Docs de Planification
Docs de Planification
[Link] ...................................................................................................................................... 27
[Link]........................................................................................................................................... 28
11.1. Délibération de l’Assemblée territoriale de Corse des 24 et 25 Novembre 2005 .................. 28
11.2. Proposition budgétaire d’ALCATEL du 13 Juillet 2005 pour la liaison sous-marine entre le
Corse et le continent .............................................................................................................. 29
11.3. Opportunité de mise en place d’une plate-forme de services numériques en Corse ............ 44
11.4. Le contexte de la Guadeloupe en 2005 ................................................................................. 46
11.5. GIX, interconnexions, accords de transit et accords de peering ........................................... 50
11.6. Cartographies des câbles sous-marins (existants ou en projet) dans le bassin méditerranéen
............................................................................................................................................... 52
11.7. Cartographie comparative des tarifs IP en Europe................................................................ 53
11.8. Articles Corse Matin – Incident sur câble sous-marin............................................................ 54
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
1. Synthèse et perspectives
L’enjeu du développement de la société de l’information en Corse repose sur la création d’un
« écosystème » (diversité/choix de l’offre de services, compétitivité des tarifs, renforcement de la
qualité et sécurité des liaisons, soutien des actions innovantes en matière de services et contenus,
sensibilisation, formation, appropriation pour les usagers, …), favorable au développement des
usages et services destinés à l’économie et l’ensemble des acteurs publics, culturels et sociaux
insulaires.
Ainsi, non seulement doter le territoire Corse des outils modernes et performants de réseaux de
communication électronique, mais également contribuer à se positionner notamment dans l’offre
régionale à l’échelle méditerranéenne et sud européenne.
Dans ce but plusieurs actions ont été engagées par la Collectivité territoriales au court de ces deux
dernières années. Parmi celles-ci figurent, l’engagement d’actions couvrant le champ des
infrastructures de réseaux de télécommunications à haut débit. Une DSP a été engagé pour couvrir le
territoire, son délégataire a été retenu au cours de l’été 2005 (Corsica Haut Débit filiale de France
Télécom).
Par ailleurs, la présente étude a permis de faire apparaître des opportunités d’accès à des projets de
câbles sous-marins (DGA entre Menton et Bastia, EGS Corse avec le câble SARCO reliant Bonifacio
à la Sardaigne). Sur le plan stratégique, il a été clairement identifié l’intérêt pour le développement de
la société de l’information en Corse de disposer de nouvelles ressources connectant l’île au continent
français et à d’autres territoires régionaux comme la Sardaigne. D’autant plus important, que les
cycles d’investissements dans ces natures d’infrastructures complexes, sont assez longs (plus de dix
ans).
Saisir ces opportunités dans des conditions technico-économiques optimales (« de type coût
marginal ») au moment même où la CTC engage ses actions de développement dans le domaine des
TIC, offre donc un véritable « effet d’aubaine ».
Ces trois stratégies ont des conséquences aussi bien financières en matière d’investissements et
d’exploitation, que techniques, juridiques et de positionnement commercial.
Quelque soit l’option stratégique que la CTC pourra retenir dans les prochains mois, saisir les deux
opportunités identifiées semble s’imposer mais implique simultanément de répondre aux arbitrages
relatifs aux modalités de gestion, exploitation et commercialisation.
Juin 2005 3
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Ces opportunités que représentent la maîtrise d’une partie des câbles sous-marins n’entrent pas en
toute logique dans le champ de la mission du délégataire Corsica Haut Débit.
C’est pourquoi , de multiples questions doivent être traitées, si l’acquisition des ressources est
engagée :
- en fonction des 3 axes stratégiques possibles, quelles sont les investissements initiaux et les
coûts récurrents (travaux de locaux techniques, location d’infrastructures, IRU, droits
d’occupation, frais et taxes associés à ces activités, activation des fibres pour louer des
capacités de longueur d’ondes, systèmes de supervision et sécurisation, contrats
maintenance, d’entretiens …). Pour cela une analyse économique précise restent à effectuer
afin d’éclairer les décideurs de la CTC dans leurs arbitrages,
- modalités d’exploitation/gestion/commercialisation : qui va s’en charger d’exploiter ces
infrastructures et de les commercialiser (Régie, DSP, PPP), quels partenariats peut on
envisager, quelles sont les relations avec les acteurs notamment le délégataire de la DSP
Haut débit … ?
- Au-delà des enjeux stratégiques, sur le plan économique, il est indispensable de disposer
d’une vision économique sur les espérances sérieuses de recettes associées aux différentes
hypothèses envisagées (clients cibles identifiés, quantités et revenus potentiels… Pour cela la
CTC devra disposer d’une analyse de marché plus fine qu’une simple étude d’appétence pour
définir les consentements et besoins des acteurs).
- Comment juridiquement seront traitées les questions relatives à l’occupation du domaine dans
la perspective notamment de l’interconnexion avec les autres réseaux sur le continent ?
- Quels services seront commercialisés, du fait de la ressource rare que représentent ces
infrastructures (3 paires de fibres optiques non activées) ?
- quelle sera la politique commerciale et tarifaire engagée (entre équilibre rapide et
développement économique, quelles sont les limites d’une politique tarifaire incitative, quelle
stratégie de dégressivité tarifaire ou granularité sont envisageables pour éviter des positions
dominantes ou des évictions, quelles clauses limitatives sur l’accès à la ressource ….) ?
L’opportunité stratégique est donc soulevée et validée par cette présente étude. Il s’agit
désormais pour la CTC de lever rapidement les interrogations relatives aux options proposées
en effectuant l’analyse des conditions opérationnelles de faisabilité du projet Corse –
Continent.
Juin 2005 4
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Dans ce cadre, la CTC a confié à la MITIC la charge d’explorer les opportunités de lien physique de la
Corse - avec le continent français d’une part et le reste de l’Europe d’autre part - via des câbles
sous-marins qui transportent les fibres optiques nécessaires au raccordement numérique des
territoires.
Cette étude a pour objet de valider la faisabilité technique et économique d’une liaison entre la Corse
et le Continent.
Elle consiste dans un premier temps à identifier l’ensemble des solutions qui visent à proposer une
interconnexion entre la Corse et le continent français et plus largement avec les autres territoires
insulaires (Sardaigne, Sicile, …). En effet, que ce soit dans l’optique d’installer une plate-forme
d’échanges à l’internet en Corse ou de promouvoir la concurrence pour une desserte haut débit du
territoire Corse (telle qu’elle est menée dans le cadre de la DSP), l’installation d’une compétitivité sur
les liens raccordant la Corse est essentielle pour le succès de ces deux projets.
Dans un second temps, il s’agit aussi de déterminer les conditions requises pour faire baisser les tarifs
de la bande passante, afin de permettre à la Corse de devenir un point d’interconnexion de l’internet
important dans le Bassin Méditerranéen.
Les impacts attendus sont considérables pour le développement économique, culturel et social de
l’Ile. En effet, les informations et les flux numériques transportent les services à valeur ajoutée et
constituent les futurs vecteurs de la création de richesses, d’activité et d’emplois de demain.
C’est le rôle et les objectifs de la CTC de :
- Créer les conditions favorables au développement d’offres concurrentielles sur la Corse,
- Promouvoir l’accès aux services à fort impact macro-économique : eSanté, eGouvernement,
eEducation,
- Permettre aux entreprises Corses de prendre toute leur place au sein d’un pôle d’excellence
local.
L’objectif de cette note est de faire le point sur la situation actuelle en matière de raccordement
optique, d’identifier les opportunités et le potentiel offert par les acteurs du marché et enfin de dresser
les perspectives d’actions quant aux solutions d’interconnexion alternative entre la Corse et le
continent ainsi qu’avec les îles situées à proximité.
Juin 2005 5
3. La situation de la Corse en matière de trafic de
services de télécommunications
En 2004, 5 gigabit/s de trafic transitaient en moyenne à un instant donné entre la Corse et le
Continent (source : France Télécom et Alcatel). Pour des raisons propres aux choix des opérateurs, il
s’agit :
- d’une partie des appels téléphoniques internes à la Corse, en particulier ceux entre des
abonnés FT et des clients d’autres opérateurs téléphoniques qui transitent soit par Marseille
ou Paris, faute de points de présence des opérateurs sur l’île. Ce « transit artificiel »
représente près de 10% du total des flux entre la Corse et le Continent.
