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Ce document traite de l'identification et de la prévision du gonflement de certains sols de la région de Tlemcen en Algérie. Il présente diverses classifications utilisées pour identifier les sols gonflants et des modèles statistiques pour estimer la pression et l'amplitude de gonflement. Ces outils ont été appliqués à des sols de Tlemcen, montrant que les modèles nécessitent d'être améliorés pour cette région.

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Ce document traite de l'identification et de la prévision du gonflement de certains sols de la région de Tlemcen en Algérie. Il présente diverses classifications utilisées pour identifier les sols gonflants et des modèles statistiques pour estimer la pression et l'amplitude de gonflement. Ces outils ont été appliqués à des sols de Tlemcen, montrant que les modèles nécessitent d'être améliorés pour cette région.

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Identification et prévision

du gonflement de quelques sols


de la région de Tlemcen (Algérie)

Abdelkader DJEDID
Chargé de cours

Abdelmalek BEKKOUCHE
Maître de conférence

Sidi Mohammed AISSA MAMOUNE


Post-doctorant Géotechnique
Département de Génie civil
Faculté des Sciences de l’ingénieur
Université Abou-Bekr Belkaid, Tlemcen (Algérie)

RÉSUMÉ Introduction
Pour les praticiens, comprendre le méca- Un nombre important d’ouvrages, construits dans la
nisme fondamental qui provoque le gonfle-
ment des argiles est secondaire. Par con- région de Tlemcen (à l’extrême Nord-Ouest de l’Algérie)
tre, soupçonner au préalable le caractère sur des formations marneuses avant les années 1970,
gonflant d’une formation et pouvoir ensuite présentent actuellement des signes de dégradations
obtenir rapidement des estimations de la
pression et de l’amplitude de gonflement (Bekkouche et al., 1997). Ces dernières, caractérisées par
seraient d’un grand intérêt économique des fissures au niveau de la superstructure, sont dues au
puisqu’elles permettent de mieux orienter phénomène de retrait qui n’a pas été pris en considération
les reconnaissances et informent les con-
cepteurs sur le type de fondation à adopter. lors de la réalisation de ces ouvrages et qui prend de
l’ampleur du fait de la sécheresse qui sévit dans la région
La recherche présentée dans cet article
rentre dans le cadre de l’identification et de depuis environ deux décennies.
la prévision du comportement des sols gon-
flants. À cet effet, les classifications des
Se prémunir contre les effets du retrait et du gonflement des
sols gonflants disponibles dans la littérature argiles suppose que les différents acteurs de la construction
sont passées en revue (et généralement disposent des outils nécessaires pour qu’ils puissent :
utilisées pour l’identification des sols gon-
flants). L’application de ces classifications ➢ identifier à partir d’essais géotechniques simples les
aux sols de la région de Tlemcen montre sols potentiellement gonflants ;
que ces dernières respectent la tendance
générale mais donnent parfois des appré- ➢ estimer, dans une première phase, les paramètres
ciations contradictoires. Les modèles sta- caractérisant le gonflement à partir de modèles tenant
tistiques utilisés dans la pratique pour obte- compte des caractéristiques déterminées par les essais
nir rapidement des estimations de la
pression et de l’amplitude de gonflement géotechniques courants (Bekkouche et al., 2000c). En
sont également présentés. Même ajustés, général, ce sont la pression et l’amplitude de gonflement
ces modèles fournissent pour les sols tes- qui sont utilisées pour caractériser les sols gonflants ;
tés des valeurs relativement éloignées de
celles observées sur des échantillons ➢ mesurer ces paramètres dans une seconde phase. On
« intacts ». La recherche de modèles pro- notera ici qu’il existe un nombre important de procédures
pres à chaque famille d’argile est préférable et qu’à l’heure actuelle, en Algérie, le problème de la
puisqu’une analyse de régression linéaire
multiple sur uniquement quatre-vingt obser-
normalisation reste posé (Bekkouche et al., 2000a ; et
vations a permis d’améliorer considérable- Bekkouche et al., 2000b) ;
ment les prévisions. ➢ construire sur ce genre de sol. Dans ce cas, le type de
fondations dépend du potentiel de gonflement du matériau
DOMAINE : Géotechnique et risques
naturels. et génère souvent des surcoûts importants. À noter que les
mesures palliatives concernant l’élimination ou la réduc-

