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Nature Juridique des Sociétés Commerciales

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Groupe ISCAE

Casablanca
Année universitaire 2015/2016

Cours de Droit des


Sociétés Commerciales

Me Kamal Habachi

1
Première Partie
I-Définition de la société
Nature juridique du contrat
Introduction :

La société est définit par l’article 982 comme étant un contrat par lequel deux
ou plusieurs personnes mettent en communs leur bien ou leur travail ou les deux à
la fois en vue de partager des bénéfices qui pourraient en résulter.

La question est de savoir si la société est une institution ou un contrat, c’est


aujourd’hui une question classique qui a souvent animé les débats entre juristes
qui divergent sur les 2 conceptions. Par ailleurs la société d’hier n’est pas la
société de demain. Le libéralisme économique du 19ème siècle ou la société s’est
reconnut fortement contractuelle jusqu’au dirigisme du 20ème siècle faisant
bénéficier la société d’une nature institutionnelle. Aussi parmi les formes de
sociétés les plus réglementés nous avons la SA.

Ainsi a partir de ce que nous venons de traiter se pose alors la question de


déterminer la nature juridique de la société, s’agit – t – il d’un contrat ou d’une
institution ou les deux a la fois.

Dans un premier temps, nous allons aborder la combinaison de l’aspect


contractuel et l’aspect institutionnel. Puis dans un 2ème temps, nous allons traiter
la prédominance de l’aspect institutionnel.

I. Combinaison de l’aspect contractuel et de l’aspect


institutionnel : (Les 2 aspects existent pendant tout le long de la vie de
ma société)

A. L’image de l’aspect contractuel :

Dans une certaine mesure nous pouvons dire que l’aspect contractuel est
prédominant dans la société. Hormis le fait que la société créer par la volonté
des associés … nous pouvons rajouter aussi que la signature des statuts demeure
valable indépendamment de l’immatriculation de la société au registre du
commerce. L’acte créateur de la société permet d’établir des rapports entre
associés.
IL permet aussi aux cocontractants de modifier les règles légales sous
certaines réserves toutefois.

2
B. L’image de l’aspect institutionnel :

Néanmoins nous pouvons affirmer que la société est plus qu’un contrat. Ainsi à
partir de l’immatriculation au registre du commerce, il y’a création d’une
personne morale qui est distincte de la personne des associés.

Cette personne morale permet à la société de mener une existence. Indépendant


en ayant une vie juridique propre. De plus elle est minutieusement réglementée
par un cadre rigide, la loi.

II. Prédominance de l’aspect institutionnel


(Exemple loi qui oblige des formes de sociétés pour certaines activités
comme la banque)

A. Au niveau de la constitution

Bien que la société soit créée par un contrat, la volonté individuelle reste cernée
dès la création de la nouvelle personne morale. Et aussi les associés ne peuvent
constituer une société que s’il possède les conditions requises par la loi et ceux
au niveau du capital et au niveau du nombre minimum d’associés exigés dans
chaque forme de société par la loi. De plus les associés sont tenus d’établir des
statuts qui doivent contenir des mentions obligatoires sous peine de nullité (de
sanctions).

Aussi les associés sont tenus de respecter les formalités de dépôts et de


publicité sous peine de nullité.

B. Au niveau du fonctionnement :

Nous savons que la société est crée par une acte constitutif qui est nécessaire
pour la société acquiert la personnalité morale. Mais les conditions de
fonctionnement de cette personne morale se retrouvent largement déterminées
par la loi.

Puisque c’est la loi qui décide des organes qui font vivre la société et arrête
leurs pouvoirs l’égard des tiers. Et enfin nous pouvons rajouter que c’est la loi qui
décide du moment où la société doit arrêter son fonctionnement. Par ailleurs les
associés ont la possibilité de recourir à des conventions extrastatutaires pour
fuir de certaines règles à codifier de ne pas empiéter sur des règles d’ordre

3
public. Par conséquent nous constatons que l’aspect institutionnel intervient
toujours en tant que régulateur.

La définition est donnée par l’article 982 du D.O.C. Cet article dispose que : « la
société est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes mettent en
commun leurs biens ou leurs travails ou les deux en vue de partager les bénéfices
qui pourra en résulter ». Il résulte de cette définition que trois éléments doivent
être réunis pour qu’il y’est une société :

● Réunion de deux ou plusieurs personnes qu’on appel les associés


● Mise en commun de biens ou/ et de travails sous forme d’apports fait par les
associés à la société
● La recherche et partage de bénéfices

Il existe un 4ème élément qui a été rajouté par la doctrine des auteurs et de la
jurisprudence qui est l’affectio societatis. Cela signifie que les associés doivent
être animés de la volonté commune de réaliser l’objet pour lequel la société a été
crée.

Ces quatre éléments sont propres à la société mais il ne faut pas perdre de vue
que la société est un contrat et comme tout contrat elle obéit à des conditions
de formation. Lorsque les éléments constitutifs et les conditions de formation
du contrat des sociétés sont réunis, la société acquiert la personnalité morale

Chapitre 1 : les éléments constitutifs

Paragraphe1 : les associés

La société fait partie des contrats synallagmatiques qui nécessitent la réunion de


deux parties. Pour qu’il y’ait société il faut au minimum deux associés. En principe
il n’est pas permis de constituer des sociétés unipersonnelles. A cette règle la loi
a apporté deux dérogations :

● En premier lieu la loi 5-96 permet la création de S.A.R.L d’associé unique


● En second lieu la loi exige dans certaines formes de sociétés un nombre d’associé
supérieure à deux. Ainsi pour créer une S.A il faut la réunion de cinq associés. De
même pour les sociétés à commandite par action il faut au minimum quatre
associés. Par ailleurs si la loi a fixé un minimum d’associés, il n’y a pas en principe
de maximum. C’est ainsi que les S.A peuvent comporter des 10ène, 100ène,
1000illier même des millions d’actionnaires. France télécom au lendemain de sa
privatisation en 1997 a réuni trois millions 800 milles actionnaires. Toutefois la

4
loi limite le nombre d’associés dans une S.A.R.L à 50, au-delà de ce chiffre la
société doit obligatoirement être transformée en S.A.

Paragraphe 2 : les apports

Chaque associé doit faire un apport à la société. Cet apport peut revêtir trois
formes :
● Un apport en numéraire : c’est-à-dire un apport en argent
● Un apport en nature : c’est-à-dire un apport de bien autre que l’argent. Ces biens
peuvent être soit des immeubles, soit des meubles. S’agissant des meubles
l’apport peut constituer en bien corporel (marchandise, matériels) ou incorporel
(les créances, droit de propriété intellectuelle).
● Un apport en industrie : c’est-à-dire un apport des services. c’est le cas d’un
apport de travail, expérience professionnelle, crédit commercial.

L’ensemble des apports en numéraire et en nature constitue le capital social. Les


apports en industrie ne font pas partis du capital car ce sont des biens
insaisissables. Le capital est notion comptable qui s’exprime en chiffre. Deux
conséquences en résultent :

● En premier lieu il faut procéder à l’évaluation des apports en nature. Dans cette
évaluation il faut éviter que ces biens soit surévalués au détriment des associés
qui ont fait des apports en numéraire et également au préjudice des créanciers
en donnant au capital une valeur fictive de nature à induire les tiers en erreurs.
● Il n’y a pas de société sans capital social : sur le plan comptable le capital social
est porté au passif du bilan. Le capital est considéré comme une dette de la
société à l’égard des associés, mais la société est tenu de rembourser le ce
capital qu’au moment de sa dissolution. Autrement dit pendant l’activité de la
société les associés n’ont pas le droit de réclamer le remboursement de leurs
apports.

Sur le plan juridique le capital social constitue la garantie des créanciers sociaux.
En conséquence les associés ne doivent faire aucun prélèvement sur le capital à
leur profit sinon ils ce rendraient coupables du délit pénal de distribution de
dividende fictif. C’est ce qu’on appel le principe de l’intangibilité ou de la fixité
du capital. Ce principe n’interdit pas d’augmenter le capital comme il n’interdit
pas la réduction ce dernier à la suite de pertes.

N.B : le bilan ce compose de deux colonnes, une qui est l’actif et l’autre qui est le
passif.

5
Paragraphe 3 : les bénéfices

Toutes sociétés doit avoir pour objet la recherche et le partage des bénéfices.
Chaque associé a vocation à recevoir une part proportionnelle dans les bénéfices
qui distinguent la société de l’association qui poursuit but non lucratif (ce but
peut être un but charitable, sportif, religieux, social, sanitaire, culturel,
médicale, environnementale). Le régime juridique des associations diffère de
celui des sociétés sur trois points :

● Sur le plan de la constitution : les sociétés ce constituent librement mais doivent


respecter les formalités de dépôt et de publicité. En revanche les associations
doivent faire l’objet de déclaration auprès de l’autorité administrative locale
mais ne sont soumises à aucune autre formalité.
● Sur la capacité juridique : les sociétés ont une personnalité morale qui leurs
permets d’accomplir les actes de toutes natures. Pour les associations la capacité
juridique sont strictement limitée à l’objet pour lequel elles ont été crée. Par
ailleurs les associations ne peuvent pas en principe acquérir à titre gratuit, c’est-
à-dire recevoir des dons ou des lègues sauf lorsqu’elles sont déclarées d’utilité
publique.
● Sur le plan de la liquidation : lorsqu’une société est dissoute ses biens sont
partagés entre les associés (lorsque le passif a été payé). Pour les associations
les biens au moment de la dissolution doivent être donnés à une autre association
qui a un objet similaire ou à une association charitable. Cette différence
s’explique par le fait que les associés ont fait des apports à la société à la
recherche de profits par contre les membres des associations ne font pas
d’apports et ne cherchent pas de profits.

Entre société et association la loi a institué une structure juridique


intermédiaire qui est le groupement d’intérêt économique (G.I.E). Le G.I.E peut
être constitué entre commerçant ou non commerçant.

● L’objet du G.I.E doit ce situer dans le prolongement de l’activité économique de


ses membres, c’est-à-dire que le G.I.E ne peut pas exercer d’activité à titre
principal mais seulement accessoire par rapport à l’activité de ses membres.
● Le G.I.E n’a pas pour but la réalisation de bénéfices mais il ne lui est pas interdit
den réaliser et de les partager entre ses membres.
● Le G.I.E n’a pas besoin d’avoir un capital
● Pour suppléer à l’absence de capital, ses membres sont responsables indéfiniment
et solidairement à l’égard des tiers.

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Le G.I.E peut être utilisé dans des domaines très divers notamment dans le
domaine de la recherche, prospection et la requête des marchés, la lutte contre
le piratage, le groupement d’entreprise pour réaliser des ouvrages, les radios
taxi, les cartes bancaires…..

Ceci dit les bénéfices constituent un gain pécuniaire qui est distribué aux
associations. Cette distribution ce fait en principe à la fin de chaque exercice
(exercice= 1ans). La plupart des sociétés commence l’exercice le premier janvier
et termine le 31 décembre mais ce n’est pas obligé. L’essentiel c’est que
l’exercice comporte 1 an. La part de chaque associé dans les bénéfices doit être
proportionnelle à son apport c’est-à-dire à sa participation au capital (règle de
proportionnalité).

Si la société a vocation à réaliser des bénéfices, elle peut également subir des
pertes. La part de chaque associé par perte doit être proportionnelle comme
pour les bénéfices. Toute clause qui attribue à un associé une part de bénéfice
ou dans les pertes supérieure à sa part proportionnelle au capital, est nul et
entraine la nullité de la société.

Paragraphe4 : l’affectio societatis

Les associés doivent collaborer activement et sur un pied d’égalité à la


réalisation de l’objet pour lequel la société a été crée. En effet la société
implique une convergence d’intérêts entre les associés, c’est un état d’esprit qui
doit animer les associés. En conséquence chaque associé a un droit de regard sur
le fonctionnement de la société et peut, en principe, en contrôler la gestion.
l’affectio societatis permet de distinguer la société de d’autres contrats dans
lesquels l’une des parties fait bénéficier l’autre du résultat de sa société tout en
restant maitre de son affaire, c’est el cas entre particulier pour le contrat de
prêt, travail ou autres.

Chapitre 2 : les conditions de formation d’un contrat de société

Comme tout contrat, le contrat de société obéit aux conditions de fond et


conditions de forme. En outre les sociétés doivent obéir aux conditions de
publicité :

● Conditions de fond :
1. La capacité

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Les conditions de capacité sont différentes selon la nature de la société. A cet
égard en distingue les sociétés de personnes et sociétés de capitaux :

● Dans les sociétés de personnes, tout associé doit être commerçant et à ce titre il
est tenu indéfiniment et solidairement des dettes de la société. C’est pourquoi
les associés doivent avoir la capacité de faire le commerce. Il en résulte qu’une
personne frappé d’incapacité ne peut pas s’associer dans une société de
personnes (c’est le cas de mineurs).
● Dans la société de capitaux, les associés ne sont pas commerçant et ne sont pas
tenus des dettes sociales que dans les limites de leurs apports. Autrement dit les
créanciers sociaux ne peuvent pas poursuivre les associés, donc les incapables
peuvent être associés dans les sociétés de capitaux.

2. Le consentement
Il doit être librement donné et ne doit pas être entaché de vice (les vices du
consentement sont classés par trois : le dol, la violence, l’erreur).

3. L’objet
Toute société doit avoir un objet licite, c’est-à-dire un objet qui ne doit être
contraire ni à la loi ni à l’ordre public ni aux bonnes mœurs. En outre toutes
sociétés entre musulmans qui a pour objet des choses prohibés par la loi
religieuse est nul de plein droit.

4. La cause
La cause est le motif qui détermine la création de la société, doit avoir une cause
licite.

● Conditions de forme
La constitution d’une société doit être matérialisée par la rédaction d’un acte
écrit. Dans les sociétés civiles l’écrit est un simple élément de preuve. En
revanche dans les sociétés commerciales l’écrit est indispensable pour la
création, en d’autre terme une société constituée sans acte écrit est nul. Cette
exigence de l’écrit s’explique par deux ordres de considération :

● En premier lieu la société est généralement constituée dans une longue durée
(dans la pratique pour 99ans). Dans cette condition les statuts doivent contenir
des dispositions qui permettent à la société de fonctionner dans une si longue
durée.

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● Les sociétés commerciales doivent faire l’objet de formalité de dépôt et de
publicité, or ces deux formalités ne peuvent être accomplies qu’avec un acte
écrit.

L’acte écrit qui formalise la constitution de la société rappel les statuts.

● Conditions de publicité
La publicité a été instituée pour informer les tiers de la création d’une personne
morale nouvelle. Par tiers on vise d’abord les personnes qui vont traiter avec la
société pour savoir quelles sont les personnes qui la constitue, qui la gère et quel
est le capital de cette société. On vise par tiers aussi les créanciers personnels
des associés pour savoir quels sont les biens qui ont été apportés à la société et
qui sont sortis du patrimoine des associés et sur lesquels les créanciers ne
peuvent plus compter. La publicité consiste dans l’accomplissement de trois
formalités :

● Les dépôts au greffe du tribunal de commerce du lieu du siège social et d’un


exemplaire des statuts. Ce dépôt va permettre à toute personne intéressé de
prendre connaissance des statuts ou même de demander une copie.
● La publication ‘un extrait des statuts dans un journal d’annonce légale et au
bulletin officiel. Dans le premier cas la société peut choisir le journal et la langue
de publication. En revanche la publication au bulletin officiel ce fait en arabe.
● L’immatriculation au registre de commerce. C’est à partir de cette
immatriculation que les sociétés commerciales acquièrent une personnalité
morale.
Chapitre 3 : la personnalité morale

La société qui satisfait aux éléments et conditions requis pour sa constitution


acquiert la personnalité morale, c’est-à-dire qu’on assiste à la naissance d’un être
moral nouveau distinct des associés et qui va mener une existence indépendante
et une vie juridique propre qui peut être totalement déconnecté de la vie
juridique de ses associés.
La personnalité morale est une technique juridique qui repose sur une fiction
pour permettre à une société d’avoir la capacité juridique. Du fait de la
personnalité morale la société a un statut juridique très proche de celui des
personnes physiques.

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Paragraphe 1 : les attributs de la personnalité morale

Ces attributs sont au nombre de cinq : un nom, un domicile, une nationalité, un


patrimoine et une vie juridique propre.

1. Le nom
Le nom de la société s’appelle la dénomination sociale. Cette dénomination est
librement choisie par les associés, dans le respect des bonnes mœurs. Dans le
choix de la dénomination, il faut ce gardé de prendre une dénomination semblable
ou similaire d’une dénomination déjà existante sous peine d’être poursuivi en
justice par l’action de concurrence déloyale. C’est pourquoi il convient de
consulter l’office marocain de la propriété industrielle et commerciale
(O.M.P.I.C) pour obtenir un certificat négatif. Ce certificat est exigé au dépôt
des statuts au greffe du tribunal de commerce.

2. le domicile

Le domicile d’une société s’appelle le siège social. C’est le lieu où se trouvent les
principaux organes d’administration et de direction de la société.

Le siège social peut être différent du lieu où l’activité de la société est


exploitée.

Le siège social présente un grand intérêt sur le plan procédural. C’est devant le
tribunal du lieu du siège social que la société doit être assignée en justice.
Toutefois lorsque la société a des succursales ou des agences, elles peuvent être
assignées devant le tribunal du lieu de la succursale ou agence qui a traité
l’opération du litige (objet du procès).

3- la nationalité

La nationalité est définie comme le lien de dépendance politique qui unit une
personne à un Etat. La nationalité n’est pas un attribut des seules personnes
physiques, les sociétés ont également une nationalité.

Pour déterminer la nationalité d’une société, on peut recourir à trois critères :

En premier lieu le critère du siège social, c’est-à-dire que la société a la


nationalité du pays où elle a fixé son siège social.

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En second lieu le critère de contrôle, c’est-à-dire que la société a la nationalité
de ses associés ou de ses dirigeants.

Enfin en troisième lieu le critère de l’incorporation, c’est-à-dire la société a la


nationalité du pays où elle a été constituée.

Au Maroc, une société est marocaine lorsqu’elle a son siège social effectif au
Maroc, même si elle est contrôlée entièrement par des étrangers.

Lorsqu’une société étrangère transfère son siège au Maroc, elle devient une
société marocaine et doit fonctionner selon les règles du droit marocain. En
revanche, une société marocaine ne peut pas transférer son siège social à
l’étranger et perdre ainsi la nationalité marocaine, et ce en application du
principe de l’allégeance perpétuelle.

Toutefois, le critère de contrôle est prit dans certains cas en considération pour
appliquer des mesures discriminatoires à l’égard des étrangers. Ainsi un navire ne
peut battre un pavillon marocain que s’il appartient pour les ¾ à des personnes
physiques marocaines. Si le navire appartient à une société, les dirigeants de
cette dernière doivent être en majorité des marocains. Par ailleurs tous les
associés d’une société qui édite des publications au Maroc doivent être des
marocains.
4- le patrimoine

La société a un patrimoine qui est constitué par un actif et par un passif et il est
distinct du patrimoine personnel des associés. Il en résulte les conséquences
suivantes :

En premier lieu, les apports faits par les associés à la société deviennent la
propriété de la société.

En second lieu, les associés ne sont pas considérés comme copropriétaires des
biens de la société, ils n’ont qu’un droit de créance sur la société. Ce droit est un
droit personnel de nature mobilière même si la société possède des immeubles.

En troisième lieu, Le patrimoine social constitue la garantie des créanciers


sociaux. Les créanciers personnels des associés n’ont aucuns droits sur le
patrimoine social.

En quatrième lieu, aucune compensation ne peut être opéré entre des créances
ou les dettes de la société et les dettes ou les créances des associés. Ainsi, un

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associé qui est poursuivi par l’un de ses créanciers personnels, ne peut pas
opposer la compensation si la société dont il fait partie est elle-même créancière
de ce même créancier.
5- l’existence juridique propre

C’est ce qui permet à la société d’accomplir les actes de toutes natures


nécessaires à la réalisation de son objet, elle peut ainsi acheter, vendre,
fusionner avec une autre société, créer une société filiale, elle peut également
ester en justice sans qu’il ait lieu de mentionner les noms des associés dans les
actes de procédure. Cependant la société ne peut agir que par l’intermédiaire de
personnes physiques qui sont désignés pour représenter la société en qualité de
mandataires sociaux.

