Étude économique des bâtiments béton-bois
Étude économique des bâtiments béton-bois
Du 28/01/2013 au 14/06/2013
Rapport de Stage
Etude économique et constructive
des bâtiments mixtes béton-bois
Réalisé par :
Julien OUDET, élève ingénieur de 5 ème année
Tuteur entreprise :
Florent BAUDOIN, Responsable Conception Construction
Tuteur INSA :
Claude SCHAEFFER, INSA de Strasbourg
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REMERCIEMENTS
Je me dois d’ajouter à ces remerciements Laurence LAVIT, responsable du Bureau d’Etude, pour
avoir rendu ce stage possible et pour son éternelle bonne humeur, ainsi que les membres du Bureau
d’Etude que je n’ai pas encore cités, à savoir Aurélie BONIN, Laurence RADI BENJELLOUN, Guillaume
FAVAND, Matthieu CANE. Le dynamisme et l’enthousiasme qui régnaient dans les locaux du Bureau
d’Etude furent de ces 20 semaines un plaisir permanent.
D’autre part, je remercie Louis DESABLENS, diplômé GC2012, et Pauline CLAUZIER, cadre chez
ADIM, pour m’avoir mis en relation avec les responsables de SOGEA SUD et sans qui ce stage n’aurait pas
eu lieu.
PREAMBULE
En raison de l’utilisation d’outils propres à Vinci Construction France et de l’objet de mes recherches,
un certain nombre de données présentées dans le présent rapport sont réputées confidentielles. Sa
diffusion sera limitée au groupe Vinci Construction France et à l’INSA de Strasbourg et sa mise en ligne
n’est pas autorisée. Ces mesures font suite à une demande légitime de SOGEA SUD.
D’autre part, les puces et symboles utilisés dans ce mémoire de stage appartiennent à la charte
graphique de Vinci. Toute réutilisation dans un cadre étranger au groupe ne peut être autorisée.
RESUME
Les missions auxquelles j’ai été affectées s’inscrivent dans une politique de développement des
procédés constructifs en bois, menée par le Bureau d’Etude de SOGEA SUD. Ce travail de recherche vise à
établir la viabilité de la mixité béton-bois dans les constructions contemporaines, sur les plans
économiques et constructifs, et permettra d’étayer les arguments promouvant cette mixité, notamment
dans le cadre de conceptions réalisations. La mixité des matériaux parait une alternative prometteuse
pour répondre aux exigences toujours plus élevées des projets de construction ; la complémentarité du
bois et du béton renforce le potentiel que l’on porte à cette mixité. Mes recherches se sont donc
focalisées sur une structure porteuse minimaliste en béton armé constituée de poteaux et de dalles
associée à une enveloppe en mur ossature bois.
Mots clés : Mixité des matériaux – Murs à ossature bois – Compétitivité – Mise en œuvre
Abstract :
The tasks I had to achieve were integrated to a developing strategy of wooden construction systems,
led by SOGEA SUD engineering department. These investigations aim to establish the viability of wood-
concrete composite buildings, on economic and constructive aspects and will help to argue in favor of this
solution, especially when the company is in charge of the conception of a project. The combination of
materials seems to be an encouraging alternative to fulfill requirements ever stricter of building projects:
the complementarity of wood and concrete reinforces the potential that we grant to this strategy. My
investigations got focused on reinforced concrete support structure, made of prefabricated posts and
slabs, associated with frontage of timber frame walls.
SOMMAIRE
REMERCIEMENTS....................................................................................................................................................................... 2
PREAMBULE .............................................................................................................................................................................. 3
RESUME..................................................................................................................................................................................... 4
SOMMAIRE ................................................................................................................................................................................ 5
INTRODUCTION ......................................................................................................................................................................... 7
5 CONCLUSION ................................................................................................................................................................... 65
6 BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................................................................... 66
7 ANNEXES ......................................................................................................................................................................... 67
INTRODUCTION
Ce Projet de Fin d’Etude vient conclure mes 5 années de scolarité à l’INSA de Strasbourg, durant
lesquelles j’ai suivi une formation aboutissant à un diplôme d’ingénieur Génie Civil. Ce stage fait
également partie intégrante de mon projet professionnel, dans le sens où il vient compléter de manière
constructive les enseignements acquis sur les bancs de l’école et lors de mes précédents stages.
Deux motivations ont guidé mes recherches de stage : d’une part, la volonté d’intégrer un des
leader français de la construction, qui pouvait m’ouvrir plus de possibilités lors de mon entrée dans le
monde du travail, et d’autre part, l’envie d’exercer des missions en bureau d’études, en amont des
chantiers, suite à un stage à l’été 2012 en conduite de travaux. Le sujet que m’a proposé SOGEA SUD
représentait donc une opportunité formidable pour moi.
De plus, ce stage s’inscrit dans une évolution progressive de « l’art de construire ». En effet, les
exigences règlementaires, en termes de performances thermiques et acoustiques, de confort d’utilisation,
se durcissent et imposent aux constructeurs de revoir leur façon de concevoir les bâtiments. Nous nous
dirigeons ainsi vers une conception de bâtiments alliant plusieurs matériaux et tirant le meilleur de chacun
d’eux, en fonction de leurs caractéristiques, le tout dans l’optique d’optimiser les performances du
bâtiment.
Rattaché au Bureau d’Etude Bâtiment de SOGEA SUD, j’ai ainsi travaillé pendant ces 20 semaines
sous la tutelle de Florent Baudoin, responsable des Conceptions-Réalisations. Ma principale mission
consistait à étudier la viabilité économique et l’intérêt constructif de bâtiments présentant une mixité
bois-béton. En effet, les centres de profit Vinci Construction France disposent d’une expérience et de
moyens importants pour la mise en œuvre de systèmes constructifs en béton, en termes de matériels, de
savoir-faire et de main d’œuvre ; en revanche, l’utilisation de systèmes constructifs en bois reste
marginale. Je suis donc intervenu en amont des Conceptions-Réalisations menées par SOGEA SUD, pour
analyser les possibilités envisageables en ce qui concerne la construction bois, sous diverses formes. La
problématique dégagée s’intitule ainsi :
Le présent mémoire retranscrit les recherches effectuées dans ce sens, les résultats obtenus et les
conclusions auxquelles nous avons abouties. Après avoir décrit le procédé auquel nous nous sommes
intéressés, nous présenterons le contexte dans lequel le stage s’inscrit en établissant un « état de l’art »
sur la filière bois en France et en Languedoc Roussillon, sur la situation du marché de la construction, sur
le renforcement des exigences réglementaires, etc. Une fois le décor planté, ce mémoire présentera une
analyse d’un point de vue production du procédé ciblé, qui évoquera les principes constructifs de base
ainsi que le traitement des points singuliers, puis une étude économique de ce même procédé, basée sur
une comparaison avec un système constructif standard.
Dans le but d’augmenter la rentabilité de la stratégie évoquée, mon étude se porte sur une
enveloppe en panneaux d’ossature bois isolés par l’extérieur. Chaque matériau est ainsi utilisé dans les
conditions adéquates et la construction bénéficie de leurs meilleurs atouts : le béton permet d’assurer la
stabilité de la structure et concentre l’inertie du bâtiment permettant de réguler les variations de
température, le bois, quant à lui, présente une légèreté diminuant les descentes de charges et assure les
fonctions d’isolation thermique, acoustique et l’étanchéité à l’eau et à l’air.
L’Habitat Colonne est un procédé constructif conçu par Vinci Construction France, destiné
initialement aux projets de logements collectifs. L’idée principale est de privilégier l’usage de techniques
constructives simples et d’encourager l’industrialisation de la construction. Ainsi, l’Habitat Colonne
permet de construire plus rapidement et à coûts maîtrisés, le tout avec une empreinte environnementale
réduite.
Il s’agit d’un système à développer au plus tôt dans la préparation du projet, dans le cadre de
conceptions réalisations. L’architecte reste très libre, autant dans l’agencement intérieur que dans le
revêtement extérieur.
Les économies sont réalisées à la fois sur le délai (40% de gain sur le planning Gros Œuvre) et sur le
coût global (10 à 15% de gain).
En effet, les cadences de mise en œuvre des planchers peut atteindre les 100m²/jour (contre
environ 85m²/jour avec des procédés standards). En ce qui concerne les verticaux, les poteaux peuvent
être coulés en place avec des coffrages traditionnels ou des coffrages carton, ou encore être préfabriqués
en usine.
En maçonnerie
En mur ossature bois
L’étude qui suit se focalise sur les murs ossature bois. Par la suite nous emploierons le terme mur
manteau ou mur ossature bois.
Le principe du mur manteau consiste à isoler l’intégralité du bâti par l’extérieur, à l’aide d’un
manteau de protection, associant un revêtement isolant à un parement étanche de protection.
Les schémas ci-dessous sont tirés du « Guide de l’ossature bois » édité par Charpentes Françaises.
1.2.1 Structure
La fonction porteuse de la paroi est assurée par des éléments en bois de faible section : 45cm de
largeur pour une épaisseur variant de 95 à 140 mm, voire plus. Pour des raisons de résistance et de
légèreté, les essences de bois les plus souvent utilisées sont les résineux (épicéa, sapin, douglas…).
L’entraxe de ces montants verticaux est de 40 cm, mais pour des bâtiments de plain-pied ou
comprenant un seul étage, il est possible d’augmenter leur espacement à 60 cm. Ces entraxes standards
permettent de faciliter le clouage des panneaux de contreventement ou les revêtements intérieurs en
plaques de plâtre. D’autre part, aux angles, les montants doivent être doublés de manière à assurer la
rigidité de la structure.
