Nature Juridique des Sociétés Commerciales
Nature Juridique des Sociétés Commerciales
Casablanca
Année universitaire 2015/2016
Me Kamal Habachi
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Première Partie
I-Définition de la société
Nature juridique du contrat
Introduction :
La société est définit par l’article 982 comme étant un contrat par lequel deux
ou plusieurs personnes mettent en communs leur bien ou leur travail ou les deux à
la fois en vue de partager des bénéfices qui pourraient en résulter.
Dans une certaine mesure nous pouvons dire que l’aspect contractuel est
prédominant dans la société. Hormis le fait que la société créer par la volonté
des associés … nous pouvons rajouter aussi que la signature des statuts demeure
valable indépendamment de l’immatriculation de la société au registre du
commerce. L’acte créateur de la société permet d’établir des rapports entre
associés.
IL permet aussi aux cocontractants de modifier les règles légales sous
certaines réserves toutefois.
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B. L’image de l’aspect institutionnel :
Néanmoins nous pouvons affirmer que la société est plus qu’un contrat. Ainsi à
partir de l’immatriculation au registre du commerce, il y’a création d’une
personne morale qui est distincte de la personne des associés.
A. Au niveau de la constitution
Bien que la société soit créée par un contrat, la volonté individuelle reste cernée
dès la création de la nouvelle personne morale. Et aussi les associés ne peuvent
constituer une société que s’il possède les conditions requises par la loi et ceux
au niveau du capital et au niveau du nombre minimum d’associés exigés dans
chaque forme de société par la loi. De plus les associés sont tenus d’établir des
statuts qui doivent contenir des mentions obligatoires sous peine de nullité (de
sanctions).
B. Au niveau du fonctionnement :
Nous savons que la société est crée par une acte constitutif qui est nécessaire
pour la société acquiert la personnalité morale. Mais les conditions de
fonctionnement de cette personne morale se retrouvent largement déterminées
par la loi.
Puisque c’est la loi qui décide des organes qui font vivre la société et arrête
leurs pouvoirs l’égard des tiers. Et enfin nous pouvons rajouter que c’est la loi qui
décide du moment où la société doit arrêter son fonctionnement. Par ailleurs les
associés ont la possibilité de recourir à des conventions extrastatutaires pour
fuir de certaines règles à codifier de ne pas empiéter sur des règles d’ordre
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public. Par conséquent nous constatons que l’aspect institutionnel intervient
toujours en tant que régulateur.
La définition est donnée par l’article 982 du D.O.C. Cet article dispose que : « la
société est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes mettent en
commun leurs biens ou leurs travails ou les deux en vue de partager les bénéfices
qui pourra en résulter ». Il résulte de cette définition que trois éléments doivent
être réunis pour qu’il y’est une société :
Il existe un 4ème élément qui a été rajouté par la doctrine des auteurs et de la
jurisprudence qui est l’affectio societatis. Cela signifie que les associés doivent
être animés de la volonté commune de réaliser l’objet pour lequel la société a été
crée.
Ces quatre éléments sont propres à la société mais il ne faut pas perdre de vue
que la société est un contrat et comme tout contrat elle obéit à des conditions
de formation. Lorsque les éléments constitutifs et les conditions de formation
du contrat des sociétés sont réunis, la société acquiert la personnalité morale
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loi limite le nombre d’associés dans une S.A.R.L à 50, au-delà de ce chiffre la
société doit obligatoirement être transformée en S.A.
Chaque associé doit faire un apport à la société. Cet apport peut revêtir trois
formes :
● Un apport en numéraire : c’est-à-dire un apport en argent
● Un apport en nature : c’est-à-dire un apport de bien autre que l’argent. Ces biens
peuvent être soit des immeubles, soit des meubles. S’agissant des meubles
l’apport peut constituer en bien corporel (marchandise, matériels) ou incorporel
(les créances, droit de propriété intellectuelle).
● Un apport en industrie : c’est-à-dire un apport des services. c’est le cas d’un
apport de travail, expérience professionnelle, crédit commercial.
● En premier lieu il faut procéder à l’évaluation des apports en nature. Dans cette
évaluation il faut éviter que ces biens soit surévalués au détriment des associés
qui ont fait des apports en numéraire et également au préjudice des créanciers
en donnant au capital une valeur fictive de nature à induire les tiers en erreurs.
● Il n’y a pas de société sans capital social : sur le plan comptable le capital social
est porté au passif du bilan. Le capital est considéré comme une dette de la
société à l’égard des associés, mais la société est tenu de rembourser le ce
capital qu’au moment de sa dissolution. Autrement dit pendant l’activité de la
société les associés n’ont pas le droit de réclamer le remboursement de leurs
apports.
Sur le plan juridique le capital social constitue la garantie des créanciers sociaux.
En conséquence les associés ne doivent faire aucun prélèvement sur le capital à
leur profit sinon ils ce rendraient coupables du délit pénal de distribution de
dividende fictif. C’est ce qu’on appel le principe de l’intangibilité ou de la fixité
du capital. Ce principe n’interdit pas d’augmenter le capital comme il n’interdit
pas la réduction ce dernier à la suite de pertes.
N.B : le bilan ce compose de deux colonnes, une qui est l’actif et l’autre qui est le
passif.
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Paragraphe 3 : les bénéfices
Toutes sociétés doit avoir pour objet la recherche et le partage des bénéfices.
Chaque associé a vocation à recevoir une part proportionnelle dans les bénéfices
qui distinguent la société de l’association qui poursuit but non lucratif (ce but
peut être un but charitable, sportif, religieux, social, sanitaire, culturel,
médicale, environnementale). Le régime juridique des associations diffère de
celui des sociétés sur trois points :
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Le G.I.E peut être utilisé dans des domaines très divers notamment dans le
domaine de la recherche, prospection et la requête des marchés, la lutte contre
le piratage, le groupement d’entreprise pour réaliser des ouvrages, les radios
taxi, les cartes bancaires…..
Ceci dit les bénéfices constituent un gain pécuniaire qui est distribué aux
associations. Cette distribution ce fait en principe à la fin de chaque exercice
(exercice= 1ans). La plupart des sociétés commence l’exercice le premier janvier
et termine le 31 décembre mais ce n’est pas obligé. L’essentiel c’est que
l’exercice comporte 1 an. La part de chaque associé dans les bénéfices doit être
proportionnelle à son apport c’est-à-dire à sa participation au capital (règle de
proportionnalité).
Si la société a vocation à réaliser des bénéfices, elle peut également subir des
pertes. La part de chaque associé par perte doit être proportionnelle comme
pour les bénéfices. Toute clause qui attribue à un associé une part de bénéfice
ou dans les pertes supérieure à sa part proportionnelle au capital, est nul et
entraine la nullité de la société.
● Conditions de fond :
1. La capacité
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Les conditions de capacité sont différentes selon la nature de la société. A cet
égard en distingue les sociétés de personnes et sociétés de capitaux :
● Dans les sociétés de personnes, tout associé doit être commerçant et à ce titre il
est tenu indéfiniment et solidairement des dettes de la société. C’est pourquoi
les associés doivent avoir la capacité de faire le commerce. Il en résulte qu’une
personne frappé d’incapacité ne peut pas s’associer dans une société de
personnes (c’est le cas de mineurs).
● Dans la société de capitaux, les associés ne sont pas commerçant et ne sont pas
tenus des dettes sociales que dans les limites de leurs apports. Autrement dit les
créanciers sociaux ne peuvent pas poursuivre les associés, donc les incapables
peuvent être associés dans les sociétés de capitaux.
2. Le consentement
Il doit être librement donné et ne doit pas être entaché de vice (les vices du
consentement sont classés par trois : le dol, la violence, l’erreur).
3. L’objet
Toute société doit avoir un objet licite, c’est-à-dire un objet qui ne doit être
contraire ni à la loi ni à l’ordre public ni aux bonnes mœurs. En outre toutes
sociétés entre musulmans qui a pour objet des choses prohibés par la loi
religieuse est nul de plein droit.
4. La cause
La cause est le motif qui détermine la création de la société, doit avoir une cause
licite.
● Conditions de forme
La constitution d’une société doit être matérialisée par la rédaction d’un acte
écrit. Dans les sociétés civiles l’écrit est un simple élément de preuve. En
revanche dans les sociétés commerciales l’écrit est indispensable pour la
création, en d’autre terme une société constituée sans acte écrit est nul. Cette
exigence de l’écrit s’explique par deux ordres de considération :
● En premier lieu la société est généralement constituée dans une longue durée
(dans la pratique pour 99ans). Dans cette condition les statuts doivent contenir
des dispositions qui permettent à la société de fonctionner dans une si longue
durée.
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● Les sociétés commerciales doivent faire l’objet de formalité de dépôt et de
publicité, or ces deux formalités ne peuvent être accomplies qu’avec un acte
écrit.
● Conditions de publicité
La publicité a été instituée pour informer les tiers de la création d’une personne
morale nouvelle. Par tiers on vise d’abord les personnes qui vont traiter avec la
société pour savoir quelles sont les personnes qui la constitue, qui la gère et quel
est le capital de cette société. On vise par tiers aussi les créanciers personnels
des associés pour savoir quels sont les biens qui ont été apportés à la société et
qui sont sortis du patrimoine des associés et sur lesquels les créanciers ne
peuvent plus compter. La publicité consiste dans l’accomplissement de trois
formalités :
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Paragraphe 1 : les attributs de la personnalité morale
1. Le nom
Le nom de la société s’appelle la dénomination sociale. Cette dénomination est
librement choisie par les associés, dans le respect des bonnes mœurs. Dans le
choix de la dénomination, il faut ce gardé de prendre une dénomination semblable
ou similaire d’une dénomination déjà existante sous peine d’être poursuivi en
justice par l’action de concurrence déloyale. C’est pourquoi il convient de
consulter l’office marocain de la propriété industrielle et commerciale
(O.M.P.I.C) pour obtenir un certificat négatif. Ce certificat est exigé au dépôt
des statuts au greffe du tribunal de commerce.
