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LA RENAISSANCE
1420 - 1600
03/02/2014 HCA – 5 Préparé par : M. MERZEG. A.
INTRODUCTION
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Le XVe et le XVIe siècle est une période de transition entre le
Moyen Âge et les Temps Modernes.
Cette période, appelé Renaissance est caractérisée par une
série de changements politiques, économiques, sociaux et
intellectuels.
A cette époque apparaît également le mouvement humaniste :
une philosophie qui place l'être humain et les valeurs
humaines au centre de la pensée.
L'humanisme se caractérise par un retour aux textes antiques,
et par la modification des modèles de vie, d'écriture, et de
pensée.
INTRODUCTION
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Le mouvement scientifique, artistique et littéraire qui marque,
pour l’europe occidentale, la fin du moyen âge et le
commencement de l’ère moderne, s’est manifesté tout d’abord en
Italie, là où existaient des raisons plus pressantes non seulement
de chercher des nouveautés, mais encore d’appuyer ces
nouveautés sur l’étude et l’imitation intelligente des monuments
romains. Jusqu’à un certain point, l’art antique reparut et la
dénomination de Renaissance, contestable ailleurs, se trouve, en
Italie, assez bien justifiée.
ORIGINES DE LA RENAISSANCE
La fin de l'Empire byzantin
1204 : Prise de constantinople par les croisés et entrée de
l’empire Byzantin dans la décadence.
1453 : Chute de la ville dans les mains des ottomans.
Conséquence : De nombreux prélats, artistes et hommes de
science byzantins se réfugièrent en Occident, et notamment en
Italie.
Ils apportaient leurs connaissances, leurs idées et leurs
bibliothèques de manuscrits antiques.
Les savants et artistes italiens tirèrent profit du savoir
accumulé en Orient. Ainsi la chute de l'Empire byzantin
accélérait-elle la renaissance culturelle de l'Occident.
ORIGINES DE LA RENAISSANCE
Le grand idéal médiéval de l'unité était en train de disparaître. Le
Moyen Âge avait cherché à réaliser le rêve de l'unité universelle :
Unité de la foi dans l'Eglise de Rome.
Unité de la politique sous la direction de l'empereur.
Unité de la culture enseignée par les clercs et cimentée par une
langue commune : le latin.
On assistait à l'effritement progressif de cet idéal
divisions entre les papes et antipapes (mouvement de réforme).
Partout ailleurs, les états nationaux s'affirmaient.
Le développement du sentiment national empêchera toute
renaissance d'un projet d'Etat universel..
LA RENAISSANCE
RENOUVEAU ÉCONOMIQUE ET CULTUREL
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Au XVe siècle prend fin la longue période du Moyen Âge et la société
européenne s’ouvre vers d’autres perspectives : la domination de la
pensée chrétienne et des hommes de guerre fait place à de
nouveaux pouvoirs économiques.
L’homme occupe une place croissante dans la société.
Au Moyen Âge, l’Église exerçait sur la société une domination
idéologique et culturelle presque totale.
À la Renaissance, le banquier, le marchand et bien au-delà, les
grandes familles comme les Médicis, lui font concurrence.
Ce sont eux qui désormais financent la construction des églises.
La rigidité dans la représentation, le repentir et la mortification
laissent place à la notion de plaisir : l’homme est là pour goûter les
joies de la nature, l’artiste lui permet d’y accéder.
Par ailleurs, le désordre et l’insécurité régressent, l’austérité des
châteaux forts est abandonnée. On construit de somptueux palais
agrémentés de jardins, on réunit des artistes dans des villas de la
province toscane : la Renaissance est porteuse d’une nouvelle pensée,
d’une façon de vivre différente.
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FONDEMENTS THÉORIQUES
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Les premières œuvres issues de ce renouveau artistique voient le
jour à Florence au début du XVe siècle mais s’appuient sur des
recherches antérieures entreprises quelques décennies plus tôt.
À la fin du moyen âge, la figure de l’homme prend le pas sur
toutes les autres préoccupations : il s’agit d’accorder à l’homme
une nouvelle dimension, de lui offrir à nouveau un rôle actif dans
la réalisation de lui-même.
C’est ainsi que les recherches plastiques des artistes s’orientent
principalement sur la question de l’espace :
comment percevons-nous l’espace qui nous entoure ?
et comment pouvons-nous le reproduire dans une œuvre d’art ?
