Annales de pathologie (2008) 28S, S20—S24
Disponible en ligne sur [Link]
CONFÉRENCE
Classification OMS 2008 des lymphomes夽
Georges Delsol
Laboratoire d’anatomie pathologique, CHU Purpan, place du Docteur-Baylac, BP 3028,
bâtiment B, 31024 Toulouse cedex 3, France
Disponible sur Internet le 15 octobre 2008
La classification OMS des tumeurs hématopoïétiques et des organes lymphoïdes, publiée en
2001, est basée sur la description d’entités définies par un ensemble de critères, morpho-
logiques, immunophénotypiques, génétiques et cliniques. Elle reprenait en la complétant
la « REAL classification ». La classification publiée en 2001 devait être actualisée. En effet,
depuis 2001, de nouvelles entités ont été décrites. D’autres proliférations, qui n’étaient
considérées que comme des variants ou sous-types d’entités reconnues, ont acquis un sta-
tut d’entité à part entière dans la classification 2008. De plus, cette classification inclut
de nouveaux variants morphologiques d’entités précédemment reconnues et de nouveaux
marqueurs ayant un intérêt diagnostique et/ou pronostique. Ces dernières années, les
progrès réalisés dans les techniques de biologie moléculaire (analyse du transcriptome et
CGH-arrays) ont permis de déterminer la signature moléculaire de certains lymphomes
et ces données méritaient d’être incorporées dans la définition de certaines entités.
L’importance relative de chacun des critères morphologiques, immunophénotypiques,
génétiques et cliniques varie d’un lymphome à l’autre mais les critères morphologiques et
immunophénotypiques restent la pierre angulaire du diagnostic. Néanmoins, le diagnostic
de certaines proliférations nécessite une connaissance de la présentation clinique (locali-
sation ganglionnaire ou extraganglionnaire) ou localisations privilégiées à certains organes.
Une autre particularité de la nouvelle classification est de mettre l’accent sur les parti-
cularités liées à l’âge (exemple lymphome folliculaire de l’enfant ou lymphome à grandes
cellules EBV+ du sujet âgé). Schématiquement, dix nouvelles entités de lymphomes B et
huit développées à partir des lymphomes T sont maintenant reconnues.
Comme la classification précédente, deux grands types de lymphomes sont distingués,
ceux développés à partir des précurseurs lymphoïdes (leucémies/lymphomes lymphoblas-
tiques) et ceux développés à partir des cellules B ou T/NK matures/périphériques. Par
ailleurs, des lymphomes survenant chez l’enfant ou le sujet âgé ont été inclus dans la
nouvelle classification. La liste des lymphomes non hodgkiniens B et T est donnée dans
le Tableau 1. Seules seront mentionnées quelques particularités des lymphomes les plus
fréquents.
夽 Conférence présentée le mardi 18 novembre 2008, de 12 h 30 à 13 h 00, dans le Grand Amphithéâtre.
Adresse e-mail : delsol.g@[Link].
0242-6498/$ — see front matter © 2008 Publié par Elsevier Masson SAS.
doi:10.1016/[Link].2008.09.002
Classification OMS 2008 des lymphomes S21
Lymphomes B (Tableau 1) marqueur CD5 et des tumeurs de phénotype dit « cellules
B des centres germinatifs » (BCL6+, CD10+, IRF4/MUM1-
Les lymphomes folliculaires LOM2+) et des tumeurs avec un phénotype dit « non-centre
germinatif » (IRF4/MUM1+). Sont également distingués des
Les points les plus discutés concernent le grading de ces « sous-groupes moléculaires » avec une signature soit de
tumeurs. Il est peu reproductible par des experts en hémato- type cellules B des centres germinatifs (GCB), soit de type
pathologie et les données cliniques concernant l’importance lymphocytes B activés (ABC). Cependant, la corrélation
pronostique du grading sont contradictoires. Il a été décidé entre les sous-groupes immunohistochimiques et molécu-
de distinguer trois grades en fonction du pourcentage de laires n’est pas parfaite. La classification souligne que les
cellules blastiques (centroblastes ou immunoblastes ou cel- divers marqueurs pronostiques ont perdu de leur intérêt
lules de morphologie intermédiaire). Dans les grades 1 et 2, avec le traitement associant CHOP + rituximab.
