Cours Module 2
Thèmes abordés
Cours Module 2
Thèmes abordés
Le montage cinéma
Module licence Pro Cian
1
SOMMAIRE
2.1 Introduction
2.2 Un peu d’histoire
2.3 Le plan et la séquence : définitions
2.3.1 Le plan
2.3.2 La séquence
2.3.3Le plan –séquence
2.3.4 L’illusion de continuité du plan
2.4 Le montage
2.4.1 Définitions du montage
2.4.2 Opérations du montage
. la sélection
. l’assemblage.
. l’affinage
2.5 Les fonctions du montage
2.5.1 Les fonctions syntaxiques
2.5.2 Les fonctions sémantiques
2.5.3 Les fonctions rythmiques et plastiques.
2.6 Conclusion : Montage transparent, montage interdit.
(à la suite : Glossaire)
1
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
2.1 Introduction
La notion de montage est centrale à toute approche de l’œuvre filmique car le cinéma
est par excellence art de la combinaison et de l’agencement d’éléments divers, visuels
et sonores.
C’est le montage, surtout, qui organise le film dans sa continuité, dans son rythme et
dans sa durée.
Cette inscription du film dans le temps et dans la durée existe dès qu’on enregistre ou
qu’on projette à la suite une série d’images, dont le simple défilement dans l’appareil
réclame cette durée.
On notera pourtant que, même avec le plus élémentaire des plans fixes, projeté sans
aucune modification de la continuité des images, le rapport à la durée peut être varié en
jouant sur la différence entre la vitesse de la prise de vues et celle de la projection.
Cette dernière étant généralement constante, c’est à la prise de vues qu’on accélère le
défilement des images dans la caméra (pour obtenir leur ralentissement à la projection)
ou qu’on le ralentit (pour accélérer l’action à la projection).
3
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
+ En vidéo, les ralentis et les accélérés ne se font pas à la prise de vue, mais
après tournage. C’est donc artificiellement que ces variations de cadence sont
effectuées, en enlevant ou en copiant des images, et non en modifiant le nombre
d’images enregistrées. En d’autres termes, dans le cas du ralenti par exemple, le
nombre de phases différentes d’un même mouvement reste le même en vidéo,
alors qu’on l’augmente lorsque l’on filme sur support pelliculaire.
Les principes du montage moderne ont été établis lorsque, dès les premières années
du cinéma, des réalisateurs ont compris qu’ils pouvaient manipuler le temps non
seulement à l’intérieur des plans, mais aussi par l’agencement de ceux-ci entre eux.
Jusque-là, le montage n’avait été que collage en continuité raisonnée de fragments
autonomes qui constituaient chacun une scène, souvent reliés les uns aux autres par
des cartons permettant de situer l’action ou de figurer les dialogues. À compter de la
première guerre mondiale, l’unité de base du monteur n’est plus la scène, héritée du
théâtre, mais le plan, autrement dit un fragment destiné à être combiné avec d’autres
pour construire l’unité narrative de la scène. Le montage qui associe ces plans déborde
alors la simple nécessité technique d’assemblage bord à bord pour devenir un élément
essentiel dans la production du sens. Cette capacité du montage à produire un sens qui
n’existait qu’à l’état virtuel dans chacun des fragments assemblés est démontrée
expérimentalement par le cinéaste russe Lev Koulechov aussitôt après la Première
Guerre mondiale.
+ L’ « effet Koulechov »
Au début des années 20, les cinéastes soviétiques cherchent à comprendre
expérimentalement comment le cinéma produit du sens, particulièrement grâce
4
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
5
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
Le cinéma muet des années 20, qui ne pouvait compter sur les dialogues parlés pour
construire le sens, a considérablement exploré les capacités du montage à produire
cette plus-value de signification. Cette exploration s’est développée simultanément
dans deux directions. La première est celle de la combinaison horizontale des plans,
autrement dit leur arrangement dans une continuité linéaire où ils sont assemblés les
uns derrière les autres (A avant B avant C). La seconde est celle de leur combinaison
verticale, c’est-à-dire de leur superposition les uns par dessus les autres au moyen de
la surimpression (A par-dessus B par-dessus C), ou de leur juxtaposition dans un
écran partagé à cet effet (A à côté de B à côté de C).