FONDEMENTS THÉORIQUES
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Ce problème met d’emblée en évidence la difficulté à mettre en
phase ce regard profondément attentif que l’on porte sur la
nature et la transposition de celle-ci sur une surface plane, ce
qui constitue en soi un acte artificiel, parce qu’intellectuel.
La transposition du réel a ainsi constitué l’une des questions
artistiques les plus fécondes de la Renaissance.
Un certain nombre d’outils et de techniques sont alors mis au
point : l’étude de la perspective, celle des proportions fondées
sur le canon anthropomorphique, et enfin l’étude de l’anatomie
et du mouvement qui en constituent les principales
composantes.
FONDEMENTS THÉORIQUES
La perspective (La travoletta)
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Filippo Brunelleschi, peintre et architecte florentin du XVe siècle, peut être considéré comme
l’inventeur de la perspective. En 1415, il réalise l’expérience de la « tavoletta », une
planchette de bois percée d’un trou. Brunelleschi se plaça face au baptistère San Giovanni
de Florence muni de sa planchette et d’un miroir. Sur l’un des côtés de la planchette se
trouvait une vue du baptistère peinte en perspective tandis que l’autre côté, l’envers, était
laissé nu. Il plaça ensuite l’envers de la planchette devant ses yeux, en positionnant son œil
devant l’orifice pratiqué dans celle-ci. Tout en conservant la planchette dans une main, il
tenait de l’autre un miroir, celui-ci étant placé entre le baptistère et la planchette et faisant
face au côté peint de la planchette.
Brunelleschi constata que la bâtisse et l’image peinte coïncidait exactement pour former un
tout : le dessin représentait le « réel ». L’observateur a ainsi le sentiment de voir réellement
la ville, dont les dimensions, par le jeu de miroir, lui semblent être celles de la vraie ville, et
non une reproduction de petit format. Ce système est une claire préfiguration des théories
sur la perspective à venir. Il témoigne d’une réflexion sur les dimensions des objets dans
l’espace et leur réduction au fur et à mesure qu’ils s’éloignent, il témoigne aussi d’un désir
de comprendre la réalité pour mieux la reproduire. La véritable explication scientifique du
phénomène sera réalisée par le théoricien et architecte Léon Battista Alberti dans son traité
« Della Pictura » en 1435 qu’il dédie à Brunelleschi. Il y explique que l’œil constitue le point
de vue à partir duquel se construit une pyramide visuelle, l’œil étant le sommet et la surface
plane du tableau où se forme l’image constituant la base (déjà décrit par Alhazen dans son
livre d’optique, cf. plus haut).
FONDEMENTS THÉORIQUES
La perspective (La travoletta)
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Représentation hypothétique de la première
expérience de perspectiviste de Filippo
Brunelleschi
FONDEMENTS THÉORIQUES
La perspective
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La perspective est également nommée construzione legitima,
construction légitime. C'est dire qu'elle passe pour une vision
objective, réaliste du monde.
C’est le sens du tableau
de verre d’Alberti. Sur la
plaque de verre, c'est le
réel lui-même qui vient
s'inscrire pour l'oeil
situé au sommet de la
pyramide visuelle.
L’HUMANISME
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L’humanisme vit le jour au XIVe siècle. Il exigeait et prônait
l’idée que les sciences physiques et naturelles ne reposent plus
sur des dogmes religieux mais sur une observation sans idées
préconçues de la nature, sur la raison et l’expérience
rationnelle.
La similitude jusqu’alors totale entre la foi et le savoir disparut,
le simple citoyen accéda tout comme le prêtre au savoir, les
universités rompirent avec la tutelle de l’église. Le long
processus de la sécularisation était amorcé.
Dogme : Principe incontestable d’une doctrine.
Sécularisation : (Larousse) Passage de certaines valeurs du domaine du
sacré dans le domaine du profane (opposé du sacré)
L’HUMANISME
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L’HUMANISME
LÉONARD DE VINCI ET LA REPRÉSENTATION DU CORPS
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FONDEMENTS THÉORIQUES
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La renaissance posa ainsi les bases d’une évolution qui ne se
concrétisa souvent que des siècles plus tard: le rationalisme,
la démocratie, les droits de l’homme, la science moderne et la
technique, les banques, la gestion axée sur le profit tout
comme la conception de l’architecture comme art seraient
impensables sans cette époque.
