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Techniques de Dégraissage Sécurisé

Le document décrit les techniques et produits utilisés pour le dégraissage des métaux, en mentionnant les solutions aqueuses, les solvants organiques halogénés et non halogénés. Il aborde ensuite les contraintes réglementaires concernant la santé et l'environnement.

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Techniques de Dégraissage Sécurisé

Le document décrit les techniques et produits utilisés pour le dégraissage des métaux, en mentionnant les solutions aqueuses, les solvants organiques halogénés et non halogénés. Il aborde ensuite les contraintes réglementaires concernant la santé et l'environnement.

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I

FICHE PRATIQUE 30, rue Olivier-Noyer


75680 Paris Cedex 14
Tél. : 01 40 44 30 00
DE SÉCURITÉ Fax : 01 40 44 30 41
Internet : [Link]
e-mail : info@[Link]

ED 48
Dégraissage des métaux
Choix des techniques et des produits
Par J.-C. Mahieu et C. Boust - Département RCB

L’arrêt total de la production de certains solvants


halogénés tels que le 1,1,1-trichloroéthane (T-
111) et le 1,1,2-trichloro-1,2,2-trifluoroéthane
(CFC-113) qui étaient largement utilisés pour le
nettoyage des pièces industrielles en raison de
leur ininflammabilité et de leur action modérée
sur la santé a imposé aux industriels la recherche
de solutions nouvelles. De plus, des réglemen-
tations concernant l’environnement et la santé
de l’homme au travail, récemment adoptées,
augmentent les contraintes imposées aux in-
dustriels. Toutes les personnes concernées par la
prévention des risques professionnels sont im-
pliquées dans la recherche de solutions pour
prendre en compte dans les meilleures condi-
tions ces nouvelles contraintes. Les solutions en-
visageables peuvent entraîner des modifications
importantes au poste de travail nécessitant de
réévaluer la nature et le niveau de risque et
d'adapter les mesures de prévention.

C PRATIQUE propose un rappel des


ETTE FICHE PRATIQUE
techniques et des produits utilisables puis
présente les contraintes réglementaires actuelles.
Pour traiter des pièces de petites dimensions, un
procédé mécano-chimique est également appli-
cable. Dans ce type de traitement, les pièces sont
basse température. L'immersion a lieu en bain
mort ou en bain agité. L'agitation est assurée par
différents moyens tels qu'un agitateur méca-
Elle propose enfin une démarche de prévention agitées au contact d'un abrasif, éventuellement en nique, une pompe de circulation, l'injection d'air
pour faire face à ces mutations importantes et ai- présence de solutions dégraissantes ou décapantes. comprimé ou l'action des ultrasons.
der les utilisateurs à choisir le produit et la tech- Dans le cas de l'aspersion, la solution dégraissante
nique de mise en œuvre les plus adaptés à l’opé- Les solutions aqueuses est projetée sur les pièces dans des installations
ration spécifique de nettoyage à entreprendre. (ou lessives ou produits fixes telles que des enceintes ou des tunnels sous
lessiviels aqueux) une pression de 1 à 4 bar, à une température voi-
sine de 60°C. L'aspersion peut se faire également
Il s'agit de mélanges complexes contenant des phos- à la lance avec de la lessive seule ou par projection
LES PRODUITS phates, silicates, hydroxydes, agents tensio-actifs mixte de vapeur et de lessive sous 30 ou 40 bar.
ET LES TECHNIQUES en solution dans l'eau. La formulation de ces pro- Après traitement il est souvent nécessaire de sé-
duits est généralement adaptée à l'opération spéci- cher les pièces.
Pour le dégraissage chimique, il existe une large fique à réaliser. Les solutions aqueuses sont effi-
variété de produits que l’on peut classer en trois caces pour une majorité de salissures organiques. Vis-à-vis de l'environnement, ce mode de dégrais-
familles : sage met en œuvre des volumes importants de
◗ les solutions aqueuses, Les deux procédés principaux sont l'immersion ou bains qu'il est nécessaire de traiter avant rejet.
◗ les solvants organiques halogénés, traitement « au trempé » et l'aspersion.
◗ les solvants organiques non halogénés. Dans le cas de l'immersion, les pièces peuvent Les risques pour la santé sont essentiellement
être accrochées sur un support, placées en vrac liés au caractère caustique ou irritant de ces pro-
Les principales techniques de mise en œuvre sont dans un panier si elles n'offrent pas de possibi- duits. Le risque est important lors de la manipu-
les suivantes : lité de rétention (présence de cavités) ou mises lation des produits concentrés, en particulier au
◗ opération manuelle ou automatique, dans un tonneau rotatif si elles supportent des moment de la préparation des bains où il faut
◗ trempage ou pulvérisation, chocs légers. Les bains sont fréquemment chauf- craindre des projections. Les bains à 60°C et plus
◗ application à chaud ou à froid. fés entre 50°C et l'ébullition. Cependant, il existe émettent des aérosols alcalins irritants pour les
des produits de dégraissage qui travaillent à voies respiratoires.

