Z Je dédie cette thèse à …?
A ma mère,
Pour l’affection, la tendresse et l’amour dont tu m’as toujours
entouré,
Pour le sacrifice et le dévouement dont tu as toujours fait preuve,
Pour l’encouragement sans limites que tu ne cesses de manifester.
Aucun mot, aucune phrase ne peut exprimer mes sentiments
profonds d’amour, de respect et de reconnaissance.
Que ce modeste travail soit un début de mes récompenses envers
toi.
Puisse le grand puissant te donner bonne santé et longue vie…
A mon père,
Pour tes immenses sacrifices, ton courage et surtout ta patience
et ta compréhension.
Grâce à ta bienveillance, à ton encouragement et à ta générosité,
j’ai pu terminer mes études dans l’enthousiasme.
Toutes les encres du monde ne me suffisent pour t’exprimer mon
immense gratitude.
Que ce travail puisse être le résultat de tes efforts et de tes
sacrifices.
Puisse le bon dieu te protéger et t’accorder longue vie.
A vous,
Je dois ce que je suis
Je suis fière et content de réaliser une partie de ce que
vous avez tant espéré et attendu de moi.
A ma très chère sœur KAOUTAR
Son époux SIMOHAMED
Et ma belle nièce HIBA
En témoignage de l’attachement, de l’amour et de l’affection
que je porte pour vous.
Je vous dédie ce travail avec tous mes vœux de bonheur, de
santé et de réussite.
A ma chère sœur HAJAR
Je te dédie ce travail en témoignage de l'affection et des sentiments de
fraternité qui nous unissent.
Que dieu te garde et t'ouvre les portes de la réussite. .
A ma sœur KHAOULA
En témoignage de mon amour et sincère fraternité.
Que dieu te garde et t'accorde tout le bonheur et le succès du monde.
A ma grand-mère paternelle
A la mémoire de mes grands pères et de ma grand-mère
maternelle,
A mes tantes et mes oncles
A mes cousins et cousines
A tous les membres de ma famille, petits et grands
Veuillez trouver dans ce modeste travail l’expression de mon
affection la plus sincère.
A tous mes ami(e)s et tous ceux qui me sont chers.
A eux tous, je souhaite un avenir plein de joie, de bonheur et de
succès.
A MON CHER AMI ET COLLEGUE DR. ZAKI ZOUHIR
En souvenir des moments agréables passés ensemble au service,
veuillez trouver dans ce travail l’expression de reconnaissance
pour votre contribution, et de mes sentiments les plus
respectueux
A tous ceux qui ont contribué de loin ou de près à
l’élaboration de ce travail,
Avec tous mes remerciements.
A tous mes professeurs et maîtres,
Avec tous mes respects et mon éternelle reconnaissance.
REMERCIEMENTS
A notre maître et président de thèse
Monsieur le professeur EL ALAMI EL AMINE MOHAMED NOUR-DINE
Professeur d’enseignement supérieur d’Oto-Rhino-Laryngologie
Malgré vos intenses préoccupations et responsabilités, vous
nous avez toujours réservé un accueil avec sympathie et
bienveillance. Nous avons beaucoup apprécié vos qualités
humaines et professionnelles.
Nous vous prions de trouver ici le témoignage de notre vive
reconnaissance, notre grande estime et notre profond respect.
A notre maître et rapporteur de thèse
Monsieur le professeur OUDIDI ABDELLATIIF
Professeur agrégé d’Oto-Rhino-Laryngologie
Qu'il me soit permis de vous témoigner toute ma gratitude et
mon profond respect d'avoir bien voulu assurer la direction de ce
travail qui grâce à votre esprit didactique et rigoureux et vos
précieux conseils a pu être mené à bien.
Je vous prie de trouver ici, le témoignage de ma
reconnaissance éternelle, de mon profond respect et ma haute
considération.
A notre maître et jury de thèse
Monsieur le professeur BOUABDALLAH YOUSSEF
Professeur Agrégé de chirurgie pédiatrique
Nous vous remercions pour l’honneur que vous nous avez fait
en acceptant de siéger parmi les membres de jury et pour votre
précieuse collaboration à la réalisation de ce travail.
Nous avons toujours apprécié votre gentillesse, votre sérieux
et votre compétence professionnelle.
Veuillez trouver ici l’expression de notre considération et
notre profond respect.
A notre maître et jury de thèse
Monsieur le professeur ATMANI SAMIR
Professeur Agrégé de pédiatrie
L’amabilité et la spontanéité avec lesquelles vous avez
accepté de juger ce modeste travail nous honorent.
Au cours de nos années de stages cliniques, nous avons pu
apprécier en vous en plus de vos qualités de clinicien compétent
et de pédagogue, votre sens de sympathie et de bonne humeur.
Qu’il nous soit permis aujourd’hui de vous exprimer notre
sincère admiration.
PLAN
Introduction 2
Rappel :
I- Rappel embryologique. 5
II- Rappel anatomique. 13
Classification 22
Etude de notre série: 33
I- Patients et méthodes 34
II- Résultats 37
Discussion 46
I- Epidémiologie et génétique 47
II- Diagnostic anténatal 51
III- Bilan 53
IV- Traitement 64
Conclusion 82
Résumés 84
Bibliographie 90
1
INTRODUCTION
2
La fente palatine est une malformation fréquente de la face (une pour 2500
naissances [1]) qui apparaît tôt durant le développement embryonnaire (une pour
700 dans sa forme labio-palatine [2]).
Elle se présente comme une absence de fusion du tissu embryonnaire de la
face avec perte de substance de la voûte buccale aboutissant à une communication
entre le nez et la bouche.
Le fait que cette malformation soit si fréquente ne saurait la banaliser aux
yeux des parents qui accueillent leur enfant avec des appréhensions et craintes
légitimes quant à son développement et aux séquelles futures que cette affection
congénitale pourrait avoir sur les plans esthétiques et fonctionnels.
L’impact psychologique de la malformation est très lourd notamment chez les
parents pouvant entraîner un drame familial devant cet enfant tant désiré. Parfois, la
famille attribue la malformation à des phénomènes magiques, ou encore à une
malédiction
Le diagnostic peut être anténatal, et le traitement est essentiellement
chirurgical avec complément d’orthophonie et d’orthodontie.
Notre travail a pour but de définir, à travers une étude rétrospective, les
principaux facteurs épidémiologiques, de décrire les aspects anatomocliniqes, et de
mettre en valeur les moyens thérapeutiques aussi bien chirurgicaux que
fonctionnels.
Dans une première partie, nous exposerons les 24 cas de fente palatine
colligés au service d’oto-rhino-laryngologie du CHU HASSAN II de Fès entre 2001 et
2005. Dans une deuxième parie, nous discuterons nos cas en comparaison avec les
données de la littérature.
3
RAPPEL
4
RAPPEL EMBRYOLOGIQUE
Les fentes palatines et labio-maxillaires constituent des anomalies précoces
du développement céphalique.
Cette morphogenèse dépend des propriétés développementales des cellules
des crêtes neurales, tant sur le plan qualitatif que quantitatif et leur rôle dans
l’embryogenèse précoce des bourgeons faciaux et des structures cervico-
thoraciques antérieures et l’importance des phénomènes de mort cellulaire
embryonnaire dans la morphogenèse de tissus et structures de l’embryon [3].
I -Les bougeons faciaux: [4,5] (fig.1 et fig. 2)
A la fin du 1er mois, l’embryon humain est branchial et caudé. On admet qu’il
sera complètement développé vers la fin de la 5ème semaine. L’extrémité
céphalique est très développée et rabattue sur la face ventrale.
Le stomadœum ou bouche primitive de l’embryon est entouré de cinq
bourgeons faciaux.
1- Le bourgeon frontal:
Unique, volumineux, forme le plafond du stomadœum. Il va émettre les
placodes cristalliniennes et les placodes olfactives sous forme d’épaississements
épiblastiques.
5
2- Les deux bourgeons maxillaires supérieurs:
Ils limitent latéralement le stomadœum.
3- Les deux bourgeons mandibulaires:
Sont d’emblée soudés sur la ligne médiane et constituent le bord ventral du
stomadœum.
Figure 1 : Embryon humain de 37 à 40 jours d’après DOLLANDER [5]
-Le bourgeon
frontal.
-Les bourgeons
maxillaires.
-Les bourgeons
mandibulaires.
Figure 2 : les cinq bourgeons principaux de la face [5]:
6
II- Le modelage extérieur de la face :
1- Fentes et sillons de la face :
Les différents bourgeons faciaux sont séparés les uns des autres par des
fentes et sillons plus au moins profonds qui sont de chaque côté :
1.1 Le sillon intermaxillaire ou intermaxillo-mandibulaire :
Entre le bourgeon maxillaire supérieur et le bourgeon mandibulaire.
1.2 La fente oro-nasale :
Entre l’extrémité du bourgeon nasal interne d’une part, et celles du bourgeon
nasal externe et du bourgeon maxillaire supérieur d’autre part.
1.3 Le sillon orbito-nasal ou lacrymo-nasal :
Qui va du sillon orbitaire (circonscrivant l’ébauche visuelle) à la fente oro-
nasale.
1.4 L’incissure interglobulaire (médiane) :
C’est une légère dépression du bord libre du massif nasal médian, entre les
deux bourgeons nasaux internes.
2- Fusionnement des différents bourgeons :
Crêtes neurales - mort cellulaire - bourgeonnement de la face.
7
2.1- Les crêtes neurales céphaliques: [4] (fig.3)
Les crêtes neurales sont des groupements cellulaires transitoires qui se
séparent de la gouttière neurale avant la fermeture de cette dernière en tube, vers
la fin du 1er mois embryonnaire. Au niveau céphalique, leur comportement
biologique a été analysé par N. Le Douarin [3]. II est caractérisé par leurs territoires
d’origine, leur mode de migration, leur rôle dans le déterminisme volumétrique des
bourgeons faciaux et cervicaux, et les divers phénotypes cellulaires exprimés sur
leur site de migration au sein des bourgeons.
Les cellules des crêtes neurales céphaliques sont territorialisées.
Le 30ème jour, elles migrent d’un segment de la gouttière neurale vers un
territoire embryonnaire facial ou cervical.
En général, les crêtes neurales céphaliques migrent vers la face ventrale du
tube neural, sous l’ectoderme dans un espace acellulaire en collagène et en
fibronectine.
Sur les sites de migration, elles se différencient en phénotypes cellulaires
variés et se divisent, elles assurent ainsi le développement volumétrique des
bourgeons faciaux et contribuent à leur confluence et leur fusion. Sont ainsi
produits des tissus osseux, cartilagineux, dermiques, dentaires et musculaires, etc.
2.2- La mort cellulaire embryonnaire: [4,7]
Il s’agit d’un phénomène biologique, banal, nécessaire à la morphogenèse et
à l’organogenèse de nombreux tissus (mort neuronale du cerveau, disparition de
structures transitoires, telles que pronéphros, mésonephros ).
8
Ainsi la fusion des bourgeons faciaux demande non seulement une bonne
“qualité” tissulaire du mésenchyme constitutif, mais également la mort cellulaire de
l’ectoderme du revêtement des bourgeons faciaux.
Green et Pratt ont démontré le rôle des enzymes lysosomiaux des bordures
ectodermiques des procès palatins, dans le phénomène de mort cellulaire, lors de la
fusion de ces derniers pour former le palais secondaire chez le rat. Ces auteurs ont
provoqué des fentes palatines “in vitro” par blocage enzymatique de ce phénomène.
La topographie de la fente permet d’identifier le bourgeon responsable.
Malgré la présence de la fente, la différenciation tissulaire faciale se poursuit
en temps: os, cartilages, derme, dents et muscles se différencient normalement. Par
contre, la présence de celle-ci perturbe l’anatomie régionale.
2.3- La fusion des bourgeons faciaux: [7] (fig.4)
Ce phénomène de fusion nécessite au moins que soient assurées trois
conditions biologiques:
- Un développement volumétrique suffisant des bourgeons.
- La compétence de l’ectoderme de recouvrement des bourgeons pour la
mort cellulaire assurant leur accolement.
- Des propriétés physico-chimiques du liquide amniotique concernant la
température, la composition biochimique, la tensio-activité.