- de la totalité du trafic de données des internautes de l’île. En effet, tout le trafic internet entre
les internautes de Corse transite par Marseille (Wanadoo / Oléane) ou pour les autres
opérateurs (Club internet, Tiscali, AOL, Neuf Télécom, …) via Paris. C’est l’absence de
plateforme de service internet et de nœud d’échanges sur la Corse qui oblige à l’ensemble du
trafic de passer via la liaison Corse – Continent. Ce « transit » artificiel intra Corse entre les
internautes représente près de 22% du total des flux entre la Corse et le Continent.
Or, depuis 2004, si on peut estimer que les flux téléphoniques sont restés relativement stables, les
échanges de flux internet ont évolué à cause :
- De l’évolution des débits moyens par usagers ;
- De l’évolution du taux de pénétration du haut débit ;
- De l’évolution de la couverture haut débit de la Corse.
En effet, le déploiement de l’aDSL France Télécom sur la Corse (cf. cartographies ci-dessous) laisse
apparaître une augmentation significative de la couverture haut débit de l’île.
100%
90% Population
80%
Entreprises Secteur
70% Primaire
60% Entreprises Secteur
Secondaire
50%
Entreprises Secteur
40% Tertiaire
30% Entreprises Tous
secteurs confondus
20%
Administrations
10%
0% Mi 2003
Mi 2004
Fin 2002
Fin 2003
Fin 2004
Les projections - respectivement à 2010 et 2015 - sont estimées à environ 31 Gbit/s et 72 Gbit/s dans
l’hypothèse maximale. Pour une hypothèse conservatrice1 notre estimation est d’environ 10 Gigabit/s
en 2010 et environ 30 gigabit/s en 2015.
L’analyse prospective2 montre que la simulation des besoins en débits à 2010 et 2015 est loin
d’être irréaliste. Dans ces conditions, l’un des câbles actuels de France Télécom pourrait être
saturés d’ici 2012, avec un trafic global de l’ordre de 15 Gbit/s.
Faute de capacité suffisante sur le CC4 (limité à environ 15 Gbit/s en l’état actuel des
technologies), France Télécom ne pourrait plus à cette horizon, assurer un secours complet du
trafic s’écoulant sur le CC5. Ce dernier pour autant dispose d’une capacité propre largement
suffisante pour absorber toutes les évolutions futures à moyen et long terme des besoins en
débit de la Corse (au moins 450 Gigabit/s) mais dans un cadre non sécurisé.
De plus, de nombreux incidents rencontrés récemment sur les câbles CC4 et CC5 (arrachages
à l’abord du littoral3) nécessitent de prendre en compte dès que possible (d’ici 2007 au plus
tard selon France Télécom) ce besoin de secours via un nouveau câble entre la Corse et le
continent français. Les options de cheminement via la Sardaigne et l’Italie sont jugées moins
pertinentes par l’opérateur historique, car le secours serait trop complexe à mettre en œuvre et
plus coûteux in fine.
1
Les hypothèses conservatrices et maximales sont présentées dans la partie 7 du présent document.
2
L’analyse prospective est réalisée sur la base des estimations de trafic telles qu’elles apparaissent dans les pages suivantes
3
Annexe 10.4 : Articles de Corse Matin sur l’incident câble sous-marin et Corsica Ferries
Juin 2005 7
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Voix
Trafic Voix
Intra Corse
25%
Corse - Continent
75%
L’expérience des trois dernières années est très significative de l’accroissement de la consommation
des débits par l’utilisateur final sous l’effet de la concurrence et d’une offre de capacité croissante à
prix constant.
Ainsi l’opérateur Free a commercialisé une offre d’accès à l’internet haut débit qui est passée de 512
kbits/s à 8 Mbits/s4, soit une augmentation de débits dans un facteur 16 entre 2002 et 2005.
Au Japon, Yahoo Broadband (le Free Japonais) vient de lancer une offre de 1 Gbits/s vers le marché
résidentiel alors que dans le même temps NTT Est & West (l’opérateur historique) propose une offre
vers les résidentiels de 100 Mbits/s. ces 2 offres sont disponibles à un tarif de 50 euros/mois.
Il est donc essentiel pour la CTC de prendre en compte ces projections liées à l’impact d’une offre
dynamique et compétitive dans le cadre de l’investissement dans le câble optique sous-marin.
A noter que l’évolution des technologies DSL dans la boucle locale permet d’ores et déjà des débits
supérieurs à 10 Mbit/s (ADSL 2+, VDSL, VDSL2, …) et que ces évolutions seront durables tant la
dynamique industrielle de l’offre est forte.
Ces chiffres reposent sur des éléments tangibles en ce qui concerne le développement de
nouveaux services dont la caractéristique est d’être de plus en plus symétrique et de demander une
qualité de service optimale.
En effet, avec l’émergence de IP/TV, le réseau d’accès à l’abonné devient un vrai réseau de
distribution IP pour la TV sur lequel viendront se déployer les offres de Vidéo On Demand (VOD), et
de TVHD (réclamant de l’ordre de 8 Mbits/s sur MPEG 4). Avec le canal IP/TV ce sont plusieurs
canaux TV simultanés qui arriveront dans la maison et permettront à chacun de regarder le canal de
son choix.
A Japon, NTT prévoit à moyen terme de raccorder chaque abonné en longueur d’onde permettant
l’accès à 110 chaînes de TVHD ou 500 chaînes simple définition et d’offrir en outre un canal IP à 1
Gbits/s.
Actuellement en France, des industriels tels que Alcatel et Thalès et des opérateurs tels que France
Télécom sont mobilisés sur le sujet.
De plus, l’offre TV devient accessible via le DSL. En 2004, TPS a commercialisé 50% de ses 100 000
abonnements en offre TV sur DSL.
4
Débit asymétrique, capacité indiquée pour la réception
Juin 2005 8
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Cette infrastructure demeure la propriété de France Télécom et répond en priorité aux besoins
internes de l’opérateur. Ces liaisons sont mises à disposition de tiers sur la base d’une offre de
services de transport dont les tarifs sont proportionnels aux débits utilisés et restent un frein pour
l’entrée de la concurrence sur l’île.
© TACTIS-IDATE pour CTC/MITIC Novembre 2004)
Nom Avantages Inconvients
- Conditions financières encore très élévées
- durée incertaines des négociations
- Liaison entre Toulon et Ajaccio (309 km)
- condiditions d'accès techniques plus complexes
- Câble existant ayant des surcapacités optiques
FT CC5 que dans un câble en propre (plus de la location
disponibles
que de la pleine propriété)
- Ouverture à la négociation engagée en fin 2003
- contraintes liées aux conditions d'exploitation qui
resteraient assurées par FT
Le câble est proche de la saturation avec 5
- Liaison entre Cannes et Ile Rousse (197 km)
Gigabits/s utilisés en 2003 pour une capacité à
- Câble existant ayant peu de surcapacités optiques
FT CC4 court terme de 7,5 Gigabits
disponibles
Le câble ne dispose pas de la technologie DWDM
permettant d'accroître sa capacité
Cependant, les négociations engagées à l’automne 2003 ont permis d’entrouvrir une opportunité
confirmée officiellement d’accès à des ressources physiques (cf offre FT en annexe) qui permettraient
de s’affranchir des principes tarifaires au débit fortement contraignants pour les nouveaux entrants.
La dernière offre de janvier 2005 de France Télécom (cf Courrier à la CTC du 26 janvier 2005),
confirme que FT ne propose pas à ses concurrents de Fibre noire en location ou vente.
Dans ce cadre, FT propose une offre de services très compétitive de longueur d’ondes (2,5 Gbit/s)
non secourue (uniquement sur CC5) ou de services de liaisons louées sécurisées de type SDH (155
et 622 Mbit/s) sur CC4 et CC5, aux tarifs suivants :
Juin 2005 9
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Par ailleurs entre la Sicile, la Sardaigne et le continent Italien, de nouveaux câbles sont en cours de
déploiement dans le cadre du projet JANA.
Ce projet mené par un consortium détenu à 49% par la Région Sarde, offre de nouvelles opportunités
de travaux « jumelés » prenant en compte un lien entre la Corse et la Sardaigne qui permettraient de
faire des économies d’échelles significatives (de l’ordre 20% soit environ 1 M€ HT) sur le coût d’un
projet mené isolément par la CTC (évaluation novembre 2004 : 5,3 M€ HT).
5
AJACCIO : nom du projet de câble fibre optique Corse- Continent déployé par la DGA entre Menton – Bastia et Solenzara.