FICHE PRATIQUE DE SÉCURITÉ ED 48 1


Les solvants organiques des effets plus ou moins néfastes sur la faune et La réglementation européenne définit une clas-
halogénés la flore ainsi que sur la santé humaine. sification et un étiquetage des produits chi-
De nombreux produits de cette catégorie sont in- miques dangereux (directive 67/548/CEE) tout
Il s’agit d’hydrocarbures comportant un ou plu- flammables. Le personnel appelé à les manipuler en identifiant les produits cancérogènes.
sieurs atomes d’halogènes, principalement de est donc exposé directement à des risques
chlore (Cl), de fluor (F) ou de brome (Br). d'incendie et d'explosion. De plus, une exposition
Les solvants chlorés sont largement utilisés in- aiguë ou chronique aux vapeurs de solvants Classification CE des
dustriellement. Ils sont d’excellents nettoyants entraînera des troubles neurotoxiques (atteinte
pour les huiles et cires minérales et végétales, les du système nerveux) et psychophysiologiques
substances cancérogènes
goudrons, les polymères… Ils sèchent rapide- (insomnie, troubles du comportement…).
◗ Catégorie 1 : substances que l’on sait être
ment et sont ininflammables. Les plus courants,
cancérogènes pour l'homme ; phrase de risque
principalement pour les opérations de dégrais-
R45 « Peut causer le cancer »
sage des métaux, étaient, jusqu'à l’application LES CONTRAINTES
des nouvelles réglementations, les produits sui- RÉGLEMENTAIRES ◗ Catégorie 2 : substances devant être assi-
vants : milées à des substances cancérogènes pour
◗ 1,1,1-trichloroéthane (T 111), La santé des salariés l’homme ; phrase de risque R45 « Peut causer
◗ tétrachloroéthylène (perchloroéthylène), le cancer »
◗ trichloroéthylène, Tous les solvants ont un effet néfaste sur la santé ◗ Catégorie 3 : substances préoccupantes
◗ 1,1,2-trichloro-1,2,2-trifluoroéthane humaine. Les solvants organiques utilisés indus- pour l'homme en raison d’effets cancérogènes
(CFC 113), triellement sont, pour la plupart, susceptibles de possibles mais pour lesquelles les informa-
◗ dichlorométhane (chlorure de méthylène). provoquer des maladies professionnelles et appa- tions disponibles ne permettent pas une éva-
raissent dans les tableaux des maladies profes-
luation suffisante ; phrase de risque R40
Leur mise en œuvre s'effectue à froid ou à chaud, sionnelles du régime général de la Sécurité so-
« Peut provoquer des effets irréversibles »
au trempé, en phase gazeuse ou en dégraissage ciale. Les tableaux correspondants aux solvants
mixte (trempé et phase vapeur). Les ultrasons utilisés dans le domaine du dégraissage sont :
sont également utilisés pour faciliter l'action des Pour les préparations, il faut tenir compte des
solvants. 4 bis Affections gastro-intestinales provoquées concentrations suivantes :
par le benzène, le toluène, les xylènes et ■ Si la préparation contient un produit de ca-
tous les produits en renfermant
Il a été mis en évidence, il y a quelques années, tégorie 1 ou 2 à une concentration supérieure
que certains solvants halogénés avaient une ac- 9 Affections provoquées par les dérivés à 0,1 %, l'étiquette doit porter la phrase de
tion destructrice sur la couche d’ozone, ce qui a halogénés des hydrocarbures aromatiques risque R45.
amené les autorités environnementales des Na- 12 Affections professionnelles provoquées ■ Si la préparation contient un produit de ca-
