Équations Différentielles et Calcul Vectoriel
Équations Différentielles et Calcul Vectoriel
Hiver 2014
Jean-Philippe Lessard
Département de mathématiques et de statistique
Faculté des sciences et de génie
Ces notes sont basées sur les notes de cours préparées par Roger Pierre
2
Table des matières
3
4 TABLE DES MATIÈRES
4 Analyse vectorielle 97
4.1 Théorème de Green . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
4.2 Théorème de Stokes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
4.2.1 Quelques applications simples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
4.2.2 Champs conservatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
4.2.3 Une application à l’électromagnétisme . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
4.3 Théorème de Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
4.3.1 Quelques exemples d’applications simples . . . . . . . . . . . . . . . . 112
Un calcul de volume . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
Un calcul de flux à travers une surface non fermée . . . . . . . . . . . 113
4.3.2 Interprétation physique de la divergence . . . . . . . . . . . . . . . . 113
4.3.3 Quelques formules de dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
4.3.4 Une application à la physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
4.4 Formules de Green . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
TABLE DES MATIÈRES 5
Dans ce premier chapitre, nous allons aborder un des sujets fondamentaux des mathématiques
appliquées : les équations différentielles. L’importance de ce sujet découle directement de
l’omniprésence de telles équations dans la modélisation en physique, en chimie, en biologie,
en économique, etc.
L’exemple le plus connu d’une équation différentielle de la physique est probablement fourni
par l’application de la seconde loi de Newton au problème de la chute d’un corps dans l’air
Un autre exemple assez simple mais important concerne la désintégration radioactive, une
des principales découverte de Rutherford. Il a observé que certains états de la matière était
instables et que, dans ces états, les atomes se désintégraient spontanément. Il a également
vérifié qu’on pouvait raisonnablement supposer que le taux auquel ils se désintègrent est une
fonction linéaire de la quantité de matière disponible. Ainsi, si on note M (t) la quantité de
dM (t)
matière présente au temps t et le taux de désintégration, le modèle de Rutherford
dt
peut s’écrire
dM (t)
= −λM (t), (1.2)
dt
où la constante de proportionnalité λ, supposée positive (d’où le signe −), est une ca-
ractéristique de l’état. En chimie, une telle réaction est appelée réaction du premier ordre.
7
8 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
Il est assez facile de trouver toutes les fonctions qui satisfont (1.2). En effet la relation peut
se récrire
1 dM (t) d ln |M (t)|
= −λ ⇒ = −λ ⇒ ln |M (t)| = −λt + C.
M (t) dt dt
En posant D = ±eC , on peut écrire les solutions de (1.2) sous la forme
La constante D qui provient de notre calcul de primitive est purement arbitraire. En absence
d’information supplémentaire, on ne peut pas choisir un élément de la famille de fonctions
décrite par (1.3). Mais, si on connait la quantité initiale de matière M (0). Par (1.3), M (0) =
D, et donc la solution s’écrit
M (t) = M (0)e−λt .
Plutôt que de classer les éléments en fonction du taux λ, les chimistes les classent en fonction
de la demi-vie c’est-à-dire du temps requis pour que 50% de la matière présente initialement
soit désintégrée. Si T est la demi-vie d’un élément, on a
1 ln 2
= e−λT ⇒ λ = .
2 T
On pourrait considérer la dernière relation comme un moyen de déterminer le taux. Mal-
heureusement, les demi-vies de plusieurs éléments sont tellement longues que ça n’est pas
vraiment réaliste.
On appelle solution d’une équation différentielle, une fonction y = y(x) qui satisfait la
relation.
1. Nous utiliserons l’acronyme EDO pour équation différentielle ordinaire par opposition à EDP pour
équation aux dérivées partielles.
1.1. DÉFINITIONS ET EXEMPLES 9
qui correspond au cas de la chute libre dans le vide (a = 0 dans (1.1).) Nous pouvons la
récrire
dx0 (t)
= g,
dt
et, en prenant la primitive des deux membres,
x0 (t) = gt + x00 .
Sans information supplémentaire, la constante x00 est absolument arbitraire. Nous pouvons
prendre la primitive des deux membres une seconde fois, ce qui nous conduit à
g
x(t) = t2 + x00 t + x0 ,
2
où x00 , x0 sont arbitraires. Notre calcul montre que toutes les solutions de l’équation de départ
doivent être de cette forme. Pour cette raison, nous dirons que
g
x(t, x00 , x0 ) = t2 + x00 t + x0 ,
2
différentielle.
Quelques courbes intégrales de (1.4)
Exemple 1.1.3. Considérons les équations de Lorenz qui est système de trois EDOs
données par
10 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
ẋ = σ(−x + y)
ẏ = ρx − y − xz (1.5)
ż = −βz + xy.
Ce système a été introduit par Edward N. Lorenz pour modéliser le mouvement de particules
entre des couches atmosphériques. Les solutions de ce système sont chaotiques et possède une
dépendence sensibles aux conditions initiales. Les paramètres σ, ρ et β sont des constantes
fixes. On peut voir une solution dans la figure suivante.
Figure 1.1 – Une solution de (1.5) pour les paramètres σ = 10, ρ = 28 et β = 8/3. On
appelle parfois cette solution le papillon de Lorenz.
des conditions suffisantes pour lesquelles c’est le cas. On remplace alors (1.6) par sa forme
normale
qui peut être valable sur tout I ou seulement sur une partie de I.
y 0 = f (x, y).
En chaque point du plan ou f (x, y) est défini, cette relation indique que la pente de la
tangente à une courbe solution y = g(x) vaut f (x, g(x)). On peut analyser le comportement
des solutions en représentant, en chaque point de (x, y) ∈ Dom(f ), un vecteur direction
(c’est-à-dire de longueur 1) de pente f (x, y) donné par
déf 1 f (x, y)
~v (x, y) = ( p ,p ). (1.9)
1 + (f (x, y))2 1 + (f (x, y))2
L’ensemble de tous les vecteurs direction de la forme (1.9) est appelé un champ de vecteurs.
12 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
1 x + y2
~v (x, y) = ( p ,p ).
1 + (x + y 2 )2 1 + (x + y 2 )2
Si on représente ce champ de vecteur sur [−10, 5] × [−5, 5], on obtient,
c=4
c= 4
c=0
(À gauche) Sur cette représentation du champ de vecteurs de l’équation, nous avons tracé
les courbes solutions passant par les valeurs initiales y(0) = 1, 0, − 32 , 1.
(À droite) Sur cette représentation du champ de vecteurs de l’équation, nous avons distingué
les courbes x = −y 2 et x = −y 2 ± 4. La courbe x = −y 2 est l’ensemble des points pour
lesquels le champ est horizontal, c’est à dire que la pente de la solution qui passe par ce
point est nulle. Une telle courbe, sur laquelle toutes les directions sont parallèles, est dite
isocline. Pour notre équation, les isoclines sont les courbes d’équation x + y 2 = c, c’est à
dire une famille de paraboles d’axe Ox. Un moyen simple de tracer le champ des directions
est de représenter les isoclines f (x, y) = c puis, en chaque point d’une isocline donnée, de
représenter une direction de pente c. Sur ce graphique, nous avons tracer les isoclines pour
c = −4, 0, 4.
En procédant ainsi pour l’équation différentielle y 0 = 3x2 + y 2 , nous obtenons
1.3. LES ÉQUATIONS SÉPARABLES OU APPARENTÉES 13
y 0 = f (x)g(y). (1.10)
Le cas le plus simple est celui pour lequel g(y) = 1 auquel cas, la solution générale est
obtenue par intégration :
Z
y = f (x) dx.
Dans tous les autres cas, on procède comme suit. On remarque tout d’abord que tout y =
k ∈ R qui satisfait g(k) = 0 est solution de (1.10). Dans ce cas, nous avons que y = k est une
0
Z 0 = (k) = f (x)g(k). On suppose donc que y est telle que g(y) 6= 0.
solution constante car
1 1
Ainsi, soit G(y) = dy, une primitive quelconque de . En vertu de la règle de
g(y) g(y)
dG(y(x)) y0
dérivation des fonctions composée, = et l’équation (1.10) peut être récrite
dx g(y(x))
sous la forme
dG(y(x))
= f (x),
dx
dont la solution générale est obtenue par intégration,
Z
G(y(x)) = f (x) dx,
ou plus présicément
Z Z
1
dy = f (x) dx + C, (1.11)
g(y)
où C ∈ R est la constante d’intégration. À (1.11) s’ajoute l’ensemble de toutes les solutions
de la forme y = k telles que g(k) = 0. Évidemment, la solution ainsi obtenue ne définit pas
y comme une fonction explicite de x. Il n’est d’ailleurs pas toujours possible de le faire.
14 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
Exemple 1.3.1.
Nous cherchons la solution générale de chacune des équations suivantes.
R
a) y 0 = xy . Ici G(y) = y dy = 12 y 2 . Donc la solution générale est de la forme
1 2 1 2
y = x + C.
2 2
Remarquons d’abord qu’il n’est pas utile d’introduire une constante d’intégration dans
le calcul de G, puisqu’au final elle sera absorbée par la constante d’intégration qui
apparaı̂t quand on intègre par rapport à x. (Une somme de 2 constantes arbitraires est
une constante arbitraire).
Remarquons ensuite que le même résultat découlerait de l’approche suivante :
Z Z
0
yy = x ⇒ y dy = x dx ⇒ y dy = x dx.
On remarque tout d’abord que g(y) = y ce qui implique que y ≡ 0 est une solu-
tion constante de l’EDO. On suppose maintenant que y 6= 0. En procédant comme à
l’exemple précédent, on est conduit à
Z Z
dy dx 1 1
= ⇒ dy = dx.
y x y x
Ici, nous avons implicitement rejeté la possibilité que y soit nul. En intégrant chacun
des termes, il est important de faire attention aux signes,
ln |y| = ln |x| + C,
ou encore
|y| = eC |x|.
Quel que soit le choix de C, eC est positif, donc, en se débarassant des valeurs absolues,
y = ±eC x.
Comme eC prend toutes les valeurs positives possible, D = ±ec prend toutes les valeurs
sauf 0 et la solution générale peut s’écrire,
y = Dx, D 6= 0.
1.3. LES ÉQUATIONS SÉPARABLES OU APPARENTÉES 15
Cependant cette solution générale a été obtenue sous l’hypotèse y 6= 0 alors que y ≡ 0
est évidemment une solution admissible. Nous pouvons l’inclure en prenant comme
solution générale,
y = Dx, D ∈ R.
y2
c) y 0 = − 1+x . Encore une fois y ≡ 0 est une solution constante. Supposons maintenant
que y 6= 0. La condition implicite pour bien définir l’EDO est que x 6= −1. En séparant
nous sommes conduits à
Z Z
−1 1 1
2
dy = dx ⇒ = ln |1 + x| + C.
y 1+x y
La solution générale est donc
1
y(x) = .
ln |1 + x| + C
Ici encore nous avons travaillé sous l’hypothèse que y 6= 0. Or y = 0 est une solution
qui n’appartient pas à la famille décrite ci-haut puisqu’elle correspond au cas limite
2 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
C → ∞. Nous appelons donc cette solution, solution singulière.
0.8
0.6
0.4
C = 10
0
C = 40
0 2 4 6 8 10
x
Quelques
Figure 1.2 solutions
– Quelquesrégulières et la solution
solutions régulières singulière
et la solution singulière.
Application 1.3.1. Revenons au problème modèle (1.1). Cette équation est du second
pplication 1.3.1 mais,
ordre, puisque u au
Revenons est problème
absent, on peut facilement
modèle (1.1).laCette
ramener à une équation
équation est dudusecond
premier
0
ordre enxposant
dre, mais, puisque est v = u . Puisque
absent, on peutm,facilement
g et c sont des constantes,àl’équation
la ramener en v qui
une équation durésulte c’est-
premier
0
= m g − a v est séparable et sa solution est obtenue directement par intégration.
dre en posantà-dire
v =m x! v. Puisque m, g et c sont des constantes, l’équation en v qui résulte c’est-
! Z
dire m v = m g − a v est séparable −a et dv
sa solution
a est obtenue directement a par intégration.
= − t + C ⇒ m g − a v = De− m t
! mg − av m
−a dv a a
= − t + C ⇒ m g − a v = De− m t
mg − av m
qui conduit finalement à
1" a
−m t
#
Application 1.3.1 Revenons au problème modèle (1.1). Cette équation est du second
ordre, mais, puisque x est absent, on peut facilement la ramener à une équation du premier
ordre en posant v = x! . Puisque m, g et c sont des constantes, l’équation en v qui résulte c’est-
à-dire m v ! = m g − a v est séparable et sa solution est obtenue directement par intégration.
!
−a dv a a
16 = − CHAPITRE
t + C ⇒ 1. v = De− m t DIFFÉRENTIELLES
− aÉQUATIONS
m gLES
mg − av m
ce qui conduit finalement à
ce qui conduit finalement à
1" −ma #
ta
v(t) = v =m1 gm −gD −
e
D e−m t.
.
a a
2
Si l’on suppose que
Si l’on l’on n’a
suppose quepas
l’on imprimé de vitesse
a pas imprimé initiale
de vitesse initialeauaucorps
corps qui tombe
qui tombe 2 , on doit avoir
, on doit avoir
v(0) = 0 ce v(0)
qui = force
0 ce le
quichoix Dchoix
force le = mDg =etmdonc
g et donc
m g " g − a t−#a t
v(t) =v(t) = m1−e 1 −me m. .
a a
On voit queOnla voit
vitesse croı̂t
que la avec
vitesse le avec
croı̂t temps mais mais
le temps que,que,
à cause dedelalarésistance
à cause del’air
résistance de l’air l’effet
l’effet de de
la pesanteurladiminue.
pesanteur diminue.
mg mg
v∞ = lim vv(t)∞ == lim v(t), = , 300
t→∞ t→∞ a a
est appelée est appelée vitesse dulimite du Les
corps. Les 200
vitesse limite [Link] replacements
amateurs deamateurs de delta-plane
delta-plane comptent comptesursur un a=5
100
coefficient
un coefficient a élevéa de
élevé de sorte
sorte que queleurleur vi- a = 10
tesse limite soit
vitesse limite soit très faible. très faible. 0
0 100 200 300 400 500
t
v∞v∞pour
pour m
m ==50kg et gg =
50kg, =9.80.
9.80
2 Application 1.3.2. En démographie et en biologie, les premiers modèles utilisés pour
une telle hypothèse est appelée condition initiale
étudier l’évolution d’une population était du type (1.2) où le membre de droite s’écrit plutôt
λ M (t). Comme nous l’avons vu, un tel modèle, dit Malthusien, prédit une croissance expo-
nentielle de la population, ce qui peut avoir un sens pour des bactérie mais pas pour une
population animale. Le problème vient de l’hypothèse que le taux de variation est propor-
tionnel à la population. En effet, cette hypothèse ne tient pas compte de la compétition 3 qui
peut prendre plusieurs formes. Un second modèle, plus réaliste, tient compte de la possibilité
de compétition pour chaque paire d’individus présente. Comme dans une population de taille
p il y a 12 p(p − 1) telles paires, on peut considérer un modèle du type,
dp λ2
= λ1 p(t) − p(t)(p(t) − 1) = a p(t) − b p2 (t). (1.12)
dt 2
Ce modèle, appelé logistique, est très utilisé dans la pratique. Encore une fois, l’EDO im-
pliquée est séparable et nous pouvons l’intégrer simplement comme suit,
Z Z
dp
dp = dt.
a p − b p2
2. une telle hypothèse est appelée condition initiale
3. Compétition ne signifie pas nécessairement combat : deux individus peuvent tout simplement
compétitionner pour la nourriture ou pour le couvert ou pour un sol approprié.
1.3. LES ÉQUATIONS SÉPARABLES OU APPARENTÉES 17
xu0 = f (u) − u,
qui est une équation différentielle séparable qui se résoud avec la méthode de la Section 1.3.1.
Exemple 1.3.2. Pour x 6= 0, considérons l’EDO
y x+y
y0 = + .
x x−y
x+y 1+y/x
Cette équation est de la forme y 0 = f (y/x), car x−y
= 1−y/x
. Posons donc xu(x) = y(x), et
donc y 0 = xu0 + u, d’où
1+u
xu0 + u = u + ,
1−u
et donc on obtient l’EDO séparable
du 1 1+u
= f (x)g(u) = · .
dx x 1−u
On pose y(x) = x u(x). On a alors y ! = xu! + u et léquation en u, qui s’écrit
x u! = f (u) − u,
est séparable.
18 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
Exemple 1.3.2
On remarque tout d’abord que g(u) = y 0 sixet+seulement
y si u = −1. Cela correspond, via le
!
changement de variable u(x) = yy(x)/x
= à+la solution. y(x) = −x. Maintenant, on suppose que
u 6= −1. On obtient ainsi
x x − y
Z Z
Posons xu(x) = y(x). Ainsi y ! = xu! + u, d’où 1−u dx
du =
1+u x
! !
! ce qui mène1 à+ u 1−u dx
xu + u = u + ⇒ du =+ u| − u ⇒
|1 −u + 2 log |u + 1| = log |x| + C
1−u 1+u 2 ln x = ln |x| + C.
Comme u = y/x, on obtient
−y −y
⇒ + log(y/x + 1)2 = log |x|2+ln
C
|1
⇒
+ y/x| −
+ log(y
y/x = ln
+|x|
x)
+
2
C,
− log(x2 ) = log |x| + C
x x
pour finalement obtenir−y 2 3
⇒ + log(y + x) y= log |x|3 + C
x 2
ln(x + y) − − ln |x| = C. (1.13)
x
À cette solution générale s’ajoute la solution particulière y(x) = −x.
Application
Application 1.3.3 1.3.3.
électromagnétiques
électromagnétiques est placéest placé à l’origine
à l’origine δ
et la forme etdula capteur
forme du capteur doit-être telle 1
(supposé parfaitement
de symétrie du parallèle
capteur) à l’axe
soit réfléchi α β
de symétrieparfaitement
du capteur) sur lesoit réfléchi
récepteur.
0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5
2 tan t y 2 y0
tan 2t = ⇒ = .
1 − tan2 t x 1 − (y 0 )2
Dans la partie du plan considérée y 0 > 0 d’où
r !
0 1 p
2 2
x y 2
y = −x + x + y = −1 + 1+
y y x
y2
x = x0 + ,
−4 x0
qui est l’équation d’une parabole d’axe Ox et de sommet (x0 , 0).
Exemple 1.3.3. Soit y 0 = (x + 4y)2 . Posons u(x) = x + 4y(x), ce qui implique que
y 0 (x) = 4 (u0 (x) − 1) = u2 . Donc, on obtient l’équation séparable du
1
dx
= 4u2 + 1. On obtient
donc Z
1 du
arctan(2u) = x + C, (C ∈ R).
