0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
322 vues23 pages

Analyse des Circuits Sinusoïdaux AC

Transféré par

sidhom said
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
322 vues23 pages

Analyse des Circuits Sinusoïdaux AC

Transféré par

sidhom said
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 7

Analyse sinusoı̈dale

Jusqu’à présent, on a seulement analysé des circuits ayant des sources constantes (DC).
Ce chapitre présente l’analyse de circuits ayant des sources variables (AC). On s’intéresse
aux sources sinusoı̈dales. Les sources sinusoı̈dales sont très importantes, puisque le réseau
électrique fonctionne avec des sources sinusoı̈dales à une fréquence de 60Hz.

L’étude des circuits ayant des sources sinusoı̈dales permet aussi d’apprendre les tech-
niques de base qui permettront l’analyse de circuits ayant des sources non-sinusoı̈dales.

On verra aussi que les méthodes d’analyse vues dans les chapitres 1 à 3 s’appliquent
aussi dans le cas de sources sinusoı̈dales.

7.1 Source sinusoı̈dale

Une source sinusoı̈dale (dépendante ou indépendante) produit une tension (ou un


courant) qui varie de façon sinusoı̈dale avec le temps. On peut exprimer une source si-
nusoı̈dale avec un sinus ou un cosinus, mais c’est le cosinus qui est plus courant.

Une source sinusoı̈dale est donc exprimée de la forme :

v(t) = Vm cos(ωt + φ) (7.1)

où les paramètres sont donnés à la figure 7.1. La fréquence du signal ω représente la
fréquence radiale, et son unité est le [rad/s]. La phase du signal est φ, en radians ou degrés,
et Vm est l’amplitude maximale de la source.

1
CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

Vm
T

φ
0

−V
m

0
Temps

Figure 7.1 – Source sinusoı̈dale

On a aussi les relations bien connues :


1 ω
T = f = (7.2)
f 2π

où T est la période du signal, et f la fréquence.

Une autre valeur importante est la valeur RMS d’un signal. La valeur RMS est :
s
1 T 2
Z
Vrms = v (t)dt (7.3)
T 0

Pour un signal sinusoı̈dal,


s
Z T
1 V
Vrms = 2
VM cos2 (ωt + φ)dt = √m (7.4)
T 0 2

La valeur rms d’un signal est importante dans le calcul des puissances. En effet, une source
sinusoı̈dale ayant une valeur rms de Vrms fournit la même puissance (par période) à une
résistance R qu’une source DC de même amplitude.

7.2 Phaseur

Le phaseur est un nombre qui contient de l’information à propos de l’amplitude et


la phase d’une quantité (tension ou courant dans notre cas). On obtient le phaseur en

Gabriel Cormier 2 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

appliquant la relation d’Euler 1 :


ejθ = cos(θ) + j sin(θ) (7.5)
Donc, le cosinus est la partie réelle :
cos(θ) = Re{ejθ } (7.6)

On peut appliquer cette relation à la définition de la tension sinusoı̈dale :


v = Vm cos(ωt + φ) (7.7)
= Vm Re{ej(ωt+φ) } (7.8)
= Vm Re{ejωt ejφ } (7.9)

La partie ejωt est constante pour des tensions et courants ayant la même fréquence. Le
phaseur est définit selon :
V = Vm ejφ = Vm ∠φ (7.10)

Exemple 1

Exprimer v = 120 cos(60πt + 40◦ ) en phaseur.

On a les caractéristiques : Vm = 120, et φ = 40◦ . Donc,


V = 120∠40◦

On peut aussi exprimer un phaseur comme un nombre complexe, en utilisant la rela-


tion d’Euler :
Vm ejθ = Vm cos(θ) + jVm sin(θ) (7.11)

Exemple 2

Exprimer v = 120 cos(60πt + 40◦ ) en phaseur complexe.

On a les caractéristiques : Vm = 120, et φ = 40◦ . Donc,


V = 120∠40◦ = 120(cos(40◦ ) + j sin(40◦ )) = 91.93 + j77.13

1. En génie électrique, on utilise j pour représenter les nombres complexes, pour éviter la confusion avec
le courant i

Gabriel Cormier 3 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

7.2.1 Opération sur des phaseurs

Addition ou soustraction

On doit transformer des phaseurs en forme complexe avant de faire l’addition ou la


soustraction.