Juin 2005 10
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Les deux projets – Ajaccio et Sarco - offrent la perspective à court terme (fin 2005) de maîtriser le
désenclavement numérique de la Corse. Toutefois, le projet AJACCIO offre la meilleure
opportunité pour la Collectivité Territoriale de Corse.
Le câble SARCO présente un intérêt moins stratégique dans l'immédiat mais il offre une ouverture
pour le renforcement de la performance technique et économique des liaisons vers la péninsule
italienne et avec la Sardaigne.
Juin 2005 11
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
L’intervention publique est donc indispensable pour acquérir et disposer d’un patrimoine de câbles
sous-marins. Les enjeux sont de plusieurs ordres :
- Contrôler les axes d’entrée et de sortie de la Corse et réduire le poids de l’intercontinental,
6
Cf Annexe 10.2 : cartographie des câbles sous-marin en méditerranée
Juin 2005 12
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
- Maîtriser les conditions techniques et tarifaires d’accès à ces infrastructures à moyen et long
terme,
- Disposer d’une capacité suffisante pour faire jouer les possibilités de « Swap » (échanges)
avec d’autres opérateurs ou consortium pour étendre le patrimoine contrôlé par la CTC sur les
axes jugés stratégiques,
- Permettre aux opérateurs et FAI présents en Corse d’accéder à moindre coût au marché.
Néanmoins, même si l’ouverture à la concurrence sur la boucle locale est un facteur déterminant pour
la baisse des tarifs des services haut débit sur un territoire, l’accès aux points de transit IP nationaux
et internationaux est également un facteur clé.
Ainsi, après être intervenu dans la desserte locale très haut débit des utilisateurs finaux sur son
territoire, la Communauté d’agglomération de Pau a pris l’initiative de co-financer une liaison optique
(en IRU) entre Pau et Paris afin de permettre aux fournisseurs d’accès Internet de bénéficier d’un tarif
de transit IP au tarif de Paris (30€ / Mbits/s par mois). En effet, sans cette liaison, les tarifs de transit
IP disponibles sur Pau se situaient à environ 100 à 150 € / Mbits/s par mois et représentaient un
véritable frein au développement de services très haut débit économiquement performants.
Par ailleurs, à la Réunion, même si le contexte géographique est différent, l’ART vient de prendre la
décision de faire baisser le coût du transport IP de 17 000 € / Mbits/s par mois à 1 550 € / Mbits/s par
7
cf en Annexe 10.3 la carte de comparaison européenne des coûts de transit IP
Juin 2005 13
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
mois, puis début 2005 à environ 900 € / Mbit/s par mois sur le câble SAFE. Cette baisse devrait avoir
un impact significatif sur le prix de détail de l’offre des FAI vers les usagers.
Dans le cas de la Corse, les tarifs de FT de transport entre la Corse et le continent français sur ses
câbles (CC4 et CC5) constituent des conditions qui sont à court terme assez intéressantes avec une
offre de 155 Mbit/s qui se situe à minima à 23 € HT / Mbits/s par mois sur le CC5. Ces tarifs
permettent d’envisager des tarifs de transit IP en Corse situés entre 70 et 80 €HT / Mbits/s par mois
(pour mémoire, les tarifs sur le Continent sont de 30 € / Mbits/s par mois à Paris, 50 € / Mbits/s par
mois à Marseille et 70 € / Mbits/s par mois à Nice).
Au niveau de la concurrence régionale, si l’on compare cette offre avec celle disponible sur Palerme,
le delta est aussi très important concernant le transit IP (300 € / Mbits/s par mois à Palerme soit plus
de 4 fois plus élevé qu’en Corse …). Cependant, ces informations ne tiennent pas compte l’impact de
l’initiative JANA dont l’un des effets sera de faire baisser le coût du transit IP sur l’ensemble des points
du réseau, y compris sur Palerme, même si aujourd’hui on ne maîtrise pas les tarifs qui seront
proposés.
Par contre si l’on veut que les entreprises et notamment les PME, les sociétés de services et en
particulier les activités TIC se développent dans les prochaines années en Corse, il est essentiel de
disposer d’offres très compétitives au regard de l’environnement concurrentiel proche en
méditerranée.
Juin 2005 14
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
sécurisation satisfaisant. Le projet de la CTC permettrait donc de proposer une solution à France
Télécom et de mettre la collectivité au cœur du dispositif.
Enfin la captation et la maîtrise d’une ressource adaptée au marché permet-elle d’assurer la montée
en puissance vers le très haut débit dans un cadre compétitif.
Comme cela a été vu précédemment, d’un point de vue économique, l’enjeu du câble sur le plan
tarifaire représente un impact estimé de l’ordre de 2 à 3 € HT minimum le Mbit/s par mois de
transport (débit point à point).
Juin 2005 15
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Le coût du transport Corse Continent sur les services IP est variable entre le marché grand public et
professionnel.
Pour le marché des services « Grand public », le taux de contention est très élevé (d’un facteur 20
environ8) et la concurrence très rude. Les tarifs proposés permettent de dégager de faibles marges qui
sont compensées par l’effet de volume. Aussi, toute économie envisageable sur les charges de
production des services internet de détail pour le grand public est précieuse pour les fournisseurs de
ces services car multipliée par un volume important de connexions. Ainsi le poids du coût du câble
Corse / Continent sur le marché de détail grand public est significatif. Il est estimé entre 10 et
17% du prix de détail proposé (en considérant les tarifs proposés par France Télécom dans leur
courrier du 26 janvier 2005).
Par contre, pour le marché professionnel, l’impact du prix du transport Corse-Continent sur le
marché grand public est plus faible (estimé entre 7,5 et 12,5%). En effet, pour ce marché, les
marges unitaires sont plus importantes que pour le marché « grand public » ; le poids du transport est
donc moindre malgré des taux de contention plus faibles.
Aussi, au regard du poids représenté par les coûts liés au transport entre la Corse et le
Continent, il convient de s’interroger sur l’importance pour la Collectivité Territoriale de Corse
d’engager des investissements afin de réduire le poids du coût du transport sur le lien Corse
Continent, alors que celui-ci ne représente (avec les nouveaux tarifs FT) qu’un poids relatif
(entre 7,5 à 17% environ du prix de détail).
En valeur absolue, cela veut dire qu’un foyer Corse abonné à l’ADSL paie environ 3 à 4 euros HT par
mois pour rémunérer le passage à travers le câble sous-marin de FT.
L’impact positif pour le marché est estimé pour la même période à environ 7,5 M€ HT.
Cependant, cet impact risque fort d’être absorbé notamment pour le marché grand public par la marge
des opérateurs FAI qui cherchent avant tout à faire eux même une tarification péréquée lorsqu’ils sont
présents dans un territoire et non pas une tarification liée au contexte local.
Pour le marché grand public ressortent deux catégories de tarifs pour les FAI :
- Une famille tarifaire lorsqu’un client est dégroupable (option 1)
- Une famille tarifaire lorsque le client est uniquement adressable via l’offre de collecte DSL de
FT
Le grand public représente environ 80 à 85% du marché total. Pour le segment professionnel la
restitution aux clients finals pourrait être plus directe.
Nous évaluons l’impact économique pour le marché professionnel (utilisateurs finaux) à environ 1 à
1,5 Millions d’euros pour une période de 10 ans. (750 000 euros HT/an, environ 35% de pénétration
de l’ADSL et impact positif sur 50% du marché (hors FT)).
En conclusion
- Le financement s’établirait aux environs de 5 M€ HT (câble+ travaux+ exploitation)
- L’opération générait un gain pour le marché de l’ordre de 7 à 8 M€ HT sur 10 ans. Montant
que la collectivité pourrait restituer en tout ou partie (hypothèse transport de 50% du transit
Internet) aux acteurs du marché. Cependant, pour les FAI grand public cet effort n’aurait
qu’un faible impact sur les tarifs aux clients finals.
8
C'est-à-dire que pour 20 Mbit/s vendus par un opérateur pour fournir des services aux particuliers, cet opérateur provisionne
1 Mbit/s sur son réseau.
Juin 2005 16
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
De même, cette maîtrise permettra de participer à des partenariats et des échanges stratégiques
structurants qui placeront la CTC au cœur de projets d’interconnexion avec les territoires voisins dans
le bassin méditerranéen.
Comme indiqué au paragraphe précédent, une intervention sur les liaisons optiques sous-marines
entre la Corse et le continent français résulterait essentiellement en un arbitrage politique.
