Chapitre 1 :
1. introduction :
Dans ce premier chapitre on propose une analyse bibliographique tel que on
présent un rappel sur le ciment, le rôle d’eau et l’influence de la porosité dans le
mélange et présenter aussi la microstructure du béton, la pâte de ciment, les
granulats et l’interface (pâte de ciment/granulats).
2. le ciment :
Le ciment est l’ingrédient essentiel pour la formation d’un béton. C’est par
définition un matériau dont les propriétés de liaison et de cohésion permettent de
lier en un ensemble compact des fragments de matériaux. C’est un liant
hydraulique à la base de calcaire et d’argile, le ciment est fabriqué en cuisent vers
1450˚ Celesius un mélange de calcaire (80%) et d’argile (20%) appelé Cru.
L’argile, principalement composé de silicates d’alumine, se scinde sous l’effet de la
chaleur en ses constituants silice et alumine, qui se combinent ensuite à la chaux
provenant des silicates et des aluminates de chaux, on obtient alors des modules
durs, appelés Clinkers.[200509 p18]
Formule de fabrication de ciment :
Argile + calcaire + pouzzolane = clinker + gypse = ciment
Le ciment est présent sous forme d’une poudre minérale fine, s’hydratant en
présence d’eau. Il forme ainsi une pâte qui fait prise et qui durcit progressivement.
Dès que le ciment et l’eau sont mis en contact, plusieurs réactions chimiques ont
lieu [Tatersall et Banfill, 1983]. La surface des grains de ciment se recouvre d’un
film d’hydrates. Ces réactions s’opèrent alors plus lentement pendant une période
dite dormante, avant d’accélérer pendant la phase de prise. C’est le constituant de
base du béton puisqu’il permet la transformation d’un mélange sans cohésion en
un corps solide.
Il existe différents types de ciments sur le marché, qui se distinguent par leurs
relations avec les propriétés du béton. De ce fait, le choix du type de ciment et son
dosage dépendent à la fois des performances recherchées (résistance mécanique,
résistance aux agents agressifs) et de la nature des autres composants. Pour un
béton courant, les ciments les plus utilisés sont les CEM II de classe 32,5 – 32,5 R –
42,5 – 42,5 R. Ce sont des ciments bien adaptés aux usages les plus courants du
bâtiment, dans les environnements 1 et 2 au sens de la norme P 18-305 [Afnor,
2002]. (Thèse de doctorat Boukli HACENE P19).
2.1. Les principales catégories de ciment :
Les ciments peuvent être classés en fonction de leur composition et de leur
résistance normale.
2.1.1. Classification des ciments en fonction de leur composition :
Les ciments constitués de clinker et des constituants secondaires sont classés en
fonction de leur composition, en cinq types principaux par les normes NF P15-301
et ENV 197-1. Ils sont notés CEM et numérotés de 1 à 5 en chiffres romains dans
leur notation européenne.
CEM I: Ciment Portland (CPA).
CEM II: Ciment portland composé (CPJ).
CEM III: Ciment de haut fourneau (CHF).
CEM IV: Ciment pouzzolanique (CPZ).
CEM V: Ciment au laitier et aux cendres (CLC).
La proportion (en masse) des différents constituants est indiquée dans le
tableau1.1 Les constituants marqués d’une étoile (*) sont considérés comme
constituants secondaires pour le type de ciment concerné; leur total ne doit pas
dépasser 5%. (Les fillers sont considérés comme des constituants secondaires). [1]
Tableau 1.1: différents types de ciment en fonction de leur composition [1].
2.1.2.
Classi
ficatio
n
selon
la
comp
ositio
n
minér
alogiq
ue :
La norme européenne NF EN 197-1, mise en vigueur depuis février 2001, classe les
ciments en 27 types de ciments courants regroupés en cinq types principaux selon
le dosage en masse des constituants minéraux et illustrés sur le tableau 1.2.
Tableau 1.2:Composition des ciments courants
Tous les ciments courants peuvent contenir jusqu`a 5% de constituants secondaires.
Le CEM V/A contient entre 18%-30 % de laitier de haut fourneau tandis que le CEM
V/B contient entre 31%-50 % de laitier de haut fourneau. La composition
minéralogique des différents types de ciments est donnée dans le tableau 1.3.
Tableau 1.3:Composition minéralogique des ciments courants [1].