2. le domicile
Le domicile d’une société s’appelle le siège social. C’est le lieu où se trouvent les
principaux organes d’administration et de direction de la société.
Le siège social présente un grand intérêt sur le plan procédural. C’est devant le
tribunal du lieu du siège social que la société doit être assignée en justice.
Toutefois lorsque la société a des succursales ou des agences, elles peuvent être
assignées devant le tribunal du lieu de la succursale ou agence qui a traité
l’opération du litige (objet du procès).
3- la nationalité
La nationalité est définie comme le lien de dépendance politique qui unit une
personne à un Etat. La nationalité n’est pas un attribut des seules personnes
physiques, les sociétés ont également une nationalité.
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En second lieu le critère de contrôle, c’est-à-dire que la société a la nationalité
de ses associés ou de ses dirigeants.
Au Maroc, une société est marocaine lorsqu’elle a son siège social effectif au
Maroc, même si elle est contrôlée entièrement par des étrangers.
Lorsqu’une société étrangère transfère son siège au Maroc, elle devient une
société marocaine et doit fonctionner selon les règles du droit marocain. En
revanche, une société marocaine ne peut pas transférer son siège social à
l’étranger et perdre ainsi la nationalité marocaine, et ce en application du
principe de l’allégeance perpétuelle.
Toutefois, le critère de contrôle est prit dans certains cas en considération pour
appliquer des mesures discriminatoires à l’égard des étrangers. Ainsi un navire ne
peut battre un pavillon marocain que s’il appartient pour les ¾ à des personnes
physiques marocaines. Si le navire appartient à une société, les dirigeants de
cette dernière doivent être en majorité des marocains. Par ailleurs tous les
associés d’une société qui édite des publications au Maroc doivent être des
marocains.
4- le patrimoine
La société a un patrimoine qui est constitué par un actif et par un passif et il est
distinct du patrimoine personnel des associés. Il en résulte les conséquences
suivantes :
En premier lieu, les apports faits par les associés à la société deviennent la
propriété de la société.
En second lieu, les associés ne sont pas considérés comme copropriétaires des
biens de la société, ils n’ont qu’un droit de créance sur la société. Ce droit est un
droit personnel de nature mobilière même si la société possède des immeubles.
En quatrième lieu, aucune compensation ne peut être opéré entre des créances
ou les dettes de la société et les dettes ou les créances des associés. Ainsi, un
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associé qui est poursuivi par l’un de ses créanciers personnels, ne peut pas
opposer la compensation si la société dont il fait partie est elle-même créancière
de ce même créancier.
5- l’existence juridique propre
1- naissance
Une fois repris, ces engagements sont réputés avoir été souscrits dès l’origine
par la société (effet rétroactif).
2- disparition
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d’agir au nom de la société dissoute et permet également de maintenir la
séparation entre le patrimoine social et le patrimoine individuel des associés.
Ces causes sont énoncées dans le D.O.C, elles peuvent être soit d’origine
volontaire, soit d’origine légale soit d’origine judiciaire.
Les associés peuvent à tout moment mettre fin par anticipation à la vie de la
société. Cette cause relève de l’autonomie de la volonté.
Lorsque la société a été contractée pour une durée illimitée, la volonté d’un seul
associé peut provoquer la dissolution de la société à deux conditions. Que cette
renonciation soit faite de bonne foi et qu’elle ait été donnée trois mois au moins
avant la fin de l’exercice social (fin de l’année).
- la fusion :
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B- causes de dissolution légale
Lorsque la société a été constituée pour une durée déterminée (au maximum
99ans), elle doit être dissoute à l’expiration de cette durée. Toutefois la loi
prévoit d’une part que les associés peuvent décider de proroger la durée de la
société. D’autre part à défaut de prorogation et si la société continue à
fonctionner, sa durée est prorogée automatiquement d’année en année.
Lorsque la société a réalisé l’objet pour lequel elle a été constituée, elle doit être
dissoute à moins que les associés ne décident sa prorogation. Il en est de même
lorsqu’il s’avère que l’objet de la société est impossible à réaliser, c’est le cas
lorsqu’une société n’obtient pas l’autorisation administrative nécessaire à
l’exercice de son activité.
Lorsqu’une société perd la moitié de son capital elle doit être dissoute.
Cependant on peut éviter cette dissolution par deux moyens : En premier lieu
reconstituer le capital et en second lieu le réduire à la somme qui reste.
4- La réunion des parts ou des actions entre les mains d’une seule personne
Lorsqu’il n’y a plus qu’un seul associé, la société est dissoute de plein droit. Cette
situation peut survenir soit par cession de part soit par héritage. Toutefois
cette règle ne s’applique pas à la S.A.R.L pour laquelle la loi permet d’avoir une
structure unipersonnelle.
En premier lieu, les statuts peuvent prévoir que la société continue avec les
héritiers ou les représentants légaux de l’associé décédé, absent ou interdit. (Ce
qui est généralement fait)
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En second lieu, même en l’absence d’une clause de continuation dans les statuts,
les autres associés ont la possibilité de continuer la société entre eux, en
demandant au tribunal l’exclusion de l’associé qui est à l’origine de la dissolution
avec remboursement de sa part.
Para 2 : la liquidation
La dissolution d’une société n’entraine pas les mêmes conséquences que la mort
pour les personnes physiques. Les associés ne ce trouvent pas dans la même
situation que les héritiers vis-à-vis de la succession de leur auteur (le défunt, le
dé cujus). Lorsqu’une société est dissoute on doit procéder à sa liquidation.
Pendant la période de liquidation la société survit en tant que personne juridique
en conservant tous les attributs de la personnalité morale. La liquidation consiste
dans l’accomplissement de trois opérations :
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1. Terminer les affaires en cours
2. Réaliser l’actif social c’est-à-dire la vente des biens de la société et le
recouvrement de ses créances
3. Acquitter le passif c’est-à-dire à payer les dettes de la société.
Il faut d’abord distinguer les sociétés civiles et les sociétés commerciales. Cette
distinction doit être en principe fondée sur l’objet de la société. Toute société
qui exerce une activité commerciale doit être considérée comme une société
commerciale, et inversement, une société qui exerce une activité civile doit être
considérée comme une société civile.
Il ne reste plus que les sociétés en participation qui peuvent être civiles ou
commerciales en fonction de leur objet.
Les sociétés civiles sont régies par le D.O.C c’est-à-dire que seules les
dispositions du D.O.C s’appliquent aux sociétés civiles (Article 982 et suivants).
Alors que les sociétés commerciales sont régies à la fois par les mêmes
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dispositions et par des lois spéciales., il s’agit en premier lieu de la loi n°17-95
pour la S.A et en deuxième lieu la loi 5-96 relative aux autres formes de sociétés
(à savoir société en nom collectif, commandite simple, commandite par action,
S.A.R.L et société par participation).
On les appelle également sociétés par intérêt parce que l’apport de chaque
associé est représenté par une part d’intérêts qui n’est pas librement cessible,
les associés ont une responsabilité indéfinie et solidaire dans le passif social.
Elles sont généralement constituées par un nombre plus importants d’associés qui
apportent leurs capitaux sans attachés beaucoup d’importance à la personnalité
des autres associés. Dans la constitution et dans la vie d’une société de capitaux,
la personnalité des associés ne joue pas un rôle déterminant. On les appels
également les sociétés par action parce que le capital est divisé par actions qui
sont en principe librement cessible.
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Les sociétés de capitaux sont au nombre de deux : la SA et la société en
commandite par actions.
C’est une société hybride (mixte) qui tient à la fois aux sociétés de personnes et
aux sociétés de capitaux. Comme les sociétés de personnes, elle est composée de
personnes qui ce connaissent et le facteur personnel joue un rôle important dans
la constitution et la vie de la S.A.R.L. Les associés détiennent des parts qui ne
sont pas librement cessibles.
Ceci étant, on ne peut constituer de société au Maroc que dans le cadre de l’un
des six types de sociétés précédemment énumérées.
La SNC est le type même de la société de personnes, elle est constituée entre
commerçants qui acceptent de prendre des risques illimités et de s’investir
personnellement dans la gestion, c’est pourquoi elle comprend généralement peu
d’associés (2 ou 3), et ne convient qu’aux petites entreprises.
La SNC est régie par les articles 3 à 18 de la loi n° 05-96 (16 articles). De cette
réglementation, il se dégage que cette société se distingue par trois
caractéristiques :
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1. La qualité de commerçant
Tout associé dans une SNC a la qualité de commerçant, autrement dit la S.N.C
est la société de commerçant.
S’ils n’ont pas déjà la qualité de commerçant au moment de leur entrée dans la
société, ils acquièrent cette qualité par le seul fait de l’acquisition de la qualité
d’associé.
Les associés sont tenus personnellement des dettes de la société sur la totalité
de leurs biens, si la société ne peut pas faire face à ses engagements, les
créanciers sociaux peuvent se retourner contre les associés. Toutefois, ils ne
peuvent le faire qu’après avoir mis en demeure la société d’avoir à payer et ceux
par acte extra judiciaire c’est-à-dire par notification faite par huissier de
justice. Ce n’est que 8 jours après cette notification que les créanciers sociaux
peuvent agir contre les associés en cas de défaillance de la société.
L’obligation au passif est indéfinie, c’est-à-dire que quel que soit le montant des
dettes de la société, les associés sont tenus de les acquitter sur leurs propres
deniers ( leur propre argent). Elle est en outre solidaire, c’est-à-dire que chaque
associé peut être poursuivi pour la totalité du passif.
