Calcul Tensoriel et Convention d'Einstein
Calcul Tensoriel et Convention d'Einstein
Dans le calcul tensoriel, on veut exprimer la façon dont se transforment dans un changement de base les
composantes des éléments d'un espace vectoriel et d'un produit d'espace vectoriel.
En fait, on recherche systématiquement les valeurs intrinsèques. On exprimera des relations qui seront
indépendantes du système de coordonnées utilisé pour les expliciter. En effet, seules ces relations pourront
exprimer une réalité physique. La puissance galiléenne d'une force ne peut en aucun cas être dépendante du
repère de calcul choisit.
Convention d'écriture
Déjà dans un seul espace vectoriel à dimension peu élevée, le formulaire de changement de base est
lourd. On conçoit donc des difficultés d'écriture pour des cas un peu complexes. Il est important de condenser les
écritures afin les rendre plus maniables.
Convention d'Einstein
Souvent nous devrons exprimer des sommes de monômes. L'habitude veut qu'alors on utilise des
indices de valeurs variables. La variation de ces indices est essentiellement fonction de la dimension de l'espace
vectoriel concerné.
La convention d'Einstein permet une simplification supplémentaire.
Tout monôme où certains indices littéraux figurent chacun deux fois, en position supérieure
dans un facteur et en position inférieure dans un autre, représente la somme de tous les monômes
analogues, avec chacun de ces indices répétés prenant n valeurs.
i 1 j 1
Toute égalité où figurent certains indices libres, à la même hauteur aux deux membres,
s'entendra comme valables pour toutes les valeurs de 1 à n de ces indices.
Une telle équation représentera en réalité un système de n p égalités si elle comporte p indices libres.
a11 x 1 a 12 x 2 a31 x 3 y 1
aih x i y h a12 x 1 a 22 x 2 a 32 x 3 y 2 pour n3
a 3 x1 a 3 x 2 a 3 x 3 y 3
1 2 3
Remarques
* L'emploi d'indices supérieurs peut créer un risque de confusion avec l'écriture des puissances.
Aussi en écriture indicielle, on convient d'une notation particulière pour les puissances. On désignera par a p la
p ième puissance de a.
* Un monôme reste inchangé lorsqu'on change la lettre qui désigne un indice muet:
* Pour désigner un monôme par une lettre unique, on devra la munir des mêmes indices libres
que le monôme :
u i v i p a i j x j y i f ijk x i y j wk opq
lm x o i
i l pq
m
j j
* Il est impératif de ne pas tripler les indices muets. En effet, l'écriture a i x j y n'a aucun
j l l j
sens, les écritures a i x j y et a x j y
i ayant chacune un sens différent.
i
* Si on veut dire a b j est égal à 1 si i est égal à j, il faut écrire :
a i b j 1 si i j
En effet, la formule condensée a i bi 1 représente tout autre chose.
Règles de calcul
Dans la convention d'Einstein, on peut traiter les opérations suivant les règles de calcul des opérateurs
utilisés. On obtient ainsi :
.
p a x
i i
j
j
q i b ij x j
r i li lj x j
t jk c jh y kh
s i p i q i r i a ij x j b ij x j li lj x j ( a ij b jj li lj ) x j
n n
p i t jk a mi
x m c jh y kh a m i
x m . c jh y kh
m 1 h 1
n n n
n
p i t ik a m
i
x m c ih y kh a m i
x m c ih y kh p i t ik u k
i 1 m 1 h 1 i 1
Remarques
* Le calcul formel ne permet pas toutes les opérations classiques. En particulier, les opérations
de simplifications par division doivent être menées avec précautions.
a i x i b b
x
i
a i 0 ai
* Les règles de calcul nécessitent d'être très rigoureux sur l'emploi des indices. En effet, il ne
i l i i
faut pas confondre le produit u x i par w i qui est représenté par u x l w avec le produit de u i par xi w
i l
qui est représenté par u x l w .
En particulier, si les deux matrices sont inverses l'une de l'autre, le produit doit nous donner la matrice
identité :
AB I a ij bkj ki
On voit ainsi apparaître le symbole de KRONECKER :
1si ik
ik
i
k
ik
0 si ik
On peut pressentir la résolution d'un système :
a ij x j
yi x j
bi j y i
avec :
0 si deux des indices sont égaux
i i
1 2 i n
i1i 2 in
1 si i1 , i2 , , in est une permutation paire de 1,2, , n
1 si i , i , , i est une permutation impaire de 1,2, , n
1 2 n
En fait on peut obtenir aussi des écritures intéressantes en faisant intervenir les cofacteurs des éléments
i j
de la matrice A. En notant j ( j ( 1) ij ) le cofacteur de a ij , on a :
i i
i j a kj ki Det ( A)
Si le déterminant de la matrice A est non nul, on peut retrouver les éléments de la matrice B inverse de
A:
i j
b ij i j ( 1) i j ij
Det ( A)
La valeur du déterminant devient :
n n
Det( A) a ij i j a ij i j
i 1 j 1
Application aux formes quadratiques
Les termes aij sont des constantes scalaires, et les x i sont des variables scalaires à produits
commutatifs. Cette commutativité permet d'écrire tout terme du type 2a12 x1 x 2 comme la somme
a12 x 1 x 2 a 21 x 1 x 2 .
x i
La notation de cette dérivée partielle peut être aussi abrégée :
g
g ,i 2 a ij x j
x i
Le calcul précédent permet de retrouver l'identité d'Euler pour les fonctions homogènes de degré 2 :
x i g ,i 2 g
Les propriétés des tenseurs seront très différentes suivant la nature des espaces dans lesquels ils seront
définis. L'usage impose de distinguer deux cas : l'espace vectoriel affine et l'espace métrique qui contient les
espaces vectoriels euclidien. La distinction est importante car si certaines formules tensorielles prennent des
formes simples dans un espace euclidien, il est parfois nécessaire d'employer des espaces vectoriels affines.
De prime abord, ces notions surprennent et on comprend mal l'utilité de ce type d'espace. Toutefois en
physique on fait souvent usage de figures ou de diagrammes tracés en géométrie affine.
