAL
SOMMAIRE GENERAL

SOMMAIRE GENERAL

AVANT - PROPOS 2

REMERCIEMENTS 3

RESUME/ABSTRACT 6

MOTS CLES 1 KEYWORDS 7

ABREVIATIONS UTILISEES 8

SOMMAIRE GENERAL 10

INTRODUCTION GENERALE 16

PARTIE 1 - CONTEXTE DE L'ETUDE

1-1 NOTION DE ROUTE ET DE STRUCTURE ROUTIERE 23

111) INTRODUCTION 23
112) LA ROUTE 24
113) NOTION DE TRACE ROUTIER 24
114) NOTION DE CIRCULATION: CHARGE OU TRAFIC 25
115) NOTION DE DUREE DE VIE: LA FATIGUE 25
116) SOLLICITATION DE L'ASSISE CALCAIRE TRAITEE DANS LA STRUCTURE: LA TRACTION 29
117) PRINCIPALES FAMILLES DE STRUCTURES DE CHAUSSEES 31

1-2 LE CONTEXTE ECONOMIQUE DE LA LORRAINE ET SON INFRASTRUCTURE DE TRANSPORT 32

121) INTRODUCTION 32
122) SITUATION GEOGRAPHIQUE 32
123) ECONOMIE GENERALE 33
124) AXES DE TRANSPORTS 33

1-3 LA ROUTE: GRANDE CONSOMMATRICE DE GRANULATS 36

131) INTRODUCTION 36
132) CONSOMMATIONS DE GRANULATS DANS LE BTP NATIONAL ET LORRAIN 36
133) MATERIAUX DISPONIBLES EN LORRAINE 41
134) CONSOMMATION PAR TYPE D'OUVRAGE EN LORRAINE 42
135) CONCLUSION 46

1-4 SUBSTITUTION DES RESSOURCES ALLUVIONNAIRES 48

141) INTRODUCTION 48

11

1 1
SOMMAIRE GENERAL

142) ACTIONS ET POLITIQUES ENGAGEES ou ENVISAGEES 49


143) CONCLUSION 50

1-5 CADRE NORMATIF ACTUEL 52

151) PRESENTATION 52
1511 ) Textes officiels 52
1512) La normalisation dans le domaine routier 52
1513) La normalisation européenne 54
152) NORMALISATION DES GRANULATS 55
1521) La norme XP P 18-540 55
153) UTILISATION DES GRANULATS 58
1531) Recommandations des normes produits 58
1532) Recommandations du guide d'application des normes 59
154) CONCLUSION 63

1-6 PROJET D'OUVRAGE ET ETUDE EN LABORATOIRE 64

161) INTRODUCTION 64
162) REALISATION D'UN OUVRAGE ROUTIER: le rôle du service technique 65
163) ETUDE DES MATERIAUX EN LABORATOIRE 69
164) CONCLUSION 80

PARTIE 2 - GEOLOGIE DE LA LORRAINE ET CARACTERISTIQUES DES MATERIAUX

2-1 NOTIONS DE ROCHES CALCAIRES 83

211) INTRODUCTION 83
212) LES ROCHES CALCAIRES 83
213) CLASSIFICATION DES ROCHES CALCAIRES 85
2131) Classification de Folk 85
2132) Classification de Dunham 86
2133) Comparaison des méthodes de classification 88

2-2 LE BAJOCIEN LORRAIN 89

221) INTRODUCTION 89
222) BASSIN PARISIEN 89
223) STRATIGRAPHIE DU BAJOCIEN LORRAIN 92
2231) Présentation des différents lithofaciès 92
2232) Description des lithofaciès 93
2233) Séquences principales de sédimentation à l'échelle de la Lorraine 96
2234) Classification des lithofaciès dans le référentiel de Dunham : cas de la région de Nancy 99

2-3 CARACTERISTIQUES GEOMECANIQUES DES ROCHES DU BAJOCIEN LORRAIN 102

231) INTRODUCTION 102


232) TEXTURE DES ROCHES CALCAIRE ET PROPRIETES INTRINSEQUES DES GRANULATS 102

12
SOMMAIRE GENERAL

233) CARACTERISTIQUES DES ROCHES DU BAJOCIEN 103


2331) Carrières de granulats calcaires en lorraine 103
2332) Travaux de P. Boëdec [1-2] 102
234) CONCLUSION 119

PARTIE 3 - RECHERCHES ET EXPERIMENTATIONS

3 -1 RELATION ENTRE LES PROPRIETES MECANIQUES DES ROCHES ET DES GRANULATS 122

311 ) INTRODUCTION 122


312) CARACTERISTIQUES LA et MDE DES GRANULATS. BASE DE DONNEES POUR LA REGION EST DE
LA FRANCE 123
313) CLASSIFICATION DES DIFFERENTES NATURES DE GRANULATS SELON XP P 18-540 125
314) SPECIFICITES DES CARACTERISTIQUES LA ET MDE DES CALCAIRES 127
315) CARACTERISATION DES CALCAIRES EN TRACTION ET EN COMPRESSION 130

3- 2 ADHERENCE LIANT HYDRAULIQUE ROUTIER - GRANULATS. observation des zones de contact 140

321) INTRODUCTION 140


322) OBSERVATION DE L'ADHERENCE 142
323) RESISTANCE DE L'INTERFACE LIANT 1 GRANULAT 150
324) CONCLUSION 153

3- 3 INFLUENCE DES FINES D'ATTRITION 154

331) INTRODUCTION 154


332) FINES D'ATTRITION ET CINETIQUE DE DURCISSEMENT 155
3321) Produits utilisés 155
3322) Mélanges étudiés 157
3323) Essais mécaniques 159
333) EMERGENCE CRISTALLINE 162

3 - 4 EVOLUTIONS GRANULAIRES DES MATERIAUX AU COMPACTAGE 163

341) PRESENTATION 163


342) PREMIERE ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE [0-1] 164
343) SECONDE ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE [0-2] 166

PARTIE 4· PUBLICATIONS

PUBLICATION 1 175

RESISTAfJE A U9 TERME DES MELAf9ES RO UT/ERS TRAITES [Link] HMRAULIQUES

13
SOMMAIRE GENERAL

PUBLICATION 2 176

CLASS/FCA T1tlDES GTLH CALCAIRES ET PRBRIETES ImRl8EQUES DES GRA VILLfJ

PUBLICATION 3 177

Af4L~E DES PRBRIETES DES GRAIS PAR MESURE DE LA CUPACITE DES TRAfSJHES
GRAt:JLAIRES

CONCLUSION GENERALE 178

BIBLIOGRAPHIE 184

GLOSSAIRE DE GEOLOGIE 190

14
SOMMAIRE GENERAL

RENVOIS DES ELEMENTS DANS LE TEXTE

Figures: Dans le texte : (fig. AA-i)


Au dessus des figures: fig. AA - i : texte de présentation de la figure

Tableaux: Dans le texte: (tab. AA-I)


Au dessus des figures: tab. AA - i : texte de présentation du tableau

Bibliographie: Dans le texte : [INDICE - NUMEROl


Page de bibliographie: INDICE - NUMERO et référence de texte

15
INTRODUCTION GENERALE
INTRODUCTION GENERALE

INTRODUCTION GENERALE

La recherche qui m'a été confiée a pour but d'apporter une contribution à l'amélioration
des connaissances des granulats calcaires pour leur emploi en techniques routières. Cette
thématique est connue sous le vocable de "substitution" des ressources traditionnelles en
granulats (comprendre: les matériaux d'origine alluvionnaire) par des matériaux naturels
ou artificiels.

Cette prise de conscience n'est pas récente puisque, depuis plus d'une vingtaine
d'années, les différents acteurs locaux se sont penchés sur ce problème. Par exemple, le
programme MATERLOC CALCAIRE s'inscrivait dans cet esprit: son objet était de trouver
des arguments techniques et scientifiques (et, si possible des réponses) à l'utilisation des
calcaires lorrains en remplacement des granulats alluvionnaires habituellement employés.

En fait, l'idée n'est pas de passer du "tout alluvionnaire" au "tout calcaire", mais de créer
une sectorisation d'emploi réfléchie des matériaux disponibles. Cette partition des
potentiels repose sur le postulat qu'il est inutile de mettre en œuvre des granulats dont les
pleines performances (ou bien leurs caractéristiques particulières - tel leur CPA -
coefficient de polissage accéléré) ne seront pas utilisées alors que le niveau de service
envisagé peut être atteint avec des matériaux de moindre qualité, tels que les calcaires
bruts ou traités.

L'objectif de ces travaux est donc de contribuer à la création d'un guide technique relatif à
l'emploi des matériaux calcaires lorrains en techniques routières. Un guide technique
matériaux locaux est un guide qui explicite les dispositions techniques complémentaires
et « confortatoires » permettant de compenser les écarts de performances des matériaux
par rappel à la norme pour obtenir le même niveau de performance final fixé pour
l'ouvrage. C'est bien dans cette optique que nous avons travaillé, en essayant d'adapter
les procédés de référence (produits normalisés, mais aussi les habitudes) aux spécificités
des granulats calcaires.

Ces travaux n'entendent pas être exhaustifs, bien au contraire. Il s'agit, pour nous,
d'apporter une contribution, de par notre compétence professionnelle (producteur et
utilisateur de matériaux calcaires), à l'ensemble des recherches déjà effectuées sur le
sujet.

17
INTRODUCTION GENERALE

Nos recherches bibliographiques sur ce thème montrent l'intérêt évident porté à la


question de la substitution granulaire, par la diversité des directions de recherches
explorées. Celles-ci couvrent des domaines allant des études fondamentales aux études
pratiques donnant directement les "recettes" pour une technique d'emploi donnée.

Structure du mémoire:

Le document présenté comporte quatre parties.

La première est dédiée à une description du domaine concerné par notre étude, pour
préciser le contexte de nos travaux. Six thèmes sont exposés.

~ Le premier est un rappel de certaines notions relatives à la route et aux structures


routières, afin de faire un état des conditions d'emploi en service des matériaux
concernés par nos recherches.

~ Les deux thèmes suivants concernent le cadre économique de la Lorraine, tant au


niveau de l'infrastructure routière (et des transports en général) qu'au niveau de la
production / consommation de granulats dans l'industrie du BTP. Notre objectif:
confirmer l'intérêt de la prise en compte du problème de l'épuisement des
ressources traditionnelles (alluvionnaires de la Moselle principalement) mais,
également, décrire de manière chiffrée sur la base des données de l'UNICEM, les
actions positives déjà en cours d'application.

~ Ces thèmes sont complétés par une présentation des actions plus « politiques»
engagées pour la préservation des ressources alluvionnaires: c'est l'objet du
quatrième thème.

~ Un rappel des références normatives en vigueur sur le territoire national constitue le


thème suivant. Ces références se déclinent sous forme de notes, textes, normes,
etc. On s'attachera à montrer que les textes officiels ne ferment pas la porte à
l'utilisation de matériaux « hors normes» ou «en limite de spécification », sous
réserve que leurs performances soient démontrées par des études en laboratoire.

~ Le dernier thème est consacré aux études des matériaux en laboratoire. Nous
effectuons également un rappel synthétique de la place du « laboratoire» au sein
du processus de la réalisation d'un ouvrage de type routier, par exemple.
18
INTRODUCTION GENERALE

La seconde partie traite essentiellement des matériaux locaux retenus dans le cadre de
cette étude: les calcaires du Bajocien lorrain. Géographiquement, l'exploitation de ces
matériaux s'avère une réponse judicieuse et palliative à la pénurie de matériaux
alluvionnaires extraits de la Moselle, car le lit de la Moselle et les affleurements du
Bajocien sont voisins et à proximité des centres de consommation de granulats (Nancy,
Pont-à-Mousson, Metz, Thionville). Trois thèmes composent cette partie.

~ En premier, nous nous sommes intéressés à la notion de « calcaire », en rappelant


quelques généralités. Les méthodes de classification des roches carbonatées sont
également abordées. Ces classifications sont importantes à évoquer car la
description pétrographique des granulats de construction commercialisés deviendra
une obligation contractuelle, dans le cadre de la prochaine mise en application des
dispositions réglementaires européennes.

~ Les granulats étudiés proviennent de carrières exploitant les différentes couches


calcaires du Bajocien lorrain. Il nous est donc nécessaire de situer cette formation
dans le contexte général du bassin sédimentaire parisien, de préciser la nature des
faciès rencontrés par l'étude de coupes chronostratigraphiques et de faire référence
à des travaux antérieurs sur cette même formation rocheuse.

~ Le troisième thème montre grâce à une base de données relative aux


caractéristiques mécaniques intrinsèques qu'il ne faut pas extrapoler ou interpoler
les propriétés de ces matériaux calcaires sans études et sans mesures préalables
car ces formations présentent de nombreuses variations latérales et verticales de
faciès. Enfin, nous avons utilisé le code minier du BRGM pour localiser les carrières
qui exploitent actuellement les calcaires du Bajocien.

La troisième partie du mémoire est axée sur l'expérimentation.

~ Dans le premier thème, nous avons recherché d'éventuelles corrélations entre les
caractéristiques mécaniques intrinsèques des granulats. Des valeurs des
coefficients Los Angeles, micro-Deval, de résistances à la traction et à la
compression de roches calcaires sont analysées. Les résultats ont été utilisés dans
la troisième publication réalisée durant ces années de recherche (voir fin du
document).
19
INTRODUCTION GENERALE

~ Le second thème est axé sur l'emploi des granulats calcaires en techniques de
MTLH (matériaux traités aux liants hydrauliques). Sur la base de prise de vue, nous
abordons le thème de l'adhérence qui se développe entre les grains de roches
constituant le squelette granulaire et le mortier hydraulique d'enrobage.

~ Le troisième thème concerne l'influence des fines d'attrition (fines produites par le
frottement des granulats entre eux lors des phases de transfert et de mise en
œuvre des matériaux) sur la prise hydraulique des liants spéciaux routiers. Nous
rapportons également une manipulation «avortée» qui concernait la mise en
évidence d'espèce(s) cristalline(s) pouvant se développer en présence de granulats
calcaires tendres traités aux liants hydrauliques.

~ Enfin, nous avons repris et appliqué à notre contexte un travail expérimental


conséquent mené au Centre d'Etudes Routières de Rouen, concernant l'évolution
granulaire des matériaux lors de leur mise en œuvre.

La dernière partie de ce mémoire regroupe les trois publications rédigées au cours de ces
travaux. Elles présentent l'essentiel des résultats scientifiques obtenus qui ne sont
donc pas détaillés dans les parties précédentes du mémoire. Trois thèmes sont
développés dans ces publications.

~ La première publication concerne la cinétique de durcissement des MTLH. Les


résultats présentés n'ont pas été démentis par les professionnels du domaine
concerné, avec qui nous avons eu de nombreux échanges suite à la parution de cet
article. Ces travaux montrent que le durcissement des GTLH est fonction de la
nature chimique du couple granulats - liant et que la prise en compte des
coefficients proposés dans les normes « produits» méritent d'être adaptés lorsque
les mélanges sont à base de granulats calcaires.

~ Les seconds travaux traitent de la relation entre les coefficients LA et MDE et les
performances à terme des GTLH. Une alternative à ces essais qualificatifs est la
prise en compte de la résistance à la traction de la roche.

~ La dernière publication concerne les méthodes de mesures de la compacité des


grains associées aux concepts d'empilements granulaires. Cette nouvelle voie de
travail pourrait devenir un moyen alternatif pour la recomposition des GTLH (graves
traitées aux liants hydrauliques), en particulier lorsque l'on est confronté au
20
INTRODUCTION GENERALE

problème du contraste des MVR (masses volumiques réelles). Actuellement, la


méthode repose sur une recomposition massique. Mais, lorsque les MVR sont
différentes, cette méthode n'est plus pertinente.

Nous conclurons sur l'ensemble des résultats présentés dans ce mémoire dans le but de
voir apparaître rapidement un Guide d'emploi des calcaires lorrains dans le BTP.

Enfin, nous proposerons des axes de recherches et d'expérimentations complémentaires


pouvant faire l'objet d'autres travaux, tels que:

~ Continuer à renseigner la base de données (Rt, Et) des MTLH jusqu'à l'échéance
de 360 jours pour tenir compte des nouvelles ressources en sites de production
ouverts et des nouveaux liants hydrauliques.

~ Continuer à rechercher la relation existant entre la performance en traction de la


roche et les performances des MTLH réalisés avec cette ressource.

~ Mettre en application et valider par l'expérimentation, la théorie des empilements


granulaires pour les GTLH

21
S.C.D.· UJi..
BlBLlOTHÈOUE DE SCIE CES
Rue du Jardin BotanIque· 8P 11
Si4601 VILLERS-LES-NANCY CédCk

PARTIE 1

CONTEXTE DE L'ETUDE
CONTEXTE DE L'ETUDE

1 -1 NOTION DE ROUTE ET DE STRUCTURE ROUTIERE

111) INTRODUCTION

Le présent mémoire traite de l'utilisation de granulats de nature calcaire dans le


domaine de la construction routière, plus particulièrement au niveau de l'assise de la
chaussée (fig.11-1).

Avant de développer notre travail, rappelons ce qu'il est convenu d'appeler route,
autoroute, etc. Ces notions sont reprises ici de manière succincte pour ne dégager que
les grandes lignes et les principes [A-1], [A-2]. La littérature à ce sujet est très complète
et fait régulièrement l'objet de publications de synthèse, comme par exemple le récent
(décembre 2003) numéro de la RGRA [A-3]

fig. 11-1 : coupe schématique d'une chaussée

L'assise d'une chaussée souple ou semi-rigide est composée d'une couche de fondation et d'une couche
de base en général. La couche de forme peut être intégrée dans la notion d'assise. Mécaniquement, la
couche supérieure ou couche de roulement a pour fonction de reprendre les efforts verticaux et
tangentiels apportés par le trafic et de les transmettre à la structure sous jacente. En dessous de la
couche de forme se situe le domaine du terrassement qui est borné en partie haute par une surface
appelée arase supérieure du te"assement. Une assise de chaussée est une structure multicouche.

Couche de roulement

Couche de base

Couche de fondation

Couche de forme

23
CONTEXTE DE L'ETUDE

112) LA ROUTE

Une route est une voie de circulation de personnes et de biens entre deux points
géographiquement distants.

Pour faciliter le déplacement des personnes et des matières, il convient que le trajet soit
le plus « court» possible, qu'il soit accompli avec un maximum de sécurité pour les
usagers et que l'ouvrage soit, d'un point de vue économique, un investissement
pertinent et durable.

113) NOTION DE TRACE ROUTIER


Nous évoquons ici la notion de la longueur du trajet.

L'itinéraire final ou « tracé» prend en compte divers facteurs tels que l'environnement
et la géographie locale, les contraintes financières, d'intégration dans le site, etc.

Les concepteurs doivent donc s'adapter au « terrain» sur lequel l'ouvrage devra
« passer». Le facteur géologique est un aspect essentiel de la définition de la qualité
de l'assise de la chaussée.

D'autres paramètres géologiques et hydrogéologiques doivent être aussi pris en compte


tels que la présence d'eau (nappe, cours d'eau, etc.), la nature des sols, la possibilité
d'équilibrer les mouvements de terre (remblais / déblais) et la présence à proximité de
sites d'emprunts de matériaux.

La reconnaissance préalable des terrains est essentielle en préambule (et en parallèle)


à la conception des projets routiers [A-4].

Le tracé routier retenu est aussi défini en fonction des ressources disponibles pour sa
réalisation. Les techniques de construction seront adaptées aux matériaux retenus pour
limiter au maximum leur transport. On parle alors de l'utilisation de matériaux locaux.

24
CONTEXTE DE L'ETUDE

114) NOTION DE CIRCULATION: CHARGE OU TRAFIC

Le déplacement des matières et des personnes est appelé « charge}) Les contraintes
engendrées devront être reprises par l'assise de la chaussée et transmise de manière
admissible au sol support.

Pour la conception des chaussées, (c'est-à-dire le dimensionnement de la structure),


seul le trafic « poids lourd}) est pris en compte. Pour mémoire, on considère que le
passage d'un poids lourd légalement chargé (essieu isolé de 130 kN appelé également
« essieu de référence}») équivaut au passage d'un million de voitures légères. C'est
pour cette raison que les méthodes de dimensionnement ne tiennent compte que du
passage des véhicules lourds.

Le trafic est défini en fonction du nombre de poids lourds, par sens, par voie et par jour.
Des classes de trafic (Ti) MJA (moyenne journalière annuelle) ont été déterminées
comme exposées dans le Guide technique 1994 [A-2], mais une variante de
comptabilisation est également prise en compte dans le Catalogue des structures types
de chaussées neuves [A-5]: le trafic cumulé (TCi). Le trafic pris en compte est le
nombre de poids lourds circulant sur la voie la plus chargée, cumulé sur la durée de
dimensionnement de la chaussée.

115) NOTION DE DUREE DE VIE: LA FATIGUE

Le second facteur complétant la notion de circulation est la durée de vie que l'on
compte attribuer à l'ouvrage. La durée de vie d'une chaussée est fixée dès le départ du
projet: « L'ouvrage devra supporter tel trafic pendant tant de temps }).

De plus toutes les structures calculées mécaniquement font l'objet d'une vérification de
leur tenue vis-à-vis du gel et de l'endommagement supplémentaire au dégel par perte
de portance du support.

L'objet de notre propos est d'expliquer simplement que la charge à reprendre par la
structure est en fait une succession de charges et de décharges générant des mises en
flexion 1 retour au repos de la structure, assimilée à un multicouche.

25
CONTEXTE DE L'ETUDE

L'arrivée d'un véhicule à un endroit donné de la structure engendre une descente de


charge qui se traduit par la flexion des différentes couches sous-jacentes. Son
éloignement progressif permet à la chaussée de reprendre sa position initiale, parce
qu'elle est « élastique ». En réalité, les mouvements de la chaussée sont assimilables à
des phénomènes ondulatoires qui peuvent se révéler extrêmement complexes du fait
du mouvement du véhicule. Le déplacement du véhicule est essentiellement fonction de
deux facteurs: le type de voie qu'il emprunte et son activité sur cette voie.

Dans l'ouvrage de Bathias et Baïlon [A-6] , il est montré différentes configurations


d'activité d'un véhicule (donc de charges sur fusée) et les répercussions engendrées
sur la mise en mouvement (ou mise en charge) de la structure sous-jacente (fig. 11-2)

fig. 11-2: relevé des charges sur une fusée de camion dans différentes conditions de
soli icitation

III

-,-. '**'. dl...... ." ..


--- ._---

Cette succession de chargements / déchargements soumet la structure à de la


« fatigue ». La limite de fatigue est également appelée « limite d'endurance ».

26
CONTEXTE DE L'ETUDE

Le dimensionnement de la chaussée va donc avoir comme point de départ la


détermination de la contrainte maximale répétable pour:

• une technique de construction donnée,

• une durée de vie de l'ouvrage (en terme du nombre de chargements cumulés).

Remarque: la notion de fatigue ne concerne que les matériaux liés (techniques des
mélanges à base de liants hydrauliques ou hydrocarbonés). Lorsque la structure
comporte des couches de matériaux non liés (ex: GNT), la dégradation de la chaussée
est alors sa déformation rémanente. Les matériaux liés seront assimilés à des corps
élastiques alors que les matériaux de type GNT sont à prendre en compte comme des
corps (mécaniquement) plastiques.

La détermination de la limite d'endurance peut être étudiée en laboratoire. Cet essai est
appelé « détermination de la résistance à la fatigue d'un matériau}) (fig. 11-3)

fig. 11-3: machine d'essai permettant de soumettre une éprouvette à des charges
répétées pour la détermination de la tenue à la fatigue des matériaux traités

Capteur de déformation
ou de force

- Capteur de déformation

Le principe des essais de fatigue consiste à imposer en tête de l'éprouvette


trapézoïdale un déplacement d'un certain niveau. On enregistre la force nécessaire à
ces déplacements. On considère que la rupture de l'éprouvette a lieu lorsque la force
nécessaire au déplacement est réduite de moitié. On enregistre alors le nombre de
27
CONTEXTE DE L'ETUDE

cycles qu'a enduré l'éprouvette. Cet essai est reproduit au moins six fois par niveau
pour saisir une moyenne statistique du nombre de cycles associés au niveau. L'essai
est reconduit pour différents niveaux.

La régression [niveau de déplacement = f(nombre de chargements ayant conduit à la


rupture à ce niveau)] est appelée courbe de fatigue.

Bien entendu, "exploitation de cette courbe joue à l'inverse pour le « dimensionneur }}.
Par exemple, sur la figure (fig.11-4), on considère un nombre de chargements cumulés
de 105 . Alors, le niveau 50 ne doit pas être dépassé à chaque chargement.

fig. 11-4: graphique schématique du comportement mécanique à la fatigue des


matériaux.

100
90

-
c:
CIl
E
80
70
CIl
0
ni
60
Ci
-CIl 50
"CIl
40
"~
ni
CIl 30
>
Z 20

10
0
1,E+00 1,E+01 1,E+02 1,E+03 1,E+04 1,E+05 1,E+06 1,E+07
Nombre de chargements (n)

> Quel est le taux de contrainte maximal que peut supporter un élément de structure réalisé avec le
matériau testé sachant que le nombre de sollicitations qu'elle devra reprendre est de 100000 ?

> Réponse: à chaque chargement on ne pourra pas dépasser 50 % de la résistance maximale (rupture)
du matériau sollicité.

28
CONTEXTE DE L'ETUDE

Il s'agit d'un essai très lourd qui nécessite la fabrication d'un très grand nombre de
prismes à paramètres très contrôlés (géométrie, composition, échelle).

La droite figurant la relation entre le nombre de chargements et l'effort admissible est la


courbe de Wôhler.

Son tracé s'effectue à partir de mesures expérimentales. 1/ est difficile à réaliser du fait
des dispersions d'essais car les milieux étudiés sont quelque fois, à l'échelle des
éprouvettes, hétérogènes, ce qui induit immanquablement des anisotropies. D'autre
part, selon leur nature, la réponse des matériaux au protocole d'essai normalisé n'est
pas la même [A-7].

Pour les calcaires tendres, des essais de fatigue avaient été conduits lors du chantier
de réalisation des couches de fondation de l'autoroute A31 dans sa traversée des
Vosges. L'endurance des graves traitées à base de ces calcaires n'avait pas pu être
contrôlée, un grand nombre d'éprouvette présentant une rupture précoce inexpliquée
lors de l'essai.

Ce comportement n'est pas représentatif du comportement in situ de cette assise qui,


20 après sa mise en service, ne présente pas de signes de sur-fatigue.

Les différentes discussions avec les experts dimensionneurs de mon entreprise et de


l'administration m'ont permis de considérer que ces matériaux calcaires doivent être
étudiés avec une loi de fatigue identique à celle proposée par le Guide SETRAlLCPC
pour les GTLH et les STLH.

116) SOLLICITATION DE L'ASSISE CALCAIRE TRAITEE DANS LA


STRUCTURE: LA TRACTION
Une structure routière soumise à une charge est assimilée à un multicouche
déformable. La déformation verticale va induire dans la matière une distribution
simultanée de contraintes de compression et de traction (fig. 11-5).

29
CONTEXTE DE L'ETUDE

fig. 11-5: position des contraintes dans une couche soumise à de la flexion

(Représentation schématique)

Lorsqu'une couche de chaussée est soumise à une charge (de type localisée), elle fléchit. Cette
déformation induit deux types de contraintes dans la couche concernée: en partie haute, une contrainte
de compression et en partie basse une contrainte de traction. Les matériaux utilisés dans le domaine de
la route et plus particulièrement ceux traités aux liants hydrauliques, ont une nette différence de
comportement vis-à-vis de ces deux contraintes. En laboratoire, on note qu'un rapport de l'ordre de 10
sépare les résistances en traction et en compression à la rupture (matériau fragile).

Partie haute

Fibre neutre

Partie basse

Traction

C'est la résistance en traction qui est déterminante car elle n'est pas compensée par
des armatures, comme dans la technique du béton armé par exemple.

La résistance à la rupture par traction est une donnée nécessaire mais pas suffisante
puisque, comme nous venons de l'évoquer, il faut tenir compte d'un niveau d'effort
inférieur autorisé pour supporter une répétition de charges (fatigue (fig. 11- 4)).

Dans le cas des GTLH, la résistance à la traction simple (ou directe [A-B], [A-9]) à la
rupture est d'environ, la moitié de la résistance à la traction par flexion, Ff, (ce qui est la
vraie sollicitation subie en bas de couche).

6
De plus, pour ces matériaux, la donnée 06 (niveau de contrainte admissible pour 10
cycles) est d'environ la moitié de la performance à la rupture au premier chargement.

30
CONTEXTE DE L'ETUDE

On peut donc accéder facilement à la donnée 06 utilisée par les dimensionneurs dans
leurs calculs par la connaissance de la résistance en traction directe par la relation:

FI = 2 x Rt et CT[Link] FI donc CT[Link] Rt


2

C'est la résistance à la traction qui est déterminante car elle n'est pas compensée par
des armatures, comme dans la technique des bétons armés par exemple.

117) PRINCIPALES FAMILLES DE STRUCTURES DE CHAUSSEES


Les différents types de corps de chaussées se présentent de la manière suivante [A-3]
(tab.11-1). Ces structures sont celles utilisées en France sur les réseaux routiers et
autoroutiers.

tab. 11-1 : familles de structures de chaussées [A-3]

- rappel: schéma d'une structure (fig. 11-1) -

Nature des couches

Structures « type }) SURFACE BASE FONDATION

Souple Bitumineuse Matériaux granulaires

Bitumineuse épaisse Matériaux bitumineux

Semi-rigide Bitumineuse Matériaux traités aux liants hydrauliques

Rigide Béton de ciment MTLH

Mixte Matériaux bitumineux MTLH

Inverse Bitumineuse Graves non traitées MTLH

31
CONTEXTE DE L'ETUDE

1-2 LE CONTEXTE ECONOMIQUE DE LA LORRAINE ET


SON INFRASTRUCTURE DE TRANSPORT

121) INTRODUCTION
Il nous paraît important de situer géographiquement la région Lorraine dans le contexte
économique général. Cette région se trouve au carrefour des grandes régions
européennes et elle est directement concernée par les transports. Son infrastructure est
donc capitale dans l'économie du pays et de l'Europe puisque qu'elle doit supporter
l'activité locale mais aussi beaucoup de fret en transit.

Cette situation n'est pas récente. En effet, d'anciennes cartes montrent que la Lorraine
a toujours occupé une place importante dans le dispositif de communication au cœur
des différents pays qui bordent la région.

122) SITUATION GEOGRAPHIQUE


La Lorraine se situe dans le quart Nord-est de la France et se compose de quatre
départements: Meuse, Moselle, Meurthe-et-Moselle et Vosges (fig. 12-1).

fig. 12-1 : carte de la Lorraine et de ses quatre départements

\ ....,;--\-. ~
.etz fi..'"--
(
Nan~ MOSEL E ':r)
Barie Duc
MEuRT ET
JSELLE
"
L
!
VOSGES /

f f
L011rail1e'/
La Lorraine compte une population de 2 310 376 habitants (1999), soit une densité de
98 ha / Km 2 .

32
CONTEXTE DE L'ETUDE

123) ECONOMIE GENERALE

Traditionnellement spécialisée dans l'industrie lourde (sidérurgie, mines de fer,


houillères, chimie, textile, etc.), la Lorraine a subi les mutations économiques
mondiales. Après de douloureuses restructurations, la région développe actuellement
des activités plus diversifiées, valorisant au maximum sa position au cœur des grands
axes européens de communication.

124) AXES DE TRANSPORTS

La Lorraine est traversée par deux autoroutes importantes (fig.12-2) qui se croisent au
nord de Metz. Il s'agit d'ouest en est de l'autoroute A4 Paris / Strasbourg et du nord au
sud de l'autoroute A31 Luxembourg / Beaune. Le trafic supporté par cet axe est de type
TO depuis près de 20 ans. Le « doublement)} de l'autoroute A31 entre Metz et Nancy
est programmé (A32).

fig. 12-2 : vue générale du réseau routier lorrain

(Création ADEKW ©- 2004)

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NORO

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~"
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33
CONTEXTE DE L'ETUDE

Le réseau routier principal de la Lorraine se compose comme suit [8-1] :

• Routes nationales: 1291 Km

• Autoroutes concédées: 269 Km (A4)

• Autoroutes non concédées : 200 Km (A31)

Grâce à la canalisation de la Moselle au gabarit rhénan, la Lorraine possède également


une ouverture fluviale sur le Rhin et le réseau de l'Europe Centrale (fig. 12-3).

fig. 12-3: vue générale du réseau fluvial lorrain

De plus, la Lorraine dispose d'un aéroport régional situé, à mi-chemin, entre Metz et
Nancy (fig. 12-4).

34
CONTEXTE DE L'ETUDE

fig.12-4 : positions des points de liaisons aériennes

~--
!

Enfin, elle va être desservie par un train à grande vitesse, le TGV Est européen, dont
les travaux sont en cours (fig. 12-5).

fig. 12-5: vue générale du réseau ferré lorrain

r
/, >
//
//
NLU"~'1!I1II\U i '

l·...)..- 'lUlf10U!>E
it",,:-lvll'

Toutes ces infrastructures, pour leur réalisation et leur entretien, conduisent à


l'utilisation de mélanges granulaires où les calcaires peuvent trouver leur place.

35
CONTEXTE DE L'ETUDE

1-3 LA ROUTE: GRANDE CONSOMMATRICE DE


GRANULATS

131) INTRODUCTION

Il est important de rappeler que l'activité routière est très "consommatrice" de granulats.

Les chiffres dont nous disposons à l'échelon national et local (UNPG) datent de 1997 [C-
1]. De nouvelles données (2001 et 2002) [C-2] viennent compléter ce document ci-après
qui donne les tendances générales, pour permettre de fixer un ordre de grandeur sur les
quantités consommées dans le secteur d'activité de la route.

132) CONSOMMATIONS DE GRANULATS DANS LE BTP NATIONAL


ET LORRAIN

Rappelons tout d'abord les quantités mises en jeu dans les différents ouvrages du BTP,
telles que publiées dans l'ouvrage "Granulats" de Mrs Arquié et Tourenq [C-3]

Bien que assez anciennes, ces valeurs sont toujours valides, car peu sujettes à
fluctuations (tab.13-1).

tab. 13-1 : consommations élémentaires de granulats par type de construction (C-3]

Constructions Quantité de granulats nécessaire (tonnes)


Logement 120
Hôpital 4800
Lycée 2800
Usine 1700
Hôtel 1100
Magasin 870
1 Km d'autoroute 30000
1 Km de route 12000
1 Km de voie ferrée (2 voies) 16000
1 centrale nucléaire 6à12.10 b

Par ailleurs, en 1997, 350 millions de tonnes de granulats ont été produites en France. La
répartition de la consommation est présentée dans le tableau (tab. 13-2) et sur la figure
(fig. 13-1) où sont mis en relief les valeurs relatives au thème de notre étude.
36
CONTEXTE DE L'ETUDE

tab.13-2: consommation de granulats en France par nature d'ouvrage (UNPG 1997)

Consommation en millions de tonnes


Consommation en pourcentage
(Mt)
1 - Logements neufs 29 8.3
2 - Autres bâtiments et
46 13.1
entretien
3 - Divers génie civil 97 27.7
4 - Routes, autoroutes et
178 50.9
autres voiries
Totaux 350 100

fig. 13-1 : consommation de granulats en France (UNPG 1997)

Voirie

--
'(1)

:~
()
- .

Divers génie civil


.ffJ
"'0
~ Entretiens bâtin ents

-
::J
(1)
()
(1)
VI
Logeme ts

o 50
1

100
1

150
- 200
consommation (Mt)

On constate que plus de la moitié des granulats produits en France est destinée aux
infrastructures routières du pays.

Ces quelques chiffres montrent bien l'importance du domaine routier dans le BTP. Une
étude économique réalisée en 1997 par l'UNICEM Lorraine complète ces données (tab.
13-3 et fig. 13-2). Elle permet de situer la production des matériaux de construction en
termes d'effectif et de chiffre d'affaires. Le résultat de cette enquête est le suivant:

37
CONTEXTE DE L'ETUDE

tab. 13-3: répartition du C.A par branches en 1997 (UNICEM) - Cas de la Lorraine

SECTEURS D'ACTIVITE Chiffre d'affaires en millions d'euros

1 - Béton prêt à l'emploi 1 918


2 - Béton industriel 1807
3 - Granulats 2148
4 - Pierre, marbre, granit 656
5 - Plâtre et produits en plâtre 598
6 - Produits pour l'industrie 364
7 - Marbrerie funéraire 536
8 - Autres branches 749
Total 8777

fig. 13-2: répartition du chiffre d'affaires par branche en Lorraine (1997)

Autres branches
1

Marbrerie fun~raire

Produit 10ur industrie


Secteurs d'activité
Plâtre
1

Pierre, marbre, g~anit


Granulats
1

Béton Indus.
1
BPE
1

o 500 1000 1500 2000 2500


consommation (ME)

Le chiffre d'affaires global est de 8777 millions d'Euros avec 2148 millions d'Euros pour le
secteur des granulats soit près du quart du C.A. total. Le nombre d'entreprises
productrices est d'environ 5000 et l'effectif avoisine 66000 personnes.

En 2002, 400 Mt de granulats ont été consommées en France, dont 82 Mt en béton et 318
en matériaux de génie civil.

Le tableau suivant (tab.13-4) reprend les données nationales de l'UNPG pour les années
2001 et 2002, par nature de roche.

38
CONTEXTE DE L'ETUDE

tab. 13-4: répartition de la production de granulats en 2001 et 2002


(en millions de tonnes) - UNPG

Type de roche Nature de roche Production en 2001 Production en 2002

Alluvionnaires 151 145

Roche meuble Granulats marins 5 5

Autres sables 19 18

Calcaire 102 99
Roche massive
Eruptive 119 116

Schiste 5 4

Recyclage Laitiers 5 5

Matériaux de démolition 9 9

Total 415 401

Les calcaires issus de roches massives représentent le quart de la production des


granulats en France. Les roches alluvionnaires peuvent également être à dominante
calcaire. Dans ce cas, la production nationale de calcaire destinée à la construction est
plus importante encore. Dans le cas de la Lorraine, en se basant sur les données de 1997
de l'UNICEM, le marché des granulats de la Lorraine atteint environ 20 Mt. Le tableau
(tab.13-5) donne, pour 2001, les chiffres départementaux par nature de granulats.

tab.13-5: Répartition de la production de granulats par département lorrain et par nature


de matériaux (en Kt)

54 55 57 88 Lorraine Part par


catégorie
Ali uvionnaires 3411 527 827 2006 6771 34,8%

Laitiers et 930 - 3631 1842 6403 33%


éruDtifs
Calcaires 1546 557 1899 753 4755 24,5%

Divers 250 200 953 100 1503 7,7%

Totaux 6137 1284 7310 4701 19432 100 %

39
CONTEXTE DE L'ETUDE

Un quart de la production de granulats en Lorraine est dorénavant réalisé avec des


granulats calcaires (elle n'était que de 12,5 % en 1995). La substitution des granulats
alluvionnaires en Lorraine se fait donc progressivement vers les calcaires pour assurer le
niveau de consommation en granulats de la région. La route est le plus gros
consommateur de granulats et, sans doute, consomme les calcaires en plus grande partie.

Il existe encore des habitudes de consommation par département:

• Les Vosges ne consomment pas de calcaires, mais beaucoup de granulats


alluvionnaires et éruptifs.
• La Meurthe-et-Moselle utilise encore beaucoup de matériaux alluvionnaires
• La Moselle dispose toujours d'une importante réserve de laitier et développe
l'utilisation de matériaux divers.
• La Meuse consomme en majorité des matériaux calcaires

Pour l'année 2002, le ratio annuel de consommation de granulats par habitant est de 7,14
tonnes en Lorraine (tab.13-6). Dix ans auparavant, ce chiffre était de 6,6 tonnes.
Rappelons que la moyenne nationale est de 6,07 T/habitant.

Pour les autres activités du BTP, les chiffres de la lorraine sont sensiblement les mêmes
qu'au niveau national.

tab.13-6: Ratios par habitant des diverses productions relatives aux activités du BTP en
Lorraine comparés aux références nationales - 2002

Ratios pour la Ratios nationaux


Lorraine
Logement / habitant (u.l1000 h) 3.43 4.62

Ciment / habitant (Uh) 0.30 0.32

B.P.E. / habitant (m"'/h) 0.48 0.51

Béton industriel/habitant (Uh) 0.45 0.45

Granulats / habitant (tlh) 7.14 6.07

40
CONTEXTE DE L'ETUDE

133) MATERIAUX DISPONIBLES EN LORRAINE

Les matériaux qui sont exploités en Lorraine sont de différentes natures. Nous pouvons
dégager les principales familles suivantes.

• Les matériaux alluvionnaires,


• Les matériaux éruptifs, les laitiers
• Les matériaux calcaires,
• Les matériaux divers:
schistes houillers
cendres volantes
granulats de bétons recyclés
scories d'aciérie électrique et LD
sables gréseux
granites

Le tableau suivant (tab. 13-7) montre la répartition de la production en fonction de la


nature des granulats entre les années 1992 et 2001 en KT et en « parts de marché ». Ce
dernier paramètre est repris sous forme graphique (fig. 13-3).

tab. 13-7: répartition de la production par nature de granulats en Lorraine entre 1992 et
2001 (Quantités en Kt)

1992 1995 1998 1999 2001


GRANULATS Parts Parts Parts Parts Parts
KT KT KT KT KT
% % % % %
1 - Alluvionnaires 9670 51,2 7532 43,3 7200 40,4 7068 35,5 6771 34,8
2 - Laitiers et 32,5 34,4 6100 34,3 6945 34,9 6403 33,0
éruptifs 6140 5998
3 • Calcaires 2392 12,7 3023 17,4 3500 19,7 4512 22,6 4755 24,5
4 - Divers 673 3,6 860 4,9 1000 5,6 1402 7,0 1503 7,7
Total 18875 100 17413 100 17800 100 19927 100 19432 100

41
CONTEXTE DE L'ETUDE

fig 13-3: évolution des parts de marché des différentes natures de granulats exploités en
Lorraine de 1992 à 2001

1 - Allu\1onnaires ---.- 2 - Laitiers et éruptifs


-.... 3 - Calcaires 4 - Di\€rs

50

~------r------"------r-------'------+
0
1992 1995 1998 1999 2001

Années de production

On constate que la consommation de laitiers et d'éruptifs est restée quasi-constante. En


revanche, en prenant comme année de référence 1992, la production d'alluvionnaires a
baissé de 34 % alors que celle des calcaires a augmenté de 88%.

La production moyenne sur cette période étant restée sensiblement la même (environ 19
millions de tonnes/an), on peut donc affirmer que les calcaires et les « autres)} granulats
compensent la baisse de production d'alluvionnaires de la région lorraine.

134) CONSOMMATION PAR TYPE D'OUVRAGE EN LORRAINE


Nous présentons ici l'emploi des différentes natures de granulats dans les différents
domaines d'activités de la construction de la Lorraine pour 1997. C'est l'objet du tableau
suivant (tab.13-B) et des deux graphiques associés (fig. 13-4). Les données sont issues de
l'UNICEM.

42
CONTEXTE DE L'ETUDE

labo 13-8: Consommations des différentes natures de granulats en fonction du type


d'ouvrage (UNICEM 1997).

.0)
Consommation en kT
.....
":;: Répartition
U
_lU de l'activité
"'C
2-
3-
CIl
Type d'ouvrage 1 - Alluvionnaires Eruptifs 4 - Divers (%)
~ Calcaires
:J
0L... et laitiers
<.9
Béton hydraulique 5351 510 5 0 35

Couche de
1230 445 15 0 10
A roulement

Assises de
339 1490 518 97 14
chaussées

Couche de forme 226 1644 883 238 18

B Remblais 85 330 1064 207 10

Divers 226 1154 518 348 13

fig 13-4: présentation graphique des consommations des diverses natures de granulats en
fonction du type d'ouvrage.

Granulats pour couches de roulement Granulats pour bétons hydrauliques

a a
4 4
~ x
:J
li! li!

~" 1 1
:~
ro
E 1 • E
"0
"
!
"0

2 445 1 "'"c-
i?:'
2 51

1230 5351
1

a 500 1000 1500 a 1000 2000 3000 4000 5000 6000


consommation (Kt) consommation (Kt)

43
CONTEXTE DE L'ETUDE

Matériaux pour couches de forme Granulats pour assises de chaussées

.~ j
:s
Ë
w
"
0

i

2
1644
;;;
E
w
"w
0

.%
1

2
1490

500 1000 1500 2000 500 1000 1500 2000

consommation (Kt) consommation (Kt)

Granulats pour utilisations diverses Matériaux pour remblais

4
~--'


2
1154

500 1000 1500 200 400 600 800 1000 1200


consommation (Kt) consommation (Kt)

• Le groupe d'activité "A" représente les secteurs nécessitant des granulats à


"caractéristiques performantielles élevées". Pour ma part, je préférerais l'utilisation du
qualificatif "adapté", car la résistance demandée des matériaux n'est pas la même selon
les utilisations.

• Le groupe "B", correspond à des activités dont les besoins sont couverts par des
"granulats peu élaborés".

La réalisation de bétons hydrauliques de qualité courante à partir de granulats calcaires a


été démontrée mais elle est encore peu développée. En effet, à ma connaissance,
différents laboratoires en Lorraine (C-4] , [C-5] sont parvenus à élaborer des mélanges
dont le couple formulation / performance est maîtrisé. De plus, l'apparition de nouveaux
concepts de formulation de béton [C-7] a pu être testée avec succès sur des mélanges à
base de granulats calcaires du bajocien de la région de Nancy et de Neufchâteau.
44
CONTEXTE DE L'ETUDE

Les premières utilisations de bétons calcaires en VRO commencent à voir le jour, mais
certaines adaptations seront probablement nécessaires, tant au niveau des matériels
d'application que de la formation des hommes. Sur chantier, on remarque que l'aspect et
le comportement « rhéologique» des mélanges calcaires diffèrent de ceux des bétons
traditionnels (couleur, maniabilité) bien que les essais de contrôle attestent que les
performances sont respectées. Certaines "habitudes" doivent donc évoluer.