Exemple 3

Additionner les deux phaseurs Y1 = 20∠(−30◦ ) et Y2 = 40∠(60◦ ).

On transforme :

Y1 = 20 cos(−30◦ ) + j20 sin(−30◦ ) = 17.32 − j10


Y2 = 40 cos(60◦ ) + j40 sin(60◦ ) = 20 + j34.64

La somme est :
YT = Y1 + Y2 = 37.32 + j24.64

En on retourne sous la forme polaire :


√ 
24.64

YT = 37.322 + 24.642 ∠ tan−1 = 44.72∠(33.43◦ )
37.32

Multiplication

Pour la multiplication, on multiplie les amplitudes et on additionne les phases.

Exemple 4

Multiplier les deux phaseurs Y1 = 20∠(−30◦ ) et Y2 = 40∠(60◦ ).

YT = Y1 · Y2 = (20)(40)∠(−30◦ + 60◦ ) = 800∠(30◦ )

Gabriel Cormier 4 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

Division

Pour la division, on divise les amplitudes et on soustrait les phases.

Exemple 5

Diviser les deux phaseurs Y1 = 20∠(−30◦ ) et Y2 = 40∠(60◦ ).

Y1 20
YT = = ∠(−30 − 60) = 0.5∠(−90◦ )
Y2 40

7.3 Éléments passifs

Avant d’utiliser les phaseurs dans les circuits, il faut premièrement trouver la relation
entre les tensions et courants des différents éléments passifs.

7.3.1 Résistance

Soit i = Im cos(ωt+θi ), le courant dans une résistance R. La tension dans cette résistance
est :
vR = Ri = RIm cos(ωt + θi ) (7.12)
= Vm cos(ωt + θi ) (7.13)
où Vm = RIm .

D’après cette relation, la tension et le courant ont la même phase ; ils sont en phase. La
tension dans une résistance est maximale au même moment que le courant est maximal.
En termes de phaseurs, on peut écrire :
V = RI (7.14)

On définit maintenant un nouveau concept : l’impédance (Z). L’impédance représente


le rapport entre la tension et le courant d’un élément. Pour une résistance,
VR RIm ∠(θi )
ZR = = =R (7.15)
IR Im ∠(θi )

Pour une résistance, l’impédance est tout simplement la valeur de la résistance R.

Gabriel Cormier 5 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

7.3.2 Inductance

Soit i = Im cos(ωt + θi ), le courant dans une inductance L. La tension dans cette induc-
tance est :
di
vL = L = −ωLIm sin(ωt + θi ) (7.16)
dt
= −ωLIm cos(ωt + θi − 90◦ ) (7.17)

La représentation en phaseurs donne :



VL = −ωLIm e−j90 ejθi (7.18)
jθi
= jωLIm e (7.19)
= jωLIL (7.20)

où on a utilisé la relation e−j90 = −j.

L’impédance d’une inductance est :

VL jωLIm ∠(θi )
ZL = = = jωL = ωL∠90◦ (7.21)
IL Im ∠(θi )

La tension est en avance de 90° dans une inductance, par rapport au courant.

7.3.3 Capacitance

Soit i = Im cos(ωt + θi ), le courant dans une capacitance C. La tension dans cette capa-
citance est :
1 t 1 t
Z Z
vC = i dτ = I cos(ωτ + θi ) dτ (7.22)
C 0 C 0 m
1
= sin(ωτ + θi ) (7.23)
ωC
1
= I cos(ωt + θi − 90◦ ) (7.24)
ωC m
j
=− cos(ωτ + θi ) (7.25)
ωC

Gabriel Cormier 6 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

La représentation en phaseurs donne :


j
VC = − cos(ωτ + θi ) (7.26)
ωC
j
=− I ejθi (7.27)
ωC m
j
=− I (7.28)
ωC L
1
= I (7.29)
jωC L

où on a utilisé la relation 1/j = −j.

L’impédance d’une inductance est :


VC 1 1
ZC = = = ∠(−90◦ ) (7.30)
IC jωC ωC

Le courant est en avance de 90° par rapport à la tension dans une capacitance.

