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DENTO-FACIALE
Francis BASSIGNY
Professeur à la Faculté de Chirurgie dentaire
de l'Université Paris VII
avec la collaboration de
PIERRE CANAL
Assistant à la Faculté de Chirurgie dentaire
de l'Université Paris VII
MASSON
Paris New York Barcelone
Milan Mexico Sao Paulo
1983
TABLE DES MATIERES
AVANT-PROPOS -j iv
LISTE DES ABRÉVIATIONS x
Chapitre T. — Généralités 1
Les agénésies 71
Les dents incluses 72
La dysharmonie dento-maxillaire (D. D. M.) 75
La dysharmonie dento-dentaire (D. D. D.). Analyse de Bolton 80
Les anomalies alvéolaires 80
Les anomalies alvéolaires antérieures du sens sagittal 80
La proalvéolie (80). La rétroalvéolie (82).
Les anomalies alvéolaires antérieures du sens vertical 83
Supraclusion (83). Infraclusion antérieure (ou béance antérieure) (84).
Les anomalies alvéolaires latérales 85
L'infraclusion ou béance latérale 85
Les dysfonctions. Les parafonctions 85
Les anomalies du sens transversal 88
Les anomalies du sens antéro-postérieur 92
Les malocclusions de la classe II, division 2 98
Les mésio-positions 102
Les malocclusions de la classe 111 102
Les anomalies basales du sens vertical 109
Les excès verticaux des maxillaires (109). Les insuffisances verticales des maxillaires (111).
Tableau comparatif entre E. V. M. et I. V. M. (113).
Les fentes et les fissures labiales et palatines 113
BIBLIOGRAPHIE 203
Chapter 1. — Introduction 1
Essentials of biométries 3
Genetic considérations in orthodontics 5
Dentition. Morphogenesis of dental arches. Development of occlusion
Idéal construction. Static and kinetic arches relationships in deciduous and adult dentition. . 12
Growth and maturation of the craniofacial skeleton 16
The neuromuscular factor 24
Functions of the orofacial area 25
Pathogenesis of malocclusions 67
Dental abnormalities 68
Missing teeth 71
Impacted teeth 72
Dento-skeletal discrepancy 75
Tooth-size relationships'discrepancy 80
Alveolar processes malocclusions 80
Dysfunctions. Parafunctions - 85
Transverse malocclusions 88
Antero-posterior malocclusions 92
Vertical skeletal malocclusions 109
Cleft lip and cleft palate 113
A.P. : antéro-postérieur.
A.T.M. : articulation temporo-maxillaire.
D.D.D. : dysharmonie dento-dentaire.
D.D.M. : dysharmonie dento-maxillaire.
D.S. : déviation standard.
D.V. : dimension verticale.
E.I.F. : étage inférieur de la face.
E.M.F. : étage moyen de la face.
E.V.I. : insuffisance verticale des maxillaires.
E.V.M. : excès vertical des maxillaires.
F.E.B. : forces extra-buccales.
F.O.M. : fronde occipito-mentonnière.
G.P. : gouttière de positionnement (« tooth-positioner » ou « T. P. »).
H.E.I. : hauteur de l'étage inférieur de la face.
I.C.M. : intercuspidie maximale.
M. : moyenne.
M.D. : mésio-distal.
R.A. : croissance mandibulaire dans le sens d'une rotation antérieure.
R.C. : relation centrée.
R.P. : croissance mandibulaire dans le sens d'une rotation postérieure.
S.A.D.A.M. : syndrome algo-dysfonctionnel de l'appareil manducateur.
T.I.M. : tractions inter-maxillaires.
U.S. : appellation américaine du terme français.
V.L. : vestibulo-lingual.
GÉNÉRALITÉS
— anomalies des rapports entre la base du crâne ture, recherchée en orthodontie, permet d'améliorer
et les maxillaires : grands syndromes cranio-faciaux, l'image de soi, de favoriser une meilleure insertion
— anomalies des tissus mous : brièveté de la lèvre sociale, d'augmenter les chances de rencontre et de
supérieure, langue trop volumineuse, anomalies d'in- promotion sociale. Elle peut encore retarder le vieillis-
sertion des freins, défauts parodontaux, sement si l'enveloppe musculaire et cutanée est bien
des anomalies fonctionnelles : répartie.
— anomalies cinétiques des relations d'arcades, L'amélioration des fonctions de la sphère oro-faciale.