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Les parts ne peuvent être cédées entre associés ou au profit de tiers, qu’avec le
consentement unanime de tous les associés. Cette règle est d’ordre public et
toute clause contraire est réputée non écrite (comme si elle n’a jamais existé).
La cession doit être constatée par écrit à peine de nullité, elle n’est opposable à
la société que si elle lui est notifiée ou acceptée par la société.
Pour l’opposabilité de la cession aux tiers, il faut en outre que la cession soit
inscrite au registre du commerce.
A- conditions de fonds
1- les associés
Ils doivent être au moins au nombre de deux, aucun nombre maximum n’est prévu,
seuls les commerçants peuvent être associés dans une SNC.
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2- le capital social
Le capital est une notion secondaire dans la SNC puisque les associés sont
responsables indéfiniment et solidairement du passif social. Les créanciers de la
société sont considérés en même temps comme les créanciers personnels des
associés, c’est pourquoi la loi ne fixe pas de capital minimum et les associés
peuvent se contenter d’un capital symbolique.
3- la dénomination sociale
La SNC est désignée par une dénomination librement choisie par les associés à
laquelle peut être incorporé de manière facultative le nom d’un ou de plusieurs
associés.
En premier lieu, les statuts doivent être rédigés par écrit. En second lieu, ils
doivent comporter 13 mentions obligatoires en particulier : l’état civil des
associés, la forme de la société, l’objet, la dénomination, le siège, le capital, les
apports, le nombre des parts attribuées à chaque associé, la durée, l’état civil
des gérants, la date et la signature de tous les associés.
C- conditions de publicité
Dans les 30 jours de la constitution, un original des statuts doit être déposé au
greffe du tribunal de commerce du lieu du siège social. Dans le même délai, il
doit être procédé à la publication d’un extrait des statuts dans un journal
d’annonces légales et au bulletin officiel. Cet extrait doit reproduire les 13
mentions obligatoires qui doivent figurer dans les statuts.
Toute modification apportée aux statuts doit faire l’objet des mêmes formalités
de dépôt et de publicité.
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éteinte lorsque la cause de la nullité a cessé d’exister le jour où le tribunal
statue au fond en première instance.
Le tribunal peut même d’office, impartir un délai pour couvrir la nullité.
Dans tous les cas, la nullité ne peut être prononcée qu’à l’expiration d’un délai de
deux mois à compter de la demande introductive d’instance.
Paragraphe 2 : fonctionnement
1. Le ou les gérants
2. Les associés non gérants
3. Les commissaires aux comptes s’il y a lieu, c’est-à-dire lorsque la loi l’impose
A- les gérants
Les gérants sont nommés par les statuts ou par un acte ultérieur. Ils peuvent
être pris parmi les associés ou en dehors des associés. La gérance peut être
assurés par une personne physique ou par une personne morale dans ce dernier
cas, les dirigeants de la personne morale gérante sont soumis aux mêmes
conditions et aux mêmes obligations et encourent les mêmes responsabilités
civiles et pénales que s’ils étaient gérants en nom personnel.
b- Révocation
Première hypothèse : Si tous les associés sont gérants ou s’il s’agit de gérant
statutaire associé, la révocation de l’un d’eux doit être décidée à l’unanimité des
autres associés. Cette révocation entraîne la dissolution de la société à moins
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que la continuation de la société ne soit prévue par les statuts ou décidée à
l’unanimité des autres associés.
Troisième hypothèse : le gérant non associé peut être révoqué dans les
conditions prévues dans les statuts, ou à défaut par une décision des associés
prise à la majorité.
Dans toutes ces hypothèses si la révocation est décidée sans juste motif, elle
peut donner lieu à des dommages-intérêts au profit du gérant révoqué.
Il faut faire la distinction selon qu’il s’agisse des rapports avec les associés ou
des rapports des gérants avec les tiers.
Dans l’ordre interne, ce sont les statuts qui fixent les pouvoirs des gérants. Si
les statuts n’ont rien prévu, le gérant unique peut faire tous les actes de gestion
dans l’intérêt de la société.
Par actes de gestion, il faut entendre à la fois les actes d’administration et les
actes de disposition nécessaires à la réalisation de l’objet social et conformes à
l’intérêt social.
le gérant dispose de tous les pouvoirs pour engager la société à l’égard des tiers
dans la limite de l’objet social. Toute clause limitant les pouvoirs des gérants est
inopposable aux tiers.
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actes d’un autre gérant est sans effet à l’égard des tiers, sauf si ces derniers
ont eu connaissance de cette opposition.
Le gérant est responsable à l’égard des associés des actes qu’il a produit en
contravention avec la loi et les statuts. Il est également responsable vis-à-vis
des associés et des tiers de ses fautes de gestion. Lorsqu’il y’a plusieurs gérants
ils sont responsables solidairement sauf si on arrive à déterminer de manière
précise la responsabilité de chacun dans les actes accomplis.
Les statuts peuvent accorder aux associés non gérants le pouvoir d’autoriser
certaines opérations de gestions qui doivent normalement relever des pouvoirs
du gérant. Exemple le pouvoir de vendre, d’hypothéquer ou de nantir les biens de
la société.
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Cette limitation des pouvoirs des gérants est valable dans les rapports entre les
associés (dans l’ordre interne) mais elle est inopposable aux tiers.
Cette nomination est obligatoire pour les sociétés dont le chiffre d’affaires
dépasse 50 millions de dirhams.
Même lorsque cette condition n’est pas réunie, tout associé peut demander au
président du tribunal de commerce la nomination d’un ou de plusieurs
commissaires aux comptes.
Le statut du commissaire aux comptes est régi par la loi n° 17-95 sur les sociétés
anonymes.
Paragraphe 3 : dissolution
La SNC est soumise aux causes de dissolution communes à toutes les sociétés,
ainsi qu’aux causes particulières suivantes qui affectent la personne des
associés.
1- le décès d’un associé
Le principe est que la société prend fin par le décès de l’un des associés, c’est
une dissolution de plein droit qui est liée au caractère personnel de la SNC.
Ainsi, les statuts peuvent prévoir des clauses de continuation. Les clauses les
plus fréquentes dans la pratique sont au nombre de deux :
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délai d’un an à compté du décès, en société en commandite dont les héritiers mineurs
deviennent les commanditaires. A défaut de transformation la société est dissoute.
Cette forme de société est constituée par deux catégories d’associés qui sont
soumis à des régimes juridiques distincts.
En second lieu, les commanditaires qui n’ont pas la qualité de commerçants, qui ne
sont tenus de passif social qu’à concurrence de leurs apports, et qui ne peuvent
être gérants de la société.
D’une part, les juristes musulmans ont été conscients du fait que l’interdiction du
prêt à intérêt pourrait constituer un obstacle dans l’activité économique. C’est
pourquoi ils ont mis au point la technique du « kirad » qui permet de faire
participer le préteur de somme d’argent au résultat de l’entreprise de son
débiteur, sans être tenu de participer au perte si il y’a lieu.
D’autre part, au Moyen Âge ont pratiquait dans le commerce maritime le contrat
de command. Il s’agissait de la part d’un capitaliste de mettre à la disposition
d’un navigateur ou d’un négociant, un bateau, des marchandises, ou somme
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d’argent pour entreprendre des expéditions maritimes. A la fin de l’opération les
bénéfices étaient partagés entre le capitaliste et le navigateur.
1- Dénomination
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Cependant cette interdiction n’empêche pas les commanditaires d’exercer leur
droit de contrôle en tant qu’associés et de prendre part aux décisions
collectives. Autrement dit dans le cadre du fonctionnement interne de la société,
les commanditaires sont situés sur le même pied d’égalité que les commandités.
C’est dans les rapports avec les tiers que l’interdiction faite aux commanditaires
joue pleinement.
Toute modification des statuts doit être décidée avec le consentement de tous
les commandités et de la majorité en nombre et en capital des commanditaires.
Pour le reste les statuts fixent librement les conditions de prise de décision.
2. Elle n’est soumise à aucune mesure de publicité et en particulier elle n’est pas
immatriculée au registre du commerce.
Cette société peut être civile ou commerciale en fonction de son objet.
Lorsqu’elle a un caractère commercial, les rapports entre les associés qu’on
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appelle les participants sont régis par les dispositions applicables aux SNC avec
responsabilité indéfinie et solidaire pour le passif social.
Paragraphe 1 : constitution
Les participants (associés) doivent être au nombre de deux. La société peut être
commerciale ou civile selon son objet. Les apports faits à la société sont de
simple apport de jouissance. La société ne peut pas devenir propriétaire des
apports parce qu’elle n’a pas de patrimoine car elle n’a pas de personnalité
morale. Aucune condition de forme ni de publicité n’est exigée. L’existence de la
société peut être prouvée par n’importe quel mobil.
Paragraphe 2 : fonctionnement
Les tiers ignorent l’existence de la société, ils traitent avec le gérant comme si
ce gérant agissait en son nom personnel et pour son propre compte.
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Les opérations effectuées par le gérant n’engagent que lui. Si ses engagements
ne sont pas tenus les tiers n’ont de recours que contre le gérant qu’ils peuvent
mettre en cas échéant en règlement ou liquidation judiciaire.
Sur le plan fiscal, les bénéfices réalisés par la société en participation sont
imposables au nom du gérant.
En résumé tout ce passe comme si la société n’existait pas et c’est le gérant qui
fait l’interface entre associé et les tiers.
Paragraphe 3 : Dissolution
D’abord, elle peut être utilisée pour des opérations ponctuelles et qui sont
généralement de courte durée :
● C’est le cas pour la constitution d’un syndicat financier entre plusieurs banques
pour placer des titres émis par les sociétés.