L’assemblage des éléments formant l’ossature est réalisée par des pointes torsadées galvanisées,
d’un diamètre minimum de 3 mm. Le clouage est plus résistant pour des charges agissant
perpendiculairement à l’axe des pointes.
1.2.2 Contreventement
Le contreventement est dimensionné en fonction des efforts de vent subis par les murs
perpendiculaires. Dans la majorité des cas, un panneau dérivé du bois, type OSB notamment, peut remplir
ce rôle ; il a alors la double fonction de « fermer » le mur ossature bois et d’assurer son indéformabilité.
Dans des cas particuliers, la structure peut nécessiter d’être renforcée par une poutre au vent.
1.2.3 Chainage
Le chaînage permet d’assurer une continuité entre les panneaux adjacents.
La fixation de deux panneaux adjacents est complétée par des montants de jonction. Ces derniers
seront liaisonnés par tire-fonds, et permettent de maintenir l’affleurement et le serrage des éléments.
1.2.4 Isolation
Un isolant placé entre les montants de l’ossature assure les fonctions thermiques et acoustiques de
la paroi. Un grand nombre de possibilités s’offre au concepteur : laines minérales ou végétales, panneaux
en fibre de bois, flocons de cellulose, polystyrène expansé, polyuréthanne extrudé… Cependant dans la
majorité des cas, sont employées des panneaux semi-rigides de laine minérale, leur épaisseur est voisine
ou égale à celle des montants. La mise en œuvre de cette isolant est à soigner, il n’est pas envisageable de
créer des lames d’air entre les montants et les panneaux d’isolant, ce qui entraînerait des ponts
thermiques importants ; c’est pourquoi les découpes de l’isolant se font en légère surcote par rapport à
l’entraxe des montants. Les isolants rigides sont à éviter pour l’isolation entre montant du fait de leur non-
compressibilité, mais seront destinés à une Isolation Thermique par l’Extérieur.
1.2.5 Le pare-vapeur
Il est composé d’un matériau étanche à la vapeur d’eau (polyéthylène ou polypropylène) et est mis
en place sur la face chaude du mur, de manière à limiter les migrations d’humidité de l’intérieur du
bâtiment vers l’intérieur de la paroi, et éviter ainsi la dégradation du bois et de l’isolant. Il joue également
un rôle dans l’étanchéité à l’air de l’enveloppe.
Sa mise en œuvre représente donc un enjeu délicat dans la conformité des façades. Le pare vapeur
peut être agrafé directement sur l’ossature et doit assurer une continuité en tout point de la paroi ; les
liaisons entre film pare-vapeur doivent présenter un recouvrement de 5cm ou un collage au mastic.
Les matériaux possibles sont les feutres bituminés, les films non tissés en polyéthylène, des
panneaux en fibres de bois bituminés.
La pose du parement intérieur peut être réalisée directement sur les montants de l’ossature si la
rigueur de leur mise en œuvre leur permet (notamment en termes de tolérances), ou sur une ossature
secondaire, en bois ou en acier (demi-stil). La seconde option permet de rattraper les défauts
d’alignement et de faire passer les divers réseaux techniques, sans percer les montants ou le pare vapeur.
Il est également possible d’intercaler une sur-isolation entre cette ossature secondaire.
2 ETAT DE L’ART
Le bois passe ensuite une seconde transformation, qui façonne les produits issus de la première
transformation, et leur apporte de la valeur ajoutée. Les produits finis obtenus sont alors de diverses
sortes : panneaux massifs, bois aboutés collés, panneaux de particules, panneaux de contreplaqué,
panneaux contrecollés…
Nous pouvons ainsi résumer les étapes de fabrication des produits comme suit (données extraites
de la Brochure PiveteauBois) :
i. Sciage
ii. Séchage
iii. Aboutage et collage
iv. Rabotage et profilage
v. Finition
vi. Préservation (étape optionnelle)
L’étape de préservation n’est pas systématique mais est fortement recommandé pour les bois dont
le parement sera visible. En effet, c’est un matériau vivant et son aspect est susceptible de changer à long
terme, en fonction de son environnement proche (ensoleillement, qualité de l’air, exposition aux
intempéries…) ; pour maîtriser au mieux ce changement esthétique, il existe aujourd’hui un certain
nombre de techniques utilisées fréquemment dans l’industrie du bois, mais il faut garder à l’esprit
qu’aucun de ces procédés ne garantit la conservation exacte de son esthétisme.
Le procédé le plus fréquemment utilisé est l’autoclave. Les traitements appliqués agissent en
profondeur et permettent d’augmenter la durabilité du bois en le protégeant des agressions biologiques,
notamment par les insectes ou les champignons, souvent responsable de la détérioration du matériau. De
manière à ce que ces agents de conservation – sous forme liquide – s’imprègnent en profondeur, les bois
sont traités à l’autoclave : les éléments en bois sont insérés dans une cuve hermétique, un système
puissant de ventilation permet de créer un vide très fort dans la cuve et de la maintenir en sous-pression
pendant que les produits traitants sont appliqués ; ce même système de ventilation applique ensuite une
surpression dans la cuve et augmente ainsi l’imprégnation des produits au cœur du bois. Le taux
d’imprégnation des produits de traitement est de 100 à 500 litres/m 3 de bois.
En effet, elle est aujourd’hui déficitaire depuis 20 ans en importation de bois, que ce soit en
matériau brut ou en produit semi-finis. Ce déficit atteint en 2010 un record à 6,4 milliards d’euros,
souffrant de la concurrence de pays émergents tels que la Chine. Ce paradoxe est accentué par une
situation délicate de la filière bois : la France exporte des produits à faible valeur ajoutée, bénéficiant
d’une surabondance de la ressource brute, et elle importe des produits à forte valeur ajoutée, souffrant
d’un manque d’équipements et d’une industrie balbutiante.
La politique d’exploitation forestière doit donc être repensée en profondeur afin de tirer un
maximum de profit de cette matière première dont la France est si riche. Elle doit à la fois développer un
système d’exploitation performant tout en garantissant la préservation de son capital et en assurant le
renouvellement de ses forêts. Cette révolution se met progressivement en place grâce à une volonté
commune des acteurs de la filière bois, ainsi que des collectivités territoriales finançant des initiatives
collectives de développement d’outils de production performants.
Autre spécificité française, c’est la politique de reboisement que la filière a choisi ces dernières
années : en effet, la majorité des essences plantées est le Douglas. La proportion de cette essence dans
nos forêts sera à l’horizon 2020 équivalente à celle de l’épicéa. Le Douglas est réputé posséder une
meilleure résistance mécanique et une meilleure durabilité ; d’autre part, il convient à toutes les
applications envisageables pour les produits bois.
Aujourd’hui, la filière bois française est l’une des priorités nationales des pouvoirs publics. La
complexité de la mise en place de cette nouvelle stratégie se caractérise par une multiplicité d’acteurs
hétérogènes et par un manque cruel de synergies entre les différents acteurs. En effet, la forêt française
est détenue au trois quart par des propriétaires privés ; la proportion de forêts possédée par des
personnes physiques ou morales dont l’activité principale est la valorisation du bois est inférieure à 2%,
alors qu’elle atteint 37% en Suède. D’autre part, les scieries françaises ne peuvent concurrencer les géants
scandinaves de par leur petite taille et leur manque de modernisation et d’industrialisation.
Le modèle français se résume donc à une économie morcelée, atomisée, peu organisée, dirigée par
une multitude de petits propriétaires, mais au potentiel intéressant. Il s’oppose au système scandinave qui
a su depuis longtemps gérer la ressource de manière industrielle et à une échelle plus importante, lui
permettant ainsi d’importer des volumes conséquents.
Moderniser les scieries : c’est aujourd’hui le point faible de notre filière bois. La volonté
d’augmenter les volumes de bois produits nécessite des capacités de sciage plus importantes
et plus industrielles. Seul 10% des 1900 scieries françaises sont des entreprises industrielles ;
en effet, les scieries françaises sont en majorité des PME, possédant peu de fonds propres et
une capacité d’investissement limitée.
Mutualiser les moyens : la mise en commun des machines-outils entre les acteurs de la filière
bois, et la fusion de leurs moyens peut permettre d’élever leur compétitivité et ainsi
concurrencer la production étrangère.
La seconde transformation du bois présente elle un nombre supérieurs d’enjeux, la plupart étant liés
à l’innovation :
Garantir la qualité des produits : la compétitivité du bois face à d’autres matériaux passe
inévitablement par une qualité garantie des produits finis. Par rapport au béton et à l’acier par
exemple, le bois doit pouvoir présenter un niveau de performance égal, bien que ce soit un
matériau naturel et plus difficilement maîtrisable.
restructuration de ces aides financières permettrait de mieux cibler les besoins des
entreprises.
Développer le travail collaboratif de tous les acteurs de la filière : mutualiser les connaissances
et les moyens, en vues notamment de promouvoir à plus grande échelle les bénéfices du bois.
La création d’interprofessionnelles va dans ce sens en associant les différents membres de la
filière, tout en prônant un partage équitable du marché.
Le bois destiné à la construction représente pour les acteurs locaux un marché porteur d’avenir. En
effet, le dynamisme de la démographie de Montpellier et de ses environs procure, malgré la conjoncture
économique délicate, aux promoteurs privés et aux bailleurs sociaux une forte activité de construction
dans le département de l’Hérault. La ville est en perpétuel développement et s’agrandit sous forme de
Zones d’Aménagement Concerté, qui concentre en un laps de temps réduit un grand nombre de chantiers
de construction, notamment de logements sociaux ou destinés aux primo-accédants.
