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Équilibre de monopole et profits en microéconomie

Ce document décrit l'équilibre de monopole d'une firme opérant dans deux pays avec des fonctions de demande différentes. Il calcule les prix et quantités d'équilibre initialement, puis lors de l'ouverture des frontières et enfin lorsque les goûts des consommateurs deviennent identiques dans les deux pays.

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Équilibre de monopole et profits en microéconomie

Ce document décrit l'équilibre de monopole d'une firme opérant dans deux pays avec des fonctions de demande différentes. Il calcule les prix et quantités d'équilibre initialement, puis lors de l'ouverture des frontières et enfin lorsque les goûts des consommateurs deviennent identiques dans les deux pays.

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Microéconomie 2ème année Chapitre VI Exercice 6.

CPP et équilibres de monopole

Une firme est en situation de monopole dans deux pays A et B fermés aux échanges.
Fonction de demande inverse du pays A : p A  100  2QA (linéaire)
Fonction de demande inverse du pays B : pB  50  0,5QB (linéaire)

Fonction de coût de la firme de monopole : CT(Q) = Q2 (pas de coûts fixes)


avec : Q = QA + QB

1) Calculez l’équilibre de ce monopole (discrimination par les prix de 3ème degré)


Programme de la firme :
MaxQA,QB Π = RTA(QA) + RTB(QB) – CT(QA + QB)

Qui correspond ici à : MaxQA,QB Π = 100 QA - 2 QA2 + 50 QB – 0,5 QB2 – (QA + QB)2

Les conditions de 1er ordre pour cette maximisation sont :


 RTA CT
0   0  100 – 4 QA – 2 (QA + QB) = 0
QA QA QA
(1)
 RTB CT
0   0  50 – QB – 2 (QA + QB) = 0
QB QB QB
(2)

En résolvant le système d’équations (1) et (2)1 on détermine les valeurs de QA et QB qui


maximisent le profit de la firme en monopole.

De l’équation (1) on obtient : QB = 50 – 3 QA (1a)


On remplace QB dans la (2) et on obtient : QA* = 100 / 7 (la quantité d’équilibre dans le
pays A)
On remplace QA* dans la (1a) : QB* = 50 / 7 (la quantité d’équilibre dans le pays B)

En remplaçant QA* (la quantité vendue dans le pays A) dans la fonction de demande du pays
A on obtient le prix d’équilibre de monopole dans le pays A :
pA* = pA (QA*) = 100 – (200 / 7) = 500 / 7

En remplaçant QB* dans la fonction de demande du pays B on obtient le prix d’équilibre de


monopole dans le pays B :
pB* = pB (QB*) = 50 – (25 / 7) = 325 / 7

On remarque que le prix d’équilibre est plus élevé sur le marché caractérisé par une élasticité2
de la demande plus faible.

1
Ces conditions peuvent s’écrire : (1) RmA(QA) = Cm(QA+QB) ; (2) RmB (QB) =
Cm(QA+QB).
La dérivée de la fonction de coût par rapport à QA ou à QB est la même et égale au Cm.
2
NB : avec des fonctions de demande linéaires, l’élasticité n’est pas constante, mais elle est une fonction de la
quantité. Nous calculons les élasticités à l’équilibre de monopole, c’est-à-dire celles qui correspondent aux
productions QA* et QB*

1
1 dp A (QA* ) QA* 2QA* dQA p*A 100  2QA* 5
      *A    
 *A dQA p A (QA* ) 100  2QA* dp A QA* 2QA* 2

1 dpB (QB* ) QB* 0,5QB* dQB p*B 50  0,5QB*


      B*     13
 B* dQB pB (QB* ) 50  0,5QB* dpB QB* 0,5QB*

On a donc : εA* < εB*  pA* > pB*

Le profit de la firme à l’équilibre de monopole est3 :


2
500 100 325 50  100 50 
Π* = pA* QA* + pB* QB* – CT (QA* + QB*) =        892,9
7 7 7 7  7 7 
Il est possible de calculer les profits réalisés respectivement sur le marché du pays A et du
pays B. En effet, la fonction de coût de la firme est unique : le coût moyen est donc le même
quel que soit le marché concerné : CM(Q*) = CT(QA*+QB*) / (QA*+QB*) = 150 / 7

Le profit concernant le marché A est alors : ΠA* = QA* ( pA* – CM ) =


100  500 150 
    714,3
7  7 7 
Le profit concernant le marché B est : ΠB* = QB* ( pB* – CM ) =
50  325 150 
    178, 6
7  7 7 

2) Les frontières s’ouvrent. Calculez l’équilibre.

