Analyse des Circuits Sinusoïdaux AC
Analyse des Circuits Sinusoïdaux AC
Analyse sinusoı̈dale
Jusqu’à présent, on a seulement analysé des circuits ayant des sources constantes (DC).
Ce chapitre présente l’analyse de circuits ayant des sources variables (AC). On s’intéresse
aux sources sinusoı̈dales. Les sources sinusoı̈dales sont très importantes, puisque le réseau
électrique fonctionne avec des sources sinusoı̈dales à une fréquence de 60Hz.
L’étude des circuits ayant des sources sinusoı̈dales permet aussi d’apprendre les tech-
niques de base qui permettront l’analyse de circuits ayant des sources non-sinusoı̈dales.
On verra aussi que les méthodes d’analyse vues dans les chapitres 1 à 3 s’appliquent
aussi dans le cas de sources sinusoı̈dales.
où les paramètres sont donnés à la figure 7.1. La fréquence du signal ω représente la
fréquence radiale, et son unité est le [rad/s]. La phase du signal est φ, en radians ou degrés,
et Vm est l’amplitude maximale de la source.
1
CHAPITRE 7. ANALYSE SINUSOÏDALE
Vm
T
φ
0
−V
m
0
Temps
Une autre valeur importante est la valeur RMS d’un signal. La valeur RMS est :
s
1 T 2
Z
Vrms = v (t)dt (7.3)
T 0
La valeur rms d’un signal est importante dans le calcul des puissances. En effet, une source
sinusoı̈dale ayant une valeur rms de Vrms fournit la même puissance (par période) à une
résistance R qu’une source DC de même amplitude.
7.2 Phaseur
La partie ejωt est constante pour des tensions et courants ayant la même fréquence. Le
phaseur est définit selon :
V = Vm ejφ = Vm ∠φ (7.10)
Exemple 1
Exemple 2
1. En génie électrique, on utilise j pour représenter les nombres complexes, pour éviter la confusion avec
le courant i
Addition ou soustraction
Exemple 3
On transforme :
La somme est :
YT = Y1 + Y2 = 37.32 + j24.64
Multiplication
Exemple 4
Division
Exemple 5
Y1 20
YT = = ∠(−30 − 60) = 0.5∠(−90◦ )
Y2 40
Avant d’utiliser les phaseurs dans les circuits, il faut premièrement trouver la relation
entre les tensions et courants des différents éléments passifs.
7.3.1 Résistance
Soit i = Im cos(ωt+θi ), le courant dans une résistance R. La tension dans cette résistance
est :
vR = Ri = RIm cos(ωt + θi ) (7.12)
= Vm cos(ωt + θi ) (7.13)
où Vm = RIm .
D’après cette relation, la tension et le courant ont la même phase ; ils sont en phase. La
tension dans une résistance est maximale au même moment que le courant est maximal.
En termes de phaseurs, on peut écrire :
V = RI (7.14)
7.3.2 Inductance
Soit i = Im cos(ωt + θi ), le courant dans une inductance L. La tension dans cette induc-
tance est :
di
vL = L = −ωLIm sin(ωt + θi ) (7.16)
dt
= −ωLIm cos(ωt + θi − 90◦ ) (7.17)
VL jωLIm ∠(θi )
ZL = = = jωL = ωL∠90◦ (7.21)
IL Im ∠(θi )
La tension est en avance de 90° dans une inductance, par rapport au courant.
7.3.3 Capacitance
Soit i = Im cos(ωt + θi ), le courant dans une capacitance C. La tension dans cette capa-
citance est :
1 t 1 t
Z Z
vC = i dτ = I cos(ωτ + θi ) dτ (7.22)
C 0 C 0 m
1
= sin(ωτ + θi ) (7.23)
ωC
1
= I cos(ωt + θi − 90◦ ) (7.24)
ωC m
j
=− cos(ωτ + θi ) (7.25)
ωC
Le courant est en avance de 90° par rapport à la tension dans une capacitance.
7.3.4 Impédance
Les lois de Kirchhoff s’appliquent tous de la même façon avec des impédances.
