Compétences et évaluation des auditeurs :
Généralités :
La norme ISO 19011 fournit des lignes directrices sur l’audit de systèmes de management,
comprenant les principes de l’audit, le management d’un programme d’audit et la réalisation
d’audits de systèmes de management. Elle donne également des lignes directrices sur
l’évaluation de la compétence des personnes impliquées dans le processus d’audit, y
compris le ou la responsable du management du programme d’audit, les auditeurs et les
équipes d’audit.
Compétence et évaluation des auditeurs :
La compétence des auditeurs est fondée sur les qualités permettant d’assurer les principes
d’audit :
Intégrité
Ouverture d’esprit
Diplomatie
Sens de l’observation
Perspicacité
Ténacité
Sens de la décision
Autonomie
Egalement sur la capacité à mettre en œuvre les aptitudes nécessaires au bon
déroulement des audits, l’auditeur doit savoir :
Appliquer les principes et les procédures d’audit
Utiliser les référentiels, le système de Management de la Qualité et ses composantes
Planifier, organiser son travail et gérer son temps d’audit
Observer, écouter et recueillir les informations pertinentes
Vérifier les informations et leur utilité
Utiliser les documents de travail
Préparer et rédiger les rapports
Communiquer efficacement.
7.2 Détermination de la compétence de l’auditeur pour répondre aux besoins du
programme d’audit
1/ Généralité :
Les défis à relever par la profession
Ces enjeux sont liés, d’une part, à l’élargissement et à la complexification de la fonction
d’audit et d’autre part, à la nécessaire diversification des auditeurs vers de nouveaux
services.
L’élargissement et la complexification de la fonction d’audit
La fonction d’audit s’élargit et devient de plus en plus complexe sous l’effet de
bouleversements dans l’environnement de l’audit et de l’évolution du statut de
l’audit dans la gouvernance de l’entreprise.
La nécessaire diversification des auditeurs
Les firmes d’audit, sur la base des compétences qu’elles mobilisent, sont susceptibles
d’offrir à un même client dans des conditions avantageuses tout un ensemble de
prestations complémentaires. Sur le plan international, les grands réseaux ont ainsi
enregistré une croissance très rapide de ces activités de conseil constituant de
véritables groupes multiprofessionnels de services associés à l’audit.
Un renouveau de la notion de compétence en audit
Suivant un paradigme d’analyse répandu de nos jours, la compétence est une
combinaison de savoirs, de savoir-faire (habiletés, connaissances procédurales) et de
savoir-être (dispositions, postures morales ou attitudes) particuliers. Il apparaît que
l’auditeur semble, plus que jamais, devoir mettre en œuvre une « pensée critique »,
telle qu’elle est définie par les chercheurs en psychologie (Kurfiss, 1988 ; Hufman et
al., 1991), et adopter une attitude éthique. Selon Kurfiss (1988), le raisonnement
critique est « une investigation dont le but est d’explorer une situation, un
phénomène, une question ou un problème afin d’aboutir à une hypothèse ou une
conclusion qui intègre toute l’information disponible et peut donc être justifiée de
façon convaincante »
7.2.2 Comportements du personnel
Etre organisé et rigoureux : Le quotidien d’un auditeur est fait d’une multitude de dossiers à
régler, parfois simultanément. « Il travaille souvent avec des deadlines serrés, liés à la
publication annuelle des comptes certifiés. Un auditeur n’a pas le choix, il doit tenir les
délais. Le cabinet a besoin d’un candidat qui soit structuré dans son approche du travail. »
Faire preuve de flexibilité : Il faut donc être rigoureux et en même temps, « pouvoir passer
d’un problématique à une autre, jongler d’un client à l’autre ». Une gymnastique
intellectuelle intense car quand « une nouvelle mission commence, il faut être capable de
revenir très vite sur des points non réglés de la mission précédente ».
Etre investi à 100% : Ce n’est pas un secret, un auditeur travaille énormément. Un rythme
soutenu dicté notamment par une concurrence accrue entre les cabinets d’audit et des
équipes parfois en sous-effectif. « La charge de travail est en effet considérable. Et le rythme
a changé. Auparavant, les auditeurs traversaient une période intense qui s’étendait de
janvier à avril. Aujourd’hui avec les clôtures décalées ou semestrielles, il n’y a plus de creux,
le travail est intensif toute l’année. »
Avoir de bonnes capacités d’adaptation : Un auditeur ne passe pas tout son temps vissé à
son écran d’ordinateur. S’il doit être indépendant, il est important de pouvoir travailler en
équipe. La dimension humaine est donc une composante non négligeable de sa mission, que
ce soit en interne ou en externe. « Quand il débarque dans une entreprise où il est
missionné, l’auditeur peut être bien accueilli. Mais parfois, c’est plus compliqué car il y a des
réticences, d’où l’importance de pouvoir s’adapter à ces situations. Il doit aussi être capable
de modifier son discours puisqu’il est amené à interagir avec différents interlocuteurs, du
comptable au directeur financier. »
Posséder de solides bases comptables : La formation théorique à l’école est une chose, la
réalité du terrain en est une autre, surtout qu’on est junior. « Un auditeur n’a pas forcément
les bons réflexes en début de carrière. Les premières missions peuvent parfois être
déroutantes ». Mais, au final, l’expérience et les formations en interne peuvent aider à
maitriser les processus et se familiariser avec cette compétence fondamentale.