2.1.3. Classification des ciments suivant les résistances à la compression :
La norme européenne NF EN 197-1, classe de ciment courant d’après leur
résistance à la compression (résistance normale) déterminée conformément à la
norme EN 196-1, mesurée à 28 jours en six classe de résistance selon le tableau
1.4.[2][islam]
Tableau 1.4:exigences mécaniques définies en termes de valeur caractéristiques
3.1. LA MICROSTRUCTURE DU BETON :
Le béton est constitue de trois composants essentiels : le ciment, les
granulats et l’eau. Peuvent être ajoutes divers additions et adjuvants afin de
modifier les caractéristiques du matériau a l’état frais ou a l’état durci. Au cours
du temps, l’évolution des propriétés (mécaniques, physico-chimiques,
thermiques) est essentiellement liée à l’hydratation du ciment.[22245 p11]
On distingue trois phases dans le béton : la pâte de ciment, les granulats et
l’interface pâte/granulat (en incluant la porosité de chacune des phases). La pâte
de ciment durcie représente habituellement 25 à 40 % du volume total du béton
et forme ce que l'on appelle la matrice cimentaire du matériau. Celle-ci joue le
rôle de colle et confère au matériau béton ses propriétés de rigidité et de
résistance. Les granulats (sables, gravillons) occupent 60 à 75 % du volume du
béton. Ils jouent les rôles de remplissage atténuateurs de variations volumiques
et sont sources de résistance mécanique puisqu'ils se caractérisent
généralement par des performances notamment en compression supérieures à
celle de la pâte (sauf cas de granulats particuliers). L’auréole de transition
correspond à l’interface pâte de ciment-graulat [Maso, 1980]. Elle constitue une
zone de moindre résistance des bétons soumis à des sollicitations
mécaniques (voir le paragraphe I.2.3). Les propriétés de ces phases ont un rôle
dans les comportements à long terme des bétons.
Bien que les constituants de base soient généralement les mêmes, il existe
une grande variété de compositions de bétons permettant d'atteindre des
performances mécaniques allant de celles de Bétons Ordinaires, que nous
noterons BO, à celles des Bétons à Hautes Performances, notés BHP ([Khelafi,
1988] [Muñoz, 2000]) ou à Très Hautes Performances BTHP [Loukili, 1996] et à
Ultra Hautes Performances BUHP [Tafraoui, 2009], ou de viser des propriétés à
l'état frais spécifiques comme dans le cas des Bétons Auto-Plaçants BAP
([Proust, 2002] [Assié, 2004] ...). La variété de ces compositions provient de la
gamme importante possible dans le choix des paramètres de formulations
(rapport E/L par exemple) et des constituants (proportion et nature) qui vont
régir la composition, la structure et la morphologie des différents phases : un
squelette solide (les granulats, les hydrates), de l’eau sous diverses formes
(liquide dans la solution interstitielle, vapeur dans les pores, liée ou non aux
hydrates) et un réseau poreux plus ou moins fin et tortueux. Pour appréhender
le comportement macroscopique du béton, il faut donc comprendre l'état
microscopique de ces différentes phases.[makani p35]
3.2. La pâte de ciment :
La pâte de ciment correspond à l’ensemble ciment + additions + eau efficace +
air + adjuvants. La pâte présente à l’intérieur du béton, joue à la fois le rôle de
liant et de remplissage. Elle contribue à l’écoulement suivant un processus
rhéologique lié essentiellement à sa viscosité. Celle-ci peut être présentée
schématiquement comme une suspension de particules colloïdales suspendues
dans un liquide newtonien qui est l’eau. Les forces colloïdales et la force de la
pesanteur régissent alors complètement ses propriétés macroscopiques
[Nguyen, 2007].[boukli hacene p19]
La pâte de ciment durcie est le constituant le plus complexe. En effet, à une
échelle plus petite, ce solide est composé de plusieurs familles d’hydrates :
Le silicate de calcium hydraté, ou C-S-H, constitue 50 à 70 % de la pâte de
ciment. La diversité et la mixité des différentes formes de C-S-H induisent des
comportements différents sous sollicitation mécanique.
La portlandite Ca(𝑂𝐻)2 (ou hydroxyde de calcium), se présente sous
forme de plaquettes hexagonales d'une cinquantaine de micromètres de
longueur et de quelques micromètres d'épaisseur. Elle représente en moyenne
20 % de la pâte de ciment, a peu d’importance du point de vue de la résistance
mécanique et diminue la durabilité du béton du fait de sa solubilité dans l’eau.
On cherche donc à limiter sa proportion, en ajoutant par exemple de la fumée
de silice qui, par réaction pouzzolanique, permet de la transformer en silicate de
calcium hydraté.
Les aluminates de calcium hydraté :
Sous forme d’ettringite (3CaO-Al2O3-3CaSO4-32H2O), ils se présentent
comme des aiguilles creuses. Sa croissance peut altérer la structure de la pâte de
ciment en agissant comme des micro-vérins qui créent des pressions internes
pouvant provoquer une fissuration préjudiciable à la durabilité du matériau.
Sous forme de C4AH13 (4CaO-Al2O3-13H2O), ils se présentent comme des
plaquettes assemblées en ‘rose des sables’, sans propriétés particulières.
La pâte de ciment durcie est, en terme de rhéologie, l’élément prépondérant.