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 233 - JUILLET-AOÛT 2001 - RÉF. 4375 - PP. 67-75 67
tion de la variation de la teneur en eau du sol peu- Classification des sols gonflants
vent réduire considérablement ces surcoûts.
Procéder à une classification convenable des sols
Le présent article traite des deux premiers points, gonflants sous-entend que les paramètres géo-
c’est-à-dire l’identification et la prévision. À cet techniques représentatifs du gonflement sont
effet, sont présentées les diverses classifications connus. Toute la difficulté réside dans la défi-
utilisées dans la pratique pour apprécier le carac- nition de ces paramètres. La pratique considère la
tère gonflant des sols ; celles-ci sont basées sur des pression et l’amplitude de gonflement.
paramètres déterminés à partir d’essais géotechni-
ques simples. Une synthèse des modèles statisti- La littérature contient un nombre considérable
ques disponibles dans la littérature, qui permettent d’approches empiriques qui permettent d’appré-
d’estimer indirectement la pression et l’amplitude cier le potentiel de gonflement des sols. Certains
de gonflement, est également proposée. auteurs pensent pouvoir relier ce potentiel à un
seul paramètre. Ainsi et comme le montrent les
Pour apprécier la fiabilité de ces classifications et tableaux I, II et III, Altmeyer (1955), Ranga-
de ces modèles, ils ont été appliqués à quelques natham et Satyanarayana (1965) et Snethen
sols de la région de Tlemcen. Il en ressort que les (1980) (cité par Derriche et al., 1998) proposent
modèles de prévision ne sont pas tout à fait appli- des classifications qui donnent respectivement le
cables aux sols de cette région. Même ajustés, potentiel de gonflement en fonction de la limite de
l’écart entre les valeurs estimées et celles mesu- retrait wS, de l’indice de retrait IR et de l’indice de
rées reste significatif. Dans le but d’améliorer la plasticité IP. L’indice de retrait est défini comme
fiabilité des modèles, une recherche de paramètres la différence entre la limite de liquidité wL et la
significatifs a été élaborée et de nouveaux modè- limite de retrait wS.
les ont été proposés. L’utilisation de ces derniers a
permis de réduire l’écart entre les valeurs calcu- Pour des sols contenant entre 8 et 65 % d’argile,
lées et celles mesurées. Seed et al . (1962) (cités par Didier, 1972)
proposent la classification donnée dans le
tableau IV et qui relie le taux de gonflement εs à
Identification qualitative des sols gonflants l’indice de plasticité. Le taux de gonflement εs est
défini comme étant le pourcentage de gonflement
L’identification des sols gonflants peut s’effectuer d’un échantillon d’argile compacté à l’optimum
à l’échelle microscopique, les formes et les Proctor et soumis à une charge de 7 kPa. Ce taux de
assemblages de la structure de ces matériaux étant gonflement est donné par la relation suivante :
très particuliers. Seulement, cette reconnaissance
est très coûteuse et n’informe pas sur les para- ε s = 1.10 – 5 I p2,24 (1)
mètres mécaniques du retrait-gonflement. Une
identification primaire, à partir des résultats D’autres auteurs proposent de relier le potentiel de
d’essais simples, peut présenter un intérêt consi- gonflement et/ou de retrait à deux paramètres. On
dérable puisqu’elle permettra de gagner en temps distingue dans cette catégorie les classifications
et en coût. En effet, le fait de soupçonner qu’un sol proposées respectivement par le BRE (Royaume-
puisse être gonflant dès la campagne de recon- Uni) et par Ghen (1988) (cité par Derriche et al.,
naissance préliminaire permet d’anticiper sur les 1998) et qui sont données dans les tableaux V et
campagnes de reconnaissance de confirmation en VI. La première est basée sur l’indice de plasticité
les adaptant à la nature du site. et le pourcentage de la fraction argileuse

TABLEAU I TABLEAU II TABLEAU III


Potentiel de gonflement Potentiel de gonflement Potentiel de gonflement
d’après Altmeyer d’après Ranganatham et d’après Snethen
(1955) Satyanarayana (1965) (1980)
wS Potentiel IR Potentiel IP Potentiel
(%) de gonflement (%) de gonflement (%) de gonflement

