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Ironie et Humour Noir dans Candide

Ce document définit la notion d'ironie et donne des outils pour analyser cette notion dans un texte. Il présente d'abord la définition de l'ironie comme un renversement de valeur mettant en présence deux voix contradictoires, puis détaille les éléments à identifier pour analyser l'ironie dans un texte: les marques du discours valorisé et dévalorisé, la cible visée et les intentions de l'auteur. Il aborde ensuite brièvement l'humour noir.

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Ironie et Humour Noir dans Candide

Ce document définit la notion d'ironie et donne des outils pour analyser cette notion dans un texte. Il présente d'abord la définition de l'ironie comme un renversement de valeur mettant en présence deux voix contradictoires, puis détaille les éléments à identifier pour analyser l'ironie dans un texte: les marques du discours valorisé et dévalorisé, la cible visée et les intentions de l'auteur. Il aborde ensuite brièvement l'humour noir.

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L’ironie

Candide de Voltaire (1759)

Objectif : Définir la notion d’ironie et donner des outils d’analyse de cette notion.

1. Définition : Qu’est-ce que l’ironie ?

Exemple d’ironie : Un lundi matin, un condamné à mort dit au bourreau qui l’emmène au
supplice : « Voilà une semaine qui commence bien ! »

à Renversement de valeur : mise en présence de 2 voix contradictoires / court-circuitage entre un


premier émetteur (E1) et un second émetteur (E2).

Parler (ou écrire) de façon ironique consiste pour un émetteur El à exprimer l'opinion d'un
émetteur E2, tout en faisant comprendre au récepteur qu'il ne prend pas cette opinion à son
compte et, bien plus, qu'il la trouve absurde.


L'ironie consiste donc à affirmer le contraire de ce que l'on veut faire entendre : il y a un écart, un
décalage entre ce qui est dit et ce qui est pensé. L'ironie est une forme d'expression dans laquelle
on se moque de quelqu'un, d'un adversaire ou d'une idée.


2. Analyse de l’ironie dans un texte

Pour analyser l’ironie dans un texte, il faut identifier :

1. Les marques du discours valorisant (= celui de l’émetteur E2)
2. Les indices du discours dévalorisant (= celui de l’émetteur E1)
3. La cible visée : à qui est attribué le discours apparemment valorisé ? Quel est celui visé par
le texte ?
4. Les intentions de l’auteur et les raisons pour lesquelles il dévalorise le discours de l’autre
(parfois ce sont des hypothèses)


Remarques :

L’intention véritable de l’émetteur est parfois difficile à déceler devant l’incertitude


interprétative ; d’où l’emploi fréquent de l’ironie pour détourner la censure.

L’ironie implique une connivence avec le lecteur : elle écarte tout attendrissement ou apitoiement
sur les faits racontés et sur les malheurs des personnages. L’ironie produit un effet de « mise à
distance ».

Comment repérer les signes de dévalorisation ?

• Soit par des antiphrases ou indices dénigrants simultanément que les indices valorisant
(comme dans une formule oxymorique : « boucherie héroïque » (chap. 3)

• Soit par une expression exagérée (…………………………………….) : on comprend qu’il y a moquerie


car on en fait trop : vous le verrez dans l’ironie du chap. 2.

• Soit au contraire dans l’atténuation du propos (…………………………………) : on annonce une


description positive et on se rend compte que la description est moins valorisante que
prévue : comme la peinture de la société du baron dans le chap. 1, ou la description de la
prison.

• Soit par une argumentation insensée (arguments tautologique ou arguments évidents,


comme dans le chap. 1, les propos de Pangloss correspondent à des platitudes alors qu’ils
sont censés démontrer qu’il « prouvait admirablement qu’il n’y avait point d’effet sans
cause »; ou une argumentation absurde : la valorisation est abracadabrante comme dans
l’explication du bien-fondé de la maladie vénérienne dans le chap. 4 ou chap. 14 : comme
vous allez le revoir = une justification qui s’auto-annule car les arguments en faveur des
jésuites vont en fait à leur encontre : donc argumentation qui se tire dans le pied !...)

• Dans la langue orale : mimique de l’expression faciale ou autre gestuelle, fréquent que le
geste permette de déceler l’ironie en théâtre ; inflexions vocales… ricanement…



L’humour noir

L'humour est particulièrement difficile à définir tant ses formes sont variées. Nous en proposons
dans un premier temps une définition certes un peu sommaire, mais qui nous permettra d'analyser
des exemples, ce qui nous donnera alors la possibilité de préciser notre définition.

HUMOUR : procédé qui introduit un décalage entre les faits racontés et la manière de les
raconter. Par exemple, des faits horribles sont racontés sans que le narrateur semble témoigner
la moindre émotion. La forme la plus aboutie de cet humour est l'humour noir.

Comme l'ironie, l'humour suppose donc une connivence (=complicité) entre l'auteur et le lecteur : si
celui-ci ne perçoit pas l'humour, il risque de prendre pour absence d'émotion (pour « rire de
démon » et « hideux sourire ») ce qui est en fait un procédé d'écriture : Voltaire refuse à son lecteur
toute occasion de s'apitoyer sur les faits rapportés pour mieux susciter en lui le frisson d'horreur
qu'il éprouve lui-même.

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