La firme vend maintenant au même prix sur les deux marchés (ouverture des frontières :
loi du prix unique. Si le prix n’était pas le même dans les deux pays, les consommateurs
pourraient acheter et revendre avec profit –arbitrage-).

pA = pB = p

Mais les fonctions de demande des deux pays restent différentes. La demande du marché
unique s’obtient en faisant la somme des demandes des deux pays : Q(p) = QA + QB

1
Demande du pays A : QA  50  p (NB : sous-entendu QA = 0 pour p >
2
100)
Demande du pays B : QB  100  2 p (sous-entendu : QB = 0 pour p > 50)

La fonction de demande du marché après ouverture des frontières est donc :

Pour p < 50 : QA = 50 – 0,5 p et QB = 100 – 2 p => Q = 150 – 2,5 p


(1)

3
NB : le profit coïncide dans ce cas avec le surplus du producteur car les coûts fixes sont nuls.

2
Pour 50< p<100 : QA = 50 – 0,5 p et QB = 0 => Q = 50 – 0,5 p (2)

Pour p > 100 : QA = 0 et QB = 0 => Q=0

La demande a une forme coudée. Pour trouver le prix et la quantité d’équilibre de monopole,
il faut a) calculer les fonctions de demande inverse correspondant à (1) et (2).
b) calculer l’équilibre, en imposant la condition Rm = Cm à partir de (1) ;
si au prix d’équilibre trouvé, QA et QB ne sont pas négatives, on a trouvé l’équilibre de
monopole.
c) si au prix trouvé, QA ou QB est négative => cela signifie que l’équilibre trouvé est
impossible et qu’il faut chercher l’équilibre de monopole sur la partie (2) de la courbe de
demande. Dans cette partie de la courbe, un seul des deux marchés est servi (le pays A, dans
notre cas). On calcule donc l’équilibre Rm = Cm à partir de (2). A l’équilibre de monopole on
aura QA > 0 et QB = 0.

Cherchons donc l’équilibre de monopole de ce marché après ouverture des frontières :

a) Il faut d’abord calculer la fonction de demande inverse p = p (Q) , à partir de (1) et (2) :

(1) p = 60 – (2/5) Q pour p < 50

(2) p = 100 – 2 Q pour 50 < p < 100

b) On calcule l’équilibre en supposant qu’il se trouve sur la partie (1) de la courbe de demande.
On calcule donc la recette marginale à partir de la fonction de demande (1) :
RT = p(Q) Q = 60Q – (2/5)Q2 => Rm = 60 – (4/5)Q

On impose la CPO de maximisation du profit : Rm = Cm  60 – (4/5)Q =2Q

D’où on obtient : Q* = 150 / 7


En remplaçant dans la fonction de demande (1) on obtient : p* = 60 – 60 / 7 = 360 / 7

NB : p* = 360 / 7 > 50 . Donc p* ne peut pas être le vrai prix d’équilibre du marché

Ce qui est confirmé par le constat suivant : au prix d’équilibre trouvé, QB < 0 :

QB = 100 – 2p = 100 – (720 / 7) < 0 => donc l’équilibre trouvé est impossible !

c) il faut alors chercher l’équilibre de monopole sur la partie (2) de la courbe de demande. On
calcule donc la CPO : Rm = Cm à partir de la fonction de demande (2).
RT = p(Q) Q = 100Q – 2Q2 => Rm = 100 – 4Q
On impose la CPO de maximisation du profit : Rm = Cm 100 – 4Q =2Q

D’où on obtient : Q* = 50 / 3
En remplaçant dans la fonction de demande (2) on obtient : p* = 100 – (100 / 3) = 200 / 3

Le prix d’équilibre trouvé p* = 200 / 3 est > 50, ce qui confirme le fait que la partie pertinente
de la courbe de demande est la (2). Calculons les quantités vendue sur chaque marché :

Pays A : QA* = 50 – 0,5 p* = 50 / 3

3
Pays B : QB* = 0 (car p > 50)

NB : Q* = QA* = 50/3 . La quantité produite est entièrement vendue dans le pays A.

Le profit de la firme est :


2
200 50  50 
Π* = p* Q* – CT (Q*) = p* QA* – CT (QA*) =     833,3
3 3  3 
La firme réalise donc un profit inférieur à celui qu’elle réalisait lorsqu’elle pouvait pratiquer
une discrimination par les prix du 3ème degré (cf. le profit calculé à la question 1).

3) Les goûts s’homogénéisent dans les deux pays : la demande de B devient identique à
celle de A. Calculez le nouvel équilibre.
La fonction de demande totale est maintenant :

QA = 50 – 0,5 p et QB = 50 – 0,5 p => Q = 100 – p (3)


La fonction de demande inverse est donc : p(Q) = 100 – Q (3’)

A partir de cette fonction de demande, la recette marginale est : Rm = 100 – 2Q

La CPO pour la maximisation du profit : Rm = Cm  100 – 2Q = 2Q

D’où on obtient : Q* = 25 ; p* = p(Q*) = 75 ; QA* = QB* = 50 – 0,5 p* = 12,5

Le profit de la firme est maintenant :

Π* = p* Q* – CT (Q*) = 75 x 25 – 252 = 1250

Le profit a augmenté grâce à l’augmentation de la demande dans le pays B.

4) Le pays B crée une nouvelle firme opérant sur le marché unique où les deux
gouvernements imposent des comportements parfaitement concurrentiels. Cette nouvelle
firme a comme fonction de coût total : CT2 = 25 Q2 (on prendra l’indice 1 pour l’autre firme).
Calculez le nouvel équilibre.