● Il en est de même pour la constitution de groupements entre plusieurs
entreprises de travaux publics pour réaliser les travaux.
● la coproduction en matière cinématographique.
Ceci étant, la société en participation doit être distinguée des sociétés de fait
et des sociétés créées de fait.
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1- la société de fait
La société de fait est une véritable société voulue et créée en tant que tel avec
une forme bien déterminée, mais par suite d’un vice affectant sa validité, ou
d’une irrégularité entachant sa constitution, la société sera annulée après avoir
fonctionné pendant une certaine période.
En principe, cette nullité doit avoir un effet rétroactif c’est-à-dire faire que les
actes accomplis par la société sont censés n’avoir jamais existé.
Du fait de cette nullité la société sera dissoute mais tout ce qu’elle a fait jusqu’à
sa dissolution est validé dans le cadre de société de fait. La loi a entériné cette
jurisprudence en prévoyant que lorsque la nullité de la société est prononcée, la
société ce trouve de plein droit dissoute sans rétroactivité.
Ces personnes n’ont pas voulu au départ inscrire leur relation dans le cadre d’une
société, mais ce n’est que par une analyse juridique, a posteriori des liens
existants entre ces personnes, que l’on s’aperçoit qu’il y a tous les éléments de la
société. La preuve de ces éléments constitutifs de la société peut être
rapportée par tout moyen.
Dans la pratique, on constate que les apports sont souvent des apports en
industrie qui se manifestent par la force de travail et par le temps passé à
s’occuper des affaires communes.
31
Le domaine de prédilection des sociétés créées de fait se trouve dans les
relations de famille entre père et enfants, entre frères, entre époux. En France,
il existe une jurisprudence très fournie sur les sociétés entre concubins. (Pas
reconnue au Maroc)
De même, en cas de succession portant sur une entreprise, lorsque les héritiers
restent dans l’indivision et participent ensemble à l’exploitation et à la gestion,
ils passent du statut de co-indivisaires au statut d’une société créée de fait.
Par ailleurs, cette technique de la société créée de fait peut également être
invoquée par le créancier d’une personne insolvable pour démontrer que sa
créance est une créance sur une société créée de fait entre son débiteur et une
personne solvable ce qui lui permet de faire jouer les règles de la solidarité.
La SA est une société par actions dans laquelle les associés appelés actionnaires
reçoivent en contrepartie de leurs apports, des titres négociables appelés
actions et dont la responsabilité est limitée au montant de leurs apports.
1. C’est une société commerciale par la forme peu importe la nature civile ou
commerciale de son objet.
32
2. C’est une société de capitaux dans laquelle la personne des associés s’efface
derrière les apports qu’ils effectuent. En d’autres termes, on accorde plus
d’importance aux capitaux qu’aux personnes.
3. C’est une société par actions c'est à dire que le capital de la SA est divisé en
actions qui sont en principe librement négociables. C’est cette libre négociation
des actions qui permet au S.A d’être cotée en bourse.
4. C’est une société à risque limité (N.P contrairement à la SNC au risque illimité),
c’est-à-dire que la responsabilité des associés ne peut pas dépasser le montant
de leurs apports.
5. C’est une société dont l’organisation est complexe et dont les organes sont
hiérarchisés, c’est une véritable institution dans laquelle la loi a laissé peu de
place à l’autonomie de la volonté et à la liberté contractuelle, autrement dit la
plupart des dispositions qui régissent la S.A sont des dispositions impératives.
Cette société est dite anonyme parce qu’elle n’est pas désignée par le nom de ses
associés, elle a une dénomination qui peut être tirée de la nature de son objet, du
lieu de son activité ou qui peut être tout simplement de pure fantaisie. Dans la
pratique, elle est souvent désignée par un sigle qui est une abréviation.
En tout état de cause, la dénomination sociale doit figurer dans tous les actes et
documents émanant de la société et destinés aux tiers, cette dénomination
devant être précédée ou suivie immédiatement de la mention en toutes lettres
« société anonyme » ou des initiales SA, de l’énonciation du montant du capital et
du numéro d’immatriculation au registre du commerce.
La SA est une technique de gestion pour les grandes entreprises, elle permet de
réunir de nombreux associés et d’importants capitaux.
33
La société anonyme est régie par la loi n° 17-95 promulguée par le dahir du 30
août 1996, elle comprend plus de 454 articles. Cette loi est très fortement
inspirée de la loi française dont elle reprend à la fois l’esprit et les principales
dispositions. Elle a été récemment modifiée et complété par la loi 20-05.
Chapitre 1 : constitution
La loi distingue deux modes de constitution avec ou sans appel public à l’épargne,
les critères de cette distinction sont au nombre de deux. Est réputée faire appel
public à l’épargne, toute SA qui :
Il existe des exigences légales qui sont communes à toutes les constitutions de
sociétés anonymes, mais les procédures de constitution sont différentes selon
qu’il y a ou non appel public à l’épargne.
1- les associés
Le nombre d’associés ne doit pas être inférieur à cinq (7 dans l’ancienne loi).
34
2- le capital
Pour les sociétés ne faisant pas appel public à l’épargne, ce minimum doit être de
300 000 dirhams. Dans le cas contraire, le capital doit être de 3 millions de
dirhams.
Ce capital doit être intégralement souscrit, c’est-à-dire qu’il faut que cinq
personnes au minimum s’engagent à couvrir le montant total du capital. Ce capital
ne peut être constitué que d’apports numéraires ou de nature.
Ces fonds ne peuvent être débloqués ni retirés que sur présentation à la banque
d’un certificat d’immatriculation au registre du commerce.
Les souscriptions sont constatées par bulletin de souscription signé par chaque
souscripteur.
Les souscriptions et les versements sont constatés par une déclaration des
fondateurs soit dans un acte reçu par un notaire, soit dans un acte sous seing
privé déposé au greffe du tribunal.
La loi a prévu cette formalité pour permettre de contrôler par le notaire ou par
le greffier, la souscription intégrale du capital et la libération au moins du quart
de ce capital.
35
Si la société n’est pas constituée dans le délai de six mois après le dépôt de
fonds, tout souscripteur peut demander la restitution du montant qu’il a versé.
1. les statuts
Les statuts de la société sont établis par écrit et signés par tous les associés.
Ces statuts doivent mentionner en particulier la forme, la dénomination, l’objet,
la durée, le montant du capital, le nombre d’actions émises et leur valeur
nominale, les modalités de cession des actions, la valeur des apports en nature.
Si les statuts ne contiennent pas toutes les mentions exigées par la loi, tout
intéressé ainsi que le ministère public, peuvent demander en justice que soit
ordonnée sous astreinte, l’adjonction des énonciations omises.
2. Le dépôt au greffe
Les dirigeants de la société doivent déposer au greffe du tribunal de commerce,
un exemplaire des statuts ainsi que le rapport du commissaire si il y’a lieu.
36
3. L’immatriculation au registre du commerce
2- L’action en nullité
b- Régularisation
Elle se prescrit par trois ans à partir du jour où la nullité est encourue.
3- Effets de la nullité
Lorsque la nullité est prononcée, les fondateurs ainsi que les premiers dirigeants
de la société peuvent être déclarés solidairement responsables des dommages
résultants pour les actionnaires ou pour les tiers de l’annulation de la société. La
responsabilité du fondateur est retenue puisqu’ils sont à l’origine de l’irrégularité
38
de la société. Les dirigeants sont responsables également parce qu’ils n’ont pas
régularisé la situation de la société.
L’organisation de la société anonyme est très complexe, elle repose sur une
structure pyramidale qui fonctionne à l’image d’un État démocratique avec une
constitution (les statuts), avec le parlement (des organes délibérants que sont
les assemblées générales), gouvernement (des organes de gestion qui détiennent
le pouvoir exécutif) et des organes de contrôle (le commissaire au compte).
C’est dans le cadre des assemblées générales que le simple actionnaire peut
intervenir dans le fonctionnement de la société et ce par l’exercice du droit de
vote.
39
Toutes ces assemblées obéissent à un ensemble de règles qui leur sont
communes, mais elles se distinguent les unes des autres par certaines règles
spécifiques.
Ces règles sont relatives à la tenue et aux délibérations des assemblées, elles se
caractérisent par un certain formalisme destiné à protéger les actionnaires.
Une assemblée ne peut ce tenir que si elle est convoqué. En règle générale, c’est
le conseil d’administration qui convoque l’assemblée.
La convocation doit être faite par écrit et doit contenir la date, l’heure et le lieu
de la réunion ainsi que l’ordre du jour c'est à dire l’énumération claire et précise
de toutes les questions sur lesquelles l’assemblée est appelée à délibérer.
Cette dernière exigence se justifie par le fait que les actionnaires doivent avoir
la possibilité de réfléchir aux questions qui seront débattues afin de pouvoir
voter en toute connaissance de cause.
L’assemblée ne peut délibérer valablement que sur les points inscrits à l’ordre du
jour. Toute délibération qui porte sur une question qui ne figure pas à l’ordre du
jour est nulle.
Les convocations sont faites soit au moyen d’un avis publié dans un journal
d’annonce légale ou par lettre individuelle adressée aux actionnaires.
40
Les assemblées se tiennent habituellement au siège social, comme elles peuvent
se tenir dans un autre endroit indiqué dans l’avis de convocation.
Le vote a généralement lieu à main levé et il peut également intervenir, mais plus
rarement, par appel nominal ou bulletin secret.
L’actionnaire doit pouvoir exercer son droit de vote en toute liberté. Toute
clause ou toute convention qui porte atteinte au libre droit de vote est nulle.
Les résolutions (non pas décisions) votées par l’assemblée font l’objet de procès-
verbaux établi par le secrétaire et signés par lui et les membres du bureau.