les centrocytes prédominent et le nombre des centroblastes Parmi les nouvelles entités auparavant regroupées dans
varie de zéro à 15 : grade 1 (zéro à cinq centroblastes), grade le groupe hétérogène des lymphomes B à grandes cel-
2 (six à 15 centroblastes). Il existe un continuum entre les lules, on trouve les lymphomes B riches en cellules T ou
lymphomes folliculaires de grade 1 et 2 (80 à 90 % des cas histiocytes et les lymphomes à grandes cellules ALK+. Il
dans la majorité des séries) qui sont en général clinique- existe également des entités liées à la localisation telles
ment indolents. De ce fait, ils peuvent être regroupés en que les lymphomes primitifs du médiastin, les lymphomes
grade 1—2. Les lymphomes folliculaires de grade 3 (> 15 cen- intravasculaires, les lymphomes du système nerveux cen-
troblastes) sont subdivisés en fonction de la proportion de tral ou les lymphomes B diffus primitivement cutanés
centrocytes. Dans le grade 3a, des centrocytes sont présents des membres. Enfin, un groupe de lésions est associé
alors que dans les grades 3b les follicules sont entièrement au virus d’Epstein-Barr (EB), il s’agit de proliférations
composés de grandes cellules « blastiques » correspondant soit secondaires : associées à une inflammation chronique,
à des centroblastes ou à des immunoblastes. Ces tumeurs à l’immunosuppression après greffe d’organes ou corres-
sont fréquemment CD10— et présentent une différenciation pondant à la granulomatose lymphomatoïde. De plus, un
plasmocytaire (MUM1+). Dans ces tumeurs, il est essentiel de lymphome primitif du sujet âgé sans déficit immunitaire
réaliser des immunomarquages du réseau des cellules folli- patent est reconnu.
culaires dendritiques. S’il existe des zones d’architecture La nouvelle classification reconnaît également
diffuse, c’est le diagnostic de lymphome B à grandes cel- l’existence de proliférations frontières, d’aspect inter-
lules qui doit être retenu. Il peut exister, dans environ 10 % médiaire entre lymphomes B diffus à grandes cellules et
des lymphomes folliculaires, des zones de différenciation lymphomes de Burkitt ou encore entre lymphomes B diffus
monocytoïde à la périphérie des follicules néoplasiques ou à grandes cellules et lymphomes hodgkiniens classiques.
plasmocytoïdes. Par ailleurs, il est recommandé de préci-
ser s’il s’agit d’un lymphome totalement folliculaire (zone
folliculaire supérieure à 75 %), folliculaire et diffus (zone Lymphomes T
folliculaire entre 25 et 75 %) ou d’un lymphome folliculaire
à minima avec une prédominance des zones d’architecture Deux catégories de lymphomes T/NK sont reconnues :
diffuses (zone folliculaire inférieure à 25 %). La classification les tumeurs développées à partir des précurseurs et les
reconnaît l’existence de rares cas de lymphomes follicu- lymphomes développés à partir des cellules T/NK plus
laires d’architecture diffuse si, sur des biopsies de taille différenciées. Dans le premier groupe, une seule entité
suffisante, la prolifération est constituée de centrocytes est reconnue : les lymphomes/leucémies lymphoblastiques.
avec de rares centroblastes (les cellules étant CD10+, bcl- Les lymphomes T/NK développés à partir des cellules
2+) ; la présence de la translocation t(14 ;18) doit aussi être plus matures sont plus divers. Schématiquement, en fonc-
démontrée. tion de leur présentation clinique, quatre catégories sont
La classification reconnaît des lymphomes folliculaires reconnues. Les proliférations T/NK avec une présentation
de l’enfant qui sont le plus souvent de grade 3, CD10+, leucémique (cinq entités sont regroupées dans cette caté-
bcl-2—, CD43+/— sans translocation t(14;18). Les rares cas gorie) (Tableau 1) ; les unes sont très agressives associées
bcl-2+ sont plus agressifs. Les lymphomes folliculaires in situ soit à HTLV1, soit au virus EB ; les autres sont, au contraire,
peuvent précéder de plusieurs années l’apparition d’un lym- d’évolution indolente comme les leucémies lymphocytiques
phome folliculaire classique mais cette évolution n’est pas à lymphocytes granuleux. Les proliférations chroniques à
inéluctable. Les lymphomes folliculaires de l’intestin (intes- cellules NK constituent une entité provisoire.