Travailler en équipe: L’audit sollicite l’esprit collaboratif en mettant ses divers atouts et
compétences aux services du personnel afin d’obtenir un résultat collectif favorisé. La notion
de contribution et de solidarité sont mis en épreuve dans cette discipline ( l’audit ).
S’ouvrir à la différenciation culturelle : L’auditeur doit posséder des qualités exquises en
matière de tolérance en acceptant différents opinions d’autrui.
7.2.3 Connaissances et aptitudes
7.2.4 Acquisition de la compétence des auditeurs
La compétence d’audit est une caractéristique de la personne. Elle est l’association de
connaissances techniques, savoir-faire, comportements et de motivations s’exerçant dans un
contexte précis. Elle est le résultat d’un processus continu d’acquisition des savoirs à travers
la formation et l’expérience. Elle se manifeste au moment de l’exercice de la mission d’audit,
à partir de laquelle elle est validable.
7.2.5 Responsables d’équipe d’audit
Le responsable d’équipe d’audit a une expérience d’audit supplémentaire avec l’objectif de
développer les connaissances et les aptitudes précédentes. cette expérience supplémentaire
ait été acquise sous la direction et avec les lignes directrices d’un responsable d’équipe
d’audit différent.
7.3 les critères d’évaluation des auditeurs
On considère que certains points critiques de l’audit doivent être maîtrisés totalement afin
que l’audit crée de la valeur et favorise l’améloration continue du système de management.
En conséquence de celà, les critères d’évaluation suivants ont été retenus:
Critères qualitatifs tels que le management des programmes d’audit, la préparation
des audits; la réalisation des audits; la clôture des audits; le suivi des audits; la
compétence et l’évaluation des auditeurs, la démonstration lors de formations ou sur
le lieu du travail, des comportements personnels, des connaissances ou de la mise en
œuvre des aptitudes.
Critères quantitatifs tels que les années d’expérience professionnelle et de formation
initiale, le nombre d’audits réalisés, les heures de formation à l’audit.
7.4 la méthode d’évaluation des auditeurs appropriée
Il existe de nombreux outils et méthodologies pour réaliser l’évaluation. Le choix d’une
méthode se fait notamment en fonction des objectifs, des moyens et de la question
évaluative. Chaque démarche nécessitera des adaptations. Avoir cadré sa démarche au
préalable est incontournable pour choisir et construire sa méthode.
Quant aux procédures relatives à la compétence et à l’évaluation des auditeurs, elles sont
quasiment inexistantes; sauf pour la détermination des compétences des auditeurs pour
répondre aux besoins des programmes d’audit; ce qui réduit la confiance accordée au
processus d’audit et à la capacité de réaliser ses objectifs. Pour remédier à celà , un dispositif
d’évaluation des auditeurs et de détermination des compétences adéquat devra être mis en
place.
Les principales méthodes sont les suivantes :
Revue d’enregistrements : cette méthode a pour but de vérifier les antécédents de
l’auditeur.
Retour d’information : consiste à obtenir des informations sur la façon dont la prestation
de l’auditeur est perçue.
Entretien : Il a pour mission d’évaluer les comportements personnels et les capacités de
communication, véri er les informations, tester les connaissances et obtenir des
informations supplémentaires.
Observation : Il s’agit de l’évaluation des comportements personnels et la capacité
d’application des connaissances et des aptitudes.
Tests : permet d’évaluer les comportements personnels, les connaissances, les aptitudes
et leur application.
Revue post-audit : consiste à obtenir des informations sur la prestation de l’auditeur
pendant les activités d’audit, identi er les forces et les faiblesses.
7.5 Réaliser l’évaluation du ou des auditeurs
Une analyse des informations recueillies sur la personne par les critè res déterminés
auparavant permet de comparer les différentes informations. SI une personne prévue pour
participer au programme d’audit ne satisfait pas aux critères, un complément de formation
d’expérience de travail ou d’audit, suivi d’une réévaluation s’ajoute.
7.6 Maintien et amélioration de la compétence du ou des auditeurs
les auditeurs maintiennent leur capacité à auditer suivant un processus continu
d’acquisition des savoirs à travers la formation et l’expérience. en participant réguliè rement
à des audits de systè mes de management et en suivant une formation continue. La
formation continue permet le maintien et l’amélioration de la compétence. Cela peut
s’obtenir de plusieurs maniè res, par exemple par une expérience professionnelle
complémentaire, la formation, des études individuelles, un tutorat, la participation à des
réunions, à des séminaires et à des conférences ou d’autres activités appropriées.