41
Sous-section 2 : Les règles particulières aux différentes assemblées
L’assemblée générale ordinaire est appelée à prendre toutes les décisions qui
n’entraînent pas une modification des statuts.
Dans la pratique on peut retenir deux types d’A.G.O : A.G.O annuelle et l’A.G.O
réunit extraordinairement.
a. A.G.O annuelle
On l’appel annuelle parce qu’elle doit obligatoirement ce réunir une fois par ans
dans les 6 mois de la clôture de l’exercice. Les principales attributions de cette
assemblée sont les suivantes :
L’un des soucis majeurs du législateur est de permettre aux actionnaires d’être
suffisamment informés pour permettre un vote éclairé sur la gestion de la
société. C'est pourquoi, la loi prévoit qu’à compter de la convocation et au moins
pendant les 15 jours qui précèdent la date de la réunion, tout actionnaire a le
droit de prendre connaissance au siège social des informations suivantes :
● L'ordre du jour de l'assemblée
● Le texte et l’exposé des motifs, des projets de résolution
42
● La liste des administrateurs et le cas échéant, des renseignements concernant
les candidats au poste d'administrateur.
● L'inventaire et les états de synthèse annuels
● Le rapport de gestion du conseil d'administration
● Le rapport du commissaire aux comptes
● Le projet d’affectation des résultats
3- Délibérations
● Modification du capital
● Transfert du siège social
● la modification de l’objet social
● le changement de la dénomination sociale
● le changement de la forme de la société
● Et enfin, la dissolution anticipée ou la prorogation de la durée de la société.
43
● Elle ne peut pas changer la nationalité de la société.
3. Délibération A.G.E
Le quorum exigé pour la validité de l’assemblée et la présence d’au moins la
moitié du capital. A défaut une deuxième assemblée est convoquée laquelle ne
peut délibérer que si le ¼ du capital est présent ou représenté. Si ce deuxième
quorum n’est pas atteint la deuxième assemblée peut être renvoyée à une date
antérieure qui ne peut être éloignée de plus de 2 mois. Lors de sa troisième
réunion le quorum du ¼ reste exigible, à défaut A.G.E ne peut plus ce tenir.
Les résolutions d’A.G.E doivent être prises à la majorité des 2/3 des
actionnaires présents ou représentés.
Lorsque dans une société il est créé plusieurs catégories d’actionnaire, les
actionnaires d’une même catégorie se réunissent en assemblée spéciale pour la
défense de leurs intérêts.
La loi a mis en place deux structures de gestion entre lesquelles les actionnaires
peuvent choisir à tout moment, à savoir :
44
● La structure classique du conseil d'administration. Cette formule est dite
moniste parce qu'elle ne comporte qu'un seul organe qui est le conseil
d'administration.
● La structure dualiste ou duale de la société à directoire et conseil de
surveillance. Cette formule se distingue par le fait que la gestion de la société
est bicéphale c'est-à-dire assurée par deux organes le directoire et le conseil de
surveillance.
Sous-section 1 : la société à conseil d'administration
Les administrateurs peuvent être désignés de trois manières soit dans les
statuts, soit par l’assemblée générale soit par la cooptation.
45
nomination des remplaçants par le conseil d’administration doit être soumise à la
ratification de la prochaine assemblée générale ordinaire.
a- La déchéance
46
b- Les incompatibilités
En second lieu, un avocat peut être administrateur d'une société mais il ne peut
être ni président ni directeur général.
Cependant, ce droit de révocation n’est pas absolu. Il est tempéré par la théorie de
l’abus de droit. En effet, l’administrateur révoqué peut demander à la société des
dommages-intérêts si les circonstances dans lesquelles la révocation est intervenue,
sont de nature à porter atteinte à son honorabilité.
47
E- statut des administrateurs
Ce statut concerne :
b- Les obligations
En second lieu, respecter le caractère confidentiel des informations qui leur sont
communiquées.
En troisième lieu, ne pas profiter dans les sociétés cotées en bourse, des
informations privilégiées dont ils disposent, sinon ils se rendent coupable du délit
pénal d’initie.
Le principe est qu’un salarié de la société peut être nommé administrateur sans
perdre le bénéfice de son contrat de travail. Autrement dit une personne déjà
salarié de la société peut devenir administrateur mais encore faut il que le
nombre des administrateurs liés à la société par un contrat de travail ne dépasse
pas le 1/3 des membres du conseil. Ainsi si dans une société le président et
l’administrateur D.G sont salariés de la société il faut que le conseil soit composé
d’au moins 6 membres.
Il en résulte en 1er lieu qu’une personne qui est déjà administrateur ne peut pas
devenir salariée de la société et en second lieu le nombre d’administrateur
salarié ne doit pas dépasser le 1/3 du conseil d’administration.
48
c-Rémunération
La fonction d’administrateur doit être exercée à titre gratuit, c’est ce qui ce passe
habituellement dans les P.M.E. Dans les grandes entreprises la fonction d’administrateur
est dans la plupart des cas rémunéré sous plusieurs formes :
● les administrateurs peuvent recevoir des jetons de présences : c’est une somme
fixe annuelle qui est accordée au conseil d’administration par assemblée générale
ordinaire
● Lorsque le conseil confit des missions particulières à certains administrateurs, il
peut leurs accorder une rémunération exceptionnelle.
● Les administrateurs peuvent obtenir le remboursement frais voyage et
déplacement fait dans l’intérêt de la société
● Les administrateurs peuvent percevoir un salaire lorsqu’ils peuvent cumuler leurs
fonctions mandataire sociale avec leur fonction salariale.
1- Réunions du conseil
Le conseil est convoqué par son président qui fixe l'ordre du jour. En cas
d’urgence ou de défaillance du président le conseil peut être convoqué par le
commissaire au compte. La loi est muette sur les modes et les délais de
convocation du conseil. Ce sont les statuts qui fixent les conditions dans
lesquelles le conseil ce réunit.
En cas de partage égal des voix, la voix du président est prépondérante c’est-à-
dire qu’elle compte double.
49
Les délibérations du conseil sont constatées dans des procès-verbaux établis par
le secrétaire du conseil et signés par le président et par au moins un autre
administrateur.
2- Pouvoirs du conseil
La loi a conféré au conseil des pouvoirs propres qu'il est le seul à exercer. Ces
pouvoirs sont de deux sortes d'une part il y a des pouvoirs spéciaux et d'autre
part, il y a un pouvoir général d'administration.
50
2- Limitations statutaires
Ces clauses de limitation ne sont valables que dans l’ordre interne, mais elles sont
inopposables aux tiers.
C’est pourquoi la loi réglemente minutieusement les conventions passées par les
sociétés et ses dirigeants. Cette réglementation fait apparaître trois sortes de
conventions : les conventions interdites, les conventions autorisées et les
conventions libres.
51
Sur le plan pénal, la convention interdite peut être qualifiée d’abus de bien social.
En troisième lieu, les conventions passées entre la société et une entreprise dans
laquelle l’un des administrateurs est propriétaire, associé indéfiniment
responsable, gérant, administrateur ou directeur général, membre du directoire
ou membre du conseil de surveillance. Cette catégorie englobe les sociétés qui
ont des dirigeants communs.
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G- responsabilité des administrateurs
Vu les pouvoirs important conférés par la loi aux administrateurs, c’es derniers
encontre une double responsabilité, civile et pénale.
1. Responsabilité civile
Un administrateur à l’obligation d’accomplir sa mission avec prudence et diligence
et dans le respect des dispositions légales et statutaires. Il s’agit d’une
obligation de moyen qui est fondé sur la faute conformément aux articles 77 et
78 du D.O.C. On doit distinguer la responsabilité simple, lorsque la société est in
bonis, et la responsabilité aggravée, lorsque la société fait l’objet d’une
procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.
a- Responsabilité simple
En second lieu, violation des statuts c'est le cas lorsque les administrateurs ne
respectent pas la limitation des pouvoirs ou lorsqu'ils concluent une opération qui
dépasse l’objet social.
La mauvaise foi est toujours considérée comme une faute, la bonne foi n'exonère
pas un dirigeant de sa responsabilité, il en est de même de l'inexpérience. Dans
la plupart des cas, la responsabilité des dirigeants résulte de l'imprudence, de la
négligence ou de l'abstention.
53
est individuelle lorsqu'on peut imputer la faute à un administrateur sans que les
autres soient impliqués, elle est solidaire lorsque les décisions incriminées ont
été prises collectivement sans qu'on arrive à déterminer la part de
responsabilité de chacun.
En premier lieu, l'action sociale : cette action est exercée par la société pour
obtenir la réparation du préjudice qu'elle a subi du fait des agissements fautifs
de ses administrateurs. C’est le cas lorsque la gestion de la société lui a causée
des pertes importantes ou lorsque par suite de négligence des administrateurs la
société a fait l’objet d’un redressement fiscal.
En second lieu, l'action sociale ut singuli : les actionnaires peuvent agir à titre
individuel (d'où ut singuli), pour poursuivre à leurs frais, la réparation du
préjudice subi par la société.
Cette action peut être exercée par tout actionnaire même s'il n'est propriétaire
que d'une seule action. Si l'action ut singuli aboutit à la condamnation des
administrateurs, les dommages-intérêts seront versés à la société et non à
l'actionnaire demandeur.
b- Responsabilité aggravée
Cette responsabilité est régie par le code de commerce (loi n° 17-95), elle
intervient lorsque la société fait l'objet d'une procédure de règlement ou de
54
liquidation judiciaire afin de sanctionner le comportement des administrateurs
qui ont à provoqué la faillite de la société, trois sanctions sont prévues :
À cet effet, les créanciers sociaux peuvent exercer contre les administrateurs
une action en comblement du passif.