De même, la société répond civilement et dans certains cas pénalement, des


délits commis par ses dirigeants.

Paragraphe 2 : naissance et disparition de la personnalité morale

1- naissance

A cet égard il faut distinguer les sociétés civiles et sociétés commerciales.

Les sociétés civiles jouissent de la personnalité morale dès la conclusion du


contrat de société, c'est à dire au moment de la signature des statuts.

Les sociétés commerciales n’acquièrent la personnalité morale qu’à compter du


jour de leur immatriculation au registre du commerce.

Toutefois, la société avant son immatriculation peut, par l’intermédiaire de ses


fondateurs, passer des contrats à condition que les engagements souscrits par
les fondateurs soient repris par la société après son immatriculation au registre
du commerce.

Une fois repris, ces engagements sont réputés avoir été souscrits dès l’origine
par la société (effet rétroactif).

2- disparition

La personnalité morale ne disparaît pas avec la dissolution de la société, elle


survit pour les besoins de la liquidation. Cette survivance permet aux liquidateurs

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d’agir au nom de la société dissoute et permet également de maintenir la
séparation entre le patrimoine social et le patrimoine individuel des associés.

La personnalité morale ne disparaît qu’après la clôture de la liquidation.

Chapitre 4 : dissolution et liquidation de la société

Les personnes morales comme personnes physiques finissent un jour ou l’autre


par disparaitre. L’existence des sociétés prend fin par la dissolution. Cette
dissolution est provoqué par un certains nombres d’événements qui sont prévus
ou imprévus. Lorsque la société est dissoute il faut procéder à sa liquidation.

Paragraphe 1 : les causes de dissolution

Ces causes sont énoncées dans le D.O.C, elles peuvent être soit d’origine
volontaire, soit d’origine légale soit d’origine judiciaire.

A- les causes de dissolution volontaire

Elles sont au nombre de trois :

- la volonté commune des associés :

Les associés peuvent à tout moment mettre fin par anticipation à la vie de la
société. Cette cause relève de l’autonomie de la volonté.

- la renonciation d’un ou de plusieurs associés lorsque la durée de la société


n’est pas déterminée :

Lorsque la société a été contractée pour une durée illimitée, la volonté d’un seul
associé peut provoquer la dissolution de la société à deux conditions. Que cette
renonciation soit faite de bonne foi et qu’elle ait été donnée trois mois au moins
avant la fin de l’exercice social (fin de l’année).

- la fusion :

Lorsque deux sociétés décident de fusionner elles peuvent utiliser deux


techniques : par absorption de l’une par l’autre, la société absorbée se trouve
dissoute (fusion absorption). Soit par la création d’une société nouvelle et la
disparition des sociétés existantes.

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B- causes de dissolution légale

Ces causes sont au nombre de six :

1- L’expiration de la durée de la société

Lorsque la société a été constituée pour une durée déterminée (au maximum
99ans), elle doit être dissoute à l’expiration de cette durée. Toutefois la loi
prévoit d’une part que les associés peuvent décider de proroger la durée de la
société. D’autre part à défaut de prorogation et si la société continue à
fonctionner, sa durée est prorogée automatiquement d’année en année.

2- La réalisation de l’objet social

Lorsque la société a réalisé l’objet pour lequel elle a été constituée, elle doit être
dissoute à moins que les associés ne décident sa prorogation. Il en est de même
lorsqu’il s’avère que l’objet de la société est impossible à réaliser, c’est le cas
lorsqu’une société n’obtient pas l’autorisation administrative nécessaire à
l’exercice de son activité.

3- La perte de la moitié du capital social

Lorsqu’une société perd la moitié de son capital elle doit être dissoute.
Cependant on peut éviter cette dissolution par deux moyens : En premier lieu
reconstituer le capital et en second lieu le réduire à la somme qui reste.

4- La réunion des parts ou des actions entre les mains d’une seule personne

Lorsqu’il n’y a plus qu’un seul associé, la société est dissoute de plein droit. Cette
situation peut survenir soit par cession de part soit par héritage. Toutefois
cette règle ne s’applique pas à la S.A.R.L pour laquelle la loi permet d’avoir une
structure unipersonnelle.

5- Décès, absence ou interdiction de l’un des associés

Toutefois, cette dissolution peut-être évitée de deux manières :

En premier lieu, les statuts peuvent prévoir que la société continue avec les
héritiers ou les représentants légaux de l’associé décédé, absent ou interdit. (Ce
qui est généralement fait)

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En second lieu, même en l’absence d’une clause de continuation dans les statuts,
les autres associés ont la possibilité de continuer la société entre eux, en
demandant au tribunal l’exclusion de l’associé qui est à l’origine de la dissolution
avec remboursement de sa part.

6- La liquidation judiciaire d’un associé

Lorsqu’un associé tombe en faillite et que le tribunal ouvre la procédure de


liquidation judiciaire à son encontre la société est dissoute. Toutefois les autres
associés peuvent demander l’exclusion du failli avec remboursement de sa part.
Il y’a lieu de relever que les causes 5,6 ne s’appliquent qu’aux sociétés dites de
personnes, elles ne s’appliquent pas aux sociétés de capitaux.

C- les causes judiciaires de dissolution

La dissolution judiciaire peut être prononcée dans deux séries de cas :

1- à la requête d’un associé

Tout associé peut demander au tribunal à tout moment la dissolution de la


société, lorsqu’il y a de justes motifs, c’est-à-dire lorsqu’il justifie de raison
légitime. Il en est ainsi lorsqu’il existe entre les associés des divergences
profondes qui ont pour conséquences de bloquer le fonctionnement de la société.

2- le manquement d’un associé à ses obligations

La dissolution peut être prononcée à titre de peine accessoire à une


condamnation pénale, l’article 36 du code pénal prévoit parmi les peines
accessoires la dissolution d’une personne morale, cette dissolution interdit la
continuation de l’activité sociale et doit entraîner la liquidation de la société.

Para 2 : la liquidation

La dissolution d’une société n’entraine pas les mêmes conséquences que la mort
pour les personnes physiques. Les associés ne ce trouvent pas dans la même
situation que les héritiers vis-à-vis de la succession de leur auteur (le défunt, le
dé cujus). Lorsqu’une société est dissoute on doit procéder à sa liquidation.
Pendant la période de liquidation la société survit en tant que personne juridique
en conservant tous les attributs de la personnalité morale. La liquidation consiste
dans l’accomplissement de trois opérations :

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1. Terminer les affaires en cours
2. Réaliser l’actif social c’est-à-dire la vente des biens de la société et le
recouvrement de ses créances
3. Acquitter le passif c’est-à-dire à payer les dettes de la société.

Lorsque le passif est complétement acquitté, il convient de rembourser aux


associés le montant de leurs apports. L’excédent d’actif net est appelé le boni de
liquidation. Le boni est distribué entre les associés proportionnellement à leur
part dans le capital.

Pour mener ces opérations à bien, les associés nomment un ou plusieurs


liquidateurs choisis parmi les associés ou en dehors. Les liquidateurs vont agir au
nom de la société qui conserve la personnalité morale. Cette survivance de la
personnalité morale est strictement limitée au besoin de la liquidation. Il en
résulte que le liquidateur ne pas engager la société dans des affaires nouvelles.
Lorsque les opérations de liquidation sont terminées, le liquidateur réunit les
associés pour leur présenter les comptes de liquidation. Lorsque ces comptes
sont approuvés par les associés, la liquidation ce trouve clôturé et c’est là que la
société perd définitivement la personnalité morale.

Chapitre 5 : classification des sociétés

Il faut d’abord distinguer les sociétés civiles et les sociétés commerciales. Cette
distinction doit être en principe fondée sur l’objet de la société. Toute société
qui exerce une activité commerciale doit être considérée comme une société
commerciale, et inversement, une société qui exerce une activité civile doit être
considérée comme une société civile.

Cette distinction fondée sur l’objet, l’activité de la société, a été presque


totalement vidée de sa substance par les nouvelles lois qui réglementent les
sociétés commerciales. En effet, la loi considère que sont commerciales, à raison
de leur forme et quel que soit leur objet : les sociétés anonymes, les sociétés en
nom collectif, les sociétés en commandite simple, les sociétés en commandite par
action et les SARL.

Il ne reste plus que les sociétés en participation qui peuvent être civiles ou
commerciales en fonction de leur objet.

Les sociétés civiles sont régies par le D.O.C c’est-à-dire que seules les
dispositions du D.O.C s’appliquent aux sociétés civiles (Article 982 et suivants).
Alors que les sociétés commerciales sont régies à la fois par les mêmes

16
dispositions et par des lois spéciales., il s’agit en premier lieu de la loi n°17-95
pour la S.A et en deuxième lieu la loi 5-96 relative aux autres formes de sociétés
(à savoir société en nom collectif, commandite simple, commandite par action,
S.A.R.L et société par participation).

Les sociétés civiles ce retrouvent principalement dans le domaine agricole et les


professions libérales. Elle correspond généralement à des entreprises qui ne
représentent pas une importance sur le plan économique. Elles ne sont pas
soumises à une formalité de dépôt de publicité. De même elles ne sont pas
soumises au livre 5 du code de commerce sur les difficultés de l’entreprise. Les
associés d’une société civile sont tenus indéfiniment des dettes sociales mais
proportionnellement à leurs apports, c’est-à-dire pas de solidarité entre les
associés.

A l’intérieure des sociétés commerciales on distingue les sociétés de personnes,


les sociétés de capitaux et les S.A.R.L

A- les sociétés de personnes

Elles se caractérisent par la prépondérance de l’intuitu personae. Autrement dit,


le facteur personnel ou la considération de la personne des associés constitue un
facteur déterminant dans la constitution de la société. Dans ce genre de société
on attache plus d’importance à la personne des associés qu’au patrimoine de la
société.

On les appelle également sociétés par intérêt parce que l’apport de chaque
associé est représenté par une part d’intérêts qui n’est pas librement cessible,
les associés ont une responsabilité indéfinie et solidaire dans le passif social.

Les sociétés de personnes comprennent trois types de sociétés : les sociétés en


nom collectif (SNC), les sociétés en commandite simple et les sociétés en
participation.
B- les sociétés de capitaux

Elles sont généralement constituées par un nombre plus importants d’associés qui
apportent leurs capitaux sans attachés beaucoup d’importance à la personnalité
des autres associés. Dans la constitution et dans la vie d’une société de capitaux,
la personnalité des associés ne joue pas un rôle déterminant. On les appels
également les sociétés par action parce que le capital est divisé par actions qui
sont en principe librement cessible.

17
Les sociétés de capitaux sont au nombre de deux : la SA et la société en
commandite par actions.

C- la société à responsabilité limitée

C’est une société hybride (mixte) qui tient à la fois aux sociétés de personnes et
aux sociétés de capitaux. Comme les sociétés de personnes, elle est composée de
personnes qui ce connaissent et le facteur personnel joue un rôle important dans
la constitution et la vie de la S.A.R.L. Les associés détiennent des parts qui ne
sont pas librement cessibles.

Comme les sociétés de capitaux, les associés ne sont responsables du passif


social qu’à concurrence de leurs apports.

Ceci étant, on ne peut constituer de société au Maroc que dans le cadre de l’un
des six types de sociétés précédemment énumérées.

A défaut de volonté déclarée des parties sur la forme de la société, ou si l’on se


trouve en présence d’une forme de société qui ne correspond à aucune de celles
prévues par la loi, on doit considérer qu’il s’agit d’une société en nom collectif
puisque c’est la forme de société la plus favorable aux créanciers sociaux car les
associés s’engagent indéfiniment et solidairement vis-à-vis des tiers.

Deuxième Partie : Le droit spécial des sociétés


TITRE I : LES SOCIETES DE PERSONNES

Chapitre 1 : la société en nom collectif (SNC)

La SNC est le type même de la société de personnes, elle est constituée entre
commerçants qui acceptent de prendre des risques illimités et de s’investir
personnellement dans la gestion, c’est pourquoi elle comprend généralement peu
d’associés (2 ou 3), et ne convient qu’aux petites entreprises.

La SNC est régie par les articles 3 à 18 de la loi n° 05-96 (16 articles). De cette
réglementation, il se dégage que cette société se distingue par trois
caractéristiques :

1. Tous les associés ont la qualité de commerçant


2. Les associés répondent indéfiniment et solidairement du passif social (société à
risque illimité)
3. Les parts sociales ne peuvent être cédées qu’avec l’accord de tous les associés.

18
1. La qualité de commerçant

Tout associé dans une SNC a la qualité de commerçant, autrement dit la S.N.C
est la société de commerçant.

S’ils n’ont pas déjà la qualité de commerçant au moment de leur entrée dans la
société, ils acquièrent cette qualité par le seul fait de l’acquisition de la qualité
d’associé.

En conséquence, en premier lieu les associés doivent avoir la capacité d’exercer


le commerce. En second lieu, ils ne doivent pas tomber sous le coup d’une
interdiction, d’une déchéance ou d’une incompatibilité.

En troisième lieu, la société est dissoute lorsqu’un jugement de liquidation


judiciaire, une mesure d’interdiction de la profession commerciale, ou une mesure
d’incapacité est prononcée à l’égard d’un associé sauf si la continuation de la
société est prévue dans les statuts, ou si elle est décidée à l’unanimité par les
associés.

2. L’obligation indéfinie et solidaire au passif social

Les associés sont tenus personnellement des dettes de la société sur la totalité
de leurs biens, si la société ne peut pas faire face à ses engagements, les
créanciers sociaux peuvent se retourner contre les associés. Toutefois, ils ne
peuvent le faire qu’après avoir mis en demeure la société d’avoir à payer et ceux
par acte extra judiciaire c’est-à-dire par notification faite par huissier de
justice. Ce n’est que 8 jours après cette notification que les créanciers sociaux
peuvent agir contre les associés en cas de défaillance de la société.

L’obligation au passif est indéfinie, c’est-à-dire que quel que soit le montant des
dettes de la société, les associés sont tenus de les acquitter sur leurs propres
deniers ( leur propre argent). Elle est en outre solidaire, c’est-à-dire que chaque
associé peut être poursuivi pour la totalité du passif.

Le paiement de la totalité des dettes peut-être réclamé par les créanciers


indifféremment à l’un quelconque des associés.

3. Incessibilité des parts sociales

C’est la conséquence du caractère intuitu personae de la SNC, et de la solidarité


qui existe entre les associés.

19
Les parts ne peuvent être cédées entre associés ou au profit de tiers, qu’avec le
consentement unanime de tous les associés. Cette règle est d’ordre public et
toute clause contraire est réputée non écrite (comme si elle n’a jamais existé).

En d’autres termes, les associés ne peuvent pas convenir librement des


conditions de cession des parts. Il en résulte qu’à défaut de consentement des
autres associés, un associé peut rester prisonnier de ses parts. Il n’existe
aucune règle qui oblige la société ou les autres associés à racheter les parts de
l’associé qui veut se retirer de la société.

Le cessionnaire est subrogé purement et simplement dans les droits et


obligations du cédant, il est tenu solidairement avec les autres associés des
obligations contractées avant son entrée dans la société. Toute convention
contraire n’a aucun effet à l’égard des tiers.

La cession doit être constatée par écrit à peine de nullité, elle n’est opposable à
la société que si elle lui est notifiée ou acceptée par la société.

Ce formalisme peut-être allégé dans la mesure où, la loi prévoit que la


signification peut être remplacée par le dépôt au siège social d’un original de
l’acte de cession contre remise par le gérant d’une attestation de dépôt.

Pour l’opposabilité de la cession aux tiers, il faut en outre que la cession soit
inscrite au registre du commerce.

La SNC obéit à des règles particulières pour sa constitution, son fonctionnement


et sa dissolution.

Paragraphe 1 : constitution de la SNC

Pour cette constitution il faut remplir les conditions de fonds, de formes et de


publicités.

A- conditions de fonds
1- les associés

Ils doivent être au moins au nombre de deux, aucun nombre maximum n’est prévu,
seuls les commerçants peuvent être associés dans une SNC.

20
2- le capital social

Le capital est une notion secondaire dans la SNC puisque les associés sont
responsables indéfiniment et solidairement du passif social. Les créanciers de la
société sont considérés en même temps comme les créanciers personnels des
associés, c’est pourquoi la loi ne fixe pas de capital minimum et les associés
peuvent se contenter d’un capital symbolique.

3- la dénomination sociale

La SNC est désignée par une dénomination librement choisie par les associés à
laquelle peut être incorporé de manière facultative le nom d’un ou de plusieurs
associés.

Cette dénomination doit être précédée ou suivie immédiatement de la mention en


toutes lettres, « société en nom collectif » dans tous les documents émanant de
la société et destinés aux tiers, doivent figurer la dénomination, la forme, le
capital, le siège, le numéro d’immatriculation au registre du commerce.
B- conditions de forme

En premier lieu, les statuts doivent être rédigés par écrit. En second lieu, ils
doivent comporter 13 mentions obligatoires en particulier : l’état civil des
associés, la forme de la société, l’objet, la dénomination, le siège, le capital, les
apports, le nombre des parts attribuées à chaque associé, la durée, l’état civil
des gérants, la date et la signature de tous les associés.

A défaut de satisfaire à l’une de ces conditions, la société est nulle.

C- conditions de publicité

Dans les 30 jours de la constitution, un original des statuts doit être déposé au
greffe du tribunal de commerce du lieu du siège social. Dans le même délai, il
doit être procédé à la publication d’un extrait des statuts dans un journal
d’annonces légales et au bulletin officiel. Cet extrait doit reproduire les 13
mentions obligatoires qui doivent figurer dans les statuts.

Toute modification apportée aux statuts doit faire l’objet des mêmes formalités
de dépôt et de publicité.

L’inobservation des formalités de publicité lors de la constitution de la société,


est sanctionnée par la nullité de la société. Toutefois, l’action en nullité est

21
éteinte lorsque la cause de la nullité a cessé d’exister le jour où le tribunal
statue au fond en première instance.
Le tribunal peut même d’office, impartir un délai pour couvrir la nullité.

Dans tous les cas, la nullité ne peut être prononcée qu’à l’expiration d’un délai de
deux mois à compter de la demande introductive d’instance.

Paragraphe 2 : fonctionnement

Trois organes participent au fonctionnement de la SNC :

1. Le ou les gérants
2. Les associés non gérants
3. Les commissaires aux comptes s’il y a lieu, c’est-à-dire lorsque la loi l’impose

A- les gérants

La SNC est administrée par un ou plusieurs gérants :

1- statut juridique des gérants


a- Nomination

Les gérants sont nommés par les statuts ou par un acte ultérieur. Ils peuvent
être pris parmi les associés ou en dehors des associés. La gérance peut être
assurés par une personne physique ou par une personne morale dans ce dernier
cas, les dirigeants de la personne morale gérante sont soumis aux mêmes
conditions et aux mêmes obligations et encourent les mêmes responsabilités
civiles et pénales que s’ils étaient gérants en nom personnel.

La nomination des gérants doit se faire à l’unanimité sauf disposition contraire


des statuts. Et si aucun gérant n’est désigné, la loi considère que tous les
associés gérants et chacun d’eux peut accomplir séparément des actes de
gestion et engager la société par sa seule signature.

b- Révocation

La loi prévoit trois modalités différentes de révocation :

Première hypothèse : Si tous les associés sont gérants ou s’il s’agit de gérant
statutaire associé, la révocation de l’un d’eux doit être décidée à l’unanimité des
autres associés. Cette révocation entraîne la dissolution de la société à moins

22
que la continuation de la société ne soit prévue par les statuts ou décidée à
l’unanimité des autres associés.

En cas de continuation, le gérant révoqué peut décider de se retirer de la


société, en demandant le remboursement de ses droits sociaux.

Deuxième hypothèse : s’il s’agit de gérant associé non statutaire, la révocation


sera décidée dans les conditions prévues par les statuts. Dans le silence des
statuts, la révocation doit être décidée à l’unanimité des autres associés.

Troisième hypothèse : le gérant non associé peut être révoqué dans les
conditions prévues dans les statuts, ou à défaut par une décision des associés
prise à la majorité.

Dans toutes ces hypothèses si la révocation est décidée sans juste motif, elle
peut donner lieu à des dommages-intérêts au profit du gérant révoqué.