En thermodynamique par exemple, on trace des diagrammes d'états faisant intervenir les variables
pression, volume et température. Pour le mécanicien, la loi de comportement d'un matériau peut parfois être
représenté dans un espace affine des variables contraintes et déformations.
Dans un espace affine, c'est une pure convention que de tracer des axes orthogonaux. En effet, si on ne
peut pas définir une longueur, il est impossible de parler d'angle.
Dans ce type d'espace, une fonction x 2 f x 1 se représentera par une courbe. Mais, suivant les
conventions d'unités et d'axes, cette courbe se déformera. Par contre certaines relations conserveront un sens
invariant. Ainsi en thermodynamique, une loi d'évolution d'un gaz peut être représentée dans le diagramme de
Clapeyron (pression, volume). Ce diagramme représente évidemment un espace affine, mais pour une évolution
quelconque, le produit des variables pression-volume représente une énergie qui doit être indépendante du mode
de représentation utilisé.
C'est en jouant sur cette notion importante d'invariant que le mécanicien trouve certaines formules de loi
de comportement d'un matériau.
Le problème associé à l'algèbre tensorielle, c'est que nous ne commençons pas par ce type de géométrie,
contrairement à ce qui est fait en géométrie élémentaire. Cette algèbre tensorielle, bien plus générale que la petite
géométrie d'arpentage a la prétention de devenir la géométrie générale de la physique, en généralisant les
phénomènes physiques.
Contravariance
Soit E n un espace vectoriel de dimension n sur un corps K de scalaires. Dans la suite du cours, nous
considérerons que la dimension de En est finie et que le corps K est commutatif.
Dans ce chapitre, nous supposerons que E n est doté simplement d'une structure affine. C'est-à-dire que
, outre l'égalité, les seules relations envisagées entre les éléments de E n seront l'addition et la multiplication par
un scalaire.
Soit e i (e1 , e 2 , , e n ) une base de E n . Un vecteur v quelconque de E n est alors une
On exprime ce fait en disant que les composantes d'un vecteur de E n sont contravariantes dans un
changement de base sur cet espace. On dit qu'un vecteur de E n est un tenseur contravariant du premier ordre
sur E n .
Remarque : Pour plus de clarté dans les formules, nous avons employé des lettres majuscules pour
tout ce qui se rapporte au second système de coordonnée, même pour les indices. Il est évident que ce genre de
notation ne pourra être maintenu dans la suite où nous pourrons être amené à considérer plusieurs changements
de base consécutif.
Nous appellerons forme linéaire toute application linéaire de E n sur le corps des scalaires K.
Ces formules nous montrent que les coefficients f i de notre forme linéaire varient dans le même sens
que les vecteurs de base dans un changement de base. Nous dirons qu'ils sont covariants dans un changement de
base.
On peut remarquer la notation employée. Arbitrairement, les vecteurs de base sont notés avec des
indices inférieurs. Les vecteurs contravariants ont donc des indices supérieurs, alors que les coefficients
covariants sont notés aces des indices inférieurs. Ce type de notation est celui que nous allons employer dans la
suite.
Espace dual
Considérons l'ensemble des formes linéaires sur E n . Nous admettons que muni des lois de
composition suivantes, cet ensemble est un espace vectoriel :
Addition de deux formes linéaires s f g v E n s( v ) f ( v ) g ( v )
Produit d'une forme linéaire par un scalaire p f v E n p ( v ) f ( v )
On admet la notion d'égalité entre
deux formes linéaires :
g f v E n g ( v ) f ( v )
On aura en particulier la forme nulle :
f O v E n f ( v ) O
L'ensemble des formes linéaires sur K est un espace vectoriel appelé espace dual de E n noté
En .
Recherche d'une base de E n
E n étant un espace vectoriel, on peut toujours définir une base de cet espace vectoriel. Toutefois nous
allons rechercher une base particulière de E n présentant des propriétés simples et rendant les calculs plus
commodes.
Considérons comme éléments particuliers de E n les n formes linéaires définies par :
e *i e j
i
j
On démontre sans difficulté que pour toute forme linéaire f on a :
f f i e *i
De plus la suite e *i est libre. De fait elle constitue une base de E n
. Ce qui nous amène aux
conclusions suivantes :
L'espace E n dual de E n a la même dimension que E n .
Il admet la base e *i appelée base duale de la base e
i de E n .
Les coefficients d'une forme linéaire f, relativement à la base ei de E n ne sont que les
composantes de f suivant la base e *i de E n
.
Soient E n et E' m deux espaces vectoriels, distincts ou non, de dimensions finies n et m sur le même
corps commutatif K de scalaires.
On rappelle que l'ensemble des couples V ,V ' tels que V E n et V ' E ' m est noté En E'm.
Propriétés
1- Avec les propriétés de définition, on peut dire que la multiplication tensorielle des éléments de
E n par les éléments de E' m est une application bilinéaire de E n E ' m dans E n E ' m .
Attention, il faut bien distinguer une application dans E n E ' m et non pas une application sur
E n E ' m . En effet, dans le cas général on ne peut pas associer un couple V ,V ' de E n E ' m à tout
élément t ij de E n E ' m . Ceci nous conduirait à rechercher n+m inconnues v i , v ' j par partir de nm
équations v v ' t
i j ij
.
Ainsi l'ensemble des produits V V ' n'est en général qu'une partie de E n E ' m . On dit que les
V V ' sont les éléments décomposés de E n E ' m .
2- Le produit tensoriel de deux vecteurs n'est pas commutatif en général. Considérons en effet la
multiplication tensorielle d'un élément de E n par un élément de E' m . Il faut tout d'abord noter que le
problème de la commutativité ne peut se poser que si les deux espaces sont identiques. Dans ce cas, le produit
e i e j est distinct du produit e j ei puisque les deux éléments ij et ji appartiennent à une base de
En En .
Définition générale des tenseurs
On remarque que la définition de la multiplication tensorielle permet un calcul en cascade. En effet la
multiplication tensorielle de deux espaces vectoriels E n et E' m nous donne un troisième espace vectoriel
E n E ' m . Ce dernier peut à nouveau servir à la définition d'un espace vectoriel E n E ' m E ' ' o à
partir d'un espace vectoriel E ' 'o . On imagine aisément la généralisation qui peut être faite.