6
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
7
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
2.3.1 Le plan
Dans le cinéma classique, la seule limite supérieure de durée du plan était la capacité
du chargeur de pellicule (environ 10 minutes en 35 mm), L’enregistrement vidéo ou
numérique ouvre des possibilités beaucoup plus grandes encore.
Cette définition ne prend en compte qu’une réalité strictement physique et elle choisit
d’ignorer, la quantité, la complexité et l’agencement entre eux des éléments constitutifs
du plan, dans son cadre comme dans sa durée. C’est pourquoi le plan, élément minimal
du montage, est lui-même susceptible d’être subdivisé en unités plus petites en fonction
des évènements qui s’y succèdent, dans l’action aussi bien que dans la mise en scène.
8
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
2.3.2. La séquence
Si la notion de plan désigne une réalité matérielle clairement identifiable, il n’en va pas
de même avec celle de « séquence », qui représente une unité narrative ou plastique
de dimension réduite possédant une certaine unité. On pourrait la comparer en cela au
paragraphe du texte écrit, ou à la scène du théâtre. Encore le repérage du paragraphe
ou de la scène obéit-il à des critères précis. Il n’en va pas de même avec la séquence
où l’appréciation de ces critères demeure très intuitive et arbitraire. Pourquoi, dans ce
cas, continuer à utiliser une notion aussi imprécise que celle de « séquence » ? Parce
que, quelles que soient ses insuffisances, elle se révèle extrêmement utile. D’abord au
stade de la réalisation, où elle permet de structurer le découpage et de distinguer les
scènes selon le décor impliqué, la situation temporelle ou les comédiens requis. Puis à
celui du montage et du mixage, où elle permet de travailler sur un ensemble de taille
réduite, mais néanmoins cohérent. À celui de la lecture critique, enfin, par un analyste
ou par un simple spectateur, où elle permet de désigner le moment qu’on veut évoquer.
2.3.3. Le plan-séquence
9
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
La maîtrise du plan long obtenu dès la prise de vues, avec ce qu’elle suppose de
contrôle absolu de tous les aspects de la mise en scène et en particulier de son rythme,
a toujours été une sorte de défi lancé à l’habileté du réalisateur. Parfois, cette continuité
apparente du plan n’a pu être obtenue qu’au moyen de tricheries qui rendent invisible le
passage d’un plan à un autre. Le cinéaste recourt alors, le plus souvent, à des
raccords particulièrement adroits et que le spectateur n’est pas supposé reconnaître.
C’est le cas, par exemple, avec le plan fameux qui suit le meurtre de Marion Crane
sous la douche dans Psychose de Hitchcock. Ce plan part de l’œil de Marion allongée
dans la douche pour suivre le mur, passer dans la pièce suivante, aller jusqu’à la table
sur laquelle se trouve l’argent volé et finir à la porte, par où on voit se découper sur le
ciel la maison voisine occupée par Norman Bates et sa mère. Le contenu sémantique
de ce mouvement est quasiment nul (nous emmener de l’œil de Marion jusqu’à la porte
par où va arriver Norman) et il ne saurait être question de parler ici de séquence.
L’intention du réalisateur est néanmoins de produire un plan long particulièrement
spectaculaire. Pour ce faire, il lui faut recourir, au moment où la caméra passe d’une
pièce à l’autre, à un fondu-enchaîné (sur la cloison de séparation entre les pièces) qui
mêle invisiblement au montage deux plans réalisés séparément. Pour être complet sur
cet exemple, il faut encore ajouter que la première moitié du mouvement, celle qui va
de l’œil à la cloison séparatrice, est lui-même partagé en deux par un plan de coupe
sur l’eau qui continue à couler de la pomme de douche. Ce bref plan a si peu
d’importance narrative qu’aucun spectateur n’en remarque la présence. Il n’a été placé
là que pour remplacer quelques images qu’Hitchcock n’avait pas d’autre choix que de
supprimer : ce n’est qu’au montage qu’il s’était aperçu que le cadavre de Marion clignait
un bref instant d’une paupière.
Dans des cas comme celui-là, il faut distinguer entre l’intention du metteur en scène, qui
est clairement de produire un long plan unique, perçu comme tel par le spectateur, et
10
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
les moyens qu’il s’est donnés pour le faire, et que l’analyste ne parvient souvent à
élucider à posteriori que grâce aux possibilités de ralenti du magnétoscope ou de la
table de montage.