Les contacts fusionnels entre les bourgeons vont constituer un mur épithélial.
Celui-ci va disparaître par mort cellulaire et permettre la constitution d’un massif
cellulaire mésenchymateux, le palais primaire. Le défaut de fusion, qu’elle qu’en
9
soit la cause, va entraîner une fente labiale ou labio-alvéolaire, ou fente du palais
primaire.
Au cours de la 7ème semaine, les bourgeons maxillaires continuent leur
développement et donnent en arrière le palais secondaire avec fusion progressive
d’avant en arrière des procès palatins. La fusion suppose là encore un phénomène
de mort cellulaire de l’ectoderme de recouvrement des berges palatines, mais
également la descente de la langue dans la cavité buccale. Le défaut de fusion
qu’elle qu’en soit la cause va créer une fente vélo palatine ou fente du palais
secondaire.
Dans le cas d’une fente complète labiale et palatine, c’est l’anomalie du palais
primaire qui gène secondairement la formation du palais secondaire, entraînant
ainsi l’association des deux fentes.
Ces acquisitions sont autant des voies de recherche pour l’avenir. Les fentes
labio-maxillaires demeurent d’exemplaires énigmes naturelles de la pathologie du
développement facial.
10
Figure 3: La face embryonnaire humaine vers le 42ème jour [6].
La crête neurale et les myocites envahissent l’espace sous ectodermique de
l’ébauche faciale (flèches). Ce schéma résume l’ensemble des défaillances
potentielles de la fusion des bourgeons et par la même le dessin des fentes faciales
11
Bourgeon
naso-frontal.
BMX BMX
Figure 4 : Schéma des défauts de fusion potentiels des cinq bourgeons
péristomodeaux entrant dans la constitution du massif facial [6].
A : vue de face. B : vue palatine.
12
RAPPEL ANATOMIQUE
A - Palais osseux (figure 5) :
1- Description :
Il constitue la charpente ogivale, osseuse qui porte les dents, c’est l’enclume
contre laquelle vient frapper la mandibule.
Il est formé par l’union des processus palatin (apophyses palatines) des
maxillaires et des lames horizontales des os palatins. Il est perforé en avant par le
canal incisif (canal palatin antérieur) et en arrière par le canal grand palatin (canal
palatin postérieur).
Il est recouvert d’une muqueuse qui présente en avant une saillie médiane, la
papille incisive, qui recouvre le foramen incisif, et latéralement des saillies
transversales ou plis palatins transverses. Une couche de glandes orales accessoires
occupe la partie postérieure [8].
2-Vascularisation et innervation :
Les vaisseaux et les nerfs sont placés à la face profonde de la muqueuse sur
chaque partie latérale de la voûte.
1.1 -Les artères :
Les artères viennent de l’artère sphéno-palatine (artère naso-palatine)
par le canal incisif, et de l’artère palatine descendante par le canal grand palatin.
Cette dernière se ramifie en artère grande palatine et artères petites palatines.
13
1.2 - Les veines :
Les veines sont satellites aux artères.
1.3 -Les lymphatiques :
Les lymphatiques vont rejoindre les nœuds lymphatiques jugulo-
digastriques.
1.4 -Les nerfs :
Les nefs viennent du nerf maxillaire : nerf naso-palatin (nerf sphéno-
palatin interne) par le canal incisif, nerf grand palatin (nerf palatin antérieur) par le
canal grand palatin et nerfs petits palatins et palatins accessoires par les canaux
petits palatins.
Le seul pédicule important est postéro-latéral : les éléments qui sortent
du foramen incisif peuvent être sectionnées ; par contre, le pédicule postéro-latéral
doit être respecté : il assure la vitalité de la muqueuse palatine. Les incisions
chirurgicales doivent donc être antéro-postérieures [8].
14
Canal
palatin
antérieur
Suture
palatine
Médiane
Suture
Maxillaire, palato-
processus maxillaire
palatin
Os palatin,
Maxillaire, lame
processus horizontale
alvéolaire
Foramina
petits palatins
Foramen
grand
palatin Figure 5: vue inférieure du palais dur.
LABORATOIRE D’ANATOMIE DE LA FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE DE FES.
B - Voile du palais (ou palais mou) (figure 6):
Il se compose d’une lame fibreuse sur laquelle s’insèrent un muscle médian
impair et, de chaque côté, quatre muscles pairs. L’ensemble est recouvert d’une
muqueuse de type oral en avant, de type respiratoire en arrière. La lame fibreuse
(aponévrose palatine) est constitué par le tendon en éventail du muscle tenseur du
voile du palais (péristaphylin externe). Elle n’occupe que la moitié ventrale du voile
et se fixe en avant sur le bord dorsal du palais dur (lames horizontales des os
palatins) [8].
15
1
5
3
Figure 6 : Coupe sagittale passant par la région palatine [10].
1 : Fosses nasales 2 : Langue
3 : Rachis cervical 4 : Palais dur
5 : Palais mou
16
1-Les muscles du voile (figure 7) :
1.1- Le muscle tenseur du voile du palais :
Il naît dans la fosse scaphoïde située dans la fosse ptérygoïdienne
médialement par rapports aux muscles ptérygoïdien médial, et en arrière de cette
fossette sur la lèvre ventrale du sillon de la trompe auditive jusqu’à l’épine de l’os
sphénoïde. Il s’insère également sur la face antéro-latérale, fibreuse, de la trompe
auditive et sur le crochet de la lame cartilagineuse [8].
De cette origine assez longue, le muscle, dans l’ensemble vertical, concentre
ses fibres en un tendon qui va se réfléchir à angle droit sur l’hamulus (ou crochet)
ptérygoïdien. Il s’épanouit alors en un éventail fibreux horizontal qui constitue
l’aponévrose palatine, la charpente fibreuse du voile du palais. Il est innervé par le
nerf du muscle tenseur du voile du palais, rameau du nerf mandibulaire.
1.2- Le muscle élévateur du voile du palais :
Il naît de la lèvre dorsale du sillon de la trompe auditive (gouttière tubaire),
donc dorsalement par rapport à la trompe. Ce muscle fusiforme va progressivement
contourner la trompe pour se placer sous elle et soulever son plancher fibreux.
Arrivées à l’ostium pharyngien de la trompe, les fibres musculaires s’inclinent en
bas, en arrière et médialement. Elles soulèvent ainsi un repli muqueux. En même
temps, le muscle forme un arc concave, en arrière qui s’appuie sur le cartilage
tubaire. Il se termine en éventail sur la face dorsale de l’aponévrose palatine.
17
3
4
5
Figure 7 : Coupe sagittale passant pas la région palatine
montrant les muscles du voile [10].
1 : cavité buccale 2 : oropharynx
3 : trompe auditive 4 : muscle tenseur du voile
5 : muscle élévateur du voile 6 : rhinopharynx
1.3- Le muscle palato pharyngien :
Entièrement situé à l’intérieur du pharynx, il se place contre la face interne des
muscles constricteurs. Ce muscle, concentré à sa partie moyenne où il soulève l’arc
muqueux palato pharyngien, se dissocie en éventail à ses deux extrémités :
Son origine principale se fait sur toute la longueur de la ligne médiane, à la
face dorsale de l’aponévrose palatine. Deux faisceaux accessoires viennent de
l’hamulus ptérygoïdien et du bord inférieur du cartilage tubaire.
18
Les fibres se concentrent en une mince colonne charnue, oblique en bas, en
arrière et latéralement qui soulève l’arc palato-pharyngien et atteint la face dorsale
du pharynx. Les fibres musculaires se dispersent en éventail où l’on peut discerner
deux faisceaux : l’un se termine sur les bords supérieur et dorsal du cartilage
thyroïde (faisceau thyroïdien), l’autre très étalé en hauteur forme une lame très
mince qui suit le muscle constricteur inférieur du pharynx et s’unit au muscle
controlatéral (faisceau pharyngien).
1.4 Le muscle palato-glosse (muscle glosso-staphylin) :
Naît de la face inférieure de l’aponévrose palatine par un petit éventail
tendineux. Les fibres se concentrent en un mince cordon oblique en bas, en avant et
latéralement qui soulève un repli muqueux ou arc palato-glosse.
Parvenues au bord latéral de la langue, elles se recourbent en bas, en avant et
médialement vers le septum lingual où elles se terminent.
1.5 Le muscle uvulaire (muscle azygos de la luette)
Est situé tout entier dans l’épaisseur du voile du palais. Il naît de l’épine
nasale postérieure et de la face dorsale de l’aponévrose palatine. Il se dirige
dorsalement et se termine sur la face profonde de la muqueuse de l’uvule.
2-Fonctions des muscles du voile du palais :
Le muscle tenseur du voile du palais met en tension l’aponévrose palatine et
permet alors aux autres muscles de mobiliser le voile du palais. Le muscle élévateur
élève le palais au cours de la déglutition et le plaque contre la paroi dorsale du
pharynx. L’ostium intra pharyngien (isthme pharyngo-nasal) est ainsi fermé. Les
muscles tenseurs et élévateurs du voile du palais ouvrent en même temps l’ostium
19
pharyngien de la trompe. Les muscles palato-pharyngien et palato-glosse sont dits
abaisseurs du voile et jouent un rôle dans la phonation. Le muscle palato-
pharyngien élève également le larynx par son insertion thyroïdienne et ouvre la
trompe auditive par son insertion tubaire [8,9].
3-Vaisseaux et nerfs du voile du palais :
3.1- Les artères :
L’artère linguale donne l’artère dorsale de la langue destinée au muscle
palato-glosse.
L’artère faciale vascularise le voile du palais par l’intermédiaire de l’artère
palatine ascendante.
L’artère maxillaire (interne) donne dans la fosse ptérygo-palatine (arrière-fond
de la fosse ptérygo-maxillaire), l’artèe palatine descendante qui passe par le canal
grand palatin.
3.2- Les veines :
Le plexus veineux sous-muqueux dorsal rejoint les veines de la cavité nasale
et par leur intermédiaire le plexus ptérygoïdien et la veine jugulaire interne.
Le plexus veineux sous-muqueux antérieur se déverse dans les veines de la
langue et la veine jugulaire interne.
20
3.3- Les nerfs :
a- l’innervation sensitive :
Elle est assurée par le nerf maxillaire, deuxième branche du nerf trijumeau (V
2). Les nerfs ptérygo-palatins, branches du nerf maxillaire, donnent les nerfs grand
palatin (nerf palatin antérieur), petit palatin (nerf palatin moyen), et palatin
accessoire (nerf palatin postérieur).
Le nerf grand palatin descend dans le canal palatin postérieur. Les nerfs petit
palatin et palatin accessoire descendent en arrière du précèdent dans les canaux
palatins accessoires. L’arc muqueux palato-glosse, innervé par le nerf glosso-
pharyngien (plexus tonsillaire) ,est à l’origine du réflexe nauséeux.
b- l’innervation motrice :
Le muscle tenseur du voile du palais est innervé par le nerf du muscle tenseur
du voile, rameau du nerf mandibulaire, troisième branche du nerf trijumeau (V 3).
Tous les autres muscles du voile sont commandés en apparence par le nerf
maxillaire → nerf ptérygo-palatins → nerf petit palatin.
En fait, l’origine réelle de la motricité du voile est le nerf vague, déjà moteur
des muscles constricteurs moyen et inférieur du pharynx et moteur du larynx. Les
fibres empruntent le nerf facial selon le circuit suivant : nerf vague → rameau
auriculaire → nerf facial → nerf grand pétreux → nerf du canal ptérygoïdien (nerf
vidien) → ganglion ptérygo-palatin → nerf ptérygo-palatins → nerf grand palatin. Le
noyau moteur du voile est le noyau ambigu situé dans la moelle allongée (bulbe
rachidien) [8].
21
CLASSIFICATION
22
Vu la multitude des formes des fentes faciales, et la présence de plusieurs
variétés anatomiques, classer les fentes fût nécessaire pour satisfaire les cliniciens,
chirurgiens, et chercheurs d’une part, et de leur permettre d’autre part de
communiquer entre eux en un langage universel.
Durant ces dernières années, plusieurs classifications ont été proposées puis
modifiées par différents auteurs.