2- Les pouvoirs des gérants

Il faut faire la distinction selon qu’il s’agisse des rapports avec les associés ou
des rapports des gérants avec les tiers.

a- Dans les rapports avec les associés

Dans l’ordre interne, ce sont les statuts qui fixent les pouvoirs des gérants. Si
les statuts n’ont rien prévu, le gérant unique peut faire tous les actes de gestion
dans l’intérêt de la société.

Par actes de gestion, il faut entendre à la fois les actes d’administration et les
actes de disposition nécessaires à la réalisation de l’objet social et conformes à
l’intérêt social.

b- Dans les rapports avec les tiers

le gérant dispose de tous les pouvoirs pour engager la société à l’égard des tiers
dans la limite de l’objet social. Toute clause limitant les pouvoirs des gérants est
inopposable aux tiers.

En cas de pluralité de gérants, chacun détient la totalité des pouvoirs pour


engager la société à l’égard des tiers. L’opposition formée par un gérant aux

23
actes d’un autre gérant est sans effet à l’égard des tiers, sauf si ces derniers
ont eu connaissance de cette opposition.

3- Responsabilité des gérants

Le gérant est responsable à l’égard des associés des actes qu’il a produit en
contravention avec la loi et les statuts. Il est également responsable vis-à-vis
des associés et des tiers de ses fautes de gestion. Lorsqu’il y’a plusieurs gérants
ils sont responsables solidairement sauf si on arrive à déterminer de manière
précise la responsabilité de chacun dans les actes accomplis.

B- les associés non gérants

Ces associés ont des pouvoirs légaux et des pouvoirs statutaires.


1- les pouvoirs d’origine légale

Ces pouvoirs sont au nombre de trois :

● Les modifications statutaires : Seuls les associés peuvent procéder à la


modification des statuts. Cette modification doit être décidée à l’unanimité
● Les associés doivent être réunis obligatoirement en assemblée pour approuver les
comptes annuels dans les six mois de la clôture de l’exercice. A cet effet, ils
doivent recevoir dans les 15 jours qui précèdent la réunion de l’assemblée, le
rapport de gestion établi par les gérants, les états de synthèse et le texte de
résolutions proposées qui seront soumis au vote de l’assemblée
● les associés ont un pouvoir de contrôle individuel qui leur donne le droit deux fois
par an de prendre connaissance au siège social des livres et des documents
sociaux et de poser par écrit des questions sur la gestion sociale auxquelles il
doit être également répondu par écrit. Ils ont le droit également de prendre
copie des documents sociaux. Ce pouvoir de contrôle permet aux associés qui ne
gèrent pas, de se rendre compte par eux-mêmes de la marche de la société dans
la mesure où ils sont responsables des dettes. Tout associé qui exerce son droit
de contrôle peut ce faire assisté d’un conseil.

2- les pouvoirs statutaires

Les statuts peuvent accorder aux associés non gérants le pouvoir d’autoriser
certaines opérations de gestions qui doivent normalement relever des pouvoirs
du gérant. Exemple le pouvoir de vendre, d’hypothéquer ou de nantir les biens de
la société.

24
Cette limitation des pouvoirs des gérants est valable dans les rapports entre les
associés (dans l’ordre interne) mais elle est inopposable aux tiers.

C- le commissaire aux comptes

Cette nomination est obligatoire pour les sociétés dont le chiffre d’affaires
dépasse 50 millions de dirhams.

Même lorsque cette condition n’est pas réunie, tout associé peut demander au
président du tribunal de commerce la nomination d’un ou de plusieurs
commissaires aux comptes.

Le statut du commissaire aux comptes est régi par la loi n° 17-95 sur les sociétés
anonymes.
Paragraphe 3 : dissolution

La SNC est soumise aux causes de dissolution communes à toutes les sociétés,
ainsi qu’aux causes particulières suivantes qui affectent la personne des
associés.
1- le décès d’un associé

Le principe est que la société prend fin par le décès de l’un des associés, c’est
une dissolution de plein droit qui est liée au caractère personnel de la SNC.

Cette dissolution automatique peut se révéler antiéconomique c’est pourquoi la loi


a prévu un dispositif qui permet la continuation de la société.

Ainsi, les statuts peuvent prévoir des clauses de continuation. Les clauses les
plus fréquentes dans la pratique sont au nombre de deux :

● Continuation avec les associés survivants


Cette clause suppose que la société est composée de plus de deux associés. Dans
ce cas, les héritiers de l’associé décédé ont droit à la valeur de liquidation des
droits sociaux de leur auteur. Cette valeur est déterminée au jour du décès, à
dire d’expert désigné par le président du tribunal.

● Continuation avec les héritiers


Il peut être prévu que la société continue avec les associés survivants et les héritiers de
l’associé décédé. Il y a donc transmission des parts du de cujus à ses héritiers. Si un ou
plusieurs héritiers sont mineurs la société doit obligatoirement être transformé dans le

25
délai d’un an à compté du décès, en société en commandite dont les héritiers mineurs
deviennent les commanditaires. A défaut de transformation la société est dissoute.

2- La révocation du gérant statutaire associé

Cette révocation entraîne la dissolution de la société sauf si les statuts


prévoient la continuation de la société, ou si cette continuation est décidée à
l’unanimité des autres associés (avec le remboursement de la part du gérant
révoqué).

3- liquidation judiciaire, interdiction ou incapacité d’un associé

Ces trois éléments entraînent la dissolution de la société à moins que sa


continuation ne soit prévue par les statuts ou que les autres associés ne la
décident à l’unanimité.

Chapitre 2 : la société en commandite simple

Cette forme de société est constituée par deux catégories d’associés qui sont
soumis à des régimes juridiques distincts.

En premier lieu, les commandités, ils sont tous commerçants, responsables


indéfiniment et solidairement du passif social, et eux seuls peuvent être gérants
de la société. C’est pourquoi on les appels les associés en nom parce qu’ils sont
soumis au même régime juridique des associés de la société en nom collectif

En second lieu, les commanditaires qui n’ont pas la qualité de commerçants, qui ne
sont tenus de passif social qu’à concurrence de leurs apports, et qui ne peuvent
être gérants de la société.

La société en commandite simple trouve son origine dans le droit musulman et


dans les pratiques du commerce maritime du Moyen Âge.

D’une part, les juristes musulmans ont été conscients du fait que l’interdiction du
prêt à intérêt pourrait constituer un obstacle dans l’activité économique. C’est
pourquoi ils ont mis au point la technique du « kirad » qui permet de faire
participer le préteur de somme d’argent au résultat de l’entreprise de son
débiteur, sans être tenu de participer au perte si il y’a lieu.

D’autre part, au Moyen Âge ont pratiquait dans le commerce maritime le contrat
de command. Il s’agissait de la part d’un capitaliste de mettre à la disposition
d’un navigateur ou d’un négociant, un bateau, des marchandises, ou somme
26
d’argent pour entreprendre des expéditions maritimes. A la fin de l’opération les
bénéfices étaient partagés entre le capitaliste et le navigateur.

En définitive, la raison d’être des sociétés en commandite est de permettre aux


détenteurs de capitaux de recueillir les fruits d’une activité commerciale sans
l’exercer personnellement et en limitant leur responsabilité au montant de leurs
apports. Cette forme de société est très peu pratiquée depuis l’apparition de la
S.A.R.L.

La société en commandite simple peut résulter d’une transformation légale de la


SNC, lorsqu’à la suite du décès d’un associé, la société continue avec les héritiers
mineurs. Les héritiers mineurs seront des associés commanditaires.

La société en commandite simple obéit pour sa constitution, son fonctionnement


et sa dissolution aux mêmes règles que la SNC sous réserve des dispositions
particulières prévues aux articles 20 à 30 de la loi n° 05-96.

1- Dénomination

La dénomination peut incorporer le nom d’un ou plusieurs commandités. Cette


dénomination doit être précédée ou suivie immédiatement de la mention société
en commandite simple.

2- Statut de l’associé commanditaire

● L’apport d’un commanditaire peut être en numéraire ou en nature, il ne peut


jamais faire d’apport en industrie.
● La société continue malgré le décès d’un commanditaire.
● Les parts des commanditaires peuvent si les statuts le prévoient être cédés
librement entre les associés. Elles peuvent également être cédé à des tiers avec
le consentement de tous les commandités et la majorité des commanditaires.
● Il est interdit aux commanditaires de faire des actes de gestion engageant la
société vis-à-vis des tiers, même en vertu d’une procuration. Cette interdiction
est édictée par la loi à la fois dans l’intérêt des tiers et dans l’intérêt de la
société. D’une part, il est à craindre que les tiers en traitant avec les
commanditaires soient induits en erreur en pensant que les commanditaires
engagent leurs responsabilités dans cette affaire. D’autre part, les
commanditaires n’étant pas responsables sur leurs biens, pourraient être tentés
de ne pas prendre suffisamment de protection et ce en engageant la société dans
des opérations risquées.

27
Cependant cette interdiction n’empêche pas les commanditaires d’exercer leur
droit de contrôle en tant qu’associés et de prendre part aux décisions
collectives. Autrement dit dans le cadre du fonctionnement interne de la société,
les commanditaires sont situés sur le même pied d’égalité que les commandités.
C’est dans les rapports avec les tiers que l’interdiction faite aux commanditaires
joue pleinement.

Lorsqu’un commanditaire transgresse cette interdiction, les actes de gestions


accomplis par lui seront valables et engageront la société mais il sera tenu
solidairement avec les commandités des conséquences des actes qu’il a accompli.

3- Statut de l’associé commandité

En premier lieu, la société en commandite simple doit comprendre au moins deux


associés, un commandité et un commanditaire.

En second lieu, le décès d’un commandité entraîne la dissolution de la société,


sauf si les statuts prévoient la continuation de la société.il en est de même en
cas de liquidation judiciaire, d’incapacité ou d’interdiction d’un commandité

4- décisions collectives des associés

Toute modification des statuts doit être décidée avec le consentement de tous
les commandités et de la majorité en nombre et en capital des commanditaires.
Pour le reste les statuts fixent librement les conditions de prise de décision.

.Chapitre 3 : la société en participation

Ce type de société se distingue des autres par deux caractéristiques


fondamentales.

1. L’absence de personnalité morale


Elle n’existe qu’entre les rapports entre les associés. Elle n’est pas destinée à
être connu des tiers. Il en résulte que cette société n’a ni dénomination sociale,
ni siège sociale, ni patrimoine.

2. Elle n’est soumise à aucune mesure de publicité et en particulier elle n’est pas
immatriculée au registre du commerce.
Cette société peut être civile ou commerciale en fonction de son objet.
Lorsqu’elle a un caractère commercial, les rapports entre les associés qu’on

28
appelle les participants sont régis par les dispositions applicables aux SNC avec
responsabilité indéfinie et solidaire pour le passif social.

Il existe deux formules de société en participation :

En premier lieu, la société en participation occulte. C’est le cas lorsque les


associés décident de ne pas révéler l’existence de la société aux tiers, c’est la
formule traditionnelle.

En second lieu, la société en participation ostensible dans laquelle les


participants vont agir en qualité d’associés au vu et au su des tiers.

La société en participation jouit d’une grande liberté contractuelle tant au niveau


de sa constitution, qu’au niveau de son fonctionnement et sa dissolution. (Article
88-91 de la loi 5-96)

Paragraphe 1 : constitution

Les participants (associés) doivent être au nombre de deux. La société peut être
commerciale ou civile selon son objet. Les apports faits à la société sont de
simple apport de jouissance. La société ne peut pas devenir propriétaire des
apports parce qu’elle n’a pas de patrimoine car elle n’a pas de personnalité
morale. Aucune condition de forme ni de publicité n’est exigée. L’existence de la
société peut être prouvée par n’importe quel mobil.

Paragraphe 2 : fonctionnement

A. Dans les rapports entre associés


Les associés conviennent librement des conditions de fonctionnement de la
société. A défaut, si la société a un objet civil ont fait application des règles du
D.O.C sur la société civile.
Si elle a un objet commercial, il sera fait application des règles prévues pour les
SNC.
B. Dans les rapports avec les tiers
1. Les sociétés occultes

Les tiers ignorent l’existence de la société, ils traitent avec le gérant comme si
ce gérant agissait en son nom personnel et pour son propre compte.

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Les opérations effectuées par le gérant n’engagent que lui. Si ses engagements
ne sont pas tenus les tiers n’ont de recours que contre le gérant qu’ils peuvent
mettre en cas échéant en règlement ou liquidation judiciaire.

Sur le plan fiscal, les bénéfices réalisés par la société en participation sont
imposables au nom du gérant.
En résumé tout ce passe comme si la société n’existait pas et c’est le gérant qui
fait l’interface entre associé et les tiers.

2. Les sociétés ostensibles

Lorsque les participants agissent publiquement en qualité d’associés, chacun est


tenu indéfiniment des engagements souscrits par le gérant avec solidarité si la
société est commerciale, sans solidarité si la société est civile.

Paragraphe 3 : Dissolution

A défaut de personnalité morale, la dissolution de la société n’entraîne pas sa


liquidation mais seulement un règlement de comptes entre les associés. Ces
derniers qui ont conservé la propriété de leurs apports vont les reprendre soit
en nature soit en valeur.

En conclusion, il convient de souligner que la société en participation présente


l’avantage de la simplicité, de la souplesse et de la discrétion.

C’est une structure légère et peu onéreuse en termes de coûts de constitution et


de fonctionnement, elle peut s’adapter à des opérations très variées :

D’abord, elle peut être utilisée pour des opérations ponctuelles et qui sont
généralement de courte durée :

● C’est le cas pour la constitution d’un syndicat financier entre plusieurs banques
pour placer des titres émis par les sociétés.
● Il en est de même pour la constitution de groupements entre plusieurs
entreprises de travaux publics pour réaliser les travaux.
● la coproduction en matière cinématographique.

Ceci étant, la société en participation doit être distinguée des sociétés de fait
et des sociétés créées de fait.

30
1- la société de fait

La société de fait est une véritable société voulue et créée en tant que tel avec
une forme bien déterminée, mais par suite d’un vice affectant sa validité, ou
d’une irrégularité entachant sa constitution, la société sera annulée après avoir
fonctionné pendant une certaine période.
En principe, cette nullité doit avoir un effet rétroactif c’est-à-dire faire que les
actes accomplis par la société sont censés n’avoir jamais existé.

Pour éviter les conséquences économiques et sociales néfastes d’une telle


situation, les tribunaux ont considéré qu’il existe dans ce cas une société de fait
qui a valablement exister et qui doit normalement produire ses effets tant à
l’égard des associés qu’à l’égard des tiers, et ce depuis sa conception jusqu’au
jour où sa nullité a été déclarée.

En conséquence, la nullité ne produira d’effets que pour l’avenir. Autrement dit,


lorsque la nullité est prononcée, elle va entraîner la dissolution et la liquidation
de la société.

Du fait de cette nullité la société sera dissoute mais tout ce qu’elle a fait jusqu’à
sa dissolution est validé dans le cadre de société de fait. La loi a entériné cette
jurisprudence en prévoyant que lorsque la nullité de la société est prononcée, la
société ce trouve de plein droit dissoute sans rétroactivité.

2- la société créée de fait

C’est un concept qui désigne la situation dans laquelle se trouvent deux ou


plusieurs personnes qui se sont comportées en fait comme de véritables associés
mais sans en avoir pleinement conscience, et en tous les cas sans avoir exprimé la
volonté de constituer entre elles une société.

Ces personnes n’ont pas voulu au départ inscrire leur relation dans le cadre d’une
société, mais ce n’est que par une analyse juridique, a posteriori des liens
existants entre ces personnes, que l’on s’aperçoit qu’il y a tous les éléments de la
société. La preuve de ces éléments constitutifs de la société peut être
rapportée par tout moyen.

Dans la pratique, on constate que les apports sont souvent des apports en
industrie qui se manifestent par la force de travail et par le temps passé à
s’occuper des affaires communes.

31
Le domaine de prédilection des sociétés créées de fait se trouve dans les
relations de famille entre père et enfants, entre frères, entre époux. En France,
il existe une jurisprudence très fournie sur les sociétés entre concubins. (Pas
reconnue au Maroc)

C’est à l’occasion d’un décès ou de la rupture des relations familiales ou


conjugales que se pose le problème de la liquidation de la société créée.

De même, en cas de succession portant sur une entreprise, lorsque les héritiers
restent dans l’indivision et participent ensemble à l’exploitation et à la gestion,
ils passent du statut de co-indivisaires au statut d’une société créée de fait.

Par ailleurs, cette technique de la société créée de fait peut également être
invoquée par le créancier d’une personne insolvable pour démontrer que sa
créance est une créance sur une société créée de fait entre son débiteur et une
personne solvable ce qui lui permet de faire jouer les règles de la solidarité.

Lorsque l’existence de la société créée de fait est établie, on lui applique le


régime juridique de la SNC avec responsabilité indéfinie et solidaire des associés
lorsque la société a un caractère commercial.

En définitive, la société créée de fait n’est souvent reconnue juridiquement que


le jour où il doit être procédé à sa liquidation. C’est la rupture volontaire ou
involontaire des relations entre les associés ou l’action du créancier qui mettent
à jour l’existence de la société pour en demander la liquidation.

TITRE II : LES SOCIETES DE CAPITAUX

Les sociétés de capitaux sont en principe au nombre de deux, à savoir la société


anonyme et les sociétés en commandite par actions. La société en commandite
par action est régit d’une part par les dispositions concernant la société en
commandite simple et par des dispositions concernant la société anonyme

La SA est une société par actions dans laquelle les associés appelés actionnaires
reçoivent en contrepartie de leurs apports, des titres négociables appelés
actions et dont la responsabilité est limitée au montant de leurs apports.

La SA présente les caractéristiques suivantes :

1. C’est une société commerciale par la forme peu importe la nature civile ou
commerciale de son objet.

32
2. C’est une société de capitaux dans laquelle la personne des associés s’efface
derrière les apports qu’ils effectuent. En d’autres termes, on accorde plus
d’importance aux capitaux qu’aux personnes.
3. C’est une société par actions c'est à dire que le capital de la SA est divisé en
actions qui sont en principe librement négociables. C’est cette libre négociation
des actions qui permet au S.A d’être cotée en bourse.

4. C’est une société à risque limité (N.P contrairement à la SNC au risque illimité),
c’est-à-dire que la responsabilité des associés ne peut pas dépasser le montant
de leurs apports.

5. C’est une société dont l’organisation est complexe et dont les organes sont
hiérarchisés, c’est une véritable institution dans laquelle la loi a laissé peu de
place à l’autonomie de la volonté et à la liberté contractuelle, autrement dit la
plupart des dispositions qui régissent la S.A sont des dispositions impératives.

Cette société est dite anonyme parce qu’elle n’est pas désignée par le nom de ses
associés, elle a une dénomination qui peut être tirée de la nature de son objet, du
lieu de son activité ou qui peut être tout simplement de pure fantaisie. Dans la
pratique, elle est souvent désignée par un sigle qui est une abréviation.

En tout état de cause, la dénomination sociale doit figurer dans tous les actes et
documents émanant de la société et destinés aux tiers, cette dénomination
devant être précédée ou suivie immédiatement de la mention en toutes lettres
« société anonyme » ou des initiales SA, de l’énonciation du montant du capital et
du numéro d’immatriculation au registre du commerce.

La personnalité morale de la société est totalement distincte de la personne des


associés. De sorte qu’elle n’est jamais touchée par les événements qui affectent
la situation juridique de ses actionnaires tels que le décès, l’incapacité, le
règlement ou la liquidation judiciaires.

La SA est une technique de gestion pour les grandes entreprises, elle permet de
réunir de nombreux associés et d’importants capitaux.

D’ailleurs, la loi elle-même impose la forme de société pour l’exercice de


certaines activités en particulier pour les banques, les sociétés d’investissement,
les compagnies d’assurances et les sicav (société d’investissement à capital
variable).

33
La société anonyme est régie par la loi n° 17-95 promulguée par le dahir du 30
août 1996, elle comprend plus de 454 articles. Cette loi est très fortement
inspirée de la loi française dont elle reprend à la fois l’esprit et les principales
dispositions. Elle a été récemment modifiée et complété par la loi 20-05.