— anomalie d'une fonction oro-faciale : déglu- Le rétablissement d'une fonction occlusale proche
tition, ventilation, phonation, etc. des conditions habituelles, une implantation des dents
A l'étude de ces anomalies orthodontiques, s'ajou- dans de bonnes conditions parodontales, le rétablisse-
tent les malformations congénitales (fissures et fentes ment normal de certaines fonctions de la sphère
labiales et palatines), les séquelles orthodontiques oro-faciale — déglutition, ventilation, etc. - - la
des grands syndromes cranio-faciaux et les séquelles suppression de certaines parafonctions sont autant
des traumatismes faciaux. d'objectifs fonctionnels poursuivis en orthopédie
dento-faciale : ces améliorations devant favoriser
• Pourquoi corriger les anomalies orthodontiques ? l'absence de troubles et la pérennité du système
L'amélioration de Vaspect du visage et de la denture. manducateur.
L'une des caractéristiques des sociétés occiden- Toutefois, il ne fait aucun doute qu'un pourcen-
tales, c'est la recherche d'une apparence esthétique tage important d'individus ayant une occlusion
plaisante, que ce soit au niveau du corps ou de ce s'écartant de la moyenne et que le spécialiste consi-
qui le recouvre, vêtements, parures, maquillage, etc. dère comme devant être traités ne constitue pas un
La primauté accordée à l'individu a comme corollaire problème du point de vue de la santé publique.
une grande attention apportée aux soins et à l'entre- L'approfondissement des connaissances en occluso-
tien de son propre corps et, éventuellement, à la dontie, en parodontologie, en prothèse, le développe-
correction de ses défauts. Le maquillage féminin, ment de mesures préventives, tendent à donner une
en dehors de sa fonction erotique n'étant qu'un des base plus sûre pour la justification des interventions
moyens d'atténuer certains éléments disgracieux du en O. D. F., ce qui entraîne, par un effet d'interaction
visage. une accentuation des exigences concernant les critères
L'amélioration esthétique du visage et de la den- de réussite d'un traitement.
NOTIONS DE BASE
L'O. D. F. fait appel à des notions de base pour L'ensemble de ces connaissances doit faire partie
s'édifier en tant que discipline autonome. L'intégra- intégrante du bagage intellectuel du praticien ou du
tion de ces données fondamentales dans le champ spécialiste, l'orthodontie n'étant plus, bien heureu-
des connaissances d'un praticien compétent en ortho- sement. « une simple affaire d'appareils ».
dontie est une nécessité.
NOTIONS DE BIOMÉTRIE
En orthodontie, le praticien est appelé à comparer hasard » — ou bien constitué à partir de certains
la variabilité d'un caractère par rapport à ce qui est critères — il s'agit d'un « échantillon sélectionné » —
considéré comme normal, afin d'en déduire des par exemple : enfants présentant des agénésies d'inci-
conséquences thérapeutiques. Il tient compte éga- sives latérales supérieures.
lement des résultats des études selon lesquelles l'effet Cette sélection prend en compte des individus
de telle thérapeutique est significatif à tel ou tel « normaux » et « anormaux ». pour un échantillon
niveau. Cette démarche implique la connaissance de pris au hasard (population normale) et des individus
notions de méthodologie statistique. présentant un ou des caractères normaux ou anormaux
pour un échantillon sélectionné.
Définition : la biométrie est la science qui a pour
objet d'appliquer les méthodes statistiques aux phé- A partir d'un échantillon pris au hasard, il reste
nomènes biologiques ayant des caractéristiques mesu- à préciser une marge de variabilité, représentative
rables. de la normalité de la population étudiée.
Cet échantillon peut, d'autre part, être défini comme
• Population, échantillon, normalité. un grand échantillon si l'effectif des individus n ^ 30,
ou un petit échantillon si l'effectif est < 30.
La normalité d'un caractère est définie à partir
Les méthodes de calcul et l'interprétation des
d'un échantillon représentatif d'une population cons-
tituée par un groupe de référence (groupe humain résultats seront différentes suivant la dimension de
de telle ou telle race, population d'enfants de telle l'échantillon : les petits échantillons ont moins de
tranche d'âge, etc.). chance de déceler une faible différence.
Comme il n'est matériellement pas possible d'étu-
dier un caractère particulier sur l'ensemble d'une • Les différentes catégories de caractères.
population, au sens statistique du terme, il s'avère Les caractères étudiés sur les différents échantillons
nécessaire de sélectionner un échantillon, soit par peuvent être qualitatifs ou quantitatifs. Les caractères
tirage au sort — il s'agit d'un « échantillon pris au qualitatifs ne permettent que l'étude de pourcentages.