LE MOYEN ÂGE CEDAIT LA PLACE AUX TEMPS MODERNES
FONDEMENTS THÉORIQUES
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Retour aux sources de l’Antiquité et de la civilisation grecque.
Les humanistes italiens renouèrent avec les traditions culturelles
de leurs pays.
Les Humanistes sont attentifs aux langues vernaculaires, car si
leur réflexion se fonde sur les langues anciennes, c’est en langue
vernaculaire qu’elle peut se diffuser.
L’enseignement du grec et du latin, la langue de l’ancienne Rome,
jusque là réservé au clergé, se généralisa.
On se mit à traduire les écrits antiques, on s’intéressa aux édifices
antiques pour les reconstruire, on entreprit de remettre au jour par
des fouilles les objets d’art antiques.
FONDEMENTS THÉORIQUES
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Comme seule source littéraire et théorique sur l’architecture de
l’Antiquité, les humanistes disposaient des « dix livres du
traité d’architecture » de l’architecte et ingénieur militaire
romain Vitruve rédigé vers 25 av. J.-C.
Transmis et copié au Moyen Age, ce texte connut dès lors une
large diffusion.
Outre des éléments techniques et historiques sur
l’architecture, Vitruve y décrivait également l’architecte et sa
formation, la planification urbaine, les effets de la couleur,
l’utilisation des différents matériaux…etc.
FONDEMENTS THÉORIQUES
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Loin d’avoir réalisé une simple imitation de l’architecture de
l’Antiquité, la « Renaissance » , terme désignant un renouveau,
le nouvel essor d’un style, d’un mode, d’une façon de penser,
mit en œuvre une vision et une conception nouvelles du
monde.
PÉRIODES DE LA RENAISSANCE
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1420 - 1500 PREMIÈRE RENAISSANCE Bruneleschi , Alberti
Redécouverte d’un usage réfléchi du vocabulaire antique;
Rupture de style mais également de pratiques (architecte
vs. tradition orale);
Florence puis Italie du Nord (Lombardie, Vénétie).
1500 - 1525 HAUTE RENAISSANCE Bramante
Vérité et équilibre classique égalés … mais non copiés servilement
Réflexion théorique: traités d’architecture largement diffusés
Rome puis diffusion dans tout le monde occidental
1525 - 1600 MANIÉRISME ET ACADÉMISME M.Angelo, Palladio
Maniérisme jeu sur le vocabulaire antique: préfigure le baroque
Académisme grammaire des ordres normative
Contre-Réforme style jésuite
XVe SIÈCLE (QUATTROCENTO) L’HUMANISME
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Redécouverte de la pensée et de l’art antiques;
Mise en avant de l’individu ( artistes reconnus);
Religion toujours importante dans la société;
Italie : ensemble de petites principautés dirigés par des
humanistes (art : symbole de pouvoir).
XVIe SIÈCLE BOULEVERSEMENTS AU CINQUECENTO
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Grande Découvertes
Amériques (Colomb, Cabot, Cartier)
Indes (Vasco de Gama), Chine
Réforme
Retour aux Évangiles : Savonarole (1497), Luther (1517), Calvin
(1536)
Contre-Réforme
Guerres d’Italie (Charles VIII, Louis XII, François Ier)
1492-1559 Charles VIII, Louis XII, François Ier (Savoie, Milanais,
Naples)
1527 Sac de Rome par Charles-Quint
Diffusion de la Renaissance italienne en Europe
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Abandon du gothique et retour à l'antique et au roman
En Italie, où il est né comme dans tous les pays d'Europe où il
s'est ensuite répandu, le style de la Renaissance, qui puisait à
la source de l'Antiquité, a remplacé le style gothique qui avait
été de règle pendant les derniers siècles du Moyen-Age.
Le style gothique était fonction d'une technique de
construction qui avait déterminé un goût, créé de nouveaux
critères de beauté.
Cette technique est basée sur la voûte d'ogives, l'emploi de
l'arc brisé plus résistant à la charge que le plein cintre, le
report des charges sur des points renforcés par des arc-
boutants (d'où la possibilité d'ouvrir la paroi entre eux au
bénéfice de l'éclairage et donc des vitrails) et un élan vertical
(développement du volume en hauteur).