Chapitre 1 : constitution

La loi distingue deux modes de constitution avec ou sans appel public à l’épargne,
les critères de cette distinction sont au nombre de deux. Est réputée faire appel
public à l’épargne, toute SA qui :

1. Fait admettre ses valeurs mobilières à la bourse de Casablanca. Autrement dit


toute société cotée à la bourse de Casablanca est une société qui fait A.P.E.
2. La société qui émet où cède ses valeurs mobilières dans le public en ayant recours
au démarchage ou à la publicité, ou en utilisant les services des sociétés de bourse,
des banques ou d’autres établissements spécialisés dans la gestion ou le conseil en
matière financière. Le démarchage consiste soit à ce rendre au domicile, sur les lieux
de travails ou dans les lieux publics en vue de la souscription de l’achat, de la vente
ou de l’échange de valeurs mobilières. Soit à faire des offres de services ou à donner
des conseils par l’envoi de documents, téléphone ou tout autre moyen de
communication.

Il existe des exigences légales qui sont communes à toutes les constitutions de
sociétés anonymes, mais les procédures de constitution sont différentes selon
qu’il y a ou non appel public à l’épargne.

Paragraphe 1 : les exigences communes

Elles concernent les associés et le capital.

1- les associés

Le nombre d’associés ne doit pas être inférieur à cinq (7 dans l’ancienne loi).

Les actionnaires peuvent être des personnes physiques ou des personnes


morales. Pour les personnes physiques, il n’y a pas d’exigence particulière en
matière de capacité parce qu’il n’est pas nécessaire d’être commerçant pour être
actionnaire dans une société anonyme.

34
2- le capital

Toute société anonyme doit avoir un capital minimum :

Pour les sociétés ne faisant pas appel public à l’épargne, ce minimum doit être de
300 000 dirhams. Dans le cas contraire, le capital doit être de 3 millions de
dirhams.

Ce capital doit être intégralement souscrit, c’est-à-dire qu’il faut que cinq
personnes au minimum s’engagent à couvrir le montant total du capital. Ce capital
ne peut être constitué que d’apports numéraires ou de nature.

Pour les apports en numéraire, la loi n’exige pas le versement de la totalité au


moment de la constitution, mais seulement le quart au moins.

La libération du reste doit intervenir en une ou plusieurs fois dans un délai


maximum de trois ans à compter de l’immatriculation au registre du commerce.

Les fonds provenant de la souscription doivent être déposés dans un compte


bancaire bloqué, ouvert au nom de la société en formation.

Ces fonds ne peuvent être débloqués ni retirés que sur présentation à la banque
d’un certificat d’immatriculation au registre du commerce.

Les souscriptions sont constatées par bulletin de souscription signé par chaque
souscripteur.

Les souscriptions et les versements sont constatés par une déclaration des
fondateurs soit dans un acte reçu par un notaire, soit dans un acte sous seing
privé déposé au greffe du tribunal.

La loi a prévu cette formalité pour permettre de contrôler par le notaire ou par
le greffier, la souscription intégrale du capital et la libération au moins du quart
de ce capital.

Pour effectuer ce contrôle, le notaire ou le greffier se fera présenter les


bulletins de souscription signés par les souscripteurs constatant la souscription
intégrale du capital et un certificat de la banque dépositaire constatant le
versement des fonds.

35
Si la société n’est pas constituée dans le délai de six mois après le dépôt de
fonds, tout souscripteur peut demander la restitution du montant qu’il a versé.

Pour les apports en nature la loi a institué une procédure spéciale de


vérifications des apports en nature pour s’assurer de la valeur réelle de ces
apports. Cette vérification est effectuée sous sa responsabilité par un ou
plusieurs commissaires aux apports, qui sont choisis par les fondateurs parmi les
listes des experts comptables inscrits à l’ordre. Le commissaire doit présenter
un rapport qui doit être tenu à la disposition des associés cinq jours au moins
avant la signature des statuts.

Paragraphe 2 : les procédures de constitution


A- constitution sans appel public à l’épargne

Dans la pratique, c’est la règle générale. Il s’agit d’une constitution instantanée,


les fondateurs créent entre eux, une société en souscrivant la totalité des
actions. Autrement dit, ils ne feront pas d’appel au public pour souscrire les
actions de la société.

Les formalités de constitution sont les suivantes :

1. les statuts

Les statuts de la société sont établis par écrit et signés par tous les associés.
Ces statuts doivent mentionner en particulier la forme, la dénomination, l’objet,
la durée, le montant du capital, le nombre d’actions émises et leur valeur
nominale, les modalités de cession des actions, la valeur des apports en nature.

Si les statuts ne contiennent pas toutes les mentions exigées par la loi, tout
intéressé ainsi que le ministère public, peuvent demander en justice que soit
ordonnée sous astreinte, l’adjonction des énonciations omises.

Les premiers organes d’administration et de contrôle de la société sont nommés


dans les statuts ou dans un acte séparé annexé des statuts. A compté de la
signature des statuts la la société existe dans les rapports entre les associés,
même si elle n’a pas encore la personnalité morale.

2. Le dépôt au greffe
Les dirigeants de la société doivent déposer au greffe du tribunal de commerce,
un exemplaire des statuts ainsi que le rapport du commissaire si il y’a lieu.

36
3. L’immatriculation au registre du commerce

Il fait acquérir à la société la personnalité morale

4-Publication d’un extrait des statuts dans le bulletin officiel


B- Constitution avec appel public à l’épargne

Les formalités de constitution sont beaucoup plus complexes dans la mesure où la


société est appelée à réunir un grand nombre d’actionnaires et à mobiliser des
capitaux importants :

1. La rédaction d’un projet de statuts par les fondateurs


2. Dépôt du projet de statuts au greffe du tribunal ou à l’étude d’un notaire.
3. Les fondateurs doivent établir une note d’information qui doit être visée par le
C.D.V.M (conseil déontologique des valeurs mobilières). Cet organisme public est
appelé dans le langage commun le gendarme de la bourse. Son rôle est de
protéger l’épargne publique contre les abus ou dérive des sociétés qui font A.P.E.
La note d’information doit porter notamment sur les caractéristiques de la
société sur sa situation financière. Si la note n’est pas visée par le C.D.V.M la
société ne peut pas faire A.P.E
4. Les actionnaires doivent être réunis en assemblé général pour approuver les
statuts et pour nommer les organes de gestion et de contrôles.
5. Il est procédé aux mêmes formalités de dépôt et de publicité que celles requises
pour les sociétés ne faisant pas appel public à l’épargne.

Paragraphe 3 : sanctions de l’inobservation des règles de constitution

Si le législateur a institué des règles précises et contraignantes pour la


constitution de la société anonyme, c’est pour que ces règles soient respectées.
En principe, la sanction normale d’une irrégularité de constitution c’est la nullité
de la société.

Mais d’un autre côté, la disparition d’une société consécutive à sa nullité ne


manque pas d’avoir des conséquences économiques et sociales en particulier à
l’égard de ceux qui ont traité avec la société, c’est pourquoi la loi a essayé de
trouver un équilibre entre ces deux impératifs contradictoires.

A- régime des nullités


1- causes de nullité

La nullité de la S.A ne peut résulter que de trois causes :


37
En premier lieu, une disposition expresse de la loi sur les sociétés anonymes
c’est-à-dire que la loi doit prévoir expressément que tel ou tel formalité est
sanctionnée par la nullité (pas de nullité sans texte).

En second lieu, le caractère illicite ou contraire à l’ordre public de l’objet social.

En troisième lieu, l’incapacité de tous les fondateurs.

2- L’action en nullité

La loi a restreint le domaine de l’action en nullité en multipliant les possibilités de


régularisation a posteriori.

a- Extinction de l’action en nullité

L’action en nullité est éteinte lorsque la cause de la nullité a cessé d’exister le


jour où le tribunal statue sur le fond en première instance.

b- Régularisation

En principe, toutes les nullités peuvent être couvertes, à l’exception de celles


fondées sur l’illicéité de l’objet.

Pour faciliter cette régularisation, le tribunal ne peut prononcer la nullité moins


de deux mois après la date de l’introduction de l’instance, le tribunal saisi de
l’action en nullité peut même d’office, impartir à la société un délai pour couvrir
la nullité.
c- Prescription de l’action en nullité

Elle se prescrit par trois ans à partir du jour où la nullité est encourue.

3- Effets de la nullité

Lorsque la nullité est prononcée par le tribunal, la société se trouve dissoute de


plein droit sans rétroactivité.
B- Régime de la responsabilité

Lorsque la nullité est prononcée, les fondateurs ainsi que les premiers dirigeants
de la société peuvent être déclarés solidairement responsables des dommages
résultants pour les actionnaires ou pour les tiers de l’annulation de la société. La
responsabilité du fondateur est retenue puisqu’ils sont à l’origine de l’irrégularité

38
de la société. Les dirigeants sont responsables également parce qu’ils n’ont pas
régularisé la situation de la société.

Chapitre 2 : Organisation et fonctionnement de la société anonyme

L’organisation de la société anonyme est très complexe, elle repose sur une
structure pyramidale qui fonctionne à l’image d’un État démocratique avec une
constitution (les statuts), avec le parlement (des organes délibérants que sont
les assemblées générales), gouvernement (des organes de gestion qui détiennent
le pouvoir exécutif) et des organes de contrôle (le commissaire au compte).

En définitive, trois organes participent au fonctionnement de la société


anonyme :

1. Les organes délibérants : les assemblées générales


2. Les organes de gestion à savoir le conseil d’administration
3. L’organe de contrôle : le commissaire aux comptes

Contrairement aux sociétés de personnes, les actionnaires ne sont pas libres


d’organiser le fonctionnement de la société comme ils l’entendent, la loi leur
impose une organisation et une hiérarchie qu’ils doivent absolument respecter.

Section 1 : les assemblées générales d’actionnaires

Les assemblées générales détiennent le pouvoir suprême dans la société, c’est


l’organe le plus élevé dans la hiérarchie, les autres organes de la société (conseil
d’administration et commissaire aux comptes) ne sont que l’émanation des
assemblées générales. En d’autres termes c’est l’assemblé général d’actionnaire
qui nomme les organes de gestions et de contrôle.

C’est dans le cadre des assemblées générales que le simple actionnaire peut
intervenir dans le fonctionnement de la société et ce par l’exercice du droit de
vote.

C’est la loi de la majorité qui préside aux décisions de l’assemblée.

On distingue deux catégories d’assemblés :


● Les assemblées générales qui réunissent tous les actionnaires sans distinction.
Elles sont de deux sortes : ordinaire et extraordinaire
● Les assemblées spéciales qui ne réunissent qu’une catégorie d’actionnaire.

39
Toutes ces assemblées obéissent à un ensemble de règles qui leur sont
communes, mais elles se distinguent les unes des autres par certaines règles
spécifiques.

Sous-section 1 : Règles communes à toutes les assemblées

Ces règles sont relatives à la tenue et aux délibérations des assemblées, elles se
caractérisent par un certain formalisme destiné à protéger les actionnaires.

Paragraphe 1 : tenue des assemblées

Une assemblée ne peut ce tenir que si elle est convoqué. En règle générale, c’est
le conseil d’administration qui convoque l’assemblée.

La convocation doit être faite par écrit et doit contenir la date, l’heure et le lieu
de la réunion ainsi que l’ordre du jour c'est à dire l’énumération claire et précise
de toutes les questions sur lesquelles l’assemblée est appelée à délibérer.

Cette dernière exigence se justifie par le fait que les actionnaires doivent avoir
la possibilité de réfléchir aux questions qui seront débattues afin de pouvoir
voter en toute connaissance de cause.

L’assemblée ne peut délibérer valablement que sur les points inscrits à l’ordre du
jour. Toute délibération qui porte sur une question qui ne figure pas à l’ordre du
jour est nulle.

Les convocations sont faites soit au moyen d’un avis publié dans un journal
d’annonce légale ou par lettre individuelle adressée aux actionnaires.

Entre la date de la convocation et le jour de la réunion, il doit s’écouler un délai


minimum de 15 jours francs. Ce délai a été institué pour permettre aux
actionnaires de prendre leurs dispositions suffisamment à l’avance pour assister
à l’assemblée et pour exercer leur droit d’information.

Les actionnaires doivent assister en personne aux assemblées. Toutefois la loi


permet à un actionnaire de ce faire représenter par un conjoint, ascendant ou
descendant. La loi permet également aux statuts de prévoir la possibilité de
participer aux assemblées par le système de visioconférence.

40
Les assemblées se tiennent habituellement au siège social, comme elles peuvent
se tenir dans un autre endroit indiqué dans l’avis de convocation.

Au début de chaque assemblée, les actionnaires doivent signer la feuille de


présence qui indique le nom des actionnaires et le nombre d’actions qu’ils
possèdent. Ce document permet de constater le nombre de participants à
l’assemblée pour déterminer si le quorum est réuni.

Lorsque les actionnaires sont réunis, on procède à la désignation du bureau de


l’assemblée, ce bureau se compose d’un président deux scrutateurs. Le bureau
ainsi composé, nomme un secrétaire qui peut ne pas être un actionnaire.

Le président assure la police de la réunion. Les scrutateurs sont chargés de


contrôler les opérations de votes. Le secrétaire a pour rôle de dresser le procès
verbal de la réunion.

Paragraphe 2 : Délibérations de l’assemblée

L’assemblée ne pourra valablement délibérer que si une fraction minimum du


capital est présente ou représentée, c’est cette fraction qu’on appelle le quorum.
Ce quorum permet de savoir si l’assemblée est suffisamment représentative pour
débattre des questions à l’ordre du jour et prendre les résolutions qui s’imposent
à tous. Le quorum varie suivant la nature de l’assemblée, il est fixé par la loi.

Les résolutions sont prises à la majorité des actionnaires présents ou


représentés. La majorité est fixée par la loi, elle est plus ou moins large en
fonction de la nature de l’assemblée.

Le vote a généralement lieu à main levé et il peut également intervenir, mais plus
rarement, par appel nominal ou bulletin secret.

Pour le calcul de la majorité, chaque action donne droit à une voix, et un


actionnaire a autant de voix qu’il possède d’actions. C’est la règle de la
proportionnalité du vote au nombre d’actions.

L’actionnaire doit pouvoir exercer son droit de vote en toute liberté. Toute
clause ou toute convention qui porte atteinte au libre droit de vote est nulle.

Les résolutions (non pas décisions) votées par l’assemblée font l’objet de procès-
verbaux établi par le secrétaire et signés par lui et les membres du bureau.

41
Sous-section 2 : Les règles particulières aux différentes assemblées

Il existe deux catégories d’assemblées, les assemblées générales qui regroupent


tous les actionnaires sans distinction et les assemblées spéciales qui ne
regroupent que les titulaires d'une catégorie d'actions.

Paragraphe 1 : Les assemblées générales

Elles sont de deux sortes, assemblées générales ordinaires (AGO), et assemblées


générales extraordinaires (AGEO).

A- Les assemblées générales ordinaires


1- Attributions

L’assemblée générale ordinaire est appelée à prendre toutes les décisions qui
n’entraînent pas une modification des statuts.

Dans la pratique on peut retenir deux types d’A.G.O : A.G.O annuelle et l’A.G.O
réunit extraordinairement.

a. A.G.O annuelle
On l’appel annuelle parce qu’elle doit obligatoirement ce réunir une fois par ans
dans les 6 mois de la clôture de l’exercice. Les principales attributions de cette
assemblée sont les suivantes :

● Elle entend le rapport de gestion du conseil d’administration sur l’activité de la


société au cours de l'exercice écoulé
● Elle entend le rapport du commissaire aux comptes sur les comptes de l’exercice.
● Elle approuve les comptes.
● Elle statue sur l’affectation des résultats et en particulier elle fixe les
dividendes à répartir entre les actionnaires.

2- Tenue de l’assemblée générale ordinaire

L’un des soucis majeurs du législateur est de permettre aux actionnaires d’être
suffisamment informés pour permettre un vote éclairé sur la gestion de la
société. C'est pourquoi, la loi prévoit qu’à compter de la convocation et au moins
pendant les 15 jours qui précèdent la date de la réunion, tout actionnaire a le
droit de prendre connaissance au siège social des informations suivantes :
● L'ordre du jour de l'assemblée
● Le texte et l’exposé des motifs, des projets de résolution

42
● La liste des administrateurs et le cas échéant, des renseignements concernant
les candidats au poste d'administrateur.
● L'inventaire et les états de synthèse annuels
● Le rapport de gestion du conseil d'administration
● Le rapport du commissaire aux comptes
● Le projet d’affectation des résultats

L’actionnaire peut obtenir copie de l'ensemble de ces documents.

3- Délibérations

Pour pouvoir délibérer valablement, l’assemblée générale ordinaire doit être


composée d’un nombre d’actionnaires représentant 25 % du capital, si l’assemblée
ne réunit pas ce quorum, une deuxième assemblée est convoquée (dans les mêmes
formes) et peut délibérer quelle que soit la fraction du capital représentée
c’est-à-dire qu’aucun quorum n’est exigé sur une deuxième convocation. (S’il n’y a
qu’une seule personne dans cette deuxième convocation elle peut délibérer)

L’assemblée générale ordinaire prend ses résolutions à la majorité simple c’est-à-


dire la moitié des voix exprimées plus une (50 % + 1).

B- L’assemblée générale extraordinaire


1. Attributions

L’assemblée générale extraordinaire est la seule habilitée à modifier les statuts


dans toutes leurs dispositions. À ce titre, l'assemblée générale extraordinaire
peut exercer les attributions suivantes :

● Modification du capital
● Transfert du siège social
● la modification de l’objet social
● le changement de la dénomination sociale
● le changement de la forme de la société
● Et enfin, la dissolution anticipée ou la prorogation de la durée de la société.

Cependant, le pouvoir de l’assemblée générale extraordinaire n’est pas absolu,


plusieurs limitations ont été apportées à la compétence de l'assemblée générale
extraordinaire :

● Elle ne peut pas augmenter les engagements des actionnaires et en particulier


elle ne peut pas obliger les actionnaires à faire de nouveaux apports.

43
● Elle ne peut pas changer la nationalité de la société.

2. Tenue des A.G.E


L’A.G.E ce tient dans les mêmes conditions que les autres assemblées. Tout
actionnaire à le droit de participer à l’A.G.E quelque soit le nombre d’action qu’il
possède.

3. Délibération A.G.E
Le quorum exigé pour la validité de l’assemblée et la présence d’au moins la
moitié du capital. A défaut une deuxième assemblée est convoquée laquelle ne
peut délibérer que si le ¼ du capital est présent ou représenté. Si ce deuxième
quorum n’est pas atteint la deuxième assemblée peut être renvoyée à une date
antérieure qui ne peut être éloignée de plus de 2 mois. Lors de sa troisième
réunion le quorum du ¼ reste exigible, à défaut A.G.E ne peut plus ce tenir.
Les résolutions d’A.G.E doivent être prises à la majorité des 2/3 des
actionnaires présents ou représentés.

Paragraphe 2 : Les assemblées spéciales

Lorsque dans une société il est créé plusieurs catégories d’actionnaire, les
actionnaires d’une même catégorie se réunissent en assemblée spéciale pour la
défense de leurs intérêts.

Ces intérêts sont liés à l’octroi d’avantages particuliers à certains actionnaires,


c’est le cas pour les actions de priorité, les actions à dividendes prioritaires sans
droit de vote, actions ayant un droit de vote double (action privilégié).

La modification par l'assemblée générale extraordinaire des droits relatifs à une


catégorie d’actions n’est définitive qu’après approbation par l’assemblée spéciale
des actionnaires de cette catégorie. A défaut d’approbation, la modification
restera sans effet.

Les assemblées spéciales délibèrent aux conditions de quorum et de majorité


requises pour les assemblées générales extraordinaire.

Section 2 : Les organes de gestion

La loi a mis en place deux structures de gestion entre lesquelles les actionnaires
peuvent choisir à tout moment, à savoir :

44
● La structure classique du conseil d'administration. Cette formule est dite
moniste parce qu'elle ne comporte qu'un seul organe qui est le conseil
d'administration.
● La structure dualiste ou duale de la société à directoire et conseil de
surveillance. Cette formule se distingue par le fait que la gestion de la société
est bicéphale c'est-à-dire assurée par deux organes le directoire et le conseil de
surveillance.
Sous-section 1 : la société à conseil d'administration

Dans le système classique, la société est administrée par un organe collégial


appelé conseil d’administration composé de plusieurs membres appelé
administrateur, ayant à sa tête un président auquel la loi a conféré des pouvoirs
de direction à moins que les statuts ne confèrent le pouvoir de direction à un
autre organe qui est le directeur général (D.G).