I- Classification de Veau: [11]
Elle divise les fentes en 4 classes:
A –Divisions simples du voile
Division de Division
la luette partielle du
voile
Division de la
totalité du voile
Figure 8: Divisions simples du voile [11]
23
B - Divisions du voile et de la voûte ne dépassant pas le foramen incisivaire.
Figure 9: Division du voile et de la voûte palatine d’après Veau [11]
C - Divisions du voile et de la voûte associées à une fente labio-alvéolaire
unilatérale.
Figure 10 : Fente labio-alvéolo-palatine unilatérale totale d’après Veau [11]
24
D - Divisions associées à une fente labio-alvéolaire bilatérale totale.
Figure 11: Fente labio-alvéolo-palatine bilatérale totale d’après Veau [11]
II- Classification internationale : [11, 12,13] (fig. 12)
La confédération internationale de chirurgie plastique a adopté depuis 1967,
la classification suivante:
1-Fentes intéressant le palais primaire:
On subdivise ces fentes en :
-Fente unilatérale incomplète du palais primaire (1/3,2/3,3/3 de la lèvre).
-Fente unilatérale complète du palais primaire (1/3, 2/3 alvéolaire).
- Fente bilatérale complète du palais primaire (3/3 alvéolaire).
25
Fente unilatérale incomplète (1/3, 2/3 ; 3/3 de la lèvre)
Fente unilatérale complète Fente bilatérale complète
(1/3, 2/3 alvéolaire); (3/3 alvéolaire)
Figure 12: Fentes intéressant le palais primaire d’après Kernahan, Stark et
Harkins.In [11]
26
2-Palais secondaire (voûte palatine osseuse et voile):
- Fente incomplète du palais secondaire. A
- Fente complète du palais secondaire. B
A B
Figure 13: Fentes concernant le palais secondaire d’après Kernahan, Stark et
Harkins.In [11]
3-Association palais primaire et palais secondaire:
On distingue:
- Fente unilatérale complète du palais primaire et secondaire.A
- Fente bilatérale du palais primaire et secondaire. B
- Fente unilatérale incomplète du palais primaire et secondaire.C
27
A
B
Figure 14: Association palais primaire et secondaire d’après Kernahan, Stark et
Harkins.In [11]
III- Actuellement la classification de KERNAHAN et STARK établie en 1967 est
abandonnée, au profit de la classification moderne qui distingue les formes
bénignes et les formes malignes.
28
1-Les formes bénignes:
Elles regroupent les cas où le maxillaire est normal ou subnormal, c’est-à-dire
que la partie moyenne de la voûte n’est pas interrompue. Les tissus sont de bonne
qualité (trophicité tissulaire normale ou presque, repères topographiques muqueux
et cutanés nets et précis) et modérément déplacés. Leur remise en place normalisera
les fonctions et la croissance de la face.
Cliniquement, trois classes peuvent répondre à ces critères :
•Fente labiale unilatérale, fendant plus ou moins la lèvre ;
•Fente labioalvéolaire unilatérale, encochant plus ou moins l’arcade alvéolaire ;
•Fentes du voile ;
•Combinaison de ces classes
Figure 15 : Patient avec fente Figure 16 : Fente du voile [14].
labiale unilatérale incomplète [14].
29
Fente labiale unilatérale Fente labiale bilatérale
fendant une partie de la lèvre fendant la totalité de la lèvre
Fente
Fente labioalvéolaire
vélaire
Unilatérale
Figure 17: Exemples de formes bénignes (A), (B), (C) et (D) de la classification de
Chancholle, d’après Magalon et Chancholle [11]
30
2-Les formes malignes:
Elles sont déterminées par la division du maxillaire en deux fragments
inégaux et déplacés.
Les tissus présentent une qualité défectueuse et l’importance de leur
déplacement est telle que leur remise en place par l’orthopédie et/ou la chirurgie ne
normalisera pas les fonctions et la croissance de la face, et entraînera une cicatrice.
Ces formes graves concernent :
•Fente labioalvéolaire unilatérale déformant l’arcade alvéolaire ;
•Fente palatine totale déformant la voûte palatine osseuse ;
•Fente labiopalatine totale unilatérale ;
•Toutes les formes bilatérales.
Figure 18 : Patient avec une Figure 19 : Patient avec fente
fente labio-alvéolo-palatine labio-alvéolo-palatine
unilatérale [14]. bilatérale [14].
31
Fente labioalvéolaire unilatérale Fente palatine totale déformant la voûte
déformant l’arcade alvéolaire palatine osseuse
Fente labiopalatine totale unilatérale Fente labioalvéolopalatine
Totale bilatérale
Figure 20: Formes graves de la classification de Chancholle d’après Magalon et
Chancholle (A à E) [11]
32
ETUDE DE NOTRE SERIE
33
I/ PATIENTS ET METHODES:
1- Patients:
Il s’agit d’une enquête rétrospective sur dossiers, nous incluons dans notre
échantillon tout enfant ayant été pris en charge au service d’oto-rhino-laryngologie
du CHU HASSAN II de Fès entre janvier 2001 et décembre 2005 et porteur d’une
fente palatine.
-Les critères d’inclusion sont les suivants :
Patients de tout âge vus et opérés pour fente palatine au service d’ORL du
CHU HASSAN II de Fès.
-Les critères d’exclusion sont les suivants :
. Fentes palatines associées
. Dossiers inexploitables
2- Méthodes:
Pour chaque patient, nous avons noté l’âge, le sexe, les antécédents
personnels et familiaux, et le déroulement de la grossesse.
Un examen ORL complet avec examen minutieux de la cavité buccale, une
otoscopie, et une rhinoscopie antérieure ainsi qu’un examen de la face ont été
réalisés et permettent de noter les caractéristiques de la fente : type,siège, et
dimensions.
L’interrogatoire cherchait la réalisation d’un bilan paraclinique anténatal
(échographie, amniocentèse). Un bilan paraclinique a été réalisé en fonction des
orientations cliniques, afin de juger du caractère isolé ou non de la fente.
La totalité de nos patients a été traitée chirurgicalement au service. Le suivi
lors des consultations au service consistait en un examen ORL et général.
Tous ces éléments figurent dans la fiche d’exploitation type établi à cet effet :
34
IDENTITE
NO : NE :
Nom prénom :
Age : <6 mois □ 6 mois - 1 an □ 1 an- 2 ans □ > 2 ans □
Sexe : M □ F□
ANTECEDENTS
Personnels :
Poids de la naissance :
Gémellité : □ Parité : □
Familiaux :
Grossesse : suivie □ non suivie □
Accouchement : médicalisé □ à domicile □
Age maternel : 20-30 ans □ 30-40 ans □ 40-50 ans □ >50 ans □
Consanguinité des parents : □
Cas similaires dans la famille : □
Autres :
- infections au cours de la grossesse □
- irradiations □
- épilepsie maternelle et traitement antiépileptique □
FENTE : ANALYSE CLINIQUE ET PARACLINIQUE
Histoire de la maladie :
Diagnostic : anténatal □ postnatal □
Qualité des tétées :
Voix nasonnée : □
Troubles respiratoires : □
Examen clinique :
35
Description de la fente :
Type :
Siège
Dimensions :
Examen ORL :
Otoscopie :
Rhinoscopie antérieure :
Examen général : malformation associée □ type :
Paraclinique
Anténatal :
- échographie :
- amniocentèse :
Postnatal :
- radio thoracique :
- TDM cérébrale :
TRAITEMENT
Age de l’intervention :
Technique chirurgicale :
TRAITEMENT ADJUVANT
Traitement orthophonique :
Traitement d’orthodontie :
SUIVI
Résultats fonctionnels : Résultats esthétique :
3 mois : 3 mois :
6 mois : 6 mois :
1an : 1 an :
36
II – RESULTATS:
1- Données épidémiologiques:
1.1Âge:
Parmi les 24 patients pris en charge au service, la répartition des cas
selon l’âge de consultation est comme suit :
Graphique N°1: Âge des patients
L’âge moyen des malades est de 8 ans, avec des extrêmes allant de 1 an
et demi à 14 ans et un pic entre 5 et 10 ans
1.2-Sexe :
Treize de nos patients étaient de sexe masculin, et onze de sexe
féminin, avec un sex-ratio de 1.18.
46% 54%
Graphique N°2: sexe des patients
37
1.3-Gémellité :
Le pourcentage de fentes palatines augmente chez les jumeaux.
Dans notre étude, aucun cas n’a été signalé.
1.4-Parité :
Le rang de naissance est significativement plus élevé pour les fentes
labio-palatines.
Le risque de survenue de fente palatine augmente avec la taille de fratrie
et de l’âge maternel.
Dans nos observations, un seul cas a été relevé (patient porteur d’une
fente palatine 5éme d’une fratrie de 6).
1.5-Poids de naissance :
Il est significativement plus bas dans les fentes palatines que dans la
population générale. Dans notre étude, ce paramètre n’a été relevé en aucun cas.
1.6- Etude familiale :
Sur les 24 dossiers analysés, aucun dossier ne comportait des
renseignements sur des cas similaires dans la famille.
1.7- Facteurs exogènes :
Dans notre échantillon, la recherche de ces différents facteurs n’a été
signalée que sur 5 dossiers, les résultats étaient ainsi :
- Aucune prise médicamenteuse n’a été notée.
- Aucune infection sérieuse pendant la grossesse n’a été
signalée, mais n’exclue pas celles qui passent inaperçues.
38
2-Données cliniques :
2.1-Symptomatologie révélatrice des fentes palatines :
D’après notre série, le signe de début est fait d’un trouble de la parole
dans la majorité des cas (16 cas), d’un trouble de l’alimentation dans 5 cas, et d’un
trouble de la respiration dans seulement trois cas.
12%
21%
67%
Graphique3 : Symptomatologie révélatrice de la fente.
2.2-les malformations associées :
Leur recherche doit être systématique grâce à un examen pédiatrique
global et précis.
Il peut s’agir de syndromes identifiés se transmettant ou non selon les
règles de l’hérédité mendélienne, de syndromes chromosomiques le plus souvent
non héréditaires ou encore de syndromes poly malformatifs ne correspondant pas à
une entité définie.
D’après notre étude, un seul patient présentait une ectopie testiculaire
gauche, les patients restants présentaient des fentes palatines isolées.
39
3-Données thérapeutiques:
Visite pré anesthésique :
Prévue quelques jours avant l’intervention.
Ainsi le patient dont l’état général et les critères biologiques sont compatibles
avec l’intervention est retenu comme candidat à la réparation chirurgicale.
Techniques chirurgicales :
La quasi-majorité des malades de notre série a été opérée quelques jours
après l’admission au service. Les malades ont bénéficié des temps opératoires
suivants :
- anesthésie générale avec intubation nasotrachéale.
- Incision le long du bord libre.
- Incision de décharge.
- Suture du plan muqueux nasal.
- Suture du plan muqueux et musculaire buccal.
- Mise en place d’une sonde naso-gastrique.
40
Figure 21 : intubation nasotrachéale avec mise en place de l’ouvre-bouche.
Iconographie du service ORL CHU HASSAN II FES. Pr. ALAMI
Figure 22 : Incision de décharge.
Iconographie du service de chirurgie infantile.
CHU HASSAN II Fès. Pr. BOUADALLAH
41
Figure 23 : Confection du lambeau palatin
Iconographie du service de chirurgie infantile.
CHU HASSAN II Fès. Pr. BOUADALLAH
42
Figure 24 : Suture du plan muqueux buccal
Iconographie du service de chirurgie infantile.
CHU HASSAN II Fès. Pr. BOUADALLAH
Un seul patient a bénéficié d’une confection de lambeaux vélo palatins
pédiculés.
Période post opératoire :
Nous prescrivons habituellement une antibiothérapie préventive à cause de
l’encombrement bronchique souvent associé. Les soins locaux sont systématiques,
et sont souvent réalisés avec l’aide de la mère accompagnatrice.
Les anti-inflammatoires sont prescrits pendant les premières 48 heures afin
d’atténuer l’œdème et de favoriser la reprise alimentaire.
43
La durée d’hospitalisation est courte, elle est de cinq jours en moyenne,
l’enfant est accompagné par sa mère de préférence qui assure les tâches de nursing
(alimentation, toilettes….)