< 10 Fort 0 – 20 Faible > 35 Très élevé


10 – 12 Critique 20 – 30 Moyen 22 – 48 Elevé
> 12 faible 30 – 60 Fort 22 – 32 Moyen
> 60 Très fort < 18 Faible

68 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 233 - JUILLET-AOÛT 2001 - RÉF. 4375 - PP. 67-75
TABLEAU IV Didier, 1972) donnée dans le tableau VII et la
Potentiel de gonflement classification de Holtz, Dakshanamurthy et
d’après Seed, Woodward et Lundgren (1962)
Raman (1973) (cités par Chen, 1987) donnée dans
Taux de εs le tableau VIII rentrent dans cette catégorie. La
Ip
gonflement (%) première donne le potentiel de retrait en fonction
du pourcentage de la fraction argileuse, de l’indice
Faible 0 – 1,5 0 – 10
de plasticité et de la limite de retrait. La seconde
Moyen 1,5 – 5 10 – 20 fournit le potentiel de gonflement en fonction de
Elevé 5 – 25 20 – 35 l’indice de plasticité, de la limite de liquidité et de
la limite de retrait.
Williams et Donaldson (1980) (cités par
(particules dont le diamètre est inférieur à 2 µm). Mouroux, 1989) introduisent un facteur
La seconde est fondée sur la limite de liquidité et complémentaire qui est l’activité. Ce facteur est
le pourcentage des particules dont le diamètre est défini comme le rapport de l’indice de plasticité
inférieur à 74 micromètres. au pourcentage de la fraction argileuse. L’abaque
qu’ils proposent permet d’apprécier le potentiel de
Vijayvergiya et Ghazzaly (1973) proposent une
gonflement en fonction de l’activité, de la fraction
classification en fonction de la limite de plasticité
argileuse et de l’indice de plasticité (fig. 1b).
wP et de l’indice de plasticité. Le diagramme de
Casagrande est divisé par la ligne A en deux zones De cette classification, Van-Der-Marwe (TM-
(fig. 1a), les sols gonflants se plaçant au-dessus et Army, 1983) déduit une formule de calcul du gon-
les sols non gonflants en dessous. flement in situ en fonction des limites d’Atterberg
et de la profondeur de la couche concernée par le
Sur cet abaque sont présentés quelques points
gonflement. Cette formule s’écrit :
correspondant à des échantillons de sol provenant
de la région de Tlemcen. ∆H = DFε s (2)
Enfin, d’autres auteurs pensent qu’au moins trois
paramètres sont indispensables pour pouvoir Dans la relation précédente, ∆H, D et εs repré-
apprécier le potentiel de gonflement des sols. La sentent respectivement le gonflement total en
classification de Holtz et Gibbs (1956) (cités par mètre, l’épaisseur de la couche du sol concernée

TABLEAU V TABLEAU VI
Potentiel de gonflement Potentiel de gonflement
d’après le BRE (1980) d’après Ghen (1988)
Pression
Ip Potentiel wL Potentiel
% < 2 µm % < 74 µm de gonflement
(%) de gonflement (%) de gonflement
(6ans) (MPa)

> 35 > 95 Très élevé > 95 > 60 1 Très élevé


22 – 35 60 – 95 Elevé 60 – 95 40 – 60 0,25 –0,5 Elevé
18 – 22 30 – 60 Moyen 30 – 60 30 – 40 0,15 – 0,25 Moyen
< 18 < 30 faible < 30 < 30 < 0,05 Faible

TABLEAU VII TABLEAU VIII


Potentiel de retrait Potentiel de gonflement
d’après Holtz et Gibbs (1956) d’après Holtz, Dakshanamurthy et Raman (1973)
P < 2 µm Ip wS U* Potentiel Potentiel de Ip wS wL
(%) (%) (%) (%) de retrait gonflement (%) (%) (%)

> 28 > 35 < 10 > 30 Très élevé Faible < 18 > 15 20 – 35


20 – 13 25 – 40 7 – 10 20 – 30 Elevé Moyen 15 – 25 10 – 15 35 – 50
13 – 23 15 – 30 10 – 15 10 – 30 Moyen Fort 25 – 35 7 – 12 50 – 70
*
U : Pourcentage de retrait.