Paragraphe 1 : le conseil d'administration


A- Composition

Le conseil d'administration doit être composé de trois membres au moins et de


12 membres au plus. Toutefois, lorsque la société est cotée en bourse, le nombre
d'administrateurs peut être porté à 15. Entre ce minimum de ce maximum, les
statuts peuvent fixer librement le nombre d'administrateurs.

Le conseil peut être composé de personne physique ou moral. Lorsqu’une personne


morale est nommée administrateur, elle doit désigner un représentant permanent
qui encourt les mêmes responsabilités civiles et pénales que s’il était
administrateur en son nom propre.
B- Modalités de nomination des administrateurs

Les administrateurs peuvent être désignés de trois manières soit dans les
statuts, soit par l’assemblée générale soit par la cooptation.

1. Lors de la constitution de la société, les administrateurs sont nommés dans les


statuts pour une durée maximum de trois ans.
2. Au cours de la vie sociale, les administrateurs sont nommés par l'assemblée
générale ordinaire pour une durée maximum de six ans.
3. Lorsqu’un ou plusieurs sièges d’administrateurs deviennent vacants soit par
démission soit par décès, la loi donne au conseil d’administration le droit de
choisir lui-même les remplaçants en attendant la réunion de l'assemblée générale
ordinaire. En d'autres termes, cette cooptation est faite à titre provisoire, la

45
nomination des remplaçants par le conseil d’administration doit être soumise à la
ratification de la prochaine assemblée générale ordinaire.

En tout état de cause les administrateurs sont indéfiniment rééligibles.

C- Conditions d’accès aux fonctions d’administrateur

Ces conditions sont de deux sortes, il y a les conditions positives c’est-à-dire ce


que l’administrateur doit être et des conditions négatives ce qu’il ne doit pas
être.
1- conditions positives
Elles sont au nombre de trois :

a- Avoir la qualité d’actionnaire

Pour être administrateur d’une société anonyme, il faut être obligatoirement


actionnaire de cette société.

c- Avoir la capacité civile


La qualité de commerçant n’est pas exigée pour exercer les fonctions
d’administrateur.
2- les conditions négatives

Certaines personnes ne peuvent accéder aux fonctions d'administrateur soit


pour des conditions de moralité (déchéance), soit à raison de l’incompatibilité qui
existe entre les fonctions d'administrateur et l'exercice de certaines activités.

a- La déchéance

Certains textes particuliers ne permettent pas aux personnes condamnées pour


certaines infractions et notamment une infraction contre les biens, d’être
administrateur dans certaines sociétés. C’est le cas en particulier pour les
sociétés de banque et les sociétés d’assurances.

En second lieu, les personnes frappées de déchéance commerciale à l’occasion


d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire ne peuvent être
administrateurs d’une société anonyme. La durée de cette déchéance ne doit pas
être inférieure à cinq ans.

46
b- Les incompatibilités

En premier lieu, le statut de la fonction publique interdit aux fonctionnaires


d’administrer à titre personnel une société, sauf lorsqu'ils représentent l’Etat
dans les conseils d'administration des sociétés dans lesquelles l'État est
actionnaire.

En second lieu, un avocat peut être administrateur d'une société mais il ne peut
être ni président ni directeur général.

En troisième lieu, les experts comptables ne peuvent être dirigeants de sociétés


à objet commercial.

D- Cessation des fonctions d’administrateur

Les fonctions d’administrateur peuvent prendre fin pour divers causes:

● L’expiration de la durée du mandat.


● Du décès ou de tout empêchement quelconque tel que l’incapacité ou la longue
maladie
● La survenance d’une déchéance ou d'une incompatibilité
● la démission : un administrateur peut en principe, à tout moment, renoncer à son
mandat sans avoir à donner de justification ou de motif à sa démission. La société
ne peut pas s’opposer à cette démission
● La révocation : un administrateur peut à tout moment être révoqué. En effet,
l’assemblée générale peut à tout moment et sans préavis révoquer un ou plusieurs
administrateurs, alors même que cette révocation n’est pas inscrite à l’ordre du
jour. Cette révocation peut être décidé de manière discrétionnaire on parle alors
de révocation AD NUTUM. L’assemblée n’a pas à motiver ni à justifier sa
décision.
L'administrateur révoqué ne peut pas contester sa révocation, il ne peut prétendre à
aucune indemnité même si sa révocation n’est pas justifiée. Ce pouvoir de révocation
est d’ordre public, il ne peut être ni supprimé ni atténué par les statuts.

Cependant, ce droit de révocation n’est pas absolu. Il est tempéré par la théorie de
l’abus de droit. En effet, l’administrateur révoqué peut demander à la société des
dommages-intérêts si les circonstances dans lesquelles la révocation est intervenue,
sont de nature à porter atteinte à son honorabilité.

47
E- statut des administrateurs
Ce statut concerne :

● droits et obligations des administrateurs


● le cumul avec un contrat de travail
● la rémunération
1- les droits et obligations
a- les droits

Les administrateurs ont un droit d’information et un droit d’investigation. Ces


droits leur permettent d’avoir communication et d’obtenir copie de tous les
documents sociaux sans exception ni réserve. Ils ont accès à tous les locaux de
la société. Le secret des affaires ne peut pas être opposé à un administrateur.

b- Les obligations

Les administrateurs ont l'obligation générale d'accomplir leurs fonctions avec


diligence et bonne foi en particulier, ils doivent :

En premier lieu, assister aux réunions du conseil d'administration

En second lieu, respecter le caractère confidentiel des informations qui leur sont
communiquées.

En troisième lieu, ne pas profiter dans les sociétés cotées en bourse, des
informations privilégiées dont ils disposent, sinon ils se rendent coupable du délit
pénal d’initie.

2- Le cumul avec un contrat de travail

Le principe est qu’un salarié de la société peut être nommé administrateur sans
perdre le bénéfice de son contrat de travail. Autrement dit une personne déjà
salarié de la société peut devenir administrateur mais encore faut il que le
nombre des administrateurs liés à la société par un contrat de travail ne dépasse
pas le 1/3 des membres du conseil. Ainsi si dans une société le président et
l’administrateur D.G sont salariés de la société il faut que le conseil soit composé
d’au moins 6 membres.

Il en résulte en 1er lieu qu’une personne qui est déjà administrateur ne peut pas
devenir salariée de la société et en second lieu le nombre d’administrateur
salarié ne doit pas dépasser le 1/3 du conseil d’administration.

48
c-Rémunération

La fonction d’administrateur doit être exercée à titre gratuit, c’est ce qui ce passe
habituellement dans les P.M.E. Dans les grandes entreprises la fonction d’administrateur
est dans la plupart des cas rémunéré sous plusieurs formes :

● les administrateurs peuvent recevoir des jetons de présences : c’est une somme
fixe annuelle qui est accordée au conseil d’administration par assemblée générale
ordinaire
● Lorsque le conseil confit des missions particulières à certains administrateurs, il
peut leurs accorder une rémunération exceptionnelle.
● Les administrateurs peuvent obtenir le remboursement frais voyage et
déplacement fait dans l’intérêt de la société
● Les administrateurs peuvent percevoir un salaire lorsqu’ils peuvent cumuler leurs
fonctions mandataire sociale avec leur fonction salariale.

F- Fonctionnement du conseil d'administration

1- Réunions du conseil

Le conseil est convoqué par son président qui fixe l'ordre du jour. En cas
d’urgence ou de défaillance du président le conseil peut être convoqué par le
commissaire au compte. La loi est muette sur les modes et les délais de
convocation du conseil. Ce sont les statuts qui fixent les conditions dans
lesquelles le conseil ce réunit.

Le conseil ne délibère valablement que si la moitié au moins de ses membres sont


effectivement présents.

Un administrateur peut donner mandat à un autre administrateur pour le


représenter à une séance du conseil. La loi permet de tenir les séances du conseil
par le système de visioconférence.

Les décisions sont prises à la majorité des administrateurs présents ou


représentés, le vote se fait par tête c’est-à-dire que chaque administrateur a
une voix.

En cas de partage égal des voix, la voix du président est prépondérante c’est-à-
dire qu’elle compte double.

49
Les délibérations du conseil sont constatées dans des procès-verbaux établis par
le secrétaire du conseil et signés par le président et par au moins un autre
administrateur.
2- Pouvoirs du conseil

La loi a conféré au conseil des pouvoirs propres qu'il est le seul à exercer. Ces
pouvoirs sont de deux sortes d'une part il y a des pouvoirs spéciaux et d'autre
part, il y a un pouvoir général d'administration.

a- Les pouvoirs spéciaux

C’est le conseil qui convoque l’assemblée, fixe l’ordre du jour, propose


l’affectation des résultats (bénéfices). La loi lui donne également le pouvoir de
transférer le siège social dans la même préfecture ou province sous réserve de
la ratification de cette décision par la plus prochaine A.G.E.

b- Pouvoir général d’administration

Le conseil d’administration est investi de trois pouvoirs :

● En premier lieu il détermine l’orientation de l’activité de la société et veille à


leurs applications.
● Il peut trancher toutes les questions qui intéressent la bonne marche de la
société et les affaires sociales. Cette compétence générale est donnée au conseil
sous réserve des pouvoirs qui sont attribués expressément aux assemblées
générales et dans la limite de l’objet social
● Le conseil procède au contrôle et vérification qu’il juge nécessaire par les
statuts.
1- Limitations légales

● les décisions du conseil doivent être prises dans le cadre de la réalisation de


l’objet social. Cette limitation n’a d’effet qu’à l’égard des actionnaires. Dans les
rapports avec les tiers, la société est engagée même par les actes du conseil qui
ne relèvent pas de l'objet social à moins que la société ne prouve que le tiers
savait que ces actes dépassaient cet objet.
● les attributions du conseil sont également limitées par les pouvoirs attribués par
la loi aux assemblées, il ne peut donc empiéter sur la compétence des autres
organes. Ainsi, le conseil ne peut prendre aucune décision qui relève de la
compétence des assemblées.

50
2- Limitations statutaires

Les statuts peuvent subordonner à l’autorisation de l’assemblée générale


ordinaire la prise de certaines décisions importantes telles que la vente des
actifs de la société.

Ces clauses de limitation ne sont valables que dans l’ordre interne, mais elles sont
inopposables aux tiers.

3- Les relations financières entre les administrateurs et la société

Les administrateurs doivent se garder de confondre leurs affaires personnelles


avec les affaires de la société. En effet, un dirigeant ou un administrateur peut
se trouver dans la situation où il doit traiter à la fois pour le compte de la
société et pour son propre compte, il peut donc être tenté en passant le contrat
avec lui-même de favoriser ses propres intérêts au détriment des intérêts de la
société. (Le conflit d'intérêts). C’est pourquoi tout interférence doit être
sérieusement contrôlé pour éviter les abus.

C’est pourquoi la loi réglemente minutieusement les conventions passées par les
sociétés et ses dirigeants. Cette réglementation fait apparaître trois sortes de
conventions : les conventions interdites, les conventions autorisées et les
conventions libres.

- Les conventions interdites

La loi interdit aux administrateurs de passer avec la société trois catégories de


conventions :
● Emprunter de l’argent auprès de la société ou de l’unes de ses filiales
● Ce faire consentir par la société un découvert
● Faire cautionner ou avaliser par la société ses propres engagements envers les
tiers

Ces interdictions ne concernent que les administrateurs personnes physiques, les


directeurs généraux, les représentants permanents des personnes morales ainsi
que les conjoints, ascendants et descendants. En revanche, elle ne concerne pas
les administrateurs personnes morales.

Toute contravention à cette interdiction est sanctionnée par la nullité de la


convention. Cette nullité est d’ordre public, elle est opposable à tous et ne peut
être couverte par la confirmation (même si tous les autres donnent leur accord).

51
Sur le plan pénal, la convention interdite peut être qualifiée d’abus de bien social.

- Les conventions autorisées

Doivent être soumises à l'autorisation préalable du conseil d'administration :

En premier lieu, les conventions passées directement entre la société et l’un de


ses administrateurs

En deuxième lieu, les conventions auxquelles un administrateur est indirectement


intéressé ou dans lesquelles il traite avec la société par personne interposée. Par
intérêt indirect on vise le cas où l’administrateur sans être parti à la convention,
en retire un avantage.

En troisième lieu, les conventions passées entre la société et une entreprise dans
laquelle l’un des administrateurs est propriétaire, associé indéfiniment
responsable, gérant, administrateur ou directeur général, membre du directoire
ou membre du conseil de surveillance. Cette catégorie englobe les sociétés qui
ont des dirigeants communs.

La procédure d'autorisation ce déroule de la manière suivante :

Le conseil saisi par l’administrateur concerné, doit ce prononcé par un vote


auquel il ne peut pas prendre part. Lorsque la convention est autorisée le
président du conseil communique la convention au commissaire au compte qui doit
faire un rapport spécial à la prochaine A.G.O. L’assemblée sera appelée à
approuver la convention autorisée

- Les conventions libres

Ne sont pas soumises à autorisation, les conventions passées entre la société et


ses dirigeants lorsqu’elles portent sur les opérations courantes conclues à des
conditions normales. Par opérations courantes il faut entendre celles effectuées
par la société d’une manière habituelle dans le cadre de l’objet social, par
exemple la vente de produits fabriqués par la société. Sont normales, les
conditions ordinaires appliquées par la société notamment au niveau du prix, des
conditions du crédit et des obligations réciproques des parties.

52
G- responsabilité des administrateurs

Vu les pouvoirs important conférés par la loi aux administrateurs, c’es derniers
encontre une double responsabilité, civile et pénale.

1. Responsabilité civile
Un administrateur à l’obligation d’accomplir sa mission avec prudence et diligence
et dans le respect des dispositions légales et statutaires. Il s’agit d’une
obligation de moyen qui est fondé sur la faute conformément aux articles 77 et
78 du D.O.C. On doit distinguer la responsabilité simple, lorsque la société est in
bonis, et la responsabilité aggravée, lorsque la société fait l’objet d’une
procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.

a- Responsabilité simple

La responsabilité des administrateurs peut être recherchée dans trois séries de


cas :

En premier lieu, en cas d’infraction aux dispositions légales applicables aux


sociétés anonymes (loi n°17-95). C'est le cas lorsqu'il y a violation des règles
relatives au fonctionnement du conseil d'administration ou à la tenue des
assemblées.

En second lieu, violation des statuts c'est le cas lorsque les administrateurs ne
respectent pas la limitation des pouvoirs ou lorsqu'ils concluent une opération qui
dépasse l’objet social.

En troisième lieu, en cas de faute de gestion, la faute s'apprécie par rapport au


comportement d’un dirigeant diligent, prudent placé dans les mêmes
circonstances. Autrement dit, le juge va apprécier le comportement du dirigeant
in abstracto (dans l'abstrait) en tenant compte de la situation et des
circonstances dans lesquelles s’est trouvé le dirigeant incriminé.

La mauvaise foi est toujours considérée comme une faute, la bonne foi n'exonère
pas un dirigeant de sa responsabilité, il en est de même de l'inexpérience. Dans
la plupart des cas, la responsabilité des dirigeants résulte de l'imprudence, de la
négligence ou de l'abstention.

La responsabilité des administrateurs peut être engagée tant à l'égard de la


société qu'à l'égard des tiers (responsabilité contractuelle découlant du mandat
liant la société à l'administrateur). Elle peut être individuelle ou solidaire. Elle

53
est individuelle lorsqu'on peut imputer la faute à un administrateur sans que les
autres soient impliqués, elle est solidaire lorsque les décisions incriminées ont
été prises collectivement sans qu'on arrive à déterminer la part de
responsabilité de chacun.

La mise en cause de la responsabilité des administrateurs peut donner lieu à


l'exercice de trois actions :

En premier lieu, l'action sociale : cette action est exercée par la société pour
obtenir la réparation du préjudice qu'elle a subi du fait des agissements fautifs
de ses administrateurs. C’est le cas lorsque la gestion de la société lui a causée
des pertes importantes ou lorsque par suite de négligence des administrateurs la
société a fait l’objet d’un redressement fiscal.

En second lieu, l'action sociale ut singuli : les actionnaires peuvent agir à titre
individuel (d'où ut singuli), pour poursuivre à leurs frais, la réparation du
préjudice subi par la société.

Cette action peut être exercée par tout actionnaire même s'il n'est propriétaire
que d'une seule action. Si l'action ut singuli aboutit à la condamnation des
administrateurs, les dommages-intérêts seront versés à la société et non à
l'actionnaire demandeur.

Seulement, il est rare de trouver un actionnaire qui se dévoue pour soutenir à


ses frais, un procès contre les administrateurs.

En troisième lieu, l'action individuelle : lorsque les agissements des


administrateurs n’ont porté préjudice qu’à un seul actionnaire, celui-ci a la
possibilité d'exercer une action individuelle en responsabilité, mais encore faut-
il que le préjudice doit être strictement personnel à l'actionnaire demandeur.

C'est le cas lorsqu'un actionnaire s'est vu refuser la communication de


documents sociaux à laquelle il a droit ou, autres cas, lorsqu'il s'est vu refuser
l’accès à une assemblée générale ou qu’il n'a pas perçu sa part de dividendes par
la faute d'un administrateur.

b- Responsabilité aggravée

Cette responsabilité est régie par le code de commerce (loi n° 17-95), elle
intervient lorsque la société fait l'objet d'une procédure de règlement ou de

54
liquidation judiciaire afin de sanctionner le comportement des administrateurs
qui ont à provoqué la faillite de la société, trois sanctions sont prévues :

En premier lieu, lorsque le règlement ou la liquidation judiciaire fait apparaître


une insuffisance d'actif, le tribunal peut en cas de faute de gestion ayant
contribué à cette insuffisance d'actif, décider de faire supporter cette
insuffisance en partie ou en totalité avec ou sans solidarité, par tous les
dirigeants ou par certains d'entre eux.

À cet effet, les créanciers sociaux peuvent exercer contre les administrateurs
une action en comblement du passif.

Seconde sanction, le règlement ou liquidation judiciaire peuvent être étendue


aux dirigeants dans sept cas énumérés à l'article 706 du code de commerce en
particulier en cas d'abus de biens sociaux, en cas de tenue d'une comptabilité
incomplète ou irrégulière ou en cas de dissimulation de l'actif ou gonflement du
passif. Cette extension de la faillite aux dirigeants aboutit comme dans le cas
précédent, à mettre en règlement ou en liquidation judiciaire, des non
commerçants.
Troisième sanction, lorsque l'un des dirigeants se trouve dans l'un des sept cas
précités, le tribunal peut prononcer sa déchéance commerciale qui emporte
interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler une société commerciale
pendant au moins cinq ans.

2- Responsabilité pénale

La loi 17-95 a prévu un certains nombres d’infractions susceptibles d’être


commises par les administrateurs. Les infractions les plus graves sont : la
distribution de dividende fictive ; l’abus de bien, de pouvoir, de crédit ou de
voix ; la publication ou présentation des états de synthèses qui ne donnent pas
une image fidèle de la situation financière de la société. Ces infractions sont
punies d’un emprisonnement de 1 à 6mois et une amende de 100 mille à 1 million
de DHS.
Paragraphe 2 : Le président
Le conseil d’administration a à sa tête un président

A- Statut juridique du président


1- Nomination

Le président est nommé par le conseil d'administration, il doit être


obligatoirement une personne physique à peine de nullité de la nomination. Il est

55
élu parmi les membres du conseil pour une durée qui ne peut pas excéder la
durée de son mandat d’administrateur. Le président est indéfiniment rééligible.

2- Révocation

Le président est libre de démissionner à tout moment. Le conseil de son côté


peut révoquer le président à tout moment.

c- Rémunération

La rémunération du président est fixée par le conseil. En outre il perçoit sa part


dans les jetons de présence. Il peut cumuler ses fonctions de président avec des
fonctions salariales.