7.3.4 Impédance

Dans les trois éléments, on a la relation V = ZI, où Z est l’impédance.


– La partie réelle de l’impédance est la résistance.
– La partie imaginaire de l’impédance est la réactance.
L’inverse de l’impédance est l’admittance, Y .
1
Y= = G + jB (7.31)
Z
où la partie réelle, G, est appelée la conductance, et la partie imaginaire, B, est appelée la
susceptance.

7.4 Lois de Kirchhoff

Les lois de Kirchhoff s’appliquent tous de la même façon avec des impédances.
P
1. LKC : la somme des courants à un noeud est 0 : I = 0.
P
2. LKT : la somme des tensions dans une boucle est 0 : V = 0.
Les impédances en série suivent les règles des résistances :

Zeq = Z1 + Z2 + Z3 + · · · (7.32)

Gabriel Cormier 7 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

Les impédances en parallèle suivent aussi les règles des résistances :


!−1
1 1 1
Zeq = + + + ··· (7.33)
Z1 Z2 Z3

Les méthodes de tension de noeud, courant de maille, équivalent Thévenin et Nor-


ton, transformation de source et superposition s’appliquent tous de la même façon, en
remplaçant R par Z dans les méthodes.

Exemple 6

Pour le circuit suivant, où vs (t) = 750 cos(5000t + 30◦ ), calculer le courant i(t).
90Ω 32mH

i 5µF
vS

On doit transformer le circuit pour utiliser les impédances. Le circuit équivalent est :
90Ω j160Ω
a

i –j40Ω
750∠30°

où on a effectué les transformations suivantes :


ZR = R = 90Ω
ZL = jωL = j(5000)(0.032) = j160Ω
−j −j
ZC = = = −j40Ω
ωC (5000)(5 × 10−6 )

L’impédance équivalente entre a et b est :


Zeq = 90 + j160 − j40 = 90 + j120 = 150∠(53.13◦ )Ω

Gabriel Cormier 8 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

Le courant est donc :


V 750∠(30◦ )
I= = ◦
= 5∠(−23.13◦ ) A
Zeq 150∠(53.13 )

Et, en fonction du temps,


i(t) = 5 cos(5000t − 23.13◦ ) A

Exemple 7

Calculer la tension Vo par transformation de source.


1Ω j3Ω 0.2Ω j0.6Ω
+

9Ω 10Ω
40∠0° Vo
–j3Ω –j19Ω

On effectue la première transformation :

1Ω j3Ω

40∠0° I1 Z1

où Z1 = 1 + j3, et la source de courant est :


V 40∠(0) 40∠(0)
I1 = = =√
Z1 1 + j3 10∠(71.57)
= 12.65∠(−71.57◦ ) = 4 − j12 A

La nouvelle impédance Z1 est en parallèle avec la combinaison 9 − j3. L’impédance


équivalente, qu’on nomme Z2 , est :
(1 + j3)(9 − j3) 18 + j24
Z2 = Z1 ||(9 − j3) = = = 1.8 + j2.4Ω
(1 + j3) + (9 − j3) 10

Gabriel Cormier 9 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

Z2

I1 Z2 V2

On effectue une nouvelle simplification où la tension V2 est :

V2 = Z2 I1 = (1.8 + j2.4)(4 − j12) = 36 − j12 V

Le circuit est maintenant :


1.8 + j2.4Ω 0.2Ω j0.6Ω
Z2 +

10Ω
36 – j12 V Vo
–j19Ω

On a maintenant un diviseur de tension. La tension de sortie est :


10 − j19
Vo = (36 − j12) = 36.12 − j18.84 V
(1.8 + j2.4) + 0.2 + j0.6 + (10 − j19)
= 40.74∠(−27.55◦ ) V

Exemple 8

Utiliser la méthode des tensions de noeuds pour calculer les courants Ia , Ib et Ic .

1Ω j2Ω 5Ω

Ix Ib
Ia 10Ω
Ic –j5Ω 20Ix
10.6∠0°

Gabriel Cormier 10 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

Il y a trois noeuds essentiels, donc on a besoin de deux tensions de noeud. On utilise


le noeud du bas comme noeud de référence.