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 233 - JUILLET-AOÛT 2001 - RÉF. 4375 - PP. 67-75 69
a. Selon Vijayvergiya et Ghazzaly (1973). b. Selon l’abaque de Williams et Donaldson (1980).

Fig. 1 - Classification des sols.

en mètre et le potentiel de gonflement à lire sur Kiffane sont des quartiers de la ville de Tlemcen
l’abaque de la figure 1b. Le facteur F est un où les formations marneuses sont prépondérantes
facteur réducteur pour les surcharges, il est égal à (Bekkouche et al., 1994).
10– D/6,1.
Du tableau IX, on peut tirer les remarques
Sur cet abaque sont placés également les points suivantes :
représentatifs des échantillons des sols de la ➢ l’ensemble des classifications ne fournit pas la
région de Tlemcen. même appréciation du potentiel de gonflement ou
de retrait des sols ;
Application de ces classifications ➢ le caractère gonflant des sols examinés appa-
à des sols de la région de Tlemcen raît clairement à travers l’ensemble des classi-
fications citées, sauf peut-être pour la classifica-
Afin de tester l’efficacité des classifications citées tion d’Altmeyer qui semble sous-estimer le
ci-dessus, celles-ci ont été appliquées à des sols potentiel de gonflement des sols ;
gonflants provenant de quelques sites de la région ➢ l’ensemble des sols examinés est fortement
de Tlemcen. La tendance générale de ces gonflant, sauf peut-être celui de Kiffane qui
classifications est résumée dans le tableau IX. semble avoir un potentiel de gonflement modéré ;
Parmi les sites indiqués dans le tableau IX, Bab El ➢ les facteurs qui semblent déterminants dans le
Assa et Ouled Mimoun sont deux localités comportement gonflant des argiles sont : l’indice
distantes respectivement d’environ quatre-vingt de plasticité, la fraction argileuse, la valeur de
kilomètres à l’ouest et vingt kilomètres à l’est de bleu de cette même fraction, la limite de liquidité
Tlemcen-ville. Par contre, Imama, Chetouane et et la limite de retrait.

TABLEAU IX
Potentiel de gonflement-retrait des sols examinés selon les différentes classifications
Profondeur Altmeyer Seed et al. Snethen Holtz et al. BRE
Site
(m) (1955) (1962) (1980) (1973) (1980)

Bab El Assa 3,0 à 3,5 Fort Élevé Très élevé Très fort Élevé à très élevé
Ouled Mimoun 2,5 à 3,0 Faible Élevé Moyen Moyen à fort Élevé à très élevé
Imama 9,65 à 9,95 Faible Très élevé Très élevé Faible à très fort Moyen à très élevé
Chetouane 1 9,6 à 9,80 Faible Élevé Élevé à très élevé Fort à très fort Moyen à élevé
Chetouane 2 9,40 à 9,70 Faible Élevé Moyen Moyen à fort Élevé
Kiffane 11 à 11,25 Moyen Faible Moyen Faible Très élevé

70 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 233 - JUILLET-AOÛT 2001 - RÉF. 4375 - PP. 67-75
Estimation indirecte des paramètres Ces modèles ajustés à nos argiles s’écrivent res-
de gonflement des sols gonflants pectivement :