Les calcaires lorrains ne trouvent pas leur place en couche de roulement car les
caractéristiques intrinsèques (Los Angeles et MOE) ne sont pas suffisantes. Le CPA
(coefficient de polissage accéléré) qui peut approcher la valeur favorable de 0.50 pour
certaines nuances de calcaires du Bajocien lorrain, ne peut compenser les deux autres
critères énoncés précédemment.

Les assises de chaussées sont les plus grandes consommatrices de granulats en raison
des épaisseurs mise en œuvre. Ces épaisseurs sont nécessaires pour des raisons
mécaniques (supporter des charges) mais aussi, dans notre région, pour assurer la
protection au gel de la base de la structure qui nécessite quelque fois d'ajuster les
épaisseurs de la couche de fondation et de la couche de forme pour éloigner l'arase du
terrassement gélive de la surface libre de la chaussée.

Les calcaires lorrains trouvent donc ici leur utilisation la plus aboutie. Moyennant une
étude adaptée en laboratoire, on parvient en général à proposer des solutions
performantes.

Il existe dans notre région plusieurs ouvrages de références: le plus important est celui de
la chaussée de l'autoroute A31, au sud de Toul, dont la couche de fondation est une
grave-laitier à base de calcaires extraits des affleurements proches du tracé. L'autoroute a
été initialement calculée en T2 / PF2. En réalité, elle a été réalisée en TO/PF4. Après son
ouverture en 1984, le trafic a rapidement atteint TO sans que cela provoque jusqu'à
présent des défauts de structure liés à la fatigue de l'ouvrage. Pourtant, le calcaire qui a
été choisi (carrière d'Harmonville - calcaire oolitique) avait la particularité d'être sensible
au gel (IG # 70), comme le précise les auteurs de l'article "Emploi des calcaires en limite
de spécification" [C-6].

45
CONTEXTE DE L'ETUDE

Sur la base d'une étude adaptée, le laboratoire Régional des Ponts et Chaussées, pour le
compte de SCETAUROUTE, a validé le concept suivant:

Granulats donnés + formulation adaptée = grave-laitier normale

(« Qui présente des caractéristiques normales »)

Cette "égalité" résume à elle seule la démarche que nous devons adopter lorsque nous
sommes confrontés à des matériaux "non traditionnels".

Pour mémoire, on peut rappeler quelques chiffres concernant le chantier de l'A31 ainsi
que les techniques mises en œuvre:

Le tronçon concerné est celui qui relie Dijon à Nancy sur 180 Km environ. Sur les 15
millions de tonnes de granulats qui ont été nécessaires à la chaussée, 5 millions de
tonnes devaient être mis en œuvre dans des secteurs où il n'existait pas de ressources
aux propriétés satisfaisantes. Après prospection et étude en laboratoire, la formulation de
la grave-laitier à partir des matériaux du site d'Harmonville s'est révélée adaptée,non
gélive à court terme et développait une résistance à la traction directe (Rt) de 1,22 MPa à
90 jours pour un module de 24000 MPa.

Le bilan de cet important chantier est une économie substantielle évaluée à 10 ans de
production d'une ballastière de taille moyenne. Au terme de près de 20 années
d'utilisation, et pour avoir personnellement pu effectuer des sondages sur la totalité de la
structure (travaux réalisés dans le cadre de mon activité professionnelle) on peut affirmer
que ce chantier est une réussite exemplaire en matière d'économie de matériaux nobles.

135) CONCLUSION

Les études de l'UNICEM dont nous avons repris certains éléments montrent que la
substitution des matériaux traditionnels n'est plus une hypothèse mais bien une réalité. On
pourra toutefois noter que sur certains chantiers, des remblais de fouilles s'effectuent
encore avec des matériaux alluvionnaires ce qui est extrêmement dommageable.
46
CONTEXTE DE L'ETUDE

Cette synthèse sous entend que l'épuisement des réserves est inéluctable. Si l'on veut
alors éviter l'importation de matériaux par la route ou par voies d'eau ou ferrées, il
convient de valoriser au mieux le potentiel existant. Il faut donc engager ou conforter des
études de valorisation des calcaires lorrains dans la construction routière notamment, en
respectant l'esprit de la directive européenne sur l'aptitude d'usage des produits de
construction. Rappelons que cette directive stipule que la conception des ouvrages doit
répondre à 6 exigences essentielles (C-7] :

1. performance et stabilité
2. sécurité d'utilisation
3. protection contre le bruit
4. hygiène, santé et environnement
5. sécurité en cas d'incendie
6. économie d'énergie

47
CONTEXTE DE L'ETUDE

1- 4 SUBSTITUTION DES RESSOURCES ALLUVIONNAIRES

141) INTRODUCTION

Pour illustrer la problématique de la ressource en granulats de type alluvionnaire,


comparons par exemple les éditions 1956 et 1987 de la carte IGN de la région de Pont-
à-Mousson (fig.14-1). Elles montrent bien l'évolution de l'urbanisation, concomitamment
à celle de la consommation des ressources granulaires de la Moselle [D-1].

fig. 14-1 : Evolution de l'environnement de la vallée de la Moselle dans la région de


Pont-à-Mousson après 30 ans d'exploitation des granulats alluvionnaires.
Reproduction de la carte IGN 150000 (feuille HI- 14} partie Est. Editions de 1~6 et de 19
1956 1981

48
CONTEXTE DE L'ETUDE

Pour pallier cette situation, deux solutions d'approvisionnement en granulats de


substitution sont possibles:

~ Importer d'autres régions les matériaux traditionnels. Dans ce cas, il


faut prendre en compte les plus values relatives à leur transport et aux
impacts sur l'environnement (transports, ... ).

~ Exploiter les matériaux locaux (au sens où ils sont proches des zones
d'utilisation) : il s'agit principalement, en Lorraine, des calcaires dont
les affleurements suivent la vallée de la Moselle. D'autres matériaux,
tels les laitiers d'aciéries, les MIOM, les matériaux de démolition, etc.
peuvent également être utilisés.

Mais, pour répondre aux diverses exigences des produits, l'exploitation de ces
ressources de substitution doit de toute évidence, être encore plus sélective que pour
les matériaux traditionnels.

D'ailleurs, la classification proposée par l'UNICEM, entre la nature des matériaux et


leurs types d'utilisation, (A ou B), va dans ce sens (cf. tableau 13-13)

142) ACTIONS ET POLITIQUES ENGAGEES ou ENVISAGEES

Qu'ils soient Politiques, Concepteurs, Universitaires ou bien Entrepreneurs, les discours


des acteurs du secteur du BTP en Lorraine convergent tous vers le constat qu'il faut
économiser les matériaux alluvionnaires.

Nous faisons ici état de quelques déclarations et actions qui montrent qu'il existe une
véritable volonté de réussir à juguler la pénurie annoncée des alluvionnaires.

Le 5 mai 1975, un décret national instaure la ({ Taxe parafiscale» sur les granulats [D-
2]. Le bénéfice tiré de cette mesure est destiné à financer des travaux de recherche liés
aux analyses de la demande et de l'offre en granulats de régions jugées
({ vulnérables ». Ces démarches sont certainement motivées par les observations
antérieures sur l'évolution de la consommation des matériaux dans le domaine du BTP
en général. Ainsi trouve-t-on dans la littérature des articles comme celui de L. Primel [D-
49
CONTEXTE DE L'ETUDE

3] qui fait état, dans son introduction, que ... « tel matériau aujourd'hui dédaigné sera
certainement largement utilisé demain »

1982 : un rapport de synthèse, émanant du Conseil Général des Ponts et Chaussées,


fait suite aux résultats du groupe de travail « L'extraction et la production des
granulats» (en partenariat avec le Ministère de l'Industrie et le Conseil Général des
Mines). Il ressortait de ce document qu'il était important de s'intéresser aux matériaux
de substitution. Dans la foulée, a été créé un programme ambitieux: le programme
MATERLOC (projet national de recherche et de développement en génie civil n~}) avec
sa déclinaison (bien connue dans notre région) : MATERLOC CALCAIRES.

On trouve également des références d'expérience réussie à l'étranger, comme le


rapporte V.M. Jumashev et C. Tourenq dans leur article sur l'utilisation de granulats
tendres (Rc max =eo MPa ... ) pour des chaussées en URSS [ 0-4]. Dans un second
article [0-5], Tourenq cite Nekrasov: « Tout granulat peut trouver utilisation en
construction routière à condition d'en prévoir correctement l'emploi» (1964).

En Lorraine, la situation est pour le moins étrange. Nous disposons de beaucoup de


données, les calcaires sont utilisés dans un nombre grandissant de cas, des synthèses
de travaux ont été tentées [0-6], des « intentions» sont régulièrement à l'ordre du jour,
mais le Guide technique d'emploi des matériaux calcaires en Lorraine reste à
faire. A ma connaissance, seule la constitution de groupes de travail a été initiée il y a
quelques années [0-7] et une synthèse de travaux a été réalisée à l'UNPG en 1992,
pour la Meurthe-et-Moselle [0-8]. En 1996, M. Chaumont (Directeur du CETE de l'Est)
exposait la nécessité « d'engager des processus de mise au point de premiers guides
techniques régionaux d'emploi de matériaux locaux, le SETRA ayant donné son accord
pour engager ces processus, ... » [0-9].

143) CONCLUSION
Les granulats de substitution existent et, comme on le verra plus loin, les performances
des mélanges à base de ces produits sont de mieux en mieux connues. Il manque
encore la validation « scientifique» de chantiers de référence (ou le suivi rigoureux des
ouvrages existants et en service) réalisés avec ces « nouveaux» produits pour qu'ils
prennent un meilleur essor.

50
CONTEXTE DE L'ETUDE

L'avenir du BTP et de la reglon est au prix d'une approche pragmatique de la


conception des ouvrages. Cette démarche est typiquement celle qui a été appliquée par
le passé pour le réseau routier français, où les règles établies ne sont finalement que le
résultat de modèles théoriques calés sur la vérification, in situ, des diverses hypothèses
de départ.

Le suivi dans le temps des ouvrages en service est donc la seule vérification (à mon
sens) qui permet de valider des modèles, dans un contexte de fourniture de granulats
donné.

La réalisation d'un guide technique régional (lorrain) est l'outil nécessaire pour
progresser dans cette voie. Même si le document n'est pas parfait, il pourra être
complété lors de ses mises à jour.

Comme l'a rappelé Pierre DUPONT du SETRA [0-10], « pour cerner les possibilités
d'emploi des granulats hors spécifications, les guides techniques régionaux constituent
une véritable base méthodologique et doivent nous renseigner sérieusement sur
plusieurs points dont les chantiers de références ayant permis de définir la
dérogation ».

Actuellement, pour la Lorraine, nous ne disposons pas d'un tel document de référence.
On est donc contraint de se référer aux documents généraux (Guide Technique [0-11],
et Guide d'Application [0-12]). Ces guides ouvrent, malgré tout, la possibilité d'étudier
des solutions confortatoires permettant de compenser les performances plus faibles de
certains granulats.

51
CONTEXTE DE L'ETUDE

1-5 CADRE NORMATIF ACTUEL

151) PRESENTATION

1511) Textes officiels

Les caractéristiques techniques des matériaux et produits sont normalisées. Les méthodes de
calculs sont décrites dans un guide technique. L'Etat (via la Direction des Routes) a édité des
directives et des documents d'application qui présentent les choix de ce Maître d'Ouvrage.

Les calculs de structures sont conduits avec des résistances de matériaux conventionnelles.
Les études de convenance en laboratoire doivent démontrer l'appartenance à une classe
mécanique conforme à celle choisie pour le matériau dans les calculs. De plus, la structure doit
être analysée dans sa capacité isolante si le sol support est considéré comme gélif.

1512) La normalisation dans le domaine routier

Dans cette partie du mémoire, nous allons nous pencher sur les règles (souvent normatives)
qui définissent plusieurs paramètres concernant les produits utilisés (classification et mise en
œuvre).

En revanche, la partie concernant l'étude en laboratoire des matériaux destinés aux assises
routières (essais et méthodologies d'études) sera traitée ultérieurement. Les références
bibliographiques - essentiellement normatives - y seront alors rappelées.

On peut expliquer de manière très schématique l'état de ce qu'il est convenu d'appeler « la
normalisation dans le domaine routier », qui est un domaine assez spécifique. Pour cela, nous
allons tout d'abord définir plusieurs termes importants qui sont des thèmes génériques pouvant
avoir des domaines d'applications soit en phase d'élaboration des matériaux soit en phase de
transformation de ces derniers.

>- Les matières premières: il s'agit de tous les matériaux, liants, ajouts, etc. entrant dans la
constitution de l'ouvrage final, qu'ils soient utilisés avec ou sans transformation.

>- Les produits: ce sont les matières premières qui ont subi une transformation. On parle
de produits lorsque nous évoquons les GNT, les MTLH et les matériaux traités aux liants

52
CONTEXTE DE L'ETUDE

hydrocarbonés.

};> L'élaboration des produits: deux domaines sont concernés. Celui de l'élaboration des
matières premières (granulats, liants hydrauliques et hydrocarbonés, ajouts, etc.), mais
également celui concernant l'élaboration de produits tels que les MTLH en centrales de
malaxage, etc.

};> Les études et la mise en œuvre: nous avons volontairement regroupé ces deux
domaines car ils définissent les conditions d'utilisation des produits, que ce soit en
laboratoire, par l'intermédiaire des normes d'essais ou méthodologiques d'études, ou
bien sur chantier où, cette fois, elles définissent les «règles de l'art », ces normes
« fixent» le contexte, les conditions de travail, le matériel, etc..

};> Les contrôles: les textes indépendants ou faisant partie intégrante des divers
documents évoqués ci-avant, montrent quelles sont les méthodes à mettre en œuvre
pour s'assurer que les mesures, les règles de l'art, etc. soient respectées avec un seul
objectif: la qualité envisagée de l'ouvrage final.

Nous allons nous attacher dans cette partie à la normalisation, relative aux sujets suivants:

• La normalisation relative aux granulats

• La normalisation des produits de type GNT et MTLH

• La normalisation relative à l'emploi de certains produits

Enfin, nous ferons un examen critique du Guide d'application des normes pour le réseau
national. Ce texte est important pour le contexte de notre étude, car c'est le seul document qui
ouvre la porte aux matériaux « hors normes », « sub-normaux », « tendres» etc. auxquels nous
pouvons être confrontés dans des cadres aussi divers que le réemploi de matériaux de site, les
conditions économiques d'une région ou tout autre contexte pratique.

53
CONTEXTE DE L'ETUDE

1513) La normalisation européenne

Alors que nous rédigeons ces lignes, la normalisation européenne est en cours d'application à
tout le territoire européen. Depuis quelques mois, nous observons un nombre grandissant de
publications normatives «unificatrices» relatives à notre domaine d'activité. La date
d'application des méthodes d'essais «granulats» est fixée pour le premier juin 2004. Les
méthodes employées pour l'analyse de certaines caractéristiques des matériaux dans ce
mémoire n'auront alors plus cours.

Quoi qu'il en soit, et parce que nous avons mis en place depuis près d'une année des
programmes d'études comparatives, nous pouvons dire que les valeurs ci-après annoncées, en
terme de coefficients Los Angeles, MDE et granularité, ne sont pas, en valeur absolue, très
différentes des méthodes d'essai pratiquées actuellement en France.

De plus, il peut régner actuellement une certaine confusion concernant les textes eux-mêmes.
En effet:

• les méthodes d'essai sur granulats, ainsi que les normes relatives à leur classification
(prochaine parution de la norme Granulats XP P 18-545 et parution en août 2003 de la
norme EN 13242 - P 18-242- qui est destinée à remplacer partiellement la XP P 18-540
... ), sont d'actualité

• les normes relatives aux produits couramment employés dans les chaussées que sont
les GNT, les MTLH et les mélanges traités aux liants hydrocarbonés, ne sont pas
encore en phase d'application.

Même si l'application réelle des premiers textes s'effectue à partir du premier juin 2004, il Y aura
inévitablement une période «transitoire» durant laquelle il conviendra de préciser la norme
d'essai, de classification et de produit qui a été appliquée.

Pour ce qui concerne notre travail, les normes d'essai, classifications, méthodologies et
produits sont celles d'application légale sur le territoire français avant juin 2004.

54
CONTEXTE DE L'ETUDE

152) NORMALISATION DES GRANULATS

En France, dans le cadre des techniques routières, la réalisation d'un "produit" (couche de
structure routière, plate-forme, couche de roulement, etc.) nécessite la prise ne compte des
caractéristiques des matériaux constituant le produit envisagé. La norme XP P 18-540 [E-1]
qualifie un matériau (ou granulat) en fonction de deux types de paramètres:

• ses caractéristiques intrinsèques

• ses caractéristiques de fabrication.

En fonction du domaine d'emploi du matériau, le nombre de paramètres à maîtriser dans l'une


ou l'autre des caractéristiques est spécifié.

1521) La norme XP P 18-540

La norme française « granulats» XP 18-540 d'octobre 1997 a la particularité de se décliner en


articles relatifs à des domaines précis d'emploi des matériaux:

~ Article 7 . Chaussées - Couches de base, de liaison et de fondation

~ Article 8 Chaussées - Couches de roulement

~ Article 9 Chaussées - Bétons de ciment

~ Article 10 : Bétons hydrauliques

Elle est un pivot incontournable pour notre étude. J'aurai l'occasion de m'y référer
régulièrement. Ce document officiel est essentiel. Des liens référentiels ont été établis vers
d'autres textes (normes, guides techniques).

En ce qui nous concerne, nous nous intéresserons principalement


à l'article 7 de ce document (granulats pour couches de base, de
liaison et de fondation).

55
CONTEXTE DE L'ETUDE

La dénomination «fabrication» est directement liée au fait que ces caractéristiques sont
maîtrisables par le procédé d'élaboration du granulat. On parle alors des caractéristiques ayant
trait à la géométrie et à la propreté du granulat.

Elle concerne :

• La granularité qui permet de vérifier la conformité de l'appellation de la coupure en terme


de d/D ou 0/0.

• L'aplatissement qui est le facteur de forme exprimant le pourcentage de grains de


rapport géométrique Epaisseur / Grosseur égal à 1,58. Ce coefficient est un élément
géométrique caractéristique du mode d'élaboration du granulats (choix du matériel de
concassage, cribles). La nature pétrographique (qui est par définition une caractéristique
intrinsèque) a une influence évidente quant à la forme du matériau en sortie de
concasseur. Mais le choix d'un matériel adapté permet aujourd'hui de bien contrôler ce
paramètre. Evidemment, la « forme» (au sens de l'aplatissement) est tributaire de deux
paramètres: un rapport de concassage convenable, si possible élevé, et la prise en
compte de la notion de réelle élaboration (la création de matériaux pour GNT A, par
exemple, échappe à cette possibilité industrielle).

• La propreté, mesurée le plus souvent par la valeur de bleu de méthylène, est une qualité
essentielle pour les granulats de construction. C'est également un point sur lequel le
process de fabrication peut intervenir. Diverses actions (éventuellement conjuguées)
permettent d'obtenir des granulats de qualité en fonction de ce critère: scalpage
efficace, lavage, extraction et concassage/criblage par météo favorable, cadences
adaptées, cribles en bon état, stockage des produits maîtrisés, engins de reprise et de
transport propres, etc.

Les caractéristiques intrinsèques sont, par définition, les propriétés acquises des matériaux et
non modifiables par les divers procédés d'élaboration mis en œuvre. Elles sont le résultat de la
nature, de la formation et du « vécu» de la roche mère

• minéralogie, métamorphisme, altération, etc.

• ou du produit de base pour les co-produits industriels, matériaux recyclés.

56
CONTEXTE DE L'ETUDE

Les caractéristiques qui nous intéressent (d'un point de vue strictement normatif) sont:

~ les performances mécaniques

~ la masse volumique réelle (MVR) et le coefficient d'absorption d'eau (Ab)

~ la résistance aux cycles de gel/dégel

Les caractéristiques mécaniques intrinsèques des granulats sont actuellement celles


appréciées par les essais Los Angeles et d'usure micro-Deval en présence d'eau.

La norme XP 18-540, au paragraphe 7.1 (caractéristiques intrinsèques des gravillons et de la


fraction gravillon des graves) précise les valeurs suivantes (tab.15-1), rappelées ici car elles
sont fréquemment utilisées dans ce travail.

tab. 15-1 : Caractéristiques intrinsèques des gravillons - Suivant XP 18-540 § 7.1

LA+ MDE et LA et MDE


Catégories
Vss

B 35 25 20

C 45 30 25

D 55 35 30
et et

E 80 45 45

F Pas de spécifications mais FPT renseignée

~ La catégorie A n'apparaît pas dans ce tableau: pour les utilisations concernées dans ce
chapitre, employer ce type de granulats serait un gâchis manifeste. Les matériaux A sont
à réserver pour d'autres réalisations telles que les couches de roulement à base de
liants hydrocarbonés (enrobés ou enduits superficiels). Les matériaux A sont
généralement des granulats qui présentent d'excellentes caractéristiques mécaniques
vis-à-vis de la résistance aux chocs et à l'attrition mais également un très fort CPA.

~ Les matériaux de catégorie B sont également utilisables pour des applications du


domaine des couches de roulement mais on peut trouver, dans cette catégorie, des
granulats dont le CPA est (relativement) faible, rendant de fait leur emploi en couche de
surface inappropriée.
ac.o. • U.H.P. NA CV 1
BlBlIOTHÈOUE DES SCIENC
57 Rue du Jardlr Bman'Que • 6P 1t
. 1 '1 r-s-LE. I(jY ~
CONTEXTE DE L'ETUDE

~ De la catégorie C à la catégorie E, nous trouvons la majorité des matériaux utilisés en


structure. Ces classes englobent également une bonne partie des matériaux calcaires
de la région lorraine.

~ Enfin, la catégorie F est la limite de la classification proposée. Elle concerne tous les
granulats très tendres.

153) UTILISATION DES GRANULATS

1531) Recommandations des normes produits

Notre champ général d'étude concerne l'utilisation de granulats pour la réalisation de couches
de structures en STLH, GTLH ou GNT. Ces produits sont également appelés mélanges non
traités ou traités aux liants hydrauliques.

Ces techniques routières font l'objet de textes normatifs qui fixent les spécifications des
matériaux constitutifs. Elles sont reportées dans le tableau (tab. 15-2).

tab.15-2: Caractéristiques normatives des granulats en fonction des techniques routières

TECHNIQUES ROUTIERES CATEGORIE DES GRANULATS

[suivant les normes produits


GRAVILLONS SABLES
correspondantes]

GTLH [E-2] DàE bàc

BETON COMPACTE [E-3] DàE bàc

GNT [E-4] CàF aàc

STLH (*) [E-5] / PR selon VBS

(*) Nous avons ajouté dans ce tableau la technique des sables traités aux liants hydrauliques. Bien que cette
dernière ne fasse pas état de contraintes quant aux caractéristiques géomécaniques de la roche il nous est apparu
que cet ajout permettait de balayer utilement l'ensemble des techniques routières de structure.

Il apparaît que les granulats de catégorie F ne peuvent être utilisés que dans les GNT et qu'ils
sont exclus des produits à base de traitement aux liants hydrauliques. Les sables ne sont pas
concernés par des seuils mécaniques. Seule leur propreté est déterminante pour les
différencier.
58
CONTEXTE DE L'ETUDE

1532) Recommandations du guide d'application des normes

Au même titre que les techniques utilisant les traitements aux liants hydrocarbonés, le SETRA
(Service d'Etudes Techniques des Routes et Autoroutes) et le LCPC (Laboratoire Central des
Ponts et Chaussées) ont édité un document technique [E-6] précisant les « conditions
d'utilisation des GNT et MTLH en assises de chaussées pour le réseau national français non
concédé ».

La prise en compte de ce document me semble important car les données qu'il contient seront
essentielles. Par rapport aux normes « produits », des aménagements sont précisés en fonction
de deux critères: la position dans la structure et la classe de trafic envisagée.

Les classes de trafic sont rappelées dans le tableau suivant (tab. 15-2), en fonction du trafic
poids lourds journalier moyen ou PLMJA (un poids lourd est un véhicule de PTAC ~ 3,5 t) de la
voie la plus chargée de la chaussée.

tab.15-2: classes de trafic [E-6]

Classe de trafic T5 T4 T3 T2 T1 TO TS TEX

Seuils de trafic
85 200 500 1200 3000
(PL MJAlsens)

Limite MJA 25 50 150 300 750 2000 5000

Les 3 tableaux suivants, extraits du guide d'application des normes [E-6], rappellent les
spécifications d'emploi des granulats dans les assises de chaussées en GNT, en GTLH et
en STLH.

59

1 1 Il
CONTEXTE DE L'ETUDE

tab.15-3: spécification des granulats pour un emploi en GNT dans les assises de
chaussées [E-6]
Classes de Trafic
Usage Caractéristiques
T5 T4 T3 T2 TI ~TO

Granularité 0/630/31,5 0/31,5


0/20
0/20 0/20

Résistance mécanique des


E D C
gravillons

Caractéristiques de
Fondation IV III
fabrication des gravillons Non

Caractéristiques de admis
c b
abrication des sables

Angularité des gravillons et Ic > 30


Ic>30 Ic>60 Ic =100
des sables (**)

Granularité 0/31,5 0/20

0/20 0/14

Résistance mécanique des D C


E
gravillons (***) (***)

Caractéristiques de Non
Base Ic> 30 Ic>60
fabrication des gravillons admis

Caractéristiques de
b
abrication des sables

Angularité des gravillons et


Ic > 30 Ic > 60
des sables

Granularité 0-14

Résistance mécanique des


C
gravillons

Caractéristiques de
Structure III
abrication des gravillons Non admis
inverse
Caractéristiques de
b
fabrication des sables

Angularité des gravillons et


Ic =100
des sables

60
CONTEXTE DE L'ETUDE

(') Les graves non traitées ne peuvent être employées en fondation pour des trafics T1 que sur une plate-forme de classe de portance ~

PF2

(") Pour les trafics T4 et T5 en fondation, on peut admettre des granulats d'angularité < 30 sous réserve que les graves non traitées restent,
aux épaisseurs de mise en oeuvre, traficables et compactables.

('U) Dans le cas où la GNT est caractérisée par l'essai triaxial à chargements répétés, les granulats pourront être de classe de résistance
mécanique E pour un trafic T4 et D pour un trafic T3.

tab.15-4 : spécification des granulats pour un emploi en GTLH dans les assises de
chaussées [E-6]

Classe de Trafic
Usage Caractéristiques
<T3 T3 T2 TI >TO
1 1
Granularité (mm) 0/14 ou 0/20

Résistance mécanique des


E D
gravillons

Caractéristiques de
III
Fondation fabrication des gravillons

Caractéristiques de
b
fabrication des sables

Angularité des gravillons et


Ic~30
des sables

Granularité (mm) 0/14 ou 0/20

Résistance mécanique des


E D
gravillons

Caractéristiques de
III
fabrication des gravillons

Caractéristiques de
Base b
fabrication des sables

Renforcement sous circulation

Ic~ 30 Ic~ 60 le = 100


Angularité des gravillons et 1 1
Base de chaussée neuve
des sables
(ou fondation de chaussée en béton)

Ic~ 30 Ic~60 le = 100


1 1

61
CONTEXTE DE L'ETUDE

tab.15-5: spécification des granulats pour un emploi en STLH dans les assises de
chaussées [E-6]

Caractéristiques Classe de Trafic


Usage
< T3 T3 T2 T1 >TO
1 1
Granularité sables grossiers, moyens, fins

Fondation Propreté PR 1 ou PR2

Friabilité Fs < 50

sables

grossiers, Sables grossiers,


Granularité
moyens, moyens Non
Base
fins admis

Propreté PR 1 ou PR2

Friabilité Fs < 50

On pourra noter certaines différences entre les spécifications des normes et celles du Guide
d'Application. Elles concernent aussi bien les sables que les gravillons. Ces différences sont
reprises dans le tableau suivant (tab.15-6).

tab.15-6 : comparaison des spécifications entre les normes produits et le Guide d'application
des normes pour le réseau national
Gravillons Sables
Techniques
Normes « produits Jt Guide d'application Normes « produits Jt Guide d'application

GTLH DàE CàE bàc b

STLH / / PR suivant VBS PR 1 et 2

GNT CàF CàE aàc càd

Le guide d'application des normes précise que les caractéristiques des gravillons seront au
minimum de E, et non plus F pour les GNT.

Pour les graves traitées aux liants hydrauliques, la propreté des sables retenue est b
uniquement. Par contre, pour les GNT, la qualité des sables passe de alc à cid.

62
CONTEXTE DE L'ETUDE

Toutefois, le Guide d'application des normes précise dans la partie Règle applicable aux
granulats, que:

« des assouplissements peuvent cependant être envisagés en vue de l'utilisation de


granulats ne répondant pas à une ou plusieurs des spécifications imposées (dans le
document), sous réserve que ces granulats aient fait l'objet de plans d'expérimentation
rigoureux susceptibles d'évaluer les risques encourus avec précision».

154) CONCLUSION
La connaissance des particularités relatives à l'emploi des matériaux ayant des caractéristiques
différentes (entendre « inférieures») à celles retenues dans les textes officiels repose sur les
données issues des recherches et applications tests au niveau local.

Cette fois, et plus encore que pour les normes produits, on voit bien l'ouverture que donnent le
SETRA et le LCPC à l'emploi des matériaux ou granulats locaux.

C'est donc bien au niveau régional que doit se régler le problème des substitutions de granulats
et tant qu'un guide n'est pas en place au niveau de la Lorraine, des interdictions pourront être
prononcées sous prétexte que les «réactions» des matériaux de faibles caractéristiques
intrinsèques ne sont pas connues.

63
CONTEXTE DE L'ETUDE

1-6 [Link] D'OUVRAGE ET ETUDE EN LABORATOIRE

161) INTRODUCTION
Lorsqu'un ouvrage est envisagé, quelles qu'en soient la nature et la destination, une des
données principales est la qualité des matériaux constitutifs.

La qualité des produits peut être appréciée de deux manières selon le contexte du projet.
Les produits devront être conformes:

~ Parce qu'ils respectent des disposition normatives (normes, DTU, etc.)

~ Parce qu'ils sont connus et maîtrisés même si certaines de leurs caractéristiques


sont « dérogatoires ». Dans cet esprit, on peut noter une phrase encourageante qui
a été prononcée durant la journée UNICEM - Laboratoire Régional des Ponts et
Chaussées Nancy du 13 novembre 1998 : "Les normes PRODUITS et la norme
GRANULA T ne sont pas un obstacle aux changements d'habitudes".

Dans les lignes qui vont suivre, nous nous attacherons à décrire le premier point, c'est-à-
dire, les méthodes et essais normalisés. Le second point sera débattu en conclusion.

Les travaux routiers et les ouvrages de plates-formes industrielles sont caractérisés par le
fait qu'ils nécessitent, pour leur réalisation, de grandes quantités de matériaux.

Dans le coût global des travaux, le transport des granulats est un poste de dépense très
important. Cela conduit tous les acteurs du projet à rechercher des gisements de matières
premières les plus proches possibles du chantier ou du tracé routier. Si, pour certaines
parties d'ouvrages, des caractéristiques bien particulières sont nécessaires (CPA, LA,
MDE, couleur des grains, natures pétrographiques spécifiques, etc.), on peut facilement
admettre que dans les autres cas, la recherche d'une adaptation locale est préférable.

Cela implique que la nature, la qualité des matières premières vont souvent changer en
fonction des projets. Cette variabilité devra donc être prise en compte, et les entreprises
qui « répondent» aux appels d'offre devront être en mesure de montrer le bien fondé de
leurs choix de matériaux par des études de matériaux en laboratoire.

Mais avant de revenir sur la description des essais de laboratoire, nous allons rapidement
commenter la place du laboratoire dans le contexte d'une entreprise. L'objectif étant de
bien situer le rôle de ce service dans un projet et de mieux comprendre par ce biais la
64
CONTEXTE DE L'ETUDE

finalité des études de matériaux. Ici, nous développerons uniquement les analyses
effectuées sur les MTLH ou les GNT.

162) REALISATION D'UN OUVRAGE ROUTIER: le rôle du service


technique et du laboratoire
Nous avons choisi ici de remonter très en amont dans le concept d'ouvrage, de manière à
montrer le rôle qu'ont le Service Technique et le Service Laboratoire d'une Entreprise

Le but d'un ouvrage, quel qu'il soit, est de satisfaire un niveau de service prédéterminé.
Les moyens pour y parvenir sont variés. Toutefois, les paramètres à gérer, dans notre
domaine d'activité, sont finalement en nombre limité.

En partant d'un projet, on peut synthétiser la maîtrise de ces paramètres de la manière


suivante (fig.16-1):

fig. 16-1 : Représentation schématique de la maîtrise des différents paramètres pour la


réalisation d'ouvrages routiers.

Nature des charges ou du trafic à supporter


Qualité du support
Contraintes techniques particulières
Durée de service envisagée
Délai et conditions de réalisation

Liants
hydrauliques et Calcul et étude de la structure Approvisionnement en granulats
additifs "1 1

Mélange en centrale
1

Moyens en personnels, en
matériels
Conditions climatiques
Aléas ~ Mise en œuvre Topographie
1

Livraison de l'ouvrage
1

Les données de départ afférentes à la nature du projet servent de base à l'établissement


de la méthode à suivre pour aboutir à un niveau de service, en tenant compte de l'existant
et des disponibilités.
65
CONTEXTE DE L'ETUDE

La prise en compte des matières premières est une phase de réflexion importante, car des
décisions prises vont découler les points suivants:

~ choix des matériaux de base,


~ choix des additions pour les traitements éventuels,
~ moyens de fabrication des mélanges (et des constituants, exemple bitumes
modifiés en usine),
~ matériels nécessaires de mise en œuvre,
~ conditions et précautions de mise en œuvre,
~ cadences d'application et donc coût de réalisation,
~ date de mise en service.

La réalisation qui vient ensuite, doit être conforme aux directives établies dans la phase 1.
Elle ne sera plus tributaire que de trois paramètres:

~ les conditions climatiques,


~ les impondérables dus aux aléas,
~ les imprévus sur le tracé (généralement dus à des problèmes de géotechnique ou
de circulation).

La mise en service de l'ouvrage correspond à la livraison au client. Elle est aussi le point
de départ de la mise en service des structures.

Dans les lignes qui suivent, nous allons présenter le rôle du laboratoire avec des
schémas. Le but est de comprendre les liens fonctionnels et les missions qui sont dévolus
à cette entité. Pour cela, nous démarrerons très en amont d'un projet, et d'un point de vue
de l'Entreprise.

Dans le schéma ci-dessous (fig. 16-2), on voit apparaître les liens qui conduisent à
l'établissement de l'offre d'une entreprise. La réponse d'offre est aussi basée sur la
ressource technique de l'entrepreneur (par le biais de son service technique) pour tout ce
qui a trait aux choix des matériaux et des variantes à la solution de base du marché.

66
CONTEXTE DE L'ETUDE

fig. 16-2: représentation schématique des liens entre les intervenants dans l'étude d'une
prise d'affaire

aiei=~ ~se [Link]

Clfreœ 1- - - - - - SJviœ tErlliq..e


l'~se

1- _ BLŒœpix

Le service technique d'une entreprise remplit alors trois rôles principaux (fig. 16-3) :

• trouver des solutions adaptées aux attentes du client,

• apporter des moyens (humains et matériels) pour les études de convenance,

• apporter les moyens pour le suivi de la mise en œuvre des techniques prédéfinies
aux études.

Il intervient donc depuis l'étude de l'offre à la livraison de l'ouvrage. Plus précisément, on


note la prise en charge des activités suivantes:

• conception (éventuelle) d'une variante et détermination des divers paramètres de


mise en œuvre, choix des constituants, calculs des structures, etc.

• détermination des caractéristiques des fournitures en laboratoire

• vérification des hypothèses initiales

• établissement des références de mise en œuvre

• vérification de la conformité des approvisionnements par rapport aux échantillons


d'étude

67
CONTEXTE DE L'ETUDE

• vérification de la mise en œuvre par rapport aux paramètres d'étude de


convenance

• validation des solutions en fonction de problèmes liés à la mise en œuvre ou suite à


des aléas

fig. 16-3: implication du service technique dans l'entreprise routière

Clauses du
marché
Service technique
Contraintes
particulières de f---------------'

l'entreprise

Solutions
techniques

Fournitures

1
,- - Mise en oeuvre i 4 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - '

1 ouvrage]

Le laboratoire, au sein du service technique de l'entreprise, a pour rôle de déployer des


moyens de mesures, qui permettent de qualifier la nature, la qualité, et les conditions de
mise en œuvre des produits sur le chantier. De plus, lors de la réalisation des travaux, il lui
incombe de vérifier (contrôler) que les conditions préalablement déterminées sont
effectivement respectées.

Dans le cadre du développement des produits, le laboratoire a la charge d'effectuer toutes


les démarches nécessaires à leur mise au point, en conformité avec les règles
méthodologiques et les prescriptions imposées par les clients de l'entreprise. Cette
mission principale est la « conduite d'une étude de produit en laboratoire ». Les lignes
suivantes expliquent cette approche méthodologique.
68
CONTEXTE DE L'ETUDE

163) ETUDE DE MTLH EN LABORATOIRE


Lorsqu'un projet est envisagé, les entreprises répondent à l'appel d'offre sur la base de la
solution initiale ou de variantes techniques. Ces variantes reposent soit sur des textes
officiels, soit sur l'expérience de l'entreprise. En fonction des matériaux choisis (ou
imposés par le client), l'entreprise peut alors:

~ proposer directement à l'agrément du client des études antérieures qui lui servent
de références.

~ réaliser des études en laboratoire si elle ne dispose pas de références pour


prouver que les caractéristiques mécaniques et comportementales des mélanges
proposés sont en adéquation avec la demande qui lui a été faite.

Comme nous l'avons évoqué précédemment, l'aspect géographique des travaux routiers
fait que pour un même type d'ouvrage, on est souvent obligé d'envisager de nouveaux
matériaux, pour limiter notamment les coûts de transport qui déterminent à eux seuls un
pourcentage élevé du coût total des travaux. Par conséquent, l'utilisation de granulats
issus de nouveaux sites réduit les chances d'une entreprise de disposer d'études en
adéquation avec l'emploi qu'elle souhaite en faire.

Il existe beaucoup de « produits» pouvant être mis en œuvre dans le cadre de travaux
routiers ou industriels (plate-forme, remblai, assainissement, etc.). Mais dans le cadre de
nos travaux, rappelons que seules sont considérées les techniques dites "blanches" c'est-
à-dire faisant appel à l'utilisation de liants hydrauliques. Il s'agit des mélanges traités aux
liants hydrauliques, ou MTLH.

D'un point de vue normatif, les méthodologies d'étude des MTLH sont reprises dans les
normes NF P 98-114-1 [F-1] et 2 [F-2]. Ces textes définissent les conditions d'étude de
manière précise. Ils fixent également le niveau d'étude qu'il faut envisager en fonction du
contexte du travail à mener (étude «complète» ou «réduite») et rappellent les
références normatives en rapport avec les différents essais nécessaires à la conduite de
l'expérimentation. Il n'est pas opportun de reprendre ici le contenu de ces normes. Nous
souhaitons cependant présenter les principaux essais de base conduisant à l'obtention
des connaissances nécessaires et suffisantes aux caractéristiques d'un mélange

69
CONTEXTE DE L'ETUDE

envisagé. Ces essais sont aussi ceux qui ont été régulièrement pratiqués sur les
matériaux calcaires qui font l'objet de cette étude.

L'organigramme ci-dessous (fig. 16-4) présente le mode de conduite d'une étude, depuis
le choix des constituants (la technique envisagée est une donnée), jusqu'à l'établissement
de la synthèse des résultats qui servira de référence pour le chantier, mais également
pour l'établissement (ou la vérification) des calculs de dimensionnement de la structure.

fig. 16-4: schéma général de la conduite d'une étude en laboratoire

Constituants retenus

Nouveaux
matériaux Conforme:

Caractéristiques observées
considérées comme confor-
me par rapport aux spécifi-
non con form e cations du marché, des nor-
mes et textes officiels
oui

non non
1 - - - - - - - - - - - - - - - - - < confonn e

non non
1 - - - - - - - - - - - - - - - - - < con form e >--------1

non non
L- -< con form e >-_ _-----1

Synthèse des références

70
CONTEXTE DE L'ETUDE

Echantillonnage des matériaux

La première phase de travail en laboratoire consiste à effectuer un échantillonnage


des divers constituants qui vont entrer dans la composition des mélanges à étudier.
Ce travail est fondamental car il conditionne la représentativité de l'étude, par rapport
à l'ouvrage final.
Il arrive fréquemment que nous soyons sollicités pour effectuer des études de
matériaux qui vont être mis en œuvre dans des quantités exprimées en dizaines de
milliers de tonnes. Pour ce genre d'affaire, les échantillonnages de laboratoire
s'expriment en centaines de kilogrammes. Le facteur d'échelle est gigantesque. Avec
cet exemple, on mesure aisément l'importance que revêt la représentativité de
l'échantillonnage des matériaux qui vont être étudiés par rapport à ceux qui vont être
livrés sur le chantier.

Cette représentativité peut être exprimée par:

~ l'appartenance stricte de l'échantillon au fuseau de régularité de production


de la carrière,
~ la reconnaissance d'un stock dédié au chantier,
~ dans le cas de matériaux variables (il s'agit plus des matériaux de type
« sols» ou « recyclés»), le suivi de la variabilité et l'adaptation du produit.

Identification des constituants

L'identification consiste à mesurer des grandeurs caractéristiques des constituants


de base, en veillant à ce qu'ils soient représentatifs de la production et qu'ils
répondent aux attentes.

A l'issue de cette identification, la conformité des matériaux (granulats, liants, ajouts,


eau, etc.) doit être prononcée. Pour reprendre un vocabulaire de «qualititien» , un
point d'arrêt est effectué pour juger de la situation et éventuellement rejeter les
échantillons (voire le choix initial des matériaux).

Les diverses identifications décrites dans la suite de ce document concernent


essentiellement les granulats entrant dans la composition des MTLH. On considérera
que les liants hydrauliques utilisés sont conformes à la normalisation en vigueur et
que les autres ajouts ont fait l'objet de caractérisations spécifiques.

71
CONTEXTE DE L'ETUDE

Les granulats, constituants majoritaires des MTLH, sont caractérisés au regard de


leurs caractéristiques intrinsèques et de leurs caractéristiques de fabrication.

Les essais permettant de mesurer ces deux types de caractéristiques sont


brièvement rappelés ci-après.

~ Coefficient Los Angeles

Cet essai a pour but de déterminer la résistance aux chocs des gravillons. Le
principe général consiste à faire subir à 5 kg de gravillons des chocs provenant de la
chute de boulets dans un système en rotation. Au bout de 500 rotations, l'échantillon
est extrait du tambour et tamisé à 1,6 mm [F-3]. La valeur du coefficient Los-Angeles
(LA) est exprimée de la manière suivante:

LA = (Mo-Me) *100
Mo
Avec: Mo : Masse de granulats avant essai (5000 g)

Me : Masse du refus sec au tamis de 1,6 mm, après essai.

Coefficient micro-Deval (en présence d'eau)

Cet essai permet de connaître la résistance à l'attrition d'un gravillon (résistance au


frottement mutuel des grains en présence d'une charge abrasive et d'eau) [F-4]. Le
mode opératoire est basé sur la mise en contact d'un gravillon (500 g) avec une
masse métallique (billes d'acier) dans un cylindre mis en rotation, le tout en présence
d'eau. Au terme de 12000 rotations, l'échantillon de gravillons est passé sur un tamis
de 1,6 mm et le refus est pesé sec. La valeur du coefficient micro-Deval en présence
d'eau (MDE)1 est exprimée suivant la relation:

MDE = (Mo-Me) *100


Mo
Avec: Mo: Masse de granulats avant essai (500 g)

Me : Masse du refus sec au tamis de 1,6 mm, après essai.

1 Il existe une variante à cet essai par voie sèche qui ne concerne pas notre domaine d'étude.
72
CONTEXTE DE L'ETUDE

Masses volumiques

La détermination de la masse volumique d'un matériau n'est pas une consigne


suffisante en soi si elle n'est assortie du type de masse volumique que l'on souhaite
mesurer. En effet, il existe plusieurs variantes à cet essai. Sur une échelle de densité
croissante, on trouvera la masse volumique "en vrac". C'est celle qui permet de
connaître le cubage d'un camion par rapport à la masse du chargement par exemple.

La masse volumique apparente (MVA) issue de l'essai Proctor est celle d'un
matériau compacté. Elle dépend directement du mode de « mise en place» du
granulat.

Ensuite, on trouve la masse volumique réelle (MVR) des gravillons et des sables.
Elle permet notamment de déterminer la compacité (C) d'un milieu compacté par
rapport à l'étude Proctor, selon la relation :

MVA
C(%)=--xlÛÛ
MVR

La masse volumique absolue ne tient compte que de la phase solide, en


s'affranchissant de la porosité du milieu (porosité ouverte et fermée).

Les méthodes et matériels de détermination des masses volumiques sont donc


nombreux. En ce qui nous concerne, nous mesurons principalement:

• Masse volumique réelle des sable (NF P 18-555 [F-5]) : elle est effectuée à
l'aide d'un pycnomètre, en présence d'eau. Bien qu'il s'agisse d'un essai
simple, il faut absolument garder la maîtrise des bulles qui se trouvent piégée
par le matériau. L'essai est donc finalement assez difficile à réaliser et il est
bien maîtrisé lorsque le technicien a réalisé un nombre suffisant d'essais.

• Masse volumique réelle des gravillons (NF P 18-554 [F-6]) : effectuée sur la
coupure 4/D d'un échantillon, la mesure de la MVR d'un gravillon est basée

73
CONTEXTE DE L'ETUDE

sur un principe de pesée hydrostatique de grains saturés en eau 24 heures à


la pression atmosphérique.