Toutefois, afin d'éviter des difficultés complémentaires, nous imposerons une quatrième propriété à la
multiplication tensorielle.
Pour assurer cette associativité, il suffit de se l'imposer sur les vecteurs de base.
Nous appellerons tenseurs sur E n E ' m E ' ' m , tout élément de l'espace vectoriel
E n E ' m E ' 'o E n E ' m E ' 'o .
L'expression générale de ces tenseurs est donc :
T t ijk
e e ' j e " k
i
ei e ' j e "k . Il est évident que ces composantes sont fonctions des bases.
ijk
T
Les termes
t représentent
les composantes de suivant la base
Dans la nouvelle base, les composantes T IJK du tenseur T sont définies par la notion d'invariance
de ce tenseur dans tous changement de base :
T t ijk
ei e' j e " k T IJK
EI
T IJK
biI b ' J
j
K
b" k t ijk
En fait, en général, les tenseurs employés sont plus restrictifs car ils ne sont définis qu'à partir d'un
espace vectoriel E n et de son dual E n .
On appelle tenseur d'ordre p sur E n tout tenseur sur un produit de p espaces vectoriels dont
chacun est identique à E n ou à son dual E n .
Ce tenseur est dit affine si l'espace vectoriel E n est dotée d'une structure affine.
du produit E n E n E n seront rapportés à une même base duale
*
- Tous les facteurs E n
e .
*i
Ainsi à toute base ei de En correspond une base e e e
i j
*k
de
E n E n E . Nous dirons que les composantes de T suivant cette base sont les composantes de T
*
n
suivant la base ei .
ij
Ces composantes seront notées t k . Un indice supérieur (resp. inférieur) correspondra donc à
chaque facteur de base pris dans E n (resp. E n ) et les rangs latéraux des indices reproduiront l'ordre des
facteurs de base correspondants.
Exemples
1- Considérons que E n soit en fait R 3 . L'ensemble des formes linéaires sur R 3 est
l'espace vectoriel dual
R 3 . Avec une seule multiplication tensorielle, nous pouvons faire apparaître quatre
espaces vectoriels dont la dimension est 9 :
T R R
3 3
T t ij ei e j t ij ij
j
T R 3 R 3 T t i j ei e * j t i j i
T R 3 R 3 T t ij e *i e * j t ij ij
j j
T R 3 R 3 T t i e*i e j t i i j
Changement de base
T I L
JK biI a Jj a K
k
blL t ijkl t ijkl a Ii b jJ bkK a L
l
T I L
JK
Les formules précédentes montrent bien l'intérêt d'une notation qui de prime abord semble un peu
lourde.
Réciprocité
i l
Inversement donnons-nous à priori une suite t jk de n 4 composantes de E n .
Nous dirons que cette suite est tensorielle sur E n si ce sont les composantes d'un tenseur,
autrement dit si t jk ei e e el est un élément intrinsèque de E n E n E n E n .
i l *j *k * *
i l
Pour qu'une suite t jk de n 4 composantes de E n soit tensorielle sur cet espace, il faut
et il suffit que le changement de base
E I a Ii ei ei biI E I
I L
la transforme en une suite T JK telle que :
I L
T JK biI a Jj a K
k
blL t ijkl
On peut donc remarquer qu'il existe une correspondance biunivoque entre les tenseurs sur E n et les
suites tensorielles sur cet espace. Pratiquement nous ne distinguerons pas le tenseur T de la suite tensorielle
t ijkl et on notera T t ijkl en sous-entendant la référence à la base ei .
Exemples fondamentaux
1- Tenseur de KRONECKER
Noté j ou encore (et donc tout simplement j ), le symbole de
i i i
j
KRONECKER est tensoriel sur tout espace vectoriel E n . Le tenseur associé dont les composantes suivant une
base particulière ei sont t j j , est très caractéristique car les composantes sont indépendantes de la base
i i
utilisée. En effet, dans une autre base E I , les composantes de ce tenseur sont :
T JI biI a Jj t ij biI a Jj ij biI a Ji JI
j
3- Dans le même ordre d'idée, il faut noter que les coefficients a i d'un changement de base ne
sont pas tensoriels. La première caractéristique d'une suite tensorielle est de n'être fonction que d'une seule base.
La suite a est fonction du couple de base e , E .
i
j
i I
4-
Considérons la suite g ij des neuf produits scalaires des vecteurs de la base ei de R3 :
g ij ei .e j
Cette suite est symétrique car on a :
ei .e j e j .ei g ij g ji
Cette suite tensorielle constitue la suite des composantes d'un tenseur appartenant à
R 3 R 3
appelé le tenseur fondamental sur R3 .
En géométrie, son importance est capitale, car la connaissance des neuf produits scalaires g ij
détermine les longueurs des vecteurs de base et les angles qu'ils font deux à deux.
Si on admet que le produit scalaire est une forme linéaire sur R , on peut alors introduire les
composantes covariantes des vecteurs de R 3 . Elles sont définies par :
vi V .ei v j e j .ei v j e j .ei g ij v j
Ainsi, pour obtenir le produit scalaire de deux vecteurs, il suffit de multiplier les composantes
covariantes d'un vecteur par les composantes contravariantes de l'autre vecteur et de faire la somme de ces
produits.
5- Un tenseur d'ordre p sur E n est apparu comme défini par une suite de n p composantes. En
étendant cette notion à p=0, on obtient un être à une seule composante, sans variance, qu'on appelle un scalaire
intrinsèque.
Pour la généralité de certains énoncés, il sera effectivement utile d'assimiler les scalaires intrinsèques
aux tenseurs d'ordre 0.
On remarque, sur un tenseur d'ordre deux, que l'égalité t ij t ji avec 1 est invariante pour
tout changement de base. C'est une propriété intrinsèque à la suite tensorielle.
Si 1 , on dit que le tenseur est symétrique et si 1 on dit que le tenseur est antisymétrique.
Ces notions de symétrie et d'antisymétrie peuvent être généralisées à des tenseurs d'ordre supérieur à
deux. L'observation vaut alors pour des symétries ou des antisymétries partielles, c'est à dire portant sur la
transposition de deux indices particuliers, pourvu que ces deux indices soient à la même hauteur.