tions Unies à interdire la production de plusieurs par les dérivés halogénés de certains tégorie 3 à une concentration supérieure à
solvants chlorés dont le T111 et le CFC113. hydrocarbures aliphatiques 1 %, l'étiquette doit porter la phrase de risque
59 Intoxications professionnelles par l’hexane R40.
Par ailleurs, les solvants halogénés sont nocifs ou
toxiques pour la santé humaine. En cas d’inges- 84 Affections engendrées par les solvants
tion ou d’exposition par inhalation, aiguë ou organiques liquides à usage professionnel : Parmi les solvants utilisés en dégraissage, le tri-
chronique, ils peuvent avoir un impact sur le sys- hydrocarbures liquides aliphatiques, chloroéthylène vient d’être classé, par la com-
tème nerveux et sur des organes comme le foie. alicycliques, hétérocycliques, aromatiques mission européenne, cancérogène catégorie 2
Quelques solvants chlorés sont suspectés d’être et leurs mélanges (white-spirit, essences (R45 « Peut causer le cancer ») et deux autres
spéciales), dérivés nitrés des hydrocarbures
cancérogènes ou mutagènes. sont classés en catégorie 3 (R40 « Peut provoquer
aliphatiques, acétonitrile, alcools,
des effets irréversibles »), il s'agit du dichloro-
aldéhyde, cétone, esters, éthers dont
Les solvants organiques le tétrahydrofurane, glycols et éthers, méthane et du perchloroéthylène.
non halogénés diméthylformamide, diméthylsulfoxyde
Le décret du 1er février 2001, établissant des
Ces produits agissent par dissolution ou émul- règles particulières de prévention des risques
sion. Les solvants hydrocarbonés tels le toluène, Des valeurs moyennes de limites d’exposition des cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la re-
le xylène, le white-spirit ou le kérosène avaient salariés sont recommandées pour la prévention production, a renforcé les contraintes liées à
été progressivement abandonnés au profit des des maladies professionnelles. Elles correspon- l’utilisation de ces produits en introduisant no-
solvants chlorés. Seuls subsistaient le white-spi- dent aux niveaux de concentration de solvant tamment une obligation de substitution par un
rit et des hydrocarbures lourds à température dans l’atmosphère à ne pas dépasser. solvant moins dangereux.
d'ébullition au moins égale à 200°C et à point
d'éclair supérieur à 80°C.
Exemples de valeurs limites d'exposition de solvants dans l'air des lieux de travail
Un retour vers les solvants pétroliers est actuel- (VME : valeur moyenne d'exposition : valeur moyenne maximale admissible pour 8 h/j)
lement amorcé. Ils interviennent le plus souvent (VLE : valeur limite d'exposition : valeur maximale mesurée sur 15 minutes)
dans des compositions en association avec
Méthyléthyl Vapeurs
d'autres solvants. Des mélanges d'hydrocarbures Dichloro- Tétrachloro- Trichloro- Toluène Cétone Hydrocarbures
et de solvants chlorés sont proposés aux utilisa- méthane éthylène éthylène en C6 - C12
(MEC)
teurs. Des émulsions d'hydrocarbures en milieu
VME ppm 50 50 75 100 200
aqueux sont également présentées.
VME mg/m3 180 335 405 375 600 1000(1)
Les risques pour l'environnement proviennent de VLE ppm 100 200 150
la volatilité de ces solvants dont les vapeurs se re- VLE mg/m3 350 1080 550
trouvent dans l’atmosphère et réagissent, sous l’ef-
fet de la lumière, pour créer de l’ozone et divers (1) Une valeur d’objectif de 500 mg/m3 est prévue par la circulaire du 12/07/93
composés nocifs. Tous ces polluants présentent