Juin 2005 17
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
¨ Les avantages :
- Ce sont les acteurs privés qui prennent les risques financiers et techniques,
- aucun investissement public n’est requis,
- Il n’y a pas d’interférence avec la procédure de DSP en cours lancée par la CTC vis à vis du
futur réseau régional haut débit.
¨ Les inconvénients :
- La CTC ne dispose pas de moyen de pression durable sur le marché pour éviter une
« oligopolisation » du lien numérique physique à la Corse, avec le risque de se trouver à
terme face à une barrière d’entrée dominée par un seul opérateur privé ou un oligopole,
- Elle laisse passer l’opportunité d’un mutualisation de fibres optiques lors du déploiement du
projet AJACCIO et se prive d’un partenariat structurant avec cet acteur,
- Elle ne bénéficie d’aucun droit de regard sur les pratiques tarifaires reliant la Corse au
Continent et aux autres territoires méditerranéens,
- Elle court le risque d’une moindre appétence des opérateurs à venir construire et exploiter le
réseau régional haut débit corse,
- Elle ne dispose d’aucune ressource négociable pour mener à bien la stratégie
d’interconnexion de la Corse avec d’autres pays de la méditerranée et le continent,
- Elle perd durablement tout contrôle et rôle sur les questions relatives aux conditions d’accès
aux liens télécoms de la Corse avec l’extérieur.
-
¨ Les avantages :
- Mêmes avantages que dans le 6.1
- Disposer d’un observatoire sur les pratiques tarifaires et de satisfaction des acteurs du
marché et utilisateurs finaux
¨ Les inconvénients :
- Mêmes inconvénients que dans le 6.1
- Manque de réelle capacité d’intervention (position d’observateur sans aucune contrainte réelle
pour les acteurs)
Juin 2005 18
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
¨ Les avantages :
- Tirer profit de l’effet d’aubaine (projet AJACCIO),
- Canaliser les projets de différents acteurs privés qui ont des besoins immédiats (Groupe
CEGETEL pour notamment le Trafic de SFR, Groupe France Télécom pour le renforcement
de la sécurisation de l’ensemble CC4-CC5),
- Permettre au futur délégataire de la DSP Haut Débit Corse d’acheminer le trafic vers le
continent dans un cadre concurrentiel maîtrisé,
- Disposer d’un instrument d’intervention direct pour la régulation à moyen et long terme du
marché des télécoms entre la Corse et le Continent français,
- Permettre de disposer de capacité excédentaires favorisant le développement des usages
innovants très hauts débits et durablement compétitifs.
¨ Les inconvénients :
- Mobiliser immédiatement un montant de l’ordre de 2 Millions d’euros HT sur un total d’environ
5 M€ HT,
- Assumer la part du risque du modèle économique sur le court terme (cf modèle économique
partie 7 de ce document),
- Faire aboutir rapidement un processus d’acquisition des droits sur le projet AJACCIO,
- Compléter le dispositif technique (interconnexion du lien sur le continent français) pour
permettre un service opérationnel au-delà des points techniques livrés dans le cadre du projet
AJACCIO,
- Mettre en place une structure de gestion et de commercialisation (possibilité de s’appuyer sur
des prestataires ou un partenariat public privé, tel que le précise la note ci-dessous du cabinet
Bird & Bird).
L’acquisition des fibres civiles disponibles sur le câble sous-marin de télécommunications de la DGA
par la CTC en vue de leur exploitation par cette dernière nécessite de recourir à deux contrats
distincts qu’il convient de passer successivement.
Juin 2005 19
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
L’acquisition des fibres civiles non activées par la CTC auprès d’Alcatel peut-être opérée de deux
manières :
− Soit par contrat de vente ;
− Soit par un contrat de location de longue durée d’une quinzaine d’années ou plus
octroyant à la CTC un droit d’usage exclusif des fibres durant leur durée de vie
normale.
Ces deux types de contrats peuvent être passés par la collectivité selon une procédure négociée avec
Alcatel pour deux raisons :
Sur la base de l’article 3-3 du Code des marchés publics permettant d’exclure des procédures de
publicité et de mise en concurrence fixées par le Code, les contrats ayant pour objet l’acquisition ou lu
la location de =bien immobiliers comme c’est le cas de ces fibres ;
La société Alcatel n’est pas soumise à la directive communautaire « secteurs spéciaux » pour
procéder à une mise en concurrence en vue de la vente ou de la location des fibres en cause.
Le cabinet Bird & Bird étudie actuellement les avantages et les inconvénients de chacun des deux
contrats envisagés au regard notamment des règles comptables, fiscales et de domanialité publique
afin de conseiller à la CTC le montage contractuel optimal.
A ce titre, la CTC exploitera les fibres activées pour rendre des services aux opérateurs de
télécommunications soit dans le cadre d’une régie personnalisée, soit dans le cadre d’un contrat
public de gestion d’un service public local en mettant les fibres à disposition du futur gestionnaire. Elle
pourra recourir à une délégation de service public si les résultats d’exploitation permettront de couvrir
les coûts de cette exploitation supportés par le délégataire. Dans le cas contraire, le recours à un
marché de service public sera préférable afin d’éviter les déficits d’exploitation dans la mesure où,
dans ce type de montage contractuel le gestionnaire, reçoit une rémunération forfaitaire de la part de
la collectivité, indépendante des résultats d’exploitation et calculée de manière à couvrir les coûts
d’exploitation et lui permettre de dégager une large raisonnable.
Dans tous les cas, l’entité qui procèdera à l’activation des fibres (régie personnalisée ou délégataire)
devra disposer d’une licence d’opérateur de communications électroniques à cet effet, dont le coût est
actuellement de 20.000 !e par an dès lors que le réseau traverse plus d’un seul département.
Juin 2005 20
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
C’est l’ensemble de ces facteurs qui va influencer le taux d’utilisation du câble CTC. Le modèle
économique est donc bâti en prenant en compte ces éléments et différentes hypothèses.
Pour l’évaluation de la CROISSANCE DU DEBIT, une estimation du trafic a été établie avec deux
hypothèses (Conservatrice et Maximale) :
Juin 2005 21
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Le calcul relatif au débit transitant sur les câbles CC4 et CC5 est estimé à partir de 3 critères :
- Pourcentage de l’éligibilité de l’ADSL en Corse (base 84% en 2004),
- Débit moyen de la consommation data (Moyenne ADSL et LS) (base 0,035 Mbits/s par client
en 2004),
- taux de pénétration de l’ADSL dans les zones éligibles (base 15,6%, en 2004).
Sur la base du développement des nouvelles technologies (ADSL2+, VDSL, GSM/UMTS, FTTB,
WIMAX …), des nouveaux services (Internet haut débit, voix sur IP, TVDSL et TVHD, Visiophonie,
VOD, ASP/SSP professionnels …) et du déploiement de la concurrence sous l’effet de la DSP, on
peut donc estimer suivant deux hypothèses (conservatrice et maximale) l’impact attendu sur les débits
qui vont transiter sur les liens entre la Corse et le continent (principalement Français) :
¨ Pour l’hypothèse conservatrice, avec un taux de pénétration de l’ADSL de 50% et un débit moyen
à l’abonné final de 0,35 Mbits/s, le trafic peut être estimé à 30 Gbits/s en 2015.
¨ Pour l’hypothèse maximale, avec un taux de pénétration de l’ADSL de 65% et un débit moyen à
l’abonné final de 0,65 Mbits/s, le trafic est estimé à environ 72 Gbits/s.
Pour le deuxième facteur, qui influence les évaluations de trafic du lien (la SECURISATION), les
hypothèses retenues prennent en comptes les besoins exprimés par France Télécom, mais aussi par
l’ensemble de la communauté des opérateurs télécoms. L’arrivée d’un nouveau lien entre la Corse et
le Continent va canaliser une partie des flux déjà acheminés par les deux câbles CC4 et CC5 dans
une logique de redondance de circuits.
¨ Pour l’hypothèse conservatrice, un niveau de 5% de la capacité acheminée par le CC5 est
retenue comme base de calcul dès la première année, puis 10% à partir de la 5ème année et 25%
à partir de la 10 ème année.
¨ Pour l’hypothèse maximale, un niveau de 10% de la capacité acheminée par le CC5 est retenue
comme base de calcul dès la première année, puis 25% à partir de la 5ème année et 50% à partir
de la 10 ème année.
