Biomécanique du Genou
LCA
PR GILBERT VERSIER
Service de chirurgie orthopédique
HIA BEGIN 94160 SAINT-MANDE
L’iconographie est notamment issue des ouvrages de Mr Netter et Kapandji.
INTRODUCTION
Articulation intermédiaire portante du
MI
2 systèmes articulaires:
la bi-condylienne fémoro-tibiale,
complexe
la trochléenne fémoro-patellaire
Même enceinte capsulo-synoviale
INTRODUCTION
Sollicitations mécaniques très élevées
Mauvaises conditions mécaniques
Surfaces non concordantes
Articulations superficielles
Tendons terminaux proche du centre de
rotation donc ce qui diminue leurs
moments et leur action stabilisatrice
Système ligamentaire sophistiqué
INTRODUCTION
Et pourtant deux impératifs:
grande stabilité en particulier en
extension
grande mobilité (flexion) autorisant la
course
2 degrés de liberté
flexion-extension
mais rotation en flexion
ANATOMIE
3 pièces osseuses asymétriques
Les condyles sont asymétriques
Les plateaux tibiaux sont asymétriques
Les versants rotuliens et les berges trochléennes
sont asymétriques
3 compartiments:
Fémoro-tibial interne
Fémoro-tibial externe
Fémoro-patellaire
Une capsule et une synoviale commune
MOUVEMENTS
Position référentielle:
position zéro-anatomique
debout, au garde à vous, genou en extension
Position fonctionnelle
Position genou dévérouillé
la plus fréquemment adoptée en attitude
courante
MOUVEMENTS
Dans le plan sagittal
flexion-extension
toujours associé à des mouvements de rotation
intérêt dans la physiologie
intérêt dans la physio-pathogénie
distinguer le passif de l’actif
extension est la position de référence:
alignement Tête / appui fémoro-tibial / centre
poulie
le mouvement est alors l’hyperextension
MOUVEMENTS
Dans le plan sagittal
flexion
150° en passif
120° à 140° en actif
plus importante si hanche fléchie que hanche en
hyperextension car muscles de la cuisse presque
tous biarticulaires donc détendus par la flexion de
hanche
MOUVEMENTS
Dans le plan sagittal
hyperextension
essentiellement passif
amplitude faible 0 à 5°
variable selon laxité
constitutionnelle (hyperlaxité)
pathologique (recurvatum)
mesures en décubitus dorsal (bassin fixé)
MOUVEMENTS
Dans le plan horizontal
rotation axiale interne ou externe
action de porter le pied en DD ou en DHS
étude uniquement passive
assis jambe pendante
décubitus ventral genou fléchi
pas de rotation en extension (genou verrouillé)
5 à 10° en RI, 5 à 10° en RE
MOUVEMENTS
Dans le plan frontal
adduction (varus) et abduction (valgus)
jamais en extension
de faible amplitude
Uniquement en flexion sur un genou normal
mesures difficiles car rotation de hanche
associée
Testing en varus et valgus: baillement FT
MOUVEMENTS
Glissement antéro-postérieur (tiroir)
très faible sur un genou normal (2 à 3 mm)
mesure sur un genou dévérouillé
recherche de laxité antéro-postérieure
test de Lachman-Trillat à 20° de flexion
tiroir antérieur (LCA et formations périphériques)
tiroir postérieur à 30° (formations périphériques)
tiroir postérieur à 70° (LCP)
Mouvement roulement-glissement (cf après)
Test de LACHMANN
TIROIRS
Direct
Rot. Int.
Rot.Ext.