En particulier, si un tenseur est complètement contravariant (ou complètement covariant), il se peut que
toute transposition de deux indices change la composante correspondante en elle-même (resp. en son opposée).
On dira alors que le tenseur est complètement symétrique (resp. complètement antisymétrique).
Nous dirons que deux tenseurs sont égaux si toutes leurs composantes homologues dans une
base tensorielle sont égales.
Opérations linéaires
A priori, l'élément défini par U V , avec et deux scalaires intrinsèques, est un élément
de E n E n E n :
*
Donc, si u ij
k et v
ij
k sont les suites de composantes de deux tenseurs U et V du
et sont deux scalaires intrinsèques, alors la suite t
ij
même type, et si k telle que
t ijk u ijk v ijk
Est une suite tensorielle. C'est la suite des composantes du tenseur T U V
Considérons à présent deux tenseurs U et V non nécessairement du même type. Par exemple :
U u ei e j e * k
ij
k et V v pq e * p eq
U V u ijk ei e j e * k v pq e * p eq u ijk v pq ei e j e * k e * p eq
Donc, si u ij
k et v
q
p sont les suites de composantes de deux tenseurs U et V , la
suite t ij q
kp telle que t ij q
kp u v
ij
k
q
p
L'ordre du nouveau tenseur ainsi défini est égal à la somme des ordres des deux tenseurs générateurs.
Contraction d'un tenseur mixte
ij m
Considérons un tenseur mixte, par exemple t kl .
Multiplication contractée
ij i
Par exemple, u k et v j étant des tenseurs, on peut former les tenseurs suivants :
t ijk lm u ijk v lm ; wijm t ijk k
m
On pourra bien entendu effectuer plusieurs contractions simultanément, les indices associés étant ou non
dans le même tenseur.
Critère de tensorialité
Pour savoir si une suite est tensorielle, on peut étudier sa transformation par changement de base. Il est
cependant souvent plus rapide d'appliquer un critère de tensorialité que nous admettrons.
ij
Pour qu'une suite de composantes t k soit tensorielle il faut et il suffit que, pour tout choix
du vecteur V , la suite u t k v soit tensorielle.
ij ij k
Pour qu'une suite de composantes, à p indices supérieurs et q indices inférieurs, soit tensorielle,
il faut et il suffit que son produit complètement contracté par p formes linéaires et q vecteurs soit un
scalaire intrinsèque, quelque soit le choix des p formes linéaires et des q vecteurs.
En réalité, il n'est pas indispensable d'effectuer la contraction sur tous les indices, mais la première
forme du critère de tensorialité est rarement employée car en général il est souhaitable que la nouvelle suite
obtenue par contraction soit la plus simple possible. C'est pourquoi on a recours à la contraction maximum.
Exemple
associée à un opérateur C qui transforme tout vecteur V de R
On veut tester la suite c j
i 3
R3 (u c jv )
i i j
en un autre vecteur U de
Nous avons donc la contraction complète d'une suite tensorielle v j à un seul indice avec la suite
c . Mais, pour toute suite v nous obtenons une suite u tensorielle car c'est la suite des composantes
i
j
j i
Remarque
Il arrive parfois qu'on utilise pour la démonstration des suites annexes obtenues par les
composantes d'un déplacement infinitésimal dans l'espace. Bien entendu ces vecteurs infinitésimaux ne
constituent pas tous les vecteurs de R 3 mais comme on peut établir une bijection entre les vecteurs
infinitésimaux et les vecteurs finis à l'aide d'une constante infinitésimale, la démonstration reste valable.
Les propriétés très générales de l'espace affine resteront évidemment valables lorsque nous choisirons
une métrique, c'est à dire lorsque nous fixerons à tous les vecteurs de base une commune mesure. En partant d'un
repère orthogonal, dont les vecteurs de base ont tous un même module, on peut construire une infinité d'autres
repères rectilignes ou curvilignes, au moyen d'un changement de coordonnées, changement au cours duquel toute
longueur doit rester invariable. La notion de longueur permettra ensuite de définir la notion d'angle.
Produit scalaire
Soit E n un espace vectoriel sur un corps K de scalaires. Nous allons enrichir sa structure et le rendre
métrique en définissant une nouvelle loi de composition qui sera appelée la multiplication scalaire.
Toutes les multiplications scalaires ont un point commun : à tous couples de vecteurs V ,V ' de E n
elles associent un produit scalaire qui donne un scalaire intrinsèque noté V .V ' .
*distributivité
par rapport àl'addition
V V ' .V " V .V " V '.V "
*si V .V ' 0 pour tout V ' , alors V 0
A partir de quatre axiomes, il est facile d'expliciter la multiplication scalaire. On associe une base ei
à l'espace vectoriel E n . On peut alors écrire:
V v i ei V ' v 'i ei
Ce qui nous donne pour l'expression de la multiplication scalaire :
V .V ' v i ei . v ' j e j v i v ' j ei .e j
Soit :
V .V ' g ij v i v ' j avec ei .e j g ij
On remarque donc que tous les produits scalaires seront définis à partir des produits scalaires des
vecteurs de base.
Le tenseur fondamental
v i 0 . Pour cela, il faut et il suffit que la matrice des g ij soit régulière et que son déterminant soit non nul.
En conclusion, il existe effectivement une loi de multiplication scalaire satisfaisant aux quatre
propriétés. On peut se la définir en se donnant arbitrairement, pour une base ei , les n 2 produits scalaires :
ei .e j g ij
tels que g ij g ji et Det g ij 0
Les ei .e j g ij sont les composantes deux fois covariantes d'un tenseur sur E n que nous
noterons G et que nous appelerons le tenseur fondamental sur E n .
i j
On appelle forme bilinéaire fondamentale de E n l'expression explicite g ij v v' du produit scalaire
du couple de vecteur générique.