Enfin, pour l’élaboration des revenus, les tarifs pris en compte sont ceux de France Télécom (derniers
tarifs publiés dans le courrier de janvier 2005) auxquels une réduction de 30% (niveau plancher
tarifaire, donc des bases de recettes pessimistes) est appliquée suivant des logiques essentiellement
d’IRU (10 ou 15 ans), donc sans réelle variation durant la période étudiée.
Juin 2005 22
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Les écarts entre les deux hypothèses sont significatives (Résultat net variant de –990497 à +2671921
euros HT) et offrent une rentabilité incertaine, en amortissant l’intégralité des investissements
effectués par la CTC.
Juin 2005 23
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Il ressort de cette analyse économique que la rentabilité pour un acteur privé est limitée voire
incertaine sauf dans l’hypothèse maximale.
Cependant, le niveau tarifaire envisagé relativement compétitif (-30% base dernier tarif FT) aura des
effets d’attractivité qui devraient canaliser une forte partie du marché alternatif en plus des besoins de
secours de France Télécom.
De plus, les modèles ici présentés ne prenant pas en compte une logique de subvention mais
uniquement de rentabilité globale, montre que y compris dans l’hypothèse conservatrice, le bilan
pourrait être rentable (marge de l’ordre de 10% ou plus) avec une part de subvention limitée à environ
2,5 M€ HT.
C'est-à-dire que la CTC pourrait envisager de financer uniquement la part d’investissement initial (de
l’ordre de 2 M€ hors équipements actifs) pourrait sans difficulté mettre en affermage pour une durée
de 10 ans ce câble et au final retrouver une partie de son investissement sans avoir la charge de
l’exploitation et de la commercialisation (pourrait être assurée par un délégataire).
La rentabilité à plus long terme serait meilleure et devrait permettre d’envisager une DSP de type
concessive. Pour cela il faudrait envisager des durées de l’ordre de 15 à 20 ans. L’avantage de cette
formule pourrait être de laisser le Délégataire prendre en charge les responsabilités de conception et
réalisation des éléments d’interconnexion et d’équipements actifs au-delà des fibres optiques livrées
par Alcatel. Cela permettrait également en théorie de réduire la part de l’investissement initial.
Cependant, étant donné le cadre particulier (lié à l’effet d’aubaine du projet AJACCIO) et à la relation
spécifique que pourrait établir une collectivité comme la CTC avec Alcatel dans le contexte de son
marché DGA, il n’apparaît pas évident d’envisager une DSP en mode concessif.
En effet, la mise en place d’une telle procédure serait très longue (12/18 mois) et ne serait pas
facilement compatible avec l’acquisition du câble Alcatel qui se ferait plus vraisemblablement via un
financement direct de la CTC. Ce délai risquerait d’induire un décalage avec la DSP « haut débit » et
avec les propres échéances d’ALCATEL.
Le modèle économique montre que la CTC peut donc envisager deux formules d’interventions, soit
directe (Régie) ou par la Délégation de Service Public (affermage ou Concession). L’arbitrage devra
être effectué au regard des avantages et inconvénients des deux formules.
Le coût in fine de l’opération globale sur 10 ans pour la CTC devrait selon toutes vraisemblance être
limité au maximum à 3 M€ HT (équipements actifs compris) dans l’hypothèse la moins favorable sur le
montant estimée de 5 M€ HT (incluant les coûts d’exploitation de la fibre optique notamment). Dans
l’hypothèse la plus favorable cet investissement serait intégralement remboursé sur la période de 10
ans.
Sur la durée de vie du câble (environ 25 ans) quelque soit l’hypothèse (conservatrice ou
maximale) la CTC devrait donc recouvrir ses investissements (grand équilibre) au plus tard à
un horizon d’environ 15 ans.
C’est donc une opération économiquement rentable à long terme y compris dans l’hypothèse
conservatrice. Au-delà des enjeux stratégiques et de maîtrise du lien Corse Continent, l’effet
d’Aubaine est structurellement une opportunité à sans doute ne pas manquer pour le
développement du territoire CORSE.
Juin 2005 24
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
La MITIC a lancé une étude juridique afin de déterminer les modalités d'acquisition de liens Corse-
continent. Cette étude a été confiée au cabinet juridique Bird & Bird.
Cette étude devra consolider les modalités d'acquisition des fibres civiles du projet AJACCIO auprès
de la société Alcatel (une première analyse figure ci dessous).
Il convient également de préciser les modalités de partage des infrastructures (atterrages, support
partagé, occupation du domaine public ...) mais aussi de la maintenance avec la Direction Générale
de l'Armement.
Par ailleurs, il faudra étudier les compléments terrestres du dispositif technique (interconnexion du lien
sur le continent français) à envisager pour permettre l’interconnexion avec le réseau de la DSP (en
Corse) et des opérateurs (sur le Continent).
¨ Les modalités juridiques liées à l'acquisition et à l'exploitation des fibres civiles du projet
AJACCIO
- Acquisition
L’acquisition des fibres civiles non activées par la CTC auprès d’Alcatel peut être opérée de deux
manières :
- soit par un contrat de vente
- soit par un contrat de location de longue durée d’une quinzaine d’année ou plus octroyant à
la CTC un droit d’usage exclusif des fibres durant leur durée de vie normale.
Juin 2005 25
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Ces deux types de contrat peuvent être passés par la collectivité selon une procédure négociée avec
Alcatel pour deux raisons :
- sur la base l’article 3-3 du Code des marchés publics permettant d’exclure des procédures de
publicité et de mise en concurrence fixées par le Code, les contrats ayant pour objet l’acquisition ou
la location de bien immobiliers comme c’est le cas de ces fibres ;
-la société Alcatel n’est pas soumise à la directive « secteurs spéciaux » pour procéder à une mise en
concurrence en vue de la vente ou de la location des fibres en cause.
- Exploitation
Dès lors que la CTC aura acheté ou loué sur une longue durée les fibres à Alcatel, elle pourra les
activer pour rendre des services de télécommunications aux opérateurs du secteur sur le fondement
de l’article L.1425-1 du CGCT.
A ce titre, la CTC exploitera les fibres activées pour rendre des services aux opérateurs de
télécommunications soit dans le cadre d’une régie personnalisée, soit dans le cadre d’un contrat
public de gestion d’un service public local.
Juin 2005 26
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
10. Conclusion
Le présent rapport issu de l'étude menée par les sociétés TACTIS et IDATE met en évidence l'enjeu
lié à la maîtrise des câbles optiques sous marins entre la Corse et le Continent pour le
désenclavement numérique de l'île et son développement économique.
La création ou l’acquisition de fibres civiles entre la Corse et le continent - qui ne serait pas soumise à
la régulation des acteurs publics - représente donc un risque.
Dans ce contexte, la CTC doit exploiter l'opportunité qui se présente par le projet « AJACCIO » de la
DGA pour s'engager dans une procédure d'acquisition des fibres civiles associées. Les modalités
juridiques précises d’acquisition de ces fibres optiques sont précisées par l’étude de faisabilité
juridique confiée au Cabinet Bird&Bird.
Pour le financement, il est essentiel de solliciter de l'Etat, dans le cadre des demandes de
redéploiement au titre du Programme Exceptionnel d'Investissement, un montant de 2 Millions € Hors
Taxes affecté à l'achat des fibres optiques civiles liées au projet DGA « AJACCIO ».
De plus, il convient de poursuivre les discussions avec EGS Corse concernant la mise à disposition
auprès de la Collectivité Territoriale de Corse de plusieurs paires de fibres optiques du projet SARCO
(câble entre Corse et Sardaigne). Ceci afin d'ouvrir la Corse, par le Nord et par le Sud aux flux de
télécommunications et permettre d'envisager l'île comme un point d'interconnexion de référence dans
le bassin méditerranéen.
Juin 2005 27
11. Annexes
11.1.Délibération de l’Assemblée territoriale de Corse des
24 et 25 Novembre 2005
2EME SESSION ORDINAIRE POUR 2005
REUNION DES 24 – 25 NOVEMBRE
CONSIDERANT que par délibération N°05/130 A.C en date du 18 juillet 2005 portant sur le
désenclavement numérique de l’île par des liaisons optiques entre la Corse et le continent,
l’Assemblée de Corse a approuvé le principe d’acquisition (ou location longue durée) par la
Collectivité Territoriale de Corse, de fibres optiques liées au projet SARCO.