LES AXES
axe fémoro-tibial mécanique
correspond au poids du corps (axe mécanique
du membre inférieur)
milieu de la TF
milieu du genou
milieu de la cheville
défini le morphotype (normal, valgus, varus)
axe fémoro-tibial anatomique
normalement en valgus car valgus fémoral
interligne habituellement horizontal
LES AXES
la mesure se fait:
cliniquement debout et couché
écart intercondylien
écart intermalléolaire
de profil (flessum et recurvatum)
radiologiquement sur pangonométrie
Normo axé genu varum genu valgum
Genu valgum
Genu varum
Pangonométrie
debout de face en appui bipodal
Genu varum normo axé genu valgum
axe mécanique = poids du corps
LA STABILISATION
DYNAMIQUE
Le peu de congruence des 3 articulations
du genou et la nécessité d’une mobilité
contrôlée en particulier en flexion, imposent
la présence d’un système de stabilisation
ligamentaire très développé pour
le complexe fémoro-tibial
l’articulation fémoro-patellaire
LA STABILISATION
DYNAMIQUE
le complexe fémoro-tibial est constitué de la
juxtaposition des 2 compartiments FT interne
et externe:
articulation double condylienne associée
en fait plus une trochléenne
rayon de courbure irrégulier en spirale différent
au niveau de chaque condyle
les plateaux tibiaux sont des glènes, gouttières
transversales
la congruence faible est améliorée par ménisques
LA STABILISATION
DYNAMIQUE
le mouvement des condyles en flexion-extension
en théorie:
soit roulement pur des condyles comme une
boule sur un plateau limitant le degré de flexion
car risque de luxation
soit patinage comme un pneu lisse sur la glace
qui limiterait très rapidement la flexion
(contact avec le fémur), et entraînerait une
usure tibiale précoce
en pratique: roulement-glissement
roulement pur patinage
Phase 1: Roulement pur
pendant 15°
Phase 2: roulement
associé à un patinement
Phase 3: patinement pur
à partir de 120°
ainsi:
dans la flexion, le condyle
glisse et recule
dans l’extension, le condyle
glisse et avance
Le condyle latéral recule plus que le condyle médial
LA STABILISATION
LIGAMENTAIRE
la stabilisation des condyles en flexion-
extension
est assurée par
les ligaments périphériques
les ligaments croisés
est maximale en extension
stabilisation due aux ligaments collatéraux
détente en flexion du LLI et du LLE
Incomplète pour le LLI (2 plans)
Complète pour le LLE
mise en tension maximale en extension
(participation +++ des coques condyliennes)
stabilité médiale > latérale (contraintes
valgus)
stabilisation due aux ligaments croisés
ils sont indispensables à la stabilisation
antéro-postérieure en dehors de l’extension
pour lutter contre le déplacement en tiroir
antéro-postérieur
ils pallient l’insuffisance des formations
périphériques en flexion
seule une disposition croisée en flexion et en
extension de ces ligaments autorise:
une mobilité en flexion-extension
une stabilisation lors de ce mouvement
leur disposition fasciculaire et croisée
explique que les LC sont toujours en tension
au cours de la flexion-extension
Le LCA
freine le recul du condyle externe lors de la
flexion et lui impose un roulement patinant
son action est couplée à celle du LLI sur le
condyle interne, la partie antérieure du fx
superficiel du LLI restant tendu en flexion
Le LCP
freine l’avancée du condyle interne lors du
passage de la flexion à l’extension et lui
impose un roulement patinant
son action est couplée à celle du LLE sur le
condyle externe, qui en se tendant lors de
l’extension freine l’avance du condyle
externe et l’oblige à patiner
LA STABILISATION
LIGAMENTAIRE
la rotation automatique du genou
rotation interne en flexion
rotation externe en extension
Sous la dépendance de:
inégalité des courbures condyliennes
inégalité de recul des condyles sur les glènes
LA STABILISATION
LIGAMENTAIRE
inégalité des courbures condyliennes
rayon de courbure et diamètre du condyle
externe sont plus petits
axe de flexion, axe bicondylien, est oblique
vers le bas et le dehors
LA STABILISATION
LIGAMENTAIRE
inégalité de recul des condyles sur les glènes
le massif bicondylien pivote en rotation
externe sur les plateaux tibiaux
cela est du:
amarrage du CI plus serré que celui du CE
les glènes tibiales sont différentes
la glène interne a une forme de cupule
la glène latérale est convexe en sagittal et
concave en frontal
LES MENISQUES
Formations fibro-cartilagineuses
Formes différentes (CI OE)
Triangulaires à la coupe
Fixés au tibia (freins) et à la capsule (sauf
au niveau du hiatus poplité pour le ME)
LES MENISQUES
Rôles multiples:
augmentent la concavité des glènes donc la
congruence améliorent la répartition des
contraintes
améliorent la lubrification par une
meilleur répartition du liquide et la
réalisation d’un double film liquidien
augmentent la stabilité articulaire (cales)
diminution des P unitaires et du coefficient de
friction
LES MENISQUES
mobilité des ménisques en flexion-extension
LES MENISQUES
cette mobilité des ménisques est due:
à un mécanisme passif dû à la chasse du
coin méniscal par le condyle qui recule en
flexion, qui avance en extension (pris en
défaut si mvt rapide)
à un mécanisme actif:
de la flexion vers l’extension:
de l’extension vers la flexion
LES MENISQUES
les mécanismes actifs sont:
de la flexion vers l’extension:
Patella vers l’avant et traction par ligament adipeux,
ligament transverse, ligaments ménisco-patellaires
LLI avance et attire la capsule et donc le ménisque
Ligament ménisco-fémoral de Humphrey fait avancer
la corne postérieure (libre) du ME
de l’extension vers la flexion
relâchement des attaches antérieures
contraction du muscle poplité et du ½ membraneux
qui possèdent des attaches méniscales
LLI recule
LES MENISQUES
mobilité des ménisques en rotation
LES MENISQUES
mobilité des ménisques en rotation
ils suivent le condyle correspondant
par exemple en rotation externe de jambe
recul du MI et avancée du ME
2 mécanismes
passif par la poussée des condyles
actif lors des déplacements de la rotule et la
traction des ligaments patello-méniscaux
LES MENISQUES
la mobilité des ménisques est très
complexe et précise, leur permettant
d’échapper à l’écrasement entre
condyles et glènes
cette complexité explique la fréquence
des lésions méniscales
L’ARTICULATION FEMORO-
PATELLAIRE ET L’APPAREIL
EXTENSEUR
l’appareil extenseur
L’ARTICULATION FEMORO-
PATELLAIRE ET L’APPAREIL
EXTENSEUR
la patella a 3 fonctions:
protection antérieure du genou
glissement de l’appareil extenseur dans trochlée
modifie axe de travail et efficacité du quadriceps
L’ARTICULATION FEMORO-
PATELLAIRE ET L’APPAREIL
EXTENSEUR
glissement de l’appareil extenseur dans
trochlée
comparaison corde-poulie
possible si:
allongement possible du quadriceps
cul de sac sous quadricipital libre
surfaces articulaires intactes
contraintes majeures
augmentent avec la flexion
augmentent avec la raideur musculaire
0 kg en extension, quadriceps décontracté
120 kg à 90° de flexion
260 kg à 130° de flexion, 420kg à 145°
L’ARTICULATION FEMORO-
PATELLAIRE ET L’APPAREIL
EXTENSEUR
Modification
de l’axe de travail et efficacité
du quadriceps
le Q a un axe oblique en DD et en bas
(parallèle au fémur qui est en valgus) alors que
le tendon rotulien a un axe de travail oblique
vers le bas et le dehors
ces 2 axes forment un angle ouvert vers le DH
la force résultante est subluxante vers le DH
la rotule dans sa trochlée empêche la luxation
lors de la contraction du quadriceps
L’ARTICULATION FEMORO-
PATELLAIRE ET L’APPAREIL
EXTENSEUR
Augmentation de l’efficacité du quadriceps
La force de traction du Q est située dans le
plan du tendon rotulien
la rotule éloigne la partie proximale du TR du
centre de rotation du genou et augmente le
moment d’action de la force de traction du
Quadriceps
L’ARTICULATION FEMORO-
PATELLAIRE ET L’APPAREIL
EXTENSEUR
Lastabilisation de la rotule est
indispensable du fait de la résultante des
forces de traction qui présente une
composante subluxante externe
en flexion, outre la meilleur concordance
articulaire fémoro-patellaire, 2 mécanismes
stabilisateurs interviennent:
la force de placage de la rotule
l’alignement en flexion du système extenseur par
la rotation interne automatique qui déporte en DD
la Tubérosité Tibiale Antérieure
L’ARTICULATION FEMORO-
PATELLAIRE ET L’APPAREIL
EXTENSEUR
en extension ou entre 0 et 15° de flexion, la
force subluxante externe est constante à
laquelle s’oppose 4 mécanismes
la berge externe de la trochlée (risque de
dysplasie)
l’aileron rotulien interne
la rotation interne automatique
le vaste interne +++
L’ARTICULATION FEMORO-
PATELLAIRE ET L’APPAREIL
EXTENSEUR
on peut en déduire les anomalies anatomiques
qui favorisent la luxation de la rotule:
la désaxation du système extenseur en particulier
le positionnement trop externe de la TTA
(baïonnette)
la rotule haute, positionnée au dessus de la
trochlée
la dysplasie de la trochlée (surtout berge externe)
l’insuffisance du vaste interne
LES MOTEURS DU GENOU
les extenseurs sont les muscles du
quadriceps innervés par le crural
les muscles fléchisseurs
nombreux
biarticulaires (sauf poplité et court
biceps)
de puissance très inégale
LES MOTEURS DU GENOU
les muscles fléchisseurs puissants
semi-membraneux en dedans
biceps en dehors
les muscles fléchisseurs plus faibles
jumeaux
couturier
droit interne
demi-tendineux
poplité
LES MOTEURS DU GENOU
les muscles biarticulaires ont une
puissance fléchissante plus importante
la hanche fléchie
examen flexion active hanche fléchie
extension de hanche mesurée genou fléchi
la flexion active est pratiquement sous
la seule dépendance du ½ membraneux
et du biceps (peu d’action des muscles de la
patte d’oie sur la flexion)
fléchisseurs < extenseurs (rapport 1 sur
3)
LES MOTEURS DU GENOU
les muscles rotateurs
Action comparable aux rênes sur la tête d’un
cheval
Rotateurs internes:
patte d’oie
poplité
½ membraneux
Rotateur externe: biceps