1Ω j2Ω 5Ω
1 2

Ia + Ic + I
Ix b

–j5Ω V2 20Ix
10.6∠0° 10Ω V1

– –

On fait la somme des courants qui sortent du noeud 1 :


V1 V1 − V2
−10.6 + + =0
10 1 + j2

Et puis la même chose au noeud 2 :


V2 − V1 V2 V2 − 20Ix
+ + =0
1 + j2 −j5 5

Il faut une troisième équation pour Ix .


V1 − V2
Ix =
1 + j2

On a trois équations et trois inconnues. On résout pour obtenir :

V1 = 68.40 − j16.80 V
V2 = 68.0 − j26.0 V

Avec ces tensions, on peut calculer les courants.


V1
Ia = = 6.84 − j1.68 A
10
V − V2
Ix = 1 = 3.76 + j1.68 A
1 + j2
V − 20Ix
Ib = 2 = −1.44 − j11.92 A
5
V
Ic = 2 = 5.2 + j13.6 A
−j5

Gabriel Cormier 11 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

7.5 Calculs de puissance

On analysera ici la puissance dissipée dans différents éléments.

7.5.1 Puissance instantanée

Comme on l’a déjà vu, la puissance à tout moment dans un élément est donné par :
p = vi (7.34)
c’est la puissance instantanée.

En régime sinusoı̈dal, la tension et le courant sont :


v(t) = Vm cos(ωt + θv ) (7.35)
i(t) = Im cos(ωt + θi ) (7.36)

De façon générale, lorsqu’on fait l’analyse de circuits avec des sources sinusoı̈dales, on
choisit comme temps de référence le temps où le courant est maximal. Les expressions de
tension et courant sont donc modifiées :
v(t) = Vm cos(ωt + θv − θi ) (7.37)
i(t) = Im cos(ωt) (7.38)

Lorsqu’on remplace ces dernières expressions dans l’équation 7.34 pour obtenir la
puissance instantanée, on obtient :
p = Vm Im cos(ωt + θv − θi ) cos(ωt) (7.39)

À l’aide d’identités trigonométriques, on peut simplifier :


Vm Im V I V I
p= cos(θv − θi ) + m m cos(θv − θi ) cos(2ωt) − m m sin(θv − θi ) sin(2ωt) (7.40)
2 2 2

Noter que le premier terme ne dépend pas du temps. On peut réécrire l’expression
sous une autre forme :
p = P + P cos(2ωt) − Q sin(2ωt) (7.41)
où
Vm Im
P= cos(θv − θi ) (7.42)
2
V I
Q = m m sin(θv − θi ) (7.43)
2

Gabriel Cormier 12 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

La puissance P est appelée la puissance moyenne et la puissance Q est appelée la puis-


sance réactive. Pour distinguer entre les deux puissances, l’unité de P est le Watt [W], et
l’unité de Q est le Volt-Ampère-Réactif, le VAR [VAR].

7.5.2 Puissance dans une résistance

Dans une résistance, la tension et le courant sont en phase (θv = θi ). L’équation 7.41 se
simplifie donc à :
p = P + P cos(2ωt) (7.44)

Selon cette équation, la puissance ne sera jamais négative : on ne peut jamais extraire
de la puissance d’une résistance. Toute l’énergie dissipée se transforme en chaleur.

7.5.3 Puissance dans une inductance

Dans une inductance, la tension et le courant sont déphasés de 90◦ . Le courant est en
arrière de la tension de 90◦ : θv − θi = 90◦ . L’équation 7.41 pour une inductance est donc :

p = −Q sin(2ωt) (7.45)

Dans une inductance, la puissance moyenne P est nulle. Il n’y a pas de transformation
d’énergie électrique en chaleur, comme c’est le cas pour une résistance. Lorsque p > 0,
l’inductance emmagasine de l’énergie, et lorsque p < 0, l’inductance fournit de l’énergie
au circuit.