2 4u2 + 1
20 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
φ(x, y) = C, (1.15)
où C est la constante d’intégration. Dans ce cas, les courbes intégrales de l’EDO ne sont
rien d’autre que les courbes de niveau de la fonction de 2 variables φ(x, y) appelée potentiel
associé à l’équation différentielle.
Exemple 1.4.1. Dans l’Exemple 1.3.2, on a obtenue la solution générale ln(x + y)2 − xy −
ln |x|3 = C (C ∈ R), pour l’équation y 0 = xy + x+y
x−y
. Ainsi, en posant
déf y
φ(x, y) = ln(x + y)2 − − ln |x|3 ,
x
nous avons que les courbes intégrales de l’EDO sont données par les courbes de niveau
du potentiel φ. Dans la figure suivante, nous pouvons visualiser le champ de vecteurs de
l’équation ainsi que quelques courbes de niveau du potentiel.
Inversement, étant donnée l’équation générale des courbes de niveau d’un potentiel, on peut
récupérer une équation différentielle qui a ces courbes comme courbes intégrales par le
procédé de dérivation implicite dans lequel on suppose que y est une fonction de x. On
est alors conduit à l’EDO
∂φ ∂φ
+ y 0 (x) = 0. (1.16)
∂x ∂y
Une telle équation déduite de l’équation de la famille des courbes de niveau d’un potentiel
est appelée équation exacte. Inversement, étant donnée une équation
Question : Étant donnée un champ de vecteurs (p(x, y), q(x, y)) existe-il une fonction de
deux variables φ(x, y) de classe C 1 pour laquelle
Si la réponse est oui, on dira que l’équation (1.17) est exacte et sa solution (implicite) sera
donnée par (1.15). Le lemme suivant nous donne une condition nécessaire,
Lemme 1.4.1. Etant donné un champ de vecteurs (p(x, y), q(x, y)) de classe C 1 (R2 ),
pour qu’il existe une potentiel φ, il faut que
∂p ∂q
= . (1.18)
∂y ∂x
∂p ∂ 2φ ∂ 2φ ∂q
= = = .
∂y ∂y∂x ∂x∂y ∂x
Vers la fin de ce cours nous montrerons que le lemme précédent reste valable sur certains
sous-ensembles de R2 et, ce qui est plus important, nous montrerons que, sous des conditions
22 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
un peu plus restrictives, la condition (1.18) est une condition nécessaire et suffisante pour
l’existence du potentiel. Nous l’appelerons condition d’intégrabilité.
Exemple 1.4.2.
a)
(2xy − sec2 x) + (x2 + 2 y) y 0 = 0.
∂(2xy − sec2 x) ∂(x2 + 2 y)
Puisque = 2x = , la condition d’intégrabilité est satisfaite
∂y ∂x
et nous pouvons chercher un potentiel.
En intégrant le coefficient de y 0 par rapport à y nous obtenons
φ(x, y) = x2 y + y 2 + C(x).
Pour déterminer C nous utilisons la seconde condition
∂φ
2xy − sec2 x = = 2x y + C 0 (x) ⇒ C 0 (x) = − sec2 x ⇒ C(x) = − tan x.
∂x
La solution générale de l’équation différentielle s’écrit alors
x2 y + y 2 − tan x = c.
b)
1 + y2
y0 = − .
1 + x2
Ecrivons d’abord cette équation sous la forme
1.4. LES ÉQUATIONS EXACTES 23
(1 + x2 )y 0 + (1 + y 2 ) = 0.
∂(1 + y 2 ) ∂(1 + x2 )
Puisque = 2y 6= 2x = , la condition d’intégrabilité n’est pas satis-
∂y ∂x
faite. Par contre, si nous l’écrivons sous la forme
1 1
2
+ y 0 = 0,
1+x 1 + y2
1 1
∂( 1+x 2) ∂( 1+y 2)
le calcul donne =0= et cette fois l’équation est exacte. On a en fait
∂y ∂x
1
multiplié l’EDO par la fonction µ(x, y) = (1+x2 )(1+y 2 ) (voir Remarque 1.4.1).
1 ∂φ
= ,
1 + x2 ∂x
il faut que
Z
1
φ(x, y) = dx + C(y) = arctan(x) + C(y),
1 + x2
òu la fonction C(y) est arbitraire. Par ailleurs, pour avoir
1 ∂φ
2
= ,
1+y ∂y
il faut maintenant
1 ∂(arctan(x) + C(y))
2
= = C 0 (y) =⇒ C(y) = arctan(y).
1+y ∂y
Nous obtenons donc que φ(x, y) = arctan(y) + arctan(x) et la solution générale de
l’équation de départ est
arctan(y) + arctan(x) = K,
et donc 4
tan(K) − x
y(x) = tan(K − arctan(x)) = .
1 + tan(K)x
1
Remarque 1.4.1. Dans l’Exemple 1.4.2(b), on a multiplié l’EDO par µ(x, y) = (1+x2 )(1+y 2)
pour transformer l’équation non exacte en une équation exacte. En effet, il existe parfois une
dy
fonction µ(x, y), que l’on appelle le facteur intégrant, tel que l’EDO p(x, y) + q(x, y) dx =0
dy
n’est pas exacte, mais que µ(x, y)p(x, y)+µ(x, y)q(x, y) dx = 0 est exacte. Nous allons explorer
cette possibilité dans l’exercice no. 6 de la série 2.
4. vérifier le calcul
24 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
le problème (1.19) possède une solution unique pour toute paire (x0 , y0 ) ∈ D pour laquelle
a < x0 < b.
Démonstration: Nous ne donnerons pas de démonstration de ce résultat qui dépasse le
cadre de ce cours. Nous pouvons cependant considérer l’approche de Picard d’un point de
vue heuristique. Cette approche est basée sur la démarche suivante.
a) y(x) est une solution de (1.19) si et seulement si y(x) est une solution de l’équation
intégrale Z x
y(x) = y0 + f (t, y(t)) dt.
x0
1.5. THÉORÈME D’EXISTENCE ET D’UNICITÉ 25
b) Pour trouver une solution de l’équation intégrale, on construit la suite des fonctions
suivantes : Z x
déf
z0 (x) = y0 , zn+1 (x) = y0 + f (t, zn (t)) dt,
x0
et on montre que cette suite de fonction converge vers une fonction y(x) pour x assez
près de x0 .
c) On montre que la convergence de zn (x) → y(x) est telle que
Z x Z x
lim f (t, zn (t)) dt = f (t, y(t)) dt,
n→∞ x0 x0
Étant donnés deux nombres réels a < b, posons D = {(x, y) : x ∈ [a, b], y ∈ R}. Puisque
∂f
max = max |−2x| = 2 max{|a|, |b|} < ∞,
(x,y)∈D ∂y (x,y)∈D
alors le problème possède une unique solution pour n’importe quelle condition initiale.
Puisque
∂f
max = 2 < ∞,
(x,y)∈D ∂y
alors le problème possède une unique solution pour n’importe quelle condition initiale. Les
itérations de Picard sont données par
Z x
z0 (x) = 1, zn+1 (x) = 1 + [t2 + 2zn (t)] dt, n ≥ 0.
0
26 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
z1 (x) = 1 + 2x + (1/3)x3
z2 (x) = 1 + 2x + 2x2 + (1/3)x3 + (1/6)x4
z3 (x) = 1 + 2x + 2x2 + (5/3)x3 + (1/6)x4 + (1/15)x5
z4 (x) = 1 + 2x + 2x2 + (5/3)x3 + (5/6)x4 + (1/15)x5 + (1/45)x6
z5 (x) = 1 + 2x + 2x2 + (5/3)x3 + (5/6)x4 + (1/3)x5 + (1/45)x6 + (2/315)x7
z10 (x) = 1 + 2x + 2x2 + (5/3)x3 + (5/6)x4 + (1/3)x5 + (1/9)x6 + (2/63)x7 + (1/126)x8
+(1/567)x9 + (1/2835)x10 + (2/155925)x11 + (1/467775)x12 .
Figure 1.5 – En bleu : La vrai solution y(x) = −1/4 − (1/2)x − (1/2)x2 + (5/4)e2x . En
rouge : Quelques itérations de Picard zn (x), pour n = 1 (haut-gauche), n = 2 (haut-centre),
n = 3 (haut-droite), n = 4 (bas-gauche), n = 5 (bas-centre) et n = 10 (bas-droite).
Lorsque q(x) = 0 l’équation est dite homogène, dans le cas contraire elle est dite inhomogène.
Si p et q sont des fonctions continues sur un intervalle x ∈ [a, b], les conditions du théorème
de Picard sont satisfaites. En effet, dans ce cas, f (x, y) = p(x)y + q(x) et donc
∂f
max = max |p(x)| < ∞,
(x,y)∈D ∂y x∈[a,b]
car une fonction continue définie sur un intervalle fermé borné atteint son maximum. Ainsi,
le problème à valeur initiale
Lemme 1.6.1. Si p(x) est une fonction continue sur [a, b] l’espace des solutions
L’équation homogène étant séparable, il est facile de trouver sa solution générale par le
procédé usuel
Z
dy
= p(x) ⇒ y = DeP (x) , D ∈ R.
y
où P (x) est une primitive quelconque de p(x). Le lemme précédent nous assure que, procédant
ainsi, nous n’avons pas oublié de solutions singulières.
y 0 = p(x)y + q(x),
il existe une constante réelle C pour laquelle
y2 = y1 + CeP (x) ,
où P (x) est un primitive donnée de p(x).
donc que la différence z(x) = y1 (x) − y2 (x) est une solution de l’équation homogène pour
déduire le résultat du calcul précédent.
Le lemme précédent nous dit que, dès que nous connaissons une solution particulière de
l’équation inhomogène, nous connaissons toutes les autres, mais il ne nous dit pas comment
trouver la première. En fait, il y a plusieurs façons de s’y prendre. Nous nous limiterons à
celle de Lagrange.
y 0 = p(x)y + q(x).
2
y0 = y + ln x.
x
Puisque p(x) = 2/x, on peut choisir P (x) = ln x2 . Pour obtenir une solution particulière,
nous intégrons par partie pour obtenir
Z
1 1
u= 2
ln x dx = − (ln x + 1).
x x
2
La fonction yp (x) = − x1 (ln x + 1)eln x = −x(ln x + 1) est donc une solution particulière de
l’équation de départ, dont la solution générale est de la forme
Remarque 1.6.1. Lorsqu’on intègre pour obtenir le paramètre u(x) de Lagrange, il n’est
pas nécessaire d’introduire une constante d’intégration car, ce que nous voulons, c’est une
solution particulière. De toute façon, si nous en avions introduit une, dans l’expression de la
solution générale elle se combinerait avec le coefficient de la solution de l’équation homogène.
Ce qu’il faut retenir de ce qui prédède, ce n’est pas tant les expressions analytiques que la
méthodologie que nous résumons maintenant.
Soit à résoudre
y 0 = p(x)y + q(x).
(1) Calculer la solution homogène yh de l’équation homogène y 0 = p(x)y. Cette solution
est donnée par R
yh (x) = Ce p(x)dx ,
où C ∈ R est la constante d’intégration.
(2) Trouver yp une solution particulière de y 0 = p(x)y + q(x). La méthode de variation
du paramètre
R de Lagrange suggère de chercher une solution de la forme yp (x) =
u(x)e p(x)dx .
R
(3) La solution générale de y 0 = p(x)y + q(x) s’écrit alors y(x) = Ce p(x)dx
+ yp (x).
Exemple 1.6.2.
a) Pour x > 0, soit l’EDO donnée par
1
y 0 = − y + 1.
x
30 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
1 C
y(x) = x + .
2 x
x2
b) y 0 = −xy −x2 . En séparant on obtient yh (x) = Ce− 2 . La solution particulière cherchée
x2
est alors de la forme u(x)e− 2 où u(x) est déterminée par
x2 x2 x2 x2
u0 (x)e− 2 − xu(x)e− 2 = −xu(x)e− 2 − x2 ⇒ u0 = −x2 e 2 .
L’intégrale ne peut pas être calculée explicitement et nous laisserons la solution générale
de l’équation homogène sous la forme analytique
Z x
2 2
− x2 2 s2
y(x) = e C− s e ds ,
x0
c) Un problème de mélange.
Un réservoir d’une capacité de 120 litres contient initialement 90 grammes de sel dis-
sous dans 90 litres (`) d’eau. De la saumure ayant une concentration en sel de 2 g/`
se déverse dans le réservoir au rythme de 4 litres/min tandis que le mélange sécoule
du réservoir à raison de 3 litres/min. Quelle quantité de sel aura-t-on dans le réservoir
lorsqu’il sera plein ?
1.7. ÉQUATIONS DU SECOND ORDRE 31
Solution.
Désignons pas Q(t) la quantité de sel en grammes (g) dans le réservoir à l’instant t (en
min). Puisque le volume du mĺange augmente d’un litre (`) par minute, le volume du
mélange dans le réservoir au temps t est V (t) = 90 + t. Pendant l’intervalle de temps
[t, t + ∆t], la quantité entrante de gramme est de
déf
Qe (∆t) = 4 (`/min) × 2 (g/`) × ∆t (min) = 8 · ∆t (g),
alors que la quantité sortrante de gramme est d’environ
−904
Q(t) = + 2(90 + t).
(90 + t)3
Le réservoir sera plein après 30 minutes. Donc, la quantité de sel dans le réservoir
lorsque celui-ci sera plein est
−904
Q(30) = + 2(120) ≈ 202 g.
(120)3
y 00 = f (x, y, y 0 ),
et on s’attend à ce que la solution générale soit donnée par une relation implicite contenant
deux paramètres.
y 00 = f (x, y 0 ),
on pose z(x) = y 0 (x), ce qui nous amène au système
0
z = f (x, z),
(1.22)
y 0 = z.
L’intégration de la première équation conduit à une solution générale z(x, α) puis, l’intégration
de y 0 = z(x, α) nous donnera une solution générale y(x, α, β).
Nous avons utilisé cette approche dans l’application sur la chute d’un corps dans l’air. Voyons
un second exemple.
Exemple 1.7.1.
y 00 + 2x y 0 = −x.
Si z = y 0 , l’équation en z
z 0 + 2x z = −x,
est linéaire et sa solution est
1 2
z = − + C e−x .
2
La solution y(x) cherchée est obtenue par intégration
Z x
1 2
y =− x+C e−t dt.
2 x0
y 00 = f (y, y 0 )
on fait le changement de fonction inconnue et de variable z(y(x)) = y 0 (x) qui nous ramène à
dz
= f (y, z).
dx
Cette équation n’est pas une équation différentielle et, pour se débarasser de x, nous utilisons
la règle de dérivation des fonctions composées
dz dz dy dz
= =z .
dx dy dx dy
L’équation devient alors
dz
z = f (z, y),
dy
et deux intégrations successives nous donnerons une solution générale à deux paramètres.
Comme nous l’avons vu à la section précédente, il faut s’attendre à ce que la solution générale
contiennent deux constantes d’intégration.
La solution générale
Tout comme pour les équations d’ordre 1, nous commençons par le cas homogène.
Donc z est aussi une solution (z ∈ E0 ), ce qui montre que E0 est un espace vectoriel.
Choisissons maintenant un point x0 ∈ (a, b). En vertu du théorème d’existence, il existe deux
solutions de l’équation homogène, y1 et y2 , qui satisfont les conditions initiales
y1 (x0 ) = 1, y10 (x0 ) = 0 et y2 (x0 ) = 0, y20 (x0 ) = 1. Montrons que y1 et y2 sont libres. Soit
α1 y1 + α2 y2 = 0. Alors α1 y1 (x0 ) + α2 y2 (x0 ) = α1 = 0. Maintenant α1 y10 + α2 y20 = 0 et donc
α1 y10 (x0 ) + α2 y20 (x0 ) = α2 = 0. Donc α1 = α2 = 0, ce qui montre que y1 et y2 sont libres.
Il reste à montrer que {y1 , y2 } forment une base de E0 . Maintenant, soit z(x) ∈ E0 quelconque
déf déf
et posons z0 = z(x0 ) et z00 = z 0 (x0 ). On définit la nouvelle fonction y(x) = z0 y1 (x)+z00 y2 (x),
qui satisfait aussi les conditions initiales y(x0 ) = z0 et y 0 (x0 ) = z00 . Donc y et z sont deux
solutions du (PVI)
00
w + p(x)w0 + q(x)w = 0
w(x0 ) = z0 (1.29)
0 0
w (x0 ) = z0 .
Il découle du Théorème 1.7.1 d’exisitence et d’unicité que
z = y = z0 y1 + z00 y2 ∈ E0 ,
Maintenant que nous avons caractérisé l’ensemble solution d’une équation homogène, nous
sommes en mesure de caractériser celui d’une équation inhomogène.
36 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
Lemme 1.7.2. Sous les hypothèses du Théorème 1.7.1, si yp désigne n’importe quelle
solution de l’équation inhomogène (1.23), alors
déf
E = {y ∈ C 2 (a, b) | y 00 + p(x) y 0 + q(x) y = r(x)} = yp + E0 .
Tout comme dans le cas des équations linéaires du premier ordre, il est utile d’extraire des
résultats précédents un algorithme général de résolution.
Nous avons donc une approche générale mais, contrairement au cas des EDO d’ordre 1, nous
ne savons pas comment franchir chacune des étapes. La question est beaucoup plus difficile
et nous allons restreindre notre attention à quelques cas particuliers mais importants. Avant
de nous atteler à cette tâche, nous avons besoin d’une caractérisation de l’indépendance
linéaire. La définition suivante est dûe au philosophe et scientifique polonais Josef Hoëné-
Wronski (1776-1843).
Définition 1.7.2. Soit y1 (x) et y2 (x) deux fonctions de classe C 1 [a, b], on appelle Wrons-
kien de y1 et y2 la fonction
y (x) y2 (x)
W (x) = W (y1 (x), y2 (x)) = det 10
déf
= y1 (x)y20 (x) − y10 (x)y2 (x).
y1 (x) y20 (x)
Remarque 1.7.1. On note que si y1 , y2 ∈ C 1 [a, b] sont liées, alors il existe un couple
(α, β) 6= (0, 0) tel que αy1 + βy2 ≡ 0. Dans ce cas, on a aussi αy10 + βy20 ≡ 0. Ceci implique
que, quel que soit le choix de x, le système homogène
y1 (x) y2 (x) α 0
=
y10 (x) y20 (x) β 0
1.7. ÉQUATIONS DU SECOND ORDRE 37
y1 (x) y2 (x)
possède une solution non nulle. Cela implique que la matrice n’est pas inver-
y10 (x) y20 (x)
sible et donc que son déterminant est nulle. On conclut donc que W (x) = W (y1 (x), y2 (x)) =
0, et ce ∀ x ∈ [a, b].