Considérations génétiques 5
mesures peut être rigoureusement proportionnelle. cartésiennes (fig. \b). Elle présente une orientation
Dans ce cas, il s'agit d'une corrélation positive, le privilégiée.
coefficient de corrélation r = + 1, ce qui signifie Toutefois, l'expression « statistiquement signifi-
que 100 % de la variation observée est fonction de catif » ne doit pas être prise comme une relation de
la liaison entre les deux variables étudiées. Si l'aug- cause à effet ni comme une vérité indiscutable. Cette
mentation n'est pas exactement proportionnelle. information statistique nécessite d'être confrontée
r sera situé entre 0 et + 1 . aux données empiriques, à l'intuition et à l'esprit
Plus le coefficient r est proche de J, plus l'on pourra d'observation du clinicien et du chercheur. Elle
parler d'une corrélation hautement significative entre fournit la probabilité d'une liaison.
les deux variables. Ce coefficient mesure donc l'inten- Les indications données par les méthodes statis-
sité ou l'indépendance de la liaison entre deux tiques en orthodontie ne sont qu'un des éléments de
variables. la décision thérapeutique.
Un coefficient de corrélation r de 0,7 est habituel- A titre d'exemple, en céphalométrie (v. p. 56).
lement considéré comme un minimum pour faire la l'utilisation de la méthode statistique revient à
démonstration d'une signification clinique. Cela constituer un échantillon sélectionné d'individus dits
signifie que 51 % de la variabilité des caractères « normaux » présentant, selon le promoteur de telle
n'est pas liée par la corrélation. méthode, un visage et une occlusion satisfaisante,
Si les deux mesures ne coïncident pas, « ne proches de l'idéal, à comparer les moyennes et les
fluctuent » pas, d'une façon relativement identique, écarts-types des différentes mesures céphalométriques
on parle d'une corrélation nulle, sensiblement égale obtenues à celles d'individus présentant des anomalies
àO. orthodontiques.
Si l'une des mesures augmente quand l'autre dimi- Les mesures biométriques permettent d'attirer
nue, la corrélation est négative. Si cette corrélation l'attention sur un caractère présentant une variabi-
négative n'est pas exactement proportionnelle r sera lité marquée par rapport à la moyenne, mais le sens
situé entre 0 et — 1. clinique intuitif ne doit pas être supplanté par des
La représentation graphique d'une corrélation est considérations non déterminantes. Il faut se garder
donnée par un nuage de points sur des coordonnées de tout fétichisme mathématique.
La notion de normalité, en orthodontie, recèle
une multiplicité de facteurs qu'il est parfois tout à fait
impossible de n'envisager qu'à l'aide de méthodes
statistiques. Par exemple, Ricketts définit la norma-
lité au niveau de la denture comme une position que
les dents doivent occuper pour être stables et en
harmonie les unes avec les autres et avec toutes les
structures anatomiques.
Il n'existe pas « d'individu normal moyen » comme
a pu le penser Quetelet en 1835 mais plutôt toute
une série de types normaux d'individus, ce qui rend
FIG. 1. — b) La droite de régression. l'interprétation et l'utilisation des méthodes statis-
L'ellipse représente le nuage de points. tiques beaucoup plus complexes sinon aléatoires en
r = pente de la droite. orthodontie.
CONSIDERATIONS GENETIQUES
EN ORTHOPÉDIE DENTO-FACIALE
Ce chapitre ne constitue qu'un bref survol des logique de la transmission d'un caractère particulier
connaissances actuelles sur la génétique et ses rela- dans une population (isolât protégé constitué par
tions avec l'O. D. F. une population primitive ou sédentaire);
— méthode des jumeaux : l'influence des facteurs
Les moyens d'étude.
génétiques a été analysée sur des jumeaux univitellins
1. Recherches sur l'homme : soumis à des facteurs d'environnement différents:
— la génétique des populations : étude épidémio- — méthode des familles : la transmission des
6 Notions de hase
<\
Phénomènes de dentition. Morphogénèse des arcades dentaires. Etablissement de l'occlusion 7
combinaison des traits du modèle familial peut tous les cas, le modèle cranio-facial hérité (génotype)
conduire à une harmonie ou une dysharmonie des est sujet à des modifications en fonction des facteurs
structures faciales, dentaires et dento-faciales. Dans d'environnement, ce qui détermine le phénotype.
PHÉNOMÈNES DE DENTITION.
MORPHOGÉNÈSE DES ARCADES DENTAIRES.