Le comportement concurrentiel imposé par les deux pays fait ainsi que les fonctions d’offre
des deux firmes sont déterminées à partir des conditions :
Cm1 = p  2Q1 = p  Q1 = p / 2 offre de la firme 1
Cm2 = p  25 = p

NB : Cm2 est constant, CM2 est constant : la firme 2 présente des rendements d’échelle
constants : son offre est nulle pour p < CM2 = 25 ; indéterminée pour p = 25 ; infinie pour p >
25. Dans ce cas, l’Etat 2 impose un prix = Cm2 (condition concurrentielle). On a donc : p* =
25. Ce même prix s’impose également dans le pays 1, car les deux pays sont ouverts aux
échanges.

A ce prix, on aura : Q1*= p* / 2 = 12,5 offre de la firme 1


Q2 = indéterminée offre de la firme 2

4
QA* = 50 – 0,5 p* = 37,5 demande du pays A
QB* = 50 – 0,5 p* = 37,5 demande du pays B

D’où : QA* + QB* = 75 demande totale

Puisqu’à l’équilibre du marché, la demande totale (QA* + QB*) est égale à l’offre (Q1* + Q2*),
on en déduit l’offre d’équilibre de la firme 2 : Q2* = QA* + QB* - Q1* = 62,5

Les profits des deux firmes sont :


Π1* = p* Q1* – CT1 (Q1*) = 25 x 12,5 – (12,5)2 = 156,25
Π2* = p* Q2* – CT2 (Q2*) = 25 x 62,5 – 25 x 62,5 = 0 (NB : c’est normal, la firme 2 vend
au prix moyen)

5) Finalement le laissez-faire l’emporte et les deux firmes décident de coopérer (équilibre


d’entente parfaite)

Les deux firmes constituent un cartel. Elles raisonnent alors comme un monopole à 2
établissements afin d’extraire le surplus maximum du marché.
Le programme est donc :
Max Π = RT (Q1 + Q2) - CT1 (Q1) - CT2 (Q2)
Les CPO : Rm = Cm1  100 – 2(Q1+ Q2) = 2Q1 (4)
Rm = Cm2  100 – 2(Q1+ Q2) = 25 (5)

En résolvant le système (4) + (5) on obtient les quantités Q1 et Q2 d’équilibre.


De l’équation (5) on obtient : Q2 = 37,5 – Q1 On remplace dans la (4) et on obtient :

Q1* = 12,5 ; Q2* = 25 => Q* = 37,5 ; p* = 100 – Q* = 62,5

L’équilibre est malthusien4 par rapport à celui de CPP : le prix est plus élevé, la quantité totale
plus faible. Le profit total est :
Π* = p* Q* - CT1 (Q1*) - CT2 (Q2*) = 62,5 x 37,5 – (12,5)2 – 25 x 25 = 1562,5

NB : le profit total des deux firmes est plus élevé que la somme des deux profits en
CPP (cf. question 4).

Tableau résumé :

1) monopole 2) monopole 3) monopole 4) 2 firmes ; 5) 2 firmes,


avec sans avec goûts CPP cartel
discrimination discrimination homogènes
P* PA = 500 / 7 200 / 3 75 25 62,5
PB = 325 / 5
Q* 150 / 7 50 / 3 25 75 37,5
Profit total 892,9 833,3 1250 156,5 1562,5

4
Il y a rationnement sous-optimal de la quantité : la quantité produite (et consommée) est plus faible qu’à
l’optimum.

5
Microéconomie 2ème année Chapitre VI Exercice 6.3

CPP et équilibres de monopole

Deux firmes identiques, dont la fonction de coût total est : CTi = qi2 (avec i = 1,2)

1 200
Fonction de demande inverse du marché : p (Q)   Q  (linéaire)
3 3

1) Entreprises preneuses de prix (équilibre de CPP). Calculez l’équilibre du marché

A l’équilibre de CPP la production de chaque firme est définie par la condition : p = Cmi(qi) :
Offre de la firme 1 : Cm1 = p
 2q1 = p
 q1 = p / 2
Offre de la firme 2 : Cm2= p  2q2 = p  q2 = p / 2

Offre totale : Q = q1+ q2 = p

1 200
Equilibre offre totale / demande : Q  Q
3 3
De cette condition on obtient la quantité d’équilibre de CPP : Q° = 50

Prix d’équilibre de CPP : p° = p(Q°) = 50

Quantités produites par chaque firme : q1° = q2° = 25

Profits à l’équilibre de CPP : Πi° = p° qi° – CTi (qi°) = 50 x 25 – 252 = 625 (avec i = 1,2)

Profit total à l’équilibre de CPP : Π° = Π1° + Π2° = 1250

2) montrez que si les deux firmes s’entendent, la situation correspond à un marché de


monopole simple où la firme a comme fonction de coût total : CT = 0,5 Q2 .
Calculez cet équilibre et comparez avec le précédent.