Proposition 1.7.1. Soient trois fonctions p(x), q(x), r(x) continues sur l’intervalle [a, b]
et soient y1 , y2 deux solutions non nulles de classe C 2 (a, b) de l’équation inhomogène (1.24).
Alors y1 , y2 sont liées sur (a, b) si et seulement si W (x) = 0 pour tout x ∈ (a, b).
Démonstration: (=⇒) Voir la Remarque 1.7.1.
(⇐=) Supposons que W (x) = 0, pour tout x ∈ (a, b). Puisque y2 n’est pas nulle partout, par
continuité, il existe un intervalle (c, d) ⊂ (a, b) sur lequel elle ne change pas de signe. On a
alors que pour tout x ∈ (c, d)
2 d y1 (x)
0 = W (y1 (x), y2 (x)) = −y2 (x) .
dx y2 (x)
On en déduit que le rapport yy21 est constant sur (c, d). Notons α la valeur de ce rapport.
Puisque y1 (x) = αy2 (x) sur (c, d), pour tout x0 ∈ (c, d) le problème
00
y + p(x)y 0 + q(x)y = r(x)
y(x0 ) = αy2 (x0 )
y 0 (x0 ) = αy20 (x0 ) .
possède deux solutions αy2 (x) et y1 (x). Il découle du Théorème 1.7.1 que ces deux solutions
coı̈ncident partout sur (a, b), donc que y1 et y2 sont linéairement dépendantes.
Proposition 1.7.3. Etant donné deux fonctions p(x) et q(x) continues et deux solutions
y1 et y2 de l’équation homogène
y 00 + p(x)y 0 + q(x)y = 0,
il existe une constante D pour laquelle
R
W (x) = W (y1 (x), y2 (x)) = De− p(x)dx
.
Corollaire 1.7.1. Soient p(x) et q(x) deux fonctions continues sur [a, b]. Supposons qu’il
existe y1 , y2 deux fonctions définies sur (a, b) qui sont des solutions non nulles de l’équation
homogène y 00 + p(x)y 0 + q(x)y = 0. Alors, exactement une des deux situations suivantes se
produit :
a) W (x) = W (y1 (x), y2 (x)) = 0 pour tout x ∈ (a, b), c’est-à-dire le Wronskien est identi-
quement nul sur (a, b) ;
b) W (x) = W (y1 (x), y2 (x)) 6= 0 pour tout x ∈ (a, b), c’est-à-dire le Wronskien ne s’annule
jamais sur (a, b).
Le résultat suivant nous fournit une manière d’obtenir une seconde solution y2 de l’équation
homogène à partir d’une première solution y1 de l’équation homogène.
Théorème 1.7.2 (Variation du paramètre de Lagrange, prise 2). Etant donné deux
fonctions p(x) et q(x) continues sur [a, b] et une solution non nulle y1 de l’équation homogène
(1.24), il existe une fonction u(x) pour laquelle y2 (x) = u(x)y1 (x) est une autre solution de
l’équation.
Démonstration: Nous procédons comme nous l’avons fait dans le cas des équations du
premier ordre. Pour que y2 = uy1 soit une solution, il faut et il suffit que
Exemple 1.7.4.
a) Pour x ∈ (−1, 1) soit l’EDO (1 − x2 )y 00 − xy 0 + y = 0. Il est facile de voir que y1 (x) = x
est une solution. Cherchons en une seconde par la méthode de variation du paramètre.
Une fonction y2 (x) = u(x)x sera solution si et seulement si
w0 3x2 − 2 C
= 2
=⇒ w(x) = √ .
w x(1 − x ) x2 1 − x2
1
y2 (x) = .
x
40 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
Le résultat suivant nous fournit une manière d’obtenir une solution particulière de l’équation
inhomogène, et ce à partir de deux solutions libres y1 , y2 de l’équation homogène.
Théorème 1.7.3 (Variation du paramètre de Lagrange, prise 3). Soient y1 , y2 deux
solutions libres de l’équation homogène y 00 + p(x)y 0 + q(x)y = 0. Alors il existe deux fonctions
u1 , u2 telles que yp = u1 y1 + u2 y2 est une solution particulière de l’équation inhomogène
y 00 + p(x)y 0 + q(x)y = r(x).
Démonstration: Pour que yp (x) = u1 (x)y1 (x) + u2 (x)y2 (x) soit une solution de y 00 +
p(x)y 0 + q(x)y = r(x), il faut que
r(x) = u001 y1 + 2u01 y10 + u002 y2 + 2u02 y20 + p(x)[u01 y1 + u02 y2 ]. (1.30)
Pour simplifier cette expression, nous imposons à u1 et u2 la condition supplémentaire
0 −1
u1 y1 y2 0
=
u02 y10 y20 r(x)
0
1 y2 −y2 0
=
W (x) −y10 y1 r(x)
1 −y2 (x)r(x)
= ,
W (x) y1 (x)r(x)
1.7. ÉQUATIONS DU SECOND ORDRE 41
et donc
Z 1
− y2 (x)r(x) dx
u1 (x)
= Z W1 (x) .
u2 (x)
y1 (x)r(x) dx
W (x)
On peut donc conclure que la solution particulière de l’équation inhomogène est donnée par
Z Z
1 1
yp (x) = − y2 (x)r(x) dx y1 (x) + y1 (x)r(x) dx y2 (x). (1.34)
W (x) W (x)
1
y 00 + y 0 = 1.
x
On a que y1 (x) = 1 et y2 (x) = ln x sont des solutions libres de l’équation homogène. Pour
avoir que yp (x) = u1 (x) + u2 (x) ln x est une solution particulière, on résoud le système
0
1 ln x u1 0
1 0 =
0 x u2 1
ce qui donne
x2 x2 x2 x2
u01 = −x ln x, u02 = x ⇒ u1 (x) = − ln x + , u2 (x) = ⇒ yp (x) = .
2 4 2 4
On peut finalement conclure que la solution générale de l’EDO est donnée par
x2
y(x) = c1 + c2 ln x + , c1 , c2 ∈ R.
4
ay 00 + by 0 + cy = r(x), a, b, c ∈ R, a 6= 0, (1.35)
dont nous cherchons la solution générale en procédant comme suggéré par notre étude
théorique. Notre travail sera grandement simplifié si nous étendons la notion de solution
au cas des fonctions à valeurs complexes.
42 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
ay 00 + by 0 + cy = 0, a, b, c ∈ R, a 6= 0. (1.36)
Nous cherchons des solutions particulières de la forme y(x) = eλx , λ ∈ C. Pour qu’une telle
fonction soit solution, il faut que
(i) b2 − 4ac > 0. Dans ce cas le polynôme a deux racines réelles distinctes λ1 et λ2 , ce qui
nous donne deux solutions linéairement indépendantes,
yi (x) = eλi x , i = 1, 2.
(ii) b2 − 4ac < 0. Dans ce cas, nous avons deux racines complexes conjuguées λ = α ± iβ. Si
Exemple 1.7.6.
a) y 00 − 3y 0 + 2y = 0. Le polynôme caractéristique est p(λ) = λ2 − 3λ + 2 a pour racine
λ = 1 et λ = 2, la solution générale s’écrit donc
y(x) = c1 ex + c2 e2x , c1 , c2 ∈ R.
b) 3y 00 − 12y 0 + 12y = 0. Le polynôme caractéristique est 3(λ − 2)2 et la solution générale
s’écrit
y 00 − 2y 0 + y = 5e3x ,
et ensuite trouver l’unique solution qui satisfait la condition initiale y(0) = 1 et y 0 (0) = 0.
Tout d’abord, p(λ) = (λ − 1)2 et donc λ = 1 est une racine double. Les deux solutions
libres de l’équation homogène sont y1 (x) = ex et y2 (x) = xex . Leur Wronskien est W (x) =
W (ex , xex ) = e2x . En utilisant la formule (1.34) du Théorème 1.7.3, on obtient que
Z Z
1 1
yp (x) = − y2 (x)r(x) dx y1 (x) + y1 (x)r(x) dx y2 (x)
W (x) W (x)
Z Z
1 x 3x x 1 x 3x
= − 2x
xe (5e ) dx e + 2x
e (5e ) dx xex
e e
Z Z
2x x 5
= −5 xe dx e + 5 e dx xex = e3x .
2x
4
Ainsi, la solution générale est donnée par
5
y(x) = c1 ex + c2 xex + e3x .
4
44 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
1
y(x) = (−ex − 14xex + 5e3x ).
4
Considérons maintenant une seconde approche (que nous présenterons de manière plus in-
formelle, mais qui peut être plus facile à retenir) pour trouver une solution particulière de
l’équation inhomogène (1.35). On l’appelle parfois la méthode des coefficients indéterminés.
Cette approche est basée sur une idée simple : on cherche une solution particulière qui est de
la même forme que le membre de droite. Notez qu’il est possible de justifier cette approche
en utilisant la formule (1.34).
aeαx Ceαx
Si le membre de droite est une solution de l’équation homogène (1.36), cette approche ne
fonctionne pas. On la corrige de la façon suivante : si le membre de droite correspond à une
racine double de l’équation caractéristique, au lieu du choix yp , on fait le choix xyp .
Finalement, pour un membre de droite plus complexe, on peut utiliser le principe de super-
position : si yp1 est un bon choix pour r1 (x) et yp2 un bon choix pour r2 (x), yp1 + yp2 est un
bon choix pour r1 (x) + r2 (x).
y 00 + y 0 − 12y = 2x2 .
Comme p(λ) = λ2 + λ − 12 = (λ − 3)(λ + 4), les deux solutions libres de l’équation homogène
sont y1 (x) = e3x et y2 (x) = e−4x . On a ainsi que yh (x) = c1 e3x + c2 e−4x . Calculons une
solution particulière à l’équation inhomogène. Comme le membre de droite est de la forme
1.7. ÉQUATIONS DU SECOND ORDRE 45
2 = −12A2
0 = 2A2 − 12A1
0 = 2A2 + A1 − 12A0 .
1
On résoud pour obtenir A2 = − 16 , A1 = − 36 13
et A0 = − 432 . Ainsi,
1 1 13
yp (x) = − x2 − x − .
6 36 432
Finalement, la solution générale est donnée par
1 1 13
y(x) = yh (x) + yp (x) = c1 e3x + c2 e−4x − x2 − x − , (c1 , c2 ∈ R).
6 36 432
Exemple 1.7.9. Trouver la solution de
λ2 − 3λ + 2 = (λ − 2)(λ − 1) = 0.
La solution générale de l’équation homogène est donc yh (x) = c1 e2x + c2 ex . On traite ensuite
l’EDO avec comme membre de droite 8e2x . Puisque 2 est une racine simple de l’équation
caractéristique on cherche une solution de la forme Axe2x . En reportant dans l’équation, on
obtient l’équation algébrique,
1 3
−(A cos x+B sin x)−3(B cos x−A sin x)+2(A cos x+B sin x) = cos x =⇒ A = ,B = − .
10 10
Donc yp2 = 0.1(cos x − 3 sin x) et la solution générale de l’équation différentielle de départ
s’écrit
46 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
y(x) = yh (x) + yp1 (x) + yp2 (x) = c1 e2x + c2 ex + 8xe2x + 0.1(cos x − 3 sin x).
C’est maintenant et seulement maintenant que l’on détermine les constantes en fonction des
conditions initiales.
x2 y 00 + pxy 0 + qy = 0, p, q ∈ R. (1.37)
On peut donc conclure que xα est solution si α est une racine de l’équation
déf
p(α) = α2 + (p − 1)α + q = 0. (1.38)
Comme dans le cas de l’équation (1.36), il y a trois cas à considérer. Dans ce cas, le discri-
déf
minant est ∆ = (p − 1)2 − 4q.
a) ∆ > 0 : On a deux racines rélles distinctes α1 , α2 de (1.38). Dans ce cas, on obtient
deux fonctions y1 (x) = xα1 et y2 (x) = xα2 qui sont libres sur tout intervalle qui ne
contient pas 0. En effet, pour x 6= 0, on a que W (xα1 , xα2 ) = (α2 − α1 )xα1 +α2 −1 6= 0.
Donc, la solution générale de (1.37) est donnée par
b) ∆ = 0 : On laisse ce cas exercice (voir question 3 de la série 6). Ici, la solution générale
de (1.37) sera
y(x) = c1 xα + c2 xα ln x, (c1 , c2 ∈ R).
1.7. ÉQUATIONS DU SECOND ORDRE 47
déf
c) ∆ < 0 : On a deux racines complexes conjuguées α ± iβ de (1.38). En posant θ = ln x
(c’est-à-dire x = eθ ), on obtient
Comme dans le cas de l’équation homogène à coefficients constants (1.36), par linéarité
de l’équation d’Euler-Cauchy (1.38), les parties réelle et imaginaire de xα+iβ sont des
solutions réelles. Ainsi, en posant y1 (x) = Re(xα+iβ ) = xα cos(β ln x) et y2 (x) =
Im(xα+iβ ) = xα sin(β ln x), la solution générale de (1.37) dans ce cas est donnée par
où q(x) est une fonction continue sur un intervalle [a, b] et p0 , p1 , . . . , pn−1 sont des constantes
réelles. Nous avons les propriétés suivantes.
a) L’espace des solutions de l’équation homogène (I) est de dimension n, c’est-à-dire
n
X
yh (x) = ci yi (x), ci ∈ R.
i=1
La démonstration est semblable aux cas d’ordre 1 et 2 : on commence par définir, pour
chaque i ∈ {1, . . . , n}, yi comme l’unique solution du (PVI)
y (n) + pn−1 y (n−1) + · · · + p1 y 0 + p0 y = 0
(1.39)
(y(x0 ), y 0 (x0 ), . . . , y (n−1) (x0 )) = ~ei ,
où x0 ∈ (a, b) et ~ei est le i-ème vecteur de la base canonique de Rn . Par la suite, on
montre que l’espace des solutions
déf
E0 = {y ∈ C (n) (a, b) | y (n) + pn−1 y (n−1) + · · · + p1 y 0 + p0 y = 0} (1.40)
déf
est un espace vectoriel engendré par B = {y1 (t), y2 (t), . . . , yn (t)}. Finalement, on
montre que le Wronskien de y1 , y2 , . . . , yn ne s’annule jamais, c’est-à-dire
.. ..
. | | .
W [~y1 (x), . . . , ~yn (x)] = det ~y1 (t) | · · · | ~yn (t) 6= 0.
déf
.. ..
. | | .
48 CHAPITRE 1. LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
b) Soient {y1 (t), y2 (t), . . . , yn (t)} n solutions linéairement indépendantes de (H). Alors la
solution homogène est donnée par
n
X
yh (x) = ci yi (x), (ci ∈ R).
i=1
Exemple 2.1.1 Une balle de masse m est lancée horizontalement d’une hauteur y0
y
!v0
PSfrag replacements
55
50 CHAPITRE 2. COURBES ET SURFACES DANS RN
Exemple 2.1.2. Certains lieux géométriques peuvent aussi être décrit avantageusement
par un système d’équations.
a) Une roue de rayon a roule sans glisser sur un plan horizontal. On fait une marque au
point de contact P0 = (0, 0) de la roue avec le plan au début du déplacement et on
cherche à décrire la trajectoire P (θ) = (x(θ), y(θ)) telle que P (0) = P0 suivie par ce
point.
y
P (✓)
a
✓
(0, a) (a✓, a)
a
x
(0, 0)
a✓
On remarque que pour θ qui varie, le centre qui varie en fonction de θ est donné par
(aθ, a). Le cercle de rayon a centré en (aθ, a) paramétré dans le sens horaire et débutant
au point (0, 0) est donné par
x(θ) = aθ − a sin θ
y(θ) = a − a cos θ, θ ≥ 0.
Dans ces équations, le paramètre θ est un angle. La trajectoire est périodique et il suffit
de la décrire pour θ ∈ [0, 2π].
b) Une droite d de l’espace qui passe par le point p~0 = (x0 , y0 , z0 ) dans la direction du
vecteur ~v = (a, b, c) est définie par d = {~r(t) = p~0 + t~v : t ∈ R}. Ceci mène aux
équations paramétriques
f~ : [a, b] → Rn ,
t ∈ [a, b] 7→ (f1 (t), . . . , fn (t)),
les Exemple
lesnncomposantes [a, b] → R sont
fif: 2.1.3. Les depoint f!(a)
classe [a,kf!b].
C ket (b) sont appelés les extrémités de la courbe. Si f!(
composantes i : [a, b] → R sont de classe C [a, b].
!([a, a) ~r(θ) = (cos θ, sin θ)dite fermée. Si de plus f! est injective sur (a, b), la coube est dite simp
age f ! b]) est appelée trajectoire de la courbe. On dira que !
x ∈ R n
!x ∈ R sur
estn
est lasurcourbe
mage f ([a, b]) est appelée [0, π/2], fermée
1) θ ∈trajectoire de la estcourbe.
dite courbeOn dira dequeJordan. la courbe
ppartient à la trajectoire, c’est-à-dire s’il existe t ∈ [a, b] tel que f!(t)!= !x.
appartient à la trajectoire,
2) θ ∈ [0,c’est-à-dire
2π] s’il existe t ∈ [a, b] tel que f (t) = !x.
A priori cette distinction entre courbe (une fonction) et trajectoire (
oint f!(a) et f!(b) sont appelés les extrémités deartificielle.
la
de courbe. Si f!que,
(a)! = f!(b), celle-ci est est le les faits.
point f!(a) et f!(b)Pour sont 1) la trajectoire
appelés peut
les estparaı̂tre
un quart
extrémités de cercle, alors
la Les
courbe. Si f pour
exemples
(a) = 2),
f la trajectoire
!(b),
suivants rétablissent
celle-ci est
f! !est tout
ermée. Si de plus cercle [Link] (a, b), la coube est dite simple. Une courbe simple
injective
fermée. Si de plus f est injective sur (a, b), la coube est dite simple. Une courbe simple
ée est dite courbe b) de 1) ~rJordan.
(u) = (a cos u, b sin u), u ∈ [0, 2π]
ée est dite courbe de Jordan. a) − 1)
2) ~r(u) = (a cos(2π − u), b sin(2π − u)), u ∈ [0, 4π]. a) − 2)
iori cette distinction entre courbe (une fonction) et trajectoire (un lieu géométrique)
riori cette La
distinction trajectoire est la même en 2) qu’en 1), mais, en 2), lorsque u varie de 0 à 4π, le
paraı̂tre artificielle. Lesentre
rayon vecteur
courbe
exemplesbalaie
(une rétablissent
suivants
l’ellipse
fonction) etles
2 fois dans le
trajectoire
faits.
sens négatif.