ÉTABLISSEMENT DE L'OCCLUSION
•
8 Notions de base
FILLES GARÇONS
FILLES GARÇONS
Ages moyens d'éruption dentaire avec un intervalle de variation d'un écart-type et d'autre de chaque moyenne
(Hurme, 1949). In : LAUTROU A., Abrégé d'anatomie dentaire, Masson, Paris, 1980.
La largeur d'arcade
1. Au niveau des canines (1. c.) : distance mesurée
entre les pointes cuspidiennes.
2. Au niveau des premières molaires (1. m.) :
distance mesurée entre les cuspides centro-vestibu-
laires des dents de 6 ans.
,
4 Notions de base
les caractères quantitatifs permettent l'étude de admis comme limite de la variabilité de la normalité,
moyennes. au sens statistique du terme.
Par ailleurs, on différencie des caractères contrôlés, ± 1 écart-type -> environ 68 % de l'échantillon
effectués à partir d'expérimentations et des caractères ± 2 écarts-types -> environ 95 % de l'échantillon
aléatoires effectués à partir d'observations. Ces carac- ± 3 écarts-types -> environ 99 % de l'échantillon
tères mesurés sur l'échantillon seront définis par des La distribution des valeurs peut être reportée gra-
paramètres de position et des paramètres de dispersion. phiquement sur des axes de coordonnées cartésiens.
Les paramètres de position : Cette distribution peut obéir à une loi de probabilité
dite « loi normale » représentée par une courbe en
— la moyenne : elle est obtenue en divisant la
somme de toutes les mesures x effectuées par le cloche ou courbe de Gauss, centrée autour de la
nombre de mesures à effectuer, n. Il s'agit d'une moyenne et d'équation parfaitement déterminée
moyenne arithmétique : (fig. la).
x
m——.
n vf
La moyenne est tout à fait insuffisante comme
élément d'information, si elle est citée isolément:
— le mode : c'est la valeur présentée par le plus
grand nombre de sujets, en biométrie;
— la médiane : c'est la valeur à partir de laquelle
-2<r -1er m +i<r +2<r x
il existe autant de valeurs plus grandes que de valeurs «= étendue >
plus petites.
FIG. 1. — a) La courbe de Gauss (loi normale).
Les paramètres de dispersion : ils permettent de m = moyenne.
préciser dans quelle mesure les valeurs ou les carac- a = écart-type : distance entre les points d'inflexion
tères étudiés s'écartent de la moyenne. et l'axe de symétrie.
+ la = 68 % de l'échantillon.
1. L'intervalle de dispersion ou étendue : il cor- + 2<j = 95 % de l'échantillon.
respond aux valeurs extrêmes, les plus élevées et les
plus faibles.
2. La variance : elle est destinée à mesurer la Le mode correspond à la partie la plus haute de
variabilité des valeurs autour de la moyenne. Chaque la courbe, Vétendue est représentée par les extrémités
de la courbe.
variable présente un écart par rapport à la moyenne :
Dans le cas d'une loi normale, le mode et la moyenne
e = x — m. sont confondus, il s'agit d'une variable continue et
Il s'agit de représenter par un indice l'ensemble d'une distribution normale.
des écarts à la moyenne. La variance est donc définie Il se trouve qu'en biologie, les grandeurs mesu-
comme la moyenne des carrés des écarts à la moyenne, rables sont généralement réparties selon des lois
soit : guère éloignées de la loi normale, si toutefois l'échan-
2 tillon est ^ 30.
, E(JC - m)
variance = a = . L'écart-type correspond graphiquement à la dis-
n tance entre les points d'inflexion de la courbe et
3. L'écart-type : la racine carrée de la variance l'axe de symétrie.
est appelée l'écart-type ou déviation standard (D. S.
ou S. D. en anglais). • Les corrélations statistiques.
Le pourcentage des valeurs situé entre deux écarts- La nature éventuelle d'une liaison entre 2 carac-
types correspond à 68 % de l'échantillon, dans le tères quantitatifs découle dû calcul d'un coefficient
cadre d'une loi normale. On pourra retrouver fré- de corrélation entre deux variables entièrement aléa-
quemment cette indication, par exemple pour une toires, par leur nature et leur distribution ; par exem-
mesure céphalométrique. ple : la hauteur de l'étage inférieur de la face et la
Exemple : mesure de la direction de croissance (axe Y). On ne
Angle mandibulaire/plan de Francfort = 25" + 3, s'intéresse ici qu'aux corrélations linéaires.