Si les deux firmes forment un cartel, elles maximisent le profit global :


max Π = RT (Q) – CT1(q1) – CT2(q2)
2 200
Les CPO sont : Rm(q1 + q2) = Cm1(q1)   Q  2q1 (1)
3 3
2 200
Rm(q1 + q2) = Cm2(q2)   Q  2q2 (2)
3 3
Avec Q = q1 + q2

Du système (1) + (2) on déduit que : q1 = q2 .


On peut donc résoudre une des deux équations (1) ou (2) en qi (avec i = 1,2) :

4 200
 qi   2qi  qi* = 20 ; Q* = 40 ; p* = p(Q*) = 160 /
3 3
3;

6
Π* = p* Q* – 2 CTi(qi*) = (160/3) x 40 – 2 x 202 = 1333,33

Comparaison avec l’équilibre de CPP : Q* < Q° ; p* > p° ; Π* > Π°

Une autre manière de trouver l’équilibre avec entente :


Les deux firmes ont la même fonction de coût. On en déduit que q1 = q2 à l’équilibre. La
quantité globale Q est égale à la somme des quantités produites par les deux firmes, donc :
Q = 2qi .

La fonction de coût de l’entente est : CT(Q) = CT1 + CT2 = 2 qi2 = 2 (Q / 2)2 = 0,5 Q2 .

Par conséquent , le programme de l’entente correspond au programme d’un monopole simple


dont la fonction de coût serait : CT = 0,5 Q2
2 200
CPO : Rm = Cm   Q Q
3 3

D’où on obtient : Q* = 40 et tout le reste…

3) Calculez l’équilibre correspondant à la situation suivante :


Action promotionnelle de la nouvelle firme (firme de monopole avec CT = 0,5 Q2) : elle
dépense 350 en publicité et la demande devient : p = - Q + 100 pour 0 < Q < 50
1 200
p  Q pour Q > 50
3 3
NB : la demande devient coudée en Q = 50.
La demande est coudée, il faut envisager deux cas (déterminer 2 équilibres et voir lequel est
convenable).
- pour 0 < Q < 50  Rm = Cm  - 2Q + 100 = Q  Q* = 100/3 solution
convenable

- pour Q > 50  Rm = Cm  -(2/3) Q + 200 /3 = Q  Q* = 40 ne convient


pas !

L’équilibre est donc : Q* = 100/3 ; p* = p(Q*) = -Q* + 100 = 200 / 3 ;

Profit : Π* = p* Q* – CT(Q*) - 350 = (200/3) x (100/3) – 0,5 x (100/3)2 – 350 = 1316,67

4) Montrez que la demande précédente peut se dissocier selon les deux sous-marchés
suivants :
p1 = 100 – Q1 ; p2 = 50 – 0,5 Q2
Calculez l’équilibre si la firme peut appliquer une discrimination au 3ème degré.

Ecrivons les fonctions de demande des deux sous-marchés en forme directe :


Marché 1 : Q1 = 100 - p1 (avec p1 < 100, sinon Q1 = 0)
Marché 2 : Q2 = 100 - 2 p2 (avec p2 < 50, sinon Q2 = 0)

Montrons qu’en agrégeant les deux marchés on obtient la demande coudée de la question 3 :
Agrégation : p1 = p2 = p
Q = Q1 + Q2 = 200 – 3 p si 0 < p < 50
Q = Q1 + Q2 = 100 – p si 50 < p < 100

7
Nous avons retrouvé la fonction de demande coudée de la question 3 (en forme directe).
Fonction de demande agrégée de la question 3:
Fonction de demande inverse Fonction de demande directe
p = - Q + 100 pour 0 < Q < 50 Q = 100 – p pour 0 < p < 50
1 200
p  Q pour Q > 50
3 3 Q = 200 – 3p pour p > 50

On admet que la firme peut appliquer la discrimination au 3ème degré sur les deux marchés
(elle peut donc reconnaître les deux groupes de consommateurs et la revente entre
consommateurs appartenant à des groupes différentes est impossible). Les CPO pour la
maximisation du profit sont :

Rm1(Q1)= Cm (Q1 + Q2) 


100 – 2 Q1 = Q1 + Q2
Rm2(Q2) = Cm(Q1 + Q2)  50 – Q2 = Q1 + Q2

En résolvant ce système on obtient : Q1* = 30


; Q2* = 10 ; Q* = 40

On remplace Q1* et Q2* dans les fonctions de demande respectives et on obtient les prix
d’équilibre (avec discrimination) sur chaque marché :

p1* = 100 – Q1* = 70 ; p2* = 50 – 0,5 Q2* = 45

NB : prix plus élevé sur le marché le plus inélastique.

Le profit de la firme à l’équilibre de monopole avec discrimination est :


Π* = p1* Q1* + p2* Q2* – CT (Q1* + Q2*) = 70 x 30 + 45 x 10 – 0,5 (30 + 10)2 = 1750

NB : profit plus élevé par rapport à l’équilibre de monopole simple.