L’enjeu pour les acteurs locaux de la filière est donc double : à la fois mutualiser leurs moyens et
leurs efforts pour développer leurs outils de production, et en parallèle promouvoir la place du bois dans
une construction contemporaine et financièrement viable.
Cependant, le bois présente de nombreux atouts, notamment par ses propriétés structurelles,
massiques, isolantes ou esthétiques. Son utilisation dans les constructions est vouée à prendre de
l’ampleur, notamment dans les cadres des normes HQE, sous diverses formes : murs ossature bois,
bardages, planchers, balcons,…Les fabricants rivalisent d’ingéniosité pour proposer des produits aux
propriétés et aux domaines d’application très divers. Le bois peut être transformé sous diverses formes,
qui lui procurent une adaptabilité incomparable à tous les usages en construction.
L’usage du bois est également encouragé par les autorités publiques. En effet, un décret, daté de
2010, renforce les obligations d’usage de bois dans les bâtiments destinés au logement.
« Décret n° 2010-273 du 15 mars 2010 relatif à l'utilisation du bois dans certaines constructions
Article 1
Les dispositions du présent décret s'appliquent aux constructions de bâtiments neufs à l'exclusion de ceux
pour lesquels le maître d'ouvrage justifie de l'incompatibilité de l'utilisation du bois avec le respect des
exigences réglementaires de sécurité ou de santé ou avec une fonction du bâtiment.
Article 2
La quantité de bois incorporé dans une construction est mesurée par le volume du bois mis en œuvre
rapporté à la surface hors œuvre nette (SHON) de cette construction. Dans le cas d'un bâtiment à usage
dominant de garage ou de parking ou d'un bâtiment agricole, la surface hors œuvre nette est remplacée par
la surface hors œuvre brute (SHOB).
[…]
II. ― Pour les bâtiments dont la demande d'autorisation de construire ou la déclaration préalable est
déposée à partir du 1er décembre 2011, cette quantité ne peut être inférieure à :
a) 35 décimètres cubes par mètre carré de surface hors œuvre pour un immeuble à usage d'habitation ne
comportant pas plus de deux logements destinés au même maître d'ouvrage ; toutefois, les bâtiments dont
la charpente de toiture est réalisée en majorité dans des matériaux autres que le bois, ou n'ayant pas de
charpente de toiture, relèvent du c ;
b) 5 décimètres cubes par mètre carré de surface hors œuvre pour un bâtiment à usage industriel, de
stockage ou de service de transport ;
c) 10 décimètres cubes par mètre carré de surface hors œuvre pour tout autre bâtiment.
Le calcul du volume de bois incorporé dans une construction est effectué, dans des conditions fixées par
arrêté du ministre chargé de la construction, soit au moyen d'une méthode forfaitaire utilisant des ratios par
type d'ouvrage ou de produit incorporé dans un bâtiment, soit à partir des caractéristiques volumétriques
réelles des produits contenant du bois. »
Ainsi cet immobilisme du secteur du bâtiment est à relativiser car les innovations existent et les
produits et systèmes technologiques utilisés sont de plus en plus élaborés sur les chantiers. Seulement
leur mise en œuvre est souvent négligée et les méthodes de construction sont assez archaïques. Nous
pouvons ainsi constater un décalage entre la conception des Bureaux d’Etude et l’exécution réalisée en
production.
La Réglementation Thermique 2012 (RT2012) fait suite à la RT2000 puis RT2005 et s’inscrit dans un
démarche globale, voire sociétale, de rationalisation de la consommation énergétique de chacun,
impulsée par le Grenelle Environnement. Cette problématique représente un des enjeux majeurs du XXI e
siècle pour les sociétés. Ainsi, nous observons une mutation des modes de transport, qui deviennent de
plus en plus propres et collectifs, un changement dans la production énergétique par le biais du
développement des énergies non fossiles et renouvelables, et des modifications des modes de
consommation de chacun avec un retour à une production locale et une réduction du transport de biens,
notamment alimentaires ; bien qu’il y ait encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver enfin à une
politique répondant à la définition même du développement durable : Répondre aux besoins actuels sans
compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
consommateur d’énergie en France : il consomme 42,5% de l’énergie totale et génère 23% des émissions
de gaz à effet de serre. Ainsi, le processus imposé par les pouvoir publics vise à réduire progressivement la
consommation énergétique des bâtiments, tant sur l’énergie liée à sa construction que sur l’énergie lié à
son utilisation. D’autre part, les utilisateurs ont également un intérêt à aller dans ce sens, étant donné que
la facture de chauffage représente en moyenne 900€/an et peut doubler pour une maison mal isolée,
alors que la facture énergétique d’une maison « basse consommation » ne dépasse pas 250€/an.
L’objectif ultime est de construire des bâtiments bénéficiant d’une indépendance énergétique en
produisant des énergies renouvelables et non polluante, permettant de suffire à leurs besoins, tout en
réduisant au maximum ces besoins, par l’intermédiaire d’une conception intelligente des ouvrages
(isolation, exposition au soleil, mis à profit de l’environnement des bâtiments…).
Voici donc que la RT2012 a été étendu à tous les bâtiments neufs dont le permis de construire a
été déposé après le 1er janvier 2013 (pour les bâtiments neufs à usage tertiaire ou construits en zone
ANRU, l’application était effective dès le 28 octobre 2011). La RT2012 insiste davantage sur la réduction de
la consommation des bâtiments, avec une série de mesures restrictives auxquelles toutes les
constructions vont devoir se plier, s’appuyant sur trois indicateurs :
D’autre part, la RT2012 maintient certaines exigences de moyens : traitement des ponts
thermiques significatifs, tests d’étanchéité à l’air, protection solaire, recours aux énergies renouvelables,
surface de baies vitrées supérieurs à 1/6 de la surface habitable.
Les constructions sont donc étudiées dans leur globalité ; il ne suffit pas d’ajouter une couche
d’isolation sur les murs extérieurs, mais bien de prendre en compte tous les facteurs liés à la
consommation énergétique. Les exigences liées à la RT2012 portent ainsi sur la performance globale du
bâtiment et non sur les performances des éléments constructifs et des systèmes énergétiques pris
séparément, ce qui marque un véritable changement dans la manière, par les pouvoirs publics, d’aborder
le problème énergétique dans le bâtiment.
Ainsi, les murs s’épaississent, les bâtiments grandissent, le tout paraissant proportionnel à la
réduction des budgets des maîtres d’ouvrage. Etant impossible de gagner sur la matière et les matériaux, il
faudra donc gagner sur le temps de mise en œuvre, et c’est à ce stade que le bâtiment tend de plus en
plus vers une industrialisation de ses procédés de construction.
Un exemple parfait de cette industrialisation est illustré par un procédé conçu par Vinci : l’Habitat
Colonne. Il s’agit d’un système constructif en béton composé d’une trame de 3m par 6m de poteaux de
section 20x20cm et de dalles d’épaisseur 20cm. L’avantage de ce procédé est de maximiser le rendement
dans la phase de production propre, en optimisant l’utilisation des outils coffrants et en minimisant les
aléas de chantier. Ce procédé très économique doit être complété par un remplissage des façades.
Garantie de qualité : les éléments préfabriqués sont susceptibles de présenter une qualité de
finition bien plus importante que des ouvrages fabriqués sur chantier, dans des conditions plus
hostiles. Cet aspect est parfaitement en accord avec la tendance actuelle des maîtres
d’ouvrage qui exigent une qualité de finition de plus en plus élevée. D’autre part, il permet de
réduire de manière conséquente les réserves de fin de chantier, dont la levée représente un
coût important pour les constructeurs. D’une manière générale, elle permet de minimiser les
aléas de chantier.
Tous les atouts évoqués vont dans le même sens qui est de réduire les coûts ; même si une
comparaison brute rendrait la préfabrication moins compétitive que la construction standard, en abordant
ses effets de manière plus globale, la conclusion est beaucoup moins radicale. Bien étudiée, la
préfabrication peut donc être une alternative très intéressante économiquement parlant.
L’enjeu que cette mixité réside dans l’interface entre les divers matériaux. Il est en effet parfois
délicat de solidariser des éléments de nature différentes, notamment en raison de leur évolution dans le
temps. Certains matériaux sont plus sensibles à la dilatation thermique, au retrait ou à la corrosion, que
d’autre. De plus nous ne leur appliquons pas les mêmes tolérances constructives : quelques millimètres
pour le bois et l’acier, quelques centimètres pour le béton et la maçonnerie.
L’enjeu est donc de tirer les meilleurs des différents matériaux disponibles pour la construction :
Gain de surface habitable : les murs à ossature bois comprennent une isolation intégrée
entre les montants, l’épaisseur du mur, à isolation identique, est donc réduite par rapport à
un mur en béton ou en maçonnerie. Le gain est de l’ordre de 10 à 15 cm.
Diminution du temps de mise en œuvre : la préfabrication des murs à ossature bois, permet
de mettre le chantier rapidement hors d’eau et de gagner du temps sur la mise en œuvre in-
situ. Ce gain de temps a aussi des répercutions économiques, sur les frais liés au chantier et à
sa main d’œuvre.
Assurer la sécurité du personnel sur chantier : la pose en applique des façades et la fixation
par l’intérieur permet de travailler en toute sécurité grâce à des gardes corps.