Dans la phase de reconnaissance préliminaire et 1


lg p s = ------ ( 0,4w L – w n + 23,6 ) (6)
une fois le caractère gonflant pressenti, il est 12
possible d’obtenir une estimation des paramètres
1
de gonflement (amplitude et pression) à partir des lg p s = ---------- ( 6,242γ d + 0,65w L – 100 ) (7)
nombreuses corrélations proposées dans la litté- 19,5
rature. Ces expressions empiriques mettent en Dans ces modèles, la pression de gonflement ps
relation les paramètres de gonflement avec les est donnée en kPa, le poids volumique sec γd en
paramètres géotechniques déterminés à partir des kN/m3, la limite de liquidité wL et la teneur en eau
essais d’identification. Bien sûr, il faut se garder naturelle wn sont en chiffre décimal.
d’une utilisation abusive de ces expressions : les
valeurs obtenues ne doivent servir que lors des
études d’avant-projet sommaire, notamment pour Estimation indirecte de l’amplitude de gonflement
orienter les concepteurs. Pour l’amplitude de gonflement, les modèles
donnent généralement le gonflement libre. Le
modèle proposé par O’Neil et Ghazzaly s’écrit :
Estimation indirecte de la pression de gonflement
À partir d’une étude statistique sur 200 échantil- ε s = 2,77 + 0,131w L – 0,27w n (8)
lons, David et Komornik (cités par Kabbaj, 1989) tandis que le modèle proposé par Johnson et
ont déduit une relation qui permet d’estimer la Snethen s’écrit :
pression de gonflement. Ajustée aux argiles de la
région de Tlemcen, cette relation s’écrit : lgε s = 0,036w L – 0,0833w n + 0,458 (9)
lg p s = 2,08w L + 0,006688γ d Dans les deux relations précédentes, ε s est le
gonflement libre en pourcent ; wL et wn s’expri-
– 2,69w n + 0,132 (3)
ment en chiffre décimal.
La pression de gonflement ps est donnée en kPa ; Toujours sur la base des résultats de 270 essais de
la limite de liquidité w L et la teneur en eau gonflement, Vijayvergiya et Ghazzaly ont établi
naturelle wn sont en chiffre décimal tandis que le les corrélations suivantes :
poids volumique sec γd est en kN/m3.
1
Williams et Donaldson (cités par Mouroux, 1989) lg ε s = ------ ( 0,4w L – w n + 5,5 ) (10)
12
ont proposé un modèle qui donne l’amplitude du
gonflement en fonction de la charge qui règne 1
lg ε s = ---------- ( 6,242γ d + 0,65w L – 130,5 ) (11)
dans le sol. Ce modèle s’écrit : 19,5
399,6 où γ d est en kN/m 3 , w L et w n sont en chiffre
ε s =  7,3 – ------------- – lg p s . décimal et εs en pourcent.
 I 
p
Le gonflement libre, obtenu à partir des modèles
(0,525 I p + 4,1 – 0,85w n ) (4)
ci-dessus, peut être réduit dans le cas où le sol
Ainsi, pour une amplitude nulle ( ε s = 0), la serait soumis à une pression de confinement σv à
pression de gonflement sera donnée par l’aide de la formule suivante proposée par Gogoll
(cité par Attwell et al., 1984) :
399,6
lgp s = 7,3 – ------------- (5) ε's = ε s ( 1 – 0,0735 σ v ) (12)
Ip
où σv est la contrainte de confinement exprimée
Dans les deux relations précédentes, l’indice de
en kPa.
plasticité Ip et la teneur en eau naturelle wn sont en
pourcent alors que la pression de gonflement ps
est exprimée en kPa. Ajustement des modèles pour les argiles étudiées
En se basant sur les résultats de 270 essais de Compte tenu de l’écart constaté entre les valeurs
gonflement réalisés sur divers sols, Vijayvergiya des paramètres de gonflement directement mesu-
et Ghazzaly ont proposé deux modèles qui rées et celles fournies par les modèles précédents,
permettent d’obtenir la pression de gonflement. une première idée a consisté à ajuster ces modèles

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 233 - JUILLET-AOÛT 2001 - RÉF. 4375 - PP. 67-75 71
(Bekkouche et al., 2000c). Une analyse statistique Proposition de modèles pour les argiles étudiées
a été réalisée. L’examen des résultats de cet
Les résultats de l’ajustement montrent que, pour
ajustement, regroupés dans le tableau X, fait
les argiles étudiées, seul le modèle de Johnson
ressortir les remarques suivantes :
semble être applicable, ceci dans un domaine
➢ les modèles de Seed et al. (1962) ne tiennent limité entre 0,2 et 0,4 MPa. Donc, même ajustés,
pas compte de la teneur en eau naturelle qui, à la plupart des modèles restent imparfaits dans
notre avis, reste un paramètre déterminant dans le leurs prévisions (Bekkouche et al., 2000c).
processus de gonflement. Ces modèles n’utilisent
Une étude statistique sur les données disponibles
que des paramètres interdépendants (la teneur en
dans la région de Tlemcen a été effectuée pour
argile, l’activité et l’indice de plasticité) ;
rechercher des modèles adaptés à ces sols. On
➢ le modèle de Nayak et Christensen et le
donne les modèles jugés performants pour
modèle de Vijayvergiya et Ghazzaly ne peuvent
l’amplitude du gonflement (tableau XI) et pour la
être utilisés pour des valeurs élevées de la teneur
pression de gonflement (tableau XII). Il est à noter
en argile, de la teneur en eau naturelle et de la
que la pression de gonflement calculée est
limite de liquidité. Le premier modèle est basé sur
exprimée en kPa.
des paramètres interdépendants, quant au second
il ne tient pas compte de la teneur en eau Dans les relations ci-dessus, A, C, Z, wn, ws, wL,
naturelle ; γ d , I p et T C a représentent respectivement
➢ les modèles de Johnson prédisent globalement l’activité, la teneur en argile (en pourcent), la
des pourcentages de gonflement dans les limites profondeur (en m), la teneur en eau naturelle (en
couramment observées en pratique. pourcent), la limite de retrait (en pourcent), la