2- Attributions du président

● Le président représente le conseil d’administration


● Il organise et dirige les travaux du conseil
● Il fixe l’ordre du jour du conseil
● Il veille au bon fonctionnement des organes de la société

Paragraphe 3 : Le directeur général

La loi donne au statut la liberté de prévoir deux modalités d’exercices de la


direction générale de la société. D’une part le système dit associé, dans lequel le
président du conseil est en même temps le directeur général avec le titre de
P.D.G. D’autre part le système dit dissocier dans lequel le conseil nomme une
autre personne pour exercer la direction générale avec le titre de D.G. il
appartient au conseil d’administration de choisir entre les deux modalités. Dans
le silence des statuts la direction générale est assurée de plein droit par le
président. Autrement dit le système associé est le régime de droit commun sauf
si les statuts prévoient les deux modalités. Le D.G exerce deux fonctions
essentielles :

● Il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au
nom de la société. Les pouvoirs du D.G doivent être exercés dans la limite de
l’objet social et dans le respect des attributions dévolues aux autres organes de
la société
● Le D.G représente la société vis-à-vis des tiers. Ce pouvoir de représentation lui
permet d’agir au nom de la société en toutes circonstances. Ainsi c’est lui qui
signe les contrats, chèques, représente la société e justice.

56
Les attributions du D.G et ses pouvoirs peuvent être trop lourd à exercer dans
les grandes sociétés. C’est pourquoi la loi permet au C.A sur proposition du D.G
de donner mandat à une ou plusieurs personnes physiques pour assister le D.G
avec le titre de directeur général délégué (D.G.D). La nomination d’un ou
plusieurs D.G.D est purement facultative. Elle nécessite l’intervention de deux
organes : le D.G qui propose et le conseil qui nomme. A l’égard de la société le
D.G.D n’a pas de pouvoir propre, il n’a que les pouvoirs que le conseil lui délègue. A
l’égard des tiers le D.G.D dispose des mêmes pouvoirs que le D.G.
Sous-section 2 : La société à directoire et conseil de surveillance

Dans cette formule, la gestion de la société est assurée par deux organes : le
directoire et le conseil de surveillance.
Paragraphe 1 : le directoire
A- composition

Le directoire est composé de plusieurs membres dans le minimum est deux et le


maximum de cinq, sauf pour les sociétés cotées en Bourse où ce nombre peut
être porté à sept. Cependant dans les sociétés dont le capital est inférieur à
1 500 000 dirhams, la loi permet de confier à une seule personne les fonctions du
directoire avec le titre du directeur général unique.

B- Statut juridique des membres du directoire


1- Nomination

Les membres du directoire sont nommés par le conseil de surveillance, qui nomme
également le président du directoire. Ils doivent être obligatoirement des
personnes physiques à peine de nullité de leur nomination. Ils n'ont pas besoin
d'avoir la qualité d'actionnaire, ils peuvent être salariés de la société.

Un membre du directoire ne peut pas être en même temps membre du conseil de


surveillance.

Les statuts sont libres de déterminer la durée du mandat du directoire dans une
limite comprise entre deux et six ans.

2- Révocation

C’est l’assemblée qui est habilitée à révoquer les membres du directoire sur
proposition du conseil de surveillance. Cette révocation ne peut intervenir que si
elle est fondée sur un juste motif. Dans le cas contraire le membre révoqué est

57
en droit de réclamer des D.I. Cette règle a été instituée pour assurer
l’indépendance et la stabilité de leur fonction.

C- Organisation et fonctionnement du directoire

La loi est muette sur cette question, elle a laissé aux statuts la liberté de fixer
les règles de tenue et de délibération du directoire.

La seule exigence légale est que le directoire doit avoir un président (comme
dans tous les organes collégiaux), et que ce président est nommé par le conseil
de surveillance.

D- Attributions du directoire

Le directoire est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes
circonstances au nom de la société au même titre que le conseil d'administration
et avec les mêmes limitations qui sont l'objet social dans l'ordre interne, et le
respect des attributions dévolues aux autres organes.

La loi a conféré au président du directoire le pouvoir de représenter la société


dans ses rapports avec les tiers

Paragraphe 2 : le conseil de surveillance


A- statut juridique des membres du conseil de surveillance

Le conseil de surveillance est composé de trois membres au moins et de 12


membres au plus.

Les membres du conseil de surveillance sont nommés au départ dans les statuts
et au cours de la vie sociale par l'assemblée générale ordinaire,. La durée de
leurs fonctions ne peut pas excéder six ans, ils peuvent être révoqués à tout
moment par les assemblées, ils sont rémunérés dans les mêmes conditions que les
administrateurs.

Ils ne peuvent être salariés de la société. Ils ne peuvent pas faire partie du
directoire.
B- Organisation et fonctionnement

Le conseil de surveillance doit nommer un président et un vice-président qui ont


pour mission de convoquer le conseil, de fixer son ordre du jour et de diriger les

58
débats. Ils doivent être tous deux des personnes physiques. Pour le reste le C.S
est organisé et fonctionne sur le modèle du conseil d’administration

C- Attributions

Le conseil de surveillance a des attributions générales et des attributions


particulières.
1- Attributions générales

Le conseil de surveillance exerce le contrôle permanent de la gestion de la


société par le directoire, ce contrôle porte sur la régularité des comptes, sur la
régularité de la gestion par rapport aux dispositions légales et statutaires, et
sur l'opportunité de la gestion du directoire.

Pour effectuer ce contrôle, le conseil de surveillance dispose des prérogatives


suivantes :

- Moyens d'investigation :

Le conseil de surveillance peut à toute époque de l'année, procéder aux


vérifications et contrôles qu’il juge opportuns et peut se faire communiquer tout
document qu'il estime nécessaire à l'accomplissement de sa mission.

- Droit de communication

Ce droit comporte plusieurs aspects :

En premier lieu, les membres du conseil de surveillance peuvent à tout moment


prendre connaissance de toutes les informations et renseignements relatifs à la
vie sociale.

En second lieu, le conseil de surveillance doit recevoir une fois par trimestre au
moins un rapport du directoire sur la marche des affaires sociales.

En troisième lieu, dans les trois mois qui suivent la clôture de chaque exercice, le
directoire présente au conseil de surveillance tous les documents qui seront
soumis à l'approbation de l’assemblée générale ordinaire.

En quatrième lieu, le conseil de surveillance reçoit du commissaire aux comptes


un rapport sur les contrôles qu'il a effectué.

59
Sur la base des investigations qu'il a effectuées et des communications qu'il
reçoit, il présente à l'assemblée générale ordinaire ses observations écrites sur
le rapport de gestion du directoire et sur les comptes de l'exercice.

2- Attributions particulières

Certaines opérations ne peuvent être conclues par le directoire qu’avec


autorisation du C.S. il s’agit de la cession d’immeuble par nature, cession totale
ou partielle de participation, la constitution de sureté (hypothèque et
nantissement) ainsi que les cautions et avales. L’absence d’autorisation est
inopposable au tiers sauf si le tiers est de mauvaise fois.

En définitive la formule dualiste alourdit considérablement le fonctionnement de


la société. Elle peut aboutir à créer des tensions entre les deux organes. C’est
pourquoi la formule moniste reste la plus utilisé dans la pratique. La société peut
à tout moment passer d’une formule à une autre sous réserve d’une modification
des statuts par une A.G.E.

Section 3 : les organes de contrôle

Le contrôle de la gestion des sociétés anonymes est exercé essentiellement par


les commissaires aux comptes. Toutefois, d'autres organes sont susceptibles
d'intervenir dans son contrôle. Il s’agit du conseil déontologique de valeurs
mobilières (CDDM) pour les sociétés faisant A.P.E. Il en est de même de l’expert
de minorité qui est désigné par le tribunal à la requête des actionnaires
minoritaires pour faire un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestions.

Sous-section 1 : Statut juridique du commissaire aux comptes


Paragraphe 1 : Nomination

Le commissaire aux comptes est un organe légal de la société anonyme en


conséquence de cette légalité, toute société anonyme doit désigner au moins un
commissaire aux comptes. Toutefois, les sociétés qui font appel public à
l'épargne (cotées en Bourse) ainsi que les sociétés de banque, de crédit,
d'investissement, d'assurance, de capitalisation et d'épargne sont tenues d'avoir
deux commissaires aux comptes. (Toutes les sociétés qui ont un rapport avec la
collecte de l'argent sont soumises au contrôle de deux commissaires aux
comptes).

Les fonctions de commissaire aux comptes ne peuvent être exercées que par les
experts comptables inscrits au tableau de l'ordre.

60
Les premiers commissaires aux comptes sont nommés dans les statuts pour un
seul exercice. Au cours de la vie sociale, ils sont nommés par l'assemblée
générale ordinaire pour trois ans. Dans tous les cas, les commissaires aux
comptes sont indéfiniment rééligibles.

Les délibérations de l'assemblée générale prises à défaut de nomination des


commissaires aux comptes sont nulles.

Paragraphe 2 : les incompatibilités

La loi a établi un régime d’incompatibilités qui limite le libre choix des


commissaires aux comptes, il s'agit d'assurer l'indépendance des commissaires
aux comptes et d'empêcher qu’il existe entre eux et la société des relations
étroites.

Quatre catégories de personnes ne peuvent être désignées commissaires aux


comptes :

● Les fondateurs, les apporteurs en nature, les bénéficiaires d'avantages


particuliers ainsi que les administrateurs, les membres du conseil de surveillance,
les membres du directoire de la société ou de l'une de ses filiales.
● Les conjoints, les ascendants et descendants jusqu'au deuxième degré
inclusivement des personnes de la première catégorie.
● Ceux qui reçoivent de la société, ou de ses filiales, une rémunération pour des
fonctions autres que celles de C.A.C. Autrement dit une personne qui fournit des
prestations comptables, financières ou juridiques ne peut pas être en même
temps C.A.C de la même société.
● Les sociétés d'experts comptables dont l'un des associés se trouve dans l'une
des trois catégories précédentes. Ainsi que l’expert comptable associé dans une
société d’experts comptables lorsque celle-ci ce trouve dans l’une des trois
catégories

L'analyse de ces incompatibilités montre que la loi veut éviter que le contrôleur
et le contrôlé soient confondus dans la même personne et d'autre part, que le
contrôleur soit sous la dépendance du contrôlé.

Si l'une de ces incompatibilités survient au cours de l'exercice de sa mission, le


commissaire aux comptes doit cesser immédiatement d’exercer ses fonctions et
en informer les dirigeants au plus tard dans les 15 jours après la survenance de
l'incompatibilité.

61
Les délibérations prises sur le rapport d'un commissaire aux comptes nommé ou
demeuré en fonction alors qu'il est sous le coup d'une incompatibilité sont nulles.

En outre, les incompatibilités sont sanctionnées pénalement par un


emprisonnement de un à six mois et par l’amende de 8000 à 40 000 dirhams.

Paragraphe 3 : la cessation des fonctions du commissaire aux comptes

Les fonctions de commissaire aux comptes peuvent prendre fin en cas de


survenance de l'un des quatre événements suivants :

● L’expiration normale de la durée de la mission : Dans ce cas, s'il est proposé à


l'assemblée de ne pas renouveler la mission du commissaire aux comptes, ce
dernier peut demander à être entendu par l'assemblée pour s'expliquer sur les
motifs qui ont amené les dirigeants à ne pas proposer son renouvellement.
● La démission : Le commissaire aux comptes peut démissionner de ses fonctions à
tout moment sans avoir à motiver sa décision, à condition toutefois de ne pas le
faire à contretemps ou dans l'intention de nuire à la société.
● La récusation : Lorsqu'il existe des motifs légitimes de suspecter la compétence,
l'honorabilité ou l'impartialité du commissaire aux comptes désigné par
l'assemblée, la loi permet à un ou plusieurs actionnaires représentant au moins 5
% du capital de demander au président du tribunal sa récusation et son
remplacement par un autre commissaire. Le tribunal avant de prononcer la
récusation doit s'assurer de la justesse des motifs invoqués par les minoritaires.
La demande en récusation doit à peine d'irrecevabilité être motivée et présentée
dans un délai de 30 jours à compter de la désignation contestée. Si le tribunal
fait droit à cette demande, le C.A.C récusé demeure en fonction jusqu’à la
nomination par l’assemblée d’un autre C.A.C
● La révocation : Le pouvoir de révocation appartient à l'autorité judiciaire.
L’assemblée générale qui a nommé le commissaire au compte ne peut pas le
révoquer. Cette règle se justifie par le souci du législateur d'assurer
l'indépendance du commissaire aux comptes et de ne pas le laisser à la merci des
actionnaires. Elle démontre que le commissaire aux comptes n'est pas un simple
mandataire des actionnaires.
La révocation peut être demandée par le conseil d'administration ou C.S, par un
ou plusieurs actionnaires représentant au moins 5 % du capital ou par
l'assemblée. Cette demande est présentée au président du tribunal avant
l'expiration normale des fonctions du commissaire aux comptes.

62
Le tribunal ne peut prononcer la révocation que dans deux cas : en cas de faute
ou en cas d'empêchement pour quelle que cause que ce soit.

Par faute, il faut entendre l'inexécution ou la mauvaise exécution par le


commissaire aux comptes de sa mission.

L'empêchement peut être juridique ou physique, il est juridique lorsqu'il résulte


d'une incompatibilité, il est physique lorsqu'il résulte d'une maladie prolongée.

Sous-section 2 : le rôle du commissaire aux comptes

La mission essentielle du commissaire aux comptes est d'exercer un contrôle


permanent sur la situation comptable et financière de la société. C’est le rôle
traditionnel du C.A.C. Le code de commerce lui assigne une autre mission qui est
celle d’alerter les dirigeants chaque fois que la situation de la société devient
critique

Paragraphe 1 : le rôle traditionnel du commissaire aux comptes


Il s'agit du contrôle des comptes et de la mission d'information.

A- Le contrôle des comptes


1- L'étendue du contrôle

Le commissaire aux comptes est le réviseur légal de la société, il est investi à la


mission de vérifier :

En premier lieu, les valeurs, les livres et les documents comptables de la société.

En second lieu, la conformité de la comptabilité aux règles en vigueur.

En troisième lieu, la sincérité de la concordance avec les états de synthèse des


informations données dans le rapport de gestion et dans les documents adressés
aux actionnaires sur le patrimoine de la société, sa situation financière et ses
résultats.

Dans l'exercice de ce pouvoir de contrôle, le commissaire aux comptes n'a pas à


refaire toute la comptabilité, il lui suffit de procéder par sondage.

À cet effet, il peut se faire communiquer sur place les pièces qu'il estime utiles
à l'exercice de sa mission et notamment les contrats, les livres, les documents et
les registres de procès-verbaux.

63
Il peut se faire assister ou représenter par des experts ou collaborateurs de
son choix.

Lorsque la société contrôlée fait partie d'un groupe de sociétés, la mission du


commissaire aux comptes est étendue aux sociétés mères et aux filiales.

2- Caractères de la mission

En premier lieu, c'est une mission générale c'est-à-dire que le commissaire aux
comptes opère toutes les vérifications et tous les contrôles qu’il juge opportuns.

En second lieu, c’est une mission permanente qui n'est pas limitée dans le temps,
elle peut être exercée à toute époque de l'année.

En troisième lieu, le commissaire aux comptes ne doit pas s'immiscer dans la


gestion de la société, c'est-à-dire qu'il ne doit pas s'ériger en juge de
l'opportunité des actes et des opérations accomplies par les dirigeants, il doit
seulement vérifier leur régularité.

B- La mission d'information

Le commissaire aux comptes ne peut remplir cette mission que s'il est lui-même
informé, c'est pourquoi la loi lui reconnaît un droit d'information très étendu.

En premier lieu, il doit être convoqué à toutes les assemblées générales.

En second lieu, il doit être convoqué aux réunions du conseil d'administration ou


directoire qui arrête les comptes annuels.

En troisième lieu, les états de synthèse annuels et le rapport de gestion doivent


être tenus à sa disposition 60 jours au moins avant la réunion de l'assemblée
générale ordinaire.

Le devoir d'information du commissaire aux comptes concerne à la fois les


dirigeants et les actionnaires.

1- l'information des organes de gestion (les dirigeants)

Il doit porter à la connaissance des dirigeants aussi souvent que nécessaire, le


contrôle des vérifications qu'il a effectuées, les modifications qui lui paraissent
devoir être apportées aux états de synthèse, les irrégularités et les

64
inexactitudes qu'il aurait découvertes ainsi que les faits délictueux dont il a eu
connaissance à l'occasion de l'exercice de sa mission.

2- L'information des actionnaires

Le commissaire aux comptes doit présenter chaque année à l'assemblée générale


ordinaire un rapport général dans lequel :

● Il rend compte de l'exécution de sa mission.


● Il mentionne s’il y a lieu, l'acquisition de la société filiale et la prise de contrôle
ou de participation dans une autre société.
● Il prend position sur la certification des comptes. À cet égard, il peut adopter
trois attitudes :
En premier lieu, soit il certifie que les états de synthèse sont réguliers et sincères et
donnent une image fidèle du résultat de l'exercice écoulé (bénéfices, pertes), ainsi que
de la situation financière et du patrimoine de la société.

En second lieu, il assortit la certification de réserves.

En troisième lieu, il refuse de certifier les comptes lorsqu'il a constaté de graves


irrégularités. Les réserves et refus de certification doivent être certifiés.

Au-delà de ses missions de contrôles et d’informations, le C.A.C peut convoquer le C.A en


cas d’urgence ou si il y’a défaillance du président. Il également convoquer l’A.G.O en cas
de défaillance du C.A ou C.S. il doit s’assurer que l’égalité entre actionnaires a été
respecté en particulier en cas de droit de vote et répartition de dividende.

Paragraphe 2 : le devoir d'alerte

Le code de commerce a mis à la charge du commissaire aux comptes l'obligation


d'informer les dirigeants des faits de nature à compromettre la continuité de
l'exploitation et ce dans un délai de huit jours à compter de la découverte de ces
faits.

L’alerte doit être déclenchée par lettre recommandée avec accusé de réception
et doit comporter l'invitation faite aux dirigeants de redresser la situation.

Chapitre 3 : les titres émis par la société anonyme (les valeurs mobilières)

La société anonyme peut émettre trois sortes de titres : les actions, les
obligations et les certificats d'investissement. Ces titres sont appelés valeurs
mobilières.

65
Paragraphe 1 : les actions
A- Caractères des actions

L'action est un titre négociable qui représente une fraction du capital d'une
société anonyme. En d'autres termes, le capital d'une société anonyme est divisé
en actions, ces actions sont créées soit au moment de la constitution de la
société, soit au cours de la vie sociale lors de l'augmentation de capital.

L'action se distingue par les caractères suivants :

● Responsabilité des actionnaires est limitée au montant de leurs apports. A ce


titre la S.A est une société à responsabilité limitée
● Les actions sont des titres négociables : c’est-à-dire qui peuvent être cédés
selon les techniques du droit commercial, à savoir le transfert pour les actions
nominatives et la tradition pour les titres au porteur. Toutefois la loi permet
d’introduire une dose d’intuitu persona dans la S.A et ceux en donnant la
possibilité d’insérer dans les statuts une clause d’agreement. Un tiers ne peut
devenir actionnaire que s’il est agrée par les organes de la société. Cette
possibilité est cependant entourée de deux limites :
D’une part elle ne s’applique pas à la cession entre actionnaire, conjoint et
succession.

D’autre part en cas de refus d’agrément la société est obligée d’acheter ou de faire
acheter les actions de l’actionnaire qui veut quitter la société. En d’autre terme un
actionnaire ne peut jamais rester prisonnier de ses titres lorsqu’il a trouvé un
acquéreur. La clause d’agrément ne s’applique qu’aux actions nominatives. Les actions au
porteur peuvent être cédées sans aucune restriction.

B- Classification des actions

Les actions se distinguent par leur forme, leur nature et par l'étendue des droits
qu’elles confèrent.

1- Classification fondée sur la forme des actions

On distingue les actions nominatives et les actions au porteur.

Les premières sont celles qui portent le nom de leur titulaire, ce nom est
également inscrit dans les registres de la société de sorte que la société connaît
le nom de tous les actionnaires qui sont détenteurs de ses actions.

66
Les actions au porteur ne mentionnent pas le nom de leur propriétaire, elles sont
simplement identifiées par un numéro, leur raison d’être est d’assurer l’anonymat
de leur détenteur.

La forme des actions détermine leur mode de transmission (on ne cède pas les
actions nominatives comme on cède les actions au porteur).
La transmission des actions nominatives se fait par la procédure du transfert,
l’actionnaire cédant signe au profit du cessionnaire un acte de transfert qui est
remis à la société pour qu’il soit inscrit sur un registre spécial appelé registre
des transferts.

Ce n’est qu’à partir de l’inscription sur ce registre que la cession devient


opposable à la société et aux tiers.