Il est possible de calculer les profits réalisés respectivement sur le marchés 1 et 2. En effet, la
fonction de coût de la firme est unique : le coût moyen est donc le même quel que soit le
marché concerné : CM(Q*) = CT(Q1*+Q1*) / (Q1*+Q2*) = 0,5 (30 + 10)2 / (30 + 10) = 20

Le profit concernant le marché 1 est alors : Π1* = Q1* ( p1* – CM ) = 30 x (70 – 20) = 1500
Le profit concernant le marché 2 est : Π2* = Q2* ( p2* – CM ) = 10 x (45 – 20) = 250

8
EXERCICE 6.4 : Monopole discriminant

Q1 = 15 – 0,2 p1 ⇔ p1 = 5.(15 – Q1) soit p1 = – 5.Q1 + 75 d’où : Rm = – 10.Q1 + 75


Q2 = 7,5 – 0,05 p2 ⇔ p2 = 20.(7,5 – Q2) soit p2 = – 20.Q2 + 150 d’où : Rm = – 40.Q2 + 150
CT = 5Q² + 6 avec : Q = Q1 + Q2

QUESTION 1

On a deux marchés séparés. La firme en monopole décide de moduler ses tarifs en fonction
du marché auquel appartiennent les clients (sachant que le bien vendu sur les deux marchés
est le même). L’entreprise résout alors le programme suivant :

Max Π = p1(Q1).Q1 + p2(Q2).Q2 – CT(Q1+Q2)


Q1,Q2

Le profit est maximal si Rm1 = Rm2 = Cm

Rm1 = Cm ⇔ – 10.Q1 + 75 = 10.(Q1+Q2) ⇔ – 20Q1 – 10Q2 + 75 = 0 (1)


Rm2 = Cm ⇔ – 40.Q2 + 150 = 10.(Q1+Q2) ⇔ – 10Q1 – 50Q2 + 150 = 0 (2)

(1) – 2.(2) ⇔ 90Q2 – 225 = 0 ⇔ Q2 = 2,5 d’où : p2(2,5) = – 20.2,5 + 150 soit p2 = 100

D’après (1) Q1 = [75 – 10Q2] / 20 soit Q1 = 2,5 d’où : p1(2,5) = – 5.2,5 + 75 soit p1 = 62,5

Q = Q1 + Q2 soit Q = 5

Π1 = (p1 – CM).Q1 = [62,5 – [(5.5²+6)/5]].2,5 soit : Π 1 = 90,75


Π2 = (p2 – CM).Q2 = [100 – [(5.5²+6)/5]].2,5 soit : Π 2 = 184,5
Π = Π1 + Π2 soit : Π = 275,25

On s’intéresse à l’élasticité de la demande par rapport au prix : ei = - [dQi/dpi] / [Qi/pi]

e1 = – [dQ1/dp1] / [Q1/p1] = – (– 0,2) / [2,5/62,5] soit e1 = 5


e2 = – [dQ2/dp2] / [Q2/p2] = – (– 0,05) / [2,5/100] soit e2 = 2

Le calcul des élasticités à partir de l’autre formule est donné dans le poly blanc.

Le marché 1 est plus sensible à une hausse des prix, il est donc logique qu’à l’équilibre le prix
qui soit appliqué sur ce marché soit inférieur au prix sur le marché 2 : e1 > e2 ⇒ p1 < p2 (cf.
supra).

Les prédictions théoriques (règle des élasticités inverses) sont donc bien vérifiées : le prix du
produit est le plus élevé sur le marché où la demande est la plus inélastique (e d/p plus faible).
Le tarif du monopole dépend donc bien des caractéristiques de la demande.

9
QUESTION 2

On suppose que les deux marchés sont réunis. Désormais, l’entreprise ne peut plus pratiquer
de discrimination par les prix. En effet, le monopole n’est en mesure de pratiquer une
discrimination par les prix que lorsque le bien produit par le monopole ne peut pas être
revendu par un client bénéficiant d’un prix bas à un client qui paie un tarif plus élevé
(hypothèse de non transférabilité des produits), ce qui n’est plus le cas. Les deux marchés ne
sont plus "étanches". Le monopoleur ne peut donc plus vendre un même produit à ces deux
marchés à un prix différent. Il vient qu’on a désormais : p1 = p2 = p (prix unique sur le
marché). On est ainsi ramenés au cas du monopole simple. On sait que la firme fera dans ce
cas un profit global moindre. On obtient alors une courbe de demande coudée en sommant les
quantités demandées sur les deux marchés pour un prix donné (sommation horizontale).

p
150

coude

75
marché 2

demande
marché 1
agrégée

3, 75 7,5 15 22,5 q
= 7,5 – 0.,05.75

La demande agrégée sera une demande coudée, avec un coude en (3,75 ; 75).