L’enfant est revu de façon régulière afin d’évaluer le résultat et de corriger les
séquelles éventuelles.
Dans notre échantillon, les suites opératoires furent simples pour la majorité
des cas, sauf pour quatre patients, où un lâchage de points a été noté, imposant une
reprise des malades. Un seul cas d’infection post opératoire dénombré et traité avec
succès.
Tous nos malades ont été adressés en consultation d’orthophonie.
Nous ne disposons pas de résultat pour un seul malade. Celui-ci a été perdu
de vue juste après l’acte chirurgical.
Figure 25 : Aspect postopératoire immédiat de la réparation.
Iconographie du service d’ORL. CHU HASSAN II Fès. Pr. ALAMI
44
Figure 26: Fente palatine
A : avant la chirurgie B : après la chirurgie
Iconographie du service d’ORL. CHU HASSAN II Fès. PR. ALAMI
45
DISCUSSION
46
I- Epidémiologie et génétique :
Dans la majorité des cas, une fente palatine est associée à la fente labiale,
celle-ci étant moins fréquente lorsque la localisation est unilatérale. De ce fait, les
données épidémiologiques publiées traitent plutôt des fentes palatines associées
aux fentes labiales, que des fentes palatines isolées.
1- Fréquence des fentes :
Dans une étude globale, des malformations congénitales, effectuée en 1973 à
la maternité de Casablanca, Akchouch rapporte avoir relevé une fente labiale pour
2055 naissances (incidence de 0.48‰) [15].
Dans les statistiques étrangères, l’incidence de cette affection est supérieure à
ces chiffres. Leur fréquence est de 2‰ au Danemark, de 0.8‰ aux USA et de 0.96‰
en France.
Il semble par ailleurs, que cette affection est plus fréquente chez les japonais,
Malais, et indiens nord-américains et à l’inverse plus rare chez les noirs [16,17].
2- Sex ratio :
Les fentes sont deux fois plus fréquentes dans le sexe masculin, avec un taux
de masculinité plus élevé si une fente palatine est associée à une fente labiale ou en
cas d’atteinte labiale bilatérale [17, 19].
3- Facteurs épidémiologiques :
• Le rang de naissance est significativement plus élevé pour les fentes
faciales, le risque de survenue d’une fente augmente avec la taille de la
fratrie et avec l’âge maternel [17].
• Le poids de naissance est comparable à la population générale sauf pour
les filles ayant une fente palatine qui ont un poids de naissance abaissé de
façon significative. [17,19].
47
4- Gémellité:
Une association significative existe entre gémellité et fente faciale.
Lorsque les fentes sont associées à d’autres malformations, par exemple, la
concordance d’une fente est bien supérieure chez les jumeaux monozygote que
chez les jumeaux dizygotes [20,21].
5- Parité:
Il existe également une association entre la parité et le risque des fentes
orales, ce risque est augmenté chez les multipares de quatre enfants et plus [20].
6- Incidences des fentes chez les apparentés :
Les cas familiaux sont fréquents mais l’incidence familiale décroît rapidement
avec le lien de parenté. La fréquence chez les apparentés de 1er degré (germains et
parents) est 30 fois plus élevée que chez ceux du 2ème degré (oncles, tantes, et
grands parents), la diminution de fréquence entre le 2ème et le 3ème degré est moins
nette [17, 19].
Pour CURTIS, FRASER, WARBUTON (1969), le risque de récurrence de la
division palatine isolée est de 2 % après un enfant malformé, de 6 % quand l'un des
progénitures est porteur de la malformation, de 15 % quand l'un des parents et un
enfant sont atteints [24].
Il n’y a aucune différence entre les apparentés de la lignée maternelle et
paternelle à degré de parenté égal.
En effet, l’hérédité de la fente faciale est mal élucidée, mais l’hypothèse la plus
communément admise est celle d’une origine polygénique [21, 23,24].
48
Risque en % pour chaque
Cas familiaux (en
enfant à naître
Enfants de la dehors des
Parents atteints
fratrie atteints parents de la De fente De
fratrie) labiale et/ou division
palatine palatine
0 0 0 0.1 0.04
0 1 0 4.0 2
0 1 1 4.0 7
0 2 0 9.0 1
1 0 0 4.0 6
1 1 0 17.0 15
Tableau N°I: Risque de survenue d’une fente labiale /ou d’une fente palatine :
(D’après Carl j. witkop Jr. In birth defects, Daniel Bergsma) [23].
7-Conseil génétique:
Lorsque la fente labio-maxillaire est isolée, le risque de récurrence chez les
enfants ou les cousins à naître est de l’ordre de 3% [24].
Ce risque augmente quand il existe une personne apparentée atteinte et
d’autant plus que le lien se rapproche du premier degré [54].
Lorsque la fente orale est associée à d’autres malformations, le conseil
génétique ne s’impose que si le syndrome malformatif ou polymalformatif est
parfaitement étiqueté [17, 24,54].
Exemple : le syndrome de VANDER WOODE, associant fente labio-maxillaire et
fistule muqueuse de la lèvre inférieure, se transmet selon le mode autosomique
dominant.
Les holoprosencéphalies, d’expression très variable ont aussi un caractère
génétique certain avec un mode de transmission récessif parfois dominant.
49
L’examen attentif des parents, l’étude de l’arbre généalogique, le conseil
génétique, l’avis du fœtopathologiste sont impératifs afin de ne pas méconnaître
une forme grave chez un enfant à naître.
8-Facteurs exogènes:
Outre les antécédents familiaux de fente faciale, un groupe à risque peut être
individualisé et doit bénéficier d’un dépistage orienté :
- L’action tératogène de certains anticonvulsivants (hydrantoîne,
triméthadione) est prouvée [2O].
- Il en est de même des anxiolytiques, des psychotropes et des
amphétamines absorbés massivement par la mère en début de grossesse
[2,17].
Bon nombre d’études signalent une fréquence accrue des fentes chez des
patients présentant un diabète mal équilibré au début de gestation [20].
- La carence en vitamines tel, l’acide folique, la prise de corticoïdes ou
d’antimétabolites, les infections rubéoliques et toxoplasmiques, les agents
physiques (Rayons X), seraient des facteurs favorisants [2,53].
- Le rôle de l’épilepsie maternelle ou celui d’un choc psychique sévère est
parfois invoqué [16,19].
50
II- Diagnostic anténatal:
Plusieurs procédés sont capables de visualiser la face fœtale :
L’endoscopie fœtale comprenant l’embryoscopie (9-10ème SA) et la foetoscopie
(17ème SA). Ces deux investigations n’étant pas sans risques, mais capables de
porter le diagnostic des malformations très précocement [22].
L’échographie obstétricale peut diagnostiquer une fente labio-palatine à partir
de la 16ème semaine d’aménorrhée [22]. Elle peut être motivée et orientée par un
antécédent familial ou par le bilan d’une autre malformation fœtale. Parfois, c’est la
prise d’un agent supposé tératogène qui motive l’examen. Le plus souvent,
l’anomalie faciale est découverte lors de l’échographie systématique à ce terme de
gestation.
Le diagnostic des fentes labiales se fait sur une coupe frontale passant par le
nez et le menton, permettant une bonne analyse des narines et des lèvres avec
visualisation du défect plus ou moins large et la déformation de la narine.
En cas d’atteinte palatine, les mouvements de la langue apparaissent haut
situés dans la cavité buccale et l’hydramnios y est fréquent du fait des troubles de la
déglutition. La langue est ascensionnée dans les fosses nasales et latéralisée en cas
d’atteinte unilatérale. L’atteinte palatine reste néanmoins difficile à préciser [22].
Deux situations sont possibles en pratique quotidienne :
- la fente est découverte de façon systématique et l’étude morphologique
doit être absolument complète.
- la fente est recherchée secondairement sur des signes d’appel
échographiques.
En effet, un rebord de croissance intra-utérin ou une malformation fœtale
isolée ou intégrée dans le cadre d’un syndrome polymalformatif doivent attirer
l’attention.
51
Leur association à une fente labiale ou labio-palatine rend très probable la
possibilité d’une anomalie chromosomique [22,25].
52
III- Bilan:
A - Bilan otologique:
L’essentiel des conséquences O.R.L des fentes labiales et des divisions
palatines se situe au niveau de l’oreille moyenne.
Dès 1893, « Gutzmann » avait attiré l’attention sur le fait que 50% environ des
enfants atteints de fentes palatines étaient atteints d’hypoacousie [26].
1-Les mécanismes:
En dehors de quelques associations malformatives affectant l’oreille moyenne
ou l’oreille interne, la cause habituelle de l’hypoacousie dans les fentes palatines et
labiales est en rapport avec le dysfonctionnement tubaire.
Plusieurs phénomènes participent à ce dysfonctionnement :
- Le phénomène essentiel se situe au niveau de la trompe d’Eustache.
Normalement fermée, la partie cartilagineuse de la trompe ne s’ouvre que lors de la
contraction du muscle tenseur du voile, cette contraction survient essentiellement
au cours des mouvements de déglutition.
En cas de division vélaire ou vélo-palatine, plusieurs éléments s’opposent à la
contraction efficace de ce muscle :
*absence des insertions inférieures,
*défaut d’amarrage au niveau du voile
*atrophie du muscle tenseur du voile.
Il existe probablement aussi une atrophie du cartilage tubaire.
En effet, cette atrophie du muscle tenseur du voile et du cartilage tubaire
explique la persistance des troubles après l’intervention qu’il y ait eu ou non rupture
du crochet de la ptérygoïde (Bluestone et Bennet).
-Ce dysfonctionnement tubaire est encore aggravé par d’autres conséquences
des fentes au niveau de ce système pneumatique que constitue le nez, le pharynx, et
53
la trompe d’Eustache. Les fosses nasales jouent normalement un rôle important non
seulement dans l’humidification et la purification de l’air inspiré mais également
dans la régulation de la pression de l’ensemble du système. Cette fonction
régulatrice disparaît dans les fentes vélo-palatines en raison d’un double
mécanisme :
* communication avec la cavité buccale du fait de la fente.
* dysperméabilité nasale du fait de l’obstruction due aux anomalies des
cartilages alaires dans les fentes labiales et de la cloison.
En outre, l’infection, facteur d’œdème de la muqueuse qui aggrave la
dysperméabilité tubaire, est plus fréquente dans les divisions palatines du fait du
reflux alimentaire, qui entraîne une infection adénoïdienne pratiquement constante
[26,27].
2-Fréquence des lésions de l’oreille moyenne:
La fréquence de l’atteinte de l’oreille moyenne dans les fentes palatines et
labio-palatines oscillent généralement entre 30% et 70% contre une fréquence de 4%
chez les enfants normaux [26].
Cette différence entre les deux chiffres est suffisamment importante pour
convaincre de l’influence de la division palatine et ses conséquences auditives.
En conséquence, tout enfant atteint de division palatine doit à priori être
considéré comme enfant hypoacousique potentiel et doit être confié à l’ORL, car
toute négligence fait courir au développement intellectuel de l’enfant des risques
importants [26].
3-Nature des lésions de l’oreille moyenne:
L’hypoventilation de l’oreille moyenne, isolée ou associée à l’inflammation qui
est pratiquement constante chez ces enfants du fait de la répétition des infections
rhinopharyngées et des otites aigues, aboutit à une métaplasie de la muqueuse : elle
s’épaissit et multiplie le nombre de ses cellules à mucus, si bien qu’elle sécrète un
54
liquide plus ou moins visqueux, réalisant une otite chronique à tympan fermé. C’est
ce que l’on appelle l’otite muqueuse, ou l’otite séro-muqueuse, cause habituelle de
l’hypoacousie chez ces enfants.
Figure 27: Otite séro-muqueuse avec important épanchement séro-muqueux dans
l'oreille moyenne bien visible et reconnaissable par sa couleur jaunâtre [28].
En l’absence de traitement précoce, cette otite séro-muqueuse risque
d’évoluer vers des complications dont la plus fréquente est la rétraction et
l’amincissement de la membrane tympanique, au moins dans sa moitié postérieure,
pouvant aboutir à une véritable atélectasie de la caisse du tympan.