7.5.4 Puissance dans une capacitance

Dans une capacitance, la tension et le courant sont déphasés de −90◦ . Le courant est
en avance de la tension de 90◦ : θv − θi = −90◦ . L’équation 7.41 pour une capacitance est
donc :
p = Q sin(2ωt) (7.46)

Dans une capacitance, la puissance moyenne P est elle aussi nulle. Il n’y a pas de
transformation d’énergie électrique en chaleur, comme c’est le cas pour une résistance.
Lorsque p > 0, la capacitance emmagasine de l’énergie, et lorsque p < 0, la capacitance
fournit de l’énergie au circuit.

Gabriel Cormier 13 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

7.5.5 Puissance réactive Q

La puissance réactive est une autre façon de caractériser un circuit. Pour une induc-
tance, Q > 0 : on dit que l’inductance consomme de la puissance réactive. Pour une capa-
citance, Q < 0, et on dit que la capacitance fournit de la puissance réactive.

7.5.6 Facteur de puissance

L’expression cos(θv − θi ) est appelé le facteur de puissance (fp ). C’est une mesure com-
munément utilisé pour décrire des moteurs électriques. Un facteur de puissance peut être
en arrière, indiquant que la charge est inductive, ou être en avance, indiquant que la charge
est capacitive.

Dans les industries, le facteur de puissance est très important. Énergie NB impose des
amendes sévères si le facteur de puissance est plus petit que 0.9. Ces amendes peuvent
s’avérer de l’ordre de plusieurs milliers de dollars par année.

Dans des industries, le facteur de puissance est généralement en arrière, puisque les
moteurs électriques présentent des charges inductives. Les techniques permettant de cor-
riger le facteur de puissance peuvent être très coûteuses, mais généralement en valent le
coût à long terme.

Exemple 9

Dans l’élément idéal suivant, la tension v = 100 cos(ωt + 15◦ ) V, et le courant i =


4 sin(ωt − 15◦ ) A.

i
+
v Élément
idéal

1. Calculer la puissance moyenne et la puissance réactive.


2. Indiquer si l’élément absorbe ou fournit de la puissance moyenne.
3. Indiquer si l’élément absorbe ou fournit de la puissance réactive.

1. Il faut premièrement transformer le courant à une fonction de cos :

i = 4 cos(ωt − 105◦ )

Gabriel Cormier 14 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

On peut maintenant calculer P et Q :


1 1
P = Vm Im cos(θv − θi ) = (100)(4) cos(15 − (−105)) = −100 W
2 2
1 1
Q = Vm Im sin(θv − θi ) = (100)(4) sin(15 − (−105)) = 173.21 VAR
2 2

2. Puisque la puissance moyenne P est négative, le circuit fournit de la puissance.

3. Puisque la puissance réactive Q est positive, le circuit absorbe de la puissance


réactive.

7.6 Valeur RMS et calculs de puissance

Le calcul de puissances s’effectue souvent avec la valeur RMS d’une tension ou d’un
courant. Si on applique une tension sinusoı̈dale aux bornes d’une résistance, la puissance
moyenne (sur une période) est :
T
Vm2 cos2 (ωt + θv )
Z
1
P= dt
T 0 R
(7.47)
1 1 T 2
Z !
2
= V cos (ωt + θv ) dt
R T 0 m

Si on compare cette équation avec l’équation 7.3, on s’aperçoit que la puissance est :
2
Vrms
P= (7.48)
R

De la même façon, la puissance peut être écrite selon :


2
P = RIrms (7.49)

On appelle aussi la valeur RMS la valeur effective de la tension. Une source sinusoı̈dale
ayant une valeur RMS Vrms fournit autant de puissance à une résistance qu’une source DC
ayant la même valeur (pendant une période).

On peut donc réécrire les valeurs de puissance en fonction des valeurs RMS :

P = Vrms Irms cos(θv − θi ) (7.50)


Q = Vrms Irms sin(θv − θi ) (7.51)

Gabriel Cormier 15 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

La valeur RMS est souvent utilisée pour décrire des sources sinusoı̈dales, au lieu de la
valeur maximale. En effet, la tension de 120V du√ réseau électrique est une valeur RMS : la
valeur maximale de tension est environ 170V ( 2 · 120). Les ampoules aussi sont décrites
par des valeurs RMS : une ampoule de 120V, 40W a une résistance de 1202 /40, ou 360Ω,
et un courant de 120/360, ou 0.33A.