Enfin, la matrice des g ij étant régulière, elle est inversible et nous noterons ij
les éléments
symétriques de sa matrice inverse. Nous pourrons donc écrire :
ij g jk ki
Changement de bases
Considérons une nouvelle base E I . On peut bien entendu définir les produits scalaires des
vecteurs de cette base :
E I . E J G IJ
Mais on peut aussi calculer ces produits scalaires en fonction des produits scalaires des vecteurs de la
base ei
et de la matrice de changement de base. Le résultat est :
G IJ a Ii a Jj g ij
On peut aussi calculer le déterminant de la matrice des g ij que l'on appellera le déterminant de tenseur
fondamental :
g Det g ij
Dans le changement de base caractérisé par une matrice a
i
I
de déterminant
Det a Ii nous
obtiendrons la formule suivante :
Det G IJ 2 Det g ij
Ce déterminant n'est pas conservé dans le changement de base, mais son signe reste indépendant de la
base.
Composantes covaraintes et contravariantes d'un tenseur
Composantes covariantes d'un vecteur
Soit V v i ei un vecteur générique de E n . Quand on forme ses produits scalaires avec les vecteurs
de base, on obtient :
V .ei v j e j .ei g ij v j
Cette dernière entité, que l'on notera v i g ij v , est appelée la i ème composante covarainte du
j
vecteur V dans la base ei .
Tout vecteur V de l'espace E n muni du produit scalaire peut être défini par ses
composantes contravariantes v i (avec V v i ei ) ou par ses composantes covariantes v i (avec
v i V .ei ). Les liens existants sont :
v j v i g ij et v i ij v j
L'introduction des composantes covariantes permet de varier les expressions du produit scalaire de deux
vecteurs :
V .U g ij v i u j ij v j u i v i u i vi u i
Cette relation nous permet d'affirmer que la suite est tensorielle.
ij
*
De même que pour le vecteur, on peut considérer un élément générique de E n , c'est-à-dire une forme
linéaire définie par :
f f i e *i
Du fait de la tensorialité de la suite , le terme
ij
f i ij f j est un tenseur contravariant qui
caractérise la forme linéaire.
Toute forme linéaire f de l'espace E n muni du produit scalaire peut être définie par ses
composantes covariantes f i (avec f f i e ) ou par ses composantes contravariantes f i . Les liens
*i
existants sont :
f i ij f j et f i g ij f j
On remarque donc la forte analogie existante entre les vecteurs, éléments de l'espace vectoriel E n , et
*
les formes linéaires, éléments de l'espace vectoriel dual E n . Cette analogie permet aussi de réaliser les
changements d'espace vectoriel. Ainsi les relations précédents permettent d'identifier la forme linéaire f à un
vecteur F de composantes covariantes f i . On pourra ainsi écrire pour tout vecteur V de E n :
F .V f i v j g ij f i v j f V
Cette relation montre bien que l'on peut confondre le vecteur F et l'application linéaire f .Ainsi un
élément d'une base ei doit pouvoir s'identifier à un élément d'une base e *i et vice-versa. On a :
ei .V vi g ij v j g ij e * j V
Ce qui nous donne les relations fondamentales suivantes :
ei gij e * j et e* j ij ei
*
On peut dons constater la confusion entre l'espace vectoriel E n et son dual E n . On en
déduit que tous le tenseurs du même ordre p sur E n ne forment plus qu'un espace vectoriel unique, dont tout
élément peut être défini par des composantes de variances arbitraires. Ces tenseurs seront appelés tenseurs pré-
euclidiens.
Mais ces relations sont encore valables pour le tenseur fondamental. On peut donc ainsi définir ses
composantes mixtes :
g ik kj g i j i j
Et ses composantes complètement contravariantes :
g i j ih g hj i j ih jh
hj
Ainsi, les ij ne sont autre que les composantes g ij complètement contravariantes du tenseur fondamental
lui-même.
On obtient donc une règle dite d'abaissement ou d'élévation d'indice.
Pour élever (resp. abaisser) un indice k, on le remplace par un indice muet h et on effectue le
produit contracté par g kh (resp. par g hk ).
On peut ainsi remarquer qu'un tenseur pré-euclidien admet différents modes de représentation. Il est
possible de regrouper tous les indices en position supérieure ce qui nous donnera alors l'expression
contravariante du tenseur. L'expression covariante sera obtenue avec un tenseur ayant ses indices en position
inférieur.
Dans l'espace vectoriel pré-euclidien E n , deux vecteurs sont dits orthogonaux si leur produit
scalaire est nul.
Cette relation, symétrique vis-à-vis des deux vecteurs, est encore vérifiée si l'un ou l'autre des deux
vecteurs est nul. Autrement, elle subsiste si on remplace un vecteur par un vecteur parallèle. On dit donc que
l'orthogonalité de deux vecteurs non nuls dépend seulement de leur "direction".
Une base est dite orthogonale si chacun de ses vecteurs est orthogonal à tous les autres.
Il est toujours possible de déterminer une telle base. Le processus de recherche d'une base orthogonale
est appeler orthogonalisation de l'espace vectoriel.
Dans une base orthogonale, le carré scalaire d'un vecteur quelconque ne présente que des termes carrés.
En effet si E I est une base orthogonale, le tenseur fondamental associé défini par G IJ E I . E J doit être tel
que G IJ est nul si I est différent de J.
Ainsi dans la base orthogonale, la matrice G IJ du tenseur fondamental est réduite à une forme
diagonale. Toutefois, à priori, les termes G IJ ne sont pas nécessairement tous positifs. En conséquence, il n'est
pas toujours possible de donner une base orthonormée dans un espace vectoriel pré-euclidien.
2
Avec cette nouvelle propriété, on dit que la forme quadratique fondamentale V g ij v i v j est
définie positive, c'est-à-dire strictement positive pour tout vecteur V non nul.
A tout vecteur V de E n on peut associer un scalaire positif appelé norme du vecteur et
défini par la racine carrée de son carré scalaire :
V
2
V
* Inégalité deSchwarz
V .V ' V V'
* Inégalité triangulaire
V V' V V'
L'égalité n'est obtenue que si les vecteurs sont parallèles et de même sens.
Dans un espace vectoriel euclidien E n , on appelle vecteur unitaire out vecteur de norme égale à
l'unité. Les bases formées de vecteurs unitaires et deux à deux orthogonaux prennent le nom de bases
orthonormées.