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La Renaissance revint à une démarche inverse : le style ne
dépendit plus des possibilités de la technique, il était fondé
sur des principes esthétiques supérieurs, des concepts
abstraits : la symétrie, les proportions, et sur l'emploi d'une
langue strictement règlementée dans son vocabulaire et sa
syntaxe : le système des ordres.
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En plaçant la beauté dans le respect de ces principes au
détriment de toute autre considération, en condamnant
notamment l'arc brisé pour revenir au plein cintre - jugé plus
pur de dessin, la Renaissance renonçait aux exploits des
maîtres-maçons du Moyen-âge;
Elle revenait à la voûte en berceau, à une conception
statique de la construction, s'interdisait toute performance,
l'élévation excessive du volume, l'allègement des parois,
l'ouverture à la lumière - et elle le paya aussitôt de la
décadence du vitrail.
En ce sens, elle constitua une véritable régression. Elle
condamna sans appel le dernier style du Moyen-Age où elle
ne voyait, selon Vasari, que des ouvrages "monstrueux et
barbares qu'on peut appeler plutôt confusion ou désordre".
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Abandon du gothique et retour à l'antique et au roman ;
Le retour à l’arc plein cintre et à la voûte en berceau ;
le plan régulier ;
l'égalité des travées ;
l'alignement des baies ;
la symétrie ;
la proportion.
L’ARC PLEIN CINTRE ET À LA VOÛTE EN BERCEAU
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Filippo Brunelleschi,
Hôpital des Innocents & Chapelle des Pazzis
Arc plein cintre retour à la voûte en berceau, à une
jugé plus pur de dessin, conception statique de la construction,
s'interdisait toute performance
PLAN RÉGULIER
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tracés rigoureux, façades rectilignes, accord à
angle droit (les angles obtus ou aigus furent proscrits)
Filippo Brunelleschi
développa un dessin de
basilique basé sur un Transept
plan dans lequel des Nef latérale
modules carrés se Choeur Nef centrale
répètent jusqu’à former
une croix latine. Transept
EGALITÉ DES TRAVÉES
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régularité dans le rythme des ouvertures. Ainsi, les façades de
l'hôpital des Innocents (Brunelleschi), du palais Médicis
(Michelozzo) et du palais Rucellai (Alberti) possèdent des baies de
largeurs égales et espacées régulièrement
Bartolommeo Michelozzo Filippo Brunelleschi, Leon Battista Alberti,
palais Médicis hôpital des Innocents palais Rucellai
LA COLONNE
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La colonne, élément caractéristique de l'architecture
antique, est remise à l'honneur. Surmontée d'un
chapiteau, elle portait un entablement horizontal
composé de trois éléments : une architrave, une frise
et une corniche saillante,
LA COUPOLE
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la coupole sur pendentifs et la voûte en pendentifs constituent
des nouveautés.
LA VOÛTE EN PENDENTIFS
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introduite par Brunelleschi au
portique de l'hopital des Innocents.
Elle est constituée par la réunion de
quatre pendentifs, ce qui lui lui
donne la forme d'une calotte
retombant en pointe dans les angles.
LE TAMBOUR, LE DÔME ET LA LANTERNE
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le tambour, le dôme et la lanterne :
à l'aube du XVIe siècle, on
interpose entre les pendentifs et
la coupole un tambour
cylindrique par les fenêtres duquel
on pouvait éclairer la croisée. En
même temps, on relançait l'antique
usage d'exprimer la forme de la
coupole à l'extérieur en la couvrant
d'un dôme de charpente. L'usage
s'établit en outre d'ouvrir la
coupole à son faîte et de
recouvrir l'ouverture d'une
lanterne en forme de tempietto.
La Madonna di San Biagio à
Montepulciano intègre ces
éléments.
CATHÉDRALE DE FLORENCE
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La coupole polyédrique (petit dôme surmonté d’une lanterne) de la
cathédrale de Florence est de style gothique, mais une élégance
toute classique apparaît dans la lanterne et la structure percée de
fenêtres, qui donne au dôme son équilibre massif. Les colonnes
corinthiennes à l’antique, les audacieuses volutes, les échancrures
en coquilles et l’usage de la pierre font de la lanterne l’un des
premiers exemples d’architecture de la Renaissance d’inspiration
classique.