2- Responsabilité pénale
55
élu parmi les membres du conseil pour une durée qui ne peut pas excéder la
durée de son mandat d’administrateur. Le président est indéfiniment rééligible.
2- Révocation
c- Rémunération
2- Attributions du président
● Il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au
nom de la société. Les pouvoirs du D.G doivent être exercés dans la limite de
l’objet social et dans le respect des attributions dévolues aux autres organes de
la société
● Le D.G représente la société vis-à-vis des tiers. Ce pouvoir de représentation lui
permet d’agir au nom de la société en toutes circonstances. Ainsi c’est lui qui
signe les contrats, chèques, représente la société e justice.
56
Les attributions du D.G et ses pouvoirs peuvent être trop lourd à exercer dans
les grandes sociétés. C’est pourquoi la loi permet au C.A sur proposition du D.G
de donner mandat à une ou plusieurs personnes physiques pour assister le D.G
avec le titre de directeur général délégué (D.G.D). La nomination d’un ou
plusieurs D.G.D est purement facultative. Elle nécessite l’intervention de deux
organes : le D.G qui propose et le conseil qui nomme. A l’égard de la société le
D.G.D n’a pas de pouvoir propre, il n’a que les pouvoirs que le conseil lui délègue. A
l’égard des tiers le D.G.D dispose des mêmes pouvoirs que le D.G.
Sous-section 2 : La société à directoire et conseil de surveillance
Dans cette formule, la gestion de la société est assurée par deux organes : le
directoire et le conseil de surveillance.
Paragraphe 1 : le directoire
A- composition
Les membres du directoire sont nommés par le conseil de surveillance, qui nomme
également le président du directoire. Ils doivent être obligatoirement des
personnes physiques à peine de nullité de leur nomination. Ils n'ont pas besoin
d'avoir la qualité d'actionnaire, ils peuvent être salariés de la société.
Les statuts sont libres de déterminer la durée du mandat du directoire dans une
limite comprise entre deux et six ans.
2- Révocation
C’est l’assemblée qui est habilitée à révoquer les membres du directoire sur
proposition du conseil de surveillance. Cette révocation ne peut intervenir que si
elle est fondée sur un juste motif. Dans le cas contraire le membre révoqué est
57
en droit de réclamer des D.I. Cette règle a été instituée pour assurer
l’indépendance et la stabilité de leur fonction.
La loi est muette sur cette question, elle a laissé aux statuts la liberté de fixer
les règles de tenue et de délibération du directoire.
La seule exigence légale est que le directoire doit avoir un président (comme
dans tous les organes collégiaux), et que ce président est nommé par le conseil
de surveillance.
D- Attributions du directoire
Le directoire est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes
circonstances au nom de la société au même titre que le conseil d'administration
et avec les mêmes limitations qui sont l'objet social dans l'ordre interne, et le
respect des attributions dévolues aux autres organes.
Les membres du conseil de surveillance sont nommés au départ dans les statuts
et au cours de la vie sociale par l'assemblée générale ordinaire,. La durée de
leurs fonctions ne peut pas excéder six ans, ils peuvent être révoqués à tout
moment par les assemblées, ils sont rémunérés dans les mêmes conditions que les
administrateurs.
Ils ne peuvent être salariés de la société. Ils ne peuvent pas faire partie du
directoire.
B- Organisation et fonctionnement
58
débats. Ils doivent être tous deux des personnes physiques. Pour le reste le C.S
est organisé et fonctionne sur le modèle du conseil d’administration
C- Attributions
- Moyens d'investigation :
- Droit de communication
En second lieu, le conseil de surveillance doit recevoir une fois par trimestre au
moins un rapport du directoire sur la marche des affaires sociales.
En troisième lieu, dans les trois mois qui suivent la clôture de chaque exercice, le
directoire présente au conseil de surveillance tous les documents qui seront
soumis à l'approbation de l’assemblée générale ordinaire.
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Sur la base des investigations qu'il a effectuées et des communications qu'il
reçoit, il présente à l'assemblée générale ordinaire ses observations écrites sur
le rapport de gestion du directoire et sur les comptes de l'exercice.
2- Attributions particulières
Les fonctions de commissaire aux comptes ne peuvent être exercées que par les
experts comptables inscrits au tableau de l'ordre.
60
Les premiers commissaires aux comptes sont nommés dans les statuts pour un
seul exercice. Au cours de la vie sociale, ils sont nommés par l'assemblée
générale ordinaire pour trois ans. Dans tous les cas, les commissaires aux
comptes sont indéfiniment rééligibles.
L'analyse de ces incompatibilités montre que la loi veut éviter que le contrôleur
et le contrôlé soient confondus dans la même personne et d'autre part, que le
contrôleur soit sous la dépendance du contrôlé.
61
Les délibérations prises sur le rapport d'un commissaire aux comptes nommé ou
demeuré en fonction alors qu'il est sous le coup d'une incompatibilité sont nulles.
62
Le tribunal ne peut prononcer la révocation que dans deux cas : en cas de faute
ou en cas d'empêchement pour quelle que cause que ce soit.
En premier lieu, les valeurs, les livres et les documents comptables de la société.
À cet effet, il peut se faire communiquer sur place les pièces qu'il estime utiles
à l'exercice de sa mission et notamment les contrats, les livres, les documents et
les registres de procès-verbaux.
63
Il peut se faire assister ou représenter par des experts ou collaborateurs de
son choix.
2- Caractères de la mission
En premier lieu, c'est une mission générale c'est-à-dire que le commissaire aux
comptes opère toutes les vérifications et tous les contrôles qu’il juge opportuns.
En second lieu, c’est une mission permanente qui n'est pas limitée dans le temps,
elle peut être exercée à toute époque de l'année.
B- La mission d'information
Le commissaire aux comptes ne peut remplir cette mission que s'il est lui-même
informé, c'est pourquoi la loi lui reconnaît un droit d'information très étendu.
64
inexactitudes qu'il aurait découvertes ainsi que les faits délictueux dont il a eu
connaissance à l'occasion de l'exercice de sa mission.
L’alerte doit être déclenchée par lettre recommandée avec accusé de réception
et doit comporter l'invitation faite aux dirigeants de redresser la situation.
Chapitre 3 : les titres émis par la société anonyme (les valeurs mobilières)
La société anonyme peut émettre trois sortes de titres : les actions, les
obligations et les certificats d'investissement. Ces titres sont appelés valeurs
mobilières.
65
Paragraphe 1 : les actions
A- Caractères des actions
L'action est un titre négociable qui représente une fraction du capital d'une
société anonyme. En d'autres termes, le capital d'une société anonyme est divisé
en actions, ces actions sont créées soit au moment de la constitution de la
société, soit au cours de la vie sociale lors de l'augmentation de capital.
D’autre part en cas de refus d’agrément la société est obligée d’acheter ou de faire
acheter les actions de l’actionnaire qui veut quitter la société. En d’autre terme un
actionnaire ne peut jamais rester prisonnier de ses titres lorsqu’il a trouvé un
acquéreur. La clause d’agrément ne s’applique qu’aux actions nominatives. Les actions au
porteur peuvent être cédées sans aucune restriction.
Les actions se distinguent par leur forme, leur nature et par l'étendue des droits
qu’elles confèrent.
Les premières sont celles qui portent le nom de leur titulaire, ce nom est
également inscrit dans les registres de la société de sorte que la société connaît
le nom de tous les actionnaires qui sont détenteurs de ses actions.
66
Les actions au porteur ne mentionnent pas le nom de leur propriétaire, elles sont
simplement identifiées par un numéro, leur raison d’être est d’assurer l’anonymat
de leur détenteur.
La forme des actions détermine leur mode de transmission (on ne cède pas les
actions nominatives comme on cède les actions au porteur).
La transmission des actions nominatives se fait par la procédure du transfert,
l’actionnaire cédant signe au profit du cessionnaire un acte de transfert qui est
remis à la société pour qu’il soit inscrit sur un registre spécial appelé registre
des transferts.
Les actions de numéraire sont remises aux actionnaires qui ont fait un apport en
argent. Elles doivent être libérées du quart au moins de leur montant lors de la
constitution de la société, elles doivent demeurer nominatives jusqu'à leur
entière libération. (N.P pour qu'on sache la personne qui doit payer).
Les actions de capital représentent une fraction du capital social, ce sont des
actions ordinaires. (Voir notes cours 22)
Les actions de jouissance sont des titres remis aux actionnaires auxquels la
société a remboursé par anticipation la valeur nominale de leurs actions. En
67
principe, les associés ne peuvent demander le remboursement de leurs apports
qu’après la dissolution de la société.
Cette opération n'entraîne pas une réduction du capital qui demeure le gage
exclusif des créanciers. Les actionnaires qui ont été intégralement remboursés,
reçoivent des actions de jouissance qui confèrent à leur titulaire les mêmes
droits que les actions ordinaires à l'exception du remboursement de la valeur des
actions.
c- actions de capital et actions de travail
En principe, les actions jouissent des mêmes droits et le statut juridique des
actionnaires est dominé par la règle de l’égalité. Toutefois, la loi a permis
d'accorder ou d’octroyer à certains actionnaires des avantages particuliers en
les autorisant à créer en premier lieu des actions de priorité, en second lieu des
actions à vote double et en troisième lieu des actions à dividendes prioritaires
sans droit de vote.
68
a- les actions de priorité (déroge au principe de l'égalité)
La loi a permis la création des actions de priorité pour permettre aux sociétés
qui ont des difficultés financières d'attirer de nouveaux actionnaires qui vont
apporter de l'argent frais à la société en leur conférant certains privilèges.
Le principe est que chaque action donne droit à une voix c'est la règle de la
proportionnalité des voix au nombre d'actions.