Elle assure la fonction de liant et constitue le siège du comportement
viscoélastique du matériau béton. Elle intègre tous les hydrates (C-S-H,
portlandite (Ca(OH)2), aluminates) qui évoluent au cours du temps. Mais elle est
aussi responsable de ses principaux défauts : augmentation de la porosité
globale du matériau et diminution de la résistance mécanique, présence
potentielle d’agents agressifs et possibilité de transport à travers le réseau
poreux, retrait, fluage...
Il est donc nécessaire de décrire de manière plus fine la constitution des
C-S-H, ainsi que la répartition et le mode de présence de l’eau dans la porosité et
la microstructure de la pâte de ciment afin de pouvoir mieux appréhender le
comportement macroscopique du matériau béton.
3.2.1. Le silicate de calcium hydrate ou C-S-H :
Le silicate de calcium hydraté est le principal constituant de la pâte de
ciment durci. Il existe plusieurs variétés de silicates de calcium hydratés,
différant de par leur structure, appelées C-S-H (de composition (𝐶𝑎𝑂)𝑋 (𝑆𝑖𝑂2 )
(𝐻2 𝑂)𝑌 où les valeurs de x et y dépendent de la teneur en calcium et en silicates
dans la phase aqueuse [Viallis-Terrisse, 2000]). Les C-S-H présentent une grande
surface spécifique et une porosité d’environ 28% [Powers, 1968]. Les surfaces
des C-S-H sont de plus très attractives. Elles adhèrent entre elles et avec les
autre éléments constitutifs du béton (sable, granulats, portlandite...), ce qui
explique le rôle de colle du ciment.
Plusieurs modèles ont été présentés dans la littérature scientifique pour
décrire sa structure et sa morphologie, notamment celui de [Feldman et Sereda,
1968] (cf. Figure I.1) qui semble le plus à même de justifier la plupart des
comportements différés de la pâte de ciment [Guénot-Delahaie, 1997]. Les
particules de C-S-H se présentent sous la forme de fibres formées de lamelles
enroulées sur elles-mêmes. Chaque lamelle est constituée de 2 à 4 feuillets
simples. Ces feuillets peuvent avoir un mouvement relatif entre eux, réversible
ou non lors du chargement. Ainsi, la pénétration ou le départ de l’eau des
espaces interlamellaires (entre lamelles) et interfoliaires (entre feuillets) est
possible.[makani p37]
Figure I.1: Représentation schématique de la microstructure du gel de C-S-H
[Feldman et Sereda, 1968]
Ce modèle est intéressant pour se faire une idée du comportement global des
C-S-H soumis aux comportements différés. Ces départs et entrées d’eau
(interfoliaires) sont les phénomènes prédominants expliquant les variations
dimensionnelles observables au cours du temps sous diverses sollicitations
[Feldman et Sereda, 1968]. A titre d’exemple, lors d’un chargement mécanique,
l’eau interfoliaire peut être expulsée. Par conséquent, il peut se produire des
glissements des feuillets de C-S-H et / ou des contractions de matière. De même,
les mécanismes de retrait et de gonflement sont attribués aux mouvements de
l’eau dans la structure des C-S-H [Wittmann, 1977].
4. Les pores de la pâte de ciment :
La porosité de la pâte de ciment est un paramètre important des matériaux
cimentaires car elle conditionne toutes les propriétés du béton comme la
résistance en compression, la perméabilité et les indicateurs de durabilité [Baron
et Ollivier, 1992]. Cette porosité varie d’un béton à un autre de façon
significative à la fois quantitative (de moins de 10 % pour les BTHP à plus de 15%
pour les BO) et qualitative (dimensions et répartitions des rayons de pores). La
connaissance de la taille des pores est tout aussi essentielle. En effet, on
considère deux catégories distinctes de pores:[makani p38]
4.1. Les pores capillaires :
Les pores capillaires (0,01 μm≤ Ø ≤ 0,5 μm) qui occupent les espaces entre les
grains de ciment en suspension dans l’eau. La taille et le volume de ces pores
augmentent avec le rapport E/C du mélange. La perméabilité du matériau est
essentiellement dépendante du volume et de la taille de ces pores capillaires.
4.2. Les pores relatifs aux hydrates ou pores des gels
Les pores des gels (Ø < 40 angströms) sont présents dans le gel de C-S-H. On
distingue les pores inter-cristallites qui se situent entre les gels et les pores intra-
cristallites présents à l’intérieur du gel lui-même. Le volume de ces pores n’est
pas affecté par le rapport E/C du mélange. Aussi, ce type de pores n’affecte pas
la perméabilité du matériau. La figure 1.2 ci-dessous donne une comparaison
des tailles des différents pores et des constituants d’une pâte de ciment.[islam
p17]
Figure 1.2 : Répartition des tailles des pores des éléments dans les pâtes de
ciment hydraté.
L’eau dans la pâte de ciment