Lorsque, à cette atélectasie, s’associe un processus granulomateux de la
muqueuse de la caisse du tympan, des adhérences risquent de se produire entre la
membrane tympanique et la muqueuse du fond de caisse, aboutissant à ce que l’on
appelle l’otite fibro-adhésive, dont le traitement est extrêmement difficile et
décevant sur le plan fonctionnel, et qui peut évoluer vers une atteinte de l’oreille
interne.
55
Figure 28: Otite fibroadhésive
moulant tous les reliefs du fond de caisse [28].
Lorsque cette rétraction tympanique s’accentue, elle peut aboutir à une
véritable invagination postéro supérieure, source possible d’otite chronique
choléstéatomateuse : Il s’agit d’une complication sévère aussi bien du fait de son
pronostic fonctionnel auditif, que de son risque de complications, en particulier
infectieuses cérébro-méningées. La fréquence de cette évolution serait de 1 à 10%
(Lowry, Moller, Severeid et Harker), ce qui est considérable [26,27].
4-Conséquences auditives des lésions de l’oreille :
Les surdités de transmission suivent la même évolution que les problèmes
d’oreille moyenne, cette surdité résulte le plus souvent d’une otite séro-muqueuse
chronique, se situe en règle générale à la frontière entre surdité légère et surdité
moyenne transformant l’enfant en malentendant.
Ceci a pour conséquence des difficultés de l’acquisition du langage et un
retentissement sur la fonction phonatoire [26,27].
56
B- Bilan orthophonique:
La présence d’une fente palatine modifie le développement du langage et de la
parole.
En effet, l’enfant normal développe d’abord une articulation postérieure et
progressivement apparaissent des points d’articulations plus antérieurs. Il utilise
aussi progressivement, des sons produits par les lèvres et la langue.
Les enfants atteints d’une fente palatine présentent une apparition retardée du
babillement et une tendance à utiliser des sons articulés plus postérieurement [26].
Les troubles classiques retrouvés en cas de fente palatine sont divers à savoir :
*Des problèmes de rhinolalie secondaire à des fuites par la fente, une
insuffisance vélo-pharyngienne et/ou une acquisition d’un schéma moteur anormal.
*Des dyslalies dues à l’insuffisance vélo-pharyngienne, des problèmes
d’articulations compensatoires postérieures, des troubles de l’articulé dentaire, des
problèmes de rigidité de la lèvre et/ou des problèmes de surdité.
*Des dyspraxies dues à un fonctionnement perturbé du système bucco-
linguo-facial, des problèmes de retard de langage suite au fonctionnement oral
anormal et/ou la surdité.
Le bilan est essentiellement clinique et perceptif. Il varie en fonction de l'âge
et évalue la voix, l'articulation et l'intelligibilité. L'enregistrement audio est
systématique.
Le bilan de l'insuffisance vélaire comprend :
1- Évaluation de la phonation :
○ Dénomination d'images phonétiquement dosées ;
○ Expression orale spontanée ;
57
○ Comptine, chanson ;
○ Lecture à partir de la classe préparatoire ;
○ Répétition de phrases orales et nasales avec utilisation du miroir de
Glatzel ;
2- Examen statique et dynamique du voile après l'écoute de la voix ;
3- Les examens complémentaires sont secondaires et non
systématiques :
○ Nasofibroscopie ;
○ Imagerie en coupe
Les examens paracliniques ne sont pas le reflet exact de l'expression orale.
L'aspect perceptif de la nasalité n'est pas toujours corrélé aux données
anatomiques, physiologiques, aérodynamiques et acoustiques.
De nombreuses études tentent de modéliser la nasalité pour une
meilleure évaluation quantitative.
Une étude pilote met en place un index de nasalité (NSI) qui est corrélé
à l'évaluation perceptive par un jury professionnel du discours spontané [31].
Ces troubles orthophoniques s’améliorent avec l’âge et sont moins importants
en cas de refermeture précoce des fentes [26].
En effet, lorsque les fentes persistent longtemps, de mauvais schémas
articulaires peuvent se développer rendant difficile, voire impossible la correction de
ce trouble fonctionnel [26,27].
58
C -Bilan orthodontique : séquelles maxillo-dentaires :
1-Pathogénie des séquelles :
Dans les fentes uni ou bilatérale, il existe constamment une hypoplasie
des berges de la fente ainsi qu’un déplacement des berges du fait de la solution de
continuité de la sangle labiale et de l’arcade alvéolaire.
Dans les formes unilatérales, le déplacement est divergent, plus marqué
au niveau du grand fragment avec bascule de ce fragment du coté de la fente et
surtout une descente interne de la partie mésiale du petit fragment.
Plusieurs phénomènes contribuent à ces séquelles, le phénomène
essentiel est l’hypoplasie osseuse primitive :
Les troubles de la croissance faciale secondaires aux cicatrices
postopératoires, et aux troubles des fonctions orofaciales, représentés en outre par
l’absence ou l’insuffisance d’appui lingual sur la voûte palatine, cette position basse
de la langue au repos et en fonction est évidemment facilitée par une voûte palatine
basse, l’endognathie antérieure, la linguoclusion fréquente des canines.
Cette position basse de la langue sera à son tour responsable de
l’aggravation de la brachygnatie supérieure par décalage antéro-postérieur des
bases (prognathie mandibulaire) [27].
2-Clinique : [27,30]
En clinique, on se trouve devant des tableaux plus ou moins favorables
qui vont influencer les séquences thérapeutiques :
• Dans les fentes unilatérales :
On peut considérer comme favorable une simple linguo-version de la
canine de lait, ou la canine définitive avec une endoalvéolie du petit fragment sans
endognathie.
Il existe souvent un nanisme de l’incisive latérale et parfois aussi une
petite dent surnuméraire.
59
Moins favorable, c’est l’endognathie avec linguoclusion de toutes les
dents antérieures du petit fragment, s’associe à cette endognathie une brachygnatie
maxillaire, une prognathie mandibulaire au début fonctionnelle, une supraclusion
incisive, et une infraclusion molaire. Cette dysmorphose s’accompagne de
malposition dentaire plus accentuée.
• Dans les fentes bilatérales :
On considère comme favorable les simples linguo-versions avec
endoalvéolie de l’extrémité antérieure des fragments latéraux.
Moins favorable est la linguoclusion du bloc incisif supérieur, cette
brachygnatie étant aggravée par la prognathie mandibulaire.
Les formes graves, les micrognathies des maxillaires, sont rares.
• Anomalies dentaires :
Quelle que soit la forme anatomique, et à un degré plus ou moins
marqué, on se trouve devant des anomalies dentaires représentées par :
*Anomalies des formes des dents.
*Anomalies de nombre :
-Dédoublement de l’incisive latérale du côté de la fente.
-Agénésie.
*Malposition : rotation des incisives centrales, éruption palatine des incisives
latérales.
*Dysplasie.
*Retard d’éruption dentaire.
*Fragilité dentaire.
60
Figure 30: Exemple de déficit osseux du maxillaire sur une fente labio-
maxillaire. (Flèches) [14].
D -Retentissement psychosocial des fentes:
La fente, constitue une situation très difficile à accepter pour les parents et
dont le retentissement sur le couple, le milieu familial, et ultérieurement sur l’enfant
est important.
La découverte de cette malformation au moment de la naissance est en soi le
cadre des profonds remaniements psychologiques : événement castrateur et perte
de complétude pour la mère, deuil de l’enfant imaginaire [31].
La découverte d’une malformation en ces moments de plus grande fragilité
psychique peut compromettre l’investissement parental.
En effet, la malformation creuse le fossé entre l’enfant imaginaire et l’enfant
réel. Les parents ne projettent plus de futur pour leur enfant.
Le vécu de la naissance et les affects liés à la découverte de la malformation
se fondent en une même unité temporelle. Les parents de l’enfant atteint ne
pourront pas évoquer le souvenir de cette naissance sans revivre la douloureuse
découverte de la fente labio-palatine.
Lorsque la découverte de la malformation se fait par l’entremise de l’écran,
les mêmes stades psychiques se succèdent : effondrement psychique, sidération
blessure narcissique intolérable, angoisse de mort, puis élaboration des défenses :
61
déni, isolation des affects, rationalisation (quêtes étiologiques ou thérapeutiques) et
enfin acceptation du diagnostic.
Mais cette fois, une étape intermédiaire a été introduite entre la découverte
de la malformation et celle de l’enfant réel. Le deuil de l’enfant imaginaire a déjà
commencé alors que l’enfant n’est pas encore né. Il y a désynchronisation entre le
vécu de l’annonce et celui de la naissance [33].
Quelque soit le moment de l’annonce du diagnostic, la révélation de
l’handicap est toujours vécue comme traumatisante par les parents. Il est donc
primordial pour le développement psychique ultérieur de l’enfant que ses parents
vivent précocement et au mieux la malformation [33].
De nombreux facteurs influencent le vécu :
Le cadre de cette annonce, les termes utilisés, la personnalité des parents,
leurs préjugés, leurs mythes, leurs vécus respectifs, et leurs relations.
Le médecin, par sa connaissance de la pathologie, est le plus à même de
contenir l’imaginaire des parents et de leur permettre de reconnaître leur enfant
dans sa globalité.
Mais chez certains parents, les ressources intra-psychiques nécessaires à ce
travail s’avèrent parfois insuffisantes ou inadaptées. Dans quelques cas, une
orientation vers un spécialiste, psychiatre ou psychologue deviendra nécessaire
avant qu’un nouveau système relationnel pathologique ne s’installe au sein de la
famille et ne soit générateur de troubles psychiques personnels ou relationnels chez
l’enfant [31,33].
En effet, il faut évaluer l’ajustement psycho-social de l’enfant et essayer de
comprendre les relations et interconnexions familiales, facteur important dans le
développement des futures relations, parents enfant.
Ces familles avec des enfants atteints ont particulièrement tendance à souffrir
du « syndrome du oiseau blessé ». les parents ont un désir instinctif de protéger ces
62
enfants des déceptions de la vie. Ceci se transforme en surprotection, qui est
préjudiciable tant pour l’enfant que pour les parents [34].
Si les deux ne sont pas rééduqués, la croissance de l’enfant peut se voir
perturbée et il n’apprendra jamais à assurer ses responsabilités seul.
Occasionnellement, les parents négligent les autres enfants, cette situation doit se
corriger pour que l’enfant progresse normalement.
Dans les pays développés, on préconise des centres éducatifs spéciaux pour
ces enfants avec des éducateurs pouvant connaître n’importe quel problème
émotionnel présent, ils sont capables normalement de discerner, si les problèmes
sont secondaires à un déficit de l’audition ou de la phonation, ou s’ils sont liés à
d’autres troubles profonds [34].
Il faut se rappeler, qu’en dehors du déficit congénital, ces enfants sont
normaux sur tous les aspects, beaucoup d’entres eux, sont extrêmement intelligents
et contribueront énormément pour la société, si leur santé mentale est traitée aussi
attentivement que leurs problèmes les plus visibles [33,34].
63
IV/ Traitement:
La chirurgie des fentes labio-palatines ne débute vraiment qu’au 19éme siècle
et ne prendra un véritable essor qu’au 20ème siècle, probablement grâce au
développement de l’anesthésie.
Il faut rappeler l’importante contribution de Victor Veau au cours des années
30. Grâce à une étude anatomopathologique rigoureuse et grâce à l’utilisation d’une
technique atraumatique remarquable pour son époque. Veau est le fondateur de la
chirurgie physiologique actuelle des fentes labio-palatines.
Dès le début, deux types de procédés ont été proposés :
Le premier, selon le principe de l’avivement suture des berges de la
fente, utilise des incisions plus ou moins rectilignes.
Le second comporte des incisions à lambeaux, dont le but est de donner
une hauteur suffisante à la lèvre en allongeant les berges de la fissure. Ce n’est que
vers les années 50, que les procédés à lambeaux ont pris le devant de la scène [37].
1- La première consultation : [35,38]
Elle est fondamentale car l'information précise de la famille est le premier
terme du traitement .La collaboration des parents et de l'équipe médicochirurgicale
est indispensable.