Comparatif énergie grise des matériaux de construction (référence : bois) – Extrait de documents GIPEN
Les spécificités de la construction bois impliquent de prendre en compte les grands principes
constructifs qui y sont liés, ainsi qu’un certain nombre de précautions propres aux murs manteaux en
ossature bois. Les points singuliers nécessitant une attention particulière sont donc nombreux : acrotères,
balcons, soubassements, interfaces avec les menuiseries extérieures… Chacun de ses points doivent être
traités de manière conforme en accord avec les règles de l’art et les exigences des normes, DTU et AT.
Nous établirons dans cette partie les divers points sur lesquels il est indispensable de focaliser une
attention particulière, dans le cadre de la fabrication et de la mise en œuvre d’un mur manteau en
ossature bois tel que nous l’avons décrit dans la partie « 1. Présentation du sujet d’étude ».
Table d'assemblage d'ossature bois à retournement (doc Weinmann, extrait des cahiers techniques du bâtiment, mai 2012)
Les panneaux préfabriqués peuvent avoir une longueur allant jusqu’à 12m ; le transport ne
pouvant plus être assuré dans des conditions convenables au-delà de cette dimension. La surface d’un
panneau peut donc atteindre 30m². Ceci explique la rapidité de mise en œuvre des façades sur chantier.
Leur poids d’un panneau oscille entre 500 et 1000 kg, on qualifie donc l’ossature bois de structure
légère, même si leur manutention nécessite un engin de levage adapté.
Les photos ci-dessous montre quelques-unes des étapes de préfabrication des panneaux ossature
bois ; elles illustrent parfaitement les conditions idéales dans lesquelles les panneaux sont réalisés,
comparé à une fabrication foraine (sur chantier).
Fabrication de l'ossature
De plus, pour satisfaire aux contraintes propres à chaque projet, plusieurs niveaux de
préfabrication sont possibles, de la plus sommaire à la plus poussée :
Mur ouvert basique : seuls l’ossature et le contreventement sont réalisés en usine, avec
éventuellement un contre-lattage extérieur destiné à recevoir un bardage. Cette solution
convient à tous les chantiers, mais ne maximise pas les atouts de la préfabrication.
Mur ouvert avec revêtement extérieur : le complexe extérieur est ajouté au mur ouvert du
point précédent (bardage bois ou enduit). Toute la partie intérieure est à finaliser (isolations
entre montants, pare-vapeur et revêtement intérieur). Nous pouvons avoir recours à ce
stade de préfabrication dans le cadre d’opérations en lots séparés, mais également lorsque la
pose des panneaux sur chantier est délicate et nécessite une intervention dans l’ossature de
la paroi.
Mur fermé sans revêtement extérieur : les finitions intérieures sont réalisées en usine, mais
la pose du revêtement sera effectuée in-situ. Cette solution est utilisée lorsque la géométrie
des façades est complexe, lorsque le parement extérieur n’est pas uniforme, ou lorsque les
menuiseries extérieures sont rapportées sur chantier.
Mur complet : le mur est réalisé entièrement en usine, incluant toute les prestations qui lui
sont liées, et intégrant les menuiseries extérieures. Cette solution optimise la préfabrication,
réduit la quantité d’interventions sur chantier et garantit une qualité de finitions élevées ; les
joints entre panneaux devront cependant être traités avec grand soin.
Dans le cas de remplissage de façades d’Habitat Colonne, les murs ossature bois sont préfabriqués
en usine, transportés jusqu’au chantier puis fixés sur la structure en béton. Plusieurs techniques peuvent
être utilisées pour leur fixation sur cette structure :
Fixation sur nez de dalle : les panneaux viennent former un manteau sur la structure et sont
fixés sur la dalle béton par une lisse 8x8cm chevillée tous les mètres. Cette lisse est
également renforcée ponctuellement par une équerre métallique.
On peut distinguer une couche d’isolant pré-comprimé autour de cette lisse de fixation
(couche marron foncé) ; cette solution de fixation permet de réduire considérablement le
pont thermique à cet endroit. De plus, la protection pour l’étanchéité à l’air est continue d’un
étage à l’autre avec un recouvrement de 20 à 30 cm des pare-vapeurs des deux niveaux.
Il est à noter que dans le schéma ci-dessus, le mur ossature bois est accompagné d’un ITI (Isolant
Thermique par l’Intérieur, en marron) ; or cette isolation intérieure ne joue aucun rôle structurel dans la
fixation des panneaux bois à la dalle béton, le système de fixation est donc valable pour une enveloppe en
ossature bois avec un isolant thermique par l’extérieur.
D’autre part, la bavette mise en œuvre côté extérieur est uniquement utile pour la pose d’un
bardage horizontal, elle a alors la fonction de séparer la lame d’air entre le bardage et la paroi pour éviter
le passage des flammes en cas d’incendie ; si le parement extérieur est un enduit, elle n’a pas lieu
d’exister.
Fixation entre dalle : Les panneaux de murs ossature bois sont placés entre les dalles de deux
étages successifs. Nous pouvons assimiler cet assemblage à une pose en tunnel pour une
menuiserie. Les panneaux sont directement fixés sur le béton, et évitent ainsi la pose de la
lisse horizontale. La problématique rencontrée dans ce type de fixation est incarnée par la
différence de tolérance entre le béton et le bois.
Avec ce système de pose, le pont thermique situé au nez de la dalle est bien plus important
car la couche d’isolant ne peut assurer une protection complète du nez de dalle ; d’autre
part, nous observons une discontinuité du pare vapeur qui pourrait entraîner des problèmes
d’étanchéité à l’air.
Ferrure ARBONIS : la branche de Vinci Construction spécialisée dans le bois est ARBONIS, et
s’est faite experte en mixité bois-béton. C’est dans le cadre de recherches poussées sur les
performances des murs ossature bois rapportés à une structure béton, qu’elle a en 2011 mis
au point un système de fixation ponctuelle des panneaux.
Il s’agit d’un système permettant de reprendre les écarts de maçonnerie afin de rentrer dans
les tolérances des murs bois ; en effet, les tolérances dimensionnelles du béton sont bien
plus importante (quelques centimètres) que celle du bois (quelques millimètres), et cet écart
peut poser problème lors de la fixation des panneaux bois. Ainsi cet outil permet d’absorber
les écarts de maçonnerie, assurant ainsi l’aplomb des murs et une bonne planéité de la
façade.
Comme le montre le schéma ci-dessous, cette ferrure est composée de 4 fers, numérotés dans leur
ordre de pose. Un simple système de manchons et de trous oblong permet le réglage des panneaux.
Le fer 1 est fixé en nez de dalle par une cheville, le fer 2 reprend les tolérances du gros œuvre
horizontalement, le fer 3 fixe le mur inférieur et permet son réglage vertical, et le fer 4 fixe le mur
supérieur.
Vue en plan et vue éclaté de la ferrure, extrait de la présentation au prix de l'innovation VCF 2011
La ferrure mise au point par ARBONIS permet de faciliter la pose des panneaux ossature bois, tout
en maintenant un haut niveau de résistance thermique. Le schéma ci-dessus présente le principe du
système mais ne respecte pas scrupuleusement l’échelle dimensionnelle des éléments. Il ne présente
cependant pas les précautions à mettre en œuvre pour assurer l’étanchéité à l’air, il convient donc
d’ajouter le pare vapeur, le doublage type BA13 et le revêtement intérieur ; de la même manière le
parement extérieur n’a pas été dessiné car il n’intervient pas dans le système de fixation.
L’ITE est une isolation complémentaire mise en place à l’extérieur de la paroi visant à augmenter sa
résistance thermique et destinée à servir de support au revêtement extérieur. Elle peut être de diverse
nature : polystyrène expansé, laine minérale (roche ou verre), fibres de bois pour les cas les plus courants.
Quel que soit le choix du type d’isolant, il est fixé sur les panneaux de contreventement type OSB, soit
collé soit chevillé.
De plus, les types de revêtement qu’il est possible de mettre en œuvre sur une ITE sont nombreux :
enduit, bardage bois ou métallique, peinture, pierre…bien que les deux premiers soient les plus courants.
Dans le cas d’un enduit, l’isolant le plus adapté et le moins couteux est le polystyrène expansé (PSE) ; pour
une épaisseur de 20cm, la résistance thermique de cet isolant dépasse 5 m².°K/W. De plus, il est facile à
mettre en œuvre, soit par collage, soit par chevillage, sur le panneau de contreventement. Il sert ensuite
de support à l’enduit, qui sera composé d’une armature pour assurer son adhérence et sa prise.
Un isolant : dans la majorité des cas, est utilisé du polystyrène expansé (PSE), en qualité blanc
(conductivité thermique λ=0,038 W/m.K) ou graphité (λ=0,032 W/m.K) ; il est alors livré en
plaques de dimensions 1000x500mm. Il est également possible d’utiliser de la laine de roche,
de la fibre de bois…
Dans le cas du PSE, la fixation de l’isolant sur le support, en l’occurrence des panneaux bois
type OSB, est assurée par collage grâce des plots de colle souple (16 plots/m²). Sur un
support parfaitement lisse, il est possible de procéder à un chevillage des panneaux.
Un sous enduit : il est constitué d’un enduit en pâte sans ciment, dans lequel est marouflé un treillis
de verre.
Une finition : les possibilités de finitions sont multiples ; tous les types de revêtement épais
s’adaptent parfaitement au procédé ; il est également possible de mettre en œuvre un bardage bois
sur ossature constituée de tasseaux, mais ce procédé ne nécessite pas de sous-enduit.