~ Analyse granulométrique

L'analyse granulométrique est l'essai qui permet de connaître la distribution


pondérale des tailles des grains dans un échantillon donné de matériaux. Les
moyens permettant de connaître cette distribution sont variés. L'appareillage le plus
courant est une colonne de tamis dont la taille des mailles carrées suit une

progression géométrique de raison: r = ~ soit approximativement 1,259.

Les valeurs des dimensions des ouvertures des mailles sont, par exemple, les
suivantes (en mm) :

... 0,8 - 1 - 2 - 2,5 - 3,15 - 4 - 5 - 6,3 - 8 - ...

D'autres méthodes permettent de déterminer la distribution des particules. On peut


citer, pour les fines, les procédés au laser ou par sédimentométrie. Il existe
également le vidéo-granulomètre pour les grains plus grossiers. La référence pour
notre domaine d'étude est la norme NF P 18-560 [F-7]. Cette méthode par tamisage
est retenue pour qualifier les matériaux au sens de la norme XP P 18-540.

On pèse la masse de passant (ou tamisat) à un tamis de dimension connue, que l'on
divise par la masse totale de prise d'essai. De fait, le taux de passant est donné en
cumulé selon la manière suivante:

P% = Pi *100
Md
Avec: Md : Masse de matière soumise à essai

Pi : Masse de passant cumulé sur le tamis d'ouverture i

Les résultats sont reportés sur un graphique granulométrique semi-Iogarithmique


(fig. 16-5). Ce mode de présentation est essentiel: outre la détection instantanée

74
CONTEXTE DE L'ETUDE

des éventuelles erreurs de manipulation ou de calcul, il permet de s'informer sur le


type de distribution auquel on a affaire (homogène, discontinue), et de fixer les
critères propres à la taille des particules du matériau analysé (plus gros élément - 0
max., d, etc.).

fig. 16-5: exemple de courbe granulométrique d'un échantillon de granulat.

Cas d'une distribution continue et étalée.

100
90 /
80 J
~
Cl

= 70 J.
....'" ~
= 60
<'1
'"
'"Cl. /'
-
<'1 50
lofI~
'"
"0
~
40
:l 30
<'1
po
f- ~ ~
20
\0 r
o
0,01 0,1 10 100

Taille de l'ouverture des tamis en mm - (échelle en log)

Coefficient d'aplatissement

Le coefficient d'aplatissement est un nombre qui permet de donner une évaluation de


la forme des grains d'un granulat [F-B]. Le principe de détermination de
l'aplatissement des gravillons 4/0 est de soumettre un échantillon à un tamisage, sur
des tamis à maille carrées d1/d2 tout d'abord, avec d2 = 1,259.d1, puis sur une grille
à fentes parallèles ensuite, dont les barreaux sont écartés de d1/1,58. Chaque
tranche mono-granulaire est ainsi traitée et le coefficient d'aplatissement est égal à la
somme des passants sur les grilles à fentes rapportée à la masse initiale de
l'échantillon. On peut aussi étudier l'aplatissement de chaque tranche élémentaire.

75
CONTEXTE DE L'ETUDE

Propreté des matériaux

En ce qui concerne les granulats d/O, la propreté est simplement le taux de passant
(en %) au tamis de 0,5 mm. Il s'agit donc d'une détermination massique de matière et
non une qualification chimique ou de l'activité des éléments de taille inférieure au
demi-millimètre.

Pour les autres catégories de matériaux, les 0/0, la détermination de la propreté


s'effectue par une méthode dite "au bleu de méthylène" et s'exprime en quantité de
bleu de méthylène par unité massique de matériaux (en gramme de bleu de
méthylène pour 1 kg d'échantillon). Cet essai tend à mettre en évidence la quantité
d'éléments tels qu'argiles, éléments organiques et oxydes métalliques présents dans
un matériau mis en suspension dans de l'eau déminéralisée.

Pratiquement, l'essai consiste à verser dans cette suspension des quantités connues
d'une solution de bleu de méthylène (10 g/litre) et de vérifier à chaque ajout l'état de
saturation des éléments à doser par une méthode dite « à la tache ». Pour cela, une
goutte de suspension est prélevée et déposée sur un papier filtre.

L'essai est conduit jusqu'à saturation en bleu marqué par l'apparition d'une auréole
bleu clair autour de la tache.

Etude de formulation

La formulation d'un produit est l'action par laquelle on effectue des mélanges des
matières en vue d'obtenir un produit équilibré et ayant les performances souhaitées.

Pratiquement, la formulation repose sur la maîtrise de la courbe granulométrique du


mélange granulaire. Pour cela, on agit sur les dosages pondéraux des matières
premières. Dans le cas où existent des contrastes de masses volumiques réelles
entre les constituants, on peut envisager de prendre en compte une reconstitution
volumique.

La formulation d'un mélange traité au liant hydraulique ou d'une grave non traitée est
la phase qui va directement conditionner les paramètres mécaniques et
comportementaux du produit recherché.

76
CONTEXTE DE L'ETUDE

Ce travail doit être conduit avec un seul objectif : obtenir les performances
demandées en optimisant économiquement les dosages pondéraux des liants
hydrauliques (et additifs).

La formulation est le point de départ de toute étude. Dans le domaine routier, les
courbes granulométriques des mélanges de graves traitées (ou non traitées) doivent
s'inscrire dans un fuseau de recomposition comme présenté par exemple dans la
norme NF P 98-116 [F-9].

En fait, les normes « produits» définissent des fuseal:lx pour les graves (GTLH et
GNT) et non pour les sables. Ces fuseaux tiennent compte de trois types de
granulométries: 10,14 ou 20 mm.

La position du squelette granulaire dans le fuseau préalablement spécifié (fuseau 1


ou 2) déclenche la « conformité granulaire» ou le rejet de la formulation.

~ Etude comportementale -L'essai PROCTOR

L'étude « Proctor » permet d'obtenir les références de compactage. Les références


sont:

• La masse volumique apparente sèche optimale (MVA)

• La teneur en eau « optimale» qui va conduire à l'obtention de la MVA


(Wopm)

• La compacité du mélange aux références de compactage OPM

D'une manière très simplifiée, l'étude Proctor consiste à mesurer l'évolution de la


MVA sèche d'un produit en fonction de sa teneur en eau [F-10], pour une énergie de
compactage conventionnelle et constante. Suivant la capacité qu'ont les mélanges
granulaires à fixer l'eau, deux types de courbes peuvent être obtenus [F-11] : dans le
cas des matériaux «drainants », la courbe ne présente pas d'optimum mais une
inflexion. Pour les autres matériaux, la courbe possède un optimum.

Dans tous les cas, un couple (MVA max; Wopm) est obtenu et il sert de référence à
deux niveaux:

• L'étude en laboratoire de corps d'épreuves pour essais mécaniques

• La détermination des qualités de compactage (01, 02, etc.)


77
CONTEXTE DE L'ETUDE

" existe deux protocoles d'essai: l'essai proctor normal et l'essai proctor modifié. La
différence entre les deux essais est l'énergie de compactage qu'il faut déployer.
Dans le cas des MTLH et GNT pour assises de chaussées, c'est le principe du
proctor modifié qui est retenu.

Au terme de l'étude proctor, on vérifie la compacité du milieu granulaire. Pour cela,


on compare la MVA optimale déterminée à la masse volumique réelle moyenne des
constituant du mélange. Le rapport de ces deux grandeurs rend compte de la
quantité de vides que la matrice compactée renferme. Pour les GNT, différents seuils
sont considérés (car adaptés à la qualité d'élaboration de ces dernières). Pour les
GTLH, un taux de compactage de 80 % minimum est imposé.

On comprend aisément l'importance que peut avoir ce facteur sur la stabilité d'un
produit. Pour s'en rendre compte expérimentalement, il suffit de comparer les
performances de deux GTLH, l'une étant compactée selon la norme (elle donne de
bonnes performances) et la seconde simplement moulée sans serrage (elle donne
des performances médiocres). D'ailleurs, les méthodologies de conduite d'étude en
laboratoire des GTLH, au-delà de la partie « étude réduite », demandent de vérifier
les performances mécaniques des produits en faisant varier les taux de compactage.

~ Réalisation de corps d'épreuve

Cette partie ne concerne que les mélanges durcis et traités aux liants hydrauliques.

Divers types d'éprouvettes, servant à la détermination des caractéristiques


mécaniques des MTLH, peuvent être réalisés. Ici, nous n'aborderons que la
réalisation d'éprouvettes pour la détermination des résistances à la traction directe
des MTLH : éprouvettes « diabolo» de type 16 x 32 cm. Le moulage des éprouvettes
est assujetti à une norme [F-12].

Explication succincte: les mélanges, fabriqués selon un mode opératoire


« pragmatique », sont mis en étuis et serrés par l'action conjuguée d'une force de
compaction verticale et d'une vibration appliquée sur l'étui de l'éprouvette. L'appareil
utilisé pour réaliser les moulages est un vibro - compacteur (matériel mis au point par
CECP des Ponts et Chaussées). La compacité des éprouvettes est maîtrisée par la

78
CONTEXTE DE L'ETUDE

connaissance du volume des étuis et de la masse de matériau traité et humidifié


qu'on y introduit.

Les éprouvettes ainsi réalisées sont conservées en étuis étanches. La cure est
réalisée à température constante (20°C +/- 2 OC) jusqu'aux échéances des essais
mécaniques.

~ Essais mécaniques

L'essai permettant la qualification performancielle des GTLH est l'essai de traction


directe [F-13]. En parallèle à cette détermination, on mesure la rigidité (ou module)
du mélange durci. Cette détermination s'effectue à 30 % de la charge de rupture de
l'éprouvette car, dans cette plage de valeur, on considère que la réponse de la
déformation vis-à-vis de la charge est linéaire (déformation purement élastique).

Le principe de l'essai est simple. En revanche, la manipulation est plus délicate car
une instrumentation des éprouvettes est nécessaire (fig. 16-6).

fig. 16-6: éprouvette 16 x 32 pour essai de traction directe instrumentée d'un


extensomètre pour la détermination du module de rigidité.

Schéma de mise en charge

Application de
l'effort de traction

Casque de traction

Collage

SJrface de rupture - - .

Eprouvette - - - _

79
CONTEXTE DE L'ETUDE

L'expression des résultats de cet essai est la suivante:

• Résistance à la traction :

F
Rt=-
S
avec: Rt: résistance à la traction directe exprimée en MPa, F: force de
traction à la rupture et S : surface de rupture

• Module élastique:

E30 = R30
&30

avec: E30 : module d'élasticité exprimé en MPa, E3ü : déplacement relatif (= l:J.

130 / 1où l:J. bo est l'allongement de l'éprouvette sous chargement de 30 % de la


charge ultime et 1 est la longueur de la base sur laquelle est prise la mesure:
13 cm).

Synthèse des résultats

La synthèse des résultats est la classification mécanique du produit étudié. Cette


détermination est faite, dans le cas des GTLH, selon la norme NF P 98-116 [F-14].
En fonction des paramètres (Rt et E), un graphique propose des fuseaux de
qualification. Les catégories retenues vont de G1 à G4. La classe G4 est la classe
mécanique la plus performante. Pour mémoire, et dans un cadre plus large, la norme
relative aux graves à hautes performances introduit la notion de grave de type G5.

En fonction de la classification obtenue, le calcul de la structure d'assise (ou le choix


d'une structure type dans le catalogue du SETRA par exemple) peut être effectué.

164) CONCLUSION

La conduite d'une étude en laboratoire s'articule donc autour de deux notions:

~ La« qualité» des matériaux constitutifs des mélanges,

~ La« qualité» des produits mélangés et durcis dans le cas des GTLH.

80
CONTEXTE DE L'ETUDE

On s'aperçoit que le principe normatif français peut éliminer dès le «départ»


certains granulats jugés « non adaptés », sans prendre en compte les performances
du produit final. Et, pourtant, entre les « ingrédients» de départ et le mélange durci,
nous évoluons dans deux concepts très différents.

Ce principe est heureusement remis en cause par des textes tels que le Guide
d'application des normes qui évoque clairement la possibilité d'emploi de matériaux
non conventionnels sous réserve que leurs performances, en tant que produits,
soient démontrées. En ce qui nous concerne, nous avons pu vérifier, à maintes
reprises, que certains matériaux relevant de la catégorie F suivant la norme XP P 18-
540 se révélaient être des granulats conduisant à l'obtention de graves traitées de
classe G3 voire G4, sans que nous soyons amenés à surdoser exagérément les taux
de liants hydrauliques (voir la suite du mémoire).

C'est tout l'objet de ce travail: montrer que des matériaux en limite de spécifications
peuvent trouver leur place dans des techniques de type GTLH.

81
PARTIE 2

GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES

DES CALCAIRES

DU BAJOCIEN LORRAIN
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

2· 1 NOTIONS DE ROCHES CALCAIRES

211) INTRODUCTION

Dans cette partie seront présentés succinctement la notion de calcaire, puis les
paramètres conduisant au classement des roches calcaires, en fonction notamment des
éléments constitutifs, des conditions de dépôt et de la diagenèse. Cette approche est
appliquée aux calcaires lorrains.

L'analyse d'une base de données intégrant en particulier les performances mécaniques


des granulats permet également d'établir un classement géographique des performances
sur la région lorraine. Ces éléments contribuent à une meilleure connaissance
« géomécanique » de cette formation.

212) LES ROCHES CALCAIRES

Les roches calcaires [G-1] sont des roches sédimentaires carbonatées [G-2] issues d'un
mélange de constituants minéraux. La sédimentation carbonatée peut être due à
l'accumulation de restes d'organismes calcaires particulièrement abondants sur les
plateaux continentaux. Il s'agit des sédiments bioclastiques (remaniés) ou organogènes
(remaniés ou non) ou résultant de leur activité édificatrice. Elle peut provenir aussi de
vases micritiques ou de la précipitation de CaC03 ou de Mg (C03)2.

Les carbonates naturels sont les suivants:

~ - Carbonate de calcium CaC03 aragonite ou calcite

~ - Carbonate double (CaMg)(C03h dolomite

~ - Carbonate de magnésium MgC03 magnésite

~ - Carbonate de fer Fe C03 sidérose

~ - Carbonate de sodium NaC0 3 natrons

Les roches calcaires [G-3] sont des roches composées essentiellement de matériel
carbonaté (au moins 50 % de CaC0 3), d'argile (de dimension inférieure à 2 J,Jm) et de
quartz (dont la taille comprise entre 2 mm et 2 J,Jm). Ces roches sont en général tendres et
font effervescence, à froid, aux acides. Par exemple, avec l'acide chlorhydrique, on a :

CaC0 3 + 2HCI ---+ CaCb + CO 2 + H20

83
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

Les différents minéraux constituant le calcaire, notamment la calcite, sont très peu
solubles dans l'eau pure (13 mg / litre, soit moins que la silice) mais sont solubles dans
l'eau chargée de gaz carbonique (2 g/Iitre), à cause de la formation d'un bicarbonate de
calcium

Deux facteurs peuvent détruire cette solution et faire précipiter la calcite:


~ Départ de CO 2 par: - élévation de la température,
- diminution de la pression,
- absorption du CO 2 par:
o plantes vertes: formation de tufs
o cyanophycées: stromatolites
- sur fonds marins, action bactérienne anaérobie par
absorption du C02 ou augmentation du pH (par les
composés ammoniacaux provenant de la
décomposition des matières organiques).
- agitation de l'eau.

~ Départ d'H 2 0 par: - concentration par évaporation


- concentration par gel : calcin

La formation des roches calcaires peut avoir 3 origines:

~ origine détritique: calcaires détritiques

~ origine organique:
- calcaires construits (calcaires coralliens)
o calcaires à rudiste
o calcaires à bryozoaires
o calcaires d'algues
- calcaires d'accumulation (calcaires à entroques)
o calcaires à foraminifères
o lumachelles

84
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

~ origine chimique ou biochimique:


o calcaires lacustres
o tufs ou travertins
o calcaires grumeleux ou noduleux
o calcaires marneux et les marnes
o onyx (*)
o stalactites, stalagmites (*)
(*) cas particuliers

213) CLASSIFICATION DES ROCHES CALCAIRES

Il s'agit de rappeler les deux méthodes de classification courantes des roches carbonatées
calcaires afin de pouvoir disposer de méthodes codificatrices applicables ultérieurement à
ces matériaux, dans le cadre de la normalisation européenne.

Pour cette présentation, nous nous sommes inspiré des travaux de J. Castaing et D.
Geisler [G-3] qui ont eu, pour sujet d'étude, la reconnaissance des diverses natures de
roches dans la région de Nancy.

2131) Classification de Folk

La classification des roches selon Folk fait essentiellement intervenir des critères
descriptifs.

La description des roches repose sur les trois éléments suivants:

~ les éléments constitutifs de la roche,


~ la matrice,
~ le ciment.

Folk considère trois types de constituants principaux:


~ grains d'origine intra-bassin (allochème), qui sont les éléments constitutifs
de la roche,
~ micrite (boue de calcite microcristalline),
~ spathite (calcite limpide).

85
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

A partir de ces trois termes, il forme trois familles principales:

~ Roches allochimiques spathiques.


Ces roches sont formées d'allochèmes cimentés par de la calcite limpide.
La calcite ne formant pas la roche à elle seule, les subdivisions se font
selon le classement des particules, car le rapport allochème / calcite
limpide varie peu.

~ Roches allochimiques micritiques.


Elles sont formées d'allochème dans une matrice de calcite
microcristalline. Le rapport allochème sur boue varie beaucoup car, à la
limite, la boue calcaire peut constituer une roche à elle seule. Les
subdivisions se font donc suivant la proportion des particules.

~ Roches micritiques.
Ces roches sont uniquement formées de calcite microcristalline.

Il existe toutefois une quatrième famille: les biolithiques. Ce sont les roches construites.
Du point de vue de la nomenclature, les familles principales sont subdivisées selon la
proportion des différents allochèmes.

Les noms de la classification peuvent être précisés par des termes modificateurs ayant
trait à la taille des grains, à la présence d'éléments terrigènes, à des constituants
particuliers.

2132) Classification de Dunham

Cette classification se présente sous forme dichotomique.

Duham établit sa classification selon les textures de dépôt, caractérisées par la dispersion
plus ou moins grande des grains dans la matrice, car il estime que la plupart des roches
carbonatées conservent leur texture originelle, même si elle ne subsiste que sous forme
de fantôme.

Dunham porte son attention sur le transport, dont le degré est variable, mais qui reste
localisé à l'intérieur d'un bassin. Il existe une différence fondamentale entre les sédiments
déposés en eau calme ou en eau agitée; c'est pourquoi il distingue la boue calcaire et les
86
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

grains dont il situe la limite inférieure de taille à 20 micromètres. Suivant l'élément qui est
majoritaire, le support de la roche est formé de boue ou de grains.

Dunham définit 5 classes texturales qui s'échelonnent entre les eaux calmes et très
agitées:

~ Mudstone
~ Wackstone
~ Packstone
~ Grainstone
~ Boundstone

Une représentation de 1. Cojan et M. Renard (G-2] permet de visualiser rapidement le type


de texture d'une roche avec un grossissement faible, par exemple avec une loupe simple
ou binoculaire (tab.21-1).

tab.21-1 : Classification texturale de Dunham pour les roches calcaires selon (1. Cojan et
M. Renard) (G-2]

Présence de boue Absence de boue


Disposition des grains Fréquence des grains carbonatée carbonatée

GRAINSTONE
.J

Jointifs

> 10 %
WACKSTONE

Non jointifs

MUDSTONE

< 10 %

87
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

2133) Comparaison des méthodes de classification

Il est possible d'établir un parallèle entre les deux classifications (tab.21-2) dans la mesure
où " micrite " et "boue carbonatée" ont la même signification.

De plus, Folk donne pour les roches d'origine détritiques terrigènes une correspondance
avec les roches carbonatées (ligne 2). Les argiles sont assimilées aux mudstones et
wackestones (et les grès aux packstones et grainstones).

Le tableau suivant permet de reprendre les deux classifications et d'en faire la


comparaison.

tab.21-2 : Comparaison des classifications de Folk et de Dunham

CLASSIFICATION DE FOLK

Boue calcaire> 2/3 Calcite limpide et boue Calcite limpide> 2/3

calcaire en proportions Mauvais Bon


Allochèmes 0-1"/0 1 -10 % 10-50 % + de 50 % comparables Arrondis
classement classement

Biomicrite Biosparite
Biomicrite à Biosparite à Biosparite à
Noms des Micrite et Micrite à à éléments
éléments Biosparite mal lessivés éléments éléments
roches types dismicrite fossilifère éléments non
clairsemés classés arrondis
serrés classés

Terminologie Micrite et Micrite


Biomicrite Biosparite
(1959) dismicrite fossilifère

Analogie avec Grès Grès au-delà


Argiles Grès argileux ou grès n'ayant pas Grès à sa
les roches Argiles proche de de sa
sableuses leur maturité maturité
terrigènes la maturité maturité

CLASSIFICATION DE DUNHAM

WACKES-
Dénominations MUDSTONE PACKSTONE GRAINSTONE
TONE

Dans l'étude du Bajocien lorrain qui suit, nous ferons référence à la classification de
Dunham.
88
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

2-2 LE BAJOCIEN LORRAIN

221) INTRODUCTION

Le bajocien lorrain est une formation sédimentaire appartenant aux séquences de


sédimentation du bassin de Paris. Cette partie de mémoire rappelle, sur la base de
données bibliographique, la position géographique des affleurements du Bajocien ainsi
que sa puissance, à partir de coupe chronostratigraphiques. La prise en compte de ces
deux éléments doit permettre de se figurer la répartition spatiale des différents faciès qui
présentent de grandes variations latérales, mais également verticales.
Les travaux de Castaing et de Geisler permettent d'établir la classification des différentes
textures relevées sur des échantillons, à partir de lames minces.

222) BASSIN PARISIEN


Les deux cartes suivantes permettent de positionner les affleurements du Bajocien dans
l'ensemble du bassin parisien (fig.22-1 et fig.22-2) dans sa partie orientale.

fig. 22-1 : Auréole de l'affleurement du Bajocien dans le contexte du bassin sédimentaire


parisien. Source: BRGM [H-1]

~--
-- (' ':
AFFLEUREMENT DU BAJOCIEN
t.. •. ~ :"
• ••••
.1;'
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'., .

:"V!t.,I, •

- , ",-.:,,\
j

-," ....

.(J" "
.JI' • ..•.. ..
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89
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

Le bassin parisien, ébauché à la fin du Trias, fonctionne pleinement au Jurassique (de -


208 à -146M.a.) [H-2]. La formation carbonatée lorraine du Bajocien s'est déposée dans
ce bassin marin entre -173.5 et 166.1 M.a. [H-3]. A l'échelle de la série Jurassique, le
Bajocien enregistre l'installation de grandes plates-formes carbonatées. Toutes ces
formations présentent des calcaires à entroques à la base, puis des constructions récifales
suivies de dépôts oolithiques.

fig. 22-2 : Représentation des formations calcaires orientales du bassin parisien


Source: BRGM [H-4]

Localisation de l'affleurement du
Bajocien 02)

Légende de la carte
STJ~A TIGAAPtf'E

SfOIM(N1A.1At.. t 1 VOU;A\lS~~

~! Q

... .,.

90
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

Cette distribution géographique résulte de déformations post-Jurassiques du Bassin de


Paris et de l'érosion des terrains Jurassiques continentaux portés à l'affleurement, voire de
sédimentations continentales. Les sédiments se présentent à grande échelle sous formes
calcaires ou crayeuses et marneuses. Les dépôts continentaux comportent des alluvions
anciennes siliceuses, des limons de plateaux et des éboulis de pentes.

Le Bajocien forme un plateau calcaire très fracturé. Les terrains, à prédominance calcaire,
qui constituent le substratum de plateau reposent sur une épaisse série argileuse. Les
fossiles rencontrés appartiennent à des restes d'organismes marins, ce qui traduit des
conditions de sédimentation marines.

A l'est, les strates du Bajocien s'enfoncent vers l'ouest sous les couches plus récentes,
avec un pendage allant de 4 à 8 ?A-a su rface topographique du plateau est une surface
d'érosion qui se raccorde progressivement à l'ouest à une surface structurale. Le bord
oriental est marqué par un relief caractéristique en cuesta (fig. 22-3).

fig. 22-3 : Coupe schématique du Bassin de Paris illustrant le relief en cuesta [H-5]

w
Paris Brie

x x x
x xx
1000m

1
. 0

1. Socle antépermien 8. Callovien-Oxfordien (côte de Meuse)


2. Pennien 9. Kimméridgien-Portlandien (côte des Bars)
3. Grès bigarré (Trias) 10. Crétacé inférieur
4. Muschelkalk 11. Crétacé supérieur (côte de Champagne)
5. Trias supérieur 12. Éocène (côte de rlle-de-France)
6. Jurassique inférieur 13. Oligocène
7. Aalénien·Bathonien (côte de Moselle)

91
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

223) STRATIGRAPHIE DU BAJOCIEN LORRAIN


2231) Présentation des différents lithofaciès

La description des Iithofaciès proposée (tab.22-1). repose sur la reconnaissance de


l'itinéraire numéro 2 du Guide Géologique Régional Lorraine Champagne (fig.22-4) [H-
6]. Les auteurs précisent que les épaisseurs données ne correspondent, souvent, qu'à des
valeurs moyennes

fig. 22-4 : Itinéraire de reconnaissance géologique n2 - Guide géologique régional


Lorraine / Champagne

o 5 10km

.- ..... , - Vallées et méandres


" ~ ~
abandonnés

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92
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

tab. 22-1 : Description des différents Iithofaciès du Bajocien lorrain


Itinéraire n2 du Guide Géologique Lorraine Champagne

Subdivisions
Lithofaciès et formation lithostratigrafiques Epaisseurs
chronostratigraphiques
Polypiers de Husson
18 m
Oolithe miliaire supérieure
Oolithe à Clypeus ploti
Bajocien supérieur 25 m
Marnes à Homomyes
Oolithe miliaire inférieure 20 m
Marnes de Longwy . 2m
Polypiers supérieurs 15 m
Bajocien moyen Oolithe cannabine 2m
Polypiers inférieurs 23 m
Calcaire oolithique et calcaire à entroques 20 m
Bajocien inférieur Calcaire sableux de Haye
25m
Marnes micacées

2232) Description des lithofaciès

Cette partie reprend d'une part la description des différents lithofaciès du Bajocien lorrain,
du sommet à sa base, à partir des données du BRGM [H-1] et des travaux de J. Castaing
et D. Geisler [H-7] et donne d'autre part leur classification dans le référentiel de Dunham,
pour la région de Nancy.

Les éléments présentés constituent une synthèse personnelle des données relatives à la
formation, à l'aspect et à la distribution spatiale des lithofaciès.

Elle permettra au lecteur non spécialiste de vérifier la diversité des faciès rencontrés et de
comprendre la difficulté de produire des granulats de caractéristiques toujours
satisfaisantes et homogènes.

~ Polypiers de Husson : c'est une formation récifale appartenant au sommet


du Bajocien. Les faciès à polypiers de Husson se développent en taches de
quelques kilomètres carrées dans l'oolithe miliaire supérieure, depuis
Neufchâteau jusqu'à Toul. \1 s'agit d'un faciès proche de celui des calcaires

93
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

compacts de Neufchâteau, qu'ils annoncent. Les polypiers de Husson ne


présentent pas partout leur faciès à polypiers. Le plus souvent, il s'agit d'un
calcaire à grain très fin, microcristallin ou sublithographique, alternant avec
des bancs marneux. Localement abondent les térébratules ou les polypiers.
Dans ce dernier cas, la stratification est détruite et se montre volontiers
biocalcarénitique.

~ Oolithe miliaire supérieure : Complexe à stratification oblique, formé de


calcaires oolithiques généralement fins (oolithe de la taille d'un grain de
millet). Elle présente des caractéristiques comparables à celles de l'oolithe
miliaire inférieure.

~ Oolithe à Clypeus ploti : Ensemble de marno-calcaires à pseudo oolithes à


nubéculaires, très mal classées et oblongues, se présentant en bancs
marneux et calcaires décimétriques, alternant plus ou moins régulièrement,
très riches en faune. L'oolithe à Clypeus ploti est de moins en moins
argileuse vers le sud et de la base au sommet.

~ Marnes à Homomyes : Il s'agit d'un niveau de marnes (de 30 à 50 %


d'argile) séparant l'oolithe de Jaumont à la base, du pseudo Jaumont au
sommet, depuis les environs de Nancy jusque dans la région de Longuyon.

~ Oolithe miliaire inférieure: (Bâlin) l'oolithe miliaire inférieure est constituée


par un ensemble de calcaires oolithiques, blanc à beige. La puissance passe
à près de 35 à 40 mètres à Neufchateau. Au nord, au-delà de la faille de
Metz, le Bâlin passe rapidement à l'oolithe de Jaumont. Cet ensemble est
pauvre en argile.

~ Marnes de Longwy : Il s'agit d'une assise marno-calcaire située sur la


surface indurée et taraudée des calcaires à polypiers, passant
progressivement vers le sommet au Bâlin au sud et vers l'oolithe deJaumont
au nord. L'épaisseur est de 2 à 3 m au sud et de 5 à 6 m au nord.

~ Polypiers supérieurs : C'est la partie supérieure des calcaires à polypiers


qui sont séparés par l'oolithe cannabine. Ces calcaires sont inclus dans
l'ensemble des calcaires à entroques, oolithiques ou à entroques,
sublithographiques ou coquilliers, entrecoupés de récifs coralliens
interstratifiés (biostromes) ou en coupole (biohermes). Cette formation se

94
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

charge de quelques passées argileuses vers le sommet (sondage de


Saizerais).

~ Oolithe cannabine : C'est un ensemble de quelques mètres de puissance


(de 2 à 8 en moyenne) de bancs de calcaires à grosses pseudo-oolithes à
nubéculaires (foraminifères proches des milioles), sphériques et bien
classées. Geisler précise que trois faciès peuvent être distingués : des
calcarénites pauvres en matériaux terrigènes (10 à 15 ~ des calcarénites
riches en argiles (30 à 35 }'cet les marnes à pseudo-oolithes.

~ Polypiers inférieurs : (Cf polypiers supérieurs). Ils correspondent au


développement de colonies de Polypiers entre lesquelles se déposent des
boues calcaires à organismes de petites tailles. 1/ en résulte un calcaire,
pauvre en insolubles, assez hétérogène du fait de la juxtaposition des
colonies de polypiers plus ou moins recristallisés, et de calcaire micritique.

~ Calcaire oolithique : (oolithe blanche et calcaires coquilliers) Ce niveau


présente une grande homogénéité texturale (packstone). Elle est
caractéristique par une alternance fine de feuillets oolithiques et
bioclastiques. Les matériaux terrigènes sont diffus dans la formation et
représentent moins de 10 't&e la roche totale.

~ Calcaire à entroques : Ensemble de bancs calcarénitiques, à entroques et


coquilliers.

~ Calcaire sableux de Haye : Ensemble de marno-calcaires ou de calcaires


gréseux à joints argilo-sableux ou sableux, situé entre les marnes micacées
à la base et les calcaires à entroques au sommet.
~ Marnes micacées : (terme de mineur). Niveau marneux ou marno-calcaire
situé à la base des calcaires sableux

Des carrières sont implantées dans les différents faciès indurés de cette formation, selon
la position géographique des affleurements. La qualité des granulats produits est fonction
du ou des niveaux interceptés et de la capacité industrielle à traiter les éventuelles
pollutions argileuses ou marneuses apportées par les couches plus tendres ou ayant
colonisées les nombreuses fractures parcourant l'ensemble du massif (failles, diaclases,
stylolithes, etc.)

95
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

2233) Séquences principales de sédimentation à l'échelle de la Lorraine

Boëdec reprend les données de J. Le Roux [/-8] qui divise le Bajocien en trois séquences
principales, comme l'indiquent les coupes chronostratigraphiques reprises ci-après (fig.
22-5, 22- 6 et 22- 7).
Le repérage de ces coupes est reporté sur un extrait de la carte géologique de la France
au 1/1000000 - 5e édition (fig. 22-8). On peut également y remarquer les limites
d'affleurement du Dogger qui regroupe les niveaux de l'Aalénien, du Bajocien, du
Bathonien et du Callovien.

Ces coupes montrent clairement les multiples variations verticales et latérales des faciès,
qui accentuent les difficultés d'une compréhension simple de la volumétrie du système,
tant à l'échelle de la formation que des carrières.

fig. 22-5: Séquence des calcaires à polypiers

Calcaires à polypiers inférieurs •


- -•- - - - - - - -
t

0 0 0 Calcaires àentroques 0 0 0 o o
o
50 Calcaires sableux 50 m

PoIH;.r~
* J 1
0 [Link]~<Je5
tl) 100 100 m

0 25 50 75 100 km

96
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

fig. 22-6: Séquence de l'oolithe miliaire inférieure

\o~
.J~J.. J..

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~()
Iv
l
~C( "OJ ."-
" '"

Oolithe miliaire inférieure (Bâlin) 50 rr

fig. 22-7: Séquence de l'oolithe miliaire supérieure

1
.;
1

~ Oolithe miliaire supérieure


ln 100':"---
o 1~ So

97
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

fig. 22-8: Extrait de la carte géologique de la France au 1/1000000 - 5e édition

Dessin sur la base de [H-9]

c::- f
p... G N
~ ,-
}7
,
"Z
,...,

Limites d'affleurement du Dogger (J2)


en trait épal ssi

Repères géogr"aphiques de la coupe


chronostatigraphlque et des coupes
aux épaisseurs

1 - Charleville Maizières
2 - Stenay
3 - Longwy 1 Longuyon
4 - Bri ey
5 - Chambley
6 - Pont-à-Mousson
7 - Toull Nancy
8 - Colonbey-Ies-Belles
9 - Neufchateau
10 - Bourmont
11 - Nogent
+",

.-
(1 _~
,.

98
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

2234) Classification des lithofaciès dans le référentiel de Dunham : cas de la région


de Nancy

Malgré les difficultés de synthèse, J. Castaing et D. Geisler donnent, pour la région de


Nancy, un mode de classement intéressant quant à la présentation pratique des différents
faciès du Bajocien. Nous n'avons pas trouvé d'études similaires pour les autres régions
d'affleurement du Bajocien lorrain; aussi, cette description sera l'unique référence que
nous présenterons. Ces travaux sont très précis et peuvent probablement servir aussi de
base de caractérisation des faciès des régions plus au nor~ et au sud de Nancy. Nous
reprenons les principaux éléments de cette étude car ils sont en adéquation avec notre
domaine de travail. De plus, ils démontrent que même à l'échelle locale, les différents
faciès du Bajocien lorrain constituent un complexe comportant d'importantes variations
latérales de faciès, ce qui invalide toute extrapolation.

La description des roches a été faite par l'observation des microfaciès, sur lames minces.
La texture et les éléments inscrits sont les deux paramètres retenus pour classer les
roches (tab.22-2). En croisant ces deux facteurs, les auteurs réalisent un tableau général
permettant de classer toutes les roches rencontrées (tab.22-3).

La description de la texture des roches se fait sur la base de la classification de Duhnam


complétée, éventuellement, des qualificatifs gréseux ou argileux. Les éléments inscrits
sont au nombre de douze. Ils comportent les polypiers, les intraclastes, les bioclastes, les
oolithes et la matrice.

tab. 22-2: Textures et éléments inscrits dans les faciès des roches calcaires de la région
de Nancy.

Textures (référentiel de Dunham) Eléments inscrits

1 Colonie de polypiers
2 Intraclastes
3 Bioclastes mélangés, anguleux
B Boundstone
4 Bioclastes homogènes, anguleux
G Grainstone
5 Bioclaste mélangés, roulés
P Packstone
6 Oolithes calcaires III
Pt Packstone gréseux
7 Oolithes calcaires Il
Pa Packstone argileux
8 Oolithes calcaires 1
W Wackestone
9 Oolithes ferrugineuses
Wa Wackestone argileux
10 Pseudo-oolithe
M Mudstone
11 Pellétooe
12 Micrite

99
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

Le tableau suivant (tab. 22-2) reprend la synthèse proposée. Les cases remplies
représentent les éléments effectivement rencontrés. Des photos de lames minces de
chaque faciès complètent cette présentation. (fig. 22-9).

tab. 22-3 : Microfaciès principaux du Bajocien en fonction de leur texture et des éléments
inscrits

1 9 10 11
A A 10

T
M
Wa
1Wa 10 1
W
Pa,t
P P5 Pl

G G6

B B1

Les éléments carbonatés s'associent aux différentes textures (le numéro des colonnes est
entre parenthèses) :

Les associations fréquemment observées sont les suivantes

~ Boundstone: colonies de polypiers (1)


~ Grainstones: intraclastes (2), bioclastes (3 et 5), oolithes (6)
~ Packstone : intraclastes (2), bioclastes (3,4 et 5), oolithes (7,8 et 9), pseudo-
oolithes (10) et pellétoïdes (11) avec une forte proportion de grains de quartz.
~ Wackestone: tous les éléments à l'exception des oolithes ferrugineuses et des
pellétooes.
~ Mudstone: micrite (12)

Les faciès dominants ont une texture de type Packstone. Ils correspondent
majoritairement aux calcaires oolithiques et à entroques. Les polypiers se positionnent en
Boundstone.

100
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

fig. 22-9 : Planche photographique montrant le mode de classification des microfaciès du


Bajocien lorrain, d'après les travaux de J. Castaing et D Geisler

Visualisation des microfaciès avec un faible grossissement

A 10 T3 G6 81

M 12 Wa 10 W3 Pt 11

P3 P4 P5 P7

P8

Echelle des prises


de vues sur lames
minces:

x7

[Link] • U.H.~ A 1
UOTHÈaUE DES SCIENCe;
101 Rue du Jardm BotanIQue· 8P 11
1 V J. A -NANCY r'AA·.~
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

2 - 3 CARACTERISTIQUES GEOMECANIQUES DES ROCHES DU


BAJOCIEN LORRAIN

231) INTRODUCTION

Cette partie essentiellement bibliographique s'intéresse à la qualité des granulats issus de


diverses exploitations situées dans les faciès calcaires du Bajocien lorrain. Plusieurs
aspects sont abordés. Tout d'abord, nous rappelons les travaux de B. Haguenaueur [1-1]
qui avance une relation entre la texture des roches tendres et les caractéristiques
mécaniques intrinsèques des granulats. Ensuite, nous examinerons les travaux de P.
Boëdec [/-2] sur l'inventaire « global» des caractéristiques des granulats calcaires du
bajocien. Ses données seront alors complétées par celles issues du laboratoire Screg Est,
afin d'aborder le problème de la variation spatiale des propriétés mécaniques des
granulats calcaires.

232) TEXTURE DES ROCHES CALCAIRE ET PROPRIETES


INTRINSEQUES DES GRANULATS
Des analyses au MEB [/-1] ont permis à B. Haguenauer de mettre en évidence une
relation entre la texture des roches calcaires et les valeurs des essais LA et MDE. Selon
cet auteur, la texture conditionne la résistance aux chocs et / ou à l'attrition d'une roche
carbonatée.

Il montre en effet que les résultats de ces essais mécaniques est tributaire du taux de
ciment calcitique. La calcite, qui cimente les divers grains constitutifs de la roche, est un
minéral fragile. Elle est libérée par les chocs sous forme de cristaux de taille avoisinant 10
à 20 IJm. D'autres particules peuvent accompagner cette « fillérisation », tels des grains
oolithiques micrométriques, les argiles incluses dans la roche, etc.

Ce serait donc l'abondance de calcite dans la roche qui expliquerait les valeurs de LA et
MDE élevées caractéristiques des calcaires tendres. Notons alors que cette calcite libérée

102
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

lors des opérations des malaxages et de mise en œuvre peut constituer aussi une auto
fillérisation des mélanges, dont on pourrait tirer profit avec des liants adaptés.

Mais cette hypothèse dépend directement de la nature du calcaire et de la présence


d'autres minéraux que la calcite. Par exemple, l'analyse granulométrique laser des fines
issues de MOE, réalisée sur des gravillons classés E à F de Montois la Montagne montre
que la taille des particules est inférieure à celle des éléments de calcite libérés dans les
essais de B. Haguenaueur. Dans le cas présent, le 0 50 du passant à 1,6 mm est de 6 IJm
et le 0 75 à 12 IJm. Donc, ici, seul un quart des produits libérés serait de la calcite.
L'identification pétrographique de la roche montre en effet que les éléments plus fins
proviennent d'un cortège d'éléments argileux et d'oxydes métalliques inclus dans la
matrice ...

233) CARACTERISTIQUES DES ROCHES DU BAJOCIEN LORRAIN

Ces caractéristiques sont mesurées sur des granulats issus de différents sites de
production, dont une liste indicative est donnée ci-après. Elle permet de situer l'importance
en nombre des exploitations présentes sur l'ensemble de l'affleurement des côtes de
Moselle.

2331) Carrières de granulats calcaires en lorraine

Cet inventaire a été réalisé sur la base des données disponibles au BRGM de Nancy
(code minier édition 1999). Cette liste ne tient compte que des sites déclarés en
exploitation. Toutefois, du fait d'incessants rachats de sociétés, il se peut que l'exploitant
cité dans le tableau suivant (tab. 23-1) ne soit plus d'actualité lors de la présentation de
ces travaux.

Pour l'établissement de ce recensement, nous avons utilisé les cartes géologiques


suivantes [/-3]: 302-303-137-163-193-229-230-267-113 (fig. 23-1).