Les bases orthonormées sont celles qui réduisent la matrice du tenseur fondamental à la matrice unité.
Dans un changement de bases orthonormées, la matrice de changement de base est telle que son inverse
est égal à sa transposée. On dit alors que c'est une matrice unitaire. Le déterminant d'une telle matrice est égal à
plus ou moins un.
Ainsi l'espace géométrique sera repéré à l'aide d'un système d'axes rectilignes valables en tout point de
l'espace. La base ei définie en un point appelé origine du système d'axes est indépendante des coordonnées
d'un point M de l'espace. Les matrices de changement de base ne contiendront que des termes constants par
rapport aux variables d'espaces.
L'espace est supposé être rapporté à un repère constitué des trois vecteurs formant une base ei . Ces
vecteurs sont définis en un point O appelé origine du système d'axes rectilignes. Un point M est alors repéré par
les composantes du vecteur position OM x i ei .
En tout point de l'espace on pourra définir des grandeurs physiques que nous appellerons champ et qui
doit représenter des grandeurs intrinsèques.
On parlera ainsi de champ scalaire (pression, température, ...), de champ vectoriel (champ électrique,
accélération de la pesanteur,...) ou de champ tensoriel (contraintes, déformations, ...).
Un champ scalaire U est dérivable en un point M s'il admet en ce point trois dérivées partielles
U
U ,i par rapport aux variables d'espace x i . On pourra alors définir la différentielle de U en M qui
x i
représente l'accroissement au premier ordre de U pour un déplacement infinitésimal intrinsèque :
U i
dU dx U ,i dx i
x i
Cette différentielle est un scalaire intrinsèque (tenseur d'ordre 0). D'autre part, dx i représente la
composante contravariante d'un tenseur d'ordre 1 d OM .
U
On peut donc dire que U ,i représente la composante covariante d'un tenseur 1.
x i
U
Le tenseur de composante covariante U ,i est le tenseur gradient du champ scalaire.
x i
x i x i x i
Mais e j ,i est nul du fait que l'on utilise des coordonnées rectilignes indépendantes du point. On
obtient ainsi :
V v j
e j v j ,i e j
x i
x i
i
De plus dans un changement de base de ei vers E I caractérisé par la matrice a I et la matrice
inverse b on aura :
i
I
OM x i ei X I E I a Ii X I ei biI x i E I
V v i ei V I E I a Ii V I ei biI v i E I
Ce qui nous donne :
v j v j X I a JjV J bkI x k i I V
J
a J bi
x i X I x i X I x i X I
La formule précédente nous montre bien que v j ,i représente les composantes mixtes d'un tenseur du
second ordre.
Le calcul précédent peut très bien se généraliser à un tenseur d'ordre quelconque. Ainsi, à un tenseur
d'ordre n, par dérivation nous pourrons lui associer un tenseur d'ordre n+1. Nous aurons par exemple pour un
tenseur du quatrième ordre :
T t ij kl ei e j e* k e *l
T
t ij kl ,m ei e j e *k e *l
x m
Attention Les formules précédentes ne sont valables que dans une base "fixe" c'est à dire
indépendante des coordonnées de dérivation. Nous verrons par la suite des formules plus complètes
permettant de prendre en compte la variation des vecteurs de bases avec les coordonnées.
L'introduction des opérateurs classiques peut très bien se faire à partir d'un vecteur appelé Nabla. Ce
vecteur est défini par :
e *i
x i
On peut alors généraliser les notions de gradient, divergence et rotationnel pour des tenseurs d'ordre
quelconque :
Gradient grad produit tensoriel
Divergence div . produit scalaire ou produit
contracté
Rotationnel Rot produit vectoriel ou produit
extérieur
Laplacien . divergence du gradient
Avec ces notations, on retrouve facilement les expressions indicielles des opérateurs dans un système de
coordonnées rectilignes :
vk i vi
div V . V e *i
. v k
e k
k
x x i x i
i
Rotationnel d'un vecteur
vk
Rot V V i e *i v k e k jik
ej
x x i
v k *i k
Grad V i e *i v k e k
e e v k ,i e *i e k v k,i e *i ek
x x i
On a donc un tenseur du second ordre que l'on peut représenter par ses composantes
covariantes, mixtes ou contravariantes.
Remarque
On a utilisé l'opérateur à gauche, ce qui nous a permis de définir une divergence à gauche :
div g T
e *i . t jk e j ek t jk, j ek
x
i
Mais on pourrait de même définir une divergence à droite :
div d T t jk e j ek .
e *i t jk,k e j t kj, j ek
x
i
On constate que si le tenseur T n'est pas symétrique par rapport à ses indices extrêmes, les deux
divergences ne sont pas égales.
Coordonnées curvilignes
L'étude de certains phénomènes physiques peut être parfois délicate lorsque l'on veut constamment
définir le vecteur position par rapport à un seul repère généralement rectiligne. On conçoit facilement que les
problèmes de mise en forme en grandes déformations vont apporter des difficultés de positionnement.
De plus dans les espaces non euclidiens, il n'est pas possible de définir des coordonnées rectilignes. On
doit alors impérativement utiliser des coordonnées curvilignes. Ainsi, pour définir la loi de variation de la
pression à la surface de la terre, on ne peut pas définir deux axes rectilignes qui détermineraient un espace plan et
non pas une sphère. On utilise alors comme coordonnées possibles la latitude et la longitude. Ce sont des
coordonnées curvilignes.
Bases locales
Supposons l'espace déjà rapporté à un système de coordonnées rectilignes. A chaque point est associé
une valeur et une seule du triplet x i et réciproquement à chaque valeur de la suite x i est associé un point et
un seul.
Nous pouvons utiliser d'autres repérages des points M en remplaçant les x i par d'autres suites u i
de trois paramètres. Pour qu'une telle suite permette de réaliser un repérage sans ambiguïté, il est nécessaire
d'assurer une bijection entre les points M et les valeurs de cette suite. En fait cela revient à dire que chaque u i
devra être une fonction uniforme des x i et vice versa. De plus pour des questions pratiques de calcul, nous
imposerons aux u i d'être des fonctions continues de M sauf en quelques points. Ainsi les u i seront dérivables
par rapport aux x i . Nous pourrons écrire :
x1 x 1 u 1 , u 2 , u 3
2 2
x x u , u , u
1 2 3
x 3 x 3 u1 , u 2 , u 3
Les coordonnées x 1 , x 2 , x 3 de M sont les coordonnées rectilignes (cartésiennes).