Détails de pose :
i. Profilé de départ : Mise en place d’un profilé de départ en aluminium, fixé horizontalement à 15cm du sol. Il
doit avoir la même épaisseur que celle choisie pour l’isolant. La fixation se fait par chevillage sur le mur
support, avec des chevilles adaptées, positionnées tous les 30cm. Un espace de dilatation de quelques
millimètres doit être respecté entre chaque profilé. Ce profilé permet de protéger l’ITE des rongeurs ou
autres parasites pouvant altérer l’efficacité de l’isolation.
ii. Collage de l’isolant : avec 8 plots de colle par plaque d’isolant. Consommation estimée : 1,2 à 1,6 kg/m².
iii. Montage de l’isolant : les plaques doivent être assemblées à joints décalés (façon
« coupe de pierres »), en prenant soin de les croiser aussi dans les angles. Elles
doivent également être serrées au maximum, si besoin à l’aide d’un bouclier, et
sans mettre de la colle en périphérie des plaques ou sur les tranches.
iv. Ponçage de l’isolant : il est primordial de procéder à nouveau à un ponçage sur le polystyrène, notamment
aux droits des joints entre plaques, de manière à obtenir une surface totalement uniforme, plane et lisse ;
sans cette étape, nous nous exposons à un risque de voir le spectre des plaques d’isolant transparaître sur
l’enduit de finition.
v. Baguettes d’angles : elles sont nécessaires dans tous les angles, qu’ils soient entrants ou
sortants. De la même manière que pour les profilés de départ, un espace de dilatation
doit être respecté entre deux longueurs de baguette.
vi. Renfort des points singuliers : des pièces de treillis de renfort doivent être mises en
place à la jonction des profilés, ainsi qu’aux angles de baies, pour éviter tout risque de
fissuration ultérieure.
vii. Mise en œuvre du sous enduit : il doit être réalisé après séchage complet des plots de colle de l’isolant. Il est
constitué d’une première couche d’enduit répartie uniformément sur la surface, d’un treillis de verre
marouflé dans la première couche, de haut en bas, en prenant soin de chevaucher les lés de 10cm, enfin une
seconde couche d’enduit est appliquée sur l’ensemble de la surface.
viii. Mise en œuvre du revêtement de finition : le sous enduit doit être totalement sec (environ 12h de séchage)
pour pouvoir recevoir le revêtement de finition. Comme vu précédemment, la finition peut être de divers
types.
Précautions particulières
Des dispositions spécifiques sont à prendre en considération lors de la mise en œuvre de ce type d’ITE. Les
retours d’expérience ont permis de fixer quelques règles de l’art :
Il est parfois nécessaire de procéder à un ponçage superficiel ou à un dépoussiérage sur les panneaux
qui s’apprêtent à recevoir l’ITE.
En partie basse, sur une hauteur d’environ 2m, les surfaces sont exposées à des chocs de diverses
natures. Ces surfaces reçoivent alors la pose d’un treillis renforcé ou d’un doublement du treillis
normal. Cette armature de renfort est marouflée dans une première couche de sous enduit, appliqué
sur l’isolant.
En ce qui concerne le produit de finition, la teinte choisie doit avoir un coefficient d’absorption du
rayonnement solaire inférieur à 0,7. Cette valeur limite donc le choix à des couleurs claires.
Cependant, des études dans ce sens sont menées et vont rapidement aboutir à la possibilité de
mettre en œuvre des finitions foncées à faible coefficient d’absorption.
Les performances thermiques d’une paroi, quelle que soit sa nature, sont définies par sa résistance
thermique, notée R. Cette résistance thermique est la somme des résistances R i de chaque couche du
mur. Pour une couche i donnée, sa résistance thermique Ri est définie par le rapport entre son épaisseur ei
et sa conductivité thermique λi :
Remarques :
Plus la conductivité thermique est faible, meilleur est l’isolant, car il réduit les transferts de chaleur.
Correction du calcul du R :
Dans le cas de mur ossature bois, il est nécessaire d’appliquer un correctif sur le calcul de la résistance
thermique. En effet, les lisses au niveau des planchers haut et bas, ainsi que les montants verticaux de la structure
du mur (entraxe de 40 ou 60cm) constituent des ponts thermiques intégrés qui ne sont pas pris en compte dans le
calcul présenté précédemment. Les Règles Th-U de la RT2012 donnent des valeurs de coefficient surfacique ΔU à
ajouter au Uw calculé précédemment, ce qui réduit alors le calcul des performances isolantes de la paroi. Cette
valeur ΔU dépend de l’entraxe des montants, de leur largeur et de la présence ou non d’isolation complémentaire
(intérieure ou extérieure).
L’intégration des menuiseries doit être conforme aux normes et doit présenter des garanties dans
le but d’assurer l’étanchéité à l’eau et à l’air. Des dispositions doivent être prises pour assurer la stabilité
du panneau au droit de ces ouvertures : pièces d’appuis, pré-cadre, linteaux….
D’une part, à l’emplacement des portes et des fenêtres, des dispositions particulières sont à
prendre pour assurer la stabilité de la structure et reprendre les descentes de charges appliquées au-
dessus de la baie. Ainsi, il est d’usage de prévoir un linteau, dimensionné en fonction de sa portée et de la
charge appliquée. A ses extrémités, le linteau est repris par des montants, doublés si besoin. En partie
basse de la menuiserie, un montant horizontal sert d’appui, il est repris par des poteaux d’allège.
En ce qui concerne la pose des menuiseries, le procédé le plus courant est le pré-cadre, il est une
solution facilitant l’étanchéité à l’air et à l’eau. L’idéal est d’intégrer ce pré-cadre dès la fabrication du
panneau bois et d’assembler ce dernier autour du pré-cadre. Ce procédé nécessite un travail de
préparation très approfondi en amont du chantier. Il est également d’usage d’intégrer les menuiseries sur
le pré-cadre dès la phase de préfabrication en usine.
D’autre part, un certain nombre de protection est à prévoir : habillages métalliques assurant
l’évacuation des eaux pluviales vers l’extérieur (goutte d’eau, pente vers l’extérieur…), larmier, continuité
du pare-pluie…
Il est évident que la mise en œuvre de toutes ces dispositions est facilitée si elle a lieu dans l’usine
lors de la phase de préfabrication. Cependant, elle nécessite ensuite toutes les précautions imaginables
lors du transport des panneaux vers le chantier.
Enfin, les schémas ci-dessus montrent clairement que la pose d’une ITE en complément de
l’isolation interne à la structure ne pose aucun problème, si ce n’est l’adaptation des habillages à la largeur
de l’isolant.
Des détails de traitement des menuiseries sont présentés en annexe (Annexes 12 & 13).
3.5 Soubassements
La liaison des panneaux au droit de la dalle du Rez-de-chaussée est un point délicat à traiter avec la
plus grande prudence, pour plusieurs raisons que nous allons développer dans ce paragraphe.
En partie basse, une lisse d’assise (ou lisse basse) assure la liaison avec les fondations ou le dallage
réalisés en béton armé. Elle a la même largeur que les montants de l’ossature et est ancrée sur au moins
10cm dans le béton par chevilles de diamètre supérieures à 8mm ou par scellement chimique.
De manière à éviter toutes remontées capillaires, qui dégraderaient le bois composant l’ossature,
un certain nombre de précautions sont à prendre :
La lisse d’assise doit se trouver à une hauteur minimum de 20cm du sol extérieur fini.
Un dispositif d’étanchéité doit être disposé entre la lisse et le béton.
Deux joints pré-comprimés doivent être mis en place entre la lisse et le béton, pour assurer
l’étanchéité à l’air.
De plus, certaines régions sont concernées par des dégradations dues aux termites, dans ce cas,
des dispositions supplémentaires s’imposent :
Enfin, comme évoqué dans la partie traitant de l’ITE, une grille anti-rongeur est à prévoir en sous-
face de l’isolant. La distance par rapport au sol naturel doit dépasser 15 à 20 cm. La coupe ci-dessous le
met parfaitement en évidence.
Une coupe présentant le détail de traitement des soubassements est présenté en annexe (Annexe 11).
3.6 Acrotères
Comme sur tout bâtiment contemporain, les acrotères et la toiture-terrasse doivent être traitées
de manière consciencieuse et en prenant en compte les enjeux d’isolation et d’étanchéité.
La partie qui nous interesse le plus dans le cadre de l’étude est la traitement de l’acrotère. La
solution la plus simple et la plus économique est d’adapter la hauteur des panneaux de l’étage inférieur
pour que les acrotères soient constituées par la continuité de ces panneaux. La composition de ces
acrotères est au final similaire à un panneau standard, avec une structure composée de montants en bois,
une isolation entre ces montants, une Isolation Thermique Extérieure et un revêtement extérieur. En ce
qui concerne le revêtement intérieur, la panneau de contreventement se prète très bien à recevoir les
remontées d’étanchéité
Traitement de l'acrotère
3.7 Balcons
Dans l’exemple présenté par la société, les parois du bâti sont en voiles béton, mais le dispositif est
applicable à une enveloppe en ossature bois. Des fixations ponctuelles sont étudiées pour minimiser les
transferts de chaleur et réduire les ponts thermiques :
Ainsi ce système de balcons est en parfaite adéquation avec les exigences liés à la résistance
thermique du bâtiment, tout en assurance une gestion des eaux pluviales et une accessibilité aux PMR. Il
faut cependant veiller à traiter les joints entre la structure rapportée et la façade, afin d’éviter les coulures
d’étage à étage de pluie ou d’usage domestique.