CONSIDERANT la pose du câble SARCO qui intègre 48 fibres optiques pour la moitié géré par
EGS Corse,
ARTICLE 1
ARTICLE 2
DEMANDE instamment à EGS CORSE que la demande formulée par la Collectivité Territoriale de
Corse soit satisfaite dans les meilleurs délais.
[Link] budgétaire d’ALCATEL du 13 Juillet 2005
pour la liaison sous-marine entre le Corse et le
continent
OFFRE BUDGETAIRE
SOMMAIRE
1. Présentation.................................................................................................................................... 31
3. Compléments.................................................................................................................................. 40
3.1. Formation ................................................................................................................................ 40
3.2. Lot de rechanges .................................................................................................................... 40
3.3. MCO des équipements actifs.................................................................................................. 40
3.4. Longueurs d’onde équipées différemment ............................................................................. 40
3.5. Extensions de capacité du système DWDM........................................................................... 40
3.5.1. Passage à la 2è longueur d’onde ................................................................................ 40
3.5.2. Passage à la 5è longueur d’onde ................................................................................ 40
3.5.3. Longueurs d’onde supplémentaires jusqu’à 8 ............................................................. 41
3.6. Services mis à disposition des utilisateurs ............................................................................. 41
3.7. Extension du réseau actif entre la commune de Lupino et le site TDF de Serra di Pigno ..... 41
3.8. Supervision centralisée et gestion des circuits de bout en bout............................................. 41
4. Enveloppe budgétaire.................................................................................................................... 43
Cette infrastructure optique s’appuie sur le câble sous – marin du projet AJACCIO (DGA-
Spoti), lui même destiné à mettre en liaison optique des sites militaires situés d’une part en
Corse, et d’autre part sur le Continent.
Ce câble sous marin est composé d’un tronçon reliant d’une part la chambre plage de
Menton- Borrigo à l’unité de raccordement en mer (Branching Unit), d’un tronçon reliant la
BU à la chambre plage de Bastia – Lupino, et enfin d’un tronçon reliant la BU à la chambre
plage de Solenzara.
Dans ce câble sous-marin, Alcatel a intégré trois paires de fibres supplémentaires, avec
l’accord de l’Administration, commercialisables vers une collectivité territoriale : ces fibres
relient la chambre plage de Menton à celle de Bastia- Lupino et sont à même de constituer
un support de transmission à haut débit au bénéfice de la CTC.
Menton
Bastia
Branching
Unit
Solenzara
Alcatel propose de prolonger ces fibres supplémentaires depuis les chambres plage jusqu’à
des sites d’intérêt pour la CTC, et de doter les extrémités d’équipements pour liaisons sous-
marines non répétées et d’équipements de transmission optique à multiplexage en longueur
d’onde.
Il s’agit d’une offre clés en main, optimisée par effet de mutualisation, notamment des
travaux de génie civil, avec l’ouvrage AJACIO objet d’un marché Défense, comprenant :
• Fourniture, pose et mise en service des fibres optiques sous-marines entre les
chambres plages de Menton et de Bastia
Les fibres utilisées pour les tronçons sous-marins sont des fibres à effet Raman PSCF de
Sumitomo , selon spécification Alcatel Submarine Networks (ASN).
3 2
A Bastia, le câble terrestre relie la chambre plage de Lupino au site de Serra di Pigno, via la
commune de Lupino. La mutualisation du génie civil avec le projet Ajaccio nous permet
d’optimiser les conditions financières.
A Menton, sur le tronçon BMH- Menton Centre , les fourreaux supplémentaires sont
existants, et physiquement séparés des fourreaux du projet Ajaccio, dans des génie-civils
déjà réalisés; Certains éléments sont propriété d’un tiers
Pour cette étude, nous avons pris comme hypothèse que la CTC disposera d’un site à
Menton– Centre, distant de 5km de la chambre plage ; seules la fourniture et la pose de fibre
terrestre ont été considérées dans notre périmètre, les conditions d’accès aux fourreaux
supplémentaires étant laissées aux soins de la CTC.
− Equipements de transmission
Compte tenu des caractéristiques optiques de la liaison, cette architecture peut être étendue
jusqu’à 8 longueurs d’onde à 10Gb/s.
La fibre est éclairée par le Multiplexeur DWDM 1626 Light Manager (1626LM) et le système
pour liaisons sous marines non répétées 1621 Link Extender (1621LE).
Afin de mettre à disposition des utilisateurs du réseau une large gamme d’accès, un OMSN
1660SM (OMSN pour Optical Multi Service Node, plate-forme multiservices) vient terminer la
liaison à chaque extrémité.
Le 1626LM est un système de transmission conçu pour transmettre des capacités très
importantes, pouvant atteindre 192 x 10 Gbit/s.
Très flexible, il est utilisable en mode terminal ou bien en OADM avec une capacité
d’insertion/ extraction de 0 à 100%.
On peut accéder à chaque longueur d’onde à 10Gb/s par un transpondeur 10GbE, SDH à
10Gb/s (STM64) , ou bien par l’intermédiaire d’un concentrateur SDH 4 x 2,5Gb/s (4x
STM16) : c’est cette dernière solution qui a été retenue pour le présent projet : ainsi chaque
longueur d’onde transporte 4 trains STM16.
Le 1621LE est un équipement utilisé pour la réalisation de liaisons sous -marines sans
répéteur, jusqu’à 400 à 500 km, en association avec les équipements DWDM Alcatel.
Il peut être configuré pour réaliser les fonctions de booster (jusqu’à 33dBm), de pompe
Raman (amélioration du budget optique jusqu’à 8dB) , d’amplification déportée à fibre dopée
à l’Erbium ROPA (amélioration du budget optique jusqu’à 15dB).
Selon les besoins, la longueur et la capacité de la liaison, le 1621LE peut être équipé des
modules suivants :
• boosters bande C
• sources Raman à 1425, 1438, 1455 et 1480 nm
• mécanismes de sécurité pour shutdown des optiques de puissance
• modules de compensation dispersion
L’OMSN 1660SM R5 est un élément de réseau universel Multi- Service (TDM, ATM , IP,
Ethernet, Gigabit Ethernet), capable de s’interfacer avec des réseaux SDH (STM-1-4-16- 64)
ou WDM (interfaces colorés, interfaces CWDM).
Vue de ¾ d’un 1660SM ( en bas les OG et cartes ports, en haut les cartes d’accès)
Chaque système 1621LE est équipé d’une source Raman à 1455 nm.
Chaque 1660SM R5 est équipé de 8 ports Ethernet (10/100 base T connectique RJ45) ,
d’un ports Gigabit Ethernet (1.25GBE SFP - SX), et d’un port STM16 (S16.1 connectique
SC/PC).
Menton Bastia
1660SM 1660SM
1626LE
Raman transpondeur
transpondeur TPD TPD concentrateur
concentrateur CMDX 4xSTM16
CMDX
4xSTM16
λ mu x BDM X λ mu x
BDM X
Band Band
mu x mu x
1626LE
− Budget optique
La solution Alcatel fait l’objet d’une étude d’ensemble, tenant compte des exigences et
contraintes de la liaison optique imposées par l’ouvrage Défense, optimisée avec les
caractéristiques de la fibre optique afin de garantir les meilleures performances de bout en
bout : le budget optique des équipements, ainsi que les bilans de liaison et les marges en fin
de vie pour 1, 2, 4, 6, et 8 longueurs d’onde à 10Gb/s, confortent ainsi la solution technique
proposée.
− Ingénierie en station
Chaque station reçoit 2 bâtis 2200 x 600 x 300, équipés avec un TRU :
• le premier bâti est dédié aux équipements sous-marin : terminaison câble, 1621LE
• le deuxième bâti est dédié aux équipements terrestres : 1626LM , 1660SMR5
Gestion locale :
Pour la mise en service et les opérations de maintenance, nous proposons un Local Craft
Terminal par site, composé d’un PC portable et des applications correspondant aux
différents équipements déployés (1626LM, 1621LE, 1660SM R5). Ce craft terminal est
affecté aux équipes de terrain et d’intervention et ne permet de travailler que sur
l’équipement visé, en local.
ESS ESS
RS232 RS232
Ethernet Serial Ethernet Serial
Local Craft Server Server Local Craft
Terminal Terminal
Gestion centralisée :
Pour l’exploitation du système de transmission, nous proposons de base l’utilisation de
Remote Craft Terminal.
Le Remote Craft Terminal est composé d’un PC doté des logiciels d’exploitation des
équipements déployés : 1626LM, 1621LE, 1660SM R5. Il diffère du Local Craft Terminal
dans le fait qu’il dispose de fonctionnalités de supervision distante, au travers des
équipements et liaisons constituant le réseau.