P
1. LKC : la somme des courants à un noeud est 0 : I = 0.
P
2. LKT : la somme des tensions dans une boucle est 0 : V = 0.
Les impédances en série suivent les règles des résistances :
Zeq = Z1 + Z2 + Z3 + · · · (7.32)
Exemple 6
Pour le circuit suivant, où vs (t) = 750 cos(5000t + 30◦ ), calculer le courant i(t).
90Ω 32mH
i 5µF
vS
On doit transformer le circuit pour utiliser les impédances. Le circuit équivalent est :
90Ω j160Ω
a
i –j40Ω
750∠30°
Exemple 7
9Ω 10Ω
40∠0° Vo
–j3Ω –j19Ω
1Ω j3Ω
40∠0° I1 Z1
Z2
I1 Z2 V2
10Ω
36 – j12 V Vo
–j19Ω
Exemple 8
1Ω j2Ω 5Ω
Ix Ib
Ia 10Ω
Ic –j5Ω 20Ix
10.6∠0°
1Ω j2Ω 5Ω
1 2
Ia + Ic + I
Ix b
–j5Ω V2 20Ix
10.6∠0° 10Ω V1
– –
V1 = 68.40 − j16.80 V
V2 = 68.0 − j26.0 V
Comme on l’a déjà vu, la puissance à tout moment dans un élément est donné par :
p = vi (7.34)
c’est la puissance instantanée.
De façon générale, lorsqu’on fait l’analyse de circuits avec des sources sinusoı̈dales, on
choisit comme temps de référence le temps où le courant est maximal. Les expressions de
tension et courant sont donc modifiées :
v(t) = Vm cos(ωt + θv − θi ) (7.37)
i(t) = Im cos(ωt) (7.38)
Lorsqu’on remplace ces dernières expressions dans l’équation 7.34 pour obtenir la
puissance instantanée, on obtient :
p = Vm Im cos(ωt + θv − θi ) cos(ωt) (7.39)
Noter que le premier terme ne dépend pas du temps. On peut réécrire l’expression
sous une autre forme :
p = P + P cos(2ωt) − Q sin(2ωt) (7.41)
où
Vm Im
P= cos(θv − θi ) (7.42)
2
V I
Q = m m sin(θv − θi ) (7.43)
2
Dans une résistance, la tension et le courant sont en phase (θv = θi ). L’équation 7.41 se
simplifie donc à :
p = P + P cos(2ωt) (7.44)
Selon cette équation, la puissance ne sera jamais négative : on ne peut jamais extraire
de la puissance d’une résistance. Toute l’énergie dissipée se transforme en chaleur.
Dans une inductance, la tension et le courant sont déphasés de 90◦ . Le courant est en
arrière de la tension de 90◦ : θv − θi = 90◦ . L’équation 7.41 pour une inductance est donc :
p = −Q sin(2ωt) (7.45)
Dans une inductance, la puissance moyenne P est nulle. Il n’y a pas de transformation
d’énergie électrique en chaleur, comme c’est le cas pour une résistance. Lorsque p > 0,
l’inductance emmagasine de l’énergie, et lorsque p < 0, l’inductance fournit de l’énergie
au circuit.
Dans une capacitance, la tension et le courant sont déphasés de −90◦ . Le courant est
en avance de la tension de 90◦ : θv − θi = −90◦ . L’équation 7.41 pour une capacitance est
donc :
p = Q sin(2ωt) (7.46)
Dans une capacitance, la puissance moyenne P est elle aussi nulle. Il n’y a pas de
transformation d’énergie électrique en chaleur, comme c’est le cas pour une résistance.
Lorsque p > 0, la capacitance emmagasine de l’énergie, et lorsque p < 0, la capacitance
fournit de l’énergie au circuit.
La puissance réactive est une autre façon de caractériser un circuit. Pour une induc-
tance, Q > 0 : on dit que l’inductance consomme de la puissance réactive. Pour une capa-
citance, Q < 0, et on dit que la capacitance fournit de la puissance réactive.