Lorsque les actions sont au porteur, la transmission se fait instantanément par


simple tradition c'est à dire par la remise du titre de la main à la main.

2- Classification fondée sur la nature des actions

Cette classification comprend les actions de numéraire et les actions d'apports,


les actions de capital et les actions de jouissance et enfin les actions de capital
et les actions de travail.

a- actions de numéraire et actions d'apports

Les actions de numéraire sont remises aux actionnaires qui ont fait un apport en
argent. Elles doivent être libérées du quart au moins de leur montant lors de la
constitution de la société, elles doivent demeurer nominatives jusqu'à leur
entière libération. (N.P pour qu'on sache la personne qui doit payer).

Les actions d'apports sont attribuées en contrepartie d'apports en nature, ces


actions sont entièrement libérées au départ, elles doivent rester nominatives
pendant les deux ans qui suivent l'immatriculation de la société au registre du
commerce.
b- actions de capital actions de jouissance

Les actions de capital représentent une fraction du capital social, ce sont des
actions ordinaires. (Voir notes cours 22)

Les actions de jouissance sont des titres remis aux actionnaires auxquels la
société a remboursé par anticipation la valeur nominale de leurs actions. En

67
principe, les associés ne peuvent demander le remboursement de leurs apports
qu’après la dissolution de la société.

Mais lorsque la société réalise des bénéfices, constitue des réserves


importantes et se trouve dans une situation prospère, elle peut décider au moyen
de ses réserves rembourser aux actionnaires en totalité ou en partie le montant
de leurs apports.

Cette opération n'entraîne pas une réduction du capital qui demeure le gage
exclusif des créanciers. Les actionnaires qui ont été intégralement remboursés,
reçoivent des actions de jouissance qui confèrent à leur titulaire les mêmes
droits que les actions ordinaires à l'exception du remboursement de la valeur des
actions.
c- actions de capital et actions de travail

Un dahir du 12 novembre 1945 a introduit au Maroc les sociétés anonymes à


participation ouvrière (SAPO). Dans ces sociétés, existent deux catégories
d'actions d'une part les actions de capital attribuées en contrepartie d'apports
en numéraire ou en nature, et d'autre part (c’est l’intérêt de la distinction), des
actions de travail qui sont remises gratuitement en rémunération du travail
fourni par l'ensemble du personnel salarié constitué en société coopérative de
main-d'œuvre.

Ces actions de travail sont nominatives et inaliénables, elles sont la propriété


collective de tous les salariés attachés à l'entreprise depuis au moins un an. Les
membres de la société coopérative (salariés) élisent leurs mandataires
(représentants) qui vont participer aux assemblées générales d'actionnaires et
pourront siéger au conseil d'administration.

3- classification fondée sur l'étendue des droits attribués aux actions

En principe, les actions jouissent des mêmes droits et le statut juridique des
actionnaires est dominé par la règle de l’égalité. Toutefois, la loi a permis
d'accorder ou d’octroyer à certains actionnaires des avantages particuliers en
les autorisant à créer en premier lieu des actions de priorité, en second lieu des
actions à vote double et en troisième lieu des actions à dividendes prioritaires
sans droit de vote.

68
a- les actions de priorité (déroge au principe de l'égalité)

On les appelle également des actions de préférence ou des actions privilégiées.


Ces actions établissent une inégalité entre les actionnaires au niveau de la
répartition des bénéfices. Ces actions peuvent conférer à leur porteur soit un
supplément de bénéfices soit un droit de préférence pour le paiement des
bénéfices. Elles peuvent également conférer un droit d’antériorité pour le
remboursement des apports.

La loi a permis la création des actions de priorité pour permettre aux sociétés
qui ont des difficultés financières d'attirer de nouveaux actionnaires qui vont
apporter de l'argent frais à la société en leur conférant certains privilèges.

b- les actions à vote double

Le principe est que chaque action donne droit à une voix c'est la règle de la
proportionnalité des voix au nombre d'actions.

La loi permet l'attribution d'un droit de vote double à deux conditions :

1/ il faut que l'action sont entièrement libérée


2/ il faut que cette action soit inscrite au nom du même actionnaire pendant au
moins deux ans.

Le but de cette opération peut être double, d'une part on peut chercher à
attacher les actionnaires à la société en les récompensant par une sorte de
prime de fidélité.

D'autre part, le vote double peut être utilisé comme une stratégie de défense
pour éviter toute prise de contrôle inamicale (agressive) de la société.

Le droit de vote double cesse dans deux cas :

En premier lieu, lorsque les actions qui bénéficient de ce droit sont cédées à un
tiers. En second lieu, lorsque le titulaire demande la conversion de ses actions
nominatives en actions au porteur.

L'attribution d'un droit de vote double ne peut résulter que d'une disposition
des statuts ou d'une décision de l'assemblée générale extraordinaire.

69
c- les actions à dividendes prioritaires sans droit de vote

Il s'agit d’accorder à certains actionnaires la priorité pour le versement de


dividendes moyennant la privation du droit de vote.

Il faut pour la création de cette catégorie d'actions, la réunion de trois


conditions :

En premier lieu, la société émettrice doit avoir réalisé des bénéfices


distribuables au cours des deux derniers exercices.

En second lieu, ces actions ne doivent pas représenter plus de 25 % du capital.

En troisième lieu, ces actions ne peuvent pas être attribuées aux dirigeants
sociaux, à leurs conjoints et à leurs enfants mineurs.

Les dividendes prioritaires ne peuvent pas être inférieurs à 7.5 % du montant de


l’action. Si le résultat de l'exercice ne permet pas de verser des dividendes
prioritaires, celui-ci (ce dividende prioritaire) est reporté sur l'exercice suivant.

À défaut de paiement de l'intégralité du dividende prioritaire sur trois


exercices, les titulaires recouvrent le droit de vote.

C- droits et obligations des actionnaires

Les droits attachés aux actions sont de deux sortes, des droits patrimoniaux ou
droits pécuniaires, et à l'inverse, des droits extrapatrimoniaux ou droits
politiques.
1- droits patrimoniaux
a- le droit aux dividendes

Le dividende est la part proportionnelle qui revient à l'actionnaire dans les


bénéfices distribués par la société. C'est un revenu à la fois aléatoire et
variable, aléatoire dans la mesure où la société doit avoir réalisé des bénéfices, il
est variable parce qu'il dépend de l'importance des bénéfices réalisés par la
société.

Si la société décide de ne pas distribuer les bénéfices pour constituer des


réserves, l'actionnaire a un droit sur ces réserves.

70
b- le droit au remboursement du montant des apports

Ce droit ne peut être exercé qu'après la dissolution de la société.

c- le droit au boni de liquidation

Lorsque après les opérations de liquidation et après acquittement de l'intégralité


du passif y compris le remboursement des apports, il reste un excédent d'actif,
le boni de liquidation, l'actionnaire a droit à une part proportionnelle dans ce boni
de liquidation.

d- le droit de négociation des actions


Sous réserve des restrictions légales ou statutaires.

e- le droit préférentiel de souscription

Les actionnaires ont un droit de préférence à la souscription des actions


nouvelles émises à l'occasion d'une augmentation du capital en numéraire et ce
proportionnellement au nombre d'actions qu'ils détiennent.

2 droits extra patrimoniaux


a- le droit de participation et de vote aux assemblées générales

Ce droit permet à l'actionnaire d'intervenir dans le fonctionnement de la


société, de contrôler la marche des affaires et de nommer les organes de
gestion et de contrôle de la société.

b- le droit d'information

Qui permet à l'actionnaire d'exercer son droit de vote en toute connaissance de


cause.
c- le droit d'éligibilité aux fonctions d'administrateur

En contrepartie de ces droits, l'actionnaire n'a qu'une seule obligation, c'est


d'effectuer un apport ; lorsque l'apport est en numéraire, de le libérer
intégralement. Lorsque les actions ne sont pas entièrement libérées,
l'actionnaire qui cède ses actions est tenu solidairement avec le cessionnaire du
versement de la partie non libérée c’est pourquoi la loi exige que les actions non
libérées doivent rester nominatives jusqu'à leur entière libération.

71
Cette responsabilité du cédant se prescrit par deux ans à compter de la date de
la cession.
Para 2 : les obligations

L'obligation est un titre négociable qui représente une fraction de la dette de la


société. Alors que l'actionnaire est un associé, l'obligataire est un simple
créancier de la société. L'action est un titre de capital, l'obligation est un titre
de créance.

L'émission d'obligations est un mode de financement à long terme des


entreprises, elle présente un double avantage :

D'abord pour la société émettrice, cette technique lui permet de recourir à


l'emprunt sans avoir à solliciter ses actionnaires et emprunter à des conditions
qui peuvent être plus avantageuses que les prêts bancaires classiques.

Ensuite pour les souscripteurs, ils sont assurés d'avoir un revenu garanti qui peut
être assez élevé par rapport au rendement aléatoire et fluctuant des actions.

A- émission des obligations


1- les conditions de l'émission

Une société anonyme ne peut émettre des obligations que si deux conditions sont
réunies :

En premier lieu, la société doit avoir deux années d'existence et avoir clôturé
deux exercices successifs dont les états de synthèse ont été approuvés par les
actionnaires.

La société émettrice doit avoir un capital intégralement libéré, on ne peut pas


comprendre qu'une société recourt à l'emprunt alors que ses propres
actionnaires n'ont pas encore libéré leurs apports.

2- la réalisation de l'émission

Lorsque la société ne fait pas appel public à l'épargne, il n'y a aucune formalité
particulière. Dans le cas contraire, la société doit établir une note d'information
qui doit être visée par le conseil déontologique des valeurs mobilières. Cette note
une fois visée, doit être publiée dans un journal d'annonces légales. La valeur
nominale de chaque obligation ne doit pas être inférieure à 100 dirhams.

72
B- statut juridique des obligataires

Le fait que l'obligataire ne soit pas un associé entraîne des conséquences


suivantes :

1/ l'obligataire perçoit chaque année un intérêt fixe que la société réalise ou non
des bénéfices. Cet intérêt est payé avant toute distribution de dividendes aux
actionnaires.
2/ lors de la dissolution de la société, des obligataires passent avant les
actionnaires pour le remboursement de leurs titres.
3/ l'obligataire ne peut jamais s'immiscer dans le fonctionnement de la société.

Les obligations confèrent à leurs titulaires deux droits essentiels :

1/ le paiement des intérêts aux échéances convenues. Dans la pratique, il s'agit


d'un intérêt fixe payable chaque année.
2/ le remboursement du montant nominal des obligations à la date prévue.

En outre, l'obligataire peut négocier librement ses obligations.

C- classification des obligations

L'émission des emprunts obligataires se heurte à un inconvénient majeur à savoir


l'érosion monétaire. En effet, entre l'émission et le remboursement, s'écoule
une période de temps qui se situe généralement autour de 15 ans.

Durant cette période, l'inflation a pour conséquence de réduire


substantiellement le pouvoir d'achat du montant du remboursement. Autrement
dit, lorsque l'obligataire est remboursé à l'échéance, le montant qu'il perçoit a
déjà perdu une bonne partie de son pouvoir d'achat.

C'est pourquoi les sociétés émettrices pour attirer les obligataires ont mis au
point certaines techniques qui tendent à limiter les effets de l'érosion
monétaire.
1- les obligations à prime

Qui comportent un taux de remboursement supérieur au taux d'émission, la


différence est appelée prime de remboursement.

73
2- les obligations indexées

Qui font varier le taux de remboursement ou le taux des intérêts en fonction


d'un indice ou d'une échelle mobile. L'indexation peut être interne ou externe :

Elle est interne lorsqu’elle est en rapport direct avec l'activité de l'entreprise
émettrice. Ainsi, l'énergie électrique du Maroc avait émis des obligations
indexées sur le prix du kilowatt heure.

Elle est externe lorsqu’elle est fixée par référence à des éléments qui n'ont
aucun rapport avec l'activité de l'entreprise (émettrice) tel que par exemple le
coût de la vie ou le SMIG.

3- les obligations convertibles en actions

Cette catégorie d'obligations permet aux obligataires de convertir leurs titres


en actions et de passer ainsi du statut de créancier au statut d'actionnaire.

L'émission d'obligations convertibles doit être autorisée par l'assemblée


générale extraordinaire sur rapport du conseil d'administration et sur rapport
spécial du commissaire aux comptes.

Les actionnaires ont un droit préférentiel à la souscription des obligations


convertibles. La société émettrice peut créer deux catégories d'obligations
convertibles :

En premier lieu obligations convertibles à un moment donné, elles donnent au


souscripteur la possibilité pendant un délai déterminé d'exercer une option entre
la conservation de ses obligations et la conversion en actions.

En second lieu obligations convertibles à tout moment, elles confèrent au


souscripteur le droit de demander pendant toute la durée de l'émission, la
transformation de ses obligations en actions, c’est une convertibilité
permanente, elle permet à l'obligataire de choisir le moment le plus favorable
pour exercer l’option en fonction de l'évolution de la situation financière de la
société émettrice.

Dans tous les cas, lorsque l'obligataire demande la conversion, il suffit qu'il signe
un bulletin de souscription et le capital de la société se trouve automatiquement
augmenté sans formalités.

74
D- groupement des obligataires

L'obligataire n'est pas un créancier ordinaire de la société, la loi lui a conféré un


statut spécial au sein de la société bien qu'il ne soit pas actionnaire. Ce statut lui
confère des droits plus importants que ceux reconnus à un simple créancier.

Les obligataires sont groupés pour la défense de leurs intérêts en une masse (un
groupement) dotée de la personnalité morale. La masse désigne un ou plusieurs
mandataires pour la représenter et notamment pour assister à titre
d'observateurs aux assemblées générales des actionnaires et pour obtenir
communication de tous les documents sociaux dans les mêmes conditions que les
actionnaires.

Les assemblées générales d'obligataires se tiennent dans les mêmes conditions


que les assemblées générales d'actionnaires, elles délibèrent aux conditions de
quorum et de majorité des assemblées générales ordinaires d’actionnaires.

Toute décision mettant en cause les droits des obligataires doit être approuvée
par l'assemblée des obligataires.

Para 3 : les certificats d'investissement

La loi permet de fractionner les droits attachés aux actions, et de les


représenter par deux titres différents, d'une part les certificats
d'investissement qui représentent les droits pécuniaires (patrimoniaux), et
d'autre part les certificats de droit de vote qui représentent les autres droits.

L'émission du certificat d'investissement permet à un actionnaire majoritaire de


renforcer les fonds propres de sa société sans en perdre le contrôle. Cette
émission ne peut être décidée qu’au cours de la vie sociale par l'assemblée
générale extraordinaire sur rapport du conseil d'administration et sur rapport
spécial du commissaire aux comptes.

Les certificats d'investissement ne doivent pas représenter plus de 25 % du


capital, leur valeur nominale doit être égale à celle des actions.

Ces titres ne confèrent pas à leurs titulaires la qualité d'actionnaire même s'ils
confèrent à leurs titulaires le droit aux dividendes, le droit aux réserves, et un
droit au boni de liquidation.

75
Depuis leur introduction par la loi n° 17-95, il n'y a pas eu à ce jour d'émission de
certificats d'investissement.

Chapitre 4 : les modifications du capital social

Le capital peut être modifié soit dans le sens de l'augmentation soit dans le sens
de la réduction. S'agissant d'une modification des statuts, la décision doit être
prise par l’assemblée générale extraordinaire.

Para 1 : l'augmentation du capital

Cette augmentation peut se faire par l'utilisation de quatre techniques :

En premier lieu, apports en numéraire ou en nature.


En second lieu, l'incorporation des réserves au capital social.
En troisième lieu, la compensation avec des créances sur la société.
En quatrième lieu, la conversion des obligations en actions.

A- apports en numéraire ou en nature

Il ne peut être procédé à l'augmentation du capital par apports nouveaux que si


le capital initial a été entièrement libéré.

Les formalités qui doivent être accomplies sont les mêmes que celles qui sont
requises pour la constitution de la société.

Si la situation de la société est difficile et en particulier si la société a accumulé


les pertes, il faut avant d'augmenter le capital, assainir la situation financière de
la société.

Cet assainissement peut se faire de deux manières, on peut résorber les pertes
par les réserves existantes. À défaut de réserves, il faut procéder à une
réduction du capital pour le ramener au montant de l'actif social.

Cette technique qui consiste à diminuer puis à augmenter le capital de manière


simultanée ça s'appelle le coup d’accordéon.

Pour attirer les souscripteurs à l'augmentation du capital, la société en difficulté


peut leur consentir des avantages particuliers notamment par la création
d'actions de priorité :

76
1- lorsque dans le cas où la société se trouve dans une situation
confortable (Prospère) et notamment lorsqu'elle dispose de réserves
importantes, il faut tenir compte de cette situation lorsqu'il s'agit de procéder à
une augmentation de capital.

À cet effet, on peut utiliser deux techniques le droit préférentiel de


souscription et la prime d'émission :

a- le droit préférentiel de souscription

C'est le droit qui appartient à tout actionnaire de souscrire par préférence aux
tiers des actions de numéraire émises lors d’une augmentation du capital. Toute
clause contraire est réputée non écrite.

Ce droit peut s’exercer de deux manières :

En premier lieu à titre irréductible, dans ce cas l'actionnaire pourra souscrire un


nombre d'actions nouvelles proportionnelles au nombre d’actions qu'il détient.
Ainsi, si une société décide de doubler son capital, tout actionnaire peut
souscrire une action nouvelle pour une action ancienne.

Si l'augmentation correspond à 50 % du capital existant, tout actionnaire peut


souscrire une action nouvelle pour deux actions anciennes.

En second lieu à titre réductible, lorsque certains actionnaires n'ont pas exercé
leur droit de souscription, les autres qui ont souscrit à titre irréductible ont le
droit de souscrire les actions nouvelles restantes proportionnellement au nombre
d'actions qu'ils possèdent.

Si les souscriptions préférentielles à titre irréductible et à titre réductible


n'ont pas absorbé la totalité de l'augmentation du capital, l'assemblée générale a
le choix entre trois solutions soit décider d'attribuer les actions restantes à des
personnes étrangères à la société, soit de limiter l'augmentation de capital au
montant des souscriptions recueillies, soit annuler purement et simplement
l'augmentation du capital.

b- la prime d'émission

Cette technique consiste à émettre les nouvelles actions au-dessus du pair c'est-
à-dire à la valeur nominale. La différence entre la valeur nominale et la valeur

77
d'émission est constituée par la prime d'émission. Cette prime constitue un droit
d'entrée dans la société pour tenir compte des réserves existantes.

Dans cette situation, si l’émission est faite au nominal (= à la valeur = au pair),


on aboutirait à cette conséquence et qui est de privilégier les actionnaires
nouveaux au détriment des actionnaires anciens. (Voir notes cours 22)

B- l'incorporation des réserves

Ce procédé consiste à virer par un simple jeu d’écritures comptables une partie
ou la totalité des réserves au poste capital social. Ainsi, par une opération
comptable, les réserves vont s’incorporer (constituer un même corps) au capital.
(Voir notes cours 23)

Moyennant cette incorporation, la société a le choix entre deux possibilités soit


créer de nouvelles actions représentant l’augmentation de capital et les
distribuer gratuitement aux actionnaires, soit augmenter la valeur nominale des
actions existantes.

Une société au capital de 300 000 dirhams divisé en 3000 actions à 100 dirhams
chacune. Cette société décide de porter son capital, elle veut doubler son capital.
Cette société peut créer 3000 actions nouvelles qu’elle va distribuer à ses
actionnaires gratuitement à raison d’une action nouvelle pour une action ancienne
(règle de la proportionnalité), elle peut également maintenir le nombre d’actions
existantes soit 3000 en élevant la valeur nominale de ses actions de 100 dirhams
à 200 dirhams.

C- compensation avec des créances sur la société

Le capital peut être augmenté par compensation avec des créances certaines,
liquides et exigibles sur la société. En effet, si les créanciers de la société sont
d’accord, ils vont recevoir au lieu d’un paiement, des actions de la société
correspondant au montant de la créance, et vont passer du statut de créanciers
au statut d’associés.