Menton Bastia
Quelques compléments identifiés à ce jour sont présentées ci – après ; leur étude détaillée
et leur chiffrage seront réalisés ultérieurement.
Formation
Modules de formation équipements pouvant être proposés :
Ces modules de formation sont dispensées sur site Alcatel University sur le Continent (près
Orléans) ; un « package » peut être étudié pour regrouper ces modules en une seule et
même formation.
Lot de rechanges
Nous pouvons proposer un lot comprenant les rechanges pour chaque type d’équipement.
Les services mis à disposition des utilisateurs sont accessibles sur les équipements
1626LM : ce sont les trois accès STM16 disponibles sur le transpondeur– concentrateur
4x2,5Gb/s , et sur les équipements 1660SM : ce sont 8 accès Ethernet électriques et un
accès Gigabit Ethernet (optique).
D’autres services peuvent être proposés, par simple ajout des ports correspondants dans les
équipements 1660SM. Citons entre autres :
Le fait de disposer d’une part de fibre entre la commune de Lupino et le site TDF de Serra di
Pigno, et d’autre part d’équipements actifs à Lupino permet d’envisager l’extension du
réseau par ajout d’équipements actifs sur le site TDF, par exemple un 1660SM dotés
d’interfaces permettant la distribution de vidéo numérique.
La gestion centralisée d’un réseau de transmission est grandement facilitée par l’utilisation
des gestionnaires centralisés de la gamme 1350NM Alcatel :
• Pour fournir les services de gestion d'élément de réseau (couche EML) : le gestionnaire
Alcatel 1353NM. Le 1353NM permet de gérer l'ensemble des équipements de
transmission au catalogue Alcatel (ADM, OMSN, cross - connects, WDM, faisceaux
hertziens PDH, faisceaux hertziens SDH).
• Pour fournir les services au niveau réseau SDH (couche NML) : le gestionnaire Alcatel
1354RM. Le 1354RM est le module de gestion régional et national, permettant
l'installation et la gestion des conduits ( High-order et Low-order ) dans un réseau SDH,
ainsi que la gestion des circuits de bout en bout.
• Pour le support des fonctionnalités ATM, Ethernet, IP et MPLS intégrées aux plate-
formes multiservices OMSN 16xxSM (cartes ISA ATM, ISA - ES, ISA - Packet Ring) : le
gestionnaire Alcatel 1354BM.
La structure actuelle de cette gestion de réseau est telle que les différentes applications
s’intègrent sous forme de « plug- ins » à une base unique (Core 1350) pour constituer les
différents gestionnaires.
Les versions des équipements supportées sont clairement spécifiées dans la "Network
Release", et la migration de la "Network Release" précédente à la suivante est garantie par
l'utilisation d'outils appropriés et de procédures.
Enveloppe budgétaire
Enveloppe budgétaire infrastructure Corse – BMH Lupino à parc Montant (k Euros HT)
Technologique
Fibres terrestres 22
Génie civil terrestre Corse 200
Prestations et gestion de projet 127,5
total 349,5
Nota : à Menton, le génie civil et les fourreaux du tronçon BMH – Menton Centre ne sont pas inclus
(Cf paragraphe 2.2)
Pour les entreprises et les professionnels au sens large, la mise à disposition de liaisons à haut débit
à des prix abordables apparaît comme un moteur à leur croissance et l’intérêt de l’offre de plate-forme
de services réside principalement dans le pôle hébergement. Il est perçu comme celui correspondant
à des marchés où le degré d’intensité de la concurrence est élevé.
Les collectivités locales manifestent de la même façon un intérêt grandissant à l’égard de
l’externalisation des services informatiques et d’hébergement pour mener à bien leurs projets.
Aussi la mise ne place d’une plate-forme technologique destinée à l’hébergement des données et à
leur diffusion en réseau peut constituer une réponse aux différents projets publics et privés.
La définition d’un pôle « hébergement et de ses services associés » est large et à valeur ajoutée.
Citons quelques services qui permettent d’en définir les contours.
L’offre potentielle va de la simple infrastructure d'hébergement à la gestion complète des bases de
données, du "middleware" et des applications.
9
Entreprises ayant des sites critiques mais s’appuyant sur une équipe technique interne capable d’administrer les serveurs
sans l’aide d’un prestataire.
Il peut par ailleurs être possible d’intégrer dans ce type d’offre les services de stockage et d‘archivage
de données ainsi que les services de sécurité.
Ce pôle d’hébergement dispensera une gamme complète de solutions apte à satisfaire des besoins
correspondants aussi bien à un simple espace Web sur un serveur partagé qu’aux sites complexes
volumineux ou intégrant d’importantes bases de données.
Les services de gestion comprendront l’administration, la maintenance et le contrôle des sites clients,
ainsi que des applications et/ou de bases de données implantées sur les serveurs.
L’offre comprendra en outre tous les services et applications clientes : mise à jour de sites, monitoring
(statistiques sur le trafic et la qualité du réseau), back up, planification des sauvegardes, …
L’engagement sur la qualité de service sera garanti par des contrats assortis de pénalités suivant le
type de contrat et de serveurs. Pour satisfaire cette demande diversifiée, l’exploitant proposera une
offre compétitive avec une qualité de service adaptée à la demande (disponibilité, sécurité,
évolutivité).
Si différentes options de lieu physique d’hébergement des équipements peuvent être envisagées, on
privilégiera en définitive l'option de centraliser l’ensemble des équipements sur un lieu physique
d’hébergement unique. Concernant le local susceptible d’accueillir des infrastructures d’hébergement,
une surface d’environ 50 m2 serait suffisante pour démarrer l’activité.
L’investissement nécessaire pour viabiliser une salle blanche concerne principalement le
renforcement de la sécurisation, de l’alimentation électrique et de la climatisation.
La Guadeloupe dépend encore des liaisons satellitaires d'une part et des liaisons par câble sous-
marin en fibre optique d'ECFS (Eastern Caribbean Fibre System) construit en 1995 par France
Télécom et Cable et Wireless, qui relie, avec 1730 km de câble, 14 îles de la Caraïbe à 2,5 Gbps. Il a
deux points d'atterrissement, l'un à Jarry et l'autre dans l'île de Saint-Martin.
Les coûts du transit IP sont élevés, même si les chiffres fournis diffèrent beaucoup d'un interlocuteur à
l'autre, allant de 1500 € à 5000 €/Mbps/mois. Le chiffre moyen est estimé à 2500 €/Mbps/mois.
Pour une liaison inter-départementale entre St Martin et la Guadeloupe continentale, un opérateur
indique un coût de 3800 € par mois pour une ligne transfix de 2 Mbps.
Ces coûts sont actuellement considérés comme un frein pour permettre aux opérateurs alternatifs de
faire une offre compétitive et pour le développement du marché du haut débit
Les tarifs du haut débit pour l'usager n'ont cessé d'augmenter depuis 2002, l'écart s'accentuant par
rapport à la métropole où ils ont connu une baisse continue.
Quand FT a lancé l'ADSL en Guadeloupe, le tarif était le même qu'en métropole, autrement dit 45
euros pour 512 kb/s illimités. Mais, FT vendait à perte, ce qui a été jugé comme anti-concurrentiel par
les nouveaux entrants qui n'étaient pas en mesure de faire des offres compétitives et l'ART. FT a donc
augmenté ses tarifs de 80% (80 euros) et modifié son offre.
Aujourd'hui, le prix de 45 euros est toujours mis en avant mais pour une offre différente : l'offre
appelée Extense est en effet une offre forfaitaire (l'offre illimitée n'existe plus en tant que telle) :
» 512 kb/s, forfait 5 Go = 44,9 euros + 6 euros par Go supplémentaire, avec un plafond à 74,90
euros : cela revient donc à un 512 kb/s illimité à 74,90 euros.
» 1024 kb/s, forfait 5 Go = 74,9 euros + 6 euros par Go octet supplémentaire, avec un plafond à
104,9 euros – L'offre illimitée revient donc à 104,9 euros.
Donc, selon la Mission TIC de la Préfecture, "toutes choses égales par ailleurs, l’offre ADSL 512kbit/s
illimitée est 2,9 fois plus cher en Guadeloupe qu’en métropole. L’ADSL 1Mbit/s est lui 3,5 fois plus
cher en Guadeloupe qu’en métropole".