♦ Si p > 150, la demande est nulle car les consommateurs des groupes 1 et 2 ne sont pas prêts
à payer le bien au-delà de p = 150 pour 2 et p = 75 pour 1 (si p > 150 personne n’est servi).
Pour que Q1 soit positif il faut que 15 – 0,2 p1 > 0 ⇔ p1 < 75
Pour que Q2 soit positif il faut que 7,5 – 0,05 p2 > 0 ⇔ p2 < 150

♦Si p ε [75 ; 150] alors seul le groupe 2 est prêt à payer (partie à gauche du coude donc
Q ≤ 3,75). La demande globale se confond alors avec la demande du groupe 2 (Q1 = 0).

On a alors : Q = Q2 = 7,5 – 0,05 p ⇔ p = 150 – 20Q d’où : Rm = – 40Q + 150


Or : Cm = 10Q d’où Rm = Cm (condition d’équilibre du monopole simple)
⇔ – 40Q + 150 = 10 Q ⇔ Q = 3 (cette solution convient car Q ≤ 3,75).
Il vient : p(3) = 150 – 20.3 soit p = 90

On a aussi : Π = (p – CM).Q = [90 – (5.3 + 6/3)].3 soit : Π = 219


Par ailleurs, e = - [dQ/dp] / [Q/p] soit ici : e = – (– 0,05) / (3/90) soit e = 1,5

10
♦Si p ε [0 ; 75] alors les deux groupes sont prêts à payer (partie à droite du coude donc
Q ≥ 3,75). La demande globale est donnée par la somme horizontale des demandes des
groupes 1 et 2 (il s’agit de sommer les quantités demandées pour un même prix).

On a alors : Q = Q1 + Q2 soit Q = (15 – 0,2 p) + (7,5 – 0,05 p) ou encore : Q = 22,5 – 0,25 p


⇔ p = 90 – 4Q d’où : Rm = – 8 Q + 90

Rm = Cm (condition d’équilibre du monopole simple) ⇔ – 8 Q + 90 = 10Q ⇔ Q = 5 (cette


solution convient car Q ≥ 3,75). Il vient : p(5) = 90 – 4.5 soit p = 70
On a aussi : Π = (p – CM).Q = [70 – (5.5 +6/5)].5 soit : Π = 219
Par ailleurs, e = - [dQ/dp] / [Q/p] soit ici : e = – (– 0,25) / (5/70) soit e = 3,5

On a donc deux cas possibles pour lesquels le profit réalisé est identique (Π = 219 : on vérifie
au passage que le profit est moindre par rapport à celui réalisé en cas de discrimination). On
choisit finalement Q = 3 car dans ce cas là les consommateurs sont beaucoup moins sensibles
à des variations de prix (aux alentours de l’équilibre).

EXERCICE 6.5 : Monopole public

On rappelle que les monopoles peuvent trouver leur origine dans la protection accordée par la
puissance publique à une entreprise particulière.

QUESTION 1

A court terme, la capacité installée est fixe (Q = 10). Par conséquent : CTCT = q² + 10q

Il vient : CmCT = 2q + 10

La mission d’un monopole public étant d’être au service de la collectivité, la théorie micro-
économique prescrit que sa politique de prix doit être Pareto-optimale. La firme tarifie par
conséquent au coût marginal (afin de maximiser le surplus collectif)5. On peut éventuellement
rappeler qu’une telle tarification pose problème en pratique, notamment en présence de
rendements croissants (déficit d’exploitation).

p = CmCT ⇔ – 4q + 58 = 2q + 10 ⇔ q = 8

Notons que l’entreprise a alors des capacités de production inutilisées (car q<Q), ce qui
génère une certaine inefficacité productive.

On reporte dans la fonction de demande inverse : p(8) = – 4.8 + 58 soit : p = 26

Π = p.q – CT = 26.8 – (8² + 10.8) soit : Π = 64


Sc = [(58 – 26).8].[1/2] soit Sc = 128

A long terme, la capacité de production n’est plus fixe (elle devient un « coût variable »).
Etant donné que δCT/δQ = q ≥ 0, la firme voit ses coûts de production croître à mesure que
les capacités installées s’agrandissent. La firme va donc chercher à minimiser ses coûts sous
5
En toute rigueur, la firme tarifie plus exactement au coût marginal social de long terme (cf. deuxième partie de
la question).

11
contrainte que les capacités de production restent supérieures ou égales à la quantité produite
(Q≥q). En définitive, le coût total est minimum par rapport à Q si Q = q.

Il vient : CTLT = q² + Q.q = q² + q² = 2q²

p = CmLT ⇔ – 4q + 58 = 4q soit q = 7,25


p(7.25) = – 4.7,25 + 58 soit : p = 29
Π = p.q – CT = 29.7,25 – 2.(7,25²) soit : Π = 105,125
Sc = [(58 – 29).7,25].[1/2] soit Sc = 105,125

La quantité produite a baissé (le prix a quant à lui augmenté). L’entreprise est en situation de
surcapacité, car Q = 10 alors que la quantité produite est inférieure (existence d’un slack).
L’entreprise doit par conséquent désinvestir.