Dans le cas où le panneau est de grande hauteur, c’est-à-dire supérieur à une hauteur
d’étage (acrotère en continuité du mur inférieur par exemple) il est nécessaire de placer
ponctuellement des étrésillons. Il s’agit de tasseaux horizontaux venant liaisonner deux
montants verticaux adjacents, ils permettent de réduire l’élancement des poteaux et ainsi
s’affranchir des risques de flambement.
Afin de permettre l’accrochage d’éléments lourds sans mettre en péril la stabilité du mur, il
peut être préférable de mettre en place des fonds de clouage insérés dans l’ossature. Ils
La mise en vigueur de la RT2012 nécessite une attention particulière à l’étanchéité à l’air. Certains
points qui paraissaient non significatifs pour des constructions classiques prennent aujourd’hui une part
importante dans le cadre de cette réglementation ; si ces points ne sont pas traités de manière conforme,
ils peuvent entrainer non seulement des surconsommations d’énergie mais aussi des désordres sur le bâti
et des inconforts pour les usagers. Ainsi il apparait que l’isolation doit être accompagnée d’un
renouvellement d’air maîtrisé et d’une étanchéité à l’air assurée. Elle va de pair avec un système
d’isolation performant ; elle est à prendre en compte dès la conception du bâtiment et dépend largement
du respect des préconisations explicitées dans les DTU.
Une bonne étanchéité à l’air permet ainsi d’éviter toute entrée d’air parasite. Dans une paroi en
ossature bois, les principaux points à traiter sont les suivant :
La mise en œuvre des éléments est un moment cruciale pour assurer cette étanchéité. Elle se
caractérise par une mise en place conforme du pare-vapeur, par l’emploi de scotchs adaptés et par le
respect des produits utilisés. L’enjeu d’une bonne étanchéité à l’air réside dans l’interface entre tous les
intervenants concernés (charpentier, plaquiste, électricien, plombier…).
Le schéma ci-dessous illustre les déperditions d’énergie par fuites d’air sur une maison
individuelles à structure en ossature bois. Nous pouvons extrapoler ce schéma à un bâtiment à usage
collectif.
L’un des sujets qui inquiètent le plus concernant l’ossature bois est sa réaction face au feu. Le bois
est certes un combustible, mais il dispose d’une forte capacité à conserver ses propriétés mécaniques sous
les effets d’un incendie, ce qui lui permet d’assurer une grande stabilité des ouvrages. De par sa faible
conductivité thermique le bois transmet la chaleur 12 fois moins vite que le béton, protégeant ainsi le
cœur des éléments plus longtemps. C’est pourquoi, associées à des plaques de plâtre classiques (BA13),
les parois en ossature bois répondent aux exigences des normes en vigueur.
Ainsi, les produits à base de bois doivent respecter des exigences de performances face au risque
d’incendie, qui sont fonction du type de bâtiment (Etablissement Recevant du Public, habitation…) du rôle
joué par le produit et de son emplacement dans le bâtiment. Ces exigences concernent deux notions à
bien différencier :
La résistance au feu : elle représente le temps pendant lequel les éléments concernés
continuent à remplis leur fonction malgré l’action de l’incendie. Elle concerne les éléments
porteurs et les éléments de séparation. On distingue trois critères de résistance, exprimé en
durée de résistance (de 1/4h à 6h) : la stabilité au feu (SF) concerne la résistance
mécanique, le degré pare-flamme (PF) se rapporte à l’étanchéité aux flammes, aux gaz et
aux fumées, et le degré coupe-feu (CF) concerne l’isolation thermique assurée pour ne pas
échauffer la face de la paroi non exposée au feu.
A noter qu’une réglementation européenne, la NF EN 13501-1, a été mise en place depuis 2002, et
coexiste avec la réglementation française.
L’application des normes dépend cependant du classement au feu des différentes familles
d’habitation, décrites par l’arrêté du 31/01/1986, et récapitulé ci-dessous :
En ce qui concerne la résistance des parois en ossature bois, une composition basique
(contreventement + ossature + isolation + plaques de plâtre) présente un degré CF1h. Certaines
dispositions peuvent augmenter cette résistance, comme l’ajout d’écrans. Un BA13 augmente la
résistance d’un quart d’heure par exemple. La norme explicitant ces dispositions est le DTU bois-feu 88.
Lors d’un incendie, les façades doivent pouvoir ralentir la propagation du feu (réaction au feu),
qu’il soit d’origine extérieure ou intérieure. En habitation individuelle, elles doivent présenter un
classement M3, facilement atteint avec du bois. Mais en logements collectifs ou en ERP, d’autres
dispositions sont à prendre notamment pour éviter le passage des flammes d’un étage à l’autre à la
jonction dalle-façade, c’est alors la règle C+D qui s’applique. L’instruction Technique relative aux façades
(IT 249) dicte un certain nombre de prescriptions destinées à satisfaire cette règle : résistance au feu de
minimum 1h en façade, jonction entre dalle et panneaux bois par une laine minérale comprimée de
70kg/m3, présence au droit de la dalle d’une lisse d’épaisseur minimal de 70mm.
Toutes les règles de protection incendie, évoquées précédemment sont récapitulés dans le tableau
ci-dessous :
Dans la configuration structure béton (poteaux + dalles) avec enveloppe en ossature bois, les
efforts sismiques sont repris par le béton car les façades bois n’ont aucun rôle structurel. La stabilité aux
séismes est donc prise en compte dans le dimensionnement de la structure béton.
En ce qui concerne les performances acoustiques des façades bois, il est aujourd’hui délicat de
modéliser le comportement du son à travers les murs ossature bois, de par l’hétérogénéité des parois.
Cerqual, organisme certificateur, valide les solutions au cas par cas, à partir d’expériences précédentes et
de campagne d’essais. Dans une première approche, il apparait que l’isolement acoustique est
inversement proportionnel aux surfaces vitrées. D’une manière générale, les mesures effectuées affiche
une valeur d’isolement comprise entre 30 et 40 dB (contre 40 à 50dB pour de la maçonnerie).
Avant tout, dans l’optique de cadrer l’analyse effectué, nous allons présenter la démarche globale
suivie en Etude de prix.
L’étude de prix consiste en la compilation des différents budgets qui aboutit au prix final de
l’opération.
Pour les travaux réalisés en propre, le budget est composé des déboursés secs (fournitures, main
d’œuvre, matériel et consommables divers) et des frais de chantier (encadrement, location de grue,
consommations, location de bungalows…). Pour les travaux sous-traités, il s’agit du montant estimé pour
sous-traiter les prestations, d’après une consultation d’entreprises ou d’estimations d’après d’autres
opérations.
Sur ces budgets sont appliqués des majorateurs proportionnels. Nous distinguons les coûts directs
et les frais généraux. Ils sont établis de manière proportionnelle au chiffrage d’affaire et sont calculés par
application de majorateurs sur le prix de vente. Les coûts directs sont principalement constitués du Service
Après-Vente, des diverses assurances, des taxe (professionnelle, éco-territorial), de la direction de travaux,
du dépôt. Les frais généraux concernent le montant destiné aux frais du siège (salaire, foncier,…) et de la
marge nette. Ces coefficients ne sont pas les mêmes sur les travaux propres et sur les travaux sous-
traités ; en effet, sur les travaux propres, il est nécessaire d’attribuer un budget pour les études
d’exécution et pour les méthodes par exemple.
La démarche globale de l’établissement d’une étude de prix est résumé par la roue Orchestra, à
partir de laquelle les techniciens et ingénieur étude de prix sont formés. Elle est présentée en annexe1.
Dans l’étude comparative qui suit, nous nous sommes cantonné au Prix de Revient Chantier. Les
coûts directs et les frais généraux correspondent à des coefficients à appliquer au PRC, et dépendent de
paramètres indépendants du projet en lui-même.
Cette comparaison a été effectuée sur une conception réalisation étudiée en juin 2012, par le
Bureau d’Etude de SOGEA SUD, il s’agit de 40 logements collectifs à construire sur la commune de
Montarnaud (34). Le projet comprend un rez-de-chaussée et deux étages similaires, l’infrastructure se
résumant à des fondations semi-profondes. Cette affaire est la première étudiée par le BE sur le principe
de l’Habitat Colonne, mais n’a malheureusement pas été retenue par le client. Initialement les façades
étaient prévues en maçonnerie, nous avons donc réalisé une étude parallèle avec des façades en ossature
bois. L’étude du lot Façades a été réétudiée entièrement, par une consultation des sous-traitants
concernés et rencontrés au début de ma période de stage.
Dans un second temps, nous avons modifié le projet initial en ajoutant un étage, de manière à
pouvoir comparer les deux solutions pour un projet d’ampleur supérieur, présentant une surface de
façade et un nombre de logements plus importants (54 logements).
Conception Réalisation
Lieu : Montarnaud, Hérault (34)
Maître d’œuvre : Hérault Habitat
Date de remise de l’offre : 18/06/2012
Principes constructifs :
Fondations semi-profondes type puits
Superstructure : Procédé Habitat Colonne (dalle de 22cm, poteaux carrés de 20cm sur une trame
3x6m, noyaux de voiles en prémurs pour les cages d’escalier)
L’offre initiale de SOGEA SUD était composée d’un remplissage de la structure Habitat Colonne en
maçonnerie. Il est alors intéressant de comparer cette solution avec un procédé en ossature bois aux
caractéristiques similaires.