C'est pourquoi, la Région Guadeloupe considérant que l’accès à des capacités intercontinentales à
moindre coût était un facteur indispensable au développement des opérateurs alternatifs, a lancé le
projet de câble "Global carribean Network" dans le cadre de son programme Guadeloupe
Numérique.
A partir de novembre 2005, la Guadeloupe disposera de son propre câble sous-marin qui va relier la
Guadeloupe à Porto Rico avec deux points d'atterrage, à Jarry et à Basse-Terre pour la Guadeloupe
continentale et deux autres points d'atterrage à Saint Martin et à Saint Barthélemy (cf cartographie)
Piloté par la Région, ce projet vise à réaliser une infrastructure en la confiant à un prestataire dans le
cadre d'une Délégation de Service Public pour la construction, la pose et l'exploitation du câble. En
échange, le délégataire doit s'engager à vendre la bande passante à un tarif inférieur à 450 euros par
mois pour 1 Mb/s (exigence du cahier des charges).
Ce dernier a fait une offre inférieure (375 euros/Mb/s/mois selon la Mission TIC tout compris ie pour
transit IT de bout en bout au départ des points d'atterrissement)
Le coût du projet est de 21,9 millions d'€, financé par le DOCUP, avec des crédits régionaux (30%),
européens (42%) et l'Etat (3% via les financements accordés par le CIADT 2003).
- Les investissements ont été estimés par deux entreprises spécialisées dans la construction de
câble et sont ventilés comme suit :
L'assiette des investissements éligibles s'élève à 18,287 millions d'euros. En effet, n'ont pas été pris
en compte :
- les recettes générées par le projet. Le business plan les a évaluées à 1,038 million.
- les investissements liés aux infrastructures déployées en dehors des eaux
internationales (non éligibles au FEDER), soit 2,574 millions.
» Le montage partenarial
Global Caribbean Networks (filiale du Groupe Loretf), a signé avec Alcatel, un contrat de 21 millions
d’euros pour mettre en œuvre un réseau sous-marin de câble entre la Guadeloupe et Saint Martin
avec une ramification passant par St Barth vers Porto Rico.
Il est prévu de faire prochainement une augmentation de capital avec l'entrée dans le capital de la
Caisse des dépôts et consignations au travers peut-être de la SEM de St Martin (la présence de la
CDC dans le capital était prévu à l'origine dans l'offre de GCN).
L'accord de DSP a été notifié par le Conseil Régional et la Préfecture a participé au contrôle de
légalité Le délégataire s'est engagé à réaliser le câble pour qu’il soit opérationnel en novembre 2005.
Il est en train de négocier avec les opérateurs à Porto Rico.
Le délégataire crée la station d’atterrage à Porto Rico sur un site où plusieurs opérateurs sont
présents ce qui lui permet de faire jouer la concurrence pour louer de la capacité jusqu’à Miami.
ATT propose par exemple (sans négocier) un tarif du STM1 à 200 euros le Mbps, ce qui rentre dans
le modèle économique du délégataire
Les contrats sur Porto Rico sont signés annuellement afin de mettre tous les ans les opérateurs en
concurrence
A Miami les prix du Mbps est de 45 euros
» L’impact du câble GCN sur le prix de gros du Mbps et les prix de détail
Les premières analyses de coût montrent qu’avec un prix de gros au Mbps de 375 euros/mois, le
delta de prix du fait de l’intercontinental peut être estimé entre 3 et 5 euros dans les offres DSL.
Aussi l’initiative régionale permettra t’elle de faciliter le déploiement de la concurrence et de créer de
nouvelles opportunités pour les opérateurs très présents dans les DFA (France Télécom, Outremer
télécom, WSG, Dauphin Télécom, Médiaserv, XTS, Orange Caraïbe, Bouygues télécom Caraïbe, etc)
et d’ouvrir le marché à l’ensemble de la population.
¨ Extension du câble GCN vers la Martinique ?
L'Etat est favorable à une prolongation du câble vers la Martinique, souhaitant profiter de la présence
du navire câblier pour réaliser les travaux à un moindre coût. Il est disposé à financer l'étude
technique (sur les crédits fléchés par la DATAR dans le cadre du CIADT de décembre 2003).
L’appel d’offre a été lancé et se trouve sur le site du Conseil Régional de Martinique.
Par ailleurs il semblerait que la Dominique et Saint Lucie soient très intéressées par un raccordement
à ce câble qui pourrait être épissuré depuis la liaison vers la Martinique. Ainsi ce projet devient t’il
caribéen et prend-il une tournure beaucoup plus « régionale » ce qui laisse supposer que les
conditions de faisabilité technique et politique sont réunies.
Le coût de pose du câble sous-marin depuis la Martinique vers la Guadeloupe est estimé à 10 millions
d’euros maximum par Mediaserv (qui est l’opérateur du futur câble GCN)
Accord de transit Deux FAI de tailles différentes échangent leurs trafics via des accords
commerciaux bilatéraux directs. Par exemple, en France, plusieurs
dizaines de FAI régionaux sont reliés aux backbones nationaux de
France Telecom, Cegetel / Telecom Developpement, neuftelecom ou
encore Cogent Communications (ex Lambdanet). Dans ce modèle, les
petits FAI sont facturés selon la capacité de la liaison les reliant au FAI
majeur.
Administrateur tiers Plusieurs FAI échangent leurs trafics via un point d'interconnexion,
géré par un administrateur tiers issu de l’industrie, du monde
académique ou acteur public. Ces nœuds d'échange présentent
plusieurs appellations : GIX (Global Internet eXchange), NAP (Network
Access Point), MAE (Metropolitan Area Exchange), IXP (Internet
eXchange Point). On peut citer pour illustrer ce modèle les MAE
opérés par MCI (8 aux Etats-Unis, un à Paris et un à Francfort) ou le
HKIX opéré par l'Université Chinoise de Hong Kong. Le prix de la
connexion à ces nœuds d'échange dépend de la capacité du lien et de
la technologie choisie (FDDI, Ethernet, ATM, HSSI).
Le développement commercial d'Internet fait que tous les FAI reliés à un GIX n'échangent pas
nécessairement leurs trafics l'un l'autre. En effet, dans la plupart des cas, des tables de peering gèrent
les accords bilatéraux négociés au préalable entre FAI de même taille. De ce fait, les points
d'interconnexions majeurs de l'Internet sont bien souvent des clubs fermés entre FAI leaders : MAE
East (Washington DC) aux Etats-Unis ou en Europe : LINX (Londres), DE-CIX (Francfort), DG-IX
(Stockholm) ou AMS-IX (Amsterdam).
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Les GIX présentent deux types d'architectures :
• l'une monosite, où tous les participants placent leur routeur respectif dans un local donné et
relient leur POP le plus proche à ce point (MIX à Milan),
• l'autre, multisite et distribuée sur une zone géographique, où une structure en anneau voire en
étoile va relier les différents sites (SFINX à Paris – 3 sites, LINX à Londres – 6 sites).
Plusieurs solutions technologiques s’offrent la plupart du temps aux FAI afin de se connecter à ces
GIX : FDDI, ATM, Ethernet (Fast, Giga), … Cependant, c’est la solution ATM ou les technologies
Ethernet qui semble s’imposer aujourd’hui pour la connexion aux GIX ; l’ATM permet en effet
d’assurer une meilleure qualité de service.
Jusqu'en 1997, de par l'origine académique d'Internet, les petits FAI pouvaient encore bénéficier
d'accords de peering gratuits avec d'importants fournisseurs de backbones de tailles internationales
(MCI, AT&T, Sprint). La remise en cause de ces accords de peering par des leaders comme MCI et
Sprint préfigure ce que sera le futur : les acteurs majeurs de l'accès Internet constitueront un club
fermé de peering et les autres FAI devront payer pour accéder à leurs backbones selon des accords
de transit négociés. Allant dans ce sens, en janvier 2001, MCI a publié sa nouvelle politique de
peering applicable au niveau mondial. Ainsi, pour l’Europe, MCI accepte désormais de "peerer"
uniquement avec les backbones présents au moins dans 8 pays, dont le réseau est constitué de liens
de 45 Mbps minimum et pourvu qu’il y ait au moins 30 Mbps de trafic échangé dans tous les points
d’échange.
Avril 2005 51
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Avril 2005 52
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
* Tarifs moyens hors taxes pour des volumes d’environ 100 Mbit/s
Avril 2005 53
CTC/MITIC TACTIS / IDATE
Avril 2005 54