103
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

fig. 23-1 Recouvrement lorrain des cartes géologiques étudiées

88,
~~~'~Ci-i\A.
\ ,
_.. _)- r,
"

139 140

Les sites d'exploitation des roches calcaires du Bajocien lorrain sont présentés dans le
tableau suivant (tab.23-1).

104
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

tab. 23-1 Sites d'exploitation du calcaire du Bajocien lorrain sur la base des données de
1999 du BRGM de Vandoeuvre-lès-Nancy

Coord. Lambert

N° Carte Titre Planche 1 Exploitant Commune Lieu dit

X Y

1 302 Neufchâteau 3 844.950 83.850 Calin Coussey Les Grands Bois

2 302 Neufchâteau 1 848.550 82.100 Calin Frébécourt Champ Nonain

Sté routiére et de
3 302 Neufchâteau 8 850.500 67.900 Jainvillotte Cens - Ban
dragage de l'est

4 302 Neufchâteau 8 851.100 71.000 Sarl Voirot Pierre Landaville Plusieurs carriéres

Les Vieux Foumeaux


5 302 Neufchâteau 8 853.500 68.500 Colas Beaufremont
Sur Chergodin

6 303 Châtenois 1 858.650 82.100 Calin Attignéville Sous les Roches

83.850
7 303 Châtenois 1 858.700 Calin Attignéville Fin au Champ

8 303 Châtenois 2 861.750 85.700 BMV Géménonville Les Meulsons

9 303 Châtenois 3 869.400 85.200 Calin Tramont Lassus Le Grand Paquis

10 303 Châtenois 3 868.300 31.200 Choisel Beuvezin Carrière d'Aboncourt

11 303 Châtenois 5 854.100 71.700 Peduzzi Landaville Sur la Montagne

12 303 Châtenois 5 854.300 72.900 Colas Rouvres la Chétive La Lavière

13 303 Châtenois 8 876.500 73.700 Calin Baudricourt Les Venaiges

14 137 Briey 2 860.740 179.150 - Lautefontaine La Haie Godot

Habitants de la
15 137 Briey 2 860.470 177.870 Lautefontaine -
commune

16 137 Briey 4 869.850 177.150 SA Leclerc Moyeuvre Grande Côte de Malancourt

17 137 Briey 4 869.700 176.700 Socoman Montois la Montagne Forêt communale

18 137 Briey 8 871.300 173.200 Waglio Roncourt Forêt de Jaumont

19 137 Briey 8 870.900 172.700 Jean Lefèbvre St Privat la Montagne Aisele

20 137 Briey 7 863.400 174.380 - Valleroy -

EJL Meuse
21 193 Pont à Mousson 1 854.750 140.00 Essey et Maizerais Les Vieilles Vignes
Pianezzi

Sté Lorraine
22 193 Pont à Mousson 3 867.600 139.400
Calcaire
Montauville -
23 193 Pont à Mousson 4 871.150 146.800 CSRM Boulay Bouxière sous Froidmont La Côte

24 193 Pont à Mousson 8 876.900 129.900 Rollin SA Frouard Belleville Marbache

25 229 Toul 3 866.850 122.500 Redland Granulats Villey St Etienne -

26 229 Toul 3 868.450 124.200 Cogesud Jaillon Les grandes Haies

105
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

27 230 Nancy 1 880.950 120.300 GSM EST Maxeville Le Terril

28 230 Nancy 1 880.300 119.900 GSM EST Maxeville Les carrières

29 267 Vézelise 3 871.150 104.600 Ciments Vicat Viterne -

30 267 Vézelise 3 871.100 104.300 Cogesud Viteme Au jeu de quille

31 267 Vézelise 3 870.700 101.300 Lefevre Germiny Le Chauffour

Sté Lorraine
32 267 Vézelise 4 874.500 106.200 Maizières Friche - Midy
calcaire

33 267 Vézelise 4 875.600 106.500 Cogesud Bainville sur Madon Terre Vaine

SARL Michel
34 267 Vézelise 6 861.950 86.200 Gémonville Les Meulsons
Frères

35 267 Vézelise 7 876.100 95.250 Calin Selaincourt Le Semèes

36 267 Vézelise 7 866.550 95.950 ONF Crepey Bois du Charme

Intermoselle SARL
37 113 Audun le Roman 3 864.700 200.900 Ottange Billert
(Rumelange - Lux.)

38 113 Audun le Roman 7 867.900 187.900 CEP Knutange La castine

Le positionnement schématique des carrières sur fond géographique complète la


présentation du tableau 1. C'est l'objet du graphique suivant (fig. 23-2)

106
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

, Marville 2~5~.H::---

o.'
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~. ,$,.7'
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107
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

2332) Travaux de P. Boëdec [1-2J

Dans son travail de DEA, P. Boëdec présente une étude des caractéristiques intrinsèques
des matériaux du Bajocien dans sa partie orientale, entre Longwy et Langres, en termes
de résistance aux chocs (coefficient Los Angeles LA) et à l'attrition (coefficient micro-Deval
humide MDE).

A ses résultats, nous ajouterons les valeurs de porosité (n) à notre disposition afin de
former une base de données aussi exhaustive que possible.

L'ensemble permet d'avoir une première connaissance des caractéristiques


géomécaniques propres à un faciès déterminé. Boëdec dégage ainsi des zones où les
propriétés des roches peuvent être considérées assez homogènes.

Sept secteurs « homogènes» sont proposés par Boëdec (fig.23-3) :

~ 1 - Longuyon / Longwy / Briey,


~ 2 - Chambley / Pont-à-Mousson,
~ 3 - Toul / Gémonville,
~ 4 - Aouze / Neufchâteau / Châtenois,
~ 5 - Bourmont / Clefmont,
~ 6 - Nogent en Bassigny / Dampierre / Rolanpont,
~ 7 - ouest et sud de Langres

108
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

fig. 23-3: zones « homogènes », selon Boëdec [/-2]

-+ 1
- - Longu
• Thionville
1
'Uck 'nge

Etain
.Me

ChambleY[J
Vigneules • 2
Zone de Lorraine
1 • 1
1 • Nomeny
1 Saint Mihiel 1

- - - - t c o m m e r c v y---+--;-:. Nancy

1 Gondrecourt
1 le-c~âleau
-Sayon
Vézelis

.
Mirecourt

A ces données, nous ajoutons celles disponibles à Screg Est. Elles complètent les
informations relatives aux zones 1-2-3-4

Toutes les valeurs sont reprises dans le tableau suivant (tab. 23-2)

109
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

labo 23-2: Synthèse des valeurs de LA et de MDE relatives aux granulats calcaires du
Bajocien lorrain (P. Boëdec et Screg Est)

Zone Lieu Roche LA MDE MDS n Remarques


Maloncourt la
Oolithe de Jaumont 44 75 - 15
Montagne
Maloncourt Calcaire siliceux de l'Orne 28 33 -
Calcaire à polypiers
CD15 37 66 19 14
supérieurs
1
Knutange Calcaire 24 24
KnutanQe 28 32 Knutange
Calcaire du Haut Pont
CD15 36 62 18 13.5
37 70 18 15 Echranae
Echrange Calcaire d'Ottange
62 78 12 16 Volméranae
38 6 Niveau sup.
RN 64 - Jaulny Bâlin*
25 Niveau inf.
Calcaire à polypiers
2 Norroy 32 36 9
supérieurs
Calcaires à polypiers
Lorry - Mardigny 35 53 9
inférieurs et entroques
Bicqueley 44 86 20 17
Tranqueville Oolithe miliaire supérieure 29 36 13 9
Jaillon 55 57
Selaincourt 24 29 8 9
Champs le Boeuf Bâlin* 28
Harmonville 27 38 9
A 33 - tranchée 41 > 40
Faviére 23 21
Polypiers supérieurs
BattiQny 29
36 34 11 8 Ancien site
Polypiers inférieurs à
33 32 Site en exploitation
Viterne supérieurs
3
Polvpiers inférieurs 21 22 8 3
27 37 10 8
Oolithe canna bine
A33 33 >40
Viterne 28 35 9 7
Crepey 28 33 11 7
Polypiers inférieurs
27 28 1à 6 Sondage
A33
27 30 Tranchée
Viterne 22 26 8 6
A 33 Oolithe blanche 33 36
A 33 - sondage 35 30 9
Viterne 22 26 8 6
Calcaire à entroques
A33 32 41 8
Circourt 1 Mouzon Calcaire Qréseux 26 27
Courcelles 1 Chatenois Polypiers supérieurs 25 26 6
Beaufremont 26 23
Harchéchamps Polypiers supérieurs 28 26
35 32
Pompierre Oolithe canabine 30
24 21
4 Rouvres Polypiers inférieurs 27 29 5
Châtenois 23 30
Removille 37 40 7
Rouvres Calcaire gréseux et à 27 31
châtenois entroques 27
Courcelle 1 châtenois 25 34
Châtenois 27 37
Calcaire à entroques
Removille 30 39 6
..
(*) Bâlin : oolithe miliaire Inféneure

Ces données nous ont permis de construire, pour les régions 1,2,3 et 4, des graphiques
avec, en abscisse, la distance entre centre de zone et, en ordonnées, la valeur de LA ou

110
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

de MDE. Les centres de zones ont été définis approximativement. La zone 1 commence
arbitrairement au km 100. L'abscisse est orientée nord-sud (fig. 23-4).

fig. 23-4 : positionnement sommaire des abscisses des centres des zones homogènes

\
\
1
\

\
\

• \
\
1
. . . . . . . . . . . . . . ., h ••••••••••••••••

...... ~--- •.....


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J/5 '; ;178 km


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111
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

Variation géographique des caractéristiques intrinsèques LA et MDE

Le traitement de ces données permettra de valider ou non la notion de zones homogènes


définies par P. Boëdec. Sur les graphiques (fig. 23-5 et 23-6) sont portées les valeurs
moyennes des coefficients LA ou MDE, avec leurs écarts types.

fig. 23-5 : Correspondance Régions / Coefficient Los Angeles

50 ZOHel
48
46
44
42
40 ZOHe2 ZOHe3
«
---J 38
c
Q)
36
ZOHe4
- 34
(.)
~
Q)
0 32
ü
30
28
26
24
22
20
80 90 100 110 120 130 140 150 160 170 180 190
(Nord) <-- Distances (km) -> (Sud)

112
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

fig. 23-6: Correspondance Régions 1 Coefficient micro-Deval Humide

80 Zone 1
77
74
71
68
65
62
w 59
56 Zone 2
0
~
Zone 3
53
c
Q) 50
ü
'+=
'+-
47
Q)
0
44
ü 41 Zone 4
38
35
32
29
26
23
20
80 90 100 110 120 130 140 150 160 170 180 190
(Nord) <-- Distances (km) --> (Sud)

On constate qu'il existe une amélioration régulière des performances moyennes, du nord
au sud. Mais les écarts types sont tels que la notion de zones nettement différenciées
paraît peu défendable, puisque les plages de données se recouvrent singulièrement,
notamment pour les zones 2 et 3. Seules les régions 1 et 4 apparaissent bien distinctes,
en particulier pour le MDE avec les meilleures performances dans le sud de la Lorraine.
Toutefois, dans la zone 1, il existe des faciès donnant des performances intéressantes.

113
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

Les valeurs de LA et MDE ont été reportées dans le graphique de la norme française XP P
18-540 (article 7.1) (fig.23-7). Les valeurs individuelles sont figurées par des ronds. Les
moyennes par des symboles vides.

fig. 23-7: Classification des gravillons XP P 18-540 § 7.1 et superposition des caractéristiques des
granulats calcaires du Bajocien lorrain (Régions 1 à 4)

90
85 • zone 1
.zone 2 •
80

•• •
• zone 3
75 zone 4
cu 70 Dmoy. Zone 1
> Omoy. Zone 2
65
•e':J
C1)
C Omoy. Zone 3
0
~

CJ
60
55
~moy. Zone 4

-E
s::::
C1)
CJ
50
45
40
F
!EC1) 35
0 30
U 25
20
15
10
5
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70
Coefficient Los Angeles

Les zones 2,3 et 4 se positionnent en catégorie E des gravillons. La région 1 est très
nettement en F. On confirme ainsi la première analyse des données: les matériaux du
nord sont plus tendres que ceux des régions sud.

Toutefois, les variations verticales et latérales de faciès de ce complexe carbonaté (voir


les écarts types) montrent qu'il existe localement des matériaux de meilleure ou de
moindre qualité. Par exemple, une étude relative à la carrière de Viterne (54) (1-4] montre
que sur un même front de taille, une exploitation sélective des différentes couches permet
d'obtenir des granulats classés de 0 à F.

114
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

En terme de classification routière, cette analyse à grande échelle conduit à classer les
calcaires du Bajocien en deux zones:

~ Au nord, des matériaux « hors normes» a priori.

~ Au centre et au sud, des matériaux utilisables en techniques routières.

Signalons toutefois qu'en présence d'un liant hydraulique adapté, des matériaux de
médiocre qualité (classe F) peuvent donner des performances acceptables (comme le
montrent certains travaux qui suivent)

Variation géographique du LA et du MDE en fonction des faciès différenciés


Nous reprenons ici toutes les données disponibles (12 faciès différenciés) pour examiner
les valeurs des coefficients LA et MDE en fonction de la position géographique des
carrières (ou lieux d'emprunt), et pour chacun des différents faciès de roche. La
dénomination des roches des tableaux suivants (tab.23-3 et tab.23-4) est reprise des
travaux de P. Boëdec. Les données sont reportées sur des graphiques (fig.23-8) ayant
pour abscisses les zones géographiques et pour ordonnées les coefficients LA et MDE.

tab.23-3 : Variation des valeurs des coefficients LA en fonction des régions et des faciès
Région d'exploitation - Valeur des coefficients Los Angeles (LA)

N Roches 1 2 3 4
1 Oolithe de jaumont 44

2 Calcaire siliceux de l'Orne 28

3 Calcaires du Haut Pont 28-36

4 Calcaire d'Ottange 37-62

5 Bâlin (oolithe miliaire inférieure) 38-25 24-27-28

6 Oolithe miliaire supérieure 44-29-55

7 Polypiers supérieurs 37 32 41-23-29-36 25-26-28-35

33-21-28-28-
8 Polypiers inférieurs 35 24-27-23
27-27

9 Oolithe cannabine 27-33 30

10 Oolithe blanche 22-33-35

11 Calcaire à entroques 22-32 27-30

26-37-27-27-
12 Calcaires gréseux
25

115
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

labo 23-4 : Variation des valeurs des coefficients MDE en fonction des régions et des
faciès
Région d'exploitation - Valeur des coefficients micro-Deval (MDE)

N Roches 1 2 3 4
1 Oolithe de jaumont 75

2 Calcaire siliceux de l'Orne 33

3 Calcaires du Haut Pont 32-62

4 Calcaire d'Ottange 70-78

5 Bâlin (oolithe miliaire inférieure) 29-38

6 Oolithe miliaire supérieure 86-36-57

7 Polypiers supérieurs 66 36 40-21-34 26-23-26-32

32-22-35-33-
8 Polypiers inférieurs 53 21-29-30
28-30

9 Oolithe cannabine 37-40

10 Oolithe blanche 26-36-30

11 Calcaire à entroques 26-41 37-39

12 Calcaires gréseux 27-40-31-34

fig. 23-8 : Graphiques relatifs aux coefficients Los Angeles et micro-Deval par régions et
par faciès. (ronds: valeurs de LA - carrés: valeurs de MDE)

Oolithe de Jaum ont Calcaire siliceux de l'Orne


w 90 w 90
0 0
~ 80 ~ 80
âl 0 âl
70 70
::i ::i
.l!l 60 .l!l 60
c C
al al
ë3 50 'ü 50
lE 0 lE
al 40 al 40
0 0
u 30 u 0
30 0
20 20
10 10
0 0
0 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
nord Régions sud
nord Régions sud

116
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

Calcaires du Haut Pont Calcaire d'Ottange


UJ 90 UJ 90
0 0
:2 80 :2 80
êiî 0
70 êiî
70 0
::i 0 ::i 0
.l!l 60 CIl 60
c C
.~ 50 Q)
50
u ·u
le 40 le
Q) Q) 40

0
0
30 § 0
0
30
20 20
10 10
0 0
0 1 2 3 4 5 0 2 3 4 5
nord Régions sud
nord Régions sud

Bâlin (oolithe miliaire inférieure) Oolithe miliaire supérieure


UJ 90 UJ 90
0 0 0
:2 80 :2 80
êiî êiî
70 70
::i ::i
CIl 60 CIl 60
c
.~
c 13
50 .~ 50
u u
le le 0
Q)
0
40 0 0 Q) 40
0
0 0
30 0 30
0 0
20
0 8 20
10 10
0 0
0 1 2 3 4 5 0 2 3 4 5
nord Régions sud nord Régions sud

Polypiers supérieurs Polypiers inférieurs


UJ 90 UJ 90
0 0
:2 80 :2 80
êiî êiî
70 70
::i 0 ::i
60 .l!l 60
.l!l
c c
50 Q) 0
Q)
·u ·u 50
le le
~0
40 Q) 40
Q)
0
0
0 30 8 0
0
30
0
1
20 § 20 el
10 10
0 0
0 2 3 4 5 0 2 3 4 5
nord Régions sud nord Régions sud

117
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

Oolithe cannabine Oolithe blanche


w 90 w 90
o o
:2: 80 :2: 80
ID 70 ID 70
~ë 60
::5
CIl
ë
60
.Q1 50 .~ 50
ü
!§ 40 !§ 40
o
ü 30
§ o
o
ü 30
o
20 20
10 10
o +----r---"""T'"--...,.--.....,....--~I O+----r---.....,..--...,.--~r__---.
o 2 3 4 5 0 2 3 4 5
nord Régions sud nord Régions sud

Calcaire à entroques Calcaire gréseux


w 90 ~ 90
o
:2: 80 :2: 80
ID
ID 70 ::5 70
~ë 60 Ë 60
.Q1 50 .~ 50
ü
lE
!§ 40 o El ~ 40
o
ü 30 o ü 30
8
20 8 20
10 10
0+---...._--__- -.......- -.......--__.1 0+---...._--__--.....,..----..-----.1
o 1 2 3 4 5 0 2 3 4 5
nord Régions sud
nord Régions sud

234) CONCLUSION

Cette analyse montre finalement que la qualité des roches exploitées varie très
sensiblement, non seulement selon les faciès, mais aussi selon les régions, ce qui génère
une difficulté de suivi de la qualité mécanique des roches (au sens routier) le long de
l'affleurement calcaire du bajocien. Par ailleurs, le nombre d'échantillons à disposition par
région, pour un faciès donné, est plutôt faible, ce qui limite la portée de cette analyse.
Seule une image globale peut être restituée.

La conclusion que je propose est la suivante: une tendance se dessine quant à la


l'amélioration des propriétés des granulats en allant du nord au sud de la Lorraine, par le
simple fait que la nature des roches carbonatées exploitées n'est pas la même (voir les
coupes décrivant les différentes phases sédimentaires établies par J. Leroux).

118
GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN LORRAIN

Pour ce qui concerne l'homogénéité des roches (sur un secteur délimité), cette notion est
à discuter: je pense que l'on peut déclarer qu'une zone est « homogène» lorsque les
écarts des mesures relatifs à la moyenne sont faibles ou tout au moins raisonnables.

Par ailleurs, la réalité pratique d'exploitation des roches du Bajocien lorrain interdit la
notion d'homogénéité. En effet, lorsqu'on extrait des matériaux d'une carrière, cela
s'effectue sur un site donné, avec une nature de front de taille précis (ce qui n'exclut pas
une variation verticale de faciès) ; or, si on interprète sommairement les travaux de P.
Boëdec, cela revient à devoir mélanger différents gisements pour obtenir une valeur
moyenne, ce qui est irréaliste.

Enfin, la notion importante à retenir est qu'il ne faut pas mélanger l'échelle du niveau
d'étude. En effet, à l'échelle de la région, seules des tendances peuvent être données. En
revanche, au niveau de la carrière, l'approche relève de l'échelle locale.

Du fait des variations latérales de faciès, on ne peut pas s'appuyer sur l'échelle régionale
pour estimer le faciès local.

Toutefois, les études menées par Boëdec permettent de bien connaître les
caractéristiques des roches en fonction de leurs faciès et c'est là que réside tout l'intérêt
de ses recherches. Cette étude est unique (à notre connaissance) en ce qui concerne
notre région.

119
PARTIE 3

EXPRIM ENTATIONS

1 1
EXPERIMENTATIONS

3-1 RELATION ENTRE LES PROPRIETES MECANIQUES DES


ROCHES ET DES GRANULATS

311) INTRODUCTION

Dans le domaine routier, les granulats sont caractérisés d'un point de vue mécanique par
les coefficients LA et MDE. Or, il existe peu de valeurs publiées dans la littérature, pour les
calcaires lorrains notamment. Aussi, nous a-t-il paru important de mettre à disposition,
dans ce mémoire, les valeurs fiables issues de notre base de données. Elles concernent
aussi bien les calcaires que les autres matériaux.

Pour les calcaires, il n'a pas été possible de mettre à profit le classement de Dunham
proposé précédemment, car nous ne disposions pas du matériel d'analyse requis (lames
minces, etc.) Seule une appellation simplifiée est reportée dans les tableaux qui suivent.
Notons toutefois que dans le cadre de la normalisation européenne pour le marquage CE
des granulats de construction, la qualification pétrographique de la roche, d'où provient le
granulat, devient une nécessité. Ces travaux pourront alors être considérés comme un
préliminaire dans ce cadre.

Cette base de données servira ensuite à différents traitements statistiques, et de


référentiel pour des études performancielles (voir la partie du document relative aux
publications).

Dans le cas présent, ces données sont reportées dans le diagramme LA, MDE de l'article
7 de la norme XP P 18-540, afin de dégager d'éventuelles tendances.

Ces performances sont aussi comparées aux résistances mécaniques moyenne en


compression des roches, telles qu'annoncées dans l'ouvrage de Arquié et Tourenq [J-1]. Il
en résulte que toute généralisation concernant les calcaires est souvent infondée.

En retour, la mesure des performances en traction peut s'avérer intéressante.

122
EXPERIM ENTATlONS

312) CARACTERISTIQUES LA et MDE DES GRANULATS. BASE DE DONNEES


.POUR LA REGION EST DE LA FRANCE

Les premières valeurs publiées par P. Boëdec [J-2] sont ici largement complétées par les
données recueillies au laboratoire Screg Est. Elles forment une base de données
comprenant près de 100 sites d'échantillonnage. Ces données sont listées dans le tableau
suivant (tab.31-1) qui comprend, pour chaque nature « générique» de matériaux:
);> La nature de la roche
);> Le mode de gisement
);> Pour les calcaires, le faciès de la roche lorsqu'il est connu (cf. § 2.4)
);> Le nom du site d'extraction
);> Les valeurs des performances mécaniques intrinsèques (LA, MDE)

tab. 31-1 : base de données générale de couples de valeurs LA et MDE

Gisements
Nature de la
roche
A : alluvionnaire Faciès Sites LA MDE
M: massif

Calcaire M ~vrigney 128 13


M Weanin 123 13,5
Houtaud 125 16,5
M !,-,omblanchien 125,5 12,5
A !,-,ourlandon 140 151
A Darcey 18 18
A lDijon granulats 124 15
A pouzy 128 176
M r-.:>ivet 120 19
M [Gudmont 124 20
M Epagny 129 24
M ~aillon 153 65
M ~arsannay Le Bois 124 14
A Matignicourt 124 13
A ~airy sur Marne 126 14
A ",heppes la Prairie 128 12
Matougues 127 12
A lPérigny 127 14
A lSaint Eloi 8 18
A prconte 9 13
A ",Ioyes 0 13
M Pessan 22 15
lSaint Usage 124 ~2
M Rouvres la Chétive 131 ~5,5
~rcey 127 ~4,5
M lSemoutier 126 17
M Montois la Montagne 158 ~3
M lMontois la Montagne 138 145

123
EXPERIMENTATIONS

rvirey sous Bar 127,5 22,5


M rvoulaine 126 20
M rvignory 123 16
M rviterne 31 32
M ~allers 30 ~5
M polithe de Jaumont Maloncourt la Montagne 44 75
M ....alcaire siliceux de l'Orne Maloncourt ?8 33
M ~alcaire du Haut Pont Knutange 28 32
M ....alcaire du Haut Pont ~D15 36 62
M ~alcaire d'Ottange Echrange 37 70
M ....alcaire d'Ottange Echrange 62 78
M Oolithe miliaire inférieure ~elaincourt 24 29
M polithe miliaire inférieure Harmonville 27 f38
M polithe miliaire supérieure Bicqueley 44 ~6
Oolithe miliaire supérieure [Tranqueville ?9 B6
M Oolithe miliaire supérieure Waillon 55 p7
M Polypiers supérieurs Favière 23 21
M Polypiers supérieurs ~iterne 36 34
M Polypiers supérieurs ~ourcelles 1 Chatenois ?5 26
M Polypiers supérieurs Beaufremont ?6 23
M Polypiers supérieurs ~archéchamps ?8 ~6
Polypiers supérieurs Pompierre 35 32
M Polypiers inférieurs rviterne 121 22
Polypiers inférieurs Pompierre 124 21
M Oolithe blanche rviterne 127 29
M Polypiers inférieurs ~hâtenois 123 30
M [Link] à entroques f..-hâtenois 127 37
M [Link] à entroques ~iterne 122 26
M Oolithe blanche ~33 133 36
M Oolithe blanche ~ 33 - sondage 135 30
M ....alcaire à entroques rviterne 122 26
M ....alcaire à entroques ~33 132 41
M ....alcaire à entroques ....hâtenois 127 37
Calcaire à entroques Removille 130 39
Calcaire gréseux ~ircourt 1 Mouzon 126 27
Calcaire gréseux et à entroques Removille 137 40
M Calcaire gréseux et à entroques Rouvres 127 31
....alcaire gréseux et à entroques ....ourcelle 1 Châtenois 125 34
siliceux A ~antrelle 122 9
A pambenois 11 7
A La Chapelle dvt Bruyères 125 12
A ~osière aux Salines 28 7
A Fraimbois ?1 9
A ~elle sur Moselle 24 7
A rvigneulles 22 ~
Roye) 16,5 16,5
~aint Loup 26 13
Faverney ?O,5 13,6
Fleurey ?1 14
A Bonnal 16 13
silico-calcaire A Autrey 25 9
A rvelet 21 11

124
EXPERIMENTATIONS

A Nogent sur Seine ~5,5 15


A Pont à Mousson ~2 8
A Nordhouse ~2 10
A Plichancourt ~o 10
A ~oerdt ~1 9
A Herrlisheim 18 12
A ~aint Léonard 18 9
A ~schau rzO 12
A ~this f3 0,5 19,4
A ~aint Vit rz4,5 12
Porphyre M ~oissey 14,5 6,5
M Lessine (Belgique) 12 6
Quartzite M phordain 12 14
M Düro (Allemagne) 16 8
Rhyolite M ~orbigny 16 5,5
M ~aint Nabor 13 4
Tuf rhyolitique M Lepuix Gy 13 5
M ~usset 16 5,5
M ~ainte Magnance 15 10

313) CLASSIFICATION DES DIFFERENTES NATURES DE GRANULATS SELON


XP P 18-540
Le premier traitement proposé consiste à reporter, par nature de roche, les
caractéristiques mécaniques intrinsèques des granulats dans le référentiel de la norme XP
P 18 - 540, article 7 (fig.31-1). Les diagrammes comportent une droite d'égalité, afin de
mieux situer les résultats.

fig. 31-1 : classification des familles de granulats selon la XP P 18-540 § 7

100 100
95 CALCAIRES ~ 95 SILICQ - CALCAIRES
90 o 90
85 o
o è 85
80
o ~ 80
75 o ~ 75
70 o 70
65 o ;g 65
60
55 F
o
8 60
55 F
50 50
45 +------....' 45-1----_
40 40
35 E 35 E
3O+::--~ 30+:---,/
25 -I-"--~. 25~-....... /
2O~_.J\ .. 20 "'----"'J
15 15
10 10
5 -JL-,~~-+-~I---,---+-~~~~~~~~~ 5 -JL-,~~+-~I---,--+-~~~~~~~~
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10
o o
Coefficient Los Angeles Coefficient Los Angeles

125
EXPERIMENTATIONS

100 100
~al 95 SILICEUX 95 TUF RYOLInQUE
C 90 90
è 85 85

Ë"
80 80
1: 75 75
al
70 70

~
U
65
60
65
60
55 55 F
50 50
4 5 + - - - - - -...... 4 5 - 1 - - - - - -........
40 40
35 E 35 E
3 0 - 1 - - - -.... 3 0 + - - - -...
25~--- ...... 25-1-"---.....
20,-----..../ 2O,--.......~/
15 15
10 10
5-1'---r-~~-"-~___1~~'"_~~~~~~~~~~~ 5-1'-...,...(}fJ-~-+-+___1~-----Jf-~~~~~~~~~-~
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 85 70 75 80 85 90 95 10 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10
o o
CoeffICient Los Angeles Coefficient Los Angeles

100 100
95 QUARTZITE
~al 95 PORPHYRE
90 C 90
85 è 85
80
·ë" 80
75 75
1:
70 .!II 70
u
85 le 65
60
~
U 60
55 55
50 50
4 5 + - - - - - -........ 45
40 40
35 E 35 E
30~---_.../ 30
25-r"'--..... / 25
20,--........ / 20
15 15
10 10
[Link]~~~\-\-.f-~.f-~~~r-r-r-r-~~~ 5
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10
o o
Coefficient Los Angeles Coefficient Los Angeles

100
95 RHYOLITE
90
85
80
75
70
65
60
55
50
45+------~
40
35 E
3 0 - 1 - - - -...
25~--.... /
20 T~-~~/
15
10
5-1<-~-P-~\-.f--I-~-I-~~~~~~~~~~
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10
o
Coefficient Los Angeles

126
EXPERIMENTATIONS

Ces graphiques montrent, comme précédemment (Boëdec, pour la Lorraine uniquement),


que les calcaires présentent une certaine corrélation entre les valeurs de LA et de MDE,
malgré une importante dispersion du fait de la non différenciation des faciès.

Toutefois, les calcaires tendres (E,F) résistent moins bien à l'attrition (!) alors que les
calcaires plus durs (B, C, D) sont moins performants aux chocs. Mais, il peut s'agir ici d'un
artéfact dû à l'essai Los Angeles lui-même (effet matelas associé à l'augmentation du
spectre granulaire).

En revanche, les matériaux riches en silice résistent toujours bien à l'usure, mais
présentent (souvent) un caractère fragile.

Les silico-calcaires ont un comportement qui se rapproche des matériaux siliceux.

314) SPECIFICITES DES CARACTERISTIQUES LA ET MDE DES CALCAIRES

Les calcaires présentent des caractéristiques intrinsèques très dispersées. Aussi, avons
nous repris indépendamment les données concernant les carrières pour lesquelles les
faciès sont identifiés. Ce traitement fait l'objet des tableaux (tab.31-2) et des graphiques
(fig. 31-2) suivants.

127
EXPERIMENTATIONS

tab. 31-2: valeurs LA et MDE pour différents faciès calcaires exploités


en région lorraine

Lieu Faciès LA MDE Lieu Faciès LA MDE

Viterne 22 26
Removille 37 40

A33 32 41
Calcaire à entroques Calcaire
Rouvres gréseux et à 27 31
Châtenois 27 37
entroques

Removille 30 39 Courcelle 1
25 34
Châtenois

Lieu Faciès LA MDE


Lieu Faciès LA MDE
37 70
Echrange Calcaire d'Ottange 35 53
62 78 Lorry -
Mardigny
21 22

Lieu Faciès LA MDE Viterne 28 35

Viterne 22 26
Crepey 28 33

A33 Oolithe blanche 33 36 Polypiers


inférieurs 27 28
A 33-
35 30
sondage A33 27 30

24 21

Rouvres 27 29
Lieu Faciès LA MDE
Châtenois 23 30
Selaincourt 24 29
Oolithe miliaire
inférieure
Harmonville 27 38
Lieu Faciès LA MDE

CO 15 37 66

Norroy 32 36
Lieu Faciès LA MDE

Bicqueley 44 86 Favière 23 21

Oolithe miliaire
Tranqueville 29 36 Viterne 36 34
supérieure Polypiers
Courcelles 1 supérieurs
Jaillon 55 57 25 26
Chatenois

Beaufremont 26 23

Harchéchamps 28 26

Pompierre 35 32

128
EXPERIMENTATIONS

fig. 31-2 performances des granulats calcaires lorrains selon différents faciès.

..
ç
>
100
95
90
CALCAIRES A ENTROQUES ..>
100
95 CALCAIRE O'OTIANGE
ç 90
~
85
~
85
'Ë 80 80
'Ë 0
75 75
~ 70
c
,91 70 0
U
>li
"
Ü
~
85
60
Ü
~
65
60
55 55
50 50
45 45
40 00 40
35
0
35
30 30
25 25
20 20
15 15
10 10
5 5
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 65 90 95 10 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10
0 0
Coefficient Los Angeles CoeffICient Los .AI1geles

..
li
100
95 CALCAIRE A OOLITHES BLANCHES .. >
100
95 OOLITHE MILIAIRE INFERIEURE
ç 90 ç 90
0 85
l; ~ 85
80 Jo! 80
Ë E
ë 75 75
.91 70 ~ 70
'u
"
~ ~
65 85
Ü
60 60
Ü
55 55
50 50
45 45
40 40
0
35 35
30 30
25 25
20 20
15 15
10 10
5 5
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 BQ 85 90 95 10
0 0
Coefficient Los Angeles Coefficient Los Angeles

..
>
C
100
95
90
OOLITHE MILlAJRE SUPERIEURE
...
>
C
100
95
90
CALCAIRE GRESEUX ET A ENTROQUES

"
l;

ë<D
85
80
75
0
"
l;

85
80
75
ë<D
70 70
'u 'u
"
~
Ü
65
60 "
~
Ü
65
60
55 55
50 50
45 45
40 40 0
35 E 0 35 E
30 30
25 25
20 20
15 15
10 10
5 5
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10
0 0
Coefficient Los Angeles Coefficient Los Angeles

129
EXPERIMENTATIONS

100 100
95 POLVPIERS INFERIEURS 95 POLYPIERS SUPERIEURS
90 90
85 85
80 80
75 75
70 70
65 65 0
60 60
55 F 55 F
50 50
45+---_ 451----_
40 40
35 E 35 E 0
3O-I-----eV 30+-:---./
25+"'-~~/ 25-<----....
20 20
15 B 15 B
10 10
[Link]..,.~"'--\---1-l---..----1-~~~~~~~ 5-j<-.,.-~.,-+--+---'1------r----I---.~~~~~~~

51015~~~~~45~~~65ro7500MOO~10 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 10
o o
Coefficient Los Angeles Coefficient los Angeles

Quel que soit le faciès, on retrouve la même tendance, c'est-à-dire une variation
concomitante des propriétés mécaniques avec toujours une « défaillance» de la
résistance à l'usure pour les produits les plus tendres.

Par contre, on retrouve des différenciations intéressantes entre les faciès, à l'avantage de
ceux ayant les textures 8ounstone à Grainstone (polypiers, oolithes), au détriment des
textures à grains non jointifs (Wakestone, ... ) comme le calcaire d'Ottange et l'oolithe
miliaire supérieure.
Les premiers peuvent atteindre la catégorie C alors que les seconds sont plus
généralement classés E et F.

315) CARACTERISATION DES CALCAIRES EN TRACTION ET EN


COMPRESSION

D'autres essais simples peuvent être pratiqués sur les roches, pour quantifier leur
potentiel mécanique. Il s'agit ici d'appliquer la démarche proposée dans l'ouvrage de
Arquié et Tourenq [J-1] et de mettre en parallèle les performances mécaniques
(compression et module) générales moyennes des roches avec leurs performances
intrinsèques (LA et MDE).

Le tableau ci-après (tab.31-3) reprend les valeurs moyennes des données proposées par
ces auteurs, pour les roches calcaires.

130

1 1
EXPERIMENTATIONS

tab.31-3: caractéristiques moyennes nationales des roches calcaires,


Arquié et Tourenq [J-1]

Coefficient micro-
Résistance à la Module de déformation Coefficient Los
Deval en présence
compression (MPa) (Gpa) Angeles (%)
d'eau (%)
180 75 20 14
80 40 40 20
35 28 65 30
10 12 85 60
5 100 (*) 100 100

(*) valeur probablement erronée

Nous avons recherché des expressions numériques simples figurant les relations entre
ces différentes propriétés, sans chercher une justification « naturaliste» pour les
coefficients trouvés. Les six combinaisons possibles sont figurées sur les graphiques
suivants (fig.31-3), avec les relations proposées reportées sur les graphiques.

Les documents relatifs aux modules sont donnés à titre informatif. Nous y avons toutefois
rapporté la plage des modules des GTLH, à titre de comparaison.

fig. 31-3: relations entre les performances mécaniques des roches calcaires et les
caractéristiques intrinsèques des granulats (selon Arquié et Tourenq, [J-1])

LA=f(R MDE=f(RC:
LA(%) MDE(%)
y = -[Link](x) + 137
100 2
0 y~22lx -0,"'"
R = 0,99 100
R' ~ 0,99

80 80

0
60 60

40 40

20 20

RC (Mpa RC (Mpa:

50 100 150 200 250 300 350 400 45 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 20l

131
EXPERIMENTATIONS

E=f(MDE
E (Gpa) 0
y = 1726,,1,217
R2 = 0,99

zone de module des GTLH

MDE(%

10 20 30 40 50 60

Pour la relation entre LA et MDE, un ajustement unique n'a pas été retenu compte tenu de
la distribution des points. Deux lissage sont proposés (fig.31-4) ; l'un pour le domaine de
définition LA E [20 ;65] qui correspond à la courbe basse, l'autre pour le domaine LA E

[65 ;100] pour la courbe haute.

fig. 31-4 : relation entre les coefficients LA et MDE - Lissage des points par domaines de
définition

100 y= 3,2085e""'" 0
MDE (%) R': 1 1
90 1
1
80 /
70 /
/
60 (j
/
50 /
/'
40 ,,-
,,-
..-::
30 y= [Link],OUi9x
20 R'= 1

10
---
Ol-----,----.-----,----r-~--~-~-__.__-~-__,
LA (%)

o 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

132

1 1
EXPERIMENTATIONS

Ces graphiques montrent qu'il existe manifestement des relations avérées entre les
caractéristiques mécaniques des roches calcaires et les caractéristiques intrinsèques des
gravillons.

Rappelons que ces relations ont été figurées ici par des ajustements de formes variées,
qui minimisent les écarts, sans qu'une signification physique particulière n'ait été
recherchée.

Confrontation avec certains résultats propres aux calcaires lorrains

On utilise ici des mesures de compression réalisées dans le contexte de cette étude, sur
des matériaux provenant des sites d'Attignéville et de Viterne (calcaire à polypiers du
bajocien situés au sud de Nancy) et de Montois la Montagne (calcaire du bajocien situé à
l'ouest de Metz).

Des mesures de traction ont été également réalisées sur ces matériaux.

Les échantillons ont été obtenus par carottage sur blocs de roches ne présentant pas,
visuellement, de discontinuités. Les corps d'épreuves sont des cylindres.

Pour la résistance à la traction, deux méthodes d'essais ont été utilisées: la traction
directe (diamètre 2,7 cm, hauteur 6,5 cm moyen) et la traction par fendage (diamètre 5,4
cm, hauteur 10 cm moyen).

La résistance à la traction consiste à appliquer un effort de tension aux extrémités de


l'éprouvette collées au système de traction. La force conduisant à la destruction de
l'éprouvette (Fr) est divisée par la surface de rupture (8). La résistance à la rupture (Rt)
s'exprime donc de la manière suivante:

Rt=~
lOxS
2
Avec Rt en MPa, Fr en daN, et S en cm .

133
EXPERIMENTATIONS

Cette manipulation est facilement maîtrisée pour des éprouvettes usinées, ainsi que pour
les éprouvettes de MTLH. En revanche, elle est plus délicate pour les éprouvettes de
roche. C'est pourquoi nous avons mis au point un dispositif spécifique figuré ci-après
(fig.31-5).

fig. 31-5 : dispositif permettant la traction directe d'un élément de roche

Sertissage de la roche dans


. .- - - une résine époxy

Eprouvette de roche à tester

Filetage serti pour liaison au


système de traction

Ce dispositif est assez laborieux à mettre en œuvre. Il n'a finalement pas été retenu dans
le cadre de ces travaux.

La résistance à la traction par fendage (Rtb) consiste à soumettre une éprouvette en


compression diamétrale. La charge de compression (Fr) est appliquée, dans le cas d'un
cylindre de rayon (R), le long de deux génératrices de hauteur (H) diamétralement
opposées (fig.31-6). L'expression de la valeur de la résistance au fendage est:

Rtb= Fr
lOxRxHxJr

Avec Rtb en MPa, Fr en daN, Ret H en cm.

134
EXPERIMENTATIONS

fig. 31-6: Exemple d'éprouvette de roche soumise à un test de résistance au fendage

Mise en place de l'éprouvette entre Eprouvette rompue par compression diamétrale:


les plateaux de la presse fendage

C'est cette méthode de mesure qui nous a servi à effectuer la détermination de la


résistance au fendage des différentes roches que nous avons retenues.

Un coefficient de correspondance arbitraire de 0,80 a été appliqué aux résultats, pour


transformer la traction par fendage en traction directe. Le coefficient est celui
habituellement pris comme référence, entre autre pour les MTLH.

La résistance à la compression simple d'un cylindre de roche consiste à mettre en charge


l'échantillon dans l'axe de sa génératrice longitudinale. L'appui s'effectue sur les faces
parallèles de l'éprouvette pour éviter les phénomènes de flambement ou de chargement
dévié (fig.31-7). De plus, pour éviter des pointes de compression, nous avons utilisé deux
moyens d'interposition entre l'éprouvette et les plateaux de la presse. A la base de
l'éprouvette, nous avons utilisé une boite à sable. Le sable employé est un sable fin de
silice. Le diamètre de la boite à sable a été choisi de grande taille relativement au

135
EXPERIMENTATIONS

diamètre de l'éprouvette pour éviter tout phénomène de frettage. En tête d'échantillon


nous avons mis une simple plaque de contreplaqué d'épaisseur 5 mm.

L'expression de la valeur de la résistance à la compression (Rc) est:

Rc=~
lOx S

Avec Rc en MPa, Fr la charge de rupture en daN, S la section de l'éprouvette en cm 2 .

fig. 31-7: éprouvette de roche soumise à un test de résistance à la compression


On constate que le mode de rupture est comparable à celui d'autres matériaux plus
traditionnels, comme les bétons.

Mise en place sous presse Surfaçage inférieur au sable Eprouvette rompue

Résultats
Les valeurs présentées (tab.31-4) concernent un large choix de calcaires lorrains, allant
des plus tendres au plus durs. De plus, l'andésite de Raon l'Etape a été mentionnée à titre
de référence. Les valeurs de LA et MDE obtenues sur les granulats issus de ces roches
sont également portés dans le tableau 31-4, avec la classification dans le référentiel de la
norme XP P 18-540.

136
EXPERIMENTATIONS

tab.31-4: base de données (RC / Rtb / LA et MDE)

Rt = 0,80 Rtb RC
Site XPP
moyenne en moyenne MDE LA
Nature de la roche 18-540
MPa en MPa
Montois la Montagne
2,28 18,61 68 55 F
Oolithe de Jaumont (*)
Montois la Montagne
2,82 20.71 45 35 E/F
Calcaire à polypiers (*)
Viterne
Calcaire 3,04 71.50 32 31 E
Calcaires à entroques
Viterne
3,84 51.80 31 30 E
Calcaire oolithique
Attignéville
6,88 73.2 23 19 C
Polypiers supérieurs
Raon l'Etape
Référence - 400 9 9 A
Andésite
(*) Appellation commerciale

Ces résultats ont été reportés dans les graphiques établis avec les données de Arquié et
Tourenq, afin d'établir des comparaisons. Ces graphiques reprennent les lissages
initialement obtenus, qui représentent les « moyennes nationales» (fig. 31-8 à 10). Les
points figurés en noir représentent les calcaires lorrains testés.

fig. 31-8: relation entre la résistance à la compression et les coefficients LA et MDE


Cas des calcaires lorrains

100 LA=t(RC) 100 MDE =t(RC)


LA(%) MDE(%)
90 90
80 80
70
60
70
60

50 50
40 40
30 • 30
20
10
• 20
10
RC (MPa)

0 0
0 40 80 120 160 200 240 280 320 360 400 440 0 40 80 120 160 200 240 280 320 360 400 440

137
EXPERIMENTATIONS

Les courbes montrent la spécificité des calcaires lorrains, dans le sens où ces matériaux
de faible résistance en compression, en général, présentent des résistances aux chocs
intéressantes (faible LA). L'ensemble des calcaires français décrits par Arquié et Tourenq
montre une tendance différente puisque les faibles valeurs de LA ne sont obtenues
qu'avec des matériaux plus résistants à la compression.
A l'inverse, pour le MDE, « nos)} calcaires sont un peu au-delà de la courbe moyenne des
calcaires français, puisque les valeurs obtenues sont un peu plus fortes.
Enfin, le graphique LA, MDE montre une nette différence par rapport à l'ensemble des
calcaires, au détriment du MDE qui est d'autant plus élevé que le LA est élevé
(confirmation des tendances précédentes).

fig. 31-9: relation entre coefficients LA et MDE

100
MDE(%) Droite d'égalité
90

80

70

60 MDE =f( LA)

50

40

30

20
Moyenne nationale
10
LA(%)

10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

La notion de calcaire « tendre)} attribué aux calcaires lorrains ne serait donc imputable
qu'aux médiocres résistances à l'attrition, qui restent toutefois comparable à celles des
autres calcaires français de même résistance à la compression.
On peut alors s'interroger sur le caractère discriminant du coefficient MDE dans la
classification des gravillons pour assises routières, en présence d'un liant hydraulique
notamment, où les grains sont solidaires (excepté peut être au droit des fissures de retrait).

138
EXPERIMENTATIONS

Enfin, pour être exhaustif, nous complétons ce document par la présentation des relations
entre la résistance à la tractions (Rt) et les paramètres LA, MDE et RC (fig. 31-10).

fig. 31-10: relation entre la résistance à la traction, les coefficients LA et MDE et la


résistance à la compression - Cas des calcaires lorrains

100 LA=f( Rt 100 MDE=f(Rt)


LA(%) MOE(%)
90 90
80 80
70
60
70
60

50 • 50
40 40 •
30 •• • 30 • •
20

Rt (MPa)
20 •
10 10 Rt(MPa)
0 0
0 2 3 4 5 6 7 8 0 2 3 4 5 6 7 8

100 RC=f(Rt)
RC (MPa)
90
VITERNE ATTIGNEVILLE
80
70 • •
60
50 •
40
30
20
10
• •
Rt(MPa)
0
0 2 3 5 6 8

On remarque que les calcaires qui présentent une résistance à la traction (Rt) supérieure
à 2,5 MPa ont des coefficients LA et des coefficients MDE plutôt faibles. Ces valeurs
dépendent assez linéairement de la valeur de Rt, dans le sens où plus la Rt augmente,
meilleure est la résistance aux chocs et à l'attrition des granulats.
En deçà de 2,5 MPa, ces coefficients deviennent particulièrement médiocres.
Enfin, il n'existe pas de relation avérée entre la résistance à la compression (Rc) à la
traction (Rt). Deux calcaires de même Rc peuvent avoir des Rt qui évoluent du simple au
double.

139
EXPERIMENTATION

3 - 2 ADHERENCE LIANT HYDRAULIQUE ROUTIER-


GRANULATS - Observation des zones de contact

321) INTRODUCTION

Une bonne adhérence entre la phase liante et les granulats est un gage de réussite d'un
MTLH. Pour imager notre propos, on peut assimiler un MTLH à un empilement de grains
fortement serrés dont la cohésion est donnée par phase liante durcie (fig. 32-1).

fig. 32-1 : aspect de la structure d'un MTLH calcaire (plan de fracture d'une éprouvette).
On aperçoit les grains, la phase liante et les vides occlus.

La résistance à la traction et le module, propriétés habituellement recherchées pour le


produit, vont donc dépendre des propriétés de la phase liante, de celles du granulat et,
dans une certaine mesure, de l'adhérence entre les deux constituants du composite. En
effet, à propriétés mécaniques égales, l'adhérence assure une meilleure répartition des
sollicitations, entre la phase liante et le granulat. Le champ de contrainte est plus isotrope,
ce qui induit un comportement mécanique plus homogène. Grâce à l'adhérence entre les
deux constituants, et dans les conditions d'une formule optimale, le composite peut alors
atteindre une résistance supérieure à la résistance maximale du granulat ou de la phase
liante seules [K-1]. Cela est d'autant plus vrai pour les matériaux en limites de
spécifications de notre étude, dont les propriétés mécaniques se rapprochent de celle de
la phase liante.
On peut, à ce stade, réaliser quelques calculs élémentaires à partir d'une formule courante
de MTLH, pour caractériser la structure du produit. Prenons l'exemple du mélange

140
EXPERIMENTATION

représenté sur la figure précédente. Il s'agit d'un MTLH à base des calcaires à polypiers
0/6 et 6/20 de Montois-la-Montagne et de liant routier LSC+. Les propriétés des
constituants et les proportions du mélange sont données dans le tableau ci-dessous
(tab.32-1).

tab. 32-1 : exemple de formule d'un MTLH. Matériaux calcaires de Montois-la-Montagne

Matériau MVR Ab % dans le mélange Masse Volume


0/6 2,56 2,2 34,5 345 135
6/20 2,57 2,0 62 620 241
LSC+ 2,9 0 3,5 35 12
100 1000 388
Eau 1 / 7,5 75 55(*)
1075 443
(*) En tenant compte de l'absorption
Les masses volumiques apparentes sèches issues de l'essai Proctor modifié (tab.32-2)
permettent de calculer le volume des vides du mélange humide ou du mélange sec. On
notera que ces volumes sont relativement conséquents. Pour le produit durci, on peut
estimer qu'il est de l'ordre 12 %, compte tenu de l'eau mobilisée pour l'hydratation du liant.
Ces vides apparaissent essentiellement sous forme de cavernes localisées (voir photo
fig. 32-1). Le reste du composite est plutôt homogène, avec un bon «enrobage» des
grains.

tab. 32-2: exemple de formule d'un MTLH. Matériaux calcaires de Montois-la-Montagne

Humide Sec
2,426 MVR théorique 2,577
2,220 MVR Proctor modifié 2,140
8,5 vides intergranulaires (%) 17

Sur la base des relations utilisées dans le domaine des bétons, ces calculs sommaires
permettent aussi d'estimer un ordre de grandeur de la résistance à la compression (Féret)
et à la traction (de Larrard) de la phase liante (rapport e/c, volume des vides, etc.). On
obtient respectivement (de l'ordre) de 5 et de 0,9 MPa pour ces deux propriétés.

141
EXPERIMENTATION

Sachant par ailleurs que les classes obtenues avec ce mélange sont typiquement G3-G4,
classes pour lesquelles la résistance à la traction du composite est comprise entre 1 et 2
MPa, on peut alors prétendre que le surcroît de performance est dû à l'adhérence entre la
pâte liante et les grains (la résistance à la traction des grains étant de l'ordre de 2,5 MPa
pour ce produit, (voir publication 2 - partie 4).
Notons enfin qu'à adhérence égale, pour un même granulat, la résistance à la traction
dépend de celle de la phase liante. Cette résistance peut être améliorée, sans surcroît de
ciment, si l'on réduit le volume des vides, en augmentant la compacité du squelette
granulaire (proportions du mélange, forme des grains, etc.).
La texture des grains intervient aussi, dans la mesure où des surfaces rugueuses donnent
une meilleure adhérence (ou verrouillage) mécanique.
Enfin, des réactions chimiques peuvent intervenir entre le liant et le grain, donnant
naissance à des phases minérales qui augmentent la résistance mécanique. Il s'agit de
carboaluminates, dans le cas des calcaires. Ces phases modifient la structure de l'auréole
de transition [K-2], en périphérie des grains poreux. Elle ne constitue plus alors une zone
de faiblesse, comme dans le cas de certains bétons. La rugosité des grains peut aussi
évoluer dans le cas des roches calcaires, par passage en solution d'ions Ca++ et C0 3 --.

L'adhérence entre pâte liante et grains, sous ses diverses formes, apparaît donc comme
l'un des paramètres influant de la résistance à la traction des MTLH. Le but n'est pas ici de
proposer des modèles capables de prévoir la part respective de chacun de ces éléments
dans la résistance globale. Il s'agit plus simplement de rapporter une série d'expériences
réalisées avec différents gravillons, pour montrer l'importance de l'adhérence, dans le cas
des mélanges calcaires notamment.

322) OBSERVAT/ON DE L'ADHERENCE

Nous avons effectué des moulages de gravillons de différentes natures pétrographiques


dans un mortier formé d'un mélange de liant hydraulique (CEM II/B-M (L-S-V) 32,5R) et
de fines de silice. Les éprouvettes réalisées ont été rompues par fendage et les plans de
fractures ont été observés.

Les gravillons sélectionnés pour cette étude sont de natures pétrographiques différentes.
Leurs caractéristiques et propriétés sont présentées dans le tableau suivant (tab.32-3). La
coupure granulaire retenue est 6,3/10. Aucun « déplatage » n'a été effectué, de façon à ce
142
EXPERIMENTATION

que la forme des grains soit représentative du procès de fabrication. De plus, les granulats
ont été lavés sur la toile de 6,3 mm pour éviter les problèmes de pollution.

tab. 32-3 : caractéristiques des gravillons échantillonnés

Coefficient Coefficient
Provenance Pétrographie
LA MDE
Oolithe (*) 55 69
Polypiers (*) 37 47
Montois la Montagne
Polypiers gris - -

Polypiers jaunes - -

Jaillon Oolithe miliaire supérieure 48 67


Viterne Polypiers inférieurs et supérieurs 35 33
Hersbach Grauwacke 12 9
Raon l'Etape Andésite 9 9
Bille de verre Silice - -
.
( ) Appellation commerciale

Le tableau (tab.32-4) suivant permet de visualiser la morphologie des grains utilisés.

tab. 32-4: caractéristiques morphologiques des granulats testés

Provenance Pétrographie Morphologie

Montois la
Polypiers
Montagne

6.3/10 MONTOIS LA MONTAGNE


POLYPIERS

Polypiers gris

6.3110 MONTOIS LA MONTAGNE


POL YPIERS GRIS

143
EXPERIMENTATION

Polypiers jaunes

6.3/10 MONTOIS L A MONTAGNE


POL YPIERS JAUNES

Oolithe miliaire
Jaillon
supérieure

6.3/10 JAILLON

Polypiers inférieurs
Viterne
et supérieurs

6.3/10 VITERNE

Hersbach Grauwacke

6.3/10 HERSBACH

s.c.o. • U.H.P. C
BUOTHÈOUE OES setE CE~
Rue du Jardl!" 8otanlo ue • BP 1'\
144 Y601 VlLLERs-LES-AANCV ~~
EXPERIMENTATION

Raon l'Etape Andésite

6.3/10 TRAPP

Le liant hydraulique retenu n'est pas un liant routier, mais un ciment CEM II/B - M (L-S-V)
32,5R. Une charge siliceuse a été ajoutée au ciment, pour limiter son dosage. Il s'agit du
sable 0/200 IJm utilisé pour l'indice de rupture des émulsions. L'eau employée pour le
gâchage des éprouvettes est celle du réseau public.

La pâte liante a été formée par un mélange de 80 % de ciment et de 20 % de fines de


silice. La quantité d'eau a été ajustée pour avoir une fluidité (arbitraire) compatible avec le
coulage. Le rapport E/C de cette pâte est de 0,46. Il a été maintenu constant pour toutes
les éprouvettes.
Les granulats ont préalablement été imbibés d'eau, selon la méthode de la norme NF P
18-554, pour éviter tous risques dus à l'absorption. Les granulats ont ensuite été essuyés
(surface sèche).
Ces granulats sont enrobés dans le mortier fluide puis disposés (empilés) dans des
moules cylindriques d'environ 5 cm de diamètre et 6 cm de hauteur. Du coulis de mortier
est alors versé sur ces grains pré-laqués, pour remplir tous les interstices. Le moule a été
soumis à une dépression de 350 mm de Hg pendant une minute pour limiter autant que
possible les bulles d'air. Les éprouvettes sont alors étanchées puis conservées à
température constante (20°C +/- 2 OC)
Elles ont été rompues par fendage après 28 jours de cure. Les résultats des essais sont
reportés dans le tableau suivant (tab.32-5). Les valeurs ne sont données qu'à titre
informatif, car statistiquement peu fiables. Par ailleurs, nous avons attribué une échelle
sonore pour caractériser le mode de rupture des éprouvettes testées, sans toutefois
trouver de relation avec la résistance du matériau ou les caractéristiques des grains.

145
EXPERIMENTATION

tab. 32-5 : résultats des essais mécaniques (fendage diamétral)

H D F Rtb
Provenance Pétrographie Rupture
(cm) (cm) (daN) (MPa)
Très
Oolithe 6.085 5.215 1082 2.17
souple

Polypiers 5.815 5.215 1722 3.62 Brutale


Montois la Montagne
Polypiers gris 5.800 5.215 1434 3.02 Souple

Polypiers jaunes 6.090 5.215 1581 3.17 Brutale

Jaillon Oolithe miliaire supérieure 6.141 5.215 1187 2.36 Souple

Polypiers inférieurs et
Viterne 5.806 5.215 1436 3.02 Brutale
supérieurs

Hersbach Grauwacke 5.990 5.215 1832 3.73 Brutale

Raon l'Etape Andésite 5.655 5.215 1400 3.02 Souple

Très
Bille de verre Silice 5.745 5.215 1122 2.38
brutale

Pâte de mortier pure - 5.745 5.215 1760 3.74 Brutale

Trois niveaux d'adhérence ont été déduits de l'observation des plans de fracture: non
adhérent, faiblement adhérent et fortement adhérent. Le résultat de ces observations est
reporté dans les planches photographiques suivantes (fig. 32-2 à 32- 5)

fig. 32-2: plans de fracture du mortier (témoin)

témoin

~ mortier de ciment

146
EXPERIMENTATION

fig. 32-3 : plans de fracture du mélange non adhérent

non adhérent

» billes de verre

fig. 32-4 : plans de fracture de mélanges à faible adhérence

faiblement adhérent

» Raon l'Etape

» Hersbach

fig. 32-5 : plans de fracture de mélanges de forte adhérence

forte adhérence

» Jaillon

147
EXPERIMENTATION

~ Viterne

~ Montois la Montagne

~ Montois la Montagne (gris)

~ Montois la Montagne Uaunes)

Enfin, des lames minces ont été réalisées sur les mélanges à base des granulats de
Montois la Montagne, pour visualiser de manière plus précise la qualité de l'enrobage des
grains (fig.32-6).

148
EXPERIMENTATIaN

fig. 32-6 : observation du contact granulat / mortier sur lames minces


Matériaux de la carrière de Montois la Montagne (Calcaire) - CEM II/B

(x 40)

(x 400)

Les lames minces, observées en LPPA plus lame d'onde pour le calcaire (couleur mauve),
montrent clairement la capacité qu'a le mortier de liant hydraulique à enrober les grains
jusqu'au niveau de la fine texture des granulats. Egalement, on peut voir que les granulats
calcaires ont une rugosité qui s'étale sur bien des échelles. Lorsque l'on observe le cliché
du calcaire avec un grossissement de 400 x, on distingue nettement la rugosité générée
par la rupture du cortex d'une oolite après le départ du nucléus.

149
EXPERIMENTATION

323) RESISTANCE DE L'INTERFACE LIANT1 GRANULAT

Ces travaux concernent des bétons à base de granulats calcaires [K-3]. L'idée était de voir
l'influence de la teneur en laitier sur la résistance à la traction. Nous avons mis au point
une méthodologie pour essayer de qualifier la qualité de cette affinité entre la roche
calcaire et le liant hydraulique utilisé. Le domaine des bétons n'est pas très éloigné de
notre contexte d'étude sur les GTLH. Seules les méthodes usuelles de formulation, les
teneurs en liant ainsi que bien souvent la nature des liants peuvent changer. Mais, dans
les deux cas, il s'agit de mélanger des granulats à un liant hydraulique et de le compacter
de manière à obtenir une produit aussi dense que possible pour bénéficier pleinement de
son potentiel mécanique.

Des prismes (parallélépipèdes rectangles) ont été réalisés. Ces prismes sont constitués
de deux parties: la moitié est une pâte pure de liant hydraulique (ciment) et la seconde
moitié est la roche testée. Le point de contact de ces deux phases est l'interface que nous
nous sommes proposés d'observer lorsque l'on fait subir à cette éprouvette un test de
flexion simple (fig. 32-7).

fig. 32-7: schéma de mise en charge des prismes biphasiques (roche 1 pâte pure de
ciment)

Cylindre inox
~ Effort appliqué: F

~
_I-;+- Prisme: Base = b ; hauteur = h
Fibre neutre: v = h/2

1/2

150
EXPERIMENTATION

La valeur de traction est déduite de la loi de Hooke:

Rt=Mf
%
avec

• Mf (moment fléchissant) Mf = I± ~ x ~I
bx h 3
• 1(moment quadratique) 1 = - -
12

Deux natures de ciment ont été testées: un CEM Il et un CEM III. La roche provient de la
carrière de Viterne où nous avons prélevé différents faciès présents sur le front de taille.
Tous les résultats de ces manipulations sont reportés dans les deux tableaux ci-dessous
(tab. 32-6 et 32-7).

tab. 32-6: résultats des mesures avec le CEM III

4
N° Imm bmm hmm fdaN 1em vern [Link] Rt MPa Rupture (*)
1 24,90 18,55 18,52 109,6 0,982 0,93 68,2 6,43 b
2 26,78 17,76 13,12 47,8 0,334 0,66 32,0 6,27 b
3 26,65 18,33 18,50 76,0 0,967 0,93 50,6 4,84 b
4 26,65 13,80 18,42 54,8 0,719 0,92 36,5 4,68 b
5 26,65 19,67 17,23 80,2 0,838 0,86 53,4 5,49 b
6 26,65 19,50 19,00 89,0 1,115 0,95 59,3 5,05 b
moyenne 5,46

tab. 32-7: résultats des mesures avec le CEM Il

4
N° Imm bmm hmm fdaN 1em vern [Link] RtMPa Rupture (*)
1 26,60 18,54 13,55 21,2 0,384 0,68 14,1 2,48 a
2 26,60 18,70 17,38 42,8 0,818 0,87 28,5 3,02 a
3 26,60 18,50 16,96 62,5 0,752 0,85 41,6 4,69 a
4 26,80 16,26 19,66 63,0 1,030 0,98 42,2 4,03 a
moyenne 3.56

(*) Positions des plans de ruptures ('ig.32-8).

151
EXPERIMENTATION

fig. 32-7: positions des plans de fractures observés lors des essais de flexion

1
11

(
1
Liant 1 1
1 1
Roche
1 1

1
1
1
1
1 1
1 1
1
1

b,'
1

:8
1
.
1

Avec le CEM III, la rupture ne se produit pas à l'interface, mais légèrement décalée vers le
liant. La valeur moyenne de Rt est 5,5 Mpa. Pour le CEM Il, la rupture se produit à
l'interface avec, pour valeur moyenne de Rt, 3,6 Mpa. Nous en concluons donc que le
« collage» au CEM III est supérieur à la résistance de la roche (qui rompt en premier)
alors que pour le CEM Il, l'interface est le point de fragilité. Les résistances de collage
réelles sont donc meilleures avec un liant à base de laitier.

Les travaux de Lecomte [K-4] , portant sur l'influence de la nature du ciment sur les
propriétés des mortiers calcaires, ont montré que le CEM III était le liant le plus performant
avec les granulats calcaires. Une hypothèse était cependant émise quant à son efficacité
à l'interface: «En présence des grains calcaires, il semblerait qu'il se forme des échanges
et des combinaisons qui rattrapent, au niveau de la pâte, (et du contact ?), le manque de
résistance des grains».

Nos essais comparatifs ont donc permis de visualiser l'intérêt d'utiliser des ciments à base
de laitier et de donner une valeur qualitative aux résistances de contact. Les travaux
réalisés sur les bétons sont très certainement extrapolables aux produits routiers puisque
nous connaissons bien maintenant la grande affinité des liants routiers fortement dosés en
laitier avec les granulats calcaires.

152
EXPERIMENTATION

324) CONCLUSION

Par ces quelques manipulations simples, nous avons voulu montrer que les granulats
calcaires de la région lorraine présentent de bonnes dispositions vis-à-vis de l'adhérence,
qui est un élément important de la performance en traction attendue pour un MTLH.
Comparés à d'autres natures de granulats, les calcaires ne présentent pas d'anomalies
particulières vis-à-vis de l'accroche liant / granulat. Au contraire, ils présentent
généralement une bonne adhérence à la pâte, ce qui constitue un atout pour leur emploi
en techniques routières. Il faut toutefois une propreté des grains satisfaisante pour ne pas
perdre le bénéfice de l'adhérence. En effet, on peut penser que l'adhérence est d'autant
meilleure que le granulat est propre, car les relations physique et chimiques avec la pâte
en dépendent pour une large partie.

153
EXPERIMENTATIONS

3-3 INFLUENCE DES FINES D'ATTRITION

331) INTRODUCTION

La présence de fines d'attrition dans les graves traitées et, peut-être, dans une moindre
mesure, dans les sables traités, soulève deux points importants.

Le premier concerne les ouvrages en service, où le frottement vertical des parois des
« dalles », au droit des fissures « naturelles» des GTLH, conduit fréquemment à une
certaine attrition, en particulier si le matériau a un MDE faible. Les fines générées peuvent
alors remonter en surface, voire venir s'intercaler entre les différentes couches de la
structure, induisant des ruptures de collage. Cette « usure» des épontes aurait aussi pour
effet de réduire la « rugosité» des parois. La couche ne pourrait plus bénéficier alors de
l'effet d'engrènement typique des formulations à base de granulats concassés (plus
résistants), effet favorable report d'effort tranchant. Ces cas auraient été relevés sur des
ouvrages en service, à plusieurs reprises, par plusieurs professionnels du domaine routier.

Nous avons initialement envisagé d'aborder ce problème à partir de l'étude détaillée de


carottes prélevées au droit des fissures d'ouvrage en service. Mais la réalisation pratique
des sondages n'a malheureusement pas pu être effectuée dans le cadre de ce travail.

Le second point concerne le rôle des fines d'attrition des granulats calcaires sur la
cinétique de prise, au moment de la mise en oeuvre. Nous avons examiné ce problème en
étudiant les performances mécaniques en traction de pâtes à base d'un liant hydraulique
routier spécialement formulé pour les matériaux calcaires, additionnées ou non de fines
calcaires ou siliceuses.

Signalons que dans la partie suivante (3-4), nous nous sommes intéressés à l'évolution de
la granularité de matériaux calcaires de diverses caractéristiques intrinsèques en fonction
de divers paramètres de mise en œuvre, pour quantifier notamment la variation de la
fraction fine.

154
EXPERIMENTATIONS

332) FINES D'ATTRITION ET CINETIQUE DE DURCISSEMENT

La manipulation repose sur la mesure de la résistance à la traction de mélanges à base


d'un liant routier pur ou additionné de fines calcaires ou siliceuses ajoutées au même taux.
Ces mélanges ont été hydratés et moulés, puis les produits durcis ont été sollicités en
compression diamétrale. Un suivi dans le temps des performances a été fait.

3321) Produits utilisés

Les constituants que nous avons utilisés sont les suivants:

Le liant hydraulique employé est un liant spécial routier: LSC+ 1. Ce produit a été
spécialement mis au point pour les techniques de MTLH à base de granulats à caractère
basique. Il s'agit d'un liant contenant 80 % de laitier activé au sulfate de calcium. Il est de
classe HRB 30, selon la norme NF P 15-108. Ce liant est celui que nous utilisons
habituellement pour les mélanges hydrauliques réalisés avec les matériaux de la carrière
d'où proviennent les fines testées.

Les fines témoins choisies pour cet essai sont les fines de silice utilisée pour la
détermination de l'indice de rupture des émulsions de bitumes. Elles sont naturelles, non
broyées et de couleur blanche. Le taux de Si02 est supérieur à 98 % et le pH est neutre.

Les fines d'attrition utilisées sont issues du passage au MDE de la fraction 6/10 concassée
et lavée des matériaux de la carrière de Montois-la-Montagne. Ces fines ont été séchées
puis désagrégées à l'aide d'un pilon/mortier. Elles ont alors été maintenues en milieu
humide pour ne pas être introduites sèches dans les gâchées de mortier. Leur teneur en
eau a été prise en compte.

La granulométrie laser de ces produits est donnée dans le tableau (tab.33-1) et sur la
figure (';g.33-1).

1 Liant hydraulique spécial routier développé par la société Holcim


155
EXPERIMENTATIONS

tab.33-1 : Analyse granulométriques laser du liant routier LSC+, des fines siliceuses
témoin et des fines calcaires d'attrition
Analyse granulométrique laser du liant LSC +
Taille (IJm) Passant (%) Taille (IJm) Passant (%) Taille (IJm) Passant (%) Taille (IJm) Passant (%)
0,500 0,00 3,000 9,12 16,000 42,77 80,000 96,29
1,000 0,69 4,000 12,91 24,000 57,57 96,000 98,55
1,500 2,67 6,000 19,14 32,000 68,79 128,000 100,00
2,000 4,89 8,000 24,47 48,000 83,72 150,000 100,00
12,000 34,03 64,000 91,91 180,000 100,00
Analyse granulométrique laser des fines de silice
Taille (IJm) Passant (%) Taille (IJm) Passant (%) Taille (IJm) Passant (%) Taille (IJm) Passant (%)
0,500 0,02 3,000 1,12 16,000 2,25 80,000 64,33
1,000 0,45 4,000 1,26 24,000 4,78 96,000 75,86
1,500 0,74 6,000 1,51 32,000 10,77 128,000 90,04
2,000 0,91 8,000 1,73 48,000 29,33 150,000 95,57
12,000 1,99 64,000 48,68 180,000 100,00
Analyse granulométrique laser des fines d'attrition
Taille (IJm) Passant (%) Taille (IJm) Passant (%) Taille (IJm) Passant (%) Taille (IJm) Passant (%)
0,500 0,57 3,000 28,99 16,000 83,61 80,000 99,88
1,000 9,12 4,000 37,90 24,000 92,94 96,000 99,88
1,500 14,24 6,000 51,24 32,000 96,53 128,000 100,00
2,000 18,73 8,000 60,90 48,000 98,82 150,000 100,00
12,000 74,64 64,000 99,55 180,000 100,00

fig.33-1 : granulométrie des différents produits


.....- 100
-G-- Fines de silice
ér.i y 90
-B- Liant LSC+
---ir- Fines d'attrition
1 ri IT 80
1 / 9
j r J~ 70 ~

60 ~
-
c:

! ï 50 a..
CIl
(Il

/ ri 1 40
t ;1 J
1 Ji
// ri
r 30

20

10
/- f\L" "
d
o
o 10 100 1000 10000
Taille des particules (IJm)

156
EXPERIM ENTATIONS

3322) Mélanges étudiés

Les formules étudiées (tab.33-2) sont soit une pâte pure, soit une pâte dans laquelle 10%
de la phase minérale a été substitué par des fines siliceuses ou calcaires. Ce taux de 10
% a été choisi arbitrairement. Il est sensé représenter la part de fines d'attrition créées
durant les actions de malaxage et de mise en œuvre.

L'eau a été ajustée de sorte que les mélanges soient facilement oeuvrables, sans
ressuage important. Après essai, nous avons fixé une valeur constante de 37 p.p.c
relativement à la phase minérale, soit un rapport massique Eau/Phase minérale = 0,51.

Le moulage des éprouvettes a été réalisé dans des pots en polypropylène. Nous avons
pris la précaution d'effectuer une mise en dépression modérée (350 mm de Hg)
immédiatement après coulage, pendant une minute pour évacuer le maximum d'air occlus
possible. Les éprouvettes ont été scellées et conservées à 20 oC jusqu'au moment des
essais.

tab.33-2 : mélanges réalisés


Quantités exprimées en grammes

Formule 1 Formule 2 Formule 3


Liant LSC + 900 900 1000
Fines calcaires d'attrition 100 0 0
Fines de silice 0 100 0
Eau 370 370 370

Les courbes de recomposition granulaire des mélanges sont portées sur la figure (fig.33-
2). Elles ont été construites à partir de la pondération de chacun des constituants pour les
différents diamètres de particules (tab.33-3). Comme le liant occupe une part importante
(90 %), les courbes de recompositions sont peu différentes les unes des autres et proches
de la courbe de référence qui est celle du liant seul.

157
EXPERIMENTATIONS

tab.33-3 : recompositions granulaires des trois formulations envisagées


Constituants (P%) Recompositions granulaires (P%)
Fines Liant
Taille (Ilm) Fines silice 1 2 3
d'attrition LSC +
0,500 0,02 0,57 0,00 0,06 0,00 0,00
1,000 0,45 9,12 0,69 1,53 0,67 0,69
1,500 0,74 14,24 2,67 3,83 2,48 2,67
2,000 0,91 18,73 4,89 6,27 4,49 4,89
3,000 1,12 28,99 9,12 11,11 8,32 9,12
4,000 1,26 37,90 12,91 15,41 11,75 12,91
6,000 1,51 51,24 19,14 22,35 17,38 19,14
8,000 1,73 60,90 24,47 28,11 22,20 24,47
12,000 1,99 74,64 34,03 38,09 30,83 34,03
16,000 2,25 83,61 42,77 46,85 38,72 42,77
24,000 4,78 92,94 57,57 61,11 52,29 57,57
32,000 10,77 96,53 68,79 71,56 62,99 68,79
48,000 29,33 98,82 83,72 85,23 78,28 83,72
64,000 48,68 99,55 91,91 92,67 87,59 91,91
80,000 64,33 99,88 96,29 96,65 93,09 96,29
96,000 75,86 99,88 98,55 98,68 96,28 98,55
128,000 90,04 100,00 100,00 100,00 99,00 100,00
150,000 95,57 100,00 100,00 100,00 99,56 100,00
180,000 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00

fig.33-2 : courbes granulométriques de recomposition


des phases minérales de chaque formule
~~~~-
100
fi!
1