tin grêle et duodénum) sont souvent d’évolution indolente et Les lymphomes T avec présentation ganglionnaire sont
de découverte fortuite avec possibilité de régression spon- les plus fréquents et incluent : 1- les lymphomes T périphé-
tanée. riques sans spécification (NOS) (environ 25 % des lymphomes
T/NK). Actuellement, il s’agit d’entités hétérogènes. Dans
Les lymphomes B à grandes cellules environ 60 % des cas, il existe des localisations extragan-
glionnaires associées. Leur aspect morphologique est très
Les lymphomes B à grandes cellules font l’objet de modifi- varié depuis des tumeurs monomorphes jusqu’à des tumeurs
cations relativement importantes. Comme précédemment, très polymorphes avec des cellules d’aspect sternbergoïdes.
une catégorie probablement hétérogène persiste, il s’agit Deux variantes morphologiques sont reconnues, la variante
des lymphomes B diffus à grandes cellules sans spécification lymphoépithélioïdes (lymphome de Lennert) et la variante
(not otherwise specified [NOS]). Il existe dans ce groupe folliculaire développée à partir des cellules T CD4+ folli-
des variantes morphologiques (centroblastique, immuno- culaires (TFH). Les lymphomes T périphériques NOS sont
blastique, anaplasique et d’autres plus rares). Bien que CD3+ et le plus souvent CD4+ mais il existe un phénotype
toutes ces tumeurs soient positives pour les marqueurs B aberrant, dans de nombreux cas, lié à la perte d’un ou de
CD20 et CD79a, il existe « des sous-groupes immunohisto- plusieurs antigènes T (CD2, CD5 ou CD7). Ces lymphomes
chimiques » constitués par des tumeurs positives pour le sont agressifs, résistants au traitement, et la survie glo-
S22 G. Delsol
Tableau 1 Classification de l’OMS des lymphomes (2008).
Lymphomes B Lymphomes T
Tumeurs développées à partir des précurseurs Tumeurs développées à partir des précurseurs
lymphoïdes B lymphoïdes T
Leucémie/Lymphome Lymphoblastique avec ou sans Leucémie/Lymphome Lymphoblastique
anomalie génétique
Tumeurs développées à partir des cellules B matures Tumeurs développées à partir des cellules T et NK
matures
Leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytique Avec présentation le plus souvent leucémique
Leucémie prolymphocytaire Leucémie prolymphocytaire
Lymphome splénique de la zone marginale Leucémie/Lymphome agressive NK (EBV+)
Lymphomes/Leucémies spléniques inclassables (lymphomes Leucémie/Lymphome de l’adulte HTLV+
spléniques diffus de la pulpe rouge à petits lymphocytes)a
Leucémie à tricholeucocytes Leucémie à grands lymphocytes granuleux
Lymphome lymphoplasmocytaire (et mal. de Waldenström) Lymphoprolifération chronique à cellules NKa
Myélome Avec présentation le plus souvent ganglionnaire
Maladie des chaînes lourdes (␣, ␥, ) Lymphome T périphérique sans autre spécification
Plasmocytome solitaire osseux Lymphome T angio-immunoblastique
Plasmocytome extraosseux Lymphome anaplasique à grandes cellules ALK+a
Lymphome extraganglionnaire de la zone marginale du tissu Lymphome anaplasique à grandes cellules ALK—a
lymphoïde associé aux muqueuses (MALT)
Lymphome ganglionnaire de la zone marginale (variante : Avec présentation le plus souvent extraganglionnaire
forme de l’enfant)
Lymphome folliculaire (et ses variantes : lymphome Lymphome T/NK extraganglionnaire de type nasal
folliculaire pédiatrique, lymphome primitif intestinal,
autres lymphomes folliculaires extraganglionnaires,
lymphomes folliculaires in situ)
Lymphome T intestinal associé à une entéropathie