2.4 Le montage
Dans son acception la plus élémentaire, le montage est l’opération qui consiste à
assembler des plans entre eux en vue de constituer un nouvel objet qui en résulte : le
film.
Une définition plus complexe de Jacques Aumont est la suivante : « Le montage est le
principe qui régit l’organisation d’éléments filmiques sonores et visuels, ou
d’assemblages de tels éléments, en les juxtaposant, en les enchaînant et/ou en réglant
leur durée ». Il faut comprendre ici que la « juxtaposition » des éléments mentionnée
par Aumont recouvre toutes les instances de montage dans la simultanéité, c’est-à-dire
les surimpressions, les incrustations et les partages d’écran (ou split screen).
. la sélection
11
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
. l’assemblage.
Il consiste à organiser les prises sélectionnées selon un ordre indiqué par le découpage
ou par le metteur en scène afin d’obtenir un bout à bout mal dégrossi ou « ours », qui
suit la continuité du film à venir.
. l’affinage
C’est à ce stade que le monteur détermine la durée exacte qu’il convient de donner à
chacun des plans en fonction des contraintes de la continuité et du rythme recherché.
C’est là aussi que sont déterminés précisément les raccords et effets spéciaux de
ponctuation, dont l’exécution peut être confiée à un laboratoire spécialisé.
12
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
Ce type de liaison est très couramment employé pour signifier une ellipse de
l’action dans le temps ou dans l’espace. On l’utilisera par exemple pour signifier
le passage du temps sur un paysage montré à des moments séparés dans le
temps.
13
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
Les ouvertures et fermetures à l’iris sont des ponctuations d’un même type que
les fondus, mais qui jouent sur la surface de l’image plutôt que sur sa densité.
Dans une fermeture à l’iris, l’image s’amenuise à l’intérieur d’un cercle qui
diminue progressivement jusqu’à disparaître. Comme un fondu, une fermeture
à l’iris tend vers un écran uniformément noir ou blanc. Traditionnellement, l’iris
enfermant l’image en voie d’apparition ou de disparition est circulaire, mais rien
n’empêche de lui donner d’autres formes et un cinéaste contemporain tel que
Michel Deville s’est amusé, dans son film Péril en la demeure (1985), à créer
des effets d’iris autour de formes de guitare ou de voiture miniature.
Le volet, quant à lui fait apparaître ou disparaître l’image selon une progression
figurée par le déplacement d’une ligne dans l’axe horizontal ou vertical. Il
14
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
s’accompagne le plus souvent d’un effet de chassé, une nouvelle image occupant
immédiatement la surface cédée par la précédente. Très commun en vidéo, le
procédé est plus rare au cinéma après y avoir connu un emploi généralisé dans
les années 30. La ligne de démarcation entre les deux images peut revêtir, en fait,
n’importe quelle forme, et son déplacement peut se faire dans une infinité de
directions.Il peut aussi créer l’illusion de la simultanéité entre deux actions en en
proposant un montage alterné.
Elles découlent directement des précédentes, et du principe qui veut que tout effet de
montage soit producteur de sens.
Au plus élémentaire, il s’agit de sens dénoté et le montage se contente de fournir au
spectateur les information spatiales, temporelles ou causales simples mentionnées plus
haut.
Il peut aussi s’agir de sens connoté, autrement dit d’un sens produit par association.
C’est le cas, par exemple, lorsqu’un indice aisément reconnaissable (la tour Eiffel, la
statue de la Liberté) permet d’identifier immédiatement dans quel endroit commence
une nouvelle séquence.
15
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
laquelle figure en première page la photo du meurtre, nous indiquant par là-
même que nous sommes vraisemblablement le lendemain. La clé de
l’enchaînement réside néanmoins dans le plan de transition qui assure, en
double fondu-enchaîné, la liaison entre les deux scènes : celui d’une plaque
officielle (nous allons entrer dans les bureaux de la CIA) dans laquelle se reflète
l’image familière du Capitole (nous sommes désormais à Washington).