Cette première consultation a maintenant bien souvent lieu en prénatal car le
diagnostic est devenu échographique.
Au cours de cette première consultation sera évoquée la chronologie
prévisible du traitement en fonction de la forme clinique. Elle permettra d'essayer
d'atténuer l'inquiétude naturelle des parents devant l'annonce de la malformation.
Cette première consultation comprendra naturellement un examen somatique
complet à la recherche de malformations associées.
64
Seront aussi évoqués les facteurs étiologiques de la fente et une consultation
de conseil génétique est réalisée soit immédiatement soit le plus rapidement
possible pour faire cesser les différentes interrogations des parents quant à leur
responsabilité et à la survenue de malformations similaires chez de futurs enfants.
Enfin, cette première consultation comprendra une consultation d'anesthésie.
2-Age de l’intervention :
Le calendrier opératoire est très variable selon les auteurs.
Matuso préconise une fermeture très précoce, dans la semaine qui suit la
naissance,
Malek intervient à 6 mois sur la lèvre et le palais osseux après fermeture du
voile à 3 mois pour faciliter le repositionnement des fragments maxillaires.
Cependant, la plupart des auteurs jugent préférable de fermer la lèvre et le
voile du palais dans le même temps opératoire vers l’âge de 6 mois : apparition des
premiers dents, alimentation à la petite cuillère plus aisée, tissus plus volumineux
facilitent la technique opératoire avec moins de risques anesthésiques.
L’observation des sujets non opérés, à des ages différents, montre bien le
caractère stable de la malformation et l’absence d’urgence thérapeutique ce qui
apaise l’inquiétude des parents [43].
65
Fente labio-
Fente labiale Fente (vélo) palatine
palatine
Naissance
Alimentation
Sein +/- +/- 0
Tétine normale + + +
(souple, à débit
réglable)
Orthèse palatine 0 Fente Vélaire – +
(alimentation, Fente Vélopalatine +
croissance osseuse)
3 mois Lèvre Voile Voile
Chirurgie +/- voûte palatine
6 mois - - Palais antérieur +
Chirurgie voile
8 mois - - Palais antérieur +
Chirurgie lèvre
18 mois - +/- voûte palatine -
Chirurgie (formes larges et
complètes)
Tableau N°II : Exemple de la chronologie thérapeutique des fentes labio-palatines.
(D’après VAZGUEZ M.P, BUIS.J)
66
3-En cas de division palatine isolée :
a- La date d'intervention
L'âge idéal de la réparation semble être de 6 à 9 mois environ : le geste doit
se situer avant l'intégration des mécanismes de la phonation faute de quoi des
habitudes nocives vont s'installer, difficiles à corriger même si on procure ensuite à
l'enfant un sphincter vélo pharyngé de bonne qualité. En effet, l'enfant va
commencer à parler avec son voile fendu si la réparation n'a pas été effectuée à
cette époque, il va acquérir des praxies du langage en conséquence. Lorsque le
geste chirurgical lui redonnera un voile normal ou sub-normal, il devra perdre ses
mécanismes pour en acquérir de nouveaux, ce qui est toujours plus difficile qu'une
acquisition primaire [51].
b- La période préopératoire :
En attendant la date prévue de la fermeture chirurgicale, une simple plaque
palatine obturatrice est mise en place pour permettre une alimentation normale.
Des empreintes du palais sont prises, en général sans anesthésie générale, et
la plaque palatine amovible est confectionnée. Cette plaque doit naturellement être
changée toutes les 5 à 6 semaines en raison de la croissance de l'enfant [49].
c- La réparation chirurgicale [37,38] :
L'analogie est étroite entre la fente labiale et la fente vélaire ; dans l'un et
l'autre cas, on constate la rupture d'une sangle musculaire, le vice d'insertion étant
responsable de la morphologie des structures fendues. En effet, au niveau du voile
comme à la lèvre, le muscle conditionne à la fois la forme et la fonction.
67
Sur le plan fonctionnel, le sphincter vélo pharyngé intervient dans de très
nombreuses situations, de la respiration à la mastication, de la déglutition à la
phonation.
Le rôle essentiel du voile du palais dans la phonation est joué par le muscle
élévateur du voile qui agit en synergie avec les autres muscles composant le
sphincter vélo pharyngé. Le voile n'a de vie propre qu'intégré dans le vélo pharynx
dont le pharynx proprement dit constitue la pièce centrale et postérieure d'un
système musculo-aponévrotique à expansion multiple (vers le voile, l'oreille, la
langue et l'enveloppe faciale) [41].
La sanction réside là encore dans la reconstitution de la sangle pharyngée,
véritable sphincter d'importance capitale.
Il n'y a pratiquement jamais de déficit quantitatif tissulaire, mais une
distribution défavorable des tissus, en particulier de la muqueuse palato vélaire,
bloquée et invaginée sur le bord postérieur des lames palatines.
C'est grâce à RUDING que l'on reviendra aux principes énoncés par VEAU: sa
technique consiste à désinsérer les muscles de la fente au niveau de leurs attaches
antérieures et de leurs connexions avec les muqueuses buccale et nasale, et de les
suturer, non plus en latéro-latéral comme VEAU, mais en termino-terminal. KRIENS
(1967) précisera définitivement la technique de la suture musculaire en insistant sur
le fait que le muscle de la fente est bloqué au niveau de l'épine nasale postérieure,
ce qui empêche l'allongement du palais. FARA, DVORAK (1970) et SKOOG (1974)
poursuivront dans cette direction [36].
Le voile du palais est fermé par un travail strictement médian sans contre
incision latérale. Une véloplastie intra vélaire peut y être associée, cette opération
68
[41,42] consiste en une dissection des muscles élévateurs qui en cas de fentes se
dirigent en avant pour s'attacher aux lames palatines osseuses. Ils sont libérés des
muqueuses nasale et orale jusqu'au contact de la paroi latéropharyngée et
transposés transversalement pour être suturés l'un à l'autre en avant de la luette.
Cette dissection faite avec un grossissement change radicalement les capacités du
voile qui s'allonge dans les mois qui suivent et s'élève beaucoup mieux [41].
L’âge de six mois est favorable, car on profite de l’habituelle réduction
spontanée de la largeur de la fente palatine au cours de la première année de
l’existence. Cette opération est parfaitement supporté à cet âge, mais cela serait
irréalisable en néo-natal ou dans les trois premiers mois.
L’objectif est donc clair, ambitieux et sans compromis : c’est le retour à la
normale sur les plans esthétique et fonctionnel et à tous les niveaux : lèvre, nez,
maxillaire, système dentaire, voile du palais. Il y a une condition préalable à une
réussite régulière : l’installation dès la première opération d’une ventilation nasale
optimale c’est à dire permanente y compris lors du sommeil.
Ce résultat doit être acquis tôt, en peu d’opérations. Une chronologie
judicieuse doit préserver le potentiel normal de ces enfants et leur épargner les
contraintes inutiles. Ce concept simple est réalisable partout, quel que soit le pays et
les conditions socio-économiques [42].
d- L'orthophonie [26, 37,39] :
La rééducation nécessite une explication sur les circuits de la phonation. La
motivation de l'enfant est essentielle. De très nombreux exercices existent. Pour
certains, leur efficacité a été vérifiée par fibroscopie [43].
69
L'orthophonie sera mise en route après un bilan complet visant à étudier ce
qu'il convient de rééduquer : lèvres, joues, langue et/ou voile. Cette rééducation
devra être précoce à partir de 4 ans si l'enfant ne présente pas de retard de langage,
mais s'il n'est pas possible de commencer aussi tôt, les 5° et 6° années sont encore
très favorables.
Il est important, pour que cette rééducation donne de bons résultats, d'obtenir
une coopération de l'enfant et de la mère, qui devront être motivés. Le facteur
familial est capital. On peut aussi se servir de l'entourage comme stimulant
obligeant le jeune patient à corriger ses troubles mais surtout ne le laissant pas se
décourager.
Les résultats seront surtout sensibles à long terme et c'est vers 10-12 ans que
se jugera l'efficacité thérapeutique.
Deux bilans de phonation par an sont conseillés les trois premières années,
puis à partir de quatre ans, une à deux consultations par an, avec ou sans
rééducation.
La prise en charge est un dialogue avec les parents. Il faut écouter et répondre
à leurs questions, évaluer le climat familial, les conditions de vie. Il faut sensibiliser
les parents à l'importance du bain de langage, expliquer la fonction du voile et
l'intérêt des exercices praxiques, à réaliser le plus régulièrement possible dans le
quotidien. Le but de ces exercices est de canaliser le souffle dans la cavité buccale et
de préparer le futur geste articulatoire.
En rééducation, il faut privilégier la progression vocalique, les exercices
phonétiques, par rapport aux simples jeux de souffle. En début de rééducation, il est
intéressant d'éviter les attaques par la consonne occlusive, les mots avec consonnes
70
occlusives et nasales. Les combinaisons de phonèmes n'ayant pas de valeur
sémantique sont intéressantes car elles déconditionnent l'enfant. Pour la
rééducation des constrictives, il faut toujours vérifier l'articulé latéral et savoir
attendre.
Pharyngoplastie :
Née de la fréquence non négligeable de phonations imparfaites chez les
patients porteurs de fente vélopalatine opérée, l'histoire de la chirurgie des voiles
fendus a d'abord remis en question les traitements pratiqués jusque-là, avec la
volonté de restituer une anatomie parfaite lors de la fermeture primaire du voile.
Partant du principe que l'anatomie reconstituée permet une fonction
retrouvée, le but de cette chirurgie primaire est l'occlusion complète du sphincter
vélopharyngé par le voile lors de la phonation, évitant ainsi l'apparition d'une
rhinolalie ouverte.
Néanmoins, le recul trop limité des réparations anatomiques selon le principe
de véloplastie intravélaire, pourtant décrit par Kriens dès 1969, ne permet pas
d'étudier le bénéfice réel de cette technique sur la fonction vélaire, sachant
qu'anatomie reconstituée n'implique pas toujours fonction restituée.
Les techniques chirurgicales secondaires de réparation des insuffisances
vélopharyngées dans le but d'améliorer la phonation restent donc d'actualité :
technique de Hynes, technique d’Orticochea,… [44].
Le suivi phoniatrique et orthophonique des insuffisances vélaires dans le cadre
des fentes faciales est actuellement essentiellement clinique et perceptif. La
rééducation orthophonique est précieuse. Le cadre d'une consultation
71
multidisciplinaire est indispensable pour le suivi de ces enfants, l'accompagnement
des familles et le travail des praticiens [45].
e- La surveillance de l'oreille moyenne [36, 40,47] :
Il est admis de longue date que les enfants porteurs d'une fente palatine sont
plus souvent atteints du point de vue auditif qu'une population normale. Si l'accord
est fait sur la réalité de l'atteinte de l'oreille moyenne, il subsiste une incertitude
quant au pourcentage d'atteinte de l'audition : la fréquence varie entre 3 et 90 %
mais la moyenne de 50 % semble pouvoir être retenue puisque de nombreux auteurs
donnent des chiffres situés entre 40 et 60 %.
Les troubles otologiques et l'hypoacousie qu'ils entraînent risquent de retentir
gravement sur le développement intellectuel et sur le devenir scolaire de ces
enfants.
Le traitement curatif de ces troubles constitués sera complété par un
traitement préventif dont le but sera d'en éviter l'apparition ou la récidive.
• Traitement curatif [40] :
C'est le traitement de l'otite séro-muqueuse en général qui s'applique à ces
enfants malformés:
- Traitement médical : il s'agit de combattre ou de prévenir tous les troubles
pathologiques pouvant atteindre l'ensemble des muqueuses aériennes supérieures.
Il consistera surtout en une lutte contre les problèmes infectieux locaux de la sphère
ORL. Il faut tenter d'améliorer l'état de la muqueuse, éventuellement diminuer
l'hypersensibilité et lutter contre l'allergie. Le traitement modificateur de terrain sera
72
un adjuvant précieux pour stimuler l'organisme en général. De même la stimulation
des défenses immunitaires aidera l'enfant à lutter contre les infections récidivantes.