(un lieu géométrique)
paraı̂tre artificielle. Les exemples suivants rétablissent les faits.
a) − 1)
a) − 2)
a) − 1) PSfrag replacements b)
a) − 2)
z
3
1
2
−1 0 1
0 y
−1 1
x 2
−2
Figure 2.2 – Trajectoire de la courbe ~r(t) = 2 cos t~ı + 2 sin t~ + t~k.
~r 0 (t0 )
~r(t0 ) ~r(b)
~r([a, b])
~r(a)
Lemme 2.2.1. Soit ~r : [a, b] → Rn une courbe continue. Cette courbe admet un vecteur
tangent en ~r(t0 ) si et seulement si chacune des composantes de ~r est dérivable en t0 et si
~r 0 (t0 ) = (r10 (t0 ), . . . , rn0 (t0 )) 6= (0, . . . , 0).
2.2. VECTEUR TANGENT 53
Démonstration: Il suffit de voir que ~r 0 (t) existe si et seulement si ri0 (t) existe pour tout
i = 1, . . . , n. En effet,
On voit que ~r(t) · ~r 0 (t) = 0 ce qui montre bien que ~r 0 (t) est dans la direction de la tangente.
La connaissance du vecteur tangent est ce qu’il faut pour obtenir une équation de la droite
D tangente à une courbe : c’est une droite qui passe par ~r(t0 ) et qui est parallèle au vecteur
~r 0 (t0 ), donc on peut la représenter paramétriquement par
~r(t0 )
~r(a)
~r 0 (t0 )
~r(b)
Figure 2.4 – Droite D tangente à la courbe ~r(t) qui passe par ~r(t0 ).
tangent est ce qu’il faut pour obtenir une équation de la tangente
t une droite qui passe par f!(t0 ) et qui est parallèle au vecteur
ésenter paramétriquement par
54 CHAPITRE 2. COURBES ET SURFACES DANS RN
Exemple 2.2.2. Considérons la courbe ~r(t) = (2 cos t, 3 sin t, π1 t), t ∈ [0, 4π]. On veut une
f!(t0 ) +de(s
!t(s) = équation − t0 )f!à! (t
la tangente 0 ). courbe au point ~r( 4 ). Puisque ~r (t) =(2.3)
cette π 0
(−2 sin t, 3 cos t, π1 ),
on a
√ √
π √ 2 1 0 π
√ 2 1
~r( ) = ( 2, 3 , ), ~r ( ) = (− 2, 3 , ).
4 2 4 4 2 π
rons laDonc, la tangente s’écrit
1
u, π u), u ∈ √
√
2 1 π √
√
2 1
~
d(s) = ( 2, 3 , ) + (s − )(− 2, 3 , ).
tion de la 2 4 4 2 π
point f!( π4 ).Les équations paramétriques sont alors données par
√ !
1 √ π
3 cos u, π ), (d1 (s), d2 (s), d3 (s)) = 2(1 − s + t), 3
2 π
(1 + s − ), +
1 s − 4
2 4 4 π
√
π √ 2 1 4
) = (− 2, 3 , ).
4 2 π 3
2
-2
1
-1
-4 00
-2 1 0 2 4
√ 2
√ 2 1 4
3
4)(− 2, 3 , ), 5
2 π
Figure ~
2.5 – L’hélice ~r(t) √= (2 cos t, 3 sin t, π1 t), t ∈ [0, 4π] et sa tangente d(s) =
√ √
2 1 π
√ 2 1
π/4) ( 2, 3 2 , 4 ) + (s − 4 )(− 2, 3 2 , π ) au point ~r(π/4).
Clairement la définition (2.2) est prise en défaut lorsque ~r 0 (t0 ) = ~0 puisqu’elle ne définit
π/4) Une hélice
plus une droite. Dans ce cas particulier et sa
différents tangente
scénarios sont possibles. En particulier la
tangente peut ne pas exister. Dans ce cours, nous faisons la convention suivante : nous dirons
qu’une courbe admet une tangente seulement aux points où ~r 0 (t0 ) 6= ~0.
Exemple 2.2.3. Soit ~r(t) = (t2 , t3 ) t ∈ [−1, 1]. On a que ~r 0 (0) = (0, 0). Pourtant
la tangente au point (0, 0) n’existe pas comme l’illustre la représentation graphique de la
Figure 2.6. C’est le brusque changement de direction du vecteur tangent en (0, 0) qui empêche
la définition d’une tangente continue. En géométrie, un tel point est appelé point cuspidal.
~r(t)
Figure 2.6 – La droite tangente à la courbe ~r(t) = (t2 , t3 ) n’existe pas au point ~r(0) = (0, 0)
car ~r 0 (0) = (0, 0).
Dans ce cours, nous rencontrerons surtout des champ de vecteurs pour lesquels le nombre de
variables est égal au nombre de composantes. Le terme champ vient de la physique, où cette
notion est omniprésente. En mathématique les champs sont souvent appelés transformations.
En général, on les appelle champs quand c’est l’aspect vectoriel qui compte.
q
~r = (x1 , . . . , xn ), et sa grandeur sera notée r = k~rk = x21 + · · · + x2n .
Exemple 2.3.1.
γy(1 − y)
~v (x, y) = .
0
Ecoulement
Écoulement de Poiseuille.
Poiseuille.
Ici y = 1/2 est l’axe du cylindre y = 1 et y = 0 les parois alors que x mesure la distance
le long de l’axe. On voit que l’écoulement est le même pour chaque x que la vitesse est
nulle sur les parois et varie quadratiquement en y avec un maximum sur l’axe. En plus,
comme sa seconde composante est horizontale, ~v est tangent aux droites horizontales.
On dit que ces droites horizontales sont les lignes de champs de ~v .
c) (Champs magnétiques) On sait que les courants électriques induisent des champs
magnétiques dont la forme et l’intensité dépendent du conducteur. Si on considère l’axe
Oz comme un conducteur infiniment long dans lequel circule un courant constant, on
peut montrer, en négligeant les constantes et les unités, que le champ magnétique
~ : R3 → R3 est de la forme
induit H
~ r) = H(x,
~ y x
H(~ y, z) = ( , − , 0).
x2 + y 2 x2 + y 2
Un tel champ est toujours perpendiculaire au conducteur (ce que stipule la loi d’Ampère).
Si on utilise le produit vectoriel on obtient une expression plus intéressante de H. ~ En
~
effet, si ~r désigne encore le vecteur position et k = (1, 0, 0) le vecteur unitaire de Oz,
Il en découle que
1
~ r) =
H(~ ~r × ~k. (2.3)
||~r × ~k||2
0.5
-2 -2
-1 0 -1
1 1
2 2
-0.5
-1
~ : R3 →
Le champ magnétique H R3 donné
Champ magnétique.
par (2.3) et quelques lignes de champ.
d) (Lois de Newton et de Coulomb) Ces lois stipulent que la forme du champ gravi-
tationnel d’une masse ponctuelle et celle du champ électrostatique d’une charge ponc-
tuelle est la même, à savoir si la source est en (0, 0, 0), alors
γ p
F~ (~r) = F~ (x, y, z) = − 3 ~r, où r = x2 + y 2 + z 2 . (2.4)
r
p z y
r= x2 + y 2 + z 2 , θ = arccos , φ = arctan ,
r x
0.5
z0
-0.5
-1
-1 -1
-0.5 -0.5
0 0
y x
0.5 0.5
1 1
On peut
On peut voir
voir que
quelelechamp
champmagnétique
magnétique (2.3)
dudu conducteurOz
conducteur Ozn’est
n’est pas
pas central
central car
car ilil ne
ne pointe pas vers l’origine et sa taille dépend de φ (Vérifier
pointe pas vers l’origine et sa taille dépend de φ (Vérifier !) !)
e) (Champs de vecteurs gradient) La fonction f (x, y) = 2x2 + 3y 2 a pour courbes de
niveau
e) La des ellipses
fonction = 2x2 +3y
f (x, y)centrées 2
à l’origine.
a pourLe champde
courbes deniveau
vecteurs quiellipses
des associecentrées
à chaqueà point
l’origine.
le gradient de f est ~
v = ∇f = (4x, 6y). Ce champ est en chaque point perpendiculaire
Le champ de vecteurs qui associe à chaque point le gradient de f est donné par
aux courbes de niveau de f . Ses lignes de champ sont donc les trajectoires orthogonales
de ces courbes de niveau.
64 CHAPITRE 2. COURBES ET SURFACES DANS RN
!v (x, y) = grad f (x, y) = (4x, 6y).
1
0.5
-1
-2 -1 0 1 2
x
Champ de gradient.
Champ de vecteur gradient de f (x, y) = 2x2 + 3y 2 et quelques lignes de champ.
2.3.2 Lignes de champ
En général, la détermination des lignes de champs requiert la résolution d’un système
Définition 2.3.2 On appelle lignes de champ d’un champ vectoriel !v = (v1 , v2 , v3 ) la fa-
d’équations différentielles. Dans des cas simples on peut ramener ces sytèmes à des équations,
mille de courbes de l’espace qui sont, en chaque point (x, y, z), tangentes au vecteur !v (x, y, z).
ce que nous allons illustrer par quelques exemples.
En général, la détermination des lignes de champs requiert la résolution d’un système
Exemple 2.3.2. différentielles. Dans des cas simples on peut ramener ces sytèmes à des équations,
d’équations
ce que nous allons illustrer par quelques exemples.
~ : R → R donné par
a) On cherche les lignes de champ du champ de vecteurs H 2 2
Exemple 2.3.1
! = ( 2 y 2 , 2−x 2 ). La courbe f!(t) = (x(t), y(t)) est
a) On cherche les lignes de champ de H x +y x +y
! si
en chaque point tangente à H
y(t)
x" (t) = x2 (t)+y 2 (t)
~ r) = H(x,
~ y −x
H(~ y) = , 2 .
x + y x + y2
2 2
dy y 0 (t) x
= 0 =− .
dx x (t) y
Cette équation est séparable et sa résolution conduit à
x2 + y 2 = C 2 .
Les lignes de champ sont donc une famille de cercles centrés à l’origine.
y2
b) On cherche les lignes de champ de ∇f si f (x, y) = x2 + 2
. Puisque ∇f = (2x, y), ses
lignes de champ sont les courbes (x(t), y(t)) solution de
(
x0 (t) = 2x
y 0 (t) = y
ou encore les courbes intégrales de
dy y
= .
dx 2x
Encore une fois, cette équation est séparable. La solution générale est
x = cy 2 , c ∈ R. (2.5)
P ∈P
Démonstration: (≤) Soit P : t0 = a < t1 < t2 < · · · < tk = b une partition de [a, b]. On
observe que
Z ti+1 Z ti+1
f~ (t) dt = f~(ti+1 ) − f~(ti ) =⇒ kf~(ti+1 ) − f~(ti )k ≤
0
kf~0 (t)k dt.
ti ti
62 CHAPITRE 2. COURBES ET SURFACES DANS RN
On a alors
k−1
X k−1 Z
X ti+1 Z b
`(P ) = kf~(ti+1 ) − f~(ti )k ≤ ~0
kf (t)k dt = kf~0 (t)k dt,
i=0 i=0 ti a
et donc Z b
∀ P ∈ P, `(P ) ≤ kf~0 (t)k dt.
a
On peut conclure que Z b
L(f~) = sup `(P ) ≤ kf~0 (t)k dt.
P ∈P a
(≥) Soit > 0 donné. Puisque f~ est de classe C (1) , la fonction f~0 (t) est continue sur [a, b]
(qui est fermé et borné), et donc uniformément continue. Ceci implique qu’il existe un écart
δ tel que, si |t − s| ≤ δ, alors kf~0 (t) − f~0 (s)k ≤ quelle que soit la position de la paire s, t
dans [a, b]. Soit donc P une partition de [a, b] dont les points sont distants d’au plus δ. Quel
que soit le sous-intervalle, on a, pour chaque t ∈ [ti , ti+1 ],
kf~0 (t)k ≤ kf~0 (ti )k + kf~0 (t) − f~0 (ti )k ≤ kf~0 (ti )k + .
Donc
Z ti+1
kf~ 0 (t)k dt ≤ kf~0 (ti )k(ti+1 − ti ) + (ti+1 − ti )
ti
Z ti+1
= k f~0 (ti ) − f~0 (t) + f~0 (t) dtk + (ti+1 − ti )
ti
Z ti+1
≤ k f~0 (ti ) − f~0 (t) dtk + kf~(ti+1 ) − f~(ti )k + (ti+1 − ti )
ti
Exemple 2.4.1.
a) (Cercle) Une équation paramétrique d’un cercle centré en (x0 , y0 ) et de rayon R s’écrit
x(t) = x0 + R cos(t)
y(t) = y0 + R sin(t), t ∈ [0, 2π].
Donc f~0 (t) = R(− sin t, cos t) d’où
f~0 (t)
= R, ce qui conduit à
Z 2π
L(f~) = R dt = 2πR.
0
c) (Hélice conique) Soit ~r(t) = (et cos t, et sin t, et ) pour t ∈ [0, log 2] .
p
k~r 0 (t)k = [et (cos t − sin t)]2 + [et (sin t + cos t)]2 + e2t
√ t
= 3e .
Donc
√ Z log 2 √
L(~r) = 3 et dt = 3.
0
√
d) (Ellipse) ~r(t) = (a cos t, b sin t), t ∈ [0, 2π]. k~r 0 (t)k = a2 sin2 t + b2 cos2 t. Donc
Z 2π p
L(~r) = a2 sin2 t + b2 cos2 t dt.
0
La primitive de cet intégrant ne peut pas être exprimée à l’aide des fonctions usuelles.
L’étude de ce type d’intégrales, connues sous le nom d’elliptiques, a mené à celle d’une
classe de fonctions très importantes, les fonctions elliptiques qui jouent un rôle dans
de nombreux sujets mathématiques. Ces intégrales ont été tabulées.
64 CHAPITRE 2. COURBES ET SURFACES DANS RN
Définition 2.4.2. Soient f~(t) définie sur [a, b] et ~g (u) définie sur [α, β] deux courbes. On
dira que les courbes sont équivalentes s’il existe une fonction u : [a, b] −→ [α, β] telle que
(i) u(a) = α, u(b) = β
(ii) u est strictement croissante et dérivable
(iii) ~g (u(t)) = f~(t).
Une fonction u satisfaisant ces trois points est appelée changement de paramètre admissible.
Comme u est strictement croissante, alors u0 (t) > 0, et donc f~ 0 et ~g 0 pointent dans la
même direction.
2.4. COURBES DE CLASSE C(1) 65
c) Comme f~ et ~g sont des courbes de classe C (1) , on peut appliquer le Théorème 2.4.1
pour obtenir que
Z β Z u−1 (β)
0 s=u(t)
L(~g ) = k~g (s)k ds = k~g 0 (u(t))k u0 (t) dt
α u−1 (α)
Z b
= ku0 (t)~g 0 (u(t))k dt
a
Z b
(2.6)
~0
=
f (t)
dt = L(f~).
a
Exemple 2.4.2.
a) ~r(θ) = 2 cos θ~ı + 3 sin θ ~ θ ∈ [0, 2π)
~
et R(φ) = 2 cos(2φ)~ı + 3 sin(2φ)~ φ ∈ [0, π).
Décrivent la même ellipse parcourue dans le même sens le même nombre de fois. Le
changement de paramètre s’écrit θ = 2φ.
b) ~s(u) = 2 cos(2π − u)~ı + 3 sin(2π − u)~ u ∈ [0, 2π)
décrit la même ellipse parcourue le même nombre de fois mais en sens contraire.
Notez que si u(a) = β, u(b) = α et u0 (t) < 0, alors on dira que le changement de paramètre
renverse l’orientation. Il existe un moyen simple de faire cette opération en prenant comme
changement de paramètre
u(t) = (a + b) − t
A partir de maintenant nous considérerons que deux fonctions vectorielles de R dans Rn
qui sont équivalentes par changement de paramètre admissible définissent la même courbe.
Mathématiquement, ceci signifie qu’une courbe est une classe d’équivalence de fonctions.
Nous n’aurons pas besoin de ce formalisme et nous contenterons de cette remarque.
Notons que, si
Z t
s(t) = kf~0 (u)k du,
a
66 CHAPITRE 2. COURBES ET SURFACES DANS RN
désigne la longueur de l’arc de courbe paramétrisée par f~(t) et si f~0 (t) 6= 0 pour tout t, la
fonction s(t) possède les propriétés suivantes,
(1) s(a) = 0, s(b) = L.
(2) s(t) est strictement croissante.
(3) s(t) est dérivable et s0 (t) = kf~0 (t)k.
Ceci montre que ds est bien une différentielle au sens classique. En outre, si on désigne par
γ : [0, L] → [a, b] l’unique fonction inverse de s (qui existe et est dérivable), on voit que γ est
un changement de paramètre admissible. Si nous définissons
~g : [0, L] → Rn ,
par
~g (s) = f~(γ(s)),
nous dirons que ~g est une paramétrisation de la courbe par la longueur d’arc ou encore une
paramétrisation naturelle de la courbe.
Théorème 2.4.3. Soit ~g la paramétrisation d’une courbe par la longueur d’arc. Alors
k~g 0 (s)k = 1, ∀ s.
1
~g 0 (s) = γ 0 (s)f~0 (γ(s)) = f~0 (γ(s)),
kf~0 (γ(s))k
Exemple 2.4.3.
a) Hélice conique. f~(t) = et (cos(t), sin(t), 1), t ∈ [0, ∞). Un calcul direct montre que
Donc
√ 1
s(t) = 3(et − 1), ⇒ t = ln( √ s + 1).
3
Finalement
1 1 1
~g (s) = ( √ s + 1)(cos(ln( √ s + 1)), sin(ln( √ s + 1)), 1).
3 3 3
2.5. NOTION DE COURBURE 67
s s s
~g (s) = (2 arccos(1 − ) − sin(2 arccos(1 − )), 1 − cos(2 arccos(1 − )), s ∈ [0, 8].
4 4 4
La section suivante va nous permettre d’illustrer un des intérêts de cette paramétrisation.
12
10
2
–1
Mesure de la courbure.
Soit 4θ l’angle formé par les vecteurs tangents g 0 (s) et g 0 (s + 4s), si pour un 4s fixe, 4θ
est petit la courbe est peu incurvée et si 4θ est grand la courbe est très incurvée. Ceci nous
amène à étudier la limite suivante
4θ
lim .
4s→0 4s
68 CHAPITRE 2. COURBES ET SURFACES DANS RN
D’où
kg 0 (s + 4s) − g 0 (s)k2 4θ o(4θ)
= 1+ .
4s 4s 4θ
4θ
La limite de existe donc et
4s
4θ 0 0
lim = lim kg (s + 4s) − g (s)k = kg 00 (s)k.