Le but de cette opération peut être double, d'une part on peut chercher à
attacher les actionnaires à la société en les récompensant par une sorte de
prime de fidélité.
D'autre part, le vote double peut être utilisé comme une stratégie de défense
pour éviter toute prise de contrôle inamicale (agressive) de la société.
En premier lieu, lorsque les actions qui bénéficient de ce droit sont cédées à un
tiers. En second lieu, lorsque le titulaire demande la conversion de ses actions
nominatives en actions au porteur.
L'attribution d'un droit de vote double ne peut résulter que d'une disposition
des statuts ou d'une décision de l'assemblée générale extraordinaire.
69
c- les actions à dividendes prioritaires sans droit de vote
En troisième lieu, ces actions ne peuvent pas être attribuées aux dirigeants
sociaux, à leurs conjoints et à leurs enfants mineurs.
Les droits attachés aux actions sont de deux sortes, des droits patrimoniaux ou
droits pécuniaires, et à l'inverse, des droits extrapatrimoniaux ou droits
politiques.
1- droits patrimoniaux
a- le droit aux dividendes
70
b- le droit au remboursement du montant des apports
b- le droit d'information
71
Cette responsabilité du cédant se prescrit par deux ans à compter de la date de
la cession.
Para 2 : les obligations
Ensuite pour les souscripteurs, ils sont assurés d'avoir un revenu garanti qui peut
être assez élevé par rapport au rendement aléatoire et fluctuant des actions.
Une société anonyme ne peut émettre des obligations que si deux conditions sont
réunies :
En premier lieu, la société doit avoir deux années d'existence et avoir clôturé
deux exercices successifs dont les états de synthèse ont été approuvés par les
actionnaires.
2- la réalisation de l'émission
Lorsque la société ne fait pas appel public à l'épargne, il n'y a aucune formalité
particulière. Dans le cas contraire, la société doit établir une note d'information
qui doit être visée par le conseil déontologique des valeurs mobilières. Cette note
une fois visée, doit être publiée dans un journal d'annonces légales. La valeur
nominale de chaque obligation ne doit pas être inférieure à 100 dirhams.
72
B- statut juridique des obligataires
1/ l'obligataire perçoit chaque année un intérêt fixe que la société réalise ou non
des bénéfices. Cet intérêt est payé avant toute distribution de dividendes aux
actionnaires.
2/ lors de la dissolution de la société, des obligataires passent avant les
actionnaires pour le remboursement de leurs titres.
3/ l'obligataire ne peut jamais s'immiscer dans le fonctionnement de la société.
C'est pourquoi les sociétés émettrices pour attirer les obligataires ont mis au
point certaines techniques qui tendent à limiter les effets de l'érosion
monétaire.
1- les obligations à prime
73
2- les obligations indexées
Elle est interne lorsqu’elle est en rapport direct avec l'activité de l'entreprise
émettrice. Ainsi, l'énergie électrique du Maroc avait émis des obligations
indexées sur le prix du kilowatt heure.
Elle est externe lorsqu’elle est fixée par référence à des éléments qui n'ont
aucun rapport avec l'activité de l'entreprise (émettrice) tel que par exemple le
coût de la vie ou le SMIG.
Dans tous les cas, lorsque l'obligataire demande la conversion, il suffit qu'il signe
un bulletin de souscription et le capital de la société se trouve automatiquement
augmenté sans formalités.
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D- groupement des obligataires
Les obligataires sont groupés pour la défense de leurs intérêts en une masse (un
groupement) dotée de la personnalité morale. La masse désigne un ou plusieurs
mandataires pour la représenter et notamment pour assister à titre
d'observateurs aux assemblées générales des actionnaires et pour obtenir
communication de tous les documents sociaux dans les mêmes conditions que les
actionnaires.
Toute décision mettant en cause les droits des obligataires doit être approuvée
par l'assemblée des obligataires.
Ces titres ne confèrent pas à leurs titulaires la qualité d'actionnaire même s'ils
confèrent à leurs titulaires le droit aux dividendes, le droit aux réserves, et un
droit au boni de liquidation.
75
Depuis leur introduction par la loi n° 17-95, il n'y a pas eu à ce jour d'émission de
certificats d'investissement.
Le capital peut être modifié soit dans le sens de l'augmentation soit dans le sens
de la réduction. S'agissant d'une modification des statuts, la décision doit être
prise par l’assemblée générale extraordinaire.
Les formalités qui doivent être accomplies sont les mêmes que celles qui sont
requises pour la constitution de la société.
Cet assainissement peut se faire de deux manières, on peut résorber les pertes
par les réserves existantes. À défaut de réserves, il faut procéder à une
réduction du capital pour le ramener au montant de l'actif social.
76
1- lorsque dans le cas où la société se trouve dans une situation
confortable (Prospère) et notamment lorsqu'elle dispose de réserves
importantes, il faut tenir compte de cette situation lorsqu'il s'agit de procéder à
une augmentation de capital.
C'est le droit qui appartient à tout actionnaire de souscrire par préférence aux
tiers des actions de numéraire émises lors d’une augmentation du capital. Toute
clause contraire est réputée non écrite.
En second lieu à titre réductible, lorsque certains actionnaires n'ont pas exercé
leur droit de souscription, les autres qui ont souscrit à titre irréductible ont le
droit de souscrire les actions nouvelles restantes proportionnellement au nombre
d'actions qu'ils possèdent.
b- la prime d'émission
Cette technique consiste à émettre les nouvelles actions au-dessus du pair c'est-
à-dire à la valeur nominale. La différence entre la valeur nominale et la valeur
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d'émission est constituée par la prime d'émission. Cette prime constitue un droit
d'entrée dans la société pour tenir compte des réserves existantes.
Ce procédé consiste à virer par un simple jeu d’écritures comptables une partie
ou la totalité des réserves au poste capital social. Ainsi, par une opération
comptable, les réserves vont s’incorporer (constituer un même corps) au capital.
(Voir notes cours 23)
Une société au capital de 300 000 dirhams divisé en 3000 actions à 100 dirhams
chacune. Cette société décide de porter son capital, elle veut doubler son capital.
Cette société peut créer 3000 actions nouvelles qu’elle va distribuer à ses
actionnaires gratuitement à raison d’une action nouvelle pour une action ancienne
(règle de la proportionnalité), elle peut également maintenir le nombre d’actions
existantes soit 3000 en élevant la valeur nominale de ses actions de 100 dirhams
à 200 dirhams.
Le capital peut être augmenté par compensation avec des créances certaines,
liquides et exigibles sur la société. En effet, si les créanciers de la société sont
d’accord, ils vont recevoir au lieu d’un paiement, des actions de la société
correspondant au montant de la créance, et vont passer du statut de créanciers
au statut d’associés.
Cette technique est très souvent utilisée lorsque les associés prêtent de l’argent
à la société, ce prêt se transforme souvent en capital. (Voir notes cours 23)
78
D- conversion d’obligations en actions
La réduction du capital peut intervenir dans deux cas : il peut s’agir en premier
lieu d’une réduction d’allégement lorsque le capital est jugé disproportionné
(excessif) par rapport aux besoins financiers de la société.
Si le capital initial n’a pas été entièrement libéré, on dispensera les actionnaires
de verser le montant non libéré. (N.P généralement les sociétés sont sous
capitalisées, c’est très peu fait. C’est généralement le contraire qui se fait. Mais
ça arrive des fois quand on supprime un secteur d’activité de la société).
Lorsque la réduction du capital est motivée par des pertes, dans ce cas, le capital
se trouve absorbé en totalité ou en partie par les pertes. Lorsque cette perte
dépasse les trois-quarts du capital, la société peut être dissoute (généralement
cette réduction d’assainissement est suivie d’une opération d’augmentation).
79
Chapitre 5 : dissolution de la société
A côté de ces causes communes, il existe trois autres causes qui sont spéciales à
la société anonyme :
1/ lorsque le nombre d’actionnaires est réduit à moins de cinq pendant plus d’un
an, la dissolution peut être prononcée en justice à la demande de tout intéressé.
Toutefois, le tribunal saisi de la demande en dissolution peut accorder à la
société un délai maximum de six mois pour régulariser sa situation.
2/ la réduction du capital
80
comptes, de convoquer l’assemblée générale extraordinaire pour décider s’il y a
lieu de prononcer la dissolution anticipée de la société.
Le tribunal saisi peut accorder à la société un délai maximum de six mois pour
régulariser sa situation, et il ne peut prononcer la dissolution si la régularisation
est intervenue le jour où il statue sur le fond en première instance.
C’est une société hybride qui se trouve à mi-chemin entre les sociétés de
personnes et sociétés de capitaux. Et à ce titre, elle présente des
caractéristiques communes aux deux catégories de sociétés.
1/ la SARL est une société de taille moyenne adaptée aux PME (petites et
moyennes entreprises), elle ne peut pas regrouper plus de 50 associés, le capital
minimum est de 100 000 dirhams.
2/ elle est dominée par l’intuitu personae, ce qui explique en premier lieu que le
capital est divisé en parts d’intérêts qui ne sont pas en principe librement
cessibles. Et en second lieu, que pour les décisions importantes, la loi exige une
double majorité, la majorité en capital et la majorité en nombre d’associés.
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3/ la SARL est désignée par une dénomination librement choisie par les associés,
à laquelle peut être incorporé le nom d’un ou de plusieurs associés.
4/ la SARL ne peut jamais émettre des titres négociables (donc ne peut jamais
être cotée en Bourse).
1/ les associés ne sont tenus du passif social qu’à concurrence de leur mise.
En règle générale, la SARL peut exercer toute activité permise par la loi.