7.7 Puissance complexe

La puissance complexe est la somme complexe des puissances moyennes et réactives :


S = P + jQ (7.52)

L’avantage de la puissance complexe est qu’on peut s’en servir pour calculer directe-
ment les puissances à partir des phaseurs de tension et de courant. La puissance moyenne
est la partie réelle de la puissance, et la puissance réactive est la partie imaginaire.

L’unité de la puissance complexe est le Volt-Ampère [VA], pour la distinguer de la


puissance moyenne. On a donc trois unités pour la puissance : le Volt-Ampère [VA] pour
la puissance complexe, le Watt [W] pour la puissance moyenne, et le Volt-Ampère-Réactif
[VAR] pour la puissance réactive.

Un autre avantage de l’utilisation de la puissance complexe est qu’elle permet une


interprétation géométrique de la puissance. La figure 7.2 montre la représentation gra-
phique de la puissance complexe.

|S| Q

θ
P
Figure 7.2 – Représentation graphique de la puissance complexe

L’angle θ de la figure 7.2 représente l’angle du facteur de puissance (θv − θi ). Cet angle
est aussi donné par :
Q
tan θ = (7.53)
P

L’amplitude de la puissance complexe est aussi nommée la puissance apparente :


p
|S| = P 2 + Q2 (7.54)

Gabriel Cormier 16 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

La puissance moyenne P représente la puissance utile d’un circuit, tandis que la puis-
sance apparente S représente la puissance qu’il faut fournir au circuit pour obtenir cette
puissance utile P .

Un facteur de puissance plus petit que 1 indique que l’élément nécessite plus de puis-
sance que ce qu’il peut utiliser. Si fp < 1, alors |S| > P . Comme mentionné plus haut, la
plupart des appareils industriels ont un facteur de puissance plus petit que 1 en arrière,
ce qui indique une charge inductive. Pour ramener le facteur de puissance près de 1, on
doit placer des condensateurs en parallèle avec la charge.

Exemple 10

Une charge électrique opère à une tension de 240 Vrms . La charge absorbe une puis-
sance moyenne de 8kW avec un facteur de puissance de 0.8 arrière.
1. Calculer la puissance complexe à la charge.
2. Calculer l’impédance de la charge.

1. Parce que la charge est décrite comme ayant un facteur de puissance arrière, la
charge est inductive, et donc la puissance réactive est positive. Par rapport au graphe des
puissances de la figure 7.2, on peut calculer l’amplitude de S :
P 8000
|S| = = = 10 kVA
cos θ 0.8
Et avec l’équation 7.54, on calcule :
p
Q = |S|2 − P 2 = 6 kVAR

La puissance complexe est donc :

S = 8 + j6 kVA

2. On peut utiliser l’équation 7.50 pour calculer la valeur RMS du courant.


P
|Irms | = = 41.67 A
|Vrms | cos(θ)

On peut aussi calculer l’angle de la charge, puisqu’il s’agit de l’angle du facteur de


puissance :
θ = cos−1 (0.8) = 36.87◦

Et, puisque le facteur de puissance est arrière, la charge est inductive. Une charge
inductive indique que l’angle est positif. L’amplitude de la charge est le rapport entre la

Gabriel Cormier 17 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

tension et le courant :
|Vrms | 240
|Z| = = = 5.76
|Irms | 41.67
ce qui donne une charge :
Z = 5.76∠(36.87◦ ) = 4.608 + j3.456 Ω

Les calculs de puissance peuvent être effectués avec les phaseurs. On peut démontrer
que :
1
S = Vrms I∗rms = VI∗ (7.55)
2
où I∗ indique le conjugué.

On peut aussi appliquer les équations avec les réactances :


1
P = |Irms |2 R = |Im |2 R (7.56)
2
1
Q = |Irms |2 X = |Im |2 X (7.57)
2
où X est la réactance appropriée (selon le cas d’un condensateur ou d’une inductance).