2 FICHE PRATIQUE DE SÉCURITÉ ED 48


D ÉGRAISSAGE DES MÉTAUX
L’environnement
La réglementation « environnement »
Les nouvelles réglementations qui se mettent
◗ Règlement (CE) 2037/2000 relatif à des sub- qu’aux émissions de toute
en place pour la protection de l'environne-
stances qui appauvrissent la couche d'ozone. nature des installations
ment visent les objectifs suivants :
◗ Directive européenne 1999/13/CE relative à classées pour la protection
◗ Protéger la couche d'ozone stratosphérique.
la réduction des émissions des composés or- de l’environnement soumises à autorisation.
◗ Diminuer l'effet de serre.
ganiques volatils dues à l’utilisation de sol-
◗ Réduire les polluants photochimiques en
vants organiques dans certaines activités et La réglementation concernant les produits qui
particulier l'ozone troposphérique formé à
installations. appauvrissent la couche d'ozone a abouti, no-
partir des émissions d'oxydes d'azote (NOx)
◗ Arrêté du 29 mai 2000 portant modification tamment, à l’interdiction de produire, d’im-
et des composés organiques volatils (COV).
de l’arrêté du 2 février 1998 relatif aux prélè- porter et d’utiliser certains solvants halogénés
vements et à la consommation d’eau ainsi (voir le tableau ci-dessous).
Des accords internationaux [protocole de
Montréal (1987) amendé à Londres (1990) Calendrier de réduction de la production des produits portant atteinte à la couche d'ozone
puis à Copenhague (1992)] fixent les objec- suivant le règlement CE 2037/2000
tifs de réduction de la production et de l'uti-
Arrêt de la production Arrêt d’utilisation
lisation des solvants halogénés susceptibles
Tétrachlorure de carbone 1er janvier 1995 2000
de porter atteinte à la couche d'ozone. Ces ac-
CFC 113 1er janvier 1995 2000
cords ont été approuvés par la Communauté
1,1,1-trichloroéthane 1er janvier 1996 2000
européenne. L'action de ces produits est éva-
Hydrobromofluorocarbures 1er janvier 1996 2000
luée en fonction d'un facteur appelé poten-
HCFC tel que le 141b réduction entre 2008 et 2025 01/01/2002
tiel d'appauvrissement de la couche d'ozone
(en tant que solvant)
(ODP). C'est l'oxyde de chlore qui intervient
dans le cycle de décomposition de l'ozone.
De plus, la directive européenne 1999/13/CE(1) de 0,1 kg/h de rejet atmosphérique pour les
relative à l'environnement impose de nouvelles solvants halogénés étiquetés R40 (cas du chlo-
De même, de nouvelles règles de réduction de
contraintes concernant les rejets atmosphé- rure de méthylène et du perchloroéthylène).
l'émission des composés organiques volatils
riques. On peut noter, par exemple, l’obligation Il n'est pas certain que toutes les machines
ont été fixées (protocole de Genève). L'action
de respecter une concentration limite de com- actuellement disponibles sur le marché puis-
des COV pour la formation d'ozone tropo-
posés organiques volatils (COV) dans les rejets sent satisfaire à cette prescription relative à
sphérique est appréciée en fonction de la dé-
atmosphériques qui sera de 20 mg/m3 à partir l'environnement.
termination d'un coefficient appelé POCP
(Photochemical Ozone Creating Potential). (1) Cette directive a été transposée en droit français par l’arrêté du 29/05/2000 pour les installations classées
pour la protection de l’environnement soumises à autorisation. La transposition de la directive pour les instal-
lations soumises à déclaration est en cours.