QUESTION 2

Les usagers estiment que le monopole public n’est pas là pour faire du profit. La
maximisation du surplus social sous contrainte d’équilibre budgétaire (Π = 0) conduit à
tarifier au CM et fournit la plus grande production possible pour l’économie (optimum de
second rang).

p = CMCT ⇔ – 4q + 58 = q + 10 car : CMCT = CTCT/q = [q² + 10q] / q

Il vient : q = 9,6 (conformément à la prédiction théorique, la production a bien augmenté).

p(9,6) = – 4.9,6 + 58 soit : p = 19,6


Π = 0 car p = CM
Sc = [(58 – 19,6).9,6].[1/2] soit Sc = 184,32

On constate que les prix sont plus bas et que Sc a augmenté. Les usagers pouvaient donc
légitimement se plaindre. Cependant, il s’agit là d’un raisonnement purement égoïste
(perspective individualiste) car le surplus collectif a été réduit par rapport à la situation
précédente (le surplus global passe en effet de 210,25 à 184,32). Il y a donc eu détérioration
parétienne. Dans une perspective strictement utilitariste qui ne laisse pas de place pour les
critères de justice sociale, il n’y a donc pas de raison de passer de la première situation à la
nouvelle situation et donc d’accepter cette proposition (peu importe que la tarification soit
plus "morale" : cette considération n’est pas intégrée dans la logique parétienne).

EXERCICE 6.7 : Le monopole à la Baumol (cf. poly blanc)

EXERCICE 6.8 : Divers cas de discrimination

On a affaire à deux groupes de 1000 consommateurs.

q1 = 0.1 – [1/1000].p1 ⇔ Q1 = 1000q1 = 100 – p1 (ou : p1 = 100 – Q1)


q2 = 0.04 – [1/2000].p2 ⇔ Q2 = 1000q2 = 40 – (1/2).p2 (ou : p2 = 80 – 2Q2)
CT = 20Q

QUESTION 1a : MONOPOLE SIMPLE

12
Dans le cas d’un monopole simple p1 = p2 = p. La demande agrégée possède un coude en
(20,80). En effet, comme il y a deux demandes différentes, le monopole va faire face à une
demande coudée (cf. supra pour d’avantage d’explications).

p
coude
100
80
groupe 1

groupe 2

20 40 100 140 q
= 100 - 80

♦ Si p > 100, la demande est nulle car les consommateurs des groupes 1 et 2 ne sont pas prêts
à payer le bien au-delà de p = 100 pour 1 et p = 80 pour 2.
Pour que Q1 soit positif il faut que 100 – p1 > 0 ⇔ p1 < 100
Pour que Q2 soit positif il faut que 40 – (1/2).p2 > 0 ⇔ p2 < 80

♦Si p ε [80 ; 100] alors seul le groupe 1 est prêt à payer (partie à gauche du coude (20,80)
donc Q ≤ 20). La demande globale se confond alors avec la demande du groupe 1.
On a alors : Q = 100 – p ⇔ p = 100 – Q d’où : Rm = – 2Q + 100
Or : Cm = 20 d’où Rm = Cm (condition d’équilibre du monopole simple) ⇔ – 2Q + 100 = 20
⇔ Q = 40 ce qui est impossible car Q ≤ 20.

♦Si p ε [0 ; 80] alors les deux groupes sont prêts à payer (partie à droite du coude (20,80)
donc Q ≥ 20). La demande globale est donnée par la somme horizontale des demandes des
groupes 1 et 2.
On a alors : Q = (100 – p) + (40 – (1/2).p) soit Q = 140 – (3/2).p ⇔ p = – (2/3).Q + (280/3)
Rm = – (4/3).Q + (280/3)

Rm = Cm (condition d’équilibre du monopole simple) ⇔ – (4/3).Q + (280/3) = 20 ⇔ Q = 55


(cette solution convient car Q ≥ 20) d’où : p(55) = – (2/3).55 + (280/3) soit p = 170/3

Comme les deux marchés sont servis, on cherche Q1 et Q2 :

Q1 = 100 – p = 100 – (170/3) soit Q1 = 130/3


Q2 = 40 – (1/2).p = 40 – (1/2).(170/3) soit Q2 = 35/3

Π = p.Q – CT = (170/3).55 – 20.55 soit Π = 6050/3

On cherche désormais le surplus des consommateurs

13
p

100 A
80 B C
p = 170/3

Demande
agrégée

20 55 140 q

Surface zone A : [(100 – 80).20].(1/2) = 200


Surface zone B : (80 – (170/3)).20 = 1400/3
Surface zone C : [(80 – (170/3)).(55 – 20)].(1/2) = 408,33

Sc = Zones A + B + C soit Sc = 1075

Etudions la manière dont se répartit le surplus entre les deux groupes de consommateurs.

Sc1 = [(100 – 170/3).(130/3)].(1/2) = 938,89


Sc2 = [(80 – 170/3).(35/3)].(1/2) = 136,11

On vérifie que 938,89 + 136,11 = 1075

Le surplus global (Sg) vaut alors : Sg = Sc + Π = 1075 + 6050/3 soit Sg = 3092

QUESTION 1b : OPTIMUM DE PARETO

La règle d’efficience en cpp est donnée par l’égalité p = Cm (condition d’équilibre pour que la
situation soit optimale au sens de Pareto) : p = Cm ⇔ p = 20

On a montré supra que pour p ≤ 80 (à droite du coude) on a Q = 140 – (3/2).p d’où Q = 140 –
(3/2).20 soit Q = 110.