-e- Formule 1 90
-----A--- F0 rmu1e 2 F/ 80
0 Formule 3
Il 70
I!I -
~I
60
50 -
~
~
c:
lU

Ji! 40
VI
VI
lU
Q.

/~/ 30
h 20
~ 10
~
.,~

o
o 1 10 100 1000
Taille des particules ([Link])

158
EXPERIMENTATIONS

3323) Essais mécaniques

Les éprouvettes ont été sollicitées en compression diamétrale. Les essais ont été étalés
sur trois mois. L'ensemble des mesures est reporté dans le tableau suivant (tab.33-4). Un
seul essai a été réalisé par échéance, mais la cohérence des mesures a été vérifiée sur
l'ensemble des résultats dans le temps (7 valeurs).

tab.33-4: mesures et résultats des essais mécaniques

force de MVa
hauteur diamètre Rtb
formules éprouvette âge ü) masse (g) rupture humide
(cm) (cm) 3
(Mpa)
(daN) (g/cm )

1 7 4,333 5,465 198,5 700 1,953 1,882


2 14 4,213 5,45 195,8 959,4 1,992 2,660
3 21 4,163 5,437 190,9 832,6 1,975 2,342
F1 4 28 3,968 5,471 184,1 624,7 1,974 1,832
5 42 3,81 5,413 175,8 525,8 2,005 1,623
6 60 3,781 5,444 175,6 467,1 1,995 1,445
7 90 4,023 5,456 186,5 557,8 1,983 1,618
1 7 4,141 5,412 189,4 672 1,988 1,909
2 14 4,213 5,412 193,5 1148 1,997 3,205
3 21 4,26 5,431 192,4 1271 1,950 3,497
F2 4 28 4,528 5,446 203,2 1185 1,927 3,059
5 42 4,355 5,47 200 1083 1,954 2,894
6 60 4,51 5,412 206,9 1046 1,994 2,728
7 90 4,062 5,444 186,6 948,1 1,974 2,729
1 7 4,358 5,464 199,1 622 1,948 1,663
2 14 4,528 5,453 208,7 1489 1,974 3,839
3 21 4,332 5,436 200,6 1168 1,995 3,158
F3 4 28 4,389 5,471 203,9 1027 1,976 2,723
5 42 4,202 5,433 194,9 626,9 2,001 1,748
6 60 4,421 5,448 205,9 556,9 1,998 1,472
7 90 4,527 5,467 209,6 586,4 1,972 1,508
moyenne 1,98
Ecart type 0,02

Les deux figures ci-dessous (f;g.33-3 et 4) représentent respectivement l'évolution des


performances mécaniques en traction et les MVa humides relevées avant écrasement des
éprouvettes, dans le temps. Cette dernière mesure a été effectuée pour vérifier qu'il n'y
avait pas de variation trop importante entre éprouvettes. On constate que la MVa humide
se situe dans une même fourchette, avec un écart type de 0,02. Ce résultat peut être
159
EXPERIMENTATIONS

considéré comme très bon, compte tenu notamment des difficultés de la mesure (méthode
de la « surface sèche»).

fig.33-3 : évolution des performances mécaniques des formules 1, 2 et 3

4,00 -
3,80
3,80
3,40
3,20
3,00
2,80
2,60
ni 2,40
o
~ 2,20
2,00
1,80 o .
1,60 .......... .. ..
1,40
1,20
1,00
0,80
0,60
0,40
. .0 • Formule 1 -~ Formule 2 ~ Formule 3
0,20
0,00 +--~-~-~-~-~~-~-~-~~-~-~-~~-~-~-~----,

o 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90

Age - jours

fig.33-4 : vérification de la MVa des éprouvettes avant leur sollicitation mécanique

2,20
2,18 J~=======================:::;------I
. .0 . Formule 1 -~ Formule 2 -El- Formule 3
2,16
2,14
2,12
2,10
2,08
al 2,06
'C 2,04
'E 2,02
~ 2,00
ni 1,98
G----~..
. ". ...... ~..... ().. .. . .. ... .. .. .. ,. ....
..",.

~ 1,96 . . . . s_ ___a"
1,94
1,92
---8".,.,.-
1,90 -
1,88
1,86
1,84
1,82
1,80 t----.----.----.----.----.-----,-------,-----------j
o 1 2 3 4 5 6 7 8
N° de l'éprouvette

160
EXPERIMENTATIONS

3324) Résultats

En se référant aux travaux de B. Haguenauer [L-1] évoqués précédemment, on peut


prétendre que les fines calcaires, compte tenu de leur granulométrie, ne sont pas
constituées que de cristaux de calcite, mais qu'elles contiennent aussi des fines
argileuses, des oxydes métalliques, etc. Ces éléments peuvent être source de
complications lors de la prise des liants, notamment si ces derniers ne comportent pas une
fraction de CaO suffisante pour le maintient du pH ou pour assurer la floculation des
argiles (on peut faire ici un parallèle avec les techniques de traitements mixtes de sols
argileux).

L'interprétation du graphique des performances est délicate. Plusieurs observations


peuvent être relevées. Tout d'abord, les performances mécaniques montent vite jusqu'à
14 jours, pour la pâte pure et la pâte avec fillers calcaires, ou 21 jours pour la pâte avec
fillers siliceux. Ensuite, la résistance régresse (?) de manière différente selon les
mélanges, et se stabilise à une valeur qui semble stable dans le temps. D'un point de vue
technique, rien d'anormal n'a été détecté: température constante, pas de dessiccation,
pas de chocs et pas de pollution des mélanges. Nous n'avons donc pas trouvé
d'explication à ce phénomène.

La baisse de résistance est la plus importante pour la pâte pure. Par référence à ce
produit, on constate alors que les fines siliceuses permettent un gain substantiel de
résistance, que l'on peut attribuer à un effet « mortier}) des grains assez homothétiques,
de tailles supérieures à celles du liant (fig.33-1). La forme arrondie des grains permet peut
être d'améliorer aussi la compacité au mélange. Enfin, une bonne adhérence chimique,
alliée à une forte résistance mécanique des grains, peut expliquer également ce surcroît
de performance.

Pour le mélange avec fines «calcaires}) de faible résistance mécanique, les


performances à court terme sont moindres. Par contre, elles rejoignent dans le temps
celles de la pâte pure (voire la dépasse). Il y a donc un effet manifeste sur la cinétique de
durcissement que l'on peut attribuer à un effet liant des fines calcaires, dû peut être à
l'apparition de phases minérales résistante, de type carboaluminates par exemple. En tout
état de cause, d'après cette expérience, les fines d'attrition pouvant être générées lors des
161
EXPERIMENTATIONS

diverses phases de mise en œuvre n'affectent donc pas à terme le durcissement des
mélanges calcaires.

333) EMERGENCE CRISTALLINE


En complément des travaux précédents, nous avons voulu chercher la présence de
cristaux liés à d'éventuelles réactions entre le liant et les fines. Le principe étant
d'effectuer des études de diffraction de rayons X sur les différents produits. La
comparaison des spectres aurait pu nous renseigner sur la présence ou non de phases
spécifiques (pour autant que les quantités soient significatives et que les pics
caractéristiques ne soient pas noyés dans le bruit de fond du spectre). Cette étude se
voulait a priori qualitative mais pouvait éventuellement se révéler quantitative si les pics
étaient clairement visibles.
Le principe de cette analyse repose sur la comparaison des spectres des produits
suivants:

Produits de base (étalons) :

1 ) Liant hydraulique anhydre: reconnaissance du produit liant non hydraté


2 ) Liant hydraulique hydraté et durcis: mise en évidence des espèces cristallines, ce
mélange étant le témoin.
3 ) Fines: reconnaissance de la nature chimique des grains susceptibles d'interagir.
Dans notre contexte, il s'agissait des fines d'attrition mais également des fines (0/80
IJm) obtenues par criblage de la fraction sable.

Mélanges:

~ Mélange [liant hydraulique + fines] : en «soustrayant}) les spectres 2) et 3) au


spectre du mélange, les « résidus}) seraient les produits générés par la réaction
chimique du liant avec sa charge minérale.

Ces analyses n'ont pas été engagées mais restent un sujet à explorer pour une prochaine
thèse plus fondamentale.

162
EXPERI MENTATION

3 - 4 EVOLUTIONS GRANULAIRES DES MATERIAUX AU


COMPACTAGE
341) PRESENTATION
Les moyens actuels de mise en œuvre des MTLH et GNT sont extrêmement puissants.
Les engins de chantier sont de deux types: les compacteurs vibrants et les
compacteurs à pneus. Les premiers sont des matériels dynamiques alors que les
seconds sont des matériels à effet statique.

La mise en place des matériaux par ces engins risque de faire évoluer la granularité. La
bibliographie, que nous avons trouvée, relative à ce sujet [M-1] et [M-2] fait apparaître
que cette évolution granulométrique, durant la fabrication et la mise en œuvre, est liée à
divers paramètres qui sont:

La courbe granulométrique initiale du produit,

Les caractéristiques intrinsèques mécaniques des granulats utilisés,

La nature minéralogique des grains,

La teneur en eau du mélange,

L'énergie de compactage.

A notre niveau, l'analyse de ce problème ne peut se faire raisonnablement qu'en


laboratoire, étant donné les moyens nécessaires sur chantier pour limiter la dispersion
liée à la non maîtrise nombreux paramètres extérieurs (la météorologie par exemple qui
modifie la teneur en eau ... ).

Nous avons toutefois tenté cette expérience sur une GNT à base de granulats calcaires
très tendres. Le but de la manipulation était de vérifier par deux analyses
granulométriques successives l'évolution de la granularité, avant et après compactage
sur chantier.

La méthode mise en oeuvre consistait à positionner des bacs en aluminium au moment


du répendage, bacs qui ont été récupérés ensuite après le passage des compacteurs
(le matériau ayant subi le même traitement que l'assise, a priori).

163
EXPERIMENTATION

Cette expérience n'a pas été concluante en raison des difficultés matérielles
rencontrées :

non stabilité des bacs

écrasement des bords

ségrégation interne

effet d'enclume à la base

Suite à cette tentative, aucun résultat fiable n'a donc pu être ~iré.

Signalons cependant que dans le cadre interne de l'entreprise, le laboratoire a mis au


point un document rassemblant quelques principes et précautions concernant la mise
en œuvre et le compactage des matériaux calcaires locaux [M-3].

Deux études bibliographiques pertinentes peuvent toutefois apporter un éclairage


original à ce problème, d'autant que les matériaux utilisés concernent pour partie la
gamme des calcaires lorrains. Ces travaux sont reportés ci-après.

342) Première étude bibliographique fM-ll


L'expérience se déroule dans le cadre d'un chantier autoroutier de GTLH, pour lequel
les techniciens en charge du suivi qualitatif ont voulu reproduire en laboratoire les
modifications granulaires observées sur chantier. En effet ces techniciens se sont
aperçus qu'il existait une similitude entre l'évolution du produit soumis au compactage
in situ, et l'évolution du même matériau soumis aux manipulations lors de l'étude des
MTLH.

En laboratoire, le mode opératoire retenu est le suivant:

Dans un récipient, on incorpore tous les constituants solides de la formule. La


courbe granulométrique est soit vérifiée à ce stade, soit déduite du calcul de la
reconstitution granulaire.

Ensuite, ce mélange est versé dans un malaxeur à graves de type MLPC. L'eau,
en quantité généralement équivalente à la référence Protor modifié, est introduite
au malaxage.

164
EXPERIMENTATION

Le produit, en fin de malaxage, est placé dans un moule et le mélange est


compacté à l'aide d'un compacteur de graves de type MLPC.

Une seconde analyse granulométrique est alors réalisée.

La conclusion de cet article était que peu de différences existaient entre le produit ainsi
obtenu et celui qui résulte du passage des engins de compactage sur le chantier.

Mon expérience de 12 années durant lesquelles j'ai utilisé cette chaîne d'appareillage
m'incite à penser que ce procédé est certes efficace pour la réalisation des éprouvettes,
mais trop imprécis pour fonder un plan d'expérience fiable. Les difficultés sont les
suivantes:

maîtrise des courbes des constituants de départ,

récupération de toutes les fines dans le malaxeur à l'issue du malaxage (fig.34-


1),

maîtrise de la ségrégation granulaire à la jetée du mélange dans l'éprouvette,

compactage constant avec le compacteur de graves (fig. 34-2).

fig.34-1 : malaxeur de grave type MLPC en service


Sur les photos, on constate qu'une partie des fines est perdue.

Vue du dessus Vue sur la trappe de sortie de la gâchée

165
EXPERIMENTATION

(;g.34-2 : compacteur de grave de type LCPC


Schéma de la partie intérieure du caisson de compactage

Châssis de la machine

Système suspendu

Vue du matériel
Air comprimé

Vérin pneumatique

Piston

Contre moule

Matériau à compacter

F\lIl''''!'''loo4t-+-- Etui de l'éprouvette

.~
Vibreur pneumatique

Châssis de la machine Air comprimé

343) Seconde étude bibliographique fM-2]

L'étude à laquelle il est fait référence ici [M-2] repose sur l'observation de l'évolution
granulométrique d'une GNT durant sa mise en œuvre, en fonction d'un certain nombre
de paramètres. Ce travail est riche en informations et il est en adéquation avec notre
thème de recherche. Le fait qu'il traite de GNT n'est pas un handicap car une grave
traitée se comporte comme une GNT tant qu'elle n'a pas fait prise.

166
EXPERIMENTATION

Les divers paramètres qui ont été considérés dans cette étude sont les suivants:

Les matériaux

Les matériaux étudiés sont des GNT 0/20. Les granulats employés ont des LA
allant de 13 à 40 %.

Support et épaisseur de mise en œuvre

Les matériaux ont été mis en œuvre dans les fosses d'essais du Centre
d'Expérimentations Routières de Rouen. Le sol support a une déflexion de
l'ordre de 50/100e de millimètre. L'épaisseur de mise en œuvre est de 30 cm
(compacté).

Formulations étudiées

Différentes courbes de recomposition ont été envisagées: courbe dite « bien


graduée moyenne» et courbe dite « creuse» (entendre: pauvre en sable). Les
mélanges ont été fabriqués en centrale.

Moyens de mise en œuvre et contrôles des MVa

Deux types de compacteurs ont été utilisés; un RV4 et un RV2. Le réglage des
engins est amplement développé dans l'article. La qualité du compactage de la
partie haute et de la partie basse de la couche mise en œuvre a été contrôlée au
moyen de gamma-densimètres. Ces contrôles ont permis de définir le nombre de
passes des engins en fonction du taux de compactage souhaité (rappel: le taux
de compactage est le rapport entre la MVa en place et celle définie lors de
l'étude Proctor. Cette valeur est alors comparée avec l'objectif à obtenir qui est la
qualité de compactage (Q1, Q2, etc.) - Le taux de compactage est donc différent
de la compacité qui est le rapport entre la MVa de l'étude proctor et la MVR du
mélange considéré).

Concernant les calcaires du Bajocien lorrain, le tableau suivant résume les valeurs de
LA caractéristiques tirées de notre base de données. Elles sont comprises entre 22 et
62 (tab.34-1). Un traitement statistique de ces données montre (fig.34-3) que 90 % des
valeurs entrent dans la plage d'étude de cet article. On peut donc considérer cette
étude comme particulièrement représentative pour nos matériaux.

167
EXPERI MENTATION

tab.34-1 : valeurs de LA de divers faciès calcaires du bajocien lorrain

(Spectre non exhaustif - base de données présentées dans nos travaux)

Divers Faciès du bajocien


Coefficients LA enregistrés
lorrain
Oolithe de jaumont 44
Calcaire siliceux de l'Orne 28
Calcaires du Haut Pont 28 36
Calcaire d'Ottange 37 62
Bâlin (oolithe miliaire inférieure) 24 25 27 28 38
Oolithe miliaire supérieure 29 44 55
Polypiers supérieurs 23 25 25 26 28 29 32 35 36 37 41
Polypiers inférieurs 21 23 24 27 27 27 28 28 33 35
Oolithe cannabine 27 30 33
Oolithe blanche 22 33 35
Calcaire à entroques 22 27 30 32
Calcaires gréseux 25 26 27 27 37

fig.3 : superposition des caractéristiques des granulats utilisés durant l'expérimentation


du CER de Rouen avec celles des granulats calcaires du bajocien lorrain

9 100
~ . _ a _ . __ "'._---'"
,....,
~.
~
8 Calcaires du 90
Bajocien lorrain
7 1 80 ô
~
:5 /
/
70 c
Ql
"0
~
6
Plage de d'étude • r' 1
.Q
ro
:;
:::l 60 a.
Ql du CER de 0
a.
ëii 5
>
tJl
Rouen
50
e-a.
Ql
"0
Ql
4 :5
<.>
c 40 ~
Ql :::l

5-
'Ql
3 ••• 30
Ql
ëii
>
u: Ql
"0
2 • • 20 ~
0

1 • , • ~ • • 10
/ 1

0 0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60
Rage de valeurs du coefficient LA

La méthode de quantification de la variation granulaire adoptée est basée sur la somme


des écarts des tamisats déterminés avant et après une expérimentation.

168
EXPERIMENTATION

Les mailles de contrôle retenues sont les suivantes:

Tamis
0.08 0.100 0.200 0.500 1.000 2.000 5.000 10.000 16.000 20.000
(mm)
Indexation
2 3 4 5 6 7 8 9 10
(i)

L'évolution globale E, est exprimée de la manière suivante:

10 (vérification effectuée sur 10 tamis)

E (%) =L ~ i avec à i (%) =[Tamisat (%) après essai - Tamisat (%) avant essai]

1= 1

Les divers essais réalisés montrent que l'évolution granulaire dépend des facteurs
suivants:

~ Tout d'abord, la granularité évolue en fonction de la dureté des matériaux et de


l'énergie de compactage.

~ L'évolution est d'autant plus importante que la courbe de départ est creuse (ceci
est d'autant plus vrai que les LA sont élevés)

~ Lors de l'essai Practor, l'évolution granulaire est peu sensible à la nature de la


courbe de recomposition si LA < 24.

~ ln situ, comme pour l'essai Proctor, la variation est moindre dans le cas de
courbes moyennes pour les granulats de LA < 24.

~ Les variations granulaires au tamis de 80 IJm sont moindres in situ que lors de
l'essai Practor.

~ La densification en place des matériaux ne dépend pas, significativement, de la


nature minéralogique des granulats. Elle dépend uniquement de la granularité
des formules et de l'angularité des granulats.

~ Enfin, les auteurs concluent « qu'il est permis de penser en règle générale
que dans le cas des graves satisfaisant aux spécifications (entendre: dont

169
EXPERIMENTATION

la courbe granulaire de recomposition s'inscrit le mieux possible au centre du


fuseau 1 proposé pour les graves traitées), le compactage en place ne
conduit pas à des évolutions de granularité significatives».

Une granularité optimisée semble donc être la clé de la stabilité granulométrique des
GNT (et des MTLH) dont les granulats sont de caractéristiques mécaniques médiocres
durant leur mise en œuvre et leur compactage.

Les granulats calcaires du Bajocien lorrain ont des LA majorîtairement supérieurs à 24.
Par conséquent, il convient, pour limiter leur trop grande évolution granulaire durant la
mise en œuvre, d'éviter les mélanges conduisant à une courbe de recomposition trop
creuse, et ce pour deux raisons:

la difficulté à établir en laboratoire les références de compactage avec l'essai


Proctor modifié, à cause d'une évolution granulaire non constante entre chacun
des points,

les différences granulaires qui apparaissent entre la mise en œuvre au


compacteur de grave (moulage d'éprouvettes aux paramètres OPM pour les
essais mécaniques) et la mise en œuvre sur chantier, et qui conduisent à des
squelettes et densifications différents et donc, à des performances mécaniques
différentes.

Il convient donc de formuler, autant que possible, les GTLH à base de calcaires lorrains
par référence au fuseau n° 1 de la norme NF P 98-116, et ce d'autant plus que le LA
des gravillons est élevé.

En revanche, si les matériaux à courbes creuses (ou dessablés) peuvent avoir


l'avantage d'être moins sensibles à l'eau (caractère drainant), les formulations « plus
pleine» seront sensibles à tous dépassement des références Wopm et aux conditions
climatiques (pluviométrie) de mise en œuvre. Ce comportement peut conduire à un
choix sélectif d'une technique d'assise en fonction des conditions climatiques (hiver,
été).

170
EXPERIMENTATION

Les conditions optimales de mise en œuvre des granulats calcaires lorrains dans les
techniques de GTLH et de GNT sont donc les suivantes:

Recomposition granulaire des produits la plus proche possible du centre des


fuseaux normatifs (si possible le fuseau n° 1 pour le GTLH). Pour cela, il faut
privilégier la recomposition d'au moins deux fractions granulaires.

Les mélanges doivent être fabriqués en centrale de malaxage et la teneur en eau


du produit malaxé doit être maîtrisée.

Les matériaux doivent être mis en œuvre par conditions climatiques favorables
(ni pluie, ni évaporation importante)

Rappelons qu'à la fin du compactage, un enduit de cure (gravillonné pour


permettre la circulation sur la couche) doit immédiatement être mis en place pour
deux raisons: protéger le matériau de la dessiccation (défaut de prise des
graves traitées) et protection en cas de pluie. Compte tenu du caractère très
basique du produit (liant hydraulique et granulats calcaires), des émulsions de
bitume pour imprégnation sont mises au point pour éviter la remontée flash du
pH qui provoque une peau non adhérente au support.

171
PARTIE 4

PUBLICATIONS

1 1
PUBLICATIONS

Cette dernière partie du mémoire regroupe trois publications réalisées durant ces travaux.

Elles contiennent des résultats scientifiques non présentés précédemment.

La première, intitulée « Prévision de la résistance à long terme de mélanges routiers


traités aux liants hydrauliques» [J. Voirin - D. Desmoulin - A. Lecomte] a été publiée
dans le Bulletin des laboratoires des Ponts et Chaussées n° 221 de mars - avril
2001, pages 3 à 16.

Elle concerne des travaux relatifs à la cinétique de durcissement des GTLH, et plus
précisément, les coefficients de correspondances normatifs utilisés pour la prévision
à long terme de la résistance à la traction à partir d'essais à plus courts termes.

La plupart des matériaux ayant servi aux expérimentations sont présentés dans la
base de donnée de la partie 3-1.

L'étude montre clairement que la cinétique de durcissement des MTLH dépend du


couple liant - granulat. En particulier, les granulats calcaires en présence d'un liant
riche en laitier présente des coefficients bien supérieurs aux valeurs normatives, ce
qui a pour conséquence une surestimation des performances finales. A l'inverse, les
performances maximales sont atteintes plus rapidement.