Cette technique est très souvent utilisée lorsque les associés prêtent de l’argent
à la société, ce prêt se transforme souvent en capital. (Voir notes cours 23)

78
D- conversion d’obligations en actions

Lorsqu’une société émet des obligations convertibles, l’obligataire peut soit à un


moment donné, soit pendant toute la durée de l’emprunt, demander la conversion
de ses obligations en actions. Cette demande entraîne automatiquement
augmentation du capital de la société émettrice, à concurrence du montant des
obligations convertibles.

Para 2 : la réduction du capital

La réduction du capital peut intervenir dans deux cas : il peut s’agir en premier
lieu d’une réduction d’allégement lorsque le capital est jugé disproportionné
(excessif) par rapport aux besoins financiers de la société.

Moyennant cette opération, la société va rembourser aux actionnaires le montant


de la réduction, c’est une restitution d’apports avant dissolution.

Si le capital initial n’a pas été entièrement libéré, on dispensera les actionnaires
de verser le montant non libéré. (N.P généralement les sociétés sont sous
capitalisées, c’est très peu fait. C’est généralement le contraire qui se fait. Mais
ça arrive des fois quand on supprime un secteur d’activité de la société).

Il peut s’agir soit d’une réduction d’allégement soit d’une réduction


d’assainissement.

Lorsque la réduction du capital est motivée par des pertes, dans ce cas, le capital
se trouve absorbé en totalité ou en partie par les pertes. Lorsque cette perte
dépasse les trois-quarts du capital, la société peut être dissoute (généralement
cette réduction d’assainissement est suivie d’une opération d’augmentation).

La réduction du capital peut se faire selon deux techniques :

La première consiste à diminuer le nombre d’actions en maintenant leur valeur


nominale. Dans ce cas, la réduction ne doit pas toucher au montant minimum du
capital (300 000 dirhams). (Voir notes cours 23)

La deuxième technique consiste à diminuer la valeur nominale des actions en


maintenant leur nombre. Dans ce cas, la valeur de l’action ne doit jamais être
inférieure à 100 dirhams.

79
Chapitre 5 : dissolution de la société

Rappel : la société anonyme obéit aux causes de dissolution communes à toutes


les sociétés qui sont prévues au D.O.C (le droit commun des sociétés en tant que
contrat nommé), et qui ont été étudiées dans le cadre de la théorie générale des
sociétés.

A côté de ces causes communes, il existe trois autres causes qui sont spéciales à
la société anonyme :

1/ lorsque le nombre d’actionnaires est réduit à moins de cinq pendant plus d’un
an, la dissolution peut être prononcée en justice à la demande de tout intéressé.
Toutefois, le tribunal saisi de la demande en dissolution peut accorder à la
société un délai maximum de six mois pour régulariser sa situation.

Le tribunal ne peut prononcer la dissolution si la régularisation est intervenue le


jour où il statue sur le fond en première instance. (Voir notes cours 23)

2/ la réduction du capital

La réduction du capital à un montant inférieur au minimum légal doit être suivie


dans le délai d’un an, d’une augmentation du capital ayant pour effet de le porter
à 300 000 dirhams si la société ne fait pas appel public à l’épargne, ou à 3
millions de dirhams dans le cas contraire.

A défaut (de régularisation), tout intéressé peut demander en justice la


dissolution de la société après avoir mis en demeure les dirigeants sociaux de
régulariser la situation.

L’action en dissolution est éteinte lorsque la situation a été régularisée, le jour


où le tribunal statue sur le fond en première instance.

3/ lorsque les états de synthèse (comptes à la fin de chaque année faisant la


synthèse de l’activité de la société (bilan, compte des produits et charges, l’état
des soldes de gestion) pour les sociétés dont le capital dépasse 7 500 000
dirhams, il faut deux autres états de synthèse)).

Lorsque les états de synthèse font apparaître que la situation nette de la


société est devenue inférieure au quart du capital, c’est-à-dire si les pertes
accumulées par la société ont absorbé plus des trois-quarts du capital, le conseil
d’administration est tenu dans les trois mois qui suivent l’approbation des

80
comptes, de convoquer l’assemblée générale extraordinaire pour décider s’il y a
lieu de prononcer la dissolution anticipée de la société.

Si l’assemblée décide de continuer la société, celle-ci est tenue au plus tard à la


clôture du 2ème exercice suivant celui auquel la constatation de pertes est
intervenue, soit de reconstituer le capital soit de le réduire au montant existant
sans jamais que ce capital soit inférieur à 300 000 dirhams.

La décision de l’assemblée générale extraordinaire quelle qu’elle soit, doit être


déposée au greffe, publiée dans un journal d’annonces légales et au bulletin
officiel et inscrite au registre du commerce (inscription modificative).

A défaut de réunion de l’assemblée générale extraordinaire, ou si la société n’a


pas régularisé sa situation dans le délai prescrit, tout intéressé (peuvent être
des associés comme des tiers) peut demander en justice la dissolution de la
société (la société anonyme n’est jamais dissoute automatiquement).

Le tribunal saisi peut accorder à la société un délai maximum de six mois pour
régulariser sa situation, et il ne peut prononcer la dissolution si la régularisation
est intervenue le jour où il statue sur le fond en première instance.

TITRE IV : LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE

La société à responsabilité limitée est une société commerciale par la forme,


constituée entre des associés qui n’ont pas la qualité de commerçant et donc la
responsabilité est limitée au montant de leurs apports.

C’est une société hybride qui se trouve à mi-chemin entre les sociétés de
personnes et sociétés de capitaux. Et à ce titre, elle présente des
caractéristiques communes aux deux catégories de sociétés.

Par rapport aux sociétés de personnes :

1/ la SARL est une société de taille moyenne adaptée aux PME (petites et
moyennes entreprises), elle ne peut pas regrouper plus de 50 associés, le capital
minimum est de 100 000 dirhams.

2/ elle est dominée par l’intuitu personae, ce qui explique en premier lieu que le
capital est divisé en parts d’intérêts qui ne sont pas en principe librement
cessibles. Et en second lieu, que pour les décisions importantes, la loi exige une
double majorité, la majorité en capital et la majorité en nombre d’associés.

81
3/ la SARL est désignée par une dénomination librement choisie par les associés,
à laquelle peut être incorporé le nom d’un ou de plusieurs associés.

4/ la SARL ne peut jamais émettre des titres négociables (donc ne peut jamais
être cotée en Bourse).

Par rapport aux sociétés de capitaux :

1/ les associés ne sont tenus du passif social qu’à concurrence de leur mise.

2/ les événements affectant la situation juridique personnelle des associés tel


que le décès, l’incapacité ou la faillite n’ont pas en principe (voir plus loin) de
répercussions sur la vie de la société.

La réglementation de la SARL est contenue dans la loi n° 05-96, aux articles 44 à


87.
(Voir notes cours 23)

Section 1 : constitution de la SARL

La SARL doit satisfaire pour sa constitution à des conditions de fonds, de forme


et de publicité. Le non-respect de ces conditions est assorti de sanctions.

Para 1 : les conditions de constitution


A- conditions de fonds
1- objet social

En règle générale, la SARL peut exercer toute activité permise par la loi.
Toutefois, la loi interdit la forme de SARL aux sociétés d’assurances, de
capitalisation et d’épargne. Il en est de même des banques et des sociétés de
crédit pour lesquelles la loi exige la forme de SA (parce que la société anonyme
est une société protectrice, avec beaucoup d’organes et avec des commissaires
aux comptes, c’est une protection pour les créanciers et les épargnants).

2- les associés

La SARL est la seule forme de société dans laquelle la loi n’exige pas un minimum
de deux associés au moins. Autrement dit, la SARL peut être constituée d’un seul
associé. C’est donc une société unipersonnelle à responsabilité limitée (atteinte
au principe de l’unité du patrimoine).

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Par ailleurs, le nombre d’associés ne peut être supérieur à 50. Si ce chiffre vient
à être dépassé, la société doit être transformée en SA dans un délai de 2 ans
(délai pour revenir à 50 associés soit pour la transformer en société anonyme).

Si à l’expiration de ce délai il n’y a pas eu de transformation, la société est


dissoute de plein droit.

La qualité de commerçant n’est pas exigée pour faire partie d’une société à
responsabilité limitée.
3- le capital social
a- montant du capital

Le montant doit être au moins de 100 000 dirhams. S’il est réduit à un montant
inférieur, il doit être obligatoirement ramené au montant de 100 000 dirhams
dans un délai d’un an.

A défaut, toute personne intéressée peut demander en justice, deux mois après
une mise en demeure adressée aux gérants, d’avoir à régulariser la situation.

L’action est éteinte si la cause de dissolution a disparu le jour où le tribunal


statue sur le fond en première instance.

b- les apports

Le capital ne peut en principe être constitué que par des apports en numéraire ou
en nature. A titre exceptionnel, les parts peuvent être représentées également
par des apports en industrie. En premier lieu, les apports en numéraire

Ils doivent être intégralement libérés le jour de la signature des statuts. Ce


capital doit être déposé dans un compte bancaire bloqué et il ne peut être retiré
qu’après l’immatriculation de la société au registre du commerce. Si la société
n’est pas constituée dans un délai de six mois à compter du dépôt des fonds,
chaque apporteur peut demander au tribunal l’autorisation de retirer le montant
de son apport.

En second lieu, les apports en nature

Pour éviter le risque de surévaluation, les statuts doivent contenir l’évaluation de


chaque apport en nature. Cette évaluation est effective au vu d’un rapport établi,
sous sa responsabilité, par un commissaire aux apports désigné à l’unanimité par

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les associés parmi les experts-comptables. A défaut d’unanimité, le commissaire
est désigné par le tribunal.

Si les associés n’ont pas désigné de commissaire aux apports, ou s’ils retiennent
une valeur différente de celle proposée par le commissaire, les associés sont
solidairement responsables pendant cinq ans à l’égard des tiers de la valeur
attribuée aux apports.

En troisième lieu, les apports en industrie

Ils sont admis dans le cas exceptionnel où deux conditions doivent être réunies :

1/ l’objet de la société doit porter sur l’exploitation d’un fonds de commerce ou


d’une entreprise artisanale apportée à la société.

2/ seul l’apporteur en nature peut apporter son industrie, lorsque son activité
principale est liée à la réalisation de l’objet social.

4- le régime juridique des parts sociales

Le capital doit être divisé en parts sociales égales, dont la valeur nominale ne
doit pas être inférieure à 100 dirhams.

Ces parts ne peuvent être représentées par des titres négociables. Les parts
sont librement cessibles entre conjoints et parents successifs (qui ont droit à
l’héritage), et librement transmissibles par voie de succession sauf clause
d’agrément insérée dans les statuts (droit de veto des autres associés).

Elles ne peuvent être cédées à des tiers qu’à la majorité des associés
représentant au moins les trois-quarts du capital social. (Voir notes cours 23)

En cas de refus d’agrément, les associés sont tenus dans le délai de 30 jours à
compter de ce refus, d’acquérir ou de faire acquérir les parts mises en vente à
un prix déterminé par expert.

Dans tous les cas, la cession des parts doit être constatée par écrit à peine de
nullité.

Pour être opposable à la société, la cession doit lui être signifiée ou acceptée par
elle dans un acte ayant date certaine. L’acquisition de la date certaine est

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obtenue soit par la formalité de légalisation de signature, soit par
l’enregistrement (l’enregistrement est payable, la légalisation ne l’est pas).

Pour l’opposabilité aux tiers, il faut en outre, l’inscription au registre du


commerce.
B- conditions de forme

Les statuts doivent être établis par écrit soit par acte notarié soit par acte sous
seing privé. Tous les associés doivent signer les statuts (c’est un contrat).

Les statuts doivent contenir à peine de nullité de la société, l’identité des


associés, la forme de la société, l’objet, la dénomination, le siège, la durée et le
montant du capital (pour vérifier le capital minimum), les apports et leur
évaluation (pour les apports en nature), la répartition des parts entre les
associés, leur libération intégrale, l’état civil des gérants, l’indication du greffe
du tribunal où le dépôt des statuts sera effectué, la date et la signature de tous
les associés.
C- conditions de publicité

La SARL est soumise aux mêmes formalités de publicité que les autres sociétés à
savoir, le dépôt des statuts au greffe, la publication dans un journal d’annonces
légales et au bulletin officiel, la déclaration de conformité et l’immatriculation au
registre du commerce.

Para 2 : les sanctions

Les irrégularités qui entachent la constitution de la SARL, sont soumises au


même régime juridique que celui applicable aux sociétés anonymes.

Section 2 : organisation et fonctionnement de la SARL

La SARL à l’instar des sociétés de personnes, se distingue par la simplicité de


son organisation. Il n’y a qu’un seul organe qui assure l’administration et la
direction de la société, à savoir le ou les gérants.

Mais la loi a opéré un rapprochement avec les SA en développant le rôle des


associés non gérants, et en n’instituant le commissariat aux comptes que pour les
SARL les plus importantes.

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Para 1 : la gérance (l’organe de gestion)
A- statut juridique du gérant
1- nomination

La SARL est gérée par un ou plusieurs personnes physiques choisies parmi les
associés ou en dehors des associés (la différence avec la SA l’administrateur
peut être une personne morale, la qualité d’actionnaire est requise pour être
gérant).

Le nombre des gérants est laissé à l’appréciation des statuts, un seul suffit.

La nomination des gérants peut se faire dans les statuts, dans ce cas le gérant
est dit statutaire, il peut également être nommé par un acte postérieur en vertu
d’une décision des associés représentant les trois-quarts du capital.

2- cessation de fonctions

Le gérant peut être nommé pour une durée limitée ou illimitée. (SA maximum six
ans). Dans le silence des statuts, le gérant est nommé pour une durée de trois
ans. Les fonctions de gérant peuvent prendre fin part la démission ou par la
révocation : Cette révocation peut se faire de deux manières :

En premier lieu, par une décision des associés représentant au moins les trois-
quarts du capital. La révocation doit être fondée sur un juste motif. A défaut, le
gérant révoqué est en droit de demander des dommages-intérêts (pour les
administrateurs, ils sont révoqués AD NUTUM et il n’y a pas lieu de justifier).

En second lieu, par décision de justice à la demande de tout associé (même seul).
En effet, le gérant qui possède plus de 25 % du capital est à l’abri de toute
révocation par les associés.

C’est pourquoi la loi a permis à n’importe quel associé fût-il propriétaire d’une
seule part, de demander au tribunal la révocation du gérant.

B- pouvoirs du gérant

La loi fait la distinction classique entre les rapports avec les associés et les
rapports avec les tiers (d’ordre interne et d’ordre externe).

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1- dans les rapports avec les associés

Les pouvoirs du gérant sont déterminés par les statuts, ces derniers peuvent
moduler librement les pouvoirs du gérant en y apportant des restrictions ou des
limitations.
2- dans les rapports avec les tiers

Dans les rapports avec les tiers, la loi a investi le gérant des pouvoirs les plus
étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société.

Autrement dit, à l’égard des tiers, le gérant peut accomplir sans limitation tous
les actes d’administration et de disposition. Toute clause limitant les pouvoirs du
gérant est inopposable aux tiers.

En cas de pluralité des gérants, chacun peut engager séparément la société par
sa seule signature.
C- responsabilité du gérant
1- responsabilité civile

Le gérant est responsable envers la société ou envers les tiers soit pour les
infractions aux dispositions légales qui régissent la SARL, soit des violations des
statuts, soit des fautes commises dans sa gestion.

En cas de pluralité des gérants, ces derniers sont responsables solidairement


s’ils ont agi ensemble.

La mise en œuvre de la responsabilité civile peut donner lieu à l’exercice de trois


actions :

En premier lieu, l’action sociale exercée par la société contre les gérants.
En second lieu, l’action sociale exercée par un ou plusieurs associés à condition
qu’ils représentent au moins 25 % du capital (UT SINGULI aussi alors que dans
la SA, un seul peut agir).
En troisième lieu, l’action individuelle en réparation du préjudice personnel subi
par un associé (action individuelle).

2- responsabilité pénale

La loi énumère un certain nombre d’infractions qui peuvent être commises par les
gérants, en particulier la distribution de dividendes fictifs, l’abus de biens
sociaux et la présentation d’états de synthèse inexacts. Les peines encourues

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varient pour l’emprisonnement de 1 à 2 ans, et pour amende de 2 000 à 400 000
dirhams.
Para 2 : les associés non gérants

(Hypothèse d’une société avec des associés gérants et d’autres qui ne gèrent
pas, ou qu’aucun ne gère et qu’on appelle quelqu’un de l’extérieur pour gérer)
(Donc ce n’est pas valable quand tous les gérants gèrent). Les associés non
gérants ont des droits individuels et des droits collectifs.

A- droits individuels
1- droit d’information
a- information périodique

Tous les ans, le gérant doit adresser aux associés 15 jours au moins avant la
réunion de l’assemblée annuelle, le rapport de gestion, les états de synthèse, le
texte des projets de résolution (voilà ce qu’on vous propose de décider) et s’il y a
lieu, le rapport du commissaire aux comptes.

Ces documents sont envoyés d’office aux associés sans qu’il soit besoin d’en faire
la demande (obligation du gérant) (dans la SA, il faut aller au siège et en faire la
demande).

Le non-respect de ce droit d’information peut entraîner la nullité des


délibérations de l’assemblée.

A compter de l’envoi des documents aux associés, ces derniers ont la possibilité
de poser par écrit des questions auxquelles, le gérant est tenu de répondre le
jour de l’assemblée.

b- information permanente

Un associé peut à tout moment obtenir au siège social communication des


documents sociaux et du procès-verbal des assemblées concernant les trois
derniers exercices.
2- droit de vote

Chaque associé a le droit de participer à la prise de décision, et il dispose à cet


effet d’un nombre de voix égal au nombre de parts qu’il détient dans la société.

Tout associé peut se faire représenter soit par son conjoint soit par un autre
associé.

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3- contrôle de la gestion
a- le droit de poser des questions

Tout associé non gérant peut deux fois par an poser par écrit des questions aux
gérants,
sur tout fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation.

Autrement dit, lorsque l’associé constate que la gestion de la société peut


l’entraîner vers un dépôt de bilan ou la faillite (précède les procédures de
redressement ou de liquidation).
b- expertise de gestion

Un ou plusieurs associés représentant au moins 25 % du capital, peuvent


demander en justice la désignation d’un ou de plusieurs experts chargés de
présenter un rapport sur une ou plusieurs opérations de gestion.

Ce droit a été institué pour permettre aux associés minoritaires de faire


contrôler par un homme de l’art, les opérations accomplies par le gérant.

B- droits collectifs

Toutes les décisions qui dépassent, qui excèdent les pouvoirs du gérant, relèvent
de la compétence de la collectivité des associés.

Les décisions peuvent être prises de deux manières :

Premièrement en assemblée des associés : la convocation d’une assemblée n’est


obligatoire que pour l’approbation des comptes annuels.

Pour le reste, les statuts peuvent prévoir que les décisions peuvent être prises
par consultation écrite des associés.

Dans le deuxième cas, lorsqu’il s’agit de prendre des décisions qui n’entraînent
pas une modification des statuts, il faut une majorité de la moitié des parts plus
une (50 % +1).

Dans le cas contraire, il faut une majorité en nombre d’associés (2/3 par
exemple), représentant au moins les trois-quarts du capital.

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Para 3 : le commissaire aux comptes

En règle générale, la nomination d’un commissaire aux comptes n’est pas


obligatoire. Cependant, la loi prévoit cette nomination du commissaire aux
comptes dans trois cas :

Premièrement, par décision des associés prise à la majorité en nombre,


représentant les trois-quarts du capital social.

Deuxièmement, dans les sociétés qui réalisent un chiffre d’affaires hors taxes,
supérieur à 50 millions de dirhams.

Troisième cas, par décision de justice à la demande d’un ou de plusieurs associés


représentant au moins 10 % du capital social.

Le régime juridique du commissaire aux comptes est prévu par la loi n° 17-95 sur
la SA.
Section 3 : dissolution

La SARL est soumise aux causes de dissolution communes à toutes les sociétés,
et en outre pour les causes suivantes :

1/ lorsque le capital tombe au-dessous du seuil minimum qui est de 100 000
dirhams.
2/ lorsque la société compte plus de 50 associés.
3/ lorsque la situation nette de la société devient inférieure au quart du capital
social.

Lorsqu’à la suite de pertes le capital social est absorbé pour plus de 75 % de son
montant, il faut assainir la situation à l’expiration du troisième exercice qui suit
celui au cours duquel les pertes ont été constatées. A défaut, la société est
dissoute.

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