DÔME DE LA CATHÉDRALE DE FLORENCE
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Cet énorme dôme (duomo) est devenu le symbole, non seulement
de la Renaissance florentine, mais aussi plus largement, de la
remise à l’honneur de procédés et de savoir-faire que les auteurs
contemporains comparèrent aux réalisations des anciens. C’était le
plus grand dôme que l’on construisait depuis l’antiquité.
LE BOSSAGE RUSTIQUE
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L’utilisation de grosses pierres
au niveau inférieur des palais
ancrait visuellement les
édifices, donnant une
impression de force et de
solidité. Parfois sous forme de
blocs ou de moellons
grossièrement taillés, les
bossages pouvaient être très
saillants. Extrêmement
coûteux, le bossage
contribuait à établir la
notoriété du propriétaire.
Bossage : palais Médicis
LE PRINCIPE DES ORDRES
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Les Grecs avaient défini
trois ordres fondamentaux : le
dorique, le ionique et le
corinthien;
les Romains leur avaient ajouté
deux variantes : le toscan
(variante du dorique) et le
composite (mélange d'ionique
et de corinthien).
LE PRINCIPE DES ORDRES
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Vignole publia en 1562 la "Règle des cinq ordres" qui fixe le
rapport entre les ordres : leur hauteur est calculée à partir du
module commun constitué par le diamètre de la colonne
le toscan est haut de 7 modules,
le dorique de 8,
l'ionique de 9,
le corinthien et le composite de 10;
le dorique, le plus robuste des ordres, était voué au niveau du
rez-de-chaussée qui porte le poids de l'édifice, l'ionique au
premier étage, le corinthien au second.
LE PRINCIPE DES ORDRES
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C’est au palais Rucellai à
Florence, qu’Alberti utilisa
pour la première fois différents
ordres de pilastres
superposés pour les façades :
ordre dorique au rez-de-
chaussée, et deux ordres
corinthiens au-dessus, qui
soutenaient un entablement
séparant les étages.
Vue extérieure et façade du palais Rucellai, Florence
Style Renaissance - palais, Florence (Italie), 1455
LE PRINCIPE DES ORDRES
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La première imitation fidèle se fit vers 1470 dans la cour du palais
de Venise à Rome. En 1514, Bramante donna au palais du Vatican
le premier exemple d'une superposition correcte des trois
ordres fondamentaux.
palais du Vatican Palais Farnese
LE PRINCIPE DES ORDRES
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Dans son traité De re aedificatoria,
Alberti fit la première fois mention
d’un ordre distinct d’architecture
italienne, qu’il nomma « Italique ».
Ce terme fut ensuite connu sous le
nom d’ordre « composite » lorsqu’il
intégra feuilles d’acanthes
corinthiennes et volutes ioniques.
Chapiteau composite
LE PILASTRE
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Les pilastres, étroites colonnes au profil rectangulaire,
n’avaient qu’une fonction décorative. Ils pouvaient être en
marbre, en stuc ou peints.
ORNEMENTATION EN RELIEF
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Les reliefs richement sculptés
étaient une forme de décoration
traditionnelle, notamment en
Lombardie et en Toscane.
Surtout réservés aux ornements
intérieurs, ils utilisaient des
motifs classiques comme des
animaux fantastiques, des
feuillages stylisés et des urnes,
reprenant les thèmes des reliefs
romains.
LES NOUVEAUX TYPES D’ÉDIFICES
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Les programmes de construction de la
Renaissance ne différaient guère de ceux du
Moyen-Age : il s'agissait avant tout de
construire des églises et des palais.
L'Italie en ajouta deux : la maison de
campagne ou villa, et la place publique à
ordonnance uniforme..
Palazzo Farnese,
dessin de Giuseppe
Vasi (1710–1782)
FLORENCE, Basilique Santa Maria Novella
Façade [1450-1470] de Léon Battista
ALBERTI
LES PLANS D'ÉGLISE
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A San Lorenzo et à Santo Spirito, Brunelleschi reprend le plan
traditionnel en croix latine, mais il fondit avec l'antique type
basilical en revenant au principe de la nef couverte d'un plafond
et bordée de colonnes, et lui ajouta une coupole sur la croisée.
Basilique San Lorenzo
LES PLANS D'ÉGLISE
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Dans les édifices de petit volume, il adoptait le
plan centré (c'est à dire constitué par un
volume unique qui peut être inscrit dans un
cercle), lequel avait disparu depuis les
baptistères romains : Madonna delle Carceri
de Prato (Giulano da Sangallo).