Cette fonction de reconnaissance peut cependant être trompeuse, ainsi que le
démontre un enchaînement de Frantic (1988) de Roman Polanski. Reprenant
conscience après avoir été assommé à Paris, un Américain se retrouve au pied
de la statue de la Liberté. Mais il se trouve bien toujours à Paris et il réalise
bientôt qu’il ne s’agit que de la réplique miniature de la statue, édifiée près du
pont de Grenelle.
Cette production du sens connoté peut être encore plus complexe et le montage est
ainsi capable de construire de véritables comparaisons ou métaphores par
juxtaposition ou par entrelacement de deux scènes qui n’ont apparemment rien à voir
entre elles.
+ Montage et métaphore
Le fondu-enchaîné, qui enchaîne deux séries d’images tout en les disjoignant, a
été, dans l’écriture classique, un moyen privilégié d’exprimer des métaphores
(autrement dit des figures où la comparaison entre deux termes n’est pas
formulée explicitement, mais se trouve sous-entendue).
Au début, par exemple, des Temps modernes (1935) de Chaplin, le montage
associe l’image d’un troupeau de moutons à celle d’une foule d’ouvriers sortant
d’une bouche de métro pour se diriger vers l’usine. La métaphore est claire,
complétée encore par le fait que, dans ce troupeau d’animaux indifférenciés, un
seul mouton est noir, de même que Charlot sera le seul à rejeter la discipline de
l’usine.
16
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
Quant à Fritz Lang, il n’hésite pas à intercaler, entre deux plans de femmes
affairées à répandre une rumeur dans Fury (1936), une image de volailles
caquetantes. Le message est simple. Lang le rend plus parlant encore en
exigeant des comédiennes, dans le plan qui précède celui du poulailler, une
gestuelle qui leur fait tendre le cou en avant comme des volatiles et en
substituant à leur conversation une musique caquetante.
Le montage ne fait pas que produire du sens. Il produit aussi des effets de rythme, liés
non seulement à la longueur des plans montés, mais aussi à leur durée relative, c’est-à-
dire à leur relation de durée avec les plans qui les précèdent et ceux qui les suivent.
L’extraordinaire violence de la scène du meurtre sous la douche de Psychose de
Hitchcock tient ainsi non seulement à l’exceptionnelle brièveté des plans qui la
composent mais aussi à leur opposition avec la lenteur paisible des plans qui les
encadrent.
Suivant cet exemple, les films d’action contemporains abondent en brèves éruptions de
violence d’autant plus fulgurantes qu’elles introduisent une rupture soudaine dans un
rythme soigneusement établi.
Les effets produits par le montage peuvent également être plastiques. Ils sont alors, par
exemple, produits par un éblouissement brutal après une scène plongée dans la
pénombre, ou par un brusque changement d’échelle du cadre, ou par un rapport
d’opposition ou d’harmonie entre deux couleurs ou, tout simplement par des analogies
formelles. Ils peuvent aussi tenir, dans l’exemple déjà cité de Psychose, à la
déstabilisation du cadre qui, entre deux plans fondés sur une forte stabilité horizontale,
fait perdre au spectateur toute certitude sur l’orientation de ceux du meurtre. La liste de
17
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
ces effets plastiques est en fait infinie et les cinéastes rivalisent d’invention pour en
trouver de nouveaux.
Ces fonctions du montage, il faut le rappeler, ne sont pas exclusives les unes des
autres. Nous allons le constater pour finir avec quelques exemples :
18
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
raccord, enfin n’est pas dénué de sens propre, puisque c’est la raucité de l’instrument
de musique qui prend en charge le cri de terreur de l’homme et exprime la menace
(comique) qui pèse sur la scène.
Dans une large mesure, l’idéologie du montage élaborée par le cinéma classique, et
toujours dominante, est celle d’un montage dit « transparent », qui effacerait les traces
de sa propre présence pour se poser en simple outil, aussi invisible et néanmoins
nécessaire que le fil qui assemble deux pièces d’un vêtement. Toute la rhétorique des
raccords entre les plans, ou des fondus-enchaînés, repose sur cette recherche de
19
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
transparence qui tente d’estomper les marques du passage d’un plan à l’autre. Le
montage transparent concourt donc de façon essentielle à construire la pseudo-réalité
de la fiction, dans la mesure où il tend à gommer les traces mêmes du travail du
monteur.