4s→0 4s 4s→0 |4s|
La quantité
κ(s) = kg 00 (s)k
est appellée courbure de C au point g(s).
Exemple 2.5.1.
a) Droite
x(t) = x0 + t u
où d = (u, v) est le vecteur directeur.
y(t) = y0 + t v
Z tp
s(t) = (x0 )2 + (y 0 )2 dt = tk(u, v)k2
( 0
su
x(s) = x0 + kdk
⇒ sv
2
y(s) = y0 + kdk 2
0 0
⇒ x u(s) = y v(s) = kdk 1
2
et x00 (s) = y 00 (s) = 0 ce qui traduit le fait qu’une droite n’a aucune courbure.
b) Cercle
x(θ) = a cos θ
y(θ) = a sin θ
Z θ
s(θ) = a dt = θa
0
0 00
x(s) = a cos as x (s) = − sin as x (s) = − a1 cos as
⇒ ⇒ ⇒
y(s) = a sin as y 0 (s) = cos as y 00 (s) = − a1 sin as
⇒ κ = a1 . Donc plus le rayon du cercle est petit, plus la courbure est grande.
2.5. NOTION DE COURBURE 69
~g (s) = f~(h(s))
donc
kf~0 k(kf~0 k2 kf~00 k2 − (f~0 · f~00 )2 )1/2 = kf~0 k kf~0 (t) × f~00 (t)k
Exemple 2.5.2.
a) Ellipse
x = a cos θ
On peut la considérer comme la courbe de R3
y = b sin θ
x = a cos θ ~0 ~00
f~ : y = b sin θ ⇒ κ(θ) = kfkf~×0 kf3 k
z=0
e1 e2 e3
f~0 × f~00 = 2 −a sin θ b cos θ 0 = e3 (ab sin2 θ + ab cos2 θ) = abe3
−a cos θ −b sin θ 0
√
kf~0 k = a2 sin2 θ + b2 cos2 θ
|ab| |ab|
⇒ κ(θ) = √ = √
( a2 sin2 θ+b2 cos2 θ)3 ( b2 +(a2 −b2 ) sin2 θ)3
1
{Si a = b on retrouve κ(θ) = a }.
Si a > b la courbure la plus grande est donc aux points θ = 0 i.e. (±a, 0) et la plus
petite aux points (0, ±b).
b) Hélice conique
e1 e2 e3
t
f~0 × f~00 = e (cos t − sin t) et (sin t + cos t) e5
−2 sin tet 2 cos tet et
= [e2t (sin t − cos t)e1 − [e2t (cos t + sin t)]e2 + 2e2t e3
kf~0 × f~00 k = e2t {sin2 t + cos t − 2 sin t cos t + sin2 t + cos2 t + 2 cos t sin t + 4}1/2
√
= 6 e2t
√
kf~0 k = 3et
√ 2t √
6e 2 −t
⇒ κ(t) = √ = e
( 3)3 e3t 3
et l’on s’aperçoit que, plus t est grand, plus la courbure est petite. La courbe tend
asymptotiquement vers une droite.
passant par ~r0 et dont la trace est toute entière sur la surface. Le vecteur tangent à cette
courbe en ~r0 est donné par
~
~ ∂Σ ∂x ∂y ∂z
0
S (v0 ) = = (u0 , v0 ), (u0 , v0 ), (u0 , v0 ) = T~v .
∂v ∂v ∂v ∂v
De même, si on considère la courbe obtenue en fixant v ≡ v0 , on obtient un second vecteur
tangent
~
∂ Σ ∂x ∂y ∂z
T~u = = (u0 , v0 ), (u0 , v0 ), (u0 , v0 ) .
∂u ∂u ∂u ∂u
Nous nous intéressons au cas où T~u et T~v sont linéairement indépendants. Dans ce cas N
~ 6= ~0,
~ ~ ~
et N est orthogonal au plan engendré par Tu et Tv . Ce plan est tangent à la surface Σ ~ en
~ 0 , v0 ), comme en fait foi le résultat suivant
~r0 = Σ(u
Proposition 2.6.1. Soit Σ ~ : D → R3 une surface de classe C (1) , ~r0 = Σ(u ~ 0 , v0 ) un point
de la surface tel que N~ = [T~u × T~v ](u ,v ) 6= ~0. Dans ce cas le plan engendré par T~u et T~v est
0 0
Démonstration: Nous disons qu’une courbe f~(t) est tracée sur Σ ~ si f~(t) = Σ(γ(t))
~ où
γ : [a, b] → R est une courbe dont la trace est contenue dans D. Si une
2
telle courbe passe
par ~r0 , ∃t0 ∈ [a, b] tel que
~r0 = f~(t0 ) = Σ(γ(t
~ 0 ))
~0 d ~
et le vecteur tangent à la courbe en ~r0 est donné par f (t0 ) = dt (Σ(γ(t0 )) . Plus précisément
t=t0
Comme le vecteur T~u × T~v est perpendiculaire à la fois à T~u et à T~v , on obtient que
~ · f~0 (t0 ) = γ 0 (t0 ) (T~u × T~v ) · T~u + γ 0 (t0 ) (T~u × T~v ) · T~v = 0.
N 1 2
2.6. SURFACES PARAMÉTRÉES DANS RN 73
Définition 2.6.2. Dans le cas où N~ 6= 0 la surface est dite lisse en ~r0 = Σ(u
~ 0 , v0 ). Le
vecteur N~ = T~u × T~v est appellé produit vectoriel fondamental, tandis que le vecteur
~
N T~u × T~v
~n = =
~k
kN kT~u × T~v k
est appellé vecteur normal principal.
En calculant, nous obtenons
∂(y, z) ∂(z, x) ∂(x, y)
T~u × T~v = , ,
∂(u, v) ∂(u, v) ∂(u, v)
et s 2 2 2
∂(y, z) ∂(z, x) ∂(x, y)
kT~u × T~v k = + + .
∂(u, v) ∂(u, v) ∂(u, v)
Si la surface est lisse en ~r0 = (s1 , s2 , s3 ), l’équation du plan tangent s’écrira donc
∂(y, z) ∂(z, x) ∂(x, y)
(x − s1 ) + (y − s2 ) + (z − s3 ) = 0
∂(u, v) ∂(u, v) ∂(u, v)
ou encore sous forme paramétrique
~
Π(u, v) = ~r0 + uT~u + v T~v
h i u
= ~r0 + T~u T~v
v
~ u
= ~r0 + dΣ(γ(t 0 )) , (u, v) ∈ R2 .
v
Exemple 2.6.2.
a) Σ~ c : [0, 2π) × [0, +∞) → R3
(θ, r) 7→ (r cos θ, r sin θ, r)
Tθ = (−r sin θ, r cos θ, 0)
Tr = (cos θ, sin θ, 1)
Tθ × Tr = (r cos θ, r sin θ, −r) 6= 0 si r 6= 0.
√
kTθ × Tr k = 2 r.
Le plan tangent a pour équation
(r0 cos θ0 )(x − r0 cos θ0 ) + (r0 sin θ0 )(y − r0 sin θ0 ) − r0 (z − r0 ) = 0
ou encore
r0 cos θ0 x + r0 sin θ0 y − r0 z = 0.
Finalement en r = 0 la surface n’est pas lisse car il y une infinité de plans tangents.
ette génératrice est toute entière contenue dans le p
3
2.5
2
1.5
1
-2
0.5
-1
-2 00
-1
1 0 1 2 3
2
3
~ e : R2 → R3
Σ p
Un cône, son plan tangent et sa génératrice. (x, y) 7→ (x, y, x2 + y 2 )
! !
~
∂Σ x ∂Σ~ y
= 1, 0, p , = 0, 1, p
∂x x2 + y 2 ∂y x2 + y 2
!
∂ ~
Σ ∂ ~
Σ x y
~e =
N × = −p , −p ,1
∂x ∂y x2 + y 2 x2 + y 2
Le plan tangent en (x0 , y0 , z0 ) est donc
x0 y0
− (x − x0 ) + − (y − y0 ) + (z − z0 ) = 0.
r0 r0
ou bien
z = f (x0 , y0 ) + fx (x0 , y0 )(x − x0 ) + fy (x0 , y0 )(y − y0 ).
1.6
1.4
3
1.2
0.8
2
0.6
0.4
1
2 2.2 2.4
1.2 2.6 2.8 3
1 1.4
1.6
1.8
2
0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
Le membre
Le membre de droite étant
de droite uneune
étant somme
sommededeRiemann
Riemannpour pour la
la partition P de
partition P de lala fonction
fonction
kT~v ×#T!~vu k, !u #,obtiendra
× Ton en passant
on obtiendra à laà la
en passant limite
limite
Z "Z "
~ !
A(Σ(D))
A(Σ(D)) == kT~#uT!×
u×T~T
v!k
v #dudv.
dudv,
DD
Ceci, Ceci,
bien bien
sûr, sûr,
si notre approximation
si notre approximation initiale
initialeà àununsens.
[Link]̂t
Plutôt que
que d’aborder ceproblème
d’aborder ce problème
plus àplus
fond, nous donnons la définition suivante.
à fond, nous donnons la définition suivante :
Définition 2.6.3. Soit Σ ~ : D → R3 une surface satisfaisant les conditions (a), (b) et (c).
Définition 2.6.2 Soit ! : D → R3 une surface, satisfaisant (ii), on définit l’aire de Σ(D)
Σ !
On définit l’aire de ~
Σ(D) par
par
Z "Z "
! ! ! dudv.
A( Σ(D)) kT#~Tu××T~Tvvk#dudv.
déf =
~
A(Σ(D)) = D u
D
Si une surface S vérifie les conditions (a), (b) et (c) l’aire de S sera la somme des aires de
ses composantes si celles-ci n’ont pas d’intersection d’aire non-nulle.
L’expression dA = #T!u × T!v #dudv est appelée élément de surface.
Exemple 2.6.3
(a) Cône tronqué
76 CHAPITRE 2. COURBES ET SURFACES DANS RN
~
Dans ce cas, l’aire de Σ(D) sera la somme des aires de ses composantes si celles-ci n’ont pas
d’intersection d’aire non-nulle. L’expression dA = kT~u × T~v kdudv est appellée élément de
surface.
Exemple 2.6.3.
(a) Cône tronqué
~ θ) = (r cos θ, r sin θ, r)
Σ(r, θ ∈ [0, 2π), r ∈ (0, 1]
~
Tr = (cos θ, sin θ, 1)
⇒ T~r × T~θ = (−r cos θ, −r sin θ, r)
T~θ = (−r sin θ, r cos θ, r)
√ R 2π R 1 √ √
kT~r × T~θ k = 2r =⇒ A = 0 0
2rdr dθ = 2π.
(b) En se reportant à l’Exemple 2.6.1 (b), la paramétrisation de la sphère S de rayon a est
~ φ) = (a cos θ sin φ, a sin θ sin φ, a cos φ),
Σ(θ, θ ∈ [0, 2π], φ ∈ [0, π]
d’où
T~θ × T~φ = (−a sin θ sin φ, a cos θ sin φ, 0) × (a cos θ cos φ, a sin θ cos φ, −a sin φ)
= −a2 sin φ(cos θ sin φ, sin θ sin φ, cos φ).
(c) Hélicoı̈de
~ θ) = (r cos θ, r sin θ, θ) r ∈ [0, 1], θ ∈ [0, 2π].
Σ(r,
T~r = (cos θ, sin θ, 0)
⇒ T~r × T~θ = (sin θ, − cos θ, r)
T~θ = (−r sin θ, r cos θ, 1)
√
⇒ dA = 1 + r2 drdθ
Z 2π Z 1 √ Z 1√ √ √
⇒ A = 1 + r2 drdθ = 2π 1 + r2 dr = π( 2 + log(1 + 2)).
0 0 0
(d) Graphe de f : D → R, où D est un domaine dans R 2
. En se reportant à l’exemple
l’Exemple 2.6.2 (c), on a que T~x × T~y = − ∂f
∂x
, − ∂f
∂y
, 1 , et donc on obtient
s 2 2
Z Z Z Z p
∂f ∂f
A= 1+ + dxdy = 1 + k∇f k2 dxdy
D ∂x ∂y D
2.6. SURFACES PARAMÉTRÉES DANS RN 77
Dans ce cas
T~x = (1, f 0 (x) cos θ, f 0 (x) sin θ) et T~θ = (0, −f (x) sin θ, −f (x) cos θ) .
Alors,
T~x × T~θ = (f (x)f 0 (x), −f (x) cos θ, −f (x) sin θ)
et donc p
kT~x × T~θ k = |f (x)| 1 + [f 0 (x)]2 .
On conclut que
Z b p
A(S) = 2π |f (x)| 1 + [f 0 (x)]2 dx.
a
~
Σ(u, ~ 1 (T (u, v)) = Σ
v) = Σ ~ 1 (x, y), (u, v) ∈ D
(x, y) = T (u, v) ∈ D1 .
b) Si T est de classe C 1
~
dΣ(u, ~ 1 (T (u, v))dT (u, v).
v) = dΣ (2.8)
~ en (u, v) et Σ
Donc Σ ~ 1 en (x, y) = T (u, v) seront lisses simultanément ⇔ la matrice
Jabobienne dT (u, v) est inversible.
78 CHAPITRE 2. COURBES ET SURFACES DANS RN
⇒ dS = kT~u × T~v kdudv = k(T~x × T~y )(T (u, v))k|JT (u, v)|dudv
= kT~x × T~y kdxdy
= dS1 .
~ ~ et N
c) Les vecteurs N ~ ~ sont reliés par
Σ Σ1
~ ~ et N
c’est-à-dire N ~ ~ auront la même orientation ⇔ JT > 0.
Σ Σ1
Définition 2.6.4. Soit Σ,~ Σ ~ 1 deux surfaces paramétrées de classe C (1) ayant la même
déf
trace. Soient D = dom(Σ)~ et D1 déf
= dom(Σ ~ 1 ). On dit que Σ
~ et Σ
~ 1 sont C 1 -équivalentes s’il
1
existe une transformation T : D → D1 bijective de classe C à Jacobien strictement positif
telle que
~
Σ(u, v) = Σ~ 1 (T (u, v)) ∀(u, v) ∈ D.
Théorème 2.6.1. ~ et Σ
Si Σ ~ 1 sont C 1 -équivalentes, alors A(Σ)
~ = A(Σ
~ 1 ).
La transformation
déf
T : D → D1 : (θ, ψ) 7→ T (θ, ψ) = (cos θ sin ψ, sin θ sin ψ)
2.6. SURFACES PARAMÉTRÉES DANS RN 79
81
82 CHAPITRE 3. INTEGRALES CURVILIGNE ET DE SURFACE
Exemple 3.1.1.
(a) Un tour d’hélice d’équation ~r(t) = (a cos t, a sin t, bt), t ∈ [0, 2π) et de densité ρ(x, y, z) =
x2 + y 2 + z 2 aura pour masse
Z 2π p
M = (a2 cos2 t + a2 sin2 t + b2 t2 ) a2 sin2 t + a2 cos2 t + b2 dt
0
√ 2 8π 3 2
= 2 2
a + b 2πa + b .
3
La troisième coordonnée du centre de gravité sera
Z 2π √
1
z̄ = (bt)(a2 + b2 t2 ) a2 + b2 dt
M 0
√
a2 + b2
= b[2π 2 a2 + 4π 4 b2 ].
M
Son moment d’inertie par rapport à l’axe vertical sera
Z
Jz = (x2 + y 2 )(x2 + y 2 + z 2 )ds = M a2 .
C
(b) On veut calculer le moment d’inertie d’une éolienne qui a la forme d’un losange qui
tourne autour de son grand axe. La densité est constante égale à 1.
On suppose que le grand axe est l’axe des y. Un des côté joint donc le point (a, 0), a > 0
au point (0, b), b > a. Il suffit de paramétriser ce côté noté C.
s 2
b b
~r(x) = (x, b − x) ⇒ ds = 1 + dx.
a a
Puisque δ 2 = x2 , on a
s
2 Z a
Z
2 b 4 √
J = 4 x ds = 4 1 + x2 dx = a2 a2 + b2 .
C a 0 3
Remarque 3.1.1. Il n’est pas difficile de voir que le résultat reste vrai, même si u renverse
l’orientation de C.
Le résultat est identique pour les intégrales de surface.
Théorème 3.1.2. Soit f un champ scalaire défini et continu sur une surface S. Soient
~ 1 : D1 → S et Σ
Σ ~ 2 : D2 → S deux paramétrisations équivalentes de S. Alors, on a
Z ZZ
ZZ
~ 1 (s, t))
N
~ 1 (s, t)
dsdt = ~ 2 (u, v))
~ 2 (u, v)
f dA = f (Σ f (Σ
N
dudv.
S D1 D2
Nous avons déjà montré comment les normales se transformaient dans ce cas, c’est-à-dire
~ 1 (s, t) = det(dT )N
N ~ 2 (T (s, t)) = JT N
~ 2 (T (s, t)).
1.5
0.6 0.5
0.4
0.2
0
1.2
1.4
1.6
1.8
2
Le travail nécessaire pour aller du point ~r(t) au point ~r(t + ∆t) sera le produit de la compo-
sante tangentielle de F~ par le déplacement. Ceci, bien sûr, si ∆t est assez petit pour qu’on
puisse assimiler l’arc au segment joignant les deux points. Donc,
∆E = kF~ k cos θt k~r(t + ∆t) − ~r(t)k
0
~ ~r (t)
'F· k~r 0 (t)k∆t.
k~r 0 (t)k
On peut maintenant intégrer toutes les contributions pour obtenir
Z b Z
E= ~ 0
F · ~r (t)dt =
déf
F~ · d~r.
a C
Si ~r(t) décrit la trajectoire d’une particule mise en mouvement par le champ de force F~ ,
nous savons qu’au temps t, l’énergie cinétique de la particule est donnée par 21 mk~r 0 (t)k2 .
Calculons la variation de cette énergie entre le temps t = a et le temps t = b.
Puisque F~ = m~r 00 (t), on a
md 0
F~ (~r(t)) · ~r 0 (t) = m(~r 00 (t) · ~r 0 (t)) = (~r (t) · ~r 0 (t)).
2 dt
Donc,
Z b Z b
m d
E= F~ · ~r (t)dt =
0
(k~r 0 (t)k2 )dt (3.3)
a 2 a dt
c’est-à-dire
86 CHAPITRE 3. INTEGRALES CURVILIGNE ET DE SURFACE
m 0 m
E= k~r (b)k2 − k~r 0 (a)k2 .
2 2
Ceci montre que le travail effectué est égal à la variation de l’énergie cinétique.
Exemple 3.2.1.
√
a) F~ (x, y) = ( y, x − y). Déterminez le travail effectué si on déplace une particule dans
ce champ
1) le long de y = x.