Exemple 11

Une charge industrielle est connectée à une ligne de transmission de 240Vrms . La


charge consomme une puissance active de 25kW et une puissance réactive de 16kVAR.
Calculer :
1. Le facteur de puissance fp
2. Le courant I
3. La charge Z

1. Le facteur de puissance fp = cos θ. Si on regarde sur les diagrammes de puissances, on


trouve que
Q
tan θ = = 32.62◦ .
P
Ceci veut dire que le facteur de puissance est :
fp = cos(32.62◦ ) = 0.84 (arrière) (Q > 0)

2. Pour trouver le courant, on sait que S = VI∗ . Donc :


 ∗ !∗
S (25 + j16) × 103
I= = = 123.67∠(−32.62◦ )
V (240)

Gabriel Cormier 18 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

3. Il y a deux méthodes possibles pour obtenir la charge Z

a) Utiliser les puissances :


P 25 × 103
P = R|I|2 ⇒ R = = = 1.63Ω
|I|2 (123.67)2
Q 16 × 103
Q = X|I|2 ⇒ X = 2 = = 1.05Ω
|I| (123.67)2

Alors Z = 1.63 + j1.05Ω = 1.94∠(32.62◦ ).

b) Utiliser la tension et le courant :


V 240∠0
Z= = = 1.94∠(32.62◦ )
I 123.67∠(−32.62◦ )

Exemple 12

Soit une charge de 39 + j26Ω alimentée par une source de 250Vrms . La ligne qui ali-
mente la charge a une impédance de 1 + j4Ω.
1. Calculer le courant de charge IL et la tension VL .
2. Calculer la puissance active et réactive consommée par la charge.
3. Calculer les pertes dans la ligne.
4. Calculer la puissance active et réactive fournie par la source.

Le circuit est :
1 + j4Ω

+ Is +

Vs VL ZL 39 + j26Ω

– –

source ligne charge

1. Le courant de la charge est le courant total circulant dans le circuit.


Vs 250∠0
IL = = = 5∠(−36.87◦ ) A (rms)
ZT 40 + j30
VL = IL ZL = 5∠(−36.87◦ ) · (39 + j26) = 234 − j13 = 234.36∠(−3.18◦ ) V (rms)

Gabriel Cormier 19 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

2. Puissances :
S = VL I∗L = (234.36∠(−3.18◦ ))(5∠(+36.87◦ ))
= (234 − j13)(4 + j3)
= 975 + j650 VA
Donc : P = 975 W, Q = 650 VAR

3. Les pertes sur la ligne :


P = R|I2 | = (1)(5)2 = 25 W
Q = X|I2 | = (4)(5)2 = 100 VAR
Habituellement, lorsqu’on parle de pertes sur la ligne, on ne parle que de P .

4. Puissances active et réactive de la source (encore ici, on peut utiliser deux méthodes) :

a) Somme des puissances connues :


S = Sligne + Scharge
= (25 + j100) + (975 + j650)
= 1000 + j750 VA

b) Tension et courant
S = Vrms I∗rms
= (250)(5∠(36.87◦ ))
= (250)(4 + j3)
= 1000 + j750 VA

7.8 Compensation du facteur de puissance

On va se servir d’un exemple pour démontrer le principe de correction du facteur


de puissance. Le but est d’augmenter le facteur de puissance (habituellement, on veut
ramener le facteur de puissance près de 1). On reprend l’exemple 11, mais cette fois on
ajoute un condensateur aux bornes de la charge.

On veut trouver a) fp0 , le nouveau facteur de puissance et b) le courant Is fournit par la


source.

a) Le nouveau facteur de puissance est :


P0 P0
fp0 = =
|S 0 |
p
(P 0 )2 + (Q0 )2

Gabriel Cormier 20 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

+ Is +
P = 25kW
240V –j5Ω VL ZL Q = 16kVAR

– –

Figure 7.3 – Circuit pour correction du facteur de puissance

La puissance active P 0 = P = 25 kW (puisque le condensateur n’ajoute pas de puissance


active au circuit), et la puissance réactive Q0 = Q + QC .
V2 2402
QC = −|I|2 XC = − =− = −11.52 kVAR
XC 5
Q0 = 16 − 11.52 = 4.48 kVAR

Donc,
25
fp0 = p = 0.98 (arrière)
(25)2 + (4.48)2
Le facteur de puissance est maintenant 0.98, comparativement à 0.84 dans l’exemple 11.