ÉVOLUTION DES PRODUITS


ET DES MACHINES
Les solvants organiques non halogénés : on as- Les machines
Les produits siste à un retour des solvants pétroliers mais
leurs caractéristiques d’inflammabilité en font Les machines mettant en œuvre ces différentes
Les solutions aqueuses : il est possible de tra- des produits dangereux à utiliser. Certains four- familles de produits ont également évolué. Les
vailler à des températures plus basses avec des nisseurs proposent donc des mélanges de sol- fabricants développent de plus en plus des ma-
produits moins agressifs (au voisinage de la neu- vants constitués sur la base de coupes pétrolières chines complètement fermées pendant la phase
tralité) en raison de l'amélioration des perfor- qui incorporent des solvants halogénés avec de traitement. Pour les solvants la condensation
mances de certaines compositions tensio-actives. d'autres familles de produits tels que les éthers peut se faire à basse température (jusqu'à -40°C)
Des techniques d'ultrafiltration permettent de ré- de glycol. La présence de solvant halogéné dans à l’aide d’un groupe frigorigène.
cupérer une partie des lessives et de séparer les un mélange permet d’augmenter fortement le
huiles. L'osmose inverse appliquée aux bains de point d'éclair apparent. On parle alors de « point Normes européennes pour
rinçage permet de récupérer de l'eau purifiée uti- éclair masqué » et il y a risque de formation
lisée pour maintenir la concentration des bains d'une atmosphère explosive lorsque le mélange
les machines de nettoyage
et compenser l'évaporation. s'appauvrit en solvant halogéné au cours de l'uti- Le groupe de travail n°1 du Comité tech-
lisation. Les produits ayant cette caractéristique nique 271 du CEN est en train d'élaborer des
Les solvants organiques halogénés : leur emploi seront identifiés par la phrase de risque R30 normes de sécurité concernant les machines
pour le dégraissage à froid nécessite l'installation « Peut devenir facilement inflammable pendant utilisées pour les opérations de nettoyage des
d'un dispositif de ventilation efficace afin de l’utilisation ». pièces industrielles en application de la direc-
maintenir la salubrité de l'air au poste de travail. tive européenne sur la sécurité des machines
Leur emploi en machine impose d'utiliser une Les solvants autres que les solvants pétroliers : (CEE/89/392).
machine parfaitement conçue pour émettre le ce sont des produits tels que les terpènes, les Le projet de norme est divisé en quatre parties :
moins de vapeur possible à l'atmosphère. Les ma- éthers de glycol… Tous ces produits sont visés Pr EN 12921-1 - Exigences générales
chines de type fermé sont recommandées et il par le tableau de maladies professionnelles Pr EN 12921-2 - Machines utilisant
faut proscrire l’utilisation de fontaine pour usage n° 84 relatif aux affections engendrées par les des solutions aqueuses
à froid. solvants organiques. Les terpènes sont de plus Pr EN 12921-3 - Machines utilisant
visés par le tableau n° 65 relatif aux lésions ec- des solvants
De nouvelles substances apparaissent sur le mar- zématiforme de mécanisme allergique. Les inflammables
ché pour pallier les restrictions grandissantes éthers de glycol sont peu volatils mais agissent Pr EN 12921-4 - Machines utilisant
(exemple des HFE : hydrofluoroéther). Ces pro- sur l'organisme par pénétration percutanée et des solvants halogénés
duits sont ininflammables mais leur pouvoir sol- certains d’entre eux ont des effets toxiques sur
vant est généralement faible. l’homme.