L’expression cos(θv − θi ) est appelé le facteur de puissance (fp ). C’est une mesure com-
munément utilisé pour décrire des moteurs électriques. Un facteur de puissance peut être
en arrière, indiquant que la charge est inductive, ou être en avance, indiquant que la charge
est capacitive.
Dans les industries, le facteur de puissance est très important. Énergie NB impose des
amendes sévères si le facteur de puissance est plus petit que 0.9. Ces amendes peuvent
s’avérer de l’ordre de plusieurs milliers de dollars par année.
Dans des industries, le facteur de puissance est généralement en arrière, puisque les
moteurs électriques présentent des charges inductives. Les techniques permettant de cor-
riger le facteur de puissance peuvent être très coûteuses, mais généralement en valent le
coût à long terme.
Exemple 9
i
+
v Élément
idéal
–
i = 4 cos(ωt − 105◦ )
Le calcul de puissances s’effectue souvent avec la valeur RMS d’une tension ou d’un
courant. Si on applique une tension sinusoı̈dale aux bornes d’une résistance, la puissance
moyenne (sur une période) est :
T
Vm2 cos2 (ωt + θv )
Z
1
P= dt
T 0 R
(7.47)
1 1 T 2
Z !
2
= V cos (ωt + θv ) dt
R T 0 m
Si on compare cette équation avec l’équation 7.3, on s’aperçoit que la puissance est :
2
Vrms
P= (7.48)
R
On appelle aussi la valeur RMS la valeur effective de la tension. Une source sinusoı̈dale
ayant une valeur RMS Vrms fournit autant de puissance à une résistance qu’une source DC
ayant la même valeur (pendant une période).
On peut donc réécrire les valeurs de puissance en fonction des valeurs RMS :
La valeur RMS est souvent utilisée pour décrire des sources sinusoı̈dales, au lieu de la
valeur maximale. En effet, la tension de 120V du√ réseau électrique est une valeur RMS : la
valeur maximale de tension est environ 170V ( 2 · 120). Les ampoules aussi sont décrites
par des valeurs RMS : une ampoule de 120V, 40W a une résistance de 1202 /40, ou 360Ω,
et un courant de 120/360, ou 0.33A.
L’avantage de la puissance complexe est qu’on peut s’en servir pour calculer directe-
ment les puissances à partir des phaseurs de tension et de courant. La puissance moyenne
est la partie réelle de la puissance, et la puissance réactive est la partie imaginaire.
|S| Q
θ
P
Figure 7.2 – Représentation graphique de la puissance complexe
L’angle θ de la figure 7.2 représente l’angle du facteur de puissance (θv − θi ). Cet angle
est aussi donné par :
Q
tan θ = (7.53)
P
La puissance moyenne P représente la puissance utile d’un circuit, tandis que la puis-
sance apparente S représente la puissance qu’il faut fournir au circuit pour obtenir cette
puissance utile P .
Un facteur de puissance plus petit que 1 indique que l’élément nécessite plus de puis-
sance que ce qu’il peut utiliser. Si fp < 1, alors |S| > P . Comme mentionné plus haut, la
plupart des appareils industriels ont un facteur de puissance plus petit que 1 en arrière,
ce qui indique une charge inductive. Pour ramener le facteur de puissance près de 1, on
doit placer des condensateurs en parallèle avec la charge.
Exemple 10
Une charge électrique opère à une tension de 240 Vrms . La charge absorbe une puis-
sance moyenne de 8kW avec un facteur de puissance de 0.8 arrière.
1. Calculer la puissance complexe à la charge.
2. Calculer l’impédance de la charge.
1. Parce que la charge est décrite comme ayant un facteur de puissance arrière, la
charge est inductive, et donc la puissance réactive est positive. Par rapport au graphe des
puissances de la figure 7.2, on peut calculer l’amplitude de S :
P 8000
|S| = = = 10 kVA
cos θ 0.8
Et avec l’équation 7.54, on calcule :
p
Q = |S|2 − P 2 = 6 kVAR
S = 8 + j6 kVA
Et, puisque le facteur de puissance est arrière, la charge est inductive. Une charge
inductive indique que l’angle est positif. L’amplitude de la charge est le rapport entre la
tension et le courant :
|Vrms | 240
|Z| = = = 5.76
|Irms | 41.67
ce qui donne une charge :
Z = 5.76∠(36.87◦ ) = 4.608 + j3.456 Ω
Les calculs de puissance peuvent être effectués avec les phaseurs. On peut démontrer
que :
1
S = Vrms I∗rms = VI∗ (7.55)
2
où I∗ indique le conjugué.