Lymphome centrofolliculaire primitivement cutanéa Lymphome hépatosplénique
Lymphome du manteau Lymphoprolifération systémique EBV+ de l’enfanta
Lymphome B diffus à grandes cellules sans autre Lymphome d’allure hydroa vacciniformea
spécification (variantes : centroblastique,
immunoblastique, anaplasique)
Lymphome B riche en cellules T/histiocytesa Avec présentation cutanée
Lymphome B médiastinal (thymique) Mycosis fungoïde
Lymphome à grandes cellules primitivement cutané (type Syndrome de Sézary
des membres)a
Lymphome à grandes cellules du système nerveux centrala Lymphome T sous-cutané de type paniculite
Lymphome intravasculaire Lymphoprolifération primitive cutanée CD30+
(lymphome anaplasique à grandes cellules et papuloses
lymphomatoïdes)
Lymphome à grandes cellules associé à une inflammation Lymphome primitif cutané gamma/deltaa
chronique a
Granulomatose lymphomatoïde Lymphome primitif cutané agressif épidermotrope
CD8+a
Lymphome à grandes cellules EBV+ du sujet âgéa Lymphome primitif cutané à cellules
petites/moyennes CD4+a
Lymphome à grandes cellules ALK+a
Lymphome plasmoblastique
Lymphome primitif des séreuses
Lymphome HHV8+ associé à la maladie de Castleman
multicentrique
Lymphome de Burkitt
Lymphome B inclassable de morphologie intermédiaire entre
B diffus à grandes cellules et lymphome de Burkitta
Lymphome de morphologie intermédiaire entre B diffus à
grandes cellules et lymphome de Hodgkin classiquea
Syndrome lymphoprolifératif post-transplantation Syndrome lymphoprolifératif post-transplantation
Hyperplasie plasmocytaire
Prolifération de type mononucléose infectieuse Prolifération monomorphe post-transplantation
Lymphoprolifération polymorphe EBV+
Prolifération monomorphe EBV+ ou EBV—
a Nouvelles entités ; en italique les entités provisoires.
Classification OMS 2008 des lymphomes S23
bale à cinq ans est de seulement 30 %. Les lymphomes T
Tableau 2 Classification des lymphomes hodgkiniens.
angio-immunoblastiques s’observent essentiellement chez
les sujets âgés avec des manifestations systémiques, un Lymphome hodgkinien à prédominance lymphocytaire
stade avancé et des signes cutanés. Il existe fréquemment nodulaire
une hypergammaglobulénimie avec autoanticorps et ané- Lymphome hodgkinien classiquea
mie hémolytique. Ils sont caractérisés par une prolifération Scléronodulaire
de cellules T (CD3+, CD4+) de morphologie variable, une Riche en lymphocytes
angiogenèse et une hyperplasie des réseaux de cellules À cellularité mixte
folliculaires dendritiques. Les cellules T néoplasiques sont Avec dépletion lymphoïde
positives pour les marqueurs CD10, PD1 et CXCL13. Les a Les cellules atypiques de cette forme de lymphome hodgki-
analyses récentes du transcriptome ont montré que ces pro- nien initialement désignées variante lymphohistiocytaire des
liférations étaient développées à partir des cellules TFH. cellules de Reed-Sternberg (cellules L-H) ou popcorn cells sont
Comme les lymphomes T périphériques NOS, ces tumeurs maintenant appelées cellules LP pour lymphocytic predominant
sont de mauvais pronostic avec une survie à cinq ans de cells (LP cells).
l’ordre de 30 %. Cependant, il semble exister un plateau
après six ans d’évolution qui suggère que ce type de lym-
phome n’est pas toujours fatal.
La classification 2001 regroupait dans une même entité Tableau 3 Classification des proliférations histiocy-
les lymphomes anaplasiques ALK+ et ALK—. Dans la nouvelle taires et des cellules dendritiques.