Toutefois, la loi interdit la forme de SARL aux sociétés d’assurances, de
capitalisation et d’épargne. Il en est de même des banques et des sociétés de
crédit pour lesquelles la loi exige la forme de SA (parce que la société anonyme
est une société protectrice, avec beaucoup d’organes et avec des commissaires
aux comptes, c’est une protection pour les créanciers et les épargnants).
2- les associés
La SARL est la seule forme de société dans laquelle la loi n’exige pas un minimum
de deux associés au moins. Autrement dit, la SARL peut être constituée d’un seul
associé. C’est donc une société unipersonnelle à responsabilité limitée (atteinte
au principe de l’unité du patrimoine).
82
Par ailleurs, le nombre d’associés ne peut être supérieur à 50. Si ce chiffre vient
à être dépassé, la société doit être transformée en SA dans un délai de 2 ans
(délai pour revenir à 50 associés soit pour la transformer en société anonyme).
La qualité de commerçant n’est pas exigée pour faire partie d’une société à
responsabilité limitée.
3- le capital social
a- montant du capital
Le montant doit être au moins de 100 000 dirhams. S’il est réduit à un montant
inférieur, il doit être obligatoirement ramené au montant de 100 000 dirhams
dans un délai d’un an.
A défaut, toute personne intéressée peut demander en justice, deux mois après
une mise en demeure adressée aux gérants, d’avoir à régulariser la situation.
b- les apports
Le capital ne peut en principe être constitué que par des apports en numéraire ou
en nature. A titre exceptionnel, les parts peuvent être représentées également
par des apports en industrie. En premier lieu, les apports en numéraire
83
les associés parmi les experts-comptables. A défaut d’unanimité, le commissaire
est désigné par le tribunal.
Si les associés n’ont pas désigné de commissaire aux apports, ou s’ils retiennent
une valeur différente de celle proposée par le commissaire, les associés sont
solidairement responsables pendant cinq ans à l’égard des tiers de la valeur
attribuée aux apports.
Ils sont admis dans le cas exceptionnel où deux conditions doivent être réunies :
2/ seul l’apporteur en nature peut apporter son industrie, lorsque son activité
principale est liée à la réalisation de l’objet social.
Le capital doit être divisé en parts sociales égales, dont la valeur nominale ne
doit pas être inférieure à 100 dirhams.
Ces parts ne peuvent être représentées par des titres négociables. Les parts
sont librement cessibles entre conjoints et parents successifs (qui ont droit à
l’héritage), et librement transmissibles par voie de succession sauf clause
d’agrément insérée dans les statuts (droit de veto des autres associés).
Elles ne peuvent être cédées à des tiers qu’à la majorité des associés
représentant au moins les trois-quarts du capital social. (Voir notes cours 23)
En cas de refus d’agrément, les associés sont tenus dans le délai de 30 jours à
compter de ce refus, d’acquérir ou de faire acquérir les parts mises en vente à
un prix déterminé par expert.
Dans tous les cas, la cession des parts doit être constatée par écrit à peine de
nullité.
Pour être opposable à la société, la cession doit lui être signifiée ou acceptée par
elle dans un acte ayant date certaine. L’acquisition de la date certaine est
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obtenue soit par la formalité de légalisation de signature, soit par
l’enregistrement (l’enregistrement est payable, la légalisation ne l’est pas).
Les statuts doivent être établis par écrit soit par acte notarié soit par acte sous
seing privé. Tous les associés doivent signer les statuts (c’est un contrat).
La SARL est soumise aux mêmes formalités de publicité que les autres sociétés à
savoir, le dépôt des statuts au greffe, la publication dans un journal d’annonces
légales et au bulletin officiel, la déclaration de conformité et l’immatriculation au
registre du commerce.
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Para 1 : la gérance (l’organe de gestion)
A- statut juridique du gérant
1- nomination
La SARL est gérée par un ou plusieurs personnes physiques choisies parmi les
associés ou en dehors des associés (la différence avec la SA l’administrateur
peut être une personne morale, la qualité d’actionnaire est requise pour être
gérant).
Le nombre des gérants est laissé à l’appréciation des statuts, un seul suffit.
La nomination des gérants peut se faire dans les statuts, dans ce cas le gérant
est dit statutaire, il peut également être nommé par un acte postérieur en vertu
d’une décision des associés représentant les trois-quarts du capital.
2- cessation de fonctions
Le gérant peut être nommé pour une durée limitée ou illimitée. (SA maximum six
ans). Dans le silence des statuts, le gérant est nommé pour une durée de trois
ans. Les fonctions de gérant peuvent prendre fin part la démission ou par la
révocation : Cette révocation peut se faire de deux manières :
En premier lieu, par une décision des associés représentant au moins les trois-
quarts du capital. La révocation doit être fondée sur un juste motif. A défaut, le
gérant révoqué est en droit de demander des dommages-intérêts (pour les
administrateurs, ils sont révoqués AD NUTUM et il n’y a pas lieu de justifier).
En second lieu, par décision de justice à la demande de tout associé (même seul).
En effet, le gérant qui possède plus de 25 % du capital est à l’abri de toute
révocation par les associés.
C’est pourquoi la loi a permis à n’importe quel associé fût-il propriétaire d’une
seule part, de demander au tribunal la révocation du gérant.
B- pouvoirs du gérant
La loi fait la distinction classique entre les rapports avec les associés et les
rapports avec les tiers (d’ordre interne et d’ordre externe).
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1- dans les rapports avec les associés
Les pouvoirs du gérant sont déterminés par les statuts, ces derniers peuvent
moduler librement les pouvoirs du gérant en y apportant des restrictions ou des
limitations.
2- dans les rapports avec les tiers
Dans les rapports avec les tiers, la loi a investi le gérant des pouvoirs les plus
étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société.
Autrement dit, à l’égard des tiers, le gérant peut accomplir sans limitation tous
les actes d’administration et de disposition. Toute clause limitant les pouvoirs du
gérant est inopposable aux tiers.
En cas de pluralité des gérants, chacun peut engager séparément la société par
sa seule signature.
C- responsabilité du gérant
1- responsabilité civile
Le gérant est responsable envers la société ou envers les tiers soit pour les
infractions aux dispositions légales qui régissent la SARL, soit des violations des
statuts, soit des fautes commises dans sa gestion.
En premier lieu, l’action sociale exercée par la société contre les gérants.
En second lieu, l’action sociale exercée par un ou plusieurs associés à condition
qu’ils représentent au moins 25 % du capital (UT SINGULI aussi alors que dans
la SA, un seul peut agir).
En troisième lieu, l’action individuelle en réparation du préjudice personnel subi
par un associé (action individuelle).
2- responsabilité pénale
La loi énumère un certain nombre d’infractions qui peuvent être commises par les
gérants, en particulier la distribution de dividendes fictifs, l’abus de biens
sociaux et la présentation d’états de synthèse inexacts. Les peines encourues
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varient pour l’emprisonnement de 1 à 2 ans, et pour amende de 2 000 à 400 000
dirhams.
Para 2 : les associés non gérants
(Hypothèse d’une société avec des associés gérants et d’autres qui ne gèrent
pas, ou qu’aucun ne gère et qu’on appelle quelqu’un de l’extérieur pour gérer)
(Donc ce n’est pas valable quand tous les gérants gèrent). Les associés non
gérants ont des droits individuels et des droits collectifs.
A- droits individuels
1- droit d’information
a- information périodique
Tous les ans, le gérant doit adresser aux associés 15 jours au moins avant la
réunion de l’assemblée annuelle, le rapport de gestion, les états de synthèse, le
texte des projets de résolution (voilà ce qu’on vous propose de décider) et s’il y a
lieu, le rapport du commissaire aux comptes.
Ces documents sont envoyés d’office aux associés sans qu’il soit besoin d’en faire
la demande (obligation du gérant) (dans la SA, il faut aller au siège et en faire la
demande).
A compter de l’envoi des documents aux associés, ces derniers ont la possibilité
de poser par écrit des questions auxquelles, le gérant est tenu de répondre le
jour de l’assemblée.
b- information permanente
Tout associé peut se faire représenter soit par son conjoint soit par un autre
associé.
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3- contrôle de la gestion
a- le droit de poser des questions
Tout associé non gérant peut deux fois par an poser par écrit des questions aux
gérants,
sur tout fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation.
B- droits collectifs
Toutes les décisions qui dépassent, qui excèdent les pouvoirs du gérant, relèvent
de la compétence de la collectivité des associés.
Pour le reste, les statuts peuvent prévoir que les décisions peuvent être prises
par consultation écrite des associés.
Dans le deuxième cas, lorsqu’il s’agit de prendre des décisions qui n’entraînent
pas une modification des statuts, il faut une majorité de la moitié des parts plus
une (50 % +1).
Dans le cas contraire, il faut une majorité en nombre d’associés (2/3 par
exemple), représentant au moins les trois-quarts du capital.
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Para 3 : le commissaire aux comptes
Deuxièmement, dans les sociétés qui réalisent un chiffre d’affaires hors taxes,
supérieur à 50 millions de dirhams.
Le régime juridique du commissaire aux comptes est prévu par la loi n° 17-95 sur
la SA.
Section 3 : dissolution
La SARL est soumise aux causes de dissolution communes à toutes les sociétés,
et en outre pour les causes suivantes :
1/ lorsque le capital tombe au-dessous du seuil minimum qui est de 100 000
dirhams.
2/ lorsque la société compte plus de 50 associés.
3/ lorsque la situation nette de la société devient inférieure au quart du capital
social.
Lorsqu’à la suite de pertes le capital social est absorbé pour plus de 75 % de son
montant, il faut assainir la situation à l’expiration du troisième exercice qui suit
celui au cours duquel les pertes ont été constatées. A défaut, la société est
dissoute.
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