2) le long de y 2 = x3 .
Exemple 3.2.2.
a) ~r(t) = (sin t, cos t, t), t ∈ [0, 2π), F~ (x, y, z) = ~r = (x, y, z)
Z Z 2π
~r · d~r = [(sin t, cos t, t)(cos t, − sin t, 1)]dt
C 0
Z 2π
= t dt = 2π 2 .
0
Démonstration: Immédiate !
~
~r(t) = R(u(t))
où u0 (t) > 0. Dans ce cas u préserve l’orientation, et le résultat suit du théorème précédent
x + y = 2, x2 + y 2 + z 2 = 2(x + y),
parcourue dans le sens négatif pour un observateur placé à l’origine.
Si on remarque que le plan passe par le centre (1, 1, 0) de la sphère, on obtient la représentation
graphique suivante.
0.5
0.5 1 1.5 2
0
–0.5 2
–1
La courbe
On peut repérer chaque point √ du plan dans la base orthogonale constituée des vecteurs
(0, 2, 0) − (1, 1, 0) et (0, 0, 2), comme suit
√
(x, y, z) = (1, 1, 0) + cos(θ)(−1, 1, 0) + sin(θ)(0, 0, 2) ,
ce qui donne la paramétrisation
√
f~ = (1 − cos(θ), 1 + cos(θ), 2 sin(θ),
le vecteur tangent est alors
3.2. INTÉGRALE CURVILIGNE D’UN CHAMP DE VECTEURS 89
√
f~0 = (sin(θ), − sin(θ), 2 cos(θ)).
L’intégrale s’écrit explicitement sous la forme,
Z Z 2π √ √
I= y dx+z dy+x dz = (1+cos(θ))(sin(θ))+( 2 sin(θ))(− sin(θ))+(1−cos(θ))( 2 cos(θ)) dθ.
C 0
Finalement,
Z 2π √ √ √
I= sin(θ) + sin(θ) cos(θ) − 2 + 2 cos(θ) dθ = −2 2π.
0
L’intégrale curviligne étant définie comme une intégrale simple, partage les propriétés des
intégrales. Nous les résumons comme suit.
a) Si E est une courbe de Rn , f~, ~g deux champs de vecteurs définis et continus sur E, α ∈ R
Z Z Z
(f~ + α~g ) · d~r = f~ · d~r + α ~g · d~r.
E E E
Pour illustrer la façon de vérifier ces propriétés, nous démontrons l’inégalité triangulaire.
R R
~ b
E f · d~r = a f~(~r(t)) · ~r0 (t) dt
R b
≤ a f~(~r(t)) · ~r0 (t) dt
Rb
≤ a
f~(~r(t))
k~r0 (t)k dt
R
= E
f~
ds
A l’inverse, supposons que l’intégrale de f~ sur toute courbe fermée est nulle. Donnés deux
points ~r0 et ~r1 et deux courbes distinctes E1 et E2 qui les joignent. La courbe E1 ∪ (−E2 )
joint ~r0 à lui-même et est donc fermée. Par additivité, on a alors
Z Z Z
f~ · d~r − f~ · d~r = f~ · d~r = 0,
E1 E2 E1 ∪(−E2 )
Exemple 3.3.1.
a) Soit ~a ∈ Rn , le demi-espace
D+ = {~r ∈ Rn | ~a · ~r > 0},
est un ensemble ouvert alors que
D̄+ = {~r ∈ Rn | ~a · ~r ≥ 0}
est un ensemble fermé.
b) Le demi disque
D1 = {(x, y) ∈ R2 | x2 + y 2 < 1, x > 0}
est ouvert, mais
D = {(x, y) ∈ R2 | x2 + y 2 < 1, x ≥ 0}
n’est ni ouvert, ni fermé.
Définition 3.3.4. On dira qu’un sous-ensemble D ⊂ Rn est un ensemble connexe par arcs,
si, pour toute paire de points de D, on peut trouver une courbe C continûment dérivable
et entièrement contenue dans D qui commence au premier et finit au second. On dira que
D ⊂ Rn est un domaine si D est ouvert et connexe par arcs.
Exemple 3.3.2.
a) Soit ~a ∈ Rn , le demi-espace
D+ = {~r ∈ Rn | ~a · ~r > 0},
est un domaine.
b)
D = {(x, y) ∈ R2 | x2 + y 2 < 1, x < 0}
est un domaine.
Proposition 3.3.2. Soit D un domaine de Rn et f une fonction de classe C 1 (D), si
∇f = ~0 dans D, alors f ≡ cte sur D.
Démonstration: Soit ~r1 et ~r2 deux points quelconques de D. Le résultat sera démontré si
nous pouvons vérifier que f (~r1 ) = f (~r2 ). Puisque D est connexe par arcs, il existe une courbe
C paramétrisée par ~r(t), t ∈ [a, b] telle que ~r(t) ∈ D pour tout t et ~r(a) = ~r1 , ~r(b) = ~r2 .
Posons g(t) = f (~r(t)). La règle de dérivation des fonctions composées conduit à
g 0 (t) = ∇f (~r(t)) · ~r0 (t) = 0,
ceci implique que g est constante sur [a, b], donc que f (~r1 ) = g(a) = g(b) = f (~r2 ).
Ce résultat conduit immédiatement à
3.3. INDÉPENDANCE DU CHEMIN 93
Exemple 3.3.3. Soit F~ (x, y, z) = f (r)~r un champ central. Montrons que F~ est conservatif.
Pour ce, nous devons trouver un champ scalaire G pour lequel ∇G = F~ . Or nous savons que
∇r = ~rr , donc si G est de la forme G = g(r), on aura
∂G ∂G ∂G
∇G = , , = g 0 (r)∇r.
∂x ∂y ∂z
Par suite l’égalité ∇G = F~ sera réalisée si
Z
g 0 (r)
f= c’est-à-dire g = f (u)u du.
r
R
Ainsi, si f (r) = r13 , g(r) = r12 = − 1r , et on obtient
~r 1
3
= −∇ .
r r
La question qui se pose maintenant est la suivante : comment reconnaı̂tre un champ conser-
vatif ? En dimension 2, nous avons donné une réponse partielle sous la forme de la condition
d’intégrabilité. Une généralisation du raisonnement utilisé alors conduit au lemme suivant
Lemme 3.3.1. Soit F~ = (F1 , F2 , . . . , Fn ) un champ conservatif sur un ouvert D de Rn .
Alors on a
∂Fi ∂Fj
− = 0, ∀i 6= j ∈ {1, . . . , n}. (3.6)
∂xj ∂xi
Démonstration: Application du théorème de Schwarz.
On peut remarquer que, pour n = 3, les expressions apparaissant dans le lemme ressemble
aux composantes d’un produit vectoriel. Cette observation a conduit Maxwell à la définition
suivante,
Définition 3.3.5. Soit F~ un champ de vecteur dérivable sur un ouvert D de R3 , on appelle
rotationnel de F~ , noté ∇ × F~ le champ de vecteurs,
~ ∂F3 ∂F2 ∂F1 ∂F3 ∂F2 ∂F1
∇×F = − , − , − .
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
On peut donc réinterpréter le lemme sous la forme de l’égalité suivante,
∇ × (∇f ) = 0, ∀f ∈ C 1 (D).
Dans R3 , les conditions d’intégrabilité (3.6) se traduisent par ∇ × F~ = ~0 et il est naturel
de se demander si ces conditions sont suffisantes pour garantir l’existence d’un potentiel.
L’exmple suivant montre que ce n’est pas le cas.
94 CHAPITRE 3. INTEGRALES CURVILIGNE ET DE SURFACE
−y x
Exemple 3.3.4. Soit V~ = , , 0 . Alors ∇ × V~ = ~0. Or, si C désigne un
x2 + y 2 x2 + y 2
cercle
[Link]
rayon 1 centré enDU
ÉPENDANCE (0, CHEMIN
0, 0) et situé dans z = 0 parcouru positivement, alors 101
Z Z 2π
V~ faire
Il convient ici de · d~r =
le point(−
sursin
lesθ,progrès
cos θ, 0) · (− sin
réalisés θ, cos
dans θ, 0)dθ
notre 6= 0. posé au
étude=du2πproblème
C 0
début de cette section. Nous avons trois propriétés,
Il existe donc des champs à rotationnel nul sur un domaine D qui ne sont pas conservatifs.
Notonsa) toutefois
L’intégrale
que F! domaine
de le ! à un point B
d’un pointdeA !
définition de est indépendante
V est du chemin. que le champ
R3 \ Oz, c’est-à-dire,
b) F! =sur
est singulier ∇f toute
pour au unemoins un f .
droite.
c) ∇ ×
Il convient iciF!de= faire
!0. le point sur les progrès réalisés dans notre étude du problème posé au
début
Nous de avons
cette démontré
section. Nous avons trois: b)
les implications propriétés,
=⇒ a) et b) =⇒ c). De plus nous avons montré
~
a)parF un exemple
a la que l’implication
propriété d’indépendance c) =⇒dua)chemin.
n’est pas toujours vraie.
Nous voulons conclure cette section en démontrant l’implication a) =⇒ b).
b) F~ est conservatif, c’est-à-dire F~ = ∇f pour au moins un f ∈ C 1 (D).
∇ × F~ = 3.3.2
c)Théorème 0. Soit F! un champ vectoriel défini sur un domaine D ⊂ Rn . Si, pour
Nous avons
toute paire ! B
A, ! de points
démontré les implications
dans D, : b) =⇒ a) et b) =⇒ c). De plus nous avons montré
!
par un exemple que l’implication c) =⇒ a)B!n’est pas toujours vraie.
F! · d!r,
Nous voulons conclure cette section en démontrant !
A
l’implication a) =⇒ b).
est indépendante
Théorème 3.3.2. duSoit F~ unil champ
chemin, existe un
de champ
vecteurs scalaire
définifsur
défini
un et dérivable
domaine D sur Si F~ a
⊂ RDn . qui
satisfait ∇f
la propriété = F.!
d’indépendance ~
du chemin, alors F est conservatif.
Démonstration:
Démonstration: Soit
Soit(x(x
0, y 0 , z0 ) un point arbitraire de D. Considérons la fonction
0 , y0 , z0 ) un point arbitraire de D. Considérons la fonction
Z (x,y,z)
!
f (x, y, z) = (x,y,z) F~ · d~r
f (x, y, z) = (x0 ,y0 ,z0 )F
! · d!r
(x0 ,y0 ,z0 )
où le chemin d’intégration choisi est arbitraire. L’hypothèse d’indépendance du chemin nous
où leque
assure cheminf estd’intégration
bien définie. choisi est allons
Nous arbitraire.
montrer que ∇f
L’hypothèse = F~ . Puisque
d’indépendance du D
chemin nous il
est ouvert,
assure
existe δ >que 0 telf que,
est biensi hdéfinie.
< δ, leNous
pointvoulons
(x + h,montrer
y, z) est que ∇f dans
aussi !
= F Puisque
D tout D est ouvert,
comme il
le segment
existe δ > 0 tel que, si h < δ, le point (x + h, y, z) est aussi dans D
S qui le joint à (x, y, z). Puisque D est connexe par arcs, il existe une courbe C joignanttout comme le segment
(x0 ,Sy0qui
, z0 )leàjoint
(x, y,à z).
(x, La
y, z). Puisque
courbe S ∪DCest connexe
joint (x0 , ypar arcs, il existe une courbe C joignant
0 , z0 ) à (x + h, y, z) et
(x0 , y0 , z0 ) à (x, y, z). La courbe C ∪ S joint (x0 , y0 , z0 ) à (x + h, y, z) et
(x, y, z)
PSfrag replacements S
z
x+h
C y
(x0 , x0 , z0 )
Z Z Z
f (x + h, y, z) − f (x, y, z) = F~ · d~r − F~ · d~r = F~ · d~r.
S∪C C S
On peut paramétriser S par ~r(t) = (x + t, y, z) t ∈ [0, h]. De ~r 0 (t) = (1, 0, 0) on obtient, si
F~ = (F1 , F2 , F3 ),
Z h
102 y, z) − f (x,
f (x + h,CHAPITRE 3. y, z) =
INTEGRALES F1CURVILIGNE
(x + t, y, z)dt.
ET DE SURFACE
0
∗
Par le théorème
On peutdes accroissements
paramétriser S par !r(t)finis,
= (x +ilt,existe ∈h].
y, z) t t∈ [0, [0,De
h]!r tel
! que
(t) = (1, 0, 0) on obtient, si
F! = (F1 , F2 , F3 ),
f (x + h, y, z) − f (x, y, z) ! h
f (x + h, y, z) − f (x, y, z) = = F
F11(x(x++ t∗z)dt.
t, y, , y, z).
h 0
3.4.1 Motivation
3.4 Flux d’un champ de vecteur
Tout comme pour le cas du travail, nous allons motiver la notion de flux à partir d’un cas
3.4.1 Motivation
particulier suggéré par la mécanique des fluides. Soit donc ~v (x, y, z, t) le champ de vitesse
Tout comme
d’un écoulement de fluide pour lede casmasse
du travail, nous allons
volumique motiver
ρ(x, y, z,lat)notion
en undepointflux à partir
(x, y,d’un
z) decasl’espace et
particulier suggéré par la mécanique des fluides. Soit donc !v (x, y, z, t) le champ de vitesse
mesuré au temps t. Notons
d’un écoulement S une
de fluide surface
de masse plongée
volumique ρ(x,dans
y, z, t)leendomaine
un point (x,dey,l’écoulement,
z) de l’espace on veut
mesurer la etquantité
mesuré aude fluide
temps qui traverse
t. Notons S à plongée
S une surface chaquedans unité de temps.
le domaine Considérons
de l’écoulement, on pour ce
veut mesurer
faire un élément d’aireladA quantité de fluide quipetit
suffisamment traverse
pourS que
à chaque unité de temps.
la variation de ~v etConsidérons
ρ sur cet élément
pour ce faire un élément d’aire dA suffisamment petit pour pour que la variation de !v et
soit négligeable. Sur un intervalle de temps ∆t, les particules traverse dA à une vitesse ~v · ~n 1
ρ sur cet élément soit négligeable. Sur un intervalle de temps ∆t, les particules traversent
et parcourent dA àdonc
une vitesseune distance
!v · !n 1 et (~v ·~n)∆t, donc
parcourent engendrant
une distanceun(!vvolume dV = (~v ·~
· !n)∆t, engendrant n)∆tdA
un volume de masse
dM = ρdV dV == ρ(~vv ·· !n~n)∆tdA
(! )∆tdA de masse dM = ρdV = ρ(!v · !n)∆tdA
PSfrag replacements
Donc, en une unité de temps, la masse totale traversant S est la somme de toutes ces masses,
c’est-à-dire
Z
M= ρ(~v · ~n) dA.
S
est appelée flux de l’écoulement à travers S, dans la direction ~n. Le flux est donc une quantité
signée et son signe dépend de la direction dans laquelle on le spécifie, direction définie par
un choix de ~n.
~
Soit donc Σ(u, v) avec (u, v) ∈ D un choix d’une paramétrisation de S qui respecte l’orien-
tation prescrite par ~n. On aura
~ ~
~ = ∂Σ × ∂Σ ,
N ~n =
1 ~
N, ~ k dudv,
dA = kN
∂u ∂v ~k
kN
ainsi,
Z ZZ !
1 ~
F~ · ~n dA = F~ (Σ(u,
~ v)) · N ~ k dudv
kN
S ~k
kN
Z DZ ! (3.7)
~
∂Σ ~
∂Σ
= F~ (Σ(u,
~ v)) · × dudv.
∂u ∂v
D
Cette égalité montre que, pour le calcul effectif d’un flux, il n’est pas nécessaire de normaliser
le vecteur normal. Cependant, il faut vérifier l’orientation. Si celle-ci ne respecte pas la donnée
du problème on peut soit changer la paramétrisation, soit, tout simplement, changer le signe
devant l’intégrale.
3.4. FLUX D’UN CHAMP DE VECTEUR 97
~ = Σ,
~v (Σ) ~ on a ~v · N
~ = −a sin φkΣk
~ 2 = −a3 sin φ,
alors
Z 2π Z π
3
Flux = −a − sin φ dφ dθ = 4π a3 .
0 0
Propriétés
Tout comme pour les cas précédents, il est important de considérer la question de l’indépendance
du flux par rapport à la paramétrisation. Nous avons tous les outils nécessaires puisque nous
avons déjà montré comment les normales et les élements d’aire étaient affectés par les chan-
gements de paramètres à jacobien positif.
Proposition 3.4.1. Le flux d’un champ de vecteurs à travers une surface est indépendant
du choix de la paramétrisation.
déjà démontrée.
Le flux d’un champ de vecteurs partage les propriétés usuelles de l’intégrale,
a) Si S est une surface de R3 , f~, ~g deux champs de vecteurs définis et continus sur S, α ∈ R
Z Z Z
(f~ + α~g ) · ~n dA = f~ · ~n dA + α ~g · ~n dA.
S S S
98 CHAPITRE 3. INTEGRALES CURVILIGNE ET DE SURFACE
La démontration des deux première propriété est immédiate. Bien que la dernière soit
intuitivement claire, sa démonstration l’est moins. Comment, en effet, “ coller ” deux pa-
ramétrisations de façon appropriée ? Nous ne chercherons pas à approfondir cette question.
Exemple 3.4.2. Considérons la surface du triangle de sommet (1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)
que l’on oriente en choisissant la normale dont la 3e composante est positive. On veut calculer
le flux de F~ = (x − y, y + z, 1) à travers S.
a) Choisissons comme première paramétrisation
~
Σ(x, y) = (x, y, 1 − x − y), (x, y) ∈ {x ≥ 0, y ≥ 0, x + y ≤ 1}.
~ 1
Σ(u, v) = (u + v, u − v, 1 − 2u), (u, v) ∈ {0 ≤ u ≤ , v ∈ [−u, u]},
2
on a
Z 1 Z u
2
Flux = 2 (2v, 1 − u − v, 1) · (1, 1, 1) dvdu
u=0 v=0
Z 1 Z u
2
= 2 (2 − u + v) dudv
u=0 v=−u
5
= .
6
Chapitre 4
Chapitre 4
Analyse vectorielle
Analyse Vectorielle
4.1 Théorème de Green
4.1 Le4.1.1.
Définition théorème dedomaine
Soit D un Green de R2 , on dit que D̄ est de
a) Type I :4.1.1
Définition si il existe
Soitdeux
D unfonctions
domaine fde: [a, R que
→dit
R2 ,b]on estb]de→ R telles que
et gD̄: [a,
– Type I : s’il existe deux fonctions f : [a, b] → R et g : [a, b] → R telles que
D̄ = {(x, y) | x ∈ [a, b], f (x) ≤ y ≤ g(x)}
D̄ = {(x, y) | x ∈ [a, b], f (x) ≤ y ≤ g(x)}
b) Type II : si il existe deux fonctions φ : [a, b] → R et ψ : [a, b] → R telles que
– Type II : s’il existe deux fonctions φ : [a, b] → R et ψ : [a, b] → R telles que
D̄ = {(x, y) | y ∈ [a, b], φ(y) ≤ x ≤ ψ(y)}
D̄ = {(x, y) | y ∈ [a, b], φ(y) ≤ x ≤ ψ(y)}
c) Type III : si D̄ est de type I ou de type II.