TABLEAU X
Résultats d’ajustement des modèles de gonflement
N˚ Modèles Expression mathématique

1 Seed et al. 1 εs = 0,1670877 . A . C + 0.8221577


2 Seed et al. 2 εs = 0,1823723 . Ip + 0,4559623
3 Vijayvergiya et Ghazzaly 1 lg εs = 1/19,5 (28,742805 . γd + 0,22238775 . wL – 48,4704675)
4 Vijayvergiya et Ghazzaly 2 lg εs = 1/12 (0,0964896 . wL – 0,08028 . wn + 3,0697752)
5 Johnson εs = – 0,0215153 Ip – 2,671464 . Z – 0,8565674 . wn + 0,0023009 . wn . Ip + 0,056402 . Z . Ip + 28,49721
6 Nayak et Christensen εs = 0,0761548 . Ip . C / wn – 0,222854
7 David et Komornik lg ps = 0,0079182 . wL + 0,6342451 . γd – 0,00161536 . wn + 1,1328183
8 Vijayvergiya et Ghazzaly 1 lg ps = 1/12 (0,0651096 . wL – 0,1512264 . wn + 26,8704696)
9 Vijayvergiya et Ghazzaly 2 lg ps = 1/19,5 (23,28378 . γd + 0,15710565 . wL – 3,5600565)

TABLEAU XI
Modèles proposés pour l’amplitude de gonflement
N˚ Expressions mathématiques Domaine de validité

1 lg εs = – 0,008 . Z + 0,27 . A – 0,02 . TCa + 0,016 . Sr – 0,16 εs de 0 à 12 %


2 lg εs = – 0,1 . Z + 1,06 . A + 0,22 . γd – 0,04 . wn + 0,82 εs de 0 à 15 %

TABLEAU XII
Modèles proposés pour la pression de gonflement
N˚ Expressions mathématiques Domaine de validité

1 lg ps = 0,01 . Ip + 1,26 . γd – 0,008 . wn – 0,1 . M – 0,179 ps de 0 à 600 kPa


2 lg ps = – 0,001 . wn . Ip + 0,024 . wL + 0,1 . M + 1,287 ps de 0 à 400 kPa
3 lg ps = 0,006 . Ip + 1,21 . γd – 0,013 . ws + 0,11 . M + 0,03 ps de 0 à 600 kPa

72 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 233 - JUILLET-AOÛT 2001 - RÉF. 4375 - PP. 67-75
lg ps (kPa) lg ps (kPa)

lg ps (kPa) lg ps (kPa)

lg ps (kPa)

Fig. 2 - Abaque d’estimation de la pression de gonflement ps pour le modèle numéro 2.