Cette publication a fait l'objet d'une présentation circonstanciée de Pierre Bense,


Directeur du laboratoire central de SCREG et d'un avant propos de Jean François
Corté, Directeur Technique chargé du domaine routier au Laboratoire Central des
Ponts et Chaussées.

Elle a suscité de nombreuses réactions favorables dans le domaine professionnel.

La seconde publication, intitulée «Classification des GTLH calcaires et propriétés


intrinsèques des gravillons» [J. Voirin - A. Lecomte - D. Desmoulin] a été soumise
en janvier 2004 au Bulletin des laboratoires des Ponts et Chaussées. Elle s'intéresse
aux relations entre les performances mécaniques des GTLH calcaires et les
caractéristiques intrinsèques des gravillons.

Elle montre tout d'abord que l'expérience permet d'obtenir des mélanges dont les
performances mécaniques en traction sont satisfaisantes (classification G3, voire G4

173
PUBLICATIONS

selon la NF P 98-116) avec des gravillons calcaires classés F, c'est-à-dire écartés a


priori pour les assises routières. Ces mélanges ayant des taux de liants ordinaires.

Les caractéristiques LA, et surtout MDE pour les calcaires lorrains sont donc
discriminatoires. En revanche, d'après nos résultats, le facteur limitant l'emploi de
ces matériaux en technique de MTLH serait plutôt la résistance à la traction de la
roche.

La dernière publication concerne un article intitulé « Analyse des propriétés des grains par
mesure de la compacité des tranches granulaires» [A. Lecomte - J.M. Mechhling -
J. Voirin - N. Vulcano] paru en avril 2000 dans la revue Française du Génie Civil (V
4, n02-3, page 221, 229).

Il s'agit d'une étude réalisée parallèlement à nos travaux, sur la mesure de la


compacité des tranches granulaires. Cette mesure est utilisée en particulier dans le
modèle d'empilement compressible du LCPC, qui permet de décrire la structure
granulaire de tout mélange et de calculer notamment sa compacité.

Les mesures de cet article pourraient devenir alors un moyen privilégié pour aboutir
aux choix des constituants qui conduisent par exemple à la plus faible attrition durant
la mise en œuvre, selon les expériences relatées précédemment (§ 3-3 et 3-4).

174
PUBLICATIONS

PUBLICATION 1

Prévision de la résistance à long terme de mélanges routiers traités aux liants


hydrauliques (2001)

175
Prévision de la résistance à long terme
de mélanges routiers traités
aux liants hydrauliques

.!,

Avant-propos
Jean-François CORTÉ
Directeur technique
Chargé du domaine Routes
Laboratoire Central des Ponts et Chaussées

RÉSUMÉ L'incidence de La nature pétrographique des granuLats et


Les laboratoires routiers d'entreprise ont du Liant hydraulique sur La cinétique d'évoLution des
accumulé au fil des années nombre d'étu- caractéristiques de rigidité et de résistance des graves
des sur les matériaux traités aux liants traitées aux Liants hydrauliques a été mise en évidence
hydrauliques (MTLH). Ces données sont
d'un grand intérêt pour compléter ou réac- depuis Longtemps. On pourra se reporter, par exempLe, à
tualiser les documents techniques officiels. certains articles rassembLés dans Le numéro spéciaL (Spé-
L'étude proposée est tirée de la base de ciaL XVIII) du bulletin des LPC. C'est La diversité des
données du laboratoire SCREG EST de
Nancy. Il s'agit de plus de 2000 mesures résuLtats qui avait conduit, dans le guide technique
de résistance à la traction pratiqué.es dans « Conception et dimensionnement des structures de
le temps sur divers MTLH formulés avec chaussées neuves» de 1994 et dans Les normes de pro-
plusieurs natures de granulats et différents
liants. Ces valeurs traitées statistiquement
duits sur Les matériaux traités aux Liants hydrauliques, à
permettent de statuer sur la pertinence du ne faire figurer qu'un coupLe de vaLeurs indicatives par
coefficient de correspondance Rt/Rt360 type de Liant pour Les coefficients destinés à apprécier Les
proposé par les normes et leur guide
d'application. Ce coefficient est vérifié pour
caractéristiques à un an des méLanges à partir de résuL-
les matériaux de type siliceux. Il conduit, en tats à pLus court terme.
revanche, à surestimer les performances
mécaniques à long terme des MTLH à base L'article de MM. Voirin, DesmouLin et Lecomte a Le
de granulats calcaires. De nouvelles mérite de présenter une synthèse s'appuyant sur lIll nom-
valeurs sont proposées pour une vingtaine bre élevé de résultats obtenus surtout pour des granuLats
de mélanges différents.
calcaires. Cette information fournit des références très
MOTS CLÉS: 36-61 - Granulat - Calcaire - utiles afin d'éviter une appréciation trop optimiste des
Liant hydraulique routier - Mélange hydrau- caractéristiques par l'application directe des coefficients
lique - Assises de chaussées - Traction proposés dans Les normes de produits. Souhaitons que cet
directe - Fendage - Coefficient de corres-
pondance. exemple puisse susciter la réalisation et la publication
d'autres synthèses régionaLes.

BULLETIN OES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES· 231· MARS·AVRIL 2001 . RÉF. 4346· PP. 3·16
L'évolution quasi constante des liants hydrauli- la prochaine révision des normes relatives aux
ques spéciaux à usage routier doit cependant inci- assises traitées aux liants hydrauliques.
ter chacun à se souvenir qu'en matière d'étude des
La recherche de l'utilité de ce travail est le vœu le
matériaux traités aux liants hydrauliques pour le plus cher de toute l'équipe qui a participé à cette
dimensionnement des chaussées, la règle pre-
volumineuse et patiente étude.
mière est toujours de chercher à s'appuyer sur des
performances mesurées à un an.
Introduction
Présentation Le travail proposé est une synthèse des performan-
Pierre BENSE ces mécaniques mesurées à 28, 60 et 360 jours sur
Directeur du Laboratoire central SCREG une série de matériaux traités aux liants hydrauli-
ques (MTLH) formulés à partir de différents gra-
L'article présenté ici, extrait du travail de thèse de
nulats et liants hydrauliques. Ces essais ont permis
Jean Voirin [1], est tout particulièrement intéres-
d'étudier la pertinence du coefficient de corres-
sant et c'est une étape importante pour la rédac-
pondance utilisé en technique routière pour calcu-
tion d'un jeu de normes françaises qui cherche à
ler la résistance à long terme des MTLH. Il est
être toujours plus précis.
fondé sur plus de 2 000 essais effectués durant plu-
Les auteurs se sont, en effet, attachés à mesurer, sieurs années au laboratoire nancéien de la société
vérifier et expliquer les observations souvent fai- SCREG EST. Ces MTLH proviennent de tout
tes dans les laboratoires routiers, qu'ils soient l'Est de la France et ils ont été réalisés avec des
issus de l'Administration ou des entreprises, con- granulats issus de roches alluvionnaires ou massi-
cernant les écarts enregistrés entre une évaluation ves, de nature siliceuse ou calcaire, et des liants
de la résistance faite par extrapolation et la mesure hydrauliques routiers ou qes ciments normalisés.
exacte.
Rappelons que les structures de chaussées sont
Ce travail gigantesque (avec près de calculées à partir des performances mécaniques
2000 mesures) et patient, puisqu'il est le recueil des produits à 360 jours. Mais, dans de nombreux
d'une dizaine d'années de travail, apporte un cas où il n'existe pas d'études de référence à long
éclairage objectif sur des aspects « admis faute terme, on n'a pas d'autre choix que d'« extra-
d'autres résultats ». poler» jusqu'à cette échéance les mesures effec-
On sait désormais que: tuées à plus court terme.

» la nature des granulats influe directement sur Cette pratique est admise par les textes en vigueur.
le coefficient d'estimation, En effet, les normes relatives aux assises de
» la nature du liant et sa « rapidité» font de chaussées [2 à 5] proposent, selon la phase liante
même, utilisée, des coefficients de correspondance pour
» le type de gisement a aussi son influence, calculer les performances à long terme à partir des
» les coefficients des normes sont globalement mesures faites à des âges de cure de 28, 60 ou
un peu faibles par rapport à la réalité et qu'en con- 90 jours. Mais ces coefficients ne distinguent pas
séquence, l'estimation des performances à long la nature des granulats qui entrent dans les mélan-
terme est plutôt optimiste. ges, alors que ceux-ci jouent très probablement un
rôle non négligeable. Ces documents précisent
Il ne sert à rien, alors, de se cacher la réalité et d'ailleurs que les coefficients ne sont donnés qu'à
toute la profession routière, entreprises, maîtres titre indicatif, et qu'ils « peuvent varier en fonc-
d'ouvrag~ et laboratoires privés ou publics ont
tion de la nature pétrographique des matériaux et
tout intérêt à en tenir compte. de la nature des liants hydrauliques utilisés », sans
C'est par cette voie et ce type d'approche que la proposer toutefois de précision supplémentaire.
technique routière française continuera de rester,
Les résultats présentés apportent certaines répon-
de par le monde, la référence sérieuse.
ses, du moins pour la résistance à la traction de
Il appartient désormais aux services compétents trois types de produits:
d'apporter leur propre contribution à ce travail,
;;-. les graves traitées aux liants routiers (GTLR),
d'une part, en confrontant ces résultats avec leurs
;;.. les sables traités aux liants routiers (STLR),
propres banques de données pour vérifier et, peut-
;;.. les graves-ciment (GC).
être, encore affiner les résultats obtenus et, d'autre
part, de tenir compte des nouveaux coefficients et Une synthèse des affinités granulats-liants est pro-
de la nouvelle approche ici proposés, ceci lors de posée également. L'étude confirme parallèlement

• BUllETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSEES· 231· MARS-AVRIL 2001· REF. 4346· PP. 3-16
la pertinence du coefficient d'équivalence entre ,.. les normes « produits» relatives à ces mélan-
traction directe et fendage. ges NF P 98-1 16 [4] et NF P 98-113 [5],
Signalons enfin que les caractéristiques des for- ::» un guide d'application des normes précédentes
mules présentées ne peuvent être fournies, pour (5ETRA/LCPC) [6].
des raisons évidentes de confidentialité. Elles se Ces différents documents définissent la façon de
situent toutefois dans les fourchettes G I-G3 pour concevoir une étude de MTLH à partir des perfor-
les graves, et SI-54 pour les sables, performances mances mécaniques des mélanges durcis. Notons
habituelles pour ce type de techniques. De même,
que la classification des MTLH est basée sur le
les liants testés ne représentent pas tous des pro- couple (Rt, E), ces deux paramètres étant respec-
duits utilisés par la société 5CREG EST. tivement la résistance à la traction directe et le
module d'é,Iasticité mesurés à 360 jours. Comme
le montre l'encart 2, la résistance à la traction peut
Résistance à la traction être extrapolée à partir d'une valeur mesurée à
et coefficient de correspondance court terme (60 jours, par exemple). Il en est de
même pour le module. Le tableau I, extrait du
Les données utilisées dans ces travaux sont les
guide d'application, rappelle pour ces deux para-
valeurs d'essais de traction (encart 1) réalisés sur
mètres et pour les principales techniques, selon les
éprou vettes par méthode directe (diabolo 16/32,
liants utilisés, l'âge des essais et les coefficients
norme NF P 98-232-1) ou par fendage (éprouvet-
de correspondance à 360 jours.
tes cylindriques de plusieurs dimensions d'élance-
ment 2, norme NF P 18-408). Faute d'essais réalisés à 360 jours, les normes
« produits» recommandent d'utiliser ces coeffi-
On dispose actuellement de cinq documents offi-
cients en l'absence d'autres indications pouvant
ciels concernant la caractérisation mécanique des
figurer dans les normes méthodologiques, et vice
MTLH. Ils peuvent être regroupés en trois
versa. Mais ces documents n'avancent aucune
catégories :
valeur spécifique ... Le guide d'application
» les normes méthodologiques concernant les signale, quant à lui, que les coefficients peuvent
graves traitées aux liants hydrauliques NF P 98- changer selon la nature pétrographie des granulats
114-1 [2] et les sables traités aux liants hydrauli- et du liant, en précisant que ce sont alors les coef-
ques NF P 98-114-2 [3], ficients proposés par les avis techniques (AT) des

Application de l'effort de traction


Application de l'effort de compression

Casque de traction

Collage

Plan de rupture

Surtace de rupture

~--~'.. /'

Epreuve de traction directe Epreuve de traction par fendage


Encart t . Représentation schématique des corps d'épreuves et des essais pour l'étude des MTLH en techniques routières .

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSEES· 231· MARS-AVRIL 2001· REF. 4346' PP. 3-16


Résistance à la traction directe (MPa)
1,6
D

1,2
A : âge j où une performance peut être
extrapolée.
B : résistance Rti mesurée au jour j.
0,8 C : âge de référence (360 j).
o : résistance atteinte à l'âge de réfé-
rence (Rt36oJ.
0,4 BIO: coefficient de correspondance.

A _---'
0..1.-_ _--1..._ ..1.-_ _-'--_ _---'- C _
-'---_ _--'-_

10 60 11 0 160 210 260 31 0 360


Âge des éprouvettes U)
Encart 2 - Cinétique de durcissement des MTLH - Notion schématique de coefficient de correspondance.

TABLEAU 1
Rappel des âges et valeurs des coefficients de correspondance pour différentes techniques d'assises traitées (d'après [6])

Technique liant Age ü)

Ciment 28 0,60 0,65


Liant spécial routier 60 0,65 0,70
Cendres hydrauliques 60 0,60 0,65
Graves Pouuolane-chaux 90 0,50 0,50
Laitier 90 0,70 0,70
Laitier-cendres volantes-chaux 90 0,60 0,65
Cendres volantes-chaux 90 0,65 0,75
Cendres volantes Chaux-gypse 90 0,85 0,89
Ciment 28 0,60 0,65
Liants spéciaux 60 0,65 0,70
Cendres hydrauliques 60 0,60 0,65
BC et GTLH HP
Laitiers activés 90 0,70 0,70
Cendres volantes-chaux 90 0,65 0,75

Mélange 90 0,70 0,75


Ciment 28 0,60 0,65
Liants spéciaux 60 0,65 0,70
Cendres hydrauliques 60 0,60 0,65
Sables Laitiers activés 90 0,70 0,75
Pouzzolanes-chaux 90 0,50 0,50
Cendres volantes-chaux 90 0,65 0,75

Mélanges 90 0,70 0,75

liants qui, le cas échéant, doivent être utilisés. A Arc 3 (AT n° 46 07/91)
notre connaissance, pour les liants routiers dispo- Rt E
nibles dans l'Est de la France, ces données ne sont ~ = 0,65 et -.3! = 0,70
proposées que pour l'Arc 3 et le PRV-A. Les Rt 360 E 360
valeurs sont les suivantes:

• BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 231 • MARS·AVRIL 2001 . RÉF. 4346 - PP. 3-16
PRV-A (AT n° 78 02/94) (1)
Rt E 28
~ = 060 et E - = 0,80
Rt 360 ' 360

On remarquera que les valeurs pour l'Arc 3 sont


les mêmes que celles du guide d'application
(liants spéciaux), mais l'âge de correspondance
est de 28 jours à la place de 60 jours. La cinétique
de prise et de durcissement des MTLH à base de
ce liant routier serait donc plus rapide. Avec le
PRV-A, c'est le module de rigidité qui serait accé-
léré.
Concernant les présents travaux, de trois à dix
essais de traction ont été pratiqués entre 10 et
360 jours pour chaque formule étudiée (les
valeurs de module ne sont pas exploitées ici). Un
essai est constitué d'au moins trois mesures. Ces
données permettent de suivre la cinétique de prise
et de durcissement des mélanges (encart 2). Pour
chaque formule, l'ensemble des points expéri-
mentaux a été lissé par une fonction de type:
Rtj = a + b . log(j) (2)

où a et b sont les coefficients ajustés à la plus - - - - Fig. 1 - Zones de production des granulaIs de l'étude. - - - - - -
faible incertitude. Ce genre d'approximation
semi-Iogarithmique est proposé, par exemple, par
Dreux [6] ou de Larrard [7] pour les bétons. Cette » la recherche du meilleur coût: pour une enve-
approche n'a toutefois pas toujours donné loppe budgétaire déterminée, le choix du liant est
satisfaction. Dans ce cas, un lissage manuel ou alors guidé par le rapport prix/performances;
automatique avec diverses fonctions » la disponibilité dans le secteur du chantier: les
(TableCurve2D.V4 ®) a été préféré. Ces traite- liants hydrauliques routiers spéciaux ne sont géné-
ments ont permis, d'une part, d'écarter les distri- ralement disponibles que dans une région donnée.
butions manifestement aberrantes et, d'autre part, Le dosage en liant est ajusté pour tenir compte des
de calculer les valeurs de Rtj et Rt360 d'où sont contraintes économiques et techniques (performan-
tirés les coefficients de correspondance présentés ces, risque d'hétérogénéités liés à un sous-dosage
plus loin. en liant, risque de fissurations causées par excès de
liant, etc.). Le tableau III présente les liants utilisés,
avec leurs principaux constituants tels qu'ils sont
Matériaux et mélanges décrits dans les fiches « produits» et avis techni-
La société SCREG EST est amenée à utiliser les ques du CFTR. Notons que certaihs de ces produits
matériaux d'un certain nombre de gisements situés ne sont désormais plus commercialisés.
dans le quart nord-est de la France (fig. 1). Ceux L'inventaire des mélanges, présenté par techni-
d'où proviennent les granulats de l'étude sont
ques d'assises, est donné dans le tableau IV. Ces
répertoriés dans le tableau II, par type de gisement 156 formules présentent un aperçu des produits
et par nature pétrographique.
couramment fabriqués par SCREG EST. Les
Pour une nature de granulat, le choix du type de mélanges à base de liants routiers (liants spéciaux)
liant est guidé par divers facteurs qui sont généra- sont les plus fréquents. Ceux contenant du ciment
lement: ne sont fabriqués souvent qu'à titre de référence.
;... l'obtention de la qualité requise: les meilleu- Les résultats détaillés pour ces trois techniques sont
res affinités sont repérées lors d'études de valori- présentés plus loin. Pour chacune d'elles, l'étude
sation des matériaux destinés à entrer dans le cata- porte sur l'influence de la nature des granulats, du
logue « produits» de la société. De telles études dosage en liant et de sa nature. Ils sont suivis d'une
peuvent également être réalisées pour un marché synthèse. La relation entre essai de traction directe
spécifique; et essai de fendage est abordée ci-après.

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSEES· 231· MARS·AVRIL 2001· REF. 4346· PP. 3·16


TABLEAU Il TABLEAU IV
Inventaire et nature des sites de production des granulats Inventaire des formules utilisées dans l'étude

1 Gisement 1 Nature Sile 1 1 GTlR STLR [ Ge Total


===~===~
Beaufremont
Nombre 1 89 54 1 13 156
~e formules .
Attignéville 1 ___ ~ -'--_ _----.J

Viterne
Jaillon Relation traction directe/fendage
Montois-la-Montagne L'un des premiers résultats obtenus sur ces maté-
Roche Calcaire
massive
Angy riaux est la confirmation de la relation proposée
Épagny par les normes « produits» [4, 5] entre la con-
trainte Rtj mesurée en traction directe (NF P 98-
Voulaines-les-templiers
232-1) et la contrainte de traction ftj mesurée en
Darcey fendage (NF P 18-408) :
Bannost
(3)
Calcaire dolomitique Wallers-Trelon
En effet, la comparaison des résultats de ces deux
Courlandon
types d'essais pratiqués systématiquement sur
Mezy trente-six formules de GTLH et de STLH donne,
Aigny pour ce rapport, une valeur de 0,79, avec un écart-
type de 0,18 (fig. 2). Les éprouvettes cylindriques
Cheppes-la-Prairie
qui ont servi à ces essais sont, pour la traction
Ablancourt directe, des « diabolos» 16/32 et, pour le fendage,
Calcaire
Plichancourt des cylindres 10/20. Les essais ont été pratiqués à
Alluvions 28 ou 60 jours d'âge. Le coefficient trouvé est
Matignicourt
bien celui proposé par la norme, avec toutefois
Saint-Éloi
(Romilly-sur-Seine)
une dispersion non négligeable. Notons qu'il n'a
pas été utilisé dans la suite de l'étude: tous les
Longvic coefficients de correspondance sont déduits de
Sainte-Marguerite comparaisons entre valeurs de fendage ou valeurs
Siliceux La-Chapelle-devant- de traction directe.
Bruyères
Muizon Nombre de cas
Sablon Siliceux 7
Fossoy
6 n = 36
5
4
TABLEAU III 3
Inventaire et constituants des liants hydrauliques utilisés
2
Liants spéciaux routiers 1
Consti-
tuants
0:
N
><
... (J
en en
~ C}
..,. M N ... 0>
M ~ ~ U
°
Cl> ëi.
Dl U.
0
0:
(J
0 ~
(J

~ ~ ~ ~
(J (J (J
0:
....l
c:
Do
....l
U
..J
U 0,45 0,55 0,65 0,75 0,85 0,95 1,05 1,15 1,25 1,35
:::i 0: ~
RII ft
Laitier HF x x x x x x x x x x x x Fig. 2 - Distribution des coefficients Rt/ft mesurées au laboratoire.

Chaux vive x x x x x
Gypse x x x x x x x x x x x x Vérification des coefficients
Clinker x x x x x de correspondance à âges différents
Kalsin x
Cendres Cas des graves traitées aux liants routiers (GTLR)
x x
volantes
Le tableau Y reprend toutes les formules de gra-
Autres ves traitées aux liants routiers (GTLR) jugées
x
constituants
représentatives avec, pour chacune d'elles, l'ori-

• Il
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TABLEAU V
Résultats d'ensemble relatifs aux graves traitées aux liants routiers (GTLR)
Formulation Formulation
Granulats Liant Rtsol Granulats Liant Rtsol
Sable Gravillon Nature Dosage Rt360 Sable Gravillon Nature Dosage Rt360

Ablancourt Ablancourt Roc AS 3,5 0,77 ArcGS 4 0,89


Roc AS 3,5 0,82 Ligex 2R 3 0,74
Aigny Aigny Fpl 1 3,5 0,61 Ligex 2R 4 0,70
Ligex 2R 3,5 0,61 Prv A 3 0,67
Attigneville Attigneville Arc GS 6 0,87 Plichancourt Plichancourt Prv A 4 0,68
Ligex 2R 4,5 0,71 ArcGS 3,5 0,79
Beine- Ligex 2R 3,5 0,76 Ligex 2R 3,5 0,70
Plichancourt
Plichancourt Ligex 2R 4,5 0,67 Prv A 3,5· 0,67
Ligex 2R 3,5 0,64 ArcGS 3 0,86
Roc AS 3,5 0,75 ArcGS 3 0,66
Cheppes Cheppes
Ligex 2R 3,5 0,59 ArcGS 3 0,59
Saint·Éloi Saint·Éloi
Courlandon- ArcGS 3,5 0,58 Roc AS 3,5 0,74
Coulandon
la-Chaussée
Roc AS 5 0,59 Saint-Éloi Saint-Éloi RocCraie 3,5 0,62
Courlandon-
Coulandon Roc AS 8 0,64 Roc AS 3,5 0,80
Muizon
Roc AS 5 0,70 Roc AS 3,5 0,84
ArcGS 5 0,53 Roc AS 3,5 0,83
Courlandon-
Coulandon ArcGS 7 0,66 Saint-Éloi Saint-Éloi Roc AS 3,5 0,76
Muizon
ArcGS 4 0,65 Roc 3,5 0,64
Épagny Épagny Arc 3 4 0,76 Roc AS 3,5 0,63
Longvic Longvic LR 39 3,5 0,70 Roc AS 4 0,79
Roc AS 3,5 0,87 Saint-Éloi + Ligex 2R 3,5 0,85
Matignicourt Matignicourt Saint-Éloi
Bannost
Roc AS 3,7 0,80 Roc AS 3,5 0,85
Mezy Mezy
Roc AS 3,5 0,73 ArcGS 4,5 0,90
CLK 45 3,5 0,83 Viterne Viterne ArcGS 3,5 0,84
Ligex 2R 3,5 0,78 ArcGS 3,5 0,75
ArcGS 3,5 0,65 Prv A 4 0,62
Arc 3 3,5 0,74 Prv A 3 0,53
Roc AS 3,5 0,70 Arc4 4 0,86
Montois- Montois- Ligex 2R 4,5 0,73 Arc 4 3 0,77
la-Montagne la-Montagne ArcGS 4,5 0,74 ArcGS 4 0,79
Arc 3 4,5 0,67 ArcGS 3 0,86
Roc AS 4,5 0,83 Prv A 4 0,74
ArcGS 5,5 0,83 Prv A 3 0,67
Ligex 2R 5,5 0,89 Arc 4 4 0,91
Ligex 2R 3,5 0,87 Viterne Viterne Arc 4 3 0,73
Roc AS 3,5 0,71 ArcGS 4 0,63
Roc AS 3,5 0,57 ArcGS 3 0,79
Plichancourt Plichancourt
Roc AS 3,5 0,49 Arc 4 4 0,82
Roc AS 3,5 0,68 Arc4 3 0,67
ArcGS 3,5 0,76 Prv A 4 0,71
Plichancourt Plichancourt
Ligex 2R 3,5 0,77 Prv A 3 0,69
ArcGS 7 0,89 ArcGS 4 0,87
ArcGS 6 0,71 ArcGS 3 0,62
Plichancourt Ptichancourt
ArcGS 5 0,91 ArcGS 3,5 0,80
Voulaines Voulaines LR 39 3,5 0,87

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES· 231 • MARS·AVRIL 2001 . RÉF. 4346 . PP. 3-16


gine des granulats, leur nature, le dosage en liant suffisant de mesures avec, toujours, une dissocia-
et le coefficient de correspondance entre traction tion selon la nature du granulat et le type de gise-
directe à 60 jours et 360 jours (Rt601Rt360), La ment. On remarquera que la valeur moyenne pour
figure 3 présente la distribution statistique globale Arc 3 (0,72) dépasse bien le seuil de la norme
de ce coefficient. Le nombre total de mesures est (0,65), comme l'annonce la fiche technique du
de 91 1. La valeur moyenne du coefficient est de produit, sans pouvoir toutefois se prononcer sur
0,74 (écart-type de 0,10), sa valeur minimale de l'âge auquel la valeur normative est vérifiée. Pour
0,49 et sa valeur maximale de 0,91. On remar- PRV-A, le coefficient moyen est de 0,66, valeur
quera que cette moyenne est supérieure d'un satisfaisante au regard de la norme et de l'avis
écart-type à la valeur de 0,65 préconisée par le technique (0,60 à 28 jours). Enfin, le dosage en
guide d'application (cf tableau l, cas des graves liant n'a pas de rôle réellement significatif,
traitées aux liants spéciaux routiers). Le coeffi- comme on peut le voir sur la figure 4 où aucune
cient normatif pêche donc pat optimisme d'envi- corrélation franche n'apparaît (un point représente
ron 15 % s'il est appliqué sous cette forme et sans une formulation statistiquement représentative).
tenir compte des constituants du mélange.
Coefficient de correspondance
1
Nombre de cas
10
9 n = 89 0.9
• • • •
8 • •
1

7
6
0,8
• •1 •

5 0,7
n =27 •
4
• • : •
•• •
3 0,6
2
1
0,5 •
° ~.,....,.-.--IfIIr-l'".""'"
o
~ ~ ~
~
~~ ~
00
ID ~
N
~
ID 0
0 ~ 00 N ID 0~
00 00 00 m m 0
00
ID
N ID
000000000000000"': 0,4 .j--,----r-....,.----,---..----,--......,.----r---,.---,
2,5 3 3,5 4 4,5 5 5,5 6 6,5 7 7,5
Dosage en liant (Arc GS) ("la)
Fig. 3 . Distribution des coefficients de correspondances
pour les graves traitées aux liants routiers (GTLR). Fig. 4 - Influence du dosage en liant (Arc GS)
Analyse globale. sur le coefficient de correspondance.
Cas des graves traitées aux liants routiers (GTLR).

Un traitement sélectif révèle des nuances intéres-


Cas des sables traités aux liants routiers (STLR)
santes. En effet, comme le montre le tableau VI, si
l'on regroupe les résultats par nature de granulat La présentation des données est identique à la pré-
(calcaire ou siliceux) et par type de gisement cédente (cas des GTLR). Le tableau VIII reprend
(massif ou alluvions), on obtient des coefficients l'ensemble des valeurs jugées fiables et la figure 5
de correspondance nettement distincts. De même, donne la distribution du coefficient de correspon-
la nature du liant hydraulique routier a une dance. Le nombre total de mesures est de 545. La
influence non négligeable. Le tableau VII montre valeur moyenne du coefficient est de 0,69 (écart-
cet aspect pour les liants dont il existait un nombre type de 0,10), sa valeur minimale de 0,53 et sa

TABLEAU VI
Influence de la nature des granulats et du type de gisement
sur le coefficient de correspondance R~oIRt36o'
Cas des graves traitées aux liants routiers (GTLR)

Nature Nature Nombre Coefficient de correspondance Rt6c1Rt360


des granulats du gisement de mesures Moyenne Minimum Maximum É[Link]

Non distingué 669 0,74 0,49 0,91 0,10


Calcaire Roche massive 312 0,77 0,53 0,91 0,09
Alluvionnaire 327 0,71 0,49 0,89 0,09

Siliceux + Calcaire Sablon + Alluvion. 69 0,63 0,53 0,70 0,05

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSEES· 231· MARS·AVRIL 2001· REF. 4346 - PP. 3,16
TABLEAU VII
Influence de la nature des liants routiers sur le coefficient de correspondance Rtro'Rt 360.
Cas des graves traitées aux liants routiers (GTLR)

Nature Nature Nombre Coefficient de correspondance Rt 601Rt 36o


Liant routier
des granulats du gisement de mesures Moyenne Minimum Maximum Écart-type

Non distingué 167 0,73 D,59 0,89 0,09


Non distingué
108 0,76 D,59 0,89 0,09
Ligex 2 R
Calcaire Roche massive 39 0,82 0,73 0,89 0,07
Alluvionnaire 54 0,70 D,59 0,77 0,06
Non distingué 242 0,74 0,49 0,87 0,10
Non distingué
173 0,73 0,49 0,85 0,10
Roc AS
Calcaire Roche massive 21 0,77 0,70 0,83 ' 0,06

Alluvionnaire 137 0,71 0,49 0,84 0,11


Non distingué Non distingué 259 0,76 D,53 0,91 0,11
::r
196 0,77 D,58 0,90 0,10
ArcGS
Calcaire Roche massive 114 0,78 0,62 0,90 0,09
Alluvionnaire 82 0,73 D,58 0,89 0,12
Arc 3 Calcaire Roche massive 33 0,72 0,67 0,76 0,04
Arc 4 Calcaire Roche massive 48 0,79 0,67 0,91 0,08
Non distingué 75 0,66 D,53 0,74 0,06
Non distingué
75 0,66 D,53 0,74 0,06
Prv A
Calcaire Roche massive 48 0,66 D,53 0,74 0,07
Alluvionnaire 27 0,67 0,67 0,68 0,004

Nombre de cas tre, comme précédemment, des différences selon


9 la nature des granulats (calcaire ou siliceux) et le
8
type de gisement (roche massive ou alluvion-
7
6
naire). Le tableau X montre le rôle de la nature des
n = 54 liants. La figure 6 confirme l'absence d'influence
5
4 du dosage en liant sur le coefficient de correspon-
3 dance.
2
1
o +-,.-..,.......--,-.,-,---l"81....,. Coefficient de correspondance
N ~ 0 ~ ro N ~ 0 v ro N ~ 0
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ro ro ro 0> 0> 0 1
ôôôôôôôôô o ci ci r--
n = 11 •
Rtsol Rt 3S0 0,9


Fig. 5 - Distribution des coefficients de correspondances pour
les sables traités aux liants routiers (STLR). Analyse globale. 0,8
•• •
valeur maximale de 0,96. Comme pour les graves
0,7

traitées, la valeur moyenne du coefficient est 0,6 •
supérieure (de 6 %) à la valeur de 0,65 préconisé • •
0,5 •
par la guide d'application (cf tableau l, cas des
sables traités au liant spécial routier). On notera 0,4 ~_~ _ _~_ _~ _ ~_ _~_ _..-_~
que la dispersion tend à être plus importante pour 3 3,5 4 4,5 5 5,5 6 6,5
les valeurs supérieures à la moyenne. Dosage en liant (Arc GS) (%)

Les tableaux IX et X et la figure 6 correspondent Fig. 6 . Influence du dosage en liant (Arc GS)
sur le coefficient de correspondance.
aux analyses par catégories. Le tableau IX mon- Cas des sables traités aux liants routiers (STLR).

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES· 231 . MARS·AVRIL 2001 . RÉF. 4346 . PP. 3·16
III
TABLEAU VIII
Résultats d'ensemble relatifs aux sables traités aux liants routiers (STLR)

Formulation Formulation
Granulats Liant Granulats Liant
R~oIRt36o Rt 601 Rt36o
Sable Nature Dosage Sable Nature Dosage

ArcGS 5,5 0,96 Ligex 2R 4 0,67

Arc GS 5,5 0,91 Arc 3 4 0,66


Montois-la-Montagne
Roc 4,5 0,69 Roc AS 4 0,63
Viterne
Arc 3 4,5 0,66 ArcGS 6 0,53

ArcGS 5 0,58 ArcGS 4 0,76


ArcGS 4 0,79 Courlandon·Muizon ArcGS 6 0,58

Ligex 2R 5 0,79 Roc 6 0,73


Ligex 2R 4 0,83 LigexX 6 0,83
Prv A 5 0,69 CLK 6 0,63
Montois-la-Montagne
Prv A 4 0,67 Arc 3 6 0,56
Arc 1 5 0,88 Roc AS 6 0,63
Jaillon
Arc 1 4 0,79 Fossoy-Mezy Roc AS 6 0,61
ArcGS 5 0,78 Arc 3 4 0,58
Chapelle-dvt-Bruyeres
ArcGS 4 0,86 Arc 3 6 0,64
Roc 5 0,71 Roc 6 0,60
Roc 4 0,76 Roc 8 0,73
Arc 3 3,5 0,68 Roc 4 0,57
Arc 3 4,5 0,70 Roc 5 0,64
CLK45 3,5 0,73 Saint-Erme-Wallers-Trelon Roc 6 0,67
<:::0

CLK45 4,5 0,70 Roc 4 0,54


Prv A 3,5 0,57 .;...>
Roc 5 0,56
Viterne Prv A 4,5 0,68 Ligex 6 0,72
Roc 3,5 0,62 Roc AS 6 0,73

Roc 4,5 0,62 ArcGS 4 0,63


Cloyes
Arc 1 3,5 0,69 ArcGS 3,5 0,70
Arc 1 4,5 0,63 Roc 6 0,56
Courlandon·Muizon
Arc 2 3,5 0,69 Roc AS 6 0,71

TABLEAU IX
Influence de la nature des granulats et du type de gisement
sur le coefficient de correspondance R~oIRt36o' Cas des sables traités aux liants routiers (STlR)

Nature Nature Nombre Coefficient de correspondance


de granulats du gisement de mesures Moyenne Minimum Maximum Écart-type

Non distingué 371 0,71 0,53 0,96 0,10

Calcaire Roche massive 347 0,71 0,53 0,96 0,10


Alluvionnaire 24 0,67 0,63 0,70 0,03

Silice + Calcaire Sablon + Alluvionnaire 120 0,64 0,54 0,73 0,07

Siliceux Alluvionnaire 18 0,61 0,58 0,64 0,03

El BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSEES· 231 - MARS-AVRIL 2001· REF. ~346 - PP. 3-16
TABLEAU X
Influence de la nature des liants routiers sur le coefficient de correspondance R~oIRt36o.
Cas des sables traités aux liants routiers (STLR)

Nature Nature Nombre Coefficient de correspondance


Liant routier
des granulats du gisement de mesures Moyenne Minimum Maximum Écart-type

Ligex 2 R Calcaire Roche massive 41 0,76 0,67 0,83 0,07


Non distingué Non distingué 152 0,64 0,54 0,76 0,07

Roc Calcaire Roche massive 53 0,68 0,62 0,76 0,05


Silice + Calcaire Mélange Ali , RM 84 0,61 0,54 0,73 0,06
Non distingué 88 0,75 0,53 0,96 0,14

ArcGS Calcaire Roche massive 64 0,77 0,53 0,96 0,15


Alluvionnaire 24 0,67 0,63 0,70 0,03
Non distingué Non distingué 56 0,64 0.56 0,70 0,05
Arc 3 Calcaire Roche massive 38 0,65 0,56 0,70 0,05
Siliceux Alluvionnaire 18 0,61 0,58 0,64 0,03

Prv A Calcaire Roche massive 48 0,65 0,57 0,69 0,05

Cas des graves-ciment (GC) Nombre de cas


3
Cette étude s'intéresse aussi au cas des graves trai-
tées aux ciments normalisés, mêmes si ces techni-
ques sont désormais moins utilisées. Le 2 n = 13
tableau XI donne l'ensemble des coefficients pour
les différentes natures de granulats et de ciments.
L'exploitation statistique est présentée sur la
figure 7. La valeur moyenne du coefficient est de
0,72 (99 mesures, 13 formules). Sa valeur mini-
male est de 0,41, sa valeur maximale de 0,96 et o ~ 00 N ~ 0 ~ 00 N m 0 ~ 00 N m 0
~ ~ ~ ~ ~ m m ~ ~ ~ ~ ~ 00 ~ ~ ~
l'écart-type (utilisé ici comme paramètre estima- 000000000000000
tif) est de 0,16. Seules les influences de la nature Rt 60 ' Rt 360
du granulat et du mode de gisement sont étudiées Fig. 7 - Distribution des coefficients de correspondances
(tableau XII). pour les graves-eiment. Analyse globale.

TABLEAU XI
Résultats d'ensemble relatifs aux graves-ciment (GC)
Formulation Formulation

Granulats Liant Rt 28 Granulats Liant Rt 28

Sable Gravillon Nature Dosage Rt 360 Sable Gravillon Nature Dosage Rt 360

CLK45 3,5 0,71 Voulaines Voulaines CPJ45 3,5 0,82

CLK45 3,5 0,71 Voulaines Voulaines CPJ 45 3,5 0,82

CLK 45 3,5 0,74 CLC 3,5 0,50


Sie-Margueritte Sie-Margueritte
Viterne Viterne CLK45 3,5 0,96 CLC 3,5 0,62

CLK 45 3,5 0,58 Matignicourt Matignicourt CLK45 3,5 0,75

CLK45 3,5 0,92 CLK45 3,5 0,71


Plichancourt Plichancourt
CLK 45 3,5 0,41 CLK 45 3,5 0,87

BULLETIN OES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSËES· 231 - MARS-AVRIL 2001 . REF. 4346 - PP. 3-16
m
TABLEAU XII
Influence de la nature des granulats et du type de gisement.
Cas des graves-ciment (GC)

Nature Nature Nombre Coefficient de correspondance Rt 2a1Rt 360


de granulats du gisement de mesures Moyenne Minimum Maximum Écart-type

Non distinguée 81 0,75 0,41 0,96 0,16


Calcaire Roche massive 45 0,73 0,41 0,96 0,18
Alluvionnaire 36 0,78 0,71 0,87 0,07
Siliceux Alluvionnaire 18 0,56 0,50 0,62 0,06

Synthèse des résultats· Bilan Ce bilan montre très clairef!lent que le coefficient
de correspondance en traction dépend non seule-
Le tableau XIII rappelle le coefficient de corres-
ment de la nature du liant, mais aussi et de la
pondance du guide d'application des normes pour
nature et, dans une moindre mesure, du type de
chaque technique étudiée et fait apparaître ceux
gisement des granulats_ Dans le détail, on observe
obtenus dans le cadre de cette étude selon les dif-
que les coefficients trouvés sont:
férentes natures de granulats, le type de gisement
et les liants utilisés (l'écart-type est donné entre » globalement ceux du guide d'application pour
parenthèses)_ La figure 8 montre l'évolution de ce les matériaux alluvionnaires de nature siliceuse;
coefficient en fonction des différentes natures de » systématiquement supérieurs pour les cal-
granulats, tous liants confondus_ caires_

TABLEAU XIII
Bilan général des coefficients de correspondance
Graves traitées Sables traités aux liants routiers Graves traitées au ciment
aux liants routiers (GTLR) (STLR) (GC)
Guide
0,65 (60 il 0,65 (60 il 0,60 (28 il
d'application
Étude 0,74 (0,10)' 0,69 (0.10) 0,72 (0,16)
Gisement Massif Alluvions Massif Alluvions Massif Alluvions

ro'" ~
Oro ~
Oro
:><--~ ~
Oro
.
><--
G>
~
~
Oro
.
><--
G>
~
><
:J ~
Oro ~
oro
><
:J
:; :J '"
G>.2
:J
G> '"
0 :J '" G> G>
0 0-
-- '"
0 '"
0- 0 ,g 0 0
~
C

'"
(5
.2
'"
0
.2
'"
0
0'"
:=0 ro
0 =0
lfl+
ro
0
- '"
=0
lfl+ è:ï5
ro
0
ro
0 lfl
lfl+

0,82 0,70 0,76


Ligex 2R
(0,07) (0.06) (0.07)
0,77 0,71 0,68
Roc As
(0.06) (0,11) (0.05)
0,78 0,73 0,65 0,67
ArcGS
(0,09) (0,12) (0.05) (0,03)
0,72 0,61
Arc 3
(0,04) (0,03)
ë'"
'"
:::i
Arc 4
0,79
(0,08)
0,66 0,67 0,65
Prv A
(0,07) (0,04) (0,05)
0,73 0,78 0,56
CLK
(0,18) (0,07) (0,06)
Tous liants 0,77 0,71 0,63 0,71 0,67 0,64 0,61
confondus (0,09) (0.09) (0,05) (0,10) (0,03) (0.07) (0,03)
• Les valeurs entre parenthèse sont les écarts-types sur les coefficients.
•• Ces granulats sont issus de sablons_

m BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 231 - MARS-AVRIL 2001 - RÉf. 4346 - PP. 3-16

TI
Rt 60 ' Rt 360 Rt 60 ' Rt 360
0,8 0,8

~
TLR STLR
(60 jours) (60 jours)
0,7 0,7

0,6
- - . - . - . . . . _-

- - + - Mesures
- ••••. Norme
-

0,6 ~
0,5 + - - - - - - , - - - - , c - - - - - - , - - - - - - - , 0,5 - l - - - - , - - - - , - - - - - , - - - - , - - - - - ,
1 2 3 234
Origine des granulats Origine des granulats

Rt 28 , Rt
360
0,8
Ge Légende des abscisses
(28 jours)
0,7
1. Granulats concassés issus de lOches carbonatées
2. Granulats alluvionnaires calcaires
0,6
3. Mélanges siliceux + carbonatés
+ 4. Granulats alluvionnaires siliceux
0,5 - l - - - , - - - . - - - - . - - - - , - - - ,
2 3 4
Origine des granulats

Fig. 8 - Évolution du coefficient de correspondance selon la nature des granulats pour les différenles techniques de chaussées étudiées.

En d'autres termes, les mélanges à base de granu- liant [9]. Les présents résultats apparaissent con-
lats calcaires concassés (roches massives) attei- formes à ces théories, car les calcaires concassés
gnent, à 28 ou 60 jours selon les liants, environ (roches massivlis) contiennent plus de fines (effet
75 % de leur résistance à long terme, alors que le accélérateur) que ceux d'origine alluvionnaire. De
guide donne des valeurs de 60 ou 65 %. même, on sait que les liants routiers d'aujourd'hui
contiennent pour la plupart une importante frac-
Pour les matériaux calcaires d'origine alluvion-
tion de laitier (cf tableau Ill). Ces liants riches en
naire, la différence est moindre, excepté pour les
(graves) ciments où le coefficient avoisine 0,80. alumine sont donc d'autant mieux adaptés aux
mélanges calcaires (effet liant).
On constate donc que les matériaux carbonatés
ont un effet accélérateur indéniable sur la cinéti- Ce sont aussi les liants de type CLK (riches en alu-
que de prise et de durcissement des mélanges mine apportée par le laitier et le clinker) qui per-
hydrauliques étudiés. mettent aux graves-ciment calcaires de monter
plus rapidement en résistance.
L'objet de cet article n'est pas de rechercher l'ori-
gine physico-chimique du phénomène, sachant Ces résultats montrent donc que les assises réali-
toutefois que de nombreux travaux scientifiques sées avec des mélanges calcaires traités aux liants
ont déjà apporté une contribution en ce sens hydrauliques routiers modernes ne doivent plus
[9, 10]. On peut cependant rappeler [8] que ce être évaluées avec le coefficient de correspondance
seraient les fines calcaires qui agissent comme en traction avancé par la guide d'application. En
des sites de nucléation, augmentant ainsi la proba- effet, si l'on extrapole avec ce coefficient la résis-
bilité de précipitation des hydrates dissous et tance mesurée à 28 ou 60 jours, les performances
accélérant l'hydratation. Ensuite, dans une cer- prévues à 360 jours risquent de ne pas être atteintes
taine mesure, la portlandite dégagée lors de (ce qui peut constituer un problème pour les
l'hydratation du liant se combine aux phases alu- mélanges en « limite de classe»). Les coefficients
minates et aux carbonates dissous pour former des proposés en remplacement sont ceux du
carboaluminates responsables d'un certain effet tableau XIII. Il serait souhaitable qu'ils soient véri-

BULLETIN OES LABORATOIRES OES PONTS ET CHAUSSEES· 231· MARS·AVRIL 2001 . REF. 4346· PP. 3-16
III
Classification des GTLH calcaires et propriétés
intrinsèques des gravillons
Jean Voirin, Cadre Technique, Laboratoire Screg Est, Nancy
André Lecomte, Maître de Conférences HDR, Université Henri Poincaré Nancy 1
Didier Desmoulin, Directeur Technique, Société Screg Est, Nancy

Résumé

L'article présente une synthèse de plusieurs études de formulation de GTLH calcaires


réalisées au laboratoire Screg Est de Nancy avec des gravillons de catégories C à P. Les
résultats montrent qu'il n'y a pas de corrélation franche entre les performances des mélanges
et les propriétés intrinsèques des gravillons calcaires, les classes G2 et G3 habituellement
visées étant atteintes avec les différents granulats (F compris). Seule la nature du liant routier
modifie la plage des performances possibles, à l'avantage des produits «spécifiques» aux
calcaires. Ces résultats vont à l'encontre des prescriptions de la norme NF P 98-116, qui
écarte les gravillons P jugés trop «tendres ». Elles confortent en revanche le guide
d'application, qui laisse la possibilité d'utiliser des matériaux «hors norme» si l'expérience
s'avère positive. Parallèlement, la résistance à la traction d'une GTLH calcaire contenant un
taux croissant de liant a été comparée à la résistance à la traction de la roche mère. On montre
que ce dernier paramètre peut constituer, pour les calcaires, un critère de sélection alternatif
aux essais Los Angeles et Micro Deval habituels.