Les coordonnées u 1 , u 2 , u 3 de M sont les coordonnées curvilignes.
Remarques
1- On a :
xi
OM x i ei g j ei
u j
Il est évident que la base ainsi définie est dépendante du point M.
2- La relation vectorielle précédente est en fait une relation de changement de base du type :
g j ij ei
Toutefois dans cette relation, les coefficients j ne sont plus constants, contrairement aux
i
Symboles de CHRISTOFFEL
Pour pouvoir comparer les "valeurs" T M 1 et T M 2 du champ entre deux points différents, il est
impératif de pouvoir comparer les deux bases définies en ces deux points. Nous allons ainsi introduire la
variation des vecteurs la base curviligne en fonction du point.
On veut calculer :
gi xi
avec OM x i ei g j ei
u k u j
On obtient :
gi xj 2xj
e j
u k u i e j
u k
u k u
i
Mais de plus, les vecteurs de la base rectiligne sont reliés aux vecteurs de la base curviligne :
u j
ei gj
x i
Propriétés :
u k
Dérivée covariante
Dérivée covariante d'un vecteur
Soit un vecteur A donné par ses composantes contravariantes dans une base curviligne :
A Ai g i
On veut calculer la variation du vecteur par rapport à une des variables du système de coordonnée :
A Ai i gi
A, j j
j
g i A j
Ai , j gi Ai mji gm Ai , j gi A m ijm gi
u u u
On obtient ainsi :
A, j Ai, j A m ijm g i j Ai g i
On fait donc apparaître un nouvel opérateur différentiel que l'on appelle la dérivée covariante
Ai
du vecteur. Cette dérivée prend en compte la variation propre des composantes du vecteur
et
u
j
les variations des vecteurs de base A jm . m i
A partir des formules précédentes, on peut écrire :
d A A, j du j j A i du j
gi
On se donne un tenseur du second ordre par ses composantes contravariantes dans une base curviligne :
T t ij g i g j
Calculons la variation de ce tenseur par rapport à l'une des variables :
T t ij ij g i ij g j
T,k k k g i g j t k g j t g i k
u u u u
t ij
g i g j t ij ikm gm g j t ij gi jkm gm
u k
u k
u
u k
u
La différentielle dT d'un tenseur est la différence, à l'ordre 1, de deux tenseurs du même type. C'est
donc un tenseur de ce type et la suite indicielle obtenue est par conséquent tensorielle.
Mais de plus on a :
t ij k t ij du k
Les termes du k sont les composantes d'un tenseur d'ordre 1 (le vecteur dM ). En conséquence la
suite k t
ij
est tensorielle. Elle définit un nouveau tenseur.
La suite k t
ij
définit un nouveau tenseur contenant une variance de plus que le tenseur
T . Ce nouveau tenseur est appelé la dérivée covariante du tenseur T . On le note souvent T .
T t ijk g i g j g *k
dT t ijk g i g j g *k
T l t ijk g *l g i g j g *k
Théorème de RICCI: Les dérivées covariantes du tenseur fondamental sont toutes nulles,
quel que soit le système de référence.
L'intérêt essentiel de ce théorème réside dans le fait qu'il rend permutable la dérivation covariante et le
relèvement ou l'abaissement des indices. Ainsi on peut écrire :
t ij g ik t k j g ik t k j
Application à la dynamique.
Vitesse d'un mobile
Quand un mobile ponctuel M décrit une trajectoire dans l'espace, on peut repérer la position de
ce mobile en paramétrant ses coordonnées en fonction du temps :
u i u i t
La vitesse du mobile par rapport à un repère est définie par le vecteur V dM dt où dM est le
déplacement de M dans la repère considéré pendant le temps dt . Déterminons la vitesse de M par rapport à un
repère fixe au cours du temps, c'est à dire un repère associé à un système de coordonnées (rectilignes ou
curvilignes) mais qui reste immobile par rapport à l'observateur. Il ne faut pas confondre ce repère avec la base
fixe (constante dans l'espace) d'un repère cartésien.
Calculons maintenant cette même vitesse par rapport au repère fixe, mais en utilisant les coordonnées
curvilignes :
M
gi avec dM du i g i
u i
On obtient donc :
du i
V gi
dt
Les composantes de cette vitesse sont encore les dérivées par rapport au temps des coordonnées de M.
Cette propriété est due uniquement à la définition des vecteurs des coordonnées curvilignes.
Accélération du mobile
L'accélération dans le même repère est définie par dV dt .
vk vk vk
Grad V g *i i g k v k ikm g m g *i i g k v m imk g k i v m imk g *i g k
u u u
On retrouve ainsi la dérivée covariante :
vk
Grad V i v m imk g *i g k i v k g *i g k
u
En fait on montre qu'il est possible de transposer les formules démontrées en coordonnées rectilignes en
remplaçant la dérivation , i par une dérivation covariante i .
Convention d'écriture
47- En adoptant la convention d'Einstein, a-t-on le droit d'écrire les formules suivantes ?
47-1
g ij x i x j hrs x r x s g ij hij x i x j
47-2 a ij x i brs x s aij bij x i
47-4 a b c d a c b d
i
i
2 i
i
2 i i 2
i i
2
50-3
d
dt
ij a i a j 50-4
d
dt
ij jk
a i bk
j k
52- Soit dai Aki a j dy . Exprimer ai , k
53-
k
Soit Aij
ak ak
a k ,i a k , j .. Calculer Aijk
y i y j ,l
55- On considère l'espace vectoriel euclidien. On associe à cet espace une base cartésienne
orthonormée directe e1 , e2 , e3 .
Soient a a i ei et b b i ei deux vecteurs de cet espace.
56- Soit une base ei de R3 et f une forme linéaire définie par :
f e1 1, f e2 1, f e3 2
56-1 Calculer f v avec v e1 e2 4 e3
56-2 Quelles sont les composantes de f dans la base duale associée? Utiliser ces
composantes pour retrouver f v .