- Traitement chirurgical : c'est celui de l'otite séro-muqueuse : drainage
trans-tympanique dont les résultats sont appréciés suivant l'évolution de
l'audiogramme, adénoïdectomie et amygdalectomie quand elles sont indiquées.
• Traitement préventif [2, 35,36] :
Il doit s'inscrire maintenant que les troubles otologiques sont reconnus chez
les jeunes porteurs de fente palatine, dans le programme thérapeutique général.
Le temps chirurgical de réparation vélaire est bien sûr le plus important. En
recréant les conditions anatomiques favorables, il doit redonner à la trompe la
possibilité d'un fonctionnement normal. Une trompe perméable et fonctionnelle vaut
mieux que tous les traitements substitutifs.
La reperméabilisation des fosses nasales assurera le libre passage aérien vers
le cavum et vers les orifices tubaires. L'éradication de tous les foyers infectieux
(naso-pharyngiens, sinusiens, amygdaliens, dentaires) et le traitement modificateur
du terrain associé à une stimulation des défenses locales et générales visent à
réduire le nombre des épisodes infectieux.
On ne négligera pas dans le traitement préventif des troubles otologiques :
- les crénothérapies,
- la rééducation tubaire.
Deux points particuliers méritent d'être soulignés :
73
- la notion d'un dépistage aussi précoce que possible de l'atteinte auditive afin
d'éviter le retentissement de l'hypoacousie sur l'acquisition du langage, sur la
scolarité, et donc à plus longue échéance, sur le devenir intellectuel et social des
enfants,
- la nécessité de mettre en oeuvre des traitements appropriés pour éviter
l'apparition des complications propres à l'otite séro-muqueuse et permettre de
diminuer chez l'adulte le pourcentage d'atteinte otologique.
Les parents doivent prendre conscience de la nécessité d'une surveillance
otologique régulière.
4– Cas de la fente labio-maxillo-palatine complète :
Aux problèmes soulevés par la fente au niveau vélaire, s'ajoute le problème de
la fente intéressant les structures osseuses maxillo-palatines.
Le traitement doit prendre en compte les troubles de croissance induits par
l'existence de la malformation qui sont plus importants que dans le cas précédent.
Un traitement orthopédique pré-opératoire se doit alors d'être institué.
a- Le traitement orthopédique préopératoire [46] :
Ce traitement orthopédique occupe la période pré-opératoire, c'est-à-dire les
4 à 6 premiers mois, mettant à profit la plasticité des structures osseuses du
nourrisson pour tenter de réaligner les berges osseuses dans les différents plans de
l'espace.
74
L’idée d’utiliser une plaque palatine est due à Mc Neil (1952). Le principe
consiste alors en l’application sur le palais osseux d’une plaque de forme simple y
exerçant une pression sous l’influence des mouvements de succion du nourrisson.
Le premier rôle de la plaque palatine est d’obturer la fente, facilitant
l’alimentation en restaurant une séparation entre voies respiratoires et voies
digestives. Elle fournit de plus un repère à la langue, permettant un réalignement de
la posture linguale, celle-ci ne venant plus s’insinuer dans la fente, autorisant une
redistribution des poussées exercées et un abaissement des lames palatines.
Le second rôle de la plaque palatine est la prévention ou le traitement du
collapsus des deux fragments ou, suivant les cas, le rapprochement des deux berges
des fentes trop larges pour être accessibles à une adhésion labiale et éventuellement
le guidage de la croissance pour essayer de se retrouver dans une position
satisfaisante de relation des deux fragments lors du temps de la fermeture
définitive.
Actuellement, il ne s’agit pas le plus souvent d’un traitement purement
orthopédique pré-opératoire, mais d’une préparation orthopédico-chirurgicale.
Les plaques palatines doivent impérativement s’adapter aux structures
anatomiques : freins latéraux, freins sagittaux, tubérosités postérieures, vomer, afin
d’éviter les lésions muqueuses.
La prise d’empreinte est un geste apparemment simple mais non dénuée de
risques, en particulier dus à la possibilité de rétention de fragments d’alginate au
niveau de la fente ou dans le carrefour aéro-digestif. Elle peut être réalisée sans
anesthésie mais lorsqu’une précision maximale est désirée, en particulier dans les
empreintes qui vont servir à confectionner une plaque avec dispositif de traction, il
75
est préférable d’avoir recours à une anesthésie générale. Une fois le négatif obtenu,
le moulage est préparé au laboratoire, permettant de disposer du positif pour
débiter le travail extemporané.
Le renouvellement des plaques s’effectue toutes les 5 à 6 semaines dans la
mesure où l’enfant grandit.
L’hygiène buccale et l’entretien de la plaque demandent une certaine rigueur Il
convient que les parents y consacrent le temps nécessaire après chaque biberon ou
prise alimentaire.
On distingue deux grandes catégories de plaques :
- les plaques dites « neutres» : il s’agit de plaques palatines simples,
dépourvues de tout appendice ou accessoire pouvant agir sur les fragments
maxillaires,
- les plaques dites « actives »
La mise en place du traitement orthopédique est faite le plus rapidement
possible, habituellement dans la semaine suivant la naissance. Elle nécessite une
hospitalisation enfant/mère accompagnante de 1, 5 jour pour réaliser la prise
d’empreinte, la confection de la plaque et sa pose.
b- La fermeture chirurgicale de la fente [37, 38,46] :
L'intervention chirurgicale de fermeture de la fente a lieu vers le 5-6éme
mois.
Toutes les structures sont réparées en un temps.
Le geste porte sur :
76
• la lèvre et le nez : la réparation chirurgicale de ces structures est identique à
celle utilisée pour les fentes labiales isolées. À six mois, le volume et la
résistance des structures labio-nasales y compris des cartilages permet un
travail anatomique avec une correction labio-narinaire complète et
fonctionnelle en un temps. De même, dans les fentes bilatérales on peut
allonger la columelle et fermer l’ensemble de la lèvre en un temps. Ainsi peut-
on établir d’emblée un mode de ventilation nasale chez un enfant qui n’avait
jamais été confronté à ce choix puisqu’il y avait communication totale entre
bouche et nez. Ce moment est certainement crucial pour l’avenir car on sait la
difficulté de rétablir une ventilation nasale nocturne même par une bonne
reperméabilisation secondaire des fosses nasales [42].
• le voile : la réparation chirurgicale du voile est également identique à celui décrit
pour les fentes vélaires isolées,
• le palais osseux et la région de l'arcade alvéolaire
Actuellement, l'attitude vis-à-vis du palais osseux varie suivant les écoles
[51] :
- soit attitude abstentionniste, c'est à dire que le palais osseux n'est pas fermé
dans le jeune âge. La fente est laissée à ce niveau ouverte. L'enfant porte une plaque
palatine obturatrice jusqu'au geste chirurgical à ce niveau. Cette fermeture est
différée jusqu'à une date variable : 5 ans (PERKO), 10 ans (SCHWECKENDIECK), 12
ans (PERI), c'est à dire jusqu'à la date à laquelle les opérateurs estiment que la plus
grande partie de la croissance du maxillaire supérieur est terminée.
En effet, GRABER, en 1950, a réalisé une étude sur la croissance antéro-
postérieure, la croissance latérale et la croissance verticale du maxillaire supérieur
chez les enfants où avaient été utilisés des lambeaux muco-périostés pour la
77
fermeture de la fente palatine. A la vue des perturbations de la dite croissance,
GRABER a été le premier à proposer de reporter l'acte chirurgical au niveau du palais
osseux à l'âge de 5 ans, quand 80 % de la croissance maxillaire est effectuée, pour
éviter les séquelles d'une chirurgie trop aveugle ou agressive.
Les abstentionnistes attribuent en effet aux gestes osseux toute la
responsabilité des importants troubles de croissance rencontrées. Le principal
facteur mis en cause est la rétraction cicatricielle consécutive à l'intervention sur le
palais dur, responsable d'un blocage des forces d'expansion antérieure du squelette
naso-maxillaire, mais aussi d'un blocage de la croissance suturale, en particulier
médio-palatine et voméro-pré-maxillaire. Cette attitude est logique et
respectueuse, autant que faire se peut de la croissance du maxillaire.
Certaines équipes ferment d'abord la lèvre (à des dates variables de 2 à 6
mois), puis le voile (entre 9 et 12 mois), puis la région maxillo-palatine.
- soit attitude interventionniste, c'est à dire fermer la fente osseuse
précocement (à 6 mois). Mais cette attitude ne peut se concevoir que si l'on n'utilise
pas, pour fermer la fente au niveau alvéolo-palatin, de lambeaux muco-périostés
locaux, générateurs de cicatrices bridant la croissance. C'est à dire que la fermeture
de la fente dans cette zone ne se conçoit qu'avec l'utilisation d'un apport tissulaire
pour reconstituer le plan buccal : soit greffe cutanée comme STENSTRÖM, soit greffe
muqueuse comme ROSSELLI, soit greffe périostée comme nous le pratiquons.
L'important, pour éviter des séquelles majeures de croissance osseuse au
niveau maxillaire est de ne pas pratiquer de fermeture précoce de la région alvéolo-
palatine en utilisant les anciennes techniques de lambeaux muco-périostés palatins
générateurs de cicatrices circum-palatines.
78
c- Le traitement orthopédique post-opératoire
Les soins post-opératoires immédiats sont simples et se résument à veiller à
la propreté des fosses nasales éliminant les sécrétions nocives pour une cicatrisation
correcte, à empêcher l'enfant de porter ses mains à ses lèvres à l'aide de manchons
rigides qui entravent la flexion des coudes.
Dans les suites, une plaque palatine de protection de la greffe périostée,
réalisée à partir d’empreinte réalisée le jour de l’intervention, est posée à 24/48
heures post-opératoires, maintenue en place le plus longtemps possible (2 à 3
mois), ayant pour but d'assurer la stabilité des deux fragments sous la pression du
muscle orbiculaire reconstruit et évitant ainsi un collapsus.
d- L'orthophonie
On retrouve les mêmes indications que pour les fentes vélaires isolées.
e- La surveillance ORL
Elle doit également être effectuée de la même manière que précédemment
décrite.
f- La surveillance de la croissance et le traitement orthodontique
L'articulé dentaire est un des paramètres les plus importants dans le contrôle
de la croissance faciale de ces malformés car il reflète la position du maxillaire par
rapport à la mandibule.
Les anomalies dentaires sont fréquentes et de différents types : anomalies de
forme, de nombre, malposition, dysplasie, retard de développement et enfin fragilité
dentaire qui facilitée par les dysplasies est source de caries fréquentes.
79
Compte tenu de cette fragilité dentaire et de la longueur des traitements
orthodontiques, il faut insister sur l'importance de l'hygiène bucco-dentaire, du
dépistage et du traitement précoce de toute carie débutante, car comme le dit
VERDON, "la réussite du traitement dépend quelquefois de la présence ou de
l'absence d'un élément dentaire pouvant constituer un pilier d'ancrage satisfaisant".
Ce traitement orthodontique doit s'intégrer dans la réparation. Commencé
avec l'apparition des dents définitives, il durera aussi longtemps qu'un articulé
dentaire cohérent ne sera pas obtenu, souvent jusqu'à l'âge adulte (figure 30).
Cependant, la situation n'est pas toujours aussi satisfaisante, et nous pouvons
être confrontés à de véritables séquelles, avec un mauvais équilibre squelettique
basal [49].
Dans ces cas, les forces orthodontiques ou orthopédiques qui pourraient être
mises en place sont inefficaces, parce que les cicatrices viennent contrarier le
déplacement des pièces osseuses. Le rôle de l'orthodontiste consistera à préparer
les arcades pour l'obtention d'une bonne intercuspidation per- et postopératoire. Il
cherchera même parfois un alignement sectionnel en traitant les fragments de façon
indépendante.
80
Figure 31 : exemple de réparation orthodontique à l’aide d’arc de contention
a avant contention ; b arc de contention ; c contention ; d vue exobuccale [48].
81
CONCLUSION
82
La fente palatine, malformation certes rare, (14 cas en 5 ans) mais qui
constitue un lourd fardeau vu la complexité et la longueur de la prise en charge.
A travers ce modeste travail, nous n’avons aucune prétention quand à la
qualité des résultats. Nous avons juste vérifié la concordance de certains paramètres
avec la littérature.