– Type III : si D̄ est à la fois de type I et de type II.
Nous noterons ∂D la frontière d’un domaine D.
Nous noterons ∂D la frontière d’un domaine D.
3.5
g(x)
3
(a, g(a)) (b, g(b))
PSfrag replacements
2.5
1.5
Un
Un domaine
domainede
detype
typeI.I.
Définition 4.1.2.
Rappelons que, SoitdeDtype
si D̄ est un Idomaine ety)soit
et si h(x, est ∂D sa frontière.
continue, Nousde
le théorème dirons que
Fubini ∂D est
stipule
orientée
que positivement par rapport à D si en parcourant le long de ∂D, l’intérieur est à gauche.
! ! ! b ! g(x)
h(x, y)dxdy = 99 dx h(x, y)dy, (4.1)
D̄ a f (x)
107
100 CHAPITRE 4. ANALYSE VECTORIELLE
Nous allons maintenant paramétriser la frontière ∂D de sorte qu’elle soit orientée positive-
ment par rapport à D.
~ ~
RPremier casR : F est horizontal c’est-à-dire si F (x, y) = (P (x, y), 0) ∀(x, y) ∈ D̄, on aura
C2
F~ · d~γ2 = C4 F~ · d~γ4 = 0 et donc
Z Z Z
(P, 0) · d~γ = F~ · d~γ1 − F~ · d~γ3
∂D C1 −C3
Z b
= − [P (x, g(x)) − P (x, f (x))]dx
a
Z b Z g(x)
∂P
= − (x, y)dydx
a f (x) ∂y
Z Z
∂P
= − dxdy.
D ∂y
Deuxième cas : F~ est vertical c’est-à-dire F~ (x, y) = (0, Q(x, y)) on aura plutôt,
Z Z Z
F~ · d~γ = F~ · d~γ1 + F~ · d~γ3
C1 ∪C3 C1 C3
Zb
= (Q(x, f (x))f 0 (x) − Q(x, g(x))g 0 (x)) dx, (4.1)
a
alors que
Z Z g(b) Z g(a)
F~ · d~γ = Q(b, y) dy − Q(a, y) dy.
C2 ∪C4 f (b) f (a)
Posons
4.1. THÉORÈME DE GREEN 101
Z v
G(u, v, x) = Q(x, y) dy, h(x) = G(f (x), g(x), x).
u
On a alors,
Z Z b
F~ · d~γ = h(b) − h(a) = h0 (x) dx.
C2 ∪C4 a
∂G 0 ∂G 0 ∂G
h0 (x) = f (x) + g (x) +
∂u ∂v ∂x
Z g(x)
0 0 ∂Q
= −Q(x, f (x))f (x) + Q(x, g(x)g (x) + (x, y) dy.
f (x) ∂x
Z Z b
F~ · d~γ = (−Q(x, f (x))f 0 (x) + Q(x, g(x)g 0 (x)) dx (4.2)
C2 ∪C4 a
Z bZ g(x)
∂Q
+ (x, y) dy dx. (4.3)
a f (x) ∂x
Nous pouvons généraliser ce qui précède à des domaines D qui ne sont pas nécessairement
de type III. Il y a plusieurs façons de faire ça. Nous nous limiterons à une seule approche.
Théorème 4.1.1 (Théorème de Green). Soit D un domaine qui est une union finie de
domaines de type III qui s’intersectent le long de leur frontière. Soient P , Q des fonctions
de classe C 1 (D̄). Si ∂D est orientée positivement par rapport à D, alors
Z Z Z Z
∂Q ∂P
F · d~γ = P dx + Qdy = − dxdy.
∂D ∂D D ∂x ∂y
102 CHAPITRE 4. ANALYSE VECTORIELLE
D2
11111
00000 D1
D3 00000
11111
00000
11111
00000
11111
00000
11111 D13
00000
11111
00000
11111
00000
11111
D4 00000
11111
00000
11111
D10
111111
000000
000000
111111
D12
000000
111111
000000
111111
D8
D7 D11
D5
D9
Donnons une première interprétation du théorème de Green. Pour ce faire, nous convenons
de considérer une domaine D de R2 comme une surface de R3 dessinée dans le plan z = 0
puis de considérer tous les champs bidimensionnels F~ = (P (x, y), Q(x, y)) comme des champs
tridimensionnels horizontaux et indépendants de z, c’est-à-dire
le rotationnel est donc vertical et, si ~n = ~k désigne le vecteur unitaire de l’axe 0z, qui est
normal à tous les vecteurs contenus dans D, on a
∂Q ∂P
(∇ × F~ ) · ~n = (∇ × F~ ) · ~k = − .
∂x ∂y
On en déduit une première version du théorème de Stokes,
Théorème 4.1.2 (Théorème de Stokes dans le plan). Soit D un domaine qui est
une union finie de domaines de type III qui s’intersectent le long de leur frontière. Soit F~ un
champ de classe C 1 (D̄), si ∂D est orientée positivement par rapport à D, la circulation de
F autour de ∂D est égale au flux de ∇ × F~ à travers D, c’est-à-dire
Z Z Z
F~ · d~γ = (∇ × F~ ) · ~kdxdy.
∂D D
Choisissons une paramétrisation ~r = (x(t), y(t)) pour laquelle le vecteur tangent pointe dans
la direction positive. La normale unitaire extérieure sera donc
1
~n = (y 0 (t), −x0 (t)),
k~r0 (t)k
de sorte que
Il en découle que
Z Z
F~ · ~n ds = (−Q, P ) · d~r. (4.4)
C C
Le théorème de Green fournit aussi un outil différent pour le calcul des aires.
Exemple 4.1.1.
a) Calculons l’aire délimitée par une boucle de cycloı̈de C : (at − a sin t, a − a cos t), t ∈
[0, 2π], et l’axe des x.
4.2. THÉORÈME DE STOKES 105
Z 2πa Z 2π
A = (0, x) · (1, 0) dx − (0, at − a sin t) · (a − a cos t, a sin t) dt.
0 0
Z 2π
= − a2 t sin t − a2 sint dt = 3π 2 .
0
b) Soit f (x) une fonction strictement positive pour x ∈ [a, b]. On note D, le domaine
délimité par la courbe y = f (x), x ∈ [a, b], les segment [(a, 0), (a, f (a))], [(b, 0), (b, f (b))]
et le segment [a, b] de l’axe Ox. On appelle C la frontière de D orientée positivement.
Calculons
Z
(x2 − y + 1, xy + y 2 ) · d~r,
C
Rb
en fonction de I = a
f (x) dx, et de la position du centre de gravité de D.
En applicant Green, on obtient
Z ZZ
2 2
(x − y + 1, xy + y ) · d~r = (y − 1) dxdy = A(D)(ȳ − 1) = I(ȳ − 1).
C
D
2π 0
2
3
2
θ 1 1
0 0
−1
r −1
−2 −3
−2
r
0
1
Domaineetetimage
Domaine image
Clarifions
Dans maintenant
ce cas ∂S = Σ(∂D) la notion d’orientation
et l’orientation d’unedesurface.
positive ∂S par Considérons
rapport à S une surface
est celle quiSest
ad-
mettantpar
induite unΣ, plan tangent que,
c’est-à-dire en chacun
si ∂D estde ses points
orientée n’appartenant
positivement par àrapport
sa frontière ∂S. le
à D, dans Ainsi,
plan,en
chacun de ces points il y a deux vecteurs unitaires normaux (un étant
alors ∂S est orientée positivement par rapport à S dans l’espace. Bien que cette affirmation l’opposé de l’autre).
On dit
soit loinque la surface
d’être évidente,estnous
orientable s’il est possible
nous contenterons de choisir
d’admettre qu’elleunestvecteur
vraie. normal unitaire
!n = !n(x, y, z) en chaque point (x, y, z) ∈ S \ ∂S qui varie de façon continue sur S \ ∂S. Le
Théorème 4.2.1 (Théorème
choix de !n définit une orientation de Stokes).
de la surface SoitS.S une surface orientée paramétrisée par
une fonction ~
Σ : D ⊂!nRde→ 2
C 1 frontière
Étant donné injective
une orientation S Sondeditclasse
que sa . Si le Théorème de Greenpositivement
∂S est orientée s’applique à si
D, pour tout ~ 1
!n forme une champ F de
vis droite classe
avec C (S),
le sens on a
d’orientation de ∂S. Une autre façon de déterminer le
Z Z
l’orientation positive de ∂S est la suivante. Un marcheur Z dont la tête est dans la direction
(∇ × ~ ) · ~n dA = ~ · d~γ .
de !n se déplace sur la frontière dans le Fsens positif si laFsurface est toujours à sa gauche.
S ∂S
~ déf
où G ~ T (F~ ◦ Σ).
= [dΣ] ~ Si F1 , F2 , F3 dénotent les composantes de F~ , alors
∂u ∂v ∂w
F1 (u, v, w)
~ , ∂x , ∂x
G(x, y) = ∂x
∂u ∂v F2 (u, v, w)
∂y
, ∂y , ∂w∂y F3 (u, v, w)
4.2. THÉORÈME DE STOKES 107
c’est-à-dire
∂u ~ + ∂v ~ + ∂w (F3 ◦ Σ)~
G1 = (F1 ◦ Σ) (F2 ◦ Σ)
∂x ∂x ∂x
∂u ~ ∂v ~ ∂w ~
G2 = (F1 ◦ Σ) + (F2 ◦ Σ) + (F3 ◦ Σ).
∂y ∂y ∂y
Une application méthodique de la règle de dérivation des fontions composées, conduit à
l’expression suivante
∂G2 ∂G1 ∂F1 ∂(u, v) ∂F1 ∂(u, w) ∂F2 ∂(v, u)
− = − − −
∂x ∂y ∂v ∂(x, y) ∂w ∂(x, y) ∂u ∂(x, y)
∂F2 ∂(v, w) ∂F3 ∂(w, u) ∂F3 ∂(w, v)
− − −
∂w ∂(x, y) ∂u ∂(x, y) ∂v ∂(x, y)
∂F3 ∂F2 ∂(v, w) ∂F1 ∂F3 ∂(w, u)
= − + −
∂v ∂w ∂(x, y) ∂w ∂u ∂(x, y)
∂F2 ∂F1 ∂(u, v)
+ − ,
∂u ∂v ∂(x, y)
c’est-à-dire ∂x − ∂y = (∇× F~ )·(T~x × T~y ). En utilisant le Théorème de Green, on obtient
∂G2 ∂G1
Z Z Z Z
~ · df~ = ∂G2 ∂G1
F~ · d~γ = G − dxdy
∂S ∂D D ∂x ∂y
Z Z
= (∇ × F~ )(Σ(x,
~ y)) · (T~x × T~y )dxdy
Z ZD
= (∇ × F~ ) · ~n dA.
S
En vertu du Théorème de Stokes, ce flux est égale au travail de F~ sur le bord de S orienté
positivement par rapport à ~n. Ce bord est le cercle x2 + y 2 = 4, z = 0 paramétrisé par
~r(θ) = (2 cos θ, 2 sin θ, 0). On a donc
108 CHAPITRE 4. ANALYSE VECTORIELLE
ZZ Z
(∇ × F~ ) · ~n dA = F~ · d~r
C
S
Z 2π
= 4 (cos θ, cos θ − sin θ, − cos θ) · (− sin θ, cos θ, 0) dθ
0
Z 2π
= 4 (−2 cos θ sin θ + cos2 θ) dθ = 4π.
0
Si nous remplacions S par n’importe quelle surface contenue dans z ≥ 0 et dont le bord est
C, le flux serait le même. En particulier, si D désigne le disque x2 + y 2 ≤ 4, z = 0, orienté
par ~k, on aurait pu argumenter comme suit :
ZZ ZZ ZZ
(∇ × F~ ) · ~n dA = (0, 2, 1) · (0, 0, 1) dA = dA = A(D) = 4π,
D D D
Z
Flux = ~v · d~r
C1 −(−C2 )
Z 2π
2
= [(cos θ, 1, − sin(θ) · (− sin θ, 0, cos θ)
0
−(cos2 θ, 2, − sin(θ) · (− sin θ, 0, cos θ)] dθ
Z 2π
= −2 sin θ cos2 θ − 2 sin θ cos θ dθ = 0.
0
Exemple 4.2.3. Notons T la courbe triangulaire fermée de sommet (1, 0, 0), (0, 1, 0) et
(0, 0, 1) orientée positivement par rapport à la normale (1, 1, 1). On veut calculer le travail
de f~(x, y, z) = (−z, y, x2 ) le long de T . Considérons pour ce la surface formée des 3 faces du
4.2. THÉORÈME DE STOKES 109
F1 : y = 0, x ≥ 0, z ≥ 0, x + z ≤ 1,
F2 : x = 0, y ≥ 0, z ≥ 0, y + z ≤ 1,
F3 : z = 0, x ≥ 0, y ≥ 0, y + x ≤ 1.
Pour F1 , l’orientation de la normale est celle de ~, pour F2 c’est celle de ~ı et pour F3 , c’est
celle de ~k. Puisque ∇ × f~ = (0, −1 − 2x, 0), on a donc
Z ZZ
~ 1 2 5
f · d~r = − (1 + 2x) dx dz = −A(F1 )(1 + 2x̄) = − (1 + ) = − .
T 2 3 6
F1
Soit C une courbe fermée contenue dans D. Par définition, on peut trouver une surface S
contenue dans D et ayant C pour frontière. Si on applique le théorème de Stokes
Z Z Z
F~ · d~γ = (∇ × F~ ) · ~n dA = 0.
C S
Comme D est un domaine simplement connexe, on peut appliquer le Théorème 4.2.2 pour
que F~ est conservatif. Donc, il existe f : R3 → R telle que F~ = ∇f , et ainsi
conclure
(P, Q) = ∂f , ∂f . Cela démontre que l’EDO est exacte.
∂x ∂y
mesuré à chaque instant. Puisque H ~ dépend du temps, le flux magnétique induit un courant
~ Si V désigne la différence de potentiel
électrique dans la boucle C dans le sens prescrit par H.
ainsi crée, la loi de Faraday stipule que
dφ
V = −µ0 ,
dt
où µ0 est appelée constante d’induction. Or, par définition du potentiel électrique
Z Z
V = ~ · d~r =
E ∇×E ~ · ~n dA.
C S
On a donc à chaque instant
Z Z Z ~
~ · ~n dA = −µ0 d
(∇ × E) ~ · ~n dA =
H −µ0
∂H
· ~n dA.
S dt S S ∂t
4.3. THÉORÈME DE GAUSS 111
Cette identité est valable pour toutes les surfaces à bord incluse dans le domaine commun
~ et H,
de E ~ quelque soit sa forme ou son orientation. Ceci ne peut être vrai que si
~
~ = −µ0 ∂ H .
∇×E
∂t
L’extension de ce résultat à des domaines plus généraux fait l’objet du théorème suivant.
112 CHAPITRE 4. ANALYSE VECTORIELLE
Démonstration: La démonstration suit les lignes de celle proposée plus haut dans le
cas d’un cube. La surface fermée qui forme la frontière de Ω peut être décomposée en trois
parties.
Sφ : Le graphe de φ dont la paramétrisation est donnée par (x, y, φ(x, y)) et par lequel la
∂φ ∂φ
normale extérieure à Ω est ( , , −1). On a donc
∂x ∂y
ZZ ZZ
~ ∂φ ∂φ
F · ~n dA = F1 + F2 − F3 dxdy. (4.5)
∂x ∂y
Sφ D
S0 : Nous désignons ainsi le complémentaire de la réunion des graphes. C’est une surface
cylindrique
ZZ Z Z !
ψ(x,y)
F~ · ~n dA = F1 (x, y, z)nx0 (x, y) + F2 (x, y, z)ny0 (x, y) dz ds
C0 z=φ(x,y)
S0
Z
= (G1 , G2 ) · ~n0 ds,
C0
où
4.3. THÉORÈME DE GAUSS 113
Z ψ(x,y)
Gi (x, y) = Fi (x, y, z) dz.
φ(x,y)
Exemple 4.3.1. Supposons que V soit le solide de rotation obtenu en faisant tourner le
domaine
ZZ Z 2π Z b
~r · ~n dA = (f (z) cos(θ), f (z) sin(θ), z) · (f (z) cos(θ), f (z) sin(θ), −f (z)f 0 (z)) dz dθ
0 a
S
Z 2π Z b
= (f (z)2 − zf (z)f 0 (z)) dz dθ.
0 a
ZZ ZZ ZZ
F~ · ~n dA = F~ · ~n dA − F~ · ~n dA
S1
S D
ZZZ ZZ
= ∇ · F~ dxdydz − F~ · ~n dA.
Ω D
D’autres parts, sur D on a ~n = (0, 1, 0) et ainsi F~ · ~n = (xy, −y, z 2 + x) · (0, 1, 0) = −y. Donc
ZZ ZZ
~
F · ~n dA = −2 dA = −2Aire (D) = −8π.
D D
Finalement
ZZ
F~ · ~n dA = 2π + 8π = 10π.
S
Z Z
~ · ~na dA =
E ~ dV.
∇·E
Sa Bρ (a)
Un4.1
Figure champ
– Un à divergence
champ positive
à divergence et un et
positive à divergence nullenulle.
un à divergence
a)a)le legradient
gradientd’un
d’unchamp
champ scalaire ∇f,,
scalaire ∇f
b)b)le lerotationnel
rotationneld’un
d’unchamp
chmap de
de vecteurs ∇××G
vecteurs ∇ ~G!
c)c)laladivergence
divergenced’un
d’unchamp
champ de
de vecteurs ∇··F~F!. .
vecteurs ∇
Nouspouvons
Nous pouvonscomposer
composerces
ces opérateurs
opérateurs entre
entre eux
euxpour
pourobtenir
obtenirdes
desidentités.
identités.
~ = ∂ 2 G3 ∂ 2 G2 ∂ 2 G1 ∂ 2 G3 ∂ 2 G2 ∂ 2 G1
∇ · (∇ × G) − + − + − .
∂x∂y ∂x∂z ∂y∂z ∂y∂x ∂z∂x ∂z∂y
Le résultat découle du théorème de Schwartz.