Guliano da Sangallo, Santa Maria delle Carceri
Prato, Italie, 1485
LES PLANS D'ÉGLISE
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Le plan centré se prêtant mal à la réunion de grandes foules, on eut
l'idée au XVe siècle d'établir un sanctuaire de plan centré au bout
d'une nef : Annunziata de Florence (Michelozzo), Santa Maria delle
Grazie à Milan (Bramante).
Santa Maria delle
Grazie (Bramante)
LES PLANS D'ÉGLISE
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Santa Maria delle
Grazie (Bramante)
LE PALAIS ITALIEN
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résidence urbaine, était traditionellement un bloc fermé sur une cour
intérieure, d'apparence massive à l'extérieur, mais largement ouvert
de loggias sur la cour : palais Médicis (Michelozzo - 1444), palais
Farnèse à Rome (Antonio da Sangallo - 1513).
Palais Medicis à Florence
LA VILLA
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Poggio da Caiano (Michelozzo - 1480) est le premier exemple
de villa florentine de plan massé, quasi symétrique, qui tend
au plan centré. Les villas de Palladio sont un des symboles
de la Renaissance.
Villa de Poggio a Caiano, 1487,
Giuliano da Sangallo
LA VILLA
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Villa La Petraia à Florence Villa Medicea La Ferdinanda (o dei cento camini)
Villa La Rotonda di Andrea Palladio à Vicenza, Italie VIlla Emo Vedelago di Andrea Palladio à Vicenza, Italie
LA PLACE PUBLIQUE
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Le premier exemple de place publique ordonnée fut donné
à la fin du XVe siècle à Vigevano.
Piazza Ducale Vigevano
La place est, comme au
Quattrocento, entourée de
palais à portiques à arcades,
avec un piano nobile aux
fenêtres cintrées surmontées
d'un attique ouvert d'un
oculus.
UNE NOUVELLE DISCIPLINE
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Un art savant suppose une culture et des écrits pour la
transmettre. L'Antiquité n'avait laissé qu'un traité
d'architecture, celui de Vitruve traduit en italien pour la
première fois en 1521.
Les architectes de la Renaissance multiplièrent les
traités, et l'imprimerie en assura la diffusion :
UNE NOUVELLE DISCIPLINE
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De re aedificatoria (Alberti - 1450),
Les huit livres de Serlio (fin du XVIe siècle)
Les quatre livres de Palladio (1570)
La Règle des cinq ordres (Vignole - 1562)
Avec les nouvelles conceptions de la Renaissance,
l'architecture n'était plus seulement un corps de
connaissances pratiques, elle devenait une science, elle
requérait la maîtrise de disciplines multiples : dessin,
perspective, géométrie, mathématiques, archéologie, traduction...
UN NOUVEAU MÉTIER
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Le Moyen-Age ne voyait dans le constructeur des cathédrales
qu'un maître maçon, un appareilleur ou un charpentier - ce qu'il
était de par sa formation.
En lui demandant des projets plus élaborés et une culture savante,
la Renaissance lui rendit son nom grec d'architecte et le considéra
comme un artiste.
Brunelleschi et Michelozzo étaient orfèvres de formation.
Vasari et Bramante étaient peintres de leur premier métier.
Les sculpteurs connurent également la tentation de l'architecture,
à l'image de Michel-Ange.
Rares furent les grands architectes issus du métier du bâtiment.
UN NOUVEAU MÉTIER
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Au Moyen-Age, la tradition voyait en l'architecte un homme
polyvalent, un créateur possédant le savoir technique, artisanal
et manuel nécessaire et suffisant pour pouvoir diriger et mener
concrètement à leur terme, les projets qu'il avait imaginés.
Au Quattrocento (contraction de mille quattrocento , soit mille
quatre cents en Italien), avec la venue du mouvement appelé
Première Renaissance. L'architecte y est davantage considéré
comme un intellectuel ou un artiste cultivé qui conçoit les
constructions ; les opérations de réalisation paraissant
secondaires sont déléguées à d'autres corps de métiers.
Merci de votre attention
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Bibliographie
Grammaire de l’architecture
Histoire de l'architecture de l’antiquité à nos jours
Histoire de l’architecture occidentale, Jean-Yves
Antoine, www.info.univ-tours.fr
Cours de Mr FOURA Mohamed
Sites internet