Exemple 11
Exemple 12
Soit une charge de 39 + j26Ω alimentée par une source de 250Vrms . La ligne qui ali-
mente la charge a une impédance de 1 + j4Ω.
1. Calculer le courant de charge IL et la tension VL .
2. Calculer la puissance active et réactive consommée par la charge.
3. Calculer les pertes dans la ligne.
4. Calculer la puissance active et réactive fournie par la source.
Le circuit est :
1 + j4Ω
+ Is +
Vs VL ZL 39 + j26Ω
– –
2. Puissances :
S = VL I∗L = (234.36∠(−3.18◦ ))(5∠(+36.87◦ ))
= (234 − j13)(4 + j3)
= 975 + j650 VA
Donc : P = 975 W, Q = 650 VAR
4. Puissances active et réactive de la source (encore ici, on peut utiliser deux méthodes) :
b) Tension et courant
S = Vrms I∗rms
= (250)(5∠(36.87◦ ))
= (250)(4 + j3)
= 1000 + j750 VA
+ Is +
P = 25kW
240V –j5Ω VL ZL Q = 16kVAR
– –
Donc,
25
fp0 = p = 0.98 (arrière)
(25)2 + (4.48)2
Le facteur de puissance est maintenant 0.98, comparativement à 0.84 dans l’exemple 11.
Si on compare,
Les pertes sur la ligne de transport (qui ne sont pas montrées sur la figure ci-haut) sont
RI 2 .
L’ajout du condensateur a permis de réduire le courant et donc les pertes sur la ligne
de transport. Dans ce cas, les pertes ont chuté de :
R|I|2 − R(|I0 |)2 1232 − 1062
= = 25.7%
R|I|2 1232
La puissance fournie par la source est alors réduite aussi.
Exemple 13
0.05 + j0.5Ω
+ Is +
P = 8kW 20kVA
Vs 250∠0V Z1 f = 0.8 avance Z2 fp = 0.6 arrière
p
– –
1) SL = SL1 + SL2
P1 P
fp1 = ⇒ |SL1 | = 1 = 10 kVA
|SL1 | fp1
p
Q = |S1 |2 − P 2 = −6 kVAR
P2 = |S2 | · fp = 20 · 0.6 = 12 kW
p √
Q = |S2 |2 − P 2 = 202 − 122 = 16 kVAR
PL 20
fp = =√ = 0.894 (arrière)
|SL | 202 + 102
S 20 + j10
I∗S = = = 80 + j40 ⇒ IS = 80 − j40A = 89.44∠(−26.57◦ )
V 0.25
Et, fp = cos(0◦ + 26.57◦ ) = 0.894.
2. Courant IS , puissance active perdue dans la ligne et puissance apparente fournie par la
source.
Le courant de la source est le même que celui dans les charges, soit 89.44∠(−26.57)A.
On sait que : Ss = Sligne + Scharge . La puissance apparente totale dans la charge fut calculée
dans la partie 1 : Scharge = 20 + j10 kVA. La puissance apparente dans la ligne est :
Sligne = VI∗ = Rligne |I|2 + jXligne |I|2 = (89.44)2 (0.05 + j0.5) = 400 + j4000 VA
Ss = Sligne + Scharge
= (0.4 + j4) + (20 + j10)
= 20.4 + j14 kVA
3. On veut corriger le facteur de puissance à 1. Ceci veut dire qu’il faut éliminer la puis-
sance réactive consommée par les charges.
Ss = Sligne + Scharge
= (0.32 + j3.2) + (20 + j0)
= 20.32 + j3.2 kVA