Avant toute chose, déterminons les points qui vont être influencés par le choix des façades et qui auront
un impact sur le coût total de l’affaire :
Quantitatifs : la maçonnerie vient en remplissage des façades, entre dalles, alors que le mur
manteau en ossature bois sera posé en applique sur la structure. Les métrés seront donc
réalisés pour le chiffrage des façades.
Prix unitaires : le prix unitaire d’un mètre carré en maçonnerie fournie posée est supposé
inférieur qu’en panneaux ossature bois préfabriqués en usine, transportés puis posés.
Main d’œuvre : la pose de la maçonnerie et celle des panneaux ossature bois ne nécessite
pas la même quantité de main d’œuvre, un planning de la phase exécution sera établi. Il est à
noter que cette main d’œuvre est quantifiée en nombre d’heures.
Frais de chantier : les différences de planning ont un impact important sur les frais liés au
chantier (cantonnement, encadrements, location matériels divers)
De manière à faciliter notre comparaison, nous allons établir une base, qui ne sera pas influencé
par le choix du lot façade. Ainsi nous aurons un coût du gros œuvre (procédé Habitat Colonne), puis un
coût pour les autres lots, qui ne seront pas modifiés dans nos comparaisons ; nous aurons également une
base pour établir le planning de la phase travaux.
4.3.1 Base
Montants Déboursés secs :
Les montants des CES sont issus de consultations et/ou d’estimations par rapport à d’autres chantier
similaires, le montant du lot n°1 est détaillé en annexe.
Métrés opérationnels :
SUPERSTRUCTURE
Voiles préfabriqués m² 429,00 143,00 143,00 143,00
Poteaux préfabriqués u 344,00 130,00 107,00 107,00
Planchers CSP m² 3 430,00 1 200,00 1 115,00 1 115,00
Métrés opérationnels :
Le périmètre du bâtiment est de 243 ml au RDC, et 225 ml pour les étages supérieurs.
La hauteur prise en compte pour la brique est de 2,50 m entre dalle. Pour l’ITE et le RPE, la hauteur
utilisée pour les métrés est de 2,72 m (dalle comprise). En toiture terrasse, des acrotères d’une hauteur de
50cm sont prévus en éléments préfabriqués ; l’ITE et le RPE sont aussi posés sur ces acrotères, on prend
donc une hauteur de 3,22 m pour le R+2, d’où la plus-value de surface obtenue.
Charge de grue :
La charge de grue est une étape importante de l’étude de prix d’une affaire, elle permet de
déterminer le rythme qu’impose la grue, en fonction de toutes les interventions qu’elle doit opérer. Cette
charge de grue est donc fonction des quantitatifs (matériels à déplacer, matériau à approvisionner,
camion à décharger, éléments préfa à mettre en place, cubage de béton à couler…) qui permettent de
calculer un nombre de cycles et des temps unitaires de chaque cycles. D’autres paramètres entrant en
compte sont à déterminer par le chargé d’étude :
Aléas planning : 8%
C’est un coefficient prenant en compte les aléas courants d’un chantier, liés à toutes
sortes d’événement (intempérie, arrêt maladie du grutier…)
La charge de grue calculée pour un étage courant est présentée en annexe (Annexe 5).On obtient ainsi les
délais minima suivants :
RdC : 15 jrs
Etage courant (R+1 et R+2 identiques) : 15 jrs
Planning :
L’étape suivante est donc la mise au point du planning. A ce au stade APS, nous n’entrons pas dans
le détail des prestations, mais prenons les délais définis par la charge de grue. En ce qui concerne les corps
d’état secondaires, nous nous basons sur les estimations des sous-traitants ou sur des retours
d’expérience de chantiers similaires.
En ce qui concerne les façades, la pose de la maçonnerie sera réalisée à l’avancement de la phase
Gros Œuvre, et est estimée à 20 jours par niveau ; la pose de l’ITE et du RPE sera réalisée durant la phase
CES et est estimée à 120 jours.
Le planning correspondant sera présenté en annexe (Annexe 7). Le tableau suivant récapitule les
données nécessaires à la suite de l’étude :
Prix Unitaires :
La fourniture et la pose de la maçonnerie sont des prestations sous-traitées, le prix a été déterminé
par consultation d’entreprises locales. Il en est de même pour la fourniture et la pose de l’isolant extérieur
et du RPE. Enfin la préfabrication des acrotères a également été chiffrée après consultation.
Les prix unitaires déterminés pour cette étude sont les suivants :
Montant du marché HT :
Le montant total sera détaillé dans un tableau comparatif à la suite de l’étude avec façade en ossature
bois (Annexe 10).
Remarques préliminaires :
Nous étudions cette solution technique, en considérant que le levage des panneaux est à la charge
du menuisier en charge de la fabrication et de la pose des panneaux ; par la suite nous analyserons
une variante en considérant l’utilisation de la grue du Gros Œuvre pour la mise en place des
panneaux bois.
Les Murs Ossature Bois sont posés et fixés en façade une fois le GO terminé, de manière à maximiser
le rendement en production GO. Ainsi, dans le cas du levage de panneaux par la grue Gros Œuvre,
seul le grutier et les frais liés à la location de la grue sont augmentés par rapport à la solution ou le
levage est sous-traité (le délai de location du matériel de sécurité, de la base vie est adapté au
planning TCE).
La fixation des panneaux sur la structure se fera sur une lisse horizontale, comme décrit
précédemment dans ce rapport.
Les métrés sont réalisés en vide-pour-plein, sans prendre en compte les ouvertures, ni les garde-
corps de sécurité correspondants. Au droit des ouvertures, l’ossature bois sera renforcée par des
montants supplémentaires, mais nous considérons que le prix surfacique des murs ossature bois
comprend ces prestations.
Dans le but de répondre aux exigences de la RT2012, un isolant sera placé entre les montants de
l’ossature et un ITE complémentaire sera ajouté, augmentant ainsi la résistance thermique des
parois à la valeur de 5m².°K/W ; un calcul détaillé de cette résistance est présenté dans ce chapitre.
Comme prévu dans l’étude de base, le revêtement extérieur sera en enduit type RPE (Revêtement
Plastique Epais).
Métrés opérationnels :
En négligeant la résistance thermique des plaques de plâtres et des panneaux OSB, nous obtenons une
résistance thermique R = 5,7 m².K/W.
La résistance thermique calculée précédemment ne prend en compte que les couches d’isolation
des panneaux MOB ; or pour s’approcher de la réalité, il est nécessaire d’apporter une correction,
correspondant aux ponts thermiques engendrés par les montants verticaux en bois massifs constituant la
structure du mur.
Avec
D’où :
Le Rcorrigé dépendant des ponts thermiques intégrés à l’ossature bois est donc 14% inférieur au R calculé issue
des couches d’isolation.
Charge de grue :
Les quantitatifs intervenants dans le calcul de la charge de grue ne concernent que la structure
béton armé décrite par le procédé Habitat Colonne. Une fois le Gros Œuvre terminé, vient la mise en place
des panneaux ossature bois, prise en charge par le sous-traitant adjudicataire du lot. Les paramètres de la
charge de grue sont les même que dans le cas de la maçonnerie :
La charge de grue correspondant à un étage courant est présenté en annexe (Annexe 6). On obtient ainsi
les délais minima suivant :
RdC : 12 jrs
Etage courant (R+1 et R+2 identiques) : 12 jrs
Planning :
La pose des panneaux ossature bois sera réalisée à la suite de la phase Gros Œuvre, et est estimée
à 1 mois (690h pour 5 ouvriers) ; la pose de l’ITE et du RPE est comprise dans cette durée.
Le planning correspondant sera présenté en annexe (Annexe 8). Le tableau suivant récapitule les
données nécessaires à la suite de l’étude :
Prix Unitaires :
Une consultation a été effectuée auprès des menuisiers rencontrés au début de ma période de
stage, sur la base du mur décrit ci-dessus. Un devis a été retenu, il est présenté en annexe (Annexe 9) ;
nous avons récapitulé ci-dessous les prix des éléments :
Nous étudions à présent une variante correspondant à un poste couteux de la solution en ossature
bois : le levage des panneaux, qui représentent environ 10€/m² de panneaux. Ainsi nous nous
affranchissons de cette prestation, ce qui représente une moins-value de 19 698,24 € et nous la
compensons par un prolongement de la location de la grue du GO.
Cette prolongation correspond à la durée de mise en place des panneaux, à savoir environ 1 mois ; elle
s’accompagne de la prolongation de location du matériel relatif à la grue ainsi que du grutier.
GRUE
Grutier m ois 1,00 5 350,00 5 350,00
Location grue m ois 1,00 3 880,00 3 880,00
Location systèm e anti-collision m ois 1,00 425,00 425,00
Location cam éra de chariot grue m ois 1,00 800,00 800,00
Location recepteur aném om étrique m ois 1,00 60,00 60,00
Location balisage nocture m ois 1,00 430,00 430,00
Consom m ation électrique grue m ois 1,00 672,00 672,00
Location arm oire pied de grue m ois 1,00 180,00 180,00
Plus-value Grue GO 11 797,00
Une économie de près de 8 000 € est donc possible en mettant la grue de la phase Gros Œuvre à
disposition aux poseurs de panneaux pour le levage des panneaux.