Nous avons également mesuré la dérision de nos conditions face à cette
entreprise gigantesque.
Nous avons obtenu des résultats certes acceptables pour nos patients et leurs
familles, mais frustrants pour nous, tellement il reste à faire.
A la lecture de la littérature, et comme pour le développement socio-
économique, l’écart ne cesse de se creuser avec les pays développés. Nous
continuons de voir des adolescents malformés en première consultation, et des
parents abandonner la partie, tellement le parcours de leur enfant est compliqué, et
nous continuons de prodiguer une prise en charge minimale avec l’espoir qu’un jour
….
83
RESUMES
84
Résumé
Notre travail est une étude rétrospective, portant sur 24 cas de fente
palatine, colligés au service d’ORL du CHU HASSAN II de Fès durant la période allant
de janvier 2001 à décembre 2005. il a consisté en une analyse épidemio-clinique,
thérapeutique, et évolutive.
Notre série est constituée de presque autant de garçons que de filles. L’âge de
nos patients varie entre un an et demi et 14 ans, avec une moyenne de huit ans.
Un seul cas de degré élevé de parité a été signalé, et aucun cas de gémellité.
Aucune observation n’a révélé un faible poids de naissance ou un cas similaire dans
la famille.
Les facteurs exogènes tels que les prises médicamenteuses et les infections au
cours de la grossesse n’ont été recherché que dans 5 cas, et ils ne semblaient pas
affecter nos patients.
Chez nos malades, les fentes palatines se déclaraient par un trouble de la
parole dans presque 70% des cas.
Un seul malade présentait une ectopie testiculaire associée à sa fente. Les
malades restants, présentaient des fentes isolées.
La réparation chirurgicale a été la règle chez tous nos malades, avec fermeture
anatomique plan par plan de la fente. Un seul malade a bénéficié d’une confection
d’un lambeau vélo palatin pédiculé.
Les suites opératoires étaient simples chez la majorité de nos malades. Un
seul cas d’infection postopératoire a été signalé et traité avec succès.
Tous nos malades ont été adressés en consultation d’orthophonie et
d’orthodontie pour complément de traitement.
85
L’évolution était bonne chez la majorité de nos patients, sauf pour 4 cas où un
lâchage de points a été noté. Ces quatre malades ont été repris avec succès.
Ces résultats devraient nous amener à envisager une étude approfondie des
facteurs de risque des fentes afin de pouvoir les prévenir, un bon suivi obstétrical
pour un diagnostic anténatal précoce, et enfin une prise en charge la plus rapide
possible de ces enfants malformés afin de prévenir les séquelles qui peuvent
compromettre le pronostic fonctionnel voire vital.
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SUMMARY
Our work is a retrospective study, concerning 24 case of palate cleft, collected
in ORL department of the CHU HASSAN II Fez during the period active from January
2001 to December 2005. It consisted of an analysis epidemio-clinical, therapeutic,
and evolutionary.
Our series is constituted by almost so many boys as girls. The age of our
patients varies between one year and half and 14 years, with an average of eight
years.
Only one case of high degree of parity was announced, and no case of
twinning. No observation revealed a weak weight of birth or a similar case in the
family.
The exogenic factors such as the medicamentous catches and the infections
during the pregnancy were required only in 5 cases, and they did not seem to assign
our patients.
Among our patients, the palate clefts were declared by a disorder of the word
in almost 70% of the cases.
Only one patient presented a testicular ectopia associated with his cleft. The
remaining patients, presented isolated clefts.
Surgical repair was the rule among all our patients, with anatomical closing plan by
plan of the cleft. Only one patient profited from a preparation of a fragment
pediculate Palatine cycle.
Postoperative recoveries were simple at the majority of our patients. Only one
case of postoperative infection was successfully announced and treated.
All our patients were addressed in speech therapy consultation and
orthodontia for complement of treatment.
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The evolution was good at the majority of our patients, except for 4 cases or a
releasing of points was noted.
These results should lead us to plan a thorough study of the factors of risk of
the clefts in order to be able to prevent them, a good follow-up obstetrical for an
early diagnosis antenatal, and finally a fastest possible catch of the load of these
children malformed in order to prevent the after-effects which can compromise the
even vital functional forecast.
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ﻣــﻠــﺨـــﺺ
ﻋﻤﻠﻨﺎ ھﺬا ﻋﺒﺎرة ﻋﻦ دراﺳﺔ اﺳﺘﺮﺠاﻋﯾﺔ ھﻤﺖ 24ﺣﺎﻟﺔ ﻣﻦ اﻟﻔﻠﻮﺣﺎت اﻟﺤﻨﻜﯿﺔ ،اﻧﺠﺰت ﺑﻘﺴﻢ
أﻣﺮاض اﻷذن ،اﻷﻧﻒ و اﻟﺤﻨﺠﺮة ﺑﺎﻟﻤﺮﻛﺰ اﻹﺳﺘﺸﻔﺎﺋي اﻟﺠاﻣﻌﻲ اﻟﺤﺴﻦ IIﺑﻔﺎس ،ﺧﻼل اﻟﻔﺘﺮة
اﻟﻤﻤﺘﺪة ﻣﻦ ﯾﻨﺎﯾﺮ 2001إﻟﻰ دﺟﻨﺒﺮ . 2005وﺗﻤﺜﻞ ﺑﺘﺤﻠﯿﻞ وﺑﺎﺋﻲ ،ﺳﺮﯾﺮي ،ﻋﻼﺟﻲ و ﺗﻂﻮري.
اﻟﻌﯿﻨﺔ اﻟﻤﺪروﺳﺔ ﺗﻮزﻋﺖ ﺗﻘﺮﯾﺒﺎ ﺑﺎﻟﺘﺴﺎوي ﺑﯿﻦ اﻟﺠﻨﺴﯿﻦ .ﻋﻤﺮ ﻣﺮﺿﺎﻧﺎ ﺗﺮاوح ﺑﯿﻦ ﺳﻨﺔ وﻨﺼﻒ
و 14ﺳﻨﺔ ﻣﻊ ﻣﺘﻮﺳﻂ ﻟﻸﻋﻤﺎر ﻧﺎھﺰ 8ﺳﻨﻮات .
ﺳﺠﻠﻨﺎ ﺣﺎﻟﺔ واﺣﺪة ﻟﺪرﺟﺔ ﻋﺎﻟﯿﺔ ﻣﻦ ﺷﻔﻌﯿﺔ اﻟﻮﻻدة ،ﻟﻢ ﻧﺴﺠﻞ أﯾﺔ ﺣﺎﻟﺔ ﺗﻮأﻣﺔ ،وﻻ وزن
ﺿﻌﯿﻒ ﻋﻨﺪ اﻟﻮﻻدة و ﻻ أﯾﺔ ﺣﺎﻟﺔ ﻣﺸﺎﺑﮭﺔ ﻋﻨﺪ اﻟﻌﺎﺋﻠﺔ
دراﺳﺔ اﻟﻌﻮاﻣﻞ اﻟﺨﺎرﺟﯿﺔ ﻜﺘﻨاول أدوﯾﺔ ،أو ﺗﻌﻔﻨﺎت ﺧﻼل اﻟﺤﻤﻞ ﻟﻢ ﺗﻜﻦ ﻣوﺟوﺪة إﻻ ﻋﻨﺪ 5
ﺣﺎﻻت وﻟﻢ ﯾﻈﮭﺮ أن ھﺬه اﻟﻌﻮاﻣﻞ ﻗﺪ أﺛﺮت ﻋﻠﻰ ﻣﺮﺿﺎﻧﺎ .
ﻋﻨﺪ 70 ٪ﻣﻦ اﻟﺤﺎﻻت اﻟﻤﺪروﺳﺔ ،اﻟﻔﻠﻮﺣﺎت اﻟﺤﻨﻜﯿﺔ ظھﺮت ﺑﺨﻠﻞ ﻓﻲ اﻟﻨﻄﻖ
ﻣﺮﯾﺾ واﺣﺪ ﻋﺎﻧﻰ ﻣﻦ إﻛﻄﻮﺑﯿﺎ ﺧﺼﻮﯾﺔ إﺿﺎﻓﺔ إﻟﻰ اﻟﻔﻠﺢ ،اﻟﺣﺎﻻت اﻟﺒﺎﻗﯿﺔ ﻛﺎﻧﺖ ﺗﻌﺎﻧﻲ ﻣﻦ
اﻟﻔﻠﻮﺣﺎت دوﻦ أي أﻤﺮاﺾ أﺧﺮی.
اﻟﺠﺮاﺣﺔ ﻛﺎﻧﺖ ھﻲ اﻟﻘﺎﻋﺪة ﻋﻨﺪ ﺟﻤﯿﻊ ﻣﺮﺿﺎﻧﺎ ﻣﻊ إﻏﻼق ﺗﺸﺮﯾﺤﻲ ﻟﻠﻔﻠﺢ ﻣﺴﺘﻮى ﺑﻤﺴﺘﻮى .
ﺣﺎﻟﺔ واﺣﺪة إﺳﺘﻔﺎدت ﻣﻦ إﻋﺪاد ﺧﺮدة ﻟﮭﻮ–ﺣﻨﻜﯿﺔ ﻣﺴﻮﻗﺔ .
ﺟﻞ ﻣﺮﺿﺎﻧﺎ ﻟﻢ ﯾﻌﺎﻧﻮا ﻣﻦ ﻣﻀﺎﻋﻔﺎت ﺑﻌﺪ اﻟﺠﺮاﺣﺔ ﺑﺎﺳﺘﺜﻨﺎء ﺣﺎﻟﺔ ﻟﺘﻌﻔﻦ ﺷﺨﺼﺖ وﻋﻮﻟﺠﺖ
ﺑﻨﺠﺎح .
ﺟﻤﯿﻊ ﻣﺮﺿﺎﻧﺎ ﺘم ﺘوﺟﯾھھﻢ إﻟﻰ أﺧﺼﺎﺋﯿﯿﻦ ﻓﻲ ﺗﻘﻮﯾﻢ اﻟﻨﻄﻖ و اﻷﺳﻨﺎن ﻹﻛﻤﺎل اﻟﻌﻼج.
ﺗﻄﻮر اﻟﺤﺎﻻت ﻛﺎن ﺟﯿﺪا ﻋﻨﺪ أﻏﻠﺐ اﻟﻤﺮﺿﻰ ﻋﺪا أرﺑﻊ ﺣﺎﻻت ﻋﺎﻧﻮا ﻣﻦ إرﺧﺎء ﻷم.
ھﺬه اﻟﻨﺘﺎﺋﺞ ﺗﺴﺘﻮﺟﺐ ﻣﻨﺎ اﻟﺘﻔﻜﯿﺮ ﻓﻲ إﻧﺠﺎز دراﺳﺔ ﻣﻌﻤﻘﺔ ﻟﻌﻮاﻣﻞ ﺧﻄﺮ ﺣﺪوث اﻟﻔﻠﻮﺣﺎت ﻣﻦ
أﺟﻞ اﻟﻮﻗﺎﯾﺔ ﻣﻨﮭﺎ ،و ﻜذﻠﻜ اﻟﺘﺘﺒﻊ اﻟﺪﻗﯿﻖ ﺧﻼل اﻟﺤﻤﻞ ﺑﻐﺮض اﻟﺘﺸﺨﯿﺺ اﻟﻤﺒﻜﺮ ﻗﺒﻞ اﻟﻮﻻدة ،و أﺧﯿﺮا
اﻟﺘﻜﻔﻞ ﺑﮭﺆﻻء اﻷﻃﻔﺎل اﻟﻤﺸﻮھﯿﻦ ﺑﺄﺳﺮع وﻗﺖ .ﻛﻞ ھﺬا ﺳﯿﻤﻜﻨﻨﺎ ﻣﻦ ﺗﻼﻓﻲ اﻟﻌﻮاﻗﺐ اﻟﺘﻲ ﯾﻤﻜﻦ ان
ﺗﺆدي إﻟﻰ ﺗﻌﻄﯿﻞ اﻟﻘﺪرات اﻟﻮﻇﯿﻔﯿﺔ أو ﺤﺘی إﻟﻰ اﻟﮭﻼك
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