Introduction

Les performances mécaniques requises pour les graves traités aux liants hydrauliques ou
GTLH, en termes de résistance à la traction directe Rt et de module de rigidité E, sont assez
facilement atteintes avec des granulats de qualité courante. De nombreux matériaux locaux -
i.e. certains calcaires « tendres» par exemple - ou recyclés peuvent être ainsi utilisés dans ces
mélanges. La norme dédiée à ces produits (NF P 98-116 [1]) écarte toutefois les gravillons de
catégorie pl, sans qu'il soit fait référence à la nature minéralogique des grains. Le guide
d'application des normes chaussées du SETRNLCPC [2] précise pour sa part que «des
assouplissements peuvent être envisagés, sous réserve que les granulats aient fait l'objet de
plans d'expérimentation rigoureux susceptibles d'évaluer les risques encourus avec
précisions ». Il est donc potentiellement possible de mettre en œuvre dans ces produits
certains granulats de résistance mécanique peu élevée.

On a pu montrer par ailleurs que les coefficients de correspondance utilisés pour


l'extrapolation à 360 jours des performances des GTLH dépendaient étroitement de la nature
des grains et du liant utilisé [3]. En particulier, les calcaires présentent bien souvent des
coefficients supérieurs à ceux annoncés par la norme [1], en présence des liants routiers
notamment.

Cette étude complète les travaux auxquels il est fait référence précédemment [3]. Elle se
propose de rapprocher les performances mécaniques de diverses GTLH calcaires des
propriétés intrinsèques des gravillons utilisés. La résistance à la traction et le module

1 Rappel: les catégories intrinsèques des gravillons sont actuellement fixées par la norme XP P 18-540, sur la
base des essais Los Angeles et Micro Deval bien connus. F implique LA>45, MDE>45, LA+MDE>80
d'élasticité des mélanges sont comparés également aux valeurs de Los Angeles et de MDE
des gravillons. La plage de performance couverte par les GTLH réalisées va de Gl à G4 2 . Les
catégories de gravillons vont de BIC à F. Les données sont issues du laboratoire Screg Est de
Nancy qui dispose d'un certain nombre de résultats d'études réalisées avec des calcaires
exploités dans la grande région Est de la France3 .

Aucune tendance franche n'a été observée. Des essais basés sur la mesure de la résistance à la
traction par fendage d'une série de mélanges dosés à un taux croissant de liant donnent une
indication sur le comportement mécanique des mélanges. Par comparaison avec la résistance
de la roche, l'approche permet de sélectionner les matériaux pouvant conduire à des
performances de GTLH satisfaisantes.

Après un rappel des principes de formulation des GTLH, l'article présente les matériaux
calcaires et les liants utilisés. La partie suivante concerne la comparaison des performances
des mélanges aux propriétés mécaniques des gravillons. L'étude s'intéresse ensuite à la
résistance à la traction des GTLH et de la roche d'où sont issus les gravillons utilisés.

Principes de formulation des GTLH ; quelques rappels

La méthodologie d'étude en laboratoire d'une GTLH est précisément définie par la norme NF
P 98-114-1 [4]. Rappelons brièvement qu'il faut réaliser dans l'ordre:
1. un prélèvement conforme des granulats sur stocks en carrières,
2. l'identification des échantillons prélevés. Les essais pratiqués servent à déterminer les
propriétés intrinsèques (LA, MDE) et de fabrication (granulométrie, aplatissement,
propreté). Le référentiel de la classification est la norme granulats XP P 18-540 [5],
article 7,
3. la formulation de mélanges expérimentaux, selon NF P 98-116. La granularité du
mélange solide (liant compris) doit se situer de préférence dans le fuseau l de la norme
(plus forte compacité),
4. une étude PROCTOR. Cette phase permet de déterminer la teneur en eau optimale.
Les résultats servent aussi à fixer l'objectif de compactage des corps d'épreuves,
5. la réalisation des corps d'épreuve (éprouvettes «diabolo)) et éprouvettes
cylindriques). Le mélange est gâché dans un malaxeur approprié. Les éprouvettes sont
moulées par vibrocompression (VCEV),
6. la mise en cure des éprouvettes (moules étanches et température de 20 ±2°C) jusqu'à
l'échéance des essais,
7. la détermination du module de rigidité (E) et de la résistance à la traction (Rt) à l'aide
d'une presse de traction couplée à un extensomètre, comme illustrée sur la figure 1.

Pour une même étude, plusieurs liants et plusieurs dosages sont généralement testés, pour
répondre aux spécifications techniques et/ou économiques requises ou pour apprécier les
performances possibles (catalogue ou appel d'offre).

Matériaux de l'étude

2 Rappel: les performances mécaniques à 360 jours des GTLH sont classées en quatre classes, selon la position
de leur point représentatif dans le diagramme E, Rt
3 Les travaux de la référence [3] sont déjà issus de la base de donnée du laboratoire Screg Est.

2
Six granulats calcaires d'origine différente sont considérés dans cette étude. Ils proviennent de
diverses carrières alluvionnaires ou massives implantées dans l'Est de la France. Une
description sommaire de la nature pétrographique de la roche est donnée dans le tableau 1.

Les propriétés intrinsèques de ces granulats, en terme de coefficients Los Angeles (LA) [6] et
Micro Deval (MDE) [7], sont présentées dans le tableau 2. Leur catégorie, définie par
référence à la nomle XP P 18-540 1 article 7, apparaît sur la figure 2. Elle évolue de BIC à F.
Les «meilleurs» matériaux sont le plus souvent d'origine alluvionnaire; les plus « tendres»
proviennent des carrières massives où l'on ne pratique généralement pas d'exploitation
sélective. Notons que les mesures ont été réalisées sur les fournitures de granulats qui ont
servi à la fabrication des éprouvettes de GTLH, pour limiter les incertitudes. De même, les
mélanges ont été formulés avec un seul type de gravillon bien que, parfois, deux ou plusieurs
granulats de diverses origines soient mélangés, pour améliorer l'indice de .concasse lC ou
pour corriger la granularité.

Sept liants hydrauliques routiers ont été utilisés pour confectionner les mélanges, à des
dosages compris dans la fourchette habituelle adoptée pour ces produits (entre 3 et 6%). Leur
appellation et leur composition qualitative sont présentées dans le tableau 3. Leurs
caractéristiques détaillées peuvent être trouvées dans les fiches descriptives fournies par les
producteurs.

Données et résultats

Le tableau 4 présente les résultats obtenus pour les différents matériaux (carrière). Pour
chaque formule, le type de liant et son dosage sont donnés, ainsi que les performances à 360
jours. Ces performances ont été soit mesurées à 360 jours, soit extrapolées des valeurs
mesurées à 60 jours. Dans le premier cas, la résistance affichée résulte du lissage de toutes les
mesures réalisées durant la cure (lissage semi logarithmique). Dans le second cas, les valeurs
ont été extrapolées à partir des coefficients de correspondances déterminés expérimentalement
[3], rappelés tableau 5. Les valeurs de résistance à la traction (Rt) présentées ont toutes été
mesurées sur éprouvettes diabolo. Notons par ailleurs que les mélanges ont été formulés de
sorte que leur spectre granulaire se situe autant que possible au centre du fuseau l de la norme
NF P 98-116. De même, les indices de concassages lC sont toujours égaux à 100, excepté
pour la formule de la carrière 6 (IC=30).

La figure 3 présente les performances mesurées dans le diagramme E, Rt. On observe tout
d'abord la tendance habituelle de l'augmentation concomitante des performances en traction
et en module, avec le dosage en liant (non figuré directement sur le diagramme). On constate
aussi une gradation des performances selon le liant utilisé, à l'avantage des plus riches en
laitier. Les meilleures performances de cette étude (classe G4) sont obtenues avec Arc GS,
pour des dosages de 3 et 3,5% déjà, et les calcaires des carrières 1 et 2, classés E et EIF. Les
gravillons de la carrière 6, classés F, donnent une GTLH de classe G3, avec 3,5 % de liant
seulement. Ceux classés C ne donnent pas de meilleures performances, y compris avec Arc
GS, bien que les modules soient généralement supérieurs. Les classes G2 et G3
habituellement requises pour les GTLH sont donc toujours atteindre ici, quelle que soit la
catégorie des gravillons calcaires utilisés (compris F), sous réserve toutefois du choix du liant
approprié. D'après ces résultats et contrairement aux prescriptions de la norme, la catégorie
des gravillons n'est donc pas un critère discriminant pour la formulation d'une GTLH
calcaire, ce qui conforte les recommandations du guide d'application.

3
Les données à disposition permettent aussi de croiser les performances des mélanges (E, Rt)
et des gravillons (LA et MDE). La figure 4 présente ces comparaisons. On retrouve, comme
précédemment, l'influence marquée du liant mais aucune tendance franche n'apparaît,
excepté peut être en traction où l'on perçoit une augmentation de cette propriété lorsque les
coefficients LA ou MDE augmentent! A l'inverse, les modules sont (en moyenne) plus élevés
lorsque ces coefficients sont bas. Le contraste plus ou moins marqué entre les modules
d'élasticité de la phase liante et ceux des différents granulats expliquent probablement ces
comportements. Mais ces évolutions sont marginales pour pouvoir établir des corrélations
franches. Ces graphiques confirment donc l'assertion précédente, puisque de bonnes
performances en traction et en module sont obtenues avec des gravillons de coefficients LA
eUou MDE élevés. On notera enfm que la plage de performance des matériaux issus des
carrières est plus ouverte que celle des matériaux d'origine alluvionnaire, abstraction faite du
nombre de formules réalisées avec les premiers.

L'observation des plans de fracture révèle par ailleurs que les gravillons calcaires sont
majoritairement cassés en présence de liants performants (Arc GS par exemple), surtout s'ils
sont d'origine massive, alors que les granulats sont déchaussés avec d'autres liants. On
attribue ce comportement à la bonne adhérence (physique, chimique) entre les gravillons et la
matrice liante (pâte + fillers), adhérence qui renforce le «verrouillage naturel» de
l'empilement des grains anguleux et rugueux. Comme signalé plus haut, le plus faible
contraste des modules élastiques, entre matrice et gravillons, par rapport à des gravillons
« durs », joue probablement aussi un rôle. Le plan de facture traverse indifféremment les
différentes phases du composite, montrant un comportement mécanique assez comparable à
celui d'un matériau homogène et isotrope. La figure 5 illustre ce propos. Elle présente l'image
d'une éprouvette épuisée de béton maigre à base de matériaux de la carrière 1 et de liant Arc
GS. Cette image a été réalisée avec un tomodensitomètre «Somatom Plus 4 Siemens» (ou
scanner médical). La fracture suit une trajectoire induite par le champ de contrainte, sans
contourner les grains calcaires.

Ces résultats incitent donc à prendre en compte la nature pétrographique des gravillons dans
les spécifications des GTLH, puisque les grains calcaires «tendres» permettent finalement
d'obtenir des performances intéressantes. D'ailleurs, une synthèse du chantier de l'autoroute
A31 (Lorraine-Bourgogne) [8] signalait déjà, il y a plus de vingt ans, que des calcaires
oolithiques et à polypiers du Bajocien lorrain, localement friables et gélifs (IG ~ 70), en limite
de spécification, donnaient une grave laitier non gélive et mécaniquement performante. La
couche de fondation réalisée avec cette GTLH donne encore satisfaction aujourd'hui. La
formule proposée par les auteurs était: granulat donné + formulation adaptée = grave laitier
normale. Cet exemple, qui a permis «d'économiser» les ressources alluvionnaires locales,
anticipait les propos du guide d'application des normes pour le réseau routier nationaL ..

Rappelons par ailleurs que le traitement des calcaires aux liants hydrauliques améliore leur
résistance au gel (fait souvent constaté), y compris pour les faciès les plus tendres (craies par
exemple).

Les caractéristiques intrinsèques n'étant apparemment pas discriminantes pour les calcaires
utilisés en techniques de chaussées, une relation entre les performances mécaniques à la
traction des mélanges et de la roche a alors été recherchée.

Prévision des performances à partir de la résistance à la traction de la roche

4
Cette partie relate une expérience réalisée avec les matériaux calcaires de la carrière 2 (classés
E/F). Un sable 0/5 et un gravillon 5/16 ont été mélangés au liant routier LSC+, à des taux
croissants de 4, 8, 12, 16 et 20 % de la masse totale du mélange sec. Ce liant, destiné aux
matériaux calcaires, remplace aujourd'hui Arc GS. Dans ces mélanges, le volume de gravillon
a été gardé constant et une partie du sable a été substitué par le liant, pour rester dans le
fuseau de spécifications. La granularité des mélanges est donnée dans le tableau 6. Des
éprouvettes cylindriques IOx20 cm ont été moulées par vibrocompression, en adoptant la
« consistance» de la référence Proctor modifié des formules à faible dosage en liant. Pour les
forts dosages, la quantité d'eau a été ajustée de façon à retrouver cette consistance caractérisée
par le comportement du mélange soumis au même nombre de chocs entre deux plaques de
plexiglas. Les dosages en eau sont portés dans le tableau 6. Les éprouvettes ont été sollicitées
au fendage après 60 jours de cure. Les résistances moyennes à la traction obtenues (Rtb 6o)
sont également portées dans le tableau 6, avec les valeurs de traction directe extrapolées à 360
jours (Rt360), selon la relation:

Rtb60
R1360=,80 - -

où:
°
0,78
(1)

0,80 est le rapport usuel entre traction directe et fendage [3],


0,78 est coefficient de correspondance pour une GTLH à base de calcaire massif et
d'Arc Gs (tableau 5 [3]).

Le graphique de la figure 6a montre l'évolution de Rt360 en fonction du taux de liant. On


constate que la résistance augmente «rapidement» jusqu'à 8% de liant, puis « stagne»
ensuite.

Par ailleurs, la résistance à la traction par fendage de la roche à été mesurée sur plus d'une
dizaine des carottes cylindriques de diamètre 54 mm et de longueur 50 à 70 mm, prélevées in
situ selon les directions perpendiculaires ou parallèles à la stratification. Notons que deux
faciès «gris» et «jaune» sont présents dans la formation (et dans les granulats). Leur
résistance moyenne en traction directe a été obtenue par application du coefficient 0,80 sur les
valeurs de fendage. De plus, cette résistance a été pénalisée par un coefficient d'effet
d'échelle [9] estimé à 0,95, pour tenir compte de la différence de taille 4 entre éprouvettes de
roche et de GTLH. La relation est la suivante:

Rt = 0,80. 0,95 . Rtb = 0,76. Rtb (2)

Les valeurs obtenues sont assez contrastées: celle du faciès gris est de 4,3 MPa (écart type
0,83) et celle du faciès jaune est de 2,8 MPa (écart type 0,33).

Le pourcentage de chaque faciès dans les mélanges a été déduit du comptage des gravillons
(taille supérieure à 4 mm) sur les plans de fracture. Il est d'environ 30% pour le faciès gris et
de 70% pour le faciès jaune. L'observation des plans de fracture montre aussi qu'il n'y a pas
de déchaussements des grains, quel que soit le faciès et le dosage, prouvant la bonne affinité
entre matrice et granulats. La résistance moyenne des gravillons, calculée par simple
pondération entre résistance et pourcentage de chaque faciès, est reportée sur la figure 6a
(ligne bleue), avec l'écart type moyen calculé selon les lois de la statistique. On constate que

4 La résistance à la traction est d'autant plus amplifiée que les corps d'épreuves sont petits.

5
la résistance à la traction du composite atteint, puis dépasse celle du granulat, lorsque le
dosage en liant augmente.

Au-delà de 12%, le dosage en liant rejoint celui des bétons hydrauliques, pour lesquels un
comportement analogue est décrit à la compression [10]. En effet, dans ces matériaux, si la
résistance de la matrice devient prépondérante sur celle des granulats (grâce à des rapports e/c
faibles), la résistance à la compression du composite peut dépasser celle du granulat. Le
modèle théorique avancé est celui de la sollicitation « en parallèle» des deux phases (matrice
et granulat). Par ailleurs, pour une résistance de matrice donnée, la résistance du composite se
trouve aussi renforcée si l'adhérence pâte-granulat est bonne. C'est la nature triaxiale des
contraintes dans la matrice liante confinée qui explique ce surcroît de résistance à la
compression. En « transposant» ces deux modèles à la traction - approche justifiable compte
tenu des relations existant entre les deux types de contraintes [10] - le dépassement de la
résistance des gravillons calcaires est alors interprétée comme la combinaison de la résistance
élevée de la matrice (due aux rapports e/c faibles obtenus sans ajout substantiel d'eau, cf.
tableau 6) et de la bonne adhérence entre matrice et grains.

On remarque toutefois (figure 6a) que le taux de liant nécessaire pour dépasser la résistance
des gravillons est supérieur au dosage maximum préconisée pour une GTLH, soit 6%. En
d'autres termes, pour les dosages habituels en liant (compris entre 3 et 6%), c'est la
résistance à la traction du gravillon qui reste le facteur limitant des GTLH calcaires. Dans le
cas présent, comme cette résistance est supérieure à la résistance requise pour les différentes
classes de performances (figurées par des traits noirs sur la figure 6a, pour un module moyen
E de 30 GPa), il est donc « normal» que les classes G3 et G4 soit atteindre, en ajustant
simplement le dosage en liant (approprié aux calcaires).

Ce résultat amène à proposer la sélection des granulats calcaires destinés aux GTLH par la
résistance moyenne à la traction de la roche d'où sont issus les matériauxs. Si cette résistance
est supérieure à la limite minimale de la classe visée, on pourra en principe toujours obtenir
cette classe en ajustant le dosage du liant spécifique sélectionné.

À titre d'exemple, cette approche a été appliquée aux matériaux de la carrière 1, classés E, qui
comporte plusieurs faciès calcaires différents. La résistance à la traction directe des diverses
roches mères, mesurée sur le même type de carottes que précédemment, a été déduite des
résistances au fendage selon la relation 2. Elle est en moyenne de 2,85 MPa. L'écart type
élevé de 0,70 s'explique par la présence des différents faciès. Cette résistance est comparée à
la Rtb 3 60 des six formules de GTLH réalisées avec Arc GS (tableau 4), liant de nature
comparable à LSC+. Les résultats sont reportés sur la figure 6b. On vérifie bien que la
résistance à la traction de la roche calcaire est suffisante pour donner des GTLH de classes G2
à G4, avec 3 et 4% de liant seulement.

Conclusion

Cette' étude cherchait à établir des comparaisons entre les performances (E, Rt) d'une
quarantaine de GTLH calcaires et les caractéristiques intrinsèques (LA, MDE) des gravillons
utilisés. Elle montre finalement que la qualité mécanique normative des granulats calcaires ne
constitue pas un facteur limitant des performances de ce type de produit, puisque les classes
G2/G3, voire G4, sont obtenues avec les différents gravillons testés, y compris ceux classés F.

5 il faut cependant pouvoir accéder à la roche mère, ce q~i Iinùte le principe aux carrières massives

6
Une granularité centrée dans le fuseau de spécification et l'emploi d'un liant appropne
explique les «bonnes» performances obtenues dans le cas présent. Le faible contraste entre
les modules d'élasticité de la roche «tendre» et de la matrice liante, ainsi que la bonne
adhérence matrice gravillon, améliorent la résistance à la traction des mélanges, qui sont
mécaniquement plus homogène. Ce comportement, plutôt spécifique aux matériaux calcaires,
n'est pas pris en compte par la norme NF P 98-116 actuelle, qui ne distingue pas la nature des
grams.

Ce résultat ouvre des perspectives d'utilisation de certaines ressources minérales calcaires


jusqu'ici écartées pour les corps chaussées (en Lorraine notamment), afin de préserver les
ressources (alluvionnaires) de meilleures qualités pour des usages plus nobles, conformément
au concept actuel du développement durable.

Enfin, la recherche des performances maximales en traction de plusieurs GTLH calcaires


contenant le même gravillon peu résistant et une quantité croissante de liant montre que la
résistance de la roche contrôle celle de ces produits. La mesure de cette propriété paraît alors
mieux adaptée que les essais Los Angeles et Micro Deval pour sélectionner les matériaux
calcaires destinés à la fabrication des GTLH.

Bibliographie

[1] AFNOR, 2000, NF P 98-116, Graves traitées aux liants hydrauliques


[2] SETRNLCPC, 1998, Assises de chaussées - Guide d'application des normes pour le
réseau routier national.
[3] Voirin J., Desmoulin D., Lecomte A., 2001, Prévision de la résistance à long terme de
mélanges routiers traités aux liants hydrauliques, Bulletin des laboratoires des Ponts et
Chaussées, 231, pp. 3-16
[4] AFNOR, 1992, NF P 98-114-1, Méthodologie d'étude en laboratoire des matériaux
traitées aux liants hydrauliques
[5] AFNOR, 1997, NF XP P 18-540, Granulats - Définitions, conformité, spécifications
[6] AFNOR, 1990, NF P 18-57, Granulats - Essai Los Angeles
[7] AFNOR, 1990, NF P 18-572, Granulats - Essai d'usure Micro-Deval
[8] Camut J., Causero L., 1984, l'Autoroure A31, section Toul-Montigny-le-roy, Laitiers
de hauts fourneaux, nO 55/1, pp. 20-39.
[9] Rossi P., Wu X., Le Maou F., Belloc A., 1994, Scale effect in concrete in tension,
Materials and structures, Vol. 27, pp.437-444.
[10] De Larrard F., traduit de l'anglais par Lecomte A., 2000, Structures granulaires et
formulation des bétons, Etudes et Recherches du LCPC, OA 34,414 p.

Il
FIGURES

Figure 1 : Mesure du module de rigidité E et de la résistance à la traction Rt d'une GTLH sur


éprouvette « diabolo»

Attelage à la presse de traction

Casque collé à l'éprouvette

Extensomètre

Éprouvette « diabolo» 16 x 32 cm

Figure 2 : Classification des granulats calcaires de l'étude, au regard de la norme XP P 18-540


/ article 7
50
45
F
2 .6
40
>il
E
~ 35 81
'; 30
...
~
0 25
D
.
0
u 20
C
:E 15 B
10
5
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Los Angeles LA

8
Figure 3 : Classification mécanique des GTLH calcaires, selon NF P 98-116.

4 o Carrière 1; Catégorie E
0 2', E
~
;:l 3 0 3', C
0
''-'
0
1::-. 4; C
\0
("<)
·ro
2
X
~
5',
6',
C
F ...,.1
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ro
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6-
- .... ~
'-" - .... J,.!:-
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1 . - ' 1-""
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'4)
0,4
G2 ..------ _.... ~~
~

--
~ .",-
0,3
~
~

••
~ I!!I.A rc J

---
Gl PRVA
0,2
.--- .Arc4 PRVH
.ArcGS ~ IZoc AS
• Ligex2R
-f-

1
2 3 4 5 10 20 30 40
Module élastique E (GPa) à 360jours

9
Figure 4 : Relations entre propriétés intrinsèques des gravillons calcaires et performances des
GTLH.
OllE El Arc 3 • PRVA
2,5 02/ E 2,5 .Arc4 • PRVH
t; <> 3 / C t;
• Arc GS GEl Roc AS

::l ::l
. .....,
0 b.4/C ......,
0 BJ Ligex2R

0
\0
r<)

·ro
2
X5/C
"%..6/ F
=:
0
\0
r<)
·ro
2
•• ••
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ro -;;-
6-
0-
1,5
Â~* t )K
6-
0-
1,5
~ Â 1 rn
.)K
ô2
0 ; ô2
~ e• ~

c c
ü
0

~
f-
• r ü
f-
0

e 1 El

0,5 0,5
10 15 20 25 30 35 40 45 50 \0 15 20 25 30 35 .40 45 50
Coefficient LA Coefficient MDE

:x ,•.
:; :;
......,
0 35 ......,
0 35

••
0 0
\0 \0
r<)
oro 30
r<)
·ro 30 1
""'
6
ro X ""'
ro
0-
1
••
'-'
w
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8
w
25 ~)K
• .,
1 m
1
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.g 20 .g 20
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~
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-;
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0
15
• ~
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-;
'0
0
15

10 10
:::s ::E
10 15 20 25 30 35 40 45 50 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Coefficient LA Coefficient MDE

)
Figure 5 : Coupe (tomodensitomètre) d'une éprouvette 16x32 de béton calcaire maigre
(carrière 1) épuisée en compression.

Gravillon calcaire

10
Figure 6a : Evolution de la résistance à la Figure 6b : Comparaison de la résistance à la
traction en fonction du taux de liant (LSC+). traction des GTLH avec celle de la roche
Granulats de la carrière 2. mère. Granulats de la carrière 1.
- - Gran ulats
4 ---GfLH 4
- Limites de classes (pour E=30 GPa)
~
::l
.~ 3
0
'0

•1
r<1
-ro 2 'G4.

••
r--
ro 1 1
p..,
03:

0._--,.------,----,-----.----,
-
6
[Link]
1
i
G2:,
Gl
0
o 4 8 12 16 20 2 3 4 5 6 7
Taux de liant (LSC+) % Tauxde liant (Arc Œ) %

Il
TABLEAUX

T a bl eau 1 0 ngme e t pe'[Link] sommaIre d es granu 1a ts ca1caIres d e l' eue


't d
0

Carrière Gisement Pétrographie sommaire


1 Roche massive Calcaires à polypiers, à entroques et oolithique
2 Roche massive Calcaires oolithiques et coquilliers
3 Alluvionnaire Silico-calcaire à dominante calcaire (alluvions de la Saulx)
4 Roche massive Calcaires oolithiques avec polypiers
5 Alluvionnaire Silico-calcaire à dominante calcaire (alluvions de la Marne)
6 Alluvionnaire Silico-calcaire à dominante calcaire (alluvions de la Vesle)

Tableau 2 : Caractéristiques intrinsèques des granulats


(Valeurs moyennes contemporaines aux études des GTLH)
Catégorie
Carrière LA MDE
(P 18-540)
1 33 32 E
2 34 45 E/F
3 25 11 BIC
4 23 19 C
5 27 Il C
6 38 48 F

Tableau 3 C ompOSIIon r
Of d e b ase des rIants h ydr au Iques utITIses , de
' dans cette etu
Appellation commerciale Arc 3 Arc 4" Arc GSb Ligex 2R PRVN PRVH Roc AS
Laitier HF X X X X X X X
<n

~ Chaux vive X X X
E GypselAnhydrite
.~
X X X X X X X
<n
p Clinker X X X
0
U Cendres Volantes X
Fillers X
a Les liants ARC 4 et ROC AS sont equlvalents et sont dorénavant proposes sous l'appellatIOn unIque ROC AS
b Liant actuellement remplacé par LSC+
C Liant actuellement remplacé par PRV H

12
Tableau 4 : Dosages en liant et perfonnances des GTLH réalisées avec les matériaux des
différentes carrières.

. E
Camere 1 GraVI11ons de categone Carrière 2. Gravillons de catégorie EIF
Dosage Rt360 j E360j Dosage Rt 360j E360j
Liant Classe Liant Classe
% MPa GPa % MPa MPa
Arc 4 3 0,79 19,2 G2 Arc 3 3,5 1,16 18,5 G3
Arc 4 3 1,06 20,4 G3 Arc 3 4,5 l,52 24,6 G3
Arc 4 3,5 0,97 32,2 G2 Arc 4 3,5 1,08 19,8 G3
Arc 4 4 0,99 21,2 G2 ArcGS 3,5 1,37 30 G3
Arc 4 4 1,39 21,6 G3 ArcGS 3,5 1,76 27,2 G4
ArcGS 3 1,46 26,5 G3 ArcGS 4,5 1,92 28,5 G4
ArcGS 3 0,97 21,5 G2 ArcGS 5,5 2,16 31 G4
ArcGS 3 1,35 21,8 G3 Ligex 2R 3,5 0,80 17,5 G2
ArcGS 3,5 1,98 30 G4 Ligex 2R 3,5 1,04 18,9 G2
ArcGS 4 1,56 19,9 G3 Ligex 2R 4,5 1,24 22 G3
ArcGS 4 1,85 25,5 G4 Ligex 2R 5,5 l,52 25,5 G3
PRVA 3 0,72 19,4 G2 Roc AS 4,5 1,2 21,2 G3
PRVA 3 0,74 14,8 G2
PRVA 4 1 20 G2 Carrière 3. Gravillons de catégorie BIC
PRVA 4 0,65 18,4 Gl Arc 4 3,5 0,89 22,3 G2
PRVA 4 1,01 17,6 G2 Arc 4 3,5 1,05 24,0 G2
PRVH 3,5 0,8 19,3 G2 ArcGS 3,5 1,41 30,5 G3
PRVH 4,5 1,2 21 G3 Ligex 2R 3,5 1,35 25,2 G3
Ligex 2R 3,5 1,03 32,6 G2
..

13
Tableau 5 : Rappel des coefficients de correspondances proposés par 31
Graves Traitées aux Sables Traités aux Liants Graves traitées au Ciment
Liants Routiers (GTLR) Routiers (STLR) (GC)
Guide
0,65 (60 jours) 0,65 (60 jours) 0,60 (28 jours)
d'application
0,74 0,69 0,72
Etude
(0,10)* (0,10) (0,16)
Gisement Massif Alluvions Massif Alluvions Massif Alluvions
** CI)
CI)
.~l-<
l-<
x'::::
::s .... .....~ ~
-
(';l
~
..~....
(J CI) (J
~
--;;:; (J (';l
;.=: U
U
w

è/5 + u Cf.)

Ligex 2R 0,82 0,70 0,76


(0,07) (0,06) (0,07)
Roc As 0,77 0,71 0,68
(0,06) (0,11 ) (0,05)

ArcGS 0,78 0,73 0,65 0,67


(0,09) (0,12) (0,05) (0,03)
Arc 3 0,72 0,61
~ r-----t-'=(10:..L,0=:-:4-'-t-)_--+_----lr-_+-_-+-_-+-_--+_ _I-'(..:.;lO,c:..:03:..L1)+-_-+-_-+_--+_---f
;.::3 Arc 4 0,79
(0,08)
Prv A 0,66 0,67 0,65
(0,07) (0,04) (0,05)

CLK 0,73 0,78 0,56


(0,18) (0,07) (0,06)
Tous liants 0,77 0,71 0,63 0,71 0,67 0,64 0,61
confondus (0,09) (0,09) (0,05) (0,10) (0,03) (0,07) (0,03)
* les valeurs entre parenthèse sont les écarts-types sur les coefficients
U ces granulats sont issus de sablons

Tableau 6: Granul an't'e (lpassant s) , t eneur en eau e treSlS


' t ances d es d'ffi'
1 erents mélanges
% de liant 4 8 12 16 20
20 100 100 100 100 100
16 99 99 99 99 99
14 94 94 94 94 94
12,5 88 88 88 88 88
S 10 80 80 80 80 80
E-
8 69 69 69 69 69
.....rn 6,3 57 57 57 57 57
CI)
Ë
5 47 48 48 48 48
"0 4 43 43 44 44 45
CI)

~CI)
3,15 39 40 41 42 43
2 34 36 37 38 40
5 1 30 31 33 35 37
0
0,5 26 28 30 32 34
0,315 22 25 27 30 32
0,2 18 21 24 27 30
0,08 13 16,5 19,7 23 26,3
Teneur en eau (ppc) 7,5 8,4 9 9,5 9,7
Rtb (MPa) à 60 j. 1,77 2,79 2,96 3,19 3,27
Rt (MPa) à 360 j. 1,82 2,86 3,04 3,27 3,35

14
PUBLICATIONS

PUBLICATION 3

Analyse des propriétés des grains par mesure de la compacité des tranches
granulaires (2000)

177
Analyse des propriétés des grains
par mesure de la compacité
des tranches granulaires

André Lecomte - Jean-Michel Mechling - Jean Voirin


~elly Vulcano

'Ç' Equipe de Géologie Appliquée au Génie Civil, JE 2 J 67 Structures & Matériaux


IUT de Nancy-Brabois - Le Montet, F-5460J Villers-lès-Nancy cedex
lecomte@[Link]

RÉsuMÉ. Les césures définissant les différentes coupures granulaires (fines, sables,
graviers ...) résultent de conventions qui ne coïncident pas toujours avec la réalité des autres
propriétés physiques (masse volumique, porosité .. .). C'est ce que révèlent des mesures de
compacité réalisées sur les tranches élémentaires de granulaIs gréseux, mesures associées
aux nouvelles méthodes de formulation des mélanges granulaires. Pour ces matériaux, elles
ont montré que la distinction entre fines et sables se situait plutôt vers 400 pm, limite:
physique entre particules fines individualisées et grains composés plus gros. Les séparations'
à 63 ou 80 pm, souvent préconisées, à juste titre, par les normes, pour de nombreuses
applications, paraissent donc non fondées dans le cas présent. Ce sont les propriétés
morphologiques des grains liées à l'histoire géologique du matériau qui en sont la cause.
A BSTRACT. The caesuras defining Ihe different granulaI' fractions (fine, sand, grave!. ..) result
from conventions which do not always conform to the reality of the other physical properties
(specifie density, porosity...). That is revealed by measures ofpacking density carried out on
the elementary classes ofsandstone aggregates, associated with Ihe new melhods ofgranulaI'
mix proportioning. For Ihese materia/s, il has been shawn Ihal Ihe distinction between fine
and sand was localed rather around 400 pm corresponding to, the physical limit between
J'.
individualisedfines jJrains and composed, coarser grains. In the present case, the separations
at 63 or 80 pm, that are oflen recommended by the standarts, and quite rightly so, for
numerous applications, are therefore proved unfounded. The reason is the morphological
properties ofgrains linked to the geological history ofthe material.
MOTS-CLÉS: compacité, grès, fines, sable, morphologie, formulation des mélanges.
KEYWORDS: packing density, sandstone, fillers, sand, morphology, mb:-proportioning.

~.
Analyse des propriétés des grains 223

1. Introduction
~i~[Link] sur la figure 1 qui présente la granularité du gravillon, du sable et des fines
mténeures à .80 il m , déterminée par sédimentométrie. Notons dès à présent que la'
Depuis peu, certaines méthodes de composition des mélanges granulaires font appel
masse volumique réelle et le coefficient d'absorption du sable ont été soigneusement
à la mesure de la compacité des tranches élémentaires [LAR 99]. Cet essai, comparé
mesurés sur le matériau tel quel, selon la norme NF P 18-555.
aux essais conventionnels, traduit mieux le lien pouvant exister entre les propriétés
des mélanges et les diverses propriétés morphologiques et physiques des grains
Critères Sable 0/2 Gravillon 4116
élémentaires.
Masse volumique réelle (kg/m3) 2627 2392
Absorption (%) 0,60 2,75
La technique, complémentaire à l'analyse granulométrique, consiste à relever le
Teneur en CaC03 12,3 45,0 '
volume solide des grains de même taille (ou de classes associées par petits nombres)
Teneur en fines «80~m) 10,0 2,5
lorsqu'ils sont soumis à une contrainte sous vibration dans un récipient cylindrique.
Module ,de finesse 1,2 5,8
Les interactions granulaires tributaires de l'état de surface des matériaux entrent
alors en jeu, ce qui, à défaut d'autres essais, pèrmet d'expliquer par exemple le
Aplatissement - 16,4
comportement différent de deux matériaux de granularité identique. Cette méthode
Coefficient volumétrique - 22,0
de mesure a été appliquée à des granulats gréseux extraits des Grès du Luxembourg
Résistance à la compression (MPa) - 50 à 80
[LEC 99], [MEC 99]. Elle a révélé que la césure normative à 63 ou 80 /lm, entre
Résistance à la traction (MPa) - 3à5
fines et sables, n'avait pas réellement de sens physique, et qu'il fallait plutôt
Los Angeles - 36,0
chercher à séparer ces deux coupures vers 400 /lm. Elle est appliquée ici à des
Micro Deva! en présence d'eau - 35,2
matériaux de même origine, mais produits par un nouveau mode de concassage.
Tableau 1. Propriétés des granulaIs gréseux. mesurées selon les normes en vigueur.
Properties of the sandstone aggregates
Après une présentation des principales propriétés mesurées sur les matériaux
gréseux, cet article rappelle la technique de mesure de la compacité des tranches
granulaires él~mentaires, et celle réservée aux éléments plus fins. Les résultats,
analysés par étapes successives, amènent à la même conclusion que précédemment,
à savoir que les deux familles de grains présentes dans ces matériaux se séparent
vers des dimensions qui ne sont ni celles des coupures industrielles, ni celles
préconisées par les normes.

1
: 2. Nature et propriétés des matériaux

Deux granulats provenant des Grès du Luxembourg - un sable 0/2 et un gravillon


4/16 - ont fait l'objet de cette étude. Du point de vue de la géologie, ces matériaux
sont des grès à matrice calcaire d'origine terrigène et thalassogène d'âge Hettangien
supérieur. Ils forment une lentille régionale de plus de cent mètres d'épaisseur
constituée d'une imbrication de faciès de résistance mécanique très variable, allant Tailles des grains (mm)
de sables peu consolidés à des roches bien indurées. --------_. ,.- .. _-_.~-- ._ _._----_ .. _-- - _ _-_ - ._.. __ _._ _- ----
En carrière, après abattage, le tout venant est concassé dans un matérÎel à percussion Figure 1. Granularité des matériaux. Materials grading curves
pour donner après criblage le sable primaire 0/2 étudié ici. Le refus est ensuite passé
soit dans un concasseur giratoire, soit dans un concasseur à percussion, selon l'usage
, réservé au gravillon. Le gravillon 4/16 provient du concassage à percussion. Ces analyses montrent que les matériaux sont assez particuliers:
-le 411?;' formé quasi exclusivement de fragments de grès, est assez poreux
Les deux matériaux ont été soumis aux principaux essais usuels normatifs de (absorptIon plutôt élevée). Sa masse volumique réelle est donc plus faible que celle
caractérisation des granulats. Les résultats de ces tests sont donnés dans le tableau 1,
:224 RFGC - 4/2000. Caractérisation des constructions en génie civil Analyse des propriétés des grains 225
i

~u sable constitué majoritairement de grains de quartz individualisés (masse ce phénomène agit sur une distance égale à dl2, et il est pris en compte par le biais
rolumique réelle proche de celle de la silice et absorption très faible) ; d'un coefficient kil' ajusté expérimentalement à 0,87 et 0,71 pour des grains roulés et
ï la teneur en carbonate de calcium est bien plus élevée dans le gravillon, en raison concassés. La compacité non confinée C est alors déduite de c selon la relation:
I(le la présence d'une matrice calcitique quasi absente dans le sable;
l_ le sable contient plus de 60% de grains compris entre 100 et 300 ilm. Son «D 50 » C = qc, avec [2]
bst de 220 Ilm et son module de finesse n'est que de 1,2 ;
~ le gravillon 4/16 présente, lui aussi, dans [Link] inférieure à 1 mm, une part
non négligeable d'éléments compris entre 100 et 300 Ilm (inflexion de la courbe
dans cette tranche de tailles). La présence de cette classe granulaire est à rapprocher, Dans le second cas, il est exclu, pour diverses raisons, de mesurer directement sur
de toute évidence, de la nature du grès qui résulte essentiellement de la cimentation des fines la compacité de chaque tranche élémentaire. On passe donc par un modèle 2
de grains de quartz compris dans cette fourchette de tailles. Ces grains, liés par la qui restitue la compacité mesurée Cm de tout le produit (dont on connaît la
matrice calcaire, sont libérés des faciès les plus tendres par attrition (stockage,' granularité), après avoir ajusté par itération une fonction décrivant la variation des
manutention...) ; compacités élémentaires CI' On se satisfait généralement d'une fonction constante
- les autres propriétés normatives décrivant la forme (aplatissement moyen, sur l'intervalle considéré. On peut choisir aussi une fonction logarithmique linéaire
coefficient volumétrique moyen) et les propriétés mécaniques des gravillons sont dans le repère granulométrique, en cherchant par exemple, comme ici (voir ci-
habituelles pour ce genre de matériau. après), la coïncidence avec les mesures de compacités faites sur les plus petits tamis.

Bien qu'issues du même matériau et du même gisement, ces deux coupures ont des La compacité Cm est déduite de la quantité d'eau W qui amène, dans un malaxeur à
propriétés physiques assez distinctes. 11 était donc intéressant de vérifier si ces. mortier tournant en vitesse rapide, une masse Ms de poudre à un état de «pâte
:changements de propriétés concordaient ou non avec les coupures industrielles ou la lisse» [SED 94]. Dans cet état standard, caractérisé par un indice de serrage3
;limite normative entre fines et grains plus gros. La technique adoptée pour mener particulier [SED 99], on admet que les interstices entre les grains sont
lcette investigati'on est détaillée ci-après. rigoureusement emplis d'eau et que les particules commencent à être suspendues
i
dans la phase aqueuse continue. La teneur en eau W/Ms sert alors à calculer la
compacité du mélange Cm selon la relation:
3. [Link] de mesure des compacités élémentaires 1
Cm = [3]
W
Les mesures de compacité dont il est question ici sont réalisées 'soit directement sur l+p -
a Ms
!Ies classes élémentaires dID des granulats extraits par tamisage (D = d'-0'1O en
!général),. soif déduites d'une mesure de compacité sur poudres (fines). où Pa est la masse volumique absolue de la poudre.
1

1
Cet essai peut être réalisé en présence d'un adjuvant défloculant, en tenant compte
Dans le premier cas, la technique proposée [SED 94] consiste à placer dans un
de sa teneur en eau, si les fines doivent être incorporées dans des mélanges
conteneur cylindrique de diamètre 0 un échantillon de la classe analysée de masse
comportant de tels produits.
sèche Ms, et à le soumettre à une vibration de 60 Hz l pendant 2 minutes, sous une
pression de 10 kPa transmise perpendiculairement par un piston plat. Le volume
granulaire apparent Vest calculé à partir de la section S du conteneur et de la hauteur
4. Résultats
minimale h de l'empilement déterminée après plusieurs essais. Le volume réel des
grains g est simplement déduit de Ms et de la masse volumique réelle du matériau Pro Les compacités élémentaires mesurées sur le sable et sur le gravillon gréseux sont
La compacité c est alors: portées sur la figure 2. Le lissage adopté pour les fines (issues du sable 0/2) vérifie
V = Sh g = Ms c= ~ = Ms [1] simultanément: i) la compacité mesurée Cm-lorsqu'elle est recalculée avec un
pr V Shpr
Il se produit toutefois aux limites du récipient un effet de paroi [CAQ 37] qui 2 Le Modèle d'Empilement Compressible par exemple [LAR 99].
« décompacte » l'empilement sur une certaine distance. Selon Ben Aïm (BEN 70], ) L'indice de serrage est un paramètre qui caractérise ici "intensité de compaction des fines
226 RFGC - 4/2000. Caractérisation des constructions en génie civil Analyse des propriétés des grains 227

modèle ;prédictif de compacité; ii) la continuité logique avec les valeurs obtenues Les nouveaux volumes solides obtenus sont portés sur la figure 3. On y découvre
sur .les tranches supérieures du sable 0/2, du moins à proximité de la séparation que le traitement a eu pour effet de superposer les deux courbes. Toutefois, la césure
physiqu~1 à 80 /lm. . initialement observée vers 400 /lm subsiste toujours, tout en étant atténuée en
amplitude.
On décLvre alors: i);
que les compacités du 4/16.(et des éléments plus fins
aSSOCiéSl sont supérieures de 10 à 20 % à celles du sable, quelles que soient les L'affectation d'une valeur de masse volumique réelle pertinente à' chaque coupure
tailles;i); qu'il existe P?ur chaqu.e matériau. deux familles de p~ints correspondant élémentaire n'a donc pas suffit à gommer le comportement binaire initialement
soit aux é)éments grossIers de tailles supéneures à 600 /lm, SOIt aux fines et aux observé. Elles ont toutefois permis de réunir les compacités des éléments grossiers
élément associés de tailles inférieures à 200 /lm. Une césure apparaît dans la zone d'une part et celles des éléments fins d'autre part, et de proposer un lissage
située VI rs 400 /lm; iÙ) que dans chaque famille, une nette décroissance de la satisfaisant pour chaque famille de grains (figure 3). Le premier concerne les
compaci~é avec la taille des grains. peut être observée. éléments de tailles supérieures à 500 /lm, le second se rapporte aux éléments fins
inférieurs à 400 /lm associés aux fines. Observons que J'excellente continuité
L__.. . . . _.._. ... __ . ._-_._ .. ---------------- obtenue pour ce dernier démontre clairement que la coupure habituelle à 80 /lm,
_ Fines -'---<l- .... Sable 0/2 ~Gravi1lon 4/20'
0,70
entre fines et grains, n'a pas de fondement physique dans le cas présent.
rJ 0,65
VI
0
~
"u
VI
VI
u
·U
<:
0,60 ---.....---...---~.;;.:~~Elém en ts fio;----' ':.;'-~ -Elém-ents- gr'ossi;;s'-
<:
E <: 0,55 0, 70 .-------~-----r---------,
VI
8
~
'C:; <:
0 0,50 C.r 0,65
'"0- -=-
E 0,45 , 0,60
, ,
0
u
0,40 0,55
0,001 0,01 0,1 10 100 .
0,50 , ,.
Tailles des tranches élémentaires (mm)
0,45
,
j ._--_ _-_ _. __._ _.-.. _ --" _...•.._-------_.--- -_ - .. _----~
0,40 .>--::..."~~--+-~~~~_----I~-;- _ _~_~~~~
i 0,001 0,01 0,1 10 100
1
Figure 2 Compacités élémentaires mesurées sur les grès. Elementary packing density
r
measured10n sandstone .
Tailles des tranches élémentaires

L'origin \ de ces écarts a tout d'abord ,été recherchée au niveau des masses Figure 3. Compacités selon les fractions fines et g;ossières. Lissages. Packing density v.s ..
VOIUmiq~eS réelles pris'es en compte dans les calculs. En effet, les propriétés fines or coarse fractions. Smoothing. .
physiquds considérées à 'ce stade sont celles mesurées selon les normes, sur les deux
granulat~. Ce sont des valeurs moyennes qui ne correspondent pas forcément aux
propriétés effectives de chaque tranche élémentaire de chaque matériau ou, du Reste encore à trouver l'origine des phénomènes qui différencient autant la qualité
moins, à icelles des deux familles de grains qui apparaissent sur cette figure. des empilements élémentaires. Ce sont en fait les propriétés d'état de surface et
, morphologiques des grains qui interviennent ici. En effet, lorsque l'on observe ces
Les compacités ont alors été recalculées en considérant, en première approximation, matériaux à la loupe binoculaire (figure 4), on vérifie bien que les éléments fins ont
pour chaque matériau, une masse volumique réelle pour les particules fines « 400 des surfaces généralement arrondies et lisses, alors que les éléments plus gros ont
/lm) et une masse volumique réelle pour les grains plus gros. La masse volumique des formes irrégulières et anguleuses, ce qui explique déjà en soi la césure observée.
des éléments fins a été déterminée sur un mélange 0,100/0,200 du sable primaire, et
étendue à la fraction 0/0,400. Elle est de 2635 kg/m3, c'est-à-dire un peu supérieure De plus, la surface des éléments grossiers présente une certaine rugosité (aspérités.
nrrH~".....;no,..,...".o.. \ ...... : - - - - - : ' . . ..
à celle du sable entier (tableau 1) qui comporte un certain Dourcentage de grains
..228 RFGC - 412000: Caractérisation des constructions en génie civil Analyse des propriétés des grains 229

des,gi'ains à surface lisse). Par contre, la forme àes grains varie avec la taille, comme 5. Conclusion
cela avait déjà été constaté antéïieurement [LEC 99J, et il existe bien une corrélation
entre! les compacités élémentaires et, par exemple, les coefficients partiels Ces essais complémentaires sur les « Grès du Luxembourg» ont confirmé qu'il
d'aplatissement (calculés d'après les différentes pesées réalisées durant l'essai) ; les fallait chercher à séparer, pour ces matériaux, les « fines» et le « sable» vers
petitsforains du 0,400/20 sont bien plus plats et allongés que ne le sont les gros et 400 [Link], et non pas à 63 ou 80 [Link], en raison des propriétés physiques et d'état de
leur c mpacité en est;d'autant réduite (figu're 3). Toutefois, le mode de concassage surface des différents éléments. Les « fines» sont constituées de mono-grains quasi-
améli re sensiblement la valeur moyenne d'aplatissement, qui passe de 22 à 16 sphériques, non poreux et lisses, et les grains plus gros d'agglomérats poreux,
lorsq ;les matériaux secondaires subissent soit un concassage giratoire, soit un anguleux et rugueux, formés des grains plus petits cimentés par une matrice
conca sage à percussiçm [MEC 99]. calcitique.