C’est en réponse à cette capacité du montage à construire un faux réel que le
théoricien André Bazin a proposé sa théorie du « montage interdit ». Selon celle-ci,
« quand l’essentiel d’un événement est dépendant d’une présence simultanée de deux
ou plusieurs facteurs de l’action, le montage est interdit ». Autrement, si l’on veut
témoigner du réel, on ne peut même laisser la moindre place au doute que ce réel ait
pu être truqué. Si un gamin affronte un alligator (dans Louisiana Story du
documentariste Robert Flaherty, 1948), ce ne peut être que dans le même plan, sauf à
se voir soupçonné de n’avoir rencontré l’animal que sur la table de montage.
La réalité n’est cependant pas si simple et l’histoire du cinéma documentaire a prouvé
qu’on pouvait aussi atteindre une forme d’expression de la vérité du monde en
refaçonnant celle-ci à l’aide des artifices du montage.
20
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
Glossaire
Alterné (montage). Procédé consistant à passer d’un aspect à un autre d’une même
action pour en mettre en évidence le déroulement simultané. Ce peut être, par exemple,
l’alternance canonique entre les héros assiégés, les ennemis qui les encerclent et les
renforts qui volent à leur secours.
Banc de montage. Appareil sur lequel on visionne les rushes* pour en effectuer le
montage* vidéo ou numérique.
Claquette ou Clap. Historiquement, planchette articulée sur laquelle sont inscrits les
éléments d’identification du plan*. Elle était présentée devant la caméra* au début de la
prise de vues* et refermée d’un coup sec, le moment du contact constituant le repère
de synchronisation avec l’enregistrement simultané mais séparé de la bande sonore.
Son utilisation continue d’être grande pour identifier les plans au moment du
dérushage*.
Conformation. Établissement d’une version définitive du négatif d’où seront tirées les
copies d’exploitation, à l’issue des opérations de montage*.
Connotation. Signification seconde portée par un mot, un objet ou une image en sus
de sa signification première (ou dénotation*).
21
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
Coupe (plan de). Plan, généralement bref, inséré dans la continuité naturelle d’un ou
de plusieurs plans. C’st, par exemple, le plan sur la pleine lune au moment de la
métamorphose du loup-garou, ou celui sur un auditeur attentif, intercalé pour remplacer
les images où son interlocuteur se grattait le nez.
Dénotation. Ensemble des significations permanentes d’un mot, d’un objet ou d’une
image, par opposition à ses connotations*, dépendantes du contexte et de
l’interprétation du récepteur.
Incrustation. Opération par laquelle une image est inscrite à l’intérieur d’une autre.
Insert. Plan* introduit dans une continuité d’images pour en isoler un détail ou lui
ajouter une information.
22
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
Iris. Cercle qui se referme sur une image pour la faire disparaître (ou le contraire).
Historiquement, l’iris était simplement un cercle utilisé pour mettre en évidence un détail
à l’intérieur d’un plan plus général.
Montage. Opération d’assemblage* raisonné des images et des sons entre eux en vue
de constituer un ensemble cohérent.
Ours. Stade primitif du montage* où la continuité des plans* est établie sans que les
affinages rythmiques, plastiques ou narratifs soient encore réalisés)
Parallèle (montage). Procédé consistant dans l’alternance de deux actions qui offrent
une relation logique ou plastique sans pour autant être dépendantes l’une de l’autre. Un
des exemples les plus célèbres se trouve dans La Grève (1925) de S. M. Eisenstein, où
les plans* du massacre des grévistes par les troupes tsaristes sont montés
parallèlement à ceux de la mise à mort d’animaux à l’abattoir.
Prise. Ensemble des images et des sons enregistrés entre le démarrage de la caméra
et son arrêt.
Raccord. Enchaînement d’un plan* à un autre garanti par la continuité parfaite de tous
les détails (décors, accessoires, dialogues, jeu des comédiens, etc.). Le raccord peut
aussi être utilisé pour inventer une apparence de continuité entre deux plans étrangers
l’un à l’autre.
23
Cours « montage cinéma » licence pro tais cian / Jean-Pierre Berthomé / 2004
Split screen. Opération de division de l’écran afin d’y inscrire simultanément plusieurs
images.
24