b) On peut trouver le courant à l’aide des puissances :


S 0 = VI∗

S 0 (25 + j4.48) × 103


I∗ = = = 104.17 + j18.67A
V 240
I0 = 105.83∠(−10.16◦ ) A (rms)

Si on compare,

Charge non compensée Charge compensée


|I| = 123 A |I0 | = 106 A
fp = 0.84 fp = 0.98
Pertes RI 2 % Pertes RI 2 &

Les pertes sur la ligne de transport (qui ne sont pas montrées sur la figure ci-haut) sont
RI 2 .
L’ajout du condensateur a permis de réduire le courant et donc les pertes sur la ligne
de transport. Dans ce cas, les pertes ont chuté de :
R|I|2 − R(|I0 |)2 1232 − 1062
= = 25.7%
R|I|2 1232
La puissance fournie par la source est alors réduite aussi.

Gabriel Cormier 21 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

Exemple 13

0.05 + j0.5Ω

+ Is +
P = 8kW 20kVA
Vs 250∠0V Z1 f = 0.8 avance Z2 fp = 0.6 arrière
p

– –

1. Déterminer le facteur de puissance des deux charges en parallèle.


2. Déterminer l’amplitude du courant IS , la puissance active perdue dans la ligne et la
puissance apparente fournie par la source.
3. Si la fréquence de la source est 60Hz, calculer la valeur du condensateur nécessaire
pour corriger le facteur de puissance à 1. Recalculer les valeurs de la question 2.

1) SL = SL1 + SL2

P1 P
fp1 = ⇒ |SL1 | = 1 = 10 kVA
|SL1 | fp1
p
Q = |S1 |2 − P 2 = −6 kVAR

Donc, S1 = 8 − j6 kVA. On sait que |S2 | = 20 kVA :

P2 = |S2 | · fp = 20 · 0.6 = 12 kW
p √
Q = |S2 |2 − P 2 = 202 − 122 = 16 kVAR

Donc SL = S1 + S2 = 20 + j10 kVA.

La puissance active totale des deux charges, PL , est 20 kW. Donc :

PL 20
fp = =√ = 0.894 (arrière)
|SL | 202 + 102

On aurait aussi pu trouver l’angle entre la tension et le courant :

S 20 + j10
I∗S = = = 80 + j40 ⇒ IS = 80 − j40A = 89.44∠(−26.57◦ )
V 0.25
Et, fp = cos(0◦ + 26.57◦ ) = 0.894.

Gabriel Cormier 22 GELE2112


CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE

2. Courant IS , puissance active perdue dans la ligne et puissance apparente fournie par la
source.

Le courant de la source est le même que celui dans les charges, soit 89.44∠(−26.57)A.
On sait que : Ss = Sligne + Scharge . La puissance apparente totale dans la charge fut calculée
dans la partie 1 : Scharge = 20 + j10 kVA. La puissance apparente dans la ligne est :

Sligne = VI∗ = Rligne |I|2 + jXligne |I|2 = (89.44)2 (0.05 + j0.5) = 400 + j4000 VA

La puissance apparente fournie par la source est :

Ss = Sligne + Scharge
= (0.4 + j4) + (20 + j10)
= 20.4 + j14 kVA

3. On veut corriger le facteur de puissance à 1. Ceci veut dire qu’il faut éliminer la puis-
sance réactive consommée par les charges.

QC = −QS = −10 kVAR


|V 2 | 2502
XC = = = −6.25 Ω
Q 10 × 103
1
XC = − = −6.25 ⇒ C = 424.4µF

La puissance apparente totale de la charge est maintenant |S| = P = 20kVA. Le courant


est
20 × 103
|I| = = 80 A
250

La puissance perdue dans la ligne est maintenant :

Sligne = R|I|2 + jX|I|2 = (80)2 (0.05 + j0.5) = 320 + j3200 VA

Donc la puissance totale fournie par la source est :

Ss = Sligne + Scharge
= (0.32 + j3.2) + (20 + j0)
= 20.32 + j3.2 kVA

* Les pertes sur la ligne ont chuté de 400 - 320 = 80 W.

Gabriel Cormier 23 GELE2112

Vous aimerez peut-être aussi