FICHE PRATIQUE DE SÉCURITÉ ED 48 3


Bibliographie
DÉMARCHE DE PRÉVENTION
■ Guide de choix et d’utilisation des solvants et ■ Valeurs limites d’exposition professionnelles
Généralités dégraissants industriels. Centre technique des aux agents chimiques en France. ND 2098, INRS,
industries mécaniques (CETIM), Aérospatiale, Paris, 1999.
Il faut considérer que l'opération de dégraissage Senlis, 1998.
■ Les incidences de la directive COV sur la
est une opération spécifique qui fait intervenir
■ Les maladies professionnelles. Aide-mémoire prévention. Travail et sécurité, septembre 1998,
de nombreux paramètres tels que :
juridique 19. TJ 19, INRS, Paris, 2000. INRS, Paris, pp. 36 à 39.
◗ la nature des pièces,
◗ le type de salissure, ■ Classification, emballage et étiquetage des ■ Solvants de dégraissage, critères de choix et
◗ le degré de salissure, substances et préparations chimiques dangereuses. mesures de prévention. ED 95, INRS, Paris, 2001.
◗ la qualité du nettoyage souhaité, Guide de classification et d’étiquetage. ND 1961,
◗ le nombre de pièces à traiter, INRS, Paris, 1998.
◗ les caractéristiques du poste de travail qu'il
est possible d'installer.