la notation + 3 correspond à un « écart-type » ou On peut représenter graphiquement la variabilité
une « déviation standard ». Elle correspond aux des deux mesures pour chaque individu en reportant
individus dits « normaux ». en abscisse el en ordonnée ces deux mesures pour tous
L'écart-type (ou parfois deux écarts-types) peut être les individus de l'échantillon. L'augmentation des
Phénomènes de dentition. Morphogénèse des arcades dentaires. Établissement de l'occlusion 11
parfois, être améliorées ou supprimées lors du rem- ture permanente, de la séquence d'éruption et des
placement des molaires temporaires, particulièrement proportions relatives entre les deux dentures.
si les points de contact interincisifs et incisivo-canins
sont favorables. En conclusion : le périmètre d'arcade se modifie
Par ailleurs, l'organisation des arcades est condi- surtout en fonction de la dérive mésiale. Par ailleurs,
tionnée également par la séquence d'éruption des le redressement lingual des incisives, à la fin de la
dents postérieures. Le processus de remplacement croissance, a encore tendance à réduire tardivement
des dents postérieures dure en moyenne une année cette dimension.
avec des variations très importantes. Les modifica-
tions accompagnant ce remplacement sont fréquem-
b) Évolution de la longueur d'arcade :
ment asymétriques.
— mesure relativement stable en denture tempo-
Les différentes séquences d'éruption des prémolaires raire;
et canines (Van der Linden) : on constate une grande — accroissement au moment de l'évolution des
variabilité, encore plus marquée chez les garçons : incisives (M = 2,2 mm au maxillaire, 1,3 mm à la
mandibule);
a) A la mandibule : - diminution beaucoup plus importante au mo-
— séquence (3, 4) 5 : la canine et la première pré- ment du remplacement des molaires temporaires
molaire évoluent simultanément, avant la deuxième (dérive mésiale):
prémolaire permanente; — diminution tardive, due au redressement des
— séquence 3 (4, 5) : canine puis première et incisives inférieures qui deviennent plus droites sur
deuxième prémolaire simultanément; leurs bases osseuses, particulièrement en cas de crois-
— séquence 3, 4, 5 : les dents postérieures évoluent sance de type rotation antérieure. Exemple : après
l'une après l'autre; 15 ans, diminution de 0 à 2,3 mm.
— séquence 4, 3, 5, 7 : séquence la plus favorable.
Au total, les variations de la longueur d'arcade
b) Au maxillaire : sont comparables à celles du périmètre d'arcade.
C'est entre 4 et 6 ans, et entre 10 et 14 ans, que ces
— (3, 4, 5) : les dents évoluent simultanément:
variations se produisent.
— 4 (5, 3) : les deuxièmes prémolaires et canines
évoluent simultanément;
— 4,5,3 : les dents postérieures évoluent l'une après c) Variations de la largeur d'arcade :
l'autre, séquence la plus favorable.
Il se produit une apposition osseuse constante au
niveau des corticales externes :
• Phase de denture adoleseente stable : canines
et prémolaires évoluées (traitement orthodontique). Au maxillaire :
. accroissement de 5 à 8 ans 1/2 :
• Phase de denture adulte jeune : deuxièmes . diminution, avant l'éruption des canines vers
10 ans.
molaires évoluées (traitement orthodontique).
— A la mandibule : en moyenne, la dislance entre
les canines est stable après leur mise en place fonc-
L'évolution des arcades dentaires tionnelle.
(récapitulation). — Au niveau des prémolaires et molaires mandibu-
laires : on constate une augmentation après 6 ans.
Cette augmentation est en moyenne de 1,9 mm jusqu'à
a) Évolution du périmètre d'arcade :
13 ans. Elle est suivie par une légère diminution.
— Au maxillaire : légère augmentation entre 5 et
Augmentation de largeur moyenne, de 6 à 18 ans :
18 ans : 1,3 mm pour les garçons 0,5 mm pour les
filles. — entre les canines supérieures : + 5 mm
— entre les premières molaires supé-
— A la mandibule : diminution entre 6 et 18 ans :
rieures : + 4 mm
3,4 mm pour les garçons, 4,5 mm pour les filles, pour
une arcade, dans sa totalité (Moorees). — entre les canines mandibulaires :
— entre les premières molaires infé-
Les variations individuelles sont très importantes rieures
ricures : —-
en fonction des rapports, denture temporaire — den- D S r 3
12 Notions de base
AGENCEMENTS INTRA-ARCADES
RELATIONS INTERARCADES STATIQUES ET CINÉTIQUES
EN DENTURE TEMPORAIRE ET ADULTE
DENTURE TEMPORAIRE