D'autre part, la technique de mesure des compacités élémentaires constitue un


moyen supplémentaire de décryptage des structures granulaires, et elle mériterait de
compléter la panoplie des essais de caractérisation normative des granulats. Cette
méthode apporterait un moyen de caractérisation « en grand» de l'état de surface
des grains, étroitement liée à l'histoire géologique de la roche.

6. Bibliographie

[BEN 70] BEN AIM R. Etude de la texture des empilements de grains. Application à la
détermination de la perméabilité des mélanges binaires en régime moléculaire, intermédiaire,
laminaire, Thèse d'état de l'Université de Nancy, 1970.
(a) (b) [CAQ 37] CAQUOT A. « Rôle des matériaux inertes dans le béton », Mémoire de la Société
Figure 4. Aspect des grains: (a) grains fins arrondis (0,2 mm) ; (b) grains grossiers rugueux des ingénieurs civils de France, 1937, pp. 562-582, juillet-août.
(1 mm). Aspect ofaggregates: (a) small round grains (0.2 mm) .. (b) coarser r~ugh grains (l [SED 94] SEDRAN T. & de LARRARD F. « RENE-LCPC: un logiciel pour optimIser la
mm) granularité des matériaux de génie civil », Bulletin de liaison des Laboratoires des Ponts et
Chaussées, 194, nov.-déc. 1994, pp. 87-93.
i [SED 99] SEDRAN T. Rhéologie et rhéométrie des bétons. Application à la formulation des
Au niv~au
géologique, on observe que les grès les plus durs, bien que formés de bétons autonivelants, Thèse de Doctorat de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées.
bancs ~'aspect compacts, présentent en réalité une stratification qui se marque par [LAR 99] de LARRARD F. Concrete mixture-proportioning, A scientific approach, E & FN
un déli ement et des fractures en marches d'escalier de hauteur inférieure à 10 mm. SPON, London, March 1999.
Au co cassage, ce sont ces « litages» qui cèdent en premier et qui favorisent [LEC 99] LECOMTE A. & MECHLlNG J.-M. « Compacité des mélanges et propriétés des
I,apparfion de grains· plats d'épaisseur égale ou inférieure à celle des strates grains », Bulletin de liaison des Laboratoires des Ponts et Chaussées, 220, mars-avril 1999,
élémen aires. pp. 21-34.
[MEC 99] MECHUNG J.-M. Formulation de bétons courants avec les Grès du Luxembourg,
Pour le petits grains de grès et les fines associées, outre le fait que le nombre de Thèse de l'Université Henri-Poincaré Nancy l, en préparation.
points 4e contact durant la mesure peut réduire l'efficacité de l'empilement, c'est
probabl~ment leur forme qui joue encore un rôle déterminant. En effet, plus les
grains deviennent fins, plus ils présentent ordinairement des formes anguleuses et en
esquilles qui sont l'expression des cristaux et ·de leurs clivages. Malheureusement,
on peut simplement constater (déplorer) qu'il n'existe pas de méthodes simples pour
1 1

CONCLUSION GENERALE
Il 1 1

CONCLUSION GENERALE

CONCLUSION GENERALE

Dans cette conclusion, je vais revenir sur certains points qui me semblent importants.

Tout d'abord, je voudrais insister sur le fait que ces travaux ne sont qu'un apport aux
recherches effectuées sur le thème de l'emploi des matériaux calcaires du Bajocien lorrain
dans le domaine du BTP. Je souhaite qu'ils contribuent à l'établissement du guide
annoncé pour l'emploi de ces matériaux dans notre région.

Le but de cette recherche était de montrer, et de valider par certains aspects, les
possibilités d'emploi des calcaires lorrains réputés « tendres}) dans les structures des
chaussées, comme alternative économique aux ressources traditionnelles.

L'approche adoptée a consisté à faire tout d'abord certains rappels sur les notions de base
relatives aux assises de chaussées et au contexte normatif français et européen, car elles
fondent les méthodologies de laboratoire dont j'ai quotidiennement la pratique. Les
calcaires lorrains sont pour certains écartés par ces documents et les pratiques associées,
en raison de leurs performances mécaniques jugées trop faibles en général. Toutefois,
l'expérience de l'autoroute A31, par exemple, montre que ces granulats donnent des
résultats satisfaisants, en présence d'un liant hydraulique notamment, et pour un coût
concurrentiel.

L'étude des données économiques de l'UNPG et de l'UNICEM permet de resituer, dans le


contexte général, le marché des granulats routiers de la Lorraine. Plus de la moitié des
matériaux est destiné à la route, ce qui justifie l'intérêt des calcaires, compte tenu de la
raréfaction des ressources alluvionnaires. Cette évolution est en cours puisque l'on
consomme aujourd'hui de plus en plus de calcaires, en compensation des matériaux
siliceux. Notons que cette tendance n'est pas encore effective dans le domaine des
bétons hydrauliques.

D'un point de vue géologique, les calcaires du Bajocien sont stratégiquement les plus
intéressants, tant par leur situation géographique que par leur volumétrie. Cependant, ces
calcaires présentent de nombreux faciès (dont les classifications sont rappelées dans le
mémoire) ayant des variations spatiales multiples qui limitent la portée de toutes
extrapolations. Un travail d'inventaire a permis de réaliser une banque de données

179
CONCLUSION GENERALE

originales intégrant les caractéristiques intrinsèques des granulats issus des différents
niveaux de cette formation. Elle est constituée des valeurs provenant de travaux
antérieurs (Boëdec, 1981) et, surtout, du Laboratoire de Screg Est de Nancy. Ces
données permettent de figurer la grande diversité des propriétés mécaniques, corollaire de
la diversité des faciès. Elles couvrent les catégories C à F de la norme XP P 18-540
(article 7). Cette base de données trouvera certainement une application dans le cadre du
marquage CE des granulats de construction, annoncé pour juin 2004.

Divers traitements statistiques des valeurs contenues dans cette base permettent de
mieux caractériser la spécificité des calcaires lorrains, par comparaisons aux autres
matériaux de la région et aux autres calcaires utilisés sur le territoire national (valeurs
moyennes tirées de l'ouvrage de Arquié et Tourenq). A résistances à la compression
égales, nos calcaires présentent de meilleures résistances aux chocs (essai Los Angeles),
mais des résistances à l'attrition plus faibles (essai micro Deval) que la moyenne des
calcaires nationaux. Certains gravillons sont ainsi « déclassés» en F. Toutefois, on peut
s'interroger sur la pertinence du critère MDE lorsque les granulats sont traités avec un
liant hydraulique, qui confère une certaine cohésion au produit (sauf peut être au droit des
fissures 7). L'attrition invoquée au droit de celles-ci, a-t-elle encore un sens à l'heure où
les assises hydrauliques sont systématiquement préfissurées avec des dispositifs isolants
les abouts de dalles 7 Dans ce cas, le coefficient Los Angeles serait prépondérant, ce qui
expliquerait les bonnes performances mesurées sur des GTLH à base de calcaires
« tendres» (MDE élevé), de catégorie G3 à G4 avec des dosages en liant courants.

Une série d'expérimentations simples sur les grains et les mélanges a permis d'aborder le
problème de l'adhérence pâte-granulat, ainsi que le rôle des fines d'attrition sur la
cinétique de durcissement. Elles montrent, une fois encore, que la nature du liant en
présence des calcaires est déterminante, comme l'ont bien compris les cimentiers, à
l'avantage des produits riches en laitier. Les fines d'attrition testées, qui contenaient une
part non négligeable d'argiles et d'oxydes métalliques, pénalisent à court terme, mais pas
à long terme, la résistance du liant routier.

Par comparaison à des travaux bibliographiques traitant de matériaux aux propriétés


équivalentes, on montre la conduite à tenir pour limiter l'évolution granulaire au cours de la
mise en œuvre des mélanges à base de granulats « tendres ». La formule la plus stable
correspond à celle qui se positionne au centre du fuseau 1 de la norme NF P 98-116,
objectif récurrent du formulateur.
180
CONCLUSION GENERALE

La part la plus originale de ce travail est présentée dans trois publications qui traitent
respectivement des coefficients de correspondance pour l'extrapolation des performances
mécaniques des GTLH calcaires, des performances mécaniques des granulats calcaires
au regard des mélanges traités durcis, et de la mesure des compacités granulaires
élémentaires.

La première s'appuie sur l'analyse des résultats d'un très grand nombre de
performances mesurées sur des GTLH formulées au laboratoire Screg Est avec
des granulats provenant du Grand Est de la France. Elle permet de proposer plus
d'une vingtaine de coefficients de correspondance en fonction des granulats et des
liants utilisés, en remplacement du seul coefficient proposé par le guide
d'application pour chaque technique (GTLR, STLR et GC). Les granulats calcaires
ont des coefficients de correspondance plus élevés qui traduisent une montée en
résistance plus rapide. Tenir compte des coefficients initiaux de la norme conduit
donc à surestimer les performances finales des produits. Par ailleurs, les essais de
traction et de fendage réalisés ont permis de confirmer la pertinence du coefficient
d'équivalence généralement admis: Rt direct[Link] 0,8 Rt fendage.

La seconde croise les performances des mélanges utilisés précédemment avec les
propriétés intrinsèques des gravillons calcaires contenues dans la base de données
présentée dans ce mémoire. On constate que les performances des GTLH sont
peu dépendantes des caractéristiques LA et MDE des gravillons calcaires, et que
l'on atteint des performances satisfaisantes avec des matériaux classés F,
contrairement aux spécifications normatives, en présence toutefois d'un liant
adapté. La résistance à la traction de la roche serait par contre un critère plus
pertinent pour sélectionner les granulats pouvant entrer dans les techniques de
GTLH.

La troisième publication concerne la mesure des compacités élémentaires des


tranches granulaires, qui intègrent les propriétés morphologiques et d'état de
surface des grains. Ce paramètre est déterminant pour la modélisation des
structures granulaires et pour les calculs de formulations avec les outils associés
déjà utilisés pour les bétons, outils qui pourraient être adaptés aux mélanges
routiers traités ou non traités aux liants hydrauliques et/ou bitumineux.

181
CONCLUSION GENERALE

L'ensemble de ces travaux permet également de proposer quelques consignes pour


l'élaboration à la réalisation des ouvrages à base de granulats calcaires lorrains, de façon
à valoriser au mieux ces ressources de substitution:

Compte tenu des variations latérales et verticales de faciès, il faut éviter toutes
extrapolations et interpolations des caractéristiques mécaniques intrinsèques
mesurées localement sur les faciès calcaires du Bajocien lorrain.

La plupart des granulats calcaires extraits dans ces formations, correctement


élaborés, peuvent donner, après traitements appropriés, des produits couvrant
toutes les gammes de classifications codifiées dans les normes NF P 98-113 et NF
P 98-116 respectivement dédiées aux STLH et GTLH.

Dans chacun des cas, une étude en laboratoire, selon les méthodologies des
normes NF P 98-114 1 et 2, doit être réalisée.

La mesure de la résistance à la traction de la roche doit être réalisée dans la


mesure du possible, en complément des essais Los Angeles et Micro Deval, pour
estimer les limites mécaniques des matériaux.

L'estimation des performances normatives à 360 jours doit être faite en tenant
compte des coefficients de correspondance proposés qui intègrent la nature
chimique du granulat et du liant, sous peine d'une surévaluation des performances

La granularité des mélanges, constitués d'au moins deux coupures calcaires, doit
se situer de préférence au centre du fuseau 1 des GTLH (et au centre du fuseau
pour les GNT), pour éviter une modification trop importante de la granularité durant
la mise œuvre, et un éloignement des prévisions du laboratoire. Une composition
trop sableuse sera peu affectée par le compactage, mais très sensible à de faibles
variations hydriques. A l'inverse, une composition trop creuse sera plus propice à
une évolution granulaire.

Le respect de ces consignes permet en pratique d'atteindre dans la majorité des cas les
objectifs fixés, comme ce fut le cas par exemple pour la couche de fondation de
l'autoroute A31 au sud de Toul (le plus gros chantier de référence de la Lorraine) où le
concept

granulat donné + formulation adaptée =grave laitier normale

182
CONCLUSION GENERALE

a été proposé. D'autres expériences réussies peuvent aussi être citées, comme le chantier
de la liaison A 330 / A 31 au Sud de Nancy qui fait appel avec succès, en couche de
fondation, à un STLH à base du sable calcaire à polypiers de Viterne.

Les résultats présentés ici ouvrent diverses perspectives de recherches et de synthèse. Il


s'agirait notamment de conforter la base de données des propriétés des granulats, pour
affiner la connaissance des gisements et la localisation des meilleures ressources. De
même, il convient de compléter la validation des coefficients de correspondance utilisés
pour les calculs à long terme, par l'étude d'autres natures de matériaux, puis de les faire
évoluer, le cas échéant, au gré de l'apparition des nouveaux liants hydrauliques routiers.
Par ailleurs, si les relations entre la résistance à la traction des roches et les performances
de GTLH s'avèrent pertinentes, il faudrait valider cette nouvelle approche par d'autres
essais. Ce serait alors un outil précieux pour évaluer rapidement le potentiel de nouveaux
gisements. Enfin, le recours aux nouveaux outils de formulation des bétons pourrait
s'avérer judicieux pour la formulation optimale des GTLH et des GNT, en remplacement
des méthodes empiriques actuelles. Une recherche en ce domaine s'avère encore
nécessaire.

Ces résultats et perspectives concourent tous à l'établissement d'un Guide d'emploi des
ressources calcaires dans les assises routières en Lorraine .

.c.o. • U.H. . l"[Link]'""


BU ifHÈQÙE
Rua du jardin Botanique· BP 11
~1 VIlLERs-LES·NANCY c.-

183
J 1

BIBLIOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE

BIBLIOGRAPHIE

Nota: La bibliographie relative à ce mémoire est présentée par partie. Il en résulte donc qu'un

même ouvrage peut faire l'objet d'une ou plusieurs références dans tout le document.

PARTIE 1

1- 1 NOTION DE ROUTE ET DE STRUCTURE ROUTIERE


A-1 PEYRONNE C., CAROFF G., 1984. Dimensionnement des chaussées - Presse de
l'école nationale des Ponts et Chaussées

A·2 SETRA, LCPC, décembre 1984. Conception et dimensionnement des structures de


chaussées - Guide technique -

A·3 REVUE GENERALE DES ROUTES ET AERODROMES n° 823, décembre 2003.

A-4 MINISTERE DE L'URBANISME ET DU LOGEMENT / MINISTERE DES TRANSPORTS,


1982. Reconnaissance géologique et géotechnique des tracés de routes et autoroute.
111 p.

A-S SETRA, LCPC, 1998. Réseau routier national - Catalogue des structures types de
chaussées neuves - Notice d'utilisation -

A·6 BATHIAS C., BAlLON J.P., 1997. La fatigue des matériaux et des structures (i ème
édition) - HERMES - 1997. 684 p.

A-7 SAUTEREY R. - Propos recueillis lors d'un entretien privé LCPC.

A-S AFNOR, décembre 1992. NF P 98-114-1 - Méthodologie d'étude en laboratoire des


matériaux traités aux liants hydrauliques - Partie 1 - Graves traitées aux liants
hydrauliques.

A-9 AFNOR, décembre 1992. NF P 98-114-2 - Méthodologie d'étude en laboratoire des


matériaux traités aux liants hydrauliques - Partie 2 - Sables traités aux liants
hydrauliques.

1- 2 CONTEXTE ECONOMIQUE DE LA LORRAINE


8-1 MINISTERE DE L'EQUIPEMENT DES TRANSPORTS ET DU LOGEMENT, 2001.
Rapport d'activité.

1- 3 LA ROUTE: GRANDE CONSOMMATRICE DE GRANULATS


C-1 UNICEM, 1997. Le marché des granulats en 1997 - 1997. Documents de travaux.

185
BIBLIOGRAPHIE

C-2 UNICEM / UNPG, 2002. Le marché des granulats en 1997 / Annexe 3. Documents de
travaux.

C-3 TOURENQ C., ARQUIE G., 1989. Granulats -Presse de l'école nationale des Ponts et
Chaussées. 717p.

C-4 ZENNIR A, 1996. Bétons calcaires en Lorraine. Utilisation des granulats du bajocien de
Viterne pour la formulation de bétons courants. Thèse Université Henri Poincaré Nancy
1.204 p.

C-5 LECONTE A, 1995. Formulation de bétons courants avec les granulats calcaires de la
carrière d'Attignéville et le CPJ45R1CEMII-B de Vicat à Xeuilley. Rapport EGA 300/94

C-6 CAMUS J., CAUSERO L., 1984. L'autoroute A31 - Section Toul - Montigny le Roy -
Laitiers de hauts fourneaux n° 55/1

C-7 DE LARRARD F., 2000. Structures granulaires et formulation des bétons. Presse de
l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées. 414 p.

1- 4 SUBSTITUTION DES RESSOURCES ALLUVIONNAIRES


0-1 LECOMTE A, 2000. Contribution à la valorisation des ressources minérales de la
Lorraine et du Luxembourg - HDR Université Henri Poincaré Nancy 1, décembre, 167 p.,
11 annexes.

0-2 GEISLER J.L., 1995. Optimisation de l'emploi des matériaux locaux dans les bassins de
la Moselle et de la Sarre - Thèse Université Henri Poincaré Nancy 1 n° 8804338

0-3 PRIMEL L., 1972. Synthèses régionales des ressources en granulats de construction et
de viabilité - BLPC n° 58

0-4 JUMASHEV V.M., TOURENQ C., 1984. Utilisation de granulats tendres dans les
chaussées - Bulletin de l'association internationale de géologie de l'ingénieur n° 30.

0-5 TOURENQ C., Le problème de l'utilisation des granulats hors spécification - LCPC.

0-6 FERREIRA L., BONDANT M., septembre 1999. Rapport de synthèse bibliographique
des travaux de l'association Materloc Calcaire - APC Analyses.

0-7 LRPC DE NANCY, 18 juin 1998. Réflexion sur la mise en œuvre d'un guide d'application
des normes aux matériaux lorrains.

0-8 UNPG, 1992. Texte reporté dans le document de synthèse « Rendez-vous techniques»
du 20 septembre 1996 du LRPC de Nancy. Extrait du guide d'utilisation des matériaux
carbonatés du département de Meurthe et Moselle.

0-9 VALENTIN J.M., 3 mars 1997. Objet: Démarche de la valorisation des matériaux lorrains
dans le génie civil. LRPC de Nancy. Courrier.

0-10 DUPONT P., juillet 1996 - Texte reporté dans le document de synthèse « Rendez-vous
techniques» du 20 septembre 1996 du LRPC de Nancy. Note méthodologique sur
l'emploi des « granulats locaux» en technique routière- SETRA

0-11 SETRA, LCPC, décembre 1984. Conception et dimensionnement des structures de


chaussées - Guide technique -

186
BIBLIOGRAPHIE

0-12 SETRA / LCPC, 2000, Assises de chaussées - Guide d'application des normes pour le
réseau national routier.

1- 5 CADRE NORMATIF ACTUEL


E-1 AFNOR, octobre 1997. XP P 18-540, Granulats - Définitions, conformité, spécifications.

E-2 AFNOR, février 2000. NF P 98-116, Assises de chaussées - Graves traitées aux liants
hydrauliques - Définitions - Composition - Classification.

E-3 AFNOR, novembre 1991. NF P 98-128, Assises de chaussées - Bétons compactés


routiers et graves traitées aux liants hydrauliques et pouzzolaniques à hautes
performances - Définitions - Composition - Classification.

E-4 AFNOR, novembre 1994. NF P 98-129, Assises de chaussées - Graves non traitées -
Définitions - Composition - Classification.

E-S AFNOR mars 1999. NF P 98-113, Assises de chaussées - Sables traités aux liants
hydrauliques et pouzzolaniques - Définitions - Composition - Classification

E-6 SETRA / LCPC, 2000, Assises de chaussées - Guide d'application des normes pour le
réseau national routier.

1- 6 PROJET D'OUVRAGE ET ETUDE EN LABORATOIRE


F-1 AFNOR, décembre 1992. NF P 98-114-1 - Méthodologie d'étude en laboratoire des
matériaux traités aux liants hydrauliques - Partie 1 - Graves traitées aux liants
hydrauliques.

F-2 AFNOR, novembre 1994. NF P 98-114-2 - Méthodologie d'étude en laboratoire des


matériaux traités aux liants hydrauliques - Partie 2 - Sables traités aux liants
hydrauliques.

F-3 AFNOR, décembre 1990. NF P 18-573 - Granulats - Essai Los Angeles

F-4 AFNOR, décembre 1990. NF P 18-572 - Granulats - Essai d'usure micro-Deval.

F-S AFNOR, décembre 1990. NF P 18-555 - Granulats - Mesure des masses volumiques,
coefficient d'absorption et teneur en eau des sables.

F-6 AFNOR, décembre 1990. NF P 18-554 - Granulats - Mesure des masses volumiques,
de la porosité, coefficient d'absorption et teneur en eau des gravillons et des cailloux..

F-7 AFNOR, septembre 1990. NF P 18-560 - Granulats - Analyse granulométrique par


tamisage.

F-S AFNOR, septembre 1990. NF P 18-561 - Granulats - Mesure du coefficient


d'aplatissement

F-9 AFNOR, février 2000. NF P 98-116, Assises de chaussées - Graves traitées aux liants
hydrauliques - Définitions - Composition - Classification.

F-10 AFNOR, octobre 1999. NF P 94-093, Sols: Reconnaissance et essais - Détermination


des références de compactage d'un matériau - Essai Proctor normal - Essai Proctor
modifié
187
BIBLIOGRAPHIE

F-11 AFNOR, février 1999. NF P 98-231-1, Essais relatifs aux chaussées - Comportement au
compactage des matériaux autres que traités aux liants hydrocarbonés.

F-12 AFNOR, avril 1992. NF P 98-230-1, Essais relatifs aux chaussées - Préparation des
matériaux traités aux liants hydrauliques ou non traités - Partie 1: fabrication des
éprouvettes par vibrocompression.

F-13 AFNOR, septembre 1992. NF P 98-232-2, Essais relatifs aux chaussées - Détermination
des caractéristiques mécaniques des matériaux traités aux liants hydrauliques - Partie
2 : essai de traction directe sur graves et sables.
F-14 AFNOR, février 2000. NF P 98-116, Assises de chaussées- Graves traitées aux liants
hydrauliques - Définitions - Composition - Classification.

PARTIE 2

2- 1 NOTIONS DE ROCHES CALCAIRES


G-1 POMEROL C., RENARD M., 1997. Eléments de géologie - 11 e édition - Masson

G -2 COJAN I.,RENARD M., 1997. Sédimentologie. Masson

G-3 J. CASTAING J., GEISLER D., 1972. Contribution à l'étude sédimentologique du


Bajocien de la région de Nancy - Thèse Université Henri Poincaré Nancy 1.

2- 2 LE BAJOCIEN LORRAIN
H -1 BRGM, 1980. Synthèse géologique du bassin de Paris - Lexique des noms de formation
- Mémoire du n° 103

H-2 REMILLON A. et al., février 1988. Programme "Materloc". Utilisation optimale des
matériaux locaux. Projet national de recherches. CALCAIRES. Etude technico-
économique d'orientation

H-3 FOUCAULT A., RAOULT J.F., 1995. Dictionnaire de géologie - 4ièmeédition - Masson

H-4 SERVICE GEOLOGIQUE NATIONAL, 1996. Carte de la France au millionième fième


édition - Edition BRGM

H-5 ELMI S., BABIN C., 1994. Histoire de la terre. Masson

H-6 HAGUENAUER B., HILLY J., 1979. Guides géologiques régionaux. Lorraine Champagne
- Masson

H -7 J. CASTAING J., GEISLER D., 1972. Contribution à l'étude sédimentologique du


Bajocien de la région de Nancy - Thèse Université Henri Poincaré Nancy 1.

H-8 BOËDEC P., 1981. Matériaux de substitution : Valorisation des calcaires du Bajocien.
DEA de l'INPL.

H-9 GEISLER J.L., 1995. Optimisation de l'emploi des matériaux locaux dans les bassins de
la Moselle et de la Sarre - Thèse Université Henri Poincaré Nancy 1 n° 8804338

188
BIBLIOGRAPHIE

2- 3 GEOLOGIE ET CARACTERISTIQUES DES CALCAIRES DU BAJOCIEN


LORRAIN
1- 1 HAGUENAUER B. La localisation et l'utilisation économique optimale des ressources
carbonatées d'une région

1- 2 BOËDEC P., 1981. Matériaux de substitution: Valorisation des calcaires du Bajocien.


DEA de l'INPL

1- 3 BRGM, 2000-2001. Catalogue des Publications - Editions BRGM

1- 4 ZENNIR A., 1996. Bétons calcaires en Lorraine. Utilisation des granulats du bajocien de
Viterne pour la formulation de bétons courants. Thèse Université Henri Poincaré Nancy
1.204 p

PARTIE 3

3 -1 RELATION ENTRE LES PROPRIETES MECANIQUES DES ROCHES


J- 1 TOURENQ C., ARQUIE G., 1989. Granulats -Presse de l'école nationale des Ponts
et Chaussées. 717p.

J- 2 BOËDEC P., 1981. Matériaux de substitution : Valorisation des calcaires du


Bajocien. DEA de l'INPL.

3- 2 ADHERENCE MORTIER HYDRAULIQUE - GRANULATS


K -1 DE LARRARD F., 2000. Structure granulaire et formulation des bétons. Laboratoire
central des Ponts et Chaussées -IST - 414 p.

K- 2 MASO J.C., 1982. La liaison pâte granulats dans Le béton hydraulique - Presse de
l'école nationale des Ponts et Chaussées. 560p.

K- 3 VOIRIN J. 1998. Contribution à l'étude des bétons de calcaires lorrains - Application


au site de Viterne (54) - ORO Université Henri Poincaré - Nancy 1

K- 4 LECOMTE A. Influence de la nature du ciment sur les propriétés de mortier calcaires.

3- 3 INFLUENCE DES FINES D'ATTRITION


L -1 HAGUENAUER B. La localisation et l'utilisation économique optimale des ressources
carbonatées d'une région

3- 4 EVOLUTION GRANULAIRE DES MATERIAUX AU COMPACTAGE

M- 1 KHAY M . 1984. Evolution des matériaux routiers au compactage - numéro spécial


Bulletin des Laboratoires des Ponts et Chaussées n° XIV

189
BIBLIOGRAPHIE

M- 2 GRIVEAUX B" ROBERT B. 1984. Ca/caires tendres en fondation de chaussée -


numéro spécial Bulletin des Laboratoires des Ponts et Chaussées n° XIV.
(page 168)

M- 3 GARDEUX F" LOPES MONTEIRO P. 2000. Utilisation de matériaux ca/caires en


techniques routières - Document interne au laboratoire de Screg Est

190
1 1

GLOSSAIRE DE GEOLOGIE
"

GLOSSAIRE DE GEOLOGIE

GLOSSAIRE DE GEOLOGIE

Nota: les définitions proposées sont issues du dictionnaire de géologie de A. Foucault et J.F. Raoult.
ième
(4 Edition. Masson. Février 1995), du Grand Larousse Universel (édition de 1989) et de divers
sites Universitaires WEB

Affleurement Partie d'un terrain visible à la surface de la Terre. Il s'agit donc d'une
intersection entre une formation géologique, un gisement avec la
surface du sol. Un gisement qui affleure peut généralement être
exploité, au moins en partie, à ciel ouvert.

Allochème Dans les roches carbonatées, désigne des éléments d'origine chimique
ou biochimique formés dans le bassin au cours de la sédimentation et
ayant subi un certain transport. On distingue les intraclastes, les
oolites, les fossiles, les pellets. Adj: Allochimique

Alluvions Particule sédimentaire déposée par un cours d'eau. Les alluvions sont
généralement constituées de galets. graviers et sables dans le lit et sur
les berges des cours d'eau, et de limons silteux ou argileux dans les
plaines d'inondations adjacentes. Le matériel transporté peut avoir subi
des modifications plus ou moins importantes du fait de son transport.

Bioc/astique Se dit d'une roche sédimentaire contenant une bonne proportion de


bioclastes (Fossile entier ou en débris, in situ ou transporté contenu
dans une roche. Il n'est jamais en position de vie).

Bioherme Masse rocheuse construite par des organismes de type récifal et aussi
haute que large.

Biomicrite calcaire formé de bioclastes pris dans un ciment microcristallin

Biosparite calcaire formé de bioclastes pris dans un ciment essentiellement


cristallin

191
GLOSSAIRE DE GEOLOGIE

Biostrome Masse rocheuse construite par des organismes récifaux et plus étendue
que haute

Bryozoaire Groupe zoologique comprenant des organismes coloniaux et


généralement constructeurs. Ce sont des animaux des mers chaudes et
peu profondes. On dénombre actuellement près de 4000 espèces de
colonies sédentaires qui peuvent être confondues avec des algues.

Calcarénite Roche sédimentaire formée d'arénites calcaires et à ciment calcaire qui


peut être microcristallin ou spathique.

Clvpeus ploti

Oursin fossile (photo: bajocien moyen - région de


Nancy)

Coquillier Calcaire coquillier: roche renfermant des débris de coquilles

Cvanophycée Algue de couleur bleu-vert

Diaclase Fracture d'une roche ou d'une formation sans rejet entre les deux
compartiments.

Diagenèse Processus physico biochimique affectant un dépôt sédimentaire et le


transformant progressivement en roche cohérente (par exemple:
transformation d'un sable en grès). Elle comporte en autres phases, les
phénomènes de compaction, cimentation et des modification
minéralogiques.

Dismicrite Roche carbonatée criblée de petites cavités à remplissage de calcite


(calcaire « bird's eye »)

Entrogues Nom usuel des articles discoïdes, pentagonaux ou circulaires qui


composent les tiges des encrines (nom commun aux échinodermes
fixés actuels ou fossiles de la classe des crinoïdes - lis de mer, ... )

192
Il

GLOSSAIRE DE GEOLOGIE

Faciès Ensemble des caractères lithologiques et paléontologiques primaires


observables dans une roche. Ensemble des caractères minéralogiques
et structurant d'une roche.

Faille Discontinuité sub-plane de terrain selon laquelle s'est produit un


déplacement relatif (horizontal ou vertical) des deux compartiments
fracturés.

Foraminifère Protozoaire rhizopode généralement marin, libre ou fixé, dont le


protoplasme se trouve protégé par une coquille (exemple de
foraminifère fossile: miliole).

Intraclaste Roche constituée de particules arrachées à un dépôt déjà consolidé et


mélangées à ce dernier.

Lumachelle Roche sédimentaire calcaire, peu cimentée, formée par accumulation


de coquilles fossiles entières ou brisées.

Marne Roche sédimentaire à grain fin, très tendre dont les composants
essentiels sont le carbonate de calcium (25 à 80 %) et l'argile.

Micrite Dans les roches calcaires, les grains sont souvent entourés par une
phase calcaire microcristalline : la micrite. Elle correspond à une boue
déposée en même temps que les grains. Cette boue est généralement
produite par la désintégration des algues fixant le calcaire, l'érosion des
bioconstructions par les organismes perforants et l'usure mécaniques
des grains par l'agitation des algues; dans les lagons à tendance
évaporitique, une précipitation purement chimique peut avoir lieu.

Miliole Foraminifères pluriloculaires

photographie d'une miliole (microscopie optique). © Lycée de l'Albanais

193
GLOSSAIRE DE GEOLOGIE

Nubéculaire Groupe de foraminifères proche des milioles, dont certaines espèces


construisent des récifs.

Oolithe Ce nom permet d'imaginer les oolithes qui sont comparables en terme
de taille comme de forme à des œufs de poisson. Il s'agit de petites
sphères d'une taille comprise entre 0,5 et 2 mm.
Une oolithe est composée:
• d'un noyau: généralement un débris,
• un cortex : minces couches superposées souvent calcaire et
parfois ferrugineux enveloppant le noyau.
Les oolithes se forment en milieu marin peu profond mais agité. Elles
restent en suspension où les couches formant le cortex se mettent en
place puis lorsqu'elles deviennent trop lourdes, elles se déposent sur le
fond marin.

Organogène (adj.) synonyme de biologique

Pendage Angle entre une surface (couche par exemple) et un plan horizontal.

Polypier Squelette calcaire sécrété par certains polypes de cnidaires


(embranchement zoologique formé d'individus à symétrie radiaire,
composé d'une paroi à deux feuilles entourant une cavité gastrique
s'ouvrant à l'extérieur par un orifice unique, entouré de tentacules)

Porphyre Toute roche magmatique montrant de grands cristaux de feldspath


dispersés dans une pâte aphanitique (qui ne montre pas de cristaux
discernables à l'œil nu).

Quartzite Roche siliceuse, compacte, à cassure conchoïdale lisse ou finement


esquilleuse, en général claire et d'aspect gras. Un quartzite (n.m) est
constitué de cristaux de quartz intimement soudés, souvent dentelés et
engrenés.

Rhyolite Roche magmatique effusive (qui atteint la surface et se répand à l'état


fondu: lave) riche en verre.

Rudiste Groupe de bivalves fixés et récifaux, à coquille épaisse, vivant dans les
mers chaudes du Jurassique et du Crétacé.

Strate Synonyme de « couche»

194
Il

GLOSSAIRE DE GEOLOGIE

Stromatolites Construction discoïde ou mamelonnée due à des cyanophycées


(algues bleues). Répartition stratigraphique : Précambrien à actuel.

Stvlolithe Structure en forme de colonnette s'interpénétrant au sein de roches


calcaires ou marna-calcaires en dessinant des joints irréguliers. Ce sont
des surfaces de dissolution sous pression.

Substratum Désigne ce sur quoi repose une formation géologique prise en


référence.

Térébratule Brachiopode (groupe zoologique comprenant des individus enfermés


dans une coquille bivalve à symétrie bilatérale, généralement fixé par
un pédoncule)

Terrigène Se dit de tout élément figuré (fragment de roche, minéral, ... ) qui a été
arraché à une terre émergée par l'érosion, ainsi qu'aux sédiments qui
en sont constitués.

Travertin Synonyme de tuf calcaire. Roche sédimentaire calcaire continentale.

Tuf rhyolitique Rhyolite formée par accumulation de projections volcaniques en


fragment de quelques millimètres.

195
.c.O. • U.H.P. NANCY ,
B1BLlOTHÈQUE DES SCIE CES
Rue du Jardll" BotanIQue· BP 11
14601 [Link]-LE· Cy \,tG!.j~

Monsieur VOIRIN Jean

DOCTORAT de l'UNIVERSITE HENRI POINCARE, NANCY 1

en GENIE CIVIL

Vu, APPROUVÉ ET PERMIS D'IMPRIMER \\"l°350

Nancy, le dt 'j~ .2'a:>lt

03roœE~)(1Jroœro
Université Henri Poincaré, Nancy 1
24-30 rue Lionnois - B.P. 3069 - 54013 NANCY Cédex
Tél. : 03 83 68 20 00 - Fax: 03 83 68 21 00

Common questions

Alimenté par l’IA

Les recommandations pour l'utilisation des gravillons calcaires dans les formulations GTLH selon la norme NF P 98-116 et les études de P. Boëdec dépendent de plusieurs facteurs clés. Premièrement, la nature du liant est cruciale, car les liants riches en laitier améliorent les performances des GTLH calcaires en augmentant la résistance, ce qui n'est pas reflété dans les coefficients normalisés de la norme NF P 98-116 qui écarte les gravillons de catégorie pl . Deuxièmement, bien que les caractéristiques intrinsèques comme LA et MDE des gravillons ne soient pas nécessairement des facteurs limitants pour atteindre les classes G2 à G4, la résistance à la traction de la roche d'origine est un critère plus pertinent pour la sélection de granulats calcaires . Enfin, les résultats démontrent que des assouplissements peuvent être envisagés pour l'utilisation de matériaux "hors norme" si l'expérience est positive, ce qui est confirmé par la flexibilité des recommandations dans le guide d'application .

Les calcaires du Bajocien lorrain sont catégorisés géomécaniquement en tenant compte principalement de leur texture et de la composition minéralogique. La classification texturale suit généralement la classification de Dunham, qui inclut des textures telles que le Mudstone, le Wackestone, le Packstone, le Grainstone et le Boundstone, chacune ayant des caractéristiques distinctes en termes de grains et de matrice . Les propriétés mécaniques, comme la résistance aux chocs (Los Angeles LA) et à l'attrition (micro-Deval humide MDE), dépendent fortement de la texture. En particulier, la présence de calcite, qui sert de ciment aux grains, affecte la résistance, car la calcite est fragile et peut libérer des particules lors de l'attrition . Des études ont montré que les faciès comme le Packstone, qui dominent, sont associés à des calcaires oolithiques et à entroques . De plus, les caractéristiques peuvent varier géographiquement, avec des matériaux plus tendres au nord de la région par rapport au sud .

La nature du liant et des fines d'attrition influence significativement la performance des mélanges calcaires en GTLH. Les liants riches en laitier favorisent une montée rapide en résistance des mélanges calcaires . Les fines d'attrition, contenant des argiles et des oxydes métalliques, peuvent à court terme pénaliser la résistance du liant routier, mais cet effet s'amenuise à long terme . De plus, les fines calcaires peuvent accélérer la cinétique de durcissement des mélanges en agissant comme sites de nucléation, favorisant la formation de phases minérales résistantes telles que les carboaluminates . Les interactions entre le liant, particulièrement ceux riches en alumine, et les granularités des calcaires sont cruciales pour optimiser les performances mécaniques des GTLH .

La recommandation pour l'utilisation de formations granulaires centrées dans des fuseaux normatifs pour les GTLH consiste à formuler ces mélanges en se rapprochant autant que possible du centre du fuseau n° 1 de la norme NF P 98-116. Cette approche vise à assurer une stabilité granulaire optimale pendant la mise en œuvre et à augmenter la résistance mécanique des GTLH . Il est conseillé de recomposer au moins deux fractions granulaires pour obtenir une composition granulaire qui ne s'éloigne pas des prévisions de laboratoire, et d'éviter ainsi une trop grande variabilité lors de la mise en œuvre . Cette méthode permet d'atteindre des performances optimales et de garantir une meilleure durabilité, surtout en présence des calcaires tendres souvent utilisés dans ces formulations .

Les caractéristiques intrinsèques des granulats calcaires influencent la sélection des liants routiers principalement par leur effet sur la cinétique de durcissement et la résistance mécanique des mélanges. Les granulats calcaires concassés accélèrent la prise et le durcissement des mélanges grâce à leurs fines qui agissent comme sites de nucléation pour l'hydratation, permettant ainsi une précipitation plus rapide des hydrates dissous . Les granulats calcaires favorisent aussi une bonne adhérence entre les grains et le liant, essentiel pour la performance en traction des MTLH (matériaux traités aux liants hydrauliques). Cependant, les performances mécaniques à long terme des MTLH à base de granulats calcaires sont souvent surestimées par les normes actuelles . Enfin, la propreté des grains et le type de liant utilisé, notamment ceux riches en laitier, sont cruciaux pour maximiser l'effet liant et la durabilité des infrastructures routières .

Les résultats des coefficients de correspondance influencent la prédiction des performances à long terme des mélanges routiers traités aux liants hydrauliques en modifiant l'estimation des performances finales. Les coefficients initiaux utilisés dans les normes tendent à surestimer ces performances, notamment pour les matériaux à base de granulats calcaires . Les coefficients de correspondance permettent de calculer la résistance à long terme des GTLH à partir des mesures faites à des âges plus courts (28, 60 ou 90 jours). Cependant, ces coefficients varient en fonction de la nature des granulats et du liant utilisé, mais aussi du type de gisement ; les granulats calcaires, par exemple, présentent des coefficients plus élevés, ce qui indique une montée en résistance plus rapide mais peut également conduire à une surestimation des performances finales si les coefficients standards sont utilisés . Ainsi, l'utilisation de coefficients de correspondance adaptés est cruciale pour obtenir des prédictions précises des performances à long terme des mélanges routiers traités aux liants hydrauliques.

La sélection de granulats pour les GTLH basée sur la résistance à la traction influence les performances en améliorant la capacité du composite à supporter des contraintes mécaniques élevées. Une résistance à la traction élevée des granulats assure que même avec des dosages en liant faibles, généralement entre 3% et 6%, les GTLH peuvent atteindre les classes de performance G3 ou G4 . La résistance à la traction devient un facteur déterminant car elle dépasse souvent celle des liants utilisés, conférant ainsi au mélange une résistance accrue lorsque l'adhérence entre les granulats et la matrice est bonne . Cette caractéristique est essentielle pour les matériaux de chaussée, où la résistance à la traction directe reste cruciale étant donné l'absence d'armatures pour compenser, comme dans les bétons armés . En utilisant des granulats avec une résistance moyenne à la traction de la roche supérieure à la résistance attendue pour la classe visée, il est possible d'atteindre les résultats souhaités en ajustant simplement le dosage en liant .

La mesure des compacités granulaires est essentielle pour le calcul et la modélisation des structures granulaires, car elle intègre les propriétés morphologiques et l'état de surface des grains, ce qui est crucial pour les formulations de GTLH (graves traitées aux liants hydrauliques). En effet, cette mesure offre une alternative à la recomposition massique des mélanges, particulièrement importante lorsque les différences dans les masses volumiques réelles (MVR) rendent les méthodes traditionnelles imprécises . En adoptant cette approche, on peut mieux aligner les caractéristiques mécaniques des GTLH avec les propriétés des granulats, optimisant ainsi les performances du matériau final .

Les émulsions de bitume jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre des granulats calcaires traités en évitant la formation d'une "peau non adhérente" à la surface, due à la remontée flash du pH, ce qui améliore l'adhérence et la durabilité de la structure traitée . Elles sont utilisées spécifiquement pour imprégner et protéger les matériaux des effets de l'eau et de l'environnement instable lors de la mise en œuvre . De plus, les émulsions aident à stabiliser le mélange granulats-liants en formant une couche protectrice qui prévient la dessiccation et maintient la cohésion des granulats calcaires, ce qui est essentiel pour conserver la qualité structurelle durant la phase de durcissement .

Les variations régionales influencent significativement les coefficients Los Angeles (LA) et Micro-Deval (MDE) des calcaires du Bajocien en Lorraine. Les calcaires des régions nord sont généralement plus tendres, avec des valeurs de LA et MDE élevées, attribuées à une plus grande proportion de calcite dans leur composition, qui est un minéral fragile libéré sous forme de fines lors des chocs . Au sud de la Lorraine, les calcaires présentent globalement de meilleures performances mécaniques selon le MDE, ce qui pourrait être lié aux différences dans les compositions minérales et les processus de cimentation . Les régions 1 (nord) et 4 (sud) montrent des distinctions claires, bien que les performances dans les zones centrales soient plus uniformes, ce qui limite la différenciation .

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