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 233 - JUILLET-AOÛT 2001 - RÉF. 4375 - PP. 67-75 73
limite de liquidité (en pourcent), le poids Soupçonner préalablement le potentiel de
volumique sec (en kN/m3), l’indice de plasticité et gonflement d’un site avant les essais mécaniques
la teneur en carbonate de calcium (en pourcent). permettrait de mieux orienter la phase de recon-
Le paramètre M est un facteur qui caractérise le naissance et informerait les concepteurs sur le
poids de la procédure utilisée pour mesurer le mode de fondation à prescrire. C’est avec cet
paramètre en question. Ce paramètre est égal à 1 objectif qu’ont été proposées les différentes
pour la procédure du gonflement libre, à 2 pour la classifications qualitatives citées dans cet article.
procédure du gonflement à volume constant (DTU Il est conseillé d’utiliser les classifications se
11.1), à 3 pour la procédure du gonflement sous basant sur plus d’un paramètre. Les paramètres
contrainte constante (AFNOR), à 4 pour la déterminés par les essais d’identification et consi-
procédure du gonflement à volume constant dérés comme les plus déterminants dans le com-
(LCPC) et à 5 pour la procédure avec variation de portement gonflant des argiles sont l’indice de
volume (LCPC). plasticité, le pourcentage des particules argi-
Pour la pression de gonflement, les modèles leuses, la valeur d’essai au bleu de méthylène et la
proposés semblent être représentatifs puisque les limite de retrait.
valeurs obtenues sont assez voisines de celles
Sachant aussi que les essais de mesure des para-
mesurées directement. Ils peuvent donc servir
mètres de gonflement sont longs et coûteux, il
pour obtenir des valeurs approchées de la pression
serait très intéressant de pouvoir obtenir rapide-
de gonflement de sites dont les propriétés physi-
ment une première estimation de ces paramètres.
ques sont comparables.
L’utilisation des modèles mathématiques offre
Pour l’amplitude du gonflement, les résultats des cette possibilité. Seulement, et comme il a été
modèles restent discutables à cause des écarts montré dans cette recherche, les modèles proposés
constatés entre les mesures directes et les calculs. dans la littérature ne sont pas utilisables pour
Ces écarts peuvent avoir comme origine le type de n’importe quelle famille d’argile puisque, même
chargement (soit le piston seul, soit le piston et le ajustés aux argiles de la région de Tlemcen, ces
poids des terres). modèles n’ont fourni que des valeurs éloignées
Afin de faciliter l’utilisation de ces modèles, une des valeurs mesurées. La solution serait de
représentation sous forme d’abaque est possible. À rechercher des modèles propres à chaque famille
titre d’exemple, la figure 2 représente sous forme d’argile.
d’abaque le modèle numéro 2. Ce modèle donne le Cette recherche a montré qu’avec seulement
logarithme décimal de la pression de gonflement quatre-vingts observations sur les sols de la
en fonction de la limite de liquidité, du produit de région, la prévision a été considérablement amé-
la teneur en eau naturelle par l’indice de plasticité liorée. Les valeurs obtenues à l’aide de ces modè-
et du facteur M qui caractérise le poids de la les ne doivent jamais faire oublier qu’en phase
procédure. d’exécution, les mesures directes deviennent
incontournables. L’utilisation des modèles peut
réduire le nombre de mesures à effectuer.
Conclusion Signalons enfin le grand intérêt que peut présenter
Pour les sols gonflants, les praticiens ne s’intéres- l’établissement des cartes géotechniques au fur et
sent qu’aux grandeurs mesurables qui sont géné- à mesure que les reconnaissances d’une région
ralement la pression et l’amplitude de gonflement. donnée progressent. Ces cartes permettent, par
Ces valeurs les guident dans le choix du système recoupement de l’information, d’anticiper sur la
de fondation. phase de reconnaissance primaire.

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ABSTRACT
Identification and prediction of the swelling behaviour of some soils from the Tlemcen region of Algeria
A. DJEDID, A. BEKKOUCHE, S.M.A. MAMOUNE
It is of secondary importance to engineers to understand the fundamental mechanism which leads to the swel-
ling of clays. However, considerable economic benefits would accrue from being able to suspect that a parti-
cular formation might be expansive at an early stage of a project as estimates of the swelling pressure and
the magnitude of swelling could be obtained rapidly and such estimates lead to more appropriate surveys and
inform engineers about the type of foundation to employ.
The research described in this paper concerns the identification of expansive soils and the prediction of their
swelling behaviour. The classifications of expansive soils given in the literature (and generally used to identify
expansive soils) are reviewed. When applied to the soils of the Tlemcen region, while broadly valid, these
classifications occasionally provide contradictory results. The statistical models which are used in practice to
obtain rapid estimates of swelling pressure and the magnitude of swelling are also presented. Even once fitted
to the tested soils, these models output values which are fairly far from those observed in the case of undis-
turbed samples. It is better to attempt to find specific models for each type of clay, as we have been able
improve forecasting to considerably by applying multiple linear regression analysis to just eighty observations.

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