classification, seuls les lymphomes ALK+ sont considérés
Tumeur des précurseurs des cellules dendritiques
comme une entité. Environ 60 % de ces tumeurs surviennent
Prolifération des cellules dendritiques plasmacytoïdes
avant 40 ans avec un pic de fréquence entre dix et 19
Tumeur des cellules histiocytaires/dendritiques/matures
ans. Cinq variétés morphologiques (pattern) sont recon-
Sarcome histiocytaire
nues : type commun, forme lymphohistiocytaire, variante à
Histiocytose Langherhansienne
petites cellules prédominantes, formes simulant une mala-
Sarcome des cellules de Langherhans
die de Hodgkin et formes mixtes (qui associent plus d’une
Sarcome des cellules dendritiques interdigitées
variante morphologique). Dans tous les cas, les cellules lym-
Tumeur/sarcome des cellules folliculaires dendritiques
phomateuses sont positives pour la protéine de fusion ALK
Tumeur des cellules réticulaires fibroblastiques
(actuellement 13 translocations et protéines de fusion cor-
Xanthogranulome juvénile disséminé
respondantes sont identifiées). Les lymphomes anaplasiques
ALK+ sont de phénotype T (75 % des cas) ou nul et coex-
priment les antigènes CD30 et EMA et plusieurs protéines
associées aux granules cytotoxiques (perforine, granzime B). La dernière catégorie de lymphomes T/NK est consti-
Ces tumeurs sont d’un bon pronostic avec une survie à cinq tuée des tumeurs à présentation cutanée prédominante. La
ans de l’ordre de 80 %. classification reconnaît une nouvelle entité, les lymphomes
Les lymphomes anaplasiques ALK— ont une présenta- cutanés primitifs gamma/delta très agressifs et résistants
tion clinique grossièrement comparable mais ils surviennent au traitement et deux entités provisoires, le lymphome pri-
chez des sujets plus âgés et les localisations extragan- mitif cutané agressif épidermotrope CD8+ et le lymphome
glionnaires sont moins fréquentes. Ces tumeurs expriment primitif cutané à cellules petites ou moyennes CD4+.
fortement l’antigène CD30 mais apparaissent plus hétéro-
gènes concernant l’expression des antigènes EMA et des
protéines associées aux granules cytotoxiques. Les carac- Les lymphomes hodgkiniens
téristiques morphologiques des lymphomes anaplasiques
ALK— ne permettent pas de les distinguer de façon repro- La seule modification concerne la dénomination des cel-
ductible des tumeurs ALK+. Cependant, seules les formes lules atypiques de la forme à prédominance lymphocytaire.
comparables au type commun des anaplasiques ALK+ sont Ces cellules, initialement désignées variante lymphohistio-
reconnues dans cette entité provisoire. Ces tumeurs sont cytaire des cellules de Reed-Sternberg (cellules L&H) ou
de phénotype T et en général positives pour le mar- popcorn cells sont maintenant appelées cellules LP pour
queur CD3. Il s’agit d’une entité provisoire probablement lymphocytic predominant cells (LP cells) (Tableaux 2 et 3).
hétérogène dont la survie à cinq ans est de l’ordre de
45 %.
Les lymphomes anaplasiques systémiques ALK+ et ALK— Conclusion
doivent être clairement différenciés des lymphomes ana-
plasiques à grandes cellules primitivement cutanés. Ces La classification de l’OMS des tumeurs du tissu hématopoïé-
tumeurs font partie des syndromes lymphoprolifératifs cuta- tique et lymphoïde est maintenant universellement utilisée ;
nés exprimant l’antigène CD30 qui inclut également la elle intègre la classification de l’EORTC des lymphomes
papulose lymphomatoïde et des lésions frontières. Les cutanés. Les études en cours dans plusieurs laboratoires,
lymphomes anaplasiques primitivement cutanés ont un combinant transcriptome, CGH-arrays, modifications épigé-
excellent pronostic (survie à dix ans de l’ordre de 90 %). nétiques et profil des micro-ARN, devraient apporter dans
Il n’y a pas de modification majeure concernant les années à venir des informations déterminantes. Il fait
les lymphomes T/NK de localisation extraganglionnaire peu de doutes que ces études aboutissent à un démem-
prédominante (Tableau 1). La nouvelle classification recon- brement des lymphomes B diffus à grandes cellules et
naît deux nouvelles entités : les lymphoproliférations lymphomes T périphériques sans spécification. Ces études
systémiques EBV+ de l’enfant et le lymphome hydroa devraient aussi permettre de définir de nouvelles voies de
vacciniforme-like qui sont des entités très rares, surtout signalisation oncogéniques et d’identifier de nouvelles cibles
observées en Asie et en Amérique centrale. thérapeutiques.
S24 G. Delsol
Pour en savoir plus [2] Jaffe ES, Harris NL, Stein H, Vardiman JW, editors. World Health
Organization (WHO) Classification of Tumours Pathology and
[1] Harris NL, Jaffe ES, Stein H, Banks PM, Chan JKC, Cleary ML, Genetics of Tumours of Haematopoietic and Lymphoid Tissues.
et al. A revised European-American classification of lymphoid Lyon: IARC Press; 2001.
neoplasms: A proposal from the International Lymphoma Study
Group. Blood 1994;84:1361.