Remarque : le calcul d’une charge de grue pour la phase de pose des panneaux ossature bois doit être
réalisé de manière à vérifier que la grue peut suivre le rythme imposé par la pose de ces panneaux. Après
calcul, nous obtenons un délai de 20 jours, qui est donc adéquat au délai d’un mois estimé pour cette
prestation.
Le tableau ci-dessous présente les totaux de chaque solution et les écarts de coût. Le delta total est
de 6 000 € en faveur du remplissage en maçonnerie ; en prenant en compte la variante étudiée sur le
levage des panneaux, la tendance est inversée et le mur ossature bois devient plus compétitif.
En entrant dans le détail de l’étude, nous observons que la prestation liée à la fourniture et pose
de la maçonnerie est plus compétitive que l’ossature bois ; cependant les gains de temps réalisé par la
seconde solution entrainent des économies intéressantes sur les frais relatifs au chantier.
Remarque : De nombreux paramètres influençant nos calculs sont une estimation, et ne présente pas un
niveau de précision aussi faible que les écarts calculés. La conclusion de nos études établit que la moins-
value du coût brut de la maçonnerie est compensée par le gain sur les frais de chantier acquis par la
solution bois.
De manière à valider les conclusions tirées de l’étude préliminaire, nous établissons la même
analyse, mais sur une surface plus importante de façades. Nous considérons alors le même projet, en
ajoutant un 3ème étage, identique au deux précédents, puis nous suivons une démarche similaire.
De même que dans la première étude, nous établissons une base de calcul qui ne sera pas
influencée par le choix des façades. Ainsi, les autres lots ont été estimé par rapport aux estimations faites
pour un ensemble de 40 logements ; nous avons majoré les montants par rapport à l’augmentation de
surface STP.
Métrés opérationnels :
Désignation articles U TOTAL RDC R+1 R+2 R+3
Linéaire façade : ml 918,00 243,00 225,00 225,00 225,00
Charge de grue :
Charges de grue identiques à l’étude sur 40 logements
Planning :
Prix Unitaires :
Prix unitaires identiques à l’étude sur 40 logements.
Métrés opérationnels :
Charge de grue :
Identique à l’étude de 40 logements
Planning :
Prix Unitaires :
Identiques à l’étude de 40 logements, sauf pour le levage des panneaux, que l’on a calculé au prorata de la
surface de façade supplémentaire.
Les économies qu’il est possible de réaliser sur le levage des panneaux ossature bois, en utilisant la
grue de la phase Gros Œuvre sont proches de celles réalisées pour un bâtiment à 40 logements. La
location de la grue GO devra être prolongée d’un mois et demi pour permettre au charpentier de mettre
en place ses panneaux préfabriqués.
4.4.4 Conclusion
Les écarts entre les deux solutions restent très insignifiants par rapport au montant total du
marché. Nous observons une sensible augmentation : la solution en mur ossature bois présente une plus-
value de 15 000€, l’écart pouvant être diminué en utilisant la grue de la phase Gros Œuvre pour le levage
des panneaux.
Cette divergence du delta entre les deux solutions s’explique par le traitement des acrotères : en
effet, cette prestation est beaucoup plus couteuse pour un remplissage en maçonnerie, car les normes en
vigueur interdisent la mise en œuvre des acrotères en maçonnerie traditionnelle. Les éléments
préfabriqués en béton armé, destinés aux acrotères sont couteux et gonfle le prix de la solution
maçonnée. Or en ajoutant un étage, le poste de traitement des acrotères reste inchangé, car le linéaire
reste identique, mais le reste des prestations liées au lot Façade augmente proportionnellement à la
surface de façade, c’est pourquoi la maçonnerie devient moins chère que l’ossature bois. La conclusion
aurait été différente si, au lieu d’ajouter un étage, nous avions étendu l’emprise du bâtiment (donc
augmenté le linéaire d’acrotères).
Cette constatation met en relief la faiblesse de notre comparaison, qui dépend d’un trop grand
nombre de paramètres pour être généralisée.
La conclusion de ces deux études parallèles se résume par une constatation manifeste : un
remplissage en maçonnerie représente un prix surfacique en déboursés secs moins important qu’un
manteau en ossature bois (130€/m² pour un ensemble « agglos + isolation + enduit » contre près de
160€/m² pour un mur ossature bois équivalent, à résistance thermique égale), cependant, outre les
avantages constructifs et le confort apporté par l’ossature bois, la préfabrication des panneaux permet un
gain de temps de mise en œuvre, entrainant des économies importantes sur les frais de chantier (location
cantonnement, grue, matériel, encadrement…).
D’autre part, une variante peut encore réduire les écarts de coût : il s’agit du levage des panneaux
ossature bois. En le réalisant par la grue de la phase Gros Œuvre, on peut s’affranchir de la location de la
grue mobile du sous-traitant, qui a un coût plus important qu’une prolongation de location de la grue GO.
Il est toutefois important de dégager la part que prend la réalisation des acrotères dans le chiffrage
de la maçonnerie ; ces derniers ne pouvant être constitués en briques traditionnelles, ils sont plus couteux
que le remplissage des façades. Dans le cas d’une enveloppe en ossature bois, les acrotères étant réalisés
dans la continuité des parois de l’étage inférieur, leur réalisation n’engendre pas de plus-value. Nous
pouvons donc conclure que pour un bâtiment « étalé », nécessitant un linéaire d’acrotères important, la
maçonnerie sera défavorisée, du fait de la plus-value engendrée.
Au final, les deux procédés ont des coûts équivalents pour un projet de cette ampleur, si l’on
considère tous les tenants et aboutissant d’un chantier. La compétitivité des panneaux ossature bois se
fait donc sur ses atouts constructifs et malgré les idées préconçues, son prix ne met pas ce procédé hors-
jeu.
Le bénéfice qu’il est possible de tirer de l’enveloppe en ossature bois, par rapport à la maçonnerie
traditionnelle, réside donc d’avantage dans les niveaux de performances thermiques atteints pour une
épaisseur de paroi raisonnable, mais également dans les gains de délais de mise en œuvre, maximisés par
le choix de la préfabrication.
En ce qui concerne les inconvénients que l’on peut attribuer à cette alternative par rapport à la
maçonnerie, ils se résument aux spécificités de mise en œuvre qu’elle requiert, et la rigueur qu’elles
nécessitent, notamment aux lieux des interfaces entre les deux matériaux (fixation de l’enveloppe sur la
structure, problèmes d’étanchéité à l’air, différences de tolérances dimensionnelles). Cependant, une
prise en compte de cette stratégie dès la conception, associée à des équipes de pose formées aux
dispositions mentionnées précédemment, permet d’anticiper les problèmes potentiels et de s’en
affranchir.
5 CONCLUSION
La présente étude effectuée sur la mixité béton-bois confirme donc le récent intérêt porté par les
constructeurs pour cette nouvelle stratégie de mixité. L’ère du « tout-béton » semble révolue et laisse
place à un retour de matériaux écologiques et économiques comme le bois. La complémentarité entre ces
deux matériaux représente un potentiel important, notamment dans le cadre d’un durcissement
progressif des exigences en matière d’isolation thermique ou de protection incendie. De la conception à
l’exécution, la mixité béton-bois implique une vision globale du bâtiment et une synergie entre tous les
acteurs de la construction. Si ces enjeux sont convenablement maîtrisés, elle incarne une réelle alternative
aux habitudes constructives et au monopole du béton.
Les points singuliers à traiter sont multiples et ont été détaillé dans l’étude constructive du présent
rapport :
Le procédé mixte béton-bois étudié tout au long de mon stage nécessite en effet un savoir-faire
important, autant lors de la conception du bâti, de la préfabrication des panneaux ossature bois ou lors de
leur pose. Sa faiblesse repose majoritairement sur le manque d’expériences et de réalisations
d’envergure ; de plus cette technique ne fait pas (encore) l’objet d’une normalisation et l’inexistence de
DTU laisse certains architectes et maîtres d’ouvrage perplexes. Mais progressivement, des constructions
mixtes voient le jour et un DTU consacré aux façades bois rapportées sur une structure béton devrait voir
le jour au cours de l’année 2013 : DTU 31.4. La démocratisation du bois dans la construction, en
association avec une structure béton, est donc en cours et laisse présager de belles heures au procédé
présenté.
6 BIBLIOGRAPHIE
Normes
Supports écrits
Cours de Construction Bois, dispensé par Sébastien Antoinet, au 1 er semestre de 5ème année.
Collection Les Essentiels du Bois, CNDB, novembre 2006 à avril 2009
Collection Inter & Bois, CNDB, juin 2009 à décembre 2012
Guide de l’ossature bois, CHARPENTES FRANCAISES, octobre 2009.
Le livre blanc de la construction bois BBC industrialisée, OSSABOIS, mars 2012.
Logements collectifs – solutions constructives bois & béton, CNDB, février 2011.
Brochure Mur Manteaux, ARBONIS.
Présentation du prix de l’innovation Vinci 2011 : le Porte-Manteau, ARBONIS.
Etanchéité à l’air : dispositions constructives, ADEME, novembre 2010
La construction bois, dossier du Moniteur, mai 2013
Documentations de l’entreprise CHABAUD
Documentations de l’entreprise GIPEN
Documentations de l’entreprise METSAWOOD
Documentations de l’entreprise CBS
Documentations de l’entreprise PIVETEAUBOIS
Sites internet
http://www.vinci-construction.fr
http://www.gipen.fr
http://www.legifrance.gouv.fr
http://www.lemoniteur.fr
7 ANNEXES
Annexe 6 : Charge de grue d’un étage courant avec façade en ossature bois