Pour toute nouvelle opération de dégraissage ou Dégraissage en machine sitif de captage des vapeurs enveloppant ou d'un
lorsqu'un changement du procédé ou du produit dosseret aspirant. Il faut aussi équiper l'installa-
est envisagé, il est nécessaire d'étudier l’ensemble Tous les dispositifs nécessaires pour empêcher tion des accessoires adaptés (paniers, pinces,
des caractéristiques de l'opération à effectuer de l'exposition du personnel aux vapeurs de solvants etc.) pour éviter le contact direct des pièces avec
façon à prendre en compte tous les paramètres doivent être pris en compte. Dans ce cadre, l’uti- la main de l’opérateur.
qui interviennent. Il faut simultanément s'inter- lisation de machines fermées, équipées de sys-
roger sur les moyens de mise en œuvre possibles tèmes de condensation fonctionnant avec des Des machines fermées, type « boîte à gants »,
et sur le produit utilisable. groupes frigorifiques se révèle être une solution permettant le dégraissage manuel des pièces,
dans de nombreux cas, en particulier lors de l’uti- commencent à apparaître sur le marché.
Il convient de suivre les principes suivants : lisation de solvants halogénés.
◗ Il ne faut pas chercher systématiquement à De plus, pour satisfaire aux exigences environ-
remplacer un produit par un autre mais il faut au nementales, tous les évents vers l’extérieur peu-
préalable analyser l'opération à effectuer pour vent être équipés de traitement des vapeurs ré- CONCLUSION
orienter le choix du produit et de la technique siduelles (utilisation de filtre à charbon actif, par
associée. exemple). L'émission au poste de travail et à l'ex- Quelque soit la solution choisie, il faut se ren-
◗ L'emploi d'un produit doit être examiné en liai- térieur est ainsi faible. seigner sur la composition du produit en consul-
son avec le mode de mise en œuvre de façon à in- tant sa fiche de données de sécurité qui doit être
tégrer l'ensemble des risques pour déterminer les Pour l’utilisation de solvants organiques non halo- correctement renseignée (la fiche de données de
mesures de prévention adaptées (choix des ma- génés, le choix de la machine et des équipements sécurité doit comporter 16 rubriques). Le méde-
chines, type d'équipement complémentaire, amé- annexes doit être étudié avec soin (se reporter à cin du travail doit être consulté lors du choix
nagement du poste de travail). l’ouvrage INRS ED 723 pour l'installation élec- d'un nouveau solvant ou d'une nouvelle tech-
◗ Il convient de privilégier le travail en machine trique). Il faut privilégier les machines automa- nique de dégraissage.
dès que les conditions le permettent, en particu- tiques qui permettent d'éloigner l'opérateur de la
lier dès que la série de pièces à traiter est suffi- source d'émission. L'alimentation automatique des D'une façon générale, les mesures de prévention
samment importante. pièces est également préférable. du risque chimique à appliquer doivent se référer
◗ Le choix de la famille de produit doit s'effec- Pour les installations fonctionnant à froid ou à au code du travail qui précise les points suivants :
tuer en suivant les conseils indiqués ci-après : température relativement basse, la condensation ◗ connaissance des produits à l’aide des fiches
■ Lorsque les conditions techniques le per- des vapeurs n'est pas réalisable. Il faut que les de données de sécurité,
mettent, il faut choisir les solutions aqueuses. installations soient munies de capots les plus en- ◗ assainissement de l’air et entretien
Dans la mesure du possible, il convient de choi- veloppants possibles et de couvercles. des dispositifs de ventilation,
sir les produits les moins agressifs (compositions ◗ vérification des valeurs limites d'exposition,
détergentes neutres ou faiblement alcalines) et Dans tous les cas, le coût du traitement des ef- ◗ fourniture de protection individuelle,
les températures des bains les plus basses. fluents liquides et gazeux doit être correctement ◗ signalisation et information du personnel.
■ Si les solutions aqueuses ne sont pas utili- évalué.
sables, on peut opter pour les solvants halogénés Il convient de privilégier le travail en appa-
autorisés à condition d'utiliser des machines fer- Dégraissage manuel reillage clos de façon à limiter l'exposition du
mées maîtrisant efficacement les émissions. Le personnel et l'inhalation de substances dange-
choix se portera toujours sur les produits les Il convient, avant tout, d'examiner avec soin si reuses.
moins nocifs. l'emploi d'un solvant est indispensable. Les mesures de prévention doivent s'appliquer in-
■ L'utilisation de solvants inflammables peut En effet, pour un nettoyage courant ne nécessi- tégralement sans oublier les opérations telles que
être envisagé si le risque incendie/explosion est tant pas une qualité de dégraissage particulière, le traitement des effluents et des déchets.
parfaitement maîtrisé (installations et équipe- la projection, à chaud ou à froid, d'une solution
ments particuliers). Il faut choisir un solvant détergente neutre convient dans un grand
ayant un point d'éclair le plus élevé possible (su- nombre de cas.
périeur à 55°C) et dont la valeur limite d'exposi-
AUTEURS
tion est la plus élevée possible. Le recours à des Pour les petites pièces nettoyées par trempage
solvants dont le point d'éclair est inférieur à dans un bac de petite dimension ou à l'aide d'un J.-C. MAHIEU ET C. BOUST - DÉPARTEMENT RCB
55°C pour une application de dégraissage des mé- pinceau ou d'un chiffon, il faut choisir un solvant ONT COLLABORÉ À CETTE FICHE

taux doit être exceptionnel. De plus, la toxicité peu toxique et peu inflammable. pour la RÉALISATION : ATELIER F. CAUSSE

des solvants doit être correctement évaluée. CONTACTS


Cette toxicité peut, en effet, être différente à L'aménagement correct du poste de travail est SERVICE PRÉVENTION DE VOTRE CRAM : s’adresser aux
personnes chargées de la conception des lieux de travail.
l'intérieur d'une même famille de produits (cas primordial pour minimiser l'émission de vapeur
INRS : tél. 01 40 44 30 00, Internet : [Link]
des éthers de glycol). et le contact cutané. Il faut l’équiper d'un dispo-

ED 48 • 2e édition • décembre 2001 • 5 000 ex. • Imp. Chirat - n0 4045

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