On cherche le profit du monopole : Π = p.Q – CT = 20.110 – 20.110 soit Π = 0


On cherche le surplus des deux groupes de consommateurs.

14
p

100 A
80

C
B

p = 20

20 110 140 q
Surface zone A : [(100 – 80).20].(1/2) = 200
Surface zone B : (80 – 20).20 = 1200
Surface zone C : [(80 – 20).(110 – 20)].(1/2) = 2700

Sc = Zones A + B + C soit Sc = 4100


Le surplus global (Sg) est obtenu ainsi : Sg = Sc + Π = 4100 + 0 soit Sg = 4100 (le surplus
social est maximal à l’optimum de Pareto).

QUESTION 2a : DISCRIMINATION DU 1ER


DEGRÉ

On suppose que le monopoleur dispose d’une information parfaite qui lui permet de vendre
chaque unité à son prix de demande. Chaque consommateur achète donc chaque unité au prix
maximum. On montre que le prix de l’unité marginale est égal au coût marginal. On a alors :

p1(Q1) = Cm ⇔ 100 – Q1 = 20 ⇔ Q1 = 80
p2(Q2) = Cm ⇔ 80 – 2Q2 = 20 ⇔ Q2 = 30
Q = 110
p(110) = – (2/3).110 + (280/3) car Q > 20 (à droite du coude) soit p = 20

La quantité d’équilibre est donc la même qu’en cpp (on est à l’OP : résultat prévisible d’après
le cours). Le surplus social est maximal, mais le producteur capte tout ce surplus (tout le
surplus social est transformé en profit). Or Sg = 4100 à l’OP d’après la question précédente. Il
vient Π = 4100 et Sc = 0.

QUESTION 2b : DISCRIMINATION DU 3ÈME DEGRÉ

Le monopole est établi sur deux marchés distincts et chaque groupe d’individus constitue un
marché. Le programme de maximisation du profit est :

Max Π = p1(Q1).Q1 + p2(Q2).Q2 – CT(Q)

Rm1 = Rm2 = Cm est donc la règle optimale de détermination des prix.

Rm1 = Cm ⇔ 100 – 2Q1 = 20 car : CT = 20.(Q1 + Q2)


On trouve Q1 = 40 d’où p1 = 100 – 40 soit p1 = 60

15
Rm2 = Cm ⇔ 80 – 4Q2 = 20 ⇔ Q2 = 15 d’où p1 = 80 – 2.15 soit p2 = 50

On a donc : Q = Q1 + Q2 soit Q = 55

On cherche le profit du producteur.

Π1 = (p1 – CM).Q1 = (60 – 20).40 = 1600


Π2 = (p2 – CM).Q2 = (50 – 20).15 = 450
Π = Π1 + Π1 soit Π = 2050

Cette discrimination du 3ème degré permet d’obtenir un profit plus important par rapport au cas
du monopole simple.

On s’intéresse à : ei = - [dQi/dpi] / [Qi/pi] ou ei = pi/[pi – Cm] avec i = 1,2

e1 = p1/[p1 – Cm] = 60 / (60 – 20) soit e1 = 1,5


e2 = p2/[p2 – Cm] = 50 / (50 – 20) soit e2 = 1,67

Les prédictions théoriques (règle des élasticités inverses) sont donc bien vérifiées : le prix du
produit est le plus élevé sur le marché où la demande est la plus inélastique (ed/p plus faible). Il
s’agit ici du marché 1. En résumé : e1 < e2 ⇒ p1 > p2. Le tarif du monopole dépend donc bien
des caractéristiques de la demande.

On cherche les surplus des consommateurs des deux groupes.

Sc1 = [(100 – 60).40].(1/2) soit Sc1 = 800


Sc2 = [(80 – 50).15].(1/2) soit Sc2 = 225
Sc = Sc1 + Sc2 soit Sc = 1025

Etant donné que le prix unique du monopole simple (170/3 = 56,67) est intermédiaire au prix
différenciés (p1 = 60 et p2 = 50), les consommateurs qui ont une demande élastique (groupe 2)
bénéficient d’un surplus supérieur par rapport au cas du monopole simple (225>136,11) parce
qu’on leur pratique désormais un prix plus bas (et vice versa pour le groupe 1 : 800<938,89).

On cherche le surplus global : Sg = Sc + Π = 1025 + 2050 soit Sg = 3075

Ici, le surplus global a légèrement diminué par rapport au cas du monopole simple. Rappelons
que de manière générale, on ne peut pas conclure quant aux conséquences de cette
discrimination du 3ème degré sur le bien-être collectif.

QUESTION 2c : DISCRIMINATION DU 2 ÈME


DEGRÉ (cf. correction faite en cours)

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