56-3 En utilisant les matrices de changement de base adéquates, écrire les nouvelles
composantes de v , de f et calculer f v avec ces nouvelles composantes dans le changement de base :
E1 e1 , E 2 e2 , E 3 e3
i j
57- Démontrer que la forme quadratique Aij x x est nulle si le tenseur Aij est antisymétrique.
58- Si les grandeurs ci-après représentent des tenseurs, montrer que les propriétés suivantes sont
conservées au cours de tout changement de repère :
56-1 Aij A ji 56-2 Aij A ji
61-
1- Soit t
i
j une suite tensorielle sur En. Comment se transforme le déterminant de cette
suite dans un changement de base?
2- Même question pour une suite tensorielle t ij ou t ?
ij
62- On se donne trois suites indicées , fonction de la base choisie dans R2 et on explicite leurs
composantes dans deux bases ei et E I a Ii ei avec :
a 10
i
I
0
2
Ces composantes sont dans la base ei
Et dans la base E I
C IJ C11 0;C12 4;C 21 0;C 22 4
I 1
C J C 1 0;C 2 4;C 1 0;C 2 1
1 2 2
C C 2;C 0;C 2;C 1
IJ 11 12 21 22
Quelles sont les suites qui peuvent être tensorielles? Peut-on affirmer qu'elles le sont?
63- Démontrer qu'un tenseur quelconque ayant au moins une paire d'indice de même hauteur peut
être décomposé d'une manière unique en une somme de deux tenseurs, l'un symétrique, l'autre antisymétrique par
rapport aux deux indices choisis.
i
64- On se donne un tenseur mixte d'ordre 2, t j , en définissant ses composantes dans une base
ei de R2. On a :
t 11 1 ; t 12 2 t 21 ; t 22 3
E se déduisant de la première à l'aide de la matrice
D'autre part on se donne une seconde base I
a :
i
I
a11 1 ; a21 1 ; a12 2 ; a22 2
I
64-1 Déterminer les nouvelles composantes T J du tenseur.
i
64-2 Le tableau t j représente maintenant les composantes du tenseur symétrique deux fois
covariant tij . Calculer les composantes de ce tenseur dans la nouvelle base.
65- On se donne un tenseur deux fois contravariant sur R2 par ses composantes dans une base :
t 11 2 ; t 12 3 ; t 21 1 ; t 22 4
65-1 Ecrire ce tenseur sous la forme t ij sij a ij où sij et a ij sont deux tenseurs deux fois
contravariant l'un symétrique et l'autre antisymétrique.
IJ IJ IJ
65-2 Trouver les nouvelles composantes T , S et A dans la nouvelle base définie par
le changement de base de l'exercice précédent.
66- Soit le tenseur Aijk uk aij ui a jk u j aik . Montrer que ce tenseur est symétrique si le tenseur
aij est symétrique.
67- On se donne une base ei de R2 dans laquelle le tenseur fondamental a pour composantes :
g11 2 ; g12 1 ; g21 1 ; g22 1
On détermine un tenseur t jk par la donnée de ses composantes dans ei :
i
t 11 0 ; t 12 1; t 21 1; t 22 2
1 1 1 1
2
t 11 3 ; t 12 0 ; t 21 2 ; t 22 4
2 2 2
i i k
Déterminer uk t ik , v k t ki , v et ui v i .
68- Dans l'espace R2 de la géométrie élémentaire, une première base est formée par les vecteurs
unitaires d'un repère rectangulaire O; x , y . On considère une deuxième base formée par les vecteurs
unitaires de O; x et de la première bissectrice.
Calculer explicitement les nouvelles composantes en fonction des anciennes :
68-1
pour un vecteur u i .
68-2 pour un tenseur mixte d'ordre 2 t . On utilisera éventuellement le contracté
i
j
v j
t u .
j
i
i
72- Dans l'espace E3 de la géométrie élémentaire on détermine un vecteur quelconque par ses
composantes (x, y,z) suivant une certaine base.
Considérons
la loi de multiplication scalaire définie par :
V .V ' 2 xx ' 8 yy ' 8 zz ' 2 xy ' 2 yx ' 6 yz ' 6 zy ' 3zx ' 3 xz '
72-2 Calculer les composantes covariantes d'un vecteur en fonction de ses composantes
contravariantes.
75-2 Ecrire la matrice de passage entre la base rectiligne ei et la base curviligne g i .
Déterminer la matrice inverse.
75-4 On se donne un champ de vecteur défini en chaque point comme le vecteur unitaire du
rayon vecteur :
OM
VM
r
Déterminer en M les composantes de V M sur les deux bases.
En considérant un point M' infiniment proche du point M MM ' dx ei ,
i
déterminer au premier ordre les composantes de dV V M ' V M sur la base rectiligne.
En utilisant la matrice de changement de base, déterminer les composantes de dV
dans la base curviligne au point M. Que constate-t-on?
75-5 Exprimer dans la base curviligne les composantes du vecteur gradient d'un scalaire p.
A.J. McCONNEL Applications of tensor analysis Ed. Dover Publications (Lavoisier) 1931
M. DENIS-PAPIN
A. KAUFMANN Cours de calcul tensoriel appliqué Ed. Albin Michel 1966
V. DRIVAS
L. ROSENTHAL
Y. SEMEZIS La pratique des tenseurs Ed. Eyrolles 1987
J. LELONG-FERRAND
J.M. ARNAUDIES Cours de mathématiques Ed. Dunod 1978
NF X 02-003 Principes de l'écriture des nombres, des grandeurs, des unités et des symboles
NF X 02-101 Signes et symboles - Algèbre et analyse élémentaire - Géométrie analytique et analyse
vectorielle
NF X 02-103 Unités et symboles - Symboles de la mécanique rationnelle
NF X 02-110 Symboles et vocabulaire du calcul matriciel
NF X 02-111 Symboles et vocabulaire du calcul tensoriel
NF X 20-114 Symboles et vocabulaire du calcul ensembliste
NF X 20-116 Symboles et vocabulaire relatifs aux structures algébriques
NF X 20-117 Symboles et vocabulaire relatifs à l'algèbre linéaire