Remarque 4.3.2. Notre étude des champs conservatifs, nous a conduit à la conclusion
que, sous les hypothèse appropriées, l’identité ∇ × ~v = ~0 caractérisait les gradients. De la
même façon, on pourrait se demander si l’identité ∇ · ~v = 0 caractérise les rotationnels.
En physique un champ vectoriel à divergence nulle est appelé solénoı̈dal. On peut montrer
que, sous des hypothèses appropiées, ~v est solénoı̈dal si et seulement si il existe G~ tel que
~v = ∇ × G.~ Le champ G ~ est appelé potentiel. Nous ne chercherons pas à démontrer cette
proposition qui dépasse le cadre de ce cours.
~ = −q 1 ~r.
E
r3
Ce champ est défini partout, sauf en (0, 0, 0). Par ailleurs, un calcul direct montre que, si
~ = 0. Ceci ne signifie pourtant pas que le flux de E
~r 6= 0, alors ∇ · E ~ à travers une surface
fermée est toujours 0. Si (0, 0, 0) n’est pas à l’intérieur ou sur la surface, alors, une application
du théorème de la divergence montre ce sera le cas. Mais si (0, 0, 0) est à l’intérieur, les
conditions du théorème ne sont pas remplies. En fait on a
118 CHAPITRE 4. ANALYSE VECTORIELLE
Théorème 4.3.2. Soit V un solide de l’espace qui contient (0, 0, 0) dans son intérieur. Si
S = ∂V et ~n désigne la normale à S qui pointe vers l’extérieur de V , on a
ZZ
E~ · ~n dA = −4πq.
S
Démonstration: Commençons par le cas ou V est une boule délimitée par la sphère Sa
1
de rayon a. Sur Sa , la normale est donnée par ~r, donc
a
~ · ~n = −q 1 1
E ~
r · ~
r = −q .
ar3 ar
Sur la sphère r = a est constant, donc
Z
~ · ~n dA = −q 1 Aire (Sa ) = −4πq.
E
S a2
Considérons maintenant le cas général. Si (0, 0, 0) ∈ V \ S, il existe un rayon a suffisamment
petit pour que la boule de rayon a centrée en (0, 0, 0) soit entièrement contenue dans V .
Notons Va le complémentaire de cette boule dans V . On a ∂Va = S ∪ Sa alors que la normale
extérieure à Sa est dans la direction intérieure à ∂Va . Puisque E ~ est dérivable partout dans
Va , on peut appliquer le théorème de Gauss, pour obtenir que
ZZ ZZ
~
E · ~ne dA − E~ · ~ne dA = 0.
S Sa
Z Z Z
(∇f · ~v + f ∇ · ~v ) dV = ∇ · (f ~v ) dV = f (~v · ~n) dA,
Ω Ω ∂Ω
une identité connue sous le nom de première formule de Green et qu’on écrit souvent sous
la forme
Z Z Z
f ∇ · ~v dV = f (~v · ~n) dA − ∇f · ~v dV (4.8)
Ω ∂Ω Ω
Définition 4.4.1. Soit E une courbe fermée lisse de R ou une surface fermée lisse de R3 .
2
Exemple 4.4.1.
a) g(x, y, z) = xyz est une fonction harmonique sur Rn .
b) g(x, y) = ex sin y est harmonique sur R2 . En effet,
∂ 2g ∂ 2g
2
+ 2 = ex sin y − ex sin y = 0.
∂x ∂y
c) g(x, y, z) = 1
r
= √ 1
est harmonique sur R3 \ {~0}. En effet, nous avons vu que
x2 +y 2 +z 2
~ = ∇g =
E 1
~r ~ = 0. Donc,
et que ∇ · E
r3
~ = 0.
∆g = ∇ · ∇g = ∇ · E
Supposons donc que g est harmonique et posons f = 1 dans (4.9), nous obtenons
Z
∂g
dA = 0.
∂Ω ∂n
Par ailleurs, si f et g sont deux fonctions harmoniques, nous avons simultanément
120 CHAPITRE 4. ANALYSE VECTORIELLE
R R R
Ω
f ∆gdV = Ω
∇f · ∇g dV + f ∂g dA
∂Ω ∂n
R R R ∂f
Ω
g∆f dV = Ω ∇f · ∇g dV + ∂Ω g ∂n dA
S∞
On a Ω \ ~0 = k=1 Ωk . Si f est harmonique ur Ω et si g est définie ci-haut, on tire de (4.10)
appliquée à Ωk
Z
∂g ∂f
f −g dA = 0.
∂Ωk ∂n ∂n
Or ∂Ωk = ∂Ω ∪ Sk où Sk est l’enveloppe sphérique centrée à l’origine de rayon R/k.
Par suite
Z Z
∂g ∂f
f dA = g dA
∂Ωk ∂n ∂n
Z∂Ωk Z
∂f ∂f
= g dA + g dA.
∂Ω ∂n Sk ∂n
Utilisant le fait que g ∂Ω = cte, g S = cte, on obtient finalement
k
4.4. FORMULES DE GREEN 121
Z
∂g
f dA = 0.
∂Ωk ∂n
Si on utilise les remarques précédentes et qu’on se rappelle que la normale à Sk qui est
extérieure à Ωk est = 1r ~r, on obtient
Z Z
1 k2
f dA = 2 f dA
R2 ∂Ω R Sk
c’est-à-dire en multipliant des dénominateurs par 4π
Z Z
1 1
f dA = f dA. (4.11)
Aire (∂Ω) Ω Aire (Sk ) Sk
Si f (0) désigne la valeur de f à l’origine, on tire de
Z Z
1 1
f dA − f (0) = (f − f (0)) dA,
Aire (Sk ) Sk Aire (Sk ) Sk
de
Z
1
(f − f (0))dA ≤ max |f (x) − f (0)|
Aire (Sk ) Sk
Sk
Si on retourne à (4.11) et que l’on note que le membre de gauche est indépendant de k, on
obtient le
Exemple 5.1.1.
p
a) Pour f (x, y) = 3 − x2 − y 2 , D(f ) = {(x, y)|x2 + y 2 ≤ 3}.
b) Pour f (x, y) = ln(x2 + y 2 − 3), D(f ) = {(x, y)|x2 + y 2 > 3}.
Remarque 5.1.1. Ce que nous avons défini est le domaine naturel de f . Il arrive souvent
que l’on prenne pour domaine d’une fonction, un sous-ensemble de son domaine naturel.
La détermination de l’image est un problème difficile qui requiert le calcul des valeurs√
extrémales de f . Pourtant, pour le premier exemple ci-haut, on peut voir que I(f ) = [0, 3].
123
2
124
Exemple 0.1.2 f =CHAPITRE 5. ANNEXE
x3 ° y3 3 , D(f : RAPPEL
) = [°1, 1]22 . SUR LE CALCUL DIFFÉRENTIEL
-2
-1
3
Exemple 0.1.2 f = x ° y , D(f ) = [°1, 1] .-0.5
y 0 -1
Exemple 5.1.2. f = x − y , D(f ) = [−1, 1]2 . Le graphe G(f ) est tracé sur la figure
3 3 -0.5
0.5 0
0.5 x
1 1
suivante.
2
1
1
0
0 -1
-0.5
-2 y 0 -1
-0.5
-1 0.5 0
0.5 x
-0.5 1 1
y 0 -1
-0.5
0.5 0
0.5 x
1 1
Étant donné une fonction z = f (x, y) et c 2 I(f ), la ligne de niveau c est l’ensemble des
points (x, y) 2 D(f ) tels que f (x, y) = c. Cet ensemble est une courbe dans R2 .
0.1.2 Lignes et surfaces de niveau
1
Exemple 5.1.2
0.1.3 Lignes
f = x3et°surfaces
y 3 , c = 8,de
la niveau
courbe est x3 ° y 3 = 8 ou encore y = (x3 ° 8) 3 .
0.1.2 Lignes
Étant donnéet
une surfaces
fonction z = fde(x, y)niveau
et c 2 I(f ), la ligne de niveau c est l’ensemble des
Étant donné une fonction z = f (x, y) et c ∈ I(f ), la ligne de niveau c est l’ensemble des
points (x, y) 2 D(f ) tels que f (x, y) = c. Cet ensemble est une courbe dans 2R2 .
points (x, y) ∈ D(f ) tels que f (x, y) = c. Cet ensemble est une courbe dans R .
10
10
-5
y 5
1
Exemple 0.1.3 f = x ° y , c = 8, la courbe est x3 ° y 3 = 8 ou encore y = (x3 ° 8) 3 .
3 3
-10 -5
-10
00 5
x
10
-5
Pour une fonction f (x, y) donnée, les diÆérentes lignes de niveau de f constituent la carte
-10
10
topographique de f . y 5
Pour
Pour une
une fonctionf (x,
fonction f (x,y)y)donnée,
donnée, les
les diÆérentes
différentes lignes
lignes de
de niveau
niveaudedef fconstituent la la
constituent carte
carte
topographique de f .
topographique de f . -10 -5 00 5
x
10
x
-10 -5 0 5 10
10
-5
x
-10 -5 0 5 10
5
-10 10
5 0 y
0 y
Pour une fonction f (x, y) donnée, les diÆérentes lignes de niveau de f constituent la cart -5
-5
opographique de f . -10
-10
x
-10 -5 0 5 10
10
5
5.2. DÉRIVÉES PARTIELLES 125
Exemple 5.2.1.
a) f (x, y) = x3 + ln(x + y) + y 2 ;
∂f 1 ∂f 1
= 3x2 + et = + 2y.
∂x x+y ∂y x+y
b) f (x, y) = cos 3y + y exp(x) ;
∂f ∂f
= y exp(x) et = −3 sin(3y) + exp(x).
∂x ∂y
Étant donné une fonction de trois variables f (x, y, z) on définit de manière analogue les
dérivées partielles.
Exemple 5.2.2.
Pour calculer l’équation du plan tangent à la surface f (x, y) = x3 − y 3 au point (2, 2, 0), on
calcule
2 2
fx (2, 2) = 3x = 12 et fy (2, 2) = −3y = −12,
(2,2) (2,2)
déf
∆f ≈ df = fx (x0 , y0 )∆x + fy (x0 , y0 )∆y. (5.2)
Le membre de droite est appelé différentielle totale de f (x, y) au point (x0 , y0 ), pour l’acrois-
sement (∆x, ∆y).
Dans le cas d’une fonction de trois variables f (x, y, z), la différentielle totale de f au point
(x0 , y0 , z0 ) est définie par
déf
df = fx (x0 , y0 , z0 ) ∆x + fy (x0 , y0 , z0 ) ∆y + fz (x0 , y0 , z0 ) ∆z. (5.3)
Supposons que l’on cherche à mesurer l’augmentation du volume V d’une boı̂te de métal de
dimensions x = 10 cm, y = 20 cm et z = 30 cm sous l’effet de la chaleur, sachant qu’alors
chacune de ces trois dimensions augmentera d’environ 1 cm. On utilise l’approximation ∆f ≈
df qui donne, puisque V = xyz et que ∆x = ∆y = ∆z = 1,
V (11, 21, 31) ≈ V (10, 20, 30) + Vx (10, 20, 30)∆x + Vy (10, 20, 30)∆y + Vz (10, 20, 30)∆z
= 6000 + yz + xz + xy
(10,20,30) (10,20,30) (10,20,30)
= 6000 + 600 + 300 + 200 = 7100.
En général, on a
df ∂f dx ∂f dy
= f x x0 + f y y 0 = + . (5.4)
dt ∂x dt ∂y dt
Exemple 5.3.1.
a) f (x, y) = x3 + cos(xy), x = t2 y = t3 .
df
= (3x2 − y sin(xy)) (2t) + (−x sin(xy)) (3t2 )
dt x=t2 ,y=t3 x=t2 ,y=t3
= (6t5 − 2t4 sin(t5 )) − (3t4 sin(t5 ))
= 6t5 − 5t4 sin(t5 ).
De plus,
D~u f (x0 , y0 ) = (fx (x0 , y0 ), fy (x0 , y0 )) · ~u = ∇f (x0 , y0 ) · ~u, (5.7)
où l’expression ∇f (x0 , y0 ) désigne un vecteur appelé gradient de f au point (x0 , y0 ).
Les dérivées partielles de f sont des cas particuliers de la dérivée directionnelle D~u f (x0 , y0 ).
En effet, en posant ~u = ~i = (1, 0) dans (5.3), on obtient
Exemple 5.5.1.
a) f (x, y) = x2 + 3yx, ∇f = (2x + 3y, 3x)
b) F (x, y, z) = x3 y + 3zx, ∇F = (3x2 y + 3z, x3 , 3x).
c) (x0 , y0 , z0 ) = (1, 1, 1), ~u = √1 (1, 0, 1)
2
9
D~u F (1, 1, 1) = (6, 1, 3) · ~u = √ .
2
b) En chaque point d’une courbe (surface) de niveau d’une fonction de deux (trois) va-
riable, le vecteur ∇f est dans la direction de la normale à la courbe (surface).
(x − x0 , y − y0 , z − z0 ) · ∇F (P0 ) = 0,
i.e.
Exemple 5.5.2.
a) Si f = x2 y + ey , ∇f = (2xy, x2 + ey ), au point (1, 0) le gradient vaut (0, 2) la direction
de croissance maximale est (0, 1) et le taux de variation maximal est
∂f
D(0,1) (1, 0) = (1, 0) = 2 = |(0, 2)| = |∇f |.
∂y
b) Soit x3 − xy = 2 une courbe de niveau de g = x3 − xy. Au point (1, 1) la direction de
la normale est (2, −1) et l’equation de la tangente peut s’écrire
2(x − 1) − (y − 1) = 0.
√
c) zx2 + sin y = log(1 + z 2 ). Le point P0 = (x0 , y0 , z0 ) = ( log 2, π, 1) est bien sur cette
surface. Supposons qu’on cherche l’équation du plan tangent à cette surface au point
P0 . En utilisant (5.8), on obtient successivement
2 2z0
2x0 z0 (x − x0 ) + (cos y0 )(y − y0 ) + x0 − (z − z0 ) = 0
1 + z02
p p
2 log 2(x − log 2) − (y − π) + (log 2 − 1)(z − 1) = 0
p
(2 log 2)x − y + (log 2 − 1)z + π + 1 − 3 log 2 = 0.
Exemple 5.6.1.
On cherche le polynôme de Taylor d’ordre 2 de f (x, y) = ex−y + cos(2x + 3y) autour du
point (0, 0). On calcule alors successivement les dérivées partielles fx , fy , fxx , fyy , fxy et on
obtient ensuite que
f (0, 0) = 2, fx (0, 0) = 1, fy (0, 0) = −1, fxx (0, 0) = −3, fyy (0, 0) = −8, fxy (0, 0) = −7.
En substituant ces valeurs dans l’expression (5.9), on obtient que le polynôme de Taylor
d’ordre 2 associé à f à l’origine est
1
p2 (x, y) = 2 + x − y + (−3x2 − 14xy − 8y 2 ).
2
minimum absolu de f (x, y) si f (x0 , y0 ) ≤ f (x, y) pour tout (x, y) ∈ D(f ). Par ailleurs, on dit
que (x0 , y0 ) est un point de maximum local de f (x, y) s’il existe un disque ouvert U centré
au point (x0 , y0 ) tel que f (x0 , y0 ) ≥ f (x, y) pour tout (x, y) ∈ U ∩ D(f ). De même, on dit
que (x0 , y0 ) est un point de minimum local de f (x, y) s’il existe un disque ouvert U centré
au point (x0 , y0 ) tel que f (x0 , y0 ) ≤ f (x, y) pour tout (x, y) ∈ U ∩ D(f ).
Définition 5.7.2. Un point (x0 , y0 ) est appelé un point critique de f (x, y) si les dérivées
partielles de f au point (x0 , y0 ) existent et sont toutes deux nulles.
Si f est dérivable partout, les extrema locaux sont tous des points critiques. Par ailleurs, un
point critique n’est pas nécessairement un maximum ou un minimum (point-selle).
On a,
où R(h, k) est négligeable par rapport aux autres termes. Puisque P0 est un point critique, on
a ∇f (P0 ) = (0, 0) de sorte que hfx (x0 , y0 ) + kfy (x0 , y0 ) = 0. C’est pourquoi, l’accroissement
s’écrit
1
f (x0 + h, y0 + k) − f (x0 , y0 ) ≈ {h2 fxx (x0 , y0 ) + 2hkfxy (x0 , y0 ) + k 2 fyy (x0 , y0 )}
2
Ainsi, lorsque h et k sont petits, le signe de f (x0 + h, y0 + k) − f (x0 , y0 ) est celui de
déf
Ψ = h2 fxx (x0 , y0 ) + 2hkfxy (x0 , y0 ) + k 2 fyy (x0 , y0 ). (5.10)
Il nous faut donc étudier le signe de Ψ.
2
Si on pose H = fxx fyy − fxy , on a le tableau suivant :
Remarque 5.7.1. Dans le cas où H > 0, le signe de fxx et celui de fyy sont le même. On
peut donc utiliser le facteur le plus simple.
132 CHAPITRE 5. ANNEXE : RAPPEL SUR LE CALCUL DIFFÉRENTIEL
Puisque H < 0 le point critique est un point-selle. Voici la carte topographique de cette
fonction
x
-4 -2 0 2 4
4
0 y
-2
-4
uver le maximum
Pratiquement, et le minimum
on forme d’une
la fonction auxiliaire fonction f (x, y) sur l’ensemble d
(Lagrangien)
rf (P0 ) = ∏rg(P0 ).
5.8. LES FONCTIONS IMPLICITES ET LEURS DÉRIVÉES 133
Exemple 5.7.2.
f = x + y, g = x2 − 2x + y 2 . On a
L(x, y, λ) = (x + y) − λ(x2 − 2x + y 2 ).
Les points critiques sont les solutions de
1 − λ(2x − 2) = 0
1 − 2λy = 0
x − 2x + y 2 = 0
2
1 1
λ= = → y = 2x − 2.
2x − 2 y
x2 − 2x + (2x − 2)2 = 0
Si on résoud cette équation du second degré, on tire
1 1 1 1
x = 1 − √ → y = −√ , x = 1 + √ → y = +√ .
2 2 2 2
La valeur de λ n’est pas requise ici. On classe ces points en évaluant f . Le premier point est
un minimum, le second un maximum.
Fx (x0 , y0 )
f 0 (x0 ) = − .
Fy (x0 , y0 )
134 CHAPITRE 5. ANNEXE : RAPPEL SUR LE CALCUL DIFFÉRENTIEL
3x2 + 2z 3
z 0 (x) = − .
6z 2 x + 2z
Il est clair que cette expression n’a un sens que si le dénominateur est non nul. Ce sont
précisément les points où le théorème s’applique. Au point (1, −1), qui est sur la courbe on
obtient finalement
1
z 0 (1) = .
4